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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pourquoi Riyad place-t-il Doha en quarantaine ?</title>
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		<dc:date>2017-06-13T07:59:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bichara Khader</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
		<dc:subject>Qatar</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-13</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'Arabie saoudite, l'Egypte, Bahre&#239;n et les Emirats arabes unis (EAU) ont tour &#224; tour annonc&#233; lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accus&#233; de &#171; soutien au terrorisme &#187;, y compris al-Qa&#239;da, le groupe Etat islamique (EI) et les Fr&#232;res musulmans. Le Qatar a aussi &#233;t&#233; exclu de la coalition militaire arabe op&#233;rant au Y&#233;men sous commandement saoudien. &lt;br class='autobr' /&gt; Le sp&#233;cialiste du monde arabe, l'universitaire Bichara Khader [1] estime que la crise diplomatique avec le Qatar sera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton31243-98dcf.jpg?1781210629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Arabie saoudite, l'Egypte, Bahre&#239;n et les Emirats arabes unis (EAU) ont tour &#224; tour annonc&#233; lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accus&#233; de &#171; soutien au terrorisme &#187;, y compris al-Qa&#239;da, le groupe Etat islamique (EI) et les Fr&#232;res musulmans. Le Qatar a aussi &#233;t&#233; exclu de la coalition militaire arabe op&#233;rant au Y&#233;men sous commandement saoudien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sp&#233;cialiste du monde arabe, l'universitaire Bichara Khader [1] estime que la crise diplomatique avec le Qatar sera contenue et que le rapprochement entre Doha et les autres pays du Golfe se fera au d&#233;triment des Fr&#232;res musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rends historiques, relations compliqu&#233;es au sein du Conseil de coop&#233;ration du Golfe, rapport aux Fr&#232;res musulmans : pour Middle East Eye, Bichara Khader d&#233;cortique les ressorts de cette troisi&#232;me crise entre l'Arabie saoudite et le Qatar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MEE. La rupture des liens diplomatiques entre l'Arabie saoudite, les &#201;mirats arabes unis, l'&#201;gypte et Bahre&#239;n avec le Qatar signe-t-elle la fin du soft power instaur&#233; par Obama, dont le Qatar &#233;tait justement un des instruments ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.K. Le Qatar, &#224; travers la cha&#238;ne Al Jazeera, cr&#233;&#233;e en 1996, et gr&#226;ce &#224; ses ressources financi&#232;res, a essay&#233; de mener une diplomatie active, d'accro&#238;tre son autonomie, et de devenir un acteur g&#233;opolitique dans une r&#233;gion volatile. Or, la libert&#233; de ton de la cha&#238;ne satellitaire et l'accueil qui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; &#224; tous les opposants arabes aux r&#233;gimes en place, ne pouvaient que d&#233;plaire &#224; l'Arabie saoudite et &#224; d'autres Emirats. Pour briser le monopole d'Al Jazeera, l'Arabie Saoudite a cr&#233;&#233; sa proche cha&#238;ne satellitaire : Al Arabiyyah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette comp&#233;tition m&#233;diatique vient aggraver des diff&#233;rends qui opposent les deux pays depuis longtemps, notamment un diff&#233;rend frontalier qui a donn&#233; lieu &#224; des affrontements limit&#233;s le 30 septembre 1992 qui ont fait trois morts. Le Qatar a aussi un diff&#233;rend frontalier avec le royaume de Bahre&#239;n sur des &#238;lots proches de Qatar, mais le diff&#233;rend a &#233;t&#233; depuis r&#233;solu gr&#226;ce &#224; un jugement de la Cour internationale de La Haye &#8211; et non gr&#226;ce &#224; une m&#233;diation saoudienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations entre le Qatar et l'Arabie se sont tendues en 2002 lorsque la cha&#238;ne Al Jazeera a projet&#233; un documentaire, peu flatteur, sur Al-Saoud, le fondateur du royaume d'Arabie saoudite. Celle-ci a rappel&#233; son ambassadeur de Doha, qui n'a regagn&#233; son poste qu'en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;v&#233;nements li&#233;s au Printemps arabe en 2011, le