<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=8989&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>En Amazonie, Lula chasse les orpailleurs et tente de faire revenir l'&#201;tat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Amazonie-Lula-chasse-les-orpailleurs-et-tente-de-faire-revenir-l-Etat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/En-Amazonie-Lula-chasse-les-orpailleurs-et-tente-de-faire-revenir-l-Etat</guid>
		<dc:date>2023-04-11T06:46:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-04-11</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Abandonn&#233; durant tout le mandat de Jair Bolsonaro, le peuple indig&#232;ne des Yanomami est en situation d'urgence sanitaire, cons&#233;quence de l'invasion de son territoire par des milliers de chercheurs d'or clandestins. Revenu au pouvoir en janvier, le pr&#233;sident br&#233;silien d&#233;ploie des moyens massifs et tente de marquer sa diff&#233;rence. &lt;br class='autobr' /&gt; 9 avril 2023 | tir&#233; de mediapart.fr | Arrestation d'un orpailleur ill&#233;gal lors d'une op&#233;ration contre la d&#233;forestation en Amazonie sur le territoire yanomami, le 24 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-04-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-04-11&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/2-23-d2f97.png?1781034335' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abandonn&#233; durant tout le mandat de Jair Bolsonaro, le peuple indig&#232;ne des Yanomami est en situation d'urgence sanitaire, cons&#233;quence de l'invasion de son territoire par des milliers de chercheurs d'or clandestins. Revenu au pouvoir en janvier, le pr&#233;sident br&#233;silien d&#233;ploie des moyens massifs et tente de marquer sa diff&#233;rence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9 avril 2023 | tir&#233; de mediapart.fr | &lt;i&gt;Arrestation d'un orpailleur ill&#233;gal lors d'une op&#233;ration contre la d&#233;forestation en Amazonie sur le territoire yanomami, le 24 f&#233;vrier 2023. &#169; Photo Alan Chaves / AFP &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/090423/en-amazonie-lula-chasse-les-orpailleurs-et-tente-de-faire-revenir-l-etat?utm_source=quotidienne-20230409-171815&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=QUOTIDIENNE&amp;utm_content=&amp;utm_term=&amp;xtor=EREC-83-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/090423/en-amazonie-lula-chasse-les-orpailleurs-et-tente-de-faire-revenir-l-etat?utm_source=quotidienne-20230409-171815&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=QUOTIDIENNE&amp;utm_content=&amp;utm_term=&amp;xtor=EREC-83-&lt;/a&gt;[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20230409-171815&amp;M_BT=733272004833&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rio de Janeiro (Br&#233;sil).&#8211; Au milieu de la nuit du 23 au 24 f&#233;vrier, sept voadeiras, ces grandes barques rapides qui peuvent transporter jusqu'&#224; quatre tonnes de charge, glissent silencieusement sur la rivi&#232;re Uraricoera. Elles sont remplies de cassit&#233;rite, convoit&#233;e pour sa teneur en &#233;tain et extraite ill&#233;galement, tout comme l'or, du territoire autochtone (TI) yanomami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les occupants des bateaux sectionnent le c&#226;ble de 240 m&#232;tres r&#233;cemment tendu entre les deux berges par l'Ibama, l'autorit&#233; charg&#233;e de la protection de l'environnement, pour contr&#244;ler les all&#233;es et venues. Post&#233;s dans une base provisoire install&#233;e dans le village de Palimiu, des agents interviennent. Ils sont pris pour cible et ripostent. Un orpailleur est tu&#233;. C'est la premi&#232;re confrontation d'une op&#233;ration massive lanc&#233;e d&#233;but f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus t&#244;t, le 21 janvier, un Lula &#224; peine intronis&#233; se rend dans l'&#201;tat du Roraima et promet de mettre fin &#224; l'orpaillage ill&#233;gal sur les terres autochtones. 20 000 orpailleurs se trouvent alors sur ce territoire habit&#233; par 30 000 Yanomami et Yek'wana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux cam&#233;ras, leur drame est expos&#233; sans filtre : les images d'enfants aux corps d&#233;charn&#233;s, tourment&#233;s par la faim et les maladies, envahissent les &#233;crans et choquent le Br&#233;sil. L'an pass&#233;, une centaine d'enfants de moins de 5 ans sont d&#233;c&#233;d&#233;s dans le territoire, o&#249; le taux de mortalit&#233; infantile est dix fois sup&#233;rieur &#224; celui du reste du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son cort&#232;ge de pollution, drogues et violences sexuelles, la pr&#233;sence des orpailleurs d&#233;structure des communaut&#233;s enti&#232;res. Apr&#232;s quatre ans de d&#233;nonciations incessantes, Mauricio Yek'wana, de l'association Hutukara, se sent en partie soulag&#233;. &lt;i&gt;&#171; Enfin, le gouvernement a ouvert les yeux. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, on ne gesticule plus en vain. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'immenses moyens sont d&#233;sormais d&#233;ploy&#233;s, tandis qu'une enqu&#234;te pour g&#233;nocide visant notamment des membres du gouvernement sortant est lanc&#233;e. Toute une palanqu&#233;e d'institutions est mobilis&#233;e : minist&#232;re de l'environnement, Ibama, police f&#233;d&#233;rale, Funai (organisme charg&#233; de la protection des autochtones) et forces arm&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Gr&#226;ce &#224; cette coop&#233;ration, nos actions sont assez efficaces pour le momen&lt;/i&gt;t, estime Diego Bueno, num&#233;ro deux de l'Ibama dans l'&#201;tat. &lt;i&gt;On d&#233;truit leurs infrastructures sur zone, mais nous travaillons aussi &#224; &#233;trangler leurs routes d'approvisionnement. En m&#234;me temps qu'on bloque la logistique terrestre hors du TI, en contr&#244;lant les camions qui alimentent les ports et a&#233;roports clandestins, on s'attaque aux routes fluviales et a&#233;riennes qui p&#233;n&#232;trent au c&#339;ur du territoire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace a&#233;rien au-dessus de ce territoire enclav&#233; a ainsi &#233;t&#233; ferm&#233; et les avions de chasse sont autoris&#233;s &#224; abattre les contrevenants. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les coucous du garimpo, l'orpaillage clandestin, le survolaient en toute impunit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Des bases permanentes vont &#234;tre install&#233;es pour reprendre cette terre aux envahisseurs. En continuant sur cette lanc&#233;e, on peut r&#233;duire radicalement leur pr&#233;sence, et peut-&#234;tre en finir avec cette activit&#233; ill&#233;gale &#187;&lt;/i&gt;, assure Diego Bueno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula semble en tout cas pr&#234;t &#224; mettre les moyens car, pour lui, l'op&#233;ration est &#224; la fois une promesse de campagne, une question symbolique et une opportunit&#233; diplomatique. Apr&#232;s quatre ans d'un gouvernement promouvant l'exploitation sans limites de l'Amazonie, il veut signer le retour de l'&#201;tat dans cette r&#233;gion abandonn&#233;e aux int&#233;r&#234;ts de l'&#233;conomie de la destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est une occasion de montrer du concret sur la pr&#233;servation de l'Amazonie et de se pr&#233;senter &#224; l'ext&#233;rieur comme incontournable sur l'environnement &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Frances Rodrigues, professeur &#224; l'universit&#233; f&#233;d&#233;rale du Roraima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion pr&#233;c&#233;dente a tourn&#233; le dos aux pays frontaliers, tout en sapant la cr&#233;dibilit&#233; de la diplomatie br&#233;silienne. La nouvelle administration esp&#232;re inverser la tendance en faisant de l'Amazonie un instrument pour r&#233;cup&#233;rer son influence internationale. En 2023, Lula veut notamment renouer les liens avec ses voisins lors d'une rencontre entre pays du bassin amazonien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_41391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/bresil_roraima.png?41391/73558d2ce80dc767de96d64c59ef0e16191c3d3c3941d68b2c6e0d6c1c884803' width='450' height='617' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#169; Infographie Mediapart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration, les premiers r&#233;sultats se font sentir, t&#233;moigne Mauricio. Par avion pour les plus fortun&#233;s, en bateau pour les plus chanceux et &#224; pied pour les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s, &lt;i&gt;&#171; nombre d'orpailleurs ont quitt&#233; notre territoire. Le gouvernement encourage les sorties spontan&#233;es, avec des couloirs a&#233;riens ouverts jusqu'au 6 avril, date butoir pour les derniers volontaires au d&#233;part &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible d'estimer la quantit&#233; exacte d'orpailleurs restants, pr&#233;cise toutefois l'Ibama. Dans la r&#233;gion du fleuve Uraricoera, o&#249; le c&#226;ble a &#233;t&#233; install&#233;, les orpailleurs semblent bien moins nombreux, mais ailleurs sur le territoire, au moins 94 nouvelles mines ou sites en expansion ont &#233;t&#233; recens&#233;s depuis le 20 f&#233;vrier. Moins promptes &#224; fuir qu'&#224; tirer parti de la moindre br&#232;che, des organisations qui financent l'orpaillage profiteraient de ces couloirs a&#233;riens pour continuer d'approvisionner leurs sites. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#123125;Rien n'est facile sur cet immense territoire, et malgr&#233; les efforts du gouvernement, on compte toujours les morts chez les Yanomami. Si un h&#244;pital de campagne est annonc&#233; dans le village de Surucucu, c&#339;ur de l'intervention sanitaire, les effectifs restent insuffisants face &#224; l'ampleur du d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le territoire compte 371 aldeias (villages), certaines restant sous influence des orpailleurs, quand d'autres, comme Auaris, le village de Mauricio, doivent faire face &#224; l'explosion de cas de malaria. L'obligation de se concentrer sur ces urgences limite l'amplitude des moyens allou&#233;s aux op&#233;rations directes, et dans certaines r&#233;gions, l'orpaillage prosp&#232;re toujours sans entrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; mesure que nos actions vont s'intensifier, ceux qui ne partent pas devraient se montrer plus violents &#187;&lt;/i&gt;, anticipe Diego Bueno. Depuis la fusillade de f&#233;vrier, deux autres &#233;changes de tirs ont eu lieu en mars entre les autorit&#233;s et les envahisseurs, cette fois sans faire de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s d'approvisionnement poussent d&#233;j&#224; des orpailleurs opini&#226;tres &#224; accaparer la nourriture distribu&#233;e aux Yanomami et deux autochtones ont &#233;t&#233; tu&#233;s alors qu'ils traversaient une piste clandestine. La circulation des armes a explos&#233; sous l'influence grandissante du crime organis&#233; et les leaders autochtones sont en premi&#232;re ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julio Yek'wana, du village de Waikas, &#224; deux heures de barque de Palimiu, explique avoir &lt;i&gt;&#171; quitt&#233; l'aldeia pour fuir les repr&#233;sailles. [Il] ne [reviendra] qu'en cas de succ&#232;s de l'op&#233;ration&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Pour Mauricio, le danger est tout aussi r&#233;el en ville. &lt;i&gt;&#171; Ils ne vont pas rester sans r&#233;action, il y a toujours des cons&#233;quences. L'&#201;tat doit nous prot&#233;ger. