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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'Iraq, une souffrance continue aux causes multiples&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Iraq-une-souffrance-continue-aux-causes-multiples</link>
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		<dc:date>2014-07-02T12:17:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Syria Freedom Forever</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-07-01</dc:subject>
		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;v&#232;nements de ces derni&#232;res semaines en Iraq avec la prise de Mossoul, deuxi&#232;me plus grande ville du pays, et qui a provoqu&#233; le d&#233;part de plus de 500 000 personnes, et d'autres villes par une coalition h&#233;t&#233;roclite de groupes r&#233;actionnaires compos&#233;e principalement par l'Etat d'Islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) [1], d'ex baathiste et de chef de tribus sont la continuation de la longue agonie du peuple irakien depuis 2003 et m&#234;me avant &#224; bien des &#233;gards. &lt;br class='autobr' /&gt; Il faut se rappeler en effet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Irak-1030-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton18220-a8483.jpg?1677389295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#232;nements de ces derni&#232;res semaines en Iraq avec la prise de Mossoul, deuxi&#232;me plus grande ville du pays, et qui a provoqu&#233; le d&#233;part de plus de 500 000 personnes, et d'autres villes par une coalition h&#233;t&#233;roclite de groupes r&#233;actionnaires compos&#233;e principalement par l'Etat d'Islamique d'Iraq et du Levant (EIIL) [1], d'ex baathiste et de chef de tribus sont la continuation de la longue agonie du peuple irakien depuis 2003 et m&#234;me avant &#224; bien des &#233;gards.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut se rappeler en effet que le pays vivait sous la dictature sanglante du clan de Saddam Hussein qui avait caus&#233; la mort, l'exil et l'emprisonnement de plusieurs dizaines de milliers de personnes, sans oublier le gazage des kurdes en 1988 &#224; Halabja, tandis que ce r&#233;gime s'&#233;tait construit sur un appareil r&#233;pressif totalitaire qui n'acceptait aucune opposition politique et ou ind&#233;pendance syndicale, et sur des bases client&#233;listes, tribales et communautaires et n'avait rien de nationaliste comme certains l'ont caract&#233;ris&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison principale n&#233;anmoins de la situation actuelle catastrophique dans le pays r&#233;sulte de l'invasion militaire am&#233;ricaine et britannique de 2003 et de ses politiques successives dans le pays, des interventions des pays r&#233;gionaux, particuli&#232;rement l'Iran et l'Arabie Saoudite, qui n'ont cess&#233; de nourrir le feu du communautarisme comme moyen de faire avancer leurs int&#233;r&#234;ts et sans oublier des politiques communautaires et r&#233;pressives du gouvernement Maliki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car contrairement comme avanc&#233; par certains m&#233;dias et &#171; analystes &#187; les &#233;v&#232;nements actuels en Irak ne sont pas le fruit d'une haine ancestrale entre Sunnite et Chiite qui dateraient de plus de 1000 ans, mais bien le r&#233;sultat de politiques actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de son invasion militaire qui a provoqu&#233; la mort d'un million d'irakiens et le d&#233;placement forc&#233; de 4 millions d'autres et cela apr&#232;s plus de 10 ans de sanctions inhumaines, la politique d'occupation des Etats Unis est &#224; l'origine de la d&#233;b&#226;cle actuelle : r&#233;pression f&#233;roce de toute opposition politique &#224; l'occupation am&#233;ricaine, mise en place forc&#233;e de politiques n&#233;olib&#233;rales et r&#233;pression de mouvements syndicalistes ind&#233;pendants, destruction des institutions &#233;tatiques (arm&#233;e, administration, syst&#232;me universitaire, etc&#8230;), mise en place d'un syst&#232;me politique bas&#233; sur le confessionnalisme politique comme au Liban et comme base de construction des nouvelles administrations &#233;tatiques, etc&#8230; Ce dernier &#233;l&#233;ment provoquera une guerre confessionnelle terrible opposant groupes extr&#233;mistes chiites et sunnites entre 2005 et 2008, provoquant une moyenne mensuelle de 3000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, l'Arabie Saoudite et l'Iran ont soutenu des groupes confessionnels extr&#233;mistes et r&#233;actionnaires pour favoriser leurs propres int&#233;r&#234;ts, comme dans d'autres pays d'ailleurs dans la r&#233;gion, particuli&#232;rement le Liban et la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e spectaculaire de l'EIIL et de ses alli&#233;s ces derniers mois sont