Qatar a &#233;t&#233; accus&#233; d'incitation aux r&#233;voltes, de soutien aux &#171; jeunes r&#233;volutionnaires arabes &#187; qui ont d&#233;fenestr&#233; Ben Ali de Tunisie, Moubarak d'Egypte et Ali Saleh du Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Arabie saoudite, le Qatar devenait un trouble-f&#234;te car, par le truchement d'Al Jazeera, il bouleversait &#171; l'ordre r&#233;gional &#187;. La tension a atteint son paroxysme lorsque le g&#233;n&#233;ral Sissi a repris les r&#234;nes du pouvoir en Egypte, le 3 juillet 2013, en mettant le pr&#233;sident Morsi des Fr&#232;res Musulmans en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite, le Bahre&#239;n et les Emirats qui partagent une &#233;gale d&#233;testation des Fr&#232;res musulmans s'en sont r&#233;jouis. Mais le Qatar a consid&#233;r&#233; cela comme un coup d'&#201;tat et a pris fait et cause pour les Fr&#232;res musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;sure entre les pays du Golfe devenait une br&#232;che b&#233;ante. En 2014, l'Arabie saoudite, le Bahre&#239;n et les &#201;mirats rappelaient leurs ambassadeurs de Doha. Le Conseil de Coop&#233;ration du Golfe (CCG) conna&#238;t alors une crise existentielle. Gr&#226;ce &#224; une m&#233;diation kowe&#239;tienne, les relations se sont apais&#233;es et la crise fut contenue. Mais ce ne fut qu'un r&#233;pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la signature de l'accord sur le nucl&#233;aire iranien, en 2015, les d&#233;saccords resurgissent. L'Arabie saoudite et Bahre&#239;n manifestent leur m&#233;contentement face &#224; l'accord et ne manquent pas de le faire savoir au parrain am&#233;ricain. En revanche, les autres &#201;mirats, surtout le Qatar s'en r&#233;jouissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite accuse d&#232;s lors le Qatar de jouer un jeu double, de ne pas coller au consensus des pays du Golfe, de soutenir les chiites saoudiens, voire m&#234;me les Houthis du Y&#233;men qui ont pris le contr&#244;le de la capitale y&#233;m&#233;nite et chass&#233; le pr&#233;sident l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce climat assombri entre les pays du Golfe, que le pr&#233;sident am&#233;ricain, D. Trump, entame sa premi&#232;re visite &#224; l'&#233;tranger en Arabie saoudite : cette visite se solde par la signature de contrats juteux de plus de 300 milliards de dollars. En &#233;change, le pr&#233;sident Trump adopte un ton plus dur &#224; l'&#233;gard de l'Iran et menace m&#234;me de remettre en cause l'accord sur le nucl&#233;aire iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite se r&#233;jouit que le pr&#233;sident am&#233;ricain s'aligne sur ses positions anti-iraniennes. Mais les petits Emirats s'en inqui&#232;tent, notamment le Qatar, qui ne veut pas de cette polarisation Arabie-saoudite-Iran qui, &#224; la longue peut menacer leur stabilit&#233; et les entra&#238;ner dans des conflits aussi futiles que co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite s'offusque d'un rapprochement entre le Qatar et l'Iran. Tandis que l'ambassadeur des Emirats arabes Unis, &#224; Washington, selon des fuites, se serait engag&#233; dans une campagne de d&#233;nigrement du Qatar, appelant m&#234;me les Etats-Unis &#224; fermer leur base au Qatar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la tension allait crescendo. Accus&#233; de soutenir les Fr&#232;res musulmans, consid&#233;r&#233;s comme &#171; une organisation terroriste &#187; par l'Egypte, l'Arabie saoudite, Bahre&#239;n et les Emirats arabes unis et soup&#231;onn&#233; de reprendre langue avec les Iraniens, le Qatar est cette fois-ci puni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les relations diplomatiques sont rompues, mais l'espace a&#233;rien, maritime et terrestre est ferm&#233;. Le Qatar qui n'a qu'une seule fronti&#232;re terrestre avec l'Arabie saoudite, se voit d&#232;s lors isol&#233;, assi&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement le Qatar d&#233;nonce les all&#233;gations saoudiennes et dit vouloir pr&#233;server son autonomie, refuser la tutelle de quiconque et avoir une politique &#233;trang&#232;re qui pr&#233;serve les int&#233;r&#234;ts de l'Emirat. Derri&#232;re ce discours rassurant se cache n&#233;anmoins une grosse inqui&#233;tude. L'Emirat