<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=7814&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les comit&#233;s d'examen de la loi C-51 ; M&#233;fions-nous de l'&#233;cran de fum&#233;e.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-comites-d-examen-de-la-loi-C-51-Mefions-nous-de-l-ecran-de-fumee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-comites-d-examen-de-la-loi-C-51-Mefions-nous-de-l-ecran-de-fumee</guid>
		<dc:date>2016-09-27T08:50:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Matthew Behrens</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Harper a imit&#233; ceux de Jean Chr&#233;tien et Paul Martin et a fait adopter encore un peu plus de lois toxiques et r&#233;pressives contre ce qu'il nommait la terreur. C'est son h&#233;ritage le plus destructeur. Il a dot&#233; de nouveaux pouvoirs tout l'appareil de surveillance du Canada, le Service canadien du renseignement de s&#233;curit&#233; (SCRS), le Centre de la s&#233;curit&#233; des communications (CSC), l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et la Gendarmerie royale. L'an dernier, Justin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-64-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-09-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-09-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton27119-9e75f.png?1781912659' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Harper a imit&#233; ceux de Jean Chr&#233;tien et Paul Martin et a fait adopter encore un peu plus de lois toxiques et r&#233;pressives contre ce qu'il nommait la terreur. C'est son h&#233;ritage le plus destructeur. Il a dot&#233; de nouveaux pouvoirs tout l'appareil de surveillance du Canada, le Service canadien du renseignement de s&#233;curit&#233; (SCRS), le Centre de la s&#233;curit&#233; des communications (CSC), l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et la Gendarmerie royale. L'an dernier, Justin Trudeau a honteusement vot&#233; pour la loi C-51 (Loi contre le terrorisme 2015) en soutenant que ce vote lui &#233;tait n&#233;cessaire pour renforcer sa candidature (au poste de Premier ministre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthew Behrens,i rabble.ca, 17 f&#233;vrier 2016, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de la campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale, les Lib&#233;raux ont promis de la revoir, d'y apporter des amendements qui, selon eux, la rendrait plus acceptable. R&#233;cemment, le Ministre de la s&#233;curit&#233; publique, M. Ralph Goodale a mis en place un processus de consultation avec une commission parlementaire et vise, dit-il, un d&#233;bat plus large sur les enjeux de s&#233;curit&#233; nationale. &#199;a ressemble aux plans lib&#233;raux typiques : beaucoup d'&#233;coute avant qu'ils n'appliquent que ce qu'ils ont d&#233;j&#224; pr&#233;vu. Mais cela nous donne quand m&#234;me un certain espace pour soulever des questions importantes quant aux r&#244;les traditionnels et actuels que ces organes de s&#233;curit&#233; jouent aussi bien que d'autres en violant les droits des personnes qu'ils ciblent comme ceux des habitants des communaut&#233;s vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation du SCRS en 1984 &#224; partir de ce qui restait du Service de s&#233;curit&#233; de la Gendarmerie royale suite au scandale qui l'avait entach&#233;e, n'a rien chang&#233; dans la dynamique r&#233;pressive au pays. La plupart des agents de ce secteur de la Gendarmerie ont tout simplement d&#233;m&#233;nag&#233; leurs p&#233;nates au SCRS. Il faut donc se saisir du moment qui nous est donn&#233; pour discuter du d&#233;mant&#232;lement du SCRS qui n'est pas contr&#244;l&#233; l&#233;galement et constitue un appareil dangereux. Comme il a souvent &#233;t&#233; &#233;crit dans nos colonnes, le SCRS a, depuis 30 ans, perp&#233;tr&#233; toute une s&#233;rie d'activit&#233;s ill&#233;gales et non &#233;thiques. Il a &#233;t&#233; complice dans des tortures, il a d&#233;fi&#233; des jugements de cour, ses membres ont mentit &#224; des juges en &#233;tant sous serment, il a ill&#233;galement enregistr&#233; des conversations entre des avocats-es et leurs clients-es, il a terroris&#233; des communaut&#233;s enti&#232;res, il a agit comme recruteur pour le groupe arm&#233; &#201;tat islamique, cibl&#233; des syndicats, des militants-es pour la paix, des Am&#233;rindiens-nes et des environnementalistes. Il existe aussi une longue liste d'actions qui ont mis la vie de Canadiens-nes en danger. Malgr&#233; tout cela, chaque ann&#233;e, le SCRS re&#231;oit l'autorisation de continuer sa t&#226;che telle quelle. Parfois il est gratifi&#233; d'une petite tape sur les doigts de la part du Comit&#233; de surveillance des activit&#233;s de renseignement de s&#233;curit&#233; (CSARS), son chien de garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux et celles qui se battent pour que nous soyons prot&#233;g&#233;s-es des v&#233;ritables dangers qui menacent notre s&#233;curit&#233; collective auraient la vie plus faciles si des agences comme le SCRS et la GRC ne les avaient pas constamment &#224; l'&#339;il. Les luttes contre les changements climatiques, le d&#233;veloppement toujours plus important de l'industrie de l'armement au Canada, contre les guerres, contre les &#233;carts de revenus de plus en plus grands, le racisme et le colonialisme enracin&#233; dans notre pays et l'&#233;pid&#233;mie de la violence contre