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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#171; La guerre entra&#238;ne la solidification des nations russe et ukrainienne &#187;</title>
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		<dc:date>2022-12-13T06:47:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Geslin</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre en Ukraine - Les enjeux</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La guerre entra&#238;ne la solidification des nations russe et ukrainienne &#187; Pour l'historien am&#233;ricano-ukrainien Serhii Plokhy, le conflit qui fait rage en Ukraine est une lutte de &#171; lib&#233;ration nationale &#187;, dans laquelle les Ukrainiens sont &#171; majoritairement rest&#233;s unis &#187;, renfor&#231;ant m&#234;me leur identit&#233;. Il constate &#171; l'ukrainisation &#187; des populations du pays. &lt;br class='autobr' /&gt; 2 d&#233;cembre 2022 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
SerhiiSerhii Plokhy est professeur d'histoire ukrainienne &#224; l'universit&#233; de Harvard (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-guerre-en-Ukraine-Les-enjeux-+" rel="tag"&gt;La guerre en Ukraine - Les enjeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton55255-80587.png?1781537809' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La guerre entra&#238;ne la solidification des nations russe et ukrainienne &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'historien am&#233;ricano-ukrainien Serhii Plokhy, le conflit qui fait rage en Ukraine est une lutte de &#171; lib&#233;ration nationale &#187;, dans laquelle les Ukrainiens sont &#171; majoritairement rest&#233;s unis &#187;, renfor&#231;ant m&#234;me leur identit&#233;. Il constate &#171; l'ukrainisation &#187; des populations du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;2 d&#233;cembre 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/021222/la-guerre-entraine-la-solidification-des-nations-russe-et-ukrainienne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SerhiiSerhii Plokhy est professeur d'histoire ukrainienne &#224; l'universit&#233; de Harvard (&#201;tats-Unis). Dans son ouvrage Aux portes de l'Europe. &lt;i&gt;Histoire de l'Ukraine (The Gates of Europe. A History of Ukraine&lt;/i&gt;), qui vient de para&#238;tre aux &#233;ditions Gallimard, il revient sur la complexit&#233; des identit&#233;s des populations des territoires actuels du B&#233;larus, de l'Ukraine et de la Russie occidentale, et sur leurs constantes luttes pour l'&#233;mancipation face &#224; l'Empire ottoman, &#224; la &#171; r&#233;publique des Deux Nations &#187;, &#224; la Moscovie, puis face &#224; l'Empire russe. Et il donne tout son sens au terme m&#234;me d'Ukraine, qui signifie &#171; marche &#187; ou &#171; fronti&#232;re &#187; dans les langues slaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mediapart : Quand les Ukrainiennes et Ukrainiens ont-ils commenc&#233; &#224; r&#233;aliser qu'ils formaient un peuple diff&#233;rent des Russes ? &#192; quel moment la nation ukrainienne a-t-elle pris conscience d'elle-m&#234;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serhii Plokhy&lt;/strong&gt; : Des nuances linguistiques avaient toujours exist&#233; entre les populations qui vivaient sur les terres de la Rus' de Kiev, un royaume qui incluait la plupart des territoires actuels du B&#233;larus, de l'Ukraine et une partie de ceux de la Russie. Mais &#224; partir des XVIIe et XVIIIe si&#232;cles, nous observons l'apparition d'un nouveau mot, le terme &#171; Moskal &#187;, qui d&#233;signe un groupe consid&#233;r&#233; comme allog&#232;ne par les communaut&#233;s locales. Il s'agit des Russes, c'est-&#224;-dire des habitants de la principaut&#233; de Moscou, mais surtout des soldats qui avaient pris possession de la rive gauche du Dniepr, apr&#232;s le trait&#233; de Pere&#239;aslav, en 1654.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces r&#233;gions que s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e quelques ann&#233;es plus t&#244;t la r&#233;volte men&#233;e par l'hetman Bogdan Khmelnitski contre la r&#233;publique des Deux Nations, avant que le chef cosaque ne soit oblig&#233; de demander la protection de Moscou. Le terme &#171; Moskal &#187; est entr&#233; &#224; cette &#233;poque dans la langue populaire, puis au XIXe si&#232;cle dans la litt&#233;rature ukrainienne avec le po&#232;te Taras Chevtchenko. C'est aujourd'hui un terme p&#233;joratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quels crit&#232;res peut-on se d&#233;finir comme Russe ou comme Ukrainien en Ukraine ? L'identification &#224; l'un ou &#224; l'autre de ces deux groupes est un processus intime, mais il porte aussi une forte charge politique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'identifier &#224; un groupe, le crit&#232;re le plus simple est g&#233;n&#233;ralement celui de la langue, selon les mod&#232;les nationaux qui se sont construits en Europe au XIXe si&#232;cle, notamment dans les r&#233;gions germanophones. Le cas ukrainien est pourtant un peu diff&#233;rent. Nous avons observ&#233; au XXe si&#232;cle l'&#233;mergence d'une nation o&#249; cohabitaient plusieurs idiomes, des langues que l'on pouvait parler sans automatiquement &#234;tre assign&#233; &#224; une identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l'immense majorit&#233; des populations qui parlent ukrainien vont se d&#233;finir comme ukrainiennes, beaucoup de russophones d'Ukraine se consid&#232;rent aussi comme des Ukrainiens. Avant le d&#233;but de la guerre, en 2014, environ la moiti&#233; de la population d'Ukraine &#233;tait ukrainophone, l'autre moiti&#233; russophone. Les autorit&#233;s de Moscou sont donc parties du principe que les gens qui parlaient russe allaient accueillir chaleureusement les troupes du Kremlin. Mais ce n'est pas ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les citoyens d'Ukraine se sont simplement associ&#233;s &#224; l'histoire du territoire sur lequel ils vivaient, comme les habitants du Canada ou des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce postulat a entra&#238;n&#233; une erreur d'appr&#233;ciation militaire, mais aussi l'&#233;chec du mod&#232;le national que les Russes comptaient imposer en Ukraine. Les Ukrainiens sont majoritairement rest&#233;s unis, malgr&#233; leurs diff&#233;rences linguistiques et culturelles, ils ont r&#233;affirm&#233; avec force leur loyaut&#233; &#224; leur &#201;tat et &#224; leurs institutions d&#233;mocratiques, plut&#244;t qu'&#224; l'autoritarisme russe. Cette guerre, officiellement d&#233;clench&#233;e pour prot&#233;ger les russophones d'Ukraine, a au contraire acc&#233;l&#233;r&#233; &#171; l'ukrainisation &#187; des populations du pays. Personne ne veut plus &#234;tre associ&#233; avec l'agresseur, m&#234;me en termes linguistiques ou culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette citoyennet&#233; inclusive a-t-elle pu se mettre en place ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a &#233;t&#233; rendue possible car les barri&#232;res culturelles et linguistiques entre ces deux mondes &#233;taient peu importantes avant 2014. Mais aussi parce que l'&#201;tat ukrainien avait permis &#224; une certaine forme de tol&#233;rance de persister. Ainsi, les russophones pouvaient &#234;tre en minorit&#233; dans certaines r&#233;gions, mais la culture