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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Argentine. Un triomphe qui attend d'&#234;tre d&#233;finitif. La lutte pour la l&#233;galisation de l'avortement</title>
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		<dc:date>2018-08-14T07:50:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvana Aiudi</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-08-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours des derniers jours, l'agenda f&#233;ministe a connu une nouvelle conqu&#234;te en Am&#233;rique latine. En Argentine, apr&#232;s des d&#233;cennies de lutte men&#233;e par divers groupes de femmes, la Chambre des d&#233;put&#233;s a donn&#233; une demi-sanction, approbation &#224; la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. [Demi-approbation car le S&#233;nat doit encore se prononcer au d&#233;but du mois de juillet.] &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de ; Entre les lignes et les mots 2018 - 24 - 30 juin : Notes de lecture, textes, p&#233;titions, lien... &lt;br class='autobr' /&gt; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-08-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-08-14&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton35407-c25b3.jpg?1781546602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des derniers jours, l'agenda f&#233;ministe a connu une nouvelle conqu&#234;te en Am&#233;rique latine. En Argentine, apr&#232;s des d&#233;cennies de lutte men&#233;e par divers groupes de femmes, la Chambre des d&#233;put&#233;s a donn&#233; une demi-sanction, approbation &#224; la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. [Demi-approbation car le S&#233;nat doit encore se prononcer au d&#233;but du mois de juillet.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de ; Entre les lignes et les mots 2018 - 24 - 30 juin : Notes de lecture, textes, p&#233;titions, lien...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La demi-sanction donn&#233;e &#224; la loi a recueilli un soutien transversal. En effet, des parlementaires de tous les horizons politiques se sont prononc&#233;s en faveur de l'initiative lors d'un vote qui s'est av&#233;r&#233; tr&#232;s serr&#233;. Avant le vote, des d&#233;bats importants ont eu lieu &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s, mais &#233;galement dans les m&#233;dias et dans diverses sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;. Enfin, le mercredi 13 juin, le projet l&#233;gislatif sur lequel s'affrontaient les secteurs en faveur de la l&#233;galisation et ceux qui s'autoproclament &#171; pro-vie &#187; a &#233;t&#233; adopt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments de ceux qui s'opposaient &#224; cette loi tournaient autour du slogan &#171; sauver les deux vies &#187;. Leur discours &#233;tait fortement marqu&#233; par une perspective religieuse &#8211; fondamentalement catholique &#8211; et mettait en &#233;vidence peu d'arguments concernant le vrai probl&#232;me. En omettant d'aborder la question dans le cadre de la sant&#233; publique, certains d&#233;put&#233;s qui ont rejet&#233; l'initiative sont all&#233;s jusqu'&#224; faire des analogies absurdes. Un d&#233;put&#233; a ainsi compar&#233; les femmes &#224; des marsupiaux et a d&#233;clar&#233; litt&#233;ralement : &#171; Les marsupiaux finissent leur d&#233;veloppement &#224; l'ext&#233;rieur du ventre de la femelle. Ils rampent et t&#232;tent pendant des mois dans la poche [&#171; poche marsupiale &#187; dans laquelle la femelle incube sa prog&#233;niture] jusqu'&#224; la fin de leur d&#233;veloppement. Si nous avions le m&#234;me syst&#232;me et que des b&#233;b&#233;s de 10 ou 15 centim&#232;tres &#233;taient attach&#233;s au sein de leur m&#232;re, serait-il aussi facile de les jeter ? Nous devons soutenir la vie, pas seulement d'une mais des deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est l&#224; qu'une des nombreuses expressions ridicules qu'on a pu entendre au cours du d&#233;bat. Les arguments des d&#233;put&#233;s qui repr&#233;sentaient des provinces comme Santiago del Estero, Tucum&#225;n ou San Luis &#233;taient