les femmes (sont devenues suspicieux-ses aux yeux des agences de s&#233;curit&#233;). Cindy Blackstock a &#233;t&#233; &#233;tiquet&#233;e &lt;i&gt;&#171; menace &#224; la s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/i&gt; parce qu'elle a expos&#233; les d&#233;sastreuses conditions de vie des enfants am&#233;rindiens. Les membres de la communaut&#233; arabe musulmane seraient plus sereins s'ils n'avaient pas &#224; s'inqui&#233;ter de savoir si leurs enfants n'ont pas &#233;t&#233; mis sous pression pour devenir des espions dans leur environnement pour prouver leur loyaut&#233; au Canada. Et sans un SCRS aussi actif, il y aurait sans aucun doute beaucoup moins de proc&#232;s pour des menaces terroristes. Plusieurs de ces causes sont soit introduites ou facilit&#233;es par les agents de l'&#201;tat. La cause Nuttallii actuellement devant la cour en Colombie Britannique en est une forte illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;fiez-nous de l'&#233;cran de fum&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de se questionner sur les mandats et les pratiques de fond de ces appareils secrets non imputables, les efforts portent sur les moyens de sauver le syst&#232;me. On tente de cr&#233;er un bel &#233;cran de fum&#233;e et de d&#233;velopper des moyens parall&#232;les pour arriver &#224; un gouvernement encore plus secret. Alors qu'il n'y a aucun signe que le retrait de la loi C-51 serait dommageable pour la s&#233;curit&#233; des Canadiens-nes, pas plus d'ailleurs que la suppression de toutes les lois dites &#171; anti terroristes &#187; adopt&#233;es dans la foul&#233;e du 9 septembre (2001), certains universitaires et membres de la communaut&#233; s&#233;curitaire d&#233;montrent une pr&#233;f&#233;rence pour les puissants en tentant d'&#233;laborer des mesures qui permettraient de la conserver telle qu'elle sans perdre la face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des mani&#232;res consiste &#224; r&#233;tr&#233;cir l'enjeu en une simple question technique et de d&#233;tails l&#233;gislatifs comme le font les professeurs Kent Roach et Craig Forcese. Alors qu'au fil des ans, ils font &#233;tat de beaucoup de recherches s&#233;rieuses sur les mesures s&#233;curitaires pour les &#201;tats, ils &#233;crivent quand m&#234;me dans leur livre, False Security, publi&#233; en 2015 : &lt;i&gt;&#171; Nous nous sommes rarement oppos&#233;s &#224; de telles lois m&#234;me si souvent elles devraient &#234;tre raffin&#233;es et am&#233;lior&#233;es et de toute urgence. Nous n'avons pas non plus critiqu&#233; les lois C-51 et la pr&#233;c&#233;dente C-44 quand aux objectifs annonc&#233;s et surtout pas les moyens et les omissions qu'elles comportent. Notre objectif a toujours &#233;t&#233; d'am&#233;liorer les lois sur la s&#233;curit&#233; adopt&#233;es en 2015, pas de les enterrer. Nous nous sommes ainsi mis &#224; distance de groupes de droite avec qui nous travaillons et que nous admirons &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que repose le danger pour toute discussion &#224; propos de C-51 et plus largement, de l'appareil s&#233;curitaire d'&#201;tat et ses retomb&#233;es. Notre but ne devrait pas &#234;tre de renforcer, rendre plus efficace, un r&#233;seau fondamentalement oppressif et invasif et des agences qui violent les droits humains qui en plus, s'introduisent brutalement dans nos vies priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les sondages rapportent que la plupart des Canadiens-nes s'opposent &#224; la loi C-51, Ms Roach et Forcese semblent avoir pris sur leurs &#233;paules de la sauver avec leur publication et les suggestions l&#233;gislatives qui l'accompagne et circulent &#224; Ottawa en ce moment. &lt;i&gt;&#171; Bridging the National Security Accountability Gap &#187;&lt;/i&gt; milite pour que la r&#233;vision se situe &#224; un niveau sup&#233;rieur &#224; la s&#233;curit&#233; nationale gr&#226;ce &#224; un &lt;i&gt;&#171; super SCRS &#187;&lt;/i&gt;. Le mandat de r&#233;vision serait ainsi &#233;largi &#224; plus d'agences gouvernementales, &#224; un comit&#233; des Communes secret et &#224; un &lt;i&gt;&#171; surveillant ind&#233;pendant &#187;&lt;/i&gt; qui travaillerait, selon les termes propos&#233;s, &#224; temps partiel quand &lt;i&gt;&#171; les agents se comportent correctement &#187;&lt;/i&gt;. En th&#233;orie c'est une bonne id&#233;e. Elle serait particuli&#232;rement utile pour l'ASFC dont les processus ne sont pas du tout r&#233;vis&#233;s en ce moment. Mais cette organisation de r&#233;vision en silo et qui ne concerne que les agissements d&#233;j&#224; pass&#233;s ne permet pas plus de questionner les agissements actuels de l'appareil de s&#233;curit&#233; national qui cr&#233;ent tant de probl&#232;mes &#224; tant d'individus, de familles et de communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, &#233;largir les r&#233;visions ne fait rien pour rendre ces agences imputables. Il n'y a aucune ouverture pour que les responsables de ces agences puissent &#234;tre poursuivis-es pour les mauvaises pratiques qui ruinent des vies. Il n'y a pas non plus de proposition qui permettrait &#224; des autorit&#233;s ind&#233;pendantes d'intervenir pour mettre fin &#224; des op&#233;rations ill&#233;gales qui mettent &#224; risque l'int&#233;grit&#233; d'individus. Par exemple le travail de &lt;i&gt;&#171; renseignement &#187;&lt;/i&gt; b&#226;cl&#233;, des &#233;valuations exag&#233;r&#233;es de la menace, des