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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Dans le miroir am&#233;ricain</title>
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		<dc:date>2026-03-03T11:32:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-03-03</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#201;tats Unis d'Am&#233;rique ne sont pas un mod&#232;le pour nous. Mais ils sont parfois un miroir. Un miroir grossissant, brutal, qui montre ce que produit un pouvoir r&#233;actionnaire lorsqu'il se croit tout puissant &#8212; et ce que peuvent accomplir des mouvements populaires lorsqu'ils s'organisent r&#233;ellement. La s&#233;quence am&#233;ricaine r&#233;cente &#8212; mont&#233;e du trumpisme, r&#233;sistances massives, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du Minnesota &#8212; n'est pas un simple &#233;pisode &#233;tranger. C'est un r&#233;servoir d'enseignements pour le mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-03-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-03-03&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/fight_fascism-c58f2.png?1772537614' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#201;tats Unis d'Am&#233;rique ne sont pas un mod&#232;le pour nous. Mais ils sont parfois un miroir. Un miroir grossissant, brutal, qui montre ce que produit un pouvoir r&#233;actionnaire lorsqu'il se croit tout puissant &#8212; et ce que peuvent accomplir des mouvements populaires lorsqu'ils s'organisent r&#233;ellement. La s&#233;quence am&#233;ricaine r&#233;cente &#8212; mont&#233;e du trumpisme, r&#233;sistances massives, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du Minnesota &#8212; n'est pas un simple &#233;pisode &#233;tranger. C'est un r&#233;servoir d'enseignements pour le mouvement ouvrier, les mouvements populaires partout dans le monde, et donc aussi en France, &#224; un moment o&#249; nos propres droits sont attaqu&#233;s, o&#249; les offensives antisociales s'acc&#233;l&#232;rent, o&#249; les tentatives de division se multiplient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;23 f&#233;vrier 2026 | [Adresses &#8211; internationalisme et d&#233;mocr@tie n&#176;18]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/02/23/dans-le-miroir-americain-adresses-internationalisme-et-democrtie-n18-2/#more-102826&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/02/23/dans-le-miroir-americain-adresses-internationalisme-et-democrtie-n18-2/#more-102826&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se joue l&#224;-bas &#233;claire ce que nous devons renforcer ici. C'est un rappel que les victoires populaires ne tombent jamais du ciel : elles se construisent. M&#234;me face &#224; un pouvoir agressif, s&#251;r de lui, soutenu par les milliardaires et les appareils r&#233;pressifs, les mouvements populaires peuvent reprendre l'initiative. Mais &#224; une condition : &#234;tre organis&#233;&#183;es. Les textes qui composent cette livraison d'Adresses sugg&#232;rent quelques enseignements que nous tentons de r&#233;sumer en huit points.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Une attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e appelle une riposte g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le trumpisme a frapp&#233; partout : personnes immigr&#233;es, trans, fonctionnaires, &#233;tudiant&#183;es, journalistes, &#233;cologistes, minorit&#233;s religieuses. Cette strat&#233;gie visait &#224; isoler chaque groupe, &#224; emp&#234;cher toute solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a produit l'inverse. Quand le pouvoir attaque sur tous les fronts, la seule r&#233;ponse efficace est la convergence r&#233;elle des luttes. Pas une convergence d&#233;clarative, mais une coordination concr&#232;te : actions communes, revendications partag&#233;es, d&#233;fense mutuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements qui gagnent sont ceux qui, s'inscrivant dans l'in&#233;vitable lutte de classe, refusent de hi&#233;rarchiser les oppressions, qui comprennent que la division est l'arme principale du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. La solidarit&#233; n'est pas un slogan, c'est un outil de lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du Minnesota n'a pas surgi spontan&#233;ment. Elle a &#233;t&#233; rendue possible par des r&#233;seaux communautaires d&#233;j&#224; existants, des syndicats implant&#233;s, des collectifs d'immigr&#233;&#183;es, des comit&#233;s &#233;tudiants actifs, des commer&#231;ant&#183;es solidaires. Ce tissu social a permis de mobiliser en quelques jours des dizaines de milliers de personnes, de fermer des centaines d'entreprises, de bloquer les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; doit &#234;tre construite avant la crise. Les mouvements populaires doivent &#234;tre dans les quartiers, les lieux de travail et d'&#233;tudes, et en lien direct avec les associations. Construire pr&#233;alablement cette infrastructure est une condition n&#233;cessaire &#224; l'organisation de mobilisations d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne doit pas seulement &#234;tre un symbole, mais une strat&#233;gie d'action&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples historiques sont ici convoqu&#233;s. &#192; Seattle en 1919, il y eut une immense mobilisation, mais sans objectifs clairs ; ce fut un &#233;chec. &#192; Oakland en 1946, l'absence de strat&#233;gie amena un essoufflement d'un mouvement pourtant port&#233; par une grande force sociale. Minneapolis en 1934 fut une victoire durable gr&#226;ce &#224; une campagne organis&#233;e. La gr&#232;ve du Minnesota de 2026 s'inscrit dans cette lign&#233;e : elle n'a pas &#233;t&#233; pens&#233;e comme un coup d'&#233;clat, mais comme un outil de pression dans une campagne plus large contre la r&#233;pression migratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale doit &#234;tre pr&#233;par&#233;e, articul&#233;e, int&#233;gr&#233;e dans une mont&#233;e en puissance. Elle doit avoir des revendications pr&#233;cises, des objectifs mesurables, une strat&#233;gie d'escalade, une capacit&#233; &#224; durer. Sans cela, elle devient un symbole sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Les mouvements populaires doivent savoir cr&#233;er des coalitions larges, sans renoncer &#224; leurs principes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des forces de la s&#233;quence am&#233;ricaine actuelle est la capacit&#233; &#224; rassembler mouvements, syndical, &#233;tudiant, de travailleurs et travailleuses immigr&#233;&#183;es, des communaut&#233;s religieuses, des association &#233;cologistes, des collectifs LGBTQI+&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une coalition solide ne se b&#226;tit pas en abandonnant les minorit&#233;s, mais en les pla&#231;ant au centre. Les mouvements qui gagnent sont ceux qui refusent les compromis sur le dos des plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. La peur change de camp quand les mouvements populaires montrent qu'ils peuvent prot&#233;ger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les raids anti-immigr&#233;s visaient &#224; terroriser. La r&#233;ponse a &#233;t&#233; collective la mise en place de l'h&#233;bergement solidaire, des r&#233;seaux d'alerte, la pr&#233;sence de masse dans les rues, un soutien juridique, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. R&#233;sultat : la peur s'est d&#233;plac&#233;e. Le pouvoir a d&#251; reculer, au moins temporairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement populaire doit &#234;tre capable de prot&#233;ger concr&#232;tement celles et ceux qui sont cibl&#233;&#183;es. Pas seulement par des discours, mais par des dispositifs mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. L'histoire est une de nos armes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs textes de ce num&#233;ro insistent sur les parall&#232;les historiques. Il ne s'agit pas de dire que les situations sont identiques, mais de rappeler que les mouvements populaires disposent d'une m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes doivent s'appuyer sur les exp&#233;riences pass&#233;es : leurs victoires, leurs erreurs, leurs bifurcations. L'histoire est une ressource politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. Rien ne remplace l'organisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations massives ne suffisent pas. Les indignations ne suffisent pas. Les coups d'&#233;clat ne suffisent pas. Ce qui fait la diff&#233;rence, c'est l'organisation : dans les lieux de travail, dans les quartiers, dans les &#233;coles, dans les universit&#233;s, &#8230; Les syndicats, les asociations, les collectifs sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons construire et d&#233;velopper des organisations capables de durer, de se coordonner, de prot&#233;ger, de planifier, de riposter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8. Le vent tourne, mais il faut des voiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence am&#233;ricaine montre une chose essentielle : un pouvoir r&#233;actionnaire peut vaciller, m&#234;me lorsqu'il semble tout-puissant. Mais ce vacillement n'est jamais spontan&#233;. Il est le produit d'un mouvement populaire organis&#233;, strat&#233;gique, solidaire. Le vent tourne. Mais le vent, seul, ne fait rien. Il faut des voiles. Il faut des mains pour les tenir. Il faut des collectifs pour d&#233;cider de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela, l'enseignement central : la force populaire se construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Mahieux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Christian Mahieux est cheminot retrait&#233;, syndicaliste SUD-Rail [Union syndicale Solidaires], co-animateur du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Toutes les introductions et les num&#233;ros &#224; t&#233;l&#233;charger gratuitement sont disponibles sur une page d&#233;di&#233;e :&lt;br class='autobr' /&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des syndicats ukrainiens &#224; la 6e rencontre du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-syndicats-ukrainiens-a-la-6e-rencontre-du-Reseau-syndical-international-de</link>
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		<dc:date>2025-12-16T11:48:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-12-16</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre en Ukraine - Les enjeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 200 syndicalistes mandat&#233;&#183;es par des organisations syndicales, des collectifs syndicaux ont particip&#233; &#224; cette rencontre, du 13 au 16 novembre. Ils et elles venaient de Palestine, d'Ukraine, du Br&#233;sil, du Pakistan, de C&#244;te d'Ivoire, d'Italie, d'Argentine, de Centrafrique, de l'&#201;tat espagnol, du Venezuela, du S&#233;n&#233;gal, de France, de Pologne, de Grande-Bretagne, de Colombie, du Portugal, de l'&#201;quateur, des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, d'Allemagne, de Suisse&#8230; Les syndicats du Soudan, du B&#233;nin, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-guerre-en-Ukraine-1716-+" rel="tag"&gt;La guerre en Ukraine - Les enjeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/sixieeme_rencontre_du_reseau_syndical_international-43d1d.png?1765885853' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de 200 syndicalistes mandat&#233;&#183;es par des organisations syndicales, des collectifs syndicaux ont particip&#233; &#224; cette rencontre, du 13 au 16 novembre. Ils et elles venaient de Palestine, d'Ukraine, du Br&#233;sil, du Pakistan, de C&#244;te d'Ivoire, d'Italie, d'Argentine, de Centrafrique, de l'&#201;tat espagnol, du Venezuela, du S&#233;n&#233;gal, de France, de Pologne, de Grande-Bretagne, de Colombie, du Portugal, de l'&#201;quateur, des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, d'Allemagne, de Suisse&#8230; Les syndicats du Soudan, du B&#233;nin, du Togo, de la DR Congo et du Burkina Faso qui devaient participer n'ont pu le faire faute de visa [1 &#8211; Ce fut aussi le cas de militants et militants du S&#233;n&#233;gal et du Pakistan. Le NGWF du Bangladesh a d&#251; annuler sa participation au dernier moment]. Cette participation de militantes et militants de divers continents est rendue possible par la mise en place d'un fonds de solidarit&#233; aliment&#233;e par les organisations europ&#233;ennes et nord-am&#233;ricaines. La conclusion du manifeste qui fonde l'appartenance au R&#233;seau est claire : &#171; Un r&#233;seau du syndicalisme combatif, de luttes et d&#233;mocratique, autonome, ind&#233;pendant des patrons et des gouvernements, anticapitaliste, f&#233;ministe, &#233;cologiste, autogestionnaire, internationaliste, construisant le changement par les luttes collectives, combattant toutes les formes d'oppression (machisme, racisme, homophobie, x&#233;nophobie, etc.) &#187;. Mais toute aussi important est le souci que ce syndicalisme internationaliste ne se limite pas &#224; des discussions g&#233;n&#233;rales, mais s'ancre dans les pratiques quotidiennes ; d'o&#249; la volont&#233; de mettre en avant le travail par secteur professionnel, celui-ci s'entendant comme partie int&#233;grante du syndicalisme interprofessionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;11 d&#233;cembre 2025 | tir&#233; du site Entre les lignes entre les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/11/des-syndicats-ukrainiens-a-la-6e-rencontre-du-reseau-syndical-international-de-solidarite-et-de-luttes-autre-texte/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/11/des-syndicats-ukrainiens-a-la-6e-rencontre-du-reseau-syndical-international-de-solidarite-et-de-luttes-autre-texte/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces journ&#233;es ont permis d'organiser des r&#233;unions par secteurs professionnels. D'autres temps ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; approfondir les discussions autour de th&#232;mes transversaux. Deux d&#233;bats ont &#233;t&#233; organis&#233;s en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re ; le premier &#224; propos du syndicalisme en temps de guerre, avec les camarades de Palestine et d'Ukraine ; les repr&#233;sentants de la Coordination des professionnels et syndicats soudanais devaient &#233;galement animer cette soir&#233;e, mais aucun n'a pu obtenir de visa ; le second d&#233;bat, introduit notamment par des repr&#233;sentants de syndicats de base italiens [2 La participation de nombreux &#171; syndicats de base &#187; italiens est un &#233;v&#233;nement et s'inscrit dans le travail unitaire men&#233; par certains d'entre eux depuis quelque temps. &#201;taient pr&#233;sents &#224; cette rencontre du R&#233;seau : Confederazione Unitaria di Base (CUB), Sindacato Intercategoriale Cobas (SI COBAS), Unione Sindacale Italiana (USI), Sindicato Autorganizzato Lavorator Cobas (SIAL-COBAS), Associazione Diritti Lavoratori dei Comitati di Base (ADL COBAS), COBAS Scuola Sardegna (COBAS Sardegna), Sindicato Generale di Base (SGB) et Coordinamento del Precariato Universitario (CPU &#8211; Siena)] et une repr&#233;sentante du syndicat du m&#233;tro de Buenos Aires [3. Asociaci&#243;n Gremial de Trabajadores del Subterr&#225;neo y Premetro, Buenos Aires, affili&#233; &#224; la Central de Trabajadores de la Argentina de los trabajadores (CTA-T). Au printemps dernier, l'Union syndicale Solidaires avait organis&#233; une tourn&#233;e de r&#233;unions publiques en France avec un autre camarade de ce syndicat], portait sur les r&#233;ponses syndicales &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite. Enfin, diverses motions ont &#233;t&#233; approuv&#233;es, en soutien &#224; des luttes syndicales et populaires ou pour d&#233;noncer des r&#233;pressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois syndicats ukrainiens &#233;taient repr&#233;sent&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Priama Diia, syndicat d'&#233;tudiants et &#233;tudiantes, repr&#233;sent&#233; par Katya Gritseva ;&lt;br class='autobr' /&gt;
* Soyez comme nous sommes, syndicat du secteur m&#233;dical, repr&#233;sent&#233; par Yulia Lipitch-Kotchirka et Oksana Slobodyna ;&lt;br class='autobr' /&gt;
* l'union r&#233;gionale KVPU de Kryvy&#239; Rih, repr&#233;sent&#233;e par Yuriy Samoylov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pouvant se rendre en Italie, la section locale de Krivih Rih du syndicat des cheminots de la KVPU avait adress&#233; un message de son pr&#233;sident, Vyacheslav Fedorenko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les quatre camarades d'Ukraine, ce fut l'occasion de rappeler en direct &#224; des syndicalistes de diff&#233;rents continents la situation sur place, mais aussi de participer pleinement &#224; la construction d'un r&#233;seau syndical international, &#224; travers les r&#233;unions par secteurs professionnels (&#233;ducation, industrie, sant&#233;-social) ou th&#233;matiques. La s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re consacr&#233;e aux pays en guerre a &#233;t&#233; un moment fort. Ces quatre jours ont permis de nombreux &#233;changes, quelques mises au point quand deux syndicats italiens paraissaient oublier le peuple ukrainien, les syndicalistes ukrainien&#183;nes, dans leurs interventions &#224; propos d'imp&#233;rialisme, de blocs militaires, d'&#233;conomies de guerre (sujets par ailleurs bien pr&#233;sents dans le manifeste adopt&#233; par le R&#233;seau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son site, Soyez comme nous sommes a rendu compte, au retour de ces rencontres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyez comme nous sommes a particip&#233; &#224; la conf&#233;rence du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes. Cette organisation internationale s'oppose &#224; la r&#233;duction des droits du travail et sociaux, est en faveur de l'annulation des dettes ext&#233;rieures des pays qui se trouvent dans un &#233;tat de subordination, et s'oppose &#224; toutes les formes de discrimination et d'agression arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses militants ont exprim&#233; leur soutien au peuple ukrainien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses convois syndicaux organis&#233;s depuis le 1er mai 2022 sont l'expression de cette solidarit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout : &#171; des syndicats ukrainiens, qui participent activement &#224; la r&#233;sistance populaire contre l'occupation du territoire et s'opposent au lib&#233;ralisme &#233;conomique qui r&#232;gne dans leur pays, sont membres de notre R&#233;seau, et nous les soutenons ! &#187;, lit-on dans le manifeste du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militantes de Soyez comme nous sommes ont parl&#233; de la situation des infirmi&#232;res en Ukraine en temps de guerre et de leur lutte pour de meilleures conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau a appel&#233; &#224; la solidarit&#233; et &#224; la r&#233;sistance contre une telle exploitation partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite le d&#233;veloppement d'actions solidaires actives, coordonn&#233;es au niveau mondial, tant par cat&#233;gorie que par secteur, pays et continent, souligne son manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation faite au nom de Priama Diia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, nous ne pouvons pas aujourd'hui prononcer un discours d&#233;bordant d'enthousiasme, d'espoir ou de ferveur r&#233;volutionnaire, si chers &#224; certains de nos camarades na&#239;fs. La situation du peuple ukrainien est grave, peut-&#234;tre la plus difficile depuis le d&#233;but de la guerre. Le r&#233;gime bonapartiste russe, m&#233;lange toxique de fascisme, d'in&#233;galit&#233;s sociales catastrophiques et d'atomisation, reste aussi r&#233;actionnaire et ignoble que jamais. Et pourtant, le peuple semble &#233;puis&#233;, ses forces de r&#233;sistance &#233;puis&#233;es. Des dizaines, voire des centaines de milliers d'hommes se cachent aujourd'hui pour &#233;chapper &#224; la violence de la mobilisation forc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes un syndicat &#233;tudiant aux convictions radicalement d&#233;mocratiques, qui lutte pour les droits sociaux et les int&#233;r&#234;ts de ceux qui vivent en Ukraine. Notre r&#233;ponse doit donc commencer l&#224; o&#249; notre lutte trouve ses racines : dans le syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur. Et dans ce domaine, il reste beaucoup &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par les probl&#232;mes sociaux et politiques, car l'un d&#233;coule de l'autre. Les universit&#233;s ukrainiennes ne sont pas vraiment libres. L'admission &#224; des &#233;tudes gratuites est comp&#233;titive ; la plupart des &#233;tudiants doivent payer. Aujourd'hui, environ 60% d'entre eux paient leurs &#233;tudes sup&#233;rieures, et le gouvernement fait tout pour que les frais d'inscription soient aussi &#233;lev&#233;s que possible. En seulement deux ans, les frais de scolarit&#233; ont grimp&#233; en fl&#232;che de 82%, ce qui est stup&#233;fiant. L'&#233;tudiant moyen paie d&#233;sormais environ 1 000 euros par an, soit environ 80 UAH par mois, alors que le salaire minimum n'est que de 160 UAH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la qualit&#233; de l'enseignement, en particulier dans les sciences humaines, est alarmante. Cela s'explique en partie par la bureaucratisation et le sous-financement chronique : en 2025, le budget national de l'&#233;ducation repr&#233;sente &#224; peine 6% de celui de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale pr&#233;caire des &#233;tudiants &#8212; la plupart commencent &#224; travailler d&#232;s leur deuxi&#232;me ann&#233;e &#8212; les emp&#234;che &#233;galement de s'organiser efficacement et de participer &#224; la prise de d&#233;cision. Les syndicats &#233;tudiants officiels, absorb&#233;s par la F&#233;d&#233;ration des syndicats d'Ukraine, non seulement ne parviennent pas &#224; initier le changement, mais calomnient activement notre syndicat, Priama Diia, et collaborent avec des organisations de jeunesse d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'attaque va au-del&#224; des droits sociaux : elle porte atteinte au droit m&#234;me &#224; l'autonomie et &#224; l'&#233;ducation. Sous la pression de la Banque mondiale, le minist&#232;re de l'&#233;ducation et des sciences, dirig&#233; par Oksen Lisovyi, a &#171; r&#233;organis&#233; &#187; les universit&#233;s afin de r&#233;duire les d&#233;penses publiques, sans d&#233;bat public ni consultation. En cons&#233;quence, les &#233;tudiants perdent leur place dans les &#233;tablissements d'enseignement. Parall&#232;lement, les &#233;tudiants de sexe masculin, soup&#231;onn&#233;s d'&#233;chapper &#224; la conscription simplement parce que leur inscription leur accorde un report, sont ill&#233;galement priv&#233;s de leur droit de poursuivre leurs &#233;tudes, une pratique particuli&#232;rement visible dans la pers&#233;cution des doctorants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile, mais n&#233;cessaire, d'aborder ces questions en Ukraine. Sans &#233;ducation, il ne peut y avoir de reconstruction du pays, ni d'espoir d'un avenir socialement juste. C'est pourquoi nous appelons &#224; la solidarit&#233; et &#224; l'action dans les domaines cl&#233;s suivants pour la lutte dans l'enseignement sup&#233;rieur ukrainien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le peuple porte le plus lourd fardeau de la guerre. Il d&#233;fend le pays, soutient l'arri&#232;re et paie le prix le plus &#233;lev&#233;. Les oligarques, les bureaucrates, les intellectuels nationalistes et les fonctionnaires tentent de vaincre le Kremlin avec des hymnes et des fanfares, comme si l'ennemi ne venait pas de bases militaires mais de J&#233;richo. Les travailleurs ukrainiens portent les armes et font preuve de courage ; laissons les oligarques supporter les co&#251;ts : soins de sant&#233;, &#233;ducation, science, etc. Nous appelons le gouvernement &#224; geler les frais de scolarit&#233; en redistribuant les revenus des grandes entreprises qui nous ont pill&#233;s pendant trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La Constitution garantit l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation. La restreindre sous pr&#233;texte de mobilisation est absurde et criminel. Nous appelons le gouvernement &#224; affirmer que tous les &#233;tudiants inscrits ont un droit inconditionnel &#224; &#234;tre exempt&#233;s de la conscription. L'avenir de l'Ukraine n'est possible qu'en tant qu'&#201;tat v&#233;ritablement social dot&#233; d'une classe ouvri&#232;re &#233;duqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La gouvernance universitaire reste &#233;touff&#233;e par la bureaucratie. Apr&#232;s le Ma&#239;dan de 2014, les universit&#233;s ont obtenu l'autonomie, mais sans financement ni outils efficaces pour l'exercer. Chaque d&#233;pense n&#233;cessite des rapports absurdement d&#233;taill&#233;s ; les revendications des &#233;tudiants se perdent ainsi dans la paperasserie. Nous exigeons que le gouvernement accorde aux universit&#233;s une large autonomie &#173; socio-financi&#232;re. Sans cela, la voix des &#233;tudiants restera un simple bruit de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Enfin, la corruption et l'inefficacit&#233; persistent parce que les bureaucrates &#224; tous les niveaux ne se soucient pas de l'&#233;ducation, mais de leur propre reproduction. Seuls deux groupes souhaitent v&#233;ritablement de meilleures conditions sociales et une &#233;ducation de haute qualit&#233; : les &#233;tudiants et le personnel technique. Nous exigeons donc que les universit&#233;s &#233;largissent le pouvoir d&#233;cisionnel des &#233;tudiants et du personnel technique &#224; tous les niveaux de la gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers camarades, nous vous remercions pour votre solidarit&#233;. Nous avons toujours ressenti le soutien ind&#233;fectible du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes, qui s'est tenu aux c&#244;t&#233;s du peuple ukrainien, non seulement contre le r&#233;gime fasciste russe, mais aussi contre la corruption et l'oligarchie au sein de notre propre pays. Nous esp&#233;rons que cette conf&#233;rence permettra d'approfondir notre compr&#233;hension mutuelle, nous aidera &#224; mieux comprendre la situation de nos nations respectives et renforcera notre cause commune. Le syndicat &#233;tudiant ind&#233;pendant Priama Diia adresse ses salutations et sa solidarit&#233; &#224; tous les participants : le mouvement &#233;tudiant radical et progressiste d'Ukraine est &#224; vos c&#244;t&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation du syndicat ind&#233;pendant du secteur m&#233;dical Soyez comme nous sommes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre totale a caus&#233; des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables au syst&#232;me de sant&#233; ukrainien. Des milliers d'h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; d&#233;truits ou endommag&#233;s, certains d'entre eux ont &#233;t&#233; compl&#232;tement ras&#233;s. Les professionnels de sant&#233; sont bless&#233;s et tu&#233;s dans l'exercice de leurs fonctions, dans des conditions extr&#234;mement dangereuses. La guerre engendre un risque constant et un manque d'acc&#232;s aux services m&#233;dicaux essentiels pour la population, en particulier dans les zones de front et les zones lib&#233;r&#233;es, o&#249; le syst&#232;me de sant&#233; est soumis &#224; une pression constante. La mobilisation, le danger constant, les bombardements et la surcharge de travail ont entra&#238;n&#233; une p&#233;nurie de personnel m&#233;dical. Ceux qui restent travaillent dans des conditions extr&#234;mement difficiles, souvent sans fournitures, ressources et soutien psychologique ad&#233;quats. Cela conduit &#224; l'&#233;puisement du personnel, au burn-out et &#224; une d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; des services, ce qui, &#224; long terme, menace la stabilit&#233; du syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux d&#233;fis pos&#233;s par la guerre, la r&#233;forme du secteur de la sant&#233;, malgr&#233; ses objectifs strat&#233;giques, a eu un certain nombre de cons&#233;quences n&#233;gatives qui se sont particuli&#232;rement accentu&#233;es pendant la guerre. Le travail des infirmi&#232;res et du personnel subalterne a &#233;t&#233; d&#233;valoris&#233;, leurs salaires restant faibles et leur protection sociale limit&#233;e. Les infirmi&#232;res, qui remplissent des fonctions essentielles en temps de guerre, ne b&#233;n&#233;ficient souvent pas d'une r&#233;mun&#233;ration ad&#233;quate, de conditions de travail convenables ou d'un soutien suffisant. Au cours du processus de r&#233;forme, de nombreux petits h&#244;pitaux, voire des h&#244;pitaux de district, ont &#233;t&#233; r&#233;organis&#233;s ou ferm&#233;s, ce qui a consid&#233;rablement r&#233;duit l'acc&#232;s aux soins de sant&#233; dans les municipalit&#233;s rurales et isol&#233;es. Cette situation