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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Du r&#234;ve am&#233;ricain au r&#233;veil des wokes</title>
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		<dc:date>2022-03-08T12:11:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Seymour</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-03-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; de : Pivot : Conflit en Ukraine | Impacts de la crise climatique sur notre sant&#233; | Des n&#233;onazis qu&#233;b&#233;cois sur Telegram https://pivot.quebec/2022/03/02/du-reve-americain-au-reveil-des-wokes/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement woke participe-t-il d'une id&#233;ologie qui fragmente la population et emp&#234;che l'insurrection des classes ouvri&#232;res ? Le mouvement divise-t-il les groupes en communaut&#233;s ferm&#233;es, en identit&#233;s s'opposant les unes aux autres et, en ce sens, nuit-il &#224; l'&#233;mergence d'une r&#233;volution globale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Sciences-philosophie-et-histoire-" rel="directory"&gt;Sciences, philosophie et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Philosophie-+" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-03-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-03-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton51746-79e5f.png?1674680995' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de : Pivot : Conflit en Ukraine | Impacts de la crise climatique sur notre sant&#233; | Des n&#233;onazis qu&#233;b&#233;cois sur Telegram&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://pivot.quebec/2022/03/02/du-reve-americain-au-reveil-des-wokes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pivot.quebec/2022/03/02/du-reve-americain-au-reveil-des-wokes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement woke participe-t-il d'une id&#233;ologie qui fragmente la population et emp&#234;che l'insurrection des classes ouvri&#232;res ? Le mouvement divise-t-il les groupes en communaut&#233;s ferm&#233;es, en identit&#233;s s'opposant les unes aux autres et, en ce sens, nuit-il &#224; l'&#233;mergence d'une r&#233;volution globale contre l'ordre capitaliste actuel ? Il irait en fin de compte &#224; l'encontre de la possibilit&#233; d'une r&#233;volte g&#233;n&#233;rale semblable &#224; celle survenue en France en 1968 qui, elle, ravivait l'id&#233;al progressiste des Lumi&#232;res. Que penser de ce point de vue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233; du mouvement woke, l'id&#233;al des Lumi&#232;res consid&#232;re la personne humaine comme &#233;tant la seule source de r&#233;clamations morales valides, et il la con&#231;oit dans sa plus pure abstraction, sans distinction de couleur, de sexe, de genre, de langue, de culture, de nationalit&#233; ou de religion. C'est un id&#233;al qui est &#171; color blind &#187; face &#224; la diff&#233;rence et cela s'applique aussi &#224; l'&#233;chelle internationale. Il faudrait donc transcender les diff&#233;rences et &#233;carter les enjeux li&#233;s &#224; leur reconnaissance. C'est seulement &#224; cette condition que nous pourrions apercevoir les liens de solidarit&#233; qui nous unissent en tant qu'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seuls enjeux importants seraient donc d'ordre &#233;conomique et ils rel&#232;veraient de la justice distributive. Les enjeux identitaires leur feraient obstacle et nous emp&#234;cheraient d'avancer. Les d&#233;bats de soci&#233;t&#233; portant sur la religion, l'ethnicit&#233;, le genre, le sexe, l'orientation sexuelle, le racisme et le colonialisme prendraient beaucoup trop de place et ils seraient autant d'&#233;crans de fum&#233;e devant &#234;tre dissip&#233;s pour que l'on puisse retrouver enfin les bonnes vieilles classes sociales d'antan, &#233;tant donn&#233; que l'&#233;conomie est &#224; la base de tous les v&#233;ritables conflits et enjeux importants et que la classe ouvri&#232;re est au c&#339;ur de la lutte des classes. D'o&#249; l'id&#233;e que les prol&#233;taires de tous les pays doivent s'unir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-on raison de voir dans le mouvement woke une source de division ? N'est-ce pas plut&#244;t le contraire ? La sensibilit&#233; woke ne consiste-t-elle pas justement dans le fait d'&#234;tre &#233;veill&#233; aux diff&#233;rents types d'injustice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position que je viens d'&#233;voquer &#224; l'endroit des wokes trahit-elle une posture id&#233;ologique ancienne, d&#233;connect&#233;e des enjeux v&#233;cus &#224; notre &#233;poque et explique-t-elle en grande partie la d&#233;bandade actuelle de la gauche en France ? En somme, le mouvement woke est-il une source in&#233;vitable de division ou, au contraire, une source potentielle de r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux origines du mouvement woke&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le wokisme trouve notamment son origine dans les travaux d'Iris Marion Young, car cette derni&#232;re &#233;tait elle-m&#234;me tr&#232;s sensible aux manifestations multiples de l'oppression subies par diff&#233;rents groupes au sein de la soci&#233;t&#233; : l'exploitation, la marginalisation, la domination, la violence et l'imp&#233;rialisme culturel. (Voir &#171; Five faces of oppression &#187;, Philosophical Forum, paru en 1988). Une th&#233;orie de la justice ne doit pas selon elle &#234;tre color blind. Elle doit incorporer une politique de la diff&#233;rence. Ainsi, dans Justice and the politics of difference, paru en 1990, elle discute des injustices faites aux femmes, aux Afro-Am&#233;ricains, aux autochtones, de m&#234;me qu'aux homosexuels et aux lesbiennes. Ces injustices d&#233;bordent largement le domaine tr&#232;s &#233;troit de la justice distributive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sensibilit&#233; woke remonte aussi &#224; une autrice comme Kimberl&#233; Crenshaw qui, avec son concept d'intersectionnalit&#233;, aper&#231;oit les diff&#233;rents types d'injustice. Il y a les oppressions visant les classes populaires, mais aussi la discrimination bas&#233;e sur la couleur de la peau. Les Afro-am&#233;ricains font des demandes de reconnaissance et non seulement des demandes li&#233;es &#224; la redistribution socio-&#233;conomique. Son premier texte en ce sens date de 1989 (&#171; Demarginalizing the Intersection of Race and Sex : A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics &#187;, University of Chicago Legal Forum).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Judith Butler a de son c&#244;t&#233; fait valoir qu'entre les deux p&#244;les que sont les genres masculin et f&#233;minin, il existe une kyrielle d'autres identit&#233;s de genre. Plus que quiconque, elle nous a sensibilis&#233;s &#224; l'existence des LGBTQ. Son ouvrage s&#233;minal sur la question est Trouble dans le genre. Le f&#233;minisme et la subversion de l'identit&#233;, paru en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nancy Fraser a elle aussi insist&#233; sur l'aspect pluriel d'une th&#233;orie de la justice. Dans son article &#171; Reframing Justice in a Globalizing World &#187;, paru en 2005, elle montre que la justice doit incorporer trois volets : la justice distributive, la politique de la reconnaissance et la repr&#233;sentation politique. Par exemple, les femmes sont d&#233;favoris&#233;es sur le plan de l'&#233;quit&#233; salariale (distribution socio-&#233;conomique), mais on ne reconna&#238;t pas non plus &#224; leur juste mesure les m&#233;rites des professions fond&#233;es sur l'&#233;thique du soin (reconnaissance), et elles ne brisent pas encore compl&#232;tement le plafond de verre (repr&#233;sentation politique). Les Afro-Am&#233;ricains sont aussi victimes d'une triple injustice de ce genre. Il y a la pauvret&#233; oui, mais il y a aussi le pass&#233; esclavagiste, la s&#233;gr&#233;gation, les politiques carc&#233;rales et les abus de la police qui rel&#232;vent d'un racisme syst&#233;mique toujours en vigueur. Puis il y a les politiques diverses qui briment l'expression d&#233;mocratique de plusieurs citoyens Afro-Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus proche de nous, Chantal Mouffe insiste sur l'importance de construire le peuple en rassemblant les diff&#233;rents groupes qui subissent diff&#233;rents types d'injustice. Il faut rassembler les f&#233;ministes, les &#233;cologistes et les identitaires venant d'une nation comprenant 99% de la population et ayant comme adversaire l'oligarchie &#233;conomique. Pour y parvenir, il faut s'ouvrir &#224; toutes ces diff&#233;rences. Voir l'ouvrage co-&#233;crit avec &#205;&#241;igo Errej&#243;n, Construire un peuple, Cerf, (2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus r&#233;cemment, Aur&#233;lie Trouv&#233; dans son livre Le Bloc Arc-en-ciel (&#201;ditions La D&#233;couverte 2021) insiste pour dire que la gauche doit s'ouvrir au rouge des classes ouvri&#232;res, au vert des &#233;cologistes, au jaune des Gilets jaunes et aux diff&#233;rentes couleurs des groupes minoritaires identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons maintenant que la gauche doit aussi se porter &#224; la d&#233;fense de la biodiversit&#233; et que l'anti-sp&#233;cisme requiert de respecter la diff&#233;rence animale. Mais nous devrions aussi savoir que pour combattre le communautarisme, il ne faut pas d&#233;truire les communaut&#233;s. Et pour vaincre le nationalisme identitaire, il faut reconna&#238;tre les identit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la culture woke participe de cette mouvance. M&#234;me si le terme a exist&#233; bien avant Black Lives Matter, ce mouvement l'a popularis&#233; et fait entrer dans le discours social de notre &#233;poque. Le mot d'ordre qui consiste &#224; devoir rester &#8216;woke' recommande aux citoyens de tenir compte des probl&#232;mes d'in&#233;galit&#233; raciale et des injustices sociales visant la communaut&#233; LGBTQ+, les femmes, les immigr&#233;s et les autochtones. On y trouve donc les m&#234;mes enseignements que dans les travaux de Young, Crenshaw, Butler, Fraser, Mouffe et Trouv&#233;. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les figures de proue de cette nouvelle mouvance de la gauche sont des femmes. J'y reviendrai dans une prochaine chronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les raisons de la col&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la gauche s'est-elle progressivement int&#233;ress&#233;e &#224; des enjeux identitaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la lutte des classes demeure essentielle, une autre lutte s'est progressivement impos&#233;e et c'est celle qui oppose le 99% au 1%. L'&#233;cart entre les plus riches et le reste de la soci&#233;t&#233; se creuse de plus en plus. Aussi bien dire que ce sont les peuples en entier qui &#233;copent face &#224; la concentration du capital, des moyens de production et des pouvoirs de d&#233;cision dans les mains d'un petit nombre. Le combat pour l'&#233;mancipation des masses n'est plus dirig&#233; contre un seul groupe, le prol&#233;tariat, mais bien sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, incluant en plus les minorit&#233;s LGBTQ+, les femmes, les groupes racis&#233;s et les autochtones. Autrement dit, c'est la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, dans sa diff&#233;rence par rapport aux autres soci&#233;t&#233;s et dans toutes ses diff&#233;rences internes, qui fait l'objet d'un rapport de domination et c'est la raison pour laquelle il faut &#233;largir la lutte. Il faut tisser des liens avec les groupes racis&#233;s, les minorit&#233;s religieuses, les minorit&#233;s sexuelles et les nations minoritaires, afin de comprendre leurs revendications identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, la concentration du capital, des moyens de production et des pouvoirs de d&#233;cision dans les mains d'un petit nombre rassemble des riches apatrides, des multinationales d&#233;localis&#233;es et un commerce qui fait tomber toutes les barri&#232;res, tarifaires et non tarifaires. C'est un terrain de jeu id&#233;al pour le Grand Capital. Cette oligarchie veut faire dispara&#238;tre toutes les diff&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se rappellera qu'au 19e si&#232;cle, ainsi que l'a montr&#233; Ernest Gellner, le d&#233;veloppement industriel du capitalisme voulait uniformiser culturellement les populations au sein des &#201;tats pour favoriser la mobilit&#233; d'une main d'&#339;uvre form&#233;e partout de la m&#234;me fa&#231;on, dans une langue unique et aux d&#233;pens des minorit&#233;s. Or, le capitalisme mondialis&#233;, qui n'est encore &#224; notre &#233;poque rien d'autre que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, a besoin d'une lingua franca, l'anglais, et d'une culture uniform&#233;ment r&#233;pandue et commun&#233;ment partag&#233;e, hostile &#224; la Convention sur la diversit&#233; des expressions culturelles. Il peut &#234;tre utile de rappeler que les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l sont les deux seuls pays &#224; avoir vot&#233; contre cette Convention. Il est dans l'int&#233;r&#234;t de l'empire &#233;conomique &#233;tatsunien de vouloir laminer toutes les diff&#233;rences culturelles et d'endormir les masses dans le r&#234;ve am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les GAFAMS sont un instrument essentiel pour nous imposer culturellement, sans jamais &#234;tre impos&#233;s fiscalement, une identit&#233; unique obtenue par un effet d'atomisation. Il s'agit de fragmenter la soci&#233;t&#233; et de confiner les citoyens entre quatre murs, dans leurs cavernes, pour qu'ils confondent les ombres qu'ils voient d&#233;filer sur des &#233;crans avec la r&#233;alit&#233;, et pour qu'ils soient tous coup&#233;s les uns des autres. Les identit&#233;s diff&#233;renci&#233;es doivent &#234;tre renvoy&#233;es dans l'invisibilit&#233; de la vie individuelle priv&#233;e. Cachez ce voile ou ce sein que l'on ne saurait voir. Cachez cette religion ou cette orientation sexuelle qui doit rester individuelle. Cachez cette pauvret&#233;, cet immigrant, cet autochtone, cette minorit&#233; racis&#233;e. Les identit&#233;s ne sont que des identifications subjectives. Elles ne seront accueillies favorablement que si elles renvoient &#224; du ressenti et qu'elles n'imposent aucun changement. Tous disposent ainsi dans leur imaginaire d'un registre d'identit&#233;s multiples qui leur font croire qu'ils sont libres. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
De nouvelles avenues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse du r&#234;ve am&#233;ricain qui a besoin d'une population endormie, la gauche doit s'&#233;veiller aux diff&#233;rences et les accueillir dans l'espace public. Elle ne doit pas combattre sur le seul terrain &#233;conomique et pour ne d&#233;fendre qu'une seule classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants au sein de la France insoumise doivent donc accepter la vision propos&#233;e par Chantal Mouffe et Aur&#233;lie Trouv&#233;. Ils doivent construire les peuples en s'ouvrant aux politiques de la diff&#233;rence. Les gauches de par le monde doivent redevenir patriotiques et renouer avec les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche ancienne se coupe de la r&#233;alit&#233; quand elle s'appuie seulement sur les concepts issus des Lumi&#232;res. Si elle se concentre exclusivement sur la classe prol&#233;taire, les droits individuels et les liens de solidarit&#233; transnationale, et qu'elle fustige les politiques de la diff&#233;rence, elle continuera d'&#234;tre en perte de vitesse et &#224; bout de souffle. Il faut laisser au Grand Capital le soin de ne jurer que par les enjeux de l'&#233;conomie. La gauche doit faire valoir les autres couleurs du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les wokes ne sont pas parfaits. Ils d&#233;rapent parfois lorsqu'ils s'en prennent &#224; des alli&#233;.e.s qui cherchent &#224; nommer les sources du racisme symbolique. La droite identitaire ne rate d'ailleurs jamais l'occasion de sauter &#224; pieds joints sur les moindres d&#233;rapages. Mais le wokisme a cette double vertu de pouvoir indiquer les nouvelles voies que doit emprunter la gauche pour raviver la flamme du militantisme, et il permet aussi de porter un bon diagnostic permettant de comprendre pourquoi cette m&#234;me gauche est en parfaite d&#233;route quand elle s'en tient aux classes ouvri&#232;res et aux enjeux socio-&#233;conomiques, en faisant la sourde oreille aux politiques de la diff&#233;rence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Capitalisme, pouvoir dominateur et &#233;veil de la conscience</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Capitalisme-pouvoir-dominateur-et-eveil-de-la-conscience</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Capitalisme-pouvoir-dominateur-et-eveil-de-la-conscience</guid>
		<dc:date>2020-05-10T12:56:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nelson Tardif</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce temps de pand&#233;mie, de nombreuses analyses sur les m&#233;faits et les abus du capitalisme circulent dans les journaux et les m&#233;dias sociaux. Il est vrai que ce syst&#232;me &#233;conomique est g&#233;n&#233;rateur d'injustices multiples1 et de surexploitation d&#233;vastatrice pour l'environnement et les &#233;cosyst&#232;mes2. Je ne vais pas reprendre ici tous les m&#233;faits qui lui sont associ&#233;s. Je ne remets pas en question le fait qu'il s'agit d'une organisation violente des soci&#233;t&#233;s humaines. Cela a &#233;t&#233; suffisamment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce temps de pand&#233;mie, de nombreuses analyses sur les m&#233;faits et les abus du capitalisme circulent dans les journaux et les m&#233;dias sociaux. Il est vrai que ce syst&#232;me &#233;conomique est g&#233;n&#233;rateur d'injustices multiples1 et de surexploitation d&#233;vastatrice pour l'environnement et les &#233;cosyst&#232;mes2. Je ne vais pas reprendre ici tous les m&#233;faits qui lui sont associ&#233;s. Je ne remets pas en question le fait qu'il s'agit d'une organisation violente des soci&#233;t&#233;s humaines. Cela a &#233;t&#233; suffisamment d&#233;montr&#233; de fa&#231;on sans &#233;quivoque dans de nombreuses critiques et analyses. D'ailleurs, il suffit d'observer la r&#233;alit&#233; afin de s'en rendre compte. J'ajouterai &#224; cela qu'il s'agit d'un syst&#232;me sacralis&#233; et donc sacrificiel, qui fait du march&#233;, du profit, de la croissance et de la comp&#233;titivit&#233; des divinit&#233;s auxquelles nous n'avons qu'&#224; nous soumettre aveugl&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'appara&#238;t toutefois que le probl&#232;me est bien plus fondamental, plus profond, ontologique. Il faut creuser davantage pour toucher la ou les causes et sources premi&#232;res des d&#233;rives et destruction &#233;minemment violentes associ&#233;es au capitalisme, ce qui n'infirme en rien cependant les analyses et observations n&#233;cessaires faites pour en d&#233;voiler le dysfonctionnement et les aberrations qui lui sont inh&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-y par &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir dominateur ou de domination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est une forme contemporaine de ce que le philosophe qu&#233;b&#233;cois Jean B&#233;dard appelle le pouvoir dominateur ou de domination3. Depuis des milliers d'ann&#233;es, en fait depuis qu'il y a des soci&#233;t&#233;s humaines structur&#233;es, l'exercice du pouvoir tend &#224; s'imposer de fa&#231;on dominatrice. &#192; travers les &#233;poques et les cultures, cette fa&#231;on d'organiser les groupes humains a pris diverses formes. Le capitalisme est l'une de celles-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Employons une analogie