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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#192; Malen, des femmes qui luttent pour les terres et les moyens de subsistance</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-Malen-des-femmes-qui-luttent-pour-les-terres-et-les-moyens-de-subsistance</link>
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		<dc:date>2025-05-27T11:01:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>GRAIN</dc:creator>


		<dc:subject>Sierra Leone</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans lachefferie de Malen , au sud de la Sierra Leone, le palmier &#224; huile est plus qu'une simple culture commerciale. Depuis des g&#233;n&#233;rations, les femmes de cette r&#233;gion d&#233;pendent de cette ressource pour se nourrir, g&#233;n&#233;rer des revenus et avoir une stabilit&#233; &#233;conomique. Cependant, l'arriv&#233;e des plantations industrielles de palmiers &#224; huile a boulevers&#233; leurs moyens de subsistance traditionnels, car des multinationales comme SOCFIN Agricultural Company (SAC) accaparent les terres, souvent sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Sierra-Leone-+" rel="tag"&gt;Sierra Leone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/fem_et_agri-fd849.jpg?1748343768' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la&lt;a href=&#034;https://grain.org/e/6140&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chefferie de Malen&lt;/a&gt; , au sud de la Sierra Leone, le palmier &#224; huile est plus qu'une simple culture commerciale. Depuis des g&#233;n&#233;rations, les femmes de cette r&#233;gion d&#233;pendent de cette ressource pour se nourrir, g&#233;n&#233;rer des revenus et avoir une stabilit&#233; &#233;conomique. Cependant, l'arriv&#233;e des plantations industrielles de palmiers &#224; huile a boulevers&#233; leurs moyens de subsistance traditionnels, car des multinationales comme SOCFIN Agricultural Company (SAC) accaparent les terres, souvent sans le consentement des communaut&#233;s locales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/04/04/larticulation-des-femmes-decvc-envoie-une-lettre-ouverte-a-hansen-sur-la-position-des-femmes-dans-la-vision-pour-lagriculture-et-lalimentation-autre-texte/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/04/04/larticulation-des-femmes-decvc-envoie-une-lettre-ouverte-a-hansen-sur-la-position-des-femmes-dans-la-vision-pour-lagriculture-et-lalimentation-autre-texte/?jetpack_skip_subscription_popup&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, la SAC, une filiale de la multinationale SOCFIN bas&#233;e au Luxembourg, a acquis plus de 18 000 hectares de terres pour la production industrielle d'huile de palme dans la chefferie de Malen. Il s'en est suivi un conflit foncier acharn&#233; entre l'entreprise, les autorit&#233;s locales et les communaut&#233;s, qui s'est intensifi&#233;, donnant lieu &#224; des violences, des d&#233;placements forc&#233;s et une lutte incessante pour la justice. Au c&#339;ur de la tourmente, les femmes de la chefferie de Malen se sont organis&#233;es et luttent pour prot&#233;ger leurs terres et leur mode de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeneba Samuel : une histoire de r&#233;silience&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeneba Samuel, veuve et agricultrice de la section Panina dans la chefferie de Malen, incarne la r&#233;silience de sa communaut&#233;. Pendant des ann&#233;es, elle a cultiv&#233; du riz et des palmiers &#224; huile sur des terres h&#233;rit&#233;es de feu son p&#232;re, faisant vivre sa famille gr&#226;ce &#224; l'agriculture. Cependant, en 2011, sa vie a bascul&#233; lorsque le chef supr&#234;me et d'autres dirigeant&#183;es communautaires ont vendu les terres familiales &#224; la SAC sans son consentement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont pris nos terres sans nous demander notre avis &#187;, se souvient Jeneba. &#171; Quand j'ai essay&#233; de me battre pour les r&#233;cup&#233;rer, j'ai &#233;t&#233; battue et agress&#233;e