moyen&#226;geux. Aucun d'entre eux n'a pris en compte le probl&#232;me des avortements clandestins, ni celui des d&#233;c&#232;s des femmes, ni encore le passif de l'Etat en mati&#232;re de sant&#233; publique en tant que facteur de renforcement des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les donn&#233;es de Economia Feminista, un groupe de chercheuses charg&#233; de rendre aux questions de genre une visibilit&#233; du point de vue &#233;conomique, on estime que 460 000 avortements sont provoqu&#233;s en Argentine chaque ann&#233;e, soit 52 par heure ou 0,86 par minute. Autrement dit, selon ces estimations, tous les deux jours une femme meurt d'avortements pratiqu&#233;s dans la clandestinit&#233; et dans des conditions pr&#233;caires. Les avortements sont la principale cause de mortalit&#233; maternelle dans les cas d'hypertension ou de septic&#233;mie. Et l'ill&#233;galit&#233; fait de l'avortement une pratique dangereuse, allant des cliniques priv&#233;es &#8211; o&#249; les m&#233;decins admettent des patientes avec un autre diagnostic &#8211; &#224; des m&#233;thodes plus dangereuses comme les aiguilles &#224; tricoter ou le persil, des actes extr&#234;mement p&#233;rilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que les in&#233;galit&#233;s sont renforc&#233;es : d'un c&#244;t&#233;, il y a les femmes qui peuvent se permettre de se payer l'acc&#232;s &#224; la pratique de l'avortement sans risquer leur vie (mais pas dans tous les cas) et, de l'autre, il y a celles qui ont moins d'argent et sont r&#233;duites &#224; pratiquer des avortements chez elles, dans des situations de marginalisation et de mauvaise hygi&#232;ne. Dans de nombreux cas, elles d&#233;veloppent des infections et, parfois, elles d&#233;c&#232;dent. Mais au-del&#224; des chiffres, il existe un discours social patriarcal de culpabilisation et de condamnation des femmes, discours qui l&#233;gitime leur criminalisation. La chercheuse Dora Barrancos propose de r&#233;fl&#233;chir au sentiment de culpabilit&#233; qui s'installe chez les femmes parce qu'elles &#171; tombent enceintes &#187;. Selon Dora Barrancos, les femmes doivent ainsi subir le spectre de la maternit&#233;, ce qui limite leur sexualit&#233;. Le patriarcat restreint leur plaisir et les contraint &#224; la reproduction. La r&#233;ponse du syst&#232;me est de criminaliser l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, il existe d&#233;j&#224; un Protocole sur l'avortement non punissable, qui pr&#233;cise qu'une femme peut pratiquer un avortement en cas de viol, de mise en danger &#224; sa vie ou &#224; sa sant&#233;, ou encore dans le cas o&#249; la grossesse est le r&#233;sultat d'une &#171; atteinte &#224; la pudeur contre une femme idiote ou d&#233;mente &#187;. Cependant, d'apr&#232;s le collectif Economia Feminista : &#171; Beaucoup de m&#233;decins soulignent que, m&#234;me dans les cas envisag&#233;s par ce protocole sur l'avortement non punissable, ils pr&#233;f&#232;rent ne pas pratiquer la proc&#233;dure par crainte d'avoir plus tard des probl&#232;mes juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la loi n'est toujours pas appliqu&#233;e de mani&#232;re uniforme au niveau national. En outre, elle fait l'objet de controverses entre les partis du gouvernement actuel et du gouvernement pr&#233;c&#233;dent, avec des all&#233;es et venues en ce qui concerne son application. Ceux qui pratiquent des avortements dans le cadre du protocole craignent donc de devoir un jour affronter des probl&#232;mes juridiques. De plus, ils indiquent que ceux qui pratiquent des interruptions de grossesse (en conformit&#233; avec la loi) et ceux qui sont en faveur de la pleine l&#233;galisation de l'avortement sont stigmatis&#233;s et catalogu&#233;s par leurs propres coll&#232;gues. &#187; Il faut &#233;galement tenir compte du fait que gr&#226;ce &#224; l'ill&#233;galit&#233; de l'IVG, la vente de pilules abortives rapporte des millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le secteur le plus conservateur de l'Eglise catholique a tenu une place privil&#233;gi&#233;e dans la position condamnant le droit &#224; avortement. Des Eglises d'autres religions et un groupe