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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Municipales 2026 (France) : le tremplin de la division &#224; gauche</title>
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		<dc:date>2026-03-31T06:08:18Z</dc:date>
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		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-03-31</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections municipales ont eu lieu en France les 15 (premier tour) et 22 mars (second tour). La confusion qui en ressort, &#224; un an de la pr&#233;sidentielle, est signe d'un morcellement du bloc central et de la droite qui risque surtout de produire un glissement vers l'extr&#234;me droite et, face &#224; cela, un &#233;clatement des forces du Nouveau Front populaire (NPF) qui compromet la construction d'une alternative unitaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 28 mars 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par L&#233;on Cr&#233;mieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_le_2026-03-30_a_14.32_40-bbb0a.png?1781455193' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections municipales ont eu lieu en France les 15 (premier tour) et 22 mars (second tour). La confusion qui en ressort, &#224; un an de la pr&#233;sidentielle, est signe d'un morcellement du bloc central et de la droite qui risque surtout de produire un glissement vers l'extr&#234;me droite et, face &#224; cela, un &#233;clatement des forces du Nouveau Front populaire (NPF) qui compromet la construction d'une alternative unitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
28 mars 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque parti politique est d&#233;sormais obs&#233;d&#233; par la pr&#233;paration des &#233;lections pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives qui, sauf accident de parcours, auront lieu &#224; partir d'avril 2027. Donc, chaque responsable politique &#8211; et surtout chaque futur candidat pr&#233;sidentiel &#8211;, dans l'impatience d'en finir avec les ann&#233;es Macron, vient de tirer le bilan de ces &#233;lections municipales en affirmant, chacun avec autant de certitude, que celles-ci confortent sa strat&#233;gie politique pour pr&#233;parer l'&#233;ch&#233;ance institutionnelle majeure de 2027. Ces &#233;lections municipales avaient donc comme vocation obligatoire, &#224; leurs yeux, d'&#234;tre un &#171; tour de chauffe &#187; et, dans les entrailles de leurs r&#233;sultats, chaque parti a voulu lire l'augure de sa propre r&#233;ussite en 2027. Il en suit une cacophonie depuis une semaine, entre et au sein de beaucoup de partis, avec de nombreux &#233;clairages contradictoires des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La sp&#233;cificit&#233; des &#233;lections municipales en France&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant &#233;tonnant de pr&#233;tendre tirer &#171; une le&#231;on &#187; de ces &#233;lections &#8211; et encore moins la l&#233;gitimation d'une strat&#233;gie pour 2027 &#8211;, car les &#233;lections municipales ont leurs propres caract&#233;ristiques et, de plus, le bilan en est largement mitig&#233; pour les uns comme pour les autres. Il n'y a pas &#171; une le&#231;on &#187; des &#233;lections municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les &#233;lections municipales (l'&#233;lection de conseils municipaux dans les communes) a lieu tous les six ans, dans chacune des quelque 34875 communes du pays. Ces communes sont issues d'un d&#233;coupage op&#233;r&#233; lors de la R&#233;volution fran&#231;aise de 1789, essentiellement calqu&#233; sur la carte des paroisses catholiques de l'&#233;poque. Depuis 1884, chacune &#233;lit un conseil municipal, plus ou moins nombreux selon l'importance de la commune, et un maire. En Europe, un tel nombre de communes est exceptionnel (l'Etat espagnol, l'Allemagne et l'Italie ont entre 8000 et 10000 communes). Mais 32000 d'entre elles ont moins de 3500 habitants, dans les zones rurales qui ne rassemblent plus que 20,8% de la population fran&#231;aise. 33173 communes ont eu leur maire &#233;lu au premier tour le 15 mars, donc essentiellement dans ces zones rurales o&#249;, deux fois sur trois, il n'y avait qu'une seule liste &#171; sans &#233;tiquette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'abstention croissante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affrontements de listes politiques et leur d&#233;nouement concernent donc essentiellement les communes de plus de 3500 habitants qui regroupent 69% de la population dans 3189 villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il faut aussi souligner la progression constante de l'abstention, &#224; toutes les &#233;lections en g&#233;n&#233;ral, aux &#233;lections municipales en particulier. Il y a eu 42.7% d'abstentions cette ann&#233;e, la participation &#233;tant en chute constante depuis des d&#233;cennies : elles &#233;taient inf&#233;rieures &#224; 30% jusqu'en 1997 ; en 2014 elles n'&#233;taient encore que de 37,8%. Toutes les &#233;lections en France (r&#233;gionales, europ&#233;ennes, municipales) ont d&#233;sormais un taux d'abstention croissant, soit autour d'un &#233;lecteur sur deux. Seule l'&#233;lection pr&#233;sidentielle connait une participation plus importante, mais l'abstention y progresse aussi r&#233;guli&#232;rement, plus d'un &#233;lecteur sur quatre en 2022. De plus, d'apr&#232;s des &#233;tudes de l'INSEE, plus de 10% du corps &#233;lectoral n'est pas, ou ne croit pas &#234;tre, inscrit sur les listes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule exception notable dans cette courbe de l'abstention a &#233;t&#233; en 2024 les &#233;lections l&#233;gislatives anticip&#233;es (qui ont suivi la dissolution d&#233;cid&#233;e par Macron) et qui avaient abouti &#224; la victoire des listes du Nouveau Front populaire : les abstentions &#233;taient tomb&#233;es de 53% en 2022 &#224; seulement 33% lors des deux tours de cette &#233;lection. La large mobilisation pr&#233;sente lors de cette &#233;lection a &#233;t&#233; &#233;videmment en d&#233;calage avec la prise de distance grandissante d'avec les processus &#233;lectoraux. Pour ces municipales-ci, l'abstention a &#233;t&#233; plus forte chez les jeunes de 18 &#224; 25 ans (56%), de 25 &#224; 34 ans (60%), l'&#233;lectorat ayant un revenu inf&#233;rieur &#224; 1250&#8364; (60%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'&#233;rosion des r&#233;sultats du Parti socialiste et des R&#233;publicains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre point particulier de ces &#233;lections est le d&#233;calage [retard] entre la crise profonde des partis traditionnels (le Parti socialiste et les R&#233;publicains) au niveau national depuis 10 ans et le maintien de leur implantation dans les institutions locales. Mais l'&#233;rosion est bien pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se r&#233;f&#232;re aux vingt derni&#232;res ann&#233;es, dans les villes de plus de 30000 habitants, les R&#233;publicains sont pass&#233;s de 102 mairies (120 avec les &#171; divers droite &#187;) en 2014 &#224; 48 (97 avec les &#171; divers droite &#187;) en 2026. M&#234;me ph&#233;nom&#232;ne pour le PS qui passe de 98 mairies (106 avec les &#171; divers gauche &#187;) en 2008 &#224; 30 en 2026 (52 avec les &#171; divers gauche &#187;). La baisse tendancielle des deux vieux partis traditionnels est donc &#233;vidente. Par ailleurs, il faut souligner que les &#171; divers gauche &#187; et &#171; divers droite &#187; tendent petit &#224; petit &#224; &#234;tre aussi importants que les maires affili&#233;s aux R&#233;publicains ou au PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le &#171; bloc central &#187; macroniste (Horizons, Renaissance, Modem) avec 43 mairies maintient le poids qu'avait d&#233;j&#224; le centre droit dans les ann&#233;es 80 (Modem de Bayrou ou UDI de Borloo). Ce qui est notable est que ce courant &#171; macroniste &#187;, depuis 2017, ne s'est pas structur&#233; comme un parti national et a &#233;t&#233; incapable de supplanter les partis traditionnels au plan local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces villes de plus de 30000 habitants, le RN a gagn&#233; 12 mairies et la France insoumise 6 (le PCF lui-m&#234;me maintient 19 mairies &#8211; 25 en 2014). Donc pour ces villes moyennes et grandes, on note une perte lente, mais progressive, pour les R&#233;publicains et le Parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les R&#233;publicains et l'&#233;clatement du &#171; bloc central &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;lections ont lieu &#224; deux tours et les listes peuvent fusionner entre elles ou se maintenir si elles ont rassembl&#233; plus de 10% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Retailleau, pr&#233;sident des LR, a pu se f&#233;liciter au soir du second tour en d&#233;clarant que &#171; &lt;i&gt;les R&#233;publicains et leurs alli&#233;s remportent le plus grand nombre de voix et d'&#233;lus. Nous sommes toujours la premi&#232;re force politique locale en France&lt;/i&gt; &#187;. Pour invoquer de tels chiffres, il faut mobiliser les r&#233;sultats dans toutes les villes de plus de 3500 habitants o&#249;, en effet, la droite affiche l'&#233;lection de 1267 maires et 8,7 millions de voix. Le PS et les &#171; divers gauche &#187; affichent eux seulement 829 mairies, mais 9,2 millions de voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les LR ont du mal &#224; masquer un s&#233;rieux &#233;chec dans les grandes m&#233;tropoles, Paris, Lyon, Marseille. Les R&#233;publicains ne peuvent avoir comme troph&#233;es que l'&#233;lection de trois maires du &#171; bloc central &#187;, soutenus par LR : Jean Luc Moudenc &#224; Toulouse (membre du petit groupe de France audacieuse, proche du parti Horizons d'Edouard Philippe), celle de Thomas Cazenave &#224; Bordeaux, macroniste de la premi&#232;re heure et de Antoine Armand &#224; Annecy, tous deux membres de Renaissance (le parti de Macron). La plus grande ville dirig&#233;e par un R&#233;publicain est Clermont Ferrand, 24e ville de France, 146000 habitant.es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachida Dati perd &#224; Paris. Martine Vassal &#233;tait largement distanc&#233;e par le Rassemblement national &#224; Marseille et une union autour du socialiste Benoit Payan. Echec aussi &#224; Lyon o&#249; le Jean Michel Aulas, ancien pr&#233;sident du club de football de l'Olympique Lyonnais, soutenu par toute la droite, a &#233;t&#233; battu par le maire sortant &#233;cologiste Gr&#233;gory Doucet, dont la liste avait fusionn&#233; avec celle de LFI. Enfin, &#224; Nice, alors que le macroniste Estrosi &#233;tait soutenu officiellement par LR, Retailleau disait clairement son refus de le soutenir, le renvoyant dos &#224; dos avec &#201;ric Ciotti, ancien pr&#233;sident des LR, transfuge vers l'extr&#234;me droite et aujourd'hui alli&#233; du Rassemblement national avec son nouveau petit parti UDR. Plusieurs &#233;lus LR du Sud-Est comme le maire de Cannes ont marqu&#233; clairement leur soutien &#224; &#201;ric Ciotti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc le discours triomphaliste de Retailleau, &#171; LR premier parti de France &#187; (LR a rassembl&#233; 4,8% &#224; la pr&#233;sidentielle de 2022 et 4,3% aux l&#233;gislatives de 2024) sert &#224; Retailleau et &#224; la direction LR pour justifier la marche en avant annonc&#233; au Bureau politique du parti : la d&#233;signation d'un candidat LR (soit directement Retailleau, soit par une primaire interne), &#224; la suite de quoi, le parti proposerait peut-&#234;tre une primaire commune &#224; LR et aux partis du bloc central (Renaissance et Horizons ). Cette position s'oppose &#224; celle de l'autre dirigeant principal du parti, Laurent Wauquiez, qui voudrait clairement s'ouvrir &#224; une primaire int&#233;grant le parti d'extr&#234;me droite Reconqu&#234;te (Knafo/Zemmour), petit parti membre du groupe ENS du Parlement europ&#233;en avec l'AfD allemande et les antis&#233;mites et anti-Roms du MHM hongrois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie le&#231;on concernant les LR est que ce parti, d&#233;j&#224; lourdement affaibli, sort de ces &#233;lections clairement fragment&#233;, sous-estimant le faible poids &#233;lectoral de leur parti pour une pr&#233;sidentielle, face &#224; Horizons, &#224; Edouard Philippe et aux restes de Renaissance d'un c&#244;t&#233;, au RN de l'autre. Tout cela pour une organisation de plus en plus poreuse aux th&#232;mes du RN et &#224; aux alliances avec l'extr&#234;me-droite. &#202;tre suppl&#233;tif d'une candidature Edouard Philippe ou une peau de chagrin qui s'effiloche face au RN sont les deux risques qui menacent les R&#233;publicains, qui se voit n&#233;anmoins comme un axe de rassemblement avec le &#171; bloc central &#187; des macronistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce camp du centre droit macroniste et de la droite, ont compte pr&#232;s d'une dizaine de pr&#233;tendants, d&#233;clar&#233;s ou non, pour la pr&#233;sidentielle, voulant tous (il n'y a pas de femmes candidates pour l'instant dans ce courant) tourner la page de Macron, esp&#233;rant chacun couvrir le m&#234;me espace politique qui avait permis la victoire surprise, en 2017, d'Emmanuel Macron. Dans tous les cas, le bloc central et la droite n'ont pas encore trouv&#233; les moyens de ne pas se pr&#233;senter &#233;clat&#233;s en 2027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le Rassemblement national&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rassemblement national n'a pas &#171; renvers&#233; la table &#171; lors de ces &#233;lections municipales, mais avec son alli&#233; UDR d'&#201;ric Ciotti. Il a gagn&#233; 57 mairies dans les 3060 villes de plus de 3500 habitants, contre 9 en 2020. Son poids local est encore d&#233;risoire par rapport &#224; son poids dans les &#233;lections nationales, mais il a franchi un r&#233;el palier. La victoire &#224; Nice est symbolique, mais a du mal &#224; gommer l'&#233;chec subit &#224; Marseille et &#224; Toulon o&#249; un tr&#232;s bon score de premier tour laissait esp&#233;rer une victoire. Le RN s'est heurt&#233; &#224; un front de la droite &#224; Toulon et &#224; un front de la gauche &#224; Marseille. Reste un seul &#233;lu RN dans une ville de plus de 100000 habitants, Louis Aliot &#224; Perpignan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le RN progresse dans son ancrage institutionnel, notamment dans le Var et la r&#233;gion du Nord avec plusieurs communes moyennes gagn&#233;es et d&#233;sormais ces r&#233;sultats peuvent permettre l'&#233;lection de plusieurs s&#233;nateurs [1]. C'est un pas de plus dans une normalisation o&#249; le parti grignote des voix sur la droite, l'image la plus spectaculaire &#233;tant la place prise par son candidat &#224; Marseille, Frank Alisio, rassemblant 35% des voix au premier tour, trois fois plus que la candidate LR, Martine Vassal, qui apparaissait pourtant favorite des sondages quelques mois avant l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, l&#224; encore, malgr&#233; tout, ces r&#233;sultats montrent la sp&#233;cificit&#233; des Municipales et le d&#233;calage entre les r&#233;sultats r&#233;els et les commentaires de Jordan Bardella qui les pr&#233;sentait comme &#171; &lt;i&gt; l'expression d'un basculement profond (&#8230;) la fin d'un vieux monde &#224; bout de souffle &lt;/i&gt; &#187;. Le RN poursuit sa course vers l'&#233;lection pr&#233;sidentielle avec Bardella ou Le Pen, si elle n'est pas d&#233;clar&#233;e in&#233;ligible cet &#233;t&#233;. Les &#233;lections municipales ont montr&#233; &#224; la fois la banalisation de ce parti n&#233;ofasciste (et la banalisation aussi assum&#233;e par la droite du petit parti Reconqu&#234;te, de Sarah Knafo et &#201;ric Zemmour) et la porosit&#233; croissante de la base &#233;lectorale de la droite dure et de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;clatement des composantes du Nouveau front populaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai probl&#232;me manifest&#233; par ces &#233;lections municipales est le franchissement d'un pas suppl&#233;mentaire dans l'&#233;clatement des composantes du Nouveau front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections municipales ont toujours &#233;t&#233; le socle le plus solide, le maillage de la vie politique institutionnelle en France (ce sont essentiellement les conseillers municipaux qui &#233;lisent le S&#233;nat), et chaque parti traditionnel a toujours voulu &#171; soigner &#187; sa pr&#233;sence &#224; ce niveau. La France insoumise ne s'&#233;tait, jusque-l&#224;, pas pr&#233;occup&#233;e de sa pr&#233;sence municipale. Apr&#232;s sa victoire au sein de la gauche avec la Nouvelle Union populaire &#233;cologique et sociale (NUPES) en 2022, LFI avait essay&#233; de n&#233;gocier des accords avec ses partenaires socialistes, &#233;cologistes et PCF pour obtenir au moins un poste de s&#233;nateur aux &#233;lections de la m&#234;me ann&#233;e. Son faible poids dans les conseils municipaux et une logique boutiqui&#232;re des dirigeants de ses partis alli&#233;s aboutit alors &#224; un refus et l'&#233;vincement maintenu de LFI du S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, la France insoumise n'avait que deux maires dans des villes de plus de 5000 habitants. Au-del&#224; de cette premi&#232;re raison de peser fortement en 2026, la strat&#233;gie annonc&#233;e de la France insoumise &#233;tait de faire de ces &#233;lections un tremplin pour la candidature de Jean-Luc M&#233;lenchon en 2027. La cons&#233;quence fut le choix de pr&#233;senter plus de 500 listes labellis&#233;es LFI dans toutes les villes de plus de 100000 habitants et dans 80% des villes de plus de 30000 habitants, en collant aux zones o&#249; les pr&#233;sidentielles et les l&#233;gislatives avaient donn&#233; les meilleurs r&#233;sultats. C'&#233;tait donc clairement un choix d'appareil, mais li&#233; aussi avec une strat&#233;gie pour 2027 visant &#224; faire jouer au maximum le rapport de force pour s'imposer comme la seule candidature pouvant passer le premier tour. Il n'&#233;tait donc pas question pour M&#233;lenchon de pr&#233;senter &#224; nouveau des listes NFP. Les campagnes de LFI furent, sur des bases radicales reprenant le programme du NFP, une affirmation sans d&#233;marche unitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le PS, le choix &#233;tait diam&#233;tralement oppos&#233;. Essayer de s'appuyer sur la force restant &#224; ce parti au niveau de son implantation locale pour lui redonner une visibilit&#233; nationale et construire un rapport de force suffisant, soit pour une candidature socialiste autonome en 2027 ( avec la possibilit&#233; d'un choix Parti socialiste-Place publique avec Rapha&#235;l Gluksmann), soit pour participer &#224; une primaire de la gauche avec les autres composantes du NFP (sans M&#233;lenchon) comme cela a &#233;t&#233; propos&#233; &#224; Tours en janvier 2026 par une annonce commune d'Olivier Faure, Marine Tondelier, Cl&#233;mentine Autain, Fran&#231;ois Ruffin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces pr&#233;paratifs, les semaines pr&#233;c&#233;dant les &#233;lections municipales ont vu la multiplication de forces centrifuges. A c&#244;t&#233; du dispositif mis en place par LFI, le reste des partis du NFP ont construit des alliances &#224; g&#233;om&#233;trie variable, selon les configurations locales. Mais alors que les Ecologistes et le PCF laissait la porte ouverte &#224; des alliances au second tout avec la France insoumise face &#224; la droite, la direction du Parti socialiste, sous pression de la droite du parti (J&#233;r&#244;me Guedj et Fran&#231;ois Hollande, notamment), affirmait &#171; &lt;i&gt;aucun accord national au second tour avec la France insoumise&lt;/i&gt; &#187;, rejetant LFI hors de la gauche &#171; respectable &#187; (tout en laissant la possibilit&#233; d'accords locaux &#224; bas bruit). Cela venait apr&#232;s que les dirigeants du PS ont multipli&#233; les d&#233;nonciations de la France insoumise, reprenant l'ignoble campagne de la droite apr&#232;s la mort du n&#233;onazi Quentin Deranque et la multiplication de la d&#233;nonciation de M&#233;lenchon comme antis&#233;mite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite du parti semblait donc avoir scell&#233; la ligne du parti, imposant &#224; Faure de fermer la page du NFP et m&#234;me d'&#233;carter une primaire ouverte &#224; gauche avec des forces comme les Ecologistes et l'Apr&#232;s (qui elles avaient refus&#233; &#224; l'Assembl&#233;e la ligne de &#171; salut public &#187; du PS, de soutien aux budgets des gouvernements Lecornu et avaient vot&#233; plusieurs fois la censure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille et Paris semblaient &#224; l'&#233;chelle des municipales repr&#233;senter cette ligne d'unit&#233; du NFP sans LFI puisque l'unit&#233; de toutes les autres composantes (Ecologistes, PCF et Apr&#232;s) &#233;tait r&#233;alis&#233;e derri&#232;re Emmanuel Gr&#233;goire &#224; Paris et Benoit Payan &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France insoumise semblait donc mise sur la touche de ces &#233;lections et la physionomie du reste de la gauche unie semblait donner du cr&#233;dit aux partisans d'une recomposition d'une unit&#233; de la gauche &#171; &#224; l'ancienne &#187; sous domination sociale-d&#233;mocrate. Malgr&#233; tout, des dynamiques militantes unitaires se sont construites, par exemple &#224; Saint-Denis ou &#224; Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du premier tour des municipales et les jours qui ont suivi ont d&#233;menti ce sc&#233;nario. Si le PS avait engrang&#233; de bons r&#233;sultats, la perc&#233;e spectaculaire &#233;tait venue de LFI qui gagnait Saint-Denis, plus grande commune de la r&#233;gion parisienne, &#233;tait en nette position de l'emporter &#224; Roubaix, arrivait en t&#234;te de la gauche &#224; Toulouse, notamment. Les listes faisaient plus de 10% dans 60% des communes de banlieue, dans 96 villes. Ces tr&#232;s bons r&#233;sultats locaux r&#233;duisaient &#224; n&#233;ant la campagne de presse de la r&#233;action et faisaient appara&#238;tre LFI comme une force populaire locale, une composante essentielle &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France insoumise, renversant sa position d'isolement du premier tour, a propos&#233; nationalement la fusion avec les autres listes de la gauche pour r&#233;aliser un &#171; front antifasciste &#187;, en pratique pour battre la droite. Malgr&#233; la d&#233;cision de la Direction du PS, les accords PS/LFI se multipli&#232;rent dans de nombreuses villes, comme Toulouse, Nantes, Tulle, Limoges, Clermont-Ferrand, sign&#233;s dans plusieurs cas par des socialistes proches de Hollande et Guedj comme &#224; Tulles et &#224; Nantes. Toute la campagne et le positionnement du PS semblaient s'&#233;crouler comme un ch&#226;teau de cartes et l'unit&#233; de la gauche se reconstruire. Mais surtout, le Parti socialiste donnait le tournis &#224; ses propres &#233;lecteurs &#224; qui la plupart des dirigeants du parti avaient r&#233;p&#233;t&#233; qu'il &#233;tait impossible de s'allier avec le parti de M&#233;lenchon. A Paris et &#224; Marseille, les t&#234;tes de listes socialistes refus&#232;rent la fusion des listes. A Marseille, ce refus semblait incompr&#233;hensible alors que la liste du socialiste Benoit Payan ne devan&#231;ait celle du Rassemblement national que de 1,6%, que la liste LFI avait rassembl&#233; 11,94% et que, dans tous les cas, de nombreux &#233;lecteurs de la candidate LR (12,41%) se reporteraient sur le RN au second tour donnant la mairie &#224; l'extr&#234;me droite. Malgr&#233; le refus sectaire de Benoit Payan, la France insoumise eut l'intelligence de pr&#233;f&#233;rer retirer sa liste, m&#234;me sans fusion, plut&#244;t que d'offrir la ville au RN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus grave &#233;videmment est que, au total, les divisions de la campagne de premier tour, le d&#233;ferlement d'une campagne haineuse contre la France insoumise et une forte mobilisation de la droite auront emp&#234;ch&#233; la victoire du candidat insoumis &#224; la t&#234;te de listes fusionn&#233;es &#224; Toulouse et &#224; Limoges et un pourcentage r&#233;el d'&#233;lecteurs du PS n'auront pas suivi le mouvement. Il faut noter que ce n'est qu'apr&#232;s le premier tour, &#224; Toulouse par exemple que les syndicats (CGT, FSU, Solidaires) ont appel&#233; &#224; voter pour la liste fusionn&#233;e &#224; gauche. Ces fusions et le retrait volontaire de LFI &#224; Marseille auront permis des victoires &#224; gauche comme &#224; Nantes et &#224; Lyon. Mais la majorit&#233; des listes fusionn&#233;es LFI/ PS furent battues, permettant une nouvelle offensive au sein du PS pour verrouiller toute d&#233;marche d'unit&#233; &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, LFI aura gagn&#233; son pari d'implantation locale en gagnant les &#233;lections dans 8 villes, dont 7 de plus de 30000 habitants, essentiellement dans les banlieues populaires de la r&#233;gion parisienne, dans le Nord et autour de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette campagne aura mis la gauche sur des rails qui ne peuvent que la faire d&#233;railler en 2027. Non seulement les principaux partis de la gauche ne voient leur action des prochains mois que sur le terrain institutionnel, avec la pr&#233;paration &#233;lectorale de 2027, sans aucune campagne commune sur les questions sociales ou d&#233;mocratiques. De plus l'&#233;clatement des partis de gauche a largement frein&#233; la construction de d&#233;marches unitaires avec le mouvement social et syndical. La diff&#233;rence avec juin/juillet 2024 est &#233;vidente de ce point de vue. Sur la question &#233;lectorale, un triste jeu sym&#233;trique est en train de se jouer. Olivier Faure vient de refuser publiquement &#171; tout accord national entre le PS et LFI pour la pr&#233;sidentielle et pour les l&#233;gislatives &#187;. Une d&#233;claration inimaginable il y a deux ans et d&#233;moralisante pour des dizaines de milliers de militant-e-s du mouvement social et syndical qui voient arriver le RN en 2027. Du c&#244;t&#233; de la France insoumise, toutes les d&#233;clarations qui ont suivi le deuxi&#232;me tour &#233;cartent toute r&#233;f&#233;rence au NFP, d&#233;taillant la marche du parti vers la pr&#233;sidentielle et appelant les courants de gauche &#224; la rejoindre sans proposer aucune d&#233;marche commune des partis du NFP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie semble donc ferm&#233;e &#224; la construction d'une unit&#233; &#224; gauche sur des bases de rupture avec les politiques d'aust&#233;rit&#233; et aucun levier social n'apparait pour l'instant pouvant inverser les dynamiques centrifuges, alors que les classes populaires subissent encore de nouvelles attaques avec l'augmentation du co&#251;t de la vie dues &#224; la sp&#233;culation sur les produits p&#233;troliers et qu'&#224; l'arri&#232;re-plan, les crises climatique et &#233;cologiques, sanitaires et sociales ne cessent de s'aggraver, boost&#233;es notamment par les guerres moyen-orientales ou est-europ&#233;ennes, les rivalit&#233;s inter-imp&#233;rialistes et la course aux armements. C'est donc malgr&#233; tout une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse, face &#224; la victoire programm&#233;e de Bardella/Le Pen que de construire une telle alternative unitaire de rupture avec les politiques capitalistes lib&#233;rales, construction qui n&#233;cessiterait la mobilisation unitaire de toutes les forces du mouvement ouvrier et d&#233;mocratique comme cela a pu se r&#233;aliser en 2024, il y a &#224; peine deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.-S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Article &#233;crit pour la revue Viento sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Communiqu&#233; par l'auteur. Inter-titres et mise en forme par la r&#233;daction d'ESSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le S&#233;nat comprend 348 si&#232;ges. Il est &#233;lu au suffrage indirect par 162'000 grands &#233;lecteurs, &#224; 95% d&#233;l&#233;gu&#233;s issus des conseils municipaux, plus les autres &#233;lu&#183;e&#183;s r&#233;gionaux, d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>France. &#171; Face &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite. Les barri&#232;res tombent &#224; droite, certains les &#233;rigent &#224; gauche &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-Face-a-la-montee-de-l-extreme-droite-Les-barrieres-tombent-a-droite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/France-Face-a-la-montee-de-l-extreme-droite-Les-barrieres-tombent-a-droite</guid>
		<dc:date>2026-03-10T06:17:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-03-03</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 12 f&#233;vrier, apr&#232;s un affrontement &#224; Lyon entre un groupe d'antifas et un groupe de fascistes qui a entra&#238;n&#233; la mort de l'un d'entre eux, le pays a franchi un tournant sordide dans une campagne de diabolisation, de criminalisation de La France insoumise, directement accus&#233;e d'&#234;tre politiquement responsable de la mort de ce militant. Cette campagne est tr&#232;s structur&#233;e, men&#233;e &#224; plusieurs niveaux par le Rassemblement national, la droite et le &#171; bloc central &#187; de Macron, avec l'appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-03-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-03-03&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/lyon-8625f.jpg?1781182826' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 12 f&#233;vrier, apr&#232;s un affrontement &#224; Lyon entre un groupe d'antifas et un groupe de fascistes qui a entra&#238;n&#233; la mort de l'un d'entre eux, le pays a franchi un tournant sordide dans une campagne de diabolisation, de criminalisation de La France insoumise, directement accus&#233;e d'&#234;tre politiquement responsable de la mort de ce militant. Cette campagne est tr&#232;s structur&#233;e, men&#233;e &#224; plusieurs niveaux par le Rassemblement national, la droite et le &#171; bloc central &#187; de Macron, avec l'appui des m&#233;dias r&#233;actionnaires et conservateurs, aux mains de grands groupes capitalistes ou de milliardaires comme Bollor&#233;, Arnaud, Saade, Kret&#237;nsk&#253;, Mohn, Bouygues, Dassault, Pinault, Niel ou Drahi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de A l'Encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
