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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Microcr&#233;dits : quand les pauvres financent les riches</title>
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		<dc:date>2017-08-22T07:58:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Fatima Zahra , Lucile Daumas, Omar Aziki</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-08-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis maintenant plus de 10 ans, Attac Cadtm Maroc s'int&#233;resse &#224; la question de la dette publique, qui constitue l'un des leviers utilis&#233;s par les Institutions financi&#232;res internationales et les gouvernements occidentaux pour faire entrer les pays du Sud &#224; marche forc&#233;e dans la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Les plans d'ajustement structurel mis en place au d&#233;but des ann&#233;es 1980 et les mesures d'aust&#233;rit&#233; toujours renouvel&#233;es ont des r&#233;percussions directes sur les conditions de vie des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton31613-02bb8.png?1781047652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis maintenant plus de 10 ans, Attac Cadtm Maroc s'int&#233;resse &#224; la question de la dette publique, qui constitue l'un des leviers utilis&#233;s par les Institutions financi&#232;res internationales et les gouvernements occidentaux pour faire entrer les pays du Sud &#224; marche forc&#233;e dans la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Les plans d'ajustement structurel mis en place au d&#233;but des ann&#233;es 1980 et les mesures d'aust&#233;rit&#233; toujours renouvel&#233;es ont des r&#233;percussions directes sur les conditions de vie des populations, en particulier dans les zones rurales et les quartiers marginaux des villes, du fait de la destruction des cultures vivri&#232;res et d'une part importante de la petite paysannerie, de l'accroissement de la pr&#233;carit&#233; du travail et du d&#233;mant&#232;lement des services publics, devenus payants pour la plupart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Mardi 15 ao&#251;t 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10 ao&#251;t par Omar Aziki , Lucile Daumas , Fatima Zahra&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, des millions de personnes sont priv&#233;es des ressources suffisantes pour subvenir &#224; leurs besoins quotidiens &#233;l&#233;mentaires, ce qui constitue un terrain favorable &#224; une expansion exponentielle du microcr&#233;dit. Aussi lorsqu'est apparu dans la r&#233;gion de Ouarzazate, dans le sud-est du Maroc, un mouvement des victimes du microcr&#233;dit, Attac Cadtm Maroc a &#233;videmment fait le lien entre la dette publique et cette forme de dette priv&#233;e et a d&#233;cid&#233; de soutenir le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2014, Attac Cadtm Maroc a organis&#233;, conjointement avec le mouvement des victimes du microcr&#233;dit de Ouarzazate, une caravane africaine de solidarit&#233;, qui est all&#233;e &#224; la rencontre des emprunteurs et emprunteuses de la r&#233;gion afin de les &#233;couter, leur apporter solidarit&#233;, possibilit&#233;s de se regrouper, de s'organiser face aux multiples probl&#232;mes rencontr&#233;s avec les institutions de microfinance (IMF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette campagne sont n&#233;es de nombreuses interrogations auxquelles nous avons essay&#233; de r&#233;pondre en r&#233;alisant une &#233;tude sur le profil des clients de la microfinance, les probl&#232;mes li&#233;s aux contrats et le r&#244;le du microcr&#233;dit dans la relation des institutions financi&#232;res avec les couches les plus d&#233;munies de la population. Nous reprenons ici quelques-unes des conclusions de cette &#233;tude |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conditions de passation des contrats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord comprendre que les institutions de microcr&#233;dit pratiquent une politique volontariste de d&#233;marchage du public cibl&#233; : celui des pauvres. Ainsi, le Fonds Jaida, rattach&#233; &#224; la Caisse de d&#233;p&#244;t et de gestion et sp&#233;cialis&#233; dans le financement des organismes de microfinance au Maroc parle d'enr&#244;lement. L'utilisation de cette terminologie militaire en dit long sur la nature des relations que les IMF tissent avec leurs clients. Comme au temps de la conscription, les IMF envoient leurs rabatteurs sur les places des villes et des villages, dans les souks, ou faire du porte &#224; porte dans les quartiers d&#233;sh&#233;rit&#233;s. Plus ils ont de clients, mieux ils sont r&#233;mun&#233;r&#233;s, et ce &#224; diff&#233;rents niveaux de la structure. La logique n'est donc pas de r&#233;pondre &#224; une demande, mais d'attirer la client&#232;le &#224; tout prix. Cela se fait au d&#233;triment des besoins r&#233;els des clients et d'une &#233;tude approfondie du dossier et des projets de chacun. C'est donc dans un contexte