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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Entretien avec Justus Lavi Mwololo, Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral National du Forum des petits agriculteurs du Kenya</title>
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		<dc:date>2018-05-01T08:21:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Zahra Moloo</dc:creator>


		<dc:subject>Kenya</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis n&#233; dans une ferme. Dans ma famille, nous avons une longue tradition d'agriculture. Je pratique un m&#233;lange de cultures vivri&#232;res et d'&#233;levage. Nous avons des vari&#233;t&#233;s de bananes quasiment centenaires, et des esp&#232;ces de ma&#239;s, de haricots et autres que ma m&#232;re a conserv&#233;es et qui ont plus de cinquante ans. Nous gardons non seulement des graines domestiqu&#233;es, mais aussi des graines sauvages, car elles forment une part importante de l'&#233;cosyst&#232;me et de la biodiversit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : Entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Kenya-+" rel="tag"&gt;Kenya&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton34593-07f8b.jpg?1781490709' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233; dans une ferme. Dans ma famille, nous avons une longue tradition d'agriculture. Je pratique un m&#233;lange de cultures vivri&#232;res et d'&#233;levage. Nous avons des vari&#233;t&#233;s de bananes quasiment centenaires, et des esp&#232;ces de ma&#239;s, de haricots et autres que ma m&#232;re a conserv&#233;es et qui ont plus de cinquante ans. Nous gardons non seulement des graines domestiqu&#233;es, mais aussi des graines sauvages, car elles forment une part importante de l'&#233;cosyst&#232;me et de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2018 - 15 - 27 avril : notes de lecture, textes, annonces et p&#233;tition&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 18 avril 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parle-moi de toi et des m&#233;thodes agricoles que tu pratiques. Qu'est-ce que le Forum des petits agriculteurs du Kenya [Kenya Small-Scale Farmers Forumou KESSFF] ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum des petits agriculteurs du Kenya est un r&#233;seau de fermes kenyanes de petite taille organis&#233;es en villages communautaires. Il fait partie d'un r&#233;seau r&#233;gional plus large englobant des petites fermes d'Afrique de l'Est, d'Afrique centrale et d'Afrique australe. Nous mettons en contact les petits paysans pour formuler les probl&#232;mes nous affectant, notamment les politiques nationales et mondiales ainsi que l'acc&#232;s au march&#233;. La plupart de ces politiques sont con&#231;ues pour prot&#233;ger les grands producteurs et l'acc&#232;s au march&#233; est tr&#232;s limit&#233; pour les petits producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu nous parler de l'impact de la privatisation en agriculture, et plus sp&#233;cifiquement de la &#171; R&#233;volution verte &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation a &#233;t&#233; men&#233;e par les grands groupes industriels d'Europe, des &#201;tats-Unis et d'Australie qui cherchaient tous &#224; conqu&#233;rir le march&#233; mondial. L'un de ces march&#233;s est l'Afrique. La &#171; R&#233;volution verte &#187; a &#233;t&#233; promue par une poign&#233;e de compagnies souhaitant conqu&#233;rir le secteur agricole. On a pr&#233;sent&#233; la chose comme si l'Afrique avait rat&#233; la R&#233;volution verte pr&#233;c&#233;dente, ce qui est faux. L'Afrique n'a rien rat&#233; du tout et nous connaissons les grandes entreprises qui sont derri&#232;re ces affirmations, des soci&#233;t&#233;s telles que Monsanto et Aventis. Leur int&#233;r&#234;t principal est la conqu&#234;te et la domination du march&#233; des semences via l'introduction d'organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s. Il ne s'agit absolument pas d'une r&#233;volution verte ou d'aider l'Afrique. Il s'agit d'introduire leurs propres semences de fa&#231;on &#224; &#233;liminer les semences traditionnelles africaines et &#224; cr&#233;er une d&#233;pendance des petits paysans en mati&#232;re de semences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par quel processus les petits paysans deviendraient-ils d&#233;pendants des grandes entreprises pour les semences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les semences g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es sont brevet&#233;es. Elles sont plus invasives et dominatrices que les graines traditionnelles indig&#232;nes. Les semences indig&#232;nes sont modifi&#233;es par les semences modifi&#233;es une fois celles-ci pr&#233;sentes. Cela veut dire une perte de la biodiversit&#233; que nous avons. Et une fois celle-ci perdue, nous devons nous fournir