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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Venezuela. &#171; C'est une curieuse guerre o&#249; Maduro r&#233;arme sans cesse ses ennemis &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Venezuela-C-est-une-curieuse-guerre-ou-Maduro-rearme-sans-cesse-ses-ennemis</link>
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		<dc:date>2017-09-26T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mensuel CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 17 - septembre - 2017 | Article publi&#233; sur le site CQFD &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise politique qui met le Venezuela en &#233;bullition depuis des mois est au c&#339;ur d'une guerre d'information et de propagande qui s'invite m&#234;me, quoique &#224; d'autres fins, dans le d&#233;bat politique fran&#231;ais. Au-del&#224; des discours binaires, nous avons voulu prendre le risque de la complexit&#233; avec Fabrice Andreani, doctorant &#224; Lyon-II, qui travaille sur la r&#233;volution bolivarienne. &lt;br class='autobr' /&gt; CQFD : En janvier 2016, dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-19&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH68/arton31930-d44ff.png?1781505707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='68' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 17 - septembre - 2017 | Article publi&#233; sur le site CQFD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise politique qui met le Venezuela en &#233;bullition depuis des mois est au c&#339;ur d'une guerre d'information et de propagande qui s'invite m&#234;me, quoique &#224; d'autres fins, dans le d&#233;bat politique fran&#231;ais. Au-del&#224; des discours binaires, nous avons voulu prendre le risque de la complexit&#233; avec Fabrice Andreani, doctorant &#224; Lyon-II, qui travaille sur la r&#233;volution bolivarienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CQFD&lt;/a&gt; : En janvier 2016, dans CQFD, vous analysiez avec Marc Saint-Up&#233;ry les crises du Venezuela post-Ch&#225;vez. Comment les choses ont-elles &#233;volu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fabrice Andreani. &lt;/strong&gt; La victoire de la coalition d'opposition antichaviste de la Table de l'Unit&#233; d&#233;mocratique (MUD) aux l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2015 avait signifi&#233; la perte par le parti au pouvoir, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), et ses alli&#233;s de plus de 2 millions de voix, principalement en raison de l'abstention dans les barrios, les quartiers populaires, d&#233;mobilis&#233;s depuis la mort de Ch&#225;vez en 2013. Ce sur fond de g&#233;n&#233;ralisation des p&#233;nuries de biens r&#233;gul&#233;s ou subventionn&#233;s et du recours au march&#233; noir, et de taux d'inflation exponentiels. Mais aussi de brutalisation et d'extension in&#233;dites de la violence d'&#201;tat. Celle-ci, apr&#232;s avoir d&#233;clin&#233; entre 1999 et 2008, s'est d'abord manifest&#233;e par le harc&#232;lement judiciaire, policier et milicien des dissidents du PSUV (ouvriers syndicalistes, paysans, indig&#232;nes), avant de s'&#233;tendre aux &#233;tudiants et &#233;lus du MUD qui r&#233;clamaient le d&#233;part de Maduro entre f&#233;vrier et mai 2014. Or elle a pris un visage autrement l&#233;tal en 2015, &#224; travers une chasse aussi illusoire que spectaculaire aux ill&#233;galismes populaires ordinaires &#8211; notamment la petite et moyenne contrebande &#8211;, sold&#233;e par des milliers d'expulsions de logements publics et plusieurs dizaines d'ex&#233;cutions sommaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais au Venezuela au printemps 2016, quand on a commenc&#233; &#224; parler de crise humanitaire. A part des fruits et l&#233;gumes locaux et du pain &#231;&#224; et l&#224;, l'achat de tout produit de base &#8211; farine, huile, lait, margarine, savon, couches, tampons, parac&#233;tamol, pr&#233;servatifs&#8230; &#8211;implique alors de faire des queues interminables ou de payer