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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Apr&#232;s le d&#233;part de Monsanto, les paysans burkinab&#232; veulent reconqu&#233;rir leur autonomie semenci&#232;re</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-le-depart-de-Monsanto-les-paysans-burkinabe-veulent-reconquerir-leur</link>
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		<dc:date>2017-03-14T07:56:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdul Razac Napon, Mien De Graeve, Wouter Elsen</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Burkina Faso</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-03-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si Monsanto a d&#233;cid&#233; de quitter le Burkina Faso, les soci&#233;t&#233;s cotonni&#232;res maintiennent leur main-mise sur les semences de coton. Des milliers de producteurs de coton burkinab&#232; entrent aujourd'hui en r&#233;sistance pour reconqu&#233;rir leur autonomie. Troisi&#232;me et dernier volet de notre enqu&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Basta Mag. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;pisode 3, suite de notre s&#233;rie sur la fili&#232;re du coton OGM au Burkina Faso (voir l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent : De la Fran&#231;afrique &#224; la corruption : les dessous de la fili&#232;re coton au Burkina (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Burkina-Faso-+" rel="tag"&gt;Burkina Faso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-03-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-03-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton30084-c2d24.jpg?1781097112' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si Monsanto a d&#233;cid&#233; de quitter le Burkina Faso, les soci&#233;t&#233;s cotonni&#232;res maintiennent leur main-mise sur les semences de coton. Des milliers de producteurs de coton burkinab&#232; entrent aujourd'hui en r&#233;sistance pour reconqu&#233;rir leur autonomie. Troisi&#232;me et dernier volet de notre enqu&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Apres-le-depart-de-Monsanto-les-paysans-burkinabe-veulent-reconquerir-leur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 3, suite de notre s&#233;rie sur la fili&#232;re du coton OGM au Burkina Faso (voir l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent : &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/De-la-Francafrique-a-la-corruption-les-dessous-de-la-filiere-coton-au-Burkina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la Fran&#231;afrique &#224; la corruption : les dessous de la fili&#232;re coton au Burkina Faso&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans burkinab&#232; ne parlent pas tous n&#233;gativement de Monsanto et du coton transg&#233;nique, mais tous regrettent le monopole des soci&#233;t&#233;s cotonni&#232;res et de l'Union des producteurs sur le business des semences. Les premiers r&#233;sultats de la th&#232;se du burkinab&#232; Edouard Sanou concernant l'impact socio-&#233;conomique du coton OGM sur la population agricole, confirme nos impressions [1] : la quasi-totalit&#233; des paysans disent n'avoir jamais &#233;t&#233; consult&#233;s ni inform&#233;s sur l'introduction des OGM tout en d&#233;clarant avoir des exp&#233;riences positives avec ces vari&#233;t&#233;s. Le coton transg&#233;nique requiert moins de traitements de pesticides &#8211; deux aspersions sur les six n&#233;cessaires en conventionnel &#8211; et son rendement n'est pas inf&#233;rieur au coton conventionnel (&#224; lire &#233;galement, le reportage de Basta ! en 2013 au Burkina Faso &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Apres-le-coton-Monsanto-cherche-a&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bastamag.net/Apres-le-coton-Monsanto-cherche-a&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, si rien ne change, les paysans devront continuer &#224; travailler jour apr&#232;s jour sous un soleil de plomb, sans aucune emprise sur la semence. M&#234;me une fois Monsanto parti. Avec le ma&#239;s, le coton est en effet la seule culture de rente au Burkina Faso : elle permet aux paysans d'&#233;pargner