<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=7959&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La dette en Afrique subsaharienne et les diff&#233;rentes initiatives contre la dette</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-dette-en-Afrique-subsaharienne-et-les-differentes-initiatives-contre-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-dette-en-Afrique-subsaharienne-et-les-differentes-initiatives-contre-la</guid>
		<dc:date>2022-09-20T06:52:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-09-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au lendemain de la vague d'ind&#233;pendances qui a frapp&#233; les pays d'Afrique subsaharienne - dont certains ont d&#251; rembourser des dettes h&#233;rit&#233;es de la p&#233;riode coloniale - les anciennes colonies et leurs banques ont massivement pr&#234;t&#233; &#224; ces &#201;tats. Plusieurs facteurs expliquent cet afflux de capitaux vers l'Afrique subsaharienne : le contexte de Guerre froide, la n&#233;cessit&#233; pour les banques du Nord de placer leurs capitaux dans les ann&#233;es 1970, la n&#233;cessit&#233; pour les pays du Nord d'&#233;couler leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-09-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-09-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton54063-22648.jpg?1781133928' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain de la vague d'ind&#233;pendances qui a frapp&#233; les pays d'Afrique subsaharienne - dont certains ont d&#251; rembourser des dettes h&#233;rit&#233;es de la p&#233;riode coloniale - les anciennes colonies et leurs banques ont massivement pr&#234;t&#233; &#224; ces &#201;tats. Plusieurs facteurs expliquent cet afflux de capitaux vers l'Afrique subsaharienne : le contexte de Guerre froide, la n&#233;cessit&#233; pour les banques du Nord de placer leurs capitaux dans les ann&#233;es 1970, la n&#233;cessit&#233; pour les pays du Nord d'&#233;couler leur production dans le contexte de crise issu du choc p&#233;trolier de 1973. Face &#224; la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t impuls&#233;e par la FED et &#224; la baisse des cours des mati&#232;res premi&#232;res dans les ann&#233;es 1980, une crise de la dette explose dans ces pays. La dette va devenir un syst&#232;me de captation des ressources emp&#234;chant ces &#201;tats de mener un d&#233;veloppement &#233;conomique et social autonome. Face &#224; ce probl&#232;me structurel, les initiatives dites d'all&#232;gement de la dette africaine n'ont jamais permis d'apporter de solutions, elles ont simplement fait en sorte que les pays d'Afrique subsaharienne continuent &#224; rembourser leurs cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/La-dette-en-Afrique-subsaharienne-et-les-differentes-initiatives-contre-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'endettement des Etats africains remonte &#224; la p&#233;riode de la colonisation. En effet, apr&#232;s les ind&#233;pendances, les pays lib&#233;r&#233;s du joug colonial et de la phase d'occupation, se retrouvent avec tr&#232;s peu d'infrastructures susceptibles de concourir &#224; la r&#233;alisation de leurs id&#233;aux de construction nationale. En plus, il faut mentionner les dettes que les m&#233;tropoles coloniales ont mises sur le dos des pays africains suite &#224; leur ind&#233;pendance : la Belgique, la France et la Grande Bretagne ont notamment transf&#233;r&#233; vers des pays nouvellement ind&#233;pendants comme le Congo, la Mauritanie, des pays de l'Est africain [1], des dettes qu'elles avaient acquises aupr&#232;s de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Banque-mondiale-une-histoire-critique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banque mondiale : Une histoire critique&lt;/a&gt; paru en 2022 [2], &#201;ric Toussaint a mis en &#233;vidence le fait que la dette que la Belgique avait contract&#233;e aupr&#232;s de la Banque mondiale au cours des ann&#233;es 1950 a &#233;t&#233; ind&#251;ment mise &#224; charge du peuple congolais gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; de Mobutu qui avait organis&#233; l'arrestation puis particip&#233; activement &#224; l'assassinat de Lumumba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? En violation du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, la Banque mondiale a octroy&#233; des pr&#234;ts &#224; la Belgique, &#224; la France, &#224; la Grande-Bretagne, pour financer des projets dans leurs colonies [3]. Comme le reconnaissent les historiens de la Banque mondiale : &#171; Ces pr&#234;ts qui servaient &#224; all&#233;ger la p&#233;nurie de dollars des puissances coloniales europ&#233;ennes, &#233;taient largement destin&#233;s aux int&#233;r&#234;ts coloniaux, particuli&#232;rement dans le secteur minier, que ce soit par l'investissement direct ou l'aide indirecte, comme pour le d&#233;veloppement du transport et des mines &#187; [4]. Ces pr&#234;ts permettaient aux pouvoirs coloniaux de renforcer le joug qu'ils exer&#231;aient sur les peuples qu'ils ont colonis&#233;s. Ils contribuaient &#224; approvisionner les m&#233;tropoles coloniales en minerais, en produits agricoles, en combustibles. Dans le cas du Congo belge, les millions de dollars qui lui ont &#233;t&#233; pr&#234;t&#233;s pour des projets d&#233;cid&#233;s par le pouvoir colonial ont presque totalement &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s par l'administration coloniale du Congo sous forme d'achat de produits export&#233;s par la Belgique. Le Congo belge a &#171; re&#231;u &#187; en tout 120 millions de pr&#234;ts (en 3 fois) dont 105,4 millions ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s en Belgique [5]. Pour le gouvernement de Patrice Lumumba, il &#233;tait inconcevable de rembourser cette dette &#224; la Banque mondiale alors qu'elle avait &#233;t&#233; contract&#233;e par la Belgique pour exploiter le Congo belge. La Banque mondiale et la Belgique ainsi que la France et la Grande Bretagne ont agi en violation du droit international en faisant porter dans les ann&#233;es 1960 par leurs anciennes colonies la charge de dettes contract&#233;es pour les exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d'endettement adopt&#233;es par les anciennes colonies, ont &#233;t&#233; encourag&#233;es par le contexte international tant sur le plan &#233;conomique que politique. Dans la situation de Guerre Froide, les pays occidentaux du bloc de l'Ouest et la Banque Mondiale utilisent les emprunts pour contrer l'expansion du socialisme sur le continent africain. Selon Joseph E. Stiglitz : &#171; Dans de nombreux cas, les pr&#234;ts &#233;taient destin&#233;s &#224; corrompre des gouvernements pendant la guerre froide. Le probl&#232;me n'&#233;tait pas alors de savoir si l'argent favorisait le bien-&#234;tre du pays, mais s'il conduisait &#224; une situation stable &#187;. Les chocs p&#233;troliers de 1973 et 1979 provoquent &#233;galement une crise &#233;conomique en Europe et aux Etats-Unis et les pays occidentaux cherchent des d&#233;bouch&#233;s pour leurs productions industrielles. Les pr&#234;ts accord&#233;s &#224; l'Afrique leur permettent d'&#233;couler leurs productions notamment par la pratique de &#171; l'aide li&#233;e &#187;, c'est-&#224;-dire des pr&#234;ts sous forme de cr&#233;dits &#224; l'exportation. Par exemple, un pays pr&#234;te 1 million de francs CFA au Mali &#224; taux r&#233;duit sous condition qu'il ach&#232;te pour un million de marchandises &#224; ce m&#234;me pays. &#171; Cela revient en bout de course &#224; subventionner indirectement les grandes entreprises du Nord et &#224; faire payer les int&#233;r&#234;ts par les peuples africains &#187; selon Damien Millet dans L'Afrique sans dette, CADTM Edition Syllepse, 2005. C'est ainsi que les stocks des dettes des pays du Sud n'ont cess&#233; de cro&#238;tre atteignant souvent des niveaux de surendettement. De 1960 &#224; 1970, le stock de la dette des pays du Tiers-Monde est pass&#233; de 8 milliards &#224; 70 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tat des lieux de la dette publique des &#201;tats de l'Afrique subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la dette p&#232;se lourd dans les budgets nationaux des &#201;tats africains : beaucoup de pays se sont fortement endett&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, parfois de mani&#232;re inconsid&#233;r&#233;e, notamment par l'&#233;mission d'&#171; eurobonds &#187;. Une majorit&#233; de pays d&#233;pensent plus pour la dette que pour la sant&#233;. Par exemple, le Cameroun consacre 23,8 % de ses recettes au service de la dette, contre 6,9 % &#224; la sant&#233;. Cette ann&#233;e, le continent devrait en tout payer 44 milliards de dollars d'int&#233;r&#234;ts &#224; ses cr&#233;anciers ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encours de la dette ext&#233;rieure publique de l'Afrique subsaharienne a tripl&#233; entre 2010 et fin 2018, passant de 160 milliards $US &#224; environ &#224; 600 milliards de dollars, dont 500 milliards &#224; long terme, compos&#233;s de 370 milliards dus &#224; des organismes publics et 130 dus &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es. Pour certains pays, le service de la dette repr&#233;sente plus de 25 % de leurs revenus, les pays d&#233;pensent plus dans le remboursement de dette qu'ils n'en consacrent aux services essentiels. Les pays riches investissent 8 % de leur PIB dans des mesures de relance &#233;conomique, tandis que les pays africains n'y consacrent que 0,8 % de leur PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On note l'introduction de nouveaux acteurs dans l'accentuation de l'endettement de l'Afrique subsaharienne, mettant ainsi en p&#233;ril l'h&#233;g&#233;monie des cr&#233;anciers traditionnels dans son endettement. En effet, l'Afrique subsaharienne est devenue le lieu d'affrontement d'int&#233;r&#234;ts des cr&#233;anciers traditionnels et des puissances &#233;mergentes, accentuant son enlisement dans la spirale de l'endettement. La Chine apparait aujourd'hui comme le principal cr&#233;ancier des &#201;tats au sud du Sahara. Les montants de pr&#234;ts que la Chine a accord&#233; aux pays africains n'ont cess&#233; de croitre puisqu'ils ont presque quadrupl&#233; en moins de dix ans, passant ainsi de 40 milliards de dollars en 2010 &#224; 153 milliards en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s avide des mati&#232;res premi&#232;res de l'Afrique, la Chine a ouvert une rivalit&#233; avec les cr&#233;anciers classiques en offrant des opportunit&#233;s et des conditions d'endettement autres que celles qui &#233;taient nagu&#232;re propos&#233;es aux Etats africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouvel acteur affiche ses modalit&#233;s d'endettement comme la marque d'une suppos&#233;e g&#233;n&#233;rosit&#233; pour renforcer la coop&#233;ration Sud-Sud. Si la Chine adopte aujourd'hui d'autres strat&#233;gies dans l'endettement des pays africains, ses vis&#233;es ne diff&#232;rent pas fondamentalement de celles des cr&#233;anciers traditionnels dans la mesure o&#249; elle s'inscrit dans la m&#234;me accumulation des richesses et la maximisation du profit fond&#233;es sur le productivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Impact de la dette sur le d&#233;veloppement socio&#233;conomique et culturel des Etats de l'Afrique subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fortes sommes que les &#201;tats au Sud du Sahara consacrent chaque ann&#233;e pour assurer le service de leurs dettes ont de graves r&#233;percussions sur les secteurs socio&#233;conomiques de d&#233;veloppement tels que la sant&#233;, l'&#233;ducation, l'acc&#232;s &#224; un emploi d&#233;cent, l'acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; et &#224; l'eau potable. Les &#201;tats africains compromettront davantage leurs chances dans l'atteinte des objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement (ODD) tant qu'ils continueront d'appliquer les politiques n&#233;olib&#233;rales. Les budgets allou&#233;s au fonctionnement des secteurs socio&#233;conomiques de d&#233;veloppement en Afrique subsaharienne &#8211; d&#233;j&#224; insignifiants pour stimuler un vrai d&#233;veloppement socio-&#233;conomique &#8211; conna&#238;tront une diminution cons&#233;quente &#224; cause de l'apparition de la double crise sanitaire et s&#233;curitaire partout en Afrique subsaharienne. Si l'on s'en tient aux d&#233;clarations du Magazine One au S&#233;n&#233;gal post&#233; le 18 ao&#251;t 2020, dix ans apr&#232;s la d&#233;claration d'Abuja en 2011 sur le financement de la sant&#233; publique, seule la Tanzanie avait &#8220;atteint l'objectif de la D&#233;claration d'Abuja, &#224; savoir &#8220;au moins 15 %&#8221;, tandis que 11 pays avaient &#8220;r&#233;duit leur contribution relative aux d&#233;penses publiques de sant&#233; au cours de la p&#233;riode&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le constat sur les indicateurs de performance du syst&#232;me sanitaire en Afrique subsaharienne est alarmant. En effet, selon le magazine, au moment o&#249; l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) pr&#233;conise un ratio de 7 m&#233;decins et 30 lits d'h&#244;pitaux pour 100 000 habitants, l'Afrique subsaharienne n'en compte respectivement qu'un 1 et 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me magazine ajoute que dans la m&#234;me r&#233;gion, les d&#233;penses de sant&#233; restent dix fois inf&#233;rieures &#224; la moyenne mondiale. L'esp&#233;rance de vie est inf&#233;rieure de 14 ans &#224; la moyenne mondiale. Un Africain a deux fois plus de chances de mourir &#224; la naissance qu'un autre habitant de la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le ratio personnel de sant&#233;/population, les complications post-op&#233;ratoires sont devenues un probl&#232;me de sant&#233; publique, l'Afrique ne compte que 0,7 sp&#233;cialiste (chirurgiens, obst&#233;triciens, anesth&#233;sistes...) pour 10.000 habitants contre 20 &#224; 40 recommand&#233;s. Les chefs d'&#201;tat africains au Sud du Sahara ont encourag&#233; la privatisation de la sant&#233; avec une volont&#233; affich&#233;e d'appliquer de mani&#232;re inconditionnelle des programmes d'ajustement structurel depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors que les Etats en Afrique subsaharienne se sont investis dans l'application sans faille de ces programmes en r&#233;duisant drastiquement les montants de leurs budgets allou&#233;s &#224; l'&#201;ducation, on a &#233;galement assist&#233; &#224; la privatisation de l'&#233;ducation, accordant ainsi plus d'importance &#224; la maximisation du profit plut&#244;t qu'&#224; la qualit&#233; de l'enseignement. Certains &#201;tats ont coup&#233; les bourses aux &#233;l&#232;ves et &#233;tudiant&#183;es et d'autres ont diminu&#233; et durci leurs conditions d'octroi. Il faut aussi noter qu'en voulant prioriser la p&#233;rennit&#233; du service de la dette, l'&#201;tat malien s'est d&#233;sengag&#233; de la construction de nouvelles infrastructures scolaires, obligeant les parents d'&#233;l&#232;ves &#224; se tourner vers le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le service de la dette a &#233;t&#233; pr&#233;judiciable &#224; la promotion de l'emploi d&#233;cent au Sud du Sahara. Dans le contexte africain, les PAS ont liquid&#233; et privatis&#233; la plupart des entreprises d'&#201;tat. &#192; cause du paiement du service de la dette, les &#201;tats n'accordent plus de budget cons&#233;quent pour la promotion d'un emploi d&#233;cent. La pr&#233;carit&#233; des emplois en Afrique subsaharienne repose essentiellement sur la priorisation du service de la dette. Par exemple, ce qui concerne le ch&#244;mage des jeunes, le Fonds des Nations Unies pour la population, dans une &#233;tude monographique sur la d&#233;mographie, la paix et la s&#233;curit&#233; au Sahel, cas du Mali, conduite en 2019, pr&#233;sente une dynamique d&#233;mographique &#224; pr&#233;dominance juv&#233;nile. Cette &#233;tude d&#233;plore l'exposition d'un grand nombre de jeunes &#224; un ch&#244;mage end&#233;mique et &#224; un sous-emploi chronique. D&#233;j&#224; en 2016 selon le m&#234;me rapport, le taux de ch&#244;mage des jeunes de 15 &#224; 19 ans au Mali s'&#233;levait &#224; 40,3%. Dans le contexte africain, la scolarisation ne concerne qu'une infime partie de la population. Si la politique de l'emploi reste en l'&#233;tat au Mali, de nombreux jeunes s'enliseront davantage dans le sous-emploi et le ch&#244;mage. C'est d'ailleurs ce qu'annonce Ivan Postel, responsable d'&#233;quipe projet et r&#233;f&#233;rent emploi d&#233;cent &#224; l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement : &#171; D'ici 2030, pr&#232;s de 350 millions de jeunes arriveront sur le march&#233; du travail dans le monde, dont la moiti&#233; en Afrique. Pour qu'un maximum d'entre eux aient acc&#232;s &#224; des emplois d&#233;cents, la croissance &#233;conomique ne suffira pas. Des politiques plus ambitieuses doivent &#234;tre mises en place &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat fait par Ivan Postel remet en cause l'optimisme affich&#233; par les laudateurs de l'am&#233;lioration de la croissance &#233;conomique de l'Afrique subsaharienne avant l'av&#232;nement de la Covid-19 comme gage de d&#233;veloppement. &#192; cette &#233;poque le taux moyen de croissance &#233;conomique en Afrique subsaharienne &#233;tait largement au-dessus de celui des puissances occidentales, certains pays comme la Guin&#233;e &#233;quatoriale et l'Angola affichaient des taux de croissance &#224; deux chiffres, de 20% et plus. Malheureusement, cette am&#233;lioration du taux de croissance &#233;conomique dans cette partie de l'Afrique &#224; cette p&#233;riode s'est accompagn&#233;e d'une acc&#233;l&#233;ration du processus de surendettement, compromettant ainsi les chances d'atteindre les objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement. Une analyse de la dynamique de la dette publique des &#201;tats africains fait ressortir que le nombre d'&#233;missions d'obligations internationales par les pays africains a fortement augment&#233;, atteignant un total estim&#233; &#224; plus de 155 milliards d'USD fin 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les espoirs fond&#233;s sur les effets d'annonce de l'am&#233;lioration des conditions de vie et d'existence gr&#226;ce &#224; une embellie du taux de croissance &#233;conomique &#224; cette p&#233;riode se sont effondr&#233;s dans la mesure o&#249; les budgets allou&#233;s au fonctionnement des services sociaux de base ont connu une baisse drastique ou &#224; tout le moins sont rest&#233;s stationnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les initiatives dites d'all&#232;gement de la dette africaine, une fausse solution &#224; un vrai probl&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions propos&#233;es par les cr&#233;anciers pour juguler la crise de la dette se sont toutes av&#233;r&#233;es contreproductives. D'abord, d&#232;s l'&#233;clatement de la crise de la dette en 1982, pour emp&#234;cher d'autres pays de suivre le Mexique dans son incapacit&#233; de rembourser sa dette ext&#233;rieure, les cr&#233;anciers ont mandat&#233; la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international pour imposer aux pays du tiers monde des politiques n&#233;olib&#233;rales. Ces politiques n&#233;olib&#233;rales ont eu pour corolaire la d&#233;valuation de la monnaie nationale pour stabiliser l'&#233;conomie dans les plus brefs d&#233;lais ; la r&#233;duction de fa&#231;on drastique du d&#233;ficit de la balance des paiements en r&#233;duisant les d&#233;penses publiques et en augmentant les imp&#244;ts afin de d&#233;gager des ressources pour payer la dette ; la r&#233;duction drastique des d&#233;penses courantes (les salaires des fonctionnaires, militaires compris), la lib&#233;ralisation int&#233;grale des importations et des exportations, l'&#233;limination des barri&#232;res douani&#232;res de protection des produits nationaux ; et la privatisation et liquidation des entreprises d'&#201;tat assorties de licenciements massifs de travailleur&#183;euses... Contrairement &#224; leurs objectifs proclam&#233;s, les programmes d'ajustement structurel n'ont pas pu r&#233;tablir les &#233;quilibres budg&#233;taires et commerciaux tel qu'annonc&#233;, ils ont exacerb&#233; les revendications sociales puisque les pays qui les ont appliqu&#233;s se sont retrouv&#233;s 3 fois plus endett&#233;s et le plus