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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pour ne pas en finir : L'&#233;conomisme n'est pas un humanisme</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pour-ne-pas-en-finir-L-economisme-n-est-pas-un-humanisme</link>
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		<dc:date>2018-09-18T08:07:24Z</dc:date>
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		<dc:creator> S&#233;bastien Mussi, &#201;ric Martin, Hugues Bonenfant, Philippe Girard</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-09-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous sommes tr&#232;s heureux, &#224; titre de professeurs de philosophie, &#224; titre aussi d'observateurs de l'&#233;ducation sup&#233;rieure depuis de longues ann&#233;es (Fondation de la Napac en 2005, Universit&#233; Inc, 2011, Dans la classe, 2012, Le colloque C&#233;gep Inc., tenu &#224; la Grande Biblioth&#232;que en 2016, La liquidation programm&#233;e de la culture, 2017), d'apprendre que &#171; la pens&#233;e qui sous-tend &#187; les interventions de la F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps consiste en un engagement &#224; d&#233;fendre l'int&#233;grit&#233; du r&#233;seau des c&#233;geps et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-136-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-09-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-09-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton35949-403ee.jpg?1781530129' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes tr&#232;s heureux, &#224; titre de professeurs de philosophie, &#224; titre aussi d'observateurs de l'&#233;ducation sup&#233;rieure depuis de longues ann&#233;es (Fondation de la Napac en 2005, Universit&#233; Inc, 2011, Dans la classe, 2012, Le colloque C&#233;gep Inc., tenu &#224; la Grande Biblioth&#232;que en 2016, La liquidation programm&#233;e de la culture, 2017), d'apprendre que &#171; la pens&#233;e qui sous-tend &#187; les interventions de la F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps consiste en un engagement &#224; d&#233;fendre l'int&#233;grit&#233; du r&#233;seau des c&#233;geps et l'int&#233;grit&#233; de sa mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hugues Bonenfant, Philippe Girard, Eric Martin, S&#233;bastien Mussi, professeurs de phiosophie au coll&#233;gial et membres du CA de la Nouvelle alliance pour la philosophie au coll&#232;ge (NAPAC) (&lt;a href=&#034;http://www.lanapac.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lanapac.org&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes par contre surpris que cette pens&#233;e, essentielle, pr&#233;cieuse, ne soit &#233;nonc&#233;e ni dans sa plateforme &#171; Miser sur le c&#233;gep &#187;, ni dans les nombreuses interventions m&#233;diatiques qui ont accompagn&#233; sa publication. La F&#233;d&#233;ration nous soup&#231;onne de lui &#171; pr&#234;ter des intentions &#187; : c'est nous reprocher de n'avoir pas su lire, dans nos analyses de ses documents, ce qu'elle ne dit pas. Mais si telle est bien la vision de la F&#233;d&#233;ration, pourquoi est-elle absente de sa plateforme ? Pourquoi ne pas en faire la promotion et l'&#233;noncer clairement et partout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand &#233;cart&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration affirme qu'elle veut favoriser l'int&#233;grit&#233; du r&#233;seau. Depuis au moins 2004, elle r&#233;clame pourtant l'autonomisation des coll&#232;ges et encourage la concurrence des uns contre les autres, ce dont nous ressentons les effets &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle recherche &#171; l'appui et les actions concert&#233;es [&#8230;] de tous les membres de la communaut&#233; coll&#233;giale &#187;, mais propose en m&#234;me temps que soient ren&#233;goci&#233;es les conventions collectives pour favoriser la flexibilisation du corps professoral, ce qui aurait comme r&#233;sultat de faire encore un peu plus des enseignants des op&#233;rateurs modulables et assignables &#224; volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration fait l'&#233;loge des &#171; comp&#233;tences &#187; de la formation g&#233;n&#233;rale, alors que cette approche par comp&#233;tences, venue directement de la culture d'entreprise, a d&#233;j&#224; r&#233;duit la litt&#233;rature &#224; la litt&#233;ratie, la philosophie &#224; l'argumentation, la connaissance &#224; un &#171; savoir mobiliser &#187;, la curiosit&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; de l'emploi et le d&#233;sir de comprendre et se comprendre &#224; la conformit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les besoins&#8230; de qui et selon qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais venons-en &#224; l'essentiel. La F&#233;d&#233;ration affirme que les besoins de la soci&#233;t&#233; doivent &#234;tre satisfaits par les c&#233;geps. Or, les besoins mentionn&#233;s sont exclusivement ceux de l'&#233;conomie. Les besoins des &#233;tudiants sont, eux, ramen&#233;s &#224; ceux des futurs salari&#233;s si n&#233;cessaires &#224; cette &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les sujets d'inqui&#233;tude ne manquent pas. La F&#233;d&#233;ration pourrait se poser et publiciser d'autres questions et pr&#233;senter d'autres exigences aux partis politiques. Elle pourrait mener par exemple une r&#233;flexion sur les d&#233;fis que nos enfants auront &#224; relever dans le monde que nous allons leur laisser. Car c'est l&#224; que se trouve l'enjeu r&#233;el, unique, comme on commence &#224; le comprendre un peu partout (voir par exemple la lettre de 700 scientifiques parue dans Lib&#233;ration, le 8 septembre). &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ces enjeux se profilent d&#233;j&#224; comme astronomiques : environnements en d&#233;liquescence, &#233;conomies de plus en plus abstraites, sp&#233;culatives et fluides et g&#233;r&#233;es via des machines, &#233;puisement des ressources, y compris de l'eau, pollution &#224; une &#233;chelle telle qu'elle affecte sant&#233;, stabilit&#233; &#233;cosyst&#233;mique, modes de vie et qu'elle est grosse de violences sociales et politiques que nous peinons &#224; imaginer, &#233;carts croissant sans cesse entre riches et pauvres, laiss&#233;s pour compte de nos succ&#232;s &#233;conomiques de plus en plus nombreux, qui tombent entre les mondes, m&#233;gaentreprises qui d&#233;fient la souverainet&#233; des peuples et des Etats cens&#233;s les repr&#233;senter, d&#233;mocraties lib&#233;rales qui prennent de plus en plus l'allure d'oligarchies&#8230; Avoir le souci de tout cela : le sociologue Michel Freitag pleurait d'entendre que disparaissent les grands mammif&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout ce qui est consid&#233;r&#233; ici pour justifier le maillage des c&#233;geps et des entreprises, ce sont les &#171; besoins &#187; - c'est-&#224;-dire des exigences &#8211; de l'&#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration esp&#232;re donc notre collaboration et affirme d&#233;fendre des id&#233;aux humanistes, qui ne seraient pas incompatibles avec son &#233;conomisme quasi int&#233;gral ? Nous lui sugg&#233;rons alors de soutenir les demandes suivantes. Aucune n'emp&#234;che que les c&#233;geps participent &#224; la vie &#233;conomique du Qu&#233;bec, dont personne ici ne nie qu'il faille s'occuper :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) assurer le financement public stable des institutions coll&#233;giales, sur la base notamment qu'elles ne sont pas r&#233;ductibles &#224; un r&#244;le &#233;conomique ; 2) mettre fin &#224; la concurrence entre les c&#233;geps et aux d&#233;r&#232;glements et aux disparit&#233;s qu'elle entra&#238;ne ; 3) att&#233;nuer les effets structurels de l'approche programme et de l'approche par comp&#233;tences, notamment en revalorisant les contenus ; 4) revaloriser le corps professoral, notamment en faisant cesser sa pr&#233;carisation grandissante ; 5) &#233;tablir un &#233;quilibre entre les repr&#233;sentants des communaut&#233;s d'affaire et les professeurs (2 sur 19 membres) sur les CA des coll&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la F&#233;d&#233;ration s'engage &#224; d&#233;fendre ces positions : nous pourrons alors commencer &#224; parler, tous ensemble et &#224; partir d'un souci commun pour l'&#234;tre humain, notre soci&#233;t&#233; et la suite du monde, des services aux entreprises ; nous pourrons alors parler, tous ensemble, de modifications en profondeur de certains cursus, y compris de la formation g&#233;n&#233;rale ; nous pourrons alors, tous ensemble, tenter de comprendre et d'identifier quels sont les besoins r&#233;els des g&#233;n&#233;rations &#224; qui nous allons laisser le monde et que nous avons le devoir d'&#233;duquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>C&#201;GEP : d'institution publique &#224; organisations para-priv&#233;es ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/CEGEP-d-institution-publique-a-organisations-para-privees</link>