27 f&#233;vrier 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue89 Lyon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle campagne de d&#233;l&#233;gitimation et de diabolisation de LFI dans le champ politique prend une grande importance car on approche des &#233;lections pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives de 2027 et donc de la fin d'un cycle &#233;lectoral ouvert en 2017 par l'&#233;lection de Macron avec ses gouvernements construits autour de ses alliances politiques chaotiques &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Les R&#233;publicains (LR) multiplient donc les passerelles vers le Rassemblement national, favori pr&#233;sum&#233; des prochaines &#233;lections. Le &#171; bloc central &#187; de Macron, d&#233;j&#224; en d&#233;composition avanc&#233;e, ne survivra pas &#224; 2027, aucun candidat pr&#233;sidentiel issu de ce camp n'allant se r&#233;clamer ni de sa suite ni de son bilan, &#224; l'instar de Gabriel Attal et d'Edouard Philippe. Le seul point commun du RN, des LR et des Macronistes est que tout doit donc &#234;tre fait pour &#233;viter qu'une union politique &#224; gauche autour d'un programme anti-aust&#233;rit&#233; arrive en position de force, comme cela a &#233;t&#233; le cas en 2022 et en 2024 avec la France insoumise et le NFP. Les classes dominantes sont pr&#234;tes &#224; envisager des coalitions int&#233;grant l'extr&#234;me droite, en r&#244;le dirigeant ou alli&#233;, mais redoute une alliance populaire allant &#224; l'encontre des politiques ultralib&#233;rales, politiques que l'extr&#234;me-droite soutient en France comme dans le reste de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de ce militant fasciste a donc &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'un d&#233;ferlement haineux contre la France insoumise et la Jeune Garde, organisation nationale antifasciste dont des militants sont accus&#233;s d'avoir organis&#233; la riposte au commando d'extr&#234;me droite ce jour-l&#224; &#224; Lyon. Rapha&#235;l Arnault, &#233;lu d&#233;put&#233; LFI en 2024, est un des fondateurs de la Jeune Garde et son attach&#233; parlementaire fait partie des mis en examen dans cette affaire. La Jeune garde antifasciste a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 2018 &#224; Lyon et s'est d&#233;velopp&#233;e depuis dans plusieurs villes de France face &#224; la multiplication des agressions anti-immigr&#233;s, anti-LGBT par des groupes d'extr&#234;me droite, &#224; Lyon notamment, et des attaques contre le mouvement ouvrier et associatif, les locaux et lors des meetings et des manifestations. Le site Rue89 a recens&#233; &#224; Lyon 102 attaques, agressions et actes haineux depuis 2010. La Jeune Garde, agissant en unit&#233; avec les partis de gauche, EELV, LFI, NPA, PCF entre autres, les syndicats CGT, Solidaires, FSU et le mouvement social, a r&#233;ussi &#224; Lyon &#224; combattre la recrudescence des agressions d'extr&#234;me droite et &#224; obtenir la fermeture de locaux, la dissolution de plusieurs groupuscules fascistes. Elle a depuis jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s dynamique dans l'organisation de l'action de protection antifasciste. En octobre 2021, par exemple, elle manifestait &#224; Lyon contre les violences d'extr&#234;me droite avec le Planning familial, Alternatiba, la CGT, Solidaires, l'UNEF, EELV, LFI, le NPA, le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la demande du RN et des n&#233;ofascistes de Nemesis, groupe dont il affirmait soutenir l'action (&#171; &lt;i&gt;bravo pour votre combat&lt;/i&gt;, vous savez que j'en suis tr&#232;s proche &#187; disait-il) Bruno Retailleau, Pr&#233;sident des R&#233;publicains, en juin 2025, lorsqu'il &#233;tait ministre de l'Int&#233;rieur, fit adopter par le gouvernement un d&#233;cret de dissolution de la Jeune Garde (en m&#234;me temps que de l'association Urgence Palestine). La Jeune Garde a lanc&#233; un recours en Conseil d'Etat contre cette dissolution et Il y a eu une r&#233;action importante d'organisations syndicales de la CGT et de Solidaires, du mouvement social, d'EELV, du PCF, du NPA, notamment. La Ligue des Droits de l'Homme et le GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigr&#233;s) sont intervenus en soutien devant le Conseil d'Etat. La Jeune Garde, pr&#233;sent&#233;e comme &#171; la garde pr&#233;torienne de Jean Luc M&#233;lenchon &#187; ou &#171; le bras arm&#233; de LFI &#187;, est donc tout simplement une organisation antifasciste qui travaille avec tout le mouvement ouvrier et contribue &#224; construire l'autod&#233;fense des organisations et des militant-E-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est aujourd'hui criminalis&#233;e pour en faire quasiment une organisation terroriste, cela &#224; l'instigation de Nemesis et de l'extr&#234;me droite, suivis tr&#232;s largement par le gouvernement et nombre de m&#233;dias. Il s'agit de s'en servir de levier pour isoler LFI, somm&#233;e de rompre ses liens avec la Jeune Garde, et de pousser Rapha&#235;l Arnaud &#224; rendre son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs jours, sur les principaux m&#233;dias, le narratif de l'ultra droite a &#233;t&#233; repris et diffus&#233; en boucle : un jeune homme paisible, &#171; le jeune Quentin &#187;, catholique traditionaliste sans histoire, aurait &#233;t&#233; victime d'un guet-apens, d'un lynchage au sol par un groupe d'une quinzaine d'antifas d&#233;cha&#238;n&#233;s, et en serait d&#233;c&#233;d&#233; deux jours plus tard &#224; l'h&#244;pital avec plusieurs contusions &#224; la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CV de ce militant, le d&#233;roul&#233; des faits, tel que reconstitu&#233; par plusieurs vid&#233;os et enqu&#234;tes diffus&#233;es par Le Canard Encha&#238;n&#233;,&lt;i&gt; Le Monde, Mediapart&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; tracent un tableau assez diff&#233;rent du narratif de l'ultra-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mediapart a retrac&#233; le profil et le parcours politique de Quentin Deranque, membre, entre autres, de l'Action fran&#231;aise, du groupe Audace, h&#233;ritier du Bastion social, du groupuscule fasciste des &#171; Allobroges Bourgoin &#187;, avec lequel il avait particip&#233; au d&#233;fil&#233; n&#233;onazi du 9 mai 2025 [1]. Il se trouvait le 12 f&#233;vrier, devant les locaux de Sciences Po Lyon, o&#249; se tenait une conf&#233;rence avec Rima Hassan, d&#233;put&#233;e europ&#233;enne de la France insoumise et militante palestinienne. Comme cela avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; le cas &#224; plusieurs reprises, la droite, l'extr&#234;me droite avaient cherch&#233; &#224; obtenir l'interdiction de sa conf&#233;rence. N'ayant pu l'obtenir, un groupe de militantes de Nemesis, collectif d'extr&#234;me droite raciste et identitaire, d&#233;cida d'organiser un piquet devant Sciences Po avec une banderole (&#171; islamo-gauchistes hors de nos facs &#187;). Ce groupe Nemesis ( du nom de la d&#233;esse grecque de la vengeance divine !) a &#233;t&#233; poursuivi &#224; plusieurs reprises pour incitation &#224; la haine raciale, sp&#233;cialis&#233; dans des provocations largement m&#233;diatis&#233;es sur les r&#233;seaux sociaux et les m&#233;dias &#171; amis &#187; (comme &lt;i&gt;CNews&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Europe 1&lt;/i&gt;), ayant notamment essay&#233; de provoquer &#224; plusieurs reprises les cort&#232;ges f&#233;ministes des manifestations du 8 mars, mais aussi des manifestations de solidarit&#233; avec les migrants ou m&#234;me contre un meeting de Val&#233;rie P&#233;cresse, candidate des R&#233;publicains &#224; la pr&#233;sidentielle de 2022. Ce groupe manifestait devant Sciences Po avec le soutien distant d'une quinzaine de militants de l'ultradroite dont Quentin Deranque. Une premi&#232;re altercation eut lieu entre le groupe de Nemesis et des militants antifascistes assurant la protection de la conf&#233;rence. Un deuxi&#232;me affrontement eut lieu un peu plus tard, &#224; c&#244;t&#233; de Sciences Po entre le groupe de militants de l'ultra droite et un nombre &#233;quivalent de militants antifas. Suite &#224; la riposte des antifas, le groupe d'ultradroite recula, se dispersa laissant seuls trois d'entre eux dont Quentin Deranque. C'est &#224; ce moment-l&#224; que, &#224; terre, il re&#231;oit plusieurs coups violents &#224; la t&#234;te. Sans faire appel aux pompiers ou au SAMU, il part &#224; pied avec un autre membre de son groupe et, apr&#232;s une marche d'une heure et demie, son groupe reform&#233; appellera finalement les pompiers pour le prendre en charge, &#224; un kilom&#232;tre du lieu de l'affrontement. Il mourra deux jours plus tard de la suite de ses traumatismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me sa mort, le d&#233;ferlement m&#233;diatique a repris le narratif des porte-parole de Nemesis disant que le militant fasciste &#233;tait tomb&#233; dans un guet-apens et lynch&#233; par un groupe de l'ultra-gauche de la Jeune Garde, et les cha&#238;nes d'information ne firent que passer en boucle la vid&#233;o des derniers instants de l'affrontement o&#249; il &#233;tait frapp&#233; &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une action d'autod&#233;fense de militants antifascistes ne peut pas justifier ces coups port&#233;s. Cet acte est d'ailleurs &#233;loign&#233; de la conception de la lutte antifa avanc&#233;e par la Jeune Garde qui a toujours pr&#233;conis&#233; l'action d'autod&#233;fense collective, a toujours &#233;t&#233; d'agir en lien et en unit&#233; avec toutes les organisations du mouvement ouvrier, pour construire un antifascisme collectif et unitaire face aux fascistes, &#224; l'inverse d'une guerre priv&#233;e viriliste, et donc &#233;galement &#224; l'inverse de ce qui s'est pass&#233; le 12 f&#233;vrier lorsque des antifas ont frapp&#233; &#224; la t&#234;te ce militant fasciste tomb&#233; au sol. Mais bien loin de crier haro sur les militants de la Jeune Garde, cela ne doit que davantage faire ressortir le risque, face &#224; la mont&#233;e des agressions et attaques de l'extr&#234;me-droite de ne pas mettre au c&#339;ur des pr&#233;occupations, dans toutes les organisations du mouvement ouvrier, la construction d'une autod&#233;fense collective reposant sur les membres de ces organisations, avec les formations ad&#233;quates. Sinon, ce sont les groupes se consacrant centralement &#224; l'action politique antifasciste qui risquent de se retrouver eux-m&#234;mes investis de ces t&#226;ches de protection et c'est de cette sp&#233;cialisation que peuvent na&#238;tre des d&#233;rives ou des actes individuels sortant du cadre et des pr&#233;conisations collectives. Quelle que soit l'implication de militants de la Jeune Garde le 12 f&#233;vrier, ce qui s'est pass&#233; devrait pousser, non pas &#224; mettre l'autod&#233;fense antifasciste en veilleuse, mais au contraire la rendre plus pr&#233;sente dans toutes les organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Basculement inqui&#233;tant de la vie politique, presque l'ensemble des forces politiques, y compris les sociaux-d&#233;mocrates se r&#233;pandent d&#233;sormais sur une violence g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'ultra-gauche dont LFI serait l'instigatrice. Marion Mar&#233;chal peut ainsi d&#233;clarer doctement sur BFM le 17 f&#233;vrier &#171; &lt;i&gt;statistiquement, la violence d'extr&#234;me droite est d&#233;risoire par rapport &#224; la violence d'extr&#234;me gauche qui est structurelle&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant les chiffres, comme les faits, sont t&#234;tus : en France, depuis 1986, 58 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par des militants de l'ultra droite, 6 par des personnes class&#233;es &#224; l'ultra-gauche (dont 4 par le groupe Action directe, 1 autre, il y a quinze ans, lors d'une rixe entre hooligans du PSG, et enfin Quentin Deranque ce mois-ci)[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a une baisse structurelle de la violence politique physique par rapport aux d&#233;cennies ant&#233;rieures et aujourd'hui si l'on met de c&#244;t&#233; les actes attribu&#233;s aux islamistes et aux s&#233;paratistes, la l&#233;talit&#233; politique est quasi inexistante, compar&#233;e &#224; d'autres pays d'Europe et bien s&#251;r aux USA&lt;/i&gt; &#187;[3]. Mais, depuis quelques ann&#233;es, la DGSI (Direction g&#233;n&#233;rale de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure) elle-m&#234;me r&#233;pertoriait &#171; une&lt;i&gt; r&#233;surgence tr&#232;s pr&#233;occupante des actions violentes et des intimidations de la part de l'ultra-droite en France&lt;/i&gt; &#187; comme le d&#233;clarait au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; l'ancien patron de la DGSI, Nicolas Lerner, en juillet 2023, r&#233;surgence motiv&#233;e selon lui par une logique de guerre de civilisation, cherchant &#224; pr&#233;cipiter des affrontements pour emp&#234;cher le grand remplacement. M&#234;me G&#233;rald Darmanin, alors Ministre de l'Int&#233;rieur, le 20 septembre suivant, dans le quotidien &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt;, d&#233;clarait concernant les risques du terrorisme politique &#171; &lt;i&gt;Il y a chez les ultra-politis&#233;s une petite partie de l'ultra-gauche (&#8230;) qui s'en prend essentiellement aux biens. Mais l'essentiel de la menace, c'est l'ultradroite, notamment depuis cinq ans, avec les supr&#233;macistes blancs et les acc&#233;l&#233;rationnistes (qui s'aguerrissent en vue d'une guerre raciale). Il n'y a pas eu d'attentat commis en France, mais dix projets d&#233;jou&#233;s, et des individus interpell&#233;s, condamn&#233;s ou en attente de leur proc&#232;s&lt;/i&gt; &#187;. D'apr&#232;s un rapport d'Europol sur les menaces terroristes en Europe, 69 membres de l'ultradroite ont &#233;t&#233; interpell&#233;s en France pour des pr&#233;parations d'actions terroristes. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise a envoy&#233; au journal &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; une liste de noms en indiquant que &#171; &lt;i&gt;depuis 2022, dans ce pays, l'extr&#234;me droite &#8211;des group&#233;s li&#233;s &#224; l'extr&#234;me-droite &#8211; a tu&#233; 12 personnes&lt;/i&gt; &#187; : Federico Aramburu, &#201;ric Casado-Lopez, Emine Kara, Mahamadou Ciss&#233;, Angela Rostas, Djamel Bendjaballah, Rochdi Lakhsassi, Hamid G. et Hadi R. Aboubakar Ciss&#233; (qui ne m&#233;ritait pas une minute de silence &#224; l'Assembl&#233;e nationale, selon Mme Braun-Pivet), Hichem Miroaoui. Isma&#235;l Aali, tu&#233; en janvier dernier &#224; Lyon devrait s'ajouter &#224; cette liste. Leurs meurtres ont d&#233;clench&#233; moins de r&#233;actions que la mort du militant identitaire de Lyon. Personnes immigr&#233;es, ou d'origine &#233;trang&#232;re, pour la plupart, ce qui entre clairement dans cette obsession d'une guerre raciale. Les men&#233;es fascistes, les agressions sont croissantes, stimul&#233;es par la mont&#233;e du RN et l'antifascisme est une exigence et une n&#233;cessit&#233; de premier ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antifascisme serait donc pourtant devenu, dans une manipulation orwellienne, le nouveau fascisme, responsable des violences politiques. L'hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; a d'ailleurs mis en Une ce concentr&#233; orwellien : &#171; LES NOUVEAUX ANTIFASCISTES &#187;&lt;i&gt; (NDLR - le mot ANTI dans ANTIFASCISTES est biff&#233; par une barre noire en son milieu)&lt;/i&gt; superposant ce titre devant les photos de Rapha&#235;l Arnaud, J.L. M&#233;lenchon et Rima Hassan [4]. On peut vite comprendre que c'est un inversement des valeurs qui ne repose en rien sur la r&#233;alit&#233; mais bien sur la volont&#233; des classes dirigeantes d'essayer d'effacer les rep&#232;res et de banaliser la possible arriv&#233;e d'un parti fasciste &#224; l'Elys&#233;e et/ou &#224; la t&#234;te du gouvernement. Volont&#233; donc de transformer la r&#233;alit&#233; en s'appuyant sur la puissance des m&#233;dias et des r&#233;seaux sociaux vou&#233;s justement, toujours davantage, &#224; une ligne &#233;ditoriale et &#224; des chroniqueurs ouvertement r&#233;actionnaires, sinon d'extr&#234;me droite. Il y a donc dans tout cela, un dangereux remake des m&#233;canismes qui ont suivi la mort de Charlie Kirk aux USA, Donald Trump se saisissant de ce meurtre pour d&#233;clarer que &#171; &lt;i&gt; la gauche est le parti du meurtre&lt;/i&gt; &#187;, son acolyte Elon Musk disant que &#171; &lt;i&gt;la gauche radicale avait contribu&#233; au meurtre&lt;/i&gt; &#187; et, par d&#233;cret, Trump d&#233;clarant terroriste l'ensemble du mouvement antifa aux USA. Dans la foul&#233;e de tout &#231;a, une &#233;tude du Ministre de la Justice, concluant que l'extr&#234;me droite &#233;tait le mouvement qui avait le plus tu&#233; aux USA depuis les ann&#233;es 90, avait &#233;t&#233; tout simplement supprim&#233;e du site minist&#233;riel. Le point commun avec les agissements de Trump est bien, en France, de pousser &#224; un basculement identique et certaines forces politiques testent les possibilit&#233;s de pousser les feux. Comme le d&#233;nonce la d&#233;put&#233;e &#233;cologiste Sandrine Rousseau, &#171; &lt;i&gt;on tape sur l'antifascisme au moment o&#249; le fascisme est sur le point d'arriver au pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. Quand la porte-parole du gouvernement se permet de dire &#171; &lt;i&gt;plus un seul d&#233;put&#233; LFI &#224; l'Assembl&#233;e&lt;/i&gt; &#187; ou que la d&#233;put&#233;e Renaissance Aurore Berg&#233; r&#233;pond &#224; Jordan Bardella, pr&#233;sident du RN, demandeur d'un &#171; front r&#233;publicain anti LFI &#187; lors des prochaines l&#233;gislatives &#171; &lt;i&gt;commencez par vous d&#233;sister pour nos candidats face &#224; la LFI&lt;/i&gt; &#187; on voit que de nouvelles digues commencent &#224; l&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la droite et le RN cherchent &#224; b&#226;illonner LFI et &#224; faire de M&#233;lenchon un repoussoir incapable de rassembler un nombre de voix &#224; gauche suffisant pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, c'est &#233;videmment dans l'ordre des choses. Que le macronisme fasse la m&#234;me chose prouve que les porte-parole des classes dirigeantes ne veulent pas que se renouvelle la situation de 2024. Malgr&#233; des mois de division des partis de gauche, apr&#232;s le succ&#232;s du RN aux &#233;lections europ&#233;ennes et la dissolution de l'assembl&#233;e nationale par Macron, l'arriv&#233;e d'une majorit&#233; et d'un gouvernement RN en juin 2024 n'a &#233;t&#233; bloqu&#233;e que par la force et l'unit&#233; de la gauche, unie autour d'une s&#233;rie de mesures de rupture avec les politiques d'aust&#233;rit&#233; capitalistes. Cette unit&#233;, r&#233;alis&#233;e, avec un poids pr&#233;dominant de LFI dans le Nouveau front populaire, dont les d&#233;put&#233;-e-s avaient form&#233; la premi&#232;re force &#224; l'Assembl&#233;e nationale, est devenue le spectre &#224; abattre dans la perspective de 2027. Car malgr&#233; les nombreuses divisions pr&#233;sentes aujourd'hui &#224; gauche, la force du rejet des politiques d'aust&#233;rit&#233;, le sentiment montant d'injustices sociales peuvent, avec la mobilisation des organisations du mouvement social comme cela fut le cas en 2024, contraindre, d'une mani&#232;re ou d'une autre toutes les forces politiques de gauche &#224; s'unir &#233;lectoralement face au danger n&#233;ofasciste. Le gel &#224; gauche, depuis plusieurs mois, de toute dynamique unitaire et offensive rend chaque jour plus difficile cette perspective, et le plus probable est un &#233;clatement des candidats de gauche au premier tour de la pr&#233;sidentielle, mais c'est malgr&#233; tout ce risque d'une nouvelle pouss&#233;e &#224; gauche en 2027 que veulent &#233;liminer l'extr&#234;me droite et les macronistes, en visant la France insoumise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est plus grave est que ceux des dirigeants du PS les plus oppos&#233;s &#224; l'exp&#233;rience du NFP ont fait ces derniers jours de nouveau pas qui, en s'associant &#224; la campagne de calomnies contre LFI et la Jeune Garde visent explicitement &#224; emp&#234;cher toute reconstitution d'un front politique sur des bases de rupture avec les politiques lib&#233;rales. Plusieurs d&#233;clarations de Rapha&#235;l Glucksmann, leader de Place publique, ou Fran&#231;ois Hollande, ex-pr&#233;sident de la R&#233;publique (PS), faisaient chorus avec les positions de Macron et Lecornu, sommant LFI de rendre des comptes. Cela n'a pas &#233;t&#233; le cas d'Olivier Faure et d'autres dirigeants, mais ceux-ci mart&#232;lent n&#233;anmoins (pour l'instant&#8230;) qu'il n'y aura pas, par exemple, d'accord de d&#233;sistement pour les prochaines &#233;lections municipales des 15 et 22 mars prochain, sauf contre le RN. Cette posture de rupture avec LFI est clairement &#224; l'&#339;uvre depuis l'adoption d'une ligne &#171; responsable &#187; de soutien aux gouvernements minoritaires macronistes/LR pour faire passer les budgets 2025 et 2026 &#224; l'Assembl&#233;e et de refus de voter les motions de censure sur les budgets pr&#233;sent&#233;es et vot&#233;es par les autres composantes du NFP (LFI, EELV et PCF). Dans les faits, le but est de faire basculer le parti dans l'orientation qui &#233;tait celle de la minorit&#233; autour de Hollande lors des derniers congr&#232;s. C'est la ligne qui, le plus probablement avec la candidature de Rapha&#235;l Glucksmann, esp&#232;re r&#233;colter en 2027 les restes &#233;lectoraux du macronisme &#171; de gauche &#187; pour restaurer une social-d&#233;mocratie de gestion du lib&#233;ralisme comme l'&#233;taient les gouvernements de Hollande de 2012 &#224; 2017, avant qu'ils ne s'&#233;croulent devant le d&#233;saveu populaire. R&#234;vant du retour de l'&#233;lectorat perdu en 2017 au profit de Macron, ils veulent larguer les amarres de l'union &#224; gauche avec LFI, en imposant eux aussi leur candidature pour 2027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une grande fragilisation du front n&#233;cessaire face &#224; l'extr&#234;me droite dont est responsable la situation actuelle des composantes du NFP. Tout est surd&#233;termin&#233; par les tactiques &#233;lectorales. Les municipales de mars prochain d'abord dans lesquelles, comme d'ailleurs pour les &#233;lections europ&#233;ennes de 2024, la plus grande d&#233;sunion r&#232;gne. A de tr&#232;s rares exceptions, il n'y a pas de listes NFP dans les villes et, &#224; la volont&#233; socialiste de se d&#233;marquer de LFI, r&#233;pond la strat&#233;gie de celle-ci d'ancrer une implantation municipale dans les villes grandes et moyennes, &#224; la hauteur de son poids &#233;lectoral national. Il en est de m&#234;me concernant les perspectives pour la pr&#233;sidentielle de 2027, puisque, sans m&#234;me parler de programme, la pierre d'achoppement &#224; gauche se r&#233;duit au mode de d&#233;signation d'un-e candidat-e. la France insoumise avance clairement en solo en construisant une campagne M&#233;lenchon, certaine que son implantation et son poids politique l'imposeront comme le candidat contre le RN, cr&#233;ant de fait, sinon autour d'un accord, une dynamique d'union comme en 2022. Glucksmann, lui aussi en solo fait le pari inverse. La diabolisation de M&#233;lenchon [5] d'un c&#244;t&#233;, l'agonie du macronisme de l'autre laissent des espaces qui pourraient lui permettre d'arriver au second tour, sur un programme social-d&#233;mocrate tr&#232;s mod&#233;r&#233;. Les autres composantes essaient de faire avec, un rassemblement autour de EELV, de l'Apr&#232;s et de Fran&#231;ois Ruffin, avec Lucie Castets (ancienne candidate de Nouveau Front populaire), veut mettre sur pied une primaire ouverte &#224; toute la gauche (&#171; &lt;i&gt;de Poutou &#224; Hollande&lt;/i&gt; &#187; selon les termes de Ruffin) en octobre 2026 pour un candidat unique. LFI et Glucksmann refusent clairement&#8230;Le PS et le PC ne se prononcent pas aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces sch&#233;mas, les principales forces politiques &#224; gauche laissent les militants spectateurs ou somm&#233;s de choisir le couloir de soutien &#224; tel ou tel candidat pr&#233;sidentiel. Il y a bien s&#251;r de vrais enjeux de programme avec une social-d&#233;mocratie qui sauve la mise aux gouvernements de Macron et accepte de cautionner des budgets d'aust&#233;rit&#233;. Mais, il y a aussi des enjeux de fonctionnement d&#233;mocratique face &#224; une France insoumise qui, forte de son poids envisage d'engranger des soutiens &#224; sa campagne sans chercher &#224; construire la moindre unit&#233; de campagne. Ces d&#233;saccords &#233;lectoraux p&#232;sent lourdement aujourd'hui dans les capacit&#233;s d'organiser des fronts unitaires pour agir ensemble sur toutes les questions de l'heure et de construire un rapport de force politique et social &#224; m&#234;me de contrer le RN et les organisations du mouvement social ont du mal &#224; prendre la main pour imposer leurs propres cadres et leurs propres &#233;ch&#233;ances. Il y a n&#233;anmoins urgence &#224; r&#233;pondre par une activit&#233; unitaire &#224; toutes les questions sociales et politiques, nationales et internationales dans lesquelles les forces du NFP, ou au moins l'essentiel d'entre elles pourraient agir ensemble dans des campagnes et des actions communes, sur toutes ces questions o&#249; le NFP avan&#231;ait, au moins, des &#233;l&#233;ments d'exigences communes. D'ailleurs, malgr&#233; les engagements pris en 2024, les principales forces composantes du NFP ont fait peu de choses pour d&#233;velopper et maintenir des collectifs NFP localement et nationalement. C'est pourtant bien l&#224; que se sont unies les forces du mouvement social et syndical qui ont &#233;t&#233; le ciment de la campagne de 2024. Tout cela p&#232;se et, depuis quinze jours, d'ailleurs, malgr&#233; des positions tr&#232;s claires prises par beaucoup, il n'y a gu&#232;re eu d'expression et rassemblement unitaire d&#233;non&#231;ant l'extr&#234;me-droite et la campagne de criminalisation men&#233;e contre LFI suite &#224; la mort du n&#233;ofasciste lyonnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, donc, la situation est ouverte mais assez dramatique, et la r&#233;sistance affirm&#233;e par la France insoumise face aux attaques dont elle est l'objet ne pourra pas remplacer la construction d'une dynamique unitaire de l'ensemble des forces convaincues de la n&#233;cessit&#233; d'un front antifasciste et aussi de maintenir un programme de rupture avec les politiques au service des groupes capitalistes et des grandes fortunes. (Article re&#231;u le 27 f&#233;vrier 2026)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; Mort de Quentin Deranque : retour sur le parcours d'un militants n&#233;ofasciste &#187; &#8211; mediapart.fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;i&gt;Violences politiques en France, de 1986 &#224; nos jours&lt;/i&gt; &#8211; Isabelle Sommier, Xavier Crettiez et Fran&#231;ois Audigier &#8211; Presses de SciencesPo, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Une de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; n&#176;1510-du 19 au 25 f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Cette diabolisation, bien orchestr&#233;e m&#233;diatiquement, est aussi renforc&#233;e par l'image publique &#171; hors syst&#232;me &#187; que veut donner M&#233;lenchon de lui-m&#234;me, quand le dirigeant tr&#232;s politique commet des provocations de tribune comme celle qu'il vient de faire dans un meeting &#233;lectoral, faisant de l'humour sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein, &#171; Epst-ein &#187; ou &#171; Epst-ine &#187;&#8230; pioch&#233; dans un triste attirail aux relents antis&#233;mites, que M&#233;lenchon ne pouvait pas ignorer. [Sur cette question, voir l'article de Mathieu Dejean sur &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/politique/270226/complotisme-et-antisemitisme-jean-luc-melenchon-scandalise-la-gauche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.]&lt;/p&gt;
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		<title>Fin de r&#232;gne (France) : la crise politique dans ses m&#233;andres</title>
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		<dc:date>2025-10-21T08:45:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-10-21</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le jeudi 16 octobre, avec le rejet de la motion de censure de la France insoumise (pour 18 voix) contre le gouvernement Lecornu renomm&#233; apr&#232;s un premier &#233;chec, Macron a r&#233;ussi &#224; mettre sur pied pour un temps un nouveau gouvernement dont l'assise sera encore plus faible que les deux derniers (Barnier et Bayrou) qui ont g&#233;r&#233; les affaires depuis les &#233;lections l&#233;gislatives de juin 2024, et n'auront chacun dur&#233; que quelques mois. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 19 octobre 2025 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/crise_politique_en_france-fe514.png?1781034165' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le jeudi 16 octobre, avec le rejet de la motion de censure de la France insoumise (pour 18 voix) contre le gouvernement Lecornu renomm&#233; apr&#232;s un premier &#233;chec, Macron a r&#233;ussi &#224; mettre sur pied pour un temps un nouveau gouvernement dont l'assise sera encore plus faible que les deux derniers (Barnier et Bayrou) qui ont g&#233;r&#233; les affaires depuis les &#233;lections l&#233;gislatives de juin 2024, et n'auront chacun dur&#233; que quelques mois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article76698&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
