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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Comment la Chine redessine l'Asie du Sud-Est</title>
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		<dc:date>2025-09-23T10:40:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Andrea Ferrario</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-09-23</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Des dettes du Laos aux &#233;quilibres fragiles de la Tha&#239;lande : cinq exemples montrent comment P&#233;kin tisse un r&#233;seau de d&#233;pendances &#233;conomiques et politiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/09/19/comment-la-chine-redessine-lasie-du-sud-est/?jetpack_skip_subscription_popup &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis des ann&#233;es, la Chine tisse un r&#233;seau dense de relations en Asie du Sud-Est, combinant investissements, infrastructures, coop&#233;ration technologique et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/chine-0e3d8.webp?1758624010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des dettes du Laos aux &#233;quilibres fragiles de la Tha&#239;lande : cinq exemples montrent comment P&#233;kin tisse un r&#233;seau de d&#233;pendances &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/09/19/comment-la-chine-redessine-lasie-du-sud-est/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/09/19/comment-la-chine-redessine-lasie-du-sud-est/?jetpack_skip_subscription_popup&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, la Chine tisse un r&#233;seau dense de relations en Asie du Sud-Est, combinant investissements, infrastructures, coop&#233;ration technologique et pression diplomatique. Les pays de la r&#233;gion strat&#233;giquement situ&#233;s entre l'oc&#233;an Indien et le Pacifique sont aujourd'hui au c&#339;ur d'une transformation silencieuse qui red&#233;finit leurs orientations &#233;conomiques et, dans de nombreux cas, leurs structures d&#233;cisionnelles elles-m&#234;mes. La Chine a articul&#233; sa strat&#233;gie autour d'une s&#233;rie d'initiatives qui vont bien au-del&#224; du champ &#233;conomique. La &#171; s&#233;curit&#233; nationale globale &#187;, concept d&#233;sormais central dans la pens&#233;e strat&#233;gique chinoise, englobe des domaines tels que l'alimentation, la finance, la technologie, le cyberespace et m&#234;me l'opinion publique. Dans cette optique, les initiatives promues au sud de la fronti&#232;re ne sont pas isol&#233;es, mais s'inscrivent dans un projet global visant &#224; consolider une zone d'influence stable, favorable aux int&#233;r&#234;ts de P&#233;kin et moins perm&#233;able &#224; la pr&#233;sence de rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Asie du Sud-Est est id&#233;ale pour ce projet. Ses &#233;conomies, dynamiques mais encore vuln&#233;rables, ont besoin de capitaux, de technologies et d'infrastructures. La Chine est pr&#234;te &#224; les fournir, mais &#224; des conditions qui ne se limitent pas aux taux d'int&#233;r&#234;t. L'acc&#232;s pr&#233;f&#233;rentiel aux ports, aux chemins de fer et aux centres logistiques, la promotion d'accords num&#233;riques bilat&#233;raux, la construction de laboratoires partag&#233;s et de plates-formes industrielles communes ne sont que quelques-uns des instruments mis en &#339;uvre. &#192; cela s'ajoute un travail minutieux avec les &#233;lites politiques et entrepreneuriales, souvent men&#233; loin des projecteurs. Tous les gouvernements ne r&#233;agissent pas de la m&#234;me mani&#232;re. Certains pays se sont laiss&#233;s absorber presque enti&#232;rement, d'autres tentent de se d&#233;brouiller en conservant une marge de man&#339;uvre. Tous &#233;voluent toutefois dans un contexte o&#249; la Chine a su tirer parti des incertitudes mondiales et du retrait d'autres acteurs pour consolider sa position. Plus qu'une conqu&#234;te fulgurante, il s'agit d'un lent r&#233;&#233;quilibrage qui modifie les habitudes logistiques, les d&#233;pendances &#233;nerg&#233;tiques et les liens institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite de cet article, nous analyserons cinq cas embl&#233;matiques, chacun repr&#233;sentatif &#224; sa mani&#232;re d'une forme diff&#233;rente d'influence : de la d&#233;pendance structurelle &#224; la cooptation s&#233;lective, du compromis calcul&#233; &#224; la r&#233;sistance prudente. Il en ressortira une mosa&#239;que h&#233;t&#233;rog&#232;ne, mais tendant vers une convergence : l'adaptation, plus ou moins consciente, &#224; une pr&#233;sence chinoise qui semble destin&#233;e &#224; durer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Laos : le prototype de la d&#233;pendance structurelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Laos est aujourd'hui peut-&#234;tre l'exemple le plus flagrant de la capacit&#233; de l'influence chinoise &#224; remodeler profond&#233;ment un pays, au point de compromettre son ind&#233;pendance effective. En quelques ann&#233;es, le gouvernement de Vientiane a li&#233; son destin &#233;conomique, logistique et technologique &#224; celui de la Chine, en acceptant un mod&#232;le de d&#233;veloppement fortement d&#233;pendant du cr&#233;dit et de la pr&#233;sence directe de la R&#233;publique populaire. La rh&#233;torique officielle parle de partenariat strat&#233;gique et de modernisation acc&#233;l&#233;r&#233;e, mais la r&#233;alit&#233; quotidienne montre une &#233;conomie en difficult&#233;, une population appauvrie et une administration de plus en plus perm&#233;able aux int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est &#233;vidente. Les salaires dans la fonction publique ont &#233;t&#233; r&#233;duits, les retraites sont vers&#233;es avec retard, les denr&#233;es alimentaires subissent des hausses constantes et les m&#233;nages ont du mal &#224; faire face aux d&#233;penses de base. La d&#233;valuation du kip, la monnaie nationale, a &#233;rod&#233; en quelques ann&#233;es le pouvoir d'achat de la population urbaine et rurale, tandis que l'inflation se maintient &#224; des niveaux &#233;lev&#233;s. Le pays, qui n'a pas les ressources n&#233;cessaires pour faire face &#224; ses dettes, n'a &#233;vit&#233; le d&#233;faut de paiement que gr&#226;ce &#224; un soutien discret mais constant de la Chine. En &#233;change, il a c&#233;d&#233; le contr&#244;le d'infrastructures essentielles, les droits d'exploitation des ressources naturelles et des parts importantes de son espace &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion chinoise ne s'est pas limit&#233;e aux chemins de fer et aux centrales &#233;lectriques. Dans de nombreuses zones urbaines, les activit&#233;s commerciales et les complexes r&#233;sidentiels sont aujourd'hui enti&#232;rement g&#233;r&#233;s par des op&#233;rateurs chinois, souvent soumis &#224; des r&#233;glementations distinctes de celles qui s'appliquent au reste du pays. Le r&#233;seau &#233;lectrique a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; &#224; une entreprise chinoise en garantie des pr&#234;ts re&#231;us. L'acc&#232;s pr&#233;f&#233;rentiel &#224; des zones &#233;conomiques sp&#233;ciales, la construction d'infrastructures cl&#233;s et la diffusion du mandarin comme langue technique dans l'administration publique sont les signes d'un processus qui va bien au-del&#224; de la coop&#233;ration &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce contexte, le gouvernement continue de tenir un discours optimiste. Chaque visite officielle chinoise s'accompagne de nouveaux protocoles d'accord et de projets communs, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des succ&#232;s in&#233;galables. L'absence d'espace critique dans les m&#233;dias, le contr&#244;le de l'information et le consensus apparent contribuent &#224; maintenir cette image fig&#233;e. Cependant, les tensions sociales s'intensifient. Dans une &#233;cole de la banlieue de la capitale, un enseignant commentait, r&#233;sign&#233; : &#171; Les Chinois sont partout, ils parlent entre eux, ils construisent, ils ach&#232;tent, mais nous ne comptons presque plus pour rien &#187;. Ce t&#233;moignage, recueilli par Le Monde, refl&#232;te un sentiment qui peine &#224; &#233;merger mais qui est de plus en plus r&#233;pandu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du Laos montre clairement ce qui peut arriver lorsqu'un petit pays vuln&#233;rable adopte une strat&#233;gie de d&#233;veloppement fond&#233;e sur la d&#233;pendance &#224; un seul acteur dominant. Il n'y a pas eu d'occupation ni de mise sous tutelle formelle, mais le r&#233;sultat n'est pas tr&#232;s diff&#233;rent de ce qu'aurait produit un contr&#244;le direct, &#224; savoir une souverainet&#233; vid&#233;e de sa substance, une &#233;conomie asservie et une soci&#233;t&#233; qui s'adapte en silence &#224; un nouveau centre de commandement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Cambodge : une alliance personnelle et structurelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cambodge, l'influence chinoise a trouv&#233; un terrain fertile gr&#226;ce &#224; la convergence entre les int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques de P&#233;kin et le projet dynastique de la famille Hun. Le long maintien au pouvoir de Hun Sen, suivi de l'ascension de son fils Hun Manet &#224; la t&#234;te du gouvernement, a assur&#233; la continuit&#233; d'une relation construite au fil du temps, consolid&#233;e par un r&#233;seau dense d'accords, d'investissements et de faveurs r&#233;ciproques. Plus qu'une simple alliance politique, c'est une relation de symbiose qui s'est &#233;tablie, dans laquelle la l&#233;gitimit&#233; interne du r&#233;gime repose en grande partie sur la protection et le soutien &#233;conomique de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence du Laos, o&#249; la d&#233;pendance se manifeste sous la forme d'une dette, le Cambodge conna&#238;t plut&#244;t une convergence strat&#233;gique. La Chine a massivement investi dans le pays, avec des projets allant des infrastructures &#224; la s&#233;curit&#233;. Le port de Ream, en cours d'agrandissement, est au centre des pr&#233;occupations en raison de ses potentialit&#233;s militaires. Les man&#339;uvres militaires conjointes, ainsi que la fourniture d'&#233;quipements &#224; la police et &#224; l'arm&#233;e cambodgiennes, confirment une collaboration qui va au-del&#224; du symbolique. P&#233;kin a trouv&#233; dans le gouvernement de Phnom Penh un alli&#233; fiable, pr&#234;t &#224; d&#233;fendre ses positions, y compris dans les forums multilat&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de cette pr&#233;sence sont particuli&#232;rement visibles sur la c&#244;te. La ville de Sihanoukville, autrefois fr&#233;quent&#233;e par les touristes locaux et occidentaux, a &#233;t&#233; transform&#233;e en quelques ann&#233;es par une vague de capitaux chinois. Casinos, tours r&#233;sidentielles, centres commerciaux et h&#244;tels se sont multipli&#233;s, souvent sans plan d'urbanisme coh&#233;rent. La population locale a &#233;t&#233; en partie expuls&#233;e des quartiers centraux, les prix ont augment&#233;, le paysage urbain a &#233;t&#233; boulevers&#233;. La croissance, concentr&#233;e dans quelques secteurs, a principalement profit&#233; aux entrepreneurs chinois et aux personnalit&#233;s proches du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le reste du pays &#233;galement, la coop&#233;ration s'&#233;tend &#224; des secteurs cl&#233;s : routes, ponts, barrages, r&#233;seaux num&#233;riques. Les entreprises chinoises participent &#224; des projets de d&#233;veloppement agricole, g&#232;rent des zones industrielles et proposent des syst&#232;mes de surveillance urbaine. Le gouvernement cambodgien a accueilli cette p&#233;n&#233;tration comme une opportunit&#233;, favorisant l'enseignement du mandarin dans les &#233;coles publiques et renfor&#231;ant les &#233;changes universitaires. La structure &#233;tatique s'adapte progressivement aux protocoles, aux mod&#232;les et aux priorit&#233;s d&#233;finis par P&#233;kin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette centralit&#233; chinoise comporte &#233;galement des vuln&#233;rabilit&#233;s. L'&#233;conomie cambodgienne, m&#234;me si elle est en croissance, reste fragile et d&#233;pendante de quelques secteurs. Le risque qu'une crise en Chine ou un changement de ligne politique ait des r&#233;percussions imm&#233;diates sur le pays est r&#233;el. Mais pour les dirigeants de Phnom Penh, le lien avec P&#233;kin est consid&#233;r&#233; comme une garantie de stabilit&#233; et de protection. Le syst&#232;me qui s'est consolid&#233; n'a pas seulement accept&#233; l'influence chinoise : il en a fait un &#233;l&#233;ment essentiel de sa survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tha&#239;lande : un &#233;quilibre fragile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tha&#239;lande se distingue des autres pays analys&#233;s par sa tradition ind&#233;pendante, h&#233;rit&#233;e d'une longue histoire d'&#233;quilibre entre puissances rivales. Cette attitude se refl&#232;te encore aujourd'hui dans la gestion des relations avec la Chine, per&#231;ue &#224; la fois comme un partenaire indispensable et une source potentielle d'ing&#233;rence. Bangkok a cherch&#233; &#224; tirer parti de la concurrence entre P&#233;kin et Washington pour conserver une marge de man&#339;uvre, mais les contradictions internes et les pressions ext&#233;rieures rendent cette strat&#233;gie de plus en plus difficile &#224; maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie tha&#239;landaise est fortement int&#233;gr&#233;e &#224; celle de la Chine. La Chine est le premier partenaire commercial du pays et a investi dans de nombreux projets d'&#233;quipements, notamment la ligne ferroviaire &#224; grande vitesse qui devrait relier le nord du pays au r&#233;seau chinois en passant par le Laos. &#192; cela s'ajoutent des accords dans les secteurs de l'automobile, du tourisme et de la logistique. Toutefois, l'adoption des technologies chinoises et la participation &#224; des initiatives promues par P&#233;kin n'ont jamais &#233;t&#233; automatiques. Les autorit&#233;s tha&#239;landaises ont &#224; plusieurs reprises ralenti ou ren&#233;goci&#233; les termes de projets jug&#233;s trop d&#233;s&#233;quilibr&#233;s tout en cherchant &#224; renforcer la coop&#233;ration avec d'autres acteurs r&#233;gionaux et internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les relations avec la Chine sont &#233;troitement li&#233;es aux dynamiques internes du pouvoir. La monarchie, les dirigeants militaires et les &#233;lites entrepreneuriales partagent dans une certaine mesure la m&#234;me conception d'une Tha&#239;lande neutre, mais appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le central dans la r&#233;gion. Cependant, au sein m&#234;me de ces cercles, des divergences d'orientation apparaissent. Certains secteurs pr&#244;nent un rapprochement plus net avec P&#233;kin, d'autres craignent qu'une d&#233;pendance excessive ne compromette l'autonomie strat&#233;gique du pays. La gestion de l'&#233;quilibre, plus qu'un art diplomatique, est devenue un exercice quotidien de compromis et d'adaptations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions entre la Tha&#239;lande et le Cambodge pour le contr&#244;le des eaux entourant l'&#238;le de Ko Kut et ses ressources en gaz naturel offrent un exemple concret de la mani&#232;re dont la Chine peut influencer les dynamiques r&#233;gionales de fa&#231;on opaque. Bien qu'elle ne soit pas directement impliqu&#233;e dans le conflit, P&#233;kin est li&#233;e aux deux pays par des int&#233;r&#234;ts convergents, et sa position ambigu&#235; contribue &#224; rendre le cadre des n&#233;gociations plus incertain. Ce type de situation alimente en Tha&#239;lande la crainte que la Chine, plut&#244;t que de jouer le r&#244;le de m&#233;diateur, agisse comme un acteur int&#233;ress&#233; par le maintien d'une tension contr&#244;l&#233;e qui renforce sa position centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tha&#239;lande n'est pas un pays passif et dispose de ressources institutionnelles, &#233;conomiques et militaires suffisantes pour mener une politique &#233;trang&#232;re autonome. Mais la pression croissante, combin&#233;e &#224; l'&#233;rosion de la confiance dans d'autres interlocuteurs internationaux tels que les &#201;tats-Unis, rend de plus en plus co&#251;teux le maintien d'une position &#233;quilibr&#233;e. Le risque n'est pas tant celui d'une subordination formelle que celui d'une convergence progressive par inertie, dans laquelle la libert&#233; de choix se r&#233;duirait sans &#234;tre explicitement supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vietnam et Malaisie : l'art difficile de l'&#233;quilibre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietnam et la Malaisie font face &#224; la pr&#233;sence chinoise &#224; partir de positions diff&#233;rentes, mais tous deux tentent, avec des r&#233;sultats contrast&#233;s, de maintenir une position autonome dans une r&#233;gion o&#249; les pressions se multiplient. Les deux pays ne partagent ni la m&#234;me histoire ni la m&#234;me structure &#233;conomique, mais ils sont unis par un besoin strat&#233;gique commun : &#233;viter que l'influence de P&#233;kin ne se transforme en une subordination structurelle, sans pour autant renoncer aux avantages &#233;conomiques qu'elle comporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietnam est peut-&#234;tre le plus prudent et le plus m&#233;fiant des pays de la r&#233;gion &#224; l'&#233;gard de la Chine. Le souvenir de la guerre de 1979 est encore vif, tout comme les tensions entre les deux pays en mer de Chine m&#233;ridionale, et malgr&#233; les discours sur la coop&#233;ration, Hano&#239; se m&#233;fie des intentions chinoises. Dans le m&#234;me temps, le pays est profond&#233;ment int&#233;gr&#233; dans la cha&#238;ne de valeur asiatique et entretient avec la Chine l'une de ses relations commerciales les plus intenses. Les exportations vietnamiennes d&#233;pendent en grande partie des mati&#232;res premi&#232;res et des composants chinois, et toute tentative de diversification s'av&#232;re lente et co&#251;teuse. Le d&#233;couplage technologique entre les &#201;tats-Unis et la Chine a offert au Vietnam une occasion rare. Les entreprises occidentales ont transf&#233;r&#233; une partie de leur production dans le pays, r&#233;duisant ainsi leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la fabrication chinoise. Mais ce transfert a &#233;galement expos&#233; Hano&#239; &#224; de nouvelles pressions. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines ont commenc&#233; &#224; surveiller le Vietnam pour des pratiques pr&#233;sum&#233;es de triangulation commerciale, l'accusant de servir de passerelle pour les marchandises chinoises destin&#233;es au march&#233; am&#233;ricain. Le pays se trouve ainsi pris entre deux feux : il doit exploiter la rivalit&#233; sino-am&#233;ricaine pour renforcer son &#233;conomie, sans toutefois devenir une cible ou un pion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le positionnement de la Malaisie est plus ambivalent, l'influence chinoise s'y manifestant sous des formes plus nuanc&#233;es mais tout aussi p&#233;n&#233;trantes. Ces derni&#232;res ann&#233;es, P&#233;kin a renforc&#233; sa coop&#233;ration avec Kuala Lumpur dans des secteurs sensibles tels que l'intelligence artificielle, les technologies num&#233;riques et les transports. La visite du pr&#233;sident chinois a abouti &#224; une s&#233;rie de nouveaux accords qui renforcent le r&#244;le de la Chine en tant que principal partenaire strat&#233;gique. Dans le m&#234;me temps, la Malaisie exporte beaucoup vers les &#201;tats-Unis et b&#233;n&#233;ficie encore d'une certaine ouverture aux capitaux occidentaux. Le gouvernement malaisien a d&#233;clar&#233; &#224; plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas s'engager en faveur d'un camp ou d'un autre, mais cette position est de plus en plus difficile &#224; tenir. Les &#233;lites &#233;conomiques et politiques sont divis&#233;es : certaines poussent &#224; une convergence plus explicite avec la Chine, d'autres craignent que cela ne r&#233;duise la marge de man&#339;uvre pour n&#233;gocier avec d'autres acteurs internationaux. La diplomatie malaisienne continue d'invoquer l'&#233;quilibre et la neutralit&#233;, mais la structure &#233;conomique du pays refl&#232;te une r&#233;alit&#233; plus complexe, o&#249; les choix formels ne co&#239;ncident pas toujours avec les choix effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux pays montrent, chacun &#224; leur mani&#232;re, la difficult&#233; d'une strat&#233;gie m&#233;diane. Le Vietnam r&#233;siste avec prudence mais d&#233;pend d'un r&#233;seau de production qui le lie &#233;troitement &#224; la Chine. La Malaisie tente de naviguer entre deux p&#244;les mais risque de se retrouver dans une position de subordination dissimul&#233;e sous une apparence de souplesse. Dans les deux cas, la Chine n'impose pas mais dispose, en proposant des accords, des technologies, des capitaux et des alliances qui s'ins&#232;rent dans les espaces laiss&#233;s vacants par d'autres. Le choix n'est pas toujours contraignant mais les cons&#233;quences le sont bel et bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Convergences et divergences dans la d&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration chinoise en Asie du Sud-Est n'est pas homog&#232;ne mais contrast&#233;e. Elle va de mod&#232;les de d&#233;pendance structurelle, comme au Laos et au Cambodge &#224; des configurations plus souples, comme en Tha&#239;lande, au Vietnam et en Malaisie. Dans tous les cas, ce sont les m&#233;canismes (pr&#234;ts garantis, investissements directs, concessions strat&#233;giques, formation d'&#233;lites locales) qui rendent l'influence chinoise efficace, et non seulement les id&#233;ologies ou la propagande. Il ne s'agit pas d'une domination explicite ou militaire, mais d'une h&#233;g&#233;monie silencieuse qui s'exerce &#224; plusieurs niveaux : &#233;conomique, technologique et institutionnel. Dans certains cas, les gouvernements ont utilis&#233; l'axe avec P&#233;kin pour compenser des d&#233;ficiences internes ou pour renforcer leurs r&#233;gimes politiques, presque toujours au d&#233;triment de la transparence, de la neutralit&#233; administrative et, surtout, de la libert&#233; de leurs populations. L&#224; o&#249; la Chine a pris le r&#244;le d'interlocuteur privil&#233;gi&#233;, la marge de man&#339;uvre s'est r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence chinoise se consolide dans les contextes o&#249; les dirigeants politiques sont pr&#234;ts &#224; c&#233;der des pouvoirs de d&#233;cision en &#233;change d'un soutien &#233;conomique, d'infrastructures cl&#233;s en main ou d'une l&#233;gitimation diplomatique. Cela vaut autant pour les pays aux institutions fragiles que pour ceux qui conservent une certaine autonomie. Ce qui change, c'est la vitesse &#224; laquelle les r&#232;gles locales s'adaptent &#224; des logiques ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrea Ferrario&lt;br class='autobr' /&gt;