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une poudri&#232;re pr&#234;te &#224; exploser &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, la pression des autorit&#233;s ne d&#233;courage pas tous les orpailleurs. Roberto*, interrog&#233; en septembre par Mediapart, se trouvait dans une exploitation d&#233;but f&#233;vrier. &lt;i&gt;&#171; Il y a eu une op&#233;ration mais j'ai pu me cacher et &#231;a n'a pas chang&#233; grand-chose. &#187; &lt;/i&gt;&#123125;Si une menace s'approche, l'alerte est donn&#233;e par radio ou par Internet, largement r&#233;pandu sur place, et tous se r&#233;fugient en for&#234;t, non sans avoir cach&#233; les moteurs et les r&#233;serves d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour en ville, Roberto attend l'opportunit&#233; de rempiler, certain que &lt;i&gt;&#171; le garimpo ne va pas s'arr&#234;ter &#187;&lt;/i&gt;. Beaucoup ne connaissent de toute fa&#231;on que ce travail et n'ont d'autre option que de continuer. &lt;i&gt;&#171; En attendant que cela se tasse, une partie semble migrer vers les sites du Venezuela ou du Guyana &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Frances Rodrigues. D'autres devraient rester au Br&#233;sil mais descendre 1 200 kilom&#232;tres plus au sud, pour exploiter l'or des terres des Munduruku ou des Kayapo, deux peuples d&#233;j&#224; confront&#233;s &#224; une situation tr&#232;s compliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui resteront sur place repr&#233;sentent aussi un potentiel probl&#232;me, alors que l'activit&#233; est presque une composante de l'identit&#233; locale. &lt;i&gt;&#171; Tous les habitants ont au moins un proche li&#233; de pr&#232;s ou de loin au&lt;/i&gt; garimpo. &lt;i&gt;D'o&#249; une telle acceptation du ph&#233;nom&#232;ne, personne n'y voit un crime &#187;&lt;/i&gt;, souligne Frances Rodrigues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cet ancrage profond dans la soci&#233;t&#233;, la situation peut vite d&#233;g&#233;n&#233;rer. D'autant que les fausses nouvelles visant &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser l'op&#233;ration se multiplient et qu'entrepreneurs et politiques li&#233;s au &lt;i&gt;garimpo&lt;/i&gt; soufflent sur les braises. &lt;i&gt;&#171; C'est une poudri&#232;re pr&#234;te &#224; exploser &#187;&lt;/i&gt;, soupire la professeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lino, membre d'une association d'orpailleurs, refuse une interview mais s'emporte vertement. &lt;i&gt;&#171; La situation est r&#233;voltante ! Tous les orpailleurs du Roraima se sentent crucifi&#233;s par l'&#201;tat ! &#187;&lt;/i&gt; Diego Bueno, de l'Ibama, n'exclut pas un sursaut de violence. Sous le mandat de Jair Bolsonaro, &lt;i&gt;&#171; [ils ont] d&#233;j&#224; subi des attaques coordonn&#233;es, impliquant destructions de v&#233;hicules et tentatives de sabotage, cela peut se r&#233;p&#233;ter &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 f&#233;vrier, une manifestation d'orpailleurs &#233;tait pr&#233;vue, mais la mobilisation des forces de police devant les locaux de l'Ibama a &#233;touff&#233; ces vell&#233;it&#233;s dans l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sistances fortes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'ambiance politique au Roraima ne favorise pas l'apaisement. &lt;i&gt;&#171; Notre &#201;tat est le plus bolsonariste du pays. Le gouverneur d&#233;fend l'orpaillage ill&#233;gal et personne ne fait contrepoids au sein de l'assembl&#233;e locale, souligne Frances Rodrigues. Nombre de politiques sont li&#233;s &#224; l'orpaillage, et en appr&#233;cient les ressources &#224; l'heure des &#233;lections. En face, les autochtones n'ont pratiquement aucun alli&#233; local. &#187;&lt;/i&gt; R&#233;&#233;lu en 2022, Antonio Denarium a d&#233;clar&#233; fin janvier que les Yanomami &lt;i&gt;&#171; ne peuvent plus rester au milieu de la for&#234;t, ressemblant &#224; des animaux &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula doit donc s'attendre &#224; une mobilisation politique pour limiter la port&#233;e de l'op&#233;ration en cours, estime Frances Rodrigues. &lt;i&gt;&#171; Ils ont par exemple noyaut&#233; la commission s&#233;natoriale charg&#233;e d'accompagner la crise yanomami. C'est comme mettre des renards pour surveiller un poulailler. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois s&#233;nateurs sur les cinq nomm&#233;s, dont le pr&#233;sident, sont du Roraima et partisans de l'exploitation mini&#232;re en terres autochtones. Sous pression de la soci&#233;t&#233; civile, le quorum de la commission a toutefois &#233;t&#233; amplifi&#233; en mars, pour r&#233;tablir un minimum d'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y a tellement de choses &#224; reconstruire, &#224; commencer par le syst&#232;me de sant&#233; autochtone &#187;&lt;/i&gt;, soupire Mauricio Yek'wana. L'influente famille de l'un des s&#233;nateurs de la commission y a notamment multipli&#233; les nominations,&lt;i&gt; &#171; pla&#231;ant de nombreux proches, qu'il est difficile de remplacer tant qu'ils gardent ce soutien politique &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un mandat entier marqu&#233; par une politique de d&#233;mant&#232;lement incessante, toutes les institutions li&#233;es &#224; l'environnement et aux autochtones doivent se restructurer pour retrouver leur efficacit&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale. Reste &#224; savoir si l'&#201;tat br&#233;silien a les moyens de g&#233;n&#233;raliser une telle mobilisation &#224; d'autres territoires sous pression en Amazonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diego Bueno reconna&#238;t qu'il faut &lt;i&gt;&#171; un bon alignement des plan&#232;tes. C'est tr&#232;s co&#251;teux en termes de ressources humaines et financi&#232;res &#187;&lt;/i&gt;. L'&#201;tat doit en parall&#232;le absolument am&#233;liorer la tra&#231;abilit&#233; et changer la l&#233;gislation actuelle qui permet de &#171; blanchir &#187; l'or extrait de territoires autochtones en un tournemain. Depuis 2013, la loi n'exige qu'une d&#233;claration de bonne foi sur la provenance de l'or du vendeur aux acheteurs autoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 avril, un juge de la Cour supr&#234;me a suspendu cette loi et donn&#233; 90 jours au gouvernement f&#233;d&#233;ral pour instituer un nouveau cadre l&#233;gal. Une disposition qui r&#233;jouit les autochtones et leurs alli&#233;s, et rejoint les efforts du gouvernement qui travaille depuis f&#233;vrier &#224; une nouvelle l&#233;gislation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de poursuivre ceux qui financent les mines ill&#233;gales, un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement pour le Roraima doit imp&#233;rativement &#234;tre mis en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'orpaillage a &#233;t&#233; encourag&#233; depuis les ann&#233;es 1980, sous l'impulsion du r&#233;gime militaire. Il faut maintenant une forte action de l'&#201;tat pour diversifier une &#233;conomie marqu&#233;e par un manque criant d'alternative, sous peine de voir le pass&#233; se r&#233;p&#233;ter &#187;&lt;/i&gt;, insiste Frances Rodrigues. Expuls&#233;s dans les ann&#233;es 1990, les orpailleurs ont en effet fini par revenir en masse et menacent toujours le territoire yanomami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Mathieu Albertini&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bolsonaro rejette le confinement et s'isole politiquement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bolsonaro-rejette-le-confinement-et-s-isole-politiquement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bolsonaro-rejette-le-confinement-et-s-isole-politiquement</guid>
		<dc:date>2020-04-07T07:16:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-04-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec 4 256 cas et 136 morts dimanche, la pand&#233;mie est en pleine expansion au Br&#233;sil, o&#249; le syst&#232;me de sant&#233; menace de s'effondrer. Pourtant, le pr&#233;sident br&#233;silien refuse obstin&#233;ment de prendre des mesures de quarantaine. &lt;br class='autobr' /&gt; 30 MARS 2020 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211; &#171; Nous devons revenir &#224; la normalit&#233;. [&#8230;] De mon c&#244;t&#233;, gr&#226;ce &#224; mon pass&#233; d'athl&#232;te, si je venais &#224; &#234;tre contamin&#233;, je n'aurais pas &#224; m'inqui&#233;ter. Je ne sentirais rien d'autre qu'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-04-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-04-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton42960-91ca5.jpg?1781034336' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec 4 256 cas et 136 morts dimanche, la pand&#233;mie est en pleine expansion au Br&#233;sil, o&#249; le syst&#232;me de sant&#233; menace de s'effondrer. Pourtant, le pr&#233;sident br&#233;silien refuse obstin&#233;ment de prendre des mesures de quarantaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;30 MARS 2020 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211; &lt;i&gt;&#171; Nous devons revenir &#224; la normalit&#233;. [&#8230;] De mon c&#244;t&#233;, gr&#226;ce &#224; mon pass&#233; d'athl&#232;te, si je venais &#224; &#234;tre contamin&#233;, je n'aurais pas &#224; m'inqui&#233;ter. Je ne sentirais rien d'autre qu'une petite grippe. &#187;&lt;/i&gt; En un bref discours d'&#224; peine cinq minutes, Jair Bolsonaro enterre les derniers espoirs de ceux, rares, qui osaient esp&#233;rer une r&#233;action rationnelle du pr&#233;sident contre le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas nouveau chez lui, depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie mondiale, le pr&#233;sident minimise la menace. D&#233;but mars, le pays recense d&#233;j&#224; ses premiers cas et la plupart des &#233;v&#233;nements sont annul&#233;s. Mais le dimanche 15 mars marque un tournant : ce jour-l&#224;, Jair Bolsonaro est cens&#233; &#234;tre en quarantaine apr&#232;s son voyage aux &#201;tats-Unis. Dans la d&#233;l&#233;gation de 64 personnes, 25 sont test&#233;es positives tandis que le pr&#233;sident assure &#234;tre n&#233;gatif tout en refusant de montrer ses r&#233;sultats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'une manifestation organis&#233;e par ses soutiens les plus extr&#233;mistes passe devant le palais pr&#233;sidentiel, il ne r&#233;siste pas et prend un bon bain de foule. Malgr&#233; l'avalanche de r&#233;actions n&#233;gatives, il parle d'une &lt;i&gt;&#171; hyst&#233;rie &#187;&lt;/i&gt; aliment&#233;e par les m&#233;dias et sous-entend que le coronavirus est une conspiration pour mettre &#224; mal l'&#233;conomie de l'Occident&#8230; En pleine pand&#233;mie, ce m&#233;lange d'inconscience et de conspirationnisme divise jusque dans ses rangs. En sortant pr&#233;matur&#233;ment de sa quarantaine, Bolsonaro a r&#233;ussi &#224; s'isoler politiquement et &#224; s'afficher comme l'un des chefs d'&#201;tat les plus irresponsables