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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>D&#233;cision historique : le Salvador devient le premier pays &#224; interdire les mines m&#233;tallif&#232;res</title>
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		<dc:date>2017-05-02T08:05:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Salvador</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin mars dernier, le Salvador a &#233;crit une page d'histoire en devenant le premier pays au monde &#224; interdire les mines m&#233;tallif&#232;res. Le succ&#232;s de cette lutte de plusieurs d&#233;cennies est la preuve que des citoyens peuvent gagner face aux int&#233;r&#234;ts des multinationales. Voici comment le peuple du Salvador s'est attaqu&#233; aux g&#233;ants de l'industrie mini&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site des Ami-e-s de la terre (France). &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Salvador, l'industrie mini&#232;re a une histoire bien sombre. Des ann&#233;es de politiques de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton30701-58ad8.jpg?1781998350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin mars dernier, le Salvador a &#233;crit une page d'histoire en devenant le premier pays au monde &#224; interdire les mines m&#233;tallif&#232;res. Le succ&#232;s de cette lutte de plusieurs d&#233;cennies est la preuve que des citoyens peuvent gagner face aux int&#233;r&#234;ts des multinationales. Voici comment le peuple du Salvador s'est attaqu&#233; aux g&#233;ants de l'industrie mini&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site des &lt;a href=&#034;http://www.amisdelaterre.org/Decision-historique-le-Salvador-devient-le-premier-pays-a-interdire-les-mines.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ami-e-s de la terre (France)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Salvador, l'industrie mini&#232;re a une histoire bien sombre. Des ann&#233;es de politiques de d&#233;r&#233;gulation en faveur des investisseurs, coupl&#233;es &#224; une rapide industrialisation, ont entra&#238;n&#233; une contamination g&#233;n&#233;ralis&#233;e des rivi&#232;res et des eaux de surface, empoisonnant les populations et d&#233;truisant les terres agricoles. Il n'est pas toujours possible de rendre l'eau potable, m&#234;me en la faisant bouillir ou en la filtrant. Une &#233;tude environnementale d&#233;montrait que le projet de mine de Pacific Rim utiliserait 10,4 litres par seconde, un volume d'eau suffisant pour approvisionner des milliers de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie mini&#232;re a &#233;t&#233; vendue comme un r&#234;ve &#224; la population salvadorienne : une industrie id&#233;ale qui allait favoriser le d&#233;veloppement, cr&#233;er des emplois et g&#233;n&#233;rer des revenus fiscaux pour financer les &#233;coles et les h&#244;pitaux dont le pays a tant besoin. Le gouvernement a &#233;labor&#233; toute une s&#233;rie de politiques favorables &#224; l'industrie mini&#232;re, dans le contexte des n&#233;gociations du Trait&#233; de libre-&#233;change entre les &#201;tats-Unis et les pays d'Am&#233;rique centrale (CAFTA). En 2004, le Salvador a sign&#233; ce trait&#233;, permettant ainsi &#224; des multinationales comme Holcim, Monsanto et Pacific Rim d'intensifier leurs op&#233;rations dans le pays. Ces entreprises, soutenues par les &#233;lites dirigeantes locales, ont commenc&#233; &#224; extraire les ressources naturelles du Salvador pour les exporter. Entre 1992 et 2008, les investissements directs &#233;trangers sont pass&#233;s de 30 millions &#224; 5,9 milliards de dollars. La majeure partie de cet argent a &#233;t&#233; investie dans des op&#233;rations mini&#232;res, malgr&#233; l'opposition farouche des populations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Salvador est un pays petit mais dens&#233;ment peupl&#233;. Pourtant en 2012, le gouvernement avait 22 demandes d'exploration aurif&#232;re qui permettraient aux mines d'or de monopoliser 4,23 % du territoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'appropriation des terres pour les mines prend souvent la forme d'un accaparement des terres, sans consultation ni compensation v&#233;ritables. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, les populations locales r&#233;sist&#232;rent en organisant des r&#233;unions communautaires, en d&#233;posant des recours en justice, en organisant des manifestations et en occupant les terres. Un certain nombre de communaut&#233;s locales organis&#232;rent &#224; travers le pays une marche vers le palais pr&#233;sidentiel pour revendiquer leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Amis de la Terre Salvador /CESTA ont soutenu la r&#233;sistance des communaut&#233;s locales. Rien qu'en 2008, 60 dirigeants locaux furent form&#233;s &#224; l'Ecole d'Ecologie politique de CESTA sur la question des impacts des op&#233;rations mini&#232;res et sur le d&#233;veloppement de strat&#233;gies de