est particuli&#232;rement critique en temps de guerre, lorsque les besoins en infrastructures de sant&#233; augmentent et que les trajets des patients vers les grands h&#244;pitaux sont souvent dangereux ou bloqu&#233;s, ou qu'il y a tout simplement d'&#233;normes files d'attente pour consulter un m&#233;decin dans les h&#244;pitaux centraux. En outre, le passage &#224; un financement bas&#233; sur le principe &#171; l'argent suit le patient &#187; dans le contexte de la guerre ne tient pas compte de la forte baisse du nombre de visites dans les r&#233;gions situ&#233;es en premi&#232;re ligne. En cons&#233;quence, de nombreux h&#244;pitaux sont en mode de survie, manquant de fonds suffisants pour conserver leur personnel, leur &#233;quipement et fournir des soins d'urgence. Nous demandons sinc&#232;rement &#224; la communaut&#233; internationale de soutenir l'Ukraine dans la pr&#233;servation de son syst&#232;me de sant&#233;, fondement de la vie et de la stabilit&#233; de notre soci&#233;t&#233;. Nous vous appelons &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* renforcer le soutien au syst&#232;me de sant&#233; ukrainien ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* faciliter la reconstruction des h&#244;pitaux d&#233;truits et la fourniture d'&#233;quipements m&#233;dicaux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* assurer la protection et le soutien des professionnels de sant&#233; op&#233;rant dans la zone de combat ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* d&#233;velopper des programmes conjoints de r&#233;adaptation psychologique et professionnelle pour les professionnels de sant&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* promouvoir la stabilit&#233; financi&#232;re des &#233;tablissements de sant&#233; ukrainiens dans les r&#233;gions situ&#233;es en premi&#232;re ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnels m&#233;dicaux ukrainiens sont aujourd'hui en premi&#232;re ligne pour sauver des vies. Leur courage et leur d&#233;vouement m&#233;ritent le soutien inconditionnel de l'ensemble du monde civilis&#233;. L'Ukraine tient bon, mais nous avons besoin d'aide pour continuer &#224; sauver des vies. L'Ukraine appr&#233;cie &#233;norm&#233;ment chaque manifestation de solidarit&#233; dont elle a d&#233;j&#224; fait l'objet. Nous sommes reconnaissants &#224; tous les partenaires, gouvernements, organisations et b&#233;n&#233;voles qui aident notre pays &#224; survivre. Nous ne demandons pas de la sympathie, nous demandons du soutien afin de pouvoir continuer &#224; sauver des vies, &#224; prendre soin des gens et &#224; r&#233;tablir un avenir pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble, nous pouvons pr&#233;server ce qui compte le plus : l'humanit&#233;, la dignit&#233; et la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Message adress&#233; par la section du d&#233;p&#244;t de Kryvy&#239; Rih du syndicat libre des travailleurs du chemin de fer d'Ukraine (KVPU)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but de la guerre &#224; grande &#233;chelle, le syndicat PPO VPZU KLD joue un r&#244;le organisationnel et de soutien, agissant en tant que porte-parole du personnel ferroviaire, rassemblant les employ&#233;s et d&#233;fendant leurs droits sociaux et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invasion &#224; grande &#233;chelle par la F&#233;d&#233;ration de Russie a eu un impact sur tous les aspects de la vie ukrainienne. Les activit&#233;s syndicales n'ont pas fait exception. Les droits et libert&#233;s constitutionnels des citoyens, y compris les droits du travail, ont &#233;t&#233; restreints pendant cette p&#233;riode difficile pour l'Ukraine. La protection des droits sociaux et &#233;conomiques des travailleurs a &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;e au second plan, et les victoires des travailleurs devant les tribunaux ont perdu de leur pertinence et de leur importance face aux d&#233;c&#232;s incessants de nos d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos cheminots se sont instantan&#233;ment transform&#233;s en soldats, formant un rempart contre l'agression militaire de la Russie fasciste. Aujourd'hui, nos d&#233;fenseurs, qui hier encore conduisaient des trains, r&#233;paraient des voies et s'occupaient des passagers, sont en premi&#232;re ligne pour d&#233;fendre l'ensemble de l'Europe contre la horde. Les forces arm&#233;es ukrainiennes sont tout ce que nous avons, la fine ligne entre la lumi&#232;re et les t&#233;n&#232;bres, entre les valeurs d&#233;mocratiques et le r&#233;gime totalitaire. Aujourd'hui, nos d&#233;fenseurs ont besoin d'aide pour pr&#233;server leur vie et leur sant&#233; et prot&#233;ger leurs droits socio-&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots &#171; solidarit&#233;, unit&#233;, soutien &#187;, communs &#224; toutes les organisations syndicales du monde entier, sont aujourd'hui plus pertinents et n&#233;cessaires que jamais pour la victoire de l'Ukraine et de toute la soci&#233;t&#233; progressiste sur le totalitarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble vers la victoire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec tout notre respect et notre gratitude pour votre aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extrait du manifeste qui fonde l'appartenance au R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] Les blocs militaires renforcent les menaces de guerre imp&#233;rialiste partout dans le monde. Il faut les dissoudre (NATO, CSTO, etc.). Ce sont des instruments des imp&#233;rialismes et nous combattons tous les imp&#233;rialismes &#8211;&#8194;am&#233;ricain, russe, chinois, mais aussi fran&#231;ais par exemple. La classe ouvri&#232;re n'a pas &#224; choisir entre les imp&#233;rialismes et se doit de soutenir tous les peuples agress&#233;s. Le R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes appelle &#224; l'unification de l'opposition des travailleurs et travailleuses &#224; toute intervention imp&#233;rialiste et au renforcement des mouvements contre la guerre, la militarisation et l'&#233;conomie de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; par l'&#201;tat isra&#233;lien envers les Palestiniens et les Palestiniennes, avec le soutien actif des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique et des r&#233;gimes qui y sont alli&#233;s, est la suite de la politique raciste, colonialiste, assassine, de r&#233;pression f&#233;roce et &#224; grande &#233;chelle, men&#233;e depuis des ann&#233;es. Notre R&#233;seau, &#224; travers les organisations membres, a &#233;t&#233; pr&#233;sent dans nombre de mobilisations en ce sens (manifestations populaires, campagne de boycott-d&#233;sinvestissement-sanctions, flottilles de la libert&#233;, d&#233;l&#233;gations sur place, syndicalistes venu&#183;es de Palestine pour t&#233;moigner, soutien financier, etc.). Nous continuerons &#224; r&#233;pondre du mieux possible aux sollicitations des syndicats palestiniens, dont certains sont membres de notre R&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de trois ans, le peuple ukrainien fait face &#224; la guerre d&#233;clench&#233;e par le gouvernement russe. Syndicalistes, internationalistes, nous apportons notre soutien &#224; celles et ceux qui r&#233;sistent en Ukraine, mais aussi au B&#233;larus et en Russie, en tentant de r&#233;pondre aux besoins exprim&#233;s par nos camarades syndicalistes de cette r&#233;gion du monde. Les convois syndicaux organis&#233;s depuis celui du 1er mai 2022 marquent cette solidarit&#233; concr&#232;te. Mais cela va au-del&#224; : des syndicats ukrainiens, qui participent activement &#224; la r&#233;sistance populaire contre l'occupation du territoire et agissent contre le &#171; lib&#233;ralisme &#233;conomique &#187; en vigueur dans leur pays, sont membres de notre R&#233;seau et nous les soutenons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Soudan, le coup d'&#201;tat d'octobre 2022 a mis un terme au processus entam&#233; par la r&#233;volution de d&#233;cembre 2018 et a d&#233;bouch&#233; sur la guerre aux cons&#233;quences effroyables. C'est une guerre entre deux ensembles d'oppresseurs contre les opprim&#233;&#183;es, un affrontement entre deux forces contre-r&#233;volutionnaires et les aspirations r&#233;volutionnaires du peuple soudanais. Les racines de cette guerre se trouvent dans la contradiction croissante entre la r&#233;volution de 2018, qui visait &#224; renverser des d&#233;cennies de dictature, et les forces contre-r&#233;volutionnaires qui ont d&#233;tourn&#233; l'appareil d'&#201;tat, soutenues par des puissances ext&#233;rieures pour &#233;craser cette m&#234;me r&#233;volution. Dans cette situation, les syndicats ind&#233;pendants poursuivent un travail important, tant de prise en charge de la population locale &#8211; dans des conditions extr&#234;mement difficiles &#8211; que d'information vers le monde ext&#233;rieur sur cette guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Palestine, Ukraine, Soudan, bien d'autres r&#233;gions du monde pourraient &#234;tre cit&#233;es. Il ne s'agit pas ici de dresser une hi&#233;rarchie des horreurs du capitalisme, des guerres, des imp&#233;rialismes&#8230; Notre syndicalisme, ancr&#233; sur les r&#233;alit&#233;s de terrain, s'oppose &#224; tous ces m&#233;faits. Le R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes appelle &#224; unifier l'opposition des travailleuses et travailleurs &#224; toute intervention imp&#233;rialiste, &#224; renforcer les mouvements contre la guerre, la militarisation et l'&#233;conomie de guerre. L&#224; encore, le syndicalisme ne doit occulter aucun sujet : quels moyens de d&#233;fense collective et d&#233;mocratique ? Comment contr&#244;ler la fabrication d'armement ? Comment organiser la reconversion de certains secteurs ? Tout cela concerne les travailleurs et les travailleuses, donc le syndicalisme. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Christian Mahieux&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Mahieux est membre de l'Union syndicale Solidaires. Il coanime le R&#233;seau international de solidarit&#233; et de luttes, participe aux Brigades &#233;ditoriales de solidarit&#233; et au Comit&#233; fran&#231;ais du RESU.&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; dans le N&#176;44 de Soutien &#224; l'Ukraine r&#233;sistante&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;br class='autobr' /&gt;
Soutenir fermement l'Ukraine :&lt;br class='autobr' /&gt;
l'AGM de l'USC s'unit contre l'autoritarisme et le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;claration de la conf&#233;rence de la campagne de solidarit&#233; avec l'Ukraine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 6 d&#233;cembre, la campagne Ukraine Solidarity Campaign a tenu son assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle &#224; Londres, r&#233;unissant des militant&#183;es et des syndicalistes de tout le Royaume-Uni. Des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es de l'USC Scotland, du South Wales National Union of Mineworkers et de nos syndicats affili&#233;s (GMB, UNITE, UNISON, UCU, PCS et ASLEF) se sont joint&#183;es &#224; nous, d&#233;montrant ainsi l'ampleur de la solidarit&#233; au sein du mouvement syndical. Nous avons eu l'honneur d'accueillir une d&#233;l&#233;gation du parti de gauche polonais RAZEM, avec Zofia Malisz, de leur bureau international, et l'alliance de la Gauche europ&#233;enne au Parlement europ&#233;en, qui s'est exprim&#233;e lors de notre table ronde : La guerre de la Russie contre l'Ukraine &#8211; R&#233;sister &#224; l'autoritarisme et &#224; la renaissance du fascisme. Elle &#233;tait accompagn&#233;e de Mick Antoniw, d&#233;put&#233; travailliste au Parlement gallois, de Yuliya Yurchenko, &#233;conomiste politique et repr&#233;sentante de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats libres d'Ukraine, et du d&#233;put&#233; travailliste John McDonnell. La conf&#233;rence a abord&#233; l'&#233;volution du paysage international suite &#224; l'arriv&#233;e au pouvoir de l'administration Trump aux &#201;tats-Unis et &#224; la pression croissante pour imposer une paix injuste &#224; l'Ukraine. En r&#233;ponse, les d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es ont adopt&#233; une d&#233;claration forte exposant la position de notre campagne sur l'axe Trump-Poutine et l'alternative de principe pour laquelle nous exhortons le mouvement syndical europ&#233;en &#224; se battre pour d&#233;fendre l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne de solidarit&#233; avec l'Ukraine r&#233;affirme son soutien ind&#233;fectible au peuple ukrainien dans sa r&#233;sistance courageuse &#224; l'agression russe, qui a d&#233;but&#233; en 2014 et s'est transform&#233;e en une invasion &#224; grande &#233;chelle en f&#233;vrier 2022. Contre toute attente, et malgr&#233; le refus de lui accorder toute l'aide internationale qu'elle m&#233;rite, l'Ukraine a emp&#234;ch&#233; la Russie d'atteindre son objectif : l'asservissement et la destruction complets de la nation, de l'&#201;tat et de la souverainet&#233; ukrainiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'Ukraine, malgr&#233; les pressions immenses exerc&#233;es par pr&#232;s de quatre ann&#233;es de guerre totale, continue d'opposer une r&#233;sistance farouche et a lanc&#233; une campagne a&#233;rienne remarquable contre la production russe, nous condamnons sans &#233;quivoque les tentatives de trahir l'Ukraine en imposant un plan approuv&#233; par Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rejetons l'id&#233;e que le soi-disant plan en 28 points, r&#233;dig&#233; en partie par le r&#233;gime russe et pr&#233;sent&#233; par les &#201;tats-Unis, puisse servir de base &#224; une paix juste et durable en Ukraine ou en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des Ukrainien&#183;nes ont condamn&#233; &#224; juste titre ces man&#339;uvres, les qualifiant d'actes de capitulation et de trahison. Le plan propos&#233; par Trump verrait la Russie, soutenue par son partenaire silencieux, la Chine, et les &#201;tats-Unis traiter l'Ukraine comme un bien &#224; se partager. Cela revient &#224; un pillage n&#233;ocolonial d&#233;guis&#233; en souverainet&#233; : cela renforce l'occupation russe, exclut les populations occup&#233;es de la gouvernance et bloque toute possibilit&#233; de renverser les conqu&#234;tes russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger d'un rapprochement entre Washington et Moscou va au-del&#224; du profit des oligarques am&#233;ricains et russes. La droite r&#233;actionnaire am&#233;ricaine partage des id&#233;es et des objectifs cl&#233;s avec la Russie de Poutine, formant un axe qui s'&#233;tend &#224; travers l'Europe et soutient les forces fascistes et autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les man&#339;uvres de Washington, men&#233;es par des investisseurs vautours choisis de mani&#232;re n&#233;potiste &#8211; &#224; savoir Kushner et Witkoff &#8211; ont pour l'instant &#233;chou&#233;, confront&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; que Moscou ne recherche pas la paix mais la victoire, et est pr&#234;te &#224; mener une guerre prolong&#233;e, confiante dans sa capacit&#233; &#224; survivre au soutien international &#224; l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace qui p&#232;se sur l'Ukraine et la d&#233;mocratie mondiale est aggrav&#233;e par l'incapacit&#233; des &#201;tats europ&#233;ens &#224; faire face &#224; la r&#233;alit&#233; de la supercherie de Trump. Beaucoup ont accept&#233; l'illusion selon laquelle Trump s'&#233;tait retourn&#233; contre Poutine et agirait dans l'int&#233;r&#234;t de l'Ukraine. Ce faisant, les dirigeant&#183;es europ&#233;ens&#183;ne ont trouv&#233; des excuses et des accommodements aux plans de Trump, tentant, tel&#183;les des alchimistes, de les transformer en quelque chose qu'ils ne pourront jamais &#234;tre : des mesures en faveur d'une Ukraine libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'adaptant &#224; Trump, les factions du capital et du travail au sein des gouvernements europ&#233;ens ont affaibli la d&#233;mocratie face aux menaces internes croissantes des forces fascistes et autoritaires. Elles ont l&#233;gitim&#233; une strat&#233;gie qui sape la souverainet&#233; de l'Ukraine, encourage la Russie et retarde une action europ&#233;enne autonome qui pourrait aider efficacement l'Ukraine &#224; r&#233;sister &#224; l'agression et &#224; garantir une paix juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'axe r&#233;actionnaire Trump-Poutine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis f&#233;vrier 2025, Washington cherche &#224; contraindre l'Ukraine &#224; accepter des conditions qui r&#233;compensent l'envahisseur, divisent le pays et consolident l'occupation russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'aide am&#233;ricaine &#224; l'Ukraine a &#233;t&#233; suspendue et remplac&#233;e par des ventes d'armes lucratives &#224; l'OTAN, qui ne couvrent qu'une fraction des besoins de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le partage de renseignements, essentiel pour l'alerte pr&#233;coce des attaques de missiles russes, a &#233;t&#233; suspendu d&#233;but mars pendant deux mois, puis r&#233;tabli avec un acc&#232;s restreint, ce qui a entra&#238;n&#233; des pertes importantes et enhardi la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les &#171; sanctions ruineuses &#187; promises ne se sont jamais concr&#233;tis&#233;es ; la loi sur les sanctions contre la Russie est rest&#233;e en suspens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le sommet de l'Alaska en ao&#251;t a offert une victoire au Kremlin, reproduisant le sc&#233;nario d'apaisement des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ce r&#233;alignement strat&#233;gique avec la Russie a normalis&#233; un criminel de guerre inculp&#233; et d&#233;mantel&#233; la pression exerc&#233;e contre le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les nouvelles sanctions visant &#224; punir la guerre de conqu&#234;te men&#233;e par la Russie ont disparu, la justice pour les crimes de guerre a &#233;t&#233; abandonn&#233;e et le fardeau de mettre fin &#224; la guerre a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; du coupable &#224; la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rejetons le mensonge de Trump et Poutine selon lequel la d&#233;faite de l'Ukraine serait in&#233;vitable ou l'effondrement du front imminent. Les difficult&#233;s auxquelles l'Ukraine est confront&#233;e sont le r&#233;sultat de l'incapacit&#233; des autres &#224; fournir l'aide n&#233;cessaire. Ces discours visent &#224; d&#233;moraliser la r&#233;sistance et &#224; camoufler la trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux sont importants&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si une &#171; paix &#187; r&#233;compensant l'invasion est impos&#233;e, elle renforcera les forces fascistes et autoritaires &#224; l'&#233;chelle mondiale, acc&#233;l&#233;rera la course vers de futures guerres et alimentera la prolif&#233;ration nucl&#233;aire. Poutine a d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233; quatre guerres pendant son r&#232;gne ; les m&#234;mes facteurs imp&#233;rialistes et contre-r&#233;volutionnaires qui ont conduit la Russie &#224; la guerre resteront pr&#233;sents, et la r&#233;action se renforcera &#224; l'int&#233;rieur du pays. Face &#224; cela, nous exprimons notre solidarit&#233; avec les personnes pers&#233;cut&#233;es en Russie qui s'opposent &#224; l'invasion de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical britannique et europ&#233;en ne doit pas se contenter d'observer passivement l'axe Trump-Poutine. Nous devons proposer une alternative et ne pas accepter le faux choix fabriqu&#233; par Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative &#224; la trahison consiste &#224; modifier l'&#233;quilibre des forces avec la Russie et &#224; r&#233;tablir la libert&#233; de choix et l'autod&#233;termination de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos revendications&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En tant que campagne officielle de solidarit&#233; du mouvement syndical avec l'Ukraine, nous exigeons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Opposition &#224; la r&#233;action trumpiste&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Reconna&#238;tre l'alignement de Trump sur Poutine comme une menace pour le progr&#232;s et la d&#233;mocratie. Le mouvement syndical europ&#233;en doit faire campagne pour une coop&#233;ration internationale plus forte, en ralliant toutes les forces progressistes et de la classe ouvri&#232;re pour demander la fourniture urgente d'un soutien militaire et financier afin de garantir que l'Ukraine puisse agir librement, sans coercition ni d&#233;pendance vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Aide &#224; l'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lancer un programme urgent pour r&#233;armer l'Ukraine avec toutes les armes n&#233;cessaires, en donnant la priorit&#233; &#224; l'Ukraine par rapport aux engagements pr&#233;existants avec des entit&#233;s &#233;trang&#232;res, et mobiliser et faciliter les volontaires pour aider les forces arm&#233;es ukrainiennes. Pour modifier fondamentalement l'&#233;quilibre des pouvoirs contre l'imp&#233;rialisme russe, restaurer la confiance en premi&#232;re ligne, renforcer les capacit&#233;s militaires et rejeter toute perte de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Mesures &#233;conomiques&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les avoirs russes gel&#233;s doivent &#234;tre transf&#233;r&#233;s &#224; l'Ukraine, sa dette internationale annul&#233;e et des sanctions totales impos&#233;es au r&#233;gime de Poutine et &#224; ses oligarques. Les entreprises britanniques doivent &#234;tre interdites d'op&#233;rer en Russie, de commercer avec des entreprises russes ou d'acheter des produits fabriqu&#233;s en Russie, et les contrats publics doivent &#234;tre r&#233;sili&#233;s pour celles qui op&#232;rent en Russie. Lorsque les gouvernements &#233;chouent, le mouvement syndical doit mener des campagnes pour boycotter le r&#233;gime russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Justice pour les crimes de guerre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mettre en place des m&#233;canismes internationaux pour que la Russie r&#233;ponde de ses crimes de guerre, notamment le crime d'agression, le g&#233;nocide et l'&#233;cocide : justice doit &#234;tre faite. Les enfants ukrainien&#183;nes enlev&#233;&#183;es doivent &#234;tre rendu&#183;es et les auteurs/autrices de ces crimes traduits en justice. Toute amnistie pour crimes de guerre est une trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Reconstruction de l'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Soutenir une reconstruction progressive et socialement juste de l'Ukraine avec une pleine participation d&#233;mocratique, en donnant plus de pouvoir aux syndicats et &#224; la soci&#233;t&#233; civile. Retirer le projet de code du travail qui restreint les droits des travailleurs/travailleuses et mettre fin &#224; toute aide du Parti travailliste britannique ou du gouvernement britannique &#224; ceux qui poursuivent des r&#233;formes r&#233;gressives. Tous les droits humains inscrits dans la constitution ukrainienne doivent &#234;tre garantis par des politiques appropri&#233;es et financ&#233;es de mani&#232;re ad&#233;quate : logement, &#233;ducation, sant&#233;, travail, environnement s&#251;r, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Annuler les coupes dans l'aide &#233;trang&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;fense de l'Ukraine devrait &#234;tre financ&#233;e par la saisie des avoirs russes, l'imposition des milliardaires et des entreprises, et l'annulation des coupes dans l'aide &#233;trang&#232;re. Un soutien total doit &#233;galement &#234;tre apport&#233; aux victimes de l'agression russe, notamment par le sauvetage et la r&#233;habilitation des enfants victimes de l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous condamnons les sections du mouvement syndical qui promeuvent la fausse image de Trump en tant que pacificateur cr&#233;dible, qui trahissent la gauche en refusant de soutenir l'Ukraine et qui, en s'opposant &#224; l'aide, contribuent aux objectifs du Kremlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne de solidarit&#233; avec l'Ukraine d&#233;clare : l'occupation n'est pas la paix. Avec ou sans accord conclu par Poutine et Trump, nous continuerons &#224; faire campagne pour le retrait des troupes russes et pour une Ukraine libre et unie, lib&#233;r&#233;e des oligarques et des occupants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;dig&#233; et propos&#233; par Christopher Ford, secr&#233;taire&lt;br class='autobr' /&gt;
Adopt&#233; le 6 d&#233;cembre &#224; Londres&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://ukrainesolidaritycampaign.org/2025/12/07/standing-firm-for-ukraine-usc-agm-unites-against-authoritarianism-and-fascism/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ukrainesolidaritycampaign.org/2025/12/07/standing-firm-for-ukraine-usc-agm-unites-against-authoritarianism-and-fascism/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit par DE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignages de deux infirmi&#232;res ukrainiennes au congr&#232;s de l'Union syndicale Solidaires</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Temoignages-de-deux-infirmieres-ukrainiennes-au-congres-de-l-Union-syndicale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Temoignages-de-deux-infirmieres-ukrainiennes-au-congres-de-l-Union-syndicale</guid>