ne pourra r&#233;sister trop longtemps. Certes il dispose de moyens financiers importants gr&#226;ce &#224; des fonds souverains estim&#233;s &#224; plus de 400 milliards de dollars lui permettant d'amortir le choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut trouver une sortie de la crise assez rapidement. C'est la t&#226;che du Kowe&#239;t et d'Oman qui devront jouer les m&#233;diateurs entre les pays fr&#232;res. C'est aussi la t&#226;che des Etats-Unis et de l'Europe qui ont des int&#233;r&#234;ts consid&#233;rables dans la r&#233;gion. Si la m&#233;diation ne d&#233;bouche sur rien et si les protagonistes s'enferment dans une posture d'affrontement, alors le Qatar n'aura qu'une seule porte de sortie : se mettre sous les ailes de l'Iran. S'il arrive &#224; cet extr&#234;me, cela signifierait que le Conseil de Coop&#233;ration du Golfe (CCG) vole en &#233;clats et que l'Arabie saoudite aurait remport&#233; une victoire &#224; la Pyrrhus en renfor&#231;ant le camp qu'elle cherchait &#224; affaiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MEE : Vous ne voyez donc pas dans cette crise diplomatique un effet Trump ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BK : Il ne faut pas confondre l'&#233;tincelle et les causes qui ont amen&#233; &#224; cette crise. Les tensions ne sont pas nouvelles. Nous en sommes &#224; la troisi&#232;me crise entre l'Arabie saoudite et le Qatar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette troisi&#232;me crise n'a pas &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e par Trump. Certes Il s'est align&#233; sur la position saoudienne en la confortant dans sa position anti-iranienne. Mais Trump n'a &#233;t&#233; que la brindille qui a bris&#233; le dos du chameau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le conflit Arabie saoudite-Qatar se nourrit de diff&#233;rends historiques, des probl&#232;mes internes au CCG, et du rapport aux Fr&#232;res musulmans et &#224; l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MEE : Est-ce qu'il n'y a pas aussi une volont&#233; de revenir &#224; l'ordre pr&#233;-Printemps arabe avec un axe fort Le Caire-Riyad ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BK : Depuis le Printemps arabe, le Qatar est per&#231;u comme un facteur de d&#233;stabilisation de l'ordre r&#233;gional &#233;tabli, autoritaire et conservateur. Il est vrai que le Qatar a toujours consid&#233;r&#233; les Fr&#232;res musulmans comme une composante essentielle du spectre politique dans le monde arabe. Cette opinion n'est pas partag&#233;e par l'Arabie saoudite, Bahre&#239;n et les Emirats arabes unis qui ne veulent pas entendre d'un mouvement politique tel que les Fr&#232;res musulmans, qui arrive au pouvoir par les urnes. Cela pourrait faire des &#233;mules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Egypte du g&#233;n&#233;ral Sissi, elle est engag&#233;e dans une lutte sans merci contre les Fr&#232;res musulmans dont les principaux chefs sont en prison. Ainsi, pratiquement aucune opposition l&#233;gale n'est autoris&#233;e. Cela produit une polarisation dramatique de la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne et conduit certains &#233;l&#233;ments des Fr&#232;res musulmans &#224; rejoindre des mouvements radicaux. Ainsi, le Qatar est accus&#233;, par son soutien aux Fr&#232;res musulmans, d'&#234;tre un facteur de division de l'Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc se mettre en place un axe Ryad-Le Caire anti-Qatar anti-Iran. Mais l'Egypte est aujourd'hui emp&#234;tr&#233;e dans des probl&#232;mes &#233;conomiques et de s&#233;curit&#233; d'une rare gravit&#233;, tandis que l'Arabie saoudite se trouve, quant &#224; elle, enlis&#233;e dans une guerre au Y&#233;men qui ne r&#232;gle rien. Il est donc peu probable que cet axe puisse, sans le soutien de l'Am&#233;rique, stabiliser la r&#233;gion et endiguer l'influence iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arabie saoudite a le sentiment d'&#234;tre encercl&#233;e et elle cherche des alli&#233;s en r&#233;activant les vieilles rivalit&#233;s chiites-sunnites. Mais pour convaincre, elle doit &#234;tre elle-m&#234;me au-dessus de tout soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MEE : Cette crise pourrait donc affaiblir les Fr&#232;res musulmans dans