<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=9687&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La Gr&#232;ce, nouvel eldorado pour le capitalisme vert et l'extractivisme en Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Grece-nouvel-eldorado-pour-le-capitalisme-vert-et-l-extractivisme-en-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-Grece-nouvel-eldorado-pour-le-capitalisme-vert-et-l-extractivisme-en-Europe</guid>
		<dc:date>2022-01-18T11:50:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eva Betavatzi</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-01-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce texte, qui prolonge les analyses de &#171; Gr&#232;ce, une d&#233;mocratie en perdition &#187; que nous avions publi&#233; en mars 2021, Eva Betavatzi, architecte et militante du CADTM, examine la dimension environnementale des d&#233;g&#226;ts provoqu&#233;s par les politiques n&#233;olib&#233;rales en Gr&#232;ce. Elle met en lumi&#232;re la mani&#232;re sp&#233;cifique dont le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis y d&#233;ploie le projet du &#171; capitalisme vert &#187;, en lien notamment avec l'implantation &#224; grande &#233;chelle de parcs &#233;oliens, et montre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-01-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-01-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton51048-afdf1.png?1677126448' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans ce texte, qui prolonge les analyses de &#171; Gr&#232;ce, une d&#233;mocratie en perdition &#187; que nous avions &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/grece-democratie-autoritarisme-repression/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233; en mars 2021&lt;/a&gt;, Eva Betavatzi, architecte et militante du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;, examine la dimension environnementale des d&#233;g&#226;ts provoqu&#233;s par les politiques n&#233;olib&#233;rales en Gr&#232;ce. Elle met en lumi&#232;re la mani&#232;re sp&#233;cifique dont le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis y d&#233;ploie le projet du &#171; capitalisme vert &#187;, en lien notamment avec l'implantation &#224; grande &#233;chelle de parcs &#233;oliens, et montre que ce dernier fait syst&#232;me avec les projets extractivistes (notamment de minerais pr&#233;cieux et de gaz fossile) plus classiques mais aussi avec les coupes budg&#233;taires et la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; n&#233;olib&#233;rale impos&#233;es &#224; la Gr&#232;ce depuis dix ans.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10 janvier 2022La Gr&#232;ce, nouvel eldorado pour le capitalisme vert et l'extractivisme en Europe2022-01-10T14:09:24+00:00&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement grec actuel m&#232;ne une politique qui privil&#233;gie l'extraction des ressources naturelles du pays au b&#233;n&#233;fice de compagnies priv&#233;es, grecques ou &#233;trang&#232;res, au d&#233;triment de tous les &#234;tres humains et non-humains pr&#233;sents sur le territoire. La COP26 qui s'est tenue &#224; Glasgow au d&#233;but du mois de novembre offre l'occasion de la mettre en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouveau productivisme &#171; vert &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agrafa est une zone montagneuse situ&#233;e en Gr&#232;ce continentale, &#224; une centaine de kilom&#232;tres &#224; vol d'oiseau au nord de Patras. Les cr&#234;tes des montagnes font partie du r&#233;seau Natura 2000. Le gouvernement grec y pr&#233;voit l'implantation de 530 a&#233;rog&#233;n&#233;rateurs de 150m de hauteur, soit un ensemble de parcs &#233;oliens qui devrait couvrir 80% des sommets de la r&#233;gion. Ce projet colossal b&#233;n&#233;ficiera surtout aux filiales de la tr&#232;s grande entreprise de construction Hellaktor SA. En septembre 2019, des actions de blocage avaient &#233;t&#233; organis&#233;es pour stopper les premiers travaux de terrassements sur les cr&#234;tes, le gouvernement grec avait alors r&#233;agi en envoyant sa police pour escorter les bulldozers et encercler la zone. Depuis lors, plusieurs manifestations ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans les montagnes d'Agrafa, &#224; Karditsa et &#224; Ath&#232;nes, pour r&#233;clamer l'arr&#234;t imm&#233;diat des travaux. Chacune d'entre elles a &#233;t&#233; fortement encadr&#233;e par les forces de l'ordre. Certain&#183;es opposant&#183;es sont aujourd'hui poursuivi&#183;es en justice pour leurs actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parcs &#233;oliens s'implantent un peu partout en Gr&#232;ce dans les &#238;les et sur le continent. D'apr&#232;s les membres de la plateforme &#171; Save Agrafa &#187;, plus de 16000 demandes introduites &#224; ce jour concernent des a&#233;rog&#233;n&#233;rateurs d'une hauteur sup&#233;rieure &#224; 100 m, et 73% des territoires concern&#233;s par ces demandes sont des zones naturelles prot&#233;g&#233;es, des &#238;les, des for&#234;ts, des cr&#234;tes de montagnes. Au nom de &#171; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;, des zones Natura 2000 ont litt&#233;ralement &#233;t&#233; offertes sur un plateau par le gouvernement grec &#224; des compagnies priv&#233;es pour qu'elles puissent y implanter leurs parcs &#233;oliens, leurs barrages hydro&#233;lectriques et leurs panneaux solaires ainsi que toute l'infrastructure qui les accompagne (r&#233;seau de c&#226;blages &#224; haute tension, routes, transformateurs, &#8230;). Ainsi, la transition &#233;nerg&#233;tique se traduit par l'augmentation de la productivit&#233; soi-disant &#171; verte &#187; d'&#233;nergie, la privatisation et l'accaparement de territoires collectifs, ainsi que par la b&#233;tonisation et plus largement l'industrialisation de territoires jusque-l&#224; pr&#233;serv&#233;s. Cette transition n'est certainement pas &#233;cologique, elle incarne une vision n&#233;olib&#233;rale qui ne peut que promouvoir des projets productivistes destructeurs. De nombreuses organisations environnementales, communaut&#233;s locales et militant.es &#233;cologistes s'opposent &#224; ces projets impos&#233;s &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH321/3e10c126d71f077f-1f1df7b8-882f7.png?1722805317' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Projets &#233;oliens en Gr&#232;ce (licences d'installation, d'op&#233;ration, de production et en cours d'&#233;valuation), source : Autorit&#233; de r&#233;gulation de l'&#233;nergie (RAE)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines r&#233;gions de Gr&#232;ce sont travers&#233;es par des vents forts, un cadre qui semble id&#233;al pour la production d'&#233;nergie &#233;olienne d'autant plus que deux tiers de la production &#233;lectrique actuelle du pays repose sur les combustibles fossiles (&lt;a href=&#034;https://www.iea.org/fuels-and-technologies/electricity&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;63,1% en 2019&lt;/a&gt;). N&#233;anmoins, l'exploitation de l'&#233;olien impos&#233;e par le gouvernement grec et l'UE, se d&#233;veloppe comme un projet extractiviste classique : exploitation d'une ressource locale et commune sans aucune concertation avec les habitant&#183;es et les pouvoirs locaux, accompagn&#233;e d'investissements importants du gouvernement au b&#233;n&#233;fice d'entreprises priv&#233;es nationales et multinationales. En 2018, l'UE avait d&#233;j&#224; octroy&#233; 2,8 milliards d'euros &#224; la Gr&#232;ce, majoritairement sous forme de pr&#234;ts, pour le d&#233;veloppement de l'industrie &#233;olienne. Une partie de l'argent du &lt;a href=&#034;https://balkangreenenergynews.com/greece-wants-to-use-eu-recovery-funds-for-green-power-infrastructure/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;programme NextGenerationEU&lt;/a&gt; lui est &#233;galement consacr&#233;e. En juin dernier, le ministre de l'&#201;nergie annon&#231;ait un budget d'un milliard suppl&#233;mentaire pour la transition &#171; verte &#187;[1], qui inclut d'autres d&#233;veloppements que les parcs &#233;oliens, soit 10 fois plus que le budget pour la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours dominant est largement en faveur de l'industrie &#233;olienne dont le d&#233;veloppement n'est jamais critiqu&#233; malgr&#233; l'absence de concertation avec les populations locales, la privatisation de territoires prot&#233;g&#233;s, la destruction d'&#233;cosyst&#232;mes et les profits engendr&#233;s par de grandes compagnies priv&#233;s. Les m&#233;dias alimentent le d&#233;bat biais&#233; qui oppose le d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#224; celui des &#233;nergies fossiles, comme si la question de l'industrialisation des territoires n'avait pas lieu d'&#234;tre, comme si les opposant&#183;es aux projets &#233;oliens industriels n'aimaient tout simplement pas les a&#233;rog&#233;n&#233;rateurs et pr&#233;f&#233;raient les &#233;nergies fossiles. C'est &#233;videmment faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias refusent &#233;galement d'&#233;voquer l'impact des infrastructures &#233;oliennes de taille industrielle sur les petits commerces, le tourisme, les activit&#233;s agricoles, les paysages et l'environnement, ignorant ainsi les milliers de vie, humaines et non-humaines, qui seront ou sont d&#233;j&#224; affect&#233;es. De telles infrastructures ne sont pourtant pas &#233;cologiquement soutenables. La mani&#232;re dont les &#233;oliennes sont produites, leur dur&#233;e de vie limit&#233;e, les infrastructures routi&#232;res et de c&#226;blages n&#233;cessaires pour leur acheminement et la distribution de l'&#233;nergie produite, les cons&#233;quences environnementales de leur implantation et celle du stockage de l'&#233;nergie sont fortement critiquables. Les d&#233;veloppements industriels &#233;oliens s'inscrivent dans la continuit&#233; de la logique productiviste, avec toutes les exigences de quantit&#233; et de centralit&#233; que cela implique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au-del&#224; des aspects proprement &#233;cologiques, il est important de souligner le caract&#232;re anti-d&#233;mocratique de ce type de d&#233;veloppement. Une production &#233;nerg&#233;tique d&#233;centralis&#233;e, localis&#233;e et g&#233;r&#233;e par les habitant&#183;es, usagers et usag&#232;res, qu'elle soit &#233;olienne ou d'une autre nature, devrait faire partie des solutions &#224; envisager. Aussi, la r&#233;duction massive de notre consommation &#233;nerg&#233;tique doit &#234;tre mise urgemment au centre des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies &#233;trang&#232;res restent invariablement les premi&#232;res b&#233;n&#233;ficiaires de l'industrie &#233;olienne. Ainsi, dans les Cyclades, on retrouve Schneider Electric, Acusol, Siemens et Tesla. La classe dirigeante de l'UE profite doublement du d&#233;veloppement de cette industrie en Gr&#232;ce, d'abord parce qu'elle permet &#224; ses compagnies de d&#233;velopper leurs activit&#233;s dans le pays, ensuite parce que gr&#226;ce aux financements (majoritairement des pr&#234;ts) octroy&#233;s &#224; la Gr&#232;ce, une part importante de l'&#233;nergie produite sera distribu&#233;e vers le continent, ce qui permettra aux autres pays de r&#233;duire leur propre empreinte carbone. Les opposant&#183;es &#224; ces projets prennent conscience que la Gr&#232;ce est en train de devenir la &#171; batterie de l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;sastre &#233;cologique en cours est li&#233; &#224; la crise de la dette publique&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis plus d'une d&#233;cennie, la Gr&#232;ce doit rembourser une dette colossale &#224; ses cr&#233;anciers, une contrainte qui pousse les gouvernements successifs &#224; couper dans les d&#233;penses publiques pour certains secteurs essentiels (sant&#233;, &#233;ducation, transports publics, &#8230; mais pas pour la police et l'arm&#233;e) et &#224; trouver des moyens d'augmenter leurs recettes. Les secteurs productifs du pays ne sont pas nombreux, ne se portent plus tr&#232;s bien, et sont loin de satisfaire les cr&#233;anciers. L'augmentation de la dette publique grecque et l'exigence de son remboursement ont creus&#233; un foss&#233; qui explique en partie l'euphorie pour les &#233;nergies renouvelables et fossiles. Comme pour les pays des Suds, la Gr&#232;ce s'est donc engag&#233;e dans la voie de l'extractivisme intensif. Le soleil, le vent, le gaz fossile, le charbon, l'or, sont les principales ressources extraites du sol et du ciel grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le ratio dette publique par rapport au PIB est de 206,20% &#8211; 354 milliards d'euros &#8211; le plus haut taux que le pays n'ait jamais connu. Pour rappel, en 2009, apr&#232;s r&#233;vision frauduleuse des statistiques, le taux d'endettement &#233;tait &#224; 127%. &#192; l'&#233;poque, on disait de la Gr&#232;ce qu'elle &#233;tait &#171; au bord de la faillite &#187;. Aujourd'hui le gouvernement s'endette en se vantant de pouvoir &#171; enfin &#187; le faire sur les march&#233;s financiers, ce qui manifeste d'une situation &#224; la fois absurde et tragique. Absurde car la plupart des pays des Suds s'endettent aujourd'hui sur les march&#233;s priv&#233;s, le gouvernement grec n'a donc pas de quoi se vanter, et tragique car les cr&#233;anciers priv&#233;s sont les moins enclins &#224; n&#233;gocier les conditionnalit&#233;s des pr&#234;ts qu'ils octroient, que la dette augmente f&#233;rocement et que la capacit&#233; de remboursement du pays dans l'avenir est loin d'&#234;tre certaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH369/c1c0fe6c0b2edc13-89f71e97-ec0d7.png?1722805317' width='500' height='369' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Source : Agence de gestion de la dette publique, 30 septembre 2021&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tragique aussi car, plus la dette augmente, plus le pays s'engage dans la voie de l'extractivisme. L'exploitation intensive et la mise &#224; profit de ses ressources naturelles n&#233;cessitent des financements et des d&#233;penses qui contribuent &#224; leur tour &#224; augmenter le taux d'endettement du pays et pose les bases qui permettent aux gouvernements successifs de justifier une r&#233;duction des d&#233;penses sociales. Crise &#233;conomique, sociale et environnementale sont ainsi intimement li&#233;es &#224; la crise de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effets sociaux et environnementaux des coupes budg&#233;taires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des effets environnementaux, les mesures d'aust&#233;rit&#233;, qui d&#233;coulent des accords du pays avec les cr&#233;anciers, ont eu des effets sociaux n&#233;fastes sur la population grecque. Il est important de rappeler les coupes dans les retraites, l'augmentation du ch&#244;mage[2], la crise du logement, les atteintes au droit du travail, mais aussi les nombreuses coupes budg&#233;taires notamment dans les secteurs de l'&#233;ducation et de la sant&#233; (secteur pour lequel les d&#233;penses repr&#233;sentent un tiers de moins que la moyenne europ&#233;enne, soit 5% du PIB). La Gr&#232;ce n'a re&#231;u que 100 millions d'euros d'aide en 2021 pour la sant&#233; alors que le secteur avait subi des coupes plus importantes les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. En 2020, l'&#233;conomie est entr&#233;e dans une r&#233;cession plus profonde qu'estim&#233;e initialement, &#224; cause des effets de la pand&#233;mie, ce qui a contribu&#233; &#224; accentuer les effets sociaux n&#233;gatifs du processus aust&#233;ritaire enclench&#233; depuis plus d'une d&#233;cennie m&#234;me si le gouvernement actuel joue avec les chiffres du taux de croissance pour rassurer les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures d'aust&#233;rit&#233; ont &#233;galement contribu&#233; &#224; la propagation des incendies de l'&#233;t&#233; 2021 qui ont d&#233;truits 120.000 hectares de terres, des milliers de maisons, des petits commerces, des lieux publics, etc. Le Nord de l'&#238;le d'Eub&#233;e a &#233;t&#233; compl&#232;tement ravag&#233; alors que les projets &#233;oliens pr&#233;vus-l&#224; n'ont pas encore &#233;t&#233; suspendus[3]. Ces incendies ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme le r&#233;sultat de la crise climatique par le Premier ministre, qui n'a pas mentionn&#233; les coupes budg&#233;taires directement li&#233;es &#224; leurs effets. Ces coupes ont pourtant gravement affect&#233; les services de protection foresti&#232;re &#8211; dont le budget s'&#233;l&#232;ve aujourd'hui &#224; 1,7 millions alors que les for&#234;ts recouvrent 1/3 du pays &#8211; mais aussi les services de protection des incendies. Les op&#233;rations sont structurellement sous-financ&#233;es depuis des ann&#233;es et les services forestiers et de protection des incendies souffrent d'un manque criant d'effectif et d'&#233;quipements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sastre &#233;cologique qui a touch&#233; l'&#238;le d'Eub&#233;e ainsi que d'autres r&#233;gions de Gr&#232;ce dont l'Attique (r&#233;gion d'Ath&#232;nes) n'a pas permis une remise en question les politiques aust&#233;ritaires par le pouvoir politique alors qu'elle s'av&#232;re n&#233;cessaire pour &#233;viter un nouveau d&#233;sastre. Au contraire, le gouvernement continue dans sa lign&#233;e n&#233;olib&#233;rale et pr&#233;voit un programme de reboisement, contest&#233; par certains experts, en sollicitant le secteur priv&#233; ou les partenariats public-priv&#233;. L'investissement priv&#233; comme mod&#232;le de d&#233;veloppement constitue ind&#233;niablement une menace pour les espaces naturels. Une loi, dite &#171; anti-environnementale &#187; par ses nombreux et nombreuses opposant&#183;es, vot&#233;e en catimini en plein premier confinement en pose les fondements.