de forte pression que les clients &#233;ventuels sont pouss&#233;s &#224; signer, le plus rapidement possible, le contrat de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La logique est d'attirer la client&#232;le &#224; tout prix, au d&#233;triment des besoins r&#233;els et d'une &#233;tude approfondie du dossier et des projets de chacun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette client&#232;le est particuli&#232;rement vuln&#233;rable. Offrir de l'argent &#224; des personnes dans leur majorit&#233; sans revenus r&#233;guliers, en butte &#224; toutes les difficult&#233;s pour finir le mois et nourrir des familles nombreuses, analphab&#232;tes |2| et pas du tout familiaris&#233;es avec le monde de l'administration, de la banque et de la finance, en font des proies faciles pour des agents r&#233;mun&#233;r&#233;s au rendement. Dans ces conditions, des garde-fous devraient &#234;tre mis en place afin de les prot&#233;ger contre tout abus. Or c'est le contraire qui se passe et l'inexp&#233;rience des clients est mise &#224; profit pour mieux les gruger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lisibilit&#233; des contrats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture de contrats est particuli&#232;rement aride et incompr&#233;hensible pour un non-sp&#233;cialiste. Que dire alors, lorsque la majorit&#233; de la client&#232;le est analphab&#232;te ou illettr&#233;e |3| ? De surcro&#238;t, ces contrats-types sont souvent r&#233;dig&#233;s en petits caract&#232;res, photocopi&#233;s &#224; plusieurs reprises, les diff&#233;rentes rubriques ne sont pas toujours renseign&#233;es, et quand elles le sont, souvent r&#233;dig&#233;es &#224; la main, d'une &#233;criture pratiquement illisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rubriques elles-m&#234;mes peuvent &#234;tre mal libell&#233;es (ainsi des frais de dossiers, peuvent &#234;tre factur&#233;s &#224; diff&#233;rents endroits du contrat, sous diff&#233;rentes appellations ; des frais d'&#171; accompagnement &#187; peuvent aussi &#234;tre pr&#233;vus sans que ne soit pr&#233;cis&#233; en quoi l'accompagnement consiste ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les taux d'int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect sans doute le plus scandaleux est l'occultation du taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuel que devra payer le d&#233;biteur. Les IMF se contentent habituellement de signifier le taux d'int&#233;r&#234;t et le montant mensuels des remboursements. Cette dissimulation du taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuel a pour effet de tromper les clients sur les taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els. Les taux d'int&#233;r&#234;ts peuvent donc para&#238;tre particuli&#232;rement bas (1,5 % &#224; 3,5 % mensuel) alors que le taux d'int&#233;r&#234;t annuel fluctue entre 30 et 35 %, parfois au-del&#224;, bien au-dessus du taux moyen d'int&#233;r&#234;t annuel appliqu&#233; dans le secteur bancaire qui fluctue entre 6 et 7 % et du taux plafond fix&#233; par la Banque du Maroc, qui se situe autour de 14 % |4|. C'est donc un v&#233;ritable taux d'usure qui est impos&#233; aux clients des IMF, qui, rappelons-le, sont des personnes d&#233;munies n'ayant de ce fait pas acc&#232;s aux pr&#234;ts bancaires courants. On fait donc payer plus cher les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IMF justifient ces taux par le fait que les pr&#234;ts &#233;tant petits, les frais administratifs sont importants. Or, les frais de dossier sont comptabilis&#233;s &#224; part, quand ils ne sont pas factur&#233;s en double, voire triple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conditions de remboursement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les conditions de remboursement sont proprement aberrantes. En effet, ces microcr&#233;dits sont suppos&#233;s, dans la plupart des cas, financer des activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus, selon l'expression consacr&#233;e. Il faut donc, une fois le pr&#234;t accord&#233;, monter le projet, le mettre en route et d&#233;gager de quoi vivre au quotidien et rembourser l'organisme de cr&#233;dit. Cela demande du temps avant de pouvoir d&#233;gager des premi&#232;res entr&#233;es d'argent et quelques b&#233;n&#233;fices. Or le plus souvent, les remboursements commencent d&#232;s le mois suivant l'octroi du cr&#233;dit |5|. Impossible dans ces conditions de mener &#224; bien le projet. Ainsi, l'enqu&#234;te men&#233;e par Attac Cadtm Maroc d&#233;voile un taux d'&#233;chec de plus de 75 % des projets parmi l'&#233;chantillon interrog&#233;. C'est alors que commence la spirale du nonpaiement des &#233;ch&#233;ances, et les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF, qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie de biens, la mise en oeuvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement mentionner la pratique du pr&#234;t dit solidaire qui consiste &#224; faire porter la