19 octobre 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, du 8 septembre au 15 octobre, une valse de d&#233;signation et d&#233;mission de S&#233;bastien Lecornu, un fid&#232;le de Macron aura finalement abouti &#224; un gouvernement n'ayant l'appui r&#233;el que du pr&#233;sident lui-m&#234;me. M&#234;me les groupes partie prenante du &#171; bloc du centre &#187; (Renaissance, Horizon et le Modem) sont en train d'afficher leur prise de distance avec Macron et son gouvernement de fin de r&#232;gne. Edouard Philippe (Horizon), ancien premier ministre de Macron appelle ouvertement et avec insistance &#224; la d&#233;mission de ce dernier et &#224; une pr&#233;sidentielle anticip&#233;e. Gabriel Attal (Renaissance) lui aussi ancien premier ministre de Macron ne se manifeste que pour marquer ses distances avec celui-ci. Enfin, les R&#233;publicains, soutien des deux gouvernements pr&#233;c&#233;dents, ont d&#233;cid&#233; de ne pas participer au gouvernement finalement mis sur pied par le macroniste Lecornu, ne voulant pas &#234;tre contamin&#233;s par la radioactivit&#233; de Macron et de ses derniers fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, on assiste &#224; une fin de r&#232;gne et un d&#233;litement du macronisme, reflet du rapport de force social dans le pays, du rejet massif de sa politique et de ses responsables politiques. Ce d&#233;saveu va largement de pair avec une exasp&#233;ration qui cible les superprofits des grandes entreprises et la richesse toujours plus arrogante des &#171; super riches &#187; (le 15 octobre, en une seule journ&#233;e, gr&#226;ce &#224; un bond en Bourse de l'action LVMH, Bernard Arnaud a vu sa fortune -la premi&#232;re de France et la septi&#232;me au niveau mondial- bondir de 16 milliards d'euros, atteignant 164 milliards d'euros), l'affirmation grandissante de la n&#233;cessit&#233; d'une justice sociale et fiscale. Cette affirmation s'&#233;tait refl&#233;t&#233;e dans les mobilisations sociales de ces derni&#232;res semaines, notamment les 10 et 18 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet isolement grandissant, au sein m&#234;me de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle, avait amen&#233; Lecornu &#224; renoncer &#224; former un gouvernement le 6 octobre dernier apr&#232;s la perte du soutien des R&#233;publicains de Bruno Retailleau. Le risque le plus grand &#233;tait un &#233;chec total amenant &#224; une dissolution de l'Assembl&#233;e nationale et de nouvelles &#233;lections l&#233;gislatives 16 mois apr&#232;s les pr&#233;c&#233;dentes. La plupart des sondages pr&#233;disent dans ce cas une h&#233;catombe pour les partis politiques du &#171; camp pr&#233;sidentiel &#187; (Renaissance, MODEM, Horizons et UDI) perdant un tiers de leurs voix et la moiti&#233; des si&#232;ges (162 sur 577 aujourd'hui). Quelle que soit la valeur de cette pr&#233;vision, aujourd'hui une majorit&#233; de la population rejette le pr&#233;sident, les deux tiers veulent son d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron avait mandat&#233; &#224; nouveau Lecornu le jour de sa d&#233;mission, le 6 octobre, pour arriver &#224; mettre sur pied un gouvernement qui soit surtout capable d'&#233;viter la dissolution et arrivant &#224; faire voter un budget 2026, en reprenant, grosso modo, les m&#234;mes orientations que les deux gouvernements pr&#233;c&#233;dents, mais sans &#234;tre imm&#233;diatement renvers&#233;. Vu les rapports de force parlementaires, la seule issue &#233;tait d'obtenir la bienveillance du Parti socialiste, pour &#233;viter qu'une nouvelle motion de censure ne soit majoritaire &#224; l'Assembl&#233;e nationale. La France insoumise avait dans tous les cas appel&#233; &#224; censurer tout nouveau gouvernement. Le PCF et les Verts, firent de m&#234;me, apr&#232;s deux entrevues avec Lecornu qui leur avait enlev&#233; toute illusion sur un changement d'orientation. Comme le RN annon&#231;ait aussi qu'il voterait imm&#233;diatement la censure, la seule possibilit&#233; restait de faire un geste pour obtenir l'aval du PS sans remettre en cause la politique globale pro-patronale d'aust&#233;rit&#233; et sans trop heurter les groupes politiques du camp n&#233;olib&#233;ral. D'ailleurs, Lecornu, dans sa d&#233;claration de politique g&#233;n&#233;rale a voulu aussi flatter la droite et l'extr&#234;me droite en s'engageant &#224; &#233;crire dans la Constitution les clauses de l'accord de Bougival sur la Kanaky qui vise &#224; mettre &#224; bas tout processus de d&#233;colonisation et qui est d&#233;nonc&#233; par le FLNKS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des imp&#233;ratifs politiciens, il y a surtout une crainte et une exigence venant des rangs du patronat, des grands groupes capitalistes. La crainte que le m&#233;contentement social ne d&#233;bouche sur une explosion sociale, ou tout au moins une forte mobilisation prolong&#233;e comme la France en a connu en 1995 ou 2023, une situation qui, vu la faiblesse des partis du centre et de la droite, au minimum remettrait en cause toutes les r&#233;formes lib&#233;rales de la &#171; politique de l'offre &#187; r&#233;alis&#233;es au profit des capitalistes depuis 2012 et la pr&#233;sidence de Hollande. Sentant la faiblesse politique du pouvoir, le MEDEF avait annonc&#233; un grand rassemblement national le 13 octobre, appelant tous les chefs d'entreprise &#224; venir &#224; Paris pour, explicitement, s'opposer &#224; toute pression fiscale suppl&#233;mentaire - en clair au maintien de leurs privil&#232;ges fiscaux -, s'opposer &#224; toute politique amenant &#224; remettre en cause les quelque 200 milliards d'aides et de d&#233;gr&#232;vements budg&#233;taires accord&#233;s aux entreprises, &#224; toute politique fiscale frappant les grandes fortunes et leur patrimoine. Un exemple de ces privil&#232;ges fiscaux est la loi Dutreil qui permet d'exon&#233;rer de l'essentiel des droits de succession, de la fiscalit&#233; commune sur les h&#233;ritages, les donations ou h&#233;ritages concernant des parts ou des actions de soci&#233;t&#233;s industrielles ou de &#171; holding animatrice &#187; (une soci&#233;t&#233; m&#232;re). Cette exon&#233;ration de classe co&#251;te 4 milliards par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron a donc r&#233;ussi &#224; sortir provisoirement de l'impasse. Le PS a volontairement affaibli le front politique de rejet de Macron, la marche chaotique, mais r&#233;elle, vers un affrontement social, aidant par la m&#234;me une majorit&#233; des directions syndicales (CFDT, CGC et CFDT et FO) &#224; se sortir de la dynamique de mobilisation engag&#233;e depuis le d&#233;but du mois de septembre. Pour faire cela, Macron a d&#251; faire une grosse concession symbolique : promettre une pause dans l'allongement de l'&#226;ge de d&#233;part et de la dur&#233;e de cotisation pour une retraite &#224; taux plein. En clair le gel &#224; 62 ans et 9 mois comme &#226;ge de d&#233;part &#224; taux plein (avec la condition d'avoir vers&#233; 170 trimestres de cotisations), gel jusqu'en 2027, c'est-&#224;-dire la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle. Sans ce gel, chaque ann&#233;e, 3 mois de plus (en &#226;ge et en dur&#233;e de cotisations) seraient n&#233;cessaires pour partir &#224; taux plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu que la question des retraites a &#233;t&#233; l'affrontement social et politique central depuis notamment 2023, la mesure du gel a pu apparaitre, au moins symboliquement, comme un recul important. 300000 personnes pourraient ainsi en th&#233;orie partir trois mois plus t&#244;t &#224; la retraite en 2026 et 2027. Cela pourrait appara&#238;tre comme un encouragement, un recul des politiques patronales devant le mouvement social, un recul qui en appellerait d'autres. Mais le PS a pr&#233;f&#233;r&#233; se vendre pour un plat de lentilles, et Macron a r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser un &#171; gambit &#187;, un petit sacrifice qui peut lui faire esp&#233;rer d'&#233;viter la catastrophe imm&#233;diate. Pour l'instant, il sauve l'essentiel, et notamment le peu de cr&#233;dibilit&#233; qui lui reste aupr&#232;s des groupes capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; suspension &#187; promise n'est qu'un engagement oral de Lecornu qui ne se retrouve pas dans le projet de budget d&#233;pos&#233; sur le bureau de l'Assembl&#233;e nationale et devrait prendre la forme d'un amendement &#224; la loi de financement de la S&#233;curit&#233; sociale (LFSS) qui doit &#234;tre d&#233;battu et vot&#233; en novembre/d&#233;cembre. Les promesses n'engagent donc que ceux qui croient. Mais surtout toute la structure financi&#232;re des projets de budget de l'Etat et de la S&#233;curit&#233; sociale pr&#233;voient plus de 30 milliards d'&#233;conomies, essentiellement au d&#233;triment des classes populaires, salari&#233;Es, retrait&#233;Es. Gel du montant des retraites, du salaire des fonctionnaires, des prestations sociales. Gel aussi du bar&#232;me des imp&#244;ts, ce qui am&#232;ne m&#233;caniquement &#224; une hausse des imp&#244;ts. Augmentation des imp&#244;ts des millions des retrait&#233;s frappant pr&#232;s de 2 millions de foyers, d&#233;remboursements de m&#233;dicaments et des indemnit&#233;s de maladie. Compression des budgets publics et suppression de 3000 postes de fonctionnaires, aucun tournant pour investir massivement dans la transition &#233;cologique, avec une division par deux du Fonds vert, passant &#224; 600 millions d'euros pour les financements des collectivit&#233;s locales pour les projets concrets vis-&#224;-vis des changements climatiques et du d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables. Tout un symbole : le budget des arm&#233;es augmente de 6,7 milliards quand le projet de budget pr&#233;voit 7,1 milliards d'&#233;conomies pour la Sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, aucune remise en cause des 91 milliards d'exon&#233;rations de cotisations sociales dont b&#233;n&#233;ficient les entreprises, une nouvelle baisse de plus de 1 milliard des imp&#244;ts de production. Depuis 2021 la baisse de l'ensemble de ces imp&#244;ts de production (CVAE et CFE) est de 10 milliards par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la justice fiscale, la ligne rouge de Lecornu est la m&#234;me que celle des gouvernements pr&#233;c&#233;dents : pas question de toucher &#224; la fiscalit&#233; des entreprises ni celle des revenus venant de l'entreprise. La taxe Zucman qui proposerait 2% d'imposition sur les patrimoines est rejet&#233;e d'un m&#234;me ch&#339;ur par l'extr&#234;me droite, la droite et les macronistes comme sapant les fondements de l'investissement et mettant en p&#233;ril les entreprises. Pourtant, touchant les 1800 plus gros foyers fiscaux (patrimoines sup&#233;rieurs &#224; 100 millions d'euros), elle pourrait rapporter d'apr&#232;s Gabriel Zucman, 25 milliards d'euros par an. En pratique, cela n'aurait pas comme effet de diminuer le patrimoine des ces gros privil&#233;gi&#233;s mais de diminuer l'accroissement de leur fortune, ce qui est d&#233;j&#224; un crime pour les d&#233;fenseurs du syst&#232;me. Entre 2003 et 2023, en France les 500 plus gros propri&#233;taires d'entreprises ont vu leur fortune multipli&#233;e par 9,3, atteignant 1200 milliards d'euros en 2021 (124 milliards en 2003). La taxe ne serait donc qu'un petit correctif dans cet accroissement des richesses sur le dos des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pas question pour Macron (ni pour les R&#233;publicains ou le RN) de remettre en cause les piliers du capitalisme, les &#171; biens professionnels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer d'&#233;viter les dangers d'une mobilisation sociale, le gouvernement a aussi annonc&#233; une nouvelle conf&#233;rence sociale sur la retraite et le travail, remettant sur les rails le passage d'une retraite par r&#233;partition &#224; une retraite par capitalisation, en faisant miroiter une gestion paritaire syndicat-patronat, avec comme dans de nombreux pays, la porte ouverte &#224; la gestion des groupes bancaires et d'assurances. Le probl&#232;me est que, comme d&#233;but 2025, o&#249; Bayrou avait mis sur pied un conclave sur les retraites, la majorit&#233; des directions syndicales (CFDT, CFTC, CGC et FO) s'engouffrent dans ce nouveau pi&#232;ge dont le seul but est de diviser et de freiner les mobilisations frontales contre la politique d'aust&#233;rit&#233; de ce gouvernement et de ce pr&#233;sident fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu se d&#233;cale donc ces derniers jours. Il va s'agir de contrer ces ferments de divisions ouvertes et d'&#339;uvrer &#224; des rassemblements unitaires, des mobilisations autour des exigences de justice sociale, budg&#233;taire et fiscale autour d'axes qui &#233;taient d&#233;j&#224; mis en avant dans le programme du Nouveau Front Populaire (NFP). La direction du PS esp&#232;re se servir &#233;lectoralement sur les restes du macronisme en se pr&#233;sentant &#224; nouveau sous un visage de gestionnaire compatible avec le n&#233;olib&#233;ralisme. C'est pourtant cette orientation qui a coul&#233; le PS avec la pr&#233;sidence de Fran&#231;ois Hollande et beaucoup de militants socialistes ne l'ont pas oubli&#233;. Beaucoup, dans les directions des partis de gauche, ont toute leur attention tourn&#233;e vers les p&#233;rip&#233;ties parlementaires ou la pr&#233;paration des &#233;lections municipales de 2026. Pourtant, l'attention devrait plut&#244;t &#234;tre tourn&#233;e vers l'organisation unitaire de la riposte sociale et politique aux politiques patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les budgets doivent &#234;tre vot&#233;s dans les deux mois qui viennent. Semaine apr&#232;s semaine vont appara&#238;tre les attaques qu'ils contiennent et la droite elle-m&#234;me va tenir &#224; y renforcer les attaques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi comme il y a un an, le PS aura du mal &#224; maintenir une position de bienveillance vis-&#224;-vis d'un gouvernement encore plus faible que ses deux pr&#233;d&#233;cesseurs. Cela rend d'autant plus important que le mouvement social trouve la force de disloquer cet attelage r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.-S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Article &#233;crit pour la revue Viento Sur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>France : le pays et la gauche &#224; un carrefour</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-le-pays-et-la-gauche-a-un-carrefour</link>
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		<dc:date>2025-09-30T06:46:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-09-30</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis d&#233;but septembre, se conjuguent en France une crise sociale, une crise politique et le d&#233;but d'une nouvelle mobilisation populaire, marqu&#233;e par les journ&#233;es des 10 et 18 septembre et la pr&#233;paration d'une nouvelle journ&#233;e le 2 octobre, alors que le pays est sans gouvernement suite au renversement de celui de Fran&#231;ois Bayrou par l'Assembl&#233;e nationale, le 8 septembre. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 27 septembre 2025 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par L&#233;on Cr&#233;mieux &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise politique chaotique a rebondi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/manif_18_sept_en_france-d74ff.png?1781034166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis d&#233;but septembre, se conjuguent en France une crise sociale, une crise politique et le d&#233;but d'une nouvelle mobilisation populaire, marqu&#233;e par les journ&#233;es des 10 et 18 septembre et la pr&#233;paration d'une nouvelle journ&#233;e le 2 octobre, alors que le pays est sans gouvernement suite au renversement de celui de Fran&#231;ois Bayrou par l'Assembl&#233;e nationale, le 8 septembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
27 septembre 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise politique chaotique a rebondi &#224; plusieurs reprises depuis la r&#233;&#233;lection de Macron en 2022. Il n'avait alors r&#233;ussi &#224; obtenir, pour son bloc parlementaire &#224; l'Assembl&#233;e nationale, que 250 si&#232;ges (la majorit&#233; absolue est de 289), n'ayant, &#224; l'&#233;poque, ni vraiment voulu ni obtenu d'accord avec les R&#233;publicains (62 si&#232;ges).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le mouvement des Gilets jaunes en 2018/2019 et la puissante mobilisation syndicale des retraites de 2023, le m&#233;contentement social n'a fait que cro&#238;tre en France, se heurtant aux gouvernements de Macron sans arriver &#224; obtenir satisfaction. La crise politique actuelle est donc essentiellement le r&#233;sultat de la crise sociale, manifeste depuis la crise financi&#232;re de 2008. Le poids &#233;lectoral des deux principaux partis ayant dirig&#233; les gouvernements depuis plus de 40 ans, r&#233;publicains &#224; droite (LR) et socialiste &#224; gauche (PS), s'est effondr&#233; entre les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2012 et de 2022. Les voix cumul&#233;es du PS et des R&#233;publicains sont pass&#233;s, entre ces deux &#233;ch&#233;ances, de 56,81% &#224; 6,53% des voix lors des premiers tours. Macron pensait utiliser la fen&#234;tre de cette d&#233;liquescence pour occuper l'espace laiss&#233; libre, cr&#233;er une nouvelle force politique et accentuer les r&#233;formes lib&#233;rales. Aujourd'hui, c'est le pr&#233;sident le plus d&#233;savou&#233; de la Ve R&#233;publique, et tout le monde est conscient que le macronisme ne survivra pas &#224; la fin du quinquennat de Macron en 2027&#8230;ou &#233;ventuellement avant s'il est pouss&#233; &#224; la d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir construit en 2022 avec la construction &#224; gauche d'un front &#233;lectoral antilib&#233;ral (NUPES) charpent&#233; autour de la France insoumise ne s'est pas prolong&#233; les deux ann&#233;es suivantes. La paralysie de la NUPES en 2023/2024 avait conduit &#224; son &#233;clatement en 4 listes lors des &#233;lections europ&#233;ennes du 9 juin 2024 amenant Macron &#224; caresser l'espoir de gagner &#224; son bloc parlementaire l'aile droite du PS pour sortir de sa paralysie. Alors que le RN &#233;tait arriv&#233; largement en t&#234;te de ces &#233;lections avec 31% des voix, Macron avait tent&#233; un coup de poker en d&#233;cidant de dissoudre l'Assembl&#233;e nationale. Il esp&#233;rait, face &#224; la menace du RN, rassembler une majorit&#233; &#233;largie sur sa droite et sa gauche lors des &#233;lections l&#233;gislatives qui ont suivi...ou peut-&#234;tre apparaitre comme un &#171; rempart d&#233;mocratique &#187; &#224; la pr&#233;sidence face &#224; un Premier ministre RN et une majorit&#233; RN &#224; l'Assembl&#233;e. Mais, loin de d&#233;boucher sur un rassemblement autour des candidats de Macron, les quinze jours de campagne pr&#233;c&#233;dant l'&#233;lection avaient vu surgir une mobilisation sociale et politique &#224; gauche, avec la reconstruction d'un rassemblement sur un programme antilib&#233;ral, le Nouveau front populaire (NFP), qui s'imposa politiquement et en nombre de si&#232;ges face au RN et &#224; Macron, emp&#234;chant l'extr&#234;me droite d'obtenir une majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e...et r&#233;duisant encore la place du bloc macroniste qui perdit 53 si&#232;ges suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;niant le scrutin populaire en refusant de nommer un-e Premier ministre du NFP, Macron s'est depuis arque-bout&#233; autour de sa minorit&#233; parlementaire en nommant des Premiers ministres de son &#171; bloc central &#187;, ne disposant au mieux que d'une minorit&#233; de 240 si&#232;ges avec l'appui des LR. Depuis un an, trois Premiers ministres, fid&#232;les &#224; Macron, se sont succ&#233;d&#233;s, b&#233;n&#233;ficiant des sursis consentis par le RN ou le PS pour tenir quelques mois et &#233;viter d'&#234;tre renvers&#233;s trop rapidement par une motion de censure. La constante de ces gouvernements a &#233;t&#233; la persistance d'une politique r&#233;actionnaire et antisociale, tout en reprenant les th&#232;mes s&#233;curitaires et x&#233;nophobes du RN. Le m&#233;contentement social avait impos&#233; au PS, le 13 d&#233;cembre 2024, de voter avec le reste de la gauche la censure de Michel Barnier, nomm&#233; trois mois avant, quand ce dernier a voulu imposer un budget comprenant 60 milliards de coupes de d&#233;penses publiques et de hausses d'imp&#244;ts, frappant &#233;videmment les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bayrou, un fid&#232;le de Macron, n'a pu ensuite remplacer Barnier en d&#233;cembre 2024 que par la complaisance du PS et du RN qui, malgr&#233; leur vote de censure du pr&#233;c&#233;dent gouvernement, voulaient afficher une attitude responsable, en ne &#171; bloquant pas l'adoption d'un budget pour la France &#187;. Les six mois qui ont suivi ont vu le maintien d'un &#233;clatement des forces syndicales et de la gauche politique. Le PS et la CFDT ont accept&#233; un simulacre de dialogue social dans un &#171; conclave &#187; avec le patronat suppos&#233; remettre &#224; plat la r&#233;forme des retraites, alors que Bayrou avait impos&#233; un cadrage indiquant clairement qu'il n'&#233;tait pas question de changer de politique et de revenir sur l'&#226;ge de d&#233;part &#224; 64 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette division des forces sociales et politiques et le refus affich&#233; du RN de pr&#233;cipiter une nouvelle censure ont pu donner l'impression &#224; Bayrou qu'il avait les marges de man&#339;uvre lui permettant de poursuivre les objectifs d'aust&#233;rit&#233; et de coupe des budgets sociaux. Mais, d&#233;but juillet 2025, les annonces concernant le budget 2026 ont eu dans le pays un effet incandescent, en affichant la volont&#233; de r&#233;duire le d&#233;ficit budg&#233;taire de 5,4% &#224; 4,6%, pour arriver &#224; 3% en 2029. Prenant pr&#233;texte d'un niveau &#171; catastrophique &#187; de la dette publique, le but &#233;tait d'imposer un budget baissant de 44 milliards les d&#233;penses publiques avec de nombreuses attaques sociales : la perte de 2 jours f&#233;ri&#233;s pour imposer deux jours de travail gratuits, le gel du montant des prestations sociales et des retraites, des attaques sur les cong&#233;s maladies, la volont&#233; de r&#233;duire l'indemnisation du ch&#244;mage, de nouvelles suppressions d'emplois de fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marqueur essentiel de ce projet de budget &#233;tait surtout qu'il ne comprenait aucune mesure de justice fiscale ciblant les hauts revenus, au nom de la &#171; pr&#233;servation des outils de production &#187; qui constitueraient le patrimoine des plus riches et du maintien de la politique de l'offre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant six mois, le gouvernement et les grands m&#233;dias ont essay&#233; d'imposer les questions de l'ordre public, de la s&#233;curit&#233; et du combat contre l'immigration comme &#233;tant les pr&#233;occupations essentielles de la population, avec un duo minist&#233;riel &#224; la justice et &#224; l'Int&#233;rieur (le macroniste Gerald Darmanin et le LR Bruno Retailleau) acharn&#233;s &#224; cultiver les th&#232;mes de l'extr&#234;me droite pour pr&#233;parer leurs &#233;ventuelles candidatures pr&#233;sidentielles en 2027. Fran&#231;ois Bayrou, lui-m&#234;me reprenait l'obsession de la submersion du pays par les migrants. Mais ces derniers mois, les questions sociales se sont &#224; nouveau impos&#233;es dans le d&#233;bat public comme &#233;tant les pr&#233;occupations essentielles de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'&#233;t&#233;, une question fiscale et une question budg&#233;taire sont devenues des exigences politiques : une autre r&#233;partition de la fiscalit&#233; frappant les plus riches, avec notamment la mise en place de la &#171; taxe Zucman &#187; (visant &#224; cr&#233;er un imp&#244;t plancher de 2% sur les patrimoines sup&#233;rieurs &#224; 100 millions d'euros, 1800 foyers fiscaux) et la remise en cause du premier poste budg&#233;taire &#171; de fait &#187; de l'Etat, les 270 milliards d'aides diverses vers&#233;es aux entreprises et essentiellement aux plus grandes qui ont largement augment&#233; b&#233;n&#233;fices et versement des dividendes depuis quinze ans. Ces deux exigences sont le strict reflet de la col&#232;re sociale, de la crise de pouvoir d'achat et d'acc&#232;s aux services publics v&#233;cue par les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, de 2003 &#224; 2022, les 0.1% les plus riches ont vu leur revenu moyen augmenter de 119%, largement deux fois plus que le reste de la population. Parall&#232;lement, le taux de pauvret&#233; est pass&#233; entre 2004 et 2023 de 12,4% &#224; 15,4% (INSEE, au seuil de 60% du niveau de vie m&#233;dian). M&#234;me si la France est au-dessous de la moyenne de l'UE (16,2% en 2024), la tendance de son taux va elle &#224; l'inverse de l'&#233;volution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale vient de loin. Les attaques lib&#233;rales, comme dans beaucoup de pays ont remis en cause les salaires, les budgets sociaux, les services publics, la protection sociale, le syst&#232;me de sant&#233;. En France, la &#171; politique de l'offre &#187; a &#233;t&#233; officiellement mise en &#339;uvre depuis 2014, sous le quinquennat socialiste de Fran&#231;ois Hollande. Son objectif majeur a &#233;t&#233; la baisse de la fiscalit&#233; sur les entreprises (imp&#244;ts de production) et sur les grandes fortunes, l'all&#233;gement des cotisations sociales, tout un syst&#232;me d'aides et d'exon&#233;rations. Les diff&#233;rents rapports &#233;tablis depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2020 permettent de chiffrer le montant dans le budget des &#171; aides &#187; aux entreprises &#224; 270 milliards d'euros en 2025, le premier poste, de fait, du budget de l'Etat, jamais comptabilis&#233; comme tel (mais &#233;tabli par le rapport du CLERSE de Lille en 2019, mandat&#233; par la CGT et celui de France Strat&#233;gie). En cela, la France va largement au-del&#224; des syst&#232;mes en place dans les autres pays d'Europe. Dans les ann&#233;es 90, ce &#171; budget &#187; ne se montait qu'&#224; 30 milliards. Il comprend aujourd'hui 91 milliards d'exon&#233;ration des cotisations sociales sur les salaires, plus de 100 milliards de niches fiscales (cr&#233;dits d'imp&#244;ts recherche, taux r&#233;duits de TVA, r&#232;gles d'imposition d&#233;rogatoires, etc ), 50 milliards d'aides directes (cf., la synth&#232;se de Aron et Michel-Aguirre dans &#171; le Grand D&#233;tournement &#187;, Allary Editions, 2025)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces politiques ont aggrav&#233; l'injustice sociale, la d&#233;t&#233;rioration des services publics, les in&#233;galit&#233;s au profit des plus riches qui se sont progressivement accentu&#233;es, cr&#233;ant un tr&#232;s profond m&#233;contentement populaire. Celui-ci s'est fortement exprim&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018, et, tr&#232;s fortement, en 2023 lors de l'immense mobilisation de 6 mois contre la r&#233;forme des retraites visant &#224; repousser de deux ans l'&#226;ge de d&#233;part, de 62 &#224; 64 ans. Le Rassemblement national a essay&#233; de polariser &#224; son profit ce m&#233;contentement en ciblant les d&#233;penses en faveur des immigr&#233;s ou le poids des r&#232;gles europ&#233;ennes comme responsables des difficult&#233;s des classes populaires, mais la perception des privil&#232;ges fiscaux et de l'accaparement des richesses par les plus riches ont largement pris le dessus depuis quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obsession des grands groupes capitalistes et, &#233;videmment, des politiciens de droite et d'extr&#234;me droite est de juguler ce m&#233;contentement populaire et d'&#233;viter que la gauche puisse le polariser davantage. Cela am&#232;ne d'ailleurs de plus en plus de grands patrons &#224; penser qu'une issue de stabilit&#233; &#224; la crise actuelle ne pourra venir que d'une alliance de la droite et de l'extr&#234;me droite, &#224; l'image du gouvernement Meloni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du mouvement social et de la gauche politique est complexe en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce du budget 2026 a entra&#238;n&#233; rapidement une r&#233;action des milieux militants dans un contexte o&#249; s'affirmait quelques semaines auparavant un &#233;clatement du front syndical et l'incapacit&#233; des principaux partis de gauche de continuer &#224; pr&#233;senter un front commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir du 15 juillet, par les r&#233;seaux sociaux, Facebook, TikTok, X, l'hashtag #bloquonstout s'est impos&#233; pour un arr&#234;t total et illimit&#233; du pays le 10 septembre, une boucle Telegram rassemblant rapidement 10000 personnes. Une popularit&#233; spontan&#233;e, marquant &#224; la fois l'exasp&#233;ration sociale et, &#224; gauche, la frustration de nombreux milieux militants de voir l'incapacit&#233; de s'organiser &#224; gauche face au d&#233;ferlement r&#233;actionnaire du gouvernement et &#224; la menace grandissante du RN. Ce mouvement pouvait rappeler les Gilets jaunes mais il a vite &#233;t&#233; marqu&#233; par une pr&#233;sence structurante de militants syndicaux et de la gauche radicale, contrant la tentative d'OPA faite par des r&#233;seaux d'extr&#234;me droite comme &#171; Les Essentiels &#187;. A la diff&#233;rence de 2018, le mouvement a &#233;t&#233; accueilli avec sympathie &#224; gauche, et par la CGT et Solidaires. Ce qui a &#233;t&#233; spectaculaire a &#233;t&#233; la prolif&#233;ration d'assembl&#233;es locales de pr&#233;parations, plus d'une centaine, rassemblant en plein &#233;t&#233; des milliers de militantEs, une multitude d'initiatives d&#233;centralis&#233;es pr&#233;vues pour le 10 septembre avec des initiatives de blocage. L'initiative a vite vu converger des organisations du mouvement social, comme ATTAC et les Soul&#232;vements de la Terre. Malgr&#233; la date, la jeunesse s'est fortement mobilis&#233;e dans des AGs pr&#233;paratoires dans une vingtaine de villes universitaires. Au total, la journ&#233;e aura rassembl&#233; plus de 200000 personnes, avec une grande participation de la jeunesse, au moins 430 blocages (rocades, lieux strat&#233;giques), d'importantes manifestations dans de nombreuses villes. Mobilisant 80000 forces de police, le ministre de l'Int&#233;rieur avait donn&#233; comme consigne une attaque imm&#233;diate des blocages de rues ou de sites et des blocus de lyc&#233;es ou de facs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement ne s'est pas prolong&#233; les jours suivants, il a servi de ferment pour la pr&#233;paration du 18 septembre. Sans appeler tous au 10 septembre, l'ensemble des syndicats se sont r&#233;unis fin ao&#251;t appelant &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve et de mobilisation contre le budget Bayrou et pour la justice fiscale, et la suspension de la r&#233;forme des retraites. C'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'une telle unit&#233; se r&#233;alisait depuis 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'importance de la mobilisation le 18 (1 million annonc&#233; par les syndicats) n'a pas atteint les chiffres des manifestations de 2023, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; massive &#224; la RATP et &#224; la SNCF, dans l'Education nationale, l'Energie. Dans la foul&#233;e du 10 septembre, ont eu lieu 276 actions de blocage sur la voie publique, et 135 tentatives de blocage de sites, tr&#232;s vite matraqu&#233;es, de tr&#232;s nombreuses actions dans les lyc&#233;es et les facs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects marquant des manifestations aura &#233;t&#233; une forte pr&#233;sence de la jeunesse, une place marqu&#233;e de la solidarit&#233; avec la Palestine, des associations f&#233;ministes, des collectifs Pink Bloc, des exigences climatiques. C'est l'indice d'une convergence militante qui est une caract&#233;ristique de la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au soir du 18 septembre, l'Intersyndicale avait donn&#233; au nouveau 1er ministre, S&#233;bastien Lecornu, macroniste venant des LR, un ultimatum de 5 jours pour r&#233;pondre &#224; ses exigences. La r&#233;union eut lieu mardi 23 septembre avec, &#233;videmment, aucun engagement. En cons&#233;quence, l'Intersyndicale a appel&#233; &#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve le 2 octobre prochain, recevant le soutien de l'ensemble des partis du NFP. Cette unit&#233; intersyndicale est l'expression de la pression pesant sur les directions syndicales et il en est de m&#234;me de l'appel imm&#233;diat des partis, y compris le PS qui cherche n&#233;anmoins tous les indices d'ouverture venant du nouveau premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation sociale et crise politique vont encore se conjuguer dans les semaines qui viennent. Mais il est clair que l'unit&#233; politique &#224; gauche est loin de se maintenir, chacun des partis &#233;tant &#224; la fois mobilis&#233; sur la pr&#233;paration des &#233;lections municipales et l'&#233;ventualit&#233; d'une nouvelle dissolution. La France insoumise mise ouvertement sur une d&#233;mission de Macron, pensant le terrain de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle le plus favorable &#224; LFI, et le Parti socialiste essaye de se restructurer comme une force ind&#233;pendante du NFP, pouss&#233;e par son aile lib&#233;rale. Mais le cours r&#233;actionnaire affich&#233; des gouvernements de Macron, y compris les annonces budg&#233;taires faites ce samedi 27 septembre par Sebastien Lecornu donne peu de marge pour une orientation de dialogue avec les macronistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines ont donc vu se reconstruire un rapport de force favorable &#224; la gauche syndicale, sociale et politique, mais cela est pr&#233;caire car d&#233;termin&#233; par les provocations gouvernementales en l'absence d'une politique unitaire et d'initiatives communes des partis du NFP. L'Intersyndicale agit unitairement sous la pression et les partis du NFP ne sont pas une force d'initiative pour organiser et stimuler une orientation alternative &#224; la politique d'aust&#233;rit&#233; de Macron. Pourtant, le terreau existe pour une telle perspective et le programme du NFP avan&#231;ait des pistes dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clairement, ce sera la force du mouvement social qui pourra seule, pour l'instant, permettre de cr&#233;er le rapport de force n&#233;cessaire et de cristalliser le m&#233;contentement actuel sur des bases de combat contre l'aust&#233;rit&#233;, muselant les orientations racistes et s&#233;curitaires du RN. Nul ne sait le d&#233;roulement institutionnel des semaines &#224; venir, censure, dissolution, ... Mais le mouvement de mobilisation doit se donner ses propres &#233;ch&#233;ances pour cr&#233;er le rapport de force imposant l'unit&#233; et permettant de bloquer les politiques d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs questions politiques seront au c&#339;ur des semaines &#224; venir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pousser au maximum les capacit&#233;s d'auto-organisation, d'initiatives unitaires par en bas s'appuyant sur les r&#233;seaux constitu&#233;s autour du 10 septembre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La mise en avant des exigences de r&#233;partition des richesses, popularis&#233;es par la taxe Zucman, mais au-del&#224; la question des biens communs, de la n&#233;cessit&#233; de la propri&#233;t&#233; publique des secteurs essentiels de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question de la dette et de la d&#233;pendance des march&#233;s financiers comme justification des politiques d'aust&#233;rit&#233;. La dette contract&#233;e pour distribuer des cadeaux fiscaux et des subventions aux groupes capitalistes est &#233;videmment une dette ill&#233;gitime, servant de sp&#233;culations sur les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question d'un gouvernement de rupture avec l'aust&#233;rit&#233; qui satisfasse les exigences exprim&#233;es par les classes populaires. Mais cela pose aussi la question d&#233;mocratique &#233;vidente : les institutions de la Ve R&#233;publique, le pouvoir pr&#233;sidentiel, le mode de scrutin sont autant d'outils visant &#224; juguler l'expression d&#233;mocratique. Cela pose une nouvelle fois, comme lors des Gilets jaunes, l'exigence de mettre &#224; bas les institutions de la Ve R&#233;publique et l'&#233;lection d'une Assembl&#233;e constituante &#224; la proportionnelle int&#233;grale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace d'une arriv&#233;e du Rassemblement national au gouvernement est plus pr&#233;sente que jamais face &#224; la cacophonie actuelle de la gauche politique. Mais elle peut, comme en juin 2024 imposer avec plus de force la construction d'un front politique et social qui exprime les exigences populaires et avance une politique de rupture avec l'aust&#233;rit&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.-S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Article &#233;crit pour la revue Viento Sur :&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>France. &#171; Contre Barnier et le RN, la riposte en suspens &#187;</title>
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		<dc:date>2024-10-08T06:51:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-10-08</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er octobre, en France, avaient lieu &#224; la fois la d&#233;claration de politique g&#233;n&#233;rale de Michel Barnier, le Premier ministre d&#233;nich&#233; par Macron pour pr&#233;senter un simulacre de changement, et la premi&#232;re journ&#233;e de mobilisation syndicale suite &#224; cette nomination. Elle &#233;tait pr&#233;sent&#233;e par CGT, Solidaires, FSU (F&#233;d&#233;ration Syndicale Unitaire) comme le &#171; d&#233;but du match retour contre la r&#233;forme des retraites &#187; (la r&#233;forme impos&#233;e en 2023, repoussant &#224; 64 ans l'&#226;ge de d&#233;part &#224; taux plein). &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-10-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-10-08&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er octobre, en France, avaient lieu &#224; la fois la d&#233;claration de politique g&#233;n&#233;rale de Michel Barnier, le Premier ministre d&#233;nich&#233; par Macron pour pr&#233;senter un simulacre de changement, et la premi&#232;re journ&#233;e de mobilisation syndicale suite &#224; cette nomination. Elle &#233;tait pr&#233;sent&#233;e par CGT, Solidaires, FSU (F&#233;d&#233;ration Syndicale Unitaire) comme le &#171; d&#233;but du match retour contre la r&#233;forme des retraites &#187; (la r&#233;forme impos&#233;e en 2023, repoussant &#224; 64 ans l'&#226;ge de d&#233;part &#224; taux plein).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de A l'Encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
5 octobre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Barnier lors de sa d&#233;claration de politique g&#233;n&#233;rale, le 1er octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de Michel Barnier a bien confirm&#233; que ce gouvernement sera, en pire, la continuation des choix de classe de Macron. Du c&#244;t&#233; du mouvement social et de la gauche, le bilan du 1er octobre &#233;claire les difficult&#233;s &#224; trouver un second souffle apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives et la mobilisation populaire de juin/juillet qui ont fait &#233;merger le Nouveau front populaire (NFP) et ont oppos&#233; un barrage &#224; l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me tant politique que social pos&#233; au mouvement ouvrier depuis les &#233;lections l&#233;gislatives, l'&#233;viction de Julie Castet du poste de Premi&#232;re ministre et la mise en place du gouvernement Barnier (ou plut&#244;t Barnier-Macron-Le Pen) est le suivant : comment continuer la bataille engag&#233;e dans l'unit&#233; d&#232;s le lendemain de l'&#233;lection europ&#233;enne de juin. Les forces capitalistes et r&#233;actionnaires ont &#233;t&#233; d&#233;stabilis&#233;es un temps par la d&#233;route de Macron aux &#233;lections europ&#233;ennes et l&#233;gislatives, la mise sur pied impr&#233;vue du Nouveau front populaire et le barrage populaire mis &#224; l'accession du Rassemblement Nationale (RN) au gouvernement. Successivement, en quelques semaines, ce furent les projets de Macron et de Le Pen qui furent battus en br&#232;che. Le spectre d'un gouvernement du NFP, rompant avec l'aust&#233;rit&#233;, a hant&#233; quelques semaines les couloirs de l'Elys&#233;e, les bureaux des dirigeants de droite et d'extr&#234;me droite. D&#232;s lors, chacun &#224; sa place, les forces de Macron, des R&#233;publicains et du Rassemblement national se sont dispos&#233;es pour &#233;viter ce sc&#233;nario catastrophe. S'il &#233;tait impossible (avant un an, d'apr&#232;s la Constitution) de proc&#233;der &#224; de nouvelles &#233;lections l&#233;gislatives, il fallait au moins juguler toute possibilit&#233; d'un gouvernement de gauche. Cela imposait une double coalition : la coalition gouvernementale des deux formations s&#232;chement battues dans les urnes aux l&#233;gislatives de juin/juillet 2024, le groupe macroniste (20% des voix et 150 d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s) et les R&#233;publicains (6.57% des voix et 39 d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s), et la coalition plus que tacite de ce gouvernement avec le RN sans l'assentiment duquel ce gouvernement tomberait d&#232;s la semaine prochaine avec le vote de la motion de censure pr&#233;sent&#233;e par le NFP. Marine Le Pen a clairement annonc&#233; que son parti ne voterait pas pour faire tomber ce gouvernement, alors qu'&#233;videmment elle l'aurait fait si un gouvernement du NFP avait &#233;t&#233; aux commandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc aujourd'hui au gouvernement une coalition chaotique, sans programme commun de gouvernement et sans m&#234;me le soutien explicite des macronistes (cela se fera &#171; selon ses d&#233;cisions &#187; a d&#233;clar&#233; Gabriel Attal, pr&#233;sident du groupe parlementaire Ensemble). Cela importe peu, Barnier restera dans les orni&#232;res creus&#233;es par les gouvernements pr&#233;c&#233;dents de Macron. Le soutien passif du Rassemblement national permet &#224; ce gouvernement de survivre tant que les d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s du RN ne voteront pas les motions de censure d&#233;pos&#233;es par le NFP (une motion de censure qui recueille la majorit&#233; absolue des voix des d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s, soit 289 voix, provoque la chute du gouvernement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc explicitement une alliance&lt;i&gt; sui generis &lt;/i&gt; entre Macron, les R&#233;publicains et le Rassemblement national. Un barrage anti-RN avait emp&#234;ch&#233; en juillet l'accession du RN au gouvernement. Par ses man&#339;uvres, Macron le remet au centre du jeu en faisant de Barnier l'otage politique de l'extr&#234;me droite. Cela est d'autant moins g&#234;nant pour Barnier et ses ministres qu'existent de nombreuses passerelles entre ce gouvernement et l'extr&#234;me droite, &#224; commencer par celles tendues par Bruno Retailleau, s&#233;nateur LR, qui a le portefeuille de l'Int&#233;rieur et n'a rien &#224; envier &#224; Jordan Bardella et &#224; Marine Le Pen en termes de politique s&#233;curitaire, anti-immigration et de remises en cause des droits d&#233;mocratiques. Cela est aussi le cas de nombreux ministres catholiques traditionalistes, anti-IVG, anti-LGBTQ&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La feuille de route annonc&#233;e par Barnier, le 1er octobre dans son discours de politique g&#233;n&#233;rale, ne laisse d'ailleurs gu&#232;re de doutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner des impressions de changement, il a confirm&#233; des choix faits d&#232;s les derni&#232;res semaines du gouvernement Attal [9 janvier au 5 septembre 2024], en juin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. le report des &#233;lections provinciales en Kanaky et stopper le projet de loi d&#233;gelant le corps &#233;lectoral visant &#224; minoriser les Kanaks au profit des colons. Depuis mai dernier, la mobilisation des Kanaks contre ces projets colonialistes n'a pas cess&#233;, 11 Kanaks ont &#233;t&#233; tu&#233;s, victimes de l'Etat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. une ouverture de n&#233;gociations sur &#171; des am&#233;nagements &#187; &#224; la &#171; r&#233;forme &#187; de retraites rejet&#233;e en 2023 par 80% de la population, am&#233;nagements &#224; la marge sans aucune remise en cause de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; 64 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. l'&#233;limination du projet de loi Attal sur l'assurance ch&#244;mage qui r&#233;duisait davantage les droits &#224; indemnisation des ch&#244;meurs&#8230; pour revenir &#224; un accord MEDEF-CFDT/CFTC/FO [le patronat et ces trois centrales syndicales] de 2023 qui imposait d&#233;j&#224;, sur ordre du gouvernement, des baisses de cotisations patronales et 2,3 milliards de r&#233;duction de droits pour les salari&#233;&#183;e&#183;s &#226;g&#233;es. Gabriel Attal, l'ex-premier ministre, avait lui-m&#234;me suspendu son projet sc&#233;l&#233;rat, le 30 juin, au lendemain de la d&#233;b&#226;cle &#233;lectorale des l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine fiscal, a &#233;t&#233; annonc&#233;, comme s'il s'agissait d'une mesure d'extr&#234;me gauche, une contribution des 0,3% des foyers fiscaux les plus riches. Cette contribution tr&#232;s marginale existe d&#233;j&#224; depuis 2011 (CEHR- Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus), rapportant 1,5 milliard. L&#224; le gouvernement l'augmenterait pour en obtenir 3 milliards suppl&#233;mentaires. D'un autre c&#244;t&#233;, l'annonce d'avancer de deux mois l'augmentation du SMIC de 2%, soit 28 euros net pour passer &#224; 1426 euros net. Ces mesurettes maquill&#233;es en d&#233;cisions de justice fiscale ne masquent pas l'orientation de classe, r&#233;actionnaire, de ce nouveau gouvernement provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, rien n'a &#233;t&#233; dit concernant la lutte contre le changement climatique qui frappe l&#224; aussi en priorit&#233; les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce gouvernement sera, en pire, la continuation des choix de classe des gouvernements pr&#233;c&#233;dents de Macron. Concernant la question des violences faites aux femmes, des viols et des f&#233;minicides, cette r&#233;alit&#233; tristement &#233;clair&#233;e par le proc&#232;s des violeurs de Mazan (petite commune du Vaucluse, o&#249; un criminel a fait subir &#224; sa femme, apr&#232;s l'avoir anesth&#233;si&#233;e, des viols pendant des ann&#233;es, de la part de dizaines &#171; d'hommes ordinaires &#187;, contact&#233;s dans son voisinage ou par internet). Cette affaire sordide r&#233;v&#232;le &#224; la fois la pr&#233;sence profonde de cette violence machiste, sa banalisation dans la soci&#233;t&#233; et surtout le silence et l'inaction totale des partis gouvernementaux devant la question des violences sexuelles dans la famille qui, avec l'inceste, restent en France un tabou tr&#232;s lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barnier pr&#233;voit une attaque budg&#233;taire sans pr&#233;c&#233;dent avec 40 milliards de coupes dans les d&#233;penses publiques (Bruno Lemaire, ministre des Finances des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, avait d&#233;j&#224; proc&#233;d&#233; &#224; 20 milliards de coupes en 2024). Il en d&#233;coulera : suppressions de postes dans la Fonction publique, 13 milliards amput&#233;s dans les d&#233;penses de sant&#233;, recul de six mois de l'indexation des retraites de base sur l'inflation 2024, pr&#233;vue initialement au 1er janvier 2025&#8230; d'o&#249; 3,7 milliards d'euros pris dans la poche des retrait&#233;&#183;e&#183;s. Pour les collectivit&#233;s territoriales, l'objectif serait la suppression de 100 000 postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choix budg&#233;taires sont cens&#233;s faire sortir les finances publiques de la France de son placement par la Commission europ&#233;enne en &#171; proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif &#187;. L'objectif est de se conformer &#224; la r&#232;gle des 3% de d&#233;ficit en 2029 (6% du PIB pr&#233;vus en 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces choix confirment la politique de Macron depuis 7 ans consistant &#224; financer avec le budget de l'Etat les grandes entreprises, all&#233;ger fortement leurs contributions fiscales et compenser ces diverses aides par une r&#233;duction constante des d&#233;penses publiques correspondant aux besoins sociaux dans la sant&#233;, l'&#233;ducation et le logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2017 et l'&#233;lection de Macron, ces choix au b&#233;n&#233;fice des classes poss&#233;dantes se sont multipli&#233;s : exon&#233;ration de droits de succession, cr&#233;dit imp&#244;t recherche (CIR) qui est une manne pour les grandes entreprises sans aucune contrainte en termes de &#171; recherche &#187;, exon&#233;ration des cotisations sociales jusqu'&#224; 1,6 SMIC, soit quelque 157 milliards d'aides publiques annuelles aux entreprises priv&#233;es sans contreparties selon une &#233;tude &#233;tablie par un groupe de chercheurs du Centre lillois d'&#233;tudes et de recherches sociologiques et &#233;conomiques (Clers&#233;) et de l'IRES (Institut de recherches &#233;conomiques et sociales), publi&#233;e par l'IRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence de ces choix est un creusement constant des in&#233;galit&#233;s sociales : de 2010 &#224; 202, selon l'INSEE, les 10% les plus fortun&#233;s ont accru de 41 &#224; 47% leur part du patrimoine net des m&#233;nages. En 20 ans, de 2002 &#224; 2023, les 500 plus grosses fortunes du pays ont multipli&#233; leur richesse par 10 : de 124 &#224; 1170 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le nombre de personnes sous le seuil de pauvret&#233; (1158 euros par mois, soit 1090 CHF) ne cesse de cro&#238;tre, 14% de la population, plus de 9 millions en 2023. Les barom&#232;tres du Secours populaire de septembre 2024 viennent encore de t&#233;moigner de la pr&#233;carit&#233; grandissante dans laquelle vivent les classes populaires, aggrav&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es par les prix de l'&#233;nergie et de l'alimentation, avec les privations de soins, les restrictions sur l'alimentation et le chauffage. Les prestations familiales et de solidarit&#233; ont perdu plus de 4% de pouvoir d'achat entre 2021 et 2023 (Rapport du Haut Conseil de la famille, d&#233;cembre 2023) &#224; cause d'une faible revalorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette aggravation des conditions de vie, ces injustices sociales sont les causes fondamentales du rejet des partis qui ont g&#233;r&#233; le pays depuis des d&#233;cennies. Les partis comme les LR ou Ensemble ont &#233;t&#233; une nouvelle fois d&#233;savou&#233;s il y a quelques mois &#224; cause de ces politiques qui frappent les classes populaires. M&#234;me si d'apr&#232;s plusieurs &#233;tudes 45% des couches les plus pauvres ne se sont pas d&#233;plac&#233;s pour aller voter, les votes des classes populaires ont tous &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;s essentiellement par la question du pouvoir d'achat. L'immense mobilisation contre la r&#233;forme des retraites en 2023 traduisait la m&#234;me pr&#233;occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place &#233;lectorale prise par le NFP, comme malheureusement par le RN, est bien l'expression de cette situation sociale. Mais alors qu'elle est bel et bien le r&#233;sultat de choix de classes, une partie importante des classes populaires adh&#233;rent au discours raciste et x&#233;nophobe faisant porter aux classes racis&#233;es et &#224; l'immigration la responsabilit&#233; de la situation sociale dans laquelle vivent les salari&#233;&#183;e&#183;s, notamment dans les r&#233;gions rurales et p&#233;riurbaines. Ce discours raciste, distill&#233; chaque jour dans les m&#233;dias a &#233;t&#233; aussi celui du gouvernement Attal, avec notamment le ministre de l'Int&#233;rieur Gerald Darmanin. Bruno Retailleau qui le remplace promet &#233;videmment d'appliquer une politique similaire &#224; celle du RN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation sociale et politique impose au mouvement ouvrier de garder la place prise au d&#233;but de l'&#233;t&#233; et d'avoir la conscience collective que tout sera fait pour emp&#234;cher dans les mois qui viennent que se construise une perspective politique anti-aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les manifestations des 7 et 21 septembre contre le hold-up institutionnel de Macron, le 1er octobre &#233;tait la premi&#232;re journ&#233;e de mobilisation syndicale, avec des appels &#224; la gr&#232;ve dans la Fonction publique et &#224; la SNCF. 190 lieux de manifestations, 170'000 personnes dans la rue selon la CGT qui organisait cette journ&#233;e avec la FSU et Solidaires (donc sans la CFDT et FO, les deux autres centrales importantes). Les exigences mises en avant &#233;taient essentiellement les retraites, le pouvoir d'achat, mais derri&#232;re tout cela et dans les discussions, la question essentielle &#233;tait celle des possibilit&#233;s de contrer &#224; la fois la d&#233;rive autoritaire et raciste annonc&#233;e par ce gouvernement ainsi que la menace d'une victoire de l'extr&#234;me droite dans les mois ou ann&#233;es &#224; venir. D'autant plus que les forces r&#233;actionnaires comptent certes sur la d&#233;moralisation qui a plan&#233; apr&#232;s la mise &#224; l'&#233;cart du NFP pour former le gouvernement. Le succ&#232;s limit&#233; de cette mobilisation du 1er octobre, l'absence d'annonce pour l'instant de nouvelles &#233;ch&#233;ances traduisent un peu l'incertitude sur les r&#233;ponses &#224; apporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes existants avant juin dernier risquent de reprendre le dessus. Le mouvement syndical, unitairement, a annonc&#233; le lancement d'une campagne contre l'extr&#234;me droite dans les entreprises pour contrer les id&#233;es racistes et les fausses solutions du RN &#224; la crise sociale. De plus, l'axe est mis sur la question des retraites et certains vont vouloir se saisir des &#171; n&#233;gociations &#187; propos&#233;es par le gouvernement comme point d'appui sur cette question et sur le dossier des allocations ch&#244;mage. Cela traduit &#233;videmment la volont&#233; d'occuper le terrain syndical, et Solidaires comme la CGT mettent l'accent sur le retrait de la r&#233;forme des retraites qui a &#233;t&#233; le point commun d'exigence dans toutes les classes populaires. Sur cette question, dans les jours &#224; venir, la question se posera aussi &#224; l'Assembl&#233;e nationale avec un texte de retrait de cette r&#233;forme propos&#233; par le NFP (alors que le RN a aussi d&#233;pos&#233; un autre projet). Par ailleurs, LFI continue une bataille parlementaire pour exiger la destitution de Macron (destitution qui imposerait un vote majoritaire &#224; l'Assembl&#233;e et au S&#233;nat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que le calendrier devrait exiger d&#232;s maintenant un plan d'action commun &#8211; syndicats, partis, mouvement d&#233;mocratique et social &#8211; pour maintenir, reconstruire et &#233;largir le front qui s'&#233;tait construit en juin dernier, autour &#224; la fois du rejet du RN et de l'exigence d'une politique de justice sociale illustr&#233;e par le programme du NFP. Les deux batailles se compl&#232;tent car il n'y aura pas de remise en cause de la place prise par le RN sans construire une mobilisation populaire autour des exigences sociales et d&#233;mocratiques, sans donner une cr&#233;dibilit&#233; de masse &#224; ces choix alternatifs, capable de balayer les solutions racistes et s&#233;curitaires. Le mouvement syndical, les partis de gauche et le mouvement social &#233;taient tr&#232;s largement unis en juin autour de ces deux pr&#233;occupations, occupant ainsi une place offensive dans la soci&#233;t&#233; et battant en br&#232;che l'h&#233;g&#233;monie r&#233;actionnaire. C'est cela qu'il faut essayer de reconstruire autour d'initiatives concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondre &#224; ces enjeux impose que chacun ne reste pas dans son couloir, syndical et politique, cela suppose aussi de mettre en &#339;uvre des mobilisations communes, r&#233;ellement construites dans des cadres unitaires et non pas concurrentielles l'une &#224; l'autre, comme ont pu appara&#238;tre les 7 et 21 septembre. Non seulement, ces cadres n'existent pas pour l'instant, mais pire, le d&#233;bat dans la gauche politique semble plus &#234;tre la pr&#233;paration des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2027 et les batailles parlementaires que la construction d'un front commun de mobilisation avec des initiatives et des structures unitaires nationales et locales. Pourtant, seule la force conjugu&#233;e des &#233;nergies militantes existant dans les villes et les quartiers pourra cr&#233;er cette mobilisation et redonner la main au mouvement populaire. (5 octobre 2023)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>France - Macron m&#233;prise le vote populaire&#8230; et se met dans la main du RN</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/France-Macron-meprise-le-vote-populaire-et-se-met-dans-la-main-du-RN</guid>
		<dc:date>2024-09-17T06:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-09-17</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le peuple a, par sa faute, perdu la confiance du gouvernement&#8230;Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en d'&#233;lire un autre ? &#187; Bertolt Brecht, La Solution, 1953 &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Inprecor 16 septembre 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par L&#233;on Cr&#233;mieux &lt;br class='autobr' /&gt;
Les vers ironiques de Brecht viennent d'&#234;tre mis r&#233;ellement en pratique par Macron. Son parti, est pass&#233; de 2017 &#224; 2024 de 314 &#224; 99 d&#233;put&#233;&#183;es &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Il a encore &#233;t&#233; battu lors des europ&#233;ennes et des l&#233;gislatives (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-09-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-09-17&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le peuple a, par sa faute, perdu la confiance du gouvernement&#8230;Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en d'&#233;lire un autre ?&lt;/i&gt; &#187; Bertolt Brecht, La Solution, 1953&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Inprecor &lt;br class='autobr' /&gt;