		<dc:date>2024-05-07T10:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-05-07</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Monde du travail et syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de son congr&#232;s national, qui se tenait du 22 au 25 avril 2024 &#224; Lab&#232;ge (31), l'Union syndicale Solidaires a accueilli plusieurs d&#233;l&#233;gations internationales. D&#232;s l'ouverture du congr&#232;s, la parole a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; deux d'entre elles : celle venue d'Ukraine et celle venue de Palestine. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'Ukraine, &#233;taient pr&#233;sentes Yulia Lipich Kochirka et Oksana Slobodyana, repr&#233;sentantes du Syndicat r&#233;gional de Lviv du personnel m&#233;dical et de Sois comme Nina. Elles ont pu s'adresser aux quelque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-mouvement-syndical-international-" rel="directory"&gt;Le mouvement syndical international&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-05-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-05-07&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Monde-ouvrier-et-syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/capture_d_e_cran_le_2024-05-06_a_19.05_18-79848.png?1715078747' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de son congr&#232;s national, qui se tenait du 22 au 25 avril 2024 &#224; Lab&#232;ge (31), l'Union syndicale Solidaires a accueilli plusieurs d&#233;l&#233;gations internationales. D&#232;s l'ouverture du congr&#232;s, la parole a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; deux d'entre elles : celle venue d'Ukraine et celle venue de Palestine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'Ukraine, &#233;taient pr&#233;sentes Yulia Lipich Kochirka et Oksana Slobodyana, repr&#233;sentantes du Syndicat r&#233;gional de Lviv du personnel m&#233;dical et de Sois comme Nina. Elles ont pu s'adresser aux quelque 400 syndicalistes Solidaires pr&#233;sent&#8729;es. Cette invitation faisait suite aux contacts entretenus depuis avril 2022, &#224; travers les trois convois du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes, les &#233;changes visio, les liens &#224; travers le R&#233;seau europ&#233;en de solidarit&#233; avec l'Ukraine, les collectes solidaires, l'envoi de mat&#233;riel, la pr&#233;sence &#224; la 5e rencontre du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes en septembre dernier &#224; S&#227;o Paulo, etc. Nous reprenons ici les informations d&#233;livr&#233;es par les deux militantes, qui se sont aussi s'entretenues de mani&#232;re informelle avec les d&#233;l&#233;gu&#233;&#8729;es au congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Mahieux, avril 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Ukraine dure depuis plus de deux ans. Le personnel m&#233;dical joue un r&#244;le important, notamment en premi&#232;re ligne et dans les villes de la zone de front. De nombreux et nombreuses membres de Sois comme Nina se trouvent actuellement dans la zone de guerre. Au p&#233;ril de leur vie, ils et elles sauvent celle des soldats et des civil&#8729;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;dit&#233; un document sur activit&#233;s qui est &#224; votre disposition, mais aujourd'hui je vous parlerai bri&#232;vement de certains et certaines de nos coll&#232;gues qui ont consciemment chang&#233; leur blouse blanche pour un uniforme militaire. Leur t&#233;moignage direct est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olena Lyasheva, une militante de Sois comme Nina, n'a pas de dipl&#244;me de m&#233;decine, mais au terme d'une lutte &#233;puisante et prolong&#233;e, elle a &#233;t&#233; oblig&#233;e de devenir infirmi&#232;re pendant la guerre. &#171; La situation sur la ligne de front est telle qu'aucune main ne sera superflue. J'ai milit&#233; toute ma vie d'adulte et la d&#233;cision de m'engager dans l'arm&#233;e &#233;tait la suite logique de mon parcours de militante. Si nous voulons vivre dans une soci&#233;t&#233; juste, nous devons maintenant la prot&#233;ger des occupants. Mon choix de sp&#233;cialit&#233; a &#233;t&#233; largement influenc&#233; par la communication avec Sois comme Nina. Ces femmes incroyables se battent pour les droits sociaux et les droits du travail &#224; la maison et dans l'arm&#233;e. Et ce n'est pas une co&#239;ncidence si ce sont les infirmi&#232;res qui sont en difficult&#233; en Ukraine. Parce que la lutte est une question de soins, de protection et d'assistance mutuelle. Je me suis toujours sentie solidaire d'elles, et maintenant je suis moi-m&#234;me en train de devenir personnel m&#233;dical, bien que, malheureusement, dans le cadre d'une proc&#233;dure acc&#233;l&#233;r&#233;e dans les conditions de la guerre &#187;, nous a &#233;crit Olena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria Koroleva n'a que 26 ans. Elle est &#233;galement infirmi&#232;re de combat au front. Alors qu'elle n'avait pas du tout envisag&#233; de lier sa vie &#224; la m&#233;decine, elle a chang&#233; d'avis &#224; cause de la guerre. &#171; &lt;i&gt;Au front, on se rend compte qu'il faut vivre ici et maintenant, car tout peut changer radicalement en une seconde. Nous avons admis un jeune homme avec trois amputations, des br&#251;lures au visage et aux deux yeux &#8211; z&#233;ro pour cent de chance de voir sa vue restaur&#233;e. Avant la guerre, il &#233;tait un jeune homme prosp&#232;re avec de bonnes perspectives. Dans ces moments-l&#224;, on commence &#224; appr&#233;cier la vie, chaque minute. En premi&#232;re ligne, le personnel m&#233;dical s'&#233;puise rapidement, ils et elles ne supportent pas psychologiquement. Mais nous n'avons pas le droit de nous concentrer sur nos exp&#233;riences personnelles, surtout en temps de guerre &#187;, nous a dit Maria. Oleh Horoshenko a failli mourir dans la zone de combat. &#171; Quatre fois pendant la guerre, j'ai cru que j'allais mourir. &#201;tonnamment, cela ne vous fait pas peur. Vous le ressentez calmement : les regrets, les projets, la vie, mais sans horreur. &#192; Irpin, ils ont commenc&#233; &#224; nous tirer dessus au phosphore. J'&#233;tais allong&#233; et j'ai r&#233;alis&#233; que nous tous &#8211; huit personnes &#8211; allions br&#251;ler vifs. C'&#233;tait p&#233;nible. Mais le vent nous a sauv&#233;s parce qu'il a balay&#233; les flammes. J'ai &#233;t&#233; bless&#233; dans le secteur de Kharkiv. Nous avons &#233;t&#233; bombard&#233;s par l'artillerie. Des &#233;clats d'obus ont touch&#233; mon bras. En sautant du camion, j'ai endommag&#233; les ligaments de mon genou. Je n'ai pas remarqu&#233; ma blessure au d&#233;but, j'ai couru pour sauver la vie de mes camarades. Nous avons eu quatre morts et douze bless&#233;s. Dans des conditions de combat, il est tr&#232;s difficile de trouver les bless&#233;s. Parmi les morts, j'ai vu un combattant vivant. Il avait re&#231;u une balle dans la jambe. Ils lui ont pos&#233; un garrot et un bandage, l'ont mis dans un minibus et l'ont emmen&#233; &#224; l'h&#244;pital. Quelques heures plus tard, ma jambe bless&#233;e a gonfl&#233; et je ne pouvais plus marcher. J'avais moi-m&#234;me besoin d'une aide m&#233;dicale&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Oleh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes du secteur de la sant&#233; sont des gens h&#233;ro&#239;ques. Malgr&#233; leurs bas salaires et leur lourde charge de travail, lorsque la guerre a commenc&#233;, ils et elles n'ont pas fui &#224; l'&#233;tranger ou ne se sont pas cach&#233;&#183;es, mais ont rev&#234;tu l'uniforme militaire. Des centaines d'entre eux et elles ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tu&#233;es sur le champ de bataille. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; leurs coll&#232;gues de continuer &#224; sauver des vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois comme Nina est une organisation cr&#233;&#233;e en 2019 par des travailleuses et travailleurs de la sant&#233;. Il n'existait pas d'&#233;quivalent en Ukraine jusqu'alors. Depuis, l'association prot&#232;ge les droits des travailleuses et travailleurs de la sant&#233;, en luttant pour des salaires d&#233;cents et des conditions de travail correctes. Quand les probl&#232;mes ne peuvent pas &#234;tre r&#233;solus paisiblement, nous organisons des manifestations (actuellement, sous la loi martiale, elles sont interdites). La t&#226;che principale de notre organisation est d'am&#233;liorer les conditions de travail et la formation des travailleuses et travailleurs du secteur m&#233;dical. &#192; cette fin, nous utilisons toutes les m&#233;thodes, dans le respect de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom &#171; &lt;i&gt; Mouvement m&#233;dical Sois comme Nina &lt;/i&gt; &#187; vient du nom de l'initiatrice de la premi&#232;re protestation des infirmi&#232;res, Nina Bondar. Travaillant dans un h&#244;pital de Kyiv, Nina a d&#233;cid&#233;, un soir, de d&#233;crire son m&#233;contentement quant &#224; ses conditions de travail, &#224; son salaire et &#224; l'attitude des patrons envers les infirmi&#232;res. Elle a publi&#233; ce message &#8211; un cri du c&#339;ur &#8211; sur Facebook. Du jour au lendemain, il a b&#233;n&#233;fici&#233; de plus de 20 000 vues. Depuis, les professionnel&#8729;les de la sant&#233; s'unissent pour d&#233;fendre ensemble leurs droits professionnels. Comme Nina, tous et toutes veulent cesser de passer sous silence toutes les violations auxquelles ils et elles sont confront&#233;&#183;es sur leur lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, nous sommes devenus une communaut&#233; (Facebook) de 85 000 personnes. Notre organisation a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e sans aucun soutien &#233;tatique ou de parti politique. Nous promouvons la cr&#233;ation de syndicats dans toute l'Ukraine. Nous avons organis&#233; les premi&#232;res manifestations dans plusieurs villes au cours de l'hiver 2019. Nous avons exig&#233; des salaires plus &#233;lev&#233;s pour les travailleuses et travailleurs de la sant&#233;, une augmentation des d&#233;penses de sant&#233; en g&#233;n&#233;ral, et que nos voix, les voix des travailleuses et travailleurs de la sant&#233;, soient entendues dans toute r&#233;forme des soins de sant&#233; en Ukraine. Nous avons r&#233;p&#233;t&#233; ces manifestations en 2020 et 2021 et avons progress&#233;. Ainsi, nous avons r&#233;ussi &#224; r&#233;int&#233;grer des infirmi&#232;res licenci&#233;es ill&#233;galement et &#224; faire payer des arri&#233;r&#233;s de salaires dans plusieurs &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la guerre, la contre-r&#233;forme des soins de sant&#233; a commenc&#233; en Ukraine. Depuis, beaucoup d'&#233;tablissements m&#233;dicaux ferment, les h&#244;pitaux sont &#171; optimis&#233;s &#187; et fusionn&#233;s. Cela a un impact important sur les travailleuses et travailleurs de la sant&#233;, qui perdent leur emploi. Ce processus ne s'est pas arr&#234;t&#233; pendant la guerre. Au contraire, la situation s'est consid&#233;rablement aggrav&#233;e : de nombreux &#233;tablissements m&#233;dicaux ont &#233;t&#233; ferm&#233;s &#224; la suite de bombardements et de tirs d'artillerie. La perte d'emplois, l'occupation du territoire par les troupes russes, la migration &#224; grande &#233;chelle et les licenciements ne sont pas les seuls probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;&#183;es aujourd'hui. Les &#233;conomies r&#233;alis&#233;es par les autorit&#233;s locales sur le soutien financier pour le droit &#224; la sant&#233;, sur les salaires des infirmi&#232;res et autres personnels m&#233;dicaux, conduisent &#224; l'appauvrissement de la population dont nous prot&#233;geons les droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre &#224; grande &#233;chelle qui a commenc&#233; le 24 f&#233;vrier 2022 a caus&#233; encore plus de probl&#232;mes, non seulement pour les travailleuses et travailleurs de la sant&#233;, mais pour tous et toutes les Ukrainien&#183;nes en g&#233;n&#233;ral. Des dizaines de milliers de personnes sont mortes. Des millions de personnes ont &#233;t&#233; contraintes de fuir vers les pays voisins et plus de 6 millions d'Ukrainien&#183;nes ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;&#183;es &#224; l'int&#233;rieur du pays. Des villes et des villages ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Nos h&#244;pitaux et nos installations &#233;nerg&#233;tiques ont &#233;t&#233; pris pour cible par l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons r&#233;alis&#233; que nous ne pourrions pas faire face &#224; cette situation sans l'aide de partenaires internationaux. C'est pourquoi nous avons convenu avec nos partenaires allemands de Medico International d'un projet commun pour aider les Ukrainien&#183;nes touch&#233;&#183;es par la guerre. Gr&#226;ce &#224; cette coop&#233;ration, nous avons pu loger temporairement 45 familles avec de jeunes enfants et des parents retrait&#233;s. 452 familles en situation tr&#232;s difficile ont re&#231;u de la nourriture et des produits d'hygi&#232;ne. Nous sommes &#233;galement en mesure d'apporter un soutien psychologique et juridique. Il est &#233;galement tr&#232;s important d'apporter une aide en mati&#232;re de traitement m&#233;dical. En effet, certaines personnes ont perdu tout espoir de gu&#233;rison. Gr&#226;ce &#224; notre projet, elles ont am&#233;lior&#233; leur &#233;tat de sant&#233; et sont en mesure de travailler et de vivre &#224; nouveau pleinement leur vie. Malheureusement, ce projet a pris fin le 31 d&#233;cembre 2023. C'est pourquoi nous recherchons activement des organisations internationales avec lesquelles nous pourrions coop&#233;rer et continuer &#224; aider les m&#233;decins, les infirmi&#232;res, et les Ukrainien&#183;nes en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attendons la fin de la guerre et voulons nous rapprocher de la victoire par tous les moyens et toutes les m&#233;thodes. Nous sommes convaincu&#183;es que nous parviendrons &#224; reconstruire l'Ukraine, o&#249; les droits syndicaux seront respect&#233;s dans tous les secteurs et o&#249; les employ&#233;&#183;es recevront des salaires d&#233;cents et auront des conditions de travail satisfaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sera pas facile. Mais vous avez vu notre force et notre engagement pendant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans Les Cahiers de l'antidote : Soutien &#224; l'Ukraine r&#233;sistante (Volume 29)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/04/28/lesprit-de-haymarket-square/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/04/28/lesprit-de-haymarket-square/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Solidarit&#233; avec la r&#233;sistance syndicale et populaire ukrainienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Solidarite-avec-la-resistance-syndicale-et-populaire-ukrainienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Solidarite-avec-la-resistance-syndicale-et-populaire-ukrainienne</guid>
		<dc:date>2023-10-17T10:33:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-10-17</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre en Ukraine - Les enjeux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La solidarite&#769; avec la re&#769;sistance syndicale et populaire ukrainienne, contre l'impe&#769;rialisme russe et son arme&#769;e, e&#769;tait bien pre&#769;sente lors des cinquie&#768;mes rencontres du Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/10/solidarite-avec-la-resistance-syndicale-et-populaire-ukrainienne/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Une priorite&#769; : le contact direct et la solidarite&#769; concre&#768;te &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la suite d'un engagement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-10-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-10-17&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-guerre-en-Ukraine-Les-enjeux-+" rel="tag"&gt;La guerre en Ukraine - Les enjeux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/uk_sol_int-6832a.png?1701461240' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La solidarite&#769; avec la re&#769;sistance syndicale et populaire ukrainienne, contre l'impe&#769;rialisme russe et son arme&#769;e, e&#769;tait bien pre&#769;sente lors des cinquie&#768;mes rencontres du Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/10/solidarite-avec-la-resistance-syndicale-et-populaire-ukrainienne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/10/solidarite-avec-la-resistance-syndicale-et-populaire-ukrainienne/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une priorite&#769; : le contact direct et la solidarite&#769; concre&#768;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la suite d'un engagement qui s'est manifeste&#769; de&#768;s les premiers jours de l'invasion et l'occupation russe, et qui s'est concre&#769;tise&#769; par des liens avec diverses structures syndicales ukrainiennes : des syndicats de la me&#769;tallurgie, de l'e&#769;ducation, d'e&#769;tudiant&#8729;es, du ferroviaire, de la sante&#769;, etc. ; des organisations membres de la Confe&#769;de&#769;ration des syndicats inde&#769;pendants d'Ukraine (KVPU) ou &#171; autonomes &#187; ; a&#768; Kyiv, a&#768; Lviv, a&#768; Kryvyi&#776; Rih&#8230; Ceci nous permet, depuis maintenant plus d'un an et demi que l'invasion, la guerre et la re&#769;sistance durent, d'informer tre&#768;s re&#769;gulie&#768;rement sur l'activite&#769; de nos camarades, de la faire connai&#770;tre a&#768; travers nos diffe&#769;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face a&#768; la situation que vivent les travailleuses et les travailleurs sur place, il faut du concret pour elles et eux. C'est ainsi que le Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes a organise&#769; trois convois syndicaux internationaux solidaires vers l'Ukraine : en avril et septembre 2022, en aou&#770;t 2023 ; L'Union syndicale Solidaires a pris part a&#768; chacun d'eux. Plusieurs des organisations membres du Re&#769;seau ont aussi organise&#769; des initiatives similaires, seules ou dans d'autres cadres, a&#768; l'image de l'Union syndicale Solidaires avec le convoi de l'intersyndicale franc&#807;aise, en janvier 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux syndicalistes d'Ukraine a&#768; Sa&#771;o Paulo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux syndicalistes d'Ukraine ont participe&#769; a&#768; la rencontre du Re&#769;seau, qui s'est tenue a&#768; Sa&#771;o Jose&#769; dos Campos, dans l'E&#769;tat de Sa&#771;o Paulo, du 10 au 12 septembre 2023. Youri Samoilov et Oksana Slobodiana e&#769;taient aussi au congre&#768;s de la CSP Conlutas, qui pre&#769;ce&#769;dait ces cinquie&#768;mes rencontres du Re&#769;seau. Occasion durant presque une semaine de faire connai&#770;tre la situation, les besoins, mais aussi la re&#769;sistance et les actions revendicatives du peuple ukrainien : aupre&#768;s des de&#769;le&#769;gue&#769;&#8729;es bre&#769;silien&#8729;nes, mais aussi des repre&#769;sentantes et repre&#769;sentants des organisations syndicales d'Europe, d'Ame&#769;rique du Sud, d'Ame&#769;rique centrale, d'Ame&#769;rique du Nord, d'Afrique, pre&#769;sent&#8729;es a&#768; la rencontre du Re&#769;seau. Ce fut l'occasion pour Youri de discuter avec des me&#769;tallurgistes en gre&#768;ve de Sa&#771;o Jose&#769; dos Campos, pour Oksana d'e&#769;changer avec Ramon Vila, secre&#769;taire de la fe&#769;de&#769;ration des syndicats SUD-Sante&#769; Sociaux en France ; deux exemples parmi beaucoup d'autres pour illustrer les e&#769;changes directs entre travailleurs, travailleuses, syndicalistes de diverses re&#769;gions du monde ! Plusieurs prises de parole, tables rondes, interviews ont e&#769;te&#769; re&#769;alise&#769;s, avec les traductions ne&#769;cessaires sur place. Le site de la CSP Conlutas en reprend certaines, celui du Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes les fera aussi connai&#770;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Youri Samoilov est a&#768; Kryvyi&#776; Rih ; Oksana est infirmie&#768;re a&#768; Lviv. Ces deux camarades ne pre&#769;tendent pas parler &#171; a&#768; la place &#187; de tous les travailleurs et toutes les travailleuses d'Ukraine ; ni me&#770;me repre&#769;senter tout le mouvement syndical. Mais il et elle te&#769;moignent de la re&#769;alite&#769;, du ve&#769;cu de nos semblables sur place : celles et ceux qui ne vivent que de leur travail, et sont depuis plus d'un an et demi victimes de l'agression russe a&#768; laquelle ils et elles re&#769;sistent, et cibles du patronat qui profite de la guerre pour faire avaliser par le gouvernement ses revendications en tant que classe sociale, celle des exploiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Oksana et Yuri s'adressent aux syndicalistes de tous les continents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oksana Slobodiana est une des fondatrices du mouvement Sois comme Nina, cre&#769;e&#769; en 2019 ; e&#769;galement, elle anime aujourd'hui le syndicat re&#769;gional des travailleurs me&#769;dicaux et des professionnels de la sante&#769; de Lviv. Elle nous a transmis ce message :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les principaux moteurs de notre travail peuvent e&#770;tre re&#769;sume&#769;s en deux mots, qui semblent n'e&#770;tre que des mots, mais qui ont un grand pouvoir : ces mots sont l'unite&#769; et la solidarite&#769;. Ce n'est que dans l'unite&#769; que le peuple ukrainien a surve&#769;cu, et ce n'est que gra&#770;ce a&#768; la solidarite&#769; internationale que nous luttons pour notre liberte&#769;. Nous vivons une e&#769;poque ou&#768; seule la solidarite&#769; permet a&#768; la lumie&#768;re de vaincre les te&#769;ne&#768;bres. Nous l'avons bien compris et nous avons la volonte&#769; de poursuivre notre travail syndical. Nous comprenons que nous ne vivrons et ne travaillerons plus comme par le passe&#769;, que nos soldats meurent pour un avenir sans chai&#770;nes. [&#8230;] Oui, c'est tre&#768;s difficile pour nous maintenant, car nous risquons d'e&#770;tre tue&#769;s et de&#769;truits et nous devons aider et soutenir les personnes qui sont force&#769;es de quitter leurs maisons et nous le faisons autant que nous le pouvons. [&#8230;] Nous vous remercions de votre solidarite&#769; et votre attention, pour votre invitation et le soutien que vous nous apportez, c'est tre&#768;s important pour nous. Si nous voulons du changement, nous devons e&#770;tre solidaires et agir pour le changement que nous souhaitons. L'unite&#769; fait la force [1].&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oksana a de&#769;crit l'impact de&#769;vastateur de la guerre sur son pays, avec les destructions, les ho&#770;pitaux de&#769;borde&#769;s et des personnes cherchant refuge dans des greniers de fortune. &#171; &lt;i&gt; Deux jours apre&#768;s [le de&#769;but de l'attaque, le 24 fe&#769;vrier 2022], je suis alle&#769; travailler, vous savez, je travaille a&#768; l'ho&#770;pital, et la&#768;, j'ai du&#770; me faire une injection intraveineuse pour surmonter la crise nerveuse que j'ai eue lorsque j'ai vu le grand nombre de personnes blesse&#769;es et mutile&#769;es&lt;/i&gt; &#187;, nous a-t-elle dit. Elle a aussi illustre&#769; le fonctionnement quotidien dans les ho&#770;pitaux, qui de&#769;voile une pratique autogestionnaire, un contro&#770;le ouvrier, pas force&#769;ment the&#769;orise&#769;s mais bien re&#769;els ; nous avons eu l'occasion d'en mentionner plusieurs exemples sur le site du Re&#769;seau [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Youri Petrovich Samoilov est pre&#769;sident du syndicat des mineurs et responsable de l'union interprofessionnelle KVPU de la re&#769;gion de Kryvyi&#776; Rih. Comme il avait pu le faire de&#769;ja&#768; lors de la tourne&#769;e europe&#769;enne organise&#769;e par le Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes en fe&#769;vrier 2023 [3], il a explique&#769; que &#171; &lt;i&gt; les convois ont joue&#769; un ro&#770;le crucial dans la fourniture d'une aide essentielle, notamment des ve&#770;tements, des ge&#769;ne&#769;rateurs, des bandages, et des outils utiles aux camarades qui sont au front. C'est quelque chose de tre&#768;s important qui a sauve&#769; des vies. Et le fait que des camarades syndicalistes soient venu&#8729;es sur place, pour nous amener tout cela mais aussi pour nous rencontrer, de&#768;s avril 2022 et plusieurs fois ensuite avec les convois syndicaux est tre&#768;s importants pour nous&lt;/i&gt; &#187;. Youri a rappele&#769; comment le patronat ukrainien et le gouvernement s'attaquaient aux droits des travailleurs et travailleuses, et les luttes collectives pour les de&#769;fendre. En lien avec l'actualite&#769; plus re&#769;cente, apre&#768;s l'attaque qui a abouti a&#768; l'effondrement de l'un des plus grands barrages du pays, Kakhovka, les travailleurs et travailleuses qui luttent contre l'invasion russe demandent de l'argent pour acheter des machines de forage afin de construire des puits : &#171; &lt;i&gt;L'eau distribue&#769;e aujourd'hui est impossible a&#768; utiliser pour la consommation, non seulement elle n'est pas potable, mais il n'est pas non plus possible de l'utiliser pour d'autres choses, me&#770;me si elle est bouillie. Elle contient beaucoup de produits chimiques et d'impurete&#769;s &#187;, a souligne&#769; Youri. Les organisations membres du Re&#769;seau ont adopte&#769; une motion actant l'engagement de &#171; collecter des fonds et des moyens pour l'achat d'une machine de forage pour les puits &#187;, afin d'aider &#171; les mineurs et leurs familles a&#768; obtenir de l'eau potable pour les travailleurs et travailleuses de la ville de Kryvyi&#776; Rih &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidaires avec la re&#769;sistance syndicale et populaire ukrainienne et lutte contre les impe&#769;rialismes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette rencontre, les organisations membres du Re&#769;seau ont &#171; &lt;i&gt; confirme&#769; leur soutien a&#768; la re&#769;sistance syndicale et populaire ukrainienne, mate&#769;rialise&#769;e notamment par les convois de solidarite&#769; ouvrie&#768;re ; nos camarades en Ukraine me&#768;nent la lutte contre l'impe&#769;rialisme russe mais aussi contre les capitalistes de leur propre pays &lt;/i&gt; &#187;. Cette solidarite&#769; syndicale internationale s'inscrit dans &#171; &lt;i&gt;leur opposition a&#768; tous les impe&#769;rialismes, tous les blocs militaires a&#768; leur service a&#768; la militarisation du monde qui se traduit notamment par des budgets militaires toujours plus importants et une militarisation de la socie&#769;te&#769;&lt;/i&gt; &#187;. Ce qu'on pourrait qualifier de &#171; double besogne &#187; &#8211; en clin d'&#339;il a&#768; la charte d'Amiens a&#768; laquelle se re&#769;fe&#768;re le syndicalisme dont se revendique Solidaires et bien d'autres organisations syndicales en France &#8211; est la ligne politique du Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes depuis le de&#769;but de la guerre en Ukraine. Il s'agit a&#768; la fois de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* soutenir celles et ceux qui, sur place en Ukraine, mais aussi en Russie ou au Be&#769;larus, quand c'est possible, re&#769;sistent a&#768; l'impe&#769;rialisme russe, a&#768; l'occupation du territoire ukrainien par l'arme&#769;e russe, aux de&#769;portations de populations vers la Russie ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* sans abandonner pour autant la lutte contre tous les impe&#769;rialismes et leurs corollaires : main mise sur les richesses, humaines, naturelles, mate&#769;rielles, culturelles des pays colonise&#769;s (ou &#171; postcolonise&#769;s &#187; ; budgets militaires de&#769;mentiels (sans que l'aide a&#768; l'Ukraine, souvent plus proclamatoire que re&#769;elle, pe&#768;se pour beaucoup dans cette e&#769;volution) au de&#769;triment du financement des besoins de la population en matie&#768;re de sante&#769;, e&#769;ducation, transport, culture, etc. ; militarisation des socie&#769;te&#769;s, particulie&#768;rement de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes, le second point &#8211; la lutte contre tous les impe&#769;rialismes &#8211; s'il ne doit pas e&#770;tre abandonne&#769;, ne doit pas servir de pre&#769;texte a&#768; passer sous silence le premier &#8211; la solidarite&#769; syndicale avec la re&#769;sistance syndicale et populaire en Ukraine. Poser la question de la production et de la vente d'armes, de&#769;battre de la reconversion des usines d'armement, organiser et/ ou soutenir les mobilisations antimilitaristes, refuser la militarisation (notamment des jeunes, a&#768; l'exemple du service national universel en France), sont autant d'axes de travail, dans la dure&#769;e, pour le mouvement syndical, dans une perspective d'e&#769;mancipation sociale. Trop peu d'organisations syndicales s'y attellent d'ailleurs. Mais il faut de&#769;noncer l'hypocrisie de celles et ceux qui &#171; de&#769;couvrent &#187; ces sujets, pour refuser l'aide a&#768; la re&#769;sistance syndicale et populaire ukrainienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manifeste adopte&#769; a&#768; l'issue de cette rencontre mentionne &#171; &lt;i&gt; la solidarite&#769; internationale que le Re&#769;seau et ses organisations membres ont mise en &#339;uvre lors des grandes luttes qui ont eu lieu cette anne&#769;e passe&#769;e [&#8230;] : la lutte contre la re&#769;forme de la se&#769;curite&#769; sociale et des retraites en France ou en Espagne ; les gre&#768;ves pour de meilleurs salaires au Royaume-Uni ou au Venezuela ; la campagne d'aide aux travailleurs et travailleuses en Ukraine ; la de&#769;fense des travailleurs et travailleuses migrant&#8729;es et a&#768; toutes les personnes re&#769;fugie&#769;es ; les manifestations des peuples indige&#768;nes en Argentine, au Chili, au Bre&#769;sil ou en E&#769;quateur ; la re&#769;sistance palestinienne, sahraouie, zapatiste ou kurde ; la lutte des femmes iraniennes ; la lutte pour le droit a&#768; l'eau en France, en Uruguay ou au Mexique ; et bien d'autres luttes de travailleurs et travailleuses dans le monde entier. Nous re&#769;affirmons notre volonte&#769; collective de renforcer le Re&#769;seau et la solidarite&#769; internationale. A&#768; cette fin, nous appelons les organisations syndicales et populaires militantes qui sont d'accord avec ces principes a&#768; rejoindre le Re&#769;seau pour lutter pour un monde libre de toute oppression et de toute exploitation &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une motion spe&#769;cifique a&#768; la situation au Be&#769;larus a e&#769;te&#769; adopte&#769;e &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le re&#769;gime du pre&#769;sident Loukachenko perse&#769;cute, re&#769;prime et emprisonne les travailleurs et travailleuses qui expriment des critiques a&#768; l'e&#769;gard du gouvernement. Il pratique des me&#769;thodes de perse&#769;cution ide&#769;ologique et s'attaque aux droits sociaux et syndicaux fondamentaux. Il interdit les syndicats inde&#769;pendants, les proscrit et emprisonne leurs dirigeants et dirigeantes ; dans les usines et les lieux de travail, il perse&#769;cute et re&#769;prime toute opinion contre le gouvernement exprime&#769;e par les travailleurs et travailleuses [&#8230;] Le Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes de&#769;clare son plein soutien aux syndicalistes inde&#769;pendant&#8729;es perse&#769;cute&#769;&#8729;es et emprisonne&#769;&#8729;es au Be&#769;larus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes, avec ses trois convois syndicaux vers l'Ukraine a de&#769;ja&#768; permis de mettre a&#768; disposition de nos camarades syndicalistes sur place plusieurs tonnes de mate&#769;riel : lunettes et came&#769;ras thermiques, drones, sacs et mate- las de couchage, tentes, ge&#769;ne&#769;rateur d'e&#769;nergie, ma&#770;t te&#769;lescopique, alimentation e&#769;lectrique, connecteurs de diffe&#769;rentes sortes, te&#769;le&#769;phones, torches, produits hygie&#769;niques, re&#769;pe&#769;teur GSM, commutateur te&#769;le&#769;phonique, nourriture, vitamines, etc. ; ce fut aussi de forts moments de la solidarite&#769; ouvrie&#768;re internationale [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contacts existent avec le Syndicat inde&#769;pendant des mineurs d'Ukraine (NPGU) et l'Union interprofessionnelle KVPU de la re&#769;gion de Kryvyi&#776; Rih, avec le mouvement Sois comme Nina et le Syndicat re&#769;gional des travailleurs me&#769;dicaux et des professionnels de la sante&#769; de Lviv, avec le Syndicat des e&#769;tudiantes et e&#769;tudiants Priama Diia (Action directe), avec le Syndicat libre des cheminots d'Ukraine (VPZU), avec le Syndicat libre de l'enseignement et de la recherche en Ukraine (VPOND) de Kropivnitsky affilie&#769; a&#768; la KVPU, et aussi avec des mouvements fe&#769;ministes, e&#769;cologistes, LGBTQI+, etc. [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est a&#768; poursuivre et amplifier. Ancrer ces activite&#769;s dans celles d'un maximum de structures syndicales locales, professionnelles ou interprofessionnelles, est un enjeu pour un syndicalisme internationaliste et de&#769;mocratique. La circulation de l'information y contribue, tout comme des initiatives du type &#171; jumelage de syndicats &#187;. Plus globalement, il faut s'attaquer a&#768; ce qu'on pourrait appeler une convergence des solidarite&#769;s. L'appel du Re&#769;seau parle de l'Ukraine, de la Palestine, du Kurdistan, par exemple. Notre internationalisme, notre solidarite&#769;, ne se de&#769;coupent pas en tranches : un des enjeux des prochains mois pourrait e&#770;tre de prendre des initiatives permettant d'agir ensemble aupre&#768;s et avec les camarades de ces diffe&#769;rentes re&#769;gions. Le Re&#769;seau syndical international de solidarite&#769; et de luttes peut (doit) y contribuer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*] Lire les nombreux textes parus sur &lt;a href=&#034;https://laboursolidarity.org/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://laboursolidarity.org/fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] &lt;a href=&#034;https://laboursolidarity.org/fr/n/2855/un-panel-sur-l039ukraine-a-presente-des-recits-puissants-et-emouvants-de-la-resistance-contre-l039invasion-russe-les-representants-des-ip-des-initiative-workers-et-des-resistants-ukrainiens-ont-demontre-limportance-dune-solidarite-internatio&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://laboursolidarity.org/fr/n/2855/un-panel-sur-l039ukraine-a-presente-des-recits-puissants-et-emouvants-de-la-resistance-contre-l039invasion-russe-les-representants-des-ip-des-initiative-workers-et-des-resistants-ukrainiens-ont-demontre-limportance-dune-solidarite-internatio&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] &lt;a href=&#034;https://laboursolidarity.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://laboursolidarity.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] &lt;a href=&#034;https://laboursolidarity.org/fr/campagne/n/2571/un-syndicaliste-ukrainien-nous-parle-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://laboursolidarity.org/fr/campagne/n/2571/un-syndicaliste-ukrainien-nous-parle-&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Re&#769;seau syndical de solidarite&#769; et de luttes, Solidarite&#769; syndicale en temps de guerre, Paris, Syllepse, 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] &lt;a href=&#034;https://solidaires.org/sinformer-et-agir/les-journaux-et-bulletins/solidaires-et-internationalistes/n119-special-ukraine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://solidaires.org/sinformer-et-agir/les-journaux-et-bulletins/solidaires-et-internationalistes/n119-special-ukraine/&lt;/a&gt; n&#176;118 et 119&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Mahieux&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; dans Les Cahiers de l'antidote : Soutien &#224; l'Ukraine r&#233;sistante (Volume 24)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/04/la-guerre-va-durer-la-solidarite-aussi/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/04/la-guerre-va-durer-la-solidarite-aussi/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/syllepse_images/soutien-a&#8212;lukraine-re&#8211;sistante&#8211;n-deg-24_compressed.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.syllepse.net/syllepse_images/soutien-a&#8212;lukraine-re&#8211;sistante&#8211;n-deg-24_compressed.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>Gr&#232;ves et manifestations en France (3)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Greves-et-manifestations-en-France-3</link>