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La loi anti-environnementale, socle d'un projet extractiviste impos&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La loi anti-environnementale[4] a &#233;t&#233; vot&#233;e en catimini le 5 mai 2020, en plein confinement, alors que la pr&#233;sence parlementaire lors des pl&#233;ni&#232;res et des commissions &#233;tait restreinte et les auditions limit&#233;es. Quelques semaines plus t&#244;t, &lt;a href=&#034;https://thepressproject.gr/amesi-aposyrsi-tou-anti-perivallontikou-nomoschediou-zitoun-52-syllogikotites/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;52 organisations environnementales avaient r&#233;agi au projet de loi,&lt;/a&gt; avec plus de 1500 remarques, ignor&#233;es du ministre de l'Environnement et de l'&#201;nergie, Kostas Hatzidakis. Soixante mouvements et collectifs ont ensuite r&#233;clam&#233; le report du vote parlementaire compte tenu de la crise sanitaire, et exig&#233; qu'un processus de concertation soit engag&#233; dans le but d'une r&#233;vision profonde, voire d'un retrait total du projet. La loi a finalement &#233;t&#233; adopt&#233;e sans modifications, en dehors de toute consid&#233;ration d&#233;mocratique, la droite au pouvoir b&#233;n&#233;ficiant d'une majorit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre son caract&#232;re anti-d&#233;mocratique, ce qui caract&#233;rise le plus cette loi est la menace qu'elle repr&#233;sente pour la biodiversit&#233; en ignorant les cadres l&#233;gislatifs de protections existants : elle autorise les infrastructures dans des zones prot&#233;g&#233;es Natura 2000, facilite l'appropriation, l'exploitation et l'utilisation de for&#234;ts, montagnes, collines, zones humides, cours d'eau, &#8230; par des groupes priv&#233;s, facilite &#233;galement l'octroi de permis via la privatisation des contr&#244;les des &#233;tudes d'incidence environnementale, autorise l'extraction de mati&#232;res premi&#232;res et d'hydrocarbures, et supprime le pouvoir des autorit&#233;s locales. Elle encourage le d&#233;veloppement de l'industrie des &#233;nergies renouvelables, notamment &#233;oliennes, de mani&#232;re disproportionn&#233;e et non-&#233;cologique. Aussi, elle ignore la Constitution grecque (Article 24), les directives europ&#233;ennes (sur la protection des habitats et des esp&#232;ces 92/43/CEE, sur la protection des oiseaux sauvages 2009/147/CE, sur les eaux 2000/60, sur la strat&#233;gie marine en M&#233;diterran&#233;e 2008/59) et les conventions internationales (Convention de Ramsar sur les zones humides, Trait&#233; de Barcelone pour la protection de la M&#233;diterran&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, cette loi constitue l'incarnation de ce que le n&#233;olib&#233;ralisme fait subir aux &#233;cosyst&#232;mes et traduit l'augmentation de la dette &#233;cologique. La dette &#233;cologique est indissociable de la dette publique qui impose &#224; la Gr&#232;ce, en tant que pays d&#233;biteur, de r&#233;aliser un exc&#233;dent budg&#233;taire et pour cela d'adopter des strat&#233;gies, similaires &#224; d'autres pays d&#233;biteurs, visant &#224; augmenter sa productivit&#233; via l'exploitation et l'usage abusif de ses propres ressources naturelles. Au cours des seuls mois de novembre et d&#233;cembre 2020, 2000 demandes de licences ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es pour des installations industrielles de production d'&#233;nergie &#233;olienne et photovolta&#239;que et des barrages hydro&#233;lectriques. Ni les habitant.e.s concern&#233;.e.s par ces projets, ni les autorit&#233;s locales n'ont &#233;t&#233; officiellement inform&#233;.e.s, alors que ce sont elles et eux qui en subiront les cons&#233;quences : d&#233;localisations, destructions de terres arables, pollution des eaux et des sols, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation contre la loi anti-environnementale n'a pas tard&#233; &#224; s'organiser. Une premi&#232;re p&#233;tition a &#233;t&#233; lanc&#233;e au mois d'avril 2020 et a &#233;t&#233; soutenue &#224; l'&#233;chelle internationale. Des mobilisations ont &#233;t&#233; organis&#233;es et ont rassembl&#233; des foules dans les rues de la capitale en plein confinement. La veille du vote, un rassemblement important a eu lieu devant le Parlement grec malgr&#233; les strictes mesures impos&#233;es par le gouvernement. Il a donn&#233; suite &#224; une occupation d'une centaine de personnes qui a dur&#233; 62 nuits. &lt;a href=&#034;https://www.franceinter.fr/emissions/foule-continentale/foule-continentale-19-fevrier-2021&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce mouvement d'occupation, &#171; Oi Agripnoi &#187; (Les &#201;veill&#233;&#183;es)&lt;/a&gt;, n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exploitation du gaz fossile pourrait men&#233; &#224; un conflit arm&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le gouvernement grec participe activement au massacre &#233;cologique en cours, que les crises sanitaire, &#233;conomique et sociale s'approfondissent, le co&#251;t de la vie augmente de mani&#232;re ph&#233;nom&#233;nale, du fait notamment des hausses du prix de l'&#233;nergie et du gaz de ces derniers mois. Le prix du fioul a augment&#233; de 46% par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, celui du gaz de 48,5%. Malgr&#233; des aides octroy&#233;s &#224; la population, les politiques n&#233;olib&#233;rales se poursuivent dans le secteur de l'&#233;nergie avec notamment la privatisation de la compagnie d'&#233;lectricit&#233; DEI[5]. Elle suit celles de Helllenic Petroleum (raffineries d'Etat) et de DESFA (r&#233;seau de distribution du gaz). Ces privatisations ont &#233;videmment &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es lors des m&#233;morandums pr&#233;c&#233;dents[6] et n'ont depuis pas &#233;t&#233; remises en cause malgr&#233; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le Mitsotakis et ses ministres pr&#233;voient l'augmentation des d&#233;penses militaires et du budget allou&#233; &#224; la police. Macron et Mitsotakis ont sign&#233; des accords pour l'achat d'&#233;quipement militaire lourd, le plus r&#233;cent &#233;tant celui concernant des fr&#233;gates fran&#231;aises d'une valeur de 5 milliards d'euros, soit l'&#233;quivalent des 2/3 du budget allou&#233; &#224; la Gr&#232;ce par le plan de Relance de l'UE ! L'accord franco-grec a &#233;t&#233; sign&#233; en septembre dernier. Il y a quelques mois, Mitsotakis avait annonc&#233; 11,3 milliards d'euros de budget pour le renforcement de l'arm&#233;e sur les trois prochaines ann&#233;es, hissant la Gr&#232;ce &#224; la premi&#232;re place parmi les pays de l'OTAN en mati&#232;re de ratio de d&#233;penses militaires par rapport au PIB. Alors que se d&#233;ploie une profonde crise multidimensionnelle, difficile d'imaginer des priorit&#233;s politiques plus contraires de l'int&#233;r&#234;t commun. Pour les &#233;viter, il aurait fallu renoncer &#224; l'extraction de gaz fossile en M&#233;diterran&#233;e orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ces d&#233;penses sont justifi&#233;es par le conflit pour l'instant froid qui oppose la Gr&#232;ce et Chypre &#224; la Turquie voisine ; elles contribuent &#224; l'augmentation de la dette ill&#233;gitime du pays. En mer &#201;g&#233;e et Ionienne, la Gr&#232;ce regorge de ressources gazi&#232;res qui aiguisent les app&#233;tits de nombreuses compagnies &#233;trang&#232;res telles que Total, ENI, Exxon Mobil, Energean, Repsol et bien d'autres qui ont d&#233;j&#224; sign&#233; des accords d'exploitation avec les autorit&#233;s gouvernementales. Durant l'&#233;t&#233; 2020, le gouvernement d'Erdogan, furieux d'avoir &#233;t&#233; exclu de l'acc&#232;s &#224; l'exploitation des ressources gazi&#232;res, annon&#231;ait sa volont&#233; de remettre en question ses fronti&#232;res maritimes avec la Gr&#232;ce en passant un accord avec la Libye, alors que la Gr&#232;ce passait, de son c&#244;t&#233;, des accords avec Chypre, l'&#201;gypte et, dans un autre cadre, avec Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies &#233;trang&#232;res seront les premi&#232;res b&#233;n&#233;ficiaires de ces projets d'exploitation au d&#233;triment des peuples grecs, turques et chypriotes qui en subiront tous les co&#251;ts. Dans le pire des sc&#233;narios, un conflit arm&#233; pourrait &#233;merger de cette bataille pour les hydrocarbures. Plusieurs plateformes militantes se sont ainsi constitu&#233;es ou exprim&#233;es contre ces projets. On peut citer notamment une initiative tri-communautaire qui r&#233;unit des organisations turques, grecques et chypriotes sous le nom &#171; Don't dig &#187; (&#924;&#945;&#962; &#963;&#954;&#940;&#946;&#959;&#965;&#957; &#964;&#959;&#957; &#955;&#940;&#954;&#954;&#959; &#8211; Kazma Birak)[7], ou encore &#171; Save Greek Seas &#187; qui avait lanc&#233; une p&#233;tition en 2020 contre l'exploitation d'hydrocarbure en mer Ionienne[8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mouvements de contestation n'ont malheureusement pas encore de moyens suffisants pour faire face &#224; la colonisation par la dette qui se d&#233;ploie &#224; vive allure dans les pays du Sud-Est de l'UE. Ces pays s'endettent pour rembourser leurs cr&#233;anciers et implanter des infrastructures qui servent les b&#233;n&#233;fices d'entreprises &#233;trang&#232;res provenant des pays de ces m&#234;mes cr&#233;anciers. C'est pour cette raison que l'audit des dettes publiques par les peuples, l'annulation des dettes ill&#233;gitimes et la red&#233;finition radicale des priorit&#233;s politiques est une condition sine qua non au ralentissement de l'aggravation des multiples crises et en particulier des crises climatique et sociale en cours.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extractivisme minier : Eldorado Gold a repris ses activit&#233;s mini&#232;res en Gr&#232;ce &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 f&#233;vrier 2021, le parlement grec approuvait la relance des activit&#233;s de la mine d'or de Skouries initi&#233; par Hellas Gold, une filiale locale de l'entreprise canadienne Eldorado Gold, dans la r&#233;gion de Chalcidique au nord du pays, en annon&#231;ant la signature d'un contrat d'exploitation. Cela a raviv&#233; les souvenirs d'un mouvement d'opposant&#183;es qui s'&#233;tait constitu&#233; il y a quelques ann&#233;es et qui avait gagn&#233; une bataille importante lorsque Syriza avait d&#233;cid&#233; de stopper le projet minier en 2015 &#224; cause de ses effets n&#233;fastes sur l'environnement, l'extraction aurif&#232;re &#233;tant particuli&#232;rement polluante et toxique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la reprise marqu&#233;e par la signature du fameux contrat entre les principaux int&#233;ress&#233;s (le gouvernement grec et Hellas Gold), a suscit&#233; l'enthousiasme des ambassades du Canada et des &#201;tats-Unis qui n'ont pas manqu&#233; de saluer la nouvelle dans un communiqu&#233; commun. Mitsotakis a bien tenu ses promesses, puisqu'avant son &#233;lection il s'&#233;tait engag&#233; &#224; relancer l'activit&#233; mini&#232;re de Skouries tout en exigeant que certaines &#171; garanties &#187; environnementales soient respect&#233;es. Apr&#232;s le vote de la &#171; loi anti-environnementale &#187;, Eldorado Gold et sa filiale grecque ont pu facilement offrir ces pr&#233;tendues &#171; garanties &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le contrat sign&#233; entre le gouvernement et Hellas Gold, qui en constitue la base, repr&#233;sente une grave violation des lois et des dispositions europ&#233;ennes. Les dispositions de la Constitution grecque ont &#233;galement &#233;t&#233; ignor&#233;es. En r&#233;ponse &#224; ces accusations, l'actuel ministre de l'Environnement, Kostas Skrekas, successeur de Kostas Hatzidakis, a insist&#233; sur l'augmentation des recettes publiques et des emplois pour d&#233;fendre sa position, tout comme l'avaient fait les ambassades du Canada et des &#201;tats-Unis dans leur communiqu&#233; commun. Le 18 mars dernier, la loi a finalement &#233;t&#233; vot&#233;e, le parti Nouvelle D&#233;mocratie b&#233;n&#233;ficiant toujours d'une large majorit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s locales et les mouvements sociaux ont de leur c&#244;t&#233; exprim&#233; leur vive opposition &#224; ce projet extractiviste. Ils ont d&#233;clar&#233; que le nouveau contrat ne les satisfaisait pas puisqu'il &#233;tait largement en faveur de Hellas Gold et contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t public et &#224; celui de la r&#233;gion. Ils ont annonc&#233; &#233;galement leur volont&#233; de r&#233;sister &#224; la relance du projet en rappelant que les descentes de police, les menaces, les poursuites et les tribunaux n'avaient pas d&#233;courag&#233; la contestation il y a quelques ann&#233;es. Cette r&#233;action d&#233;montre que sur le terrain, la m&#233;moire reste vive.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hypocrisie &#224; son comble &#224; la COP26&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la COP26, le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, a annonc&#233; la poursuite du d&#233;veloppement massif et autoritaire de l'industrie des &#233;nergies renouvelables, notamment &#233;olienne, qui permettrait au pays de d&#233;passer, selon lui, les objectifs de l'UE pour 2030 en mati&#232;re de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Il n'a pas &#233;voqu&#233; les contestations de la population, la r&#233;pression &#224; laquelle elle fait face, les nombreuses man&#339;uvres l&#233;gislatives mises en &#339;uvre par son gouvernement pour contourner les r&#233;glementations europ&#233;ennes en mati&#232;re de protection de l'environnement, ni les destructions environnementales qui accompagnent les projets en cours d'installation. Il n'a pas &#233;voqu&#233; non plus les projets d'exploitation des gisements de gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitsotakis a &#233;galement annonc&#233; que l'&#233;nergie &#233;olienne sera d&#233;velopp&#233;e en mer jusqu'&#224; ce que la production &#233;nerg&#233;tique totale atteigne 2 gigawatts en 2030, un objectif titanesque ! Le gouvernement grec a rendu publics les accords qu'il envisage de passer avec l'Egypte pour que la r&#233;gion devienne un &#171; hub &#187; de l'&#233;nergie renouvelable pour l'Union europ&#233;enne, ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es, ainsi que les n&#233;gociations en cours avec l'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de p&#233;trole qui investit maintenant dans le secteur des &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;clarations sont extr&#234;mement inqui&#233;tantes. Le d&#233;veloppement soi-disant &#171; vert &#187; de la production &#233;nerg&#233;tique en Gr&#232;ce, mais aussi chez les voisins chypriotes et turcs[9], cache une nouvelle forme d'industrialisation masqu&#233;e sous une panoplie d'adjectifs qui font d&#233;sormais partie du jargon bien connu du greenwashing. Il est important de combattre toute logique productiviste, quelle que soit le nom qu'on lui donne, et de r&#233;v&#233;ler l'hypocrisie profonde des discours des personnes &#224; la t&#234;te de nos gouvernements. Il est &#233;galement imp&#233;ratif de stopper toute forme d'extraction de gaz fossile en M&#233;diterran&#233;e qui pourrait mener &#224; une guerre. Les pays cr&#233;anciers, et en particulier la France et l'Allemagne, ont d'&#233;normes responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des peuples grec, turque et chypriote. Mitsotakis et son gouvernement ne font qu'enfoncer le pays dans la voie d'un nouvel ordre colonial teint&#233; de vert et de noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Ce budget servira &#224; l'implantation des infrastructures n&#233;cessaires &#224; la production d'&#233;nergie renouvelable et &#224; sa distribution, ainsi qu'au d&#233;veloppement du transport &#171; smart &#187; et &#233;lectrique, &#224; l'&#233;clairage des routes et &#224; la r&#233;novation des b&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le ch&#244;mage a d&#233;pass&#233; les 15 % en mai 2021, les femmes sont particuli&#232;rement touch&#233;es, et la Gr&#232;ce d&#233;tient le record de l'Union Europ&#233;enne pour le ch&#244;mage des jeunes avec environ 38,2 % de jeunes sans emploi en mai 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] L'Autorit&#233; de r&#233;gulation de l'&#233;nergie doit r&#233;voquer les licences pour les turbines &#233;oliennes qu'elle a approuv&#233;es pour Istiea, dans le nord de l'Eub&#233;e d&#233;vast&#233; par les incendies, conform&#233;ment &#224; une demande du ministre de l'Environnement et de l'&#201;nergie, Kostas Skrekas formul&#233;e dans une lettre rendue publique le 27 septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La loi s'intitule officiellement &#171; Modernisation de la l&#233;gislation environnementale &#187;. Elle a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e ainsi par ses opposants &#224; juste titre. En septembre 2019, les bulldozers qui avaient commenc&#233; &#224; d&#233;truire les montagnes de Agrafa de mani&#232;re totalement ill&#233;gale ont suscit&#233; l'indignation, le permis octroy&#233; ne r&#233;pondant pas aux exigences de la loi &#224; ce moment-l&#224;. C'est suite &#224; cela qu'Adonis Georgiadis a annonc&#233; la modification de la loi qui a donn&#233; lieu &#224; la loi anti-environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] DEI devrait achever un plan d'augmentation de son capital priv&#233; d'une valeur d'environ 750 millions d'euros d'ici d&#233;but novembre, suite &#224; une d&#233;cision prise par son conseil d'administration et approuv&#233; par les actionnaires en octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] La privatisation de la compagnie grecque d'&#233;lectricit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e lors des deuxi&#232;me et troisi&#232;me m&#233;moranda : 17% lors du 2nd(sign&#233; par le gouvernement de droite d'Antonis Samaras) et 34% lors du 3i&#232;me (sign&#233; par le gouvernement Syriza d'Alexis Tsipras).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;https://noextractionsnowar.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://noextractionsnowar.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Petition &#183; Non au projet de prospections et d'extractions d'hydrocarbure en Gr&#232;ce &#183; Change.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] La Banque mondiale, la France et l'Allemagne ont pass&#233; des accords avec la Turquie pour le d&#233;veloppement de l'industrie renouvelable en &#233;change de pr&#234;ts d'une valeur de 3,2 milliards de dollars US.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les crises des dettes priv&#233;es et publiques exacerbent les probl&#232;mes de logement en UE, voici pourquoi</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-crises-des-dettes-privees-et-publiques-exacerbent-les-problemes-de-logement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-crises-des-dettes-privees-et-publiques-exacerbent-les-problemes-de-logement</guid>
		<dc:date>2021-06-15T10:43:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint, Eva Betavatzi</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'augmentation des cr&#233;dits hypoth&#233;caires dans les pays europ&#233;ens depuis les ann&#233;es 1990 t&#233;moigne d'une volont&#233; politique d'orienter les m&#233;nages vers l'achat plut&#244;t que vers la location de leur logement. Les banques en tirent des b&#233;n&#233;fices dans la mesure o&#249; cela leur permet non seulement d'accro&#238;tre leurs portefeuilles de cr&#233;dits, mais aussi de les titriser et donc de les revendre sur le march&#233; secondaire. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : CADTM infolettre , le 2021-06-10 9 juin par Eric Toussaint , Eva (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-06-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-06-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton48741-3fca1.jpg?1677465557' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'augmentation des cr&#233;dits hypoth&#233;caires dans les pays europ&#233;ens depuis les ann&#233;es 1990 t&#233;moigne d'une volont&#233; politique d'orienter les m&#233;nages vers l'achat plut&#244;t que vers la location de leur logement. Les banques en tirent des b&#233;n&#233;fices dans la mesure o&#249; cela leur permet non seulement d'accro&#238;tre leurs portefeuilles de cr&#233;dits, mais aussi de les titriser et donc de les revendre sur le march&#233; secondaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : CADTM infolettre &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2021-06-10 &lt;br class='autobr' /&gt;