16 septembre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vers ironiques de Brecht viennent d'&#234;tre mis r&#233;ellement en pratique par Macron. Son parti, est pass&#233; de 2017 &#224; 2024 de 314 &#224; 99 d&#233;put&#233;&#183;es &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Il a encore &#233;t&#233; battu lors des europ&#233;ennes et des l&#233;gislatives de juin/juillet 2024. Lors de ces m&#234;mes &#233;lections l&#233;gislatives, un front &#233;lectoral contre le Rassemblement national a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; au second tour par tous les partis sauf le petit parti de droite des R&#233;publicains. Le barrage a fonctionn&#233;, d&#233;jouant tous les pronostics, le RN ne r&#233;ussissant m&#234;me pas &#224; obtenir une majorit&#233; relative. La formation arriv&#233;e en t&#234;te apr&#232;s ce second tour a &#233;t&#233; clairement le Nouveau Front populaire, suivi du &#171; bloc du centre &#187; et du RN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces r&#233;sultats, on arrive, d&#233;but septembre, &#224; la formation d'un gouvernement dirig&#233; par un vieux politicien des R&#233;publicains, Michel Barnier, qui va recycler bon nombre de responsables de la &#171; majorit&#233; pr&#233;sidentielle &#187;, pour continuer la m&#234;me politique et qui ne pourra survivre que par l'engagement du Rassemblement national de ne pas le faire tomber par une motion de censure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment arrive-t-on &#224; un tel r&#233;sultat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, sont pr&#233;sents, au lendemain des &#233;lections l&#233;gislatives, trois blocs &#224; l'Assembl&#233;e : Le Nouveau Front populaire avec 193 si&#232;ges, les Macronistes avec 166 si&#232;ges et le RN et alli&#233;s avec 142 si&#232;ges, suit ensuite la petite alliance autour du parti historique de la droite, Les R&#233;publicains, 47 si&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron a d'abord fait obstruction et maintenu, durant plus de deux mois, son Premier ministre sortant, Gabriel Attal et son gouvernement &#171; d&#233;missionnaire &#187;, se r&#233;fugiant derri&#232;re &#171; la tr&#234;ve des Jeux olympiques de Paris &#187;. Ensuite, contrairement &#224; l'usage qui est de d&#233;signer un Premier ministre issu de la formation sortie en t&#234;te des &#233;lections l&#233;gislatives, il a tout de suite &#233;cart&#233; la nomination de la candidate choisie par le Nouveau front populaire. Et finalement, pour assurer, malgr&#233; le vote, qu'il n'y ait aucune remise en cause de sa politique et qu'il puisse continuer &#224; diriger l'ex&#233;cutif, il vient de nommer Michel Barnier, un vieux politicien venant issu des R&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2024, Macron a us&#233; de son droit pr&#233;sidentiel pour dissoudre l'Assembl&#233;e nationale. Il l'a fait apr&#232;s des &#233;lections europ&#233;ennes qui ont vu l'&#233;chec magistral de son alliance pr&#233;sidentielle avec 14,6% des voix face au Rassemblement national (31,37% des voix) et &#224; la gauche &#233;clat&#233;e en 4 listes (31,58% des voix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e man&#339;uvri&#232;re de Macron &#233;tait d'essayer d'&#233;largir sa majorit&#233; parlementaire en rebattant les cartes. Ne disposant, avec tous ses alli&#233;s, que de 251 si&#232;ges sur 577, il se savait &#224; la merci du vote d'une motion de censure obligeant son gouvernement &#224; d&#233;missionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les man&#339;uvres fumeuses de Macron&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au soir des &#233;lections europ&#233;ennes, l'extr&#234;me droite apparaissait grande victorieuse, et la gauche &#233;tait divis&#233;e (entre EELV, le PCF, le PS et LFI) et sans coh&#233;rence depuis l'&#233;clatement de la NUPES, un an auparavant. De plus, la liste europ&#233;enne arriv&#233;e en t&#234;te &#224; gauche &#233;tait celle du PS men&#233;e par Rapha&#235;l Glucksmann qui apparaissait proche du social-lib&#233;ralisme et en rupture avec la France insoumise. Devant ce qui apparaissait comme un champ de ruine, Macron se pensait ma&#238;tre des cartes et pensait possible de recomposer autour de lui et face &#224; la menace d'une majorit&#233; RN, une partie des socialistes, des &#233;cologistes et des gaullistes de LR. Au pire, il se voyait cohabiter avec un gouvernement Bardella en se donnant une stature de pr&#233;sident r&#233;sistant aux d&#233;rives de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel qu'aient &#233;t&#233; ses projets fumeux, ils se dissip&#232;rent en 48h face &#224; la volont&#233; du mouvement syndical et du mouvement social d'imposer une unit&#233; &#224; gauche, un nouveau front populaire, pour faire &#233;chec &#224; la menace n&#233;ofasciste, avec une candidature unique dans chaque circonscription et un programme commun &#171; de rupture sociale et &#233;cologique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron, refusant son &#233;chec essaye donc maintenant de se maintenir comme chef de l'ex&#233;cutif avec un gouvernement &#224; sa botte pour pers&#233;v&#233;rer dans sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, il est hors de question pour lui d'accepter la formation d'un gouvernement de gauche. L'argument avanc&#233; pour ce refus fut d'abord &#171; la pr&#233;sence de ministres LFI &#187;, calomni&#233;s et stigmatis&#233;s depuis des mois comme &#171; complices du Hamas &#187;, &#171; antis&#233;mites &#187;. Pr&#233;sence intol&#233;rable qui d&#233;clencherait imm&#233;diatement la censure, proclam&#232;rent en c&#339;ur Gabriel Attal d'Ensemble, les R&#233;publicains&#8230; et Jordan Bardella du RN. Pour eux tous, un gouvernement avec la pr&#233;sence de LFI d&#233;clencherait automatiquement une motion de censure majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rapidement, la vraie raison du rejet visc&#233;ral d'un gouvernement NFP est apparue : pour &#233;carter le pr&#233;texte de leur pr&#233;sence pour rejeter Lucie Castets, LFI interpela fin ao&#251;t les macronistes sur leur position vis-&#224;-vis d'un gouvernement qui ne comporterait pas de ministres LFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cela ne tarda pas, dans la bouche des macronistes et de la droite LR : pas question non plus d'un gouvernement sans LFI qui reviendrait sur la r&#233;forme des retraites et appliquerait le programme de rupture avec le lib&#233;ralisme du NFP&#8230; Le pr&#233;sident du MEDEF, Patrick Martin, insista &#233;galement qu'il n'&#233;tait pas question de revenir sur les axes politiques mis en &#339;uvre depuis 2017. De m&#234;me, le RN affirma clairement qu'il censurerait tout gouvernement de gauche. En un mot une unanimit&#233; de classe contre tout gouvernement qui s'engagerait &#224; rompre avec les politiques n&#233;olib&#233;rales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette vigoureuse campagne contre le NFP, on est pass&#233; en quelques semaines d'un mouvement profond dans la soci&#233;t&#233; pour contrer Le Pen &#224; un front commun de Macron &#224; Le Pen pour bloquer la mise en &#339;uvre d'une politique au service des classes populaires et mettre &#224; l'&#233;cart un gouvernement de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron se serait sans probl&#232;me adapt&#233; &#224; un gouvernement du RN, m&#234;me sans majorit&#233; absolue. Il avait d'ailleurs d&#233;clar&#233; plusieurs fois qu'il serait oblig&#233; de respecter le suffrage universel&#8230; Par contre l'absence de majorit&#233; absolue pour le NFP emp&#234;chait &#171; pour des raisons de stabilit&#233; &#187; la nomination de Julie Castets. Ce qui est vrai pour le RN ne l'est &#233;videmment pas en ce qui concerne le NFP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un gouvernement compatible avec le RN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation concr&#232;te de ce nouveau gouvernement Barnier est qu'il est le faux-nez d'un gouvernement de Macron mais avec une nouvelle situation. L'alliance de fait avec les R&#233;publicains et un soutien ext&#233;rieur du Rassemblement national qui vient de d&#233;clarer &#171; &lt;i&gt;mettre le gouvernement sous surveillance&lt;/i&gt; &#187;. Donc un nouvel affaiblissement de Macron, un glissement vers la droite avec une pression du RN qui va soutenir ce gouvernement comme la corde soutient le pendu. Il est &#224; redouter la mise en &#339;uvre de ce qu'a annonc&#233; Barnier lors de sa prise de fonction : une insistance encore plus lourde sur les questions s&#233;curitaires, une politique discriminatoire contre les &#233;trangers et de nouvelles politiques contre les migrants. Donc une politique compatible avec le RN correspondant d'ailleurs largement au profil politique du nouveau Premier ministre. Connu pour une s&#233;rie de votes tr&#232;s &#224; droite au Parlement europ&#233;en, notamment pour des mesures discriminatoires anti LGBT, pour &#171; &lt;i&gt; retrouver en France la souverainet&#233; juridique concernant les politiques migratoires&lt;/i&gt; &#187;. De m&#234;me, pr&#233;sent lors des primaires visant &#224; d&#233;signer le candidat LR en 2021, Barnier chercha syst&#233;matiquement &#224; se d&#233;marquer &#224; droite, pour l'interdiction du voile dans l'espace public, pour porter &#224; 65 ans l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite, l'organisation d'un referendum visant &#224; la suppression de l'AME (Aide m&#233;dicale d'Etat pour les &#233;trangers sans papiers), etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une campagne des l&#233;gislatives durant lesquelles la gauche s'imposa m&#233;diatiquement pour d&#233;noncer les racines fascistes du RN, pour affirmer une insistance unitaire sur le programme social du NFP, les derni&#232;res semaines voient resurgir les &#233;l&#233;ments de langage visant &#224; la d&#233;moralisation de la gauche et &#224; un retour &#224; une image respectable de l'extr&#234;me droite. Macron par exemple, m&#233;prise d'un revers de main les 9,5 millions de votes recueillis par la gauche aux l&#233;gislatives, mais rappelle qu'il faut &#171; &lt;i&gt;respecter les 10,6 millions &lt;/i&gt; &#187; recueillis par le RN et son alli&#233; Ciotti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est &#233;minemment politique. Contre toute attente, le NFP a r&#233;ussi &#224; b&#226;tir un front politique unitaire sur un programme de rupture, impuls&#233; et consolid&#233; par le mouvement syndical, d&#233;mocratique et social, cr&#233;ant une dynamique enthousiaste autour de la possibilit&#233; d'un gouvernement de gauche. Cette dynamique politique et sociale qui n'avait pas r&#233;ussi &#224; se construire lors du mouvement contre la r&#233;forme des retraites s'est soudain cr&#233;&#233; en quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc vital pour les responsables r&#233;actionnaires et les m&#233;dias &#224; leur service de d&#233;construire cette unit&#233; inattendue. D'abord en disant que la gauche ne veut pas vraiment gouverner, qu'elle ne veut pas du pouvoir et qu'elle serait m&#234;me responsable de ne pas avoir obtenu le poste de premier ministre. Ensuite visant &#233;videmment &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser un programme &#171; de gaspillage et de dette &#187;. Enfin, surtout, dire que le NFP est un assemblage &#233;ph&#233;m&#232;re et que les forces centrifuges reprendront vite le dessus, notamment entre les socialistes &#171; raisonnables &#187; et les &#171; ultragauchistes islamistes &#187; de LFI. Il s'agit surtout maintenant de d&#233;moraliser celles et ceux qui ont pes&#233; pendant des semaines pour construire la campagne du NFP, celles et ceux qui y ont cru pensant que l'on pourrait enfin construire quelque chose d'unitaire &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les perspectives pour la gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; r&#233;side d'ailleurs l'enjeu des prochains mois. Le risque est de voir se renouveler les dynamiques centrifuges qui ont fait exploser la NUPES. D&#232;s ces derni&#232;res semaines, a r&#233;apparu un &#233;clatement des initiatives, pourtant avec un objectif commun. La premi&#232;re journ&#233;e de manifestation le 7 septembre, face au &#171; putsch &#187; de Macron avec la nomination de Barnier, et pour la mise en place d'un gouvernement NFP et la mise en &#339;uvre de son programme a &#233;t&#233; impuls&#233; essentiellement par des mouvements politiques de gauche PCF, les &#201;cologistes, LFI, NPA-L'Anticapitaliste (mais aussi c&#244;t&#233; mouvement social par ATTAC, le Planning familial, #NousToutes, la Jeune Garde et souvent localement la LDH). Mais c&#244;t&#233; syndical, si l'initiative a &#233;t&#233; salu&#233;e comme utile, elle a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme institutionnelle et donc du ressort des organisations politiques, m&#234;me si localement des syndicats CGT, Solidaires ou FSU en ont &#233;t&#233; partie prenante. Le r&#233;sultat n'a pas &#233;t&#233; n&#233;gligeable 150 manifestations et m&#234;me la police a d&#251; reconnaitre plus de 100.000 manifestants (300.000 selon les calculs des organisateurs) mais il aurait &#233;videmment &#233;t&#233; possible de prendre une initiative commune de toutes les forces ayant soutenu le NFP en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le 1er octobre se pr&#233;pare une grande journ&#233;e de gr&#232;ves et de mobilisation intersyndicale, CGT, Solidaires, FSU, et organisations de jeunesse l&#224; aussi &#171; pour qu'enfin les urgences sociales exprim&#233;es dans les mobilisations sociales et dans la rue soient entendues &#187;, reprenant des exigences sociales communes avec les partis du NFP. Enfin, le 21 septembre, sur les m&#234;mes axes que le 7 est organis&#233;e une nouvelle journ&#233;e de mobilisations autour des organisations de jeunesse avec en plus Greenpeace, Le Collectif national pour les droits des femmes, Action justice climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, de la droite du PS apparaissent d&#233;j&#224; des prises de positions visant &#224; l'&#233;clatement du front unitaire en tirant vers la droite, comme celle de Fran&#231;ois Hollande, pourtant &#233;lu dans le cadre du NFP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Assembl&#233;e nationale et son gouvernement sont &#233;videmment des &#233;l&#233;ments instables et d&#232;s juin 2025, soit le RN par sa participation au vote d'une motion de censure, soit Macron pourront amener &#224; une crise gouvernementale et une nouvelle dissolution de l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, l'urgence est &#224; cr&#233;er un rapport de force politique et social pour commencer dans la dur&#233;e une mobilisation autour des exigences sociales port&#233;es par le NFP, le mouvement social et syndical quelles que soient les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. La convergence r&#233;alis&#233;e au d&#233;but de l'&#233;t&#233; doit se maintenir et agir collectivement en cr&#233;ant des cadres unitaires permettant aux forces militantes de se coordonner. Seule la construction de cette unit&#233; pourra emp&#234;cher les dynamiques centrifuges d'o&#249; qu'elles viennent et &#233;viter la d&#233;moralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NFP repr&#233;sente une particularit&#233; dans le champ politique europ&#233;en avec une alliance construite sur un programme explicitement de rupture antilib&#233;rale ayant pu faire converger largement des forces politiques, syndicales et sociales, marginalisant les courants sociaux-lib&#233;raux. C'est donc une initiative pr&#233;cieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle arrive &#224; se maintenir et s'enraciner sur l'ensemble du territoire en devenant un outil quotidien pour les dizaines de milliers de militantEs qui agissent dans les quartiers, les zones urbaines et rurales d&#233;veloppant les exigences de son programme, en d&#233;veloppant les th&#232;mes de justice sociale, climatique, d&#233;mocratique, de combat contre les discriminations, elle peut remettre en cause le poids politique pris par le RN qui utilise le racisme et l'islamophobie pour d&#233;tourner contre les classes populaires racis&#233;es le sentiment de d&#233;classement, d'abandon et d'injustice sociale. Cette fausse conscience vise &#233;videmment &#224; d&#233;tourner de la remise en cause des politiques de classes aux origines des attaques subies par les exploit&#233;Es et les opprimEes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, les gr&#232;ves et manifestations du 1er octobre pourront &#234;tre un tremplin pour redonner de la dynamique &#224; gauche face aux man&#339;uvres de Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 16 septembre 2024, &#233;crit pour Viento Sur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>France. Immigration : Macron chausse les bottes de l'extr&#234;me droite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-Immigration-Macron-chausse-les-bottes-de-l-extreme-droite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/France-Immigration-Macron-chausse-les-bottes-de-l-extreme-droite</guid>
		<dc:date>2024-01-16T06:57:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-12-19</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Macron et son gouvernement viennent de franchir un pas spectaculaire dans l'adoption d'une politique discriminatoire, raciste et x&#233;nophobe vis-&#224;-vis des &#233;trangers extracommunautaires, et ce avec le soutien de l'extr&#234;me droite. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de A l'Encontre 7 janvier 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par L&#233;on Cr&#233;mieux &lt;br class='autobr' /&gt;
La loi qui vient, en d&#233;cembre 2023, d'&#234;tre adopt&#233;e en France par un vote commun de l'alliance macroniste, du parti de droite Les R&#233;publicains (LR) et de l'extr&#234;me droite Rassemblement national (RN) est la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Macron et son gouvernement viennent de franchir un pas spectaculaire dans l'adoption d'une politique discriminatoire, raciste et x&#233;nophobe vis-&#224;-vis des &#233;trangers extracommunautaires, et ce avec le soutien de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de A l'Encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
7 janvier 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi qui vient, en d&#233;cembre 2023, d'&#234;tre adopt&#233;e en France par un vote commun de l'alliance macroniste, du parti de droite Les R&#233;publicains (LR) et de l'extr&#234;me droite Rassemblement national (RN) est la plus r&#233;gressive en France depuis celle vot&#233;e il y a presque 40 ans, en 1986 (loi Pasqua &#8211; alors ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement de Jacques Chirac), et elle contient des aspects encore plus r&#233;actionnaires. Elle s'adapte totalement aux pr&#233;misses de l'extr&#234;me droite qui d&#233;signe les &#233;trangers et l'immigration comme un danger, une menace pour le pays, agitant le fantasme de &#171; la submersion migratoire &#187;, du d&#233;s&#233;quilibre &#233;conomique et social cr&#233;&#233; par les immigr&#233;&#183;e&#183;s et amalgamant immigration, ins&#233;curit&#233;, d&#233;linquance et menace terroriste. Ces th&#232;mes sont d&#233;velopp&#233;s largement en Europe, mais ils le sont en particulier en France par le RN de Marine Le Pen ou par le petit parti Reconqu&#234;te de Marion Mar&#233;chal [t&#234;te de liste de Reconqu&#234;te pour les &#233;lections europ&#233;ennes] et Eric Zemmour. Depuis une vingtaine d'ann&#233;es, la droite traditionnelle les a, elle aussi, largement popularis&#233;s, reprenant peu &#224; peu la propagande id&#233;ologique de Jean-Marie Le Pen et du Front national sur ces questions. Nicolas Sarkozy, au d&#233;but des ann&#233;es 2000, avait notamment essay&#233; de cliver la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise en introduisant un d&#233;bat sur &#171; l'identit&#233; nationale &#187;, int&#233;grant m&#234;me ce concept dans l'intitul&#233; du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, d&#233;sign&#233; comme &#171; Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et de l'identit&#233; nationale &#187;, cela selon l'id&#233;e d'un de ses conseillers, Patrick Buisson, issu de l'extr&#234;me droite &#171; nationaliste r&#233;volutionnaire &#187; des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron et son gouvernement ont donc eux aussi emprunt&#233; ces chemins fangeux tout en pensant au d&#233;part faire une man&#339;uvre parlementaire pour d&#233;stabiliser le parti des R&#233;publicains. La man&#339;uvre s'est transform&#233;e en boomerang contre le camp pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de son second mandat, &#224; l'&#233;t&#233; 2022, Macron et son ministre de l'Int&#233;rieur, G&#233;rald Darmanin, annon&#231;aient la pr&#233;sentation d'une nouvelle loi sur les conditions d'entr&#233;e et de s&#233;jour, centr&#233;e sur le droit d'asile, trois ans &#224; peine apr&#232;s celle qu'il avait fait voter en 2019. Assimilant explicitement d&#233;linquance et demandeurs d'asile, le but annonc&#233; &#233;tait de lutter pour &#171; pr&#233;venir les flux migratoires non europ&#233;ens &#187;, &#171; acc&#233;l&#233;rer les proc&#233;dures pour les demandeurs d'asile &#187; et les &#171; proc&#233;dures d'expulsion &#187;, tout autant de th&#232;mes r&#233;actionnaires classiques. Le but essentiel &#233;tait surtout, alors que les pr&#233;occupations essentielles de la population &#233;taient l'inflation, la crise du syst&#232;me de sant&#233; et les menaces contre les retraites, d'essayer de polariser le d&#233;bat public sur cette question en brandissant &#171; l'insupportable menace migratoire &#187; et, une fois de plus, de rendre les immigr&#233;s responsables de la situation sociale des classes populaires. Le but affich&#233; par G&#233;rald Darmanin &#233;tait de &#171; &lt;i&gt;rendre la vie impossible aux migrants&lt;/i&gt; &#187;. Son profil affich&#233; avec morgue &#233;tait m&#234;me celui d'un &#171; Monsieur plus &#187; se vantant d'&#234;tre plus dur que l'extr&#234;me droite contre les immigr&#233;s parlant, avec une pointe de sexisme, de la &#171; mollesse &#187; de Marine Le Pen et de &#171; &lt;i&gt;l'incapacit&#233; de Giorgia Meloni &#224; r&#233;gler les probl&#232;mes migratoires&lt;/i&gt; &#187;. Ce projet de loi fut combattu d&#232;s son origine par le mouvement social et la gauche, avec le collectif Unis contre l'immigration jetable (UCIJ) rassemblant 800 collectifs et associations (notamment des centaines travaillant au jour le jour pour l'accueil et la solidarit&#233; avec les sans-papiers et les demandeurs d'asile), avec le soutien des Verts, de LFI et de la gauche radicale, dont le NPA&lt;strong&gt; [1]&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les &#233;lections de juin 2022 o&#249; Macron est sorti sans majorit&#233; parlementaire ni d'alliance avec d'autres partis, lui et son gouvernement ont d&#251; n&#233;gocier texte de loi apr&#232;s texte de loi avec les autres partis, essentiellement le parti de la droite traditionnelle gaulliste, Les R&#233;publicains (LR). Ainsi ceux-ci ont vot&#233;, au coup par coup, les deux tiers des lois pr&#233;sent&#233;es par le gouvernement entre juin 2022 et juin 2023. Darmanin avait donc ouvert la porte &#224; un dialogue avec les LR sur sa loi. La mont&#233;e en puissance de la mobilisation contre la r&#233;forme des retraites au printemps 2023 obligea le gouvernement &#224; mettre de c&#244;t&#233; le d&#233;bat sur ce projet de loi. Les LR, de leur c&#244;t&#233; virent dans le d&#233;bat sur cette loi l'occasion de reprendre une place dans le d&#233;bat politique. Les R&#233;publicains ont &#233;t&#233; ramen&#233;s &#224; une place de suppl&#233;tif de Macron par le r&#233;sultat des &#233;lections l&#233;gislatives de juin 2022 &#8211; 62 d&#233;put&#233;s sur 577, une perte de 51 si&#232;ges &#8211;, derri&#232;re le Rassemblement national [89 d&#233;put&#233;s] et la France insoumise [75 d&#233;put&#233;s], et ont du mal &#224; exister comme force ind&#233;pendante, coinc&#233;s entre Macron et le Rassemblement national. D'ailleurs, de nombreux responsables macronistes sont des transferts des LR et Nicolas Sarkozy a plusieurs fois appel&#233; le parti qu'il a longtemps dirig&#233; &#224; s'allier avec Macron. D&#232;s lors, LR a tent&#233; au printemps 2023 une op&#233;ration politique en pr&#233;sentant eux-m&#234;mes deux lois d'attaques contre l'immigration et les &#233;trangers vivant en France. Consid&#233;rant que c'est le seul terrain o&#249; ils pouvaient faire entendre une voix diff&#233;rente de Macron, leurs projets de loi reprenaient sans probl&#232;me les principaux &#233;l&#233;ments du programme du Rassemblement national, notamment en adoptant la &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187;, la discrimination des droits sociaux pour les &#233;trangers non communautaires avec la diminution des droits aux prestations sociales, en revenant sur &#171; le droit du sol &#187; pour les enfants n&#233;s en France, introduisant de nouveaux obstacles &#224; l'adoption de la nationalit&#233; fran&#231;aise, avec une r&#233;pression plus forte et des expulsions plus rapides des &#233;trangers sans-papiers. Les LR avaient depuis un an d&#233;velopp&#233; une campagne obsessionnelle contre la submersion migratoire, l'invasion des migrants, le co&#251;t exorbitant de l'immigration, se faisant largement plus entendre que l'extr&#234;me droite sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pression id&#233;ologique croissante de l'extr&#234;me droite&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France si elle a &#233;t&#233; de longue date un pays d'immigration avec des l&#233;gislations ouvertes a, depuis les ann&#233;es 70 du XXe si&#232;cle, fortement durci les droits &#224; l'entr&#233;e et au s&#233;jour. Encore marqu&#233; par l'acquisition de la nationalit&#233; par le droit du sol, le pays pratique le grand &#233;cart entre un affichage d'accueil et des pratiques de plus en plus ferm&#233;es. Cela est vrai pour l'immigration, comme pour l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s. D'ailleurs, la France avec 7,7% d'&#233;trangers sur son sol, affiche un pourcentage inf&#233;rieur &#224; la moyenne europ&#233;enne (8,4%), &#224; c&#244;t&#233; des 8,7% pr&#233;sents en Italie et en Su&#232;de, de 11 &#224; 13% dans l'Etat espagnol, l'Allemagne et la Belgique. On est bien loin de &#171; l'appel d'air &#187;, de la &#171; politique trop g&#233;n&#233;reuse &#187; brandis par le gouvernement et ses nouveaux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les r&#233;fugi&#233;s, la guerre a men&#233;, notamment en 2014 et en 2015, &#224; l'exode des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s de Syrie. La r&#233;alit&#233; est que sur les 6,8 millions d'exil&#233;&#183;e&#183;s, la plupart sont rest&#233;s en Turquie, en Jordanie et au Liban. Seuls 17%, un peu plus de 1 million, ont d&#233;pos&#233; une demande d'asile dans l'Union europ&#233;enne, la France a enregistr&#233; 2,2% de ces 17%&#8230; autour de 25 000 ! Concernant les Afghans, l'effort a &#233;t&#233; un peu plus important avec, en France 8% des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s afghans pr&#233;sents en Europe. De m&#234;me, si les r&#233;fugi&#233;s ukrainiens sont au nombre d'environ 4,6 millions dans l'UE et 120 000 en France, et si personne ne s'est insurg&#233; contre la venue d'une population qui a &#171; la chance &#187; de ne pas &#234;tre de culture musulmane, l&#224; encore le chiffre n'est pas du tout &#224; la mesure du poids &#233;conomique (17%) et d&#233;mographique (15%) de la France en Europe. Le discours pr&#233;tentieux de Macron et autosatisfait sur &#171; &lt;i&gt;la part de la France dans l'accueil des r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187; est hors de propos. D'autant plus que, concernant les demandes d'asiles, la France pr&#233;sente un des taux de protection les plus faibles d'Europe. Autour de 70% des demandes d'asiles sont refus&#233;es pour l'octroi d'un statut de protection (celui de r&#233;fugi&#233; ou de protection subsidiaire) amenant les demandeurs d'asile &#224; des situations de s&#233;jour irr&#233;guli&#232;res, pr&#233;caires et au p&#233;ril d'une reconduite &#224; la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens comme fran&#231;ais vivent dans un d&#233;ni schizophr&#233;nique concernant les migrations internationales. Celles-ci sont un ph&#233;nom&#232;ne humain naturel et in&#233;luctable dans l'histoire pass&#233;e et actuelle de l'humanit&#233;, ph&#233;nom&#232;ne auquel les Europ&#233;ens eux-m&#234;mes ont particip&#233; et participent encore et qui touche beaucoup plus d'ailleurs aujourd'hui l'Afrique et le Moyen-Orient que l'Europe. Mais les r&#233;actionnaires cherchent &#224; en faire une question de &#171; guerre des civilisations &#187;, &#171; d'invasion barbare &#187;, de &#171; submersion d&#233;mographique &#187;. Il est vrai malheureusement que les guerres et les changements climatiques vont accentuer les ph&#233;nom&#232;nes migratoires, encore une fois sans que l'Union europ&#233;enne en soit la premi&#232;re destination. Le d&#233;ni de l'UE est &#233;videmment qu'elle est un des principaux responsables des changements climatiques, directement par la pollution de l'environnement et indirectement par les groupes capitalistes industriels et commerciaux europ&#233;ens. Elle entretient des rapports n&#233;ocoloniaux avec les pays du Sud amenant une partie de ses ressortissants &#224; quitter leur habitat. Sa politique ext&#233;rieure est aussi responsable de conflits et de guerres ouvertes avec leurs catastrophes humaines. Mais l'UE veut entraver les courants migratoires faisant courir des dangers extr&#234;mes &#224; des centaines de milliers d'hommes et de femmes, amenant &#224; la mort des dizaines de milliers d'&#234;tres humains sur les chemins des migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre d&#233;ni est que la France et l'UE dans son ensemble organisent eux-m&#234;mes l'immigration internationale qui est en grande partie l&#233;gale, car elle est partie prenante du syst&#232;me &#233;conomique et social europ&#233;en. Ainsi, en 2022 pour 340 000 entr&#233;es de sans-papiers dans l'Union europ&#233;enne, il y a eu 3 millions et