<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=8735&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>D'Afrin &#224; la Ghouta, pourquoi la Syrie est toujours &#224; feu et &#224; sang malgr&#233; la d&#233;faite de l'Etat islamique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/D-Afrin-a-la-Ghouta-pourquoi-la-Syrie-est-toujours-a-feu-et-a-sang-malgre-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/D-Afrin-a-la-Ghouta-pourquoi-la-Syrie-est-toujours-a-feu-et-a-sang-malgre-la</guid>
		<dc:date>2018-03-06T07:42:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Clerget</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'adoption d'un cessez-le feu &#224; l'Onu, bombardements et combats se poursuivent &#224; la Ghouta, dans la banlieue est de Damas, tandis que l'arm&#233;e turque combat les kurdes &#224; Afrin. Plus t&#244;t en f&#233;vrier, Isra&#235;l a bombard&#233; des installations iraniennes, et des combats ont &#233;galement oppos&#233; l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#224; des paramilitaires russes. Alors que la d&#233;faite de Daesh en Syrie annon&#231;ait, pour certains, la &#171; fin de la guerre &#187;, la situation y semble en fait plus instable et explosive que jamais. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton33876-d5db2.jpg?1781137702' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; l'adoption d'un cessez-le feu &#224; l'Onu, bombardements et combats se poursuivent &#224; la Ghouta, dans la banlieue est de Damas, tandis que l'arm&#233;e turque combat les kurdes &#224; Afrin. Plus t&#244;t en f&#233;vrier, Isra&#235;l a bombard&#233; des installations iraniennes, et des combats ont &#233;galement oppos&#233; l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#224; des paramilitaires russes. Alors que la d&#233;faite de Daesh en Syrie annon&#231;ait, pour certains, la &#171; fin de la guerre &#187;, la situation y semble en fait plus instable et explosive que jamais. Pourquoi une telle flamb&#233;e de violences ? Une issue est-elle possible, et sous quelles conditions ? Bastamag d&#233;crypte la situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/D-Afrin-a-la-Ghouta-pourquoi-la-Syrie-est-toujours-a-feu-et-a-sang-malgre-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il en Syrie ? Alors que, depuis la chute d'Alep fin 2016, et plus encore depuis la reprise de Raqqa &#224; l'&#201;tat islamique (EI) en octobre dernier, l'id&#233;e d'une guerre &#171; proche de la fin &#187; prenait la forme d'une &#233;vidence pour beaucoup, plusieurs &#233;v&#233;nement viennent rappeler qu'absolument rien n'est r&#233;gl&#233;. Le raid a&#233;rien isra&#233;lien men&#233; le 10 f&#233;vrier contre plusieurs cibles militaires en Syrie, dont plusieurs installations iraniennes, a notamment jet&#233; la stup&#233;faction, laissant craindre un nouveau changement d'&#233;chelle du conflit. Conduite, selon l'&#201;tat h&#233;breu, suite &#224; l'incursion d'un drone iranien au dessus de son territoire, l'op&#233;ration s'est sold&#233;e par la destruction d'un avion de combat isra&#233;lien, qui s'est &#233;cras&#233; dans le nord d'Isra&#235;l apr&#232;s avoir &#233;t&#233; touch&#233; par un missile tir&#233; depuis la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette intervention ? Les vis&#233;es isra&#233;liennes rejoignent ce qui est aujourd'hui la principale pr&#233;occupation am&#233;ricaine en Syrie : y contenir la pr&#233;sence croissante de l'Iran, synonyme de constitution d'un &#171; arc &#187; sous domination chiite, de T&#233;h&#233;ran jusqu'au Liban [1]. Le pouvoir iranien, plus discret que ses alli&#233;s de Damas et de Moscou, n'en a pas moins jou&#233; un r&#244;le majeur dans le maintien au pouvoir du r&#233;gime, via son argent &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/07/22/apres-l-accord-avec-l-iran-les-espoirs-d-assad_4693652_3218.html?xtmc=syrie_iran&amp;xtcr=1517&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;h&#233;ran aurait vers&#233;&lt;/a&gt;, selon l'Onu, entre 6 et 35 milliards de dollars par an &#224; la Syrie entre 2011 et 2015 &#8211; et ses combattants, les &#171; Gardiens de la r&#233;volution &#187;, ainsi qu'une myriade de milices islamistes chiites qui lui sont affili&#233;es. On y trouve en premi&#232;re ligne le Hezbollah libanais, et d'autres combattants en provenance d'Irak, d'Afghanistan ou du Pakistan. Si la Russie est devenue ma&#238;tresse des airs depuis 2015, ce sont les milices pro-iraniennes qui tiennent le terrain aux c&#244;t&#233;s des restes de l'arm&#233;e syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Environ un tiers du pays contr&#244;l&#233; par les YPG kurdes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;v&#233;nement, survenu quelques jours plus t&#244;t mais pass&#233; plus inaper&#231;u, confirme la profonde instabilit&#233; de la situation. Mercredi 7 f&#233;vrier dans l'est de la Syrie (province de Deir-ezzor), l'arm&#233;e am&#233;ricaine a abattu plusieurs dizaines de mercenaires russes, entre 200 et 300 selon certaines sources, plac&#233;s &#224; la t&#234;te d'une colonne de troupes favorables au r&#233;gime de Bachar al-Assad. Ils s'appr&#234;taient &#224; attaquer un site gazier tenu par les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS), alli&#233; des &#201;tats-Unis en Syrie [2]. Le lien entre ces mercenaires et le gouvernement russe &#8211; qui a officiellement proclam&#233; son retrait de Syrie il y a plusieurs semaines &#8211; n'est pas reconnu par le Kremlin, mais leur pr&#233;sence fait partie des moyens toujours engag&#233;s par Moscou aupr&#232;s du r&#233;gime de Damas. 1500 &#224; 2000 mercenaires russes seraient d&#233;ploy&#233;s en Syrie, travaillant pour la soci&#233;t&#233; priv&#233;e Wagner [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des groupes vis&#233;s par l'attaque, les Forces d&#233;mocratiques syriennes sont tr&#232;s majoritairement compos&#233;es des kurdes des &#171; Unit&#233;s de protection du peuple &#187; (YPG), ainsi que d'autres groupes de combattants syriens. Les FDS sont le principal alli&#233; en Syrie de la &#171; coalition internationale &#187; contre l'&#201;tat islamique amen&#233;e par les &#201;tats-Unis. Apr&#232;s en avoir expuls&#233; l'EI, elles contr&#244;lent la quasi-totalit&#233; du territoire syrien situ&#233; &#224; l'est de l'Euphrate, o&#249; leurs alli&#233;s de la coalition &#8211; notamment Washington &#8211; ont &#233;tabli plusieurs positions militaires. Les milices kurdes des YPG contr&#244;lent &#233;galement les zones de Manbij et d'Afrin au nord, soit au total environ un tiers du territoire syrien, tr&#232;s au del&#224; des r&#233;gions peupl&#233;es par des populations kurdes (voir zones en jaune sur la carte ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_1.jpg?3514/3b005647a528bd4c904f1080dd3a29e607f449912ad79eefb2b8bf5d8049bad4&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH452/3b005647a528bd4c-7276769f-4627a.jpg?1781137704' width='500' height='452' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Carte du contr&#244;le de la Syrie au 20/02/2018 (cliquer sur la carte pour l'agrandir). Source : site de l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL). Les zonages sont exacts, mais ne font pas &#233;tat du morcellement des forces de l'opposition (en vert) : au sud-ouest et autour de Damas, il s'agit de groupes ind&#233;pendants rattach&#233;s &#224; l'ASL. La zone situ&#233;e au nord-ouest (r&#233;gion d'Idlib), est domin&#233;e par un groupe jihadiste (Hayat Tahrir al-Sham - HTS). Au nord d'Alep, les factions li&#233;es &#224; l'ASL participent &#224; l'op&#233;ration turque contre les milices kurdes. Enfin au sud-est, la zone &#224; cheval entre les fronti&#232;res de la Jordanie et de l'Irak est tenue par des groupes soutenus par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A Afrin, l'intervention militaire turque fait les affaires du r&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone d'Afrin, dans l'extr&#233;mit&#233; nord-ouest de la Syrie, est un autre point chaud r&#233;v&#233;lateur des lignes de fracture qui tenaillent actuellement le pays. Ce canton fait l'objet d'une op&#233;ration conduite depuis le 21 janvier par l'arm&#233;e turque &#8211; &#233;paul&#233;e par des &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/rameau-d-olivier-qui-sont-ces-rebelles-syriens-aux-cotes-de-l-armee-turque_1978643.