au prix fort au revendeur du coin. L'&#233;migration a gagn&#233; toutes les classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes et pillages, qui avaient presque disparu sous Ch&#225;vez, se sont banalis&#233;s, comme d'ailleurs les lynchages de voleurs ou suppos&#233;s tels. Le tout dans un contexte o&#249; le taux d'homicide est cinquante fois plus &#233;lev&#233; qu'en Europe et que 95% des crimes et d&#233;lits sont irr&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la MUD a &#233;t&#233; priv&#233;e de sa majorit&#233; des deux tiers &#224; l'Assembl&#233;e nationale, qui augurait d'une quasi-cohabitation. Le Tribunal supr&#234;me de Justice, dont le mandat a &#233;t&#233; renouvel&#233; avant la date l&#233;gale par la majorit&#233; PSUV sortante, a en effet invalid&#233; l'&#233;lection de d&#233;put&#233;s indig&#232;nes sur des soup&#231;ons de fraude (&#224; ce jour non av&#233;r&#233;e), puis cass&#233; toutes les lois vot&#233;es, dont l'entr&#233;e dans le pays d'une aide humanitaire, d&#233;nonc&#233;e comme un &#171; cheval de Troie imp&#233;rialiste &#187;&#8230; Maduro a ensuite d&#233;cr&#233;t&#233; un &#233;tat d'exception et d'urgence &#233;conomique. D'un c&#244;t&#233;, il a institu&#233; un r&#233;seau de comit&#233;s de militants PSUV qui revendent directement les vivres achemin&#233;s par l'arm&#233;e. De l'autre, il a lanc&#233; l'Arc minier de l'Or&#233;noque, &#224; savoir 12% du territoire vou&#233; &#224; &#234;tre exploit&#233; &#224; ciel ouvert pour extraire des minerais (or, argent, diamant, bauxite, coltan, cobalt&#8230;), par une entreprise militaire li&#233;e &#224; son entourage et par des multinationales chinoises, russes et nord-am&#233;ricaines &#8211; au m&#233;pris des droits vitaux des populations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; ces diverses irr&#233;gularit&#233;s, la MUD a lanc&#233; une proc&#233;dure pour r&#233;voquer Maduro par r&#233;f&#233;rendum &#8211; r&#233;clam&#233;e aussi par nombre de chavistes. Mais le Conseil national &#233;lectoral (CNE) en a chang&#233; les r&#232;gles plusieurs fois en cours de route. Avant de l'annuler in extremis, et ce apr&#232;s avoir suspendu au passage les &#233;lections r&#233;gionales, mais aussi syndicales, o&#249; le PSUV ne tient plus les deux grandes industries, le p&#233;trole et la sid&#233;rurgie. Donc, d&#232;s l'automne 2016, les manifestations convoqu&#233;es par la MUD et les organisations &#233;tudiantes ont coexist&#233; avec des protestations populaires intermittentes. Si bien qu'entre deux pas de salsa et des blagues sur sa &#171; di&#232;te &#187; &#224; la t&#233;l&#233;, Maduro a d&#251; &#233;courter en catastrophe des inaugurations d'infrastructures dans des barrios &#8211; suivies d'arrestations et de condamnations. Depuis la fin du mois de mars, quand le Tribunal supr&#234;me a d&#233;cid&#233; de se substituer au Parlement et que Luisa Ortega, la procureure g&#233;n&#233;rale &#8211; chaviste &#8211; a d&#233;nonc&#233; une rupture de l'ordre constitutionnel, la rue n'a pas d&#233;sempli. D'autant moins que le 1er-Mai, apr&#232;s une trentaine de morts, des centaines d'arrestations et une s&#233;rie de peines d'in&#233;ligibilit&#233; contre des &#233;lus de la MUD, Maduro a sorti de son chapeau l'id&#233;e d'une Assembl&#233;e constituante toute-puissante. Contrairement &#224; Ch&#225;vez en 1999, il refuse de soumettre &#224; r&#233;f&#233;rendum le mode d'&#233;lection taill&#233; sur mesure pour le PSUV [1]. L'opposition a boycott&#233; l'&#233;lection cette Constituante [voir &#224; ce sujet les articles publi&#233;s sur le site Alencontre.org] institu&#233;e en ao&#251;t dans des conditions plus que douteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La procureure dissidente Luisa Ortega a depuis fui le pays, d&#233;non&#231;ant la corruption de Maduro et consorts. De quelles forces politiques dispose concr&#232;tement le gouvernement ? Y a-t-il une autre opposition que la droite lib&#233;rale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re