pour payer l'&#233;cole et les soins de sant&#233;. Un &#171; luxe &#187; auquel n'ont pas acc&#232;s ceux qui pratiquent la seule agriculture dite &#171; de subsistance &#187;. &#171; Avec l'argent du coton, je peux envoyer les seize enfants &#224; ma charge &#224; l'&#233;cole &#187;, illustre Bazabo Bognana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paysans oblig&#233;s de racheter leurs propres graines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des paysans &#171; condamn&#233;s &#187; &#224; produire du coton, les entreprises cotonni&#232;res se sont appropri&#233;es tout un syst&#232;me de multiplication des semences. Traditionnellement, les paysans au Burkina Faso produisent et am&#233;liorent eux-m&#234;mes leurs graines pour des cultures comme le ma&#239;s, les haricots, le s&#233;same et le sorgho. Mais pour le coton c'est impossible. Les semences ne sont pourtant pas &#171; terminator &#187;, c'est &#224; dire impossibles &#224; resemer. Mais les entreprises cotonni&#232;res abusent de l'impossibilit&#233; &#224; s&#233;parer manuellement les graines de la fibre &#8211; toutes contenues dans la capsule de la plante &#8211; pour le faire elles-m&#234;mes dans leurs usines d'&#233;grenage. Elles commercialisent ensuite le coton sur le march&#233;, et exp&#233;dient une partie des graines vers des usines d'huile. Le reste est revendu aux agriculteurs comme semences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils re&#231;oivent les meilleures semences issues de leur production, assure Georges Yameogo de la soci&#233;t&#233; burkinab&#232; des fibres textiles (Sofitex). Le processus de la multiplication des semences est s&#251;r et correct, garanti par l'Institut national d'exp&#233;rimentation et de recherche agricole (INERA). &#187; Mais la s&#233;paration industrielle de la fibre et de la graine donne lieu &#224; beaucoup de corruption et d'abus. Certains paysans travaillant dans les usines de la Sofitex concluent un accord avec les chefs de l'usine et re&#231;oivent gratuitement, &#224; la fin de leur p&#233;riode de travail, des semences de bonne qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, contrairement &#224; ce que dit Georges Yameogo, le cycle de reproduction de la semence ne recommence pas chaque ann&#233;e. &#171; Si je re&#231;ois des semences de 1&#232;re ou 2&#232;me g&#233;n&#233;ration, j'ai de la chance : il y aura beaucoup de graines dans mon coton et le poids par hectare sera bon, d&#233;taille Mohamed Traore. Mais souvent je re&#231;ois des semences de 3&#232;me, 4&#232;me voire m&#234;me 5&#232;me g&#233;n&#233;ration. Ces semences produisent toujours de la fibre, mais presque plus de graines. Vu que la Sofitex paie mon coton au poids, je suis perdant puisque j'ai travaill&#233; et investi autant que si j'avais eu des bonnes semences. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un paysan de D&#233;dougou, qui souhaite rester anonyme, ajoute : &#171; J'ach&#232;te un sac de semences OGM &#224; la Sofitex. Une fois les cultures pr&#234;tes, l'entreprise vient chercher mon coton et r&#233;cup&#232;re jusqu'&#224; 15 fois le nombre de graines que j'ai sem&#233;es ! Il est faux de dire que la plupart des semences partent &#224; l'huilerie apr&#232;s la deuxi&#232;me multiplication. Je connais des gens &#224; l'usine. Ils m'ont dit que les graines sont simplement revendues. &#187; Les paysans se retrouvent oblig&#233;s de racheter leurs propres semences &#224; des prix excessifs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La multiplication des semences est un business florissant pour les soci&#233;t&#233;s cotonni&#232;res. En principe, 28 % des recettes des semences OGM vont &#224; Monsanto mais il n'y a pas beaucoup de contr&#244;le. &#171; C'est une question de confiance, souligne Georges Yameogo de Sofitex. On envoie des rapports &#224; Monsanto. Ils peuvent venir faire des pr&#233;l&#232;vements dans les champs. &#187; Ce que confirme l'ancien employ&#233; de Monsanto : &#171; C'est une simple d&#233;claration de leur part. La Sofitex fait ce qu'elle veut, il n'y a aucun contr&#244;le. Des montants &#233;normes partent dans les poches des