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;combattants syriens&lt;/a&gt; &#8211; et baptis&#233;e &#171; Rameau d'olivier &#187;. L'objectif pour Ankara est d'en expulser les YPG kurdes, tr&#232;s li&#233;s au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) que la capitale turque combat sur son propre territoire. La Turquie a toujours refus&#233; l'id&#233;e de cr&#233;ation d'un pays kurde courant le long de sa fronti&#232;re, et a d&#233;j&#224; annonc&#233; son intention de &#171; nettoyer &#187; ult&#233;rieurement les autres r&#233;gions du nord de la Syrie. Mais &#224; Manbij comme &#224; l'est de l'Euphrate, les combattants kurdes sont toujours soutenus par les forces am&#233;ricaines, qui ont annonc&#233; leur intention de s'y maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche dans le canton d'Afrin, c'est jusqu'ici la pr&#233;sence de l'arm&#233;e russe qui pr&#233;servait les YPG d'une attaque turque. Or, Moscou a d&#233;cid&#233; d'en retirer ses troupes, laissant le champ libre &#224; la Turquie. Pour quelle raison ? La r&#233;ponse est sugg&#233;r&#233;e par Piotr Akopov, chroniqueur de Vzgliad, journal proche du Kremlin, dans un texte republi&#233; sur la &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Russianmilitaryinsyaria/photos/a.307231352957552.1073741829.306297646384256/579582745722410/?type=3&amp;theater&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook officielle&lt;/a&gt; de la base militaire russe de Hamimim (rep&#233;r&#233; par le chercheur Syrien Haid Haid). Il s'agit d'abord, &#233;crit Akopov, d'affaiblir la position des &#201;tats-Unis en attaquant ses alli&#233;s kurdes, mais aussi de &#171; faciliter la reconstruction d'une Syrie unie &#187; &#8211; comprendre ici la reprise en main du pays par le r&#233;gime : &#171; La &#034;menace turque&#034; permanente obligera [les kurdes] &#224; chercher leur place en Syrie. Ils le feront parce que Damas et Moscou peuvent fournir des garanties de s&#233;curit&#233; aux Turcs, et parce que leur ind&#233;pendance ne les prot&#233;gera pas des &#034;op&#233;rations anti-terroristes&#034; d'Ankara. &#187; L'offensive turque, autoris&#233;e par Moscou, fait donc les affaires de la Russie comme du r&#233;gime syrien, qui essaieront &#8211; sans garantie de succ&#232;s &#8211; d'en tirer b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_2.jpg?3515/c5d1c0e1498f6a12462e6e515d61263e594ba0133375185e6067a8b05f3fec1a&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH445/c5d1c0e1498f6a12-8aeb50e5-2535c.jpg?1781137705' width='500' height='445' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Carte du contr&#244;le de la province d'Alep au 20/02/2018 (cliquer sur la carte pour l'agrandir). Source : site internet de l'ASL. Dans le coin sup&#233;rieur-gauche, le canton d'Afrin, contr&#244;l&#233; par les kurdes du YPG (en jaune), est attaqu&#233; par la Turquie via le nord, l'ouest et le sud (zones en vert tenues par l'opposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise en sc&#232;ne d'une r&#233;unification du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Selon de nombreux responsables de l'administration kurde syrienne, la Russie a indiqu&#233; aux Kurdes d'Afrin qu'ils obtiendraient sa protection s'ils livraient leur r&#233;gion au gouvernement syrien, pr&#233;cise Haid Haid sur le site d'information &lt;a href=&#034;http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/pourquoi-la-russie-t-elle-abandonn-afrin-1634149918&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Middle East Eye&lt;/a&gt;. C'est quand la proposition a &#233;t&#233; refus&#233;e que la Russie s'est retir&#233;e de la r&#233;gion. &#187; Les derniers d&#233;veloppement semblent confirmer ces informations : apr&#232;s la conclusion d'un accord avec le &lt;a href=&#034;https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-turkey/syrian-kurdish-official-deal-for-syrian-army-to-enter-afrin-idUSKCN1G20QB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;YPG kurde&lt;/a&gt;, des milices pro-r&#233;gime ont tent&#233; d'entrer &#224; Afrin le 20 f&#233;vrier. Selon des responsables kurdes, ces derni&#232;res sont cens&#233;es prendre position le long de la fronti&#232;re turque, s'interposant entre l'arm&#233;e turque et les combattants kurdes. Elles ont cependant &#233;t&#233; re&#231;ues par des tirs d'artillerie de l'arm&#233;e turque, les for&#231;ant dans un premier temps &#224; faire demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les territoires peu &#224; peu conquis et leur autonomie revendiqu&#233;e, les YPG kurdes n'ont jamais intens&#233;ment combattu les forces de Bachar al-Assad aux c&#244;t&#233;s des groupes de l'opposition. C'est plut&#244;t une non-agression r&#233;ciproque qui a pr&#233;domin&#233; entre ces deux parties depuis la r&#233;volution de 2011 [4]. Le 20 f&#233;vrier dans la soir&#233;e, peu de temps apr&#232;s la tentative avort&#233;e des forces pro-r&#233;gime d'entrer &#224; Afrin, des vid&#233;os commen&#231;aient n&#233;anmoins &#224; circuler sur les r&#233;seaux sociaux, affichant les &#171; retrouvailles &#187; de combattants du r&#233;gime avec des membres des YPG, drapeaux loyalistes [5] m&#233;lang&#233;s avec les drapeaux kurdes, scandant &#171; uni-uni-uni, le peuple syrien est uni ! &#187;, soit... l'un des slogans de la r&#233;volution. Comme pr&#233;vu, Damas veut capitaliser sur l'intervention turque : il s'agit pour le r&#233;gime de regagner en l&#233;gitimit&#233; en s'affichant comme protecteur des kurdes, et de mettre en sc&#232;ne la r&#233;unification d'un pays bris&#233; en morceaux par la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Ghouta orientale, faubourg populaire symbole de la r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, le r&#233;gime accentue l'offensive engag&#233;e fin novembre contre la zone rebelle de la Ghouta orientale, faisant pleuvoir un d&#233;luge de feu sur les habitants de la grande banlieue est de Damas, dont plusieurs localit&#233;s avaient d&#233;j&#224; subi l'attaque chimique au gaz sarin du 21 ao&#251;t 2013 [6]. Environ 400 000 personnes, dont 50% d'enfants selon l'Unicef, y sont toujours coinc&#233;es par un si&#232;ge qui dure depuis plus de quatre ans. La Ghouta, faubourg populaire, ouvrier et agricole, est l'une des zones &#224; avoir tr&#232;s t&#244;t et massivement exprim&#233; son opposition au r&#233;gime, une dynamique renforc&#233;e par la r&#233;pression des manifestations pacifiques, les ex&#233;cutions de masse &#8211; Amnesty a d&#233;crit la &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/02/syria-investigation-uncovers-governments-secret-campaign-of-mass-hangings-and-extermination-at-saydnaya-prison/?utm_source=facebook&amp;utm_medium=article&amp;utm_term&amp;utm_campaign=social&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;prison de Saidnaya&lt;/a&gt;, pr&#232;s de Damas, comme un &#171; abattoir humain &#187; &#8211;, les &lt;a href=&#034;http://information.tv5monde.com/terriennes/le-cri-etouffe-des-femmes-violees-dans-les-prisons-syriennes-brise-le-silence-209939&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;viols syst&#233;matiques&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/report/2015/12/16/if-dead-could-speak/mass-deaths-and-torture-syrias-detention-facilities&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tortures&lt;/a&gt;, et &lt;a href=&#034;https://tensofthousands.amnesty.org/fr/the-evidence/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disparitions&lt;/a&gt; subis par les activistes et leurs familles. C'est dans ce contexte qu'est apparue &#224; l'&#233;t&#233; 2011 l'Arm&#233;e syrienne libre, compos&#233;e comme &#224; Homs ou dans d'autres villes du pays d'habitants et de d&#233;serteurs de l'arm&#233;e d&#233;cid&#233;s &#224; prendre les armes pour prot&#233;ger les manifestations [7].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_3.png?3516/ad8100e4d6ec1bd5a0f135c85f03a7e46f62505ab3994f28d19c81b1d8998418&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH327/ad8100e4d6ec1bd5-7175c9ad-0984c.png?1781137705' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seuls quelques kilom&#232;tres s&#233;parent le centre de Damas de sa banlieue orientale, la Ghouta (en vert sur la carte). Cette derni&#232;re s'est autonomis&#233;e du r&#233;gime durant l'ann&#233;e 2012, et est assi&#233;g&#233;e depuis 2013 (cliquer sur la carte pour l'agrandir). Source : &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rif_Damashq.svg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a fini par se rendre totalement ma&#238;tre de la Ghouta en 2012. Les relations entre les groupes arm&#233;s locaux et les habitants se sont depuis tendues, tandis que la faiblesse des moyens de l'ASL &#8211; peu aid&#233;e par les capitales occidentales face &#224; la puissance de feu du r&#233;gime &#8211; a favoris&#233; les groupes soutenus par les puissances du Golfe et la Turquie, et leur &#233;volution en mouvements se revendiquant d'une id&#233;ologie islamiste. Les deux groupes aujourd'hui les plus puissants dans la Ghouta sont Jaych-al-Islam (salafiste non-jihadiste) et Faylaq-al-Rahmane (nationaliste, membre de l'ASL), qui comptent au total environ 10 000 combattants. Plus qu'&#224; une adh&#233;sion &#224; leur projet politique, c'est &#224; la capacit&#233; de ces groupes &#8211; qui ont aussi combattu l'EI et l'ont emp&#234;ch&#233; de s'implanter dans la Ghouta &#8211; &#224; tenir t&#234;te au r&#233;gime, qu'est d&#251; leur soutien relatif par la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul groupe jihadiste pr&#233;sent &#224; la Ghouta est Hayat Tahrir al-Sham (HTS), cr&#233;&#233; en 2017 &#224; partir de plusieurs factions dont l'ancien Front al-Nosra [8]. Alors qu'HTS domine la province d'Idlib, son implantation &#224; la Ghouta est tr&#232;s marginale. Le gouvernement syrien en exag&#232;re n&#233;anmoins la pr&#233;sence pour justifier l'offensive en cours, dont l'objectif est de tirer un trait d&#233;finitif sur l'une des quatre derni&#232;res enclaves tenues par l'opposition, sans doute la plus symbolique, et l'une des plus r&#233;silientes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assi&#233;ger, bombarder, d&#233;peupler : une strat&#233;gie bien rod&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; plusieurs tentatives de perc&#233;es depuis l'automne 2017, l'arm&#233;e syrienne et les milices chiites qui l'appuient n'ont jamais r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer dans