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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Une Europe qui vire au noir et au brun</title>
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		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-08-20</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans cet entretien, &#201;ric Toussaint r&#233;alise un tour d'horizon du bilan des &#233;lections europ&#233;ennes, de la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et des possibilit&#233;s &#224; gauche. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Inprecor 721 - juin 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
27 juin 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par &#201;ric Toussaint &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment interpr&#233;ter les r&#233;sultats des &#233;lections europ&#233;ennes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re observation, lors des &#233;lections europ&#233;ennes qui se sont d&#233;roul&#233;es dans les 27 pays membres de l'UE entre le 6 et le 9 juin 2024, le taux de participation a de nouveau &#233;t&#233; tr&#232;s faible. En (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/4067870123_b7823a9c1c_k-afefc.jpg?1724150810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cet entretien, &#201;ric Toussaint r&#233;alise un tour d'horizon du bilan des &#233;lections europ&#233;ennes, de la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et des possibilit&#233;s &#224; gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Inprecor 721 - juin 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juin 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par &#201;ric Toussaint&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment interpr&#233;ter les r&#233;sultats des &#233;lections europ&#233;ennes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re observation, lors des &#233;lections europ&#233;ennes qui se sont d&#233;roul&#233;es dans les 27 pays membres de l'UE entre le 6 et le 9 juin 2024, le taux de participation a de nouveau &#233;t&#233; tr&#232;s faible. En moyenne, pour l'Union europ&#233;enne, il s'est &#233;lev&#233; &#224; 51%. Il faut prendre en compte que des pays o&#249; le vote est obligatoire rentrent dans le calcul de cette moyenne, comme c'est le cas pour la Belgique, ou le taux de participation s'est &#233;lev&#233; &#224; 90% (1). Sans eux, le pourcentage de participation passerait en dessous de la barre des 50%. Sur les 27 pays membres de l'UE, 15 pays affichent un taux de participation inf&#233;rieur &#224; 50%. Et des pays r&#233;cemment entr&#233;s dans l'UE ont connu des taux extr&#234;mement faibles. En Italie on constate 6 points de pourcentage de moins qu'en 2019. En Croatie le taux de participation n'a atteint que 21,35%. A noter que la Croatie n'est rentr&#233;e dans l'UE qu'en 2013 et seulement en 2023 dans la zone Euro et l'espace Schengen. En Lituanie, qui a adh&#233;r&#233; &#224; l'UE en 2004, le taux de participation s'est &#233;lev&#233; &#224; 28,35%. Pour les deux autres r&#233;publiques baltes, le taux s'&#233;l&#232;ve pour la Lettonie &#224; 34% et pour l'Estonie &#224; 37,6%. Les autres pays o&#249; la participation a &#233;t&#233; faible : la Tch&#233;quie avec 36,45%, la Slovaquie avec 34,40%, le Portugal avec 36,5%, la Finlande avec 40,4, la Bulgarie avec 33,8% et la Gr&#232;ce avec 41,4% (alors que dans ces deux pays le vote est obligatoire !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les grands pays de l'Union europ&#233;enne, seule l'Allemagne d&#233;passe les 50% de participation en atteignant 65%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion :&lt;/strong&gt; La majorit&#233; des citoyens et des citoyennes de l'Union europ&#233;enne n'ont aucun engouement pour les institutions de l'UE et n'ont pas confiance dans l'utilit&#233; d'utiliser leur droit de vote. Les citoyens et les citoyennes des pays de l'ancien bloc de l'Est ou du Sud de l'Europe qui avaient beaucoup d'espoir au moment o&#249; leur pays &#224; adh&#233;rer &#224; l'UE ou plus tard &#224; la zone euro ou &#224; l'espace Schengen sont clairement d&#233;&#231;u&#183;es par les promesses non tenues d'am&#233;lioration des conditions de vie. La progression des droits sociaux ne s'est pas concr&#233;tis&#233;es, au contraire. S'il adopte quelques fois des r&#233;solutions relativement positives, le Parlement europ&#233;en n'a pas de v&#233;ritable pouvoir. C'est la Commission et le Conseil qui, au sein de l'UE, prennent v&#233;ritablement les d&#233;cisions et les grands pays comme l'Allemagne et la France y exercent une influence d&#233;cisive. Il ne faut pas non plus oublier le r&#244;le coercitif de la &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/BCE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; Banque centrale europ&#233;enne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui a montr&#233; &#224; plusieurs occasions, comme dans le cas de la Gr&#232;ce en 2015, qu'elle voulait et pouvait d&#233;stabiliser un gouvernement qui ne suivait pas docilement la politique voulue par les dirigeant&#183;es de l'UE. Une politique exig&#233;e par les gouvernements des pays qui dominent &#233;conomiquement et politiquement l'Union et par les grandes entreprises priv&#233;es, en particulier les grandes banques priv&#233;es et les&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Fonds-d-investissement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fonds d'investissement&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Les citoyens et citoyennes se sont aussi rendus compte que pendant la pand&#233;mie du coronavirus (2020-2021), les dirigeant&#183;es de l'UE &#233;taient incapables d'adopter des politiques sanitaires pour les prot&#233;ger efficacement. Et depuis lors, l'UE n'a rien fait pour am&#233;liorer structurellement la situation, refusant de se doter d'une industrie pharmaceutique capable de r&#233;pondre &#224; une prochaine pand&#233;mie, refusant de soutenir la proposition avanc&#233;e par 135 pays du sud Global de suspendre l'application des brevets, emp&#234;chant l'acc&#232;s universel aux vaccins et pr&#233;f&#233;rant par contre soutenir l'industrie europ&#233;enne d'armement et accro&#238;tre les d&#233;penses militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me observation, il y a un renforcement tr&#232;s important des forces conservatrices de droite et des forces d'extr&#234;me droite. Les forces politiques qui se pr&#233;sentaient comme centristes, ou centre-droit, tout en menant une politique de droite dure par rapport aux migrant&#183;es, aux candidat&#183;es au droit d'asile, &#224; la remilitarisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'Europe, ont souffert dans certains cas de lourdes pertes. C'est en particulier le cas du regroupement autour du parti d'Emmanuel Macron, &lt;i&gt;Renaissance&lt;/i&gt;, qui a perdu 10 si&#232;ges, passant de 23 &#224; 13. Autre exemple, l'Open VLD du premier ministre belge Alexander De Croo, qui a perdu la moiti&#233; de ses si&#232;ges. Les &#233;lecteur&#183;ices pr&#233;f&#232;rent l'original (d'extr&#234;me-droite ou de droite conservatrice dure) &#224; la copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres grands perdants sont les Verts europ&#233;ens qui ont pay&#233; leur compromission en mati&#232;re de politique pour faire face au changement climatique, &#224; la crise &#233;cologique, ou pour g&#233;rer les flux migratoires et la politique du droit d'asile. Ils ont &#233;galement pay&#233; leur appui &#224; la politique de remilitarisation de l'Europe et l'alignement sur l'&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/OTAN-Organisation-du-traite-de-l&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;OTAN&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. En effet, &#224; certaines occasions, les Verts, ont jou&#233; un r&#244;le fondamental dans la formation de majorit&#233;s au Parlement et dans l'approbation des principales mesures de la l&#233;gislature 2019-2024 (Pacte vert, remilitarisation europ&#233;enne, Pacte sur l'immigration et l'asile, etc.). Dans leurs pays respectifs, ils ont accompagn&#233; des politiques de droite comme en Allemagne et en Belgique. &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Qui-seme-des-politiques-d-extreme-droite-recolte-des-politiques-d-extreme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comme l'&#233;crit Miguel Urban&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Si, en 2019, ils se sont impos&#233;s, dans une certaine mesure, comme des forces de renouvellement et de modernisation d'une gouvernance bipartisane d&#233;pass&#233;e, leur incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux attentes les a conduits &#224; payer un co&#251;t &#233;lectoral &#233;lev&#233;.&lt;/i&gt; &#187; (2). Le groupe des Verts europ&#233;ens perd 19 si&#232;ges, passant de 71 si&#232;ges &#224; 52 si&#232;ges. De 4e groupe au sein du Parlement europ&#233;en, ou il devan&#231;ait les deux groupes parlementaires de l'extr&#234;me droite &#8211; ECR et ID (voir plus loin), il passe &#224; la sixi&#232;me place. Il est donc dor&#233;navant devanc&#233; par ces deux groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me observation, la coalition de 3 groupes parlementaires qui gouvernent les institutions europ&#233;ennes, c'est-&#224;-dire, le groupe du Parti Populaire europ&#233;en, le groupe social-d&#233;mocrate des partis socialistes et Renew Europe (qui inclut notamment Renaissance d'Emmanuel Macron, l'Open VLD d'Alexander de Croo - qui a d&#233;missionn&#233; le soir des &#233;lections suite &#224; la d&#233;faite de son parti - et le VVD de Mark Rutte, ex-premier ministre hollandais), conserve une majorit&#233; m&#234;me si elle est amoindrie, car elle passe de 417 si&#232;ges &#224; 406 et peut continuer de gouverner l'UE. Mais le groupe dominant au sein de cette coalition, &#224; savoir le groupe du Parti populaire europ&#233;en, dans lequel pr&#233;domine la CDU-CSU de Ursula Vander Leyen et le Parti populaire espagnol est clairement tent&#233; de tendre la main &#224; Giorgia Meloni et &#224; son parti d'extr&#234;me droite, les Fratellis d'Italie (membre du groupe parlementaire europ&#233;en ECR) afin d'inclure l'Italie dans la gouvernance europ&#233;enne. De son c&#244;t&#233;, Giorgia Meloni, s'appuie sur son succ&#232;s &#233;lectoral le 9 juin et sur la progression du groupe parlementaire d'extr&#234;me droite, sur lequel elle exerce un leadership, qui passe de 69 eurod&#233;put&#233;&#183;es &#224; 83. Elle exige un poste parmi ceux des principaux dirigeant&#183;es de l'UE en arguant que Renew Europe est pass&#233; de 102 europarlementaires &#224; 81. On verra fin juin, si elle obtient satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me observation, le groupe de la &#171; gauche radicale &#187; &#8211; qui constitue le plus petit groupe au sein du parlement europ&#233;en &#8211; malgr&#233; des pertes dans certains pays comme le Portugal o&#249; tant le Bloc de Gauche que le PCP perdent pr&#232;s de la moiti&#233; des voix et des si&#232;ges, se renforce globalement, passant de 37 si&#232;ges &#224; 39. Il pourrait encore cro&#238;tre vu que des non-inscrit&#183;es et des ind&#233;pendant&#183;es, qui repr&#233;sentent plus de 80 eurod&#233;put&#233;&#183;es, pourraient le rejoindre. Au-del&#224; de la composition et du nombre du groupe de la gauche radicale &lt;i&gt;The Left&lt;/i&gt;, il faut relever certains succ&#232;s. C'est le cas du bon r&#233;sultat de la France Insoumise par rapport aux r&#233;sultats de 2019, qui passe de 7 &#224; 9 parlementaires, et qui atteint pr&#232;s de 10% des voix. Il faut ajouter &#233;galement le r&#233;sultat de la gauche radicale en Belgique, avec le progr&#232;s du PTB, qui double son score et sa repr&#233;sentation au Parlement europ&#233;en (voir plus loin). Notons aussi le cas de l'Italie o&#249; l'alliance verte et de gauche atteint pr&#232;s de 7% des voix et obtient deux europarlementaires (voir plus loin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me observation, la crise des r&#233;gimes politiques continue &#224; se traduire, outre le renforcement de l'extr&#234;me droite, par l'apparition et le succ&#232;s de listes &#233;ph&#233;m&#232;res tirant avantage de leur impact sur les r&#233;seaux sociaux et de la recherche d'alternatives hors des partis politiques traditionnels ou m&#234;me d'extr&#234;me-droite &#171; classique &#187;. Deux exemples de ce ph&#233;nom&#232;ne : la liste de&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/politique/elections-europeens/4095514-20240610-europeennes-2024-youtubeur-24-ans-fidias-panayiotou-va-representer-chypre-parlement-europeen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fidias Panayiotou, un tiktoker chypriote de 24 ans&lt;/a&gt;, qui a &#233;t&#233; la troisi&#232;me force remportant un si&#232;ge au Parlement europ&#233;en avec pr&#232;s de 20 % des voix, et &lt;a href=&#034;https://es.wikipedia.org/wiki/Alvise_P%C3%A9rez&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alvise P&#233;rez&lt;/a&gt;, le candidat de Se Acab&#243; La Fiesta (La f&#234;te est finie), l'une des nouveaut&#233;s &#233;lectorales en Espagne qui a obtenu trois d&#233;put&#233;s europ&#233;ens avec 800 000 voix. Alvise P&#233;rez est tr&#232;s &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Actif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;actif&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; sur les r&#233;seaux sociaux Telegram et Twiter / X sur lesquels ils diffusent des fakenews clairement orient&#233;es &#224; droite. Derni&#232;rement, X lui a retir&#233; l'acc&#232;s au r&#233;seau. Il fait l'objet de plusieurs poursuites p&#233;nales pour