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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Fausse crise des migrants, vraie crise de l'Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fausse-crise-des-migrants-vraie-crise-de-l-Europe</link>
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		<dc:date>2018-06-26T07:15:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#233;lie Chev&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Seize pays de l'UE se sont r&#233;unis dimanche 24 juin &#224; Bruxelles pour discuter de la question des migrants, sans parvenir &#224; proposer une position commune &#8211; une inefficacit&#233; qui refl&#232;te le manque de volont&#233; pour coordonner les politiques d'asile au niveau europ&#233;en. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de la revue Regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les faits, on est loin d'une situation comparable &#224; la crise de 2015. Un million de migrants et r&#233;fugi&#233;s &#233;taient alors arriv&#233;s par terre et mer en Europe. Le flux s'est largement tari (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton35356-61baa.jpg?1781858968' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Seize pays de l'UE se sont r&#233;unis dimanche 24 juin &#224; Bruxelles pour discuter de la question des migrants, sans parvenir &#224; proposer une position commune &#8211; une inefficacit&#233; qui refl&#232;te le manque de volont&#233; pour coordonner les politiques d'asile au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/politique/article/fausse-crise-des-migrants-vraie-crise-de-l-europe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, on est loin d'une situation comparable &#224; la crise de 2015. Un million de migrants et r&#233;fugi&#233;s &#233;taient alors arriv&#233;s par terre et mer en Europe. Le flux s'est largement tari depuis. En 2018, ils ne sont que 73.000 &#224; avoir abord&#233; les c&#244;tes europ&#233;ennes, soit une baisse de 50% par rapport &#224; l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; la m&#234;me p&#233;riode. Par ailleurs, les demandes d'asile en 2017 ont baiss&#233; de 44% en Europe par rapport &#224; 2016. Ces chiffres s'expliquent notamment par la fermeture de la route des Balkans et la mise en place d'accords avec la Turquie et la Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des pol&#233;miques r&#233;centes qui ont renouvel&#233; les tensions au niveau europ&#233;en. L'Aquarius, affr&#233;t&#233; par des ONG pour venir en aide &#224; 629 migrants, s'est vu refuser l'acc&#232;s aux ports italiens avant de faire route vers l'Espagne. En Hongrie, le parlement vient de voter une loi p&#233;nalisant les associations d'aide aux migrants et une modification constitutionnelle destin&#233;e &#224; emp&#234;cher l'imposition de quotas de migrants par l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas d'une crise migratoire mais bien d'une crise politique. La r&#233;forme de la politique europ&#233;enne sur l'asile et les migrations se fait attendre. Car le syst&#232;me actuel dit de &#171; Dublin III &#187; ne tient plus. Il oblige les migrants qui souhaitent d&#233;poser une demande d'asile &#224; le faire dans le premier pays o&#249; ils sont arriv&#233;s. Ce syst&#232;me de relocalisation tr&#232;s co&#251;teux fonctionne mal, le taux de transfert des demandeurs d'asile vers leur pays d'arriv&#233;e n'&#233;tant que de 4% selon une &#233;tude de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Dublin III ne tient pas compte de l'in&#233;gale pression des Etats par rapport aux arriv&#233;es. Les pays aux fronti&#232;res de l'Europe comme la Gr&#232;ce ou l'Italie ont ainsi s&#233;v&#232;rement souffert du manque de solidarit&#233; pour all&#233;ger leur &#171; fardeau &#187; lors du pic de 2015. Les quotas qui visaient &#224; r&#233;partir sur le continent 160.000 migrants arriv&#233;s en Gr&#232;ce et en Italie n'ont pas &#233;t&#233; respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de crise migratoire, mais une crise politique outre-Rhin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la volont&#233; d'une r&#233;ponse d&#233;lay&#233;e de la crise de 2015 s'est ajout&#233;e une crise politique en Allemagne. La semaine derni&#232;re, Angela Merkel a fait face &#224; une pression de la part de la CSU (Union chr&#233;tienne-sociale en Bavi&#232;re) avec qui elle cohabite. Cet alli&#233; bavarois souhaite le renvoi des demandeurs d'asile arrivant par le sud et menace la fragile coalition de la chanceli&#232;re allemande. En agissant unilat&#233;ralement &#224; la fronti&#232;re, la CSU peut cr&#233;er un effet domino en Europe, d'autres pays agissant de m&#234;me. L'initiative de la Commission europ&#233;enne de tenir un mini-sommet sur la coop&#233;ration europ&#233;enne au sujet des migrations visait donc &#224; venir au secours de l'ex&#233;cutif allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sauvetage