responsabilit&#233; du remboursement non pas sur le seul d&#233;biteur, mais sur un groupe de personnes solidaires en cas de non-remboursement d'une personne de ce groupe. Cette pratique ajoute aux pressions exerc&#233;es par les IMC la pression exerc&#233;e par tout le groupe, au d&#233;triment du lien social et de solidarit&#233;s qui pouvait s'&#234;tre tiss&#233; entre les personnes d'un m&#234;me hameau ou d'un m&#234;me quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face, tous les moyens sont alors mis en oeuvre, depuis l'emprunt &#224; des proches, la vente de quelques biens, l'endettement multiple aupr&#232;s de diff&#233;rentes IMF. Selon notre enqu&#234;te, moins de 4 % des emprunteurs ont pu rembourser leur pr&#234;t avec les ressources obtenues gr&#226;ce &#224; l'activit&#233; financ&#233;e par cet emprunt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles r&#233;sistances ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tribunaux rejettent les plaintes des quelques emprunteurs qui s'aventurent sur ce terrain, forts de dossiers ais&#233;ment d&#233;fendables tant il y a de vices de forme et de pratiques d&#233;lictueuses de la part des IMF. C'est ce qui s'est produit &#224; Ouarzazate lorsque plusieurs victimes de ces institutions, organis&#233;es en un mouvement structur&#233; et solidaire, ont voulu porter plainte. En revanche, ce sont les deux leaders du mouvement qui se sont retrouv&#233;s au banc des accus&#233;s, dans un proc&#232;s construit de toutes pi&#232;ces sur des dossiers mal ficel&#233;s, contradictoires. Le tribunal de Ouarzazate s'est clairement mis du c&#244;t&#233; des IMF et il aura fallu plus de trois ans de proc&#233;dures, de nombreuses mobilisations pour que les deux personnes poursuivies soient finalement acquitt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des victimes du microcr&#233;dit de Ouarzazate, soutenu par Attac Cadtm Maroc, a mobilis&#233; de fa&#231;on exemplaire les hommes et les femmes &#8211; les femmes surtout, qui ont montr&#233; une combativit&#233; et une d&#233;termination impressionnantes &#8211; tromp&#233;es et spoli&#233;es par les IMF. Il est parvenu &#224; remettre en cause, tant au niveau du Maroc qu'au plan international, o&#249; il a &#233;t&#233; fortement m&#233;diatis&#233;, le discours mystificateur des institutions de la microfinance qui, sous couvert de lutte contre la pauvret&#233;, visent en fait d'autres objectifs, et notamment &#233;tendre la bancarisation &#224; l'ensemble de la population, y compris sa fraction la plus pauvre, pour mieux &#233;tendre l'emprise des banques et mettre la main sur le peu d'argent dont ils disposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La microfinance au Maroc, vers une bancarisation des pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis des ann&#233;es, le FMI et la Banque mondiale se sont donn&#233;s pour objectif d'&#233;largir la bancarisation &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Ils se sont m&#234;me donn&#233; une date butoir : 2020. C'est pourquoi, au Maroc comme ailleurs, la r&#233;forme du syst&#232;me financier int&#232;gre l'&#233;largissement de la sph&#232;re des services bancaires pour atteindre la plus grande partie de la population, c'est ce qu'ils appellent l'inclusion financi&#232;re |6|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les tribunaux se placent syst&#233;matiquement du c&#244;t&#233; des IMF, jusqu'&#224; mettre en accusation les victimes plaignantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cet objectif, l'&#201;tat a mis en place une s&#233;rie de mesures favorisant le r&#244;le du secteur financier. Accroitre la place du microcr&#233;dit constitue l'un des moyens de cette politique. C'est la Banque mondiale, principalement via le CGAP |7|, qui accompagne l'instauration et l'&#233;volution des IMF vers leur inclusion dans la sph&#232;re bancaire au Maroc, en assurant une aide technique et financi&#232;re. Celle-ci concerne la gestion rigoureuse des activit&#233;s de ces organismes, ainsi qu'un fonctionnement permettant un rendement financier maximal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs amendements ont &#233;t&#233; apport&#233;s &#224; la loi r&#233;gissant la microfinance au Maroc. Depuis 2007, les IMF peuvent proposer des contrats d'assurance ; depuis 2012, elles peuvent se transformer en banques ou bien devenir actionnaires de banques. Dans la m&#234;me logique, Bank Al Maghrib a rectifi&#233; en janvier 2015 la loi bancaire, en pla&#231;ant ces institutions sous son contr&#244;le comme les autres institutions bancaires. Dans l'une de ses recommandations destin&#233;es au Maroc, le CGAP insiste sur les mesures permettant cette transition. L'un des obstacles r&#233;side dans le fait que les IMF sont aujourd'hui habilit&#233;es &#224; pratiquer des taux d'int&#233;r&#234;t bien sup&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les banques et au taux maximum fix&#233; par la Banque centrale. Le CGAP s'engage &#224; assurer