n&#233;anmoins &#224; comprendre dans les politiques autoritaires et communautaires du gouvernement de Maliki de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout d'abord se rappeler des manifestations populaires qui avaient secou&#233; le pays au d&#233;but de l'ann&#233;e 2011 dans la foul&#233;e des soul&#232;vements populaires de la r&#233;gion. Cela avait d&#233;but&#233; le 25 f&#233;vrier 2011 par &#8220;le Jour de la col&#232;re&#8221; qui devait lancer un cycle hebdomadaire de protestation les vendredi dans la plupart des grandes villes du pays. Les demandes &#233;taient diverses, allant de la lutte contre le ch&#244;mage, qui est toujours tr&#232;s &#233;lev&#233;, le manque ou l'absence de services tels que l'&#233;lectricit&#233;, la lib&#233;ration des prisonniers politiques, &#224; l'opposition &#224; l'ensemble du r&#233;gime communautaire install&#233; par l'occupation &#233;tats-unienne. Le mouvement &#233;tait compos&#233; de personnalit&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile, groupes f&#233;ministes, syndicalistes, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rassemblements populaires ont parfois d&#233;pass&#233; les dizaines de milliers, tandis que par exemple dans la ville de Mossoul, des manifestant-es avaient appel&#233; &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale poussant le gouverneur local Atheel al-Nujaifi &#224; soutenir les manifestations et soutenir la violation du couvre-feu impos&#233; par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations populaires ont repr&#233;sent&#233; un d&#233;fi s&#233;rieux au gouvernement de Maliki, avec de nombreux politiciens locaux d&#233;missionnaires, dont deux &#224; Bassorah, et surtout les places de protestation &#233;taient devenues des sites de po&#233;sie politis&#233;e et de spectacles culturels, s'appuyant sur le riche patrimoine culturel de l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement n'a pas tard&#233; &#224; r&#233;agir avec une r&#233;pression syst&#233;matique : gaz lacrymog&#232;nes ainsi que des balles r&#233;elles, la mise en place de nombreux check points, for&#231;ant notamment les gens &#224; marcher pendant des heures dans la chaleur torride pour rejoindre des places publiques g&#233;n&#233;ralement facilement accessible. Les forces de s&#233;curit&#233; interdisaient &#233;galement tous les stylos, marqueurs, tableau d'affichage, et des bouteilles d'eau aux personnes se rendant aux places publiques pour manifester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consolidation politique au sein de l'&#233;lite dirigeante de l'Irak a n&#233;anmoins permis au premier ministre Nouri al-Maliki de coopter les politiciens locaux dissidents tels qu'&#224; Bassorah tout en continuant la r&#233;pression du mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le gouvernement Maliki poursuivait de plus en plus une politique communautaire contre la population sunnite. Ce dernier avait notamment refus&#233; d'int&#233;grer les Conseils de &#171; l'&#233;veil sunnite &#187; dans l'arm&#233;e, qui avaient combattu Al Qaida , avait maintenu la loi anti-baasiste, mise en place apr&#232;s l'invasion am&#233;ricaine contre les anciens dirigeants proches de Saddam Hussein, mais utilis&#233; surtout par le premier ministre irakien pour r&#233;primer toutes les forces politiques sunnites, tandis qu'il accusait d'importanst politiciens de confession sunnites de soutien aux terroristes, usage habituel des r&#233;gimes r&#233;pressifs de la r&#233;gion pour r&#233;primer toute opposition comme on peut le voir en Egypte et en Syrie actuellement. Le gouvernement Maliki a &#233;galement discrimin&#233; de mani&#232;re syst&#233;matique les sunnites au sein de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e 2013, un mouvement populaire dans les r&#233;gions &#224; majorit&#233; sunnite avait men&#233; une campagne de masse de r&#233;sistance non-violente contre le gouvernement Maliki, et particuli&#232;rement les politiques communautaires et autoritaires. Des manifestations populaires de masse et des sit-ins ont eu lieu &#224; cette p&#233;riode revendiquant la lib&#233;ration des prisonniers politiques, en particulier les milliers de femmes d&#233;tenues, plus d'emplois et de meilleurs services publics, et la suppression de la constitution irakienne. Les manifestant-es visaient, s'opposaient surtout aux &#171; lois anti terroristes &#187; utilis&#233;es par le gouvernement irakien pour r&#233;primer les opposant-es avec des accusations de liens avec Al-Qa&#239;da ou le parti Baas de Saddam. A cette &#233;poque, des dirigeants irakiens chiites du bloc du Conseil Supr&#234;me Islamique d'Iraq et du bloc de Moqtada al-Sadr, qui avaient leurs propres griefs contre le r&#233;gime Maliki, avaient exprim&#233; leur solidarit&#233; avec