la Ghouta. Les bombardements quotidiens ont d&#233;marr&#233; &#224; la fin du mois de novembre, franchissant un palier fin d&#233;cembre, avant de se transformer d&#233;sormais en pilonnage syst&#233;matique et indiscrimin&#233; par les aviations russe et syrienne et par l'artillerie lourde, ciblant des march&#233;s, des centres de soin d&#233;bord&#233;s par les bless&#233;s, des boulangeries, ou encore des immeubles d'habitation. Plus de 500 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s pendant les sept premiers jours de cette nouvelle offensive, auxquels s'ajoutent des centaines de morts suppl&#233;mentaires depuis la fin du mois de novembre. &#171; Il ne faut pas pr&#233;tendre, alors qu'Assad assi&#232;ge les civils de la Ghouta orientale et les bombarde sans rel&#226;che, y compris leurs h&#244;pitaux, qu'il s'agit d'une guerre : c'est un massacre &#187;, a comment&#233; l'ONG Human rights watch. En face, les rebelles ont tir&#233; des roquettes sur Damas tuant, selon les m&#233;dias officiels syriens, 20 personnes sur la derni&#232;re semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 24 f&#233;vrier, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'Onu a laborieusement adopt&#233; une r&#233;solution &#171; demandant &#187;, pour des motifs humanitaires, une cessation des combats dans tout le pays &#171; pour au moins trente jours &#187;, excluant cependant les op&#233;rations men&#233;es contre &#171; les groupes terroristes &#187;. D&#232;s le lendemain, &lt;a href=&#034;https://www.tasnimnews.com/en/news/2018/02/25/1666016/tehran-damascus-committed-to-unsc-resolution-on-syria-ceasefire-commander&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Iran annon&#231;ait&lt;/a&gt; que les op&#233;rations de &#171; nettoyage &#187; se poursuivraient &#171; dans les banlieues de Damas sous contr&#244;le terroriste &#187;. Les bombardements reprenaient d&#232;s le matin, tandis que les forces pro-r&#233;gime d&#233;clenchaient une offensive terrestre. Nouveau rebondissement dans la journ&#233;e de lundi, qui voyait Moscou &#171; ordonner &#187; une tr&#234;ve humanitaire quotidienne dans la Ghouta, de 9h &#224; 14h, ainsi que la cr&#233;ation de couloirs destin&#233;s &#224; &#233;vacuer les civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Employ&#233;e pr&#233;c&#233;demment &#224; Alep, &#224; Homs, ou sur des localit&#233;s longtemps assi&#233;g&#233;es comme Madaya, la strat&#233;gie du r&#233;gime et de ses alli&#233;s, bien rod&#233;e, a &#233;t&#233; analys&#233;e et baptis&#233;e &#171; We leave or we die &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.fr/presse/syrie-la-stratgie-de-la-reddition-ou-la-mort-qui-p&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Partir ou mourir &#187;&lt;/a&gt; par l'ONG Amnesty international [9]. Son objectif : briser la population pour faire tomber l'opposition arm&#233;e, puis &#171; n&#233;gocier &#187; le d&#233;part des survivants (civils et combattants), souvent regroup&#233;s dans la r&#233;gion d'Idlib. Le d&#233;placement des populations oppos&#233;es au r&#233;gime faisant, in fine, partie des objectifs : &#171; Le gouvernement syrien a mis en &#339;uvre une strat&#233;gie de si&#232;ges, d'homicides ill&#233;gaux et de d&#233;placements forc&#233;s, constate Amnesty. Si l'objectif affich&#233; est de vaincre les combattants de l'opposition, son utilisation cynique de la strat&#233;gie &#034;se rendre ou mourir de faim&#034; se traduit par des si&#232;ges et des bombardements aux effets d&#233;vastateurs (...). Cette attaque syst&#233;matique et de grande ampleur contre les civils s'apparente &#224; des crimes contre l'humanit&#233;. &#187; [10]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La justice, un pr&#233;alable &#224; toute forme de paix en Syrie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle multiplication des violences en Syrie est aussi le reflet d'un processus politique totalement dans l'impasse, &#224; la fois cause et cons&#233;quence de la volont&#233; de chacun des acteurs, au premier rang desquels le r&#233;gime et ses alli&#233;s, de pousser leur avantage sur le terrain. De ce point de vue, l'&#233;chec r&#233;cent des &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/moyen-orient/20180130-conference-mouvementee-sotchi-paix-syrie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#233;gociations de Sotchi&lt;/a&gt; les 30 et 31 janvier derniers &#8211; boycott&#233;es par les principaux groupes de l'opposition en pleins bombardements sur la Ghouta et la province d'Idlib &#8211; est un &#233;chec pour Moscou. Ayant pris l'avantage sur les sc&#232;nes diplomatique et militaire depuis son intervention en septembre 2015 afin d'&#233;viter l'effondrement du r&#233;gime, la Russie comptait transformer l'essai en fixant elle-m&#234;me le cadre d'une sortie du conflit. Pr&#233;c&#233;demment, les &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/05/05/guerre-en-syrie-que-contient-l-accord-d-astana_5123198_1618247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pourparlers d'Astana&lt;/a&gt;, r&#233;unissant d&#233;but 2017 Moscou, Istanbul et T&#233;h&#233;ran en dehors des discussions men&#233;es aux Nations-unies, avaient d&#233;bouch&#233; sur la cr&#233;ation de &#171; zones de d&#233;sescalade &#187;, dont faisaient partie les r&#233;gions d'Idlib et de la Ghouta, cibles depuis d'offensives du r&#233;gime...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_4.jpg?3517/36056f709d87f8331d9a65b72820259f37c3b8a71fba92bf25d0a3e3c4f31768&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH338/36056f709d87f833-a1734dcb-396bd.jpg?1781137706' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Origine des morts civiles en Syrie depuis 2011, selon le &lt;a href=&#034;http://sn4hr.org/blog/category/casualities/victims-death-toll-victims/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;seau syrien pour les droits de l'homme&lt;/a&gt; (RSDH &#8211; Chiffres arr&#234;t&#233;s &#224; mars 2017, soit avant la bataille de Raqqa men&#233;e par la coalition internationale. Le RSDH estime &#224; 2286 les civils tu&#233;s par la coalition au 22/09/17 [11]) (cliquer sur le graphique pour l'agrandir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sept ann&#233;es de souffrances, une issue &#224; la &#171; guerre interminable &#187; en Syrie n'est donc pas en vue. Les estimations fixent le nombre de morts &#224; plus de 500 000 depuis 2011, dont 30 &#224; 40% de civils, auxquels s'ajoutent environ deux millions de bless&#233;s. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, de m&#234;me que le R&#233;seau syrien pour les droits de l'homme, entre 80 et 90% des victimes civiles auraient &#233;t&#233; caus&#233;es par les forces pro-r&#233;gime, du fait des bombardements, des actes de tortures et des ex&#233;cutions. Selon &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/02/syria-investigation-uncovers-governments-secret-campaign-of-mass-hangings-and-extermination-at-saydnaya-prison/?utm_source=facebook&amp;utm_medium=article&amp;utm_term&amp;utm_campaign=social&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amnesty international&lt;/a&gt;, qui &#233;voque une &#171; politique d'extermination &#187;, sur la seule prison de Saidnaya, l'un des nombreux centres de d&#233;tention du r&#233;gime, 13 000 personnes auraient &#233;t&#233; pendues de 2011 &#224; 2015. Chiffres auxquels s'ajoutent, &#224; la m&#234;me date, au moins 17 000 personnes &#171; mortes dans les ge&#244;les syriennes en raison des conditions inhumaines et de la torture &#187;. Des dizaines de milliers de femmes &lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/03/04/syrie-le-viol-arme-de-destruction-massive_4377603_3218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;auraient &#233;t&#233; viol&#233;es&lt;/a&gt;, l&#224; encore dans le cadre d'une politique syst&#233;matique de terreur visant l'opposition [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une population qui comptait &#224; l'origine 22 millions d'habitants, 5,4 millions ont d&#251; fuir le pays, tandis que 6,1 millions sont des d&#233;plac&#233;s internes [13]. Selon l'Onu, une aide m&#233;dicale urgente est n&#233;cessaire pour 13 millions de personnes. Au regard de l'ampleur invraisemblable des crimes commis sur la population, g&#233;n&#233;ralement pass&#233;s au second plan dans les analyses dites &#171; g&#233;opolitiques &#187;, les appels r&#233;currents &#224; la paix en Syrie pourraient bien ne rester que de vaines paroles, en l'absence de la mise en &#339;uvre d'un v&#233;ritable processus de justice, et de la condamnation des responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;@Thomas_Clerget&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'Iran est la principale puissance chiite &#8211; une branche minoritaire de l'Islam aux c&#244;t&#233;s du sunnisme dominant. Les chiites sont &#233;galement au pouvoir en Irak, tandis qu'au Liban, dans le cadre d'un syst&#232;me politique multiconfessionnel, le Hezbollah, tr&#232;s proche de l'Iran, est la principale force militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'&#233;v&#233;nement a &#233;t&#233; rapport&#233; et a fait l'objet d'enqu&#234;tes de la part de nombreux journaux. Par exemple sur le site d'information &lt;a href=&#034;http://www.middleeasteye.net/news/us-coalition-killed-scores-russian-mercenaries-syrian-battle-1684467168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Middle east eye&lt;/a&gt;, mais aussi sur le &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/world/2018/feb/16/russian-mercenaries-in-syria-buried-quietly-and-forgotten&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guardian&lt;/a&gt;, ou encore en France dans &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/15/polemique-a-moscou-sur-des-mercenaires-russes-tues-par-la-coalition-americaine-en-syrie_5257594_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt; ou le &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/02/20/97001-20180220FILWWW00179-syrie-des-dizaines-de-russes-tues-ou-blesses.