la r&#233;ussite des strat&#233;gies permettant de lever cet obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'inclusion financi&#232;re des pauvres, un moyen pour s'enrichir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication des banques priv&#233;es dans le financement des IMF, n'est pas chose nouvelle. Au-del&#224; des dons et du financement fourni par des organismes publics nationaux et internationaux, les banques repr&#233;sentaient 80 % de financement des IMF en 2012, et cela &#233;tait d&#233;j&#224; le cas &#224; l'origine des IMF |8|. Dans son rapport annuel 1998, la fondation Zakoura |9| &#233;crivait que 75 % de son capital consacr&#233; aux microcr&#233;dits &#233;tait financ&#233; par le secteur bancaire. L'investissement des banques priv&#233;es dans la microfinance au Maroc montre la rentabilit&#233; escompt&#233;e sur ce march&#233; : d'une part, la population potentiellement concern&#233;e est estim&#233;e &#224; un million de clients ; d'autre part, le secteur est hautement lucratif : depuis leur cr&#233;ation, les organismes de microfinance ont distribu&#233; environ 50 milliards de dirhams |10|, dont la majeure partie &#233;tait destin&#233;e aux microcr&#233;dits. Si on applique le taux d'int&#233;r&#234;t moyen de 33 % qui est celui pratiqu&#233; par les IMF, les clients ont d&#251; payer environ 67 milliards de dirhams (capital+ int&#233;r&#234;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, le secteur financier utilise les IMF pour atteindre la plus grande majorit&#233; de la population, y compris les plus pauvres et pouvoir ainsi avoir une mainmise sur l'ensemble de la population. Les institutions financi&#232;res internationales pr&#233;sentent cela comme une forme de lutte contre la pauvret&#233;, pauvret&#233; qu'elles ont largement contribu&#233; &#224; aggraver par leurs plans d'ajustement structurel et les diff&#233;rentes r&#233;formes du secteur financier qu'elles ont promues dans l'ensemble des pays du Sud. Mais, dans la pratique, la bancarisation des pauvres ne vise pas la satisfaction de leurs besoins, en leur accordant des services financiers. Bien au contraire, la pr&#233;carit&#233; devient un march&#233; attractif pour les investisseurs et parfaitement lucratif. Le microcr&#233;dit constitue donc un nouvel outil de transfert des richesses des pauvres vers les riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Plan&#232;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Cette &#233;tude est aujourd'hui disponible en arabe, &#1606;&#1592;&#1575;&#1605; &#1575;&#1604;&#1602;&#1585;&#1608;&#1590; &#1575;&#1604;&#1589;&#1594;&#1585;&#1609;&#1548; &#1601;&#1602;&#1585;&#1575;&#1569; &#1610;&#1605;&#1608;&#1604;&#1608;&#1606; &#1571;&#1594;&#1606;&#1610;&#1575;&#1569; . La version en fran&#231;ais est en cours de pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Il n'y a pas de statistiques officielles &#224; ce sujet, mais diff&#233;rentes &#233;tudes partielles, r&#233;alis&#233;es par les IMC, la FNAM, ou celle r&#233;alis&#233;e par Attac Maroc convergent pour dessiner un m&#234;me profil des clients de la microfinance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Dans l'&#233;chantillon de l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e par Attac Maroc, le pourcentage d'analphab&#232;tes d&#233;passe les 57 % et s'&#233;l&#232;ve &#224; 67 % chez les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Selon la Banque centrale &#171; Bank Al-Maghrib &#187; le taux d'int&#233;r&#234;t maximum jusqu'au 31 mars 2016 est de 14,38 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Voir &#224; ce sujet l'exp&#233;rience argentine d&#233;crite dans ce m&#234;me num&#233;ro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Selon les r&#233;sultats d'une &#233;tude de la Bank Al Maghrib (BAM) en collaboration avec la Banque mondiale sur l'inclusion financi&#232;re, le taux de bancarisation au Maroc a atteint 62 % au terme du premier semestre 2014. &lt;a href=&#034;http://www.challenge.ma/bank-al-mag..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.challenge.ma/bank-al-mag..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Groupe consultatif pour l'assistance aux plus pauvres, institution cr&#233;&#233;e par la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| FNAM, Le livre blanc du microcr&#233;dit au Maroc, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| La Fondation Zakoura, est une IMF fond&#233;e en 1997, qui a fusionn&#233; avec une autre association de microcr&#233;dit , &#224; cause d'une crise des impay&#233;s, voir : &lt;a href=&#034;http://moroccomicrofinanceblog.blog..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://moroccomicrofinanceblog.blog..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| &lt;a href=&#034;http://www.cm6-microfinance.ma/uplo..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cm6-microfinance.ma/uplo..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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