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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Enjeux et d&#233;fis de l'appropriation de l'intersectionnalit&#233; au sein du mouvement des femmes du Qu&#233;bec</title>
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		<dc:date>2023-06-20T07:56:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marlihan Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-06-20</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une perspective f&#233;ministe, l'intersectionnalit&#233; am&#232;ne &#224; d&#233;construire la polarit&#233; des conceptions st&#233;r&#233;otyp&#233;es et monolithiques des femmes racis&#233;es et &#224; ouvrir des espaces de parole aux femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des oppressions. Un outil d'analyse qui gagnerait &#224; &#234;tre int&#233;gr&#233; au sein du mouvement f&#233;ministe qu&#233;b&#233;cois. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de page web de la Ligue des Droits et Libert&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le :01 mars 2017 Marlihan Lopez, militante afrof&#233;ministe Pr&#233;sidente, Fondation Paroles de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Feminisme-et-LGBT-" rel="directory"&gt;F&#233;minisme et LGBT&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-06-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-06-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/2-62-6e4b5.jpg?1781235153' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une perspective f&#233;ministe, l'intersectionnalit&#233; am&#232;ne &#224; d&#233;construire la polarit&#233; des conceptions st&#233;r&#233;otyp&#233;es et monolithiques des femmes racis&#233;es et &#224; ouvrir des espaces de parole aux femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des oppressions. Un outil d'analyse qui gagnerait &#224; &#234;tre int&#233;gr&#233; au sein du mouvement f&#233;ministe qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://liguedesdroits.ca/enjeux-et-defis-de-lappropriation-de-lintersectionnalite-au-sein-du-mouvement-des-femmes-du-quebec/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page web de la Ligue des Droits et Libert&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le :01 mars 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Marlihan Lopez, militante afrof&#233;ministe&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sidente, Fondation Paroles de femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des femmes du Qu&#233;bec se veut plus inclusif que jamais. Nous assistons &#224; une v&#233;ritable r&#233;flexion et &#224; un questionnement quant &#224; sa capacit&#233; &#224; composer avec la diversit&#233; des femmes. Les groupes f&#233;ministes ont recours &#224; des outils th&#233;oriques qui pourraient permettre &#224; leurs membres de conjuguer leurs revendications pour l'&#233;galit&#233; et l'inclusion des femmes vivant de multiples formes d'oppression. Dans ce contexte, l'intersectionnalit&#233; suscite un int&#233;r&#234;t accru et des d&#233;bats depuis les ann&#233;es 2000 dans les milieux f&#233;ministes au Qu&#233;bec. Plusieurs questions, telles que l'enjeu de rejoindre les femmes immigrantes, l'accessibilit&#233; des femmes en situation de handicap et l'inclusion des femmes transgenres, sont d&#233;battues dans plusieurs espaces f&#233;ministes. L'intersectionnalit&#233; nous permet de remettre au centre les r&#233;alit&#233;s et les exp&#233;riences qui sont jusqu'ici rest&#233;es en marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il existe un &#233;cart entre la reconnaissance de la diversit&#233; et l'application d'une pratique d'inclusion capable de distinguer clairement les diff&#233;rents axes d'oppression et les in&#233;galit&#233;s v&#233;cues par les femmes. Des questions se posent : Quelles sont les limites de l'inclusion et de cette ouverture &#224; des r&#233;alit&#233;s diverses pour le mouvement f&#233;ministe dominant au Qu&#233;bec ? Comment les femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des oppressions s'organisent-elles pour faire entendre leur voix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Origines th&#233;oriques de l'intersectionnalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan th&#233;orique, l'approche intersectionnelle fait des emprunts aux th&#233;ories post-modernes, postcoloniales, queer et &#224; celles de la race et des classes sociales. Le cadre conceptuel sous-jacent apparait d&#232;s les ann&#233;es 1970 dans plusieurs textes de f&#233;ministes racis&#233;es, surtout des th&#233;oriciennes afro-am&#233;ricaines. Ces pionni&#232;res rejetaient le f&#233;minisme mainstream celui des femmes majoritaires, comme &#233;tant d&#233;connect&#233; des r&#233;alit&#233;s des femmes non-blanches et ne prenant pas en compte les identit&#233;s multiples et fluides, les int&#233;r&#234;ts et les conditions de vie des femmes qui se trouvaient &#224; l'intersection de multiples syst&#232;mes d'oppression. Leurs travaux faisaient r&#233;f&#233;rence &#224; l'entrecroisement des diff&#233;rents syst&#232;mes de domination, tels que le racisme, le patriarcat, le colonialisme et l'h&#233;t&#233;rosexisme. Elles d&#233;non&#231;aient la pr&#233;tention &#224; l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la condition f&#233;minine et l'id&#233;e de sororit&#233; universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs de ces th&#233;oriciennes afro-am&#233;ricaines, notamment Audre Lorde, bell hooks et Patricia Hill Collins, ont r&#233;v&#233;l&#233; la n&#233;cessit&#233; de se situer au-del&#224; d'une analyse de genre, soulignant d'autres rapports de domination, s'exer&#231;ant entre les femmes m&#234;mes. En 1989, la juriste Kimberl&#233; Crenshaw propose le concept d'intersectionnalit&#233; dans son texte Demarginalizing the Intersection of Race and Sex : A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics, afin de d&#233;montrer la vari&#233;t&#233; des interactions des rapports de genre et de race de la r&#233;alit&#233; des femmes afro-am&#233;ricaines. D&#232;s lors, le concept devient un outil d'analyse pertinent pour saisir comment de multiples syst&#232;mes d'oppression s'entrecroisent, interagissent dans leurs processus comme dans leurs effets et produisent des exp&#233;riences particuli&#232;res d'oppression et de privil&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement des femmes au Qu&#233;bec face &#224; l'intersectionnalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le mouvement des femmes s'est construit autour des exp&#233;riences d'une certaine femme en position majoritaire et privil&#233;gi&#233;e : la femme blanche, francophone, citoyenne, sans handicap et de classe moyenne. Le mouvement f&#233;ministe mainstream s'inspirait beaucoup des f&#233;ministes mat&#233;rialistes fran&#231;aises, qui d&#233;fendaient un f&#233;minisme universaliste focalis&#233; sur l'oppression de genre et concevant la femme comme un groupe homog&#232;ne. Le mouvement a &#233;t&#233; fortement marqu&#233; par la th&#233;orie f&#233;ministe fran&#231;aise et son