russe &#233;tait toujours majoritaire, surtout dans les villes. Les citoyens d'Ukraine se sont simplement associ&#233;s &#224; l'histoire du territoire sur lequel ils vivaient, comme les habitants du Canada ou des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ukraine est la combinaison de deux histoires : c'est une nation europ&#233;enne classique, n&#233;e au XIXe si&#232;cle sur la base de la langue et de la culture, mais c'est aussi une nation construite sur une fronti&#232;re mouvante, aux limites de la steppe, o&#249; des gens sont arriv&#233;s des quatre coins du monde. Nikita Khrouchtchev et Leonid Brejnev &#233;taient par exemple des Russes dont les parents &#233;taient venus en Ukraine pour industrialiser la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre men&#233;e par le Kremlin en Ukraine contribue &#233;galement &#224; d&#233;gager l'identit&#233; russe de l'h&#233;ritage sovi&#233;tique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre actuelle entra&#238;ne non seulement la consolidation de la nation ukrainienne, mais aussi celle de la nation russe. Vladimir Poutine a lanc&#233; cette invasion en partant du principe que les Russes et les Ukrainiens formaient le m&#234;me peuple, ce qui sous-entendait que les Ukrainiens n'existaient pas. Les cercueils qui reviennent en Russie sont la preuve tragique que les Ukrainiens ne veulent pas partager le m&#234;me &#201;tat et la m&#234;me culture politique que leurs voisins. Ce qui a bien s&#251;r des cons&#233;quences sur la fa&#231;on dont les Russes s'identifient eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire, les guerres ont &#233;t&#233; toujours &#233;t&#233; des instruments utiles pour construire des identit&#233;s. Il est d'ailleurs frappant que la guerre de Moscou, cens&#233;e avoir &#233;t&#233; lanc&#233;e pour prot&#233;ger les russophones d'Ukraine, soit souvent men&#233;e par des soldats appartenant aux minorit&#233;s de la F&#233;d&#233;ration russe, par des Tch&#233;tch&#232;nes, par des Bouriates. Et que les principales victimes des combats soient les russophones de l'est de l'Ukraine, de Kharkiv &#224; Marioupol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;moire des Cosaques fut mobilis&#233;e au XIXe si&#232;cle pour construire l'identit&#233; nationale ukrainienne. Au-del&#224; de ces r&#233;f&#233;rences mythologiques, reste-t-il quelque chose de leur organisation sociale dans la soci&#233;t&#233; ukrainienne contemporaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Cosaques occupent une part importante de la mythologie ukrainienne, mais leur h&#233;ritage politique a disparu d&#232;s la fin du XVIIIe si&#232;cle. Il n'y a aucune filiation directe entre leurs institutions et l'&#201;tat ukrainien moderne, mais la l&#233;gende de ces communaut&#233;s libres, qui se soulevaient pour d&#233;fendre leurs droits, a surv&#233;cu. L'histoire des Cosaques a certainement inspir&#233; les combattants ukrainiens de la r&#233;volution de 1917 et ceux qui se battent aujourd'hui dans les tranch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons cependant que le mythe des Cosaques est aussi utilis&#233; en Russie, mais d'une mani&#232;re totalement diff&#233;rente. Dans l'imaginaire russe, ces combattants sont de fid&#232;les serviteurs de l'&#201;tat et des institutions, alors que les Cosaques ukrainiens sont au contraire vus comme des rebelles libres et ind&#233;pendants, qui luttent contre l'occupant pour imposer leurs propres structures &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Ukraine &#233;tait n&#233;cessaire &#224; la fondation de l'Union sovi&#233;tique, et sa d&#233;fection a pr&#233;cipit&#233; la dissolution de la F&#233;d&#233;ration. Est-il pour autant possible d'&#233;tudier sereinement cette p&#233;riode en Ukraine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le d&#233;clenchement de la guerre de 2014, il est certain que la m&#233;moire de l'URSS divisait fortement l'Ukraine. Ces pol&#233;miques sur le pass&#233; sovi&#233;tique du pays ont d'ailleurs &#233;t&#233; utilis&#233;es par les Russes pour justifier leur agression. Pour gagner le c&#339;ur des populations locales, le Kremlin avait cherch&#233; &#224; mobiliser l'identit&#233; sovi&#233;tique, et non l'identit&#233; russe, ce qui a en partie march&#233;, notamment dans le Donbass. Durant et apr&#232;s la r&#233;volution de la place Ma&#239;dan, des centaines de statues de L&#233;nine et d'autres dirigeants sovi&#233;tiques ont ensuite &#233;t&#233; abattues en Ukraine, durant le mouvement que l'on a appel&#233; le &#171; L&#233;ninopad &#187;. Beaucoup de gens pensaient que l'est du pays allait s'opposer &#224; ces destructions, mais il ne s'est rien pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH348/da410c21ddb83182-e084bf82-68fc7.png?1781537809' width='500' height='348' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lors du lancement de l'invasion de f&#233;vrier dernier, les Russes ont &#233;t&#233; dans l'impossibilit&#233; d'exploiter de nouveau ces divisions m&#233;morielles, car celles-ci se sont tr&#232;s fortement att&#233;nu&#233;es depuis 2014. Les troupes du Kremlin ont ainsi tent&#233; de faire r&#233;installer des statues &#224; la gloire de L&#233;nine dans les r&#233;gions occup&#233;es, mais je ne pense pas que cela ait permis de l&#233;gitimer l'invasion aupr&#232;s de la population. Les gens manifestaient au contraire contre les chars russes avec des drapeaux ukrainiens dans les villes russophones du sud de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s huit ans de guerre, le pays a tout simplement tourn&#233; la page des divisions m&#233;morielles concernant l'Union sovi&#233;tique. Ce qui devrait favoriser l'&#233;tude de cette p&#233;riode au niveau universitaire. Je pense cependant qu'il faudra sans doute que la guerre s'arr&#234;te pour avoir des &#233;changes de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre livre balaye longuement les luttes des peuples d'Ukraine pour s'affranchir des dominations ottomanes, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/060622/entre-pologne-et-ukraine-la-guerre-met-distance-les-fractures-memorielles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;polonaises&lt;/a&gt;et russes. Consid&#233;rez-vous le conflit actuel comme une guerre de &#171; lib&#233;ration nationale &#187; ? Et que r&#233;pondez-vous &#224; ceux qui d&#233;noncent l'implication de l'Otan et des &#201;tats-Unis dans les combats ? Le soutien de Washington est-il le signe d'une nouvelle forme d'imp&#233;rialisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons en temps r&#233;el &#224; l'effondrement d'un empire, et certains empires peuvent s'effondrer durant de tr&#232;s longues p&#233;riodes, comme l'Empire ottoman. Le d&#233;but du d&#233;clin de l'Empire russe a commenc&#233; en 1917, puis l'Union sovi&#233;tique s'est disloqu&#233;e en 1991, entra&#238;nant les ind&#233;pendances russe et ukrainienne. Ce que nous voyons aujourd'hui est la guerre que beaucoup redoutaient en 1991. Et des puissances &#233;trang&#232;res participent en effet &#224; ce conflit de &#171; lib&#233;ration nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions ainsi comparer l'intervention de Washington en Ukraine &#224; la participation de la France durant la guerre d'ind&#233;pendance am&#233;ricaine. &#192; l'&#233;poque, il est bien &#233;vident que les Fran&#231;ais