du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, les &lt;i&gt;panela&#231;os&lt;/i&gt; (casserolades) contre le pr&#233;sident sont quotidiens dans les grandes villes. Il tente alors de se montrer plus responsable, mais la plupart des mesures restent au stade d'annonces et ses provocations sabotent syst&#233;matiquement ses rares efforts. De son c&#244;t&#233;, son ministre de l'&#233;conomie a du mal &#224; s'&#233;manciper de son dogme ultralib&#233;ral. &lt;i&gt;&#171; Le Congr&#232;s a vot&#233; l'&#233;tat de calamit&#233; publique pour s'affranchir des r&#232;gles budg&#233;taires, mais les aides du gouvernement ne sont pas destin&#233;es en priorit&#233; aux plus vuln&#233;rables &#187;&lt;/i&gt;, soupire Cleyton Monte, professeur &#224; l'UFC (Universit&#233; f&#233;d&#233;rale du Cear&#225;). C'est le parlement qui a vot&#233; une aide mensuelle de 600 reais (107 euros) pour les travailleurs informels (40 % de la population active), quand le gouvernement avait seulement offert 200 reais mensuels. Apr&#232;s une dizaine de jours d'atermoiements, Jair Bolsonaro a fini par se r&#233;unir avec diff&#233;rentes autorit&#233;s et afficher en d&#233;but de semaine derni&#232;re une attitude plus conciliante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est mal conna&#238;tre l'homme, assure le professeur de l'UFC. &lt;i&gt;&#171; Il est incapable de cr&#233;er les conditions d'une union nationale, il fonctionne &#224; la division. Isol&#233; et sans programme clair, il a comme d'habitude besoin de crises pour se maintenir au pouvoir. &#187;&lt;/i&gt; Scotch&#233; aux statistiques de Twitter, Jair Bolsonaro constate qu'apr&#232;s le 15 mars, ses soutiens sont bien moins actifs sur les r&#233;seaux sociaux. Accul&#233;, il d&#233;cide donc de lancer sa contre-attaque pour tenter de remobiliser ses troupes. Depuis, il est en roue libre, dit ne pas croire au nombre de morts annonc&#233;s dans le monde et demande le retour au travail. Il ajoute le 27 mars : &lt;i&gt;&#171; Certains vont mourir, j'en suis d&#233;sol&#233;, mais on n'arr&#234;te pas une usine de voitures parce qu'il y a des accidents de la route. &#187;&lt;/i&gt; Le 29 mars, il sort &#224; nouveau rencontrer des Br&#233;siliens dans les rues de Bras&#237;lia. Twitter, qui exclut les publications qui vont &#224; l'encontre des recommandations de l'OMS, a supprim&#233; les deux vid&#233;os de sa balade post&#233; sur le r&#233;seau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, malgr&#233; la pand&#233;mie, il persiste dans la strat&#233;gie qu'il a d&#233;velopp&#233;e depuis le d&#233;but de son mandat : fid&#233;liser une minorit&#233; d'extr&#233;mistes puis tenter d'&#233;largir sa base &#224; l'approche des &#233;lections. Mais Bolsonaro sait que si l'&#233;conomie va mal, son discours ne suffira pas &#224; rassembler au-del&#224; des radicaux. Face &#224; la certitude de la r&#233;cession apr&#232;s le coronavirus, il critique donc violemment les gouverneurs locaux qui mettent en place des mesures de quarantaine. Il tente m&#234;me de leur mettre des b&#226;tons dans les roues en finan&#231;ant une campagne nationale intitul&#233;e &#171; Le Br&#233;sil ne doit pas s'arr&#234;ter &#187;. Peu importe si la campagne est finalement interdite par la justice, car l'id&#233;e est de se d&#233;douaner &#224; tout prix de la responsabilit&#233; d'une future croissance en berne pour rejeter la faute sur les &#171; exterminateurs d'emplois &#187;, surnom dont il affuble les gouverneurs. Mais ces derniers lui opposent un front commun dans une fronde rare. Le gouverneur de Goi&#225;s, qui soutenait jusque-l&#224; Jair Bolsonaro, a publiquement rompu apr&#232;s la prestation pr&#233;sidentielle du 24 mars : &lt;i&gt;&#171; J'ai cru qu'il s'agissait d'un montage. On ne peut pas discuter avec cet homme qui gouverne au gr&#233; de ses humeurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la contre-attaque a en partie trouv&#233; son public. De grands entrepreneurs d&#233;fendent cyniquement la sauvegarde de l'&#233;conomie &#224; tout prix tandis que des &lt;i&gt;&#171; carreatas &#187;&lt;/i&gt; (manifestations en voitures) ont eu lieu dans une dizaine de villes, formant de longues files de 4&#215;4 pour pousser la population &#224; retourner au travail. L'expression sans vergogne d'une classe qui se sait &#224; l'abri. Car si la pand&#233;mie a d'abord touch&#233; les plus ais&#233;es, souvent de retour d'Europe ou des &#201;tats-Unis, les victimes sont avant tout les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rio de Janeiro, la toute premi&#232;re est une employ&#233;e domestique, dont la patronne, test&#233;e positive &#224; son retour d'Italie, a &#233;t&#233; mise en quarantaine mais a continu&#233; de la faire travailler &#224; ses c&#244;t&#233;s. Un cas embl&#233;matique dans un pays marqu&#233; par une s&#233;gr&#233;gation qui ne dit pas son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jota Marques, membre du &#171; collectif marginal &#187; qui agit dans la favela Cit&#233; de Dieu, est r&#233;volt&#233; car les patrons de sa m&#232;re, employ&#233;e domestique, refusent de la mettre au ch&#244;mage technique. Avec son collectif, Jota distribue des kits d'hygi&#232;ne aux habitants de sa favela. &lt;i&gt;&#171; C'est un palliatif mais on fait ce qu'on peut. Personne ne le fera pour nous, historiquement, la favela est abandonn&#233;e par l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt; Il distribue environ 70 kits par op&#233;ration, bien trop peu pour les 60 000 habitants de la Cit&#233; de Dieu mais l'id&#233;e est aussi de divulguer au maximum les mesures pr&#233;ventives aux habitants.&lt;i&gt; &#171; Mais comment s'isoler quand les maisons s'enchev&#234;trent dans de minuscules ruelles ? Comment ne pas aller travailler quand la nourriture manque dans le frigo ? &#187;&lt;/i&gt; Dans la Cit&#233; de Dieu, les familles sont nombreuses et s'entassent souvent dans des deux pi&#232;ces o&#249; les coupures d'eau sont fr&#233;quentes, rendant plus compliqu&#233; le respect des mesures d'hygi&#232;ne basiques contre le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un chaos s&#233;curitaire peut b&#233;n&#233;ficier &#224; Jair Bolsonaro &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle du pays, 31 millions de personnes n'ont pas acc&#232;s &#224; l'eau courante et 11 millions vivent dans des maisons avec plus de trois personnes par pi&#232;ce. &lt;i&gt;&#171; Les difficult&#233;s inh&#233;rentes &#224; la favela sont une chose, mais le discours du pr&#233;sident complique encore plus notre travail de sensibilisation. &#187;&lt;/i&gt; Dans une initiative surr&#233;aliste, certains trafiquants de drogue imposent dans quelques favelas une quarantaine aux habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est aussi tr&#232;s inqui&#233;tante dans les prisons. Plus de 700 000 d&#233;tenus y sont entass&#233;s dans des conditions d&#233;plorables et la tuberculose fait d&#233;j&#224; des ravages. Absence d'hygi&#232;ne ou de ventilation, surpopulation, toutes les conditions sont r&#233;unies pour une catastrophe. Pourtant, les mesures annonc&#233;es par le ministre de la justice sont, au minimum, insuffisantes. Sans espace disponible pour isoler les cas suspects, les &#233;tablissements sont invit&#233;s &#224; tracer une ligne blanche dans les cellules pour &#233;viter la contamination. Plus grave, d'autres pr&#233;cautions pourtant n&#233;cessaires s'av&#232;rent contre-productives. L'interdiction des visites va par exemple entra&#238;ner une d&#233;gradation des conditions d'hygi&#232;ne, &#171; car l'&#201;tat ne fournit rien, ce sont les familles qui apportent tous les produits d'hygi&#232;nes aux d&#233;tenus &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Rafael Alcadipani, membre du forum br&#233;silien de s&#233;curit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque est aussi s&#233;curitaire. Les r&#233;voltes carc&#233;rales sont courantes au Br&#233;sil et si la situation se d&#233;grade, de nouvelles crises sont &#224; pr&#233;voir. Plusieurs &#233;meutes ont d&#233;j&#224; explos&#233; le 16 mars dans l'&#201;tat de S&#227;o Paulo. Mais selon Rafael Alcadipani, &lt;i&gt;&#171; elles ne sont pas directement li&#233;es au coronavirus, c'&#233;tait avant tout un test du gang de S&#227;o Paulo pour voir les capacit&#233;s de r&#233;action du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;. Pour le moment, le professeur constate que le crime organis&#233; semble privil&#233;gier l'ordre. &lt;i&gt;&#171; Plus vite la situation reviendra &#224; la normale, plus vite le business reprendra. Le crime organis&#233; n'aime pas le chaos, il a besoin de calme pour pratiquer ses activit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Mais dans ce monde sous tension permanente, les &#233;quilibres sont fragiles. Les chefs de ce gang, tr&#232;s insatisfaits de leurs conditions de d&#233;tention, pourraient profiter de la crise pour faire pression sur un gouvernement en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &lt;i&gt;&#171; un chaos s&#233;curitaire peut b&#233;n&#233;ficier &#224; Jair Bolsonaro &#187;&lt;/i&gt;, assure Cleyton Monte. Avec les mesures de confinement, les rues sont vides et l'ins&#233;curit&#233; peut rapidement exploser, permettant, l&#224; encore, au pr&#233;sident de bl&#226;mer les responsables de la quarantaine. D'ailleurs ses fils ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; diffuser de fausses nouvelles rapportant des pillages de supermarch&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Si &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re vraiment, il a une justification toute trouv&#233;e pour d&#233;clarer l'&#233;tat de si&#232;ge et concentrer tous les pouvoirs &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Cleyton Monte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la catastrophe annonc&#233;e, les autres responsables politiques consid&#232;rent le pr&#233;sident comme un &#233;l&#233;ment perturbateur &#224; contourner et de moins en moins comme un chef d'&#201;tat. Pour &#233;viter de devenir totalement insignifiant, Jair Bolsonaro a en fait choisi de doubler la mise pour tenter de sauver son mandat au d&#233;triment de la population br&#233;silienne. En pleine pand&#233;mie, il sait qu'il peut repousser les limites : aucun homme politique n'est pr&#234;t &#224; ajouter une crise politique &#224; une crise sanitaire en lan&#231;ant un processus de destitution (impeachment). Tous pr&#233;f&#232;rent le laisser se saborder tout seul. Car pour le moment, la contre-attaque pr&#233;sidentielle ressemble plus &#224; une derni&#232;re charge suicidaire qu'&#224; un mouvement audacieux susceptible de renverser le cours d'une bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, le pays est dans le flou et les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques sont encore plus &#224; la merci des profiteurs. En Amazonie, la saison s&#232;che s'approche et une forte augmentation des incendies et de la d&#233;forestation est &#224; craindre pour 2020. &lt;i&gt;&#171; Orpailleurs clandestins et autres trafiquants de bois se sentent d&#233;j&#224; en confiance avec Bolsonaro, mais avec toute l'attention port&#233;e vers le coronavirus, ils vont se sentir totalement libres d'agir &#187;&lt;/i&gt;, explique Douglas Rodrigues, m&#233;decin travaillant aupr&#232;s des autochtones. Et avec eux, le virus risque d'arriver jusqu'&#224; ces communaut&#233;s particuli&#232;rement sensibles aux &#233;pid&#233;mies. &lt;i&gt;&#171; Leur mani&#232;re de vivre fond&#233;e sur le partage et la proximit&#233; va &#224; l'encontre des recommandations sanitaires contre ce virus&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique le docteur Rodrigues.