sexuellement par cinq hommes. Cela a &#233;t&#233; une exp&#233;rience douloureuse, et &#231;a l'est encore aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jeneba a port&#233; son affaire devant la police et la Commission nationale des droits humains, mais aucune mesure n'a &#233;t&#233; prise. En qu&#234;te de soutien, elle a rejoint l'Association des propri&#233;taires et usagers de terres de Malen (MALOA), une association cr&#233;&#233;e en 2011 pour lutter contre les accaparements de terres dans la chefferie. Malgr&#233; leurs efforts, Jeneba et les autres femmes concern&#233;es n'ont pas pu r&#233;cup&#233;rer leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai plus rien &#187;, dit-elle. &#171; Pas de terre &#224; cultiver, aucune indemnit&#233; re&#231;ue de l'entreprise, aucun emploi pour ma famille ou moi-m&#234;me. Nous luttons pour survivre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Jeneba est r&#233;v&#233;latrice d'un probl&#232;me plus large dans la chefferie de Malen. Les femmes qui d&#233;pendaient autrefois du palmier &#224; huile et de leurs autres cultures pour nourrir leurs familles et g&#233;n&#233;rer des revenus sont aujourd'hui confront&#233;es au d&#233;placement forc&#233; et &#224; la pr&#233;carit&#233; &#233;conomique. Les plantations de la SAC n'ont pas seulement pris leurs terres, elles ont &#233;galement perturb&#233; le tissu social et &#233;conomique de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les dirigeants partagent les b&#233;n&#233;fices avec ceux qu'ils connaissent &#187;, explique Jeneba. &#171; Les autres comme nous se retrouvent sans rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un&lt;a href=&#034;https://www.fian.be/Land-Grabbing-for-Palm-Oil-in-Sierra-Leone?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport publi&#233; en 2017 par FIAN&lt;/a&gt;Belgique fait &#233;cho aux affirmations de Jeneba. Il a r&#233;v&#233;l&#233; de graves all&#233;gations de corruption et un manque de transparence dans les op&#233;rations de SOCFIN. Les fonds destin&#233;s au paiement des loyers fonciers ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s au profit des &#233;lites locales, sans qu'aucun compte ne soit rendu. Le rapport a &#233;galement mis en &#233;vidence un foss&#233; entre les promesses de SOCFIN en mati&#232;re de responsabilit&#233; sociale des entreprises et la r&#233;alit&#233;. Entre 2011 et 2017, la soci&#233;t&#233; a annonc&#233; qu'elle consacrerait 16,4 millions d'euros &#224; des projets communautaires, notamment des &#233;coles, des h&#244;pitaux et des routes. Cependant, seuls 2,5 millions d'euros ont &#233;t&#233; effectivement d&#233;bours&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes &#224; la t&#234;te de la r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les adversit&#233;s, les femmes de Malen ont fait preuve d'un courage et d'une d&#233;termination immenses. Le 21 septembre 2017, &lt;a href=&#034;https://www.farmlandgrab.org/post/27493-police-block-peaceful-action-by-women-affected-by-socfin-oil-palm-plantation-in-sierra-leone&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;environ 150 &#224; 200 femmes&lt;/a&gt; ont &#233;t&#233; bloqu&#233;es par la police alors qu'elles se rendaient &#224; Pujehun pour exiger que des mesures soient prises contre SOCFIN suites aux accaparements de terres et violations des droits humains. Les femmes, qui brandissaient des banderoles et des pancartes d&#233;non&#231;ant les injustices, l'accaparement des terres et les arrestations g&#233;n&#233;ralis&#233;es, ont refus&#233; de reculer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons tenu bon &#187;, raconte une participante. &#171; Nous avons dit aux journalistes qui arrivaient sur les lieux que la paix &#233;tait la voie &#224; suivre, mais nous avons aussi clairement fait savoir que nous ne serions pas r&#233;duites au silence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs heures de confrontation, la plupart des femmes sont rentr&#233;es chez elles &#224; contrec&#339;ur, mais six d'entre elles ont poursuivi la route jusqu'&#224; Pujehun pour assister &#224; une r&#233;union de district des principales parties prenantes, qu'elles ont d&#233;crite comme une petite mais importante victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit a atteint un point &lt;a href=&#034;https://grain.org/e/6140&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;culminant tragique le 21 janvier 2019&lt;/a&gt;, lorsqu'un accrochage entre des membres de la communaut&#233; et la police et l'arm&#233;e qui prot&#233;geaient les biens de la SOCFIN a tourn&#233; au drame. Deux personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par balle. Dans les heures qui ont suivi, des descentes de police et de l'arm&#233;e ont &#233;t&#233; men&#233;es dans les villages environnants. Des habitant&#183;es ont &#233;t&#233; battu&#183;es, des maisons vandalis&#233;es et des biens pill&#233;s. Des centaines de personnes ont fui leur domicile et 15 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es, s'ajoutant ainsi &#224; une longue liste de d&#233;tentions arbitraires ciblant les militant&#183;es de MALOA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, une coalition d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile sierra-l&#233;onaise et internationale a appel&#233; &#224; une action urgente.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un appel &#224; la solidarit&#233; et &#224; l'action&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel de Jeneba est &#224; la fois un appel &#224; la r&#233;silience et &#224; l'espoir. Elle exhorte ses camarades &#224; rester fortes et &#224; continuer &#224; se battre pour leurs droits. &#171; Nous ne devons pas abandonner &#187;, dit-elle. &#171; &lt;i&gt; L'avenir de nos enfants en d&#233;pend.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la lutte &#224; Malen ne se limite pas &#224; la terre : il s'agit de garantir un avenir durable &#224; la communaut&#233;. Des femmes comme Jeneba Samuel sont en premi&#232;re ligne de cet effort et leur r&#233;silience t&#233;moigne de la force de celles qui refusent d'&#234;tre r&#233;duites au silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://grain.org/system/articles/pdfs/000/007/263/original/Women%20and%20agribusiness%20FR%2001.pdf?1743517736&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;l&#233;charger le livret ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Un Ejido est un terme utilis&#233; au Mexique pour d&#233;signer une zone de terres communales utilis&#233;es pour l'agriculture dans laquelle les membres de la communaut&#233; ont des droits d'usufruit plut&#244;t que des droits de propri&#233;t&#233; sur la terre &#8211; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ejido&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir la fiche Ejido sur Wikipedia.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://grain.org/fr/article/7263-la-voix-des-femmes-semons-la-resistance-a-l-agriculture-industrielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://grain.org/fr/article/7263-la-voix-des-femmes-semons-la-resistance-a-l-agriculture-industrielle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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&lt;center&gt;
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&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les mini&#232;res de l'&#201;bola</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-minieres-de-l-Ebola</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-minieres-de-l-Ebola</guid>
		<dc:date>2015-01-13T13:01:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-H&#233;l&#232;ne Bonin</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-01-13</dc:subject>
