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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Une prochaine crise financi&#232;re encore plus violente que les pr&#233;c&#233;dentes</title>
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		<dc:date>2016-12-13T13:15:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Paule Virard, Patrick Artus</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-12-13</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous publions un deuxi&#232;me extrait de la conclusion du livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, intitul&#233; &#034;La folie des banques centrales&#034;. Ce livre a &#233;t&#233; publi&#233; chez Fayard. &lt;br class='autobr' /&gt; Lire la premi&#232;re partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la crise des pays &#233;mergents en 1997, celle de la bulle Internet en 2000- 2001, celle des subprimes en 2008-2009, il est &#233;videmment difficile de dire quel sera le sort de la prochaine crise financi&#232;re. Les points de fragilit&#233; de l'&#233;conomie mondiale sont nombreux : pays &#233;mergents, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-12-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-12-13&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton29026-1169a.png?1679048263' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous publions un deuxi&#232;me extrait de la conclusion du livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, intitul&#233; &#034;La folie des banques centrales&#034;. Ce livre a &#233;t&#233; publi&#233; chez Fayard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire la &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article28917&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise des pays &#233;mergents en 1997, celle de la bulle Internet en 2000- 2001, celle des subprimes en 2008-2009, il est &#233;videmment difficile de dire quel sera le sort de la prochaine crise financi&#232;re. Les points de fragilit&#233; de l'&#233;conomie mondiale sont nombreux : pays &#233;mergents, pays p&#233;riph&#233;riques de la zone euro, march&#233;s actions, &#224; moins que l'immobilier ne se rappelle &#224; notre bon souvenir puisque dans beaucoup de pays (Royaume-Uni, Japon, Canada, Chine, Australie&#8230;), les prix ont repris leur ascension vers le ciel. Sans oublier, la bulle obligataire qui s'est form&#233;e depuis quelques ann&#233;es, aussi dangereuse qu'une bulle actions, car elle peut d&#233;cimer les assureurs et&#8230; les emprunteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, il est possible de savoir o&#249; et quand la prochaine crise se produira. La question du &#171; quand &#187; est en fait une mauvaise question, puisque le futur n'est pas pr&#233;visible et que les banques centrales disposent d'&#233;normes moyens pour retarder l'heure la v&#233;rit&#233;. Pour que la bulle &#233;clate, il faut la conjonction d'une situation fondamentale d&#233;s&#233;quilibr&#233;e et d'une prise de conscience des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle conjonction commence peut-&#234;tre &#224; se dessiner : au cours de l'&#233;t&#233; 2015, les march&#233;s actions ont baiss&#233; de 14 % aux &#201;tats-Unis et de 30 % dans la zone euro. En tout cas, une chose est s&#251;re : si, dans le court terme, la sph&#232;re financi&#232;re dicte sa loi, quitte &#224; ignorer totalement l'&#233;volution de l'&#233;conomie r&#233;elle, dans le long terme, le r&#233;el reprend la main et refait irruption dans la sph&#232;re financi&#232;re sous la forme d'une crise. C'est ce qui s'est pass&#233; en 2008 &#8211; 2009. C'est ce qui se reproduira in&#233;vitablement dans un avenir plus ou moins proche. Nous avons plut&#244;t tendance &#224; penser que la fr&#233;quence des crises de faire devrait augmenter, car il y a une interaction entre la situation de quasi-r&#233;cession que nous connaissons, situation qui fait monter l'aversion pour le risque, et le d&#233;clenchement des crises financi&#232;res. Surtout, la prochaine crise devrait &#234;tre encore plus violente que les pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise financi&#232;re est en effet le r&#233;sultat du basculement d'une masse de capitaux d'un actif risqu&#233; (actions, dettes bancaires&#8230;) vers un actif sans risque (dette publique des pays &#171; s&#251;rs &#187;, cash&#8230;) lorsque les investisseurs, tout &#224; coup, prennent peur et