&lt;i&gt; &#171; Et puis certains changements r&#233;cents dans leur alimentation ont par exemple fait exploser les cas de diab&#232;te, un facteur aggravant dans cette &#233;pid&#233;mie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s les plus &#233;loign&#233;es des centres urbains manquent d'acc&#232;s aux soins alors que les m&#233;decins cubains du programme &lt;i&gt;&#171; Mais medicos &#187;&lt;/i&gt;, expuls&#233;s par le gouvernement Bolsonaro, n'ont jamais &#233;t&#233; totalement remplac&#233;s. Sans r&#233;el soutien, plusieurs communaut&#233;s ont pr&#233;ventivement bloqu&#233; les acc&#232;s &#224; leur territoire. Mais les isol&#233;s, ceux qui n'ont aucun contact avec la soci&#233;t&#233;, sont particuli&#232;rement expos&#233;s, explique le docteur Rodrigues : &lt;i&gt;&#171; L'histoire des contacts avec les isol&#233;s est une histoire de g&#233;nocide. &#187;&lt;/i&gt; Une simple grippe est d&#233;j&#224; mortelle, et pour le coup, seules trois prises de contacts minutieusement pr&#233;par&#233;es ont eu lieu en trente ans et aucune victime n'a &#233;t&#233; &#224; d&#233;plorer. Un succ&#232;s remis en cause par les changements politiques r&#233;cents, regrette le docteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Funai (Funda&#231;&#227;o Nacional do &#205;ndio), l'organisme charg&#233; de la protection des autochtones, est revenue sur sa d&#233;cision &#171; absurde &#187; qui autorisait au nom de la lutte contre le coronavirus les antennes locales &#224; prendre contact avec les isol&#233;s sans les pr&#233;cautions d'usage. N&#233;anmoins, Douglas Rodrigues assure &lt;i&gt;&#171; que la Funai a recul&#233; mais n'a rien r&#233;voqu&#233;. Et c'est de toute fa&#231;on un signal de plus pour ceux qui veulent forcer le contact avec les isol&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. En f&#233;vrier, la nomination d'un ancien missionnaire &#224; la t&#234;te du secteur des isol&#233;s de la Funai faisait craindre le pire. Or, dans la vall&#233;e du Javari, une immense r&#233;gion d'Amazonie qui compte un grand nombre de groupes d'isol&#233;s, des missionnaires finalisent les pr&#233;paratifs d'une exp&#233;dition et disposent d&#233;j&#224; d'un h&#233;licopt&#232;re pr&#234;t &#224; d&#233;coller. &lt;i&gt;&#171; Rien n'est fait pour les arr&#234;ter&#8230; Un nouveau g&#233;nocide n'est qu'une question de temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jair Bolsonaro m&#232;ne une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre les autochtones</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Jair-Bolsonaro-mene-une-offensive-generalisee-contre-les-autochtones</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Jair-Bolsonaro-mene-une-offensive-generalisee-contre-les-autochtones</guid>
		<dc:date>2020-03-03T07:16:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis fin janvier, le pr&#233;sident br&#233;silien Jair Bolsonaro a intensifi&#233; ses attaques contre les droits des autochtones. Les actions du gouvernement sont de plus en plus agressives et l'ONU craint de &#171; potentiels g&#233;nocides &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; 18 f&#233;vrier | tir&#233; de mediapart.fr Jean-Mathieu Albertini https://www.mediapart.fr/journal/international/180220/jair-bolsonaro-mene-une-offensive-generalisee-contre-les-autochtones &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chaque jour, un peu plus, l'Indien est un &#234;tre humain comme nous. &#187; La phrase a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton42241-a3fe5.png?1781034337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis fin janvier, le pr&#233;sident br&#233;silien Jair Bolsonaro a intensifi&#233; ses attaques contre les droits des autochtones. Les actions du gouvernement sont de plus en plus agressives et l'ONU craint de &lt;i&gt;&#171; potentiels g&#233;nocides &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;18 f&#233;vrier | tir&#233; de mediapart.fr Jean-Mathieu Albertini&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/180220/jair-bolsonaro-mene-une-offensive-generalisee-contre-les-autochtones&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/180220/jair-bolsonaro-mene-une-offensive-generalisee-contre-les-autochtones&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Chaque jour, un peu plus, l'Indien est un &#234;tre humain comme nous. &#187;&lt;/i&gt; La phrase a &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;e le 24 janvier par Jair Bolsonaro, lors de son live Facebook hebdomadaire. Ce n'est pas sa premi&#232;re d&#233;claration raciste envers les autochtones, loin de l&#224;. En 2004, il les avait ainsi qualifi&#233;s de &#171; puants &#187;. En 1990, il avait regrett&#233; que l'arm&#233;e br&#233;silienne n'ait pas su, &#224; l'image de son homologue am&#233;ricaine, &lt;i&gt;&#171; d&#233;cimer les indig&#232;nes &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette annonce t&#233;moigne d'un changement de strat&#233;gie. Les attaques racistes se cachent d&#233;sormais derri&#232;re un discours de promotion du d&#233;veloppement, car Jair Bolsonaro cherche avant tout &#224; ouvrir l'exploitation des territoires indig&#232;nes (TI) aux industriels. Le 5 f&#233;vrier, il a pr&#233;sent&#233; un projet de loi y autorisant les exploitations mini&#232;re, gazi&#232;re, p&#233;troli&#232;re et agricole, ainsi que la construction d'infrastructures hydro&#233;lectriques. La nouvelle a provoqu&#233; un toll&#233;, notamment parce qu'aucun pouvoir de veto n'est accord&#233; aux autochtones (sauf pour l'orpaillage artisanal). Or, la Constitution garantit que m&#234;me si les TI sont des terres appartenant &#224; l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, elles sont &#224; l'usage exclusif des autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Apib (Association des peuples indig&#232;nes du Br&#233;sil), le projet dessert le d&#233;veloppement &#233;conomique des autochtones et favorise &lt;i&gt;&#171; les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de ceux qui soutiennent le gouvernement de Bolsonaro, m&#234;me si cela implique un total manque de respect de la l&#233;gislation nationale et internationale &#187;&lt;/i&gt;. Si le projet de loi passe, une &#233;tude d'impact environnemental pourra, par exemple, se faire &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Felipe Milanez, professeur &#224; l'UFBA (Universit&#233; f&#233;d&#233;rale de Bahia), &#171; m&#234;me si un biais juridique est trouv&#233;, le projet ne devrait pas &#234;tre adopt&#233; &#187;. Le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e a en effet affirm&#233; en septembre dernier qu'il ne mettrait jamais &#224; l'ordre du jour un projet de ce genre, et, par ailleurs, le sujet est tr&#232;s mobilisateur. En fait, a expliqu&#233; Bolsonaro, le probl&#232;me n'est pas l'inconstitutionnalit&#233; manifeste mais bien &lt;i&gt;&#171; la pression que le projet va subir de la part des &#233;cologistes &#187;. &#171; Si je pouvais, je les confinerais tous en Amazonie, vu qu'ils aiment tant l'environnement &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de ce projet de loi, explique Felipe Milanez, est avant tout d'envoyer le message suivant : &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sident nous appuie, on peut commencer les investissements, ils seront ensuite r&#233;gularis&#233;s. &#187; &lt;/i&gt;Cela encourage les invasions dans les TI, en hausse depuis l'arriv&#233;e au pouvoir de Jair Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, orpailleurs et trafiquants de bois s'en servent aussi pour mettre la pression sur les autochtones, &#233;paul&#233;s par une minorit&#233; d'indig&#232;nes soutenant le pr&#233;sident. &lt;i&gt;&#171; D'un c&#244;t&#233;, le gouvernement d&#233;sorganise le syst&#232;me de sant&#233; indig&#232;ne, de l'autre, il fait miroiter de possibles royalties... Ce n'est pas une attaque isol&#233;e mais une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e sur le long terme, se d&#233;sole Felipe Milanez. Ils ont juste pris du retard, notamment &#224; cause des incendies en Amazonie qui ont attir&#233; l'attention au niveau international. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, &#224; la fronti&#232;re paraguayenne, 3 000 autochtones sont priv&#233;s d'aide alimentaire, tandis que le gouvernement cherche &#224; d&#233;manteler le syst&#232;me de sant&#233; autochtone, d&#233;j&#224; fragilis&#233; par la fin du programme &lt;i&gt;&#171; Mais M&#233;dicos &#187;&lt;/i&gt; d&#233;cr&#233;t&#233;e en janvier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi peut aussi avoir une influence sur les &lt;i&gt;&#171; isol&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, ces autochtones qui n'ont jamais eu de contacts avec l'&#201;tat br&#233;silien, ou qui les ont rompus. Le texte interdit les activit&#233;s dans les TI o&#249; leur pr&#233;sence a &#233;t&#233; enregistr&#233;e, mais il revient &#224; la Funai (organisme charg&#233; de protection des Indiens) d'&#233;tablir ces limites. Or, la Funai est en difficult&#233;, paralys&#233;e par des jeux de pouvoir, des coupes s&#233;v&#232;res dans les budgets et une certaine d&#233;sorganisation. Si l'organisation est affaiblie depuis plusieurs ann&#233;es, Jair Bolsonaro est pass&#233; &#224; la vitesse sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un missionnaire &#233;vang&#233;lique, Ricardo Dias, est d&#233;sormais charg&#233; de la protection des isol&#233;s, un des postes les plus d&#233;licats de la Funai. Entre 1997 et 2007, il a travaill&#233; pour New Tribes Mission, une organisation am&#233;ricaine qui cherche &#224; &#233;vang&#233;liser les autochtones. Lui assure que son mandat sera &lt;i&gt;&#171; technique &#187;&lt;/i&gt; et qu'il &lt;i&gt;&#171; ne tentera d'&#233;vang&#233;liser personne &#187;&lt;/i&gt;, mais il ne convainc pas, m&#234;me au sein de la Funai, dont les fonctionnaires ont publi&#233; une lettre ouverte d&#233;non&#231;ant les risques li&#233;s &#224; sa nomination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, comme par le pass&#233;, les cons&#233;quences de contacts non souhait&#233;s et non pr&#233;par&#233;s peuvent &#234;tre d&#233;sastreuses. La rapporteure sp&#233;ciale des droits des peuples autochtones &#224; l'ONU d&#233;nonce &lt;i&gt;&#171; une d&#233;cision dangereuse qui peut g&#233;n&#233;rer un g&#233;nocide potentiel pour les populations isol&#233;es &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;New Tribes Mission, aujourd'hui renomm&#233;e &#171; Ethnos360 &#187;, est d&#233;j&#224; responsable de la mort d'un tiers du peuple Zo'&#233;, d&#233;cim&#233; dans les ann&#233;es 1980 par les maladies apport&#233;es par ces missionnaires. C'est d'ailleurs apr&#232;s cette affaire que la Funai a modifi&#233; ses r&#232;gles et que le Br&#233;sil est