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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Gr&#232;ce : notes sur un d&#233;sastre &#233;lectoral</title>
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		<dc:date>2019-06-04T07:33:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Stathis Kouvelakis</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-06-04</dc:subject>
		<dc:subject>Bilan des &#233;lections europ&#233;ennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claque &#233;lectorale pour Alexis Tsipras et son gouvernement, droite victorieuse, r&#233;surgence de l'extr&#234;me-droite sous un nouveau visage, discr&#233;dit de la gauche. Le sc&#233;nario bien connu se confirme une fois de plus : les reniements de la gauche ouvrent la voie &#224; une droite revancharde, sur fond de d&#233;moralisation et de rejet de la politique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut &#234;tre clair : c'est un d&#233;sastre encore pire que ce &#224; quoi s'attendaient les plus pessimistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, the big (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bilan-des-elections-europeennes-+" rel="tag"&gt;Bilan des &#233;lections europ&#233;ennes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton39352-fb487.png?1781104605' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Claque &#233;lectorale pour Alexis Tsipras et son gouvernement, droite victorieuse, r&#233;surgence de l'extr&#234;me-droite sous un nouveau visage, discr&#233;dit de la gauche. Le sc&#233;nario bien connu se confirme une fois de plus : les reniements de la gauche ouvrent la voie &#224; une droite revancharde, sur fond de d&#233;moralisation et de rejet de la politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/stathis/blog/280519/grece-notes-sur-un-desastre-electoral&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#234;tre clair : c'est un d&#233;sastre encore pire que ce &#224; quoi s'attendaient les plus pessimistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, the big picture : Syriza est s&#233;v&#232;rement sanctionn&#233;, Tsipras a annonc&#233; des &#233;lections anticip&#233;es pour la fin juin ou le d&#233;but juillet, pour limiter autant que possible les d&#233;g&#226;ts. La com' mani&#233;e jusqu'&#224; la naus&#233;e par le gouvernement et ses m&#233;dias et les &#171; mesures sociales &#187; sentant bon les &#171; petits cadeaux &#187; pr&#233;&#233;lectoraux n'y auront donc pas chang&#233; grand-chose : l'&#233;lectorat a sanctionn&#233; une &#233;quipe qui a appliqu&#233; sans faillir pendant pr&#232;s de quatre ans un troisi&#232;me m&#233;morandum aust&#233;ritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propos tenus ce matin par Nikos Filis, figure de proue de l'actuelle direction de Syriza et ancien ministre de l'&#233;ducation, sont, en ce sens, tout &#224; fait &#233;loquents : &#171; la premi&#232;re raison [de la d&#233;faite] est l'application des m&#233;morandums. Peut-&#234;tre &#233;taient-ils moins douloureux que les pr&#233;c&#233;dents, et Syriza a essay&#233; de trouver des pistes en faveurs de nos concitoyens plus faibles, mais il a finalement appliqu&#233; les m&#233;morandums dans une direction n&#233;olib&#233;rale. Le compromis douloureux a entra&#238;n&#233; d'autres compromis. Aucun parti n'a pu &#233;chapper au sort auquel le condamne [la mise en &#339;uvre] des M&#233;morandums. La Nouvelle D&#233;mocratie s'y est perdue et s'est reconstruite, le PASOK s'est effondr&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. On peut raisonnablement penser que ces &#233;lections de juin-juillet seront une promenade pour la Nouvelle d&#233;mocratie (ND, droite), sur le point sans doute d'avoir une majorit&#233; absolue. L'&#233;cart entre Syriza et ND est plus important qu'attendu (presque 10%, un record pour les normes des scrutins des derni&#232;res d&#233;cennies), il est amplifi&#233; par les revers de Syriza dans les municipalit&#233;s et les r&#233;gions. Le d&#233;saveu de Tsipras et de son gouvernement sont nets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, une analyse plus fine montre que l'&#233;lectorat de Syriza de 2019 a peu de rapports avec celui de 2015. Certes, d&#233;pourvu de tout adversaire cr&#233;dible sur la partie gauche (au sens large) du spectre politique, il ne s'effondre pas- c'est la diff&#233;rence avec le PASOK de 2010. Il continue de faire des scores significatifs tant au niveau national que dans certains quartiers populaires, o&#249; il est toutefois talonn&#233;, et, le plus souvent, d&#233;pass&#233;, par la droite. Mais le profil &#171; qualitatif &#187; de cette base &#233;lectorale n'est pas le m&#234;me qu'auparavant. Un coup d'&#339;il sur les choix effectu&#233;s par les &#233;lecteurs de Syriza parmi les candidats de la liste pour le parlement europ&#233;en est instructif &#224; cet &#233;gard. Sur les six si&#232;ges d'eurod&#233;put&#233;s obtenus par Syriza, si&#232;ges r&#233;partis en fonction des votes pr&#233;f&#233;rentiels (chaque &#233;lecteur peut cocher jusqu'&#224; quatre noms parmi les candidats d'une liste), la candidate-&#233;lue arriv&#233;e en 2e position, Elena Kountoura, vient du parti nationalo-souverainiste de Panos Kammenos (partenaire gouvernemental de Syriza jusqu'&#224; la validation de l'accord avec la Mac&#233;doine), et porte a un discours clairement nationaliste et x&#233;nophobe. Le 5e &#233;lu, Alexis Georgoulis, est un com&#233;dien connu pour ses r&#244;les de &#171; jeune-premier &#187; dans des s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es qui a d'abord envisag&#233; d'&#234;tre candidat de la Nouvelle D&#233;mocratie. Le 6e &#233;lu enfin, Petros Kokkalis, est certes le petit-fils du &#171; docteur Kokkalis &#187;, m&#233;decin et ministre dans le gouvernement rebelle de l'Arm&#233;e D&#233;mocratique pendant la guerre civile (et par la suite r&#233;fugi&#233; en Allemagne de l'Est), mais il est surtout le fils et h&#233;ritier de l'oligarque Sokratis Kokkalis, qui a fait fortune dans les t&#233;l&#233;communications dans les ann&#233;es 1980 profitant de ses liens avec Andr&#233;as Papandr&#233;ou. L'&#233;lectorat actuel de Syriza ressemble de plus en plus &#224; la client&#232;le &#171; d&#233;sid&#233;logis&#233;e &#187; d'un parti au pouvoir qu'&#224; celui d'un parti de gauche. Il est par ailleurs &#233;vident qu'il h&#233;rite en partie du PASOK &#171; social-lib&#233;ral &#187; des ann&#233;es 2000 : dans les quatre seules circonscriptions dans le pays o&#249; Syriza arrive en t&#234;te, trois sont les ex-bastions les plus embl&#233;matiques du PASOK : deux en Cr&#232;te et une dans le nord-ouest du P&#233;loponn&#232;se, autour de Patras, berceau de la famille Papandr&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Un nouveau parti d'extr&#234;me-droite &#233;merge, la &#171; Solution Grecque &#187;, port&#233; par les rassemblements nationalistes sur la Mac&#233;doine et l'usure d'Aube Dor&#233;e. Il fait d'excellents scores dans le nord de la Gr&#232;ce (l&#224; o&#249; ces rassemblements ont &#233;t&#233; les plus significatifs), et quasiment jeu &#233;gal au niveau national avec Aube Dor&#233;e (4,1 et 4,8 respectivement). Il est possible que l'extr&#234;me-droite grecque ait trouv&#233; un visage plus &#171; pr&#233;sentable &#187; que celui des criminels d'Aube Dor&#233;e, et qu'elle soit en mesure de r&#233;aliser de nouvelles perc&#233;es dans l'avenir. Un autre indicateur inqui&#233;tant du potentiel de l'extr&#234;me-droite se trouve dans le score qu'Aube Dor&#233;e aurait r&#233;alis&#233; parmi les primo-votant, autour de 13% selon un sondage sortie des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le KKE (parti communiste grec) se maintient tout juste par rapport aux r&#233;sultats de 2015 (5,5%) mais perd des voix par rapport au score des europ&#233;ennes de 2014 (6,1%). Ses scores aux scrutins r&#233;gionaux indiquent &#233;galement une baisse sensible par rapport au scrutin de 2014, de l'ordre de 20% des suffrages. Le KKE est un parti dont l'influence s'&#233;rode lentement mais s&#251;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La surprise des &#233;lections est le succ&#232;s inattendu de Varoufakis (3%, sans doute un &#233;lu au parlement europ&#233;en, mais cela reste &#224; confirmer lorsque le d&#233;compte des voix sera achev&#233;). Zo&#233; Kostantopoulou sauve &#233;galement les meubles d'une certaine fa&#231;on (1,6%), tout en &#233;tant loin du seuil exig&#233; pour obtenir des &#233;lus (3%). L'examen des r&#233;sultats de ces deux formations montre un &#233;lectorat diffus, relativement homog&#232;ne, avec des scores un peu plus importants que la moyenne dans les grandes villes, sans pointes mais sans &#171; d&#233;serts &#187;. En gros, un vote diffus de sympathie, bas&#233; sur la pr&#233;sence m&#233;diatique et la visibilit&#233; des personnalit&#233;s qui dirigent ces formations, qui refl&#232;te l'absence d'implantation en termes d'organisation. L'&#233;lection, si elle se confirme, de Sofia Sakorafa sur la liste Varoufakis, eurod&#233;put&#233;e sortante, initialement &#233;lue en tant que Syriza, n'est pas une mauvaise nouvelle, son nom reste li&#233; dans la m&#233;moire collective aux mobilisations contre les M&#233;morandums des ann&#233;es 2010-2012. C'est une belle prise assur&#233;ment pour Varoufakis, la seule pour l'instant, mais il est probable qu'&#224; partir de maintenant il soit en mesure d'attirer une partie importante des &#171; d&#233;&#231;us de Syriza &#187;, surtout au niveau de &#171; cadres &#187;, de &#171; personnalit&#233;s &#187; etc. Il semble par ailleurs que sa liste ait fait de bons scores parmi la jeunesse (tr&#232;s certainement la jeunesse dipl&#244;m&#233;e des classes moyennes) : selon un sondage sortie des urnes parmi les primo-votants, son score serait autour de 4,5%, soit davantage que le KKE, donn&#233; &#224; 3,7% dans cette tranche d'&#226;ge alors qu'il dispose d'une vraie organisation de jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le succ&#232;s de Varoufakis, et le score relativement honorable de Kostantopoulou ne rendent que plus cuisantes les d&#233;faites d'Unit&#233; Populaire et d'Antarsya, de la premi&#232;re encore davantage que de la seconde, et cela dans un scrutin o&#249; la pression du vote utile joue nettement moins que dans les scrutins nationaux. Cette d&#233;faite va peser lourd car il s'agit des deux seules forces &#224; disposer de r&#233;seaux militants, contrairement &#224; Varoufakis et Kostantopoulou qui n'existent que sur les plateaux m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Antarsya fait un score tr&#232;s faible (0,66%) mais comparable en fin de compte &#224; celui des pr&#233;c&#233;dents scrutins, europ&#233;ens ou nationaux (tous entre 0,85% et 0,64% entre 2014 et 2015). Son principal &#233;chec est aux &#233;lections municipales &#224; Ath&#232;nes, o&#249; deux listes se sont pr&#233;sent&#233;es, le SEK (section grecque de l'IST dirig&#233;e par le SWP britannique) ayant fait bande &#224; part. Les deux ont obtenu des &#233;lus mais l'&#233;lectorat de 2014 (autour de 2%) s'est scind&#233; en deux, et un capital acquis par des ann&#233;es de travail militant a &#233;t&#233; dilapid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Unit&#233; Populaire (UP) obtient un r&#233;sultat humiliant (0,58%), surtout si on le compare &#224; celui des l&#233;gislatives de septembre 2015 (2,9%), seul point de comparaison possible pour cette formation. Il y a une dimension de rejet personnel de Lafazanis, mais aussi de la politique men&#233;e par son courant, et un &#233;chec collectif du projet d'UP en tant que tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs ont ici jou&#233;, je ne peux que les lister bri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord un probl&#232;me de direction, m&#234;me s'il est toujours r&#233;ducteur, et en partie injuste, de limiter la question &#224; cela. Il faut dire n&#233;anmoins que Lafazanis est per&#231;u comme particuli&#232;rement us&#233; et discr&#233;dit&#233; non seulement &#224; cause de son &#233;vident &#233;chec &#224; s'opposer efficacement &#224; la capitulation de l'&#233;t&#233; 2015 mais aussi pour les d&#233;rives de la derni&#232;re p&#233;riode, illustr&#233;es par un flirt appuy&#233; avec le nationalisme (sur la question de la Mac&#233;doine en particulier) et une apparition sur une cha&#238;ne t&#233;l&#233; d'extr&#234;me-droite (qui a d&#233;clench&#233; une temp&#234;te interne dans UP). A noter que Zo&#233; Kostantopoulou a &#233;t&#233; encore plus loin dans cette direction (elle a appel&#233; &#224; participer aux rassemblements nationalistes, ce qu'UP s'est abstenue de faire), mais elle ne s'adresse pas au m&#234;me &#233;lectorat. Il est toutefois incontestable que ces prises de position ont consid&#233;rablement fragilis&#233; UP, endommag&#233; davantage encore sa coh&#233;rence interne et son image morale aupr&#232;s des secteurs de la gauche militante et anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la monopolisation de la pr&#233;sence m&#233;diatique et publique d'UP par la personne de Lafazanis passait de plus en plus mal apr&#232;s du public, toutes les tentatives de promouvoir des visages nouveaux s'&#233;tant heurt&#233; au refus de son courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courant Lafazanis, majoritaire dans les instances d'UP (suite &#224; un congr&#232;s marqu&#233; par des man&#339;uvres malsaines), s'est montr&#233; peu soucieux de construire UP comme une &#171; maison commune &#187; pour l'ensemble de ses composantes, ce qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; d'autant plus dommageable qu'il est compos&#233; de cadres vieillissants, issus de la scission de 1991 du KKE et v&#233;hiculant une culture marqu&#233;e par un esprit bureaucratique et peu ouvert aux sensibilit&#233;s (et aux pratiques) des mouvements sociaux. Il en est r&#233;sult&#233; une h&#233;morragie militante continue d'UP, en particulier apr&#232;s son congr&#232;s fondateur de juin 2016, qui avait mobilis&#233; environ 5000 militants, un effectif consid&#233;rable dans les conditions de l'apr&#232;s-2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UP et ses militants ont certes &#233;t&#233; pr&#233;sents dans toutes les mobilisations de la derni&#232;re p&#233;riode (comme les militants d'Antarsya) mais, il faut bien dire que ces mobilisations ont &#233;t&#233; de faible ampleur et tr&#232;s fragment&#233;es. De plus, les militants d'UP ont eu tendance &#224; d&#233;laisser le travail de terrain et &#224; le remplacer par des actions symboliques, ou des micro-actions d'agit-prop, men&#233;es sous leur drapeau, notamment dans le mouvement contre les saisies des logements. Le courant Lafazanis s'est particuli&#232;rement illustr&#233; dans ce type de pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, last but not least, tant UP qu'Antarsya ont gravement sous-estim&#233; la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;senter des propositions alternatives cr&#233;dibles et travaill&#233;es, pensant que la seule d&#233;nonciation du gouvernement Syriza et l'appel &#224; la sortie de l'euro et de l'UE pouvaient suffire. Dans une situation de d&#233;moralisation, o&#249; r&#232;gne le There Is No Alternative, ce discours para&#238;t comme un exercice de rh&#233;torique et ne convainc personne. L'absence de v&#233;ritable projet de ce c&#244;t&#233; a permis plus particuli&#232;rement &#224; Varoufakis d'appara&#238;tre comme porteur d'un message &#171; innovant &#187; et &#171; sexy &#187;, jouant habilement sur la carte d'une opposition mod&#233;r&#233;e et &#171; euro-compatible &#187; &#224; Tsipras et Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Dernier &#233;l&#233;ment qui confirme le double &#233;chec des formations de la gauche anticapitaliste : leurs listes aux &#233;lections r&#233;gionales ont r&#233;alis&#233; des scores certes faibles (en g&#233;n&#233;ral entre 1,5% et 2%, avec parfois des pointes &#224; 3% pour UP, ou des listes soutenues par UP) mais sensiblement sup&#233;rieurs &#224; leurs scores aux europ&#233;ennes, parvenant souvent &#224; obtenir des &#233;lus dans les conseils r&#233;gionaux. Il en est de m&#234;me pour des listes aux &#233;lections municipales, l&#224; o&#249; elles correspondent &#224; un v&#233;ritable travail et &#224; une implantation militante au niveau local. Cet &#233;cart indique bien l'incapacit&#233; (&#224; mon sens irr&#233;versible) tant d'Antarsya que, davantage encore d'UP (seule nouvelle force dans la gauche radicale &#224; partir de l'&#233;t&#233; 2015) de structurer au niveau national une force politique viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir para&#238;t d'autant plus compromis que, sur le plan &#233;lectoral, Varoufakis semble en mesure de s'imposer dans cet espace &#171; interm&#233;diaire &#187;, &#224; gauche de Syriza mais &#171; avec mod&#233;ration &#187;, et sans doute ouvert &#224; des rapprochements lorsque Syriza passera dans l'opposition, et que, d'autre part, seul le KKE continue &#224; maintenir une base militante et une cr&#233;dibilit&#233; &#233;lectorale dans la gauche radicale &#8211; mais en s'enferrant dans un sectarisme pathologique qui le condamne un lent (et, &#224; mon sens, l&#224; aussi irr&#233;versible) processus de d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de reconstruction se d&#233;roulera &#224; l'&#233;vidence dans le temps long tout en appelant d'urgence &#224; l'invention de nouvelles voies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 27 mai 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique de la Tro&#239;ka en Gr&#232;ce : Voler le peuple grec et donner l'argent aux banques priv&#233;es, &#224; la BCE, au FMI et aux &#201;tats dominant la zone euro</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-politique-de-la-Troika-en-Grece-Voler-le-peuple-grec-et-donner-l-argent-aux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-politique-de-la-Troika-en-Grece-Voler-le-peuple-grec-et-donner-l-argent-aux</guid>
		<dc:date>2018-08-21T08:21:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-08-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 20 ao&#251;t 2018, le gouvernement grec d'Alexis Tsipras, le FMI et les dirigeants europ&#233;ens c&#233;l&#232;brent la fin du 3e m&#233;morandum. &#192; cette occasion, le message qui est distill&#233; par les grands m&#233;dias et les gouvernants [1] : la Gr&#232;ce retrouve sa libert&#233;, l'&#233;conomie reprend, le ch&#244;mage baisse, l'Europe a pr&#234;t&#233; 300 milliards &#224; la Gr&#232;ce et les Grecs vont devoir commencer &#224; rembourser cette dette en 2022 ou en 2032&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les principales affirmations sont totalement fausses car (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton35662-93ace.jpg?1781991382' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 20 ao&#251;t 2018, le gouvernement grec d'Alexis Tsipras, le FMI et les dirigeants europ&#233;ens c&#233;l&#232;brent la fin du 3e m&#233;morandum. &#192; cette occasion, le message qui est distill&#233; par les grands m&#233;dias et les gouvernants [1] : la Gr&#232;ce retrouve sa libert&#233;, l'&#233;conomie reprend, le ch&#244;mage baisse, l'Europe a pr&#234;t&#233; 300 milliards &#224; la Gr&#232;ce et les Grecs vont devoir commencer &#224; rembourser cette dette en 2022 ou en 2032&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-politique-de-la-Troika-en-Grece-Voler-le-peuple-grec-et-donner-l-argent-aux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales affirmations sont totalement fausses car la Gr&#232;ce reste bien sous tutelle des cr&#233;anciers en g&#233;n&#233;ral, elle doit, selon les accords que le gouvernement d'Alexis Tsipras a sign&#233;s, imp&#233;rativement d&#233;gager un surplus budg&#233;taire primaire de 3,5% qui va la contraindre &#224; poursuivre des politiques brutales de r&#233;duction de d&#233;penses publiques dans le domaine social et dans l'investissement. Contrairement au message dominant qui laisse entendre ou affirme carr&#233;ment que la Gr&#232;ce ne commencera &#224; rembourser la dette que dans le futur, il faut dire clairement que la Gr&#232;ce rembourse en permanence des montants consid&#233;rables &#224; la BCE, au FMI, aux cr&#233;anciers priv&#233;s, ce qui l'emp&#234;che de r&#233;pondre aux besoins de sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence complice qui p&#232;se sur la situation de la majorit&#233; du peuple grec est scandaleux : des &#233;tudes tr&#232;s s&#233;rieuses indiquent que le taux de mortalit&#233; infantile a fortement augment&#233; depuis 2010, de m&#234;me le taux de mortalit&#233; chez les personnes &#226;g&#233;es (voir cet article (&lt;a href=&#034;https://dental.washington.edu/study-shows-how-austerity-devastated-greeces-health/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dental.washington.edu/study-shows-how-austerity-devastated-greeces-health/&lt;/a&gt;). Voir aussi &#171; Gr&#232;ce : Le d&#233;mant&#232;lement m&#233;thodique et tragique des institutions de sant&#233; publique &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Grece-Le-demantelement-methodique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Grece-Le-demantelement-methodique&lt;/a&gt;)). Le taux de suicides a &#233;t&#233; multipli&#233; par trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le bilan est litt&#233;ralement dramatique pour le peuple grec en terme de d&#233;gradation de ses conditions de vie et d'atteinte &#224; ses droits civils et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se situe du point de vue de la Gr&#232;ce en tant qu'&#201;tat, il faut bien constater que les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s depuis 2010 ont abandonn&#233; aux cr&#233;anciers la conduite de la politique du pays. La Gr&#232;ce est devenue un protectorat des puissances dominantes de la zone euro qui s'y conduisent comme en pays conquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un fiasco &#233;conomique flagrant, du moins si on prend en compte les objectifs officiels des trois m&#233;morandums qui ont &#233;t&#233; impos&#233;s au peuple grec depuis 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est &#233;galement un &#233;chec pour une grande partie de la gauche internationale qui avait mis beaucoup d'espoir dans la possibilit&#233; de voir r&#233;ussir un gouvernement de gauche qui s'&#233;tait engag&#233; &#224; sortir son pays de l'aust&#233;rit&#233; et de la soumission &#224; la loi du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, sont pass&#233;s en revue quelques moments cl&#233;s de la p&#233;riode m&#233;morandaire et de celle qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2005-2008 : Tr&#232;s forte augmentation des cr&#233;dits des banques &#233;trang&#232;res au secteur priv&#233; grec &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2005, les banques fran&#231;aises, allemandes, hollandaises, belges, italiennes, autrichiennes, britanniques, qui sont identifi&#233;es dans ce texte comme les banques du Centre (Centre par opposition &#224; la P&#233;riph&#233;rie dont font partie la Gr&#232;ce, le Portugal, l'Irlande, Chypre, l'Espagne, la Slov&#233;nie et d'autres pays d'Europe centrale et des Balkans), ont augment&#233; tr&#232;s fortement leurs cr&#233;dits au secteur priv&#233; grec. Entre mars 2005 et septembre 2009, les pr&#234;ts des banques &#233;trang&#232;res au secteur priv&#233; grec sont multipli&#233;s environ par 4. Entre 2002 et 2009, les emprunts des banques grecques aux banques &#233;trang&#232;res ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 6,5. Dans le m&#234;me temps, les pr&#234;ts des banques &#233;trang&#232;res au gouvernement grec restent stables [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont ces banques d'Europe occidentale qui pr&#234;taient massivement au secteur priv&#233; grec ? Principalement Hypo Real Estate (All.) [3], BNP Paribas (Fr.), la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale (Fr.), le Cr&#233;dit Agricole (Fr.), BPCE (Fr.), Commerzbank (All.) [4], Deutsche Bank (All.), Royal Bank of Scotland (RU) [5], ING (P-B), RaboBank (P-B), Intesa SanPaolo (Italie), Unicredit (Italie), Dexia (Belgique) [6], KBC (Belg.), KA Finanz (Autriche), Erste Bank (Autriche)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis donne une explication simple et plausible de l'augmentation &#233;norme des pr&#234;ts des banques fran&#231;aises, allemandes, et autres banques du Centre &#224; l'&#233;gard des emprunteurs priv&#233;s de la Gr&#232;ce et d'autres pays de la P&#233;riph&#233;rie dans la zone euro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un livre publi&#233; en 2016, Yanis Varoufakis d&#233;crit les motivations des banques priv&#233;es allemandes, fran&#231;aises, etc. qui ont pr&#234;t&#233; massivement au sein de la zone euro aux pays de la p&#233;riph&#233;rie europ&#233;enne avec le soutien de leur gouvernement. En voici un large extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand les march&#233;s ont &#233;t&#233; convaincus que personne ne quitterait jamais la zone euro, les banquiers allemands et fran&#231;ais se sont mis &#224; regarder un emprunteur irlandais ou grec comme l'&#233;quivalent d'un client allemand de m&#234;me solvabilit&#233;. C'&#233;tait logique. Si les emprunteurs portugais, autrichiens et maltais &#233;taient tous pay&#233;s en euros, pourquoi les traiter diff&#233;remment ? Et si le risque qu'il y avait &#224; pr&#234;ter &#224; tel individu, entreprise ou &#201;tat particulier ne comptait pas, puisque les pr&#234;ts, aussit&#244;t apr&#232;s leur signature, seraient &#233;parpill&#233;s &#224; travers l'ensemble de l'univers connu, pourquoi ne pas traiter de la m&#234;me fa&#231;on les d&#233;biteurs en perspective dans toute la zone euro ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque les Grecs et les Italiens gagnaient &#224; pr&#233;sent de l'argent dans une devise qui ne pourrait jamais plus &#234;tre d&#233;valu&#233;e face &#224; la monnaie allemande, les banques allemandes et fran&#231;aises ont cru qu'il &#233;tait aussi avantageux de pr&#234;ter dans les pays m&#233;diterran&#233;ens qu'aux Pays-Bas ou en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une fois l'euro invent&#233;, il &#233;tait plus lucratif de pr&#234;ter aux particuliers, aux entreprises et aux banques des &#201;tats-membres d&#233;ficitaires qu'&#224; des clients allemands ou autrichiens. Pourquoi ? Parce qu'en Gr&#232;ce, en Espagne, en Italie du Sud, l'endettement priv&#233; &#233;tait extr&#234;mement faible. Certes, les gens &#233;taient en g&#233;n&#233;ral plus pauvres qu'en Europe du Nord, habitaient des logements plus modestes, conduisaient des voitures plus anciennes, et ainsi de suite, mais leur logement &#233;tait &#224; eux, ils n'avaient pas d'emprunt en cours sur leur v&#233;hicule et ils vouaient souvent &#224; la dette l'aversion profonde qu'engendre le souvenir encore frais de la pauvret&#233;. Les banquiers adorent les emprunteurs qui ont peu de dettes et un petit nantissement &#8211; une ferme, ou un appartement &#224; Naples, &#224; Ath&#232;nes ou en Andalousie. &#187; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Panique bancaire internationale en 2008, grandes difficult&#233;s des banques priv&#233;es grecques et premier sauvetage bancaire aux frais du peuple grec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de septembre 2008, suite &#224; la nouvelle phase de la crise bancaire internationale provoqu&#233;e par la faillite de la banque Lehman Brothers aux &#201;tats-Unis, les banques priv&#233;es internationales cessent quasiment de se pr&#234;ter de l'argent. Les banques grecques qui empruntaient massivement aupr&#232;s d'une quinzaine de banques du Centre se retrouvent au bord de la faillite car elles ne sont pas en mesure de rembourser les banques &#233;trang&#232;res. En effet, les banques empruntent pour pouvoir rembourser (elles ne sont pas les seules &#224; faire cela, les &#201;tats le font &#233;galement pour rembourser leur dette publique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'octobre 2008, dans un climat de panique bancaire aux &#201;tats-Unis et en Europe, les banques grecques qui voulaient emprunter ont d&#251; verser des primes de risque tr&#232;s &#233;lev&#233;es (les taux &#224; l'&#233;gard des banques grecques ont augment&#233; de 500 points de base en 2008) aux soci&#233;t&#233;s financi&#232;res priv&#233;es &#233;trang&#232;res (parmi celles-ci, il n'y a pas que des banques, il y a des Money Market Funds, des fonds d'investissement&#8230;). Le cours des actions des banques grecques s'est effondr&#233; : fin 2008 les actions bancaires grecques avaient perdu 80 % par rapport &#224; la valeur du d&#233;but 2007. Fin 2008, le gouvernement grec est alors venu &#224; la rescousse des banques grecques en mettant &#224; leur disposition 20 milliards d'euros sous la forme d'apport de capital ou d'octroi de garanties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc tr&#232;s clair que la crise grecque n'&#233;tait pas une crise de dettes publiques mais bien une crise des dettes priv&#233;es, et en particulier des banques priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2008-2009, la BCE vient &#224; la rescousse des banques priv&#233;es grecques et du reste de la zone euro &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE, qui a ouvert une ligne de cr&#233;dit extraordinaire aux banques priv&#233;es de la zone euro en difficult&#233;, pallie pour l'essentiel le d&#233;sengagement des banquiers des principaux pays de la zone euro et du Royaume-Uni aupr&#232;s des banques grecques dont la survie d&#233;sormais d&#233;pend de cette ligne de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2009, la BCE laisse entendre qu'elle pourrait mettre fin &#224; sa ligne de cr&#233;dit extraordinaire. Cela cr&#233;e la panique chez les banquiers grecs et leurs cr&#233;anciers priv&#233;s &#233;trangers s'inqui&#232;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'octobre 2009, les banques de France, d'Allemagne, du Benelux, du Royaume Uni, d'Italie et d'Autriche qui pr&#234;taient encore au secteur priv&#233; en Gr&#232;ce (banques, m&#233;nages et entreprises non financi&#232;res) r&#233;duisent encore plus l'acc&#232;s au cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le principal risque provenait de l'endettement du secteur priv&#233; grec et en particulier des banques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate qu'entre septembre 2009 et mars 2010, ce sont les pr&#234;ts au secteur priv&#233; grec qui diminuent le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien la preuve que les banques priv&#233;es &#233;trang&#232;res se m&#233;fiaient plus du secteur priv&#233; que du gouvernement et qu'elles ont cherch&#233; &#224; se d&#233;gager plus vite du secteur priv&#233; que du secteur public. Elles ferment progressivement le robinet du cr&#233;dit aux m&#233;nages et aux entreprises alors que jusque-l&#224; elles avaient cherch&#233; &#224; leur pr&#234;ter directement sans passer par l'interm&#233;diaire des banques grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc clair que les banques priv&#233;es &#233;trang&#232;res craignaient ce qui allait se passer du c&#244;t&#233; du secteur priv&#233;. Par contre, elles n'ont pas revendu en masse les titres publics grecs qu'elles d&#233;tenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques priv&#233;es &#233;trang&#232;res n'ont commenc&#233; &#224; se d&#233;barrasser massivement de leurs titres grecs qu'&#224; partir de mai 2010, &#224; l'annonce de la cr&#233;ation de la Tro&#239;ka et &#224; l'issue de la n&#233;gociation d'un accord de stand-by du FMI avec la Gr&#232;ce (25 mars 2010). Elles avaient commenc&#233; &#224; se m&#233;fier des dettes publiques grecques un peu auparavant car elles pr&#233;voyaient que l'&#201;tat allait devoir sauver les banques grecques et faire face &#224; l'&#233;clatement de la bulle du cr&#233;dit. Mais ce n'est qu'apr&#232;s l'adoption du m&#233;morandum de mai 2010 qu'elles ont vendu en tr&#232;s grande quantit&#233; les titres publics grecs qu'elles d&#233;tenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vient d'&#234;tre expliqu&#233; est en contradiction TOTALE avec la version dominante, la version sans cesse r&#233;p&#233;t&#233;e par le FMI, par les gouvernements, par la direction de la BCE et par la presse mainstream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En r&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt; : Les pr&#234;ts des banques &#233;trang&#232;res &#224; l'&#201;tat grec commencent &#224; diminuer tr&#232;s fortement apr&#232;s mars 2010, quand les banques se