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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les Palestiniens de Syrie, entre enfer des camps et r&#233;appropriation du mouvement national (1)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-Palestiniens-de-Syrie-entre-enfer-des-camps-et-reappropriation-du-mouvement-21735</link>
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		<dc:date>2015-04-28T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Frantz Glasman</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La conqu&#234;te fulgurante d'une large partie du camp de Yarmouk par l'Etat islamique (EI), au d&#233;but du mois d'avril, a remis ce quartier palestinien de Damas au centre de l'actualit&#233;, pour quelques jours au moins. Il semblerait toutefois que l'on s'y int&#233;resse pour de mauvaises raisons. Comme le rel&#232;ve le chercheur Salam Kawakibi, &#171; cette irruption de Da'ech a de quoi surprendre. Alors qu'on peine &#224; faire entrer un sac de bl&#233; &#224; Yarmouk, comment les djihadistes ont-ils pu y p&#233;n&#233;trer avec armes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton21735-10fdf.png?1781369379' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conqu&#234;te fulgurante d'une large partie du camp de Yarmouk par l'Etat islamique (EI), au d&#233;but du mois d'avril, a remis ce quartier palestinien de Damas au centre de l'actualit&#233;, pour quelques jours au moins. Il semblerait toutefois que l'on s'y int&#233;resse pour de mauvaises raisons. Comme le rel&#232;ve le chercheur Salam Kawakibi, &#171; cette irruption de Da'ech a de quoi surprendre. Alors qu'on peine &#224; faire entrer un sac de bl&#233; &#224; Yarmouk, comment les djihadistes ont-ils pu y p&#233;n&#233;trer avec armes et bagages, sans que le r&#233;gime syrien s'en aper&#231;oive ? &#187; De plus, ce ne sont pas les forces du r&#233;gime qui ont subi l'assaut des djihadistes, mais bien des rebelles, syriens et palestiniens, qui ne maintiennent leur contr&#244;le que sur une petite partie du camp. Malheureusement, comme le rappelle justement Salam Kawikibi, &#171; les m&#233;dias ne s'int&#233;ressent &#224; la Syrie que lorsqu'il est question de Da'ech &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le camp de r&#233;fugi&#233;s palestiniens de Yarmouk aurait d&#251; &#234;tre sous les feux de l'actualit&#233; bien avant l'intrusion du groupe djihadiste, lequel ne repr&#233;sente pas une menace particuli&#232;re pour le r&#233;gime syrien &#224; Damas puisqu'il ne compte, dans la capitale, que quelques centaines de combattants. En fait, c'est le sort des Palestiniens de Syrie que cette affaire pose encore une fois. Il n'a pas suffisamment &#233;t&#233; trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime syrien, on le sait, se pr&#233;sente comme un ardent d&#233;fenseur des causes arabes en g&#233;n&#233;ral et de la cause palestinienne en particulier. Ce mythe fondateur du syst&#232;me ba'athiste, transmis par h&#233;ritage &#224; Bachar al-Assad &#224; la mort de son p&#232;re, est aujourd'hui remis en question par l'engagement des dirigeants syriens dans la r&#233;pression d'une autre cause arabe, celle de la r&#233;volution syrienne. Alors que le pouvoir basait sa l&#233;gitimit&#233; sur sa volont&#233; de &#171; r&#233;sistance et obstruction &#187; &#8211; muq&#226;wama wa-mum&#226;na'a &#8211; &#224; Isra&#235;l, il cherche d&#233;sormais une nouvelle forme de l&#233;gitimation dans la &#171; lutte contre le terrorisme &#187;, un programme d'action qui s&#233;duit beaucoup en Europe et outre-Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Palestiniens dispers&#233;s depuis des d&#233;cennies &#224; travers le monde, cette modification s&#233;mantique ne change rien, ni au plan politique, ni au niveau diplomatique. Le r&#233;gime syrien n'a jamais lutt&#233; pour les Palestiniens. Au contraire, il n'a eu de cesse d'instrumentaliser leur lutte nationale dans son int&#233;r&#234;t particulier, comme un moyen parmi d'autres de garantir sa propre survie. Durant plus de quarante ans, les autorit&#233;s syriennes ont maintenu l'&#233;tat d'urgence dans leur pays en le justifiant par la non-r&#233;solution du conflit avec l'Etat h&#233;breu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substitution de la &#171; lutte contre le terrorisme &#187; &#224; &#171; la r&#233;sistance et l'obstruction &#187; n'implique pour les Palestiniens aucun changement positif. Elle ne fait en rien progresser leurs droits et leurs revendications nationales l&#233;gitimes. En revanche, pour ceux d'entre eux qui r&#233;sident toujours en Syrie, qui ont &#233;t&#233; entra&#238;n&#233;s dans le conflit ouvert en 2011 et qui subissent au c&#244;t&#233; des Syriens les cons&#233;quences d'une r&#233;pression dont le caract&#232;re brutal n'est plus &#224; d&#233;montrer, cette modification est lourde de cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation pr&#233;-2011 relativement favorable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) estimait, en 2011, qu'un demi-million de Palestiniens r&#233;sidaient sur le territoire syrien. Ils y &#233;taient arriv&#233;s en exil et s'y &#233;taient &#233;tablis en diff&#233;rentes vagues :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la premi&#232;re &#233;tait li&#233;e &#224; la Nakba (la Catastrophe) de 1948 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la seconde avait suivi la Guerre des six jours, en 1967 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la troisi&#232;me avait concern&#233; des Palestiniens r&#233;fugi&#233;s en Jordanie, apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de Septembre noir, en 1970 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la quatri&#232;me &#233;tait compos&#233;e de Palestiniens r&#233;fugi&#233;s au sud-Liban, chass&#233;s par l'invasion isra&#233;lienne de 1982 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la derni&#232;re, avait vu affluer en Syrie, au lendemain des guerres du Golfe de 1990 et 2003, des Palestiniens jusqu'alors accueillis en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas &#224; proprement parler de statut commun &#224; l'ensemble de cette population. Leurs obligations et leurs droits varient en fonction de leurs dates et de leurs conditions d'arriv&#233;e. Le statut le plus r&#233;pandu est celui des r&#233;fugi&#233;s de 1948. Compar&#233; &#224; la situation des r&#233;fugi&#233;s palestiniens dans les autres pays d'accueil, ce statut est globalement consid&#233;r&#233; comme leur &#233;tant favorable. La loi 260 de 1956, adopt&#233;e avant l'arriv&#233;e au pouvoir du parti Ba'ath et maintenue en vigueur, pr&#233;cise ainsi que les Palestiniens b&#233;n&#233;ficiant de ce statut disposent des m&#234;mes droits et devoirs que le reste des Syriens, &#224; l'exception de celui de participer aux &#233;lections et d'y pr&#233;senter des candidats. L'ensemble des professions, y compris au sein de l'administration &#8211; jusqu'&#224; un certain &#233;chelon&#8230; &#8211; leur sont par ailleurs ouvertes. Comme l'ensemble des Syriens, ils sont soumis au service militaire obligatoire, mais ils l'effectuent au sein d'unit&#233;s sp&#233;cifiques, form&#233;es et entra&#238;n&#233;es, selon le discours officiel, dans le but de &#171; lib&#233;rer la Palestine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Palestiniens ayant trouv&#233; refuge en Syrie &#224; la suite des affrontements entre l'Organisation de Lib&#233;ration de la Palestine (OLP) et le gouvernement jordanien, en 1970-1971, la situation est plus difficile. Nombre d'entre ne disposent d'aucun document officiel. Le vide juridique rend leur situation complexe. Le fait qu'ils ne poss&#232;dent ni documents de voyage, ni papiers en r&#232;gle, limite leur acc&#232;s au march&#233; du travail. Leur situation est similaire &#224; celle des Palestiniens arriv&#233;s d'Irak, &#224; la suite de l'invasion am&#233;ricaine de 2003, dont le nombre est estim&#233; entre 4000 et 5000. Elle se caract&#233;rise par une complexit&#233; juridique qu'accompagne une vigilance s&#233;curitaire particuli&#232;re. Ils sont de ce fait priv&#233;s de nombreux droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le traitement des Palestiniens de Syrie &#233;tait envi&#233; par nombre de leurs compatriotes, notamment ceux r&#233;fugi&#233;s au Liban. Ce traitement privil&#233;gi&#233; s'explique en partie par des raisons d&#233;mographiques, le nombre de Palestiniens r&#233;sidant en Syrie ne d&#233;passant pas les 3% de la population. De ce fait, les cons&#233;quences sociales, &#233;conomiques et politiques de leur accueil p&#232;sent infiniment moins lourd qu'au Liban ou en Jordanie, dont la population est &#233;galement plus r&#233;duite. Qui plus est, le choix d'int&#233;grer &#233;conomiquement et socialement les Palestiniens au sein de la soci&#233;t&#233; syrienne a contribu&#233; &#8211; c'&#233;tait d'ailleurs l&#224; l'un de ses objectifs &#8211; &#224; limiter l'&#233;mergence d'un sentiment identitaire puissant, susceptible de s'institutionnaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population palestinienne de Syrie est dispers&#233;e sur plusieurs r&#233;gions du pays, r&#233;partie entre une dizaine de camps administr&#233;s par l'UNRWA et quelques autres implantations informelles. Les choix de r&#233;sidence des premiers r&#233;fugi&#233;s ont initialement correspondu &#224; leurs comp&#233;tences professionnelles. Ceux qui b&#233;n&#233;ficiaient d'une exp&#233;rience dans le secteur de l'agriculture ont fait le choix de s'&#233;tablir dans des r&#233;gions agricoles, dans les camps de Dera'a, de Sbeineh, de Khan Eshieh, de Khan Dunoun et de A&#239;n al-Tal &#224; Alep. Les plus urbanis&#233;s ont pr&#233;f&#233;r&#233; s'&#233;tablir dans les principales villes du pays, dans les camps de Yarmouk, de Jaramana et de Qabr Essit, &#224; Damas, mais aussi dans les camps de Hama, de Homs et de Neirab &#224; Alep. Ceux qui avaient pr&#233;c&#233;demment exerc&#233; des activit&#233;s dans le domaine maritime, la p&#234;che ou la navigation, se sont &#233;tablis sur la c&#244;te, dans le camp de Raml &#224; Lattaqui&#233;. Chacun de ces camps, qui sont devenus au fil du temps de v&#233;ritables villes ou quartiers &#171; en dur &#187;, compte approximativement entre 10'000 et 25'000 habitants. Avec pr&#232;s de 200'000 &#226;mes, le camp de Yarmouk, au sud de Damas, fait exception. Mais une partie non n&#233;gligeable de sa population est constitu&#233;e de Syriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instrumentalisation des factions palestiniennes par le r&#233;gime syrien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion du dossier palestinien par Hafez al-Assad peut &#234;tre d&#233;finie comme une succession d'ing&#233;rences, de manipulations et d'agressions, dont les plus marquantes sont l'intervention de l'arm&#233;e syrienne au Liban en 1975, le massacre de Tal al-Za'atar en 1976, la guerre des camps de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1980 destin&#233;e &#224; &#233;liminer l'OLP de Yasser Arafat, etc. Tous ces &#233;v&#233;nements &#233;taient motiv&#233;s par la volont&#233; de la Syrie de s'approprier le contr&#244;le du leadership palestinien, afin de pouvoir le d&#233;l&#233;guer &#224; des personnalit&#233;s fid&#232;les &#224; Damas. Cette strat&#233;gie &#233;tait justifi&#233;e au niveau du discours par la subordination de la cause palestinienne &#224; la &#171; cause sup&#233;rieure arabe &#187;. Pour se donner les moyens de ses ambitions, Damas a donc fait le choix d'une politique de division syst&#233;matique du mouvement palestinien et d'ing&#233;rence dans ses d&#233;bats et affaires internes par le biais de proxys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'organisation d'Abu Nidal &#8211; tristement c&#233;l&#232;bre pour son implication dans l'attentat de la rue des Rosiers &#224; Paris, en 1982 &#8211;, Damas a pu compter sur le Front Populaire pour la Lib&#233;ration de la Palestine &#8211; Commandement g&#233;n&#233;ral (FPLP-CG), cr&#233;&#233; et toujours dirig&#233; par Ahmad Jibril, un r&#233;fugi&#233; palestinien ayant fait ses preuves dans l'arm&#233;e syrienne. N&#233; d'une scission dans les rangs du Front Populaire pour la Lib&#233;ration de la Palestine (FPLP) de Georges Habach, provoqu&#233;e par des motifs moins id&#233;ologiques que par le &#171; nihilisme r&#233;volutionnaire &#187; et l'activisme d'Ahmed Jibril, le FPLP-CG a pu op&#233;rer librement au-del&#224; des fronti&#232;res de la Syrie et de la r&#233;gion, sous la supervision et avec le soutien des autorit&#233;s syriennes. Il est responsable de quelques-uns des attentats les plus marquants de la d&#233;cennie 1970 : attentat contre un bus scolaire en Isra&#235;l, bombe dans un avion de la Swissair, prises d'otages r&#233;p&#233;t&#233;es&#8230; Bas&#233; dans la Beqa'a libanaise, afin d'&#234;tre &#224; m&#234;me de lutter sur deux fronts, au nord contre Yasser Arafat et au sud contre l'occupation isra&#233;lienne, le FPLP-CG souffre toutefois de son statut de proxy du r&#233;gime syrien. Il ne dispose pas d'une v&#233;ritable base populaire. Mais cela correspond aussi &#224; son choix : il se consid&#232;re moins comme un parti politique que comme une force paramilitaire. Il compense cette faiblesse par une strat&#233;gie d'alliances avec les autres mouvements palestiniens hostiles au Fatah de Yasser Arafat, parmi lesquels le Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acronyme arabe du Mouvement de la R&#233;sistance islamique, bras arm&#233; de l'Association des Fr&#232;res musulmans palestiniens, le Hamas offre le meilleur exemple de la mani&#232;re dont le r&#233;gime syrien &#8211; comme le r&#233;gime iranien d'ailleurs &#8211; con&#231;oit son assistance &#224; la r&#233;sistance arm&#233;e palestinienne. Chef du Bureau politique du Mouvement, Khaled Mechaal s'&#233;tablit &#224; Damas en 1999, suite &#224; son expulsion de Jordanie et &#224; un bref s&#233;jour au Qatar. Cette alliance peut appara&#238;tre surprenante, voire contre-nature, le r&#233;gime syrien ayant fait de l'islamisme et plus particuli&#232;rement des Fr&#232;res musulmans ses principaux adversaires. Mais elle s'inscrit parfaitement dans la strat&#233;gie de division des rangs palestiniens poursuivie durant pr&#232;s de 30 ans par Hafez al-Assad. Il s'agit, dans le cas pr&#233;sent, de soutenir le principal rival du Fatah, de le rendre d&#233;pendant de sa relation avec Damas &#8211; notamment via un soutien logistique et un r&#244;le d'interm&#233;diaire entre T&#233;h&#233;ran et le groupe islamiste &#8211; et de le maintenir dans une ligne dure en pr&#233;venant toute tentative de normalisation avec Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En accueillant le Hamas et en s'en faisant le parrain, le r&#233;gime syrien entend &#233;galement capitaliser sur sa posture de &#171; r&#233;sistant &#187;, le groupe islamiste &#233;tant, d'une part, fortement implant&#233; &#224; Gaza et en Cisjordanie, et b&#233;n&#233;ficiant, d'autre part, &#224; la diff&#233;rence du FPLP-CG, d'une popularit&#233; ind&#233;niable parmi les Palestiniens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soutien au Hamas suscite une certaine sympathie de la part des Palestiniens envers Bachar al-Assad, qui acc&#232;de au pouvoir en 2000. Le caract&#232;re int&#233;ress&#233; de cette relation ne leur &#233;chappe pas. Mais ils pr&#233;f&#232;rent voir le pouvoir syrien apporter son soutien &#224; un v&#233;ritable mouvement populaire qu'&#224; une milice paramilitaire aux aspirations politiques douteuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Palestiniens de Syrie, en r&#233;volution contre les &#171; factions &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les premi&#232;res manifestations populaires &#233;clatent en mars 2011, les Palestiniens de Syrie se retrouvent dans une situation difficile. Craignant d'&#234;tre encore une fois victimes de bouleversements dans un de leur pays d'accueil, ils font profil bas en pr&#233;textant de la neutralit&#233; que leur impose leur statut d'h&#244;tes de la Syrie. De plus, comparant leur situation avec celle de leurs fr&#232;res palestiniens dans les pays voisins, nombre d'entre eux estiment qu'ils n'ont pas de r&#233;el motif de prendre part &#224; la contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette position concerne surtout les r&#233;fugi&#233;s palestiniens les plus anciennement arriv&#233;s. La nouvelle g&#233;n&#233;ration, qui est n&#233;e et a grandi en Syrie, &#233;prouve un sentiment de double appartenance &#224; leur pays d'origine et &#224; leur pays d'accueil. Les premiers Palestiniens &#224; prendre part aux manifestations, aux c&#244;t&#233;s des Syriens, font partie de cette cat&#233;gorie d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont incit&#233;s &#224; rejoindre les rangs de la contestation par la poursuite de la politique st&#233;rile et provocatrice du r&#233;gime syrien vis-&#224;-vis des Palestiniens. Deux &#233;v&#233;nements, similaires dans leur orchestration et dans leur vis&#233;e, vont attiser leur col&#232;re, aussi bien vis-&#224;-vis du r&#233;gime que des factions palestiniennes qui ont avec lui partie li&#233;e. Le premier a lieu &#224; l'occasion de la comm&#233;moration des 63 ans de la Nakba, le 15 mai 2011. Une manifestation est organis&#233;e ce jour-l&#224; par le r&#233;gime sur le Golan, &#224; la limite de la ligne de d&#233;marcation s&#233;parant le Golan syrien de sa partie occup&#233;e par Isra&#235;l depuis 1967. Des manifestants sont pouss&#233;s &#224; provoquer les forces isra&#233;liennes, en franchissant la fronti&#232;re en direction de la ville de Majdal Chams. Les militaires isra&#233;liens r&#233;pliquent, tuant quatre personnes. Leurs fun&#233;railles, dans le camp de Yarmouk, donnent lieu &#224; une grande manifestation qui rassemble les diff&#233;rentes factions palestiniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins d'un mois plus tard, le 5 juin, une nouvelle manifestation est organis&#233;e sur les hauteurs du Golan. Les m&#234;mes d&#233;bordements ont lieu, mais le bilan est plus lourd. La confrontation se solde par la mort de 23 personnes. Les fun&#233;railles organis&#233;es le lendemain dans le camp de Yarmouk font &#224; nouveau l'objet d'importantes manifestations. Mais, cette fois-ci, c'est contre ces m&#234;mes factions palestiniennes que la population du camp exprime son m&#233;contentement. Elles sont accus&#233;es d'avoir jou&#233; le jeu du pouvoir syrien en envoyant &#224; la mort des jeunes gens, dans l'unique but de servir la propagande m&#233;diatique du r&#233;gime et sa dialectique de &#171; r&#233;sistance &#187;. Le m&#233;contentement ne se limite pas aux slogans &#8211; &#171; le peuple veut la chute des factions &#187;, &#171; un, deux, o&#249; est l'arm&#233;e syrienne &#187; &#8211; puisque les locaux du FPLP-CG, en pointe dans l'organisation des manifestations du Golan, sont incendi&#233;s, en r&#233;ponse &#224; des tirs contre les protestataires qui feront 14 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des mois suivants, la situation s&#233;curitaire se &#171; stabilise &#187; dans le camp de Yarmouk. Mais c'est au niveau politique que le divorce entre Bachar al-Assad et certaines factions palestiniennes se fait sentir. Le Hamas adopte des positions de plus en plus favorables &#224; la r&#233;volution syrienne. Alors que, durant les premiers mois de contestation, le mouvement islamiste, dont le leadership est h&#233;berg&#233; &#224; Damas, s'est abstenu de critiquer la r&#233;pression du r&#233;gime syrien tout en n'affichant de soutien &#224; aucune des parties, au nom de la non-ing&#233;rence, il change radicalement de cap. Khaled Mecha'al abandonne d'abord ses locaux de Damas pour s'installer au Qatar. Puis, au mois de f&#233;vrier 2012, Isma&#239;l Haniyeh, Premier ministre du gouvernement palestinien, d&#233;clare depuis la mosqu&#233;e d'al-Azhar, au Caire : &#171; Je salue toutes les nations du Printemps arabe. Je salue l'h&#233;ro&#239;que peuple syrien qui lutte pour la libert&#233;, la d&#233;mocratie et les r&#233;formes &#187;. Depuis lors, l'engagement du Hamas en faveur des r&#233;volutionnaires ne s'est pas d&#233;menti. Il s'est uniquement att&#233;nu&#233; au fil du temps, le Mouvement de la R&#233;sistance islamique cherchant &#224; ne froisser ni l'Iran, ni le Hezbollah libanais, ses principaux soutiens. Cela ne l'emp&#234;chera pas d'entretenir des relations avec certains groupes arm&#233;s, notamment ceux qui &#233;mergent dans le camp de Yarmouk. (A suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frantz Glasman est doctorant en Sciences Politiques. Article publi&#233; sur le site Un oeil sur la syrie, en date du 5 avril 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Documents - ressources pour la rencontre du R&#233;seau &#233;cosocialiste (10 mai 2015)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Documents-ressources-pour-la-rencontre-du-Reseau-ecosocialiste-10-mai-2015</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Documents-ressources-pour-la-rencontre-du-Reseau-ecosocialiste-10-mai-2015</guid>
		<dc:date>2015-04-23T07:55:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;seau &#233;cosocialiste</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(Nous pr&#233;sentons une analyse de la conjoncture visant &#224; alimenter les discussions en pr&#233;vision de la troisi&#232;me assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle du R&#233;seau &#233;cosocialiste, le 10 mars 2015. Elle est divis&#233;e en trois textes, le premier pr&#233;sentant le contexte global et international, le second la conjoncture particuli&#232;re au Qu&#233;bec et &#224; l'&#201;tat canadien, le troisi&#232;me portera sur la situation des mouvements sociaux) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois textes d'analyse de la conjoncture ont &#233;t&#233; &#233;crits par Benoit Renaud &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Blogues-" rel="directory"&gt;Blogues&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Blogues-738-+" rel="tag"&gt;Blogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton21866-3c841.jpg?1781369379' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(Nous pr&#233;sentons une analyse de la conjoncture visant &#224; alimenter les discussions en pr&#233;vision de la troisi&#232;me assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle du R&#233;seau &#233;cosocialiste, le 10 mars 2015. Elle est divis&#233;e en trois textes, le premier pr&#233;sentant le contexte global et international, le second la conjoncture particuli&#232;re au Qu&#233;bec et &#224; l'&#201;tat canadien, le troisi&#232;me portera sur la situation des mouvements sociaux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois textes d'analyse de la conjoncture ont &#233;t&#233; &#233;crits par Benoit Renaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le premier texte &lt;a id=&#034;premier texte&#034;&gt;&lt;/a&gt; est une analyse de la conjoncture internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le &lt;a href=&#034;#deuxi&#232;me texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;deuxi&#232;me texte&lt;/a&gt; : Le contexte canadien et qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le &lt;a href=&#034;#troisi&#232;me texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;troisi&#232;me texte&lt;/a&gt; : Les mouvements sociaux &#224; la crois&#233;e des chemins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le &lt;a href=&#034;#quatri&#232;me texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;quatri&#232;me texte&lt;/a&gt; : Perspective politique : construire un Front social de r&#233;sistance d&#233;mocratique et militant}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le &lt;a href=&#034;#cinqui&#232;me texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;cinqui&#232;me texte&lt;/a&gt; : Propositions pour un plan d'action&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Analyse de la conjoncture politique (premi&#232;re partie)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La situation globale et les relations internationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Incompatibilit&#233; du capitalisme et de la protection du climat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;t&#233;rioration du climat se poursuit et s'acc&#233;l&#232;re, comme le constate le GIEC &#224; chacun de ses rapports. Le danger d'une acc&#233;l&#233;ration exponentielle du ph&#233;nom&#232;ne en raison des effets de r&#233;troaction (feed back loop) est bien r&#233;el. Ce sont les conditions normales d'existence de nombreuses esp&#232;ces et d'une grande partie de l'humanit&#233; qui sont menac&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'incapacit&#233; du monde capitaliste (entreprises et &#201;tats) &#224; op&#233;rer les transformations n&#233;cessaires dans les infrastructures &#233;nerg&#233;tiques, les modes de production et de transport est patente. L'&#233;chec de chacune des conf&#233;rences internationales tenues depuis Kyoto &#224; mettre en place un r&#233;gime de contr&#244;le effectif des &#233;missions en est l'illustration la plus frappante. On peut s'attendre &#224; une autre impasse diplomatique &#224; la conf&#233;rence de Paris cet automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que le capitalisme est incapable de surmonter sa logique d'accumulation comp&#233;titive et la structure imp&#233;rialiste du monde qui en d&#233;coule. L'accord non contraignant entre la Chine et les &#201;tats-Unis sur la limitation des &#233;missions de GES, loin de constituer le d&#233;but d'une solution, d&#233;montre l'incapacit&#233; des deux plus grands &#233;metteurs mondiaux &#224; r&#233;duire leurs &#233;missions assez fortement et assez vite pour &#233;viter l'emballement catastrophique du r&#233;chauffement plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre les &#233;missions et pour la protection des &#233;quilibres climatiques est une