qu'un d&#233;but de panique donne le signal du retournement. Plus la liquidit&#233; mondiale est abondante plus ces mouvements sont violents puisque la taille des capitaux qui peuvent migrer d'une classe d'actifs &#224; une autre est, elle aussi, de plus en plus consid&#233;rable. Il suffit, par exemple, de prendre la mesure des flux de capitaux nets vers (ou depuis) les pays &#233;mergents ou la Chine pour imaginer l'impact de la liquidit&#233; mondiale sur l'ampleur des flux de capitaux. Ainsi, entre janvier et septembre 2015, les sorties de capitaux massives subies par les pays &#233;mergents (ou la Chine) ont provoqu&#233; une d&#233;pr&#233;ciation &#233;clair de leurs devises (-20,5 % pour le r&#233;al br&#233;silien sur les sept premiers mois de l'ann&#233;e, &#8211; 15,4 % pour la livre turque, -9 % pour les pesos mexicain et chilien). Les banquiers centraux n'ont pas tenu leurs promesses : en huit ans, la plan&#232;te finance n'est pas devenue plus s&#251;re, plus mature, plus responsable. Ils se sont au contraire affranchis de toute r&#232;gle et se sont laiss&#233;s aller &#224; jouer avec la monnaie. Les promesses n'engagent d&#233;cid&#233;ment que ceux qui les &#233;coutent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;formes institutionnelles pour tenter d'&#233;viter le pire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la mise en place de r&#233;formes institutionnelles importantes pourrait d&#233;jouer la prochaine crise. Voici pour conclure, et pour r&#233;sumer notre r&#233;flexion sur ce &#224; quoi devrait ressembler une nouvelle politique mon&#233;taire, six propositions pour &#233;viter le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Si l'inflation reste &#8211; comme nous le pensions &#8211; durablement faible pour des raisons structurelles (inf&#233;rieure &#224; 2 %), les banques centrales doivent laisser de c&#244;t&#233; l'objectif d'inflation pour adopter un objectif plus adapt&#233; &#224; l'&#233;quation &#233;conomique actuelle (contr&#244;le des prix d'actifs, de la liquidit&#233;&#8230;) et veiller davantage sur la stabilit&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Si la croissance mondiale demeure durablement faible, s'assurer que les banques centrales utilisent la valeur correcte et actualis&#233;e de la croissance potentielle et non une valeur ant&#233;rieure trop &#233;lev&#233;e, ce qui les inciterait &#224; tenter de stimuler artificiellement la croissance. Prenons l'exemple de la zone euro. Aujourd'hui, la croissance potentielle de la zone est d'environ 1 % contre 2 % il y a dix ans avec une inflation de 1 % en tendance (2% il y a dix ans). Cela signifie que le taux d'intervention de la BCE ne doit pas exc&#233;der 2 % (contre 4 % avant la crise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Faire en sorte que le FMI joue le r&#244;le central qui doit &#234;tre le sien, &#224; savoir coordonner les politiques mon&#233;taires (de cr&#233;ation de liquidit&#233;) et de change (&#233;viter les politiques non coop&#233;ratives de d&#233;pr&#233;ciation des monnaies). Le r&#244;le du FMI devrait &#234;tre en effet de v&#233;rifier que toute d&#233;pr&#233;ciation du change correspond bien &#224; un v&#233;ritable probl&#232;me de comp&#233;titivit&#233; et de surveiller l'&#233;volution de la liquidit&#233; mondiale, ce qui suppose certainement de ne pas accepter que la base mon&#233;taire parle de 7 000 milliards de dollars en 1996 &#224; 20 000 milliards en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Renoncer aux politiques mon&#233;taires expansionnistes qui durent trop longtemps, car ces politiques sont certes efficaces &#224; court terme en provoquant une baisse importante des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme, mais deviennent irr&#233;versibles et ne peuvent plus &#234;tre abandonn&#233;es. Sachant que la dur&#233;e de la vie moyenne d'une obligation est de sept ans, une politique mon&#233;taire est expansionniste, cela signifie que l'ensemble d'un portefeuille obligataire a &#233;t&#233; renouvel&#233; avec des coupons &#224; taux tr&#232;s faible. Si les taux entamaient une remont&#233;e, la perte en capital serait massive pour les investisseurs. Or le rendez-vous est inscrit &#224; l'agenda pour 2016 puisque la politique de taux bas a d&#233;but&#233; en 2009 ! Difficile dans ces conditions d'imaginer voir les autorit&#233;s mon&#233;taires prendre le risque d'un bain de sang, ce