diffamation et esp&#232;re bien profiter du statut d'eurod&#233;put&#233; pour y &#233;chapper durant la dur&#233;e de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est l'ampleur du renforcement de l'extr&#234;me-droite ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux groupes parlementaires d'extr&#234;me droite, qui ensemble regroupaient 118 d&#233;put&#233;&#183;es en 2019, sortent renforc&#233;s des &#233;lections de 2024. Ils comptent 134 d&#233;put&#233;&#183;es europ&#233;en-nes. Cela monte &#224; 149 parlementaires si on y ajoute les 15 parlementaires de l'extr&#234;me droite allemande Alternative f&#252;r Deutschland AFD (&lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/politique/le-rassemblement-national-fait-exclure-l-afd-du-groupe-id-au-parlement-europeen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qui, suite &#224; des prises de positions pro nazie de son candidat principal pendant la campagne europ&#233;enne, a &#233;t&#233; exclu en mai 2024 du groupe Identit&#233; et D&#233;mocratie -ID- domin&#233; par le RN de Marine Le Pen&lt;/a&gt;). A noter que l'AFD est devenue le 9 juin 2024, avec 15 europarlementaires, la deuxi&#232;me force politique en Allemagne alors qu'aux &#233;lections europ&#233;ennes de 2019, elle occupait la cinqui&#232;me place avec 9 europarlementaires. Si on y ajoute le parti Fidesz-Union civique hongroise de Viktor Orban qui est venu en t&#234;te des &#233;lections hongroises et qui a remport&#233; 10 si&#232;ges, cela donnerait 159 parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter effectivement qu'un certain nombre de non-inscrit&#183;es et d'ind&#233;pendant&#183;es risquent aussi de rejoindre un des deux groupes parlementaires de l'extr&#234;me droite. L'extr&#234;me droite a r&#233;ussi &#224; devenir la premi&#232;re force politique en Italie (Fr&#232;res d'Italie), en France (RN), en Hongrie (Fidesz-Union civique hongroise), aux Pays-Bas (PVV Partij voor de Vrijheid de Geert Wilders) et en Autriche (FP&#214;). Et la deuxi&#232;me force en Allemagne (AFD) et en Belgique (gr&#226;ce au succ&#232;s de Vlaams Belang dans la partie flamande du pays o&#249; il occupe la deuxi&#232;me place derri&#232;re la NVA, un parti de droite radical). L'extr&#234;me droite n'a cess&#233; de progresser en Europe depuis le d&#233;but du si&#232;cle. Comme le souligne Miguel Urban, eurod&#233;put&#233; sortant d'anticapitalistas, il y a 20 ans, les parlementaires de l'extr&#234;me droite peinaient &#224; constituer un groupe parlementaire dans le Parlement europ&#233;en car cela impliquait &lt;a href=&#034;https://www.europarl.europa.eu/about-parliament/fr/organisation-and-rules/organisation/political-groups&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'avoir des &#233;lu&#183;es dans 7 pays et d'atteindre au moins 23 si&#232;ges&lt;/a&gt;. Aujourd'hui, ils disposent de deux grands groupes parlementaires qui, s'ils s'unissaient, constitueraient la deuxi&#232;me force politique dans le Parlement europ&#233;en. Au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, l'extr&#234;me droite a fait son apparition dans certains pays o&#249; elle n'avait jusque-l&#224; aucun si&#232;ge. C'est le cas du Portugal avec l'organisation d'extr&#234;me droite Chega, qui aux derni&#232;res &#233;lections parlementaires de mars 2024, a obtenu 18% des voix et pour la premi&#232;re fois fait son entr&#233;e dans le Parlement europ&#233;en avec 2 si&#232;ges, apr&#232;s avoir recueilli 9,8% des voix le 9 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se r&#233;partissent les diff&#233;rents groupes politiques au sein du parlement europ&#233;en et quelles sont leurs caract&#233;ristiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH348/172af2f3c3005e33-a430fea6-433c8.png?1724150811' width='500' height='348' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_47068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH535/ca4b2444bbb6797a-db315a7e-9baf6.png?1724150811' width='500' height='535' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_47070 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH346/a7e7a363213a49e8-a24629b4-0ea0e.png?1724150811' width='500' height='346' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_47071 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L492xH600/87026fa1762e08f8-0d922f63-d0738.png?1724150811' width='492' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://results.elections.europa.eu/fr/outils/outil-de-comparaison/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source Europa.eu.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le Parti Populaire Europ&#233;en&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier groupe au sein du Parlement europ&#233;en est &lt;a href=&#034;https://www.eppgroup.eu/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le parti populaire europ&#233;en&lt;/a&gt;, pr&#233;sent dans les 27 pays de l'Union europ&#233;enne et disposant de 190 si&#232;ges. Il progresse de 14 si&#232;ges par rapport &#224; 2019. En son sein, on retrouve des partis conservateurs avec une connotation chr&#233;tienne comme la CDU-CSU allemande de Ursula Van Der Leyen et Angela Merkel, comme le PP espagnol, la Coalition civique (en polonais : Koalicja Obywatelska, abr&#233;g&#233; en KO) dirig&#233;e par Donald Tusk qui gouverne depuis fin 2023, le CDNV en Belgique, mais aussi le parti de feu Silvio Berlusconi, &lt;i&gt;Forza Italia&lt;/i&gt;. Les partis nationaux qui soutiennent le groupe PP au parlement europ&#233;en ont radicalis&#233; leur positionnement &#224; droite sur les th&#232;mes li&#233;s aux droits des migrant&#183;es et des r&#233;fugi&#233;&#183;es, &#224; la s&#233;curit&#233;, &#224; la guerre, &#224; l'OTAN, &#224; l'offensive contre les droits sociaux, au soutien g&#234;n&#233; mais bien r&#233;el &#224; la politique du gouvernement d'extr&#234;me droite de Netanyahou, &#224; la poursuite et &#224; l'approfondissement des politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales de privatisation et d'atteintes aux services publics,&#8230; Ils ont g&#233;n&#233;ralement int&#233;gr&#233; en leur sein des personnalit&#233;s d'extr&#234;me droite comme c'est le cas du parti Nouvelle D&#233;mocratie qui gouverne la &lt;strong&gt;Gr&#232;ce &lt;/strong&gt; depuis 2019. Les partis membres du PPE font des alliances avec l'extr&#234;me droite comme c'est le cas en &lt;strong&gt;Espagne &lt;/strong&gt; du PP avec Vox (membre du groupe europ&#233;en ID) pour gouverner des r&#233;gions ou des municipalit&#233;s, ou en &lt;strong&gt;France&lt;/strong&gt; d'une partie du parti Les R&#233;publicains (notamment leur pr&#233;sident, le maire de Nice, &#201;ric Ciotti) avec le RN de Marine Le Pen et de Jordan Bardella dans la campagne &#233;lectorale des l&#233;gislatives du 30 juin 2024. En &lt;strong&gt;Autriche&lt;/strong&gt;, le Parti populaire autrichien (en allemand : &#214;sterreichische Volkspartei, abr&#233;g&#233; en &#214;VP) a durant des ann&#233;es fait alliance avec le FP&#214;, parti d'extr&#234;me-droite, jusqu'&#224; ce qu'en 2019, un scandale mettant en cause le dirigeant principal de ce parti rende impossible la poursuite de la collaboration. Depuis lors, le Parti populaire autrichien est associ&#233; au Verts. En&lt;strong&gt; Italie&lt;/strong&gt;, le parti membre du groupe Parti populaire au parlement europ&#233;en est Forza Italia, parti conservateur de droite radicale, de feu Silvio Berlusconi. Il fait partie du gouvernement de la leader d'extr&#234;me-droite Giorgia Meloni des Fr&#232;res d'Italie (Fratelli d'Italia) &#233;galement alli&#233;e dans le gouvernement &#224; un autre parti d'extr&#234;me droite italien, la Ligue du Nord de Matteo Salvini. En&lt;strong&gt; Finlande&lt;/strong&gt;, le Parti de la Coalition nationale (Kokoomus, Kok) du premier ministre Petteri Orpo, membre du groupe PPE, a form&#233; un gouvernement de coalition avec un parti d'extr&#234;me droite le Parti des Vrais Finlandais. En &lt;strong&gt;Su&#232;de&lt;/strong&gt;, le parti d'extr&#234;me droite D&#233;mocrates de Su&#232;de (&lt;i&gt;Sverigedemokraterna&lt;/i&gt;, SD) soutient, sans en faire partie, le gouvernement conservateur en place depuis 2022 compos&#233; notamment Parti mod&#233;r&#233; de rassemblement (&lt;i&gt;Moderata samlingspartiet&lt;/i&gt;), membre du PPE. Ce gouvernement m&#232;ne une politique r&#233;pressive dure contre les migrant&#183;es et a fait adh&#233;rer la Su&#232;de &#224; l'OTAN en 2023. Ce qu'a fait &#233;galement la Finlande. Ajoutons &#233;galement que, en&lt;strong&gt; Hongrie&lt;/strong&gt;, le parti d'extr&#234;me droite du pr&#233;sident Viktor Orban, le Fidesz-Union civique hongroise (&lt;i&gt;Fidesz-Magyar Polg&#225;ri Sz&#246;vets&#233;g&lt;/i&gt;) a &#233;t&#233; membre du PPE jusque 2021. De toute mani&#232;re, la liste des compromissions et des alliances de partis membre du PPE avec l'extr&#234;me droite est plus large que ce qui vient d'&#234;tre mentionn&#233; et m&#233;riterait une &#233;tude compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. S&amp;D Groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et D&#233;mocrates au Parlement europ&#233;en, fid&#232;le alli&#233; du Parti populaire europ&#233;en pour gouverner l'UE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me groupe parlementaire en termes de nombre est celui de&lt;a href=&#034;https://www.socialistsanddemocrats.eu/fr/who-we-are/our-members/meps&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Alliance Progressiste des Socialistes et D&#233;mocrates&lt;/a&gt;qui compte 136 parlementaires alors qu'il en rassemblait 139 en 2019. Les socialistes espagnols et les Italiens du Parti d&#233;mocratique obtiennent chacun le 21 europarlementaires mais les Espagnols perdent un si&#232;ge (ils en avaient 22 en 2019) tandis que les Italiens en gagnent 6 en passant de 15 &#224; 21. Les socialistes allemands ont perdu 2 si&#232;ges passant de 16 &#224; 14. Au Portugal, le parti socialiste passe de 8 &#224; 7 parlementaires. Les socialistes autrichiens gardent 5 si&#232;ges tout comme en 2019 mais passent de la deuxi&#232;me force politique &#224; la troisi&#232;me. En Bulgarie les socialistes passent de 4 &#224; 2 parlementaires. En Roumanie, les socialistes passent de 4 &#224; 6 si&#232;ges. Les socialistes belges obtiennent 4 parlementaires contre 2 en 2019. En Croatie, les socialistes se maintiennent avec 4 si&#232;ges. Au Danemark les socialistes se maintiennent avec 3 si&#232;ges (sur 15 si&#232;ges) ; en Finlande, ils stagnent &#224; 2 si&#232;ges (sur 21 si&#232;ges) ; en Su&#232;de, ils conservent leurs 5 si&#232;ges (sur 21). En France, ils connaissent une importante progression passant de 7 &#224; 13 si&#232;ges et sont &#224; &#233;galit&#233; avec le parti de Macron qui, lui, perd 10 si&#232;ges (alors que le parti de Marine Le Pen gagne 12 si&#232;ges passant de 18 &#224; 30). En Gr&#232;ce ils passent de 2 en 2019 &#224; 3 si&#232;ges en 2024. Aux Pays-Bas, les socialistes perdent et passent de 6 &#224; 4 si&#232;ges. En Tch&#233;quie et en Slovaquie, les socialistes n'ont aucun parlementaire. En Slov&#233;nie ils passent de 2 &#224; 1 si&#232;ge. En Estonie et en Lituanie, les socialistes se maintiennent &#224; 2 si&#232;ges comme en 2019, en Lettonie, ils passent de 2 &#224; 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe parlementaire socialiste europ&#233;en a appuy&#233; les m&#234;me orientations et les m&#234;mes politiques que le groupe du Parti Populaire europ&#233;en, il n'y a eu aucune rupture entre eux sur les grandes questions au niveau des politiques &#233;conomiques, de la politique migratoire, de l'augmentation des d&#233;penses militaires, du renforcement de l'OTAN et de l'alignement sur Washington, du refus de prendre des sanctions contre Isra&#235;l, du choix de ne pas appliquer un virage radical pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. ECR Le groupe des Conservateurs et des R&#233;formistes europ&#233;ens, le plus important regroupement d'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe des Conservateurs et des R&#233;formistes europ&#233;ens est &#224; ce stade le principal groupe parlementaire d'extr&#234;me-droite et compte 83 eurod&#233;put&#233;&#183;es. Par rapport aux &#233;lections de 2019, ce groupe a progress&#233; de 14 si&#232;ges. Le parti de Giorgia Meloni, les Fr&#232;res d'&lt;strong&gt;Italie&lt;/strong&gt; (Fratelli d'Italia) constitue la principale force politique de ce groupe avec 24 parlementaires &#233;lu&#183;es en 2024 contre 10 en 2019. Ensuite vient en &lt;strong&gt;Pologne &lt;/strong&gt; le parti Loi et Justice (PIS est le sigle en polonais) qui a gouvern&#233; ce pays de 2015 &#224; fin 2023 et qui compte 20 parlementaires contre 27 en 2019. A noter qu'en 2019, il constituait la principale force politique du pays et qu'en 2024, il a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; par la Coalition civique (en polonais : Koalicja Obywatelska, abr&#233;g&#233; en KO) dirig&#233;e par Donald Tusk, qui gouverne depuis fin 2023, comme nous l'avons vu en parlant du PPE. En &lt;strong&gt;Espagne&lt;/strong&gt;, c'est le parti d'extr&#234;me-droite VOX qui fait partie du groupe ECR, il a obtenu 6 si&#232;ges en 2024 contre 4 en 2019. En &lt;strong&gt;France&lt;/strong&gt;, les membres d'ECR se retrouvent plus ou moins dans la formation politique d'extr&#234;me-droite Reconqu&#234;te du raciste &#201;ric Zemmour, ils sont au nombre de 4 (3). En&lt;strong&gt; Belgique&lt;/strong&gt;, la NVA, le principal parti nationaliste flamand ultra n&#233;olib&#233;ral et raciste fait partie d'ECR avec 3 parlementaires (le m&#234;me chiffre qu'en 2019). La NVA a obtenu 22% de voix en Flandres et a devanc&#233; de peu le Vlaams Belang au cours des &#233;lections au parlement