Source &#8211; Andrea Ferrario, 23 juillet 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://andreaferrario1.substack.com/p/come-la-cina-ridisegna-lasia-sudorientale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://andreaferrario1.substack.com/p/come-la-cina-ridisegna-lasia-sudorientale&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit pour ESSF par pierre Vandevoorde avec l'aide de Deeplpro&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article75804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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		<title>Comment la Chine redessine l'Asie du Sud-Est</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-la-Chine-redessine-l-Asie-du-Sud-Est</link>
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		<dc:date>2025-08-19T13:05:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Andrea Ferrario</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Malaisie</dc:subject>
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		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des dettes du Laos aux &#233;quilibres fragiles de la Tha&#239;lande : cinq exemples montrent comment P&#233;kin tisse un r&#233;seau de d&#233;pendances &#233;conomiques et politiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 23 juillet 2025 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Andrea Ferrario &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis des ann&#233;es, la Chine tisse un r&#233;seau dense de relations en Asie du Sud-Est, combinant investissements, infrastructures, coop&#233;ration technologique et pression diplomatique. Les pays de la r&#233;gion strat&#233;giquement situ&#233;s entre l'oc&#233;an Indien et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des dettes du Laos aux &#233;quilibres fragiles de la Tha&#239;lande : cinq exemples montrent comment P&#233;kin tisse un r&#233;seau de d&#233;pendances &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
23 juillet 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Andrea Ferrario&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, la Chine tisse un r&#233;seau dense de relations en Asie du Sud-Est, combinant investissements, infrastructures, coop&#233;ration technologique et pression diplomatique. Les pays de la r&#233;gion strat&#233;giquement situ&#233;s entre l'oc&#233;an Indien et le Pacifique sont aujourd'hui au c&#339;ur d'une transformation silencieuse qui red&#233;finit leurs orientations &#233;conomiques et, dans de nombreux cas, leurs structures d&#233;cisionnelles elles-m&#234;mes. La Chine a articul&#233; sa strat&#233;gie autour d'une s&#233;rie d'initiatives qui vont bien au-del&#224; du champ &#233;conomique. La &#171; s&#233;curit&#233; nationale globale &#187;, concept d&#233;sormais central dans la pens&#233;e strat&#233;gique chinoise, englobe des domaines tels que l'alimentation, la finance, la technologie, le cyberespace et m&#234;me l'opinion publique. Dans cette optique, les initiatives promues au sud de la fronti&#232;re ne sont pas isol&#233;es, mais s'inscrivent dans un projet global visant &#224; consolider une zone d'influence stable, favorable aux int&#233;r&#234;ts de P&#233;kin et moins perm&#233;able &#224; la pr&#233;sence de rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Asie du Sud-Est est id&#233;ale pour ce projet. Ses &#233;conomies, dynamiques mais encore vuln&#233;rables, ont besoin de capitaux, de technologies et d'infrastructures. La Chine est pr&#234;te &#224; les fournir, mais &#224; des conditions qui ne se limitent pas aux taux d'int&#233;r&#234;t. L'acc&#232;s pr&#233;f&#233;rentiel aux ports, aux chemins de fer et aux centres logistiques, la promotion d'accords num&#233;riques bilat&#233;raux, la construction de laboratoires partag&#233;s et de plates-formes industrielles communes ne sont que quelques-uns des instruments mis en &#339;uvre. &#192; cela s'ajoute un travail minutieux avec les &#233;lites politiques et entrepreneuriales, souvent men&#233; loin des projecteurs. Tous les gouvernements ne r&#233;agissent pas de la m&#234;me mani&#232;re. Certains pays se sont laiss&#233;s absorber presque enti&#232;rement, d'autres tentent de se d&#233;brouiller en conservant une marge de man&#339;uvre. Tous &#233;voluent toutefois dans un contexte o&#249; la Chine a su tirer parti des incertitudes mondiales et du retrait d'autres acteurs pour consolider sa position. Plus qu'une conqu&#234;te fulgurante, il s'agit d'un lent r&#233;&#233;quilibrage qui modifie les habitudes logistiques, les d&#233;pendances &#233;nerg&#233;tiques et les liens institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite de cet article, nous analyserons cinq cas embl&#233;matiques, chacun repr&#233;sentatif &#224; sa mani&#232;re d'une forme diff&#233;rente d'influence : de la d&#233;pendance structurelle &#224; la cooptation s&#233;lective, du compromis calcul&#233; &#224; la r&#233;sistance prudente. Il en ressortira une mosa&#239;que h&#233;t&#233;rog&#232;ne, mais tendant vers une convergence : l'adaptation, plus ou moins consciente, &#224; une pr&#233;sence chinoise qui semble destin&#233;e &#224; durer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Laos : le prototype de la d&#233;pendance structurelle&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Laos est aujourd'hui peut-&#234;tre l'exemple le plus flagrant de la capacit&#233; de l'influence chinoise &#224; remodeler profond&#233;ment un pays, au point de compromettre son ind&#233;pendance effective. En quelques ann&#233;es, le gouvernement de Vientiane a li&#233; son destin &#233;conomique, logistique et technologique &#224; celui de la Chine, en acceptant un mod&#232;le de d&#233;veloppement fortement d&#233;pendant du cr&#233;dit et de la pr&#233;sence directe de la R&#233;publique populaire. La rh&#233;torique officielle parle de partenariat strat&#233;gique et de modernisation acc&#233;l&#233;r&#233;e, mais la r&#233;alit&#233; quotidienne montre une &#233;conomie en difficult&#233;, une population appauvrie et une administration de plus en plus perm&#233;able aux int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est &#233;vidente. Les salaires dans la fonction publique ont &#233;t&#233; r&#233;duits, les retraites sont vers&#233;es avec retard, les denr&#233;es alimentaires subissent des hausses constantes et les m&#233;nages ont du mal &#224; faire face aux d&#233;penses de base. La d&#233;valuation du kip, la monnaie nationale, a &#233;rod&#233; en quelques ann&#233;es le pouvoir d'achat de la population urbaine et rurale, tandis que l'inflation se maintient &#224; des niveaux &#233;lev&#233;s. Le pays, qui n'a pas les ressources n&#233;cessaires pour faire face &#224; ses dettes, n'a &#233;vit&#233; le d&#233;faut de paiement que gr&#226;ce &#224; un soutien discret mais constant de la Chine. En &#233;change, il a c&#233;d&#233; le contr&#244;le d'infrastructures essentielles, les droits d'exploitation des ressources naturelles et des parts importantes de son espace &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion chinoise ne s'est pas limit&#233;e aux chemins de fer et aux centrales &#233;lectriques. Dans de nombreuses zones urbaines, les activit&#233;s commerciales et les complexes r&#233;sidentiels sont aujourd'hui enti&#232;rement g&#233;r&#233;s par des op&#233;rateurs chinois, souvent soumis &#224; des r&#233;glementations distinctes de celles qui s'appliquent au reste du pays. Le r&#233;seau &#233;lectrique a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; &#224; une entreprise chinoise en garantie des pr&#234;ts re&#231;us. L'acc&#232;s pr&#233;f&#233;rentiel &#224; des zones &#233;conomiques sp&#233;ciales, la construction d'infrastructures cl&#233;s et la diffusion du mandarin comme langue technique dans l'administration publique sont les signes d'un processus qui va bien au-del&#224; de la coop&#233;ration &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce contexte, le gouvernement continue de tenir un discours optimiste. Chaque visite officielle chinoise s'accompagne de nouveaux protocoles d'accord et de projets communs, souvent pr&#233;sent&#233;s comme des succ&#232;s in&#233;galables. L'absence d'espace critique dans les m&#233;dias, le contr&#244;le de l'information et le consensus apparent contribuent &#224; maintenir cette image fig&#233;e. Cependant, les tensions sociales s'intensifient. Dans une &#233;cole de la banlieue de la capitale, un enseignant commentait, r&#233;sign&#233; : &#171; Les Chinois sont partout, ils parlent entre eux, ils construisent, ils ach&#232;tent, mais nous ne comptons presque plus pour rien &#187;. Ce t&#233;moignage, recueilli par Le Monde, refl&#232;te un sentiment qui peine &#224; &#233;merger mais qui est de plus en plus r&#233;pandu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du Laos montre clairement ce qui peut arriver lorsqu'un petit pays vuln&#233;rable adopte une strat&#233;gie de d&#233;veloppement fond&#233;e sur la d&#233;pendance &#224; un seul acteur dominant. Il n'y a pas eu d'occupation ni de mise sous tutelle formelle, mais le r&#233;sultat n'est pas tr&#232;s diff&#233;rent de ce qu'aurait produit un contr&#244;le direct, &#224; savoir une souverainet&#233; vid&#233;e de sa substance, une &#233;conomie asservie et une soci&#233;t&#233; qui s'adapte en silence &#224; un nouveau centre de commandement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Cambodge : une alliance personnelle et structurelle&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cambodge, l'influence chinoise a trouv&#233; un terrain fertile gr&#226;ce &#224; la convergence entre les int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques de P&#233;kin et le projet dynastique de la famille Hun. Le long maintien au pouvoir de Hun Sen, suivi de l'ascension de son fils Hun Manet &#224; la t&#234;te du gouvernement, a assur&#233; la continuit&#233; d'une relation construite au fil du temps, consolid&#233;e par un r&#233;seau dense d'accords, d'investissements et de faveurs r&#233;ciproques. Plus qu'une simple alliance politique, c'est une relation de symbiose qui s'est &#233;tablie, dans laquelle la l&#233;gitimit&#233; interne du r&#233;gime repose en grande partie sur la protection et le soutien &#233;conomique de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence du Laos, o&#249; la d&#233;pendance se manifeste sous la forme d'une dette, le Cambodge conna&#238;t plut&#244;t une convergence strat&#233;gique. La Chine a massivement investi dans le pays, avec des projets allant des infrastructures &#224; la s&#233;curit&#233;. Le port de Ream, en cours d'agrandissement, est au centre des pr&#233;occupations en raison de ses potentialit&#233;s militaires. Les man&#339;uvres militaires conjointes, ainsi que la fourniture d'&#233;quipements &#224; la police et &#224; l'arm&#233;e cambodgiennes, confirment une collaboration qui va au-del&#224; du symbolique. P&#233;kin a trouv&#233; dans le gouvernement de Phnom Penh un alli&#233; fiable, pr&#234;t &#224; d&#233;fendre ses positions, y compris dans les forums multilat&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de cette pr&#233;sence sont particuli&#232;rement visibles sur la c&#244;te. La ville de Sihanoukville, autrefois fr&#233;quent&#233;e par les touristes locaux et occidentaux, a &#233;t&#233; transform&#233;e en quelques ann&#233;es par une vague de capitaux chinois. Casinos, tours r&#233;sidentielles, centres commerciaux et h&#244;tels se sont multipli&#233;s, souvent sans plan d'urbanisme coh&#233;rent. La population locale a &#233;t&#233; en partie expuls&#233;e des quartiers centraux, les prix ont augment&#233;, le paysage urbain a &#233;t&#233; boulevers&#233;. La croissance, concentr&#233;e dans quelques secteurs, a principalement profit&#233; aux entrepreneurs chinois et aux personnalit&#233;s proches du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le reste du pays &#233;galement, la coop&#233;ration s'&#233;tend &#224; des secteurs cl&#233;s : routes, ponts, barrages, r&#233;seaux num&#233;riques. Les entreprises chinoises participent &#224; des projets de d&#233;veloppement agricole, g&#232;rent des zones industrielles et proposent des syst&#232;mes de surveillance urbaine. Le gouvernement cambodgien a accueilli cette p&#233;n&#233;tration comme une opportunit&#233;, favorisant l'enseignement du mandarin dans les &#233;coles publiques et renfor&#231;ant les &#233;changes universitaires. La structure &#233;tatique s'adapte progressivement aux protocoles, aux mod&#232;les et aux priorit&#233;s d&#233;finis par P&#233;kin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, cette centralit&#233; chinoise comporte &#233;galement des vuln&#233;rabilit&#233;s. L'&#233;conomie cambodgienne, m&#234;me si elle est en croissance, reste fragile et d&#233;pendante de quelques secteurs. Le risque qu'une crise en Chine ou un changement de ligne politique ait des r&#233;percussions imm&#233;diates sur le pays est r&#233;el. Mais pour les dirigeants de Phnom Penh, le lien avec P&#233;kin est consid&#233;r&#233; comme une garantie de stabilit&#233; et de protection. Le syst&#232;me qui s'est consolid&#233; n'a pas seulement accept&#233; l'influence chinoise : il en a fait un &#233;l&#233;ment essentiel de sa survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tha&#239;lande : un &#233;quilibre fragile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tha&#239;lande se distingue des autres pays analys&#233;s par sa tradition ind&#233;pendante, h&#233;rit&#233;e d'une longue histoire d'&#233;quilibre entre puissances rivales. Cette attitude se refl&#232;te encore aujourd'hui dans la gestion des relations avec la Chine, per&#231;ue &#224; la fois comme un partenaire indispensable et une source potentielle d'ing&#233;rence. Bangkok a cherch&#233; &#224; tirer parti de la concurrence entre P&#233;kin et Washington pour conserver une marge de man&#339;uvre, mais les contradictions internes et les pressions ext&#233;rieures rendent cette strat&#233;gie de plus en plus difficile &#224; maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie tha&#239;landaise est fortement int&#233;gr&#233;e &#224; celle de la Chine. La Chine est le premier partenaire commercial du pays et a investi dans de nombreux projets d'&#233;quipements, notamment la ligne ferroviaire &#224; grande vitesse qui devrait relier le nord du pays au r&#233;seau chinois en passant par le Laos. &#192; cela s'ajoutent des accords dans les secteurs de l'automobile, du tourisme et de la logistique. Toutefois, l'adoption des technologies chinoises et la participation &#224; des initiatives promues par P&#233;kin n'ont jamais &#233;t&#233; automatiques. Les autorit&#233;s tha&#239;landaises ont &#224; plusieurs reprises ralenti ou ren&#233;goci&#233; les termes de projets jug&#233;s trop d&#233;s&#233;quilibr&#233;s tout en cherchant &#224; renforcer la coop&#233;ration avec d'autres acteurs r&#233;gionaux et internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les relations avec la Chine sont &#233;troitement li&#233;es aux dynamiques internes du pouvoir. La monarchie, les dirigeants militaires et les &#233;lites entrepreneuriales partagent dans une certaine mesure la m&#234;me conception d'une Tha&#239;lande neutre, mais appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le central dans la r&#233;gion. Cependant, au sein m&#234;me de ces cercles, des divergences d'orientation apparaissent. Certains secteurs pr&#244;nent un rapprochement plus net avec P&#233;kin, d'autres craignent qu'une d&#233;pendance excessive ne compromette l'autonomie strat&#233;gique du pays. La gestion de l'&#233;quilibre, plus qu'un art diplomatique, est devenue un exercice quotidien de compromis et d'adaptations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions entre la Tha&#239;lande et le Cambodge pour le contr&#244;le des eaux entourant l'&#238;le de Ko Kut et ses ressources en gaz naturel offrent un exemple concret de la mani&#232;re dont la Chine peut influencer les dynamiques r&#233;gionales de fa&#231;on opaque. Bien qu'elle ne soit pas directement impliqu&#233;e dans le conflit, P&#233;kin est li&#233;e aux deux pays par des int&#233;r&#234;ts convergents, et sa position ambigu&#235; contribue &#224; rendre le cadre des n&#233;gociations plus incertain. Ce type de situation alimente en Tha&#239;lande la crainte que la Chine, plut&#244;t que de jouer le r&#244;le de m&#233;diateur, agisse comme un acteur int&#233;ress&#233; par le maintien d'une tension contr&#244;l&#233;e qui renforce sa position centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tha&#239;lande n'est pas un pays passif et dispose de ressources institutionnelles, &#233;conomiques et militaires suffisantes pour mener une politique &#233;trang&#232;re autonome. Mais la pression croissante, combin&#233;e &#224; l'&#233;rosion de la confiance dans d'autres interlocuteurs internationaux tels que les &#201;tats-Unis, rend de plus en plus co&#251;teux le maintien d'une position &#233;quilibr&#233;e. Le risque n'est pas tant celui d'une subordination formelle que celui d'une convergence progressive par inertie, dans laquelle la libert&#233; de choix se r&#233;duirait sans &#234;tre explicitement supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vietnam et Malaisie : l'art difficile de l'&#233;quilibre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietnam et la Malaisie font face &#224; la pr&#233;sence chinoise &#224; partir de positions diff&#233;rentes, mais tous deux tentent, avec des r&#233;sultats contrast&#233;s, de maintenir une position autonome dans une r&#233;gion o&#249; les pressions se multiplient. Les deux pays ne partagent ni la m&#234;me histoire ni la m&#234;me structure &#233;conomique, mais ils sont unis par un besoin strat&#233;gique commun : &#233;viter que l'influence de P&#233;kin ne se transforme en une subordination structurelle, sans pour autant renoncer aux avantages &#233;conomiques qu'elle comporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietnam est peut-&#234;tre le plus prudent et le plus m&#233;fiant des pays de la r&#233;gion &#224; l'&#233;gard de la Chine. Le souvenir de la guerre de 1979 est encore vif, tout comme les tensions entre les deux pays en mer de Chine m&#233;ridionale, et malgr&#233; les discours sur la coop&#233;ration, Hano&#239; se m&#233;fie des intentions chinoises. Dans le m&#234;me temps, le pays est profond&#233;ment int&#233;gr&#233; dans la cha&#238;ne de valeur asiatique et entretient avec la Chine l'une de ses relations commerciales les plus intenses. Les exportations vietnamiennes d&#233;pendent en grande partie des mati&#232;res premi&#232;res et des composants chinois, et toute tentative de diversification s'av&#232;re lente et co&#251;teuse. Le d&#233;couplage technologique entre les &#201;tats-Unis et la Chine a offert au Vietnam une occasion rare. Les entreprises occidentales ont transf&#233;r&#233; une partie de leur production dans le pays, r&#233;duisant ainsi leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la fabrication chinoise. Mais ce transfert a &#233;galement expos&#233; Hano&#239; &#224; de nouvelles pressions. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines ont commenc&#233; &#224; surveiller le Vietnam pour des pratiques pr&#233;sum&#233;es de triangulation commerciale, l'accusant de servir de passerelle pour les marchandises chinoises destin&#233;es au march&#233; am&#233;ricain. Le pays se trouve ainsi pris entre deux feux : il doit exploiter la rivalit&#233; sino-am&#233;ricaine pour renforcer son &#233;conomie, sans toutefois devenir une cible ou un pion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le positionnement de la Malaisie est plus ambivalent, l'influence chinoise s'y manifestant sous des formes plus nuanc&#233;es mais tout aussi p&#233;n&#233;trantes. Ces derni&#232;res ann&#233;es, P&#233;kin a renforc&#233; sa coop&#233;ration avec Kuala Lumpur dans des secteurs sensibles tels que l'intelligence artificielle, les technologies num&#233;riques et les transports. La visite du pr&#233;sident chinois a abouti &#224; une s&#233;rie de nouveaux accords qui renforcent le r&#244;le de la Chine en tant que principal partenaire strat&#233;gique. Dans le m&#234;me temps, la Malaisie exporte beaucoup vers les &#201;tats-Unis et b&#233;n&#233;ficie encore d'une certaine ouverture aux capitaux occidentaux. Le gouvernement malaisien a d&#233;clar&#233; &#224; plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas s'engager en faveur d'un camp ou d'un autre, mais cette position est de plus en plus difficile &#224; tenir. Les &#233;lites &#233;conomiques et politiques sont divis&#233;es : certaines poussent &#224; une convergence plus explicite avec la Chine, d'autres craignent que cela ne r&#233;duise la marge de man&#339;uvre pour n&#233;gocier avec d'autres acteurs internationaux. La diplomatie malaisienne continue d'invoquer l'&#233;quilibre et la neutralit&#233;, mais la structure &#233;conomique du pays refl&#232;te une r&#233;alit&#233; plus complexe, o&#249; les choix formels ne co&#239;ncident pas toujours avec les choix effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux pays montrent, chacun &#224; leur mani&#232;re, la difficult&#233; d'une strat&#233;gie m&#233;diane. Le Vietnam r&#233;siste avec prudence mais d&#233;pend d'un r&#233;seau de production qui le lie &#233;troitement &#224; la Chine. La Malaisie tente de naviguer entre deux p&#244;les mais risque de se retrouver dans une position de subordination dissimul&#233;e sous une apparence de souplesse. Dans les deux cas, la Chine n'impose pas mais dispose, en proposant des accords, des technologies, des capitaux et des alliances qui s'ins&#232;rent dans les espaces laiss&#233;s vacants par d'autres. Le choix n'est pas toujours contraignant mais les cons&#233;quences le sont bel et bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Convergences et divergences dans la d&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration chinoise en Asie du Sud-Est n'est pas homog&#232;ne mais contrast&#233;e. Elle va de mod&#232;les de d&#233;pendance structurelle, comme au Laos et au Cambodge &#224; des configurations plus souples, comme en Tha&#239;lande, au Vietnam et en Malaisie. Dans tous les cas, ce sont les m&#233;canismes (pr&#234;ts garantis, investissements directs, concessions strat&#233;giques, formation d'&#233;lites locales) qui rendent l'influence chinoise efficace, et non seulement les id&#233;ologies ou la propagande. Il ne s'agit pas d'une domination explicite ou militaire, mais d'une h&#233;g&#233;monie silencieuse qui s'exerce &#224; plusieurs niveaux : &#233;conomique, technologique et institutionnel. Dans certains cas, les gouvernements ont utilis&#233; l'axe avec P&#233;kin pour compenser des d&#233;ficiences internes ou pour renforcer leurs r&#233;gimes politiques, presque toujours au d&#233;triment de la transparence, de la neutralit&#233; administrative et, surtout, de la libert&#233; de leurs populations. L&#224; o&#249; la Chine a pris le r&#244;le d'interlocuteur privil&#233;gi&#233;, la marge de man&#339;uvre s'est r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence chinoise se consolide dans les contextes o&#249; les dirigeants politiques sont pr&#234;ts &#224; c&#233;der des pouvoirs de d&#233;cision en &#233;change d'un soutien &#233;conomique, d'infrastructures cl&#233;s en main ou d'une l&#233;gitimation diplomatique. Cela vaut autant pour les pays aux institutions fragiles que pour ceux qui conservent une certaine autonomie. Ce qui change, c'est la vitesse &#224; laquelle les r&#232;gles locales s'adaptent &#224; des logiques ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrea Ferrario&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Traduit pour ESSF par pierre Vandevoorde avec l'aide de Deeplpro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source - Andrea Ferrario, 23 juillet 2025 :&lt;br class='autobr' /&gt;
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		<title>Tensions frontali&#232;res en Asie du Sud-Est : Dynasties, Capital et guerre contre les peuples</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tensions-frontalieres-en-Asie-du-Sud-Est-Dynasties-Capital-et-guerre-contre-les</link>
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		<dc:date>2025-08-19T13:01:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raul Burbano</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-08-19</dc:subject>
		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;cents affrontements arm&#233;s entre le Cambodge et la Tha&#239;lande ont fait des victimes, d&#233;plac&#233; des communaut&#233;s et d&#233;truit des moyens de subsistance. Pr&#233;sent&#233;s dans les m&#233;dias comme un &#171; diff&#233;rend frontalier &#187;, ils sont en r&#233;alit&#233; le sympt&#244;me violent de forces bien plus profondes : l'h&#233;ritage du colonialisme, la cupidit&#233; d'&#233;lites bien &#233;tablies, la domination g&#233;opolitique et les rivalit&#233;s entre les superpuissances, ainsi que la logique militariste qui continue de dominer l'Asie du Sud-Est. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-08-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-08-19&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cambodge-+" rel="tag"&gt;Cambodge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Thailande-+" rel="tag"&gt;Tha&#239;lande&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/capture_d_e_cran_le_2025-08-18_a_19_55.00-53ceb.png?1755608674' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;cents affrontements arm&#233;s entre le Cambodge et la Tha&#239;lande ont fait des victimes, d&#233;plac&#233; des communaut&#233;s et d&#233;truit des moyens de subsistance. Pr&#233;sent&#233;s dans les m&#233;dias comme un &#171; diff&#233;rend frontalier &#187;, ils sont en r&#233;alit&#233; le sympt&#244;me violent de forces bien plus profondes : l'h&#233;ritage du colonialisme, la cupidit&#233; d'&#233;lites bien &#233;tablies, la domination g&#233;opolitique et les rivalit&#233;s entre les superpuissances, ainsi que la logique militariste qui continue de dominer l'Asie du Sud-Est. Il ne s'agit pas simplement de lignes territoriales, mais de savoir qui d&#233;tient le pouvoir, qui tire profit des conflits et qui saigne pour et &#224; cause d'eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
13 ao&#251;t 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Raul Urbano&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fronti&#232;res coloniales, h&#233;ritage imp&#233;rial&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les origines de ce conflit remontent &#224; l'&#232;re coloniale, lorsque les autorit&#233;s imp&#233;riales fran&#231;aises ont unilat&#233;ralement d&#233;coup&#233; l'Asie du Sud-Est en territoires pour servir leurs propres int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques et &#233;conomiques. Dans le cas du Cambodge, la France a d&#233;limit&#233; 817 kilom&#232;tres de territoire cambodgien, une d&#233;cision qui a sem&#233; les graines d'un conflit &#224; long terme, en particulier au sujet des temples anciens situ&#233;s pr&#232;s de la fronti&#232;re. Mais si la cartographie coloniale a trac&#233; les lignes, la violence actuelle est entretenue par des classes dirigeantes qui manipulent les griefs historiques pour attiser le nationalisme et d&#233;tourner l'attention de leurs propres &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corruption, capital et nuage de fum&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cambodge, un &#233;norme scandale a r&#233;v&#233;l&#233; les liens de la famille dirigeante avec le groupe Huione, un empire financier bas&#233; &#224; Phnom Penh, accus&#233; d'avoir blanchi des milliards de dollars par l'interm&#233;diaire de filiales telles que Haowang Guarantee, Huione Pay PLC et Huione Crypto, souvent via la Tha&#239;lande. Son principal dirigeant, Hun To, est directement li&#233; &#224; l'actuel pr&#233;sident du S&#233;nat et au Premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avertissements de la banque centrale du Cambodge et les r&#233;v&#233;lations des m&#233;dias internationaux n'ont pas apport&#233; de r&#233;forme ni de justice. Au contraire, l'&#233;clatement du conflit frontalier a permis &#224; la famille dirigeante de se refaire une image de d&#233;fenseur nationaliste et de se mettre &#224; l'abri de tout contr&#244;le. Le moment de l'embrasement, qui co&#239;ncide avec le pic d'attention du public pour le scandale, r&#233;v&#232;le comment la guerre peut &#234;tre d&#233;ploy&#233;e comme un nuage de fum&#233;e politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dynasties et militarisme&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La divulgation par les dirigeants cambodgiens d'un appel t&#233;l&#233;phonique impliquant la Premi&#232;re ministre tha&#239;landaise dans des conflits militaires internes a aggrav&#233; les tensions. En Tha&#239;lande, la Premi&#232;re ministre Paetongtarn Shinawatra - fille de Thaksin et ni&#232;ce de Yingluck - repr&#233;sente une autre dynastie bien ancr&#233;e. Le Cambodge et la Tha&#239;lande sont tous deux pris dans des cycles o&#249; le pouvoir oscille entre les familles oligarchiques et les militaires, ce qui affaiblit les institutions d&#233;mocratiques et les rend facilement inapplicables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit du temple, bien qu'il ait &#233;t&#233; r&#233;gl&#233; par les tribunaux internationaux en faveur du Cambodge, a &#233;t&#233; instrumentalis&#233; par l'&#201;tat tha&#239;landais pour susciter un sentiment nationaliste, &#224; l'instar du refus de la Chine de reconna&#238;tre les d&#233;cisions internationales relatives &#224; la mer des Philippines occidentales. Dans ce cas, le nationalisme n'est pas une d&#233;fense de la souverainet&#233; du peuple, mais un instrument de survie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre contre les marginaux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 juillet, le conflit s'est transform&#233; en guerre ouverte. Des civils et des soldats sont morts. L'initiative de cessez-le-feu du pr&#233;sident de l'ANASE (ASEAN) et Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a &#233;chou&#233; lorsque la Tha&#239;lande a rompu la tr&#234;ve. Les Nations unies ont organis&#233; une r&#233;union, mais la violence a persist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'&#233;lite dirigeante qui souffre le plus, mais les pauvres - agriculteurs, p&#234;cheurs, communaut&#233;s indig&#232;nes - contraints de fuir leurs maisons et d'abandonner leurs terres. Ces personnes n'ont pas eu leur mot &#224; dire dans les d&#233;cisions qui ont d&#233;clench&#233; la guerre, et c'est pourtant sur elles que p&#232;se le plus lourd fardeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cambodge, la pauvret&#233; se maintient &#224; pr&#232;s de 18 %, avec des taux &#233;lev&#233;s de famine et de mauvaise sant&#233;. En Tha&#239;lande, 2,3 millions de personnes - essentiellement des ruraux - vivent dans la pauvret&#233;. Les Philippines connaissent des situations similaires, avec des dynasties politiques contr&#244;lant la plupart des provinces et aggravant la pauvret&#233; des paysans, des p&#234;cheurs et des populations indig&#232;nes. Dans toute la r&#233;gion, la domination des &#233;lites - enracin&#233;e dans les structures coloniales et soutenue par les syst&#232;mes capitalistes - signifie que les besoins fondamentaux de la majorit&#233; sont syst&#233;matiquement n&#233;glig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'imp&#233;rialisme dans le processus de paix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le cessez-le-feu a &#233;t&#233; moins un triomphe de la diplomatie qu'une d&#233;monstration de marchandage g&#233;opolitique. Il n'a eu lieu que sous la pression de la Malaisie, de la Chine et des &#201;tats-Unis, ces derniers utilisant les n&#233;gociations commerciales comme moyen de pression. Cela r&#233;v&#232;le comment la &#171; paix &#187; dans de tels contextes est souvent trait&#233;e comme une monnaie d'&#233;change pour des int&#233;r&#234;ts imp&#233;riaux et &#233;conomiques, et non comme un droit de l'homme ou un imp&#233;ratif moral.&lt;br class='autobr' /&gt;
La farce s'est aggrav&#233;e lorsque le Cambodge a d&#233;sign&#233; Donald Trump pour le prix Nobel de la paix - un geste d&#233;j&#224; soutenu par le Pakistan et Isra&#235;l - mettant &#224; nu le cynisme et la manipulation de l'image qui d&#233;finissent la politique de l'&#233;lite mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte &#224; venir&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit n'est pas seulement une question de terres et de territoires. Il s'agit de syst&#232;mes - fronti&#232;res coloniales maintenues par les dirigeants postcoloniaux, profits capitalistes qui enrichissent une minorit&#233; et militarisme qui consid&#232;re les vies humaines comme sacrifiables &#224; la poursuite du pouvoir. Le nationalisme n'est pas transformateur : c'est une arme utilis&#233;e par les &#233;lites dirigeantes pour faire taire les dissidents, justifier la militarisation et dresser les peuples les uns contre les autres au lieu de les opposer &#224; leurs v&#233;ritables oppresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous voulons briser ces cycles, la voie &#224; suivre doit &#234;tre ancr&#233;e dans la solidarit&#233; anticoloniale, le d&#233;mant&#232;lement des r&#233;gimes dynastiques et militaires, la r&#233;sistance au pillage capitaliste de nos terres et de notre travail, et la d&#233;fense des droits de l'homme de tous les peuples. Nous devons rejeter le faux choix entre les autocrates nationaux et les imp&#233;rialistes &#233;trangers. La v&#233;ritable souverainet&#233; que nous recherchons est le pouvoir des communaut&#233;s de contr&#244;ler leurs terres, leurs ressources et leur avenir sans exploitation, militarisme et domination. La solidarit&#233; d'en bas doit &#234;tre travaill&#233;e et renforc&#233;e par toutes les parties prenantes, en particulier les opprim&#233;s, les exploit&#233;s et les marginalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'Asie du Sud-Est ne sera pas assur&#233; par des dynasties, des arm&#233;es ou des milliardaires. Il sera gagn&#233; par les luttes organis&#233;es et unies des peuples &#224; travers les fronti&#232;res, refusant d'&#234;tre r&#233;duits au silence par le bruit des tirs ou tromp&#233;s par l'agitation de drapeaux qui masquent l'avidit&#233; des puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raul Urbano&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mindanao, Philippines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.-S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Traduit pour ESSF par Pierre Rousset avec l'aide de DeepLpro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La langue de l'Angkar &#187;, par Anne-Laure Por&#233;e, &#201;d. La D&#233;couverte, f&#233;vrier 2025. </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-langue-de-l-Angkar-par-Anne-Laure-Poree-Ed-La-Decouverte-fevrier-2025</link>
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		<dc:date>2025-02-25T11:47:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Laure Por&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-02-25</dc:subject>
		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Information publi&#233;e le 18 f&#233;vrier 2025 par Facult&#233; des lettres - Universit&#233; de Lausanne &lt; marc.escola[a]unil.ch &gt;sur le site internet &#171; Fabula &#8211; La Recherche en litt&#233;rature&#171; &lt; www.fabula.org/actualites/125808/anne-laure-poree-la-langue-de-l-angkar.html &gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment bien torturer pour r&#233;ussir un interrogatoire en bon r&#233;volutionnaire ? Comment pr&#233;senter un dossier d'aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voil&#224; ce qu'enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise &#224; mort S-21, aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L102xH150/cambodge-91044.jpg?1740484374' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
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&lt;p&gt;Comment bien torturer pour r&#233;ussir un interrogatoire en bon r&#233;volutionnaire ? Comment pr&#233;senter un dossier d'aveux qui satisfasse les dirigeants ? Voil&#224; ce qu'enseigne Duch, le chef khmer rouge du centre de mise &#224; mort S-21, aux interrogateurs qu'il forme de 1975 &#224; 1978 &#224; Phnom Penh. Ses le&#231;ons, qui dictent comment penser et agir au service du Parti communiste du Kampuch&#233;a, ont &#233;t&#233; consign&#233;es avec soin dans un cahier noir &#224; petits carreaux d'une cinquantaine de pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Laure Por&#233;e d&#233;crypte ce document capital, plongeant le lecteur dans le quotidien des g&#233;nocidaires cambodgiens. Elle identifie trois mots d'ordre au service de l'an&#233;antissement :/cultiver /&#8211; la volont&#233; r&#233;volutionnaire, l'esprit guerrier et la chasse aux &#034; ennemis &#034; &#8211;, /trier /&#8211; les &#034; ennemis &#034; &#224; travers diverses m&#233;thodes, de la r&#233;daction d'une biographie sommaire &#224; la torture physique, en passant par la r&#233;&#233;criture de l'histoire &#8211; et /purifier /&#8211; les r&#233;volutionnaires comme le corps social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces notions refl&#232;tent la politique meurtri&#232;re orchestr&#233;e par le r&#233;gime de Pol Pot, au pouvoir &#224; partir du 17 avril 1975, qui, en moins de quatre ans, a conduit un quart de la population cambodgienne &#224; la mort. En prenant les Khmers rouges au(x) mot(s),/La Langue de l'Angkar/rend plus sensibles la logique organisatrice et les singularit&#233;s d'un r&#233;gime longtemps rest&#233; en marge des &#233;tudes sur les g&#233;nocides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure*Anne-Laure Por&#233;e* a v&#233;cu quinze ans au Cambodge. En tant que journaliste, elle a notamment suivi le proc&#232;s de Duch pour crimes contre l'humanit&#233; en 2009, qui a fait l'objet d'un blog ( &lt;a href=&#034;http://www.proceskhmers-rouges.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.proceskhmers-rouges.net&lt;/a&gt; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.proceskhmers-rouges.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.proceskhmers-rouges.net&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; ). Quelques ann&#233;es plus tard, S-21 est devenu le sujet de sa th&#232;se en anthropologie, soutenue &#224; l'EHESS en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Rendez-vous avec Pol Pot &#187; de Rithy Panh</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rendez-vous-avec-Pol-Pot-de-Rithy-Panh</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rendez-vous-avec-Pol-Pot-de-Rithy-Panh</guid>