qui explique les atermoiements r&#233;cents de la Fed autour d'une hausse de ses taux directeurs, hausse toujours annonc&#233;e, toujours diff&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Renoncer &#224; utiliser les politiques mon&#233;taires expansionnistes quand le probl&#232;me de l'&#233;conomie n'a rien &#224; voir avec la politique mon&#233;taire, mais est &#233;troitement li&#233; &#224; l'absence de r&#233;formes structurelles (march&#233; du travail, soutien &#224; l'innovation, r&#233;forme fiscale&#8230;), absence qui bloque la croissance de long terme &#224; un niveau faible. L'utilisation intempestive des politiques mon&#233;taires expansionnistes comme substitut aux politiques de r&#233;formes structurelles ne peut en effet que d&#233;boucher sur une perte de leur efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Se donner un objectif de liquidit&#233; (base mon&#233;taire) mondiale raisonnable et, pour y parvenir, commencer &#224; la r&#233;duire tr&#232;s doucement afin d'&#233;viter tout risque d'accident. Logiquement, la base mon&#233;taire du monde devrait progresser &#224; peu pr&#232;s comme le PIB mondial. Or, celui-ci a augment&#233; sur un rythme annuel de 8-9 % dans les ann&#233;es 2000 &#8211; 2008 tandis que la base mon&#233;taire mondiale affichait une hausse de 17 % par an, soit deux fois plus que ce qui aurait &#233;t&#233; raisonnable. Or, si dans le futur la croissance de la cr&#233;ation de richesse mondiale ne d&#233;passe pas 5 % en valeur, ce qui aujourd'hui fait figure d'&#233;tiage cr&#233;dible, l'objectif d'augmentation de la base mon&#233;taire mondiale ne devrait pas exc&#233;der 5 % par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de rem&#233;dier aux probl&#232;mes de l'&#233;conomie r&#233;elle, les banquiers centraux ont choisi, en r&#233;action &#224; la situation de sous-investissement, de mettre en place des politiques mon&#233;taires ultra-expansionnistes bien que, quelle que soit leur ampleur, ces politiques ne puissent corriger les causes de la quasi-r&#233;cession qui touche d&#233;sormais l'&#233;conomie mondiale. Une politique con&#231;ue avant tout pour les march&#233;s financiers, avec l'espoir que la confiance ainsi restaur&#233;e percolera dans l'&#233;conomie r&#233;elle. Mais l'exc&#232;s de liquidit&#233; qui en r&#233;sulte est propice &#224; d'&#233;normes d&#233;placements de capitaux tourne une classe d'actifs &#224; une autre, d'un pays &#224; l'autre. Et lorsqu'il s'agit du report massif de capitaux d'un actif risqu&#233; vers un actif sans risque, une crise financi&#232;re peut &#233;clater &#224; tout moment. Petites r&#233;p&#233;titions avant &#171; la g&#233;n&#233;rale &#187; : en 2015, on a eu l'occasion d'observer les colossales sorties de capitaux en provenance des pays &#233;mergents et de la forte d&#233;pr&#233;ciation du change de ces pays qui s'en est suivie. Elle a &#233;t&#233; assortie &#8211; dans le courant de l'&#233;t&#233; du report des actions vers les obligations publiques &#171; s&#251;res &#187;, en raison des craintes qui se sont fait jour sur la croissance mondiale, report qui a provoqu&#233; la chute des cours boursiers et le recul des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme sur les dettes publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, le syst&#232;me tient. Nos &#171; gardiens &#187; de la monnaie peuvent ouvrir les vannes (autant qu'ils veulent et chaque fois que l'on en a besoin. Mais s'ils s'ent&#234;tent dans une fuite en avant ou l'on entretient le mythe du cr&#233;dit qui cr&#233;e de la valeur et o&#249; le chacun pour soi domine, il faut s'attendre &#224; ce que surviennent des crises financi&#232;res de plus en plus fr&#233;quentes et de plus en plus violentes. On observe d'ailleurs que le rythme s'acc&#233;l&#232;re. Nous entrons dans l'&#232;re de la crise financi&#232;re permanente, jusqu'&#224; ce qu'un coup de tabac, plus d&#233;vastateur que les autres, d&#233;clenche une nouvelle crise mondiale et mette la plan&#232;te &#224; feu et &#224; sang. Comme le retour du refoul&#233;, le retour du r&#233;el s'annonce ravageur. Surtout, une fois de plus, pour les plus fragiles d'entre nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La prochaine fois, ce sera pire&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-prochaine-fois-ce-sera-pire</link>