profilages erron&#233;s et tous les autres probl&#232;mes syst&#233;miques qui sont la marque du SCRS depuis sa constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des examens qui ne peuvent &#233;valuer les cibles actuelles,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;visions ne font rien pour le pauvre diable enferm&#233; dans une prison syrienne ou &#233;gyptienne, soumis &#224; des tortures li&#233;es &#224; des informations fournies par un des services de renseignement canadien comme c'est arriv&#233; dans au moins 6 cas depuis le 9 septembre (2001). Les examens scrutent le pass&#233;. Ils ne font rien pour le manque de balises et encore moins ils n'arr&#234;tent pas les pratiques abusives sp&#233;cialement quand les donn&#233;es recueillies ne d&#233;clenchent pas de poursuites contre des fonctionnaires qui agissent en secret et mettent pourtant en p&#233;ril la vie de personnes bien concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien commencer quelque part pour arriver &#224; contr&#244;ler et d&#233;sarmer ces agences. Mais ces &#233;tudes universitaires semblent se pr&#233;occuper plus des r&#233;actions du SCRS que de celles des victimes de la politique de la s&#233;curit&#233; d'&#201;tat. Leur mani&#232;re de proc&#233;der avec ces organisations qui se caract&#233;risent par une longue histoire d'incomp&#233;tence, de malhonn&#234;tet&#233; et de manque de soucis pour la vie humaine, est mis&#233;rablement du plus bas niveau : &#171; faire confiance mais v&#233;rifier &#187;. Est-ce que la conduite du SCRS, de la GRC et de l'ASFC ont eut dans le pass&#233; permet qu'on leur laisse autant de libert&#233; ? Dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique et transparente o&#249; l'abolition de ces services n'est pas &#224; l'ordre du jour, la base de travail face &#224; des agences secr&#232;tes qui n'ont de comptes &#224; rendre &#224; personne ne devrait-elle pas &#234;tre du plus haut niveau ? Il faut les approcher avec m&#233;fiance, assumer que des ill&#233;galit&#233;s sont commises, les comportements ancr&#233;s depuis des d&#233;cennies le permettent, chercher la moindre possibilit&#233; de rendre les fonctionnaires imputables, et s'assurer qu'ils ne feront pas d'autres dommages dans l'avenir. Le parti pris des professeurs Roach et Forcese est clair ; en disant que les &#171; r&#233;visions contribuent &#224; la l&#233;gitimit&#233; d'un service, ils tombent dans les m&#234;mes orni&#232;res que le Comit&#233; de surveillance des activit&#233;s de renseignement et de s&#233;curit&#233; (CSARS) qui se voit comme le lien entre le SCRS et le public et tente d'expliquer les agissements de l'agence par tous les moyens. Par exemple, en 1995 le CSARS &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Notre but est de fournir une importante base d'informations &#224; propos de ce que fait le SCRS, expliquer pourquoi c'est n&#233;cessaire et comment il s'y prend pour accomplir ses mandats &#187;&lt;/i&gt;. Le CSARS comprend son mandat comme s'il &#233;tait l'agence de promotion du SCRS plut&#244;t qu'&#234;tre son chien de garde qui cherche les comportements fautifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sumons que les r&#233;visions soient la bonne r&#233;ponse aux probl&#232;mes que nous soulevons. Ms Forcese et Roach ont raison de dire qu'elles devraient &#234;tre ind&#233;pendantes du gouvernement et des services qui sont r&#233;vis&#233;s. Mais il reste un autre enjeu : les personnes qui seront mandat&#233;es pour proc&#233;der aux r&#233;visions devront avoir subit et r&#233;ussit une enqu&#234;te de s&#233;curit&#233; qui aura &#233;t&#233; men&#233;e par ce gouvernement pr&#233;cis&#233;ment. Est-ce qu'une personne qui a une connaissance pr&#233;cise des modes de travail des services secrets et donc les capacit&#233;s de poser les bonnes questions, serait accept&#233;e pour faire parti de ces comit&#233;s de r&#233;vision ? Pensons &#224; ceux et celles ayant subit des tortures en Syrie ou en &#201;gypte et qui reviennent au pays. Vous n'&#234;tes pas convaincu de la r&#233;ponse ? Sachez que le gouvernement lib&#233;ral continue de s'opposer aux plaintes d&#233;pos&#233;es par trois Canadiens qui ont &#233;t&#233; tortur&#233;s &#224; l'&#233;tranger avec la complicit&#233; des services canadiens. Il s'agit de Ms Abdullah Almalki, Ahmad El Maati et Muayyed Nureddin qui ont subit du harc&#232;lement important au Canada et la torture &#224; l'&#233;tranger sous des gouvernements lib&#233;raux ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les pr&#233;occupations pour les victimes du SCRS et de la GRC ne sont pas ce qui guide la proposition de loi. Au contraire, les espions n'auraient rien &#224; craindre. C'est pour cela que Ms Forcese et Roach proposent que le comit&#233; parlementaire de surveillance des agences de s&#233;curit&#233; d'&#201;tat soit restreint. Cela le rendrait plus susceptible de gagner &lt;i&gt;&#171; la confiance des services de renseignement qui devraient leur fournir des informations privil&#233;gi&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. Mais c'est le le SCRS et la GRC doivent gagner notre confiance ; pas l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire taire les lanceurs d'alerte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, l es professeurs Forcese et Roach introduisent dans leur proposition de loi l'obligation du secret chez les membres de ce comit&#233; parlementaire