		<dc:date>2024-06-11T12:00:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samra Bonvoisin</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-06-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment perp&#233;tuer la m&#233;moire du g&#233;nocide commis au Cambodge par les &#8216;Khmers rouges' contre tout un peuple au milieu des ann&#233;es 70, transmettre cette trag&#233;die du XXe si&#232;cle souvent ni&#233;e &#224; l'&#233;poque, longtemps &#8216;pass&#233;e sous les radars' des m&#233;dias occidentaux, entre autres aveuglements persistants ? &lt;br class='autobr' /&gt; Par Samra Bonvoisin, Le Caf&#233; p&#233;dagogique, Paris, 5 juin 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Et quelle repr&#233;sentation, apte &#224; concilier l'histoire intime de deux millions de victimes et l'Histoire collective de ce pays d'Asie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cambodge-+" rel="tag"&gt;Cambodge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-06-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-06-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/polpot-92a8a.jpg?1718107282' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment perp&#233;tuer la m&#233;moire du g&#233;nocide commis au Cambodge par les &#8216;Khmers rouges' contre tout un peuple au milieu des ann&#233;es 70, transmettre cette trag&#233;die du XXe si&#232;cle souvent ni&#233;e &#224; l'&#233;poque, longtemps &#8216;pass&#233;e sous les radars' des m&#233;dias occidentaux, entre autres aveuglements persistants ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Samra Bonvoisin, &lt;a href=&#034;https://www.cafepedagogique.net/2024/06/05/le-film-de-la-semaine-rendez-vous-avec-pol-pot-de-rithy-panh/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Caf&#233; p&#233;dagogique&lt;/a&gt;, Paris, 5 juin 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle repr&#233;sentation, apte &#224; concilier l'histoire intime de deux millions de victimes et l'Histoire collective de ce pays d'Asie du sud-est et de son peuple an&#233;anti par le totalitarisme, l'art cin&#233;matographique le permet-il ? Avec &#171; Rendez-vous avec Pol Pot &#187;, le grand cin&#233;aste franco-cambodgien Rithy Panh, rescap&#233; enfant du g&#233;nocide, poursuit depuis 1989 [ &#171; Site 2. Aux abords des fronti&#232;res &#187; ] l'&#339;uvre de sa vie de cr&#233;ation vou&#233;e &#224; rendre dignit&#233; et justice aux disparus et &#224; lever le voile sur des pans encore enfouis d'un pass&#233; traumatique et ce, par le documentaire ou la fiction. Ici, il adapte avec le sc&#233;nariste Pierre Erwan Guillaume, le r&#233;cit de la journaliste am&#233;ricaine, et correspondante de guerre, Elisabeth Becker [ &#8216;Les Larmes du Cambodge'. L'histoire d'un auto-g&#233;nocide', 1986 ].Partant de la transposition de l'exp&#233;rience v&#233;cue par l'&#233;crivaine et ses deux compagnons, Rithy Panh figure, par le recours complexe &#224; diff&#233;rents registres d'images, l'histoire de trois Fran&#231;ais ( une journaliste connaissant bien le pays, un photographe et un intellectuel, ancien camarade d'&#233;tudes parisiennes du dirigeant et sympathisant &#8216;r&#233;volutionnaire' ) d&#233;barquant au Kampuch&#233;a d&#233;mocratique en 1978 invit&#233;s exceptionnels de Fr&#232;re n&#176;1 ( Pol Pot ), autrement dit le chef supr&#234;me, pour une interview exclusive&#8230; Un s&#233;jour de cauchemar vers une &#8216;v&#233;rit&#233;' du totalitarisme effroyable. Une &#339;uvre essentielle et difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bande annonce : &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=LzJCnxiMEFQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.youtube.com/watch?v=LzJCnxiMEFQ&lt;/a&gt; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=LzJCnxiMEFQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=LzJC...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Rendez-vous avec Pol Pot de Rithy Panh, au cin&#233;ma apr&#232;s sa s&#233;lection au Festival de Cannes 2024 - Sortiraparis.com*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;br class='autobr' /&gt;
*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*Trois Fran&#231;ais sous haute surveillance dans Phnom Penh, silence et absence*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en 1978. Le Cambodge baptis&#233; Kampoutch&#233;a d&#233;mocratique vit sous la f&#233;rule f&#233;roce des Khmers rouges depuis trois ans et leur offensive entra&#238;nant la prise de la capitale ( et bient&#244;t la d&#233;mission du chef de l'&#201;tat Sihanouk puis sa fuite ). Les habitants des villes &#233;vacu&#233;s vers les campagnes, une gigantesque op&#233;ration de &#8216;purification' s'&#233;tend &#224; tout le pays, visant au premier chef les citadins ( et les individus &#224; lunettes, &#034;punaises &#224; &#233;craser&#034; ). Le tristement c&#233;l&#232;bre camp de torture et de mort ( 20 000 assassin&#233;s, 7 rescap&#233;s ) connu sous le nom de S. 21 ouvre &#224; Phnomh Penh [ &#171; S. 21 La machine de mort &#187;, Rithy Panh, 2003, &#171; Douch, le ma&#238;tre des forges de l'enfer &#187; du m&#234;me, 2011].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute cette horreur, nos trois invit&#233;s n'ont pas id&#233;e tant d&#233;passe l'entendement ce que chacun va voir, accepter de voir ou refuser de voir, suivant sa personnalit&#233;, son parcours, son sens de l'observation ou son aveuglement obstin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, apr&#232;s l'atterrissage de l'avion dans une zone d&#233;sertique et l'attente prolong&#233; et sous le soleil &#233;crasant et les sable soulevev&#233;s par le vent d'un convoi militaire venu les r&#233;cup&#233;rer, les &#8216;h&#244;tes' du r&#233;gime &#8211; Lise ( Ir&#232;ne Jacob ), Raoul ( Cyril Gue&#239; ) et Alain ( Gr&#233;goire Colin ), se retrouvent dans leur &#8216;chambre' respective, au sein d'un immeuble sans autre r&#233;sident, sous bonne garde, &#224; peine polie, dans une capitale totalement d&#233;sert&#233;e et plong&#233;e dans un silence plombant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*De jour comme de nuit, plong&#233;e progressive et cauchemardesque jusqu'&#224; l'effroi*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'exception du photographe Raoul, anim&#233; d'une curiosit&#233; l&#233;gitime, imm&#233;diate, et qui prend le risque nocturne de s'enfoncer sans autorisation des &#8216;ge&#244;liers' mal d&#233;guis&#233;s en guides, une initiative aux cons&#233;quences irr&#233;m&#233;diables, Lise tente d'exercer son m&#233;tier avec s&#233;rieux sans vraiment y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De visites de lieux d'activit&#233;s mod&#232;les en rencontres &#8216;langue de bois' avec des paysans &#233;panouis, de la disparition prolong&#233;e de Raoul sans explication des gardes interrog&#233;s, des r&#233;gions anormalement vides jusqu'&#224; l'ultime rendez-vous en son palais du ma&#238;tre tant attendu, entre d&#233;ploiement d'apparat somptueux et soliloque d&#233;lirant d'un p&#232;re &#8216;Ubu' massacreur au nom de la puret&#233; d'un pr&#233;tendu id&#233;al r&#233;volutionnaire&#8230; Il faudrait &#234;tre aveugle, comme Alain tellement r&#233;tif &#224; tout dessillement face au vieux camarade &#233;tudiant devenu bourreau professionnel, tortionnaire et g&#233;nocidaire pour le bien du peuple, aveugle donc au point d'ignorer la botte militaire partout, l'endoctrinement constant, l'an&#233;antissement d'une population de fa&#231;on syst&#233;matique et la ruine totale de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la fiction, &#224; la fois empreinte de tragique et d'interrogation sans r&#233;ponse, n'indique pas que nous sommes &#224; quelques jours de la grande offensive vietnamienne, laquelle ne mettra pas fin au martyr du peuple cambodgien ; gu&#233;rillas de Khmers rouges repli&#233;s aux fronti&#232;res de la Tha&#239;lande et affrontements avec les troupes vietnamiennes. Ni le retrait du corps exp&#233;ditionnaire vietnamien, ni les accords internationaux de Paris en 1991, suivies de l'organisation d'&#233;lections par l'ONU ne referment cette page sanglante de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#232;s, mort de Pol Pot en 1998 et condamnations ( la perp&#233;tuit&#233; pour Douch, le tortionnaire de S.21, mort en 2020 ) signent la d&#233;sagr&#233;gation du mouvement des khmers rouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la soci&#233;t&#233; cambodgienne continue &#224; &#234;tre profond&#233;ment d&#233;chir&#233;e par ce pass&#233; g&#233;nocidaire : du sang et des larmes, des blessures ouvertes, des disparus innombrables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*Rithy Panh sans cesse sur le m&#233;tier*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, ce pass&#233; qui hante le pr&#233;sent explique-t-il la tentative d'en restituer les traces dans &#171; Rendez-vous avec Pol Pot &#187; par un entrem&#234;lement d'images de nature et de sources diff&#233;rentes : du noir et blanc d'archives ( rares actualit&#233;s de propagande, fragments terrifiants d'images de victimes &#224; l'agonie film&#233;es &#224; l'insu des tortionnaires ? ) aux plans fixes et color&#233;s de figurines d'argile, &#233;tranges portraits de groupe o&#249; cohabitent anonymes et h&#233;ros du r&#233;cit en cours ? jusqu'aux s&#233;quences de la fiction en couleurs. Un choix de montage ( RP et son monteur Mathieu Laclau ) discutable, parfois difficile &#224; comprendre, comme si le cin&#233;aste avait boulevers&#233; les temporalit&#233;s, introduit des b&#233;ances dans le pr&#233;sent de la narration pour approcher les meurtrissures ind&#233;passables d&#233;pos&#233;es par le g&#233;nocide dans le c&#339;ur et l'esprit de tous ceux qui l'ont travers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'explique s&#251;rement l'obstination artistique de Rithy Panh, &#224; travers &#171; Rendez-vous avec Pol Pot &#187; comme avec ses pr&#233;c&#233;dents documentaires ou fictions ( la 3&#232;me&#224; ce jour ), une d&#233;termination obsessionnelle &#224; la mesure de la t&#226;che qu'il se fixe : &#171; sans cette guerre jamais je ne serais devenu cin&#233;aste. Je t&#233;moigne pour rendre aux morts ce que les khmers rouges leur ont vol&#233;. Je suis un passeur de m&#233;moire en dette vis-&#224;-vis de ceux qui ont disparu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samra Bonvoisin, Le Caf&#233; p&#233;dagogique, 2024-06-05&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rendez-vous avec Pol Pot &#187; de Rithy Panh, en salle le 5 juin 2024 (France)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;lection officielle, Cannes Premi&#232;re, Cannes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La police cambodgienne harc&#232;le les syndicalistes en campagne pour un salaire minimum</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-police-cambodgienne-harcele-les-syndicalistes-en-campagne-pour-un-salaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-police-cambodgienne-harcele-les-syndicalistes-en-campagne-pour-un-salaire</guid>
		<dc:date>2022-09-13T10:51:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>industriall-union.org</dc:creator>


		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Monde du travail et syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-09-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;5 septembre, 2022. La F&#233;d&#233;ration des syndicats libres de travailleurs du royaume du Cambodge (FTUWKC), qui est affili&#233;e &#224; IndustriALL, a subi des intimidations de la part de la police pendant les n&#233;gociations nationales sur le salaire minimum dans le secteur de l'habillement et du textile. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le Conseil national cambodgien du salaire minimum (NCMW) annon&#231;ait l'ouverture en ao&#251;t des n&#233;gociations tripartites sur le salaire minimum de 2023, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cambodge-+" rel="tag"&gt;Cambodge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Monde-ouvrier-et-syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-09-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-09-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton53927-32fd1.jpg?1674711796' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;5 septembre, 2022. La F&#233;d&#233;ration des syndicats libres de travailleurs du royaume du Cambodge (FTUWKC), qui est affili&#233;e &#224; IndustriALL, a subi des intimidations de la part de la police pendant les n&#233;gociations nationales sur le salaire minimum dans le secteur de l'habillement et du textile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Conseil national cambodgien du salaire minimum (NCMW) annon&#231;ait l'ouverture en ao&#251;t des n&#233;gociations tripartites sur le salaire minimum de 2023, les affili&#233;s d'IndustriALL Global Union FTUWCK, CCAWDU (Coalition des syndicats d&#233;mocratiques des travailleurs de l'habillement cambodgiens) et CUMW (Syndicat collectif du mouvement des travailleurs) ont lanc&#233; une campagne pour r&#233;clamer un salaire minimum de 215 $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er septembre, la police a suspendu la production &#224; l'usine n&#176; 2 de Shoe Premier, dans la province de Takeo, et ordonn&#233; &#224; la FTUWKC de retirer de sa page Facebook les articles sur la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des policiers ont intimid&#233; la pr&#233;sidente de la section locale de la FTUWKC, exigeant qu'elle signe un engagement &#224; ne plus rien poster sur Facebook qui &#171; peut entra&#238;ner des situations probl&#233;matiques qui affectent la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Cette intimidation et ce harc&#232;lement de la part des autorit&#233;s sont inacceptables. Nous avons le droit de nous exprimer dans la campagne nationale sur le salaire minimum national. J'invite instamment les autorit&#233;s &#224; cesser de harceler la FTUWKC, &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a d&#233;clar&#233; Sony Say, le vice-pr&#233;sident de la FTUWKC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Ukraine et la crise de l'&#233;nergie qu'elle a provoqu&#233;e ont fait fortement augmenter le co&#251;t de la vie pour les travailleuses et travailleurs de l'habillement au Cambodge. Avec un taux d'inflation qui est mont&#233; &#224; 6,5 pour cent au premier semestre 2022, les syndicats cambodgiens demandent au gouvernement d'augmenter le salaire minimum de 194 &#224; 215 $ dans le secteur du textile et de la confection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Les travailleurs de l'habillement cambodgiens ont besoin d'un salaire minimum de 215 $ en 2023. Les profits continuent &#224; augmenter dans le secteur mais, en m&#234;me temps, le co&#251;t de la vie augmente rapidement lui aussi,&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;explique Athit Kong, le pr&#233;sident de la CCAWDU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge du secteur textile, ajoute :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats du Cambodge r&#233;clament une augmentation qui refl&#232;te la hausse du co&#251;t de la vie. IndustriALL appuie cette revendication pour fixer &#224; 215 $ le salaire minimum dans le secteur du textile et de l'habillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mais il est essentiel que les syndicalistes puissent exprimer leurs demandes en public et leur libert&#233; d'expression ne doit pas &#234;tre entrav&#233;e. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.industriall-union.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.industriall-union.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte populaire menace le pouvoir cambodgien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-revolte-populaire-menace-le-pouvoir-cambodgien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-revolte-populaire-menace-le-pouvoir-cambodgien</guid>
		<dc:date>2021-05-25T11:06:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Revelli</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-05-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la violente r&#233;pression de janvier 2014, les ouvriers du textile et leurs syndicats cherchent un nouveau souffle afin d'obtenir une augmentation du salaire minimum. Quant au parti de l'opposition qui hier les soutenait, il semble d&#233;sormais plus pr&#233;occup&#233; par ses tractations &#233;lectorales avec le pouvoir que par les revendications sociales. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Phnom Penh, 3 janvier 2014. Le jour se l&#232;ve sur le boulevard Veng Sreng, transform&#233; en champ de bataille. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton48466-7cbca.jpg?1674711796' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la violente r&#233;pression de janvier 2014, les ouvriers du textile et leurs syndicats cherchent un nouveau souffle afin d'obtenir une augmentation du salaire minimum. Quant au parti de l'opposition qui hier les soutenait, il semble d&#233;sormais plus pr&#233;occup&#233; par ses tractations &#233;lectorales avec le pouvoir que par les revendications sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article58153&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phnom Penh, 3 janvier 2014. Le jour se l&#232;ve sur le boulevard Veng Sreng, transform&#233; en champ de bataille. Les travailleurs en gr&#232;ve des entreprises de confection, nombreuses dans le quartier, ont &#233;rig&#233; des barricades et harc&#232;lent la police. Jets de pierres, cocktails Molotov. Plusieurs centaines de policiers lourdement arm&#233;s ripostent par des coups de matraque, des grenades lacrymog&#232;nes et des rafales d'AK-47. Ces heurts interviennent alors que la gr&#232;ve, lanc&#233;e le 24 d&#233;cembre &#224; l'appel des six principales centrales syndicales du pays pour obtenir un doublement du salaire minimum &#8212; de 80 &#224; 160 dollars (50 &#224; 100 euros) par mois &#8212;, paralyse la quasi-totalit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gr&#232;ves se multiplient depuis d&#233;cembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, la brigade 911, une unit&#233; parachutiste d'&#233;lite, a brutalement r&#233;prim&#233; les gr&#233;vistes de l'entreprise Yakjin. Les &#233;chauffour&#233;es se sont poursuivies toute la nuit et jusqu'en d&#233;but d'apr&#232;s-midi. Bilan : cinq morts, une quarantaine de bless&#233;s graves, vingt-trois gr&#233;vistes et dirigeants du mouvement associatif arr&#234;t&#233;s et s&#233;v&#232;rement tabass&#233;s. Le lendemain, alors que des automitrailleuses de l'arm&#233;e patrouillent sur le boulevard Veng Sreng, une horde de policiers et de nervis en civil investissent le parc de la D&#233;mocratie (Freedom Park), un espace en plein c&#339;ur de la capitale dont le parti d'opposition a fait son camp de base depuis plusieurs mois. Apr&#232;s avoir brutalement chass&#233; les militants, les bonzes et les journalistes qui s'y trouvaient, les gros bras du pouvoir saccagent tribune, tentes, latrines, et d&#233;truisent m&#234;me un autel bouddhiste. Le gouvernement annonce l'interdiction des manifestations et des rassemblements pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise politique, elle, a &#233;clat&#233; au lendemain des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 28 juillet 2013. A l'issue d'un scrutin marqu&#233; par des irr&#233;gularit&#233;s, le Parti du peuple Cambodgien (PPC) du premier ministre sortant Hun Sen est alors d&#233;clar&#233; vainqueur avec 48,83 % des voix et soixante-huit si&#232;ges sur les cent vingt-trois que compte l'Assembl&#233;e nationale. En net recul, il perd vingt-deux &#233;lus par rapport aux &#233;lections de 2008. Le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), coalition comprenant notamment le Parti Sam Rainsy, est cr&#233;dit&#233; de 44,46 % des suffrages et obtient cinquante-cinq d&#233;put&#233;s ; mais, d&#233;non&#231;ant des &#233;lections truqu&#233;es, il affirme avoir gagn&#233; et r&#233;clame une commission d'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mois de septembre, l'opposition investit Freedom Park. Ses manifestations hebdomadaires rassemblent un nombre toujours croissant de participants, qui demandent la d&#233;mission du premier ministre et de nouvelles &#233;lections. Les dirigeants du CNRP rejettent toutes les invitations &#224; n&#233;gocier du PPC, et ses &#233;lus refusent de si&#233;ger &#224; l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ves et mouvements sociaux se multiplient d&#232;s le d&#233;but du mois de d&#233;cembre. Les conducteurs de touk-touk &#8212; les motos-taxis &#233;quip&#233;es d'une remorque dans laquelle prennent place les passagers &#8212; r&#233;clament une baisse du prix du carburant. Les membres du R&#233;seau des bonzes ind&#233;pendants pour la justice sociale (Independent Monk Network for Social Justice) sillonnent les campagnes et recueillent les revendications de communaut&#233;s paysannes et indig&#232;nes, qui protestent en particulier contre l'accaparement des terres. Un syndicat d'enseignants appelle &#224; la gr&#232;ve. Et enfin &#8212; sans doute la menace la plus s&#233;rieuse pour le pouvoir &#8212;, les ouvriers du textile, un secteur-cl&#233; de l'&#233;conomie, lancent une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les calculs du CNRP ont &#224; l'&#233;vidence influenc&#233; le d&#233;roulement de ces luttes, il n'en demeure pas moins que l'ampleur de la fronde exprime un m&#233;contentement profond qui s'&#233;tend &#224; des secteurs de plus en plus larges de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, depuis une d&#233;cennie, le Cambodge enregistre une croissance annuelle de 7 &#224; 8 % [1]. A Phnom Penh, les centres commerciaux poussent comme des champignons ; les 4 x 4 rutilants qui encombrent les rues ne sont plus seulement ceux des fonctionnaires des Nations unies ou des cadres d'organisations non gouvernementales (ONG). Les conducteurs de motos-taxis se connectent &#224; Facebook depuis leur t&#233;l&#233;phone portable, et les jeunes g&#233;n&#233;rations urbaines ont de nouvelles attentes. Mais, si la pauvret&#233; a recul&#233;, un tiers des Cambodgiens continuent de vivre avec moins de 1,5 dollar par jour, et les taux de croissance &#224; deux chiffres de la confection, du tourisme ou de l'agro-industrie ont pour corollaires salaires de mis&#232;re, expulsions de communaut&#233;s paysannes pour s'approprier leurs terres et d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques inqui&#233;tants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le textile, quatre cinqui&#232;mes des exportations du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un chiffre d'affaires de 5,53 milliards de dollars en 2013, l'habillement repr&#233;sente les quatre cinqui&#232;mes