n'&#233;taient pas seulement int&#233;ress&#233;s par la libert&#233; du peuple am&#233;ricain et qu'ils suivaient leurs propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, je ne pense pas que le monde ait beaucoup chang&#233; sur ce point depuis le XVIIIe si&#232;cle. Mais le c&#339;ur du conflit est bien une guerre de &#171; lib&#233;ration nationale &#187; contre un syst&#232;me imp&#233;rial. Les pays qui aident l'Ukraine ont de multiples raisons de le faire, mais je ne pense pas que l'Angleterre ou la France esp&#232;rent r&#233;ellement &#234;tre des acteurs importants en Europe de l'Est en aidant l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas de la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/221122/guerre-en-ukraine-la-crimee-revient-sur-le-devant-de-la-scene&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Crim&#233;e&lt;/a&gt; est-il sp&#233;cifique ? Certaines voix au sein de la communaut&#233; internationale soulignent qu'il serait pr&#233;f&#233;rable que l'offensive ukrainienne s'arr&#234;te avant de menacer la p&#233;ninsule&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis historien, et le parall&#232;le le plus frappant que je puisse dresser avec la Crim&#233;e est celui de l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie en 1938. L'argument &#224; l'&#233;poque &#233;tait que l'incorporation dans le Reich allemand des germanophones d'Autriche allait apaiser la situation. Mais cela a au contraire form&#233; les conditions n&#233;cessaires pour de nouvelles agressions. La m&#234;me chose s'est r&#233;p&#233;t&#233;e en 2014 en Crim&#233;e. L'Allemagne a formellement condamn&#233; cette annexion, ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; Berlin de se lancer dans la construction de North Stream. Expliquer que la Crim&#233;e est un cas particulier, c'est juste soutenir l'envahisseur russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Geslin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Olivier Besancenot : &#171; Une forme de paralysie politique travaille la gauche fran&#231;aise sur la guerre en Ukraine &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Olivier-Besancenot-Une-forme-de-paralysie-politique-travaille-la-gauche-52825</link>
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		<dc:date>2022-05-17T07:06:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Geslin, Mathilde Goanec</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre en Ukraine - Les enjeux</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-17</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre en Ukraine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment penser le conflit en tant que militant anticapitaliste ? De retour d'Ukraine, Olivier Besancenot estime que les forces progressistes du continent europ&#233;en se doivent de soutenir plus franchement le peuple ukrainien, victime de l'imp&#233;rialisme russe. &lt;br class='autobr' /&gt; 11 mai 2022 | tir&#233; du mediapart.fr https://www.mediapart.fr/journal/international/110522/olivier-besancenot-une-forme-de-paralysie-politique-travaille-la-gauche-francaise-sur-la-guerre-en &lt;br class='autobr' /&gt;
Soutien de Philippe Poutou, le candidat du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-guerre-en-Ukraine-1716-+" rel="tag"&gt;La guerre en Ukraine - Les enjeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-05-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-05-17&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Guerre-en-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Guerre en Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton52825-fb0c3.png?1781537810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment penser le conflit en tant que militant anticapitaliste ? De retour d'Ukraine, Olivier Besancenot estime que les forces progressistes du continent europ&#233;en se doivent de soutenir plus franchement le peuple ukrainien, victime de l'imp&#233;rialisme russe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;11 mai 2022 | tir&#233; du mediapart.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/110522/olivier-besancenot-une-forme-de-paralysie-politique-travaille-la-gauche-francaise-sur-la-guerre-en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/110522/olivier-besancenot-une-forme-de-paralysie-politique-travaille-la-gauche-francaise-sur-la-guerre-en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien de Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) lors de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle, Olivier Besancenot, &#233;tait en Ukraine entre le 3 et le 8 mai dernier, en compagnie de repr&#233;sentants de divers partis de gauche europ&#233;ens, dont le mouvement Ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi aujourd'hui se rendre en Ukraine, en tant que militant d'un parti politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier Besancenot&lt;/strong&gt; : Nous r&#233;pondions &#224; une invitation du &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/social.ruh&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mouvement social,&lt;/a&gt; une organisation de la gauche ukrainienne, en lien avec le &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/stefanie-prezioso/blog/260322/reseau-europeen-solidarite-avec-l-ukraine-et-contre-la-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;seau europ&#233;en de solidarit&#233; avec l'Ukraine et contre la guerre&lt;/a&gt;. Nous avons &#233;chang&#233; avec des militants politiques et des syndicalistes. Nous avons aussi rencontr&#233; deux collectifs f&#233;ministes (&lt;a href=&#034;https://femwork.org/about-us/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Feminist Worshop&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/fem.bilkis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bilkis&lt;/a&gt;), qui ont &#233;voqu&#233; avec beaucoup d'&#233;motion le sort des femmes viol&#233;es dans les zones d'occupation, ou celui de celles qui sont happ&#233;es par des r&#233;seaux de prostitution lorsqu'elles fuient le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi de nombreuses femmes engag&#233;es dans les combats, et elles t&#233;moignent des r&#233;flexes sexistes qui existent au sein des bataillons ukrainiens. Ces femmes ont surtout rappel&#233; qu'il n'est pas question de &#171; fr&#232;res russes &#187; qui s'attaquent &#224; d'autres &#171; fr&#232;res ukrainiens &#187;, mais bel et bien de soldats russes qui s'en prennent &#224; des hommes et &#224; des femmes d'Ukraine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Besancenot &#224; Paris, en mai 2022. &#169; Photo S&#233;bastien Calvet / Mediapart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a surpris dans ce pays que l'Occident connaissait finalement assez peu, avant la guerre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus surprenant, c'est de constater &#224; quel point la vie politique perdure malgr&#233; le conflit, avec des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes bien s&#251;r selon l'endroit o&#249; l'on se trouve dans le pays. Les questions sociales n'ont pas disparu dans les combats. Les syndicalistes que nous avons rencontr&#233;s, engag&#233;s dans la r&#233;sistance face &#224; Poutine, continuent leurs luttes contre les politiques lib&#233;rales que m&#232;ne le pr&#233;sident Zelensky. Son gouvernement utilise, par exemple, le contexte de la guerre pour faciliter les licenciements dans les usines et les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres militants &#233;cologistes, eux, protestent contre la coupe de for&#234;ts, des coupes qui avaient &#233;t&#233; suspendues avant la guerre et qui ont &#233;t&#233; de nouveau autoris&#233;es. Ces batailles n'ont rien de d&#233;risoire. D'un point de vue politique, ces militants de la gauche ukrainienne entendent aussi signifier aux gauches fran&#231;aise et europ&#233;enne que l'agression russe porte un nom : c'est une offensive imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de trente ans apr&#232;s la chute de l'URSS, il est toujours d&#233;licat de se revendiquer de gauche en Ukraine...