		<dc:subject>Sierra Leone</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marie-H&#233;l&#232;ne nous livre un t&#233;moignage intimiste, aussi int&#233;ressant qu'original qui nous r&#233;v&#232;le le lien de cause &#224; effet entre l'&#201;bola, la pauvret&#233; et les strat&#233;gies n&#233;olib&#233;rales au Sierra Leone. &lt;br class='autobr' /&gt; Belle surprise ce matin, en ce lendemain de No&#235;l. J'ai re&#231;u un coup de fil de l'autre bout du monde, d'un vieux camarade syndicaliste de la Sierra Leone. On ne s'est pas vu depuis 8 ou 10 ans, mais de temps &#224; autre on garde le contact par les m&#233;dias sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les &#233;changes d'usage sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-01-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-01-13&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Sierra-Leone-+" rel="tag"&gt;Sierra Leone&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton20402-d88b4.jpg?1679479284' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marie-H&#233;l&#232;ne nous livre un t&#233;moignage intimiste, aussi int&#233;ressant qu'original qui nous r&#233;v&#232;le le lien de cause &#224; effet entre l'&#201;bola, la pauvret&#233; et les strat&#233;gies n&#233;olib&#233;rales au Sierra Leone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Belle surprise ce matin, en ce lendemain de No&#235;l. J'ai re&#231;u un coup de fil de l'autre bout du monde, d'un vieux camarade syndicaliste de la Sierra Leone. On ne s'est pas vu depuis 8 ou 10 ans, mais de temps &#224; autre on garde le contact par les m&#233;dias sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les &#233;changes d'usage sur les festivit&#233;s saisonni&#232;res et nos familles respectives, je lui ai &#233;videment demand&#233; comment &#231;a se passe l&#224;-bas, avec l'&#201;bola... Il m'a d&#233;crit une situation tr&#232;s inqui&#233;tante, loin de l'image qu'on s'en fait depuis les reportages &#8212; troublants mais optimistes &#8212; r&#233;alis&#233;s par Radio-Canada en Guin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, chaque pays est diff&#233;rent. Dans le cas de la Sierra Leone, le syst&#232;me de sant&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; sur les genoux bien avant l'&#233;pid&#233;mie, des suites de la longue guerre qui y a s&#233;vit de 1991 &#224; 2002, faisant au moins 120,000 morts et d'innombrables mutil&#233;s (rappelez-vous les diamants du sang).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, me rappelait-on ce matin, dans ce pays, la paix et la reconstruction reposent sur une strat&#233;gie visant &#224; attirer les investissements &#233;trangers dans des zones franches, libres d'imp&#244;ts pour les entreprises. R&#233;sultat : le budget de l'&#201;tat est d&#233;risoire et nettement insuffisant pour faire face &#224; ses obligations de base en sant&#233; publique &#8212; imaginons alors ses capacit&#233;s devant la crise socio-sanitaire actuelle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a pire encore, ai-je appris aujourd'hui. Des travailleuses et travailleurs de la sant&#233; de plusieurs h&#244;pitaux publics, &#224; Kenema, Kono et Freetown, ont d&#251; protester et parfois se mettre en gr&#232;ve pour obtenir les primes de risque promises mais impay&#233;es qu'on leur doit depuis des semaines, voire m&#234;me des mois. Or, les fonds d&#233;di&#233;s &#224; contrer l'&#201;bola doivent y &#234;tre consacr&#233;s, point &#224; la ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Kenema, en d&#233;cembre, ces travailleurs ont &#233;t&#233; cong&#233;di&#233;s arbitrairement, en guise de repr&#233;sailles suite aux actions pos&#233;es par certains individus. Selon le News Watch Sierra Leone, la col&#232;re aurait certes caus&#233; des gestes fort d&#233;plorables, mais le personnel de la sant&#233; luttant contre l'&#201;bola (d&#233;sign&#233; Personnalit&#233; de l'ann&#233;e 2014 par le Time Magazine, rappelons-le) m&#233;rite r&#233;tribution, et &#224; temps. Sinon, il baissera les bras et ce sera catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les risques que repr&#233;sente ce travail pour leur propre sant&#233;, nombreux sont celles et ceux qui souffrent de stigmatisation et de discrimination dans leurs communaut&#233;s. D'autres, toujours