des exportations cambodgiennes. Plus de quatre cents entreprises emploient pr&#232;s d'un demi-million de personnes, &#224; 95 % des femmes, et produisent des v&#234;tements pour les principales enseignes occidentales du pr&#234;t-&#224;-porter et de la grande distribution. Faisant mentir les pronostics alarmistes de l'association patronale du textile, ni les gr&#232;ves &#224; r&#233;p&#233;tition men&#233;es depuis l'automne ni l'agitation politique n'ont d&#233;courag&#233; les investisseurs. Au contraire : la hausse des salaires en Chine a incit&#233; de nombreuses entreprises &#224; d&#233;localiser leur production au Cambodge ou dans les pays voisins. Et, au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, les exportations de textiles et de chaussures de sport ont augment&#233; de 20 % [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonne sant&#233; &#233;conomique contraste avec la d&#233;gradation des conditions de travail, insalubres, voire dangereuses, et avec la baisse du pouvoir d'achat des salari&#233;s. &#171; Le patron ne nous respecte pas, s'insurge une ouvri&#232;re de la zone industrielle de Pochentong. Pour lui, il n'y a que le rendement qui compte, et tant pis si nous sommes crev&#233;es. &#187; La liste des abus signal&#233;s dans le dernier rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT) est longue : 85 % des entreprises ont recours &#224; plus de deux heures suppl&#233;mentaires par jour, six jours par semaine ; il r&#232;gne une chaleur excessive dans 65 % des ateliers ; les sorties de secours sont obstru&#233;es dans 53 % d'entre eux, etc. [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2013, &#224; moins d'une semaine d'intervalle, des b&#226;timents se sont effondr&#233;s dans deux usines. Moins meurtriers que celui du Rana Plaza, au Bangladesh [4], ces accidents ont tout de m&#234;me tu&#233; deux ouvri&#232;res et fait une trentaine de bless&#233;s. Au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, plus de sept cents cas d'&#233;vanouissement dus &#224; l'&#233;puisement ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s [5]. M&#234;me r&#233;&#233;valu&#233; &#224; 100 dollars par mois en f&#233;vrier 2014, le salaire minimum demeure parmi les plus bas d'Asie du Sud-Est. Il a perdu pr&#232;s d'un tiers de son pouvoir d'achat au cours de la d&#233;cennie &#233;coul&#233;e et reste tr&#232;s en dessous du salaire minimum vital, qui, selon le minist&#232;re du travail lui-m&#234;me, se situerait entre 157 et 177 dollars. Tous ces motifs de col&#232;re, dans un secteur o&#249; il existe un mouvement syndical combatif, expliquent les quelque cent trente mouvements de gr&#232;ve recens&#233;s l'an dernier, avant m&#234;me la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements que le pouvoir cherche &#224; contenir par une r&#233;pression acharn&#233;e : les vingt-trois gr&#233;vistes arr&#234;t&#233;s en janvier &#233;taient toujours emprisonn&#233;s en mars. Le droit de manifestation d&#233;pend du bon vouloir des autorit&#233;s. Des chefs d'entreprise profitent de ce contexte liberticide pour licencier les &#233;l&#233;ments ind&#233;sirables. Afin de frapper les syndicats au porte-monnaie, des poursuites judiciaires ont &#233;t&#233; lanc&#233;es contre une centaine de militants, au nom de dommages caus&#233;s &#224; l'entreprise pendant la gr&#232;ve. Mais le m&#233;contentement pourrait bien se r&#233;v&#233;ler plus fort que la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les campagnes aussi, la col&#232;re gronde. Depuis l'adoption de la loi sur la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re de 2001, qui autorise l'attribution de terres de l'Etat &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es sous forme de &#171; concessions fonci&#232;res &#233;conomiques &#187; (CFE) [6], trois millions d'hectares &#8212; 16,6 % du territoire &#8212; sont pass&#233;s aux mains d'entreprises nationales ou &#233;trang&#232;res [7]. Dans un pays o&#249; 80 % de la population r&#233;side en zone rurale et o&#249; l'agriculture repr&#233;sente 55,8 % des emplois, de telles mutations de la structure fonci&#232;re ne pouvaient que susciter des conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, profitant du programme de la Commission europ&#233;enne &#171; Tout sauf les armes &#187;, qui exon&#232;re de taxes le sucre cambodgien, des compagnies agro-industrielles se sont lanc&#233;es dans cette production. Quelque soixante-quinze mille hectares leur ont &#233;t&#233; attribu&#233;s sous forme de CFE, et les exportations de sucre ont plus que doubl&#233; entre 2012 et 2013. Mais des milliers de paysans ont &#233;t&#233; chass&#233;s de leurs terres. Priv&#233;s de leurs moyens de subsistance, beaucoup sont d&#233;sormais contraints de se faire embaucher comme ouvriers agricoles dans les plantations de canne &#224; sucre. Leurs conditions de travail &#233;puisantes et la pr&#233;sence de mineurs ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es par le r&#233;seau d'ONG nationales et internationales associ&#233;es &#224; la &#171; Campagne pour un sucre propre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Complexe touristique haut de gamme dans une r&#233;serve naturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture industrielle de l'h&#233;v&#233;a a &#233;galement le vent en poupe. Les entreprises vietnamiennes et chinoises, en partenariat avec des personnalit&#233;s proches du pouvoir, y sont dominantes. Selon l'ONG Global Witness, un million deux cent mille hectares leur auraient &#233;t&#233; conc&#233;d&#233;s, souvent au d&#233;triment de communaut&#233;s indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la compagnie chinoise Tianjin Union Development Group (UDG), elle a obtenu quarante-cinq mille hectares de CFE &#224; l'int&#233;rieur de la r&#233;serve naturelle de Botum Sakor, dans la province de Koh Kong, dans le sud-ouest du pays, pour y construire un complexe touristique haut de gamme : h&#244;tels de luxe, marina, terrains de golf, casinos, a&#233;roport, autoroute... Alors que les travaux sont loin d'&#234;tre achev&#233;s, un millier de familles de paysans et de p&#234;cheurs ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es, et les &#233;cologistes d&#233;noncent la d&#233;forestation ill&#233;gale qui accompagne ce projet pharaonique. Le 26 avril 2012, Chut Vuthy, militant &#233;cologiste qui d&#233;non&#231;ait l'exploitation foresti&#232;re ill&#233;gale dans ce parc, a &#233;t&#233; assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zones urbaines ne sont pas non plus &#233;pargn&#233;es. A Phnom Penh, le combat tr&#232;s m&#233;diatis&#233; des militantes antiexpulsion des communaut&#233;s de Boeung Kak et Borei Keila n'est que la partie visible de l'iceberg. Selon la Ligue cambodgienne des droits humains (Licadho), plus de vingt mille familles vivant dans les communaut&#233;s pauvres de la capitale ont &#233;t&#233; expuls&#233;es en raison de projets immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maisons ras&#233;es au bulldozer ou incendi&#233;es, r&#233;coltes d&#233;truites, habitants emprisonn&#233;s et tabass&#233;s, vigiles ou militaires faisant usage de leurs armes&#8230; Le 16 mai 2012, Heng Chentha, une adolescente de 15 ans, &#233;tait tu&#233;e par balle lors d'affrontements entre la police et les habitants du village de Broma, dans la province de Kratie. Alors que les conflits fonciers se multiplient, les organisations de d&#233;fense des droits humains d&#233;noncent un recours croissant &#224; la violence lors des expulsions, ainsi que l'implication d'&#233;l&#233;ments de la police et de l'arm&#233;e, qui agissent souvent hors de tout mandat, pour le compte d'entreprises priv&#233;es. On voit aussi des soldats ou des policiers arrondir leur solde en &#233;tant vigiles &#224; l'entr&#233;e d'entreprises agro-industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les juges ont la main lourde contre les journalistes et les militants associatifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Constitution cambodgienne, les conventions internationales dont le royaume est signataire et la loi sur la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re garantissent pourtant relativement bien les droits des communaut&#233;s paysannes et indig&#232;nes, estime M. Thun Saray, pr&#233;sident de l'Association pour les droits humains et le d&#233;veloppement au Cambodge (Adhoc). Le probl&#232;me est qu'elles ne sont pas appliqu&#233;es. &#187; Des hommes de paille ou des parents se voient accorder des concessions pour permettre la constitution de domaines bien plus &#233;tendus que les dix mille hectares autoris&#233;s par la loi. Des entreprises touristiques ou agro-industrielles obtiennent des terres dans des zones prot&#233;g&#233;es. On ne compte plus les cas de d&#233;forestation ill&#233;gale ou de contournement des communaut&#233;s concern&#233;es, les contrats de r&#233;installation et de relogement non respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges ferment les yeux. En revanche, ils ont la main lourde contre les journalistes ind&#233;pendants et les militants associatifs. Arr&#234;t&#233; en mars 2013, Mam Sonando, directeur de Radio Beehive, souvent critique &#224; l'&#233;gard du pouvoir, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; vingt ans de r&#233;clusion pour un pr&#233;tendu &#171; complot s&#233;paratiste &#187;, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233; en attendant son proc&#232;s en appel. Et Mme Yorm Bopha, militante antiexpulsion de la communaut&#233; de Boeung Kak, n'a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e qu'en novembre 2013, apr&#232;s plus d'un an pass&#233; derri&#232;re les barreaux. &#171; Le pouvoir ne nous pardonne pas d'aider les communaut&#233;s pauvres &#224; prendre conscience qu'elles ont des droits et qu'elles doivent s'organiser pour les d&#233;fendre, d&#233;clare M. Thun Saray. C'est pourquoi un nombre croissant d'entre nous sont tra&#238;n&#233;s devant les tribunaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pl&#233;thore d'ONG nationales et internationales op&#232;rent au sein de la n&#233;buleuse &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;. Tr&#232;s critiques &#224; l'&#233;gard du pouvoir, elles se font les porte-parole des revendications populaires. Leur pr&#233;sence sur les r&#233;seaux sociaux et leurs relations avec les journalistes occidentaux leur donnent une audience appr&#233;ciable. Sans surprise, &#171; c'est sur le soutien [de ces groupes] que Sam Rainsy a fond&#233; sa strat&#233;gie de conqu&#234;te du pouvoir &#187;, affirme l'analyste politique Kem Ley. En d&#233;pit de ses propos x&#233;nophobes, propres &#224; flatter les sentiments antivietnamiens de nombreux Khmers, le dirigeant de l'opposition est aur&#233;ol&#233; d'une image de d&#233;fenseur des valeurs d&#233;mocratiques ; m&#234;me si, durant les &#233;v&#233;nements de d&#233;but janvier, des boutiques de commer&#231;ants vietnamiens ont &#233;t&#233; saccag&#233;es par des manifestants aux environs du boulevard Veng Sreng [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;ral convaincu, M. Sam Rainsy b&#233;n&#233;ficie &#233;galement de la faveur des gouvernements occidentaux, bailleurs de fonds des ONG. Au lendemain de la r&#233;pression sanglante de janvier, le Parlement europ&#233;en a demand&#233; la cr&#233;ation d'une commission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante, et Washington a annonc&#233; le gel d'une (petite) partie de son aide &#224; Phnom Penh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'influence grandissante de P&#233;kin, cependant, la marge de man&#339;uvre occidentale est r&#233;duite. Premier investisseur &#233;tranger direct, la Chine est &#233;galement le premier partenaire du royaume en termes d'aide au d&#233;veloppement. Dans le cadre d'une strat&#233;gie d'int&#233;gration r&#233;gionale, des entreprises chinoises construisent routes, barrages et lignes de chemin de fer sur le territoire cambodgien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur du pays, enfin, le premier ministre sait pouvoir compter sur un parti dont les ramifications s'&#233;tendent jusque dans le moindre hameau, tandis que les relations client&#233;listes tiss&#233;es avec les caciques du PPC lui garantissent leur fid&#233;lit&#233;. Selon le Centre cambodgien des droits humains (Cambodian Center for Human Rights, CCHR), 20 % des concessions fonci&#232;res &#233;conomiques auraient par exemple b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; cinq s&#233;nateurs membres du parti au pouvoir. M. Hun Sen soigne &#233;galement l'arm&#233;e, dont le budget a augment&#233; de 17 % l'an dernier ; vingt-neuf officiers et six chefs de la police viennent d'&#234;tre promus g&#233;n&#233;raux quatre &#233;toiles, alors qu'en 2010 l'arm&#233;e cambodgienne en comptait d&#233;j&#224; plus que les Etats-Unis... Quant aux milieux d'affaires sino-khmers, dominants dans tous les secteurs de l'&#233;conomie, &#171; en tant qu'op&#233;rateurs locaux et compradores [9], ils constituent les partenaires incontournables de ce syst&#232;me marqu&#233; par la logique d'accaparement des ressources du pays &#187;, selon la chercheuse Dani&#232;le Tan [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi M. Hun Sen, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 1985, n'entend-il pas c&#233;der la place. &#171; Tout est normal. Le gouvernement travaille. Les entreprises travaillent [11] &#187;, d&#233;clarait-il apr&#232;s la r&#233;pression du d&#233;but de l'ann&#233;e, avant d'inviter les &#233;lus du CNRP &#224; venir si&#233;ger &#224; l'Assembl&#233;e nationale, et ses dirigeants &#224; n&#233;gocier. De fait, des discussions ont &#233;t&#233; entam&#233;es ; mais elles portent uniquement sur la r&#233;forme du syst&#232;me &#233;lectoral, sans la moindre r&#233;f&#233;rence aux revendications populaires en termes de salaires, de restitution des terres et d'arr&#234;t des expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, bien plus que l'opposition politique, ce sont les mouvements sociaux qui inqui&#232;tent le pouvoir. En t&#233;moigne le contraste entre la mansu&#233;tude dont ont b&#233;n&#233;fici&#233; les manifestations du CNRP durant tout le dernier trimestre 2013 et la brutalit&#233; de la r&#233;pression exerc&#233;e contre les travailleurs du textile, les paysans et les militants antiexpulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Revelli&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; &lt;a href=&#034;http://www.worldbank.org/en/country/cambodia/overview&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cambodia overview&lt;/a&gt; &#187;, Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Minist&#232;re du commerce, cit&#233; par The Cambodia Daily, Phnom Penh, 5 f&#233;vrier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://betterfactories.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://betterfactories.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Lire Olivier Cyran, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/2013/06/CYRAN/49152&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au Bangladesh, les meurtriers du pr&#234;t-&#224;-porter&lt;/a&gt; &#187;, Le Monde diplomatique, juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; &lt;a href=&#034;http://www.phnompenhpost.com/national/mass-fainting-kandal-factory&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mass fainting at Kandal factory&lt;/a&gt; &#187;, The Phnom Penh Post, 21 novembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Les CFE sont accord&#233;es pour la mise en &#339;uvre de projets &#224; caract&#232;re &#233;conomique, avec une dur&#233;e pouvant aller jusqu'&#224; quatre-vingt-dix-neuf ans, et ne peuvent th&#233;oriquement concerner plus de dix mille hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#171; &lt;a href=&#034;http://www.cchrcambodia.org/admin/media/report/report/english/CCHR%20Report%20%20Cambodia%20Land%20in%20Conflict%20An%20Overview%20of%20the%20Land%20Situation%20ENG.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cambodia : Land in conflict&lt;/a&gt; &#187; (PDF), rapport 2013 du Centre cambodgien pour les droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Matt Blomberg, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.cambodiadaily.com/archives/rights-group-reaffirms-stance-on-use-of-yuon-49477/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rights group reaffirms stance on use of &#8220;yuon&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, The Cambodia Daily, 19 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Membres de la bourgeoisie locale enrichis gr&#226;ce au commerce avec l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Dani&#232;le Tan, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.academia.edu/788800/La_Diaspora_chinoise_du_Cambodge_histoire_dune_identite_recomposee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La diaspora chinoise du Cambodge, histoire d'une identit&#233; recompos&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, master de recherche &#224; l'Institut d'&#233;tudes politiques de Paris, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Khy Sovuthy, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.cambodiadaily.com/archives/hun-sen-says-his-face-as-good-as-any-situation-is-normal-51866/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hun Sen says his face as good as any ; situation is normal&lt;/a&gt; &#187;, The Cambodia Daily, 11 f&#233;vrier 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Asie. Travailleurs en lutte sous fond de pandemie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Asie-Travailleurs-en-lutte-sous-fond-de-pandemie</link>
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		<dc:date>2020-04-21T11:25:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saurav Sarkar</dc:creator>


		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
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		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>