f&#233;d&#233;ral qui se d&#233;roulait en m&#234;me temps que les europ&#233;ennes. C'est le dirigeant de la NVA qui conduit les n&#233;gociations pour la constitution d'un nouveau gouvernement en Belgique, gouvernement qui sera enti&#232;rement compos&#233; par des partis de droite. Le Vlaams Belang, qui est encore plus &#224; droite que la NVA, a d&#233;pass&#233; celle-ci de peu aux &#233;lections europ&#233;ennes et compte &#233;galement 3 eurod&#233;put&#233;&#183;es. Le Vlaams Belang fait partie de l'autre grand groupe d'extr&#234;me droite dans le parlement europ&#233;en, le groupe ID domin&#233; par le RN de Marine Le Pen (voir plus loin). Lors de la campagne &#233;lectorale pour le parlement f&#233;d&#233;ral belge la NVA a adopt&#233; un discours pas tr&#232;s &#233;loign&#233; du Vlaams Belang afin de ne pas perdre trop de voix en sa faveur. Bart de Wever, le dirigeant de la NVA, s'est pr&#233;sent&#233; en quelque sorte comme un rempart face au danger que repr&#233;sente le Vlaams Blok. N&#233;anmoins, lors de la soir&#233;e &#233;lectorale du 9 juin, Bart de Wever content d'avoir d&#233;pass&#233; (de peu) le Vlaams Blok a f&#233;licit&#233; celui-ci pour son r&#233;sultat en progression. Le programme &#233;conomique de la NVA est calqu&#233; sur le programme du patronat belge et flamand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &lt;strong&gt;Tch&#233;quie&lt;/strong&gt;, la coalition SPOLU qui fait partie du groupe ECR dispose de 3 d&#233;put&#233;&#183;es europ&#233;en&#183;nes. En&lt;strong&gt; Su&#232;de&lt;/strong&gt;, fait partie de l'ECR le parti d'extr&#234;me droite les D&#233;mocrates de Su&#232;de (&lt;i&gt;Sverigedemokraterna&lt;/i&gt;, SD), il dispose de 3 &#233;lu&#183;es au Parlement europ&#233;en comme en 2019. En&lt;strong&gt; Finlande&lt;/strong&gt;, on trouve le parti des finlandais (PS Perussuomalaiset/Sannfinl&#228;ndarna) qui a perdu des voix en 2024 et n'a plus qu'1 parlementaire europ&#233;en contre 2 en 2019. C'est une bonne nouvelle que ce parti paie sa participation au gouvernement finlandais dans lequel il a 7 ministres. En &lt;strong&gt;Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;, le parti affili&#233; &#224; l'ECR est la Solution grecque qui a progress&#233; lors des &#233;lections de 2024 et a obtenu 2 &#233;lus contre 1 en 2019. Tous les partis europ&#233;ens d'ECR sont clairement d'extr&#234;me droite. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas, il est important de retenir que dans au moins deux pays de l'UE, des partis membres de l'ECR dirigent ou vont diriger le gouvernement, c'est le cas de l'Italie et probablement de la Belgique dans les semaines ou les mois qui viennent. Ils sont aussi au gouvernement en Finlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. RENEW Europe &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Renew Europe est le quatri&#232;me groupe parlementaire europ&#233;en en termes de poids. Sa force a &#233;t&#233; fortement amenuis&#233;e suite aux &#233;lections de 2024, il passe de 102 en 2019 &#224; 81 parlementaires en 2024. Les principales formations politiques du groupe RENEW sont le parti du pr&#233;sident fran&#231;ais Emmanuel Macron, 3 partis de droites de Belgique &#8211; le MR dont est issu Charles Michel, le pr&#233;sident du Conseil dont le mandat s'ach&#232;ve, l'Open VLD de l'ex-premier ministre belge Alexander De Croo, et les Engag&#233;s, un parti qui provient de la famille PPE et qui vient de rejoindre RENEW depuis les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2024 apr&#232;s avoir fait un bon score &#233;lectoral. Aux &lt;strong&gt;Pays-Bas&lt;/strong&gt;, &#233;galement membre de RENEW, le VVD le parti de l'ex-premier ministre Mark Rutte, qui vient de devenir le nouveau chef de l'OTAN,&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/europe/20240618-pays-bas-vers-coalition-avec-geert-wilders-extreme-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fait d&#233;sormais partie d'un gouvernement de coalition dirig&#233; par le parti d'extr&#234;me-droite&lt;/a&gt;du raciste Geert Wilders (du Parti pour la Libert&#233;). C'est son parti qui a propuls&#233; le nouveau premier ministre hollandais&lt;a href=&#034;https://www.politico.eu/article/who-is-dick-schoof-8-things-to-know-about-the-new-dutch-pm/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dick Schoof&lt;/a&gt;, qui a &#233;t&#233; chef des services de renseignement et qui officiellement n'est membre d'aucun parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Identit&#233; et D&#233;mocratie (ID)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second groupe parlementaire d'extr&#234;me-droite est le groupe Identit&#233; et D&#233;mocratie (ID), il a &#233;galement grandi depuis les &#233;lections de 2019, passant de 49 &#224; 58 parlementaires europ&#233;en&#183;nes en 2024. Le groupe est pr&#233;sent dans 7 pays. Le Rassemblement national de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, qui est venu en t&#234;te des &#233;lections europ&#233;ennes en France en faisant le double des voix du parti d'Emmanuel Macron, y exerce le leadership avec 30 parlementaires contre 18 en 2019. Ensuite vient la Ligue du Nord de Matteo Salvini, qui a subi d'&#233;normes pertes par rapport &#224; 2019. Son groupe ne compte plus que 8 parlementaires, alors qu'il en comptait 22. Le parti de Salvini fait partie du gouvernement de Giorgia Meloni, dont il est le vice-premier ministre (poste qu'il a occup&#233; &#233;galement en 2018-2019). Le parti de Salvini int&#232;gre des personnalit&#233;s d'extr&#234;me droite affichant leur sympathie pour Mussolini comme &lt;a href=&#034;https://legrandcontinent.eu/fr/2024/06/09/roberto-vannacci-10-phrases-chocs-du-general-extremiste-de-salvini-aux-europeennes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'ancien g&#233;n&#233;ral Vannacci&lt;/a&gt;. En &lt;strong&gt;Autriche&lt;/strong&gt; le Parti de la libert&#233; d'Autriche ou Parti lib&#233;ral autrichien (en allemand :&lt;i&gt; Freiheitliche Partei &#214;sterreichs&lt;/i&gt;, FP&#214;) a fait partie du gouvernement de 2000 &#224; 2006, et ensuite de 2017 &#224; 2019. Plusieurs de ses membres et dirigeants n'ont pas cach&#233; leurs sympathies nazies. Le parti n'a plus pu faire partie d'un gouvernement suite &#224; un scandale ayant &#233;clat&#233; en 2019, qui a permis de r&#233;v&#233;ler avec vid&#233;o &#224; la cl&#233; qu'un de ses dirigeants principaux avait n&#233;goci&#233; le financement du parti avec un oligarque russe. Ceci dit, entre 2019 et 2024, il a doubl&#233; ses voix et ses parlementaires europ&#233;ens passant de 3 &#224; 6. Il est ainsi devenu le premier parti autrichien en 2024, devan&#231;ant d'un si&#232;ge au parlement europ&#233;en le parti membre du groupe parti populaire europ&#233;en et le parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux&lt;strong&gt; Pays-Bas&lt;/strong&gt;, c'est le Parti pour la Libert&#233; (en n&#233;erlandais Partij voor de Vrijheid) de Geert Wilders qui fait partie du groupe Identit&#233; et D&#233;mocratie, il est devenu la principale force politique du pays en novembre 2023 et vient de constituer un gouvernement avec le VVD qui fait partie de Renew (voir plus haut). Aux &#233;lections europ&#233;ennes, il a confirm&#233; sa position de premier parti en obtenant 6 parlementaires tandis que le VVD de Mark Rutte en a obtenu 4. En&lt;strong&gt; Belgique&lt;/strong&gt;, dans la partie flamande, le Vlaams Belang, qui est membre de Identit&#233; et D&#233;mocratie, a connu une forte progression &#233;lectorale en juin 2024 en devenant le principal parti en termes de votes pour les &#233;lections europ&#233;ennes. Pour les &#233;lections au parlement belge, il est la deuxi&#232;me force apr&#232;s la NVA qui, comme on l'a vu, fait partie de l'autre groupe parlementaire d'extr&#234;me droite, l'ECR. Le groupe ID est &#233;galement pr&#233;sent en Estonie et en Tch&#233;quie mais ce sont des forces marginales obtenant chacune seulement un parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Le groupe des Verts europ&#233;ens (51 au lieu de 71 en 2019)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe des Verts europ&#233;ens a connu une importante d&#233;faite lors des &#233;lections de 2024, passe de 71 parlementaires &#224; 51. Le groupe revient grosso modo &#224; la taille qu'il avait entre 1999 et 2019 avant de conna&#238;tre une forte croissance en 2019 pour la l&#233;gislature qui se termine. Maintenant, il passe de la 4e position &#224; laquelle il s'&#233;tait hiss&#233; en 2019 &#224; la 6e position, d&#233;pass&#233; par les deux groupes parlementaires d'extr&#234;me droite, le groupe ECR et le groupe ID. Les Verts allemands (= Gr&#252;nen), partie prenante d'un gouvernement de grande coalition avec les socialistes et les lib&#233;raux, ont perdu pr&#232;s de la moiti&#233; des si&#232;ges, passant de 21 europarlementaires &#224; 12. Si on ajoute les autres petites listes allemandes qui appartiennent &#233;galement au groupe des Verts europ&#233;ens, l'ensemble passe de de 25 &#224; 16. Les Verts allemands ont accept&#233; l'orientation du gouvernement dirig&#233; par le socialiste Scholtz, r&#233;solument favorable au gouvernement fasciste de Netanyahou, pro OTAN et favorable &#224; une forte augmentation des d&#233;penses d'armement. Les Verts de Belgique ont &#233;galement subi une terrible d&#233;faite, en particulier dans la partie francophone du pays o&#249; ils ont pay&#233; un prix &#233;lev&#233; pour leur participation gouvernementale avec deux partis de droite et les socialistes. Ils sont pass&#233;s de 2 europarlementaires &#224; 1. Les Verts flamands s'en tirent un peu mieux et gardent un europarlementaire. Les verts autrichiens qui sont au gouvernement depuis 2019 avec l'OVP, membre du PPE, sont aussi perdants et passent des 3 parlementaires &#224; 2. Les Verts fran&#231;ais, qui ont adopt&#233; une position de plus en plus mod&#233;r&#233;e sans pour autant &#234;tre dans le gouvernement, ont aussi perdu un grand nombre de voix passant de 10 europarlementaires &#224; 5. L'exception &#224; cette tr&#232;s importante chute se situe au Danemark : les Verts progressent et passent de 2 si&#232;ges &#224; 3 si&#232;ges au PE. En Italie ils se maintiennent avec 3 si&#232;ges au PE de m&#234;me qu'en Su&#232;de avec 3 si&#232;ges &#233;galement. Dans les pays de l'Est ils sont quasi absents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Le groupe parlementaire The Left (La Gauche)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le septi&#232;me groupe parlementaire europ&#233;en est constitu&#233; par le groupe The Left (La Gauche) anciennement GUE/NL. Au d&#233;part, il y a 25 ans, il &#233;tait compos&#233; de partis euro communistes auxquels s'ajoutaient notamment deux &#233;lus trotskystes Alain Krivine (Ligue Communiste r&#233;volutionnaire) et Arlette Laguiller (Lutte Ouvri&#232;re). Il s'est &#233;largi vers des partis de la gauche nordique (Danemark, Finlande et Su&#232;de) qui ne venaient pas de la tradition communiste. En 2004, il n'y a plus eu d'&#233;lu&#183;es trotskystes mais se joignirent &#224; la GUE, le Bloc de Gauche du Portugal (r&#233;sultat d'une fusion entre eurocommunistes, maoistes, trotskystes,&#8230;) et le Sinn Fein irlandais ainsi que le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) de Chypre et le Parti Communiste de Tch&#233;quie. Suites aux &#233;lections de 2009 la GUE connu une chute importante car les diff&#233;rentes organisations communistes italiennes perdirent toute repr&#233;sentation alors qu'elles avaient 7 si&#232;ges europ&#233;ens dans la pr&#233;c&#233;dente l&#233;gislature. La GUE se r&#233;duisit &#224; 35 parlementaires. Mais &#224; partir de 2014, de nouvelles formations en plein d&#233;veloppement ont renforc&#233; la GUE, notamment Syriza de Gr&#232;ce qui &#233;tait &#224; son apog&#233;e ou l'ont rejoint, comme Podemos en Espagne, qui venait d'&#234;tre cr&#233;&#233; et fit &#233;lire sur une orientation radicale 5 parlementaires du premier coup. Izquierda Unida d'Espagne avait &#233;galement des &#233;lu&#183;es. En cons&#233;quence en 2014, la GUE connut une croissance importante en gagnant 18 si&#232;ges, passant de 35 &#224; 53 si&#232;ges. Suite &#224; la capitulation de Syriza en 2015, du virage mod&#233;r&#233; de Podemos et de Die Linke en Allemagne, la GUE/NL perdit des plumes et retomba &#224; 37 si&#232;ges en 2019. Les r&#233;sultats des &#233;lections de 2024 situent The Left, le nom qui remplace le sigle GUE/NL, &#224; son niveau de 2009 et de 2019. &#192; noter des r&#233;sultats positifs en France o&#249; La France Insoumise gagne 4 si&#232;ges, passant de 5 &#224; 9, en Belgique, o&#249; gr&#226;ce au PTB, The Left gagne 1 eurod&#233;put&#233;, en Italie, avec la liste Alliance Verte et Gauche qui obtient 2 eurod&#233;put&#233;&#183;es. Par contre, pour la premi&#232;re fois depuis longtemps, Izquierda Unida, dans lequel se trouve le PC espagnol (IU-PC fait partie de Sumar qui particpe au gouvernement du socialiste Pedro Sanchez) et le PC fran&#231;ais seront absents du Parlement europ&#233;en et AKEL &#224; Chypre recule. Podemos, qui est sorti du gouvernement de Pedro Sanchez et de Sumar en 2023, sur une ligne gauche a obtenu 2 si&#232;ges (alors qu'en 2019, il en avait 5). Anticapitalistas, qui avait un si&#232;ge, ne s'est pas repr&#233;sent&#233;. Die Linke obtient seulement 2,7% des voix et perd 2 si&#232;ges, il passe de 5 parlementaires &#224; 3, ayant souffert d'une scission organis&#233;e par une de ses anciennes dirigeantes qui a cr&#233;&#233; un mouvement qui porte son nom : le Rassemblement Sarah Wagenknecht &lt;a href=&#034;https://bsw-vg.de/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;(B&#252;ndnis Sahra