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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Immigration alg&#233;rienne : deux ou trois choses que l'on sait d'elle</title>
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		<dc:date>2018-06-26T07:14:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Naly G&#233;rard</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, plus d'un million de personnes n&#233;es en France ont au moins un parent qui a immigr&#233; d'Alg&#233;rie &#8211; c'est davantage que les 900.000 descendants de l'immigration italienne. C'est dire l'importance de ce flux migratoire du Maghreb dans notre histoire. &#192; partir de publications de r&#233;f&#233;rence et des travaux de recherche les plus r&#233;cents, l'historien Emmanuel Blanchard signe une Histoire de l'immigration alg&#233;rienne en France (coll. &#034;Rep&#232;res&#034;, &#233;d. La D&#233;couverte) et dessine les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton35343-adb98.jpg?1781490969' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, plus d'un million de personnes n&#233;es en France ont au moins un parent qui a immigr&#233; d'Alg&#233;rie &#8211; c'est davantage que les 900.000 descendants de l'immigration italienne. C'est dire l'importance de ce flux migratoire du Maghreb dans notre histoire. &#192; partir de publications de r&#233;f&#233;rence et des travaux de recherche les plus r&#233;cents, l'historien Emmanuel Blanchard signe une Histoire de l'immigration alg&#233;rienne en France (coll. &#034;Rep&#232;res&#034;, &#233;d. La D&#233;couverte) et dessine les caract&#233;ristiques d'une immigration marqu&#233;e par la colonisation et la guerre d'ind&#233;pendance, par sa dur&#233;e aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/societe/article/immigration-algerienne-deux-ou-trois-choses-que-l-on-sait-d-elle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements r&#233;guliers des travailleurs alg&#233;riens entre les deux rives de la M&#233;diterran&#233;e ont d&#233;but&#233; d&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle, initi&#233;s en grande partie par les Kabyles. Les soci&#233;t&#233;s rurales alg&#233;riennes dans leur ensemble subissent alors de plein fouet l'accaparement des terres, le refoulement et le contr&#244;le des d&#233;placements impos&#233;s par l'&#201;tat fran&#231;ais depuis son arriv&#233;e en 1830. La puissance coloniale tol&#232;re les d&#233;parts d'&#233;migr&#233;s fuyant la pauvret&#233; et m&#234;me la famine, comme une soupape, qui &#233;vite la remise en cause de sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;L'arm&#233;e de r&#233;serve du capitalisme fran&#231;ais&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exil (ou hijra) des &#034;indig&#232;nes musulmans&#034; en France se d&#233;veloppe apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale &#224; laquelle ils apportent un lourd tribut. Cette &#233;migration de travail, essentiellement spontan&#233;e (autrement dit, non organis&#233;e par l'Office internationale de l'immigration) se poursuit ensuite. Elle conna&#238;t une acc&#233;l&#233;ration pendant la guerre d'ind&#233;pendance, continue apr&#232;s 1962 et dure jusqu'&#224; aujourd'hui : chaque ann&#233;e, environ 25.000 ressortissants alg&#233;riens obtiennent un titre de s&#233;jour en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les Trente Glorieuses, les travailleurs immigr&#233;s alg&#233;riens forment &#034;l'arm&#233;e de r&#233;serve du capitalisme fran&#231;ais&#034; dans les usines ou le secteur du b&#226;timent. Ils exercent aussi dans le petit commerce et les caf&#233;s, &#233;voluant dans des milieux sociaux plus divers que le reste de l'immigration maghr&#233;bine. Comme le souligne Emmanuel Blanchard, ces ouvriers se distinguent aussi par leur politisation intense, qui s'exprime par un engagement syndical de longue date, plus fort que celui des autres Maghr&#233;bins, et par leur participation au mouvement nationaliste de leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cent ans, la population immigr&#233;e alg&#233;rienne a fait l'objet de nombreuses discriminations. Les ann&#233;es 1920 voient se r&#233;pandre le st&#233;r&#233;otype x&#233;nophobe du &#034;sidi criminel&#034;. Plus tard, dans les ann&#233;es 1960, les obstacles barrant l'acc&#232;s au logement touchent particuli&#232;rement les familles alg&#233;riennes, souvent rel&#233;gu&#233;es dans des bidonvilles ou des h&#244;tels meubl&#233;s. Lors des proc&#233;dures du &#034;regroupement familial&#034; apparues en 1976, les familles se heurtent &#233;galement &#224; une v&#233;ritable &#034;hostilit&#233; institutionnelle&#034; &#224; leur encontre. La rh&#233;torique de &#034;l'envahissement&#034; alors omnipr&#233;sente dans le d&#233;bat