responsables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La r&#233;ponse ne se trouve pas chez les bio-ing&#233;nieurs mais chez les paysans &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les paysans se r&#233;approprient cette &#233;tape cruciale de la culture du coton, s'attaquer aux seules multinationales ou aux OGM ne suffit pas. Le d&#233;bat sur les semences transg&#233;niques ne rel&#232;ve pas tant d'une discussion technique ou scientifique que politique. &#171; Pour l'instant, il y a peu de consensus entre agronomes sur la d&#233;finition des &#034;bonnes semences&#034; , constate Lodewijk van Dycke, doctorant au centre des communications, nouvelles technologies et propri&#233;t&#233; intellectuelle &#224; Leuven en Belgique. Les bonnes semences d&#233;pendent de beaucoup de facteurs : le sol, le climat, l'acc&#232;s &#224; d'autres technologies, la culture locale, l'enseignement, l'information. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela d&#233;pend &#233;galement de quel objectif on souhaite atteindre avec ces semences. Voulons-nous produire davantage ? Voulons-nous plut&#244;t des r&#233;coltes s&#251;res ? Voulons-nous des cultures qui nourrissent davantage ? Voil&#224; des questions politiques porteuses de valeurs. La r&#233;ponse &#224; ces questions ne se trouve pas chez les bio-ing&#233;nieurs. Elle ne se trouve pas non plus chez Monsanto ou d'autres entreprises parce qu'ils ne recherchent que leur propre int&#233;r&#234;t commercial. La r&#233;ponse se trouve chez les paysans. Nous devons aspirer vers une d&#233;mocratie plus participative qui accorde de plein droit la parole aux paysans. Ce n'est que par la suite que l'on peut juger le r&#244;le positif ou n&#233;gatif de Monsanto et de Sofitex, des OGM et d'autres formes de biotechnologie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un dialogue d&#233;mocratique accru avec les paysans permettra de d&#233;couvrir quelles semences conviennent dans quelles circonstances. Afin de susciter ce dialogue, ce ne sont pas seulement les entreprises et les politiques, mais aussi les chercheurs et ONG qui doivent &#234;tre associ&#233;s au d&#233;bat sur les biotechnologies agricoles. Il est indispensable d'investir dans la formation des paysans, et de pouvoir renforcer leur prises de participations dans les entreprises qui g&#232;rent les semences. L'exp&#233;rience n&#233;gative avec les OGM au Burkina Faso a &#233;galement fait r&#233;fl&#233;chir l'ancien employ&#233; de Monsanto, qui s'oppose &#224; la ligne officielle de l'entreprise : &#171; Ce n'est pas la biotechnologie qui va r&#233;soudre la faim dans le monde, c'est le fait de mettre cette technologie &#224; la disposition des agriculteurs, le fait d'avoir un syst&#232;me agricole qui puisse absorber cette technologie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;but d'une lutte paysanne pour se r&#233;approprier leur fili&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cultivateurs de coton, en r&#233;flexion depuis plusieurs mois, sont d&#233;sormais pr&#234;ts &#224; se lancer dans la lutte. Soutenus par des structures telles que l'organisation pour la d&#233;mocratie et la jeunesse (ODJ) ou la coalition contre la vie ch&#232;re (CCVC), ils arpentent le pays &#224; la rencontre des paysans : &#171; On se r&#233;unit t&#244;t le matin, chacun cotise pour le carburant des motos et on visite cinq &#224; six villages par jour, t&#233;moigne Mohamed Traore. On parle et on &#233;coute les paysans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carnets de revendication adress&#233;s &#224; l'Union des producteurs et &#224; la Sofitex les aident &#224; &#233;largir la mobilisation : ils exigent que le prix du coton couvre au moins leurs investissements. Ils r&#233;clament &#233;galement des audits des entreprises cotonni&#232;res et de l'Union, et veulent l'implication des paysans dans le cycle du coton depuis la semence jusqu'au produit commercial. La combativit&#233; de Mohamed et de ses compagnons est contagieuse. Le groupe grandit rapidement et l'indignation est forte. Ce qui est important est que leur vision d&#233;passe leur propre champ de coton. &#171; La meilleure solution, dit Mohamed Traore, c'est de