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants avec qui nous avons &#233;chang&#233; se revendiquent du socialisme. Une loi sur la &#171; d&#233;communisation &#187; a &#233;t&#233; vot&#233;e [en 2015 &#8211; ndlr] en Ukraine : tous ceux qui se r&#233;f&#232;rent au communisme sont consid&#233;r&#233;s comme des alli&#233;s des Russes, m&#234;me ceux qui r&#233;sistent contre l'envahisseur. Affirmer cette identit&#233; politique garde pourtant tout son sens strat&#233;gique. Ces militants s'opposent &#224; l'imp&#233;rialisme russe, et se r&#233;clament d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique qui n'a bien s&#251;r rien &#224; voir avec les syst&#232;mes bureaucratiques et totalitaires du pass&#233;. Ils s'inscrivent ainsi, &#224; leur mani&#232;re, dans la continuit&#233; d'une gauche anti-stalinienne qui a toujours exist&#233; en Ukraine, et plus largement en Europe de l'Est. Ils ont &#233;galement &#233;tabli des relations avec certains groupes socialistes ind&#233;pendants et dissidents en Russie, m&#234;me si c'est aujourd'hui tr&#232;s compliqu&#233;. Beaucoup de ces Russes vivent actuellement dans la clandestinit&#233;, ou ont fui &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il un h&#233;ritage de Nestor Makhno, c&#233;l&#232;bre anarchiste, et de ce mouvement aujourd'hui en Ukraine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; deux militants &#171; anti-autoritaires &#187;, en lien avec un bataillon anarchiste de la d&#233;fense territoriale, positionn&#233; dans le sud de Kyiv. Des collectes sont organis&#233;es dans toute l'Europe pour amener du mat&#233;riel &#224; ce bataillon, des casques, des drones ou des gilets pare-balles. Ces combattants doivent quasiment s'organiser seuls, comme beaucoup d'unit&#233;s de la d&#233;fense territoriale. Un appel a donc &#233;t&#233; lanc&#233; aux libertaires et aux anti-fascistes europ&#233;ens pour demander de l'aide.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; L'imp&#233;rialisme n'est pas un anglicisme, il n'est pas r&#233;serv&#233; &#224; la politique nord-am&#233;ricaine sur le continent latino-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces militants insistent sur la n&#233;cessit&#233; de ne pas rester aveugle sur la r&#233;sistance ukrainienne, en ne focalisant son regard que sur le bataillon Azov. Les milices Wagner, dans le camp russe, sont du m&#234;me acabit. Ils soulignent surtout le fait qu'on trouve aussi des activistes de gauche dans les unit&#233;s de d&#233;fense territoriale. Dans la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/010522/coeur-industriel-de-l-ukraine-kryvyi-rih-est-sous-la-menace-russe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ville de Kryvyi Rih&lt;/a&gt;, les syndicalistes ont par exemple envoy&#233; beaucoup de leurs membres combattre dans des unit&#233;s de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la position du NPA sur la guerre qui se d&#233;roule en Ukraine depuis 2014 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#232;gle peut para&#238;tre &#233;l&#233;mentaire : nous sommes du c&#244;t&#233; des opprim&#233;s, jamais de celui des oppresseurs. Mon espoir, pour d&#233;passer les pr&#233;jug&#233;s et les a priori, consiste &#224; croire qu'en amor&#231;ant un dialogue direct avec les militantes f&#233;ministes, ou les syndicalistes d'Ukraine, de nouveaux secteurs de la gauche sociale et politique fran&#231;aise finiront par comprendre que la gauche ukrainienne, elle aussi, existe. De cheminots &#224; cheminots, d'infirmi&#232;res &#224; infirmi&#232;res, de travailleurs de l'&#233;nergie &#224; travailleurs de l'&#233;nergie, d'universitaires &#224; universitaires, des solidarit&#233;s concr&#232;tes se mettent d&#233;j&#224; en place. Au NPA, nous pensons que notre place est d'agir solidairement aux c&#244;t&#233;s des peuples qui luttent pour leur &#233;mancipation et leur libert&#233;, quel que soit le statut de leur oppresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme n'est pas un anglicisme, il n'est pas r&#233;serv&#233; &#224; la politique nord-am&#233;ricaine sur le continent latino-am&#233;ricain. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais existe, l'imp&#233;rialisme russe aussi. Il s'agit d'une r&#233;alit&#233; incarn&#233;e, qui r&#233;pond &#224; des objectifs &#233;conomiques et qui renvoie &#224; l'Histoire. Cet imp&#233;rialisme russe renoue avec les vell&#233;it&#233;s expansionnistes tsaristes, que les bolcheviques avaient bris&#233;es apr&#232;s 1917 en se pronon&#231;ant pour le droit &#224; l'autod&#233;termination, avant la contre-r&#233;volution stalinienne. Poutine n'a d'ailleurs pas oubli&#233; d'opposer Staline &#224; L&#233;nine lors de sa d&#233;claration de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que cette guerre peut apprendre &#224; la gauche europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas la pr&#233;tention d'avoir &#224; enseigner quoi que ce soit sur le sujet ni de donner des le&#231;ons. Je crois simplement que cette guerre est l'un des enjeux majeurs qui touche &#224; la refondation de la gauche radicale europ&#233;enne. Le conflit en Ukraine marque la fin d'un cycle, celui de la &#171; mondialisation heureuse &#187; des capitalistes. La comp&#233;tition entre les blocs s'est r&#233;affirm&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es et la Russie de Poutine esp&#232;re trouver de nouveaux d&#233;bouch&#233;s hors de ses fronti&#232;res. Rosa Luxemburg expliquait d'ailleurs que les guerres sont souvent le prolongement sur le terrain miliaire d'une comp&#233;tition qui jusqu'alors n'avait lieu que sur le terrain &#233;conomique. Cette comp&#233;tition se joue aussi en Ukraine, et le d&#233;nouement de cette guerre aura donc un impact sur les forces sociales et politiques du monde entier. La situation ne sera pas la m&#234;me si l'imp&#233;rialisme gagne ou s'il perd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est votre avis sur la position de La France insoumise concernant ce conflit et le sujet a-t-il particip&#233; des d&#233;saccords lors des discussions avec le NPA &#224; l'occasion des l&#233;gislatives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas &#224; parler au nom de La France insoumise, et je n'entends pas distribuer des conseils. Ce que je sais, c'est que nous avons besoin d'un mouvement collectif, le plus large et le plus unitaire possible, pour mener des actions de solidarit&#233; effectives avec cette gauche ukrainienne. Cela doit d&#233;passer les divergences partisanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, une forme de paralysie politique travaille la gauche fran&#231;aise : si tu es pour le