public, accuse les immigr&#233;s alg&#233;riens d'&#234;tre &#034;inassimilables&#034; en raison de leur prog&#233;niture nombreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#034;grippage du processus d'int&#233;gration&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue St&#233;phane Beaud apporte justement un &#233;clairage sur le parcours de huit fr&#232;res et s&#339;urs, enfants d'immigr&#233;s alg&#233;riens arriv&#233;s dans les ann&#233;es 1970. Pour La France des Belhoumi (&#233;d. La D&#233;couverte), le sp&#233;cialiste de la classe ouvri&#232;re a enqu&#234;t&#233; durant cinq ans aupr&#232;s de cette fratrie issue d'une famille ordinaire, install&#233;e dans le centre de la France. Chez les &#034;Belhoumi&#034; (nom et pr&#233;noms sont fictifs), comme chez tant d'autres immigr&#233;s alg&#233;riens, les enfants sont nombreux, les parents ont un faible niveau de scolarisation, le p&#232;re est un prol&#233;taire, la r&#233;sidence est une HLM de banlieue ouvri&#232;re, tandis que l'on maintient des liens r&#233;guliers avec l'Alg&#233;rie et l'on pratique paisiblement un islam traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Beaud met en lumi&#232;re les m&#233;canismes d'insertion classiques qui ont profit&#233; aux enfants : l'&#233;cole et les dipl&#244;mes, le travail salari&#233;, la mixit&#233; sociale r&#233;sidentielle. Il montre l'importance des espaces sociaux hors de la famille (&#233;cole, quartier, groupe de pairs&#8230;), et des solidarit&#233;s entre a&#238;n&#233;s et cadets, sous la forme d'un soutien moral, d'une redistribution d'informations sur la scolarit&#233; ou encore du partage de pratiques culturelles acquises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parcours des plus jeunes, qui ont grandi dans les ann&#233;es 2000, r&#233;v&#232;le pourtant un &#034;v&#233;ritable grippage du processus d'int&#233;gration&#034;. Celui-ci se traduit par la perte de vitesse d'une &#233;cole int&#233;gratrice et de l'&#233;ducation populaire, par la baisse de la mixit&#233; sociale dans les &#233;tablissements et les quartiers, ou encore par la rel&#233;gation dans des fili&#232;res scolaires culs-de-sac. Le parcours des gar&#231;ons de la fratrie confirme les obstacles rencontr&#233;s plus souvent par les jeunes hommes d'origine maghr&#233;bine des cit&#233;s populaires : emprise sociale du quartier et tentation de la d&#233;linquance, ch&#244;mage, discriminations &#224; l'embauche, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les plus jeunes s&#339;urs &#034;Belhoumi&#034;, aujourd'hui trentenaires, t&#233;moignent de la mont&#233;e du communautarisme, qu'elles rejettent plut&#244;t, et du &#034;revival&#034; religieux visible dans leur g&#233;n&#233;ration. Selon l'enqu&#234;te &#034;Trajectoires et origines&#034; de l'Institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques (2016), pr&#232;s des trois quarts des enfants d'immigr&#233;s alg&#233;riens d&#233;clarent en effet &#034;accorder de l'importance &#224; la religion&#034; (73%, contre 24% de la population majoritaire, non concern&#233;e par l'immigration (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;g&#233;s de 31 &#224; 42 ans, les enfants &#034;Belhoumi&#034; font partie des classes moyennes et populaires, &#224; l'image d'une fraction importante du groupe des &#034;jeunes d'origine maghr&#233;bine&#034;. L'enqu&#234;te &#034;Trajectoires et origines&#034; montre que si ces derniers sont nombreux &#224; exercer, comme leurs parents, des emplois d'ex&#233;cution (employ&#233;s, ouvriers, vendeurs, etc.), 25% de ceux qui &#233;taient en emploi en 2008 appartenaient &#224; la classe moyenne dipl&#244;m&#233;e, en &#233;tant cadres sup&#233;rieurs ou professions interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plume sensible de St&#233;phane Beaud donne une &#233;paisseur humaine aux parcours d'enfants d'immigr&#233;s &#034;sans histoire&#034; de Samira, Azzedine ou Nadia, souvent invisibles ou r&#233;duits &#224; des statistiques. Contrant les visions caricaturales et les clich&#233;s racistes, il met en relief la complexit&#233; du processus social de l'int&#233;gration et comment il se module avec l'histoire individuelle de chacun, forc&#233;ment singuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) L'enqu&#234;te qui visait &#224; &#233;tudier les discriminations portait sur environ 22.000 enqu&#234;t&#233;s, &#226;g&#233;s de 18 &#224; 60 ans, r&#233;sidant en France m&#233;tropolitaine, qui sont soit &#034;immigr&#233;s&#034;, soit &#034;descendants d'immigr&#233;s&#034;, soit &#034;natifs des DOM&#034;, soit &#034;descendants de natifs des DOM&#034;, soit issus de la &#034;population majoritaire&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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