produire notre coton ici, d'&#233;grainer ici et de tisser notre coton ici. Le combat a commenc&#233; partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction du n&#233;erlandais : Jos Mestdagh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo de Une : Afin de pr&#233;server la qualit&#233; et la couleur du coton, celui-ci doit &#234;tre bien sec. Les femmes qui font la r&#233;colte secouent r&#233;guli&#232;rement le coton afin qu'il puisse bien s&#233;cher. &#169; Wouter Elsen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#233;pisode : &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Comment-le-coton-OGM-de-Monsanto-s-est-transforme-en-fleau-pour-les-paysans-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment le coton OGM de Monsanto s'est transform&#233; en fl&#233;au pour les paysans du Burkina Faso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me &#233;pisode : &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/De-la-Francafrique-a-la-corruption-les-dessous-de-la-filiere-coton-au-Burkina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la Fran&#231;afrique &#224; la corruption : les dessous de la fili&#232;re coton au Burkina Faso&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te a pu &#234;tre r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce au soutien de Journalismfund (&lt;a href=&#034;http://journalismfund.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flanders Connecting Continents&lt;/a&gt;). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue pr&#233;cieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L'article a &#233;t&#233; publi&#233; initialement en n&#233;erlandais sur le site &lt;a href=&#034;http://www.mo.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mo.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Th&#232;se r&#233;alis&#233;e &#224; l'International Plant Biotechnology Outreach/Universit&#233; de Gand, Belgique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment le coton OGM de Monsanto s'est transform&#233; en fl&#233;au pour les paysans du Burkina Faso</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-le-coton-OGM-de-Monsanto-s-est-transforme-en-fleau-pour-les-paysans-du</link>
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		<dc:date>2017-02-28T07:38:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdul Razac Napon, Mien De Graeve, Wouter Elsen</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Burkina Faso</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Burkina Faso, les jours de Monsanto sont compt&#233;s. La multinationale se retire du pays. L'introduction de son coton OGM en 2009 ne s'y est pas vraiment pass&#233;e comme pr&#233;vu : pr&#233;sent&#233;e comme une solution miracle aux attaques de ravageurs, la nouvelle vari&#233;t&#233; a surtout fini par ravager la qualit&#233; et la r&#233;putation du coton burkinab&#232;. Mais le g&#233;ant agro-chimique n'est pas seul en cause : &#224; l'heure d'&#233;tablir les responsabilit&#233;s, les autorit&#233;s locales sont en premi&#232;re ligne. Basta ! publie en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton29904-8fe68.jpg?1781097112' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Burkina Faso, les jours de Monsanto sont compt&#233;s. La multinationale se retire du pays. L'introduction de son coton OGM en 2009 ne s'y est pas vraiment pass&#233;e comme pr&#233;vu : pr&#233;sent&#233;e comme une solution miracle aux attaques de ravageurs, la nouvelle vari&#233;t&#233; a surtout fini par ravager la qualit&#233; et la r&#233;putation du coton burkinab&#232;. Mais le g&#233;ant agro-chimique n'est pas seul en cause : &#224; l'heure d'&#233;tablir les responsabilit&#233;s, les autorit&#233;s locales sont en premi&#232;re ligne. Basta ! publie en exclusivit&#233; une enqu&#234;te en trois parties sur la fili&#232;re du coton transg&#233;nique dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Premi&#232;re &#233;tape : comment la firme am&#233;ricaine a-t-elle r&#233;ussi &#224; y vendre son coton transg&#233;nique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Coton-OGM-au-Burkina-Faso-un-nouveau-fiasco-signe-Monsanto&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Monsanto