pour bien saisir ce dont il s'agit. Selon les cultures et les &#233;poques, le pouvoir dominateur a rev&#234;tu divers v&#234;tements. Lorsqu'on s'int&#233;resse &#224; l'histoire, nous constatons qu'effectivement, le pouvoir de domination a tant&#244;t port&#233; le v&#234;tement de la monarchie absolue, tant&#244;t du f&#233;odalisme, de l'imp&#233;rialisme, du colonialisme, du totalitarisme, du communisme historique, etc. Toutefois, ce qui diff&#233;rencie le capitalisme des autres oripeaux qu'a rev&#234;tus le pouvoir dominateur, c'est l'&#233;chelle de grandeur et les moyens techniques mis &#224; sa disposition. Cette fois-ci, il s'agit d'un v&#234;tement mondialis&#233; du pouvoir de domination. &#192; cet &#233;gard, qu'il s'agisse d'un capitalisme de march&#233; ou d'un capitalisme d'&#233;tat, il s'agit d'habits semblables, avec des variantes certes, du pouvoir dominateur. Pr&#233;cisons ici que le patriarcat est une forme particuli&#232;re du pouvoir dominateur. En effet, celui-ci, bien qu'il se soit exprim&#233; de diverses fa&#231;ons &#224; travers l'histoire, est transversal aux autres v&#234;tements qu'a rev&#234;tus le pouvoir de domination. Il leur est concomitant. Autrement dit, les syst&#232;mes de domination ont &#233;t&#233; profond&#233;ment travers&#233;s par la domination des hommes sur les femmes et le sont encore de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sacralit&#233; et id&#233;ologies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun pouvoir de domination, quel qu'il soit, ne peut se maintenir et se perp&#233;tuer sans se doter des moyens n&#233;cessaires &#224; cette fin. J'en nommerai deux, et non des moindres. Ils sont essentiels, car sans eux aucun pouvoir dominateur ne peut subsister. Il s'agit de la sacralisation du syst&#232;me et de l'id&#233;ologie qui va le l&#233;gitimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sacralisation du syst&#232;me va permettre de l'&#233;lever au statut de divinit&#233;. Une fois divinis&#233;, le syst&#232;me se trouve recouvert d'une aura d'intouchabilit&#233;. Il n'est plus possible de le remettre en question sans passer pour h&#233;r&#233;tique. Pour les adeptes du syst&#232;me ainsi divinis&#233;, celui-ci fait office de r&#233;alit&#233; absolue indiscutable. Au nom de la divinit&#233;, il sera donc possible d'exercer la logique du sacrifice sans qu'il n'y paraisse4. Cette structuration de la soci&#233;t&#233; fonctionne tant et aussi longtemps que la majorit&#233; des soci&#233;taires sont aveugles &#224; la violence dominatrice du syst&#232;me. Pour que la logique sacrificielle fonctionne, il doit y avoir unanimit&#233;. Au-del&#224; d'un certain seuil de lucidit&#233; par les soci&#233;taires de ce qui est v&#233;ritablement &#224; l'&#339;uvre, le sacrifice se r&#233;v&#232;le pour ce qu'il est vraiment, une forme contemporaine de la violence structurelle du syst&#232;me de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'ensemble du syst&#232;me doit-&#234;tre l&#233;gitim&#233; par la conceptualisation d'une puissante id&#233;ologie v&#233;hicul&#233;e et r&#233;p&#233;t&#233;e ad nauseam comme une v&#233;rit&#233; absolue. Par exemple, l'id&#233;e, bien que relevant de la pens&#233;e magique, que le march&#233; s'autor&#233;gule si aucune contrainte ne vient l'en emp&#234;cher5. Dans l'Empire romain, la Pax Romana jouait aussi ce r&#244;le de l&#233;gitimation du syst&#232;me en place, les Romains &#233;tant convaincus que la &lt;i&gt;&#171; paix romaine &#187; &#233;tait facteur de civilisation des peuples &#171; barbares &#187;&lt;/i&gt;. &#192; force d'&#234;tre machinalement r&#233;p&#233;t&#233;es, ces id&#233;es se transforment en dogmes quasi th&#233;ologiques, contribuant ainsi &#224; l'aveuglement g&#233;n&#233;ral face &#224; la violence du syst&#232;me dominant. Par ailleurs, l'id&#233;ologisation du r&#233;el fait en sorte qu'on finit par confondre les concepts id&#233;ologiques avec la r&#233;alit&#233; et la vie. Or ceux-ci ne sont pas une id&#233;ologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur et conditionnements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer ou comprendre cet &#233;tat de fait ? Si l'on creuse encore davantage par introspection (plong&#233;e en soi), par l'observation (de soi, des autres, de la soci&#233;t&#233; et du monde), ce qui se cache plus profond&#233;ment c'est la PEUR. Une PEUR fondamentale, ontologique, ancienne. Cette peur est essentiellement une peur de la vie, peur de vivre, peur de soi, de ce que nous sommes vraiment, une peur qui fait en sorte que nous ne sommes pas en phase avec la r&#233;alit&#233;, toujours dans une fuite en avant, car la vie c'est dangereux et incertain. Il faut donc s'en pr&#233;munir. Alors nous d&#233;vorons pour ne pas &#234;tre d&#233;vor&#233;s, une question de survie. Cela se fait de multiples fa&#231;ons : par l'avidit&#233;, la cupidit&#233;, le besoin ou le d&#233;sir compulsif d'amasser des biens, de la richesse, de contr&#244;ler, les autres, l'environnement, la politique, la religion, l'&#233;conomie, etc., afin de se s&#233;curiser, se cr&#233;er un petit monde s&#233;curisant, mais combien illusoire. Spirituellement parlant, selon Anthony de Mello, cette peur provient de l'ignorance ou inconscience6. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous transposons nos conflits et notre chaos int&#233;rieurs sur la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, dans le monde, et nous ne voyons pas que les syst&#232;mes qui structurent les soci&#233;t&#233;s sont le fruit de ce monde du dedans. Le monde nous appara&#238;t schizo&#239;dique7, mais c'est nous qui le sommes int&#233;rieurement. Nous ne vivons pas et ne voyons pas le monde tel qu'il est. Nous vivons dans le monde que nous cr&#233;ons nous-m&#234;mes et nous y sommes enferm&#233;s, soumis. Cela permet, au moins en partie, de comprendre pourquoi lorsque nous nous activons &#224; changer les structures injustes des soci&#233;t&#233;s, nous r&#233;p&#233;tons du pareil au m&#234;me. Nous recr&#233;ons, par transposition de ce que nous vivons int&#233;rieurement, mais aussi par mim&#233;tisme (la mimesis)8, cach&#233;s sous d'autres v&#234;tements, des syst&#232;mes organis&#233;s sous l'&#233;gide du pouvoir de domination. Nous restons prisonniers du m&#234;me paradigme de fond. L'histoire de l'humanit&#233; en t&#233;moigne largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes profond&#233;ment conditionn&#233;s par la normativit&#233; du pouvoir dominateur, par les id&#233;es (id&#233;ologie) et les dogmes qui permettent de le l&#233;gitimer. Nous r&#233;p&#233;tons les id&#233;es et les dogmes dominants comme si nous les avions nous-m&#234;mes pens&#233;s, contribuant ainsi &#224; la perp&#233;tuation du syst&#232;me de domination. Ces conditionnements font de nous des &#234;tres soumis, car l&#224; o&#249; il y a domination il y a n&#233;cessairement soumission. L'un ne va pas sans l'autre. M&#234;me si nous consid&#233;rons le syst&#232;me dans lequel nous vivons insatisfaisant et injuste, la normativit&#233; du syst&#232;me que nous avons int&#233;rioris&#233; depuis notre plus jeune &#226;ge engendre un environnement socio-politico-&#233;conomique psychologiquement v&#233;cu comme s&#233;curisant. Apr&#232;s tout, c'est ce que nous connaissons et ce que nous connaissons est n&#233;cessairement r&#233;confortant. Cela contribue &#224; apaiser notre peur, mais cela n'en est pas moins insatisfaisant pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; travers les prismes d&#233;formants de la peur et des conditionnements que nous voyons et comprenons le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;veil de la conscience&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, si nous ne devenons pas conscients (spirituellement &#233;veill&#233;s9) de ce qui se joue vraiment, nous r&#233;p&#233;terons l'histoire, rempla&#231;ant un pouvoir dominateur par un autre et encore un autre. Il est tr&#232;s &#233;clairant de regarder l'histoire &#224; partir de cet angle. Les pouvoirs de domination, et cela malgr&#233; les meilleures intentions, ont toujours &#233;t&#233; remplac&#233;s par d'autres formes de pouvoir de domination. Afin de v&#233;ritablement entrer en rupture avec cette logique implacable, nous ne pouvons occulter la n&#233;cessit&#233; de l'&#233;veil de la conscience. C'est ce qui justement nous permettra de changer de paradigme et ne plus r&#233;p&#233;ter du pareil au m&#234;me, m&#234;me si historiquement parlant, le v&#234;tement que rev&#234;t le pouvoir dominateur nous appara&#238;t tr&#232;s diff&#233;rent des pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, il ne s'agit pas de la conscience ordinaire que nous assimilons &#224; la connaissance. Ne disons-nous pas effectivement que lorsque nous connaissons quelque chose que nous en sommes conscients, que nous avons conscience de ladite chose ? La conscience &#224; laquelle il est question ici fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;alit&#233; ontologique de l'&#234;tre au monde. Elle est relative &#224; la pacification de soi, &#224; la lib&#233;ration de la peur et de nos conditionnements. Pour cela, il est essentiel de plonger en soi pour apprendre &#224; se conna&#238;tre. Prendre conscience des conflits et du chaos qui nous ronge int&#233;rieurement afin de cesser de les projeter sur le monde et de les y transposer est un incontournable ou devrait l'&#234;tre. Il ne peut y avoir de soci&#233;t&#233;s ou un monde pacifi&#233; si individuellement nous ne le sommes pas. Par exemple, nous pr&#233;tendons vivre en temps de paix, mais parall&#232;lement nous ressentons le besoin d'investir des sommes colossales dans l'armement, individuellement ou collectivement, signe que nous vivons toujours dans la peur. Cette peur fondamentale et les conditionnements qui nous rendent aveugles &#224; ce qui se joue en profondeur finissent immanquablement par nous faire retomber dans une forme ou l'autre de