d'obst&#233;triciens ont adopt&#233; la m&#234;me posture. Dans les provinces les plus conservatrices de l'Argentine, ces secteurs posent un v&#233;ritable probl&#232;me. Ce sont &#233;galement eux qui font pression pour que la loi 26.150 sur l'&#233;ducation sexuelle globale, promulgu&#233;e en 2006, ne soit pas appliqu&#233;e dans les &#233;coles ou qu'elle soit abord&#233;e d'une mani&#232;re tamis&#233;e par l'id&#233;ologie et avec un contenu d&#233;lay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces acteurs politiques, sociaux et religieux sont des opposants &#224; ce qu'ils appellent eux-m&#234;mes &#171; l'id&#233;ologie du genre &#187;. Mais leur poids est important non seulement en Argentine &#8211; o&#249;, heureusement, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse semble les &#233;loigner, dans le futur &#8211; mais aussi ailleurs en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Am&#233;rique latine et les opposants aux &#171; id&#233;ologies de genre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'avortements clandestins en Am&#233;rique latine est alarmant. Selon la derni&#232;re recherche de Abortion Worldwide 2017 &#8211; Uneven progress and Access publi&#233;e par l'Institut Guttmacher, la r&#233;gion se classe au premier rang en ce qui concerne le taux d'avortements : 44 femmes en &#226;ge de procr&#233;er (15-44 ans) sur 1000 ont recours &#224; l'avortement. On estime &#224; 6,5 millions le nombre d'avortements provoqu&#233;s en Am&#233;rique latine et dans les Cara&#239;bes entre 2010 et 2014. Ces derniers temps, la proportion globale de grossesses qui se terminent par un avortement est pass&#233;e de 23% &#224; 32%. Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS), 50% des avortements sont pratiqu&#233;s ill&#233;galement et le nombre de d&#233;c&#232;s (&#233;vitables) est de 70 000 femmes par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut constater que dans les pays o&#249; l'avortement est l&#233;gal, le nombre d'avortements pratiqu&#233;s tout comme celui des d&#233;c&#232;s ont diminu&#233;. C'est le cas exemplaire de l'Uruguay, qui a le taux d'avortement le plus bas du monde. La loi uruguayenne autorise l'interruption volontaire de grossesse pendant les 12 premi&#232;res semaines. Selon le minist&#232;re de la Sant&#233; publique, l'Uruguay a un taux de 10 avortements pour 1000 femmes (compar&#233; aux pays d'Europe occidentale o&#249; il est de 12 pour 1000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les autres pays d'Am&#233;rique latine, comme la Colombie, l'Equateur, le Chili, l'Argentine, l'avortement est interdit mais n'est pas p&#233;nalis&#233; en cas de viol, si la sant&#233; des femmes est en danger, etc. Cependant, la situation est plus grave dans des pays comme le Br&#233;sil, o&#249; une femme meurt tous les deux jours. Il en va de m&#234;me en Bolivie, o&#249; l'avortement est d&#233;p&#233;nalis&#233; en cas de viol et si la poursuite de la grossesse fait courir &#224; la femme un &#171; risque grave &#187;. La situation est encore plus grave au Paraguay et au Venezuela, o&#249; l'avortement est interdit m&#234;me en cas de viol. Il en va de m&#234;me au P&#233;rou, o&#249; 8,4% des femmes d&#233;clarent avoir subi des violences sexuelles. Dans ce dernier pays, il y a depuis peu une campagne pour la d&#233;p&#233;nalisation en cas de viol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les raisons pour lesquelles les associations f&#233;ministes de la r&#233;gion sont unies en faveur de l'avortement l&#233;gal, s&#251;r et gratuit pour permettre aux femmes de se soustraire &#224; la criminalisation et &#224; la pens&#233;e patriarcale qui les opprime et rend la maternit&#233; obligatoire. Le f&#233;minisme a acquis une nouvelle dynamique, avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'activistes qui descendent dans la rue pour revendiquer de pouvoir contr&#244;ler et disposer de leur propre corps. Cependant, on sait qu'il y a des groupes de droite qui sont connus comme &#233;tant oppos&#233;s &#224; l'&#171; id&#233;ologie du genre &#187; et qui se caract&#233;risent par leur opposition aux id&#233;es et aux droits