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		<dc:date>2018-09-04T15:26:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> S&#233;bastien Mussi, &#201;ric Martin, Hugues Bonenfant, Philippe Girard</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-09-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps accorde trop d'importance &#224; la seule dimension &#233;conomique des coll&#232;ges. &lt;br class='autobr' /&gt; Hugues Bonenfant, Philippe Girard, Eric Martin, S&#233;bastien Mussi Professeurs de philosophie et membres du conseil administratif de la Nouvelle alliance pour la philosophie au coll&#232;ge (NAPAC). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa plateforme de revendications &#233;lectorales, la F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps r&#233;clame que l'&#233;ducation sup&#233;rieure, et en particulier le c&#233;gep, soit au centre d'un nouveau projet de soci&#233;t&#233;, n'h&#233;sitant pas &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-quebecoise-86-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-09-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-09-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton35854-f806c.jpg?1781530129' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps accorde trop d'importance &#224; la seule dimension &#233;conomique des coll&#232;ges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hugues Bonenfant, Philippe Girard, Eric Martin, S&#233;bastien Mussi&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeurs de philosophie et membres du conseil administratif de la Nouvelle alliance pour la philosophie au coll&#232;ge (NAPAC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa plateforme de revendications &#233;lectorales, la F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps r&#233;clame que l'&#233;ducation sup&#233;rieure, et en particulier le c&#233;gep, soit au centre d'un nouveau projet de soci&#233;t&#233;, n'h&#233;sitant pas &#224; brandir l'exemple du rapport Parent. Or, &#224; la lecture de la plateforme de la F&#233;d&#233;ration, &#171; Miser sur le c&#233;gep &#187;, ce projet de soci&#233;t&#233; peut se r&#233;sumer ainsi : adaptation sans reste au capitalisme et &#224; l'acc&#233;l&#233;ration technologique, notamment &#224; la &#171; r&#233;volution num&#233;rique &#187;. Les c&#233;geps auraient comme mission principale de fournir la main d'&#339;uvre aux entreprises et de mettre &#224; jour les comp&#233;tences, dans un contexte d&#233;crit comme &#233;tant en mutation de plus en plus rapide : &#171; Favoriser le maillage entre les c&#233;geps et les entreprises en vue d'une actualisation r&#233;guli&#232;re des comp&#233;tences de la main d'&#339;uvre &#187;. Voil&#224; bien une d&#233;finition &#233;troite de ce que peuvent apporter les c&#233;geps &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. En effet, il est bien &#233;vident que l'&#233;ducation participe &#224; l'&#233;conomie et que certains programmes techniques doivent &#234;tre mis au go&#251;t du jour. Cependant, on ne saurait penser la mission coll&#233;giale &#224; travers le seul prisme r&#233;ducteur de l'actualisation en temps r&#233;el de comp&#233;tences d&#233;termin&#233;es par le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unique priorit&#233; : l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de la F&#233;d&#233;ration est celle de la peur : le Qu&#233;bec serait en d&#233;ficit de productivit&#233;, situation qui ne pourrait que s'aggraver tant seraient probl&#233;matiques les changements d&#233;mographiques du pays. La situation dramatique de l'&#233;conomie exigerait donc, sans autre forme de discussion, de &#171; flexibiliser &#187; les c&#233;geps : abandonner toute id&#233;e de r&#233;seau et remettre dans les mains des &#171; organisations &#187; locales la cr&#233;ation de programmes. Ceci permettrait de &#171; d&#233;lester le minist&#232;re des t&#226;ches qui pourraient tr&#232;s bien &#234;tre accomplies localement, ce qui contribuerait &#224; acc&#233;l&#233;rer la r&#233;vision et la mise en &#339;uvre des programmes d'&#233;tudes. &#187;. Selon la F&#233;d&#233;ration, il faudrait donc varier la dur&#233;e et le format des dipl&#244;mes (offrir des programmes courts), et offrir des formations &#224; la carte ou en ligne. Pour faciliter tout cela, on souhaite proc&#233;der &#224; une &#171; modification en profondeur du R&#232;glement sur le r&#233;gime des &#233;tudes coll&#233;giales (RREC) &#187;, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; une des recommandations du rapport Demers, qui avait subi une pluie de critiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, pour favoriser l'innovation &#171; dans un monde de plus en plus technologique, marqu&#233; par des changements dont le rythme s'accro&#238;t sans cesse &#187;, la F&#233;d&#233;ration pense qu'il faudrait revoir les conventions collectives, parce qu'elles &#171; n'accordent pas aux c&#233;geps la flexibilit&#233; essentielle pour donner leur pleine mesure, en particulier face au virage num&#233;rique &#187;. Un seul projet, donc : l'adaptation au d&#233;veloppement technique et &#233;conomique au profit du capital. Tout ce qui pourrait faire obstacle &#224; cette logique sera remis en question, incluant les conditions de travail des professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cela, les c&#233;geps, m&#234;me lorsque &#224; premi&#232;re vue la F&#233;d&#233;ration semble en faire l'&#233;loge, ne sont consid&#233;r&#233;s que comme des relais &#233;conomiques. Il