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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>S&#225;nchez et ses alli&#233;s d&#233;signent &#171; l'ennemi &#187; : milliardaires, sp&#233;culateurs, tecno-oligarques et Donald Trump Sommet progressiste de Barcelone</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sanchez-et-ses-allies-designent-l-ennemi-milliardaires-speculateurs-tecno</link>
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		<dc:date>2026-04-28T06:48:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex Moldes, Cristina Mas</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 18 avril 2026, plus d'une vingtaine de chefs d'&#201;tat et de gouvernement progressistes se sont r&#233;unis &#224; Barcelone sous l'&#233;gide de Pedro S&#225;nchez pour la quatri&#232;me R&#233;union en d&#233;fense de la d&#233;mocratie. Le reportage d'Aleix Moldes et Cristina Mas restitue les engagements pris &#8212; r&#233;forme de l'ONU, candidature d'une Latino-Am&#233;ricaine au secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral, fonds onusien pour la reforestation propos&#233; par Sheinbaum, gouvernance num&#233;rique &#8212; et les lignes de fracture : plusieurs participants refusent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH78/sommet_progressiste_de_barcelone-fece5.png?1781047230' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 18 avril 2026, plus d'une vingtaine de chefs d'&#201;tat et de gouvernement progressistes se sont r&#233;unis &#224; Barcelone sous l'&#233;gide de Pedro S&#225;nchez pour la quatri&#232;me R&#233;union en d&#233;fense de la d&#233;mocratie. Le reportage d'Aleix Moldes et Cristina Mas restitue les engagements pris &#8212; r&#233;forme de l'ONU, candidature d'une Latino-Am&#233;ricaine au secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral, fonds onusien pour la reforestation propos&#233; par Sheinbaum, gouvernance num&#233;rique &#8212; et les lignes de fracture : plusieurs participants refusent l'&#233;tiquette &#171; anti-Trump &#187; alors m&#234;me que le bloc d&#233;signe milliardaires, sp&#233;culateurs et tecno-oligarques comme les &#171; ennemis &#187; de la d&#233;mocratie ; Mar&#237;a Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, s'est pour sa part rang&#233;e &#224; Madrid aux c&#244;t&#233;s du Partido Popular. [AN]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 avril 2026 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78572&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78572&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barcelone. Donald Trump est multimillionnaire, magnat de l'immobilier, il a des int&#233;r&#234;ts directs dans les entreprises technologiques et&#8230; il est Donald Trump. Le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis incarne &#224; lui seul toutes les caract&#233;ristiques de &#171; l'ennemi &#187; que la gauche r&#233;unie &#224; Barcelone ce week-end a d&#233;sign&#233;, avec Pedro S&#225;nchez pour h&#244;te, qui s'est &#233;rig&#233; en r&#233;f&#233;rent du mouvement progressiste international. &#171; Quand nous, socialistes, gouvernons, les &#201;tats ne s'agenouillent pas devant les &#233;lites : nous les remettons &#224; leur place &#187;, a-t-il lanc&#233; pour clore les sommets du week-end devant les 6 500 personnes qui remplissaient le pavillon 8 de la Foire de Barcelone. L'engagement du dirigeant espagnol, partag&#233; par les chefs d'&#201;tat et de gouvernement r&#233;unis &#224; ses c&#244;t&#233;s, est de &#171; r&#233;sister &#187; &#224; la pouss&#233;e de l'extr&#234;me droite, mais aussi de &#171; construire &#187; ensemble un nouveau monde multilat&#233;ral. &#171; Nous ferons plier le bras de ceux qui se croient intouchables. Aux milliardaires qui exploitent les gens et jouent avec l'avidit&#233; ; aux sp&#233;culateurs qui jouent avec les &#233;conomies et les logements des gens ; et aux tecno-oligarques qui se remplissent les poches au d&#233;triment de la sant&#233; des d&#233;mocraties et de la sant&#233; mentale de nos jeunes &#187;, a r&#233;affirm&#233; S&#225;nchez [1], entonnant depuis la sc&#232;ne le &#171; Non &#224; la guerre &#187; repris par toute la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident espagnol s'&#233;tait fix&#233; pour objectif de faire de Barcelone la ville anti-Trump par excellence et, depuis vendredi, avec la rencontre bilat&#233;rale Espagne-Br&#233;sil, jusqu'&#224; ce samedi, il a &#233;t&#233; le grand protagoniste. &#171; Merci, pr&#233;sident S&#225;nchez &#187;, ont r&#233;p&#233;t&#233; tour &#224; tour les invit&#233;s aux trois forums qui, en parall&#232;le, ont r&#233;uni partis, gouvernements et militants socialistes et progressistes du monde entier. Le temps fort du week-end &#233;tait programm&#233; samedi matin. Plus d'une vingtaine de gouvernements ont particip&#233; &#224; la IV&#7497; R&#233;union en d&#233;fense de la d&#233;mocratie, qui s'est tenue en parall&#232;le de la Global Progressive Mobilisation, le sommet socialiste. Le pr&#233;sident br&#233;silien, Luiz In&#225;cio Lula da Silva, &#233;tait l'invit&#233; vedette, aux c&#244;t&#233;s de la pr&#233;sidente mexicaine, Claudia Sheinbaum [2] &#8212; qui a invit&#233; S&#225;nchez au Mexique, signe de l'am&#233;lioration des relations entre les deux &#201;tats &#8212; et du pr&#233;sident colombien, Gustavo Petro. Les pr&#233;sidents de l'Uruguay, d'Afrique du Sud, de Lituanie, d'Irlande, d'Albanie, de la Barbade et du Cap-Vert compl&#232;tent la liste des chefs d'&#201;tat ou de gouvernement. Vice-pr&#233;sidents et ministres d'Allemagne, du Royaume-Uni, du Ghana, d'Autriche et du Botswana y ont &#233;galement pris part, ainsi que les ambassadeurs de pr&#232;s d'une vingtaine de pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;mocratie ne peut pas &#234;tre tenue pour acquise &#187;, a averti S&#225;nchez. &#192; ses c&#244;t&#233;s, l'ancien pr&#233;sident chilien Gabriel Boric a ajout&#233; que &#171; la d&#233;mocratie n'est pas l'&#233;tat naturel des choses &#187;. Et si elle est en danger, disent-ils, c'est que quelqu'un la menace. Donald Trump et Benjamin Netanyahu &#8212; certains, comme S&#225;nchez, y incluent Vladimir Poutine &#8212; se seront sentis vis&#233;s. La solution, encore tr&#232;s ind&#233;termin&#233;e, implique de &#171; r&#233;former les Nations unies &#187;, &#224; commencer par le fait que, pour la premi&#232;re fois de leur histoire, elles soient dirig&#233;es par une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump n'a pas pu se retenir et, une fois de plus, il a offert &#224; S&#225;nchez ce dont ce dernier a besoin : un ennemi qui le prenne en consid&#233;ration. &#171; Quelqu'un a-t-il vu &#224; quel point l'Espagne s'en sort mal ? Ses chiffres financiers, en plus du fait qu'elle ne contribue presque en rien &#224; l'OTAN ni &#224; sa d&#233;fense militaire, sont absolument horribles. Triste &#224; voir !!! &#187;, a &#233;crit le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis sur son r&#233;seau social Truth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Attaques contre le syst&#232;me multilat&#233;ral ; tentatives de contestation des r&#232;gles du droit international ; dangereuse normalisation du recours &#224; la force ; in&#233;galit&#233; et d&#233;sinformation &#187; : tels sont, selon S&#225;nchez, les principaux &#171; p&#233;rils &#187; auxquels se heurte le syst&#232;me d&#233;mocratique [3]. Le d&#233;fi consiste &#224; passer du diagnostic partag&#233; &#224; l'action, et c'est l&#224; qu'intervient le plan de r&#233;forme de l'ONU. Le gouvernement espagnol soutiendra la candidature d'une femme latino-am&#233;ricaine au poste de prochaine secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale. &#171; C'est une question de justice et aussi de cr&#233;dibilit&#233;. &#187; Deux des candidates remplissent la condition d'&#234;tre &#224; la fois femme et latino-am&#233;ricaine : l'ancienne pr&#233;sidente chilienne Michelle Bachelet &#8212; qui n'a pas l'appui du nouveau pr&#233;sident de son pays &#8212; et l'ancienne vice-pr&#233;sidente du Costa Rica Rebeca Grynspan. Les deux hommes avec qui elles sont en concurrence sont l'ancien pr&#233;sident du S&#233;n&#233;gal Macky Sall et le diplomate argentin Rafael Mariano Grossi [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un discours enflamm&#233; pour clore la rencontre, Lula da Silva a soulign&#233; que les &#201;tats r&#233;unis &#224; Barcelone ne cherchaient pas &#224; &#171; cr&#233;er une nouvelle Internationale &#187;, mais simplement &#224; parler de &#171; multilat&#233;ralisme &#187;, parce que c'est un sujet dont, assure-t-il, &#171; on ne peut pas discuter aux Nations unies &#187;. &#171; Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui l'ONU ne repr&#233;sente plus ce pour quoi elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. Les cinq membres permanents du Conseil de s&#233;curit&#233; [les &#201;tats-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine] sont pass&#233;s de garants de la s&#233;curit&#233; mondiale apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale &#224; seigneurs de la guerre. &#187; Le pr&#233;sident sud-africain Cyril Ramaphosa a demand&#233; que l'Afrique dispose elle aussi d'un si&#232;ge au Conseil de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renforcer le multilat&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la rencontre de ce samedi sortent plusieurs engagements : le renforcement et la reconfiguration du multilat&#233;ralisme, menac&#233; par l'imp&#233;rialisme de la Russie et des &#201;tats-Unis ; la gouvernance num&#233;rique, pour r&#233;guler les entreprises technologiques &#224; l'&#233;chelle mondiale ; et un agenda d&#233;mocratique fond&#233; sur des r&#233;ponses citoyennes en mati&#232;re de justice sociale, de coh&#233;sion, d'&#233;galit&#233; des chances, de participation des jeunes, d'&#233;galit&#233; de genre et d'inclusion. &#171; Le v&#233;ritable risque, c'est que la d&#233;mocratie se vide de l'int&#233;rieur pendant qu'on l'attaque de l'ext&#233;rieur &#187;, a averti S&#225;nchez. &#171; Nous croyons en un ordre fond&#233; sur des r&#232;gles, sur la coop&#233;ration et sur des institutions l&#233;gitimes, mais nous savons aussi que le syst&#232;me multilat&#233;ral doit se renouveler d'urgence pour refl&#233;ter la r&#233;alit&#233; du monde du XXI&#7497; si&#232;cle &#187;, a ajout&#233; le pr&#233;sident espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la