incapacit&#233; &#224; inclure une analyse sur les questions de race, les processus coloniaux et d'autres rapports de pouvoir pr&#233;sents entre les femmes[1]. Par ailleurs, au Qu&#233;bec, le f&#233;minisme &#233;merge dans un contexte politique et historique o&#249; une grande majorit&#233; des femmes s'identifient &#224; l'analyse de double oppression, en tant que femme et en tant que minorit&#233; francophone. L'h&#233;ritage de la question nationale emp&#234;che les femmes majoritaires de s'imaginer autrement qu'en opprim&#233;es et de se voir comme &#233;tant dominantes ou capables d'&#234;tre des agentes d'oppression. N&#233;anmoins, des critiques ont trouv&#233; une r&#233;sonance d&#232;s les ann&#233;es 80 avec la prise de parole de militantes f&#233;ministes racis&#233;es et immigrantes et la cr&#233;ation de mouvements parall&#232;les. M&#234;me si les f&#233;ministes majoritaires s'int&#233;ressent aux luttes des femmes minoritaires dans les ann&#233;es 1980, le racisme et l'insertion des femmes immigrantes et racis&#233;es ne constituent alors pas des priorit&#233;s d'action au sein du mouvement des femmes qu&#233;b&#233;coises[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, le concept d'intersectionnalit&#233; b&#233;n&#233;ficie d'une hausse de popularit&#233; et entra&#238;ne un questionnement dans les organisations &#224; vocation f&#233;ministe sur le terrain. La mise sur pied de volets ou de comit&#233;s sur les femmes de la &#171; diversit&#233; &#187;t&#233;moigne, certes, d'une volont&#233; de prendre en consid&#233;ration les r&#233;alit&#233;s des femmes venant de groupes minoritaires. N&#233;anmoins, leurs revendications demeurent confin&#233;es &#224; ces espaces d&#233;di&#233;s &#224; la &#171; diversit&#233; &#187;, &#224; des comit&#233;s sp&#233;cifiques souvent nomm&#233;s &#171; intersectionnels &#187;, plut&#244;t que d'&#234;tre au c&#339;ur du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'approche intersectionnelle suscite des espoirs, le concept soul&#232;ve aussi des craintes et des questionnements dans les milieux f&#233;ministes. Dans le domaine de l'intervention, plusieurs femmes ont soulign&#233; le sentiment d'&#234;tre d&#233;pass&#233;es et affirment qu'elles ont &#224; mener trop de luttes. Certaines se sont dites soucieuses que la revendication unifi&#233;e contre le patriarcat perde du terrain, soit rel&#233;gu&#233;e &#224; un deuxi&#232;me plan. Pour d'autres, l'intersectionnalit&#233; implique de diff&#233;rencier la condition des femmes selon leur race, classe, sexualit&#233; et autres, ce qui entrainerait la d&#233;sint&#233;gration du sujet du f&#233;minisme, ce &#171; Nous, les femmes &#187; universalisant. Le fractionnement par les diff&#233;rences menacerait l'unit&#233; du mouvement. Alors, pourquoi adh&#233;rer &#224; un f&#233;minisme intersectionnel ? Le fractionnement, la division ne sont-ils pas d&#233;j&#224; pr&#233;sents si l'on ne consid&#232;re que les exp&#233;riences d'une classe de femmes ? Nous marginalisons, nous excluons et, par cons&#233;quent, nous divisons le mouvement si nous refusons de donner une voix, des espaces, aux femmes minoritaires, aux femmes &#224; l'intersection de multiples oppressions. Les rapports de pouvoir vont au-del&#224; de la simple analyse binaire du genre o&#249; l'homme est l'oppresseur, la femme est l'opprim&#233;e et o&#249; il y aurait une condition f&#233;minine universelle, un sujet f&#233;minin unifi&#233; d&#233;nou&#233; des sp&#233;cificit&#233;s entre les femmes[3]. Audre Lorde soutenait : &#171; La lutte pour une probl&#233;matique unique n'existe pas, car nous ne vivons pas des vies &#224; probl&#232;mes uniques &#187;[4]. Pourquoi devrions-nous, alors, choisir de lib&#233;rer un seul aspect de notre identit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, appliquer une approche intersectionnelle pour produire des changements dans la pratique, que ce soit dans la mobilisation, la sensibilisation, l'intervention ou la pr&#233;vention comporte plusieurs d&#233;fis. Comment mobiliser toutes les femmes autour des probl&#233;matiques globales ? Comment &#233;viter la hi&#233;rarchisation des oppressions dans nos analyses et strat&#233;gies d'intervention pour refl&#233;ter ad&#233;quatement la simultan&#233;it&#233; des oppressions ? Pour y arriver, la conception m&#234;me d'oppression des femmes doit &#234;tre mise en lien avec d'autres syst&#232;mes d'oppression. Les oppressions ne peuvent pas &#234;tre hi&#233;rarchis&#233;es, elles sont propres au v&#233;cu de chacune et les luttes sociales doivent &#234;tre men&#233;es simultan&#233;ment. Il ne faut pas tomber dans le pi&#232;ge d'additionner les oppressions mais plut&#244;t comprendre comment elles s'entrecroisent et interagissent de mani&#232;re dynamique entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les d&#233;bats autour de l'inclusion, la voix des femmes racis&#233;es et minoritaires continue d'&#234;tre marginalis&#233;e par le f&#233;minisme mainstream. &#192; cet &#233;gard, Chantal Maill&#233; affirme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si le f&#233;minisme qu&#233;b&#233;cois a montr&#233; r&#233;cemment des signes d'ouverture aux questions de diff&#233;rences, sans toutefois que les femmes subalternes acc&#232;dent pleinement au statut de sujet de ce f&#233;minisme, c'est que cette ouverture s'est faite sans v&#233;ritable r&#233;flexion sur les dynamiques de pouvoir qui continuent d'op&#233;rer dans la d&#233;finition du sujet femme universelle au centre des revendications f&#233;ministes qu&#233;b&#233;coises, bien qu'&#233;merge une volont&#233; manifeste d'engager une r&#233;flexion plus inclusive des diff&#233;rentes r&#233;alit&#233;s que vivent les femmes[5]&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie et le discours imp&#233;rialiste d'un certain f&#233;minisme surnomm&#233; &#171; blanc &#187; ont aliment&#233; la formation des mouvements postcoloniaux et intersectionnels. Le regard euro-centrique pr&#233;sent dans le milieu f&#233;ministe local sur les femmes racis&#233;es les a pouss&#233;es &#224; s'organiser pour cr&#233;er des espaces par et pour elles. Au Qu&#233;bec, les mouvements des femmes minoritaires se sont souvent organis&#233;s selon les appartenances ethnoculturelles. Des organisations telles que le Centre communautaire des femmes sud-asiatique, le Conseil canadien des femmes musulmanes ou Femmes d'origines diverses naissent pour venir donner une voix &#224; des revendications qui qui &#233;taient pass&#233;es sous silence dans le f&#233;minisme mainstream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple d'espace f&#233;ministe intersectionnel : Fondation Paroles de femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Fondation Paroles de femmes - Cr&#233;dit photo : Nelly Bassily&lt;br class='autobr' /&gt;