rendent compte que la dette publique grecque va fortement augmenter en raison du plan de sauvetage que la Tro&#239;ka est en train de mettre en place. Ce plan, comme le rapport de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque l'a d&#233;montr&#233; (&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&lt;/a&gt; ), avait pour but un sauvetage des banques priv&#233;es &#233;trang&#232;res et grecques, ce qui a entra&#238;n&#233; une forte augmentation de la dette publique. Ce plan pr&#233;voyait explicitement des mesures d'aust&#233;rit&#233; tellement dures que cela ne pouvait d&#233;boucher que sur une forte r&#233;cession et une augmentation consid&#233;rable du ratio dette publique/PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Le syst&#232;me bancaire pose un risque important &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Extrait d'un document secret du FMI du 25 mars 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation de cet extrait d'un document secret du FMI datant du 25 mars 2010 &#224; propos des banques priv&#233;es grecques est rendu plus facile gr&#226;ce &#224; l'explication que je viens de donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le syst&#232;me bancaire pose un autre risque important. (&#8230;) les banques ont &#233;t&#233; mises sous pression pour trouver des financements, mises &#224; l'&#233;cart des lignes de cr&#233;dit interbancaires comme du financement en gros, et, r&#233;cemment, ont perdu des d&#233;p&#244;ts. Les banques ont recours &#224; la BCE pour rester &#224; flot, mais ceci n'est pas une solution durable. De plus, le lent d&#233;clin &#233;conomique qui nous attend va faire augmenter le nombre de cr&#233;dits non recouvrables de mani&#232;re significative, et il est possible, et m&#234;me probable, que le gouvernement devra injecter du capital afin de stabiliser le syst&#232;me bancaire et de sauvegarder les d&#233;p&#244;ts. Ces sommes s'ajouteraient aux besoins de financement du gouvernement, qui sont d&#233;j&#224; importants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(voir la derni&#232;re page des documents secrets &#8211; en anglais &#8211; du FMI publi&#233;s par le CADTM, il faut lire le document &#171; Secret. Greece Key Issues. March 25, 2010 &#187; p. 2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce comportement du FMI correspond de mani&#232;re parfaite &#224; une proph&#233;tie auto-r&#233;alisatrice (&#171; Self-defeating prophecy &#187;) : c'est parce que le FMI et les autres composantes de la Tro&#239;ka ont impos&#233; avec la complicit&#233; du gouvernement grec de Papandr&#233;ou une politique brutale d'aust&#233;rit&#233; li&#233;e &#224; un sauvetage des banquiers priv&#233;s sur le dos du peuple que comme le pr&#233;voit le texte cit&#233; : &#171; le lent d&#233;clin &#233;conomique qui nous attend va faire augmenter le nombre de cr&#233;dits non recouvrables de mani&#232;re significative, et il est possible, et m&#234;me probable, que le gouvernement devra injecter du capital afin de stabiliser le syst&#232;me bancaire et de sauvegarder les d&#233;p&#244;ts. Ces sommes s'ajouteraient aux besoins de financement du gouvernement, qui sont d&#233;j&#224; importants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de bilan de l'action du FMI, en paraphrasant l'extrait qui pr&#233;c&#232;de on peut constater le lent d&#233;clin &#233;conomique qui a atteint la Gr&#232;ce suite aux politiques impos&#233;es par le FMI et le reste de la Tro&#239;ka. Ces politiques ont fait augmenter le nombre de cr&#233;dits non recouvrables de mani&#232;re significative dont le taux est pass&#233; de 6 % (1 cr&#233;dit sur 16 &#233;tait en d&#233;faut de paiement depuis 3 mois ou plus) au premier trimestre 2009 &#224; 47 % en 2016-2017 (1 cr&#233;dit sur 2 &#233;tait en impay&#233; depuis 3 mois ou plus) [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence des politiques impos&#233;es par la Tro&#239;ka avec la complicit&#233; des diff&#233;rents gouvernements, plus de 50 milliards d'euros ont &#233;t&#233; inject&#233;s dans le capital des banques priv&#233;es sans arriver &#224; les assainir car, comme on vient de le voir, le pourcentage des cr&#233;dits non recouvrables a litt&#233;ralement explos&#233;. Les sommes qui ont financ&#233; les politiques impos&#233;es par la Tro&#239;ka ont produit une augmentation de la dette publique qui est pass&#233;e d'environ 110 % du PIB en 2009 (126 % si on prend en compte les donn&#233;es qui ont &#233;t&#233; falsifi&#233;es, voir plus loin) &#224; environ 180 % du PIB en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les responsabilit&#233;s de la BCE et des dirigeants europ&#233;ens dans la pr&#233;paration de la crise grecque de 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens ont favoris&#233; avec enthousiasme l'expansion des grandes banques priv&#233;es europ&#233;ennes sans alerter sur les prises de risques &#233;normes. Elles ont encourag&#233; les banques &#224; s'&#233;tendre hors de leur p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique habituel et &#224; proc&#233;der &#224; des acquisitions/fusions irr&#233;fl&#233;chies. Les autorit&#233;s europ&#233;ennes se sont f&#233;licit&#233;es &#224; maintes reprises des flux financiers importants qui allaient sous forme de cr&#233;dits des pays dominants de la zone euro vers les pays de la p&#233;riph&#233;rie. Or ces injections massives de cr&#233;dit ont &#233;t&#233; &#224; l'origine de bulles sp&#233;culatives, notamment dans l'immobilier comme cela a &#233;t&#233; le cas en Espagne et en Irlande &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle mais aussi en Gr&#232;ce. Ces flux ont entra&#238;n&#233; une crise du cr&#233;dit priv&#233; qui a fini par &#233;clater en Gr&#232;ce, en Espagne, en Irlande, au Portugal et &#224; Chypre. Une bulle qui est suspendue aujourd'hui au-dessus de la t&#234;te des Italiens comme une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise grecque, il ne faut pas l'oublier, est l'expression d'une &#233;volution plus g&#233;n&#233;rale qui a &#224; voir avec la structure de la zone euro et les politiques men&#233;es dans le cadre des trait&#233;s europ&#233;ens par les gouvernements des diff&#233;rents pays de cette zone mon&#233;taire, affectant les plus faibles d'entre eux qui se situent &#224; sa p&#233;riph&#233;rie comme la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre propos ne se limite pas &#224; critiquer les d&#233;cisions politiques prises par les autorit&#233;s europ&#233;ennes avec la complicit&#233; des autorit&#233;s grecques apr&#232;s le d&#233;clenchement de la crise, car &#224; nos yeux les causes structurelles de la crise grecque sont le produit des politiques men&#233;es dans le cadre de la construction europ&#233;enne, de la mise en place de la zone euro et des trait&#233;s s'y rapportant. Cela n'excuse en rien les capitalistes grecs et les gouvernements Gr&#232;ce qui ont conduit leur pays dans cette gal&#232;re mais cela exon&#232;re le peuple grec des responsabilit&#233;s que les m&#233;dias dominants et les dirigeants europ&#233;ens lui attribuent injustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels &#233;taient les objectifs poursuivis par les dirigeants europ&#233;ens avec la mise en place des m&#233;morandums ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de mai 2010, la dette est devenue un th&#232;me central en Gr&#232;ce et dans le reste de la zone euro. Le premier programme de 110 milliards d'euros mis au point par la Tro&#239;ka, qui s'est constitu&#233;e pour son &#233;laboration et son ex&#233;cution, a brutalement provoqu&#233; l'augmentation de la dette publique grecque. Le m&#234;me processus s'est produit en Irlande (2010), au Portugal (2011), &#224; Chypre (2013) et en Espagne sous une forme particuli&#232;re. Les programmes avaient cinq objectifs fondamentaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Permettre aux banques priv&#233;es de recevoir un soutien public afin de ne pas payer la facture de l'&#233;clatement de la bulle du cr&#233;dit priv&#233; qu'elles avaient cr&#233;&#233;e et &#233;viter une nouvelle crise financi&#232;re priv&#233;e internationale de grande ampleur [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Donner aux nouveaux cr&#233;anciers publics qui se sont substitu&#233;s aux cr&#233;anciers priv&#233;s un pouvoir &#233;norme de coercition sur les gouvernements et les institutions des pays p&#233;riph&#233;riques afin d'imposer une politique faite d'aust&#233;rit&#233; radicale, de d&#233;r&#232;glementations (&#224; l'encontre de toute une s&#233;rie de conqu&#234;tes sociales), de privatisations et de renforcement des pratiques autoritaires (voir le point 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Pr&#233;server le p&#233;rim&#232;tre de la zone euro (cela signifie maintenir dans la zone euro la Gr&#232;ce et les autres pays de la p&#233;riph&#233;rie) qui constitue un outil puissant aux mains des grandes entreprises priv&#233;es europ&#233;ennes et des &#233;conomies qui dominent cette zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Faire de l'approfondissement des politiques n&#233;olib&#233;rales en Gr&#232;ce en particulier, mais aussi dans les autres pays de la P&#233;riph&#233;rie, un exemple et un moyen de pression sur l'ensemble des populations europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Renforcer &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne (tant sur le plan de l'UE que dans chaque &#201;tat membre) les formes autoritaires de gouvernement sans recourir directement &#224; de nouvelles exp&#233;riences de type fasciste, nazi, franquiste, salazariste ou du r&#233;gime des colonels grecs (1967-1974).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier aspect est souvent insuffisamment pris en compte car l'accent est mis sur les aspects &#233;conomiques et sociaux. La tendance autoritaire &#224; l'int&#233;rieur de l'UE et de la zone euro est pourtant &#224; la fois un enjeu central et un objectif poursuivi de mani&#232;re d&#233;lib&#233;r&#233;e par la Commission europ&#233;enne et le grand capital. Cela touche le renforcement du pouvoir ex&#233;cutif, le recours &#224; des proc&#233;dures exp&#233;ditives de vote, la violation ou la limitation d'une s&#233;rie de droits, le non-respect des choix des &#233;lecteurs, l'augmentation de la r&#233;pression de la protestation sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons maintenant au d&#233;roulement de la crise grecque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre septembre 2009 et mars 2010, les pr&#234;ts des banques &#233;trang&#232;res aux banques grecques diminuent de plus de 50 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques grecques ne s'en sortent que gr&#226;ce aux liquidit&#233;s mises &#224; leur disposition par la banque centrale de Gr&#232;ce dans le cadre de la politique de la BCE d'octroi massif de liquidit&#233;s aux banques de l'ensemble de la zone euro (politique &#233;galement suivie par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis, la Banque d'Angleterre et la Banque centrale suisse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le graphique ci-dessous, on peut constater tr&#232;s clairement en suivant l'&#233;volution de la ligne verte qu'&#224; partir de septembre 2008, les banques grecques augmentent de mani&#232;re significative le recours au financement que leur octroie la Banque centrale de Gr&#232;ce dans le cadre de l'eurosyst&#232;me avec l'accord de la BCE [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graphique 1&lt;/strong&gt; &#8211; &#201;volution du financement des banques grecques par la banque centrale de Gr&#232;ce (ligne verte) et de la d&#233;tention par les banques grecques des titres publics grecs (2007-2010) en milliards &#8364; (ligne bleue)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3831 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH445/dbf90946d595c7c3-a71a4c5a-50916.jpg?1781991382' width='500' height='445' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ligne bleue : Cr&#233;dit des banques grecques au gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ligne verte : Cr&#233;dit de la Banque centrale aux banques grecques&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : Bank of Greece.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'octobre 2009 &#224; d&#233;but mai 2010, de nombreux contacts ont lieu entre les autorit&#233;s europ&#233;ennes, le FMI, les banquiers et le nouveau gouvernement du socialiste G. Papandr&#233;ou qui a gagn&#233; les &#233;lections du 4 octobre 2009 avec 43 % des voix, un score tr&#232;s &#233;lev&#233;. Il s'agissait de mettre au point un nouveau plan de sauvetage des banques grecques et de leurs cr&#233;anciers. La Gr&#232;ce n'avait pas assez de moyens financiers pour leur venir en aide. Contrairement &#224; Papandr&#233;ou qui a d&#233;cid&#233; de se mettre au service des banques priv&#233;es responsables de la crise, il aurait fallu que le gouvernement grec refuse d'injecter &#224; nouveau de l'argent public dans les banques et qu'il s'abstienne d'augmenter la dette publique pour cet objectif n&#233;faste. Si Papandr&#233;ou avait adopt&#233; une attitude conforme aux int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; des Grecs, on aurait &#233;vit&#233; le drame social et politique qui a suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier paquet de mesures d'aust&#233;rit&#233; est mis en &#339;uvre par le gouvernement grec en contradiction compl&#232;te avec les engagements pris pendant la campagne &#233;lectorale. En m&#234;me temps, se pr&#233;pare la cr&#233;ation de la Tro&#239;ka et est &#233;labor&#233; en secret le premier m&#233;morandum qui a &#233;t&#233; rendu public en mai 2010 (voir les commentaires sur les documents secrets du FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s 2010 une alternative &#233;tait possible et n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; sa victoire &#233;lectorale &#233;clatante de fin 2009 obtenue gr&#226;ce &#224; une campagne d&#233;non&#231;ant les politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es par Nouvelle D&#233;mocratie, le gouvernement de Papandr&#233;ou aurait pu et aurait d&#251; socialiser le secteur bancaire en organisant une faillite ordonn&#233;e des banques et en prot&#233;geant les d&#233;posants. Plusieurs exemples historiques attestent qu'une faillite &#233;tait tout &#224; fait compatible avec le red&#233;marrage rapide des activit&#233;s financi&#232;res au service de la population. Il fallait s'inspirer de ce qui se faisait en Islande depuis 2008 [11] et de ce qui avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en Su&#232;de et en Norv&#232;ge dans les ann&#233;es 1990 [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papandr&#233;ou a pr&#233;f&#233;r&#233; suivre l'exemple scandaleux et catastrophique du gouvernement irlandais qui a sauv&#233; les banquiers en 2008 et allait en novembre 2010 devoir accepter un plan d'aide europ&#233;en qui a eu des effets dramatiques pour le peuple irlandais. Il fallait aussi aller plus loin que l'Islande et la Su&#232;de en proc&#233;dant &#224; la socialisation compl&#232;te et d&#233;finitive du secteur financier, en faisant supporter les pertes de la r&#233;solution de la crise bancaire par les banques &#233;trang&#232;res et par les actionnaires priv&#233;s grecs et en poursuivant en justice les responsables du d&#233;sastre bancaire. Une telle d&#233;marche aurait permis &#224; la Gr&#232;ce d'&#233;viter la succession de m&#233;morandums qui ont soumis le peuple grec &#224; une crise humanitaire dramatique et &#224; l'humiliation sans pour autant assainir v&#233;ritablement le syst&#232;me bancaire grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Papandr&#233;ou aurait d&#251; &#233;galement lancer un audit de la dette avec participation citoyenne afin de d&#233;terminer les responsables de l'augmentation de la dette publique et remettre en cause le paiement de la dette identifi&#233;e comme ill&#233;gitime, ill&#233;gale, insoutenable et/ou odieuse. C'est ce qu'un puissant mouvement citoyen avait commenc&#233; &#224; r&#233;clamer &#224; partir de la fin 2010 et d&#233;but 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu mettre en &#339;uvre un vaste programme de changements structurels, en mati&#232;re fiscale notamment. Il aurait fallu prendre des mesures tr&#232;s concr&#232;tes pour r&#233;duire les dettes priv&#233;es des m&#233;nages &#224; faibles revenus et des petites entreprises o&#249; travaillaient une majorit&#233; des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La falsification des statistiques a aid&#233; &#224; justifier l'intervention de la Tro&#239;ka&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendu public au parlement grec en juin 2015, le rapport de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque a d&#233;montr&#233; par A + B que Papandr&#233;ou, les hauts dirigeants de l'institut grec des statistiques et les dirigeants europ&#233;ens avaient fabriqu&#233; une version fausse de la crise grecque afin d'en rendre responsable les d&#233;penses publiques et cacher la v&#233;rit&#233; sur les vraies responsabilit&#233;s : le comportement des banques priv&#233;es &#233;trang&#232;res et grecques (ces banques ont cherch&#233; &#224; maximiser leurs profits en utilisant &#224; fond les possibilit&#233;s offerte par l'entr&#233;e de la Gr&#232;ce dans la zone euro ). Comme l'&#233;crit Le Monde avec le concours de l'AFP : &#171; En 2009, la r&#233;v&#233;lation par le premier ministre socialiste Georges Papandr&#233;ou que le d&#233;ficit public grec &#233;tait en r&#233;alit&#233; de 12,7 % du produit int&#233;rieur brut (PIB), et pas de 6 %, comme l'affirmait son pr&#233;d&#233;cesseur conservateur, avait pr&#233;cipit&#233; le pays dans la tourmente financi&#232;re. &#187; [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques sur la dette publique et sur l'ampleur du d&#233;ficit public ont &#233;t&#233; falsifi&#233;es de mani&#232;re &#224; justifier les mesures d'aust&#233;rit&#233; qui ont suivi, la mise en place de la Tro&#239;ka et la signature du premier m&#233;morandum (voir le chapitre II, p. 17 du Rapport pr&#233;liminaire de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque). D'ailleurs, le 9 juin 2018, la Cour supr&#234;me grecque a confirm&#233; la condamnation d'Andr&#233;as Georgiou, pr&#233;sident d'ELSTAT d'ao&#251;t 2010 &#224; ao&#251;t 2015, &#224; deux ans de prison avec sursis pour d&#233;lit de manquement &#224; ses obligations dans le cadre de ses fonctions de pr&#233;sident d'Elstat, l'Agence des statistiques grecque [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crit Le Monde en collaboration avec l'AFP : &#171; Cet ancien membre du Fonds mon&#233;taire international &#233;tait soup&#231;onn&#233; de s'&#234;tre entendu avec Eurostat (l'office europ&#233;en de statistiques, d&#233;pendant de la Commission) afin de grossir les chiffres du d&#233;ficit et de la dette publique grecs pour l'ann&#233;e 2009. Le but suppos&#233; : faciliter la mise sous tutelle financi&#232;re du pays, avec le d&#233;clenchement, en 2010, du premier plan d'aide internationale &#224; la Gr&#232;ce (&#8230;) &#187; [15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des dirigeants europ&#233;ens dans la mise en place de ces falsifications est attest&#233;e par les multiples pressions qu'ils ont exerc&#233; sur la justice grecque afin d'obtenir l'acquittement d'Andr&#233;as Georgiou. Comme le mentionne Le Monde d&#233;j&#224; cit&#233; : &#171; En 2016, Andr&#233;as Georgiou avait &#233;t&#233; publiquement d&#233;fendu par Marianne Thyssen, commissaire europ&#233;enne aux affaires sociales, qui a assur&#233; que &#171; les donn&#233;es sur la dette grecque pour la p&#233;riode de 2010 &#224; 2015 ont &#233;t&#233; fiables et communiqu&#233;es avec exactitude &#187;. &#187; Au cours des 3 derni&#232;res ann&#233;es, il y a eu des dizaines de d&#233;clarations de dirigeants europ&#233;ens et de hauts fonctionnaires &#224; leur service visant &#224; faire pression sur la magistrature grecque afin de classer l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Andr&#233;as Georgiou a &#233;t&#233; directement le complice des dirigeants europ&#233;ens, de Papandr&#233;ou, du FMI, des banquiers &#233;trangers et de leurs homologues grecs. Il ne faut pas &#234;tre un adepte de la th&#233;orie du complot pour constater que dans ce cas-ci, il y a bien eu un complot mont&#233; de fa&#231;on machiav&#233;lique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise r&#233;elle de la dette publique grecque commence en 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de mars-avril 2010, les pr&#234;teurs priv&#233;s &#233;trangers (notamment les banques fran&#231;aises, allemandes&#8230;) commencent &#224; exiger du gouvernement grec des primes de risque de plus en plus &#233;lev&#233;es. En clair, les pr&#234;teurs priv&#233;s &#233;trangers ferment le robinet du cr&#233;dit au gouvernement grec. Mais ce n'est qu'apr&#232;s mai 2010 que les banques priv&#233;es &#233;trang&#232;res commencent &#224; chercher &#224; revendre les titres grecs en leur possession et c'est &#224; ce moment l&#224; que la BCE commence &#224; acheter des titres. C'&#233;tait une aubaine pour les banques de la zone euro, nous expliquerons pourquoi plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2010, la BCE a mis en place un programme appel&#233; Securities Markets Program (SMP) (voir encadr&#233; sur le SMP). Via ce programme, qui a dur&#233; de mai 2010 &#224; septembre 2012, elle a achet&#233; sur le march&#233; secondaire plus de 210 Mds d'euros de titres &#233;mis par l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal et la Gr&#232;ce [16]. La BCE a achet&#233; en tout pour 56,5 Mds d'euros de titres grecs aux banques priv&#233;es de la zone euro entre mai 2010 et f&#233;vrier 2012. Rien qu'au cours des huit premi&#232;res semaines du lancement du programme SMP, la BCE a achet&#233; pour environ 42 Mds d'euros, soit les &#190; de ses achats totaux de titres grecs qui se sont prolong&#233;s jusqu'en 2012 [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que le programme SMP ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2010, la BCE a mis en place un programme appel&#233; Securities Markets Program (SMP). Via ce programme, qui a dur&#233; de mai 2010 &#224; septembre 2012, elle a achet&#233; sur le march&#233; secondaire plus de 210 Mds d'euros de titres &#233;mis par l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal et la Gr&#232;ce (BCE (2010). Decision of the European Central Bank of 14 may 2010 establishing a SMP (ECB/2010/5). En ligne : &lt;a href=&#034;https://goo.gl/tX9l4Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://goo.gl/tX9l4Y&lt;/a&gt; , consult&#233; le 12 juin 2015.). La BCE a achet&#233; 56,5 Mds d'euros de titres grecs. Voir aussi le rapport de la Commission, chapitre 3. La d&#233;cision de la BCE du 14 mai 2010 cr&#233;ant le SMP indique que &#171; le Conseil des Gouverneurs choisira la port&#233;e des interventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil des Gouverneurs a pris note de la d&#233;cision des gouvernements des &#201;tats membres de la zone euro de prendre toutes les mesures pour atteindre leurs objectifs budg&#233;taires de l'ann&#233;e et des ann&#233;es suivantes, conform&#233;ment aux proc&#233;dures de d&#233;ficit excessif, et des engagements suppl&#233;mentaires pr&#233;cis pris par certains gouvernements d'&#201;tats membres de la zone euro d'acc&#233;l&#233;rer la consolidation budg&#233;taire et de garantir la soutenabilit&#233; de leurs finances publiques (...). Dans le cadre de la politique mon&#233;taire ordinaire, le programme d'achats de titres &#233;ligibles par les banques centrales de l'Eurosyst&#232;me doit &#234;tre mis en place conform&#233;ment &#224; cette d&#233;cision &#187; (BCE (2010). Decision of the European Central Bank of 14 may 2010 establishing a SMP (ECB/2010/5). En ligne : &lt;a href=&#034;https://goo.gl/tX9l4Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://goo.gl/tX9l4Y&lt;/a&gt;, consult&#233; le 12 juin 2015.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mai 2010, Jean-Claude Trichet, Pr&#233;sident de la BCE, commentait ainsi la r&#233;ponse de la BCE aux tensions r&#233;centes sur les march&#233;s financiers : &#171; Il est crucial que les gouvernements mettent en place de mani&#232;re rigoureuse les mesures requises pour garantir la soutenabilit&#233; budg&#233;taire. C'est dans le seul cadre de ces engagements que nous nous sommes embarqu&#233;s dans un programme d'intervention sur les march&#233;s de titres. (...). Le SMP est un programme non conventionnel, qui est lanc&#233; dans une situation de s&#233;v&#232;res tensions sur les march&#233;s financiers. Je souhaite souligner qu'une application rigoureuse des programmes d'ajustement par les gouvernements est essentielle pour garantir un retour progressif au fonctionnement normal des march&#233;s financiers &#187; (BCE (2010). The ECB's Response to the Recent Tensions in Financial Markets. Vienna. En ligne : &lt;a href=&#034;https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2010/html/sp100531_2.en.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2010/html/sp100531_2.en.html&lt;/a&gt;, consult&#233; le 12 juin 2015.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE a d&#233;pens&#233; 40 Mds d'euros afin d'acqu&#233;rir des titres pour une valeur nominale estim&#233;e &#224; 55 Mds d'euros, ainsi dans l'hypoth&#232;se o&#249; elle conserverait de tels titres jusqu'&#224; maturit&#233;, elle empocherait, en sus des int&#233;r&#234;ts, l'enti&#232;re diff&#233;rence entre le prix d'achat et le prix rembours&#233;. Les taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s des obligations qu'elle a acquises ont permis &#224; la BCE d'encaisser aupr&#232;s de la Gr&#232;ce des int&#233;r&#234;ts consid&#233;rables. (Atkins R. (2012). ECB Moves to Help Fund Greece Bail-Out. Financial Times. En ligne : &lt;a href=&#034;http://goo.gl/zKhZc4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://goo.gl/zKhZc4&lt;/a&gt;, consult&#233; le 12 juin 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'endettement de la Gr&#232;ce envers la BCE soit de moindre importance que celui de l'Italie ou de l'Espagne, la BCE per&#231;oit de la Gr&#232;ce plus d'int&#233;r&#234;ts que de ces deux pays. Pour l'ann&#233;e 2014, le gouvernement grec a pay&#233; 298 millions d'euros d'int&#233;r&#234;ts sur les titres d&#233;tenus par la BCE, montant qui repr&#233;sente 40 % des 728 millions d'euros de revenus que la BCE a per&#231;us aupr&#232;s des cinq pays concern&#233;s par le SMP, et ce alors m&#234;me que la dette grecque envers la BCE ne repr&#233;sente que 12 % du total (BCE (2015). Financial Statements of the ECB for 2014. En ligne : &lt;a href=&#034;http://goo.gl/zKhZc4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://goo.gl/zKhZc4&lt;/a&gt;, consult&#233; le 12 juin 2015.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pouvoirs publics se substituent aux cr&#233;anciers priv&#233;s en socialisant leurs pertes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de mai 2010, les pr&#234;teurs publics &#233;trangers se substituent aux pr&#234;teurs priv&#233;s &#233;trangers, le m&#233;morandum fournit les moyens aux pouvoirs publics grecs de rembourser les pr&#234;teurs priv&#233;s, de renflouer les banques grecques et d'&#233;viter qu'elles ne provoquent un nouvel &#233;pisode dans la crise bancaire internationale en cours depuis 2007. On peut difficilement imaginer qu'un d&#233;faut de paiement des banques priv&#233;es grecques aurait pu provoquer une crise internationale majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins les banques fran&#231;aises et allemandes &#233;taient d&#233;j&#224; tellement enlis&#233;es dans la crise ailleurs, qu'un incident en Gr&#232;ce pouvait quand m&#234;me aggraver la situation. Allez savoir. Ce qui est s&#251;r, c'est que les banques fran&#231;aises et allemandes ont mis la pression sur leur gouvernement afin que ceux-ci mettent en place la Tro&#239;ka et un programme visant &#224; prot&#233;ger leurs int&#233;r&#234;ts (qui sont tout autant contraires aux int&#233;r&#234;ts de la population de la France et de l'Allemagne que de la Gr&#232;ce, m&#234;me si c'est le peuple grec qui en subit directement les cons&#233;quences).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;morandum impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce en mai 2010 pr&#233;voyait l'octroi de 110 milliards &#8364; de nouveaux pr&#234;ts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un long calvaire s'annonce pour la Gr&#232;ce</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-long-calvaire-s-annonce-pour-la-Grece</link>