est parti, mais mes probl&#232;mes restent. &#187; Mohamed Traor&#233; est cultivateur de coton dans la r&#233;gion de Hound&#233;, dans le sud-ouest du Burkina Faso. Dans son pays, les yeux sont tourn&#233;s vers la moins appr&#233;ci&#233;e des multinationales : Monsanto. Quelques semaines apr&#232;s la reprise du g&#233;ant de la chimie par son concurrent allemand Bayer, le magazine Jeune Afrique, au mois d'octobre 2016, publiait un &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/mag/361768/economie/burkina-faso-monsanto-plie-bagage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mail interne de la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, annon&#231;ant son d&#233;part prochain du Burkina Faso. En cause ? Un gigantesque fiasco agro-industriel qui a fait tanguer toute l'&#233;conomie agricole du pays. Quelques ann&#233;es apr&#232;s son introduction massive, pr&#233;sent&#233;e comme une solution miracle aux difficult&#233;s de la fili&#232;re locale, la vari&#233;t&#233; OGM commercialis&#233;e par Monsanto a &#233;t&#233; &#224; l'origine d'une d&#233;gradation dramatique de la qualit&#233; du coton burkinab&#232;, dont les propri&#233;t&#233;s &#8211; en particulier la longueur de fibre &#8211; &#233;taient jusqu'alors tr&#232;s pris&#233;es des pays importateurs de cet &#171; or blanc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Import&#233; afin de r&#233;sister aux attaques des insectes, qui avaient coutume de ravager les cultures du pays, le coton OGM a pour effet secondaire d'entra&#238;ner, d'ann&#233;e en ann&#233;e, une r&#233;duction progressive de la taille de la fibre. Probl&#232;me : plus la fibre est longue, plus le travail sur les machines de tissage est efficace. Confront&#233; &#224; cette situation, Monsanto semble avoir opt&#233; pour un repli strat&#233;gique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle du d&#233;part de la multinationale n'est cependant pas encore officiellement confirm&#233;e, et les responsables du secteur cotonnier burkinab&#232; d&#233;clarent que des tractations sont en cours. Mais plusieurs personnes proches de Monsanto confirment que l'entreprise ne veut plus rester. Les groupes d'action locaux et internationaux anti-OGM s'en r&#233;jouissent. Ils comparent cet &#233;v&#233;nement aux manifestations de courageux burkinab&#232; qui ont chass&#233; le dictateur Blaise Compaor&#233;, le 31 octobre 2014. Sur les r&#233;seaux sociaux, le peuple se congratule d'avoir dit &#171; non &#187; &#224; Monsanto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la crise du coton &#224; l'introduction des OGM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre les causes de ce fiasco, il faut revenir en 1996. Toute la r&#233;gion de l'Afrique de l'Ouest est alors touch&#233;e par une invasion massive de chenilles s'attaquant aux r&#233;coltes. Les pesticides que les pays producteurs ouest-africains utilisent depuis des ann&#233;es sont devenus inefficaces. Le secteur lance alors le &#171; Programme fen&#234;tre &#187; pour un traitement plus pointu et plus diff&#233;renci&#233; dans le temps des plants de coton. Le programme semble efficace mais au bout de deux ans, les cultivateurs de coton burkinab&#232; subissent &#224; nouveau un coup dur. En septembre 1998, un insecte jusque-l&#224; inconnu, la mouche blanche, provoque des d&#233;g&#226;ts s&#233;v&#232;res alors que les champs sont blancs comme neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panique est totale. Le coton est un secteur tr&#232;s strat&#233;gique au Burkina Faso, repr&#233;sentant 4 % du produit national brut et environ deux tiers des b&#233;n&#233;fices d'exportation. Le secteur cr&#233;e de mani&#232;re directe et indirecte au moins 25% des emplois du pays. Il se raconte que l'introduction des cotons OGM au Burkina Faso est li&#233;e au fait que l'ancien pr&#233;sident, Blaise Compaor&#233;, entretenait une relation difficile avec les &#201;tats-Unis. En 2000, les am&#233;ricains menace le pays de sanctions parce que Compaor&#233; entretenait un trafic ill&#233;gal d'armes et de diamants pendant la guerre civile au Sierra Leone. Il aurait accept&#233; les OGM de