FONDATION PAROLES DE FEMMES CR&#201;DIT PHOTO : NELLY BASSILY&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sentiment d'effacement et de marginalisation &#224; l'int&#233;rieur du mouvement des femmes, le manque d'espaces de paroles et la prise de conscience des discriminations quotidiennes auxquelles on doit faire face en tant que femmes racis&#233;es sont des facteurs qui ont inspir&#233; la cr&#233;ation de la Fondation Paroles de femmes. Dans sa mission, on retrouve l'objectif de combattre les pr&#233;jug&#233;s homog&#233;n&#233;isant et essentialisant la condition des femmes racis&#233;es. La Fondation Paroles de femmes cherche &#224; d&#233;construire la polarit&#233; des conceptions st&#233;r&#233;otyp&#233;es et monolithiques des femmes racis&#233;es et &#224; ouvrir des espaces de parole aux femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des oppressions. Elles ne repr&#233;sentent pas un groupe homog&#232;ne, ses militantes vivent des r&#233;alit&#233;s plurielles qui fluctuent en fonction de trajectoires personnelles. En adoptant une approche intersectionnelle dans ses actions, la Fondation vise &#224; combler un besoin d'inclusion de la diversit&#233; exp&#233;rientielle des femmes racis&#233;es, notamment de celles qui demeurent invisibles dans le discours des f&#233;ministes de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fondation cherche &#224; changer le visage du f&#233;minisme en l&#233;gitimant l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des exp&#233;riences des femmes et l'existence des multiples f&#233;minismes. La Fondation Parole de femmes fait partie de ce mouvement des femmes du Qu&#233;bec qui propose un f&#233;minisme pluriel, inclusif et intersectionnel o&#249; les revendications des femmes qui ont &#233;t&#233; historiquement pouss&#233;es aux marges se retrouvent au centre des combats f&#233;ministes. Des organisations de femmes comme Fondation Paroles de femmes et Femmes de diverses origines agissent pour changer ce f&#233;minisme homog&#233;n&#233;isant de femme blanche, classe moyenne et de visibiliser les r&#233;alit&#233;s des femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des multiples syst&#232;mes d'oppression. Ces organismes contribuent &#224; amener des femmes de la majorit&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les in&#233;galit&#233;s qui existent entre les femmes elles-m&#234;mes. Ils cr&#233;ent &#233;galement des possibilit&#233;s de convergences sur des luttes souvent marginalis&#233;es et ouvrent l'espace pour une v&#233;ritable solidarit&#233; intersectionnelle entre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mouvement des femmes du Qu&#233;bec est ind&#233;niablement plus riche et plus fort, m&#234;me s'il existe une fragmentation entre plusieurs courants du f&#233;minisme. D&#233;velopper des pistes d'action qui soient plus holistiques et plus inclusives demeure un gros d&#233;fi. Produire des changements dans la pratique exige le d&#233;veloppement d'outils afin de faciliter une appropriation du concept et de repenser nos structures de repr&#233;sentation et nos processus d&#233;cisionnels pour nous assurer que toutes les femmes aient une voix. Reconnaitre que les syst&#232;mes d'oppression sont &#233;galement reproduits au sein du mouvement f&#233;ministe et qu'ils doivent &#234;tre d&#233;construits r&#233;duira les obstacles &#224; une v&#233;ritable inclusion. La convergence des luttes ne constitue pas un acquis, mais elle peut &#234;tre construite. Accepter le d&#233;bat dans nos espaces f&#233;ministes, ne pas fuir le conflit et la critique et comprendre les r&#233;sistances nous aidera &#224; construire un dialogue durable et &#224; sortir de la polarisation de nos opinions pour cr&#233;er des espaces de concertation. L'avenir de l'intersectionnalit&#233; au sein du mouvement f&#233;ministe qu&#233;b&#233;cois d&#233;pendra de la volont&#233; d'apprendre et d'&#233;changer sur les diff&#233;rentes exp&#233;riences des femmes et de s'engager &#224; combattre tous les syst&#232;mes d'oppression &#224; l'&#339;uvre dans la vie des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Maill&#233;, Chantal. Approche intersectionnelle, th&#233;orie postcoloniale et questions de diff&#233;rence dans les f&#233;minismes anglo-saxons et francophones, Politique et Soci&#233;t&#233;s, Vol.33, No. 1, 2014, p. 41-60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Roy, Marie Andr&#233;e (2002). &#171; Diversit&#233; religieuse et solidarit&#233;s f&#233;ministes &#187; dans Francine Descarries et Elsa Galerand (dir.), Actes du colloque Le f&#233;minisme comme lieu pour penser et vivre diversit&#233; et solidarit&#233;, Alliance de recherche IREF/Relais-femmes, UQAM, p.107-121.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Concevoir une condition f&#233;ministe universelle suppose l'existence d'une exp&#233;rience identique du sexisme, en ignorant d'autres facteurs identitaires tels que la race, l'appartenance ethnique et religieuse, la classe, l'orientation sexuelle, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Lorde, Audre. Sister Outsider : Essays and Speeches (1984). Traduction : Sister Outsider, Essais et propos d'Audre Lorde, Mamam&#233;lis, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Maill&#233;, Chantal. R&#233;ception de la th&#233;orie postcoloniale dans le f&#233;minisme qu&#233;b&#233;cois Recherches f&#233;ministes, vol. 20, n&#176; 2, 2007, p. 91-111. en ligne : &lt;a href=&#034;http://id.erudit.org/iderudit/017607ar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://id.erudit.org/iderudit/017607ar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mois de l'histoire des Noir.e.s : Mais qui nous prot&#232;ge de la police ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mois-de-l-histoire-des-Noir-e-s</link>
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		<dc:date>2021-02-16T09:59:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marlihan Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; une semaine que nous avons lanc&#233; une nouvelle &#233;dition du Mois d'histoire des Noir.e.s. On est en pleine c&#233;l&#233;bration de la culture des communaut&#233;s Noir.e.s ici au Qu&#233;b&#233;c, de leur h&#233;ritage et contribution &#224; Tiohti&#225;:ke / Montr&#233;al. On voit des &#233;lu.e.s, des porte-paroles de nos institutions publiques, des entreprises, des m&#233;dias participer aux c&#233;l&#233;brations !! Mais ils ne peuvent pas c&#233;l&#233;brer notre culture un jour et continuer &#224; participer &#224; notre d&#233;shumanisation l'autre jour ! Vous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton46820-a274b.png?1781235154' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a d&#233;j&#224; une semaine que nous avons lanc&#233; une nouvelle &#233;dition du Mois d'histoire des Noir.e.s. On est en pleine c&#233;l&#233;bration de la culture des communaut&#233;s Noir.e.s ici au Qu&#233;b&#233;c, de leur h&#233;ritage et contribution &#224; Tiohti&#225;:ke / Montr&#233;al. On voit des &#233;lu.e.s, des porte-paroles de nos institutions publiques, des entreprises, des m&#233;dias participer aux c&#233;l&#233;brations !! Mais ils ne peuvent pas c&#233;l&#233;brer notre culture un jour et continuer &#224; participer &#224; notre d&#233;shumanisation l'autre jour ! Vous aimez la diversit&#233; des cultures Noires, nos musiques, nos