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		<dc:date>2018-08-14T07:38:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-08-14</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 4 - juillet - 2018 | Photo : Pierre Moscovici : &#171; Tel Ulysse de retour &#224; Ithaque, la Gr&#232;ce arrive enfin &#224; destination aujourd'hui, dix ans apr&#232;s le d&#233;but d'une longue r&#233;cession. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me &#171; plan de sauvetage &#187; de la Gr&#232;ce (Memorandum of Understanding) va s'achever au mois d'ao&#251;t, m&#234;me si elle n'est pas encore sortie d'affaires, comme l'a bien montr&#233; Jacques Adda. L'accord &#171; final &#187; conclu entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers repose au fond sur trois faux-semblants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-08-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-08-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton35609-d6034.png?1781991382' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 4 - juillet - 2018 | Photo : Pierre Moscovici : &#171; Tel Ulysse de retour &#224; Ithaque, la Gr&#232;ce arrive enfin &#224; destination aujourd'hui, dix ans apr&#232;s le d&#233;but d'une longue r&#233;cession. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me &#171; plan de sauvetage &#187; de la Gr&#232;ce (Memorandum of Understanding) va s'achever au mois d'ao&#251;t, m&#234;me si elle n'est pas encore sortie d'affaires, comme l'a bien montr&#233; Jacques Adda. L'accord &#171; final &#187; conclu entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers repose au fond sur trois faux-semblants : il voudrait effacer les effets sociaux de pr&#232;s de dix ans d'aust&#233;rit&#233; aveugle ; il s'appuie sur des perspectives &#233;conomiques incoh&#233;rentes ; enfin, il instaure une mise en tutelle &#224; dur&#233;e ind&#233;finie de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Novlangue europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord a souvent &#233;t&#233; accueilli par des commentaires exprimant un soulagement obsc&#232;ne, compte tenu de l'&#233;tat de d&#233;labrement du pays. La palme revient sans doute &#224; Pierre Moscovici qui n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire sur son blog : &lt;i&gt;&#171; Tel Ulysse de retour &#224; Ithaque, la Gr&#232;ce arrive enfin &#224; destination aujourd'hui, dix ans apr&#232;s le d&#233;but d'une longue r&#233;cession. Elle peut enfin souffler, regarder le chemin parcouru et contempler de nouveau l'avenir avec confiance. &#187; &lt;/i&gt;C'est le coup de pied de l'&#226;ne &#224; un peuple que l'on a d&#233;lib&#233;r&#233;ment maltrait&#233;, et cet &#233;talage d'autosatisfaction a quelque chose d'intol&#233;rable. Le commissaire salue les sacrifices du peuple grec qui &#233;taient n&#233;cessaires pour &#233;loigner &lt;i&gt;&#171; le plus grand p&#233;ril de cette odyss&#233;e &#187;&lt;/i&gt; qui, pour lui, n'&#233;tait ni la mis&#232;re, ni le ch&#244;mage, ni les maladies, ni les suicides, ni les exils, mais ce &lt;i&gt;&#171; monstre appel&#233; Grexit. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; rapport de conformit&#233; &#187; (Compliance Report) de la Commission europ&#233;enne est lui aussi un long satisfecit qui d&#233;crit point par point la bonne mise en &#339;uvre par le gouvernement grec des conditions associ&#233;es &#224; &#171; l'aide &#187; re&#231;ue. Tout au long de ce texte, une insupportable novlangue est de r&#232;gle. Prenons l'exemple de la sant&#233; publique : pour la Commission, &lt;i&gt;&#171; les autorit&#233;s ont rempli leur engagement de continuer &#224; rationaliser les d&#233;penses globales de sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Cette assertion est d'un cynisme effarant, au regard de la situation r&#233;elle qui est celle-ci : &lt;i&gt;&#171; le syst&#232;me national de sant&#233; grec a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; par l'application d'un ensemble de mesures impos&#233;es depuis 2010 par les cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce dans les secteurs de sant&#233; primaire, secondaire et pharmaceutique &#187;&lt;/i&gt; comme l'analyse la chercheuse No&#235;lle Burgi, dans un article tr&#232;s document&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des conditions de vie dantesques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te men&#233;e &#224; Ath&#232;nes dresse un tableau saisissant des conditions de vie. 43 % des m&#233;nages d&#233;clarent ne pas avoir les moyens de payer le chauffage de leur logement ; 52 % disent qu'ils ne pourraient faire face &#224; une d&#233;pense impr&#233;vue de 500 euros, 49 % qu'ils n'ont pas les moyens de partir en vacances. Six personnes interrog&#233;es sur dix sont rest&#233;es au ch&#244;mage plus de deux ans. 10 % seulement des ch&#244;meurs sont indemnis&#233;s, &#224; 360 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#224; Ath&#232;nes, la consommation de psychotropes a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 35 entre 2010 et 2014, celle des benzodiaz&#233;pines par 19 et celle des antid&#233;presseurs par 11. Ces derni&#232;res donn&#233;es sont tir&#233;es d'un article du Monde diplomatique qui r&#233;sume les r&#233;sultats d'une &#233;tude originale men&#233;e sur les eaux us&#233;es de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment, dans ces conditions, la Gr&#232;ce peut-elle &lt;i&gt;&#171; contempler de nouveau l'avenir avec confiance &#187; &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;conomie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un tel d&#233;ni est difficilement supportable, les projections &#233;conomiques accompagnant l'accord sont, elles, proprement hallucinantes. Le document de r&#233;f&#233;rence reproduit le m&#234;me sc&#233;nario qui a fait long feu depuis 2010. La Gr&#232;ce est cens&#233;e maintenir un exc&#233;dent primaire &#233;lev&#233; tout en renouant avec la croissance. L'exc&#233;dent primaire &#8211; soit la diff&#233;rence entre les recettes et les d&#233;penses hors int&#233;r&#234;ts de la dette &#8211; est la variable-cl&#233;, qui mesure la capacit&#233; de la Gr&#232;ce &#224; honorer ses engagements. En tr&#232;s bon &#233;l&#232;ve, la Gr&#232;ce a pour l'instant tenu, et au-del&#224;, cet objectif. Il &#233;tait de 0,5 % du PIB en 2016 et ce fut 3,9 % ; puis 2 % en 2017, et ce fut 4,2 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour complaire &#224; ses cr&#233;anciers, le gouvernement grec a pr&#233;sent&#233; une strat&#233;gie budg&#233;taire &#224; moyen terme ent&#233;rin&#233;e par la Commission europ&#233;enne dans son rapport de conformit&#233;. Elle est manifestement d&#233;lirante : le sc&#233;nario postule une croissance qui augmente progressivement jusqu'&#224; 2,6 % en 2020 avant de ralentir &#224; 1,9 % en 2022. C'est &#233;videmment optimiste, mais c'est surtout totalement d&#233;raisonnable quand en m&#234;me temps l'exc&#233;dent primaire devrait augmenter progressivement de 3,5 % du PIB en 2018 &#224; 4,3 % en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle pr&#233;vision sort compl&#232;tement des clous et on pourrait lui adresser la formule utilis&#233;e par la Cour des comptes europ&#233;enne dans son rapport sur l'intervention de la Commission dans la crise financi&#232;re grecque : &lt;i&gt;&#171; La commission a &#233;tabli des projections macro&#233;conomiques et budg&#233;taires s&#233;par&#233;ment et ne les a pas int&#233;gr&#233;es dans un mod&#232;le. &#187;&lt;/i&gt; Mais croire qu'il pourrait exister un mod&#232;le capable d'engendrer une telle trajectoire est une pure fiction. Tous les &#233;conomistes s&#233;rieux savent qu'on ne peut maintenir longtemps un tel exc&#233;dent primaire, comme le rappelait le FMI en 2016 dans son analyse de soutenabilit&#233; de la dette grecque : &lt;i&gt;&#171; un exc&#233;dent primaire de 3,5% du PIB est difficile &#224; atteindre et &#224; maintenir &#224; long terme, en particulier apr&#232;s de longues p&#233;riodes de r&#233;cessions et face &#224; un ch&#244;mage structurel &#233;lev&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Impossible reprise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de d&#233;penser son &#233;nergie &#224; critiquer les suppos&#233;es erreurs commises par les auteurs de ces sc&#233;narios rocambolesques, il vaut mieux mettre les pieds dans le plat et dire que ces idiots utiles n'en ont au fond rien &#224; faire. Il s'agit d'un habillage technocratique du seul chiffre qui importe, &#224; savoir l'exc&#233;dent primaire, parce qu'il repr&#233;sente la capacit&#233; de la Gr&#232;ce &#224; payer ses int&#233;r&#234;ts. Il n'y a que cela qui compte. La contrepartie de cette saign&#233;e est la poursuite des r&#233;formes structurelles, notamment la baisse des d&#233;penses sociales, en particulier les pensions dans le cas de la Gr&#232;ce, ainsi que le blocage de tout investissement public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette trajectoire est incompatible avec une reprise de la croissance. Jusqu'&#224; la crise, l'investissement tirait la productivit&#233; horaire du travail. Depuis la crise, son volume a &#233;t&#233; divis&#233; par trois, retrouvant &#224; peine son niveau de 1990 ; et la Gr&#232;ce est l'un des rares pays europ&#233;ens, peut-&#234;tre le seul, o&#249; la productivit&#233; horaire du travail recule, au rythme de 1 point par an. Cette tendance sera d'autant plus difficile &#224; inverser que les forces vives sont parties : environ un tiers de la population de 15 &#224; 29 ans, pour une bonne partie des personnes qualifi&#233;es, a quitt&#233; le pays. Cette perte de substance va encore aggraver le d&#233;s&#233;quilibre d&#233;mographique et l'impact des r&#233;formes des retraites, d'autant plus que le nombre de naissances a baiss&#233; depuis la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce ext&#233;rieur de la Gr&#232;ce est aujourd'hui &#224; peu pr&#232;s &#233;quilibr&#233;. Mais ce r&#233;sultat n'a pas &#233;t&#233; atteint par une reprise des exportations qui auraient &#233;t&#233; dop&#233;es par les fameuses &#171; r&#233;formes &#187; : c'est l'effet m&#233;canique de la chute des importations pendant la crise. Toute reprise v&#233;ritable conduirait &#224; de nouveau &#224; un d&#233;ficit en raison de la d&#233;pendance de la Gr&#232;ce notamment en biens d'investissement, et cela dans un contexte o&#249; les capitaux &#233;trangers seraient &#233;videmment r&#233;ticents &#224; financer ce d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en regardant du c&#244;t&#233; des exportations de la Gr&#232;ce que l'on peut discerner &#224; quoi le pays est destin&#233;. Ses principales ressources sp&#233;cifiques sont, en simplifiant un peu, la flotte commerciale (mais les armateurs grecs paient peu d'imp&#244;ts et les ports seront peu &#224; peu vendus &#224; des groupes chinois ou autres) et le tourisme. Ce dernier est &#224; peu pr&#232;s le seul secteur en expansion et repr&#233;sente en 2016 un quart des exportations et 7,5 % du PIB. Selon le rapport du World Travel &amp; Tourism Council sur la Gr&#232;ce, les effets induits du tourisme sur l'&#233;conomie conduisent &#224; une contribution totale de 18,6 % du PIB en 2016. Pr&#232;s d'un quart (23,4 %) de l'emploi total serait li&#233; &#224; l'industrie touristique. La strat&#233;gie est donc toute trouv&#233;e : continuons &#224; attirer les touristes qui abandonnent les pays &#224; risque, avec des tarifs attractifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dette insoutenable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations sur la dette grecque sont au fond une fantasmagorie. Personne ne croit vraiment &#224; la soutenabilit&#233; &#224; moyen ou long terme de la dette grecque. Le FMI s'est retir&#233; du jeu parce qu'il n'y croit pas, et m&#234;me la Commission europ&#233;enne a &#233;mis de discr&#232;tes r&#233;serves. L'Eurogroupe fait semblant de croire au r&#233;tablissement de la soutenabilit&#233; de la dette grecque en pr&#233;tendant que le ratio dette/PIB devrait diminuer progressivement pour passer de 188,6 % en 2018 &#224; 168,9 % en 2020, puis 131,4 % en 2030 et 96,8 % &#8230; en 2060.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela, encore une fois, n'est que de l'habillage pour r&#233;cuser toute nouvelle annulation de la dette. Le refus des cr&#233;anciers n'est pas fond&#233; sur la confiance dans la validit&#233; de leurs sc&#233;narios, mais s'explique par la volont&#233; de discipliner leur d&#233;biteur grec. Leur objectif est au fond de se donner les moyens de r&#233;cup&#233;rer un maximum d'argent et de reporter le plus tard possible leurs pertes &#233;ventuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit pour s'en rendre compte d'examiner l'&#233;ch&#233;ancier qui vient d'&#234;tre ent&#233;rin&#233; (il est r&#233;guli&#232;rement compil&#233; par trois journalistes du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; sur la page Greece's Debt Due). Le profil est aberrant : apr&#232;s un l&#233;ger retrait en 2018 (8 milliards de dollars), les remboursements bondissent &#224; pr&#232;s de 12 milliards en 2019. Puis, ils baissent &#224; 4 milliards en 2020 et 2021. Les montagnes russes s'encha&#238;nent : un creux un peu apr&#232;s 2040 et puis, brusquement, cela repart comme un feu d'artifice pendant cinq ans (apr&#232;s une petite pause en 2051) jusqu'&#224; l'annulation finale en 2060 !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH225/34c482c809db31bb-bad7088e-b459c.png?1781991383' width='500' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ech&#233;ancier annuel des remboursements de la dette grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette trajectoire chaotique s'explique par le traitement diff&#233;renci&#233; des dettes aupr&#232;s des diff&#233;rents cr&#233;anciers. Aujourd'hui la dette de la Gr&#232;ce est de 294 milliards de dollars qui se r&#233;partissent comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3798 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L465xH212/144563d4bbb04c1a-7260f158-ab58e.png?1781056662' width='465' height='212' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les Etats et institutions europ&#233;ennes, qui d&#233;tiennent 80 % de la dette grecque, n'auraient-ils pas pu se concerter, ne serait-ce que pour r&#233;duire le &#171; mur &#187; de 2019 o&#249; &lt;i&gt;&#171; les besoins bruts de financement s'&#233;l&#232;veront &#224; 21 milliards d'euros en principal et en int&#233;r&#234;ts &#187; &lt;/i&gt;comme le souligne la Cour des comptes europ&#233;enne ? La moiti&#233; de ce besoin de financement correspond &#224; la Banque centrale europ&#233;enne, la m&#234;me qui refuse de fournir des liquidit&#233;s en &#233;change de titres de la dette grecque. Une partie des profits r&#233;alis&#233;s sur les achats de titres grecs par les pays de l'eurozone sera finalement restitu&#233; &#224; la Gr&#232;ce, mais au compte-gouttes (voir cette p&#233;tition citoyenne de WeMove.EU). L'accord pr&#233;voit n&#233;anmoins une r&#233;serve de pr&#233;caution de 15 milliards d'euros (contest&#233;e au Parlement allemand), ce qui est un moyen d'admettre que le calendrier n'est pas r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est donc en place pour que le m&#233;canisme infernal de boule de neige s'enclenche &#224; nouveau : la Gr&#232;ce devra emprunter de nouveau sur les march&#233;s pour faire face &#224; ses &#233;ch&#233;ances, mais &#224; 3, 4 ou 5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secret de Polichinelle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Klaus Regling, le directeur g&#233;n&#233;ral du M&#233;canisme Europ&#233;en de Stabilit&#233; (ESM, &lt;i&gt;European Stability Mechanism&lt;/i&gt;), tire &#233;videmment un bilan positif de l'action de l'Eurogroupe. Dans un discours prononc&#233; devant l'&lt;i&gt;Hellenic Bank Association&lt;/i&gt;, le 12 juin dernier, il commence par &lt;i&gt;&#171; f&#233;liciter le peuple grec et ses dirigeants politiques pour cette &#233;volution vers une &#233;conomie plus moderne. &#187;&lt;/i&gt; L'objectif est maintenant que la Gr&#232;ce ait acc&#232;s aux march&#233;s apr&#232;s l'ach&#232;vement du programme : c'est important pour la Gr&#232;ce mais aussi, soit dit en passant pour l'institution qu'il dirige, puisqu'elle en est &#171; le principal cr&#233;ancier. &#187; Et il est vrai que l'agence de notation Standard &amp; Poor's a annonc&#233;, le 25 juin, qu'elle relevait la note de la dette grecque B &#224; B+, ce qui n'emp&#234;chera pas que la Gr&#232;ce devra se financer &#224; des taux &#233;lev&#233;s. On peut en effet se demander qui se risquerait &#224; pr&#234;ter &#224; la Gr&#232;ce sans une prime de risque &#171; rassurante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Klaus Regling ne dissimule pas un certain pessimisme : &lt;i&gt;&#171; Permettez-moi de dire en m&#234;me temps que l'acc&#232;s de la Gr&#232;ce aux march&#233;s reste fragile. Retrouver la confiance des investisseurs implique de faire preuve d'un engagement total en faveur des r&#233;formes, mais m&#234;me cela pourrait ne pas suffire dans le cas de la Gr&#232;ce. &#187;&lt;/i&gt; Il faudra donc la surveiller, notamment gr&#226;ce au Syst&#232;me d'alerte pr&#233;coce (&lt;i&gt;Early Warning System&lt;/i&gt;) dont dispose l'ESM et cette surveillance devra, dans le cas de la Gr&#232;ce, &#234;tre &lt;i&gt;&#171; plus serr&#233;e et plus compl&#232;te que dans n'importe quel pays. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard il livre le fond de sa pens&#233;e, dans une interview assez incisive et reproduite sur le site de l'ESM. A la question de savoir si la dette de la Gr&#232;ce pourrait &#234;tre d&#233;clar&#233;e soutenable &#224; long terme, Klaus Regling r&#233;pond par la n&#233;gative, suivie d'une formule ampoul&#233;e sur le r&#244;le des mesures &#224; moyen terme. Et combien de temps faudra-t-il, lui demande-t-on, que la Gr&#232;ce fasse des r&#233;formes pour rassurer les march&#233;s ? L&#224; encore, la r&#233;ponse en dit long : &lt;i&gt;&#171; la mise en &#339;uvre des r&#233;formes est une t&#226;che permanente. Elle n'est jamais achev&#233;e. C'est vrai pour tous les pays du monde, pour tous les pays de l'Union europ&#233;enne et donc aussi pour la Gr&#232;ce. Peut-&#234;tre un peu plus dans le cas de la Gr&#232;ce, en raison de l'histoire r&#233;cente de l'&#233;conomie grecque qui met fin &#224; une p&#233;riode d'ajustement difficile. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gr&#232;ce reste sous tutelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'ESM se fait encore plus pr&#233;cis : la surveillance de la Gr&#232;ce, via le Early Warning System &#171; devra durer jusqu'&#224; ce que tout l'argent soit rembours&#233; &#187;. Jusqu'en 2060 ? demande l'interviewer et Regling r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Oui. La Commission arr&#234;tera quand 75 % auront &#233;t&#233; rembours&#233;s, mais pas nous. Nous surveillerons jusqu'&#224; l'&#233;ch&#233;ance finale &#187;&lt;/i&gt;. Et il y aura m&#234;me une &lt;i&gt;&#171; surveillance renforc&#233;e &#187;&lt;/i&gt; avec &lt;i&gt;&#171; une &#233;valuation tous les trois mois &#187; mise en place pendant &#171; un certain nombre d'ann&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration finale de l'Eurogroupe du 22 juin, contient d'ailleurs une clause de revoyure : &lt;i&gt;&#171; L'Eurogroupe examinera &#224; la fin de la p&#233;riode de gr&#226;ce du FESF, en 2032, si des mesures suppl&#233;mentaires sont n&#233;cessaires. &#187;&lt;/i&gt; Cette surveillance sert &#224; v&#233;rifier que &lt;i&gt;&#171; les engagements sont honor&#233;s et qu'il n'y a pas de retour en arri&#232;re sur les r&#233;formes importantes qui sont n&#233;cessaires pour ramener la Gr&#232;ce sur un sentier de croissance plus &#233;lev&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Bref, la Gr&#232;ce reste sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le simili-accord conclu entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers europ&#233;ens a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une sortie d&#233;finitive de la crise. C'est doublement faux. L'accord ne peut pas effacer les dommages syst&#233;matiquement inflig&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; grecque et dont les effets ne sont pas effac&#233;s. Il n'ouvre pas non plus une nouvelle trajectoire pour l'&#233;conomie grecque. Et ces deux constats ne sont pas sans rapport. (Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; sur le site d'Alternatives &#233;conomiques, le 2 juillet 2018. Le graphique, plus d&#233;taill&#233;, nous a &#233;t&#233; fourni par l'auteur. Voir aussi sur ce sujet l'article d'Antonis Ntavanellos publi&#233; sur ce site le 29 juin 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Restriction du droit de gr&#232;ve en Gr&#232;ce : Tsipras remporte le Thatcher d'or 2018</title>
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		<dc:date>2018-01-23T08:31:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Ortega</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-01-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a adopt&#233; lundi 15 janvier une l&#233;gislation restreignant le droit de gr&#232;ve. Les d&#233;put&#233;s de Syriza ont vot&#233; le texte malgr&#233; l'opposition des syndicats, une journ&#233;e de gr&#232;ve vendredi 12 janvier et de nouveaux d&#233;brayages et manifestations le jour de l'examen de la loi au parlement. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Rapports de force. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les gr&#232;ves ne sont ni abolies ni menac&#233;es par ce gouvernement &#187;, s'est d&#233;fendu Alexis Tsipras, le Premier ministre grec issu de la gauche radicale &#233;lu en 2015. Pourtant, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-01-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-01-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton33383-021f9.jpg?1781991383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a adopt&#233; lundi 15 janvier une l&#233;gislation restreignant le droit de gr&#232;ve. Les d&#233;put&#233;s de Syriza ont vot&#233; le texte malgr&#233; l'opposition des syndicats, une journ&#233;e de gr&#232;ve vendredi 12 janvier et de nouveaux d&#233;brayages et manifestations le jour de l'examen de la loi au parlement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://rapportsdeforce.fr/linternationale/restriction-droit-de-greve-grece-tsipras-remporte-thatcher-dor-2018-01171392&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapports de force&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les gr&#232;ves ne sont ni abolies ni menac&#233;es par ce gouvernement &#187;, s'est d&#233;fendu Alexis Tsipras, le Premier ministre grec issu de la gauche radicale &#233;lu en 2015. Pourtant, les faits sont t&#234;tus. Lundi soir, le parlement a adopt&#233; un nouveau paquet de mesures exig&#233;es par les cr&#233;anciers du pays, par 154 pour et 141 contre. Parmi elles, une modification du droit de gr&#232;ve. Dor&#233;navant, les syndicats devront avoir le vote de plus de 50 % de leurs membres &#224; jour de cotisations dans une entreprise pour d&#233;clencher un arr&#234;t de travail. Comme au Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, le taux de syndicalisation est nettement plus important qu'en France. Il repr&#233;sente 25 % des salari&#233;s selon l' Institutional characteristics of trade unions, wage setting, state intervention and social pacts (ICTWSS). Environ trois fois plus que dans l'hexagone. Par contre, l'implication r&#233;elle est faible selon Panos Angelopoulos, membre du collectif de solidarit&#233; des Grecs &#224; Paris. Pour lui, plus le socle retenu pour se prononcer en faveur d'un mouvement est &#233;largi aux salari&#233;s les moins impliqu&#233;s, plus il sera difficile de lancer une gr&#232;ve. L'argument d'une loi en faveur de l'implication syndicale a m&#234;me &#233;t&#233; mis en avant par le gouvernement. Un peu comme en France, les r&#233;f&#233;rendums d'entreprise de la loi El Khomri ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme une avanc&#233;e d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette communication peine &#224; convaincre. Les syndicats revendicatifs consid&#232;rent que c'est une mise &#224; mort du droit de gr&#232;ve. Plus largement, le parti de droite Nouvelle D&#233;mocratie devance Syriza de 10 points dans les sondages. C'est le r&#233;sultat de la volte-face du Premier ministre apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum donnant la victoire au non au m&#233;morandum en 2015, puis de son application &#224; satisfaire les exigences des cr&#233;anciers. Depuis, les mesures d'aust&#233;rit&#233; s'empilent et la confiance en Tsipras n'est plus de mise. Il est vrai que la moiti&#233; des retrait&#233;s grecs vivent aujourd'hui au-dessous du seuil de pauvret&#233;. L&#224; aussi, les faits sont t&#234;tus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une arme contre les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a connu une cinquantaine de journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis le d&#233;but de la crise. Celles-ci seront dor&#233;navant plus dures &#224; lancer. Dans chaque entreprise, la r&#233;gularit&#233; de la gr&#232;ve pourrait &#234;tre contest&#233;e devant les tribunaux. &#171; Si une gr&#232;ve est d&#233;cid&#233;e au niveau local dans une entreprise, un service public ou un secteur, il sera tr&#232;s difficile de l'&#233;tendre au niveau national ou &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;, explique Panos Angelopoulos. Les syndicats revendicatifs seront confront&#233;s &#224; de nouvelles difficult&#233;s, en plus du d&#233;couragement des travailleurs grecs assomm&#233;s par les mesures antisociales depuis sept ans. Ces syndicats pourraient aussi devoir r&#233;unir les suffrages des syndiqu&#233;s des formations syndicales plus temp&#233;r&#233;es pour que la gr&#232;ve soit l&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a peut-&#234;tre connu une de ses derni&#232;res gr&#232;ves impliquant plusieurs secteurs en m&#234;me temps le vendredi 12 janvier. Ce jour-l&#224;, les deux grands syndicats du public et du priv&#233; soutenaient le mouvement de protestation contre la restriction du droit de gr&#232;ve. Les transports, les h&#244;pitaux et le port du Pir&#233;e &#233;taient tr&#232;s touch&#233;s par la contestation et 9000 personnes manifestaient dans les rues d'Ath&#232;nes selon les chiffres de la police. De nouveaux d&#233;brayages ont eu lieu lundi, jour du vote au parlement. Les transports de la capitale ont &#233;t&#233; fortement perturb&#233;s entra&#238;nant des embouteillages monstres et la manifestation dans le centre-ville s'est heurt&#233;e aux forces de l'ordre interdisant l'acc&#232;s au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vain. La majorit&#233; Syriza a adopt&#233; le texte. La Gr&#232;ce rejoint ainsi l'Angleterre dans le carr&#233; de t&#234;te des pays europ&#233;ens s'&#233;tant dot&#233;s les l&#233;gislations les plus restrictives en mati&#232;re de droit de gr&#232;ve. Au d&#233;but des ann&#233;es 80, la Premi&#232;re ministre britannique Margaret Thatcher avait fait enregistrer une loi obligeant les syndicats &#224; organiser &#224; leurs frais un vote &#224; bulletin secret avant de d&#233;clencher un arr&#234;t de travail. L&#224; aussi, le seuil de 50 % &#233;tait requis. Sinon, les d&#233;brayages sont consid&#233;r&#233;s comme ill&#233;gaux et les travailleurs peuvent &#234;tre licenci&#233;s. Depuis, plusieurs milliers de salari&#233;s ont perdu leur emploi, notamment chez Total en 2009 (900 gr&#233;vistes licenci&#233;s), lors d'un arr&#234;t de travail d&#233;clar&#233; ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de gr&#232;ves a &#233;t&#233; divis&#233; par dix entre les ann&#233;es 70 et 80. En 2015, David Cameron a encore durci cette l&#233;gislation apr&#232;s des gr&#232;ves importantes dans le secteur public. Mais promis, jur&#233; : les gr&#232;ves ne sont &#171; ni abolies ni menac&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'en est-il aujourd'hui de la protection sociale et de la sant&#233; en Gr&#232;ce ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Qu-en-est-il-aujourd-hui-de-la-protection-sociale-et-de-la-sante-en-Grece</link>
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		<dc:date>2017-12-19T08:32:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Kosadinos</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pr&#233;tendue am&#233;lioration de la situation sociale et sanitaire en Gr&#232;ce est une fiction du gouvernement SYRIZA-ANEL, avalis&#233;e par les cr&#233;anciers. Derri&#232;re les d&#233;clarations fallacieuses se cache la mise &#224; mort de l'&#233;tat social et la p&#233;rennisation de la pr&#233;carit&#233;. Budget social au rabais et politique de sant&#233; sans lendemain. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a aujourd'hui beaucoup de confusion dans les opinions publiques sur la situation en Gr&#232;ce. Les cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton33154-ab835.jpg?1781991383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;tendue am&#233;lioration de la situation sociale et sanitaire en Gr&#232;ce est une fiction du gouvernement SYRIZA-ANEL, avalis&#233;e par les cr&#233;anciers. Derri&#232;re les d&#233;clarations fallacieuses se cache la mise &#224; mort de l'&#233;tat social et la p&#233;rennisation de la pr&#233;carit&#233;. Budget social au rabais et politique de sant&#233; sans lendemain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/emmanuel-kosadinos/blog/141217/quen-est-il-aujourdhui-de-la-protection-sociale-et-de-la-sante-en-grece-0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui beaucoup de confusion dans les opinions publiques sur la situation en Gr&#232;ce. Les cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce et les dirigeants de l'Union Europ&#233;enne veulent faire accepter, contre toute &#233;vidence, le message que les mesures draconiennes d'aust&#233;rit&#233; qu'ils ont impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce ont sauv&#233; le pays d'un d&#233;sastre, et m&#234;me qu'elles ouvriraient la voie vers une relance &#233;conomique et la r&#233;sorption de la crise. C'est la fiction de &#171; l'histoire r&#233;ussie &#187; (&#171; success story &#187;) rab&#226;ch&#233;e par les politiciens de la coalition Droite-PASOK, d&#233;mentie par les mobilisations massives du peuple grec sur les places et les rues pendant les ann&#233;es de 2010 &#224; 2013. La moralit&#233; de cette fiction est destin&#233;e aux opinions des autres pays europ&#233;ens, somm&#233;es d'accepter l'application de politiques de d&#233;r&#233;gulation des rapports au travail, de r&#233;duction du service public et de la protection sociale, sous pr&#233;texte de favoriser la relance et la diminution du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui ce discours est relay&#233; en Gr&#232;ce par des forces politiques qui, lorsqu'elles &#233;taient dans l'opposition d&#233;non&#231;aient verbalement le n&#233;olib&#233;ralisme et l'aust&#233;rit&#233;, mais qui sont celles qui, aujourd'hui au gouvernement, les appliquent en p&#233;rennisant et en approfondissant le d&#233;sarroi des classes populaires en Gr&#232;ce. Il s'agit, bien entendu, de SYRIZA et de son alli&#233; de Droite ANEL, de Tsipras et de son gouvernement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 23 et 24 octobre s'est tenue &#224; Paris le Colloque &#171; Une protection sociale pour tous les peuples &#187; organis&#233; par la Fondation Gabriel P&#233;ri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cl&#233; de vo&#251;te de la R&#233;publique sociale, la protection des travailleu-se-r-s contre ce qu'on appelle &#171; les risques sociaux &#187; est aussi un maillon important du filet r&#233;publicain permettant un r&#233;&#233;quilibrage du pouvoir au b&#233;n&#233;fice des plus faibles mat&#233;riellement. Parmi les intervenants de ce Colloque le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral &#224; la Sant&#233; Publique du gouvernement grec actuel, Yannis Baskozos, m&#233;decin, ancien syndicaliste de la Sant&#233; et membre du parti SYRIZA. Le but de ce Colloque &#233;tant de pr&#233;senter des points de vue diff&#233;rents sur la question, issus de r&#233;alit&#233;s de pays et de formes institutionnelles divers, la pr&#233;sence du repr&#233;sentant du gouvernement grec &#233;tait cens&#233;e apporter l'exp&#233;rience de la d&#233;fense et promotion de la protection sociale et de la Sant&#233; publique par un gouvernement dit &#171; de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'exercice &#224; &#233;chou&#233; et pour cause : le gouvernement grec en question va dans le sens strictement oppos&#233;, celui du d&#233;mant&#232;lement de la protection sociale et de la Sant&#233; publique dans le pays. La d&#233;monstration du contraire serait obtenue seulement &#224; l'aide d'une prouesse dialectique in&#233;gal&#233;e et par l'administration de doses efficaces de stup&#233;fiants aux auditeurs. La situation s'est aggrav&#233;e du fait que cette pr&#233;sentation avait lieu le lendemain du d&#233;p&#244;t du projet de budget social au Parlement grec par la majorit&#233; Syriziste. Nous pr&#233;senterons dans le contexte les principaux traits de ce budget antisocial afin de mettre en garde contre les contrefa&#231;ons de discours pr&#233;tendument anti-n&#233;olib&#233;raux. Quand au repr&#233;sentant du gouvernement grec il a cru bon s'acquitter en s'abritant derri&#232;re l'aporie socratique &#171; je sais seulement que je ne sais rien &#187; et&#8230; &#224; bon entendeur salut !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aborderons aussi le deuxi&#232;me volet pr&#233;sent&#233; dans cette intervention, celui de la situation de la Sant&#233; publique en Gr&#232;ce et des mesures (non) prises pour la rendre &#224; sa mission de soulagement de la souffrance des citoyen-ne-s sans discriminations. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contexte historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection sociale a &#233;t&#233; dans le viseur de la Tro&#239;ka (UE, FMI, BCE) d&#232;s le d&#233;but de l'imposition des m&#233;morandums &#224; la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au principe de solidarit&#233; sociale, exprim&#233; par l'adage &#171; de chacun-e selon ses moyens &#224; chacun-e selon ses besoins &#187; les n&#233;olib&#233;raux opposent celui d'un syst&#232;me in&#233;galitaire de prestations, attribu&#233;es en fonction des cotisations vers&#233;es par les assur&#233;s individuels, &#171; de chacun-e selon sa capacit&#233; &#224; cotiser &#224; chacun-e selon sa contribution financi&#232;re &#224; la caisse d'assurance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral les organismes de protection sociale fonctionnent comme des fonds de placement. Ils doivent enregistrer des exc&#233;dents ou au moins pr&#233;senter des bilans totalement &#233;quilibr&#233;s et placer leurs b&#233;n&#233;fices. Ils adaptent par la suite le niveau des prestations (retraites, allocations, couverture sant&#233;) aux bilans annuels des caisses, aux montants des cotisations (et autres recettes) enregistr&#233;s dans l'ann&#233;e. Loin du principe de solidarit&#233;, ce syst&#232;me propose une couverture fluctuante, al&#233;atoire, tributaire de la situation du march&#233; et de l'&#233;conomie capitalistes. Ainsi la &#171; redistribution &#187; se fait parmi les assur&#233;-e-s alors que les revenus du capital sont exon&#233;r&#233;s de l'effort de solidarit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; m&#233;morandums d'entente &#187; (MoU) impos&#233;s &#224; la Gr&#232;ce depuis 2010 se sont particuli&#232;rement acharn&#233;s sur le syst&#232;me de protection sociale et de Sant&#233; publique, d&#233;cri&#233;s comme gros contributeurs &#224; l'inflation de la dette publique du pays. En r&#233;alit&#233;, le but des mesures impos&#233;es &#233;tait l'harmonisation avec les pratiques n&#233;olib&#233;rales d&#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2010 et 2015 les retrait&#233;-e-s grec-que-s ont perdu autour de 30% de leurs revenus, l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite est pass&#233; de 60 &#224; 67 ans, les allocations ch&#244;mage ont baiss&#233; de pr&#232;s de 25% (avec 90% de ch&#244;meurs non indemnis&#233;s). Le restant &#224; charge pour l'achat de m&#233;dicaments a augment&#233;, de nombreux m&#233;dicaments ont &#233;t&#233; d&#233;rembours&#233;s, pr&#232;s de 30% des citoyen-ne-s ont perdu leur couverture sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2015 le parti SYRIZA a gagn&#233; la majorit&#233; aux &#233;lections l&#233;gislatives sur la base d'un programme qui annon&#231;ait le renversement de l'aust&#233;rit&#233; et le r&#233;tablissement des droits des salari&#233;-e-s et de la protection sociale. Apr&#232;s 6 mois de n&#233;gociations avec les repr&#233;sentants des cr&#233;anciers et de l'UE, et malgr&#233; la condamnation des politiques d'aust&#233;rit&#233; par 61,3% des &#233;lect-eur-rice-s grec-que-s lors du r&#233;f&#233;rendum de juillet 2015, les dirigeants du gouvernement grec ont sign&#233; un 3e m&#233;morandum d'aust&#233;rit&#233; ratifi&#233; en proc&#233;dure acc&#233;l&#233;r&#233;e par le Parlement pendant les vacances d'ao&#251;t. Ce retournement radical de politique des dirigeants de SYRIZA a produit la scission du parti et le d&#233;part ou la d&#233;mobilisation de la majorit&#233; de ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles vagues d'attaques contre les droits sociaux&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ao&#251;t 2015 &#224; ce jour de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; sont impos&#233;es au peuple grec par le gouvernement de SYRIZA et de son alli&#233; de Droite ANEL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les retraites ont &#233;t&#233; davantage abaiss&#233;s et l'&#226;ge de d&#233;part relev&#233;. Les salaires minimaux et les allocations ch&#244;mage gel&#233;es. L'imposition des foyers modestes a &#233;t&#233; intensifi&#233;e et le march&#233; du travail d&#233;r&#233;gul&#233;. Les saisies des r&#233;sidences principales des foyers surendett&#233;s ont commenc&#233; &#224; &#234;tre mises en &#339;uvre. Les lois de r&#233;forme de la protection sociale (4336/2015 et 4387/2016) surnomm&#233;es lois-guillotines, ont appliqu&#233; la baisse des prestations et la hausse des cotisations. La clause de d&#233;ficit z&#233;ro des caisses d'assurance compl&#233;mentaire, tellement d&#233;cri&#233;e par SYRIZA lors de la campagne &#233;lectorale de janvier 2015, a &#233;t&#233; appliqu&#233;e sous une forme renforc&#233;e, la clause de l'exc&#233;dent. A tout cela il faut ajouter la privatisation des infrastructures du pays et la revente scandaleuse des banques grecques &#224; un prix d&#233;risoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Budget social 2018&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Yannis Baskozos, membre du gouvernement grec affirmait le 24/10 sous la coupole de Colonel Fabien que : &#171; aucune nouvelle mesure de r&#233;duction de l'Etat social ne sera appliqu&#233;e par le gouvernement SYRIZA jusqu'&#224; la fin de la mandature, au contraire des allocations exceptionnelles seront attribu&#233;es aux citoyen-ne-s dans le besoin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans la soir&#233;e du 21/10, la majorit&#233; SYRIZA d&#233;posait au Parlement grec le projet de budget social pour l'ann&#233;e 2018 qui va dans une tout autre direction. Peut-&#234;tre Monsieur Baskozos, trop occup&#233; &#224; pr&#233;parer son voyage &#224; l'&#233;tranger, ne s'est pas rendu compte. D'ailleurs il nous a bien r&#233;p&#233;t&#233; &#171; qu'il fallait l'excuser de ne pas &#234;tre au courant de tout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir la mesure des chiffres expos&#233;s je vous propose la r&#232;gle de multiplication par 6, ratio approximatif de la population de la France par rapport &#224; celle de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage de toutes les pr&#233;c&#233;dentes contre-r&#233;formes antisociales, le projet de budget social 2018 diminue davantage les retraites et augmente l'&#226;ge de d&#233;part, r&#233;duit &#224; n&#233;ant (35 euros mensuels) l'Allocation de Solidarit&#233; Sociale des Retrait&#233;s (EKAS), diminue les avantages sociaux et augmente les cotisations des salari&#233;s et retrait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement public allou&#233; aux caisses d'assurance, &#224; l'Organisme National d'Offre de Services de Sant&#233; (EOPYY) et aux h&#244;pitaux est diminu&#233; de 616 millions pour l'ann&#233;e 2018. En particulier, les transferts budg&#233;taires r&#233;guliers de l'Etat vers les caisses, EOPYY, les h&#244;pitaux et l'Organisme pour l'Emploi (OAED) passent de 17,911 milliards d'euros &#224; 17,273 milliards d'euros (-3,56%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le &#171; budget social &#187; affiche un exc&#233;dent de 1,929 milliards d'euros, contre un exc&#233;dent de 1,560 milliards d'euros pour l'ann&#233;e 2017, un d&#233;collage suppl&#233;mentaire de 369 millions d'euros, qui correspond &#224; des charges suppl&#233;mentaires pour les classes travailleuses, notamment par l'augmentation des cotisations des salari&#233;-e-s et retrait&#233;-e-s, des restants &#224; charge pour les soins , etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est significatif que, m&#234;me si il est annonc&#233; par le gouvernement qu'enfin seront pay&#233;es en 2018 les retraites en retard (principales, auxiliaires, allocations forfaitaires de d&#233;part), malgr&#233; cela, les d&#233;penses totales pour les retraites seront r&#233;duites dans la nouvelle ann&#233;e de 174 millions d'euros par rapport &#224; 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ici la pr&#233;c&#233;dente r&#233;duction des retraites et autres avantages de 1,076 milliards d'euros de plus de ce qui &#233;tait pr&#233;vu par le plan d'application du m&#233;morandum, dans le budget 2017. Les retraites principales avaient &#233;t&#233; r&#233;duites de 446 millions d'euros, les retraites auxiliaires de 115 millions d'euros, et les autres prestations de 515 millions d'euros par rapport aux pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le budget (anti)social 2018, l'Organisme grec pour l'emploi (OAED) doit afficher des exc&#233;dents budg&#233;taires. Ceci est choquant compte tenu que seulement 10% des ch&#244;meurs sont indemnis&#233;s et que les allocations ch&#244;mage stagnent depuis 2012, ann&#233;e o&#249; elles avaient &#233;t&#233; diminu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un exc&#233;dent budg&#233;taire de 586 millions d'euros, sur un budget global de 2,993 milliards d'euros provenant essentiellement des cotisations des salari&#233;-e-s. De ce budget seulement 986 millions d'euros (33%) seront allou&#233;s &#224; l'indemnisation du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le budget 2018 pr&#233;voit des subventions aux entreprises de 450 millions d'euros (contre 350 millions en 2017) &#171; pour tout premier recrutement de salari&#233;-e, pour financer les salaires, et les autres co&#251;ts occasionn&#233;s par une embauche, pendant 12 mois &#187;. Elles seront aussi accord&#233;es aux entreprises pour &#171; les aider &#224; sortir des situations bloqu&#233;es &#187;, les situations o&#249; des patrons ont cess&#233; de payer les salari&#233;-e-s alors qu'ils les obligent toujours &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233; les retrait&#233;-e-s verront leur retraites, d&#233;j&#224; fortement diminu&#233;es, amput&#233;es d'une somme globale de 623 millions d'euros !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisme des Assurances des agriculteurs et &#233;leveurs (OGA), dont la comp&#233;tence a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; l'octroi d'allocations sp&#233;cifiques, souffrira aussi d'une baisse de financement &#224; hauteur de 60 millions, ce qui pr&#233;figure de nouvelles coupes aux allocations sociales dont il est prestataire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total le budget grec 2018 alloue &#224; la protection sociale et &#224; la Sant&#233; 19,4 milliards d'euros contre 21 milliards du budget 2017, soit une baisse de 1,6 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allocation extraordinaire pr&#233;vue pour foyers &#224; faibles revenus, dite dividende sociale de SYRIZA, est &#224; hauteur environ de 700 millions d'euros, moins de la moiti&#233; des coupes dans le budget social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles coupes dans le budget de la Sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les d&#233;clarations que nous avons entendues : &#171; Le gouvernement de SYRIZA a autoris&#233; l'acc&#232;s aux soins de toutes les personnes non assur&#233;es. Nous mettons en place un nouveau syst&#232;me de soins primaires de sant&#233;. Nous avons recrut&#233; de nouveaux personnels m&#233;dicaux et param&#233;dicaux et nous en recruterons davantage &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; si je mens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici alors le tableau r&#233;aliste de la situation de la Sant&#233; publique en Gr&#232;ce et de son financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles coupes drastiques dans le financement de la Sant&#233; Publique sont inscrites dans le budget de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le financement d'EOPYY (Organisme National d'Offre de Services de Sant&#233;) par l'Etat sera r&#233;duit en 2018 de 214 millions d'euros, alors que d&#233;j&#224; en 2017 il avait &#233;t&#233; r&#233;duit de 200 millions (-38%) par rapport &#224; 2016. En raison de l'augmentation des cotisations sant&#233; impos&#233;es aux retrait&#233;-e-s, il est pr&#233;vu qu'EOPYY pr&#233;sente un exc&#233;dent de 333 millions d'euros en 2018. Le financement de l'Organisme par l'&#201;tat (limit&#233; &#224; 100 millions) sera utilis&#233; &#171; pour couvrir les co&#251;ts de soins de sant&#233; des citoyens non assur&#233;s &#187;. C'est-&#224;-dire que la couverture des personnes non assur&#233;es sera financ&#233;e essentiellement par les cotisations des salari&#233;-e-s et retrait&#233;-e-s, sans subvention s&#233;rieuse par l'Etat. En 2017 les cotisations repr&#233;sentaient 82,3% du budget d'EOPYY, contre 79,2% en 2016. Cela signifie la continuation dans rel&#226;che de la politique de sous-financement de la Sant&#233; et de la protection sociale par le gouvernement, alors que ne cessent d'augmenter les contributions des salari&#233;-e-s et retrait&#233;-e-s. Selon &#171; Rizospastis &#187;, quotidien du Parti Communiste grec (KKE), il s'agit l&#224; d'une politique &#171; d'exc&#233;dents ensanglant&#233;s &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le budget des h&#244;pitaux publics et du R&#233;seau National Public de Soins primaires (PEDY) va diminuer de 363 millions d'euros par rapport &#224; 2017. Cette coupe brutale vient se rajouter &#224; la r&#233;duction du financement des h&#244;pitaux publics de 22,8% en 2015, une r&#233;duction qui a ensuite &#233;t&#233; maintenue. De plus, en 2017, le financement des structures du PEDY avait &#233;t&#233; diminu&#233; de 7 millions par rapport &#224; 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total les coupes dans le budget de la Sant&#233; sont &#224; hauteur de 616 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en application de l'acc&#232;s aux soins des personnes non assur&#233;es est une avanc&#233;e importante dans la direction d'une politique humaniste de Sant&#233;. Il faudrait cependant rappeler le retard avec lequel cette disposition &#224; &#233;t&#233; adopt&#233;e, huit mois apr&#232;s l'acc&#232;s de SYRIZA au gouvernement, alors que la ratification du 3e m&#233;morandum s'est faite en quelques jours. Les retards dans la mise en application du d&#233;cret est le r&#233;sultat des renvois successifs par le Minist&#232;re vers la commission Sant&#233; du Parlement et de la volont&#233; politique de certains membres du premier gouvernement SYRIZA de rendre la loi plus restrictive. La bataille a &#233;t&#233; finalement gagn&#233;e gr&#226;ce &#224; l'insistance du mouvement des Dispensaires Sociaux Solidaires et des d&#233;put&#233;-e-s de l'ancienne aile gauche de SYRIZA. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En application de ce d&#233;cret les patient-e-s non assur&#233;-e-s ont obtenu l'acc&#232;s aux examens diagnostiques et aux traitements, la possibilit&#233; de consulter un m&#233;decin et de se faire prescrire des m&#233;dicaments, mais la mesure n'a pas &#233;t&#233; financ&#233;e. Comme il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;, EOPYY ne dispose pas de cr&#233;dits suffisants pour faire appliquer la mesure. Par cons&#233;quent, ni m&#234;me les grandes structures telles que les h&#244;pitaux universitaires &#171; Attiko &#187; et &#171; La&#239;ko &#187; ne disposent des m&#233;dicaments n&#233;cessaires pour les chimioth&#233;rapies programm&#233;es. C'est donc toujours aux Dispensaires Solidaires Sociaux (suppos&#233;s &#234;tre des structures provisoires) tel le Dispensaire Social M&#233;tropolitain d'Elliniko (MKIE) de trouver les moyens pour faire face aux p&#233;nuries du syst&#232;me hospitalier officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la r&#233;forme des Soins primaires de sant&#233;, force est de constater qu'elle a bien mal d&#233;marr&#233;. &#192; peine la moiti&#233; des postes annonc&#233;s dans les Groupes locaux de sant&#233; (TOMY) a fait l'objet de candidatures. Et pour cause la pr&#233;carit&#233; des contrats propos&#233;s (maximum 4 ans) et les faibles r&#233;mun&#233;rations peu incitatifs m&#234;me pour des jeunes professionnels de Sant&#233;. Ici aussi ce sont les diktats des cr&#233;anciers, auxquels SYRIZA reste toujours docile, qui emp&#234;chent la cr&#233;ation de postes de professionnels titulaires. Tout cela repose d'ailleurs sur des financements non p&#233;rennes et ceci est un frein essentiel &#224; l'&#233;laboration de projets durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours du gouvernement grec fait une utilisation s&#233;lective des chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est aujourd'hui la situation sanitaire en Gr&#232;ce en termes de mortalit&#233; (notamment des nourrissons), de morbidit&#233; somatique et psychique, de suicides ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le rapport patients/ soignants dans les h&#244;pitaux ? Des questions simples et pr&#233;cises, en r&#233;ponse auxquelles les apories socratiques des dirigeants sont pour le moins d&#233;plac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il existe des donn&#233;es qui d&#233;montrent que le taux de suicide continue &#224; augmenter et tout comme la mortalit&#233; des nourrissons qui est pass&#233;e de 2015 &#224; 2016 de 4 &#224; 4,2 sur mille naissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les militants du Dispensaire Social d'Elliniko le discours du gouvernement grec est &#233;minemment dangereux car, en occultant la crise sociale et sanitaire qui s&#233;vit toujours dans le pays, il prive les patient-e-s et les soignant-e-s grec-que-s des soutiens internationaux pour continuer leur juste combat. Nous avons entendu circuler en France dans les cercles militants la rumeur &#171; de source non identifi&#233;e &#187; qu'il n'y aurait plus besoin d'acheminer de m&#233;dicaments vers la Gr&#232;ce (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un discours politiquement nocif car il d&#233;douane les dirigeants de l'Union Europ&#233;enne et des instances cr&#233;anci&#232;res de la responsabilit&#233; pour les souffrances, les infirmit&#233;s, les d&#233;c&#232;s, occasionn&#233;s dans les pays de la p&#233;riph&#233;rie par l'application des politiques n&#233;olib&#233;rales dont ils ont &#233;t&#233; les instigateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il d&#233;cr&#233;dibilise au passage tout discours politique de gauche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons avec conviction qu'il est impossible de faire une politique favorable &#224; la protection sociale et la Sant&#233; publique dans le cadre de l'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale, notamment le cadre des trait&#233;s europ&#233;ens. Le cas de la Gr&#232;ce et les turpitudes de la gouvernance SYRIZA-ANEL d&#233;montrent clairement cette th&#232;se qui est valable pour tout autre pays europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La crise grecque, un jeu de dupes au profit des banques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-crise-grecque-un-jeu-de-dupes-au-profit-des-banques</link>
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		<dc:date>2017-10-16T19:09:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;7,8 milliards : tel est le montant des int&#233;r&#234;ts d&#233;gag&#233;s dans le cadre du programme &#034;d'aide&#034; &#224; la Gr&#232;ce, qui sont essentiellement tomb&#233;s dans l'escarcelle des banques priv&#233;es et des banques centrales nationales. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
En rendant publique une lettre que Mario Draghi, le pr&#233;sident de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), a adress&#233;e &#224; des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, l'institution financi&#232;re a communiqu&#233;, ce mardi 10 octobre, un chiffre hautement politique. Et qui &#233;claire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-10-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-10-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton32285-92205.jpg?1781991383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;7,8 milliards : tel est le montant des int&#233;r&#234;ts d&#233;gag&#233;s dans le cadre du programme &#034;d'aide&#034; &#224; la Gr&#232;ce, qui sont essentiellement tomb&#233;s dans l'escarcelle des banques priv&#233;es et des banques centrales nationales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/web/article/la-crise-grecque-un-jeu-de-dupes-au-profit-des-banques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rendant publique une &lt;a href=&#034;https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/ecb.mepletter171010_Chountis.en.pdf?ca00752c61bdb4df6c227f4f3c62b98a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre&lt;/a&gt; que Mario Draghi, le pr&#233;sident de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), a adress&#233;e &#224; des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, l'institution financi&#232;re a communiqu&#233;, ce mardi 10 octobre, un chiffre hautement politique. Et qui &#233;claire directement la gestion de la crise grecque par les &#034;partenaires europ&#233;ens&#034;. Entre 2012 et 2016, les emprunts d'&#201;tat grecs ont d&#233;gag&#233; des revenus d'int&#233;r&#234;ts s'&#233;levant &#224; 7,8 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Sauver la Gr&#232;ce&#034;&#8230; et prot&#233;ger les banques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle somme est le r&#233;sultat de la politique men&#233;e par la BCE et les &#201;tats membres de l'union mon&#233;taire depuis 2010. La Gr&#232;ce, dirig&#233;e par le social-d&#233;mocrate Giorgos Papandreou, est alors attaqu&#233;e par les march&#233;s au pr&#233;texte que sa dette publique trop &#233;lev&#233;e &#8211; le risque &#233;tant alors celui d'un d&#233;faut de paiement. Les taux d'int&#233;r&#234;ts de ses obligations souveraines, qui servent &#224; faire tourner son &#233;conomie, explosent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays, l'Irlande, le Portugal, l'Italie et l'Espagne, sont aussi victimes d'attaques sp&#233;culatives. La BCE intervient alors. Pour venir en aide aux &#034;pays p&#233;riph&#233;riques&#034;, l'institution de Francfort lance le SMP (Securities Markets Program), c'est-&#224;-dire un programme d'achat d'obligations souveraines sur le march&#233; secondaire de la dette. L'objectif de ce rachat &#233;tait de tirer vers le bas les taux et les co&#251;ts de financement des &#201;tats pour l'ensemble de la zone. Voil&#224; pour le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les astuces apparaissent en se plongeant un peu plus dans le m&#233;canisme et elles r&#233;v&#232;lent qui a r&#233;ellement b&#233;n&#233;fici&#233; du SMP. Tout d'abord, comme le pr&#233;cise &#201;ric Toussaint, du Comit&#233; pour l'annulation des dettes ill&#233;gitimes (CADTM), avec ce programme, &#171; la BCE a acquis les titres grecs aupr&#232;s des grandes institutions bancaires qu'elle voulait prot&#233;ger &#187;. Et de citer des banques fran&#231;aises, allemandes ou du Benelux (BNP Paribas, Cr&#233;dit agricole, Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, BPCE, Hypo Real, Kommerzbank, Dexia, ING, Deutsche Bank&#8230;). Si la BCE n'avait pas lanc&#233; ce programme SMP, les prix des titres grecs auraient atteint un taux plancher correspondant &#224; environ 20% de leur valeur faciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat grec renflou&#233; ou flou&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#201;ric Toussaint, &#171; les achats massifs de la BCE ont maintenu le prix &#224; un taux anormalement &#233;lev&#233; (de l'ordre de 70%). En cons&#233;quence, les banques priv&#233;es ont limit&#233; leurs pertes au moment de la revente des titres, que l'intervention de la BCE a maintenus &#224; une valeur artificiellement &#233;lev&#233;e &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur en finance internationale &#224; l'universit&#233; Panteion d'Ath&#232;nes, Kostas Melas pr&#233;cise que &#171; lors du rachat, ces obligations ont perdu environ 30% de leur valeur nominale. En revanche, quand elles arrivent &#224; terme, le gouvernement grec doit payer &#224; cette valeur nominale. &#187; Il ajoute : &#171; Les profits viennent d'une part des int&#233;r&#234;ts et de la diff&#233;rence entre le prix auquel ces obligations ont &#233;t&#233; achet&#233;es et leur valeur nominale &#187;. Autrement dit, le d&#233;biteur doit payer exactement le m&#234;me montant en termes d'int&#233;r&#234;ts, calcul&#233;s sur la valeur faciale. Et, &#224; l'&#233;ch&#233;ance du titre, rembourser 100% de la valeur faciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les profits r&#233;alis&#233;s dans le cadre du programme SMP de soutien aux pays en crise sont enregistr&#233;s par l'Eurosyst&#232;me, c'est-&#224;-dire l'ensemble des banques centrales de la zone euro. En novembre 2012, la BCE autorise les &#201;tats-membres &#224; r&#233;troc&#233;der les profits d&#233;gag&#233;s au gouvernement grec. Si la question touche aussi &#224; la notion de &#034;solidarit&#233; europ&#233;enne&#034; et d'entraide entre les &#201;tats-membres, elle &#233;claire aussi sur le comportement de chacun de ces &#201;tats envers la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pactole des banques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Kostas Melas, six milliards d'euros seraient toujours d&#233;tenus par la BCE. L'Allemagne a, elle engrang&#233;, 1,34 milliards sur la crise grecque, dont 952 millions dans le cadre du SMP. Comme le souligne &#201;ric Toussaint, &#171; il y eut un versement important quand Antonis Samaras, issu de Nouvelle d&#233;mocratie (droite) &#233;tait premier ministre. Puis, de l'arriv&#233;e d'Alexis Tsipras et de Syriza &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat, en janvier 2015, jusqu'&#224; la capitulation de juillet 2015 [1], il n'y a plus eu de remboursements. Par la suite, seul de modiques ont &#233;t&#233; effectu&#233;s, qui ont, de surcro&#238;t, servi uniquement au remboursement de la dette alors qu'ils devraient servir aux d&#233;penses l&#233;gitimes de l'&#201;tat (investissements, d&#233;penses sociales...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique, le SMP l'est donc clairement malgr&#233; le principe d'ind&#233;pendance de la BCE. Et ce r&#244;le politique continue de jouer &#224; plein. &#171; En mai 2016, l'Eurogroupe a d&#233;cid&#233; que la BCE pourrait r&#233;troc&#233;der ces profits quand le troisi&#232;me m&#233;morandum arrivera &#224; son terme, en ao&#251;t 2018. Mais uniquement pour les ann&#233;es 2017 &#224; 2019, date d'&#233;ch&#233;ance des obligations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Kostas Melas, les int&#233;r&#234;ts d&#233;gag&#233;s entre 2014 et 2016 resteront acquis &#224; la BCE. Et l'universitaire d'ajouter : &#171; Ce n'est pas tout ! Dans le cadre du programme ANFA [2], les banques nationales ont pr&#234;t&#233; environ 14,4 milliards d'euros &#224; la Gr&#232;ce &#187;. Selon lui, elles ont r&#233;alis&#233; entre 5 et 5,5 milliards de profits. La crise grecque a &#233;t&#233; visiblement un juteux march&#233;. Pour les banques en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La signature du troisi&#232;me m&#233;morandum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'ANFA est un accord conclu entre les Banques centrales nationales de la zone euro et la BCE. Cet accord permet aux banques nationales d'acheter des titres sur le march&#233; dans une limite fix&#233;e par la BCE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> S&#233;rie : Le r&#233;cit de la crise grecque par Yanis Varoufakis : accablant pour lui-m&#234;me Les propositions de Varoufakis qui menaient &#224; l'&#233;chec 1&#232;re partie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Serie-Le-recit-de-la-crise-grecque-par-Yanis-Varoufakis-accablant-pour-lui-meme</link>
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		<dc:date>2017-09-25T19:31:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son dernier livre Adults in the Room, Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit &#224; la capitulation honteuse du gouvernement Tsipras en juillet 2015. Il analyse essentiellement la p&#233;riode 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des &#233;poques plus lointaines. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
2e partie &lt;br class='autobr' /&gt;
3e partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ce livre volumineux (550 pages dans la version originale en anglais), Yanis Varoufakis d&#233;montre qu'il est un grand narrateur. Il r&#233;ussit par moment &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton32057-6a5b9.jpg?1781991383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/books/2017/may/15/adults-in-room-battle-europes-deep-establishment-yanis-varoufakis-review&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Adults in the Room&lt;/a&gt;, Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit &#224; la capitulation honteuse du gouvernement Tsipras en juillet 2015. Il analyse essentiellement la p&#233;riode 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des &#233;poques plus lointaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-propositions-de-Varoufakis-qui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Le-recit-discutable-de-Varoufakis-des-origines-de-la-crise-grecque-et-ses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2e partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Comment-Tsipras-avec-le-concours-de-Varoufakis-a-tourne-le-dos-au-programme-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;3e partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce livre volumineux (550 pages dans la version originale en anglais), Yanis Varoufakis d&#233;montre qu'il est un grand narrateur. Il r&#233;ussit par moment &#224; &#233;mouvoir le lecteur. Son style direct permet de suivre de mani&#232;re vivante le cours des &#233;v&#232;nements.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L188xH280/59e69076caa5e1c9-f1807199-cda38.jpg?1781046085' width='188' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce premier article porte sur les 4 premiers chapitres d'un livre qui en compte 17. Il concerne les propositions que faisaient Varoufakis avant de participer au gouvernement en janvier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la d&#233;monstration faite par l'auteur, on peut clairement conclure que son comportement et l'orientation politico-&#233;conomique qu'il a d&#233;fendue ont contribu&#233; &#224; conduire au d&#233;sastre. En effet, Yanis Varoufakis revendique clairement un r&#244;le de premier plan dans l'&#233;laboration de la strat&#233;gie qu'a adopt&#233;e avant la victoire &#233;lectorale de janvier 2015 une poign&#233;e de dirigeants de Syriza : Alexis Tsipras, Yanis Dragasakis, Nikkos Pappas essentiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis ne plaide pas coupable : il est convaincu que si Tsipras avait r&#233;ellement appliqu&#233; l'orientation qu'il lui a propos&#233;e et que Tsipras a accept&#233;e &#224; la fin 2014, cela n'aurait pas d&#233;bouch&#233; sur une d&#233;faite pour le peuple grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, contrairement &#224; la conviction de Varoufakis, une lecture attentive de son livre aboutit &#224; la conclusion qu'il a contribu&#233; &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis explique comment progressivement il a convaincu Tsipras, Pappas et Dragasakis de ne pas respecter l'orientation adopt&#233;e par Syriza en 2012 puis en 2014. Il explique qu'il a &#233;labor&#233; avec ceux-ci une nouvelle orientation qui n'a pas &#233;t&#233; discut&#233;e dans Syriza et qui &#233;tait diff&#233;rente de celle pr&#233;sent&#233;e par Syriza lors de la campagne &#233;lectorale de janvier 2015. Cette orientation conduisait au mieux &#224; l'&#233;chec, au pire &#224; la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'orientation d&#233;fendue par &#8220;Varoufakis&lt;/strong&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis r&#233;sume le contenu de l'accord qu'il a pass&#233; avec Alexis Tsipras, Dragasakis et Pappas en novembre 2014 lors d'une r&#233;union tenue dans l'appartement de Tsipras. Cette r&#233;union avait &#233;t&#233; organis&#233;e par le trio Tsipras-Pappas-Dragasakis afin de convaincre Varoufakis d'accepter de devenir ministre des Finances dans le gouvernement qui serait form&#233; prochainement par Syriza. &#171; C'est l&#224; qu'Alexis m'a fait une offre, tranquillement et sous le regard vigilant de Dragazakis. &#8211; Si on gagne, or il n'y a plus aucun doute qu'on va gagner, je voudrais que tu sois ministre des Finances. &#187; |1|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis r&#233;sume 6 mesures prioritaires qu'il a propos&#233;es &#224; Tsipras, Dragazakis et Pappas et que ceux-ci ont accept&#233;es. Ces mesures impliquaient de rester dans la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis &#233;crit : &#171; j'ai cru bon de r&#233;capituler nos objectifs communs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la restructuration de la dette vient en premier lieu ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; deuxi&#232;mement, exc&#233;dent primaire ne d&#233;passant pas 1,5 % du revenu national et pas de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; troisi&#232;mement, r&#233;ductions d'ampleur des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quatri&#232;mement, privatisations strat&#233;giques avec conditions pr&#233;servant les droits du travail et relance des investissements ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cinqui&#232;mement, cr&#233;ation d'une banque de d&#233;veloppement qui utiliserait les actifs publics restant comme caution pour g&#233;n&#233;rer de l'investissement de l'int&#233;rieur, et dont les dividendes seraient canalis&#233;s dans les fonds de pension publics ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sixi&#232;mement, politique de transfert des actions et de la gestion des banques &#224; l'UE (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, ils &#233;taient partants, encore plus convaincus &#187; |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis d&#233;clare tr&#232;s clairement que ces mesures devaient se substituer au programme de Thessalonique pr&#233;sent&#233; par Tsipras en septembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'il &#233;crit &#224; propos de ce programme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8230;, j'&#233;tais &#224; Austin quand j'ai entendu aux informations qu'Alexis avait pr&#233;sent&#233; les grandes lignes de la politique &#233;conomique de Syriza dans un discours &#224; Thessalonique. Surpris, je me suis procur&#233; le texte et je l'ai lu. Une vague de naus&#233;e et d'indignation m'a submerg&#233;. Je me suis tout de suite mis au boulot. Moins d'une demi-heure plus tard, j'avais un article que le Premier ministre Samaras utiliserait pour fustiger Syriza devant le Parlement : &#171; M&#234;me Varoufakis, votre gourou &#233;conomique, estime que vos promesses sont bidons. &#187; Et elles l'&#233;taient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le &#171; Programme de Thessalonique &#187; (&#8230;) promettait des augmentations de salaire, des subventions, des b&#233;n&#233;fices et des investissements qui seraient financ&#233;s par des mannes imaginaires, ou ill&#233;gales. Il comprenait &#233;galement des engagements que nous ne devrions m&#234;me pas avoir &#224; tenir. Enfin, il allait &#224; l'encontre de toute strat&#233;gie de n&#233;gociations raisonnable pour maintenir la Gr&#232;ce dans la zone euro, tout en affirmant qu'elle devait y rester. Le programme &#233;tait tellement bancal que je n'ai m&#234;me pas pris la peine de le critiquer point par point. Voil&#224; ce que j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; J'aurais tellement aim&#233; lire un autre discours de la part d'Alexis Tsipras ! Vous imaginez un discours qui commencerait par &#171; Pourquoi voter pour nous ? &#187; et r&#233;pondrait, &#171; Parce que nous vous promettons trois choses : du sang, de la sueur et des larmes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du sang, de la sueur et des larmes, voil&#224; ce que Churchill a promis au peuple britannique en 1940 quand il a pris la t&#234;te du gouvernement. Et pourquoi ? Pour gagner la guerre. |3| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre comme r&#233;f&#233;rence positive W. Churchill dans une critique publique adress&#233;e au programme de Thessalonique, c'est toute une affaire. Churchill a organis&#233; la r&#233;pression sanglante des manifestations et des gr&#232;ves qui ont secou&#233; la Gr&#232;ce &#224; la fin de l'ann&#233;e 1944 lorsque, dans le cadre des Accords de Yalta, la Grande-Bretagne a pris le contr&#244;le du pays en r&#233;primant les principales forces qui avaient lib&#233;r&#233; le pays de l'occupation nazie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur les mesures telles que r&#233;sum&#233;es par Varoufakis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Restructuration de la dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis propose une restructuration de la dette sans r&#233;duction du stock.