violence associ&#233;e au pouvoir dominateur. Le capitalisme n'&#233;chappe pas &#224; cette logique implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;riorisation et la voie de l'&#233;veil de la conscience sont celles de l'&#234;tre au monde et non de l'avoir et du para&#238;tre. La pacification de soi et du monde m&#232;ne sur un chemin de collaboration, d'entraide, de coop&#233;ration et de solidarit&#233; et non de suspicion, de m&#233;fiance, de cupidit&#233;, de contr&#244;le, de comp&#233;tition, etc. Pour cela nous avons &#224; plonger en soi pour nous &#233;manciper de cette peur et des conditionnements qui nous enferment individuellement et collectivement dans un cul-de-sac, celui de la violence sans fin, de la destruction (guerre, injustices, oppression, surexploitation des &#233;cosyst&#232;mes et de la biosph&#232;re, pollution de toutes sortes, extinction massive d'esp&#232;ces vivantes animales et v&#233;g&#233;tales, etc.), du pouvoir dominateur et de son corollaire, la soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un chemin de vie qui propose la lib&#233;ration de cinq rouages qui s'interp&#233;n&#232;trent les uns les autres et nous enferment dans une cage dor&#233;e loin de notre pleine et enti&#232;re humanit&#233; : le mim&#233;tisme (mimesis), le pouvoir de domination, le patriarcat, la peur et les conditionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un beau programme en perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nelson Tardif&lt;br class='autobr' /&gt;
Artiste en art visuel, auteur, po&#232;te et intervenant social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Par exemple, notons l'&#233;cart de richesse toujours grandissant entre les plus riches et les plus pauvres, l'exploitation des travailleurs et travailleuses dans plusieurs r&#233;gions du monde, le sacrifice, au nom du march&#233;, des plus pauvres et des travailleurs et travailleuses, les logiques de la comp&#233;titivit&#233;, du profit maximum, de l'aust&#233;rit&#233;, les nombreuses coupures dans les syst&#232;mes de sant&#233;, d'&#233;ducation et dans les programmes sociaux, l'&#233;vasion fiscale dans les paradis fiscaux, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Par exemple, le r&#233;chauffement et le d&#233;r&#232;glement climatiques qui m&#232;nent inexorablement vers le chaos climatique, l'extinction massive d'esp&#232;ces vivantes animales et v&#233;g&#233;tales, la disparition rapide des for&#234;ts et des habitats n&#233;cessaires au maintien de la vie, le r&#233;chauffement et l'augmentation du niveau des oc&#233;ans, la fonte des glaciers et du perg&#233;lisol, les multiples visages de la pollution, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Jean B&#233;dard, Le pouvoir ou la vie. Repenser les enjeux de notre temps, Fides, Montr&#233;al, 2008, 352 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
4. Par exemple, au sein du capitalisme, au nom du march&#233;, de la croissance sans fin, de la comp&#233;titivit&#233; et de la maximisation des profits, on va sans g&#234;ne sacrifier des travailleurs et des travailleuses &#224; des fins de restructuration d'entreprise et l'environnement consid&#233;r&#233; uniquement du point de vue restrictif de ressources &#224; exploiter source de profits. Dans cette perspective, la vie passe en arri&#232;re-plan. Ce qui est central c'est la logique inh&#233;rente du syst&#232;me&lt;br class='autobr' /&gt;
5. C'est pour cette raison qu'il ne faudrait pas r&#233;glementer le march&#233; afin d'en optimiser l'autor&#233;gulation. &lt;br class='autobr' /&gt;
6. Les termes ignorance et inconscience sont ici des synonymes.&lt;br class='autobr' /&gt;
7. Pour creuser cette question : Roland Jaccard, L'exil int&#233;rieur, schizo&#239;die et civilisation, Presses universitaires de France, Paris, 1975, 155 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. Pour approfondir la question de la mimesis, Ren&#233; Girard est une r&#233;f&#233;rence incontournable &#224; consulter.&lt;br class='autobr' /&gt;
9. Nous pouvons ici, &#224; notre convenance, employer une autre terminologie. Il est important de ne pas buter sur les mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Nietzsche, Friedrich. La Naissance de la trag&#233;die.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Nietzsche-Friedrich-La-Naissance-de-la-tragedie</link>
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		<dc:date>2018-11-27T12:36:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; [J]e tiens l'art pour la t&#226;che supr&#234;me et l'activit&#233; proprement m&#233;taphysique de cette vie[&#8230;] &#187; p. 26. &lt;br class='autobr' /&gt; Nietzsche, Friedrich. 1977. La Naissance de la trag&#233;die. Paris : Gallimard, 375 p. Dans sa Pr&#233;face de 18861, Nietzsche insiste sur le choc produit par &#171; l'&#233;poque fi&#233;vreuse de la guerre franco-allemande de 1870-1871 &#187; (p. 11). La Naissance de la trag&#233;die est un texte qui fut &#233;crit durant cette p&#233;riode de grandes violences militaires. Le livre traite &#224; la fois de l'esth&#233;tique, de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Philosophie-+" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L62xH150/arton36261-5f989.jpg?1675065215' class='spip_logo spip_logo_right' width='62' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; [J]e tiens l'art pour la t&#226;che supr&#234;me et l'activit&#233; proprement m&#233;taphysique de cette vie[&#8230;] &#187; p. 26.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, Friedrich. 1977. La Naissance de la trag&#233;die. Paris : Gallimard, 375 p.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Dans sa Pr&#233;face de 18861, Nietzsche insiste sur le choc produit par &#171; l'&#233;poque fi&#233;vreuse de la guerre franco-allemande de 1870-1871 &#187; (p. 11). La Naissance de la trag&#233;die est un texte qui fut &#233;crit durant cette p&#233;riode de grandes violences militaires. Le livre traite &#224; la fois de l'esth&#233;tique, de la m&#233;taphysique et de la politique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans La Naissance de la trag&#233;die, Nietzsche soutient la th&#232;se que c'est dans la confrontation avec ce qui nous est &#233;tranger que nous pouvons acc&#233;der &#224; nous-m&#234;mes. Ce sera en interrogeant la gen&#232;se de la trag&#233;die attique, &#224; partir des personnages que sont Apollon et Dionysos, que Nietzsche pourra mettre en lumi&#232;re le &#171; pessimisme &#187; (p. 11) qui r&#233;gnait &#224; l'&#233;poque de la Gr&#232;ce pr&#233;socratique. Ce &#171; pessimisme de la force &#187; (p. 12) en ce qui concerne le caract&#232;re douloureux de la vie humaine, n'exclut pas le d&#233;sir d'exister, au contraire, il le renforce selon lui. Nietzsche va &#233;galement interroger une autre forme de pessimisme qui atteint l'Europe (p. 12) &#224; son &#233;poque : le nihilisme qui est la cons&#233;quence paradoxale du rationalisme socratique. Ce petit livre paru en 1872 inaugure une forme de philosophie radicalement nouvelle : une philosophie qui, contre la rationalit&#233; triomphante, met au jour le fond pulsionnel de toute activit&#233; humaine et qui ose comparer et &#233;valuer les cultures en vue de mieux les comprendre face &#224; leur pr&#233;sent et leur avenir. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4067 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L189xH267/d5c2c40c56303439-51e8aa95-94132.jpg?1717194515' width='189' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage se divise en trois grandes sections (...) dans lesquelles Nietzsche apporte des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponses aux interrogations suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Qu'est-ce que l'art tragique et dionysiaque ou qu'est-ce que la trag&#233;die eschyl&#233;enne ? (de la partie 1 &#224; 10) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Qu'est-ce que la com&#233;die nouvelle attique ou qu'est-ce que le th&#233;&#226;tre euripidien sous l'influence de l'homme th&#233;orique socratique ? (de la parie 11 &#224; 15) ; ou : qu'est-ce que l'homme th&#233;orique th&#233;ocratique (ou le citoyen) apporte &#224; la nouvelle com&#233;die attique ou au th&#233;&#226;tre euripidien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) En quoi la musique allemande a-t-elle contribu&#233; &#224; la renaissance de la trag&#233;die ? (de la partie 16 &#224; 25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux innovations du livre sont incontestablement l'interpr&#233;tation du ph&#233;nom&#232;ne dionysiaque chez les Grecs (il en donne les caract&#232;res psychologiques et il voit dans ce dieu, Dionysos l'une des racines de l'art grec) et ensuite l'interpr&#233;tation du socratisme (Socrate y est pr&#233;sent&#233; comme le d&#233;cadent type dont la &#034; raison socratique &#187; s'oppose &#224; l'instinct). La &#034; rationalit&#233; &#034; co&#251;te que co&#251;te apparait comme une dangereuse puissance qui a pour effet de miner la vie. Ajoutons aussi que La Naissance de la trag&#233;die porte l'empreinte de la complicit&#233; intellectuelle qui existait &#224; cette &#233;poque entre le compositeur Richard Wagner2 et Nietzsche et &#233;galement l'influence du livre de Schopenhauer intitul&#233; Le monde comme volont&#233; et comme repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nietzsche prend comme point de d&#233;part le probl&#232;me de la douleur. Pourquoi y a-t-il eu la naissance de l'art chez les Grecs ? Pourquoi cette cr&#233;ation artistique porteuse de l'id&#233;e d'un monde meilleur qui console du monde mauvais ? Pour saisir la trag&#233;die grecque, Nietzsche met en relation Apollon et Dionysos. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appolon est le dieu de la lumi&#232;re, des formes accomplies et de la mesure parfaite. L'homme en sa pr&#233;sence reste conscient de son individualit&#233; propre (&#171; principium individuationis &#187; p. 30). Dionysos, est le dieu de l'extase et de l'ivresse. Son culte brutal (surtout pr&#233;sent chez les barbares), choquait l'esprit grec jusqu'au jour o&#249; l'on se mit &#224; comprendre que le r&#234;ve apollinien n'&#233;tait qu'un voile pos&#233; sur la r&#233;alit&#233;. Une aspiration se mit &#224; monter du fond de l'&#234;tre Hell&#233;nique. &#192; l'occasion des crises d'extases o&#249; il s'abandonnait tout entier, le Grec rentrait dans l'unit&#233; de la nature. En face de l'illusion l&#233;g&#232;re repr&#233;sent&#233;e par le r&#234;ve apollinien, une douleur sourde subsistait. Seul Dionysos &#233;tait en mesure de briser les lois de la mesure et de dissiper la douleur. Ces principes oppos&#233;s du r&#234;ve, et de l'ivresse finirent &#224; la longue par s'accorder. C'est de leur union que naquit, selon Nietzsche, la trag&#233;die attique. Compos&#233;e d'un ch&#339;ur de satyres, elle e&#251;t longtemps pour objet unique le culte de Dionysos. Nietzsche interpr&#232;te les personnages de la trag&#233;die comme des masques de Dionysos. Il identifie le tragique et le dionysien, les opposant &#224; l'apollinien. Il fait d'Apollon et de Dionysos deux principes qui entrent en conflit. Nietzsche nous pr&#233;sente l'art comme &#233;tant le seul stimulant qui donne la force d'affronter et d'assumer le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dionysos est l'&#234;tre le plus exub&#233;rant de la mythologie grecque. Il incarne certes l'ivresse organique mais &#233;galement la surabondance existentielle, la vie comme puissance cr&#233;atrice. Par opposition, Apollon est le symbole de la mesure, de la ma&#238;trise rationnelle et de la s&#233;r&#233;nit&#233;. Selon Nietzsche, ces deux principes contradictoires trouvent leur r&#233;conciliation dans la trag&#233;die de Sophocle et d'Eschylle. Mais la trag&#233;die grecque, meurt avec le th&#233;&#226;tre d'Euripide qui, sous l'influence socratique, introduit un rationalisme responsable de la d&#233;cadence des instincts de vie. Nietzsche semble trouver l'esprit dionysiaque dans la musique de Wagner qu'il consid&#232;re comme l'antidote &#224; l'asc&#233;tisme socratique et chr&#233;tien ; il y voit le point de d&#233;part d'une nouvelle culture susceptible de lutter contre la perte du sens de la vie et des valeurs qui les accompagnent, entre autres probl&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de sa r&#233;flexion sur l'art, Nietzsche distingue dans l'apollinien et le dionysien les grandes cat&#233;gories suivantes : le r&#234;ve et l'ivresse ; la parole et la musique ; le serein et le m&#233;lancolique ; l'optimisme et le pessimisme. C'est &#224; travers ces deux divinit&#233;s qu'il fixe le cadre g&#233;n&#233;ral de sa r&#233;flexion et amorce les grands d&#233;veloppements de la th&#232;se d'un Socrate, agent de la d&#233;cadence grecque3. &lt;br class='autobr' /&gt;
La vision tragique du monde s'oppose &#224; la vision dialectique d'Euripide. La mort de Sophocle et d'Eschylle est le r&#233;sultat de l'importation de la dialectique de Socrate dans le th&#233;&#226;tre d'Euripide. La dialectique ne comprend pas le tragique. Elle le lie au n&#233;gatif, &#224; l'opposition et &#224; la contradiction qui est celle du tragique et de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La compr&#233;hension du constat de la pr&#233;sence du pessimisme dans l'existence humaine conduit &#224; la recherche d'une transmutation de la souffrance en plaisir esth&#233;tique et c'est ce que permettait la trag&#233;die grecque4 jadis. C'est dans la musique5que Nietzsche voit l'&#339;uvre d'art de l'avenir6. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Nietzsche, Friedrich. 2011. L'origine de la trag&#233;die (1872). Trois-Rivi&#232;res : Les &#201;chos du Maquis, pp. 6-14. &lt;a href=&#034;https://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Lorigine-de-la-trag&#233;die.pdf. &#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philosophie.cegeptr.qc.ca/wp-content/documents/Lorigine-de-la-trag&#233;die.pdf.&#160;&lt;/a&gt; Consult&#233; le 13 mars 2018. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 La relation amicale entre Neitzsche et Wagner durera pendant dix ans (de 1868 &#224; 1878).&lt;br class='autobr' /&gt;
3 Nietzsche pose Socrate comme l'anti-artiste par excellence : symbole de la d&#233;cadence de la trag&#233;die &#224; l'&#233;poque d'Euripide, Socrate appara&#238;t comme l'&#233;dificateur d'un monde &#171; non tragique &#187; correspondant, en termes modernes, &#224; la civilisation d&#233;mocratique (c'est-&#224;-dire, pour Nietzsche, &#233;galitaire et individualiste). Il dira au sujet de l'homme socratique : &#171; P&#233;n&#233;trer jusqu'au fond des choses, s&#233;parer la connaissance vraie de l'apparence et de l'erreur, telle &#233;tait pour l'homme socratique la plus noble des vocations, et m&#234;me la seule qui f&#251;t v&#233;ritablement humaine. &#187; Nietzsche, Friedrich. 1977. La naissance de la trag&#233;die. Paris : Gallimard, p. 94. Nietzsche &#233;crit m&#234;me ce qui suit : &#171; Et si la trag&#233;die a p&#233;ri, c'est dans le socratisme esth&#233;tique qu'il faut aller chercher le principe meurtrier &#187; (p. 83).&lt;br class='autobr' /&gt;
4 Trag&#233;die grecque qui &#233;tait une merveilleuse &#171; synth&#232;se des arts &#187; (po&#233;sie, musique et arts plastiques).&lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#171; Musique et mythe tragique expriment d'&#233;gale mani&#232;re l'aptitude d'un peuple au dionysiaque et sont ins&#233;parables. &#187; Nietzsche, Friedrich. 1977. La naissance de la trag&#233;die. Paris : Gallimard, p. 141.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 &#171; L'homme n'est plus artiste, il est devenu &#339;uvre d'art : ce qui se r&#233;v&#232;le ici dans le tressaillement de l'ivresse, c'est, en vue de la supr&#234;me volupt&#233; et de l'apaisement de l'Un originaire, la puissance artiste de la nature tout enti&#232;re. &#187; Nietzsche, Friedrich. 1977. La naissance de la trag&#233;die. Paris : Gallimard, p. 31.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nietzsche, Friedrich. Le gai savoir</title>
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		<dc:date>2018-10-25T12:56:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard, 381 p. L'ouvrage de Friedrich Nietzsche intitul&#233; Le gai savoir a &#233;t&#233; publi&#233; en 1882. Cette premi&#232;re &#233;dition incluait uniquement les quatre premiers livres. Ce sera &#224; l'occasion de la deuxi&#232;me &#233;dition, en 1887, que sera ajout&#233; le cinqui&#232;me livre, une Pr&#233;face et un appendice po&#233;tique intitul&#233; : &#171; Les chansons du Prince Hors-la Loi &#187;. Pour l'essentiel, l'ouvrage est compos&#233; d'aphorismes. Nietzsche nous pr&#233;sente des pens&#233;es &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton36262-92f93.jpg?1675065215' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard, 381 p.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage de Friedrich Nietzsche intitul&#233; Le gai savoir a &#233;t&#233; publi&#233; en 1882. Cette premi&#232;re &#233;dition incluait uniquement les quatre premiers livres. Ce sera &#224; l'occasion de la deuxi&#232;me &#233;dition, en 1887, que sera ajout&#233; le cinqui&#232;me livre, une Pr&#233;face et un appendice po&#233;tique intitul&#233; : &#171; Les chansons du Prince Hors-la Loi &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'essentiel, l'ouvrage est compos&#233; d'aphorismes. Nietzsche nous pr&#233;sente des pens&#233;es &#224; la fois courtes et puissantes dans lesquelles il tente de cerner le caract&#232;re de l'&#234;tre humain (depuis que l'esp&#232;ce existe) et d'identifier les maux dont souffre &#171; l'Europ&#233;en &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES GRANDES ID&#201;ES EXPOS&#201;ES DANS LES CINQ LIVRES.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le premier livre, Nietzsche traite de la morale. Il explique en quoi celle-ci a pour effet d'&#233;touffer les instincts &#171; nobles &#187; de l'&#234;tre humain. Partant de l&#224;, Nietzsche va postuler que la soci&#233;t&#233; valorise la faiblesse et que pour se prot&#233;ger des puissants elle a invent&#233; &#171; la piti&#233; &#187;. Nietzsche aborde la condition ouvri&#232;re propre &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle. Il pose l'ouvrier comme &#233;tant ali&#233;n&#233; car il est tenu d'ob&#233;ir non pas &#224; ses besoins mais &#224; ceux de la soci&#233;t&#233;. Les deux se r&#233;v&#232;lent incompatibles.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers aphorismes permettent &#224; Nietzsche d'exposer sa m&#233;thode d'analyse. Il adopte d'entr&#233;e de jeu, pour comprendre l'&#234;tre humain, une analyse anthropologique (c'est-&#224;-dire, que pour comprendre l'&#234;tre humain, il faut l'analyser &#224; partir de ses racines, de ses instincts les plus &#233;l&#233;mentaires et le d&#233;coder en tant qu'animal appartenant &#224; un &#171; troupeau &#187;). Nietzsche va ensuite se lancer dans une vaste entreprise de d&#233;mystification. Il d&#233;nonce les illusions que l'&#234;tre humain entretient de lui-m&#234;me. Il introduit la vision dichotomique qui va constituer son approche analytique (sup&#233;rieur/inf&#233;rieur, noble/commun, individu/troupeau, bons/m&#233;chants, utiles/nuisibles, plaisir/d&#233;plaisir, bonheur/malheur). Il plaide en faveur d'une r&#233;g&#233;n&#233;ration des soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le deuxi&#232;me livre, Nietzsche nous livre quelques-unes de ses m&#233;ditations au sujet des femmes, de l'art et du rapport entre l'art, la science et le mensonge1. Ce que Nietzsche dit au sujet des femmes rel&#232;ve d'un sexisme primaire. Selon lui, les deux causes D'affaiblissement des hommes se ram&#232;nent aux femmes et au mariage (pp. 99 &#224; 109). Nietzsche affirme, &#224; la toute fin de ce livre, que c'est l'art qui nous rend l'existence supportable2. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me livre commence tr&#232;s fort. On y retrouve la c&#233;l&#232;bre formule choc et lapidaire qui a rendu Nietzsche tr&#232;s c&#233;l&#232;bre et qui lui a ouvert les portes de la post&#233;rit&#233;. C'est dans l'aphorisme 108 que Nietzsche affirme que &#171; Dieu est mort &#187; (p. 152). Rien de moins.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nietzsche exhorte la personne humaine &#224; ne pas attribuer &#224; l'univers des traits qui lui sont propres. &#192; ce sujet il &#233;crit : &#171; Gardons-nous de penser que le monde soit un &#234;tre vivant &#187; (p. 152). &#171; Gardons-nous de penser que l'univers serait une machine &#187; (p. 153). Bref, il nous sugg&#232;re de nous &#233;loigner de toute repr&#233;sentation anthropomorphique de l'univers. Selon lui, &#171; Le caract&#232;re du monde est au contraire celui d'un chaos &#233;ternel &#187;3 (p. 153). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu est mort. Soit. Mais qui l'a tu&#233; ? Selon Nietzsche, ce sont les hommes qui ont tu&#233; Dieu. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'insens&#233;. &#8211; N'avez-vous pas entendu parler de ce fou qui allumait une lanterne en plein jour et se mettait &#224; courir sur la place publique en criant sans cesse : &#171; Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu ! &#187; Mais comme il y avait l&#224; beaucoup de ceux qui ne croient pas en Dieu son cri provoqua un grand rire. S'est-il perdu comme un enfant ? Dit l'un. Se cache-t-il ? A-t-il peur de nous ? S'est-il embarqu&#233;(?) A-t-il &#233;migr&#233; ? Ainsi criaient et riaient-ils p&#234;le-m&#234;le. Le fou bondit au milieu d'eux et les transper&#231;a du regard. &#171; O&#249; est all&#233; Dieu ? S'&#233;cria-t-il, je vais vous le dire. Nous l'avons tu&#233;,&#8230; vous et moi ! [&#8230;] Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tu&#233; ! [&#8230;] &#187; (en italique dans le texte) (pp. 169-170).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La mort de Dieu est le r&#233;sultat de nos actions et de nos rationalisations. H&#233;las, nous ne semblons pas avoir pris toute la mesure de cette mort divine. Dans un monde sans Dieu, la personne humaine doit oser devenir la personne qu'elle est4. Elle doit vivre dans la joie et non pas dans le p&#233;ch&#233; invent&#233; par la morale issue du christianisme (aphorisme 135 pp. 177-178).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Certains aphorismes (...) que nous retrouvons dans ce troisi&#232;me livre, m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;s, en particulier les suivants : le 110 sur l'origine de la connaissance et la v&#233;rit&#233; ; le 112 dans lequel il est question de la cause et de l'effet ; le 115 qui porte sur les quatre erreurs ; le 116 o&#249; il est question de l'instinct du troupeau ; le 128 sur l'origine de la pri&#232;re ; le 130 sur la laideur du monde selon le christianisme ; le 135 qui porte sur le p&#233;ch&#233; ; le 147 sur l'emprunt des autochtones aux Europ&#233;ens et finalement le 151 dans lequel il est question de la cr&#233;ation des religions et surtout de l'invention mensong&#232;re d'un (...) autre (...) monde (un &#171; arri&#232;re-monde &#187;, un &#171; sur-monde &#187; ou &#171; sous-monde &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le livre 4, Nietzsche s'inscrit, pour une rare fois, dans une relation positive avec Descartes. Il &#233;crit : &#171; Pour le nouvel an. &#8211; Je vis encore, je pense encore : il faut encore que je vive, car il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. &#187; (en italique dans le texte) (p. 221).C'est en partie autour de la pens&#233;e de Descartes que Nietzsche r&#233;dige les aphorismes de cette partie du Gai savoir. Il veut continuer &#224; apprendre toujours. Apprendre quoi au juste ? &#171; [&#192;] voir le beau dans la n&#233;cessit&#233; des choses : c'est ainsi que je serai toujours de ceux qui rendent les choses belles &#187; (p. 222).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Amor fati : que ce soit dor&#233;navant mon amour. Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux pas accuser, m&#234;me les accusateurs. Je d&#233;tournerai mon regard, ce sera d&#233;sormais ma seule n&#233;gation ! Et, en un mot, en grand, je ne veux plus, de ce jour, &#234;tre jamais qu'un affirmateur &#187; (p. 222).&lt;br class='autobr' /&gt;
Nietzsche annonce qu'il veut non pas &#171; penser la mort &#187;, mais bien plut&#244;t &#171; contribuer &#224; [&#8230;] rendre l'id&#233;e de la vie encore mille fois plus digne d'&#234;tre pens&#233;e. &#187; (p. 224). Bref, qu'il souhaite participer &#224; un mouvement d'exaltation de la vie. Il annonce ici l'arriv&#233;e des &#171; Pr&#233;parateurs &#187; (en italique dans le texte) (p. 227), c'est-&#224;-dire les nouveaux hommes &#233;mergeant de cette &#233;poque nouvelle. Un type d'homme &#171; qui introduira l'h&#233;ro&#239;sme dans la connaissance, qui fera la guerre pour la pens&#233;e, pour les cons&#233;quences de l'id&#233;e &#187; (p. 227). &#171; [D]es hommes qui en toute chose, cherchent passionn&#233;ment l'obstacle &#224; surmonter &#187; (en italique dans le texte) (p. 228). Les hommes &#171; qui se cr&#233;ent eux-m&#234;mes &#187; (p. 274). Nietzsche peste contre le &#171; vice &#187; europ&#233;en de son &#233;poque : &#171; la chasse au gain &#187; (&#171; faire une chose plus vite qu'une autre &#187;) (p. 265). Dans l'aphorisme 335, Nietzsche r&#232;gle ses comptes avec la devise de Socrate (&#171; Connais-toi toi-m&#234;me &#187; ) qu'il pr&#233;sente comme une &#171; f&#233;roce plaisanterie &#187; (p. 270), ainsi qu'avec &#171; l'imp&#233;ratif cat&#233;gorique &#187; de Kant qu'il consid&#232;re comme relevant d'un &#171; &#233;go&#239;sme aveugle &#187; (p. 272). Et c'est dans ce quatri&#232;me livre qu'il abordera l'id&#233;e de l'&#233;ternel retour (aphorismes 285 et surtout 3415). Le livre se cl&#244;t par un aphorisme qui porte sur un c&#233;l&#232;bre personnage : Zarathoustra (aphorisme 3426 intitul&#233; Incipit tragoedia).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le livre 5, Nietzsche aborde plusieurs th&#232;mes comme : la &#171; mort de Dieu &#187;, la science, l'apparence, la v&#233;rit&#233;, les v&#234;tements et la morale, la religion, l'asc&#233;tisme chr&#233;tien, le romantisme, l'id&#233;alisme, etc.. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nietzsche affirme &#224; l'aphorisme 352 que les Europ&#233;ens n'aiment pas se mettre &#224; nu. Pourquoi ? Parce que l'Europ&#233;en ne peut se &#171; passer de la mascarade qu'on nomme v&#234;tement &#187; (p. 303). En tant &#171; (qu')animaux domestiques [&#8230;] nous offrons un spectacle honteux qui n&#233;cessite le travestissement de la morale &#187; (p. 303) . Le &#171; travestissement de la morale &#187; est un th&#232;me qui revient plusieurs fois dans cet aphorisme. La morale est pr&#233;sent&#233;e comme un d&#233;guisement &#171; de la b&#234;te f&#233;roce qui vit en nous &#187; (p. 303). &#171; L'Europ&#233;en se travestit avec le manteau de la morale parce qu'il est devenu un animal malade, une b&#234;te infirme et mutil&#233;e qui a d'excellentes raisons pour se montrer &#171; apprivois&#233;e &#187; &#187; (p. 303). Pourquoi en est-il ainsi selon Nietzsche ? Parce que l'Europ&#233;en est presque un &#171; avorton &#187;, quelque chose de &#171; gauche &#187; et de &#171; faible &#187; (p. 303). La morale permet aux Europ&#233;ens selon Nietzsche, de &#171; para&#238;tre plus nobles, plus importants, plus reluisants, plus &#171; divins &#187; &#187; (p. 303). La morale est donc per&#231;ue comme une authentique maladie. Elle rend la personne humaine malade de la vie. L'Europ&#233;en que Nietzsche a sous les yeux n'a plus la force &#171; d'&#234;tre &#187;. Il n'est qu'animal gr&#233;gaire qui s'imagine &#234;tre plus &#171; divin &#187; que les autres animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'aphorisme 359 Nietzsche se pose la question suivante : &#171; La morale&#8230; o&#249; croyez-vous donc qu'elle puisse avoir ses plus dangereux, ses plus rancuniers avocats ? &#187; &#192; cette interrogation pr&#233;cise, Nietzsche ne r&#233;pond pas directement. Il pr&#233;f&#232;re &#233;tablir une comparaison avec un &#171; rat&#233; &#187; &#171; qui ne poss&#232;de pas assez d'esprit &#187;, qui &#171; s'ennuie &#187;, qui se &#171; d&#233;go&#251;te &#187;, priv&#233; qu'il est de la &#171; b&#233;n&#233;diction du travail &#187;, &#171; dans le fond &#187;, il &#171; a honte de son existence &#187;, &#171; il tombe finalement dans un &#233;tat de rancune, dans une volont&#233; chronique de se venger &#187; (p. 324). De quoi au juste cet homme a-t-il &#171; absolument besoin pour conserver en face de lui-m&#234;me une apparence de sup&#233;riorit&#233; sur des esprits plus forts que le sien, pour se donner, au moins en imagination, la volupt&#233; de la vengeance assouvie ? &#187; (p. 324) (en italique dans le texte). D'une seule et unique chose : &#171; De la moralit&#233; &#187; (p. 324) (en italique dans le texte). La morale est le tremplin qui permet &#224; l'homme simple de se hisser du c&#244;t&#233; des forts, bref des &#171; aristocrates &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment Nietzsche distingue la morale de l'esclave par rapport &#224; celle de l'aristocrate :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; - La r&#233;volte des esclaves dans la morale commence lorsque le ressentiment lui-m&#234;me devient cr&#233;ateur et enfante des valeurs : le ressentiment de ces &#234;tres, &#224; qui la vraie r&#233;action, celle de l'action, est interdite et qui ne trouvent de compensation que dans une vengeance imaginaire. Tandis que toute morale aristocratique na&#238;t d'une triomphale affirmation d'elle-m&#234;me, la morale des esclaves oppose d&#232;s l'abord un &#171; non &#187; &#224; ce qui ne fait pas partie d'elle-m&#234;me, &#224; ce qui est &#171; diff&#233;rent &#187; d'elle, &#224; ce qui est son &#171; non moi &#187; : et ce non est son acte cr&#233;ateur. Ce renversement du coup d'&#339;il appr&#233;ciateur &#8211; ce point de vue n&#233;cessairement inspir&#233; du monde ext&#233;rieur au lieu de reposer sur soi-m&#234;me &#8211; appartient en propre au ressentiment : la morale des esclaves a toujours et avant tout besoin, pour prendre naissance, d'un monde oppos&#233; et ext&#233;rieur : il lui faut pour parler physiologiquement, des stimulants ext&#233;rieurs pour agir ; son action est fonci&#232;rement une r&#233;action. Le contraire a lieu, lorsque l'appr&#233;ciation des valeurs est celle des ma&#238;tres : elle agit et cro&#238;t spontan&#233;ment, elle ne cherche son antidote que pour s'affirmer soi-m&#234;me avec encore plus de joie et de reconnaissance, - son concept n&#233;gatif &#171; bas &#187;, &#171; commun &#187;, &#171; mauvais &#187; n'est qu'un p&#226;le contraste n&#233; tardivement en comparaison de son concept fondamental, tout impr&#233;gn&#233; de vie et de passion [&#8230;] &#187;. Nietzsche, Friedrich. 