devenu pionnier dans la politique de gestion des isol&#233;s. L'id&#233;e centrale &#233;tant de respecter le droit &#224; l'autod&#233;termination des isol&#233;s et de ne promouvoir aucune action qui favoriserait le contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique a influenc&#233; les pays voisins et r&#233;ussir &#224; revenir sur ce concept serait une victoire strat&#233;gique pour les fondamentalistes. &lt;a href=&#034;https://theintercept.com/2020/02/13/audios-missionarios-converter-indios-amazonia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un enregistrement t&#233;l&#233;phonique divulgu&#233; le 13 f&#233;vrier par The Intercept&lt;/a&gt; montre le lobby organis&#233; par les missionnaires pour placer Ricardo Dias. Le fils du pr&#233;sident de New Tribes Mission Brasil explique : &lt;i&gt;&#171; On va placer un nouveau pr&#233;sident au d&#233;partement des isol&#233;s&#8230; Pour formellement changer cette politique&lt;/i&gt; [consistant &#224; bannir des missionnaires &#8211; ndlr]. &#187; Cette nomination repr&#233;sente &lt;i&gt;&#171; un retour en arri&#232;re d'un si&#232;cle ! &#187;&lt;/i&gt;, s'emporte Felipe Milanez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le chercheur, qui les &#233;tudie depuis plus d'une d&#233;cennie, &lt;i&gt;&#171; ces missionnaires sont des fous de Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Pour eux, le retour du Christ n'arrivera que lorsque tous les peuples du monde seront convertis. Mais les isol&#233;s sont un d&#233;fi de taille, cach&#233;s dans des endroits difficiles d'acc&#232;s o&#249; il est interdit d'entrer sans l'autorisation de la Funai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, Ricardo Dias a d&#233;sormais acc&#232;s au syst&#232;me de surveillance des isol&#233;s et est &#233;galement responsable des autorisations de visite. &lt;i&gt;&#171; Derri&#232;re un discours social de fa&#231;ade, les missionnaires sont capables de tout, tuer ou mourir, pour convertir. Ils ont cependant besoin de financements et d'alli&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, assure Felipe Milanez. Ces missionnaires z&#233;l&#233;s sont une aubaine pour les exploiteurs de la for&#234;t, g&#234;n&#233;s par la pr&#233;sence d'autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lobbys puissants tentent depuis trois ans d'imposer un dirigeant de la Funai qui leur soit totalement acquis. Un pasteur et un g&#233;n&#233;ral se sont succ&#233;d&#233; &#224; la t&#234;te de l'organisation mais &lt;i&gt;&#171; m&#234;me s'ils &#233;taient tr&#232;s conservateurs, ils n'&#233;taient pas assez radicaux &#224; leurs yeux et ils ont eu leur t&#234;te &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Felipe Milanez. Bolsonaro a donc nomm&#233; un proche de Nabhan Garcia, l'un des repr&#233;sentants les plus extr&#233;mistes du lobby agricole et aujourd'hui membre du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est l'intervention de Damares Alves, ministre de la famille, de la femme et des droits humains, qui a &#233;t&#233; d&#233;cisive dans la nomination de Ricardo Dias, scellant ainsi l'alliance entre les lobbyistes extr&#233;mistes et les missionnaires. Elle a ainsi permis &#224; ces derniers d'obtenir un poste gouvernemental, alors qu'il y a peu, les &#233;vang&#233;liques &#171; classiques &#187;, tr&#232;s influents aupr&#232;s de Bolsonaro, les d&#233;testaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'explique car la ministre, elle-m&#234;me pasteur, est tr&#232;s proche de l'organisation missionnaire Jocum (Jeunes avec une mission &#8211; expuls&#233;e en 2003 d'un TI pour pros&#233;lytisme) et participe &#224; l'AMTB (Association des missions transculturelles du Br&#233;sil), qui comprend aussi New Tribes Mission. &lt;i&gt;&#171; Cette nomination ne vient pas seule, d'autres plus discr&#232;tes sont tout aussi n&#233;fastes. C'est un projet de g&#233;nocide complexe et sophistiqu&#233;, pas une simple posture politique &#187;&lt;/i&gt;, juge Felipe Milanez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de &#171; front r&#233;publicain &#187; pour Haddad au Br&#233;sil </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pas-de-front-republicain-pour-Haddad-au-Bresil</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pas-de-front-republicain-pour-Haddad-au-Bresil</guid>
		<dc:date>2018-10-16T07:58:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;11 octobre 2018 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tenter de reprendre du terrain sur Bolsonaro, le candidat du Parti des travailleurs Fernando Haddad cherche &#224; sortir de l'ombre de Lula. Mais les formations adversaires du PT au premier tour tra&#238;nent des pieds pour appeler &#224; voter pour lui. &lt;br class='autobr' /&gt; Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211; &#171; Je suis pr&#234;t &#224; le rencontrer dans n'importe quelle infirmerie, sans probl&#232;me, parce qu'on doit mettre au clair beaucoup de choses. &#187; En apprenant que le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-10-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-10-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton36389-50752.png?1781034337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;11 octobre 2018 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de reprendre du terrain sur Bolsonaro, le candidat du Parti des travailleurs Fernando Haddad cherche &#224; sortir de l'ombre de Lula. Mais les formations adversaires du PT au premier tour tra&#238;nent des pieds pour appeler &#224; voter pour lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&lt;/strong&gt;&#8211; &lt;i&gt;&#171; Je suis pr&#234;t &#224; le rencontrer dans n'importe quelle infirmerie, sans probl&#232;me, parce qu'on doit mettre au clair beaucoup de choses. &#187;&lt;/i&gt; En apprenant que le candidat d'extr&#234;me droite ne se rendrait pas au d&#233;bat pr&#233;vu jeudi soir, Fernando Haddad a r&#233;agi promptement devant un parterre de journalistes &#233;trangers.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mauvaise posture apr&#232;s l'excellent score de son adversaire au premier tour, le candidat du PT (Parti des travailleurs) choisit la confrontation polie et le d&#233;bat d'id&#233;es. Mais tant qu'il domine les sondages, Bolsonaro ne devrait pas s'y risquer. Ses m&#233;decins ont d&#233;clar&#233; hier qu'il ne participerait pas aux quatre prochains d&#233;bats pr&#233;vus la semaine prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grave &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/080918/au-bresil-le-candidat-d-extreme-droite-poignarde-et-renforce-la-campagne-presidentielle-degenere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;attaque au couteau&lt;/a&gt; dont il a &#233;t&#233; victime d&#233;but septembre lui permet de s'y soustraire sans s'affaiblir politiquement.&lt;i&gt; &#171; Haddad devrait sortir gagnant d'un d&#233;bat public, il est bien mieux pr&#233;par&#233; &#187;&lt;/i&gt;, analyse Rodrigo Prando, professeur &#224; l'universit&#233; Mackenzie. Pour le candidat du PT, un d&#233;bat permettrait de convaincre des ind&#233;cis ou des centristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la possibilit&#233; d'accro&#238;tre son score est faible pour le candidat du PT, assure le chercheur : &lt;i&gt;&#171; Pour le moment, tout laisse penser que l'abstention va augmenter au deuxi&#232;me tour. Beaucoup de Br&#233;siliens rejettent les deux finalistes. &#187;&lt;/i&gt; Plus que de convaincre, Haddad se doit de rassembler autour d'un nouveau projet transpartisan et prouver qu'il va gouverner pour tous. Une t&#226;che bien plus difficile que celle de Bolsonaro, qui devrait maintenir un discours basique et tenter de se montrer conciliant, notamment envers les femmes et les habitants du Nordeste, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/081018/bresil-l-extreme-droite-largement-en-tete-de-la-presidentielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chez qui il a du mal &#224; percer.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rassembler, Haddad doit se poser en &lt;i&gt;&#171; d&#233;fenseur d'une d&#233;mocratie en danger &#187;&lt;/i&gt;, veut croire Pedro Massoni, professeur &#224; l'Universit&#233; pontificale catholique de Rio (PUC). Contre l'id&#233;e qu'il est le pendant de l'extr&#233;misme de Bolsonaro, Haddad veut appara&#238;tre comme le pacificateur d'une nation d&#233;chir&#233;e. Il a notamment recadr&#233; avec fermet&#233; un ancien responsable du parti qui avait d&#233;clar&#233; que &lt;i&gt;&#171; c'&#233;tait une question de temps avant qu'on ne prenne le pouvoir &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrer l'influence &#233;norme de Bolsonaro sur les r&#233;seaux sociaux, rien n'est laiss&#233; au hasard. Sur les filtres des photos de profils Facebook des soutiens d'Haddad, la traditionnelle couleur rouge du PT laisse la place au vert et au jaune, couleurs du drapeau national. Un moyen graphique de signaler une ouverture vers le centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux ont une importance fondamentale dans l'&#233;lection, assure Pedro Massoni : &lt;i&gt;&#171; Le pouvoir et l'influence des m&#233;dias traditionnels ne sont plus les m&#234;mes qu'auparavant. &#187;&lt;/i&gt; Les critiques formul&#233;es par les m&#233;dias sont rejet&#233;es par les &#233;lecteurs de Bolsonaro, qui le consid&#232;rent pers&#233;cut&#233; par &#171; le syst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;ussir les alliances n&#233;cessaires &#224; la formation d'un tr&#232;s hypoth&#233;tique &#171; front r&#233;publicain &#187; &#8211; un concept notamment fran&#231;ais, qui semble difficile &#224; importer dans le d&#233;bat public br&#233;silien, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/101018/vers-une-derive-fascisante-au-bresil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;si l'on en croit plusieurs universitaires interrog&#233;s ici par Mediapart&lt;/a&gt; &#8211;, Jacques Wagner, un influent cadre du parti un temps pressenti comme possible candidat, a commenc&#233; &#224; faire jouer ses qualit&#233;s de n&#233;gociateur en rendant visite &#224; plusieurs leaders politiques. &#192; gauche, les partis ont apport&#233; leur soutien &#224; Haddad &lt;i&gt;&#171; au nom de la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs, la t&#226;che s'annonce difficile : le PSB (centre) soutient le PT, sauf &#224; S&#227;o Paulo et &#224; Brasilia, deux importants coll&#232;ges &#233;lectoraux. D'autres petits candidats ont annonc&#233; ne soutenir aucun candidat. Le plus folklorique a d&#233;clar&#233; ne pouvoir s'allier qu'avec J&#233;sus, le moins coh&#233;rent ne soutient personne mais affirme son opposition au PT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSDB (droite), qui s'est effondr&#233; dimanche avec seulement 4,7 % des voix, se d&#233;chire. S'il se d&#233;clare officiellement neutre, il laisse ses membres choisir publiquement leur camp. L'ancien pr&#233;sident Fernando Henrique Cardoso, issu de ce parti et que Bolsonaro &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=2NmByd4CXpc&amp;t=5s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avait pourtant appel&#233; &#224; &#171; fusiller &#187;&lt;/a&gt;, s'est d&#233;clar&#233; neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233; comme &#171; le plus tucanos [le nom donn&#233; aux membres du PSDB &#8211; ndlr] des p&#233;tistes &#187;, Haddad devrait malgr&#233; tout convaincre une partie de la classe politique. Mercredi soir, il a d'ailleurs r&#233;uni chez lui des Tucanos.