lutte pour la survie. Ce sont les personnes les plus vuln&#233;rables qui souffriront le plus des d&#233;r&#232;glements climatiques pendant que les privil&#233;gi&#233;s se prom&#232;nent en jet priv&#233;&#8230; La lutte climatique est une lutte anti-imp&#233;rialiste, une lutte f&#233;ministe, une lutte de classe. D'ailleurs, la Marche mondiale des femmes a fait de l'environnement un des th&#232;mes principaux de sa mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes les preuves qui s'accumulent de l'incompatibilit&#233; du capitalisme avec l'&#233;cologie, des sections importantes du mouvement environnemental continuent &#224; mettre de l'avant les fausses solutions du capitalisme vert. Les bureaucraties syndicales suivent cette tendance et le patronat peut se donner bonne conscience &#224; rabais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radicalisation dans un sens anticapitaliste du mouvement &#233;cologiste de masse constitue un axe central de toute strat&#233;gie de transformation sociale &#224; notre &#233;poque. C'est un des objectifs principaux du mouvement &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Un monde de guerre et de pillage, un monde structur&#233; par l'imp&#233;rialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me international profond&#233;ment instable qui s'est mis en place &#224; la fin de la Guerre froide continue de faire des ravages. Les conflits r&#233;gionaux et les guerres civiles se multiplient et n'en finissent plus de faire des victimes (millions de r&#233;fugi&#233;s, violence sexuelle, famines, &#233;pid&#233;mies). Chaque intervention imp&#233;rialiste au Moyen-Orient - invasions de l'Afghanistan, puis de l'Iraq, blocus contre l'Iran, soutien inconditionnel &#224; Isra&#235;l, alliance avec les monarchies et les dictatures arabes - contribue &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation et &#224; la mont&#233;e des mouvements politico-religieux fanatiques et brutaux comme les Talibans ou le Groupe &#201;tat Islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#233;rialistes et les mouvements r&#233;actionnaires qui pr&#233;tendent s'y opposer se renforcent mutuellement dans un cercle vicieux mortel. Plus d'invasions, d'occupations et de bombardements des grandes puissances entra&#238;nent plus de d&#233;stabilisation politiques dans les pays vis&#233;s, facilitent le recrutement et le financement des groupes fondamentalistes arm&#233;s, ce qui entraine de nouveaux attentats terroristes en occident, ce qui justifie plus de d&#233;penses militaires et s&#233;curitaires et une nouvelle vague d'invasions, d'occupations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, la d&#233;formation de l'Islam par les groupes arm&#233;s r&#233;actionnaires renforce la propagande islamophobe et permet aux gouvernements imp&#233;rialistes et aux groupes racistes de renforcer leurs positions. La fonction premi&#232;re et primordiale de l'islamophobie est de donner &#224; la violence imp&#233;rialiste la feuille de vigne de la d&#233;fense de la civilisation et de &#171; nos valeurs &#187;. L'effet indirect in&#233;vitable de cette strat&#233;gie id&#233;ologique des grandes puissances et de nourrir tous les pr&#233;jug&#233;s et de jouer le jeu de l'extr&#234;me-droite, comme on l'a constat&#233; r&#233;cemment avec l'essor de Pegida d'abord en Allemagne puis ailleurs en Europe, et jusqu'au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit ukrainien illustre la dynamique complexe de la nouvelle hi&#233;rarchie des &#201;tats qui s'installe depuis 1991. D'un c&#244;t&#233;, l'expansionnisme de l'OTAN et de l'Union europ&#233;enne ; de l'autre, le chauvinisme Grand-Russe et l'acharnement de l'&#201;tat post-sovi&#233;tique &#224; conserver &#224; tout le moins un statut de puissance r&#233;gionale face &#224; ses voisins imm&#233;diats et &#224; maintenir l'unit&#233; de la F&#233;d&#233;ration de Russie face aux mouvements s&#233;paratistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, au sein m&#234;me de l'Ukraine, la r&#233;sistance &#224; la domination Russe qui est instrumentalis&#233;e au profit d'une politique ultra-lib&#233;rale et chauvine, ce qui donne &#224; la minorit&#233; russophone des airs de r&#233;sistance anticapitaliste et antifasciste en harmonie avec la mythologie n&#233;ostalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces situations d&#233;sastreuses (et on pourrait &#233;laborer longtemps sur le nouveau partage de l'Afrique et les horreurs qui en d&#233;coulent), le nouvel internationalisme peine &#224; se constituer en alternative. Le p&#244;le constitu&#233; autour du Venezuela, avec Cuba, la Bolivie et l'&#201;quateur, est aux prises avec ses contradictions et ses limites : d&#233;pendance envers les revenus du p&#233;trole et du gaz, maintien des structures financi&#232;res et industrielles capitalistes, culte du chef, centralisation du pouvoir et limites aux initiatives de la base, etc. Le mouvement altermondialiste est aussi confront&#233; &#224; ses limites comme l'absence de coordination entre les mouvements sociaux et les partis politiques. Il n'y a toujours pas de nouvelle Internationale, avec des partis de masse capables de proposer une strat&#233;gie pour cr&#233;er cet autre monde possible dont on parle depuis 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, le d&#233;veloppement de liens internationaux avec d'autres organisations &#233;cosocialistes et le renforcement des liens entre Qu&#233;bec solidaire et d'autres partis de la nouvelle gauche antilib&#233;rale constituent des priorit&#233;s pour l'action du R&#233;seau. La contestation des guerres imp&#233;rialistes, du militarisme, de l'inflation s&#233;curitaire et des discours et actions islamophobes constituent aussi des priorit&#233;s dans notre travail politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'Europe en crise et la nouvelle gauche &#224; un point tournant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise grecque est le r&#233;sultat des contradictions et des d&#233;s&#233;quilibres dans le projet europ&#233;en n&#233;olib&#233;ral. L'union mon&#233;taire entre les pays plus riches du centre-nord et les pays moins riches de la p&#233;riph&#233;rie, combin&#233;e avec le recours aux march&#233;s financiers pour soutenir l'endettement des &#201;tats, devait fatalement conduire au ph&#233;nom&#232;ne de la sp&#233;culation sur les dettes publiques qui est au c&#339;ur de la d&#233;pression &#233;conomique que vit la Gr&#232;ce depuis 2009. C'est le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, en partie, que celui qui avait men&#233; &#224; la catastrophe en Argentine en 2000, en raison de la parit&#233; artificielle entre sa monnaie et le dollar US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise &#233;conomique se greffe aux contradictions profondes de la d&#233;mocratie lib&#233;rale &#224; l'&#233;poque de la mondialisation. La fin du &#171; communisme &#187; devait marquer le triomphe de la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Mais la r&#233;alit&#233; est que les gouvernements &#233;lus, m&#234;me dans les pays les plus riches et les plus ind&#233;pendants, ont un pouvoir de plus en plus limit&#233; en raison de la toute puissance des march&#233;s financiers et du r&#244;le des institutions internationales de r&#233;gulation des politiques &#233;conomiques (FMI, Banque mondiale, Union europ&#233;enne, OMC, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection du gouvernement Syriza en janvier constitue le point culminant (&#224; ce jour) d'une profonde vague de r&#233;sistance aux politiques d'aust&#233;rit&#233; &#224; travers l'Europe. Il s'agit aussi d'un sympt&#244;me de l'&#233;chec de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne qui a capitul&#233; devant le n&#233;olib&#233;ralisme depuis longtemps, une dimension centrale du d&#233;clin de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative bourgeoise. Mais une nouvelle gauche &#233;merge, avec des forces comme Podemos, la gauche ind&#233;pendantiste &#233;cossaise, le Front de gauche et le NPA en France, la mont&#233;e de la gauche radicale en Irlande, etc. Une gauche qui cherche &#224; r&#233;inventer soit un vrai r&#233;formisme, avec des r&#233;formes positives pour la majorit&#233; de la population, soit un anticapitalisme non &#8211; sectaire et anti-autoritaire, le plus souvent en combinant ces deux projets de diverses mani&#232;res en entretenant un flou entre les deux. Qu&#233;bec solidaire constitue un des cas de figure de cette grande reconfiguration des forces politiques visant la contestation du consensus n&#233;olib&#233;ral et cherchant de nouvelles fa&#231;ons de &#171; d&#233;passer le capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord temporaire n&#233;goci&#233; par le gouvernement Grec en f&#233;vrier, pour une p&#233;riode de quatre mois, a &#233;t&#233; &#233;valu&#233; de diverses mani&#232;res. Pour certains, il s'agit d&#233;j&#224; d'une capitulation, et de la preuve que le projet de Syriza (mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233; sans sortir de l'Euro) est irr&#233;alisable. Pour d'autres, il s'agit d'une tr&#234;ve donnant au nouveau gouvernement Grec le temps de consolider ses forces &#224; l'interne, de mobiliser ses appuis externes, et de faire augmenter la pression sur les autres gouvernement europ&#233;ens. Le vrai test &#233;tant remis &#224; plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe ce qu'on en pense, cet accord de transition montre que nous sommes devant une course contre la montre et que la situation actuelle ne peut durer bien longtemps. Le peuple grec et son nouveau gouvernement vont-ils continuer &#224; r&#233;sister jusqu'&#224; ce que des renforts arrivent, sous la forme d'un gouvernement Podemos en Espagne par exemple ? Le r&#233;sultat des &#233;lections r&#233;gionales en Andalousie (3e place pour Podemos) nous permet d'en douter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir du gouvernement Grec et de son bras de fer avec les institutions europ&#233;ennes sont donc d'une importance cruciale pour l'avenir de cette nouvelle gauche, tant en Europe qu'ici. On peut envisager trois sc&#233;narios &#224; court terme :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. La Gr&#232;ce parvient &#224; se sortir de l'&#233;tau de l'aust&#233;rit&#233; sans quitter la zone Euro. Syriza fait la d&#233;monstration qu'une autre Europe est possible sans rupture institutionnelle. Un nouveau r&#233;formisme est &#224; l'ordre du jour. Ce sc&#233;nario semble de moins en moins r&#233;aliste &#224; mesure qu'on prend acte de la rigidit&#233; des institutions europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La Gr&#232;ce capitule devant les dictats de ses cr&#233;anciers, c'est la d&#233;moralisation et les divisions qui guettent alors la nouvelle gauche. La tendance mod&#233;r&#233;e fusionne avec la social-d&#233;mocratie pendant que la tendance radicale entre dans une p&#233;riode difficile de reconstruction en &#233;tant d'abord tr&#232;s minoritaire. C'est le sc&#233;nario le moins d&#233;sirable, mais une possibilit&#233; bien r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La Gr&#232;ce est contrainte &#224; quitter l'Euro et &#224; prendre des mesures anticapitalistes pour mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233;. La nouvelle gauche (partis et mouvements) entre dans un processus de radicalisation in&#233;gal selon les pays. C'est le sc&#233;nario le plus souhaitable pour nous et nous savons qu'une partie significative de Syriza travaille d&#233;j&#224; dans ce sens, de m&#234;me que des &#233;l&#233;ments importants de la gauche politique hors Syriza et des mouvements sociaux radicalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisme, dans cette situation, est loin d'&#234;tre une abstraction. Mais pour que la solidarit&#233; se d&#233;veloppe, il faut aussi que le nouveau gouvernement grec confronte ses propres capitalistes et d&#233;montre aux classes subalternes du reste de l'Europe que l'avenir de leurs luttes passe par le succ&#232;s de cette nouvelle gauche. La lutte sociale interne sur le terrain national et le combat diplomatique avec l'Europe sont indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle gauche qu&#233;b&#233;coise, &#224; Qu&#233;bec solidaire en particulier, a donc int&#233;r&#234;t &#224; suivre de pr&#232;s l'&#233;volution de cette situation profond&#233;ment instable et &#224; l'issue pour le moins incertaine. Au bout du compte, c'est la mobilisation des masses, tant en Gr&#232;ce qu'ailleurs en Europe, contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et pour une autre Europe, qui sera d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire &#233;lectorale de Syriza remet &#233;galement &#224; l'ordre du jour des d&#233;bats de fond qui ont divis&#233; la gauche depuis deux si&#232;cles. Les structures &#233;tatiques issues du capitalisme sont-elles irr&#233;m&#233;diablement au service du capital ou peuvent-elles aussi &#234;tre utilis&#233;es contre lui ? Les &#233;lections peuvent-elles &#234;tre mises au service des changements sociaux ou sont-elles une simple tribune pour convaincre la population de rompre avec le syst&#232;me ? Par quel plan d'action concret une nation peut-elle sortir du capitalisme au moins en partie ? Quels types de rapports entre un parti politique et des mouvements de masse sont les plus propices &#224; l'avancement des int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; et &#224; la transformation radicale des rapports de pouvoir ? Tous ces enjeux rest&#233;s essentiellement th&#233;oriques depuis la p&#233;riode de radicalisation de la fin des ann&#233;es 1960 et du d&#233;but des ann&#233;es 1970 redeviennent non seulement pertinents mais urgents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements de gauche en Am&#233;rique Latine avaient d&#233;j&#224; repos&#233; la question de la d&#233;finition du projet socialiste pour le 21e si&#232;cle. Un nouveau r&#233;formisme s'appuyant &#224; la fois sur la joute &#233;lectorale et la mobilisation populaire y a connu un succ&#232;s incontestable. Mais les diff&#233;rences consid&#233;rables dans la situation sociale et &#233;conomique entre ces pays n&#233;ocoloniaux et les soci&#233;t&#233;s de consommation du Nord rendaient la transposition des le&#231;ons vers notre r&#233;alit&#233; pour le moins difficiles. Avec la Gr&#232;ce, c'est un pays tr&#232;s proche du n&#244;tre, dans la p&#233;riph&#233;rie imm&#233;diate d'un des principaux centres d'accumulation du capital, qui est aux prises avec ces questions strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec de la nouvelle gauche europ&#233;enne serait d'autant plus grave que sa cons&#233;quence politique probable &#224; court terme serait la mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite, alors per&#231;ue comme la seule alternative face &#224; des institutions europ&#233;ennes bloqu&#233;es et &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le d&#233;mocratique. La force du FN en France tient en bonne partie &#224; son aura &#171; anti-establishment &#187; et sa critique de l'Europe. Comme l'a expliqu&#233; le repr&#233;sentant du Parti de gauche &#224; notre activit&#233; du 6 mars, la gauche radicale fran&#231;aise est min&#233;e &#224; la fois par les compromissions de certains de ses courants avec le social-lib&#233;ralisme et par des divisions sectaires. Ajoutons que le ralliement de presque toute la classe politique fran&#231;aise &#224; la la&#239;cit&#233; autoritaire et islamophobe donne au FN une couverture de respectabilit&#233; et une strat&#233;gie facile pour faire passer ses id&#233;es racistes contre l'immigration et les minorit&#233;s pour une forme de d&#233;fense des &#171; valeurs de la r&#233;publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'avenir pour la nouvelle gauche, antilib&#233;rale ou anticapitaliste, sans une rupture claire avec les conceptions islamophobes et ethnocentriques de la la&#239;cit&#233; et une solidarit&#233; active avec les minorit&#233;s religieuses et les populations immigrantes contre toute forme de discrimination et d'exclusion. L'int&#233;gration par la solidarit&#233; et pour la convergence des luttes et la seule antidote possible face au poison de la peur et de la haine.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;a id=&#034;deuxi&#232;me texte&#034;&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;#premier texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Retour au premier texte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;2. Le contexte pancanadien et qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Un r&#233;gime Harper fatigu&#233; face &#224; une opposition faible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virage op&#233;r&#233; par le r&#233;gime Harper depuis 2006 a fait du Canada une puissance imp&#233;rialiste qui reste de second ordre mais qui a gagn&#233; en autonomie dans sa capacit&#233; d'action militaire et est plus d&#233;termin&#233;e que jamais &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des grandes entreprises bas&#233;es sur son territoire. Il a aussi fait du Canada un empire extractiviste de premier ordre, dont la force &#233;conomique repose sur les secteurs &#233;nerg&#233;tique et minier, avec l'appui d'un secteur financier de calibre mondial. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement canadien a fait du d&#233;veloppement des &#233;nergies fossiles &#224; partir des sables bitumineux le moyen de positionner Canada comme puissance &#233;conomique de premier plan &#224; ce niveau. Son objectif strat&#233;gique est de faire du p&#233;trole le vecteur essentiel de sa politique &#233;nerg&#233;tique. Cela l'a conduit &#224; rejeter tous les efforts cons&#233;quents pour la r&#233;duction du gaz &#224; effet de serre. Le gouvernement Harper soutient financi&#232;rement la volont&#233; des entreprises p&#233;troli&#232;res de couvrir le continent d'ol&#233;oducs pour pouvoir exporter un p&#233;trole sale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re dans l'Arctique est &#224; l'ordre du jour. Les gouvernements qu&#233;b&#233;cois (tant celui de Pauline Marois que de Philippe Couillard) se sont fait les complices de ces objectifs de la bourgeoisie canadienne. Les grandes entreprises comme TransCanada rappellent, sans honte, que c'est le f&#233;d&#233;ral qui peut d&#233;cider du passage du p&#233;trole sur le territoire qu&#233;b&#233;cois et que le Qu&#233;bec et son gouvernement n'ont pas droit au dernier mot &#224; ce propos. Le peuple qu&#233;b&#233;cois se voit r&#233;duit au silence sur des d&#233;cisions qui conditionnent son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget militaire n'a pas cess&#233; d'augmenter pour le plus grand profit des marchands de guerre. Douze ans d'intervention en Afghanistan a sem&#233; la destruction et n'a pas fait reculer significativement la mis&#232;re. La corruption des autorit&#233;s afghanes que le gouvernement canadien soutenait est de notori&#233;t&#233; publique. Le gouvernement Harper s'engage maintenant dans des frappes a&#233;riennes en Irak et en Syrie contre l'&#201;tat islamique se faisant ainsi l'alli&#233; objectif de Bachar el Assad. Ces frappes a&#233;riennes (sans d&#233;ploiement d'arm&#233;es au sol) et la mise sur pied d'une coalition, ne cherchent qu'&#224; cr&#233;er les conditions de l'acceptabilit&#233; sociale d'une intervention plus massive et plus prolong&#233;e afin de consolider la domination des puissances occidentales sur la r&#233;gion et la recolonisation de cette partie du monde dans leurs int&#233;r&#234;ts. La couverture humanitaire de cette intervention imp&#233;rialiste est presque inexistante. Cette intervention conduira &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la paix dans le monde, au renforcement de l'ins&#233;curit&#233;, augmentera les risques de restrictions des droits d&#233;mocratiques et de d&#233;veloppement de l'islamophobie. Le soutien &#224; la construction d'un mouvement antiguerre massif est la condition de la d&#233;fense des droits d&#233;mocratiques de la majorit&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; a &#233;t&#233; renouvel&#233; &#224; la faveur des attentats d'Ottawa, de Saint-Jean-sur-le-Richelieu et de Paris, avec en arri&#232;re-plan les horreurs commises par le Groupe &#233;tat islamique, Boko Haram et d'autres. Ceci a permis une radicalisation des politiques r&#233;pressives, de surveillance et d'attaques contre les libert&#233;s civiles, sous la forme du projet de loi C-51. C'est en tablant sur la peur du terrorisme que ce r&#233;gime us&#233; esp&#232;re rallier une base suffisante pour se maintenir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche forc&#233;e des Conservateurs vers une d&#233;mocratie restreinte doit &#234;tre soulign&#233;e, et particuli&#232;rement au niveau de la restriction des droits d&#233;mocratiques du mouvement syndical qui est une des cibles privil&#233;gi&#233;es du gouvernement Harper. Le gouvernement conservateur cherche &#224; affaiblir le mouvement syndical : multiplication des lois obligeant le retour au travail, lois restreignant les possibilit&#233;s de syndicalisation, loi pour limiter l'autonomie et l'ind&#233;pendance des syndicats. La remise en question de la formule Rand est dans la mire de ce gouvernement. &#192; cela s'ajoute une politique de plus en plus r&#233;pressive contre la population immigr&#233;e, sans parler de l'odieuse politique contre les communaut&#233;s autochtones. Cette politique de restriction des droits d&#233;mocratique s'habille du conservatisme moral et, en ce domaine, ce sont les femmes qui sont les principales vis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les partis d'opposition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'exception de quelques enjeux relatifs aux politiques sociales et &#224; des artifices de rh&#233;torique, le Parti Lib&#233;ral du Canada s'est ralli&#233; &#224; tous les aspects essentiels de la politique conservatrice (C-51, ol&#233;oducs&#8230;), ce qui d&#233;montre que cette derni&#232;re est en fait la nouvelle strat&#233;gie d'ensemble de la classe capitaliste canadienne et non celle d'un seul parti. Cette r&#233;alit&#233; d&#233;montre les limites et le caract&#232;re illusoire de l'orientation des centrales syndicales canadienne et qu&#233;b&#233;coises de la perspective visant &#224; chasser Harper aux prochaines &#233;lections y compris en votant pour le Parti lib&#233;ral du Canada. Celui-ci vient d'ailleurs de se surpasser dans la surench&#232;re imp&#233;rialiste en reprochant aux Conservateurs de ne pas augmenter les budgets militaires assez rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPD, sous Mulcair, oscille constamment entre le ralliement au consensus de la classe dominante sur certaines questions (&#201;nergie Est, Isra&#235;l) et la r&#233;sistance parlementaire et l&#233;gale face &#224; d'autres (Poste, C-51, Irak), en continuit&#233; avec les origines syndicales et populaires de ce parti. Son incapacit&#233; &#224; maintenir la deuxi&#232;me place obtenue en 2011 est essentiellement le r&#233;sultat des politiques social-lib&#233;rales de ses composantes provinciales. Celles-ci ont men&#233; &#224; une s&#233;rie de campagnes &#233;lectorales d&#233;sastreuses au cours des derniers mois (Nouvelle-&#201;cosse, Ontario, Colombie-Britannique&#8230;). Ironiquement, ce n'est qu'au Qu&#233;bec que le NPD reste fort, parce que l'opinion publique qu&#233;b&#233;coise n'est pas confront&#233;e &#224; une section provinciale sociale-lib&#233;rale ou &#224; un gouvernement NPD impossible &#224; distinguer de ses &#233;quivalents conservateurs ou lib&#233;raux. La m&#234;me logique consistant &#224; &#171; sortir les sortants &#187; qui avait caus&#233; la &#171; vague orange &#187; semble &#234;tre aussi derri&#232;re les succ&#232;s du NPD dans les &#233;lections provinciales albertaines. Mais on ne construit pas une majorit&#233; politique effective &#224; l'&#233;chelle pancanadienne uniquement sur ce type de sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Vert continue &#224; incarner une sorte de capitalisme vert p&#226;le bien intentionn&#233;. Ce qui est suffisant pour lui conserver une certaine place dans le paysage politique, mais pas pour en faire une alternative cr&#233;dible &#224; gauche du NPD ou un point de ralliement pour une perspective &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clin &#224; long terme du Bloc qu&#233;b&#233;cois se poursuit, sous la forme de la crise de leadership qui a men&#233; &#224; la victoire de Mario Beaulieu et au d&#233;part de trois de ses cinq d&#233;put&#233;s. Ses belles intentions p&#233;dagogiques ind&#233;pendantistes sont assombries par son ralliement au nationalisme identitaire islamophobe de la Charte des valeurs. Le volontarisme sur l'ind&#233;pendance ne fait pas une strat&#233;gie et constitue en fait rien de plus que l'envers de l'attentisme typique des directions du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec &#233;tait un fonds de commerce incapable de livrer la marchandise. L'usure du Bloc qu&#233;b&#233;cois aux yeux d'une partie substantielle de la population du Qu&#233;bec refl&#233;tait le rejet de cette une impuissance politique d&#233;sormais constat&#233;e largement. Mario Beaulieu, le nouveau chef &#233;lu du Bloc qu&#233;b&#233;cois, tente de se distancier du discours traditionnel du Bloc qu&#233;b&#233;cois dirig&#233; par Gilles Duceppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste engonc&#233; dans la logique p&#233;dagogique du &#171; sortir, parler, convaincre le peuple de l'ind&#233;pendance &#187;. Mais il n'avance aucune strat&#233;gie pour lutter contre les politiques n&#233;olib&#233;rales des partis lib&#233;raux et conservateurs. Il ne sugg&#232;re aucune initiative pour en finir avec le gouvernement Harper et pour en finir avec une politique de r&#233;gression sociale, d&#233;mocratique et environnementale d'Ottawa qui touche le Qu&#233;bec de