Monsanto en &#233;change de leur silence vis-&#224;-vis de ces trafics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un coton anti-ravageurs, c'&#233;tait comme un r&#234;ve &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre histoire est avanc&#233;e par le professeur Roger Zangre, responsable &#224; la fin des ann&#233;es 90 de l'Agence nationale de valorisation des r&#233;sultats de recherche (ANVARR). &#171; En 1999, je participais avec quelques coll&#232;gues &#224; une conf&#233;rence au Cameroun. C'est l&#224;-bas que nous avons rencontr&#233; Monsanto. La d&#233;monstration de leur coton contenant le g&#232;ne Bt (Bacillus thuringiensis) a &#233;t&#233; pour nous une vraie r&#233;v&#233;lation. Un coton qui pouvait se d&#233;fendre contre les ravageurs, pour nous c'&#233;tait comme un r&#234;ve. Nous avons invit&#233; Monsanto au Burkina Faso &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyr Payim Ouedraogo, journaliste scientifique, affirme lui aussi que les cotons OGM n'ont pas &#233;t&#233; impos&#233;s au Burkina Faso : &#171; A la base, ce sont les cultivateurs de coton qui ont constat&#233; qu'il existait un s&#233;rieux probl&#232;me. Le gouvernement a demand&#233; aux scientifiques de trouver une solution et celle-ci a &#233;t&#233; trouv&#233;e aupr&#232;s de Monsanto. Nous n'avons pas pris de d&#233;cision du jour au lendemain : les Burkinab&#232; ont m&#234;me voulu &#234;tre prudents, et ils ont &#233;galement sollicit&#233; la soci&#233;t&#233; suisse Syngenta. Mais cette derni&#232;re a disparu des n&#233;gociations, parce que leur produit n'&#233;tait pas assez performant. Finalement ils ont d&#233;cid&#233; de travailler avec Monsanto. C'est le business, c'est tout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;colte du coton est tr&#232;s intensive et demande beaucoup de main d'&#339;uvre. Ce sont surtout les femmes qui passent des longues journ&#233;es dans les champs pendant la r&#233;colte. Elles gagnent environ 1 000 FCFA (1,5 euros) par jour. &#169; Wouter Elsen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coton OGM a probablement &#233;t&#233; efficace dans un premier temps. Le secteur du coton &#233;tait sous pression &#224; cause des invasions successives d'insectes. S'il n'avait rien fait, le gouvernement risquait de faire face &#224; des mouvements sociaux, car de nombreuses familles d&#233;pendent du coton pour leur survie. Le secteur g&#233;n&#232;re beaucoup d'emplois secondaires : usines d'&#233;grenage, transport, huileries... et a longtemps constitu&#233; la seule activit&#233; rapportant des devises &#233;trang&#232;res au pays [1]. Sur le r&#244;le des &#201;tats-Unis, Cyr Payim Ouedraogo explique : &#171; Si cela permettait de calmer un peu les tensions entre Washington et Ouagadougou, pourquoi pas ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contournement de la r&#233;glementation, avec l'appui du gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des conditions pour que Monsanto introduise des OGM dans un nouveau pays est le respect du r&#232;glement national sur la bios&#233;curit&#233;. Encore faut-il que ce r&#232;glement existe. Le professeur Roger Zangre de l'ANVARR &#233;tait aussi pr&#233;sident du Comit&#233; provisoire de la bios&#233;curit&#233; qui, en 2000, commence &#224; r&#233;diger la loi burkinab&#232; sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe travaille pendant deux ans sur cette r&#233;glementation valid&#233;e d&#233;but 2003. Zangre maintient que toutes les &#233;tapes l&#233;gales ont &#233;t&#233; respect&#233;es. Le Burkina Faso a-t-il subi des pressions pour accepter les OGM ? &#171; En juillet 2003, Sofitex, qui &#233;tait &#224; cette &#233;poque la seule soci&#233;t&#233; cotonni&#232;re nationale, a organis&#233; une conf&#233;rence internationale sur les biotechnologies. Tout le monde &#233;tait repr&#233;sent&#233; : les entreprises, les chercheurs, les consommateurs, les chefs coutumiers. Quelqu'un dans le public a racont&#233; qu'il &#233;tait en mission &#224; Dakar et qu'il avait appris l&#224;-bas qu'on cultivait du coton OGM au Burkina Faso. Les gens &#233;taient furieux, ils ont pos&#233; des questions et devant