danses, nos bouffes, mais est-ce que vous respectez la vie des Noires, de nos communaut&#233;s, des personnes noires avec un diversit&#233; de parcours et d'exp&#233;riences ?! Ca ne suffit pas de participer aux Galas, de danser avec nous, de donner des discours vides et banals sans aucune volont&#233; politique, aucun engagement &#224; changer les choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous continuons &#224; d&#233;noncer sans cesse le racisme syst&#233;mique, le racisme anti-noir, le profilage raciale. Comment est-ce que nos &#233;lu.e.s r&#233;pondront &#224; nos revendications. Un livre de recettes de la SPVM ne passera plus, des &#233;lus dansant le compas ou apprenant des lignes en cr&#233;ole non plus. Pouvoir peinturer les mots : la vie des Noir.e.s compte sur St. Catherine en centre-ville du Montr&#233;al n'est pas assez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons des changements. Nous demandons des actions concr&#232;tes pour adresser les violences polici&#232;res, le profilage raciale et toute autre manifestation de racisme syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous exprimons notre solidarit&#233; et notre soutien &#224; la famille de M. Camara. Nous nous rappelons &#233;galement de toutes les victimes de violence polici&#232;re, la liste est longue ! Et je vous rappelle, les interventions polici&#232;res n'ont pas besoin d'&#234;tre mortelles pour &#234;tre violentes.Nous responsabilisons la Ville, notre gouvernement, nos &#233;lus, pour leur inaction, leur manque de volont&#233; pour adresser les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi, la SPVM nous parlait du cas de M. Camara comme &#233;tant un cas de complexit&#233; exceptionnelle. Moi je dirais plut&#244;t un autre cas de COMPLICIT&#201; EXCEPTIONNELLE ! Complicit&#233; de la part des forces de l'ordre, des m&#233;dias de masse qu&#233;b&#233;cois qui continuent &#224; reproduire des discours d&#233;shumanisants et racistes qui mettent en danger nos communaut&#233;s. D&#233;non&#231;ons leur complicit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairesse se soucie du manque de confiance dans les forces de l'ordre, mais il suffit de revoir l'histoire du Qu&#233;bec pour comprendre que nous ne pouvons et nous n'allons pas leur faire confiance. Le mouvement de protestation en cours contre la violence anti-Noirs est ind&#233;niablement historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville, le gouvernement et toutes les institutions publiques sont responsables de nous offrir une ville s&#233;curitaire pour que nos communaut&#233;s puissent s'&#233;panouir. Mais, la ville continue &#224; investir dans des institutions qui historiquement ont violent&#233; nos communaut&#233;s. La ville affirme prioriser la s&#233;curit&#233; publique. Mais qui nous prot&#232;ge de la police ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que il n'y a PERSONNE dans nos communaut&#233;s qui est &#224; l'abris de cette violence, alors laissons de c&#244;t&#233; tout discours ou politique de respectabilit&#233;. L'histoire et l'actualit&#233; nous t&#233;moigne, on peut &#234;tre des avocats, des m&#233;decins, des charg&#233;s de cours, cela ne nous prot&#232;ge pas de la violence polici&#232;re et du profilage raciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons exiger des r&#233;parations ! Exig&#233;ons des r&#233;parations non seulement pour M. Camera et sa famille mais pour toutes les victimes de violences polici&#232;res et pour nos communaut&#233;s qui continuent &#224; endurer les blessures et les in&#233;galit&#233;s historiques et quotidiennes d&#233;coulant du racisme syst&#233;mique. Nous pouvons diminuer la violence dans nos communaut&#233;s qu'en transformant les conditions qui m&#232;nent &#224; la violence. BLM- Montr&#233;al et la Coalition pour le definancement de la police continuera &#224; demander la r&#233;allocation du budget de la SPVM vers des mesures qui permettraient aux gens de nos communaut&#233;s d'acc&#233;der &#224; des logements s&#251;rs, &#224; des salaires suffisant pour vivre, &#224; des soins de sant&#233; mentale, &#224; l'&#233;ducation et &#224; la s&#233;curit&#233; alimentaire. Nombre de programmes et de services vitaux pour les personnes Autochtones et les Noirs existent d&#233;j&#224;, mais demeurent sous-financ&#233;s ou priv&#233;s de moyens. Le soutien du public s'accro&#238;t pour une exigence n&#233;cessaire porteuse d'un r&#233;el changement : le d&#233;financement de la police et la r&#233;allocation des fonds publics vers des ressources qui favorisent v&#233;ritablement la s&#233;curit&#233; de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En redirigeant les fonds pr&#233;vus pour la police vers ces programmes, nous pourrions r&#233;-imaginer la securit&#233; publique et r&#233;pondre aux besoins essentiels de nos communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;l&#233;brer le Mois d'Histoire des Noir.e.s ici au Quebec, c'est aussi s'assurer que notre m&#233;moire ne nous fasse pas d&#233;faut. C'est aussi affronter l'histoire de colonisation et d'esclavage et d'adresser comment les vestiges de ce pass&#233; sont encore au centre de notre actualit&#233;. Car la violence coloniale et raciste perdure encore. Mais nous continuerons en resistance, en r&#233;silience, ensemble pour exiger ce que nous appartient ! RESPECT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours de Marlihan Lopez &#224; la manifestation contre les violences polici&#232;res, 7 f&#233;vrier 2021.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Discours de Marlihan Lopez &#224; l'inauguration de la nouvelle plaque &#224; la Place du 6-d&#233;cembre-1989</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Discours-de-Marlihan-Lopez-a-l-inauguration-de-la-nouvelle-plaque-a-la-Place-du</link>
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		<dc:date>2019-12-10T08:22:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marlihan Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-12-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2019, Marlihan Lopez, vice-pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec &#233;tait invit&#233;e &#224; s'exprimer &#224; l'occasion de l'inauguration de la nouvelle plaque &#224; la Place du 6-d&#233;cembre-1989. Voici le discours qu'elle a prononc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette ann&#233;e, la campagne des 12 jours d'action contre les violences faites aux femmes, coordonn&#233;e par le Comit&#233; 12 jours a lieu du 25 novembre au 6 d&#233;cembre. Notre campagne rappelle &#224; quel point il est crucial de prendre ce moment de recueillement &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton41517-20923.jpg?1781235154' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2019, Marlihan Lopez, vice-pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec &#233;tait invit&#233;e &#224; s'exprimer &#224; l'occasion de l'inauguration de la nouvelle plaque &#224; la Place du 6-d&#233;cembre-1989. Voici le discours qu'elle a prononc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, la campagne