ces manifestations compos&#233;es dans leur quasi totalit&#233; par des irakiens de confession sunnite et avaient menac&#233; d'organiser leurs propres manifestations. Malheureusement aucune solidarit&#233; trans-confessionnelle ne s'est mat&#233;rialis&#233;e, ni inter ethnique, malgr&#233; les critiques et opposition des groupes kurdes contre le gouvernement de Maliki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Maliki a r&#233;prim&#233; de mani&#232;re sanglante cette vague de protestations populaires, comme il l'avait fait contre le mouvement du 25 f&#233;vrier 2011 lorsque l'Iraq avait connu des manifestations populaires &#224; travers le pays. Il a d'ailleurs utilis&#233; des tactiques tir&#233;es directement de l'occupation am&#233;ricaine &#8211; les quartiers d&#233;truits enti&#232;rement ou partiellement, des arrestations massives et la torture. L'intensification de la r&#233;pression du gouvernement Maliki a pouss&#233; une partie des manifestant-es et certains groupes &#224; se rallier &#224; l'EIIL, qui s'oppose au r&#233;gime irakien pour des raisons communautaires, et ce dernier a gagn&#233; une importance croissante dans les r&#233;gions &#224; majorit&#233; sunnite. L'arm&#233;e irakienne, reconstruite sur des bases communautaires par le gouvernement Maliki et min&#233;e par la corruption, &#233;tait per&#231;ue de plus en plus comme une arm&#233;e d'occupation par les populations dans les r&#233;gions &#224; majorit&#233; sunnite et c'est pour cette raison que certains ont vu dans leur d&#233;part une lib&#233;ration, mais sans consid&#233;rer les nouveaux arrivants comme des lib&#233;rateurs. Les pratiques de l'EIIL (imposition de lois religieuses r&#233;actionnaires sur la population touchant particuli&#232;rement les femmes, assassinats communautaires, autoritarisme, destructions d'objets arch&#233;ologiques pr&#233;-islamique et autres, etc&#8230;) feront en effet tr&#232;s probablement l'objet de r&#233;sistance tr&#232;s rapidement des populations locales, comme cela a &#233;t&#233; le cas en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Maliki a utilis&#233; la menace communautaire de l'EIIL pour pousser M. Sadr &#224; organiser des manifestations d'appui &#224; l'Etat irakien et pour demander le soutien du grand Ayatollah Sistani, la plus haute autorit&#233; religieuse chiite d'Irak. Maliki a &#233;galement fait mobiliser des milices sectaires chiites pour s'opposer &#224; l'EIIL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution est donc bien s&#251;r de s'opposer aux forces r&#233;actionnaires jihadistes de l'EIIL, alli&#233;s aux ex baassistes, mais &#233;galement au gouvernement Maliki avec ses politiques communautaires et autoritaires et les forces r&#233;actionnaires qui le soutiennent. Ces deux acteurs se nourrissent et sont donc &#224; abattre pour esp&#233;rer construire un mouvement populaire social et progressiste s'opposant au communautarisme permettant &#224; l'Iraq de sortir d'un cauchemar qui n'a que trop dur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour rappel, l'EIIL est l'&#233;manation d'al-Qa&#239;da en Iraq, qui a &#233;merg&#233; au cours de l'occupation am&#233;ricaine en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* syriafreedomforever : http://syriafreedomforever.wordpres...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tats-Unis, Irak &amp; Iran : qui s&#232;me le vent r&#233;colte la temp&#234;te</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etats-Unis-Irak-Iran-qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etats-Unis-Irak-Iran-qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete</guid>
		<dc:date>2014-07-02T12:16:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-07-01</dc:subject>
		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La progression des djihadistes de l'&#201;tat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui contr&#244;le d&#233;sormais une vaste partie de l'Irak, a d&#233;clench&#233; un vent de panique &#224; Washington. &lt;br class='autobr' /&gt; La conqu&#234;te de plusieurs grandes villes et l'hypoth&#232;se d'une offensive sur Bagdad ont convaincu l'administration Obama de r&#233;agir, m&#234;me si pour l'instant les plans US demeurent flous. Mais de toute &#233;vidence, et ce quel que soit le type d'intervention choisi, la stabilisation de l'Irak n'est pas pour demain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Irak-1030-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton18226-970de.png?1677465592' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La progression des djihadistes de l'&#201;tat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui contr&#244;le d&#233;sormais une vaste partie de l'Irak, a d&#233;clench&#233; un vent de panique &#224; Washington.