Wagenknecht&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau parti, qui a obtenu 6,2% des votes (pr&#232;s de deux millions de voix) et 6 europarlementaires du premier coup, ne fera probablement pas partie de The Left. Affaire &#224; suivre. Le Rassemblement Sarah Wagenknecht a obtenu d'importants r&#233;sultats sur le territoire de l'ex-Allemagne de l'Est obtenant parfois 15% des voix et arrivant en troisi&#232;me place derri&#232;re le parti d'extr&#234;me-droite AFD et le parti de Usurla von der Leyen CDU/CSU, membre du PPE. Il n'exclut de faire un accord avec ce parti (et le parti socialiste SPD) pour gouverner des provinces de l'Est et ainsi &#233;viter que l'AFD n'arrive au gouvernement. Le nouveau parti de Sarah Wagenknecht a gagn&#233; des voix au d&#233;triment du parti social-d&#233;mocrate du chancelier Scholtz, de Die Linke, de l'AFD, des Lib&#233;raux, des Verts et de la CDU-CSU. &lt;a href=&#034;https://www.reuters.com/world/europe/lower-taxes-higher-pensions-new-leftist-party-wins-over-germanys-disaffected-2024-06-10/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Selon Reuters&lt;/a&gt;, dans l'ordre, cela donne 500 000 venues du SPD, 400 000 venues de Die Linke et 140 000 de l'AFD. Sarah Wagenknecht et son parti ont adopt&#233; une position favorable au contr&#244;le des flux migratoires, le refus d'envoyer des armes pour soutenir l'Ukraine envahie par la Russie et la n&#233;cessit&#233; de l'ouverture de n&#233;gociations pour mettre fin &#224; la guerre,&#8230; Ils ne se prononcent pas pour des mesures anticapitalistes. La question de l'environnement occupe une place marginale dans le programme, de m&#234;me que la question des droits des LGBTQI+. On ne peut d&#232;s lors pas mettre ce nouveau parti dans la cat&#233;gorie des partis de gauche radicale mais ce serait une erreur de le ranger dans la droite. Son programme fait penser d'une certaine mani&#232;re au programme des Parti Communistes des ann&#233;es 1960-1970 (comme le Parti communiste fran&#231;ais) : une importante dose de protectionnisme pour d&#233;fendre les acquis sociaux, une recherche d'une alliance avec les classes moyennes, les chefs d'entreprise qui investissent dans la production nationale et cr&#233;ent des emplois, contre le grand capital globalis&#233;, internationalis&#233; et monopoliste. Une ligne anti-monopoliste plut&#244;t qu'anticapitaliste. Il faudra suivre de pr&#232;s son &#233;volution sans diaboliser le Rassemblement Sarah Wagenknecht tout en critiquant et en d&#233;battant sur tous les points qui exigent une orientation claire de gauche radicale, internationaliste, &#233;cologiste socialiste et f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les succ&#232;s de partis ou de listes qui font partie de The Left, il faut signaler les bons r&#233;sultats du PTB (Parti du Travail de Belgique) en Belgique, parti d'origine mao&#239;ste et stalinienne ayant renonc&#233; publiquement &#224; ces r&#233;f&#233;rences depuis une vingtaine d'ann&#233;es (4). Dans la partie flamande du pays, le PTB a doubl&#233; ses voix pour atteindre 8,2 % et obtenir son premier parlementaire europ&#233;en &#233;lu dans le coll&#232;ge flamand. Dans la r&#233;gion francophone (Wallonie et Bruxelles francophone), il a obtenu 15,4 % et maintient un europarlementaire. Pendant que se d&#233;roulaient les &#233;lections europ&#233;ennes, avaient &#233;galement lieu les &#233;lections f&#233;d&#233;rales et r&#233;gionales. Pour les &#233;lections au parlement flamand, le PTB a obtenu 8,3%, en forte hausse. En Wallonie, le PTB a connu un l&#233;ger tassement et a obtenu 12,1% (-1,5% par rapport &#224; 2019) et &#224; Bruxelles francophone, le PTB a progress&#233; et a obtenu 21 % (alors que le PS obtient 22%). Dans certaines municipalit&#233;s du c&#339;ur populaire de Bruxelles, le PTB d&#233;passe 25% des voix comme &#224; Anderlecht (28%), &#224; Molenbeek (27%), ou &#224; Bruxelles ville (26%). A Li&#232;ge centre, il obtient 16,5%, dans la banlieue industrielle de Li&#232;ge, &#224; Herstal, le PTB obtient 24,3%. &#192; Charleroi, il obtient 20%. Le PTB a une orientation de gauche radicale et est internationaliste mais &#233;vite de proposer des mesures anti-capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter qu'il y avait &#233;galement une liste Anticapitaliste (IV Internationale) qui se pr&#233;sentait en Belgique francophone aux &#233;lections europ&#233;ennes. En Wallonie, elle a obtenu 2,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne surprise vient d'Italie o&#249; la liste de l'Alliance Verte et Gauche a obtenu 6,8% des voix et a gagn&#233; 5 si&#232;ges de parlementaires europ&#233;ens, passant de 1 si&#232;ge &#224; 6. 2 des 6 si&#232;ges vont renforcer The Left, 3 reviennent au groupe des Verts europ&#233;ens et 1 si&#232;ge fait partie de la cat&#233;gorie des non inscrit&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italienne Ilaria Salis, enseignante de 39 ans, &lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/europe/hongrie/editorial-les-prisons-dorban-et-dailleurs-cba1e324-c688-11ee-8011-b976796527e7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;tenue en Hongrie&lt;/a&gt; parce qu'accus&#233;e de violences contre des n&#233;ofascistes lors d'une manifestation antifa d&#233;but 2022. Elle a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e d&#233;but 2023 &#224; Budapest et emprisonn&#233;e depuis lors et risquait une condamnation qui pouvait aller jusqu'&#224; 24 ans de prison. Elle &#233;tait candidate sur la liste d'Alleanza Verdi e Sinistra, et a &#233;t&#233; &#233;lue au parlement europ&#233;en et &lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x902u9i&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en cons&#233;quence elle a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e&lt;/a&gt;. C'est une tr&#232;s bonne nouvelle. Une autre bonne nouvelle, c'est qu'un maire italien Mimmo Lucano qui avait &#233;t&#233; menac&#233; de prison par le gouvernement de Matteo Salvini en 2019 pour avoir autoris&#233; l'arriv&#233;e d'un bateau de migrants dans le port de sa petite ville Riace&lt;a href=&#034;https://www.ilfattoquotidiano.it/2024/06/10/doppia-elezione-per-mimmo-lucano-e-parlamentare-ue-e-sindaco-di-riace-per-la-quarta-volta-la-vittoria-piu-bella-e-piu-sofferta/7582136/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a lui aussi &#233;t&#233; &#233;lu au parlement europ&#233;en sur la m&#234;me liste qu'Ilaria Salis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miguel Urban, eurod&#233;put&#233; sortant, a grandement raison dans sa r&#233;flexion sur la crise de la gauche. J'y adh&#232;re sans restriction et je reprends une longue citation d'un de ses articles r&#233;cents :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Alors que l'extr&#234;me droite semble se d&#233;velopper partout en Europe, la gauche reste bloqu&#233;e dans une crise existentielle en tant que plus petit groupe au Parlement europ&#233;en, et doit se demander ce qu'elle a fait de mal pour que l'extr&#234;me droite soit per&#231;ue comme l'expression d'un malaise et un vecteur de protestation &#233;lectorale. Pourquoi la gauche a-t-elle cess&#233; d'&#234;tre un outil de f&#233;d&#233;ration du m&#233;contentement et de la contestation, de protestation de l'establishment, de l'illusion de ceux et celles qui sont au bas de l'&#233;chelle ? Et, surtout, comment pouvons-nous le redevenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parce qu'il y a tout juste dix ans, la coalition de gauche radicale SYRIZA remportait les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2014 en Gr&#232;ce, pr&#233;curseur de sa victoire, un an plus tard, aux &#233;lections l&#233;gislatives, prenant, pour la premi&#232;re fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le contr&#244;le d'un gouvernement d'un pays de l'UE par une force situ&#233;e &#224; la gauche des sociaux-d&#233;mocrates. Il y a seulement dix ans, une nouvelle force politique, Podemos, a fait irruption au Parlement europ&#233;en et, en un peu plus d'un an, a presque r&#233;ussi &#224; d&#233;passer le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avec plus de cinq millions et 21 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avec quelques ann&#233;es de recul, on ne peut s'emp&#234;cher de rappeler la th&#232;se classique de Walter Benjamin : &#171; Chaque mont&#233;e du fascisme t&#233;moigne de l'&#233;chec d'une r&#233;volution &#187;. Une affirmation qui, si on l'extrapole de son sens litt&#233;ral, est toujours d'actualit&#233; pour comprendre comment la mont&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire et/ou de l'extr&#234;me droite, n'est pas exclusivement, mais aussi li&#233;e aux faiblesses actuelles de la gauche. Une th&#232;se utile pour garder &#224; l'esprit les risques de mod&#233;ration des gouvernements de gauche et leur incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux attentes de changement des classes populaires, comme cela s'est produit avec Syriza en Gr&#232;ce ou comme cela se produit en Espagne avec le PSOE et Sumar. Car lorsque les attentes sont d&#233;&#231;ues, l'insatisfaction et la frustration apparaissent, et la logique du &#171; c'est impossible &#187;, du &#171; ils sont tous les m&#234;mes &#187;, de l'anti-politique n&#233;olib&#233;rale qui alimente les passions sombres sur lesquelles se construit l'internationale r&#233;actionnaire, l'emporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La majorit&#233; de la gauche institutionnelle europ&#233;enne n'a pas encore tir&#233; les le&#231;ons de la d&#233;faite de l'exp&#233;rience du gouvernement Syriza, des limites d'un projet r&#233;formiste dans un contexte de crise de r&#233;gime o&#249; il n'y a pas de place pour les r&#233;formes, et du r&#244;le jou&#233; par l'UE en tant qu'expression concentr&#233;e du constitutionnalisme de march&#233; n&#233;olib&#233;ral o&#249; l'ensemble des soi-disant r&#232;gles de l'UE pr&#233;vaut sur le droit des &#201;tats nationaux et donc sur la souverainet&#233; populaire. L'exp&#233;rience du premier gouvernement Syriza, le r&#233;f&#233;rendum contre l'aust&#233;rit&#233; en juillet 2015 et l'imposition du m&#233;morandum d'aust&#233;rit&#233; par la Tro&#239;ka l'ont clairement d&#233;montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En fin de compte, si la gauche n'offre pas d'alternatives au d&#233;sordre, &#224; la crise climatique, &#224; l'ins&#233;curit&#233; sociale, &#224; la gestion des migrations et aux in&#233;galit&#233;s croissantes, ces espaces seront occup&#233;s par l'extr&#234;me droite dans une perspective d'exclusion, de punitivisme et de criminalisation de ceux qui sont diff&#233;rents. La gauche doit comprendre le moment de crise du r&#233;gime capitaliste dans lequel nous nous trouvons, qui g&#233;n&#232;re un m&#233;contentement croissant parmi de plus en plus de secteurs sociaux. A de nombreuses occasions, la gauche est consid&#233;r&#233;e comme faisant partie du syst&#232;me et donc du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ne fait aucun doute qu'en temps de crise comme aujourd'hui, la gauche doit se repenser, une t&#226;che qui, en aucun cas, ne peut la conduire sur une voie tr&#232;s dangereuse, une tendance &#224; une certaine fascination pour les questions soulev&#233;es par l'extr&#234;me droite : protectionnisme, souverainet&#233; d'exclusion et politiques anti-immigration. Souvent, en n'abordant pas ces probl&#232;mes dans le cadre de la reconstruction d'un projet bas&#233; sur l'auto-organisation autonome de la classe ouvri&#232;re, aux aspirations h&#233;g&#233;moniques et porteur d'une proposition de soci&#233;t&#233; &#233;cosocialiste et f&#233;ministe, il peut sembler que l'on cherche &#224; &#171; contester &#187; les propositions de l'extr&#234;me droite, dans un de ces exercices sans lendemain consistant &#224; mimer l'adversaire pour lui &#171; voler &#187; ses succ&#232;s. Cette tactique peut fonctionner pour la droite lorsqu'elle copie les aspects les plus superficiels de la gauche, mais elle conduit la gauche &#224; l'impuissance totale et &#224; l'autodestruction &#187;. (Fin du long extrait de l'article de Miguel Urban &#224; para&#238;tre dans sa version int&#233;grale prochainement)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusions&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission, le Conseil et la BCE vont augmenter la pression pour aggraver le tour de vis qui sera donn&#233; aux d&#233;penses sociales par les gouvernements des pays de l'UE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation &#224; droite des institutions qui gouvernent l'UE va &#234;tre nettement accentu&#233;e. La Commission, le Conseil et la BCE vont augmenter la pression pour aggraver le tour de vis qui sera donn&#233; aux d&#233;penses sociales par les gouvernements des pays de l'UE. La dette publique, qui a fortement augment&#233;, va servir d'argument pour imposer des politiques aust&#233;ritaires de plus en plus fortes. Dans la bataille des id&#233;es, il faudra expliquer que les gouvernements, la Commission et la BCE ont voulu une augmentation de la dette publique pour financer les d&#233;penses face &#224; la pand&#233;mie de coronavirus et &#224; la crise &#233;conomico sociale qui a &#233;t&#233; amplifi&#233;e par celle-ci. Les dirigeant&#183;es europ&#233;ens et les gouvernements nationaux n'ont pas voulu taxer les super profits des grandes entreprises pharmaceutiques &#8211; en particulier celles produisant des vaccins &#8211; qui se sont scandaleusement enrichies sur le dos de la soci&#233;t&#233;. De m&#234;me que les entreprises de distribution &#8211; en particulier celles sp&#233;cialis&#233;es dans les ventes en ligne et dans les services informatiques &#8211; qui ont fait