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		<dc:date>2023-03-28T11:29:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-03-28</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pr&#233;ambule du pr&#233;c&#233;dent article, dat&#233; du 13 mars, pr&#233;cisait : &#171; Ce texte prolonge la contribution du 21 f&#233;vrier. Pour tout ce qui est du contexte, des r&#233;flexions sur la construction d'un rapport de force, des premiers enseignements &#224; tirer du mouvement en cours, il convient de s'y reporter, l'id&#233;e &#233;tant de ne pas r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes choses &#224; quelques semaines d'&#233;cart. &#187; Il en est de m&#234;me aujourd'hui : ces quelques r&#233;flexions [1] s'inscrivent dans la suite des pr&#233;c&#233;dentes, n'en sont que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-03-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-03-28&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/manif_syndicale-dd588.png?1680002974' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;ambule du pr&#233;c&#233;dent article, dat&#233; du 13 mars, pr&#233;cisait : &#171; Ce texte prolonge la contribution du 21 f&#233;vrier. Pour tout ce qui est du contexte, des r&#233;flexions sur la construction d'un rapport de force, des premiers enseignements &#224; tirer du mouvement en cours, il convient de s'y reporter, l'id&#233;e &#233;tant de ne pas r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes choses &#224; quelques semaines d'&#233;cart. &#187; Il en est de m&#234;me aujourd'hui : ces quelques r&#233;flexions [1] s'inscrivent dans la suite des pr&#233;c&#233;dentes, n'en sont que l'actualisation compte tenu des apports du mouvement social qui se poursuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 mars 2023 | tir&#233; du site alencontre.org | Photo : Fos-sur-Mer, 21 mars 2023, manifestation contre la r&#233;forme des retraites et les r&#233;quisitions des personnels gr&#233;vistes au d&#233;p&#244;t p&#233;trolier.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/laune/greves-et-manifestations-en-france-3.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/laune/greves-et-manifestations-en-france-3.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement qui dure depuis deux mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations remonte au 19 janvier. Plus de deux mois. Gagner le plus vite possible est bien entendu l'objectif de toutes celles et tous ceux qui entrent en confrontation directe avec les d&#233;fenseurs de l'ordre capitaliste : gouvernement, patronat, direction d'entreprises, etc. Mais tout le monde connaissait aussi le calendrier propre &#224; ce projet de loi et &#224; ce qui l'entourait : son examen &#224; l'Assembl&#233;e nationale et au S&#233;nat, les vacances scolaires et universitaires en f&#233;vrier, la n&#233;cessit&#233; de construire un mouvement de grande ampleur pour s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un palier a &#233;t&#233; fix&#233; par l'intersyndicale CFDT / CGT / FO / CGC / CFTC / UNSA /Solidaires /FSU au 7 mars, avec l'appel &#224; &#171; mettre la France &#224; l'arr&#234;t &#187;. Au soir de cette journ&#233;e, le message des m&#234;mes organisations interprofessionnelles nationales &#233;tait tr&#232;s clair : &#171; [l'intersyndicale] soutient et encourage tous les secteurs professionnels &#224; poursuivre et amplifier le mouvement &#187;. Contrairement &#224; ce qui a pu se produire lors de mouvements similaires du dernier quart de si&#232;cle, cette fois-ci, l'intersyndicale n'est nullement un frein ; n'en d&#233;plaise &#224; quelques commentateurs &#171; radicaux &#187; mais non-gr&#233;vistes ou &#224; quelques &#171; r&#233;volutionnaires &#187; dont le propre secteur ne brille pas le nombre de gr&#233;vistes. Au contraire, sa r&#233;sistance sur le long terme est un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans le niveau de mobilisation. Cela se voit &#224; travers les manifestations bien s&#251;r, mais aussi dans les gr&#232;ves, &#224; l'exemple de la SNCF o&#249;, depuis le 7 mars les cheminots et cheminotes reconduisent la gr&#232;ve, &#224; l'appel des quatre f&#233;d&#233;rations CGT, UNSA, SUD-Rail [Solidaires], CFDT. Avec les diff&#233;rences li&#233;es aux implantations syndicales, ceci se retrouve, peu ou prou, dans les autres professions o&#249; il y a des gr&#232;ves de masse &#224; l'&#233;chelle nationale. L'unit&#233; est tr&#232;s visible aussi dans les diff&#233;rentes actions d&#233;cid&#233;es localement &#224; travers tout le pays : diffusion de tracts aux portes d'entreprises ou dans des lieux publics, blocage de p&#233;ages, de ronds-points ou de routes, soutien aux occupations de sites de production, etc. Il y a une relation dialectique entre le maintien de l'intersyndicale nationale dans la dur&#233;e et les mots d'ordre port&#233;s par chacune des forces syndicales. L'effet sur le r&#233;el &#8211; et &#231;a c'est qui compte &#8211; se traduit par le niveau important de la mobilisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &#224; la fois exceptionnelle et insuffisante. Exceptionnelle par le nombre de manifestantes et manifestants, par la dur&#233;e, par la r&#233;volte populaire relanc&#233;e par le choix du &#171; passage en force &#187; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, et aussi par le fait que des gr&#232;ves touchent depuis deux mois de nombreuses entreprises priv&#233;es, dans divers champs professionnels. Insuffisante, car, comme nous le disons depuis le d&#233;but &#171; les manifestations ne suffiront pas &#187; ; or, cela reste le mode d'action privil&#233;gi&#233;e de beaucoup. Le blocage de l'&#233;conomie, l'arr&#234;t des moyens de production, c'est-&#224;-dire la gr&#232;ve, demeure difficile &#224; g&#233;n&#233;raliser ; que ce soit dans la dur&#233;e bien s&#251;r, mais m&#234;me lors des &#171; journ&#233;es nationales &#187;. Les raisons sont connues, en premier lieu les insuffisances syndicales quant &#224; l'organisation interprofessionnelle locale. Cela tient &#224; l'antisyndicalisme militant du patronat (absence de droits dans les plus petites entreprises, remise en cause des droits dans les autres, d&#233;tournement &#224; travers des &#171; institutions &#187; repr&#233;sentatives du personnel de plus en plus institutionnelles et de moins en moins repr&#233;sentatives, r&#233;pression antisyndicale partout). Mais cela provient aussi de choix propres aux organisations syndicales : quand on veut changer radicalement la soci&#233;t&#233; et qu'on pense que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est le moyen d'y parvenir, alors on ne peut marginaliser la dimension interprofessionnelle du syndicalisme dans l'activit&#233; quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce constat est n&#233;cessaire pour avancer, il convient de redire aussi le caract&#232;re puissant de ce mouvement de masse. Sans revenir sur les &#233;normes manifestations dans l'ensemble des territoires, il faut noter les blocages, les rassemblements, qui perdurent depuis le 7 mars. Ils ne remplacent pas la gr&#232;ve, car ils ont un effet plus faible sur l'&#233;conomie, sur la production et donc sur les profits des capitalistes. Mais ils mettent en action, ensemble, des &#233;quipes syndicales CGT, Solidaires, FSU, voire FO ou CFDT des m&#234;mes villes, des m&#234;mes quartiers dans les grandes agglom&#233;rations ; ce sont des initiatives syndicales qui rassemblent des centaines, parfois des milliers de participantes et participants. A court terme, cela renforce la confiance populaire envers le mouvement et les organisations syndicales qui l'organisent ; &#224; long terme, cela induit une dynamique positive pour le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise de leur &#171; d&#233;mocratie &#187; bourgeoise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent par une courte reprise : &#171; Durant quelques semaines, la &#8220;repr&#233;sentation nationale&#8221; a fait&#8230; de la repr&#233;sentation, du th&#233;&#226;tre ; sans surprise, l&#224; non plus. L'opposition a agi pour retarder l'adoption du texte, le gouvernement a fait de m&#234;me pour en acc&#233;l&#233;rer la validation. Chaque groupe a fait mine de s'offusquer des moyens utilis&#233;s par l'autre camp : multiplication d'amendements d'un c&#244;t&#233;, vote bloqu&#233; de l'autre. Il ne s'agit que du jeu institutionnel normal, tel que pr&#233;vu par la Constitution de la Ve R&#233;publique fran&#231;aise ; cette r&#233;publique au service de la bourgeoisie, b&#226;tie sur le massacre des Communeux et Communeuses de 1871. &#187; C'est dans cette logique que, plut&#244;t que de soumettre son projet de loi au vote des d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s, et d'en risquer ainsi le rejet, le pr&#233;sident de la r&#233;publique a eu recours &#224; l'article 49-3 de la Constitution. Il s'agit de consid&#233;rer par d&#233;faut que le texte en question est adopt&#233;, sauf si une motion de censure est vot&#233;e dans les jours qui suivent par une majorit&#233; de d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s. Il y a bien s&#251;r une nouvelle arnaque arithm&#233;tique et d&#233;mocratique derri&#232;re ce choix : alors que l'approbation ou le rejet d'une loi s'appr&#233;cie &#224; la majorit&#233; relative (les abstentions et les absences font baisser le seuil &#224; atteindre, il suffit d'avoir plus de &#171; pour &#187; que de &#171; contre &#187;), la motion de censure qui suit la mise en &#339;uvre de l'article 49-3 n&#233;cessite la majorit&#233; absolue du nombre de d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s ; en l'occurrence 287. Cela renverse, de fait, la n&#233;cessit&#233; de majorit&#233; sur le texte : incapable de recueillir les suffrages qu'il lui aurait fallu pour le faire valider, le gouvernement imposait aux oppositions parlementaires de recueillir 287 votes pour qu'il soit rejet&#233; &#224; travers la motion de censure. Comme pr&#233;vu, cela n'a pas &#233;t&#233; atteint, il y en a eu 278 (plus que le nombre de voix qu'aurait recueilli le gouvernement dans le cas d'un vote ordinaire le 16 mars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mentionner que depuis que l'article 49-3 existe, les gouvernements dits de gauche comme les gouvernements dits de droite y ont eu recours avec entrain : avant cette 100e &#233;dition, depuis 1962 on avait compt&#233; 56 &#171; 49-3 de gauche &#187; et 33 &#171; 49-3 de droite &#187;. Depuis 1962, concr&#232;tement depuis 1981, aucun gouvernement comportant les forces de gauche, criant au scandale depuis la d&#233;cision Macron/Borne du 16 mars, n'a esquiss&#233; de r&#233;forme visant &#224; abolir cette possibilit&#233; constitutionnelle. Il n'en reste pas moins que la d&#233;cision du pr&#233;sident de la r&#233;publique d'utiliser cette m&#233;thode a contribu&#233; &#224; relancer la r&#233;volte dans le pays. Le 49-3 venait en r&#233;alit&#233; couronner l'ensemble de l'&#339;uvre : d&#233;lais restreints pour l'examen du texte, vote bloqu&#233; sur l'ensemble du texte au S&#233;nat, et surtout mensonges &#233;hont&#233;s depuis la pr&#233;sentation du texte. La palme revenant &#224; l'affaire du minimum de retraite &#224; 1200 euros pour tous et toutes : les premi&#232;res d&#233;clarations portaient sur 2 millions de personnes concern&#233;es, de reniement en reniement, le ministre du travail en est arriv&#233; &#224; 10 000 par an. Autre exemple avec les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, source de tant de maux selon le gouvernement : ceux, outrageusement avantageux, des parlementaires ne sont pas touch&#233;s ! Il y a une exasp&#233;ration d&#233;mocratique dans le pays, en premier lieu parmi les exploit&#233;&#183;e&#183;s du syst&#232;me capitaliste. Ce n'est pas sans lien avec ce qui fondait une bonne part du mouvement des Gilets jaunes, avec le m&#233;pris affich&#233; lors de la crise sanitaire de la COVID o&#249; tout et son contraire furent racont&#233;s par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Violences polici&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout depuis le 16 mars, on reparle de poubelles br&#251;l&#233;es, de vitres cass&#233;es. Certes, dans la p&#233;riode que nous connaissons, ce ne sont pas l&#224; des marques de radicalit&#233; si on entend par ce terme la perspective de rompre plus vite avec le capitalisme. Mais la col&#232;re est grande et tr&#232;s partag&#233;e ; tant pis si quelques poubelles en font les frais ! &#171; Nous avons dit plusieurs fois qu'&#224; force de ne pas se sentir &#233;cout&#233;s, les gens allaient avoir envie de se radicaliser. Nous le sentions venir, m&#234;me chez nos militants qui ne sont pas des anarchistes &#187;[2] : ce sont l&#224; les propos du pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des travailleurs chr&#233;tiens (CFTC) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont le pouvoir utilise ces quelques faits pour parler de &#171; violence &#187; est inacceptable. La violence est dans le fait de vouloir faire perdre deux ans de retraite &#224; des millions de personnes ! Elle est aussi dans la r&#233;pression polici&#232;re qui s'est fortement renforc&#233;e ces derniers jours. A Paris, l'Union d&#233;partementale Solidaires avait d&#233;clar&#233; l'intention d'organiser un rassemblement devant l'Assembl&#233;e nationale, le jour du vote. La veille, la pr&#233;fecture de police a interdit cette manifestation ! Il a fallu un r&#233;f&#233;r&#233; libert&#233; devant le Tribunal administratif pour que l'interdiction soit lev&#233;e. Des milliers de personnes s'y sont retrouv&#233;es d&#232;s l'annonce du 49-3. Dans la soir&#233;e, la police a interpell&#233; plus de 200 personnes ! Manifestations, rassemblements et r&#233;pression polici&#232;re se sont r&#233;p&#233;t&#233;s dans de nombreuses villes et les jours suivants. Dans un communiqu&#233; du 20 mars intitul&#233; &#171; L'autorit&#233; judiciaire n'est pas au service de la r&#233;pression du mouvement social &#187;, le Syndicat de la magistrature r&#233;sume bien la situation : &#171; L'interdiction de la manifestation sur la place de la Concorde &#224; Paris ce 18 mars s'est ainsi sold&#233;e par une multitude de placements en garde &#224; vue, sans &#233;l&#233;ment pour caract&#233;riser une infraction. Sur 292 interpellations, 283 ont donn&#233; lieu &#224; un classement sans suite. Cette utilisation d&#233;voy&#233;e de la garde &#224; vue illustre les d&#233;rives du maintien de l'ordre [&#8230;] &#187; L'exemple cit&#233; concerne Paris, mais les m&#234;mes m&#233;thodes &#8211; interpellations sans motif et violences polici&#232;res &#8211; ont &#233;t&#233; utilis&#233;es dans bien d'autres villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve par procuration, r&#233;f&#233;rendum, Conseil constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de gr&#232;ve reconductible nationale, il y a la SNCF, les raffineries, l'&#233;nergie. D'autres secteurs sont touch&#233;s, mais pas nationalement (nettoiement, mais pas sous forme d'un mouvement reconductible). Face aux difficult&#233;s &#224; &#233;tendre la gr&#232;ve, une partie des forces sociales tentent de trouver des solutions ailleurs. C'est d'abord le retour de la &#171; gr&#232;ve par procuration &#187; : la mise en avant des caisses de gr&#232;ve dans ce type de p&#233;riode participe de cette strat&#233;gie. Autant la constitution de tels outils, dans la dur&#233;e, est une n&#233;cessit&#233; pour le mouvement syndical, autant faire mine d'y penser que lorsqu'un mouvement qu'on veut g&#233;n&#233;ral a d&#233;marr&#233; n'a pas de sens : hormis les personnes en retraite ou au ch&#244;mage, qui doit alors donner aux caisses de gr&#232;ve, si ce n'est celles et ceux qui devraient &#234;tre en gr&#232;ve ? La question de la constitution de vraies caisses de gr&#232;ves est importante. Il est dommage de la caricaturer en agissant de la sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition parlementaire a d&#233;pos&#233; un recours aupr&#232;s du Conseil constitutionnel ; il est possible qu'il en invalide des passages ; qui croit qu'il l'invalidera en totalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il du r&#233;f&#233;rendum d'initiative partag&#233;e visant &#224; s'opposer au report de l'&#226;ge l&#233;gal au-del&#224; de 62 ans ? Il a l'avantage de geler la loi durant neuf mois ; mais il faut 4,7 millions de signatures pour valider la d&#233;marche. Une d&#233;marche qui aboutit &#224; la tenue du r&#233;f&#233;rendum&#8230; sauf si le Parlement examine lui-m&#234;me la demande dans les 6 mois qui suivent. Retour &#224; la case d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, la dimension internationale de ce qui se passe actuellement en France est presque ignor&#233;e du mouvement social. Comme pour l'activit&#233; interprofessionnelle, c'est la cons&#233;quence de l'insuffisance de prise en compte de l'internationalisme dans le syndicalisme, globalement. Les organisations syndicales re&#231;oivent des messages de soutien de leurs homologues d'autres pays. Quelques pr&#233;sences internationales dans les manifestations s'organisent, &#224; l'image de ce que les organisations membres du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes [3] ont fait, &#224; plusieurs reprises ces derniers mois. Des actions transfrontali&#232;res ont aussi eu lieu. C'est important mais encore trop symbolique. En Europe, et au-del&#224;, toutes les populations ont &#233;t&#233; la cible d'attaques des capitalistes contre les retraites ; toutes sont aussi confront&#233;es &#224; ce qui sous-tend la col&#232;re populaire &#233;galement au c&#339;ur du mouvement actuel en France : la mis&#232;re qui s'&#233;tend, la pr&#233;carisation des emplois, la destruction des services publics, le d&#233;ni de d&#233;mocratie, le m&#233;pris de classe. Pour en rester &#224; des pays proches g&#233;ographiquement, il y a eu ces derniers temps, ou il y a encore, d'importantes gr&#232;ves en Grande-Bretagne, dans l'Etat espagnol, en Gr&#232;ce, en Belgique, en Allemagne, au Portugal ; et la liste est loin d'&#234;tre exhaustive. Une des clefs pour la victoire sociale est aussi dans l'action syndicale internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte continue. Gr&#226;ce &#224; qui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux millions de personnes qui participent aux manifestations ; mais s'il n'y avait eu que ces journ&#233;es d'action, la crise politique provoqu&#233;e par le refus massif du projet de loi gouvernemental n'aurait pas cette ampleur. Cela, c'est aux gr&#233;vistes qu'on le doit. Des gr&#232;ves difficiles, des gr&#232;ves insuffisantes, mais des gr&#232;ves qui font que cette loi n'est pas pr&#232;s d'&#234;tre mise en &#339;uvre, que la p&#233;riode d'instabilit&#233; politique institutionnelle ouvre des perspectives, &#224; condition de ne pas s'enfermer dans les dites institutions. Prochaine &#233;tape, jeudi 23 mars : des millions dans la rue, une opportunit&#233; de lancer la gr&#232;ve l&#224; o&#249; ce n'&#233;tait pas encore le cas. Il le faudrait : &#171; Nous, cheminotes et cheminots, sommes en gr&#232;ve reconductible depuis une semaine. Il en est de m&#234;me dans quelques autres secteurs. [&#8230;] Le meilleur moyen de soutenir celles et ceux qui sont en gr&#232;ve, c'est d'organiser la gr&#232;ve l&#224; o&#249; vous travaillez. Le meilleur moyen de gagner vite, c'est d'agir ensemble. &#187; Cet appel des cheminotes et cheminots [4] date du 10 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement qui a d&#233;marr&#233; le 19 janvier n'est pas vain. Des dizaines de milliers de personnes ont d&#233;couvert ou red&#233;couvert l'utilit&#233;, la n&#233;cessit&#233;, de s'organiser au sein de leur classe sociale, contre les capitalistes et leurs repr&#233;sentants. C'est un premier acquis politique qui en g&#233;n&#233;rera d'autres. (Texte re&#231;u le 21 mars au soir)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Christian Mahieux, cheminot retrait&#233;, syndicaliste SUD-Rail [Union syndicale Solidaires], actif dans le R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes, membre des collectifs de r&#233;daction de Cerises la coop&#233;rative, La R&#233;volution prol&#233;tarienne, Les utopiques, coop&#233;rateur des &#233;ditions Syllepse.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Comme les deux pr&#233;c&#233;dents, ce texte fait suite &#224; des &#233;changes avec quelques militantes et militants, Solidaires et CGT, pleinement investis dans le mouvement en cours. Merci &#224; elles et eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le Monde du 20 mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.laboursolidarity.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.laboursolidarity.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Appel de la f&#233;d&#233;ration des syndicats SUD-Rail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Gr&#232;ves et manifestations en France : &#171; {Que faire entre deux manifs ? Mettre la France &#224; l'arr&#234;t ? Le social fait la politique &#187;}</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Greves-et-manifestations-en-France-Que-faire-entre-deux-manifs-Mettre-la-France</link>