1964. La g&#233;n&#233;alogie de la morale. Paris : Gallimard, pp. 45-46.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La morale des esclaves se comprend par opposition &#192; la morale aristocratique. Celle-ci n'est pas libert&#233; d'ob&#233;ir, mais bien plut&#244;t (...) de commander. Toute une diff&#233;rence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fragment 360 Nietzsche nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir sur &#171; deux sortes de causes que l'on confond &#187; (en italique dans le texte) (p. 326). De quoi s'agit-il ? &#171; Voici &#224; mon avis, l'un des pas, des progr&#232;s, les plus capitaux que j'ai faits ; j'ai appris &#224; distinguer la cause de l'action en g&#233;n&#233;ral et la cause de l'action particuli&#232;re, de l'action dans tel ou tel sens, de l'action &#224; telle ou telle fin &#187; (p. 326). Il faut donc distinguer la causalit&#233; de l'action (l'agir) et celle de l'agir de telle ou telle mani&#232;re (l'agir directionnel, l'agir en ciblant un but). &#171; L'opinion courante est tout autre &#187; (p. 326), nous dit-il. Elle confond le but avec la force directrice. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pos&#233; la morale comme une &#171; maladie &#187; et affirm&#233; que le &#171; rat&#233; &#187; l'utilise en vue de marquer sa &#171; sup&#233;riorit&#233; &#187;, rappelons &#224; quoi correspond le gai savoir selon Nietzsche :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En effet, la gaiet&#233;, ou pour parler mon langage, le gai savoir, est une r&#233;compense : la r&#233;compense d'un effort continu, hardi, opini&#226;tre, souterrain, qui, &#224; vrai dire, n'est pas l'affaire de tout le monde. Mais au jour o&#249; nous pourrons nous &#233;crier : &#171; En avant ! Notre vieille morale, elle aussi, rentre dans le domaine de la com&#233;die ! &#187;, nous aurons d&#233;couvert, pour le drame dionysien de la Destin&#233;e de l'&#226;me, une nouvelle intrigue, une nouvelle possibilit&#233; &#8211; et l'on pourrait gagner qu'il en a d&#233;j&#224; tir&#233; parti, lui, le grand, l'antique, l'&#233;ternel po&#232;te des com&#233;diens de notre existence !... &#187; Nietzsche, Friedrich. 1964. La g&#233;n&#233;alogie de la morale. Paris : Gallimard, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gai savoir ? Nietzsche fait le choix de la gaiet&#233; qui n'est pas &#171; l'affaire de tout le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'aphorisme 125 (L'insens&#233;), Nietzsche annonce la &#171; mort de Dieu &#187;. L'aphorisme 343 lui fait &#233;cho. &#192; ce sujet il pr&#233;cise : &#171; Le plus grand des &#233;v&#233;nements r&#233;cents &#8211; la &#171; mort de Dieu &#187;, le fait, autrement dit, que la foi dans le dieu chr&#233;tien a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;e de ses plausibilit&#233;s &#8211; commence d&#233;j&#224; &#224; jeter ses premi&#232;res ombres sur l'Europe. &#187; (p. 284). La mort de Dieu traduit la fin d'une &#233;poque dans l'histoire europ&#233;enne dont Platon fut, aux yeux de Nietzsche, celui qui a inaugur&#233; l'&#232;re de la m&#233;taphysique. La &#171; mort de Dieu &#187; signifie la mort du suprasensible, la mort des id&#233;es et des id&#233;aux sur lesquels a trop longtemps v&#233;cu la civilisation europ&#233;enne. Cette nouvelle &#233;poque signifie le commencement du nihilisme et elle est porteuse d'un avenir incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les valeurs n'ont pas l'&#233;ternit&#233; devant elles. Elles ont leur temps. L'annonce d'un homme nouveau (le &#171; surhumain &#187;), capable de poser de nouvelles valeurs par-del&#224; l'effondrement des anciennes, est indissociable de &#171; la mort de Dieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; homme nouveau &#187; est d&#233;barrass&#233; des id&#233;aux mensongers que sont la &#171; vertu &#187;, la &#171; v&#233;rit&#233; &#187;, le &#171; bien &#187;, le &#171; beau &#187; qui emprisonnaient la conscience. Nietzsche le voit comme l'incarnation de &#171; La grande sant&#233; &#187; (aphorisme 382). Rendu &#224; ce point, Nietzsche se fait po&#232;te et conclut en &#233;crivant :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tout scintille pour moi d'une splendeur nouvelle,&lt;br class='autobr' /&gt;
Midi repose sur l'espace et sur le temps&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ton &#339;il seul formidablement,&lt;br class='autobr' /&gt;
Me regarde, &#244; infinit&#233; ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#171; Chansons du Prince Hors-la-Loi &#187;, (p. 376)).&lt;br class='autobr' /&gt;
La transmutation des valeurs n'a rien d'automatique. Elle est guett&#233;e par la menace des anciennes cha&#238;nes toujours promptes &#224; rappeler leurs souvenirs funestes et nuisibles.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans Le gai savoir, Nietzsche est &#224; la recherche d'une science au service de la vie. Une science critique d&#233;tach&#233;e de la croyance, donc libre de tout esprit religieux. Seule &#224; ses yeux, la connaissance artistique, destructrice des idoles, est capable de se transformer en &#171; gai savoir7 &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Yvan Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;yvan_perrier@hotmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#171; Notre derni&#232;re gratitude envers l'art. &#8211; Si nous n'avions pas approuv&#233; les arts, si nous n'avions pas invent&#233; cette sorte de culte de l'erreur, nous ne pourrions pas supporter de voir ce que nous montre maintenant la Science : l'universalit&#233; du non-vrai, du mensonge, et que la folie et l'erreur sont conditions du monde intellectuel et sensible &#187; (en italique dans le texte). Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard, p. 150.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#171; En tant que ph&#233;nom&#232;ne esth&#233;tique l'existence nous reste supportable, et l'art nous donne les yeux, les mains, surtout la bonne conscience qu'il faut pour pouvoir faire d'elle ce ph&#233;nom&#232;ne au moyen de nos propres ressources &#187; (en italique dans le texte). Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard, p. 150.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
3 Ici Nietzsche reprend dans ses mots la th&#232;se d'Anaxagore selon laquelle &#171; Au commencement, tout &#233;tait p&#234;le-m&#234;le ; alors vint la raison qui cr&#233;a l'ordre. &#187; Cit&#233; dans Nietzsche, Friedrich. 1977. La naissance de la trag&#233;die. Paris : Gallimard, p. 82. &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
4 &#192; ce sujet Nietzsche &#233;crit : &#171; Que dit ta conscience ? &#8211; &#171; Tu dois devenir l'homme que tu es. &#187; (p. 219). &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#171; Le poids le plus lourd.- Et si, un jour ou une nuit, un d&#233;mon venait se glisser dans ta supr&#234;me solitude et te disait : &#171; Cette existence, telle que tu l'as m&#232;nes, et l'as men&#233;e jusqu'ici, il te faudra la recommencer et la recommencer sans cesse ; sans rien de nouveau ; tout au contraire ! La moindre douleur, le moindre plaisir, la moindre pens&#233;e, le moindre soupir, tout de ta vie reviendra encore, tout ce qu'il y a en elle d'indiciblement grand et d'indiciblement petit, tout reviendra, et reviendra dans le m&#234;me ordre, suivant la m&#234;me impitoyable succession&#8230; cette araign&#233;e reviendra aussi, ce clair de lune entre les arbres, et cet instant, et moi aussi ! L'&#233;ternel sablier de la vie sera retourn&#233; sans r&#233;pit, et toi avec, poussi&#232;re infime des poussi&#232;res ! &#187;&#8230; Ne te jetteras-tu pas &#224; terre, grin&#231;ant des dents et maudissant ce d&#233;mon ? A moins que tu n'aies d&#233;j&#224; v&#233;cu un instant prodigieux o&#249; tu lui r&#233;pondrais : &#171; Tu es un dieu ; je n'ai jamais ou&#239; nulle parole aussi divine ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Si cette pens&#233;e prenait barre sur toi, elle te TRANSFORMERAIT peut-&#234;tre, et peut-&#234;tre t'an&#233;antirait ; tu te demanderais &#224; propos de tout : &#171; Veux-tu cela ? le reveux-tu ? une fois ? toujours ? &#224; l'infini ? &#187; et cette question p&#232;serait sur toi d'un poids d&#233;cisif et terrible ! Ou alors, ah ! comme il faudrait que tu l'aimes toi-m&#234;me et que tu aimes la vie pour ne plus d&#233;sirer autre chose que cette supr&#234;me et &#233;ternelle confirmation ! &#187; (en italique dans le texte) Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard, pp. 281-282.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
