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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Nous ne sommes pas encore assez populistes &#8212; en r&#233;ponse &#224; I&#241;igo Errej&#243;n</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Nous-ne-sommes-pas-encore-assez-populistes-en-reponse-a-Inigo-Errejon</link>
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		<dc:date>2016-06-07T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brais Fern&#225;ndez, Emmanuel Rodriguez</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faute de majorit&#233; au Parlement, l'Espagne se dirige vers de nouvelles &#233;lections le 26 juin prochain. La base d'Izquierda Unida (coalition de gauche radicale) a vot&#233; pour une liste commune avec Podemos. Si un nouveau cycle &#233;lectoral est per&#231;u comme une opportunit&#233; par la direction de Podemos pour passer devant le Parti socialiste ouvrier espagnol, des voix, en interne, s'inqui&#232;tent que la machine &#233;lectorale n'&#233;touffe d&#233;finitivement la col&#232;re sociale du pays. &lt;br class='autobr' /&gt; En r&#233;ponse &#224; la tribune d'&#205;&#241;igo (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-545-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-05-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-05-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L149xH150/arton26554-8c028.png?1674712584' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faute de majorit&#233; au Parlement, l'Espagne se dirige vers de nouvelles &#233;lections le 26 juin prochain. La base d'Izquierda Unida (coalition de gauche radicale) a vot&#233; pour une liste commune avec Podemos. Si un nouveau cycle &#233;lectoral est per&#231;u comme une opportunit&#233; par la direction de Podemos pour passer devant le Parti socialiste ouvrier espagnol, des voix, en interne, s'inqui&#232;tent que la machine &#233;lectorale n'&#233;touffe d&#233;finitivement la col&#232;re sociale du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; la tribune d'&#205;&#241;igo Errej&#243;n, Emmanuel Rodr&#237;guez, historien et essayiste, et Brais Fern&#225;ndez, membre du parti Anticapitalistas, font &#233;tat de &lt;a href=&#034;http://ctxt.es/es/20160420/Firmas/5588/Errejon-CTXT-Podemos-confluencia-populismo-Espa&#241;a-Tribunas-y-Debates-Elecciones-20D-&#191;Gatopardo-o-cambio-real.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;leur d&#233;saccord dans les pages de la revue espagnole CTXT&lt;/a&gt;. Selon eux, Errej&#243;n fait erreur lorsqu'il met au centre de la bataille politique les discours, les r&#233;cits, les r&#233;f&#233;rents culturels ou les mythes f&#233;d&#233;rateurs. Les individus deviennent des sujets politiques &#8212; c'est-&#224;-dire des acteurs politiques conscients d'appartenir &#224; une m&#234;me identit&#233; collective &#8212; &#224; travers, nous disent-ils, l'exp&#233;rience du conflit ouvert contre les groupes sociaux dominants : manifestations, gr&#232;ves, occupations, boycotts, etc. Ils craignent que les perc&#233;es &#233;lectorales &#224; r&#233;p&#233;tition ne cachent, en r&#233;alit&#233;, une d&#233;faite politique : &#224; trop canaliser les forces sociales vers les &#233;lections, ce sont les mobilisations &#224; l'origine m&#234;me de Podemos qui s'&#233;teignent lentement. Nous avons traduit ces &#233;changes pour informer le lectorat francophone des d&#233;bats et r&#233;flexions de nos voisins et camarades.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques jours &#224; peine, dans cette m&#234;me revue, &#205;&#241;igo Errej&#243;n publiait un article fouill&#233; de mise en perspective de l'exp&#233;rience Podemos et de ses d&#233;fis imm&#233;diats. La contribution est, sans aucun doute, b&#233;n&#233;fique pour le d&#233;bat politique au sein du &#171; bloc du changement &#187; o&#249; r&#232;gnent les rumeurs et parfois le manque de dialogue. Dans le but d'&#233;largir l'&#233;change, la r&#233;daction de CTXT nous a permis d'esquisser une r&#233;ponse au texte du strat&#232;ge de Podemos. Dans sa d&#233;monstration en trois temps, Errej&#243;n d&#233;marre avec ce qui constitue le c&#339;ur de sa pens&#233;e : les int&#233;r&#234;ts concrets &#8212; lisez &#171; int&#233;r&#234;ts de classe &#187; &#8212; n'ont jamais de traduction imm&#233;diate en politique. La construction d'un sujet politique, nous dit-il, requiert un &#171; surplus de sens &#187;, un exc&#233;dent symbolique. La politique est, de ce fait, d'abord une activit&#233; de &#171; construction