retrait des troupes russes, tu es forc&#233;ment un agent de la CIA, et &#224; l'inverse, si tu d&#233;nonces l'Otan comme faisant partie du probl&#232;me, tu passes pour un agent du FSB. Nous avons besoin de renouer avec la complexit&#233;, de comprendre que quelque chose se joue l&#224;-bas, et que cette guerre n'est pas un sujet honteux qui nous colle comme un bout de sparadrap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est votre position sur les livraisons d'armes &#224; l'Ukraine et sur les sanctions &#233;conomiques contre la Russie ? Ces derni&#232;res pourraient entra&#238;ner une forte inflation dans les pays occidentaux et &#224; terme toucher les populations les plus fragiles &#233;conomiquement&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons compr&#233;hensible que les Ukrainiens r&#233;clament des armes, notamment des armes d&#233;fensives qui permettent d'avoir le contr&#244;le du ciel. Ceux et celles avec qui nous avons discut&#233; l&#224;-bas r&#233;p&#232;tent qu'ils n'entendent pas que d'autres forces que les leurs se substituent &#224; la r&#233;sistance ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question des sanctions &#233;conomiques, nous militons pour sanctionner les oligarques, mais nous sommes encore tr&#232;s loin du compte. En Grande-Bretagne, &#224; Chypre, on est &#224; un centi&#232;me de ce qui pourrait &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Les possibilit&#233;s d'un cessez-le-feu ou d'un accord s'&#233;loignent au fur et &#224; mesure des semaines et des crimes qui s'additionnent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les militants &#233;cologistes ukrainiens expliquent aussi qu'il est urgent de tirer toutes les cons&#233;quences, &#224; la fois, de notre d&#233;pendance aux &#233;nergies fossiles, au gaz, mais aussi des dangers du nucl&#233;aire. Imaginez que les centrales soient touch&#233;es durant les combats ? La guerre en Ukraine pose &#224; nouveau la question de la transition &#233;nerg&#233;tique. Les syndicalistes ukrainiens sont fiers de leur outil industriel, de produire de l'&#233;nergie, mais ces derniers, dans le cadre du Mouvement social, n'ont aucune hostilit&#233; &#224; discuter avec des militants &#233;cologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Ukrainiens expliquent aujourd'hui vouloir se battre jusqu'&#224; la victoire. Certains diplomates europ&#233;ens veulent au contraire mettre fin au conflit, en trouvant une porte de sortie &#224; la Russie. Comment faire la paix et &#224; quel prix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux Ukrainiens et aux Ukrainiennes de le d&#233;cider, pas &#224; nous. Il s'agit de renoncer &#224; toute attitude paternaliste &#224; leur &#233;gard. La question d'une paix durable concerne bien s&#251;r tout le monde mais elle implique de se solidariser des peuples qui sont les premi&#232;res victimes de la politique de Poutine, le peuple ukrainien, le peuple russe &#233;galement. Et le temps presse. De fait, les Ukrainiens que j'ai vus ne sont plus tout &#224; fait sur la m&#234;me position qu'au d&#233;but de la guerre. Les possibilit&#233;s d'un cessez-le-feu ou d'un accord s'&#233;loignent au fur et &#224; mesure des semaines et des crimes qui s'additionnent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; l'autod&#233;termination ne consistera probablement pas &#224; organiser seulement un r&#233;f&#233;rendum ou &#224; imposer une solution militaire. Un authentique processus d&#233;mocratique doit permettre &#224; toutes les Ukrainiennes et tous les Ukrainiens, de l'Est comme de l'Ouest, de se reconna&#238;tre dans la solution trouv&#233;e. Cela n&#233;cessite que nous les laissions d&#233;cider librement de l'Ukraine d'apr&#232;s, une fois obtenu le retrait des troupes russes. Sans &#234;tre coinc&#233;s entre l'imp&#233;rialisme russe, qui a agress&#233; ce pays, et les int&#233;r&#234;ts des Occidentaux. Sans avoir une arme braqu&#233;e sur la tempe. Sans que toute la plan&#232;te qui joue ses int&#233;r&#234;ts bien sentis s'invite &#224; la table pour leur dire comment faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On sent en Ukraine une volont&#233; de &#171; renverser la table &#187;, d'organiser un &#171; reset &#187; du syst&#232;me politique dans le pays. La soci&#233;t&#233; s'est organis&#233;e pour se d&#233;fendre et les gens expliquent qu'il faudra, apr&#232;s la guerre, se lib&#233;rer de l'influence des oligarques. Les gens veulent prendre en main leur destin...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reset, c'est effectivement une expression que j'ai entendue. Beaucoup veulent &#233;carter les oligarques, une bonne fois pour toutes et en finir avec la corruption. La question de l'annulation de la dette impos&#233;e &#224; l'Ukraine est une question cl&#233; de ce point de vue. L'id&#233;e des membres du Mouvement social consiste &#224; faire &#233;merger imm&#233;diatement tous ces enjeux de soci&#233;t&#233;, sans attendre des lendemains qui chantent. Cette vitalit&#233; d&#233;mocratique perdure m&#234;me en temps de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez eux, on ne trouve pas, d'un c&#244;t&#233;, les soldats qui montent au front et, de l'autre, les militants qui alimentent les discussions d&#233;mocratiques, en r&#233;alit&#233;, ces deux mondes sont intimement li&#233;s. Certaines unit&#233;s de la d&#233;fense territoriale ont m&#234;me mis en place des formes, tr&#232;s partielles, d'auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Su&#232;de et la Finlande vont certainement demander leur adh&#233;sion &#224; l'Otan. Est-on forc&#233; de choisir entre la Russie et l'Otan, ou peut-on critiquer les deux camps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous critiquons la Russie et bien s&#251;r l'Otan, qui non seulement n'a pas disparu apr&#232;s la fin du pacte de Varsovie en 1991, mais qui a continu&#233; &#224; se d&#233;velopper, et pas pour la d&#233;fense du genre humain&#8230; L'Otan fera toujours partie du probl&#232;me et pas de la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de l'action de l'Union europ&#233;enne (UE) dans la guerre en Ukraine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument r&#233;voltant de laisser trier les r&#233;fugi&#233;s en fonction de leur pays d'origine aux fronti&#232;res de l'UE. Au d&#233;but de la guerre, le premier ministre Jean Castex a expliqu&#233; que la France pouvait accueillir 100 000 Ukrainiennes et Ukrainiens, et c'est tant mieux. Combien de fois nous a-t-on r&#233;torqu&#233; que le principe de libert&#233; de circulation et d'installation que nous d&#233;fendions &#233;tait certes honorable mais parfaitement impraticable. Pendant des ann&#233;es, j'ai entendu &lt;i&gt;&#171; on aimerait bien mais c'est impossible &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons la triste preuve aujourd'hui que lorsque l'accueil des r&#233;fugi&#233;s n'a pas jou&#233; en faveur des Afghans, des Kurdes ou des Syriens, par exemple, ce n'est pas parce que les autorit&#233;s ne pouvaient pas, mais bien parce qu'elles ne voulaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire une autre Europe, des travailleurs et des peuples, qui rompe avec les trait&#233;s lib&#233;raux, nous devons partir de choses terriblement concr&#232;tes. Nos camarades d'Ukraine sont demandeurs de beaucoup de choses et de nombreux d&#233;bats. Ils souhaitent conna&#238;tre le d&#233;tail de ce qu'a signifi&#233; l'int&#233;gration europ&#233;enne, en termes de droits sociaux et d&#233;mocratiques, pour les pays d'Europe de l'Est qui ont rejoint l'UE. De fait, m&#234;me chez les partisans de l'adh&#233;sion &#224; l'Union europ&#233;enne, il n'y a pas d'illusion sur le fait qu'un rapport de force collectif sera de toute fa&#231;on n&#233;cessaire pour aboutir &#224; des horizons &#233;mancipateurs partag&#233;s entre tous et toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Geslin et Mathilde Goanec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s errent, dans l'hiver glacial, sur la &#171; route des Balkans &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-dizaines-de-milliers-de-refugies-errent-dans-l-hiver-glacial-sur-la-route</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Des-dizaines-de-milliers-de-refugies-errent-dans-l-hiver-glacial-sur-la-route</guid>