pr&#233;sidente mexicaine a constitu&#233; l'une des nouvelles marquantes de l'&#233;v&#233;nement et t&#233;moigne du d&#233;gel des relations avec l'Espagne. Elle et S&#225;nchez se sont rencontr&#233;s en bilat&#233;rale une fois le sommet termin&#233;. La &#171; lutte permanente pour la paix &#187; dans un monde &#171; bless&#233; par la guerre et l'in&#233;galit&#233; &#187; fait l'objet d'une proposition concr&#232;te de la pr&#233;sidente mexicaine : que les Nations unies parrainent un nouveau fonds pour la reforestation mondiale financ&#233; par 10 % de l'argent aujourd'hui consacr&#233; &#224; l'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les dirigeants politiques ont pr&#233;f&#233;r&#233; se d&#233;marquer de l'&#233;tiquette antitrumpiste, certains avec plus de v&#233;h&#233;mence, comme le ministre de la Justice de la R&#233;publique dominicaine, Antoliano Peralta &#8212; qui a soulign&#233; que s'il pensait que c'&#233;tait un sommet anti-Trump, il &#171; ne serait pas venu &#187; &#8212;, et d'autres, comme Petro, en niant simplement qu'il s'agisse d'un sommet &#171; &#224; l'encontre &#187; et en d&#233;fendant le caract&#232;re constructif de la rencontre. &#171; Tant l'agression contre l'Iran que l'extension de la guerre au Moyen-Orient font partie des pires d&#233;cisions qu'ait prises un gouvernement, au-del&#224; du g&#233;nocide &#224; Gaza &#187;, a-t-il d&#233;nonc&#233;, en r&#233;f&#233;rence aux &#201;tats-Unis et &#224; Isra&#235;l. Lula a &#233;t&#233; encore plus clair : &#171; Nous n'aimons pas les empereurs qui se prennent pour les rois du monde. &#187; Le pr&#233;sident br&#233;silien a insist&#233; sur le fait qu'&#171; individuellement &#187; les &#201;tats &#171; n'ont pas d'issue &#187; et qu'&#171; aucun pays, aussi grand soit-il, ne peut imposer ses r&#232;gles aux autres &#187; [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sents et absents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s New York (&#224; deux reprises, dans le cadre de l'ONU), Santiago du Chili et maintenant Barcelone, le prochain sommet En d&#233;fense de la d&#233;mocratie a d&#233;j&#224; sa destination : ce sera le Mexique. Par rapport au sommet de septembre dernier &#224; New York, les repr&#233;sentants d'Espagne, du Br&#233;sil, du Mexique, de Colombie, d'Uruguay, d'Albanie, du Cap-Vert, du Guatemala et de Norv&#232;ge, ainsi qu'un repr&#233;sentant de l'ONU, ont fait le d&#233;placement &#8212; Ant&#243;nio Costa, pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, avait &#233;galement &#233;t&#233; annonc&#233;, mais il n'a finalement pas figur&#233; sur la photo de famille. Les nouveaux pays qui ont rejoint ce groupe en d&#233;fense de la d&#233;mocratie sont l'Allemagne &#8212; avec le vice-chancelier Lars Klingbeil &#8212;, le Royaume-Uni &#8212; avec le vice-Premier ministre David Lammy &#8212;, la Lituanie &#8212; avec la Premi&#232;re ministre Inga Ruginien&#233; &#8212;, l'Irlande &#8212; avec la pr&#233;sidente Catherine Connolly &#8212;, l'Afrique du Sud, l'Autriche, la Barbade, le Botswana, le Ghana, l'Australie, la Slovaquie, la Namibie et la R&#233;publique dominicaine. M&#234;me si l'ancien pr&#233;sident Boric &#233;tait pr&#233;sent, le nouveau gouvernement de Jos&#233; Antonio Kast a quitt&#233; le groupe, et n'ont pas davantage particip&#233; la Bolivie, le Honduras, le S&#233;n&#233;gal ni Saint-Vincent-et-les-Grenadines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela n'y est pas et, si elle finit un jour par gouverner le pays, la prix Nobel de la paix Mar&#237;a Corina Machado n'y sera pas davantage, c'est d&#233;sormais acquis [6]. Elle s'est jet&#233;e dans les bras du Partido Popular (PP, droite espagnole), vendredi avec Alberto N&#250;&#241;ez Feij&#243;o et samedi avec Isabel D&#237;az Ayuso, et a refus&#233; de rencontrer S&#225;nchez. &#171; Ce qui s'est pass&#233; ces derni&#232;res heures &#224; Barcelone d&#233;montre que cette r&#233;union [avec S&#225;nchez] n'est pas opportune &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233; ce samedi. &#171; Je crois que les faits ont confirm&#233; ce que j'avais pr&#233;c&#233;demment exprim&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aleix Moldes et Cristina Mas sont journalistes au quotidien catalan Ara. Aleix Moldes est chef du service politique du journal. Cristina Mas, dipl&#244;m&#233;e en journalisme de l'Universitat Pompeu Fabra et en histoire contemporaine de l'Universitat Aut&#242;noma de Barcelona, est sp&#233;cialis&#233;e sur l'aire m&#233;diterran&#233;enne et a sign&#233; en 2025 l'ouvrage Palestina des de dins (Ara Llibres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.ara.cat/politica/reformar-l-onu-front-putin-trump-recepta-sanchez-socis_1_5711043.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ara.cat/politica/reformar-l-onu-front-putin-trump-recepta-sanchez-socis_1_5711043.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduit du catalan et notes pour ESSF par Adam Novak&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Jaime Pastor, &#171; Espagne. Face au scandale Santos Cerd&#225;n, la chute du sanchisme ? &#187;, Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res, juin 2025. &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article75399&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article75399&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Viri R&#237;os et Humberto Beck, &#171; Le Mexique de Morena : une source d'inspiration pour la gauche ? &#187;, Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res, novembre 2025. &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article77742&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article77742&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Jaime Pastor, &#171; Vers un (d&#233;s)ordre imp&#233;rial d'un nouveau type &#187;, Viento Sur / Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res, 2025. &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article73810&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article73810&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Rafael Mariano Grossi est directeur g&#233;n&#233;ral de l'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique (AIEA) depuis 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Patrick Bond, &#171; Dissiper le mythe multipolaire &#187;, Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res, 2025. &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article76169&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article76169&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Opposante v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#224; Nicol&#225;s Maduro, fondatrice et coordinatrice nationale du parti Vente Venezuela, Mar&#237;a Corina Machado a re&#231;u le prix Nobel de la paix 2025 ; elle avait &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e in&#233;ligible lors de la pr&#233;sidentielle v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de 2024 et a soutenu la candidature d'Edmundo Gonz&#225;lez.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Interview sur la situation au Moyen-Orient</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Interview-sur-la-situation-au-Moyen-Orient</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Interview-sur-la-situation-au-Moyen-Orient</guid>
		<dc:date>2020-03-24T07:47:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cristina Mas, Joseph Daher</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s un &#233;crasement des vagues r&#233;volutionnaires du 2011 en Syrie, Egypte, Bahrain, Y&#233;men ou Libye, on voit des mouvements populaires sans pr&#233;c&#233;dents en Alg&#233;rie, Soudan, Liban ou l'Irak. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est bien s&#251;r une continuation des processus r&#233;volutionnaires qui ont d&#233;but&#233; en 2010-2011 dans la r&#233;gion. Ils s'agit de processus &#224; long terme, donc il va y avoir des hauts et des bas. &#192; la fin 2018 on &#233;tait plut&#244;t vers un &#233;crasement g&#233;n&#233;ralis&#233; du processus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-03-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton42678-3bd57.jpg?1781047231' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un &#233;crasement des vagues r&#233;volutionnaires du 2011 en Syrie, Egypte, Bahrain, Y&#233;men ou Libye, on voit des mouvements populaires sans pr&#233;c&#233;dents en Alg&#233;rie, Soudan, Liban ou l'Irak.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article52465&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien s&#251;r une continuation des processus r&#233;volutionnaires qui ont d&#233;but&#233; en 2010-2011 dans la r&#233;gion. Ils s'agit de processus &#224; long terme, donc il va y avoir des hauts et des bas. &#192; la fin 2018 on &#233;tait plut&#244;t vers un &#233;crasement g&#233;n&#233;ralis&#233; du processus r&#233;volutionnaire et en l'occurrence, dans les premiers mois de 2019, on a vu la chute de deux dictateurs Omar el-B&#233;chir au Soudan et Bouteflika en Alg&#233;rie. Et en octobre, des soul&#232;vement populaires tr&#232;s importants en Irak et au Liban, qui d&#233;fient dans les deux cas &#224; la fois le syst&#232;me confessionnel et le syst&#232;me &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral. Dans tous ces processus, des soul&#232;vements populaires on trouve les m&#234;mes raisons sous jacente : le refus de l'autoritarisme, bien s&#251;r, mais cela ne s'arr&#234;te pas l&#224;. C'est aussi le refus des politiques n&#233;olib&#233;rales, qui suivent des politiques de mise en place d'aust&#233;rit&#233; dans ces diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cristina Mas - Bien s&#251;r il y a des diff&#233;rences entre un pays et les autres, mais aussi des &#233;l&#233;ments en commun. Quelles sont les secteurs protagonistes dans les mobilisations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph Daher&lt;/strong&gt; -Ce sont les classes populaires, les travailleurs et travailleuses, du secteur formel ou informel, une partie des employ&#233;s du service public, et une partie de la classe moyenne paup&#233;ris&#233;e &#233;galement. &#199;a, c'est le gros des troupes. Cela n'emp&#234;che pas qu'il peut y avoir certains secteurs de la bourgeoisie qui interviennent pour essayer de profiter de ces soul&#232;vements populaires, mais g&#233;n&#233;ralement elle sont oppos&#233;es &#224; ces mouvements de contestation populaire ou en tout cas veulent en limiter leurs profondeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a une dynamique plus g&#233;n&#233;rale qui r&#233;ponds a la crise &#233;conomique internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; fait. Par exemple, un des exemples patents, qui sont tr&#232;s clairs dans leurs similitudes, c'est le Liban et le Chili. Les deux soul&#232;vements populaires ont d&#233;but&#233; &#224; la suite de nouvelles taxes r&#233;gressives qui sont des taxes les plus in&#233;gales possibles. Voir aussi des questions d'auto d&#233;termination : Je me trouve &#224; Barcelone, alors solidarit&#233; avec les camarades catalans et catalanes, mais on voit aussi par exemple &#224; Hong Kong la volont&#233; de plus de d&#233;mocratie, de pouvoir d&#233;cider de leur destin. Et on trouve aussi cette volont&#233; de souverainet&#233; populaire &#233;galement dans les pays de la r&#233;gion du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. C'est une crise plus profonde du n&#233;olib&#233;ralisme, des d&#233;cennies de politique dit d'ajustement structurel, un terme poli pour dire des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de privatisation de l'&#233;conomie, de pr&#233;carisation des travailleurs et des travailleuses. Et &#231;a, on l'a vu partout deHaiti &#224; la France, avec les gilets jaunes. Fukuyama annon&#231;ait la fin de l'histoire et la victoire du syst&#232;me capitaliste sans possibilit&#233; d'alternative au syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral.. bien au contraire : ce n'est pas la fin, il y a une crise fondamentale depuis 2008 du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral. Par contre, le souci est que cette h&#233;g&#233;monie de la crise du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa classe dirigeante n'a pas forc&#233;ment profit&#233; &#224; la gauche radicale. Et on voit malheureusement la mont&#233;e de groupes extr&#233;mistes de droite et fascisants aux groupes fondamentalistes religieux. On ne voit pas encore la gauche radicale profiter de cette crise h&#233;g&#233;monique du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa classe dirigeante. La n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er une alternative politique, une direction, un programme inclusif, social, &#233;conomique, anticapitaliste, d&#233;mocratique qui prend en compte les questions d'exploitation et d'oppression, sans les s&#233;parer superficiellement et comprendre leur lien dialectique. Et &#231;a, c'est la le v&#233;ritable d&#233;fi pour la gauche radicale partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles le&#231;ons vous tirez des processus r&#233;volutionnaires de 2011 au Moyen Orient et l'Afrique du Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu une explosion populaire sans pr&#233;c&#233;dent, des mouvements r&#233;volutionnaires qui, m&#234;me si maintenant, c'est difficile &#224; voir, apr&#232;s les guerres et les interventions. Mais ce qui caract&#233;rise un processus r&#233;volutionnaire, c'est l'intervention des masses &#224; travers des canaux non institutionnels et des situations de tentatives de double pouvoir. Ce qui s'est d&#233;roul&#233; parfois dans certains pays, &#224; des degr&#233;s divers, pas partout, mais qui ont eu un &#233;cho r&#233;gional et international. On a eu en Afrique subsaharienne des mouvements populaires qui ont suivi, le mouvement Occupy, le 15-M en Espagne. Et &#231;a a rappel&#233; que les r&#233;volutions existent, que l'on peut avoir des changements par en bas, par des millions de personnes qui s'organisent &#224; travers des gr&#232;ves ou des manifestations et autres. Par contre, la le&#231;on c'est que sans organisations de masse, qu'elles soient de travailleurs, f&#233;ministes, ou un parti qui donne une alternative politique, une perspective politique aux classes populaires, c'est tr&#232;s difficile de voir un changement de r&#233;gime de mani&#232;re radicale. Parce que la t&#234;te qui tombe n'est pas suffisant : en Tunisie, en Egypte, la t&#234;te est tomb&#233;e, mais un changement radical, ce n'est pas le cas. Au contraire, en Egypte, la situation est pire que sous Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc vraiment la question qui se pose &#224; la gauche radicale c'est de cr&#233;er les conditions pour aider &#224; l'auto organisation des travailleurs et travailleuses &#224; tous les niveaux et dans ce cadre l&#224;, je pense qu'il y a une le&#231;on &#224; retenir. Si la Tunisie et le Soudan sont dans une moins mauvaise situation, c'est qu'il y a, selon moi, deux piliers importants : un mouvement des travailleurs organis&#233; (et bien s&#251;r il faut citer et critiquer leur limites de caract&#232;re r&#233;formiste du leadership, nationaliste parfois, mais l'UGTT et le Rassemblement Professionel des Soudanais, ont jou&#233; un r&#244;le moteur jusqu'&#224; aujourd'hui de d&#233;fense des droits d&#233;mocratiques et sociaux) et des mouvements de femmes organis&#233;s dans les deux pays qui ont &#233;galement jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important. &#199;a a donn&#233; d&#233;j&#224; des avantages et avanc&#233;es non n&#233;gligeables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Syrie on voit que l'absence de syndicats organis&#233;s de mouvements f&#233;ministes de masses a jou&#233; un r&#244;le n&#233;gatif malgr&#233; l'existence de situations de double pouvoir, beaucoup plus prononc&#233;es : l'Etat avait disparu et on vu les comit&#233;s de coordination locales, des conseils locaux, mais ce n'&#233;tait pas suffisant et avaient des limites au niveau de leurs caract&#232;res d&#233;mocratique et participation des femmes ou des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une vraie question au niveau international parce qu'il y a souvent, m&#234;me dans les mouvements populaires &#224; Hong Kong et d'autre part, le refus des organisations, ou de structures organisationnelles, en refusant ou emp&#234;chant les volont&#233;s de structurations des mouvements avec l'argument de garantir plus &#171; l'horizontalit&#233; &#187;, sans expliquer en pr&#233;cision ses caract&#233;ristiques et qui serait forc&#233;ment plus d&#233;mocratique. Et on voit qu'en r&#233;alit&#233; ce n'est pas le cas, que cela ne garantit pas davantage de d&#233;mocratie, au contraire. La d&#233;mocratie c'est aussi la capacit&#233; de s'organiser pour les travailleurs et travailleuses, de d&#233;battre des options &#224; prendre avec un suivi dans sa mise en application, d'avoir cette perspective plus loin que simplement, la spontan&#233;it&#233; qui est absolument n&#233;cessaire, bien s&#251;r, mais pas suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment tu voit la situation en Syrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument catastrophique. La guerre continue. Les offensives militaire du r&#233;gime militaire despotique criminel syrien d'Al-Assad, avec l'aide de la Russie et de l'Iran sur la r&#233;gion d'Idlib, a fait plus de 900 000 d&#233;plac&#233;s. Il faut se rappeler qu'aujourd'hui, environ 90 pour cent de la population syrienne vit sous le seuil de pauvret&#233; : sans l'aide humanitaire et sans l'envoi d'argent de l'&#233;tranger de leurs proches ou autres, c'est tr&#232;s compliqu&#233; pour pour un grand nombre de syriens de vivre. Il y a une inflation terrible. La livre syrienne est pass&#233;e de 52 dollars &#224; plus de 1000, une d&#233;valuation terrible du pouvoir d'achat, donc une situation &#233;conomique absolument catastrophique. Plus de la moiti&#233; de la population est d&#233;plac&#233; &#224; l'int&#233;rieur du pays ou &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, il y a aujourd'hui, je pense, un consensus depuis quelques ann&#233;es au niveau international que Assad doit rester, ce qui fait que, malheureusement, le r&#233;gime est l&#224; gr&#226;ce &#224; l'assistance politique, militaire et &#233;conomique de la Russie et de l'Iran, mais aussi de l'acceptation des autres pays aux niveaux r&#233;gional et internationale. Cela dit, le r&#233;gime fait face &#224; un certain nombre de contradictions, et beaucoup critiquent, y compris au sein de la population qui est rest&#233; passive ou qui peut m&#234;me appartenir &#224; une base populaire loyaliste et supporter du r&#233;gime, le r&#244;le des milices qui continuent &#224; kidnapper, la sitiation socio-&#233;conomique, la corruption, le manque de services...On a vu au d&#233;but de l'ann&#233;e, en janvier, des manifestations &#224; Soueida pour protester contre la crise &#233;conomique et le manque de services. On voit que &#224; Deraa, qui est retourn&#233; sur le contr&#244;le du r&#233;gime en 2018, il y a encore de la r&#233;sistance parce qu'un certain nombre de brigades de l'opposition arm&#233;e ont pu garder leurs armes l&#233;g&#232;res et le processus dit de r&#233;conciliation s'est tr&#232;s mal pass&#233;, et il y a eu des assassinats. Il y a eu plus d'une centaine des actes de r&#233;sistance &#224; travers des sit ins, des manifestations &#224; Deraa dans les six derniers mois. Derni&#232;rement un des villes dans la r&#233;gion de Daraa a &#233;t&#233; pilonn&#233; par des tanks du r&#233;gime syrien &#224; la suite d'une nouvelle r&#233;bellion arm&#233;e. Ce n'est pas rien. &#201;galement dans les zones qui ont &#233;t&#233; repris par le r&#233;gime, vu qu'il ne propose aucun service, et qu'il y a encore des arrestations, etc. On a pu voir des fois que &#231;a se passe la nuit ou cacher les tags contre le r&#233;gime, par exemple dans la banlieue de Damas. Mais m&#234;me au sein de la base loyaliste, beaucoup de gens qui critiquent le r&#233;gime parce que la situation socio &#233;conomique est catastrophique. Il y a eu une tentative &#224; Lattaqui&#233;, des petits marchands, de faire une sorte de gr&#232;ve, de fermer leurs magasins en fin d&#233;cembre pour protester contre la d&#233;valuation de la livre, et &#231;a a &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;e par les services de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meme si le r&#233;gime a r&#233;ussi &#224; survivre il subit des &#233;normes contradictions et pressions. Mais, encore une fois, toutes ces manifestations sont compl&#232;tement s&#233;par&#233;es, n'ont pas de dynamique commune dans le sens de liens. Il faudrait rassembler ces diff&#233;rentes dynamiques, mais il faut pour cela une organisation politique et la mise en place des syndicats ind&#233;pendants. Et face au r&#233;gime qui est tr&#232;s r&#233;pressif, c'est tr&#232;s, tr&#232;s compliqu&#233;. Une grande partie des militants, militantes et activistes sont &#224; l'ext&#233;rieur, sont r&#233;fugi&#233;s en exil, souvent dans une situation difficile, ou bien encore en prison, si ils n'ont pas &#233;t&#233; tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul avantage, j'ai envie de dire, c'est qu'il y a une accumulation d'exp&#233;riences politiques dans la r&#233;gion. Il faut aussi, qu'on apprend de nos erreurs et pour construire dans l'avenir, j'esp&#232;re, de nouvelles r&#233;sistances, avec, justement, cette exp&#233;rience accumul&#233;e. Cette exp&#233;rience ne va pas dispara&#238;tre. Et la diff&#233;rence en Syrie par rapport aux ann&#233;es 70 et 80, c'est le fait qu'il y avait des organisations de gauche beaucoup plus radicales, des syndicats ind&#233;pendants beaucoup plus organis&#233;s, mais cette m&#233;moire a en grande partie disparu, malheureusement chez les jeunes activistes..