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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les &#233;lections de 2022 et l'avenir du PSOL</title>
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		<dc:date>2021-11-29T23:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilson Amaro, Jo&#227;o Machado</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aggrav&#233;e par la pand&#233;mie, la r&#233;alit&#233; br&#233;silienne atteint des niveaux dramatiques de corrosion sociale et de tension politique sous le gouvernement d'extr&#234;me droite de Jair Bolsonaro, responsable d'une politique g&#233;nocidaire et r&#233;actionnaire. La gravit&#233; de la situation unit plusieurs secteurs de la gauche br&#233;silienne, de diverses tendances, dans un diagnostic de base fondamentalement similaire. Mais si ce diagnostic est pratiquement unanime, les cons&#233;quences qui en sont tir&#233;es divergent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton50571-336c7.jpg?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aggrav&#233;e par la pand&#233;mie, la r&#233;alit&#233; br&#233;silienne atteint des niveaux dramatiques de corrosion sociale et de tension politique sous le gouvernement d'extr&#234;me droite de Jair Bolsonaro, responsable d'une politique g&#233;nocidaire et r&#233;actionnaire. La gravit&#233; de la situation unit plusieurs secteurs de la gauche br&#233;silienne, de diverses tendances, dans un diagnostic de base fondamentalement similaire. Mais si ce diagnostic est pratiquement unanime, les cons&#233;quences qui en sont tir&#233;es divergent beaucoup, tant dans les aspects de lecture historique que de positionnement tactique et strat&#233;gique concernant tant la r&#233;alit&#233; actuelle que les chemins de l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site Inprecor no 689-690 septembre-octobre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Jo&#227;o Machado et Gilson Amaro*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour de l'ancien pr&#233;sident Lula sur la sc&#232;ne du conflit politique et &#233;lectoral, apr&#232;s l'annulation des condamnations qu'il avait subies au tribunal de Curitiba et la reconnaissance de la partialit&#233; de l'ancien juge Sergio Moro dans le proc&#232;s de l'appartement triplex de Guaruj&#225;, a rendu ce cadre encore plus complexe. Il s'agit l&#224; d'un aspect d&#233;cisif pour ceux qui, au sein du Parti socialisme et libert&#233; (PSOL), disent croire en l'hypoth&#232;se d'un front de gauche dirig&#233; par Lula et le Parti des travailleurs (PT) pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et qui, dans la pratique, travaillent explicitement en faveur de ce &#171; front de gauche &#187; mystifi&#233;, presque s&#233;bastianiste (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le d&#233;bat soit productif, il faut &#234;tre clair dans ce qu'on affirme. Apr&#232;s tout, il est &#233;vident qu'un &#171; front de gauche avec Lula en t&#234;te &#187; n'a aucune chance d'exister. Si le PSOL, en renon&#231;ant &#224; sa propre candidature, composait cette alliance avec Lula/PT bas&#233;e sur les &#233;l&#233;ments r&#233;ellement existants, sans id&#233;alisation, ce serait en fait une adh&#233;sion programmatique, politique et organisationnelle du PSOL &#224; un processus qui ne sera ni de gauche ni anticapitaliste, mais du statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son arriv&#233;e au gouvernement f&#233;d&#233;ral en 2002, les constructions politiques du PT et de Lula se sont appuy&#233;es sur trois axes structurels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. la recherche d'un pacte avec le grand capital, se pla&#231;ant comme son repr&#233;sentant ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. la construction d'alliances avec des secteurs de la droite br&#233;silienne et du mal nomm&#233; &#171; centre politique &#187; (pour composer une base de gouvernabilit&#233; dans une logique comptable) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. la cooptation pour d&#233;fendre une logique de la conciliation de classe des organisations de la classe ouvri&#232;re, des secteurs progressistes et populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ligne a &#233;t&#233; d&#233;fendue dans les d&#233;clarations et les r&#233;unions politiques des dirigeants du PT, et elle caract&#233;rise &#233;galement les gouvernements des &#201;tats de ce parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;crit ce texte pour contribuer au d&#233;bat sur le parti, dans le but d'approfondir la discussion et de d&#233;mystifier certains &#233;l&#233;ments de la pol&#233;mique autour des questions tactiques et strat&#233;giques du PSOL dans la conjoncture actuelle, en particulier en ce qui concerne les &#233;lections de 2022 et les implications r&#233;elles des mouvements qui pourraient conduire le PSOL vers un processus d'adapatation aux cadres de gouvernabilit&#233; de l'ordre du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le PSOL : une alternative radicale &#224; la subordination des gouvernements Lula et PT &#224; l'ordre n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre les impacts et les cons&#233;quences de l'adh&#233;sion du PT &#224; la logique n&#233;olib&#233;rale &#8211; dont l'&#233;mergence du PSOL &#233;tait la cons&#233;quence &#8211; il est important de comprendre que le n&#233;olib&#233;ralisme est une r&#233;ponse globale du capital &#224; l'&#233;clatement de sa crise structurelle, qui a commenc&#233; au milieu des ann&#233;es 1970. Son orientation fondamentale vise &#224; chercher l'augmentation des taux de profit en modifiant les relations entre le capital et le travail &#8211; en r&#233;duisant les droits sociaux et le droit du travail qui avaient &#233;t&#233; obtenus au cours de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, en modifiant le r&#244;le de l'&#201;tat et en accroissant le pillage environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, sous l'h&#233;g&#233;monie de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, le capitalisme a maintenu sa domination mondiale. Mais il a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; une vague de luttes &#8211; sociales, de lib&#233;ration nationale et de caract&#232;re socialiste &#8211; dans un cadre de renforcement de l'Union sovi&#233;tique, capable de faire contrepoids aux &#201;tats-Unis durant quelques d&#233;cennies. L'&#233;lan de la r&#233;volution de 1917 avait &#233;t&#233; contenu par le renforcement de la bureaucratie et la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'&#201;tat sovi&#233;tique. Mais l'URSS entretenait une relation contradictoire avec les luttes populaires (r&#233;prim&#233;es en URSS et dans les pays sous sa domination, elles &#233;taient parfois soutenues dans d'autres pays, toujours avec le souci de la direction sovi&#233;tique de les garder sous son contr&#244;le). En ce qui concerne l'exp&#233;rience sovi&#233;tique, l'analyse d'Istv&#225;n M&#233;sz&#225;ros est importante. Il affirme : &#171; ce n'est pas le bureaucrate qui produit le syst&#232;me pervers du capital de type sovi&#233;tique, m&#234;me s'il est impliqu&#233; dans sa conduite d&#233;sastreuse, mais plut&#244;t la forme de capital post-capitaliste h&#233;rit&#233;e et reconstitu&#233;e qui fait appara&#238;tre sa propre personnification sous la forme du bureaucrate comme l'&#233;quivalent post-capitaliste de l'ancien syst&#232;me de capital &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique internationale de l'Union sovi&#233;tique apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale &#233;tait fondamentalement conservatrice. Elle a respect&#233; la division du monde en sph&#232;res d'influence, puis en deux blocs, &#233;tablie &#224; partir des accords entre les grandes puissances victorieuses (URSS, &#201;tats-Unis et Royaume-Uni). Elle a favoris&#233; l'endiguement des luttes r&#233;volutionnaires d&#233;velopp&#233;es dans les pays cens&#233;s appartenir au bloc capitaliste (comme la France, l'Italie et la Gr&#232;ce) et n'a admis qu'&#224; contrec&#339;ur la victoire des partis communistes en Yougoslavie et en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que, m&#234;me si elle cherchait &#224; &#233;viter les processus r&#233;volutionnaires, l'URSS ne pouvait pas, &#224; l'&#233;poque, ne pas les soutenir une fois qu'ils &#233;taient victorieux. Ainsi, le simple fait que l'URSS ait exist&#233; en tant que contrepoids du bloc capitaliste a favoris&#233; ces processus, ce qui a conduit les &#201;tats capitalistes &#224; craindre le &#171; danger communiste &#187; et leur ont impos&#233; d'accepter des politiques de concessions aux masses populaires. Cela a contribu&#233;, pendant environ trois d&#233;cennies, &#224; la pr&#233;dominance dans les pays capitalistes des politiques keyn&#233;siennes et social-d&#233;mocrates. Cet arrangement a permis &#224; l'&#233;conomie mondiale de conna&#238;tre au cours de ces d&#233;cennies la plus forte croissance de son histoire et a &#233;galement ouvert un espace pour des exp&#233;riences &#171; d&#233;veloppementistes &#187; dans les pays d&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de la crise structurelle du capital, avec ses manifestations dans l'&#233;conomie capitaliste &#224; partir des ann&#233;es 1970, y a mis fin. Les grandes luttes sociales de l'apr&#232;s-Seconde Guerre mondiale ont r&#233;gress&#233; (bien que des processus r&#233;volutionnaires aient continu&#233; &#224; se d&#233;velopper dans la p&#233;riph&#233;rie capitaliste), les pays capitalistes centraux se sont renforc&#233;s &#233;conomiquement au cours des d&#233;cennies de prosp&#233;rit&#233;, et l'URSS s'est effondr&#233;e sous le poids de ses contradictions et des limites d'une conception de soci&#233;t&#233; n'ayant pas r&#233;ussi &#224; rompre avec le syst&#232;me mondial du capital et son processus socio-m&#233;tabolique (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la domination de la bureaucratie, l'&#233;conomie du &#171; bloc sovi&#233;tique &#187; a stagn&#233; et s'est affaiblie face &#224; la concurrence des pays capitalistes. Ce sont ces conditions qui ont permis l'&#233;mergence du n&#233;olib&#233;ralisme, une politique syst&#233;mique du capital beaucoup plus agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales ont &#233;t&#233; anticip&#233;es par la dictature chilienne dans les ann&#233;es 1970, puis mises en pratique au Royaume-Uni avec Margaret Thatcher (&#224; partir de 1979) et aux &#201;tats-Unis avec Ronald Reagan (&#224; partir de 1981). Elles sont devenues h&#233;g&#233;moniques au cours des ann&#233;es suivantes dans les pays capitalistes centraux et, un peu plus tard, &#233;galement dans les pays d&#233;pendants. Il y a eu de tr&#232;s fortes luttes de classes, &#224; la fois de r&#233;sistance et r&#233;volutionnaires, mais les secteurs populaires ont &#233;t&#233; vaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les politiques n&#233;olib&#233;rales ont commenc&#233; &#224; &#234;tre mises en &#339;uvre au cours des derni&#232;res ann&#233;es du gouvernement Sarney, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, et ont &#233;t&#233; renforc&#233;es par les gouvernements Collor, Itamar et Cardoso. Bien que, jusqu'&#224; son arriv&#233;e au gouvernement, le PT se soit toujours oppos&#233; &#224; ces politiques, Lula s'est engag&#233;, avant m&#234;me son &#233;lection en 2002, &#224; ne pas rompre &#171; unilat&#233;ralement &#187; avec elles. Tel &#233;tait le sens fondamental de sa Lettre au peuple br&#233;silien (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son &#233;lection, Lula a continu&#233; &#224; donner l'assurance que l'essentiel des politiques n&#233;olib&#233;rales serait maintenu. Entre autres mesures inspir&#233;es de l'ajustement n&#233;olib&#233;ral, il a choisi le banquier Henrique Meirelles (qui avait &#233;t&#233; &#233;lu d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral pour le PSDB en 2002) comme pr&#233;sident de la Banque centrale, il a maintenu le r&#233;gime mon&#233;taire du ciblage d'inflation (qui repr&#233;sentait, &#224; l'&#233;poque, &#171; l'art &#187; de la politique mon&#233;taire orthodoxe) et a annonc&#233; l'augmentation de &#171; l'exc&#233;dent budg&#233;taire primaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette feuille de route n&#233;olib&#233;rale offrant des &#171; garanties &#187; aux &#171; march&#233;s &#187;, il faut souligner la &#171; r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale &#187; qui visait la fonction publique, annonc&#233;e d&#233;but 2003 et approuv&#233;e la m&#234;me ann&#233;e. Si, en comparaison avec la r&#233;forme approuv&#233;e par le gouvernement Bolsonaro, elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme moins draconienne, il est important de souligner que les deux ont le m&#234;me &#171; esprit &#187; de r&#233;duction des droits et sont historiquement li&#233;es au m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, produisant en cons&#233;quence une grande r&#233;gression historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bataille pour l'approbation de la r&#233;forme de 2003, le gouvernement Lula et son &#171; camp majoritaire du PT &#187; ont d&#251; affronter une lutte acharn&#233;e au sein m&#234;me du parti, pour imposer l'ob&#233;issance au gouvernement par la cooptation et la coercition. &#192; cette fin, il a menac&#233; d'expulser les insubordonn&#233;&#8729;es &#8211; ce qui a &#233;t&#233; fait. C'&#233;tait la d&#233;monstration d&#233;finitive que le PT avait accept&#233; de se soumettre &#224; l'ordre n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'expulsion, le 14 d&#233;cembre 2003, de celles et ceux que l'on appelait alors les radicaux du PT &#233;tait centrale pour la construction future du PSOL, et ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un simple choix circonstanciel de la direction du PT, ou comme une mesure ponctuelle. C'est en r&#233;alit&#233; le moment d&#233;cisif o&#249; le PT a consolid&#233; le passage du refus de l'ordre du capital, qui le caract&#233;risa dans ses premi&#232;res ann&#233;es, &#224; sa d&#233;fense ardente par tous les moyens, qui est devenu sa marque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses politiques sociales du PT, comme nous le verrons, ont &#233;t&#233; conduites dans le cadre de l'imp&#233;ratif du march&#233;, exprimant la n&#233;olib&#233;ralisation de la politique sociale conduite par le gouvernement Lula. La maxime a toujours &#233;t&#233; : &#171; pour le grand capital et les oligarchies, tout ; pour le peuple br&#233;silien, les miettes et des politiques sociales partielles et cibl&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, comme il ne pouvait en &#234;tre autrement, les gouvernements du PT ont &#233;galement men&#233; des politiques visant &#224; r&#233;pondre aux int&#233;r&#234;ts populaires en att&#233;nuant les effets du n&#233;olib&#233;ralisme mis en &#339;uvre par le PT, qui ont eu des incidences &#233;lectorales n&#233;gatives sur le projet de maintien du PT au pouvoir. Ils ont ainsi adopt&#233; des mesures visant &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s extr&#234;mes &#8211; comme le programme Bolsa Fam&#237;lia (bourse familiale) et la r&#233;cup&#233;ration partielle du salaire minimum &#8211; et &#224; r&#233;pondre aux demandes sociales dans des domaines tels que l'&#233;ducation et le logement. Nous pouvons affirmer que le crit&#232;re &#233;tait, au-del&#224; d'un calcul &#233;lectoral, de tout r&#233;aliser dans le cadre des limites et de la logique du march&#233;, sans heurter l'ordre n&#233;olib&#233;ral ou les classes dominantes, constituant une expression &#233;vidente du &#171; moindre mal &#187; qui est une synth&#232;se des politiques du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que les politiques mercantilistes du &#171; moindre mal &#187; &#233;taient ex&#233;cut&#233;es, l'ordre n&#233;olib&#233;ral &#233;tait renforc&#233; : m&#234;me les &#171; programmes de transfert de revenus pour les classes dominantes &#187; &#233;taient pr&#233;serv&#233;s &#8211; par exemple, la priorit&#233; du paiement de la dette publique a &#233;t&#233; maintenue, y compris en augmentant l'objectif d'&#171; exc&#233;dent budg&#233;taire primaire &#187;, mentionn&#233; d&#232;s le d&#233;but du gouvernement Lula. Certains d&#233;fenseurs des