9 juin par Eric Toussaint , Eva Betavatzi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-crises-des-dettes-privees-et-publiques-exacerbent-les-problemes-de-logement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Les-crises-des-dettes-privees-et-publiques-exacerbent-les-problemes-de-logement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;photo :Housing Action Day 2021 organis&#233; par la Coalition europ&#233;enne d'action pour le droit au logement et &#224; la ville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi naissent des bulles de cr&#233;dits dont les cons&#233;quences s'&#233;tendent &#224; l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale, comme l'a montr&#233; la crise de 2007-2008. Depuis lors, et pour recapitaliser leurs banques, de nombreux &#201;tats ont opt&#233; pour la dette publique sans imposer de contr&#244;le effectif au syst&#232;me bancaire et &#224; ses possibilit&#233;s d'accorder des cr&#233;dits. Les m&#233;nages ont doublement ressenti les effets de cette politique : d'une part en &#233;tant confront&#233;s au manque de logements abordables sur le march&#233; locatif, qui a &#233;t&#233; laiss&#233; largement aux mains du secteur priv&#233;, sans r&#233;gulation ou investissement publics significatifs, et d'autre part en voyant chuter leurs revenus par suite des mesures d'aust&#233;rit&#233; adopt&#233;es pour rembourser les dettes publiques. C'est ainsi que l'accroissement des dettes priv&#233;es et publiques, ajout&#233; au principe selon lequel ces dettes doivent &#234;tre rembours&#233;es quoi qu'il en co&#251;te, a des cons&#233;quences sur le droit au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : Dettes ill&#233;gitimes, dettes ill&#233;gales, dettes odieuses - hypoth&#232;ques - titrisation - financiarisation et marchandisation du logement - bulles de cr&#233;dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Introduction : les politiques du logement profitent aux banques priv&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; des d&#233;cennies que les &#201;tats, qui sont cens&#233;s s'assurer que chaque personne puisse exercer ses droits fondamentaux, dont celui &#224; un logement d&#233;cent [1], ont la plupart du temps choisi de placer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e au c&#339;ur de leurs politiques de logement. Il en r&#233;sulte que dans de nombreux pays, l'acc&#232;s &#224; un logement ad&#233;quat et abordable passe avant tout par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (achat, h&#233;ritage, don). Les banques priv&#233;es, qui fournissent les pr&#234;ts immobiliers &#224; la plupart des acqu&#233;reurs, sont ainsi plac&#233;es en position de force. Elles &#339;uvrent &#224; l'expansion du march&#233; acquisitif alors qu'elles ont contribu&#233; &#224; son effondrement, comme l'ont montr&#233; la situation des &#201;tats-Unis en 2007 et celle d'autres pays comme l'Espagne dans les ann&#233;es suivantes. En effet, l'octroi de pr&#234;ts hypoth&#233;caires a entra&#238;n&#233; la formation de bulles de cr&#233;dits qui ont finalement &#233;clat&#233;. Les gouvernements continuent de soutenir les banques priv&#233;es qui interviennent sur le march&#233; immobilier r&#233;sidentiel de plusieurs mani&#232;res &#224; la fois directes et indirectes : mesures fiscales favorables aux propri&#233;taires, subventions publiques accord&#233;es &#224; ces m&#234;mes propri&#233;taires (les primes &#224; la r&#233;novation en sont un bon exemple), abandon du logement social ou public (privatisation des parcs locatifs publics ou manque d'investissement public), d&#233;r&#233;gulation du march&#233; locatif priv&#233;, mais surtout contr&#244;le insuffisant des activit&#233;s bancaires en d&#233;pit du danger av&#233;r&#233; que repr&#233;sentent les bulles de cr&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques sont des entreprises priv&#233;es &#224; but lucratif. Elles ne pr&#233;tendent nullement garantir &#224; toutes et tous l'acc&#232;s &#224; un logement d&#233;cent, c'est aux &#201;tats qu'incombe cette mission. Il semble qu'il faille choisir entre encourager la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et investir pour le droit au logement et que nos dirigeants, &#224; l'instar de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, aient choisi. Ils ont choisi de se d&#233;sengager de la d&#233;fense des droits fondamentaux de leur population, et notamment du droit au logement, puisqu'ils ne s'en portent d&#233;sormais que tr&#232;s partiellement garants (Madden &amp; Marcuse, 2016). C'est ainsi que des millions de m&#233;nages connaissent de plus en plus de difficult&#233;s &#224; trouver un logement d&#233;cent, abordable et ad&#233;quat sur des march&#233;s immobiliers r&#233;sidentiels de plus en plus concurrentiels et o&#249; les prix flambent. Dans certains pays comme la Gr&#232;ce, les pouvoirs publics ont compl&#232;tement abandonn&#233; leur r&#244;le et ne garantissent plus rien ou presque (Siatitsa, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous para&#238;t &#233;vident que dans un &#201;tat d&#233;mocratique o&#249; les droits fondamentaux des personnes sont pris en compte et respect&#233;s, les banques priv&#233;es n'auraient jamais d&#251; jouer ce r&#244;le essentiel, et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'aurait pas d&#251; constituer le c&#339;ur des politiques de logement. C'est pourquoi nous pensons que l'octroi disproportionn&#233; et abusif de pr&#234;ts hypoth&#233;caires aux m&#233;nages, en partie titris&#233;s et donc offerts sur l'autel de la finance, a fortement contribu&#233; &#224; l'aggravation des probl&#232;mes de logement, tout comme l'utilisation des dettes publiques pour recapitaliser les banques apr&#232;s la crise de 2007-2008. Ce sont ces ferments qui ont men&#233; aux ann&#233;es noires des politiques aust&#233;ritaires, renfor&#231;ant encore le probl&#232;me du d&#233;sinvestissement et du d&#233;sengagement des pouvoirs publics (Barbero, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons essayer d'explorer le lien qui existe entre la probl&#233;matique du logement et les dettes priv&#233;es et publiques en tournant le projecteur vers le secteur bancaire. Il nous semble essentiel en effet de mettre en lumi&#232;re la responsabilit&#233; des banques priv&#233;es dans les processus de marchandisation et de financiarisation du logement qui, dans les seuls pays du Nord, privent plusieurs millions de personnes de la possibilit&#233; d'acc&#233;der &#224; un logement d&#233;cent. La question se pose avec encore plus d'acuit&#233; aujourd'hui, en pleine crise sanitaire, parce que les incitations &#224; acheter se poursuivent, alors que les politiques favorisant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ont contribu&#233; &#224; exclure une part non n&#233;gligeable de la population d'un logement d&#233;cent, adapt&#233; et abordable. De plus, l'effet macro&#233;conomique d&#233;sastreux des bulles de cr&#233;dit depuis 2007 a frapp&#233; les citoyen&#183;ne&#183;s de mani&#232;re particuli&#232;rement injuste. L'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par suite de recapitalisations bancaires demeurera une exp&#233;rience grav&#233;e dans la m&#233;moire des g&#233;n&#233;rations qui ont travers&#233; la crise de 2007/2008. Nous sommes &#233;tonn&#233;&#183;es qu'aucune le&#231;on n'en ait &#233;t&#233; tir&#233;e, alors que les pouvoirs publics continuent de se d&#233;sengager du march&#233; du logement social et public. Le contr&#244;le de l'activit&#233; bancaire reste quasi-inexistant et les bulles de cr&#233;dit immobilier restent la norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre analyse se concentrera sur le territoire europ&#233;en. Dans la premi&#232;re partie, nous expliquerons le r&#244;le des banques. Nous examinerons &#233;galement bri&#232;vement le contexte favorable dans lequel elles ont pu cr&#233;er d'amples portefeuilles de cr&#233;dits et leurs effets sur l'ensemble de l'&#233;conomie pendant et apr&#232;s la crise de 2007/2008. Les banques ont prouv&#233; qu'elles &#233;taient incapables de survivre seules &#224; une crise financi&#232;re, bien qu'elles en soient largement responsables. Elles semblent fonctionner comme des machines &#224; produire des crises. C'est par l'investissement public et donc par l'augmentation des dettes publiques que nombre d'entre elles ont pu rester &#224; flot, avec de graves cons&#233;quences sur les populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Dettes ill&#233;gitimes, dettes ill&#233;gales et dettes odieuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart entre le revenu et les d&#233;penses d'une personne peut &#234;tre combl&#233; par la dette. Lorsqu'elle ou il ach&#232;te un logement, qu'il s'agisse d'une maison, d'un appartement ou autre, le ou la candidat&#183;e &#224; l'achat engage une d&#233;pense qui d&#233;passe largement son revenu en demandant &#224; une banque de lui accorder un pr&#234;t hypoth&#233;caire. En &#233;change, elle ou il doit lui accorder une part de son revenu pendant les ann&#233;es, voire d&#233;cennies &#224; venir. Un pr&#234;t hypoth&#233;caire constitue ainsi une promesse &#224; long terme de travail, et m&#234;me de revenu, ce qui constitue d&#233;j&#224; un probl&#232;me en soi si on tient compte du fait que l'&#233;conomie capitaliste n&#233;olib&#233;rale est en perp&#233;tuelle crise et que dans ce contexte, une promesse de revenu pour les ann&#233;es suivantes rel&#232;ve plus de la sp&#233;culation quelles que soient les intentions du d&#233;biteur/de la d&#233;bitrice. En effet, ce&#183;tte dernier&#183;e ne sera pas en mesure de ma&#238;triser les effets d'une crise &#233;conomique sur son travail et son revenu, comme le montre la situation des millions de d&#233;biteurs/rices insolvables apr&#232;s la crise de 2007/2008. La situation actuelle de pand&#233;mie de Covid-19 pourrait bien &#234;tre aussi probl&#233;matique pour les m&#233;nages endett&#233;s. Si en plus le/la futur&#183;e acheteur&#183;euse n'a d'autre choix que de s'endetter pour se loger, nous sommes tent&#233;&#183;e&#183;s de consid&#233;rer sa dette comme ill&#233;gitime (Garcia-Lamarca, M. et Kaika M., 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les march&#233;s locatifs dans la plupart des villes europ&#233;ennes sont devenus hautement concurrentiels, voire satur&#233;s, mais aussi discriminants, chers et d&#233;r&#233;gul&#233;s, avec des parcs qui ne sont pas toujours adapt&#233;s &#224; la situation des personnes et &#224; leur mode de vie, l'achat passe pour une solution de rechange, qui pr&#233;tend offrir la possibilit&#233; d'un logement d&#233;cent, adapt&#233; ou adaptable, abordable, r&#233;gul&#233; et non exclusif. Les choses ne sont cependant pas toujours aussi simples. Pour que l'achat soit consid&#233;r&#233; comme un authentique choix, la location devrait offrir des possibilit&#233;s &#233;quivalentes. Et pourtant, depuis les ann&#233;es 1990, les m&#233;nages se sont largement endett&#233;s pour pallier les insuffisances &#224; la fois du logement social et public, des politiques publiques visant &#224; r&#233;guler le march&#233; de la location &#224; long terme et de la volont&#233; politique de rendre effectif le droit au logement pour toutes et tous. Cette triple lacune est rest&#233;e cach&#233;e derri&#232;re un imaginaire social b&#226;ti sur un id&#233;al politique n&#233;olib&#233;ral. En Belgique, l'expression &#171; avoir une brique dans le ventre &#187; atteste de la normalisation de l'aspiration &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et donc de la dette, parfois pour plus de trente ans (Fares et al., 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, de plus en plus de personnes vivent dans des habitations qui ne leur conviennent pas, qu'elles soient insalubres, trop petites pour les accueillir, trop ch&#232;res ou trop &#233;loign&#233;es de leur lieu de travail ou de leur activit&#233;, et le chemin vers le logement peut &#234;tre sem&#233; d'emb&#251;ches pour tous les gens qui subissent des discriminations sociales, raciales ou genr&#233;es. Des millions de personnes s'en trouvent mal log&#233;es, tandis que des milliers d'autres sont tout bonnement &#224; la rue. La p&#233;nurie de logements dont il &#233;tait question ci-dessus a eu des effets dramatiques pour une grande partie de la population, en particulier les locataires, celles et ceux qui n'ont pas eu acc&#232;s aux cr&#233;dits immobiliers, en encourageant celles et ceux qui le peuvent &#224; s'endetter &#224; tout prix (Desmond, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que le choix pr&#233;tendument d&#233;lib&#233;r&#233; de nombreux m&#233;nages d'acqu&#233;rir leur domicile est la cons&#233;quence de cette p&#233;nurie de logements que nous pouvons estimer que les dettes hypoth&#233;caires pourraient bien &#234;tre largement ill&#233;gitimes et devraient &#224; ce titre &#234;tre annul&#233;es. Si les d&#233;biteurs avaient pu choisir entre deux possibilit&#233;s (louer ou acheter un logement adapt&#233;, d&#233;cent et abordable) et si les cr&#233;anciers (les banques) n'avaient pas seulement cherch&#233; &#224; satisfaire leurs actionnaires, mais aussi &#224; proposer leurs services en tenant compte des besoins des d&#233;biteurs/rices et de la situation &#233;conomique mondiale, la question aurait &#233;t&#233; bien diff&#233;rente. Il convient de rappeler qu'avant 2007, un grand nombre de d&#233;biteurs/rices &#233;taient d&#233;j&#224; dans l'impossibilit&#233; de rembourser leur cr&#233;dit immobilier, et se voyaient enjoint&#183;es de le rembourser malgr&#233; tout, sous peine d'&#234;tre expuls&#233;&#183;es (Coalition europ&#233;enne d'action pour le droit au logement et &#224; la ville, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque par exemple des centaines de milliers de m&#233;nages aux &#201;tats-Unis et en Espagne ont contract&#233; des pr&#234;ts immobiliers qui &#233;taient bien trop lourds pour leurs revenus modestes, il s'est av&#233;r&#233; qu'une bonne part de ces pr&#234;ts &#233;taient ill&#233;gitimes, voire franchement ill&#233;gaux. Ils &#233;taient ill&#233;gitimes parce qu'ils ne b&#233;n&#233;ficiaient pas aux d&#233;biteurs/rices : ils &#233;taient trop chers, les contrats de pr&#234;t &#233;taient manifestement &#224; leur d&#233;savantage. Les d&#233;biteurs/rices n'avaient d'autre choix que d'acheter leur domicile et &#233;taient donc forc&#233;&#183;es de s'endetter. Un nombre significatif de cr&#233;dits immobiliers &#233;taient m&#234;me ill&#233;gaux, puisqu'ils contenaient des clauses abusives. L'ill&#233;galit&#233; des cr&#233;dits immobiliers espagnols a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), l'un des plus importants mouvements pour le droit au logement en Europe, n&#233; de la crise des cr&#233;dits immobiliers qui a frapp&#233; l'Espagne en 2008, l'une des plus violentes d'Europe (Garc&#237;a-Cabeza M. et De Weerdt J., 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Chypre et dans d'autres pays, les banques accordaient des cr&#233;dits &#224; la consommation pour permettre &#224; des m&#233;nages d'obtenir un cr&#233;dit immobilier, contournant ainsi, voire enfreignant les r&#232;gles de pr&#234;t qui prescrivent un certain montant en fonds propres. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, une autre arnaque impliquait des banques europ&#233;ennes qui accordaient des pr&#234;ts immobiliers en francs suisses. Les banques exigeaient d'&#234;tre rembours&#233;es en devise locale. &#192; mesure que la valeur du franc suisse grimpait, les m&#233;nages se sont trouv&#233;s incapables de rembourser leur dette, et endett&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;. Un million de m&#233;nages ont &#233;t&#233; victimes de cette escroquerie &#224; travers la Pologne, la Slov&#233;nie, la Gr&#232;ce, la France et les pays des Balkans (Toussaint, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques montrent deux choses importantes : d'une part les banques ont adopt&#233; une attitude odieuse pour encaisser un profit maximum et d'autre part elles ont accord&#233; bien plus de cr&#233;dits qu'elles n'auraient d&#251; et n'ont pas &#233;t&#233; assez contr&#244;l&#233;es, leurs activit&#233;s n'ont pas &#233;t&#233; suffisamment ma&#238;tris&#233;es, ce qui d&#233;montre la responsabilit&#233; des &#201;tats et plus largement des institutions europ&#233;ennes et internationales. Lorsqu'un cr&#233;ancier pr&#234;te de l'argent &#224; des fins lucratives tout en sachant qu'il place le/la d&#233;biteur/rice dans une situation impossible, on qualifie cette dette d'odieuse (Ludington et al., 2010). Les concepts de dette ill&#233;gale, de dette ill&#233;gitime et de dette odieuse s'appliquent autant &#224; la dette priv&#233;e qu'&#224; la dette publique. Il nous semble important de les nommer parce que ces notions sont les bases sur lesquelles nous proclamons la n&#233;cessit&#233; d'annuler certaines dettes publiques et priv&#233;es et de sortir du dogme du remboursement &#224; tout prix (Toussaint, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les gouvernements ont choisi de recapitaliser les banques priv&#233;es en d&#233;pit de leurs pratiques douteuses, ils ont conduit &#224; un accroissement consid&#233;rable des niveaux de dette publique par rapport au PIB. Et ce sont les populations enti&#232;res des pays endett&#233;s qui en ont pay&#233; le prix. Il y a quelque chose de fondamentalement ill&#233;gitime &#224; demander aux gens de renflouer, par l'augmentation des imp&#244;ts et l'imposition de mesures d'aust&#233;rit&#233;, un syst&#232;me bancaire qui depuis des ann&#233;es a profit&#233; de leurs revenus et a cr&#233;&#233; les conditions de leur d&#233;pendance en organisant la p&#233;nurie d'autres solutions (Graeber, 2011). Les d&#233;penses publiques qui ont &#233;t&#233; mobilis&#233;es pour recapitaliser le syst&#232;me bancaire n'ont pas &#233;t&#233; utilis&#233;es pour socialiser les banques, m&#234;me partiellement, ni pour les soumettre &#224; des contr&#244;les plus stricts, ni m&#234;me pour limiter r&#233;ellement leur activit&#233; financi&#232;re. C'est pourquoi elles continuent &#224; profiter des revenus des m&#233;nages de multiples mani&#232;res : &#224; l'&#233;chelle individuelle d'abord, en accordant des pr&#234;ts et en tirant un profit de leur remboursement, mais aussi &#224; l'&#233;chelle collective, en se faisant renflouer avec de l'argent public : les imp&#244;ts et la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population endett&#233;e para&#238;t n'avoir rien gagn&#233; &#224; renflouer les banques : elle a certes &#233;vit&#233; l'effondrement d'un syst&#232;me bancaire qui avait accord&#233; des cr&#233;dits parfois ill&#233;gitimes, odieux et ill&#233;gaux, mais sans avoir r&#233;ussi &#224; exiger une quelconque contrepartie, restant ainsi &#224; la merci de nouvelles crises [2]. En ce sens, les milliards d'euros inject&#233;s dans les banques, de Bruxelles &#224; Ath&#232;nes, en passant par Nicosie, Madrid, Lisbonne et Dublin ont cr&#233;&#233; des dettes publiques ill&#233;gitimes qui auraient &#233;galement d&#251; &#234;tre annul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire, dans toute cette histoire, est que dans les pays qui l'ont mis en &#339;uvre, la recapitalisation des banques n'a m&#234;me pas suffi &#224; sauver le syst&#232;me bancaire. Elle a fourni des possibilit&#233;s d'investissement &#224; des fonds sp&#233;cialis&#233;s dans l'achat de pr&#234;ts non performants (douteux), connus sous le nom de &#171; fonds vautours &#187;. Les fonds vautours sont des acteurs financiers priv&#233;s qui ont fond&#233; leur activit&#233; sur les dettes publiques ou priv&#233;es en souffrance. Ils en ach&#232;tent en grande quantit&#233; sur le