f&#233;ministes et &#224; ceux du collectif LGTTBIQ, tels que le mariage &#233;galitaire, l'&#233;galit&#233; et l'autonomie des femmes ainsi qu'au terme &#171; genre &#187;, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupes s'appuient sur une pens&#233;e fondamentaliste bas&#233;e sur les Ecritures pour soutenir leurs campagnes et promouvoir la &#171; moralit&#233; &#187;. Dans un entretien publi&#233; dans Nueva Sociedad, Maxine Molyneux (University College London) d&#233;clare : &#171; Cette &#233;trange vision du pouvoir destructeur f&#233;minin s'accompagne de la part des fondamentalistes de l'id&#233;e qu'ils sont les gardiens de la stabilit&#233; sociale. Ils soutiennent la famille patriarcale, fermement bas&#233;e sur la place de la femme au foyer en tant que soignante des hommes et des enfants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter que cette vision ne s'exprime pas uniquement sous la forme d'opinions, mais &#233;galement par une restriction des droits humains. Ces groupes vont de la nouvelle droite aux groupes &#233;vang&#233;liques et catholiques ayant des positions r&#233;actionnaires et conservatrices. Au P&#233;rou, la campagne #ConMisHijosNoTeMetas a tellement insist&#233; qu'en 2017 la Cour supr&#234;me a annul&#233; l'objectif d'&#233;galit&#233; des sexes dans les &#233;coles et d&#233;truit en moins de six mois les &#233;ditions de livres qui, selon eux, proposaient de &#171; rendre les enfants homosexuels &#187;. Ce m&#234;me groupe s'est servi de la loi pour modifier le mat&#233;riel &#233;ducatif visant &#224; promouvoir l'&#233;ducation en mati&#232;re de reproduction, de sexualit&#233; et de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil cette aile droite chr&#233;tienne a un pouvoir politique consid&#233;rable. Ses membres, dont beaucoup ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s pour corruption, ont approuv&#233; des lois contre les droits des femmes et contre le collectif LGTTBIQ. Les &#233;vang&#233;liques ont appel&#233; les psychologues &#224; &#171; traiter &#187; les homosexuels et demand&#233; aux gouvernements de refuser la contraception et l'avortement aux femmes. Or, ce sont des positions qui vont &#224; l'encontre des obligations de l'Etat et de l'exercice des droits. Mais ce qui est le plus dangereux c'est lorsque ces groupes prennent le pouvoir et occupent des si&#232;ges dans les instances l&#233;gislatives, car ils peuvent alors modifier les lois et r&#233;duire les droits, comme c'est le cas au Br&#233;sil et au Paraguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vais changer les choses que je ne peux pas accepter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ce fut le cas en Uruguay, l'Argentine attend maintenant l'approbation d&#233;finitive (par le s&#233;nat) de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. Le projet de loi, qui a obtenu une demi-sanction le 14 juin, propose &#171; l'avortement l&#233;gal pour ne pas mourir, les contraceptifs pour ne pas avorter et l'&#233;ducation sexuelle pour d&#233;cider &#187;. Des collectifs de femmes d'Am&#233;rique latine ont accompagn&#233; la veill&#233;e qui a eu lieu au Congr&#232;s national &#224; Buenos Aires. Les camarades p&#233;ruviennes, par exemple, ont prodigu&#233; des encouragements sur les r&#233;seaux sociaux dans l'espoir que l'Am&#233;rique latine bouge en mati&#232;re de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si on peut penser que les groupes conservateurs repr&#233;sent&#233;s au Congr&#232;s argentin et aux diff&#233;rents parlements d'Am&#233;rique latine aspirent au pouvoir, l'Argentine constitue un pr&#233;c&#233;dent de ce que les organisations f&#233;ministes, accompagn&#233;es par les collectifs LGTTBIQ, peuvent accomplir sur la question du genre. La bataille est ardue, mais lorsqu'on peut avoir l'espoir d'une avanc&#233;e sur le terrain des droits humains et des changements culturels c'est le bonheur. Allons-y !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silvana Aiudi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue Nueva Sociedad, juin 2018 ; traduction A l'Encontre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/argentine-un-triomphe-qui-attend-detre-definitif-la-lutte-pour-la-legalisation-de-lavortement.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/ameriques/amelat/argentine-un-triomphe-qui-attend-detre-definitif-la-lutte-pour-la-legalisation-de-lavortement.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Argentine. Un triomphe qui attend d'&#234;tre d&#233;finitif. La lutte pour la l&#233;galisation de l'avortement</title>