&lt;i&gt; &#171; Mais m&#234;me avec un front r&#233;publicain solide, rien ne dit que les &#233;lecteurs vont suivre les recommandations de leurs leaders &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille Rodrigo Prando. L'&#171; antip&#233;tisme &#187; &#8211; l'opposition au PT &#8211; mais aussi un sentiment de ras-le-bol g&#233;n&#233;ralis&#233; vis-&#224;-vis du monde politique sont particuli&#232;rement forts dans ses &#233;lections, et constituent le terreau qui permis l'ascension de Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la perspective de la victoire, ces alliances sont essentielles. M&#234;me si le PT est la premi&#232;re force de l'Assembl&#233;e, il ne repr&#233;sente que 11 % des parlementaires avec 56 d&#233;put&#233;s. Pour gouverner ou organiser un front d'opposition efficace, il faut former une coalition la plus ample possible, face &#224; une Assembl&#233;e encore plus conservatrice que la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le PT se recentre lors du deuxi&#232;me tour, c'est une habitude du parti. Mais Haddad va devoir insister davantage, &#231;a s'annonce bien plus difficile cette ann&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, analyse Pedro Massoni. Dans cette optique, sa visite &#224; Lula d&#232;s le lendemain du premier tour n'&#233;tait pas forc&#233;ment bienvenue. Elle a offert de nouvelles munitions au camp Bolsonaro, lequel ironise sur un candidat qui &#171; re&#231;oit ses ordres d'un prisonnier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, selon des sources internes au parti, c'est la derni&#232;re fois qu'il devrait s'y rendre. Apr&#232;s avoir pass&#233; le premier tour &#224; marteler le slogan &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/111018/(https://www.mediapart.fr/journal/international/260918/au-bresil-le-modere-haddad-fait-campagne-dans-les-habits-de-lula&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Haddad c'est Lula&lt;/a&gt; &#187;, le PT cherche maintenant &#224; montrer qu'il est un candidat &#224; part enti&#232;re. Jacques Wagner a ainsi d&#233;clar&#233; au lendemain du premier tour :&lt;i&gt; &#171; Il est arriv&#233; jusqu'ici comme le substitut de Lula, maintenant le deuxi&#232;me tour, c'est son affaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le front r&#233;publicain est important, un gouverneur du Nordeste alli&#233; du PT assure que l'essentiel est de &lt;i&gt;&#171; montrer au peuple que Bolsonaro n'est qu'un Michel Temer en pire &#187;&lt;/i&gt;, en r&#233;f&#233;rence au pr&#233;sident conservateur sortant, qui avait remplac&#233; Dilma Rousseff en 2016. Pour reconqu&#233;rir une partie des d&#233;&#231;us du PT ou des admirateurs de Lula qui n'ont pas confiance en Haddad, le PT devrait ainsi faire passer l'id&#233;e que les politiques ultralib&#233;rales propos&#233;es par le conseiller &#233;conomique de Bolsonaro &#8211; que vise par ailleurs une enqu&#234;te anticorruption,&lt;a href=&#034;https://www.france24.com/fr/20181010-bresil-conseiller-economique-bolsonaro-vise-enquete-parquet-anticorruption-paulo-guedes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a-t-on appris mercredi&lt;/a&gt;&#8211; ne sont que la continuation de la politique du pr&#233;sident par int&#233;rim, particuli&#232;rement impopulaire avec 3 % d'opinions favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions simplistes de Bolsonaro sur la s&#233;curit&#233; doivent &#234;tre aussi combattues par un marketing efficace, juge-t-on au PT. Car le terrain est glissant pour Haddad, qui propose une politique plus complexe &#224; expliquer et peut se retrouver pi&#233;g&#233; par l'efficacit&#233; des outrances verbales de son adversaire. Sur la corruption, largement associ&#233;e au PT apr&#232;s un bombardement m&#233;diatique intense, Haddad doit prouver qu'il repr&#233;sente &#171; un nouveau PT &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bonne position, le candidat d'extr&#234;me droite devrait lui &#233;viter de s'exposer et se laisser porter par un mouvement de fond. &lt;i&gt;&#171; Jusqu'ici, ses &#233;lecteurs ne semblent pas lui reprocher ses erreurs, mais mieux vaut limiter les risques &#187;&lt;/i&gt;, analyse Rodrigo Prando. Reste que sa force, sa campagne d&#233;centralis&#233;e via les r&#233;seaux sociaux, peut aussi effrayer les ind&#233;cis ou fragiliser ses tentatives de s&#233;duire l'&#233;lectorat du Nordeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du deuxi&#232;me tour, des partisans de Bolsonaro se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux contre les habitants de cette r&#233;gion, qui a vot&#233; en majorit&#233; en faveur d'Haddad. Dans tout le pays, une cinquantaine d'actes de violence physique contre des LGBT ou des personnes portant des habits ou des adh&#233;sifs contre le candidat d'extr&#234;me droite ont &#233;t&#233; commis par des soutiens de Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas parce qu'il va tenter de montrer un visage moins radical que ses &#233;lecteurs vont le suivre. Il y a d&#233;j&#224; eu un assassinat &#224; cause de divergences politiques &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Rodrigo Prando en faisant r&#233;f&#233;rence &lt;a href=&#034;https://www.autresbresils.net/Le-maitre-de-capoeira-Moa-du-Katende-a-ete-tue-par-un-electeur-de-Bolsonaro-a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au ma&#238;tre de capoeira assassin&#233;&lt;/a&gt; dimanche, apr&#232;s une br&#232;ve discussion politique, de douze coups de couteau dans le dos par un soutien de Bolsonaro. Interrog&#233; &#224; ce sujet, Jair Bolsonaro a simplement d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; Je le d&#233;plore, mais qu'est-ce que j'ai &#224; voir avec &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; Un premier sondage publi&#233; jeudi soir le donne victorieux avec 58 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tr&#232;s int&#233;ressant &#233;change sur le sens de la mont&#233;e de Bolsonaro par Mediapart live&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/GNRS6njXk6w&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; encrypted-media&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil : l'extr&#234;me droite largement en t&#234;te de la pr&#233;sidentielle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-l-extreme-droite-largement-en-tete-de-la-presidentielle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bresil-l-extreme-droite-largement-en-tete-de-la-presidentielle</guid>
		<dc:date>2018-10-09T08:09:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;8 octobre 2018 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Jair Bolsonaro (Parti social lib&#233;ral) recueille 46,06 % des voix et Fernando Haddad (Parti des travailleurs) 29,24 %, &#224; l'issue du premier tour de la pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil. Le parti de Bolsonaro fait aussi un carton &#224; l'Assembl&#233;e, o&#249; il engrange 51 d&#233;put&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.- Devant la maison de Bolsonaro, ses partisans font d&#233;j&#224; la f&#234;te, avant m&#234;me la sortie des r&#233;sultats officiels. Une succession de bonnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-10-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-10-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton36346-f46c8.png?1781034337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;8 octobre 2018 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jair Bolsonaro (Parti social lib&#233;ral) recueille 46,06 % des voix et Fernando Haddad (Parti des travailleurs) 29,24 %, &#224; l'issue du premier tour de la pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil. Le parti de Bolsonaro fait aussi un carton &#224; l'Assembl&#233;e, o&#249; il engrange 51 d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.- Devant la maison de Bolsonaro, ses partisans font d&#233;j&#224; la f&#234;te, avant m&#234;me la sortie des r&#233;sultats officiels. Une succession de bonnes nouvelles annon&#231;ant une vague pro-Bolsonaro dans tout le pays les rend euphoriques. La musique couvre mal les cris de guerre hurl&#233;s &#224; l'unisson et la bi&#232;re coule &#224; flots. Au centre de la ville, un petit groupe anti-Bolsonaro retient son souffle, tendu. Les quelques bi&#232;res d&#233;capsul&#233;es servent plus de palliatifs anti-stress que d'auxiliaires &#224; la c&#233;l&#233;bration. Tous craignent une victoire au premier tour de l'ancien capitaine de l'arm&#233;e dans une &#233;lection sans pr&#233;c&#233;dent,&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/080918/au-bresil-le-candidat-d-extreme-droite-poignarde-et-renforce-la-campagne-presidentielle-degenere?utm_content=bufferce169&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=Facebook_Page&amp;utm_campaign=CM%26xtor%3DCS3-66-CM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; d&#233;j&#224; marqu&#233;e par l'incarc&#233;ration de Lula et l'attaque au poignard contre Bolsonaro.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la pression retombe vers 20 heures : il y aura bien un second tour pour Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT). Selon les r&#233;sultats d&#233;finitifs, Jair Bolsonaro recueille 46,06 % des voix, Fernando Haddad 29,24 %. Comme toujours depuis 1989, l'&#233;lection va se jouer autour du clivage PT-anti-PT. Mais, cette fois, la polarisation est bien plus forte et l'adversaire a chang&#233; : l'extr&#234;me droite peut acc&#233;der au pouvoir. Devant la maison de Bolsonaro, l'atmosph&#232;re est toujours festive, mais la d&#233;ception est palpable. Sur les r&#233;seaux sociaux, on d&#233;nonce une fraude &#224; grande &#233;chelle qui aurait soutir&#233; les 4 % de votes n&#233;cessaires &#224; la victoire de leur candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chauff&#233;s &#224; blanc par les d&#233;clarations de leur candidat, qui a remis en cause la fiabilit&#233; des urnes &#233;lectroniques avant le scrutin, certains partisans se sentent l&#233;s&#233;s, malgr&#233; l'&#233;norme victoire, impensable quelques mois plus t&#244;t. Le camp d'extr&#234;me droite a entretenu ce doute, malgr&#233; des sondages tr&#232;s favorables pour &lt;i&gt;&#171; mobiliser un maximum de son &#233;lectorat d&#232;s le soir des r&#233;sultats, si la victoire lui &#233;chappait au premier tour. &#199;a s'int&#232;gre parfaitement dans le discours d'un syst&#232;me pourri que Bolsonaro viendrait suppos&#233;ment renverser &#187;&lt;/i&gt;, assure Adriano Codato, professeur &#224; l'universit&#233; du Par&#225;na (UFPR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier tour &#224; peine termin&#233;, le ton est donn&#233; : la campagne &#224; venir s'annonce d&#233;j&#224; extr&#234;mement violente. &lt;i&gt;&#171; Bolsonaro va amener le d&#233;bat sur le plan des m&#339;urs et va r&#233;citer son discours anti-corruption, anti-syst&#232;me. Il ne veut pas discuter de propositions mais cherche &#224; transformer le second tour en pl&#233;biscite