des 12 jours d'action contre les violences faites aux femmes, coordonn&#233;e par le Comit&#233; 12 jours a lieu du 25 novembre au 6 d&#233;cembre. Notre campagne rappelle &#224; quel point il est crucial de prendre ce moment de recueillement &#224; chaque ann&#233;e pour se souvenir des 14 femmes qui furent assassin&#233;es le 6 d&#233;cembre 1989 &#224; Polytechnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 ans plus tard, cette date est devenue la Journ&#233;e nationale de comm&#233;moration et d'action contre les violences envers les femmes. Ce moment de recueillement est incontournable parce qu'il nous rappelle &#224; nos responsabilit&#233;s 30 ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car oui, 30 ans plus tard,le Comit&#233; 12 jours vous demande mais quelles diff&#233;rences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles diff&#233;rences quand le premier f&#233;minicide, soit le g&#233;nocide colonial des autochtones, n'est toujours pas reconnu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1017. C'est le nombre de femmes autochtones assassin&#233;es et disparues depuis plus de 30 ans selon les sources officielles. C'est une sous-estimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 000. C'est le nombre de femmes autochtones assassin&#233;es et disparues selon les organismes de terrain. Ce serait aussi une sous-estimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vitons que la m&#233;moire ne nous fasse d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles diff&#233;rences en 2019 quand les femmes en situation de handicap ne sont &#233;cout&#233;es que pour vous permettre de rajouter une note de bas de page dans vos statistiques ? Quelles diff&#233;rences lorsque le syst&#232;me ne les inclut toujours pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vitons que la m&#233;moire ne nous fasse d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles diff&#233;rences en 2019 quand les voix et les exp&#233;riences des femmes racis&#233;es sont toujours mis de c&#244;t&#233; si ce n'est pour mettre de l'avant une vitrine antiraciste dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le racisme syst&#233;mique r&#232;gne ? Quelles diff&#233;rences quand nous ne les &#233;coutons qu'au b&#233;n&#233;fice de notre bonne conscience ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vitons que la m&#233;moire ne nous fasse d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles diff&#233;rences en 2019 quand les hommes qui parlent de voile sont plus &#233;cout&#233;s que les femmes qui parlent de viol ? Quelles diff&#233;rences ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vitons que la m&#233;moire ne nous fasse d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nommer les violences est une &#233;tape n&#233;cessaire pour &#233;duquer et enrayer les violences faites &#224; toutes les femmes, il y a urgence d'agir pour toutes celles qui r&#233;sistent encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que repr&#233;sentante du Comit&#233; 12 jours et en tant que femme, je me retrouve aujourd'hui debout devant vous et pein&#233;e par l'assassinat des 14 femmes le 6 d&#233;cembre 1989 &#224; Polytechnique. Je me retrouve aujourd'hui avec la rage au ventre pour toutes celles qui ont p&#233;ri en raison des violences et pour toutes celles qui malheureusement sont encore oubli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du Comit&#233; 12 jours n'ont pas le luxe de vivre sans &#234;tre affect&#233;es chaque jour par des violences. Les membres du Comit&#233; 12 jours n'ont pas le luxe de vivre en ayant la possibilit&#233; de regarder ailleurs alors que des femmes sont toujours victimes de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le Comit&#233; 12 jours continuera de faire de l'&#233;ducation et de la sensibilisation inconfortable. C'est pourquoi le Comit&#233; 12 jours demande &#224; tous les d&#233;cideurs politiques de passer &#224; l'action et de s'engager r&#233;solument pour enrayer les violences faites &#224; toutes les femmes. Cela passe par un financement ad&#233;quat des organismes communautaires sur le terrain notamment celles qui interviennent aupr&#232;s des femmes les plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 femmes furent assassin&#233;es en 1989. 30 ans plus tard, Dona Par&#233; is still missing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 ans plus tard croyez nous aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours co-r&#233;dig&#233; par Claire-Anse Saint-&#201;loi et Pauline Ou-halima&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mouvement des femmes est en construction</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-mouvement-des-femmes-est-en-construction</link>
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		<dc:date>2017-12-12T08:11:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marlihan Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec a &#233;lu une femme trans comme pr&#233;sidente. Les m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois s'y sont int&#233;ress&#233;s, et plusieurs ont pos&#233; la m&#234;me question : est-ce qu'une femme trans peut repr&#233;senter le mouvement des femmes au Qu&#233;bec ? &lt;br class='autobr' /&gt; En tant que femme noire, immigrante et queer, militant dans plusieurs espaces au sein du mouvement des femmes au Qu&#233;bec, ce n'est pas la premi&#232;re fois que j'entends des femmes de la majorit&#233; se questionner sur la capacit&#233; des femmes aux marges &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton33091-d227b.jpg?1781235154' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec a &#233;lu une femme trans comme pr&#233;sidente. Les m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois s'y sont int&#233;ress&#233;s, et plusieurs ont pos&#233; la m&#234;me question : est-ce qu'une femme trans peut repr&#233;senter le mouvement des femmes au Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant que femme noire, immigrante et queer, militant dans plusieurs espaces au sein du mouvement des femmes au Qu&#233;bec, ce n'est pas la premi&#232;re fois que j'entends des femmes de la majorit&#233; se questionner sur la capacit&#233; des femmes aux marges &#224; repr&#233;senter le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constamment revient en leitmotiv cette crainte : en abordant s&#233;rieusement les enjeux et probl&#233;matiques concernant les femmes aux marges, on fragmenterait le mouvement. Certaines affirment qu'il faut se pencher sur les questions qui nous rassemblent toutes et ne pas s'attaquer aux in&#233;galit&#233;s au sein de ce &#171; Nous les femmes &#187; qui se pr&#233;tend universel. Mais quelles exp&#233;riences allons-nous qualifier d'universelles et aux d&#233;pens de quels groupes de femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous pouvez le remarquer, je ne m'adresse pas aux femmes qui s'auto-identifient comme f&#233;ministes mais qui par la suite participent &#224; exclure des femmes dont les exp&#233;riences ou les parcours ne correspondent pas &#224; la norme. Je ne m'adresse pas