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		<dc:date>2018-06-26T07:36:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Silvana Aiudi</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 25 - juin - 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des derniers jours, l'agenda f&#233;ministe a connu une nouvelle conqu&#234;te en Am&#233;rique latine. En Argentine, apr&#232;s des d&#233;cennies de lutte men&#233;e par divers groupes de femmes, la Chambre des d&#233;put&#233;s a donn&#233; une demi-sanction, approbation &#224; la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. [Demi-approbation car le S&#233;nat doit encore se prononcer au d&#233;but du mois de juillet.] La demi-sanction donn&#233;e &#224; la loi a recueilli un soutien transversal. En (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-06-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-06-26&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton35363-fef54.png?1781546603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 25 - juin - 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers jours, l'agenda f&#233;ministe a connu une nouvelle conqu&#234;te en Am&#233;rique latine. En Argentine, apr&#232;s des d&#233;cennies de lutte men&#233;e par divers groupes de femmes, la Chambre des d&#233;put&#233;s a donn&#233; une demi-sanction, approbation &#224; la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. [Demi-approbation car le S&#233;nat doit encore se prononcer au d&#233;but du mois de juillet.] La demi-sanction donn&#233;e &#224; la loi a recueilli un soutien transversal. En effet, des parlementaires de tous les horizons politiques se sont prononc&#233;s en faveur de l'initiative lors d'un vote qui s'est av&#233;r&#233; tr&#232;s serr&#233;. Avant le vote, des d&#233;bats importants ont eu lieu &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s, mais &#233;galement dans les m&#233;dias et dans diverses sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;. Enfin, le mercredi 13 juin, le projet l&#233;gislatif sur lequel s'affrontaient les secteurs en faveur de la l&#233;galisation et ceux qui s'autoproclament &#171; pro-vie &#187; a &#233;t&#233; adopt&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les arguments de ceux qui s'opposaient &#224; cette loi tournaient autour du slogan &#171; sauver les deux vies &#187;. Leur discours &#233;tait fortement marqu&#233; par une perspective religieuse &#8211; fondamentalement catholique &#8211; et mettait en &#233;vidence peu d'arguments concernant le vrai probl&#232;me. En omettant d'aborder la question dans le cadre de la sant&#233; publique, certains d&#233;put&#233;s qui ont rejet&#233; l'initiative sont all&#233;s jusqu'&#224; faire des analogies absurdes. Un d&#233;put&#233; a ainsi compar&#233; les femmes &#224; des marsupiaux et a d&#233;clar&#233; litt&#233;ralement : &#171; Les marsupiaux finissent leur d&#233;veloppement &#224; l'ext&#233;rieur du ventre de la femelle. Ils rampent et t&#232;tent pendant des mois dans la poche [&#171; poche marsupiale &#187; dans laquelle la femelle incube sa prog&#233;niture] jusqu'&#224; la fin de leur d&#233;veloppement. Si nous avions le m&#234;me syst&#232;me et que des b&#233;b&#233;s de 10 ou 15 centim&#232;tres &#233;taient attach&#233;s au sein de leur m&#232;re, serait-il aussi facile de les jeter ? Nous devons soutenir la vie, pas seulement d'une mais des deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est l&#224; qu'une des nombreuses expressions ridicules qu'on a pu entendre au cours du d&#233;bat. Les arguments des d&#233;put&#233;s qui repr&#233;sentaient des provinces comme Santiago del Estero, Tucum&#225;n ou San Luis &#233;taient moyen&#226;geux. Aucun d'entre eux n'a