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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Comment la dette ruine les luttes climatiques</title>
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		<dc:date>2024-01-16T07:11:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pablo Laixhay </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-01-16</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'urgence d'un changement de mod&#232;le de soci&#233;t&#233; gronde de plus en plus lourdement. Malgr&#233; un accord pr&#233;sent&#233; comme historique &#224; la COP28, appelant &#224; une transition hors des &#233;nergies fossiles, force est de constater que de nombreux blocages fondamentaux persistent. Tous sont entretenus par un m&#233;canisme bien connu, le syst&#232;me dette, outil favori du capitalisme n&#233;olib&#233;ral. &lt;br class='autobr' /&gt; 8 janvier 2024 | tir&#233; du site du CADTM Pablo Laixhay | Photo : F&#233;lix Vallotton, The Wind, 1910, CC, National Gallery Of (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/dettes_et_crise_climatique-4f2ad.png?1781911127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'urgence d'un changement de mod&#232;le de soci&#233;t&#233; gronde de plus en plus lourdement. Malgr&#233; un accord pr&#233;sent&#233; comme historique &#224; la COP28, appelant &#224; une transition hors des &#233;nergies fossiles, force est de constater que de nombreux blocages fondamentaux persistent. Tous sont entretenus par un m&#233;canisme bien connu, le syst&#232;me dette, outil favori du capitalisme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 janvier 2024 | tir&#233; du site du CADTM Pablo Laixhay | Photo : F&#233;lix Vallotton, The Wind, 1910, CC, National Gallery Of Art, &lt;a href=&#034;https://www.nga.gov/collection/art-object-page.66439.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nga.gov/collection/art-object-page.66439.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Comment-la-dette-ruine-les-luttes-climatiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Comment-la-dette-ruine-les-luttes-climatiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la 28e Conf&#233;rence des Parties (COP28) s'est achev&#233;e le 13 d&#233;cembre 2023, le moins que l'on puisse dire est que le chemin est manifestement encore long et pav&#233; d'obstacles avant de pouvoir se targuer d'avanc&#233;es significatives. Conclue sur un accord pr&#233;sent&#233; comme historique car appelant &#224; une transition hors des &#233;nergies fossiles, l'accord reste non contraignant et la temporalit&#233; de cette sortie bien entendu non d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les combustions de gaz, de charbon et de p&#233;trole sont &#224; l'origine de 90 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) et que leur consommation devrait battre un nouveau record en 2024 [1], l'Organisation des pays exportateurs de p&#233;trole (OPEP), dont font partie les &#201;mirats arabes unis, pays h&#244;te de la COP28, a demand&#233; &#224; ses membres de rejeter tout accord r&#233;clamant la sortie des &#233;nergies fossiles au cours de cette m&#234;me COP [2]. De la m&#234;me mani&#232;re, une r&#233;cente enqu&#234;te relay&#233;e par The Guardian vient de r&#233;v&#233;ler que l'Arabie saoudite &#171; m&#232;ne un vaste plan d'investissement mondial visant &#224; cr&#233;er une demande pour son p&#233;trole et son gaz dans les pays en d&#233;veloppement [et a] les rendre accros&#8230; &#187; [3]. Le moins que l'on puisse dire est que la pi&#232;ce n'est pas tomb&#233;e, en particulier aupr&#232;s des g&#233;ants des &#233;nergies fossiles dont 2 456 lobbyistes &#233;taient accr&#233;dit&#233;&#183;es pour la COP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la publication de l'accord, Val&#233;rie Masson-Delmotte, co-pr&#233;sidente du GIEC, soulignait au micro de France Inter qu'actuellement au niveau mondial &#171; les promesses [de lutte contre le changement climatique faites par les &#201;tats], si elles se r&#233;alisent toutes, permettent une baisse d'environ 5 % des &#233;missions de GES &#224; horizon 2030, alors que pour limiter le r&#233;chauffement sous les 2 &#176;c d'augmentation des temp&#233;ratures, une baisse de 25 % est n&#233;cessaire. Elle monte &#224; 43 % pour rester sous les 1,5 &#176;c. &#187; [4]&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que nous avons d&#233;j&#224; largement d&#233;pass&#233; le 1 degr&#233; d'augmentation des temp&#233;ratures moyennes depuis l'&#232;re pr&#233;industrielle. Tandis que le GIEC insiste sur le fait que 60 % des r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz connues en 2018 doivent rester dans les sous-sols pour atteindre l'objectif des 1,5 &#176;c, les entreprises p&#233;troli&#232;res continuent d'investir massivement dans de nouvelles prospections. Parler aujourd'hui de rester sous le seuil des 1,5 degr&#233; est au mieux une illusion na&#239;ve, au pire une sinistre farce. Celui-ci sera certainement d&#233;pass&#233; avant la fin de la d&#233;cennie et les cons&#233;quences s'en feront in&#233;galement ressentir. Depuis d&#233;but d&#233;cembre 2023, cette position est notamment soutenue par le Global Carbon Project [5].&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment totalement &#233;clips&#233; dans cet l'accord est la justice fiscale et la prise en compte des capacit&#233;s des pays du Sud pour faire face aux effets du d&#233;r&#232;glement climatique ainsi que pour financer l'adaptation et les r&#233;parations des d&#233;g&#226;ts subis. Pour soutenir les &#201;tats d&#233;j&#224; lourdement impact&#233;s, un fonds pour les &#171; pertes et dommages &#187; a en effet &#233;t&#233; mis en place avec une capacit&#233; de&#8230; 400 millions de dollars. Quant au volet &#171; adaptation &#187;, &#171; la COP28 est parvenue a&#768; rassembler a&#768; peine 160 millions de dollars de plus pour aider les pays du Sud a&#768; s'adapter aux canicules ou aux pluies diluviennes qui deviennent plus intenses et plus fr&#233;quentes &#187; [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces sommes apparaissent compl&#232;tement d&#233;risoires lorsqu'on sait que :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2023/11/1140262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les co&#251;ts d'adaptation actualis&#233;s pour les pays en d&#233;veloppement sont estim&#233;s entre 215 et 387 milliards de dollars par an&lt;/a&gt;(estimation revue syst&#233;matiquement &#224; la hausse) au cours de cette d&#233;cennie &#187; [7],&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;a href=&#034;https://www.carefrance.org/actualites/cop-28-task-force-sur-les-taxations-climat-par-macron-ong-care-france/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les transnationales des &#233;nergies fossiles ont engrang&#233; plus de 4 000 milliards de dollars en 2022&lt;/a&gt; et assez de b&#233;n&#233;fices ces 20 derni&#232;res ann&#233;es pour &#171; pour couvrir pr&#232;s de 60 fois les co&#251;ts des pertes li&#233;es au changement climatique dans 55 des pays les plus vuln&#233;rables &#187; [8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#171; Ces 55 &#233;conomies les plus vuln&#233;rables au climat ont d&#233;j&#224; subi &#224; elles seules des pertes et &lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2023/11/1140262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des dommages &#233;valu&#233;s &#224; plus de 500 milliards de dollars au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies&lt;/a&gt; &#187; [9]. Il est d'ailleurs important d'insister sur le fait qu'&#171; en termes mon&#233;taires absolus, les pertes des pays les plus riches dues aux &#233;v&#232;nements climatiques ont tendance a&#768; &#234;tre plus &#233;lev&#233;es, mais les pertes &#233;conomiques par rapport au PIB, et en particulier, les pertes de vies humaines, de biodiversit&#233;, de culture, de patrimoine et de moyens de subsistance, les d&#233;placements humains et animaux, les difficult&#233;s personnelles et les menaces existentielles, ont &#233;t&#233; beaucoup plus r&#233;pandues dans les pays a&#768; revenu faible et interm&#233;diaire &#187; [10],&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pour les pays du Sud, ces co&#251;ts pourraient atteindre &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1007/978-3-319-72026-5_14&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;580 milliards de dollars annuels en 2030 et 1 700 milliards de dollars annuels d'ici 2050&lt;/a&gt; [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le probl&#232;me va bien plus loin. Cet &#233;norme manque de financement est profond&#233;ment aggrav&#233; par la probl&#233;matique de l'endettement des pays du Sud qui mine compl&#232;tement leurs capacit&#233;s financi&#232;res, sert de transfert des richesses des pays du Sud vers les pays du Nord et tue dans l'&#339;uf toute initiative ambitieuse de lutte contre changement climatique. Le pr&#233;sent article vise &#224; rappeler en quoi le syst&#232;me international de la dette repr&#233;sente un verrou redoutable dans la lutte contre le changement climatique ou visant au moins &#224; adapter la soci&#233;t&#233; a ses effets. Par souci de concision, trois &#233;l&#233;ments en particulier sont ici retenus : le surco&#251;t du financement, le paiement de la dette comme priorit&#233; et l'extractivisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 1. Le surco&#251;t du financement&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Plus un pays est vuln&#233;rable et a besoin de financement, plus le co&#251;t de l'emprunt sera &#233;lev&#233; et plus il lui sera difficile de rassembler les investissements n&#233;cessaires pour lutter contre cette vuln&#233;rabilit&#233; et pour le bien de sa population&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; une s&#233;rie de chocs tels que la pand&#233;mie Covid, la guerre en Ukraine (qui a fait exploser les prix des c&#233;r&#233;ales , des engrais chimiques et des combustibles) et l'augmentation des taux d'int&#233;r&#234;ts par les banques centrales du Nord, les pays du Sud font face &#224; l'explosion du co&#251;t de leurs dettes. Les march&#233;s financiers, dont les principaux acteurs (banques, compagnies d'assurance, fonds d'investissements,&#8230; ) sont issus du Nord, sont aujourd'hui la principale source de financement des &#201;tats et imposent aux pays &#224; faibles revenus, aux pays vuln&#233;rables et aux pays surendett&#233;s [12] des taux d'int&#233;r&#234;t exorbitants. La logique est simple : plus un pays est en difficult&#233; &#233;conomique ou risque de voir son &#233;conomie impact&#233;e par des catastrophes naturelles, plus les agences de notations et les march&#233;s financiers vont consid&#233;rer qu'il est risqu&#233; de lui pr&#234;ter. Pour pallier ce &#171; risque &#187;, ou pour en profiter, ils vont donc imposer des taux d'int&#233;r&#234;t faramineux, obligeant les &#201;tats en question &#224; consacrer une part importante de leurs budgets annuels &#224; payer le service de financement, et ce au d&#233;triment du financement de politiques strat&#233;giques telles que des politiques sociales ou en faveur de l'environnement et du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : Plus un pays est vuln&#233;rable et a besoin de financement, plus le co&#251;t de l'emprunt