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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Iran &#8212; Nous voulons des droits &#233;gaux !</title>
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		<dc:date>2018-06-26T07:38:19Z</dc:date>
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		<dc:creator>Shiva Mahbobi </dc:creator>


		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-26</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le v&#234;tement f&#233;minin a partout et de tout temps fait l'objet d'un contr&#244;le social et politique : en Iran ou en Arabie saoudite, le foulard est une honteuse obligation d'&#201;tat ; en France, les appels &#224; jeter l'opprobre sur celles qui le portent sont monnaie courante. Une semaine apr&#232;s l'arrestation de l'avocate et militante Nasrin Sotoudeh et en ce jour international de soutien aux prisonniers et prisonni&#232;res politiques iranien.ne.s, Shiva Mahbobi, ancienne prisonni&#232;re politique et membre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-06-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-06-26&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton35307-43aa6.jpg?1782066475' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le v&#234;tement f&#233;minin a partout et de tout temps fait l'objet d'un contr&#244;le social et politique : en Iran ou en Arabie saoudite, le foulard est une honteuse obligation d'&#201;tat ; en France, les appels &#224; jeter l'opprobre sur celles qui le portent sont monnaie courante. Une semaine apr&#232;s l'arrestation de l'avocate et militante Nasrin Sotoudeh et en ce jour international de soutien aux prisonniers et prisonni&#232;res politiques iranien.ne.s, Shiva Mahbobi, ancienne prisonni&#232;re politique et membre du comit&#233; central du Parti des travailleurs communistes d'Iran, propose ici un bilan historique autant qu'un appel f&#233;ministe national et international.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.revue-ballast.fr/iran-nous-voulons-des-droits-egaux/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ballast&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Iran comme dans bien d'autres pays, le patriarcat est profond&#233;ment enracin&#233; dans la soci&#233;t&#233;. L'histoire du mouvement des droits des femmes iraniennes remonte &#224; plus de 100 ans ; le statut des femmes y a &#233;t&#233; profond&#233;ment influenc&#233; et d&#233;termin&#233; par la religion. Ce mouvement s'est pour l'essentiel d&#233;velopp&#233; apr&#232;s la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_constitutionnelle_persane&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;volution constitutionnelle&lt;/a&gt; (1905-1911) : les revendications f&#233;ministes portaient alors principalement sur l'&#233;ducation. Le mouvement f&#233;ministe &#233;tait organis&#233; par les femmes de la bourgeoisie &#233;duqu&#233;e et s'adressait principalement &#224; elles. Bien que la r&#233;volution constitutionnelle f&#251;t susceptible d'ouvrir des perspectives favorables aux femmes, elle ne promulgua ni ne promut aucune loi en leur faveur : les femmes &#233;taient encore consid&#233;r&#233;es comme &#171; sexe faible &#187;, aussi bien au sein de la soci&#233;t&#233; que dans leurs propres familles. Elles &#233;taient priv&#233;es des droits les plus fondamentaux, notamment celui de voter. L'un des premiers magazines consacr&#233;s aux droits des femmes en Iran s'intitulait La Voix des femmes (en farsi : Zaban-e-Zanan). Publi&#233; en 1919, il se pr&#233;occupait particuli&#232;rement de leur &#233;ducation, leur ind&#233;pendance et leurs droits dans la famille ; aussi, il critiquait ouvertement le hijab (le voile, selon le code vestimentaire islamique). L'&#233;ditrice de ce magazine a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e &#224; plusieurs reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la r&#233;volution [islamique] de 1979, l'Iran fut &#233;galement influenc&#233; par la culture mondiale des ann&#233;es 1970, de l'essor des droits des femmes &#224; leur implication dans la soci&#233;t&#233; (notamment sur les lieux de travail). Sous la pression des mouvements f&#233;ministes internationaux, le gouvernement monarchique du Shah dut adopter quelques lois &#8212; somme toute timides &#8212; en faveur des Iraniennes. Ces progr&#232;s en mati&#232;re de l&#233;gislation n'all&#232;rent cependant pas jusqu'&#224; leur octroyer des droits complets : le statut des femmes demeurait lourdement influenc&#233; par l'islam, structurant les lois et le syst&#232;me judiciaire. Au regard des d&#233;cennies ant&#233;rieures, les femmes purent tout de m&#234;me obtenir quelques avanc&#233;es : la modification du droit au divorce (lequel, au lieu de relever de la d&#233;cision du seul mari, &#233;tait d&#233;sormais tranch&#233; par la Cour), le droit d'&#233;tudier dans les universit&#233;s, le droit de garde des enfants en partage avec les hommes (jusqu'alors d&#233;volu exclusivement &#224; ces derniers) et la possibilit&#233; de s'habiller comme elles le souhaitaient, sans obligation de porter le hijab.