non plus &#224; ceux et celles qui veulent d&#233;battre &#224; savoir si une femme trans est vraiment une femme. Ce texte vise plut&#244;t les femmes qui se questionnent sur la capacit&#233; d'une femme minoris&#233;e &#8212; une femme plac&#233;e aux marges par son parcours et son exp&#233;rience &#8212; &#224; repr&#233;senter les femmes majoritaires. En fait, ce texte vise &#224; r&#233;pondre &#224; la r&#233;sistance des femmes majoritaires lorsqu'elles sont confront&#233;es &#224; la volont&#233; de centrer les r&#233;alit&#233;s qui ne correspondent pas &#224; la norme en ce qui concerne l'identit&#233; de genre, la racialisation, l'orientation sexuelle, le statut socio-&#233;conomique, la capacit&#233; physique, la sant&#233; mentale ou autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Femmes aux marges&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'il y a de la place pour nous, les femmes aux marges, au sein du mouvement des femmes ? La r&#233;ponse est oui. Pas parce qu'on nous donne la parole, mais parce qu'on la prend. Pas parce qu'on est incluses, mais parce que, en ce moment historique au sein du mouvement des femmes au Qu&#233;bec, il y a des femmes qui prennent l'espace public et qui remettent au centre certaines exp&#233;riences qui &#233;taient syst&#233;matiquement effac&#233;es auparavant. On existe. Et c'est dans notre existence m&#234;me que se trouve cette r&#233;sistance au sexisme, au racisme, &#224; l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233;, &#224; la transphobie, au capacitisme et &#224; toute autre violence qui opprime les femmes. Comme l'a dit Sojourner Truth, ancienne esclave, f&#233;ministe et activiste pour l'abolition de l'esclavage : &#171; Ne suis-je pas une femme ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; les femmes doivent encore revendiquer des droits et l'&#233;galit&#233;, il ne faudrait pas, encore, laisser des femmes en arri&#232;re. Il ne faut surtout pas oublier la lutte pour l'&#233;galit&#233; entre les femmes. Centrer les marges ne constitue pas une menace au mouvement f&#233;ministe. Il nous reste encore un long chemin &#224; parcourir, des r&#233;parations &#224; faire envers les femmes qui historiquement ont &#233;t&#233; exclues et pouss&#233;es dans l'oubli. Au moment de vous engager dans la lutte f&#233;ministe, n'oubliez pas de vous demander pour quelles femmes vous luttez et si vous n'&#234;tes pas en train d'en exclure au nom d'une suppos&#233;e exp&#233;rience universelle des femmes. Puis, posez-vous une autre question. Comme le disait l'afrof&#233;ministe queer Audre Lorde : &#171; Quelle femme ici est si amoureuse de sa propre oppression au point qu'elle n'est plus capable de voir l'empreinte de son propre talon sur le visage d'une autre femme ? Quelle femme ici utilise sa propre oppression comme ticket d'entr&#233;e au rang des justes, loin des vents glacials de l'examen de conscience ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enjeux et d&#233;fis de l'appropriation de l'intersectionnalit&#233; au sein du mouvement des femmes du Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Enjeux-et-defis-de-l-appropriation-de-l-intersectionnalite-au-sein-du-mouvement</link>
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		<dc:date>2017-03-21T08:14:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marlihan Lopez</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-03-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement des femmes du Qu&#233;bec se veut plus inclusif que jamais. Nous assistons &#224; une v&#233;ritable r&#233;flexion et &#224; un questionnement quant &#224; sa capacit&#233; &#224; composer avec la diversit&#233; des femmes. Les groupes f&#233;ministes ont recours &#224; des outils th&#233;oriques qui pourraient permettre &#224; leurs membres de conjuguer leurs revendications pour l'&#233;galit&#233; et l'inclusion des femmes vivant de multiples formes d'oppression. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du magazine de la Ligue des droits et libert&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton30186-3854c.jpg?1781235154' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement des femmes du Qu&#233;bec se veut plus inclusif que jamais. Nous assistons &#224; une v&#233;ritable r&#233;flexion et &#224; un questionnement quant &#224; sa capacit&#233; &#224; composer avec la diversit&#233; des femmes. Les groupes f&#233;ministes ont recours &#224; des outils th&#233;oriques qui pourraient permettre &#224; leurs membres de conjuguer leurs revendications pour l'&#233;galit&#233; et l'inclusion des femmes vivant de multiples formes d'oppression.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://liguedesdroits.ca/?p=4082&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;magazine de la Ligue des droits et libert&#233;s&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, l'intersectionnalit&#233; suscite un int&#233;r&#234;t accru et des d&#233;bats depuis les ann&#233;es 2000 dans les milieux f&#233;ministes au Qu&#233;bec. Plusieurs questions, telles que l'enjeu de rejoindre les femmes immigrantes, l'accessibilit&#233; des femmes en situation de handicap et l'inclusion des femmes transgenres, sont d&#233;battues dans plusieurs espaces f&#233;ministes. L'intersectionnalit&#233; nous permet de remettre au centre les r&#233;alit&#233;s et les exp&#233;riences qui sont jusqu'ici rest&#233;es en marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, il existe un &#233;cart entre la reconnaissance de la diversit&#233; et l'application d'une pratique d'inclusion capable de distinguer clairement les diff&#233;rents axes d'oppression et les in&#233;galit&#233;s v&#233;cues par les femmes. Des questions se posent : Quelles sont les limites de l'inclusion et de cette ouverture &#224; des r&#233;alit&#233;s diverses pour le mouvement f&#233;ministe dominant au Qu&#233;bec ? Comment les femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des oppressions s'organisent-elles pour faire entendre leur voix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Origines th&#233;oriques de l'intersectionnalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan th&#233;orique, l'approche intersectionnelle fait des emprunts aux th&#233;ories post-modernes, postcoloniales, queer et &#224; celles de la race et des classes sociales. Le cadre conceptuel sous-jacent apparait d&#232;s les ann&#233;es 1970 dans plusieurs textes de f&#233;ministes racis&#233;es, surtout des th&#233;oriciennes afro-am&#233;ricaines. Ces pionni&#232;res rejetaient le f&#233;minisme mainstream celui des femmes majoritaires, comme &#233;tant d&#233;connect&#233; des r&#233;alit&#233;s des femmes non-blanches et ne prenant pas en compte les identit&#233;s multiples et fluides, les int&#233;r&#234;ts et les conditions de vie des femmes qui se trouvaient &#224; l'intersection de multiples syst&#232;mes d'oppression. Leurs travaux faisaient r&#233;f&#233;rence &#224; l'entrecroisement des diff&#233;rents syst&#232;mes de domination, tels que le racisme, le patriarcat, le colonialisme et l'h&#233;t&#233;rosexisme. Elles