tout le monde Monsanto a &#233;t&#233; oblig&#233; de reconna&#238;tre qu'on &#233;tait en effet en train de faire des essais en milieu contr&#244;l&#233;. Moi j'&#233;tais le pr&#233;sident du Comit&#233;, mais je n'&#233;tais pas inform&#233; &#187;, raconte-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comit&#233; de fa&#231;ade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Monsanto a bien re&#231;u une autorisation pour r&#233;aliser ces essais, un d&#233;cret pr&#233;sidentiel m&#234;me. Le journaliste Cyr Payim Ouedraogo temp&#232;re : &#171; Les autorit&#233;s n'ont pas su bien communiquer. Que voulez-vous ? Dans pas mal d'institutions du pays, m&#234;me aujourd'hui, il n'y a pas de bons communicants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Zangre a une autre opinion : &#171; A la sortie de la conf&#233;rence, quelqu'un de Monsanto est venu me demander d'&#233;crire que le Comit&#233; &#233;tait au courant des essais. J'ai refus&#233;, il a insist&#233;. Deux semaines plus tard, j'ai &#233;crit un document que Monsanto n'a pas pu exploiter parce que consid&#233;r&#233; comme trop superficiel. Depuis, on m'a &#233;cart&#233; de la pr&#233;sidence du Comit&#233;. &#187; Il semble que ce comit&#233; provisoire n'&#233;tait qu'une op&#233;ration de fa&#231;ade. Les d&#233;cisions avaient vraisemblablement d&#233;j&#224; &#233;t&#233; prises au plus haut niveau. Le soi-disant d&#233;bat d&#233;mocratique qui aurait d&#251; avoir lieu auparavant a en fait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en toute h&#226;te par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;t&#233;rioration rapide des plants OGM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Zangre soit un d&#233;fenseur des OGM, il est globalement d'accord avec son coll&#232;gue Didier Zongo, &#233;galement professeur mais opposant notoire aux OGM, lorsqu'il &#233;voque les &#233;normes b&#233;vues r&#233;alis&#233;es suite &#224; l'introduction du coton OGM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le professeur Zongo, &#171; le coton OGM est au Burkina Faso le r&#233;sultat du croisement entre une vari&#233;t&#233; am&#233;ricaine contenant le g&#232;ne Bt, et une vari&#233;t&#233; locale burkinab&#232;. La caract&#233;ristique la plus importante de la vari&#233;t&#233; burkinab&#232; &#233;tait la fibre longue. La nouvelle vari&#233;t&#233; obtenue apr&#232;s croisement contenait donc le g&#232;ne Bt et la fibre longue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tous les chercheurs savent qu'on ne peut pas se contenter de cela. On doit faire des r&#233;tro-croisements et &#224; chaque fois s&#233;lectionner la plante qui contient les bonnes caract&#233;ristiques, c'est-&#224;-dire la fibre longue et le g&#232;ne Bt [2]. Normalement on doit effectuer jusqu'&#224; sept r&#233;tro-croisements afin de fixer &#224; la fois la r&#233;sistance contre les insectes, que procure le g&#232;ne Bt, et toutes les caract&#233;ristiques de notre vari&#233;t&#233; locale. Dans les faits, la vari&#233;t&#233; commercialis&#233;e au Burkina Faso n'&#233;tait le r&#233;sultat que de deux r&#233;tro-croisements. &#187; La vari&#233;t&#233; a commenc&#233; &#224; se d&#233;t&#233;riorer rapidement, alors m&#234;me que la qualit&#233; du coton burkinab&#232; &#233;tait reconnue comme la meilleure dans le monde du fait de sa fibre exceptionnellement longue&#8203;. &#171; Cette n&#233;gligence a fait que notre pays, qui &#224; l'&#233;poque n'avait pas d'&#233;gal avec d'autres pays cotonniers, a perdu son label de qualit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un ancien employ&#233; de Monsanto : &#171; On n'a pas fait ce qu'on aurait d&#251; faire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le Burkina Faso a annonc&#233; un &#171; arr&#234;t provisoire &#187; du coton g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;, en avril 2016, Monsanto se refuse &#224; tout commentaire et communiqu&#233; officiel. Un ancien employ&#233; de la soci&#233;t&#233; a pourtant bien voulu parler avec nous. Ses r&#233;v&#233;lations ne sont rien de moins qu'un aveu. &#171; L'analyse sur les r&#233;tro-croisements est correcte. On aurait