de sens &#187; (comprenez de discours) ; le terrain de combat fondamental est celui-ci &#8212; et pas un autre. Le discours est au centre, son r&#233;sultat est une identit&#233; qui se nourrit principalement de mat&#233;riaux culturels. Errej&#243;n nous parle de mythes, de chansons, de s&#233;ries, de romans, de couleurs, de drapeaux, comme les fans d'un groupe pop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve la preuve et la d&#233;monstration que les vieux int&#233;r&#234;ts de classe n'op&#232;rent plus &#8212; s'ils ont exist&#233; un jour en tant que tels &#8212; dans l'immensit&#233; et la pluralit&#233; du social (sa dispersion) qui sautent aux yeux d'Errej&#243;n dans des exp&#233;riences aussi quotidiennes que faire ses courses. L'article commence par les rencontres r&#233;centes du &#171; podemossien &#187; [traduction de podemista, terme qui signifie &#171; membre de Podemos &#187;, ndlr] au supermarch&#233; du coin : un boucher qui lui demande de s'occuper du quartier de Chueca dans Madrid (la Mecque gay de la capitale) et une cliente qui r&#233;clame plus d'attention aux droits des animaux. Dans les deux cas, Errej&#243;n interpr&#232;te la demande faite &#224; Podemos comme une attente pour repr&#233;senter le &#171; nouveau &#187; face aux &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que, dans le supermarch&#233; post-classiste d'Errej&#243;n, le conflit est seulement possible dans la sph&#232;re de la repr&#233;sentation, et non dans l'affrontement mat&#233;riel avec les pouvoirs politique et &#233;conomique. Ainsi, alors que certains d'entre nous voient le discours comme une arme au sein d'un mouvement de subversion des relations d'oppression et d'exploitation, dans l'hypoth&#232;se d'Errej&#243;n, le discours est le but. Il ne fait aucun doute que, depuis l'irruption de Podemos, le langage, les codes, les expressions de l'agenda politique ont chang&#233;. Il est significatif de voir, par exemple, comment certains secteurs de l'establishment ont adopt&#233; le cadre discursif &#171; podemossien &#187; ; en t&#233;moigne le p&#232;re cool qui appelle son fils &#171; mon pote &#187; (oui, avec la honte que provoque ce genre d'expression d&#233;plac&#233;e). La question est : cela suffit-il ? Si la bataille se concentre sur la sph&#232;re discursive et ne s'&#233;tend pas &#224; d'autres sph&#232;res de la vie, sommes-nous en train de gagner ? Avec ce diagnostic trop optimiste, trop r&#233;ductionniste de l'id&#233;e d'h&#233;g&#233;monie, Errej&#243;n semble ignorer la seconde partie de l'affirmation &lt;a href=&#034;http://www.revue-ballast.fr/repenser-le-socialisme-avec-gramsci/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;gramscienne&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; Si l'h&#233;g&#233;monie est &#233;thico-politique, elle doit &#234;tre &#233;galement &#233;conomique, elle doit avoir son fondement dans la fonction d&#233;cisive que le groupe dirigeant exerce sur le noyau d&#233;cisif de l'activit&#233; &#233;conomique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de la beaut&#233; aseptis&#233;e du &#233;ni&#232;me tournant linguistique d'Errej&#243;n, l'histoire s'ent&#234;te obstin&#233;ment &#224; nous montrer qu'il a fallu autre chose que des mots et des discours pour la construction de ces sujets dits politiques. Les manifestations, les r&#233;voltes, les gr&#232;ves, les insurrections, les organisations de base : les sujets naissent dans l'opposition collective &#224; d'autres collectifs sociaux. C'est ce que nous appelons des conflits. Il ne s'agit pas seulement d'exp&#233;riences de douleur et de souffrance dont parle Errej&#243;n, mais aussi de leur subversion. La grande trouvaille qui consiste &#224; dire que les &#171; int&#233;r&#234;ts &#187; ne parlent pas d'eux-m&#234;mes &#8212; une &#233;vidence &#224; ce niveau de g&#233;n&#233;ralit&#233; &#8212; doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e par le fait que sans exp&#233;rience, sans l'exp&#233;rience du conflit, il n'y a pas de sujet. Le r&#233;cit en soi n'est significatif que s'il rend compte de la construction d'un collectif comme sujet en opposition &#224; d'autres. Malheureusement, la soci&#233;t&#233; et la politique sont des choses plus sales et brutales que l'affrontement de discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15M nous fournit un exemple r&#233;cent de ce qui a rendu possible Podemos. Le mouvement des places a &#233;t&#233; une insurrection pacifique contre une situation de crise &#233;conomique