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Figaro&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir par exemple cet &lt;a href=&#034;https://www.independent.co.uk/news/world/europe/syria-civil-war-russia-wagner-private-mercenaries-sdf-reaction-kremlin-a8214811.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; de l'Independant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] D&#233;clench&#233;e en mars 2011, avec d'importantes manifestations pacifiques aux quatre coins du pays, la r&#233;volution syrienne a &#233;volu&#233; en conflit arm&#233; sous l'effet d'une brutale r&#233;pression des manifestants par le r&#233;gime, puis en guerre r&#233;gionale avec l'implication de nombreuses puissances &#233;trang&#232;res favorables (Russie, Iran) ou oppos&#233;es (Turquie, Arabie Saoudite, &#201;tats-Unis...) au r&#233;gime de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le drapeau arbor&#233; par le r&#233;gime de Damas est le drapeau officiel syrien depuis 1980, qui comporte trois bandes horizontales &#8211; rouge, blanche, noire, en partant du haut &#8211; et deux &#233;toiles. Le &lt;a href=&#034;http://observers.france24.com/fr/20111104-l%E2%80%99opposition-syrienne-impose-son-nouveau-drapeau-conseil-national&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;drapeau adopt&#233; par le mouvement r&#233;volutionnaire en 2011&lt;/a&gt; est le drapeau en vigueur &#224; l'ind&#233;pendance du pays en 1946 : trois bandes &#8211; verte (au lieu de rouge), blanche et noire &#8211; et trois &#233;toiles rouges, au lieu de deux vertes sur le drapeau du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Cette attaque chimique avait tu&#233; plus de 1000 personnes et constitu&#233; l'un des tournants du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Pour un r&#233;cit d&#233;taill&#233; concernant les premi&#232;res heures de la r&#233;volution, ses grandes manifestations pacifiques et leur r&#233;pression par le r&#233;gime, l'exp&#233;rience de la torture, la cr&#233;ation de l'ASL, l'apparition des factions islamistes... lire le bel ouvrage de Majd al-Dik, jeune activiste syrien aujourd'hui r&#233;fugi&#233; politique en France : A l'est de Damas, au bout du monde. T&#233;moignage d'un r&#233;volutionnaire syrien, &#233;d. Don Quichotte (Seuil), 2016 (&#233;crit avec Nathalie Bontemps).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Al-Nosra &#233;tait affili&#233; &#224; al-Qa&#239;da jusqu'en 2016. Aujourd'hui, Al-Qa&#239;da a cr&#233;&#233; un nouveau groupe dans la province d'Idlib, en concurrence avec HTS au sein de la mouvance jihadiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir ici le rapport complet &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.be/IMG/pdf/_we_leave_or_we_die__syria_report-2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;We leave or we die&lt;/a&gt; par Amnesty international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Voir ici une &lt;a href=&#034;https://syriadisplaced.amnesty.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;carte interactive&lt;/a&gt; des d&#233;placements forc&#233;s en Syrie, avant la bataille actuellement engag&#233;e &#224; la Ghouta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme donne un chiffre comparable, soit 2815 personnes tu&#233;es dans les bombardements de la coalition internationale au 22/01/18. L'ONG Airways avance une fourchette plus &#233;lev&#233;e, comprise entre 3481 et 5304 morts au 31/12/17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Une enqu&#234;te approfondie, men&#233;e dans le cadre du projet &#171; Zero impunity &#187; par les journalistes du collectf Youpress C&#233;cile Andrjezewski et Le&#239;la Mi&#241;ano, avec Daham Alasaad, a &#233;galement mis en lumi&#232;re l'existence d'une politique syst&#233;matis&#233;e de viols visant les enfants d'opposants politiques au r&#233;gime syrien : &lt;a href=&#034;https://zeroimpunity.com/les-viols-d-enfants-l-autre-crime-de-guerre-du-regime-assad/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les viols d'enfants, l'autre crime de guerre du r&#233;gime Assad&lt;/a&gt;. Cette enqu&#234;te a &#233;galement &#233;t&#233; publi&#233;e sur le site d'information Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Chiffres donn&#233;s par l'&lt;a href=&#034;http://www.unhcr.org/syria-emergency.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt; (UNHCR).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face aux aspirations pour plus de justice sociale, le pouvoir tunisien tent&#233; par une restauration autoritaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-aux-aspirations-pour-plus-de-justice-sociale-le-pouvoir-tunisien-tente-par</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Face-aux-aspirations-pour-plus-de-justice-sociale-le-pouvoir-tunisien-tente-par</guid>
		<dc:date>2018-01-23T08:37:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Clerget</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-01-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Tunisie vient de f&#234;ter l'anniversaire de sa &#171; r&#233;volution de jasmin &#187;, qui a vu le d&#233;part du dictateur Ben Ali il y a sept ans, par une semaine de manifestations marqu&#233;es par la r&#233;pression et des centaines d'arrestations. A l'opposition aux mesures d'aust&#233;rit&#233; qui s'accumulent, et aux revendications de justice sociale de la r&#233;volution qui n'ont jamais &#233;t&#233; satisfaites, s'ajoute un nouveau p&#233;ril : celui d'une tentative de restauration d'un pouvoir autoritaire par le gouvernement actuel, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-01-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-01-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton33369-ab45b.jpg?1781137706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie vient de f&#234;ter l'anniversaire de sa &#171; r&#233;volution de jasmin &#187;, qui a vu le d&#233;part du dictateur Ben Ali il y a sept ans, par une semaine de manifestations marqu&#233;es par la r&#233;pression et des centaines d'arrestations. A l'opposition aux mesures d'aust&#233;rit&#233; qui s'accumulent, et aux revendications de justice sociale de la r&#233;volution qui n'ont jamais &#233;t&#233; satisfaites, s'ajoute un nouveau p&#233;ril : celui d'une tentative de restauration d'un pouvoir autoritaire par le gouvernement actuel, qui n'a toujours pas mis en &#339;uvre la Constitution plus d&#233;mocratique adopt&#233;e en 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Face-aux-aspirations-pour-plus-de-justice-sociale-le-pouvoir-tunisien-tente-par&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les cendres de la d&#233;sillusion sociale et d'une contre-r&#233;volution men&#233;e &#224; pas feutr&#233;s par l'actuelle coalition de droite au pouvoir, les braises du soul&#232;vement tunisien de 2011 se sont remises &#224; cr&#233;piter. L'espace d'une semaine, dans tout le pays, manifestations et affrontements entre la police et des militants souvent tr&#232;s jeunes se sont multipli&#233;s, pr&#233;c&#233;dant de quelques jours les festivit&#233;s du dimanche 14 janvier, marquant l'anniversaire de la r&#233;volution. D&#233;clench&#233;es par l'annonce de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et de hausse des prix contenues dans la loi de finance 2018, les protestations ont pris de l'ampleur dans de nombreuses villes. La plateforme d'information ind&#233;pendante tunisienne Nawaat &lt;a href=&#034;https://twitter.com/nawaat/status/951075265366634498&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recensait mercredi 10 janvier&lt;/a&gt; des protestations dans pas moins de 16 gouvernorats diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme lors du soul&#232;vement, il y a tr&#232;s exactement sept ans, contre le r&#233;gime autoritaire de l'ex-pr&#233;sident Zine al-Abidine Ben Ali, provoquant sa fuite vers l'Arabie Saoudite et inaugurant la s&#233;quence des r&#233;volutions arabes, les manifestants s'en sont pris dans plusieurs villes &#224; des institutions &#233;tatiques. Dans la soir&#233;e du 10 janvier, &#224; Thalah, pr&#232;s de la fronti&#232;re alg&#233;rienne, le b&#226;timent de la s&#233;curit&#233; nationale a ainsi &#233;t&#233; incendi&#233;. Mardi soir, une supermarch&#233; de l'enseigne fran&#231;aise Carrefour a &#233;galement &#233;t&#233; pill&#233; dans la banlieue sud de Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de 800 arrestations, un manifestant tu&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des affrontement se sont d&#233;roul&#233;s dans le nord-ouest, ainsi qu'&#224; Kasserine dans le centre du pays, r&#233;gion d&#233;sh&#233;rit&#233;e consid&#233;r&#233;e comme le berceau de la r&#233;volution, o&#249; des manifestants ont tent&#233; de bloquer des routes. A Sidi Bouzid, o&#249; Mohammed Bouazizi s'&#233;tait