demi d'entr&#233;es l&#233;gales. Et, au-del&#224; de la d&#233;magogie r&#233;actionnaire purement id&#233;ologique, trois r&#233;actions en France suite au vote de la loi ont &#233;t&#233; caract&#233;ristiques : celle de 3500 m&#233;decins dont des urgentistes, celle des pr&#233;sidences des grandes universit&#233;s et des directions des grandes &#233;coles et celle du pr&#233;sident du MEDEF-Mouvement des entreprises de France, Patrick Martin. Les m&#233;decins s'insurgent contre la menace de suppression de l'Aide m&#233;dicale de l'Etat (AME) et s'engagent publiquement &#224; continuer &#224; soigner gratuitement les sans-papiers si l'AME est supprim&#233;e, par respect du &#171; Serment d'Hippocrate &#187; enjoignant de soigner toute personne malade et par un souci de sant&#233; publique. Les pr&#233;sidences d'universit&#233;s et les directions des grandes &#233;coles s'insurgent contre le syst&#232;me de &#171; caution de retour &#187;, existant d&#233;j&#224; dans d'autres pays europ&#233;ens (une somme que devront consigner les &#233;tudiant&#183;e&#183;s &#233;trangers sur leur compte bancaire avant d'arriver en France) et contre la limitation des aides sociales que devront d&#233;sormais subir les &#233;tudiants &#233;trangers, au pr&#233;texte du fantasme des &#171; faux &#233;tudiants profiteurs des syst&#232;mes sociaux &#187;. Il y a aujourd'hui, autour de 400 000 &#233;tudiant&#183;e&#183;s &#233;trangers en France, 13% des effectifs. Ils et elles sont un pilier du syst&#232;me universitaire, notamment dans les grandes &#233;coles, et participent de sa vitalit&#233; et &#233;videmment aussi d'une internationalisation de la formation universitaire, avec parmi les &#233;tudiant&#183;e&#183;s 70 000 doctorant&#183;e&#183;s&#8230; bien loin des fantasmes x&#233;nophobes des faux &#233;tudiants, obsession d'Eric Ciotti, pr&#233;sident des LR et de Darmanin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re r&#233;action est venue de Patrick Martin, disant que &#171; &lt;i&gt;sauf &#224; r&#233;inventer notre mod&#232;le &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;, il faudra, dans les ann&#233;es &#224; venir, 3,9 millions de travailleurs &#233;trangers suppl&#233;mentaires en France, et une proportion au moins &#233;quivalente dans le reste de l'Union europ&#233;enne. Car, aux antipodes des porte-parole des LR et du RN, le patronat conna&#238;t une r&#233;alit&#233; proclam&#233;e depuis longtemps par les &#233;conomistes de l'OCDE : les populations &#233;trang&#232;res, migrantes, loin d'&#234;tre une charge financi&#232;re pour les pays d'accueil, pr&#233;sentent, dans tous les pays de l'OCDE, un &#171; bilan net &#187; exc&#233;dentaire dans les budgets des pays d'accueil. Dans le concert d'inepties des derniers mois, un d&#233;put&#233; du RN a repris un article du quotidien de droite Le Figaro titrant que l'immigration &#171; co&#251;tait plus qu'elle ne rapporte &#187; [article de Jean-Paul Gour&#233;vitch, essayiste bavard qui nourrit l'extr&#234;me droite] et citant un montant de 53,9 milliards. D'autres chiffres ont &#233;t&#233; cit&#233;s, mais avec toujours en point commun l'id&#233;e que les &#233;trangers viennent profiter du syst&#232;me social, vivant sur les prestations sociales et l'assurance ch&#244;mage. La r&#233;alit&#233; des &#233;tudes exhaustives faites par l'OCDE en 2021, portant sur la p&#233;riode 2006/2018 (&lt;i&gt;Perspectives des migrations internationales 2021&lt;/i&gt;, Ana Damas de Matos, OECD i LIBRARY) est que dans les 25 pays &#233;tudi&#233;s, la contribution budg&#233;taire nette est toujours comprise entre -1% et +1% du PIB, avec un bilan exc&#233;dentaire moyen de 10 milliards d'euros par an pour la France durant cette p&#233;riode. Au-del&#224; de ces comptes, la r&#233;alit&#233; &#233;vidente est que les &#233;trangers participent &#233;videmment &#224; la vie &#233;conomique du pays o&#249; ils se trouvent, souvent en Europe avec un travail moins bien r&#233;mun&#233;r&#233; et des conditions de travail plus difficiles. Ces difficult&#233;s viennent &#224; la fois des difficult&#233;s de r&#233;gularisation pour certains et du climat de discrimination qui rend l'acc&#232;s &#224; l'emploi plus difficile, pour les &#233;trangers mais aussi pour les descendants d'&#233;trangers de 2e voire de 3e g&#233;n&#233;ration. Entretenir ce climat de racisme est donc &#233;videmment une arme patronale. Mais le patronat des secteurs qui par d&#233;finition ne peuvent d&#233;localiser leur activit&#233;, comme le transport, la logistique, l'h&#244;tellerie, le b&#226;timent, les m&#233;tiers du soin, fait tr&#232;s souvent appel &#224; des travailleurs et travailleuses &#233;trangers ou issus de l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la r&#233;alit&#233; europ&#233;enne est aussi que la courbe d&#233;mographique est sur un trend d&#233;sormais partout descendant, hors solde migratoire, la France n'&#233;chappant pas &#224; cette tendance. Aussi, derri&#232;re le discours des droites plus ou moins extr&#234;mes qui servent &#224; diviser les classes populaires et les distraire des v&#233;ritables responsables des politiques de casse sociale, il y a &#233;videmment une r&#233;alit&#233; incontournable que non seulement l'immigration n'est pas un co&#251;t mais que vouloir l'entraver serait cr&#233;er un d&#233;s&#233;quilibre social et &#233;conomique dans les prochaines d&#233;cennies. De fait, les processus migratoires et de d&#233;localisations doivent &#234;tre inscrits et compris en les repla&#231;ant dans l'actuelle phase de mondialisation de &#171; l'arm&#233;e de r&#233;serve industrielle &#187;, sous ses diverses composantes. L'hypocrisie des classes dominantes est donc de soutenir le plus souvent le discours des droites extr&#234;mes, de le cultiver dans leurs m&#233;dias &#233;crits et audiovisuels, fantasmant sur &#171; l'appel d'air &#187; que repr&#233;senterait la moindre r&#233;gularisation de sans-papiers et, en m&#234;me temps, de penser le pr&#233;sent et le futur en int&#233;grant la r&#233;alit&#233; du maintien d'un apport migratoire. Politique utilitariste, hypocrite qui prive des millions d'hommes et de femmes des droits sociaux et des conditions de vie d&#233;centes, qui maintient des discriminations et les violences polici&#232;res dans les quartiers populaires o&#249; vivent beaucoup d'enfants issus de l'immigration, mais qui maintient n&#233;anmoins les filets d'immigration indispensables &#224; &#171; l'&#233;quilibre &#187; &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique est encore plus grave concernant les migrants, les sans-papiers qui tentent de joindre l'Europe par la M&#233;diterran&#233;e ou les fronti&#232;res continentales. La droite, l'extr&#234;me droite et leurs relais m&#233;diatiques parlent de submersion, l&#224; o&#249; les chiffres donnent une autre r&#233;alit&#233; : il y a entre 4 et 5 millions de sans-papiers en Europe, &#224; partir des donn&#233;es gouvernementales, soit moins de 1% de la population totale&#8230; La moiti&#233; vivant en Allemagne et en Grande-Bretagne : autour de 700 000 en France, de 500 000 &#224; 700 000 en Italie. Mais le fantasme de la submersion, la propagande x&#233;nophobe et raciste justifient un traitement inhumain pour celles et ceux qui veulent venir en Europe. Des dizaines de milliards sont d&#233;pens&#233;s pour s&#233;curiser, contr&#244;ler les fronti&#232;res, refouler les arrivants, n&#233;gocier avec des pays africains ou du Proche-Orient pour bloquer les passages. Ces montants sont &#224; comparer avec les faibles sommes accord&#233;es pour l'accueil, le logement et les aides &#224; fournir aux populations migrantes. Les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s d'Ukraine ont &#233;t&#233; la seule population &#224; b&#233;n&#233;ficier du &#171; statut de la protection temporaire &#187;, accord&#233; par le Conseil de l'Union europ&#233;enne. Notamment en France, ils ont donc &#233;t&#233; les seuls &#224; b&#233;n&#233;ficier de conditions d'accueil correctes : permis de s&#233;jour imm&#233;diat, acc&#232;s au march&#233; du travail et au logement, assistance m&#233;dicale et acc&#232;s des enfants &#224; l'&#233;ducation, droit d'ouvrir un compte bancaire. Ces droits devraient &#233;videmment b&#233;n&#233;ficier &#224; toute personne demandeur d'asile venant de Syrie, d'Afghanistan ou d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Darmanin et Macron pris au pi&#232;ge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, concernant la poursuite des d&#233;bats autour de cette loi au printemps 2023, Les R&#233;publicains, dans leurs projets de loi contre l'immigration pr&#233;sent&#233;s en mai 2023, voulaient aussi une modification de la Constitution pour que la France puisse d&#233;roger au droit europ&#233;en concernant les obligations vis-&#224;-vis des demandeurs d'asile, et s'opposer &#224; toute r&#233;gularisation de sans-papiers dans les m&#233;tiers dits &#171; en tension &#187; (h&#244;tellerie notamment), ce que proposait Darmanin dans son projet de loi. De plus, ils voulaient aussi supprimer l'Aide m&#233;dicale de l'Etat (AME) qui permet &#224; un &#233;tranger sans-papiers de disposer d'un acc&#232;s aux soins pris en charge par la S&#233;curit&#233; sociale dans le syst&#232;me hospitalier (360 000 personnes en ont b&#233;n&#233;fici&#233; en 2023). Darmanin et le gouvernement &#233;taient oppos&#233;s &#224; cette suppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LR, b&#233;n&#233;ficiant toujours d'une majorit&#233; au S&#233;nat, pensaient pouvoir faire une forte pression pour obliger Darmanin et Macron &#224; venir sur leur terrain. Darmanin, de son c&#244;t&#233;, comptait en adoptant quelques-unes des mesures propos&#233;es par les LR amener au moins une partie de leurs d&#233;put&#233;s &#224; voter son projet, affaiblissant davantage encore les LR &#224; l'Assembl&#233;e. Ce jeu politicien sordide sur le dos des &#233;trangers servait aussi &#224; Darmanin pour essayer de trouver sa place dans la course &#224; la succession pr&#233;sidentielle de Macron en 2027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi de Darmanin fut donc mis en veilleuse jusqu'&#224; la rentr&#233;e de 2023. L&#224; encore, apr&#232;s 6 mois de mobilisations massives sur les retraites, apr&#232;s les r&#233;voltes des quartiers populaires durant l'&#233;t&#233; face aux violences et aux meurtres de jeunes par la police, le gouvernement voulait stigmatiser la population issue de l'&#233;migration et &#233;touffer les pr&#233;occupations sociales pr&#233;pond&#233;rantes au sein de la population : pouvoir d'achat, sant&#233;, logement, environnement&#8230; pr&#233;occupations apparues clairement dans les mobilisations sociales, et m&#234;me dans des sondages r&#233;cents (institut IPSOS septembre 2023 par exemple o&#249; l'immigration n'appara&#238;t comme pr&#233;occupation des sond&#233;&#183;e&#183;s qu'en neuvi&#232;me position). L'hyperbolisation des questions migratoires dans l'arsenal m&#233;diatique de la droite extr&#234;me et des dirigeants r&#233;actionnaires a maintenu un climat naus&#233;abond visant &#224; m&#234;ler immigration, ins&#233;curit&#233; et islamisme et faire de cet amalgame la question politique principale, cela avec l'aide pr&#233;pond&#233;rante du r&#233;seau de m&#233;dias et de presse &#233;crite qui sont aux mains des principaux capitalistes fran&#231;ais, en premier lieu la galaxie m&#233;diatique aux mains de Bollor&#233;&#8230; Cette question a en effet occup&#233; le terrain du d&#233;bat public de septembre &#224; d&#233;cembre, mais pas avec l'issue voulue par Macron et son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rant man&#339;uvrer comme sur certains autres dossiers, le timing du gouvernement &#233;tait simple. Le d&#233;bat commen&#231;ait par un vote au S&#233;nat d&#233;but novembre o&#249; Les R&#233;publicains amend&#232;rent le projet de Darmanin avec toutes leurs mesures emprunt&#233;es &#224; l'extr&#234;me droite. Ensuite la commission des lois de l'Assembl&#233;e, o&#249; les &#233;quilibres donnaient une majorit&#233; relative au gouvernement, nettoya, d&#233;but d&#233;cembre, le projet de loi, le ramenant &#224; sa version de d&#233;part, une version r&#233;actionnaire mais &#233;cartant de nombreux ajouts du S&#233;nat (par exemple sur la suppression de l'AME, sur des d&#233;lais de 5 ans de s&#233;jour r&#233;gulier pour obtenir les prestations sociales, sur les r&#233;gularisations dans les m&#233;tiers &#171; en tension &#187;). Ensuite, logiquement, le jeu des abstentions aurait d&#251; permette &#224; Elisabeth Borne et &#224; Darmanin de faire passer la loi, article apr&#232;s article, en comptant sur des apports de votes venant des R&#233;publicains et des abstentions venant du Parti socialiste, selon les articles de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que la m&#233;canique s'est gripp&#233;e. Les &#233;cologistes, oppos&#233;s &#224; la loi avec tous les groupes de la NUPES (Nouvelle Union populaire &#233;cologique et sociale), d&#233;pos&#232;rent une motion de rejet permettant de bloquer &#224; l'Assembl&#233;e l'examen de la loi. Le 11 d&#233;cembre, contre toute attente, cette motion fut adopt&#233;e majoritairement par le vote de la NUPES, mais aussi des 2/3 des d&#233;put&#233;s LR et du RN : 270 voix pour le rejet et 265 voix contre. Le pi&#232;ge s'est alors referm&#233; sur Darmanin et son gouvernement. Il ne pouvait plus y avoir de vote article par article &#224; l'Assembl&#233;e &#224; partir de la version du gouvernement. Macron avait le choix entre le retrait pur et simple de son texte ou une nouvelle tentative de compromis par une &#233;criture commune d'un nouveau texte entre d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs (dans une commission mixte paritaire-CMP) avec, ensuite, un vote bloqu&#233; de chacune des deux chambres sur le m&#234;me texte. Apr&#232;s avoir subi un &#233;chec cuisant, mis pour la premi&#232;re fois en minorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e, Macron refusa de reconna&#238;tre son &#233;chec en retirant la loi. Il pr&#233;f&#233;ra mettre la loi dans les mains des R&#233;publicains, puisque l'&#233;criture d'un texte commun n'&#233;tait possible, dans cette CMP de 14 membres (7 d&#233;put&#233;s et 7 s&#233;nateurs), que par un accord entre les 5 macronistes et les 5 r&#233;publicains et centristes de droite. En r&#233;alit&#233;, le nouveau projet fut n&#233;goci&#233; directement entre la Premi&#232;re ministre, Elisabeth Borne et la direction des R&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte qui fut, au final, vot&#233; par l'Assembl&#233;e et le S&#233;nat est donc une copie tr&#232;s proche des positions des LR, inspir&#233;s du Rassemblement national. Ces derniers, sans avoir particip&#233; &#224; la moindre n&#233;gociation, et m&#234;me affich&#233; jusqu'au bout leur hostilit&#233; &#224; un projet qu'ils trouvaient trop mod&#233;r&#233;, saisirent au final l'effet d'aubaine de s'afficher en votant pour un texte largement inspir&#233; de ses positions, cr&#233;ant un toll&#233; g&#233;n&#233;ral. C'est sans pr&#233;c&#233;dent depuis 40 ans que des forces traditionnelles votent le m&#234;me texte que l'extr&#234;me droite concernant l'immigration. De plus la Premi&#232;re ministre Elisabeth Borne s'est engag&#233;e formellement &#224; un vote parlementaire de r&#233;vision de l'Aide m&#233;dicale de l'Etat. Alors que Macron et Darmanin esp&#233;raient que cette loi permettrait un &#171; coup &#187; politique en fracturant Les R&#233;publicains et en isolant le RN sur son propre terrain de pr&#233;dilection, l'issue en a &#233;t&#233; inverse : le RN appara&#238;t comme le vainqueur politique d'une loi qui reprend ses obsessions x&#233;nophobes et adopte la pr&#233;f&#233;rence nationale, les discriminations pour les prestations sociales et durcit les conditions de naturalisation. Les LR, gr&#226;ce &#224; leur contr&#244;le du S&#233;nat, sortent renforc&#233;s et, par contre, les macronistes sortent, eux, affaiblis et divis&#233;s : seuls 131 d&#233;put&#233;s sur 171 ont vot&#233; pour cette loi, 20 ont vot&#233; contre et 17 se sont abstenus, les &#171; jeunes avec Macron &#187; ont d&#233;savou&#233; cette loi et le ministre de la Sant&#233; Aur&#233;lien Rousseau a d&#233;missionn&#233; de son poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'urgence d'une riposte &#224; gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faible rapport de force dont disposait Macron apr&#232;s sa deuxi&#232;me &#233;lection avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; battu en br&#232;che par la formidable mobilisation en d&#233;fense des retraites, puis par les r&#233;voltes des quartiers populaires au d&#233;but de l'&#233;t&#233;. Le gouvernement appara&#238;t d&#233;sormais comme le simple otage de la droite et de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la gauche et de la NUPES, malheureusement, ce glissement vers l'extr&#234;me droite a du mal &#224; cr&#233;er le sursaut n&#233;cessaire. Le gouvernement, second&#233; par une lancinante campagne de presse multiforme, a tout fait depuis un an pour discr&#233;diter la NUPES apparue comme la premi&#232;re force d'opposition lors des &#233;lections, et en tout premier lieu La France insoumise (LFI), ostracis&#233;e et diabolis&#233;e par Macron et Borne comme &#233;tant &#171; sortie de l'arc r&#233;publicain &#187; (suite, notamment, &#224; ses positions lors des r&#233;voltes des quartiers populaires et sur les meurtres commis par les policiers), alors que le tapis tricolore &#233;tait d&#233;roul&#233; sous les pas du RN. Une pression maximale s'est donc exerc&#233;e pour pousser &#224; l'&#233;clatement de cette alliance qui n'a jamais su d&#233;passer le statut d'un intergroupe parlementaire. Les composantes de la NUPES, pour diverses raisons ont, elles-m&#234;mes, toujours refus&#233; la construction d'une force politique populaire nationale, structur&#233;e dans les villes et les quartiers. Malgr&#233; les positions convergentes de ses composantes en soutien &#224; la mobilisation pour les retraites, aucune dynamique politique ne fut cr&#233;&#233;e &#224; cette occasion. Depuis plusieurs mois, c'est la question &#233;lectorale des europ&#233;ennes de 2024 qui a vu les tendances centrifuges amener la NUPES &#224; la paralysie et &#224; son &#233;clatement de fait, les partis alli&#233;s &#224; LFI refusant la pr&#233;sentation d'une liste unitaire, notamment pour ne pas reprendre le programme radical de la NUPES sur l'Union europ&#233;enne. Malgr&#233; de larges convergences unitaires du mouvement syndical et associatif contre les violences polici&#232;res et plus r&#233;cemment pour exiger un cessez-le-feu imm&#233;diat &#224; Gaza face au massacre perp&#233;tr&#233; par l'arm&#233;e isra&#233;lienne, l'opposition de gauche &#224; Macron appara&#238;t aujourd'hui incapable de construire un r&#233;el rapport de force politique et social unitaire. Malgr&#233; tout, le vote de d&#233;cembre a entra&#238;n&#233; un haut-le-c&#339;ur de dizaines de milliers de militant&#183;e&#183;s voyant l'extr&#234;me droite dicter la politique gouvernementale. En avril 2022, les votes pour Macron contre Le Pen venaient pour moiti&#233; d'&#233;lecteurs de gauche voulant faire barrage au Rassemblement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour des appels de la coalition &#171; Unis contre l'immigration jetable &#187;, des milliers de personnes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de plusieurs villes. Mais l'enjeu de ce d&#233;but d'ann&#233;e 2024 va &#234;tre de construire une force et des mobilisations populaires unitaires &#224; la hauteur des exigences sociales et de la menace de l'extr&#234;me droite. (Article re&#231;u le 31 d&#233;cembre 2023)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[1] &lt;/strong&gt; Des dizaines et dizaines de collectifs, organisations, syndicats, etc. appellent &#224; une mobilisation le 14 janvier sur la base de l'appel ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Retrait de la loi asile immigration ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation nationale dimanche &lt;strong&gt;14 janvier 2024&lt;/strong&gt; contre la loi Darmanin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi asile immigration marque un tournant que nos collectifs, associations, syndicats, organisations ne peuvent accepter. Elle reprend de nombreuses id&#233;es de l'extr&#234;me droite comme la pr&#233;f&#233;rence nationale et aura des cons&#233;quences terribles sur la vie de centaines de milliers d'habitant&#183;es &#233;tranger&#183;es sur le sol fran&#231;ais [1]. Il s'agit de la loi la plus r&#233;gressive depuis 40 ans. Cette loi raciste et x&#233;nophobe restreint le droit au s&#233;jour, accentue consid&#233;rablement la r&#233;pression, s'attaque au droit d'asile, au droit du sol, aux &#233;tranger&#183;es malades, aux &#233;tudiant&#183;es non europ&#233;en&#183;nes, au regroupement familial. L'attaque contre l'h&#233;bergement d'urgence, le durcissement de l'acc&#232;s aux prestations sociales dont les allocations familiales et les aides aux logements vont jeter des familles &#224; la rue ou dans les bras de marchands de sommeil, particuli&#232;rement les femmes migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi va pr&#233;cariser davantage les travailleuses et travailleurs, les lyc&#233;en&#183;nes, les &#233;tudiant&#183;es avec ou sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbitraire pr&#233;fectoral est encore renforc&#233;, refoulement aux fronti&#232;res, d&#233;livrance syst&#233;matique des OQTF [obligation de quitter le territoire fran&#231;ais] et IRTF [interdiction de retour sur le territoire fran&#231;ais] et allongement de leur dur&#233;e, notamment pour les travailleuses et les travailleurs. Cette loi s'attaque aux libert&#233;s publiques, bafoue les droits fondamentaux tels que le droit d'asile, r&#233;instaure la double peine et fait honte &#224; la France, qui pr&#233;tend d&#233;fendre les valeurs d'&#233;galit&#233; entre toutes et tous. Nous exigeons donc le retrait de cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. &#192; soutenir toutes les luttes pour la r&#233;gularisation des sans-papiers, notamment les gr&#232;ves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. &#192; emp&#234;cher l'application de cette loi en multipliant les actions de solidarit&#233; et en faisant &#339;uvre de d&#233;sob&#233;issance civile&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; . &lt;strong&gt; &#192; manifester massivement sur tout le territoire le dimanche 14 janvier&lt;/strong&gt;, pour emp&#234;cher que cette loi soit promulgu&#233;e, combattre le racisme, la x&#233;nophobie et d&#233;fendre une politique migratoire d'accueil et de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 janvier 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dans&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; du 3 janvier 2024, Elvire Guillaud et Micha&#235;l Zemmour (tous deux &#233;conomistes et membres du Laboratoire interdisciplinaire d'&#233;valuation des politiques publiques de Sciences Po), dans la rubrique D&#233;bats, &#233;crivent : &#171; Aussi, si la loi &#233;tait appliqu&#233;e, des personnes affili&#233;es &#224; la S&#233;curit&#233; sociale par leur travail et &#224; ce titre assujetties &#224; la CSG [contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e affect&#233;e &#224; la protection sociale] et aux cotisations sociales ne pourraient pas b&#233;n&#233;ficier des prestations comme l'ensemble des assur&#233;s&#8230; Par-del&#224; les ruptures politiques, la mise en &#339;uvre de la r&#233;forme conduirait &#224; appauvrir durablement des dizaines de milliers de familles et d'enfants, fran&#231;ais ou non (puisque la loi retient la nationalit&#233; des parents, et non des enfants, comme crit&#232;re d'exclusion). Une m&#232;re c&#233;libataire de trois enfants, en raison de sa nationalit&#233;, pourrait par exemple voir ses revenus mensuels diminuer de 319 euros au titre des allocations familiales et de 516 euros au titre des aides au logement, contrairement &#224; sa voisine ou coll&#232;gue vivant dans les m&#234;mes conditions et soumise aux m&#234;mes pr&#233;l&#232;vements. Un couple d'actifs avec un enfant de 6 ans et un enfant de 6 mois se trouverait priv&#233; d'allocations familiales (140 euros) et de la prestation d'accueil du jeune enfant (182 euros). &#187; (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;bats du Comit&#233; international de la IVe Internationale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Debats-du-Comite-international-de-la-IVe-Internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Debats-du-Comite-international-de-la-IVe-Internationale</guid>
		<dc:date>2023-12-12T07:11:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Larrache, L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-12-05</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;union du Comit&#233; international de la IVe Internationale s'est tenue du 21 au 25 octobre. Elle a rassembl&#233; plus de 80 camarades de plus de 30 pays des diff&#233;rents continents. C'&#233;tait la premi&#232;re r&#233;union en pr&#233;sence physique depuis l'&#233;pid&#233;mie de Covid. Les deux derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;unions avaient eu lieu en visioconf&#233;rence, ce qui avait permis de rassembler un tr&#232;s grand nombre de camarades, puisqu'il n'y avait pas l'obstacle des visas et des co&#251;ts de transport, mais il faut reconna&#238;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-12-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-12-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;union du Comit&#233; international de la IVe Internationale s'est tenue du 21 au 25 octobre. Elle a rassembl&#233; plus de 80 camarades de plus de 30 pays des diff&#233;rents continents. C'&#233;tait la premi&#232;re r&#233;union en pr&#233;sence physique depuis l'&#233;pid&#233;mie de Covid. Les deux derni&#232;res ann&#233;es, les r&#233;unions avaient eu lieu en visioconf&#233;rence, ce qui avait permis de rassembler un tr&#232;s grand nombre de camarades, puisqu'il n'y avait pas l'obstacle des visas et des co&#251;ts de transport, mais il faut reconna&#238;tre que les r&#233;unions physiques sont d'une qualit&#233; humaine et politique bien sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Quatri&#232;me internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