		<dc:date>2017-02-07T07:16:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Arnault D&#233;rens, Laurent Geslin, Simon Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant qu'aux Etats-Unis, Donald Trump subit l'opprobre international apr&#232;s avoir ferm&#233; les fronti&#232;res aux ressortissants de sept pays du Moyen-Orient et d'Afrique, aux fronti&#232;res de l'Europe, des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s errent toujours le long de la &#171; route des Balkans &#187;, de la Gr&#232;ce &#224; la Croatie. Certains continuent &#224; arriver de Turquie, d'autres sont renvoy&#233;s d'Autriche ou brutalis&#233;s par des milices x&#233;nophobes en Hongrie ou Bulgarie. Beaucoup tournent en rond depuis des mois, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton29609-1c69b.png?1781235953' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant qu'aux Etats-Unis, Donald Trump subit l'opprobre international apr&#232;s avoir ferm&#233; les fronti&#232;res aux ressortissants de sept pays du Moyen-Orient et d'Afrique, aux fronti&#232;res de l'Europe, des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s errent toujours le long de la &#171; route des Balkans &#187;, de la Gr&#232;ce &#224; la Croatie. Certains continuent &#224; arriver de Turquie, d'autres sont renvoy&#233;s d'Autriche ou brutalis&#233;s par des milices x&#233;nophobes en Hongrie ou Bulgarie. Beaucoup tournent en rond depuis des mois, d'une fronti&#232;re ferm&#233;e &#224; l'autre. Basta ! fait le point sur les obstacles rencontr&#233;s par les exil&#233;s, mais aussi sur les solidarit&#233;s qui continuent &#224; s'exprimer. Alors que la Turquie s'appr&#234;te &#224; lib&#233;rer un nouveau flot d'exil&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Des-dizaines-de-milliers-de-refugies-errent-dans-l-hiver-glacial-sur-la-route&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir de la Saint-Sylvestre, de v&#233;ritables sc&#232;nes de ratonnade ont &#233;clat&#233; dans la banlieue de Zagreb, en Croatie. Des r&#233;fugi&#233;s sont agress&#233;s par des hommes masqu&#233;s dans les autobus qui les ram&#232;nent du centre de la capitale croate vers un h&#244;tel d'une banlieue &#233;loign&#233;e, transform&#233; depuis pr&#232;s d'un an en Centre d'accueil et d'h&#233;bergement. Ces violences sont commises sous les yeux de la police, qui n'aurait pas r&#233;agi. Pire, selon le t&#233;moignage des r&#233;fugi&#233;s, les policiers auraient refus&#233; de conduire certains bless&#233;s aux urgences. Les victimes venaient d'Irak, d'Afghanistan ou du Pakistan. La plupart avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s d'Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces expulsions ont commenc&#233; d&#232;s l'&#233;t&#233; 2016, expliquent les volontaire du Centre des &#233;tudes de paix de Zagreb : l'Allemagne et l'Autriche se r&#233;f&#232;rent &#224; la Convention de Dublin III, qui pr&#233;voit que les demandeurs d'asile doivent d&#233;poser leur demande dans le premier pays de l'Union europ&#233;enne (UE) o&#249; ils posent le pied. La Gr&#232;ce, porte d'entr&#233;e oblig&#233;e de dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s, est exempt&#233;e de cette r&#232;gle depuis cinq ans, mais pas la Croatie, qui a rejoint l'UE en 2013, sans &#234;tre toutefois membre de l'Espace Schengen. Il est impossible de trouver des chiffres fiables, mais ces &#171; retours &#187; constituent la hantise de tous les pays d'Europe du sud-est, membres ou non de l'UE, qui craignent de devenir une vaste &#171; zone de r&#233;tention &#187; entre la Turquie et les pays riches du nord et de l'ouest de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L482xH322/afec2d7c54bcec0e-daa10151-77334.jpg?1781235955' width='482' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nasser et deux de ses enfants dans le camp de Nea Kavala, dans le nord de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Croatie et Slov&#233;nie, expulsion automatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois reconduits en Croatie, certains y demandent effectivement l'asile. Nombreux sont ceux qui tentent de reprendre leur voyage, en s'en remettant aux r&#233;seaux de passeurs : de nouvelles routes apparaissent sans cesse, entre l'Istrie &#8211; p&#233;ninsule croate au nord du pays, et la r&#233;gion de Trieste, en Italie, &#224; quelques kilom&#232;tres. Alors que les fronti&#232;res de la Hongrie sont toujours herm&#233;tiquement closes, la Slov&#233;nie parle d'&#233;tendre le grillage qu'elle avait commenc&#233; &#224; &#233;riger, &#224; l'automne 2015, sur les fronti&#232;res qu'elle partage avec la Croatie. Le Parlement slov&#232;ne s'appr&#234;te &#224; adopter une nouvelle loi sur les &#233;trangers, qui permettra l'expulsion automatique de r&#233;fugi&#233;s sans le moindre examen de leur dossier, &#224; partir du moment o&#249; ils seront entr&#233;s ill&#233;galement sur le territoire slov&#232;ne, y comptis &#224; partir d'un autre pays de l'UE. La ministre de l'Int&#233;rieur du petit pays, Vesna Gy&#246;rk&#246;s &#381;nidar, justifie la loi en expliquant : &#171; Nous faisons face &#224; une augmentation de 100% des migrations ill&#233;gales, de 500% du nombre de demandes d'asile. &#187; D&#233;but janvier, seuls 315 demandeurs d'asile &#233;taient pourtant enregistr&#233;s en Slov&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Craignant de devenir un cul-de-sac si les fronti&#232;res de la Slov&#233;nie et de la Hongrie restent ferm&#233;es, la Croatie s'affranchit d&#233;sormais des r&#232;gles internationales du droit d'asile. Selon un rapport r&#233;cent du Jesuit Refugee Service, Zagreb proc&#232;de d&#233;j&#224; &#224; des expulsions hors de tout cadre l&#233;gal vers la Serbie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Serbie, situation tragique avec l'arriv&#233;e des grands froids&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Belgrade, en Serbie, ils sont plusieurs milliers &#224; survivre dans des conditions dramatiques, principalement des hommes et des mineurs, dans les anciens entrep&#244;ts de la compagnie des chemins de fer promis &#224; une destruction prochaine. Le gouvernement serbe souhaite construire &#224; cet endroit un luxueux complexe immobilier, Belgrade Waterfront, financ&#233; par les &#201;mirats arabes unis, et d&#233;courage les volontaires qui distribuent des couvertures ou de la nourriture chaude. Le Commissaire serbe aux r&#233;fugi&#233;s