gouvernements du PT disent qu'ils &#233;taient &#171; d&#233;veloppementistes &#187;. Cette caract&#233;risation est d&#233;plac&#233;e : une caract&#233;ristique fondamentale du &#171; d&#233;veloppementisme &#187; a toujours &#233;t&#233; de chercher &#224; faire progresser l'industrialisation, alors que les gouvernements du PT ont maintenu la tendance &#224; la d&#233;sindustrialisation et &#224; la &#171; reprimarisation de l'&#233;conomie &#187;, un processus que le Br&#233;sil conna&#238;t depuis la fin des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des aspects plus &#233;conomiques et sociaux des politiques adopt&#233;es par les gouvernements du PT, il est important de se rappeler que de nombreuses mesures r&#233;gressives en mati&#232;re d'environnement ont &#233;t&#233; prises. Nous ne pouvons pas oublier les grands barrages, le d&#233;tournement du rio S&#227;o Francisco, les m&#233;gaprojets miniers, l'avanc&#233;e des OGM et la croissance exponentielle de l'utilisation des pesticides. Il est vrai que rien n'est comparable &#224; la d&#233;vastation promue par le gouvernement Bolsonaro. C'est pourtant sous un gouvernement PT que s'est produit le crime des entreprises Samarco,Vale et BHP &#224; Mariana (Minas Gerais), qui ont enseveli sous les boues toxiques le sous-district de Bento Rodrigues et d&#233;vast&#233; la rivi&#232;re Doce, privant des villes enti&#232;res d'eau potable (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion de l'enseignement sup&#233;rieur promue par les gouvernements du PT a facilit&#233; l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur de secteurs auparavant exclus &#8211; il est important d'attirer l'attention sur la pr&#233;sence plus importante d'hommes et de femmes noirs. Toutefois, cette expansion est en partie due aux m&#233;canismes de financement de l'enseignement priv&#233;, qui ont renforc&#233; et cr&#233;&#233; les empires des &#171; barons de l'enseignement priv&#233; &#187;. Ainsi, m&#234;me si cette avanc&#233;e est l'une des raisons de la haine que les secteurs racistes de la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne vouent au PT, il n'y a pas eu de confrontation avec l'ordre n&#233;olib&#233;ral, mais plut&#244;t une n&#233;olib&#233;ralisation des politiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la personne qui a le plus clairement mis en &#233;vidence le sentiment g&#233;n&#233;ral d'adaptation &#224; l'ordre n&#233;olib&#233;ral des gouvernements du PT est sans doute Lula lui-m&#234;me. Dans une interview bilan accord&#233;e &#224; Emir Sader et Pablo Gentili, &#171; O necess&#225;rio, o poss&#237;vel e o imposs&#237;vel &#187; (6), il a d&#233;clar&#233; &#224; propos de son gouvernement : &#171; &lt;i&gt; ils [l'opposition] n'ont jamais gagn&#233; autant d'argent dans leur vie que dans mon gouvernement. Ni les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, qui presque toutes &#233;taient fauch&#233;es ; les journaux, presque tous faillis lorsque j'ai pris mes fonctions. Les entreprises et les banques n'ont jamais gagn&#233; autant, mais les travailleurs aussi. &#187; Et il a ajout&#233;, pour ne laisser aucun doute : &#171; Maintenant, &#233;videmment, le travailleur ne peut gagner que si l'entreprise va bien. Je ne connais pas, dans l'histoire de l'humanit&#233;, de moment o&#249; l'entreprise va mal et o&#249; les travailleurs r&#233;ussissent &#224; gagner autre chose que le ch&#244;mage.&lt;/i&gt; &#187; &#201;videmment, ce n'est pas un point de vue de gauche, et encore moins un point de vue socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de comprendre que la mont&#233;e du PSOL a &#233;t&#233; une r&#233;ponse historique &#224; ce processus d'adh&#233;sion totale du PT au n&#233;olib&#233;ralisme. Apr&#232;s l'expulsion des radicaux du PT en d&#233;cembre 2003, le processus de construction du parti a suivi, sa fondation a &#233;t&#233; officialis&#233;e le 6 juin 2004, et l'enregistrement d&#233;finitif r&#233;alis&#233; le 15 septembre 2005. D'autres secteurs de gauche du PT ont rejoint le PSOL la m&#234;me ann&#233;e et les ann&#233;es suivantes, pouss&#233;s par les scandales de corruption, la fin de la d&#233;mocratie interne au PT et l'abandon complet du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PSOL : une opposition de gauche contre le n&#233;olib&#233;ralisme et la corruption&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de symboliser la subordination au n&#233;olib&#233;ralisme, la r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale de 2003 a &#233;galement mat&#233;rialis&#233; l'adh&#233;sion du gouvernement du PT aux m&#233;thodes les plus honteuses de la &#171; gouvernabilit&#233; &#187;. C'est dans le but d'approuver le d&#233;mant&#232;lement de la s&#233;curit&#233; sociale et le retrait des droits des travailleurs qu'est n&#233; le scandale de l'achat de votes des parlementaires, connu sous le nom de Mensal&#227;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet achat prouv&#233; de votes parlementaires a conduit le PSOL, en plus d'une grande mobilisation sociale, &#224; d&#233;poser une Action directe d'Inconstitutionnalit&#233; (ADI 4889) en 2012. Cette action se fondait sur le fait que l'achat av&#233;r&#233; de voix avait vici&#233; le processus l&#233;gislatif qui a approuv&#233; le retrait des droits de s&#233;curit&#233; sociale des travailleurs. L'ADI a alors demand&#233; l'annulation de la r&#233;forme. L'action n'a pas eu de succ&#232;s juridique, mais elle a une signification politique profonde sur les fonctions et le r&#244;le du PSOL contre les gouvernements de l'ordre du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL s'est consolid&#233; sous les gouvernements PT comme une opposition de gauche radicale. L'expulsion de ceux qui sont devenus les dirigeants de la fondation du PSOL, et la m&#233;thode bas&#233;e sur l'achat de votes pour approuver les projets n&#233;olib&#233;raux, sont des faits historiques, mais ils ne concernent pas seulement le pass&#233;. La r&#233;forme &#224; laquelle nous nous sommes fermement oppos&#233;s exprimait, en fait, deux axes strat&#233;giques que le PT a maintenus : l'ex&#233;cution des plans du grand capital, bien que pas toujours &#224; l'&#233;chelle qu'il souhaite, et la construction d'alliances avec des secteurs de la droite pour garantir ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisions face &#224; un combat acharn&#233; contre les forces du gouvernement du PT dans les bases sociales, dans les mouvements sociaux, dans les syndicats, c'est-&#224;-dire dans le cadre des organisations de travailleurs dans leur ensemble, au-del&#224; du parlement. Les chocs se sont produits parce que nous avons toujours construit une opposition de gauche et radicale contre la soumission du bloc du PT au capital et aux m&#233;thodes de la Nouvelle R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode, nous avons constat&#233; que le gouvernement de l'&#233;poque avait lanc&#233; un vaste processus d'adaptation et de recul id&#233;ologique, visant &#224; &#233;tablir le PT et son gouvernement comme le sommet du &#171; r&#233;ellement possible &#187; du point de vue des travailleurs dans la politique nationale, d&#233;non&#231;ant tous ceux qui s'y opposent comme des ennemis, des sectaires et la &#171; cinqui&#232;me colonne &#187; de la droite. Une mystification absurde soutenue par une large bureaucratisation des syndicats et des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement important de souligner que l'emploi de la force et la brutalit&#233;, en tant que m&#233;thode de contr&#244;le politique et social, &#233;tait la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale pendant les gouvernements du PT. Et qu'elle continue d'exister de cette mani&#232;re dans les &#201;tats gouvern&#233;s par le PT. Il n'&#233;tait pas rare que notre militantisme soit r&#233;prim&#233; dans les rues par les forces d&#233;fendant l'ordre n&#233;olib&#233;ral sous le commandement du PT, pr&#233;cis&#233;ment pour avoir men&#233; une opposition de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons souvent &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; ce qui a &#233;t&#233; qualifi&#233; de coalition violente entre les Toucans (7) et le PT. Rappelons en particulier la r&#233;pression des manifestations de juin 2013 (8), la r&#233;pression brutale lanc&#233;e contre le mouvement &#171; N&#227;o vai ter copa &#187; (9) en 2014, et la criminalisation des mouvements sociaux avec l'approbation de la loi antiterroriste en 2016, toujours sous le gouvernement de Dilma. Ce ne sont l&#224; que quelques exemples de la r&#233;pression men&#233;e par le consortium n&#233;olib&#233;ral dont le PT fait d&#233;sormais partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est le Br&#233;sil d'apr&#232;s 2016 et pourquoi des secteurs du PSOL ont-ils pr&#233;conis&#233; de rejoindre le bloc du PT aux &#233;lections de 2022 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que le PT gouvernait le Br&#233;sil, le PSOL ne pouvait cesser de s'y opposer. Cependant, depuis que le PT a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, sa place au niveau f&#233;d&#233;ral a &#233;t&#233; modifi&#233;e &#8211; il est pass&#233; dans l'opposition. D'une certaine mani&#232;re, le PT s'est alors rapproch&#233; du PSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements qui ont suivi ont &#233;t&#233; diff&#233;rents de ceux du PT. Ils ont pris un caract&#232;re nettement antipopulaire &#8211; contrairement au PT, ils ne cherchaient aucune conciliation entre le capital et le travail, m&#234;me en apparence. La bourgeoisie a exig&#233; des politiques de recul des droits beaucoup plus dures que ce que les gouvernements du PT semblaient capables de faire &#224; ce moment-l&#224;. C'est pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle la grande majorit&#233; de la classe dirigeante br&#233;silienne a soutenu la destitution de Dilma Rousseff. Construisant le &#171; pont vers l'avenir &#187; du PMDB, Temer a promu un changement de la Constitution sans pr&#233;c&#233;dent dans le monde : l'amendement du &#171; plafond de d&#233;penses &#187;, avec lequel la protection des int&#233;r&#234;ts du capital financier et le m&#233;pris des conditions de vie de la population sont devenus tout &#224; fait explicites. Le gouvernement Bolsonaro, quant &#224; lui, a cherch&#233; &#224; combiner des politiques comme celles-ci avec un programme aux fortes caract&#233;ristiques fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des causes et des origines du coup d'&#201;tat de 2016 est souvent faite depuis la perspective du PT et de mani&#232;re d&#233;form&#233;e, &#233;tant na&#239;vement reproduite par les secteurs progressistes qui ont repris le r&#233;cit partiel et erron&#233; selon lequel nous serions devant une &#171; mont&#233;e conservatrice &#187;. Il s'agit l&#224;, il est important de le dire, d'une lecture superficielle qui fait abstraction de la compr&#233;hension des ph&#233;nom&#232;nes politiques dans le contexte de l'offensive du capital contre le travail et qui &#233;vite d'affronter les contradictions, le caract&#232;re r&#233;gressif et les limites du projet du PT. Au lieu d'identifier ce qui opposait la classe dirigeante br&#233;silienne au gouvernement du PT &#8211; celle-ci avait compris que, en raison de l'aggravation de la crise, les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en pratique par le PT commen&#231;aient &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme insuffisantes &#8211;, ils ont attribu&#233; aux gouvernements du PT un caract&#232;re &#171; totalement positif &#187; dans la d&#233;fense des droits du peuple, ce qui est une grande mystification de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette caract&#233;risation ignore par exemple que l'une des grandes raisons de la perte de soutien dont a souffert Rousseff juste apr&#232;s les &#233;lections de 2014 &#233;tait le &#171; cheval de bataille &#187; sur l'&#233;conomie qu'elle avait annonc&#233; avant m&#234;me son investiture pour son second mandat, lorsqu'elle a choisi un &#233;conomiste tr&#232;s orthodoxe, Joaquim Levy, comme ministre des finances et annonc&#233; un ajustement budg&#233;taire fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le fait que Lava Jato (10) ait men&#233; une grande campagne contre les gouvernements du PT a contribu&#233; &#224; l'augmentation du rejet du gouvernement ; mais la &#171; fraude &#233;lectorale &#187; de Dilma &#8211; puisqu'elle faisait peu apr&#232;s son &#233;lection ce qu'elle avait dit qu'elle ne ferait pas &#171; m&#234;me si la vache tousse &#187; &#8211; n'a pas eu moins d'importance pour la r&#233;volte des secteurs qui soutenaient auparavant le PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destitution de Dilma n'a pas seulement &#233;t&#233; la cons&#233;quence d'une conspiration de la bourgeoisie, avec des secteurs plus &#224; droite du pouvoir judiciaire et du minist&#232;re public, des grands m&#233;dias et du Congr&#232;s (beaucoup de ces derniers, d'ailleurs, ont soutenu Dilma jusqu'en 2014). Cette conspiration existait, bien s&#251;r, et elle &#233;tait facilit&#233;e par le fait que les gouvernements du PT maintenaient des m&#233;thodes de gouvernement, de financement des &#233;lections et d'achat de soutien pas tr&#232;s diff&#233;rentes de celles traditionnellement utilis&#233;es par la bourgeoisie br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'aggravation de la crise (en partie le r&#233;sultat des politiques &#233;conomiques bas&#233;es sur l'illusion que toutes les classes peuvent gagner dans une &#233;conomie capitaliste &#8211; une &#233;conomie capitaliste d&#233;pendante ! &#8211; et avoir c&#233;d&#233; &#224; la pression de la bourgeoisie pour tenter un ajustement fiscal s&#233;v&#232;re dans une &#233;conomie qui entrait d&#233;j&#224; en r&#233;cession) a jou&#233; un r&#244;le majeur. Et peut-&#234;tre qu'un r&#244;le encore plus important a &#233;t&#233; jou&#233; par la d&#233;mobilisation du mouvement ouvrier et populaire promue par les gouvernements du PT depuis le d&#233;but, accentu&#233;e par la frustration li&#233;e au revirement post-&#233;lectoral de Dilma en 2014. La conspiration anti-PT de la bourgeoisie a trouv&#233; un terrain fertile pour prosp&#233;rer, avec un faible degr&#233; de r&#233;sistance de la part du PT et des mouvements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 2016, avec le PSOL et le PT dans l'opposition, un certain rapprochement entre les deux partis &#233;tait in&#233;vitable en raison des luttes concr&#232;tes &#224; mener contre Temer-Bolsonaro et du changement d'orientation que le PT, rejet&#233; au niveau f&#233;d&#233;ral dans l'opposition par d'anciens alli&#233;s, ne pouvait manquer de faire. Cependant, ce changement du PT ne signifie pas un changement fondamental dans la subordination de ce parti &#224; l'ordre n&#233;olib&#233;ral, ni dans ses m&#233;thodes politiques ou dans l'action d'avilissement id&#233;ologique de la classe ouvri&#232;re avec la propagation de la conciliation de classe. Les incoh&#233;rences du PT dans son opposition aux nouvelles &#171; r&#233;formes &#187;, plus dures et plus antipopulaires, et sa recherche fondamentale des m&#234;mes alliances avec les secteurs bourgeois et antipopulaires qu'auparavant, le montrent tr&#232;s clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL, quant &#224; lui, s'est oppos&#233; &#224; la destitution de Dilma Rousseff, comprenant qu'il s'agissait non seulement d'un coup d'&#201;tat, mais aussi d'un durcissement des politiques antipopulaires. En 2018, le PSOL a d&#233;fendu Haddad au second tour, et s'est mobilis&#233; pour que les votes n'aillent pas &#224; Bolsonaro. Il ne fait aucun doute que nous devons avoir une unit&#233; d'action avec tous les partis et secteurs sociaux qui sont pr&#234;ts &#224; combattre les politiques n&#233;olib&#233;rales ou d'extr&#234;me droite. Cela inclut &#233;videmment l'unit&#233; d'action avec le PT et les autres forces qui s'opposent au d&#233;mant&#232;lement des politiques publiques. N&#233;anmoins, il est toujours n&#233;cessaire de se confronter aux partis qui, m&#234;me s'ils s'opposent au gouvernement f&#233;d&#233;ral pour combattre ses politiques n&#233;olib&#233;rales, pratiquent exactement les m&#234;mes politiques dans les &#201;tats qu'ils dirigent, comme l'ont fait et le font le PT, le