en semences aupr&#232;s des entreprises de biotechnologie. L'ing&#233;nierie g&#233;n&#233;tique co&#251;te tr&#232;s cher, et ils ont tendance &#224; faire payer des redevances importantes. Il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que pour contr&#244;ler les &#234;tres humains, il faut peu de chose. L'une des possibilit&#233;s est de contr&#244;ler la nourriture. Et d'o&#249; vient la nourriture ? Des semences. Les semences restent l'un des plus grands enjeux &#233;conomiques mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les promoteurs de la R&#233;volution verte disent que l'utilisation d'intrants am&#233;liorera les conditions de vie des paysans. Est-ce vrai ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intrants dont nous parlons sont les engrais et les produits chimiques. Nous sommes pr&#233;occup&#233;s par l'usage des engrais car, l&#224; o&#249; ils ont &#233;t&#233; utilis&#233;s intensivement, ils ont salinis&#233; nos sols. L'int&#233;r&#234;t de ces engrais est limit&#233;, car la r&#233;paration de ces sols est extr&#234;mement co&#251;teuse et prend du temps. C'est pourquoi les petits paysans africains pr&#233;conisent l'agriculture biologique. L'inorganique [en agriculture] est responsable d'un nombre &#233;lev&#233; de maladies. Nous proposons et faisons campagne pour l'agro&#233;cologie, qui est une agriculture respectueuse des syst&#232;mes &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les d&#233;fis auxquels vous avez d&#251; faire face lors de la promotion de ce genre d'agriculture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi a d'abord &#233;t&#233; le partage de l'information et le manque de soutien financier. Notre information ne trouve de support dans aucun m&#233;dia. &#192; cela s'ajoute la concurrence avec les producteurs d'hybrides, qui sont eux g&#233;n&#233;reusement soutenus. Ce sont eux qui sont pr&#233;sents dans les m&#233;dias, &#224; la radio, la t&#233;l&#233;vision, dans les journaux. Ces gars l&#224; sont tr&#232;s hostiles &#224; nos id&#233;es. Ils ne le diront pas ouvertement, mais leurs actions le montrent clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il des petits paysans qui adoptent les semences hybrides et la &#171; R&#233;volution Verte &#187;, ou bien existe-t-il une r&#233;sistance importante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de gens sont inform&#233;s et aujourd'hui l'agriculture est pr&#233;sent&#233;e comme un moyen de faire du profit. Quand on dit aux gens qu'en utilisant cette m&#233;thode agricole, ils vont gagner de l'argent, c'est forc&#233;ment tentant. Puis ils se rendent compte que &#231;a ne marche pas. Je vais vous donner l'exemple de l'Inde o&#249; les paysans ont &#233;t&#233; fortement incit&#233;s &#224; produire du coton transg&#233;nique. &#199;a a &#233;t&#233; un &#233;chec. Les paysans se sont retrouv&#233;s en grande difficult&#233; et un grand nombre d'entre eux se sont suicid&#233;s. Il y a eu beaucoup d'entourloupes et une collaboration &#233;troite entre les grandes entreprises en Inde et les m&#233;dias. On avait promis aux paysans qu'ils allaient faire fortune et tout ce qu'ils ont obtenu, c'est d'&#234;tre accul&#233;s au suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits chimiques utilis&#233;s en parall&#232;le des semences commerciales ont eu pour cons&#233;quence l'&#233;limination des insectes polinisateurs : abeilles et papillons par exemple, et la situation est telle que dans certains endroits comme au Gujarat en Inde, la pollinisation doit se faire manuellement. C'est fou. Dieu n'a jamais cr&#233;&#233; de tels syst&#232;mes. Lors du boom du caf&#233; au Kenya, un herbicide appel&#233; Roundup, d&#233;clar&#233; canc&#233;rig&#232;ne par l'OMS, a &#233;t&#233; utilis&#233;. J'ai connu des femmes dans les ann&#233;es 60 et 70, qui sont aujourd'hui grand-m&#232;res, dont certaines ont de nombreux cancers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne la certification des semences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les institutions gouvernementales qui les certifient. Et ces lois, introduites il y a une dizaine d'ann&#233;es, disent que les paysans doivent faire pousser des semences certifi&#233;es, comme les hybrides, car elles donnent plus de rendement. Il n'y a aucune v&#233;rit&#233; pratique derri&#232;re cela. C'est un truc de marketing. Les paysans ont fait pousser des r&#233;coltes depuis des ann&#233;es et des ann&#233;es. Les anciens ont toujours eu des semences et personne ne les a jamais certifi&#233;es. En fait, ce qu'on certifie le plus sont les semences alimentaires. Pourquoi ne vont-ils pas dans la for&#234;t certifier toutes les semences, pourquoi se concentrent-ils sur les semences alimentaires ? C'est bien parce qu'ils veulent contr&#244;ler l'agriculture et augmenter leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons des politiques commerciales. De quelle fa&#231;on l'Organisation mondiale du commerce (OMC) impacte-t-elle les petits paysans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de l'OMC, tu verras que les produits des petits paysans sont en concurrence in&#233;gale avec ceux des pays d&#233;velopp&#233;s, particuli&#232;rement ceux de l'Union Europ&#233;enne. Les produits agricoles de l'UE re&#231;oivent beaucoup de subventions, et ces subventions rendent les produits des pays europ&#233;ens plus comp&#233;titifs : la qualit&#233; devient meilleure, les co&#251;ts de production sont plus bas et les producteurs europ&#233;ens re&#231;oivent m&#234;me des aides &#224; la commercialisation ; par cons&#233;quent, quand [les produits europ&#233;ens] entrent sur le march&#233; pour faire concurrence &#224; ceux des petits paysans subsahariens, ces petits paysans ne peuvent rivaliser, car ils ne re&#231;oivent aucune aide ou subvention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il des Accords de partenariat &#233;conomique (APE) ? Quel est leur impact sur les petits paysans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les APE, qui sont n&#233;goci&#233;s entre l'UE et les pays d'Afrique, des Cara&#239;bes et du Pacifique (les ACP), les petits paysans sont d&#233;savantag&#233;s si nous tentons de vendre nos produits en Europe. Et nous craignons m&#234;me que, comme certains pays ont sign&#233; les APE, les produits africains ne soient &#233;limin&#233;s lorsque ces produits bon march&#233; venus d'Europe commenceront &#224; affluer sur le march&#233; africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu nous fournir un exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prendrai l'exemple de la viande et du lait en provenance de l'UE. Disons le lait et la viande danoise, qui arrivent en Afrique. L&#224; je voudrais parler en particulier des supermarch&#233;s de Nairobi. Tu vas au supermarch&#233; pour acheter ton lait et ta viande, tu vois que c'est conditionn&#233; en bo&#238;te de conserve, dans une belle bo&#238;te, bien &#233;tiquet&#233;e. C'est d&#233;j&#224; tout cuit. &#199;a a d&#233;j&#224; parcouru tout ce chemin depuis l'Europe jusqu'&#224; l'Afrique. Et si tu compares le prix du b&#339;uf venant d'Europe &#224; destination de Nairobi avec le n&#244;tre, le n&#244;tre tu l'ach&#232;tes en boucherie, et il n'a pas de valeur ajout&#233;e comme celui qui vient d'Europe. Tu dois le ramener chez toi cru, le laver, le cuire. Donc au final, le n&#244;tre devient non comp&#233;titif sur notre propre march&#233; domestique. En Europe, le co&#251;t de production du b&#339;uf depuis la vache jusqu'&#224; l'abattage, et l'emballage, etc., tout ce processus est subventionn&#233; par l'Union Europ&#233;enne. Chez nous, on n'a droit &#224; aucune aide. Les paysans payent de leur poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Kenya produit du lait. Est-ce &#233;galement un probl&#232;me avec le lait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que le lait en provenance du Danemark commencera &#224; envahir l'Afrique et le Kenya, sachant que le Kenya est le plus gros producteur de produits laitiers de la r&#233;gion, cela voudra dire que nos petits paysans, qui sont d&#233;pendants des ventes journali&#232;res perdront leur march&#233;. Cela entra&#238;nera du ch&#244;mage, la perte de leur gagne-pain pour les familles qui d&#233;pendent des produits laitiers, et une perte de revenus pour les gouvernements de nos pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ces accords sont-ils n&#233;goci&#233;s de mani&#232;re &#224; d&#233;savantager les paysans africains ? Y a-t-il un contexte historique &#224; ce probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ces n&#233;gociations, c'est le plus fort qui gagne. Malheureusement, dans les pays ACP, nos n&#233;gociateurs ne sont pas aussi forts que leurs homologues europ&#233;ens. Les s&#233;ances de n&#233;gociation &#224; Bruxelles peuvent durer des jours et des jours. Or, il y a beaucoup de sessions et chaque session n&#233;cessite plusieurs personnes pour n&#233;gocier. Un pays d'Afrique a seulement deux ou trois n&#233;gociateurs et il peut y avoir une vingtaine de s&#233;ances de suite. Une fois les s&#233;ances commenc&#233;es, elles ne s'arr&#234;tent pas. Nos n&#233;gociateurs en chef africains signent des accords alors qu'ils n'ont pas particip&#233; &#224; l'ensemble des n&#233;gociations. Il est aussi fait usage de nombreux subterfuges. R&#233;cemment par exemple, le Kenya s'est retrouv&#233; contraint de signer l'APE. C'est absolument fou. Les pr&#233;f&#233;rences que les Europ&#233;ens n'avaient pas pu obtenir au sein de l'OMC, ils cherchent maintenant &#224; les obtenir dans le cadre des APE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lesquelles par exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par