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		<dc:date>2023-02-28T11:49:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-02-28</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la mi-janvier 2023, plusieurs journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations ont rassembl&#233; des millions de personnes. Le mouvement se poursuit ; en perspective, des gr&#232;ves reconductibles dans plusieurs secteurs, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en mars. A l'animation, depuis des semaines, une intersyndicale nationale qui r&#233;unit CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU [1] ; une intersyndicale non r&#233;volutionnaire, avec une forte composante adepte du &#171; dialogue social &#187;. C'est le projet de loi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/manif_retraites-2-c3e5b.jpg?1677585353' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la mi-janvier 2023, plusieurs journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations ont rassembl&#233; des millions de personnes. Le mouvement se poursuit ; en perspective, des gr&#232;ves reconductibles dans plusieurs secteurs, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en mars. A l'animation, depuis des semaines, une intersyndicale nationale qui r&#233;unit CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU [1] ; une intersyndicale non r&#233;volutionnaire, avec une forte composante adepte du &#171; dialogue social &#187;. C'est le projet de loi gouvernemental &#224; propos des retraites qui motive cette unit&#233; d'action syndicale rarement connue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/02/27/greves-et-manifestations-en-france-que-faire-entre-deux-manifs-mettre-la-france-a-larret-le-social-fait-la-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/02/27/greves-et-manifestations-en-france-que-faire-entre-deux-manifs-mettre-la-france-a-larret-le-social-fait-la-politique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet de loi du gouvernement et du patronat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 30 ans, les attaques contre les retraites sont nombreuses : 1993, 1995, 2003, 2007, 2010, 2013, 2018, 2019, 2023. Les objectifs communs : nous faire travailler plus, nous faire gagner moins, d&#233;truire un syst&#232;me de retraite qui, s'il n'est pas parfait &#224; nos yeux, n'en est pas moins v&#233;cu par la bourgeoisie comme une anomalie au sein du syst&#232;me capitaliste. On retrouve les m&#234;mes outils de casse sociale au fil des ann&#233;es : calcul de la pension effectu&#233;e sur un plus grand nombre d'ann&#233;es de salaire [et non pas sur les meilleures ann&#233;es, en fin de carri&#232;re], allongement de la dur&#233;e de cotisations n&#233;cessaire pour une retraite &#224; taux plein, d&#233;cote [r&#233;duction du montant par trimestre manquant], report de l'&#226;ge l&#233;gal, suppression de r&#233;gimes plus avantageux que le r&#233;gime g&#233;n&#233;ral [&#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187; de retraite dans certains secteurs comme la SNCF, EDF, ayant une longue histoire &#8211; r&#233;d.], d&#233;possession du contr&#244;le des travailleurs et travailleuses de leurs caisses de retraite au profit de l'Etat [voir plus bas], etc. Pour ce qui est de la situation actuelle, de nombreuses publications ont d&#233;cortiqu&#233; le projet de loi. On peut r&#233;sumer les enjeux ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Report de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part en retraite &#224; 64 ans. Alors qu'il y a 40 ans, l'&#226;ge l&#233;gal avait &#233;t&#233; ramen&#233; de 65 &#224; 60 ans, les contre-r&#233;formes successives risquent d'aboutir &#224; un recul d'un demi-si&#232;cle en mati&#232;re sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allongement de la dur&#233;e de cotisations n&#233;cessaire pour b&#233;n&#233;ficier d'une retraite &#224; taux plein : 43 annuit&#233;s. C'est l'autre param&#232;tre d&#233;terminant, car il ne suffit pas d'avoir 64 ans, il faudra avoir travaill&#233; sans discontinuit&#233; toute sa vie. Impossible si on tient compte de possibles ann&#233;es d'&#233;tudes, de la pr&#233;carit&#233; des contrats, des boulots non d&#233;clar&#233;s qui se g&#233;n&#233;ralisent et ne donnent pas lieu &#224; cotisations sociales [sans parler de la politique des primes qui n'incluent aucune cotisation sociale et vont servir de substitut aux augmentations de salaire &#8211; r&#233;d.], etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintien, voire aggravation, des in&#233;galit&#233;s femmes/hommes. Maintien, voire aggravation, des in&#233;galit&#233;s sociales, les personnes les plus ais&#233;es pouvant avoir recours &#224; des syst&#232;mes de retraite compl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppression des quelques r&#233;gimes de retraite plus favorables que le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral qui existent encore : industries &#233;lectriques et gazi&#232;res, RATP, Banque de France. Un de ces r&#233;gimes embl&#233;matiques &#233;tait celui des cheminots et cheminots (SNCF), sa fin a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; programm&#233;e par une loi de 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, vraiment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, ce sont l'Assembl&#233;e nationale et le S&#233;nat qui d&#233;cident les lois s'appliquant &#224; la population. A toute la population ? Non ! Pas forc&#233;ment &#224; celles et ceux qui les imposent aux autres ! Ainsi, les s&#233;nateurs et s&#233;natrices touchent environ 2190 euros net de retraite apr&#232;s&#8230; un seul mandat de 6 ans. Les services du S&#233;nat estiment la retraite moyenne de ces piliers de la R&#233;publique (!) &#224; 3856 euros net. &#171; Notre cotisation est &#233;gale &#224; environ 15% de notre indemnit&#233; parlementaire &#187;, tentent de justifier s&#233;nateurs et s&#233;natrices. Certes, mais la r&#233;alit&#233; est qu'il leur reste une indemnit&#233; nette mensuelle de 5569 euros&#8230; qui s'ajoute, le plus souvent, &#224; d'autres r&#233;mun&#233;rations. De l'Assembl&#233;e nationale, nombre de d&#233;put&#233;&#183;es donnent des le&#231;ons au S&#233;nat : &#171; &lt;i&gt; nous avons r&#233;form&#233; notre r&#233;gime, il vous faut faire pareil &lt;/i&gt; &#187;. Mais ces repr&#233;sentantes et repr&#233;sentants de la R&#233;publique oublient de donner les d&#233;tails de leur &#171; r&#233;forme &#187; : un&#183;e d&#233;put&#233;&#183;e qui a fait un mandat de cinq ans touche, &#224; ses 62 ans, 684,38 euros net de pension mensuelle, pr&#233;cise le site de l'Assembl&#233;e nationale. Au bout de deux mandats, il b&#233;n&#233;ficie donc d'une retraite de 1368 euros net, soit l'&#233;quivalent de ce &#224; quoi peut pr&#233;tendre le reste salari&#233;&#183;e&#183;s enregistr&#233;s par la statistique (organisme officiel) qui indique que la retraite moyenne s'&#233;tablit actuellement &#224; 1400 euros net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cibler les &#171; &#233;lu&#183;es de la R&#233;publique &#187; peut &#234;tre tax&#233; de populisme, voire de faire le lit de l'extr&#234;me droite. On objectera toutefois que la dite extr&#234;me droite b&#233;n&#233;ficie all&#232;grement des avantages du syst&#232;me de d&#233;mocratie dite repr&#233;sentative, &#224; travers ses d&#233;put&#233;&#183;es, tant &#224; l'Assembl&#233;e nationale qu'au Parlement europ&#233;en. Il n'y a aucune raison de ne pas assumer cette critique de l'enrichissement et de l'hypocrisie de celles et ceux qui, du Parlement, dictent leurs lois. L'affaire des retraites des parlementaires est une manifestation de la haine de classe, du m&#233;pris de classe. C'est ceci qu'il faut mettre en avant ! Non seulement, la minorit&#233; d'exploiteurs et leurs serviteurs se goinfrent toujours plus mais en plus ils et elles nous m&#233;prisent au plus haut point. Ils et elles p&#233;rorent &#224; propos de travailleurs et travailleuses qui arrivent &#224; la retraite apr&#232;s plus de quatre d&#233;cennies d'exploitation, de fatigue, d'usure, de salaire de mis&#232;re, mais empochent une retraite &#233;quivalente &#224; la n&#244;tre apr&#232;s un ou deux mandats pour lesquels&#8230; on leur a juste demand&#233; de nous repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De tr&#232;s grosses manifestations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale nationale a appel&#233; &#224; plusieurs journ&#233;es de gr&#232;ves et manifestations : 19 janvier, 31 janvier, 7 f&#233;vrier, 11 f&#233;vrier, 16 f&#233;vrier. Passons par-dessus la bataille des chiffres qui oppose traditionnellement, services de police, syndicats et m&#233;dias &#224; propos du nombre de manifestants et manifestantes. Quelle que soit la r&#233;f&#233;rence prise, la participation est exceptionnelle, jamais connue depuis des ann&#233;es. C'est le cas dans les m&#233;tropoles, mais aussi dans une multitude de villes, partout en France. On retrouve l&#224; une caract&#233;ristique du mouvement des Gilets jaunes : un ancrage local fort, dans toutes les r&#233;gions. Ainsi, le 31 janvier, le nombre de manifestant&#183;es &#224; Tarbes, ramen&#233; &#224; l'&#233;chelle de Paris, aurait repr&#233;sent&#233; 6 millions de personnes ; il y avait 520 personnes dans les rues de Saint-Gaudens [d&#233;partement de Haute-Garonne, Occitanie], ville de 11 500 habitant&#183;es. On pourrait multiplier les exemples. Au total, un million, deux millions, deux millions et demi, l&#224; n'est plus l'essentiel. Les manifestations sont d'une ampleur non &#233;gal&#233;e depuis tr&#232;s longtemps. Personne ne le nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais que faire entre deux manifestations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question que se posent, sinc&#232;rement, nombre d'&#233;quipes militantes. D'o&#249; la s&#233;rie de manifestations de soir&#233;e, dites &#171; retraites aux flambeaux &#187; ; d'o&#249; les discussions et parfois initiatives &#224; propos de caisses de gr&#232;ve [2] ; d'o&#249; des &#171; A.G. &#187; de villes qui r&#233;unissent les militantes et militants de diverses organisations. Une succession de manifestations ne suffira pas &#224; gagner. Parce que cela ne bloque pas l'&#233;conomie mais aussi parce qu'elles rassemblent les personnes d&#233;j&#224; mobilis&#233;es, &#224; des degr&#233;s divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, faire pencher le rapport de forces en notre faveur suppose de gagner celles et ceux qui, aujourd'hui, n'ont pas rejoint le mouvement collectif de protestation : les salari&#233;&#183;es d'entreprises o&#249; la gr&#232;ve n'est pas encore &#224; l'ordre du jour, celles et ceux qui sont dans des secteurs o&#249; ils et elles pensent ne &#171; pas pouvoir &#187; faire gr&#232;ve ; l&#224; o&#249; il y a besoin de sentir le soutien concret des &#233;quipes syndicales de la grosse bo&#238;te d'&#224; c&#244;t&#233;, parfois sur le m&#234;me site (sous-traitance), besoin de compter sur les &#233;changes avec les &#233;quipes syndicales du coin et leur pr&#233;sence. Les distributions de tracts et discussions qu'organisent les Unions locales/d&#233;partementales CGT, Solidaires ou d'autres sont essentielles pour construire une gr&#232;ve nationale interprofessionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; &lt;i&gt;Comment s'occuper entre deux dates de mobilisation&lt;/i&gt; ? &#187;, Baptiste d&#233;veloppe fort pertinemment ce sujet dans ce m&#234;me num&#233;ro de R&#233;volution prol&#233;tarienne du mois de mars. On y ajoutera que le soutien aux gr&#232;ves d&#233;j&#224; existantes est une &#233;vidence. En Ile-de-France par exemple, des dizaines de travailleurs de filiales de La Poste (Chronopost, &#224; Alfortville dans le Val-de-Marne ; DPD au Coudray Montceaux, en Essonne) sont en gr&#232;ve depuis plus de quinze mois. Ils sont pr&#233;sents &#224; toutes les manifestations parisiennes depuis le 19 janvier ; &#224; l'inverse, trop peu d'&#233;quipes syndicales sont pr&#233;sentes &#224; leurs manifestations, et leurs piquets de gr&#232;ve les invitent dans leur propre entreprise, ou aux portes de celle-ci, pour populariser la gr&#232;ve. Quinze mois de lutte, c'est peu courant. Mais dans toutes les r&#233;gions il y a des gr&#232;ves sur lesquelles il faut s'appuyer et qu'il faut appuyer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en avant le d&#233;lai entre deux dates nationales est aussi un th&#232;me r&#233;current pour certains courants politiques, qui veulent surtout attirer par des discours et &#233;crits mimant la radicalit&#233;. Cela tourne souvent autour de &#171; &lt;i&gt; c'est d&#232;s maintenant qu'il faut appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;, &#171; n'attendons pas l'intersyndicale&lt;/i&gt; &#187;. Mais justement, que fait l'intersyndicale ? Eh bien, depuis le 12 f&#233;vrier, l'intersyndicale appelle &#171; &lt;i&gt; les travailleurs et les travailleuses, les jeunes et les retrait&#233;&#183;es &#224; durcir le mouvement en mettant la France &#224; l'arr&#234;t dans tous les secteurs le 7 mars prochain. L'intersyndicale se saisira du 8 mars, journ&#233;e internationale de luttes pour les droits des femmes pour mettre en &#233;vidence l'injustice sociale majeure de cette r&#233;forme envers les femmes.&lt;/i&gt; &#187; Que demander de plus &#224; une intersyndicale rassemblant CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU ? Alors que l'unit&#233; d'action syndicale est un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant pour la participation de beaucoup de salari&#233;&#183;es, quel int&#233;r&#234;t de d&#233;penser temps et &#233;nergie &#224; critiquer une intersyndicale qui propose une telle perspective pour d&#233;but mars ? Mieux vaut en faire un point d'appui ; comme dans les secteurs professionnels o&#249;, par exemple &#224; la SNCF, SUD-Rail et CGT maintiennent le cadre intersyndical avec UNSA et CFDT, sans que cela emp&#234;che leur appel &#224; la gr&#232;ve reconductible &#224; compter du 7 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Durcir le mouvement en mettant la France &#224; l'arr&#234;t dans tous les secteurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la gr&#232;ve reconductible est en d&#233;bat dans plusieurs collectifs syndicaux. Elle est pr&#233;sente largement au-del&#224; des cercles qui se contentent de la r&#233;clamer sans jamais l'organiser [3]. Mais justement, c'est bien de l'organiser qu'il s'agit. Certes, l'intersyndicale nationale n'est pas unanime sur le sujet. Mais plusieurs organisations sont sur cette position et c'est une avanc&#233;e indiscutable par rapport &#224; ce qu'on a connu dans le pass&#233;, lors de mouvements sociaux similaires. Il faut s'appuyer sur l'unit&#233; intersyndicale de refus de la contre-r&#233;forme et mettre en avant les appels &#224; la gr&#232;ve, &#171; reconductible &#187;, &#171; partout o&#249; c'est possible &#187;, &#171; g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;, de plusieurs organisations nationales interprofessionnelles. D'autant plus que, d&#232;s le 11 f&#233;vrier, CGT, UNSA, FO, CGC, Solidaires ont appel&#233; &#224; la gr&#232;ve reconductible &#224; la RATP, &#224; compter du 7 mars ; comme CGT et SUD-Rail dans le secteur ferroviaire ; et la CGT pour la collecte des d&#233;chets et ordures m&#233;nag&#232;res ; les appels sectoriels du m&#234;me type commencent &#224; s'additionner [4]. L'intersyndicale de l'&#233;ducation (FSU, UNSA, FO, CFDT, CGT, CGT, SNALC, SUD) appelle &#224; ce que le 7 mars &#171; &lt;i&gt; les gr&#232;ves massives permettent de fermer totalement les &#233;coles, coll&#232;ges, lyc&#233;es et services &#187;&lt;/i&gt;. Dans l'Enseignement sup&#233;rieur et la recherche, toutes les organisations syndicales appellent pour le 7 mars &#171; &lt;i&gt; &#224; ce que les gr&#232;ves massives conduisent &#224; fermer totalement les &#233;tablissements universitaires et les organismes de recherche. L'intersyndicale appelle les personnels &#224; se mobiliser en masse le 8 mars.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, beaucoup ont restreint leur gr&#232;ve aux journ&#233;es nationales d'action, et dans une bonne partie du secteur priv&#233; (et pas seulement), il n'y a m&#234;me pas eu de vraie tentative de faire gr&#232;ve. Il faut d&#233;passer cela, sans perdre de temps en discussion sur &#171; la gr&#232;ve par procuration &#187;, sans organiser celle-ci comme le font celles et ceux qui annoncent des caisses de gr&#232;ve plut&#244;t que d'organiser la gr&#232;ve. Au contraire, depuis qu'a &#233;t&#233; rendue publique la perspective du 7 mars et compte tenu du climat g&#233;n&#233;ral, des &#233;quipes syndicales consacrent leur temps exclusivement &#224; la construction de la gr&#232;ve : dans leur &#233;tablissement tout d'abord et aussi autour, dans le cadre interprofessionnel local. &#171; &lt;i&gt; On arr&#234;te tout, le boulot autant que possible (gr&#232;ve, heures de d&#233;l&#233;gation, repos, &#8230;), les r&#233;unions d'instances, et on organise des AG, des tractages cibl&#233;s, des r&#233;unions d'information, des caisses de gr&#232;ve, on prend le temps de faire le tour des syndicats des bo&#238;tes &#224; proximit&#233; en proposant de l'aide &#233;ventuellement et de se coordonner avec les syndicats du m&#234;me secteur professionnel. Les outils syndicaux (f&#233;d&#233;rations, unions d&#233;partementales et locales) servent &#224; cela, les contacts horizontaux les font vivre [5]. &#187;&lt;/i&gt; Si on veut une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, on ne peut pas se limiter &#224; son entreprise ni &#224; son secteur professionnel. Les liens interprofessionnels locaux sont indispensables pour gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi le long terme qui se joue ici : les p&#233;riodes comme celles que nous vivons depuis janvier am&#232;nent du monde nouveau au syndicalisme, les contacts sont tr&#232;s nombreux, les adh&#233;sions augmentent&#8230; Il faut structurer tout cela, cr&#233;er ou redynamiser les Unions locales interprofessionnelles ; l&#224; encore, on peut citer ce qui est fait par diverses &#233;quipes militantes : casser la cro&#251;te ensemble, avant ou apr&#232;s les manifs ; &#233;tablir un calendrier de diffusions de tracts vers quelques entreprises choisies ; formaliser des d&#233;signations de repr&#233;sentant&#183;es de section syndicale ; renforcer les permanences syndicales interprofessionnelles&#8230; Bref, faire en sorte d'&#234;tre, &#224; l'avenir, plus efficace et donc plus utile aux travailleurs et travailleuses pour d&#233;fendre leurs revendications imm&#233;diates et cr&#233;er les conditions de l'&#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire la gr&#232;ve, &#231;a signifie multiplier les discussions sur le lieu de travail. C'est &#224; partir de cela que peuvent exister des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales rassemblant les travailleuses et travailleurs d'un m&#234;me site, l&#224; o&#249; se retrouvent les coll&#232;gues de chaque jour. Faire &#233;merger la parole de chacune et chacun est essentiel ; &#231;a suppose que les salari&#233;&#183;es soient en confiance pour s'exprimer. Les &#171; AG &#187; organis&#233;es dans des p&#233;rim&#232;tres trop importants n'installent pas la d&#233;mocratie dans la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des retraites &#224; la lutte anticapitaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet des retraites illustre comment lier d&#233;fense des revendications imm&#233;diates et alternatives au syst&#232;me capitaliste. L'imm&#233;diat, c'est le refus de la contre-r&#233;forme. Il est juste de d&#233;noncer le recul de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part en retraite, de refuser l'accroissement du nombre d'annuit&#233;s pour avoir une retraite &#224; taux plein, de revendiquer une vraie prise en compte des p&#233;nibilit&#233;s, de r&#233;clamer des mesures instituant l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes, etc. Rapidement, tout ceci renvoie au partage des richesses ; bien des pancartes, slogans, banderoles, affiches, tracts, mettent en exergue les centaines de milliards des actionnaires, la fraude fiscale, etc. De l&#224; deux questions :&lt;i&gt; &#171; Qui cr&#233;e ces richesses ? &#187; et &#171; Comment sont-elles r&#233;parties ? &#187; ; on en arrive &#224; : &#171; Celles et ceux qui les produisent par leur travail ne disposent que d'une petite part &#187; tandis que : &#171; Elles sont accapar&#233;es par les actionnaires, les patrons, c'est-&#224;-dire celles et ceux qui ne les produisent pas&lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'agit pas de dire que les scandaleux profits capitalistes doivent financer nos retraites, puisque ce sont nos cotisations qui le font, ce qui signifie que nous devrions les g&#233;rer nous-m&#234;mes, sans les patrons, sans l'Etat. Mais globalement, les capitalistes nous co&#251;tent cher ! Cela renforce la cr&#233;dibilit&#233; de recherche d'alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le montant des retraites est un autre exemple. Le scandale des pensions de mis&#232;re est largement d&#233;nonc&#233;, de m&#234;me que la fausse promesse de revalorisation li&#233;e &#224; la contre-r&#233;forme. A juste raison. D'autres questions surgissent ais&#233;ment : &#171; &lt;i&gt; La bataille pour que le montant de la retraite soit index&#233; sur les meilleurs salaires touch&#233;s pr&#233;c&#233;demment est bien compr&#233;hensible ; mais une fois en retraite, qu'est-ce qui justifie les diff&#233;rences de &#8220;r&#233;mun&#233;ration&#8221; puisque tout le monde fait alors le m&#234;me travail (ou, plus exactement, n'en fait pas quand on prend celui-ci dans sa d&#233;finition li&#233;e au salariat ?) &lt;/i&gt; &#187; Bien s&#251;r, cela permet de revenir sur la notion de &#171; salaire diff&#233;r&#233; &#187;, et donc sur le scandale de l'&#233;tatisation du syst&#232;me de retraite, la confiscation par l'Etat d'une part de la r&#233;mun&#233;ration de notre travail. Mais il ne faut pas pousser beaucoup pour que cette probl&#233;matique des diff&#233;rences entre les niveaux de pensions de retraite ram&#232;ne &#224; la discussion sur le fondement r&#233;el de la hi&#233;rarchie des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les manifestations, nombreux sont les slogans d&#233;non&#231;ant la nature du travail subordonn&#233;, ceux soulignant la perte de sens au travail, le d&#233;calage entre cette contre-r&#233;forme et les enjeux sociaux et &#233;cologiques, le r&#244;le que jouent les personnes retrait&#233;es dans la soci&#233;t&#233;&#8230; Un r&#233;cent num&#233;ro de Cerises la coop&#233;rative interrogeait : &#171; &lt;i&gt; N'y a-t-il pas dans ces expressions multiples bien plus que le seul rejet de l'allongement d'un temps de travail qu'il faut caract&#233;riser comme subordonn&#233; ? N'y a-t-il pas d&#233;j&#224; l'expression implicite du rejet du r&#244;le des actionnaires, celui de la seule valorisation &#233;conomique &#224; travers le march&#233;, et finalement le refus de consid&#233;rer comme seul travail utile l'activit&#233; valorisant le capital ? Parmi les conditions permettant de penser la victoire du mouvement et le recul du gouvernement, l'explicitation de tous ces &#233;l&#233;ments implicitement ou explicitement contenus dans les mobilisations et les expressions n'en est-elle pas l'une des plus importantes ? [&#8230;] n'est-il pas urgent et possible de prolonger l'&#233;tat d'esprit visiblement d'une majorit&#233; de femmes et d'hommes, en explorant ensemble d'autres perspectives, d'autres &#233;changes sur le travail et l'activit&#233;, sur l'urgence de se d&#233;gager de la seule valorisation du capital, de discuter de la sortie de la subordination, de l'urgence d'en finir avec les actionnaires et leur toute-puissance, de revenir sur la diff&#233;rence entre cotisations et imp&#244;ts, sur le salaire socialis&#233;, sur l'organisation et la ma&#238;trise de l'ensemble de ses temps de vie, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La S&#233;cu, elle est &#224; nous &#187;&lt;/i&gt; crie-t-on dans les manifestations. Reconnaissons qu'on nous l'a vol&#233;e depuis bien longtemps. Si tant est que ce fut le cas dans le pass&#233;, qui pense aujourd'hui que la S&#233;cu, donc la retraite mais pas seulement la retraite, est g&#233;r&#233;e par celles et ceux qui, par leurs cotisations, la font exister, c'est-&#224;-dire les travailleurs et les travailleuses ? Pourtant, quoi de plus simple &#224; concevoir ? Le rapport pr&#233;sent&#233; par Henri Raynaud au Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national de la CGT, en janvier 1947 [6], insistait sur trois enjeux : une caisse unique, un taux unique de cotisation interprofessionnelle, la gestion ouvri&#232;re sans patrons et sans tutelle &#233;tatique. Les moments de luttes sont des moments o&#249; la prise de conscience de l'exploitation, des oppressions, s'acc&#233;l&#232;re. Il est d'autant plus important de mettre en avant des revendications faisant appara&#238;tre au grand jour les contradictions du syst&#232;me capitaliste, son incapacit&#233; &#224; se r&#233;former au point de satisfaire les besoins collectifs et de garantir l'avenir de la plan&#232;te. Quelques discussions entre gr&#233;vistes, quelques d&#233;bats en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales suffisent pour faire &#233;merger ces r&#233;flexions et bien d'autres. Partant de l&#224;, il est plus facile de faire partager l'id&#233;e que l'avenir des retraites ne d&#233;pend pas de questions techniques, mais qu'il est li&#233; &#224; la remise en cause du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le social fait la politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre le&#231;on de la p&#233;riode : comme lors de chaque moment de fortes luttes collectives de notre classe sociale, l'extr&#234;me droite n'est plus du tout au centre des discussions. Organiser la lutte de classes, dans les faits, est bien le meilleur moyen de la faire reculer. D'o&#249; les tentatives du Rassemblement national de revenir dans le paysage m&#233;diatique avec la motion de censure &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Quant &#224; la gauche, elle court derri&#232;re le mouvement ; ses leaders reprennent les mots d'ordre syndicaux &#224; leur compte, mais tout le monde sait que ce n'est pas eux qui ont permis au mouvement actuel et &#224; ses perspectives d'exister. Mais laissons-les f&#234;ter la grande victoire parlementaire de non-adoption de l'article 2 de la loi, c'est-&#224;-dire le retrait de l'index-senior&#8230; dont tout le monde se contrefiche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut insister : le syndicalisme est politique, il n'a pas &#224; se mettre au service de fractions partidaires et/ou philosophiques, respectables par ailleurs. Le syndicalisme rassemble celles et ceux qui d&#233;cident de s'organiser ensemble sur la seule base de l'appartenance &#224; la m&#234;me classe sociale. Ensemble, ils et elles agissent alors pour d&#233;fendre leurs revendications imm&#233;diates et travailler &#224; une transformation radicale de la soci&#233;t&#233;. L'oppression li&#233;e au syst&#232;me capitaliste, oppression &#233;conomique issue des rapports de production et du droit de propri&#233;t&#233;, est commune &#224; toutes celles et tous ceux &#171; d'en bas &#187;. C'est l&#224; que se joue l'affrontement de classes. &#199;a n'emp&#234;che pas, bien au contraire, de consid&#233;rer qu'il y a d'autres formes d'oppressions, qu'il ne s'agit pas de hi&#233;rarchiser, ni entre elles, ni vis-&#224;-vis de l'oppression &#233;conomique. Les luttes contre les oppressions et pour l'&#233;galit&#233;, la libert&#233;, etc., font aussi de la politique. La r&#233;partition des r&#244;les qui veut que le parti s'occupe de politique et le syndicalisme du social est une impasse. Les syndicats sont, ou du moins devraient &#234;tre, l'outil d'organisation autonome de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la lutte anticapitaliste et f&#233;ministe aux retraites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;forme attaque notre classe sociale. Elle sert les int&#233;r&#234;ts du patronat et des actionnaires. A peu pr&#232;s tout le monde l'a compris. Inutile de perdre trop de temps et d'&#233;nergie &#224; en discuter les d&#233;tails. C'est de projet de soci&#233;t&#233; dont il s'agit. Pour beaucoup de jeunes, &#171; &lt;i&gt; la retraite, c'est loin &#187;, certain&#183;es disent &#171; la retraite, on n'en aura pas &lt;/i&gt; &#187;. Mais ce qu'ils et elles comprennent, c'est qu'apr&#232;s la retraite, pourquoi pas l'assurance maladie ? Et puis les cong&#233;s pay&#233;s ? Et puis le contrat de travail ? Et puis le salaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire le lien entre les revendications les plus locales qui tra&#238;nent depuis des mois ou des ann&#233;es, le refus de la contre-r&#233;forme sur les retraites et la possibilit&#233; d'un autre futur. Si f&#233;vrier est marqu&#233; par les vacances scolaires et &#233;tudiantes, la large participation de jeunes aux manifestations interprofessionnelles, mais aussi quelques actions au sein m&#234;me de lyc&#233;es et d'universit&#233;s sont &#224; noter. A propos de la jeunesse, il est remarquable que le pr&#233;sident de la R&#233;publique pr&#233;f&#232;re diff&#233;rer ce qui est une de ses marottes depuis des ann&#233;es. En janvier d&#233;j&#224;, Macron voulait annoncer la &#171; g&#233;n&#233;ralisation &#187; du Service national universel (SNU). Il a recul&#233;. Aujourd'hui, la presse parle de mars ; la secr&#233;taire d'Etat en charge du dossier &#233;voque une d&#233;cision en juin. Le gouvernement n'abandonne pas son projet militariste d'asservissement de la jeunesse [7]. Mais, compte tenu de la mobilisation des jeunes, dans le cadre du mouvement contre le projet de loi sur la retraite et aussi pour l'am&#233;lioration de leurs conditions d'&#233;tudes et de vie, il craint que cette annonce de g&#233;n&#233;ralisation et/ou obligation du Service national universel soit l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur d'un mouvement de contestation encore plus fort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;but de gr&#232;ve reconductible le 7 mars ob&#232;re-t-il la journ&#233;e internationale pour les droits des femmes du 8 mars ? Au contraire, cela doit permettre de resituer clairement cette journ&#233;e, mais plus globalement les luttes f&#233;ministes, dans un cadre anticapitaliste, en lien avec la lutte des classes. Ce ne sera pas &#171; naturel &#187; y compris dans les milieux syndicaux ; mais c'est un enjeu important que de rendre tr&#232;s visible ces liens, de ne pas consid&#233;rer comme secondaires les diff&#233;rents syst&#232;mes d'oppression, dont le patriarcat, mais au contraire d'inscrire les luttes s'y opposant dans celle pour l'&#233;mancipation totale. L&#224; encore, l'exemple est donn&#233; par les collectifs militants qui, d&#232;s maintenant, organisent des tourn&#233;es et permanences syndicales dans les secteurs les plus f&#233;minis&#233;es. D'un point de vue historique, rappelons que, si &#224; l'origine de la gr&#232;ve de novembre/d&#233;cembre 1995 en France il y eut les sections syndicales qui lanc&#232;rent assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et gr&#232;ve reconductible le 24 novembre, le lendemain se tint une tr&#232;s grande manifestation f&#233;ministe, pour les droits des femmes, leurs revendications, leurs libert&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que 2023 prosp&#232;re sur 1995 !