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		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-04-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les travailleurs d'Asie du Sud et du Sud-Est sont confront&#233;s &#224; des d&#233;fis li&#233;s au coronavirus et aux r&#233;ponses de leurs gouvernements &#224; la crise, comme la perte d'emplois, le vol des salaires et le manque de contr&#244;le sur quand et comment ils travaillent en p&#233;riode de distanciation sociale. Voici un tour d'horizon. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des dizaines de milliers de travailleurs des plantations de th&#233; dans les districts de Syllhet et Habiganj, dans le nord-est du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Thailande-+" rel="tag"&gt;Tha&#239;lande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bengladesh-+" rel="tag"&gt;Bengladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Birmanie-+" rel="tag"&gt;Birmanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Philippines-+" rel="tag"&gt;Philippines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cambodge-+" rel="tag"&gt;Cambodge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-04-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-04-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton43129-0ce3f.jpg?1674711796' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les travailleurs d'Asie du Sud et du Sud-Est sont confront&#233;s &#224; des d&#233;fis li&#233;s au coronavirus et aux r&#233;ponses de leurs gouvernements &#224; la crise, comme la perte d'emplois, le vol des salaires et le manque de contr&#244;le sur quand et comment ils travaillent en p&#233;riode de distanciation sociale. Voici un tour d'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article52945&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de travailleurs des plantations de th&#233; dans les districts de Syllhet et Habiganj, dans le nord-est du &lt;strong&gt;Bangladesh&lt;/strong&gt;, ont unilat&#233;ralement d&#233;clar&#233; un jour f&#233;ri&#233; fin mars par peur d'attraper COVID-19. Les travailleurs du th&#233;, dont la plupart gagnent moins de 1 $ par jour, sont invit&#233;s par la direction &#224; poursuivre leur travail physiquement ext&#233;nuant malgr&#233; le risque d'exposition. Le reste du pays est en f&#234;te nationale de dix jours d&#233;clar&#233;e par le gouvernement. &#171; Les travailleurs du th&#233; gagnent trop peu et vivent dans des maisons insalubres et surpeupl&#233;es. Si le virus infecte les travailleurs du th&#233;, ce sera d&#233;sastreux pour la communaut&#233; &#187;, a d&#233;clar&#233; Pankaj Kanda, vice-pr&#233;sident d'un syndicat des travailleurs du th&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours au Bangladesh, un million de travailleurs de l'habillement ont &#233;t&#233; licenci&#233;s ou licenci&#233;s parce que des marques nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes ont invoqu&#233; des clauses dans leurs contrats pour annuler des commandes et refusent d'en passer de nouvelles. L'industrie du v&#234;tement est le principal moteur de l'&#233;conomie et des millions de personnes d&#233;pendent des salaires des travailleurs de l'habillement. En moyenne, les travailleuses du v&#234;tement bangladaises, principalement des femmes, gagnent moins de 100 dollars par mois. Les travailleurs qui sont encore employ&#233;s travaillent dans la crainte de contracter COVID-19 dans des conditions de travail et de transport qui ne permettent pas la distanciation sociale. Certains organes de presse ont signal&#233; que le Bangladesh pourrait voir jusqu'&#224; deux millions de personnes mourir de la maladie en cas d'&#233;pid&#233;mie majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perturbations dans l'industrie mondiale du v&#234;tement et la volont&#233; de la direction de r&#233;percuter les co&#251;ts sur les travailleurs sont &#233;galement &#233;videntes dans le secteur de l'habillement au &lt;strong&gt;Cambodge&lt;/strong&gt;, o&#249; pr&#232;s de 1 000 travailleurs ont d&#233;clench&#233; une gr&#232;ve illimit&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur d'une usine de Phnom Penh. Les travailleurs protestaient contre le non-paiement des salaires par la direction, ce que la direction dit qu'elle ne peut pas faire parce que l'argent n'est pas entr&#233;. Au 1er avril, au moins 91 usines de confection ont &#233;t&#233; ferm&#233;es, le gouvernement s'engageant &#224; payer les salaires des 61 500 travailleurs touch&#233;s. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au &lt;strong&gt;Myanmar&lt;/strong&gt;, 500 000 travailleurs de l'habillement ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; licenci&#233;s et les usines devraient &#234;tre ferm&#233;es temporairement dans tout le pays. Les travailleurs des usines du Myanmar sont confront&#233;s &#224; une double menace dans des conditions de travail dangereuses et &#224; des difficult&#233;s financi&#232;res imminentes une fois les lieux de travail ferm&#233;s. Ces travailleurs du v&#234;tement qui travaillent encore sont confront&#233;s &#224; des conditions tr&#232;s dangereuses, avec un EPI inad&#233;quat et sans distanciation sociale. Les demandes ant&#233;rieures des syndicats du v&#234;tement de fermer les usines pour des raisons de s&#233;curit&#233; n'ont pas entra&#238;n&#233; d'action imm&#233;diate de la part des propri&#233;taires d'usine et du gouvernement. Plusieurs propri&#233;taires ont &#233;galement saisi l'occasion pour attaquer les syndicats des travailleurs de l'habillement, licenciant tous les travailleurs syndiqu&#233;s tout en conservant les syndicats non syndiqu&#233;s. De nombreux syndicats craignent que les propri&#233;taires tentent de rejeter davantage de syndicats lors de la r&#233;ouverture future des usines. &#8212;Andrew Tillett-Saks&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &lt;strong&gt;Inde&lt;/strong&gt;, le gouvernement de droite a laiss&#233; des centaines de milliers de travailleurs migrants bloqu&#233;s sans travail ni transport dans leurs villages et villes d'origine. Les m&#233;decins et les infirmi&#232;res qui traitent les patients atteints de COVID-19 sont devenus la cible de ch&#226;timents sociaux comme le crachement et les expulsions. Comme dans d'autres pays, les lignes de fracture pr&#233;existantes de la soci&#233;t&#233; ont &#233;t&#233; mises &#224; nu par la pand&#233;mie et la r&#233;ponse du gouvernement. Les Dalit (anciennement connus sous le nom d &#8216;&#171; intouchables &#187;) &#224; Mumbai sont invit&#233;s &#224; nettoyer les poubelles des maisons o&#249; vivent les patients atteints de coronavirus. Ils ont re&#231;u de l'EPI, mais disent qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; form&#233;s sur la fa&#231;on d'utiliser correctement l'&#233;quipement et qu'on leur a dit de r&#233;utiliser des combinaisons, des masques et des gants jetables. Lorsque les travailleurs ont demand&#233; au gouvernement de la ville pourquoi ils devaient r&#233;utiliser l'&#233;quipement, on leur a dit que de nouvelles combinaisons,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tha&#239;lande&lt;/strong&gt; : Le verrouillage partiel de Bangkok et l'ordre du minist&#232;re tha&#239;landais de l' Int&#233;rieur de fermer 18 postes fronti&#232;res le 23 mars ont d&#233;clench&#233; un exode massif de travailleurs migrants du Myanmar, du Cambodge et du Laos, avec des estimations variant entre 60 000 et 200 000 personnes ayant quitt&#233; le pays. Peu &#233;taient capables de pratiquer la distance sociale dans les gares routi&#232;res bond&#233;es et les zones frontali&#232;res, ce qui faisait craindre une infection. Les ambassades du Myanmar et du Cambodge en Tha&#239;lande exhortent les travailleurs migrants &#224; ne pas rentrer chez eux afin d'&#233;viter de propager le virus. Le gouvernement tha&#239;landais a d&#233;clar&#233; l'&#233;tat d'urgence en vigueur du 26 mars au 30 avril et la plupart des types d'entreprises ont &#233;t&#233; ferm&#233;s, &#224; l'exception des banques, des h&#244;tels, des &#233;tablissements de sant&#233;, des usines et des services postaux. &#8212;Kim Rogovin, Forum international des droits des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &lt;strong&gt;Philippines&lt;/strong&gt;, le gouvernement a d&#233;clar&#233; un verrouillage le 17 mars, interrompant les transports publics et fermant la plupart des industries, &#224; l'exception de celles jug&#233;es essentielles. Mais l'industrie des centres d'appels du pays &#8211; la plus importante au monde &#8211; a &#233;t&#233; autoris&#233;e &#224; rester ouverte. Le r&#233;seau des employ&#233;s de l'industrie BPO (BIEN) a rapport&#233; fin mars que de nombreux travailleurs des centres d'appels &#233;taient contraints de venir travailler, continuant &#224; partager des casques et incapables de pratiquer la distanciation sociale. Plus de la moiti&#233; ont d&#233;clar&#233; qu'ils n'avaient pas la possibilit&#233; de travailler &#224; domicile. Une p&#233;tition de l'organisation pour suspendre le travail sur place et mettre en place des arrangements de travail &#224; domicile, garantir les revenus des travailleurs et fournir des tests de masse gratuits a atteint pr&#232;s de 10 000 signatures. Le Financial Times a rapport&#233; la semaine derni&#232;re que les employ&#233;s de l'entrepreneur Teleperformance qui traitent les appels concernant les cam&#233;ras de s&#233;curit&#233; Ring d'Amazon dorment sur les sols des bureaux et les tapis roulants dans des conditions exigu&#235;s, face au choix de le faire ou de renoncer &#224; leurs revenus. Aux Philippines &#233;galement, environ 17 000 personnes parmi les citadins pauvres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es alors qu'elles violaient le verrouillage pour trouver de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version fran&#231;aise : Plateforme Altermondialiste (Qu&#233;bec)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.labornotes.org/blogs/2020/04/south-and-southeast-asian-workers-grapple-management-government-coronavirus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Labor Notes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La propagation inqui&#233;tante de la d&#233;sinformation et de la censure en Asie du Sud-Est</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-propagation-inquietante-de-la-desinformation-et-de-la-censure-en-Asie-du-Sud</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-propagation-inquietante-de-la-desinformation-et-de-la-censure-en-Asie-du-Sud</guid>
		<dc:date>2019-02-12T12:18:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nithin Coca</dc:creator>


		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Philippines</dc:subject>
		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Malaisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Asie du Sud-Est est en proie &#224; une d&#233;t&#233;rioration rapide des libert&#233;s de la presse et d'expression. D'apr&#232;s le rapport Freedom in the World 2018 de l'organisation &#224; but non lucratif Freedom House, bas&#233;e &#224; Washington, sept des huit pays d'Asie du Sud-Est (Cambodge, Indon&#233;sie, Laos, Birmanie, Philippines, Tha&#239;lande, Malaisie et Singapour) ont connu une r&#233;gression en mati&#232;re de libert&#233;s civiles au cours de l'ann&#233;e derni&#232;re. Reporters sans fronti&#232;res (RSF) est arriv&#233; &#224; des conclusions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Thailande-+" rel="tag"&gt;Tha&#239;lande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Birmanie-+" rel="tag"&gt;Birmanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Philippines-+" rel="tag"&gt;Philippines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cambodge-+" rel="tag"&gt;Cambodge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Malaisie-+" rel="tag"&gt;Malaisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-02-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-02-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH60/arton37747-2fb23.jpg?1674711796' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Asie du Sud-Est est en proie &#224; une d&#233;t&#233;rioration rapide des libert&#233;s de la presse et d'expression. D'apr&#232;s le rapport &lt;a href=&#034;https://freedomhouse.org/report/freedom-world/freedom-world-2018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Freedom in the World&lt;/a&gt; 2018 de l'organisation &#224; but non lucratif Freedom House, bas&#233;e &#224; Washington, sept des huit pays d'Asie du Sud-Est (Cambodge, Indon&#233;sie, Laos, Birmanie, Philippines, Tha&#239;lande, Malaisie et Singapour) ont connu une r&#233;gression en mati&#232;re de libert&#233;s civiles au cours de l'ann&#233;e derni&#232;re. Reporters sans fronti&#232;res (RSF) est arriv&#233; &#224; des conclusions similaires dans son &lt;a href=&#034;https://rsf.org/fr/classement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Classement mondial de la libert&#233; de la presse&lt;/a&gt; o&#249;, en 2018, tous les pays de la r&#233;gion sans exception ont recul&#233; vers le tiers inf&#233;rieur de la liste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.equaltimes.org/la-propagation-inquietante-de-la#.XF9fhdFCdcA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Equal Times&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La situation dans une grande partie de la r&#233;gion est profond&#233;ment inqui&#233;tante &#187;, a d&#233;clar&#233; Tess Bacalla, directrice ex&#233;cutive de la Southeast Asian Press Alliance (SEAPA), dans un entretien avec Equal Times, o&#249; elle a soulign&#233; nombre de d&#233;fis, dont &#171; le d&#233;clin marqu&#233; de la libert&#233; de la presse&#8230; la mont&#233;e du nationalisme ethnique et l'intensification de la r&#233;pression syst&#233;matique contre les m&#233;dias ind&#233;pendants, dans un contexte o&#249; l'on voit &#224; la fois les acteurs &#233;tatiques et non &#233;tatiques livr&#233;s &#224; des efforts concert&#233;s visant &#224; museler la presse et les autres voix ind&#233;pendantes, notamment celles de la soci&#233;t&#233; civile et des d&#233;fenseurs des droits humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre tendance pr&#233;occupante, selon la SEAPA, entre autres, est qu'&#224; mesure que la libert&#233; de la presse d&#233;cline, la d&#233;sinformation gagne progressivement toute la r&#233;gion, laissant les citoyens nouvellement connect&#233;s coup&#233;s de sources d'informations fiables, et ce, &#224; un moment critique, alors que plusieurs pays de la r&#233;gion, dont l'Indon&#233;sie, la Tha&#239;lande et les Philippines, s'appr&#234;tent &#224; se rendre aux urnes en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance n'est pas nouvelle. La d&#233;sinformation a, en effet, jou&#233; un r&#244;le cl&#233; dans plusieurs &#233;v&#233;nements importants intervenus dans la r&#233;gion au cours des derni&#232;res ann&#233;es. En Indon&#233;sie, la d&#233;sinformation a &#233;t&#233; un facteur essentiel dans la cuisante d&#233;faite inflig&#233;e au gouverneur chr&#233;tien de Djakarta, Basuki &#8216;Ahok' Tjahaja Purnama, lorsqu'il a tent&#233; de briguer un nouveau mandat d&#233;but 2017. Aux Philippines, pays en proie &#224; la pire r&#233;gression en mati&#232;re de droits humains, le gouvernement du pr&#233;sident Rodrigo Duterte a utilis&#233; une &lt;a href=&#034;https://thediplomat.com/2017/11/beware-dutertes-troll-army-in-the-philippines/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; arm&#233;e de trolls &#187; massive&lt;/a&gt;, pour harceler ses opposants et intimider &#224; la fois la soci&#233;t&#233; civile et les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, en Birmanie (Myanmar), il est aujourd'hui largement admis que la d&#233;sinformation a constitu&#233; un facteur d&#233;terminant dans la &lt;a href=&#034;https://www.equaltimes.org/will-anything-stop-the-ongoing#.XDdYIVz7Q2w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;violence de l'arm&#233;e contre la minorit&#233; Rohingya&lt;/a&gt;, &#224; majorit&#233; musulmane. Des rapports r&#233;cents ont expos&#233; le r&#244;le jou&#233; par la plateforme sociale Facebook, qui a permis &#224; la d&#233;sinformation d'essaimer &#8211; tout en refusant d'interc&#233;der lorsque les organisations locales l'ont exhort&#233;e en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; En Birmanie, des officiers militaires se seraient trouv&#233;s derri&#232;re les cyberattaques syst&#233;matiques que d'aucuns craignent d'avoir &#233;t&#233; &#224; l'origine de la crise &#187;, selon Mme Bacalla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que, au lieu de s'attaquer de front &#224; cette menace, les gouvernements de la r&#233;gion font preuve de complaisance ou se servent de l'appareil &#233;tatique pour resserrer leur contr&#244;le sur l'information. Aux Philippines, la m&#234;me &#171; arm&#233;e de trolls &#187; qui a port&#233; M. Duterte au pouvoir est d&#233;sormais utilis&#233;e pour censurer et museler les voix de l'opposition, y compris les m&#233;dias. L'ann&#233;e derni&#232;re, le Cambodge a pratiquement &lt;a href=&#034;https://www.equaltimes.org/un-silence-assourdissant-a-la?lang=fr#.XFQPLC17mN4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;limin&#233; les m&#233;dias ind&#233;pendants du pays&lt;/a&gt; &#224; l'approche de ses &#233;lections g&#233;n&#233;rales, o&#249; le Parti du peuple cambodgien au pouvoir a rafl&#233; la totalit&#233; des si&#232;ges. En Tha&#239;lande, on a assist&#233; &#224; une augmentation marqu&#233;e du recours &#224; la loi de l&#232;se-majest&#233;, qui p&#233;nalise tout discours jug&#233; diffamatoire &#224; l'&#233;gard de la famille royale, pour museler les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui, d'apr&#232;s le responsable Asie-Pacifique pour RSF, Daniel Bastard, a essentiellement eu pour effet de b&#226;illonner la presse libre, d&#232;s lors que les journalistes ont peur de couvrir tout sujet susceptible d'&#234;tre jug&#233; de mauvais augure par la junte militaire. &#171; La junte a atteint son but ; promouvoir l'autocensure &#187;, a d&#233;clar&#233; M. Bastard &#224; Equal Times. &#171; La libert&#233; de presse se trouve d&#233;j&#224; tr&#232;s affaiblie apr&#232;s&#8230; des ann&#233;es d'attaques contre la presse libre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;seaux sociaux : un champ de bataille d&#233;terminant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SEAPA, RSF et d'autres craignent que la situation ne se d&#233;grade encore plus en 2019. Alors que les deux principales d&#233;mocraties de la r&#233;gion, l'Indon&#233;sie et les Philippines, se pr&#233;parent &#224; la tenue d'&#233;lections g&#233;n&#233;rales en avril et mai respectivement, et la Tha&#239;lande en f&#233;vrier, il est difficile de pr&#233;dire avec certitude dans quelle mesure ces suffrages seront libres ou transparents. Les r&#233;seaux sociaux repr&#233;sentent un champ de bataille-cl&#233; en Asie du Sud-Est. Les gouvernements en sont conscients et cherchent &#224; &#233;tendre leur mainmise sur les contenus digitaux &#8211; invoquant au besoin le risque de d&#233;sinformation ou la soi-disant &#171; fake news &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voit se dessiner au niveau de la r&#233;gion une tendance &#224; la promulgation, &#224; la veille d'&#233;lections, de lois sur la cybers&#233;curit&#233; ou les fake news, comme l'ann&#233;e derni&#232;re en Malaisie &#187;, a expliqu&#233; M. Bastard. &#171; Ce n'est pas un bon signe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; en train d'arriver. La Tha&#239;lande est en train de d&#233;battre d'une loi sur la cybers&#233;curit&#233; qui augmenterait consid&#233;rablement la capacit&#233; de surveillance des contenus d'&#201;tat, tandis que l'Indon&#233;sie met sur pied un cabinet de guerre gouvernemental contre les &#171; fake news &#187; et le gouvernement philippin a intent&#233; des poursuites cibl&#233;es pour &#233;vasion fiscale contre Maria Ressa, la r&#233;dactrice en chef du site d'information ind&#233;pendant Rappler, dans ce que d'aucuns voient comme une tentative flagrante de &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/news/2018/11/30/philippines-drop-charges-against-rappler-editor&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;duire au silence les voix dissidentes&lt;/a&gt;. Depuis l'accession au pouvoir de M. Duterte en juin 2016, Rappler a &#233;t&#233; un critique infatigable de sa guerre contre la drogue, qui s'est jusqu'ici sold&#233;e par des milliers d'ex&#233;cutions extrajudiciaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce ne sont certainement pas les exemples qui manquent de comment les &#201;tats manipulent ou d&#233;forment les informations en ligne &#8211; en m&#234;me temps qu'ils condamnent et r&#233;duisent au silence les critiques &#8211; et tout &#231;a pour leurs propres fins &#187;, a d&#233;clar&#233; Mme Bacalla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des raisons pour lesquelles Time Magazine a choisi Maria Ressa et d'autres journalistes d'Asie du Sud-Est &#8211; dont Wa Lone et Kyaw Soe Oo, de Birmanie (Myanmar), tous deux incarc&#233;r&#233;s &lt;a href=&#034;https://www.reuters.com/article/us-myanmar-journalists-trial-specialrepo/special-report-how-myanmar-punished-two-reporters-for-uncovering-an-atrocity-idUSKCN1LJ167&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour avoir couvert pour Reuters le massacre de 10 villageois musulmans rohingyas&lt;/a&gt; &#8211; comme ses &lt;a href=&#034;http://time.com/person-of-the-year-2018-the-guardians/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Personnalit&#233;s de l'ann&#233;e 2018&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des efforts sont en cours pour combattre la d&#233;sinformation dans des pays comme l'Indon&#233;sie, o&#249; des journalistes et des organisations &#224; but non lucratif ont d&#233;cid&#233; de passer &#224; l'action pour emp&#234;cher que la d&#233;sinformation ne sabote l'issue des prochaines &#233;lections. L'ann&#233;e pass&#233;e, 22 m&#233;dias connus et respect&#233;s ont lanc&#233; un projet nomm&#233; CekFacta, qui a vocation &#224; assurer un contr&#244;le et une v&#233;rification collaboratifs dans le but de combattre la d&#233;sinformation et cr&#233;er un portail d'information fiable pour les Indon&#233;siens. Le d&#233;fi r&#233;sidera dans la distribution, dans un pays de plus de 260 millions d'habitants &#233;parpill&#233;s entre plus de 10.000 &#238;les. D'apr&#232;s l'Indonesian Association for Media Development &#8211; il y aurait actuellement dans le pays plus de 40.000 m&#233;dias, dont un grand nombre aux origines douteuses et qui sont souvent sources de d&#233;sinformation virale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien que nous soyons en mesure de combattre la d&#233;sinformation assez efficacement, le vrai d&#233;fi consistera &#224; faire parvenir nos contre-articles faisant la v&#233;rit&#233; sur les faits aux auteurs de la d&#233;sinformation, ainsi qu'aux personnes d&#233;j&#224; affect&#233;es ou influenc&#233;es par elle &#187;, a d&#233;clar&#233; dans un entretien avec Equal Times Wahyu Dhyatmika, r&#233;dacteur au Tempo Media Group (&#233;diteurs de Tempo Magazine, de Tempo Digital et du Tempo Newspaper), l'un des principaux m&#233;dias participant &#224; l'initiative CekFacta. &#171; Nous cherchons &#224; nous &#233;tendre et &#224; coop&#233;rer avec les m&#233;dias digitaux l&#224; o&#249; les fausses nouvelles ont tendance &#224; se propager le plus rapidement, afin de disposer de gens sur le terrain qui puissent nous alerter de tout d&#233;veloppement potentiellement adverse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che est consid&#233;rable. CekFacta et son partenaire, l'organisation &#224; but non lucratif Mafindo, connaissent d&#233;j&#224; des &lt;a href=&#034;https://www.seapa.org/indonesias-2019-election-is-keeping-fake-news-fact-checkers-way-too-busy/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;probl&#232;mes de capacit&#233;&lt;/a&gt;, et ce &#224; un peu plus de deux mois des &#233;lections. Sans une assistance du gouvernement ou de plateformes comme Google, Facebook et Twitter, qui sont les principaux vecteurs d'informations au niveau de la r&#233;gion, leur impact reste incertain. Et cela vaut pour l'ensemble de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'occasion d'une conf&#233;rence r&#233;gionale sur la d&#233;sinformation, organis&#233;e par SEAPA, en septembre, un consensus a &#233;merg&#233; entre les participants de diff&#233;rentes parties de la r&#233;gion [selon lequel] le contr&#244;le des faits n'est pas suffisant pour enrayer la propagation de m&#233;sinformation et de d&#233;sinformation &#187;, a indiqu&#233; Mme Bacalla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu l'insuffisance des contre-mesures et la mainmise grandissante des gouvernements, d'aucuns craignent que l'ann&#233;e 2019 verra la d&#233;sinformation gagner en force dans toute la r&#233;gion d'Asie du Sud-Est par rapport &#224; 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; traduit de l'anglais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Asie du Sud-Est : des r&#233;gimes de plus en plus autoritaires</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Asie-du-Sud-Est-des-regimes-de-plus-en-plus-autoritaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Asie-du-Sud-Est-des-regimes-de-plus-en-plus-autoritaires</guid>