pris en compte le probl&#232;me des avortements clandestins, ni celui des d&#233;c&#232;s des femmes, ni encore le passif de l'Etat en mati&#232;re de sant&#233; publique en tant que facteur de renforcement des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les donn&#233;es de Economia Feminista, un groupe de chercheuses charg&#233; de rendre aux questions de genre une visibilit&#233; du point de vue &#233;conomique, on estime que 460'000 avortements sont provoqu&#233;s en Argentine chaque ann&#233;e, soit 52 par heure ou 0,86 par minute. Autrement dit, selon ces estimations, tous les deux jours une femme meurt d'avortements pratiqu&#233;s dans la clandestinit&#233; et dans des conditions pr&#233;caires. Les avortements sont la principale cause de mortalit&#233; maternelle dans les cas d'hypertension ou de septic&#233;mie. Et l'ill&#233;galit&#233; fait de l'avortement une pratique dangereuse, allant des cliniques priv&#233;es &#8211; o&#249; les m&#233;decins admettent des patientes avec un autre diagnostic &#8211; &#224; des m&#233;thodes plus dangereuses comme les aiguilles &#224; tricoter ou le persil, des actes extr&#234;mement p&#233;rilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que les in&#233;galit&#233;s sont renforc&#233;es : d'un c&#244;t&#233;, il y a les femmes qui peuvent se permettre de se payer l'acc&#232;s &#224; la pratique de l'avortement sans risquer leur vie (mais pas dans tous les cas) et, de l'autre, il y a celles qui ont moins d'argent et sont r&#233;duites &#224; pratiquer des avortements chez elles, dans des situations de marginalisation et de mauvaise hygi&#232;ne. Dans de nombreux cas, elles d&#233;veloppent des infections et, parfois, elles d&#233;c&#232;dent. Mais au-del&#224; des chiffres, il existe un discours social patriarcal de culpabilisation et de condamnation des femmes, discours qui l&#233;gitime leur criminalisation. La chercheuse Dora Barrancos propose de r&#233;fl&#233;chir au sentiment de culpabilit&#233; qui s'installe chez les femmes parce qu'elles &#171; tombent enceintes &#187;. Selon Dora Barrancos, les femmes doivent ainsi subir le spectre de la maternit&#233;, ce qui limite leur sexualit&#233;. Le patriarcat restreint leur plaisir et les contraint &#224; la reproduction. La r&#233;ponse du syst&#232;me est de criminaliser l'avortement.En Argentine, il existe d&#233;j&#224; un Protocole sur l'avortement non punissable, qui pr&#233;cise qu'une femme peut pratiquer un avortement en cas de viol, de mise en danger &#224; sa vie ou &#224; sa sant&#233;, ou encore dans le cas o&#249; la grossesse est le r&#233;sultat d'une &#171; atteinte &#224; la pudeur contre une femme idiote ou d&#233;mente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d'apr&#232;s le collectif Economia Feminista : &#171; Beaucoup de m&#233;decins soulignent que, m&#234;me dans les cas envisag&#233;s par ce protocole sur l'avortement non punissable, ils pr&#233;f&#232;rent ne pas pratiquer la proc&#233;dure par crainte d'avoir plus tard des probl&#232;mes juridiques. En effet, la loi n'est toujours pas appliqu&#233;e de mani&#232;re uniforme au niveau national. En outre, elle fait l'objet de controverses entre les partis du gouvernement actuel et du gouvernement pr&#233;c&#233;dent, avec des all&#233;es et venues en ce qui concerne son application. Ceux qui pratiquent des avortements dans le cadre du protocole craignent donc de devoir un jour affronter des probl&#232;mes juridiques. De plus, ils indiquent que ceux qui pratiquent des interruptions de grossesse (en conformit&#233; avec la loi) et ceux qui sont en faveur de la pleine l&#233;galisation de l'avortement sont stigmatis&#233;s et catalogu&#233;s par leurs propres coll&#232;gues. &#187; Il faut &#233;galement tenir compte du fait que gr&#226;ce &#224; l'ill&#233;galit&#233; de l'IVG, la vente de pilules abortives rapporte des millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le secteur le plus conservateur de l'Eglise catholique a tenu une place privil&#233;gi&#233;e dans la position condamnant le droit &#224; avortement. Des Eglises d'autres religions et un groupe d'obst&#233;triciens ont adopt&#233; la m&#234;me posture. Dans