plein fouet. Il ne d&#233;veloppe aucune politique vis-&#224;-vis des mouvements sociaux canadiens qui pourraient &#234;tre gagn&#233;s &#224; la d&#233;fense du droit &#224; l'autod&#233;termination du Qu&#233;bec. Si sa prise de position claire et nette contre le le projet de l'ol&#233;oduc &#201;nergie Est de Transcanada lui permet de parler aux personnes ayant une sensibilit&#233; environnementaliste, il n'en reste pas moins que son rejet de toute perspective d'alliance au niveau pancanadien, emp&#234;che qu'il soit un facteur important dans cette lutte. L'adoption d'une position similaire par le caucus du NPD (ce qui semble s'annoncer) permettrait de renforcer au projet de d&#233;senclavement du p&#233;trole tir&#233; des sables bitumineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux issues les plus probables aux prochaines &#233;lections f&#233;d&#233;rales, pr&#233;vues pour le 19 octobre, sont le prolongement du r&#233;gime conservateur mais avec un mandat minoritaire fragile, ou l'&#233;lection d'un gouvernement minoritaire lib&#233;ral appuy&#233; sur le NPD. Dans le premier cas, il n'est pas exclu qu'une alliance PLC-NPD force la main du gouverneur g&#233;n&#233;ral et conduise rapidement au second sc&#233;nario sans recours &#224; une nouvelle &#233;lection. D'une mani&#232;re ou d'une autre, nous sommes au bord d'une p&#233;riode d'instabilit&#233; en politique canadienne avec une lutte &#224; trois partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance parlementaire probable PLC-NPD (apr&#232;s l'&#233;lection) pourrait contribuer &#224; ouvrir un espace &#224; gauche vers la formation d'une alternative enracin&#233;e dans les luttes sociales et politiques, en rupture avec le social-lib&#233;ralisme et le nationalisme &#233;conomique du NPD. Une telle alliance ne sera pas annonc&#233;e avant l'&#233;lection pour laisser se d&#233;rouler la lutte &#224; trois. Apr&#232;s, il ne sera pas question d'une coalition gouvernementale mais d'un appui parlementaire du NPD pour un gouvernement lib&#233;ral minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes sociales sont dispers&#233;es et modestes en dehors du Qu&#233;bec. Il n'y a pas d'&#233;lan profond de la base pouvant secouer la bureaucratie des syndicats et du NPD comme ce fut le cas en 2001-2003 avec les mouvements altermondialiste et pacifiste, ce qui devait donner naissance &#224; NPI (New politics initiative), le mouvement s'&#233;tant approch&#233; le plus d'un renouvellement de la gauche politique, avec l'appui du tiers des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s au congr&#232;s pancanadien du NPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum social des peuples d'ao&#251;t 2014 a toutefois donn&#233; une impulsion significative dans cette direction en r&#233;unissant (pour la premi&#232;re fois ?) des milliers de militantes et des militants du Qu&#233;bec, du Canada anglais et des Premi&#232;res Nations. On remarque aussi depuis quelques ann&#233;es l'&#233;mergence de nouveaux groupes radicaux enracin&#233;s dans des dynamiques locales (&#224; Halifax, Ottawa, Toronto, Hamilton et Vancouver, notamment). L'exemple de Qu&#233;bec solidaire et d'autres nouveaux partis ailleurs dans le monde donne aussi des id&#233;es &#224; plusieurs dans la gauche canadienne. On peut souhaiter que les initiatives en cours m&#232;nent &#224; moyen terme &#224; la formation d'un nouveau parti pluraliste de la gauche radicale dans l'&#201;tat canadien. Mais le d&#233;fi est de taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Des partis bourgeois qu&#233;b&#233;cois acquis au n&#233;olib&#233;ralisme, &#224; l'extractivisme, et &#224; diverses variantes de l'autonomie provinciale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PLQ - agent de la fraction la plus f&#233;d&#233;raliste de la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec est le repr&#233;sentant de cette fraction f&#233;d&#233;raliste inconditionnelle de la bourgeoisie canadienne et de ses associ&#233;s qu&#233;b&#233;cois. Il combine une politique n&#233;olib&#233;rale cons&#233;quente &#224; un projet de d&#233;nationalisation de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PLQ veut syst&#233;matiser les politiques d'aust&#233;rit&#233;. Au nom de la poursuite du d&#233;ficit z&#233;ro, comme le gouvernement p&#233;quiste avant lui, il s'attaque aux services publics par les compressions dans les d&#233;penses et la tarification des services. Il &#233;value par une s&#233;rie de ballons d'essai les points de moindre r&#233;sistance dans l'implantation de ses contre-r&#233;formes. Il veut ainsi cr&#233;er une insuffisance des services publics pour justifier leur privatisation. Il cherche &#224; d&#233;truire les m&#233;canismes de repr&#233;sentation citoyenne dans les institutions de l'&#201;tat. Le projet de r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; du ministre Barrette en est la plus r&#233;cente illustration. Il participe de l'accaparement des richesses vers les sommets de la soci&#233;t&#233; en refusant de remettre en question la fiscalit&#233; et en refusant de s'attaquer aux &#233;chappatoires fiscales de tout genre. Au contraire, sous pr&#233;texte de rendre la fiscalit&#233; plus concurrentielle, il s'appr&#234;te &#224; la rendre encore plus in&#233;quitable. L'attaque contre le projet de loi sur les retraites des employ&#233;Es municipaux participe de ces attaques contre une r&#233;partition plus juste des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soutenant l'impossibilit&#233; de tout amendement &#224; la constitution canadienne, en d&#233;dramatisant les menaces sur la langue fran&#231;aise comme langue commune, en soutenant les entreprises guerri&#232;res d'Ottawa (d&#233;claration de Couillard &#224; ce propos), les politiques du premier ministre Couillard s'inscrivent dans les politiques conservatrices visant &#224; apporter sa contribution &#224; la strat&#233;gie de nation building canadien du gouvernement Harper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relance du Plan Nord et dans sa suite, investissements dans Gaz M&#233;tro, construction d'infrastructures pour les mini&#232;res, le gouvernement Couillard inscrit sa politique &#233;conomique dans une logique extractiviste. Cette politique est la mise en &#339;uvre de la promotion des int&#233;r&#234;ts du capital financier et p&#233;trolier qui vise &#224; faire du Canada une puissance de premi&#232;re importance au niveau des exportations des &#233;nergies fossiles et cela avec le soutien de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;conomique du gouvernement Couillard concr&#233;tise l'alliance de la bourgeoisie canadienne et qu&#233;b&#233;coise autour de cette perspective. La vaste majorit&#233; de la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise n'a pas de projet &#233;conomique ou politique propre. C'est pourquoi, on peut dire qu'elle est apatride. Cette alliance implique &#233;galement, non seulement le secteur f&#233;d&#233;raliste, majoritaire de la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise, mais &#233;galement son secteur nationaliste. Il suffit de se rappeler les politiques mises de l'avant &#224; ce niveau par le gouvernement Marois &#224; cet &#233;gard et r&#233;affirm&#233;es r&#233;cemment par Pierre-Karl P&#233;ladeau : choix d'un d&#233;veloppement marginal des &#233;nergies renouvelables qu'on laisse d'ailleurs aux mains du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est en crise. La classe dominante est &#224; l'offensive. Poser les possibilit&#233;s de r&#233;formes &#224; froid capables de s'imposer sans essayer de bloquer les projets de la classe dominante est une strat&#233;gie sans aucune cr&#233;dibilit&#233;. Le glissement de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne comme de la social-d&#233;mocratie canadienne sur une orientation ouvertement n&#233;olib&#233;rale une fois au pouvoir - dans l'opposition elle peut se payer le luxe d'une rh&#233;torique sociale lib&#233;rale - en est la claire expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie qu'un projet &#233;conomique, politique et social alternatif qui s'assume doit poser la n&#233;cessit&#233; d'en finir avec le projet de la classe dominante qui est de renforcer la concentration de la richesse, de justifier le renforcement des in&#233;galit&#233;s, et affaiblir durablement les organisations syndicales, populaires, f&#233;ministes et jeunes qui r&#233;sistent &#224; leur projet antisocial. Un projet de r&#233;elle transformation sociale est un projet de rupture avec la logique &#233;conomique que nous impose la crise capitaliste actuelle et les r&#233;ponses que donne la classe dominante &#224; cette crise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle politique &#233;nerg&#233;tique ? Quelle politique industrielle ? Quelle politique fiscale ? Quelles politiques pour un Qu&#233;bec ind&#233;pendant... qui n'accepte pas de se construire dans le cadre d'un &#201;tat provincial ? Un projet alternatif doit donner des r&#233;ponses claires qui vont dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; populaire. Il ne peut se contenter de mettre de l'avant des petits projets &#233;clat&#233;s sans vision d'ensemble. &lt;br class='autobr' /&gt;
PQ &#8211; Un vernis souverainiste qui n'arrive plus &#224; cacher un ralliement total au statu quo&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti qu&#233;b&#233;cois manifeste depuis toujours une incapacit&#233; organique &#224; confronter la bourgeoisie canadienne et son &#201;tat. La politique concr&#232;te du gouvernement Marois s'&#233;tait align&#233;e compl&#232;tement sur les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie r&#233;gnante au Qu&#233;bec et sur une collaboration ouverte avec les projets de la bourgeoisie canadienne... Le gouvernement Marois a, encore une fois, d&#233;montr&#233; la politique pro-capitaliste des gouvernements p&#233;quistes comme cela a &#233;t&#233; le cas entre 1994 et 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise profonde du mouvement souverainiste depuis la d&#233;faite de 1995 se poursuit. La troisi&#232;me place du PQ en 2007, caus&#233;e en partie par la d&#233;magogie de l'ADQ autour des &#171; accommodements raisonnables &#187;, a conduit &#224; l'arriv&#233;e de Marois aux commandes et &#224; un virage &#171; identitaire &#187; qui a fait des ravages. Des liens directs ont m&#234;me &#233;t&#233; &#233;tablis entre certains militants &#171; souverainistes &#187; fran&#231;ais (du Front national) et des membres influents du PQ. Les candidats P&#233;ladeau et Drainville ont d&#251; prendre leur distance face &#224; ces alli&#233;s embarrassants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire maintenant in&#233;vitable du magnat de la presse et champion du lock out indique clairement qu'il ne reste rien du &#171; pr&#233;jug&#233;s favorable aux travailleurs &#187; de 1976. Tout ce qui maintient ensemble les morceaux rapi&#233;c&#233;s de cet &#233;difice en ruine est la pens&#233;e magique autour d'un &#171; sauveur &#187;, d'un chef qui m&#232;nerait les troupes dociles vers la victoire. Mais, comme le lui permet sa popularit&#233; en t&#233;flon, PKP n'exprime que des g&#233;n&#233;ralit&#233;s et ne s'engage &#224; rien. Parions que son leadership sera en continuit&#233; avec celui de Marois : pro-patron, pro-p&#233;trole, autonomiste dans les faits (avec de la rh&#233;torique ind&#233;pendantiste comme givrage sucr&#233;), bref fonci&#232;rement conservateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur nationaliste de la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise a toujours recul&#233; aux moments cruciaux face &#224; la rupture avec l'&#201;tat canadien et elle est moins d&#233;cid&#233;e que jamais, &#224; faire un tel saut. C'est pourquoi l'&#233;cart entre les pr&#233;tentions ind&#233;pendantistes et les strat&#233;gies mises de l'avant par le PQ risque d'&#234;tre particuli&#232;rement abyssal et d&#233;chirant. Nous entrons donc dans une p&#233;riode o&#249; le d&#233;fi principal est de construire un nouveau bloc ind&#233;pendantiste autour d'un projet de soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et d'un processus radicalement d&#233;mocratique d'accession &#224; l'ind&#233;pendance par l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante. La majorit&#233; sociale, form&#233;e par les classes ouvri&#232;res et populaires, peut et doit devenir la majorit&#233; politique porteuse de ce nouveau projet d'&#233;mancipation sociale et nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte d'h&#233;g&#233;monie du Parti qu&#233;b&#233;cois sur le mouvement ind&#233;pendantiste n'a pas fini de rebondir. La volont&#233; de nombre d'ind&#233;pendantistes de construire un mouvement de citoyen pour l'ind&#233;pendance en l'illustration la plus parlante. Si l'on peut et doit appuyer le d&#233;veloppement d'un tel mouvement, ce dernier, comme les autres mouvements sociaux, va s'orienter et fixer des objectifs &#224; partir des d&#233;bats politiques qui vont traverser les partis politiques. Cela pose des d&#233;fis importants pour que ce mouvement citoyen ne soit pas inf&#233;od&#233; aux Parti qu&#233;b&#233;cois et &#224; ces orientations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pi&#232;ges du d&#233;bat identitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CAQ, rendue caduque sur le plan &#233;conomique par la d&#233;termination n&#233;olib&#233;rale de Couillard, tente de se donner une nouvelle raison d'&#234;tre en prenant, elle aussi, un &#171; virage identitaire &#187; aussi inqui&#233;tant qu'irr&#233;fl&#233;chi (police des valeurs, examens de qu&#233;b&#233;citude, etc.). En 2018, l'&#233;lectorat conservateur aura donc le choix entre la x&#233;nophobie autonomiste sans cons&#233;quence de Legault et la x&#233;nophobie superficiellement souverainiste du PKPQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un PQ de plus en plus conservateur et &#224; une CAQ qui retourne &#224; ses racines populistes du temps de Mario Dumont, le PLQ sera-t-il le seul d&#233;fenseur des droits d&#233;mocratiques des minorit&#233;s et d'une vision pluraliste du Qu&#233;bec ? Il est temps que Qu&#233;bec solidaire clarifie sa position sur l'ensemble de ces questions et tourne le dos &#224; tout ce qui reste de concessions &#224; l'islamophobie ambiante et aux pr&#233;jug&#233;s des secteurs r&#233;actionnaires de la population. L'opposition de QS &#224; la Charte du PQ ne devrait pas &#234;tre partielle (uniquement sur le port de signes religieux, et avec des nuances) mais totale. Notre vision du Qu&#233;bec devrait &#234;tre rigoureusement inclusive et notre vision de la la&#239;cit&#233; r&#233;solument incompatible avec la stigmatisation des minorit&#233;s et les mesures de r&#233;pression administratives. Le vernis f&#233;ministe ou d&#233;mocratique que certains groupes (comme le PDF ou le MLQ) cherchent &#224; donner &#224; une politique r&#233;actionnaire d'int&#233;gration (en fait d'assimilation et d'exclusion) doit &#234;tre d&#233;cap&#233; par la critique et une approche intersectionnelle, telle que pr&#233;conis&#233;e par la FFQ. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233;bec solidaire peut se donner une identit&#233; tr&#232;s claire sur le paysage politique qu&#233;b&#233;cois en se d&#233;finissant comme ind&#233;pendantiste - sans association, sans tergiversations, et avec un projet radicalement d&#233;mocratique - et pluraliste : en d&#233;fense des droits des minorit&#233;s, contre le nationalisme ethnique, avec le fran&#231;ais comme langue des institutions communes et une la&#239;cit&#233; qui concerne l'&#201;tat et non les personnes et qui permet justement &#224; celles-ci d'afficher leurs diff&#233;rences sans craintes. &#192; l'approche lib&#233;rale de d&#233;fense abstraite de l'&#233;galit&#233;, il faut opposer une lutte contre l'oppression et une int&#233;gration par la solidarit&#233; et les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du R&#233;seau &#233;cosocialiste, sur ce plan, est d'organiser ceux et celles qui souhaitent une telle &#233;volution de QS et de mener un patient travail de clarification id&#233;ologique et programmatique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;troisi&#232;me texte&#034;&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;#premier texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Retour au premier texte&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;3- Les mouvements sociaux &#224; la crois&#233;e des chemins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Concertation conflictuelle ou syndicalisme de combat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a rappel&#233; les appels des centrales &#224; la concertation sur l'emploi (apr&#232;s la rencontre du 12 f&#233;vrier 2015) et le titre du Devoir sur le &#8220;Front commun syndical-patronal&#8221;, le mouvement syndical est travers&#233; par des orientations contradictoires : une orientation en grande partie &#233;labor&#233;e par les directions, mais qui ont des relais dans une grande partie des bases et qui pr&#244;ne une strat&#233;gie de concertation avec le patronat et les gouvernements et qui cherchent &#224; exercer des pressions pour amener les classes dominantes et leurs partis &#224; se rallier &#224; une telle strat&#233;gie ou une orientation qui pr&#244;ne un syndicalisme de combat ou de transformation sociale, donc un virage politique important qui implique une rupture avec la strat&#233;gie de concertation et le recours &#224; des moyens de lutte qui ne s'enferment pas dans les cadres l&#233;gaux impos&#233;s par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le tournant n&#233;olib&#233;ral de la classe dominante, cette orientation concertationniste s'est maintenue et s'est red&#233;finie plusieurs fois. Du soutien critique au PQ au soutien au PQ comme moindre mal malgr&#233; ses politiques social-lib&#233;rales, il y a eu toute une s&#233;rie de glissements dans le mouvement syndical qui a eu comme constantes la d&#233;fense du partenariat et le refus syst&#233;matique de travailler &#224; la construction d'un parti politique des travailleurs et des travailleuses. Le sommet socio-&#233;conomique de 1996 a &#233;t&#233; l'illustration la plus claire d'o&#249; pouvait mener la reprise du discours patronal dans les rangs syndicaux. &#171; Le sommet a eu pour r&#233;sultat des pertes d'emplois, de nouvelles tarifications, une diminution de l'efficacit&#233; des services publics, ce qui a favoris&#233; le recours a des services priv&#233;s de sant&#233; et d'enseignement. Ainsi, le mouvement syndical a contribu&#233; &#224; d&#233;structurer les services publics qu'il pr&#233;tendait vouloir pr&#233;server&#8230; N&#233;anmoins, malgr&#233; ces fruits amers, le &#171; partenariat social perdure dans le milieu syndical. La cons&#233;quence politique centrale de cette strat&#233;gie est le remplacement de la mobilisation des membres par des discussions &#224; haut niveau desquelles les syndiqu&#201;es sont excluEs. Le &#171; partenariat social &#187; se pratique aux d&#233;pens de la d&#233;mocratie syndicale. Les travailleurs et les travailleuses sont ainsi d&#233;sappropri&#233;Es des moyens n&#233;cessaires de lutte pour am&#233;liorer leurs conditions de travail. Il ne faut donc pas se surprendre si la combativit&#233; des syndiqu&#233;Es n'est pas au rendez-vous. Le cercle vicieux- moins on mobilise moins les syndiqu&#233;Es sont mobilisables &#8211; justifie le partenariat. &#187; (Ghislaine Raymond, Le &#171; partenariat social &#187; Sommet socio&#233;conomique de 1996, syndicats et groupes populaires, M &#201;diteur, 2013, pp.177-179)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation de concertation sociale, qui s'accompagne d'un soutien plus ou moins avou&#233; &#224; un parti comme le Parti qu&#233;b&#233;cois, cache le refus de l'autonomie politique sous la rh&#233;torique de la neutralit&#233; partisane, qui est en fait, un refus de se laisser entra&#238;ner vers le soutien explicite &#224; un parti qui se d&#233;finit comme d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des classes subalternes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation du mouvement syndical est un enjeu d'un d&#233;bat politique essentiel : soit comme le propose la majorit&#233; des directions, le mouvement syndical cherche &#224; s'int&#233;grer au capitalisme et &#224; participer &#224; son essor en le rendant acceptable aupr&#232;s de ses membres, soit il radicalise sa pratique et son discours pour faire face &#224; l'offensive d'aust&#233;rit&#233; permanente qui r&#233;duit ses droits. S'il cherche &#224; se donner un projet politique comme r&#233;ponse globale &#224; cette offensive et noue les alliances avec un parti politique capable de porter un tel projet, son action s'inscrira dans la d&#233;fense d'une autonomie politique r&#233;elle face projet des partis du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les prochaines n&#233;gociations dans le secteur public, le mouvement syndical fait face &#224; d&#233;fi essentiel : convaincre la majorit&#233; de la population, &#224; commencer par ses membres, de l'importance de ses revendications et la l&#233;gitimit&#233; de l'action collective pour contrer les politiques gouvernementales, pour d&#233;fendre les services publics et pour prot&#233;ger les conditions de travail et de vie des employ&#233;Es des services publics. Si le gouvernement parvient &#224; ses fins, ce sont les femmes et les secteurs populaires les plus vuln&#233;rables qui vont en faire les frais. Dans la sant&#233;, le mouvement syndical fait face &#224; la pr&#233;carisation des conditions d'emploi, &#224; la privatisation, &#224; l'augmentation de la charge de travail, etc. Dans l'&#233;ducation, les syndicats et le mouvement &#233;tudiant font face &#224; des attaques similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. La lutte du mouvement &#233;tudiant du Printemps 2015 et sa n&#233;cessaire r&#233;orientation strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales revendications du mouvement &#233;tudiant en ce Printemps 2015 avaient une port&#233;e trop g&#233;n&#233;rale. La gr&#232;ve &#233;tudiante s'est inscrite dans une lutte globale contre l'aust&#233;rit&#233; en sant&#233;, en &#233;ducation et dans les services sociaux (coupures, gel des embauches, hausses de frais, privatisation et marchandisation), contre les projets d'exploitation et de transports des hydrocarbures, contre le profilage et la r&#233;pression politique et pour la d&#233;fense des droits syndicaux (lutte contre la r&#233;ouverture des conventions collectives, l'attaque contre les r&#233;gimes de retraite et contre les lois sp&#233;ciales, etc.). Par exemple, une proposition de gr&#232;ve du C&#233;gep du Vieux-Montr&#233;al &#171; revendiquait entre autres la fin des mesures d'aust&#233;rit&#233; &#171; pour toujours &#187;, l'abolition de la loi 3 sur les r&#233;gimes de retraite et l'abolition du r&#232;glement P-6 dans la m&#233;tropole. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres associations locales (comme l'Association facultaire des &#233;tudiant-es en sciences humaines de l'UQAM) face &#224; la r&#233;pression qui l'a tout particuli&#232;rement frapp&#233; a r&#233;pondu &#224; cette attaque par une plate-forme tr&#232;s sp&#233;cifique qui relevait de la seule lutte &#224; l'UQAM. Par exemple : &#171; La fin imm&#233;diate des basses man&#339;uvres juridiques de l'administration de l'UQAM (injonction et poursuites contre des &#233;tudiant-es militant-es) ; la r&#233;admission &#224; la ma&#238;trise de Ren&#233; Delvaux, expuls&#233; en catimini pour l'&#233;carter du C.A. ; que les 22 arr&#234;t&#233;-es du mercredi 8 avril ne soient pas poursuivi-es et ne soient les cibles d'aucune sanction administrative ; ...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la gr&#232;ve sociale esp&#233;r&#233;e s'est transform&#233;e en une s&#233;rie de luttes fragment&#233;es pour le droit de manifester. Bien que la lutte contre la r&#233;pression politique soit absolument essentielle, il est difficile d'&#233;tablir un rapport de force suffisant vis-&#224;-vis des autorit&#233;s administratives et publiques dans un contexte de dispersion des &#233;nergies et d'improvisation. Ind&#233;pendamment des r&#233;sultats concrets des f&#233;roces luttes actuelles, il faut r&#233;fl&#233;chir d&#232;s maintenant &#224; la poursuite de la mobilisation au-del&#224; du Printemps 2015. Pour ce faire, il faut &#233;laborer un espace de revendications qui trouve un &#233;quilibre d&#233;licat entre le g&#233;n&#233;ral et le particulier, afin d'&#233;viter le double pi&#232;ge des demandes abstraites (lutter contre le capitalisme ou le n&#233;olib&#233;ralisme) et des revendications sectorielles qui limitent le potentiel de g&#233;n&#233;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie consiste &#224; bloquer les coupures massives dans le syst&#232;me d'&#233;ducation. Ce n'est pas seulement les &#233;tudiant-es, mais l'ensemble des &#233;coles primaires et secondaires, les commissions scolaires, les c&#233;geps et les universit&#233;s, les &#233;l&#232;ves, les professeur-es, les employ&#233;-es, les charg&#233;-es de cours, et les administrations d'&#233;tablissement qui seront directement touch&#233;es par ces coupures. Pour r&#233;clamer quelque chose d'unificateur, il faut demander un r&#233;investissement massif dans le syst&#232;me d'&#233;ducation par une proposition claire : l'injection imm&#233;diate d'un milliard de dollars suppl&#233;mentaires dans le syst&#232;me d'&#233;ducation. L'objection facile, &#171; on n'a pas d'argent &#187;, pourra facilement &#234;tre r&#233;fut&#233;e par la campagne de la Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et la privatisation des services publics, 10 milliards$ de solutions. L'alternative &#224; l'aust&#233;rit&#233; se r&#233;sume &#224; une id&#233;e simple : justice fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la gr&#232;ve de masse n'aurait pas pour but de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts particuliers des &#233;tudiant-es, des professeur-es, etc., mais l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, l'int&#233;gralit&#233; du syst&#232;me d'&#233;ducation, en pr&#244;nant des mesures politiques qui pourraient permettre de financer les services publics (sant&#233;, garderies, transports, etc.) et de r&#233;duire le fardeau fiscal des classes moyennes et populaires. Autrement dit, la lutte passerait de la phase &#233;conomique-corporative &#224; la phase &#233;thico-politique. 