sera &#233;lev&#233; et plus il lui sera difficile de rassembler les investissements n&#233;cessaires pour lutter contre cette vuln&#233;rabilit&#233; et pour le bien de sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taux d'int&#233;r&#234;t pour les pays du Sud, souvent sup&#233;rieurs &#224; 10 %, peuvent grimper jusqu'&#224; 20, voire 30 %, alors que les pays du Nord, ou du moins ceux ayant la confiance des march&#233;s, empruntent aujourd'hui &#224; des taux entre 3 et 6%. M&#234;me en Belgique, la banque Degroof Petercam pr&#234;te &#224; des pays tels que le Ghana &#224; du 25 % [13]. Pour un pr&#234;t sur 10 ans, ce pays paie donc &#224; cette banque d'affaires 2,5 fois le montant emprunt&#233; (en plus du remboursement int&#233;gral) rien que pour les int&#233;r&#234;ts, alors que celui-ci peine &#224; financer les services de base pour sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir davantage, consultez l'&#233;tude d'Entraide et Fraternit&#233; sur l'implication des banques dans l'endettement des pays du Sud &lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Dette-du-Sud-les-banques-peuvent-elles-s-en-laver-les-mains&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; : Dette du Sud : les banques peuvent-elles s'en laver les mains ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique pousse les pays du Sud &#224; consacrer des parts toujours plus importantes de leur budget au service de la dette, voire de s'endetter davantage pour payer les int&#233;r&#234;ts de la dette, augmentant ainsi la charge des paiements. Un v&#233;ritable cercle vicieux. Selon le dernier rapport &lt;a href=&#034;https://openknowledge.worldbank.org/entities/publication/02225002-395f-464a-8e13-2acfca05e8f0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;International Debt Report&lt;/a&gt; (IDR) de la Banque mondiale [14], les pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; ont consacr&#233; en 2022 440 milliards de dollars au paiement du service de la dette, 5 % de plus qu'en 2021. Le m&#234;me rapport pr&#233;voit une augmentation de 10 % pour 2023, pour atteindre 500 milliards de dollars. Un autre rapport command&#233; par l'ONU estime quant &#224; lui que pour la p&#233;riode 2018-2028, le groupe des 20 pays les plus vuln&#233;rables (V20) devrait payer 168 milliards de dollars de surcout en int&#233;r&#234;t pour pallier au &#171; risque climatique &#187; [15]. Les impacts du changement climatique d&#233;jouant derni&#232;rement toutes les pr&#233;visions et estimations de par leur ampleur, ces estimations sont &#224; prendre &#224; minima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que ces pays ne parviennent pas &#224; subvenir aux besoins de leurs populations, alors qu'ils subissent d&#233;j&#224; de plein fouet les cons&#233;quences du changement climatique, alors que, comme partout ailleurs, des investissements massifs dans la r&#233;orientation de leur &#233;conomie et de leur industrie pour lutter contre le changement climatique s'imposent, les &#201;tats vuln&#233;rables et surendett&#233;s sont donc condamn&#233;s &#224; verser des sommes colossales aux cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 2. Le paiement de la dette, priorit&#233; des priorit&#233;s&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En 2021, le Ghana pr&#233;voyait d'allouer 77 millions de dollars par an pour l'adaptation face au changement climatique. La m&#234;me ann&#233;e, le pays d&#233;pensa 4,8 milliards de dollars en service de la dette&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le paiement de ce service de la dette est syst&#233;matiquement prioritaire sur les d&#233;penses sociales (&#233;ducation et sant&#233; publiques, paiement des salaires des fonctionnaires,&#8230;). Pour assurer ce paiement, des coupes sur les budgets sont impos&#233;es. C'est le cas des budgets pour la sant&#233; et pour l'&#233;ducation, mais &#233;galement pour la transition &#233;cologique, les politiques de protection de l'environnement ou le financement de l'adaptation et des r&#233;parations face aux catastrophes naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le service de la dette des pays &#224; faible revenu repr&#233;sente en moyenne les deux tiers de leurs budgets cumul&#233;s d'&#233;ducation et de sant&#233;. Pour certains pays, il d&#233;passe m&#234;me de tr&#232;s loin le budget de la sant&#233;. C'est le cas, par exemple, du Kenya o&#249; le paiement de la dette absorbe l'&#233;quivalent de 5 fois le budget de la sant&#233;, en Tunisie 4 fois et au Ghana 3 fois [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va donc de m&#234;me pour le financement des politiques d'adaptation face au changement climatique. Si nous gardons l'exemple du Ghana, en 2021 celui-ci pr&#233;voyait d'allouer 77 millions de dollars par an pour l'adaptation [17], c'est-&#224;-dire en syst&#232;mes d'irrigation pour faire face aux s&#232;cheresses, des syst&#232;mes d'alertes pour pr&#233;venir les crues, etc. La m&#234;me ann&#233;e, le pays d&#233;pensa 4,8 milliards de dollars en service de la dette, montant qui devrait atteindre 6,4 milliards en 2025. Cet exemple vaut pour une s&#233;rie alarmante de pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les pays directement touch&#233;s par des catastrophes naturelles ne peuvent faire l'impasse sur le paiement du service de la dette. Pamela Kuwali, directrice du ActionAid Malawi d&#233;clarait en d&#233;but d'ann&#233;e 2023 : &#171; Le Malawi [pays frapp&#233; par le cyclone Freddy qui a d&#233;plac&#233; un demi-million de personnes] a une dette qui repr&#233;sente pr&#232;s des deux tiers de son produit int&#233;rieur brut, ce qui signifie qu'au lieu que notre gouvernement soit en mesure de canaliser des fonds vitaux pour la reconstruction et le redressement apr&#232;s le cyclone Freddy, nous sommes contraints de rembourser d'anciens emprunts. Nous avons les mains li&#233;es, alors que les catastrophes climatiques deviennent de plus en plus intenses et destructrices. Cela ne peut plus durer, et ce sont les femmes et les jeunes filles qui en souffriront le plus. [18] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais les &#201;tats ont besoin de moyens &#233;normes pour les besoins de la population, pour investir prioritairement dans la transition &#233;cologique, l'adaptation au changement climatique et les r&#233;parations suite aux catastrophes. Ces investissements, pass&#233;s au second plan, deviennent impossibles ou d&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; 3. La dette, moteur de l'extractivisme...&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Outre la participation &#224; l'&#233;mission de GES et donc &#224; l'acc&#233;l&#233;ration des effets du changement climatique, les projets extractivistes ont donc logiquement des r&#233;percussions environnementales et &#233;cologiques d&#233;sastreuses&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me &#233;l&#233;ment, peut-&#234;tre le plus probl&#233;matique, c'est l'extractivisme, un des rouages les plus essentiels et les plus pervers du syst&#232;me dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme soulign&#233; dans de nombreuses publications du CADTM, la logique de l'endettement des pays du Sud repose notamment sur le fait que les dettes, devant &#234;tre pay&#233;es en devises fortes (dollars, euros, yen,&#8230;), seront en partie rembours&#233;es gr&#226;ce &#224; l'exploitation et &#224; l'exportation vers les march&#233;s internationaux des ressources naturelles des pays en question, l'exportation &#233;tant un des moyens majeurs dont disposent les pays du Sud pour s'approvisionner en devises fortes. Pour rembourser leurs dettes, les &#201;tats, en particulier les &#201;tats d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique Latine, n'ont donc souvent d'autres choix que d'&#233;tendre les monocultures d'exportation et/ou intensifier les pratiques d'&#233;levages, parfois au prix d'une profonde d&#233;forestation, d'exploiter exag&#233;r&#233;ment leurs r&#233;serves halieutiques, d'extraire de leur sous-sol un maximum de ressources mini&#232;res et de ressources fossiles telles que le p&#233;trole, le gaz de schiste, le charbon, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la d&#233;pendance vis-&#224;-vis de nombreux facteurs exog&#232;nes tels que les cours internationaux, les effets n&#233;fastes de cette logique d'exploitation et d'extraction pour l'exportation sont innombrables, d'autant plus que les co&#251;ts des dommages caus&#233;s par les activit&#233;s des entreprises multinationales ne sont souvent pas prises en charges par ces derni&#232;res et sont donc support&#233;es par l'environnement et par les populations locales, en particulier les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples ne manquent pas, &#224; commencer par celui de Vaca Muerta en Argentine l'un des plus grands gisements de p&#233;trole et de gaz de schiste au monde. Outre la potentielle lib&#233;ration de 5 milliards de tonnes de CO2, son exploitation par fracturation hydraulique, qui doit permettre de rembourser la dette ill&#233;gitime de 43 milliards de dollars contract&#233;e aupr&#232;s du FMI en 2018 [19], entraine des d&#233;placements de population, une lourde contamination des eaux, des sols et des sous-sols et de graves probl&#232;mes sanitaires. Une multitude d'autres projets extractivistes li&#233;s &#224; l'exploitation des ressources fossiles sont aujourd'hui op&#233;rationnels, sur le point d'&#234;tre entrepris ou en cours d'&#233;tude alors que les scientifiques tirent la sonnette d'alarme depuis des ann&#233;es sur l'importance de se diriger vers la fin de l'utilisation des &#233;nergies fossiles. Plusieurs de ces projets sont d'ailleurs d&#233;cri&#233;s comme de v&#233;ritables bombes climatiques, parmi lesquels Santos, Buzios, et Lula, trois projets d'extraction de p&#233;trole et de gaz offshore au Br&#233;sil, le projet Tannezuft Shale en Alg&#233;rie ou encore l'EACOP, le fameux pipeline chauff&#233; traversant l'Ouganda et la Tanzanie. Les projets d'extraction de charbon ne manquent pas non plus avec Paardekop et Grootegeluk (grande chance en n&#233;erlandais) en Afrique du Sud, Zambezi et Chirodzi au Mozambique, Phulbari au Bangladesh, PTBA en Indon&#233;sie, etc [20]. Ces projets se comptent par centaines&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour rappel, plusieurs &#233;l&#233;ments permettent de qualifier une dette comme &#233;tant ill&#233;gitime, ill&#233;gale ou odieuse.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#8226; La conduite des cr&#233;anciers&lt;/strong&gt; : Connaissance des cr&#233;anciers de l'ill&#233;gitimit&#233; du pr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#8226; Les circonstances du contrat&lt;/strong&gt; : Rapport de force en faveur du cr&#233;diteur, d&#233;biteur mal ou pas inform&#233;, peuple pas d'accord&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#8226; Les termes du contrat : &lt;/strong&gt; Termes abusifs, taux usuraires...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#8226; La destination des fonds &lt;/strong&gt; : Utilisation ne profite pas &#224; la population, b&#233;n&#233;ficie &#224; une personne ou un groupe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cas de la dette de 43 milliards de dollars contract&#233;e par le gouvernement argentin de Mauricio Macri aupr&#232;s du FMI afin de financer la r&#233;&#233;lection du pr&#233;sident, celle-ci est odieuse, ill&#233;gale et anticonstitutionnelle car contract&#233;e sans l'approbation du parlement argentin, contre l'int&#233;r&#234;t de la population et en connaissance de cause de la part du cr&#233;diteur, ici le FMI.