les provinces les plus conservatrices de l'Argentine, ces secteurs posent un v&#233;ritable probl&#232;me. Ce sont &#233;galement eux qui font pression pour que la loi 26.150 sur l'&#233;ducation sexuelle globale, promulgu&#233;e en 2006, ne soit pas appliqu&#233;e dans les &#233;coles ou qu'elle soit abord&#233;e d'une mani&#232;re tamis&#233;e par l'id&#233;ologie et avec un contenu d&#233;lay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces acteurs politiques, sociaux et religieux sont des opposants &#224; ce qu'ils appellent eux-m&#234;mes &#171; l'id&#233;ologie du genre &#187;. Mais leur poids est important non seulement en Argentine &#8211; o&#249;, heureusement, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse semble les &#233;loigner, dans le futur &#8211; mais aussi ailleurs en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Am&#233;rique latine et les opposants aux &#171; id&#233;ologies de genre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'avortements clandestins en Am&#233;rique latine est alarmant. Selon la derni&#232;re recherche de Abortion Worldwide 2017 &#8211; Uneven progress and Access publi&#233;e par l'Institut Guttmacher, la r&#233;gion se classe au premier rang en ce qui concerne le taux d'avortements : 44 femmes en &#226;ge de procr&#233;er (15-44 ans) sur 1000 ont recours &#224; l'avortement. On estime &#224; 6,5 millions le nombre d'avortements provoqu&#233;s en Am&#233;rique latine et dans les Cara&#239;bes entre 2010 et 2014. Ces derniers temps, la proportion globale de grossesses qui se terminent par un avortement est pass&#233;e de 23% &#224; 32%. Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS), 50% des avortements sont pratiqu&#233;s ill&#233;galement et le nombre de d&#233;c&#232;s (&#233;vitables) est de 70'000 femmes par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut constater que dans les pays o&#249; l'avortement est l&#233;gal, le nombre d'avortements pratiqu&#233;s tout comme celui des d&#233;c&#232;s ont diminu&#233;. C'est le cas exemplaire de l'Uruguay, qui a le taux d'avortement le plus bas du monde. La loi uruguayenne autorise l'interruption volontaire de grossesse pendant les 12 premi&#232;res semaines. Selon le minist&#232;re de la Sant&#233; publique, l'Uruguay a un taux de 10 avortements pour 1000 femmes (compar&#233; aux pays d'Europe occidentale o&#249; il est de 12 pour 1000). Dans les autres pays d'Am&#233;rique latine, comme la Colombie, l'Equateur, le Chili, l'Argentine, l'avortement est interdit mais n'est pas p&#233;nalis&#233; en cas de viol, si la sant&#233; des femmes est en danger, etc. Cependant, la situation est plus grave dans des pays comme le Br&#233;sil, o&#249; une femme meurt tous les deux jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me en Bolivie, o&#249; l'avortement est d&#233;p&#233;nalis&#233; en cas de viol et si la poursuite de la grossesse fait courir &#224; la femme un &#171; risque grave &#187;. La situation est encore plus grave au Paraguay et au Venezuela, o&#249; l'avortement est interdit m&#234;me en cas de viol. Il en va de m&#234;me au P&#233;rou, o&#249; 8,4% des femmes d&#233;clarent avoir subi des violences sexuelles. Dans ce dernier pays, il y a depuis peu une campagne pour la d&#233;p&#233;nalisation en cas de viol.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH597/c0f4d8f784398bc9-8547cf8c-2890f.jpg?1781546603' width='500' height='597' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Ce sont les raisons pour lesquelles les associations f&#233;ministes de la r&#233;gion sont unies en faveur de l'avortement l&#233;gal, s&#251;r et gratuit pour permettre aux femmes de se soustraire &#224; la criminalisation et &#224; la pens&#233;e patriarcale qui les opprime et rend la maternit&#233; obligatoire. Le f&#233;minisme a acquis une nouvelle dynamique, avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'activistes qui descendent dans la rue pour revendiquer de pouvoir contr&#244;ler et disposer de leur propre corps. Cependant, on sait qu'il y a des groupes de droite qui sont connus comme &#233;tant oppos&#233;s &#224; l'&#171; id&#233;ologie du genre &#187; et qui se caract&#233;risent