d'&#233;normes b&#233;n&#233;fices. Ensuite, quand les prix du gaz a explos&#233; dans la foul&#233;e de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les gouvernements n'ont pas voulu contr&#244;ler les prix de l'&#233;nergie et les geler, ce qui a permis aux entreprises sp&#233;cialis&#233;es dans les combustibles fossiles et celle productrices d'&#233;nergie de faire &#224; leur tour d'&#233;normes profits sur le dos de la soci&#233;t&#233;. Enfin, quand les prix des aliments ont explos&#233; suite &#224; la guerre en Ukraine et &#224; la&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Speculation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sp&#233;culation&lt;/a&gt; &lt;/i&gt; sur les c&#233;r&#233;ales, les entreprises c&#233;r&#233;ali&#232;res ont fait des super profits. Tout comme les grandes cha&#238;nes de distribution qui ont augment&#233; le prix des aliments au d&#233;tail de mani&#232;re disproportionn&#233;e et abusive, provoquant une hausse tr&#232;s forte de l'&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Inflation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;inflation&lt;/a&gt; &lt;/i&gt; et une perte du pouvoir d'achat des classes populaires. Les gouvernements ont refus&#233; de taxer de mani&#232;re extraordinaire leurs b&#233;n&#233;fices. Les entreprises de productions d'armes voient &#233;galement leurs b&#233;n&#233;fices augmenter gr&#226;ce &#224; la guerre en Ukraine et au Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation et avec cette posture de refus de faire des pr&#233;l&#232;vements sur les entreprises qui profitaient de la crise et sur les plus riches, les &#201;tats ont eu de plus en plus recours au financement par l'endettement au lieu de se financer via des recettes fiscales, sauf celles provenant des imp&#244;ts indirects sur la consommation (Taxe sur la valeur ajout&#233;e &#8211; TVA) qui sont particuli&#232;rement n&#233;gatifs pour la grande majorit&#233; de la population et en particulier les secteurs aux revenus les plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bataille des id&#233;es, il faudra montrer qu'une grande partie de la dette publique est en cons&#233;quence ill&#233;gitime et qu'elle doit &#234;tre audit&#233;e et annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des dirigeant&#183;es europ&#233;en&#183;nes et des gouvernements nationaux en mati&#232;re migratoire va &#233;galement &#234;tre durcie et les atteintes port&#233;es aux droits humains vont augmenter. Les violations de ces droits vont se multiplier alors qu'elles sont d&#233;nonc&#233;es par la&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cour_europ%C3%A9enne_des_droits_de_l%27homme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cour europ&#233;enne des droits de l'homme&lt;/a&gt; et les associations de d&#233;fenses des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inaction climatique des gouvernements et des institutions europ&#233;ennes va aussi s'approfondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;armement va s'acc&#233;l&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discours d'extr&#234;me-droite et les politiques qui leur sont favorables risquent de continuer &#224; se r&#233;pandre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, la lutte anti fasciste et les &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Action-Actions&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;actions&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de protestation contre la mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite prendront de plus en plus d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux et les partis politiques de gauche doivent reprendre l'initiative sur un programme r&#233;solu de rupture avec le capitalisme et avec une pratique non moins r&#233;solument unitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'auteur remercie Peter Wahl, Angela Klein, Roland Kulke, Fiona Dove, Thies Gleiss, Gerhard Klas, Manuel Kellner, Tord Bj&#246;rk, Raffaella Bollini, Franco Turigliatto, Gigi Malabarba, Miguel Urban, Alex De Jong, Roberto Firenze, Gippo Mugandu, Roland Zarzycki qui ont bien voulu r&#233;pondre &#224; ses questions concernant les r&#233;sultats des &#233;lections europ&#233;ennes. Merci &#224; Maxime Perriot pour sa relecture. L'auteur est seul responsable des opinions &#233;mises dans cet article et des erreurs qu'il contient &#233;ventuellement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Une-Europe-qui-vire-au-noir-et-au-brun#nh4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Publi&#233; par le CADTM le 24 juin 2024.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; 1. Outre la Belgique, c'est le cas de la Bulgarie, de la Gr&#232;ce et du Luxembourg.&lt;br class='autobr' /&gt; 2. Miguel Urban, &#171; Qui s&#232;me des politiques d'extr&#234;me droite... r&#233;colte des politiques d'extr&#234;me droite &#187;, publi&#233; le 17 juin 2024.&lt;br class='autobr' /&gt; 3. Les 4 eurod&#233;put&#233;-es sont Marion Mar&#233;chal qui est encore plus &#224; droite que sa tante Marine Le Pen. Les 3 autres sont Guillaume Peltier ainsi que Laurence Trochu, qui a quitt&#233; Reconqu&#234;te pour former un nouveau parti conservateur avec Nicolas Bay.&lt;br class='autobr' /&gt; 4. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, le PTB d&#233;non&#231;ait le social imp&#233;rialisme sovi&#233;tique comme aussi dangereux que l'imp&#233;rialisme des Etats-Unis, il d&#233;non&#231;ait Cuba comme le bras arm&#233; du social-imp&#233;rialisme sovi&#233;tique op&#233;rant notamment en Angola. En mai 1989, le PTB a soutenu la r&#233;pression par les autorit&#233;s chinoises contre l'occupation de la place Tienanmen. Des auteurs du PTB affirmaient que les proc&#232;s de Moscou des ann&#233;es 1930 &#233;taient justifi&#233;s et n'avaient pas &#233;t&#233; assez loin dans l'&#233;puration des &#233;l&#233;ments traitres &#224; la cause communiste. Le PTB a essay&#233; de reconstruire le mouvement communiste international en collaboration puis en concurrence avec le Parti Communiste philippin de Jo Maria Sison et de Sentier Lumineux d'Abismael Guzman. Son virage date des ann&#233;es 2000. Il garde une r&#233;f&#233;rence marxiste-l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes : Un tsunami politique dans l'Etat espagnol &#8211; C'est n'est qu'un d&#233;but !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-les-elections-europeennes-Un-tsunami-politique-dans-l-Etat-espagnol-C-est</link>
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		<dc:date>2014-06-03T12:12:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andreu Coll</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces &#233;lections ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable tremblement de terre politique de plusieurs points de vue... Elles ont d'abord confirm&#233; l'effondrement du bipartisme, car le Parti populaire (PP, droite) a perdu plus de deux millions et demi de voix et le PSOE (Parti socialiste) presque trois millions... &lt;br class='autobr' /&gt;
29 mai 2014 &lt;br class='autobr' /&gt;
( Paru dans l'Hebdo L'Anticapitaliste - 244 (29/05/2014). http://www.npa2009.org/ ) &lt;br class='autobr' /&gt; Ensuite, parce que la perc&#233;e de Podemos (&#171; On peut &#187;) est spectaculaire, et que son score global (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-europeennes-+" rel="tag"&gt;&#201;lections europ&#233;ennes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-06-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-06-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton17893-3a54e.jpg?1677382828' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces &#233;lections ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable tremblement de terre politique de plusieurs points de vue... Elles ont d'abord confirm&#233; l'effondrement du bipartisme, car le Parti populaire (PP, droite) a perdu plus de deux millions et demi de voix et le PSOE (Parti socialiste) presque trois millions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 mai 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;( Paru dans l'Hebdo L'Anticapitaliste - 244 (29/05/2014). &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.npa2009.org/&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ensuite, parce que la perc&#233;e de Podemos (&#171; On peut &#187;) est spectaculaire, et que son score global (7,96 %) n'est pas loin de celui d'Izquierda Unida (9,99 %) et m&#234;me sup&#233;rieur &#224; Madrid (11,2 %), en Aragone (9,5 %), dans les Asturies (13,67 %), dans les Bal&#233;ares (10,3 %), en Cantabria (9,2 %), des communaut&#233;s o&#249; Podemos est donc devenu la troisi&#232;me force politique. Pour r&#233;sumer, Podemos, un mouvement politique n&#233; il y a quatre mois, qui compte plus de 400 comit&#233;s de base, mais sans autres sources de financement que les collectes participatives (&#171; crowd fundings &#187;) et les souscriptions populaires, est devenu la quatri&#232;me force politique de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Catalogne, il y a eu une victoire des forces qui soutiennent l'auto&#173;d&#233;termination et le droit des peuples &#224; d&#233;cider de leur destin. Esquerra Republicana est en t&#234;te pour la premi&#232;re fois depuis la Deuxi&#232;me R&#233;publique, et la droite nationaliste conna&#238;t un d&#233;but de crise, et peut perdre son h&#233;g&#233;monie politique et sociale &#224; cause des politiques d'aust&#233;rit&#233; men&#233;es depuis 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du PSOE est historique, &#224; tel point que dans plusieurs r&#233;gions et communaut&#233;s, l'addition des voix Podemos-Izquierda Unida d&#233;passe le PS...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un 15M politique !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos appara&#238;t comme le parti du mouvement 15M (les Indign&#233;Es), avec un discours anti-aust&#233;rit&#233; d&#233;complex&#233;, contre la &#171; caste politique &#187;, pour un audit de la dette publique, partisan d'un vrai processus constituant, et en lien avec Tsipras et Syriza au niveau europ&#233;en. C'est la premi&#232;re fois depuis la fin de la dictature franquiste que les mouvements sociaux les plus radicaux ont trouv&#233; un vrai d&#233;bouch&#233; politique et un outil qui n'est peut &#234;tre n'est pas ouvertement anticapitaliste, mais dans lequel la gauche anticapitaliste et r&#233;volutionnaire joue un r&#244;le cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats &#233;lectoraux ouvrent une br&#232;che &#233;norme dans la gauche de l'&#201;tat espagnol sur trois points. Le monopole &#233;lectoral &#224; la gauche du PSOE du PC, puis de Izquierda Unida est rompu. C'est la premi&#232;re fois que les marxistes r&#233;volutionnaires ont des &#233;luEs et qu'ils jouent un r&#244;le majeur dans un processus de recomposition de la gauche avec une influence de masse, m&#234;me si Podemos reste tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne et encore tr&#232;s ambigu sur beaucoup de questions strat&#233;giques cl&#233;s. Le monopole de la gauche ind&#233;pendantiste basque, comme seule force de masse anti-r&#233;gime et ouvertement pour la rupture, m&#234;me au del&#224; du Pays basque, est aussi rompu. Sous l'effet de la violence politique, ce courant avait galvanis&#233; et polaris&#233; beaucoup de militantEs radicaux de tous courants de gauche durant plusieurs d&#233;cennies. Enfin, Podemos appara&#238;t comme une force qui veut bouleverser toute la sc&#232;ne politique et lutter ouvertement pour devenir majoritaire, tout en d&#233;fendant en m&#234;me temps une d&#233;marche unitaire. Podemos veut &#234;tre candidat au pouvoir en s'appuyant sur les mouvements de masse : un outil pour une rupture d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, r&#233;sultat de l'effet Podemos, le populisme et l'extr&#234;me droite sont bloqu&#233;s ! Une donn&#233;e tr&#232;s positive est que, malgr&#233; la consolidation d'UPD (un parti r&#233;actionnaire, centraliste et populiste) avec 4 &#233;lus, le score important de Podemos a bloqu&#233; jusqu'&#224; un certain point la progression d'options populistes ou m&#234;me d'extr&#234;me droite (Vox et autres). C'est tr&#232;s important dans ce contexte de d&#233;composition de la base sociale des partis traditionnels, notamment du PSOE, et en particulier dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; T&#226;ches et probl&#232;mes des r&#233;volutionnaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme qui r&#233;sume assez bien la situation des camarades d'Izquierda Anticapitalista investis dans Podemos (une des nouvelles d&#233;put&#233;s europ&#233;ennes en est membre) est celui de &#171; d&#233;bordement &#187; : sur fond d'enthousiasme et de fatigue extr&#234;me, la situation grave nous oblige encore &#224; assumer d'&#233;normes responsabilit&#233;s politiques, peut-&#234;tre m&#234;me les plus importantes depuis l'&#233;poque de la R&#233;volution espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aujourd'hui participer &#224; la construction de Podemos comme parti pluraliste, d&#233;mocratique et militant implant&#233; dans les luttes de masse, en pr&#233;parant le Congr&#232;s d'automne et en construisant une direction par en bas pour limiter les dangers bonapartistes et substitutistes de la direction actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi d'encadrer des milliers de militantEs qui ont pris ou prennent contact et qui vont arriver dans les groupes de base dans les jours et semaines qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons essayer de r&#233;fl&#233;chir sur la fa&#231;on dont la perc&#233;e &#233;lectorale de Podemos peut aussi aider &#224; une recomposition et &#224; un rassemblement de la gauche syndicale, sous l'impulsion aussi des &#171; Marches de la dignit&#233; &#187; de mars dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;parer nos propres rangs au tournant politique que nous sommes en train de vivre et nous organiser pour les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales font aussi partie de nos t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin nous devons &#234;tre capables d'avoir une activit&#233; politique propre &#224; Izquierda Anticapitalista, &#224; commencer cet &#233;t&#233; par notre cinqui&#232;me universit&#233; d'&#233;t&#233;, pour un renforcement significatif de nos propres rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Barcelone, Andreu Coll&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gauche est en grand danger</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-gauche-est-en-grand-danger</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-gauche-est-en-grand-danger</guid>