1G$ pourrait susciter l'adh&#233;sion des &#233;tudiant-es, charg&#233;-es de cours, professeur-es et m&#234;me des recteurs qui militent depuis longtemps contre le sous-financement du syst&#232;me postsecondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la revendication principale d'1G$ jumel&#233;e aux mesures de justice fiscale (10G$ de solutions) pourrait s'accompagner d'une revendication visant &#224; r&#233;pondre au probl&#232;me de la dette : un audit citoyen sur la dette publique. Il s'agit d'un outil p&#233;dagogique formidable pour contester l'id&#233;ologie aust&#233;ritaire, en permettant &#171; aux citoyens de se r&#233;approprier la question de la dette publique, et &#224; partir de l&#224; les grandes questions de politique &#233;conomique, comme des enjeux d&#233;mocratiques. Il s'agit d'engager un examen public approfondi de quelques questions cl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il ne suffit pas de demander plus d'argent, il faut encore assurer une allocation des ressources en fonction des besoins. Cela implique d'abolir le financement par t&#234;te de pipe instaur&#233; au tournant des ann&#233;es 2000 par le ministre de l'&#201;ducation de l'&#233;poque, Fran&#231;ois Legault, qui rempla&#231;a la formule de financement historique en fonction des besoins des institutions avec des ajustements particuliers, par un syst&#232;me de financement bas&#233; exclusivement sur le volume et la nature de l'effectif &#233;tudiant en &#233;quivalence au temps plein (EEETP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce financement injuste et peu efficient, il faut &#233;galement veiller &#224; la gestion des ressources financi&#232;res non seulement par une caste de managers privil&#233;gi&#233;s au sein des conseils d'administration, mais par l'ensemble de la communaut&#233; universitaire. Il s'agit d'&#233;viter des situations absurdes o&#249; des hauts dirigeants grassement pay&#233;s (le recteur de l'Universit&#233; Laval gagne 355 000$ par ann&#233;e) se votent des prolongations de salaire &#224; 90% pendant six ans apr&#232;s la fin de leur mandat, tout en imposant des abolitions de programmes et des compressions dans les Facult&#233;s et la biblioth&#232;que (800 000$ dans le budget de la biblioth&#232;que) . L'id&#233;e est d'instituer des budgets participatifs dans l'ensemble des institutions d'&#233;ducation, du primaire &#224; l'universit&#233; en passant par les commissions scolaires, afin d'assurer la d&#233;mocratisation du budget, la transparence et l'efficience dans la gestion des finances publiques, et l'allocation &#233;quitable des ressources en fonction des besoins exprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il faut d&#232;s maintenant contribuer &#224; rendre l&#233;gitime l'id&#233;e d'une co-gestion des &#233;tablissements scolaires &#224; toutes les &#233;chelles, tout comme la &#171; gratuit&#233; scolaire &#187; fut lanc&#233;e dans l'espace public et rendue cr&#233;dible &#224; force de d&#233;bats, m&#234;me si la revendication initiale &#233;tait d'abord de bloquer la hausse des frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut saisir la fen&#234;tre d'opportunit&#233; de la lutte contre l'aust&#233;rit&#233; pour revendiquer, non pas plus de financement pour des institutions g&#233;r&#233;es sur un mod&#232;le technocratique, mais une d&#233;mocratisation radicale et une meilleure gestion des fonds publics pour assurer la qualit&#233; de l'&#233;ducation, la transparence, l'&#233;quit&#233;, etc. Le discours anticorruption et antibureaucratie, g&#233;n&#233;ralement monopolis&#233; par la droite qui pr&#244;ne les privatisations, pourrait ainsi &#234;tre retourn&#233; en faveur de l'instauration d'un r&#233;gime de d&#233;mocratie participative, lequel pourrait &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; dans le r&#233;seau de la sant&#233; et les autres services publics, les municipalit&#233;s, etc. Le slogan, surprenant pour un mouvement de gauche, pourrait &#234;tre : &#171; &#224; bas la bureaucratie, vive la d&#233;mocratie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le dernier groupe de revendications doit &#234;tre la d&#233;fense du droit de contestation, qui repr&#233;sente le pilier de l'autonomie de la soci&#233;t&#233; civile et de la libert&#233; politique. Il est absolument essentiel de d&#233;fendre les droits fondamentaux (libert&#233; d'expression, d'association, de r&#233;union publique) en revendiquant l'abrogation imm&#233;diate des lois anti-manifestations &#224; l'&#233;chelle municipale et nationale (r&#232;glement P-6 &#224; Montr&#233;al, r&#232;glement &#171; sur la paix et le bon ordre &#187; &#224; Qu&#233;bec, article 500.1 du code de la s&#233;curit&#233; routi&#232;re, etc.), la fin de la judiciarisation des conflits (retrait des injonctions), la fin du profilage et de la r&#233;pression politique, etc. Par ailleurs, la question d&#233;licate du &#171; droit de gr&#232;ve &#187; du mouvement &#233;tudiant doit &#234;tre remise en avant-plan. Alors que certains r&#233;clament l'encadrement l&#233;gal, d'autres affirment tout bonnement qu'il n'existe pas, l'&#233;ducation &#233;tant ainsi r&#233;duite &#224; un &#171; don &#187; des autorit&#233;s, un produit, une marchandise. Il s'agit d'abord d'assurer la reconnaissance des droits collectifs et de d&#233;criminaliser le mouvement &#233;tudiant. Cela n'implique pas n&#233;cessairement la l&#233;galisation et l'encadrement juridique du droit de gr&#232;ve, mais au moins une r&#233;elle reconnaissance du droit d'usage des pratiques &#233;tudiantes qui ne doivent plus &#234;tre bafou&#233;e par les imp&#233;ratifs administratifs et l'opinion des dirigeants politiques. (Texte repris de la contribution de Jonathan Durand Folco, Au-del&#224; du printemps 2015, Ekopolitica)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. Le mouvement &#233;cologiste qui fait face &#224; des enjeux essentiels : s'enraciner dans la majorit&#233; populaire, construire des liens avec diff&#233;rents mouvements sociaux et d&#233;passer la strat&#233;gie des pressions sur les &#233;lites &#233;conomiques et politiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la lutte citoyenne contre l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, le mouvement &#233;cologiste est devenu un mouvement citoyen qui s'est enracin&#233; dans les diff&#233;rentes r&#233;gions du Qu&#233;bec et qui a su construire un large appui dans la population. Les entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res et les gouvernements &#224; leur service ont d&#251; reculer, pour un temps du moins. La manifestation de centaines de milliers de personnes le 22 avril 2012 repr&#233;sentait une perc&#233;e de masse de ce mouvement dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement citoyen a &#233;t&#233; relanc&#233; pour faire face au tournant p&#233;trolier et la volont&#233; des entreprises p&#233;troli&#232;res et des gouvernements de faire passer les pipelines transportant le p&#233;trole tir&#233; des sables bitumineux sur le territoire qu&#233;b&#233;cois. Encore une fois, les personnes directement concern&#233;es par le passage d'un pipeline sur leur terre ont &#233;t&#233; les premi&#232;res mobilis&#233;es. Le Regroupement Qu&#233;b&#233;cois contre les Hydrocarbures qui avait commenc&#233; son travail contre l'exploitation des gaz de schiste a fait de la bataille des pipelines le nouvel axe de son combat. La campagne &#8220;Coule pas chez nous !&#8221; en a &#233;t&#233; l'expression. La trag&#233;die de Lac M&#233;gantic a d&#233;montr&#233; que l'invasion du p&#233;trole bitumineux impliquait le renforcement exponentiel du transport de ce p&#233;trole par train. L'utilisation par Suncor des grands p&#233;troliers pour transporter ce p&#233;trole sur le St-Laurent a d&#233;montr&#233; que le Fleuve et notre approvisionnement en eau &#233;taient &#233;galement menac&#233;s par le transport maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille contre le tournant p&#233;trolier s'est diversifi&#233;e : mobilisation contre les pipelines de Trans Canada et d'Enbridge, mobilisation contre le port de Cacouna, mobilisation contre le port de transbordement de Sorel Tracy, cr&#233;ation de groupes citoyens contre les trains devenus de v&#233;ritables bombes sur rails. L'abandon du projet du port de Cacouna a &#233;t&#233; une victoire importante, m&#234;me si la question de la construction d'un nouveau port de transbordement du p&#233;trole par TransCanada demeure un enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement contre le tournant p&#233;trolier a commenc&#233; &#224; s'enraciner. La manifestation du 11 avril 2015, a marqu&#233; un pas important dans cette direction. Ce printemps 2015 a &#233;t&#233; &#233;galement fait appara&#238;tre le fait que de mouvement contre le tournant p&#233;trolier cr&#233;e des liens avec les autres mouvements sociaux. Dans le mouvement &#233;tudiant, la Coalition &#201;tudiantEs contre les ol&#233;oducs (ECO) est en train de s'implanter dans les c&#233;geps et universit&#233;s du Qu&#233;bec. Elle pr&#233;pare des initiatives nationales pour l'automne 2015. Elle cherche &#233;galement &#224; mobiliser une forte d&#233;l&#233;gation de jeunes pour le sommet de Paris en d&#233;cembre 2015. L'importance de la lutte contre les hydrocarbures s'est &#233;galement manifest&#233;e comme th&#232;me de la lutte &#233;tudiante au printemps 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical s'est d'abord montr&#233; r&#233;ticent aux revendications environnementales. En octobre 2015, la FTQ- construction annon&#231;ait publiquement son appui &#224; la construction du projet &#201;nergie Est. On apprenait &#233;galement que les fonds syndicaux investissaient dans le p&#233;trole tir&#233; des sables bitumineux... Les investissements du Fonds (FTQ) dans Enbrigde et TransCanada totalisent actuellement 41,6 millions de dollars. (Voir Gabriel Nadeau-Dubois, Les jobs ou les caribous ? Syndicalisme et &#233;cologie, petite histoire d'un grand dilemme, in Sortir le Qu&#233;bec du p&#233;trole, &#201;ditions Somme toute, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation des centrales &#224; la manifestation du 11 avril marquait la volont&#233; de ne pas laisser se creuser le foss&#233; entre le mouvement syndical et les environnementalistes. Mais une v&#233;ritable alliance ne pourra se cr&#233;er que si le mouvement syndical rompt avec la concertation sociale et pose la n&#233;cessit&#233; de reconstruire l'appareil de production et les moyens de transport autour des &#233;nergies renouvelables par des investissements publics. Des d&#233;bats s&#233;rieux restent donc &#224; mener dans le mouvement syndical. Le mouvement syndical doit chercher &#224; provoquer un d&#233;bat public sur le mod&#232;le de d&#233;veloppement alternatif, capable de r&#233;pondre aux deux grands d&#233;fis majeurs de notre si&#232;cle : les changements climatiques et les in&#233;galit&#233;s sociales. L'implication du mouvement syndical dans la lutte aux changements climatiques devra passer par une r&#233;novation du syndicalisme pour en faire un syndicalisme de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nations autochtones du continent ont &#233;t&#233; aux avant-postes de la lutte contre le tournant p&#233;trolier. La d&#233;fense de leur territoire et la conception du rapport &#224; entretenir avec la nature (Terre m&#232;re), sont des composantes essentielles d'un discours de r&#233;sistance aux vis&#233;es des entreprises p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes sont des organisatrices du mouvement de lutte contre les hydrocarbures... Cela est d'autant plus important que les industries p&#233;troli&#232;res tentent d'utiliser les femmes dans la d&#233;fense de cette industrie. Il est important que les femmes puissent prendre leur place sous les projecteurs, devant les micros et les cam&#233;ras. (Le r&#244;le des femmes dans le monde p&#233;trolier). Noami Klein d&#233;montre d'ailleurs que les impacts des industries p&#233;trochimiques sur les conditions de sant&#233; des populations touchent particuli&#232;rement les femmes (Voir Noami Klein, Tout peut changer, chapitre 13, Perp&#233;tuer la vie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement pourra se construire s'il sait d&#233;monter &#224; l'ensemble de la population, qu'il ne s'agit pas seulement de r&#233;sister et de refuser les changements n&#233;fastes qu'on nous propose, mais qu'il y a &#233;galement une alternative au p&#233;trole, que la transition vers les &#233;nergies renouvelables (comme l'&#233;olien, le solaire, la g&#233;othermie et l'&#233;nergie mar&#233;motrice) est possible, qu'une &#233;conomie respectueuse de l'environnement est &#224; port&#233;e de mains pourvu qu'on impose le contr&#244;le citoyen et d&#233;mocratique sur les grandes d&#233;cisions &#233;conomiques de mani&#232;re &#224; ce que les &#233;nergies renouvelables puissent &#234;tre r&#233;gies sur une base d&#233;centralis&#233;e et adapt&#233;e aux besoins des populations. L'enjeu est &#233;norme. La victoire passe par la responsabilisation et la mobilisation de la majorit&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. La r&#233;sistance &#224; l'aust&#233;rit&#233; n&#233;cessite l'unification des luttes des diff&#233;rents mouvements sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux ne pourront r&#233;sister &#224; l'offensive actuelle de la classe dominante que dans la mesure o&#249; ils sauront d&#233;passer leur dispersion et leur division. Les diff&#233;rents mouvements se voient poser des d&#233;fis importants dont le premier est la possibilit&#233; d'agir collectivement autour d'une plate-forme commune. Toute une s&#233;rie de questions qui sont autant de d&#233;fis doit trouver une r&#233;ponse : comment construire l'unit&#233; populaire pour r&#233;sister aux plans d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement Couillard ? Quels types d'actions seront n&#233;cessaires pour faire reculer le gouvernement et l'amener &#224; renoncer &#224; ses plans ? Qu'est-ce qui a emp&#234;ch&#233; l'unit&#233; jusqu'ici et comment d&#233;passer ces obstacles ? Comment lutter pour l'autonomie des organisations de la soci&#233;t&#233; civile face aux politiques d'int&#233;gration de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois ? Pour r&#233;pondre &#224; ces questions, collectivement, il faut pouvoir conna&#238;tre, partager les exp&#233;riences de lutte qui se d&#233;veloppent dans diff&#233;rents mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans la construction d'un rapport de force en faveur des mouvements ouvrier et populaire et des autres mouvements sociaux, le projet politique de transformation sociale d'un parti politique de gauche ne pourra se r&#233;aliser. Construire un parti de gauche, c'est donc aussi contribuer &#224; renforcer et &#224; unifier les luttes concr&#232;tes contre les projets r&#233;gressifs de la classe dominante et de ses alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;quatri&#232;me texte&#034;&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;#premier texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Retour au premier texte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.Perspective politique : Construire un Front social de r&#233;sistance d&#233;mocratique et militant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule opposition effective possible au gouvernement Couillard d'ici 2018 est dans la rue et dans les lieux de travail. La r&#233;invention du syndicalisme de combat est incontournable si on veut arr&#234;ter le rouleau compresseur de l'aust&#233;rit&#233;. Dans les n&#233;gociations en cours pour les contrats de travail des 500,000 travailleuses et travailleurs du secteur public, toute approche tournant autour de la routine habituelle des n&#233;gociations de bonne foi, des mobilisations ponctuelles et des tractations au sommet est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Il faut se pr&#233;parer &#224; une lutte comme on n'en a pas vu, au Qu&#233;bec depuis 1972 et la base le sait. Il reste aux syndicats &#224; le reconna&#238;tre et &#224; agir en cons&#233;quence en prenant la direction d'une lutte d&#233;termin&#233;e pour battre ce gouvernement d&#232;s cet automne, comme le mouvement &#233;tudiant avait battu le gouvernement Charest en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre l'aust&#233;rit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Un choix incontournable : construire la r&#233;sistance populaire contre les politiques patronales et gouvernementales ou chercher &#224; ouvrir un dialogue social avec le gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des secteurs importants des diff&#233;rents mouvements sociaux sont d&#233;j&#224; mobilis&#233;s. La volont&#233; de r&#233;sistance &#224; l'aust&#233;rit&#233; s'exprime concr&#232;tement dans la perspective de gr&#232;ve sociale. Les directions du mouvement syndical semblent faire le choix de maintenir une strat&#233;gie de concertation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question d'accepter la d&#233;t&#233;rioration des services publics qui touche particuli&#232;rement les femmes, d'endosser la privatisation et le d&#233;mant&#232;lement de pans entiers du secteur public et le d&#233;tournement des fonds publics vers les m&#233;gas projets o&#249; les profits sont priv&#233;s, mais les pertes sont socialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un front de lutte contre les politiques n&#233;olib&#233;rales pourra prendre forme et se consolider si la rupture avec une strat&#233;gie concertationniste est men&#233;e jusqu'au bout. Il est n&#233;cessaire d'identifier clairement les ennemis que nous affrontons : le patronat, les m&#233;dias qui leur sont inf&#233;od&#233;s, le gouvernement Couillard et les autres partis n&#233;olib&#233;raux pr&#233;sents &#224; l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Se donner une impulsion commune - les conditions de la coop&#233;ration et l'agir ensemble&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'unification de la r&#233;sistance populaire aux politiques d'aust&#233;rit&#233; n&#233;cessitera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. De d&#233;finir les n&#233;gociations du secteur public comme un axe central de la lutte contre les politiques d'aust&#233;rit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte est essentielle dans la protection des conditions de travail des travailleuses et travailleurs de ce secteur. D&#233;finir ces n&#233;gociations en dehors de la lutte antiaust&#233;ritaire, c'est placer des bataillons essentiels &#224; cette lutte en dehors du combat commun. Ce sera une erreur strat&#233;gique majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. De pr&#233;parer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du secteur public pr&#234;te &#224; affronter une loi sp&#233;ciale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Couillard attaque sur tous les fronts. Il veut imposer des profonds reculs aux conditions de travail et aux salaires, mais &#233;galement &#224; la capacit&#233; d'offrir des services publics r&#233;pondant aux besoins de la population. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sera n&#233;cessaire pour casser l'offensive gouvernementale. La forme de gr&#232;ve sociale cherchant &#224; impliquer de larges secteurs de la population (mouvement &#233;tudiant, populaire et des femmes, ) qu'elle pourrait rev&#234;tir est la forme qui lui permettra d'avoir le plus d'ampleur et le maximum d'impact et pouvoir ainsi assurer la meilleure protection face &#224; la r&#233;pression. Ce gouvernement en est un de destruction de l'&#201;tat social. Nous devons exiger sa d&#233;mission et appeler &#224; une nouvelle &#233;lection. ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. De construire un programme d'urgence de fa&#231;on unitaire et d&#233;mocratique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait important pour unifier les luttes des travailleurs et des travailleuses du secteur public et des diff&#233;rents mouvements sociaux, il serait important de tenir des &#201;tats g&#233;n&#233;raux des organisations syndicales, populaires, f&#233;ministes et jeunes ayant un pouvoir d&#233;lib&#233;ratif et d&#233;cisionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tats g&#233;n&#233;raux pour l'&#233;tablissement d'un programme d'urgence et d'un plan d'action chercheraient &#224; impliquer sur une base unitaire et d&#233;mocratique l'ensemble des organisations pr&#234;tent &#224; s'engager dans la cr&#233;ation d'un tel front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les grands axes d'un programme d'urgence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Contre la privatisation &#8211; Pour un r&#233;investissement massif dans les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;investissement dans le secteur de l'&#233;ducation pour mettre fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail des employ&#233;s. Investissements de fonds g&#233;r&#233;s par les &#233;tudiantEs et les enseignantEs en instaurant des budgets participatifs dans l'ensemble des institutions scolaires. Plus d'argent pour tout le monde : 1G$ en &#233;ducation, 10G$ de solutions fiscales, audit citoyen de la dette. Arr&#234;t des subventions aux &#233;coles priv&#233;es
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;investissement dans le secteur de la sant&#233; pour diminuer la lourdeur de la t&#226;che et am&#233;liorer l'accessibilit&#233; aux services. Fin des privatisations et retour du financement des cliniques priv&#233;es vers le public.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Non aux ol&#233;oducs &#8211; Pour des emplois verts !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Refus du passage des ol&#233;oducs et la construction de ports p&#233;troliers pour transporter le p&#233;trole tir&#233; des sables bitumineux en territoire qu&#233;b&#233;cois
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mandater la Caisse de d&#233;p&#244;t de retirer ses placements dans les sables bitumineux et les &#233;nergies fossiles.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; investissements publics dans le d&#233;veloppement des &#233;nergies propres et d&#233;privatisation de toutes les &#233;nergies renouvelables dans la perspective de la cr&#233;ation d'un vaste chantier cr&#233;ateur d'emplois.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Soutien aux transports publics &#233;cologiques et gratuits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Pour une r&#233;vision radicale du r&#233;gime fiscal &#8211; pour une v&#233;ritable redistribution de la richesse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Remplacement des tarifications des services par des imp&#244;ts visant les plus fortun&#233;s, les entreprises et les banques
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Imp&#244;t minimum aux entreprises et taxes sur le capital &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;limination les mesures permettant l'&#233;vitement fiscal et qui b&#233;n&#233;ficient aux plus riches
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Intensification de la lutte contre l'&#233;vasion fiscale, &#224; l'&#233;conomie souterraine et aux paradis fiscaux