par la Commission a d'abord d&#233;plu &#224; l'Italie. Celle-ci n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; d'un tel traitement de faveur quand elle demandait plus de solidarit&#233; pour la r&#233;partition des migrants. Elle a fait un temps planer le doute sur sa possible participation au mini-sommet. Le ministre de l'int&#233;rieur Matteo Salvini, leader d'extr&#234;me droite de la Ligue italienne, a par ailleurs multipli&#233; les joutes verbales avec Emmanuel Macron, accusant le chef de l'Etat fran&#231;ais d'&#171; arrogance &#187; sur le sujet des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mini-sommet devait pr&#233;parer le Conseil europ&#233;en du 28 et 29 juin, en r&#233;unissant &#224; l'avance les pays qui souhaitent adopter une politique commune. Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, R&#233;publique tch&#232;que et Slovaquie) s'opposent &#224; une r&#233;ponse commune et pr&#233;f&#232;reraient que les Etats demeurent souverains sur la question de l'asile. Ils ont fait savoir qu'ils ne participeraient pas au mini-sommet &#8211; une d&#233;claration plus qu'incongrue, puisqu'ils n'&#233;taient m&#234;me pas invit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe en manque de solutions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les solutions envisag&#233;es par les leaders europ&#233;ens ? Le syst&#232;me de quotas, expir&#233; en septembre 2017, n'a pas fonctionn&#233;. Une des r&#233;formes propos&#233;es par l'Allemagne est un nouveau syst&#232;me de r&#233;partition, impos&#233; uniquement en cas de crise et avec des contreparties financi&#232;res pour les Etats accueillant des migrants. Une solution inacceptable pour les gouvernements souverainistes de Visegrad... et pas assez ambitieuse pour l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil europ&#233;en a, quant &#224; lui, propos&#233; une d&#233;localisation de l'asile, en cr&#233;ant des &#171; plateformes de d&#233;sembarquement &#187; dans des pays tiers comme la Tunisie et l'Egypte. Ces camps accueilleraient les personnes secourues en mer et permettrait le &#171; tri &#187; entre migrants &#233;conomiques et futurs candidats &#224; l'asile. S'ils devraient permettre d'emp&#234;cher les d&#233;parts en mer, ils semblent cependant difficiles &#224; mettre en &#339;uvre sans l'accord des pays tiers, et posent des questions en mati&#232;res de droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re proposition en date est celle d'Emmanuel Macron et du nouveau chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Soutenus par Berlin, Paris et Madrid ont propos&#233; la cr&#233;ation de &#171; centres ferm&#233;s &#187; sur le sol europ&#233;en. Il existe d&#233;j&#224; des hotspots non ferm&#233;s en Gr&#232;ce o&#249; les migrants attendent l'examen de leurs cas. La cr&#233;ation de tels centres demanderait l'accord des pays concern&#233;s comme l'Italie. Celle-ci s'y est refus&#233;e jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre proposition mise en avant par des chercheurs seraient d'organiser les migrations du travail au niveau europ&#233;en, en facilitant l'acc&#232;s &#224; l'immigration l&#233;gale pour les demandeurs d'asile. Cette option n'est m&#234;me pas envisag&#233;e par les leaders europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il a permis &#224; Angela Merkel de souffler quelques jours, le mini-sommet de ce dimanche n'aura donc fait que souligner les tensions au sein de l'Europe sur la question des migrants. A la fin de la rencontre, la chanceli&#232;re a d'ailleurs estim&#233; que les accords bilat&#233;raux au cas par cas seraient la solution la plus plausible &#8211; une situation diam&#233;tralement oppos&#233;e au principe de coop&#233;ration europ&#233;enne. L'adoption d'une position commune au Conseil europ&#233;en de cette semaine est plus que jamais improbable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Ghouta orientale, zone de guerre et de d&#233;sinformation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Ghouta-orientale-zone-de-guerre-et-de-desinformation</link>
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		<dc:date>2018-03-06T07:37:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#233;lie Chev&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bastion de la r&#233;sistance au r&#233;gime syrien ou repaire de djihadistes ? Pour &#233;chapper aux repr&#233;sentations biais&#233;es de cette banlieue rebelle et assi&#233;g&#233;e de Damas, retour sur son histoire r&#233;cente. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 f&#233;vrier, l'arm&#233;e syrienne, appuy&#233;e par ses alli&#233;s russes et iraniens, intensifie une offensive contre la Ghouta orientale. Depuis, au moins cinq cents personnes ont perdu la vie dans des bombardements indiscrimin&#233;s. Les h&#244;pitaux et centres m&#233;dicaux sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton33884-f78dd.jpg?1781304750' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bastion de la r&#233;sistance au r&#233;gime syrien ou repaire de djihadistes ? Pour &#233;chapper aux repr&#233;sentations biais&#233;es de cette banlieue rebelle et assi&#233;g&#233;e de Damas, retour sur son histoire r&#233;cente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/web/article/la-ghouta-orientale-zone-de-guerre-et-de-desinformation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 f&#233;vrier, l'arm&#233;e syrienne, appuy&#233;e par ses alli&#233;s russes et iraniens, intensifie une offensive contre la Ghouta orientale. Depuis, au moins cinq cents personnes ont perdu la vie dans des bombardements indiscrimin&#233;s. Les h&#244;pitaux et centres m&#233;dicaux sont syst&#233;matiquement pris pour cible, et le gouvernement a refus&#233; aux humanitaires l'acc&#232;s &#224; pr&#232;s de 400.000 habitants soumis &#224; un si&#232;ge s&#233;v&#232;re depuis cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les repr&#233;sentations cartographiques de l'enclave rebelle exag&#232;rent souvent l'homog&#233;n&#233;it&#233; de l'opposition, les accusations d'un traitement favorable des rebelles par les m&#233;dias occidentaux, qui occulteraient la pr&#233;sence de djihadistes dans cette banlieue de Damas, n&#233;cessite une mise en perspective. Retour sur l'histoire de la Ghouta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La revanche des campagnes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terre fertile au sud et &#224; l'est de Damas, la Ghouta est soumise &#224; une urbanisation rapide et mal organis&#233;e depuis les ann&#233;es 1980. Tandis que la capitale a b&#233;n&#233;fici&#233; de quelques r&#233;formes depuis 2000, les retomb&#233;es &#233;conomiques n'ont profit&#233; qu'&#224; une &#233;lite urbaine ou sectaire proche du pouvoir, accentuant la perception d'un d&#233;s&#233;quilibre entre ville moderne et campagne populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de milliers de migrants &#233;conomiques sont venus rejoindre les rangs d'une majorit&#233; sunnite conservatrice et d&#233;favoris&#233;e. Le contraste de perception entre le rural et l'urbain sera d'ailleurs un facteur de soul&#232;vement en 2011 : les villes de la Ghouta comme Douma relaient la contestation et font face &#224; une violente r&#233;pression [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout pour prot&#233;ger les manifestants puis pour organiser les d&#233;serteurs &#8211; soldats refusant de tirer sur les civils ou hommes fuyant la conscription &#8211; que les premiers bataillons se forment dans le maquis de la Ghouta. &#192; l'&#233;t&#233; 2012, ces groupes arm&#233;s r&#233;unis sous la banni&#232;re de l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL) lancent une offensive contre Damas. Elle se solde par l'instauration d'un front continu entre Damas et sa p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les villes lib&#233;r&#233;es mettent en place des institutions alternatives sur la base des solidarit&#233;s de quartier : &#233;coles, entretien des routes, ramassage des ordures, syst&#232;me judiciaire. Leurs ind&#233;pendances face aux groupes arm&#233;s varient sensiblement d'une localit&#233; &#224; l'autre. Les activistes participent eux aussi &#224; ce nouvel ordre social. Ainsi l'avocate et militante des droits de l'homme Razan Zaitouneh cr&#233;e &#224; Douma le &lt;a href=&#034;http://vdc-sy.net/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Centre de documentation des violations en Syrie (CDV)&lt;/a&gt;, une formidable base de donn&#233;es des crimes commis par les parties au conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;ration des islamistes radicaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des hostilit&#233;s, Bachar Al-Assad assurait que la r&#233;volte n'&#233;tait qu'une &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/planete/2011/03/30/bachar-al-assad-denonce-une-conspiration-contre-la-syrie_725610&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; conspiration &#187;&lt;/a&gt; venue de l'&#233;tranger. Tout en brandissant le spectre du conflit sectaire, il lib&#232;re de la prison de Saidnaya des islamistes radicaux. La litt&#233;rature des prisons syriennes nous a appris que les islamistes, bien plus que les d&#233;tenus politiques, furent les victimes des s&#233;vices les plus atroces [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Zahran Allouche, fils d'un pr&#233;dicateur salafiste, est lib&#233;r&#233; avec d'autres islamistes en 2011. Ils formeront le noyau dur de Liwa al-Islam (la Brigade de l'islam), un groupe rebelle de la Ghouta et qui deviendra en 2013 Jaych al-Islam (l'Arm&#233;e de l'islam). Avec Zahran Allouche &#224; sa t&#234;te, le groupe devient la plus puissante formation de la Ghouta et d&#233;sire l'instauration d'un &#201;tat islamique syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 ao&#251;t 2013, le r&#233;gime bombarde la Ghouta avec du gaz sarin et tue 1.400 personnes. Barack Obama, qui avait fait de l'usage d'armes chimiques une &#171; ligne rouge &#187;, fait marche arri&#232;re. Les bombardements tant attendus d'une coalition internationale n'auront pas lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prolif&#233;ration des salafistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation dans la Goutha empire : &#224; partir de l'hiver 2013, c'est elle qui est d&#233;sormais encercl&#233;e. Les offensives au sol sont trop co&#251;teuses pour le r&#233;gime, qui opte pour la strat&#233;gie de l'asphyxie. Une seule voie de communication avec Damas est laiss&#233;e ouverte, favorisant la contrebande de denr&#233;es alimentaires vendues hors de prix &#224; une population affam&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux dynamiques s'acc&#233;l&#232;rent : la d&#233;moralisation des troupes de l'ASL, peu support&#233;es par ses alli&#233;s occidentaux, et le renforcement de Jaych al-Islam qui re&#231;oit des financements de l'Arabie Saoudite. Le terrain est propice &#224; la prolif&#233;ration des salafistes qui re&#231;oivent le soutien d'une partie de la population laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me. Les nouveaux bataillions adoptent souvent des noms &#224; connotation religieuse pour s'assurer un financement [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son fief de Douma, les relations entre Jaych al-Islam et les activistes sont difficiles, au point que Razan Zaitouneh et trois autres opposants sont enlev&#233;s le 9 d&#233;cembre 2013. Jaych al-Islam est suspect&#233;e d'en &#234;tre responsable. Plus tard, Zahran Allouche adoucira sa position [4]. Rempart contre Daesh, en lutte contre le front Al-Nosra, Jaych al-Islam accepte qu'en d&#233;finitive le r&#233;gime politique sera d&#233;cid&#233; par l'ensemble des Syriens. La formation gagne ainsi une place dans les n&#233;gociations de paix de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence du salafisme dans la Ghouta orientale, d'abord pr&#233;matur&#233;e et exag&#233;r&#233;e par le r&#233;gime, puis reconnue tardivement par l'opposition, est devenue un fait irr&#233;futable. Il ne faut cependant pas perdre de vue que son &#233;mergence cache une r&#233;alit&#233; plus complexe o&#249; les groupes de l'opposition sont loin d'&#234;tre homog&#232;nes et alignent leurs positions id&#233;ologiques sur celles de leurs sponsors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'un &lt;a href=&#034;https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/kerry-touts-the-russian-line-on-syrian-rebel-groups/2016/07/11/e7ba7dcc-4798-11e6-90a8-fb84201e0645_story.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;accord pour un cessez-le-feu en juin 2016&lt;/a&gt;, John Kerry avait gliss&#233; le nom de Jaych al-Islam dans la liste des groupes terroristes contre lesquels l'accord ne s'appliquait pas. La b&#233;vue, vite corrig&#233;e, est significative de l'agenda politique qui se cache derri&#232;re toute accusation de terrorisme, et qu'il faut dont prendre avec beaucoup de pr&#233;caution. Celles-ci diminuent l'impact moral de frappes indiscrimin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien sous le coup d'accusations de terrorisme que le r&#233;gime syrien justifie aujourd'hui les raids a&#233;riens, les barrels d'explosifs remplis de shrapnels et les &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/syrie/article/2018/01/23/pour-washington-moscou-porte-la-responsabilite-de-l-utilisation-d-armes-chimiques-en-syrie_5245992_1618247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;probables attaques au chlore&lt;/a&gt; sur les habitants de la Ghouta orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire Matthieu Rey, &#034;Villes et Consciences Politiques en Syrie ; quand l'urbain s'&#233;veille&#034;, dans Roman Stadnicki (sous la dir. de), Villes arabes, cit&#233;es rebelles, Paris, ed. du Cygne, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Lire Yassin al-Haj Saleh, R&#233;cits d'une Syrie oubli&#233;e : sortir la m&#233;moire des prisons, &#233;d. Les Prairies ordinaires, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir la description du si&#232;ge publi&#233;e dans le reportage &lt;a href=&#034;https://www.aljumhuriya.net/en/en/eastern-ghouta/what-is-left-unsaid-about-the-siege-on-ghouta&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;What is left unsaid about the siege on Ghouta&#034;&lt;/a&gt; (Ce qui n'est pas dit sur le si&#232;ge de Ghouta), 26 novembre 2014, publi&#233; sur Al-Jumhuriya, site d'information et de r&#233;flexion tenus par des intellectuels syriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Avant sa mort dans un bombardement de 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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