immol&#233; par le feu le 17 d&#233;cembre 2010, embrasant &#224; sa suite l'ensemble du Moyen-Orient, des affrontement ont &#233;galement &#233;t&#233; signal&#233;s, tandis que plusieurs dizaines de ch&#244;meurs se sont rassembl&#233;s dans le centre-ville le 11 janvier &#224; midi. La grande journ&#233;e de manifestation du vendredi 12 n'a cependant pas eu l'ampleur escompt&#233;e par les militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du pouvoir, la r&#233;action a d'abord &#233;t&#233; r&#233;pressive, rappelant les heures sombres de la dictature. Le gouvernement tunisien a d&#233;ploy&#233; l'arm&#233;e dans les principales villes du pays, pour prot&#233;ger certaines b&#226;timents sensibles. Selon les autorit&#233;s, plus de 800 personnes auraient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es au cours de la semaine, dont &lt;a href=&#034;https://www.afp.com/en/news/205/third-night-unrest-tunisia-hundreds-arrested-doc-wa8iy1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;328&lt;/a&gt; sur la seule journ&#233;e du mercredi 10 janvier. Plusieurs dizaines de policiers auraient &#233;t&#233; bless&#233;s. Un manifestant, Khomsi Yeferni, a &#233;t&#233; tu&#233; dans la nuit de lundi &#224; mardi &#224; Tebourba, &#224; 30 km &#224; l'ouest de Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Toute la col&#232;re accumul&#233;e depuis la r&#233;volution &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re la protestation contre l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire, la hausse des prix (&lt;a href=&#034;http://www.huffpostmaghreb.com/2018/01/06/tunisie-inflation-economi_n_18946834.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.huffpostmaghreb.com/2018/01/06/tunisie-inflation-economi_n_18946834.html&lt;/a&gt;) et de la TVA, contreparties &#224; une nouvelle tranche d'aide accord&#233;e au pays par le Fond mon&#233;taire international, le malaise appara&#238;t plus profond. L'intellectuel &lt;a href=&#034;http://nawaat.org/portail/2018/01/11/une-revolte-sociale-ancree-dans-le-processus-revolutionnaire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sadri Khiari&lt;/a&gt;, militant &#171; d&#233;colonial &#187; en France, mais aussi membre-fondateur du Conseil national des libert&#233;s en Tunisie (CNLT) et d'Attac-Tunisie, observe : &#171; Ce qui s'exprime actuellement dans la rue, c'est toute la col&#232;re accumul&#233;e depuis la r&#233;volution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption en 2014 d'une constitution d&#233;mocratique cens&#233;e tourner d&#233;finitivement la page d'une dictature qui monopolisait l'ensemble des leviers du pouvoir politique et &#233;conomique &#8211; autour du Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique (RCD), le parti unique du pr&#233;sident Ben-Ali &#8211; n'a semble-t-il pas suffi &#224; transformer le pays. Les principales revendications du mouvement r&#233;volutionnaire de 2011, tourn&#233;es vers l'emploi et vers une plus juste r&#233;partition des richesses jusqu'alors accapar&#233;es par les client&#232;les du r&#233;gime, n'ont jamais &#233;t&#233; satisfaites depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La jeunesse en premi&#232;re ligne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les jeunes et les moins jeunes qui descendent dans la rue appartiennent pour la plupart aux classes populaires (...), en particulier celles des r&#233;gions et des quartiers marginalis&#233;s depuis des d&#233;cennies, rel&#232;ve encore Sadri Khiari. L'exasp&#233;ration sociale dont t&#233;moignent ces mouvements est cependant bien plus large. La baisse constante du pouvoir d'achat, la d&#233;gradation du niveau de vie, la d&#233;liquescence croissante du service public, l'incertitude quant &#224; l'avenir concernent &#233;galement les classes dites moyennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des r&#233;cents rassemblements a &#233;t&#233; organis&#233;e par le collectif &#171; Fech Nistanaou &#187; (Qu'est-ce qu'on attend ?), dont plusieurs dizaines de membres &lt;a href=&#034;http://www.huffpostmaghreb.com/2018/01/08/contestations-sociales-po_n_18955494.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s&lt;/a&gt; dans les villes de Sousse, Tunis, Sfax, Ben Arous et Bizerte [1]. &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/afrique/20180112-tunisie-est-derriere-campagne-fech-nestannew-manifestation-vie-chere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Compos&#233;&lt;/a&gt; d'activistes, de blogueurs, de jeunes membres de partis de la gauche tunisienne (notamment le Front populaire), ou encore de syndicalistes &#233;tudiants, le collectif a diffus&#233; un manifeste &#233;num&#233;rant ses revendications, parmi lesquelles la suspension de la loi de finances 2018, une couverture sociale pour les ch&#244;meurs, des logements pour les familles modestes, ou la mise en &#339;uvre d'une v&#233;ritable strat&#233;gie de lutte contre la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il est temps de r&#233;aliser les objectifs de justice sociale de la r&#233;volution &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels de Fech Nistanaou semblent avoir jou&#233; un r&#244;le moteur dans le d&#233;clenchement de l'actuelle vague de protestation. &#171; Il y a eu une transition politique, avec des &#233;lections libres, d&#233;clarait Henda Chennaoui, l'une de ses &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/afrique/20180112-tunisie-est-derriere-campagne-fech-nestannew-manifestation-vie-chere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;porte-parole interrog&#233;e par RFI&lt;/a&gt;. Maintenant, nous attendons le changement &#233;conomique que nous r&#233;clamons depuis le d&#233;but ! Il est temps de r&#233;aliser les objectifs de justice sociale de la r&#233;volution. Nos dirigeants n'ont plus d'excuse. On va leur mettre la pression : il faut renverser le rapport de force. &#187; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les acteurs de la soci&#233;t&#233; civile tunisienne sont &#233;galement pr&#233;occup&#233;s par de nouvelles attaques du pouvoir contre les libert&#233;s fondamentales, et par ce qu'ils consid&#232;rent d&#233;sormais comme une volont&#233; du gouvernement de restaurer le r&#233;gime pr&#233;sidentialiste et autoritaire en vigueur avant la r&#233;volution, dans le sillage des contre-r&#233;volutions &#233;gyptienne et syrienne, qui donnent actuellement la tonalit&#233; au niveau r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;seaux de la dictature de retour aux affaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des membres du collectif Fech Nistanaou est issue d'une pr&#233;c&#233;dente campagne, &#171; Manich Msameh &#187; (Je ne pardonne pas), visant &#224; emp&#234;cher l'adoption d'une loi dite de &#171; r&#233;conciliation administrative &#187;, finalement promulgu&#233;e au mois d'octobre par le pr&#233;sident conservateur B&#233;ji Ca&#239;d Essebsi. Cette &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/fr/news/2017/09/21/la-loi-sur-la-reconciliation-administrative-dangereuse-pour-lavenir-de-la-democratie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouvelle l&#233;gislation tr&#232;s contest&#233;e&lt;/a&gt; octroie l'amnistie aux fonctionnaires tunisiens coupables de corruption, et ce pour des faits &#233;ventuellement commis depuis... 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233;e comme un retour en arri&#232;re, la loi passe mal aupr&#232;s d'une partie de la population. Une &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/080118/tunisie-defendre-le-pays-la-constitution-et-les-libertes?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=Sharing&amp;xtor=CS3-67&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#233;tition&lt;/a&gt; lanc&#233;e en d&#233;cembre par 250 personnes &#8211; universitaires, enseignants, journalistes, associatifs, m&#233;decins... &#8211; d&#233;nonce en outre le retour aux affaires de cadres du RCD, officiellement dissout mais &#171; dont les r&#233;seaux, &#233;crivent les auteurs du texte, se sont r&#233;organis&#233;s, puis [ont] repris leur expansion, gangr&#233;nant l'administration, la justice et les m&#233;dias, sans oublier les partis politiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le pays tend &#224; retomber dans ses anciens travers autoritaires &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reposant sur une alliance parlementaire entre Nidaa Tounes, formation dans laquelle l'establishment s'est r&#233;organis&#233; apr&#232;s la r&#233;volution, et le parti islamique conservateur Ennahdha, l'actuel gouvernement form&#233; en septembre 2017 est en partie compos&#233; d'anciens membres du RCD. Autre signe inqui&#233;tant : le pr&#233;sident Essebsi, dans une &lt;a href=&#034;http://www.lapresse.tn/index.php?option=com_nationals&amp;task=article&amp;id=135783&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interview&lt;/a&gt; r&#233;cente, s'en est pris au r&#233;gime parlementaire naissant ainsi qu'&#224; la Constitution issue du processus r&#233;volutionnaire, qu'il envisage de r&#233;viser pour donner plus de poids &#224; l'ex&#233;cutif au d&#233;triment des contre-pouvoirs. Le pr&#233;sident tente &#233;galement de reporter les &#233;lections municipales pr&#233;vues pour 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rapport dat&#233; du 11 janvier, intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.crisisgroup.org/fr/middle-east-north-africa/north-africa/tunisia/180-endiguer-la-derive-autoritaire-en-tunisie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Endiguer la d&#233;rive autoritaire en Tunisie &#187;&lt;/a&gt;, l'International Crisis Group (ICG), think tank &#339;uvrant &#224; la pr&#233;vention des conflits, confirme cette tentation contre-r&#233;volutionnaire : &#171; Le pays tend &#224; retomber dans ses anciens travers autoritaires, en raison notamment du manque de volont&#233; politique des deux partis pivots de la coalition au pouvoir &#224; mettre en &#339;uvre la Constitution de janvier 2014 de mani&#232;re effective. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en &#233;mettant des r&#233;serves quant &#224; la possibilit&#233; qu'une telle entreprise de restauration de l'ancien-r&#233;gime aboutisse [3], le think thank sugg&#232;re que &#171; les d&#233;cideurs politiques tunisiens doivent s'engager &#224; renforcer les institutions (...). Ils doivent mettre en place la Cour constitutionnelle, les instances constitutionnelles ind&#233;pendantes et organiser les &#233;lections municipales de 2018, d&#233;j&#224; report&#233;es &#224; de nombreuses reprises. &#187; Le rapport souligne &#233;galement la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; accroissement de l'autonomie du parlement &#187;. Tout le contraire des orientations esquiss&#233;es par le pr&#233;sident Essebsi, lui-m&#234;me form&#233; &#224; l'&#233;cole de l'ancien R&#233;gime et &#224; son pouvoir ultra-centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Promesses de mesures sociales, sans plus de pr&#233;cision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 14 janvier, jour anniversaire des sept ans de la r&#233;volution, B&#233;ji Ca&#239;d Essebsi a effectu&#233; une &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/afrique/20180114-tunisie-beji-caid-essebsi-anniversaire-revolution-banlieue-tunis-ettadhamen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;visite surprise&lt;/a&gt; dans les faubourgs populaires de Tunis. Une op&#233;ration de communication destin&#233;e &#224; marquer la prise en compte par le pouvoir des revendications sociales exprim&#233;es la semaine derni&#232;re. Le gouvernement a &#233;galement promis une &lt;a href=&#034;http://www.france24.com/fr/20180113-tunisie-gouvernement-mesures-sociales-austerite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rie de mesures sociales&lt;/a&gt;, sans plus de pr&#233;cisions officielles sur leur contenu effectif, de m&#234;me que sur les moyens consacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne suffit pas &#224; convaincre les acteurs de la soci&#233;t&#233; civile : &#171; Ce sont des calmants, destin&#233;s &#224; apaiser le climat &#187;, juge Alaa Talbi, directeur du Forum tunisien pour les droits &#233;conomiques et sociaux (FTDES), interrog&#233; par Bastamag. L'ONG est tr&#232;s active dans le mouvement social tunisien. &#171; Mais les gens attendent des changements plus profonds, poursuit-il. En mati&#232;re de travail, de services publics, de justice sociale. Aucune d&#233;claration ne sugg&#232;re que les mesures d'aust&#233;rit&#233; de la loi de finance pourraient &#234;tre modifi&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;fendre le pays, la Constitution et les libert&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement va-t-il se poursuivre ? &#171; Il y a de nouveaux appels pour les semaines qui viennent, rel&#232;ve Alaa Talbi. Mais il est important que les forces sociales soient capables de rouvrir le d&#233;bat sur les revendications issues de la r&#233;volution, et de porter des alternatives. Le risque, c'est que les Tunisiens finissent par ne plus croire au changement. Ils ont d&#233;j&#224; perdu confiance dans le gouvernement actuel, et dans sa capacit&#233; &#224; poursuivre la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 250 signataires de la &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/080118/tunisie-defendre-le-pays-la-constitution-et-les-libertes?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=Sharing&amp;xtor=CS3-67&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#233;tition du 17 d&#233;cembre&lt;/a&gt; appellent quant &#224; eux les tunisiens &#224; s'unir pour &#171; D&#233;fendre le pays, la Constitution et les libert&#233;s &#187;. &#171; Nous disposons &#224; pr&#233;sent d'adversaires pr&#233;cis&#233;ment identifi&#233;s, &#233;crivent-ils. Nous pouvons nous rassembler contre eux, combattre leur projet r&#233;trograde (...). Le devoir de r&#233;sistance ne rel&#232;ve pas des seuls partis d'opposition, il concerne toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens attach&#233;s &#224; leur pays et &#224; leurs libert&#233;s, conquises au prix du sang des jeunes g&#233;n&#233;rations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Clerget&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Selon Mediapart (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/120118/dans-une-tunisie-en-ebullition-la-jeunesse-veut-se-faire-entendre?onglet=full&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/120118/dans-une-tunisie-en-ebullition-la-jeunesse-veut-se-faire-entendre?onglet=full&lt;/a&gt;), ce ne seraient pas moins de 336 membres du mouvement qui auraient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Lire &#233;galement cette interview d'Henda Chennaoui (&lt;a href=&#034;http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-henda-chennaoui-le-contrat-entre-la-soci-t-et-les-politiques-est-rompu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-henda-chennaoui-le-contrat-entre-la-soci-t-et-les-politiques-est-rompu&lt;/a&gt;) sur le site d'information Middle East Eye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#171; Les divisions politiques et socio&#233;conomiques sont nombreuses et la libert&#233; de ton s'est install&#233;e dans les m&#233;dias au cours des sept derni&#232;res ann&#233;es. Les tentatives visant &#224; restaurer un climat de peur parmi la population s'opposeraient &#224; de fortes r&#233;sistances. La gouvernance n'en sera pas plus efficace et les conflits &#233;touff&#233;s finiraient par ressurgir de mani&#232;re plus violente &#187;, proph&#233;tise l'ICG dans son rapport.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Code du travail, ch&#244;mage, retraites : ces r&#233;formes pr&#234;tes &#224; &#234;tres d&#233;gain&#233;es apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Code-du-travail-chomage-retraites-ces-reformes-pretes-a-etres-degainees-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Code-du-travail-chomage-retraites-ces-reformes-pretes-a-etres-degainees-apres</guid>
		<dc:date>2017-06-26T21:01:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Clerget</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'agenda social du Pr&#233;sident Macron se remplit : d'abord, un approfondissement de la loi El-Khomri, touchant les salaires comme les conditions de travail et sa dur&#233;e l&#233;gale ; ensuite, une restructuration du syst&#232;me d'assurance ch&#244;mage, avec le risque que celle-ci se transforme en protection minimaliste pour des travailleurs pr&#233;caris&#233;s ; enfin une nouvelle r&#233;forme des retraites, potentiellement explosive. Sans oublier la refonte de la formation professionnelle et la suppression progressive de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-06-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-06-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton31403-f9fd6.jpg?1781137706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'agenda social du Pr&#233;sident Macron se remplit : d'abord, un approfondissement de la loi El-Khomri, touchant les salaires comme les conditions de travail et sa dur&#233;e l&#233;gale ; ensuite, une restructuration du syst&#232;me d'assurance ch&#244;mage, avec le risque que celle-ci se transforme en protection minimaliste pour des travailleurs pr&#233;caris&#233;s ; enfin une nouvelle r&#233;forme des retraites, potentiellement explosive. Sans oublier la refonte de la formation professionnelle et la suppression progressive de 120 000 postes de fonctionnaires. Basta ! fait le point sur ce qui attend tous ceux qui vivent de leur travail une fois pass&#233;es les &#233;lections l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Code-du-travail-chomage-retraites-ces-reformes-pretes-a-etres-degainees-apres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fonci&#232;rement impopulaire, la loi El-Khomri, en &#233;largissant les possibilit&#233;s de d&#233;rogation au code du travail par accord d'entreprise, a suscit&#233; le plus long et l'un des plus intenses mouvement social des cinquante derni&#232;res ann&#233;es. Qu'importe. Fra&#238;chement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique, Emmanuel Macron est d&#233;termin&#233; &#224; en &#233;largir &#8211; le plus vite possible &#8211; le champ d'application, &#224; l'aide d'une nouvelle r&#233;forme, cette fois dict&#233;e par la voie des ordonnances. Et il ne compte pas s'arr&#234;ter l&#224;. Le nouveau pensionnaire de l'&#201;lys&#233;e promet de restructurer deux autres piliers du compromis social tiss&#233; au sortir de la guerre : d'une part le syst&#232;me d'assurance-ch&#244;mage, d'autre part celui des retraites. Avec en toile de fond, un double objectif : ma&#238;triser les d&#233;penses budg&#233;taires et, s'agissant du code du travail, &#171; simplifier