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution de 1979 fut un soul&#232;vement populaire visant &#224; renverser une monarchie qui maintenait les gens dans la pauvret&#233; et les opprimait de fa&#231;on dictatoriale. Nous esp&#233;rions qu'elle p&#251;t apporter libert&#233; et prosp&#233;rit&#233; &#224; tous. Malheureusement, cette r&#233;volution historique fut r&#233;cup&#233;r&#233;e par le r&#233;gime islamique : par ce d&#233;tournement, l'espoir de millions de gens de vivre dans une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, juste et libre, s'effondra une fois de plus. Le r&#233;gime islamique se mit &#224; r&#233;primer toute dissidence dans le sang et s'&#233;china &#224; distiller la terreur dans la soci&#233;t&#233;, seule mani&#232;re pour lui de briser l'esprit de la r&#233;volution et de tuer les r&#234;ves, les aspirations et les revendications du peuple pour une vie meilleure. Ce r&#233;gime assit son pouvoir en attaquant, enlevant, emprisonnant, torturant, ex&#233;cutant et d&#233;truisant quiconque osait le critiquer. Sous son joug, la situation des femmes &#233;volua &#233;norm&#233;ment&#8230; vers le pire. Les droits qu'elles avaient conquis &#8212; pourtant fort limit&#233;s &#8212; leur furent enlev&#233;s. La premi&#232;re tentative du r&#233;gime islamique pour contr&#244;ler les femmes &#8212; et d&#232;s lors la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re &#8212; fut de les contraindre &#224; porter le hijab : les Iraniennes comprirent imm&#233;diatement que cela constituait une attaque importante, aussi bien contre leurs droits que contre la r&#233;volution. Le 8 mars 1979, au lendemain de la promulgation de cette loi, des milliers de femmes descendirent dans les rues de T&#233;h&#233;ran et d'autres grandes villes lors de la Journ&#233;e internationale des droits des femmes ; elles scandaient &#171; On n'a pas fait la r&#233;volution pour revenir en arri&#232;re ! &#187; et revendiquaient l'&#233;galit&#233; des droits entre les hommes et les femmes. Cette manifestation constitue un jalon majeur pour le mouvement f&#233;ministe iranien. L'obligation du hijab ne s'en traduisit pas moins par une loi &#8212; &#171; Les femmes qui apparaissent dans les rues et en public sans le &#034;hijab islamique&#034; prescrit seront condamn&#233;es &#224; 74 coups de fouet &#187; (article 102 de la Constitution du r&#233;gime islamique) &#8212; devenue symbole de l'oppression des femmes. La question du hijab devint la principale pomme de discorde entre ces derni&#232;res et le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les premi&#232;res attaques men&#233;es par le r&#233;gime islamique, les femmes d'Iran ont inlassablement combattu pour leurs droits les plus fondamentaux et n'ont cess&#233; de d&#233;fier la misogynie et les discriminations du r&#233;gime &#8212; qui fit inscrire dans la loi l'inf&#233;riorit&#233; des femmes, &#224; la fois au sein de la soci&#233;t&#233; et de la famille. Au regard des lois islamiques, tous les aspects de leur vie se doivent d'&#234;tre contr&#244;l&#233;s par le gouvernement : les femmes ont &#224; demander l'autorisation du chef de famille (masculin) afin de pouvoir travailler, se marier, &#233;tudier et participer &#224; un sport ou &#224; quelque autre activit&#233;. Celles qui tent&#232;rent de s'opposer &#224; ces lois et d'alerter les consciences quant &#224; l'&#233;radication des femmes de l'espace public firent l'objet de s&#233;v&#232;res punitions : des peines de prison, la torture, voire l'ex&#233;cution. Les associations de femmes furent interdites et nulle organisation ind&#233;pendante n'a &#233;t&#233; en mesure de soutenir les femmes iraniennes. Toutes les tentatives de former un groupe ou une organisation pour promouvoir leurs droits furent brutalement &#233;cras&#233;es ; des dizaines d'activistes sont actuellement encore en prison. Les lois islamiques ont, en d&#233;finitive, &#233;t&#233; instrumentalis&#233;es pour renforcer le patriarcat et l'oppression des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes les violences inflig&#233;es aux Iraniennes, ces derni&#232;res n'ont jamais recul&#233; et n'ont pas abandonn&#233; leur combat contre le r&#233;gime. Les mouvements f&#233;ministes