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les taux d'int&#233;r&#234;t usuraires, excessivement &#233;lev&#233;s, auxquels font face les pays du Sud sont &#233;galement un &#233;l&#233;ment permettant de contester la l&#233;gitimer d'une dette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs outils et textes du droit international, tels que la D&#233;claration sur le droit au d&#233;veloppement, les r&#233;solutions de l'ONU sur la souverainet&#233; des &#201;tats sur les ressources naturelles ou encore le Conseil des droits de l'homme de l'ONU soulignent par ailleurs que le remboursement d'une dette qui entraine la violation des droits de l'homme est nul et non avenue. C'est notamment le cas lorsqu'une population voient ses droits remis en question face &#224; l'application de politiques d'ajustement structurels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour retrouver les diff&#233;rentes d&#233;finitions : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Definition-des-dettes-illegitimes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Definition-des-dettes-illegitimes&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre la participation &#224; l'&#233;mission de GES et donc &#224; l'acc&#233;l&#233;ration des effets du changement climatique, les projets extractivistes ont donc logiquement des r&#233;percussions environnementales et &#233;cologiques d&#233;sastreuses et exacerbent profond&#233;ment les limites plan&#233;taires [21] de notre biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exploitations mini&#232;res, et la (non-)gestion des d&#233;chets qui y sont li&#233;s, symbolisent parfaitement les d&#233;g&#226;ts de l'extractivisme de par leurs impacts sur l'environnement et sur les populations vivant dans les r&#233;gions concern&#233;es. La question de l'impact du secteur minier est d'autant plus sensible que pour atteindre les objectifs de transition &#233;nerg&#233;tique de l'accord de Paris, la quantit&#233; de m&#233;taux &#224; extraire et &#224; transformer d'ici &#224; 2050 d&#233;passe la quantit&#233; extraite depuis l'antiquit&#233; [22]. Or, ces exploitations laissent syst&#233;matiquement derri&#232;re elles des &#171; zones mortes &#187; o&#249; les rares r&#233;habilitations des espaces peinent &#224; cacher la perturbation des &#233;quilibres chimiques et biologiques. De plus, lorsqu'ils surviennent, les incidents li&#233;s &#224; ces exploitations ont des cons&#233;quences colossales, &#224; l'image de la rupture du barrage de la soci&#233;t&#233; Samarco en 2015 au Br&#233;sil qui retenait 40 millions de m&#232;tres cubes de d&#233;chets toxiques li&#233;s &#224; l'exploitation d'une mine de fer. La coul&#233;e de boue a progress&#233; sur plus de 500 km et a englouti 39 localit&#233;s avant de se jeter dans l'Atlantique, faisant une vingtaine de morts [23]. Quatre ans plus tard, un drame similaire se produit avec la rupture de barrage de Brumadinho faisant 270 morts [24]. On estime qu'entre 4 et 6 accidents majeurs li&#233;s au secteur minier se produisent chaque ann&#233;e dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de jouer un r&#244;le moteur dans le changement climatique, les cons&#233;quences de l'extractivisme impos&#233; par la dette sont donc multiples, touchent tous les pans des soci&#233;t&#233;s des pays du Sud et les enjeux qui en r&#233;sultent sont tant environnementaux et sociaux que politiques et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_44648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH372/b0b7eacc12570850-8ac1967e-2d55e.png?1781911127' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Conclusion&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'annulation de ces dettes est aujourd'hui, comme hier, cruciale, mais la port&#233;e vitale de cet enjeu sur les pays du monde entier est plus que jamais manifeste&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La dette entra&#238;ne ainsi un v&#233;ritable cercle vicieux et verrouille le statuquo. Afin d'assurer le remboursement des dettes dont la l&#233;gitimit&#233; peut tr&#232;s souvent &#234;tre contest&#233;e, les pays du Sud voient leurs capacit&#233;s d'investissement compl&#232;tement plomb&#233;es et sont incit&#233;s &#224; exploiter leurs ressources, y compris leurs ressources fossiles. Cela engendre &#224; la fois un immobilisme vis-&#224;-vis de toute initiative s&#233;rieuse de lutte contre le changement climatique et une fuite en avant dans l'&#233;mission de GES et dans l'exacerbation des activit&#233;s destructrices pour les &#233;cosyst&#232;mes du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les impacts du changement climatique ne font logiquement que cro&#238;tre avec de lourdes cons&#233;quences, en particulier pour les pays du Sud se trouvant en premi&#232;re ligne. Alors que leur vuln&#233;rabilit&#233; et leurs besoins en investissements vont croissant, les pays touch&#233;s voient leurs &#233;conomies et leurs capacit&#233;s d'actions s'&#233;roder. L'augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t et donc des co&#251;ts de financement freine lourdement des investissements plus que n&#233;cessaires et participe &#224; l'explosion des dettes des pays les plus vuln&#233;rables, dettes qui seront &#224; leurs tours rembours&#233;es gr&#226;ce &#224; l'exportation des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_44649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH372/9818952547033d01-b101fffb-b2992.png?1781911127' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La dette et l'extractivisme tenant des r&#244;les centraux dans la s&#233;curisation de l'approvisionnement des march&#233;s et des multinationales en mati&#232;res premi&#232;res et en ressources strat&#233;giques, dans l'extraction des &#233;nergies fossiles et dans l'engraissement du commerce international et de la consommation de masse, un simple ralentissement de cette dynamique repr&#233;sente un d&#233;fi colossal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de bloquer tout investissement allant contre l'int&#233;r&#234;t du syst&#232;me capitaliste et des grands groupes priv&#233;s, la dette vide les pays du Sud de leurs richesses naturelles et financi&#232;res, promeut le saccage des &#233;cosyst&#232;mes et bloque toute perspective de changement et de transition &#233;cologique un tant soit peu s&#233;rieuse. Celle-ci ne peut &#234;tre envisag&#233;e tant que le cercle vicieux n'est pas bris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de plus en plus urgent d'exclure les fausses solutions allant du capitalisme vert aux suspensions de dettes anecdotiques en passant par les &#171; &#233;changes dettes contre nature &#187; [25]. Tous les signaux indiquent aujourd'hui que nous sommes &#224; l'aube d'une nouvelle crise de la dette dans les pays du Sud. Cette crise risque d'affecter davantage les capacit&#233;s d'investissement des &#201;tats et de pousser d'autant plus de pays dans la l&#233;thargie vis-&#224;-vis des luttes environnementales et climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus sur la nouvelle crise de la dette&lt;/strong&gt;, consultez : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Selon-la-Banque-mondiale-les-pays-en-developpement-sont-pris-au-piege-d-une&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Selon la Banque mondiale, les &#171; pays en d&#233;veloppement &#187; sont pris au pi&#232;ge d'une nouvelle crise de la dette : Comment l'expliquer ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aujourd'hui primordial, que ce soit vis-&#224;-vis de la justice sociale, de la justice climatique, mais aussi de notre int&#233;r&#234;t commun &#224; un avenir vivable, de permettre aux peuples des pays du Sud de se lib&#233;rer du remboursement de dettes dont la l&#233;gitimit&#233; est contestable et d'organiser une transition &#233;cologique cons&#233;quente. L'annulation de ces dettes est aujourd'hui, comme hier, cruciale, mais la port&#233;e vitale de cet enjeu sur les pays du monde entier est plus que jamais manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir carte blanche cosign&#233;e par le CNCD, le CADTM et Entraide et Fraternit&#233; &lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Annuler-les-dettes-pour-assurer-la-justice-climatique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Annuler les dettes pour assurer la justice climatique&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur remercie Brigitte Ponet, Maxime Perriot et Eric Toussaint pour leurs relectures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1] COP28 : en parall&#232;le de l'accord &#171; historique &#187;, l'Opep annonce un nouveau record de la demande de p&#233;trole en 2024. Par Helene Zelany sur Europe1. Le 13/12/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.europe1.fr/international/cop28-en-parallele-de-laccord-historique-lopep-annonce-un-nouveau-record-de-la-demande-de-petrole-en-2024-4219896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe1.fr/international/cop28-en-parallele-de-laccord-historique-lopep-annonce-un-nouveau-record-de-la-demande-de-petrole-en-2024-4219896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'OPEP d&#233;clenche l'indignation de plusieurs &#201;tats &#224; la COP28 apr&#232;s avoir demand&#233; &#224; ses membres de refuser tout accord ciblant les &#233;nergies fossiles. Le 9/12/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/12/09/a-la-cop28-le-chef-de-l-opep-demande-aux-membres-de-refuser-tout-accord-ciblant-les-energies-fossiles_6204825_3244.html#:~:text=Dans%20ce%20contexte%2C%20l'Organisation,courrier%20consult%C3%A9%20vendredi%208%20d%C3%A9cembre&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/12/09/a-la-cop28-le-chef-de-l-opep-demande-aux-membres-de-refuser-tout-accord-ciblant-les-energies-fossiles_6204825_3244.html#:~:text=Dans%20ce%20contexte%2C%20l'Organisation,courrier%20consult%C3%A9%20vendredi%208%20d%C3%A9cembre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Revealed : Saudi Arabia's grand plan to &#8216;hook' poor countries on oil. Par Damian Carrington dans The Guardian. Le 27/11/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2023/nov/27/revealed-saudi-arabia-plan-poor-countries-oil&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.theguardian.com/environment/2023/nov/27/revealed-saudi-arabia-plan-poor-countries-oil&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Accord &#224; la COP28 : &#171; Ce qu'on acte, c'est quand m&#234;me la sortie des &#233;nergies fossiles &#187;. France Inter. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=A6t4HL-z5lQ&amp;t=1125s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=A6t4HL-z5lQ&amp;t=1125s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Fossil CO2 emissions at record high in 2023. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://globalcarbonbudget.org/fossil-co2-emissions-at-record-high-in-2023/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://globalcarbonbudget.org/fossil-co2-emissions-at-record-high-in-2023/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] COP28 : Un accord en deca de l'urgence climatique. Par Mickael Correia. Sur Mediapart. Le 13/12/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/131223/cop28-un-accord-en-deca-de-l-urgence-climatique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/131223/cop28-un-accord-en-deca-de-l-urgence-climatique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Climat : il faut prendre des mesures d&#232;s maintenant pour combler le d&#233;ficit en mati&#232;re d'adaptation. Le 2/11/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2023/11/1140262&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://news.un.org/fr/story/2023/11/1140262&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] COP28 : Lancement d'une task force sur les taxations par le pr&#233;sident macron. Par Guillaume Compain sur CareFrance. Le 2/12/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.carefrance.org/actualites/cop-28-task-force-sur-les-taxations-climat-par-macron-ong-care-france/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.carefrance.org/actualites/cop-28-task-force-sur-les-taxations-climat-par-macron-ong-care-france/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Idem ONU 2/11/23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Eurodad. L'urgence climatique : Qu'est-ce que la dette a &#224; voir la dedans ?. Septembre 2021. Page 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Markandya, A., Gonz&#225;lez-Eguino, M. (2019). Integrated Assessment for Identifying Climate Finance Needs for Loss and Damage : A Critical Review. In : Mechler, R., Bouwer, L., Schinko, T., Surminski, S., Linnerooth-Bayer, J. (eds) Loss and Damage from Climate Change. Climate Risk Management, Policy and Governance. Springer, Cham. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1007/978-3-319-72026-5_14&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1007/978-3-319-72026-5_14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] 93% des pays les plus vuln&#233;rables sont en situation de surendettement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Dette du Sud : les banques peuvent-elles s'en laver les mains ? par Entraide et fraternit&#233;. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/EtudeDette2023.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/EtudeDette2023.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] International Debt Report 2023. World Bank. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://openknowledge.worldbank.org/entities/publication/02225002-395f-464a-8e13-2acfca05e8f0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://openknowledge.worldbank.org/entities/publication/02225002-395f-464a-8e13-2acfca05e8f0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Climate Change and the Cost of Capital in Developing Countries. Imperial College Business School and SOAS University of London. 2018. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.v-20.org/wp-content/uploads/2020/12/Climate_Change_and_the_Cost_of_Capital_in_Developing_Countries.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.v-20.org/wp-content/uploads/2020/12/Climate_Change_and_the_Cost_of_Capital_in_Developing_Countries.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Idem. Entraide et Fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Lower income countries spend five times more on debt payments than dealing with climate change. Jubilee Debt Campaign. Octobre 2021. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://jubileedebt.org.uk/wp-content/uploads/2021/10/Lower-income-countries-spending-on-adaptation_10.21.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jubileedebt.org.uk/wp-content/uploads/2021/10/Lower-income-countries-spending-on-adaptation_10.21.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] 93% of countries most vulnerable to climate disasters are either in or at significant risk of debt distress, new research by ActionAid International shows. USAID. 10/04/23. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.actionaidusa.org/news/93-of-countries-most-vulnerable-to-climate-disasters-are-either-in-or-at-significant-risk-of-debt-distress-new-research-by-actionaid-international-shows/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.actionaidusa.org/news/93-of-countries-most-vulnerable-to-climate-disasters-are-either-in-or-at-significant-risk-of-debt-distress-new-research-by-actionaid-international-shows/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Voir interview de Esteban Servat dans l'article &#171; La dette se paie, les escroqueries non &#187; : &#201;changes dette contre nature et Debt for Climate, deux initiatives antinomiques &#187;. &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/La-dette-se-paie-les-escroqueries-non-Echanges-dette-contre-nature-et-Debt-for&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/La-dette-se-paie-les-escroqueries-non-Echanges-dette-contre-nature-et-Debt-for&lt;/a&gt; Lire &#233;galement d'&#201;ric Toussaint par le portal Le Vent se L&#232;ve : &#171; L'Argentine face au FMI : les p&#233;ronistes &#224; la crois&#233;e des chemins &#187;, &lt;a href=&#034;https://lvsl.fr/largentine-face-au-fmi-les-peronistes-a-la-croisee-des-chemins/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lvsl.fr/largentine-face-au-fmi-les-peronistes-a-la-croisee-des-chemins/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Carte des bombes carbones. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.carbonbombs.org/map&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.carbonbombs.org/map&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] L'extractivisme exacerbe les neuf limites plan&#233;taires, ou fronti&#232;res plan&#233;taires, ces &#171; seuils &#224; l'&#233;chelle mondiale &#224; ne pas d&#233;passer pour que l'humanit&#233; puisse vivre dans un &#233;cosyst&#232;me s&#251;r, c'est-&#224;-dire &#233;vitant les modifications brutales, non-lin&#233;aires, potentiellement catastrophiques et difficilement pr&#233;visibles de l'environnement &#187;. Rappelons en effet que si le changement climatique est un des ph&#233;nom&#232;nes les plus m&#233;diatis&#233;s et les plus pr&#233;occupants vis-&#224;-vis de l'avenir des &#233;cosyst&#232;mes sur notre plan&#232;te, il n'est que l'un des neuf points de bascule qui menacent aujourd'hui. Sur ces neuf seuils, six ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; franchis : le changement climatique, l'int&#233;grit&#233; de la biosph&#232;re, la perturbation des cycles biochimiques de l'azote et du phosphore, la modification de l'occupation des sols, et plus r&#233;cemment, la pollution chimique, d&#233;pass&#233;e d&#233;but d'ann&#233;e 2023, et le cycle de l'eau douce, d&#233;pass&#233;e dans le courant du mois de septembre, dans un silence m&#233;diatique assourdissant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour plus d'informations : &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Qu-est-ce-que-les-limites-planetaires#4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://reporterre.net/Qu-est-ce-que-les-limites-planetaires#4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Olivier Vidal. Impact de diff&#233;rents sc&#233;narios &#233;nerg&#233;tiques sur les mati&#232;res premi&#232;res et leur disponibilit&#233; future. Annales des mines - S&#233;rie Responsabilit&#233; et environnement, 2020, N&#176;99 (3), pp.19-23. Disponible &#224; : https://hal.science/hal-03426222/document&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] &lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/environnement/bresil-quatre-ans-apres-la-catastrophe-de-mariana-un-decor-fantome-198473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/environnement/bresil-quatre-ans-apres-la-catastrophe-de-mariana-un-decor-fantome-198473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] La rupture du barrage de Brumadinho, qui a fait 270 morts et disparus au Br&#233;sil, &#171; aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e &#187;. Sur Le Monde. Le 6/11/2019. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/06/au-bresil-la-rupture-du-barrage-de-brumadinho-aurait-pu-etre-evitee_6018181_3244.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/06/au-bresil-la-rupture-du-barrage-de-brumadinho-aurait-pu-etre-evitee_6018181_3244.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Pour en savoir plus sur les &#233;changes contre nature, voir les analyses de Anne Theisen sur le sujet : Critique de la strat&#233;gie globale des &#233;changes dette-nature en Afrique. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Critique-de-la-strategie-globale-des-echanges-dette-nature-en-Afrique-22119&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Critique-de-la-strategie-globale-des-echanges-dette-nature-en-Afrique-22119&lt;/a&gt; et Anguille au vert aux Galapagos. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Anguille-au-vert-aux-Galapagos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Anguille-au-vert-aux-Galapagos&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus sur la position du CADTM, consultez &#171; Pourquoi le CADTM n'est pas d'accord avec les &#233;changes &#171; dettes contre action climatique &#187; &#187;. Disponible sur : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Pourquoi-le-CADTM-n-est-pas-d-accord-avec-les-echanges-dette-contre-action&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Pourquoi-le-CADTM-n-est-pas-d-accord-avec-les-echanges-dette-contre-action&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Quelle que soit la saison, la dette odieuse r&#232;gne sur la RDC</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelle-que-soit-la-saison-la-dette-odieuse-regne-sur-la-RDC</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelle-que-soit-la-saison-la-dette-odieuse-regne-sur-la-RDC</guid>