victoire de la Constituante a &#233;t&#233; de destituer la &#171; tra&#238;tresse &#187; Luisa Ortega, &#224; la t&#234;te du minist&#232;re public depuis 2007. Trop connue pour finir avec une balle dans la t&#234;te &#224; domicile, elle a &#233;t&#233; mise en garde par l'enl&#232;vement de sa fille et sa petite-fille en f&#233;vrier alors qu'elle &#233;tait au Br&#233;sil. En faisant dissidence, elle est bien plac&#233;e pour savoir ce qui lui pend au nez si rien ne bouge c&#244;t&#233; PSUV : au mieux, finir en voiture-balai du flanc gauche de la MUD ; au pire, croupir dans une prison militaire avec ceux dont elle ne s'est gu&#232;re souci&#233;e les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes [2]. Ou encore fuir, quitte &#224; pouvoir &#234;tre amen&#233;e, faute de protection suffisante, &#224; balancer des noms &#224; l'Agence Anti-Drogue am&#233;ricaine (DEA &#8211; La Drug Enforcement Administration (DEA) structure &#233;tatsuniennne pr&#233;sente dans de nombreux pays d'Am&#233;rique du Sud] pr&#233;sente en &#233;change de l'asile politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, elle a expliqu&#233; ne pas pouvoir rappeler les protestataires &#224; la loi face &#224; un pouvoir clamant &#171; Qui n'est pas avec nous est terroriste &#187; (dixit Maduro), et alors que les exactions sont devenues la norme [3]. Avant d'embarquer avec ses dossiers dans un go-fast [une fuite] pour rejoindre la Colombie puis le Br&#233;sil aux c&#244;t&#233;s de son mari et de coll&#232;gues juristes &#233;galement menac&#233;s, Ortega a affirm&#233; que sur la grosse centaine de d&#233;c&#232;s survenus depuis avril, environ 25% &#233;taient dus aux forces de l'ordre, et 40% aux paramilitaires pro-gouvernementaux. A quoi s'ajoutent des morts aux causes plus confuses d'&#233;meutiers et de badauds, ainsi que des assassinats de militants et de repr&#233;sentants chavistes, et de policiers et militaires [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le &#171; madurisme &#187; repose fondamentalement sur les chefferies politico-militaires des administrations et des entreprises publiques, et sur des r&#233;seaux de trafics de devises, de contrebande et de drogues. A quoi il faut ajouter l'appui d'une client&#232;le de 10 &#224; 15% du corps &#233;lectoral, dont une minorit&#233; g&#232;re les miettes [de la rente] que le restant grappille &#224; condition de rester dans le rang. La Constituante monocolore n'a en toute probabilit&#233; pas mobilis&#233; plus de la moiti&#233; des 8 millions de votants annonc&#233;s &#8211; sur fond de chantage g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; l'emploi public et &#224; l'aide alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la &#171; trahison &#187; d'Ortega et au fil des centaines de cas d'insubordination militaire, une partie du PSUV et de ses alli&#233;s esp&#233;rait sans doute un signal venu des rangs sup&#233;rieurs de l'arm&#233;e, et vice versa. Mais nonobstant la dissidence de trois d&#233;put&#233;s PSUV, l'appel &#224; la r&#233;bellion d'un pilote d'h&#233;licopt&#232;re au-dessus de Caracas en juillet, ou l'attaque civilo-militaire d'une caserne dans la ville populaire de Valencia en ao&#251;t 2007, c'est le statu quo qui a pr&#233;valu. Qu'il s'agisse de la Plateforme en D&#233;fense de la Constitution, lanc&#233;e mi-2016 par des ex-ministres, intellectuels et haut grad&#233;s, ou de Marea Socialista [voir sur ce th&#232;me la plate-forme publi&#233;e le 29 juillet 2017], rassemblement politique dissident du PSUV, aucun groupe chaviste anti-maduriste ne peut se pr&#233;valoir d'une base populaire significative. Le Parti Socialisme et libert&#233;, autonome du PSUV depuis 2008 et ancr&#233; dans le monde syndical, a cr&#233;&#233; avec Marea socialista et des collectifs de barrios une Plateforme du peuple en lutte et du chavisme critique. Mais il doit encore lutter contre l'id&#233;e, largement r&#233;pandue &#224; gauche, selon laquelle occuper la rue fait le jeu de la droite. Point sur lequel il rejoint les anarchistes