6 &#171; Incipit tragoedia &#8211; Quand Zarathoustra eut trente ans il quitta sa patrie et le lac d'Ourmi et s'en alla dans la montagne. L&#224; il jouit de son esprit et de sa solitude et ne s'en lassa pas de dix ans. Mais enfin son c&#339;ur se transforma, et, un matin, se levant avec l'aurore il s'avan&#231;a devant le soleil et lui parla ainsi ; &#171; O grand astre ! Que serait ton bonheur si tu n'avais ceux que tu &#233;claires ! Depuis dix ans tu viens ici dans ma caverne : sans moi, mon aigle et mon serpent, tu te serais lass&#233; de ta lumi&#232;re et fatigu&#233; de ce chemin ; mais nous t'attendions chaque matin ; nous te prenions ton superflu, et nous t'en b&#233;nissions. Vois : je suis d&#233;go&#251;t&#233; de ma sagesse comme l'abeille qui a amass&#233; trop de miel, j'ai besoin de mains qui se tendent, je voudrais donner et distribuer jusqu'&#224; ce que les sages redeviennent heureux de leur folie et les pauvres de leur richesse. Pour cela je dois descendre au fond des profondeurs, ainsi que tu le fais, le soir, quand tu t'abimes dans la mer, &#244; astre de surabondance, et que tu portes ta clart&#233; jusqu'aux antipodes du monde !... Il faut, comme toi, que je m'ab&#238;me, que je me couche, pour employer le mot des hommes (...) vers lesquels je veux descendre. B&#233;nis-moi donc, &#244; &#339;il paisible qui peux voir sans envie m&#234;me un bonheur trop grand ! B&#233;nis la coupe qui demande &#224; d&#233;border, pour que l'eau en coule &#224; flots d'or et r&#233;pande partout le reflet de ta joie ! Vois ! Elle aspire &#224; redevenir vide, Zarathoustra aspire &#224; redevenir homme &#187;&#8230; &#171; Ainsi commen&#231;a son d&#233;clin. &#187; (en italique dans le texte), Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard (pp. 282-283).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
7 &#171; Et que notre art soit dit libre / Gai notre savoir ! &#187;. Nietzsche, Friedrich. 1950. Le gai savoir. Paris : Gallimard, p. 378.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La dialectique en dix points</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-dialectique-en-dix-points</link>
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		<dc:date>2014-08-12T12:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dimitris Fasfalis</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2014-08-12</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qu'est-ce que la dialectique ? Tous ceux qui sont familiers avec le marxisme ont rencontr&#233; &#224; un moment ou &#224; un autre ce mot charg&#233; qui renvoie &#224; une m&#233;thode de raisonnement. L&#233;nine lui-m&#234;me n'en faisait-il pas le c&#339;ur de la th&#233;orie r&#233;volutionnaire ? &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai essay&#233; ici de r&#233;unir sous la forme la plus concise possible les propositions fondamentales de la m&#233;thode dialectique. L'id&#233;e m&#234;me de d&#233;finir la dialectique en dix points n'a cependant rien de dialectique, bien qu'&#224; mon avis, il faille, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Sciences-philosophie-et-histoire-" rel="directory"&gt;Sciences, philosophie et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Philosophie-+" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton18505-37118.png?1675065215' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que la dialectique ? Tous ceux qui sont familiers avec le marxisme ont rencontr&#233; &#224; un moment ou &#224; un autre ce mot charg&#233; qui renvoie &#224; une m&#233;thode de raisonnement. L&#233;nine lui-m&#234;me n'en faisait-il pas le c&#339;ur de la th&#233;orie r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai essay&#233; ici de r&#233;unir sous la forme la plus concise possible les propositions fondamentales de la m&#233;thode dialectique. L'id&#233;e m&#234;me de d&#233;finir la dialectique en dix points n'a cependant rien de dialectique, bien qu'&#224; mon avis, il faille, pour l'aborder et s'en approprier, passer par cette &#233;tape. Le mat&#233;rialisme dialectique (1940) de Henri Lefebvre est la principale source utilis&#233;e ici. Le plan suivi ci-dessous n'a pas de signification en lui-m&#234;me : tous les points sont tout aussi importants et sont interd&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que m&#233;thode de raisonnement, la dialectique est complexe. Par ailleurs, derri&#232;re le m&#234;me mot &#8211; dialectique &#8211; se cachent des d&#233;marches sinon oppos&#233;es du moins diff&#233;rentes : la dialectique de L&#233;on Trotsky n'est pas la m&#234;me que celle de Herbert Marcuse, etc. Une bonne partie de ces propositions ont irrigu&#233; depuis plus d'un demi-si&#232;cle les sciences sociales ce qui fait qu'il est de moins en moins n&#233;cessaire de distinguer &#8211; comme il &#233;tait d'usage dans les pol&#233;miques d'avant 1945 &#8211; les partisans de la dialectique et ses opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Sujet et objet sont indissociables et influent l'un sur l'autre. L'activit&#233; pratique, c'est-&#224;-dire &#171; l'&#234;tre &#187;, d&#233;termine la conscience m&#234;me si celle-ci joue un r&#244;le actif dans la transformation de l'&#234;tre. De sorte que la m&#233;thode dialectique partage une parent&#233; th&#233;orique avec l'approche &#171; prax&#233;ologique &#187; de P. Bourdieu qui rompt avec l'id&#233;alisme et le finalisme des acteurs sociaux, tout autant qu'avec le mat&#233;rialisme m&#233;canique du XVIIIe si&#232;cle (La Mettrie, D'Holbach) et ses variantes positivistes et objectivistes dans les sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La logique formelle s&#233;pare les formes de la pens&#233;e de leur objet et transpose en th&#233;orie les contradictions pratiques qui par cons&#233;quent semblent insolubles. Ainsi, le principe d'identit&#233; (x est x) n'est valide que dans la mesure o&#249; la n&#233;gativit&#233; inh&#233;rente &#224; tout &#234;tre (x n'est pas x) demeure contenue et domin&#233;e. La dialectique appr&#233;hende tout objet comme un produit de ses contradictions propres et externes. Par cons&#233;quent, tout &#234;tre rec&#232;le de multiples possibles d&#233;termin&#233;s (donc non al&#233;atoires). Il s'ensuit que si la logique formelle fait du monde un ensemble statique et immuable, la dialectique appr&#233;hende ce qui est mouvement et dynamique sous forme de processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La r&#233;alit&#233; n'est pas un donn&#233; : au-del&#224; des apparences les objets du monde social ont une essence qui n'est pas fixe et qui se transforme. Les concepts th&#233;oriques sont par cons&#233;quent n&#233;cessaires pour identifier et saisir le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Toute v&#233;rit&#233; est fausse dans la mesure o&#249; elle se proclame absolue et, &#224; l'inverse, toute v&#233;rit&#233; n'est vraie que dans sa relativit&#233; &#224; un espace-temps. Toute proposition fausse peut s'av&#233;rer vraie dans une certaine mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La m&#233;thode dialectique &#171; d'exposition &#187; (Marx) doit &#234;tre comprise comme une entreprise de d&#233;construction des faits apparents &#224; l'aide des concepts th&#233;oriques. En ce sens, abstrait et concret sont indissociables : le particulier n'est r&#233;v&#233;l&#233; dans son essence que par le g&#233;n&#233;ral et &#224; l'inverse le g&#233;n&#233;ral serait une absurdit&#233; sans les multiples formes concr&#232;tes et particuli&#232;res issues de la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Tout changement proc&#232;de suivant des modifications quantitatives et qualitatives. Les &#171; sauts &#187; qualitatifs interviennent &#224; partir d'un certain stade de d&#233;veloppement d'un processus donn&#233;, o&#249; l'accumulation de changements quantitatifs ouvrent la possibilit&#233; d'une transformation qualitative de l'objet consid&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Le projet du mat&#233;rialisme dialectique est l'&#233;mancipation des hommes &#224; l'&#233;gard de tout ce qui les r&#233;duit et les soumet &#224; d'autres logiques que les leurs. La lib&#233;ration de ces ali&#233;nations et dominations multiples constitue ainsi le fondement philosophique de l'humanisme marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le point de d&#233;part et le point d'arriv&#233;e du mat&#233;rialisme dialectique sont la pratique, c'est-&#224;-dire la vie humaine en ses diff&#233;rents aspects. Point de d&#233;part, car la dialectique n'est pas une m&#233;thode logique abstraite transcendantale ; au contraire, elle est toujours immanente de la vie concr&#232;te telle qu'elle est. Point d'arriv&#233;e, car l'objectif de cette philosophie est de fournir, par la critique, des cl&#233;s pour une action libre et lib&#233;ratrice des puissances sociales r&#233;ifi&#233;es (marchandise, &#201;tat, religion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Il s'ensuit que le mat&#233;rialisme dialectique ne s&#233;pare par la raison de la volont&#233;, la connaissance rationnelle de l'intuition, ce qui est de ce qui devrait &#234;tre, les sciences sociales de la strat&#233;gie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Indissociable de la pratique, le mat&#233;rialisme dialectique ne peut &#234;tre transform&#233; en syst&#232;me ferm&#233; et fig&#233; sans en violer les principes. La dialectique ne peut &#234;tre un dogme car il s'agit d'une m&#233;thode de pens&#233;e avant tout n&#233;gative, c'est-&#224;-dire qui se construit en prenant appui sur les contradictions et la conflictualit&#233; &#224; l'&#339;uvre dans le monde. Quant &#224; l'&#339;uvre positive de la dialectique, elle d&#233;signe le d&#233;passement de ce qui est dans une n&#233;gation d&#233;termin&#233;e vers un troisi&#232;me terme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;gende : Diego Riveira, &#171; L'homme, contr&#244;leur de l'univers &#187;, 1934. Fresque de Bellas Artes, Mexico. Source : Michael L&#246;wy, &#171; Diego Rivera et Frida Kahlo, artistes r&#233;volutionnaires &#187;, 2014, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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