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il y a beaucoup plus de publications, de m&#233;moires sur cette r&#233;sistance civile, particuli&#232;rement entre 2011 et 2013, qui a &#233;t&#233; tr&#232;s, tr&#232;s importante en Syrie. Donc construire l&#224; dessus sur l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour nous qui &#233;tions du d&#233;but &#224; cot&#233; des r&#233;volutionnaires syriens, quelles sont apr&#232;s toi les taches plus importantes maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenir la pression sur le r&#233;gime au niveau international. Le fait de justement maintenir la pression, notamment sur le sort des prisonniers, le sort des disparus, c'est des choses absolument essentielles. En Allemagne en fin 2019 y a des anciens membres des services de s&#233;curit&#233; qui ont &#233;t&#233; poursuivis pour leurs crimes. C'est tr&#232;s bien et aucune impunit&#233; ne doit avoir lieu. Et &#231;a compte que ce les criminels du r&#233;gime syrien ou les criminels des forces fondamentalistes religieuses aussi coupable de violation de droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, il faut lier les luttes par rapport &#224; tout ce qui est question de la migration et des r&#233;fugi&#233;s. L'Union europ&#233;enne va maintenir ses politiques meurtri&#232;res contre les migrants, d'europe forteresse, et peut continue &#224; payer des milliards de dollars d'euros &#224; la Turquie ou la Lybie pour fermer les fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il faut lutter contre la soi disante guerre contre le terrorisme qui menace les droits d&#233;mocratiques des syndicats et activistes. Alors, faire les liens parce que r&#233;fugi&#233; syrien qui vient en Europe et si ses droits sont limit&#233;s, ne va pas pouvoir agir politiquement, ou bien tr&#232;s difficilement. Est ce qu'on voit dans beaucoup de cas de r&#233;fugi&#233;s syriens ce qui d'abord va r&#233;gler leur vie personnelle, ce qui est normal, trouver un travail, etc. Il y a une attaque, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, pas seulement sur les droits socio &#233;conomiques en Europe, mais sur les droits d&#233;mocratiques,. Il faut rappeler que l'internationalisme n'est pas simplement des belles paroles, mais une n&#233;cessit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais que toutes ces diff&#233;rentes choses sont &#224; faire par rapport aux Syriens. Il faut &#233;galement leur offrir alternative progressiste et d&#233;mocratique. Dire que les imp&#233;rialistes ne sont pas une solution, je pense que c'est une des le&#231;ons que beaucoup de Syriennes ont aujourd'hui apprises. La soi disante aide des gouvernements occidentaux, des monarchies du Golfe , ou de la Turquie, se sont r&#233;v&#233;l&#233;s tr&#232;s souvent transformer en trahisons ou bien instrumentalisation pour des jeux g&#233;opolitiques pour beaucoup de Syriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les v&#233;ritables alli&#233;s des syriens sont les classes populaires au niveau international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un accord entre les rebels et les kurds en syrie aurait pu changer le destin de la guerre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre critique de la direction du PYD sur diff&#233;rents choix politiques qu'ils ont pris depuis le d&#233;but du processus r&#233;volutionnaire syrien, tout en &#233;tant en soutien total &#224; l'autod&#233;termination du peuple kurde en Syrie, en Turquie, en Iran et en Irak. On peut critiquer, par exemple, le soutien &#224; l'intervention militaire russe en 2015 en Syrie soi disant contre des organisations terroristes, alors qu'il se focalisait au d&#233;but sur les factions de l'Arm&#233;e Syrienne Libre ou d'avoir cru aux illusions que la Russie pouvait aider dans le maintien d'une solution en leur faveur, par exemple &#224; Afrin. On a vu les r&#233;sultats, maintenant il y a une occupation turque terrible avec des politiques de changements d&#233;mographiques et autres. Certains ont cru dans leur leadership &#233;galement que les &#201;tats-Unis ne les abandonnerait pas. Historiquement, les &#201;tats-Unis ont prouv&#233; qu'ils n'&#233;taient pas des amis, des Kurdes. Et m&#234;me au del&#224; de &#231;a, c'est que les &#201;tats-Unis sont encore plus proches de Barzani qui un leader f&#233;odal et r&#233;actionnaire au Kurdistan irakien. Washington n'a pas soutenu le r&#233;f&#233;rendum en 2017. Au contraire, les Etats Unis ont laiss&#233; les troupes de Barzani se faire &#233;craser par des forces pro iraniennes avec l'assistance des Pasdaran dirig&#233; &#224; l'&#233;poque par le G&#233;n&#233;ral Soleimani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut critiquer l&#233;gitiment n'importe quel mouvement de lib&#233;ration nationale, tout en &#233;tant clair envers notre soutien &#224; leur cause. L'histoire nous a montr&#233; qu'il ne faut pas avoir un soutien sans critique de tout mouvement de lib&#233;ration nationale, la Palestine &#233;tant un cas et plein d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, il faut se poser un certain nombre de questions dans le cas en Syrie. Le probl&#232;me pourquoi le PYD n'a pas voulu collaborer avec une partie du leadership politique syrien de l'opposition en exil &#224; l'&#233;poque, dominer par des lib&#233;raux nationalistes et des personaliti&#233;s des Fr&#232;res musulmans, li&#233;s &#224; la Turquie, le pire ennemi du PYD et PKK. L'&#171; histoire &#187; leur a montr&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui qu'ils n'avaient pas forc&#233;ment tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les premiers jours, m&#234;me de soulever le drapeau kurde posait des probl&#232;mes, parler de f&#233;d&#233;ralisme, une solution que je soutiens, un Etat f&#233;d&#233;ral en Syrie et refus&#233;e m&#234;me par des secteurs de la gauche syrienne, encore domin&#233; par un nationalisme arabe tr&#232;s profond. Donc, la responsabilit&#233; politique ne peut pas &#234;tre mis d'abord sous le leadership politique du PYD, mais sur la majorit&#233;, qui est arabe. Ils ont soutenu le mot d'ordre que le PYD est une organisation terroriste comme le PKK. Ils ont soutenu l'occupation de la Turquie, qui a caus&#233; un changement d&#233;mographique &#224; Afrin. Ils ont soutenu Erdogan et les mesures autocratiques d'Erdogan en Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, il faut nuancer tout propos selon le contexte d'o&#249; on parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut critiquer, par exemple, certains aspects autoritaires du PYD qui ont r&#233;prim&#233; des activistes pro-d&#233;mocratiques, kurdes et autres. Mais en m&#234;me temps, il faut aussi reconna&#238;tre ses aspects positifs. Le fait que les Kurdes puissent s'auto gouverner dans certaines zones &#224; majorit&#233; kurde, les droits des femmes et la participation des femmes au sein du mouvement et institutions, l'inclusion en partie des minorit&#233;s, d'un programme la&#239;c, ce ne sont pas des choses n&#233;gligeables, particuli&#232;rement en temps de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tant que Syrien &#171; arabe &#187;, je dois clairement affirmer mon soutien &#224; l'autod&#233;termination du peuple kurde. Je dois d'abord &#234;tre tr&#232;s critique par rapport &#224; la majorit&#233; de l'opposition, qui a &#233;t&#233; chauviniste, et que historiquement, il y a une question du peuple kurde en Syrie depuis l'ind&#233;pendance et que notre soutien au droit &#224; l'autod&#233;termination doit &#234;tre tr&#232;s clair. Et depuis, si on a cette position, on peut entrer en d&#233;bat avec la direction politique kurde et dire ou &#231;a ne va pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais en 2014 d&#233;j&#224; que le sort de l'autod&#233;termination du peuple kurde &#233;tai li&#233; &#224; la r&#233;volution syrienne. D'ailleurs la mis en place du &#171; Rojava &#187; n'aurait pas pu voir le jour sans la r&#233;volution syrienne. Et si la r&#233;volution syrienne va &#234;tre &#233;cras&#233;e, &#231;a sera le sort des populations kurdes &#233;galement. Malheureusement, &#231;a a commenc&#233;. Toutes les demandes du PYD ont &#233;t&#233; refus&#233;es par le r&#233;gime de Damas. Bachar al-Assad a d'ailleurs ressorti r&#233;cemment dans une interview les vieux slogans nationalistes arabes qu'il n' y a pas de question kurde en Syrie ou bien que la majorit&#233; des kurdes venait de Turquie, implicitement donc niant leur identit&#233; syrienne. Le r&#233;gime syrien attend que les menaces de la Turquie avancent pour dire &#034;ou vous venez chez nous, ou bien vous allez subir une nouvelle occupation turque &#187;, qui a eu des repercussions terribles sur les populations kurdes. C'est vrai que &#231;a fait peur. Il y a eu entre 150.000 et 200,000 Kurdes qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s &#224; Afrin,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir est malheureusement tr&#232;s obscur. D'ailleurs, comme le reste de la population syrienne, comme on le voit &#224; Idlib. Et le fait que comme tu disais il aurait d&#251; avoir cette alliance qui n'a pas &#233;t&#233; faite est un vrai probl&#232;me. Mais c'est pour cela qu'il faut apprendre de ses erreurs pass&#233;es. Il manque cette alternative politique de rassembler le lien entre exploitation et oppression, une perspective de classe. Une alternative politique socialiste, mais &#233;galement la&#239;que, f&#233;ministe, et qui prend en consid&#233;ration l'autod&#233;termination