proches du mensuel El Libertario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coalition d'opposition MUD gravite, grosso modo, au centre droit &#8211; ses partis allant de l'extr&#234;me gauche post-mao&#239;ste &#224; la droite lib&#233;rale-conservatrice, en passant par diverses formes de social-d&#233;mocratie. Mais ces &#233;tiquettes passent g&#233;n&#233;ralement au second plan dans les mobilisations qui r&#233;unissent jusqu'&#224; quelques centaines de milliers d'individus. Et qui d&#233;passent le million &#224; l'&#233;chelle de ce pays de 31 millions d'habitants lorsque s'y m&#234;lent les &#233;tudiants, les salari&#233;&#183;e&#183;s du priv&#233;, les personnels de sant&#233; et les enseignants. Comme face &#224; tout Etat ou &#171; bande d'hommes en armes &#187; (comme dirait Engels) qui arnaque et maltraite dans une novlangue &#171; socialiste &#187;, le discours &#171; anticommuniste &#187; &#8211; et ici, anticubain &#8211; est certes pr&#233;sent dans la rue, notamment chez les &#233;tudiants. Mais, plus au nom d'un lib&#233;ralisme primordialement politique que d'un ultralib&#233;ralisme &#233;conomique qui a toujours fait long feu dans ce pays p&#233;trolier [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi du racisme &#8211; plus de classe que de race &#8211; dans les franges ais&#233;es de la MUD, mais il est trop minoritaire pour expliquer &#224; lui seul la faible mobilisation de la base chaviste anti-maduriste. En r&#233;alit&#233;, la culture de la protestation de rue, toujours forte dans les barrios, y est contenue par les &#171; informateurs sociaux &#187; du PSUV et les paramilitaires. Cette m&#234;me culture est en revanche totalement &#233;trang&#232;re aux jeunes de classes moyennes qui ont soutenu la R&#233;volution. En somme, derri&#232;re la critique confortable des cort&#232;ges de t&#234;te qualifi&#233;s de violents et droitiers &#8211; alors qu'&#233;minemment pluriels &#8211;, la peur de la r&#233;pression reste un grand moteur de dissuasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains observateurs avancent que la situation, comparable &#224; celle du Chili en 1973, r&#233;sulte d'une &#171; guerre &#233;conomique imp&#233;rialiste &#187;. Qu'en est-il selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'Etat d'avril 2002, puis le lock-out p&#233;trolier et commercial l'hiver suivant, l'un et l'autre appuy&#233;s par les m&#233;dias priv&#233;s et les Etats-Unis, mais d&#233;faits par une vaste contre-offensive populaire et militaire, forment la matrice originelle de l'analogie chilienne. Ch&#225;vez voulait enrayer la privatisation rampante de l'entreprise p&#233;troli&#232;re PDVSA et lancer une r&#233;forme agraire. Les g&#233;rants de PDVSA et le grand patronat ont alors mis&#233;, en se trompant, sur sa chute. D'o&#249; la d&#233;cision de r&#233;instaurer un contr&#244;le des changes, pour parer la fuite de capitaux. Mais cela a g&#233;n&#233;r&#233;, avec la complicit&#233; des hauts-fonctionnaires chavistes, un business hyper-rentable, via la falsification d'importations et la revente au march&#233; noir des p&#233;trodollars assign&#233;s par l'&#201;tat pour les payer. Pour le plus grand b&#233;n&#233;fice des patrons dans le giron du pouvoir, notamment ceux en charge des entreprises publiques ou sous-traitantes. Le secteur priv&#233;, forc&#233; d'&#234;tre plus scrupuleux sous peine de nationalisation, a int&#233;gr&#233; ce business plus tardivement. Sur la bagatelle de mille milliards de p&#233;trodollars engrang&#233;s sur la p&#233;riode 2003-2013, un petit quart s'est &#233;vapor&#233;, avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; comptabilis&#233; par l'Etat, et un autre gros quart s'est perdu dans les op&#233;rations d'allocation de devises &#224; des importateurs qui sp&#233;culent, de diverses mani&#232;res, avec les devises obtenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, tandis que le secteur p&#233;trolier et les entreprises nationalis&#233;es (acier, ciment, &#233;lectricit&#233;, etc.) tournaient