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait un quart de si&#232;cle que la gr&#232;ve de 1995 est la r&#233;f&#233;rence, ressortie &#224; l'or&#233;e de chaque mouvement social esp&#233;r&#233; d'ampleur. Elle fut importante &#224; plus d'un &#233;gard, mais prenons garde de ne pas la transformer en mythe qui, finalement, effraierait les plus jeunes, persuad&#233;&#183;es de ne pas pouvoir faire &#171; aussi bien &#187;. La gr&#232;ve de 2023 appartient &#224; celles et ceux qui vont la faire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Outre l'intersyndicale nationale ainsi d&#233;finie, CNT-SO (Conf&#233;d&#233;ration Nationale des Travailleurs &#8211; Solidarit&#233; ouvri&#232;re) et CNT appellent aussi aux manifestations et gr&#232;ves. De m&#234;me, par exemple LAB (Langile Abertzaleen Batzordeak) au Pays basque ou STC (Sindicatu di i travagliadori corsi) en Corse ; c'est d'ailleurs le cas de toutes les organisations syndicales implant&#233;es dans les derni&#232;res colonies fran&#231;aises : USTKE (Union syndicale des travailleurs Kanak et des exploit&#233;s) en Kanaky, UGTG (Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs de Guadeloupe) en Guadeloupe, CDMT (Centrale D&#233;mocratique Martiniquaise du Travail) en Martinique, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] A propos des caisses de gr&#232;ve, et de la n&#233;cessit&#233; de ne pas se poser la question quand la gr&#232;ve est l&#224;, mais bien avant et dans une perspective &#224; long terme : Christian Mahieux, &#171; Faut-il en faire des caisses ? &#187;, Les utopiques n&#176;13, Editions Syllepse, printemps 2020. Et aussi, le dossier disponible sur le blog de la revue La R&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Certains courants politiques excellent dans cet exercice. Leurs repr&#233;sentants et repr&#233;sentantes d&#233;tournent temps et moyens du syndicat pour dire tout le mal qu'ils et elles pensent du syndicalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] On parle l&#224; des vrais appels : pas de ceux lanc&#233;s par des structures syndicales qui ne repr&#233;sentent rien dans les entreprises, ni par celles qui font de l'esbrouffe. A ce titre, citons l'habituel jeu de la f&#233;d&#233;ration CGT des Ports et docks : &#171; pas de gr&#232;ve illimit&#233;e dans les ports &#187; mais une &#171; gr&#232;ve reconductible des heures suppl&#233;mentaires &#187; explique-t-elle dans une r&#233;union des f&#233;d&#233;rations CGT, alors que depuis des semaines, elle multiplie les postures &#171; dures &#187;, appelant r&#233;guli&#232;rement &#224; la gr&#232;ve reconductible dans des communiqu&#233;s non diffus&#233;s aux salari&#233;&#183;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Sur le blog de la revue : Retours sur la gr&#232;ve pour les retraites (2019-2020).&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] La d&#233;fense de la S&#233;curit&#233; sociale. Rapport pr&#233;sent&#233; par Henri Raynaud, secr&#233;taire de la CGT au comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national les 14 et 15 janvier 1947, Editions syndicalistes, 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Extrait d'un r&#233;cent communiqu&#233; du Collectif Non au SNU :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 15 &#224; 17 ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une op&#233;ration de soumission de la jeunesse : uniforme, drapeau, hi&#233;rarchie, ordres, &#8230; il s'agit d'inculquer un esprit d'ob&#233;issance aux r&#232;gles, un respect absolu des normes. R&#232;gles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu'&#224; perp&#233;tuer les in&#233;galit&#233;s et injustices inh&#233;rentes &#224; l'organisation actuelle de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses : avec le SNU, chaque ann&#233;e, 800 000 jeunes sans droit seront utilis&#233;&#183;es pour remplacer des emplois aujourd'hui occup&#233;s par des employ&#233;&#183;es qui ont un salaire, la possibilit&#233; de s'organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;penses consid&#233;rables : l'Etat va budg&#233;ter une d&#233;pense annuelle suppl&#233;mentaire d'un milliard et demi d'euros, pour rendre obligatoire le SNU. Le budget des arm&#233;es est d&#233;j&#224; de 44 milliards d'euros pour 2023. En voil&#224; une masse d'argent qui pourrait &#234;tre bien plus utile &#224; la collectivit&#233; que confi&#233;e aux mains des militaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renforcement de la militarisation : encadrement militaire, lev&#233;e du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, etc. contribueront &#224; l'endoctrinement des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande vise &#224; banaliser le r&#244;le de l'arm&#233;e, alors que celle-ci est en pointe dans la r&#233;pression, sur le territoire fran&#231;ais, dans les colonies et diverses r&#233;gions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les jeunes s'engagent, dit le gouvernement. Mais c'est d&#233;j&#224; le cas ! Contre le racisme, pour que cesse la destruction de la Terre, pour d&#233;fendre leur droit &#224; &#233;tudier, pour le partage des richesses et contre l'exploitation, pour le droit au logement, pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre les discriminations, etc. Comment peut-on parler d'apprendre la citoyennet&#233;, lorsqu'on confie l'encadrement &#224; l'arm&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Mahieux&lt;br class='autobr' /&gt;
Article envoy&#233; par l'auteur le 16 f&#233;vrier 2023. Cet article doit &#234;tre publi&#233; dans le num&#233;ro 820 de la revue La R&#233;volution prol&#233;tarienne du mois de mars 2023&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/france/greves-et-manifestations-en-france-que-faire-entre-deux-manifs-mettre-la-france-a-larret-le-social-fait-la-politique.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/france/greves-et-manifestations-en-france-que-faire-entre-deux-manifs-mettre-la-france-a-larret-le-social-fait-la-politique.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La gr&#232;ve en France : pousser encore pour que les dominos tombent, tous !	</title>
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		<dc:date>2020-01-21T13:28:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-01-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis des semaines, pr&#233;sident, ministres et patrons r&#233;p&#233;taient en boucle &#171; on ne bougera pas ! &#187;. Gr&#226;ce &#224; celles et ceux qui sont en gr&#232;ve depuis le 5 d&#233;cembre, cela s'av&#232;re faux. C'est le rapport de forces qui d&#233;termine les d&#233;cisions politiques. D'o&#249; des dispositions particuli&#232;res, tr&#232;s insuffisantes, pour certains secteurs professionnels annonc&#233;es au fil des semaines ; d'o&#249; le retrait &#171; provisoire &#187;, le 11 janvier, de l'&#226;ge pivot du texte du projet de loi d&#233;cid&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; par Alencontre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton41712-b6884.png?1675024808' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis des semaines, pr&#233;sident, ministres et patrons r&#233;p&#233;taient en boucle &#171; on ne bougera pas ! &#187;. Gr&#226;ce &#224; celles et ceux qui sont en gr&#232;ve depuis le 5 d&#233;cembre, cela s'av&#232;re faux. C'est le rapport de forces qui d&#233;termine les d&#233;cisions politiques. D'o&#249; des dispositions particuli&#232;res, tr&#232;s insuffisantes, pour certains secteurs professionnels annonc&#233;es au fil des semaines ; d'o&#249; le retrait &#171; provisoire &#187;, le 11 janvier, de l'&#226;ge pivot du texte du projet de loi d&#233;cid&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 13 - janvier - 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/france/la-greve-en-france-pousser-encore-pour-que-les-dominos-tombent-tous.html/attachment/greveenaction&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/france/la-greve-en-france-pousser-encore-pour-que-les-dominos-tombent-tous.html/attachment/greveenaction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tour de passe-passe de l'&#226;ge-pivot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Premier ministre, Edouard Philippe, a retir&#233; l'&#226;ge-pivot (qu'il avait fix&#233; &#224; 64 ans) du projet de loi. En r&#233;alit&#233;, le Premier ministre renvoie vers ses &#171; partenaires sociaux &#187; (CFDT, UNSA, CFTC) la responsabilit&#233; de fixer cet &#226;ge renomm&#233; &#171; d'&#233;quilibre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge-pivot avait &#233;t&#233; ajout&#233; dans la contre-r&#233;forme plusieurs jours apr&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve, pour que la CFDT et l'UNSA entrent dans l'affaire et puissent ensuite se retirer, donnant l'impression que &#171; l'unit&#233; syndicale s'affaiblit &#187;. Il s'agissait d'un &#171; chiffon rouge &#187;, agit&#233; pour tenter de polariser l'attention sur ce point, dans l'id&#233;e de faire passer plus facilement tout le reste du projet de retraite &#224; points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son retrait ne mettra pas un terme au mouvement ! &lt;strong&gt;Comme si les gr&#233;vistes allaient oublier pourquoi ils et elles sont en gr&#232;ve depuis le 5 d&#233;cembre ; comme si nous allions oublier pourquoi les manifestations se succ&#232;dent dans tout le pays, oublier pourquoi la grande majorit&#233; de notre classe sociale soutient le mouvement et y participe sous des formes diverses.&lt;/strong&gt; Non, nous n'oublions pas. Et nous avons le soutien de l'intersyndicale nationale CGT/FO/CGC/Solidaires/FSU, qui renouvelle son appel &#224; la gr&#232;ve reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ternel &#171; retour &#187; de la lutte de classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout mouvement d'ampleur, sa raison ne se limite pas &#224; une cause ; il y a un refus plus global de &#171; l'avenir qu'on nous pr&#233;pare &#187;, une volont&#233; d'en finir &#171; avec les injustices et la mis&#232;re d'aujourd'hui &#187; et, au fil des discussions, une aspiration grandissante &#224; &#171; une reprise en mains de nos vies &#187;, parfois en remettant en cause la hi&#233;rarchie, les t&#226;ches inutiles, les politiciens et politiciennes professionnels qui s'approprient la politique, l'invention du ch&#244;mage au lieu de diminuer le temps de travail, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Gilets jaunes sont pass&#233;s par l&#224;, diront certains ; ce n'est qu'un retour aux fondements du mouvement ouvrier, diront d'autres ; tous et toutes ont raison, dirons-nous. La lutte des classes est inh&#233;rente &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste ; elle ne revient pas au premier plan ; c'est seulement que, par l'action directe des gr&#233;vistes, nous y avons repris l'offensive ; alors qu'en temps qu'on veut nous faire passer pour &#171; ordinaire &#187;, ce sont les patrons et leurs alli&#233;s qui la m&#232;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rejet du projet de loi sur les retraites d&#233;passe les contours de la classe ouvri&#232;re. Les divers soutiens venant du monde des arts, de la culture ou de la recherche en t&#233;moignent. Mais c'est bien de soutien dont il s'agit l&#224; : la centralit&#233; de la gr&#232;ve est ind&#233;niable. &lt;strong&gt;Sans ce que font les cheminots et cheminotes de la SNCF, les salari&#233;&#183;e&#183;s de la RATP, le personnel de l'Op&#233;ra de Paris et d'autres depuis le 5 d&#233;cembre, il n'y aurait pas de &#171; mouvement contre la retraite &#224; point &#187;, on ne causerait pas du sujet, la Macronnerie suivrait son cours&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante se sera forg&#233;e dans cette lutte. C'est important. Un bilan critique sera &#224; faire, des points n&#233;gatifs ne doivent pas &#234;tre pass&#233;s sous silence si nous voulons &#234;tre plus fort&#183;e&#183;s &#224; l'avenir, mais l&#224; aussi, il faut affiner : l'auto-organisation, la d&#233;mocratie des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont en recul &#224; la SNCF par rapport &#224; de pr&#233;c&#233;dentes gr&#232;ves ; mais, quelles avanc&#233;es &#224; la RATP qui ne connaissaient rien de cela depuis tr&#232;s longtemps ! A la SNCF, assez rapidement les pourcentages de gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rents entre les agents de conduite et les autres ; ce n'est pas sans lien avec le point pr&#233;c&#233;dent, mais c'est loin d'&#234;tre la premi&#232;re fois dans cette entreprise. Des secteurs entiers ne sont pas rentr&#233;s dans le mouvement, en dehors des &#171; grosses journ&#233;es &#187;, et encore, assez faiblement m&#234;me ces jours-l&#224;. Le terme &#171; A.G. &#187; est utilis&#233; pour des situations bien diff&#233;rentes, certaines assez &#233;loign&#233;es de la d&#233;mocratie directe : AG des gr&#233;vistes sur leur lieu de travail ; AG interprofessionnelle de ville ou quartier, que celle-ci soit l'&#233;manation d'AG de gr&#233;vistes ou le lieu de rencontres d'activistes qui ne sont pas tous et toutes partie prenante d'une gr&#232;ve ; AG autoproclam&#233;e &#171; de base &#187;, alors m&#234;me qu'elle est invent&#233;e par un ou des groupes politiques, sans aucun mandat des collectifs en gr&#232;ve &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cela et de bien d'autres choses, il faudra tirer des enseignements : ils n'auront d'int&#233;r&#234;t que discut&#233;s et partag&#233;s par les acteurs et actrices de ce mouvement, et donc des prochains mouvements. Mais par-del&#224; les enseignements et critiques constructives, rappelons-nous : combien croyaient que la gr&#232;ve reconductible irait plus loin que mi-d&#233;cembre ? Combien auraient pari&#233; sur sa poursuite apr&#232;s les f&#234;tes de fin d'ann&#233;e (d'autant que la seule perspective intersyndicale nationale &#233;tait le lointain rendez-vous du 9 janvier) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En finir avec le mythe de la gr&#232;ve par procuration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression fut abondamment employ&#233;e &#224; propos de la gr&#232;ve de 1995. Banalis&#233;e au cours de ce quart de si&#232;cle, elle fait partie de ce vocabulaire qu'on nous impose, m&#234;me s'il ne veut pas dire grand-chose, et qui finit par faire sens, celui voulu par la classe dirigeante. Il faut en finir : la gr&#232;ve par procuration, &#231;a n'existe pas. On est en gr&#232;ve ou on ne l'est pas. Si on ne l'est pas, on peut &#233;ventuellement soutenir la gr&#232;ve des autres, mais on n'y participe pas ; m&#234;me par procuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; gr&#232;ve par procuration &#187; est commode car elle &#233;vite de se poser les questions difficiles ; pourtant, ce sont souvent les bonnes questions. Mieux vaut s'atteler &#224; comprendre pourquoi nos forces sont insuffisantes que de croire que dans la construction du rapport de forces, dans l'affrontement social, gr&#233;vistes et non-gr&#233;vistes p&#232;sent du m&#234;me poids. &lt;strong&gt;Celles et ceux qui font l'Histoire depuis le 5 d&#233;cembre, ce sont les gr&#233;vistes, pas les spectateurs et spectatrices, m&#234;mes supporters, supportrices ou conseiller.es techniques&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement actuel est d'une dur&#233;e in&#233;dite. Dans le prolongement des Gilets jaunes, il fait vaciller le pouvoir ; celui incarn&#233; &#224; travers les institutions du r&#233;gime (pr&#233;sident, ministres) mais aussi &#8211; et c'est le plus important &#8211; le pouvoir r&#233;el, celui du patronat, des financiers. C'est ce qui explique les atermoiements qui commencent &#224; se faire jour du c&#244;t&#233; du gouvernement et les d&#233;clarations contradictoires de membres de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle. La violence et l'impunit&#233; polici&#232;res accrues, s'inscrivent aussi dans cette logique. La gr&#232;ve attaque directement le syst&#232;me dont la minorit&#233; d'exploiteurs profite ; ils craignent pour leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l&#224; qu'il faut concentrer les attaques : en cessant le travail, en se rappropriant les locaux, en bloquant l'&#233;conomie, en interpellant directement leurs relais locaux (directions d'entreprise, mais aussi chambres de commerce et d'industrie ou unions patronales).&lt;/strong&gt; Le besoin extension du mouvement ne se limite pas au soutien &#224; celles et ceux qui sont d&#233;j&#224; en gr&#232;ve ; c'est, avant tout, un objectif strat&#233;gique pour gagner plus vite et plus fort. Or, le constat est l&#224; : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle n'a pas pris dans tous les secteurs ; tant s'en faut ! C'est une faiblesse sur laquelle il nous faudra travailler pour l'avenir. La question de la pr&#233;sence syndicale dans les entreprises est d&#233;terminante : une pr&#233;sence qui ne doit pas se limiter &#224; la repr&#233;sentation institutionnelle l&#224; o&#249; elle existe encore, une pr&#233;sence qu'il faut reconqu&#233;rir dans de tr&#232;s nombreux endroits o&#249; le prol&#233;tariat, lui, est toujours pr&#233;sent (petites entreprises, &#171; auto-entrepreneurs &#187;, int&#233;rim, sous-traitance). A n'en pas douter, le syndicalisme interprofessionnel est une des r&#233;ponses appropri&#233;es ; &#224; condition de le (re)construire vraiment, &#224; la base, en y mettant les moyens en temps et militants. A n'en pas douter, il est n&#233;cessaire que le maximum de militantes et militants s'y consacre d&#232;s maintenant, en se mettant &#224; disposition des Unions interprofessionnelles, pour diffuser les tracts aux portes des entreprises qui ne sont pas dans le mouvement, pour y tenir des r&#233;unions d'information et de mobilisation, pour soutenir les d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s syndicaux isol&#233;&#183;e&#183;s, pour faire le lien avec les Gilets jaunes, pour permettre des manifestations et autres initiatives interprofessionnelles locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les entreprises o&#249; le difficile, mais indispensable, travail de propagande, explication, motivation et organisation n'a pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; entre septembre et d&#233;but d&#233;cembre, la r&#233;alit&#233; est en d&#233;calage avec ce qu'on conna&#238;t par exemple &#224; la SNCF ou &#224; la RATP. Sur le plan interprofessionnel, la marche est plus haute encore ; une partie de ce qui a &#233;t&#233; abandonn&#233; depuis des dizaines d'ann&#233;es par le mouvement syndical, fut-il de lutte, ne sera pas rattrapable durant ce mouvement. C'est &#224; long terme, mais sans tarder, qu'il faudra s'y atteler. Relan&#231;ons une id&#233;e, adopt&#233;e d&#233;j&#224; dans quelques congr&#232;s syndicaux mais quasiment nulle part mise en &#339;uvre : &lt;strong&gt;rendre &#171; normal &#187; le fait qu'un pourcentage du temps de d&#233;l&#233;gation syndicale de chaque militante ou militant soit consacr&#233; &#224; des t&#226;ches interprofessionnelles. &lt;/strong&gt;Cela n'aura rien de magique en termes d'effet, mais avec quelques autres dispositions portant sur la r&#233;partition du temps pass&#233; avec les coll&#232;gues, d'une part, avec les patrons,d'autre part, ou le caract&#232;re interprofessionnel des formations syndicales, &#231;a pourrait contribuer &#224; changer grandement la donne. On ne reviendra pas ici sur la question des caisses de gr&#232;ve (voir l'article publi&#233; en date du 31 d&#233;cembre 2019 sur ce site : &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/europe/france/france-debat-caisse-de-greve-ou-quest-ce-la-greve.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/europe/france/france-debat-caisse-de-greve-ou-quest-ce-la-greve.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre fait notable : &lt;strong&gt;bien plus que lors des pr&#233;c&#233;dents grands mouvements sociaux dans le pays, beaucoup de choses se passent dans les localit&#233;s :&lt;/strong&gt; manifestations syndicales unitaires et pas seulement lors des &#171; journ&#233;es nationales &#187;, f&#234;tes organis&#233;es en soutien aux gr&#233;vistes, d&#233;bats, actions visant des cibles &#233;conomiques, aides au piquet de gr&#232;ve, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, malgr&#233; les in&#233;dits appels unitaires nationaux, conf&#233;d&#233;raux et f&#233;d&#233;raux, optons d&#233;j&#224; pour une gr&#232;ve g&#233;n&#233;ralis&#233;e. L'objectif demeure la reconduction ; mais la gr&#232;ve partout, m&#234;me si dans certains secteurs elle est limit&#233;e, voil&#224; qui acc&#233;l&#233;rerait beaucoup les choses&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les dominos alors ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est Macron qui en avait parl&#233; : &lt;i&gt;&#171; Si je commence &#224; dire [qu'] on garde un r&#233;gime sp&#233;cial pour l'un, &#231;a va tomber comme des dominos, hein ! Parce que derri&#232;re on me dira &#8220;vous faites pour les policiers, donc les gendarmes&#8221;. Donc en suite on me dira &#8220;vous faites pour les gendarmes, pourquoi pas pour les infirmiers et infirmi&#232;res, les aides-soignants&#8221;&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fait pour les policiers, pour les gendarmes ; il a propos&#233; de mani&#232;re notoirement insuffisante pour d'autres ; il a retir&#233; &#171; provisoirement &#187; son &#226;ge-pivot&#8230; Allez, poussons encore un peu&#8230; (Article re&#231;u le 12 janvier 2020, il est de m&#234;me publi&#233; dans &lt;a href=&#034;http://www.cerisesenligne.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cerisesenligne.fr/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France. La gr&#232;ve des cheminots et cheminotes : une vue et un examen de &#171; l'int&#233;rieur &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-La-greve-des-cheminots-et-cheminotes-une-vue-et-un-examen-de-l-interieur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/France-La-greve-des-cheminots-et-cheminotes-une-vue-et-un-examen-de-l-interieur</guid>
		<dc:date>2018-05-01T11:30:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux, Fr&#233;d&#233;ric Michel, Julien Troccaz, Mathieu Borie</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 24 - avril - 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement fran&#231;ais a lanc&#233; une attaque d'ampleur envers les cheminots et les cheminotes, mais aussi plus globalement contre le service public ferroviaire. Des milliers de kilom&#232;tres de lignes ferroviaires, dites &#171; non rentables &#187;, sont menac&#233;es ; l'entreprise publique SNCF sera transform&#233;e en Soci&#233;t&#233; anonyme, la &#171; dette ferroviaire &#187; demeure ; le transport public de voyageurs va &#234;tre ouvert au secteur priv&#233; comme cela est d&#233;j&#224; le cas pour le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton34617-52e98.jpg?1675024809' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 24 - avril - 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais a lanc&#233; une attaque d'ampleur envers les cheminots et les cheminotes, mais aussi plus globalement contre le service public ferroviaire. Des milliers de kilom&#232;tres de lignes ferroviaires, dites &#171; non rentables &#187;, sont menac&#233;es ; l'entreprise publique SNCF sera transform&#233;e en Soci&#233;t&#233; anonyme, la &#171; dette ferroviaire &#187; demeure ; le transport public de voyageurs va &#234;tre ouvert au secteur priv&#233; comme cela est d&#233;j&#224; le cas pour le transport de marchandises ; ce qu'il reste de Fret SNCF sera filialis&#233;&#8230; Pour le personnel de la SNCF, c'est la fin du Statut ; celui-ci d&#233;finissait les &#171; droits et devoirs &#187; des cheminots et cheminotes. Plus avantageux que les r&#232;gles communes applicables en France sur certains points, il comprend aussi des dispositions plus contraignantes, notamment pour ce qui est de la flexibilit&#233; des conditions de travail, compte tenu du caract&#232;re permanent du service public ferroviaire (365 jours sur 365, 24 heures sur 24). Mais le Statut, ce sont aussi des r&#232;gles collectives en mati&#232;re de r&#233;mun&#233;ration et progression salariale durant la carri&#232;re, l'impossibilit&#233; de licenciement dit &#233;conomique, un droit syndical construit au fil de l'histoire, et le r&#233;gime particulier de retraite &#8211; d&#233;j&#224; fortement remis en cause depuis 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la SNCF, la gr&#232;ve a d&#233;but&#233; le 3 avril. Mais les f&#233;d&#233;rations CGT, UNSA et CFDT ont impos&#233; un calendrier de 36 journ&#233;es de gr&#232;ve d'ici au 30 juin ; sous la forme de 18 gr&#232;ves de 2 jours. Leur refus d'un mouvement reconductible, d&#233;fendu par SUD-Rail [Solidaires] et FO, a cr&#233;&#233; une situation peu propice &#224; la construction du mouvement dynamique, port&#233; par la base, qu'il faudrait. Le pr&#233;sent texte ne se veut nullement de bilan : le mouvement est en cours, il faut y participer, le soutenir&#8230; et mener le d&#233;bat pour le rendre plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auto-organisation, d&#233;mocratie dans la lutte, assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales : un recul de plus de 30 ans !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les f&#233;d&#233;rations UNSA et CFDT pouvaient se donner l'image de syndicats combatifs, mais &#224; peu de frais ; quelques journ&#233;es de gr&#232;ve, avant de s'en sortir &#224; la moindre occasion[1] ? Ainsi, la f&#233;d&#233;ration CGT peut en finir avec la pratique des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; ce sont les gr&#233;vistes qui d&#233;cident r&#233;ellement de leur gr&#232;ve ; c'&#233;tait un acquis depuis plus de 30 ans &#224; la SNCF (la plus longue gr&#232;ve de son histoire, 1986/1987[2]) que bien des bureaucrates syndicaux n'ont eu de cesse de combattre. Certes, pour la forme, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales demeurent ; mais il n'y a plus rien &#224; y discuter. Du coup, ce sont au mieux des meetings syndicaux, au pire des rassemblements de d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s. D&#232;s avant la r&#233;union interf&#233;d&#233;rale du 15 mars qui a mis en avant ce calendrier de gr&#232;ves de 48 heures, le danger &#233;tait perceptible. Il a &#233;t&#233; ignor&#233;, ou &#224; tout le moins minor&#233;, par nombre de militants et militantes sinc&#232;res et combatifs, et cela se paie depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'un tiers du personnel de la SNCF doit remplir une &#171; d&#233;claration individuelle d'intention (DII) &#187; de faire gr&#232;ve, 48 heures avant, en pr&#233;cisant sur quel pr&#233;avis. In&#233;vitablement, la r&#233;f&#233;rence la plus commune &#233;tait l'unitaire (CGT/UNSA/CFDT), de 48 heures, non reconductible. A partir de l&#224;, agents de conduite, contr&#244;leurs, aiguilleurs et autres personnels ayant d&#233;pos&#233; ainsi leur DII ne pouvaient poursuivre la gr&#232;ve, sauf &#224; se trouver en situation irr&#233;guli&#232;re[3]. Pour les autres, la publicit&#233; faite sur le calendrier s'&#233;talant du 3 avril au 30 juin a pouss&#233; &#224; choisir ses dates de gr&#232;ve parmi les 36 propos&#233;es. Puisque tout le monde a le programme des gr&#232;ves jusqu'au 30 juin, pourquoi participer aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ?La campagne men&#233;e pendant des semaines sur le th&#232;me &#171; trouvons une forme d'action qui ne co&#251;te pas cher aux gr&#233;vistes[4] &#187; a pes&#233; ; d'autant plus que la plupart du temps, la bataille id&#233;ologique pour contrer cela n'a pas &#233;t&#233; men&#233;e, au nom de l'unit&#233; qu'il ne fallait pas fragiliser. Pour le m&#234;me motif, il n'y a pas eu de d&#233;bat r&#233;el, parmi la masse des cheminots et des cheminotes, sur la forme de l'action. Le calendrier des 18 gr&#232;ves de 48 heures s'est impos&#233; comme l'&#233;vidence de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; &#233;tait le pi&#232;ge. Car une fois les affaires lanc&#233;es ainsi, il &#233;tait quasiment certain qu'on arriverait &#224; la situation connue depuis d&#233;but avril : des gr&#232;ves successives qui occupent l'espace m&#233;diatique, mais un nombre de gr&#233;vistes qui n'est pas &#224; la hauteur de ce qu'il faudrait, et surtout l'impossibilit&#233; de cr&#233;er une dynamique d'auto-organisation, de prise en main de la gr&#232;ve par les gr&#233;vistes. Ce dernier &#233;l&#233;ment est d&#233;terminant : non seulement, par rapport aux pratiques syndicales d&#233;fendues et mises en &#339;uvre, mais aussi pour l'efficacit&#233; de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gr&#232;ves se succ&#232;dent, mais avec quelles perspectives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 mars a eu lieu une grande manifestation nationale des cheminots et cheminotes. Au-del&#224; du nombre de manifestantes et manifestants, c'est celui des gr&#233;vistes qui &#233;tait impressionnant ; d'autant que la plupart des f&#233;d&#233;rations syndicales[5], explicitement, n'appelaient pas &#224; la gr&#232;ve ce jour-l&#224;. Malgr&#233; l'appel interf&#233;d&#233;ral du 15 mars, il &#233;tait possible de rebondir sur cet &#233;v&#232;nement pour imposer un autre mouvement &#224; compter de d&#233;but avril. On l'a vu, cela n'a pas &#233;t&#233; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; en sommes-nous ? Sans surprise, la propagande patronale et gouvernementale consiste &#224; expliquer que la gr&#232;ve faiblit. C'est aussi habituel que sans effet. Mais &#224; l'inverse, il est ridicule d'affirmer que le nombre de gr&#233;vistes est exceptionnel ; il est surtout tr&#232;s in&#233;gal selon les cat&#233;gories. Tr&#232;s forte chez les agents de conduite, la gr&#232;ve ne prend pas &#224; la hauteur de ce que doit &#234;tre une gr&#232;ve nationale qui