2 d&#233;cembre 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux et Antoine Larrache&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pu accueillir de nouvelles organisations observatrices, du Br&#233;sil, d'Irlande, des &#201;tats-Unis. Une vingtaine d'organisations n'ont pas pu participer, notamment en raison des politiques de restriction de visas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union s'est tenue dans le contexte d'une situation internationale particuli&#232;rement complexe, celle d'une crise multidimensionnelle dont les guerres en Ukraine et en Palestine, mais aussi au Myanmar et les situations aux Philippines, en Indon&#233;sie, en Inde, moins connues en Europe, montrent l'ampleur de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la rencontre de militant&#183;es de tant de pays qui m&#232;nent les batailles pour un autre monde, discutant des moyens de faire &#233;voluer le rapport de forces, produit des dynamiques humaines et militantes qui permettent d'envisager une contre-offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion a &#233;t&#233; structur&#233;e par quatre grands d&#233;bats, dans la perspective du congr&#232;s mondial qui doit avoir lieu en 2025. Le premier concernait le manifeste &#233;cosocialiste qui propose un programme r&#233;volutionnaire adapt&#233; &#224; la p&#233;riode actuelle, le second l'analyse de la situation mondiale, le troisi&#232;me la construction des mouvements de masse et le quatri&#232;me les t&#226;ches de construction de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers un programme actualis&#233; pour le renversement du capitalisme&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union a d&#233;but&#233; par une discussion concernant la pr&#233;paration d'un manifeste &#233;cosocialiste de la IVe Internationale que nous souhaitons adopter lors du prochain congr&#232;s. Il s'agit, &#224; partir de l'analyse de la situation mondiale, de formuler des perspectives r&#233;volutionnaires adapt&#233;es &#224; la p&#233;riode. Le texte est un outil pour discuter au sein de l'Internationale, entre ses sections mais aussi &#224; l'int&#233;rieur de chaque section, puis de se tourner vers l'ext&#233;rieur, de redonner de la force &#224; un projet alternatif au capitalisme. En effet, malgr&#233; la crise profonde et multidimensionnelle du syst&#232;me, malgr&#233; les grandes mobilisations qui existent dans le monde, il n'y a pas aujourd'hui d'alternative positive, de projet qui rassemble le prol&#233;tariat. Nous voulons contribuer &#224; reconstruire une telle perspective, en donnant des &#233;l&#233;ments sur la soci&#233;t&#233; que nous voulons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manifeste rappelle la d&#233;marche transitoire qui a pr&#233;valu dans notre tradition, faisant le lien entre d'un c&#244;t&#233; les revendications imm&#233;diates, les pr&#233;occupations des masses, et de l'autre la remise en cause du capitalisme, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de l'&#201;tat, par le biais d'une s&#233;rie de mots d'ordre, de projets concrets qui tracent la voie vers une autre soci&#233;t&#233;. Pour chaque &#233;l&#233;ment, il s'agit de r&#233;fl&#233;chir &#224; une d&#233;marche permettant la mobilisation, l'auto-activit&#233; du prol&#233;tariat, son &#233;mancipation, une d&#233;marche de r&#233;appropriation sur le plan politique et culturel autant que mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas pour ce qui concerne les mots d'ordre sociaux, des salaires &#224; la protection sociale, et dans tous les domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document en cours de r&#233;daction a d&#233;taill&#233; les mots d'ordre concernant la n&#233;cessit&#233; d'un programme mondial de d&#233;croissance juste, &#233;cosocialiste, la r&#233;organisation du travail et de la production, l'&#233;galit&#233; ; un programme de d&#233;veloppement anti-imp&#233;rialiste dans les pays domin&#233;s ; ainsi qu'une actualisation de la strat&#233;gie de prise du pouvoir, faisant le lien entre les r&#233;sistances sociales, les exp&#233;riences alternatives &#224; Mindanao, au Rojava, au Chiapas, et la n&#233;cessit&#233; d'une strat&#233;gie de renversement de l'ordre &#233;tabli, d'une prise du pouvoir par le prol&#233;tariat, bas&#233;e sur l'auto-organisation, l'auto-&#233;mancipation comme but mais aussi comme strat&#233;gie pour permettre les changements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une situation de crise profonde du syst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une journ&#233;e de r&#233;unions continentales et l'habituelle r&#233;union non mixte des femmes, la pl&#233;ni&#232;re a red&#233;marr&#233; avec un &#233;change liant les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la situation : pand&#233;mie et crise &#233;cologique, crise &#233;conomique et ses cons&#233;quences sur les luttes sociales, mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et des courants n&#233;ofascistes ou ultra-autoritaires dans diff&#233;rents pays, et bien s&#251;r les guerres. La mont&#233;e de l'autoritarisme est analys&#233;e dans ce cadre : &#171; &lt;i&gt;les fractions de la bourgeoisie du monde entier ont &#233;merg&#233; et se sont d&#233;velopp&#233;es pour soutenir le n&#233;ofascisme en tant que solution politico-id&#233;ologique capable de durcir les r&#233;gimes, de contr&#244;ler les mouvements de masse d'une main de fer, d'imposer des ajustements brutaux et des d&#233;possessions afin de r&#233;cup&#233;rer le taux de profit.&lt;/i&gt; &#187; Tandis que la crise &#233;conomique constitue potentiellement les pr&#233;mices de nouvelles crises de paiement de la dette au niveau r&#233;gional, voire mondial, avec les cons&#233;quences que cela aurait sur les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres actuelles sont un signe de la &#171; &lt;i&gt; reconfiguration de l'ordre g&#233;opolitique mondial&lt;/i&gt; &#187; en cours. Celle-ci tend &#224; se structurer autour de l'affrontement entre le bloc dirig&#233; par les &#201;tats-Unis et celui en construction autour de la Chine. D'autres puissances imp&#233;rialistes jouent un r&#244;le important, en particulier l'Union europ&#233;enne, et la Russie avec la guerre en Ukraine. Mais l'&#233;l&#233;ment cl&#233; est la capacit&#233; de la Chine &#224; contester la domination des imp&#233;rialistes occidentaux dans leurs sph&#232;res d'influence historiques. Le CI &#233;carte les orientations campistes qui peuvent exister dans certains courants, qui pr&#233;tendent que la Russie ou la Chine joueraient un r&#244;le objectivement progressiste face au bloc occidental. En r&#233;alit&#233;, les affrontements entre les imp&#233;rialistes n'apportent que des malheurs aux peuples et, tout en nous opposant &#224; l'OTAN et &#224; tous les accords imp&#233;rialistes, nous soutenons les luttes des peuples opprim&#233;s en Ukraine, au Soudan, en Palestine, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s l'offensive du 7 octobre, le CI a vot&#233; une motion faisant le lien entre Ukraine et Palestine, parce que nous d&#233;non&#231;ons aussi bien les offensives militaires de la Russie que d'Isra&#235;l, et nous d&#233;fendons le droit des peuples &#224; se lib&#233;rer, les armes &#224; la main, m&#234;me si nous ne partageons pas l'orientation politique du gouvernement ukrainien et du Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconstruire les mouvements sociaux face &#224; l'exploitation et aux oppressions&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat suivant concernait l'intervention dans les mouvements sociaux. Pour l'essentiel il s'agissait, dans la p&#233;riode actuelle de crise du mouvement ouvrier &#224; l'&#233;chelle internationale, de discuter de la n&#233;cessit&#233; pour les r&#233;volutionnaires de contribuer &#224; la reconstruction de la conscience de classe et de ses organisations. Ce qui signifie construire les organisations pour elles-m&#234;mes, pour ce qu'elles apportent au rapport de forces et &#224; la structuration du prol&#233;tariat, notamment en s'aidant mutuellement, en &#233;tant le creuset des revendications anticapitalistes transitoires et de l'auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction et la discussion ont &#233;galement mis en garde contre les dangers d'institutionnalisation &#8211; c'est-&#224;-dire d'int&#233;gration &#224; l'appareil d'&#201;tat ou aux compromis avec la bourgeoisie &#8211; et de bureaucratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait aussi de d&#233;finir des principes pour notre intervention dans ces mouvements sociaux. En plus de contribuer &#224; les construire sinc&#232;rement, d'aider &#224; ce qu'ils se coordonnent, nous intervenons pour d&#233;fendre des principes d&#233;mocratiques, pour combattre la fragmentation et le gauchisme et pour avancer, dans le respect des rythmes de d&#233;bats, des mots d'ordre politiques remettant en cause le syst&#232;me. Les syndicats sont le principal outil d'organisation du prol&#233;tariat, mais nous avons &#233;galement discut&#233; de l'intervention dans les mouvements f&#233;ministes &#8211; particuli&#232;rement dynamiques depuis quelques ann&#233;es &#8211;, les mouvements paysans, indig&#232;nes, &#233;cologistes, antiracistes, LGBTQI, des personnes handicap&#233;es, et devons poursuivre d'ici le congr&#232;s la discussion, notamment sur les mouvements de jeunes, pour les services publics, contre la dette et contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renforcer l'Internationale et ses sections&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re discussion abordait les t&#226;ches de construction de l'Internationale. Il s'agit, partant du contexte politique mondial, de la n&#233;cessit&#233; comme de la possibilit&#233; de faire appara&#238;tre un projet alternatif &#224; l'&#233;chelle internationale, de renforcer la visibilit&#233; de l'Internationale et de ses positions. Nous avons franchi quelques &#233;tapes avec la mise en place du site fourth.international, principalement en anglais, en fran&#231;ais et en castillan, mais aussi une actualisation tr&#232;s r&#233;guli&#232;re en arabe notamment. Nos sites d'actualit&#233; &lt;i&gt;Punto de vista international, International Viewpoint, Inprecor,&lt;/i&gt; notre participation &#224; diff&#233;rentes autres revues en ligne, ainsi que l'&#233;dition de livres, nous permettent de promouvoir des prises de position et des analyses sur diff&#233;rents sujets. Nous avons d&#233;cid&#233; de renforcer notre pr&#233;sence avec la mise en place d'&#233;quipes de travail plus r&#233;guli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le document et le d&#233;bat ont fait &#233;tat du travail de renforcement des instances comme le Bureau ex&#233;cutif, le secr&#233;tariat &#8211; d&#233;sormais largement international gr&#226;ce &#224; la visioconf&#233;rence &#8211;, les coordinations r&#233;gionales, les commissions th&#233;matiques. Il rappelle aussi les efforts n&#233;cessaires dans la formation, avec les &#233;coles construites autour des instituts d'Amsterdam, de Manille et d'Islamabad, dans le travail jeune et dans la reconstruction de campagnes d'action internationales, en retrait depuis le recul du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous avons repris les discussions sur la n&#233;cessit&#233; d'actions positives pour les femmes &#8211; et les autres personnes souffrant de l'oppression patriarcale &#8211; avec les r&#233;unions non mixtes, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, la pr&#233;occupation de renforcer la pr&#233;sence des femmes dans les instances. Ces discussions ne sont pas simplement th&#233;oriques, elles lient les questions de principes avec des discussions concr&#232;tes sur les probl&#232;mes que nous rencontrons et comment les r&#233;soudre. Avec la volont&#233; &#233;galement d'&#233;tendre ces pr&#233;occupations &#224; l'ensemble des sph&#232;res opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire ainsi que, apr&#232;s la pand&#233;mie qui a, de fait, frein&#233; une s&#233;rie d'activit&#233;s de l'Internationale, ce Comit&#233; international a &#233;t&#233; l'occasion de reprendre le chemin d'une adaptation de l'Internationale aux &#233;volutions de la crise du capitalisme, aux acquis des luttes sociales et &#224; l'actualisation de son projet politique et militant. Il est maintenant de notre responsabilit&#233; collective, en tant qu'instances de direction et comme militant&#183;es de base, de faire fructifier ces d&#233;bats, les alimenter, les percuter de nos exp&#233;riences, pour renforcer le r&#244;le de notre organisation dans le combat pour l'&#233;mancipation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>France. &#171; Mobilisation pour les retraites : des perspectives en clair-obscur &#187;</title>
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		<dc:date>2023-06-20T08:10:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-06-20</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les deux premi&#232;res semaines du mois de juin viennent de clore six mois d'affrontements entre Macron et son gouvernement d'un c&#244;t&#233;, les classes populaires, le mouvement syndical, l'ensemble des mouvements sociaux, la gauche politique de l'autre. Victoire &#224; la Pyrrhus est s&#251;rement le terme qui correspond le mieux &#224; la situation de Macron, &#224; l'issue de cette p&#233;riode. Il aura r&#233;ussi &#224; imposer sa r&#233;forme r&#233;actionnaire, tout en s'&#233;tant isol&#233;, en r&#233;duisant davantage sa base sociale et en ne passant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les deux premi&#232;res semaines du mois de juin viennent de clore six mois d'affrontements entre Macron et son gouvernement d'un c&#244;t&#233;, les classes populaires, le mouvement syndical, l'ensemble des mouvements sociaux, la gauche politique de l'autre. Victoire &#224; la Pyrrhus est s&#251;rement le terme qui correspond le mieux &#224; la situation de Macron, &#224; l'issue de cette p&#233;riode. Il aura r&#233;ussi &#224; imposer sa r&#233;forme r&#233;actionnaire, tout en s'&#233;tant isol&#233;, en r&#233;duisant davantage sa base sociale et en ne passant cet &#233;pisode que gr&#226;ce au soutien des R&#233;publicains (LR), &#224; l'Assembl&#233;e nationale comme au S&#233;nat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de A l'Encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
19 juin 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Phototh&#232;que Rouge / Martin Noda / Hans Lucas)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut se vanter d'avoir fait reculer &#224; 64 ans l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite mais il n'a pas r&#233;ussi jusqu'&#224; aujourd'hui &#224; surmonter les deux crises qu'il traverse : une crise parlementaire puisque sa faiblesse &#224; l'Assembl&#233;e et son inexistence au S&#233;nat ne sont que plus &#233;videntes aujourd'hui avec une d&#233;pendance accrue envers les LR et le Rassemblement national pour faire passer ses projets de loi ; une crise de l&#233;gitimit&#233;, de base sociale puisque Macron et ses partisans sont toujours d&#233;savou&#233;s dans le pays, que ce soit sur la question des retraites ou sur l'ensemble de la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, du c&#244;t&#233; du mouvement social, le bilan est forc&#233;ment mitig&#233;. La 14e journ&#233;e de mobilisation, le 6 juin, presque deux mois apr&#232;s que la loi a &#233;t&#233; promulgu&#233;e, a &#233;t&#233; marqu&#233;e par 250 manifestations. Cette journ&#233;e, avec en moyenne deux tiers de manifestant&#183;e&#183;s de moins que le 1er mai, fut la plus faible en nombre de manifestant&#183;e&#183;s &#8211; 281 000 selon la police et 900 000 selon la CGT &#8211; depuis le d&#233;but du mouvement. Mais ce nombre, m&#234;me r&#233;duit, traduit le rejet persistant de cette loi et la volont&#233; de combattre les r&#233;formes du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, les derniers sondages indiquent toujours un refus des 64 ans largement majoritaire et un soutien au mouvement, m&#234;me si une tr&#232;s large majorit&#233; a toujours pens&#233; que Macron allait r&#233;ussir &#224; faire passer sa loi. L'Intersyndicale avait appel&#233; &#224; cette journ&#233;e du 6 juin car le 8 &#233;tait pr&#233;vu &#224; l'Assembl&#233;e le vote d'un projet de loi du groupe ind&#233;pendant LIOT (Libert&#233;s, ind&#233;pendants, outre-mer et territoires), voulant faire voter le retour de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; 62 ans. Derni&#232;re bataille institutionnelle qui n'aura pas eu lieu, le gouvernement a mis tout en &#339;uvre pour que les d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s utilisent les ficelles de la Constitution (en l'occurrence l'article 40), afin que ce vote n'ait pas lieu, invoquant l'irrecevabilit&#233;. L&#224; encore, c'est le soutien du groupe des R&#233;publicains qui lui a permis, fait sans pr&#233;c&#233;dent, qu'un projet de loi propos&#233; par l'opposition soit ainsi enterr&#233; pour &#171; manque de financement de la mesure &#187; alors que la commission des lois de l'Assembl&#233;e l'avait d&#233;j&#224; jug&#233; recevable&#8230; Le dernier acte n'aura donc pas eu lieu. A l'&#233;vidence, Macron ne voulait pas que le seul vote r&#233;el des d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s sur les retraites depuis janvier soit un vote de rejet de sa loi. M&#234;me sans incidence &#8211; car la majorit&#233; r&#233;actionnaire du S&#233;nat aurait bloqu&#233; cette initiative &#8211;, l'affichage &#233;tait insupportable pour Macron et son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re r&#233;union de l'Intersyndicale nationale, le 15 juin au soir, a r&#233;affirm&#233; son unit&#233;, son opposition &#224; la r&#233;forme des retraites et son engagement &#224; agir sur d'autres dossiers, &#224; partir de l'automne, mais sans formuler d'exigence sociale commune vis-&#224;-vis du gouvernement ou du patronat ni d'appel concret &#224; pr&#233;parer, m&#234;me &#224; la rentr&#233;e, une nouvelle mobilisation vis-&#224;-vis des centaines de milliers de salari&#233;&#183;e&#183;s et de militant&#183;e&#183;s dans le mouvement depuis d&#233;but janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, le mouvement syndical, le mouvement social, la NUPES et la gauche radicale sont donc confront&#233;s &#224; leur responsabilit&#233; dans les mois qui viennent. Car le gouvernement compte bien acc&#233;l&#233;rer sa politique d'attaques sociales et d&#233;mocratiques et, paradoxalement, Marine Le Pen (Rassemblement national) a le vent en poupe dans les sondages d'opinion, &#224; la grande joie de l'essentiel des &#233;ditorialistes qui voient ainsi minoris&#233;s la gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des questions importantes se posent. D'abord, comment, face au gouvernement, un mouvement social peut-il cr&#233;er le rapport de force suffisant pour bloquer une attaque frappant les classes populaires ? De ce point de vue, le bilan des 6 derniers mois est &#233;videmment contradictoire. Le mouvement avait une force tr&#232;s importante, unissant la tr&#232;s grande majorit&#233; des salari&#233;&#183;e&#183;s, avec un soutien dans l'opinion tr&#232;s majoritaire, parmi l'ensemble de la population. L'Intersyndicale fonctionnant obligatoirement au consensus pour ne pas &#233;clater a suivi l'orientation des grandes journ&#233;es de mobilisation (du 14 janvier &#224; juin), dans le but d'exercer une pression suffisante sur le gouvernement et les &#233;lu&#183;e&#183;s du Parlement. Donc une bataille d'opinion en tablant que l'isolement dans le pays obligerait Macron et Elisabeth Borne (premi&#232;re ministre) &#224; reculer. Mais ces derniers savaient qu'ils avaient des outils institutionnels pouvant leur permettre de passer outre, malgr&#233; leur situation minoritaire &#224; l'Assembl&#233;e. Si existait un petit espoir que les votes &#224; l'Assembl&#233;e bloquent Macron, il fallait compter pour cela sur la crise de la droite r&#233;publicaine (les LR), partag&#233;e entre sa volont&#233; d'affirmer son opposition &#224; Macron et son orientation fondamentalement n&#233;olib&#233;rale, en accord avec ce projet de loi r&#233;actionnaire. La candidate des LR pour la pr&#233;sidentielle de 2022 (Val&#233;rie P&#233;cresse) avait fait campagne elle-m&#234;me sur le passage de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; 65 ans. Donc, sur le terrain institutionnel, le mouvement social se heurtait malgr&#233; tout &#224; une majorit&#233; de d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s r&#233;actionnaires, m&#234;me si le RN maintenait une posture de rejet de la loi. Le mouvement ne pouvait donc pas mettre l'essentiel de ses espoirs dans ces crises au sein de la droite et dans des objectifs parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative pos&#233;e &#224; cette orientation de l'Intersyndicale, d&#232;s janvier, par Solidaires et, moins clairement, par la CGT &#233;tait la perspective du d&#233;veloppement des gr&#232;ves, de la gr&#232;ve reconductible, de &#171; mettre le pays &#224; l'arr&#234;t &#187;, ne comptant pas seulement sur une bataille au sein de l'opinion mais sur une pression directe sur le patronat par le blocage de la vie &#233;conomique. Beaucoup pensaient que le mouvement pouvait marcher sur ces deux jambes, avec des secteurs entrant en reconductible et d'autres participant essentiellement aux grandes journ&#233;es de gr&#232;ve. L'ambigu&#239;t&#233; n'aura pas servi le mouvement. Qu'une bonne partie des secteurs professionnels partent ensemble en reconductible n'&#233;tait pas chose facile. Pas tant pour des raisons financi&#232;res (beaucoup de salari&#233;&#183;e&#183;s sans &#234;tre dans un mouvement de gr&#232;ve reconductible auront &#233;t&#233; en gr&#232;ve sur de nombreuses journ&#233;es entre janvier et juin). La question essentielle &#233;tait qu'&#224; aucun moment l'Intersyndicale n'a donn&#233; comme objectif, comme signal &#224; tous et toutes les salari&#233;&#183;e&#183;s, le d&#233;part commun en gr&#232;ve reconductible ne serait-ce que pour deux, ou m&#234;me une, semaines. Elle n'a donc pas donn&#233; confiance pour agir ensemble dans ce sens, et les journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations hebdomadaires devenaient vite contradictoires avec un d&#233;part dans des gr&#232;ves reconductibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses gr&#232;ves dures dans le priv&#233; ces derniers mois, notamment pour de r&#233;elles augmentations de salaires, ont dur&#233; plusieurs semaines, dans des entreprises sans fort taux de syndicalisation et avec des bas salaires, et le plus souvent sans front syndical commun. Mais la d&#233;termination y a r&#233;sid&#233; venant du sentiment partag&#233; par les gr&#233;vistes de ces entreprises qu'ils et elles pouvaient gagner en bloquant l'entreprise, en imposant leur force, tout le monde poussant dans le m&#234;me sens. Peu de secteurs ont la force, seuls, de bloquer la vie &#233;conomique du pays, par contre l'addition de plusieurs centaines d'entreprises peut donner une force collective, cr&#233;er un rapport de force et une nouvelle situation politique d'affrontement qui aurait pu permettre le rejet du projet de loi. Chacun a senti que l'on &#233;tait pr&#232;s de cr&#233;er une telle situation le 7 mars avec la formule volontairement ambigu&#235; de l'Intersyndicale de &#171; mettre le pays &#224; l'arr&#234;t &#187;, coupl&#233; avec l'appel de 7 f&#233;d&#233;rations CGT &#224; partir en reconductible, et avec l'appel de Solidaires dans le m&#234;me sens. Cibler le d&#233;part en gr&#232;ve reconductible, au m&#234;me moment, dans le maximum d'entreprises n'&#233;tait s&#251;rement pas une t&#226;che facile &#224; r&#233;aliser, et p&#232;sent ici les cons&#233;quences de toutes les attaques d&#233;cimant les forces du mouvement syndical, tout comme p&#232;sent les divisions syndicales dans de nombreuses entreprises. Mais cette perspective &#233;tait &#233;videmment la plus r&#233;aliste face &#224; un gouvernement d'autant plus crisp&#233; sur cette loi qu'il est faible politiquement, m&#234;me si elle n'aurait pas &#233;t&#233; facile &#224; mettre en &#339;uvre. Il faut &#233;carter les images d'Epinal de millions de salari&#233;&#183;e&#183;s pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre mais b&#226;illonn&#233;s et entrav&#233;s par les bureaucraties syndicales. D'ailleurs, la faiblesse des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans les entreprises contrastait avec la massivit&#233; des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la page est tourn&#233;e et il y aura beaucoup de d&#233;bats de bilan, notamment dans la CGT, Solidaires et la FSU, syndicats au sein desquels &#233;taient port&#233;es &#224; la fois l'exigence de la gr&#232;ve reconductible et celle du combat pour le maintien du front intersyndical. Le mouvement syndical peut se targuer d'avoir pris une place sociale et politique importante dans le pays, am&#233;liorant clairement sa cote de confiance parmi les salari&#233;&#183;e&#183;s et ayant chiffr&#233; 100 000 nouvelles adh&#233;sions depuis janvier 2023, notamment parmi des salari&#233;&#183;e&#183;s du priv&#233; dans des petites entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faudra avancer sur ces questions, car le seul engagement de l'Intersyndicale &#224; se maintenir et &#224; ouvrir d'autres dossiers, affirm&#233; dans la d&#233;claration du 15 juin, ne sera &#233;videmment pas suffisant. Depuis la mi-juin, le mouvement social n'est pas mort, les forces qui se concentraient sur la question de l'&#226;ge de d&#233;part sont toujours actives et pr&#233;sentes, mais elles ont perdu leur point de convergence commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question reste bien celle de la construction d'une offensive des classes populaires pour bloquer les attaques sociales r&#233;actionnaires qui, comme celles sur les retraites, aggravent les conditions de vie ; la construction d'un front qui mette en avant les exigences sociales d'urgence, sans h&#233;siter &#224; cibler la r&#233;partition des richesses, la remise en cause des r&#232;gles capitalistes impos&#233;es dans les entreprises et l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Ce front ne pourra donc pas se faire avec comme seule r&#233;f&#233;rence une Intersyndicale nationale de toutes les conf&#233;d&#233;rations, dont plusieurs &#233;pousent et ont &#233;pous&#233; des politiques lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les directions de la CFDT, de la CFTC et de la CGC ont clairement combattu l'&#226;ge de d&#233;part &#224; 64 ans, elles se situent souvent dans l'acceptation des imp&#233;ratifs dict&#233;s par le patronat ou le gouvernement, comme cela vient d'&#234;tre le cas, en f&#233;vrier dernier, pour l'accord national interprofessionnel &#171; sur le partage de la valeur ajout&#233;e &#187; qui, dans un contexte d'inflation majeure, a totalement &#233;cart&#233; la question des augmentations de salaires, des minima de branches, pour se centrer sur les m&#233;canismes de primes, d'int&#233;ressement et des plans d'&#233;pargne. De m&#234;me, plusieurs conflits sur les salaires ont &#233;t&#233; victorieux alors que dans le cas par exemple de l'entreprise textile Vertbaudet [Tourcoing, Nord] un accord NAO (n&#233;gociations annuelles obligatoires) a minima avait &#233;t&#233; sign&#233; en mars par la CFTC et la CGC, accordant 0 euro d'augmentation et deux primes pour un total de 765 euros net. La gr&#232;ve de plus de deux mois des ouvri&#232;res, soutenue et m&#233;diatis&#233;e par la CGT, et notamment sa nouvelle Secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale Sophie Binet, a permis d'obtenir (accord du 2 juin) de r&#233;elles augmentations de salaires, de 90 &#224; 140 euros net, l'embauche de 30 int&#233;rimaires en CDI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc cr&#233;er de nouvelles dynamiques de mobilisation et construire une confrontation sociale avec le gouvernement imposera de construire des unit&#233;s s'appuyant au plus pr&#232;s sur les exigences d'urgence en essayant de rassembler le front syndical le plus large gr&#226;ce &#224; la mobilisation. Cela suppose aussi de d&#233;velopper les liens, les coordinations avec les associations du mouvement social d&#233;fendant et mobilisant autour des exigences d'urgence, sur les atteintes &#224; l'environnement, les droits des femmes, le logement, les discriminations et les attaques racistes. Maintenir et &#233;largir le climat social cr&#233;&#233; depuis 6 mois en lui donnant comme objectif de mobiliser sur toutes les questions sociales urgentes. Cela est important car, si la force de la mobilisation populaire pendant 6 mois s'appuyait sur la col&#232;re sociale, les attaques incessantes subies, souvent seuls les militants de la CGT, de Solidaires et de la FSU ont fait r&#233;guli&#232;rement, sur le terrain, le lien avec les autres exigences sociales d'urgence, en insistant sur une autre r&#233;partition des richesses ciblant les profits capitalistes et leurs exon&#233;rations fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron et son gouvernement continuent donc d'avancer et veulent, pour sortir de leur isolement et d&#233;passer la question des retraites, essayer de d&#233;tourner les col&#232;res sociales du gouvernement et du patronat en ciblant les immigr&#233;&#183;e&#183;s ou les plus pr&#233;caires, et en polarisant sur des questions o&#249; les macronistes peuvent faire des alliances avec les R&#233;publicains et le Rassemblement national, sans craindre la paralysie parlementaire. Ainsi Macron, Elisabeth Borne et G&#233;rald Darmanin (ministre de l'Int&#233;rieur) se sont lanc&#233;s dans une guerre sociale contre les classes populaires sur plusieurs terrains dont la S&#233;curit&#233; sociale et le logement, avec le plus souvent un front r&#233;actionnaire des d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s d'Ensemble pour la majorit&#233; pr&#233;sidentielle (macronistes), des LR et du Rassemblement national. Il est ainsi de la loi sc&#233;l&#233;rate sur le logement, la loi Kasbarian-Berg&#233; qui est une r&#233;elle d&#233;claration de guerre contre les locataires dans la pr&#233;carit&#233; faisant voler en &#233;clats le peu de protections en cas de loyers impay&#233;s et permettant de d&#233;multiplier les expulsions acc&#233;l&#233;r&#233;es. Cela alors que la question d'urgence sociale est bien celle de l'acc&#232;s des classes populaires &#224; des logements sociaux. Une m&#233;canique redoutable est &#224; l'&#339;uvre. La hausse permanente de taux de cr&#233;dit et la baisse du pouvoir d'achat des familles populaires a, d'un c&#244;t&#233;, stopp&#233; le petit courant qui permettait, pour celles et ceux qui en avaient les moyens les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, d'acqu&#233;rir un logement ou de passer du logement social vers le parc priv&#233; plus cher. En parall&#232;le, les constructions de logements sociaux (HLM) en 2021/2022 ont &#233;t&#233; inf&#233;rieures de 25% aux 250 000 officiellement pr&#233;vus, et d&#233;j&#224; largement insuffisants. En effet, 2,3 millions de familles sont en attente de logements sociaux, et il y a en France au moins 300 000 sans domicile et 4,1 millions de mal-log&#233;s. Donc, face &#224; une question sociale de premi&#232;re importance, le gouvernement fait le choix de frapper les locataires et de criminaliser les sans-abri. Non seulement, cette alliance des droites et de l'extr&#234;me-droite a vot&#233; une loi sc&#233;l&#233;rate qui touchera en premier les familles monoparentales et donc les femmes, mais elle a aussi vot&#233; pour le droit des propri&#233;taires d'augmenter les loyers de 3,5% en 2023 apr&#232;s celle de 3,5% vot&#233;e en 2022, alors que la NUPES (Nouvelle Union populaire &#233;cologique et sociale) proposait un gel des loyers. Malgr&#233; ses pr&#233;tentions d'opposition populaire, le Rassemblement national tombe toujours du c&#244;t&#233; des classes poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, ces derniers jours, le gouvernement a aussi d&#233;cr&#233;t&#233; une baisse de la prise en charge de 70% &#224; 60% par la S&#233;curit&#233; sociale des soins bucco-dentaires. Dans le m&#234;me mouvement, le gouvernement criminalise les classes populaires vis&#233;es par la chasse aux fraudes &#224; la S&#233;curit&#233; sociale : &#171; abus d'arr&#234;ts maladie, prestations injustifi&#233;es &#187; avec un fond &#233;vident de racisme visant les binationaux du Maghreb et les &#171; abus &#187; de l'Aide m&#233;dicale d'Etat qui b&#233;n&#233;ficie aux migrant&#183;e&#183;s en situation irr&#233;guli&#232;re et repr&#233;sente 0,5% des d&#233;penses publiques de sant&#233;. Le Rassemblement national comme le gouvernement ciblent les immigr&#233;&#183;e&#183;s, en situation r&#233;guli&#232;re ou non, et les &#171; fraudeurs &#187; des classes populaires alors que la fraude fiscale des entreprises (sans parler de &#171; l'optimisation &#187; l&#233;gale) repr&#233;sente de 80 &#224; 100 milliards par an, l'absence de d&#233;clarations sociales par les entreprises de 20 &#224; 25 milliards, et un montant &#233;quivalent &#224; la fraude sur la d&#233;claration de TVA. Dans le m&#234;me mouvement, et pour ne pas laisser seuls le RN et les LR flatter l'&#233;lectorat r&#233;actionnaire, G&#233;rald Darmanin veut faire voter d'ici