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Augmentation imm&#233;diate du salaire minimum &#224; 15$&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Non &#224; la criminalisation de l'opposition sociale &#8211; Pour l'&#233;largissement des droits d&#233;mocratiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Exiger l'abolition des r&#232;glements antimanifestation, fin de la r&#233;pression politique et la reconnaissance du droit de gr&#232;ve dans le secteur public et pour les organisations &#233;tudiantes &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Abrogation de la loi C-51&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Dehors Couillard et consorts. Battre le gouvernement Couillard en 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Pour devenir une alternative politique v&#233;ritable, Qu&#233;bec solidaire doit appeler &#224; la d&#233;mission de ce gouvernement et se construire au sein de la r&#233;sistance populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contester les politiques n&#233;olib&#233;rales, si les mobilisations sont au rendez-vous, peut permettre de ralentir le train des mesures d'aust&#233;rit&#233;, leur f&#233;rocit&#233;, l'arrogance du pouvoir. Cela peut m&#234;me permettre d'imposer des r&#233;formes importantes &#224; la classe dominante en perturbant son agenda. Devant la monopolisation de la sc&#232;ne politique par des partis qui se distinguent seulement par le rythme des r&#233;formes antisociales qu'ils proposent, on doit dans un premier temps s'acharner &#224; briser ce monopole des partis de l'oligarchie. Il faut cesser de faire comme si le PQ &#233;tait une alternative valable et construire d&#232;s maintenant l'outil qui permettra non seulement de s'opposer aux politiques n&#233;olib&#233;rales, mais de nous mettre en position de concr&#233;tiser nos propres solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire doit se pr&#233;senter comme une alternative politique qui en finira avec l'aust&#233;rit&#233; et qui inscrira son action dans un v&#233;ritable processus de rupture avec les politiques capitalistes et la domination du f&#233;d&#233;ral sur le Qu&#233;bec. Il se pr&#233;sentera sur la sc&#232;ne &#233;lectorale en favorisant la pr&#233;sentation de militantEs des organisations sociales en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Qu&#233;bec solidaire doit agir maintenant au sein de la r&#233;sistance populaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire a d&#233;j&#224; jou&#233; un r&#244;le positif en appuyant la gr&#232;ve &#233;tudiante et en mobilisant ses membres pour diverses manifestations. Il peut aller plus loin en r&#233;alisant le potentiel transformateur qui existe parmi ses membres. L'organisation de celles-ci et ceux-ci dans des associations de circonscription est loin de correspondre aux n&#233;cessit&#233;s imm&#233;diates de la lutte contre le r&#233;gime Couillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QS pourrait jouer un r&#244;le cl&#233; dans le virage strat&#233;gique du mouvement syndical en organisant les centaines de membres du parti qui sont &#233;galement membres &#224; la base des syndicats. Le principe d'un tel regroupement a &#233;t&#233; adopt&#233; par le dernier conseil national. Il faut insister aupr&#232;s de la direction et des diverses instances du parti pour que cette r&#233;solution soit mise en pratique. CE regroupement devrait &#234;tre un levier vers un rassemblement encore plus large de la gauche syndicale, sans affiliation partisane. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s maintenant, il faut donner l'exemple &#224; partir des associations locales et r&#233;gionales les plus actives et former des sections locales de ce r&#233;seau de syndicalistes solidaires. Un tel regroupement pourrait donner une nouvelle dimension &#224; des efforts louables, mais &#224; port&#233;e limit&#233;e comme Offensive syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre v&#233;ritablement un parti de la rue, Qu&#233;bec solidaire ne peut se contenter d'apporter son soutien aux luttes en cours. Il doit &#234;tre partie prenante, dans un esprit unitaire et respectueux, de la r&#233;&#233;valuation de nos instruments de lutte, des strat&#233;gies, des politiques d'alliance et du programme qu'il faudra mettre de l'avant pour r&#233;pondre &#224; la remise en question des acquis syndicaux et populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire pour se construire doit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; rejeter la perspective de concertation sociale et en posant la n&#233;cessit&#233; d'abord compter sur l'unit&#233; dans les luttes
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soutenir la construction d'un vaste front social de r&#233;sistance aux politiques n&#233;olib&#233;rales en soutenant les propositions du mouvement les plus susceptibles de faire avancer l'unification du mouvement et de lui permettre de r&#233;alit&#233; un saut qualitatif.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;fendre la cr&#233;ation de cadres de d&#233;bats (&#233;tats g&#233;n&#233;raux des organisations syndicales et sociales en luttes) pour pouvoir discuter d'un programme d'urgence (revendicatif) et d'un plan d'action partag&#233;e auxquels les composantes du front seront appel&#233;es &#224; se rallier dans des actions d'ensemble. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; regroupement ses militantes et militants oeuvrant dans les secteurs mouvements syndical et social pour lui permettre de d&#233;velopper une analyse plus fine des enjeux et d'&#233;laborer des propositions pour l'avancement du mouvement
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; participer &#224; unifier un courant dans le mouvement syndical d&#233;fendant un syndicalisme de transformation sociale, des revendications prioritaires &#233;tablies d&#233;mocratiquement et un programme d'action commun et d&#233;clin&#233; selon les sp&#233;cificit&#233;s des diff&#233;rents mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. La lutte contre le cours p&#233;trolier au Canada et au Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut adresser des exigences aux pouvoirs &#233;conomiques et politiques en place, on ne peut se contenter d'exercer des pressions sur la classe dominante. On peut la faire reculer sur des points pr&#233;cis, mais on ne peut changer son orientation qui exprime ses int&#233;r&#234;ts de classe. On a vu que l'accumulation de savoirs scientifiques sur le r&#233;chauffement climatique n'a pas suffi &#224; engager r&#233;ellement la classe capitaliste dans la transformation du syst&#232;me &#233;conomique qui sert leurs int&#233;r&#234;ts les plus imm&#233;diats.Elle r&#233;siste donc et r&#233;sistera de toutes ses forces &#224; s'attaquer aux causes profondes du r&#233;chauffement climatique. Il est donc n&#233;cessaire pour le mouvement &#233;cologiste de d&#233;passer les pressions sur les pouvoirs en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Un premier axe : bloquer les tentatives de d&#233;senclavement du p&#233;trole sale et les projets n&#233;fastes pour l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re t&#226;che qui est devant le mouvement contre le basculement climatique en cours est le blocage du tournant actuel vers l'&#233;largissement de l'utilisation des &#233;nergies fossiles qui constitue, en soi, un refus de prendre au s&#233;rieux la n&#233;cessit&#233; de s'engager &#224; implanter un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique utilisateur, essentiellement, des &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le continent nord-am&#233;ricain, au Canada et au Qu&#233;bec, un mouvement global contre les &#233;nergies fossiles est en train de se constituer et il s'articule autour du refus de l'exploitation du p&#233;trole des sables bitumineux et des gaz de schiste et de son transport sur le continent afin de la rendre disponible &#224; l'exportation partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne politique contre le d&#233;senclavement des &#233;nergies sales peut gagner une majorit&#233; de la population. Cette campagne passe par une d&#233;nonciation des dangers des ol&#233;oducs Energie Est, Enbridge, Northern Gateway et Keystone XL mais elle doit &#233;galement viser le transport ferroviaire et maritime du p&#233;trole sale. Une telle campagne pourra d&#233;l&#233;gitimer de tels projets qui vont &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts les plus imm&#233;diats de la population et cr&#233;e une situation d'ins&#233;curit&#233; environnementale insoutenable &#224; court terme et constitue un v&#233;ritable crime contre l'avenir de la plan&#232;te. Cette campagne peut &#233;galement se d&#233;cliner dans l'exigence de coupures de toutes les subventions aux entreprises du secteur des &#233;nergies fossiles, et par la demande de retrait de tous les investissements des institutions publiques du secteur des &#233;nergies fossiles. La demande du d&#233;sinvestissement de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement des &#233;nergies fossiles est exemplaire &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, on ne saurait n&#233;gliger la dimension nationale des projets de pipelines et du transport ferroviaire et maritime du p&#233;trole sale de l'Alberta en territoire qu&#233;b&#233;cois. Le refus de se voir r&#233;duit &#224; lieu de transit du p&#233;trole sale de l'Alberta, oblig&#233; d'en subir les cons&#233;quences les plus n&#233;fastes, sans que le peuple qu&#233;b&#233;cois n'ait eu son mot &#224; dire, le refus de cette soumission nationale aux int&#233;r&#234;ts du grand capital canadien, doit constituer un axe d&#233;mocratique dans le travail d'opposition &#224; l'utilisation des &#233;nergies fossiles. Le p&#233;trole de l'Alberta n'a pas &#224; couler chez nous comme le rappelle le slogan de la campagne contre l'ol&#233;oduc &#201;nergie est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Un deuxi&#232;me axe : construire une alternative au niveau des choix &#233;nerg&#233;tiques, des transports et du d&#233;veloppement industriel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix &#233;nerg&#233;tiques doivent devenir des choix d&#233;mocratiques de la collectivit&#233;. Ils ne peuvent et ne doivent pas &#234;tre laiss&#233;s aux al&#233;as du march&#233; et du secteur priv&#233;, mais financ&#233;s par des investissements publics que ce soit aux niveaux national, r&#233;gional ou local. Les contr&#244;les d&#233;mocratiques des choix &#233;nerg&#233;tiques sont des conditions essentielles &#224; un d&#233;veloppement d'un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; sur les &#233;nergies renouvelables au service du peuple qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel tournant &#233;cologique du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique &#224; l'initiative du secteur public tout en favorisant le contr&#244;le citoyen et sa d&#233;centralisation de cr&#233;er massivement des emplois verts. Si cet objectif devient celui d'une solide coalition des syndicats, des mouvements &#233;tudiant, populaire et environnementaliste, il peut permettre d'amorcer, d&#232;s maintenant, cette transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement d'un secteur des transports collectifs et &#233;cologiques, tant au niveau de son utilisation que de la production des moyens le rendant possible, peut &#233;galement &#234;tre l'occasion de la cr&#233;ation de milliers d'emplois. C'est l'ensemble de la structure industrielle d'un Qu&#233;bec r&#233;ellement &#233;cologique qui peut ainsi &#234;tre reconstruit. Mais le d&#233;veloppement des transports collectifs doit h&#226;ter une accessibilit&#233; gratuite aux divers moyens de transport public pour pouvoir s'imposer aux d&#233;pens de complexe auto-p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choix strat&#233;giques sont ceux du programme de Qu&#233;bec solidaire qui rejette clairement les fausses solutions avanc&#233;es par les tenants du capitalisme vert. C'est pourquoi il s'oppose aux &#171; bourses du carbone qui sont des outils d'enrichissement des multinationales, et qui risquent de devenir un nouvel instrument sp&#233;culatif ; qu'il rejette les fausses solutions techniques qui n'engagent pas de r&#233;elles r&#233;ductions d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre (les agrocarburants, la g&#233;oing&#233;n&#233;rie, le stockage du carbone, etc., et qu'ils s'opposent aux taxes sur le carbone qui frappent surtout les plus pauvres. &#187; (Programme de Qu&#233;bec solidaire, Pour une &#233;conomie solidaire, &#233;cologique et d&#233;mocratique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation d'actions collectives contre les projets des p&#233;troli&#232;res, le tissage de liens avec les organisations syndicales, les organisations &#233;tudiantes, les organisations populaires et f&#233;ministes et le rejet des solutions inspir&#233;es du capitalisme vert (comme la bourse du carbone) sont les axes de la gauche &#233;cosocialiste dans le mouvement &#233;cologiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Un troisi&#232;me axe : poser nos exigences face aux n&#233;gociations de l'ONU sur les changements climatiques, mais ne pas compter principalement l&#224;-dessus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons exiger de nos gouvernements qu'ils suivent imp&#233;rativement les propositions de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) selon les recommandations du GIEC et viser les bornes sup&#233;rieures actuelles de 40 % d'ici 2020 et de 95 % avant 2050 afin d'avoir les meilleures chances de stabiliser la temp&#233;rature moyenne du globe sous le seuil s&#233;curitaire de 2 degr&#233;s Celsius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conf&#233;rence de l'ONU COP21 peut &#234;tre une &#233;tape et un moment fort d'une mobilisation massive pour en faire une caisse de r&#233;sonance pour d&#233;fendre une perspective de d&#233;velopper durablement le rapport de force en faveur d'une transition &#233;cologique et sociale de grande ampleur, il ne faut pas se faire trop d'illusions sur un processus dont le contr&#244;le est aux mains de repr&#233;sentantEs de la classe dominante. Il ne faut pas trop attendre des n&#233;gociations et voir que les objectifs d&#233;crits dans le axes 1 et 2 sont les bases &#224; partir desquelles construire un v&#233;ritable mouvement pour la justice climatique capable d'irriguer largement la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Les &#233;lections f&#233;d&#233;rales. - un enjeu majeur pour le mouvement social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prochaines &#233;lections f&#233;d&#233;rales se tiendront le 19 octobre 2015. D&#233;j&#224; au sommet des peuples, cette &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale a &#233;t&#233; l'objet de nombreux d&#233;bats. Le consensus qui se d&#233;gageait alors &#233;tait la n&#233;cessit&#233; de se coordonner pour s'opposer au gouvernement Harper et &#224; ses politiques. La lutte pour la pr&#233;servation du service postal, contre la r&#233;forme de l'assurance-emploi, contre l'expansion p&#233;troli&#232;re, contre le d&#233;ni des droits d&#233;mocratiques, contre les n&#233;gations des droits ds syndicats (droit de gr&#232;ve, droit &#224; la syndicalisation...) doivent &#234;tre unifi&#233;es dans une perspective de mobilisation g&#233;n&#233;rale unitaire &#224; l'&#233;chelle pancanadienne.. La mobilisation sociale est le premier moyen pour consolider la conscience politique et donner un sentiment de force contre les politiques n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectif de chasser le gouvernement Harper &#233;tait largement partag&#233;. La strat&#233;gie pour ce faire &#233;tait de voter pour le-la candidat-e qui serait la mieux plac&#233;-e pour battre un-e candidate du Parti conservateur. Le mouvement syndical (et particuli&#232;rement la FTQ) envisageait la possibilit&#233;, dans ce cadre d'appeler &#224; voter pour le Parti lib&#233;ral du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rejetons une telle perspective, car le PLC d&#233;fend, essentiellement le projet de la bourgeoisie canadienne : d&#233;veloppement de l'exploitation des sables bitumineux et son d&#233;senclavement par la construction de pipelines et le renforcement du transport par train. Il d&#233;fend la m&#234;me logique de la lutte contre le &#171; terrorisme &#187; et la criminalisation des oppositions (soutien &#224; la loi C-51). Il a initi&#233; les politiques d'aust&#233;rit&#233; et de privatisation des services publics. La question du vote strat&#233;gique suppose en bout de piste, si cela fonctionne, qu'un vote pour un gouvernement lib&#233;ral peut nous assurer un r&#233;pit. C'est grandement se m&#233;prendre sur l'orientation politique de ce parti parti, qui m&#234;me s'il n'est pas seulement bas&#233; sur les institutions r&#233;gionales de l'ouest comme c'est le cas avec les conservateurs, n'est pas moins constitu&#233; des grandes entreprises canadiennes et des multinationales, lesquelles ne laisseront pas partir facilement les gains effectu&#233;s sous les Conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de son origine et de son histoire, et des liens qu'entretient le mouvement syndical avec le NPD, particuli&#232;rement au Canada, le vote pour un gouvernement NPD pourrait appara&#238;tre comme une victoire contre les partis du grand capital. Il ne s'agit pas pour nous d'oublier les limites du NPD et de partager ses illusions sur les r&#233;formes d'un capitalisme min&#233; par une crise structurelle. Il ne s'agit pas de masquer sa timidit&#233; si ce n'est sa fermeture aux aspirations du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance. Il s'agit de soutenir une volont&#233; de rupture avec les grands partis capitalistes f&#233;d&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;montrer, notre d&#233;marcation programmatique avec ce parti, concr&#232;tement favorisons la pr&#233;sentation de certaines candidatures li&#233;es aux mouvements contre les ol&#233;oducs, contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et contre la politique de criminalisation des oppositions (avec la loi C-51). Des candidatures ind&#233;pendantes seraient pertinentes et utiles &#224; partir du moment o&#249; elles permettent de lier la mobilisation de la rue et &#224; celle des urnes. Ces propositions permettraient de pousser plus loin la campagne envisag&#233;e par &#201;quiterre dans le cadre des &#233;lections f&#233;d&#233;rales qui vise &#224; amener la population &#224; voter en s'appuyant sur sa conscience environnementale. Il est cependant peu probable que ce type d'initiatives aient la chance de se concr&#233;tiser. Mais nous pourrons appuyer de telles exp&#233;riences qui permettraient d'appel &#224; un vote concret pour un candidat-e li&#233;-e au mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette proposition s'inscrit dans la perspective qu'il faille bien d&#233;passer la situation o&#249; la gauche au Canada demeure inorganis&#233;e sur le terrain politique. Si la gauche ne r&#233;ussit pas &#224; construire une alternative politique, elle restera d&#233;sarm&#233;e pour proposer ses solutions sur la sc&#232;ne f&#233;d&#233;rale. D&#233;j&#224; des discussions impliquant des militantEs de la gauche qu&#233;b&#233;coise et canadienne sont engag&#233;es sur la n&#233;cessit&#233; d'un construire une alternative politique &#224; l'&#233;chelle canadienne. Un tr&#232;s grand nombre de questions strat&#233;giques sont pos&#233;es sur le type de partis de gauche qu'il faut construire. Mais la question est pos&#233;e de construire un parti politique &#224; la gauche du NPD. Nous devons suivre les efforts entrepris en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de l'impossibilit&#233; que le Bloc soit un instrument du renversement des partis du grand capital, un vote pour ce parti, qui ne s'est en d&#233;marqu&#233; des politiques du gouvernement p&#233;quiste sur des sujets essentiels (si ce n'est celui du pipeline d'&#201;nergie est), un vote pour un tel parti ne permet pas de renforcer, ni le mouvement contre l'aust&#233;rit&#233;, ni le mouvement ind&#233;pendantiste. Le Bloc est le parti des &#233;lites nationalistes, souverainiste en paroles et autonomiste en fait qui est toujours rest&#233; inf&#233;od&#233; au Parti qu&#233;b&#233;cois et qui a accept&#233; sans mot dire ses politiques n&#233;olib&#233;rales. Il ne constitue en rien un instrument &#224; d&#233;fendre ou &#224; renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;a id=&#034;cinqui&#232;me texte&#034;&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;#premier texte&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Retour au premier texte&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;5. Propositions pour le plan d'action du R&#233;seau &#233;cosocialiste (10 mai 2015)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 1 &#8211; Contribuer au d&#233;veloppement d'un mouvement politique international fond&#233; sur des principes &#233;cosocialistes, f&#233;ministes et anti-imp&#233;rialistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1 Participer &#224; la rencontre des groupes anticapitalistes &#224; Halifax les 6-7 juin.&lt;br class='autobr' /&gt;
1.2 Organiser une discussion publique &#224; la fin de l'&#233;t&#233; sur les perspectives pour la gauche ind&#233;pendantiste dans les &#233;lections f&#233;d&#233;rales.&lt;br class='autobr' /&gt;
1.3 Organiser un forum de discussion cet automne sur l'&#233;volution de la crise &#233;conomique, sociale et politique en Gr&#232;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
1.4 Produire une brochure sur l'imp&#233;rialisme, en d&#233;veloppant comment cette structure des rapports internationaux affecte la question du climat, les politiques d'aust&#233;rit&#233;, les conflits arm&#233;s, la mont&#233;e du fondamentalisme et de la x&#233;nophobie, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
1.5 Participer &#224; l'organisation d'une tourn&#233;e qu&#233;b&#233;coise par un-e auteur-e &#233;cosocialiste r&#233;put&#233;-e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 2 &#8211; Encourager le d&#233;veloppement de Qu&#233;bec solidaire comme alternative politique de rupture avec l'&#201;tat canadien, les institutions &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales, l'imp&#233;rialisme et l'&#233;conomie du carbone.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1 Produire un document de r&#233;flexion sur Qu&#233;bec solidaire, ses forces et ses limites, les dangers de l'&#233;lectoralisme et du parlementarisme, les d&#233;fis de la construction d'une nouvelle gauche qui ne soit pas qu'une nouvelle voie vers le social-lib&#233;ralisme mais plut&#244;t une nouvelle forme de rassemblement des forces sociales en vue d'une rupture, d'un v&#233;ritable d&#233;passement du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.2 Encourager Qu&#233;bec solidaire &#224; se concevoir comme &#233;tant constamment en campagne pour rejoindre la population par ses propres moyens et par la mobilisation de ses membres, et non seulement comme un joueur parmi d'autres sur le terrain parlementaire ou m&#233;diatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.3 Pour ce faire, proposer l'&#233;laboration d'une politique des communications &#224; QS incluant la relance du comit&#233; du journal Solidarit&#233;s et la mise sur pied d'outils favorisant la communication horizontale et interactive au sein de la base militante du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 3 - Favoriser le d&#233;veloppement de Qu&#233;bec solidaire comme r&#233;seau de militantes et de militants et parti des mouvements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1 Organiser une rencontre en marge du prochain congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire pour discuter des perspectives strat&#233;giques dans la lutte contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et les n&#233;gociations du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2 Intervenir dans les associations locales et r&#233;gionales de Qu&#233;bec solidaire, ainsi que lors des instances nationales, pour une mise en &#339;uvre de la r&#233;solution du CN de d&#233;cembre 2014 pour le regroupement des membres selon leur implication sociale en g&#233;n&#233;ral, et l'organisation des membres syndiqu&#233;-e-s en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 4 &#8211; Contribuer &#224; la mutation strat&#233;gique du mouvement syndical vers un syndicalisme combatif en rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.1 Dans les diff&#233;rents regroupements de syndicalistes solidaires, proposer une orientation pour le regroupement large de la gauche syndicale sur la base d'un programme d'urgence contre l'aust&#233;rit&#233; et de la perspective de la gr&#232;ve sociale et politique contre le gouvernement Couillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 5- Encourager l'&#233;volution du mouvement &#233;cologiste dans un sens anticapitaliste et &#233;cosocialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.1 Mettre sur pied une &#233;quipe de travail pour produire une brochure pr&#233;sentant un argumentaire de base pour l'&#233;cosocialisme dans le contexte qu&#233;b&#233;cois.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.2 Participer &#224; diverses activit&#233;s et action du mouvement &#233;cologiste et y apporter une perspective &#233;cosocialiste dans un esprit d'unit&#233; et de dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 6 &#8211; Augmenter l'influence et la capacit&#233; d'action du R&#233;seau &#233;cosocialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.1 Activer les assembl&#233;es r&#233;gionales du R&#233;seau autour de l'intervention dans Qu&#233;bec solidaire et dans les mouvements sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.2 Mettre sur pied le comit&#233; femmes national en vue d'apporter une perspective &#233;cosocialiste dans certaines des activit&#233;s de la Marche mondiale de 2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.3 Relancer le comit&#233; des communications en le concevant principalement comme le comit&#233; de r&#233;daction du site du R&#201;So. Il serait charg&#233; de planifier les publications, de solliciter des textes, de mettre r&#233;guli&#232;rement le site &#224; jour et de le promouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.4 Mener chaque automne une campagne de financement en ligne et de renouvellement des adh&#233;sions.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.5 Mandater le CE d'adopter un budget d'ici septembre en tenant compte de l'estimation des co&#251;ts pour les diff&#233;rents projets contenus dans le plan d'action adopt&#233; par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.6 Organiser des activit&#233;s locales de financement du R&#233;seau.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.7 Reporter &#224; l'AG 2016 la discussion sur la r&#233;vision des statuts&lt;br class='autobr' /&gt;
6.8 Tenir au moins une rencontre du Conseil inter-r&#233;gional (CIR) d'ici la prochaine assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Axe d'intervention 7 &#8211; Favoriser la convergence des mouvements sociaux combatifs et des nouveaux partis politiques d'opposition syst&#233;mique vers un programme d'action &#233;cosocialiste de plus en plus concret&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.1 D'ici deux ans, pr&#233;senter un plan pour sortir du capitalisme qui sera le r&#233;sultat de notre travail pr&#233;alable sur les six autres axes d'intervention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronique d'une d&#233;rive annonc&#233;e : cathola&#239;cit&#233;, islamophobie et racisme (3/3)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Chronique-d-une-derive-annoncee-catholaicite-islamophobie-et-racisme-3-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Chronique-d-une-derive-annoncee-catholaicite-islamophobie-et-racisme-3-3</guid>