des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Passons au Liban. Une r&#233;volution pour un imp&#244;t au whatsapp ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la goutte d'eau qui fait d&#233;border le vase. Il faut savoir qu'au Liban, les prix de t&#233;l&#233;communications sont tr&#232;s, tr&#232;s chers. Donc, c'&#233;tait le seul volet d'avoir Whatsapp pour utiliser un peu gratuitement. Il faut savoir que Telecom, c'est une cagnotte pour l'&#233;lite politique libanaise : il y a des fonds qui ont disparu, donc c'&#233;tait un peu symbole. Mais l&#224;, bien s&#251;r, les raisons sont beaucoup plus profondes : une crise socio &#233;conomique qui ne cesse d'augmenter, presque 30% de ch&#244;mage, plus de 35 % chez les moins de 35 ans, dont beaucoup de dipl&#244;m&#233;s. Une partie partait dans le Golfe pour trouver du travail. Le taux de pauvret&#233; n'a cess&#233; d'augmenter avec la crise socio &#233;conomique. Depuis octobre, c'est encore pire. Il y a plus de 200.000 personnes qui ont perdu leur travail, ont vu leurs salaires diminuer tr&#232;s fortement. Le taux de pauvret&#233; &#233;tait avant octobre &#224; peu pr&#232;s &#224; 30 %, avec des diff&#233;rences r&#233;gionales tr&#232;s importantes : le nord, Tripoli et ses quartiers sont les plus paup&#233;ris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison profonde c'est le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90 qui a &#233;t&#233; impos&#233;, qui a b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; une petite &#233;lite, tandis que les mesures d'aust&#233;rit&#233;, les taxes r&#233;gressives, etc se poursuivent. Dans ce cadre l&#224;, depuis le 17 octobre, le mouvement de protestation continue. Ce qui a &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ressant aussi, c'est le lien, entre n&#233;olib&#233;ralisme et confessionnalisme, parce qu'il faut lier ces deux choses. La crise, les politiques n&#233;olib&#233;rales, est intrins&#232;quement li&#233;e au syst&#232;me politique confessionnel. Les &#233;lites politiques n&#233;olib&#233;rales et confessionnelles libanaises utilisent le n&#233;olib&#233;ralisme pour privatiser certains secteurs de l'&#233;conomie et aussi pour redistribuer les ressources de l'Etat &#224; leur base client&#233;liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but, les manifestants et manifestantes ont mis un point d'honneur &#224; d&#233;noncer le confessionnalisme et la crise socio &#233;conomique ensemble. Pour eux, c'est compl&#232;tement li&#233;. Cette fois, le mouvement de protestation libanais est beaucoup plus d&#233;centralis&#233;, beaucoup plus populaire. Il y a beaucoup plus de classes travailleuses compar&#233; aux mouvements de protestation du 2015 ou 2011, o&#249; c'&#233;tait plut&#244;t domin&#233; par les classes moyennes lib&#233;rales, m&#234;me si pas uniquement. Et &#231;a a d&#233;pass&#233; les divisions confessionnelles : Il y avait deux quartiers &#224; Tripoli, un alaouite et l'autre sunnite tr&#232;s connus depuis une dizaine d'ann&#233;es pour se combattre militairement de mani&#232;re quasi continue. Les jeunes sont venus ensemble au d&#233;but des manifestations, crier leur solidarit&#233; contre les &#233;lites politiques libanaises et contre le confessionnalisme. La ville de Tripoli, &#224; majorit&#233; sunnite, envoyait des signes de solidarit&#233; &#224; des villes chiites au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mi octobre, il y a une radicalisation du mouvement populaire, notamment dans des actions contre les bandques. D'ailleurs, il y a un groupe form&#233; &#224; partir d'activistes de gauche de jeunes, qui s'appelle Nationalisation des banques. Ils font des conf&#233;rences et s'attaquent &#233;galement aux banques, et accompagnent les clients pour pouvoir pousser les banques &#224; leur donner leur argent. &#199;a pose la question du r&#244;le de la politique &#233;conomique des banques au Liban. Il y a &#233;galement une radicalisation dans les actions visant des lieux qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;es. La question de classe est tr&#232;s, tr&#232;s pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une tentative de rassemblement professionnel sur le mod&#232;le du rassemblement professionnel des Soudanais au Soudan et qui regroupe des ing&#233;nieurs, des profs d'universit&#233;, des professions de la culture. Des nouveaux syndicats sont en train d'appara&#238;tre parce que les syndicats au Liban sont contr&#244;l&#233;s par l'&#233;lite politique, confessionnelle et n&#233;olib&#233;rale. Les Libanais disaient d'ailleurs au d&#233;but &#171; on essaie de faire des gr&#232;ves sans syndicat &#187;,. Et d'ailleurs, il y a une certaine victoire dans certains syndicats, associations professionnelles lib&#233;rales, avec l'&#233;l&#233;ction de d&#233;mocrates contre les repr&#233;sentants des &#233;lites confessionnelles,. Un ind&#233;pendant qui a gagn&#233; notamment chez les avocats, plut&#244;t d&#233;mocrate, pas de gauche, mais qui prend la d&#233;fense des manifestants, ce qui n'est pas le cas avant eux. C'est le plus grand d&#233;fi pour le Liban, c'est la structuration du mouvement de protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes f&#233;ministes et &#233;tudiants ont aussi jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s important depuis le d&#233;but des manifestations, en donnant une perspective f&#233;ministe de classe anti confessionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est n&#233;anmoins pas facile, surtout que la r&#233;pression augmente au Liban, il y a eu plus de 300 bless&#233;s depuis la formation du gouvernement. Surtout, il y a des politiques aussi d'intimidation violente par les milices li&#233;es &#224; certains politiques. De plus en plus d'agressions et la crise socio &#233;conomique continue de pourrir la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on a retenu une chose de cette derni&#232;re d&#233;cennie, c'est faire attention, comme disait Gramsci, pessimiste de l'intellect, mais l'optimisme de la volont&#233;. Il y a une opportunit&#233; qui s'est ouverte, il y a des structurations de mouvement, donc c'est tr&#232;s int&#233;ressant, en esp&#233;rant que &#231;a va aller de l'avant. Et pour l'instant, le mouvement de protestation a encore beaucoup de soutiens. Mais il y a beaucoup de d&#233;fis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, ce qui est int&#233;ressant de voir, et c'est pour moi le plus important, c'est que les illusions au sein du Hezbollah sont en train de se perdre au niveau de certains &#224; la gauche libanaise parce qu'au niveau international. Non pas que ce n'est pas important et reste pour cette gauche soi disant alors tr&#232;s souvent d'inspiration stalinienne, cambiste, mais aussi, je dirais, beaucoup tiers mondiste, et des post-coloniaux. Et tout &#231;a qui voit le monde de mani&#232;re g&#233;opolitique ou bien Occident contre Orient, entre guillemets. Ce qui est en fait tr&#232;s proche de Huntington sur le clash des civilisations a certaines mani&#232;res ou bien d'une vision que voil&#224; une bourgeoisie, m&#234;me dite nationale, pourrait pas &#234;tre oppressive, li&#233;e avec d'autres imp&#233;rialisme, etc. Mais au niveau, ce qui est int&#233;ressant, c'est que au sein de la gauche libanaise, il y a une radicalisation. Les gens sont beaucoup plus critiques du Hezbollah. Au d&#233;but des manifestations, il faut se rappeler juste le premier discours de Hassan Nasrallah qui a accus&#233; les manifestants, quelques jours une semaine apr&#232;s le d&#233;but des manifestants, d'&#234;tre aux ordres des ambassades &#233;trang&#232;res, d'&#234;tre partie d'un complot. Il a mobilis&#233; &#224; plusieurs reprises des &#233;l&#233;ments du hezbollah et de sa base populaire afin d'attaquer des manifestants dans diff&#233;rentes r&#233;gions. Il essaye aussi de jouer sur les questions communautaires confessionnelles pour diviser le mouvement. Ces m&#233;dias attaquent le mouvement pour le d&#233;crire de mani&#232;re tr&#232;s n&#233;gative. Le Hezbollah pousse pour une solution &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me confessionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasrallah a depuis son premier discours mod&#233;r&#233; en partie son discours, mais au niveau pratique, il est toujours tr&#232;s oppos&#233; au mouvement de contestation populaire, se posant en un des principaux d&#233;fenseur et pilier du syst&#232;me confessionnel et n&#233;olib&#233;ral libanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant, c'est depuis plusieurs ann&#233;es, on voit des critiques contre le Hezbollah, mais qui &#233;taient plus ponctuelles et individuelles. Des gens issus de la classe populaire chiite critiquent la mani&#232;re dont Hezbollah g&#232;re des municipalit&#233;s et ses d&#233;put&#233;s au Parlement parce qu'ils ont soutenu des politiques n&#233;olib&#233;rales. Ils ont soutenu des r&#233;seaux client&#233;listes et on avait vu plusieurs manifestations de m&#233;contentement contre le Hezbollah. Cela ai r&#233;apparu de nouveau dans le mouvement populaire mais de mani&#232;re plus profonde et massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens critiquent le hezbollah en disant vous &#234;tes devenu comme le reste de l'&#233;lite politique libanaise, m&#234;me si vous critiquez r&#233;thoriquement ce syst&#232;me, etc. Le Hezbollah a poursuivi les m&#234;mes politiques que les autres &#233;lites politiques confessionnelles, surtout depuis qu'il est au gouvernement depuis 2005. D'ailleurs une des meilleures mani&#232;res de voir.cela a &#233;t&#233; son insistance &#224; plusieurs reprises de demander le retour de Saad Hariri, qui est le symbole des politiques lib&#233;rales, son p&#232;re et lui, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90. Hariri s'est exprim&#233; en faveur des mesures annonc&#233;es dans la conf&#233;rence du CEDRE, qui s'isncrivait dans les conf&#233;rences ces Paris I, II, III qui avaient mis en place des politiques n&#233;olib&#233;rales contre l'octroi de pr&#234;ts de plusieurs millliards d'euros depuis les ann&#233;es 2000 comme privatisation de certains secteurs de t&#233;l&#233;communications, certains secteurs de l'&#233;conomie, des mesures d'aust&#233;rit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens voient donc de plus en plus les contradiction au sein du Hezbollah. Et on voit cela aussi chez les jeunes du PC libanais, tr&#232;s critique pour beaucoup d'entre eux