PCdoB (11) et le PSB (12), en mettant en &#339;uvre des &#171; r&#233;formes &#187; &#233;tatiques qui suivent et renforcent la &#171; r&#233;forme &#187; f&#233;d&#233;rale des retraites de Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions contradictoires du PT, combattant la politique de Bolsonaro au niveau f&#233;d&#233;ral, mais appliquant la m&#234;me logique ultralib&#233;rale dans les &#201;tats et municipalit&#233;s qu'il gouverne, r&#233;v&#232;le en soi que son opposition &#224; Bolsonaro n'est pas pleinement programmatique, et concerne seulement certains aspects de sa politique. En ce qui concerne les bases fondamentales des diktats n&#233;olib&#233;raux, il n'y a souvent aucun d&#233;saccord structurel entre le PT et les partis bourgeois, seulement des nuances d'intensit&#233;, de rythme et des m&#233;thodes d'application. Comme le PT continue de croire &#224; la conciliation des int&#233;r&#234;ts populaires avec la domination capitaliste, il pense qu'il est toujours possible d'att&#233;nuer les politiques antipopulaires exig&#233;es par la bourgeoisie et d'ouvrir un espace pour le &#171; moindre mal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le simple fait du passage du PT dans l'opposition au niveau f&#233;d&#233;ral ne doit pas conduire &#224; modifier l'analyse faite par le PSOL de la nature des gouvernements du PT et du PT lui-m&#234;me (et de ses alli&#233;s). D'autant plus que le PT maintient la d&#233;fense int&#233;grale de tout ce qu'il a fait au gouvernement. Cependant, des secteurs du PSOL ont entam&#233; une sorte de r&#233;visionnisme historique, en reprenant dans nos rangs les m&#234;mes arguments qui ont &#233;t&#233; combattus &#224; juste titre par le PSOL lorsque nous menions une opposition de gauche aux gouvernements de Lula et de Dilma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains secteurs tentent de r&#233;viser l'histoire et d'adoucir l'&#233;valuation critique des gouvernements du PT, que le PSOL a fait depuis sa fondation. Ils ignorent ou cherchent intentionnellement &#224; dissocier &#171; l'h&#233;ritage du PT &#187; de ses cons&#233;quences sur l'aggravation de la crise politique, &#233;conomique et sociale br&#233;silienne. En plus de prendre ses distances de mani&#232;re flagrante avec les faits, une telle tentative de r&#233;habilitation du PT va produire de graves cons&#233;quences pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat critique de l'histoire du Br&#233;sil, en particulier la p&#233;riode la plus r&#233;cente, qui englobe le cycle PT, est essentiel pour comprendre la mont&#233;e de Bolsonaro et nous apporte des &#233;l&#233;ments centraux pour la construction d'une v&#233;ritable alternative qui pr&#233;pare une p&#233;riode d'offensive de la classe ouvri&#232;re contre les forces du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; de la conjoncture ouverte avec l'&#233;lection de Bolsonaro &#8211; qui a des intentions explicites de coup d'&#201;tat en plus de sa d&#233;fense de programmes r&#233;actionnaires d'inspiration nazie-fasciste &#8211; a conduit des secteurs du PSOL &#224; confondre l'urgence de l'unit&#233; dans la lutte antifasciste et d&#233;mocratique et contre le g&#233;nocide de Bolsonaro, avec la d&#233;fense du statu quo &#224; travers l'adh&#233;sion du PSOL aux projets &#233;lectoraux d'un suppos&#233; front de gauche voire d'un &#171; camp d&#233;mocratique &#187; ou &#171; camp progressiste &#187; dans un front large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses positions sont justifi&#233;es par une vision impressionniste de la situation ou une lecture erron&#233;e des causes de la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite au Br&#233;sil et dans le monde, qui ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;es ind&#233;pendamment des effets de la crise structurelle du capital et du n&#233;olib&#233;ralisme. D'autres se justifient par une mauvaise compr&#233;hension de la tradition de la tactique du front unique d&#233;fendue par les secteurs les plus cons&#233;quents de l'Internationale communiste dans les ann&#233;es 1920 et 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne tactique de front unique vise certainement &#224; cr&#233;er de meilleures conditions pour l'affrontement avec un ennemi commun (comme le bolsonarisme et le n&#233;olib&#233;ralisme). Mais elle inclut, ne serait-ce que pour que cette lutte soit plus efficace, le d&#233;bat d'orientation dans le mouvement entre les secteurs r&#233;volutionnaires et les secteurs r&#233;formistes et conciliateurs. Un d&#233;bat d'orientation c'est un d&#233;bat des consciences : il faut dire la v&#233;rit&#233;, formuler des critiques chaque fois qu'elles sont importantes, chercher &#224; &#233;lever le niveau de conscience des masses et ne jamais renforcer leurs illusions ou contribuer &#224; leur faire oublier l'exp&#233;rience du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les lectures superficielles et m&#234;me ahistoriques prosp&#232;rent dans la gauche br&#233;silienne. Il est important de souligner que le n&#233;olib&#233;ralisme n'est pas seulement une &#171; question &#233;conomique &#187;, mais un ajustement social global, avec des cons&#233;quences politiques et id&#233;ologiques majeures, selon la c&#233;l&#232;bre phrase de la repr&#233;sentante du n&#233;olib&#233;ralisme Margaret Thatcher : &#171; l'&#233;conomie est la m&#233;thode ; le but est de changer le c&#339;ur et l'&#226;me &#187; (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme est essentiellement antid&#233;mocratique et vise &#224; affaiblir la classe ouvri&#232;re et ses luttes. Il est certain que la croissance de l'extr&#234;me droite, avec ses caract&#233;ristiques actuelles, est un produit de cet arrangement soci&#233;tal dans notre p&#233;riode historique. Pour faire face &#224; la menace fasciste, il faut affronter le n&#233;olib&#233;ralisme et ne pas s'accorder avec les forces qui l'appliquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter toute confusion politique suppl&#233;mentaire, nous devons diff&#233;rencier l'unit&#233; d'action contre Bolsonaro et d'autres fascistes &#8211; qui peut se faire m&#234;me avec les forces lib&#233;rales &#171; d&#233;mocratiques &#187;, autour de th&#232;mes concrets tels que la destitution, les vaccins, les moyens allou&#233;s pour la sant&#233; et l'&#233;ducation, entre autres &#8211; d'une alliance programmatique sur les projets de gouvernement avec les forces n&#233;olib&#233;rales, avec lesquelles le PT est actuellement alli&#233; et dont il fait organiquement partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait plus productif que des secteurs du parti cessent de fantasmer sur l'alliance avec le PT, a priori comme un &#171; front de gauche &#187; (un argument d&#233;nu&#233; de toute base mat&#233;rielle et historique) et commencent &#224; s'interroger sur ce que serait le programme pour surmonter la crise et affronter les bases politiques et mat&#233;rielles qui nourrissent l'extr&#234;me droite br&#233;silienne, que nous devrions incarner dans un v&#233;ritable projet de r&#233;ponse structurelle &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait une grave erreur pour le PSOL de rejoindre un bloc de statu quo, qui, historiquement, contribuera &#224; l'aggravation de la crise et au renforcement de l'extr&#234;me droite dans un &#233;ventuel sc&#233;nario post-Bolsonaro. Nous avons besoin d'un programme qui doit n&#233;cessairement rompre avec le n&#233;olib&#233;ralisme en ouvrant un processus de mobilisation sociale en vue de produire des changements radicaux dans la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne. Le d&#233;bat autour de la pr&#233;-candidature de Glauber Braga &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique au nom du PSOL l'a d&#233;montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux secteurs du PSOL s'interrogent sur la n&#233;cessit&#233; pour le parti d'avoir sa propre candidature au premier tour de l'&#233;lection du pr&#233;sident pr&#233;vue en 2022. Il existe au moins deux variantes de la d&#233;fense par le PSOL du soutien &#224; Lula au premier tour (si nous laissons de c&#244;t&#233; ce qui serait une troisi&#232;me variante : &#171; le soutien avec un programme de gauche et des alliances dans le camp de la classe ouvri&#232;re &#187; &#8211; car nous savons que cette hypoth&#232;se n'appartient qu'au terrain de l'auto-illusion et n'a aucun ingr&#233;dient du r&#233;alisme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re variante, d&#233;fendue essentiellement par les partisans de la th&#232;se &#171; PSOL populaire &#187; &#8211; la tendance Primavera Socialista (Printemps socialiste) et d'autres courants (14) &#8211; dit que, apr&#232;s avoir soutenu Lula au premier tour, et son &#233;ventuelle &#233;lection, le PSOL devrait &#233;galement participer au futur gouvernement, r&#233;p&#233;tant l'ancienne illusion des secteurs de la gauche du PT qu'il serait possible de contester le gouvernement Lula &#171; de l'int&#233;rieur &#187;. Dans cette hypoth&#232;se, le PSOL s'engagerait dans un gouvernement de conciliation de classe, et toute son histoire jusqu'&#224; aujourd'hui, tous les sacrifices consentis pour sa construction, seraient jet&#233;s aux oubliettes, faisant du PSOL un &#171; parti de l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre variante, d&#233;fendue par la th&#232;se &#171; PSOL Semente &#187; &#8211; la tendance Resist&#234;ncia et d'autres courants estime que, apr&#232;s avoir soutenu Lula au premier tour, le PSOL devrait refuser de participer au futur gouvernement, qui serait un gouvernement de conciliation de classe, donc un gouvernement qui favoriserait la subordination des classes exploit&#233;es et des secteurs opprim&#233;s &#224; l'ordre du capital. Le PSOL, apr&#232;s avoir soutenu Lula au premier tour, en viendrait &#224; s'opposer &#224; son &#233;ventuel gouvernement. La raison de la d&#233;fense d'une ligne aussi tortueuse serait l'&#233;valuation selon laquelle le manque de soutien du PSOL &#224; Lula au premier tour ne serait pas compris par les masses travailleuses et les secteurs populaires, qui veulent vaincre Bolsonaro et croient qu'il est n&#233;cessaire d'&#233;lire Lula pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position est marqu&#233;e par la confusion. On peut se demander, s'il en &#233;tait ainsi, pourquoi le refus de participer au gouvernement (d&#232;s le d&#233;but) serait compris ? Il est beaucoup plus logique de dire que, pour que la position des secteurs qui pr&#233;conisent que le PSOL reste sur le terrain de l'ind&#233;pendance politique de classe soit bien comprise, elle doit commencer &#224; &#234;tre &#233;nonc&#233;e d&#232;s maintenant, sans crainte, sans h&#233;sitation ou doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous refusons de participer &#224; un gouvernement qui sera un gouvernement de conciliation de classe et n&#233;olib&#233;ral (ce que nous savons d&#233;j&#224;), nous ne devons pas non plus soutenir au premier tour un candidat qui a cette orientation. Ind&#233;pendamment de ce que pensent les partisans de cette th&#232;se, il s'agira d'une adh&#233;sion politique du PSOL et leur argument est fallacieux. La pr&#233;misse ne fait pas valoir la conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons expliquer nos diff&#233;rences calmement, tout en exposant notre vision du type de gouvernement qui serait le meilleur pour le Br&#233;sil. Et, en m&#234;me temps, faire comprendre que si le PSOL n'est pas au second tour, il d&#233;fendra un vote contre Bolsonaro, que ce soit avec Lula ou avec un autre candidat. Une parole claire sur le PT et ses gouvernements est beaucoup plus p&#233;dagogique, et contribuerait beaucoup plus &#224; &#233;lever le niveau de conscience de l'&#233;lectorat populaire, que le soutien &#224; un programme organique du grand capital ou au messianisme luliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point important est qu'il est devenu de plus en plus clair que Bolsonaro doit &#234;tre vaincu au plus vite &#8211; il a m&#234;me d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'il n'accepterait pas le r&#233;sultat des &#233;lections. Il est vrai qu'apr&#232;s les menaces les plus explicitement criminelles du 7 septembre, il a fait marche arri&#232;re et annonc&#233; le respect de la Constitution. Mais quiconque croit qu'il &#233;tait sinc&#232;re en disant cela m&#233;rite de gagner le grand prix de l'auto-illusion ; son recul n'est pas une conversion, mais un &#233;l&#233;ment tactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro continuera certainement &#224; attaquer les institutions, et s'il est toujours &#224; la pr&#233;sidence apr&#232;s les crimes de masse qu'il a d&#233;j&#224; commis et ceux qu'il commettra dans les mois &#224; venir, il sera tr&#232;s difficile que les &#233;lections puissent &#234;tre un tant soit peu normales. La prise de conscience de cela nous impose la conclusion que nous avons besoin d'un front unique sur le terrain de classe et d'une unit&#233; d'action plus large pour vaincre Bolsonaro maintenant ou dans les mois &#224; venir, et non d'une unit&#233; &#233;lectorale confuse l'ann&#233;e prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'unit&#233; est importante, mais de quelle mani&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est demand&#233; &#224; la gauche et aux secteurs populaires, c'est de construire l'unit&#233; sur le terrain de classe, l'unit&#233; d'action, ou l'unit&#233; sur des questions sp&#233;cifiques. Mais pas l'unit&#233; programmatique avec des partis qui cherchent &#224; r&#233;concilier les classes et &#224; appliquer les diktats du capital et des oligarchies tout en tentant de r&#233;duire leurs effets d&#233;vastateurs. La mystification et le manque de compr&#233;hension de l'unit&#233; ont contribu&#233; &#224; de nombreuses distorsions dans les d&#233;bats politiques de la gauche br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement de conciliation des classes n'est pas un gouvernement qui d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts des secteurs populaires mais qui n&#233;gocie avec la classe dominante pour permettre une certaine avanc&#233;e, par le biais de calculs &#233;lectoraux. C'est un gouvernement qui d&#233;mobilise les secteurs populaires et les emp&#234;che d'affronter les classes dominantes pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes. Et qui r&#233;pand l'illusion que dans le capitalisme (m&#234;me dans un capitalisme d&#233;pendant comme celui du Br&#233;sil) &#171; tout le monde peut gagner &#187;, alors qu'en r&#233;alit&#233; la classe ouvri&#232;re perd toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; programmatique du PSOL avec les partis qui adoptent cette ligne impliquerait un renoncement &#224; l'ind&#233;pendance de classe. C'est-&#224;-dire renoncer &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts fondamentaux des exploit&#233;s et des opprim&#233;s en collaborant pour que leurs revendications ne soient pas satisfaites. Ce qui est en jeu n'est pas un d&#233;bat sur l'unit&#233; du PSOL avec d'autres forces, mais un d&#233;bat sur l'adh&#233;sion programmatique masqu&#233;e par la logique inavou&#233;e du &#171; salut national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSOL doit d&#233;fendre une alternative non seulement au bolsonarisme, mais aussi aux politiques du grand capital qui lui sont associ&#233;es. Bolsonaro est une expression de la crise. R&#233;duire toute la crise &#224; Bolsonaro, c'est ne pas comprendre la dimension du danger de l'extr&#234;me droite et du chaos &#233;conomique et social qui s'approfondit. Loin d'&#234;tre une simple auto-affirmation du PSOL, la d&#233;fense de sa propre candidature et d'un v&#233;ritable front de gauche dans la situation difficile que nous vivons a un sens clair du programme et de la construction historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; n&#233;cessaire et urgente pour la destitution de Bolsonaro et pour emp&#234;cher la continuit&#233; de son gouvernement (d'autant que le PT n'a m&#234;me pas agi de mani&#232;re coh&#233;rente dans ce sens) ne peut se confondre avec l'incorporation du PSOL &#224; un programme et &#224; une logique de gouvernance qui ne repr&#233;sentera aucune rupture avec la structure qui r&#233;git la logique de la surexploitation du capital