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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Mexique : la &#171; caravane des migrants &#187; se heurte au mur des Etats-Unis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mexique-la-caravane-des-migrants-se-heurte-au-mur-des-Etats-Unis-37044</link>
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		<dc:date>2018-11-27T10:20:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Pia Rieublanc</dc:creator>


		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-11-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;20 novembre 2018 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;reint&#233;s par la fatigue, la faim et, pour beaucoup, la grippe, quelque 2 500 migrants partis du Honduras mi-octobre sont arriv&#233;s &#224; Tijuana, ville fronti&#232;re entre le Mexique et les &#201;tats-Unis. Fuyant les gangs et la violence, tr&#232;s peu d'entre eux sont au courant de ce qui les attend. Vendredi, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a doubl&#233; le mur d'une rang&#233;e de barbel&#233;s et lundi, pour la premi&#232;re fois &#224; Tijuana, 500 personnes ont d&#233;fil&#233; contre les migrants. &lt;br class='autobr' /&gt; Tijuana (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Editionm-du-2018-11-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-11-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton37044-5727e.png?1782906170' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;20 novembre 2018 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;reint&#233;s par la fatigue, la faim et, pour beaucoup, la grippe, quelque 2 500 migrants partis du Honduras mi-octobre sont arriv&#233;s &#224; Tijuana, ville fronti&#232;re entre le Mexique et les &#201;tats-Unis. Fuyant les gangs et la violence, tr&#232;s peu d'entre eux sont au courant de ce qui les attend. Vendredi, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a doubl&#233; le mur d'une rang&#233;e de barbel&#233;s et lundi, pour la premi&#232;re fois &#224; Tijuana, 500 personnes ont d&#233;fil&#233; contre les migrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tijuana (Mexique), de notre envoy&#233;e sp&#233;ciale.&lt;/strong&gt; - Sur la plage de Tijuana, Enni observe avec d&#233;pit les barbel&#233;s entourant les poteaux de fer rouill&#233; qui s&#233;parent le Mexique des &#201;tats-Unis. Les soldats am&#233;ricains les ont pos&#233;s vendredi dernier, apr&#232;s l'arriv&#233;e dans cette ville frontali&#232;re des premiers membres de la &#171; caravane &#187; de plus de 7 000 migrants sortie mi-octobre du Honduras, dont la jeune femme de 27 ans fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, le pr&#233;sident Donald Trump a fait de ce cort&#232;ge massif, parti de San Pedro Sula, une des villes les plus dangereuses du monde, l'obsession de la campagne des &#233;lections de mi-mandat. Pour mobiliser ses &#233;lecteurs, il a d&#233;nonc&#233; une &lt;i&gt;&#171; invasion &#187;&lt;/i&gt; et m&#234;me envoy&#233; l'arm&#233;e. Son administration s'est m&#234;me mis en t&#234;te d&#233;sormais d'emp&#234;cher purement et simplement les migrants de d&#233;poser leurs demandes d'asile, au m&#233;pris complet du droit international.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4079 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH293/100778f47703304d-b4416e23-f5f08.png?1782906171' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il a l'air tr&#232;s difficile &#224; traverser, ce mur. Nous ne pourrons pas passer aussi rapidement que nous l'avions fait entre le Guatemala et le Mexique. &#187;&lt;/i&gt; Enni se souvient de cette fronti&#232;re si poreuse, ce fleuve qu'une grande partie des migrants de la caravane avaient travers&#233; &#224; la nage ou en bou&#233;e, sans passer par la douane, entre le 19 et le 20 octobre. Les autorit&#233;s mexicaines, d&#233;pass&#233;es, les avaient laiss&#233;s faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tant