iraniens ont pris part, apr&#232;s la r&#233;volution de 1979, aux partis politiques de gauche, notamment dans les ann&#233;es 1980 et au d&#233;but des ann&#233;es 1990 : bien des femmes ont rejoint les partis qui incluaient les droits et la libert&#233; des femmes dans leur d&#233;claration d'intention. Au cours de cette d&#233;cennie &#8212; particuli&#232;rement entre 1981 et 1988, p&#233;riode connue pour &#234;tre la plus sanglante de l'histoire contemporaine de l'Iran &#8212;, le pays a compt&#233; un nombre record de prisonni&#232;res politiques. La r&#233;pression brutale de 1981, avec l'ex&#233;cution de centaines de milliers d'hommes et de femmes, fut la seule r&#233;ponse tactique du r&#233;gime islamique, destin&#233;e &#224; distiller la terreur dans la soci&#233;t&#233; et au sein de l'opposition afin d'asseoir son pouvoir. La g&#233;n&#233;ration des femmes iraniennes ayant grandi pendant les ann&#233;es 1970, riche de l'exp&#233;rience d'une relative libert&#233; sociale ant&#233;rieure, n'entendait pas se laisser d&#233;poss&#233;der. Elles agirent, demand&#232;rent une &#233;galit&#233; de droits et criaient : &#171; Non au hijab ! &#187;, &#171; Nous voulons des droits &#233;gaux ! &#187; Ces femmes ont ouvert la voie &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante en lui donnant des outils pour r&#233;sister. La g&#233;n&#233;ration de 1979 avait compris que, dans la question du hijab, ce n'&#233;tait pas seulement le code vestimentaire mais bien le contr&#244;le de la femme qui &#233;tait en jeu : il s'agissait d'un symbole de la mise en esclavage des femmes et d'une tentative pour les rendre invisibles dans la soci&#233;t&#233;. Les militantes f&#233;ministes d'aujourd'hui poursuivent courageusement cette lutte pour l'&#233;galit&#233; des droits en Iran. La g&#233;n&#233;ration actuelle a &#233;t&#233; t&#233;moin et victime d'attaques et d'humiliations syst&#233;matiques : se battre pour ses droits fondamentaux n'est pas une affaire de choix, c'est une n&#233;cessit&#233;. Le combat contre la loi sur le hijab perdure depuis les trente-neuf derni&#232;res ann&#233;es. Mais on voit &#224; pr&#233;sent de jeunes femmes mener le combat plus loin encore en d&#233;fiant le r&#233;gime au niveau international : la joueuse d'&#233;checs de 18 ans &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dorsa_Derakheshani&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dorsa Derakhshani&lt;/a&gt;, triple championne junior d'Asie, en est un exemple ; elle a &#233;t&#233; interdite de comp&#233;tition dans tous les tournois apr&#232;s avoir d&#233;cid&#233; d'appara&#238;tre sans porter le hijab en f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Iran, les femmes se consid&#232;rent comme l'un des principaux piliers de la lutte pour une soci&#233;t&#233; libre et prosp&#232;re. Elles se sont impliqu&#233;es dans la bataille pour l'&#233;radication de la pauvret&#233; ; elles ont &#233;t&#233; et sont toujours actives dans diff&#233;rents mouvements sociaux, tels que les luttes pour les droits des enfants, des animaux, des LGBT ou des travailleurs, pour l'environnement ou encore la lib&#233;ration des prisonniers politiques&#8230; D&#232;s la r&#233;volution de 1979, les femmes ont pris part, et &#224; quel prix, de mani&#232;re visible aux luttes. Il en va de m&#234;me pour les manifestations de masse de cette derni&#232;re d&#233;cennie, notamment lors du soul&#232;vement de 2009 qui a suivi la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_post%C3%A9lectoral_de_2009_en_Iran&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;soi-disant &#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/a&gt;, ou bien lors des &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_de_2017_et_2018_en_Iran&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;voltes de d&#233;cembre 2017&lt;/a&gt;. Depuis quatre ans, on assiste &#224; l'intensification de la lutte contre le hijab : en attestent ces femmes qui &#244;tent leur voile en public et postent leurs photos sur les r&#233;seaux sociaux. Un mouvement aujourd'hui connu sous le nom de &#171; Filles de la rue de la R&#233;volution &#187;, n&#233; au lendemain des soul&#232;vements de d&#233;cembre 2017 et janvier 2018 lorsqu'une femme a suscit&#233; une vague de protestations en posant cet acte symbolique : retirer son hijab dans une rue populaire et tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e, celle de la R&#233;volution, et se tenir debout sur une pi&#232;ce de mobilier urbain. Elle attacha son hijab au b&#226;ton qu'elle lan&#231;a en direction de la foule en signe de protestation. L'acte courageux de cette femme a inspir&#233; nombre