et de la pr&#233;servation des m&#233;canismes de s&#233;gr&#233;gation sociale au Br&#233;sil. On ne peut pas confondre lutte d&#233;mocratique et d&#233;fense du statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aggravation de la crise de l'&#233;conomie capitaliste et des crises connexes &#8211; telles que la catastrophe environnementale, la crise humanitaire &#8211; nous ne pouvons manquer de souligner la n&#233;cessit&#233; de surmonter le capitalisme, la n&#233;cessit&#233; d'une politique anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : nous ne pouvons pas renoncer &#224; la construction que nous avons r&#233;alis&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent et Lula n'est pas la solution pour vaincre Bolsonaro et l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, le PSOL est n&#233; de la transformation du PT en un parti d&#233;fendant l'ordre capitaliste &#8211; une position rendue tout &#224; fait explicite lorsque le PT a assum&#233; le gouvernement du pays. Le PSOL a d&#251; commencer sa construction alors que le PT suscitait encore beaucoup d'espoir, et a d&#251; faire face &#224; de nombreux moments difficiles. Malgr&#233; cela, il a r&#233;ussi &#224; se d&#233;velopper, bien que lentement. Il faut aller plus loin, mais pour cela il faut &#233;viter de perdre ce que l'on a d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;. Il ne peut se subordonner au PT et &#224; son orientation qui r&#233;duit l'horizon de ses politiques &#224; ce qui peut &#234;tre fait sans rompre avec le capitalisme et sans affronter la bourgeoisie. Notre parti ne peut se joindre &#224; ceux qui disent qu'il n'y a pas d'alternative &#224; la logique du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probablement vrai et il y a de fortes indications que Lula sera le candidat le mieux plac&#233; pour gagner&#8230; s'il y a des &#233;lections raisonnablement normales. Les sondages indiquent qu'il pourrait m&#234;me gagner au premier tour. Une telle victoire face &#224; Bolsonaro pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e par certains secteurs de la soci&#233;t&#233; comme positive &#224; court terme. En outre, compte tenu du retard et des destructions op&#233;r&#233;s par Bolsonaro, une comparaison &#224; court terme pourra &#234;tre ais&#233;ment appr&#233;ci&#233;e de mani&#232;re positive, mais l'approfondissement de la crise sociale, politique et &#233;conomique ne tol&#233;rera pas les h&#233;sitations. La sortie de la crise ne se fera pas dans le cadre de l'ordre du capital, donc celles et ceux qui ne construisent pas de politiques de rupture devront appliquer les ajustements et s'en prendre &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la capacit&#233; de r&#233;aliser toutes les confrontations n&#233;cessaires avec le bolsonarisme, l'extr&#234;me droite et le n&#233;olib&#233;ralisme d'un gouvernement appliquant la ligne d&#233;fendue par le PT et s'appuyant sur les alliances que le PT r&#233;alisera sera fortement r&#233;duite. L'auto-organisation de tous ceux qui sont exploit&#233;s et opprim&#233;s par le capital n'est pas encore assez avanc&#233;e pour &#234;tre une alternative imm&#233;diate sur le plan politique. C'est ce qu'il faudra construire. Cette auto-organisation &#8211; c'est-&#224;-dire un mouvement auto-organis&#233; d'unit&#233; du camp de la classe &#8211; ne peut pas &#234;tre report&#233;e. Nous devons avancer d'urgence dans la construction d'une force extraparlementaire en m&#234;me temps nous ne pouvons pas faire l'erreur sur le terrain &#233;lectoral de renoncer &#224; une candidature et son propre programme en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le PSOL, le d&#233;bat programmatique est une n&#233;cessit&#233; qui va bien au-del&#224; du d&#233;bat &#233;lectoral. La construction programmatique est fondamentale pour la pr&#233;paration de l'auto-organisation, qui sera renforc&#233;e par la lutte pratique quotidienne sur les fronts les plus divers. Nous ne devons donc pas confondre programme et &#233;ch&#233;ancier &#233;lectoral. Ce dernier doit faire partie d'un programme de construction socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra aller bien au-del&#224; de ce dont le PT est capable : d&#233;border par nos propositions les limites accept&#233;es par les classes dominantes et le capitalisme. Consid&#233;rer les mobilisations de masse des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es comme la principale force motrice (et non comme une menace qu'il faut r&#233;primer, comme le PT l'a fait &#224; plusieurs reprises). Le PSOL a &#233;merg&#233; en tant qu'instrument de lutte contre l'ordre du capital. Il doit maintenir cette attitude. Son r&#244;le en tant qu'opposition radicale et de gauche est un facteur cl&#233; face &#224; tout gouvernement de l'ordre qui pourrait &#234;tre &#233;lu en 2022. Construire et affirmer un programme anticapitaliste, travailler &#224; la construction de notre propre candidature qui l'exprime, doit &#234;tre notre t&#226;che centrale sur le terrain de la lutte &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut vaincre Bolsonaro, l'extr&#234;me droite et toutes les forces n&#233;olib&#233;rales le plus vite possible. Le PSOL doit donc construire un p&#244;le contre l'ordre du capital, en se r&#233;affirmant comme un parti socialiste et en renfor&#231;ant l'unit&#233; du mouvement ouvrier et populaire avec une ind&#233;pendance de classe et un projet d'auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Gilson Amaro&lt;/strong&gt; est un dirigeant du Parti socialisme et libert&#233; (PSOL) dans l'&#201;tat de S&#227;o Paulo et membre de la coordination du Coletivo Anticapitalistas. Jo&#227;o Machado est membre de la coordination nationale de la tendance Comuna du PSOL (qui fait partie de la section br&#233;silienne de la IVe Internationale), ancien dirigeant du Parti des travailleurs et membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a d'abord paru le 23 septembre 2021 sur le site web de Comuna : (&lt;a href=&#034;https://www.comunapsol.org/single-post/as-eleic&#245;es-de-2022-e-o-futuro-do-psol&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.comunapsol.org/single-post/as-eleic&#245;es-de-2022-e-o-futuro-do-psol&lt;/a&gt;) et sur celui du Coletivo Anticapitalistas (&lt;a href=&#034;https://psolanticapitalista.medium.com/as-elei%C3%A7%C3%B5es-de-2022-e-o-futuro-do-psol-185de97fcc4f&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://psolanticapitalista.medium.com/as-elei%C3%A7%C3%B5es-de-2022-e-o-futuro-do-psol-185de97fcc4f&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit du portugais et annot&#233; par JM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le s&#233;bastianisme est un mythe messianique bas&#233; sur l'espoir d'un retour du roi portugais S&#233;bastien Ier, mort en 1578 lors d'une bataille d'invasion du Maroc. Cet espoir s'est progressivement transform&#233; en mythe d'homme providentiel et a jou&#233; un r&#244;le important lors de l'invasion militaire et de la liquidation de la ville rebelle de Canudos en 1897, peupl&#233;e par des pauvres et des dissidents, qui avaient supprim&#233; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des terres et des troupeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Istv&#225;n M&#233;sz&#225;ros, Beyond Vapital : Toward a Theory of Transition (Au-del&#224; du Capital, vers une th&#233;orie de la transition), New York University Press, New York 1995. &#192; propos des &#233;laborations de M&#233;sz&#225;ros, voir Inprecor n&#176; 644-645-646 d'octobre-novembre-d&#233;cembre 2017 (&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/inprecor?numero=644-646&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/inprecor?numero=644-646&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La lecture faite ici se fonde sur la tradition marxiste critique, qui inclut la contribution d'Istv&#225;n M&#233;sz&#225;ros. En sauvant et en d&#233;veloppant la conception marxienne qui diff&#233;rencie le capital du capitalisme, nous aurons une lecture correcte de l'exp&#233;rience sovi&#233;tique. Le syst&#232;me du capital est compos&#233; du tripode capital, travail, &#201;tat, il a donc une dimension de totalit&#233; sociale et, en ne rompant pas avec le tripode du capital, la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique est rest&#233;e sous son contr&#244;le socio-m&#233;tabolique. M&#234;me s'il s'agissait d'une exp&#233;rience post-capitaliste, le travail dans cette soci&#233;t&#233; &#233;tait soumis aux imp&#233;ratifs structurels hi&#233;rarchiques du capital, il n'y avait pas de plus-value, mais l'appropriation du surtravail se faisait sous une forme politique par l'&#201;tat sovi&#233;tique. Istv&#225;n M&#233;sz&#225;ros est cat&#233;gorique lorsqu'il affirme que nous devons construire des processus au-del&#224; du capital, en rompant avec sa domination socio-m&#233;tabolique. Pour vaincre le capital, il ne suffit pas d'avoir une r&#233;volution politique, qui nie ou supprime politiquement la domination capitaliste, en cr&#233;ant un &#201;tat post-capitaliste, il est n&#233;cessaire d'avoir une r&#233;volution sociale qui d&#233;passe le processus socio-m&#233;tabolique du capital et de son syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La &#171; Lettre au peuple br&#233;silien &#187; est un texte sign&#233; par Lula en juin 2002, en r&#233;ponse &#224; la crainte qu'avaient les &#171; march&#233;s financiers &#187; face &#224; sa victoire &#233;lectorale alors probable. Lula s'engageait &#224; ne pas prendre de &#171; d&#233;cisions unilat&#233;rales &#187; et &#224; mettre en place &#171; une large n&#233;gociation nationale &#187; dont le principe serait &#171; le respect des contrats et des obligations du pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le 5 novembre 2015, la rupture d'un barrage a lib&#233;r&#233; 43,7 millions de m3 de r&#233;sidus miniers dans la rivi&#232;re Doce, provoquant une coul&#233;e de boue brune toxique qui a pollu&#233; la rivi&#232;re et les plages pr&#232;s de l'embouchure lorsqu'elle a atteint l' oc&#233;an Atlantique 17 jours plus tard. Des centaines de personnes ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es et les villes le long de la Doce ont subi des p&#233;nuries d'eau lorsque leurs approvisionnements en eau ont &#233;t&#233; pollu&#233;s. La fuite d'un rapport de 2013 a permis de voir que les soci&#233;t&#233;s propri&#233;taires &#233;taient au courant des probl&#232;mes structurels de leur barrage. En 2016, 21 dirigeants, dont l'ancien PDG de Samarco et des repr&#233;sentants des propri&#233;taires de cette compagnie, les multinationales Vale et BHP, ont &#233;t&#233; accus&#233;s d'homicides involontaires et de dommages environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. L'interview intitul&#233;e &#171; Le n&#233;cessaire, le possible et l'impossible &#187;, r&#233;alis&#233;e pour le livre Lula e Dilma : 10 anos de governos p&#243;s-neoliberais no Brasil (Lula et Dilma : 10 ans de gouvernements post-n&#233;olib&#233;raux au Br&#233;sil), &#233;d. Boitempo-Flasco, S&#227;o Paulo 2013, a &#233;t&#233; publi&#233;e le 20 mai 2013 sur le site Carta Maior, li&#233; au PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les membres du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB, n&#233;olib&#233;ral) sont appel&#233;s &#171; toucans &#187; d'apr&#232;s le symbole de ce parti. Le PSDB a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme le parti &#171; le plus sale &#187; du Br&#233;sil par les institutions &#233;lectorales en 2012 en raison d'affaires de corruption r&#233;currentes le concernant. Apr&#232;s avoir soutenu la candidature de Geraldo Alckmin &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2018, &#233;limin&#233; au premier tour avec 4,8 % des suffrages, une partie de ses cadres ont apport&#233; leur appui &#224; Jair Bolsonaro au second tour, vers lequel l'essentiel de l'&#233;lectorat traditionnel du parti s'&#233;tait d&#233;j&#224; tourn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Pour exiger l'annulation de l'augmentation des tarifs des transports publics et protester contre la violence polici&#232;re, des mobilisations massives ont eu lieu simultan&#233;ment dans plus de 500 villes au Br&#233;sil, soutenues selon les sondages par 89 % de la population et qualifi&#233;es d'insurrection de 2013. La r&#233;pression a &#233;t&#233; particuli&#232;rement violente, la police tirant &#224; balles r&#233;elles et &#224; balles en caoutchouc et proc&#233;dant &#224; des arrestations massives, mais dans plusieurs villes la hausse des tarifs des transports publics a d&#251; &#234;tre annul&#233;e et le gouvernement de Dilma Roussef a &#233;t&#233; oblig&#233; d'annoncer une loi garantissant l'emploi des redevances p&#233;troli&#232;res pour la sant&#233; publique et l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. D'importantes manifestations ont eu lieu contre la Coupe du monde de football au Br&#233;sil en 2014 &#8211; &#171; Il n'y aura pas de coupe &#187; ou &#171; Fifa go Home &#187; &#8211; centr&#233;es sur la critique des d&#233;penses &#233;lev&#233;es du gouvernement pour la Coupe du monde au d&#233;triment des faibles investissements dans les services publics. Le gouvernement de Dilma Roussef (PT) les a violemment r&#233;prim&#233;es et a mobilis&#233; l'arm&#233;e pour une action int&#233;gr&#233;e avec la police locale dans les villes o&#249; se tenaient les matchs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. L'op&#233;ration Lava Jato (lavage au jet &#8211; ce terme fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'utilisation d'une station-service pour le blanchiment d'argent, objet d'une enqu&#234;te lors de la premi&#232;re phase de l'op&#233;ration) &#233;tait une enqu&#234;te de la police f&#233;d&#233;rale, commenc&#233;e en mars 2014, concernant la corruption et le blanchiment d'argent, notamment des entreprises Petroibras et Odebrecht. Dirig&#233;e par le juge Sergio Moro (ensuite ministre de Bolsonaro, avant d'&#234;tre &#233;cart&#233; par ce dernier), l'enqu&#234;te a &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;e par les m&#233;dias qui ont lev&#233; le voile sur les messages compromettants &#233;chang&#233;s entre les procureurs et le juge Moro et a pris fin officiellement en f&#233;vrier 2021. Elle avait entre-temps permis l'arrestation de nombreux dirigeants du PT et la condamnation de Lula pour corruption (condamnations annul&#233;es en 2021 par le Tribunal supr&#234;me f&#233;d&#233;ral pour vice de forme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Le Parti communiste du Br&#233;sil (PCdoB), cr&#233;&#233; en 1962 et &#224; l'origine procubain, s'est rapproch&#233; de la Chine apr&#232;s avoir &#233;t&#233; condamn&#233; par Moscou. Il a soutenu la candidature de Lula en 2002 et en 2006, ainsi que celle de Dilma Roussef en 2010. En 2018 Manuela d'&#193;vila, d&#233;put&#233;e du PCdoB dans l'&#201;tat de Rio Grande do Sul, a &#233;t&#233; candidate &#224; la vice-pr&#233;sidence de Fernando Haddad (PT). Son candidat, Fl&#225;vio Dino, a &#233;t&#233; &#233;lu gouverneur de l'&#201;tat de Maranh&#227;o en 2014 et 2018, mais le 21 juin 2021 il a annonc&#233; qu'il rejoignait le PSB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Parti socialiste br&#233;silien (PSB, centre-gauche), fond&#233; en 1947. En 2018 il a fait &#233;lire des gouverneurs dans trois &#201;tats et contr&#244;le deux capitales d'&#201;tats, Recife (Pernambuco) et Macei&#243; (Alagoas). Sa candidate a obtenu 21,32 % des suffrages exprim&#233;s lors de la pr&#233;sidentielle de 2014 et en 2018 le PSB a soutenu Haddad au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. &#171; Economics are the method ; the object is to change the heart and soul. &#187; Interview &#224; Ronald Butt, Sunday Times, 3 mai 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Au 7e Congr&#232;s du PSOL, le courant &#171; PSOL Popular &#187;, form&#233; par les tendances Primavera socialista (la plus importante, le pr&#233;sident du parti Juliano Medeiros fait partie de cette tendance) et Revolu&#231;ao Solid&#225;ria (R&#233;volution solidaire, anim&#233;e par Guilherme Noulos et le Mouvement des travailleurs sans toit &#8211; MTST) avait 167 d&#233;l&#233;gu&#233;&#8729;es. Le courant &#171; PSOL Semente &#187; (Semence), form&#233; par les tendances Resist&#234;ncia (R&#233;sistance, anim&#233;e par les militants issus du PSTU qui animent le site web Esquerda Online), Insurg&#234;ncia (Insurrection, qui fait partie de la section br&#233;silienne de la IVe Internationale), Subverta (Subversion), qui fait partie de la section br&#233;silienne de la IVe Internationale), Maloka Socialista (tendance pr&#233;sente &#224; S&#227;o Paulo et Minas Gerais), Vamos PSOL (Allons-y PSOL, groupe local de Pernambuco), Carmen Portinho (groupe local de Rio de Janeiro) ainsi que des militants ind&#233;pendants avait 61 d&#233;l&#233;gu&#233;&#8729;es. Les deux courants &#171; PSOL Popular &#187; et &#171; PSOL Semente &#187; ont form&#233; la majorit&#233; de direction &#224; l'issue du congr&#232;s. Une opposition de gauche a rassembl&#233; le MES (Mouvement gauche socialiste, organisation sympathisante de la IVe Internationale), Comuna (Commune, tendance qui fait partie de la section br&#233;silienne de la IVe Internationale), APS (Action populaire socialiste), Fortalecer (Renforcer), CST (Courant socialiste des travailleurs), LS (Lutte socialiste), Coletivo Anticapitalistas et des groupes locaux. Cette opposition, favorable entre autres &#224; ce que le PSOL pr&#233;sente une candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2022, avait r&#233;uni 173 d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil : Lula condamn&#233;, d&#233;bats dans la gauche</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-Lula-condamne-debats-dans-la-gauche</link>