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		<dc:date>2016-12-06T13:31:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Paule Virard, Patrick Artus</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-12-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous publions un premier extrait de la conclusion du livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, intitul&#233; &#034;La folie des banques centrales&#034;. Ce livre a &#233;t&#233; publi&#233; chez Fayard. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que les banques centrales n'en finissent plus de d&#233;verser des flots de liquidit&#233;s dans les circuits de l'&#233;conomie mondiale, celle-ci &#8211; loin de reprendre des couleurs &#8211; est en situation de quasi-r&#233;cession, avec une croissance qui ne navigue depuis plusieurs ann&#233;es en dessous de son potentiel. Une r&#233;alit&#233; qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-12-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-12-06&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous publions un premier extrait de la conclusion du livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, intitul&#233; &#034;La folie des banques centrales&#034;. Ce livre a &#233;t&#233; publi&#233; chez Fayard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les banques centrales n'en finissent plus de d&#233;verser des flots de liquidit&#233;s dans les circuits de l'&#233;conomie mondiale, celle-ci &#8211; loin de reprendre des couleurs &#8211; est en situation de quasi-r&#233;cession, avec une croissance qui ne navigue depuis plusieurs ann&#233;es en dessous de son potentiel. Une r&#233;alit&#233; qui appara&#238;t encore plus clairement d&#232;s lors que l'on prend en compte la &#171; vraie &#187; croissance chinoise, compatible avec les indicateurs &#233;conomiques dont nous disposons, et non pas la croissance &#171; officielle &#187; de la Chine. Si l'on suppose une relation stable entre la croissance du P. IB. et celle des importations, de la production d'&#233;lectricit&#233;, du fret (routier, ferroviaire, maritime), on parvient &#224; une estimation de la croissance du P.I.B. de la Chine de l'ordre de 3 % l'an, et loin donc des 7% &#171; officiels &#187;. Ainsi &#171; redress&#233; &#187;, le taux de croissance mondiale &#233;volue actuellement autour de 2-2,5 % seulement et devrait &#234;tre plus &#233;lev&#233; en 2016, toujours tr&#232;s au-dessous de la moyenne historique de 3,5 %.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire la &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article29026&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les causes issues de l'&#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation de quasi-r&#233;cession a des racines diverses, mais bien r&#233;elles, et aucune r&#233;gion du monde n'est &#233;pargn&#233;e. Dans les pays &#233;mergents(hors Chine), le ralentissement est d&#251; &#224; la pr&#233;sence de nombreux goulets d'&#233;tranglement (sur les ressources en main-d'oeuvre qualifi&#233;e, sur la production d'&#233;lectricit&#233; ou encore sur les infrastructures de transport). En Chine, il est li&#233; &#224; la d&#233;gradation de la comp&#233;titivit&#233;-co&#251;t avec l'envol&#233;e des co&#251;ts salariaux et la sous-utilisation des capacit&#233;s de production associ&#233;e &#224; l'exc&#232;s d'investissement, ce qui d&#233;bouche aujourd'hui sur le recul des prix, surtout dans l'industrie (-6 % sur un an en octobre 2015). Au Japon, le ralentissement provient de la d&#233;formation du partage des revenus au d&#233;triment des salaires, d&#233;formation qui affaiblit la demande avec le recul presque continuel du salaire r&#233;el depuis le d&#233;but du si&#232;cle. En zone euro, l'incertitude qui r&#232;gne apr&#232;s la crise et l'exc&#232;s d'endettement tant public que priv&#233; p&#232;se fortement sur l'investissement, donc sur la croissance, tandis qu'aux &#201;tats-Unis celle-ci est affect&#233;e par la crise du secteur p&#233;trolier qui a provoqu&#233; un retournement de l'investissement des entreprises et de la production industrielle. Enfin, les &#233;conomies des pays exportateurs de mati&#232;res premi&#232;res sont p&#233;nalis&#233;es par la baisse des prix, qui elle-m&#234;me est li&#233;e &#224; la faiblesse de la croissance mondiale. En ce d&#233;but d'ann&#233;e 2016, l'&#233;conomie de la plan&#232;te flirte avec la r&#233;cession en raison de probl&#232;mes multiples, mais tous issus de l'&#233;conomie r&#233;elle : goulets d'&#233;tranglement, nombreux dans les pays &#233;mergents, exc&#232;s d'investissement pass&#233; en Chine, partage des revenus inefficace au Japon, sous investissement en zone euro, crise du secteur p&#233;trolier aux &#201;tats-Unis et difficult&#233;s rencontr&#233;es par les pays exportateurs de mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;action totalement inadapt&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de s'attaquer &#224; ces probl&#232;mes, la plupart des pays mettent en place des politiques mon&#233;taires ultra-expansionnistes : taux d'int&#233;r&#234;t au plancher dans tous les pays de l'OCDE avec une perspective de faible remont&#233;e aux &#201;tats-Unis et au Royaume-Uni, mais le maintien d'une liquidit&#233; abondante &lt;i&gt;Quantitative Easing&lt;/i&gt; en zone euro et au Japon, taux d'int&#233;r&#234;t et taux de r&#233;serve obligatoires &#224; la baisse en Chine, taux d'int&#233;r&#234;t bas dans les autres pays &#233;mergents. Sans oublier quelques petits foyers d'incendie qui rassemblent &#224; une guerre des changes avec, dans un nombre de plus en plus important de pays, la qu&#234;te d'une d&#233;pr&#233;ciation de la monnaie, au Japon, en zone euro, au Canada, en Australie et &#8211; depuis l'&#233;t&#233; 2015, mais plus faiblement &#8211; en Chine. Globalement, la politique mon&#233;taire du monde ultra-expansionniste, ce que confirment l'&#233;volution de la liquidit&#233; (20 000 milliards de dollars dans les circuits, rappelons-le) et la hi&#233;rarchie qui s'est instaur&#233;e entre taux de croissance et taux d'int&#233;r&#234;t (les seconds install&#233;s au-dessous des premiers, ce qui dans la dur&#233;e est source de bien des effets pervers). Une politique aussi paradoxale qu'inefficace, puisque la tendance &#224; la r&#233;cession qui caract&#233;rise aujourd'hui l'&#233;conomie mondiale n'a rien &#224; voir avec la sph&#232;re financi&#232;re et tout avec l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, on ne change pas une politique qui perd. Les banquiers centraux s'ent&#234;tent dans la voie qu'ils ont choisie. Et petits resserrement(s) am&#233;ricain(s) ou non, le flot de liquidit&#233;s qui inonde la plan&#232;te finance n'est pas pr&#232;s de se tarir. Si les banquiers centraux ne modifient pas leurs objectifs de politique mon&#233;taire et leur comportement, la liquidit&#233; mondiale va logiquement poursuivre sa course en avant. D'ailleurs, la base mon&#233;taire du monde va continuer &#224; progresser de mani&#232;re d&#233;raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un flot de liquidit&#233;s qui n'est pas pr&#232;s de se tarir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, bien s&#251;r, l'absence d'inflation. La star des ann&#233;es 1980 devrait continuer &#224; jouer durablement les arl&#233;siennes, surtout dans les pays de l'OCDE, car son absence a des causes structurelles : le pouvoir de n&#233;gociation des salari&#233;s dans les pays riches qui p&#232;se comme jamais sur les co&#251;ts salariaux (dans les pays de l'OCDE, le co&#251;t salarial unitaire progresse en moyenne de moins de 2 % l'an), ou encore la baisse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, entretenues par la faiblesse de la croissance mondiale. Pour preuve, &#224; la fin d'ao&#251;t 2015, le Bloomberg Commodity Index, qui agr&#232;ge les vingt-deux mati&#232;res premi&#232;res strat&#233;giques pour l'activit&#233; industrielle &#8211; bl&#233;, p&#233;trole, gaz, or, cuivre, aluminium, acier, coton, etc. a gliss&#233; jusqu'&#224; un plus bas depuis ao&#251;t 1999. Un exemple parmi d'autres : la tonne de cuivre qui valait 10 000 dollars il y a cinq ans, en vaut deux fois moins aujourd'hui. Or, on l'observe depuis les ann&#233;es d&#233;j&#224;, cette absence d'inflation incite les banques centrales, dont le mandat est rest&#233; bloqu&#233; sur les objectifs d'inflation du pass&#233;, &#224; mener sans retenue des politiques mon&#233;taires expansionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;l&#233;ment qui incite les banquiers centraux &#224; poursuivre leurs politiques mon&#233;taires stimulantes : la croissance mondiale est inf&#233;rieure aux attentes. Or, ce &#171; cou de mou &#187; semble &#233;galement fait pour durer. Avec, du c&#244;t&#233; de la demande, de multiples facteurs de freinage, &#224; commencer par le niveau d'endettement (&#224; l'&#233;chelle mondiale, la dette