d&#251; continuer. On a commis de grandes erreurs. On n'a pas fait ce qu'on aurait d&#251; faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que Monsanto ait habilement utilis&#233; le d&#233;sarroi qui r&#233;gnait &#224; ce moment-l&#224; dans le secteur du coton pour introduire son produit. Le contrat avec Monsanto promettait une solution imm&#233;diate aux probl&#232;mes des insectes dans les champs de coton, ainsi qu'une augmentation de la production par hectare et du nombre de graines par capsule de coton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coton transg&#233;nique a r&#233;pondu pendant plusieurs ann&#233;es &#224; ces conditions. Mais dans le contrat, rien n'&#233;tait stipul&#233; sur la longueur de la fibre de coton. Les chercheurs de Monsanto et leurs coll&#232;gues burkinab&#232; savaient pourtant qu'une n&#233;gligence dans les r&#233;tro-croisements am&#232;nerait des probl&#232;mes. &#171; Personne n'a r&#233;fl&#233;chi aux cons&#233;quences, confirme l'ancien employ&#233;. Il n'y a pas d'excuses pour cela, c'est du laxisme, les acteurs de la fili&#232;re s'en fichent de l'agriculteur, ils ont un m&#233;pris total pour les paysans. C'est p&#233;nible mais c'est comme &#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Aucune promesse tenue &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question de savoir pourquoi les r&#233;tro-croisements n'ont pas &#233;t&#233; poursuivis alors que le raccourcissement de la fibre est constat&#233; d&#232;s 2010, et que tout le monde savait que la solution &#233;tait l&#224;, l'ancien employ&#233; de Monsanto r&#233;pond : &#171; Oui, c'est grave. Pour une entreprise comme Monsanto, le march&#233; dans un pays comme le Burkina Faso n'est pas assez important ; il ne repr&#233;sente pas assez de dollars. &#199;a ne valait pas la peine d'investir encore plus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez l'INERA (Institut National d'Exp&#233;rimentation et de Recherche Agricole), l'institut burkinab&#232; qui a travaill&#233; avec Monsanto, personne n'est habilit&#233; &#224; faire un commentaire. M&#234;me s'ils l'avaient voulu, les scientifiques burkinab&#232; n'auraient pas pu manipuler cette vari&#233;t&#233;. &#171; Quand on a la technologie de quelqu'un, on ne peut pas l'utiliser et la changer &#224; sa guise. Il y a un contrat qui d&#233;crit la collaboration et les implications. C'est du business &#187;, explique Cyr Payim Ouedraogo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ception chez les scientifiques est grande comme en atteste le professeur Roger Zangre : &#171; Ce qui &#233;tait essentiel dans le contrat avec Monsanto c'&#233;tait le renforcement des capacit&#233;s. On pensait que nos chercheurs allaient apprendre comment isoler des g&#232;nes et comment les introduire dans d'autres plantes. On aurait pu &#234;tre les ma&#238;tres de la biotechnologie en Afrique de l'Ouest. Aucune de ces promesses n'a &#233;t&#233; tenue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction du n&#233;erlandais : Jos Mestdagh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te a pu &#234;tre r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce au soutien de Journalismfund (Flanders Connecting Continents). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue pr&#233;cieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L'article a &#233;t&#233; publi&#233; initialement en n&#233;erlandais sur le site &lt;a href=&#034;http://www.mo.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mo.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'exportation de l'or par le Burkina Faso a d&#233;sormais d&#233;pass&#233; celle du coton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En g&#233;n&#233;tique, un r&#233;tro-croisement, aussi appel&#233; &#171; croisement en retour &#187;, est le croisement d'un hybride avec l'un de ses parents ou avec un individu similaire sur le plan g&#233;n&#233;tique &#224; l'un de ses parents, de mani&#232;re &#224; obtenir un descendant ayant une identit&#233; g&#233;n&#233;tique plus proche de celle du parent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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