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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Br&#233;sil : une situation compliqu&#233;e pour la gauche radicale</title>
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		<dc:date>2016-05-03T10:20:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bea Whitaker, Jo&#227;o Machado</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-03</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Br&#233;sil vit une profonde crise institutionnelle, la plus importante depuis la fin de la dictature. Le gouvernement Dilma Roussef est atteint en pleine face, entra&#238;nant sa paralysie, mais aussi les principales institutions de la d&#233;mocratie bourgeoise. Les principaux dirigeants du Parlement sont impliqu&#233;s dans l'Op&#233;ration Lava Jato (1), dont Eduardo Cunha, pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s, en tant qu'un des accus&#233;s du proc&#232;s. Les dirigeants des partis traditionnels, composants du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton26218-3ec8b.jpg?1675223445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Br&#233;sil vit une profonde crise institutionnelle, la plus importante depuis la fin de la dictature. Le gouvernement Dilma Roussef est atteint en pleine face, entra&#238;nant sa paralysie, mais aussi les principales institutions de la d&#233;mocratie bourgeoise. Les principaux dirigeants du Parlement sont impliqu&#233;s dans l'Op&#233;ration Lava Jato (1), dont Eduardo Cunha, pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s, en tant qu'un des accus&#233;s du proc&#232;s. Les dirigeants des partis traditionnels, composants du gouvernement comme de l'opposition de droite (y compris le PMDB, parti de Cunha et du vice-president Michel Temer, qui a quitt&#233; r&#233;cement le gouvernement), font objet d'investigations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une telle situation contribue &#224; un grand chaos au sein des institutions, avec un pouvoir judiciaire divis&#233; &#224; tous les niveaux. A cela, s'ajoute une crise intense de cr&#233;dibilit&#233; des institutions traditionnels et du modus operandi de la d&#233;mocratie bourgeoise, dont les premiers signes se sont exprim&#233;s dans les rues en 2013 (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil vit donc une crise politique d'ampleur qui s'ajoute &#224; la grave crise &#233;conomique, sociale et environnementale. Cela se traduit par le ch&#244;mage croissant, l'inflation, par le gel des salaires, par l'effondrement des services publics, par les d&#233;sastres et les crimes contre l'environnement, symbolisant l'&#233;chec d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement. L'&#233;puisement du mod&#232;le de &#171; croissance &#187;, adopt&#233; au cours des &#171; p&#233;riodes &#187; Lula, avec maintenant l'application d'une politique d'ajustement n&#233;olib&#233;ral et de r&#233;cession, a produit un sc&#233;nario de stagnation dans la dur&#233;e. Quel que soit le r&#233;sultat &#224; court terme, une somme de crises de moyen terme devrait se maintenir avec des tensions sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle &#171; lulopetista &#187; est en train de mourir. Les possibilit&#233;s du maintien du mod&#232;le &#171; neo-extrativista &#187;, exportateur de croissance, sont en train de s'&#233;puiser. M&#234;me s'il y a une survie politique par la polarisation r&#233;cente entre les deux camps dans la guerre institutionnelle, la strat&#233;gie &#233;tablie par le lulisme, celle de favoriser les entrepreneurs, l'agro-industrie et le capital financier et, en m&#234;me temps, faire quelques concessions aux plus pauvres, n'a plus aucune possibilit&#233; politique et &#233;thique d'appara&#238;tre comme une inflexion &#224; gauche. M&#234;me apr&#232;s avoir mis plus de 100 000 personnes dans la rue &#224; Sao Paulo, Lula continue de prier les repr&#233;sentants du capital de lui faire confiance pour &#234;tre le garant du pacte social. Dans ce cadre, il r&#233;&#233;dite, en termes plus humiliants, la &#8220;Lettre au peuple br&#233;silien&#8221; de 2002. C'est la fin d'un long cycle de la gauche br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la polarisation politique qui s'est d&#233;velopp&#233;e pendant ces deux ann&#233;es de gouvernement Dilma, dans la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne, les id&#233;es et les sentiments de droite se d&#233;veloppent avec la volont&#233; de punition p&#233;nale et la recherche d'un Sauveur, c'est-&#224;-dire un Bonaparte, en mesure