restreint. Dans n'importe quelle autre circonstance ils pourraient devenir des lanceurs d'alerte quand ils sont t&#233;moins d'actes ou propos inad&#233;quats derri&#232;re les portes closes. Pourtant ces professeurs signalent que la plupart du temps le secret ne vise pas tant la s&#233;curit&#233; que l'embarras qui pourrait toucher le gouvernement et les espions des services secrets. Mais les restrictions impos&#233;es aux parlementaires finissent par avoir du sens si on accepte que les r&#233;visions visent d'abord &#224; l&#233;gitimer ces organisations et leur image. La proposition de Ms Forcese et Roach vient donc compliquer la vie des parlementaires des membres du comit&#233; de la Chambre ; s'ils sont convaincus-es que certaines informations devraient &#234;tre rendue publiques il leur faudra envisager de briser leur serment qui les obligent &#224; garder le secret en toutes circonstances. Cons&#233;quemment, ils devraient faire face &#224; des poursuites qui pourraient leur valoir jusqu'&#224; 14 ans d'emprisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces universitaires soutiennent aussi que le gouvernement ne devrait pas avoir le droit exclusif de d&#233;terminer ce qui peut &#234;tre rendu public. D'accord ! Mais c'est pourtant ce qu'ils mettent de l'avant dans leurs travaux. Dans leur section concernant l'obligation du secret dans les rapports annuels du comit&#233; ils donnent au procureur g&#233;n&#233;ral le pouvoir de refuser la diffusion de certaines informations. Imaginez le sc&#233;nario : les parlementaires apprennent au cours de leurs travaux que le SCRS est complice de la torture de citoyens-nes canadiens-nes quelque part dans le fond d'une prison &#233;gyptienne. Ils veulent rendre ce fait public. Le SCRS s'y oppose et la demande est dirig&#233;e vers le procureur g&#233;n&#233;ral qui la pr&#233;sente &#224; la cour f&#233;d&#233;rale pour plaider que selon la Loi sur la preuve au Canada, l'information ne devrait pas &#234;tre rendue publique et qu'en plus, toute l'audience devrait &#234;tre men&#233;e en secret. De telles proc&#233;dures peuvent prendre des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transparence, l'imputabilit&#233; et la supervision d&#233;mocratique qui sont les buts de ces r&#233;visions se retrouvent dans le corset du secret qui s'&#233;tend de plus en plus chez les fonctionnaires des appareils de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat. Encore une fois, le pauvre diable qui pourrit au fond de sa prison en &#201;gypte n'en tirera rien et les parlementaires qui en parleraient publiquement risquent la prison. Voil&#224; la proposition de nos chers universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, la demande d'&#233;tendre les r&#233;visions gr&#226;ce &#224; un&lt;i&gt;&#171; Super CSARS &#187;&lt;/i&gt; pose des probl&#232;mes qui ont &#233;t&#233; identifi&#233;s m&#234;me par ceux et celles qui favorisent le pouvoir. M&#234;me pour Wesley Wark, qu'on ne peut qualifier de critique radical du SCRS, un bon rapport avec un service secret &#171; peut travestir les obligations critiques d'ind&#233;pendance d'un corps de surveillance. Il y a danger de sur &#233;valuer la relation entre le r&#233;viseur et le r&#233;vis&#233; aux d&#233;pends de la fonction d'un groupe public de r&#233;vision &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a surement &#233;t&#233; le cas du CSARS qui avait commenc&#233; son travail en &#233;tant tr&#232;s critique du SCRS. Mais au fil du temps, il s'est transform&#233; en un dispensateur de m&#233;dailles d'or et de rapports flatteurs. Il est arriv&#233; que le CSARS fasse de bons coups. Son personnel a r&#233;dig&#233; d'excellents rapports identifiant de s&#233;rieux probl&#232;mes dans le service. Mais il fonctionne avec une dynamique qui pointe les probl&#232;mes individuels et n'est pas capable de condamner les abus structurels et de s'int&#233;resser concr&#232;tement au plan plus large de l'organisation. Dans son rapport annuel de 1991, on peut lire : &lt;i&gt;&#171; Nos critiques ne portent plus sur des divergences solides et fondamentales avec la vision que le SCRS a du monde. Elles visent bien plus des diff&#233;rences d'opinion quand &#224; la mani&#232;re dont le service actualise ses politiques. Dans le pass&#233;, nous nous opposions aux politiques elles-m&#234;mes &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recommandations du CSARS n'ont pas d'effet contraignant pour le SCRS. Mais supposons que les r&#233;visions soient une approche convenable pour s'occuper de l'imbroglio de la s&#233;curit&#233; nationale. Est-ce qu'elles peuvent pr&#233;venir les abus ? La seule r&#233;ponse est un NON haut et fort ! Arr&#234;tez-vous simplement sur le manque de r&#233;actions au rapport du CSARS qui identifiait le fait que le SCRS avait erron&#233;ment eut acc&#232;s sans mandat aux dossiers personnels de contribuables &#224; Revenus Canada. Personne n'a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; ni accus&#233; et encore moins n'a d&#251; d&#233;missionner. Pour ce que nous en savons, cette pratique se poursuit parce le CSARS n'a aucun pouvoir d'y mettre fin et m&#234;me pas les ressources pour en poursuivre la surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites des r&#233;visions, une &#233;tude de cas, &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant le long dossier du SCRS quant &#224; sa pratique de collecte d'informations par la torture. Nous le faisons sur la base d'&#233;v&#233;nements r&#233;els, ceux qui ont men&#233; &#224; l'extradition d'Abdullah Almalki, de Maher Arar, d'Ahmad El Maati et de Muayyed Nureddin. Tous ces faits ont &#233;t&#233; mis au jour par deux enqu&#234;tes judiciaires. Le gouvernement y a d&#233;chir&#233; sa chemise en clamant qu'apr&#232;s le 11 septembre (2001) les exigences &#233;taient diff&#233;rentes et qu'il &#233;tait impossible d'&#233;viter de tels agissements. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;taient des arguments absolument faux comme ce cas d'&#233;cole nous le montre. Les inqui&#233;tudes &#224; propos de l'attitude du SCRS face &#224; la torture remontent &#224; des d&#233;cennies. Au d&#233;but de son existence, il &#233;tait clair que l'agence voulait &#233;changer des informations avec les personnes impliqu&#233;es dans la torture de l'administration G.W. Bush et ses alli&#233;s. Ces actes seront plus tard condamn&#233;s parce que contraire aux conventions de Gen&#232;ve. En 1989, le CSARS &#224; soulev&#233; des questions face &#224; la d&#233;cision du SCRS de se s&#233;parer du Service de liaison avec l'&#233;tranger. Son rapport soulignait que ce service pouvait servir d'interm&#233;diaire et lancer des alertes sur les mani&#232;res incorrectes avec lesquelles les informations &#233;taient diss&#233;min&#233;es &#224; l'&#233;tranger. Pendant les d&#233;cennies qui ont suivi les avertissements et les pr&#233;occupations ont &#233;t&#233; pass&#233;s sous silence. En 1991, le CSARS dit clairement : &lt;i&gt;&#171; Nous continuons &#224; avoir des inqui&#233;tudes &#224; propos des relations (du SCRS) avec des &#201;tats qui ont des comportements ind&#233;sirables face aux droits humains &#187;.&lt;/i&gt; Le SCRS avec son style classique donne sa frustrante plate r&#233;ponse au CSARS :&lt;i&gt; &#171; Nous reconnaissons qu'il est souhaitable que nous maintenions un minimum d'ententes pour nous assurer que nous recevons les informations &#224; propos des menaces probables contre la s&#233;curit&#233; du Canada &#187;.&lt;/i&gt; Outre que le mot &#171; menace &#187; est si vague qu'il peut vouloir dire n'importe quoi, il existe un nombre effarent d'exemples dans tous les rapports de l'agence &#224; l'effet qu'elle exag&#232;re les faits, utilise de mauvaises formulations et invente des menaces. Mais rien sur le probl&#232;me que constitue le fait de recevoir des informations tr&#232;s probablement obtenues sous quelque forme de torture que ce soit. En quoi est-il souhaitable de maintenir des relations avec les &#171; bouchers &#187; de M. Assad ou avec les &#171; brutes &#187; de M. Moubarak ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les inqui&#233;tudes exprim&#233;es par le CSARS dans son rapport de 1991 &#224; chang&#233; les comportements du SCRS ? Non. Dans la r&#233;vision de 1992-93 il est not&#233; que l'agence :&lt;i&gt; &#171; apparemment n'agit pas avec toute la prudence et le s&#233;rieux n&#233;cessaire eut &#233;gard aux directives minist&#233;rielles (&#8230;) pour s'assurer que des pr&#233;cautions particuli&#232;res sont respect&#233;es dans les transferts d'informations aux pays qui ne partagent pas le respect que le Canada porte aux valeurs humaines sp&#233;cialement quand les informations concernent des citoyens-nes canadiens-nes ou des r&#233;sidents-es permanents-es. &#192; ce chapitre, l'agence a transmis &#224; un service &#233;tranger, les d&#233;tails du plan de voyage &#224; l'&#233;tranger d'une personne qui, pr&#233;sum&#233;ment, allait rencontrer les membres d'un groupe associ&#233; &#224; des activit&#233;s terroristes. La pr&#233;somption reposait sur les supputations d'un informateur et ont &#233;t&#233; transmises m&#234;me si le SCRS &#233;tait au courant de rapports quant &#224; des abus des forces de s&#233;curit&#233; dans les pays en question. L'agence ne connaissait pas l'identit&#233; r&#233;elle de la personne, ni son statut civique et ne d&#233;tenait aucune information pr&#233;alable &#224; l'effet qu'elle ait pu &#234;tre impliqu&#233;e dans des activit&#233;s terroristes si ce n'est la conviction des agents qu'elle avait recueilli des fonds en faveur d'un groupe extr&#233;miste engag&#233; dans un conflit. Nous pensons que les cons&#233;quences pour cette personne et pour sa famille auraient pu &#234;tre tr&#232;s s&#233;rieuses s'ils avaient &#233;t&#233; identifi&#233;s en arrivant &#224; l'&#233;tranger. Une probable trag&#233;die a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e plus par chance que par jugement ad&#233;quat. Heureusement, dans ce cas, les personnes n'ont pas &#233;t&#233; identifi&#233;es et ont pu revenir au Canada en toute s&#233;curit&#233; &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne devrait &#234;tre rassur&#233; de savoir que le CSARS se contente de cela et qu'une trag&#233;die n'a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e que gr&#226;ce &#224; la chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les pratiques ont chang&#233; apr&#232;s que le CSARS ait tourn&#233; le dos ? Non. Dans son rapport de r&#233;vision de 1993-94 des termes cl&#233;s vont servir aux deux enqu&#234;tes juridiques sur la complicit&#233; canadienne dans la torture, men&#233;es par les juges O'Connor et Iacobucci une dizaine d'ann&#233;es plus tard. Encore une fois, le CSARS r&#233;p&#232;te ses inqui&#233;tudes &#224; propos : &lt;i&gt;&#171; Des