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		<dc:date>2018-02-20T12:15:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#227;o Machado</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-02-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de l'Hebdo L'Anticapitaliste - 416 (08/02/2018) | &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 janvier, le Tribunal r&#233;gional f&#233;d&#233;ral de la 4e R&#233;gion a confirm&#233; la condamnation de l'ancien pr&#233;sident Lula pour corruption, dans une affaire concernant la pr&#233;tendue propri&#233;t&#233; d'un appartement &#224; Guaruj&#225; (S&#227;o Paulo). Lula est devenu in&#233;ligible, en vertu d'une loi promulgu&#233;e par son gouvernement. Et il peut d&#233;sormais &#234;tre arr&#234;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a plusieurs autres proc&#232;s contre Lula, qui sont toujours en cours. Il ne fait aucun doute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton33720-8a456.png?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de l'Hebdo L'Anticapitaliste - 416 (08/02/2018) |&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 24 janvier, le Tribunal r&#233;gional f&#233;d&#233;ral de la 4e R&#233;gion a confirm&#233; la condamnation de l'ancien pr&#233;sident Lula pour corruption, dans une affaire concernant la pr&#233;tendue propri&#233;t&#233; d'un appartement &#224; Guaruj&#225; (S&#227;o Paulo). Lula est devenu in&#233;ligible, en vertu d'une loi promulgu&#233;e par son gouvernement. Et il peut d&#233;sormais &#234;tre arr&#234;t&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a plusieurs autres proc&#232;s contre Lula, qui sont toujours en cours. Il ne fait aucun doute qu'il y avait de la corruption dans son gouvernement (comme dans tous les autres gouvernements br&#233;siliens dans les derni&#232;res d&#233;cennies). Et il ne fait aucun doute que Lula y a particip&#233;, et qu'il doit exister des preuves contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une condamnation politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans l'affaire r&#233;cemment jug&#233;e, les preuves sont extr&#234;mement douteuses. Sa condamnation a &#233;t&#233; certainement motiv&#233;e par les int&#233;r&#234;ts politiques de la majorit&#233; de la droite br&#233;silienne. Des &#233;lections g&#233;n&#233;rales sont pr&#233;vues en octobre et, en ce qui concerne la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, tous les sondages placent Lula loin devant les autres candidats, tant au premier qu'au second tour. Pour cette raison, il se dit &#224; juste titre (et pas seulement &#224; gauche) que cette condamnation est une continuation du coup d'&#201;tat parlementaire qui a chass&#233; Dilma Rousseff du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le jugement, le PT a r&#233;affirm&#233; la candidature de Lula, bien qu'il ne soit pas &#233;ligible. Des appels seront d&#233;pos&#233;s contre la condamnation. En outre, la loi permet l'enregistrement de sa candidature (en ao&#251;t), et ce n'est qu'apr&#232;s qu'elle pourra &#234;tre contest&#233;e. Et comme le PT peut faire appel de la contestation, il est m&#234;me possible que Lula puisse &#234;tre &#233;lu, et c'est alors sa prise de fonction qui sera refus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cents sondages effectu&#233;s ont montr&#233; que, jusqu'&#224; pr&#233;sent, la confirmation de la condamnation n'a pas r&#233;duit les intentions de vote pour Lula. En outre, ils montrent qu'un candidat soutenu par lui aurait moins de votes que lui, mais irait au second tour. Il est possible que le PT maintienne la candidature de Lula et le remplace seulement quelques semaines avant l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une gauche divis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sc&#233;nario confus, la gauche br&#233;silienne s'est divis&#233;e au cours des derni&#232;res semaines entre au moins quatre positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re le PT et ses alli&#233;s comme faisant partie de la gauche, on peut dire que cette derni&#232;re s'est largement &#233;lev&#233;e contre la condamnation de Lula, qu'elle a d&#233;fendu son droit &#224; &#234;tre candidat, et affirm&#233; qu'elle soutenait (ou pourrait soutenir) sa candidature. Ces secteurs ne croient pas n&#233;cessairement en &#171; l'innocence &#187; de Lula mais sont &#224; l'image ce cette partie de la population qui, selon les enqu&#234;tes, le croit coupable mais a l'intention de voter pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me partie de la gauche, critique des gouvernements du PT (politique de collaboration de classes, d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts bourgeois et politique de d&#233;mobilisation populaire), a toutefois particip&#233; &#224; des mobilisations en d&#233;fense de Lula en essayant, autant que possible, de se d&#233;marquer du &#171; Lulisme &#187;. Ce secteur est form&#233; par une partie minoritaire du Partido Socialismo e Liberdade (PSOL), par une partie tr&#232;s minoritaire du mouvement syndical et par une partie minoritaire des mouvements populaires, et a l'intention de pr&#233;senter un candidat &#224; la pr&#233;sidence. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des d&#233;bats qui se poursuivent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux secteurs de la gauche ont essay&#233; d'organiser des manifestations &#224; grande &#233;chelle contre la condamnation de Lula. Elles ont &#233;t&#233; significatives (des milliers, voire quelques dizaines de milliers de participants), mais plus petites que pr&#233;vu. Beaucoup de gens ont l'intention de voter pour Lula, mais ne se mobilisent pas pour sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me secteur de la gauche, constitu&#233; par la majorit&#233; des militants du PSOL, n'a pas particip&#233; aux manifestations, comprenant qu'elles seraient con&#231;ues comme faisant partie de la campagne de Lula. Ce secteur, tout en d&#233;non&#231;ant le caract&#232;re politique des jugements qui l'ont d&#233;j&#224; condamn&#233;, et en d&#233;fendant le droit de Lula &#224; se pr&#233;senter comme candidat, met toutefois en avant ses critiques des gouvernements du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un quatri&#232;me secteur de la gauche, tout en ayant une position critique sur les jugements qui ont condamn&#233; Lula, soutient qu'il devrait &#234;tre condamn&#233; et emprisonn&#233; et, d&#232;s lors, ne d&#233;fend pas son droit &#224; &#234;tre candidat. Cette position est partag&#233;e par une petite minorit&#233; de militants du PSOL, par le PSTU (Partido Socialista dos Trabalhadores Unificado, un petit parti &#171; mor&#233;niste &#187;) et la majorit&#233; de la centrale syndicale la plus &#224; gauche au Br&#233;sil, la CSP-Conlutas (dont la direction est li&#233;e au PSTU). Dans les semaines et les mois &#224; venir, ces d&#233;bats se poursuivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; S&#227;o Paulo, Jo&#227;o Machado &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ebullition et gr&#232;ve au Br&#233;sil</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ebullition-et-greve-au-Bresil</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ebullition-et-greve-au-Bresil</guid>
		<dc:date>2017-05-24T11:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#227;o Machado, T&#225;rzia Medeiros</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La 28 avril 2017 restera l'un des jours le plus important de l'histoire r&#233;cente du Br&#233;sil. La classe ouvri&#232;re a repris son r&#244;le de premier plan sur la sc&#232;ne politique et a protest&#233; de fa&#231;on unitaire, avec une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, contre les mesures sur les retraites et le travail engag&#233;es par le gouvernement ill&#233;gitime de Temer. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de Ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel pour un jour de gr&#232;ve a &#233;t&#233; suivi d'un arr&#234;t total ou partiel dans les transports, dans les institutions de l'enseignement, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton30958-d4647.jpg?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La 28 avril 2017 restera l'un des jours le plus important de l'histoire r&#233;cente du Br&#233;sil. La classe ouvri&#232;re a repris son r&#244;le de premier plan sur la sc&#232;ne politique et a protest&#233; de fa&#231;on unitaire, avec une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, contre les mesures sur les retraites et le travail engag&#233;es par le gouvernement ill&#233;gitime de Temer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site de &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/content/ebullition-et-greve-au-bresil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ensemble&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel pour un jour de gr&#232;ve a &#233;t&#233; suivi d'un arr&#234;t total ou partiel dans les transports, dans les institutions de l'enseignement, dans des activit&#233;s &#233;conomiques de plusieurs capitales et villes. Il a compt&#233; sur d'innombrables manifestations et blocages de rue, d'avenues ou importants acc&#232;s aux centres urbains pendant toute la journ&#233;e, &#224; commencer par les initiatives de soutien aux chauffeurs de bus et de m&#233;tro d&#232;s l'aube du 28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien &#224; la gr&#232;ve a &#233;t&#233; extraordinaire, au-del&#224; de ce qui se pr&#233;voyait initialement. La date a &#233;t&#233; d&#233;finie par les sept centrales syndicales un mois avant, p&#233;riode pendant laquelle l'amplification du soutien &#224; la gr&#232;ve n'a cess&#233; d'augmenter : par des syndicats, des associations, diff&#233;rents repr&#233;sentants de cat&#233;gories (&#233;tudiants, professeurs, coll&#232;ges, &#233;coles) et d'autres segments de la population. Des archev&#234;ques et des &#233;v&#234;ques de l'&#233;glise catholique et des repr&#233;sentants de l'&#233;glise m&#233;thodiste ont rejoint le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le boycott de l'&#233;v&#232;nement de la part des m&#233;dias, qui n'ont jamais relat&#233; la pr&#233;paration du mouvement les jours qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la gr&#232;ve, c'&#233;tait le principal sujet de conversation dans les diff&#233;rents lieux publics, les bus, les m&#233;tros, les trains, dans les supermarch&#233;s, dans les queues des banques, chez les petits commer&#231;ants. Dans plusieurs villes, les commentaires &#233;taient qu'il n'a jamais &#233;t&#233; aussi facile de parler de gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays a v&#233;cu la plus grande paralysie jamais r&#233;alis&#233;e, mobilisant 40 millions de personnes dans 26 &#233;tats. Entre les dizaines de cat&#233;gories qui ont rejoint la gr&#232;ve, il faut souligner celles li&#233;es au transport, &#224; l'enseignement des trois niveaux &#8211; public et priv&#233; &#8211;, les banques (22 &#233;tats). &#192; eux, il faut ajouter des m&#233;tallurgistes (7 &#233;tats), des salari&#233;s commerciaux (6 &#233;tats), des travailleurs de l'&#233;lectricit&#233;, les salari&#233;s de la chimie, des p&#233;troliers et des travailleurs de l'assainissement de base et de la poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve doit son succ&#232;s &#224; deux causes. Malgr&#233; le soutien de grands m&#233;dias, le gouvernement ill&#233;gitime a perdu la bataille de communication sur sa proposition de r&#233;forme des retraites. Le sujet a suscit&#233; l'int&#233;r&#234;t de tout le monde : impossible de suivre les &#233;v&#232;nements sans contredire la proposition du gouvernement de travailler plus et de gagner moins que les actuels retrait&#233;s. Tout cela dans un climat o&#249; Temer et un grand nombre de parlementaires sont cit&#233;s dans des affaires de fraude et de pots de vin dans des proc&#232;s concernant la corruption, le scandale du Lava Jato.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me aspect important est le fait que le mouvement syndical et le mouvement social se sont pr&#233;sent&#233;s de fa&#231;on unifi&#233;e, avec un appel &#224; la gr&#232;ve sign&#233; par toutes les centrales syndicales et soutenu par les deux Fronts anti-putsch &#8211; Front peuple sans peur et Front Br&#233;sil populaire, auxquels s'ajoutent diff&#233;rents collectifs, partis de gauche, mais aussi des mouvements r&#233;gionaux comme le Bloc de la gauche socialiste. Plus que la somme des forces engag&#233;es, l'unit&#233; r&#233;ussie a eu comme cons&#233;quence l'incitation &#224; une participation encore plus massive. Face &#224; l'offensive contre les droits sociaux et du travail, jamais les syndicats, les mouvements et les partis li&#233;s &#224; la lutte des travailleurs, ne s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s comme un seul corps politique et social. Maintenir et approfondir l'unit&#233; arrach&#233;e a &#233;t&#233; et est toujours une t&#226;che pour tous et une condition n&#233;cessaire pour stopper les contre-r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il fallait s'attendre &#224; une forte r&#233;action face &#224; un tel poids des mouvements et des foules. La dynamique de mobilisation s'est r&#233;alis&#233;e sous un climat r&#233;pressif de la part des autorit&#233;s. Les manifestants dans quelques villes, surtout &#224; la ville de Rio de Janeiro, ont subi une r&#233;pression d&#233;cha&#238;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de cette unit&#233;, les luttes ont &#233;merg&#233; comme une continuit&#233;. Le 28 avril n'a pas &#233;t&#233; seulement le d&#233;but de la reprise consciente de la lutte. Suite aux r&#233;unions de bilan de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, au niveau des Etats et au niveau national, une nouvelle &#233;ch&#233;ance unitaire a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e, celle d'une grande marche vers la capitale du pays &#224; Brasilia le 24 mai sous le mot d'ordre &#171; Occupe Brasilia ! &#187;. La pr&#233;vision est une participation de caravanes provenant de tout le pays avec 100 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de convocation d'une nouvelle gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pendant deux jours n'est pas &#233;cart&#233;e. Il s'agit d'une proposition des secteurs les plus &#224; gauche du mouvement. Le maintien de la cible d'affrontement contre les pseudos r&#233;formes du gouvernement Temer d&#233;pend de l'unit&#233; autour du calendrier et des actions de d&#233;nonciation et des luttes, t&#226;che ardue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tentative de diversion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attention d'une grande part du mouvement social a &#233;t&#233; d&#233;vi&#233;e vers les proc&#232;s de corruption de ladite op&#233;ration Lava