dure, parmi les agents commerciaux des gares, le personnel de la maintenance des installations ou dans les ateliers. C'est en grande partie inh&#233;rent aux modalit&#233;s retenues, comme expliqu&#233; pr&#233;c&#233;demment.La forme d'action choisie permet que le sujet demeure d'actualit&#233; dans la dur&#233;e sur le plan m&#233;diatique. Par ailleurs, chaque jour, toutes les f&#233;d&#233;rations publient tracts et/ou communiqu&#233;s, &#233;tendant ainsi une pratique qui fut longtemps l'apanage de SUD-Rail et Solidaires. Mais nombre de gr&#233;vistes commencent &#224; exprimer des doutes, fond&#233;s : oui, le mouvement se poursuit, mais quel est son effet ? L&#224; est le n&#339;ud du probl&#232;me. Une certaine conception du syndicalisme affirme que la gr&#232;ve sert ponctuellement &#224; &#171; montrer sa force et sa col&#232;re &#187;, ensuite le patronat et/ou le gouvernement n&#233;gocie et on cl&#244;t le chapitre. Ce n'est pas le syndicalisme que nous d&#233;fendons et pratiquons : pour nous, la gr&#232;ve c'est pour gagner ; les n&#233;gociations doivent se faire sous la pression des gr&#233;vistes ; c'est un moment de rupture avec le syst&#232;me en place qui permet d'en envisager d'autres, plus fortes. Celles et ceux qui voulaient seulement &#171; montrer leur force &#187; sont confront&#233;s &#224; un probl&#232;me de taille : gouvernement et patronat n'entendent pas n&#233;gocier, seul le rapport de force peut les faire craquer. Et il passe par un blocage de l'&#233;conomie, un blocage dans la dur&#233;e de l'activit&#233; ferroviaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible de rebondir sur le mouvement actuel pour arriver &#224; cela ? Ou bien le verrouillage est-il tel que mieux vaut reprendre l'&#233;lan n&#233;cessaire &#224; ce rebond ? L'avenir, proche, le dira&#8230; Une chose est s&#251;re : ce n'est pas en multipliant les pertes de salaire dues &#224; une succession de gr&#232;ves non reconductibles qu'on pr&#233;pare dans les meilleures conditions une gr&#232;ve reconductible. Ne serait-ce que l'exp&#233;rience de 2016 le rappelle[6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les propositions alternatives pour le secteur ferroviaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partie pour gagner la bataille de l'opinion publique, mais aussi par souci de cr&#233;dibilit&#233; vis-&#224;-vis des adversaires sociaux[7], chaque f&#233;d&#233;ration a mis en avant ses propositions alternatives pour un autre service public ferroviaire[8]. Histoire de l'organisation du chemin de fer, exploitation et infrastructures, dette, transport, environnement et &#233;cologie, activit&#233;s d&#233;j&#224; privatis&#233;es, situation dans d'autres pays, etc., les th&#232;mes abord&#233;s sont nombreux et int&#233;ressants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si on ne fait pas semblant de croire que ces documents vont convaincre Guillaume Pepy [PDG de la SNCF] ou les d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s, alors on y trouve des pistes de r&#233;flexion int&#233;ressantes pour imaginer collectivement un service public ferroviaire autog&#233;r&#233; par celles et ceux qui le font fonctionner, et par celles et ceux qui l'utilisent&#8230; Un travail &#224; poursuivre pour remettre en cause l'h&#233;g&#233;monie du mod&#232;le capitaliste, ouvrir les pens&#233;es collectives vers d'autres horizons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les organisations politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des organisations &#171; de gauche &#187; (y compris une partie de celles qui ont collabor&#233; aux gouvernements &#224; l'origine d'autres reculs sociaux) affirment leur soutien aux cheminots et cheminotes. Ce ne fut pas sans int&#233;r&#234;t pour renverser un peu le flux m&#233;diatique contre la gr&#232;ve. Mais plus que de d&#233;clarations m&#233;diatiques, ce sont des militants et militantes organisant les gr&#232;ves, sur le terrain, dont on a besoin ! Et c'est une fois de plus la limite criante de celles et ceux qui consid&#232;rent que les organisations politiques (en r&#233;alit&#233;, &#171; leur organisation politique &#187;) sont le d&#233;bouch&#233; politique aux luttes sociales : ils et elles comptent sur d'autres pour construire ces luttes sociales ! Le vrai d&#233;bouch&#233; politique ce sont les luttes elles-m&#234;mes : qui y a particip&#233; sait &#224; quel point, surtout durant des mouvements longs durant lesquels les gr&#233;vistes se retrouvent chaque jour, les utopies, les alternatives, les changements radicaux gagnent en cr&#233;dibilit&#233; aux yeux de toutes et tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme est politique, son champ d'action englobe tant la d&#233;fense des revendications dans le cadre de la soci&#233;t&#233; actuelle que l'action pour une transformation radicale de celle-ci. Par action, il faut entendre des choses aussi diff&#233;rentes et compl&#233;mentaires que la formation et l'information, une campagne dans la dur&#233;e et une gr&#232;ve, l'organisation collective et le soutien aux auto-organisations&#8230; L'oppression li&#233;e au syst&#232;me capitaliste, l'oppression &#233;conomique issue des rapports de production et du droit de propri&#233;t&#233;, est commune &#224; toutes celles et tous ceux &#171; d'en bas &#187;. C'est l&#224; que se joue l'affrontement de classes : si &#231;a, ce n'est pas politique ! &#199;a n'emp&#234;che pas, bien entendu, de consid&#233;rer qu'il y a bien d'autres formes d'oppression, qu'il ne s'agit d'ailleurs pas de hi&#233;rarchiser, ni entre elles, ni vis-&#224;-vis de l'oppression &#233;conomique. Les luttes contre les oppressions, et pour l'&#233;galit&#233;, la libert&#233;, etc., font aussi de la politique. La notion d'&#171; organisation syndicale et populaire &#187; est &#224; creuser : luttes contre le patronat, contre la hi&#233;rarchie, pour un travail diff&#233;rent, etc., mais aussi luttes des femmes, des personnes racis&#233;es, des LGBT, des sans-logis&#8230; La r&#233;partition des r&#244;les qui veut que le parti s'occupe de politique et le syndicalisme du social est une impasse. Alors que les syndicats sont, ou du moins devraient &#234;tre, l'outil d'organisation autonome de la classe ouvri&#232;re (ce qui n'est pas rien !), elle les cantonne dans une fonction mineure, leur nie la capacit&#233; d'agir pour changer la soci&#233;t&#233;. A l'inverse, elle pousse les organisations politiques &#224; consid&#233;rer que cette t&#226;che est leur exclusivit&#233; et donc qu'elle est d&#233;connect&#233;e des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les caisses de gr&#232;ve&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lors de chaque mouvement, professionnel ou interprofessionnel, qui dure, on reparle des caisses de gr&#232;ve. Chaque organisation syndicale a lanc&#233; la sienne et une autre l'a &#233;t&#233; par des &#171; personnalit&#233;s &#187;. Le montant de cette derni&#232;re est remis &#224; une association cr&#233;&#233;e par les 4 f&#233;d&#233;rations syndicales &#171; repr&#233;sentatives[9] &#187; de la SNCF, le montant devant &#234;tre r&#233;parti selon le r&#233;sultat aux derni&#232;res &#233;lections professionnelles. Ce mode op&#233;ratoire, outre qu'il &#233;limine FO, revient &#224; consid&#233;rer qu'au bout d'un mois de gr&#232;ve, CFDT ou UNSA ont autant de leurs adh&#233;rent&#183;e&#183;s en gr&#232;ve que CGT ou SUD-Rail, ce qui n'est pas vrai. Priorit&#233; aux structures syndicales, et non aux gr&#233;vistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, que repr&#233;sentent &#171; les sommes tr&#232;s importantes &#187; dont parlent les communiqu&#233;s ? Un million d'euros (somme esp&#233;r&#233; pour la collecte lanc&#233;e par des personnalit&#233;s) ? Il y a environ 150'000 salari&#233;.es &#224; la SNCF, si on se base sur 50% de gr&#233;vistes cela fait donc 75'000 personnes &#224; indemniser. Soyons pessimistes et tablons sur seulement 33% de gr&#233;vistes : chacune et chacune des 50'000 gr&#233;vistes pourra alors toucher 20 euros. C'est un peu en d&#233;calage, pour tant de jours de gr&#232;ve.Il n'y a pas trente-six solutions pour les caisses de gr&#232;ve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; soit les structures syndicales en organisent dans la dur&#233;e, c'est-&#224;-dire en syst&#233;matisant le fait qu'une part de la cotisation syndicale de chaque adh&#233;rent&#183;e est consacr&#233;e &#224; cela, ce qui permet d'amasser au bout d'un long moment une somme &#224; la hauteur des enjeux (en France c'est le cas de&#8230; la CFDT, depuis un demi-si&#232;cle) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; soit, c'est organis&#233; ponctuellement au moment de gr&#232;ves, mais g&#233;r&#233; tr&#232;s localement, &#224; petite &#233;chelle, ce qui permet de r&#233;partir entre gr&#233;vistes les sommes recueillies (y compris par exemple les commer&#231;ant.es du coin&#8230;), mais ce sera forc&#233;ment in&#233;gal &#224; l'&#233;chelle nationale (mais utile l&#224; o&#249; &#231;a se fera : au plan financier, mais aussi parce que &#231;a suppose des contacts gr&#233;vistes/reste de la population).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re solution, la plus efficace, renvoie &#224; la place de l'organisation syndicale dans le mouvement social et politique. Elle doit &#234;tre centrale, dans la dur&#233;e, ne pas &#234;tre &#171; red&#233;couverte &#187; seulement lorsque de grands mouvements sont lanc&#233;s. En creux, cela pose aussi la question du rapport entre la classe ouvri&#232;re et les autres classes sociales&#8230; Ce sujet des caisses de gr&#232;ve pourrait &#234;tre un &#234;tre un excellent exercice pratique pour les collectifs militants de diff&#233;rentes organisations syndicales, voulant unifier le syndicalisme de luttes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monde en dehors des cheminots et cheminotes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ces attaques s'ins&#232;rent dans un plan bien plus vaste. Les retrait&#233;&#183;e&#183;s ont vu leur pouvoir d'achat largement amput&#233; depuis plusieurs mois, une s&#233;lection accrue est mise en place pour l'acc&#232;s &#224; l'universit&#233;, nombre d'entreprises continuent de licencier pour engraisser leurs actionnaires, dans la Fonction publique et les services publics, les situations de souffrance au travail, les d&#233;pressions et les suicides se multiplient. Des gr&#232;ves touchent diff&#233;rents secteurs : Air France, des enseignes du Commerce, etc. Sans compter des travailleurs et travailleuses sans-papiers qui exigent leur r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affaibli par des d&#233;faites importantes ces derni&#232;res ann&#233;es, le mouvement syndical peine &#224; organiser la riposte &#224; la hauteur des enjeux. La CGT avait d&#233;cid&#233; d'organiser seule une journ&#233;e d'actions le 19 avril ; Solidaires y a appel&#233; aussi. Une fois de plus, cela s'est traduit par des manifestations o&#249; la participation militante domine, sans effet d'entra&#238;nement sur la masse des salari&#233;&#183;e&#183;s. Une gr&#232;ve est pr&#233;vue dans l'Education nationale, le 3 mai. Pour l'ensemble des fonctionnaires, ce sera le 22 mai. Pour les personnes &#224; la retraite, les manifestations dans toute la France auront lieu le 14 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence est-elle &#224; annoncer des dates successives ou &#224; reconstruire des outils syndicaux solides, porteurs de perspectives de rupture cr&#233;dibles, capables de donner confiance aux travailleurs et travailleuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le contexte actuel en France, un communiqu&#233; du R&#233;seau syndical international de solidarit&#233; et de luttes[10]r&#233;sume la situation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Confront&#233; &#224; divers mouvements sociaux, le gouvernement fran&#231;ais montre une nouvelle fois que les Etats n'h&#233;sitent pas &#224; recourir &#224; la force polici&#232;re et &#224; des lois liberticides pour tenter de museler les mouvements sociaux. Fin mars, le proc&#232;s dit &#171; de Tarnac[11] &#187; a rappel&#233; comment l'appareil judiciaire, au service de la police, pouvait cr&#233;er puis alimenter un mensonge d'Etat. Au-del&#224; de cet exemple m&#233;diatis&#233;, bien des habitants et habitantes de quartiers populaires connaissent quotidiennement discriminations et r&#233;pression polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Notre-Dame-des-Landes, l'Etat est intervenu violemment pour &#233;vacuer celles et ceux qui avaient maintenu la vie sur ce morceau de terre, devenue Zone &#224; d&#233;fendre. La r&#233;sistance, la construction d'alternatives, la solidarit&#233;&#8230; autant de notions qui ne cadrent pas avec le syst&#232;me capitaliste en place. Et lorsque les gestionnaires du syst&#232;me le d&#233;cident, ils et elles usent de violence. Il en est de m&#234;me dans les universit&#233;s fran&#231;aises : la police et parfois des bandes arm&#233;es fascistes y interviennent violemment, couvertes par &#171; l'institution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, nos armes sont notre nombre, notre solidarit&#233;, nos diff&#233;rences comprises comme une richesse collective, nos combats respectifs. Le syndicalisme est directement concern&#233; : &#224; Notre-Dame-des-Landes, un collectif intersyndical existe ; dans les universit&#233;s, le syndicalisme &#233;tudiant est pr&#233;sent. Mais au-del&#224; de &#231;a, l'ensemble du mouvement syndical doit &#234;tre solidaire et actif contre les violences polici&#232;res ; ce n'est pas un hasard si les jeunes sont particuli&#232;rement vis&#233;&#183;e&#183;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence sur les zones &#224; d&#233;fendre et les manifestations de soutien sont n&#233;cessaires. Mais pour gagner ensemble, il faut multiplier les fronts de lutte : Notre-Dame-des-Landes, mais aussi les cheminots et cheminotes ! Les universit&#233;s, mais aussi les salari&#233;&#183;e&#183;s de Carrefour, de Ford Blanquefort (D&#233;partement de la Gironde) ou de La poste ! Les retrait&#233;&#183;e&#183;s, mais aussi le personnel de sant&#233; ! En France, mais aussi ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que nos luttes soient Une, construisons-les ensemble ! Bient&#244;t le mois de mai&#8230; Ce n'est qu'un d&#233;but&#8230; (Article envoy&#233; par les auteurs en date du 23 avril 2018)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] La r&#233;cente tribune publi&#233;e dansLe Mondepar les secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux de la conf&#233;d&#233;ration et de la f&#233;d&#233;ration des cheminots CFDT va dans ce sens. En r&#233;alit&#233;, les syndicats couramment qualifi&#233;s &#171; d'accompagnement &#187; sont confront&#233;s &#224; une politique patronale et gouvernementale qu'ils semblent n'avoir pas compris : le macronismemarque une &#233;tape nouvelle dans la &#171; refondation sociale &#187; voulue par une partie du patronat. Dans la logique de liquidation des &#171; corps interm&#233;diaires &#187;, le syndicalisme institutionnel n'a qu'une place r&#233;siduelle, il est m&#234;me per&#231;u comme inutile, voire comme un frein. La vocation du syndicalisme d'accompagnement &#224; paraitre co-d&#233;cider s'en trouve ruin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Voir notamment, dans Les utopiquesn&#176;3 : &#171; La gr&#232;ve des cheminots 1986/87 &#224; Paris Gare de Lyon ; le bilan de la section syndicale CFDT &#187; [Christian Mahieux] et &#171; La gr&#232;ve des cheminots 1986/87 vue de l'agglom&#233;ration rouennaise ; une exp&#233;rience d'auto-organisation &#187; [Jacques Hais]. &lt;a href=&#034;http://www.lesutopiques.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lesutopiques.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Certes, bien des gr&#232;ves d'importance sont parties sans pr&#233;avis, donc de mani&#232;re &#171; irr&#233;guli&#232;re &#187;, &#171; ill&#233;gale &#187;, mais encore faut-il que l'ambiance, la dynamique (et certaines organisations syndicales) poussent &#224; d&#233;passer ces contingences.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Face &#224; l'ampleur des attaques, on aurait pu s'attendre &#224; un positionnement plus offensif et motivant&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] UNSA et SUD-Rail avaient d&#233;pos&#233; un pr&#233;avis de gr&#232;ve national.&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Voir dans Les utopiquesN3, &#171; La gr&#232;ve de 2016 dans le secteur ferroviaire &#187; [Mathieu Borie, Christian Mahieux, Fr&#233;d&#233;ric Michel, Julien Troccaz]. &lt;a href=&#034;http://www.lesutopiques.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lesutopiques.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] D'autres disent &#171; partenaires sociaux &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Notamment : &lt;a href=&#034;http://www.cheminotcgt.fr/wp-content/themes/cheminotcgt/assets/img/layout/ENSEMBLE-POUR-LE-FER.pdfwww.solidaires.org/Reapproprions-nous-le-service-public-ferroviaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cheminotcgt.fr/wp-content/themes/cheminotcgt/assets/img/layout/ENSEMBLE-POUR-LE-FER.pdfwww.solidaires.org/Reapproprions-nous-le-service-public-ferroviaire&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Il s'agit de la repr&#233;sentativit&#233; telle que d&#233;finie par la loi reprenant la position commune CGT/CFDT/Patronat de 2008 : ne sont concern&#233;es que les organisations ayant recueilli au moins 10% des voix dans l'entreprise ; en l'occurrence, CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT ; pas FO par exemple, qui pourtant appelle &#224; la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] www.laboursolidarity. Ce R&#233;seau rassemble des organisations syndicales (nationales ou locales, professionnelles ou interprofessionnelles), des courants et tendances syndicales, de nombreux pays dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Apr&#232;s dix ans de d&#233;nonciations et pers&#233;cutions de la part de l'appareil d'Etat (politique, judiciaire, policier, m&#233;diatique), des militants et militantes &#171; d'ultragauche &#187;, si tant est que cette d&#233;finitio&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loi travail 2 : pour annuler 1936, 1945, 1968, 1981&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Loi-travail-2-pour-annuler-1936-1945-1968-1981</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Loi-travail-2-pour-annuler-1936-1945-1968-1981</guid>
		<dc:date>2017-09-11T23:35:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dispositions antisociales de la loi Travail 2 sont nombreuse. La CGT, l'Union syndicale Solidaires, la CNT-SO, mais aussi le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature ou encore la Ligue des Droits de l'Homme ont produit des analyses pertinentes et compl&#232;tes. &lt;br class='autobr' /&gt;
tire de : entre les lignes et les mots 2017 - 36 - 9 septembre : Notes de lecture, textes, annonces et p&#233;titions &lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous attarderons ici sur le seul volet relatif au fait syndical. Il comprend deux aspects (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH145/arton31869-abbe3.jpg?1675024809' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='145' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les dispositions antisociales de la loi Travail 2 sont nombreuse. La CGT, l'Union syndicale Solidaires, la CNT-SO, mais aussi le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature ou encore la Ligue des Droits de l'Homme ont produit des analyses pertinentes et compl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tire de : entre les lignes et les mots 2017 - 36 - 9 septembre : Notes de lecture, textes, annonces et p&#233;titions&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous nous attarderons ici sur le seul volet relatif au fait syndical. Il comprend deux aspects :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;la disparition des instances repr&#233;sentatives du personnel CHSCT, DP et CE1, remplac&#233;es par un Comit&#233; Social et Economique aux contours encore incertain mais dont il est d&#233;j&#224; act&#233; qu'il ent&#233;rinera la suppression de plusieurs attributions et droits des d&#233;l&#233;gations actuellement existantes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;l'extension des moyens donn&#233;s &#224; l'employeur de contourner les sections syndicales d'entreprise, pour imposer des mesures, m&#234;me tr&#232;s majoritairement refus&#233;es par celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; viennent ces droits des travailleurs et des travailleuses dont le patronat est en passe d'obtenir la suppression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;La g&#233;n&#233;ralisation des D&#233;l&#233;gu&#233;s du Personnel dans les &#233;tablissements d'au moins onze salari&#233;s date de la loi du 24 juin 1936 qui reprenait l&#224; une des dispositions des accords Matignon sign&#233;s durant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de mai-juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;Les Comit&#233;s d'Entreprise ont &#233;t&#233; institu&#233;s par les Ordonnances du 22 f&#233;vrier 1945, en application du programme du Conseil National de la R&#233;sistance, dont le patronat &#233;tait tr&#232;s majoritairement &#233;cart&#233; car ayant collabor&#233; avec les r&#233;gimes fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;La section syndicale d'entreprise devint l&#233;gale par la loi du 27 d&#233;cembre 1968, concr&#233;tisant un des engagements pris lors des n&#233;gociations de Grenelle, pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de mai-juin de cette m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;Les CHSCT datent de la loi du 23 d&#233;cembre 1982, derni&#232;re des quatre lois modifiant profond&#233;ment le Code du travail promulgu&#233;es par le gouvernement issu de l'arriv&#233;e de la Gauche au pouvoir, le 10 mai 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1936, 1945, 1968, 1981 : quatre moments o&#249; le patronat et tout le camp r&#233;actionnaire est en situation de faiblesse et o&#249; il a peur du mouvement social qui joue pleinement son r&#244;le politique. Une peur parfois exag&#233;r&#233;e, une faiblesse trop souvent vite compens&#233;e par les compromissions de celles et ceux que l'autonomie des travailleurs et travailleuses effraie. Mais le fait est ind&#233;niable : patronat et bourgeoisie se vengent de d&#233;faites sociales pass&#233;es et laissent libre cours &#224; une haine du peuple qu'il leur fallait plus ou moins contenir ! La sortie de Macron sur &#171; les fain&#233;ants, les cyniques et les extr&#234;mes &#187; n'en est que l'&#233;cume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas seulement des contre-r&#233;formes antisociales qu'il faut combattre ; tous les droits des salari&#233;-es, &#224; commencer par celui de s'organiser et de se d&#233;fendre collectivement, sont frontalement attaqu&#233;s. Nous voulons l'abolition du salariat ? Le pouvoir en place aussi ! Pour nous, il s'agit de le remplacer par une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, autogestionnaire, f&#233;ministe, &#233;cologiste, mettant un terme &#224; l'exploitation des &#234;tres humains ; le gouvernement entend y substituer l'auto-entreprenariat, l'ub&#233;risation, la pr&#233;carit&#233; g&#233;n&#233;rale, la loi des plus forts comme seule r&#232;gle de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1936, 1945, 1968, 1981&#8230; Alors oui, il faut r&#233;ussir la journ&#233;e de gr&#232;ve et manifestations du 12 septembre ; oui, il est indispensable de pr&#233;parer celle du 21 septembre, notamment en prenant les moyens d'y donner un caract&#232;re unitaire plus affirm&#233;. Mais l'enjeu impose de construire d'autres perspectives. En termes de dates, car il ne s'agit pas d'aligner des journ&#233;es &#171; pour l'honneur &#187; ; en termes de projet &#233;mancipateur et cr&#233;dible, li&#233; &#224; la d&#233;fense quotidienne de nos int&#233;r&#234;ts de classe, individuels et collectifs, car c'est ainsi qu'on pourra construire un mouvement fort, ancr&#233; parmi la masse des travailleurs et travailleuses, qu'ils et elles soient en activit&#233;, en retraite, au ch&#244;mage ou en formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1936, 1945, 1968, 1981&#8230; reprenons les questions essentielles : l'unit&#233; et de l'unification du mouvement syndical, son implantation, sa capacit&#233; &#224; se transformer en v&#233;ritable force syndicale et sociale pour jouer le r&#244;le politique qui doit &#234;tre le sien, la r&#233;alit&#233; de son internationalisme face &#224; celui des forces capitalistes2&#8230; Il y a urgence. Mais pas obligation de se pr&#233;cipiter pour satisfaire au zapping des r&#233;seaux (anti ?) sociaux ou aux app&#233;tits politiciens. A partir des enseignements du pass&#233; et sans le mythifier, en fonction des r&#233;alit&#233;s contemporaines et sans les consid&#233;rer in&#233;luctables, construisons, cr&#233;ons, osons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Mahieux (syndicaliste SUD-Rail/Solidaires, comit&#233; &#233;ditorial des Cahiers Les utopiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Comit&#233;s d'Hygi&#232;ne, S&#233;curit&#233; et des Conditions de Travail &#8211; D&#233;l&#233;gu&#233; du Personnel &#8211; Comit&#233;s d'Etablissement et Comit&#233;s d'Entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Voir &#224; ce propos l'article &#171; Invoquer l'unit&#233;, oui ; la faire c'est mieux ! &#187; [Th&#233;o Roumier, Christian Mahieux]. Cahier de r&#233;flexions Les utopiques n&#176;4, f&#233;vrier 2017 (&lt;a href=&#034;http://www.lesutopiques.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lesutopiques.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mobilisation du 7 septembre contre &#171; la r&#233;forme Sarkozy&#8211;Woerth &#187; des retraites</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-mobilisation-du-7-septembre-contre-la-reforme-Sarkozy-Woerth-des-retraites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-mobilisation-du-7-septembre-contre-la-reforme-Sarkozy-Woerth-des-retraites</guid>