possibles cons&#233;quences pour les individus, que le Service porte &#224; l'attention des autorit&#233;s dans la r&#233;gion o&#249; nous avons tenu des auditions. Des informations d&#233;favorables au sujet de quelqu'un-e qu'on pense &#234;tre un-e extr&#233;miste peuvent avoir des cons&#233;quences d&#233;vastatrices pour cette personne et sa famille. La validit&#233; des informations transmises par le SCRS doit faire l'objet de la plus haute consid&#233;ration tout autant que l'importance de l'enqu&#234;te elle-m&#234;me&#8230;Nous voulons noter que le Service a cru bon de donner des informations &#224; des agences &#224; propos de personnes qu'il ne consid&#233;rait pas engag&#233;es dans des activit&#233;s terroristes &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, les r&#233;ponses du SCRS envoyaient balader les r&#233;viseurs du CSARS en les assurant de leurs bonnes intentions et continuaient les m&#234;mes pratiques dangereuses. En 1994-95, le SCRS a conclut de nouvelles ententes avec des pays d'Am&#233;rique latine et d'Afrique peu regardant en mati&#232;re de droits humains. (Le CSARS notait) &#171; Le Comit&#233; a de s&#233;rieuses r&#233;serves &#224; propos des nouveaux arrangements avec ces agences. Nous nous basons sur des informations accessibles publiquement. Le SCRS &#224; d&#233;clar&#233; s'appuyer sur les informations fournies par le Minist&#232;re canadien des affaires &#233;trang&#232;res quant aux enjeux des droits humains dans ces pays. Nous croyons que le Service devrait aussi s'int&#233;resser &#224; des informations venant d'autres sources &#233;tant donn&#233; les possibilit&#233;s que les informations qu'il transmet &#224; l'&#233;tranger m&#232;nent &#224; des abus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le SCRS ne tient pas compte des violations des droits humains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce m&#234;me rapport, le CSAR soul&#232;ve ses inqui&#233;tudes sur la mani&#232;re par laquelle le SCRS tient compte des abus envers les droits humains dans certains pays : &lt;i&gt;&#171; Deux r&#233;sultats de v&#233;rification n'apparaissent pas. Ce sont des informations dont il aurait fallu tenir compte. Des organismes de surveillance des droits humains rapportent une augmentation de divulgations d'emprisonnements arbitraires et de torture qui souvent impliquent des &#233;l&#233;ments des appareils de renseignements et de s&#233;curit&#233; de pays &#233;trangers&#8230;Nous notons &#233;galement que l'expertise du SCRS ne tient pas non plus compte d'all&#233;gations de corruption dans les services de s&#233;curit&#233; &#233;trangers et passe par-dessus des incidents politiquement significatifs qui se sont d&#233;roul&#233;s dans ces pays en 1994. En omettant ces sources d'information, le Service ne pr&#233;sente pas une vision juste des agences avec lesquelles il &#233;change des renseignements. Cela nous inqui&#232;te. Il se d&#233;fend en disant que les enqu&#234;tes sur les violations des droits humains ne font pas parti de son mandat. Nous avons d&#233;j&#224; trait&#233; de cette position dans le pass&#233; : le Service devrait s'autoriser &#224; prendre en compte dans ses mises &#224; jour d'informations redues publiques par des ONG fiables et par les autres agences du gouvernement. Il serait ainsi capable d'avoir une vision plus diff&#233;renci&#233;e des agences avec lesquelles il &#233;change des renseignements &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, le CSARS soul&#232;ve ses r&#233;serves quant au refus du SCRS de tenir un registre de ses &#233;changes aves les agences &#233;trang&#232;res de s&#233;curit&#233;. Cela complique le travail de v&#233;rification (et permet au SCRS de garder dans la zone d'ombre ses pratiques peu recommandables). Pour expliquer sa position, il invoque, &lt;i&gt;&#171; l'absence de traces &#233;crites qui permettraient de savoir ce qui est &#233;chang&#233; avec les agences &#233;trang&#232;res &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive aussi au CSARS de v&#233;rifier les circonstances des demandes de renseignements par les agences &#233;trang&#232;res :&lt;i&gt; &#171; &#224; cause de la pr&#233;sence r&#233;elle ou pr&#233;sum&#233;e de citoyens-nes canadiens-nes dans une r&#233;gion en conflit. La section du contre terrorisme a d&#233;clar&#233; qu'elle &#233;tait alerte quand aux enjeux de diffusion d'informations &#224; des agences &#233;trang&#232;res. Elle nous assurait que le centre des op&#233;rations et l'officier de liaison de la s&#233;curit&#233; &#233;taient conscients des cons&#233;quences possibles que pouvaient entrainer leurs r&#233;ponses &#224; ces demandes. Mais nous ne sommes pas &#224; l'aise face &#224; certains cas, non pas parce que ces Canadiens-nes repr&#233;sentent une menace &#224; la s&#233;curit&#233; du pays, mais &#224; cause du statut peu reluisant de ces pays en mati&#232;re de droits humains &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, encore une fois le CSARS soul&#232;ve la possibilit&#233; que le CSRS &#233;change des informations sensibles &#224; propos de Canadiens-nes qui voyagent &#224; l'&#233;tranger. Cela pourrait avoir des cons&#233;quences catastrophiques. Est-ce que le SCRS a chang&#233; ses pratiques ? Non. En 1995-96, nous avons constat&#233; qu'il avait fourni des informations &#224; une agence de s&#233;curit&#233; &#233;trang&#232;re&lt;i&gt; &#171; &#224; propos d'un membre de la famille d'une personne qui int&#233;ressait le service. Plus tard, il est apparu que les informations ainsi transmises violaient le code de restrictions sur les types de donn&#233;es &#224; fournir aux service &#233;trangers &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que le SCRS a chang&#233; de conduite ? Non. En 1996-97, le CSARS a soulign&#233; que l'agence a : &#171; fourni des renseignements d&#233;favorables au sujet d'une personne &#224; deux minist&#232;res f&#233;d&#233;raux et &#224; l'agence de s&#233;curit&#233; d'un pays &#233;tranger alli&#233; &#187;. On y d&#233;crivait la personne comme &lt;i&gt;&#171; un-e collaborateur-trice &#187; d'un service de renseignements &#233;tranger &#187;.