souvent plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'enlisement des &#201;tats au Sud du Sahara dans un surendettement aggrav&#233; par l'imposition des PAS, les cr&#233;anciers &#224; travers les institutions de Bretton Wood ont lanc&#233; l'Initiative pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (initiative PPTE, en anglais : HIPIC) en 1996. Officiellement, elle avait pour objectif d'apporter une assistance exceptionnelle aux PPTE afin de les aider &#224; r&#233;duire le poids de la dette ext&#233;rieure &#224; un niveau soutenable. Il s'agissait pour la BM et le FMI de conc&#233;der un all&#232;gement de la dette de fa&#231;on &#224; s'assurer que les pays surendett&#233;s puissent continuer &#224; rembourser. Il faut rappeler que les Crit&#232;res d'&#233;ligibilit&#233; &#224; cette initiative &#233;taient rigoureux &#224; telle enseigne que tr&#232;s peu de pays en ont b&#233;n&#233;fici&#233;. Pour b&#233;n&#233;ficier d'un all&#233;gement de dette dans le cadre de l'initiative PPTE, les &#233;tapes &#233;taient nombreuses et exigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, les pays devaient, selon le FMI, &#171; avoir un degr&#233; d'endettement intol&#233;rable &#187;. Le pays concern&#233; devait signer un accord avec le FMI afin de mener pendant trois ans une politique &#233;conomique approuv&#233;e par Washington. Cette politique s'appuyait sur la r&#233;daction d'un Document de strat&#233;gie pour la r&#233;duction de la pauvret&#233; (DSRP). Par exemple, dans le cas du Mali, les autorit&#233;s politiques devaient s'engager &#224; l'&#233;laboration du CSLP/CSCRP ; la mise en &#339;uvre des r&#233;formes dans les secteurs sociaux (sant&#233;, &#233;ducation, et promotion de la femme) ; la privatisation des entreprises publiques (EDM/SOTELMA) ; la r&#233;forme de la fili&#232;re coton ; l'am&#233;lioration du cadre r&#233;glementaire des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux initiatives pr&#233;c&#233;dentes PAS et IPTTE n'ont pas r&#233;ussi &#224; r&#233;soudre la crise de la dette en Afrique, elles l'ont tout au contraire exacerb&#233;e. Aujourd'hui, l'encours de la dette ext&#233;rieure des pays qui ont exp&#233;riment&#233; ces deux initiatives demeure parfois sur&#233;lev&#233; par rapport &#224; ceux qui n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; de l'IPTTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;anciers d&#233;bordant d'ing&#233;niosit&#233; pour maintenir l'Afrique dans le pi&#232;ge de l'endettement vont encore une fois lancer l'Initiative d'All&#232;gement de la Dette Multilat&#233;rale (IADM) en 2005. En effet, les pays du G8 ont conclu un accord en 2005 portant sur l'annulation totale de 100% de la dette multilat&#233;rale des pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s ayant atteint le point d'ach&#232;vement de l'Initiative PPTE. La dette du Mali envers la Banque Mondiale, le Fonds Mon&#233;taire International et le groupe de la Banque Africaine de D&#233;veloppement &#233;tait concern&#233;e par cette initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IADM entendait fournir des ressources additionnelles aux quarante pays pauvres &#233;ligibles &#224; l'Initiative PPTE, pour les aider &#224; progresser vers la r&#233;alisation des objectifs du mill&#233;naire dont la r&#233;duction de moiti&#233; de l'extr&#234;me pauvret&#233; et de la faim dans le monde. Elle pr&#233;voit l'annulation de 100% du stock de la dette multilat&#233;rale contract&#233;e avant le 1er janvier 2005 pour le FMI et le Fonds Africain de D&#233;veloppement (FAID) et avant le 1er janvier 2004 pour l'Agence International de D&#233;veloppement (AID/IDA). L'IADM doit r&#233;pondre au crit&#232;re d'additionnalit&#233;, cela signifie que chaque dollar annul&#233; devra &#234;tre refinanc&#233; par la communaut&#233; internationale. L'annulation ne se substitue pas aux financements futurs. Cette annulation ne concerne pas le service de la dette qui continue de s'accro&#238;tre et dont le remboursement constitue toujours une priorit&#233; pour les pays du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'Initiative de suspension du service de la dette des pays dits les plus pauvres (ISSD) constitue le nouveau-n&#233; des fausses solutions impos&#233;es par le club de Paris et le G20 comme une alternative &#224; l'endettement des pays africains. Cette initiative a &#233;t&#233; impos&#233;e aux pays africains en lieu et place des solutions plus radicales telles que celles exprim&#233;es en mars 2020 par le chef d'Etat s&#233;n&#233;galais Macky Sall. Il a exig&#233; une annulation de la dette publique africaine et un r&#233;&#233;chelonnement de la dette priv&#233;e dans le contexte de la pand&#233;mie de Covid-19. La r&#233;surgence d'une telle exigence intervient dans un contexte o&#249; l'Afrique subsaharienne fait face &#224; une r&#233;cession &#233;conomique dont la cons&#233;quence est la baisse drastique du taux moyen de sa croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie de Covid-19, le G20 a opt&#233; le 15 avril 2020 pour un report des &#233;ch&#233;ances du service de la dette dues par 77 pays, du 1er mai 2020 au 31 d&#233;cembre 2020. Ce report concernait 40 pays africains, pour un montant de 20 milliards de dollars. Pour la France, qui d&#233;tient 45 milliards de cr&#233;ances sur 41 pays africains, l'effort porte sur 1 milliard d'euros, dont 300 millions d'euros dus &#224; l'AFD. En revanche, il n'y a pas de moratoire sur les dettes priv&#233;es, alors que les 68 pays &#233;ligibles devaient verser pr&#232;s de 10,22 milliards de dollars &#224; des cr&#233;anciers priv&#233;s. Les 46 pays qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la suspension du service de la dette devaient verser 6,94 milliards &#224; des cr&#233;anciers priv&#233;s. Cela repr&#233;sente 1,64 milliards de dollars de plus que ce qu'ils re&#231;oivent des cr&#233;anciers bilat&#233;raux au titre de la suspension de la dette. En marge des assembl&#233;es annuelles de la Banque mondiale et du FMI, qui se tiennent du 12 au 18 octobre, les ministres des Finances du G20 se sont r&#233;unis mercredi 14 octobre 2020 et ont d&#233;cid&#233; de prolonger de 6 mois, jusqu'au 30 juin 2021, l'ISSD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des b&#233;n&#233;ficiaires a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; 73 dont 46 pays avaient confirm&#233; leur participation &#224; l'ISSD, 4 pays &#233;tant exclus en raison de leurs arri&#233;r&#233;s envers le FMI ou la Banque mondiale (&#201;rythr&#233;e, Soudan, Syrie et Zimbabwe). D'apr&#232;s les analyses conjointes de la Banque mondiale et du FMI sur la viabilit&#233; de la dette, parmi les 26 pays qui n'ont pas demand&#233; &#224; rejoindre l'initiative, 11 pays pr&#233;sentaient un risque &#233;lev&#233; de surendettement en ao&#251;t 2020. Il s'agit du Ghana, d'Ha&#239;ti, du Kenya, de Kiribati, du Laos, des &#238;les Marshall, de la Micron&#233;sie, des Samoa, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, de Tuvalu et de la Zambie. Le montant total de la suspension est de 5,3 milliards de dollars, cela ne repr&#233;sente que 1,66% de ce que l'ensemble des pays en d&#233;veloppement doivent rembourser. Selon la Banque mondiale, la dette des 73 pays a augment&#233; de 9,5 % en 2019, atteignant un record de 744 milliards de dollars US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tout de m&#234;me que le montant global de la dette des pays &#233;ligibles &#224; l'initiative du G20 est estim&#233; &#224; un peu plus de 750 milliards de dollars, soit 1 % du PIB du G20 de 2019 (78 286 milliards dollars), moins que le plan d'aides adopt&#233; par le parlement allemand (1100 milliards d'euros) ou que celui des &#201;tats-Unis (2000 milliards de dollars) &#8230; Une goutte d'eau dans l'oc&#233;an de la finance ! L'annulation de la dette est &#233;conomiquement possible mais il n'y a pas de volont&#233; politique pour aller dans ce sens. Si l'UE et les &#201;tats-Unis ont pu d&#233;bloquer 2 500 milliards de $US pour soutenir leurs &#233;conomies depuis le d&#233;but de la crise, effacer la dette de 3 000 milliards de $US des 135 pays du Sud, soit 83 % de la population mondiale, ne semble pas &#234;tre un obstacle insurmontable. Surtout qu'un fonds fiduciaire destin&#233; &#224; compenser les pertes des institutions multilat&#233;rales avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; et financ&#233; par les contributions des bailleurs et la vente des r&#233;serves d'or du FMI. Cette annulation pourrait &#234;tre financ&#233;e par les b&#233;n&#233;fices provenant de la seule vente de 6,7 % de l'or d&#233;tenu par le FMI qui rapporterait 8,2 milliards de dollars aux pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re l'importance des sommes d'argents qui s'&#233;vadent &#224; travers les crimes financiers et &#233;conomiques, tels que la fraude et l'&#233;vasion fiscales, le pillage des ressources, la corruption, les fausses solutions apparaissent comme d&#233;risoires. &#192; titre d'illustration, Global Finance Integrity et la Banque Africaine de D&#233;veloppement ont estim&#233; la fuite illicite de capitaux entre 1970 et 2008 &#224; plus de 1000 milliards de dollars rien que pour les pays africains. Cela repr&#233;sente environ 4 fois le montant de la dette de l'Afrique et 56% de son PIB en 2008. &#171; L'h&#233;morragie illicite des ressources de l'Afrique repr&#233;sente pr&#232;s de quatre fois sa dette ext&#233;rieure &#187;, constate un rapport conjoint de la Banque africaine de d&#233;veloppement (BAD) et de Global Financial Integrity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Pr&#234;ts des banques du Nord aux &#201;tats du Sud en 2011 &#233;taient de 124 milliards de dollars. Et le d&#233;p&#244;t des riches des pays en d&#233;veloppement (PED) dans les banques du Nord en 2007 &#233;tait de 2 380 milliards de dollars. De plus, environ 450 entreprises, ont d&#233;clar&#233; des chiffres d'affaires inf&#233;rieurs aux march&#233;s publics qui leur ont &#233;t&#233; attribu&#233;s en 2010 et 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission &#233;conomique pour l'Afrique des Nations unies (CEA), r&#233;v&#232;le que les flux financiers illicites en provenance d'Afrique, dus &#224; des manipulations frauduleuses, repr&#233;sentent un montant de 50 milliards de dollars am&#233;ricains par an. En consid&#233;rant que 1 dollar est &#233;gal &#224; 500 Francs CFA, cela signifie que chaque ann&#233;e, l'Afrique perd vingt-cinq mille milliards de francs CFA (25 000 000 000 000 F CFA). De quoi financer plusieurs fois les Objectifs de D&#233;veloppement Durable (ODD) visant &#224; sortir de la mis&#232;re des centaines de millions d'&#234;tres humains, puisque selon J. Boyce et L. Ndikumana (2002) : &#171; entre 1970 et 1996 la fuite accumul&#233;e des capitaux priv&#233;s &#224; partir des 30 pays les plus endett&#233;s d'Afrique subsaharienne repr&#233;sentait 170% du PIB de la r&#233;gion, ce qui a forc&#233;ment d&#233;cim&#233; les investissements et les recettes fiscales en Afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le crime financier et &#233;conomique est entretenu par une pr&#233;dation des richesses et des biens de l'Etat par une &#233;lite oligarchique en Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tournements de deniers publics, l'enrichissement illicite et la corruption sont &#233;rig&#233;s en mode de gouvernance dans les plus hautes sph&#232;res de l'administration publique. Si l'on en croit Jean Baptiste Natama, secr&#233;taire permanent du M&#233;canisme africain d'&#233;valuation par les pairs, il est insupportable qu'un pays comme le Burkina Faso, chroniquement endett&#233;, perde au moins 25% de son PIB &#224; travers la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur politique, le FMI et la Banque mondiale alimentent la faible captation des ressources fiscales. Le FMI pr&#233;f&#232;re imposer la TVA plut&#244;t que des imp&#244;ts progressifs sur les revenus et les entreprises. La Banque mondiale emp&#234;che &#233;galement toute redistribution &#233;quitable des richesses avec le Doing Business. Ces deux institutions ont fortement pes&#233; sur la d&#233;finition/r&#233;vision des codes miniers, des investissements p&#233;troliers, forestiers, etc, tr&#232;s favorables aux grandes entreprises. Au nom du remboursement de la dette, l'Afrique brade ses ressources et est forc&#233;e par les cr&#233;anciers de c&#233;der les exploitations aux multinationales &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, par exemple, le montant total des exon&#233;rations s'&#233;levait &#224; 203,4 milliards de francs CFA en 2015, soit trois fois et demi le budget de l'&#233;ducation. Au Mali toujours, dans un rapport d'enqu&#234;te publi&#233; en 2007, la F&#233;d&#233;ration internationale des Droits de l'Homme (FIDH), a constat&#233; que 890 sur 900 grammes d'or disparaissent dans les mines d'or. Cela veut dire que la quantit&#233; r&#233;ellement produite n'est pas d&#233;clar&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux Investissements Directs Etrangers (IDE), les rapatriements de profits vers les maisons-m&#232;res ont augment&#233; de 16 &#224; 342 milliards de dollars entre 1990 et 2010. Selon le BIT : &#171; Il ne sert &#224; rien d'attirer les investissements &#233;trangers pour des emplois &#224; n'importe quel prix si tout ou partie des gains qui en r&#233;sultent ne restent pas dans le pays. &#187; Le probl&#232;me est donc la capacit&#233; des PED &#224; g&#233;rer les tensions entre les objectifs de d&#233;veloppement et les int&#233;r&#234;ts financiers des firmes transnationales, qui d&#233;termine le degr&#233; d'efficacit&#233; des IDE en termes de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes dans une posture radicale de l'annulation de la dette des Etats de l'Afrique Subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite logique des campagnes des ann&#233;es 2000 pour l'annulation de la dette, d'autres campagnes nationales et internationales pour l'annulation de la dette ont &#233;t&#233; lanc&#233;es avec l'apparition du Covid-19, afin de permettre aux Etats africains de faire face &#224; la crise sanitaire et de mettre en &#339;uvre un plan de relance &#233;conomique post Covid-19. C'est ainsi que l'initiative d'annulation de la dette africaine (IADA) a &#233;t&#233; mise en place au S&#233;n&#233;gal. Cette plateforme a mobilis&#233; des acteurs comme le r&#233;seau CADTM, qui y a apport&#233; un soutien critique, Eurodad, Womin, Afrodad etc autour du slogan de l'annulation pure et simple. Dans cette synergie d'actions, les diff&#233;rentes structures impliqu&#233;es dans cette campagne de l'annulation de la dette africaine ont lanc&#233; &#224; l'endroit des Chefs d'Etats africains, des Chefs d'Etats du G8 et des institutions financi&#232;res internationales, des d&#233;clarations pour r&#233;it&#233;rer l'appel de Thomas Sankara sur le refus du remboursement de la dette le 29 juillet 1987, &#224; la 25e conf&#233;rence des Chefs d'Etats africains en Ethiopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, au regard de l'enlisement des &#201;tats de l'Afrique Subsaharienne dans le pi&#232;ge de l'endettement malgr&#233; l'&#233;normit&#233; et la diversit&#233; de leurs richesses, la fuite de leurs capitaux &#224; travers la fraude et l'&#233;vasion fiscales, la perte d'importantes sommes d'argent qu'ils subissent &#224; travers le libre &#233;change et l'&#233;chec av&#233;r&#233; des fausses solutions &#224; la crise de la dette africaine, le Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes reste intransigeant pour exiger l'annulation pure et simple de la dette africaine, publique ext&#233;rieure ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les colonies concern&#233;es par les pr&#234;ts de la Banque mondiale sont pour la Belgique, le Congo belge, le Rwanda et le Burundi ; pour la Grande Bretagne, l'Afrique de l'Est (comprenant le Kenya, l'Ouganda et la future Tanzanie), la Rhod&#233;sie (Zimbabwe et Zambie) ainsi que le Nigeria auxquels il faut ajouter la Guyane britannique en Am&#233;rique du Sud ; pour la France, l'Alg&#233;rie, le Gabon, la Mauritanie, l'Afrique occidentale fran&#231;aise (Mauritanie, S&#233;n&#233;gal, Soudan fran&#231;ais - devenu Mali, Guin&#233;e, C&#244;te d'Ivoire, Niger, Haute-Volta - devenue Burkina Faso, Dahomey - devenu B&#233;nin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#201;ric Toussaint, Banque mondiale Une histoire critique, Syllepse, 2022 &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Banque-mondiale-une-histoire-critique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Banque-mondiale-une-histoire-critique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Les colonies concern&#233;es par les pr&#234;ts de la Banque mondiale sont pour la Belgique, le Congo belge, le Rwanda et le Burundi ; pour la Grande Bretagne, l'Afrique de l'Est (comprenant le Kenya, l'Ouganda et la future Tanzanie), la Rhod&#233;sie (Zimbabwe et Zambie) ainsi que le Nigeria auxquels il faut ajouter la Guyane britannique en Am&#233;rique du Sud ; pour la France, l'Alg&#233;rie, le Gabon, la Mauritanie, l'Afrique occidentale fran&#231;aise (Mauritanie, S&#233;n&#233;gal, Soudan fran&#231;ais - devenu Mali, Guin&#233;e, C&#244;te d'Ivoire, Niger, Haute-Volta - devenue Burkina Faso, Dahomey - devenu B&#233;nin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] KAPUR, Devesh, LEWIS, John P., WEBB, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume 1, p. 687.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le fait que la Belgique soit b&#233;n&#233;ficiaire des pr&#234;ts au Congo belge peut &#234;tre d&#233;duit d'un tableau publi&#233; dans le quinzi&#232;me rapport de la Banque mondiale pour l'ann&#233;e 1959-1960. IBRD (World Bank), Fifteenth Annual Report 1959-1960, Washington DC, p. 12.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur la situation en Afrique subsaharienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sur-la-situation-en-Afrique-subsaharienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Sur-la-situation-en-Afrique-subsaharienne</guid>