		<dc:date>2015-04-21T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Seymour</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il importe de se rappeler que les &#234;tres racistes existent, m&#234;me si cela procure un profond sentiment de d&#233;go&#251;t. Il y a certes &#224; l'autre bout du monde des cingl&#233;s qui tuent sans rel&#226;che des &#234;tres humains, musulmans et chr&#233;tiens. Je suis incapable de regarder ces tueries qui circulent sur les r&#233;seaux sociaux et encore moins de les partager. Quand je les aper&#231;ois, je passe outre pour ne pas voir une personne se faire flamber la cervelle ou se faire &#233;gorger. Bien &#233;videmment, nous n'en sommes pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton21705-dd8fb.png?1781369379' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il importe de se rappeler que les &#234;tres racistes existent, m&#234;me si cela procure un profond sentiment de d&#233;go&#251;t. Il y a certes &#224; l'autre bout du monde des cingl&#233;s qui tuent sans rel&#226;che des &#234;tres humains, musulmans et chr&#233;tiens. Je suis incapable de regarder ces tueries qui circulent sur les r&#233;seaux sociaux et encore moins de les partager. Quand je les aper&#231;ois, je passe outre pour ne pas voir une personne se faire flamber la cervelle ou se faire &#233;gorger. Bien &#233;videmment, nous n'en sommes pas l&#224;, mais nous avons notre lot de racistes. Ces personnes ne voient pas que leur indignation incontr&#244;l&#233;e repose sur le racisme le plus abject. Pour prouver que &#231;a existe, il convient parfois de les lire, de les partager, voire de les commenter. Il convient de s'arr&#234;ter sur le cas de cette dame qui ne pouvait tol&#233;rer l'id&#233;e d'&#234;tre servie chez le dentiste par une pr&#233;pos&#233;e portant le foulard. Diane, le voile et l'&#233;motic&#244;ne frown... (&lt;a href=&#034;http://www.cliqueduplateau.com/2015/02/24/diane-le-voile-et-lemoticone-frown/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cliqueduplateau.com/2015/02/24/diane-le-voile-et-lemoticone-frown/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La 1&#232;re partie de l'article : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La 2e partie de l'article : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21704&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21704&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le racisme ordinaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de se rappeler que les &#234;tres racistes existent, m&#234;me si cela procure un profond sentiment de d&#233;go&#251;t. Il y a certes &#224; l'autre bout du monde des cingl&#233;s qui tuent sans rel&#226;che des &#234;tres humains, musulmans et chr&#233;tiens. Je suis incapable de regarder ces tueries qui circulent sur les r&#233;seaux sociaux et encore moins de les partager. Quand je les aper&#231;ois, je passe outre pour ne pas voir une personne se faire flamber la cervelle ou se faire &#233;gorger. Bien &#233;videmment, nous n'en sommes pas l&#224;, mais nous avons notre lot de racistes. Ces personnes ne voient pas que leur indignation incontr&#244;l&#233;e repose sur le racisme le plus abject. Pour prouver que &#231;a existe, il convient parfois de les lire, de les partager, voire de les commenter. Il convient de s'arr&#234;ter sur le cas de cette dame qui ne pouvait tol&#233;rer l'id&#233;e d'&#234;tre servie chez le dentiste par une pr&#233;pos&#233;e portant le foulard. Diane, le voile et l'&#233;motic&#244;ne frown... (&lt;a href=&#034;http://www.cliqueduplateau.com/2015/02/24/diane-le-voile-et-lemoticone-frown/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cliqueduplateau.com/2015/02/24/diane-le-voile-et-lemoticone-frown/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle lecture permet d'observer un certain nombre de choses. (i) La personne pr&#233;tend qu'elle n'a rien contre la pr&#233;pos&#233;e qui est voil&#233;e, seulement contre ses croyances, mais elle la d&#233;crit comme une &#171; petite crisse &#187;. Il s'agit l&#224; pourtant d'une expression tr&#232;s claire de haine dirig&#233;e contre une personne. (ii) Elle ne tol&#232;re pas les croyances de la pr&#233;pos&#233;e, reconna&#238;t-elle, mais elle proteste contre le non respect de ses propres croyances. Si on respectait ses croyances, on ne l'exposerait pas &#224; une personne ayant des croyances diff&#233;rentes. Et pourtant, le respect des croyances des autres devrait aboutir &#224; la tol&#233;rance mutuelle et il n'y a rien de violent dans le fait de manifester sa foi musulmane. (iii) Les &#171; Qu&#233;b&#233;cois de souche &#187;, dit-elle, sont fragiles face &#224; &#171; la meute de l'islam &#187;. Ce propos constitue de l'intol&#233;rance &#224; l'&#233;gard d'une religion, mais c'est aussi un propos qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;fense des Qu&#233;b&#233;cois de souche contre une &#171; meute &#187;. Il s'agit l&#224; d'un v&#233;ritable propos raciste. (iv) Le racisme nait de l'intol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de la diff&#233;rence manifest&#233;e par un groupe ayant une autre origine ethnique. Ce peut &#234;tre une diff&#233;rence li&#233;e &#224; la couleur de la peau, mais ce peut &#234;tre aussi une diff&#233;rence de mentalit&#233;, de croyance, de religion, voire de tenue vestimentaire. La diff&#233;rence exprim&#233;e par les autres leur est non seulement &#233;trange, mais c'est aussi une diff&#233;rence qu'ils ne peuvent tol&#233;rer. Or, c'est tr&#232;s exactement cela qui s'est exprim&#233; dans le propos de la plaignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233;. M&#234;me si la plaignante vise en apparence seulement le foulard ou l'Islam, il peut s'agir de racisme si cela proc&#232;de de l'intol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de la diff&#233;rence manifest&#233;e par une communaut&#233; issue de l'immigration. (v) Les personnes qui ne veulent pas &#234;tre trait&#233;es par des pr&#233;pos&#233;es &#171; voil&#233;es &#187; sont tr&#232;s exactement comme les hommes qui demandent que leur femme ne soit pas examin&#233;e par un m&#233;decin homme ou les hommes qui ne veulent pas passer leur examen pratique pour l'obtention d'un permis de conduire en &#233;tant &#233;valu&#233; par une femme moniteure. Ce sont des demandes d'accommodement d&#233;raisonnables. Ceux qui font de telles r&#233;clamations, qu'ils soient d&#233;j&#224; citoyens ou non, ne sont pas encore parfaitement bien int&#233;gr&#233;s &#224; notre soci&#233;t&#233; et ils doivent apprendre &#224; fonctionner avec nos chartes de droits et libert&#233;s. Mais l'inverse est aussi vrai. La personne qui ne tol&#232;re pas le foulard n'est pas non plus une personne qui respecte nos chartes de droits et libert&#233;s. Or, l'exp&#233;rience de la citoyennet&#233; n'est possible que dans l'acceptation des diff&#233;rences entre les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; terrible de voir que la pr&#233;pos&#233;e a ainsi &#233;t&#233; stigmatis&#233;e. Mais ce qui est encore plus d&#233;solant, c'est que cette stigmatisation provienne d'une autre femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias, on dirait, perdent aussi le contr&#244;le. Ils sont obnubil&#233;s par l'&#233;v&#232;nement et refusent de regarder les causes incitant &#224; la radicalisation absurde et d&#233;mentielle des fous de Dieu. Rappelons les faits qui sont pourtant t&#234;tus : 168 000 morts en Irak, la majorit&#233; &#233;tant des civils tu&#233;s sans raison ; 18 000 morts en Afghanistan pour traquer Ben Laden et les Talibans ; des milliers de morts en Libye ; un appui international &#224; Isra&#235;l qui a tu&#233; des milliers de civils &#224; Gaza en trois carnages successifs, dont le dernier qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; plus de 2000 personnes, surtout des civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on penser qu'il est possible de se livrer &#224; de tels carnages sans que cela n'entra&#238;ne des cons&#233;quences terribles ? Mais dans plusieurs m&#233;dias, cela ne compte pas. Nous sommes comme dans un film d'aventure o&#249; les arabes et musulmans ne sont que des figurants anonymes. Ce qui compte aux nouvelles, ce n'est que la folie furieuse de ISIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a absolument rien &#224; dire contre l'appui de Stephen Harper au criminel de guerre Benjamin Netanyahu. On n'a absolument rien &#224; dire contre Bell Helicopter et Pratt &amp; Witney qui vendent de l'&#233;quipement militaire &#224; Isra&#235;l pour que la boucherie puisse se poursuivre avec du mat&#233;riel neuf. On ne voit que le meurtre insens&#233; perp&#233;tr&#233; de sang-froid et montr&#233; sur les r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mosqu&#233;es sont scrut&#233;es &#224; la loupe au cas o&#249; un financement pourrait peut-&#234;tre remonter &#224; l'Arabie saoudite. On suit les faits et gestes des uns et des autres au cas o&#249; certains seraient recrut&#233;s pour aller combattre au sein des groupes terroristes. On sait que n'importe quelle d&#233;couverte constitue un scoop sensationnel susceptible d'attirer l'attention du public. Voil&#224; ce qu'il en co&#251;te d'abandonner le journalisme d'enqu&#234;te au profit d'un journalisme en qu&#234;te d'&#233;v&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il me soit permis de dire que je ne vise pas ici l'&#233;mission 24/60 et le travail d'Anne-Marie Dussault. M&#234;me si cette derni&#232;re part de l'actualit&#233; et des &#233;v&#232;nements rapport&#233;s, ses entrevues, men&#233;es parfois de fa&#231;on vigoureuse, permettent de provoquer le d&#233;bat et de forcer un regard r&#233;flexif au sein de la population. Je songe plut&#244;t aux nouvelles t&#233;l&#233;visuelles, aux lignes ouvertes et &#224; certains tablo&#239;ds quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;pliant trouv&#233; dans une mosqu&#233;e, le propos d&#233;plac&#233; d'un imam, un d&#233;part intrigant vers la Syrie, un bout de foulard sur la t&#234;te, c'est cela qui fait la une. Le mauvais pli est pris lorsque, voulant attraper le scoop, le journaliste ne se rend pas compte qu'il mesure l'importance d'une nouvelle &#224; l'aune de l'impact cr&#233;&#233; sur l'imaginaire d'une population en qu&#234;te de sensations fortes et d'opinions tranch&#233;es. Cette propension est anodine lorsqu'on fait &#233;tat du proverbial &#034;chien &#233;cras&#233;&#034;, mais ce ne l'est pas du tout lorsque cela rel&#232;ve d'une fixation x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cerises sur le g&#226;teau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couronner le tout, il fallait que la juge &#201;liana Barengo parle au travers de son chapeau pour interdire le hijab en Cour. Elle refusa d'entendre la cause de la plaignante parce que celle-ci refusait d'enlever son foulard. Heureusement, une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e contre cette juge qui ne respecte pas la jurisprudence du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin le projet de loi C-51 du Parti conservateur canadien. Les Qu&#233;b&#233;cois qui, n'&#233;coutant que leur petite peur maladive, sont contents de voir le premier ministre Harper et sa horde adopter le projet de loi C-51, devraient notamment songer aux 75 municipalit&#233;s qu&#233;b&#233;coises qui s'opposent au projet d'ol&#233;oduc &#201;nergie Est de la TransCanada pipelines. Le terrorisme a le dos large dans ce projet de loi. Il ne vise pas que la s&#233;curit&#233; &#171; des Canadiens et des Canadiennes &#187;, mais aussi toute tentative de nuire au d&#233;veloppement &#233;conomique du Canada. Une opposition trop organis&#233;e par un groupe &#233;cologiste comme Greenpeace pour emp&#234;cher le projet &#201;nergie Est pourrait rapidement &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme un acte de terrorisme en vertu de ce projet de loi. Mais il y a aussi la vie priv&#233;e des gens qui risque d'&#234;tre mise &#224; mal avec un tel projet de loi. L'obsession s&#233;curitaire, lorsqu'on l'&#233;coute au lieu de la ma&#238;triser, est un peu comme un cheval fou l&#226;ch&#233; &#171; lousse &#187; au Stampede de Calgary. Ils ont l&#226;ch&#233; un cheval fou en 2006 et il tr&#244;ne maintenant au pouvoir &#224; Ottawa. Le premier ministre Harper carbure &#224; la peur s&#233;curitaire des citoyens et un autre attentat chez nous ferait sans doute son affaire, pour d&#233;passer les autres partis politiques dans le dernier stretch &#233;lectoral et les coiffer au fil d'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer le projet de charte de la la&#239;cit&#233; du Parti Qu&#233;b&#233;cois que l'on peut tout au plus qualifier de cathola&#239;c, et le discours de certains t&#233;nors p&#233;quistes qui, par moments, a servi &#224; v&#233;hiculer une certaine forme d'islamophobie. Puis, &#224; un troisi&#232;me niveau, il y a les propos racistes que l'on a vu surgir au sein de la population. Si on veut parvenir &#224; s'entendre un jour, il va falloir que l'on distingue ces trois niveaux les uns des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains terroristes profitent sans doute d'une polarisation de l'Occident contre les Musulmans et je suis triste de voir &#224; quel point nous mordons &#224; l'hame&#231;on. Je suis &#233;galement triste de voir cette clameur qui monte alors que, de l'autre c&#244;t&#233;, l'Occident a depuis &#224; peine dix ans &#224; son actif des centaines de milliers de morts civils arabes. On se demande ensuite d'o&#249; viennent les fous de Dieu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; pris avec le projet de loi 51, avec le gouvernement Couillard qui veut s'en prendre &#224; la &#171; radicalisation &#187;, avec Fatima Houda P&#233;pin qui voit l'Arabie Saoudite derri&#232;re chaque mosqu&#233;e, avec des municipalit&#233;s qui ne veulent pas voir de mosqu&#233;es s'installer pr&#232;s de chez eux et avec des journalistes qui investiguent la moindre nouvelle impliquant des int&#233;gristes. Nous sommes sous l'emprise d'une vaste parano&#239;a collective qui n'a qu'un seul effet : la p&#233;n&#233;tration toujours de plus en plus grande d'une islamophobie qui s'installe lentement mais s&#251;rement dans les r&#233;flexes et les mentalit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Gr&#232;ce, l'heure des choix</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Grece-l-heure-des-choix</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Grece-l-heure-des-choix</guid>
		<dc:date>2015-04-21T07:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alexis Tsipras &#171; doit faire atterrir ses troupes et que Syriza redescende sur terre &#187;. Ainsi s'exprime le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin |1|. Cette phrase est un condens&#233; politique. Elle combine le m&#233;pris &#224; l'&#233;gard de la Gr&#232;ce et de Syriza. M&#233;pris, quand le peuple grec est compar&#233; &#224; des militaires aux ordres d'un chef. Incapable donc de r&#233;fl&#233;chir par lui-m&#234;me, il faut le faire &#171; atterrir &#187;. Renoncement &#224; tout projet de transformation sociale avec l'injonction faite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton21715-32b70.jpg?1781369379' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alexis Tsipras &#171; doit faire atterrir ses troupes et que Syriza redescende sur terre &#187;. Ainsi s'exprime le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin |1|. Cette phrase est un condens&#233; politique. Elle combine le m&#233;pris &#224; l'&#233;gard de la Gr&#232;ce et de Syriza. M&#233;pris, quand le peuple grec est compar&#233; &#224; des militaires aux ordres d'un chef. Incapable donc de r&#233;fl&#233;chir par lui-m&#234;me, il faut le faire &#171; atterrir &#187;. Renoncement &#224; tout projet de transformation sociale avec l'injonction faite &#224; Syriza de &#171; redescendre sur terre &#187;. Pour ceux qui avaient l'illusion que le gouvernement fran&#231;ais pouvait avoir une attitude bienveillante envers le gouvernement grec, cette d&#233;claration, apr&#232;s l'attitude hypocrite de la France lors des r&#233;unions de l'Eurogroupe, sonne la fin des illusions. La Gr&#232;ce est dramatiquement seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 avril | tir&#233; du site du CADTM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme de Syriza et le premier accord avec l'Eurogroupe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position du gouvernement grec dans les n&#233;gociations en cours ne peut &#234;tre comprise sans rappeler trois facteurs politiques d&#233;terminants : les d&#233;g&#226;ts &#233;conomiques et sociaux caus&#233;s par la &#171; cure d'aust&#233;rit&#233; &#187; impos&#233;e par la Tro&#239;ka, le programme de Syriza et le nouvel &#233;quilibre des forces politiques en Gr&#232;ce apr&#232;s les &#233;lections du 25 janvier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mandat du gouvernement est d'abord de rompre avec la logique qui a conduit &#224; l'appauvrissement absolu de la population grecque depuis 2010 et de r&#233;pondre &#224; une crise humanitaire sans pr&#233;c&#233;dent ces derni&#232;res d&#233;cennies en Europe. |2|En moins de cinq ans, 30% des entreprises grecques ont ferm&#233;, 150 000 postes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s dans le secteur public, il y a eu 42% d'augmentation du ch&#244;mage, 45% de baisse des retraites, une hausse de pr&#232;s de 100% des personnes sous le seuil de pauvret&#233;. Le PIB a diminu&#233; de 25% et la dette publique est pass&#233;e de 120% &#224; 175% du PIB. En 2014, le taux de ch&#244;mage atteignait 27 % &#8211; plus de 50 % pour les jeunes &#8211; et le salaire minimum &#233;tait de 480 euros net. C'est &#224; cette aune qu'il faut mesurer l'adh&#233;sion suscit&#233;e par le projet de Syriza d'en finir avec les pratiques politiques de capitulation sans coup f&#233;rir devant les desiderata d'institutions europ&#233;ennes envoyant leurs ordres par courrier &#233;lectronique |3|ainsi que l'hostilit&#233; massive du peuple grec envers le plan europ&#233;en d' &#171; aide &#187; financi&#232;re dont l'essentiel a servi &#224; renflouer les banques europ&#233;ennes en particulier allemandes et fran&#231;aises. |4|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de Syriza visait pr&#233;cis&#233;ment &#224; mettre un terme &#224; cette situation. Il pr&#233;voyait quatre points : une ren&#233;gociation des contrats de pr&#234;ts et de la dette publique ; un plan national de reconstruction imm&#233;diate : mesures pour les plus pauvres, r&#233;tablissement du salaire minimum, r&#233;instauration des conventions collectives ; la reconstruction d&#233;mocratique de l'&#201;tat : lutte contre l'&#233;vasion et la fraude fiscales, contre la corruption, r&#233;embauche des fonctionnaires licenci&#233;s ; un plan de reconstruction productive : arr&#234;t des privatisations, industrialisation et transformation de l'&#233;conomie par des crit&#232;res sociaux et &#233;cologiques. C'est ce programme qui a obtenu lors des &#233;lections du 25 janvier 36,34 % des suffrages, qui a constitu&#233; les termes de l'alliance de Syriza avec les &#171; Grecs ind&#233;pendants &#187; |5|, et qui continue de former le socle du soutien massif du peuple grec au nouveau gouvernement. Et c'est &#224; la mise en &#339;uvre progressive de ce programme qu'Alexis Tsipras s'est engag&#233; dans son discours de politique g&#233;n&#233;rale et de pr&#233;sentation du projet gouvernemental au nouveau Parlement grec le 8 f&#233;vrier dernier |6|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, on le voit, d'un programme relativement mod&#233;r&#233;, d'inspiration keyn&#233;sienne. Pourtant, les classes dirigeantes europ&#233;ennes ont fait bloc pour s'y opposer car, m&#234;me modeste, il entre en contradiction frontale avec l'ordre n&#233;olib&#233;ral patiemment construit depuis une trentaine d'ann&#233;es. Trait&#233; europ&#233;en apr&#232;s trait&#233; europ&#233;en, directive apr&#232;s directive, l'Union europ&#233;enne est devenue une machine juridique dont l'objectif est d'emp&#234;cher tout d&#233;bat d&#233;mocratique r&#233;el, d'exclure de la d&#233;cision citoyenne les politiques &#233;conomiques et sociales et de museler ainsi la souverainet&#233; populaire. Les politiques &#233;conomiques se r&#233;duisent &#224; appliquer une s&#233;rie de normes, imp&#233;ratifs cat&#233;goriques sur lesquels les peuples n'ont rien &#224; dire. C'est cette construction que la victoire de Syriza remet en cause et c'est pourquoi il faut que ce programme soit mis en &#233;chec. C'est cela que vise la strat&#233;gie adopt&#233;e par les institutions dans les n&#233;gociations en cours depuis mi-f&#233;vrier, ce qu'on appelle en Gr&#232;ce &#171; la parenth&#232;se de gauche &#187; : organiser l'effondrement de Syriza dans les mois suivant son &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par rappeler le contenu des accords entre Syriza et l'Eurogroupe &#224; ce jour. Sous la pression d'un ultimatum lanc&#233; par l'Eurogroupe le lundi 16 f&#233;vrier, le gouvernement grec signe un accord de principe le vendredi 20 f&#233;vrier. Le prolongement de l'aide financi&#232;re y est conditionn&#233; &#224; la validation d'une liste de r&#233;formes que le gouvernement grec a du proposer en toute h&#226;te le lundi 23 f&#233;vrier et qui a &#233;t&#233; accept&#233; sur le principe par l'Eurogroupe le mardi 24 f&#233;vrier. On peut r&#233;sumer ainsi le contenu de ces deux textes |7|. Le communiqu&#233; de l'Eurogroupe du 20 f&#233;vrier pr&#233;voit le prolongement provisoire du programme pr&#233;c&#233;dent, confirme l'objectif du remboursement de l'int&#233;gralit&#233; de la dette ainsi que celui d'un exc&#233;dent primaire devant &#234;tre &#171; en ligne &#187; avec l'objectif de 4,5% en 2016. Il engage le gouvernement grec &#224; &#171; ne pas revenir sur des mesures et &#224; n'effectuer aucun changement unilat&#233;ral de politique ou de r&#233;formes structurelles qui impacteraient n&#233;gativement les objectifs budg&#233;taires, la croissance &#233;conomique et la stabilit&#233; financi&#232;re. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des r&#233;formes envoy&#233;e par le gouvernement grec le 23 f&#233;vrier est organis&#233;e autour de quatre points : 1. La r&#233;forme des politiques fiscales : elle pr&#233;voit la mise en place d'instruments &#224; grande &#233;chelle, in&#233;dits, pour contrer la fraude fiscale et la corruption, mais aussi la poursuite de l'aust&#233;rit&#233; (notamment concernant la sant&#233;, les salaires et les retraites) et des concessions au credo n&#233;olib&#233;ral (revenus et &#233;valuation individualis&#233;s, maximisation de la mobilit&#233; des ressources humaines, etc.). 