l'ensemble du monde arabe, et peut-&#234;tre, peser sur les n&#233;gociations isra&#233;lo-palestiniennes via le Hamas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BK : Oui, si la m&#233;diation r&#233;gionale ou internationale parvient &#224; r&#233;concilier le Qatar avec les autres pays, cela pourrait se faire au d&#233;triment des Fr&#232;res musulmans. Ceci dit, si aujourd'hui les Fr&#232;res musulmans sont en si mauvaise posture, c'est parce qu'ils ont commis de multiples erreurs, notamment en Egypte, apr&#232;s l'&#233;lection de Morsi. Gris&#233;s par leur victoire &#233;lectorale, ils se sont affranchis de toutes les r&#232;gles en voulant &#171; fr&#233;riser &#187; toute la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne, en imposant leurs normes et leurs codes. C'&#233;tait manquer d'intelligence politique et refuser la l&#233;gitimit&#233; de la diff&#233;rence. Ce fut une erreur colossale dont se sont empar&#233;s les militaires pour porter Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du Hamas Palestinien, il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment un parrain, et surtout une ouverture sur le monde et des moyens financiers pour subvenir aux besoins d'une population assi&#233;g&#233;e. Donc il est forc&#233; de faire pr&#233;valoir le r&#233;alisme sur l'id&#233;ologie. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; soutenu par le Qatar et l'Iran, il s'est rapproch&#233; de l'Arabie saoudite un certain temps. Il est &#224; parier qu'il fera tout pour se rapprocher de l'Egypte avec laquelle il partage une fronti&#232;re commune, celle de Rafah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, en cas de r&#233;conciliation entre l'Egypte et l'Arabie saoudite d'un c&#244;t&#233;, et le Qatar, de l'autre, ce dernier devra temp&#233;rer son discours m&#233;diatique concernant les r&#233;gimes en place et veiller &#224; ce que ses fonds n'aillent pas vers des organisations accus&#233;es de vouloir d&#233;stabiliser la r&#233;gion. M&#234;me si dans cette histoire, il n'est pas le seul &#224; soutenir des organisations soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre radicales en Syrie ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MEE : L'Iran s'inqui&#232;te de cette crise, mais on peut aussi imaginer que Bachar al-Assad, autre cible de l'Arabie saoudite, va se retrouver dans une situation critique&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BK : L'Iran se r&#233;jouit au contraire de cette crise au sein du Conseil de coop&#233;ration du Golfe. Il pourrait en tirer profit en volant au secours du Qatar, en lui promettant de lui fournir tout dont il a besoin et en mettant ses ports &#224; sa disposition pour ses approvisionnements. Mais il est clair que si la crise devait perdurer, c'est la Coupe du Monde de 2022 qui pourrait &#234;tre mise &#224; mal. Ce serait un coup s&#233;v&#232;re port&#233; &#224; la cr&#233;dibilit&#233; du Qatar qui fait tout pour braquer les feux des projecteurs sur l'Emirat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise ne changera pas la donne en Syrie o&#249; de toute mani&#232;re les Iraniens et les Russes font aujourd'hui la pluie et le beau temps. Le r&#233;gime de Bachar al-Assad devrait &#233;galement se r&#233;jouir des tensions actuelles au sein des pays du Golfe. Cela pourrait les d&#233;tourner du dossier syrien. (5 juin 2017 ; titre de la r&#233;daction de A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Bichara Khader est le fondateur du Centre d'&#233;tudes et de recherches sur le monde arabe contemporain (CERMAC) &#224; l'universit&#233; catholique de Louvain, en Belgique, o&#249; il enseigne depuis 1974, Bichara Khader est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur les questions euro-arabes. Il a d'ailleurs &#233;t&#233; membre du Groupe des hauts experts sur la politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; commune &#224; la Commission europ&#233;enne, et membre du Groupe des sages pour le dialogue des cultures en M&#233;diterran&#233;e, relevant de la pr&#233;sidence europ&#233;enne. Professeur &#233;m&#233;rite depuis 2010, il anime des cours et des conf&#233;rences dans plusieurs pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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