		<dc:date>2021-12-14T07:30:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-12-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;mographie galopante, le ch&#244;mage structurel de la jeunesse, l'explosion des r&#233;seaux sociaux qui bouleversent les paradigmes traditionnels, l'urbanisation sauvage, la mal gouvernance chronique (la manipulation &#233;hont&#233;e et irresponsable des statistiques &#233;conomiques par des ministres incomp&#233;tents et corrompus), l'absence de cr&#233;ativit&#233; politique et institutionnelle capable de prendre en charge des mutations denses et globales, d&#233;clenchent partout &#224; travers l'Afrique de puissantes dynamiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-12-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-12-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton50820-5be98.jpg?1781133928' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mographie galopante, le ch&#244;mage structurel de la jeunesse, l'explosion des r&#233;seaux sociaux qui bouleversent les paradigmes traditionnels, l'urbanisation sauvage, la mal gouvernance chronique (la manipulation &#233;hont&#233;e et irresponsable des statistiques &#233;conomiques par des ministres incomp&#233;tents et corrompus), l'absence de cr&#233;ativit&#233; politique et institutionnelle capable de prendre en charge des mutations denses et globales, d&#233;clenchent partout &#224; travers l'Afrique de puissantes dynamiques qui convergent vers des &#233;pilogues d&#233;sastreux, &#224; moins d'un sursaut gigantesque et solidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Rapport-sur-la-situation-en-Afrique-subsaharienne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la dette africaine a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par la pand&#233;mie sanitaire mondiale. Et si de nombreux pays en d&#233;veloppement &#233;taient d&#233;j&#224; confront&#233;s &#224; une crise avant la pand&#233;mie, la nature de la dette des pays en d&#233;veloppement est beaucoup plus complexe que par le pass&#233;, avec de nouveaux instruments qui pr&#233;sentent des risques plus importants. Une part croissante de la dette publique est d&#233;sormais compos&#233;e d'obligations commerciales n&#233;goci&#233;es sur les march&#233;s de capitaux internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de la dette publique totale des &#201;tats d'Afrique subsaharienne d&#233;tenue par des cr&#233;anciers hors Club de Paris a doubl&#233; entre 2007-2016, passant de 17 % &#224; 40 %, tandis que la part de la dette bilat&#233;rale du Club de Paris a chut&#233; de 53 % &#224; 7 %. Cette nouvelle orientation est justifi&#233;e par l'&#233;volution du contexte de la pand&#233;mie du covid-19 et d'autres chocs inattendus qui ont mis en &#233;vidence les faiblesses du syst&#232;me financier international et accru la vuln&#233;rabilit&#233; des pays en d&#233;veloppement &#224; des emprunts ill&#233;gitimes. Cela a renforc&#233; la n&#233;cessit&#233; pour les mouvements sociaux de se mobiliser, de s'organiser, de relancer le plaidoyer sur la dette et d'influencer les d&#233;cideurs politiques aux niveaux national et r&#233;gional sur la gestion prudente de la dette et l'investissement &#233;quitable dans les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce rapport traite globalement de la situation sanitaire, politique, &#233;conomique et les mobilisations populaires en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation Politique en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 ao&#251;t 2020, le Pr&#233;sident de la R&#233;publique du Mali, Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les forces de d&#233;fense nationale suite &#224; un soul&#232;vement populaire du peuple qui accuse le pr&#233;sident de haute trahison et de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le m&#234;me temps, la France a annonc&#233; qu'elle va poursuivre ses op&#233;rations militaires au Mali malgr&#233; le coup d'&#201;tat qui a abouti &#224; la d&#233;mission du pr&#233;sident IBK. Depuis 2013, Paris et ses alli&#233;s du G5 Sahel essayent, sans y parvenir, d'&#233;radiquer les groupes terroristes qui ne cessent d'&#233;tendre leur influence dans la r&#233;gion. Ces derniers mois, la France a &#233;t&#233; la cible d'importantes manifestations r&#233;clamant le d&#233;part de ses forces accus&#233;es de &#171; piller &#187; les ressources du pays au lieu de le d&#233;fendre. Ces manifestations qui ont donn&#233; naissance &#224; un &#171; sentiment anti-fran&#231;ais &#187; dans la r&#233;gion, ont oblig&#233; l'Elys&#233;e &#224; demander aux pr&#233;sidents du G5 Sahel (dont IBK) de monter au cr&#233;neau pour r&#233;affirmer leur position en faveur de l'aide militaire fran&#231;aise dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce coup d'&#201;tat du 18 ao&#251;t 2020, un autre Coup d'&#201;tat a &#233;t&#233; op&#233;r&#233; le 24 mai 2021, par le Vice-Pr&#233;sident de la Transition qui accuse le pr&#233;sident de la transition, Bah N'Daw et son premier ministre Moctar Ouane, de trahison et de suivi de l'ex&#233;cution des ordres de la France qui est plut&#244;t probl&#232;me et non solution dans la r&#233;solution de la crise s&#233;curitaire. La France a s&#233;v&#232;rement condamn&#233; ce deuxi&#232;me Coup d'&#201;tat et qualifie de r&#233;gime ill&#233;gal la transition malienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, un autre d'&#201;tat est men&#233; au Tchad o&#249; on assiste &#224; un paradoxe fran&#231;ais au Sahel consistant &#224; adouber le Coup d'&#201;tat au Tchad et &#224; condamner celui du Mali. Le sc&#233;nario est pourtant &#233;trangement similaire : un militaire &#224; peine quarantenaire s'octroie les pleins pouvoirs au nom de la stabilit&#233; du pays et de l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de la Nation. Le fils du d&#233;funt pr&#233;sident dictateur Idriss D&#233;by n'a attendu la permission de personne pour se d&#233;clarer pr&#233;sident au lendemain du d&#233;c&#232;s de son p&#232;re le 20 avril, en violation de la Constitution et la France n'y a rien trouv&#233; &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les deux situations, l'Union Africaine et la Communaut&#233; &#201;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont montr&#233; qu'elles sont effectivement sous influence des autorit&#233;s europ&#233;ennes en prenant des sanctions contre le Mali et rien contre le Tchad. L'UA s'est tout juste pli&#233;e aux exigences de la France, qui a d&#233;lib&#233;r&#233;ment apport&#233; son soutien au g&#233;n&#233;ral Mahamat D&#233;by et menac&#233; de retirer ses troupes dans le d&#233;sert malien en cas de non-retour de l'ordre constitutionnel. Un paradoxe embarrassant. Deux coups d'&#201;tat, deux r&#233;actions diff&#233;rentes. Incoh&#233;rence de la communaut&#233; internationale, et cette &#171; communaut&#233; internationale &#187;, en Afrique francophone, c'est souvent la France. M&#234;me si les cas sont diff&#233;rents par rapport au Tchad et au Mali, parce qu'il ne faut pas oublier que le Mali a quand m&#234;me une parenth&#232;se d&#233;mocratique, de multipartisme alors que le Tchad est dirig&#233; depuis une trentaine d'ann&#233;es et bien plus par des militaires. Il existe donc bien un deux poids deux mesures au vu des menaces de l'UA sur le dossier malien : il y a une constitution au Tchad, qui dicte les conditions d'acc&#232;s au pouvoir, en cas de vacances le pouvoir revient au pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e. Curieusement au Mali ce qui se passe c'est un coup d'&#201;tat et l&#224; l'Union africaine condamne. On a besoin d'institutions fortes mais on a besoin qu'il y ait des visionnaires &#224; la t&#234;te de ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des mois de marches populaires, les Soudanais renversent le pr&#233;sident Omar El-B&#233;chir et le placent sous la garde de l'arm&#233;e. L'Union africaine demande rapidement aux g&#233;n&#233;raux de remettre le pouvoir aux civils, mais ses avertissements sont ignor&#233;s. Apr&#232;s un massacre de manifestants &#224; Khartoum en juin, l'UA suspend le Soudan. La CEDEAO persiste dans des exigences de plus en plus irr&#233;alistes et incompr&#233;hensibles. Son aveuglement risque de lui co&#251;ter plus cher en termes de cr&#233;dibilit&#233; dans son propre espace g&#233;ographique qu'elle ne cr&#233;e des difficult&#233;s suppl&#233;mentaires aux peuples d&#233;cid&#233;s &#224; rena&#238;tre en usant de tous les moyens en leur possession, y compris l'utilisation de leur fameuse force en attente, pour r&#233;tablir leurs amis Chefs d'&#201;tats d&#233;chus sur leur tr&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s des sanctions contre le Mali, le pr&#233;sident Macron annon&#231;ait une red&#233;finition de l'op&#233;ration Barkhane qui, m&#234;me si elle r&#233;pond &#224; des enjeux structurels et de politique int&#233;rieure fran&#231;aise, peut difficilement &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme un soutien de la France au Conseil national de la transition malienne. En effet, devant l'Organisation des Nations unies (ONU) le 25 septembre 2021, le Mali a reproch&#233; &#224; la France un &#171; abandon en plein vol &#187; dans la lutte contre les djihadistes au Sahel en prenant cette d&#233;cision unilat&#233;rale alors qu'il existe bien un accord de d&#233;fense militaire entre les deux pays. Le premier ministre malien d&#233;plore un &#171; manque de consultation et de concertation &#187;, dans la d&#233;cision de Paris de r&#233;organiser l'op&#233;ration &#171; Barkhane &#187; qui doit &#234;tre la r&#232;gle entre partenaires privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement le &#171; Coup d'&#201;tat constitutionnel &#187; du pr&#233;sident Ouattara en C&#244;te d'Ivoire qui a forc&#233; pour briguer un troisi&#232;me mandat. La Constitution ivoirienne limite &#224; deux le nombre de mandats qu'un Pr&#233;sident peut exercer, or Alassane Ouattara a d&#233;cid&#233; de concourir &#224; un troisi&#232;me mandat. En d&#233;cidant de briguer un troisi&#232;me mandat, Alassane Ouattara viole la Constitution et pourrait d&#233;stabiliser la C&#244;te d'Ivoire &#224; l'avenir. Alors qu'il s'&#233;tait attir&#233; les faveurs de la communaut&#233; internationale en annon&#231;ant, le 5 mars 2020, qu'il ne briguerait pas de troisi&#232;me mandat mais apr&#232;s cette annonce, il a annonc&#233; le 7 ao&#251;t 2020 qu'il entendait pr&#233;senter sa candidature pour un troisi&#232;me mandat. Malgr&#233; cette disposition constitutionnelle qui dit que le Pr&#233;sident n'est r&#233;&#233;ligible qu'une fois, le Conseil constitutionnel ivoirien a n&#233;anmoins, par une d&#233;cision du 14 septembre 2020, absurdement valid&#233; la candidature d'Alassane Ouattara, et rejet&#233; au passage, comme c'est &#233;trange, celles de deux de ses concurrents les plus s&#233;rieux, l'ancien pr&#233;sident Laurent Gbagbo et l'ancien Premier ministre Guillaume Soro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux se r&#233;jouissent de la reprise du proc&#232;s de l'assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons au Burkina Faso le 11 octobre 2021 dans un engouement affirm&#233; du peuple burkinab&#232;. Le 18 mars 2021, le R&#233;seau international Justice pour Thomas Sankara dont le CADTM Afrique est membre, a demand&#233; &#224; la France de d&#233;classifier les archives comme promis par le pr&#233;sident Fran&#231;ais lors d'une visite dans la capitale du Burkina Faso, le 28 novembre 2017. Un proc&#232;s historique attendu depuis 34 ans par l'opinion national, africaine et internationale. Thomas Sankara, p&#232;re de la r&#233;volution burkinab&#232; a &#233;t&#233; tu&#233; en 1987 avec douze de ses compagnons dans un coup d'&#201;tat qui avait port&#233; son fr&#232;re d'arme, Blaise Compaor&#233; au pouvoir. Dans ce dossier, la justice burkinab&#232; a proc&#233;d&#233; &#224; la mise en accusation de quatorze personnes dont le pr&#233;sident d&#233;chu Blaise Compaor&#233;, qui vit en exil en C&#244;te d'Ivoire depuis sa chute en 2014. Ses avocats ont inform&#233; qu'il sera absent au proc&#232;s. Les inculp&#233;s sont poursuivis notamment pour &#171; crimes d'attentat &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, d'assassinat, de faux en &#233;criture publique, de recel de cadavres, etc&#8230; ou de complicit&#233; de ces infractions &#187;. Apr&#232;s l'enqu&#234;te, 14 personnes ont &#233;t&#233; inculp&#233;es dans l'affaire, dont Blaise Compaor&#233; et Gilbert Diend&#233;r&#233;. Ce proc&#232;s s'est ouvert sans la pr&#233;sence physique de l'ancien pr&#233;sident Blaise Compaor&#233;, consid&#233;r&#233; comme le principal responsable de cet assassinat. Ses avocats ont &#233;voqu&#233; par &#233;crit un &#171; proc&#232;s politique &#187; devant une &#171; juridiction d'exception &#187;. Ils ajout&#232;rent aussi que Blaise Compaor&#233; b&#233;n&#233;ficie &#171; de l'immunit&#233; en tant qu'ancien chef de l'&#201;tat &#187;. La veuve de Thomas Sankara a plaid&#233; &#224; ce que ce proc&#232;s passe &#224; la t&#233;l&#233;vision nationale. Une p&#233;tition a &#233;t&#233; circul&#233; dans ce sens dont le CADTM Afrique a sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les p&#233;riodes du Confinement en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#233;riodes de confinement ont &#233;t&#233; tr&#232;s chaotique pour les populations notamment la fermeture des restaurants, des bars, des bo&#238;tes de nuits, les transports urbains et ruraux, etc. L'interdiction d'exercer des activit&#233;s ont eu des impacts tr&#232;s n&#233;gatifs sur les activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus (petits commerces exerc&#233;s surtout par les femmes) ce qui a emp&#234;ch&#233; aux chefs de m&#233;nage d'assurer la survie compl&#232;te de leurs familles. Il faut aussi souligner l'accumulation des arri&#233;r&#233;s de locations et l'augmentation de l'endettement chez les clientes et clients des institutions de microfinance. C'est pourquoi on assiste &#224; des jugements de r&#233;siliation de bail dans les tribunaux et l'emprisonnement de certaines clientes des microcr&#233;dits puisque &#224; cause du confinement et l'interdiction de certaines activit&#233;s lucratives, il y a de march&#233; donc pas d'argent pour payer les loyers et assurer le remboursement de la dette. Il faut aussi mentionner des impay&#233;s d'imp&#244;ts puisqu'aucune mesure gouvernementale n'a &#233;t&#233; prise pour all&#233;ger la fiscalit&#233;, suspendre le remboursement de la dette et l'interdiction des expulsions dans des maisons &#224; location. D'habitude, le ministre de la Justice prenait un arr&#234;t&#233; d'interdiction des expulsions pensant les p&#233;riodes hivernales chaque ann&#233;e avant m&#234;me l'apparition du Covid-19 mais, les populations sont rest&#233;es &#233;tonn&#233;es pourquoi le ministre de la justice n'a pas pris cet arr&#234;t&#233; dans cette crise sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a aussi enregistr&#233; une tr&#232;s faible production agricole due &#224; la non-acquisition des intrants agricoles, ressources et moyens de production pour cause du Covid-19 et du confinement puisque la majeure partie des ressources financi&#232;res de l'&#233;tat et des collectivit&#233;s locales a &#233;t&#233; coup&#233;e au profit de la lutte contre le Coronavirus. Ce rendement agricole a augment&#233; le d&#233;ficit alimentaire et le prix des vivres notamment riz, mil, ma&#239;s, etc. La seule mesure prise par le gouvernement malien a &#233;t&#233; uniquement la prise en charge de la tranche sociale des factures d'eaux et d'&#233;lectricit&#233; pendant 4 mois ainsi que la distribution des sacs de riz destin&#233;e aux plus d&#233;munis. La tranche sociale c'est quoi ? En mati&#232;re de facturation d'eau, c'est de 1 &#224; 10 m&#232;tres cubes et pour l'&#233;lectricit&#233;, c'est de 1 &#224; 100 kilowatts. Si votre consommation mensuelle ne d&#233;passe ces tranches, vous payez 100 francs CFA par m&#232;tre cube ou par kilowatt. Mais si votre consommation d&#233;passe cette tranche fix&#233;e appel&#233;e sociale, vous payez 300 francs CFA par m&#232;tre cube ou par kilowatt. En effet, le gouvernement malien a annonc&#233; officiellement qu'il a rendu gratuit les factures d'eaux et d'&#233;lectricit&#233; pendant 4 mois. Ce qui fait que les populations n'ont pas limit&#233; leur consommation pendant ces 4 mois puisqu'elles ont pens&#233; la gratuit&#233; de fa&#231;on enti&#232;re alors que le gouvernement prenait en charge simplement la tranche sociale. Ainsi, on a assist&#233; &#224; la coupure d'&#233;lectricit&#233; et d'eaux dans les familles puisque les factures qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es sont tr&#232;s &#233;lev&#233;es et les moyens financiers &#233;taient tr&#232;s insuffisants pour faire face surtout que ces moyens financiers ont &#233;t&#233; &#233;miett&#233;s par la crise sanitaire. Les d&#233;munis ont &#233;t&#233; discrimin&#233;s dans la distribution des vivres, le constat amer est que les vivres ont &#233;t&#233; distribu&#233;s aux nantis au d&#233;triment des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations sont confin&#233;es sans mesure d'accompagnement dans une chaleur qui atteint 40 degr&#233;s alors que 40 % de la population africaine n'ont pas acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; et celles qui en ont, ne l'ont pas de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. Cette p&#233;nible situation entraina des r&#233;voltes populaires dans les rues des villes au S&#233;n&#233;gal et au Mali Bamako. Les commissariats de police et autres &#233;difices publiques saccag&#233;es par les jeunes. La r&#233;ponse du gouvernement a &#233;t&#233; au Mali de lever le confinement et pour le S&#233;n&#233;gal, l'octroi des fonds aux jeunes et femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'apparition de la maladie &#224; coronavirus, les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res ont pris comme dispositions au d&#233;but, le respect des mesures barri&#232;res et l'application de port de masque. La mise en cong&#233; technique les travailleurs qui se trouvaient en dehors des sites miniers, d'autres sont en repos et d'autres en cong&#233; annuel et qui ne b&#233;n&#233;ficiaient que la moiti&#233; de leur salaire de base sans aucune prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on assiste &#224; des m&#233;sententes entre les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res et les travailleurs concernant l'horaire de travail, les heures de travail ont &#233;t&#233; r&#233;duites de 10h &#224; 08h. Il y avait plus des heures suppl&#233;mentaires dont les travailleurs b&#233;n&#233;ficiaient un peu plus, certaines primes comme prime de rendement et prime de lait ont &#233;t&#233; coup&#233;es parce qu'il y'a crise, les salaires ne sont plus vir&#233;s &#224; temps normal, les travailleurs qui venaient en dehors des sites miniers, n'avaient plus acc&#232;s &#224; leur famille pendant des mois sans aucun b&#233;n&#233;fice de la part des soci&#233;t&#233;s, c'&#233;tait du calvaire total. Pendant un certain temps, des rumeurs circulent concernant une tentative de licenciement des travailleurs qui &#233;taient en cong&#233; technique apr&#232;s avoir pass&#233; trois mois en dehors de la mine, il n'y a pas eu d'entente entre les travailleurs et les soci&#233;t&#233;s. On assiste &#224; des gr&#232;ves pour r&#233;clamer le retour des travailleurs qui &#233;taient en cong&#233; technique et le payement de toutes les primes comme d'habitude, apr&#232;s cette s&#233;rie de gr&#232;ve une r&#233;pression salariale a &#233;t&#233; appliqu&#233;e sur tous. Apr&#232;s ce moment jusqu'&#224; aujourd'hui aucun syst&#232;me ne fonctionne comme normal en faveur des travailleurs, les d&#233;missions continuent jusqu'au jour aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rem&#233;dier aux effets de changement climatique et &#224; la d&#233;gradation de l'environnement dans les diff&#233;rents sites miniers, les communaut&#233;s ont mis en place un syst&#232;me d'auto-organisation lequel a consist&#233; &#224; la cr&#233;ation des groupes de veille qui suivent et emp&#234;chent le d&#233;versement des produits chimiques dans le fleuve et rivi&#232;res ainsi que les for&#234;ts. Elles viennent ainsi en appui aux services techniques de l'&#233;tat malien charg&#233;s du respect des normes environnementales. Pendant les p&#233;riodes de confinement, les membres des comit&#233;s de veille communautaire n'ont pas pu jouer leur r&#244;le de surveillance pour la protection de l'environnement et les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res ont profit&#233; pour violer les r&#232;gles de protection de l'environnement. Cet &#233;tat de fait a aggrav&#233; les maladies hydriques et autres formes de maladies dont les populations sont victimes dont certaines ne disposent pas de moyens financiers pour se soigner et en plus, les plateaux techniques des centres de sant&#233; sont faibles pour accueillir les malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res ont contribu&#233; &#224; la prise en charge de la crise sanitaire d'un montant global de 2.759.000 $US sont en num&#233;raire et 300.000 $US en nature, comprenant des &#233;quipements et accessoires de lutte contre le Coronavirus. D'autre part, elles ont re&#231;u de la part de nos &#201;tats, un remboursement des cr&#233;dits de TVA, un montant de 87 milliards 900 millions de francs CFA dont ceux-ci ont pr&#233;vu dans la loi de finances rectificative de 2020, ces remboursements. Donc, elles ont repris ce qu'elles ont apport&#233; comme contribution &#224; la crise sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mobilisations populaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la 7e session ordinaire de la Conf&#233;rence des Chefs d'&#201;tat du G5 Sahel tenue le 15 f&#233;vrier 2021 &#224; N'Djamena, en R&#233;publique du Tchad, sous la pr&#233;sidence de S.E.M. Mohamed Ould CHEIKH EL GHAZOUANI, Pr&#233;sident de la R&#233;publique Islamique de Mauritanie, Pr&#233;sident en exercice du G5 Sahel. Les Chefs d'&#201;tat ont &#233;chang&#233; sur la probl&#233;matique de la Dette des pays du G5 Sahel dans un contexte d'incertitude li&#233;e &#224; l'&#233;volution de la crise sanitaire avec des cons&#233;quences d&#233;sastreuses aux niveaux sanitaire, &#233;conomique, sociale et budg&#233;taire. Ils ont, &#224; ce sujet, rappel&#233; leur D&#233;claration du 27 avril 2020 sur la pand&#233;mie de Covid-19, faite &#224; Nouakchott, seulement quelques mois apr&#232;s le d&#233;clenchement de la crise sanitaire, qui appelait &#224; une annulation pure et simple de la dette