d'autres, Enni a fui son pays apr&#232;s avoir re&#231;u des menaces de mort. Au pays, l'ancienne polici&#232;re municipale &#233;tait plus souvent encourag&#233;e &#224; prot&#233;ger le crime organis&#233; qu'&#224; le combattre. &lt;i&gt;&#171; Je sens qu'il faudra attendre ici longtemps, mais je suis pr&#234;te, je ne suis pas press&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, assure la jeune femme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4080 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH325/c3de428627e8ef47-0d247e19-5a12f.png?1782906172' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi, elle est venue &#224; la fronti&#232;re tuer le temps, avant de retourner dans le centre sportif Benito Juarez o&#249; elle est h&#233;berg&#233;e avec 2 500 autres migrants de la caravane. &lt;i&gt;&#171; Aucun obstacle ne peut nous emp&#234;cher d'atteindre nos r&#234;ves &#187;&lt;/i&gt;, sugg&#232;re un vieux graffiti peint sur le mur de la plage. Le bourdonnement d'un h&#233;licopt&#232;re de la douane am&#233;ricaine semble lui dire le contraire. &#192; travers les barreaux, une fourgonnette militaire est en train de patrouiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la tension que g&#233;n&#232;re cette pr&#233;sence militaire, l'ambiance est redevenue tranquille sur la plage, apr&#232;s un &#233;pisode violent durant lequel les habitants ont lanc&#233; des pierres sur un groupe de migrants qui s'y &#233;taient install&#233;s, en leur demandant de rentrer chez eux. Tijuana a beau &#234;tre une ville de passage habitu&#233;e aux flux migratoires, l'arriv&#233;e de cette caravane divise la population, tiraill&#233;e entre le d&#233;sir d'aider, l'incompr&#233;hension, la peur et la haine. Lundi 19 novembre, 500 personnes, le drapeau au poing, se sont r&#233;unies pour crier &lt;i&gt;&#171; Dehors les Honduriens ! Ici on ne veut pas de vous ! &#187;&lt;/i&gt;. De m&#233;moire de &lt;i&gt;Tijuanense&lt;/i&gt;, c'est une premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4081 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH303/4c9aac139106d8b0-fe698bd8-2236c.png?1782906172' width='500' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous n'avons rien contre les &#233;trangers mais nous ne voulons pas de migrants qui restent ici sans travailler &#187;&lt;/i&gt;, nous a confi&#233; Adriana Moreno, qui a manifest&#233;. &lt;i&gt;&#171; Nous ne comprenons pas pourquoi les autorit&#233;s devraient les aider alors que beaucoup de Mexicains expuls&#233;s des &#201;tats-Unis se trouvent dans la m&#234;me situation qu'eux &#187;&lt;/i&gt;, ajoute cette femme au foyer de 60 ans. Elle aimerait qu'on &lt;i&gt;&#171; arr&#234;te de critiquer Trump : lui au moins, il sait d&#233;fendre ses citoyens en fermant ses fronti&#232;res &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire de Tijuana n'est d'ailleurs pas en reste : dans un discours copi&#233; sur celui de Trump, il a d&#233;clar&#233; que les migrants de la caravane n'&#233;taient &lt;i&gt;&#171; qu'une bande de glandeurs et de fumeurs de marijuana &#187;&lt;/i&gt; et accus&#233; le gouvernement f&#233;d&#233;ral de n'avoir &lt;i&gt;&#171; pas fait son travail &#187;&lt;/i&gt; en ne les emp&#234;chant pas d'atteindre la fronti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Enfants perdus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tijuana est d&#233;j&#224; rempli de migrants, demandeurs d'asile et de Mexicains et Centram&#233;ricains expuls&#233;s des &#201;tats-Unis. C'est forc&#233;ment apr&#232;s eux que devront passer les membres de la caravane, ceux qui sont d&#233;j&#224; l&#224;, les autres wagons qui arriveront bient&#244;t. Pour esp&#233;rer aller de l'autre c&#244;t&#233;, il leur faudra se rendre au pont migratoire &#171; El Chaparral &#187;, soit pour se soumettre directement aux autorit&#233;s &#8211; avec le risque de se voir expuls&#233; &lt;i&gt;illico&lt;/i&gt; &#8211;, soit pour s'inscrire sur