du Hezbollah. M&#234;me chose chez certains issus des groupes de gauche nationalistes arabes, beaucoup des jeunes qui ont particip&#233; au mouvement, qui ont vu les contradictions. Et c'est vrai que quand vous avez un mouvement populaire fort par en bas, qui met en cause le syst&#232;me confessionnel, qui met en cause le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral. Face &#224; eux que disait le parti vu par beaucoup d'entre eux comme la r&#233;sistance : vous vous &#234;tes des complotiste &#233;trangers alors que c'est les m&#234;mes qui vont dans les manifestations pour la Palestine. Voil&#224; donc les gens voient de plus en plus ces contradictions parce qu'ils les vivent. Malheureusement, &#224; l'international, une certaine gauche reste dans des sch&#233;mas tr&#232;s g&#233;opolitiques ou qui voit m&#234;me l'Iran encore comme une r&#233;sistance contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. M&#234;me r&#233;action et dynamique au niveau de la contestation populaire en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des critiques sur le r&#244;le du Hezbollah en Syrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il faut savoir que Hassan Nasrallah n'a pas reconnu que le Hezbollah &#233;tait en Syrie, jusqu'en 2013, alors qu'ils sont intervenu fin 2011, d&#233;but 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, d'ailleurs oui, il y a eu des critiques de la part d'une partie de la base populaire du hezbollah pour son intervention en Syrie du type : Pourquoi vous envoyer nos enfants, nos gar&#231;ons, se battre en Syrie ? Nous, on &#233;tait d'accord pour qu'ils se battent pour la r&#233;sistance contre Isra&#235;l. Le Hezbollah cachait d'ailleurs le fait qu'il y avait des morts en Syrie et ne leur donnait pas le statut de martyr. Cette, parce qu'il voulait cacher qu'il y avait une certaine frustration libanaise chiite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mont&#233;e &#224; partir de 2013 des mouvements djihadistes sunnites en Syrie de Daesh Qa&#239;da et une mont&#233;e du confessionnalisme dans la r&#233;gion, la critique est devenue moins importante. Et il faut se rappeler aussi des attentats dans des quartiers &#224; majorit&#233; chiite au Liban. A ce moment beaucoup ont alors soutenu le discours du Hezbollah en disant oui ils vont nous d&#233;fendre en allant combattre en Syrie..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique est r&#233;apparue apr&#232;s la d&#233;faite de Daesh au Liban par Hezbollah en 2017 pr&#233;sent&#233;e par le parti comme la deuxi&#232;me lib&#233;ration du Liban, en r&#233;f&#233;rence &#224; la premi&#232;re lib&#233;ration contre Isra&#235;l en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, en novembre 2017, des &#233;chauffour&#233;es survenues dans la banlieue sud de Beyrouth &#224; Dahiyeh ont mis au grand jour les cons&#233;quences de la politique urbaine du Hezbollah dans les bidonvilles. Dans le quartier pauvre de Hay Sellom, la police et les forces de la S&#233;curit&#233; int&#233;rieure, soutenues par le Hezbollah, ont d&#233;truit des kiosques et des &#233;choppes &#233;difi&#233;s sans autorisation et qui fonctionnaient depuis des ann&#233;es. Ces destructions ont provoqu&#233; des manifestations de rue qui ont bloqu&#233; des routes. A&#768; la t&#233;l&#233;vision, des habitants ont violemment insulte&#769;, le Hezbollah et son dirigeant Hassan Nasrallah, l'accusant d'avoir d&#233;truit leur gagne-pain, mettant m&#234;me en cause l'implication du parti dans la guerre syrienne et sa responsabilit&#233; dans la mort de nombreux combattants du parti. Quelques mois plus tard, en f&#233;vrier 2018, apr&#232;s la publication de la liste des candidats aux &#233;lections l&#233;gislatives de mai par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Hezbollah, des banderoles sign&#233;es par des partisans du parti ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es sur l'autoroute Zahle&#769;-Baalbek pour contester la candidature du d&#233;put&#233;&#769; et ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan et critiquer sa politique dans la r&#233;gion. En ao&#251;t 2018, lors d'une r&#233;union publique avec le d&#233;put&#233; Hassan Fadlallah, une vid&#233;o montrait un habitant originaire du Sud critiquant le bilan du Hezbollah et d'Amal, notamment le manque de services publics et l'absence de lutte contre la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on a vu aussi certains soldats de mani&#232;re anonyme en revenant de Syrie, en disant oui, on va se battre pour 500 700 dollars et on voit les fils du Hezbollah qui sont avec leurs grosses voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;v&#232;nements en Irak ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, certainement. Ce qui est une des grandes. Et encore une fois, je pense qu'il a la m&#234;me chose que par rapport au Liban. D&#233;j&#224;, dans les deux cas, c'est l'accumulation de luttes de ces derni&#232;res ann&#233;es, il ne faut pas l'oublier. En Irak, on n'en a pas parl&#233;, mais depuis 2011, il y a des mouvements de protestation dans diff&#233;rentes r&#233;gions de l'Irak de mani&#232;re importante, et notamment socio &#233;conomique dans le Sud contre le manque de services, la privatisation de l'&#233;lectricit&#233;, et autres, etc. Depuis 2015, il y a eu de grosse manifestation aussi &#224; Bagdad et dans diff&#233;rentes villes du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mouvement de protestation se passe en majorit&#233; jusqu'&#224; aujourd'hui &#224; Bagdad et dans le sud, &#224; majorit&#233; chiite, mais avec quelques manifestations dans les r&#233;gions sunnites m&#234;me si petites encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il y a un challenge de l'h&#233;ritage du syst&#232;me confessionnel et ethnique, de divisions confessionnelles, du syst&#232;me politique irakien qui est li&#233; aux questions du lib&#233;ralisme et de la corruption, chacun se servant et privatisant telle ou telle chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est tr&#232;s int&#233;ressant, c'est et en mettant en avant une alternative, une volont&#233; d'un Etat civil ou la&#239;que, avec des politiques redistributives, sociales et de justice sociales, c'est les principaux slogans. Les questions des droits des femmes sont &#233;galement tr&#232;s pr&#233;sentes. Il y a une participation massive des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en m&#234;me temps, on voit les illusions sur Moqtada Sadr tomber. Un leader politique chiite qui a eu, pendant les premi&#232;res ann&#233;es de l'occupation am&#233;ricaine un r&#244;le terrible de ces milices ont fait des nettoyages confessionnels contre les sunnites &#224; Bagdad. Il s'opposait &#233;galement &#224; l'occupation am&#233;ricaine. Puis apr&#232;s, il a fait partie du syst&#232;me politique, parfois s'opposant de mani&#232;re r&#233;thorique &#224; l'Iran, parfois soutenant l'Iran. Maintenant, il s'est de nouveau rapproch&#233; de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pour cela qu'il faut &#234;tre aussi tr&#232;s clair sur l'opposition aux interventions imp&#233;rialistes occidentales ou bien r&#233;gionales de type iranien. Mais &#224; la suite de l'assassinat de Qassem Soleimani, une grande partie des partis islamique fondamentalistes chiites irakiens, alli&#233;s &#224; l'Iran ont utilis&#233; cet assassinat pour dire voil&#224;, la pr&#233;occupation maintenant, c'est de mettre dehors les Etats-Unis d'Irak. Et moi, je suis pour mettre dehors les Etats-Unis de tout le Moyen-Orient. Il faut rappeler qu'il y a environ 60.000 soldats am&#233;ricains et une dizaine de bases, au Moyen Orient etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils veulent &#233;touffer le mouvement de protestation, ils ne veulent pas toucher au syst&#232;me confessionnel et aux questions socio &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moqtada Sadr a jou&#233; ce r&#244;le avec le soutien de l'Iran et a soutenu le nouveau premier ministre,maintenant d&#233;missionaire, qui &#233;tait &#233;galemet soutenu par l'Iran. Les supporters et milices de Sar ont attaqu&#233; les manifestants. Il y a eu plusieurs morts. Sadr a demand&#233; &#224; ces supporters de collaborer avec les services de s&#233;curit&#233; pour mettre fin aux mouvements de d&#233;sob&#233;issance civile, ouvrir les &#233;coles, pour mettre fin aux blocages de routes et jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; aussi, des gens sont en train de voir ces contradictions &#224; Sadr,. Je rappellerai que m&#234;me certains &#224; gauche avaient cat&#233;goris&#233; Sadr comme r&#233;formiste, dans la tradition consid&#233;rer des mouvements fondamentalistes religieux comme r&#233;formiste. C'est une catastrophe. &#199;a cr&#233;e des illusions &#224; la place de cr&#233;er un p&#244;le ind&#233;pendant de classe et d&#233;mocratique. Donc l&#224; aussi, c'est int&#233;ressant de voir ce qui se passe. Mais il faut rappeler que la r&#233;pression est terrible en Irak. Plus de 500 morts et souvent des morts qui ont eu ou bien une balle dans la t&#234;te ou leur poitrine, donc vis&#233;e pour tuer. Et la militarisation de la soci&#233;t&#233; est beaucoup plus importante qu'au Liban. Le r&#244;le des milices est plus important, donc les menaces sont tr&#232;s grandes, il y a eu beaucoup de kidnapping, des activistes assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la question kurde reste un probl&#232;me aussi grave et &#224; mentionner stalinienne quand m&#234;me. La STM Weisse qu'elle a un impact sur le CNR lorsqu'elle est &#224; Yamane. Solidarit&#233; internationale, c'est un facteur de l'achat Kostov. Mais m&#234;me, c'est clair, c'est lorsqu'elle a l'attentat de la &#224; la Ramla, et ce, &#224; c&#244;t&#233; de ces drapeaux avec les rois espagnols. Parce que c'est pas la m&#234;me chose lorsque les attentats l'Al-Qa&#239;da, Madrid, Cameron, mais les m&#234;me questionnaire Faug&#232;res comme &#231;a, &#231;a aide humanitaire et l'assistanat lestel l'extr&#234;me droite. C'&#233;tait un. Alors &#231;a sonne comme &#231;a quand m&#234;me. Cette incapacit&#233; de la rage en Am&#233;rique latine, c'est la m&#234;me chose, mais par l&#224;, m&#234;me pas un beau sinc&#232;re parti stalinien nationaliste. (toute cette partie est &#224; revoir, mais c'est toi qui a pos&#233; la question, je reformulerai de la mani&#232;re suivante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle responsabilit&#233; Internationaliste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a une responsabilit&#233;. C'est ce que je disais auparavant. De dire que l'internationalisme n'est pas simplement de belle pens&#233;e, c'est aussi une n&#233;cessit&#233; politique. C'est une n&#233;cessit&#233; politique parce qu'on sait que nos destins sont li&#233;s. Notre but, c'est de d&#233;truire les fronti&#232;re emp&#234;chant la solidarit&#233; internationaliste, on ne peut pas trouver une solution dans le cadre de nos fronti&#232;res et on le voit au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, avec les interventions des diff&#233;rents &#201;tats r&#233;gionaux (le r&#244;le des monarchies du Golfe ou de l'Iran, la Turquie, Isra&#235;l, etc.) pour mettre fin au processus r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alliance des socialistes du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' alliance des socialistes du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord, c'est d'abord la volont&#233; de mettre en r&#233;seau des gens dans la diaspora ou bien au sein de ces pays, d'avoir des discussions et d'avoir une capacit&#233; de donner un avis sur un certain nombre d'&#233;v&#233;nements, de faire des r&#233;seaux. En m&#234;me temps nous sommes encore relativement petit. . On est un petit r&#233;seau de gens qui communiquent, qui &#233;changent, qui ont des d&#233;bats, mais qui veulent avoir une certaine influence ou gagner des gens, des id&#233;aux politiques, de ce qu'on parlait internationaliste, qui prennent en compte les questions d'exploitation et d'oppression, d'avoir un travail de traduction important en anglais, en arabe et en farsi et en kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, malgr&#233; nos moyens limit&#233;s, on essaie de faire ce qu'on peut. Donner des perspectives et d'&#234;tre en collaboration avec le reste de la gauche internationale qui partagent nos id&#233;aux, nos objectifs, notre volont&#233; d'un Moyen-Orient, libre de toute intervention imp&#233;rialiste, mais &#233;galement de toute forme d'autoritarisme, qu'ils soient des r&#233;gimes autoritaires, des fondamentalistes religieux, et de faire des connexions &#224; travers les r&#233;gions, combattre le confessionnalisme, le racisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Daher&lt;br class='autobr' /&gt;
Cristina Mas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Daher. Interview faite en Barcelonne, par Cristina Mas, de Lutte Internacionaliste, de la&lt;a href=&#034;http://www.uit-ci.org/index.php/2018-03-15-13-39-31/nouvelles-et-documents/2483-joseph-daher-interview-faite-en-barcelonne-par-cristina-mas-de-lutte-internacionaliste-de-la-uit-ci&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UIT-CI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salvini &#224; Bolsonaro et Vox. Qu'y a-t-il derri&#232;re l'extr&#234;me droite ? </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Salvini-a-Bolsonaro-et-Vox-Qu-y-a-t-il-derriere-l-extreme-droite</link>
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		<dc:date>2019-01-14T18:44:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cristina Mas</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le triomphe du capitaine Ja&#239;r Bolsonaro aux &#233;lections br&#233;siliennes est le dernier projet ultra-r&#233;actionnaire qui arrive au pouvoir avec un programme x&#233;nophobe, machiste, autoritaire et n&#233;olib&#233;ral. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : http://luchainternacionalista.org/spip.php?article3472 &lt;br class='autobr' /&gt; La liste ne cesse pas de s'allonger : Donald Trump aux &#201;tats-Unis, Matteo Salvini en Italie, Recep Tayip Erdogan en Turquie, V&#237;ktor Orban en Hongrie, Rodrigo Duterte aux Philippines, Heinz-Christian Strache dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton37381-3b285.jpg?1781047231' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le triomphe du capitaine Ja&#239;r Bolsonaro aux &#233;lections br&#233;siliennes est le dernier projet ultra-r&#233;actionnaire qui arrive au pouvoir avec un programme x&#233;nophobe, machiste, autoritaire et n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;http://luchainternacionalista.org/spip.php?article3472&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://luchainternacionalista.org/spip.php?article3472&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La liste ne cesse pas de s'allonger : Donald Trump aux &#201;tats-Unis, Matteo Salvini en Italie, Recep Tayip Erdogan en Turquie, V&#237;ktor Orban en Hongrie, Rodrigo Duterte aux Philippines, Heinz-Christian Strache dans la vice-pr&#233;sidence en Autriche ... Dans d'autres pays, l'extr&#234;me droite n'est pas arriv&#233;e au pouvoir, mais elle a suffisamment de poids pour fixer l'agenda politique : l'UKIP au Royaume-Uni, le Front national en France (11 millions de voix au second tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles l'ann&#233;e derni&#232;re), Alternative pour l'Allemagne (92 d&#233;put&#233;s au Bundestag) et Vox en Andalousie (12 d&#233;put&#233;s au Parlement d'Andalousie). Les rythmes et les caract&#233;ristiques de l'avanc&#233;e de l'extr&#234;me droite d&#233;pendent de la situation de la lutte des classes dans chaque pays, mais il est &#233;vident qu'au-del&#224; des particularit&#233;s nationales, il existe une dynamique globale que nous devons savoir analyser et comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un capitalisme en crise &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite aujourd'hui s'explique principalement par une autre dynamique globale : la crise syst&#233;mique du capitalisme. Dix ans apr&#232;s le d&#233;clenchement de la crise de 2008, la classe ouvri&#232;re et les secteurs populaires n'ont vu que leurs conditions de vie se d&#233;grader. Et les gouvernements et les grands partis - sociaux-d&#233;mocrates ou conservateurs - ont r&#233;agi en privatisant les services publics et la protection sociale et en renfor&#231;ant la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas nouveau. Nous avons un syst&#232;me &#233;puis&#233; dans ce sens qu'il ne peut se d&#233;velopper que sur la base de grandes destructions comme le pillage des ressources de la plan&#232;te, sous la dict&#233;e des int&#233;r&#234;ts du capital financier. L&#233;nine avait d&#233;j&#224; d&#233;fini la phase actuelle comme une &#233;poque de &#034;guerres et r&#233;volutions&#034;, et c'est exactement ce nous constatons, avec les d&#233;placements forc&#233;s de populations, que l'extr&#234;me droite transforme en argument pour alimenter la peur de l'immigr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a mis &#224; jour les limites de la d&#233;mocratie bourgeoise et de ses institutions qui, aux yeux du monde entier, ne gouvernent pas pour la majorit&#233; mais pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du capital financier. Quelle que soit la mani&#232;re dont nous envisageons les choses, du sauvetage des banques aux politiques d'aust&#233;rit&#233; visant &#224; sauver le paiement sacro-saint de la dette de l'&#201;tat &#224; la privatisation des soins de sant&#233;, tous les gouvernements - sociaux-d&#233;mocrates et conservateurs - travaillent pour les financiers. Ce sont eux qui dictent les politiques, et non pas hasard, mais parce que tout le syst&#232;me &#233;conomique, aujourd'hui, d&#233;pend d'eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela entra&#238;ne &#233;galement le probl&#232;me de la corruption, qui n'est que l'autre facette de ce capitalisme pourri. Cela s'est traduit par une immense d&#233;l&#233;gitimation des institutions de la d&#233;mocratie bourgeoise : ces derni&#232;res ann&#233;es, on s'est rendu compte &#224; quel point le principe &#034;une personne, une voix&#034; ne servait &#224; rien, ni les grands partis traditionnels, ni m&#234;me les grands appareils syndicaux. Il y a un rejet croissant des grands partis et institutions &#224; travers lesquels les politiques n&#233;olib&#233;rales ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es et qui ont servi &#224; v&#233;hiculer la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce malaise de ceux d'en bas ne trouve pas de r&#233;ponse dans une &#034; nouvelle gauche &#034; qui s'embourbe dans des politiques de mod&#233;ration impossibles qui tentent d'att&#233;nuer la situation en &#233;vitant une rupture afin de pas confronter les capitalistes et les institutions de l'&#201;tat. L'extr&#234;me droite profite du fait qu'il n'y a pas d'alternative de gauche au d&#233;sespoir des travailleurs et du peuple, pour d&#233;noncer d&#233;magogiquement les banquiers et les politiciens, la bureaucratie europ&#233;enne, pour encourager la peur avec la x&#233;nophobie et faire rena&#238;tre le grand nationalisme oppressif.... Un discours amplifi&#233; par les r&#233;seaux sociaux, avec des messages simples et rapides, &#224; une &#233;poque o&#249; les vieux m&#233;dias sont aussi discr&#233;dit&#233;s que les partis et les institutions parce que, entre les mains des banques, ils ont aussi couvert la honte du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le capital financier et les gouvernements ont ouvert la porte &#224; l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec toutes les conditions favorables, les projets d'extr&#234;me droite ont encore besoin d'autre chose pour sortir de la marginalit&#233; : l'argent des secteurs du capital financier qui se pr&#233;parent pour le jour ils n'en auraient pas assez avec les appareils de contr&#244;le traditionnel. C'est quand ils d&#233;fendent la n&#233;cessit&#233; d'un leadership fort face au chaos, &#224; la corruption, &#224; l'ins&#233;curit&#233;, &#224; l'appauvrissement des classes moyennes et &#224; la crise institutionnelle. C'est ce que la th&#233;orie marxiste appelle bonapartisme : un durcissement de l'&#201;tat et la restriction des libert&#233;s d&#233;mocratiques, droits de r&#233;union, de manifestation, d'expression, d'organisation, pour mettre en &#339;uvre les plans de choc qui s'annoncent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous ne devons pas oublier que ce sont les gouvernements eux-m&#234;mes (sociaux-d&#233;mocrates et de droite) qui acc&#233;l&#232;rent cette d&#233;rive r&#233;actionnaire dans leurs politiques. Les lois sur l'immigration, les mesures d'exception justifi&#233;es dans la lutte contre le terrorisme, l'exaltation de l'unit&#233; nationale, les privatisations, les restrictions budg&#233;taires... normalisent