d&#233;non&#231;aient la pr&#233;tention &#224; l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la condition f&#233;minine et l'id&#233;e de sororit&#233; universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs de ces th&#233;oriciennes afro-am&#233;ricaines, notamment Audre Lorde, bell hooks et Patricia Hill Collins, ont r&#233;v&#233;l&#233; la n&#233;cessit&#233; de se situer au-del&#224; d'une analyse de genre, soulignant d'autres rapports de domination, s'exer&#231;ant entre les femmes m&#234;mes. En 1989, la juriste Kimberl&#233; Crenshaw propose le concept d'intersectionnalit&#233; dans son texte Demarginalizing the Intersection of Race and Sex : A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics, afin de d&#233;montrer la vari&#233;t&#233; des interactions des rapports de genre et de race de la r&#233;alit&#233; des femmes afro-am&#233;ricaines. D&#232;s lors, le concept devient un outil d'analyse pertinent pour saisir comment de multiples syst&#232;mes d'oppression s'entrecroisent, interagissent dans leurs processus comme dans leurs effets et produisent des exp&#233;riences particuli&#232;res d'oppression et de privil&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement des femmes au Qu&#233;bec face &#224; l'intersectionnalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le mouvement des femmes s'est construit autour des exp&#233;riences d'une certaine femme en position majoritaire et privil&#233;gi&#233;e : la femme blanche, francophone, citoyenne, sans handicap et de classe moyenne. Le mouvement f&#233;ministe mainstream s'inspirait beaucoup des f&#233;ministes mat&#233;rialistes fran&#231;aises, qui d&#233;fendaient un f&#233;minisme universaliste focalis&#233; sur l'oppression de genre et concevant la femme comme un groupe homog&#232;ne. Le mouvement a &#233;t&#233; fortement marqu&#233; par la th&#233;orie f&#233;ministe fran&#231;aise et son incapacit&#233; &#224; inclure une analyse sur les questions de race, les processus coloniaux et d'autres rapports de pouvoir pr&#233;sents entre les femmes[1]. Par ailleurs, au Qu&#233;bec, le f&#233;minisme &#233;merge dans un contexte politique et historique o&#249; une grande majorit&#233; des femmes s'identifient &#224; l'analyse de double oppression, en tant que femme et en tant que minorit&#233; francophone. L'h&#233;ritage de la question nationale emp&#234;che les femmes majoritaires de s'imaginer autrement qu'en opprim&#233;es et de se voir comme &#233;tant dominantes ou capables d'&#234;tre des agentes d'oppression. N&#233;anmoins, des critiques ont trouv&#233; une r&#233;sonance d&#232;s les ann&#233;es 80 avec la prise de parole de militantes f&#233;ministes racis&#233;es et immigrantes et la cr&#233;ation de mouvements parall&#232;les. M&#234;me si les f&#233;ministes majoritaires s'int&#233;ressent aux luttes des femmes minoritaires dans les ann&#233;es 1980, le racisme et l'insertion des femmes immigrantes et racis&#233;es ne constituent alors pas des priorit&#233;s d'action au sein du mouvement des femmes qu&#233;b&#233;coises[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, le concept d'intersectionnalit&#233; b&#233;n&#233;ficie d'une hausse de popularit&#233; et entra&#238;ne un questionnement dans les organisations &#224; vocation f&#233;ministe sur le terrain. La mise sur pied de volets ou de comit&#233;s sur les femmes de la &#171; diversit&#233; &#187;t&#233;moigne, certes, d'une volont&#233; de prendre en consid&#233;ration les r&#233;alit&#233;s des femmes venant de groupes minoritaires. N&#233;anmoins, leurs revendications demeurent confin&#233;es &#224; ces espaces d&#233;di&#233;s &#224; la &#171; diversit&#233; &#187;, &#224; des comit&#233;s sp&#233;cifiques souvent nomm&#233;s &#171; intersectionnels &#187;, plut&#244;t que d'&#234;tre au c&#339;ur du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'approche intersectionnelle suscite des espoirs, le concept soul&#232;ve aussi des craintes et des questionnements dans les milieux f&#233;ministes. Dans le domaine de l'intervention, plusieurs femmes ont soulign&#233; le sentiment d'&#234;tre d&#233;pass&#233;es et affirment qu'elles ont &#224; mener trop de luttes. Certaines se sont dites soucieuses que la revendication unifi&#233;e contre le patriarcat perde du terrain, soit rel&#233;gu&#233;e &#224; un deuxi&#232;me plan. Pour d'autres, l'intersectionnalit&#233; implique de diff&#233;rencier la condition des femmes selon leur race, classe, sexualit&#233; et autres, ce qui entrainerait la d&#233;sint&#233;gration du sujet du f&#233;minisme, ce &#171; Nous, les femmes &#187; universalisant. Le fractionnement par les diff&#233;rences menacerait l'unit&#233; du mouvement. Alors, pourquoi adh&#233;rer &#224; un f&#233;minisme intersectionnel ? Le fractionnement, la division ne sont-ils pas d&#233;j&#224; pr&#233;sents si l'on ne consid&#232;re que les exp&#233;riences d'une classe de femmes ? Nous marginalisons, nous excluons et, par cons&#233;quent, nous divisons le mouvement si nous refusons de donner une voix, des espaces, aux femmes minoritaires, aux femmes &#224; l'intersection de multiples oppressions. Les rapports de pouvoir vont au-del&#224; de la simple analyse binaire du genre o&#249; l'homme est l'oppresseur, la femme est l'opprim&#233;e et o&#249; il y aurait une condition f&#233;minine universelle, un sujet f&#233;minin unifi&#233; d&#233;nou&#233; des sp&#233;cificit&#233;s entre les femmes[3]. Audre Lorde soutenait : &#171; La lutte pour une probl&#233;matique unique n'existe pas, car nous ne vivons pas des vies &#224; probl&#232;mes uniques &#187;[4]. Pourquoi devrions-nous, alors, choisir de lib&#233;rer un seul aspect de notre identit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, appliquer une approche intersectionnelle pour produire des changements dans la pratique, que ce soit dans la mobilisation, la sensibilisation, l'intervention ou la pr&#233;vention comporte plusieurs d&#233;fis. Comment mobiliser toutes les femmes autour des probl&#233;matiques globales ? Comment &#233;viter la hi&#233;rarchisation des oppressions dans nos analyses et strat&#233;gies d'intervention pour refl&#233;ter ad&#233;quatement la simultan&#233;it&#233; des oppressions ? Pour y arriver, la conception m&#234;me d'oppression des femmes doit &#234;tre mise en lien avec d'autres syst&#232;mes d'oppression. Les oppressions ne peuvent pas &#234;tre hi&#233;rarchis&#233;es, elles sont propres au v&#233;cu de chacune et les luttes sociales doivent &#234;tre men&#233;es simultan&#233;ment. Il ne faut pas tomber dans le pi&#232;ge d'additionner les oppressions mais plut&#244;t comprendre comment elles s'entrecroisent et interagissent de mani&#232;re dynamique entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les d&#233;bats autour de l'inclusion, la voix des femmes racis&#233;es et minoritaires continue d'&#234;tre marginalis&#233;e par le f&#233;minisme mainstream. &#192; cet &#233;gard, Chantal Maill&#233; affirme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le f&#233;minisme qu&#233;b&#233;cois a montr&#233; r&#233;cemment des signes d'ouverture aux questions de