Jato, &#224; laquelle l'ex-pr&#233;sident Lula fait face. Ce fait m&#233;rite approfondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;cessaires d&#233;nonciations commises par le pouvoir judiciaire au cours du jugement de Lula ne peuvent pas occulter l'op&#233;ration des secteurs du PT utilisant ce proc&#232;s pour rendre visible l'ex-pr&#233;sident Lula, en lui collant un r&#244;le de victime, comme une fa&#231;on de le projeter pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2018. Une fa&#231;on de pr&#233;senter sa r&#233;&#233;lection comme la solution &#224; tous les maux commis par Temer. Il est le candidat favori pour les &#233;lections de 2018, ce qui reste un dilemme pour le juge Moro : sa condamnation est un probl&#232;me, son acquittement en est un autre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instruction de Lula ce 10 mai, dans la ville de Curitiba, est devenue un &#233;v&#232;nement national et international pendant toute la semaine, ce qui a d&#233;tourn&#233; l'attention de la question des mobilisations contre les r&#233;formes n&#233;o-lib&#233;rales. En cons&#233;quence, les efforts pour la construction de l'unit&#233; des mouvements risquent de se fragiliser. Le risque est, pour la gauche, d'&#234;tre polaris&#233;e par le duel entre Lula et le juge Moro. De devoir se d&#233;terminer par rapport &#224; une campagne &#233;lectorale de soutien &#224; Lula alors que la priorit&#233; est l'unit&#233; face &#224; l'agenda des r&#233;formes des retraites et du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement qui s'est construit pour la gr&#232;ve du 28 avril devra affronter, donc, plusieurs &#233;preuves. La r&#233;pression des manifestations, comme celle &#224; venir de l'occupation de Brasilia qui pourrait &#234;tre encore plus violente que celle du 28, ajout&#233;e aux discours de m&#233;pris des gouvernants dans les m&#233;dias. Et aussi le risque de d&#233;voiement de la mobilisation vers le renforcement de la campagne pr&#233;sidentielle en faveur de Lula en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nonobstant ces obstacles, la lutte continue comme une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse par des actions unitaires contre les attaques r&#233;actionnaires et comme le seul recours pour affaiblir et pressionner ce gouvernement ill&#233;gitime et putschiste &#224; d&#233;gager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 17 mai, les m&#233;dias ont diffus&#233; une information qui a boulevers&#233; le scenario politique connue de tous : la d&#233;nonciation faite par le grand entrepreneur Joesley Batista quant &#224; l'implication du pr&#233;sident Michel Temer dans les affaires de corruption mais aussi le paiement &#224; l'ex-pr&#233;sident de la Chambre des D&#233;put&#233;s, Eduardo Cunha, maintenant emprisonn&#233;, afin qu'il organise le silence sur ces affaires avec Temer et d'autres dirigeants de l'actuel gouvernement. L'implication de Temer dans des affaires de corruption avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e ant&#233;rieurement, elle n'&#233;tait pas du tout une nouveaut&#233;. Mais ce qu'on savait, jusqu`&#224; maintenant, concernait des affaires d'avant le d&#233;but de son gouvernement. Or, par la Constitution br&#233;silienne, le pr&#233;sident ne peut pas &#234;tre jug&#233;, pendant son mandat, pour des questions ant&#233;rieures &#224; celui-ci. La d&#233;nonciation faite par Joesley Batista, par contre, portait sur des affaires r&#233;centes. En plus, elle a &#233;t&#233; appuy&#233;e par des de preuves accablantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestation pour la d&#233;mission de Temer ont commenc&#233; le 17 mai m&#234;me et se sont amplifi&#233;es le jour suivant. Des milliers de manifestants sont sortis dans les rues des grands villes : 70 000 &#224; Rio, des dizaines de milliers &#224; S&#227;o Paulo, &#224; Brasilia, &#224; Belo Horizonte, &#224; Recife ou ailleurs, sous les mots d'ordre &#171; Temer Dehors &#187; ! (&#171; Fora Temer &#187;) et &#171; Directes tout de suite &#187; (&#171; Diretas J&#224; &#187;), pour demander de nouvelles &#233;lections. Le 18 mai, la Bourse a &#233;t&#233; ferm&#233;e pourr quelques heures, et les partis politiques d'opposition ont sign&#233; une d&#233;claration de demande d'impeachement (d&#233;mission) de Temer. Pour le moment, Temer a annonc&#233; qu'il ne renoncera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que les milieux bourgeois (les seuls qui soutenaient le gouvernement, qui avait approbation de seulement 4% de la population) sont d&#233;j&#224; convaincus que Temer doit &#234;tre remplac&#233; : il n'est plus en mesure de faciliter l'adoption des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales. Mais ils recherchent un accord qui permette une sortie de Temer sans traumatisme trop fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations pour la d&#233;mission de Temer continueront les prochains jours. Et, d'un autre c&#244;t&#233;, la marche vers Bras&#237;lia le 24 mai conserve toute son importance, mais elle a maintenant deux objectifs : emp&#234;cher l'adoption des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et r&#233;ussir non seulement la d&#233;mission de Temer (si il garde son poste jusqu'&#224; l&#224;) mais aussi la r&#233;alisation de nouvelles &#233;lections directes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : Jugement et destitution de Dilma Rousseff</title>
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		<dc:date>2016-09-06T10:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henrique Carneiro, Jo&#227;o Machado, Lu&#237;s Leiria</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce proc&#232;s et ce jugement de destitution (impeachment) de Dilma Rousseff ont donn&#233; lieu &#224; un &#233;trange th&#233;&#226;tre d'ombres. Avec des s&#233;nateurs transform&#233;s en juges pour une d&#233;cision aussi importante. Tous les principaux acteurs de cette farce ont jou&#233; un r&#244;le bien compos&#233; et appris, mais qui ne correspondait pas &#224; leurs v&#233;ritables intentions. &lt;br class='autobr' /&gt; Un th&#233;&#226;tre d'ombres &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce proc&#232;s et ce jugement de destitution (impeachment) de Dilma Rousseff ont donn&#233; lieu &#224; un &#233;trange th&#233;&#226;tre d'ombres. Avec des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton27501-52011.jpg?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce proc&#232;s et ce jugement de destitution (impeachment) de Dilma Rousseff ont donn&#233; lieu &#224; un &#233;trange th&#233;&#226;tre d'ombres. Avec des s&#233;nateurs transform&#233;s en juges pour une d&#233;cision aussi importante. Tous les principaux acteurs de cette farce ont jou&#233; un r&#244;le bien compos&#233; et appris, mais qui ne correspondait pas &#224; leurs v&#233;ritables intentions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un th&#233;&#226;tre d'ombres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#232;s et ce jugement de destitution (impeachment) de Dilma Rousseff ont donn&#233; lieu &#224; un &#233;trange th&#233;&#226;tre d'ombres. Avec des s&#233;nateurs transform&#233;s en juges pour une d&#233;cision aussi importante. Tous les principaux acteurs de cette farce ont jou&#233; un r&#244;le bien compos&#233; et appris, mais qui ne correspondait pas &#224; leurs v&#233;ritables intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la droite a donc obtenu la destitution de Dilma Rousseff et l'accession au poste de pr&#233;sident de son vice-pr&#233;sident, Michel Temer [76 ans, membre du Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien-PMDB], accomplissant de la sorte une r&#233;volution de palais aux cons&#233;quences n&#233;fastes pour le peuple et pour le pays. Ses dirigeants proclament leur d&#233;fense de la d&#233;mocratie au moment o&#249; ils foulent aux pieds ses principes les plus &#233;l&#233;mentaires. Ils inventent un crime en responsabilit&#233; qu'elle n'a jamais commis [1]. Ils parlent de d&#233;mocratie quand, en v&#233;rit&#233;, ils se pr&#233;parent pour gouverner le pays en lan&#231;ant une contre-r&#233;volution l&#233;gislative, en profitant de mettre en place un gouvernement ind&#233;pendamment des &#233;lecteurs, avec un programme qui ne fut jamais soumis &#224; un vote populaire. Et des instigateurs de ce coup ne pr&#233;tendent m&#234;me pas se pr&#233;senter aux &#233;lections en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le Parti des travailleurs (PT), qui a vocif&#233;r&#233; contre le coup depuis plusieurs mois, a d&#233;j&#224; laiss&#233; tomber Dilma, trahissant son propre mot d'ordre : &#171; Il n'y aura pas de coup ! &#187; Il a eu lieu, oui. Car Dilma Rousseff au cours de la derni&#232;re ann&#233;e a perdu l'appui que lui avait apport&#233; sa victoire &#233;lectorale, en appliquant un programme se situant &#224; l'oppos&#233; de celui sur lequel elle avait &#233;t&#233; &#233;lue. Et parce que le PT n'a pas voulu mobiliser le peuple contre Temer. Lula pr&#233;f&#233;ra, une fois de plus, les balcons des tribunes, arrivant dans cette s&#233;ance du S&#233;nat avec la sensation m&#233;lancolique de l'in&#233;vitable &#233;loignement d&#233;finitif de la pr&#233;sidente et de l'arriv&#233;e de Temer au poste pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT demandait des &#171; &#233;lections maintenant &#187;, en aboutissant en m&#234;me temps &#224; r&#233;duire l'autorit&#233; de Dilma et de sa lettre ouverte &#8211; diffus&#233;e la semaine pass&#233;e &#8211; dans laquelle elle s'engageait, si son impeachment n'&#233;tait pas d&#233;cid&#233;, &#224; organiser un pl&#233;biscite pour savoir si le peuple br&#233;silien voulait des &#233;lections anticip&#233;es. L'ex&#233;cutif du PT n'a ressenti aucune g&#234;ne pour voter contre cette proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, au m&#234;me titre que la droite, le PT pr&#233;f&#232;re aussi que Temer reste au gouvernement, misant sur son usure pour revenir au pouvoir, avec Lula, &#224; l'occasion des &#233;lections de 2018. De la sorte, il montre qu'il n'a pas tir&#233; les le&#231;ons de sa politique pass&#233;e. Rappelons-nous que Temer n'a pu former un nouveau gouvernement que parce qu'il avait &#233;t&#233; choisi comme vice-pr&#233;sident de Dilma Rousseff lors des &#233;lections d'octobre 2014. Le serpent disposait d'un &#339;uf f&#233;cond&#233; par le gouvernement du PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le PT qui proteste contre le coup passe des alliances &#233;lectorales avec les partis &#171; golpistes &#187; [les instigateurs du coup], dans le cadre des &#233;lections municipales d'octobre 2016, dans pas moins de 1600 municipalit&#233;s. Le m&#234;me PT, qui se pr&#233;sente comme une barricade contre les &#171; golpistes &#187;, a soutenu pour la pr&#233;sidence de la Chambre des d&#233;put&#233;s Rodrigo Maia [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Dilma elle-m&#234;me, qui accuse &#224; juste titre ceux qui veulent l'&#233;carter de vouloir mettre en pratique un programme qui n'a jamais &#233;t&#233; adopt&#233; par les &#233;lecteurs, semble oublier qu'aussit&#244;t les &#233;lections pass&#233;es, elle s'est d&#233;di&#233;e pleinement &#224; appliquer des mesures de coupes budg&#233;taires (le fameux ajustement budg&#233;taire) qui n'avaient pas &#233;t&#233; propos&#233;es au cours de la campagne &#233;lectorale. En r&#233;alit&#233;, ces mesures &#233;taient mentionn&#233;es dans le programme de son adversaire battu, A&#233;cio Neves [candidat du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne-PSDB].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dilma assure qu'elle ne fut pas complice des improbit&#233;s et de ce &#171; qu'il y a de pire dans la politique br&#233;silienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Paulo Maluf ne fait-il pas partie de &#171; ce qu'il y a de pire au Br&#233;sil &#187;, en tant que dernier candidat &#224; la pr&#233;sidence de la dictature [3], ou encore Fernando Collor, le pr&#233;sident qui fut destitu&#233; en 1992 [redevenu s&#233;nateur de l'Etat de l'Alagoas d&#232;s 2006 et qui a vot&#233; la destitution de Dilma] ? Et ils devinrent ses alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas le &#171; pire de la politique &#187;, les partis &#171; physiologiques &#187; [4], les &#233;vang&#233;listes de l'Eglise Universelle ? Tous ont aussi &#233;t&#233; ses alli&#233;s. Et surtout le PMDB, ancien associ&#233; qui re&#231;ut comme cadeau la vice-pr&#233;sidence ? N'est-ce pas &#234;tre partie prenante de &#171; la pire politique &#187; de constater qu'un bataillon de dirigeants du PT sont condamn&#233;s pour corruption, pour le &#171; mensalao &#187; [5] et pour le &#171; petrolao &#187; [6] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En approuvant l'impeachment, le gouvernement Temer, qui tient &#224; garder la bourgeoisie unie pour le d&#233;fendre (d&#233;j&#224; la Fohla de Sao Paulo ne continue plus de parler d'&#233;lections anticip&#233;es), va faire le sale travail que ni le PT ni le PSDB n'auraient aim&#233; mettre en &#339;uvre. Il va enlever des droits aux salari&#233;&#183;e&#183;s et pr&#233;cariser encore plus les rapports de travail ; il va approuver un amendement constitutionnel qui limite l'augmentation des d&#233;penses au niveau du taux d'inflation de l'ann&#233;e ant&#233;rieure [durant 20 ans], avec des r&#233;percussions &#233;normes sur la sant&#233; et l'&#233;ducation, secteurs qui ne disposeront plus d'une tranche budg&#233;taire fixe ; il va augmenter l'&#226;ge donnant droit &#224; la retraite (on parle de passer &#224; 65 ans maintenant et &#224; 70 ans dans un d&#233;lai de 20 ans) ; il va promouvoir les privatisations, &#224; commencer par le &#171; joyau de la couronne &#187;, Petrobras [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir si les travailleurs et travailleuses du Br&#233;sil vont r&#233;ussir &#224; ce que ces contre-r&#233;formes ne se concr&#233;tisent pas, et cela gr&#226;ce &#224; leur mobilisation [8]. Et, aussi, &#224; l'occasion des &#233;lections municipales du mois d'octobre, une alternative &#224; gauche va-t-elle surgir, qui tire des le&#231;ons de l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luis Leiria&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article paru dans Correio da Cidadania le 31 ao&#251;t 2016 ; traduction A l'Encontre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/le-jugement-de-dilma-rousseff-un-theatre-dombres.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/le-jugement-de-dilma-rousseff-un-theatre-dombres.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les derniers instants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des mois, la mise en accusation (pour destitution : impeachment) prend fin. Dilma Rousseff, dans son discours devant le S&#233;nat, a r&#233;fut&#233; d'un point de vue juridique l'absence totale de l&#233;gitimit&#233; des all&#233;gations portant sur un &#171; maquillage &#187; des comptes du budget [avant l'&#233;lection pour son deuxi&#232;me mandat].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en affirmant qu'elle n'a pas &#233;t&#233; complice du pire de la politique au Br&#233;sil, elle n'a pas dit la v&#233;rit&#233;. Ce sont ses propres anciens alli&#233;s qui vont maintenant voter pour mettre fin &#224; son mandat, parmi lesquels se trouvent d'anciens ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, elle s'allia avec le pire de la politique au Br&#233;sil, de Paulo Maluf [9] &#224; Fernando Collor de Melo [10], en passant par les partis physiologiques [11] et les partis fondamentalistes &#233;vang&#233;liques, et surtout avec le PMDB (Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien), son partenaire de longue date.