et &#224; la migration a pr&#233;venu : &#171; L'aide aux migrants doit cesser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF), la situation &#233;tait d&#233;j&#224; hors de contr&#244;le depuis l'automne. Elle est devenue tragique avec l'arriv&#233;e des grands froids, d&#233;but janvier, et des temp&#233;ratures frisant chaque nuit la barre des -20&#176;C. Les r&#233;fugi&#233;s, qui ne peuvent allumer que des petits feux de camp pour tenter de se r&#233;chauffer, sont massivement frapp&#233;s par la grippe, &#233;pid&#233;mique dans tout le pays. &#171; Le gouvernement n'a pr&#233;vu aucune solution tenable pour l'hiver &#187;, s'indigne le coordinateur r&#233;gional de l'ONG, St&#233;phane Moissaing. &#171; Il est incapable de faire face &#224; l'urgence humanitaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Milices violentes aux fronti&#232;res de la Hongrie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Serbie compte actuellement environ 7 300 r&#233;fugi&#233;s, dont 6 000 dans des camps. Mais d'apr&#232;s les observateurs, les treize centres d'accueil du pays sont tous surpeupl&#233;s, et au moins 2 000 personnes vivent &#171; dans la nature &#187;, principalement &#224; Belgrade et &#224; Subotica (Nord de la Serbie). L&#224; aussi, les r&#233;fugi&#233;s squattent des b&#226;tisses abandonn&#233;es, dans des conditions de survie extr&#234;mement pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les grands froids, toutes les tentatives de passage clandestin vers la Hongrie sont momentan&#233;ment suspendues. Depuis la fermeture de la fronti&#232;re, il y a un an, ils ont pourtant &#233;t&#233; nombreux &#224; tenter l'aventure, malgr&#233; la brutalit&#233; de la r&#233;pression. Les rapports des ONG font &#233;tat de refoulements violents de la police de Budapest et des milices qui patrouillent derri&#232;re les barbel&#233;s. Coupures, morsures de chiens, usage de bombes lacrymog&#232;nes ou de pistolets &#224; impulsion &#233;lectrique, confiscation ou destruction des t&#233;l&#233;phones portables, les photos des violences circulent sur les r&#233;seaux sociaux sans pour autant d&#233;courager ceux qui campent dans les usines d&#233;saffect&#233;es de la capitale serbe. La seule voie l&#233;gale pour entrer dans l'UE est celle des deux &#171; zones de transit &#187; de R&#246;szke et de Kelebija, en Hongrie, o&#249; 30 personnes sont th&#233;oriquement autoris&#233;es chaque jour &#224; passer, priorit&#233; &#233;tant donn&#233;e aux familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3000 euros du nord de la Gr&#232;ce jusqu'&#224; Belgrade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;voque depuis dix-huit mois l'ouverture d'une nouvelle route qui, depuis la Gr&#232;ce, remonterait vers l'Albanie, puis le Mont&#233;n&#233;gro et la Croatie. Pour l'instant, les chiffres demeurent tr&#232;s faibles, mais depuis l'automne, la police de Podgorica, au Mont&#233;n&#233;gro, arr&#234;te de plus en plus de r&#233;fugi&#233;s en provenance du sud. Le 31 d&#233;cembre, non loin de l&#224;, deux familles syriennes ont &#233;t&#233; interpell&#233;es &#224; Ulcinj, juste apr&#232;s avoir travers&#233; le delta de la Bojana, qui fait fronti&#232;re avec l'Albanie. Cette route pourrait attirer certains r&#233;fugi&#233;s bloqu&#233;s en Gr&#232;ce, pr&#233;f&#233;rant gagner la c&#244;te pour essayer d'&#233;viter les temp&#233;ratures glaciales de l'hiver dans les Balkans int&#233;rieurs. Depuis des ann&#233;es, le Mont&#233;n&#233;gro fait office de route alternative, d&#232;s que le mercure chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les rigueurs du climat, la route principale traverse donc toujours la Mac&#233;doine, le long des 200 km d'autoroute qui s&#233;parent les fronti&#232;res m&#233;ridionales et septentrionales du petit pays. Le voyage co&#251;te cher, 3 000 euros en moyenne du nord de la Gr&#232;ce jusqu'&#224; Belgrade, une somme qui ne garantit pas d'&#233;viter les embuches et les mauvais coups. En 2015, un vaste r&#233;seau de preneurs d'otages avait &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; dans les villages de Lojane et Vaksince, coinc&#233;s dans la montagne &#224; quelques centaines de m&#232;tres de la Serbie. Les r&#233;fugi&#233;s qui tombaient entre leurs griffes devaient payer de lourdes ran&#231;ons pour retrouver la libert&#233;. Depuis, le trafic se fait moins visible mais chaque nuit, ils sont encore nombreux &#224; s'enfoncer dans les for&#234;ts pour tenter de d&#233;jouer la vigilance des gardes-fronti&#232;res d&#233;ploy&#233;s par Belgrade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les r&#233;fugi&#233;s font partie du paysage &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le balcon de sa maison, situ&#233;e &#224; Veles, une ville industrielle du centre de la Mac&#233;doine, Lence Zdravkin observe depuis cinq ans maintenant ceux qui marchent le long des voies ferr&#233;es. Inlassablement, elle collecte de l'aide humanitaire dans le voisinage, des m&#233;dicaments et de la nourriture. &#171; Depuis quelques mois, je vois aussi beaucoup de groupes qui font le trajet dans le sens inverse, qui descendent vers le sud &#187;, explique-t-elle. La militante constate peu &#224; peu l'&#233;puisement du formidable mouvement de soutien qui s'&#233;tait amorc&#233; au sein de la soci&#233;t&#233; mac&#233;donienne, au tout d&#233;but de la crise. &#171; Les gens sont fatigu&#233;s, et ont d'autres probl&#232;mes, comme celui de trouver de l'argent pour manger. Les r&#233;fugi&#233;s font partie du paysage, et il est de plus en plus dur de leur apporter un peu de soutien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franc-tireuse, Lence n'appartient &#224; aucune organisation, m&#234;me si elle collabore avec toutes les structures humanitaires qui affluent d&#232;s que la situation en Mac&#233;doine refait la une des m&#233;dias mondiaux. Le reste du temps, elle agit seule, car les r&#233;fugi&#233;s continuent de passer, jour apr&#232;s jour. En ce moment, Lence tente de refaire ses stocks de v&#234;tements, car elle s'attend &#224; une nouvelle vague massive, d&#232;s que la Turquie ouvrira les bondes. &#171; Dans les prochaines semaines, assure-t-elle, pour faire monter la pression sur l'Union europ&#233;enne &#187;. &#192; discuter avec ceux qui marchent le long de la voie ferr&#233;e, Lence sait tout de la g&#233;opolitique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Bulgarie, la chasse aux migrants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#233;trangers, dehors ! &#187; Rassembl&#233;e devant le camp d'Harmanli, tout pr&#232;s de la fronti&#232;re avec la Turquie, la foule s'indigne de la pr&#233;sence de 3500 r&#233;fugi&#233;s dans cette ville de 10 000 &#226;mes. Depuis des mois, les manifestations anti-r&#233;fugi&#233;s se multiplient en Bulgarie. L'eurod&#233;put&#233; Angel Djambazki en est l'un des meneurs. Le jeune &#233;lu du parti d'extr&#234;me-droite VMRO-Mouvement milite ardemment pour l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en &#171; contre les &#233;trangers &#187;. &#171; Ils ne sont pas les bienvenus, car ils sont diff&#233;rents de nous en termes culturels et religieux &#187;, avance-t-il. &#171; Ces personnes ne veulent pas s'int&#233;grer dans notre soci&#233;t&#233;, mais viennent ici pour nous changer. Nous le ne permettrons pas. &#187; Pour lui, la solution