march&#233; secondaire de la dette, &#224; prix cass&#233;, puis s'efforcent d'en tirer un b&#233;n&#233;fice, y compris de la mani&#232;re la plus odieuse. Pour ce faire, ils usent de diff&#233;rentes techniques adapt&#233;es au contexte et &#224; la nature des cr&#233;dits qu'ils rach&#232;tent. Pour les dettes publiques, ils exigent le remboursement de 100 % d'une obligation qu'ils ont obtenu &#224; un prix ridicule, par exemple 20 % ou m&#234;me 5 % de leur valeur faciale. Ainsi, ils peuvent exiger d'un pays d&#233;biteur un remboursement de 100 milliards d'euros alors qu'ils ont initialement investi 5 milliards d'euros, faisant ainsi des profits colossaux. Ils y parviennent avec la complaisance des juridictions new-yorkaises ou londoniennes, qui statuent syst&#233;matiquement en leur faveur. En Belgique, une loi unique au monde contre les fonds vautours limite leur possibilit&#233; de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les dettes priv&#233;es, les fonds vautours agissent de mani&#232;re quelque peu diff&#233;rente [3]. Ils ach&#232;tent des pr&#234;ts non-performants &#224; des banques qui cherchent &#224; nettoyer leurs bilans, et se retrouvent ainsi &#224; la t&#234;te d'un gisement de pr&#234;ts (et donc de quantit&#233;s de logements, parfois plusieurs milliers) obtenus &#224; des prix d&#233;risoires. Apr&#232;s quelques ann&#233;es, ils vendent leurs actifs &#224; l'unit&#233; ou, dans le cas d'autres dettes, harc&#232;lent les d&#233;biteurs/rices insolvables pour obtenir leur remboursement. Il est facile d'imaginer les profits ainsi g&#233;n&#233;r&#233;s. En Europe, la BCE a insist&#233; pour que les banques acceptent de vendre leurs paquets de pr&#234;ts non-performants &#224; ces fonds parce qu'elle a jug&#233; qu'il fallait qu'elles s'en d&#233;barrassent par tous les moyens. C'&#233;tait le mot d'ordre de la BCE au moment o&#249; les pr&#234;ts non performants atteignaient une valeur de mille milliards d'euros en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re odieux de l'activit&#233; des fonds vautours est flagrant et pourtant ceux-ci ont agi librement et continuent de le faire presque partout dans le monde, comme en Irlande, au Portugal, en Espagne, &#224; Chypre ou encore en Gr&#232;ce. Ils n'ont pas &#233;pargn&#233; les pays les plus riches d'Europe comme l'Allemagne, o&#249; la financiarisation du march&#233; immobilier r&#233;sidentiel est tr&#232;s agressive depuis quelques ann&#233;es, attisant la col&#232;re de mouvements sociaux en plein essor, en particulier &#224; Berlin (Hoffrogge, 2019). Blackstone, Vonovia, Cerberus, Apollo, Deutsche Wohnen et bien d'autres sont des noms que les habitant&#183;es des villes europ&#233;ennes ne sont pas pr&#232;s d'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M&#233;thodologie : associer l'action et la recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la pr&#233;sentation des notions de dette ill&#233;gitime, ill&#233;gale et odieuse, mais aussi par la clarification des r&#244;les des diff&#233;rents acteurs qui gravitent autour des banques (pouvoirs publics, fonds vautours, institutions europ&#233;ennes et notamment la BCE), nous esp&#233;rons que nous avons mis en &#233;vidence la mani&#232;re dont se produit le transfert de richesse par le cr&#233;dit immobilier et les cons&#233;quences d'un tel transfert sur le droit au logement. La centralit&#233; des banques dans les politiques du logement et par suite la centralit&#233; de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'ont d'autre objet que ce transfert. Il n'est pas impossible d'imaginer d'autres solutions et il est m&#234;me urgent de replacer la question du logement dans sa dimension collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre recherche s'appuie sur deux fondements : le premier est notre travail de longue haleine sur les dettes publiques au sein du Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes, le CADTM. C'est lui qui nous a permis d'identifier les principales causes de l'accroissement des dettes publiques en Europe apr&#232;s la crise de 2007/2008, parmi lesquelles les recapitalisations bancaires. Nos travaux sur l'analyse de la dette grecque, men&#233;s au sein de la Commission d'audit pour la v&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque en 2015 et poursuivis depuis, nous ont aid&#233;s &#224; &#233;tablir les faits. Nos analyses de moindre envergure des dettes publiques d'autres pays nous ont montr&#233; que celles de Chypre, d'Espagne, du Portugal et d'Irlande pr&#233;sentent des caract&#233;ristiques similaires (Commission d'audit pour la v&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second fondement de notre examen est notre participation aux luttes de terrain pour le droit au logement. Depuis des ann&#233;es nous suivons et soutenons les luttes men&#233;es par des collectifs qui sont membres de la Coalition europ&#233;enne d'action pour le droit au logement et &#224; la ville. Nous sommes &#233;galement impliqu&#233;&#183;es dans des luttes locales en Belgique et participons activement &#224; la d&#233;fense des locataires contre leurs propri&#233;taires, dont beaucoup pourraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme les &#171; locataires &#187; de leur banque. En cette p&#233;riode de crise sanitaire, nous avons vu que les politiques publiques pour le logement, m&#234;me celles qui se disent &#171; d'urgence &#187; se sont r&#233;v&#233;l&#233;es bien plus profitables aux banques qu'aux habitant&#183;es. Cela nous a permis de v&#233;rifier qu'&#224; notre grand regret, les observations que nous faisions il y a quelques ann&#233;es sont toujours valables aujourd'hui, tandis que face &#224; la crise sanitaire les gouvernements r&#233;p&#233;taient urbi et orbi de rester chez soi, ce qui supposait d'en avoir un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En associant les savoirs et comp&#233;tences techniques que nous avons accumul&#233;s sur les dettes publiques avec notre investissement dans les luttes en faveur du droit au logement, nous pensons que nous pouvons d&#233;montrer la n&#233;cessit&#233; de refondre en profondeur le syst&#232;me bancaire qui sape notre droit &#224; vivre dans un habitat d&#233;cent et abordable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Relations entre la crise financi&#232;re et celle du logement au fil de la d&#233;cennie &#233;coul&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de 2007/2008 n'a pas &#233;t&#233; caus&#233;e par des d&#233;penses publiques excessives, contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent souvent les dirigeants europ&#233;ens. Elle a &#233;t&#233; caus&#233;e par la crise des subprimes, c'est-&#224;-dire le moment o&#249; a &#233;clat&#233; la bulle du cr&#233;dit immobilier cr&#233;&#233;e par les banques &#233;tasuniennes (Toussaint, 2017). Pour illustrer l'ampleur de cette bulle du cr&#233;dit immobilier, rappelons qu'aux &#201;tats-Unis, le nombre de nouvelles maisons construites en 2006 &#233;tait 1,5 fois sup&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait en 2000, soit une augmentation de 800 000 logements par an (Coalition europ&#233;enne d'action pour le droit au logement et &#224; la ville, 2018). Il est arriv&#233; un moment o&#249; ces logements sont rest&#233;s vides parce que l'offre n'a pas rencontr&#233; de demande r&#233;elle. La surproduction de logements est venue accompagner le d&#233;sir d'accro&#238;tre le portefeuille d'actifs des banques. Avec la titrisation des dettes immobili&#232;res, la crise des subprimes s'est bient&#244;t mu&#233;e en crise financi&#232;re mondiale, puis en crise de la dette souveraine dans le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons observ&#233; des crises similaires dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, ainsi qu'en Irlande, au Royaume-Uni, en Espagne et aux Pays-Bas en 2011-2012. L'augmentation de la dette des m&#233;nages entre 2000 et 2007 pourrait avoir &#233;t&#233; un signe avant-coureur de ce qui allait se produire. En Espagne, par exemple, la dette des m&#233;nages est pass&#233;e de 46 &#224; 83 % du PIB alors que la dette publique brute faiblissait, passant de 58 &#224; 37 % du PIB sur la m&#234;me p&#233;riode. Nous avons pu observer des tendances similaires au Portugal, o&#249; la part de la dette des m&#233;nages s'est accrue, de 59 &#224; 84 % du PIB, alors que la dette publique brute n'enflait que de 49 &#224; 63 % sur la m&#234;me p&#233;riode. En Gr&#232;ce, le taux d'endettement des m&#233;nages, initialement tr&#232;s bas (14 %) a atteint 42 % en seulement sept ans, alors que la dette publique, d&#233;j&#224; tr&#232;s &#233;lev&#233;e s'&#233;tait pass&#233;e que de 104 &#224; 106 % du PIB (en 2011 elle a atteint 162 % du PIB). Dans l'ensemble de la zone euro, les dettes des m&#233;nages ont beaucoup moins augment&#233; : de 49 &#224; 54 % du PIB, alors que les dettes publiques se sont l&#233;g&#232;rement affaiss&#233;es, de 68 &#224; 66 % (Toussaint, 2014). La comparaison de ces chiffres nous apprend que l'augmentation des dettes priv&#233;es des m&#233;nages &#233;tait plus &#233;lev&#233;e dans les pays de la p&#233;riph&#233;rie de l'UE, qui ont &#233;t&#233; les plus durement frapp&#233;s par la crise du logement due aux cr&#233;dits immobiliers impay&#233;s qui a d&#233;but&#233; en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 2007, les banques priv&#233;es ont limit&#233; les pr&#234;ts aux m&#233;nages et aux entreprises non financi&#232;res de ces pays et ont continu&#233; de produire des actifs pour les entreprises non financi&#232;res. Les taux de dette publique brute se sont envol&#233;s dans ces trois pays entre 2007 et 2011 : de 37 &#224; 62 % du PIB en Espagne, de 63 &#224; 96 % au Portugal et de 108 &#224; 162 % en Gr&#232;ce. Le fait que les dettes priv&#233;es aient stagn&#233; pendant cette p&#233;riode alors que les dettes publiques &#233;taient &#224; la hausse illustre en partie le processus de recapitalisation des banques &#233;voqu&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, alors que la crise sanitaire dure depuis plus d'un an, les programmes de relance de l'UE annoncent de nouvelles dettes, et tandis que s'accroissent les d&#233;ficits publics, les chiffres des dettes souveraines ont atteint des niveaux jusqu'&#224; pr&#233;sent inimaginables, qui font para&#238;tre n&#233;gligeables les niveaux d'endettement de l'Espagne, du Portugal et de la Gr&#232;ce en 2011. Et pourtant la rigueur budg&#233;taire inscrite dans le trait&#233; de Maastricht exigeait jusqu'&#224; r&#233;cemment des &#201;tats signataires qu'ils limitent leur pourcentage de dette par rapport au PIB &#224; 60 % et leur d&#233;ficit public &#224; 3 % du PIB. La rigueur impos&#233;e par les r&#232;glementations europ&#233;ennes a ouvert la voie aux ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la Gr&#232;ce est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur et permet d'illustrer les cons&#233;quences de l'aust&#233;rit&#233; sur le droit au logement. En Gr&#232;ce, c'est la Tro&#239;ka qui a impos&#233; l'aust&#233;rit&#233; au gouvernement et qui a plac&#233; ce dernier sous sa tutelle pendant des ann&#233;es sans que le pays n'en soit r&#233;ellement sorti. Les cr&#233;anciers du pays ont ainsi pu exiger des changements l&#233;gislatifs au b&#233;n&#233;fice des banques, en particulier des amendements &#224; la loi Katseli (qui avait &#233;t&#233; adopt&#233;e pour limiter l'expulsion des m&#233;nages insolvables et la saisie de leur r&#233;sidence principale en cas de dettes impay&#233;es) (Gotev, 2019). En f&#233;vrier 2019, par exemple, l'Eurogroupe avait ouvertement menac&#233; la Gr&#232;ce de ne lui reverser aucun profit r&#233;alis&#233; ill&#233;gitimement en sp&#233;culant sur sa dette d&#233;tenue par la BCE si elle ne r&#233;formait pas drastiquement la loi Katseli. La loi a finalement &#233;t&#233; modifi&#233;e &#224; de nombreuses reprises pour faciliter les saisies, au profit des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me sort s'est abattu sur la l&#233;gislation chypriote. Le droit au logement &#233;tait inscrit dans la l&#233;gislation depuis 1965. En 2014, le gouvernement a modifi&#233; la loi garantissant le droit au logement pour satisfaire les exigences de ses cr&#233;anciers. Cela a permis aux banques d'expulser les m&#233;nages endett&#233;s et insolvables apr&#232;s un retard de paiement de soixante jours, d&#233;lai au-del&#224; duquel un pr&#234;t peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme non-performant. Les m&#233;nages insolvables pouvaient encore &#233;viter l'expulsion en ren&#233;gociant leur dette. En 2018, un nouvel amendement l&#233;gislatif a annul&#233; la possibilit&#233; de ren&#233;gocier leur cr&#233;dit et les proc&#233;dures d'expulsion ont &#233;t&#233; privatis&#233;es et automatis&#233;es, limitant ainsi les possibilit&#233;s d'appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;nages insolvables espagnols font face &#224; des situations tout aussi dramatiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La l&#233;gislation actuelle, qui a permis &#224; des banques d'expulser plusieurs centaines de milliers de m&#233;nages insolvables pendant les ann&#233;es de crise, date de la dictature de Franco. Elle est particuli&#232;rement injuste en ce qu'&#224; la diff&#233;rence des lois de nombreux autres pays, elle permet d'expulser les occupant&#183;es avant de mettre le bien aux ench&#232;res et ne rel&#232;ve pas les m&#233;nages de leur obligation de remboursement une fois qu'ils ont &#233;t&#233; expuls&#233;s. &#192; cause de cette loi, en Espagne les expulsions ont &#233;t&#233; bien plus rapides qu'ailleurs. En 2018, les banques espagnoles d&#233;tenaient 3,5 millions de logements vides : ceux des gens qui n'avaient pas pu rembourser leur pr&#234;t immobilier, ceux d'entreprises qui avaient construit des habitations qui ne correspondaient &#224; aucune demande r&#233;elle et ceux des entreprises qui avaient fait faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents contextes illustrent la pression extraordinaire qu'exercent les cr&#233;anciers et les &#201;tats sur les m&#233;nages insolvables pour les d&#233;poss&#233;der de leur domicile lorsqu'ils ne peuvent plus rembourser leur cr&#233;dit. Ils montrent &#233;galement la responsabilit&#233; et le r&#244;le central des banques, qui d'une main accordent des pr&#234;ts aux m&#233;nages insolvables et de l'autre les d&#233;pouillent. Les banques et leurs actionnaires ont toujours refus&#233; de reconna&#238;tre leur responsabilit&#233; dans la crise de 2007/2008 et donc l'incapacit&#233; des m&#233;nages &#224; rembourser leurs pr&#234;ts. Ils ont tenu &#224; faire honorer toutes les promesses de remboursement qui leur avaient &#233;t&#233; faites alors qu'ils avaient &#233;t&#233; renflou&#233;s par les contribuables, et donc par ces m&#234;mes m&#233;nages endett&#233;s, notamment via les imp&#244;ts. En ce sens, les expulsions (sans remboursement de la part du pr&#234;t d&#233;j&#224; honor&#233;e) et les saisies &#233;taient profond&#233;ment injustes et rel&#232;vent &#233;galement d'une forme de recapitalisation des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il pourrait para&#238;tre surprenant que le cr&#233;dit immobilier reste extr&#234;mement populaire dans certains pays. En Belgique, par exemple, l'endettement immobilier priv&#233; repr&#233;sente 54,7 % du PIB. En 2018, les banques belges ont accord&#233; pour 242,7 milliards d'euros de pr&#234;ts immobiliers, dont 60,9 milliards &#233;taient titris&#233;s (Aalbers, 2019). &#192; l'heure actuelle, 3 millions de personnes sont endett&#233;es vis-&#224;-vis de banques pour avoir souscrit un cr&#233;dit immobilier, soit 55 % de la population active [4]. En quinze ans, les prix de l'immobilier ont presque doubl&#233; &#224; travers le pays et l'acc&#232;s au cr&#233;dit immobilier pour les m&#233;nages modestes s'est restreint [5], contribuant &#224; aggraver le probl&#232;me d'acc&#232;s au logement. Cela signifie que les banques belges n'ont pas limit&#233; l'octroi de pr&#234;ts immobiliers malgr&#233; qu'en Belgique &#233;galement l'&#201;tat a d&#251; recapitaliser les principales banques, y compris Dexia (d&#233;sormais d&#233;nomm&#233;e Belfius).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, les incitations &#224; l'achat ont repris d&#232;s 2019, comme si de rien n'&#233;tait, alors qu'entre janvier et ao&#251;t de la m&#234;me ann&#233;e, on proc&#233;dait chaque jour &#224; 100 expulsions pour loyer impay&#233; et 42 pour d&#233;faut de remboursement d'un cr&#233;dit immobilier [6]. Cerberus, Blackstone et d'autres fonds vautours ont investi en 2012-2013 dans les pr&#234;ts non-performants des banques espagnoles au point de poss&#233;der suffisamment de logements pour influencer pour une large part le march&#233; r&#233;sidentiel et faire grimper les prix, cr&#233;ant des bulles locatives. Six ans plus tard, les fonds vautours ont cherch&#233; &#224; revendre &#224; l'unit&#233; les logements acquis &#224; bas prix, consid&#233;rant que la bulle locative avait atteint ses limites et qu'ils feraient davantage de profits sur le march&#233; de la vente [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, le programme Hercules, adopt&#233; en octobre 2019 a permis aux banques de r&#233;duire leur stock de pr&#234;ts non performants, qui est pass&#233; de 43 % en 2019 &#224; 27 % en mars 2021. La Commission europ&#233;enne a salu&#233; cette &#233;volution et a approuv&#233; la prolongation du programme jusqu'en 2022, malgr&#233; la crise sanitaire et &#233;conomique due au Covid-19 [8]. Comme en Espagne, les banques grecques ont en fait titris&#233; leurs pr&#234;ts non-performants, les mettant en circulation sur les march&#233;s financiers et ouvrant les portes aux fonds vautours avec des garanties &#233;tatiques s'&#233;levant &#224; 12 milliards d'euros pour la seule poursuite du programme. Les habitants du pays subiront probablement les m&#234;mes cons&#233;quences que les Espagnol&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Remarques conclusives : la socialisation des banques est indispensable pour rendre effectif le droit au logement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, quatorze ans apr&#232;s la crise des subprimes, la crise financi&#232;re de 2007/2008 continue de produire ses effets sur les gens, alors que se poursuivent les processus de marchandisation et de financiarisation du logement. &#192; l'instar de celui du logement, le secteur de la sant&#233; a subi des ann&#233;es de privatisations, de coupes budg&#233;taires, de financiarisation et dans certains cas, d'attaques de fonds vautours. C'est la raison pour laquelle il n'&#233;tait pas suffisamment &#233;quip&#233; pour faire face &#224; la crise sanitaire caus&#233;e par le Covid-19, ce qui nous a forc&#233; &#224; rester chez nous. L'acc&#232;s au logement &#233;tait alors d&#233;j&#224; fortement compromis pour une grande part de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s de l'immobilier r&#233;sidentiel de plusieurs pays p&#233;riph&#233;riques, mais aussi d'Europe centrale, ont &#233;t&#233; touch&#233;s par les fonds vautours. C'est le cas &#224; Berlin, o&#249; les autorit&#233;s ont &#233;t&#233; forc&#233;es de r&#233;agir et ont d&#233;cid&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re un gel des loyers de cinq ans. Cette mesure a r&#233;cemment &#233;t&#233; balay&#233;e par la cour constitutionnelle f&#233;d&#233;rale