publique exc&#232;de &#224; 80 % du P.I.B. en valeur et le cr&#233;dit total pr&#232;s de 10 % du P.I.B.) ; et, du c&#244;t&#233; de l'offre, une faiblesse de la croissance potentielle li&#233;e &#224; celle des gains de productivit&#233; (en 2015, la croissance potentielle du monde ne d&#233;passe pas 3,5 %, soit un bon point de qu'il y a 15 ans). On peut craindre, en outre, que les banques centrales sous-estiment le recul de la croissance potentielle et ne le confondent avec une d&#233;faillance passag&#232;re de la demande qui les renforcerait encore dans leurs vell&#233;it&#233;s de maintenir leur politique expansionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidit&#233; mondiale va aussi continuer &#224; cro&#238;tre parce que personne, pas m&#234;me les dirigeants du FMI dont ce devrait &#234;tre une des missions, ne se pr&#233;occupe de regarder l'effet produit par ces politiques mon&#233;taires men&#233;es en ordre dispers&#233; sur la liquidit&#233; mondiale, tout comme personne ne cherche &#224; &#233;viter la guerre des monnaies (Japon, zone euro, Chine) en imposant un effort de coordination internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : les banques centrales ne veulent pas, n'osent pas, sortir de ces politiques expansionnistes qui deviennent de plus en plus irr&#233;versibles. Elles redoutent les effets d'une remont&#233;e des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme (dans l'OCDE, les taux d'int&#233;r&#234;t &#224; dix ans sur les emprunts d'&#201;tat ne d&#233;passent pas 1,5 %), que ce soit pour les emprunteurs, compte tenu du niveau des taux d'endettement, ou pour les investisseurs et les banques qui ont accumul&#233; les portefeuilles obligataires tr&#232;s faibles (dans l'OCDE, l'encours d'obligations d&#233;tenu par les banques s'&#233;l&#232;ve &#224; 90 % du PIB en valeur, 45 % pour les investisseurs institutionnels) et subiraient des pertes consid&#233;rables en capital en cas de remont&#233;e brutale du loyer de l'argent. Elles craignent aussi les effets d&#233;l&#233;t&#232;res d'un retournement &#224; la baisse des prix d'actifs (effets de richesse n&#233;gatifs, difficult&#233;s pour les acheteurs de logements). Elles r&#233;pugnent enfin &#224; prendre le moindre risque avec cette croissance flageolante qui pourrait rester molle dans la dur&#233;e en raison du tassement de la croissance potentielle (baisse de la productivit&#233;, vieillissement). L'&#233;volution de la situation japonaise donne une bonne id&#233;e des pi&#232;ges d'un tel engrenage : les politiques mon&#233;taires expansionnistes se r&#233;v&#232;lent vite irr&#233;versibles &#224; cause du danger de crise financi&#232;re qui surgit en cas de normalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons, pour finir le tour d'horizon, que les politiques mon&#233;taires sont de plus en plus inefficaces pour la bonne et simple raison que les taux d'int&#233;r&#234;t sont d&#233;j&#224; au plancher, inf&#233;rieurs au taux de croissance et que l'encours de liquidit&#233; est d&#233;j&#224; tr&#232;s important. On ne peut pas rejouer &#233;ternellement le m&#234;me sc&#233;nario. Or, pour qu'une politique mon&#233;taire expansionniste ait un effet sur l'&#233;conomie, alors que les taux d'int&#233;r&#234;t sont d&#233;j&#224; proches de z&#233;ro et que la liquidit&#233; est d&#233;j&#224; largement exc&#233;dentaire, il faut qu'elle devienne excessivement expansionniste : &#224; ce stade, ce n'est pas un petit peu de liquidit&#233;s en plus qui peut modifier l'&#233;quilibre &#233;conomique. Mais cette inefficacit&#233; croissante ne dissuade pas les banquiers centraux d'y avoir recours, dans la mesure o&#249; les politiques budg&#233;taires sont neutralis&#233;es par le niveau tr&#232;s &#233;lev&#233; du taux d'endettement public (dans les quatre grands pays de l'OCDE, la dette publique repr&#233;sente pr&#232;s de 140% du P.I.B. en valeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, la politique mon&#233;taire mondiale devrait continuer &#224; augmenter, &#224; moins que les banquiers centraux ne modifient radicalement leurs choix de politique mon&#233;taire. Mais cela ne nous semble pas &#234;tre l'hypoth&#232;se la plus probable, compte tenu de l'importance des pressions qui s'exercent sur eux. Un engrenage qui promet de nouvelles crises financi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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