est toute trouv&#233;e : &#171; Il faut les renvoyer &#224; l'endroit d'o&#249; ils viennent, ou bien chez Erdo&#287;an &#187;, le pr&#233;sident turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le des fronti&#232;res de la Bulgarie a &#233;t&#233; largement renforc&#233;, surtout apr&#232;s le blocage du corridor humanitaire qui passait par les Balkans, avec le soutien de l'agence europ&#233;enne Frontex. La ministre de l'Int&#233;rieur, Rumiana Bachvarova, veut m&#234;me croire que Sofia &#171; a r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher l'ouverture d'une nouvelle route &#187;. D'apr&#232;s les chiffres officiels, plus de 15 000 candidats &#224; l'exil sont pourtant entr&#233;s sur le territoire bulgare en 2016. Environ la moiti&#233; sont maintenus dans les camps compl&#232;tement satur&#233;s du pays. Les autres ont r&#233;ussi &#224; continuer leur route, malgr&#233; les patrouilles &#171; citoyennes &#187; qui multiplient les actions coup de poing depuis le printemps dernier, contre tous ceux qui tentent de franchir les fronti&#232;res. Ces &#171; chasseurs de migrants &#187; ont d'ailleurs re&#231;u le soutien du Premier ministre conservateur d&#233;missionnaire, Bo&#239;ko Borissov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de l'ordre n'h&#233;sitent pas non plus &#224; utiliser la force. &#171; Beaucoup de personnes nous racontent que la police l&#226;che les chiens. Par ailleurs, il y a beaucoup de policiers qui tirent en l'air &#224; balles r&#233;elles pour faire peur &#187;, d&#233;taille Juliette Laurent de l'ONG Refugee Help. L'an dernier, dix r&#233;fugi&#233;s ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s morts en Bulgarie, dont un jeune Afghan abattu par la police. Cet hiver, le froid va, ici aussi, emporter son lot de victimes. On sait d&#233;j&#224; qu'une femme somalienne a succomb&#233; &#224; une temp&#234;te de neige, au d&#233;but du mois de janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gr&#232;ce, zone de r&#233;tention &#224; ciel ouvert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les estimations du gouvernement, plus de 62 000 r&#233;fugi&#233;s seraient toujours bloqu&#233;s en Gr&#232;ce, m&#234;me si la nasse se vide &#233;pisodiquement, au gr&#233; des passages ill&#233;gaux vers le nord, et du programme de &#171; relocalisation &#187; mis en place par la Commission europ&#233;enne fin septembre 2015. Face &#224; l'affluence, les proc&#233;dures avancent lentement : moins de 7000 personnes ont pu &#234;tre accueillies dans des pays tiers de l'UE et dans les camps &#233;rig&#233;s &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#238;les proches des c&#244;tes turques aux fronti&#232;res albanaise et mac&#233;donienne, l'hiver est arriv&#233; plus vite que les dossiers d'enregistrement n'ont &#233;t&#233; trait&#233;s. &#171; Tous les service sont d&#233;bord&#233;s &#187;, glisse un militaire qui garde l'entr&#233;e du camp de Nea Kavala, plant&#233; &#224; proximit&#233; de la ville de Kilkis, au milieu de la plaine qui m&#232;ne aux contreforts des montagnes de Mac&#233;doine. Les 800 Syriens qui vivent ici, dans les pr&#233;fabriqu&#233;s install&#233;s &#224; l'automne par les autorit&#233;s grecques, peuvent se consid&#233;rer comme &#171; chanceux &#187; : ils dorment au chaud, avec des distributions de nourriture deux fois par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, dans les autres camps ouverts au moment de la fermeture de la &#171; route des Balkans &#187; pour d&#233;sengorger la zone d'Idomeni, seules les toiles des tentes prot&#232;gent de la pluie, de la neige et des rafales du vent glacial. Partout, la col&#232;re ne cesse de monter. Ces derniers jours, lee Haut commissariat aux r&#233;fugi&#233;s de l'Onu (HCR) a appel&#233; le gouvernement grec &#224; acc&#233;l&#233;rer le d&#233;placement sur le continent des centaines de r&#233;fugi&#233;s toujours coinc&#233;s sur les &#238;les de la mer &#201;g&#233;e, &#224; Samos, Chios ou Lesbos, elles aussi recouvertes, de mani&#232;re tout &#224; fait exceptionnelle, par la neige. Malgr&#233; les distributions de sacs de couchage, de couvertures et de v&#234;tements chauds, on d&#233;plore d&#233;j&#224; plusieurs d&#233;c&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ma fille de trois ans n'a pratiquement connu que les camps &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Kilkis, l'ONG Omnes a pu mettre 146 personnes &#224; l'abri. Cela fait plusieurs ann&#233;es que ces volontaires viennent en aide aux r&#233;fugi&#233;s. &#171; Au d&#233;but, il y en avait un par semaine, puis &#231;a a &#233;t&#233; un par jour, puis dix, cent, et finalement plusieurs milliers &#187;, raconte Stefanos Kamperis, le coordinateur d'Omnes. Ce trentenaire, ing&#233;nieur de formation, a rassembl&#233; une &#233;quipe d'une vingtaine de personnes pour monter &#171; The Housing project &#187;, une initiative soutenue par le HCR qui vise &#224; terme &#224; reloger 1200 r&#233;fugi&#233;s. &#171; Notre objectif est double : offrir un logement d&#233;cent &#224; ces malheureux et booster l'&#233;conomie locale &#187;, poursuit Stefanos Kamperis. Dans l'appartement tout neuf o&#249; il loge avec sa femme et ses trois enfants, Nasser a encore du mal &#224; r&#233;aliser que c'est sous un toit qu'il va passer les prochains mois, le temps que prendra le traitement de sa demande de relocalisation. &#171; Ma fille de trois ans n'a pratiquement connu que les camps, en Turquie puis en Gr&#232;ce. Elle me demande souvent si nous allons devoir retourner vivre dans une tente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L482xH322/be5a4a07de5cef1f-2ac5f6f4-62653.jpg?1781235955' width='482' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Stefanos Kamperis devant les plans des appartements occup&#233;s par des r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants d'Omnes rassurent et accompagnent les familles prises en charge dans leurs formalit&#233;s administratives. Dans le nord de la Gr&#232;ce, on sait ce qu'&#234;tre exil&#233; veut dire. La plupart des habitants sont des descendants de r&#233;fugi&#233;s, d'hommes et de femmes arriv&#233;s au moment des &#233;changes de population entre la Gr&#232;ce et la Turquie. Il y a un si&#232;cle, plus d'un million de Chr&#233;tiens orthodoxes furent en effet chass&#233;s d'Anatolie tandis que 500 000 musulmans faisaient le chemin inverse. Sur un mur de Kilkis, un graffiti r&#233;sume l'&#233;tat d'esprit qui pr&#233;vaut dans cette r&#233;gion pauvre, durement frapp&#233;e par la crise : &#171; Nos grands-parents &#233;taient des r&#233;fugi&#233;s, nos parents des migrants &#233;conomiques. Comment pourrions-nous aujourd'hui &#234;tre racistes ? &#187; Pourtant, ici aussi, nul ne sait comment le gouvernement et les ONG pourront g&#233;rer la nouvelle &#171; grande vague &#187; de r&#233;fugi&#233;s, que tout le monde attend, lorsque la Turquie d&#233;cidera de mettre la pression sur l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Arnault D&#233;rens, Laurent Geslin et Simon Rico / Le Courrier des Balkans &lt;a href=&#034;http://www.courrierdesbalkans.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.courrierdesbalkans.fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Photos : &#169; Laurent Geslin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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