des pays du G5 Sahel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence des Nations unies sur le commerce et le d&#233;veloppement (CNUCED) propose quant &#224; elle un plan de soutien de 2 500 milliards $US pour les pays du Sud, plan comprenant une annulation de la dette de 1 000 milliards. Pour r&#233;aliser cette op&#233;ration, la CNUCED appelle &#224; la cr&#233;ation d'un m&#233;canisme international ind&#233;pendant. La CNUCED en profite donc au passage pour adresser un tacle appuy&#233; au Club de Paris, plus que jamais ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; la pand&#233;mie de coronavirus, le 19 mars 2020 les ministres africains des Finances appelaient &#171; &#224; l'exon&#233;ration des paiements d'int&#233;r&#234;ts sur la dette et les obligations souveraines &#187; Les chiffres donnent le tournis : les ministres africains des Finances et l'Union africaine demandent un all&#232;gement imm&#233;diat de la dette de 44 milliards de dollars et la constitution d'un fonds suppl&#233;mentaire de 50 milliards de dollars pour faire face au report du paiement des int&#233;r&#234;ts de la partie non-annul&#233;e de la dette africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'annonce du discours trompeur d'Emmanuel Macron, annon&#231;ant une annulation massive de la dette africaine, alors qu'il s'agissait d'un moratoire (un report de paiement des &#233;ch&#233;ances), le r&#233;seau CADTM a r&#233;dig&#233; plusieurs communiqu&#233;s de presse pour attirer l'attention du public sur de quoi il s'agit et plaid&#233; pour l'annulation de la dette des pays africains afin de leur permettre de faire face &#224; la pand&#233;mie Covid-19 au plan de relance post-covid. Il a &#233;galement r&#233;pondu &#224; l'interview de plusieurs organes de presse et d'organisation sur ce moratoire du G20 notamment, la Deutsche Welle, la radio internationale allemande, au service Afrique francophone ; AJ+ Fran&#231;ais (Groupe Aljazeera Media Network) ; la Radio France Internationale sur le moratoire de la dette des pays africains et Idriss Linge d'Agence Ecofin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des appels conjoints avec le CADTM France et Womin furent r&#233;dig&#233;s en direction de l'Union Africaine, aux chefs d'&#201;tat africains et aux institutions financi&#232;res internationales pour une annulation totale et inconditionnelle de la dette africaine ! Cet appel a &#233;t&#233; traduit dans 4 langues : fran&#231;ais, anglais, espagnol et portugais, il a &#233;t&#233; sign&#233; par plus 300 organisations membres du CADTM et de WOMIN. Une strat&#233;gie de plaidoyer a &#233;t&#233; con&#231;ue par CADTM Afrique et Womin autour de cet appel. Une conf&#233;rence de presse sur le moratoire du G20 a &#233;t&#233; tenue sous le th&#232;me &#171; la montagne accouche d'une souris &#187;. Le r&#233;seau CADTM Afrique et International sont parties prenantes de l'Initiative d'Annulation de la Dette Africaine (IADA) lanc&#233;e au S&#233;n&#233;gal par les mouvements sociaux &#224; la suite de l'Appel du Pr&#233;sident de la R&#233;publique du S&#233;n&#233;gal en faveur de l'annulation de la dette africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la demande du Mouvement Asie-Pacifique sur la Dette et le D&#233;veloppement, le CADTM Afrique a &#233;crit un article sur la dette coloniale et les r&#233;parations et par la suite, il a &#233;t&#233; sollicit&#233; par la F&#233;d&#233;ration Internationale des Amis de la Terre pour animer un Webinaire sur la dette coloniale et les r&#233;parations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement particip&#233; &#224; la 8e conf&#233;rence panafricaine (PAC) sur les flux financiers illicites (FFI) organis&#233;e par Tax Justice Network Africa (TJNA) sous le th&#232;me : &#171; L'Afrique que nous voulons post-Covid-19 : optimiser la mobilisation des ressources nationales du secteur extractif pour la transformation de l'Afrique &#187;. C'est une r&#233;union annuelle qui rassemble les principales parties prenantes impliqu&#233;es dans les efforts visant &#224; r&#233;duire les FFI et &#224; am&#233;liorer la mobilisation des ressources nationales en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; par Broulaye Bagayoko&lt;br class='autobr' /&gt;
Secr&#233;tariat Permanent du R&#233;seau CADTM Afrique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-accords-de-libre-echange-et-le-systeme-de-la-dette-constituent-les-deux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-accords-de-libre-echange-et-le-systeme-de-la-dette-constituent-les-deux</guid>
		<dc:date>2017-02-14T07:50:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise capitaliste qui se caract&#233;rise par une offensive du Capital contre la Nature et l'Humanit&#233;, la concurrence se fait vive entre les &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont toujours pour r&#244;le d'assurer des conditions favorables &#224; l'accumulation du capital par des guerres imp&#233;rialistes mais aussi par des guerres commerciales. Ils tentent de subordonner le droit commun au droit des entreprises &#224; l'encontre du droit de la population &#224; la sant&#233;, &#224; un environnement sain, &#224; une vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton29579-03292.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise capitaliste qui se caract&#233;rise par une offensive du Capital contre la Nature et l'Humanit&#233;, la concurrence se fait vive entre les &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont toujours pour r&#244;le d'assurer des conditions favorables &#224; l'accumulation du capital par des guerres imp&#233;rialistes mais aussi par des guerres commerciales. Ils tentent de subordonner le droit commun au droit des entreprises &#224; l'encontre du droit de la population &#224; la sant&#233;, &#224; un environnement sain, &#224; une vie non pr&#233;caire. C'est l'un des enjeux majeurs de la nouvelle g&#233;n&#233;ration de trait&#233;s de libre-&#233;change qui compl&#232;tent le dispositif constitu&#233; par les grandes institutions internationales comme l'OMC, le FMI, la Banque mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de la dette qui op&#232;re dor&#233;navant au Nord comme au Sud est l'un des instruments cl&#233;s de la dictature exerc&#233;e par le capital sur les soci&#233;t&#233;s. Il joue un r&#244;le directement politique pour imposer le maintien de l'ordre n&#233;olib&#233;ral. De concert avec les trait&#233;s de libre-&#233;change, il bloque la mise en &#339;uvre par un gouvernement de politiques alternatives permettant de sortir de la crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords commerciaux n'incluent pas seulement l'organisation du commerce, mais tous les autres domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels, c'est-&#224;-dire un d&#233;mant&#232;lement de tous les syst&#232;mes locaux qui pourraient entraver l'expansion des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales des grandes puissances imp&#233;rialistes USA et UE r&#233;clament davantage d'ouverture des fronti&#232;res des pays pour r&#233;duire leurs charges de production par la d&#233;localisation, b&#233;n&#233;ficier des avantages des zones franches (flexibilit&#233; du travail, absence de syndicat, salaires bas), &#233;tendre la commercialisation des surplus de produits subventionn&#233;s, accaparer des entreprises et services publiques, accaparer des ressources, etc. Elles maintiennent les pays du Sud dans une situation de d&#233;pendance structurelle. C'est pourquoi on assiste &#224; une fr&#233;n&#233;sie des accords de libre-&#233;change entre les grandes puissances (trait&#233; commercial pour une zone de libre-&#233;change entre les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne TAFTA ou TTIP, l'accord de libre-&#233;change entre le Canada et l'Union europ&#233;enne CETA, &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale (zone de libre &#233;change en Am&#233;rique Latine ALCA, Association des Nations de l'Asie du Sud-Est ANASE, accords de partenariat &#233;conomique APE en Afrique, ALECA en Afrique du Nord). Ces accords commerciaux coloniaux ont contribu&#233; &#224; l'accentuation des d&#233;ficits commerciaux globaux des pays du Sud et augment&#233; leur endettement. Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste. La lutte contre le syst&#232;me de la dette doit &#234;tre corr&#233;l&#233;e avec la lutte contre les accords de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-8) Nouvelle spirale d'endettement en Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-d&#233;veloppement de la majorit&#233; des pays de la r&#233;gion arabe est li&#233; au colonialisme qui a fa&#231;onn&#233; le mod&#232;le de d&#233;pendance et le manque d'industrialisation. Ces pays sont rest&#233;s des &#233;conomies exportatrices de ressources mini&#232;res, agricoles et de mer avec de faibles valeurs ajout&#233;es et li&#233;es aux fluctuations du march&#233; mondial. De nouveaux m&#233;canismes d'h&#233;g&#233;monie se sont install&#233;s apr&#232;s les ind&#233;pendances au d&#233;but des ann&#233;es 60. Ce sont principalement la dette et l'&#233;change in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes lib&#233;rales n'ont pas permis le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; et l'investissement comparativement &#224; d'autres pays du m&#234;me niveau de d&#233;veloppement au d&#233;part comme l'Inde ou l'Indon&#233;sie. C'est li&#233; &#224; la sp&#233;cificit&#233; des pouvoirs politiques qui sont des castes militaro-s&#233;curitaires d&#233;pendant de la sph&#232;re d'&#201;tat avec des r&#233;seaux familiaux mafieux et des m&#233;canismes de pr&#233;dation. Les recettes n&#233;olib&#233;rales leur permettent des attributions n&#233;potistes de toutes sortes de licences et de monopoles. Ils collaborent avec le capital &#233;tranger pour piller et dominer les secteurs d'affaires juteux. Ils g&#233;n&#233;ralisent la corruption, mais aussi la r&#233;pression de toute aspiration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une vague d&#233;ferlante de soul&#232;vements populaires dans la r&#233;gion, &#224; partir de d&#233;cembre 2010 en Tunisie, dans un contexte de crise mondiale en 2008 et de guerres imp&#233;rialistes. Les nouveaux r&#233;gimes install&#233;s n'ont pas marqu&#233; de rupture par rapport aux dogmes n&#233;olib&#233;raux, et la d&#233;mocratie est bafou&#233;e par des r&#233;gimes int&#233;gristes ou militaires. Les grandes puissances imp&#233;rialistes et les institutions &#233;conomiques mondiales coordonnent leurs efforts pour discr&#233;diter le processus r&#233;volutionnaire, camoufler leur responsabilit&#233; directe dans l'arri&#233;ration et le pillage, garantir leurs int&#233;r&#234;ts n&#233;ocolonialistes de domination politique, et garantir la mainmise des multinationales sur les richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une nouvelle mont&#233;e d'endettement de la plupart des pays de la r&#233;gion (&#201;gypte 120% du PIB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;, Tunisie 104%, Maroc 88%) g&#233;n&#233;rant un service de la dette qui absorbe les budgets sociaux et transfert les richesses. D'o&#249; l'accentuation de la d&#233;pendance structurelle, financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire. Les masses populaires payeront la crise par un accroissement de de la pr&#233;carit&#233; et le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus est toujours en cours, les r&#233;sistances sociales et les luttes des peuples continuent. Les peuples sont lib&#233;r&#233;s de leur peur de r&#233;pression et d&#233;veloppent un esprit revendicatif cristallis&#233; dans la mont&#233;e de nouvelles formes de luttes dans les rues et l'inefficacit&#233; de la r&#233;pression.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 99.3 koOmar Aziki SG d'Attac Cadtm Maroc (au milieu), pr&#232;s du docteur Omar Marueko pr&#233;sident du parti Sadi au Mali (casquette rouge)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-9) Le syst&#232;me microfinance : les pauvres financent les riches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en &#339;uvre &#224; la fin des ann&#233;es 70 et d&#233;but des ann&#233;es 80 ont accru le r&#244;le du secteur financier dans l'&#233;conomie. Les pauvres victimes de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; sont d&#233;sormais la cible des march&#233;s financiers par le biais du secteur de la micro-finance. Et depuis les ann&#233;es 80 le secteur de la micro-finance a &#233;t&#233; vis&#233; par les banques. Le microcr&#233;dit est utilis&#233; comme un outil au service de la bancarisation des pauvres. Il a pour objectif d'atteindre les populations qui sont hors circuits financiers. 2,7 milliards d'adultes au monde n'ont pas acc&#232;s aux services financiers de base dont la majorit&#233; sont des pauvres, et surtout des femmes qui en constituent 67%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du Maroc les associations de microcr&#233;dit (AMC) se d&#233;clinent sous la forme d'associations sans but lucratif (13 associations). Mais la nouvelle loi bancaire promulgu&#233;e en 2015, permet l'&#233;largissement du champ d'activit&#233;s des institutions de micro-finance (IMF) pour investir dans d'autres produits financi&#232;re (micro-assurance, transfert d'argent&#8230;). L'enqu&#234;te d'ATTAC CADTM Maroc sur le microcr&#233;dit au Maroc (2015) fait sortir les m&#233;canismes concrets d'arnaques des femmes pauvres par les AMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives contre ces dettes ill&#233;gitimes priv&#233;es : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La cr&#233;ation d'un syst&#232;me de cr&#233;dits public sans int&#233;r&#234;t ou avec un int&#233;r&#234;t plus bas destin&#233; aux pauvres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La cr&#233;ation des emplois en augmentant les budgets d'investissement dans les secteurs publics ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'arr&#234;t de d&#233;mant&#232;lement des services publics (&#233;ducation, sant&#233;) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La suspension du remboursement de la dette publique ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'annulation des microcr&#233;dits ill&#233;gitimes ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Renationalisation des entreprises publiques et des terres agricoles privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-10) Exp&#233;riences de lutte conte le microcr&#233;dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la pr&#233;sentatrice a mis l'accent sur les d&#233;rives des institutions de micro-finance notamment les garanties exig&#233;es par celles-ci au moment de la constitution du dossier de la demande de pr&#234;t, les taux d'int&#233;r&#234;t usuriers et le manque d'accompagnement technique et conseil aupr&#232;s des adh&#233;rentes apr&#232;s l'octroi du pr&#234;t. Les diff&#233;rentes garanties que sont les biens mobiliers et immobiliers, l'assurance vie, les frais de dossier voire m&#234;me une retenue sur le montant du pr&#234;t demand&#233; jusqu'au complet paiement, emp&#234;chent la r&#233;alisation du projet auquel le pr&#234;t est destin&#233; &#224; financer. Ces pratiques rendent ces pr&#234;ts ill&#233;gitimes et ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette probl&#233;matique, des luttes contre les d&#233;rives des institutions de micro-finance se sont mises en place notamment au Maroc et au B&#233;nin. Des &#233;tudes dans le secteur ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans d'autres pays. Des alternatives sont propos&#233;es et mises en place qui sont principalement des groupes d'&#233;pargnes pour le changement (EPC) sous l'accompagnement de Oxfam Grande Bretagne et des tontines qui sont des auto-organisations des femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en sortir, il faudra intensifier les luttes &#224; travers le monde et de promouvoir davantage les groupes EPC et les tontines qui sont des syst&#232;mes autog&#233;r&#233;s et sans garanties.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;tat actuel de la dette en Afrique subsaharienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-etat-actuel-de-la-dette-en-Afrique-subsaharienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-etat-actuel-de-la-dette-en-Afrique-subsaharienne</guid>
		<dc:date>2017-02-07T07:07:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats africains empruntent aujourd'hui &#224; des taux major&#233;s pour refinancer des dettes ou combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire, entra&#238;nant ainsi une nouvelle spirale de dette dangereuse. &lt;br class='autobr' /&gt; Le FMI continue ses tourn&#233;es partout en Afrique subsaharienne dans le cadre de son programme de facilit&#233; &#233;largie au cr&#233;dit (FEC) avec son cort&#232;ge de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les populations payent le prix. Il s'agit de la suppression (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton29577-86d1f.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats africains empruntent aujourd'hui &#224; des taux major&#233;s pour refinancer des dettes ou combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire, entra&#238;nant ainsi une nouvelle spirale de dette dangereuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le FMI continue ses tourn&#233;es partout en Afrique subsaharienne dans le cadre de son programme de facilit&#233; &#233;largie au cr&#233;dit (FEC) avec son cort&#232;ge de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les populations payent le prix. Il s'agit de la suppression des subventions sur les tarifs d'&#233;lectricit&#233; et le gaz, le partenariat public-priv&#233; entra&#238;nant la privatisation &#224; outrance des services sociaux de base, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jumelle complice du FMI qu'est la Banque mondiale continue aussi &#224; d&#233;velopper son programme Doing Business pour imposer des r&#233;formes dans les politiques et programmes des gouvernements favorables aux investisseurs &#233;trangers et violant syst&#233;matiquement le droit d'acc&#232;s des communaut&#233;s &#224; la terre, &#224; l'eau, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'illustration : au Mali, le projet de loi fonci&#232;re dont la consultation a impliqu&#233; les organisations paysannes et les mouvements sociaux qui travaillent sur les th&#233;matiques fonci&#232;res et agricoles, qui comportait pendant la premi&#232;re phase de validation sociale 159 articles prenant en compte les pr&#233;occupations paysannes en mati&#232;res agricoles, a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; 49 sur imposition des bailleurs de fonds, en occurrence la Banque mondiale, afin de privil&#233;gier les investisseurs &#233;trangers au d&#233;triment de la communaut&#233; paysanne. Le classement des &#233;tats dans le cadre de l'am&#233;lioration du climat des affaires est li&#233; &#224; l'adoption par nos &#233;tats des reformes favorables aux multinationales et pi&#233;tinant le droit au d&#233;veloppement des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces offensives de la Banque mondiale et du FMI, nos &#233;tats sont en train de s'endetter sur le march&#233; international financier et sur leur march&#233; r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en novembre 2015, les emprunts souverains &#233;mis par des gouvernements africains ont atteint 5,17 milliards de dollars avec des taux variant entre 6% &#224; 10,75%. Depuis cette date, aucun eurobond n'a &#233;t&#233; &#233;mis. Ainsi, on passe des eurobonds aux &#233;missions obligataires en monnaie nationale ou r&#233;gionale avec des taux compris entre 5.5% et 6.5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet effet, les &#233;tats membres de l'UEMOA ont adopt&#233; leur calendrier d'&#233;mission de titres publics d'un montant de $1122 milliards &#224; mobiliser sur le march&#233; financier&lt;br class='autobr' /&gt; r&#233;gional au troisi&#232;me trimestre 2016. Le calendrier du troisi&#232;me trimestre pr&#233;voit des &#233;missions pour un montant total de $1122 milliards de FCFA compar&#233; &#224; un montant &#233;mis de $1115 milliards FCFA au deuxi&#232;me trimestre 2016, soit une l&#233;g&#232;re hausse de 0,63%. Au cours du troisi&#232;me trimestre, les &#233;tats membres de l'Union proc&#233;deront &#233;galement &#224; des remboursements au titre du service de la dette de march&#233; pour un montant total de $723 milliards FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat criant et paradoxal est que cependant c'est le Sud qui finance. Entre 1980 &#224; 2012, les volumes de capitaux qui ont quitt&#233; l'Afrique ont &#233;t&#233; plus importants que ceux qu'elle a re&#231;us, apprend-t-on d'un rapport publi&#233; le 5 d&#233;cembre 2016 par le Global Financial Integrity. Au total, ce sont 1712,5 milliards de dollars que le continent a perdus, soit en moyenne 78 milliards par an |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de cette situation, le rapport pointe tout d'abord les soci&#233;t&#233;s multinationales avec leurs m&#233;thodes d'optimisation et d'&#233;vasion fiscales. L'empreinte la plus forte se situe dans le domaine des industries extractives (mines et hydrocarbures) o&#249; de grands groupes qui tirent avantage des &#233;conomies d'&#233;chelle, mais r&#233;alisent surtout des montages comptables et fiscaux qui r&#233;duisent fortement la base imposable ou la quote-part des pays h&#244;tes. A cela s'ajoute la faiblesse des institutions et des administrations de ces pays qui les place en inf&#233;riorit&#233; dans les n&#233;gociations avec des multinationales beaucoup plus puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de fait nous justifie que les objectifs de d&#233;veloppement durable (ODD) sont morts-n&#233;s. Cela est confirm&#233; par la CNUCED elle-m&#234;me qui a attir&#233; l'attention sur les risques que pose la dette souveraine (celle &#233;mise par les &#233;tats sur les march&#233;s internationaux) notamment pour l'Afrique subsaharienne. &#171; Les pays d'Afrique ont accumul&#233; les dettes, alors m&#234;me que leurs capacit&#233;s &#224; les rembourser se sont r&#233;tr&#233;cies. La baisse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, la hausse du dollar et la perspective de paiements d'int&#233;r&#234;ts plus &#233;lev&#233;s rendent ces dettes plus difficiles &#224; refinancer &#187; |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNUCED, la dette souveraine ne peut pas b&#233;n&#233;ficier des mesures de protection contre la faillite ou de restructuration, comme c'est le cas pour la dette priv&#233;e. Mais m&#234;me si les actifs publics ne peuvent faire l'objet de saisies, l'incapacit&#233; de rembourser pour un pays le prive d'acc&#232;s au march&#233; des capitaux, et donc de la possibilit&#233; de faire face &#224; ses besoins de liquidit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du coup, les &#233;tats africains ne pourront pas respecter leur engagement dans le cadre de l'atteinte des ODD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les rem&#232;des ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le suivi, l'analyse et la d&#233;nonciation de la situation de l'endettement des pays de l'Afrique ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lutte contre les diff&#233;rentes mesures de privatisation des services publics et des infrastructures et notamment via les Partenariats public-priv&#233; (PPP) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lutte pour la d&#233;mocratie populaire et les libert&#233;s publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 96.1 koBroulaye BAGAYOKO de la CAD-Mali et Secr&#233;taire Permanent du CADTM Afrique (&#224; l'extr&#233;mit&#233; &#224; droite)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-2) Contrat dette et d&#233;veloppement (C2D)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le C2D peut appara&#238;tre comme un excellent levier en mati&#232;re de coop&#233;ration au d&#233;veloppement pour r&#233;duire la pauvret&#233; extr&#234;me de nos populations et booster nos &#233;conomies, il n'en demeure pas moins que le caract&#232;re tr&#232;s politique de celui-ci est un facteur limitant pour les pays b&#233;n&#233;ficiaires qui restent sous l'influence et le diktat de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faut ajouter le caract&#232;re quasi monopolistique des entreprises fran&#231;aises qui rel&#232;guent finalement les possibilit&#233;s des entreprises nationales &#224; de simples faire valoir bons pour &#234;tre des sous-traitants,une situation qui ne saurait cr&#233;er la richesse escompt&#233;e pour r&#233;duire la pauvret&#233; en elle-m&#234;me par la r&#233;duction du ch&#244;mage et autres besoins, au lieu de chercher &#224; vaincre l'extr&#234;me pauvret&#233; qui maintiendrait nos pays dans une extr&#234;me d&#233;pendance, les &#233;loignant de l'id&#233;e de l'&#233;mergence de plus en plus galvaud&#233;e par nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dominantes emploient tous les moyens id&#233;ologiques dont ils disposent pour identifier les institutions en leur faveur. Ainsi en est-il des institutions &#233;conomiques et politiques (les grands espaces tels que le FMI, BM, UE, France Afrique &#8230;.), les institutions judiciaires telles la cour p&#233;nale internationale ou son appendice des cours africaines qui ne jugent que les dirigeants des pays arri&#233;r&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 102.1 koAchille Ess&#233; Daouda du Forum National sur la Dette et la Pauvret&#233; (FNDP) de la C&#244;te d'Ivoire (devant le PC ouvert)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-3) C2D Camerounais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des montants en jeu et des diff&#233;rentes r&#233;alisations du C2D au Cameroun &#224; ce jour, cette initiative contribue d'une certaine mani&#232;re &#224; la relance de l'&#233;conomie du Cameroun. La trop grande implication de la France dans la gouvernance du C2D finit par annihiler cet apport appr&#233;ciable |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-4) &#201;lections et d&#233;mocratie en Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie humaine devient ainsi d&#233;risoire et nos peuples subissent les crises &#233;conomiques, le ch&#244;mage, les guerres, et l'&#233;puisement des ressources vient compl&#233;ter les cons&#233;quences n&#233;fastes des politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lection est-elle d&#233;mocratie et d&#233;mocratie rime-t-elle avec d&#233;veloppement ? Au regard de tout ce qui se passe et se trame en Afrique nous disons que ce n'est qu'une vue de l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
JPEG - 95.3 koJean Marc BIKOKO de la Plateforme d'Information et d'Action sur la Dette (PFIAD) au Cameroun ( &#224; l'extr&#233;mit&#233; &#224; gauche)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-5) Comment s'organiser pour agir contre l'endettement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux africains se doivent d'&#234;tre cons&#233;quents puisque nos espaces de luttes commencent &#224; &#234;tre pollu&#233;s et/ou m&#234;me occup&#233;s par des organisations et des ONG, inf&#233;od&#233;es aux IFI/multinationales, qui se voilent sous l'appellation de soci&#233;t&#233; civile pour mieux violer la conscience des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marcation des mouvements sociaux engag&#233;s doit &#234;tre sans ambigu&#239;t&#233; pour &#233;viter que le peuple ne soit pris en otage par cette soci&#233;t&#233; civile bourgeoise et complice des institutions financi&#232;res internationales/r&#233;gionales et des puissances n&#233;ocoloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, face &#224; l'offensive &#224; outrance des forces imp&#233;rialistes capitalistes, les luttes des mouvements sociaux africains doivent aller dans le sens : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De se remobiliser, &#224; c&#244;t&#233; des peuples mais aussi s'allier aux autres organisations partageant les m&#234;mes convictions et d&#233;velopper une grande solidarit&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De travailler pour l'&#233;l&#233;vation du niveau de conscience et d'organisation des populations pour construire des alternatives ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'exiger l'abolition des dettes publiques sans conditions de la part des &#233;tats capitaliste et des institutions financi&#232;res internationales ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'exiger la publication des contrats accords de concession et de d&#233;noncer les conditions explicites et implicites dans ces accords et ces contrats sign&#233;s par nos &#233;tats africains avec les institutions financi&#232;res internationales ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout en d&#233;fendant les principes que sont l'anticapitalisme, l'anti-imp&#233;rialisme, l'anti-productivisme &#233;cocide, de participer avec d'autres courants et forces d&#233;mocratiques, &#224; la consolidation et l'enrichissement de la dynamique altermondialiste, dans un esprit d&#233;mocratique de respect de l'autonomie des mouvements sociaux et autres composantes de ce processus de construction d'une solidarit&#233; internationale &#233;mancipatrice pour tous/toutes et chacun-e-s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effets des changements climatiques sur l'autonomisation des femmes paysannes |4|</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Effets-des-changements-climatiques-sur-l-autonomisation-des-femmes-paysannes-4</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Effets-des-changements-climatiques-sur-l-autonomisation-des-femmes-paysannes-4</guid>
		<dc:date>2017-02-07T06:56:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Femmes sont les premi&#232;res &#224; &#234;tre frapp&#233;es par la crise climatique provenant des &#233;missions produites principalement par les pays du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; dans le monde sont des femmes. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le pays du Sud, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La d&#233;sertification, la perte de ressources en eau, etc. ont un impact &#233;norme sur leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton29580-241b4.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Femmes sont les premi&#232;res &#224; &#234;tre frapp&#233;es par la crise climatique provenant des &#233;missions produites principalement par les pays du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; dans le monde sont des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le pays du Sud, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La d&#233;sertification, la perte de ressources en eau, etc. ont un impact &#233;norme sur leur vie quotidienne. Quand les gens sont oblig&#233;s de partir parce que l'endroit o&#249; ils vivent ne produit plus de nourriture &#224; cause du changement climatique, ce seront les femmes et leurs enfants qui formeront la majorit&#233; des personnes d&#233;plac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport publi&#233; par l'Oxfam en juin 2009 |5|, explique que les femmes sont les premi&#232;res victimes du changement climatique &#224; cause des r&#244;les multiples qui sont les leurs en tant que paysannes, productrices de nourriture, d'eau et de bois de chauffage, et s'occupant des enfants. Le rapport explique &#233;galement que celles du Malawi n'ont aucun pouvoir sur la prise des d&#233;cisions et que le changement climatique accentue les in&#233;galit&#233;s. Il explique en plus que l'aggravation de la pauvret&#233; augmentera la pression sur elles afin qu'elles se prostituent pour obtenir de la nourriture, ce qui &#224; son tour augmentera le risque de contamination par le virus du SIDA. L'augmentation des infections par le virus, &#224; son tour, affaiblira la capacit&#233; des populations de r&#233;sister au chaos climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet sur les populations qui vivent de la terre (paysannes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact croissant de l'agrobusiness, de la production d'agro-carburant et la vente de terres aux multinationales pour continuer &#224; extraire du p&#233;trole et d'autres richesses, sont &#224; l'origine d'une perte de terre et d'autonomie pour les petits producteurs, dont une majorit&#233; sont des femmes, souvent de communaut&#233;s indig&#232;nes. Les pesticides d&#233;truisent la production bio des petits producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes indig&#232;nes et les femmes paysannes sans terre jouent un r&#244;le central dans la d&#233;fense des &#233;cosyst&#232;mes forestiers contre les gouvernements qui veulent les vendre aux plus offrants et aux multinationales souhaitant les utiliser pour produire des agro-carburants et pour en extraire d'autres richesses comme l'eau, les bois tropicaux (&#224; croissance tr&#232;s lente) et aussi du p&#233;trole et des minerais divers. Les actions des femmes de La Via Campesina au Br&#233;sil, qui ont d&#233;truit les plantations d'eucalyptus d'Aracruz Celulosa, sont un exemple victorieux de leur r&#244;le dirigeant dans la d&#233;fense de la biosph&#232;re. Au sein de beaucoup de communaut&#233;s indig&#232;nes elles jouent &#233;galement un r&#244;le central dans la d&#233;fense des terres ancestrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques alternatives &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Baisse de la consommation d'&#233;nergie par l'arr&#234;t des productions qui gaspillent, dont l'industrie de l'armement, l'industrie nucl&#233;aire, la publicit&#233;, l'expansion du transport a&#233;rien ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;duction des gaz &#224; effet de serre par les pays pollueurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Relocalisation de la production, y compris de l'agriculture ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Arr&#234;t de l'utilisation de ressources &#233;nerg&#233;tiques dangereuses et expansion des &#233;nergies renouvelables ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Transports publics de bonne qualit&#233; et gratuits ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reboisement, que chacune de nous se donne le devoir de planter les arbres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un bon syst&#232;me de gestion et de traitement des d&#233;chets de cuisine en s&#233;parant les d&#233;chets p&#233;rissables de d&#233;chets non p&#233;rissables qui doivent &#234;tre reconditionn&#233;s ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;velopper des projets de stockage du CO2 ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Payement de taxes sur le climat par les pays pollueurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Payement de taxe carbone par les pays pollueurs ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Utilisation de l'&#233;nergie solaire ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Payement des frais Climat aux pays qui jouent un r&#244;le important dans la r&#233;gulation du climat, aux pays comme la RDC, notre pays, disposant de for&#234;ts qui capturent une quantit&#233; importante de gaz carbonique ou CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unissons-nous autour de la femme rurale en &#233;veillant sa conscience, en la sensibilisant sur les fangeux qui la guettent en rapport avec les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppons &#224; notre mani&#232;re le reboisement en plantant les arbres, g&#233;rer les d&#233;chets en plastique, les sachets. Obligeons nos &#201;tats &#224; fermer des entreprises de production des sachets o&#249; &#224; cr&#233;er les m&#233;canismes de gestions des sachets et plastiques pour arr&#234;ter de d&#233;truire notre terre et r&#233;glementer notre climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigeons la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble et unis nous pouvons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapport sur la 12e &#233;dition du Forum des Peuples du Mali &#224; Ou&#233;less&#233;bougou les 7 et 8 janvier 2017 Sommet Alternatif Citoyen au 27e Sommet Afrique-France</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rapport-sur-la-12e-edition-du-Forum-des-Peuples-du-Mali-a-Ouelessebougou-les-7</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rapport-sur-la-12e-edition-du-Forum-des-Peuples-du-Mali-a-Ouelessebougou-les-7</guid>
		<dc:date>2017-01-31T07:42:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 7 au 8 janvier 2017 s'est tenue &#224; Ouelessebougou (environ 80 km de Bamako) la 12e &#233;dition du Forum des Peuples sous le Th&#232;me &#171; les peuples du sud exigent des alternatives pour un nouveau partenariat &#233;conomique, social et s&#233;curitaire entre la France et les &#201;tats africains &#187; . &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Organis&#233;e par la CAD-Mali en collaboration avec d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile malienne en contrepoint au 27e Sommet Afrique-France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi est-il indispensable de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-01-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-01-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton29525-e17dc.jpg?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 7 au 8 janvier 2017 s'est tenue &#224; Ouelessebougou (environ 80 km de Bamako) la 12e &#233;dition du Forum des Peuples sous le Th&#232;me &#171; les peuples du sud exigent des alternatives pour un nouveau partenariat &#233;conomique, social et s&#233;curitaire entre la France et les &#201;tats africains &#187; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-sur-la-12e-edition-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233;e par la CAD-Mali en collaboration avec d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile malienne en contrepoint au 27e Sommet Afrique-France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi est-il indispensable de s'opposer au Sommet France-Afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but principal de ce Sommet France-Afrique est de chercher &#224; &#171; int&#233;grer &#187; davantage l'Afrique dans la mondialisation capitaliste et &#224; faciliter l'acc&#232;s des multinationales du Nord aux ressources du continent africain et en particulier les entreprises fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, le Sommet France-Afrique est-il plus destin&#233; &#224; trouver des issus au capitalisme en profonde crise avec les ressources et les populations africaines qu'&#224; promouvoir le d&#233;veloppement de l'Afrique. Cette convoitise de la France explique largement la multiplication des interventions militaires, sous le couvert d'interventions humanitaires et de r&#233;solution de conflits, foment&#233;es par des forces ext&#233;rieures contre des pays strat&#233;giques et pour la d&#233;stabilisation permanente de r&#233;gions enti&#232;res du continent qui regorgent de ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul et unique objectif de ces agressions imp&#233;rialistes, d&#233;guis&#233;es sous des buts &#171; humanitaires &#187;, est de contr&#244;ler les ressources de l'Afrique et s&#233;curiser des bases militaires. La crise du Mali et la prolif&#233;ration des groupes djihadistes en Afrique de l'Ouest sont le r&#233;sultat direct de cette agression des pays occidentaux contre la Libye. Et ce sont ceux qui sont les responsables de cette situation qui se pr&#233;sentent maintenant en &#171; sauveurs &#187; du Mali et en &#171; protecteurs &#187; contre les djihadistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;stabilisation des pays africains et l'approfondissement de la crise &#233;conomique servent les desseins des entreprises multinationales du Nord qui s'activent ainsi pour accaparer les terres aux paysans et contr&#244;ler les ressources naturelles du continent, comme l'eau, les ressources mini&#232;res, halieutiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1994 et sous l'impulsion de nombreuses organisations fran&#231;aises et africaines, des rencontres citoyennes se tiennent en marge des sommets africains organis&#233;s sur le sol fran&#231;ais. Ces rencontres ont pour objectif de rappeler que les relations franco-africaines ne doivent pas &#234;tre une simple clause de style, de formules diplomatiques convenues, ni m&#234;me un forum d'ali&#233;nation et de subordination. Elles donnent l'occasion de formuler des revendications concr&#232;tes et instaurer des coordinations pour lutter contre la dette, la coop&#233;ration militaire des bellig&#233;rants, les accords commerciaux coloniaux, la chasse aux migrants, et