		<dc:date>2014-05-27T12:39:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Marli&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gauche fran&#231;aise et europ&#233;enne ; la gauche de transformation sociale est en grand danger. Jamais celle-ci n'&#233;tait apparue aussi divis&#233;e, faible et impuissante depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Sans &#233;toffer l'analyse, il semble &#233;vident que les partis de gouvernement (sociaux-d&#233;mocrates et conservateurs) ont failli &#224; leur responsabilit&#233; de repr&#233;sentation d&#233;mocratique des int&#233;r&#234;ts du peuple. Les politiques d'aust&#233;rit&#233;, qui torturent les peuples europ&#233;ens, constituent le terreau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17821-b3e63.png?1677382828' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gauche fran&#231;aise et europ&#233;enne ; la gauche de transformation sociale est en grand danger. Jamais celle-ci n'&#233;tait apparue aussi divis&#233;e, faible et impuissante depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Sans &#233;toffer l'analyse, il semble &#233;vident que les partis de gouvernement (sociaux-d&#233;mocrates et conservateurs) ont failli &#224; leur responsabilit&#233; de repr&#233;sentation d&#233;mocratique des int&#233;r&#234;ts du peuple. Les politiques d'aust&#233;rit&#233;, qui torturent les peuples europ&#233;ens, constituent le terreau sur lequel le vote anti-&#233;lites est en train de prosp&#233;rer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de success story &#224; gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Hollande et le gouvernement Valls, davantage que leurs homologues europ&#233;ens, ont fait entrer la France dans l'&#339;il du cyclone. C'est un parti d'extr&#234;me droite &#224; la g&#233;n&#233;alogie fasciste qui a largement remport&#233; l'&#233;lection fran&#231;aise. Il menace aujourd'hui de faire exploser l'&#233;difice politique. Nul ne sait dans quel &#233;tat le pays sortira de cette situation, mais le pire n'est plus &#224; exclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse &#224; d'autres le soin d'analyser les ressorts de la perc&#233;e des forces &#171; eurosceptiques &#187;, &#171; populistes &#187; et d'extr&#234;me droite en Europe. Je me concentre sur le sort de la gauche, car il y a urgence. Ne nous voilons pas la face : il n'y aucune success story &#224; rapporter de ce c&#244;t&#233; de l'&#233;chiquier politique. En Gr&#232;ce, Syriza remporte l'&#233;lection, mais Nouvelle d&#233;mocratie, le parti charg&#233; de mettre en &#339;uvre les violentes politiques d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es par la tro&#239;ka, r&#233;siste bien et n'est pas (encore) abattue. En Espagne, le recul marqu&#233; du PSOE (ainsi que du PP) n'est que partiellement compens&#233; par la perc&#233;e de Podemos (issu du mouvement des Indignados) et la coalition verte-rouge Izquierda Plural. On notera ici que la bonne tenue de la gauche radicale se fait dans la dispersion des voix de gauche, synonyme d'impuissance politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi aujourd'hui que les appareils dirigeants sociaux-d&#233;mocrates, emp&#234;tr&#233;s dans leur vision n&#233;olib&#233;rale du monde, n'ont gu&#232;re l'intention de r&#233;orienter leur cap aust&#233;ritaire. Hier soir, Valls, Moscovici et Cambad&#233;lis, apr&#232;s quelques humbles paroles de circonstance, ont rapidement contre-attaqu&#233; : c'est &#171; l'Europe &#187; qui serait responsable de la d&#233;b&#226;cle du PS (et de l'ensemble de la gauche). Aucun d'entre eux n'a fait d'autocritique ou ne s'est pench&#233; sur les raisons du rejet radical de la politique du gouvernement. C'est un classique social-d&#233;mocrate : l'Union europ&#233;enne va, une fois de plus, servir de bouc-&#233;missaire pour apaiser la col&#232;re de la pl&#232;be et apr&#232;s, ce sera business as usual ! Comme dit le proverbe britannique : apr&#232;s avoir inflig&#233; une blessure aux Fran&#231;ais, le gouvernement socialiste ajoute &#224; leur encontre les insultes. Nul besoin d'&#234;tre un expert en affaires communautaires pour savoir que le Pacte de stabilit&#233; europ&#233;en a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233; entre chefs d'&#201;tats, et que Hollande, reniant sa promesse de campagne, s'est agenouill&#233; devant Angela Merkel le lendemain de son &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a &#233;videmment rien &#224; attendre de ce petit groupe de carri&#233;ristes socialistes aussi droitiers que la vraie droite. Leur trahison du peuple est ignominieuse ; leur politique est directement responsable de l'appauvrissement des Fran&#231;ais, et a largement contribu&#233; &#224; la r&#233;surgence du Front national. Mais n'&#233;tendons pas cette f&#233;roce critique au-del&#224; de cette oligarchie. S'il faut combattre le microcosme des d&#233;cideurs socialistes &#224; l'&#201;lys&#233;e, &#224; Matignon et &#224; la direction du PS, il ne faut surtout pas tourner le dos &#224; la grande majorit&#233; des &#233;lus, des militants et des &#233;lecteurs socialistes qui sont en d&#233;saccord profond avec cette politique et qui, de plus en plus, s'y opposent ouvertement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#171; hypoth&#232;se Syriza &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appelons &#171; hypoth&#232;se Syriza &#187; l'id&#233;e selon laquelle une social-d&#233;mocratie d&#233;faillante serait sur le point de s'effondrer en Europe, pour &#234;tre remplac&#233;e par une gauche de transformation sociale. Force est de constater que le cas grec cr&#233;e et d&#233;montre l'hypoth&#232;se &#224; lui seul. En effet, cette pr&#233;diction ne se v&#233;rifie nulle part ailleurs en Europe. Quand un parti social-d&#233;mocrate d&#233;cline de mani&#232;re dramatique (comme le PS en France), il tend &#224; emporter l'ensemble des forces de gauche avec lui dans l'ab&#238;me. On peut expliquer cet apparent paradoxe : un &#233;lectorat &#171; mod&#233;r&#233; &#187; qui vote majoritairement pour la social-d&#233;mocratie le fait en ayant conscience d'apporter son soutien &#224; un parti et un programme de gauche. Confront&#233; &#224; la trahison sociale-d&#233;mocrate, l'&#233;lecteur lambda perd toute confiance envers la gauche sui generis. Il va ainsi, dans nombre de cas, s'abstenir, et parfois voter Front national en signe de protestation. Outre que le programme plus &#171; radical &#187; du Front de gauche n'attire pas spontan&#233;ment l'&#233;lecteur &#171; mod&#233;r&#233; &#187;, il h&#233;sitera &#224; se rapprocher d'une autre force de gauche qui a &#233;chou&#233; &#224; d&#233;montrer qu'elle pouvait nouer des alliances avec les sociaux d&#233;mocrates qui pourtant s'opposent &#224; la trahison de leurs chefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi droitier et impopulaire que puisse &#234;tre ce gouvernement &#171; socialiste &#187;, les faits ont tordu le cou &#224; l'&#171; hypoth&#232;se Syriza &#187;. &#192; l'exception de quelques pays europ&#233;ens (France, Pays-Bas), les partis sociaux-d&#233;mocrates font plut&#244;t de bons scores. Ils remportent m&#234;me les &#233;lections dans certains pays (Portugal, Italie, Su&#232;de, Malte). La preuve est faite que la social-d&#233;mocratie, aussi discr&#233;dit&#233;e soit-elle, demeure aux yeux du peuple, nolens volens, la principale force de gauche en Europe ; celle qui, en d&#233;pit de ses graves d&#233;fauts et trahisons, semble &#234;tre la mieux plac&#233;e pour offrir une protection contre les attaques de la droite r&#233;actionnaire ou fascisante. La gauche radicale doit tirer les enseignements de ce constat et construire une nouvelle strat&#233;gie politique sur cette base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, lors d'un d&#233;bat des dirigeants de gauche organis&#233; par Mediapart, Jean-Luc M&#233;lenchon a d'ailleurs reconnu qu'il ne croyait plus &#224; l'&#171; hypoth&#232;se Syriza &#187; : &#171; Toute la gauche recule ensemble, j'en suis conscient &#187;. Peu relev&#233; par les commentateurs, cet aveu est pourtant important. Il semble marquer le discr&#233;dit de l'id&#233;e selon laquelle l'an&#233;antissement du PS &#233;tait imminent, et que la gauche de gauche allait devenir le nouveau bloc h&#233;g&#233;monique &#224; gauche. Je reconnais volontiers que la politique du gouvernement aura &#224; terme le m&#234;me effet sur le PS qu'avait eu la guerre d'Alg&#233;rie sur la SFIO. Mais un PS moribond entrainera dans sa chute finale l'ensemble de la gauche fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une riposte unitaire et concr&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? Le Front de gauche doit de toute urgence revoir sa strat&#233;gie politique qui ne marche pas. La d&#233;marche sectaire classe contre classe dans les ann&#233;es 20 n'a pas affaibli la SFIO, mais a failli faire dispara&#238;tre le PCF. Aujourd'hui, le bashing socialiste sui generis discr&#233;dite ceux qui le pratiquent, et &#233;carte de notre combat les socialistes pr&#234;ts &#224; basculer dans une critique plus virulente du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouveau de la gauche ne se fera pas contre le PS dans son ensemble, mais avec les forces socialistes (nombreuses) qui s'opposent &#224; la politique d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement. Il ne doit y avoir aucun pr&#233;alable &#224; un rassemblement rouge-rose-vert. Chacun doit pouvoir contribuer &#224; cet effort collectif depuis son organisation de gauche, quelle qu'elle soit. Les attaques et remarques m&#233;prisantes &#224; l'endroit des socialistes sont totalement contre-productives et doivent cesser imm&#233;diatement. Il faut respecter l'affiliation, la culture et le processus de maturation politique de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens du manifeste des &#171; Socialistes afflig&#233;s &#187; que j'ai sign&#233; avec Li&#234;m Hoang Ngoc. Li&#234;m est un dirigeant national du PS, je suis pour ma part un compagnon de route du Front de gauche. [1] Des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de l'ensemble de la gauche doivent &#234;tre organis&#233;s rapidement. Ceux-ci doivent avoir une finalit&#233; pratique, enti&#232;rement tourn&#233;e vers la riposte politique. Ces &#233;changes ne doivent pas s'arr&#234;ter sur ce qui divise et f&#226;che &#224; gauche : appartenance partisane, strat&#233;gies et erreurs du pass&#233; de chacun ou autres palabres id&#233;ologiques dont se contrefichent les Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette assembl&#233;e de la gauche rouge-rose-verte doit permettre la mise sur pied d'un cadre d&#233;mocratique de d&#233;bats qui permettra d'aboutir &#224; un accord sur un petit nombre de mesures concr&#232;tes : 32 heures, r&#233;forme fiscale, s&#233;paration des banques, sauvetage des retraites, d&#233;fense et revalorisation du Smic, contr&#244;le des licenciements, recrutement de fonctionnaires dans les h&#244;pitaux et l'enseignement public, transition &#233;nerg&#233;tique, 6e r&#233;publique. Des positions communes existent du Front de gauche &#224; la gauche socialiste sur des sujets qui concernent au plus haut point les Fran&#231;ais. Une telle d&#233;marche unitaire permettrait &#224; la gauche de reprendre la main et de regagner la confiance de l'&#233;lectorat de gauche. La gauche pourrait ainsi enrayer la spirale de la d&#233;faite, du d&#233;senchantement et de la d&#233;mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edwy Plenel, dans le &#171; Direct Mediapart &#187; hier soir s'emportait contre une gauche fran&#231;aise &#171; d&#233;sunie, sectaire, de chapelles &#187;. Il a raison, h&#233;las. Chacun, dans le Front de gauche et dans la gauche socialiste, doit balayer devant sa porte. Cela presse, sinon la catastrophe annonc&#233;e deviendra r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Li&#234;m Hoang Ngoc, Philippe Marli&#232;re, &#171; Le manifeste des Socialistes Afflig&#233;s &#187;, Mediapart, 11 mai 2014, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/socialistes-affliges/110514/le-manifeste-des-socialistes-affliges&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/socialistes-affliges/110514/le-manifeste-des-socialistes-affliges&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France. Le succ&#232;s du FN est la ran&#231;on de notre faiblesse</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-Le-succes-du-FN-est-la-rancon-de-notre-faiblesse</link>
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		<dc:date>2014-05-27T12:37:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Bihr</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-27</dc:subject>