par leur opposition aux id&#233;es et aux droits f&#233;ministes et &#224; ceux du collectif LGTTBIQ, tels que le mariage &#233;galitaire, l'&#233;galit&#233; et l'autonomie des femmes ainsi qu'au terme &#171; genre &#187;, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupes s'appuient sur une pens&#233;e fondamentaliste bas&#233;e sur les Ecritures pour soutenir leurs campagnes et promouvoir la &#171; moralit&#233; &#187;. Dans un entretien publi&#233; dans Nueva Sociedad, Maxine Molyneux (University College London) d&#233;clare : &#171; Cette &#233;trange vision du pouvoir destructeur f&#233;minin s'accompagne de la part des fondamentalistes de l'id&#233;e qu'ils sont les gardiens de la stabilit&#233; sociale. Ils soutiennent la famille patriarcale, fermement bas&#233;e sur la place de la femme au foyer en tant que soignante des hommes et des enfants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter que cette vision ne s'exprime pas uniquement sous la forme d'opinions, mais &#233;galement par une restriction des droits humains. Ces groupes vont de la nouvelle droite aux groupes &#233;vang&#233;liques et catholiques ayant des positions r&#233;actionnaires et conservatrices. Au P&#233;rou, la campagne #ConMisHijosNoTeMetas a tellement insist&#233; qu'en 2017 la Cour supr&#234;me a annul&#233; l'objectif d'&#233;galit&#233; des sexes dans les &#233;coles et d&#233;truit en moins de six mois les &#233;ditions de livres qui, selon eux, proposaient de &#171; rendre les enfants homosexuels &#187;. Ce m&#234;me groupe s'est servi de la loi pour modifier le mat&#233;riel &#233;ducatif visant &#224; promouvoir l'&#233;ducation en mati&#232;re de reproduction, de sexualit&#233; et de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil cette aile droite chr&#233;tienne a un pouvoir politique consid&#233;rable. Ses membres, dont beaucoup ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s pour corruption, ont approuv&#233; des lois contre les droits des femmes et contre le collectif LGTTBIQ. Les &#233;vang&#233;liques ont appel&#233; les psychologues &#224; &#171; traiter &#187; les homosexuels et demand&#233; aux gouvernements de refuser la contraception et l'avortement aux femmes. Or, ce sont des positions qui vont &#224; l'encontre des obligations de l'Etat et de l'exercice des droits. Mais ce qui est le plus dangereux c'est lorsque ces groupes prennent le pouvoir et occupent des si&#232;ges dans les instances l&#233;gislatives, car ils peuvent alors modifier les lois et r&#233;duire les droits, comme c'est le cas au Br&#233;sil et au Paraguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vais changer les choses que je ne peux pas accepter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ce fut le cas en Uruguay, l'Argentine attend maintenant l'approbation d&#233;finitive (par le s&#233;nat) de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse. Le projet de loi, qui a obtenu une demi-sanction le 14 juin, propose &#171; l'avortement l&#233;gal pour ne pas mourir, les contraceptifs pour ne pas avorter et l'&#233;ducation sexuelle pour d&#233;cider &#187;. Des collectifs de femmes d'Am&#233;rique latine ont accompagn&#233; la veill&#233;e qui a eu lieu au Congr&#232;s national &#224; Buenos Aires. Les camarades p&#233;ruviennes, par exemple, ont prodigu&#233; des encouragements sur les r&#233;seaux sociaux dans l'espoir que l'Am&#233;rique latine bouge en mati&#232;re de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si on peut penser que les groupes conservateurs repr&#233;sent&#233;s au Congr&#232;s argentin et aux diff&#233;rents parlements d'Am&#233;rique latine aspirent au pouvoir, l'Argentine constitue un pr&#233;c&#233;dent de ce que les organisations f&#233;ministes, accompagn&#233;es par les collectifs LGTTBIQ, peuvent accomplir sur la question du genre. La bataille est ardue, mais lorsqu'on peut avoir l'espoir d'une avanc&#233;e sur le terrain des droits humains et des changements culturels c'est le bonheur. Allons-y ! (Article publi&#233; dans la revue Nueva Sociedad, juin 2018 ; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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