de ses cons&#339;urs, qui reproduisirent ce geste dans diff&#233;rentes villes. Plus de 35 d'entre elles furent interpell&#233;es et bien d'autres agress&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233;. Le r&#233;gime poursuit les pr&#233;venues pour &#171; encouragement du peuple &#224; s'engager dans la corruption en enlevant le hijab en public &#187; et pour &#171; avoir commis un acte interdit dans un espace public &#187; ; elles sont condamn&#233;es &#224; deux ann&#233;es de prison. En d&#233;pit de toutes les attaques, du harc&#232;lement et des incarc&#233;rations, le mouvement des &#171; Filles de la rue de la R&#233;volution &#187; s'est &#233;tendu &#224; plusieurs villes d'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il existe un mouvement f&#233;ministe large et persistant, il n'y a pas en Iran d'organisation des droits des femmes, locale ou nationale, puisque, nous l'avons dit, de telles associations sont ill&#233;gales aux yeux du r&#233;gime. Mais le mouvement f&#233;ministe a trouv&#233; une parade : l'une des meilleures et principales fa&#231;ons de s'organiser, de se coordonner et de communiquer sur un &#233;v&#233;nement, sur des manifestations ou toute autre activit&#233;, est l'utilisation des r&#233;seaux sociaux. Le mouvement des &#171; Filles de la rue de la R&#233;volution &#187; n'a &#233;t&#233; encadr&#233; par aucune association, aucun parti, aucun leader : les participantes ont diffus&#233; les informations relatives &#224; leurs actions sur Internet et invit&#233; tout le monde &#224; se joindre &#224; elles dans tout le pays. &#192; l'instar d'autres r&#233;gimes dictatoriaux de par le monde, le r&#233;gime islamique a investi des ressources financi&#232;res et techniques colossales afin de bloquer les applications des diff&#233;rents r&#233;seaux sociaux et de surveiller les conversations t&#233;l&#233;phoniques comme les courriels. Les services d'espionnage du r&#233;gime s'emparent de toutes les occasions pour emp&#234;cher les gens d'envoyer des nouvelles &#224; l'ext&#233;rieur de l'Iran. Malgr&#233; toutes ces restrictions, les m&#233;dias sociaux restent la principale ressource pour rendre visible des actions, m&#234;me isol&#233;es ; elles sont ensuite reprises par les m&#233;dias de l'opposition et les organisations &#224; l'&#233;tranger. Le mouvement des &#171; Filles de la rue de la R&#233;volution &#187; a ainsi inspir&#233; certaines activistes f&#233;ministes d'Europe et du Proche-Orient, appelant &#224; une &#171; Journ&#233;e sans hijab &#187; en soutien aux femmes iraniennes. Lorsqu'il y a une manifestation et que des arrestations ont lieu, l'information est envoy&#233;e &#224; des organisations &#224; l'&#233;tranger pour chercher du soutien et la relayer aupr&#232;s des syndicats, des organisations f&#233;ministes, des parlementaires et des chefs de gouvernement de diff&#233;rents pays, sollicit&#233;s en vue d'adresser des lettres aux dirigeants du r&#233;gime islamique d'Iran pour exiger la lib&#233;ration des activistes f&#233;ministes. La solidarit&#233; internationale a &#233;t&#233; d&#233;terminante pour faire pression, condamner la r&#233;pression du r&#233;gime et affermir ces combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, et les revendications qu'il porte, sont fortement influenc&#233;s par la gauche. Malgr&#233; les nombreuses tentatives du r&#233;gime pour l'emp&#234;cher, la c&#233;l&#233;bration de la Journ&#233;e pour les droits des femmes, ce 8 mars 2018, s'est av&#233;r&#233;e plus visible encore que les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, et ce dans divers endroits du pays. Le mouvement f&#233;ministe s'est r&#233;pandu ; il r&#233;clame des droits &#233;gaux, la fin de l'apartheid sexuel et l'abrogation de l'obligation du hijab &#8212; autant de revendications qui figurent dor&#233;navant en bonne place dans les mouvements universitaires ou syndicaux. Disons-le : le fait que ces mots d'ordre aient charpent&#233;, sans interruption aucune, une partie essentielle des mouvements sociaux iraniens durant pr&#232;s de 40 ans est, en soi, un succ&#232;s significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shiva Mahbobi est une militante des droits humains, porte-parole de la campagne pour la lib&#233;ration des prisonniers et prisonni&#232;res politiques iraniens, ancienne prisonni&#232;re politique elle-m&#234;me. Elle est &#233;galement membre du comit&#233; central du Parti des travailleurs communistes d'Iran.&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'anglais, pour Ballast, par Patrick Zech&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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