une liste d'attente de plus de 1 800 migrants d&#233;sireux de demander l'asile aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la caravane resteront sans doute des mois &#224; Tijuana. Mais tr&#232;s peu d'entre eux sont au courant de ce qui les attend. Dans le centre sportif o&#249; Enni a trouv&#233; refuge, cr&#233;&#233; par la ville de Tijuana et l'&#201;tat de Basse-Californie, les migrants sont install&#233;s dans des tentes ou sous des chapiteaux, &#233;parpill&#233;s entre un stade en plein air, une cour et un gymnase couvert. Les services incluent deux repas par jour et des douches &#224; l'eau froide. Mais aucune information sur les d&#233;marches &#224; suivre ne leur est propos&#233;e. Les associations sp&#233;cialis&#233;es dans le conseil juridique aux migrants n'ont m&#234;me pas encore eu le temps de venir donner les instructions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi leurs milliers de visages &#233;reint&#233;s par la fatigue, la faim et, pour beaucoup, la grippe, nous avons retrouv&#233; par hasard celui de Cristian Amilcar L&#243;pez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions rencontr&#233; cet Hondurien de 31 ans le 21 octobre, lors de sa premi&#232;re travers&#233;e &#224; pied de l'&#201;tat du Chiapas, entre les villes de Ciudad Hidalgo et Tapachula, juste apr&#232;s sa sortie du Guatemala. Un mois plus tard, Cristian a l'air ext&#233;nu&#233;. Durant son exode, il a altern&#233; les longues marches, les bouts de route en stop, les voyages en autobus. Il est pass&#233; de la chaleur intense du Chiapas, o&#249; nous l'avions crois&#233; en sueur, portant son plus jeune fils de trois ans sur les &#233;paules, aux gel&#233;es de l'&#201;tat du Sonora, o&#249; un malheureux hasard a fait co&#239;ncider le passage de la caravane avec un &#233;pisode de grand froid.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4082 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH328/ab444061ca499ade-c1fc0f30-54f3f.png?1782906172' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Son regard est absent et triste. Cristian semble s'&#234;tre raccroch&#233; &#224; sa foi chr&#233;tienne pour tenir le coup. &lt;i&gt;&#171; Je suis un peu fatigu&#233; mais tant que nous avan&#231;ons, Dieu nous donne la force de continuer. Nous sommes heureux d'&#234;tre arriv&#233;s &#224; Tijuana, mais tristes de savoir que Trump continue de d&#233;clarer que nous sommes des criminels. Regardez mes fils, ce sont des enfants, pas des criminels ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cristian, son &#233;pouse Suyapa Gonz&#225;lez, et trois de ses fils, sont partis avec la caravane le 13 octobre, quand le cort&#232;ge est pass&#233; par leur ville, Ocotepeque, dans l'ouest du Honduras. L'homme raconte l'&#233;pisode ultra-violent qui a ruin&#233; sa vie en d&#233;cembre 2017.&lt;i&gt; &#171; Un groupe de maras [membres des gangs &#8211; ndlr] m'a kidnapp&#233; : ils m'avaient pris pour quelqu'un d'autre. J'ai r&#233;ussi &#224; m'en sortir mais le lendemain ils s'en sont pris &#224; mon ex-&#233;pouse, la m&#232;re de deux de mes fils. Ils l'ont assassin&#233;e puis ont br&#251;l&#233; son corps. Ces criminels sont toujours en libert&#233; et ils continuaient de me menacer. Il fallait que je parte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plaie du crime organis&#233; qui fait souffrir des milliers de personnes dans toute l'Am&#233;rique centrale ne s'est pas referm&#233;e une fois la fronti&#232;re pass&#233;e. Cristian en a fait l'exp&#233;rience &#224; Tapachula : il a soudain perdu la trace de son fils de 10 ans, qui porte le m&#234;me pr&#233;nom que lui. &lt;i&gt;&#171; Je l'ai retrouv&#233; trente-trois heures plus tard. Il avait &#233;t&#233; kidnapp&#233; par un homme qui l'avait fait monter dans sa camionnette en lui faisant croire que je marchais loin devant. &#187;&lt;/i&gt; L'homme a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Selon Cristian, il ferait partie d'un