		<dc:date>2019-01-29T12:45:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Philippines</dc:subject>
		<dc:subject>Indon&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Cambodge</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-29</dc:subject>
		<dc:subject>Laos</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est une version longue du chapitre 7 (partie II) d'un dossier sur l'Asie du Sud-Est en cours d'&#233;criture pour le r&#233;seau Ritimo. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
A partir, surtout, du milieu des ann&#233;es 1980, la chute des dictatures militaires (Indon&#233;sie) et autres r&#233;gimes de loi martiale (Philippines) en Asie du Sud-Est, comme d'ailleurs en Am&#233;rique latine, &#224; ouvert une p&#233;riode dite de d&#233;mocratisation. Elle est pour l'essentiel aujourd'hui close. La tendance &#171; lourde &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Philippines-+" rel="tag"&gt;Philippines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Indonesie-+" rel="tag"&gt;Indon&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cambodge-+" rel="tag"&gt;Cambodge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vietnam-+" rel="tag"&gt;Vietnam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Laos-+" rel="tag"&gt;Laos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton37588-b1644.jpg?1674711797' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est une version longue du chapitre 7 (partie II) d'un dossier sur l'Asie du Sud-Est en cours d'&#233;criture pour le r&#233;seau Ritimo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47638&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir, surtout, du milieu des ann&#233;es 1980, la chute des dictatures militaires (Indon&#233;sie) et autres r&#233;gimes de loi martiale (Philippines) en Asie du Sud-Est, comme d'ailleurs en Am&#233;rique latine, &#224; ouvert une p&#233;riode dite de d&#233;mocratisation. Elle est pour l'essentiel aujourd'hui close. La tendance &#171; lourde &#187; est maintenant une mont&#233;e de l'autoritarisme, accompagn&#233;e d'attaques croissantes &#224; l'encontre des droits humains, m&#234;me les plus &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance n'est pas propre &#224; cette partie du monde, tant s'en faut, et a de multiples causes. Elle a pris des formes diff&#233;rentes suivant les pays. L'Asie du Sud-Est est en effet une r&#233;gion particuli&#232;rement diverse et complexe dans sa g&#233;ographie comme dans son histoire. Si l'on tente d'analyser les &#233;volutions politiques en cours d'un point de vue d'embl&#233;e global, on court le risque de ne pas aller au-del&#224; de g&#233;n&#233;ralit&#233;s parfois trompeuses, en se concentrant sur l'impact des facteurs internationaux (qui, par ailleurs, sont trait&#233;s dans d'autres chapitres de ce dossier). Nous ferons ici l'inverse : choisir un certain nombre de pays qui, chacun &#224; sa mani&#232;re, illustre une facette sp&#233;cifique de la &#171; crise de la d&#233;mocratisation &#187;, aboutissant soit au retour soit ou au maintien de r&#233;gimes autoritaires ou dictatoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Philippines et la faillite d'une &#171; d&#233;mocratie &#233;litiste &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tradition parlementaire est plus importante aux Philippines que dans tout autre pays d'Asie du Sud-Est. Elle a pris forme sous la colonisation &#233;tats-unienne, d&#232;s avant l'ind&#233;pendance (d&#233;cr&#233;t&#233;e en 1946). Vid&#233;e de contenu sous le r&#233;gime de loi martiale de Ferdinand Marcos (1972-1986), elle a &#233;t&#233; r&#233;tablie apr&#232;s le renversement de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution adopt&#233;e dans la foul&#233;e du soul&#232;vement de 1986 &#233;tait la plus d&#233;mocratique dans l'histoire du pays (et de bien d'autres). Les &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e nationale se font par circonscription, co&#251;tent tr&#232;s cher et sont domin&#233;es par les &#233;lites. Une minorit&#233; de d&#233;put&#233;.es seront dor&#233;navant &#233;lu.es, &#224; la proportionnelle, sur des listes nationales dont la fonction est d'assurer la repr&#233;sentation des secteurs populaires et marginalis&#233;s de la soci&#233;t&#233;. Cependant, quand la dynamique transformatrice initi&#233;e par la &#171; r&#233;volution de f&#233;vrier &#187; s'est &#233;puis&#233;e, les organisations politiques traditionnelles en ont pris le contr&#244;le par le biais de formations politiques fant&#244;mes. Aujourd'hui, seuls les mouvements soutenus par le PC (mao&#239;ste, clandestin) arrivent encore &#224; obtenir des &#233;lu.es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie parlementaire a repris son cours d'avant 1972. Les partis traditionnels n'ont pas de programme, d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts de grandes familles poss&#233;dantes, implant&#233;es dans les provinces : les &#171; clans &#187; ou &#171; dynasties politiques &#187;. Le client&#233;lisme est de r&#232;gle, ainsi que les renversements d'alliances en faveur du clan qui emporte la pr&#233;sidentielle. Beaucoup d'argent est d&#233;pens&#233; dans la joute &#233;lectoralex et cet investissement doit &#234;tre rentable pour qui l'emporte. Sous Benigno Aquino III (pr&#233;sident de 2010 &#224; 2016), les d&#233;rives de ce syst&#232;me marqu&#233; par l'entre-soi des &#233;lites se sont accentu&#233;es. Les pauvres n'ont b&#233;n&#233;fici&#233; ni de la &#171; d&#233;mocratie &#187; ni du d&#233;veloppement &#233;conomique. Les classes moyennes se sont retourn&#233;es contre une pr&#233;sidence trop incomp&#233;tente et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la faillite de la &#171; d&#233;mocratie &#233;litiste &#187; qui a ouvert la voie &#224; la victoire inattendue de Rodrigo Duterte, l'actuel pr&#233;sident. Ce dernier appartient bien &#224; un clan r&#233;gional, mais qui n'&#233;tait pas int&#233;gr&#233; aux cercles du pouvoir. Il a jou&#233; de cette marginalit&#233; politique et g&#233;ographique (il &#233;tait maire de Davao, dans l'&#238;le m&#233;ridionale de Mindanao), de sa capacit&#233; &#224; parler-peuple, des r&#233;seaux sociaux, en se pr&#233;sentant comme l'homme fort qui agirait, lib&#233;r&#233; du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa d&#233;magogie populiste, Duterte s'attaque aux pauvres de bien des fa&#231;ons. Ce sont plut&#244;t les classes moyennes qui le soutiennent activement. La &#171; guerre &#224; la drogue &#187; lui a permis d'imposer l'arbitraire et l'impunit&#233; comme une nouvelle norme. Les assassinats extrajudiciaires perp&#233;tr&#233;s par la police, les (para)militaires et hommes de main font partie du quotidien. En deux ans, elle avait d&#233;j&#224; fait, selon les estimations de 7 000 &#224; 20 000 victimes, le chiffre r&#233;el &#233;tant certainement proche du haut de la fourchette. Comment qualifier un tel r&#233;gime ? Certains courants de la gauche philippine pensent qu'il est fasciste, d'autres pas (ou pas encore), mais cela d&#233;pend de la d&#233;finition tr&#232;s variable que chacun donne du fascisme. Face &#224; cette situation, un large front de d&#233;fense de la d&#233;mocratie et de la justice sociale s'est constitu&#233; dans le cadre de la coalition iDefend [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la population perd tout espoir dans les institutions (politiques, judiciaires, administrative&#8230;), le basculement dans un r&#233;gime ouvertement autoritaire et arbitraire peut s'av&#233;rer particuli&#232;rement brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Tha&#239;lande et la d&#233;mocratie &#233;trangl&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 50s, l'arm&#233;e a assur&#233; son contr&#244;le sur la soci&#233;t&#233; tha&#239;landaise et la monarchie a consid&#233;rablement renforc&#233; son pouvoir (y compris &#233;conomique, elle serait devenue la famille royale la plus riche du monde). La phase de d&#233;mocratisation s'est ouverte en 1992 avec l'adoption d'une Constitution relativement progressive visant &#224; la modernisation institutionnelle du pays. Le milliardaire Thaksin Shinawatra a emport&#233; une premi&#232;re victoire &#233;lectorale en 2001. Il n'&#233;tait pas antimonarchique, mais repr&#233;sentait l'aile moderniste de la bourgeoisie tha&#239;landaise. Il s'est acquis un large soutien populaire en mettant en &#339;uvre des programmes sociaux. Ancien lieutenant-colonel de police, il a couvert des ex&#233;cutions extrajudiciaires au nom de la &#171; guerre au crime &#187; et contre l'irr&#233;dentisme musulman dans le sud du pays ; n&#233;anmoins, il a redonn&#233; aux &#233;lections un r&#244;le effectif et a &#233;largi l'espace d&#233;mocratique en laissant des revendications populaires s'exprimer jusque dans le champ &#233;lectoral. Les mouvements sociaux ont gagn&#233; en force et visibilit&#233;, la gauche a retrouv&#233; une capacit&#233; d'expression politique au sein de la mouvance composite des Chemises rouges, rassemblant ses soutiens dans la population (en particulier dans le Nord, le Nord-Est et la r&#233;gion de Bangkok).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de Thaksin (puis de son &#233;pouse Yingluck, une fois qu'il a &#233;t&#233; contraint &#224; l'exil) a d&#233;bouch&#233; sur une p&#233;riode d'instabilit&#233; et de crise aigu&#235;s. La popularit&#233; des Shinawatra a &#233;t&#233; confirm&#233;e &#224; trois reprise lors d'&#233;lections (2001, 2005, 2011) : cependant, tous les pouvoirs &#233;tablis, y compris les institutions judiciaires et la Cour supr&#234;me, ont refus&#233; de reconna&#238;tre le verdict des urnes. Les &#233;lites conservatrices ne pouvaient accepter que la &#171; populace &#187; vienne modifier le jeu &#233;lectoral, que la l&#233;gitimit&#233; de revendications sociales soit reconnue et qu'une figure d'autorit&#233; &#171; bienveillante &#187; s'impose en concurrence avec celle du roi. Accus&#233; de corruption (un mal largement partag&#233; en Tha&#239;lande), Thaksin a subi deux putschs judiciaires. Par ailleurs, un vent r&#233;actionnaire a souffl&#233; sur les classes moyennes de la capitale, qui r&#234;vaient d'interdire aux pauvres de voter sous pr&#233;texte qu'ils seraient sensibles aux d&#233;magogues. Les Chemises blanches, royalistes, largement recrut&#233;es dans les classes moyennes de la capitale, ont &#233;t&#233; mobilis&#233;es face aux Chemises rouges &#224; l'encontre desquelles l'arm&#233;e a commis un v&#233;ritable massacre &#224; Bangkok en 2010. La loi martiale a &#233;t&#233; instaur&#233;e. Un premier coup d'&#201;tat a eu lieu en 2006, puis un second en 2014. Ce dernier a mis un point final &#224; l'ouverture d&#233;mocratique, l'arm&#233;e imposant une Constitution militaire int&#233;rimaire la dotant de pouvoirs exceptionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise en main a &#233;t&#233; radicale. Repr&#233;sent&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Prayuth Chan-ocha, l'arm&#233;e s'est &#224; nouveau retrouv&#233;e au centre du pouvoir. Apr&#232;s la mort de son p&#232;re, c'est le prince h&#233;ritier Vajiralongkorn, un homme caract&#233;riel (il a nomm&#233; son caniche &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e de l'air), volage, r&#233;put&#233; cruel, qui a assur&#233; la succession sous le nom de Rama X de la dynastie de Chakri (et non sa s&#339;ur, la princesse Sirindorn, pourtant plus rationnelle). Le crime de l&#232;se-majest&#233; est et l'invocation de la s&#233;curit&#233; nationale sont utilis&#233;s pour museler oppositions politiques et mouvements sociaux. La menace de repr&#233;sailles traverse les fronti&#232;res jusqu'en France et en Europe, &#224; l'encontre notamment des membres du R&#233;seau international des Tha&#239;landais pour la d&#233;mocratie. En Tha&#239;lande m&#234;me, on note cependant un regain de mobilisations sociales et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rama X a pour projet l'imposition d'une monarchie absolue. Il veut rompre en sa faveur l'&#233;quilibre traditionnel des pouvoirs entre les militaires et le palais royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de nombreux reports, des &#233;lections l&#233;gislatives viennent d'&#234;tre annonc&#233;es pour le 24 mars 2019. Le scrutin se tiendra alors que r&#232;gne un &#233;tat juridique d'exception [2]. Bien que les partis soient &#224; nouveau autoris&#233;s &#224; faire campagne, ils n'auront que tr&#232;s peu de temps pour s'y pr&#233;parer &#8211; &#224; la diff&#233;rence de l'arm&#233;e qui a pr&#233;par&#233; le terrain. Quelle que soit son &#233;ventuelle issue, les centres r&#233;els de pouvoir se situeront en dehors du parlement [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Birmanie, la d&#233;mocratie impossible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, le retour au pouvoir de la Ligue nationale pour la D&#233;mocratie semblait montrer que de grandes avanc&#233;es d&#233;mocratiques &#233;taient encore possibles. En 1988, l'arm&#233;e avait frustr&#233; ce parti de sa victoire &#233;lectorale. Sa figure de proue, Aung San Suu Kyi, avait pass&#233; quelque 20 ans en r&#233;sidence surveill&#233;e. Elle incarnait la r&#233;sistance &#224; la dictature militaire, une dissidence obstin&#233;e. Elle avait re&#231;u le prix Nobel de la Paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu rapidement d&#233;chanter. Pas de r&#233;elle d&#233;mocratisation. Le r&#233;gime est rest&#233; sous le contr&#244;le constitutionnel de l'arm&#233;e &#8211; avec cette fois l'aval d'Aung San Suu Kyi. Pire encore, la Birmanie a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de l'une des plus vastes op&#233;rations d'&#233;puration ethnique des temps modernes, avec l'exil forc&#233; de quelque 700.000 Rohingya, population majoritairement musulmane habitant la r&#233;gion c&#244;ti&#232;re de l'Arakan. Cette fois encore, Aung San Suu Kyi a couvert le crime de son autorit&#233;, non pas parce qu'elle &#233;tait otage des militaires, mais parce qu'elle appartient et s'identifie &#224; l'ethnie dominante en Birmanie &#8211; et parce que tr&#232;s gros enjeux &#233;conomiques &#233;taient en cause : il fallait faire place nette pour d'importants investissements, dont ceux li&#233;s &#224; la construction d'un &#171; corridor &#187; reliant la Chine &#224; l'oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix Nobel de la Paix de Suu Kyi lui a &#233;t&#233; retir&#233;. Ce fut une exp&#233;rience tr&#232;s am&#232;re pour les associations, pour toutes celles et tous ceux qui s'&#233;taient mobilis&#233;.es en sa d&#233;fense des ann&#233;es durant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233; en 1996, Info-Birmanie assure en France un suivi solidaire de ce pays et met &#224; notre disposition une documentation fouill&#233;e [4]. Sur le plan international, le Transnational Institute (TNI, Amsterdam) fait de m&#234;me, en anglais, notamment en ce qui concerne les droits des nombreuses minorit&#233;s ethniques [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Indon&#233;sie, l'h&#233;ritage de la dictature et la mont&#233;e de l'islamisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture d&#233;mocratique en Indon&#233;sie remonte &#224; la chute de la dictature Suharto (1998), qui fut l'une des plus sanglantes de l'histoire contemporaine. Elle a permis, l'ann&#233;e suivante, l'&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique d'Abdurrahman Wahid, dit Gus Dur. Il dirigeait la grande association musulmane Nahdlatul Ulama (plut&#244;t la&#239;que, tr&#232;s &#233;loign&#233;e de l'islamisme contemporain) et &#233;tait positionn&#233; &#224; gauche. Il a engag&#233; des r&#233;formes et tent&#233; de r&#233;gler la crise au Timor oriental, encore sous brutale occupation militaire indon&#233;sienne. Il s'est rapidement heurt&#233; &#224; l'arm&#233;e qui, en 2001, a encercl&#233; le palais pr&#233;sidentiel. D&#233;mis de ses fonctions par l'Assembl&#233;e nationale, Gus Dur a &#233;t&#233; remplac&#233; par Megawati Soekarnoputri, fille du &#171; p&#232;re de l'Ind&#233;pendance &#187;. Elle restera &#224; ce poste jusqu'en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace d&#233;mocratique en Indon&#233;sie s'est depuis r&#233;duit comme peau de chagrin du fait de la faiblesse des forces de gauche, du poids de l'arm&#233;e (jamais &#233;pur&#233;e apr&#232;s le changement de r&#233;gime), de l'h&#233;ritage politique de la dictature et de la mont&#233;e de mouvements islamistes. Les principaux candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ont souvent &#233;t&#233; membres du parti du dictateur Suharto, le Golkar, ou ont occup&#233; des postes importants, civils ou militaires, durant son r&#232;gne. Des r&#233;formes &#233;lectorales successives ont rendu de plus en plus difficiles les candidatures ind&#233;pendantes des grands partis nationaux, r&#233;gionaux ou locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2014 a suscit&#233; bien des espoirs. Il n'y avait que deux candidats en lice. D'un c&#244;t&#233; Prabowo Subianto, figure de la dictature Suharto devenue multimillionnaire et membre d'unit&#233;s militaires coupables de nombreux massacre. De l'autre Joko Wido, dit Jokowi, gouverneur de Djakarta, un outsider n'appartenant ni &#224; un clan politique ni aux grands milieux d'Affaires, cultivant un profil de technocrate lib&#233;ral et efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jokowi a emport&#233; la joute &#233;lectorale. Cependant, il avait dans son entourage des hommes de la dictature, comme l'ancien chef des services secrets indon&#233;siens ou le g&#233;n&#233;ral Wiranto. Ce dernier a &#233;t&#233; plac&#233; en 2016 &#224; la t&#234;te du minist&#232;re contr&#244;lant les services de s&#233;curit&#233;, ce qui a provoqu&#233; une vive protestation d'Amnesty International : il avait &#233;t&#233; inculp&#233; de crimes contre l'humanit&#233; par un tribunal parrain&#233; par l'ONU !