quelques mois une nouvelle loi de combat contre l'immigration (la 30e depuis 1980&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cours r&#233;actionnaire va de pair avec le d&#233;veloppement d'une politique autoritaire et r&#233;pressive de l'Etat qui &#233;largit son arsenal r&#233;pressif avec de nouvelles limitations des droits de manifester, de se r&#233;unir, l'utilisation des lois antiterroristes et des dispositifs policiers d'exception pour s'en prendre aux droits d&#233;mocratiques (notamment la vid&#233;osurveillance algorithmique par drones cam&#233;ras pr&#233;vue pour les JO des 2024). Les derni&#232;res manifestations &#233;cologistes, apr&#232;s celles contre les m&#233;gabassines de Sainte Soline (mars 2023), ont eu lieu contre la liaison TGV Lyon-Turin, le week-end des 17 et 18 juin. Plus de 5000 personnes se sont rassembl&#233;es dans la vall&#233;e de la Maurienne, en Savoie. Le projet titanesque &#224; 30 milliards d'euros est pr&#233;vu pour doubler le tunnel du Fr&#233;jus, artificialisant 1000 hectares de terres agricoles et imposant un drainage annuel de 60 &#224; 135 millions de m3 annuels. Alors que la manifestation devait rassembler des centaines de militant&#183;e&#183;s venant de Suisse et d'Italie, le gouvernement a utilis&#233; l'arsenal des lois antiterroristes pour bloquer l'acc&#232;s de 7 cars de militant&#183;e&#183;s &#233;cologistes italiens gr&#226;ce &#224; l'IAT (interdiction administrative de territoire), acte arbitraire du ministre de l'Int&#233;rieur qui court-circuite toute intervention judiciaire et n'a m&#234;me pas &#224; &#234;tre justifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clairement, aujourd'hui le gouvernement voudrait couper les pattes du r&#233;seau de luttes sociales autour du mouvement climat, dont la dynamique, la combativit&#233; et l'impact dans la jeunesse se sont accrus &#224; la chaleur de la mobilisation contre les 64 ans. La menace absurde brandie par Darmanin de la dissolution des Soul&#232;vements de la Terre (qui agr&#232;ge notamment la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, ATTAC, l'Union syndicale Solidaires, Alternatiba) illustre la crainte du gouvernement de la place politique prise par ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement Retraites contre les 64 ans aura &#233;t&#233; le mouvement social le plus puissant, le plus mobilisateur depuis 2010. Il aura &#233;t&#233; d'une profondeur in&#233;gal&#233;e notamment dans les petites villes, dans les zones rurales, souvent laiss&#233;es &#224; l'&#233;cart des mobilisations sociales pr&#233;c&#233;dentes mais d&#233;j&#224; bien actives lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018. Il aura &#233;t&#233; motiv&#233; par l'attaque frontale contre les classes populaires que repr&#233;sente le report de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; 64 ans qui va avoir comme effet concret une pr&#233;carisation des salari&#233;&#183;e&#183;s proches de l'&#226;ge de la retraite et une baisse accrue de leur pension, la perte des deux meilleures ann&#233;es de retraite, notamment pour ceux et celles ayant exerc&#233; des m&#233;tiers p&#233;nibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224;, c'est toute la souffrance sociale du quotidien qui a consolid&#233; aussi profond&#233;ment et aussi durablement cette mobilisation : souffrance au travail, p&#233;nibilit&#233; et longueur des transports, conditions de logement d&#233;plorables et attrition des logements sociaux, bas salaires et co&#251;t de la vie alourdi par la pand&#233;mie et l'inflation, impossibilit&#233; de subvenir aux soins de sant&#233;, difficult&#233;s du quotidien par les coupes claires dans les services publics de proximit&#233;, la prolif&#233;ration des &#171; services en ligne &#187; rendant plus difficiles les moindres d&#233;marches administratives. A cela se sont ajout&#233;s pour les familles la prise en charge de plus en plus co&#251;teuse des a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s, le co&#251;t exorbitant des EPHAD (&#233;tablissements d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes) souvent dans des conditions lamentables, la difficult&#233; d'installation et d'emploi des jeunes. C'est donc bien un enjeu de soci&#233;t&#233;, une question sociale d'ensemble, donc une question politique concernant la place et la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des classes populaires qui a &#233;t&#233; pos&#233;e, exprim&#233;e, souvent relay&#233;e par ce mouvement. L'enjeu a donc bien &#233;t&#233; et est toujours de donner une visibilit&#233; politique, une mat&#233;rialisation &#224; cet enjeu de classe en tra&#231;ant une alternative politique fond&#233;e sur le combat contre ces attaques sociales et donc pour des choix alternatifs, anticapitalistes, fond&#233;s sur la satisfaction des besoins sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est frapp&#233; de voir l'ardeur avec laquelle les id&#233;ologues capitalistes font feu de tout bois ces derni&#232;res semaines pour combattre, &#233;craser m&#234;me toute vell&#233;it&#233; &#171; d&#233;viante &#187; par rapport &#224; la doxa n&#233;olib&#233;rale officielle. La NUPES est cibl&#233;e quotidiennement comme irrationnelle, incomp&#233;tente, soumise au gauchisme et &#224; l'islamisme, n'ayant aucune cr&#233;dibilit&#233; &#233;conomique. Le TINA (&lt;i&gt;There Is No Alternative&lt;/i&gt;) cher &#224; Reagan et Thatcher dans les ann&#233;es 1980 a aujourd'hui une place pr&#233;pond&#233;rante, notamment parmi les porte-parole du macronisme et les &#233;ditorialistes de m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes poss&#233;d&#233;s tr&#232;s majoritairement par quelques milliardaires capitalistes. Les r&#233;actions sont parfois &#233;pidermiques. Il en a &#233;t&#233; ainsi suite aux paroles de la r&#233;alisatrice Justine Triet, apr&#232;s avoir obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes 2023. Elle a os&#233; faire un discours d&#233;non&#231;ant &#171; la mani&#232;re choquante dont le gouvernement a ni&#233; les protestations contre la r&#233;forme des retraites &#187;. Dans la foul&#233;e, elle a fustig&#233; &#171; la marchandisation de la culture que le gouvernement n&#233;olib&#233;ral d&#233;fend &#187;. Alors que tous les syndicats des professionnels ont partag&#233; et soutenu ce discours, il a &#233;t&#233; spectaculaire de voir la rapidit&#233; et la violence des r&#233;actions hostiles venant du gouvernement et des thurif&#233;raires du n&#233;olib&#233;ralisme. Il &#233;tait d'autant plus important d'essayer de discr&#233;diter son discours que le prestige du festival de Cannes fait partie des vecteurs culturels dans lesquels &#171; l'&#233;lite intellectuelle &#187; est cens&#233;e partager le discours de la classe dominante. Le spectre du festival de Cannes 1968 &#233;tait visiblement encore dans les m&#233;moires de certains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus &#233;tonnant, ont &#233;t&#233; les r&#233;actions &#224; un rapport r&#233;dig&#233; par l'inspectrice des finances Selma Mahfouz et l'&#233;conomiste Jean Pisani Ferry, un des mentors du jeune Macron. Ce rapport sur le financement de la transition &#233;cologique, venant de cet &#233;conomiste lib&#233;ral, osait &#233;voquer, vu l'urgence et l'importance des financements n&#233;cessaires, la mise en &#339;uvre d'un &#171; &lt;i&gt;imp&#244;t exceptionnel pour les 10% des Fran&#231;ais les plus ais&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, imp&#244;t vers&#233; en une fois correspondant au montant de 5% de leur patrimoine financier. Cela permettrait en un fois de recueillir 150 milliards d'euros. Avoir os&#233; cibler les riches m&#233;nages qui poss&#232;dent la moiti&#233; du patrimoine net total (immobilier et financier) est &#233;videmment intol&#233;rable. Seuls les &#171; gauchistes &#187; de la NUPES pourraient avoir de telles propositions. Ainsi trahis par un des leurs, Bruno Le Maire et Elisabeth Borne ont imm&#233;diatement et vertement &#233;cart&#233; cette hypoth&#232;se, la jugeant contraire &#224; toute la politique du gouvernement d'all&#232;gement de la pression fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux exemples sont r&#233;v&#233;lateurs de la volont&#233; d'ass&#233;ner l'unicit&#233; de la r&#233;ponse possible aux questions financi&#232;res et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; passe par l'effort de discr&#233;diter non seulement le discours anticapitaliste mais m&#234;me le discours antilib&#233;ral, port&#233; par la rue ces derniers mois et par une partie du mouvement syndical, par la NUPES et la gauche radicale. Il est important notamment de discr&#233;diter la NUPES comme ne pouvant pas repr&#233;senter une alternative &#224; la politique n&#233;olib&#233;rale, et &#233;tant m&#234;me une option plus dangereuse que le Rassemblement national. De ce point de vue la consigne est largement suivie par les &#233;ditorialistes des grands m&#233;dias pour faire du &#171; NUPES bashing &#187; et &#233;viter au maximum que cette alliance politique puisse appara&#238;tre cr&#233;dible pour les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre compl&#233;mentaire, les nostalgiques de la gauche social-d&#233;mocrate jouent une petite musique visant &#224; discr&#233;diter la France insoumise et les gauchistes d'Europe Ecologie Les Verts, privil&#233;giant les questions soci&#233;tales (comprendre les mouvements LGBTQ+, les mouvements climat, f&#233;ministes et antiracistes) au d&#233;triment des pr&#233;occupations quotidiennes &#171; s&#233;rieuses &#187; cens&#233;es &#234;tre celles des classes populaires. Pourtant, au sein des classes populaires, toutes les souffrances du quotidien sont encore accrues quand on est une femme, souvent aux salaires les plus bas et cheffe de famille monoparentale, souvent soumises aux violences, au harc&#232;lement et aux discriminations au travail ; quand on est d'une g&#233;n&#233;ration postcoloniale, subissant les discriminations du quotidien, la rel&#233;gation spatiale, le racisme d'Etat et les violences polici&#232;res. Ces questions sociales ne sont pas des pr&#233;occupations soci&#233;tales ext&#233;rieures aux classes populaires, mais parties int&#233;grantes des probl&#232;mes quotidiens de millions d'hommes et de femmes. Il en est de m&#234;me des pr&#233;occupations environnementales qui t&#233;moignent d'une urgence v&#233;cue l&#224; aussi en premier lieu dans les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question d'une expression politique fond&#233;e sur les besoins sociaux, globale, tra&#231;ant une alternative &#224; la politique lib&#233;rale est bien un point de faiblesse de la situation actuelle. Il est vrai que la gauche antilib&#233;rale, la NUPES, est discr&#233;dit&#233;e quotidiennement dans les m&#233;dias et a du mal &#224; faire entendre une voix coh&#233;rente, au-del&#224; de la caricature qu'elle subit. Il est vrai aussi que les milieux gouvernementaux et leurs soutiens ont clairement fait le choix de la d&#233;diabolisation du Rassemblement national, le traitant comme une opposition s&#233;rieuse et responsable, oppos&#233;e aux &#171; dangereux &#233;coterroristes et islamogauchistes de la France insoumise &#187;. Malgr&#233; toutes ses limites, la NUPES appara&#238;t seule dans les refus des politiques lib&#233;rales. Ce n'est &#233;videmment pas le cas des restes de la social-d&#233;mocratie que voudraient r&#233;animer certains. Mais ce n'est pas le cas, &#233;videmment non plus du Rassemblement national qui comme Giorgia Meloni est totalement d&#233;vou&#233;e &#224; ces politiques n&#233;olib&#233;rales, suivant Macron sur nombre de ses lois r&#233;actionnaires, y ajoutant seulement le poison de davantage de discrimination raciste. Le danger principal devient donc pour les d&#233;fenseurs du syst&#232;me, l'&#233;mergence &#233;ventuelle d'une force faisant la jonction entre les exigences sociales et une alternative politique. La France a, de ce point de vue, une situation particuli&#232;re en Europe, la force du dernier mouvement social et la pr&#233;sence de la NUPES situant le pays pour l'instant &#224; contrecourant de la situation pr&#233;sente ailleurs, avec une gauche qui maintient une force &#233;lectorale importante, &#224; dominante antilib&#233;rale. D&#232;s lors, tout a &#233;t&#233; fait pour que le RN apparaisse dans les m&#233;dias et les sondages comme le seul gagnant des derniers mois (m&#234;me si en r&#233;alit&#233;, selon les derniers sondages, la NUPES progresserait et obtiendrait la majorit&#233; relative en cas d'&#233;lections anticip&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette croissance et les difficult&#233;s &#224; gauche ne sont pas le seul reflet de man&#339;uvres m&#233;diatiques. Il y a &#233;videmment un d&#233;ficit, pr&#233;sent depuis l'automne. D&#233;j&#224; analys&#233; largement, il est venu de l'incapacit&#233; &#224; r&#233;aliser un front commun, unitaire, syndical, social et politique. La NUPES, m&#234;me, plut&#244;t que de se pr&#233;occuper de ses responsabilit&#233;s communes dans une telle situation, se refuse &#224; toute organisation militante commune dans les villes et les r&#233;gions, la France insoumise se crispe &#224; toute id&#233;e d'organisation et de fonctionnement d&#233;mocratique interne, et aucune initiative, en dehors de l'Assembl&#233;e nationale, n'est prise pour r&#233;aliser des rassemblements communs de dimension locale ou nationale. M&#234;me, plut&#244;t que de chercher une expression commune aujourd'hui, chaque composante de la NUPES, en dehors de la France insoumise (FI), semble surtout pr&#233;occup&#233;e par une expression particuli&#232;re lors des prochaines &#233;lections europ&#233;ennes. Cette situation am&#232;ne &#224; des critiques au sein de la FI, &#224; un appel commun &#224; l'unit&#233; des responsables des organisations de jeunesse de la NUPES, &#224; plusieurs tribunes. Dans tous les cas, les responsables de la NUPES, apr&#232;s ce mouvement social, semblent incapables de prendre des initiatives pour des propositions sociales et politiques communes face &#224; Macron, renfor&#231;ant les limites de leur accord &#233;lectoral. Au sein de la gauche radicale, plusieurs centaines de militants du NPA, d'Ensemble, du mouvement f&#233;ministe, syndical, &#233;cologiste, antiraciste et associatif viennent d'appeler &#224; un processus de rencontres locales et r&#233;gionales pour la tenue d'un forum social pour d&#233;but juillet &#171; pour construire &#224; terme une nouvelle force d&#233;mocratique et pluraliste &#187; [voir ici le texte de cet appel &lt;a href=&#034;https://www.forumalternative.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.forumalternative.org/&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, construire un front commun unitaire, syndical, social et politique va devoir &#234;tre la t&#226;che de l'heure, pour rendre cr&#233;dible une alternative politique combattant les politiques lib&#233;rales. Le programme de cette alternative est bien pr&#233;sent dans les exigences port&#233;es dans les courants syndicaux combatifs, notamment dans la CGT, Solidaires et la FSU, dans les associations militantes du mouvement social. La France insoumise et la NUPES s'&#233;taient fait les porte-parole de beaucoup de ces exigences lors des derni&#232;res &#233;lections. Mais la question pos&#233;e maintenant est de construire un creuset militant commun, capable d'organiser, de faire d&#233;battre et d'&#234;tre le socle des mobilisations &#224; construire. (Article re&#231;u le 19 juin 2023)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>France : le mouvement social en suspens</title>
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		<dc:date>2023-05-30T06:27:40Z</dc:date>
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		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-05-30</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis mi-avril, il y a eu un r&#233;el changement de rythme dans la mobilisation sociale qui exerce une pression moins forte sur Macron et son gouvernement. Mais, l'hostilit&#233; &#224; la r&#233;forme des retraites, l'hostilit&#233; envers Macron et son gouvernement n'ont pratiquement pas diminu&#233; et tous les sondages indiquent une baisse de confiance croissante dans l'opinion et une ambiance de fin de r&#232;gne alors que Macron n'entame que la deuxi&#232;me ann&#233;e de son mandat et est incapable de trouver une majorit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis mi-avril, il y a eu un r&#233;el changement de rythme dans la mobilisation sociale qui exerce une pression moins forte sur Macron et son gouvernement. Mais, l'hostilit&#233; &#224; la r&#233;forme des retraites, l'hostilit&#233; envers Macron et son gouvernement n'ont pratiquement pas diminu&#233; et tous les sondages indiquent une baisse de confiance croissante dans l'opinion et une ambiance de fin de r&#232;gne alors que Macron n'entame que la deuxi&#232;me ann&#233;e de son mandat et est incapable de trouver une majorit&#233; soutenant son gouvernement ni parmi la population ni parmi les d&#233;put&#233;Es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Quatri&#232;me internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
24 mai 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par L&#233;on Cr&#233;mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Copyright&lt;br class='autobr' /&gt;
Manifestation du 1er mai contre la r&#233;forme des retraites. &#169; Phototh&#232;que Rouge / Martin Noda / Hans Lucas Copyright : Phototh&#232;que Rouge /Martin Noda / Hans Lucas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron a pu promulguer sa loi le 14 avril, apr&#232;s avoir obtenu le blanc-seing du Conseil constitutionnel et m&#234;me &#233;vit&#233; la pression qu'aurait repr&#233;sent&#233; le processus d'un r&#233;f&#233;rendum d'initiative partag&#233; (RIP) (1) . La mobilisation de rue a continu&#233; durant le mois d'avril et depuis, par des rassemblements locaux, notamment lors de d&#233;placements dans les villes des ministres ou de Macron. Les interdictions, les provocations et violences polici&#232;res multiples n'auront pas emp&#234;ch&#233; les concerts de casseroles et la pr&#233;sence de centaines de manifestantEs lors de ces d&#233;placements. A tel point que Darmanin pr&#233;f&#233;ra le 6 mai d&#233;mentir sa venue pour inaugurer un centre-ville dans le Nord pour finalement venir en catimini, tout cela afin de ne pas se confronter &#224; une manifestation de casserolade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Intersyndicale avait d&#233;cid&#233; de faire du 1er Mai une initiative unitaire sans pr&#233;c&#233;dent. De fait, ce fut de tr&#232;s loin, avec 2,3 millions de manifestants selon la CGT et 300 manifestations dans le pays, le plus massif 1er Mai des 30 derni&#232;res ann&#233;es, mis &#224; part le 1er Mai 2002. Celui-ci avait eu lieu &#224; la veille du 2&#232;me tour Chirac-Le Pen de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et fut transform&#233; en d&#233;ferlante antifasciste de plus de 2 millions de personnes dans les rues. Le dernier 1er Mai syndical unitaire, en 2009 au c&#339;ur de la crise financi&#232;re, n'avait rassembl&#233; &#171; que &#187; 465000 personnes selon la police contre 782000 cette ann&#233;e, selon la m&#234;me source. Ce 1er Mai a donc repr&#233;sent&#233; un important regain de mobilisation revenant &#224; un niveau comparable aux grandes manifestations du 23 et du 28 mars, malgr&#233; la promulgation de la loi, malgr&#233; le rejet du RIP et en l'absence d'un mouvement de gr&#232;ve reconductible. Dynamique marqu&#233;e aussi par tous les sondages d'opinion o&#249; plus de 60% de la population veulent que la mobilisation contre la r&#233;forme continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er Mai 2023 fut donc tout sauf un baroud d'honneur avec une stimulante combativit&#233; dans les cort&#232;ges et la volont&#233; de ne pas tourner la page. Cela va de pair avec &#171; les 100 jours du zbeul (2) &#187; concours national entre toutes les initiatives de concerts de casseroles et d'actions contre le gouvernement, &#224; l'initiative de l'Union syndicale Solidaires et relay&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, prenant le contrepied de l'engagement de Macron de se donner &#171; 100 jours pour agir et sortir de la crise, 100 jours d'apaisement &#187;, engagement pris lors de son allocution du 17 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, m&#234;me si Macron parle d'apaisement, s'est surtout illustr&#233; le 1er Mai par son acharnement policier contre les manifestations, comme s'il fallait que la fum&#233;e des lacrymog&#232;nes masque l'ampleur des rassemblements. Les street doctors ont, le 1er Mai, d&#233;nombr&#233; parmi les manifestanteEs et les passants 590 bless&#233;Es, dont 118 victimes s&#233;v&#232;res ayant d&#251; &#234;tre &#233;vacu&#233;es vers des services d'urgence. Mais toutes les chaines de m&#233;dias se sont ligu&#233;es pour mettre en sc&#232;ne et d&#233;noncer &#171; les violences &#187; des casseurs, les bless&#233;s parmi la police, cherchant &#224; &#233;touffer &#224; la fois les violences polici&#232;res et l'importance sociale des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron et son gouvernement sortent pour l'instant en mauvaise posture de cette situation. Alors que Bruno Le Maire, le Ministre de l'Economie, s'&#233;vertue, aupr&#232;s de la BCE et des agences de notation, &#224; pr&#233;senter une politique &#233;conomique solide et un gouvernement stable, l'une des trois principales agences de notation (avec Moody's et Standard &amp; Poors), l'agence Fitch, vient fin avril de d&#233;grader la note de la France de AA &#224; AA-, deux paliers en dessous de l'Allemagne. Instrument du capitalisme lib&#233;ral, ces agences &#233;valuent la confiance que peuvent avoir les investisseurs, les acheteurs des titres de dette de l'Etat. Fitch sanctionne &#171; un niveau de d&#233;ficit budg&#233;taire et de dette publique &#233;lev&#233; et un climat social pr&#233;judiciable &#224; une politique d'assainissement &#187;. Pourtant, la r&#233;forme des retraites &#233;tait justement pr&#233;sent&#233;e comme un gage de rigueur de la gestion budg&#233;taire ! Cette ingratitude va donc amener sans doute &#224; une augmentation des taux d'int&#233;r&#234;ts pour les titres de la dette de l'Etat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MEDEF, &#233;chaud&#233; par l'incapacit&#233; de Macron &#224; tenir la barre, claironne que lui arrive tr&#232;s bien &#224; dialoguer avec les syndicats sur le partage de la valeur, le t&#233;l&#233;travail ou la formation professionnelle et m&#234;me &#224; obtenir l'accord de la CFDT et de la CFTC sur le &#171; partage de la valeur &#187; c'est-&#224;-dire tous les m&#233;canismes qui &#233;cartent les augmentations de salaires au profit de combinaisons d'int&#233;ressement et de participation. Le gouvernement d'Elisabeth Borne voudrait donc relever le d&#233;fi et se donner l'image d'une ouverture aux directions syndicales apr&#232;s les avoir bafou&#233; pendant trois mois. D&#233;but mai, elle a annonc&#233; lancer des invitations aux organisations syndicales pour discuter de tous les chantiers &#224; mettre en &#339;uvre, mise en sc&#232;ne qui cache mal le refus de toute mesure sociale. Dans tous les domaines, sant&#233;, &#233;ducation, immigration, tout ce qui est annonc&#233; par le gouvernement va dans le sens d'un durcissement des mesures s&#233;curitaires, d'une restriction des budgets sociaux. Ficelle habituelle, Borne divise l'intersyndicale, &#233;cartant les syndicats &#171; non repr&#233;sentatifs &#187; (Solidaires, FSU et UNSA) et propose un round de rencontres les 16 et 17 mai aux cinq autres conf&#233;d&#233;rations, en les recevant s&#233;par&#233;ment &#171; sans ordre du jour pr&#233;cis &#187;. Dans cette sorte de p&#234;che aux canards, le but du gouvernement est &#233;videmment de rompre le front syndical et de voir s'il n'existerait pas une ouverture de n&#233;gociations redorant le blason social du gouvernement. CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC se rendront donc s&#233;par&#233;ment &#224; Matignon. Signe de la fragilit&#233;, malgr&#233; tout, de l'Intersyndicale, ils ne le font pas sur une plateforme revendicative commune, si ce n'est la r&#233;affirmation de la volont&#233; du retrait des 64 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'Intersyndicale nationale appelle &#224; une nouvelle journ&#233;e de mobilisation le 6 juin. Le but explicite de cette journ&#233;e est de venir en appui &#224; une nouvelle initiative parlementaire pr&#233;vue le 8 juin de la part du groupe LIOT, groupe ind&#233;pendant du centre ayant d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#224; l'initiative de la motion de censure le 20 mars. L'initiative, la niche parlementaire de LIOT, consiste en un projet de loi abrogeant le report &#224; 64 ans de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite. Vu les rapports de force, le vote majoritaire de ce projet n'est pas impossible et cela serait &#233;videmment une nouvelle gifle pour le gouvernement et l'assurance d'un imbroglio dans les jours et les semaines suivants. Mais le gouvernement pourrait compter sur ses semi-alli&#233;s R&#233;publicains au S&#233;nat pour d&#233;tricoter ce vote et sur le blocage d'une commission mixte paritaire avant un retour devant l'Assembl&#233;e. Certes l'hypoth&#232;se d'un tel vote existe, mais le fond du probl&#232;me est que l'Intersyndicale ne laisse dans les semaines et m&#234;me dans les mois qui viennent comme seule perspective ce vote hypoth&#233;tique, comme avait &#233;t&#233; mis l'espoir dans la mise en &#339;uvre du RIP il y a quelques semaines. Dans les faits, l'Intersyndicale ne donne aucune perspective au mouvement social. Pourtant la vigueur de celui-ci, sa profondeur et sa persistance devraient permettre l'&#233;tablissement d'une plateforme unitaire d'exigences sociales port&#233;es par l'Intersyndicale, celles qui ont, au-del&#224; de la question des retraites, &#233;t&#233; le fondement des mobilisations, sur les questions du co&#251;t de la vie et des salaires, sur la sant&#233;, l'&#233;ducation, les services publics, entre autres. Malheureusement, le revers de la m&#233;daille d'une intersyndicale unitaire qui a rythm&#233; le mouvement depuis janvier, a &#233;t&#233; la faiblesse d'une dynamique autonome d'intersyndicales locales ou de secteurs donnant leur propre rythme et leur propre contenu. C'est ce qu'ont fait partiellement les syndicats CGT de l'Energie, de la Chimie, des ports et docks, de la Voirie, principalement, ce qu'a fait l'Intersyndicale de la SNCF au mois de mars. Aujourd'hui l'&#233;nergie des &#233;quipes locales apparait dans les concerts de casseroles et les comit&#233;s d'accueil des ministres, mais cela ne suffit pas pour donner une nouvelle dynamique donnant une perspective g&#233;n&#233;rale de lutte &#224; un mouvement social qui n'est pas &#233;puis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre question, corollaire de la pr&#233;c&#233;dente est l'incapacit&#233; de la NUPES et de ses composantes de s'appuyer sur ce mouvement social puissant pour mener le d&#233;bat sur des exigences de combat contre le lib&#233;ralisme capitaliste, dans le prolongement du refus des 64 ans. La NUPES ne cherche pas &#224; s'appuyer sur la conjoncture actuelle pour proposer qu'au niveau syndical et politique se rassemblent localement les militantEs du mouvement dans des structures unitaires pour d&#233;battre ensemble, agir et construire une force se posant en alternative &#224; Macron et &#224; l'extr&#234;me droite. Malheureusement, Le faible niveau d'auto-organisation dans les entreprises et au niveau local a aussi &#233;t&#233; la caract&#233;ristique du mouvement depuis janvier. On peut d&#233;plorer le petit nombre d'initiatives de d&#233;bats unitaires entre forces politiques et syndicales ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les composantes de la NUPES, au lieu de d&#233;battre d'initiatives locales unitaires dans le prolongement du mouvement ont les yeux braqu&#233;s sur les prochaines &#233;lections europ&#233;ennes de 2024, o&#249; les composantes autres que la France insoumise (PS, EELV, PCF) esp&#232;rent &#171; se refaire la cerise &#187; pour r&#233;&#233;quilibrer les rapports de force &#224; gauche. Pourtant, l'urgence devrait &#234;tre de s'ouvrir &#224; un rassemblement unitaire pour combattre les politiques capitalistes de Macron, alors que la col&#232;re sociale est bel et bien pr&#233;sente parmi les classes populaires. La NUPES avait r&#233;ussi il y a un an &#224; occuper le terrain &#224; gauche lors des &#233;lections l&#233;gislatives. Mais depuis, si les d&#233;put&#233;Es de la NUPES se sont fait le relai parlementaire du mouvement social, aucune dynamique de rassemblement militant unitaire n'a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e localement ou nationalement. C'est un des &#233;l&#233;ments qui expliquent que, paradoxalement, la NUPES, comme force politique, ne tire aucun profit politique de ce mouvement social, alors que l'extr&#234;me droite, le RN se construit sur la crise de la droite et d'une polarisation de secteurs abstentionnistes de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc dire qu'au niveau syndical comme au niveau politique, il y a aujourd'hui un moment de suspension, un moment o&#249; le mouvement social et populaire de r&#233;sistance &#224; Macron est suspendu dans le vide. L'urgence des semaines &#224; venir est donc bien, &#224; gauche, d'occuper un espace social et politique pour que se rassemblent et agissent les militantEs ayant agi ensemble ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Voir articles pr&#233;c&#233;dents Inprecor n&#176;705/706.&lt;br class='autobr' /&gt; 2. La pagaille, le bordel en arabe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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