r&#233;seau de trafic d'enfants. Son histoire n'est malheureusement pas extraordinaire : de nombreux enfants ont &#233;t&#233; perdus de vue, parfois pendant plusieurs jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route, Cristian a rencontr&#233; une Mexicaine qui lui a fait miroiter un travail &#224; Washington. &lt;i&gt;&#171; Je suis agriculteur mais je peux aussi travailler comme ma&#231;on &#187;&lt;/i&gt;, assure-t-il. Dans l'imm&#233;diat, sa pr&#233;occupation est de charger son t&#233;l&#233;phone. Sur une borne, les c&#226;bles de portable s'entrem&#234;lent : ceux des autres migrants, anxieux de pouvoir bient&#244;t envoyer un WhatsApp &#224; leurs proches pour leur annoncer qu'ils sont bien arriv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4083 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH349/3947ee89b5873213-505a6a26-1b0e9.png?1782906172' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux appartient &#224; Jamileth Mejilla. La jeune trentenaire a le m&#234;me &#226;ge que Cristian : ils &#233;taient ensemble &#224; l'&#233;cole. Jamileth a fui un ex-&#233;poux qui a tent&#233; de la tuer &#224; plusieurs reprises. Elle est accompagn&#233;e de son mari, et d'une de ses filles, Emily, &#226;g&#233;e de trois ans. Elle non plus n'est pas s&#251;re de ce qui l'attend. Elle semble m&#234;me d&#233;couvrir le sort r&#233;serv&#233; aux migrants dans l'Am&#233;rique de Donald Trump. &lt;i&gt;&#171; Je suis contente d'&#234;tre arriv&#233;e en haut [sic], dit-elle. Mais je regrette que les choses ne se d&#233;roulent pas comme nous l'esp&#233;rions. Nous pensions arriver tous ensemble, passer facilement, mais il faut s'inscrire sur une liste d'attente pour demander l'asile. On m'a aussi dit qu'une fois qu'on demande l'asile aux &#201;tats-Unis, on peut vous mettre en prison et vous s&#233;parer de vos enfants. Vous savez si c'est vrai ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fl&#233;aux - La s&#233;cheresse et le r&#233;chauffement climatique commencent &#224; affamer l'Am&#233;rique centrale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fleaux-La-secheresse-et-le-rechauffement-climatique-commencent-a-affamer-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Fleaux-La-secheresse-et-le-rechauffement-climatique-commencent-a-affamer-l</guid>
		<dc:date>2016-02-16T07:56:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Pia Rieublanc</dc:creator>


		<dc:subject>Nicaragua</dc:subject>
		<dc:subject>Guatemala</dc:subject>
		<dc:subject>Salvador</dc:subject>
		<dc:subject>Honduras</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-02-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Nicaragua, plus de 3 millions de personnes, essentiellement des familles de petits agriculteurs, se trouvent actuellement affect&#233;es par la s&#233;cheresse qui frappe la r&#233;gion depuis plus d'un an. Elle a d&#233;truit entre 75 et 100% des r&#233;coltes de ma&#239;s et de haricots. C'est l'une des cons&#233;quences du r&#233;chauffement climatique auxquelles fait face l'Am&#233;rique centrale. S'y ajoutent des inondations, la multiplication des moustiques vecteurs de maladies graves, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Salvador-+" rel="tag"&gt;Salvador&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Honduras-+" rel="tag"&gt;Honduras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-02-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-02-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton25207-54ebd.jpg?1781998351' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Nicaragua, plus de 3 millions de personnes, essentiellement des familles de petits agriculteurs, se trouvent actuellement affect&#233;es par la s&#233;cheresse qui frappe la r&#233;gion depuis plus d'un an. Elle a d&#233;truit entre 75 et 100% des r&#233;coltes de ma&#239;s et de haricots. C'est l'une des cons&#233;quences du r&#233;chauffement climatique auxquelles fait face l'Am&#233;rique centrale. S'y ajoutent des inondations, la multiplication des moustiques vecteurs de maladies graves, comme le virus Zika qui provoque des maladies cong&#233;nitales, et des ouragans... Reportage au Guatemala aupr&#232;s de familles frapp&#233;es par la s&#233;cheresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Basta Mag.