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e conjointe du racisme et d'un radicalisme islamiste, en rupture avec les traditions dominantes de l'islam indon&#233;sien, p&#232;se dor&#233;navant sur le d&#233;roulement des &#233;lections. En 2017, les mouvements conservateurs musulmans ont massivement occup&#233; la rue pour s'opposer &#224; la r&#233;&#233;lection de Basuki Tjahaja Purnama (dit Ahok) parce qu'il &#233;tait chr&#233;tien et chinois, en l'accusant de blasph&#232;me. Or, Jokowi a choisi comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence, pour 2019, Ma'uf Amin, l'un des responsables de la campagne de diffamation contre Ahok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression des opposants se durcit. Les discriminations contre les religions minoritaires, les homosexuel.les, les femmes, la libert&#233; d'expression et de comportement se multiplient. La situation varie suivant les lieux dans cet immense archipel, mais de fa&#231;on croissante, les pouvoirs administratifs c&#232;dent aux exigences de mouvements intol&#233;rants qui veulent faire dispara&#238;tre de l'espace public tout ce qui n'est pas &#171; musulman &#187; (dans leur d&#233;finition sectaire du terme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;sillusions sont fortes, car les milieux progressistes esp&#233;raient qu'avec Jokowi, l'espace d&#233;mocratique serait au moins pr&#233;serv&#233;, m&#234;me s'il n'&#233;tait pas &#233;largi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Malaisie, un tyran repenti ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1957 (date de l'ind&#233;pendance) &#224; 2018, la Malaisie a &#233;t&#233; dirig&#233;e par une m&#234;me coalition, d'abord sous le nom d'Alliance, puis, &#224; partir de 1973, sous celui de Barisan Nasional (Front national). Constitu&#233;e sur une base confessionnelle, elle comprenait trois partis : l'UMNO malais (United Malays National Organisation), la MCA chinoise (Malaysian Chinese Association) et le MIC indien (Malaysian Indian Congress), l'UMNO &#233;tant le parti dominant dans cette coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale personnalit&#233; politique de la Malaisie ind&#233;pendante est Mahathir Mohamad, cinq fois &#233;lu Premier ministre de 1981 &#224; 2003. Populairement appel&#233; &#171; Docteur M &#187;, cet ancien m&#233;decin, promoteur du nationalisme malais, est devenu une figure charismatique et autoritaire. Revenu au pouvoir en 2018 apr&#232;s avoir constitu&#233; une autre coalition, il appara&#238;t aujourd'hui comme un &#171; tyran repenti &#187;, selon l'expression du journaliste Bruno Philip [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahathir a dirig&#233; la Malaisie d'une main de fer pendant 22 ans. Il a pers&#233;cut&#233; ses opposants, dont Anwar Ibrahim, plusieurs fois incarc&#233;r&#233; pour corruption et sodomie. Si l'homosexualit&#233; n'est pas criminalis&#233;e en tant que telle sur le plan f&#233;d&#233;ral, l'outrage &#224; la pudeur avec un autre homme l'est, ainsi que la sodomie (homosexuelle ou h&#233;t&#233;rosexuelle) &#8211; un leg de la l&#233;gislation coloniale britannique. Anwar a constamment affirm&#233; avoir &#233;t&#233; la victime de r&#232;glements de comptes politiques. Condamn&#233; &#224; neuf ans de prison en 2000, il n'est lib&#233;r&#233; qu'en 2004, apr&#232;s que la Cour supr&#234;me l'ait acquitt&#233; de toutes les accusations. De nouveau accus&#233; en 2008, il est finalement condamn&#233; en 2015 &#224; cinq ans de prison, mais a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; en 2018 apr&#232;s la victoire d'un bloc d'opposition pilot&#233; par&#8230; Mahathir lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2013, le pays &#233;tait dirig&#233; par Najib Razak, &#233;lu Premier ministre par deux fois. Apr&#232;s le d&#233;part de Mahatir en 2003, le r&#233;gime ne s'&#233;tait pas d&#233;mocratis&#233;, tant s'en faut : la vie politique &#233;tait ponctu&#233;e de r&#232;glements de comptes, d'assassinats non &#233;lucid&#233;s, d'emprisonnements arbitraires [7]. Une loi &#233;dict&#233;e en 2018 contre les &#171; fake news &#187; pouvait &#234;tre utilis&#233;e pour s'attaquer plus syst&#233;matiquement encore au droit d'expression des opposants. Or, le retour &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat de Mahathir Mohamad, vainqueur des &#233;lections de mai 2018 &#224; la t&#234;te de l'Alliance de l'espoir, Pakatan Harapan (PH), une nouvelle coalition de quatre partis, marque un nouveau tournant vers plus de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anwar Ibrahim a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de prison. Pour symboliser ses nouvelles vertus d&#233;mocratiques, Mahathir en a fait son dauphin : si tout se passe comme annonc&#233;, Anwar devrait lui succ&#233;der en 2020. Un autre opposant hier deux fois embastill&#233;, Lim Guan Eng, a &#233;t&#233; nomm&#233; ministre des Finances &#8211; il est le premier membre de la minorit&#233; chinoise &#224; &#234;tre nomm&#233; &#224; un tel poste depuis quarante-quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mahatir propose l'abolition de la peine de mort, accorde une libert&#233; nouvelle &#224; la presse et annonce une politique plus &#233;galitaire entre les membres des diverses communaut&#233;s religieuses et ethniques. &#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il est bien trop t&#244;t pour pr&#233;voir ce qu'il adviendra de ses engagements. L'ambivalence de la situation est illustr&#233;e par le &#171; point d'&#233;tape &#187; pr&#233;sent&#233;, fin 2018, par la coalition de d&#233;fense des droits humains Suaram : d'un c&#244;t&#233;, elle dresse une longue liste d'exigences d&#233;mocratiques sur lesquelles le Premier ministre fait silence. De l'autre, elle reconna&#238;t que l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e est celle d'un grand tournant, le changement d'administration donnant l'occasion de fleurir aux aspirations de la population [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Vietnam et le capitalisme de connivence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays d'Indochine, le d&#233;veloppement du capitalisme a &#233;t&#233; impuls&#233; de fa&#231;on autoritaire par les partis au pouvoir et il a, en retour, renforc&#233; les traditions bureaucratiques pr&#233;existantes tout en soumettant les populations &#224; de nouvelles formes de d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas au Vietnam o&#249;, &#224; la suite de la Chine, le r&#233;gime impulse le d&#233;veloppement d'un nouveau capitaliste, sans remettre en cause le r&#232;gne d'un parti unique. Cette transition autoritaire provoque de nombreuses r&#233;sistances sociales et nationales, posant la question du respect de droits pourtant formellement garantis par la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un projet d'&#171; unit&#233;s administratives et &#233;conomiques sp&#233;ciales &#187; a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;, provoquant en juin 2018 des manifestations de rue sans pr&#233;c&#233;dent dans de nombreuses villes du pays. La concession de ces zones franches devait en effet &#234;tre remise &#224; la Chine. Hanoi est pourtant en &#233;tat de quasi-guerre avec P&#233;kin sur le contr&#244;le d'archipels en mer de Chine du Sud, mais les affaires &#233;tant les affaires et la corruption aidant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestant.es portaient des pancartes avec des mots d'ordre tels que &#171; Pas de terre &#224; louer pour la Chine pour 99 ans, pas m&#234;me pour une journ&#233;e &#187;. Les femmes &#233;taient bien souvent en t&#234;te des cort&#232;ges, en particulier des anciennes combattantes de la guerre de lib&#233;ration. Le pouvoir a d&#233;nonc&#233; la manipulation des sentiments patriotiques par des &#171; saboteurs et troubleurs &#187; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zones &#233;conomiques sp&#233;ciales accordent aux investisseurs &#233;trangers la possibilit&#233; de ne pas respecter le droit du travail, d'employer des fonctionnaires, de profiter d'all&#233;gements fiscaux, d'employer une main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re sans permis pendant 180 jours, d'ouvrir des casinos (le tout favorisant l'expansion de la prostitution ?) [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, le Vietnam avait connu une vague de manifestations et d'&#233;meutes, touchant au moins 22 provinces. En fait, les luttes sociales urbaines et rurales font partie du paysage politique. Il y a beaucoup de gr&#232;ves ouvri&#232;res et de r&#233;sistances paysannes, en particulier contre l'accaparement de leurs terres. La r&#233;pression peut &#234;tre brutale (on compte des morts et des cas de torture) du fait de la police ou de nervis. La justice condamne plus souvent les protestataires qu'elle ne les prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, la r&#233;pression politique s'accentue. Derni&#232;rement, la blogueuse M&#7865; N&#7845;m a &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; 10 ans de prison pour avoir &#233;crit des articles sur Facebook. Le professeur Chu H&#7843;o, directeur des &#233;ditions Tri Th&#7913;c [Connaissances], une des maisons d'&#233;dition les plus ouvertes et les plus appr&#233;ci&#233;es du pays, est menac&#233; de sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'aujourd'hui que la justice est politique au Vietnam. La nouveaut&#233;, c'est qu'elle est maintenant au service d'un capitalisme de connivence et non plus seulement d'une bureaucratie de parti-Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Laos et le bassin du M&#233;kong&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Laos, autre pays d'Indochine, la &#171; mise en valeur &#187; en cours du bassin du M&#233;kong illustre l'ampleur du probl&#232;me. 51 barrages ont &#233;t&#233; construits et 46 autres &#233;taient en construction en juillet 2018, cet &#233;norme march&#233; attirant des transnationales de nombreux pays, dont la France. Des projets pouvant &#234;tre soutenus par la Banque mondiale qui assure que toutes les pr&#233;cautions sont prises pour garantir la pr&#233;servation de l'environnement et des droits des populations locales (condamn&#233;es pour certaines &#224; &#234;tre d&#233;plac&#233;es ou priv&#233;es de leurs ressources alimentaires). Comment garantir quoi que ce soit de tel quand l'ensemble du cours du M&#233;kong se voit impact&#233;, alors que le r&#233;gime &#233;touffe toute expression d&#233;mocratique et contr&#244;le &#233;troitement l'information, que les l'objectif des &#171; partenaires &#233;conomiques &#187; de toute nationalit&#233; est le profit, que l'influence de P&#233;kin est aujourd'hui dominante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'&#233;voque pas ici des dangers hypoth&#233;tiques. Les incidents et les incidences sont d'ores et d&#233;j&#224; multiples. L'un des plus graves accidents est la rupture d'un battage le 23 juillet 2018 faisant probablement des centaines des centaines de victimes, si ce n'est un millier. 6000 personnes ont d&#251; fuir. 5 milliards de m&#232;tres cubes d'eau ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s dans la rivi&#232;re S&#233;kong (un affluent du M&#233;kong), bon nombre de villages &#233;tant noy&#233;s en aval. Le d&#233;sastre &#233;tait parfaitement pr&#233;visible [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est devenu Sombath Somphon ? La disparition forc&#233;e de Sombath Somphonau Laos repr&#233;sente une exp&#233;rience am&#232;re pour la solidarit&#233; Europe-Asie. Il a &#233;t&#233; enlev&#233; selon toutes vraisemblances par un service de police apr&#232;s avoir jou&#233;, en 2012, un r&#244;le pivot dans l'organisation du Forum populaire Asie-Europe (AEPF) de Vientiane. Ce forum est organis&#233; tous les deux ans, parall&#232;lement aux rencontres intergouvernementales Asie-Europe (ASEM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondateur du Centre de formation pour un d&#233;veloppement participatif, tr&#232;s connu et reconnu pour son engagement aupr&#232;s des paysans, Sombath avait &#233;t&#233; le principal interlocuteur issu de la soci&#233;t&#233; civile aupr&#232;s du monde associatif investi dans le Forum populaire et aupr&#232;s des gouvernements participants &#224; la rencontre ASEM. Lors de la s&#233;ance d'ouverture, ce r&#244;le avait &#233;t&#233; salu&#233; par le vice-ministre laotien pr&#233;sent &#224; la tribune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, deux mois plus tard, le 15 d&#233;cembre, Sombath a &#233;t&#233; victime d'une disparition forc&#233;e. Depuis, le gouvernement laotien refuse de donner une quelconque information sur ce qui lui est arriv&#233;. Tout porte &#224; croire que Sombath a d&#233;plu &#224; une fraction du parti unique au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son enl&#232;vement a provoqu&#233; un scandale diplomatique et de vives protestations de la part de l'Union europ&#233;enne et des Etats-Unis (sans &#234;tre pour autant accompagn&#233;es de sanctions concr&#232;tes). Tous les ans, pour leur part, les associations impliqu&#233;es dans le Forum populaire publient une d&#233;claration exigeant des autorit&#233;s laotiennes qu'elles disent ce qui lui est advenu. A chaque nouvelle r&#233;union du Forum, son &#233;pouse, Shui Meng Ng, est invit&#233;e &#224; intervenir et t&#233;moigner. Sombath n'est pas oubli&#233; [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Cambodge et les les ambitions dynastiques de Hun Sen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tissu social au Cambodge a &#233;t&#233; particuli&#232;rement affect&#233; par l'ampleur des bombardements US pendant la p&#233;riode finale de la guerre d'Indochine et, plus profond&#233;ment encore, par le r&#233;gime de terreur &#233;tablit par les Khmers rouges sous la direction de la fraction Pol Pot. Le sort de la population est longtemps rest&#233; une question &#171; secondaire &#187; face aux enjeux g&#233;opolitiques, Washington et les puissances occidentales s'alliant avec P&#233;kin et Phnom Penh contre Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les Vietnamiens qui ont renvers&#233; le r&#233;gime khmer rouge en 1979, ont plac&#233; Hun Sen &#224; la t&#234;te du pays, puis se sont retir&#233;s. Hun Sen est un ancien Khmer rouge, mais n'appartenait pas &#224; la fraction Pol Pot (qui liquidait toute dissidence interne). Il a rompu avec l'Organisation en 1977. Il est aujourd'hui encore le Premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la signature d'un accord de paix en 1991, le pays a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une aide internationale massive, mais qui a &#233;t&#233; largement d&#233;tourn&#233;e au profit du d&#233;veloppement d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, de clans politiques et d'un capitalisme sauvage imbriqu&#233; &#224; de nombreux trafics (&#224; la fronti&#232;re tha&#239;landaise en particulier). L'&#233;conomie est aujourd'hui dop&#233;e par une fi&#232;vre d'investissements, notamment chinois. Le r&#233;gime politique se referme. L'opposition a &#233;t&#233; dissoute, ses dirigeants en prison ou en exil. Les r&#233;seaux sociaux, hier libres, sont plac&#233;s sous contr&#244;le, ainsi que la presse et les nombreuses ONG. Hun Sen fait face &#224; une crise de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la g&#233;n&#233;ration qui avait v&#233;cu la guerre d'Indochine et la terreur polpottienne, il b&#233;n&#233;ficiait d'une l&#233;gitimit&#233;, vu les &#233;preuves travers&#233;es. Ce n'est plus le cas pour la g&#233;n&#233;ration suivante, qui juge l'&#233;volution du pays &#8211; et prends la mesure du contraste entre le d&#233;veloppement &#233;conomique d'un c&#244;t&#233; et la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s sociales de l'autre &#8211; ainsi que l'omnipr&#233;sence de la corruption, le n&#233;potisme et la restriction croissante des libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hun Sen r&#233;pond &#224; cette situation en exaltant l'identit&#233; khm&#232;re, en promouvant les &#171; valeurs traditionnelles &#187;, en s'identifiant &#224; la Nation. Depuis la mort de l'ancien roi Norodom Sihanouk (qui avait abdiqu&#233;) en 2012, il tente de se construire une l&#233;gitimit&#233; royale. Selon l'universitaire Astrid Nor&#233;n-Nilsson, il s'agit de donner &#171; &#224; la d&#233;rive autoritaire du r&#233;gime une l&#233;gitimit&#233; divine et d'introduire la notion de succession dynastique &#187; [12]. L'offensive id&#233;ologique s'accompagne de mesures bien concr&#232;tes, comme l'adoption en f&#233;vrier 2018 d'une loi de l&#232;se-majest&#233;, sur le mod&#232;le de celle existant en Tha&#239;lande, qui vient s'ajouter &#224; un arsenal r&#233;pressif d&#233;j&#224; redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 2013-2014 ont connu un pic de mobilisations. L'opposition politique &#233;tait alors capable de descendre dans la rue, des manifestations massives se d&#233;roulaient avec une participation remarquable de gr&#233;vistes (du secteur textile en particulier). En juillet 2016, un analyste politique tr&#232;s influent, Kem Ley, a &#233;t&#233; assassin&#233; apr&#232;s la publication d'un article sur l'immense fortune clan Hun Sen. Plus d'un million de personnes ont assist&#233; &#224; ses fun&#233;railles. Aujourd'hui cependant, la capacit&#233; de r&#233;sistance populaire semble faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En arri&#232;re-plan, un tournant autoritaire mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se garder porter un regard &#171; exotique &#187; sur la mont&#233;e de l'autoritarisme en Asie du Sud-Est. La question se pose dans tous les continents, y compris l'Europe. Les structures de l'Union europ&#233;enne sont autoritaires par bien des aspects, les parlements nationaux n'ayant &#171; pas le droit &#187; de prendre des d&#233;cisions de fond contraires aux r&#233;glementations et trait&#233;s en vigueur sans qu'une &#233;preuve de force ne soit engag&#233;e &#224; leur encontre par le Conseil, la Commission et la Banque centrale (c'est le cas notamment de la Gr&#232;ce depuis les ann&#233;es 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreux pays occidentaux, la tendance est &#233;galement &#224; l'autoritarisme. En France, le verticalisme pr&#233;sidentiel et la non-repr&#233;sentativit&#233; (sociale comme politique) de l'Assembl&#233;e nationale sont mis en accusation &#224; l'occasion de la crise ouverte par le mouvement des gilets jaunes, depuis novembre 2018. Aux &#201;tats-Unis, Donald Trump n'est pas le dernier &#224; exprimer tout son m&#233;pris &#224; l'&#233;gard des droits humains. Au Br&#233;sil, le pr&#233;sident Bolsonaro affirme ouvertement son attachement &#224; la dictature et &#224; ses pratiques mortif&#232;res. Partout (ou presque), l'exercice des droits civiques est restreint au nom de politiques s&#233;curitaires et les syst&#232;mes de surveillance deviennent de plus en plus intrusifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle l'ait ou pas m&#233;rit&#233;e par le pass&#233;, la &#171; d&#233;mocratie occidentale &#187; a perdu son aura. Le &#171; mod&#232;le chinois &#187; de Xi Jinping en b&#233;n&#233;ficie : le mode de d&#233;veloppement capitaliste qu'il pr&#244;ne (et les financements qu'il offre) correspond aux attentes d'une partie significative des classes dominantes dans la r&#233;gion, m&#234;me s'il implique d'&#234;tre accompagn&#233; de pratiques politiques autoritaires. Les libert&#233;s d'association, d'expression et de manifestation sont corset&#233;es, et, dans bon nombre de pays, les ONG nationales sont de plus en plus plac&#233;es sous contr&#244;le &#233;tatique, l'aide qu'elles re&#231;oivent de leurs partenaires internationaux est tax&#233;e, surveill&#233;e, voire interdite. Le risque est de voir la solidarit&#233; internationale criminalis&#233;e &#8211; un risque qui devient r&#233;alit&#233; dans certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Rousset&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://idefend.ph&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://idefend.ph&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Human Rights Watch, &#8220;Lift Restrictions on Fundamental Rigths to Enable Free and Fair Elections&#8221;, 15 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir Andrew MacGregor Marshall, &#8220;As the army and politicians bicker, Thailand's King amasses more power&#8221;, The Econmist (Asia), 3 janvier 2019. Disponible sur ESSF (article 47403), Thailand : As the army and politicians bicker, the king amasses more power :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47403&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47403&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;http://www.info-birmanie.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.info-birmanie.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;https://www.tni.org/en/myanmar-in-focus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.tni.org/en/myanmar-in-focus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le Monde publi&#233; le 15 mai 2018. Disponible sur ESSF (article 47313), Mahathir, tyran repenti &#224; nouveau Premier ministre, au d&#233;fi de la d&#233;mocratie en Malaisie :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47313&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47313&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Bruno Philip, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &lt;a href=&#034;https://www.suaram.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.suaram.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Dominique Foulon, ESSF (article 45174), &#8220;Pas de terre &#224; louer pour la Chine&#8221; : manifestations sans pr&#233;c&#233;dent au Vi&#234;t Nam contre les zones &#233;conomiques sp&#233;ciales :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Voir Harold Thibeault et Brunon Philip, &#171; La rupture d'un barrage au Laos, chronique d'un drame annonc&#233; &#187;, Le Monde du 25 juillet 2018, et Bruno Philip, &#171; Le d&#233;sastre aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;', Le Monde du 8 ao&#251;t 2018. Disponible sur ESSF (article 45666), D&#233;sastre au Laos apr&#232;s la rupture d'un barrage &#8211; La politique &#233;nerg&#233;tique du r&#233;gime et de la Chine en cause :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45666&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45666&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &lt;a href=&#034;https://www.sombath.org/e&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sombath.org/e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Cit&#233; par Christine Chaumeau, &#171; Le r&#234;ve monarchqie du premier ministre camboddgien &#187;, Le Monde diplomatique, 1er juillet 2018. Disponible sur ESSF (article 45013), Le r&#234;ve monarchique du premier ministre cambodgien :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45013&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45013&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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