		<dc:date>2017-12-11T19:13:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ninon Nkulu, Pablo Laixhay </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Congo (RDC)</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 15 novembre, une premi&#232;re journ&#233;e de mobilisation &#233;tait organis&#233;e par la soci&#233;t&#233; civile et l'opposition depuis la publication du calendrier &#233;lectoral qui renvoie la pr&#233;sidentielle &#224; la fin de l'ann&#233;e 2018. La Monusco a communiqu&#233; pour appeler au respect du droit de manifester dans le calme et a mis en garde contre d'&#171; &#233;ventuelles violations des droits de l'Homme &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 8 d&#233;cembre 2017 &lt;br class='autobr' /&gt; Le pr&#233;sident Joseph Kabila, au pouvoir depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Congo-RDC-+" rel="tag"&gt;Congo (RDC)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton33058-ad093.jpg?1781284891' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 15 novembre, une premi&#232;re journ&#233;e de mobilisation &#233;tait organis&#233;e par la soci&#233;t&#233; civile et l'opposition depuis la publication du calendrier &#233;lectoral qui renvoie la pr&#233;sidentielle &#224; la fin de l'ann&#233;e 2018. La Monusco a communiqu&#233; pour appeler au respect du droit de manifester dans le calme et a mis en garde contre d'&#171; &#233;ventuelles violations des droits de l'Homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 8 d&#233;cembre 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 suite &#224; l'assassinat de son p&#232;re, qui avait lui-m&#234;me particip&#233; au renversement du dictateur Mobutu, devait en effet quitter le pouvoir le 19 d&#233;cembre 2016. Cependant, les &#233;lections ne furent pas organis&#233;es pour cause de manque de moyens et de recensement de la population. Que le fait d'organiser des &#233;lections dans un pays de la taille de l'Europe occidentale, avec tr&#232;s peu d'avions et des routes quasiment inexistantes, ne fasse pas partie des t&#226;ches les plus ais&#233;es est tout &#224; fait compr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le pr&#233;sident Kabila n'en est pas &#224; son premier coup d'essai. Apr&#232;s avoir remport&#233; les &#233;lections de 2006, les premi&#232;res &#233;lections libres que connaissait le pays depuis 1960, celui-ci avait en janvier 2011 chang&#233; la constitution qui pr&#233;voyait une limitation de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#224; un seul tour pour s'assurer la victoire lors des &#233;lections de la m&#234;me ann&#233;e. Depuis des mois, il cherche &#224; se maintenir au pouvoir et cette situation bloque le pays &#224; de nombreux niveaux. Ne parvenant pas &#224; faire sauter le verrou constitutionnel du nombre maximum de mandats, il a tent&#233;, en janvier 2015, de modifier la loi &#233;lectorale afin de retarder les &#233;lections de plusieurs ann&#233;es. Ainsi, le 19 septembre 2016, jour durant lequel devait initialement se tenir le scrutin, de fortes mobilisations furent r&#233;prim&#233;es dans la capitale, causant la mort de 32 personnes |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;lections sont pourtant d'un enjeu capital. G&#233;ant au pied d'argile, le Congo-Kinshasa (RDC) est l'un des pays les plus riches en ressources naturelles de la plan&#232;te et vit cet avantage comme une mal&#233;diction. Une multitude d'acteurs s'affronte sur ce territoire pour tenter d'en saisir une part du g&#226;teau. De plus, ces m&#234;mes richesses perdant de leurs valeurs depuis plus de deux ans sur le march&#233; international, la RDC voit sa principale source de revenus s'effondrer, ce qui n'est pas sans effet sur son budget, ses politiques et ses objectifs de r&#233;duction de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le budget de l'ann&#233;e 2017 est &#233;valu&#233; &#224; cinq-mille-six-cent-septante-deux-milliards-quatre-cents-millions de Francs Congolais |2| (4,5 milliards de dollars US) contrastant ainsi fortement avec le budget initial de l'ann&#233;e 2016 qui se chiffrait &#224; huit-mille-quatre-cent-septante-six milliards de Francs Congolais (7,9 milliards de dollars US), soit une r&#233;duction de pr&#232;s de la moiti&#233; des d&#233;penses annuelles |3|. Dans le courant de l'ann&#233;e 2016, le gouvernement a d&#251; couper 22 % des d&#233;penses pr&#233;vues afin de faire face &#224; une conjoncture internationale d&#233;favorable pour les minerais sur les march&#233;s internationaux. Le pays tire la majorit&#233; de ses revenus dus aux taxes et imp&#244;ts de la part des entreprises multinationales &#233;trang&#232;res qui exploitent nos ressources naturelles, principalement le cuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un pays o&#249; une grande majorit&#233; de la population vit dans une extr&#234;me pauvret&#233; et qui doit remplir de nombreux objectifs socio-&#233;conomiques, une telle restriction repr&#233;sente un frein plus que consid&#233;rable. Elle t&#233;moigne &#233;galement de la d&#233;pendance du pays &#224; ses exportations, le maintenant au rang de fournisseur du march&#233; international, et de la fragilit&#233; de son &#233;conomie nationale. Bien que cette situation d&#233;coule directement des politiques n&#233;olib&#233;rales pr&#244;n&#233;es par la Banque mondiale (BM) et le Fonds mon&#233;taire international (FMI), un tel manque &#224; gagner risque de repousser davantage la RDC, d&#233;j&#224; particuli&#232;rement d&#233;pendante aux financements ext&#233;rieurs, dans le sillon de l'endettement et de ces m&#234;mes institutions. L'histoire nous montre pourtant o&#249; celles-ci ont men&#233; le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient la dette ext&#233;rieure de la RDC ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette coloniale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;mices de la dette ext&#233;rieure de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo sont issues de sa dette coloniale, c'est-&#224;-dire la dette contract&#233;e par la m&#233;tropole belge lors de la colonisation, entre 1887 et 1959, qui a ensuite &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e &#224; la colonie lors de son ind&#233;pendance. Cette d&#233;cision avait &#233;t&#233; prise par les principaux actionnaires pour transmettre la charge de la dette coloniale contract&#233;e par la Belgique aupr&#232;s de la Banque mondiale. Ainsi, au 30 juin 1960, jour de l'ind&#233;pendance du Congo, la dette directe s'&#233;l&#232;ve a&#768; 46 milliards de francs belges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;gime de Mobutu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire ne s'arr&#234;te pas l&#224;, elle ne fait d'ailleurs que commencer pour ce pays nouvellement ind&#233;pendant. Suite &#224; l'assassinat en 1961 de Patrice Lumumba, qui constituait un v&#233;ritable espoir pour le pays qui voulait acc&#233;der pleinement &#224; sa souverainet&#233;, le mar&#233;chal Mobutu prend le pouvoir. &#192; cette &#233;poque et jusqu'&#224; la fin de la guerre froide, la RDC &#8212; renomm&#233;e Za&#239;re par Mobutu&#8212; repr&#233;sente un pilier strat&#233;gique face au bloc sovi&#233;tique durant la guerre froide. Du fait de cet enjeu g&#233;opolitique, Mobutu pourra imposer une dictature de plus de trente ans tout en b&#233;n&#233;ficiant de l'appui financier de ses partenaires, les puissances occidentales et les institutions financi&#232;res internationales, qui fermeront les yeux sur l'exercice de son pouvoir despotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle a &#233;t&#233; l'utilit&#233; de ces pr&#234;ts si ce n'est pas pour aider le pays &#224; sortir sa population de la pauvret&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le Za&#239;re s'endette sous l'aide au d&#233;veloppement et les pr&#234;ts, sans bien s&#251;r que ses cr&#233;anciers ne se pr&#233;occupent de la destination de ces derniers. De cette mani&#232;re, sous Mobutu, la dette du pays est pass&#233;e de 32 millions de dollars en 1965 &#224; environ 13 milliards de dollars en 1998. Alors, quelle a &#233;t&#233; l'utilit&#233; de ces pr&#234;ts si ce n'est pas pour aider le pays &#224; sortir sa population de la pauvret&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, une partie importante de ces pr&#234;ts a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e par le pouvoir en place. &#192; son d&#233;part, la fortune de Mobutu &#233;tait estim&#233;e &#224; plus de 8 milliards de dollars soit pr&#232;s de deux tiers du montant de la dette |4|. Ceci sans compter la fortune de ses proches qui ont &#233;galement fortement b&#233;n&#233;fici&#233; des pr&#234;ts octroy&#233;s. Joseph Stiglitz, ancien vice-pr&#233;sident de la Banque mondiale et prix Nobel d'&#233;conomie, affirme : &#171; Quand le FMI et la Banque mondiale pr&#234;taient de l'argent &#224; Mobutu, ils savaient que ces sommes, pour l'essentiel, ne serviraient pas &#224; aider les pauvres de ce pays, mais &#224; enrichir Mobutu. On payait ce dirigeant corrompu pour qu'il maintienne son pays fermement align&#233; sur l'occident &#187; |5|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, des sommes consid&#233;rables ont &#233;t&#233; emprunt&#233;es pour financer des m&#233;gas-projets soutenus par la Banque mondiale, aussi appel&#233;s &#171; &#233;l&#233;phants blancs &#187;. La situation d'endettement r&#233;sulte donc &#233;galement de la mauvaise gestion de ces projets par la BM. Prenons l'exemple du barrage d'Inga, sur le fleuve Congo. Au lieu de fournir de l'&#233;lectricit&#233; &#224; la population des r&#233;gions alentour, cette m&#233;ga-infrastructure permit de tirer une ligne &#224; haute tension sans pr&#233;c&#233;dent de 1900 kilom&#232;tres vers l'ex-Katanga, province riche en minerais, en vue de leur extraction et exportation vers les pays industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ligne ne s'est cependant pas accompagn&#233;e de l'installation de transformateurs qui auraient permis de fournir de l'&#233;lectricit&#233; aux villages qu'elle survole. L'impact financier de ce projet fut responsable de 60 % de la dette accumul&#233;e au milieu des ann&#233;es 70 qui passa alors de 500 millions de dollars en 1972 &#224; pr&#232;s de 3 milliards de dollars en 1975. Cette somme repr&#233;sentait alors 90 % du PIB |6|. Ainsi ces pr&#234;ts, qui ont servi &#224; financer des projets extractivistes soutenus par la BM, ne tinrent pas compte des besoins profonds de la population. Ce sont des projets con&#231;us &#224; l'&#233;tranger, pour l'&#233;tranger. Ceux-ci visent uniquement &#224; favoriser l'exploitation des ressources naturelles du pays en vue d'approvisionner le march&#233; international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, une partie importante de ces pr&#234;ts se fait sous forme d'aide dite &#171; li&#233;e &#187;, qui s'accompagne de conditions diverses. L'argent sert alors &#224; acheter des produits fabriqu&#233;s par les pays cr&#233;anciers, contribuant &#224; redresser leur balance commerciale. C'est la conditionnalit&#233;. &#192; titre d'exemple, sur un pr&#234;t d'une valeur de 120 millions d'euros accord&#233; par l'&#201;tat belge, 105 millions devaient &#234;tre directement d&#233;pens&#233;s dans des importations de produits belges |7| et retournaient donc imm&#233;diatement dans les caisses des &#201;tats du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'achat d'armes ou de mat&#233;riel militaire alimentant les conflits locaux et servant &#224; opprimer les peuples a aussi compt&#233; dans la mont&#233;e de l'endettement. Ceci implique un accroissement exceptionnel de la dette dite odieuse, c'est-&#224;-dire la dette qui vise, non pas les besoins et les int&#233;r&#234;ts de l'&#201;tat, mais qui vise &#224; fortifier un r&#233;gime autoritaire et despotique, et qui ne b&#233;n&#233;ficie donc pas &#224; la population qui se voit l&#233;s&#233;e |8|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise de la dette et Plans d'ajustement structurel (PAS)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1970 &#224; 1980, la dette bancaire des PED aupr&#232;s des banques occidentales passe de 36 &#224; 380 milliards de dollars. En effet, &#224; cette &#233;poque, plusieurs facteurs viennent provoquer une augmentation consid&#233;rable de l'endettement des pays du Sud. Dans le contexte de la guerre froide, la BM multiplie les pr&#234;ts qu'elle octroie pour contrer les mouvements communistes et incite les pays du Sud &#224; s'endetter. De plus, au d&#233;but des ann&#233;es 80, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine d&#233;cide d'augmenter ses taux d'int&#233;r&#234;t afin de relancer sa machine &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le taux d'int&#233;r&#234;t des emprunts des pays du Sud &#233;tant index&#233; sur ceux de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, ceux-ci