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Blanca et Floridalma caressent tristement les feuilles de leurs plants de sorgho qui ont vir&#233; au noir. C'est la premi&#232;re fois que la &#171; t&#226;che d'asphalte &#187; fait son apparition &#224; Chiltote, petite communaut&#233; rurale de la ville de Concagua, domin&#233;e par les montagnes qui s&#233;parent le Guatemala du Salvador. Ce m&#233;lange complexe de champignons ronge pernicieusement les plantes pour leur &#244;ter la force de produire les petites billes jaunes que les deux s&#339;urs quadrag&#233;naires attendaient tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ma&#239;cillo, surnom donn&#233; au sorgho en espagnol pour sa ressemblance avec le ma&#239;s, &#233;tait leur seul espoir de sortir de la crise &#233;conomique et alimentaire dans laquelle les a plong&#233;es la s&#233;cheresse. Celle-ci a durement frapp&#233; une partie de l'Am&#233;rique centrale durant les hivers 2014 et 2015, rempla&#231;ant les saisons des pluies, cens&#233;es tomber de juin &#224; fin octobre. L'absence de pr&#233;cipitations a priv&#233; des milliers de personnes de ma&#239;s et de haricots ces deux derni&#232;res ann&#233;es. Elle a aussi favoris&#233; la propagation de nombreuses maladies fongiques dans les cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je ne sais pas comment nous allons faire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t, afin d'assurer leurs arri&#232;res, les deux m&#232;res de famille ont plant&#233; un champ de ma&#239;cillo en plus du ma&#239;s habituel, le petit cousin de la c&#233;r&#233;ale pr&#233;f&#233;r&#233;e des Centram&#233;ricains &#233;tant connu pour sa r&#233;sistance aux fortes chaleurs. Mais novembre touche &#224; sa fin et elles savent d&#233;sormais que &#171; cela ne donnera rien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais pas comment nous allons faire, s'inqui&#232;te Blanca. Il va nous falloir chercher du travail dans les champs de caf&#233;. Comme tout le monde est dans le m&#234;me cas et qu'en plus de nombreuses plantations ont &#233;t&#233; touch&#233;es par la rouille, il y a peu de chance d'en trouver. &#187; La rouille, encore un champignon qui pullule depuis trois ans dans les caf&#233;tiers d'Am&#233;rique centrale et s'est f&#233;rocement r&#233;pandu cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une tortilla et une mangue par jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant la s&#233;cheresse, notre famille r&#233;coltait entre une et deux tonnes de ma&#239;s et 276 kilos de haricots. On en consommait une partie et on en vendait l'autre &#187;, se souvient Floridalma, qui vit avec son mari, ses quatre enfants et la famille de sa s&#339;ur. &#171; En 2014, nos cultures se sont dess&#233;ch&#233;es, nous avons eu &#224; peine de quoi nous nourrir et n'avons rien pu vendre. C'est pire cette ann&#233;e : les semis de mai n'ont absolument rien donn&#233; et ceux du mois d'ao&#251;t juste de quoi manger un peu et payer la redevance au propri&#233;taire du terrain &#187;, rench&#233;rit Blanca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'hiver 2014, cette famille comme des milliers d'autres dans la r&#233;gion a b&#233;n&#233;fici&#233; de programmes alimentaires &#233;manant des gouvernements locaux, d'institutions internationales ou d'ONG. L'aide dont elle b&#233;n&#233;ficie actuellement est sur le point de se terminer. La faim la guette &#224; nouveau. En 2014, &#171; il y avait des jours o&#249; nous ne mangions qu'une tortilla (galette de ma&#239;s) et une mangue chacun &#187;, raconte Floridalma. &#171; Il nous est arriv&#233; plusieurs fois de