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;alisation de cette premi&#232;re mesure tr&#232;s mod&#233;r&#233;e d&#233;pend en r&#233;alit&#233; de la bonne volont&#233; de la Tro&#239;ka. Il s'agit d'un v&#339;u pieux. Sans recourir &#224; une suspension de paiement, combin&#233;e &#224; d'autres actes unilat&#233;raux dont la r&#233;alisation d'un audit (avec participation citoyenne), il &#233;tait impossible de contraindre les cr&#233;anciers d'accepter une v&#233;ritable r&#233;duction radicale de la dette. La proposition principale de Varoufakis en mati&#232;re de restructuration de la dette s'inscrit, comme il l'indique lui-m&#234;me, dans la continuit&#233; du texte intitul&#233; : &lt;a href=&#034;https://www.yanisvaroufakis.eu/wp-content/uploads/2011/12/une-modeste-proposition-pour-surmonter-la-crise-de-leuro.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Modeste Proposition pour r&#233;soudre la crise de la zone euro &#187;&lt;/a&gt;. La r&#233;alisation de cette proposition qui consistait &#224; mutualiser les dettes publiques de la zone euro aurait impliqu&#233; une d&#233;cision commune des gouvernements de la zone afin de soulager les finances publiques et d'abandonner des politiques d'aust&#233;rit&#233;. C'est techniquement possible, c'est politiquement souhaitable du point de vue de la relance &#233;conomique et d'un nouveau contrat social n&#233;okeyn&#233;sien mais, malgr&#233; le caract&#232;re mod&#233;r&#233; de la proposition, c'est totalement incompatible avec la politique men&#233;e par la plupart des gouvernements concern&#233;s. Il faut vraiment &#234;tre tr&#232;s na&#239;f pour penser que les gouvernants en place dans la plupart des capitales europ&#233;ennes pourraient &#234;tre favorables &#224; une relance keyn&#233;sienne. Fonder une solution sur une telle hypoth&#232;se, c'est faire preuve d'un manque total de conscience des rapports de force et des motivations des dirigeants europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re version propos&#233;e par Varoufakis fin 2014-2015 impliquait les orientations suivantes en mati&#232;re de dettes : ne pas remettre en cause et ne pas r&#233;duire la dette due au FMI et aux cr&#233;anciers priv&#233;s, et arriver &#224; un arrangement avec les partenaires europ&#233;ens sur les points suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. &#171; le gouvernement &#233;mettrait des obligations perp&#233;tuelles, qui auraient la m&#234;me valeur nominale que les obligations appartenant &#224; la BCE, avec un taux d'int&#233;r&#234;t faible, mais sans date de maturit&#233; ni d'expiration. &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. &#171; les dettes obligataires du fonds europ&#233;en de renflouement seraient &#233;chang&#233;es contre de nouvelles obligations du gouvernement grec de trente ans, l&#224; encore ayant la m&#234;me valeur que la dette existante (donc pas de d&#233;cote formelle), mais avec deux conditions : d'abord, les remboursements annuels devaient &#234;tre suspendus jusqu'&#224; ce que le revenu du pays ait atteint un certain seuil ; deuxi&#232;mement, le taux d'int&#233;r&#234;t serait li&#233; aux taux de croissance de l'&#233;conomie grecque &#187; |4|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : Ces deux propositions &#233;taient tout autant irr&#233;alisables du point de vue politique que la mutualisation des dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, toute la proposition de Varoufakis en mati&#232;re de dette &#233;tait et est inacceptable d'un point de vue de gauche car elle supposait d'&#233;carter tout d&#233;bat sur la l&#233;galit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; des dettes r&#233;clam&#233;es &#224; la Gr&#232;ce. La proposition Varoufakis s'opposait frontalement &#224; l'orientation adopt&#233;e par Syriza en 2012 : la suspension unilat&#233;rale du paiement de la dette et la r&#233;alisation d'un audit de celle-ci (je reviendrai l&#224;-dessus plus loin). Par ailleurs, et c'est important, dans sa proposition, Varoufakis n'inclut pas explicitement l'abandon des conditionnalit&#233;s impos&#233;es par les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis explique lui-m&#234;me que sa proposition est hyper mod&#233;r&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Il s'agissait de mesures mod&#233;r&#233;es et politiquement acceptables pour les cr&#233;anciers puisqu'elles ne comprenaient aucune d&#233;cote directe. Vis-&#224;-vis du public et des investisseurs potentiels, c'&#233;tait &#233;galement le signe que l'UE accepterait d'avoir sinon le beau r&#244;le, du moins un r&#244;le nouveau : non plus le cr&#233;ancier impitoyable d'un &#201;tat insolvable, mais le partenaire de la croissance de la Gr&#232;ce puisque les remboursements de ce pays seraient proportionnels &#224; l'augmentation de son revenu nominal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pas une seule fois je n'ai entendu un repr&#233;sentant du FMI ou de l'UE critiquer la logique qui sous-tendait ces propositions. Comme le fit remarquer le PDG d'une des plus grosses banques d'investissement am&#233;ricaines apr&#232;s les avoir d&#233;couvertes : Vous leur proposez le genre de deal qu'un avocat sp&#233;cialiste des faillites &#224; Wall Street imaginerait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : Il est &#233;vident que cette orientation &#233;tait &#233;galement explicitement contraire au refus l&#233;gitime de poursuivre le paiement d'une dette odieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La deuxi&#232;me proposition de Varoufakis :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Exc&#233;dent primaire ne d&#233;passant pas 1,5 % du revenu national et pas de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : S'engager &#224; d&#233;gager un exc&#233;dent primaire de 1,5 % est totalement incompatible avec une v&#233;ritable politique de relance de l'activit&#233; &#233;conomique, de l'emploi public et priv&#233;, du pouvoir d'achat des masses populaires&#8230; En Gr&#232;ce, un gouvernement de gauche qui veut r&#233;ellement mettre en place une politique de relance et r&#233;pondre &#224; la crise humanitaire doit appliquer une politique de d&#233;ficit public pendant plusieurs ann&#233;es et refuser de d&#233;gager un exc&#233;dent primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Troisi&#232;mement, r&#233;ductions d'ampleur des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant cette mesure que Varoufakis r&#233;sume ainsi : &#171; Ceci demanderait de fortes r&#233;ductions de la TVA et des imp&#244;ts sur les soci&#233;t&#233;s car il fallait redonner de l'&#233;nergie au secteur priv&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il mentionne une question de Tsipras :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8211; Pourquoi les bo&#238;tes devraient payer moins ? m'a demand&#233; Alexis.&lt;br class='autobr' /&gt; Je lui ai expliqu&#233; : le secteur priv&#233; devait payer plus en ce qui concerne le revenu fiscal total, mais la seule fa&#231;on d'augmenter sa contribution globale alors que les ventes &#233;taient au point mort et les banques en faillite, incapables de fournir des cr&#233;dits aux entreprises rentables, c'&#233;tait de r&#233;duire les imp&#244;ts sur les soci&#233;t&#233;s. Dragasakis &#233;tait d'accord, ce qui a apais&#233; Alexis et Pappas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : Promettre une r&#233;duction des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s de mani&#232;re indiff&#233;renci&#233;e est tout &#224; fait incompatible avec une politique de gauche. Il faut augmenter le taux d'imposition des grandes soci&#233;t&#233;s et le faire respecter. Simultan&#233;ment, il est tout &#224; fait possible de baisser le taux d'imposition des petites entreprises. Par ailleurs, croire que la r&#233;duction des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s va augmenter la contribution de celles-ci dans le revenu fiscal total n'est nullement d&#233;montr&#233; et rel&#232;ve davantage d'une incantation lib&#233;rale que d'un raisonnement argument&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Quatri&#232;mement, privatisations strat&#233;giques avec conditions pr&#233;servant les droits du travail et relance des investissements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis pr&#233;cise : &#171; Quant aux privatisations, si nous voulions un accord avec l'UE et le FMI, il fallait accepter des compromis. Le refus de principe de Syriza devait &#234;tre remplac&#233; par une politique d'analyse au cas par cas. Il fallait arr&#234;ter de brader les holdings publiques, mais les actifs tels que les chemins de fer et les ports devaient &#234;tre accessibles &#224; condition qu'il y ait un minimum de niveau d'investissement, que l'acheteur s'engage &#224; fournir aux travailleurs des contrats dignes et le droit de repr&#233;sentation syndicale, et que l'&#201;tat demeure un actionnaire important, y compris minoritaire, car les dividendes de ses actions lui serviraient &#224; soutenir les fonds de pension. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : Alors que Syriza se battait pour mettre fin aux privatisations et pour renationaliser une s&#233;rie d'entreprises privatis&#233;es, Varoufakis, comme il l'a mis en pratique quand il est devenu ministre, &#233;tait favorable &#224; l'acceptation de la poursuite de certaines privatisations. Cela condamnait le gouvernement &#224; la soumission face aux grandes entreprises et notamment au capital &#233;tranger. Cela r&#233;duisait &#224; l'impuissance les pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Cr&#233;ation d'une banque de d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Cinqui&#232;mement, cr&#233;ation d'une banque de d&#233;veloppement qui utiliserait les actifs publics restant comme caution pour g&#233;n&#233;rer de l'investissement de l'int&#233;rieur, et dont les dividendes seraient canalis&#233;s dans les fonds de pension publics. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis propose la cr&#233;ation d'une banque de d&#233;veloppement croupion comme lot de consolation &#224; la poursuite des privatisations et au transfert des banques grecques aux cr&#233;anciers &#233;trangers (voir la proposition 6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les actifs qui restaient propri&#233;t&#233; publique devaient &#234;tre transmis &#224; une nouvelle banque de d&#233;veloppement publique qui les utiliserait comme garanties ou collat&#233;raux pour lever des fonds, lesquels seraient investis dans ces m&#234;mes actifs afin de booster leur valeur, cr&#233;er des emplois et augmenter les revenus &#224; venir. Ils ont &#233;galement acquiesc&#233; l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : Varoufakis pr&#233;sente la mesure de cr&#233;ation d'une banque publique de d&#233;veloppement afin de faire avaler les propositions 4 et 6 qui sont en contradiction totale avec une strat&#233;gie de gauche. La mesure 4 consiste &#224; poursuivre les privatisations et la mesure 6 consiste &#224; abandonner le pouvoir que les pouvoirs publics grecs avaient encore sur les banques grecques. La mesure 5 servait de leurre afin de faire croire que les pouvoirs publics allaient se doter d'un v&#233;ritable instrument public de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. La sixi&#232;me proposition : le &#171; transfert des actions et de la gestion des banques &#224; l'UE &#187; (sic !)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis pr&#233;cise qu'il s'agissait de &#171; confier la gestion et la propri&#233;t&#233; de ces banques &#224; l'UE. C'&#233;tait une proposition ultra-audacieuse pour un parti qui penchait vers la nationalisation du secteur bancaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : L'&#201;tat grec &#233;tait l'actionnaire principal de toutes les banques grecques et la position de Syriza consistait &#224; ce que les pouvoirs publics exercent r&#233;ellement leur pouvoir sur les banques. En proposant &#224; Tsipras, Pappas et Dragasakis de transf&#233;rer &#224; l'UE les actions d&#233;tenues par les pouvoirs publics grecs, Varoufakis r&#233;alise un pas suppl&#233;mentaire et dramatique vers l'abandon complet de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir r&#233;sum&#233; les 6 propositions accept&#233;es selon lui par Tsipras-Pappas-Dragasakis, Varoufakis en vient &#224; la strat&#233;gie qu'un gouvernement Syriza devrait appliquer dans la n&#233;gociation avec l'UE. Il explique que si l'UE d&#233;cidait de saboter directement le gouvernement, ce serait la BCE qui serait charg&#233;e du sale boulot. Elle couperait la liquidit&#233; aux banques grecques et les obligerait &#224; fermer comme elle l'a fait en mars 2013 &#224; Chypre selon Varoufakis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis pr&#233;cise qu'il a obtenu de Tsipras-Pappas-Dragasakis un accord pour r&#233;pondre de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Leur assentiment devait comprendre ma strat&#233;gie de n&#233;gociation, dont l'&#233;l&#233;ment dissuasif cl&#233;, la menace de d&#233;cote des obligations SMP, et le syst&#232;me de paiement parall&#232;le destin&#233; &#224; gagner du temps en cas d'impasse et de fermeture des banques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviendrai sur la strat&#233;gie de n&#233;gociation dans un prochain article o&#249; j'aborderai la p&#233;riode qui a suivi les &#233;lections de janvier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis affirme que suite &#224; la r&#233;union avec le trio Tsipras-Pappas-Dragasakis il a accept&#233; le poste de ministre des Finances. Dragasakis de son c&#244;t&#233; occuperait le poste de vice-premier ministre et superviserait directement trois minist&#232;res cl&#233;s dont celui des Finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, p. 98. Le livre va para&#238;tre &#224; l'automne 2017 en fran&#231;ais chez l'&#233;diteur Les Liens qui Lib&#232;rent. N'h&#233;sitez pas &#224; passer commande chez votre libraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Op. cit., p. 102.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Op. cit., p. 88-89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Cette citation, comme toutes celles qui suivent, proviennent du chapitre 4.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#233;cit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses &#233;tonnantes relations avec la classe politique 2e partie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-recit-discutable-de-Varoufakis-des-origines-de-la-crise-grecque-et-ses</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-recit-discutable-de-Varoufakis-des-origines-de-la-crise-grecque-et-ses</guid>
		<dc:date>2017-09-25T19:30:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son dernier livre Adults in the Room, Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit &#224; la capitulation honteuse du gouvernement Tsipras en juillet 2015. Il analyse essentiellement la p&#233;riode 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des &#233;poques plus lointaines. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
3e partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un premier article au sujet de ce livre, j'ai analys&#233; de mani&#232;re critique les propositions faites par Varoufakis avant de participer au gouvernement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton32058-31ecc.jpg?1781991384' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/books/2017/may/15/adults-in-room-battle-europes-deep-establishment-yanis-varoufakis-review&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Adults in the Room&lt;/a&gt;, Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit &#224; la capitulation honteuse du gouvernement Tsipras en juillet 2015. Il analyse essentiellement la p&#233;riode 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des &#233;poques plus lointaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Le-recit-discutable-de-Varoufakis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Serie-Le-recit-de-la-crise-grecque-par-Yanis-Varoufakis-accablant-pour-lui-meme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Comment-Tsipras-avec-le-concours-de-Varoufakis-a-tourne-le-dos-au-programme-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;3e partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-propositions-de-Varoufakis-qui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premier article au sujet de ce livre&lt;/a&gt;, j'ai analys&#233; de mani&#232;re critique les propositions faites par Varoufakis avant de participer au gouvernement de Tsipras en janvier 2015, en montrant qu'elles menaient &#224; l'&#233;chec. Ce deuxi&#232;me article porte notamment sur les liens entretenus par Yanis Varoufakis avec la classe politique dirigeante grecque (tant le PASOK historiquement li&#233; &#224; la social-d&#233;mocratie, que le parti conservateur Nouvelle D&#233;mocratie) depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yanis Varoufakis met l'accent &#224; plusieurs reprises sur le large &#233;ventail de ses relations dans le milieu politique grec. Il insiste sur son amiti&#233; pass&#233;e avec Yanis Stournaras (l'actuel directeur de la banque centrale de la Gr&#232;ce, alli&#233; de Draghi et des banquiers priv&#233;s grecs et &#233;trangers), sur ses bons rapports en 2009 avec Georges Papandr&#233;ou (qui a mis en &#339;uvre la politique conduisant au premier m&#233;morandum), sur ses relations avec Antonis Samaras (qui a dirig&#233; le gouvernement grec apr&#232;s le deuxi&#232;me m&#233;morandum) et il consacre une partie importante des 4 premiers chapitres du livre &#224; relater la construction de rapports &#233;troits de collaboration et &#224; certains moments de complicit&#233; avec 3 dirigeants de Syriza. Il s'agit d'Alexis Tsipras (qui a conduit le peuple grec au troisi&#232;me m&#233;morandum), Nikos Pappas (l'alter ego de Tsipras, devenu ministre d'&#201;tat dans le gouvernement Tsipras I) auquel s'est ajout&#233;, en cours de route, Yanis Dragasakis (avant que celui-ci devienne vice-premier ministre des gouvernements Tsipras I et II). Dans cette deuxi&#232;me partie, je vais aborder le r&#233;cit du d&#233;but de la crise grecque ainsi que les relations de Varoufakis avec la classe politique traditionnelle grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis relate de mani&#232;re tr&#232;s discutable l'encha&#238;nement des &#233;v&#233;nements qui ont conduit &#224; l'imposition du premier m&#233;morandum de mai 2010. Tout en s'en d&#233;fendant, il conforte la narration officielle selon laquelle la cause de la crise r&#233;side dans l'incapacit&#233; de l'&#201;tat grec &#224; faire face &#224; la dette publique. Bien qu'il d&#233;nonce l'&#233;tat lamentable dans lequel les banques priv&#233;es grecques s'&#233;taient plac&#233;es |1|, il met l'accent sur l'incapacit&#233; de l'&#201;tat grec &#224; faire face &#224; la situation et d&#233;clare que celui-ci aurait d&#251; se d&#233;clarer en faillite. Il &#233;carte la possibilit&#233; qui &#233;tait &#8220;offerte&#8221; &#224; l'&#201;tat de refuser d'assumer les pertes des banques. Son raisonnement sur la faillite de l'&#201;tat grec tient au fait que, selon lui, le passif (=les dettes) des banques priv&#233;es &#233;tait, qu'on le veuille ou non, &#224; charge de l'&#201;tat. Le passif des banques priv&#233;es &#233;tait tellement &#233;lev&#233; que l'&#201;tat grec &#233;tait incapable d'y faire face. Pourtant, &#224; diff&#233;rents moments de l'histoire, des &#201;tats ont refus&#233; d'assumer les pertes des banques priv&#233;es. L'Islande l'a fait &#224; partir de 2008 lors de l'effondrement de son secteur bancaire priv&#233; et s'en est tr&#232;s bien tir&#233;e. Elle a su faire face victorieusement aux menaces de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de dire que la Gr&#232;ce n'est pas l'Islande, il ne suffit pas d'affirmer que la Gr&#232;ce fait partie de la zone euro et devait y rester pour mettre fin au d&#233;bat. Varoufakis adopte une attitude en r&#233;alit&#233; conservatrice du point de vue &#233;conomique et social. Il d&#233;nonce les banquiers grecs mais la solution qu'il a propos&#233;e &#224; Alexis Tsipras &#224; partir de juin 2012 consistait &#224; transf&#233;rer la propri&#233;t&#233; des banques grecques &#224; l'Union europ&#233;enne |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il est &#233;vident qu'il fallait remettre en cause le paiement de la dette publique qui avait fortement augment&#233; principalement dans les ann&#233;es 1990 du fait de la poursuite d'objectifs ill&#233;gitimes (d&#233;penses militaires excessives, financement des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux plus riches, financement par la dette de la baisse des cotisations sociales qui &#233;taient &#224; charge du patronat&#8230;) ou du financement de cette dette &#224; des conditions ill&#233;gitimes (taux d'int&#233;r&#234;t abusif pr&#233;lev&#233;s par les banques), et suivant des modalit&#233;s qui &#233;taient marqu&#233;es par la corruption et d'autres facteurs d'ill&#233;galit&#233; (voir le chapitre 1 de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis et le gouvernement de Georges Papandreou (PASOK) 2009-2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;En automne 2009, un nouveau gouvernement grec a &#233;t&#233; &#233;lu avec la promesse suivante : d&#233;penser plus pour aider la montagne du revenu de la nation &#224; se reconstruire. Sauf que le nouveau Premier ministre et son ministre des Finances, issus du parti social-d&#233;mocrate, le Pasok, n'ont pas compris. La faillite de l'&#201;tat &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;, avant m&#234;me qu'ils pr&#234;tent serment. |4| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est faux d'affirmer que l'&#201;tat &#233;tait en faillite. Ce discours conforte la pr&#233;sentation mensong&#232;re donn&#233;e par la Tro&#239;ka et les m&#233;dias dominants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que ne dit pas Varoufakis, c'est que Papandr&#233;ou a dramatis&#233; la situation de la dette publique et du d&#233;ficit public au lieu de faire supporter le co&#251;t de cette crise bancaire aux responsables, tant &#233;trangers que nationaux (&#224; savoir les actionnaires priv&#233;s, les administrateurs des banques, les banques &#233;trang&#232;res et autres soci&#233;t&#233;s financi&#232;res qui avaient contribu&#233; &#224; g&#233;n&#233;rer la bulle sp&#233;culative). Le gouvernement de Papandr&#233;ou a fait falsifier les statistiques de la dette grecque, non pas dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant la crise pour la r&#233;duire (comme la narration dominante le pr&#233;tend) mais en 2009 pour l'augmenter. C'est ce que d&#233;montre tr&#232;s clairement la Commission pour la V&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque dans son rapport de juin 2015 (voir le chapitre II, p. 17 de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&lt;/a&gt;). Varoufakis ne d&#233;nonce pas la falsification, il prend pour argent comptant les affirmations de Papandr&#233;ou, de son ministre des Finances sur l'&#233;tat dramatique des finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives du 4 octobre 2009, le nouveau gouvernement de Georges Papandr&#233;ou proc&#233;da en toute ill&#233;galit&#233; &#224; une r&#233;vision des statistiques afin de gonfler le d&#233;ficit et le montant de la dette pour la p&#233;riode ant&#233;rieure au m&#233;morandum de 2010. Le niveau du d&#233;ficit pour 2009 subit plusieurs r&#233;visions &#224; la hausse, de 11,9 % du PIB en premi&#232;re estimation &#224; 15,8 % dans la derni&#232;re. Andr&#233;as Georgiu, directeur en 2009-2010 de l'office grec des statistiques ELSTAT (alors qu'il occupait encore un mandat au FMI) a &#233;t&#233; condamn&#233; en ao&#251;t 2017. Sous le titre : &#171; En Gr&#232;ce, condamnation de l'ancien chef des statistiques, qui avait maquill&#233; les chiffres du d&#233;ficit public &#187;, voici ce qu'en dit le quotidien Le Monde dans son &#233;dition du 1er ao&#251;t 2017 : &#171; Andr&#233;as Georgiou, ancien chef de l'office des statistiques grecques, Elstat, au c&#339;ur de la saga des faux chiffres du d&#233;ficit public au d&#233;but de la crise de la dette, a &#233;t&#233; condamn&#233;, mardi 1er ao&#251;t, &#224; deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel d'Ath&#232;nes l'a jug&#233; coupable de &#171; manquement au devoir &#187;, selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds mon&#233;taire international &#233;tait poursuivi pour s'&#234;tre entendu avec Eurostat (l'office europ&#233;en de statistiques, d&#233;pendant de la Commission) afin de grossir les chiffres du d&#233;ficit et de la dette publique grecs pour l'ann&#233;e 2009. Le but suppos&#233; : faciliter la mise sous tutelle financi&#232;re du pays, avec le d&#233;clenchement, en 2010, du premier plan d'aide internationale &#224; la Gr&#232;ce &#8211; on en est au troisi&#232;me, depuis ao&#251;t 2015. |5| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, contrairement &#224; ce qu'affirme Varoufakis, les banques priv&#233;es n'ont pas stopp&#233; les cr&#233;dits &#224; l'&#201;tat grec en 2009 |6|, ce sont les cr&#233;dits aux secteurs priv&#233;s grecs qui ont &#233;t&#233; interrompus au cours de cette ann&#233;e. A l'automne 2009, l'Etat grec r&#233;ussissait sans difficult&#233; &#224; lever des fonds. L'arr&#234;t des cr&#233;dits des march&#233;s financiers &#224; l'&#201;tat grec a eu lieu en 2010, apr&#232;s que Papandr&#233;ou a dramatis&#233; la situation et au moment du lancement du processus du 1er m&#233;morandum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis explique &#224; plusieurs endroits du chapitre 2 qu'il entretenait, malgr&#233; des divergences &#233;videntes, de bons rapports avec Papandr&#233;ou :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En janvier 2010, au cours d'un entretien &#224; la radio, j'ai pr&#233;venu le Premier ministre, que je connaissais personnellement et avec qui j'avais des rapports plut&#244;t amicaux, en lui disant : &#171; Quoique tu fasses, ne va pas chercher des emprunts d'&#201;tat chez nos partenaires europ&#233;ens pour essayer, en vain, d'&#233;viter la banqueroute. |7| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier point, Varoufakis a raison : il ne fallait pas aller chercher des cr&#233;dits du c&#244;t&#233; de la Tro&#239;ka. Par contre, Varoufakis a tort quand il affirme que l'&#201;tat grec aurait d&#251; se d&#233;clarer en faillite. Une alternative, oppos&#233;e &#224; la politique mise en pratique par Papandr&#233;ou et diff&#233;rente de celle avanc&#233;e par Varoufakis (= mise en faillite de l'&#201;tat), &#233;tait pourtant possible et n&#233;cessaire. Suite &#224; sa victoire &#233;lectorale de 2009 obtenue gr&#226;ce &#224; une campagne d&#233;non&#231;ant les politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es par Nouvelle D&#233;mocratie, le gouvernement de Papandr&#233;ou, s'il avait voulu respecter ses promesses &#233;lectorales, aurait pu et aurait d&#251; socialiser le secteur bancaire en organisant une faillite ordonn&#233;e des banques et en prot&#233;geant les d&#233;posants. Plusieurs exemples historiques attestent qu'une faillite &#233;tait tout &#224; fait compatible avec le red&#233;marrage rapide des activit&#233;s financi&#232;res au service de la population. Il fallait s'inspirer de ce qui se faisait en Islande depuis 2008 |8| et de ce qui avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en Su&#232;de et en Norv&#232;ge dans les ann&#233;es 1990 |9|. Papandreou a pr&#233;f&#233;r&#233; suivre l'exemple scandaleux et catastrophique du gouvernement irlandais qui a sauv&#233; les banquiers en 2008 et allait en novembre 2010 devoir accepter un plan d'aide europ&#233;en qui a eu des effets dramatiques pour le peuple irlandais. Il fallait aller plus loin que l'Islande et la Su&#232;de avec une socialisation compl&#232;te et d&#233;finitive du secteur financier. Il fallait faire supporter les pertes de la r&#233;solution de la crise bancaire par les banques &#233;trang&#232;res et par les actionnaires priv&#233;s grecs tout en poursuivant en justice les responsables du d&#233;sastre bancaire. Une telle d&#233;marche aurait permis &#224; la Gr&#232;ce d'&#233;viter la succession de m&#233;morandums qui ont soumis le peuple grec &#224; une crise humanitaire dramatique et &#224; l'humiliation sans pour autant assainir v&#233;ritablement le syst&#232;me bancaire grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis et Antonis Samaras&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A plusieurs reprises Varoufakis se r&#233;f&#232;re aux contacts qu'il entretenait avec des personnalit&#233;s de premier plan de la classe politique grecque qu'elle soit du PASOK ou du principal parti conservateur, la Nouvelle D&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un soir (de 2011, NDLR), en rentrant chez moi apr&#232;s une &#233;mission de l'ERT, la radio et la t&#233;l&#233;vision publiques grecques, le fixe a sonn&#233;. J'ai d&#233;croch&#233; et j'ai reconnu la voix d'Antonis Samaras, dirigeant de la Nouvelle D&#233;mocratie, le parti conservateur, qui, &#224; l'&#233;poque, repr&#233;sentait l'opposition officielle. (&#8230;) &#171; On ne se conna&#238;t pas, M. Varoufakis, me dit-il, mais je viens de vous regarder &#224; la t&#233;l&#233;vision et il fallait absolument que je vous appelle. Je crois que je n'ai jamais entendu des propos aussi profonds et touchants sur un plateau de t&#233;l&#233;vision. Je voulais vous remercier pour votre prise de position. &#187; Samaras n'est pas le seul membre de l'establishment grec &#224; avoir pris contact avec moi. Ma croisade m'avait amen&#233; &#224; avoir de nombreuses discussions en apart&#233; avec des ministres socialistes, des d&#233;put&#233;s conservateurs de l'opposition, des dirigeants de syndicats et autres, qui sentaient bien que je repr&#233;sentais autre chose. D&#232;s que je leur avais fait part de mon analyse, ils &#233;taient d'accord, tous sans exception. (&#8230;) Les conservateurs, en tout cas jusqu'en novembre 2011, &#233;taient un peu plus audacieux : comme leur dirigeant, Antonis Samaras, avait adopt&#233; un point de vue anti-aust&#233;rit&#233; et anti-renflouement, ils &#233;taient plus libres pour me suivre. |10| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u un coup de t&#233;l&#233;phone comme celui de Samaras, d'aucuns se seraient pos&#233; la question : &#171; N'est-ce pas inqui&#233;tant de recevoir des compliments d'un des dirigeants cl&#233;s du parti conservateur ? &#187;. Cela n'a pas &#233;t&#233; le cas de Varoufakis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'amiti&#233; entre Stournaras et Varoufakis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis ne consacre pas moins de quatre pages &#224; la relation d'amiti&#233; qu'il a li&#233;e avec Yanis Stournaras |11|. Entre la fin des ann&#233;es 1990 et la p&#233;riode des m&#233;morandums, Yanis