la vie des entreprises &#187; au risque d'augmenter encore le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;. En cinq ans, le nombre d'inscrits au P&#244;le emploi, sans activit&#233; ou en activit&#233; r&#233;duite, a bondi de 30 %, et concerne d&#233;sormais plus de 5,5 millions de personnes [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle r&#233;forme du travail, version XXL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vivacit&#233; de l'opposition &#224; la loi El-Khomri avait suscit&#233; la consternation &#224; Bruxelles : pour les fonctionnaires de la Commission, la r&#233;forme, qui concernait essentiellement la question du temps de travail, n'&#233;tait qu'un minimum. Publi&#233;e le 9 ao&#251;t 2016, la loi travail consacre notamment la primaut&#233; de l'accord d'entreprise, qui peut d&#233;sormais pr&#233;voir des dispositions moins favorables que la loi ou l'accord de branche &#8211; la fameuse &#171; inversion de la hi&#233;rarchie des normes &#187; &#8211; dans un plus grand nombre de domaines : dur&#233;e maximale de travail hebdomadaire (qui peut d&#233;sormais &#234;tre port&#233;e de 44 &#224; 46 heures sur douze semaines d'affil&#233;e), dur&#233;e quotidienne (12 heures maximum au lieu de 10, toujours sur simple accord d'entreprise), ou encore taux de majoration des heures suppl&#233;mentaires (10 % au lieu de 25 %)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;mun&#233;rations sont aussi vis&#233;es par la loi El-Khomri, via les &#171; accords de pr&#233;servation ou de d&#233;veloppement de l'emploi &#187;, qui peuvent &#234;tre conclus non seulement en cas de difficult&#233;s &#233;conomiques mais aussi, d&#233;sormais, pour &#171; conqu&#233;rir de nouveaux march&#233;s &#187; &#8211; on parle alors d'accords &#171; offensifs &#187;. Emmanuel Macron veut aller plus loin, et profiter de la l&#233;gitimit&#233; issue de son &#233;lection pour taper vite et fort : une nouvelle loi travail, si possible bien plus ambitieuse que la pr&#233;c&#233;dente. Il compte &#233;tendre encore les possibilit&#233;s de d&#233;rogation dans plusieurs domaines essentiels, en particulier les salaires ou les conditions de travail, relativement &#233;pargn&#233;s jusqu'ici. &#192; ce jour, le contenu d&#233;taill&#233; de ces mesures n'est pas arr&#234;t&#233; &#8211; du moins &lt;a href=&#034;http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Macron-se-vante-de-n-avoir-rien-dit-aux-syndicats-19469593&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;officiellement&lt;/a&gt;. Il d&#233;pendra pour partie du futur rapport de forces avec les organisations syndicales, et du r&#233;sultat des &#233;lections l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rendum d'entreprise et s&#233;curisation... des licenciements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du code du travail, le gouvernement souhaite aussi renforcer plusieurs dispositifs contenus dans les derni&#232;res r&#233;formes. D'abord, le r&#233;f&#233;rendum d'entreprise. Suite &#224; la loi El-Khomri, celui-ci peut &#234;tre convoqu&#233; par des syndicats repr&#233;sentant 30 % des salari&#233;s (donc minoritaires), afin d'ent&#233;riner un accord d'entreprise. Le gouvernement souhaite aujourd'hui &#233;tendre cette possibilit&#233; &#224; la direction. Mis en place pour faciliter la production d'accords collectifs, les r&#233;f&#233;rendums sont tr&#232;s mal vus par les organisations oppos&#233;es &#224; la loi travail, qui y voient un moyen de contourner les repr&#233;sentants syndicaux, mais aussi un risque de division des salari&#233;s ou de chantage &#224; l'emploi. Ainsi chez Novo Disk, un passage aux 39 heures pay&#233;es 37 a r&#233;cemment &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/05/02/referendum-d-entreprise-un-outil-bientot-dans-les-mains-de-l-employeur_1566844&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;valid&#233; par les employ&#233;s&lt;/a&gt;, alors que les syndicats majoritaires &#233;taient contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre mesure qui fait son retour : le plafonnement des indemnit&#233;s prud'homales pour licenciement sans cause r&#233;elle et s&#233;rieuse, ou &#171; licenciement abusif &#187;. Une vieille demande patronale. Rappel : apr&#232;s un premier &#233;chec avec la loi Macron en 2015, la mesure revient l'ann&#233;e suivante par la fen&#234;tre de la loi travail. Sous la pression des syndicats, elle y perd cependant son caract&#232;re obligatoire : le juge peut s'inspirer de ce &#171; r&#233;f&#233;rentiel indicatif &#187;, mais n'y est pas contraint. C'est sur ce dernier point qu'entend revenir le pr&#233;sident. Probl&#232;me : les salari&#233;s ont peu &#224; y gagner, et sans doute beaucoup &#224; y perdre. Par exemple, si le &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000033472038&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bar&#232;me actuel&lt;/a&gt; devenait obligatoire, un salari&#233; en CDI depuis 18 mois et licenci&#233; de mani&#232;re abusive, aurait droit au maximum &#224; deux mois d'indemnit&#233;s prud'homales&#8230; De quoi licencier &#224; moindre frais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dernier &#233;l&#233;ment du train de mesures pr&#233;vues pour l'&#233;t&#233;, la g&#233;n&#233;ralisation de la &lt;a href=&#034;http://travail-emploi.gouv.fr/dialogue-social/representants-du-personnel/article/la-delegation-unique-du-personnel-dup&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;l&#233;gation unique du personnel&lt;/a&gt; (DUP), d&#233;j&#224; &#233;tendue par la loi sur le dialogue social (loi Rebsamen) de 2015. Jusqu'ici, la DUP, qui permet &#8211; sur d&#233;cision de l'employeur &#8211; de fusionner les trois instances de repr&#233;sentation du personnel (d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel, comit&#233; d'entreprise, CHSCT [2]) en une seule, &#233;tait r&#233;serv&#233;e aux entreprises de moins de 300 salari&#233;s. L&#224; encore, les syndicats &#171; non-align&#233;s &#187; n'ont jamais &#233;t&#233; chauds : ils y voient un affaiblissement des instances, avec moins de moyens consacr&#233;s, en particulier pour les questions relatives &#224; la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; des travailleurs. &#171; Ces derni&#232;res vont perdre leur sp&#233;cificit&#233;, &#234;tre &#233;cras&#233;es par l'imp&#233;ratif &#233;conomique &#187;, juge ainsi Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;livrance uniquement sur ordonnances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces diff&#233;rents points, la m&#233;thode envisag&#233;e irrite d&#233;j&#224; plusieurs organisations syndicales. Emmanuel Macron l'a dit et r&#233;p&#233;t&#233; : il compte aller vite, et pour cela r&#233;former le code du travail par la voie des ordonnances. Pr&#233;vue par l'article 38 de la Constitution, cette proc&#233;dure permet au gouvernement d'&#233;dicter des normes de valeur l&#233;gale &#224; partir d'ordonnances prises en Conseil des ministres. Au pr&#233;alable, une loi d'habilitation doit &#234;tre vot&#233;e par le Parlement : elle fixe la th&#233;matique et la dur&#233;e sur lesquels le gouvernement est autoris&#233; &#224; agir. Elle pr&#233;voit aussi un d&#233;lai au terme duquel l'ex&#233;cutif doit, sous peine de nullit&#233; des ordonnances, avoir d&#233;pos&#233; un projet de loi de ratification, permettant in fine au Parlement de valider (ou non) ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le calendrier pr&#233;cis, le gouvernement entretient un certain flou. Le premier ministre &#201;douard Philippe a annonc&#233;, mardi 30 mai, une loi d'habilitation pour juillet, et une publication des ordonnances &#171; avant la fin de l'&#233;t&#233; &#187;, donc avant le 21 septembre [3]... Formellement, la concertation avec les syndicats est pr&#233;vue pour s'achever mi-juillet. Mais ces derniers, tout en &#233;tant pour certains pr&#234;ts &#224; se mobiliser, r&#233;clament a minima des &#233;changes jusqu'&#224; fin septembre. Pour l'instant, &#171; tout le monde s'observe &#187;, commente Fabrice Ang&#233;&#239;, membre du bureau conf&#233;d&#233;ral de la CGT. Un chose est s&#251;re : jusqu'aux &#233;lections l&#233;gislatives, qui donneront une id&#233;e plus pr&#233;cise de ses marges de man&#339;uvre, le gouvernement n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; donner l'impression de vouloir passer en force. Pour autant, m&#234;me apr&#232;s les &#233;lections, il devra prendre en compte un calendrier qui ne s'arr&#234;te pas &#224; la nouvelle r&#233;forme du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'assurance-ch&#244;mage sous la coupe de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un embrasement dans les rues et dans les entreprises, comparable au sc&#233;nario de l'ann&#233;e 2016, pourrait en effet &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/politique-societe/gouvernement/030354086855-pierre-ferracci-social-la-mise-en-garde-de-deux-experts-a-emmanuel-macron-2090038.php#Xtor=AD-6000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compromettre la suite du calendrier social&lt;/a&gt;, dont la deuxi&#232;me &#233;tape devrait &#234;tre une profonde r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage. L'ex&#233;cutif souhaite, en premier lieu, proc&#233;der &#224; l'&#233;tatisation de cette caisse, g&#233;r&#233;e de mani&#232;re paritaire depuis 1967 [4]. Dans quel but ? Officiellement, pour prendre acte du r&#244;le de l'&#201;tat dans sa gestion, celui-ci &#233;tant garant de son financement. Dans les faits, il s'agit d'abord pour le gouvernement de reprendre la main sur les param&#232;tres d'indemnisation (dur&#233;e, montant...) pour effectuer, le cas &#233;ch&#233;ant, les ajustements jug&#233;s n&#233;cessaires. Ensuite, via un recours accru &#224; l'imp&#244;t (la CSG), d'all&#233;ger la part des cotisations sociales dans le financement du syst&#232;me, avec le &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/web/article/assurance-chomage-la-revolution-tres-liberale-d-emmanuel-macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;risque de glisser progressivement&lt;/a&gt; d'une v&#233;ritable assurance-ch&#244;mage &#224; un &#171; filet de s&#233;curit&#233; &#187; minimaliste, sur le mod&#232;le anglo-saxon...