ne pas manger pendant toute une journ&#233;e et de ne donner aux enfants qu'un peu de yucca achet&#233;e chez le voisin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une de ses filles, Berlin Marina, 8 ans, a tr&#232;s mal v&#233;cu cette p&#233;riode. Elle souffre depuis de violentes douleurs &#224; l'estomac qui l'emp&#234;chent d'aller &#224; l'&#233;cole. Ses parents n'ont pas les moyens de payer les examens qu'elle doit passer &#224; l'h&#244;pital et son &#233;tat ne s'am&#233;liore pas avec les infusions a la menthe qu'ils lui pr&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois millions de personnes affect&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Guatemala, 1,3 million de personnes se trouvent actuellement affect&#233;es par la s&#233;cheresse de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, pr&#232;s de 10% de la population. Au Salvador, elles sont 825 000 (13% de la population) et au Honduras, 1,4 million (pr&#232;s de 20%), selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'Organisation des Nations Unies en Am&#233;rique latine et aux Caraibes (OCHA-ROLAC) publi&#233; en octobre [1]. Il s'agit essentiellement de familles de petits agriculteurs ou de journaliers d&#233;pendant de leur production pour se nourrir et subvenir &#224; leurs besoins les plus basiques. Sur ces 3,2 millions de victimes du &#171; Triangle du Nord &#187; auquel se limite cette &#233;tude, 1,1 million requi&#232;rent une assistance alimentaire imm&#233;diate selon l'institution, qui calcule qu'entre 75 et 100% des r&#233;coltes de ma&#239;s et de haricots ont &#233;t&#233; perdues. Le nord du Nicaragua a &#233;galement &#233;t&#233; touch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre pays sont travers&#233;s par &#171; le corridor sec &#187;. C'est le nom donn&#233; par les g&#233;ographes &#224; une frange de for&#234;t tropicale s&#232;che proches des c&#244;tes du Pacifique et des Cara&#239;bes, caract&#233;ris&#233;e par sa longue saison s&#232;che (son &#233;t&#233;, qui dure de novembre &#224; fin mai) et sa courte saison humide. Ces deux derniers hivers, il a trop peu plu pour que les terres des petits agriculteurs qui s&#232;ment en mai et n'ont pas de syst&#232;me d'irrigation puissent &#234;tre fertiles. Les habitants de certaines communes du Guatemala n'ont pas vu une seule goutte d'eau tomber du ciel pendant 48 jours d'affil&#233;e entre juillet et ao&#251;t, ce qui ne leur &#233;tait jamais arriv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Ni&#241;o grandit sous l'effet du r&#233;chauffement climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; dix ans que les saisons des pluies s'amenuisent dans la r&#233;gion. En 2014, la perturbation climatique El Ni&#241;o, qui se produit tous les trois &#224; sept ans, n'avait pas encore fait son apparition et pourtant les pr&#233;cipitations &#233;taient d&#233;j&#224; beaucoup plus faibles que la normale. Ce r&#233;chauffement de l'oc&#233;an Pacifique tropical est survenu cette ann&#233;e avec une grande intensit&#233; que l'on ne lui avait pas vue depuis deux d&#233;cennies. Outre la s&#233;cheresse, l'enfant terrible a d'autres effets ind&#233;sirables, comme les pluies diluviennes hors-saison, qui ont commenc&#233; &#224; faire des d&#233;g&#226;ts dans la r&#233;gion, notamment au Guatemala. En octobre, 280 personnes ont p&#233;ri lors d'un glissement de terrain &#224; El Cambray, pr&#232;s de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne ne prendra fin qu'au printemps 2016. Selon les experts, il faut s'attendre &#224; ce qu'il revienne avec force plus souvent qu'auparavant. Une &#233;tude publi&#233;e l'an dernier dans la revue Nature par une &#233;quipe de chercheurs internationale a conclu que la fr&#233;quence des &#233;pisodes extr&#234;mes de El Ni&#241;o allait &#171; doubler &#224; l'avenir sous l'effet du r&#233;chauffement climatique &#187;, passant d'un cas tous les vingt ans &#224; un tous les dix ans [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est nous qui payons les d&#233;g&#226;ts &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pays de notre r&#233;gion ne produisent pas autant de CO2 que les pays d&#233;velopp&#233;s et pourtant c'est nous qui payons les d&#233;g&#226;ts &#187;, d&#233;plore Guido Calder&#243;n, secr&#233;taire ex&#233;cutif de la Concertation r&#233;gionale pour la gestion des risques (CRGR), rencontr&#233; dans son bureau de la ville de Guatemala. La Concertation regroupe des associations de toute l'Am&#233;rique centrale sp&#233;cialis&#233;es dans l'accompagnement des populations affect&#233;es par des d&#233;sastres tels que la s&#233;cheresse et les inondations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fait partie du Forum &#171; Am&#233;rique Centrale vuln&#233;rable unie pour la vie &#187; qui a vu le jour en 2008. Tr&#232;s mobilis&#233;s lors de la COP21, ses membres esp&#233;raient du nouvel accord sur le climat qu'il soit contraignant, qu'il fasse de la r&#233;duction des &#233;missions une r&#233;alit&#233;, et que l'objectif de limiter l'augmentation de la temp&#233;rature globale soit fix&#233; &#224; 1,5&#176;C &#8211; et non 2&#176;C &#8211; par rapport &#224; l'&#232;re pr&#233;-industrielle d'ici &#224; 2100. C'est ce qu'avait d'ailleurs discr&#232;tement recommand&#233; un rapport technique de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en mai dernier [3]. L'accord de Paris, &#171; pas suffisamment ambitieux &#187; selon le Forum, mentionne bien cet objectif de 1,5&#186;C, mais sans en faire son v&#233;ritable objectif, qui reste 2&#186;C (avec beaucoup de questions quant &#224; la volont&#233; de la communaut&#233; internationale de l'atteindre effectivement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Besoin de fonds et d'assistance technique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum souhaite que la r&#233;gion soit officiellement reconnue comme &#171; hautement vuln&#233;rable au r&#233;chauffement climatique &#187;, ce qu'elle n'a pas obtenu dans l'accord de Paris, dont le pr&#233;ambule &#233;voque n&#233;anmoins les &#171; besoins et circonstances sp&#233;ciales &#187; des pays en d&#233;veloppement. &#171; Cela nous permettrait de b&#233;n&#233;ficier de financements dont nos pays ont besoin pour renforcer leur capacit&#233; &#224; faire face aux d&#233;sastres, explique Guido Calder&#243;n. Notamment pour constituer des fonds nationaux d&#233;di&#233;s &#224; l'assistance alimentaire qui puissent &#234;tre activ&#233;s avant que les populations ne commencent &#224; souffrir de faim. L'aide doit aussi &#234;tre technique et pr&#233;ventive et servir entre autre &#224; mieux &#233;quiper nos centres d'investigation m&#233;t&#233;orologiques et hydrologiques et &#224; former leur personnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de nier la responsabilit&#233; des gouvernements centro-am&#233;ricains, il plaide &#233;galement pour des r&#233;formes int&#233;rieures en mati&#232;re de choix &#233;nerg&#233;tiques, de gestion des d&#233;chets, d'infrastructures et de transports. &#171; C'est une question d'agenda politique : les minist&#232;res qui ont les plus gros budgets au Guatemala, apr&#232;s la D&#233;fense, sont celui du Logement et des Infrastructures, qui utilise mal son argent, et celui de l'&#201;conomie, qui pr&#233;f&#232;re se concentrer sur la promotion de l'industrie extractive. &#187; Un secteur dans lequel les entreprises &#233;trang&#232;res jouent un r&#244;le tr&#232;s important. Dans le d&#233;partement de Jutiapa o&#249; vivent Blanca et Floridalma, la Canadienne Goldcorp, premi&#232;re compagnie mini&#232;re des Am&#233;riques, a notamment commenc&#233; &#224; extraire de l'or et de l'argent en 2007 dans une mine souterraine &#224; travers sa filiale locale Entremares. Le projet, baptis&#233; &#171; Cerro Blanco &#187;, a &#233;t&#233; suspendu temporairement cinq ans plus tard pour des raisons financi&#232;res. Il