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ne pouvait-elle pas faire une autocritique portant sur ces alliances ? Parce que ces alliances continuent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me face &#224; l'impeachment, le Parti des Travailleurs (PT) perp&#233;tue son alliance avec les partis comploteurs ! Dilma Rousseff ne s'est pas enrichie personnellement, ce qui la distingue r&#233;ellement de la v&#233;nalit&#233; explicite de la plupart de ceux qui la condamnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle n'a pas rompu ses alliances avec le pire de la politique br&#233;silienne, avec les plus effront&#233;s des corrompus, avec les oligarques les plus anciens, avec le syst&#232;me politique auquel elle s'est adapt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose la plus triste est que le r&#244;le majeur du PT consista &#224; neutraliser la mobilisation populaire, et &#224; r&#233;duire le mouvement social &#224; la fonction d'une simple base &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alli&#233; &#224; la bourgeoisie et &#224; ses repr&#233;sentants, le PT a de m&#234;me rempli son r&#244;le visant : &#224; abaisser les attentes populaires, &#224; promouvoir les profits des secteurs les plus pr&#233;dateurs de l'agrobusiness, des mines et du capital financier ; &#224; forger une l&#233;gislation r&#233;pressive. Aujourd'hui, au moment o&#249; le PT a perdu son utilit&#233; en tant que partenaire du grand capital, il n'existe quasiment pas de mouvement de mobilisation pour sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement est tomb&#233; sous les coups d'une &#171; r&#233;volution de palais &#187;, con&#231;ue par ses propres alli&#233;s et, pourtant, il continue lors des prochaines &#233;lections municipales &#224; maintenir des alliances avec ces m&#234;mes partis physiologiques et perfides, comme l'alliance de Fernando Haddad [PT, maire de S&#227;o Paulo] &#224; S&#227;o Paulo avec le PR (Parti de la R&#233;publique) de Magno Malta [pasteur &#233;vang&#233;lique, s&#233;nateur] et Tiririca [selon son nom d'humoriste et d&#233;put&#233; de l'Etat de S&#227;o Paulo].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucun moyen de d&#233;fendre le PT qui perp&#233;tue les m&#234;mes strat&#233;gies, physiologiques et conciliantes, ce qui le conduit &#224; l'effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir est maintenant que le mouvement &#171; Dehors Temer &#187; [l'ex-vice-pr&#233;sident, pr&#233;sident par int&#233;rim, et devant occuper le poste de Dilma Rousseff] augmente et que lors des prochaines &#233;lections (municipales), le vote pour le PSOL (Parti du socialisme et de la libert&#233;), pour le PSTU (Parti socialiste unifi&#233; des travailleurs) et pour le PCB (Parti communiste br&#233;silien) indique une voie afin de surmonter les illusions dans le PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henrique Carneiro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article publi&#233; sur le site Correio da Cidadania, le 29 ao&#251;t 2016 ; traduction A l'Encontre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-les-derniers-instants.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-les-derniers-instants.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Henrique Carneiro est militant et professeur &#224; l'USP (Universit&#233; de S&#227;o Paulo). Article publi&#233; sur Blog de Convergence socialiste et repris par Correio da Cidadania.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers la destitution de Dilma Rousseff&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les jeux Olympiques, la population br&#233;silienne a &#233;t&#233; en grande partie occup&#233;e par le soutien &#224; ses athl&#232;tes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des craintes, il n'y eut pas de catastrophe et les journaux n'ont plus abord&#233; la question de la progression des cas de contamination dus au virus Zika. Certes, il y a eu des critiques concernant l'organisation des JO au Br&#233;sil, les d&#233;penses et les d&#233;placements de population pour permettre des travaux, mais, except&#233; le premier jour, il n'y a pas eu de grande manifestation populaire. Les seules manifestations furent celles contre la destitution de Dilma Rousseff et contre le pr&#233;sident par int&#233;rim Michel Temer, et non contre les JO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus importantes manifestations ont donc eu pour objet l'opposition &#224; Michel Temer. En raison du protocole, celui-ci a &#233;t&#233; oblig&#233; de participer &#224; l'ouverture des JO... mais il ne voulait pas que sa pr&#233;sence soit annonc&#233;e ni m&#234;me y faire de discours. Il n'a pas pu se d&#233;rober et a d&#251; d&#233;clarer l'ouverture des Jeux. Il est alors arriv&#233; ce qu'il craignait : il a &#233;t&#233; copieusement hu&#233;. Le Comit&#233; olympique a bien tent&#233; d'interdire les pancartes et les tee-shirts portant des inscriptions politiques &#8211; comme &#171; Dehors Temer ! &#187; &#8211; mais ceux-ci furent finalement autoris&#233;s par d&#233;cision judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les JO termin&#233;s, le pays est entr&#233; en campagne &#233;lectorale pour les &#233;lections municipales (premier tour le 2 octobre). C'est dans ce contexte qu'a commenc&#233; la phase finale du proc&#232;s de destitution de la pr&#233;sidente Dilma Rousseff. Le vote d&#233;finitif au S&#233;nat &#233;tait attendu pour le 29 ou le 30 ao&#251;t et tout indique que la majorit&#233; des deux tiers n&#233;cessaire pour la destitution de Dilma Rousseff sera atteinte. D'autant plus que, comme le rapporte la presse, le gouvernement par int&#233;rim a &#171; convaincu &#187; des s&#233;nateurs ind&#233;cis... en leur attribuant des subventions leur permettant de r&#233;aliser leurs projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#226;ch&#233;e par le PT...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'attend pas &#224; ce qu'il y ait d'importantes manifestations dans les jours qui viennent, m&#234;me s'il est certain qu'il y aura des protestations. La population suit ces &#233;v&#233;nements avec une certaine indiff&#233;rence. Des sondages indiquent qu'une majorit&#233; de plus de 60 % est favorable &#224; la tenue de nouvelles &#233;lections, et ne veut ni de Rousseff ni de Temer. Cependant, cette majorit&#233; ne semble pas pr&#234;te &#224; se mobiliser. M&#234;me si plus de la moiti&#233; de la population est oppos&#233;e au gouvernement Temer, le nombre de ceux qui ne veulent pas le retour de Dilma Rousseff est encore plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dilma Rousseff pensait obtenir le soutien de quelques s&#233;nateurs en proposant un r&#233;f&#233;rendum en vue de l'organisation de nouvelles &#233;lections, mais les probabilit&#233;s d'y parvenir sont proches de z&#233;ro. M&#234;me le PT s'oppose &#224; cette proposition. L'argument officiel est que le mandat de Dilma Rousseff est l&#233;gitime et ne doit pas &#234;tre &#233;court&#233;, mais tout indique qu'en r&#233;alit&#233; la majorit&#233; du PT a renonc&#233; &#224; lutter s&#233;rieusement pour barrer la route au gouvernement Temer. Le PT estime qu'en cas d'&#233;lections pr&#233;sidentielles anticip&#233;es le r&#233;sultat serait d&#233;sastreux pour lui. Il esp&#232;re qu'en 2018, date pr&#233;vue pour la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle, son discr&#233;dit sera moindre et celui du gouvernement Temer croissant, permettant ainsi &#224; Lula de gagner les &#233;lections... Si toutefois celui-ci n'est pas dans l'impossibilit&#233; de se pr&#233;senter &#224; cause des proc&#232;s en cours pour corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce qui pr&#233;occupe actuellement le PT, ce sont les &#233;lections municipales, car ces derni&#232;res ann&#233;es, ses candidats font alliance dans la grande majorit&#233; des municipalit&#233;s avec les partis de droite... y compris avec ceux qui ont demand&#233; la destitution de Dilma Rousseff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Michel Temer est confirm&#233; comme pr&#233;sident apr&#232;s la destitution de Dilma Rousseff, il esp&#232;re, apr&#232;s les &#233;lections municipales, faire voter au Congr&#232;s ses projets les plus impopulaires. Par cons&#233;quent, des luttes et mobilisations de masse contre son gouvernement sont &#224; venir. Le contexte n'est pas facile mais la lutte continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De S&#227;o Paulo, Jo&#227;o Machado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Traduit par E.L. et A.S.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Hebdo L'Anticapitaliste - 348 (30/08/2016) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/international/bresil-vers-la-destitution-de-dilma-rousseff&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/actualite/international/bresil-vers-la-destitution-de-dilma-rousseff&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] En invoquant un &#171; maquillage des comptes du budget &#187;, avant les &#233;lections d'octobre 2014 pour le deuxi&#232;me mandat de Dilma Rousseff, une pratique g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;chelle des Etats du Br&#233;sil f&#233;d&#233;ral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Maia a &#233;t&#233; &#233;lu &#224; ce poste en juillet 2016, apr&#232;s la d&#233;mission d'Eduardo Cunha pour corruption avou&#233;e ; sa trajectoire de droite est connue : il a chang&#233; le nom du Parti du Front Lib&#233;ral (PFL) en Les D&#233;mocrates-DEM]. Il a vot&#233; en faveur de l'impeachment et du DEM, c'est-&#224;-dire l'h&#233;ritier direct du parti des dictateurs militaires qui ont fait le coup de 1964 [le PFL est un parmi les courants issus de l'ARENA, l'Alliance pour un renouveau national&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] dans le cadre de l'ARENA, en 1972, avant d'&#234;tre gouverneur de l'Etat de Sao Paulo en 1978&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] formule, au Br&#233;sil, d&#233;signant les partis qui se structurent pour tirer le maximum de ressources financi&#232;res de leurs fonctions institutionnelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] versement de primes mensuelles &#224; des partis alli&#233;s pour obtenir des majorit&#233;s parlementaires &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] l'&#233;norme syst&#232;me de corruption li&#233; &#224; l'entreprise &#233;tatique Petrobras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] L'ensemble de ces contre-r&#233;formes sont &#233;num&#233;r&#233;es aussi dans le Financial Times dat&#233; du 1er septembre 2016. Citant des &#171; analystes &#187; br&#233;siliens, Joe Leahy souligne que, d'une part, il faudra sortir de la r&#233;cession &#8211; au deuxi&#232;me trimestre 2016 le PIB a encore recul&#233;, il s'agit du sixi&#232;me recul trimestriel selon l'IBGE &#8211; et, d'autre part, Temer ne devra pas faire obstacle &#224; l'enqu&#234;te portant sur l'affaire de corruption li&#233;e &#224; Petrobras, m&#234;me si cela touche ses alli&#233;s au Congr&#232;s et qu'il n'est pas exon&#233;r&#233; de diverses charges. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Le jeudi 1er septembre, Dilma Rousseff par l'interm&#233;diaire de son avocat, Jos&#233; Eduardo Cardozo, son ex-ministre de la Justice, a fait appel aupr&#232;s du Tribunal Supr&#234;me f&#233;d&#233;ral pour demander un nouveau proc&#232;s et l'annulation de la sentence la condamnant &#171; pour crime de responsabilit&#233; &#187;. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] leader du Parti progressiste, h&#233;ritier de l'ARENA, le parti du &#171; pouvoir &#187; durant la Junte militaire et impliqu&#233; dans diverses affaires de corruption&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] pr&#233;sident de 1990 &#224; 1992 et destitu&#233; pour corruption en septembre 1992&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] au Br&#233;sil, l'expression renvoie aux partis qui se structurent et vivent de l'argent public provenant de leurs charges&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil : une situation compliqu&#233;e pour la gauche radicale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-une-situation-compliquee-pour-la-gauche-radicale</link>
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		<dc:date>2016-05-03T10:20:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bea Whitaker, Jo&#227;o Machado</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-03</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Br&#233;sil vit une profonde crise institutionnelle, la plus importante depuis la fin de la dictature. Le gouvernement Dilma Roussef est atteint en pleine face, entra&#238;nant sa paralysie, mais aussi les principales institutions de la d&#233;mocratie bourgeoise. Les principaux dirigeants du Parlement sont impliqu&#233;s dans l'Op&#233;ration Lava Jato (1), dont Eduardo Cunha, pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s, en tant qu'un des accus&#233;s du proc&#232;s. Les dirigeants des partis traditionnels, composants du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-05-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-05-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton26218-3ec8b.jpg?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Br&#233;sil vit une profonde crise institutionnelle, la plus importante depuis la fin de la dictature. Le gouvernement Dilma Roussef est atteint en pleine face, entra&#238;nant sa paralysie, mais aussi les principales institutions de la d&#233;mocratie bourgeoise. Les principaux dirigeants du Parlement sont impliqu&#233;s dans l'Op&#233;ration Lava Jato (1), dont Eduardo Cunha, pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s, en tant qu'un des accus&#233;s du proc&#232;s. Les dirigeants des partis traditionnels, composants du gouvernement comme de l'opposition de droite (y compris le PMDB, parti de Cunha et du vice-president Michel Temer, qui a quitt&#233; r&#233;cement le gouvernement), font objet d'investigations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une telle situation contribue &#224; un grand chaos au sein des institutions, avec un pouvoir judiciaire divis&#233; &#224; tous les niveaux. A cela, s'ajoute une crise intense de cr&#233;dibilit&#233; des institutions traditionnels et du modus operandi de la d&#233;mocratie bourgeoise, dont les premiers signes se sont exprim&#233;s dans les rues en 2013 (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil vit donc une crise politique d'ampleur qui s'ajoute &#224; la grave crise &#233;conomique, sociale et environnementale. Cela se traduit par le ch&#244;mage croissant, l'inflation, par le gel des salaires, par l'effondrement des services publics, par les d&#233;sastres et les crimes contre l'environnement, symbolisant l'&#233;chec d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement. L'&#233;puisement du mod&#232;le de &#171; croissance &#187;, adopt&#233; au cours des &#171; p&#233;riodes &#187; Lula, avec maintenant l'application d'une politique d'ajustement n&#233;olib&#233;ral et de r&#233;cession, a produit un sc&#233;nario de stagnation dans la dur&#233;e. Quel que soit le r&#233;sultat &#224; court terme, une somme de crises de moyen terme devrait se maintenir avec des tensions sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle &#171; lulopetista &#187; est en train de mourir. Les possibilit&#233;s du maintien du mod&#232;le &#171; neo-extrativista &#187;, exportateur de croissance, sont en train de s'&#233;puiser. M&#234;me s'il y a une survie politique par la polarisation r&#233;cente entre les deux camps dans la guerre institutionnelle, la strat&#233;gie &#233;tablie par le lulisme, celle de favoriser les entrepreneurs, l'agro-industrie et le capital financier et, en m&#234;me temps, faire quelques concessions aux plus pauvres, n'a plus aucune possibilit&#233; politique et &#233;thique d'appara&#238;tre comme une inflexion &#224; gauche. M&#234;me apr&#232;s avoir mis plus de 100 000 personnes dans la rue &#224; Sao Paulo, Lula continue de prier les repr&#233;sentants du capital de lui faire confiance pour &#234;tre le garant du pacte social. Dans ce cadre, il r&#233;&#233;dite, en termes plus humiliants, la &#8220;Lettre au peuple br&#233;silien&#8221; de 2002. C'est la fin d'un long cycle de la gauche br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la polarisation politique qui s'est d&#233;velopp&#233;e pendant ces deux ann&#233;es de gouvernement Dilma, dans la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne, les id&#233;es et les sentiments de droite se d&#233;veloppent avec la volont&#233; de punition p&#233;nale et la recherche d'un Sauveur, c'est-&#224;-dire un Bonaparte, en mesure de mettre un terme &#224; la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectre d'anti-petismo est divis&#233; en deux parties : l'un plus lib&#233;ral et un autre conservateur, avec