v&#233;cue comme une arnaque, et contre une situation de d&#233;t&#233;rioration politique v&#233;cue comme une spoliation. Le 15M a &#233;t&#233; suivi d'une s&#233;quence de mouvements concentr&#233;s sur la d&#233;fense de la sant&#233; et de l'&#233;ducation publique, ainsi qu'en opposition au gouvernement de la dette et de la d&#233;possession du peu qui restait &#224; une grande majorit&#233; de la population espagnole : un logement. Il devrait &#234;tre &#233;vident que ce cycle de mobilisations a &#233;t&#233; politique en raison de son d&#233;roulement m&#234;me &#8212; une longue s&#233;rie de conflits. Si Podemos a pu se pr&#233;senter comme l'aboutissement de quelque chose ayant trait &#224; un processus contre-h&#233;g&#233;monique &#8212; le terme est douteux &#8212;, c'est parce que depuis 2011, une rupture des masses s'est produite, li&#233;e &#224; une escalade du conflit qu'on n'avait plus connue depuis les ann&#233;es 1970. En fin de compte, le 15M n'a pas repr&#233;sent&#233; un mouvement de continuit&#233; avec la &#171; culture &#187; de son &#233;poque mais, au contraire, une manifestation concr&#232;te de rupture avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point de l'article d'Errej&#243;n est moins th&#233;orique. Il concerne &#171; l'hypoth&#232;se Podemos &#187; dont le succ&#232;s se mesure &#224; nouveau par la capacit&#233; de disputer le r&#233;cit aux &#233;lites ; on reste dans le champ discursif. Toutefois, il est int&#233;ressant de consid&#233;rer qu'ici Errej&#243;n r&#233;v&#232;le le fondement de son hypoth&#232;se, laquelle, comme nous verrons, proc&#232;de de l'&#201;tat pour revenir &#224; l'&#201;tat. Sortons de la s&#233;mantique pure pour consid&#233;rer un terme d&#233;pass&#233; et appartenant &#224; une tradition communiste particuli&#232;re : le slogan de la construction &#171; nationale-populaire &#187;. La diff&#233;rence avec le mod&#232;le th&#233;orique du nouveau populisme de Podemos, c'est que, pour les vieux communistes, la &#171; r&#233;volution d&#233;mocratique &#187; &#233;tait possible &#224; partir d'une alliance sociale incluant les classes moyennes et les paysans, mais qui aurait &#233;t&#233; men&#233;e par la classe ouvri&#232;re contre l'oligarchie ou contre la grande bourgeoisie financi&#232;re. Or, dans le mod&#232;le th&#233;orique d'Errej&#243;n, il n'y a ni classes ni sujets sociaux, il n'y a que le vieux probl&#232;me de la conqu&#234;te de l'&#201;tat. Dans cette conqu&#234;te, il ne s'agit pas d'encourager une organisation sociale ou de construire des alliances ; la seule fa&#231;on de la mener &#224; bien, c'est de galvaniser &#171; le social &#187;, de toucher avec les mots quelque chose qui s'est d&#233;j&#224; produit dans la r&#233;alit&#233; de fa&#231;on &#171; massive et d&#233;sordonn&#233;e &#187;. Ici, au moins, on reconna&#238;t que Podemos n'a pas tout invent&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, Errej&#243;n nous assure que son parti &#224; vocation gouvernementale ne se r&#233;duit pas &#224; la vieille formule &#233;lectorale du parti &#171; attrape-tout &#187;. Face &#224; la vieille politique et au marketing, la preuve d'authenticit&#233; de Podemos est sa capacit&#233; &#224; susciter des &#233;motions, &#224; nous faire vibrer. Pour y arriver, les &#233;l&#233;ments essentiels d'&#233;conomie politique et de structure sociale comme, par exemple, le fait que nous soyons entr&#233;s dans une longue phase de stagnation &#233;conomique ou l'analyse que nous faisons de l'impact de la crise sur les diff&#233;rentes secteurs sociaux, et le fait que que nous sachions au passage comment s'organisent leurs r&#233;sistances, sont sans importance. En fin de compte, il suffit de s&#233;duire, d'&#233;mouvoir et de localiser les petits r&#233;cits de gens aussi diff&#233;rents que ceux qu'Errej&#243;n trouve dans la sup&#233;rette de son quartier : la cliente qui d&#233;fend les droits des animaux et le boucher qui s'amuse &#224; Chueca. Voil&#224; en quoi consiste fondamentalement construire un peuple, construire un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Errej&#243;n &#233;nonce quelques autres remarques. Ainsi, il dit que lorsque les d&#233;munis se r&#233;voltent, leur pr&#233;tention revendicative n'est pas d'&#234;tre &#171; la partie d'un tout &#187;, mais de construire &#171; une nouvelle totalit&#233; &#187;. M&#234;me si cette affirmation est manifestement fausse &#8212; il suffit de consid&#233;rer le mouvement pour les droits civils ou les