anti-PT &#187;&lt;/i&gt;, souligne-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le message des &#233;lecteurs est clair : ils ont la rage et veulent changer les choses &#187;&lt;/i&gt;, analyse Mauricio Santoro, professeur &#224; l'universit&#233; d'&#201;tat de Rio de Janeiro (UERJ), en &#233;num&#233;rant les succ&#232;s de l'extr&#234;me droite dans les &#233;lections l&#233;gislatives et des gouverneurs d'&#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne isol&#233; : le parti qu'il a rejoint quelques mois avant l'&#233;lection comptait seulement 8 d&#233;put&#233;s en 2014. Cinquante et un ont &#233;t&#233; &#233;lus hier, faisant du PSL (Parti social lib&#233;ral) le deuxi&#232;me bloc parlementaire de l'Assembl&#233;e, juste derri&#232;re le PT. &#171; Ils ont r&#233;ussi &#224; se pr&#233;senter comme des rebelles contre le syst&#232;me et ont su parfaitement surfer sur le m&#233;contentement issu des scandales de corruption &#187;, poursuit Mauricio Santoro. Le score de l'adversaire traditionnel du PT, le PSDB, qui ne d&#233;passe pas les 5 %, est symptomatique du rejet de la classe politique traditionnelle. Marina Silva, l'&#233;ternelle troisi&#232;me voie, s'est elle totalement effondr&#233;e (1 % des voix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 40 millions de Br&#233;siliens qui soutiennent Bolsonaro, tous ne sont pas des partisans de la dictature ni favorables &#224; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/100818/au-bresil-les-ressorts-de-l-ex-militaire-jair-bolsonaro-pour-conquerir-le-pouvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ses discours racistes, homophobes ou sexistes&lt;/a&gt;. Certains ont peur de perdre leurs privil&#232;ges, d'autres veulent d&#233;fendre des valeurs morales suppos&#233;es en danger ou ne supportent plus la violence qui ravage le pays. Le candidat s&#233;duit aussi les jeunes, qui n'ont pas v&#233;cu la dictature et sont d&#233;sempar&#233;s face aux difficult&#233;s &#233;conomiques actuelles, eux qui n'ont jamais connu les crises syst&#233;miques que traversait r&#233;guli&#232;rement le pays avant la parenth&#232;se de prosp&#233;rit&#233; p&#233;tiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pscp.tv/w/1gqxvXylRMAGB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Interrog&#233; sur Radio Piau&#237;,&lt;/a&gt; Miguel Lago parle d'un candidat d'&lt;i&gt;&#171; extr&#234;me droite moiti&#233;-clown, moiti&#233;-fasciste &#187;&lt;/i&gt;, qui s'inscrit parfaitement dans l'air du temps. Mais, &#224; l'inverse d'autres leaders populistes, lui &lt;i&gt;&#171; n'a fait aucune concession dans son discours radical pour rassembler au centre. Et maintenant que l'adversaire d&#233;sign&#233; est un p&#233;tiste, il ne devrait en faire aucune &lt;/i&gt; &#187;. Bolsonaro va donc amplifier ses attaques et la polarisation qui d&#233;chire d&#233;j&#224; le pays devrait s'aggraver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;fis de Haddad&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il peut compter sur un r&#233;seau de communicants tr&#232;s bien structur&#233;, moteur de son succ&#232;s. Si les fausses nouvelles ne sont pas l'apanage de l'extr&#234;me droite, ce camp en fait un usage d&#233;complex&#233;, tout particuli&#232;rement sur WhatsApp. La semaine pr&#233;c&#233;dant le premier tour, un message alarmiste a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; des parents sur une suppos&#233;e distribution de biberons aux t&#233;tines en forme de sexe masculin cens&#233;s &lt;i&gt;&#171; faire accepter l'homosexualit&#233; aux enfants d&#232;s leur plus jeune &#226;ge &#187;&lt;/i&gt;. Ce fut l'un des plus partag&#233;s sur l'application de messagerie instantan&#233;e qui sert de principale source d'information pour les deux tiers des Br&#233;siliens. Et ce, alors que le d&#233;veloppement d'offres mobiles permettant d'avoir acc&#232;s &#224; l'application sans Internet rend impossible la v&#233;rification des informations par ses utilisateurs, qui ne peuvent cliquer sur les liens.&lt;i&gt; &#171; Et puis, le sentiment de d&#233;fiance et de rage &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me s'applique aussi &#224; la presse. Du coup, les &#233;lecteurs s'informent par ce biais, jug&#233; plus ind&#233;pendant &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Mauricio Santoro. Apr&#232;s l'annonce des r&#233;sultats, Bolsonaro ne s'est d'ailleurs pas exprim&#233; face &#224; des journalistes : il s'est content&#233; d'un &#171; live &#187; sur sa page Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivaine Eliane Brum parle &#224; ce sujet d'une nouvelle &#232;re : celle de &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/oct/06/homophobic-mismogynist-racist-brazil-jair-bolsonaro&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#171; auto-v&#233;rit&#233; &#187;,&lt;/a&gt; o&#249; en disant tout et n'importe quoi, m&#234;me violemment, Bolsonaro et ses partisans sont consid&#233;r&#233;s comme plus honn&#234;tes que les autres politiciens estampill&#233;s &#171; menteurs professionnels &#187;. Apr&#232;s&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/monde/bresil-vague-feminine-contre-jair-bolsonaro&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la mobilisation historique des femmes&lt;/a&gt; &#224; travers tout le pays le 29 septembre, les r&#233;seaux de Bolsonaro ont fait preuve de leur efficacit&#233; : quelques fausses nouvelles et la diffusion de photos de manifestantes seins nus ont suffi &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser le mouvement entier aupr&#232;s du public conservateur. Apr&#232;s la manifestation, Bolsonaro a m&#234;me grimp&#233; l&#233;g&#232;rement dans les intentions de vote des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du PT, le d&#233;fi est &#233;norme. M&#234;me si apr&#232;s l'incarc&#233;ration de Lula, il a r&#233;ussi le tour de force de se poser comme un parti anti-syst&#232;me apr&#232;s 14 ans de pouvoir, il doit convaincre au-del&#224; de sa base d'irr&#233;ductibles militants. Si Ciro Gomes (12 % des voix) a d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'il &#171; se battrait pour la d&#233;mocratie &#187;, d&#233;clarant implicitement son soutien &#224; Haddad, les &#233;lecteurs des autres candidats s'annoncent plus compliqu&#233;s &#224; convaincre. Malgr&#233; une place au deuxi&#232;me tour, le parti est extr&#234;mement fragilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'emporter, Haddad doit se comporter comme un homme d'&#201;tat qui veut gouverner pour tout le pays, plus comme &#171; &lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Fernando-Haddad-lampadaire-Lula-2018-09-12-1200968212&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; le lampadaire de Lula &lt;/a&gt; &#187;. &lt;i&gt;&#171; Il faut surtout convaincre un centre divis&#233; et en miettes ; le reste de la gauche devrait l'appuyer en se pin&#231;ant le nez &#187;&lt;/i&gt;, analyse Maur&#237;cio Santoro. Plut&#244;t conciliateur, Haddad n'est pour le moment pas aid&#233; par une aile plus extr&#234;me du PT qui a multipli&#233; les d&#233;clarations tendancieuses pendant la campagne. Un soutien ind&#233;fectible au Venezuela ou l'annonce de la lib&#233;ration prochaine de Lula passent tr&#232;s mal chez les &#233;lecteurs du centre, qui per&#231;oivent les deux candidats comme des dangers &#233;quivalents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Haddad doit prendre les r&#234;nes de son parti sans se pr&#233;occuper de Lula. Il n'a plus de temps &#224; perdre, il doit proposer un plan pour la s&#233;curit&#233;, pour l'&#233;conomie&#8230; Sa plus grande difficult&#233;, ce n'est pas tant l'antip&#233;tisme que la n&#233;cessit&#233; de modifier l'axe du d&#233;bat que va proposer Bolsonaro, qui cherche la surench&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, explique Adriano Codato.&lt;i&gt; &#171; Il est plus facile de bombarder un ennemi que de convaincre les &#233;lecteurs avec des propositions fortes. Il faut pour &#231;a que le parti gagne la confiance de l'&#233;lecteur, et on ne peut pas dire que ce soit le point fort du PT en ce moment &#187;,&lt;/i&gt; ajoute le chercheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;bat en t&#234;te &#224; t&#234;te, il peut esp&#233;rer montrer les contradictions de son adversaire pour tenter de grappiller de nouveaux &#233;lecteurs ou attirer une partie des 29 % de Br&#233;siliens qui ont vot&#233; nul, blanc ou se sont abstenus.&lt;i&gt; &#171; D'un autre c&#244;t&#233;, m&#234;me s'il parvient &#224; former une alliance avec tous les anti-Bolsonaro au nom de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, par exemple, des ind&#233;cis peuvent pencher vers l'autre camp en l'interpr&#233;tant comme une alliance du syst&#232;me contre la suppos&#233;e r&#233;novation &#187;&lt;/i&gt;, souligne Maur&#237;cio Santoro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernando Haddad n'a de toute fa&#231;on pas le choix : &#224; d&#233;faut de convaincre, il a d&#233;sormais trois semaines pour rassembler. Bolsonaro en a autant pour consolider son &#233;crasante victoire du premier tour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Br&#233;sil assouplit la l&#233;gislation contre le travail forc&#233; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Bresil-assouplit-la-legislation-contre-le-travail-force</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Bresil-assouplit-la-legislation-contre-le-travail-force</guid>
		<dc:date>2017-11-07T10:34:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-11-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;20 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr Pouss&#233; par le puissant lobby agricole, le gouvernement a fait para&#238;tre un d&#233;cret qui restreint la d&#233;finition du travail esclave. Le budget consacr&#233; &#224; la lutte contre ce fl&#233;au avait d&#233;j&#224; baiss&#233; de moiti&#233; entre 2016 et 2017. Et le nombre de personnes &#8220;lib&#233;r&#233;es&#8221; s'est effondr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211; &#171; Ce d&#233;cret enterre la lutte contre le travail forc&#233;. Rien d'aussi radical n'avait &#233;t&#233; tent&#233; jusqu'alors &#187;, s'emporte Mauricio (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-11-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-11-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton32605-efbd1.png?1781034338' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;20 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Pouss&#233; par le puissant lobby agricole, le gouvernement a fait para&#238;tre un d&#233;cret qui restreint la d&#233;finition du travail esclave. Le budget consacr&#233; &#224; la lutte contre ce fl&#233;au avait d&#233;j&#224; baiss&#233; de moiti&#233; entre 2016 et 2017. Et le nombre de personnes &#8220;lib&#233;r&#233;es&#8221; s'est effondr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211;&lt;i&gt; &#171; Ce d&#233;cret enterre la lutte contre le travail forc&#233;. Rien d'aussi radical n'avait &#233;t&#233; tent&#233; jusqu'alors &#187;&lt;/i&gt;, s'emporte Mauricio Brito, procureur au MPT (minist&#232;re public du travail, tribunal ind&#233;pendant du gouvernement). Le d&#233;cret sign&#233; lundi 16 octobre par