diff&#233;rences, sans toutefois que les femmes subalternes acc&#232;dent pleinement au statut de sujet de ce f&#233;minisme, c'est que cette ouverture s'est faite sans v&#233;ritable r&#233;flexion sur les dynamiques de pouvoir qui continuent d'op&#233;rer dans la d&#233;finition du sujet femme universelle au centre des revendications f&#233;ministes qu&#233;b&#233;coises, bien qu'&#233;merge une volont&#233; manifeste d'engager une r&#233;flexion plus inclusive des diff&#233;rentes r&#233;alit&#233;s que vivent les femmes[5]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie et le discours imp&#233;rialiste d'un certain f&#233;minisme surnomm&#233; &#171; blanc &#187; ont aliment&#233; la formation des mouvements postcoloniaux et intersectionnels. Le regard euro-centrique pr&#233;sent dans le milieu f&#233;ministe local sur les femmes racis&#233;es les a pouss&#233;es &#224; s'organiser pour cr&#233;er des espaces par et pour elles. Au Qu&#233;bec, les mouvements des femmes minoritaires se sont souvent organis&#233;s selon les appartenances ethnoculturelles. Des organisations telles que le Centre communautaire des femmes sud-asiatique, le Conseil canadien des femmes musulmanes ou Femmes d'origines diverses naissent pour venir donner une voix &#224; des revendications qui qui &#233;taient pass&#233;es sous silence dans le f&#233;minisme mainstream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exemple d'espace f&#233;ministe intersectionnel : Fondation Paroles de femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment d'effacement et de marginalisation &#224; l'int&#233;rieur du mouvement des femmes, le manque d'espaces de paroles et la prise de conscience des discriminations quotidiennes auxquelles on doit faire face en tant que femmes racis&#233;es sont des facteurs qui ont inspir&#233; la cr&#233;ation de la Fondation Paroles de femmes. Dans sa mission, on retrouve l'objectif de combattre les pr&#233;jug&#233;s homog&#233;n&#233;isant et essentialisant la condition des femmes racis&#233;es. La Fondation Paroles de femmes cherche &#224; d&#233;construire la polarit&#233; des conceptions st&#233;r&#233;otyp&#233;es et monolithiques des femmes racis&#233;es et &#224; ouvrir des espaces de parole aux femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des oppressions. Elles ne repr&#233;sentent pas un groupe homog&#232;ne, ses militantes vivent des r&#233;alit&#233;s plurielles qui fluctuent en fonction de trajectoires personnelles. En adoptant une approche intersectionnelle dans ses actions, la Fondation vise &#224; combler un besoin d'inclusion de la diversit&#233; exp&#233;rientielle des femmes racis&#233;es, notamment de celles qui demeurent invisibles dans le discours des f&#233;ministes de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fondation cherche &#224; changer le visage du f&#233;minisme en l&#233;gitimant l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des exp&#233;riences des femmes et l'existence des multiples f&#233;minismes. La Fondation Parole de femmes fait partie de ce mouvement des femmes du Qu&#233;bec qui propose un f&#233;minisme pluriel, inclusif et intersectionnel o&#249; les revendications des femmes qui ont &#233;t&#233; historiquement pouss&#233;es aux marges se retrouvent au centre des combats f&#233;ministes. Des organisations de femmes comme Fondation Paroles de femmes et Femmes de diverses origines agissent pour changer ce f&#233;minisme homog&#233;n&#233;isant de femme blanche, classe moyenne et de visibiliser les r&#233;alit&#233;s des femmes qui se trouvent &#224; l'intersection des multiples syst&#232;mes d'oppression. Ces organismes contribuent &#224; amener des femmes de la majorit&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les in&#233;galit&#233;s qui existent entre les femmes elles-m&#234;mes. Ils cr&#233;ent &#233;galement des possibilit&#233;s de convergences sur des luttes souvent marginalis&#233;es et ouvrent l'espace pour une v&#233;ritable solidarit&#233; intersectionnelle entre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mouvement des femmes du Qu&#233;bec est ind&#233;niablement plus riche et plus fort, m&#234;me s'il existe une fragmentation entre plusieurs courants du f&#233;minisme. D&#233;velopper des pistes d'action qui soient plus holistiques et plus inclusives demeure un gros d&#233;fi. Produire des changements dans la pratique exige le d&#233;veloppement d'outils afin de faciliter une appropriation du concept et de repenser nos structures de repr&#233;sentation et nos processus d&#233;cisionnels pour nous assurer que toutes les femmes aient une voix. Reconnaitre que les syst&#232;mes d'oppression sont &#233;galement reproduits au sein du mouvement f&#233;ministe et qu'ils doivent &#234;tre d&#233;construits r&#233;duira les obstacles &#224; une v&#233;ritable inclusion. La convergence des luttes ne constitue pas un acquis, mais elle peut &#234;tre construite. Accepter le d&#233;bat dans nos espaces f&#233;ministes, ne pas fuir le conflit et la critique et comprendre les r&#233;sistances nous aidera &#224; construire un dialogue durable et &#224; sortir de la polarisation de nos opinions pour cr&#233;er des espaces de concertation. L'avenir de l'intersectionnalit&#233; au sein du mouvement f&#233;ministe qu&#233;b&#233;cois d&#233;pendra de la volont&#233; d'apprendre et d'&#233;changer sur les diff&#233;rentes exp&#233;riences des femmes et de s'engager &#224; combattre tous les syst&#232;mes d'oppression &#224; l'&#339;uvre dans la vie des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Maill&#233;, Chantal. Approche intersectionnelle, th&#233;orie postcoloniale et questions de diff&#233;rence dans les f&#233;minismes anglo-saxons et francophones, Politique et Soci&#233;t&#233;s, Vol.33, No. 1, 2014, p. 41-60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Roy, Marie Andr&#233;e (2002). &#171; Diversit&#233; religieuse et solidarit&#233;s f&#233;ministes &#187; dans Francine Descarries et Elsa Galerand (dir.), Actes du colloque Le f&#233;minisme comme lieu pour penser et vivre diversit&#233; et solidarit&#233;, Alliance de recherche IREF/Relais-femmes, UQAM, p.107-121.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Concevoir une condition f&#233;ministe universelle suppose l'existence d'une exp&#233;rience identique du sexisme, en ignorant d'autres facteurs identitaires tels que la race, l'appartenance ethnique et religieuse, la classe, l'orientation sexuelle, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Lorde, Audre. Sister Outsider : Essays and Speeches (1984). Traduction : Sister Outsider, Essais et propos d'Audre Lorde, Mamam&#233;lis, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Maill&#233;, Chantal. R&#233;ception de la th&#233;orie postcoloniale dans le f&#233;minisme qu&#233;b&#233;cois Recherches f&#233;ministes, vol. 20, n&#176; 2, 2007, p. 91-111. en ligne : &lt;a href=&#034;http://id.erudit.org/iderudit/017607ar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://id.erudit.org/iderudit/017607ar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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