voient le montant &#224; rembourser se multiplier. Les r&#232;gles viennent de changer en cours de jeu et l'&#233;tau se referme. Plusieurs pays, &#233;trangl&#233;s par l'endettement, sont alors dans l'incapacit&#233; de rembourser leurs dettes. Pour r&#233;pondre &#224; cette situation, le Consensus de Washington de 1989 (programme &#233;labor&#233; par le Congr&#232;s des &#201;tats-Unis, la Banque mondiale et le FMI &#224; Washington, d'o&#249; son nom) pr&#233;sente un pack de r&#233;formes &#233;conomiques impos&#233; par le FMI aux pays endett&#233;s, cens&#233; leur permettre de payer leurs dettes. Ce sont les plans d'ajustement structurel (PAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces PAS sont fond&#233;s sur trois piliers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. R&#233;duction des d&#233;ficits publics : aust&#233;rit&#233;, privatisations, hausse de la TVA, coupes dans les d&#233;penses publiques, c'est-&#224;-dire la sant&#233;, la culture, l'&#233;ducation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le tout &#224; l'exportation : abandon des cultures vivri&#232;res pour la monoculture et l'exportation massive de mati&#232;res premi&#232;res afin d'attirer des capitaux &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'attraction des capitaux priv&#233;s : lib&#233;ralisation et d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re, hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et droits de propri&#233;t&#233;, acheminement des d&#233;penses publiques dans des directions qui promettent la croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC) n'est &#233;videmment pas &#233;pargn&#233;e par ces programmes. &#192; titre d'exemple, le dernier point cit&#233; favorise les investissements dans des secteurs permettant une croissance &#233;conomique. C'est le cas des secteurs minier, &#233;nerg&#233;tique, financier, ou encore des transports et de la t&#233;l&#233;communication. En revanche, les secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de la culture, et autres secteurs dits &#171; non productifs &#187; ne font pas partie des priorit&#233;s des institutions internationales qui luttent contre la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une partie importante des financements d'&#201;tat vont directement au secteur minier afin de favoriser l'exportation des nombreux minerais que contiennent les terres du Congo. Cependant, suite aux pressions de la BM, notamment dans le cadre des privatisations, la grande majorit&#233; des entreprises et concessions mini&#232;res sont pass&#233;es dans les mains de multinationales &#233;trang&#232;res via leurs soci&#233;t&#233;s off-shore. De cette mani&#232;re, ces financements arrivent directement dans les poches d'entreprises australiennes, canadienne, londonienne, am&#233;ricaine ou encore isra&#233;lienne, indienne, sud-africaine, chinoise |9|, etc. cela en plus des financements de leurs pays d'origine, rendant ainsi la concurrence plus qu'in&#233;gale avec les entreprises congolaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Malgr&#233; le fait que la RDC soit un des pays les plus riches en ressources naturelles de la plan&#232;te, sa population se meurt &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces investissements permettent une extraction intensive des ressources naturelles du pays en vue de fournir le march&#233; mondial et d'attirer les devises n&#233;cessaires pour le remboursement de la dette |10|. De la m&#234;me mani&#232;re, les exportations agricoles massives entra&#238;nent l'abandon des cultures vivri&#232;res qui permettraient &#224; la population de se nourrir, de g&#233;n&#233;rer un surplus et de l'exporter. Ainsi, malgr&#233; le fait que la RDC soit un des pays les plus riches en ressources naturelles de la plan&#232;te, sa population se meurt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne permettant pas de redresser l'&#233;conomie du pays, ces PAS sont donc suivis d'un cycle d'endettement ext&#233;rieur par Mobutu au nom de l'&#201;tat, situation qui a pouss&#233; le pays un peu plus &#224; la d&#233;rive. Les difficult&#233;s financi&#232;res rencontr&#233;es par la RDC exacerbent davantage sa situation socio-&#233;conomique. Malgr&#233; des r&#233;&#233;chelonnements &#224; r&#233;p&#233;tition de la dette ext&#233;rieure et la mise en &#339;uvre d'un programme d'ajustement structurel, la situation a continu&#233; de se d&#233;grader jusqu'&#224; la fin de la guerre froide et la rupture entre Mobutu et la Communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chute de Mobutu et Initiative PPTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la chute du mur et de l'empire sovi&#233;tique, Mobutu perd son r&#244;le de rempart contre le communisme. Ayant un bilan plus qu'entach&#233; sur le plan des droits humains et devenant particuli&#232;rement encombrant, il perd les soutiens des puissances occidentales et des IFI qui lui avaient permis de rester si longtemps au pouvoir. Il sera alors ais&#233;ment renvers&#233; par Laurent-D&#233;sir&#233; Kabila avec le soutien des forces rwandaises qui entr&#232;rent dans Kinshasa le 17 mai 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; raison d'ann&#233;es de pillages et de guerres suite &#224; la situation tr&#232;s instable du pays, la RDC dut r&#233;gulariser sa situation financi&#232;re ext&#233;rieure pour se reconnecter aux circuits internationaux. En effet, &#224; la fin des ann&#233;es 90, la RDC est retenue pour b&#233;n&#233;ficier de l'Initiative des pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (IPPTE). Cette initiative pr&#233;voit un all&#232;gement partiel de la dette ext&#233;rieure des b&#233;n&#233;ficiaires. Mais ne nous y trompons pas. Cet all&#232;gement ne vise qu'&#224; r&#233;tablir la dette &#224; son montant maximal soutenable, c'est-&#224;-dire qu'est supprim&#233;e toute cr&#233;ance qui n&#233;cessiterait une restructuration de la dette. De plus, plusieurs conditions s'imposent pour en &#234;tre b&#233;n&#233;ficiaire comme : ne pas avoir d'arri&#233;r&#233;s de paiement envers la BM et le FMI, ou encore avoir appliqu&#233; docilement les politiques n&#233;olib&#233;rales pr&#244;n&#233;es par ces institutions pendant au moins 3 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de l'ajustement structurel, la RDC a donc d&#251;, en plus d'effectuer de nouveaux pr&#234;ts aupr&#232;s des IFI afin de payer ses arri&#233;r&#233;s (permettant aux cr&#233;anciers de recycler leurs vieilles cr&#233;ances contract&#233;es par Mobutu et qui pourraient facilement &#234;tre qualifi&#233;es d'odieuses), ouvrir son &#233;conomie aux soci&#233;t&#233;s multinationales et ainsi leur donner encore plus d'acc&#232;s &#224; ses abondantes ressources naturelles et humaines |11|. Comme l'explique O. Bonfond dans son livre &#171; Il faut tuer TINA &#187;, &#171; cette op&#233;ration, en plus d'&#234;tre un leurre, n'est pas &#171; gratuite &#187; : en &#233;change de ce magnifique &#171; cadeau &#187;, le gouvernement congolais a d&#251; modifier sa l&#233;gislation en mati&#232;re d'exploitation mini&#232;re et foresti&#232;re pour faciliter l'exploitation des ressources naturelles du pays par les transnationales &#187; |12|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions pour participer &#224; l'initiative &#233;tant remplies, s'en est suivi une gigantesque op&#233;ration de restructuration de sa dette ext&#233;rieure en 2002 puis un programme de stabilisation macro&#233;conomique et une strat&#233;gie de croissance et de r&#233;duction de la pauvret&#233; cens&#233;e &#234;tre ponctu&#233;e mi-2008 par un all&#232;gement d'une partie de sa dette ext&#233;rieure. Le point d'ach&#232;vement de l'initiative est finalement atteint en 2010 et la dette ext&#233;rieure de la RDC fut all&#233;g&#233;e de pr&#232;s de 9 milliards de dollars |13|. S'&#233;tant, entre temps, r&#233;-endett&#233;e pour 1,5 milliard de dollars, sa dette passe ainsi d'un peu plus de 13 milliards de dollars en 2009 &#224; environ 5,5 milliards en 2010 |14|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces programmes et all&#232;gements, la situation &#233;conomique et sociale de la RDC reste tr&#232;s fragile. En effet, &#171; dans un pays o&#249; plus de trois millions de personnes ont &#233;t&#233; victimes de la guerre depuis [20 ans] et o&#249; 80 % de la population vit avec moins de 0,2 dollar par jour, le remboursement de la dette restera un poids insupportable, m&#234;me &#224; l'issue de l'initiative PPTE. En r&#233;alit&#233;, on peut interpr&#233;ter l'IPPTE, dans le cas de la RDC, comme un jeu d'&#233;critures qui permet surtout aux cr&#233;anciers d'effacer les cr&#233;ances insolvables et de gommer les traces d'une dette que chacun s'accorde &#224; qualifier d'odieuse. &#187; |15|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien que l'initiative PPTE ait effac&#233; plus de la moiti&#233; de la dette ext&#233;rieure du pays, la RDC fait partie des grands perdants de la course aux Objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement (OMD) dont 2015 &#233;tait l'&#233;ch&#233;ance. &#192; titre d'exemple, l'objectif 1 des OMD &#233;tait de r&#233;duire de moiti&#233; la part d'individus vivant avec moins de 1$ par jour. En RDC, m&#234;me si le taux de pauvret&#233; a recul&#233; de 80 % de la population &#224; la fin des ann&#233;es 90 &#224; 65 % en 2015, l'objectif est loin d'&#234;tre atteint. Dans un de ces derniers rapports, la BM d&#233;clare : &#171; le nombre d'Africains vivant dans l'extr&#234;me pauvret&#233; a consid&#233;rablement augment&#233; depuis 1990 &#187;. De 280 millions de personnes vivant avec moins de 1,25$/jour en 1990, nous sommes pass&#233;s en 2012 &#224; 330 millions de personnes. Ce qu'elle ne pr&#233;cise pas, c'est l'impact qu'ont eu les mesures n&#233;olib&#233;rales qu'elle pr&#244;ne sur ces m&#234;mes populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une courte hausse des cours des mati&#232;res premi&#232;res et malgr&#233; une croissance particuli&#232;rement forte du PIB, les tranches moyennes et inf&#233;rieures de la population n'ont que tr&#232;s peu b&#233;n&#233;fici&#233; de cette derni&#232;re et n'ont, globalement, pas r&#233;ussi &#224; sortir de la pauvret&#233; de mani&#232;re drastique. En revanche, une poign&#233;e d'individus se situant au sommet de la pyramide en a profit&#233; pour asseoir ses fortunes. Le m&#234;me rapport pr&#233;cise d'ailleurs qu'&#171; on assiste &#224; une augmentation du nombre de personnes tr&#232;s fortun&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pourquoi la BM, qui &#339;uvre sous le slogan &#171; un monde sans pauvret&#233; &#187; depuis les ann&#233;es 90, ne parvient-elle pas &#224; atteindre des r&#233;sultats un minimum satisfaisant dans la plupart des pays dit en voie de d&#233;veloppement ? Un pays avec une telle capacit&#233; de production agricole ne devrait pas voir la majeure partie de sa population dans de telles situations de pauvret&#233; et de faim. Il est &#233;vident que le remboursement de la dette n'y est pas pour rien. Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU affirme d'ailleurs dans sa r&#233;solution 20/10 du 18 juillet 2012 que le fardeau de la dette &#171; contribue &#224; l'extr&#234;me pauvret&#233;, constitue un obstacle au d&#233;veloppement humain durable et, par cons&#233;quent, compromet gravement la r&#233;alisation de tous les droits de l'Homme &#187; |16|. Le document d&#233;clare explicitement que &#171; les politiques d'ajustement structurel n'ont pas fonctionn&#233; &#187; et que &#171; les exigences dogmatiques en mati&#232;re de privatisation et de limitation des services publics &#187; nuisent aux biens des populations et ne doivent pas &#234;tre reproduites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette optique que la Charte politique du CADTM souligne que &#171; dans la plupart des pays du Sud, le remboursement de la dette publique repr&#233;sente chaque ann&#233;e une somme sup&#233;rieure aux d&#233;penses d'&#233;ducation, de sant&#233;, de d&#233;veloppement rural et de cr&#233;ation d'emplois &#187;. Ainsi, La RDC, pays dot&#233; d'immenses ressources naturelles, mais dont la population demeure parmi les plus pauvres de la plan&#232;te, occupe la 176e place sur 187 au classement 2015 de l'indice de d&#233;veloppement humain des Nations unies (IDH).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dette ext&#233;rieure et services sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, le stock de la dette publique de la RDC s'&#233;l&#232;ve &#224; 6,18 milliards de dollars pour un Produit int&#233;rieur brut (PIB) de 35,24 milliards de dollars, repr&#233;sentant ainsi 17,5 % de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t que les institutions financi&#232;res internationales telles que la BM et le FMI d&#233;tiennent plus d'un tiers de la dette congolaise, leur permettant ainsi d'imposer leurs quatre volont&#233;s, &#224; savoir gestion des taux d'int&#233;r&#234;t et du remboursement, d&#233;cision des politiques mon&#233;taires et &#233;conomiques, choix des politiques prioritaires, etc. En 2017, sur un budget de 5 672,4 milliards de francs congolais, 5,3 % sont allou&#233;s au remboursement de la dette. Elle constitue ainsi une d&#233;pense plus importante que l'agriculture qui repr&#233;sente 2,3 % du budget et presque aussi importante que le secteur de la sant&#233; qui en repr&#233;sente un peu plus de 6 %. Ce dernier a d'ailleurs &#233;t&#233; coup&#233; de plus de moiti&#233; entre les budgets 2016 et 2017 passant de pr&#232;s de 650 milliards de francs congolais en 2016 &#224; peine 300 milliards en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget de l'ann&#233;e 2017 contraste, en effet, fortement avec le budget initial de l'ann&#233;e 2016 qui se chiffrait initialement &#224; 8.476,4 milliards de francs congolais, soit une r&#233;duction de pr&#232;s d'un tiers en l'espace d'un an. En effet, dans le courant de l'ann&#233;e 2016, le gouvernement dut couper 22 % des d&#233;penses pr&#233;vues pour faire face &#224; une conjoncture internationale d&#233;favorable pour les minerais sur les march&#233;s internationaux. Depuis 2015, le budget de l'&#201;tat a &#233;t&#233; divis&#233; par 2, passant de plus de 8 milliards de dollars &#224; pr&#232;s de 4 milliards en 2017 |18|. Cette restriction t&#233;moigne bien de la d&#233;pendance du pays &#224; ses exportations et de la fragilit&#233; de l'&#233;conomie nationale. De telles coupes dans le budget peuvent avoir de lourdes cons&#233;quences. Elles entravent, la mise en &#339;uvre des politiques &#233;tatiques, l'atteinte d'objectifs visant &#224; la r&#233;duction de la pauvret&#233;, la mise en &#339;uvre du processus d&#233;mocratique et des &#233;lections, mais &#233;galement le bon fonctionnement de l'&#201;tat qui comprend, entre autres, le financement de l'&#233;ducation, priorit&#233; du gouvernement ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'objectif 2 des OMD &#8212; assurer l'&#233;ducation primaire pour tous &#8212; fut presque atteint en RDC, un pays de 70 millions d'habitants, o&#249; 60 % de la population a moins de 20 ans, promouvoir l'&#233;ducation est un objectif majeur pour assurer un avenir socio-&#233;conomique stable et viable. En effet, selon les Nations unies, le taux brut de scolarisation dans le primaire a atteint 98 % au terme des OMD. Ces chiffres peuvent cependant &#234;tre nuanc&#233;s. Par exemple, la finalit&#233; du second objectif des OMD r&#233;sidait dans l'acc&#232;s au cycle complet d'&#233;tudes primaires. Les enfants qui ne parviennent pas au bout de leur scolarit&#233; sont donc malgr&#233; tout compris dans ces chiffres. Ajout&#233; &#224; cela, la RDC, en plus de faire face &#224; de gros probl&#232;me de recensement, conna&#238;t de fortes disparit&#233;s entre les milieux ruraux et urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'atteindre l'objectif 2 des OMD, le gouvernement a consacr&#233; entre 15 et 20 % de son budget &#224; l'enseignement ces derni&#232;res ann&#233;es. Cependant, ce secteur m&#233;rite et n&#233;cessite un investissement soutenu sur la dur&#233;e et les r&#233;centes coupes dans le budget ne vont pas dans ce sens. La partie du budget consacr&#233;e &#224; l'enseignement a en effet &#233;t&#233; amput&#233;e de 20 % entre les exercices 2016 et 2017. Ce budget &#8212; qui comprend une partie du salaire des enseignants, la fourniture du mat&#233;riel scolaire, la construction d'&#233;coles, etc. &#8212; a pour but d'assurer la gratuit&#233; de l'enseignement, encore tr&#232;s loin d'&#234;tre &#233;tablie. Si celui-ci est menac&#233;, c'est toute la promotion de l'enseignement qui s'en voit entrav&#233;e. Sans ces politiques, les parents perdent le peu d'aide qu'ils re&#231;oivent pour financer l'&#233;ducation de leurs enfants et doivent y consacrer davantage d'argent, ce qui n'est pas &#224; la port&#233;e de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une ville o&#249; on lutte chaque jour pour tenter de manger &#224; sa faim, il faut en plus chercher l'argent pour le minerval (pay&#233; chaque trimestre), car dans la plupart des cas, si les familles ne sont pas &#224; jour de leurs cotisations, les enfants sont renvoy&#233;s de l'&#233;cole sans autre forme de proc&#232;s. Anny Boloko, une jeune veuve et m&#232;re de trois enfants explique : &#171; Je n'ose pas envoyer mes enfants &#224; l'&#233;cole &#187;, dit-elle, ajoutant n'avoir m&#234;me pas pu r&#233;unir de quoi acheter crayons ou uniformes. &#192; cette allure, &#171; je risque de ne pas les scolariser cette ann&#233;e &#187;, chuchote-t-elle |19|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a, par exemple, mis en place les &#171; frais d'intervention ponctuelle &#187; cens&#233;e r&#233;mun&#233;rer partiellement les professeurs et ainsi diminuer le co&#251;t exig&#233; aupr&#232;s des parents. Cependant les enseignants restent, dans plusieurs r&#233;gions, mal et souvent non r&#233;guli&#232;rement pay&#233;s par l'&#201;tat. Par cons&#233;quent, l'offre d'enseignant sur le march&#233; du travail est insuffisante. Les parents n'ont alors d'autres choix que de prendre en charge ces frais ou de d&#233;scolariser leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les enfants des mines sont estim&#233;s &#224; plusieurs milliers rien que dans les mines au sud de Katanga &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants qui ne sont pas scolaris&#233;s faute d'argent doivent g&#233;n&#233;ralement travailler afin de participer aux minces revenus de la famille. Ils se retrouvent alors &#224; mendier dans la rue, &#224; ramasser des d&#233;chets ou &#224; travailler dans les mines o&#249; ils y sont recrut&#233;s pour leur moindre co&#251;t et leur docilit&#233;. Ces enfants des mines sont estim&#233;s &#224; plusieurs milliers rien que dans les mines au sud de Katanga et leur nombre, en perp&#233;tuelle augmentation, explose en p&#233;riode de vacances scolaires. En plus d'&#234;tre expos&#233;s aux risques d'&#233;boulement de galeries, ceux-ci peuvent travailler plus de 12 heures par jours, pieds nus, sans &#233;quipement ad&#233;quat et parfois expos&#233;s &#224; des mati&#232;res uranif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre domaine qui illustre tr&#232;s justement les probl&#232;mes li&#233;s au budget et &#224; la situation &#233;conomique de la RDC, le secteur p&#233;nitencier. Bien que trop peu souvent abord&#233;, ce sujet donne une autre id&#233;e des difficult&#233;s rencontr&#233;es dans l'acc&#232;s aux services sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Absence de protection sociale dans l'allocation du budget de l'administration p&#233;nitentiaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans la plupart de ces services, l'allocation du budget aux services p&#233;nitentiaires (la gestion des prisons) pose un s&#233;rieux probl&#232;me en RDC notamment en raison du manque de transparence dans la gestion des fonds re&#231;us. Cette opacit&#233; emp&#234;che un bon fonctionnement du syst&#232;me p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple avec la prison de Makala. Cette prison, la seule de Kinshasa et ses 11 millions d'habitants, fut construite en 1958 sous la domination coloniale &#8212; au moment o&#249; la capitale &#233;tait peupl&#233;e de 500 000 habitants. Sa capacit&#233; d'accueil est de 1 500 personnes, mais elle compte &#224; ce jour un effectif qui avoisine 8000 prisonniers, dont 200 femmes et une centaine d'enfants. En analysant la part allou&#233;e &#224; l'administration p&#233;nitentiaire dans les Lois des Finances portant sur le budget de l'&#201;tat pour 2014, 2015 et 2016, on s'aper&#231;oit que le volume financier est dramatiquement faible, ce qui ne permet pas au gestionnaire de la prison de couvrir les besoins alimentaires de tous les prisonniers. Le budget allou&#233; n'est pas donn&#233; en fonction de l'effectif carc&#233;ral mais en fonction du budget disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2015, Amnesty international d&#233;clarait que &#171; les prisonniers [sont] d&#233;tenus dans des &#233;tablissements d&#233;labr&#233;s, surpeupl&#233;s et insalubres. Plusieurs dizaines d'entre eux sont morts de malnutrition ou faute de soins adapt&#233;s &#187; |20|. Le budget d'&#201;tat ayant &#233;t&#233; r&#233;duit de 50 % depuis, les conditions de d&#233;tention ne peuvent qu'empirer. La prison fut d'ailleurs priv&#233;e d'eau durant plus de deux semaines au d&#233;but de l'ann&#233;e 2017. &#171; Les pensionnaires de la prison n'ont plus d'eau &#224; boire ni pour se laver ou encore pour cuire &#224; manger. L'environnement devient malsain &#187; alertait alors le directeur de la prison centrale |21|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ces d&#233;tenus ne b&#233;n&#233;ficient pas des protections sociales et sanitaires minimales, ce qui entrave les initiatives de r&#233;duction de la pauvret&#233; et de pr&#233;vention de crise sanitaire. Ils ont th&#233;oriquement droit &#224; un repas /jour &#8212; le m&#234;me tous les jours et pendant toute l'ann&#233;e&#8212; servi habituellement le soir, constitu&#233; de haricots m&#233;lang&#233;s au ma&#239;s commun&#233;ment appel&#233; &#171; Vungul&#233; &#187;, transformation de l'expression &#171; vous mourez &#187;. En principe, l'autorit&#233; budg&#233;taire devrait d&#233;terminer la quantit&#233; et la qualit&#233; du repas par individu /jour, ce qui permettrait, au regard de la d&#233;claration universelle de droit de l'Homme, de nourrir chaque d&#233;tenu par jour selon le budget qui lui est accord&#233;. Ainsi, on aurait d&#251; allouer &#224; chaque d&#233;tenu ne serait-ce que 2$/jour. Malheureusement, au