pour les droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Sommet Alternatif Citoyen a permis de cr&#233;er un espace alternatif populaire pour la mobilisation, la r&#233;flexion et l'organisation de tous les mouvements sociaux qui s'opposent aux politiques qui renforcent le n&#233;olib&#233;ralisme et l'h&#233;g&#233;monie des march&#233;s. Il d&#233;noncera les r&#233;seaux de connivence, les porteurs de valise, les sectes mafieuses et les oligarchies financi&#232;res qui instrumentalisent les relations entre nos peuples, organisent des &#233;lections truqu&#233;es, bloquent les sanctions populaires, cr&#233;ent l'instabilit&#233; politique et les violences et &#233;rigent la corruption en mode de gestion politique et &#233;conomique dans nos &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce Sommet Alternatif Citoyen se veut un espace de r&#233;sistance au n&#233;ocolonialisme, au n&#233;o-lib&#233;ralisme et &#224; la d&#233;mocratie tropicalis&#233;e, de construction d'alternatives pour un autre sommet Afrique France des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I) C&#233;r&#233;monie d'ouverture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 janvier 2017 sur l'espace public &#224; c&#244;t&#233; du march&#233; de Ou&#233;less&#233;bougou a lieu la c&#233;r&#233;monie d'ouverture en pr&#233;sence des ressortissants de Ou&#233;less&#233;bougou, avec &#224; leur t&#234;tes les plus hautes autorit&#233;s traditionnelles, administratives et politiques. On comptait aussi la pr&#233;sence des mouvements sociaux venus d'Afrique et d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mass-medias, notamment certaines t&#233;l&#233;visions nationales et internationales soutenues par quelques quotidiens nationaux pour couvrir l'&#233;v&#233;nement durant les deux jours que cela a dur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants ont eu droit &#224; six allocutions &#233;manant respectivement du Chef de village de Ou&#233;less&#233;bougou, du Maire de la Commune Rurale de Ou&#233;less&#233;bougou, du Pr&#233;sident du Forum des Organisations de la Soci&#233;t&#233; Civile du Mali (FOSC), du Pr&#233;sident de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et d&#233;veloppement (CAD-Mali), du Sous-pr&#233;fet de Ou&#233;less&#233;bougou au nom de sa hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestions culturelles anim&#233;es par les chasseurs, le groupe local &#171; th&#233;&#226;trale de Ou&#233;less&#233;bougou d&#233;nomm&#233; GONBADEW &#187; et la troupe &#171; Jiguiya &#187; ont servi d'interm&#232;des entre les diff&#233;rentes allocutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie &#233;tait Nouhoum KEITA journaliste &#224; la Radio Kayira de Bamako, une radio alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun des intervenants a salu&#233; la tenue du Forum des Peuples &#224; Ou&#233;less&#233;bougou pour la premi&#232;re fois, ils n'ont pas manqu&#233; de mettre l'accent sur les politiques fran&#231;africaines qui entravent le d&#233;veloppement social et &#233;conomique du continent africain, les difficult&#233;s des paysans, notamment dans les zones rurales caract&#233;ris&#233;es aujourd'hui partout au Mali par l'accaparement des terres, les conditions difficiles et parfois inhumaines de l'agriculture, de la d&#233;t&#233;riorations des conditions de vie des populations qui manquent d'&#233;coles, des centres de sant&#233;, de la paix et la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident de la CAD-Mali est all&#233; dans le m&#234;me sens que la Troupe Jiguiya qui a fustig&#233; l'inertie du continent africain aux politiques fran&#231;africaines. Sujet que Oumar MARIKO, chef du parti de la Solidarit&#233; africaine pour la d&#233;mocratie et l'ind&#233;pendance (Sadi,) d&#233;veloppera en d&#233;tail dans le panel relatif &#224; la fran&#231;afrique avec comme th&#232;me : &#171; Fran&#231;afrique : Quels partenariats strat&#233;giques pour l'Afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;r&#233;monie d'ouverture a pris fin avec la visite des stands du March&#233; des Peuples. Faut-il rappeler que le &#171; March&#233; des Peuples &#187; est une initiative originale des organisateurs du Forum des Peuples comme outil d'&#233;ducation populaire. C'est un march&#233; destin&#233; &#224; valoriser les savoirs faire des producteurs locaux. Il se formalise par la pr&#233;sence de commer&#231;ants et de tradith&#233;rapeutes venus exposer et vendre des produits consommables ou artisanaux de leur r&#233;gion. Ces produits sont fabriqu&#233;s seulement avec des mati&#232;res locales et vendus &#224; un prix permettant aux producteurs et artisans de vivre correctement de leur travail. Ce march&#233; est essentiel pour promouvoir les produits locaux ainsi que la m&#233;decine traditionnelle mais &#233;galement pour sensibiliser les commer&#231;ants et les consommateurs sur une autre fa&#231;on de consommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II) Actions men&#233;es contre ce sommet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers se sont tenus le dimanche 8 janvier 2017 avant la cl&#244;ture du Forum dans l'apr&#232;s-midi, avec la lecture de la D&#233;claration de la 12e &#233;dition du Forum des Peuples Ou&#233;less&#233;bougou 2017 et de sa remise au sous-pr&#233;fet dans ses locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cases th&#233;matiques sont entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 1 : Fran&#231;afrique : Quels partenariats strat&#233;giques pour l'Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 2 : Paix et s&#233;curit&#233; en Afrique : Quelles alternatives &#224; l'installation des bases &#233;trang&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 3 : La monnaie comme levier de d&#233;veloppement &#233;conomique : Quelles alternatives au Francs CFA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 4 : Mouvements sociaux : &#201;tat des lieux, comment mieux s'organiser pour agir contre l'endettement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 5 : Industrialisation du continent africain : Quelles Strat&#233;gies pour le d&#233;veloppement industriel, &#233;nerg&#233;tique et commercial du continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 6 : &#201;lections D&#233;mocratie et d&#233;veloppement en Afrique : Enjeux et d&#233;fis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 7 : Gouvernance durable des Ressources naturelles (mines, for&#234;ts, eau, terre&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 8 : Agriculture, quelles strat&#233;gies pour la souverainet&#233; alimentaires du continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 9 : D&#233;centralisation, r&#233;gionalisation et gouvernance locale en Afrique : Enjeux et d&#233;fis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 10 : &#201;ducation et Formation professionnelle pour quels emplois en Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 11 : N&#233;ocolonialisme et r&#233;alit&#233;s Migration-Diaspora-D&#233;veloppement et l'avenir de espaces d'Int&#233;gration sous r&#233;gionaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Th&#232;me 12 : Financement des Services Sociaux de Base (Education, Eau/Hygi&#232;ne/Assainissement), quels impacts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation du CADTM a contribu&#233; activement &#224; la r&#233;ussite de ce forum par ses pr&#233;sentations, discussions et mod&#233;rations, et &#224; la r&#233;daction de la d&#233;claration finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications du CADTM Afrique dans ces actions ont port&#233; sur les th&#232;mes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Dette et Audit de la Dette en Afrique du Nord, anim&#233; par Omar AZIKI d'Attac CADTM Maroc ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les Accords de libre-&#233;change en Afrique du Nord, anim&#233; par Omar AZIKI d'Attac CADTM Maroc ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le syst&#232;me de Microcr&#233;dit au Maroc, anim&#233; par Omar AZIKI d'Attac CADTM Maroc ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Les Contrats de D&#233;sendettement et de D&#233;veloppement (C2D) en C&#244;te d'Ivoire et au Cameroun, anim&#233; respectivement par Achille Ess&#233; Daouda du FNDP de la C&#244;te d'Ivoire et Jean Marc BIKOKO de la Plateforme d'Information et d'Action sur la Dette (PFIAD) au Cameroun ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &#201;lections et d&#233;mocratie en Afrique, anim&#233; par Achille Ess&#233; Daouda du Forum National sur la Dette et la Pauvret&#233; (FNDP) de la C&#244;te d'Ivoire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Contr&#244;le citoyen de l'action publique par les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, anim&#233; par Madame Yvonne Ngoyi YAKABWE de l'Union des Femmes pour la Dignit&#233; Humaine (UFDH) en R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Effets des changements climatiques sur l'autonomisation des femmes paysannes, anim&#233; par Madame Yvonne Ngoyi YAKABWE de l'Union des Femmes pour la Dignit&#233; Humaine (UFDH) en R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Exp&#233;riences de lutte conte le microcr&#233;dit, anim&#233; par Madame TAMADAHO Dossi Emilie ATCHAKA du Coalition des Associations pour le D&#233;veloppement Durable (CADD) au B&#233;nin ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Dette en Afrique subsaharienne, anim&#233; par Issa KAMISSOKO de la Coalition des Alternatives Dette et D&#233;veloppement au Mali (CAD-Mali) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Mouvements sociaux : comment s'organiser pour agir contre l'endettement, anim&#233; par Adama SOUMARE du CADTM S&#233;n&#233;gal ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Le Franc CFA et la Pauvret&#233; en Afrique, anim&#233; par Broulaye BAGAYOKO de la CAD-Mali et Secr&#233;taire Permanent du CADTM Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III) Synth&#232;se de ces interventions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-1) L'&#233;tat actuel de la dette en Afrique subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats africains empruntent aujourd'hui &#224; des taux major&#233;s pour refinancer des dettes ou combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire, entra&#238;nant ainsi une nouvelle spirale de dette dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI continue ses tourn&#233;es partout en Afrique subsaharienne dans le cadre de son programme de facilit&#233; &#233;largie au cr&#233;dit (FEC) avec son cort&#232;ge de mesures d'aust&#233;rit&#233; dont les populations payent le prix. Il s'agit de la suppression des subventions sur les tarifs d'&#233;lectricit&#233; et le gaz, le partenariat public-priv&#233; entra&#238;nant la privatisation &#224; outrance des services sociaux de base, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jumelle complice du FMI qu'est la Banque mondiale continue aussi &#224; d&#233;velopper son programme Doing Business pour imposer des r&#233;formes dans les politiques et programmes des gouvernements favorables aux investisseurs &#233;trangers et violant syst&#233;matiquement le droit d'acc&#232;s des communaut&#233;s &#224; la terre, &#224; l'eau, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'illustration, au Mali, le projet de loi fonci&#232;re dont la consultation a impliqu&#233; les organisations paysannes et les mouvements sociaux qui travaillent sur les th&#233;matiques fonci&#232;res et agricoles, comportait pendant la premi&#232;re phase de validation sociale 159 articles prenant en compte les pr&#233;occupations paysannes en mati&#232;res agricoles, a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; 49 sur imposition des bailleurs de fonds, en occurrence la Banque mondiale, afin de privil&#233;gier les investisseurs &#233;trangers au d&#233;triment de la communaut&#233; paysanne. Le classement des &#201;tats dans le cadre de l'am&#233;lioration du climat des affaires est li&#233; &#224; l'adoption par nos &#201;tats des reformes favorables aux multinationales et pi&#233;tinant le droit au d&#233;veloppement des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces offensives de la Banque mondiale et du FMI, nos &#201;tats sont en train de s'endetter sur le march&#233; international financier et sur leur march&#233; r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en novembre 2015, les emprunts souverains &#233;mis par des gouvernements africains ont atteint 5,17 milliards de dollars avec des taux varient entre 6% &#224; 10,75%. Depuis cette date, aucun eurobond n'a &#233;t&#233; &#233;mis. Ainsi, on passe des eurobonds aux &#233;missions obligataires en monnaie nationale ou r&#233;gionale avec des taux compris entre 5.5% et 6.5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet effet, les &#201;tats membres de l'UEMOA ont adopt&#233; leur calendrier d'&#233;mission de titre public d'un montant de 1122 milliards &#224; mobiliser sur le march&#233; financier r&#233;gional au troisi&#232;me trimestre 2016. Le calendrier du troisi&#232;me trimestre pr&#233;voit des &#233;missions pour un montant total de 1122 milliards de FCFA compar&#233; &#224; un montant &#233;mis de 1115 milliards FCFA au deuxi&#232;me trimestre 2016, soit une l&#233;g&#232;re hausse de 0,63%. Au cours du troisi&#232;me trimestre, les &#201;tats membres de l'Union proc&#233;deront &#233;galement &#224; des remboursements au titre du service de la dette de march&#233; pour un montant total de 723 milliards FCFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat criard et paradoxal est que cependant c'est le Sud qui finance. Entre 1980 &#224; 2012, les volumes de capitaux qui ont quitt&#233; l'Afrique ont &#233;t&#233; plus importants que ceux qu'elle a re&#231;us, apprend-t-on d'un rapport publi&#233; le 5 d&#233;cembre 2016 par le Global Financial Integrity. Au total, ce sont 1712,5 milliards de dollars que le continent a perdus, soit en moyenne 78 milliards par an |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de cette situation, le rapport pointe tout d'abord les soci&#233;t&#233;s multinationales avec leurs m&#233;thodes d'optimisation et d'&#233;vasion fiscales. L'empreinte la plus forte se situe dans le domaine des industries extractives (mines et hydrocarbures) o&#249; de grands groupes qui tirent avantage des &#233;conomies d'&#233;chelle, mais r&#233;alisent surtout des montages comptables et fiscaux qui r&#233;duisent fortement la base imposable ou la quote-part des pays h&#244;tes. A cela s'ajoute la faiblesse des institutions et des administrations de ces pays qui les place en inf&#233;riorit&#233; dans les n&#233;gociations avec des multinationales beaucoup plus puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de fait nous justifie que les objectifs de d&#233;veloppement durable (ODD) sont morts-n&#233;s. Cela est confirm&#233; par la CNUCED elle-m&#234;me qui a attir&#233; l'attention sur les risques que pose la dette souveraine (celle &#233;mise par les &#201;tats sur les march&#233;s internationaux) notamment pour l'Afrique subsaharienne. &#171; Les pays d'Afrique ont accumul&#233; les dettes, alors m&#234;me que leurs capacit&#233;s &#224; les rembourser se sont r&#233;tr&#233;cies. La baisse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, la hausse du dollar et la perspective de paiements d'int&#233;r&#234;ts plus &#233;lev&#233;s rendent ces dettes plus difficiles &#224; refinancer &#187; |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNUCED, la dette souveraine ne peut pas b&#233;n&#233;ficier des mesures de protection contre la faillite ou de restructuration, comme c'est le cas pour la dette priv&#233;e. Mais m&#234;me si les actifs publics ne peuvent faire l'objet de saisie, l'incapacit&#233; &#224; rembourser pour un pays le prive d'acc&#232;s au march&#233; des capitaux, et donc de la possibilit&#233; de faire face &#224; ses besoins de liquidit&#233;s. Du coup, les &#201;tats africains ne pourront pas respecter leur engagement dans le cadre de l'atteinte des ODD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les rem&#232;des ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le suivi, l'analyse et la d&#233;nonciation de la situation de l'endettement des pays de l'Afrique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte contre les diff&#233;rentes mesures de privatisation des services publiques et des infrastructures et notamment via les Partenariats public-priv&#233; (PPP) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lutte pour la d&#233;mocratie populaire et les libert&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-2) Contrat dette et d&#233;veloppement (C2D)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le C2D peut appara&#238;tre comme un excellent levier en mati&#232;re de coop&#233;ration au d&#233;veloppement pour r&#233;duire la pauvret&#233; extr&#234;me de nos populations et booster nos &#233;conomies, il en demeure pas moins que le caract&#232;re tr&#232;s politique de celui-ci soit un facteur limitant pour les pays b&#233;n&#233;ficiaires qui restent sous l'influence et le diktat de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faut relever le caract&#232;re quasi monopolistique des entreprises fran&#231;aises qui rel&#232;guent finalement les possibilit&#233;s des entreprises nationales &#224; de simples fait valoir bons pour &#234;tre des sous-traitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation qui ne saurait cr&#233;er la richesse escompt&#233;e pour r&#233;duire la pauvret&#233; en elle-m&#234;me par la r&#233;duction du ch&#244;mage et autres besoins, au lieu de chercher &#224; vaincre l'extr&#234;me pauvret&#233; qui maintiendrait nos pays dans une extr&#234;me d&#233;pendance les &#233;loignant de l'id&#233;e de l'&#233;mergence de plus en plus galvaud&#233;e par nombre d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dominantes emploient tous les moyens id&#233;ologiques dont ils disposent pour identifier les institutions en leur faveur. Ainsi en est-il des institutions &#233;conomiques et politiques (les grands espaces tels que le FMI, BM, UE, France Afrique &#8230;.), les institutions judiciaires telles la cour p&#233;nale internationale ou son appendice des cours africaines qui ne jugent, que les dirigeants des pays arri&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-3) C2D Camerounais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des montants en jeu et des diff&#233;rentes r&#233;alisations du C2D au Cameroun &#224; ce jour, cette initiative contribue d'une certaine mani&#232;re &#224; la relance de l'&#233;conomie du Cameroun. La trop grande implication de la France dans la gouvernance du C2D finit par annihiler cet apport appr&#233;ciable |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-4) &#201;lections et d&#233;mocratie en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie humaine devient ainsi d&#233;risoire et nos peuples subissent les crises &#233;conomiques, le ch&#244;mage, les guerres et l'&#233;puisement des ressources vient cl&#244;turer les cons&#233;quences n&#233;fastes des politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lection est-elle d&#233;mocratie et d&#233;mocratie rime-t-elle avec d&#233;veloppement ? Au regard de tout ce qui se passe et se trame en Afrique nous disons que ce n'est qu'une vue de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-5) Comment s'organiser pour agir contre l'endettement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux africains se doivent d'&#234;tre cons&#233;quents puisque nos espaces de luttes commencent &#224; &#234;tre pollu&#233;s et/ou m&#234;me occup&#233;s par des organisations et des ONG, inf&#233;od&#233;es aux IFI/multinationales, qui se voilent sous l'appellation de Soci&#233;t&#233; Civile pour mieux violer la conscience des masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marcation, des mouvements sociaux engag&#233;s, doit &#234;tre sans ambigu&#239;t&#233; pour &#233;viter que le peuple ne soit pris en otage par cette soci&#233;t&#233; civile bourgeoise et complice des institutions financi&#232;res internationales/r&#233;gionale et des puissances n&#233;ocoloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, face &#224; l'offensive &#224; outrance des forces imp&#233;rialistes capitalistes, les luttes des mouvements sociaux africains doivent aller dans le sens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De