beaucoup de points d'intersection entre eux. Certains mouvements de caract&#232;re lib&#233;ral, par exemple Mouvement Br&#233;sil libre (MBL) et &#171; Viens manifester &#187; (Vem Para a Rua) et d'autres plus r&#233;actionnaires, dont certains chefs religieux et certains partisans du retour &#224; la dictature militaire, comme Bolsonaro, ont vu leur capacit&#233; &#224; influencer grandir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les attitudes violentes et les discours de haine ont &#233;t&#233; prononc&#233;s contre la gauche en g&#233;n&#233;ral. En outre, les m&#233;dias remplissent un r&#244;le d'incitation &#224; la haine et de manipulation des informations, parfois en contribuant directement ou indirectement &#224; des &#233;pisodes de violence plus ou moins graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la vieille gauche au pouvoir qui a r&#233;alis&#233; des politiques impopulaires et r&#233;pressives (notamment dans les grandes p&#233;riph&#233;ries urbaines, contre les jeunes et les noirs), et l'offensive de la droite intol&#233;rante et incitatrice &#224; la haine rejaillissent sur l'ensemble des id&#233;es de gauche et socialistes. Il devrait s'ouvrir une p&#233;riode de r&#233;organisation du mouvement de masses et la possibilit&#233; d'un nouveau cycle pour la reconstruction d'un projet de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse vit actuellement la r&#233;alit&#233; du ch&#244;mage, la violence, l'absence des services publics et des droits d&#233;mocratiques. En plus, elle ne s'identifie &#224; aucun des deux principaux p&#244;les qui sont en guerre aujourd'hui, ce qu'explique sa faible participation aux mobilisations du mois de mars. Il faut aussi relever la pr&#233;sence de secteurs plus progressistes de la soci&#233;t&#233; et des &#171; bases ouvri&#232;res &#187; de l'ancien bloc historique, qui ont manifest&#233; massivement pour d&#233;fendre les libert&#233;s d&#233;mocratiques avec des nombreuses critiques au gouvernement, soit sur la politique &#233;conomique et impopulaire, soit sur la corruption &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel sc&#233;nario au Br&#233;sil est tr&#232;s difficile &#224; g&#233;rer pour la gauche anticapitaliste et socialiste. Un gouvernement originaire du mouvement ouvrier et populaire est en train d'&#234;tre renvers&#233; par la droite, dont les principaux agents sont les pouvoirs judiciaires, l'opposition du Parlement et les m&#233;dias orchestr&#233;s par la groupe Globe, h&#233;g&#233;monique parmi ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce gouvernement, en chute libre, n'est pas un gouvernement progressiste, mais un gouvernement qui met en place une politique d'ajustement n&#233;olib&#233;ral qui, quand il subit une pression, va encore plus &#224; droite : la loi anti terroriste, l'annonce de coupe des salaires et des acquis des fonctionnaires, de la r&#233;forme de la retraite, la perspective de suspendre les ajustements du SMIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les mesures favorisant nettement les int&#233;r&#234;ts du capital, les syndicats patronaux, les repr&#233;sentants de la finance et des m&#233;dias, sont d'accord sur l'incapacit&#233; de Dilma Roussef &#224; appliquer les plans d'ajustement afin de garantir leur stabilit&#233;. Ils jugent donc, par cons&#233;quent, son remplacement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations massives du 13 mars (pour la destitution de Dilma), du 18 et et celle du 31 (contre la destitution de Dilma), ont &#233;t&#233; assez h&#233;t&#233;rog&#232;nes selon les villes ou r&#233;gions. La derni&#232;re, quelques 700 mille personnes dans tout le pays, a vu des d&#233;fil&#233;s globalement contre la destitution de Dilma, pour la d&#233;mocratie et contre les mesures anti-sociales du gouvernement. N&#233;anmoins, la grande majorit&#233; de la population est pour le retrait de la pr&#233;sidente et le gouvernement a perdu sa base populaire majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'un nouveau coup d'&#201;tat, tel qu'il y a eu en 1964, n'est pas &#224; l'ordre du jour. N&#233;anmoins, le poids des institutions fondamentalistes religieuses, l'influence de secteurs oligarchiques, de ceux li&#233;s &#224; l'industrie belliciste et des forces polici&#232;res fait avancer des projets r&#233;trogrades et essaient de supprimer des acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des enqu&#234;tes sur la corruption, des entrepreneurs et des personnalit&#233;s de droite, au gouvernement ou pas, ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s. Mais, la crise institutionnelle prolong&#233;e a cr&#233;e une ambiance o&#249; tout-est-permis, gr&#226;ce &#224; l'Op&#233;ration Lava Jato, par des op&#233;rations judiciaires aberrantes et anti-d&#233;mocratiques contre les accus&#233;s identifi&#233;s au gouvernement, le tout coordonn&#233; avec les grands m&#233;dias et l'opposition de droite. L'indignation g&#233;n&#233;rale contre la corruption et le PT aide les forces majoritaires repr&#233;sentantes du capital &#224; &#339;uvrer pour le changement de gouvernement, sans aucune modification d&#233;mocratique du r&#233;gime politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode ouverte offre une transition difficile &#224; cause de l'absence d'une gauche socialiste d'influence suffisante pour devenir protagoniste d'une alternative &#224; la crise. Le Parti socialisme et libert&#233; (PSOL), respect&#233; dans les luttes sociales, intervient dans des secteurs de la jeunesse, des diff&#233;rents secteurs opprim&#233;s et mobilise quelques millions de voix aux &#233;lections. Il est le principal parti de la gauche socialiste. Cependant, il n'est pas encore en mesure de pr&#233;senter une alternative r&#233;elle &#224; la crise, m&#234;me s'il se place comme opposition de gauche, contre les concessions du gouvernement au capital, contre les privil&#232;ges de la classe dominante, contre la corruption. En tout les cas, il ne d&#233;fend absolument pas les man&#339;uvres de la droite pour faire tomber Dilma Roussef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le processus de destitution de la pr&#233;sidente par le Parlement est conduit par son pr&#233;sident, lui m&#234;me impliqu&#233; dans les enqu&#234;tes de la Petrobras et dans une s&#233;rie de crimes. Dans le m&#234;me temps, beaucoup d'efforts sont faits (par les m&#233;dias, par le judiciaire) pour ne pas mettre en avant l'implication de personnalit&#233;s de l'opposision de droite dans l'Op&#233;ration Lava Jato, y compris des membres du Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien (PMDB), qui vient de quitter le gouvernement et dont Temer, le vice-pr&#233;sident, fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; la destitution de Dilma puisse se d&#233;rouler par des canaux &#8220;normaux&#8221; ou l&#233;gaux, il faudrait emp&#234;cher que Temer assume la direction du pays. D'ailleurs, m&#234;me une partie des grands m&#233;dias, qui sont maintenant, en g&#233;neral, dans le champ anti-PT, disent que Temer n'a pas de soutien pour gouverner. Ils demandent la destitution tant de Dilma quant de Temer. Des sondages disent que, s'il y avait des &#233;lections aujourd'hui, Temer n'aurait que 1% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'issue &#224; une telle crise est la convocation des &#233;lections pr&#233;sidentielles et du Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des campagnes concr&#232;tes contre les attaques des conservateurs sur les droits sociaux, contre les violences polici&#232;res, contre l'ajustement budg&#233;taire, entre autres, doivent continuer &#224; se traduire par des mouvements r&#233;els et revendicatifs qui renforcent l'organisation sociale de la gauche socialiste. &#192; ce stade de r&#233;organisation encore mal d&#233;limit&#233;e, des initiatives transitoires doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es pour construire de nouveaux instruments et outils unitaires de l'opposition de gauche, qui soient ind&#233;pendants du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Op&#233;ration Lava Jato. Il s'agit d'une enqu&#234;te judiciaire sur des d&#233;tournements et des blanchiments impliquant la Petrobras (firme br&#233;silienne li&#233; au p&#233;trole), impliquant de tr&#232;s importants entrepreneurs et des politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 En 2013, une immense vague de gr&#232;ves, de mobilisations spontan&#233;es de la jeunesse, de r&#233;voltes diverses s'est d&#233;velopp&#233;e dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : ENSEMBLE (&lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/content/bresil-une-situation-compliquee-pour-la-gauche-radicale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/content/bresil-une-situation-compliquee-pour-la-gauche-radicale&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : La fin du gouvernement approche ?</title>
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		<dc:date>2015-10-06T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#227;o Machado</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-10-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dilma Rousseff a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lue en octobre 2014 dans un contexte difficile. L'&#233;conomie s'&#233;tait d&#233;t&#233;rior&#233;e, et les enqu&#234;tes sur la corruption ont atteint le PT et d'autres partis composant son gouvernement (mais aussi quelques partis d'opposition). Peu apr&#232;s les &#233;lections, Rousseff a fait un virage &#224; droite : elle a mis sur pied une orientation tr&#232;s conservatrice et a commenc&#233; &#224; mettre en &#339;uvre des mesures d&#233;nonc&#233;es lors de la campagne &#233;lectorale. Elle a rapidement perdu le soutien de l'&#233;lectorat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-10-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-10-06&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton23594-5c615.jpg?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dilma Rousseff a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lue en octobre 2014 dans un contexte difficile. L'&#233;conomie s'&#233;tait d&#233;t&#233;rior&#233;e, et les enqu&#234;tes sur la corruption ont atteint le PT et d'autres partis composant son gouvernement (mais aussi quelques partis d'opposition). Peu apr&#232;s les &#233;lections, Rousseff a fait un virage &#224; droite : elle a mis sur pied une orientation tr&#232;s conservatrice et a commenc&#233; &#224; mettre en &#339;uvre des mesures d&#233;nonc&#233;es lors de la campagne &#233;lectorale. Elle a rapidement perdu le soutien de l'&#233;lectorat le plus &#224; gauche, et n'a pas non plus gagn&#233; le plus conservateur. Les sondages d'opinion ont commenc&#233; &#224; indiquer qu'elle &#233;tait la pr&#233;sidente le plus impopulaire depuis Fernando Collor en 1992 (d&#233;mis de ses fonctions)&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la tourmente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 15 mars et 12 avril, il y a eu des manifestations de masse pour la d&#233;mission de son gouvernement : on a m&#234;me parl&#233; de plus d'un million de personnes dans les rues mi-mars, en particulier dans S&#227;o Paulo. Le 12 avril, les manifestations &#233;taient plus petites. La grande bourgeoisie, dont les int&#233;r&#234;ts sont bien assur&#233;s par la politique &#233;conomique du gouvernement, ne voyait aucune raison de mettre fin &#224; celui-ci. Et les manifestations se sont arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la situation du gouvernement ne s'est pas am&#233;lior&#233;e. Comme cela arrive souvent, les mesures d'aust&#233;rit&#233; ont accentu&#233; la r&#233;cession. Il est pr&#233;vu que sur l'ann&#233;e 2015, le PIB baisse de 2 &#224; 3 %, et continue &#224; baisser en 2016&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les enqu&#234;tes sur la corruption s'approfondissent. L'un des dirigeants historiques du PT &#8211; Jos&#233; Dirceu, d&#233;j&#224; condamn&#233; &#8211;, a de nouveau &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour avoir b&#233;n&#233;fici&#233; de l'argent d&#233;tourn&#233; de Petrobras. Il y a peu de doute qu'il soit coupable, et il n'est pas le seul dirigeant du PT &#224; avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, souvent divis&#233;, ne sait pas tr&#232;s bien o&#249; il va. Ainsi, pour atteindre son objectif d'&#233;quilibre budg&#233;taire par l'aust&#233;rit&#233;, le gouvernement ne sait pas s'il doit couper encore plus dans les d&#233;penses ou augmenter les imp&#244;ts. Dans ce cadre, on ne sait pas si le ministre des Finances qui a la confiance des &#171; march&#233;s &#187;, Joaquim Levy, continuera &#224; assumer ses fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des soutiens de plus en plus faibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un gouvernement faible et impopulaire, la base le soutenant au Congr&#232;s se d&#233;compose. En plus des difficult&#233;s rencontr&#233;es pour faire approuver ce qu'il veut, le gouvernement doit faire face aux initiatives propres des pr&#233;sidents de la Chambre des d&#233;put&#233;s (plus &#224; droite) et du S&#233;nat (sur lesquels se m&#232;nent aussi des enqu&#234;tes pour corruption). Et le parti du vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique, Michel Temer, le PMDB, se divise publiquement : ceux qui continuent &#224; soutenir le gouvernement et ceux qui veulent une proc&#233;dure de impeachment pour destituer le gouvernement, le vice-pr&#233;sident lui-m&#234;me &#233;tant de plus en plus ambigu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui devraient repr&#233;senter le plus fort soutien au gouvernement, le PT et les mouvements sociaux dirig&#233;s ou influenc&#233;s par lui, n'arrivent plus &#224; le faire. Le PT, profond&#233;ment affaibli par les all&#233;gations de corruption, veut d&#233;fendre le gouvernement&#8230; tout en critiquant sa ligne tr&#232;s droiti&#232;re. M&#234;me l'ancien pr&#233;sident Lula, qui pr&#233;conise pourtant une ligne d'aust&#233;rit&#233;, prend parfois des distances avec Dilma Rousseff. Bureaucratis&#233;s et affaiblis, les mouvements sociaux proches du gouvernement, avec une capacit&#233; r&#233;duite &#224; mobiliser, cherchent aussi &#224; d&#233;fendre le gouvernement, tout en le critiquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les secteurs du mouvement social les plus ind&#233;pendants et l'opposition de gauche au gouvernement cherchent &#224; se mobiliser contre la droite et contre l'impeachment, mais aussi contre le gouvernement, pr&#233;conisant une sortie de crise par la gauche. Ils comptent sur la poursuite des gr&#232;ves et des luttes sociales, mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils ont une capacit&#233; &#224; mobiliser inf&#233;rieure &#224; celle des secteurs les plus &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement l&#226;ch&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mois d'ao&#251;t, les sondages d'opinion indiquent que Rousseff est d&#233;j&#224; plus impopulaire que Collor au moment o&#249; il a subi un proc&#232;s d'impeachment, seulement soutenue par 8 % des &#233;lecteurs, contre 71 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, une autre manifestation pour exiger son d&#233;part a &#233;t&#233; appel&#233;e le 16 ao&#251;t dernier. Cependant, des grands bourgeois, la presse conservatrice et des secteurs du Congr&#232;s ont choisi le soutien &#224; Dilma Rousseff en &#233;change de son engagement sur un ensemble de mesures plus conservatrices (appel&#233; &#171; Agenda Br&#233;sil &#187;). Les m&#233;dias ont donc apport&#233; moins de soutien aux manifestations, qui &#233;taient &#233;quivalentes &#224; celles d'avril dernier, sans retrouver la force de celles de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, vu l'incapacit&#233; du gouvernement &#224; d&#233;finir une ligne claire, les d&#233;clarations des repr&#233;sentants de la grande bourgeoisie et de la presse qui leur est li&#233;e semblent exprimer qu'aujourd'hui Rousseff a une &#171; derni&#232;re chance &#187; (titre ce 13 septembre d'un &#233;ditorial dans le journal le plus influent du pays)&#8230; L'avenir de ce gouvernement est de plus en plus incertain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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