allemande, qui a estim&#233; que les l&#228;nders n'&#233;taient pas comp&#233;tents pour limiter les loyers, affirmant ainsi &#171; le droit &#187; des propri&#233;taires d'imposer des loyers trop &#233;lev&#233;s. Dans la doctrine n&#233;olib&#233;rale, le droit de la propri&#233;t&#233; pr&#233;vaut sur le droit &#224; la vie, car c'est lui qui alimente le syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question sociale du logement aurait d&#251; susciter davantage d'int&#233;r&#234;t. Il aurait &#233;t&#233; facile d'imaginer que chacun&#183;e puisse profiter d'un logement s&#251;r, adapt&#233; et abordable, par le biais de la r&#232;glementation du march&#233; locatif priv&#233;, la limitation de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (contr&#244;le des loyers, priorit&#233; &#224; la propri&#233;t&#233; d'usage, pour &#233;viter la &#171; touristification &#187; des villes, etc.), l'investissement dans le logement public et social. Il n'y aurait nullement eu besoin de confier un tel r&#244;le aux banques ni de forcer tant de gens &#224; recourir au cr&#233;dit immobilier. Nous avons des raisons de craindre la formation de nouvelles bulles, dont l'&#233;clatement aura des cons&#233;quences bien pires que celles que nous d&#233;crivons dans notre analyse. L'urgence commande depuis longtemps de repenser les politiques de logement pour qu'elles ne favorisent pas l'utilisation de la dette des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement urgent de transformer de fond en comble le syst&#232;me bancaire et d'imposer sa socialisation. Les banques, telles qu'elles fonctionnent aujourd'hui, renforcent les in&#233;galit&#233;s sociales. Ce sont les plus pauvres d'entre nous qui sont les premier&#183;es touch&#233;&#183;es par les crises qu'elles provoquent, comme le montrent les centaines de milliers d'expulsions qui ont eu lieu en Europe pendant la deuxi&#232;me d&#233;cennie du 21e si&#232;cle. La hausse des prix des march&#233;s locatifs et acquisitifs dans la plupart des villes est &#233;galement la cons&#233;quence des bulles de cr&#233;dit cr&#233;&#233;es par l'activit&#233; excessive des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles n'auraient jamais d&#251; titriser les pr&#234;ts non-performants et les vendre aux fonds vautours. Ces pr&#234;ts auraient d&#251; &#234;tre pass&#233;s par pertes et profit au b&#233;n&#233;fice des m&#233;nages endett&#233;s, puisque les &#201;tats, via les imp&#244;ts et donc par le biais des contribuables, avaient d&#233;j&#224; recapitalis&#233; les banques. Si un &#201;tat europ&#233;en avait voulu emp&#234;cher une banque de vendre ses pr&#234;ts non-performants, pour assurer que les m&#233;nages gardent leur logement et ne paient pas le prix de la crise, il aurait fallu prendre le contr&#244;le des banques en en devenant au moins actionnaire majoritaire, et s'opposer aux institutions europ&#233;ennes, et plus g&#233;n&#233;ralement, aux cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les questions soulev&#233;es par l'annulation des dettes priv&#233;es et publiques ill&#233;gitimes, ill&#233;gales et odieuses sont fondamentalement li&#233;es. Elles supposent une profonde remise en question du syst&#232;me bancaire et du r&#244;le des &#201;tats. Plut&#244;t que de garantir les profits des actionnaires des banques, ces derniers devraient assurer que chaque personne puisse exercer ses droits fondamentaux, y compris le droit au logement.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aalbers, M. (2019) La Financiarisation du logement en Belgique et &#224; l'&#233;tranger, Bruxelles : RBDH.&lt;br class='autobr' /&gt;
CADTM (2018), Pour une socialisation des banques, AVP no 75, Li&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Desmond, M. (2016), Evicted : Poverty and Profit in the American City, New York : Broadway Books.&lt;br class='autobr' /&gt;
Di Feliciantonio, C. and Aalbers, M. (2018) &#8220;The Prehistories of Neoliberal Housing Policies in Italy and Spain and Their Reification in Times of Crisis&#8221;, Housing Policy Debate, 28 (1). &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/10511482.2016.1276468&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/10511482.2016.1276468&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fares, A., Betavatzi, E., Delaet, S. et Renouprez, C. (2020), &#171; Se d&#233;faire de la toute-puissance du cr&#233;dit hypoth&#233;caire &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.actionlogementbxl.org/2020/07/13/se-defaire-de-la-toute-puissance-du-credit-hypothecaire-1-3/#more-639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.actionlogementbxl.org/2020/07/13/se-defaire-de-la-toute-puissance-du-credit-hypothecaire-1-3/#more-639&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
FEANTSA (2020), &#8220;Fifth Overview of Housing Exclusion in Europe 2020&#8221;, Bruxelles, consultable sur : &lt;a href=&#034;https://www.feantsa.org/en/report/2020/07/23/fifth-overview-of-housing-exclusion-in-europe-2020?bcParent=27#:~:text=According%20to%20estimates%20by%20the,70%25%20increase%20in%20ten%20years&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.feantsa.org/en/report/2020/07/23/fifth-overview-of-housing-exclusion-in-europe-2020?bcParent=27#:~:text=According%20to%20estimates%20by%20the,70%25%20increase%20in%20ten%20years&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gotev, G. (2019), &#8220;Eurozone delays Greece Debt Relief over Household Insolvency Law&#8221;, available at : &lt;a href=&#034;https://www.euractiv.com/section/economy-jobs/news/eurozone-delays-greece-debt-relief-over-household-insolvency-law/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.euractiv.com/section/economy-jobs/news/eurozone-delays-greece-debt-relief-over-household-insolvency-law/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Graeber, D. (2001) Dette, 5000 ans d'histoire, Les Liens qui lib&#232;rent, Paris, 2013.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hoffrogge, R. (2019), &#8220;Housing for the People&#8221;, available at : &lt;a href=&#034;https://www.jacobinmag.com/2019/04/berlin-housing-referendum-tenant-organizing&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jacobinmag.com/2019/04/berlin-housing-referendum-tenant-organizing&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Madden, D. &amp; Marcuse, P. (2016) In Defense of Housing, Edimbourg : Verso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Siatitsa, D. (2019), Anyone at home ? Housing in Greece : The impact of austerity and prospects for the future, Ath&#232;nes : Rosa Luxemburg (en grec).&lt;br class='autobr' /&gt;
Barbero, I. (2015), When rights need to be (re)claimed : Austerity measures, neoliberal housing policies and anti-eviction activism in Spain, Critical Social Policy Vol. 35, Issue 2&lt;br class='autobr' /&gt;
De Weerdt J. &amp; Garcia Cabeza M. (2015), &#8220;Housing crisis : the Platform of Mortgage Victims (PAH) movement in Barcelona and innovations in governance&#8221;, in Journal of Housing and the Built Environment volume 31, pages471 &#8211; 493, Barcelone&lt;br class='autobr' /&gt;
Coalition europ&#233;enne d'action pour le droit au logement et &#224; la ville (2018), &#171; La financiarisation du logement, tendances, acteurs et processus &#187;, Rosa Luxemburg Stiftung.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toussaint, E. (2014) Bancocratie, Bruxelles, ADEN &amp; CADTM.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toussaint, E. (2017), &#171; 2007-2018 : les causes d'une crise financi&#232;re qui a d&#233;j&#224; 11 ans &#187;, consultable sur : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/2007-2018-Les-causes-d-une-crise-financiere-qui-a-deja-11-ans&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/2007-2018-Les-causes-d-une-crise-financiere-qui-a-deja-11-ans&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Toussaint, E. (2019) Le syst&#232;me dette : histoire des dettes souveraines et de leur r&#233;pudiation, Les Liens qui lib&#232;rent, Paris, 2017.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toussaint, E. (2019), &#171; Pr&#234;ts immobiliers en francs suisses, ill&#233;gitimes et ill&#233;gaux &#187;, consultable sur : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Prets-immobiliers-en-franc-suisse-illegitimes-et-illegaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Prets-immobiliers-en-franc-suisse-illegitimes-et-illegaux&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque (2015), Rapport pr&#233;liminaire de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque, consultable sur : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la-Commission-pour-la-verite-sur-la-dette-publique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la-Commission-pour-la-verite-sur-la-dette-publique&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus sur les mouvements sociaux cit&#233;s dans le texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.belfiusestanous.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.belfiusestanous.be&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
housingnotprofit.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.actionlogementbxl.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.actionlogementbxl.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
afectadosporlahipoteca.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par H&#233;l&#232;ne Tagand&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mailfacebookprintertwitterviadeo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; pour la premi&#232;re fois dans le num&#233;ro sp&#233;cial du journal de l'Association hell&#233;nique de politique sociale &#171; Social Policy and Housing : Insights from Europe and Greece &#187; &#233;dit&#233; par Nikos Kourachanis, Vol 14, Ath&#232;nes, juin 2021 : &lt;a href=&#034;http://eekp.gr/wp-content/uploads/2021/06/EEKP-T14.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://eekp.gr/wp-content/uploads/2021/06/EEKP-T14.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Avoir un toit est un besoin fondamental selon la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948 et le Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels de 1966, qui devrait &#234;tre assur&#233; par les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;https://lareleveetlapeste.fr/73-milliards-deuros-en-plus-la-bce-fait-sauter-les-derniers-garde-fous-des-banques/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lareleveetlapeste.fr/73-milliards-deuros-en-plus-la-bce-fait-sauter-les-derniers-garde-fous-des-banques/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Les-fonds-vautour-prosperent-la-misere-en-speculant-sur-l-endettement-de&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bastamag.net/Les-fonds-vautour-prosperent-la-misere-en-speculant-sur-l-endettement-de&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;https://www.nbb.be/en/publications-and-research/employment-statistics-trends/summary-tables/labour-force&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nbb.be/en/publications-and-research/employment-statistics-trends/summary-tables/labour-force&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Les cr&#233;dits immobiliers ont &#233;t&#233; rendus accessibles aux m&#233;nages les plus pauvres par des initiatives publiques telles que le Fond du logement bruxellois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;https://www.elconfidencial.com/vivienda/2019-10-07/desahucios-alquiler-lau-ejecuciones-hipotecarias_2271672/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elconfidencial.com/vivienda/2019-10-07/desahucios-alquiler-lau-ejecuciones-hipotecarias_2271672/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;https://www.elsaltodiario.com/vivienda/bce-banca-fondos-buitres-hacen-negocio-derecho-vivienda&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elsaltodiario.com/vivienda/bce-banca-fondos-buitres-hacen-negocio-derecho-vivienda&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &lt;a href=&#034;https://www.reuters.com/article/eu-greece-banks-idUSL8N2M229F&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.reuters.com/article/eu-greece-banks-idUSL8N2M229F&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Toussaint docteur en sciences politiques des universit&#233;s de Li&#232;ge et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d'ATTAC France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est l'auteur des livres, Capitulation entre adultes : Gr&#232;ce 2015, une alternative &#233;tait possible, Syllepse, 2000, Le Syst&#232;me Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur r&#233;pudiation, Les liens qui lib&#232;rent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Proc&#232;s d'un homme exemplaire, &#201;ditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d'&#339;il dans le r&#233;troviseur. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale des origines jusqu'&#224; aujourd'hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a re&#231;u le Prix du livre politique octroy&#233; par la Foire du livre politique de Li&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a coordonn&#233; les travaux de la Commission pour la V&#233;rit&#233; sur la dette publique de la Gr&#232;ce cr&#233;&#233;e le 4 avril 2015 par la pr&#233;sidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionn&#233; sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Covid-19 et crise &#233;conomique. L'illusion du r&#233;formisme europ&#233;iste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Covid-19-et-crise-economique-L-illusion-du-reformisme-europeiste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Covid-19-et-crise-economique-L-illusion-du-reformisme-europeiste</guid>
		<dc:date>2020-06-02T11:13:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint, Eva Betavatzi</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Renforcer l'Union europ&#233;enne et ses institutions &#224; tout prix, augmenter les dettes publiques autant que possible pour sauver le secteur priv&#233;, ne pas remettre en question la l&#233;gitimit&#233; de l'encours de ces dettes alors que le besoin d'investir dans la sant&#233; et les services sociaux est plus que jamais une question de vie ou de mort, voici le plan d'un parti n&#233;o-lib&#233;ral nous direz-vous. Non, c'est celui de DiEM25, le mouvement initi&#233; par Varoufakis et dont est proche, en France, le mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton43777-5bf6f.jpg?1677465558' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Renforcer l'Union europ&#233;enne et ses institutions &#224; tout prix, augmenter les dettes publiques autant que possible pour sauver le secteur priv&#233;, ne pas remettre en question la l&#233;gitimit&#233; de l'encours de ces dettes alors que le besoin d'investir dans la sant&#233; et les services sociaux est plus que jamais une question de vie ou de mort, voici le plan d'un parti n&#233;o-lib&#233;ral nous direz-vous. Non, c'est celui de DiEM25, le mouvement initi&#233; par Varoufakis et dont est proche, en France, le mouvement G&#233;n&#233;ration.s, cr&#233;&#233; par Beno&#238;t Hamon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site Gauche anti-capitalisme, 26 mai 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Eva Betavatzi et Eric Toussaint | 26/05/2020 | &#201;conomie | 0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DiEM25 est un mouvement europ&#233;en de &#171; gauche &#187; qui soutient de nombreuses luttes importantes telles que celle pour la lib&#233;ration de Julian Assange. C'est tout &#224; son honneur. N&#233;anmoins, d'un point de vue &#233;conomique, et particuli&#232;rement en ce qui concerne les dettes publiques, nous pensons que DiEM25 a tout faux. La crise du Covid-19 est extr&#234;mement grave et un mouvement qui se pr&#233;tend de gauche ne peut pas se permettre de faire des propositions qui enfoncent encore plus les 99 % de la population dans la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous estimons qu'il est primordial de r&#233;agir aux propositions de DiEM25 pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il est grand temps de remettre en question la l&#233;gitimit&#233; des dettes publiques actuelles et des nouvelles dettes &#224; venir pour sauver les entreprises priv&#233;es. Il est aussi urgent de s'interroger sur la logique &#233;conomique qui a men&#233; &#224; cette situation. Venir en aide aux petites et moyennes entreprises est un principe auquel nous pouvons adh&#233;rer mais ce serait criminel d'aider les grandes entreprises priv&#233;es(1) avec de l'argent public. D'autant plus que le remboursement de ces dettes constituerait un fardeau suppl&#233;mentaire pour les peuples d'Europe. Ensuite, nous devons urgemment suspendre le remboursement des dettes publiques pour lib&#233;rer des moyens financiers de mani&#232;re imm&#233;diate sans avoir recours &#224; ce que propose DiEM25, c'est-&#224;-dire de nouvelles dettes &#224; hauteur de 1000 milliards d'euros. Ce serait contre les int&#233;r&#234;ts des 99 % de la population. Finalement, il faut exiger qu'un audit sous contr&#244;le citoyen soit r&#233;alis&#233; pour d&#233;terminer quelle part de ces dettes devrait &#234;tre annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois r&#233;alis&#233;e l'annulation des dettes ill&#233;gitimes, il est possible que de nouvelles dettes soient n&#233;cessaires. Pour cela, il faut s'assurer qu'elles servent les int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; des populations europ&#233;ennes, qu'elles soient contract&#233;es de mani&#232;re l&#233;gitime (s'assurer que leur remboursement n'&#233;touffe pas les populations et ne les prive pas de la jouissance de leurs droits fondamentaux, faire en sorte que les dettes contract&#233;es restent soutenables) et le bien-fond&#233; des d&#233;penses doit &#234;tre assur&#233;e gr&#226;ce &#224; la participation citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est illusoire de penser que les institutions europ&#233;ennes viendraient en aide aux peuples europ&#233;ens d'elles-m&#234;mes. Un rapport de force est plus que jamais n&#233;cessaire, et ce rapport-l&#224; ne peut &#234;tre envisag&#233; sans l'annulation des dettes ill&#233;gitimes existantes. M&#234;me si des euro-obligations sont &#233;mises pour l'octroi de nouveaux pr&#234;ts, m&#234;me si les dettes sont partag&#233;es et rembours&#233;es de mani&#232;re solidaire par tous les pays, ce sont au final les peuples qui auront &#224; supporter le fardeau du remboursement. Quelle solidarit&#233; exigeons-nous ? Celle des d&#233;tenteurs de capitaux et des banques, ou celle des peuples ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son introduction, le plan de DiEM25 pr&#233;tend vouloir &#171; prot&#233;ger tous les r&#233;sidents europ&#233;ens &#187;, &#171; &lt;i&gt; &#233;viter une d&#233;pression &#233;conomique &#187; et &#171; emp&#234;cher l'effondrement de l'Union &lt;/i&gt; &#187;. Nous pensons ne pas nous tromper en &#233;crivant que ces trois premi&#232;res intentions sont incompatibles. L'Union europ&#233;enne n'a jamais fonctionn&#233; pour les peuples d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre &#171; faits cruciaux &#187; qui sont plut&#244;t des postulats subjectifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de DiEM 25 commence tr&#232;s mal, puisqu'elle se base &#171; sur des postulats critiquables &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#171; &lt;i&gt; La dette publique doit augmenter &lt;/i&gt; &#187;. Au b&#233;n&#233;fice de qui ? Quelle partie de l'&#233;conomie doit-on sauver ? DiEM25 ne pose pas les bonnes questions. L'endettement est utile s'il est destin&#233; &#224; aider les populations mais l&#224; il s'agit d'&#233;viter des faillites. De quelles entreprises parle-t-on (des petites et moyennes entreprises ou des grands groupes financiers, commerciaux, des grandes industries) ? Sous quelles conditions ? Avec quelles cons&#233;quences pour les travailleur.euse.s ? Sans d&#233;tails, ce &#171; fait &#187; formul&#233; comme une proposition est extr&#234;mement dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DiEM25 propose de &#171; &lt;i&gt;remplacer la chute des capitaux dans le secteur priv&#233; par des d&#233;penses publiques pour &#233;viter la faillite &lt;/i&gt; &#187; sans poser la condition d'une socialisation des grandes entreprises et industries, cela nous para&#238;t vraiment tr&#232;s probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ensuite, il faudrait partager le fardeau de la dette publique entre tous les pays de l'UE. Pourquoi cela est-il un &#171; fait &#187; ? &#201;mettre des obligations collectives est &#233;galement dangereux. Si les &#201;tats s'endettent collectivement, cela ne permettra pas plus de &#171; solidarit&#233; &#187; mais aura pour effet plus de contr&#244;le de la part des institutions n&#233;olib&#233;rales de l'UE et la disparition totale d'une possibilit&#233; de souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Quels sont les gouvernements qui ont demand&#233; l'&#233;mission d'une euro-obligation ? La France, l'Espagne, l'Italie et 6 autres. Et pourquoi DiEM25 demande &#224; ce que la BCE s'en charge ? La BCE est totalement partiale et soutient le grand capital. Il faut plut&#244;t r&#233;clamer un moratoire sur les remboursements des dettes publiques et un audit sous contr&#244;le citoyen en vue de l'annulation de leur part ill&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Injecter de l'argent sur le compte bancaire des citoyens n'est pas une mesure progressiste si elle n'est pas accompagn&#233;e de l'exigence de gratuit&#233; pour les soins de sant&#233; et l'assurance d'un logement &#224; hauteur des moyens de chaque m&#233;nage. DiEM 25 veut donner de l'argent aux m&#233;nages europ&#233;ens pour qu'ils continuent de payer leurs propri&#233;taires-rentiers, leurs banques, leurs m&#233;decins, leurs m&#233;dicaments, leur acc&#232;s aux soins. Formul&#233;e comme &#231;a, la proposition de DiEM25 (consid&#233;r&#233;e encore une fois comme une &#233;vidence) est une mesure lib&#233;rale extr&#234;mement dangereuse. Nous n'ignorons pas qu'il est n&#233;cessaire d'aider les personnes qui ont vu leurs revenus baisser voire dispara&#238;tre, ou qui n'en ont simplement pas, mais ne proposer qu'un revenu de crise est une fausse solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'investissement vert, nous avions d&#233;j&#224; &#233;crit dans un article pr&#233;c&#233;dent que nous ne voulions pas de deal du tout, ni avec les banquiers, ni avec les responsables de la destruction de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois &#233;tapes vers la catastrophe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 1 : &#201;mettre des euro-obligations de la BCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les partisans de l'euro-obligation ont raison&lt;/i&gt; &#187; lit-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, l'Italie et l'Espagne auraient raison ! Or la mutualisation des dettes n'a rien de &#171; d&#233;mocratique &#187; comme le pr&#233;tend DiEM25. Celui-ci propose des obligations sur 30 ans dont les modalit&#233;s de remboursement seraient d&#233;cid&#233;es par &#171; un gouvernement f&#233;d&#233;ral d&#233;mocratiquement &#233;lu en Europe &#187;. Si un tel dispositif n'est pas mis en place, &#171; &lt;i&gt;les mesures d'urgence de la BCE ne feront qu'aggraver le d&#233;ficit d&#233;mocratique de l'Europe &lt;/i&gt; &#187;. Nous n'avons aucune garantie sur les effets b&#233;n&#233;fiques d'une telle proposition. Bien au contraire, parce qu'elle refuse de prendre en consid&#233;ration les in&#233;galit&#233;s sociales et la n&#233;cessaire implication citoyenne sur les choix de soci&#233;t&#233;, l'euro-obligation est &#224; l'heure actuelle une tr&#232;s mauvaise id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question de savoir pour qui ou pour quoi nous devons encore nous endetter. Il s'agit de gonfler encore la montagne de dettes ill&#233;gitimes qui nous noie comme cela a &#233;t&#233; le cas apr&#232;s la crise de 2008. Le seul probl&#232;me &#224; consid&#233;rer serait celui des modalit&#233;s de remboursement des dettes contract&#233;es et non ce qui constitue ces dettes. Comme &#224; son habitude, DiEM25 ne questionne pas la dette publique, consid&#233;r&#233;e comme l&#233;gitime en soi, alors que nous savons qu'une grande partie des dettes publiques ont &#233;t&#233; contract&#233;es de mani&#232;re ill&#233;gitime, ill&#233;gale et parfois odieuse, c'est-&#224;-dire contre les int&#233;r&#234;ts et sans consid&#233;ration des besoins des populations. Encore une fois, nous lisons que les peuples d'Europe n'ont pas &#224; savoir ce qu'ils auront &#224; rembourser, pourquoi ils s'endettent, mais plut&#244;t de n&#233;gocier les modalit&#233;s de remboursement ! Cela nous rappelle les positions de Yanis Varoufakis quand il &#233;tait Ministre des finances dans le premier gouvernement Syriza en 2015 dont l'exp&#233;rience repr&#233;senta un des plus grands &#233;checs de la gauche contemporaine. Le CADTM a d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; de nombreux travaux d&#233;taill&#233;s pour d&#233;noncer ces positions(2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 2 : Injecter un paiement en esp&#232;ces de solidarit&#233; europ&#233;en de 2000 euros&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paiement serait destin&#233; &#224; tout le monde, riches et pauvres. Il faudrait ensuite rembourser en fonction des revenus puisque &#171; &#224; la fin de l'ann&#233;e, les &#201;tats peuvent imposer les particuliers au prorata de leur revenus global &#187;. Comme cela a &#233;t&#233; &#233;crit plus haut, nous estimons qu'il est imp&#233;ratif d'exiger des logements pour tou-te-s, l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; pour tou-te-s, lib&#233;rer les personnes sans-papiers plac&#233;es dans des centres, loger les personnes sans-abris, prot&#233;ger les plus vuln&#233;rables, arr&#234;ter de payer les banques et les propri&#233;taires-rentiers qui ont assez de revenus sans le paiement des loyers. Cela aurait &#233;t&#233; la moindre des choses pour un mouvement de gauche de l'exiger clairement dans un plan pour faire face &#224; la crise du Coronavirus. DiEM25 pr&#233;f&#232;re proposer ce que plusieurs gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux proposent actuellement, c'est-&#224;-dire s'assurer que tout le monde ait assez d'argent pour que la machine continue de tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 3 : &#201;tablir un programme europ&#233;en d'investissement pour la relance verte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lit cette phrase &#171; &lt;i&gt; L'Europe ne peut pas se permettre de g&#226;cher cette crise, comme elle a g&#226;ch&#233; la derni&#232;re&lt;/i&gt;. &#187; On comprend donc que l'Europe doit tirer parti de cette crise mais de quoi parle-t-on ? Et bien il semblerait qu'il est question des technologies du futur pour concurrencer la Chine et les Etats-Unis. Et plus loin en fin de partie &#171; verte &#187; il est un peu question de sant&#233;, &#233;ducation et autres biens publics...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; L'Europe va s'unifier ou elle p&#233;rira &lt;/i&gt; &#187;. Les trois &#233;tapes seraient les seules possibles pour le non-d&#233;p&#233;rissement de l'Europe. Nous l'&#233;crivons clairement, nous pensons que DiEM25 se fourvoie. Il nous faut exiger l'annulation imm&#233;diate des dettes ill&#233;gitimes et odieuses et donner enfin la priorit&#233; absolue &#224; la sant&#233; et aux droits humains afin qu'une Europe des peuples puisse enfin voir le jour(3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; sur Contretemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous positionnons contre l'endettement public pour le sauvetage de grands groupes financiers, commerciaux, agroalimentaires, pharmaceutiques, les industries de l'armement, de l'automobile, a&#233;ronautiques, etc, que nous consid&#233;rons responsables des diff&#233;rentes crises que nos soci&#233;t&#233;s traversent. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. &lt;br class='autobr' /&gt; Voir &#224; ce sujet le nouveau livre d'Eric Toussaint : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Capitulation-entre-adultes-Grece-2015-une-alternative-etait-possible&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Capitulation-entre-adultes-Grece-2015-une-alternative-etait-possible&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
3. &lt;br class='autobr' /&gt; Ibid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ONU : Contribution du CADTM sur l'endettement priv&#233; et les droits humains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains-41387</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains-41387</guid>
		<dc:date>2019-12-03T12:28:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, Mats Lucia Bayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-12-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ici notre contribution &#224; l'appel de l'Expert ind&#233;pendant de l'ONU charg&#233; d'examiner les effets de la dette ext&#233;rieure et des obligations financi&#232;res internationales connexes des &#201;tats sur le plein exercice de tous les droits humains, M. Juan Pablo Bohoslavsky. M. Bohoslavsky -dans la pr&#233;paration de son prochain rapport th&#233;matique au Conseil des droits de l'homme portant sur l'endettement priv&#233; et les droits humains - a fait appel au CADTM ainsi qu'&#224; d'autres organisations de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-12-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-12-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton41387-32f02.jpg?1677096914' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici notre contribution &#224; l'appel de l'Expert ind&#233;pendant de l'ONU charg&#233; d'examiner les effets de la dette ext&#233;rieure et des obligations financi&#232;res internationales connexes des &#201;tats sur le plein exercice de tous les droits humains, M. Juan Pablo Bohoslavsky. M. Bohoslavsky -dans la pr&#233;paration de son prochain rapport th&#233;matique au Conseil des droits de l'homme portant sur l'endettement priv&#233; et les droits humains - a fait appel au CADTM ainsi qu'&#224; d'autres organisations de solidarit&#233; internationale. Ce rapport sera pr&#233;sent&#233; au Conseil des droits de l'homme, &#224; l'occasion de sa 43e session, en f&#233;vrier/mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 novembre par Chiara Filoni , Eva Betavatzi , Mats Lucia Bayer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Br&#233;sil, f&#233;minismes, Gr&#232;ce, fonds vautours...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Microcr&#233;dits : quand les pauvres financent les riches&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Les dettes priv&#233;es des m&#233;nages, des &#233;tudiants, des femmes, des paysans peuvent plonger ces derniers dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233;, de violence, de marginalisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analysons de plus pr&#232;s certaines de ces dettes priv&#233;es. Chaque cas de figure sera suivi par des consid&#233;rations relatives &#224; l'impact sur les droits humains et sur la dette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les dettes &#233;tudiantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des dettes &#233;tudiantes occupe une place importante dans certains pays tels que les &#201;tats-Unis ou le Chili. Les frais d'inscription de l'enseignement sup&#233;rieur y &#233;tant &#233;lev&#233;s, de nombreux &#233;tudiants se voient oblig&#233;s d'emprunter aupr&#232;s des banques ou autres &#233;tablissements de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pr&#234;ts &#233;tudiants constituent d'ailleurs la dette la plus importante apr&#232;s celle des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, repr&#233;sentant en 2018, 1,5 trillion de dollars US &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, cette situation concerne environ 45 millions de personnes [1]. Les pr&#234;ts &#233;tudiants constituent d'ailleurs la dette la plus importante apr&#232;s celle des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, repr&#233;sentant en 2018, 1,5 trillion de dollars US [2]. Deux tiers des &#233;tudiants &#233;tats-uniens vivent aujourd'hui avec un fardeau moyen de 27 000 $US, et le nombre de d&#233;fauts de paiement augmente au rythme d'un million suppl&#233;mentaire par an. Au Chili, les int&#233;r&#234;ts des pr&#234;ts &#233;tudiants sont mont&#233;s jusqu'&#224; 6% &#224; certains moments, assujettissant ainsi des milliers d'&#233;tudiants &#224; des d&#233;cennies de remboursement et d'endettement. En 2018, 40 % des personnes ayant souscrit un cr&#233;dit &#233;tudiant &#233;taient en retard dans leurs paiements [3]. Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui, quatre emprunteurs sur dix sont en risque de d&#233;faut de paiement [4], 63 % ne font que payer les int&#233;r&#234;ts et les frais qui s'accumulent. La possibilit&#233; de faillite personnelle pour les d&#233;biteurs de pr&#234;ts f&#233;d&#233;raux (dont les pr&#234;ts &#233;tudiants) accorde des pouvoirs in&#233;dits aux cr&#233;anciers : saisies sur les salaires, sur les prestations de s&#233;curit&#233; sociale ou encore sur les pensions d'invalidit&#233;. L'exclusion &#233;conomique et sociale qui s'en suit, sont donc des risques r&#233;els pour les &#233;tudiants aux &#201;tats-Unis. Bien que les pr&#234;ts les plus importants soient contract&#233;s par les familles &#224; revenus moyens, les familles &#224; bas revenus restent les plus impact&#233;es. Natifs, Noirs et Latinos Am&#233;ricains sont les plus impact&#233;s, avec 81 % des Noirs qui continuent de payer apr&#232;s l'obtention de leur dipl&#244;me, et 67 % des Latinos, contre 64 % des Blancs [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que l'article 26 de la D&#233;claration des Droits Humains du 10 d&#233;cembre 1948 garantie &#224; toute personne le droit &#224; l'&#233;ducation et la pleine &#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures pour tous en fonction du m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons que le d&#233;sengagement des pouvoirs publics dans le financement de l'&#233;ducation entra&#238;ne une situation d'in&#233;galit&#233; et d'asym&#233;trie entre les personnes, qui va &#224; l'encontre de la D&#233;claration universelle des Droits Humains. Ainsi, loin d'&#234;tre un probl&#232;me individuel, il s'agit d'un probl&#232;me d'ampleur sociale qui touche presque 15 % de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et qui sera d&#233;terminant dans le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s dans ce pays ces prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le montant de ces dettes &#233;tudiantes pose aussi des probl&#232;mes pour l'ensemble des &#233;conomies puisque, dans un contexte de forte financiarisation, cette dette est la cible de logiques sp&#233;culatives, qui aggravent les risques d'une nouvelle crise financi&#232;re [6] et constituent des facteurs d&#233;stabilisateurs pour l'&#233;conomie dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les dettes hypoth&#233;caires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier trimestre 2019, la valeur des cr&#233;dits hypoth&#233;caires en cours au niveau mondial est estim&#233;e &#224; 1,8 trillions de dollars US, soit 3,4% de plus qu'un an plus t&#244;t [7]. La baisse des taux d'int&#233;r&#234;ts explique en partie cette augmentation. La crise financi&#232;re mondiale n'a donc pas frein&#233; l'endettement priv&#233; [8]. Les banques centrales des &#201;tats-Unis, de Chine, d'Australie ont d'ailleurs r&#233;cemment exprim&#233;es leurs inqui&#233;tudes par rapport aux fortes augmentations des prix des logements. Plus de deux tiers des crises financi&#232;res des derni&#232;res d&#233;cennies ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;es d'un cycle d'expansion et d'effondrement des prix de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'augmentation du volume des dettes hypoth&#233;caires risquerait de provoquer une bulle immobili&#232;re qui pourrait bien avoir les effets d&#233;vastateurs que l'on a connu en 2007 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'augmentation du volume des dettes hypoth&#233;caires risquerait de provoquer une bulle immobili&#232;re qui pourrait bien avoir les effets d&#233;vastateurs que l'on a connu en 2007 [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'octroi de cr&#233;dits immobiliers est &#233;galement facilit&#233; par la d&#233;gradation du march&#233; locatif : la d&#233;r&#233;gulation des loyers et la hausse des prix qui en r&#233;sulte, la d&#233;gradation des contrats de location qui laisse la place &#224; des contrats de plus courte dur&#233;e, et l'apparition de structures de location &#224; court termes, tel que Airbnb, qui accaparent une partie importante du stock de logements des villes, notamment des plus affect&#233;es par le tourisme de masse (Barcelone, Florence, Lisbonne, Ath&#232;nes pour ne donner que quelques exemples). En l'absence de mesures efficaces prises par les gouvernements pour y rem&#233;dier, les m&#233;nages tentent de s'assurer de leur condition d'habitat sur le long terme &#224; travers l'acquisition et pour ce faire ont recourt &#224; l'endettement par l'hypoth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats, eux-m&#234;mes, incitent &#233;galement &#224; l'acquisition de logement : mesures fiscales favorables, d&#233;veloppement de parcs de logements publics acquisitifs pour les classes moyennes, vente de logements sociaux &#224; des acteurs priv&#233;s (fonds vautours&lt;br class='autobr' /&gt; notamment), la baisse ou l'absence d'investissement public pour le logement (ce qui a pour effet une offre trop faible de logements accessibles et r&#233;gul&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que de nombreuses &#233;tudes lancent un signal d'alerte face &#224; la &#171; financiarisation du logement &#187; [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; un logement d&#233;cent, c'est-&#224;-dire le droit &#224; un lieu o&#249; les personnes peuvent vivre en toute s&#233;curit&#233; et dans le respect de la dignit&#233; humaine est interd&#233;pendant avec les autres droits humains. Il est donc essentiel de le pr&#233;server. Ainsi, les millions de saisies, expulsions et d&#233;placements effectu&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, la privation ou l'inadaptation des logements partout dans le monde sont des constats extr&#234;mement pr&#233;occupants. Les &#201;tats et la communaut&#233; internationale n'agissent pas ad&#233;quatement pour offrir un cadre suffisant pour pr&#233;server ce droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re mondiale de 2008 a eu des r&#233;percussions d&#233;sastreuses sur les m&#233;nages et leur droit &#224; un logement digne. Aux &#201;tats-Unis, 10 000 saisies par jour &#233;taient organis&#233;es en 2008, 35 millions de personnes ont fait l'objet d'une expulsion en cinq ans &#224; partir de cette ann&#233;e-l&#224;. En Espagne, au moins 500 000 personnes ont &#233;t&#233; victimes d'expulsions depuis le d&#233;but de la crise et les m&#233;nages surendett&#233;s, bien que priv&#233;s de leurs logements, &#233;taient contraints par la loi de continuer &#224; payer leurs cr&#233;dits hypoth&#233;caires. Ces quelques exemples illustrent les cons&#233;quences dangereuses de la titrisation des cr&#233;ances hypoth&#233;caires et des autres pratiques des march&#233;s du logement financiaris&#233;s, ainsi que les effets de r&#233;gulations inappropri&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sud n'est pas &#233;pargn&#233;. Les communaut&#233;s &#224; faible revenu et autochtones font face aux soci&#233;t&#233;s financi&#232;res qui s'approprient des terrains et biens immobiliers creusant les in&#233;galit&#233;s de patrimoine (comme en Honduras). Des implantations sauvages sont r&#233;guli&#232;rement d&#233;truites pour &#234;tre remplac&#233;es par des logements de luxe (tel est le cas au Lagos). La Banque mondiale et d'autres institutions financi&#232;res promeuvent la financiarisation comme strat&#233;gie pour r&#233;pondre aux besoins de logements, m&#234;me si en r&#233;alit&#233; elle tend &#224; accro&#238;tre les in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Les microcr&#233;dits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit consiste en l'attribution de pr&#234;ts de faibles montants &#224; des entrepreneurs ou &#224; des artisans qui ne peuvent pas acc&#233;der aux pr&#234;ts bancaires &#171; classiques &#187;. Le microcr&#233;dit s'est d&#233;velopp&#233; surtout dans les pays du Sud et s'adresse aux personnes les plus pauvres et exclues du syst&#232;me bancaire. Rien qu'en 2014, les institutions de microfinance (IMF) ont accord&#233; 87 milliards de dollars de microcr&#233;dits &#224; environ 111,7 millions de personnes dans le monde pour un montant moyen de 718 dollars. 