2. La stabilit&#233; financi&#232;re : elle pr&#233;voit de d&#233;p&#233;naliser l'endettement des personnes &#224; faible revenu et de ne pas exproprier les petits propri&#233;taires endett&#233;s de leur r&#233;sidence principale mais aussi l'engagement &#224; payer l'int&#233;gralit&#233; de la dette ainsi que l'attribution des 10 milliards d'euros du Fonds Hell&#233;nique de Stabilit&#233; Financi&#232;re non pas au budget de l'&#201;tat comme le d&#233;fendait le gouvernement grec mais seulement pour la recapitalisation des banques 3. La promotion de la croissance : elle pr&#233;voit des instruments de lutte contre le ch&#244;mage et n'&#233;voque pas de nouveaux licenciements comme l'exigeaient les projets initiaux de la Tro&#239;ka, mais aussi la poursuite des privatisations, le report de l'augmentation du salaire minimum et de la restauration des n&#233;gociations salariales, la promotion de la comp&#233;tition et l'ouverture au capital des professions r&#233;glement&#233;es. 4. La crise humanitaire : le principe de mesures d'urgence (bons d'alimentation, aides concernant la sant&#233; et l'&#233;nergie pour les m&#233;nages aux plus faibles revenus) contre la grande pauvret&#233; est valid&#233;, le projet d'un revenu minimum garanti est &#233;voqu&#233;, mais il est stipul&#233; que ces mesures ne doivent pas avoir &#171; d'effet fiscal n&#233;gatif &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elles ne doivent pas avoir de co&#251;t budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses analyses ont propos&#233; des &#233;valuations imm&#233;diates du contenu de ces accords des 20 et 24 f&#233;vrier, en insistant tant&#244;t sur les reculs de Syriza par rapport au programme de Thessalonique tant&#244;t sur les reculs des institutions europ&#233;ennes par rapport au projet de m&#233;morandum initialement envisag&#233;. |8|&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si la s&#233;quence politique de cette n&#233;gociation se d&#233;roule &#224; un rythme extr&#234;mement dense et acc&#233;l&#233;r&#233;, il ne s'agissait l&#224; que du premier round du bras de fer opposant la strat&#233;gie de &#171; la parenth&#232;se de gauche &#187; &#224; ce qu'on peut appeler la strat&#233;gie de la &#171; d&#233;sob&#233;issance contr&#244;l&#233;e &#187; |9|du gouvernement grec. En effet, aussit&#244;t cet accord sign&#233;, le gouvernement conduit par Alexis Tsipras comme les institutions europ&#233;ennes ont cherch&#233; &#224; garder la main sur l'interpr&#233;tation de cet accord ainsi que sur le calendrier du bras de fer politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;but d'un affrontement prolong&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la Vouli, le Parlement grec, on retiendra quatre initiatives importantes. D'abord, d&#232;s les premiers jours suivant la formation du gouvernement, la vice-ministre des politiques migratoires, Tasia Christodoulopoulou, a annonc&#233; que le droit du sol remplacerait enfin en Gr&#232;ce le droit du sang, permettant ainsi que 200.000 enfants d'immigr&#233;s obtiennent la nationalit&#233; grecque, ainsi que la fermeture de tous les centres de r&#233;tention de migrants en Gr&#232;ce. Rappelons que le r&#232;glement europ&#233;en Dublin II pr&#233;voit que les pays du sud de l'Europe, et notamment la Gr&#232;ce, jouent le r&#244;le de fronti&#232;re r&#233;pressive dans la &#171; forteresse Europe &#187;. Au-del&#224; de ces premi&#232;res mesures, la Gr&#232;ce devrait faire entendre dans l'Union europ&#233;enne une voix diff&#233;rente sur les questions d'immigration, en d&#233;non&#231;ant notamment ce r&#232;glement et la logique de la politique migratoire qui le sous-tend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-coup des premiers accords avec l'Eurogroupe, le minist&#232;re de la lutte contre la corruption annonce la saisie de plusieurs centaines de millions d'euros sur des comptes bancaires de d&#233;posants riches ne pouvant justifier fiscalement leurs actifs, montrant ainsi sa d&#233;termination &#224; mettre en &#339;uvre effectivement, &#224; la diff&#233;rence des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, une des exigences majeures de l'Eurogroupe, qui constituait &#233;galement une mesure phare du programme de Thessalonique. Un des principaux slogans mis en avant par le cabinet de Tsipras exprime ainsi tr&#232;s clairement cette orientation : &#171; Rupture avec la caste |10|, solution avec l'Europe &#187;. Puis, le 17 mars, Zo&#233; Konstantopoulou, la pr&#233;sidente du Parlement grec annonce la constitution d'une commission d'audit de la dette publique grecque, qui est coordonn&#233;e par Eric Toussaint (porte parole du CADTM International) |11|et dont l'objectif explicite est de &#171; d&#233;terminer l'&#233;ventuel caract&#232;re odieux, ill&#233;gal ou ill&#233;gitime des dettes publiques contract&#233;es par le gouvernement grec &#187;. Il s'agit d'un signal fort envoy&#233; &#224; la Tro&#239;ka : le gouvernement est toujours d&#233;termin&#233; &#224; n&#233;gocier une annulation partielle de la dette du pays. Enfin, le 18 mars, le gouvernement fait adopter la premi&#232;re loi de sa mandature, consacr&#233;e &#224; un ensemble de mesures sociales en faveur des plus pauvres. Elle pr&#233;voit notamment de fournir l'&#233;lectricit&#233; gratuite et une aide au logement pour les foyers les plus d&#233;munis, d'accorder une aide alimentaire pour 300 000 personnes, ainsi qu'une aide financi&#232;re pour toutes celles et ceux qui sont priv&#233;s de s&#233;curit&#233; sociale par la perte de leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il &#233;tait pr&#233;visible, ces quatre s&#233;ries de mesures ont suscit&#233; des r&#233;actions de mauvaise foi, de m&#233;pris et de rejet de la part de l'Eurogroupe et ont contribu&#233; au durcissement, de part et d'autre, de la tonalit&#233; des n&#233;gociations ces deux derni&#232;res semaines. La r&#233;action des institutions europ&#233;ennes &#224; l'annonce des mesures de lutte contre la corruption et la fraude fiscale est r&#233;v&#233;latrice de leur attitude &#224; l'&#233;gard du gouvernement grec. Plut&#244;t que de proposer une coop&#233;ration &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne &#8211; qu'Alexis Tsipras a donc initi&#233;, sans l'appui de l'Union europ&#233;enne, avec l'OCDE, institution qui n'est pas particuli&#232;rement connue pour son gauchisme, mais dont les pr&#233;conisations insistent utilement sur l'&#233;vasion fiscale internationale &#8211; en vue de poursuivre les exil&#233;s et d&#233;linquants fiscaux (dont une partie se trouvait pourtant sur la &#171; liste Lagarde &#187; |12|), les institutions europ&#233;ennes ont r&#233;pondu par une demande accrue de contr&#244;le des services administratifs et financiers &#224; Ath&#232;nes. Il s'agit notamment d'&#233;viter que soient remises en cause les pratiques de concurrence et &#171; d'optimisation &#187; fiscales par ailleurs encourag&#233;es par ces m&#234;mes institutions ainsi que de continuer &#224; faire peser la responsabilit&#233; de cette fraude fiscale sur les contribuables grecs (dont on rappellera au passage que les imp&#244;ts sur le revenu sont pr&#233;lev&#233;s &#224; la source&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les repr&#233;sentants des institutions europ&#233;ennes se sont abstenus de tout commentaire sur la commission d'audit de la dette publique, mais ont fait &#224; nouveau planer, ces derniers jours, la menace d'une sortie de la Gr&#232;ce de la zone euro. Enfin, l'annonce de l'adoption prochaine de la loi anti-pauvret&#233; &#224; la Vouli a valu &#224; Alexis Tsipras une mise en garde |13|du directeur g&#233;n&#233;ral de la direction des affaires &#233;conomiques et financi&#232;res de l'&#233;quipe europ&#233;enne en charge de la &#171; supervision &#187; technique des r&#233;formes en Gr&#232;ce, Declan Costello, au motif que cette loi constituerait une &#171; action unilat&#233;rale &#187; formellement prescrite par l'accord du 24 f&#233;vrier. |14| Dans un deuxi&#232;me temps, la Commission europ&#233;enne a finalement d&#233;bloqu&#233; 2 milliards d'euros en soutien &#224; la &#171; coh&#233;sion sociale &#187; en Gr&#232;ce, tout en continuant d'exiger une nouvelle liste de &#171; r&#233;formes structurelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle liste des r&#233;formes : la bataille continue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est autour de cette deuxi&#232;me liste de r&#233;formes qu'a d&#233;sormais lieu le deuxi&#232;me round du bras de fer entre le gouvernement grec et l'Union europ&#233;enne. Toujours sous la pression du calendrier impos&#233; par le feu crois&#233; des &#233;ch&#233;ances de remboursement et des ultimatums politiques de l'Eurogroupe, le gouvernement grec a pr&#233;sent&#233; mercredi 1er avril au &#171; Groupe de Bruxelles &#187; (Commission europ&#233;enne, Fonds mon&#233;taire international et BCE, auxquels s'est d&#233;sormais ajout&#233; le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re) une nouvelle liste de r&#233;formes que cette derni&#232;re exige de valider avant de d&#233;bloquer une derni&#232;re tranche d'aide du plan europ&#233;en, soit 7,2 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette liste de r&#233;formes pr&#233;voit notamment une s&#233;ries de mesures permettant d'am&#233;liorer les rentr&#233;es fiscales de la Gr&#232;ce (nouveau syst&#232;me de collecte d'imp&#244;t, mesures compl&#233;mentaires de lutte contre l'&#233;vasion fiscale), la vente de licences de radiodiffusion, un rel&#232;vement du taux sup&#233;rieur d'imposition sur le revenu ainsi que certains taux de TVA sur les produits de luxe et les boissons alcoolis&#233;es, ainsi que la poursuite de certaines privatisations (notamment du Port du Pir&#233;e). Dans l'ensemble, cette liste ne fait que pr&#233;ciser et prolonger celles d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;es le 23 f&#233;vrier, puis le 6 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle ne pr&#233;voit pas les r&#233;formes du march&#233; du travail et le rel&#232;vement de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite (&#224; 67 ans) explicitement exig&#233;s par l'Eurogroupe. Or ce nouveau point d'achoppement des n&#233;gociations concerne le noyau dur de la politique &#233;conomique qui sera men&#233;e dans les prochaines ann&#233;es en Gr&#232;ce, si bien que le bras de fer s'est &#224; nouveau durci ces derniers jours. Pour les institutions europ&#233;ennes, il s'agit de s'assurer de la poursuite des &#171; r&#233;formes structurelles &#187; et de faire jouer la pression des &#233;ch&#233;ances de remboursement afin de forcer le consentement du gouvernement aux politiques n&#233;olib&#233;rales refus&#233;es par Syriza. Les termes du chantage sont assez explicites : il s'agit d'esp&#233;rer que la Gr&#232;ce soit en un d&#233;faut de paiement lors du prochain remboursement au FMI, pr&#233;vu le 9 avril |15|. Le gouvernement grec &#233;tant alors aux abois, il n'aurait pas d'autre choix, pour faire d&#233;bloquer une nouvelle tranche d'aide permettant ce remboursement, que d'accepter les conditions pos&#233;es par l'Eurogroupe. A ce chantage, Nikos Voutsis, ministre de l'Int&#233;rieur et de la reconstruction administrative, vient de r&#233;pondre de mani&#232;re ferme : l'&#201;tat grec paiera d'abord les salaires et les pensions, et ensuite seulement, si c'est possible, le remboursement au FMI. Pour le gouvernement grec, il s'agit de rester dans le cadre des accords de f&#233;vrier en &#233;vitant de d&#233;passer les &#171; lignes rouges &#187; qui emp&#234;cheraient la mise en &#339;uvre d'une politique &#233;conomique alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, il est n&#233;cessaire de continuer les r&#233;formes sur le front int&#233;rieur et de trouver des leviers politiques dans la n&#233;gociation avec le &#171; Groupe de Bruxelles &#187;. Ainsi, le gouvernement grec a d&#251; confirmer la privatisation du port du Pir&#233;e au b&#233;n&#233;fice de la soci&#233;t&#233; chinoise Cosco, ce qui a amen&#233; P&#233;kin &#224; acheter 100 millions de bons &#224; court terme, appel&#233;s T-Bills, &#233;mis par l'&#201;tat grec (voir plus loin sur cette question). D'autre part, le gouvernement grec a avanc&#233; une rencontre officielle avec le gouvernement russe, qui pourrait proposer &#224; la Gr&#232;ce une aide &#233;conomique en &#233;change d'un soutien g&#233;opolitique dans son conflit avec l'OTAN ainsi que pour le projet du gazoduc Turkish Stream. Cette rencontre a &#233;t&#233; planifi&#233;e le 8 avril, c'est-&#224;-dire la veille de l'&#233;ch&#233;ance de remboursement au FMI pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;. En r&#233;action, l'Eurogroupe continue de jouer la montre : les derniers &#233;chos de Bruxelles &#233;voquent l'impossibilit&#233; d'un accord avant fin avril. Autrement dit, il s'agit d'attendre que la crise de liquidit&#233;s de l'&#201;tat grec s'aggrave en esp&#233;rant que cela soit suffisant pour faire c&#233;der Syriza. La &#171; guerre de position &#187; continue, et il est fort difficile d'imaginer ce qui pourra d&#233;bloquer la situation sans aggraver le conflit politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette nouvelle situation de blocage, il est n&#233;cessaire de pr&#233;ciser l'analyse de la strat&#233;gie d'&#233;tranglement adopt&#233;e par les institutions europ&#233;ennes ainsi que du dilemme tactique qui se pose aujourd'hui au gouvernement grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La strat&#233;gie de l'&#233;tranglement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude des dirigeants europ&#233;ens peut donc &#234;tre r&#233;sum&#233;e de la fa&#231;on suivante : soit l'acceptation par la Gr&#232;ce de la politique d&#233;finie par l'Eurogroupe, soit la sortie de l'euro. Le moyen utilis&#233;, c'est l'&#233;tranglement financier. Rappelons-en les principaux &#233;pisodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but f&#233;vrier, soit quelques jours &#224; peine apr&#232;s la victoire de Syriza, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) annonce qu'elle cesse d'accepter les titres public grecs comme garanties (collat&#233;raux) lors des op&#233;rations de refinancement des banques grecques. Ces derni&#232;res peuvent certes continuer &#224; b&#233;n&#233;ficier de l'acc&#232;s &#224; l'aide &#224; la liquidit&#233; d'urgence (ELA), mais outre que le taux d'int&#233;r&#234;t est beaucoup plus &#233;lev&#233; (1,55 % contre 0,05 %), cet acc&#232;s peut &#234;tre coup&#233; &#224; tout moment par la BCE. De plus, celle-ci refuse de d&#233;bloquer 1,9 milliard correspondant aux int&#233;r&#234;ts qu'elle a engrang&#233;s sur les titres grecs qu'elle poss&#232;de |16|.L'Eurogroupe refuse de verser &#224; la Gr&#232;ce la derni&#232;re tranche de pr&#234;ts (7,2 milliards d'euros) pr&#233;vue dans le cadre de l'accord du 20 f&#233;vrier 2015, attendant que la liste des &#171; r&#233;formes &#187; propos&#233;es par le gouvernement grec le satisfasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mars, la BCE demande aux banques grecques de ne plus acheter les titres publics &#233;mis par l'&#201;tat grec. Or sans apport financier ext&#233;rieur, le financement de l'&#201;tat grec ne repose aujourd'hui que sur la capacit&#233; des banques grecques &#224; acheter des bons du tr&#233;sor &#224; court terme (T-Bills). La BCE avait auparavant d&#233;j&#224; refus&#233; la demande du gouvernement grec de relever le plafond d'&#233;mission des T-Bills de 15 &#224; 25 milliards d'euros. Elle veut en interdire maintenant l'achat par les banques grecques. La Gr&#232;ce est donc, de fait, priv&#233;e de source de financement. Dans le m&#234;me temps, les directeurs du Tr&#233;sor des pays de la zone euro ont refus&#233; de restituer &#224; la Gr&#232;ce 1,2 milliard d'euros lui revenant |17|. La Gr&#232;ce risque donc de se trouver en situation de cessation de paiement d&#232;s le 20 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comble du cynisme, la BCE a commenc&#233;, dans le cadre d'une op&#233;ration dite de Quantitative Easing (QE), &#224; acheter sur le march&#233; secondaire, c'est-&#224;-dire aux banques les poss&#233;dant, des titres publics des &#201;tats |18|. Mais, elle n'ach&#232;tera que les emprunts publics les mieux not&#233;s, sauf si le pays accepte un programme d'aide du FMI, c'est-&#224;-dire se soumet &#224; la purge sociale que sont les r&#233;formes structurelles. La Gr&#232;ce, pays qui aurait pourtant le plus besoin de b&#233;n&#233;ficier de ces rachats d'emprunts, n'y aura donc pas droit sauf si elle accepte de continuer &#224; se soumettre au diktat des institutions europ&#233;ennes. La BCE ne laisse le choix qu'entre la ruine financi&#232;re et la d&#233;vastation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie d'&#233;tranglement vise un objectif principal : que le gouvernement grec finisse par accepter des r&#233;formes, ou plut&#244;t des contre-r&#233;formes, que m&#234;me le gouvernement pr&#233;c&#233;dent avait refus&#233;es, notamment en mati&#232;re de retraite et de march&#233; du travail. Il s'agit de faire capituler Syriza ou, en cas de refus, de forcer la Gr&#232;ce &#224; sortir de l'euro. Comme il est impossible juridiquement d'expulser un pays de la zone euro et qu'une volont&#233; affich&#233;e de le faire cr&#233;erait probablement des tensions entre les gouvernements de l'Union europ&#233;enne, il s'agit, en l'&#233;tranglant, de forcer la Gr&#232;ce &#224; prendre l'initiative de cette sortie. Le gouvernement grec est parfaitement conscient du dilemme dans lequel le &#171; Groupe de Bruxelles &#187; veut l'enfermer. C'est pourquoi il cherche un compromis afin d'essayer de briser cet &#233;tau. Mais tout compromis renvoie aux rapports de forces entre les parties. Or le gouvernement grec n'a pas r&#233;ussi &#224; diviser ses adversaires et la faible mobilisation citoyenne europ&#233;enne en sa faveur n'a pas permis de peser sur les orientations des gouvernements europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants europ&#233;ens pr&#233;f&#232;reraient &#233;videmment que le gouvernement grec revienne sur ses engagements &#233;lectoraux. Une telle capitulation serait utilis&#233;e pour d&#233;montrer aux autres peuples d'Europe qu'aucune alternative n'est possible et que m&#234;me un gouvernement de la gauche radicale est oblig&#233; d'&#234;tre &#171; raisonnable &#187;. C'est ce que nous avons pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233; sous la rubrique de la strat&#233;gie de la &#171; parenth&#232;se de gauche &#187;. Mais, malgr&#233; une situation dramatique, Syriza tient bon sur l'essentiel. Continuer l'&#233;tranglement de la Gr&#232;ce pour l'obliger &#224; sortir de l'euro reste donc une option. Ainsi, interrog&#233; par la t&#233;l&#233;vision publique autrichienne ORF sur la possibilit&#233; d'un &#171; Grexident &#187; (contraction entre &#171; Grexit &#187;, terme renvoyant &#224; une sortie de la Gr&#232;ce de la zone euro, et accident), Wolfgang Sch&#228;uble, le ministre des finances de l'Allemagne, a estim&#233; jeudi 12 mars que, &#171; dans la mesure o&#249; la Gr&#232;ce seule a la responsabilit&#233;, la possibilit&#233; de d&#233;cider ce qui se passe, et comme nous ne savons pas exactement ce que les responsables grecs font, nous ne pouvons pas l'exclure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a certes &#233;t&#233; d&#233;menti et les d&#233;clarations officielles se multiplient pour affirmer que la Gr&#232;ce doit rester dans l'euro. Au-del&#224; des effets de communication, il y a un vrai dilemme pour le &#171; Groupe de Bruxelles &#187;. Les institutions et les gouvernements europ&#233;ens ont parfaitement compris l'enjeu de la situation : un succ&#232;s de Syriza remettrait en cause 30 ans de n&#233;olib&#233;ralisme en Europe et risquerait d'entra&#238;ner une contagion dans toute l'Europe &#224; commencer par l'Espagne avec Podemos. Pour les plus extr&#233;mistes des dirigeants europ&#233;ens, tout, m&#234;me une sortie de la Gr&#232;ce de l'euro, serait pr&#233;f&#233;rable &#224; ce sc&#233;nario catastrophe. La question peut ainsi &#234;tre r&#233;sum&#233;e : le meilleur sc&#233;nario de capitulation de Syriza doit-il avoir lieu en dehors ou dans le cadre de l'eurozone ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les partisans d'un &#171; Grexident &#187; peuvent en effet penser que du fait du faible poids &#233;conomique de la Gr&#232;ce et du fait que les banques grecques ne sont pas syst&#233;miques, le risque de d&#233;stabilisation de la zone euro serait r&#233;duit, ce d'autant plus que la politique de QE men&#233;e par la BCE permettrait de limiter les risques de sp&#233;culation financi&#232;re sur les &#201;tats les plus expos&#233;s. De plus, les cr&#233;ances de la Gr&#232;ce &#233;tant d&#233;j&#224; comptabilis&#233;es dans les dettes publiques des &#201;tats, un &#233;ventuel d&#233;faut n'aurait pas de cons&#233;quences sur le niveau des ces derni&#232;res. Mais, en fait, il est impossible de pr&#233;voir r&#233;ellement les cons&#233;quences d'une sortie de la Gr&#232;ce de l'euro. En remettant en cause l'irr&#233;versibilit&#233; de l'euro, c'est &#233;galement la croyance au caract&#232;re irr&#233;vocable de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire qui serait d&#233;truit. Des interrogations in&#233;vitables se feraient jour pour les pays les plus fragiles avec une probabilit&#233; d'un accroissement des primes de risque pour ces pays. Enfin, le cr&#233;dit de la BCE qui, par la voix de Mario Draghi, avait promis en juillet 2012 que &#171; La BCE est pr&#234;te &#224; faire tout ce qui est n&#233;cessaire pour pr&#233;server l'euro &#187; serait entam&#233;. Rien de pire pour une banque centrale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les dirigeants europ&#233;ens ont fait bloc en estimant que le gouvernement grec allait c&#233;der face &#224; l'&#233;tranglement financier. La prise en compte des risques de cette strat&#233;gie provoquera-t-elle des divisions parmi les gouvernements europ&#233;ens si, Syriza ne capitulant pas, la perspective d'une sortie de l'euro devient imminente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir de l'euro, une solution pour la Gr&#232;ce ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, la question d'une sortie de l'euro se pose &#233;videmment pour stopper l'&#233;tranglement financier dont la Gr&#232;ce est victime. Costas Lapavitsas, un des animateurs de l'aile gauche de Syriza, plaide pour une sortie n&#233;goci&#233;e de l'euro |19|Il indique ainsi : &#171; Si on luttait pour cette option du c&#244;t&#233; grec et si on indiquait notre d&#233;sir de l'accepter, je pense qu'on pourrait atteindre un compromis qui serait dans l'int&#233;r&#234;t non seulement de l'&#233;lite grecque, mais &#233;galement de la population laborieuse [&#8230;]Une sortie n&#233;goci&#233;e &#8211; n&#233;goci&#233;e dans le sens que l'autre partie du march&#233; serait une annulation de la dette que l'UE devrait accepter, une annulation de 50%. La sortie serait prot&#233;g&#233;e, ce qui est d&#233;terminant, dans le sens o&#249; la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) verrait que la d&#233;valuation de la nouvelle monnaie ne serait pas sup&#233;rieure &#224; 20% et que les banques y survivront &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette solution suppose en fait le probl&#232;me r&#233;solu. En effet pourquoi l'Union europ&#233;enne accepterait-elle ce compromis ? Si les dirigeants europ&#233;ens voulaient un compromis, ils auraient la possibilit&#233; de le mettre en &#339;uvre sans plus attendre. Pourquoi, par exemple, accepteraient-ils demain une annulation de la dette qu'ils refusent aujourd'hui ? Leur objectif est de faire plier Syriza, pas de faciliter sa r&#233;ussite par une sortie ordonn&#233;e de l'euro. Pire m&#234;me, ils ne peuvent permettre qu'une sortie de la Gr&#232;ce de l'euro se passe bien car alors ce serait accr&#233;diter le fait qu'il y a une vie apr&#232;s l'euro. D&#233;j&#224; &#233;branl&#233;, le dogme de l'irr&#233;versibilit&#233; de l'euro prendrait alors un coup mortel. Une sortie de la Gr&#232;ce de l'euro ne peut &#234;tre que conflictuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, qui en est partisan, note que &#171; il faut avoir l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre qu'entre difficult&#233;s logistiques de la r&#233;installation de la drachme, imperfections de la mise en place des contr&#244;les de capitaux, super-d&#233;valuation de fait, imm&#233;diatet&#233; de l'inflation import&#233;e, temps de r&#233;ponse des exportations, etc., un processus de sortie-d&#233;faut commencera par une phase passablement chaotique, dont la stabilisation, puis la mat&#233;rialisation des b&#233;n&#233;fices, demanderont au moins douze et plus probablement dix-huit mois |20| &#187;. On peut ajouter &#224; cette liste le fait qu'une d&#233;valuation massive de la monnaie appauvrirait encore plus les grecs et que la drachme serait imm&#233;diatement soumise &#224; la sp&#233;culation financi&#232;re. Le risque est alors d'entrer dans un cycle d&#233;valuation-inflation-d&#233;valuation entretenu par la sp&#233;culation contre la monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on assisterait au vu du &#171; temps du r&#233;ponse des exportations &#187; &#224; un creusement du d&#233;ficit commercial, la croissance &#233;ventuelle des exportations ne permettant pas de compenser le rench&#233;rissement des importations. En effet, l'&#233;quilibre actuel du commerce ext&#233;rieur grec n'a &#233;t&#233; obtenu que par une baisse des importations due &#224; la r&#233;cession. Si une d&#233;valuation augmente la comp&#233;titivit&#233;-prix, elle ne permettra pas de r&#233;soudre un des gros probl&#232;mes de la Gr&#232;ce, celui d'une structure de l'offre de biens et de services particuli&#232;rement inadapt&#233;e |21|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, on peut noter que le retour &#224; la monnaie nationale redonnerait des marges de man&#339;uvre budg&#233;taire car il serait accompagn&#233; d'une annulation totale ou partielle de la dette. Il permettrait d'autre part d'utiliser la cr&#233;ation mon&#233;taire pour financer la remise en marche &#233;conomique du pays. Mais le probl&#232;me du financement du d&#233;ficit commercial resterait entier et n&#233;cessiterait des apports ext&#233;rieurs en capitaux qui donnerait une arme importante aux march&#233;s financiers. Les b&#233;n&#233;fices attendus d'une sortie de l'euro seraient en d&#233;finitive al&#233;atoires au vu de la situation de l'&#233;conomie grecque et n'interviendraient sans doute au mieux que deux &#224; trois ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le probl&#232;me est au moins autant politique qu'&#233;conomique. Syriza a gagn&#233; les &#233;lections en promettant &#224; la fois d'en finir avec l'aust&#233;rit&#233; et de rester dans l'euro. C'est sans doute la combinaison de ces deux positions qui a fait son succ&#232;s, une grande majorit&#233; de grecs &#233;tant pour rester dans l'euro malgr&#233; la politique de la Tro&#239;ka. Il est probable &#8211; mais nous ne pouvons pas en &#234;tre s&#251;rs &#8211; que, si Syriza avait pr&#244;n&#233; une sortie de l'euro, le r&#233;sultat aurait &#233;t&#233; sensiblement diff&#233;rent. D'ailleurs, la droite conservatrice et le Pasok ont essay&#233; de diaboliser Syriza en expliquant pendant la campagne &#233;lectorale que sa victoire aboutirait &#224; une sortie de l'euro. Une sortie de l'euro devrait donc selon toute probabilit&#233; &#234;tre valid&#233;e par r&#233;f&#233;rendum par le peuple grec avec toutes les incertitudes que cela comporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est au niveau europ&#233;en que le prix &#224; payer serait le plus important. Une sortie de l'euro signifierait que, du moins dans sa politique &#233;conomique, chaque pays est laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me, que toute tentative de refondation de l'Europe est in&#233;vitablement vou&#233;e &#224; l'&#233;chec et que l'alternative ne peut &#234;tre qu'entre la situation actuelle et un choix hasardeux. Probablement chaotique, elle servirait de contre-exemple et affaiblirait ainsi consid&#233;rablement les opportunit&#233;s de victoire prochaine pour Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit d'un point de vue &#233;conomique ou politique, une sortie de la Gr&#232;ce de l'euro serait loin d'&#234;tre la solution optimale. Mais y en a-t-il une autre pour &#233;chapper &#224; l'&#233;tranglement du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gr&#232;ce a des marges de man&#339;uvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux apparences, la Gr&#232;ce n'est pas d&#233;pourvue de marges de man&#339;uvres dans son affrontement avec les dirigeants europ&#233;ens &#224; la condition de reprendre l'initiative pour &#233;viter de subir les rapports de forces actuels dans le cadre de n&#233;gociations d&#233;s&#233;quilibr&#233;es. Le d&#233;bat &#224; l'int&#233;rieur de Syriza est vif sur ce sujet et d&#233;passe largement l'affrontement traditionnel entre partisans et adversaires de la sortie de l'euro. Le gouvernement grec pourrait notamment prendre un certain nombre de mesures unilat&#233;rales sortant du cadre des