un discours et une logique politique que l'extr&#234;me droite n'a qu'&#224; porter aux derni&#232;res cons&#233;quences, dans un cadre qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par les partis traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour au fascisme ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous qualifions habituellement l'extr&#234;me droite de fasciste, parce que nous voulons l'isoler et exprimer clairement notre rejet, mais s'agit-il vraiment d'un retour au fascisme comme celui des ann&#233;es 1920 et 1930 ? C'est un d&#233;bat ouvert au sein de la gauche et il est important de clarifier les concepts, car nous ne pouvons gagner si nous ne savons pas &#224; quoi nous avons affaire. Le fascisme est une forme particuli&#232;re d'autoritarisme qui ne se distingue pas par sa brutalit&#233; (il existe des dictatures militaires tout aussi sanguinaires et r&#233;pressives) mais parce que c'est un r&#233;gime de combat auquel la bourgeoisie a recours quand elle est accul&#233;e par une menace r&#233;volutionnaire. Et il a fondamentalement deux caract&#233;ristiques distinctives : sa capacit&#233; &#224; mobiliser les masses petites-bourgeoises et le fait qu'il impose une m&#233;thode de guerre civile contre les organisations de la classe ouvri&#232;re. C'est ce que Trotsky a d&#233;fini comme &#171; la disparition de tous les &#233;l&#233;ments de la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise &#171; . Ce n'est pas l'option pr&#233;f&#233;rentielle de la bourgeoisie, pr&#233;cis&#233;ment parce que ce besoin permanent de mobilisation se transforme dans un r&#233;gime de choc qui ne peut durer beaucoup d'ann&#233;es : le fascisme est un mouvement avec une certaine autonomie auquel les bourgeoisies ont eu recours sans pouvoir ramener la situation &#224; des formes plus stables de domination du type dictatorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pensons pas que le fascisme soit &#224; l'ordre du jour, mais que nous verrons des r&#233;gimes de plus en plus durs, du type bonapartiste, et c'est pourquoi nous pr&#233;f&#233;rons parler d'extr&#234;me droite ou de fascisation du discours politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La radiographie europ&#233;enne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une vingtaine d'ann&#233;es, l'extr&#234;me droite en Europe conna&#238;t un essor &#233;lectoral sans pr&#233;c&#233;dent depuis les ann&#233;es 1930. Lors des derni&#232;res &#233;lections au Parlement europ&#233;en en 2014, l'extr&#234;me droite a pr&#233;valu au Royaume-Uni (avec l'UKIP), au Danemark (le Parti populaire danois) et en France (Front national). En 2016, le Parti de la libert&#233; d'Autriche a failli remporter les &#233;lections pr&#233;sidentielles et apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives de 2017, il est entr&#233; au gouvernement avec la droite. En septembre de la m&#234;me ann&#233;e, Alternative pour l'Allemagne a plac&#233; 92 d&#233;put&#233;s au Bundestag. En France, Marine Le Pen a perdu les &#233;lections pr&#233;sidentielles face &#224; Macron, mais avec 11 millions de voix au second tour, soit deux fois plus que son p&#232;re en 2002. Matteo Salvini, ministre italien de l'Int&#233;rieur et homme fort du gouvernement italien et Victor Orb&#225;n, qui a remport&#233; les &#233;lections hongroises en avril, compl&#232;tent la liste des personnes d&#233;j&#224; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des particularit&#233;s de chaque pays, tous partagent des &#233;l&#233;ments cl&#233;s de leur discours : critique des &#233;lites corrompues, tra&#238;tres et parasitaires ; d&#233;nonciation des structures de la d&#233;mocratie bourgeoise ; grand nationalisme ou un discours ethnique ou identitaire ; fondamentalisme religieux (on parle beaucoup de radicalisme islamique mais moins d'ultra-catholique comme le Tea Party, du soutien de l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique &#224; Bolsonaro, ou du sionisme ultra-orthodoxe dans le gouvernement isra&#233;lien) ; la glorification du peuple comme un tout homog&#232;ne, effa&#231;ant les distinctions de classe ; la construction de l'ennemi ext&#233;rieur (l'immigrant, le musulman, le juif). Dans de nombreux cas, il y a aussi le machisme, l'homophobie, l'exaltation de la famille traditionnelle et le rejet du droit &#224; l'avortement. Le tout envelopp&#233; dans un grand chef sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La particularit&#233; espagnole &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;tat espagnol, nous n'avons toujours pas de groupes de droite ayant un impact &#233;lectoral aussi important. Ce que nous avons vu, c'est un tournant ultra du PP et de Ciudadanos1, surtout en ce qui concerne la question catalane et l'immigration. Cette exception espagnole s'explique par l'impunit&#233; avec laquelle la transition a d&#233;bouch&#233; vers le r&#233;gime de 1978 : il n'y a jamais eu de rupture avec le franquisme, qui est n&#233; comme un mouvement fasciste (avec la Phalange comme instrument de mobilisation massive) et qui s'est consolid&#233; au pouvoir comme dictature bureaucratique-militaire bonapartiste. La monarchie a &#233;t&#233; la ligne de continuit&#233; qui a pr&#233;serv&#233; l'appareil d'&#201;tat et l'Alliance populaire (et plus tard le Parti Populaire) la ligne de continuit&#233; politique pour blanchir le Mouvement National, le parti politique unique pendant la dictature franquiste. Contrairement &#224; d'autres &#201;tats europ&#233;ens, &#224; l'exception de petits groupes (Democracia Nacional, Espa&#241;a 2000, Falange...), l'extr&#234;me droite n'est pas organis&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur mais comme une aile du PP. Ce n'est pas jusqu'&#224; pr&#233;sent, avec la crise et le d&#233;but du processus de d&#233;composition du PP, que VOX est n&#233;. Le meeting r&#233;alis&#233; par ce parti, avec des milliers de participants, &#224; Vista Alegre (Madrid) et les r&#233;sultats &#233;lectoraux en Andalousie, sont un signal d'alarme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lutter contra l'extr&#234;me droite dans la rue et dans les quartiers &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un secteur de la gauche qui nous dit que face au virage &#224; l'extr&#234;me droite, il faut s'accrocher aux institutions bourgeoises. Cette explication confond les termes historiques et la s&#233;quence de cause &#224; effet. Le tournant vers l'extr&#234;me droite est d&#251; au fait que ces institutions bourgeoises ont &#233;t&#233; l'instrument de l'appauvrissement et de la r&#233;pression. La polarisation sociale impos&#233;e par la crise et le rejet populaire des gouvernements et des institutions sont &#224; la base de sa tentative de canaliser la haine populaire en dehors de ces institutions. C'est pourquoi les d&#233;fendre, avec l'argument que ce qui s'en vient c'est encore pire, serait une erreur. Une autre chose est la d&#233;fense de toutes les libert&#233;s d&#233;mocratiques : c'est l&#224; qu'un front commun et une unit&#233; d'action sont n&#233;cessaires. Mais pour faire face &#224; l'ultra-droite, une autre voie doit &#234;tre emprunt&#233;e et c'est la rupture populaire avec des institutions d&#233;pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre d&#233;bat porte sur la question de savoir qui nous consid&#233;rons comme les ennemis : sont-ils fondamentalement les groupes fascistes ? C'est la question que nous nous posons, par exemple, tous les 12 octobre &#224; Barcelone o&#249; chaque ann&#233;e ils convoquent leur concentration. Mais alors que quelques centaines de n&#233;o-nazis se manifestent dans un endroit &#233;loign&#233; du centre urbain, depuis des ann&#233;es PP, Ciudadanos, Sociedad Civil Catalana2 et d'autres plates-formes ont entra&#238;n&#233; des milliers de personnes dans des mobilisations pour la Hispanidad dans le centre de la ville. Nous pensons que ce sont les &#201;tats et les politiques des gouvernements qui ouvrent la voie &#224; l'irruption de l'extr&#234;me droite et enfin du fascisme. La loi sur l'immigration et les expulsions &#224; chaud, les jugements comme celle de la Manada3 ou le discours contre la Catalogne du PP, des Ciudadanos et du PSOE cr&#233;ent l'espace sur lequel se construit l'extr&#234;me droite et elle ne doit se pr&#233;senter que comme celle qui est r&#233;ellement dispos&#233;e &#224; appliquer la m&#234;me politique jusqu'au bout. Par cons&#233;quent, la t&#226;che centrale aujourd'hui est de lutter contre ces politiques et contre les gouvernements en place, par le droit &#224; l'autod&#233;termination et par le reste des libert&#233;s d&#233;mocratiques, contre la monarchie, pour les droits des travailleurs migrants. En arr&#234;tant ces politiques, nous arr&#234;tons l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela ne peut se faire qu'en proposant des politiques qui apportent des r&#233;ponses r&#233;elles aux probl&#232;mes du peuple et qui doivent n&#233;cessairement &#234;tre de rupture : parce que les besoins sociaux ne peuvent &#234;tre satisfaits tant que la dette des banques continue d'&#234;tre pay&#233;e, le ch&#244;mage ne peut &#234;tre r&#233;sorb&#233; sans r&#233;duire le temps de travail sans r&#233;duire les salaires, on ne peut sortir de la crise sans nationaliser les banques et on ne peut r&#233;soudre le probl&#232;me de la corruption et les droits des peuples sans rompre avec le r&#233;gime de 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore un quatri&#232;me probl&#232;me dans l'action de transformation et c'est la question de sur quels secteurs populaires nous devons nous adresser et o&#249; nous travaillons. La majorit&#233; de la gauche a abandonn&#233; le travail dans les entreprises, dans les quartiers populaires, que beaucoup consid&#232;rent comme perdus face &#224; la vague orange4. Non ! Sans aller &#224; la base, pour travailler tous les jours, c&#244;te &#224; c&#244;te, &#224; la recherche de r&#233;ponses &#224; des probl&#232;mes r&#233;els, on ne peut pas combattre une extr&#234;me droite qui, si personne ne l'arr&#234;te, aura le soutien de notre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cristina Mas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://luchainternacionalista.org/spip.php?article3472&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://luchainternacionalista.org/spip.php?article3472&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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