81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes [11]. &lt;br class='autobr' /&gt; Or, force est de constater que les microcr&#233;dits sont loin de booster l'entrepreneuriat local, mais permettent dans la plupart des cas de r&#233;soudre des probl&#232;mes de la survie quotidienne : loyers ou garantie locative &#224; payer, frais li&#233;s &#224; la scolarit&#233; des enfants, frais li&#233;s &#224; des soins de sant&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui accentue en r&#233;alit&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; et la pauvret&#233; des personnes qui les contractent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas du Maroc, o&#249; le mod&#232;le de microcr&#233;dit a &#233;t&#233; encourag&#233; par l'&#201;tat, via des financements publics, depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Ce type de cr&#233;dits vont de 500 dirhams &#224; 50000 dirhams (entre 52 et 5200 dollars environ) &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t moyen de 35 % mais qui peut aller largement au del&#224; en fonction du montant emprunt&#233; [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IMF envoient leurs rabatteurs dans les villes, les villages, les souks pour faire du porte &#224; porte dans les quartiers les plus pauvres o&#249; la majorit&#233; des personnes n'a pas de revenu r&#233;gulier, est souvent analphab&#232;te et pas du tout familiaris&#233;e avec le monde de la finance. Ils proposent des contrats particuli&#232;rement difficiles &#224; comprendre pour de non-sp&#233;cialistes, r&#233;dig&#233;s en petit caract&#232;re, sans explication pour les diff&#233;rentes rubriques. De plus, les taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuels &#8211; s'&#233;levant entre 30 et 35 % &#8211; sont souvent occult&#233;s (au profit du taux mensuel entre 1,5 et 3,5 %). Or, les taux annuels sont particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s surtout pour des personnes d&#233;munies n'ayant pas acc&#232;s &#224; des pr&#234;ts bancaires courants (qui au Maroc fluctuent entre 6 et 7 %) [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 % &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 % et des taux variables avec indexation tous les 3 mois sont &#233;galement admis par le gouvernement [14]. Dans le pays latino-am&#233;ricain, le volume total des microcr&#233;dits est pass&#233; de 136 millions de dollars en 2002 &#224; 3 800 millions en 2016, soit une croissance annuelle de 28,1 %. En 2015, le rendement sur fonds propres (ROE) &#233;tait ph&#233;nom&#233;nal : Bancamia atteignait 11,7 %, la Banque mondiale des Femmes (WWB) 9,1 % et la banque Monde f&#233;minin (Mundo Mujer) 21 % (ce qui largement sup&#233;rieur aux r&#233;sultats de grands banques comme Goldman Sachs) [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces profits croissants s'oppose une paup&#233;risation des populations : en Colombie 32 % des clients sont surendett&#233;s et ont d&#251; demander une restructuration de leurs micro-dettes. En Afrique du Sud, les clients de microcr&#233;dit consacrent jusqu'&#224; 40 % de leur revenu &#224; rembourser des emprunts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bangladesh est un autre pays o&#249; le microcr&#233;dit est tr&#232;s d&#233;velopp&#233; : sur une population de 160 millions d'habitants, en 2015, des microcr&#233;dits &#233;taient octroy&#233;s &#224; 29 millions de personnes pour un montant moyen de 200 euros. Le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el varie entre 35 % et 50 % (si on prend en compte les commissions officielles pr&#233;lev&#233;es) [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces exemples nous d&#233;montrent que si les sommes pr&#234;t&#233;es sont dans la plus part des cas modestes, il y a une logique sp&#233;culative derri&#232;re ces pr&#234;ts (illustr&#233;e par les taux d'int&#233;r&#234;t usuraires qui les accompagnent) qui devrait &#234;tre interdite si on veut assurer l'acc&#232;s au cr&#233;dit pour les personnes &#224; faibles revenus. Cette n&#233;gation du droit &#224; l'acc&#232;s au cr&#233;dit s'accompagne d'une culpabilisation des personnes surendett&#233;es. L'enqu&#234;te men&#233;e par CADTM ATTAC Maroc d&#233;voile un taux d'&#233;chec de remboursement des micro-cr&#233;dits de plus de 75% dans le pays [17]. Comme en t&#233;moigne l'association : &#171; c'est alors que commence la spirale du non-paiement des &#233;ch&#233;ances, et les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, comme une grande partie des d&#233;biteurs n'a pas de propri&#233;t&#233; immobili&#232;re, la d&#233;possession ne porte pas sur la terre ou le domicile, mais sur la garantie de 30 % que la d&#233;bitrice a d&#251; d&#233;poser aupr&#232;s de l'agence de microcr&#233;dit.&lt;br class='autobr' /&gt; A cela se rajoute la probl&#233;matique de genre. Via les microcr&#233;dits, les IMF ont pouss&#233; les femmes &#224; s'ins&#233;rer dans le march&#233; de l'emploi, notamment dans les secteurs tourn&#233;s vers l'exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) et peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, profitant de leur inexp&#233;rience du march&#233; et du monde du travail, du manque d'acquis concernant leurs droits, de leur analphab&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se traduit alors par un allongement de leur journ&#233;e de travail, une surcharge de stress, de fatigue, une exacerbation de la violence conjugale, et dans bien des cas la d&#233;scolarisation des enfants, la prostitution et des suicides ou tentatives de suicide [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de Banque mondiale et de son Groupe Consultatif pour l'Assistance au Plus Pauvres (CGAP), &#224; l'origine des projets de micro finance, &#233;tait celle d'inclure les couches le plus pauvres dans le march&#233;. Des &#233;tudes nous d&#233;montrent que ces projets au lieu de combattre la pauvret&#233; et le surendettement des m&#233;nages du Sud ne font que l'augmenter.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; L'impact de dettes priv&#233;es sur la dette publique et l'&#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroissement des dettes priv&#233;es a des graves r&#233;percussions sur les &#233;conomies des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bulle sp&#233;culative dans le secteur du logement en 2008 nous a montr&#233; que les banques priv&#233;es sont fortement expos&#233;es aux cr&#233;dits non-performants. A partir de 2009 ces banques ont d&#251; &#234;tre recapitalis&#233;es par les &#201;tats augmentant ainsi les niveaux des dettes publiques. L'augmentation de celles-ci a amen&#233; les &#201;tats &#224; appliquer des mesures d'aust&#233;rit&#233; qui ont eu un impact direct sur les populations et leurs droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est loin d'&#234;tre r&#233;solue, puisque les banques continuent d'octroyer toujours des nouveaux cr&#233;dits et d'&#234;tre expos&#233;es &#224; des cr&#233;dits non performants. Le comportement des grandes entreprises priv&#233;es, qui cumulent aussi une quantit&#233; importante de dettes, n'est pas non plus rassurant et pourrait mener l'&#233;conomie vers une nouvelle crise internationale. D'un c&#244;t&#233;, aucune mesure n'a s&#233;rieusement oblig&#233; les grandes banques et entreprises non financi&#232;res &#224; mettre un frein &#224; la prise de risque, &#224; r&#233;duire la sp&#233;culation&lt;br class='autobr' /&gt;
. De l'autre, les entreprises continuent d'emprunter pour racheter leurs propres actions en bourse (pour en faire augmenter la valeur et produire encore plus de b&#233;n&#233;fices pour les actionnaires) ainsi que pour acheter des cr&#233;ances (des produits structur&#233;s d'autres entreprises ou des particuliers ou des obligations &#233;mises par d'autres entreprises priv&#233;es ainsi que des titres publics). Dans la mesure o&#249; les entreprises continuent de chercher &#224; maximiser les rendements qu'elles tirent de ces cr&#233;ances, elles sont pouss&#233;es &#224; acheter des dettes &#233;mises par des entreprises les moins solides dispos&#233;es &#224; r&#233;mun&#233;rer les pr&#234;teurs plus fortement que d'autres. Ainsi, le march&#233; des dettes priv&#233;es &#224; risque s'amplifie et une nouvelle crise se pr&#233;pare [19].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus en g&#233;n&#233;ral, aujourd'hui, les m&#233;nages et les individus doivent faire face &#224; un &#233;cart croissant entre l'augmentation du co&#251;t de la vie et leurs revenus, provoqu&#233; par les mesures d'aust&#233;rit&#233; qui leur sont impos&#233;es du fait de l'augmentation des dettes publiques. On assiste aussi &#224; une financiarisation et privatisation des secteurs importants de la vie et de droits fondamentaux comme la sant&#233;, l'&#233;ducation, le logement, entre autres. Dans ce contexte, les m&#233;nages, n'ayant pas d'autre issue, sont contraints au recours &#224; l'endettement priv&#233; aux b&#233;n&#233;fices des banques et autres instituions de pr&#234;ts. Nous estimons que ces types de dettes, si elles sont la seule issue, sont ill&#233;gitimes. Les &#201;tats, conform&#233;ment &#224; leurs obligations de droit international, doivent mettre en place des dispositifs qui assurent le respect de la dignit&#233; humaine pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Merci &#224; Anouk Renaud pour sa relecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.ohchr.org/EN/Issues/Development/IEDebt/Pages/ReportPrivateDebt.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ohchr.org/EN/Issues/Development/IEDebt/Pages/ReportPrivateDebt.aspx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/06/13/student-loan-debt-statistics-2018/#4f2384db7310&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/06/13/student-loan-debt-statistics-2018/#4f2384db7310&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Idem 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://www.elmostrador.cl/noticias/pais/2018/05/28/las-cifras-negras-del-cae-40-de-los-estudiantes-desertores-o-egresados-se-encuentran-morosos/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elmostrador.cl/noticias/pais/2018/05/28/las-cifras-negras-del-cae-40-de-los-estudiantes-desertores-o-egresados-se-encuentran-morosos/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/10/01/student-loans-default/#7cbe8090a066&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.forbes.com/sites/zackfriedman/2018/10/01/student-loans-default/#7cbe8090a066&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Strike debt, The Debt Resistor's Operations Manual, Occupy Wall Street, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Eric Toussaint, La montagne de dettes priv&#233;es des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financi&#232;re, avril 2019, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-montagne-de-dettes-privees-des&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-montagne-de-dettes-privees-des&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;https://www.fca.org.uk/data/mortgage-lending-statistics&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fca.org.uk/data/mortgage-lending-statistics&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Cette tendance est apparue dans les ann&#233;es 1990, poursuivie jusqu'en 2007 et continue de s'imposer dans certains pays&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ce fut le cas en Espagne, aux Etats-Unis, en Irlande et au Royaume-Uni notamment. Aux Etats-Unis, Blackstone est devenu le plus grand propri&#233;taire de logements locatifs du pays en 2008 en d&#233;pensant 10 milliards de dollars en logements saisis, par des ench&#232;res en ligne, suite &#224; l'incapacit&#233; des m&#233;nages &#224; rembourser leurs cr&#233;dits hypoth&#233;caires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Voir : Manuel Albeers, The financialization of Home and the Mortgage Market Crises, 2008, ou encore le rapport des Nations Unis sur le logement convenable publi&#233; en 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &lt;a href=&#034;https://www.banquesenligne.org/evolution-tendance-microfinance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.banquesenligne.org/evolution-tendance-microfinance/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Attac CADTM Maroc, Le microcr&#233;dit au Maroc : quand les pauvres financent les riches, avril 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ibidem 12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Guti&#233;rrez, M. L., Microfinanzas dentro del contexto del sistema financiero colombiano, 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Toussaint E., Sortir du cercle vicieux de la dette priv&#233;e ill&#233;gitime au Sud de la plan&#232;te, avril 2017, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Sortir-du-cercle-vicieux-de-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Sortir-du-cercle-vicieux-de-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Ibidem 14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Ibidem 12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Daumas L., Pourquoi la microfinance s'int&#233;resse-t-elle autant aux femmes ?, avril 2017, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Pourquoi-la-microfinance-s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Pourquoi-la-microfinance-s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Ibidem 6&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ONU : Contribution du CADTM sur l'endettement priv&#233; et les droits humains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains</guid>
		<dc:date>2019-11-26T13:21:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, Mats Lucia Bayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit consiste en l'attribution de pr&#234;ts de faibles montants &#224; des entrepreneurs ou &#224; des artisans qui ne peuvent pas acc&#233;der aux pr&#234;ts bancaires &#171; classiques &#187;. Le microcr&#233;dit s'est d&#233;velopp&#233; surtout dans les pays du Sud et s'adresse aux personnes les plus pauvres et exclu.e.s du syst&#232;me bancaire. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien qu'en 2014, les institutions de microfinance (IMF) ont accord&#233; 87 milliards de dollars de microcr&#233;dits &#224; environ 111,7 millions de personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH141/arton41204-a4147.jpg?1677096915' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit consiste en l'attribution de pr&#234;ts de faibles montants &#224; des entrepreneurs ou &#224; des artisans qui ne peuvent pas acc&#233;der aux pr&#234;ts bancaires &#171; classiques &#187;. Le microcr&#233;dit s'est d&#233;velopp&#233; surtout dans les pays du Sud et s'adresse aux personnes les plus pauvres et exclu.e.s du syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien qu'en 2014, les institutions de microfinance (IMF) ont accord&#233; 87 milliards de dollars de microcr&#233;dits &#224; environ 111,7 millions de personnes dans le monde pour un montant moyen de 718 dollars. 81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;81 % des b&#233;n&#233;ficiaires de ces microcr&#233;dits &#233;taient des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, force est de constater que les microcr&#233;dits sont loin de booster l'entrepreneuriat local, mais permettent dans la plupart des cas de r&#233;soudre des probl&#232;mes de la survie quotidienne : loyers ou garantie locative &#224; payer, frais li&#233;s &#224; la scolarit&#233; des enfants, frais li&#233;s &#224; des soins de sant&#233;, etc. Ce qui accentue en r&#233;alit&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; et la pauvret&#233; des personnes qui les contractent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas du Maroc, o&#249; le mod&#232;le de microcr&#233;dit a &#233;t&#233; encourag&#233; par l'&#201;tat, via des finance-ments publics, depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Ce type de cr&#233;dits vont de 500 dirhams &#224; 50 000 dirhams (entre 52 et 5 200 dollars environ) &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t moyen de 35 % mais qui peut aller largement au del&#224; en fonction du montant emprunt&#233; [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IMF envoient leurs rabatteurs dans les villes, les villages, les souks pour faire du porte &#224; porte dans les quartiers les plus pauvres o&#249; la majorit&#233; des personnes n'a pas de revenu r&#233;gu-lier, est souvent analphab&#232;te et pas du tout familiaris&#233;e avec le monde de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils proposent des contrats particuli&#232;rement difficiles &#224; comprendre pour de non-sp&#233;cialistes, r&#233;dig&#233;s en petit caract&#232;re, sans explication pour les diff&#233;rentes rubriques. De plus, les taux d'int&#233;r&#234;t effectif annuels &#8211; s'&#233;levant entre 30 et 35 % &#8211; sont souvent occult&#233;s (au profit du taux mensuel entre 1,5 et 3,5 %). Or, les taux annuels sont particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s surtout pour des personnes d&#233;munies n'ayant pas acc&#232;s &#224; des pr&#234;ts bancaires courants (qui au Maroc fluctuent entre 6 et 7 %) [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 %&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie, les taux d'int&#233;r&#234;t des microcr&#233;dits oscillent entre 30 et 50 % et des taux variables avec indexation tous les 3 mois sont &#233;galement admis par le gouvernement [14]. Dans le pays latino-am&#233;ricain, le volume total des microcr&#233;dits est pass&#233; de 136 millions de dollars en 2002 &#224; 3 800 millions en 2016, soit une croissance annuelle de 28,1 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, le rendement sur fonds propres (ROE) &#233;tait ph&#233;nom&#233;nal : Bancamia atteignait 11,7 %, la Banque mondiale des Femmes (WWB) 9,1 % et la banque Monde f&#233;minin (Mundo Mujer) 21 % (ce qui largement sup&#233;rieur aux r&#233;sultats de grands banques comme Goldman Sachs) [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces profits croissants s'oppose une paup&#233;risation des populations : en Colombie 32 % des clients sont surendett&#233;s et ont d&#251; demander une restructuration de leurs micro-dettes. En Afrique du Sud, les clients de microcr&#233;dit consacrent jusqu'&#224; 40 % de leur revenu &#224; rembourser des emprunts.