selon le News Watch Sierra Leone, sont oblig&#233;s d'&#233;vacuer leur logement &#224; la demande de leurs propri&#233;taires, simplement parce qu'ils font ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de l'&#233;pid&#233;mie d'&#201;bola, le cong&#233;diement des protestataires est non seulement ill&#233;gal selon la loi nationale du travail, mais il laisse songeur quant au message envoy&#233; par les autorit&#233;s. En effet, avant m&#234;me ces r&#233;cents conflits de travail, le leadership politique et la transparence dans l'allocation des ressources faisaient l'objet de plusieurs critiques. D&#233;j&#224;, le gouvernement s'&#233;tait attir&#233; les foudres pour avoir tard&#233; &#224; r&#233;agir &#224; l'&#233;closion de l'&#233;pid&#233;mie qui, malheureuse co&#239;ncidence, s'est d'abord manifest&#233;e dans des r&#233;gions qui appuient plut&#244;t le principal parti d'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays qui a connu une horrible guerre, il n'est pas surprenant que de mauvaises langues pr&#233;tendent que, si le gouvernement ne s'est pas press&#233;, c'est d&#233;lib&#233;r&#233;ment. Mais les professionnels de la sant&#233; et les agences internationales ont aussi d&#233;plor&#233; les 15 semaines &#233;coul&#233;es avant que le Pr&#233;sident ne visite les zones o&#249; l'&#201;bola est apparue dans le pays, et les 21 semaines avant sa premi&#232;re d&#233;claration publique sur l'&#233;pid&#233;mie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; pr&#233;sent, la cerise sur le sundae. Toujours dans la foul&#233;e de l'&#201;bola, les principales compagnies mini&#232;res ont mis &#224; pied leurs travailleurs et ont compl&#232;tement cess&#233; leurs op&#233;rations. On parle ici des entreprises auxquelles on a accord&#233; des cong&#233;s d'imp&#244;ts et de redevances, pour qu'elles cr&#233;ent des emplois et contribuent &#224; la relance &#233;conomique d'apr&#232;s-guerre &#8212; sacrifiant ainsi au financement ad&#233;quat d'un nouvel &#201;tat de droit et de services publics, qui aurait permis le d&#233;veloppement durable du pays, y compris dans le domaine de la sant&#233;. On voit maintenant o&#249; m&#232;ne cette strat&#233;gie n&#233;olib&#233;rale de courte vue, fond&#233;e sur l'industrie extractive et les cong&#233;s de taxes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal &#233;tait fait quand le gouvernement a finalement admis la situation et la mise &#224; pied de quelques 7,000 personnes, ce qui, d'apr&#232;s Alhaji Minkailu Mansaray, le ministre des mines et des ressources mini&#232;res, &#034;pourrait causer un soul&#232;vement social&#034; (Awoko, 19 d&#233;c. 2014). Pourtant, de nombreux observateurs de la soci&#233;t&#233; civile croient que le gouvernement devait &#234;tre au courant de ce qui se tramait et d&#233;noncent le laissez-faire qui a permis les acquisitions et les tractions des mini&#232;res (voir l'encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agissements de ces entreprises ont d&#233;j&#224; fait l'objet de plusieurs r&#233;cents rapports sur leurs pratiques corporatives de corruption et de violations de droits humains, publi&#233;s d'abord par une coalition d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile, puis par l'organisation internationale Human Rights Watch et, enfin, par la Commission des droits humains de la Sierra Leone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que l'industrie extractive constitue le fondement de l'&#233;conomie nationale et qu'elle est intimement li&#233;e &#224; la guerre qui a ravag&#233; le pays. Sa gouvernance actuelle est donc d'un grand int&#233;r&#234;t citoyen et non seulement corporatif. Or, une crise &#233;conomique et une restructuration de l'industrie mini&#232;re sont en train de se mettre en place, avec l'&#201;bola comme facteur externe mais peut-&#234;tre aussi comme pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours, les citoyennes et les citoyens font les frais du d&#233;ficit d&#233;mocratique, avec la mainmise des ressources