reste une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s pour les populations, qui verraient leurs ressources hydriques gravement menac&#233;es par cette activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#244;tes inond&#233;es, moustiques et perte des semences natives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du Forum sont pour la mise en place d'un syst&#232;me permettant de quantifier les &#171; pertes et pr&#233;judices &#187; climatiques subis par certains pays et d'identifier les pays qui en sont les responsables pour les obliger &#224; indemniser les victimes. C'est l'id&#233;e du m&#233;canisme de Varsovie, qui a &#233;t&#233; &#224; moiti&#233; int&#233;gr&#233; dans l'accord de Paris : on y parle bien de &#171; pertes et pr&#233;judices &#187; mais, au grand regret du Forum, il n'est nullement question d'obliger qui que ce soit &#224; les compenser. En Am&#233;rique Centrale, ils vont bien au-del&#224; de la perte des r&#233;coltes. On peut citer entre autres l'&#233;l&#233;vation du niveau des eaux qui menacent d'inonder les villes c&#244;ti&#232;res de l'isthme, la multiplication des ouragans, la salinisation des terres c&#244;ti&#232;res dues &#224; la perte d'eau douce dans les terres, ou encore la propagation des moustiques vecteurs de graves maladies : dengue, malaria, chikungunya et d&#233;sormais le virus zika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte des esp&#232;ces agricoles end&#233;miques est aussi un v&#233;ritable probl&#232;me. &#171; J'avais du ma&#239;s jaune, du ma&#239;s noir et du ma&#239;s blanc, mais j'ai perdu toutes mes semences en 2014, quand je n'ai rien pu r&#233;colter &#187;, se souvient Valdemero P&#233;rez, qui vit et travaille la terre &#224; San Jacinto, pr&#232;s de la fronti&#232;re avec le Honduras. En mai, il a plant&#233; des graines de ma&#239;s blanc fournies par la municipalit&#233; mais elles n'ont rien donn&#233;. En ao&#251;t, il a sem&#233; des graines hybrides issues d'un programme humanitaire, blanches &#233;galement. Elles ont &#233;t&#233; fertiles et il esp&#232;re pouvoir les planter l'an prochain, laissant les couleurs qui pars&#232;ment les champs de l'Am&#233;rique Centrale s'estomper peu a peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour r&#233;cup&#233;rer la souverainet&#233; alimentaire, l'espoir de l'agro&#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Carlos Sotto, de la Fondation pour la reconstruction et le d&#233;veloppement au Salvador (REDES), &#233;galement membre du &#171; Forum Am&#233;rique Centrale vuln&#233;rable unie pour la vie &#187;, l'adaptation de la r&#233;gion au r&#233;chauffement climatique r&#233;side en partie dans le passage de l'agriculture traditionnelle h&#233;rit&#233;e de la r&#233;volution verte, celle qui promeut l'usage des produits chimiques et la monoculture, &#224; l'agro&#233;cologie. &#171; Les agriculteurs bio du Salvador ont perdu entre 20 et 30 % de leur r&#233;coltes seulement pendant la s&#233;cheresse &#187;, assure-t-il, expliquant que &#171; les terres des agriculteurs bio ont une meilleure couverture v&#233;g&#233;tale et une diversit&#233; de cultures gr&#226;ce auxquelles l'humidit&#233; se conserve plus longtemps, m&#234;me s'il arr&#234;te de pleuvoir pendant plusieurs jours &#187;. Les &#201;tats, soi-disant unis face au r&#233;chauffement climatique depuis la COP21 de Paris, seront-ils pr&#234;ts &#224; soutenir une transition agricole qui ne d&#233;pendra pas des multinationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.redhum.org/documento_detail/informe-de-situacion-ocha-rolac-sequia-en-centroamerica&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;https://ore.exeter.ac.uk/repository/bitstream/handle/10871/17214/Cai_etal_2013.pdf?sequence=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://unfccc.int/resource/docs/2015/sb/eng/inf01.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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