le ministre du travail du gouvernement Temer change la d&#233;finition du &#8220;travail esclave&#8221; et &lt;i&gt;&#171; rend presque impossible toute condamnation pour esclavagisme &#187;&lt;/i&gt;, continue le procureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre facteurs sont utilis&#233;s dans le code p&#233;nal br&#233;silien pour caract&#233;riser l'esclavage : le travail forc&#233;, la restriction de la libert&#233; de d&#233;placement, la journ&#233;e de travail &#233;puisante et les conditions d&#233;gradantes. Cette d&#233;finition tr&#232;s adapt&#233;e aux pratiques actuelles a fait du pays une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de lutte contre ce fl&#233;au. N'importe laquelle de ces conditions est juridiquement suffisante pour d&#233;finir le &#8220;travail esclave&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le d&#233;cret revient sur cette d&#233;finition, en faisant de l'interdiction d'aller et venir une condition obligatoire pour pouvoir constater &lt;i&gt;&#171; une journ&#233;e &#233;puisante &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; des conditions d&#233;gradantes &#187;&lt;/i&gt;. Le fr&#232;re Xavier Plassat, de la CPT (Commission pastorale de la terre), d&#233;nonce une absurdit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Les esclavagistes n'ont plus besoin de cha&#238;nes pour fonctionner. C'est une vision totalement pass&#233;iste qui n'a plus aucun lien avec la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Un inspecteur du travail rencontr&#233; lors d'un congr&#232;s va dans le m&#234;me sens :&lt;i&gt; &#171; En dix ans de travail, je n'ai constat&#233; qu'une seule fois la pr&#233;sence syst&#233;matique de gardes arm&#233;s emp&#234;chant les travailleurs d'aller et venir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de d&#233;finition est applaudi par le groupe parlementaire d&#233;fendant le lobby agricole, qui soutient ce projet depuis plusieurs ann&#233;es afin &lt;i&gt;&#171; d'&#233;viter les abus des inspecteurs du travail &#187;&lt;/i&gt;. En d&#233;but d'ann&#233;e, lorsque le gouvernement &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/280317/bresil-la-liste-noire-de-l-esclavage-que-temer-ne-veut-pas-publier?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;refusait de publier la liste noire du travail esclave&lt;/a&gt;, qui recense les entreprises prises en flagrant d&#233;lit d'esclavagisme, Xavier Plassat craignait d&#233;j&#224; ce changement de d&#233;finition qui mettrait fin &#224; vingt-deux ans de victoires difficiles. Le d&#233;cret s'attaque d'ailleurs &#233;galement &#224; cette liste noire. C'est d&#233;sormais le ministre du travail qui d&#233;cidera quelles entreprises y figureront.&lt;i&gt; &#171; La liste perd son caract&#232;re technique pour devenir politique et perd ainsi toute cr&#233;dibilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, constate le fr&#232;re Xavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forte mobilisation contre un d&#233;cret tr&#232;s mal construit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout le monde a &#233;t&#233; surpris... On ne pensait pas qu'il oserait aller aussi loin, aussi vite &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che Xavier Plassat. Le d&#233;cret a &#233;t&#233; publi&#233; sans aucune concertation avec les organes concern&#233;s par la lutte contre le travail esclave. &lt;i&gt;&#171; Mais cette pr&#233;cipitation repr&#233;sente sa principale faiblesse. C'est critiquable sur le fond comme sur la forme : un cumul d'ignorance, d'autoritarisme et d'incomp&#233;tence &#187;&lt;/i&gt;, continue-t-il. M&#234;me au sein du gouvernement, des voix discordantes se font entendre. La secr&#233;taire aux droits de l'homme a d&#233;nonc&#233; publiquement l'ill&#233;galit&#233; de ce d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MPT a d'ailleurs demand&#233; la r&#233;vocation de ce d&#233;cret &lt;i&gt;&#171; extr&#234;mement inconsistant qui va &#224; l'encontre du code p&#233;nal, des accords internationaux et de la premi&#232;re condamnation historique du Br&#233;sil &#224; l'OEA&lt;/i&gt; [Organisation des &#201;tats am&#233;ricains &#8211; ndlr] &lt;i&gt;en d&#233;cembre 2016... &#187;&lt;/i&gt;. Le Br&#233;sil fut consid&#233;r&#233; comme responsable d'avoir tol&#233;r&#233; sur son territoire le travail forc&#233; de 85 travailleurs exploit&#233;s dans les ann&#233;es 2000 sur la propri&#233;t&#233; de la&lt;i&gt; fazenda&lt;/i&gt; Brasil Verde. &lt;i&gt;&#171; Cette condamnation interdit sp&#233;cifiquement au pays de revenir sur sa l&#233;gislation&lt;/i&gt;, explique Mauricio Brito. &lt;i&gt;Or c'est exactement l'inverse qui se passe. Apparemment, &#231;a n'a pas suffi pour arr&#234;ter ce gouvernement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur veut donc aller plus loin : &lt;i&gt;&#171; Nous pensons donc d&#233;poser une nouvelle plainte &#224; l'OEA contre ce d&#233;cret. Ce genre de condamnation est tr&#232;s important : les r&#233;percussions sont tr&#232;s n&#233;gatives &#224; l'international, tout sp&#233;cialement pour les relations commerciales. &#187;&lt;/i&gt; Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Michel Temer craint le plus. Un journal local conservateur s'est d'ailleurs fendu d'un &#233;dito tr&#232;s remont&#233; contre le d&#233;cret, en d&#233;taillant les cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour les exportations br&#233;siliennes. L'ONU et l'OIT ont &#233;galement critiqu&#233; ce d&#233;cret, augmentant ainsi la pression internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette lev&#233;e de boucliers, Xavier Plassat voit mal le d&#233;cret rester longtemps en vigueur : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si on ne sait jamais jusqu'o&#249; peut aller Michel Temer, il peut r&#233;sister longtemps, et avec 3 % de popularit&#233;, il n'est plus &#224; une mesure impopulaire pr&#232;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un arrangement pour sauver, encore une fois, le mandat de Temer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promulgation de ce d&#233;cret est intervenue &#224; la veille du vote d'une commission de d&#233;put&#233;s statuant sur la seconde d&#233;nonciation contre Michel Temer, accus&#233; d'obstruction &#224; la justice et de mise en place d'organisation criminelle. Avant le vote, le pr&#233;sident par int&#233;rim a re&#231;u jusqu'&#224; 40 d&#233;put&#233;s en une seule journ&#233;e. Dans l'urgence, le d&#233;cret est sorti mal ficel&#233; mais il a rempli son objectif : montrer &#224; la &lt;i&gt;bancada ruralista&lt;/i&gt; et &#224; ses 200 d&#233;put&#233;s jusqu'o&#249; Michel Temer &#233;tait pr&#234;t &#224; aller. Gr&#226;ce &#224; ce soutien massif, la commission a vot&#233; contre la mise en examen du pr&#233;sident. Si la chambre des d&#233;put&#233;s confirme ce vote, comme ce devrait &#234;tre le cas gr&#226;ce aux man&#339;uvres de Temer, l'accusation sera enterr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine pr&#233;c&#233;dente, le gouvernement avait d&#233;j&#224; fait un geste vers ce groupe parlementaire en limogeant Andr&#233; Roston, chef de la division d'&#233;radication du travail esclave, &lt;i&gt;&#171; sans justification apparente &#187;&lt;/i&gt; selon Mauricio Brito. Tr&#232;s critique, notamment contre la baisse des budgets allou&#233;s &#224; la lutte contre le travail forc&#233;, Andr&#233; Roston &#233;tait devenu g&#234;nant pour une partie de l'industrie agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2016 et 2017, ce budget a diminu&#233; de moiti&#233;, passant de 3,2 millions de reais (1 million d'euros) &#224; 1,6 million. Depuis septembre, l'ensemble des fonds a &#233;t&#233; d&#233;pens&#233; et les op&#233;rations ne sont plus possibles. Pour le moment, seulement 167 personnes ont &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;es du travail esclave en 2017 et, sans op&#233;ration, ce nombre devrait stagner. En 2013, 2 808 personnes avaient &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une offensive globale de la &lt;i&gt;bancada ruralista&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blairo Maggi, ministre de l'agriculture et fervent d&#233;fenseur du lobby agro-industriel, est intervenu pour d&#233;fendre le gouvernement : &lt;i&gt;&#171; Personne n'est en faveur de l'esclavage, mais &#234;tre p&#233;nalis&#233; pour des questions id&#233;ologiques ou parce que l'inspecteur est de mauvaise humeur, ce n'est pas juste. &#187; Or, selon Xavier Plassat, c'est justement ce lobby qui est &#171; profond&#233;ment r&#233;actionnaire et enferm&#233; dans un cadre id&#233;ologique. Les inspecteurs du travail ont toujours &#233;t&#233; attaqu&#233;s sur ce th&#232;me, mais rien n'a jamais &#233;t&#233; prouv&#233; malgr&#233; une commission d'enqu&#234;te parlementaire dirig&#233;e par les ruralistes &#187;.&lt;/i&gt; Gilmar Mendes, ami de longue date de Michel Temer et membre du STF, la plus haute juridiction br&#233;silienne, a cependant lui aussi insist&#233; sur ce point en d&#233;clarant que la d&#233;finition du travail esclave devait &#234;tre &lt;i&gt;&#171; objective, sans id&#233;ologie &#187;&lt;/i&gt;. En pleine pol&#233;mique caus&#233;e par le d&#233;cret, il a ensuite ironis&#233; : &lt;i&gt;&#171; Je me soumets moi-m&#234;me &#224; une journ&#233;e de travail &#233;puisante, mais avec plaisir. Je ne crois pas que ce soit de l'esclavage &#187;&lt;/i&gt;, provoquant la col&#232;re des inspecteurs du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fr&#232;re Xavier assure que d'autres secteurs, qui souhaitent &#233;viter toute publicit&#233; n&#233;gative, discutent des modalit&#233;s pour emp&#234;cher le travail esclave dans leur processus de production. &lt;i&gt;&#171; Mais pas le lobby agricole qui tente de d&#233;cr&#233;dibiliser toute tentative en ce sens, toujours en d&#233;non&#231;ant de suppos&#233;s biais id&#233;ologiques&#8230; Cette bancada d&#233;fend les comportements insens&#233;s d'une minorit&#233;. &#199;a renvoie &#224; tout ce que repr&#233;sente l'oligarchie terrienne au Br&#233;sil, au pouvoir depuis toujours... &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette&lt;/i&gt; bancada &lt;i&gt;est plus puissante que jamais, avec des ramifications dans tous les partis politiques, et elle ne cessera jamais de pousser son avantage &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;sole Mauricio Brito. En mai dernier, un projet de loi sur le travail rural a notamment cherch&#233; &#224; permettre aux entreprises de r&#233;mun&#233;rer leurs salari&#233;s sous quelque forme que ce soit, par exemple contre un toit et de la nourriture seulement. &lt;i&gt;&#171; En somme, un retour &#224; l'esclavage du XIXe si&#232;cle ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;trangle Xavier Plassat. Le d&#233;put&#233; &#224; l'origine de cette proposition, membre actif de la bancada ruralista, assure que de tels projets sont &lt;i&gt;&#171; incompris car les normes du minist&#232;re du travail sont &#233;labor&#233;es en milieu urbain et m&#233;prisent la culture rurale &#187;&lt;/i&gt;. Le projet de loi a &#233;t&#233; rejet&#233;, mais le d&#233;put&#233; travaille sur une nouvelle version.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