Stournaras est pass&#233; du PASOK &#224; la Nouvelle D&#233;mocratie. Varoufakis explique : &#171; C'est lui qui avait r&#233;ussi &#224; convaincre Bruxelles et Berlin d'int&#233;grer la Gr&#232;ce &#224; la zone euro. Une fois le pays d&#233;finitivement admis, en 2000, le Premier ministre, membre du Pasok, l'avait remerci&#233; en lui offrant le poste de PDG et Pr&#233;sident de la Banque commerciale de Gr&#232;ce |12|. C'est &#224; cette &#233;poque que nous avions fait connaissance. En d&#233;pit de son emploi du temps bouscul&#233;, Stournaras se rendait toujours disponible pour enseigner, avec plaisir et avec d&#233;vouement. Nos points de vue d'&#233;conomiste et nos opinions politiques divergeaient, mais son engagement &#224; l'universit&#233; et nos affinit&#233;s naturelles ont donn&#233; naissance &#224; une profonde amiti&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis raconte qu'ils ont pass&#233; ensemble, dans l'appartement de Stournaras, la soir&#233;e &#233;lectorale du 4 octobre 2009 qui a vu la victoire du PASOK. &#192; cette &#233;poque, Stournaras &#233;tait un des hauts conseillers des &#171; socialistes &#187; et avait &#233;pous&#233; l'orientation pro-m&#233;morandaire de Papandr&#233;ou. Varoufakis poursuit : &#171; En 2010, ann&#233;e cruciale pour la Gr&#232;ce, Stournaras a fait un choix qui en a surpris plus d'un en devenant pr&#233;sident d'un think-tank d'&#233;conomistes cr&#233;&#233; &#224; l'origine par la Conf&#233;d&#233;ration nationale des industries de Gr&#232;ce, l'organisation patronale la plus puissante et la plus &#233;tablie du pays, traditionnellement li&#233;e &#224; la Nouvelle D&#233;mocratie. &#187; Cela n'a pas affect&#233; leur amiti&#233;. Un mois avant les &#233;lections de mai 2012, Varoufakis de passage &#224; Ath&#232;nes a appel&#233; Stournaras : &#171; je l'ai retrouv&#233; le lendemain dans le caf&#233; d'un h&#244;tel situ&#233; au pied de l'Acropole. Nous sommes tomb&#233; dans les bras l'un de l'autre (&#8230;). Puis nous sommes pass&#233;s aux choses s&#233;rieuses et je l'ai brief&#233; sur les discussions que j'avais eues &#224; Berlin avec des repr&#233;sentants de la BCE et du gouvernement allemand, avec des journalistes financiers et d'autres. J'ai &#233;galement mentionn&#233; une conversation que j'avais eue avec George Soros. Qui &#233;tait d'accord avec mon analyse de la situation de la Gr&#232;ce et avec l'essentiel de mes propositions de politique &#233;conomique pour l'Europe en g&#233;n&#233;ral. &#187; Varoufakis explique que Stournaras et lui ne sont pas tomb&#233;s d'accord sur la viabilit&#233; du m&#233;morandum mais qu'ils se sont quitt&#233;s en se promettant de conserver intacte leur amiti&#233;. Les choses se sont g&#226;t&#233;es quand Stournaras quelques mois plus tard a accus&#233; Varoufakis de sp&#233;culer avec Soros sur les titres de la dette grecque. C'est &#224; ce moment que leur relation s'est interrompue. Entre-temps, Stournaras &#233;tait devenu ministre de la Comp&#233;titivit&#233; (mai-juin 2012). Apr&#232;s les &#233;lections de juin 2012, il est devenu ministre des Finances du gouvernement d'Antonis Samaras. Ensuite, &#224; partir de juin 2014, Samaras l'a plac&#233; &#224; la t&#234;te de la banque centrale de la Gr&#232;ce o&#249; il se trouve encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris la peine de r&#233;sumer ce passage du livre de Varoufakis, parce qu'il est r&#233;v&#233;lateur de l'aisance avec laquelle il &#233;voluait dans les milieux de la classe politique grecque. M&#234;me si &#224; l'&#233;poque il n'occupait aucune fonction officielle, il entretenait des relations avec des dirigeants cl&#233;s et certaines de ses id&#233;es n'&#233;taient pas rejet&#233;es par les dirigeants conservateurs, loin de l&#224;. Manifestement, cela ne le g&#234;nait pas puisqu'il en fait largement &#233;tat dans son livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| De mon c&#244;t&#233; j'ai analys&#233; la crise des banques grecques dans &#171; Gr&#232;ce : Les banques sont &#224; l'origine de la crise &#187; &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Grece-Les-banques-sont-a-l-origine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Grece-Les-banques-sont-a-l-origine&lt;/a&gt; Voir aussi Patrick Saurin, &#8220;La &#171; Crise grecque &#187; une crise provoqu&#233;e par les banques&#8221;, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-Crise-grecque-une-crise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/La-Crise-grecque-une-crise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| CADTM - Le tribunal de l'AELE rejette les r&#233;clamations &#171; Icesave &#187; contre l'Islande et ses habitants, publi&#233; le 29 janvier 2013, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Le-tribunal-de-l-AELE-rejette-les&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Le-tribunal-de-l-AELE-rejette-les&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 3, p. 65. Je reviendrai l&#224;-dessus dans le prochain article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 31. Le livre va para&#238;tre &#224; l'automne 2017 en fran&#231;ais chez l'&#233;diteur Les Liens qui Lib&#232;rent. N'h&#233;sitez pas &#224; passer commande chez votre libraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| En savoir plus sur &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/01/grece-la-justice-condamne-l-ancien-chef-des-statistiques_5167573_3214.html#Zr8XIXFTIbLUtBT5.99&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/01/grece-la-justice-condamne-l-ancien-chef-des-statistiques_5167573_3214.html#Zr8XIXFTIbLUtBT5.99&lt;/a&gt; A signaler que ce type d'article est tr&#232;s rare dans le quotidien Le Monde. La presse conservatrice grecque (notamment le quotidien Kathimerini) souligne le m&#233;contentement de la Commission europ&#233;enne. La porte-parole de la Commission, Mme Annika Breidthardt, a d&#233;clar&#233; le 1er ao&#251;t 2017, que la d&#233;cision du tribunal n'est pas conforme aux d&#233;cisions pr&#233;c&#233;dentes de la justice et r&#233;it&#233;r&#233; que &#171; la Commission est pleinement confiante dans l'exactitude et la fiabilit&#233; des donn&#233;es de l'ELSTAT au cours de la p&#233;riode 2010-2015 et au-del&#224; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Je publierai un nouvel article sur la question avant la fin de l'ann&#233;e 2017. Je montrerai que plusieurs graphiques publi&#233;s par des organismes officiels, notamment le FMI, sont faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 31. A la page suivante, Varoufakis &#233;crit : &#171; Convaincu que la faillite &#233;tait certaine, quelles que soient nos paroles apaisantes, j'ai continu&#233; &#224; enfoncer le clou. Par ailleurs, le fait que j'avais r&#233;dig&#233; des discours pour le Premier ministre Papandreou a retenu l'attention de la BBC et d'autres organes de presse &#233;trangers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Renaud Vivien, Eva Joly, &#171; En Islande, les responsables du naufrage bancaire n'ont pas pu acheter leur proc&#232;s &#187;, publi&#233; le 20 f&#233;vrier 2016, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| Mayes, D. (2009). Banking crisis resolution policy - different country experiences. Central Bank of Norway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 38-39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 68 &#224; 72.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| Cette banque a ensuite chang&#233; de nom, elle s'est appel&#233;e Emporiki et a &#233;t&#233; achet&#233;e par la banque fran&#231;aise Cr&#233;dit Agricole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourn&#233; le dos au programme de Syriza 3e partie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-Tsipras-avec-le-concours-de-Varoufakis-a-tourne-le-dos-au-programme-de</link>
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		<dc:date>2017-09-25T19:30:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yanis Varoufakis fait remonter &#224; 2011 sa collaboration avec Alexis Tsipras et son alter ego, Nikos Pappas. Cette collaboration s'&#233;largit progressivement, &#224; partir de 2013, &#224; Yanis Dragasakis (qui est devenu, en 2015, vice-premier ministre). Une constante dans les rapports entre Varoufakis et Tsipras : Yanis Varoufakis plaide en permanence pour modifier l'orientation adopt&#233;e par Syriza. Varoufakis affirme que Tsipras-Pappas-Dragasakis veulent eux-m&#234;mes clairement adopter une orientation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton32059-cab53.jpg?1781991384' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yanis Varoufakis fait remonter &#224; 2011 sa collaboration avec Alexis Tsipras et son alter ego, Nikos Pappas. Cette collaboration s'&#233;largit progressivement, &#224; partir de 2013, &#224; Yanis Dragasakis (qui est devenu, en 2015, vice-premier ministre). Une constante dans les rapports entre Varoufakis et Tsipras : Yanis Varoufakis plaide en permanence pour modifier l'orientation adopt&#233;e par Syriza. Varoufakis affirme que Tsipras-Pappas-Dragasakis veulent eux-m&#234;mes clairement adopter une orientation diff&#233;rente, nettement plus mod&#233;r&#233;e, de celle d&#233;cid&#233;e par leur parti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Comment-Tsipras-avec-le-concours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Serie-Le-recit-de-la-crise-grecque-par-Yanis-Varoufakis-accablant-pour-lui-meme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Le-recit-discutable-de-Varoufakis-des-origines-de-la-crise-grecque-et-ses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2e partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La narration faite par Varoufakis ne manque pas de piment. &#192; travers son t&#233;moignage, on voit comment, &#224; des &#233;tapes tr&#232;s importantes, des choix sont faits dans le dos de Syriza au m&#233;pris des principes d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis s'attribue un r&#244;le central et, en effet, il a exerc&#233; une influence sur la ligne adopt&#233;e par le trio Tsipras-Pappas-Dragasakis. Il est &#233;galement certain que Tsipras et Pappas ont cherch&#233; &#224; construire, en dehors de Syriza, des rapports plus ou moins &#233;troits avec des personnes et des institutions afin de mettre en pratique une politique qui s'est &#233;loign&#233;e de plus en plus de l'orientation que Syriza avait faite sienne. Varoufakis n'est pas la seule personne &#224; avoir &#233;t&#233; contact&#233;e mais effectivement, &#224; un moment donn&#233;, Tsipras et Pappas ont consid&#233;r&#233; qu'il &#233;tait l'homme de la situation pour aller n&#233;gocier avec les institutions europ&#233;ennes et le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;but 2011, premiers contacts de Varoufakis avec Tsipras et Pappas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis d&#233;crit sa premi&#232;re rencontre avec Alexis Tsipras et Nikos Pappas d&#233;but 2011. Pappas lui avait donn&#233; rendez-vous dans un petit h&#244;tel restaurant proche du local de Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Quand je suis arriv&#233; &#224; l'h&#244;tel, Alexis et Pappas &#233;taient d&#233;j&#224; en train de commander leur d&#233;jeuner. Alexis avait une voix chaleureuse, un sourire sinc&#232;re et la poign&#233;e de main d'un &#233;ventuel ami. Pappas avait un regard plus illumin&#233; et une voix plus haute. [&#8230;] Il &#233;tait &#233;vident qu'il avait l'oreille du jeune prince et qu'il lui servait &#224; la fois de guide, de frein et d'aiguillon, une impression que j'aurai toujours au fil des ann&#233;es tumultueuses qui suivraient : deux jeunes hommes du m&#234;me &#226;ge mais de temp&#233;raments diff&#233;rents, qui agissaient et pensaient comme un seul homme. |1| &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis explique que Tsipras h&#233;sitait sur l'orientation &#224; prendre quant &#224; une sortie &#233;ventuelle de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Depuis 2011, Syriza &#233;tait d&#233;chir&#233; par les divisions internes face au probl&#232;me : fallait-il officiellement soutenir le Grexit (quitter la zone euro, mais pas n&#233;cessairement l'Union europ&#233;enne) ? Je trouvais l'attitude d'Alexis face &#224; la question &#224; la fois cavali&#232;re et immature. Son objectif &#233;tait de ma&#238;triser les tendances rivales au sein de son parti plus que de se faire une opinion claire et personnelle. &#192; en juger par les regards complices de Pappas, il &#233;tait &#233;vident qu'il partageait mon point de vue. Il comptait sur moi pour l'aider &#224; emp&#234;cher le leader du parti de jongler avec l'id&#233;e du Grexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai fait de mon mieux pour impressionner Alexis et le convaincre que viser le Grexit &#233;tait une erreur aussi grave que de ne pas s'y pr&#233;parer du tout. J'ai reproch&#233; &#224; Syriza de s'engager &#224; la l&#233;g&#232;re (&#8230;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tsipras a soumis &#224; Varoufakis l'id&#233;e de menacer les dirigeants europ&#233;ens d'une sortie de la Gr&#232;ce de la zone euro, en cas de refus de leur part de remettre en cause la politique m&#233;morandaire. Varoufakis lui a r&#233;pondu qu'il &#233;viter de sortir de la zone euro car il &#233;tait possible par la n&#233;gociation d'obtenir une solution favorable &#224; la Gr&#232;ce, notamment une nouvelle restructuration de sa dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tsipras a r&#233;pliqu&#233; que des &#233;conomistes renomm&#233;s, comme Paul Krugman, affirmaient que la Gr&#232;ce irait bien mieux sans l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis poursuit son r&#233;cit : &#171; Je lui ai r&#233;pondu qu'on irait bien mieux si on n'&#233;tait jamais entr&#233;s dans la zone euro, mais ne pas y &#234;tre entr&#233;s &#233;tait une chose, en sortir &#233;tait une autre. [&#8230;] Pour le persuader d'abandonner ce raisonnement paresseux, je lui ai fait le tableau de ce qui nous attendait en cas de Grexit. Contrairement &#224; l'Argentine qui avait renonc&#233; &#224; la parit&#233; entre le peso et le dollar, la Gr&#232;ce n'avait pas de pi&#232;ces ni de billets &#224; elle en circulation. &#187; Pour le convaincre, Varoufakis fait observer &#224; Tsipras que : &#171; Cr&#233;er une nouvelle monnaie demande des mois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; cet argument qui a &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; de multiples reprises par Varoufakis et d'autres opposants &#224; la sortie de l'euro n'est pas solide. En effet, il &#233;tait possible d'adopter une nouvelle monnaie en utilisant les billets en euro apr&#232;s les avoir estampill&#233;s. Les distributeurs automatiques des banques auraient d&#233;livr&#233; des billets en euro qui auraient &#233;t&#233; pr&#233;alablement marqu&#233;s d'un sceau. C'est notamment ce que James Galbraith a expliqu&#233; dans une lettre &#224; son ami Varoufakis en juillet 2015 |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ce que souhaite Varoufakis, c'est convaincre Tsipras qu'il est possible de rester dans la zone euro tout en rompant avec la politique anti sociale appliqu&#233;e jusque-l&#224; : &#171; nous exigerons une ren&#233;gociation qui impliquera un new deal pour la Gr&#232;ce et qui nous permettra d'avoir une &#233;conomie sociale viable au sein de la zone euro ; si l'UE et le FMI refusent de n&#233;gocier, nous n'accepterons plus le moindre pr&#234;t empoisonn&#233; pay&#233; par les contribuables europ&#233;ens. Et s'ils r&#233;pliquent en nous poussant hors de l'euro, ce qui aurait un co&#251;t consid&#233;rable pour eux et pour nous, laissez-les choisir la politique du pire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Varoufakis, il ne faut donc pas pr&#233;parer la sortie de la zone euro et s'il faut un jour y passer, cela sera la pire des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Pappas hochait la t&#234;te avec enthousiasme, mais Alexis avait l'esprit ailleurs, jusqu'&#224; ce que je l'oblige &#224; sortir de son silence. Sa r&#233;ponse m'a confirm&#233; qu'il &#233;tait davantage pr&#233;occup&#233; par les rapports de force au sein de Syriza que pr&#234;t &#224; prendre le taureau par les cornes &#224; propos du Grexit. Je ne me suis pas laiss&#233; impressionner. Notre rendez-vous arrivait &#224; sa fin, et, au risque de para&#238;tre condescendant, je lui ai donn&#233; un conseil bienveillant, non sollicit&#233;, qui n'avait rien &#224; voir. Il aurait pu le prendre mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Alexis, si tu veux &#234;tre Premier ministre, il faut que tu apprennes l'anglais. Prends des cours, c'est essentiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Varoufakis rentre chez lui, son &#233;pouse, Dana&#233; lui demande comment s'est pass&#233; le rendez-vous et il r&#233;pond : &#171; Le type est sympa, mais je ne pense pas qu'il ait la carrure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis, l'audit de la dette et la suspension du paiement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa narration des &#233;v&#232;nements de l'ann&#233;e 2011, Varoufakis ne mentionne &#224; aucun moment l'importante initiative d'audit citoyen de la dette &#224; laquelle il a refus&#233; de participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est utile de pr&#233;ciser que les positions du CADTM commencent &#224; &#234;tre connues en Gr&#232;ce &#224; partir de 2010. Plusieurs interviews sont publi&#233;es dans la presse grecque. Par exemple, la revue grecque Epikaira publie une longue interview de moi r&#233;alis&#233;e par Leonidas Vatikiotis, journaliste et militant politique d'extr&#234;me-gauche tr&#232;s actif. J'y explique les causes de l'explosion de la dette publique grecque et en quoi l'exp&#233;rience de l'&#201;quateur peut &#234;tre une source d'inspiration pour la Gr&#232;ce en termes de commission d'audit et de suspension du paiement de la dette. En guise de conclusion, &#224; la question &#171; Que doit faire la Gr&#232;ce ? &#187;, je r&#233;pondais : &#171; Mon conseil est cat&#233;gorique : ouvrez les livres de comptes ! Examinez dans la transparence et en pr&#233;sence de la soci&#233;t&#233; civile tous les contrats de l'&#201;tat &#8211; des plus grands, comme par exemple ceux des r&#233;cents Jeux olympiques, jusqu'aux plus petits &#8211; et d&#233;couvrez quelle partie de la dette est le fruit de la corruption, et par cons&#233;quent est ill&#233;gale et odieuse selon le jargon international, et d&#233;noncez-la ! &#187; |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, dans plusieurs articles largement diffus&#233;s en Gr&#232;ce par la presse imprim&#233;e et par les r&#233;seaux sociaux, l'&#233;conomiste Costas Lapavitsas d&#233;fendait &#233;galement activement la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er une commission d'audit. Dans un de ses papiers, il affirme : &#171; La Commission internationale d'audit pourrait jouer le r&#244;le de catalyseur contribuant &#224; la transparence requise. Cette commission internationale, compos&#233;e d'experts de l'audit des finances publiques, d'&#233;conomistes, de syndicalistes, de repr&#233;sentants des mouvements sociaux, devra &#234;tre totalement ind&#233;pendante des partis politiques. Elle devra s'appuyer sur de nombreuses organisations qui permettront de mobiliser des couches sociales tr&#232;s larges. C'est ainsi que commencera &#224; devenir r&#233;alit&#233; la participation populaire n&#233;cessaire face &#224; la question de la dette. &#187; (article publi&#233; le 5 d&#233;cembre 2010 par le quotidien Eleftherotypia |4|).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 janvier 2011, le troisi&#232;me quotidien grec en termes de tirage (&#224; l'&#233;poque), Ethnos tis Kyriakis m'interviewe et titre &#171; Ce n'est pas normal de rembourser les dettes qui sont ill&#233;gitimes. Les peuples de l'Europe ont aussi le droit de contr&#244;ler leurs cr&#233;anciers &#187; |5|. Le quotidien explique que &#171; Le travail du Comit&#233; en &#201;quateur a &#233;t&#233; r&#233;cemment mentionn&#233; au Parlement grec par la d&#233;put&#233;e Sofia Sakorafa. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Sofia Sakorafa, qui a rompu avec le Pasok quand celui-ci a accept&#233; le m&#233;morandum de 2010, &#233;tait intervenue en d&#233;cembre 2010 au parlement pour proposer la cr&#233;ation d'une commission d'audit de la dette grecque en s'inspirant de l'exp&#233;rience &#233;quatorienne. Le parlement ne l'avait pas suivie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Costas Lapavitsas, qui r&#233;sidait &#224; Londres o&#249; il enseignait et dont les positions trouvaient un &#233;cho important en Gr&#232;ce, prend alors contact avec moi et me propose de collaborer au lancement d'une initiative internationale pour la cr&#233;ation d'une commission d'audit, ce que j'accepte imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment Giorgos Mitralias du CADTM Gr&#232;ce prenait contact avec Leonidas Vatikiotis qui &#233;tait en pointe dans l'activit&#233; pour faire avancer sur le terrain en Gr&#232;ce la cr&#233;ation d'une telle commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Costas Lapavitsas m'a consult&#233; sur le contenu de l'appel international de soutien &#224; la constitution du comit&#233;, j'ai fait quelques amendements. Apr&#232;s quoi, nous avons commenc&#233; &#224; chercher des appuis parmi des personnalit&#233;s susceptibles de nous aider &#224; augmenter l'&#233;cho et la cr&#233;dibilit&#233; de cette initiative. Je me suis charg&#233; de collecter un maximum de signatures de personnalit&#233;s internationales en faveur de la mise en place du comit&#233; d'audit. Je connaissais plusieurs d'entre elles depuis des ann&#233;es comme Noam Chomsky avec qui j'&#233;tais en contact sur la th&#233;matique de la dette depuis 1998, Jean Ziegler, &#224; l'&#233;poque rapporteur des Nations unies sur le droit &#224; l'alimentation, Tariq Ali ainsi que de nombreux &#233;conomistes, ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma recherche de signatures je n'ai essuy&#233; qu'un seul refus, celui de James Galbraith. Je dialoguais avec lui depuis plusieurs ann&#233;es &#224; l'occasion de conf&#233;rences sur la globalisation financi&#232;re o&#249; nous nous retrouvions. Plus tard, j'ai re&#231;u une partie de l'explication de ce refus, lorsque Yanis Varoufakis a expliqu&#233; publiquement pourquoi il refusait de souscrire &#224; l'appel de la cr&#233;ation de la commission d'audit |6|. Il raconte qu'il a &#233;t&#233; contact&#233; par Galbraith qui lui demandait s'il fallait signer cet appel ou non. Il d&#233;clare qu'il lui a recommand&#233; de ne pas le faire. Dans cette longue lettre, Y. Varoufakis justifie son refus de soutenir la cr&#233;ation du comit&#233; citoyen d'audit (ELE). Il d&#233;clare que si la Gr&#232;ce suspendait le paiement de la dette, elle devrait sortir de la zone euro et se retrouverait du coup &#224; l'&#226;ge de pierre. Varoufakis explique que, par ailleurs, les personnes qui ont pris cette initiative sont bien sympathiques et bien intentionn&#233;es et qu'en principe, il est favorable &#224; l'audit mais que dans les circonstances dans lesquelles la Gr&#232;ce se trouve, celui-ci n'est pas opportun. Dans ce long texte, Varoufakis donne &#233;galement son avis critique sur le documentaire Debtocracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2011 &#233;tait lanc&#233; le comit&#233; grec d'audit de la dette (ELE). C'est le r&#233;sultat de gros efforts de convergence entre des personnes qui se connaissaient &#224; peine ou pas du tout quelques semaines ou mois auparavant. Le processus de cr&#233;ation a &#233;t&#233; stimul&#233; par l'ampleur de la crise en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire Debtocracy diffus&#233; &#224; partir d'avril 2011 et dans lequel Hugo Arias (&#233;conomiste &#233;quatorien qui a &#233;t&#233; l'un des principaux animateurs de la commission d'audit cr&#233;&#233;e en 2007 par le pr&#233;sident Rafael Correa) et moi-m&#234;me intervenons longuement, a permis de donner un tr&#232;s grand &#233;cho &#224; la proposition d'audit citoyen de la dette et &#224; la n&#233;cessit&#233; et au bienfond&#233; d'annuler la partie ill&#233;gitime et odieuse de celle-ci |7|. Dans les 6 premi&#232;res semaines de la sa diffusion sur internet, Debtocracy a &#233;t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233; par plus d'un million et demi de Grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les personnalit&#233;s grecques qui ont sign&#233; l'appel en 2011, on retrouve Euclide Tsakalotos (devenu ministre des finances du gouvernement Tsipras, en remplacement de Yanis Varoufakis, &#224; partir de d&#233;but juillet 2015, il a gard&#233; ce portefeuille minist&#233;riel dans le deuxi&#232;me gouvernement Tsipras mis en place fin septembre 2015), Panagiotis Lafazanis (un des principaux dirigeants de la plate-forme de gauche dans Syriza, ministre de l'&#233;nergie dans le gouvernement Tsipras entre janvier et le 16 juillet 2015, leader de l'Unit&#233; populaire, cr&#233;&#233;e fin ao&#251;t 2015 par le secteur qui a quitt&#233; Syriza en s'opposant au 3e m&#233;morandum), Nadia Valavani (membre &#233;galement de la plate-forme de gauche, vice-ministre des finances du 27 janvier au 15 juillet 2015, membre &#233;galement de l'Unit&#233; populaire), Sofia Sakorafa (&#233;lue eurod&#233;put&#233;e Syriza en mai 2014 et si&#233;geant comme ind&#233;pendante depuis septembre 2015 car en d&#233;saccord avec la capitulation), Georges Katrougalos (vice-ministre de la r&#233;forme administrative de janvier 2015 &#224; juillet 2015, devenu ensuite ministre du travail &#224; partir de ao&#251;t 2015, reconduit dans les m&#234;mes fonctions dans le cadre du 2e gouvernement form&#233; par Alexis Tsipras. A partir de novembre 2016, il a occup&#233; la fonction de vice-ministre des affaires &#233;trang&#232;res), Notis Maria (&#233;lu eurod&#233;put&#233; en mai 2014 sur la liste du parti souverainiste de droite Anel, si&#233;geant comme ind&#233;pendant depuis janvier 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis ne mentionne pas non plus la conf&#233;rence internationale r&#233;alis&#233;e &#224; Ath&#232;nes en mars 2011 par Synaspismos (la principale composante de Syriza pr&#233;sid&#233;e par Alexis Tsipras) et par le Parti de la Gauche europ&#233;enne, &#224; laquelle il a pourtant lui-m&#234;me particip&#233;. Au cours de cette conf&#233;rence ont pris la parole Alexis Tsipras, Oskar Lafontaine (ex-ministre social-d&#233;mocrate des Finances en Allemagne, un des fondateurs de Die Linke), Pierre Laurent (dirigeant du PCF et du Parti de la Gauche Europ&#233;enne), Mariana Mortagua du Bloc de Gauche au Portugal, Euclide Tsakalotos, Yannis Dragasakis, moi-m&#234;me et plusieurs autres invit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette conf&#233;rence, ma communication a port&#233; sur les causes de la crise, l'importance vitale de r&#233;duire radicalement la dette par des mesures d'annulation li&#233;es &#224; la r&#233;alisation d'un audit de la dette avec participation citoyenne |8|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait 600 ou 700 participants et plusieurs des communications ont &#233;t&#233; rassembl&#233;es dans un livre publi&#233; en anglais par l'institut Nikos Poulantzas sous le titre The Political Economy of Public Debt and Austerity in the EU |9|. Si je mentionne cette conf&#233;rence, c'est pour indiquer qu'&#224; l'&#233;poque, il &#233;tait &#233;vident de mettre au programme une intervention sur la n&#233;cessit&#233; de l'audit de la dette, th&#232;me qui est totalement &#233;vacu&#233; par Varoufakis, tant dans l'orientation qu'il a d&#233;fendu que dans la narration de ce qui s'est pass&#233; en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2011, la conf&#233;rence internationale d'appui &#224; l'audit citoyen de la dette grecque qui s'est tenue &#224; Ath&#232;nes a remport&#233; un franc succ&#232;s, avec l'affluence de pr&#232;s de 3 000 personnes r&#233;parties sur les 3 jours. Le CADTM faisait partie des organisations qui ont convoqu&#233; cette r&#233;union. Pendant cette conf&#233;rence, j'ai coordonn&#233; le premier panel de discussion auquel ont particip&#233; notamment Nadia Valavani |10|, qui est devenue plus tard vice-ministre des Finances du gouvernement Tsipras 1, et Leonidas Vatikiotis. Le CADTM avait contribu&#233;, avec les organisateurs grecs et d'autres mouvements non grecs, &#224; convaincre un nombre significatif d'organisations d'Europe de soutenir la conf&#233;rence et d'adopter collectivement une d&#233;claration qui garde toute sa valeur (voir encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;claration de la Conf&#233;rence d'Ath&#232;nes sur la dette et l'aust&#233;rit&#233; adopt&#233;e en mai 2011 (extraits)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons &#224; soutenir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'audit d&#233;mocratique des dettes comme un pas concret en direction de la justice en mati&#232;re d'endettement. Les audits de la dette avec participation de la soci&#233;t&#233; civile et du mouvement syndical, tels que l'Audit citoyen de la dette au Br&#233;sil, permettent d'&#233;tablir quelle part de la dette publique sont ill&#233;gales, ill&#233;gitimes, odieuses ou simplement insoutenables. Ils offrent aux travailleurs/euses les connaissances et l'autorit&#233; n&#233;cessaires au refus de payer la dette ill&#233;gitime. Ils encouragent &#233;galement la responsabilit&#233;, la reddition de comptes et la transparence dans l'administration du secteur public. Nous exprimons notre solidarit&#233; avec les audits en Gr&#232;ce et en Irlande et nous tenons pr&#234;ts &#224; y apporter notre aide en termes pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Des r&#233;ponses souveraines et d&#233;mocratiques &#224; la crise de la dette. Les gouvernements doivent r&#233;pondre en premier lieu &#224; leur peuple, et non aux institutions de l'UE ou au FMI. Les peuples de pays comme la Gr&#232;ce doivent d&#233;cider quelles politiques sont &#224; m&#234;me d'am&#233;liorer leurs chances de reprise et de satisfaire leurs besoins sociaux. Les &#201;tats souverains ont le pouvoir d'imposer un moratoire sur le remboursement si la dette d&#233;truit les moyens de subsistance des travailleurs/euses. L'exp&#233;rience de l'&#201;quateur en 2008-9 et de l'Islande en 2010-11 montre qu'il est possible de donner des r&#233;ponses radicales et souveraines au probl&#232;me de la dette, y compris en r&#233;pudiant sa part ill&#233;gitime. La cessation de paiements justifi&#233;e par l'&#233;tat de n&#233;cessit&#233; est m&#234;me reconnue l&#233;gale par des r&#233;solutions de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une restructuration &#233;conomique et une redistribution, pas d'endettement. La domination des politiques n&#233;olib&#233;rales et le pouvoir de la finance internationale ont men&#233; &#224; une croissance faible, des in&#233;galit&#233;s croissantes, et &#224; des crises majeures tout en sapant les processus d&#233;mocratiques. Il est imp&#233;ratif de changer les fondements des &#233;conomies par des programmes de transition qui comprennent le contr&#244;le sur les capitaux, une r&#233;gulation stricte des banques et m&#234;me leur transfert au secteur public, des politiques industrielles qui reposent sur des investissements publics, le contr&#244;le public des secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie et le respect de l'environnement. Le premier objectif doit &#234;tre de prot&#233;ger et d'augmenter l'emploi. Il est aussi crucial que les pays adoptent des politiques redistributives radicales. La base d'imposition doit &#234;tre &#233;tendue et devenir plus progressive en taxant le capital et les riches, permettant ainsi la mobilisation de ressources internes comme alternative &#224; l'endettement. La redistribution doit aussi inclure la restauration des services publics de sant&#233;, d'&#233;ducation, de transport et des retraites ainsi que renverser la pression &#224; la baisse sur les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; des premiers pas vers la satisfaction des besoins et aspirations des travailleurs/euses, mesures qui par ailleurs renverseraient le rapport de forces au d&#233;triment du grand capital et des institutions financi&#232;res. Elles permettraient aux peuples d'Europe, et plus largement du monde entier, de ma&#238;triser davantage leurs moyens de subsistance, leurs vies et le processus politique. Elles offriraient &#233;galement de l'espoir &#224; la jeunesse d'Europe dont l'avenir semble aujourd'hui bien sombre, avec peu d'emplois, des salaires bas et l'absence de perspectives. Pour ces raisons, soutenir la lutte contre la dette en Gr&#232;ce, en Irlande, au Portugal et dans d'autres pays d'Europe est dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs/euses, o&#249; qu'ils/elles se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ath&#232;nes, le 8 mai 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration est sign&#233;e par : Initiative pour une Commission d'audit grecque (ELE)&lt;br class='autobr' /&gt;