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&lt;p&gt;A l'annonce des r&#233;sultats &#8211; dimanche soir 25 mai 2014 &#8211; des &#233;lections europ&#233;ennes en France, ce fut la consternation g&#233;n&#233;rale dans les composantes de ladite gauche et, y compris, au sein de l'UMP (Union pour un mouvement populaire) marqu&#233;e par une crise de leadership. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Front national (FN) arrivait largement en t&#234;te, avec 24,85% des suffrages exprim&#233;s en moyenne nationale, ce score s'&#233;levant m&#234;me &#224; 33,6% dans la circonscription Nord-ouest o&#249; se pr&#233;sentait Marine Le Pen, 29 % dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-europeennes-+" rel="tag"&gt;&#201;lections europ&#233;ennes&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17840-e3fb5.png?1677382828' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'annonce des r&#233;sultats &#8211; dimanche soir 25 mai 2014 &#8211; des &#233;lections europ&#233;ennes en France, ce fut la consternation g&#233;n&#233;rale dans les composantes de ladite gauche et, y compris, au sein de l'UMP (Union pour un mouvement populaire) marqu&#233;e par une crise de leadership.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Front national (FN) arrivait largement en t&#234;te, avec 24,85% des suffrages exprim&#233;s en moyenne nationale, ce score s'&#233;levant m&#234;me &#224; 33,6% dans la circonscription Nord-ouest o&#249; se pr&#233;sentait Marine Le Pen, 29 % dans la circonscription Est o&#249; se pr&#233;sentait son conjoint Louis Aliot et &#224; 28,2% dans celle du Sud-est o&#249; se pr&#233;sentait son p&#232;re Jean-Marie Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, ce r&#233;sultat n'a rien d'exceptionnel ni rien de surprenant. Si l'on veut bien ne pas rester fascin&#233; par le pourcentage des suffrages exprim&#233;s et consid&#233;rer leur nombre absolu, la performance du FN appara&#238;t plus modeste : les listes &#171; Bleu marine &#187; n'ont totalis&#233; &#171; que &#187; 4'711'000 voix, alors que Marine Le Pen elle-m&#234;me recueillait plus de 6'400'000 voix il y a deux ans lors du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Hier, avec une participation fort m&#233;diocre de 42,4% des &#233;lecteurs inscrits, pas plus que les autres partis politiques, le FN n'a fait le plein de ses voix potentielles : il aurait pu faire bien mieux, ou plut&#244;t bien pire encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raisonner en ces termes ne permet pas seulement de relativiser le score du FN. Cela permet aussi et surtout de mieux cerner le probl&#232;me politique que cette formation d'extr&#234;me droite nous pose. Sa victoire &#233;lectorale relative est moins en d&#233;finitive le fruit de sa capacit&#233; &#224; mieux mobiliser son &#233;lectorat que la cons&#233;quence de l'incapacit&#233; des autres formations politiques &#224; mobiliser les leurs dans une telle &#233;lection (et plus g&#233;n&#233;ralement), ce qui explique d'ailleurs le fort taux d'abstention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les partis europhiles et eurocrates (UMP, UDI-Modem &#8211; Union des d&#233;mocrates et ind&#233;pendants-Mouvement d&#233;mocrate, EELV &#8211; Europe Ecologie Les Verts &#8211;, PS), en principe largement majoritaires dans l'&#233;lectorat, n'aient pas su amener leurs &#233;lecteurs aux urnes dit l'ampleur de l'indiff&#233;rence voire du scepticisme qui y s&#233;vit &#224; l'&#233;gard d'une Union europ&#233;enne (UE) qui a r&#233;pondu &#224; la crise financi&#232;re de 2007-2009 &#224; coups de politiques d'aust&#233;rit&#233; salariale et budg&#233;taire redoubl&#233;es, apr&#232;s avoir organis&#233; le sauvetage du capital financier moyennant une explosion des dettes publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'indiff&#233;rence et le scepticisme c&#232;dent la place &#224; un franc rejet de l'UE dans une part croissante de l'&#233;lectorat des couches populaires qui ont &#233;t&#233; les plus directement victimes de cette crise et de sa gestion n&#233;olib&#233;rale, avec son cort&#232;ge de hausse du ch&#244;mage et de l'emploi pr&#233;caire, de trains de licenciements collectifs, de baisse des revenus et du pouvoir d'achat, de d&#233;mant&#232;lement rampant de la protection sociale, etc. Car ces couches populaires identifient avec raison les institutions europ&#233;ennes (Commission et Banque centrale en t&#234;te) comme les instances qui, avec la complicit&#233; ouverte ou cach&#233;e des diff&#233;rents gouvernements nationaux, leur imposent le carcan de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; salariale et budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est au sein de ces couches que le FN r&#233;ussit ses meilleurs scores et qu'il poss&#232;de ses r&#233;servoirs d'&#233;lecteurs et d'&#233;lectrices. Il y parvient en captant et en th&#233;matisant leur ressentiment, leur rage impuissante et leur r&#233;volte passive, la rumination de leurs maux, en leur d&#233;signant des responsables r&#233;els (les formations de gouvernement ordonnatrices des politiques n&#233;olib&#233;rales) et des coupables imaginaires (&#171; l'&#233;tranger &#187; sous toutes ses formes, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur des fronti&#232;res nationales) et en leur proposant une voie de salut : le retour &#224; un Etat-nation fort, ma&#238;tre de sa monnaie, de sa l&#233;gislation et de ses fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sa r&#233;ussite n'a rien d'automatique. Si ces couches victimes des politiques n&#233;olib&#233;rales s'abandonnent aux chants des sir&#232;nes nationalistes du FN, c'est faute qu'elles trouvent d'autres alternatives. Leur ressentiment est aussi le fruit de leur incapacit&#233; &#224; lutter par elles-m&#234;mes, en prenant appui sur des organisations professionnelles, syndicales et politiques en mesure de leur fournir un cadre de mobilisation et de conscientisation leur d&#233;signant l'ennemi principal (le capitalisme) et un projet &#233;mancipateur cr&#233;dible. En d&#233;finitive, le succ&#232;s du FN est d'abord la ran&#231;on de l'inexistence d'un p&#244;le de gauche radicale en France, alliant antilib&#233;raux cons&#233;quents et anticapitalistes. La faiblesse des r&#233;sultats obtenus par les listes Front de gauche (6,3% sur le plan national) et l'insignifiance de ceux des listes d'extr&#234;me-gauche (1,6 %) en sont l'illustration en m&#234;me temps qu'elles nous indiquent l'urgence de la constitution d'un tel p&#244;le. (26 mai 2014)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tsipras : &#171; Il faut r&#233;tablir la d&#233;mocratie dans les institutions europ&#233;ennes &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tsipras-Il-faut-retablir-la-democratie-dans-les-institutions-europeennes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tsipras-Il-faut-retablir-la-democratie-dans-les-institutions-europeennes</guid>
		<dc:date>2014-05-13T12:40:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2014-05-13</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le leader grec Alexis Tsipras, pr&#233;sident du parti Syriza, pr&#233;sent samedi dans le cort&#232;ge parisien contre l'aust&#233;rit&#233;, demande dans un entretien &#224; Mediapart un retour aux valeurs fondatrices de l'Europe : solidarit&#233;, coop&#233;ration, coh&#233;sion sociale et d&#233;mocratie. Alexis Tsipras, le pr&#233;sident de Syriza, est le candidat &#224; la Commission pr&#233;sent&#233; par le parti de la gauche europ&#233;enne (PGE). Le leader grec dont le parti a r&#233;ussi une perc&#233;e spectaculaire en juin 2012, remportant pr&#232;s de 27 % des voix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-13&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-europeennes-+" rel="tag"&gt;&#201;lections europ&#233;ennes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton17669-c0984.jpg?1677382828' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le leader grec Alexis Tsipras, pr&#233;sident du parti Syriza, pr&#233;sent samedi dans le cort&#232;ge parisien contre l'aust&#233;rit&#233;, demande dans un entretien &#224; Mediapart un retour aux valeurs fondatrices de l'Europe : solidarit&#233;, coop&#233;ration, coh&#233;sion sociale et d&#233;mocratie. Alexis Tsipras, le pr&#233;sident de Syriza, est le candidat &#224; la Commission pr&#233;sent&#233; par le parti de la gauche europ&#233;enne (PGE). Le leader grec dont le parti a r&#233;ussi une perc&#233;e spectaculaire en juin 2012, remportant pr&#232;s de 27 % des voix et 71 si&#232;ges de d&#233;put&#233;s au parlement grec, &#233;tait de passage &#224; Bruxelles et &#224; Paris ces jours-ci pour le lancement de la campagne du PGE : du 22 au 25 mai, les &#233;lecteurs des 28 &#201;tats membres de l'UE sont appel&#233;s &#224; d&#233;signer un nouveau parlement europ&#233;en. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 avril 2014 | Mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mediapart : Vous &#234;tes candidat &#224; la pr&#233;sidence de la Commission au nom de la gauche europ&#233;enne. Quel est votre programme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexis Tsipras&lt;/strong&gt; : Le principal axe de notre campagne, c'est la n&#233;cessit&#233; d'un changement de la politique &#233;conomique de l'Union europ&#233;enne, et du r&#233;tablissement de la d&#233;mocratie. Je pense que l'Europe se trouve &#224; un carrefour critique : les politiques qui ont &#233;t&#233; suivies ces derni&#232;res ann&#233;es ont conduit les peuples &#224; une impasse ; nous nous trouvons dans certains pays face &#224; une crise humanitaire et dans la plupart des pays europ&#233;ens face &#224; une crise de coh&#233;sion sociale. Cela ne peut pas continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, nous nous trouvons dans une p&#233;riode o&#249; les notions de d&#233;mocratie et de souverainet&#233; populaire sont remises en cause : les d&#233;cisions sont prises &#224; huis clos entre petits groupes de personnes o&#249; des ministres des finances ou premiers ministres d&#233;cident de s'attaquer au peuple sans l'en avertir au pr&#233;alable. Et les interventions de la Tro&#239;ka (la commission europ&#233;enne, la banque centrale europ&#233;enne et le Fonds mon&#233;taire international, ndlr), un organe en dehors des institutions qui n'a de comptes &#224; rendre &#224; personne, ont &#233;t&#233; d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; nos deux principales batailles : une alternative &#224; l'aust&#233;rit&#233;, et le r&#233;tablissement de la d&#233;mocratie. Pour ces &#233;lections, la gauche s'adresse donc &#224; un auditoire bien plus grand que celui qu'elle avait ces derni&#232;res ann&#233;es, car ces deux axes se recoupent avec des convictions et des forces dans la soci&#233;t&#233; qui autrefois n'avaient rien &#224; voir avec la gauche mais comprennent aujourd'hui que l'Europe se trouve &#224; un carrefour et ne peut plus &#234;tre r&#233;gie par l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre candidature signifie donc que vous cautionnez malgr&#233; tout les institutions europ&#233;ennes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233;, pour la premi&#232;re fois avec ces &#233;lections, de faire &#233;lire le pr&#233;sident de la commission par le parlement europ&#233;en, c'est un changement positif. Cela ne signifie pas que la mani&#232;re dont les d&#233;cisions sont prises &#224; la commission, ou que l'affaiblissement de plus en plus grand du r&#244;le du parlement, soient justes. Mais l&#224;, il faut reconna&#238;tre qu'une d&#233;cision positive a &#233;t&#233; prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que nous voulons changer &#233;norm&#233;ment de choses en Europe : nous voulons changer le cadre europ&#233;en ! Nous ne cautionnons ni les structures actuelles ni la politique men&#233;e aujourd'hui. Mais cela ne signifie pas que nous devons nous abstenir de la possibilit&#233; institutionnelle d'exprimer notre opinion... Imaginez un parti qui veut changer la politique de son pays et changer les structures de fonctionnement de l'&#201;tat. Sous pr&#233;texte qu'il ne serait pas d'accord avec elles, il ne prendrait pas part aux &#233;lections ? Pour nous, il n'y a donc pas de dilemme, nous relevons le d&#233;fi de cette pr&#233;sidence de la commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche europ&#233;enne ne joue plus aujourd'hui un r&#244;le de seconde zone : ce n'est pas une force p&#233;riph&#233;rique, seulement l&#224; pour amuser la galerie&#8230; C'est une force qui veut gouverner, comme va le d&#233;montrer le r&#233;sultat des &#233;lections : le parti de la gauche europ&#233;enne sera la troisi&#232;me force politique au parlement europ&#233;en apr&#232;s les sociaux-d&#233;mocrates et la droite du parti populaire europ&#233;en, il arrivera devant les lib&#233;raux et les Verts, ce qui veut dire que dans la p&#233;riode qui s'annonce, il va jouer un r&#244;le pro&#233;minent dans le combat pour la formation d'une nouvelle Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'on peut changer aujourd'hui au niveau europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut arr&#234;ter imm&#233;diatement les programmes d'aust&#233;rit&#233;, qui ont &#233;chou&#233;, tant sur le plan social qu'en termes purement &#233;conomiques. Si on n'y met pas un terme, nous mettons en danger l'Europe elle-m&#234;me et l'euro. Il nous faut &#233;galement prendre conscience que la discussion au sujet de l'avenir de l'Europe ne peut pas se faire sans les &#233;lecteurs : les grands changements dont on discute aujourd'hui au sujet de l'avenir de l'Europe ne peuvent se