r&#233;cents mouvements sociaux pour se convaincre que la dynamique du conflit moderne en Occident s'est concentr&#233;e sur la production des droits et sur l'int&#233;gration d&#233;mocratique de nouvelles exigences, et non sur la &#171; construction d'un peuple &#187; via son acc&#232;s au gouvernement &#8212;, on cible ici l'objectif politique. Si, pour Errej&#243;n, la tactique c'est le discours, la strat&#233;gie c'est l'&#201;tat. On observe ainsi une curieuse sym&#233;trie entre l'autonomie du discours et l'autonomie du politique ; l'unique levier politique fondamental est la conqu&#234;te de l'&#201;tat, le reste (les pouvoirs &#233;conomiques, la crise, l'Europe) est accessoire. Prenez l'&#201;tat, et vous aurez un nouveau pays. C'est ce qu'il appelle : faire le &lt;i&gt;&#171; saut &#187;&lt;/i&gt; d'un &lt;i&gt;&#171; projet massif &#224; un projet majoritaire &#187;&lt;/i&gt; et, au passage, construire une volont&#233; g&#233;n&#233;rale (et voil&#224; Rousseau !) ; ou, ce qui est la m&#234;me chose, que Podemos remporte les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier point n'a rien de th&#233;orique. Si on lui &#244;te son vernis rh&#233;torique, il appara&#238;t comme une pure intervention dans le d&#233;bat de positions [politiques internes de Podemos, ndlr]. Mais il n'est pas ais&#233; de comprendre ce qu'il veut dire. En principe, il &#233;tablit un champ de &#171; deux voies &#187; &#8212; trouvaille politique int&#233;ressante &#8212; : la voie &#233;lectorale qui correspond &#224; Podemos et sa capacit&#233; &#224; &#233;mouvoir et &#171; discourir &#187; ; et la voie culturelle identifi&#233;e &#224; une nouveaut&#233; conceptuelle, apr&#232;s le succ&#232;s ou l'&#233;chec relatif de la machine &#233;lectorale &#8212; ce qu'il appelle &#171; mouvement populaire &#187;. Notez-bien qu'un mouvement populaire n'organise ni r&#233;sistances, ni conflits, ni de sociabilit&#233; alternative, mais produit surtout des r&#233;cits. La diff&#233;rence entre ces deux voies est un genre de version &lt;i&gt;errejonienne&lt;/i&gt; de la vieille division l&#233;niniste entre parti et syndicat : pour le premier, l'&#201;tat, pour le second, la culture. Mais au-del&#224; de ces deux voies et du mouvement populaire, il semble que l'objectif d'Errej&#243;n soit de figer les positions dans une bataille beaucoup plus prosa&#239;que. Une nouvelle &#233;lection approche ou, du moins, tout para&#238;t l'indiquer. Et surgit, &#224; nouveau (comme avant le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/&#201;lections_g&#233;n&#233;rales_espagnoles_de_2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;20D&lt;/a&gt; [les &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 20 d&#233;cembre 2015, ndlr]), un faux d&#233;bat entre gauche et droite, ou entre gauche et transversalit&#233;. Il faut &#233;videmment dire, comme Errej&#243;n, que si le 15M n'a pas &#233;t&#233; ouvri&#233;riste, ni m&#234;me anticapitaliste, le mouvement a revendiqu&#233; la d&#233;mocratie, et il l'a fait avec une radicalit&#233; inou&#239;e. Mais cela est &#233;vident ; et les cons&#233;quences politiques en sont multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant, c'est qu'Errej&#243;n d&#233;bat, sans l'assumer clairement, de l'opportunit&#233; d'un accord avec Izquierda Unida afin d'absorber les quatre ou cinq points de pourcentage qui lui ont &#233;chapp&#233; l&#224; o&#249; il n'y avait pas eu de convergence (dans la r&#233;gion de Madrid, il a manqu&#233; six points &#224; Podemos). Le probl&#232;me est que &#171; l'hypoth&#232;se populiste &#187;, avec les d&#233;placements qu'elle induit vers des positions plus mod&#233;r&#233;es et transversales, est entr&#233;e en crise, non seulement &#224; cause des probl&#232;mes internes &#224; Podemos, mais parce que, m&#234;me avec toutes ses contradictions, Podemos se nourrit d'un substrat social contestataire qui a besoin de s'&#233;largir pour ne pas s'ass&#233;cher. Et ce substrat ne s'&#233;tend pas uniquement au moyen du discours, mais surtout par l'&#233;largissement du conflit qui, dans la phase &#233;lectorale actuelle du cycle politique, semble &#234;tre en suspens. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi ces derniers jours, la fraction populiste redouble d'efforts dans le mani&#233;risme des &#171; camps politiques &#187; [en r&#233;f&#233;rence au mouvement artistique italien en rupture avec les codes de la Renaissance, ndlr], selon lequel la construction d'un &#171; nous &#187; peut &#234;tre large et diffuse, et en m&#234;me temps laisser dehors les &#171; gauchistes &#187; ; tandis que le &#171; eux &#187; est si &#233;troit qu'il laisse entrer une partie des &#233;lites, par exemple, celles du PSOE, avec lesquelles ils ont essay&#233; de n&#233;gocier &#224; plusieurs. Il s'agit, sans aucun doute, de tactiques complexes qui s'expriment &#224; travers les caprices sophistiqu&#233;s de la th&#233;orie. Si on le lit &#224; l'aune de la conjoncture, l'article d'Errej&#243;n appara&#238;t comme une ultime tentative de maintenir une hypoth&#232;se d&#233;sormais tr&#232;s affaiblie dans l'organisation. Incapable de refuser l'alliance avec IU, Errej&#243;n persiste &#224; affirmer, comme les n&#233;olib&#233;raux apr&#232;s le collapse de 2007 provoqu&#233; en grande partie par leurs id&#233;es, &lt;i&gt;&#171; Nous gagnerons&#8230; mais seulement si nous sommes suffisamment populistes &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte original : &lt;i&gt;&#171; Todav&#237;a no somos suficientes populistas. En respuesta a &#205;&#241;igo Errej&#243;n &#187;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.ctxt.es&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ctxt.es&lt;/a&gt;, 26 avril 2016 &#8212; traduit de l'espagnol par Pablo Casta&#241;o Tierno, Luis Dapelo, Walden Dostoievski et Alexis Gales. Tribune publi&#233;e sur le site de la revue CTXT et traduite pour le site de Ballast.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat espagnol. L'ouvre-bo&#238;tes Podemos. Ou Ouvrons Podemos</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-L-ouvre-boites-Podemos-Ou-Ouvrons-Podemos</link>
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		<dc:date>2015-06-22T23:23:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Rodriguez</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 19 - juin - 2015 &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;taphore de l'ouvre-bo&#238;tes avait l'air de venir &#224; propos lorsque ceux Pablo Iglesias se sont pr&#233;sent&#233;s &#8211; il y a d&#233;j&#224; un an &#8211; comme constituant le seul outil apte &#224; ouvrir le syst&#232;me des partis. M&#233;tal contre m&#233;tal, cuill&#232;re contre cuill&#232;re, Podemos s'est pr&#233;sent&#233; alors comme le marteau qui casserait le &#171; plafond de verre &#187; que ni le 15M [les Indign&#233;s] ni les groupes qui en ont d&#233;coul&#233; comme le mouvement pour le logement, las Mareas [les mar&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton22652-14a1e.png?1679048040' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 19 - juin - 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore de l'ouvre-bo&#238;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons publi&#233; sur ce site, en date du 17 juin 2015, un article d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avait l'air de venir &#224; propos lorsque ceux Pablo Iglesias se sont pr&#233;sent&#233;s &#8211; il y a d&#233;j&#224; un an &#8211; comme constituant le seul outil apte &#224; ouvrir le syst&#232;me des partis. M&#233;tal contre m&#233;tal, cuill&#232;re contre cuill&#232;re, Podemos s'est pr&#233;sent&#233; alors comme le marteau qui casserait le &#171; plafond de verre &#187; que ni le 15M [les Indign&#233;s] ni les groupes qui en ont d&#233;coul&#233; comme le mouvement pour le logement, las Mareas [les mar&#233;es : les mouvements sociaux dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, etc.], le 25S [action d'encercler le Congr&#232;s] n'ont r&#233;ussi &#224; le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il y a eu, ou s'il y a dans cet enthousiasme envers Podemos une rechute dans &#171; l'illusion d&#233;mocratique &#187;, et s'il est n&#233;cessaire d'empoigner la discussion, avec plus de raisons qu'il n'y para&#238;t, d'un mod&#232;le diff&#233;rent et ext&#233;rieur aux &#233;lections, de la repr&#233;sentation et de l'Etat, nous finirons par le d&#233;couvrir ces prochains mois. Pour le moment, il suffit de reconna&#238;tre que sans l'&#233;nergie sociale qui a port&#233; Podemos et qui s'est exprim&#233;e dans le 15M, il n'y aurait pas de changements. Ou si on le dit comme on l'aurait dit &#224; l'&#233;poque : sans &#171; mouvement il n'y a pas de politique &#187; [article de Pierre Bourdieu de 1999 &#224; propos de l'Union europ&#233;enne]. En attendant &#8211; il y a toujours un &#171; en attendant &#187; &#8211; on dirait qu'on va bien devoir recourir &#224; Podemos, en tout cas si l'on veut qu'il serve le but pour lequel il