exemple la question des n&#233;gociations autour des subventions au sein de l'OMC. L'OMC est mondiale et de nombreux pays &#8211; &#224; commencer par la Chine et l'Inde &#8211; r&#233;clament l'abandon des subventions agricoles. Les Europ&#233;ens ont trouv&#233; plus facile de soulever le probl&#232;me dans les n&#233;gociations des APE, parce que la majorit&#233; des pays concern&#233;s sont des pays en voie de d&#233;veloppement et tr&#232;s peu sont d&#233;velopp&#233;s. On peut facilement forcer la main aux PMA (Pays moins avanc&#233;s) et ainsi les pays europ&#233;ens peuvent obtenir ce qu'ils n'ont pu obtenir de l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi le Kenya a-t-il sign&#233; l'APE, alors que la Tanzanie et le Nigeria l'ont &#233;vit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations autour des APE sont faites par blocs. Le Kenya fait partie du bloc de la CAE, la Communaut&#233; d'Afrique de l'Est (EAC en anglais). Au sein de la CAE, le Kenya est cens&#233; &#234;tre un pays d&#233;velopp&#233; ou en voie de d&#233;veloppement. Les quatre autres, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi, font partie des pays moins avanc&#233;s. Dans les n&#233;gociations des APE, il existe une clause connue comme &#171; EBA &#187; (Everything But Arms : Tout sauf les armes). Dans cette clause, les PMA sont autoris&#233;s &#224; tout exporter, sauf des armes. Le Kenya &#233;tant un pays plus d&#233;velopp&#233; que les autres (selon les crit&#232;res de la Banque mondiale), &#233;tait limit&#233; [pour agir].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre moyen de pression a &#233;t&#233; utilis&#233; : le Kenya exporte beaucoup de fleurs et de produits horticoles vers l'Europe. Les n&#233;gociations duraient depuis longtemps et ne menaient nulle part. Nos n&#233;gociateurs avaient vaillamment r&#233;sist&#233;, mais l'Union europ&#233;enne a impos&#233; un ultimatum au Kenya pour qu'il signe l'EPA, sans quoi les produits horticoles kenyans &#224; destination de l'Europe seraient soumis &#224; des droits de douane. Parmi ces produits se trouvent les fleurs kenyanes. Le Kenya Flower Council [Conseil horticole kenyan], qui est responsable de l'exportation des fleurs vers l'Europe, a fait pression sur le gouvernement, parce que la majorit&#233; des producteurs de fleurs sont des Europ&#233;ens. Leur int&#233;r&#234;t est &#233;videmment celui de leur pays, avant celui du Kenya. Le Kenya a donc d&#251; signer l'APE, malgr&#233; le fait que les n&#233;gociations des APE se font par bloc et qu'un pays ne peut pas signer seul. Les APE sont cens&#233;s aider au d&#233;veloppement et &#224; l'int&#233;gration, mais ils ont divis&#233; les pays d'Afrique de l'Est. Une des clauses des EPA d&#233;clare que &#171; aucune partie ne doit se retrouver dans une situation pire &#224; l'issue des n&#233;gociations &#187;. Voil&#224; donc bien des contradictions et l'UE est tr&#232;s forte pour cr&#233;er ces contradictions. Les APE mettent le Kenya et la CAE dans un &#233;tat pire que celui pr&#233;c&#233;dant les accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comprendre les Accords de partenariat &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;Les Accords de partenariat &#233;conomique (APE) permettent l'exon&#233;ration de droits de douane sur les biens export&#233;s de la Communaut&#233; d'Afrique de l'Est vers l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;Le Kenya &#233;tait pr&#234;t &#224; signer les APE tandis que la Tanzanie et l'Ouganda h&#233;sitaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;La Tanzanie a h&#233;sit&#233; &#224; signer l'accord, de crainte qu'il ne tue les industries locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;Quoi qu'il en soit, tant l'Ouganda que la Tanzanie sont list&#233;s parmi les pays moins avanc&#233;s, ce qui les exempte de droits de douanes lors de leur acc&#232;s aux march&#233;s europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9726;Le Kenya n'est pas class&#233; comme un des pays moins avanc&#233;s ; par cons&#233;quent, sa seule chance d'acc&#233;der aux march&#233;s europ&#233;ens sans payer de droits de douane passe par une signature collective de l'APE par la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zahra Moloo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.grain.org/fr/bulletin_board/entries/5899-entretien-avec-justus-lavi-mwololo-secretaire-general-national-du-forum-des-petits-agriculteurs-du-kenya&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.grain.org/fr/bulletin_board/entries/5899-entretien-avec-justus-lavi-mwololo-secretaire-general-national-du-forum-des-petits-agriculteurs-du-kenya&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : The Daily Nation (en anglais)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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