niveau local comme au niveau national, le budget a toujours &#233;t&#233; d&#233;ficitaire ce qui fait qu'on alloue un forfait &#224; la prison centrale de Makala qui ne prend pas en charge plus de 4000 prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, comme indiqu&#233;, celui-ci est index&#233; sur le budget d'&#201;tat et varie donc fortement. Ce fonctionnement, en plus d'entra&#238;ner des violations de droits de l'Homme, questionne la gestion de la s&#233;curit&#233; de cet &#233;tablissement, ici pris &#224; titre d'exemple. Les r&#233;cents &#233;v&#233;nements du mois de mai viennent d'ailleurs alimenter ce constat. Le mercredi 17 mai, 20 ans jour pour jour apr&#232;s l'entr&#233;e de Laurent D&#233;sir&#233; Kabila dans Kinshasa, une trentaine d'assaillants parvinrent &#224; provoquer l'&#233;vasion de plus de 4 500 prisonniers |22|. Cette attaque in&#233;dite pousse encore le pays vers une situation d'ins&#233;curit&#233; et remet d'autant plus en question les m&#233;thodes de gestion du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, la situation en prison n'&#233;tant pas statique, mais dynamique, l'administration p&#233;nitentiaire re&#231;oit plus d'entr&#233;es que de sorties, ce qui bouleverse davantage la donne. Cette prison sert en effet de v&#233;ritable d&#233;barras. Au c&#244;t&#233; des violeurs et meurtriers, on y trouve de nombreuses personnes condamn&#233;es pour injure publique, simple bagarre ou insolvabilit&#233;. De m&#234;me que de nombreux prisonniers politiques comme Fred, militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) accus&#233; d'avoir &#171; complot&#233; contre la vie et la personne du chef de l'&#201;tat &#187;, ou encore Christopher Ngoyi Mutamba, coordonnateur de la soci&#233;t&#233; civile, incarc&#233;r&#233; lors des manifestations contre la r&#233;forme &#233;lectorale, le 20 janvier. Ainsi, cette prison, tel un lieu d'exil o&#249; l'eau et la nourriture se font rares, permet d'&#233;carter de la soci&#233;t&#233; toute personne d&#233;termin&#233;e &#224; faire entendre sa voix ou qui contrarie le pouvoir en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mal&#233;diction de la RDC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la d&#233;couverte de ces terres d'abondances, l'histoire ne fit pas de concession &#224; la RDC. L'exploitation de cet immense territoire n&#233;cessita soumission et violence &#224; grande &#233;chelle durant la p&#233;riode de colonisation. Suite &#224; l'ind&#233;pendance, le drame ne fit malheureusement que se prolonger le 5 septembre 1962 avec l'assassinat de Patrice Lumumba qui cherchait &#224; &#171; cr&#233;er une &#233;conomie nationale prosp&#232;re qui consacrera [l'] ind&#233;pendance &#233;conomique &#187; |23|. Avec le soutien des services secrets belges, ce jeune leader sera rapidement effac&#233; au profit du mar&#233;chal Joseph Mobutu. Celui-ci pillera le pays avec la complicit&#233; de la Banque mondiale et du FMI des ann&#233;es durant et, avec sa gestion et ses pratiques n&#233;olib&#233;rales, d&#233;stabilisera le pays durablement. Depuis, le peuple congolais court apr&#232;s sa souverainet&#233; et demeure mendiant de ses propres droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces institutions, la Banque mondiale et le FMI, ont pour objectif proclam&#233; d'amener le pays au d&#233;veloppement, &#224; la transparence, &#224; ce qu'ils appellent &#171; la bonne gouvernance &#187;, de promouvoir la stabilit&#233; des changes, d'&#233;radiquer la pauvret&#233;, etc. Dans la continuit&#233; de la mentalit&#233; faussement bien-pensante qui justifiait la colonisation, on impose ainsi un fonctionnement &#233;conomique au pays du tiers monde. Cette m&#233;thode a tous les effets inverses &#224; ceux annonc&#233;s puisqu'elle tue dans l'&#339;uf toute perspective de d&#233;veloppement solide, fragilise les &#201;tats du Sud et les cantonne au rang de pays de la p&#233;riph&#233;rie du monde, fournisseur en mati&#232;re premi&#232;re, dont la finalit&#233; n'est que d'assurer la prosp&#233;rit&#233; des puissances &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me dette, impos&#233; &#224; la RDC suite &#224; son ind&#233;pendance, permit donc aux pays industrialis&#233;s, aux anciennes m&#233;tropoles et aux institutions qui les repr&#233;sentent, de r&#233;pondre &#224; des besoins g&#233;ostrat&#233;giques, de maintenir les populations dans un &#233;tat de servitude et, par-dessus tout, de garder une main mise sur les importantes r&#233;serves en mati&#232;res premi&#232;res du pays, de perp&#233;tuer l'exploitation intensive et de tirer des avantages &#233;conomiques consid&#233;rables. Les diff&#233;rents programmes et initiatives ne firent que consolider l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien que le pays ait r&#233;cemment investi dans certains services &#224; la population, comme l'&#233;ducation, son syst&#232;me &#233;conomique impos&#233; de l'ext&#233;rieur et bas&#233; sur les exportations montre ses faiblesses et entrave la prise en main d'un r&#233;el pouvoir de d&#233;cision ainsi que la mise en &#339;uvre des programmes politiques, aussi efficaces soient-ils. Se pliant aux dogmes n&#233;olib&#233;raux, la RDC s'appuie sur un &#171; revenu &#187; qui fluctue, ce qui est incompatible avec les besoins et attentes de la population. Celle-ci ne peut se permettre d'attendre plusieurs ann&#233;es que le cours des mati&#232;res premi&#232;res revienne &#224; la hausse pour pouvoir acc&#233;der &#224; ses droits les plus fondamentaux. G&#233;ant au pied d'argile, le Congo-Kinshasa (RDC), l'un des pays les plus riches en ressources naturelles de la plan&#232;te, vit cet avantage comme une mal&#233;diction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/CESSOU/56889&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/CESSOU/56889&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| &lt;a href=&#034;http://www.budget.gouv.cd/2012/budget2017/1_expose_des_motifs_plf_2017.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.budget.gouv.cd/2012/budget2017/1_expose_des_motifs_plf_2017.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| &lt;a href=&#034;http://www.budget.gouv.cd/budget-2017/projet-du-budget-2017/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.budget.gouv.cd/budget-2017/projet-du-budget-2017/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/planete/1997/06/04/fortune-de-mobutu-les-banques-suisses-trouvent-205-millions_207940&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/planete/1997/06/04/fortune-de-mobutu-les-banques-suisses-trouvent-205-millions_207940&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-dette-exterieure-de-la-RDC-Une&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-dette-exterieure-de-la-RDC-Une&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| A. ZACHARIE. Mondialisation, qui gagne, qui perd ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-dette-exterieure-de-la-RDC-Une&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-dette-exterieure-de-la-RDC-Une&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| La doctrine de la dette odieuse, formul&#233;e par Alexander Sack en 1927, constitue une source du droit international public, en vertu de l'article 38 du Statut de la Cour Internationale de Justice (CIJ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-dette-exterieure-de-la-RDC-Une&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-dette-exterieure-de-la-RDC-Une&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| Celle-ci &#233;tant contract&#233;e en dollars, elle doit &#234;tre rembours&#233;e en dollars. L'apport de devises via l'exportation est donc primordial au remboursement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-dette-de-Mobutu,701&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-dette-de-Mobutu,701&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| O. Bonfond, dans &#171; Il faut tuer TINA &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| &lt;a href=&#034;https://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Financial-Information/RDC%20-%20Document%20relatif%20au%20point%20d'ach&#232;vement%20PPTE%20renforc&#233;e.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Financial-Information/RDC%20-%20Document%20relatif%20au%20point%20d'ach&#232;vement%20PPTE%20renforc&#233;e.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| &lt;a href=&#034;http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/DT.DOD.DECT.CD?locations=CD&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/DT.DOD.DECT.CD?locations=CD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|15| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-dette-de-Mobutu,701&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-dette-de-Mobutu,701&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|16| ONU. R&#233;solution 20/10 du 18 juillet 2012 du Conseil des droits de l'homme. Disponible sur &lt;a href=&#034;https://documents-ddsny.un.org/doc/RESOLUTION/GEN/G12/162/02/PDF/G1216202.pdf?OpenElement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://documents-ddsny.un.org/doc/RESOLUTION/GEN/G12/162/02/PDF/G1216202.pdf?OpenElement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|17| &lt;a href=&#034;http://dgdp-rdc.org/wp-content/uploads/2016/08/bul-stat-08-2015.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dgdp-rdc.org/wp-content/uploads/2016/08/bul-stat-08-2015.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|18| &lt;a href=&#034;https://www.rtbf.be/info/monde/detail_rdc-le-projet-de-budget-2017-a-nouveau-serieusement-revu-a-la-baisse?id=9440175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtbf.be/info/monde/detail_rdc-le-projet-de-budget-2017-a-nouveau-serieusement-revu-a-la-baisse?id=9440175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|19| &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/depeches/356412/societe/rd-congo-a-kinshasa-rentree-scolaire-rime-toujours-galere/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jeuneafrique.com/depeches/356412/societe/rd-congo-a-kinshasa-rentree-scolaire-rime-toujours-galere/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|20| &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.be/je-veux-m-informer/rapports-annuels/rapport-annuel-2014-2015/afrique-2245/article/republique-democratique-du-congo-24090&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.be/je-veux-m-informer/rapports-annuels/rapport-annuel-2014-2015/afrique-2245/article/republique-democratique-du-congo-24090&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|21| &lt;a href=&#034;http://www.radiookapi.net/2017/01/16/actualite/en-bref/kinshasa-penurie-deau-la-prison-de-makala#sthash.xN5gSkWP.dpuf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.radiookapi.net/2017/01/16/actualite/en-bref/kinshasa-penurie-deau-la-prison-de-makala#sthash.xN5gSkWP.dpuf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|22| BENETTI. P. En RDC, des centaines de d&#233;tenus de Makala &#171; se font la malle &#187; le jour de la F&#234;te de la lib&#233;ration. Le Monde. 18 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|23| Patrice LUMUMBA. Discours de Patrice Lumumba du 30 juin 1960. In La Pens&#233;e politique de Patrice Lumumba. Pr&#233;sence africaine. Paris, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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