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre volet de la r&#233;forme, la couverture ch&#244;mage doit &#234;tre &#233;tendue &#224; des cat&#233;gories jusqu'ici non-prot&#233;g&#233;es : auto-entrepreneurs, chefs d'entreprise, artisans et commer&#231;ants, professions lib&#233;rales, ou encore agriculteurs. Un droit &#224; la d&#233;mission tous les cinq ans, permettant de toucher des indemnit&#233;s, doit aussi &#234;tre instaur&#233;. Des mesures pr&#233;sent&#233;es comme progressistes, mais dont le financement pose l&#224;-encore probl&#232;me : d'apr&#232;s les annonces du nouveau pr&#233;sident, il sera report&#233; sur les demandeurs d'emploi, via un renforcement des dispositifs de contr&#244;le des recherches. Un corps de contr&#244;leurs doit &#234;tre cr&#233;&#233; pour assurer ces v&#233;rifications. Une nouvelle fois, le calendrier n'est pas pr&#233;cis&#233;ment connu, mais ces r&#233;formes pourraient intervenir d'ici le d&#233;but de l'ann&#233;e 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour la future r&#233;forme de la formation professionnelle, qui est aussi dans les cartons. Il s'agirait d'une petite r&#233;volution, puisque la gestion des financements pourrait &#233;chapper aux &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/0211989190526-macron-precise-sa-reforme-de-la-formation-professionnelle-2080866.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;OPCA&lt;/a&gt;, les organismes paritaires charg&#233;s de collecter la contribution patronale, et revenir &#224; la Caisse des d&#233;p&#244;ts et aux Urssaf. Les cr&#233;dits seraient directement affect&#233;s aux comptes personnels de formation (CPF) des salari&#233;s, qui s'adresseraient ensuite eux-m&#234;mes &#224; des organismes de formation labellis&#233;s. Le syst&#232;me viserait &#224; r&#233;duire les interm&#233;diaires pour faciliter l'acc&#232;s &#224; la formation. Plus proche d'une logique de march&#233;, il &#233;loignerait aussi les repr&#233;sentants des salari&#233;s de sa gestion effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pi&#232;ges de la retraite par points&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me gros dossier : la remise &#224; plat du syst&#232;me des retraites. Un temps &#233;voqu&#233;e pour l'apr&#232;s 2022, son calendrier vient de conna&#238;tre une acc&#233;l&#233;ration notable : il est d&#233;sormais question d'une loi d&#233;pos&#233;e d'ici la fin de l'ann&#233;e, pour un vote du Parlement, l&#224; encore, d&#233;but 2018. Quel sera le contenu de cette r&#233;forme ? L'ancien ministre de l'&#201;conomie devenu pr&#233;sident veut d'abord &lt;a href=&#034;http://social-sante.gouv.fr/affaires-sociales/retraites/reforme-des-retraites/comprendre-le-systeme-des-retraites/les-differents-regimes-de-retraites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mettre fin &#224; la multiplicit&#233; des r&#233;gimes existants&lt;/a&gt;, au nombre de 35 aujourd'hui entre les r&#233;gimes de base et les r&#233;gimes compl&#233;mentaires, pour instaurer un &#171; syst&#232;me universel &#187;, dans lequel &#171; un euro cotis&#233; donne les m&#234;mes droits, quel que soit le moment o&#249; il a &#233;t&#233; vers&#233;, quel que soit le statut de celui qui a cotis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, tout en restant &#224; ce stade sur un syst&#232;me par r&#233;partition &#8211; dans lequel, selon le principe de solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle, les actifs paient les pensions des retrait&#233;s &#8211; il s'agirait de fusionner l'ensemble des r&#233;gimes de retraite (r&#233;gime g&#233;n&#233;ral, r&#233;gime agricole, fonctions publiques, r&#233;gimes sp&#233;ciaux, ind&#233;pendants, etc.) en un seul et unique syst&#232;me. Seconde cl&#233; de vo&#251;te de la r&#233;forme : la cotisation par points, accumul&#233;s sur un compte personnel tout au long du parcours professionnel, quel que soit le secteur d'activit&#233;. Le montant de la pension serait ensuite calcul&#233; en multipliant le nombre de points par leur valeur au moment du d&#233;part en retraite, comme cela est d&#233;j&#224; le cas dans les r&#233;gimes compl&#233;mentaires AGIRC et ARRCO, en prenant en compte la dur&#233;e de cotisation, ou encore des crit&#232;res de p&#233;nibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;120 000 fonctionnaires en moins ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Touchant aux r&#233;gimes sp&#233;ciaux, la r&#233;forme est potentiellement explosive, puisqu'elle promet, &#224; terme, de niveler les modalit&#233;s de d&#233;part en retraite, de m&#234;me que le calcul des pensions. Bien que le nouveau pr&#233;sident se soit engag&#233; &#224; ne pas modifier ces &#233;l&#233;ments durant le quinquennat, l'unification du syst&#232;me permettra &#224; terme &#224; l'&#201;tat, comme pour l'assurance ch&#244;mage, de jouer plus facilement sur ses param&#232;tres g&#233;n&#233;raux. Pour l'&#233;conomiste &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-economistes-atterres/blog/160317/les-retraites-facon-macron-le-piege-des-comptes-notionnels&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Marie Harribey&lt;/a&gt;, le syst&#232;me par point pose &#233;galement probl&#232;me, en accentuant l'individualisation du syst&#232;me et en affaiblissant sa logique redistributive. Pour ce dernier, l'introduction d'un crit&#232;re d'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite pour calculer le montant des pensions (plus quelqu'un part tard, plus sa retraite est &#233;lev&#233;e) aurait aussi pour effet de pousser les salari&#233;s &#224; se maintenir plus longtemps sur le march&#233; du travail, en particulier pour les revenus les plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le compte p&#233;nibilit&#233;, instaur&#233; sous Fran&#231;ois Hollande mais dont la conception fait l'objet de vives critiques, notamment &lt;a href=&#034;http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/compte-penibilite-la-pression-des-patrons-aupres-de-macron-va-t-elle-payer_1911400.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;patronales&lt;/a&gt;, devrait &#234;tre r&#233;examin&#233;, potentiellement en parall&#232;le de la r&#233;forme des retraites. Emmanuel Macron a d&#233;j&#224; annonc&#233; un moratoire sur la mise en &#339;uvre du dispositif, initialement pr&#233;vue au 1er septembre. Mais sur tous ces dossiers, auxquels on pourrait encore ajouter la &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN18Q24Z/un-agenda-social-dans-la-fonction-publique-d-ici-le-14-7.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;duction des effectifs pr&#233;vue dans la fonction publique&lt;/a&gt; &#8211; annonc&#233;e &#224; 120 000 fonctionnaires en moins, dont 70 000 dans les collectivit&#233;s locales &#8211; l'ex&#233;cutif n'abattra ses cartes qu'une fois les r&#233;sultats des &#233;lections l&#233;gislatives connus. Emmanuel Macron b&#233;n&#233;ficiera-t-il d'une majorit&#233; pour conduire ses r&#233;formes tel qu'il l'entend ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en cat&#233;gories A, B et C est pass&#233; de 4 239 730 en mai 2012, &#224; 5 517 036 en mars 2017, soit une augmentation de 1 277 306 personnes. Pour la seule cat&#233;gorie A (demandeurs sans aucune activit&#233;), l'augmentation est de 734 911 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le CHSCT est le comit&#233; d'hygi&#232;ne, s&#233;curit&#233; et conditions de travail. (&lt;a href=&#034;http://travail-emploi.gouv.fr/sante-au-travail/acteurs/comite-d-hygiene-de-securite-et-des-conditions-de-travail/qu-est-ce-qu-un-chsct/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://travail-emploi.gouv.fr/sante-au-travail/acteurs/comite-d-hygiene-de-securite-et-des-conditions-de-travail/qu-est-ce-qu-un-chsct/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Un document publi&#233; le 31 mai par Mediapart (&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/310517/le-calendrier-ultra-serre-des-ordonnances-sur-le-travail?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=Sharing&amp;xtor=CS3-67&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/france/310517/le-calendrier-ultra-serre-des-ordonnances-sur-le-travail?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=Sharing&amp;xtor=CS3-67&lt;/a&gt;) r&#233;v&#232;le que le gouvernement viserait une adoption des ordonnances en Conseil des ministres le 20 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Elle &#233;tait auparavant g&#233;r&#233;e uniquement par les repr&#233;sentants des salari&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