European Network on Debt and Development (Eurodad)&lt;br class='autobr' /&gt;
Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers monde (CADTM)&lt;br class='autobr' /&gt;
The Bretton Woods Project, Grande-Bretagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Research on Money and Finance, Grande-Bretagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Debt and Development Coalition Irlande&lt;br class='autobr' /&gt;
Afri - Action from Ireland&lt;br class='autobr' /&gt;
WEED - World Economy Environment Development, Allemagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Jubilee Debt Campaign, Grande-Bretagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Observatorio de la Deuda en la Globalizaci&#243;n, Espagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Declaration-de-la-Conference-d&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Declaration-de-la-Conference-d&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une discussion que Varoufakis et moi avons eue le 9 novembre 2016 &#224; Ath&#232;nes |11|, je lui ai demand&#233; pourquoi il n'avait pas soutenu l'initiative d'audit citoyen de la dette &#224; partir de 2011. Il m'a r&#233;pondu que cette initiative n'&#233;tait pas bonne car elle remettait en cause la l&#233;gitimit&#233; et la l&#233;galit&#233; de la dette. Selon lui, il n'y avait pas lieu de remettre en cause la l&#233;galit&#233; ou la l&#233;gitimit&#233; de la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis a adopt&#233; une position d'&#233;conomiste born&#233; qui ne voit la dette qu'en termes de soutenabilit&#233; financi&#232;re et d'acc&#232;s aux sources de financement. Il n'a pas du tout saisi l'importance de l'audit citoyen. Alors que dans son livre il insiste sur l'importance du mouvement d'occupation des places qui a eu lieu en juin-juillet 2011 en Gr&#232;ce, il ne s'est pas aper&#231;u de l'&#233;cho que l'initiative d'audit citoyen a obtenu au cours de ce puissant mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc &#233;t&#233; t&#233;moin direct du refus de Varoufakis de soutenir l'audit citoyen en 2011 et j'ai constat&#233; sa capacit&#233; &#224; convaincre James Galbraith de ne pas signer l'appel international que nous avions lanc&#233; avec Costas Lapavitsas. Apr&#232;s avoir lu attentivement le livre de Varoufakis, je suis convaincu qu'il est intervenu activement pour convaincre Tsipras, au moins &#224; partir de mai-juin 2012, d'abandonner le soutien &#224; l'audit de la dette et &#224; la revendication de la suspension du paiement de la dette pendant la r&#233;alisation de l'audit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la direction de Syriza et des conseillers &#233;conomiques de Tsipras, plusieurs personnes cl&#233;s &#233;taient &#233;galement oppos&#233;es &#224; l'audit de la dette et &#224; la suspension de paiement. Yannis Dragasakis, un des responsables de Syriza en mati&#232;re &#233;conomique (devenu vice-premier ministre dans les gouvernements Tsipras I et II) n'y &#233;tait pas favorable, il l'avait d&#233;clar&#233; &#224; Giorgos Mitralias lorsque celui-ci avait tent&#233; de le convaincre d&#232;s 2010 de soutenir la perspective de la cr&#233;ation d'une commission d'audit. Georges Stathakis, de l'&#233;quipe d'&#233;conomistes qui entourait Tsipras, avait, de son c&#244;t&#233;, d&#233;clar&#233; &#224; la presse qu'il n'y avait pas de quoi soulever la question de la dette odieuse dans le cas de la Gr&#232;ce car la partie odieuse ne repr&#233;sentait pas plus de 5 % de la dette totale. Stathakis a &#233;t&#233; ministre de l'&#233;conomie dans le gouvernement Tsipras I et pendant un an dans le gouvernement Tsipras II avant de devenir en septembre 2016 ministre de l'&#233;nergie et de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin 2011, renforcement de la collaboration de Varoufakis avec Tsipras et Pappas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2011, Varoufakis a &#233;t&#233; recontact&#233; par Pappas pour avoir un nouvel entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce deuxi&#232;me rendez-vous, comme ceux qui allaient suivre, m'a surpris en bien : Alexis &#233;tait transform&#233;. Finies la complaisance, les luttes internes de Syriza qui l'obs&#233;daient et la d&#233;sinvolture vis-&#224;-vis du Grexit. Il avait fait ses devoirs [&#8230;]. Il m'a m&#234;me annonc&#233; fi&#232;rement qu'il avait engag&#233; un professeur d'anglais et progressait. [&#8230;] L'avantage le plus &#233;vident de ces discussions fut la clarification et la mise au point de notre objectif commun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2012, Varoufakis aide Tsipras &#224; trouver un &#233;cho dans le milieu d&#233;mocrate aux &#201;tats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis, alors qu'il travaillait aux &#201;tats-Unis, a tent&#233; d'ouvrir des portes &#224; Tsipras dans les milieux D&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis explique que son s&#233;jour au Texas &#171; [lui] a aussi permis de construire un pont entre Washington et [ses]nouveaux amis de Syriza, qui n'&#233;taient pas des alli&#233;s naturels des &#201;tats-Unis. &#187; Il explique : &#171; Comme il y avait des chances qu'un gouvernement Syriza provoque un affrontement violent avec l'Allemagne, la Commission europ&#233;enne et la BCE, la derni&#232;re chose dont Alexis et Pappas avaient besoin &#233;tait de se retrouver face &#224; une administration am&#233;ricaine hostile. De 2012 &#224; 2015, gr&#226;ce &#224; l'aide de Jamie Galbraith et &#224; son r&#233;seau, j'ai tout fait pour convaincre les leaders d'opinion am&#233;ricains et l'administration Obama qu'ils n'avaient rien &#224; craindre d'un &#233;ventuel gouvernement Syriza, dont la priorit&#233; serait de lib&#233;rer la Gr&#232;ce d'une dette &#233;crasante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis contre le programme &#233;lectoral de Syriza de mai-juin 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis r&#233;sume sa position :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Je voulais que Syriza pr&#233;sente un programme simple, progressiste, pro-europ&#233;en, coh&#233;rent et non populiste, un socle sur lequel on pourrait b&#226;tir l'image d'un gouvernement cr&#233;dible, qui n&#233;gocierait un autre plan avec l'UE et le FMI. Alexis et Pappas inclinaient vers un programme politique diff&#233;rent, qui optimisait les gains &#233;lectoraux &#224; court terme aux d&#233;pens (d'apr&#232;s moi) d'une coh&#233;rence logique &#224; long terme. En 2012, quand j'ai d&#233;couvert la partie politique &#233;conomique du manifeste &#233;lectoral de Syriza, j'&#233;tais tellement irrit&#233; que je ne suis pas all&#233; jusqu'au bout. Le lendemain, un journaliste de la t&#233;l&#233;vision grecque m'a demand&#233; de le commenter. J'ai dit que j'aurais tendance &#224; soutenir Syriza, mais je ne voterais pour eux que si je pouvais modifier le programme &#233;conomique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que contenait le programme &#233;lectoral de Syriza qui irritait tant Varoufakis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de Syriza en 40 points pour les &#233;lections du 6 mai 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de Syriza &#233;tait clairement radical, il contenait une quarantaine de points. Le premier point portait sur la dette et &#233;tait libell&#233; comme suit : Audit de la dette publique, ren&#233;gociation des int&#233;r&#234;ts &#224; payer et suspension des paiements jusqu'&#224; ce que la croissance &#233;conomique et la cr&#233;ation d'emplois aient repris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres mesures, on peut mettre en exergue, &#224; c&#244;t&#233; d'une s&#233;rie de mesures d'urgence pour faire face &#224; la crise humanitaire : l'augmentation de l'imp&#244;t sur le revenu &#224; 75 % de pr&#233;l&#232;vement sur tous les revenus sup&#233;rieurs &#224; 500 000 euros ; l'augmentation des imp&#244;ts sur les grandes entreprises ; l'abolition des privil&#232;ges financiers de l'&#201;glise et des armateurs ; la r&#233;duction drastique des d&#233;penses militaires ; l'augmentation du salaire minimum afin de le ramener au niveau d'avant le m&#233;morandum de 2010 (soit 750 euros par mois) ; l'utilisation des b&#226;timents du gouvernement, des banques et de l'&#201;glise pour les sans-abri ; la nationalisation des banques ; la nationalisation des entreprises publiques qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;es dans des secteurs strat&#233;giques pour la croissance du pays ; des mesures pour restaurer les droits des travailleurs et les am&#233;liorer ; l'adoption de r&#233;formes constitutionnelles pour garantir la s&#233;paration de l'&#201;glise et l'&#201;tat ; la r&#233;alisation de r&#233;f&#233;rendums sur les trait&#233;s et autres accords avec l'Europe ; l'abolition des privil&#232;ges pour les d&#233;put&#233;s ; la suppression de l'immunit&#233; pour les ministres et l'autorisation pour les tribunaux d'engager des poursuites contre des membres du gouvernement ; des mesures de protection des r&#233;fugi&#233;s et des migrants ; l'augmentation du financement de la sant&#233; publique de mani&#232;re &#224; l'amener &#224; la moyenne europ&#233;enne (la moyenne europ&#233;enne est de 6 % du PIB tandis qu'en Gr&#232;ce elle &#233;tait de 3 %) ; la gratuit&#233; des soins de sant&#233; publics nationaux ; la nationalisation des h&#244;pitaux priv&#233;s ; l'&#233;limination de la participation du secteur priv&#233; dans le syst&#232;me national de sant&#233; ; le retrait des troupes grecques de l'Afghanistan et des Balkans ; l'abolition de la coop&#233;ration militaire avec Isra&#235;l ; le soutien &#224; la cr&#233;ation d'un &#201;tat palestinien dans les fronti&#232;res de 1967 ; la n&#233;gociation d'un accord stable avec la Turquie et last but not least : la fermeture de toutes les bases &#233;trang&#232;res en Gr&#232;ce et retrait de l'OTAN |12|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce programme, Syriza, qui ajoute le mot d'ordre &#171; Pas de sacrifice pour l'euro &#187;, voit multiplier par 4 son r&#233;sultat &#233;lectoral entre 2009 et mai 2012, passant de 4 % &#224; 16 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de Syriza de 2012 est tout &#224; fait int&#233;ressant et utile. Il contient les principales mesures &#224; mettre effectivement en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait n&#233;anmoins des points faibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'y a pas de hi&#233;rarchisation dans les 40 points, or il s'agit d'avancer ce qu'un gouvernement fera en premier (disons dans les 100 ou les 200 premiers jours). Le programme n'est pas pr&#233;sent&#233; de mani&#232;re op&#233;rationnelle. Or il est important de pr&#233;senter une feuille de route pr&#233;cisant comment ce gouvernement pr&#233;voyait de r&#233;aliser les objectifs fix&#233;s. Dans ce cas, il est aussi important de pr&#233;senter un plan A et un plan B. Le plan A est le premier qui sera appliqu&#233; et le plan B est une solution de recours si plusieurs obstacles emp&#234;chent la r&#233;alisation du plan A. Exemple : le plan A propose une r&#233;duction tr&#232;s importante de la dette passant par un accord &#224; l'amiable avec les cr&#233;anciers (c'est ce que proposait le programme de Thessalonique adopt&#233; en 2014 &#8211; voir plus loin). Si les cr&#233;anciers du pays refusent cette r&#233;duction radicale de la dette, il s'agit de dire dans les grandes lignes ce que ferait le gouvernement dans le cadre d'un plan B (suspension du paiement de la dette, audit de la dette &#224; participation citoyenne, mesures cibl&#233;es de r&#233;pudiation de dette &#8211; voir plus loin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On y affirme la n&#233;cessit&#233; de r&#233;formes constitutionnelles, mais sans dire s'il faut convoquer des &#233;lections g&#233;n&#233;rales pour &#233;lire une assembl&#233;e constituante. Or, se prononcer sur la mani&#232;re de r&#233;aliser des r&#233;formes constitutionnelles est tr&#232;s important. Ce n'est pas du tout la m&#234;me chose de trouver une majorit&#233; qualifi&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du parlement tel qu'il est constitu&#233; que de d'initier une d&#233;marche ouverte &#224; toute la soci&#233;t&#233; en passant par la convocation d'une assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de mai 2012 en Gr&#232;ce ne permettent pas &#224; un parti ou &#224; une coalition de partis de constituer un gouvernement, ce qui conduit &#224; de nouvelles &#233;lections d&#232;s le mois de juin 2012. Entre les deux &#233;lections, Tsipras avance 5 propositions concr&#232;tes pour entamer des n&#233;gociations avec les partis oppos&#233;s &#224; la Tro&#239;ka (sauf Aube dor&#233;e qui, bien qu'oppos&#233; au m&#233;morandum, est exclu) : 1. l'abolition de toutes les mesures antisociales (y compris les r&#233;ductions des salaires et des retraites) ; 2. l'abolition de toutes les mesures qui ont r&#233;duit les droits des travailleurs en mati&#232;re de protection et de n&#233;gociation ; 3. l'abolition imm&#233;diate de l'immunit&#233; des parlementaires et la r&#233;forme du syst&#232;me &#233;lectoral ; 4. un audit des banques grecques ; 5. la mise sur pied d'une commission internationale d'audit de la dette combin&#233;e &#224; la suspension du paiement de la dette jusqu'&#224; la fin des travaux de cette commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections de juin 2012, Syriza a obtenu 26,5 % des voix avec cette orientation radicale que remettait en cause Varoufakis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; le d&#233;saccord de Varoufakis avec le programme de Syriza de 2012, Tsipras et Pappas lui demandent de r&#233;diger un programme de gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les deux &#233;lections, Varoufakis a &#233;t&#233; recontact&#233; par Pappas et une nouvelle rencontre a lieu avec Tsipras. Pappas lui d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8211; Tu te rends compte, que, si on gagne, c'est toi qui va mener les n&#233;gociations avec l'UE et le FMI ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pappas demande &#224; Varoufakis de pr&#233;parer un document expliquant les grandes lignes de la meilleure strat&#233;gie de n&#233;gociation au cas o&#249; Syriza remporterait les &#233;lections le 17 juin, trois semaines plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis se met au travail le soir m&#234;me et il d&#233;veloppe l'id&#233;e que le capital des banques grecques doit passer sous contr&#244;le europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Varoufakis, il convenait de transformer &#171; les contribuables europ&#233;ens en propri&#233;taires des banques grecques : de facto les banques ne seraient plus sous la responsabilit&#233; de l'Etat, mais soutenues par le peuple europ&#233;en ; et en demandant aux institutions europ&#233;ennes de les g&#233;rer pour eux. C'&#233;tait la seule fa&#231;on de restaurer la confiance dans les banques. &#187; Comme indiqu&#233; dans la premi&#232;re partie de cette s&#233;rie, en proposant de transf&#233;rer &#224; l'UE les actions d&#233;tenues par les pouvoirs publics grecs dans les banques du pays, Varoufakis r&#233;alisait un pas suppl&#233;mentaire et dramatique vers l'abandon complet de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Varoufakis, cela faciliterait la restructuration de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoutait une seconde proposition : &#171; Deuxi&#232;mement, tout remboursement de la dette &#224; l'UE et au FMI devait &#234;tre soumis &#224; une condition : que la relance du pays soit un minimum av&#233;r&#233;e. C'&#233;tait la seule fa&#231;on de permettre &#224; l'&#233;conomie nationale de red&#233;marrer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de pr&#233;ciser que pour Varoufakis la suspension du paiement de la dette envisag&#233;e plus haut fait partie de la n&#233;gociation. Cette suspension devait &#234;tre autoris&#233;e par les cr&#233;anciers et ne pas constituer un acte souverain. Varoufakis poursuit l'&#233;vocation de sa chim&#232;re : &#171; S'ils &#233;taient activ&#233;s de concert, ces deux leviers de restructuration annonceraient une nouvelle &#232;re : l'UE et le FMI ne seraient plus comme Ebenezer Scrooge, l'avare du Conte de No&#235;l de Dickens. Ce seraient de vrais partenaires, engag&#233;s &#224; promouvoir le r&#233;tablissement de la Gr&#232;ce, sans lequel leurs pr&#234;ts de renflouement seraient de toute fa&#231;on largement d&#233;cot&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de suspendre unilat&#233;ralement le paiement de la dette, Varoufakis propose de refuser tout nouveau cr&#233;dit : &#171; si vous &#234;tes pr&#234;ts &#224; proposer des conditions raisonnables et sens&#233;es, tout en refusant de nouveaux pr&#234;ts [&#8230;], l'UE et le FMI accepteront de s'asseoir autour d'une table avec vous &#8211; &#231;a leur co&#251;tera trop cher de refuser, financi&#232;rement et politiquement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tsipras dubitatif face &#224; la proposition de Varoufakis concernant les banques grecques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8211; Tu voudrais que j'annonce qu'on file les banques grecques aux &#233;trangers ? Comment veux-tu que je vende &#231;a &#224; Syriza ? &#187; lui a demand&#233; Tsipras au cours d'une rencontre ult&#233;rieure au QG du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8211; C'est exactement ce que tu dois faire. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt; Alexis a pig&#233;. Ce qui ne veut pas dire que l'id&#233;e lui plaisait. D'autant que le comit&#233; central de Syriza penchait naturellement vers la nationalisation des banques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tsipras objecta quand m&#234;me qu' &#171; un gouvernement qui n'aurait aucun pouvoir sur les banques commerciales op&#233;rant en Gr&#232;ce ne pourrait jamais mettre en &#339;uvre une politique industrielle ni un plan de d&#233;veloppement et de reconstruction. Comment faire avaler la pilule au comit&#233; central ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Varoufakis, voyant que Tsipras &#171; avait marqu&#233; un point &#187;, r&#233;torqua : &#171; Comme nous sommes de vrais internationalistes et de vrais Europ&#233;ens progressistes, nous arracherons les banques en faillite aux Grecs corrompus pour les confier aux Europ&#233;ens ordinaires, aux citoyens qui injectent leur argent dans ces banques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contacts d&#233;crits par Varoufakis ont eu lieu apr&#232;s les &#233;lections g&#233;n&#233;rales qui se sont tenues le 6 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu l'impossibilit&#233; de constituer un gouvernement, de nouvelles &#233;lections g&#233;n&#233;rales ont &#233;t&#233; convoqu&#233;es pour le 17 juin 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis explique que, lorsqu'il prend connaissance du discours de Tsipras du 24 mai dans lequel celui-ci d&#233;taille la politique &#233;conomique de Syriza, il se rend compte qu'un ab&#238;me s&#233;pare ce qui &#233;tait propos&#233; et ce qui pouvait &#234;tre concr&#232;tement mis en &#339;uvre dans la zone euro. &#171; Dans l'heure qui a suivi, j'ai envoy&#233; un mail cuisant &#224; Alexis et Pappas en soulignant tous les d&#233;fauts de construction de leurs promesses [&#8230;]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tsipras prend un tournant &#224; droite qui le rapproche un peu plus de Varoufakis apr&#232;s les &#233;lections de mai &#8211; juin 2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'apporte ma contribution au r&#233;cit de Varoufakis sur la base du contact direct que j'ai eu avec Tsipras en octobre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'espace de quelques mois, l'engagement &#224; r&#233;aliser un audit de la dette et &#224; suspendre le paiement pendant sa r&#233;alisation a progressivement disparu du discours de Tsipras et des autres dirigeants de Syriza. Cela s'est fait discr&#232;tement et la cinqui&#232;me mesure propos&#233;e par Tsipras en mai 2012 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la proposition de r&#233;unir une conf&#233;rence europ&#233;enne pour, notamment, r&#233;duire la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'une entrevue avec Tsipras, d&#233;but octobre 2012, mes doutes sur son changement d'orientation ont &#233;t&#233; confirm&#233;s. Deux jours avant, le Wall Street Journal avait publi&#233; les notes secr&#232;tes de la r&#233;union du FMI du 9 mai 2010 qui indiquaient explicitement qu'une dizaine de membres de la direction du FMI (comprenant 24 membres) &#233;tait contre le M&#233;morandum en assumant que cela n'allait pas marcher, parce que c'&#233;tait un sauvetage des banques fran&#231;aises et allemandes et non un plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce. J'ai dit &#224; Tsipras et &#224; son conseiller &#233;conomique : &#171; Vous avez l&#224; un argument en b&#233;ton pour aller contre le FMI, parce que si on a la preuve que le FMI savait que son programme ne pouvait pas marcher et savait que la dette ne serait pas soutenable, on a le mat&#233;riau permettant de porter le fer sur l'ill&#233;gitimit&#233; et l'ill&#233;galit&#233; de la dette. &#187; Tsipras m'a r&#233;pondu : &#171; Mais &#233;coute&#8230; le FMI prend ses distances par rapport &#224; la Commission europ&#233;enne. &#187; J'ai bien vu qu'il avait en t&#234;te que le FMI pourrait &#234;tre un alli&#233; de Syriza au cas o&#249; Syriza acc&#233;derait au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;galement dit &#224; Tsipras que j'avais constat&#233; qu'il ne parlait plus des cinq propositions qu'il avait avanc&#233;es comme prioritaires apr&#232;s les &#233;lections de mai 2012 et que la question de l'audit n'&#233;tait plus mise en avant. Il m'a r&#233;pondu sans conviction qu'il maintenait ces cinq propositions et qu'il ne fallait pas s'en faire l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Tsipras et moi avons donn&#233; une conf&#233;rence publique devant 3 000 personnes lors du premier festival de la jeunesse de Syriza. Je me suis rendu compte que mon discours qui insistait sur la n&#233;cessit&#233; d'adopter une orientation radicale &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne n'&#233;tait pas appr&#233;ci&#233; par lui |13|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu que c'est apr&#232;s les &#233;lections de mai-juin 2012 que Tsipras et Pappas ont vraiment fait le choix de miser sur Varoufakis pour faire partie d'un gouvernement. Jusque-l&#224;, ils le rencontraient pour puiser des id&#233;es et ensuite r&#233;fl&#233;chir tous les deux sur la fa&#231;on de s'&#233;manciper des d&#233;cisions de Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis revient sur sa collaboration avec Tsipras et Pappas d&#233;but 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis raconte qu'il a r&#233;dig&#233; le discours que Tsipras a prononc&#233; &#224; la Brookings Institution, un think tank bas&#233; &#224; Washington, assez proche des D&#233;mocrates. Varoufakis r&#233;sume le discours en deux points. Premi&#232;rement, Syriza &#233;tait un parti pro-europ&#233;en qui ferait tout pour que la Gr&#232;ce reste dans la zone euro ; pour rester dans la zone euro et pour que celle-ci survive, il fallait un nouveau plan dont la priorit&#233; des priorit&#233;s &#233;tait la restructuration de la dette, suivie par des r&#233;formes qui mineraient l'emprise de l'oligarchie grecque sur l'&#233;conomie. Deuxi&#232;mement, les &#201;tats-Unis n'avaient rien &#224; craindre de la politique &#233;conomique ou &#233;trang&#232;re d'un &#233;ventuel gouvernement Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation d&#233;fendue par Varoufakis et assum&#233;e par Tsipras &#233;tait clairement en opposition au programme de Syriza qui promettait la sortie de la Gr&#232;ce de l'Otan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis rencontre l'&#233;quipe des &#233;conomistes de Syriza en mai 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2013, &#224; Ath&#232;nes, Varoufakis fait connaissance avec l'&#233;quipe d'&#233;conomistes de Tsipras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Outre Pappas et Dragasakis, ministre des Finances fant&#244;me, elle comprenait deux autres d&#233;put&#233;s Syriza que je connaissais et que j'aimais bien : Euclide Tsakalotos, coll&#232;gue et ami de l'Universit&#233; d'Ath&#232;nes, et George Stathakis, professeur d'&#233;conomie de l'Universit&#233; de Cr&#232;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il explique qu'il leur a soumis la proposition de programme que Tsipras lui avait demand&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ils &#233;taient tous en &#233;bullition, ce qui montrait que j'avais r&#233;ussi &#224; dissuader Alexis de viser le Grexit et de le brandir comme une menace. J'ai perdu beaucoup d'amis de la gauche au sens large et de Syriza, qui ne m'ont jamais pardonn&#233; d'avoir contribu&#233; &#224; exclure le Grexit des objectifs de Syriza. En revanche, la garde rapproch&#233;e des &#233;conomistes d'Alexis avait &#224; c&#339;ur de trouver une solution viable au sein de la zone euro. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle &#171; conf&#233;rence de Londres &#187; ? L'espoir de coop&#233;ration internationale versus &#171; l'action souveraine unilat&#233;rale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens avec un t&#233;moignage personnel qui a trait &#224; la deuxi&#232;me r&#233;union de travail que j'ai eue avec Tsipras. Elle s'est d&#233;roul&#233;e &#224; Ath&#232;nes fin octobre dans son bureau de d&#233;put&#233; dans l'enceinte du parlement grec. Une des initiatives que souhaitait prendre Alexis Tsipras &#233;tait de convoquer une grande conf&#233;rence internationale sur la r&#233;duction de la dette &#224; Ath&#232;nes en mars 2014. Tsipras, sous la pression de Sofia Sakorafa, qui &#233;tait d&#233;put&#233;e Syriza depuis 2012, m'a rencontr&#233; une nouvelle fois en octobre 2013 et m'a demand&#233; de contribuer &#224; la tenue d'une telle conf&#233;rence en convaincant une s&#233;rie de personnalit&#233;s internationales de r&#233;pondre positivement &#224; l'invitation. J'ai dress&#233; une liste de participants et nous en avons discut&#233; avec Alexis Tsipras, Sofia Sakorafa et Dimitri Vitsas, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Syriza &#224; l'&#233;poque. J'avais propos&#233; d'inviter &#224; cette conf&#233;rence des personnalit&#233;s comme Rafael Correa, Diego Borja (ex-directeur de la Banque centrale de l'&#201;quateur), Joseph Stiglitz, Noam Chomsky, Susan George, David Graeber, Naomi Klein&#8230; ainsi que des membres de la commission d'audit de la dette &#233;quatorienne qui avaient travaill&#233; avec moi en 2007 et 2008. J'ai remarqu&#233; que sur la liste que j'avais dress&#233;e, Rafael Correa ne l'int&#233;ressait pas du tout. Par contre, il aurait voulu l'ex-pr&#233;sident du Br&#233;sil, Lula, et la pr&#233;sidente de l'Argentine, Cristina Fernandez. Pour lui, l'&#201;quateur, c'&#233;tait trop radical. Et, bien s&#251;r, il voulait Joseph Stiglitz et James Galbraith, ce qui &#233;tait justifi&#233;. Mais, dans sa t&#234;te, ce n'&#233;tait pas du tout pour cr&#233;er une commission d'audit, c'&#233;tait pour convoquer les diff&#233;rents pays membres de l'Union europ&#233;enne &#224; une conf&#233;rence europ&#233;enne sur la dette, &#224; l'image de l'accord de Londres de 1953, lorsque les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ont conc&#233;d&#233; une r&#233;duction de dette tr&#232;s importante &#224; l'Allemagne de l'Ouest et des conditions de remboursement tr&#232;s avantageuses. Je lui ai dit qu'il n'y avait aucune chance que cela se r&#233;alise. Comme dirigeant de Syriza, il avait parfaitement la l&#233;gitimit&#233; d'avancer ce plan A, mais il &#233;tait impensable que Draghi, Hollande, Merkel, Rajoy y consentent. Je lui ai dit qu'il fallait un plan B, dans lequel il devait y avoir la commission d'audit. Je l'ai &#233;galement d&#233;clar&#233; dans la presse grecque. Voici un extrait de mon interview que le Quotidien des R&#233;dacteurs, proche de Syriza, a publi&#233; en octobre 2014 quasiment le jour o&#249; la r&#233;union avec Tsipras a eu lieu. Le journaliste m'avait demand&#233; ce que je pensais de la conf&#233;rence europ&#233;enne sur la dette que proposait Alexis Tsipras en se basant sur la conf&#233;rence de Londres de 1953 et j'ai r&#233;pondu : &#171; Il s'agit donc d'une demande l&#233;gitime [&#8230;] mais vous ne pourrez pas convaincre les gouvernements des principales &#233;conomies europ&#233;ennes et les institutions de l'UE de le faire. Mon conseil est le suivant : la derni&#232;re d&#233;cennie nous a montr&#233; qu'on peut arriver &#224; des solutions &#233;quitables en appliquant des actes souverains unilat&#233;raux. Il faut d&#233;sob&#233;ir aux cr&#233;anciers qui r&#233;clament le paiement d'une dette ill&#233;gitime et imposent des politiques qui violent les droits humains fondamentaux, lesquels incluent les droits &#233;conomiques et sociaux des populations. Je pense que la Gr&#232;ce a de solides arguments pour agir et pour former un gouvernement qui serait soutenu par les citoyens et qui explorerait les possibilit&#233;s dans ce sens. Un tel gouvernement populaire et de gauche pourrait organiser un comit&#233; d'audit de la dette avec une large participation citoyenne, qui permettrait de d&#233;terminer quelle partie de la dette est ill&#233;gale et odieuse, suspendrait unilat&#233;ralement les paiements et r&#233;pudierait ensuite la dette identifi&#233;e comme ill&#233;gitime, odieuse et/ou ill&#233;gale |14|. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Alexis Tsipras m'a propos&#233; de pr&#233;parer avec lui et Pierre Laurent, pr&#233;sident &#224; l'&#233;poque du Parti de la Gauche europ&#233;enne, une conf&#233;rence europ&#233;enne dont un des th&#232;mes serait la dette. Elle devait se tenir en mars 2014 &#224; Ath&#232;nes. Cela ne s'est pas concr&#233;tis&#233; car, lors d'une r&#233;union tenue en d&#233;cembre 2013 &#224; Madrid, le Parti de la Gauche europ&#233;enne a d&#233;cid&#233; de convoquer une conf&#233;rence &#224; Bruxelles, &#224; la place d'Ath&#232;nes, au printemps 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette conf&#233;rence de Bruxelles qui a eu tr&#232;s peu de r&#233;percussions et o&#249; &#233;taient pr&#233;sents entre autres Alexis Tsipras, Pierre Laurent ainsi que Gabi Zimmer (membre de Die Linke et pr&#233;sidente du groupe parlementaire de la GUE/NGL au parlement europ&#233;en), j'ai particip&#233; comme conf&#233;rencier &#224; un panel avec Euclide Tsakalotos qui allait devenir le ministre des Finances d'Alexis Tsipras &#224; partir de juillet 2015 |15|. Je me suis rendu compte d&#232;s ce moment que Tsakalotos n'&#233;tait absolument pas favorable &#224; un plan B portant sur la dette, les banques, la fiscalit&#233;. Son plan &#233;tait de n&#233;gocier &#224; tout prix avec les institutions europ&#233;ennes pour obtenir une r&#233;duction de l'aust&#233;rit&#233; sans recourir &#224; la suspension de paiement de la dette et &#224; l'audit. Lors de cette conf&#233;rence, j'ai de nouveau argument&#233; en faveur d'un plan B qui devait inclure l'audit et la suspension de paiement de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion sur la n&#233;cessit&#233; d'un plan B ne date donc pas de 2015, elle remonte clairement aux ann&#233;es 2013-2014. Le noyau dirigeant autour de Tsipras a d&#233;cid&#233; d'exclure la pr&#233;paration d'un plan B et s'est accroch&#233; &#224; un plan A irr&#233;alisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au r&#233;cit pr&#233;sent&#233; par Varoufakis. Quelques jours apr&#232;s la rencontre que j'ai eue fin octobre &#224; Ath&#232;nes avec Tsipras, celui-ci s'est rendu au Texas &#224; un s&#233;minaire organis&#233; par Varoufakis et son ami et coll&#232;gue James Galbraith.