&lt;/i&gt; Une d&#233;claration de cette sorte peut faire bien des dommages. Nous n'avons vu aucune preuve documentaire pour la soutenir. En plus, la personne qui devait enqu&#234;ter &#224; son sujet, n'avait pas &#233;t&#233; autoris&#233;e correctement. On ne tenait pas compte de son statut &#224; l'immigration comme le stipule les r&#232;glements. Plus tard, le SCRS a corrig&#233; son erreur. Encore une fois, le probl&#232;me inh&#233;rent au CSARS est pos&#233; clairement : il ne peut pas d&#233;couvrir ce type de probl&#232;mes, il ne peut pas expliquer comment exactement le SCRS a corrig&#233; son erreur, quel dommage &#224; d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait et comment il n'aura pas &#224; ramener de telles pr&#233;occupations dans ses rapports dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le SCRS refuse de changer ses pratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me ann&#233;e, en r&#233;visant un message du SCRS &#224; l'&#233;tranger, le CSARS : &lt;i&gt;&#171; a d&#233;couvert que malgr&#233; des situations d&#233;plorables en mati&#232;re de droits humains, d'une instabilit&#233; politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans les pays de la r&#233;gion vis&#233;e par le message, avec en plus un tr&#232;s haut taux de corruption dans certaines de ces agences avec lesquelles il collabore, elles continuaient de recevoir ses avis favorables de la part du SCRS &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela a chang&#233; quelque chose aux pratiques du SCRS ? Non. La m&#233;fiance et l'aveuglement volontaire a persist&#233; tout au long de 1997-98. Le CSARS mettait : &lt;i&gt;&#171; l'accent sur le caract&#232;re constable de certains &#233;changes d'informations avec des services de renseignements &#233;trangers &#187; &lt;/i&gt;alors qu'il faisait l'examen d'une demande particuli&#232;rement importante &lt;i&gt;&#171; de la part d'une agence judiciaire canadienne pour que le SCRS demandent &#224; des services &#233;trangers alli&#233;s de faire enqu&#234;te sur plus de 100 personnes soup&#231;onn&#233;es d'implication dans le crime international &#187;&lt;/i&gt;. Le CSARS est arriv&#233; &#224; la conclusion que certaines de ces demandes manquaient de s&#233;rieux, &#233;taient peu valides. Par exemple, la demande soutenait qu'une des personnes vis&#233;es avait &#233;t&#233; prise en &lt;i&gt;&#171; flagrant d&#233;lit de vol &#224; l'&#233;talage &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux cours des ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le 9 septembre (2001) le SCRS a continu&#233; son travail comme d'habitude. Le CSARS laissait toujours entendre dans ses rapports annuels que l'agence : &lt;i&gt;&#171; devrait prendre toutes les pr&#233;cautions pour s'assurer que les informations qu'il transmet ne soient pas utilis&#233;es pour faciliter des violations des droits humains &#187;.&lt;/i&gt; Que de telles recommandations reviennent ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e signifie que le SCRS a continu&#233; de fonctionner avec ses propres compr&#233;hensions, sous ses propres r&#232;gles. Ces probl&#232;mes semblent syst&#233;matiques puisque, chaque ann&#233;e, le CSARS les retrouve lors des plus petits examens qu'il exerce. (Ce sont des v&#233;rifications limit&#233;es puisque le CSAR ne dispose que d'un minimum de personnel et de budget qui l'emp&#234;che d'en faire de plus importantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui ont suivi le 9 septembre (2001) des Canadiens-nes &#233;taient tortur&#233;s-es en Syrie et en &#201;gypte, des d&#233;tenus subissaient des proc&#232;s secrets ici au pays sur la base d'informations obtenues gr&#226;ce &#224; ces tortures. Les rapports du CSARS notent que les &#233;changes entre le SCRS et les agences de services secrets &#233;trangers sont devenus incontr&#244;lables. Typiquement, ces rapports insistent sur le fait que les espions-nes : &lt;i&gt;&#171; devront faire preuve de vigilance pour s'assurer que les informations que leur transf&#232;rent ces agences (&#233;trang&#232;res) ne soient pas le produit de violations des droits humains et que celles fournies de leur part ne soient pas utilis&#233;es pour de tels abus &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des enqu&#234;tes judiciaires et des jugements de cour ont suivi. Ils ont mis au jour la complicit&#233; du SCRS et de la GRC dans la torture. Malgr&#233; cela, ces agences, sous les directives minist&#233;rielles de l'&#232;re Harper, ont continu&#233; leurs op&#233;rations avec la permission de transiger avec les tortionnaires. M&#234;me lorsque de telles permissions n'&#233;taient pas &#233;mises, le SCRS n'en est pr&#233;valu comme les rapports d'examen