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Bangladesh est un autre pays o&#249; le microcr&#233;dit est tr&#232;s d&#233;velopp&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une population de 160 millions d'habitants, en 2015, des microcr&#233;dits &#233;taient octroy&#233;s &#224; 29 millions de personnes pour un montant moyen de 200 euros. Le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el varie entre 35 % et 50 % (si on prend en compte les commissions officielles pr&#233;lev&#233;es) [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces exemples nous d&#233;montrent que si les sommes pr&#234;t&#233;es sont dans la plus part des cas modestes, il y a une logique sp&#233;culative derri&#232;re ces pr&#234;ts (illustr&#233;e par les taux d'int&#233;r&#234;t usu-raires qui les accompagnent) qui devrait &#234;tre interdite si on veut assurer l'acc&#232;s au cr&#233;dit pour les personnes &#224; faibles revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette n&#233;gation du droit &#224; l'acc&#232;s au cr&#233;dit s'accompagne d'une culpabilisation des personnes surendett&#233;es. L'enqu&#234;te men&#233;e par CADTM ATTAC Maroc d&#233;voile un taux d'&#233;chec de remboursement des micro-cr&#233;dits de plus de 75% dans le pays [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en t&#233;moigne l'association : &#171; C'est alors que commence la spirale du non-paiement des &#233;ch&#233;ances, et les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives &#187;. Les pratiques de harc&#232;lement de la part des agents des IMF qui peuvent aller jusqu'&#224; la violence physique ou morale, la saisie des biens, la mise en &#339;uvre de proc&#233;dures judiciaires exp&#233;ditives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, comme une grande partie des d&#233;biteurs n'a pas de propri&#233;t&#233; immobili&#232;re, la d&#233;possession ne porte pas sur la terre ou le domicile, mais sur la garantie de 30 % que la d&#233;bitrice a d&#251; d&#233;poser aupr&#232;s de l'agence de microcr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela se rajoute la probl&#233;matique de genre. Via les microcr&#233;dits, les IMF ont pouss&#233; les femmes &#224; s'ins&#233;rer dans le march&#233; de l'emploi, notamment dans les secteurs tourn&#233;s vers l'exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) et peu r&#233;mun&#233;r&#233;s, profitant de leur inexp&#233;rience du march&#233; et du monde du travail, du manque d'acquis concernant leurs droits, de leur analphab&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se traduit alors par un allongement de leur journ&#233;e de travail, une surcharge de stress, de fatigue, une exacerbation de la violence conjugale, et dans bien des cas la d&#233;scolarisation des enfants, la prostitution et des suicides ou tentatives de suicide [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de Banque mondiale et de son Groupe Consultatif pour l'Assistance au Plus Pauvres (CGAP), &#224; l'origine des projets de micro finance, &#233;tait celle d'inclure les couches le plus pauvres dans le march&#233;. Des &#233;tudes nous d&#233;montrent que ces projets au lieu de combattre la pauvret&#233; et le surendettement des m&#233;nages du Sud ne font que l'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre par Chiara Filoni , Eva Betavatzi , Mats Lucia Bayer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cadtm.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ONU : Contribution du CADTM Sur l'endettement priv&#233; et les droits humains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-Sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains-41206</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/ONU-Contribution-du-CADTM-Sur-l-endettement-prive-et-les-droits-humains-41206</guid>
		<dc:date>2019-11-26T13:20:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, Mats Lucia Bayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dettes priv&#233;es des m&#233;nages, des &#233;tudiants, des femmes, des paysans peuvent plonger ces derniers dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233;, de violence, de marginalisation sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et articles tir&#233;es de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dettes &#233;tudiantes &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me des dettes &#233;tudiantes occupe une place importante dans certains pays tels que les &#201;tats-Unis ou le Chili. Les frais d'inscription de l'enseignement sup&#233;rieur y &#233;tant &#233;lev&#233;s, de nombreux &#233;tudiants se voient oblig&#233;s d'emprunter aupr&#232;s des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L130xH150/arton41206-b81c8.jpg?1677096915' class='spip_logo spip_logo_right' width='130' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les dettes priv&#233;es des m&#233;nages, des &#233;tudiants, des femmes, des paysans peuvent plonger ces derniers dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233;, de violence, de marginalisation sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et articles tir&#233;es de NPA 29&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dettes &#233;tudiantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des dettes &#233;tudiantes occupe une place importante dans certains pays tels que les &#201;tats-Unis ou le Chili. Les frais d'inscription de l'enseignement sup&#233;rieur y &#233;tant &#233;lev&#233;s, de nombreux &#233;tudiants se voient oblig&#233;s d'emprunter aupr&#232;s des banques ou autres &#233;tablissements de cr&#233;dit. Les pr&#234;ts &#233;tudiants constituent d'ailleurs la dette la plus importante apr&#232;s celle des cr&#233;dits hypoth&#233;caires, cr&#233;dits hypoth&#233;caires, repr&#233;sentant en 2018, 1,5 trillion de dollars US [2]. Deux tiers des &#233;tudiants &#233;tats-uniens vivent aujourd'hui avec un fardeau moyen de 27 000 $US, et le nombre de d&#233;fauts de paiement augmente au rythme d'un million suppl&#233;mentaire par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, les int&#233;r&#234;ts des pr&#234;ts &#233;tudiants sont mont&#233;s jusqu'&#224; 6% &#224; certains moments, assujettis-sant ainsi des milliers d'&#233;tudiants &#224; des d&#233;cennies de remboursement et d'endettement. En 2018, 40 % des personnes ayant souscrit un cr&#233;dit &#233;tudiant &#233;taient en retard dans leurs paiements [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui, quatre emprunteurs sur dix sont en risque de d&#233;faut de paiement [4], 63 % ne font que payer les int&#233;r&#234;ts et les frais qui s'accumulent. La possibilit&#233; de faillite person-nelle pour les d&#233;biteurs de pr&#234;ts f&#233;d&#233;raux (dont les pr&#234;ts &#233;tudiants) accorde des pouvoirs in&#233;dits aux cr&#233;anciers : saisies sur les salaires, sur les prestations de s&#233;curit&#233; sociale ou encore sur les pensions d'invalidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exclusion &#233;conomique et sociale qui s'en suit, sont donc des risques r&#233;els pour les &#233;tudiants aux &#201;tats-Unis. Bien que les pr&#234;ts les plus importants soient contract&#233;s par les familles &#224; reve-nus moyens, les familles &#224; bas revenus restent les plus impact&#233;es. Natifs, Noirs et Latinos Am&#233;-ricains sont les plus impact&#233;s, avec 81 % des Noirs qui continuent de payer apr&#232;s l'obtention de leur dipl&#244;me, et 67 % des Latinos, contre 64 % des Blancs [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que l'article 26 de la D&#233;claration des Droits Humains du 10 d&#233;cembre 1948 garantit &#224; toute personne le droit &#224; l'&#233;ducation et la pleine &#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures pour tous en fonction du m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons que le d&#233;sengagement des pouvoirs publics dans le financement de l'&#233;duca-tion entra&#238;ne une situation d'in&#233;galit&#233; et d'asym&#233;trie entre les personnes, qui va &#224; l'encontre de la D&#233;claration universelle des Droits Humains. Ainsi, loin d'&#234;tre un probl&#232;me individuel, il s'agit d'un probl&#232;me d'ampleur sociale qui touche presque 15 % de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et qui sera d&#233;terminant dans le d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s dans ce pays ces prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le montant de ces dettes &#233;tudiantes pose aussi des probl&#232;mes pour l'ensemble des &#233;co-nomies puisque, dans un contexte de forte financiarisation, cette dette est la cible de logiques sp&#233;culatives, qui aggravent les risques d'une nouvelle crise financi&#232;re [6] et constituent des facteurs d&#233;stabilisateurs pour l'&#233;conomie dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre Chiara Filoni , Eva Betavatzi , Mats Lucia Bayer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dix ans apr&#232;s, les causes la crise financi&#232;re sont toujours pr&#233;sentes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dix-ans-apres-les-causes-la-crise-financiere-sont-toujours-presentes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Dix-ans-apres-les-causes-la-crise-financiere-sont-toujours-presentes</guid>
		<dc:date>2018-09-18T11:18:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chiara Filoni, Eva Betavatzi, J&#233;r&#244;me Duval, Robin Delobel</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-09-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi les peuples devraient-ils se priver de leurs droits fondamentaux pour des faillites priv&#233;es, demandent Chiara Filoni, J&#233;r&#244;me Duval, Eva Betavatzi et Robin Delobel, du CADTM Belgique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Politis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a dix ans, le 15 septembre 2008, Lehman Brothers s'effondrait. Cette faillite retentissante marque le d&#233;clenchement d'une crise financi&#232;re et &#233;conomique aux contours encore obscures et dont la sortie semble loin de voir le jour. Par la suite, d'autres faillites se sont succ&#233;d&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-mondiale-+" rel="tag"&gt;Economie mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-09-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-09-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH77/arton36026-f2cd0.jpg?1676772255' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi les peuples devraient-ils se priver de leurs droits fondamentaux pour des faillites priv&#233;es, demandent Chiara Filoni, J&#233;r&#244;me Duval, Eva Betavatzi et Robin Delobel, du CADTM Belgique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.politis.fr/articles/2018/09/dix-ans-apres-les-causes-la-crise-financiere-sont-toujours-presentes-39323/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Politis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dix ans, le 15 septembre 2008, Lehman Brothers s'effondrait. Cette faillite retentissante marque le d&#233;clenchement d'une crise financi&#232;re et &#233;conomique aux contours encore obscures et dont la sortie semble loin de voir le jour. Par la suite, d'autres faillites se sont succ&#233;d&#233; en cha&#238;ne, des faillites g&#233;r&#233;es par la plupart des &#201;tats selon le fameux principe de socialisation des pertes, un mantra toujours d'actualit&#233;. Sans r&#233;elles poursuites des responsables, sans r&#233;elles conditions pour la suite. Dix ans apr&#232;s, les dettes globales, priv&#233;es et publiques, sont plus &#233;lev&#233;es qu'en 2008 et ne sont pas moins risqu&#233;es malgr&#233; les annonces optimistes des &#171; responsables &#187; politiques. Les populations se saignent aux quatre veines, &#224; coup d'augmentations d'imp&#244;ts et de coupes budg&#233;taires dans les services publics pourtant essentiels, pour rembourser des dettes responsables de l'aust&#233;rit&#233; qu'on lui impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un monde vuln&#233;rable aux secousses financi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les causes structurelles de la d&#233;b&#226;cle de 2008 sont toujours pr&#233;sentes. Rien n'a &#233;t&#233; accompli pour r&#233;glementer s&#233;rieusement les activit&#233;s sp&#233;culatives, l'utilisation des d&#233;riv&#233;s ou m&#234;me pour limiter l'effet de levier pratiqu&#233; par les banques (celles-ci ont tr&#232;s peu de fonds propres par rapport &#224; tous les cr&#233;dits qu'elles octroient). Aucune d&#233;marche non plus pour prot&#233;ger nos d&#233;p&#244;ts des activit&#233;s de trading &#224; haute fr&#233;quence, pour assainir profond&#233;ment le bilan des banques ou pour en diminuer radicalement la taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ne p&#226;tit pas de la crise de la m&#234;me fa&#231;on. En 2015, on d&#233;couvre ainsi que le FMI fait 2,5 milliards d'euros de profits sur ses pr&#234;ts &#224; la Gr&#232;ce depuis 2010. Plus r&#233;cemment, on apprend que la BCE, via son programme d'assouplissement quantitatif (en anglais QE, quantitative easing), a r&#233;alis&#233; 7,8 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices gr&#226;ce aux titres grecs. Rappelons que cette politique d'assouplissement quantitatif a permis aux grandes banques europ&#233;ennes de se d&#233;barrasser des bonds d'&#201;tats en difficult&#233; sans tenir compte de leurs pratiques sp&#233;culatives. Hormis quelques rares banquiers jug&#233;s au p&#233;nal en Islande, les cadres sup&#233;rieurs du syst&#232;me financier, celui m&#234;me qui a engendr&#233; cette crise financi&#232;re transform&#233;e en une grave crise sociale dans toute l'Europe, sont rest&#233;s impunis (les deux tiers des cadres de Lehman se sont d'ailleurs recycl&#233;s dans d'autres grandes banques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la diminution des taux d'int&#233;r&#234;t dans les &#233;conomies dites &#171; avanc&#233;es &#187;, provoqu&#233;e par l'injection massive d'argent de la part des banques centrales des pays riches, a pouss&#233; les investisseurs &#224; pr&#234;ter massivement aux pays du Sud. Environ 12 000 milliards de dollars ont &#233;t&#233; inject&#233;s dans le syst&#232;me financier depuis l'effondrement de Lehman Brothers. Ces flux financiers ont provoqu&#233; une augmentation de la dette externe de ces pays libell&#233;e en dollars, une d&#233;pendance &#233;conomique accrue vis-&#224;-vis des cr&#233;anciers occidentaux avec, in fine, le risque d'une nouvelle crise de la dette dans les pays appauvris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre aux &#201;tats-Unis d&#233;tourne l'attention des investisseurs pour les &#233;conomies du Sud &#224; l'avantage des &#233;conomies du Nord et en particulier des &#201;tats-Unis. Le danger pour les pays du Sud deviendra plus important encore avec l'arr&#234;t du programme d'assouplissement quantitatif (QE) de la BCE et de la FED pr&#233;vu depuis longtemps mais repouss&#233; plusieurs fois vu les risques qu'il fait peser de tous les c&#244;t&#233;s. Leurs dettes en devises fortes, notamment en dollars, d&#233;j&#224; insoutenables, deviendront insurmontables. Sans doute le FMI viendra t-il encore avec ses conditionnalit&#233;s &#224; la rescousse, tel un pr&#234;teur en dernier ressort ? Sans doute aura-t-on oubli&#233; le r&#244;le de cette institution qui, tel un pompier pyromane depuis sa cr&#233;ation, ne fait que r&#233;pandre la pr&#233;carit&#233; au quatre coins du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les droits sociaux d&#233;pouill&#233;s par l'aust&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les banques et assurances ont &#233;t&#233; en grande partie recapitalis&#233;es par les &#201;tats, les populations, elles, n'ont pas fini de payer. Mais pourquoi les peuples devraient-ils se priver de leurs droits fondamentaux pour des faillites priv&#233;es dont la responsabilit&#233; incombe &#224; leurs dirigeants et aux agences en charge de leur contr&#244;le ? Pourquoi les laisserait-on r&#233;p&#233;ter encore les m&#234;mes erreurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les grandes entreprises payent de moins en moins d'imp&#244;ts, une diminution importante des services publics et une casse de la s&#233;curit&#233; sociale ont contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une crise sociale r&#233;elle. En Gr&#232;ce, une r&#233;cente &#233;tude universitaire a d&#233;montr&#233; les liens &#233;vidents entre mesures d'aust&#233;rit&#233; et accroissement spectaculaire du taux de mortalit&#233; dans le pays, un taux dont la &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/New-study-shows-effects-of-austerity-on-health-in-Greece&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;croissance a d&#233;pass&#233; de cinq fois celle de la moyenne europ&#233;enne durant la m&#234;me p&#233;riode&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit au logement est plus que jamais menac&#233; par cette crise. L'insolvabilit&#233; des m&#233;nages (dont les moyens ont &#233;t&#233; diminu&#233;s et les frais augment&#233;s) et leur incapacit&#233; &#224; rembourser leur dette a eu des cons&#233;quences sur le droit fondamental que constitue l'acc&#232;s au logement. Les milliers de m&#233;nages qui ne pouvaient pas rembourser leurs pr&#234;ts, se sont retrouv&#233;s attaqu&#233;s par les banques &#224; coups de ventes aux ench&#232;res ou d'expulsions. En Espagne, on estime &#224; 800 000 les familles qui ont perdu leur logement pour cause d'insolvabilit&#233; alors qu'au m&#234;me moment, le gouvernement grec s'est engag&#233; face &#224; ses cr&#233;anciers &#224; vendre aux ench&#232;res 135.000 logements d'ici 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce d&#233;labrement persistant de la finance d&#233;r&#233;gul&#233;e, &#224; l'heure o&#249; se profile une nouvelle crise financi&#232;re qui secoue les pays &#233;mergents, &#224; commencer par la Turquie et l'Argentine, nous continuons de nous mobiliser. Nous soutenons le mouvement &#171; Byebyetina &#187; &#224; Bruxelles et &#224; Li&#232;ge ainsi que la mobilisation europ&#233;enne pour f&#234;ter &#224; sa mani&#232;re les 10 ans de la crise : actions de rue, manifestations, conf&#233;rences, d&#233;bats pour notre avenir &#224; tous et toutes. Seule la conscientisation de la population peut la mobiliser face aux injustices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