faut encourager les entreprises &#224; avoir plus recours aux c&#233;geps dans la formation et la mise &#224; jour de leur main d'&#339;uvre. &#171; Comparativement aux autres soci&#233;t&#233;s, les entreprises et les organismes du Qu&#233;bec prennent peu en charge la formation de leurs employ&#233;s &#187;. Il faudrait donc associer les c&#233;geps encore davantage &#224; la formation, via &#171; un couloir de qualification rapide et repens&#233; &#187;. Cons&#233;quemment, la F&#233;d&#233;ration affirme qu'il faudrait aussi &#171; mettre en place des mesures afin d'accorder des avantages aux entreprises ayant recours aux c&#233;geps pour la formation de leur personnel&#8230; Ces mesures pourraient prendre la forme d'un cr&#233;dit d'imp&#244;t ou encore d'un financement particulier &#187;. L'Etat financerait les entreprises priv&#233;es pour les encourager &#224; mettre &#224; leur main le syst&#232;me public d'&#233;ducation, financ&#233;, lui, par nos imp&#244;ts. N'y-a-t-il pas ici le risque de concevoir de plus en plus les c&#233;geps comme des organismes para-priv&#233;s, dont les employ&#233;s, les profs notamment, devraient effectuer un travail de sous-traitance au seul b&#233;n&#233;fice des entreprises et de leurs &#171; besoins &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Parent &#233;lagu&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la publication du rapport Demers (2014), la F&#233;d&#233;ration n'a cess&#233; de r&#233;clamer que les recommandations en soient appliqu&#233;es, le comparant tendancieusement au rapport Parent, mais sans jamais mentionner un &#233;l&#233;ment capital : le rapport Parent a tent&#233;, en son temps, de trouver un &#233;quilibre entre les exigences &#233;conomiques et celles d'une formation humaniste (ce qui avait d'ailleurs fait d&#233;bat). Or, que ce soit dans le rapport Demers ou dans la plateforme de la F&#233;d&#233;ration, on insiste uniquement sur l'&#233;conomie et on oublie commod&#233;ment l'humanisme, dont il n'est plus gu&#232;re question. &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait se demander au nom de qui parle la F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps et qui lui a demand&#233; de parler des coll&#232;ges en des termes si &#233;troitement &#233;conomiques. En effet, dans la presse et dans son document, elle se pr&#233;sente comme &#233;tant &#171; les c&#233;geps &#187; ; or, la F&#233;d&#233;ration ne repr&#233;sente que les directions de ces c&#233;geps, ce qui laisse de c&#244;t&#233; le c&#339;ur m&#234;me des institutions coll&#233;giales : les professeurs et les &#233;tudiants. Bref : d'o&#249; la F&#233;d&#233;ration tient-elle son mandat ? Qui parle &#224; travers la bouche de son pr&#233;sident Bernard Tremblay ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pr&#233;tendues solutions propos&#233;es par la F&#233;d&#233;ration aux probl&#232;mes que posent les transformations rapides de l'&#233;conomie et du march&#233; du travail salari&#233; vont toutes dans la m&#234;me direction : &#224; la fluidification croissante de l'&#233;conomie devrait r&#233;pondre la fluidification croissante des organismes de formation et des institutions scolaires. Or, dans aucun document, et surtout pas dans le rapport Demers et ses avatars, n'est pos&#233;e la simple question de savoir si cette piste de solution est bien la bonne ou si c'en est r&#233;ellement une. &#192; un monde en perp&#233;tuel changement (et dont les &#233;cosyst&#232;mes se d&#233;truisent et se d&#233;s&#233;quilibrent &#224; vitesse grand V) ne devrait-on pas r&#233;pondre, en ce qui concerne l'&#233;ducation, par une plus grande stabilit&#233;, surtout en ce qui concerne les acquis fondamentaux ? S'il s'agit de prendre au s&#233;rieux la 4e r&#233;volution industrielle, il semble que la formation hypersp&#233;cialis&#233;e et strictement fonctionnaliste soit d&#233;pass&#233;e (parce que rapidement obsol&#232;te) et qu'il faille plut&#244;t maintenir, favoriser, d&#233;velopper la formation de la personne humaine, afin qu'elle soit capable de d&#233;velopper la facult&#233; de juger et la sensibilit&#233; n&#233;cessaires pour le vivre-ensemble pr&#233;sent et &#224; venir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous sommes encore et toujours en train de d&#233;couvrir ce que signifie &#234;tre humain, nous sommes cependant assur&#233;s que les espoirs de nos enfants et de nos &#233;tudiants ne se r&#233;duisent pas &#224; &#171; travailler &#187;, ou &#224; &#171; faire carri&#232;re &#187;. Ainsi, n'en d&#233;plaise &#224; la F&#233;d&#233;ration des c&#233;geps, aucun gouvernement, aucun parti politique ne doit vouloir miser &#233;troitement sur l'av&#232;nement d'un &#234;tre humain unidimensionnel, bref, d'un homo economicus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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