a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;, c'est-&#224;-dire gagner des &#233;lections. Le probl&#232;me est qu'aujourd'hui, le blindage qu'il est question de casser n'est pas seulement celui du r&#233;gime, mais aussi l'armure que Podemos a fabriqu&#233;e autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, (le 11 juin 2015) une initiative int&#233;ressante a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e &#224; la presse et &#224; la population : &#171; Ouvrons Podemos &#187;. Le manifeste est une invitation &#224; la r&#233;flexion sur les &#233;lections du 24 mai et une proposition pour un &#233;largissement d&#233;mocratique. Entre autre chose, il a &#233;t&#233; question de probl&#233;matiques qu'on a voulu mettre de c&#244;t&#233; ces derniers mois : la revendication d'un revenu de base comme solution &#224; la crise caus&#233;e par la relation revenu/emploi ; le refus de payer la dette comme m&#233;canisme de soumission sociale ; la n&#233;cessit&#233; de s'aligner sur un mouvement europ&#233;en et global et ne pas se cantonner &#224; l'Etat espagnol ; et surtout, la demande d'un processus constituant comme seul moyen de forcer la serrure oligarchique institutionnelle et d'ouvrir le d&#233;bat sur le mod&#232;le d'Etat. Prises dans leur ensemble, ces propositions forment les lignes g&#233;n&#233;rales d'un programme de rupture d&#233;mocratique, cette m&#234;me rupture d&#233;mocratique qui fait partie des autres consignes qu'on essaie de faire passer aujourd'hui pour un &#171; d&#233;bat totalement faux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant avec le texte de cette initiative, qui a re&#231;u beaucoup de signatures, c'est que dans son pr&#233;ambule il y est reconnu qu'on continue &#224; consid&#233;rer que l'outil &#233;lectoral reste privil&#233;gi&#233; &#224; l'heure de promouvoir ce programme de d&#233;mocratisation. La n&#233;cessit&#233; d'ouvrir Podemos ne r&#233;pond pas, n&#233;anmoins, &#224; l'urgence ou au scandale que produit le manque de d&#233;mocratie interne, mais simplement au principe de sa survie. L'existence ou la non-existence de Podemos se r&#233;sume en peu de mots : soit sa direction s'entend bien et accepte la solution du cycle politique &#8211; ce qui inclut le succ&#232;s &#233;lectoral &#8211; soit, la participation, l'appropriation des processus, la reproduction et l'adaptation sans autorisation, ou la vie future de Podemos ressemblera de plus en plus &#224; celle d'une &#233;toile morte qui a un jour brill&#233;, mais de fa&#231;on &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos fait face en effet &#224; une situation difficile : son mod&#232;le interne s'est transform&#233; en un obstacle pour l'&#233;preuve &#233;lectorale qui est aujourd'hui requise. M&#234;me avec tous les succ&#232;s engrang&#233;s &#8211; 800 assembl&#233;es locales ; la sympathie de quasi tous les acteurs engag&#233;s dans le changement ; ainsi que les actifs politiques qui n'ont pas pu jouir d'une quelconque organisation depuis les ann&#233;es soixante-dix &#8211; Podemos a renonc&#233; &#224; Vista Alegre (Assembl&#233;e constituante de Podemos en octobre 2014) &#224; la construction d'une organisation politique : &#171; un parti-mouvement &#187; capable de soutenir un combat &#224; moyen terme, ainsi que de r&#233;cup&#233;rer par en bas ce que sur le terrain m&#233;diatique et institutionnel on allait perdre t&#244;t ou tard. A la place, un parti-appareil s'est mis en place fait de permanents, de secr&#233;taires de conseillers et aujourd'hui de dizaines de d&#233;put&#233;s dans les r&#233;gions autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient d'insister sur les r&#233;sultats de cette option. Le mod&#232;le de Vista Alegre a transform&#233; l'organisation en une immense plateforme qui a &#233;t&#233; tiraill&#233;e pendant plus de huit mois par des luttes internes concernant l'&#233;lection des organes du parti ; l'appauvrissement de la discussion politique ; et le lent abandon des c&#237;rculos [qui sont les diff&#233;rents groupes r&#233;gionaux ou th&#233;matiques qui forment Podemos]. Et tout cela pendant que la direction, sublim&#233;e par la th&#233;orie de l'hyperleadership, s'est vue de plus en plus attaqu&#233;e et &#233;rod&#233;e par l'in&#233;vitable contre-attaque m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est indispensable de rappeler aussi que pendant que l'appareil perdait progressivement le lien avec les r&#233;alit&#233;s sociales vives, internes et externes au parti qui ont &#233;t&#233; carr&#233;ment d&#233;pr&#233;ci&#233;es et ignor&#233;es, une bonne partie de ce m&#234;me tissu se pr&#233;parait &#224; affronter les &#233;lections qui sont les plus proches des citoyens et citoyennes, celles des scrutins municipaux. La construction des candidatures et des mouvements municipaux a une histoire qui est la plupart du temps ant&#233;rieure &#224; l'existence de Podemos. Quoi qu'on en dise, les mod&#232;les r&#233;coltant le plus de succ&#232;s n'ont jamais &#233;t&#233; men&#233;s par des partis. De fait, ce n'est qu'&#224; l'arriv&#233;e, apr&#232;s avoir mis en place des obstacles, et uniquement dans les villes qui ont fait leurs preuves, que la direction de Podemos a donn&#233; son placet [adh&#233;sion] pour les municipales, approbation qui prenait forme par quelques meetings dont la t&#234;te d'affiche a &#233;t&#233; partag&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il convient de ne pas oublier un point : &#224; Vista Alegre il a &#233;t&#233; renonc&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, c'est ce tissu vivant et ces initiatives &#8211; dans leurs formes les plus vertueuses &#8211; Mareas Atl&#224;ntica (A Coru&#241;a), Ahora (Madrid), En Com&#250; (Barcelone), S&#237; se Puede (Tenerife) &#8211; qui ont sauv&#233; le cycle &#233;lectoral et ont montr&#233; le chemin &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos fera face &#224; des mois cruciaux pendant lesquelles il devra d&#233;cider s'il apprend et change ou s'il continue &#224; se replier sur lui-m&#234;me. Les semaines qui viennent montreront si Podemos s'ent&#234;te &#224; suivre la th&#233;orie de ce que l'on pourrait appeler : &#171; le 25 mai 2015 [lendemain des &#233;lections municipales et r&#233;gionales], le premier jour du premier mois, de l'an 0 &#187;. Et ainsi, laisser de c&#244;t&#233; toutes les avanc&#233;es politiques de notre &#232;re au gr&#233; des trouvailles de la direction. Vous connaissez la chanson : les bienfaits de l'hyperleadership ; la manifestation du 31 janvier 2015 [Marche du changement &#224; Madrid] ; les candidatures municipales comme &#233;piph&#233;nom&#232;ne de Podemos ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi une autre voie &#224; suivre : on peut aussi r&#233;fl&#233;chir &#224; comment se pr&#233;senter aux prochaines &#233;lections ; prendre note du 24 mai ; et s'ouvrir &#224; une s&#233;rie d'acteurs qui ne sont pas issus de Podemos, qui ne souhaitent pas l'&#234;tre et qui ne se reconna&#238;tront pas dans cette organisation. C'est ce qu'a d&#233;j&#224; dit Monedero [l'un des fondateurs de Podemos qui a r&#233;cemment d&#233;missionn&#233;, voir notre article publi&#233; le 6 juin 2015] et ce que dit aussi, de plus en plus, Pablo Iglesias. Et ce que r&#233;clament, &#224; partir de diff&#233;rents angles, des personnalit&#233;s si &#233;minentes que Julio Anguita [ancien maire de Cordoue de 1979 &#224; 1986, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral PC et coordinateur d' IU), Alberto Garz&#243;n (IU) et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question r&#233;side cependant dans la r&#233;alisation de cette convergence. L'inertie porte vers la constitution d'une force agglutin&#233;e principalement autour de la direction de Podemos, mais accompagn&#233;e par certains de l'IU, de Comprom&#237;s [coalition de partis ind&#233;pendantistes et vert de Valence], Iniciativa, Anova [ind&#233;pendantistes de Galicie qui sont partis du parti Bloc nationaliste Gallego] et y compris les repr&#233;sentants des candidatures municipales. Nous assisterons d&#232;s lors &#224; l'attendue &#171; unit&#233; de la gauche &#187;. Mais comment r&#233;ussir que celle-ci ne devienne pas une modeste et impuissante r&#233;plique du Front populaire, c'est-&#224;-dire, &#224; une nouvelle IU ? Le dilemme vient principalement du fait que tous ces mouvements peuvent sans aucun doute r&#233;ussir &#224; additionner des voix, mais il faut encore savoir &#171; comment &#187;. Il est n&#233;cessaire de dire que si la convergence accouche d'un pacte qui n'aura pour seul but que de faire des communiqu&#233;s et des accords sur des listes &#233;lectorales pr&#233;par&#233;es afin d'obtenir une approbation pl&#233;biscitaire ainsi que de pr&#233;senter un programme &#233;dulcor&#233; comme celui que l'on a vu durant les &#233;lections dans les r&#233;gions autonomes, le plus probable est que l'addition de la convergence se r&#233;v&#232;le en fait n&#233;gative, c'est-&#224;-dire, inf&#233;rieure &#224; ce que les