naturelles, le sous-financement de l'&#201;tat, la pauvret&#233; du leadership politique, la pi&#232;tre capacit&#233; socio-sanitaire, les pratiques de corruption et la disparition des derniers bons emplois qui existaient au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces milliers de nouveaux ch&#244;meurs sont par ailleurs devenus prisonniers ipso facto, car les villes sont en quarantaine, les d&#233;placements int&#233;rieurs sont tr&#232;s strictement contr&#244;l&#233;s, les vols internationaux sont annul&#233;s. Pas question d'aller chercher du boulot ailleurs, ni &#224; l'int&#233;rieur ni &#224; l'ext&#233;rieur des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a m&#234;me banni les f&#234;tes de No&#235;l et du Jour de l'An cette ann&#233;e dans l'espoir de limiter la transmission du virus, qui se trouverait aggrav&#233;e par les traditionnelles retrouvailles familiales et villageoises. Selon mon ami, les gens ne se donnent plus la main pour se saluer, m&#234;me entre proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s lui avoir parl&#233;, je suis all&#233;e lire les journaux de Sierra Leone sur le web et y ai vu des phrases comme &#034;Nous perdons la guerre contre l'&#201;bola&#034;, ce qui donne une id&#233;e de l'&#233;tat d'esprit qui r&#232;gne pr&#233;sentement l&#224;-bas. Ceci dit, mon vieil ami s'effor&#231;ait de me convaincre qu'il gardait espoir que les choses puissent aller mieux en 2015... Je l'ai encourag&#233; en ce sens mais, face aux enjeux structurels, je me demande ce qui peut et doit &#234;tre fait pour que cela soit possible ? M&#234;me &#224; court terme, pour freiner l'&#233;pid&#233;mie, je doute que l'arm&#233;e canadienne fasse bien partie de la solution. Depuis l'exp&#233;rience afghane, les militaires canadiens ont-ils appris &#224; travailler avec les communaut&#233;s locales, les professionnels nationaux et les ONG pr&#233;sentes sur le terrain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour mieux te manger mon enfant&lt;/strong&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compagnie African Minerals Sierra Leone Ltd (AML) est le principal employeur priv&#233; du pays. En d&#233;cembre dernier, la mini&#232;re mettait &#224; pied 90% de son personnel national et renvoyait &#224; l'&#233;tranger tous ses employ&#233;s expatri&#233;s. Cr&#233;&#233;e en 1996 sous le nom de Sierra Leone Diamond Company, l'entreprise a chang&#233; de nom en 2008, apr&#232;s avoir rafl&#233; un maximum de licences afin de pouvoir extraire tout ce qui semblait pr&#233;sent dans le sous-sol, outre le diamant : de l'or, du nickel, de l'uranium et surtout du fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le News Watch Sierra Leone, l'AML explique la halte de ses activit&#233;s par l'&#233;pid&#233;mie d'&#201;bola et le fl&#233;chissement des prix du fer sur les march&#233;s internationaux. Or, au lieu d'y faire face avec ses avoirs et d'ainsi respecter ses obligations en tant qu'employeur, l'entreprise a choisi d'acheter une autre grande mini&#232;re de fer plus t&#244;t cette ann&#233;e, la London Mining Company Sierra Leone Ltd, puis de suspendre toutes les op&#233;rations. L'AML ne gardera qu'une poign&#233;e d'employ&#233;s pour maintenir en bon &#233;tat les installations des deux compagnies, en vue de la future relance des activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul puissant actionnaire sera d&#233;sormais &#224; la t&#234;te de ces op&#233;rations mini&#232;res lorsqu'elles reprendront, la Timis Mining Corporation, propri&#233;t&#233; de M. Frank Timis. Celui-ci continuera de b&#233;n&#233;ficier du juteux contrat sign&#233; dans le secret avec le gouvernement, fixant &#224; 6% le taux des imp&#244;ts et redevances payables &#224; la Sierra Leone et ce, en d&#233;pit de la Loi sur les mines et minerais de 2008 qui stipule que l'entreprise devrait payer un taux de 30% (News Watch Sierra Leone, 4 d&#233;c. 2014).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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