		<dc:date>2010-09-07T12:40:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Mahieux, G&#233;rard Filoche, Jean-Marie Harribey, Olivier Besancenot</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-07</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le jeudi 2 septembre 2010, le quotidien Le Figaro titrait (p.19). &#171; Retraites : l'ouverture de Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que &#187;. En sous-titre, une pr&#233;cision : &#171; Tout en r&#233;affirmant son opposition &#224; la r&#233;forme, le patron de la CFDT fait quatre propositions pour d&#233;nouer le conflit. &#187;. F. Ch&#233;r&#232;que fait une &#171; ouverture &#187; sur quatre questions : &lt;br class='autobr' /&gt; 1&#176; maintenir &#224; 65 ans la borne d'&#226;ge pour l'attribution de la retraite &#224; taux plein &#171; jusqu'en 2018, date &#224; laquelle il est pr&#233;vu de r&#233;aborder la question des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-09-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-09-07&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Retraites-540-+" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton5259-bd07d.jpg?1675024809' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le jeudi 2 septembre 2010, le quotidien Le Figaro titrait (p.19). &#171; Retraites : l'ouverture de Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que &#187;. En sous-titre, une pr&#233;cision : &#171; Tout en r&#233;affirmant son opposition &#224; la r&#233;forme, le patron de la CFDT fait quatre propositions pour d&#233;nouer le conflit. &#187;. F. Ch&#233;r&#232;que fait une &#171; ouverture &#187; sur quatre questions :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1&#176; maintenir &#224; 65 ans la borne d'&#226;ge pour l'attribution de la retraite &#224; taux plein &#171; jusqu'en 2018, date &#224; laquelle il est pr&#233;vu de r&#233;aborder la question des retraites &#187;. Donc ne pas la relever &#224; 67 ans &#224; compter du 1er juillet 2016, au rythme de 4 mois par ann&#233;e. Le Figaro r&#233;sume bien la question : &#171; Bref, de reculer seulement d'un an et demi la mise en &#339;uvre de cette mesure &#187;. 2&#176; Il demande au gouvernement de revoir sa copie sur trois autres points : les carri&#232;res longues, la p&#233;nibilit&#233; (voir &#224; ce propos, sur notre site, l'introduction &#224; l'article de Laurent Delage, en date du 4 septembre 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Marc Landr&#233; du Figaro, &#224; l'Elys&#233;e un conseiller du Pr&#233;sident explique : &#171; Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que veut montrer qu'il n'est pas dans une position de fermeture, comme la CGT, et cherche &#224; se diff&#233;rencier. Il cherche aussi &#224; obtenir ces concessions du gouvernement pour dire &#224; sa base que le conflit dur dans lequel la CFDT s'est lanc&#233;e n'aura pas &#233;t&#233; vain. [&#8230;] Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que veut montrer que nous avons c&#233;d&#233; apr&#232;s la manifestation du 7 septembre. A-t-on int&#233;r&#234;t &#224; le faire ? Cela m&#233;rite r&#233;flexion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy, qui ne peut &#233;vacuer Woerth dans l'imm&#233;diat, r&#233;p&#232;te : &#171; Je ne serai pas le pr&#233;sident de la R&#233;publique qui partira sans avoir r&#233;gl&#233; la question de l'&#233;quilibre [financier] des r&#233;gimes de retraite. C'est clair que je suis extr&#234;mement d&#233;termin&#233;. &#187; (Le Figaro, 4-5 septembre 2010). Sarkozy et Fillon sont sur l'avant-sc&#232;ne politique. Pendant ce temps, Raymond Soubie, l'expert aguerri en dossiers sociaux, a le contact avec les dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien &#233;conomique Les Echos du 3-4 septembre 2010, Bernard Thibault (CGT) et Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (CFDT) ont d&#233;couvert &#171; l'affaire Woerth-Bettencourt &#187;, avec un retard complice ! Ch&#233;r&#232;que souligne que cette r&#233;forme &#171; du quinquennat [est men&#233;e] en pleine crise politique dans la majorit&#233;, avec le ministre du dossier du c&#339;ur de cette crise. &#187; Et il ajoute : &#171; Cette situation fait qu'on aborde pas du tout le fond du dossier. C'est un vrai probl&#232;me. &#187; Et Thibault de rench&#233;rir :&#171; Eric Woerth est objectivement (sic !) plus occup&#233;, et pr&#233;occup&#233;, par autre chose que par le sujet qui nous int&#233;resse. &#187; Et Ch&#233;r&#232;que de r&#233;pondre &#224; la question &#171; Ce climat vous sert-il ? &#187; : &#171; Je ne pense pas, d&#232;s lors qu'il occulte le d&#233;bat de fond sur les retraites &#187;. Autrement dit : la &#171; crise en haut &#187; ne faciliterait pas une mobilisation pour le retrait de la r&#233;forme : Cette option &#233;tait claire depuis longtemps. Selon Ch&#233;r&#232;que, &#171; il va falloir un jour &#187; que le gouvernement &#171; arr&#234;te d'amuser la galerie (sic) et rouvre un vrai dialogue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer l'impact de la mobilisation du mardi 7 septembre 2010, Ch&#233;r&#232;que insiste d&#233;j&#224; que le signal le plus important pour la CFDT sera &#171; le niveau de gr&#232;ve dans le priv&#233; &#187;. Dans cet entretien conjoint, Thibault se montre plus prudent que Ch&#233;r&#232;que. Plus exactement, il sait ne pas r&#233;pondre &#224; diverses questions, car &#171; nous ne confondons pas vitesse et pr&#233;cipitation. &#187; Le dispositif des appareils n'a pas besoin de se pr&#233;cipiter pour se mettre en place ; il l'est d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lecture de cet entretien conjoint, fait cinq jours avant les gr&#232;ves et les mobilisations du mardi 7 septembre 2010, d&#233;montre combien le nombre &#171; des manifestants &#187;, la diffusion spatiale de la mobilisation, la r&#233;alit&#233; des gr&#232;ves, le degr&#233; d'auto-organisation, les revendications reprises par les &#171; cort&#232;ges &#187;, en un mot la dynamique d'ensemble du mardi 7 septembre sera d&#233;terminant pour la suite. Car, seulement si des secteurs significatifs de salari&#233;&#183;e&#183;s et de jeunes &#171; en formation &#187;, entre autres, entrent, &#224; leur fa&#231;on, sur la sc&#232;ne sociale et politique, sans se caler sur l'agenda politico-&#233;lectoral, les fractures au sommet s'&#233;largiront et des &#233;l&#233;ments d&#233;passant un sc&#233;nario d'alternance (&#224; la Sarkozy -Aubry/Strauss-Kahn) s'affirmeront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, les explications et conceptions de forces politiques et sociales qui se sont efforc&#233;es, plus ou moins, de mener une campagne unitaire pour la journ&#233;e de mobilisation du mardi 7 septembre 2010. (cau)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se mobiliser par millions et pr&#233;parer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Besancenot *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire plier le gouvernement sur la contre-r&#233;forme des retraites et contre sa politique raciste et s&#233;curitaire, une seule solution : se mobiliser par millions et pr&#233;parer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Dans la campagne unitaire pour conserver la retraite &#224; 60 ans, il y a beaucoup du rapport de forces global entre les classes qui est un train de se jouer. La situation dans quelques semaines ne sera pas la m&#234;me si Sarkozy fait passer la r&#233;forme ou si, au contraire, le mouvement ouvrier r&#233;ussit &#224; la stopper. L'impopularit&#233; de la r&#233;forme &#8211; qui est certaine &#8211; ne sera pas suffisante pour la stopper parce qu'on est tous confront&#233;s au m&#234;me probl&#232;me : un certain recul des luttes, un certain reflux social, un certain ressac des mobilisations sociales. Depuis deux ou trois ans, peu de luttes ont &#233;t&#233; victorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est li&#233; &#224; une strat&#233;gie d'&#233;parpillement des luttes qui n'a que trop dur&#233;. C'est aussi li&#233; &#224; l'impact imm&#233;diat de la crise &#233;conomique sur les consciences. Cette crise &#233;conomique qui a d&#233;but&#233;, il y a maintenant deux ans, est une crise de grande envergure. Quand on regarde l'histoire du capitalisme, on sait que lors de ce type de crise, le premier r&#233;flexe dans les couches populaires, n'est pas d'abord celui de la solidarit&#233;, pas d'abord celui de la r&#233;volte collective. C'est malheureusement trop souvent, la d&#233;brouille, le chacun pour soi, l'individualisme, la jalousie. On regarde les acquis sociaux du voisin en pensant que ce sont des privil&#232;ges, voire pire. Et les employeurs, dans le public comme dans le priv&#233;, nous disent : &#171; T'es pas heureux, tu peux prendre la porte, parce que plein de gens veulent ta place, veulent bosser &#187;. Alors ce n'est pas le moment de l'ouvrir, de revendiquer, et on sait que cela p&#232;se sur les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volte comme antidote&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte solidaire est l'antidote &#224; la crise &#233;conomique, mais c'est un antidote qui produit souvent ses effets &#224; rebours, en diff&#233;r&#233;, une fois d&#233;pass&#233;es les illusions du chacun pour soi. Apr&#232;s la crise de 1929, par exemple, et avant les gr&#232;ves de 1934 et la grande gr&#232;ve de 1936 avec le Front populaire, il y a eu aussi 1933 en Allemagne et l'ascension du nazisme. Toutes proportions gard&#233;es, ces deux &#233;l&#233;ments sont pr&#233;sents dans la situation politique actuelle. Cela renforce le r&#244;le du mouvement ouvrier, des organisations, de fa&#231;on unitaire, le r&#244;le des militants, ceux qui a priori sont un peu plus conscients de certaines choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et notre r&#244;le est de brusquer le temps, d'acc&#233;l&#233;rer les effets de cet antidote pour que cela aille plus vite et que cela se produise sur la question des retraites : nous devons agir collectivement l&#224; o&#249; nous pouvons peser. La premi&#232;re chose que l'on peut faire, c'est renforcer notre camp en s'appuyant sur la dynamique de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; ces derniers mois. Parce qu'il y a une attente extraordinaire et souvent sous-estim&#233;e dans les &#233;quipes militantes. Quels que soient les syndicats et les partis, il faut que cette campagne unitaire ait lieu. Quels que soient les d&#233;saccords politiques &#224; gauche, on peut marcher s&#233;par&#233;ment et frapper ensemble sur une question aussi essentielle que celle des retraites qui touche &#224; l'h&#233;ritage du mouvement ouvrier, pour d&#233;fendre la retraite &#224; 60 ans, &#224; taux plein. La deuxi&#232;me chose est que l'on peut aussi affaiblir le camp d'en face, car la crise &#233;conomique percute tout le monde. M&#234;me les classes poss&#233;dantes, m&#234;me les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#224; droite se disent que Sarkozy n'est pas forc&#233;ment la bonne r&#233;ponse de droite pour sortir de la crise. La fuite en avant naus&#233;abonde, raciste, s&#233;curitaire, &#233;c&#339;urante &#224; laquelle on a eu droit cet &#233;t&#233;, outre qu'elle est r&#233;voltante, consiste &#224; essayer de faire oublier les probl&#232;mes politiques, &#233;conomiques et judiciaires du gouvernement. Ce n'est pas la marque d'un gouvernement fort mais bien plut&#244;t celle d'un gouvernement aux abois. Il y a des dissensions potentielles dans les classes poss&#233;dantes qu'il faut savoir exploiter pour remporter des victoires. On peut se dire que dans les semaines &#224; venir, &#224; n'importe quel moment la crise sociale peut se transformer en crise politique, voire en une crise de r&#233;gime. Quand on a commenc&#233; la campagne unitaire, on &#233;tait bien loin de se douter que la campagne sur les retraites allait trouver ce curieux sponsor qu'est L'Or&#233;al, &#224; travers l'affaire Woerth-Bettencourt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woerth est soi-disant un homme d'honneur. Et il l'est &#224; ce point qu'il le distribue en l&#233;gions &#224; ceux qui lui rendent des petits services, le gestionnaire de la fortune Bettencourt qui embauche sa femme, le comptable qui s'est occup&#233; de la campagne municipale et de son micro-parti. Mais dans quelques jours, il devra expliquer &#224; tous que les temps sont durs et qu'il faut se serrer la ceinture. Il est probable qu'en l'entendant, des centaines de milliers de personnes auront envie d'aller manifester. Nous pouvons donc affaiblir le camp d'en face, mais &#224; condition que la gauche sociale et politique, le camp du mouvement ouvrier ne tremble pas &#224; la veille de la rentr&#233;e et que sa partie la plus lib&#233;rale ne nous refasse pas le coup du discours altern&#233; qui dit retraite &#224; 60 ans puis, il faut peut-&#234;tre travailler plus longtemps. La gauche doit avoir du cran pour r&#233;clamer non pas la r&#233;&#233;criture mais le retrait, l'abrogation du projet de loi Woerth-Sarkozy, parce que pour le moment ce n'est qu'un projet de loi. Dans cette campagne, on a d&#233;cid&#233; de donner des explications mais aussi de tracer des perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;forme n'est pas populaire, la bataille de l'opinion n'est quand m&#234;me pas gagn&#233;e d'avance. On voit d&#233;filer dans les m&#233;dias des commentateurs, des analystes, des experts, des &#233;conomistes qui nous expliquent que les caisses de la S&#233;curit&#233; sociale sont vides, sans jamais nous parler des 32 milliards d'euros d'exon&#233;ration de cotisations sociales qui vont aux gros groupes industriels capitalistes pour, para&#238;t-il, cr&#233;er de l'emploi. Ils nous envoient des experts pour expliquer qu'il faut travailler plus longtemps parce qu'on vit plus longtemps. Comme si &#231;a ne pouvait pas &#234;tre une chance extraordinaire de vivre plus longtemps si on a un syst&#232;me de protection sociale qui nous permet d'avoir du temps lib&#233;r&#233; de l'exploitation apr&#232;s une dure vie de labeur. Et puis, il y a les experts qu'on ne voit jamais. Ceux qui, par exemple, pourraient nous dire que si la population a vieilli depuis trente ans, les travailleurs sont aussi beaucoup plus productifs. Au quotidien, cela signifie que le taux de productivit&#233; horaire a augment&#233; de 70 % ! Mais la productivit&#233; est partie dans les profits et ces derniers n'ont pas servi &#224; l'emploi mais &#224; verser des dividendes encore plus importants aux actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;partition des richesses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale est donc bien celle de la r&#233;partition des richesses. Le Conseil d'orientation des retraites cherche 3 % du PIB, 3 % des richesses annuelles pour financer un syst&#232;me des retraites qui est para&#238;t-il aux abois. 3 %, ce n'est rien par rapport aux 17 % qui partent chaque ann&#233;e sous forme de profits accapar&#233;s par une minorit&#233; qui, elle, ne conna&#238;t pas vraiment la crise. On pourrait aussi nous envoyer des experts pour tirer le vrai bilan des r&#233;formes successives, puisque depuis 1993, on n'arr&#234;te pas d'augmenter le nombre d'annuit&#233;s n&#233;cessaires. La r&#233;alit&#233; c'est qu'il y a une toute petite minorit&#233; des salari&#233;s qui arrivent &#224; faire les 37, 5 annuit&#233;s qu'ils devaient effectuer avant la r&#233;forme Balladur, &#224; cause du ch&#244;mage, des licenciements, des pr&#233;retraites, des maladies professionnelles. La seule cons&#233;quence des r&#233;formes est la baisse de 15 &#224; 20 % du montant des pensions. C'est l'objectif de cette r&#233;forme et c'est ce que nous devons expliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il suffirait d'un commentateur qui ait un peu de m&#233;moire pour rappeler que Sarkozy &#233;tait le candidat du plein-emploi alors qu'il y a entre 4 et 5 millions de ch&#244;meurs dans ce pays. Si on avait &#224; la place 4 ou 5 millions de travailleurs &#224; temps plein, cela ferait aussi 4 ou 5 millions de cotisants &#224; temps plein... et les caisses de la S&#233;curit&#233; sociale seraient pleines. Et si en plus on augmentait les salaires, ce qui serait une mesure de salubrit&#233; publique, les caisses seraient pleines &#224; craquer. Cela veut dire que si plut&#244;t que de nous demander de travailler plus longtemps, on nous demandait de travailler moins, tout le monde aurait un emploi. Et personne ne parlerait du probl&#232;me des retraites. Cela s'appelle le partage du temps de travail. Donner des explications ne suffit pas. Il y a un probl&#232;me de confiance collective. Steve Biko, une grande figure de la lutte contre l'apartheid, mort dans les ge&#244;les racistes d'Afrique du Sud, avait une belle formule :&#171; La meilleure arme entre les mains des oppresseurs, c'est la mentalit&#233; des opprim&#233;s &#187; , c'est-&#224;-dire nos mentalit&#233;s, nos probl&#232;mes de confiance, de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre responsabilit&#233; est donc d'essayer d'expliquer comment on peut gagner. Essayer de tracer des perspectives sociales et politiques. Sociales, parce qu'on n'est plus dans l'expectative. Le gouvernement nous a fait une vraie d&#233;claration de guerre sociale, avec un lieu, une date, avec le vote &#224; l'Assembl&#233;e et au S&#233;nat. C'est en septembre, c'est en octobre et on ne va pas les en emp&#234;cher en les amadouant ou en les mena&#231;ant. On ne pourra les en emp&#234;cher que si on est capable d'&#233;tablir un rapport de forces sup&#233;rieur au leur. Si on est capable de cr&#233;er ensemble un pouvoir sup&#233;rieur au leur. Il y a dans ce pays une tradition de lutte et de r&#233;sistance qui fait que la rue a un pouvoir. Elle en a eu en 1995 contre le plan Jupp&#233;, elle en a eu pendant le CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous demande toujours si la rentr&#233;e sera chaude. Ce qu'on sait, c'est qu'elle aura lieu &#224; l'heure, qu'elle commence t&#244;t. Et qu'elle est globale. Pour nous la manifestation du 4 contre la politique raciste et s&#233;curitaire du gouvernement et la premi&#232;re grande gr&#232;ve du 7 contre la r&#233;forme Woerth-Sarkozy, c'est la m&#234;me et seule rentr&#233;e sociale et politique qui s'oppose &#224; une politique lib&#233;rale et qui veut taper. Encore faut-il qu'elle dure le temps n&#233;cessaire. Les mobilisations saute-mouton, cela ne marchera pas. Il faudra une suite rapproch&#233;e, faite de mobilisations prolong&#233;es, de gr&#232;ves, de manifestations, d'un mouvement d'ensemble et d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. L'abrogation de cette r&#233;forme ne doit pas &#234;tre une &#233;ni&#232;me promesse &#233;lectorale pour 2012 car ce serait prendre le probl&#232;me &#224; l'envers : l'issue des retraites ne se joue pas en 2012 mais, en revanche, beaucoup de l'issue de 2012 se joue dans la bataille des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est maintenant qu'il faut affaiblir le gouvernement et la droite. Il faut &#233;galement des perspectives politiques. On a aujourd'hui une droite dure qui s'assume : Sarkozy, c'est le r&#233;gime des plus riches, fait par les riches pour les riches, c'est le r&#233;gime de la peur qui joue sur les peurs. Il faut donc aussi une gauche qui s'assume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gauche qui parle de lutte de classe, d'&#233;mancipation, qui s'adresse au prol&#233;tariat du XXIe si&#232;cle, qui ne parle pas d'augmenter le pouvoir d'achat mais d'augmenter les salaires, qui ne parle pas de r&#233;gulation mais de taxer les profits, qui ne parle pas d'humaniser la politique d'immigration mais d'&#233;galit&#233; int&#233;grale des droits, de r&#233;gularisation de tous les sans-papiers. Une gauche, une autre gauche, celle de l'alternative qui parle aussi de projet de soci&#233;t&#233;. Le r&#233;gime de la peur et des plus riches, on veut le renverser, pour mettre &#224; la place un nouveau mode de production et de consommation qui soit rationnel, respectueux de l'environnement, &#233;galitaire, o&#249; les richesses seraient partag&#233;es entre toutes et tous, contr&#244;l&#233;es et r&#233;appropri&#233;es par toutes et tous, car la mise en cause de la propri&#233;t&#233; est essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'h&#233;ritage du mouvement ouvrier, il y a aussi les h&#233;ritages politiques. Blanqui disait : &#171; Notre projet ne serait qu'un mensonge s'il devait n'&#234;tre que la substitution d'une forme de gouvernement &#224; une autre. Il ne suffit pas de changer les mots, il faut changer les choses. Notre projet, c'est l'&#233;mancipation des travailleurs, c'est la fin du r&#233;gime de l'exploitation et l'av&#232;nement d'un ordre nouveau qui affranchira le travail de la tyrannie du capital. &#187; Nous devons gagner la bataille sur les retraites, nous ne voulons pas &#234;tre la g&#233;n&#233;ration qui a perdu les retraites.&lt;br class='autobr' /&gt;
*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Marie Harribey, Attac **&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six mois de simulacres de concertations, de mensonges envers la soci&#233;t&#233; et de propos rassurants envers les march&#233;s financiers, &#231;a suffit ! Il n'existe qu'une seule solution &#224; ce conflit : le retrait imm&#233;diat de ce projet pour construire un projet alternatif. Cette r&#233;forme d&#233;mant&#232;le le droit &#224; la retraite, tout en accordant les meilleures largesses aux classes dominantes et la purge pour les pauvres. Dans un contexte de crise financi&#232;re qui a d&#233;sagr&#233;g&#233; les d&#233;penses publiques, on fait payer les pauvres pendant que les riches continuent de s'enrichir. Il faut construire un projet alternatif parce que les enjeux sont multiples. Il faut travailler moins et pas plus. Il faut partager les gains de productivit&#233; et pas les polariser &#224; un p&#244;le de la soci&#233;t&#233;. Il faut r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut une retraite &#224; 60 ans pour pouvoir jouir des meilleures ann&#233;es qui s&#233;parent la fin de la vie active de l'&#233;ch&#233;ance finale. Pour cela, il y a une solution, qui est maintenant dans le d&#233;bat public, c'est faire payer les revenus du capital, soumettre &#224; cotisation tous ceux qui ne le sont pas pour l'instant. Nous allons tout faire pour emp&#234;cher que ce projet aboutisse, en nous associant totalement aux manifestations organis&#233;es par les sections syndicales. Nous savons maintenant que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale devient de plus en plus n&#233;cessaire pour faire plier ce projet. Nous allons continuer de mailler le territoire jusqu'au moindre recoin du pays, dans toute la lign&#233;e de l'appel national qui a &#233;t&#233; lanc&#233; par Attac et Copernic, qui r&#233;unit maintenant une tr&#232;s large palette de tout le mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 septembre doit devenir le jour o&#249; la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re se saisit du d&#233;bat sur les retraites. Telle &#233;tait notre intuition lorsque nous avons lanc&#233; cet appel : gagner en transformant le d&#233;bat sur les retraites en d&#233;bat de soci&#233;t&#233;, en choix de soci&#233;t&#233;. Et nous nous trouvons dans une situation in&#233;dite : tous les peuples europ&#233;ens sont confront&#233;s &#224; une situation que la crise du capitalisme rapproche aujourd'hui, parce que les plans d'aust&#233;rit&#233; mettent &#224; mal les droits des salari&#233;s, les conqu&#234;tes sociales, pour le plus grand b&#233;n&#233;fice du capital. Le mouvement social fran&#231;ais doit &#234;tre une pierre dans la construction de ce mouvement social europ&#233;en dont on aura l'&#233;ch&#233;ance le 29 septembre. Il faut faire na&#238;tre cette insurrection civique qui d&#233;passe un conflit syndicats-patronat, parce qu'il y a un v&#233;ritable enjeu de soci&#233;t&#233; pour pr&#233;parer l'avenir. La d&#233;mocratie est menac&#233;e par la stigmatisation des immigr&#233;s, des Roms et par-del&#224;, de tous les membres du salariat. Le vent de la r&#233;volte a sonn&#233;, le vent de la r&#233;volte ne tombera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Mahieux, Solidaires ***&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;forme des retraites est une preuve que la lutte des classes existe et que la classe sociale qui n'est pas la n&#244;tre la m&#232;ne activement. Ce que nous perdons en salaires, pensions, protection sociale, les patrons et les actionnaires le gagnent en profits suppl&#233;mentaires. La r&#233;duction du temps de travail est une des marques du progr&#232;s social, un ph&#233;nom&#232;ne continu, et les patrons s'y sont toujours oppos&#233;s. De la r&#233;duction du temps de travail, la suppression du travail des enfants &#224; la semaine de 40 heures, puis 35 heures, en passant par la journ&#233;e de 8 heures et la retraite &#224; 65 puis 60 ans, la r&#233;ponse patronale a toujours &#233;t&#233; &#171; ce n'est pas possible, &#233;conomiquement on pourra pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est rigoureusement la m&#234;me chose aujourd'hui, sauf que le rapport de forces &#233;tant ce qu'il est, ils ne s'opposent pas &#224; la r&#233;duction du temps de travail, ils veulent imposer son allongement. C'est bien de &#231;a qu'il s'agit. C'est bien s&#251;r l'affrontement en classes sociales que se situe le dossier des retraites. Le mouvement syndical est une nouvelle fois au pied du mur. L'enjeu est-il d'obtenir quelques r&#233;unions pour faire croire &#224; une n&#233;gociation, et mettre en avant quelques reculs moindres que ceux pr&#233;vus initialement, sans que le retour en arri&#232;re, le vol de nos acquis sociaux soient remis en cause ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la r&#233;ponse &#224; cette question d&#233;pend la strat&#233;gie d'actions radicales &#224; mettre en &#339;uvre. Pour Solidaires, l'enjeu est l'abandon du projet de loi. Des n&#233;gociations, il en faudra, mais pour am&#233;liorer le syst&#232;me attaqu&#233; depuis 1993, pour satisfaire des revendications anciennes du mouvement syndical, en mati&#232;re de r&#233;duction du temps de travail, de lutte contre les travaux p&#233;nibles et dangereux, de compensations &#224; ces situations. Donc des n&#233;gociations, mais pas sur la base de ce projet de loi qui ne doit pas voir le jour. Pour &#231;a, il va falloir se battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ussir nos manifestations, &#234;tre 1 million dans la rue comme le 27 mai, plus d'1 million comme le 24 juin, peut-&#234;tre 2 millions comme le 7 septembre. C'est bien, n&#233;cessaire, indispensable, mais pas un but en soi. R&#233;ussir p&#233;riodiquement des journ&#233;es d'actions sur des enjeux comme celui-l&#224;, ce n'est pas suffisant pour gagner. Solidaires propose d'organiser un mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Et ce ne serait pas stupide que la dynamique soit port&#233;e par d'autres forces syndicales nationales. Cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est n&#233;cessaire pour obtenir le retrait du projet de loi, pour &#233;viter le recul historique que gouvernement et patronat veulent nous imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard Filoche, inspecteur du travail, militant PS ****&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bon espoir que nous d&#233;fendions tous ensemble [avec le PS] jusqu'au bout la question des 60 ans. 60, pas 61 ni 62 ! &#192; taux plein, avec 75 % de redistribution, sans retraite inf&#233;rieure au Smic, calcul&#233;e sur les dix meilleures ann&#233;es, et index&#233;es sur les salaires. C'est &#231;a une vraie retraite &#224; 60 ans. L'unit&#233; est essentielle, et nous avons toutes les chances de l'avoir et de gagner. Ils s&#232;ment le doute, &#224; nous de semer la confiance. Il y a 70 % de Fran&#231;ais contre eux. Mais sur ces 70 %, il y en a peut-&#234;tre encore qui pensent que c'est foutu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;pend de nous, de l'unit&#233;, que ces opposants &#224; cette r&#233;forme soient aussi convaincus qu'on peut gagner. Et &#231;a se joue pendant tout le mois de septembre. Un mois de temps forts, &#231;a permet &#224; ceux qui sont h&#233;sitants de ne plus h&#233;siter. Cela veut dire aussi qu'il faut &#234;tre clair sur le fond, exiger un retrait inconditionnel &#224; 60 ans, sans ambigu&#239;t&#233;. Pour les gens qui arrivent &#224; 57, 58, 59 ans, fatigu&#233;s, une infirmi&#232;re qui a couru pendant 35 ans dans les services de l'h&#244;pital, un instituteur qui a d&#233;j&#224; fait 35 rentr&#233;es... la biologie du corps humain n'a pas chang&#233;. Ce n'est pas parce qu'on nous dit qu'il va y avoir des centenaires qu'on change pour autant entre 55 et 60 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on calcule notre feuille de cong&#233;s pay&#233;s, nos semaines de vacances, c'est parce qu'on les attend ! On a besoin, avant d'&#234;tre en difficult&#233; physique ou mentale, de profiter de la vie. Les plus belles ann&#233;es de la retraite sont entre 60 et 65 ans. Les plus dures ann&#233;es au travail sont entre 60 et 65 ans. Et c'est ce qu'ils veulent nous voler ! Alors que l'esp&#233;rance de vie en bonne sant&#233;, c'est 63 ans en moyenne pour les hommes et 64 ans pour les femmes. Ces ann&#233;es sont pr&#233;cieuses, c'est une conqu&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ils ne voulaient pas des 35 heures ni des cong&#233;s pay&#233;s, ils veulent nous reprendre &#231;a. C'est un combat de soci&#233;t&#233;, un combat de classes, o&#249; le salariat est majoritaire dans ce pays. 92 % de la population active produit toutes les richesses de ce pays et ne re&#231;oivent pas la part qu'ils m&#233;ritent. Le salariat de ce pays est en droit non seulement de garder ses retraites mais, pour ceux qui sont en p&#233;nibilit&#233; physique ou mentale, de partir &#224; 55 ans. Qui n'a pas regard&#233; un homme derri&#232;re son marteau-piqueur &#224; 55 ans ? Il a une esp&#233;rance de vie de 61, 62 ans. Le Medef [organisation patronale] parle de p&#233;nibilit&#233; au cas par cas, pour les handicap&#233;s qu'on enverrait directement du travail au tombeau. 60, c'est l'objectif que nous avons gagn&#233;, que nous devons garder. Pas un an de plus, pas un euro de moins. Vive nos retraites &#224; 60 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Olivier Besancenot porte-parole du NPA (intervention au meeting unitaire sur les retraites, &#224; Port-Leucate, le 27 ao&#251;t 2010, lors de l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; du NPA)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Jean&#8211;Marie Harribey, &#233;conomiste, professeur &#224; l'Universit&#233; de Bordeaux. Membre du Conseil scientifique d'attac (intervention le 27 ao&#251;t, dans le cadre du meeting unitaire)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*** Christian Mahieux est un des animateurs de L'Union syndicale Solidaires, constitu&#233;e &#224; partir de dix syndicats autonomes, non-conf&#233;d&#233;r&#233;s, parmi lesquel les divers SUD. (intervention le 27 ao&#251;t, dans le cadre du meeting unitaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**** G&#233;rard Filoche, inspecteur du travail, anime le courant D&#233;mocratie et socialisme &#224; l'int&#233;rieur du PS. Il est l'auteur (avec Jean-Jacques Chavign&#233;) de Une vraie retraite &#224; 60 ans, c'est possible,Ed. J.C.Gawsewitch (2010). (intervention le 27 ao&#251;t, dans le cadre du meeting unitaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5 septembre 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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