de mettre un terme &#224; la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectre d'anti-petismo est divis&#233; en deux parties : l'un plus lib&#233;ral et un autre conservateur, avec beaucoup de points d'intersection entre eux. Certains mouvements de caract&#232;re lib&#233;ral, par exemple Mouvement Br&#233;sil libre (MBL) et &#171; Viens manifester &#187; (Vem Para a Rua) et d'autres plus r&#233;actionnaires, dont certains chefs religieux et certains partisans du retour &#224; la dictature militaire, comme Bolsonaro, ont vu leur capacit&#233; &#224; influencer grandir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les attitudes violentes et les discours de haine ont &#233;t&#233; prononc&#233;s contre la gauche en g&#233;n&#233;ral. En outre, les m&#233;dias remplissent un r&#244;le d'incitation &#224; la haine et de manipulation des informations, parfois en contribuant directement ou indirectement &#224; des &#233;pisodes de violence plus ou moins graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la vieille gauche au pouvoir qui a r&#233;alis&#233; des politiques impopulaires et r&#233;pressives (notamment dans les grandes p&#233;riph&#233;ries urbaines, contre les jeunes et les noirs), et l'offensive de la droite intol&#233;rante et incitatrice &#224; la haine rejaillissent sur l'ensemble des id&#233;es de gauche et socialistes. Il devrait s'ouvrir une p&#233;riode de r&#233;organisation du mouvement de masses et la possibilit&#233; d'un nouveau cycle pour la reconstruction d'un projet de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse vit actuellement la r&#233;alit&#233; du ch&#244;mage, la violence, l'absence des services publics et des droits d&#233;mocratiques. En plus, elle ne s'identifie &#224; aucun des deux principaux p&#244;les qui sont en guerre aujourd'hui, ce qu'explique sa faible participation aux mobilisations du mois de mars. Il faut aussi relever la pr&#233;sence de secteurs plus progressistes de la soci&#233;t&#233; et des &#171; bases ouvri&#232;res &#187; de l'ancien bloc historique, qui ont manifest&#233; massivement pour d&#233;fendre les libert&#233;s d&#233;mocratiques avec des nombreuses critiques au gouvernement, soit sur la politique &#233;conomique et impopulaire, soit sur la corruption &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel sc&#233;nario au Br&#233;sil est tr&#232;s difficile &#224; g&#233;rer pour la gauche anticapitaliste et socialiste. Un gouvernement originaire du mouvement ouvrier et populaire est en train d'&#234;tre renvers&#233; par la droite, dont les principaux agents sont les pouvoirs judiciaires, l'opposition du Parlement et les m&#233;dias orchestr&#233;s par la groupe Globe, h&#233;g&#233;monique parmi ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce gouvernement, en chute libre, n'est pas un gouvernement progressiste, mais un gouvernement qui met en place une politique d'ajustement n&#233;olib&#233;ral qui, quand il subit une pression, va encore plus &#224; droite : la loi anti terroriste, l'annonce de coupe des salaires et des acquis des fonctionnaires, de la r&#233;forme de la retraite, la perspective de suspendre les ajustements du SMIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les mesures favorisant nettement les int&#233;r&#234;ts du capital, les syndicats patronaux, les repr&#233;sentants de la finance et des m&#233;dias, sont d'accord sur l'incapacit&#233; de Dilma Roussef &#224; appliquer les plans d'ajustement afin de garantir leur stabilit&#233;. Ils jugent donc, par cons&#233;quent, son remplacement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations massives du 13 mars (pour la destitution de Dilma), du 18 et et celle du 31 (contre la destitution de Dilma), ont &#233;t&#233; assez h&#233;t&#233;rog&#232;nes selon les villes ou r&#233;gions. La derni&#232;re, quelques 700 mille personnes dans tout le pays, a vu des d&#233;fil&#233;s globalement contre la destitution de Dilma, pour la d&#233;mocratie et contre les mesures anti-sociales du gouvernement. N&#233;anmoins, la grande majorit&#233; de la population est pour le retrait de la pr&#233;sidente et le gouvernement a perdu sa base populaire majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'un nouveau coup d'&#201;tat, tel qu'il y a eu en 1964, n'est pas &#224; l'ordre du jour. N&#233;anmoins, le poids des institutions fondamentalistes religieuses, l'influence de secteurs oligarchiques, de ceux li&#233;s &#224; l'industrie belliciste et des forces polici&#232;res fait avancer des projets r&#233;trogrades et essaient de supprimer des acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des enqu&#234;tes sur la corruption, des entrepreneurs et des personnalit&#233;s de droite, au gouvernement ou pas, ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s. Mais, la crise institutionnelle prolong&#233;e a cr&#233;e une ambiance o&#249; tout-est-permis, gr&#226;ce &#224; l'Op&#233;ration Lava Jato, par des op&#233;rations judiciaires aberrantes et anti-d&#233;mocratiques contre les accus&#233;s identifi&#233;s au gouvernement, le tout coordonn&#233; avec les grands m&#233;dias et l'opposition de droite. L'indignation g&#233;n&#233;rale contre la corruption et le PT aide les forces majoritaires repr&#233;sentantes du capital &#224; &#339;uvrer pour le changement de gouvernement, sans aucune modification d&#233;mocratique du r&#233;gime politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode ouverte offre une transition difficile &#224; cause de l'absence d'une gauche socialiste d'influence suffisante pour devenir protagoniste d'une alternative &#224; la crise. Le Parti socialisme et libert&#233; (PSOL), respect&#233; dans les luttes sociales, intervient dans des secteurs de la jeunesse, des diff&#233;rents secteurs opprim&#233;s et mobilise quelques millions de voix aux &#233;lections. Il est le principal parti de la gauche socialiste. Cependant, il n'est pas encore en mesure de pr&#233;senter une alternative r&#233;elle &#224; la crise, m&#234;me s'il se place comme opposition de gauche, contre les concessions du gouvernement au capital, contre les privil&#232;ges de la classe dominante, contre la corruption. En tout les cas, il ne d&#233;fend absolument pas les man&#339;uvres de la droite pour faire tomber Dilma Roussef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le processus de destitution de la pr&#233;sidente par le Parlement est conduit par son pr&#233;sident, lui m&#234;me impliqu&#233; dans les enqu&#234;tes de la Petrobras et dans une s&#233;rie de crimes. Dans le m&#234;me temps, beaucoup d'efforts sont faits (par les m&#233;dias, par le judiciaire) pour ne pas mettre en avant l'implication de personnalit&#233;s de l'opposision de droite dans l'Op&#233;ration Lava Jato, y compris des membres du Parti du mouvement d&#233;mocratique br&#233;silien (PMDB), qui vient de quitter le gouvernement et dont Temer, le vice-pr&#233;sident, fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; la destitution de Dilma puisse se d&#233;rouler par des canaux &#8220;normaux&#8221; ou l&#233;gaux, il faudrait emp&#234;cher que Temer assume la direction du pays. D'ailleurs, m&#234;me une partie des grands m&#233;dias, qui sont maintenant, en g&#233;neral, dans le champ anti-PT, disent que Temer n'a pas de soutien pour gouverner. Ils demandent la destitution tant de Dilma quant de Temer. Des sondages disent que, s'il y avait des &#233;lections aujourd'hui, Temer n'aurait que 1% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'issue &#224; une telle crise est la convocation des &#233;lections pr&#233;sidentielles et du Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des campagnes concr&#232;tes contre les attaques des conservateurs sur les droits sociaux, contre les violences polici&#232;res, contre l'ajustement budg&#233;taire, entre autres, doivent continuer &#224; se traduire par des mouvements r&#233;els et revendicatifs qui renforcent l'organisation sociale de la gauche socialiste. &#192; ce stade de r&#233;organisation encore mal d&#233;limit&#233;e, des initiatives transitoires doivent &#234;tre r&#233;alis&#233;es pour construire de nouveaux instruments et outils unitaires de l'opposition de gauche, qui soient ind&#233;pendants du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Op&#233;ration Lava Jato. Il s'agit d'une enqu&#234;te judiciaire sur des d&#233;tournements et des blanchiments impliquant la Petrobras (firme br&#233;silienne li&#233; au p&#233;trole), impliquant de tr&#232;s importants entrepreneurs et des politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 En 2013, une immense vague de gr&#232;ves, de mobilisations spontan&#233;es de la jeunesse, de r&#233;voltes diverses s'est d&#233;velopp&#233;e dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : ENSEMBLE (&lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/content/bresil-une-situation-compliquee-pour-la-gauche-radicale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/content/bresil-une-situation-compliquee-pour-la-gauche-radicale&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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