du CSARS l'ont d&#233;montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nonc&#233;s dans les rapports du CSARS sont ceux d'un bon professeur un peu s&#233;v&#232;re qui exerce son tutorat en donnant des avis disciplinaires importants mais qui n'a aucune autorit&#233; pour imposer ses d&#233;cisions ou pour engager des poursuites judiciaires. En 2001, le SCRS a mentit au juge d'une cour ontarienne. Il demandait un mandat l'autorisant &#224; poursuivre son action contre le citoyen canadien Ahmad El Maati sur la base d'informations qu'il savait avoir &#233;t&#233; obtenu sous la torture. Pendant ce temps, le CSARS saluait l'agence vieille de 17 ans en lui rappelant qu'elle : &lt;i&gt;&#171; devait viser la plus grande rigueur quand elle demandait des mandats en s'assurant que les affidavits rapportaient les faits exactement et que c'&#233;tait soutenu par une documentation ad&#233;quate &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que les agences de s&#233;curit&#233; canadiennes agissent hors des lois. Elles s'engagent dans des op&#233;rations douteuses et des comportements d'intimidation qui terrorisent les communaut&#233;s au pays et mettent des vies &#224; risque &#224; l'&#233;tranger. S'attaquer &#224; cet enjeu exige une approche bien plus critique que celle propos&#233;e par les deux acad&#233;miciens (dont il a &#233;t&#233; question plus avant). Ils ont &#233;t&#233; transform&#233;s en h&#233;ros par les m&#233;dias dans la lutte contre la loi C-51 m&#234;me s'ils ne militent pas pour son rappel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vaudrait mieux questionner les mandats de ces agences et s'enqu&#233;rir de leur compr&#233;hension du monde. Les professeurs Roach et Forcese savent qu'elles commettent des abus au nom de la s&#233;curit&#233;. Ils devraient avoir honte de proposer un simple pansement pour cacher le mal alors qu'il faut mettre &#224; nu les op&#233;rations de s&#233;curit&#233; au Canada. Au lieu de cela, ils proposent des lois qui ne vont qu'augmenter l'&#233;tanch&#233;it&#233; des secrets d'&#201;tat et acceptent la d&#233;finition que donne C-51 des activit&#233;s qui : &lt;i&gt;&#171; minent la s&#233;curit&#233; du Canada &#187;.&lt;/i&gt; Il faut nous souvenir que cette d&#233;finition est si large qu'elle peut inclure n'importe qui, qui lit ces lignes. Elle inclut ce qui : &lt;i&gt;&#171; affecterait n&#233;gativement la stabilit&#233; de l'&#233;conomie canadienne, le syst&#232;me financier, ou n'importe lequel march&#233; financier canadien sans justification raisonnable &#233;conomiquement ou financi&#232;rement &#187;.&lt;/i&gt; Cette section vise les autochtones qui r&#233;sistent &#224; l'exploitation de leurs terres par l'expansion des ol&#233;oducs (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle met aussi l'accent sur n'importe qui : &#171; qui endommage une propri&#233;t&#233; en dehors du Canada parce qu'une personne ou une organisation qui a un int&#233;r&#234;t dans la propri&#233;t&#233; ou son occupation a des relations avec le Canada ou une province (canadienne) ou fait des affaires avec ou au nom du gouvernement du Canada ou une province (canadienne) &#187;. Il y a des chances pour que cela vise ceux et celles qui se battent contre les mini&#232;res canadiennes qui d&#233;truisent les terres des autochtones &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition s'appliquent aussi aux militants-es pour la paix et tout un chacun qui : &lt;i&gt;&#171; porte atteinte ou menace les forces arm&#233;es canadiennes dans leurs capacit&#233;s op&#233;ratoires ou toute autre partie de ces forces, ou interf&#232;re avec le design, le d&#233;veloppement, la production de quelque arme que ce soit ou quelque &#233;quipement de d&#233;fense que ce soit, ou &#224; l'intention de le faire, ceci inclut tout mat&#233;riel informatique, conceptuel informatique ou syst&#232;me qui fait parti ou est associ&#233; &#224; de telles armes ou &#233;quipement de d&#233;fense &#187;&lt;/i&gt;. On ne peut douter que cela vise toute personne ou groupe qui tenterait d'arr&#234;ter la production et la vente des v&#233;hicules blind&#233;s l&#233;gers au r&#233;gime d'Arabie saoudite le r&#233;gime qui pratique la d&#233;capitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous finissons par avoir une v&#233;ritable consultation sur la s&#233;curit&#233; d'&#201;tat, peut-&#234;tre pourrons-nous commencer par retirer toutes ces d&#233;finitions ridicules des menaces et nommer celles qui en sont de v&#233;ritables pour notre futur. D'abord et avant tout il faut retirer la loi C-51 et presque tout ce qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;. Ensuite il faut refuser de croire les fausses id&#233;es par rapport &#224; notre s&#233;curit&#233; nationale ; elles sont diffus&#233;es par les agences de s&#233;curit&#233; et par les partis politiques &#224; la Chambre des communes. Tout ce beau monde utilise n&#233;gligemment le terme &#171; radicalisation &#187; sans se pr&#233;occuper des dommages qu'il fait dans les communaut&#233;s vis&#233;es. Faire moins que cela ne va que perp&#233;tuer la violation des droits humains que des d&#233;put&#233;s-es tenus-es au secret et les membres d'un super CSARS tel que propos&#233; par Ms Roach et Forcese, vont colliger derri&#232;re les portes closes alors que tous les autres, y compris les victimes seront gard&#233;s dans le noir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