se remobiliser, &#224; c&#244;t&#233; des Peuples mais aussi s'allier aux autres organisations partageant les m&#234;mes convictions et d&#233;velopper une grande solidarit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De travailler pour l'&#233;l&#233;vation du niveau de conscience et d'organisation des populations pour construire des alternatives ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'exiger l'abolition des dettes publiques sans conditions de la part des &#201;tats capitaliste et des institutions financi&#232;res internationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'exiger la publication des contrats accords de concession et de d&#233;noncer les conditions explicites et implicites dans ces accords et ces contrats sign&#233;s par nos &#201;tats africains avec les institutions financi&#232;res internationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout en d&#233;fendant les principes que sont l'anticapitalisme, l'anti-imp&#233;rialisme, l'anti-productivisme &#233;cocide, de participer avec d'autres courants et forces d&#233;mocratiques, &#224; la consolidation et l'enrichissement de la dynamique altermondialiste, dans un esprit d&#233;mocratique, de respect de l'autonomie des mouvements sociaux et autres composantes de ce processus de construction d'une solidarit&#233; internationale &#233;mancipatrice pour tous/toutes et chacun-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-6) Le Franc CFA : analyses du CADTM Afrique et propositions d'alternatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme du Franc CFA constitue un outil d'aggravation de crise de la dette et d'appauvrissement des peuples africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sur&#233;valuation du franc CFA r&#233;duit les recettes des exportations africaines deux fois au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, les exportations africaines devenus moins comp&#233;titives &#224; cause du FCFA sur&#233;valu&#233; perdent des parts significatives de leurs march&#233;s &#233;trangers au profit de leurs concurrents mondiaux. Deuxi&#232;mement, les Africains perdent beaucoup d'argent lorsque leurs recettes d'exportation sont converties en euros. Par exemple, leur recette d'exportation de 1 500 000 000 de dollars &#233;quivalent &#224; 1 500 000 000 d'euros si un euro est &#233;gal &#224; un dollar. En revanche, cette m&#234;me recette d'exportation se r&#233;duit &#224; 1 000 000 000 d'euros lorsque l'euro s'appr&#233;cie et s'&#233;change &#224; 1,5 dollar. On constate ici une perte de change s&#233;rieuse des africains de 500 000 000 de dollars correspondent &#224; 250 milliards de francs CFA. Cela veut dire que si l'euro vaut demain le double de la devise am&#233;ricaine, les revenus d'exportation des africains seront amput&#233;s automatiquement de leur moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomisation de la dette ext&#233;rieure des PAZF par la fixit&#233; de parit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; l'euro est plus faible que le dollar, la dette africaine en dollar augmente m&#233;caniquement et en toute autonomie, sans un emprunt suppl&#233;mentaire contract&#233; par l'Afrique. On dit que la dette africaine s'autonomise. Les Pays de la zone franc (PAZF) sont donc perdants avec un euro plus faible que le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : Soit une dette africaine de 100 milliards de dollars :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Si 1$ = 1&#8364;, alors 100 milliards de dollars de dette = 100 milliards d'euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Mais si 1$= 1,25 euro ou si 1 euro =0,80 dollar alors la dette africaine devient 125 milliards d'euros car on aura 100 milliards de dollars *1,25 euros =125 milliards d'euros &#224; payer par l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cons&#233;quences majeures &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France dit aux Africains d'exporter les mati&#232;res premi&#232;res dont elle a besoin pour 100 millions d'euros par exemple. Lorsque les Africains ont export&#233;, au lieu de les payer, la France prend son stylo et &#233;crit un signe PLUS dans le compte. Elle ne d&#233;bourse aucune devise. Or si ce sont les Nig&#233;rians ou les Ghan&#233;ens qui exportent, la France est oblig&#233;e de sortir 100 millions d'euros des coffres forts pour les payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France se sert pour combler son d&#233;ficit budg&#233;taire ou pour amortir, c'est-&#224;-dire payer sa dette. Si un dirigeant de la zone CFA n'ob&#233;it plus aux ordres de la France, elle bloque ses r&#233;serves de devises en fermant les banques et cela pousse la population &#224; se rebeller contre le dirigeant. C'est ce qui s'est pass&#233; avec Gbagbo, ne pouvant plus prendre des devises &#224; la France, il a d&#233;cid&#233; de cr&#233;er la monnaie ivoirienne et &#224; partir de l&#224;, la d&#233;cision a &#233;t&#233; prise pour le bombarder. Par ce principe, il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stock&#233;s au Tr&#233;sor public, soit plus de 12 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France utilise les int&#233;r&#234;ts financiers africains pour endetter les Africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : 12000 milliards plac&#233;s &#224; 3% rapportent 360 milliards d'int&#233;r&#234;ts que la France pr&#234;te aux Africains en partie ou en totalit&#233; au taux exorbitant sup&#233;rieur &#224; 5%. Pas plus tard que le 19 juillet 2016, le B&#233;nin a emprunt&#233;, sous forme d'&#233;mission obligataire, la somme de 35 milliards au taux de 5,28%. La derni&#232;re sortie du Togo sur le march&#233; international a &#233;t&#233; faite au taux de 6,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette recolonisation mon&#233;taire de l'Afrique, le CADTM Afrique r&#233;clame :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La cr&#233;ation d'une monnaie unique africaine (MUA) comme recommand&#233; par le Professeur Nicolas Agbohou dans son livre intitul&#233; &#171; le franc CFA et l'Euro contre l'Afrique &#187; Il est donc possible juridiquement d'abandonner unilat&#233;ralement le Franc CFA comme l'ont fait le Maroc (en 1957), la Tunisie (en 1958), l'Alg&#233;rie (en 1963), le Mali (en 1962), la Mauritanie (en 1975) et tant d'autres pays ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La renationalisation de toutes les soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;es sous la pression du FMI et la Banque mondiale et contre les int&#233;r&#234;ts des Africains ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'affirmation de la souverainet&#233; nationale sur l'&#233;conomie selon la r&#233;solution de l'ONU. n&#176; 1803 suivante : la souverainet&#233; permanente des peuples et des nations sur leurs richesses et ressources naturelles ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La cr&#233;ation d'une banque du Sud g&#233;r&#233;e et contr&#244;l&#233;e par les africains sans aucune implication de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation, l'expropriation ou la r&#233;quisition devront se fonder sur des raisons ou des motifs d'utilit&#233; publique, de s&#233;curit&#233; ou d'int&#233;r&#234;t national, reconnus comme primant les simples int&#233;r&#234;ts particuliers ou priv&#233;s, tant nationaux qu'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-7) Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise capitaliste qui se caract&#233;rise par une offensive du Capital contre la Nature et l'Humanit&#233;, la concurrence se fait vive entre les &#201;tats imp&#233;rialistes qui ont toujours pour r&#244;le d'assurer des conditions favorables &#224; l'accumulation du capital par des guerres imp&#233;rialistes mais aussi par des guerres commerciales. Ils tentent de subordonner le droit commun au droit des entreprises &#224; l'encontre du droit de la population &#224; la sant&#233;, &#224; un environnement sain, &#224; une vie non pr&#233;caire. C'est l'un des enjeux majeurs de la nouvelle g&#233;n&#233;ration de trait&#233;s de libre-&#233;change qui compl&#232;tent le dispositif constitu&#233; par les grandes institutions internationales comme l'OMC, le FMI, la Banque mondiale. Le syst&#232;me de la dette qui op&#232;re dor&#233;navant au Nord comme au Sud est l'un des instruments cl&#233;s de la dictature exerc&#233;e par le capital sur les soci&#233;t&#233;s. Il joue un r&#244;le directement politique pour imposer le maintien de l'ordre n&#233;olib&#233;ral. De concert avec les trait&#233;s de libre-&#233;change, il bloque la mise en &#339;uvre par un gouvernement de politiques alternatives permettant de sortir de la crise sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords commerciaux n'incluent pas seulement l'organisation du commerce, mais tous les autres domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels, c'est-&#224;-dire un d&#233;mant&#232;lement de tous les syst&#232;mes locaux qui pourraient entraver l'expansion des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales des grandes puissances imp&#233;rialistes USA et UE r&#233;clament davantage d'ouverture des fronti&#232;res des pays pour r&#233;duire leurs charges de production par la d&#233;localisation, b&#233;n&#233;ficier des avantages des zones franches (flexibilit&#233; du travail, absence de syndicat, salaires bas), &#233;tendre la commercialisation des surplus de produits subventionn&#233;s, accaparer des entreprises et services publiques, accaparer des ressources, etc. Elles maintiennent les pays du Sud dans une situation de d&#233;pendance structurelle. C'est pourquoi on assiste &#224; une fr&#233;n&#233;sie des accords de libre-&#233;change entre les grandes puissances (trait&#233; commercial pour une zone de libre-&#233;change entre les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne TAFTA ou TTIP, l'accord de libre-&#233;change entre le Canada et l'Union europ&#233;enne CETA, &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale (zone de libre &#233;change en Am&#233;rique Latine ALCA, Association des Nations de l'Asie du Sud-Est ANASE, accords de partenariat &#233;conomique APE en Afrique, ALECA en Afrique du Nord). Ces accords commerciaux coloniaux ont contribu&#233; &#224; l'accentuation des d&#233;ficits commerciaux globaux des pays du Sud et augment&#233; leur endettement. Les accords de libre-&#233;change et le syst&#232;me de la dette constituent les deux faces de la domination imp&#233;rialiste. La lutte contre le syst&#232;me de la dette doit &#234;tre corr&#233;l&#233;e avec la lutte contre les accords de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-8) Nouvelle spirale d'endettement en Afrique du Nord&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-d&#233;veloppement de la majorit&#233; des pays de la r&#233;gion arabe est li&#233; au colonialisme qui a fa&#231;onn&#233; le mod&#232;le de d&#233;pendance et le manque d'industrialisation. Ces pays sont rest&#233;s des &#233;conomies exportatrices de ressources mini&#232;res, agricoles et de mer avec de faibles valeurs ajout&#233;es et li&#233;es aux fluctuations du march&#233; mondial. De nouveaux m&#233;canismes d'h&#233;g&#233;monie se sont install&#233;s apr&#232;s les ind&#233;pendances au d&#233;but des ann&#233;es 60. Ce sont principalement la dette et l'&#233;change in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recettes lib&#233;rales n'ont pas permis le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; et l'investissement comparativement &#224; d'autres pays du m&#234;me niveau de d&#233;veloppement au d&#233;part comme l'Inde ou l'Indon&#233;sie. C'est li&#233; &#224; la sp&#233;cificit&#233; des pouvoirs politiques qui sont des castes militaro-s&#233;curitaires d&#233;pendant de la sph&#232;re d'&#201;tat avec des r&#233;seaux familiaux mafieux et des m&#233;canismes de pr&#233;dation. Les recettes n&#233;olib&#233;rales leur permettent des attributions n&#233;potistes de toutes sortes de licences et de monopoles. Ils collaborent avec le capital &#233;tranger pour piller et dominer les secteurs d'affaires juteux. Ils g&#233;n&#233;ralisent la corruption, mais aussi la r&#233;pression de toute aspiration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une vague d&#233;ferlante de soul&#232;vements populaires dans la r&#233;gion, &#224; partir de d&#233;cembre 2010 en Tunisie, dans un contexte de crise mondiale en 2008 et de guerres imp&#233;rialistes. Les nouveaux r&#233;gimes install&#233;s n'ont pas marqu&#233; de rupture par rapport aux dogmes n&#233;olib&#233;raux, et la d&#233;mocratie est bafou&#233;e par des r&#233;gimes int&#233;gristes ou militaires. Les grandes puissances imp&#233;rialistes et les institutions &#233;conomiques mondiales coordonnent leurs efforts pour discr&#233;diter le processus r&#233;volutionnaire, camoufler leur responsabilit&#233; directe dans l'arri&#233;ration et le pillage, garantir leurs int&#233;r&#234;ts n&#233;ocolonialistes de domination politique, et garantir la mainmise des multinationales sur les richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une nouvelle mont&#233;e d'endettement de la plupart des pays de la r&#233;gion (&#201;gypte 120% du PIB, Tunisie 104%, Maroc 88%) g&#233;n&#233;rant un service de la dette qui absorbe les budgets sociaux et transfert les richesses. D'o&#249; l'accentuation de la d&#233;pendance structurelle, financier, technologique, industriel, commercial et alimentaire. Les masses populaires payeront la crise par un accroissement de de la pr&#233;carit&#233; et le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus est toujours en cours, les r&#233;sistances sociales et les luttes des peuples continuent. Les peuples sont lib&#233;r&#233;s de leur peur de r&#233;pression et d&#233;veloppent un esprit revendicatif cristallis&#233; dans la mont&#233;e de nouvelles formes de luttes dans les rues et l'inefficacit&#233; de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-9) Le syst&#232;me microfinance : les pauvres financent les riches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales mises en &#339;uvre &#224; la fin des ann&#233;es 70 et d&#233;but des ann&#233;es 80 ont accru le r&#244;le du secteur financier dans l'&#233;conomie. Les pauvres victimes de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; sont d&#233;sormais la cible des march&#233;s financiers par le biais du secteur de la micro-finance. Et depuis les ann&#233;es 80 le secteur de la micro-finance a &#233;t&#233; vis&#233; par les banques. Le microcr&#233;dit est utilis&#233; comme un outil au service de la bancarisation des pauvres. Il a pour objectif d'atteindre les populations qui sont hors circuits financiers. 2,7 milliards d'adultes au monde n'ont pas acc&#232;s aux services financiers de base dont la majorit&#233; sont des pauvres, et surtout des femmes qui en constituent 67%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du Maroc les associations de microcr&#233;dit (AMC) se d&#233;clinent sous la forme d'associations sans but lucratif (13 associations). Mais la nouvelle loi bancaire promulgu&#233;e en 2015, permet l'&#233;largissement du champ d'activit&#233;s des institutions de micro-finance (IMF) pour investir dans d'autres produits financi&#232;re (micro-assurance, transfert d'argent&#8230;). L'enqu&#234;te d'ATTAC CADTM Maroc sur le microcr&#233;dit au Maroc (2015) fait sortir les m&#233;canismes concrets d'arnaques des femmes pauvres par les AMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives contre ces dettes ill&#233;gitimes priv&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cr&#233;ation d'un syst&#232;me de cr&#233;dits public sans int&#233;r&#234;t ou avec un int&#233;r&#234;t plus bas destin&#233; aux pauvres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cr&#233;ation des emplois en augmentant les budgets d'investissement dans les secteurs publics ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'arr&#234;t de d&#233;mant&#232;lement des services publics (&#233;ducation, sant&#233;) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La suspension du remboursement de la dette publique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'annulation des microcr&#233;dits ill&#233;gitimes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Renationalisation des entreprises publiques et des terres agricoles privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-10) Exp&#233;riences de lutte conte le microcr&#233;dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la pr&#233;sentatrice a mis l'accent sur les d&#233;rives des institutions de micro-finance notamment les garanties exig&#233;es par celles-ci au moment de la constitution du dossier de la demande de pr&#234;t, les taux d'int&#233;r&#234;t usuriers et le manque d'accompagnement technique et conseil aupr&#232;s des adh&#233;rentes apr&#232;s l'octroi du pr&#234;t. Les diff&#233;rentes garanties que sont les biens mobiliers et immobiliers, l'assurance vie, les frais de dossier voire m&#234;me une retenue sur le montant du pr&#234;t demand&#233; jusqu'au complet paiement, emp&#234;chent la r&#233;alisation du projet auquel le pr&#234;t est destin&#233; &#224; financer. Ces pratiques rendent ces pr&#234;ts ill&#233;gitimes et ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette probl&#233;matique, des luttes contre les d&#233;rives des institutions de micro-finance se sont mises en place notamment au Maroc et au B&#233;nin. Des &#233;tudes dans le secteur ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans d'autres pays. Des alternatives sont propos&#233;es et mises en place qui sont principalement des groupes d'&#233;pargnes pour le changement (EPC) sous l'accompagnement de Oxfam Grande Bretagne et des tontines qui sont des auto-organisations des femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en sortir, il faudra intensifier les luttes &#224; travers le monde et de promouvoir davantage les groupes EPC et les tontines qui sont des syst&#232;mes autog&#233;r&#233;s et sans garanties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III-11) Effets des changements climatiques sur l'autonomisation des femmes paysannes |4|&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Femmes sont les premi&#232;res &#224; &#234;tre frapp&#233;es par la crise climatique provenant des &#233;missions produites principalement par les pays du Nord. Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; dans le monde sont des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays du Sud, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La d&#233;sertification, la perte de ressources en eau, etc. ont un impact &#233;norme sur leur vie quotidienne. Quand les gens sont oblig&#233;s de partir parce que l'endroit o&#249; ils vivent ne produit plus de nourriture &#224; cause du changement climatique, ce seront les femmes et leurs enfants qui formeront la majorit&#233; des personnes d&#233;plac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport publi&#233; par l'Oxfam en juin 2009 |5|, explique que les femmes sont les premi&#232;res victimes du changement climatique &#224; cause des r&#244;les multiples qui sont les leurs en tant que paysannes, productrices de nourriture, d'eau et de bois de chauffage, et s'occupant des enfants. Le rapport explique &#233;galement que celles du Malawi n'ont aucun pouvoir sur la prise des d&#233;cisions et que le changement climatique accentue les in&#233;galit&#233;s. Il explique en plus que l'aggravation de la pauvret&#233; augmentera la pression sur elles afin qu'elles se prostituent pour obtenir de la nourriture, ce qui &#224; son tour augmentera le risque de contamination par le virus du SIDA. L'augmentation des infections par le virus, &#224; son tour, affaiblira la capacit&#233; des populations de r&#233;sister au chaos climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effet sur les populations qui vivent de la terre (paysannes) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact croissant de l'agrobusiness, de la production d'agro-carburant et la vente de terres aux multinationales pour continuer &#224; extraire du p&#233;trole et d'autres richesses, sont &#224; l'origine d'une perte de terre et d'autonomie pour les petits producteurs, dont une majorit&#233; sont des femmes, souvent de communaut&#233;s indig&#232;nes. Les pesticides d&#233;truisent la production bio des petits producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes indig&#232;nes et les femmes paysannes sans terre jouent un r&#244;le central dans la d&#233;fense des &#233;cosyst&#232;mes forestiers contre les gouvernements qui veulent les vendre aux plus offrants et aux multinationales souhaitant les utiliser pour produire des agro-carburants et pour en extraire d'autres richesses comme l'eau, les bois tropicaux (&#224; croissance tr&#232;s lente) et aussi du p&#233;trole et des minerais divers. Les actions des femmes de La Via Campesina au Br&#233;sil, qui ont d&#233;truit les plantations d'eucalyptus d'Aracruz Celulosa, sont un exemple victorieux de leur r&#244;le dirigeant dans la d&#233;fense de la biosph&#232;re. Au sein de beaucoup de communaut&#233;s indig&#232;nes elles jouent &#233;galement un r&#244;le central dans la d&#233;fense des terres ancestrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques alternatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Baisse de la consommation d'&#233;nergie par l'arr&#234;t des productions qui gaspillent, dont l'industrie de l'armement, l'industrie nucl&#233;aire, la publicit&#233;, l'expansion du transport a&#233;rien ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;duction des gaz &#224; effet de serre par les pays pollueurs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Relocalisation de la production, y compris de l'agriculture ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Arr&#234;t de l'utilisation de ressources &#233;nerg&#233;tiques dangereuses et expansion des &#233;nergies renouvelables ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Transports publics de bonne qualit&#233; et gratuits ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reboisement, que chacune de nous se donne le devoir de planter les arbres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un bon syst&#232;me de gestion et de traitement des d&#233;chets de cuisine en s&#233;parant les d&#233;chets p&#233;rissables de d&#233;chets non p&#233;rissables qui doivent &#234;tre reconditionn&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;velopper des projets de stockage du CO2 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Payement de taxes sur le climat par les pays pollueurs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Payement de taxe carbone par les pays pollueurs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Utilisation de l'&#233;nergie solaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Payement des frais Climat aux pays qui jouent un r&#244;le important dans la r&#233;gulation du climat, aux pays comme la RDC, notre pays, disposant de for&#234;ts qui capturent une quantit&#233; importante de gaz carbonique ou CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unissons-nous autour de la femme rurale en &#233;veillant sa conscience, en la sensibilisant sur les fangeux qui la guettent en rapport avec les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppons &#224; notre mani&#232;re le reboisement en plantant les arbres, g&#233;rer les d&#233;chets en plastique, les sachets. Obligeons nos &#201;tats &#224; fermer des entreprises de production des sachets o&#249; &#224; cr&#233;er les m&#233;canismes de gestions des sachets et plastiques pour arr&#234;ter de d&#233;truire notre terre et r&#233;glementer notre climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigeons la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble et unis nous pouvons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV) Marche populaire de cl&#244;ture et remise de la D&#233;claration finale du Forum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie de cl&#244;ture des travaux, une marche populaire est partie du site du Forum jusqu'&#224; la sous-pr&#233;fecture de Ou&#233;less&#233;bougou pour remettre la d&#233;claration finale du forum au sous-pr&#233;fet de la localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son allocution, le Pr&#233;sident de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D&#233;veloppement a remerci&#233; les populations, les autorit&#233;s politiques, administratives et coutumi&#232;res sans oubli&#233; l'ensemble des participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a souhait&#233; que les &#233;changes des deux jours puissent contribuer &#224; des changements dans nos pays au b&#233;n&#233;fice de nos populations. Le r&#244;le et la responsabilit&#233; dans la veille citoyenne de la Soci&#233;t&#233; civile a &#233;t&#233; rappel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas manqu&#233; de saluer les partenaires sans lesquels Ou&#233;less&#233;bougou 2017 n'aurait pas v&#233;cu et les a exhort&#233;s de continuer &#224; soutenir les initiatives locales comme le Forum des Peuples qui est un espace alternatif de convergence des mouvements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration finale du Forum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A consulter sur le lien : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Declaration-des-Mouvements-Sociaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Declaration-des-Mouvements-Sociaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| &lt;a href=&#034;http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1412-43209-depuisplus-de-20-ans-l-afrique-distribue-78-milliards-par-annee-au-reste-au-monde?utm_source=newsletter_5722&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=ecofin-finance-15-12-2016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1412-43209-depuisplus-de-20-ans-l-afrique-distribue-78-milliards-par-annee-au-reste-au-monde?utm_source=newsletter_5722&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=ecofin-finance-15-12-2016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Agence Ecofin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Dans le cadre de la construction du 2e pont sur le Wouri, la meilleure offre de service venait de Chine, mais la France s'&#233;tait arrang&#233;e pour que les travaux reviennent &#224; une entreprise fran&#231;aise. Le co&#251;t total des travaux pour les op&#233;rateurs chinois s'&#233;levait &#224; 65 milliards de Francs CFA, et l'ouvrage ne devait pas d&#233;boucher sur un cul-de-sac, comme c'est le cas aujourd'hui avec le pool constitu&#233; de Sogea-Satom (groupe Vinci), Lavigne Chevron, Eiffage, Greisch et Soletanche Bachi. Au final, c'est le consortium fran&#231;ais qui avait finalement &#233;t&#233; retenu malgr&#233; son offre de 120 milliards, deux fois plus ch&#232;re que celle propos&#233;e par les chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-effets-du-changement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Les-effets-du-changement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| &lt;a href=&#034;http://www.adaptationlearning.net/sites/default/files/resource-files/winds_of_change_malawi_2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.adaptationlearning.net/sites/default/files/resource-files/winds_of_change_malawi_2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le baiser de la mort du FMI au Mali f&#233;licit&#233; par le Ministre de l'&#201;conomie et des Finances</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-baiser-de-la-mort-du-FMI-au-Mali-felicite-par-le-Ministre-de-l-Economie-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-baiser-de-la-mort-du-FMI-au-Mali-felicite-par-le-Ministre-de-l-Economie-et</guid>
		<dc:date>2016-09-27T06:42:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Broulaye Bagayoko</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Mali vient de recevoir, encore une fois, de fra&#238;ches louanges du Fonds mon&#233;taire international (FMI). A chaque fois que le FMI f&#233;licite un pays pour ses &#171; solides r&#233;sultats &#187;, son &#171; redressement &#233;conomique &#187;, sa &#171; politique budg&#233;taire &#187;, ses &#171; bonnes performances &#187;, la &#171; bonne tenue de ses agr&#233;gats macro&#233;conomiques &#187;, c'est qu'il y a v&#233;ritablement &#224; craindre pour le peuple et le pouvoir concern&#233;s. Au Mali, Amadou Toumani Tour&#233; avait &#233;t&#233; lou&#233; par le FMI avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-09-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-09-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton27773-a95f2.png?1781133929' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mali vient de recevoir, encore une fois, de fra&#238;ches louanges du Fonds mon&#233;taire international (FMI). A chaque fois que le FMI f&#233;licite un pays pour ses &#171; solides r&#233;sultats &#187;, son &#171; redressement &#233;conomique &#187;, sa &#171; politique budg&#233;taire &#187;, ses &#171; bonnes performances &#187;, la &#171; bonne tenue de ses agr&#233;gats macro&#233;conomiques &#187;, c'est qu'il y a v&#233;ritablement &#224; craindre pour le peuple et le pouvoir concern&#233;s. Au Mali, Amadou Toumani Tour&#233; avait &#233;t&#233; lou&#233; par le FMI avant d'&#234;tre balay&#233; en 2012 ; Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta connait le m&#234;me sc&#233;nario malgr&#233; les critiques du m&#234;me FMI &#224; son &#233;gard concernant l'achat de l'avion pr&#233;sidentiel. En r&#233;alit&#233;, le satisfecit du FMI est corollaire &#224; l'insatisfaction des masses populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui int&#233;resse le FMI, c'est le paiement de la dette du pays &#224; ses cr&#233;anciers internationaux. Un &#171; bon &#233;l&#232;ve &#187; est celui qui s'acquitte de cette obligation&lt;br class='autobr' /&gt;
, quel qu'en soit le co&#251;t social. Les d&#233;mant&#232;lements de nos syst&#232;mes &#233;ducatif, de sant&#233;, de transport, de sport et de culture ; les th&#233;rapies de choc subies par l'Agriculture, la P&#234;che et l'Administration ; les privatisations pr&#233;datrices des ann&#233;es 80 sont les r&#233;sultantes directes des Plans d'ajustement structurel (PAS) du FMI mis en &#339;uvre par les gouvernements de Moussa Traor&#233; et d'Alpha Oumar Konar&#233; dans les ann&#233;es 1981- 1996. Les r&#233;sultats sont toujours les m&#234;mes, partout au monde, la Gr&#232;ce &#233;tant le dernier exemple : augmentation de la pauvret&#233; des populations et perte de pouvoir au sommet, alors que le Fonds loue vos efforts qui ne seront jamais suffisants, du reste. Apr&#232;s l'ajustement r&#233;el, on a aussi connu l'ajustement mon&#233;taire pour justifier la d&#233;valuation du franc CFA en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun pays &#171; bon &#233;l&#232;ve &#187; du FMI n'a jamais &#233;merg&#233; et n'&#233;mergera jamais car l'orientation du Fonds n'est point le d&#233;veloppement mais juste le contr&#244;le de vos finances afin que vous soyez en r&#232;gle avec les grands banquiers et les pays cr&#233;anciers. Le Mali consacre tous les ans 50 milliards pour le service d'une dette ill&#233;gitime, ill&#233;gale et odieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le FMI vous loue, c'est que votre peuple souffre et est m&#233;content de vous. Un v&#233;ritable baiser de la mort. A titre d'illustration, la lettre d'intention du gouvernement du 2 d&#233;cembre 2013, dans laquelle sont d&#233;crites les politiques que le gouvernement entend mettre en &#339;uvre en contrepartie de sa demande de concours financier au FMI. D'importantes mesures d'aust&#233;rit&#233; sont impos&#233;es aux populations maliennes telles que l'augmentation des tarifs d'&#233;lectricit&#233; et du gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour l'&#233;lectricit&#233;, les tarifs ont gonfl&#233; : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tarif heure pointe : 110 FCFA/kWh contre 98 FCFA ancien ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tarif heure pleine : 75 FCFA/kWh contre 71 FCFA ancien ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tarif heure creuse : 55 FCFA/kWh contre 48 FCFA ancien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tarif social sera strictement r&#233;serv&#233; aux abonn&#233;s ne consommant pas plus de 100 kWh/mois, c'est-&#224;-dire les abonn&#233;s cibl&#233;s pour b&#233;n&#233;ficier des subventions tarifaires. En cas de d&#233;passement de ce seuil, les consommations mensuelles seront int&#233;gralement factur&#233;es au tarif normal comme il se doit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au gaz, il est pass&#233; de 2000 &#224; 3500 voire m&#234;me 4000 francs quand bien m&#234;me l'objectif de sa subvention par le gouvernement &#233;tait de r&#233;duire les pressions sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un point de presse, le Ministre de l'&#201;conomie a affirm&#233; que la dette ext&#233;rieure du Mali est ma&#238;tris&#233;e. Selon lui, l'encours de la dette ext&#233;rieure du Mali s'&#233;l&#232;ve &#224; 2 404 milliards de F CFA soit 32% du PIB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (cf. Essor N&#176; 18203 du 22 juin 2016). Et au cours de son interview r&#233;alis&#233;e le 17 juillet 2016 &#224; l'ORTM, il nous parle de 2 448 milliards dont 1 700 milliards de dette ext&#233;rieure viables jusqu'&#224; l'an 2033. D'un autre c&#244;t&#233;, il parle aussi d'un objectif de mobilisation de fonds de 1 370 milliards en fin de 2016, ce qui va entrainer une crise de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, l'encours de la dette &#233;tait au 30 juin 2014 de 1 813 milliards 554 millions de francs CFA. Quant au service de la dette, il atteignait 149 milliards 429 millions de francs CFA. Donc, au vu de ce chiffre de 2 404 milliards de francs CFA, la dette du Mali a &#233;t&#233; presque multipli&#233;e par deux, elle augmente en dents de scie contrairement aux dires du Ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter aussi que la Direction G&#233;n&#233;rale de la Dette Publique est grandement en retard dans la production du bulletin semestriel d'information sur la dette. Rien n'a &#233;t&#233; publi&#233; depuis le 1er semestre 2014. On attend toujours les bulletins du dernier semestre 2014, les 2 semestres 2015 et le 1er semestre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous portons &#224; la connaissance du Ministre de l'&#201;conomie et des Finances que le pourcentage de la dette par rapport au PIB n'est pas un pas un crit&#232;re significatif permettant de dire que la dette est ma&#238;tris&#233;e. Ce qui est significatif, c'est l'&#233;volution de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement le taux d'endettement fourni par nos gouvernements n'inclut que la dette du tr&#233;sor (dette de l'&#201;tat), alors qu'existe &#233;galement la dette garantie (ou dette des &#233;tablissements publics garantie par l'&#201;tat). Il faudra alors faire la somme totale de la dette int&#233;rieure et ext&#233;rieure publique (dette de tr&#233;sor plus dette garantie) et voir combien elle repr&#233;sente par rapport au PIB pour pouvoir faire une telle affirmation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; du taux d'endettement, il faut voir ce que repr&#233;sente le service de la dette publique par rapport aux d&#233;penses r&#233;serv&#233;es aux services sociaux (&#233;ducation, sant&#233;...), ce qu'il repr&#233;sente par rapport aux recettes fiscales annuelles, aux d&#233;penses d'investissement et par rapport au budget g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat. Puis ramener &#233;galement le d&#233;ficit budg&#233;taire en pourcentage du PIB, parce que qui dit d&#233;ficit budg&#233;taire dit endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra voir &#233;galement le d&#233;ficit commercial et les r&#233;serves de change de l'&#201;tat (r&#233;serves en devises n&#233;cessaires pour payer la dette ext&#233;rieure et la facture d'importation) et estimer si ces r&#233;serves permettent de couvrir les d&#233;penses d'importation. Ce sont des indicateurs importants pour connaitre la sant&#233; de chaque &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la mobilisation des recettes fiscales, nous d&#233;non&#231;ons les fuites de capitaux (fraudes et &#233;vasion fiscales) des soci&#233;t&#233;s mini&#232;res et les strat&#233;gies de rapatriement des b&#233;n&#233;fices des filiales des soci&#233;t&#233;s multinationales au Mali vers leurs maisons m&#232;res au Nord ; pratiques anti croissance et anti d&#233;mocratique que le Ministre de l'&#201;conomie et des Finances n'a malheureusement pas eu le courage politique de d&#233;masquer ni de d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce comportement n'a cependant rien d'&#233;tonnant puisqu'il soutient la politique du FMI qui consiste &#224; ce niveau, &#224; augmenter l'imp&#244;t pr&#233;lev&#233; aupr&#232;s des citoyennes et citoyens et de le baisser chez les soci&#233;t&#233;s surtout multinationales au service desquelles est le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre que le Mali soit class&#233; pays pauvre et endett&#233; alors qu'il affiche une production moyenne de 70 tonnes d'or par an ? La valeur totale des exportations d'or a atteint, en 2014, 863 milliards CFA. Soit, plus de 70 % des recettes d'exportation totale du Mali. Mais elle n'a contribu&#233; au budget qu'&#224; hauteur de 254,3 milliards CFA. Soit 25 % des recettes budg&#233;taires et 8 % du PIB . On assiste &#224; des exon&#233;rations (405 milliards) et subventions dont on ne voit pas les retomb&#233;es &#224; la base. Pire elles n'ont aucun impact sur le prix final des produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ce fut le cas de la dette int&#233;rieure publique, nous encourageons le gouvernement du Mali &#224; initier un audit citoyen int&#233;gral de sa dette ext&#233;rieure et int&#233;rieure publiques. Le Comit&#233; restreint de validation des dettes int&#233;rieures qui a &#233;t&#233; mis en place est salutaire. Il a valid&#233; 59 milliards sur 104 milliards soit une dette int&#233;rieure ill&#233;gitime de 45 milliards. Les raisons de ces rejets par le Comit&#233; restreint sont multiples : tentative de double paiement, absence de services effectivement r&#233;alis&#233;s, absence de visa du contr&#244;le financier, d&#233;penses in&#233;ligibles des projets, mauvaise qualit&#233; des pi&#232;ces justificatives, faux et usages de faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la place de r&#233;aliser une interview avec des journalistes qui m&#233;connaissent les politiques d'endettement et macro&#233;conomiques, nous sugg&#233;rons prochainement au Ministre de l'Economie et des Finances d'organiser un d&#233;bat d&#233;mocratique sur la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en finir avec la mainmise des cr&#233;anciers sur le destin des populations des &#201;tats endett&#233;s, qui utilisent la dette comme un outil de chantage pour dicter des politiques antisociales et affaiblir la d&#233;mocratie, la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D&#233;veloppement (CAD-Mali) recommande :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. la r&#233;alisation d'un audit int&#233;gral de la dette avec une participation citoyenne active ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2. la suspension du paiement de celle-ci ; &lt;br class='autobr' /&gt;
3. le refus d'en payer la part ill&#233;gitime ou ill&#233;gale ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4. l'imposition d'une r&#233;duction du reliquat. La r&#233;duction du reliquat [c'est-&#224;-dire de la part restante, apr&#232;s annulation de la part ill&#233;gitime et/ou ill&#233;gale] peut s'apparenter &#224; une restructuration, mais en aucun cas elle ne pourra isol&#233;ment constituer une r&#233;ponse suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans suspension de paiement pr&#233;alable et sans audit rendu public, les cr&#233;anciers se trouvent en situation de domination. Or, il ne faut pas sous-estimer leur capacit&#233; de manipulation, qui am&#232;nerait le gouvernement &#224; faire des compromis inacceptables. C'est la suspension du paiement de la dette en tant qu'acte souverain unilat&#233;ral qui cr&#233;e le rapport de force avec les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bamako, le 10 ao&#251;t 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article r&#233;dig&#233; par Broulaye Bagayoko de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D&#233;veloppement (CAD-Mali), Secr&#233;taire Permanent du CADTM Afrique (Comit&#233; pour l'Abolition des Dettes Ill&#233;gitimes) T&#233;l : 65 88 11 53/74 90 73 95 e-mail : secretariatcadtmafrique@gmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