r&#233;sistance. Un groupe de citoyens organis&#233;s et unis commen&#231;a alors &#224; d&#233;fier le pouvoir des multinationales, en d&#233;fense de leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises r&#233;pondirent par la violence, ce qui eut des cons&#233;quences tragiques. Le pr&#233;sident des Amis de San Isidro Caba&#241;as (ASIC), un centre de la r&#233;sistance contre les mines, fut assassin&#233; ainsi que trois autres militants anti-mines, tandis que beaucoup d'autres furent menac&#233;s et harcel&#233;s. Leurs familles r&#233;clament encore aujourd'hui que justice soit faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le combat se poursuivait, &#034;L'eau est plus pr&#233;cieuse que l'or&#034; devint un slogan fortement unificateur. Des coalitions populaires se form&#232;rent, comme le Mouvement des personnes victimes des changements climatiques et des multinationales (MOVIAC) et la Table Ronde nationale contre l'extraction des m&#233;taux. Ces coalitions ont r&#233;ussi &#224; faire de l'industrie mini&#232;re un enjeu politique national, en diffusant des informations sur les impacts des mines dans les m&#233;dias, au travers d'actions d'&#233;ducation populaire et de l'organisation d'&#233;v&#233;nements publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; et le partage des exp&#233;riences avec les mouvements d'autres pays comme le Costa Rica, l'Argentine et la Colombie o&#249; des interdictions partielles de l'exploitation mini&#232;re ont &#233;t&#233; prononc&#233;es, ont jou&#233; un r&#244;le essentiel, tout comme la solidarit&#233; d'organisations internationales qui ont agi pour sensibiliser sur cette lutte au-del&#224; des fronti&#232;res du Salvador. Les Amis de la Terre International ont fourni un soutien aux familles de militants menac&#233;s. Par ailleurs, ils ont port&#233; le cas de l'industrie mini&#232;re au Salvador devant les Nations unies, dans le cadre de l'appel pour un trait&#233; international sur les droits humains et les soci&#233;t&#233;s transnationales (voir encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le pr&#233;sident Antonio Saca rejeta finalement le projet de mine de Pacific Rim. Ce projet aurait entra&#238;n&#233; l'utilisation de produits chimiques toxiques - y compris du cyanure - pour r&#233;cup&#233;rer les m&#233;taux, &#224; moins de 65 km de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de Pacific Rim consista &#224; r&#233;clamer au gouvernement du Salvador 301 millions de dollars dans un recours devant un tribunal d'arbitrage priv&#233;. A l'inverse des droits humains, les droits des entreprises sont tr&#232;s bien prot&#233;g&#233;s au niveau international, au travers de diff&#233;rents m&#233;canismes, tels que celui de r&#232;glement des diff&#233;rends investisseurs-Etats (m&#233;canisme RDIE ou ISDS en anglais), inclus dans les accords de libre-&#233;change et d'investissements. Cela permettait donc &#224; Pacific Rim de poursuivre le Salvador, &#224; partir du moment o&#249; la compagnie consid&#233;rait que le rejet de sa demande d'exploitation mini&#232;re avait une incidence n&#233;gative sur ses profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce cas pr&#233;cis, la tentative d'intimidation de la multinationale se retourna contre elle. Elle suscita une vaste opposition contre l'industrie mini&#232;re. M&#234;me des responsables politiques peu enclins &#224; prot&#233;ger l'environnement furent scandalis&#233;s par cet abus de pouvoir de la part de l'entreprise, qui r&#233;clamait une somme exorbitante pour un pays confront&#233; &#224; la pauvret&#233;. Le Salvador obtint finalement une d&#233;cision favorable dans ce litige, mais dut quand m&#234;me payer des millions de dollars de frais de justice. Suite &#224; cela, l'&#201;glise catholique, qui est une institution importante au Salvador, commen&#231;a &#224; plaider activement en faveur d'une interdiction des activit&#233;s mini&#232;res. Lors des messes du dimanche, dans tout le pays, les pr&#234;tres pr&#234;chaient la n&#233;cessit&#233; de prot&#233;ger le monde naturel et collectaient des signatures pour une p&#233;tition adress&#233;e au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2017, lorsque le Parlement dut se prononcer sur la loi d'interdiction des mines m&#233;tallif&#232;res, la mobilisation citoyenne &#233;tait telle que les responsables politiques rivalisaient pour montrer leur soutien. Le vote fut quasiment unanime &#224; quelques abstentions pr&#232;s. Le Salvador vota pour une interdiction totale des exploitations mini&#232;res afin de prot&#233;ger sa population, son eau et ses terres. Alors que le Salvador f&#234;te sa victoire, la lutte pour un monde meilleur et durable n'est pas finie. Mais l'espoir est de notre c&#244;t&#233; et nous continuons la lutte en sachant que lorsque des citoyens ordinaires unissent leurs forces, ils peuvent changer le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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