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La conqu&#234;te de plusieurs grandes villes et l'hypoth&#232;se d'une offensive sur Bagdad ont convaincu l'administration Obama de r&#233;agir, m&#234;me si pour l'instant les plans US demeurent flous. Mais de toute &#233;vidence, et ce quel que soit le type d'intervention choisi, la stabilisation de l'Irak n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise qui vient de loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression de l'EIIL ne peut &#234;tre comprise sans la situer dans l'histoire r&#233;cente de ce pays d&#233;vast&#233; par l'intervention anglo-&#233;tatsunienne de 2003, dont l'appareil d'&#201;tat a &#233;t&#233; en grande partie d&#233;mantel&#233; au nom de la traque des fid&#232;les de Saddam Hussein, et dont le Premier ministre Nouri al-Maliki est largement d&#233;cri&#233; par une grande partie de la population, notamment par la minorit&#233; sunnite. Les &#233;v&#233;nements actuels ne sont pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais une spectaculaire expression de la crise qui mine l'Irak depuis de longues ann&#233;es : l'ann&#233;e 2013 a ainsi &#233;t&#233; la plus meurtri&#232;re depuis 2007, avec pr&#232;s de 8 000 civils et plus de 1 000 membres des forces de s&#233;curit&#233; tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les racines de la crise sont profondes. Le r&#233;gime de Nouri al-Malaki, en poste depuis plus de huit ans, est accus&#233; de corruption, d'autoritarisme, de n&#233;potisme et de discrimination &#224; l'&#233;gard de la minorit&#233; sunnite. &#192; la fin de l'ann&#233;e 2012, plusieurs villes sunnites se sont soulev&#233;es pacifiquement contre le pouvoir central, lequel a tent&#233; d'&#233;craser dans le sang le soul&#232;vement. Dans la ville d'Hawija, au c&#339;ur de laquelle un sit-in &#233;tait organis&#233; depuis plusieurs semaines, les troupes de Bagdad ont commis le 23 avril 2013 un v&#233;ritable massacre : au moins 50 morts et plus d'une centaine de bless&#233;s dans une op&#233;ration qualifi&#233;e, bien &#233;videmment, d'&#171; anti-terroriste &#187; par le gouvernement central. Le silence du pouvoir face aux revendications et la violence de la r&#233;pression ont convaincu nombre d'Irakiens de rejoindre les rangs des factions les plus radicales, au premier rang desquelles l'EIIL, qui a connu un spectaculaire d&#233;veloppement apr&#232;s les &#233;v&#233;nements d'Hawija.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les tergiversations US&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que cette crise vient de loin que l'administration Obama tergiverse quant &#224; la r&#233;ponse &#224; y apporter. Le risque est en effet grand de jeter de l'huile sur le feu et de d&#233;stabiliser encore un peu plus le pays. Les &#201;tats-Unis ont consacr&#233; plusieurs dizaines de milliards de dollars &#224; la formation et l'&#233;quipement de l'arm&#233;e irakienne, et pourraient renforcer leur aide militaire pour que les forces &#171; r&#233;guli&#232;res &#187; tiennent face &#224; l'EIIL. On &#233;voque &#233;galement l'envoi de plusieurs centaines de &#171; conseillers militaires &#187; US, voire m&#234;me le recours &#224; des bombardements &#171; cibl&#233;s &#187; sur les troupes djihadistes. Mais chacun sait que ces r&#233;ponses strictement militaires ne r&#233;soudront pas la crise, et auront m&#234;me tendance &#224; l'approfondir un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'hypoth&#232;se iranienne. L'Iran chiite est en effet l'un des principaux soutiens du r&#233;gime al-Maliki et voit d'un mauvais &#339;il la progression de l'EIIL, en Irak comme en Syrie. Les d&#233;clarations de certains officiels iraniens, qui ont affirm&#233; &#234;tre pr&#234;ts &#224; coop&#233;rer militairement avec les &#201;tats-Unis pour &#233;craser l'EIIL, en ont surpris plus d'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elles s'inscrivent en r&#233;alit&#233; dans la continuit&#233; des pratiques en cours : les &#201;tats-Unis forment et &#233;quipent l'arm&#233;e irakienne, l'Iran forme et &#233;quipe les milices chiites au service d'al-Maliki. Il existe donc d&#233;j&#224; une coop&#233;ration de facto sur le terrain, et les &#201;tats-Unis qui, sans exclure le recours &#224; la force, semblent aujourd'hui convaincus de la n&#233;cessit&#233; d'une solution politique, savent parfaitement que l'Iran est incontournable en Irak. La suite des &#233;v&#233;nements pourrait pr&#233;cipiter un rapprochement Iran-&#201;tats-Unis, qui d&#233;montrerait que lorsqu'il s'agit de tenter de stabiliser une r&#233;gion aussi riche en hydrocarbures, le pragmatisme politique l'emporte toujours sur les postures et sur la rh&#233;torique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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