faire sans la l&#233;gitimation des peuples, sans leur vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans les crit&#232;res des pactes de stabilit&#233;, il faut arr&#234;ter de prendre seulement en compte les indicateurs &#233;conomiques. Je ne vois pas pourquoi nous devons tous &#234;tre d'accord avec les 3 % de d&#233;ficit public, le ratio de 60 % du PIB pour la dette, la limite des 2 % d'inflation... sans consid&#233;rer comme indicateur de viabilit&#233; les chiffres du ch&#244;mage ou le niveau de salaire minimum ! Un pays peut atteindre la limite des 3 % de d&#233;ficit public en nivelant compl&#232;tement la soci&#233;t&#233;&#8230; Cela ne veut pas dire que c'est un pays viable ! L'Europe doit donc op&#233;rer un v&#233;ritable virage social, pour aller vers la justice sociale et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le moment est venu de sortir du pi&#232;ge de la dette : l'Europe est enferm&#233;e dedans, la moiti&#233; du continent doit &#224; l'autre moiti&#233;, et cette situation bloque toute perspective de croissance. Il faut convoquer une conf&#233;rence europ&#233;enne sur la dette publique et prendre une d&#233;cision comme cela avait &#233;t&#233; fait pour l'Allemagne lors de la conf&#233;rence de Londres en 1953 : effacement d'une grande partie de la dette, moratoire sur le paiement de ses int&#233;r&#234;ts, alignement du remboursement en fonction de la reprise &#233;conomique. Il faut cesser de rembourser tant que le pays est en r&#233;cession... C'est selon moi la seule solution pour retrouver une coh&#233;sion sociale mais aussi la confiance des citoyens et celle des investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce qui concerne la dette grecque, quelle serait l'ampleur de cet effacement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, il y a d&#233;j&#224; une limite : celle pos&#233;e par le pacte europ&#233;en de stabilit&#233;, qui dit que la dette viable s'&#233;l&#232;ve &#224; 60 % du PIB&#8230; Si l'on veut une dette grecque viable, qu'on en efface alors une part suffisante pour qu'elle soit ramen&#233;e &#224; 60 % du PIB et que la Gr&#232;ce retrouve ainsi le chemin de la croissance et reconstruise sa base productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce vendredi 11 avril, pendant que vous &#234;tes &#224; Paris, Angela Merkel est &#224; Ath&#232;nes : c'est la deuxi&#232;me fois qu'elle se rend dans la capitale grecque, o&#249; Wolfgang Sch&#228;uble s'est &#233;galement rendu l'&#233;t&#233; dernier. Que signifie cette visite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord qu'Angela Merkel a un gros int&#233;r&#234;t &#224; soutenir son porte-parole &#224; Ath&#232;nes, M. Samaras. Mais cela signifie aussi qu'Angela Merkel a tr&#232;s peur de Syriza, c'est pourquoi elle donne autant de poids &#224; M. Samaras. Enfin, cela signifie que la Gr&#232;ce reste un pays tr&#232;s important pour Mme Merkel car c'est pr&#233;cis&#233;ment en Gr&#232;ce que peut se casser la cha&#238;ne de consentement de sa politique : un nouveau gouvernement peut arriver au pouvoir &#224; Ath&#232;nes et pr&#233;tendre &#224; une r&#233;elle n&#233;gociation pour mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233;.... Or cela va arriver tr&#232;s bient&#244;t en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arriv&#233;e au gouvernement du SPD en Allemagne, aux c&#244;t&#233;s de la CDU d'Angela Merkel, ne va-t-elle pas provoquer une r&#233;orientation, plus sociale, de sa politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne crois pas. La social-d&#233;mocratie a op&#233;r&#233; sa mutation en Europe. Aujourd'hui, nous avons trois propositions politiques diff&#233;rentes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; La premi&#232;re est la proposition commune du SPD et de la CDU : malgr&#233; les diff&#233;rentes alternatives, ces partis, et avec eux, le PSE et le PPE, estiment qu'il n'existe pas d'autres chemins que celui l'aust&#233;rit&#233;. Je les mets donc d&#233;sormais dans la m&#234;me famille : ils m&#232;nent les m&#234;mes politiques n&#233;olib&#233;rales et ne jurent que par l'aust&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; La deuxi&#232;me proposition est celle de l'extr&#234;me droite populiste qui veut d&#233;truire l'Union europ&#233;enne et revenir &#224; l'&#201;tat-nation, des monnaies nationales. Cela ne r&#233;pond pas aux besoins fondamentaux soulev&#233;s par les ravages caus&#233;s par l'aust&#233;rit&#233;, car m&#234;me si nous revenons &#224; l'&#201;tat-nation, ce ne seront pas les peuples qui gagneront dans cette comp&#233;tition mon&#233;taire, mais bien le capital financier.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Il y a une troisi&#232;me proposition, c'est celle de la gauche europ&#233;enne : il ne s'agit pas de d&#233;truire, mais de changer l'Europe. Je pense en outre que cette proposition correspond aux valeurs fondatrices de l'Europe, &#224; savoir la solidarit&#233;, la coop&#233;ration, la coh&#233;sion sociale et la d&#233;mocratie. Nous sommes donc une force v&#233;ritablement europhile, nous ne reconnaissons d'ailleurs pas de fronti&#232;res g&#233;ographiques &#224; l'int&#233;rieur de l'Europe, mais seulement des fronti&#232;res sociales. Nos adversaires en revanche, la droite populaire du PPE et les sociaux d&#233;mocrates du PSE, constituent des forces anti-europ&#233;ennes au regard des d&#233;g&#226;ts humains qu'elles provoquent, et ils font, de ce fait, le jeu de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Regardons du c&#244;t&#233; de la politique fran&#231;aise &#224; pr&#233;sent&#8230; Vous avez vu le r&#233;cent remaniement gouvernemental, le d&#233;part des Verts du gouvernement&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et les bleus sont arriv&#233;s&#8230; (rires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Mais on observe &#233;galement, dans les rangs m&#234;mes des socialistes, des d&#233;put&#233;s qui ne cautionnent plus la politique de Hollande ni ce nouveau gouvernement. N'y voyez-vous pas des analogies avec l'h&#233;morragie qu'a subie le PASOK, le parti socialiste grec, depuis le d&#233;but des politiques d'aust&#233;rit&#233;, en 2010 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, le cas du PASOK est tout de m&#234;me assez particulier : il s'est effondr&#233; parce qu'il fut le premier parti &#224; avoir introduit, concr&#233;tis&#233; et contre-sign&#233; une politique qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une catastrophe sociale pour les classes qu'il repr&#233;sentait. Puis ce parti a accept&#233; de gouverner avec la droite, et m&#234;me avec une certaine extr&#234;me droite, puisque le gouvernement Samaras auquel participe le PASOK (depuis juin 2012) est un gouvernement influenc&#233; par l'extr&#234;me droite, comme l'a montr&#233; derni&#232;rement la vid&#233;o qui a r&#233;v&#233;l&#233; les rapports &#233;troits entre le premier conseiller de Samaras et Aube dor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Hollande n'a pas seulement d&#233;&#231;u les Fran&#231;ais, mais tous les Europ&#233;ens qui attendaient de son &#233;lection un changement important en Europe. Or, au lieu de prendre conscience que son &#233;chec au profit de la droite aux &#233;lections municipales est d&#251; au fait qu'il n'a pas tenu ses promesses ni men&#233; une politique de gauche, il a compris l'exact oppos&#233; : qu'il n'a pas men&#233; une politique assez &#224; droite pour pouvoir gagner les voix de droite. Cela le conduit &#224; un nouveau virage &#224; droite, une fois de plus. Comme s'il s'approchait d'un pr&#233;cipice, et au lieu de tourner le volant, appuyait &#224; nouveau sur l'acc&#233;l&#233;rateur... Le parti socialiste fran&#231;ais devrait pourtant faire un peu plus attention au vu de l'exp&#233;rience du PASOK. D'autant que lorsqu'on abandonne les classes sociales que traditionnellement l'on repr&#233;sente, &#224; savoir les classes moyennes et les travailleurs, on les offre comme des proies &#224; l'extr&#234;me droite. Un parti socialiste qui fait une politique de droite ne fait que donner des points &#224; la droite, pas au parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Papandr&#233;ou, des mesures avaient &#233;t&#233; prises qui n'ont pas d'&#233;quivalent en Europe : c'&#233;tait des mesures beaucoup plus s&#233;v&#232;res que ce qui se passe aujourd'hui en France. Mais on observe toutefois une similitude : en France comme en Gr&#232;ce, c'est un socialiste qui prend des mesures plus dures que ce qu'a fait avant lui la droite au pouvoir et ce, alors qu'il a &#233;t&#233; &#233;lu sur un programme de meilleure taxation des richesses&#8230; Or ce sont les classes moyennes qui paient le prix lourd au niveau de l'imp&#244;t, et dans le m&#234;me temps, un cadeau est offert aux entreprises avec la diminution des cotisations patronales : c'est une politique dont le poids repose sur les classes qui traditionnellement constituaient l'&#233;lectorat du parti, c'est catastrophique pour un parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PASOK reste donc un cas particulier, mais on peut observer une tendance similaire, m&#234;me si le r&#233;sultat final du PS ne descendra pas aussi bas que les 4 % actuels du PASOK... Le PS court en tout cas le risque de perdre encore plus de voix aux &#233;lections europ&#233;ennes qu'aux municipales. Alors, je ne sais pas ce que fera M. Hollande. Va-t-il changer Valls pour d&#233;signer un premier ministre UMP&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux dissensions apparues en France au sein du Front de gauche, notamment lors de la campagne des municipales, quels conseils donneriez-vous &#224; la gauche fran&#231;aise, vous qui pr&#233;sidez un parti issu d'une coalition et travers&#233; par diff&#233;rents courants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que la gauche alternative en France suive le m&#234;me mod&#232;le que la gauche grecque, &#224; savoir celui d'une coalition. La cl&#233;, c'est l'unit&#233; et l'&#233;largissement vers les forces de gauche et les d&#233;&#231;us du parti socialiste qui ne se retrouvent pas aujourd'hui dans cette transformation &#224; droite du parti. C'est une recette qui marche. Bien entendu, cela exige des remises en question car les uns et les autres doivent savoir reculer d'un pas sur certaines aspirations afin de faire tous ensemble de grands pas en avant. Mais il faut, &#224; mon avis, demeurer dans l'unit&#233;, &#233;luder certaines diff&#233;rences et gagner l'&#233;lectorat de gauche qui est aujourd'hui d&#233;&#231;u par Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Syriza, il y a par exemple un important courant qui n'est pas favorable au maintien de la Gr&#232;ce dans la zone euro. Il y a un pluralisme d'id&#233;es au sein du parti : c'est une force, pas une faiblesse ! Cela dit, pour l'heure notre position collective, qui a recueilli la majorit&#233; des voix lors de notre congr&#232;s, est de dire que nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; abandonner la monnaie unique. Mais cela ne signifie pas que nous accepterons tous les sacrifices et tous les compromis possibles pour rester dans la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche, le comit&#233; central de Syriza se r&#233;unit pour arr&#234;ter les listes de candidats pour les europ&#233;ennes, mais aussi pour les municipales et r&#233;gionales qui se tiennent en Gr&#232;ce au m&#234;me moment (scrutin &#224; deux tours, les 18 et 25 mai). Est-ce une phase difficile pour le parti ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est que nous sommes d&#233;sormais un grand parti, et que la constitution des listes exige beaucoup de discussion&#8230; C'est un casse-t&#234;te plut&#244;t heureux je dois dire. Je pense que nous aurons un grand &#233;cho de la soci&#233;t&#233; grecque car les gens ont compris d&#233;sormais qu'ils ne votent pas seulement pour un eurod&#233;put&#233; ou un pour maire, mais qu'ils font un choix de vie : il s'agit de voter pour un grand changement n&#233;cessaire au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour 2014, le gouvernement annonce le retour de la croissance en Gr&#232;ce et ces jours-ci le pays revient sur les march&#233;s avec une op&#233;ration d'&#233;mission d'obligations, alors que pendant quatre ans la Gr&#232;ce &#233;tait dans l'impossibilit&#233; d'emprunter. Est-ce la fin de la crise ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, malheureusement la Gr&#232;ce se trouve toujours enferm&#233;e dans le pi&#232;ge de la dette et dans le cercle vicieux d'une politique sans issue. Je peux vous donner un chiffre : la dette qui &#233;tait d'environ 120 % du PIB en 2010 quand le premier m&#233;morandum est entr&#233; en vigueur a atteint aujourd'hui 175 %. Ce n'est pas viable. Le programme qui nous a &#233;t&#233; impos&#233; par la Tro&#239;ka nous oblige par ailleurs &#224; d&#233;gager pendant les six prochaines ann&#233;es 4,5 % d'exc&#233;dent budg&#233;taire primaire (sans les int&#233;r&#234;ts de la dette), c'est-&#224;-dire plus de 600 millions d'euros. En m&#234;me temps, nous devrons encore payer 22 millions d'euros en int&#233;r&#234;ts&#8230; Ce sont des montants impossibles &#224; payer pour un pays et un peuple qui se trouvent depuis sept ans en r&#233;cession. C'est donc le probl&#232;me de la dette qu'il faut r&#233;gler avant tout, ce &#224; quoi il faut ajouter des investissements publics europ&#233;ens afin de relancer la croissance et l'emploi. Pas seulement en Gr&#232;ce, mais dans toute l'Europe, puisque le probl&#232;me &#233;videmment n'est pas grec, il est europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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