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2013, Varoufakis organise la venue de Tsipras &#224; l'universit&#233; Lyndon B. Johnson &#224; Austin, au Texas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; En novembre 2013, Jamie et moi avons organis&#233; un colloque de deux jours &#224; l'Universit&#233; du Texas sur le th&#232;me &#171; La zone euro peut-elle &#234;tre sauv&#233;e ? &#187; Alexis, Pappas et Stathakis, tr&#232;s attendus, devaient intervenir. Le but &#233;tait de pr&#233;senter les trois dirigeants de Syriza &#224; quelques figures des &#233;lites europ&#233;enne et am&#233;ricaine, &#224; des dirigeants de syndicats, des universitaires et des journalistes. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au cours du colloque, Pappas et lui ont assist&#233; &#224; un d&#233;bat particuli&#232;rement houleux entre ma pomme et Heiner Flassbeck, un &#233;conomiste allemand de gauche, ancien ministre des Finances du gouvernement Schroeder. Flassbeck affirmait qu'il &#233;tait impossible de lib&#233;rer la Gr&#232;ce de sa prison pour dettes tout en la maintenant dans la zone euro. Un gouvernement Syriza devait viser le Grexit, disait-il, en tout cas c'&#233;tait la meilleure menace &#224; brandir contre ses cr&#233;anciers &#8211; c'&#233;tait d'ailleurs le point de vue de la Plateforme de gauche, une faction de Syriza qui comptait parmi ses membres un tiers du comit&#233; central du parti. Ce jour-l&#224;, &#224; Austin, j'ai acquis la conviction qu'Alexis n'&#233;tait pas d'accord avec cette analyse ; si quelqu'un mena&#231;ait le pays du Grexit, &#231;a devait &#234;tre la tro&#239;ka, pas Syriza. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juin 2014, nouvelle rencontre avec l'&#233;quipe des &#233;conomistes de Tsipras&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce mois de juin 2014, rentr&#233; en Gr&#232;ce pour les vacances d'&#233;t&#233;, j'ai retrouv&#233; Alexis et sa petite bande d'&#233;conomistes pour les pr&#233;venir qu'une nouvelle menace se profilait. &#187; Varoufakis explique qu'il les a mis en garde contre l'action que la BCE comptait mener &#224; partir de d&#233;but 2015 : fermer le robinet des liquidit&#233;s aux banques de certains pays de la zone euro et ne leur ouvrir que le robinet des liquidit&#233;s d'urgence. Cela visait notamment la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Deux jours plus tard, j'ai eu un nouveau rendez-vous avec Alexis et Pappas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Tu te rends compte que tu es le seul &#224; pouvoir superviser la mise en &#339;uvre de la strat&#233;gie que tu proposes ? m'a demand&#233; Pappas. Tu es pr&#234;t ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Varoufakis continue : &#171; Une semaine plus tard, Wassily Kafouros, un ami que j'avais connu quand j'&#233;tais &#233;tudiant en Angleterre, a sem&#233; de nouveaux doutes dans mon esprit. D'apr&#232;s lui, j'&#233;tais la derni&#232;re personne &#224; ignorer que Dragasakis &#233;tait extr&#234;mement proche des banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Quelle preuve tu as, Wassily ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Je n'ai pas de preuves mais &#231;a se sait, il est connu pour entretenir d'excellentes relation avec les banquiers, depuis son passage au Parti.&lt;br class='autobr' /&gt; Je pensais que c'&#233;tait une accusation infond&#233;e &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis montrait clairement sa m&#233;connaissance de Syriza et de ses dirigeants. En effet, Dragasakis avait depuis des ann&#233;es des liens avec les banquiers. Lui-m&#234;me avait &#233;t&#233; administrateur d'une banque commerciale de taille moyenne. Il fait en quelque sorte le pont entre Ts&#237;pras et les banquiers. Syriza &#233;tait une formation nouvelle, et donc ses leaders politiques avaient relativement peu d'enracinement dans les sph&#232;res &#233;tatiques &#8211; contrairement, par exemple, au PASOK dont l'histoire est li&#233;e &#224; la R&#233;publique et &#224; la gestion des affaires de l'&#201;tat. Alors qu'avant janvier 2015, parmi les dirigeants de Syriza, aucun n'avait occup&#233; une fonction dans l'&#201;tat, le seul &#224; avoir &#233;t&#233; ministre &#224; un moment donn&#233;, pendant quelques mois en 1989, &#233;tait... Dragasakis. Il s'agissait d'un gouvernement de coalition entre le parti de droite Nouvelle d&#233;mocratie et le Parti communiste (KKE) dont Dragasakis faisait partie &#224; l'&#233;poque. Dragasakis &#233;tait clairement oppos&#233; &#224; ce qu'on touche aux int&#233;r&#234;ts des banques priv&#233;es grecques, il &#233;tait &#233;galement oppos&#233; &#224; l'audit de la dette et &#224; une suspension de paiement. Il &#233;tait favorable au maintien dans la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ao&#251;t 2014, les doutes sur Dragasakis et la volont&#233; de changer le programme de Syriza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 2014, Varoufakis finit par faire part de ses doutes sur Dragasakis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8211; Ecoute, Alexis, j'ai entendu dire que Dragasakis est extr&#234;mement proche des banques. Et, plus g&#233;n&#233;ralement, qu'il ferait semblant de trouver une issue, alors qu'il cherche &#224; maintenir le statu quo.&lt;br class='autobr' /&gt; Il ne m'a pas r&#233;pondu tout de suite. Il a regard&#233; au loin vers le P&#233;loponn&#232;se avant de se retourner en l&#226;chant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Non, je ne pense pas. C'est bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'&#233;tais d&#233;concert&#233; par son laconisme. Est-ce parce qu'il avait aussi des doutes mais pr&#233;f&#233;rait croire &#224; la probit&#233; d'un camarade plus &#226;g&#233; ? &#201;tait-ce une fa&#231;on d'ignorer ma question ? Aujourd'hui encore je ne sais pas. Sur le moment il m'a dit que je n'avais pas le choix : de toute fa&#231;on, je serais amen&#233; &#224; jouer un r&#244;le essentiel dans les n&#233;gociations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis confirme que Tsipras peut compter sur lui mais pose une condition : il veut pouvoir intervenir dans l'&#233;laboration du programme &#233;conomique de Syriza avant les &#233;lections. Tsipras accepte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Varoufakis : contre le programme de Thessalonique de septembre 2014&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un mois plus tard, j'&#233;tais &#224; Austin quand j'ai entendu aux informations qu'Alexis avait pr&#233;sent&#233; les grandes lignes de la politique &#233;conomique de Syriza dans un discours &#224; Thessalonique. Surpris, je me suis procur&#233; le texte et je l'ai lu. Une vague de naus&#233;e et d'indignation m'a submerg&#233;. &#187; Varoufakis fait une d&#233;claration publique pour critiquer durement le programme et s'attend &#224; ce que cela mette fin &#224; la collaboration avec Tsipras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup de th&#233;&#226;tre, Pappas lui t&#233;l&#233;phone, gai comme un pinson, comme si de rien n'&#233;tait en lui proposant une nouvelle rencontre. Varoufakis exprime son &#233;tonnement et Pappas lui r&#233;pond : &#171; &#8211; Arr&#234;te, &#231;a ne change rien. Le Programme de Thessalonique &#233;tait un cri de ralliement pour nos troupes. Pas plus. On compte sur toi pour mettre en forme le vrai programme &#233;conomique de Syriza. &#187; Varoufakis consent dans ces conditions &#224; poursuivre la collaboration et finira par accepter de devenir ministre des Finances. Il explique qu'&#224; la r&#233;union au cours de laquelle il a donn&#233; son accord, l'&#233;change suivant a eu lieu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &#8211; Comme vous le savez, j'ai de s&#233;rieuses r&#233;serves sur le Programme de Thessalonique. J'ai m&#234;me tr&#232;s peu de respect pour ce programme. Puisqu'il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; au peuple grec comme votre profession de foi &#233;conomique, je ne vois pas comment je pourrais, en toute honn&#234;tet&#233;, endosser la responsabilit&#233; de le mettre en &#339;uvre en tant que ministre des Finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pappas a saut&#233; sur l'occasion pour me dire et me redire qu'en aucun cas je ne devais consid&#233;rer ce programme comme une contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Tu n'es m&#234;me pas membre de Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; D'accord, mais vous ne vous attendez pas &#224; ce que je le devienne si j'accepte le poste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; Non, en aucune fa&#231;on, est intervenu Alexis, dont la r&#233;ponse &#233;tait tr&#232;s &#233;tudi&#233;e. Je ne veux pas que tu sois membre de Syriza. Je ne veux pas que tu p&#226;tisses des prises de d&#233;cision collectives longues et alambiqu&#233;es du parti. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varoufakis &#233;tait un &#233;lectron libre, sans influence dans Syriza (il n'en &#233;tait pas membre). Tsipras consid&#233;rait qu'il pourrait, en cas de n&#233;cessit&#233;, le d&#233;missionner sans provoquer de grands remous dans le parti. Le profil de Varoufakis correspondait au casting d&#233;fini par Tsipras et Pappas : &#233;conomiste universitaire, brillant, bon communicateur maniant la provocation et la conciliation avec le sourire, dominant parfaitement l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexis Tsipras a d&#233;cid&#233; de fonctionner en petit comit&#233; dans le dos de son propre parti plut&#244;t que de mettre en pratique une orientation politique d&#233;cid&#233;e de mani&#232;re collective au sein de Syriza et approuv&#233;e d&#233;mocratiquement par la population grecque. Nommer Yanis Varoufakis ministre des Finances et lui recommander de ne pas devenir membre de Syriza correspondait &#224; une logique de gouvernance technocratique selon laquelle la responsabilit&#233; de Varoufakis ne pourrait &#234;tre engag&#233;e ni devant Syriza, ni devant les &#233;lecteurs grecs, mais uniquement devant Alexis Tsipras et son petit cercle. Il est &#233;vident que l'absence de participation populaire et de m&#233;canismes d&#233;mocratiques dans l'&#233;laboration de l'orientation politique allait &#224; l'encontre de la n&#233;cessit&#233;, pour un gouvernement de gauche, de faire appel &#224; la mobilisation populaire afin de mettre en pratique le programme politique radical sur lequel il s'&#233;tait fait &#233;lire. Le rappel des &#233;v&#233;nements intervenus entre 2011 et fin 2014 est indispensable pour comprendre ce qui s'est pass&#233; apr&#232;s la victoire &#233;lectorale de Syriza en janvier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de la troisi&#232;me partie de la s&#233;rie &#171; Le r&#233;cit de la crise grecque par Yanis Varoufakis : un t&#233;moignage accablant pour lui-m&#234;me &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 3, p. 57. Toutes les citations proviennent des chapitres 3 et 4. Le livre va para&#238;tre &#224; l'automne 2017 en fran&#231;ais chez l'&#233;diteur Les Liens qui Lib&#232;rent. N'h&#233;sitez pas &#224; passer commande chez votre libraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Voir le texte de cette lettre dans James K. Galbraith, Crise grecque, trag&#233;die europ&#233;enne, Le Seuil, 2016, &lt;a href=&#034;http://www.seuil.com/ouvrage/crise-grecque-tragedie-europeenne-james-k-galbraith/9782021314847&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.seuil.com/ouvrage/crise-grecque-tragedie-europeenne-james-k-galbraith/9782021314847&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| &#171; Ouvrez les livres de comptes de la dette publique ! &#187; &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Ouvrez-les-livres-de-compte-de-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Ouvrez-les-livres-de-compte-de-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Commission-Internationale-d-audit&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Commission-Internationale-d-audit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| En 2011, Ethnos tis Kyriakis, de centre-gauche, &#233;tait le troisi&#232;me quotidien grec en termes de tirage (100 000 exemplaires). Version en grec de l'interview publi&#233;e le 9 janvier 2011 : &lt;a href=&#034;http://www.ethnos.gr/article.asp?catid=22770&amp;subid=2&amp;pubid=49752949&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ethnos.gr/article.asp?catid=22770&amp;subid=2&amp;pubid=49752949&lt;/a&gt; Voir la version fran&#231;aise : &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Les-peuples-de-l-Europe-ont-aussi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Les-peuples-de-l-Europe-ont-aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Voir en grec : &#931;&#967;&#972;&#955;&#953;&#945;&#915;&#953;&#940;&#957;&#951;&#962; &#914;&#945;&#961;&#959;&#965;&#966;&#940;&#954;&#951;&#962; Debtocracy : &#915;&#953;&#945;&#964;&#943; &#948;&#949;&#957; &#963;&#965;&#957;&#965;&#960;&#941;&#947;&#961;&#945;&#968;&#945; &lt;a href=&#034;http://www.protagon.gr/?i=protagon.el.article&amp;id=6245&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.protagon.gr/?i=protagon.el.article&amp;id=6245&lt;/a&gt; , publi&#233; le 11 avril 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Voir &#224; propos de Debtocracy : &#171; Dette : les Grecs et la Debtocracy &#187;. &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Dette-les-grecs-et-la-Debtocracy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Dette-les-grecs-et-la-Debtocracy&lt;/a&gt;, publi&#233; le 13 juillet 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Voir le diaporama de mon expos&#233; : Eric Toussaint, Greece : Symbol of Illegitimate Debt, publi&#233; le 12 mars 2011, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Debt_Crisis_Athens_SITE_March2011_EricToussaint.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Debt_Crisis_Athens_SITE_March2011_EricToussaint.pdf&lt;/a&gt; . Les principales propositions qui ressortaient de mon expos&#233; sont exprim&#233;es dans ce texte : &#201;ric Toussaint, &#171; Huit propositions urgentes pour une autre Europe &#187;, publi&#233; le 4 avril 2011, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Huit-propositions-urgentes-pour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Huit-propositions-urgentes-pour&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| Elena Papadopoulou and Gabriel Sakellaridis (eds.), The Political Economy of Public Debt and Austerity in the EU, Athens : Nissos Publications 2012, 290 p., ISBN : 9-789609-535465&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est utile de reproduire la table des mati&#232;res de ce livre int&#233;ressant car les noms d'acteurs cl&#233;s de Syriza y apparaissent. Table des mati&#232;res :&lt;br class='autobr' /&gt;
Elena Papadopoulou, Gabriel Sakellaridis (Gabriel S. a &#233;t&#233; porte-parole du groupe Syriza au parlement grec en 2015. Il a d&#233;missionn&#233; en d&#233;cembre 2015 en d&#233;saccord avec l'application du 3e m&#233;morandum. Il n'est plus membre de Syriza) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction. Section 1 - Understanding the European Debt Crisis in a Global Perspective&lt;br class='autobr' /&gt;
George Stathakis (George S. est ministre de l'&#233;conomie dans le gouvernement Tsipras 2, il faisait partie de l'aile droite de Syriza et &#233;tait totalement oppos&#233; &#224; l'audit de la dette grecque. Fin 2015, la presse a r&#233;v&#233;l&#233; qu'il aurait omis de d&#233;clarer au fisc 1,8 million d'euros et 38 biens immobiliers) : The World Public Debt Crisis. Brigitte Unger : Causes of the Debt Crisis : Greek Problem or Systemic Problem ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Euclide Tsakalotos (ministre des finances depuis juillet 2015) : Crisis, Inequality and Capitalist Legitimacy. Dimitris Sotiropoulos : Thoughts on the On-going European Debt Crisis : A New Theoretical and Political Perspective&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Section 2 - The Management of the Debt Crisis by the EU and the European Elites. Marica Frangakis : From Banking Crisis to Austerity in the EU - The Need for Solidarity. Jan Toporowski : Government Bonds and European Debt Markets. Riccardo Bellofiore : The Postman Always Rings Twice : The Euro Crisis inside the Global Crisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Section 3 - Facets of the Social and Political Consequences of the Crisis in Europe. Maria Karamessini : Global Economic Crisis and the European Union - Implications, Policies and Challenges&lt;br class='autobr' /&gt;
Giovanna Vertova : Women on the Verge of a Nervous Breakdown : The Gender Impact of the Crisis. Elisabeth Gauthier : The Rule of the Markets : Democracy in Shambles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Section 4 - The PIGS as (Scape) Goats. Portugal - Marianna Mortagua&lt;br class='autobr' /&gt;
Ireland - Daniel Finn&lt;br class='autobr' /&gt;
Greece - Eric Toussaint&lt;br class='autobr' /&gt;
Spain - Javier Navascues&lt;br class='autobr' /&gt;
Hungary - Tamas Morva&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Section 5 - Overcoming the Crisis : The Imperative of Alternative Proposals. Yannis Dragasakis (vice-premier ministre des gouvernements Tsipras 1 et 2) : A Radical Solution only through a Common Left European Strategy. Kunibert Raffer : Insolvency Protection and Fairness for Greece : Implementing the Raffer Proposal. Pedro P&#225;ez P&#233;rez : A Latin-American Perspective on Austerity Policies, Debt and the New Financial Architecture&lt;br class='autobr' /&gt;
Nicos Chountis (ex vice-ministre des relations avec les institutions europ&#233;ennes dans le gouvernement Tsipras1, a &#233;t&#233; d&#233;missionn&#233; par Tsipras pour son refus de la capitulation et est eurod&#233;put&#233; de l'Unit&#233; Populaire depuis septembre 2015) : The Debt Crisis and the Alternative Strategies of the Left. Yanis Varoufakis (ministre des finances de janvier &#224; juillet 2015) : A Modest Proposal for Overcoming the Euro Crisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Section 6 - The Crucial Role of the European Left - Political Interventions. Alexis Tsipras : A European Solution for a European Problem : The Debt Crisis as a Social Crisis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Laurent : People Should Not Pay for the Crisis of Capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre est disponible en PDF : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Public-Debt-and-Austerity-in-the&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Public-Debt-and-Austerity-in-the&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| Nadia Valavani est une personnalit&#233; publique grecque respect&#233;e, notamment pour le courage dont elle a fait preuve dans la lutte contre la dictature des colonels. Elle soutient Unit&#233; populaire depuis ao&#251;t-septembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| Daniel Munevar a &#233;galement particip&#233; &#224; cette discussion. Il a fait partie de l'&#233;quipe des conseillers de Varoufakis lorsque celui-ci &#233;tait ministre des Finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| Source &lt;a href=&#034;http://links.org.au/node/2888&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://links.org.au/node/2888&lt;/a&gt; (traduction en fran&#231;ais &#224; partir de l'anglais)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| Voir &#201;ric Toussaint : &#171; Le peuple grec se trouve aujourd'hui &#224; l'&#233;picentre de la crise du capitalisme &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Eric-Toussaint-Le-peuple-grec-se&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Eric-Toussaint-Le-peuple-grec-se&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| Voir &#171; L'appel d'Alexis Tsipras pour une Conf&#233;rence internationale sur la dette est l&#233;gitime &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Eric-Toussaint-L-appel-d-Alexis&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Eric-Toussaint-L-appel-d-Alexis&lt;/a&gt;, publi&#233; le 23 octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|15| Euclide Tsakalotos, qui en 2014 &#233;tait professeur d'&#233;conomie au Royaume-Uni, a remplac&#233; &#224; partir de juillet 2015 Varoufakis au poste de ministre des Finances. Il occupait toujours cette fonction d&#233;but 2017 dans le gouvernement Tsipras II.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce. Trois journ&#233;es de mobilisation face au coup de massue du 4e m&#233;morandum</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Grece-Trois-journees-de-mobilisation-face-au-coup-de-massue-du-4e-memorandum</link>
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		<dc:date>2017-05-24T07:49:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-23</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 14 mai 2017, le gouvernement Tsipras a initi&#233; la proc&#233;dure parlementaire afin d'adopter, dans un d&#233;lai fix&#233; au vendredi 19 mai, les nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; r&#233;clam&#233;es par les cr&#233;anciers. Conjointement &#224; cette annonce, l'office de statistique annon&#231;ait avoir r&#233;vis&#233; les pr&#233;visions dites de croissance du PIB en les situant &#224; 1,8% contre les 2,7% pr&#233;vus par la loi de finance et les 2,1% &#233;tablis par la Commission europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission europ&#233;enne a de m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton30961-0e3d0.jpg?1781416513' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 14 mai 2017, le gouvernement Tsipras a initi&#233; la proc&#233;dure parlementaire afin d'adopter, dans un d&#233;lai fix&#233; au vendredi 19 mai, les nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; r&#233;clam&#233;es par les cr&#233;anciers. Conjointement &#224; cette annonce, l'office de statistique annon&#231;ait avoir r&#233;vis&#233; les pr&#233;visions dites de croissance du PIB en les situant &#224; 1,8% contre les 2,7% pr&#233;vus par la loi de finance et les 2,1% &#233;tablis par la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Grece-Trois-journees-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne a de m&#234;me abaiss&#233; ses pr&#233;visions pour l'ann&#233;e 2018. Pour rappel, la &#171; croissance du PIB &#187; par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente se situait &#224; hauteur de -0,2% en 2015, &#224; 0% en 2016, &#224; 2,1% (pr&#233;visions) en 2017 et &#224; 2,5% en 2018 (la pr&#233;vision &#233;tablie ant&#233;rieurement se situait &#224; 3,1%). La dette publique en 2016 correspond &#224; 179% du PIB, selon les donn&#233;es de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, l'&#233;conomie capitaliste de la Gr&#232;ce est condamn&#233;e &#224; une d&#233;pression permanente qui se traduit socialement par une paup&#233;risation massive de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parlement &#8211; avec sa majorit&#233; Syriza-ANEL &#8211; est cens&#233; adopter un nouveau programme d'aust&#233;rit&#233; pour la p&#233;riode 2018-2021. Le document pr&#233;par&#233; par les cr&#233;anciers (Banque centrale europ&#233;enne, M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233;, Fonds mon&#233;taire international) et qui a eu l'aval des repr&#233;sentants du gouvernement compte 941 pages. En d'autres termes, il r&#232;gle formellement dans le d&#233;tail toutes les mesures cens&#233;es &#234;tre prises et appliqu&#233;es par un gouvernement complice, mais de facto sans pouvoir. Le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, proposait, au d&#233;but de ce qui est encore nomm&#233; n&#233;gociations, une r&#233;duction des d&#233;penses de 3,6 milliards d'euros. La facture finale s'&#233;l&#232;ve &#224; 4,9 milliards. Parmi les mesures pr&#233;vues, on trouve, d'une part, une nouvelle imposition sur une tranche revenus qui se situe en dessous de la ligne de pauvret&#233;, une hausse de contributions sociales pour les ind&#233;pendants, des imp&#244;ts sur la location d'appartements ou de maisons pour des touristes (effectu&#233;e &#224; partir de la plateforme Airbnb, location qui est souvent un moyen de survie pour des dizaines de milliers de m&#233;nages). D'autre part se perp&#233;tue la r&#233;duction des d&#233;penses dans les secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, du syst&#232;me juridico-administratif ; et un nouvel assouplissement d'un &#171; code du travail &#187; qui est r&#233;duit &#224; sa plus simple expression, d'autant plus que le ch&#244;mage se situe &#224; un niveau extr&#234;mement &#233;lev&#233;, en particulier pour le groupe d'&#226;ge 15 &#224; 24 ans : 48% officiellement, plus que ce qui a &#233;t&#233; enregistr&#233; en Espagne (40,5%) et en Italie (35,2%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base des pr&#233;visions de croissance, le solde budg&#233;taire primaire (avant le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette) est fix&#233; dans le programme d'aust&#233;rit&#233; &#224; 1,9% pour 2017, &#224; 3,52% pour 2018, &#224; 4% pour 2019, &#224; 4,01% pour 2020 et &#224; 4,03% pour 2021. Cela revient &#224; une aide de la part des cr&#233;anciers qui pourrait &#234;tre assimil&#233;e &#224; enduire la nuque d'un condamn&#233; &#224; la guillotine d'un gel facilitant le travail de la lame. Car &#171; l'aide &#187; de 7 milliards n'est rien d'autre qu'un pr&#234;t qui retourne &#224; plus de 90% dans la poche des cr&#233;anciers (des d&#233;tenteurs de la dette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de privatisation s'approfondit sans que les revenus qu'il engendre soient &#224; la hauteur de ceux pr&#233;vus depuis 2011 et chaque fois r&#233;vis&#233;s &#224; la baisse. Ce qui revient simplement &#224; une expropriation des biens publics &#224; des prix sold&#233;s. Les privatisations adopt&#233;es ou en cours concernent les compagnies d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de transport (bus, train, m&#233;tro) et le service postal (ELTA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste Ang&#233;lique Kourounis expliquait au journal d'information de France Culture, ce 17 mai 2017, afin d'illustrer les raisons de divers mouvements de gr&#232;ve qualifi&#233;s de &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; les 16, 17 et 18 mai : &#171; Tous protestent contre les nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; qui doivent &#234;tre adopt&#233;es par le parlement dans la nuit de jeudi &#224; vendredi. Ce nouveau tour de vis pr&#233;voit une nouvelle baisse des retraites, la 13e depuis huit ans, et une nouvelle hausse des imp&#244;ts, y compris pour les familles &#224; la limite du seuil de pauvret&#233;. D&#233;sormais les salaires de 450 euros seront impos&#233;s alors que, soulignent les syndicats &#224; l'origine de ce d&#233;brayage g&#233;n&#233;ral, les imp&#244;ts ont d&#233;j&#224; augment&#233; de 52% depuis le d&#233;but de la crise, alors que les salaires ont, eux, baiss&#233; de 30 &#224; 60%. Cette rigueur est exig&#233;e par les cr&#233;anciers du pays pour d&#233;bloquer la nouvelle tranche de pr&#234;t de 7 milliards d'euros dont la Gr&#232;ce a visc&#233;ralement besoin pour faire face &#224; ses obligations [c'est-&#224;-dire faire face aux &#233;ch&#233;ances imm&#233;diates du service de la dette, quand bien m&#234;me cette derni&#232;re est &#171; ill&#233;gitime, ill&#233;gale, odieuse &#187;] en juillet prochain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien Le Monde en date du 17 mai, Marina Rafenberg cite Konstantinos Lionas, &#226;g&#233; de 72 ans, qui, apr&#232;s la faillite de son entreprise, doit &#233;ponger des dettes importantes : &#171; En sept ans, ma retraite de commer&#231;ant est pass&#233;e de 1660 euros &#224; 1080 euros. Et je ne suis pas le plus mal loti. Comme je suis propri&#233;taire, au moins je ne crains pas de me faire expulser de mon logement. Mais je trouve aberrant de devoir subir encore une nouvelle baisse de mes revenus dans les ann&#233;es &#224; venir comme le pr&#233;voit le dernier accord sign&#233; par le gouvernement avec les cr&#233;anciers&#8230; J'ai travaill&#233; toute ma vie depuis mes 12 ans, cotis&#233; pour profiter de mes vieux jours, j'ai l'impression d'avoir &#233;t&#233; flou&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de la 13e r&#233;duction du montant des retraites depuis 2010. A cela s'ajoute la suppression dans les deux ans qui viennent de l'allocation de solidarit&#233; (EKAS), qui, initialement, devait compl&#233;ter les retraites inf&#233;rieures &#224; 700 euros. Ainsi, &#224; 95 ans, Christos Papazoglou, p&#226;tissier &#224; la retraite, comptait bien sur la centaine d'euros de cette aide. Il confie &#224; la journaliste du Monde : &#171; Actuellement, je ne touche que 665 euros par mois et je dois en m&#234;me temps payer pr&#232;s de 200 euros d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de t&#233;l&#233;phone, d'imp&#244;ts&#8230; et subir en plus l'augmentation de la TVA sur tous les produits m&#234;me alimentaires. Il faut continuer &#224; se mobiliser, nous nous enfon&#231;ons dans la mis&#232;re. J'ai connu la guerre et je ne pensais pas un jour revivre des situations d'appauvrissement comme celle que nous vivons aujourd'hui ! Imaginez-vous qu'il m'arrive de m'&#233;clairer &#224; la bougie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements de gr&#232;ve touchent aussi bien l'administration, les &#233;coles, les h&#244;pitaux que les transports. Ce mercredi 17 mai, une mobilisation avec deux dimensions s'est d&#233;velopp&#233;e. Des gr&#232;ves (au sens d'absence du travail ou de pr&#233;sence sans travailler) dans les secteurs mentionn&#233;s et des manifestations dans la rue. A Ath&#232;nes, le cort&#232;ge appel&#233; par les syndicats du secteur public, mais aussi du secteur priv&#233; a r&#233;uni entre 7000 et 10'000 personnes, malgr&#233; une pluie abondante. Le cort&#232;ge syndical, auquel se sont jointes, entre autres, les forces de l'Unit&#233; populaire (LAE), a d&#233;marr&#233; &#224; 12h30. Dans sa tradition, l'organisation de masse contr&#244;l&#233;e par le KKE (&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece/le-20e-congres-du-kke-un-parti-pour-tous-les-temps.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir l'article sur le Congr&#232;s du KKE sur le site du CADTM en date du 12 mai&lt;/a&gt;) a fait un cort&#232;ge s&#233;par&#233; empruntant une autre voie. Il regroupait aussi quelque 7000 personnes, parmi lesquelles des retrait&#233;&#183;e&#183;s. Dans le secteur du commerce, des petits commer&#231;ants ont ferm&#233; leur &#233;choppe. De plus, des salari&#233;&#183;e&#183;s des supermarch&#233;s ont cri&#233; leur opposition &#224; l'ouverture des magasins le dimanche. Le communiqu&#233; de presse d'ADEDY (secteur public) indique que la mobilisation a &#233;t&#233; significative &#8211; certes &#224; un niveau assez distant de ceux atteints en 2012 &#8211; dans la majorit&#233; des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel unitaire &#224; une manifestation de masse &#8211; avec musique &#8211; devant le parlement, place Syntagma, a &#233;t&#233; lanc&#233; par ADEDY. Elle doit se tenir d&#232;s 18h30, jeudi 18 mai. En effet, c'est &#224; ce moment que doit &#234;tre adopt&#233; le plan d'aust&#233;rit&#233; incarn&#233; par le quatri&#232;me m&#233;morandum. Quelques d&#233;saccords s'expriment au sein de Syriza, mais restent pour l'heure marginaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de r&#233;sistance des 16, 17 et 18 mai traduit un sentiment de col&#232;re. Mais s'expriment aussi le d&#233;sarroi et le d&#233;sespoir. Selon les r&#233;sultats des sondages, la Nouvelle D&#233;mocratie avoisine 36% des intentions de vote et Syriza oscille entre 15 et 16%. Mais une abstention de type politique reste forte, pour l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te, publi&#233;e le 28 avril 2017, parmi les &#233;tudiants de Thessalonique indique que 43,3% d'entre eux envisagent de continuer leurs &#233;tudes ou de chercher un emploi hors de Gr&#232;ce. Selon les statistiques d'une &#233;tude publi&#233;e par la revue International Migration &amp; Integration, 20'000 scientifiques (ayant une formation scientifique compl&#232;te) ont &#233;migr&#233; entre 2009 et 2014. Un demi-million de Grecs (427'000) ont &#233;migr&#233; au cours de la p&#233;riode 2008-2016, selon la Banque nationale de Gr&#232;ce. Il y a l&#224; un indice aussi du choc inflig&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; une fraction dynamique d'entre elle. Ce qui doit &#234;tre pris en compte pour saisir les contours de la conjoncture socio-politique. (17 mai 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.anti-k.org/2017/05/20/grece-trois-journees-de-mobilisation-face-coup-de-massue-4e-memorandum/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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