parties obtiendraient individuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas que de chiffres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux bons articles sur la trajectoire de Ahora Madrid, que je ne partage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien qu'il soit n&#233;cessaire de souligner que &#171; la marque &#187; [logo] d&#233;t&#233;riore le mouvement Podemos parce qu'il n'a pas voulu se construire diff&#233;remment &#224; celui d' &#171; une marque &#187;, il est en fait indiff&#233;rent que l'on s'engage avec une formule comme &#171; Ahora en Com&#250;n &#187; ou avec une formule du type de celle de Podemos n&#176; X [Podemos fait le sc&#233;nario et d'autres peuvent s'y adjoindre, avec une personne &#171; visible &#187; Pablo Iglesias], comme le voudrait Monedero. Ce qui est crucial est de savoir convoquer d'une fa&#231;on sinc&#232;re la &#171; dynamique du 15M &#187;, soit l'&#233;largissement d&#233;mocratique comme m&#233;thode de composition des candidatures provinciales au Congr&#232;s et au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'enseignement du mouvement municipaliste qui ne se laisse pas r&#233;duire &#224; une formule r&#233;ductrice &#8211; comme l'hyperleadership de Carmena (Madrid) et Colau (Barcelona). En ira-t-il de m&#234;me pour Sentisteve ou Xulio Ferreiro [Coruna] ? En ce qui concerne la mise en place d'espaces complexes de collaboration entre des acteurs multiples et pluriels qui r&#233;ussissent, gr&#226;ce &#224; leurs diff&#233;rences, &#224; se reconna&#238;tre en un projet commun. Quant &#224; dire que sur ce terrain, les m&#233;thodes de s&#233;lection et de d&#233;cision sont cruciales et qu'en quelque sorte elles devront passer par des syst&#232;mes qui garantissent la pluralit&#233; et la capacit&#233; de d&#233;cision aux &#233;l&#233;ments actifs, unique base pour gagner quoique ce soit (y compris des &#233;lections), ce que par exemple Ganemos Madrid a r&#233;ussi &#224; transmettre, non sans difficult&#233;s, &#224; Ahora Madrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, Podemos doit continuer &#224; &#234;tre l'ouvre-bo&#238;tes destin&#233; &#224; desceller le syst&#232;me des partis, mais pour cela il se doit d'&#234;tre cr&#233;dible en tant qu'outil de toutes et tous ; cela passe par prendre tr&#232;s au s&#233;rieux le 15M ou le premier succ&#232;s de Podemos. Dit autrement : la politique de notre temps op&#232;re lorsqu'elle s'articule comme un espace ouvert &#224; l'&#233;largissement d&#233;mocratique et &#224; la participation. Avertissement aux internautes : les exp&#233;rimentations qui renoncent &#224; ces deux conditions finissent par devenir non seulement de la vieille politique mais aussi de la politique inefficace. (Traduction A l'Encontre ; publi&#233; le 12 juin sur le blog tenu par l'auteur sur publico.es)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;___&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons publi&#233; sur ce site, en date du 17 juin 2015, un article d'un courant, dont on peut certes discuter l'orientation, et qui s'intitule &#171; Ouvrons Podemos &#187;. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il convient de ne pas oublier un point : &#224; Vista Alegre il a &#233;t&#233; renonc&#233; &#224; se pr&#233;senter aux &#233;lections municipales pour ne pas &#171; br&#251;ler la marque &#187; et par m&#233;fiance envers tout ce qui ne pouvait &#234;tre dirig&#233; par l'appareil-Podemos. En outre, les &#171; candidatures d'unit&#233; populaire &#187; (CUP) qui, de fait, obtiendront de meilleurs r&#233;sultats (Guanyem, Municipalia-Ganemos Madrid, Mareas), &#233;taient en action bien avant l'Assembl&#233;e citoyenne de Vista Alegre ; et, dans la plupart des cas, bien avant les &#233;lections de mai 2014. Il n'y eut d&#232;s lors aucun succ&#232;s strat&#233;gique d'appuyer les CUP : simplement, on ne pouvait tout contr&#244;ler. (E.R)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux bons articles sur la trajectoire de Ahora Madrid, que je ne partage qu'en partie, ont le m&#233;rite de mettre en relief ce qui est fondamental dans la candidature de Manuela Carmena. Il s'agit de celui d'un expert des sondages politiques qui signe avec un pseudonyme : &#171; Diseccionando la confluenca madrile&#241;a (asi gano Manuela &#187; et de celui de Bernardo Gutierrez : &#171; Bienvenidos a la era de los post-partidos politicos &#187;. (E.R.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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