au ralenti &#8211; entre manque d'entretien, scandales de corruption et gr&#232;ves &#224; r&#233;p&#233;tition &#8211;, l'euphorie renti&#232;re &#233;tait telle que l'&#201;tat a continu&#233; de s'endetter pour financer nombre de grands projets : des satellites de TeleSur aux centaines de milliers de logements octroy&#233;s dans la derni&#232;re campagne de Ch&#225;vez (2012), en passant par nombre d'infrastructures qui n'ont jamais vu le jour (lignes de m&#233;tro et de train, ponts, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PDVSA a m&#234;me contract&#233; des dettes en nature aupr&#232;s de la Chine &#8211; ce qui n'&#233;tait viable que si le prix du p&#233;trole reste &#233;lev&#233;. Manque de chance, les cours du brut s'effondrent en 2014, faisant litt&#233;ralement exploser l'&#233;cart entre taux de change officiels et officieux du dollar &#8211; &#233;cart qui assurait d&#233;j&#224; des marges d'au moins 100% aux &#171; agents de la guerre &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la chute des cours du brut est en partie un effet de la croissance de la production de p&#233;trole de schiste aux &#201;tats-Unis, elle ne r&#233;sulte d'aucun plan concert&#233;&#8230; Pas plus que la fuite de capitaux, la p&#233;nurie et l'hyper-inflation, sans parler de l'&#233;vasion de millions de billets de 100 bolivars &#8211; de valeur quasi nulle et qui servent &#224; fabriquer des faux dollars [en utilisant le papier &#171; nettoy&#233;s].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique bien l'&#233;conomiste marxiste Manuel Sutherland &#8211; limog&#233; l'an pass&#233; de l'Universit&#233; bolivarienne &#8211;, la R&#233;volution bolivarienne a r&#233;ussi &#224; faire du trafic de devises &#171; le business le plus rentable de l'histoire du capitalisme &#187;, et tout le reste en d&#233;coule. C'est une curieuse guerre, ajoute-t-il, o&#249; Maduro et consorts r&#233;arment sans cesse leurs ennemis qu'ils d&#233;noncent depuis tant d'ann&#233;es. Le fait est qu'ils pr&#233;f&#232;rent payer rubis sur l'ongle une dette &#171; odieuse &#187;, y compris aupr&#232;s de Wall Street, plut&#244;t que de la restructurer &#8211; sans doute moins par divergence avec le FMI que pour &#233;viter tout audit qui d&#233;voilerait l'identit&#233; des op&#233;rateurs de ce v&#233;ritable casse du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il aurait suffi d'&#233;conomiser un petit dixi&#232;me du pactole engrang&#233; depuis 2003 pour payer plus de trois ans d'importations aux niveaux faramineux de 2012. Par ailleurs, le fait que des groupuscules maduristes pr&#244;nent un n&#233;o-stakhanovisme agraire dans des communes isol&#233;es n'a que peu de prise sur l'activit&#233; du reste de la population, urbaine &#224; 90% et pour moiti&#233; auto-salari&#233;e dans le secteur marchand informel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trump a r&#233;cemment &#233;voqu&#233; &#171; une possible option militaire si n&#233;cessaire &#187;. Est-ce cr&#233;dible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus le D&#233;partement d'Etat que le Pentagone ou la CIA ne prennent au s&#233;rieux la moindre d&#233;claration de Trump sur l'international. Tous les dirigeants r&#233;gionaux, alli&#233;s ou non, ont condamn&#233; ces propos. De m&#234;me, le conseiller &#224; la S&#233;curit&#233; nationale de la Maison Blanche, puis le vice-pr&#233;sident. Ce qui inqui&#232;te, surtout &#224; Bogot&#225; et Brasilia, c'est plut&#244;t la possibilit&#233; d'une guerre civile, avec &#224; la cl&#233; un exode de population encore plus spectaculaire que l'actuel. Un sc&#233;nario d'autant plus sombre qu'il correspondrait &#224; une forme de &#171; libanisation &#187; (comme au Liban, avec des r&#233;gions bases d'affrontement) du conflit, qui serait plus multi-bandes que binaire. Les (narco-)paramilitaires d'extr&#234;me droite d&#233;mobilis&#233;s en Colombie et pr&#233;sents dans les Andes y auraient, &#224; l'instar des pseudo-gu&#233;rillas de gauche c&#244;t&#233; Llanos (Sud), tout autant de chance de se lier &#224; des repr&#233;sentants de la MUD que du PSUV, pour des raisons pragmatiquement commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dans ce syst&#232;me, les communes rurales de 10 000 &#226;mes p&#232;sent autant que des villes de 800 000 habitants, avec en prime un volet corporatif qui exclut plus de 5 millions de citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Comme le g&#233;n&#233;ral Baduel, qui a soutenu Ch&#225;vez contre le putsch de 2002, mais opposant &#224; la r&#233;forme &#171; socialiste &#187; de la Constitution de 2007, pass&#233;e via des d&#233;crets-lois. Ou encore le conservateur Leopoldo Lopez, qui a pris 13 ans ferme, jug&#233; &#171; responsable &#187; de la quarantaine de morts survenues lors du mouvement de 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Des lacrymos, Flash-Balls et plombs tir&#233;s &#224; bout pourtant par les gendarmes, aux balles des paramilitaires &#224; moto &#224; leurs c&#244;t&#233;s, en passant par les proc&#232;s devant les tribunaux militaires, les mutilations de d&#233;tenus ou encore la traque des jeunes hommes dans les immeubles avoisinant des barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Dont quelques cas, mis en avant et instrumentalis&#233;s par le r&#233;gime, de chavistes lynch&#233;s ou br&#251;l&#233;s vifs &#8211; sur fond de r&#232;glements de compte et/ou d'incitations d'agents en civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Les &#233;meutes anti-FMI du Caracazo en 1989 en sont l'exemple type. La m&#233;moire des milliers de morts de la r&#233;pression a servi de porte-drapeau &#224; l'entr&#233;e en sc&#232;ne de Ch&#225;vez, lors de son putsch rat&#233; de 1992.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Note A l'Encontre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon l'AFP du 16 septembre 2017 : &#171; Sous l'&#233;gide du gouvernement dominicain et des Nations unies, gouvernement et opposition se sont mis d'accord jeudi &#224; Saint-Domingue sur la cr&#233;ation d'un groupe de pays amis afin de mener de futures n&#233;gociations. Ils se r&#233;uniront &#224; nouveau le 27 septembre. L'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne a assorti ces pourparlers au respect de conditions parmi lesquelles figure un &#8220;calendrier &#233;lectoral&#8221; incluant la pr&#233;sidentielle de fin 2018, la lib&#233;ration de 590 &#8220;prisonniers politiques&#8221;, le &#8220;respect&#8221; du Parlement dont les pouvoirs ont &#233;t&#233; confisqu&#233;s par la Constituante et la lev&#233;e des sanctions qui emp&#234;chent certains opposants de se pr&#233;senter &#224; des &#233;lections. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, pour donner l'apparence d'une ind&#233;pendance face au dollar, Maduro affirme, il y a deux jours, que des ventes de p&#233;trole sont libell&#233;es en yuans chinois, ce qui est, en fait, une exigence de P&#233;kin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon, l'AFP du 14 septembre 2017 : &#171; Confront&#233; &#224; une crise alimentaire et &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent, le Venezuela semble d&#233;termin&#233; &#224; combler ses carences. Le gouvernement, sous l'impulsion du pr&#233;sident Maduro, a annonc&#233;, mercredi, la mise en place, d&#232;s le 4 octobre prochain, d'un nouveau plan d'agriculture urbaine. Dans ce cadre figure notamment le &#171; plan lapin &#187; afin de d&#233;velopper l'&#233;levage du rongeur, et inciter les habitants &#224; en manger. &#171; Il y a un probl&#232;me culturel parce qu'on nous a appris que les lapins &#233;taient des animaux mignons &#187;, a d&#233;plor&#233; cette semaine le ministre de l'Agriculture, Freddy Bernal, lors d'une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e. &#171; Un lapin n'est pas un animal de compagnie. C'est deux kilos et demi de viande riche en prot&#233;ines, sans cholest&#233;rol. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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