n&#233;gociations actuelles, ce qui permettrait de r&#233;tablir un certain &#233;quilibre entre les parties. Certes, ces initiatives unilat&#233;rales durciraient notablement le bras de fer actuel, mais elles montreraient que la Gr&#232;ce a un plan B et est pr&#234;te &#224; assumer un affrontement pouvant aller jusqu'&#224; la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures unilat&#233;rales, pour n'en rester ici qu'&#224; la dimension &#233;conomique, pourraient &#234;tre de plusieurs ordres. Le premier concerne la question de la dette |22|. En g&#233;n&#233;ral, un &#201;tat ne rembourse jamais vraiment sa dette : lorsque les titres arrivent &#224; &#233;ch&#233;ance, il emprunte de nouveau sur les march&#233;s financiers. Mais la Gr&#232;ce qui n'a plus acc&#232;s aux march&#233;s financiers est oblig&#233;e, non seulement de payer les int&#233;r&#234;ts de sa dette, mais aussi de rembourser le principal. C'est pourquoi les dirigeants europ&#233;ens exigent que ce pays d&#233;gage un fort exc&#233;dent budg&#233;taire primaire (hors du paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette) pour pouvoir rembourser avec ses ressources propres tout ou partie du principal. Ainsi, pour la Tro&#239;ka, la Gr&#232;ce doit d&#233;gager un exc&#233;dent primaire de 3 % du PIB en 2015 (la Gr&#232;ce a obtenu que ce chiffre soit modul&#233; en fonction de la situation &#233;conomique), de 4,5 % en 2016 et 2017 et de 4,2 % jusqu'en 2020. Une telle perspective entrainerait de nouvelles coupes drastiques dans les budgets publics et serait un obstacle majeur &#224; toute politique publique en mati&#232;re d'investissement. Le poids de la dette est donc un obstacle &#224; toute politique progressiste dans le pays. Or le &#171; Groupe de Bruxelles &#187; refuse pour le moment toute ren&#233;gociation de ce fardeau, alors m&#234;me que la quasi totalit&#233; des &#233;conomistes, y compris ceux du FMI, pense que cette dette ne sera jamais rembours&#233;e. Or 2015 est une ann&#233;e o&#249; les remboursements seront particuli&#232;rement importants : 8,6 milliards d'euros pour le FMI, 6,7 milliards pour la BCE, 15 milliards aux banques grecques. La Gr&#232;ce risque donc d'&#234;tre totalement asphyxi&#233;e. Dans cette situation, le gouvernement grec pourrait d&#233;cider unilat&#233;ralement d'un moratoire sur le remboursement de tout ou partie de la dette pour l'ann&#233;e 2015, tout en indiquant qu'il serait pr&#234;t &#224; n&#233;gocier dans l'int&#233;r&#234;t de toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime que 25 milliards d'euros ont &#233;t&#233; retir&#233;s des banques grecques entre d&#233;cembre 2014 et f&#233;vrier 2015 |23|. Pour &#233;viter une h&#233;morragie, la question d'un contr&#244;le des capitaux doit donc se poser. M&#234;me si celui-ci est contraire aux trait&#233;s europ&#233;ens dont le principe de libre circulation des capitaux est un point central, la Gr&#232;ce pourrait s'appuyait sur le pr&#233;c&#233;dent de Chypre o&#249; il avait &#233;t&#233; mis en place en mars 2013 au moment de la crise financi&#232;re qui avait touch&#233; ce pays (rappelons qu'il a &#233;t&#233; totalement lev&#233; le 6 avril 2015). La BCE et la Commission avaient accept&#233; sa mise en place car le plan de sauvetage des banques chypriotes propos&#233; par le FMI et l'Eurogroupe avait mis &#224; contribution les d&#233;posants, ce qui avait entrain&#233; un retrait massif de la part des particuliers comme des entreprises. Ce contr&#244;le des capitaux s'&#233;tait d'autre part accompagn&#233; d'un plan d'ajustement structurel d'une brutalit&#233; f&#233;roce, ce qui serait inacceptable pour la Gr&#232;ce. Il faut noter que Jeroen Dijsselbloem, pr&#233;sident de l'Eurogroupe, a lui-m&#234;me &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; d'un contr&#244;le des capitaux le mercredi 18 mars sur la radio n&#233;erlandaise BNR. Le gouvernement grec pourrait le prendre au mot et l'instaurer en indiquant qu'il serait pr&#234;t &#224; l'abandonner d&#232;s que l'&#233;tranglement du pays prendrait fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des probl&#232;mes majeurs que rencontre aujourd'hui la Gr&#232;ce est le manque de liquidit&#233;s. Pour faire face &#224; ses d&#233;penses courantes, le gouvernement grec est oblig&#233; de solliciter les fonds de s&#233;curit&#233; sociale pour que lui soit transf&#233;r&#233;es des centaines de millions d'euros de liquidit&#233;s. Cette situation est intenable. Une solution pour r&#233;soudre ce probl&#232;me de liquidit&#233;s pourrait &#234;tre la cr&#233;ation d'un moyen de paiement compl&#233;mentaire ou IOU (&#171; I owe you &#187;), une &#171; monnaie &#187; dont la valeur serait garantie par les recettes fiscales. Elle &#171; permettrait de relever plusieurs d&#233;fis de court terme : relancer l'&#233;conomie locale, financer les services publics de base et r&#233;duire la dette de court terme (&#8216;&#8216;dette flottante'') en ne recourant plus aux march&#233;s financiers pour la financer &#187; |24|. Sa convertibilit&#233; au pair avec l'euro &#233;tant garantie, un tel dispositif s'apparente en fait &#224; un pr&#234;t &#224; court terme que les citoyen-ne-s accordent &#224; leur gouvernement |25|. Dans la situation de la Gr&#232;ce, il s'agirait alors d'un geste autant politique d'&#233;conomique qui renforcerait notablement la position du pays dans les n&#233;gociations. Il permettrait &#233;galement de montrer au &#171; Groupe de Bruxelles &#187; que le gouvernement est pr&#233;par&#233; &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'une sortie contrainte de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement grec pourrait alors tenir le discours suivant : &#171; nous appliquerons notre programme, nous ne voulons pas sortir de l'euro ; mais nous ne nous laisserons pas asphyxier et c'est pourquoi nous prenons ces mesures ; nous sommes pr&#234;ts &#224; discuter avec vous d'un compromis &#233;quilibr&#233; ; mais si vous voulez nous exclure de la zone euro en nous asphyxiant financi&#232;rement, ce sera votre responsabilit&#233;, pas la n&#244;tre &#187;. Poser cette alternative monterait la hauteur des enjeux, et une v&#233;ritable strat&#233;gie du faible au fort serait mise en &#339;uvre, au-del&#224; de ce qui a &#233;t&#233; tent&#233; &#224; ce jour. Il y aurait une possibilit&#233; pour que ce bras de fer paye, ne serait-ce qu'en produisant des divisions dans le camp adverse inquiet devant la perspective d'un saut dans l'inconnu. Le r&#233;sultat serait &#233;videmment al&#233;atoire et pourrait aboutir &#224; une sortie de l'euro avec toutes les cons&#233;quences n&#233;gatives mentionn&#233;es plus haut. Mais, en d&#233;finitive, une sortie de l'euro est de toute fa&#231;on pr&#233;f&#233;rable &#224; la capitulation. Et ne pas en avoir peur est encore la meilleure fa&#231;on de l'&#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit en collaboration avec Alexis Cukier qui est un des animateurs du collectif unitaire &#171; avec-les-grecs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Cit&#233; par Le Monde dat&#233; du 29 et 30 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Voir notamment le document &#233;labor&#233; par le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique &#171; Gr&#232;ce, petit guide contre les bobards m&#233;diatiques &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.audit-citoyen.org/?p=6374&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.audit-citoyen.org/?p=6374&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Ce fut le cas notamment du dernier plan de &#171; r&#233;formes structurelles &#187; exig&#233;es par la Tro&#239;ka fin 2014. Il pr&#233;voyait notamment : 160.000 licenciements suppl&#233;mentaires dans l'administration (en commen&#231;ant par la sant&#233; et l'&#233;ducation), une nouvelle baisse des retraite de 10%, de nouvelles taxes, une nouvelle hausse de la TVA, et de nouvelles r&#233;ductions sur les prestations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Entre 2010 et 2014, &#224; peine 14,7 milliards ont servi &#224; combler la partie du d&#233;ficit ayant trait aux d&#233;penses publiques de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Les &#171; Grecs ind&#233;pendants &#187; (ANEL) est un parti de droite souverainiste, qui a obtenu 4,75% des suffrages lors des &#233;lections du 25 janvier. Oppos&#233; &#224; la politique de la Tro&#239;ka, il est le seul parti &#224; avoir accept&#233; une alliance avec Syriza sur la base du programme de Thessalonique, permettant ainsi &#224; Syriza de former un gouvernement en l'absence de majorit&#233; absolue. Il est dirig&#233; par Panos Kammenos, aujourd'hui ministre de la D&#233;fense du gouvernement grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| L'ensemble des points du programme de Syriza est ainsi &#224; nouveau affirm&#233;e par Alexis Tsipras dans son discours du 8 f&#233;vrier 2015 &#224; la Vouli : &#171; La r&#233;habilitation de la souverainet&#233; populaire, la restauration de l'&#233;galit&#233; de notre pays dans l'UE, la sortie de la crise humanitaire que conna&#238;t notre pays, la justice sociale et la renaissance culturelle, voil&#224; les objectifs du gouvernement de salut social que nous avons constitu&#233; &#187;. Voir : &lt;a href=&#034;http://syriza-fr.org/2015/02/09/ext..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://syriza-fr.org/2015/02/09/ext..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Voir le communiqu&#233; de l'Eurogroupe du 20 f&#233;vrier : &lt;a href=&#034;http://www.consilium.europa.eu/en/p..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.consilium.europa.eu/en/p..&lt;/a&gt;. et la lettre du ministre des finances de la Gr&#232;ce &#224; l'Eurogroupe le 24 f&#233;vrier : &lt;a href=&#034;http://www.reuters.com/article/2015..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.reuters.com/article/2015..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Voir, Pierre Khalfa, &#171; La Gr&#232;ce sur le fil du rasoir &#187;, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier...&lt;/a&gt;, puis &#171; Remarques sur la situation grecque &#187;, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier..&lt;/a&gt;. ; Stathis Kouv&#233;lakis, &#171; Continuer dans cette voie ne peut conduire qu'&#224; l'&#233;chec de Syriza &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&lt;/a&gt;. puis &#171; Gr&#232;ce : r&#233;ponse aux sophistes &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&lt;/a&gt;. ; Nikos Smyrnaios, &#171; Pourquoi le probl&#232;me grec, r&#233;v&#233;lateur du probl&#232;me europ&#233;en, n'est pas pr&#234;t de dispara&#238;tre &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&lt;/a&gt;. ; Costas Lapavitsas, &#171; Cinq questions &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&lt;/a&gt;. ; Gabriel Colletis, &#171; Un premier bilan de l'exercice du pouvoir par le nouveau gouvernement grec issu des &#233;lections fin janvier suivi de quelques propositions &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.transform-network.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.transform-network.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| Voir Stathis Kouv&#233;lakis, &#171; Syriza sur la corde raide &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| En grec, le terme &#171; diaploki &#187; est couramment employ&#233; pour critiquer l'interconnexion du pouvoir politique et des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s lucratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| Voir l'entretien d'Eric Toussaint : &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/conten..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| Rappelons que cette liste d'exil&#233;s fiscaux ayant un compte &#224; la banque HSBC a &#233;t&#233; transmise en octobre 2010 par Christine Lagarde, alors ministre de l'&#201;conomie fran&#231;aise, &#224; George Papaconstantinou, ministre des Finances du gouvernement grec &#224; cette p&#233;riode. Cette liste est revenue r&#233;cemment sur le devant de la sc&#232;ne en Gr&#232;ce du fait du peu d'usage que le pr&#233;c&#233;dent gouvernement grec en a fait, des r&#233;sultats d'une commission d'enqu&#234;te en 2013 pointant la responsabilit&#233; de George Papaconstantinou dans cette n&#233;gligence, ainsi que des premi&#232;res mesures de lutte contrer la corruption enfin mises en &#339;uvre par le gouvernement d'Alexis Tsipras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| Voici la r&#233;ponse d'Alexis Tsipras : &#171; Au nom de quel accord europ&#233;en, de quel trait&#233;, de quel sur-pouvoir, de quel principe osent certains parler d'acte unilat&#233;ral, argument qu'osent aussi r&#233;p&#233;ter machinalement certains individus au sein m&#234;me de ce Parlement ? S'ils le font juste pour nous faire peur, notre r&#233;ponse est simple : Nous n'avons pas peur et nous ne laissons pas intimider &#187; (Alexis Tsipras, Discours &#224; la Vouli, 18 mars 2015, &lt;a href=&#034;http://syriza-fr.org/2015/03/20/dis..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://syriza-fr.org/2015/03/20/dis..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| Paul Mason, &#171; Don't pass anti-poverty law, Commission tells Greece &#187;, &lt;a href=&#034;http://blogs.channel4.com/paul-maso...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.channel4.com/paul-maso...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|15| Le 9 avril, la Gr&#232;ce doit rembourser 458 millions d'euros au FMI. Lors de sa rencontre avec Christine Lagarde le 5 avril, Yanis Varoufakis a indiqu&#233; que la Gr&#232;ce respecterait cette &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|16| La Gr&#232;ce a obtenu depuis mars 2012 que les profits r&#233;alis&#233;s par la BCE sur les obligations d'&#201;tat lui soient revers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|17| L'accord pass&#233; le 20 f&#233;vrier 2015 entre le gouvernement grec et l'Eurogroupe pr&#233;voit que les fonds non utilis&#233;s pr&#234;t&#233;s &#224; la Gr&#232;ce pour recapitaliser les banques grecques soient restitu&#233;s, soit 10,9 milliards d'euros. Mais, il est apparu qu'une partie de cette somme (1,2 milliard) provenait des r&#233;serves de tr&#233;sorerie de l'&#201;tat grec et devrait donc th&#233;oriquement lui revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|18| La BCE devrait acheter 60 milliards d'euros de titres par mois (dont les deux tiers seront des obligations d'&#201;tat) de mars 2015 &#224; septembre 2016, soit en tout 1140 milliards. Pour une critique du QE de la BCE, voir Pierre Khalfa, &#171; L'Europe &#224; un tournant &#187;, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|19| Costas Lapavitsas, &#171; Gr&#232;ce. La deuxi&#232;me phase et les d&#233;fis de la sortie de la zone euro &#187;, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/grece-..&lt;/a&gt;. et &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece-...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/grece-...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|20| Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; L'alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser &#187;, &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/2015-01-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blog.mondediplo.net/2015-01-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|21| Pour une analyse de l'&#233;conomie grecque, voir Michel Husson, &#171; Gr&#232;ce : une &#233;conomie d&#233;pendante et renti&#232;re &#187;,, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/grece-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|22| Pour des d&#233;veloppements plus complets sur la dette grecque, voir Michel Husson, &#171; Gr&#232;ce : pourquoi une dette &#224; 100% du PIB avant la crise &#187;, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grece-...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/grece-...&lt;/a&gt;, Jean Gadrey, &#171; Une id&#233;e carr&#233;ment fausse sur la Gr&#232;ce : ils se sont endett&#233;s, qu'ils payent &#187;, &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alternatives-economiques.fr/...&lt;/a&gt;, Pierre Khalfa, &#171; Questions sur la dette grecque &#187;, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/pier..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|23| Le Monde dat&#233; du 5-6 avril 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|24| Bruno Th&#233;ret, Woytek Kalinowsky, Thomas Coutrot, &#171; L'euro-drachme, ballon d'oxyg&#232;ne pour la Gr&#232;ce &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/2015...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/monde/2015...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|25| Il ne s'agit donc pas dans ce cas d'une sortie de la Gr&#232;ce de la zone euro suivie d'une d&#233;valuation de la nouvelle monnaie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un jugement historique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-jugement-historique</link>
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		<dc:date>2015-04-20T09:25:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Blais</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du point de vue de la pratique religieuse de nos institutions publiques&#8230;, enfin le XXIe si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#201;glise catholique a eu une contribution notable dans l'histoire canadienne, surtout au moment o&#249; la nation canadienne se limitait principalement &#224; la Vall&#233;e du St-Laurent, constituant ainsi le 1er peuple fondateur de l'&#233;poque coloniale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Durant le si&#232;cle qui a suivi la conqu&#234;te l'&#201;glise catholique a eu, selon nos historiens, une contribution importante pour assurer la consolidation de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du point de vue de la pratique religieuse de nos institutions publiques&#8230;, enfin le XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;glise catholique a eu une contribution notable dans l'histoire canadienne, surtout au moment o&#249; la nation canadienne se limitait principalement &#224; la Vall&#233;e du St-Laurent, constituant ainsi le 1er peuple fondateur de l'&#233;poque coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le si&#232;cle qui a suivi la conqu&#234;te l'&#201;glise catholique a eu, selon nos historiens, une contribution importante pour assurer la consolidation de l'identit&#233; canadienne-fran&#231;aise, ceci m&#234;me si ces historiens ne s'entendent pas sur la relative importance &#224; lui attribuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'eut-&#233;t&#233; de l'attitude h&#233;g&#233;monique voire imp&#233;rialiste adopt&#233; par l'&#201;glise catholique &#224; partir du milieu du XIXe si&#232;cle, avec le duo Pie IX et Monseigneur Bourget&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sa lettre du 18 janvier 1849.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'histoire de la relative harmonie qui a r&#233;gn&#233;e durant la colonisation fran&#231;aise entre ceux qui arrivaient et ceux qui les ont accueillis aurait beaucoup plus de place aujourd'hui dans l'histoire populaire. Cette attitude h&#233;g&#233;monique a engendr&#233; une vision unique de l'histoire &#224; laquelle, par effet de balancier, a succ&#233;d&#233; le &#171; rejet avec l'eau du bain &#187;, tr&#232;s bien refl&#233;t&#233; aujourd'hui avec LE sujet de nos jurons. La r&#233;action &#224; cette attitude h&#233;g&#233;monique a cr&#233;&#233; un terreau fertile pour la consid&#233;ration comme &#233;tant ostentatoire de toute pratique religieuse fi&#232;rement affich&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'h&#233;g&#233;monie de nos croyances religieuses est contest&#233; aux &#233;glises chr&#233;tiennes jusqu'&#224; vouloir s'en prendre &#224; nos constitutions, une r&#233;affirmation claire de la pr&#233;pond&#233;rance de nos chartes est d'autant plus accueilli avec joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Blais&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sa lettre du 18 janvier 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lancement du num&#233;ro 59 de la revue &#192; babord !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lancement-du-numero-59-de-la-revue-A-babord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lancement-du-numero-59-de-la-revue-A-babord</guid>
		<dc:date>2015-04-20T09:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lancement du no. 59 de la revue &#192; babord ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelles r&#233;sistances
&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelles voies &lt;br class='autobr' /&gt;
D'&#233;mancipation &lt;br class='autobr' /&gt;
Mercredi 22 avril
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; compter de 17 h 30 &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Bar Les Pas Sages
&lt;br class='autobr' /&gt;
951 Rachel Est, Montr&#233;al&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L69xH150/arton21792-0a52b.png?1781369379' class='spip_logo spip_logo_right' width='69' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lancement du no. 59 de la revue &#192; babord !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelles r&#233;sistances&lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelles voies &lt;br class='autobr' /&gt;
D'&#233;mancipation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 22 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; compter de 17 h 30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bar Les Pas Sages&lt;br class='autobr' /&gt;
951 Rachel Est, Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une nouvelle page s'&#233;crit &#224; l'UQAM ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-nouvelle-page-s-ecrit-a-l-UQAM</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Une-nouvelle-page-s-ecrit-a-l-UQAM</guid>
		<dc:date>2015-04-17T14:43:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Latendresse</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique d'aust&#233;rit&#233; et r&#233;sistances populaires</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le conseil d'administration de l'UQAM vient de passer outre la recommandation de la Commission des &#233;tudes quant au calendrier et aux modalit&#233;s de fin de la session d'hiver 2015. &lt;br class='autobr' /&gt; Par cette d&#233;cision, Lise Bissonnette, la pr&#233;sidente du c.a., les membres du c.a. et le recteur de l'UQAM ajoutent de l'huile sur le feu. Plut&#244;t que de trouver une sortie de crise et de faire preuve d'un gros bon sens en acceptant de prolonger la session (et ainsi permettre aux &#233;tudiant-es de rattraper les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-d-austerite-et-resistances-populaires-+" rel="tag"&gt;Politique d'aust&#233;rit&#233; et r&#233;sistances populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le conseil d'administration de l'UQAM vient de passer outre la recommandation de la Commission des &#233;tudes quant au calendrier et aux modalit&#233;s de fin de la session d'hiver 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par cette d&#233;cision, Lise Bissonnette, la pr&#233;sidente du c.a., les membres du c.a. et le recteur de l'UQAM ajoutent de l'huile sur le feu. Plut&#244;t que de trouver une sortie de crise et de faire preuve d'un gros bon sens en acceptant de prolonger la session (et ainsi permettre aux &#233;tudiant-es de rattraper les s&#233;ances perdues) ils pr&#233;f&#232;rent se soumettre aux injonctions du gouvernement... &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles conclusions en tirer ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ce c.a. et la direction de l'universit&#233; se plient aux commandes du gouvernement lib&#233;ral plut&#244;t que de se tenir debout et d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'UQAM ;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
2. En allant &#224; l'encontre de la proposition de la Commission des &#233;tudes, le c.a. et la direction de l'UQAM envoient un message clair aux &#233;tudiant-es, charg&#233;-es de cours et professeur-es : l'&#232;re de la gestion coll&#233;giale est termin&#233;e ! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Par cette d&#233;cision, la direction tente d'isoler les &#233;tudiant-es gr&#233;vistes, ceux et celles de sciences humaines, des autres. Une fa&#231;on de les punir...&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
4. Enfin, il est clair que l'enjeu principal des n&#233;gociations autour du renouvellement de la convention collective, porte sur le mod&#232;le d'universit&#233;. La direction veut mettre la hache dans le mod&#232;le de gestion coll&#233;giale et imposer le mod&#232;le entrepreneurial qui pr&#233;vaut dans de nombreuses universit&#233;s. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une longue bataille attend les professeur-es, les ma&#238;tres de langue et les charg&#233;-es de cours et les &#233;tudiant-es qui devront r&#233;sister et faire preuve de solidarit&#233; ! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So-so-so- solidarit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Anne Latendresse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;partement de g&#233;ographie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>So, so, so&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/So-so-so</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/So-so-so</guid>
		<dc:date>2015-04-14T23:35:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lorenzo Benavente</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er avril dernier, Catherine Harel Bourdon, pr&#233;sidente de la CSDM, nous &#233;crivait &#224; nous, enseignants, une lettre qui avait &#224; mon avis quelque chose d'inqui&#233;tant et de d&#233;solant. La lettre avait des airs d'excuses et de d&#233;sengagement. &lt;br class='autobr' /&gt; Elle y &#233;crit, entre autres, qu'elle est &#171; [consciente] des sacrifices qui [nous] seront demand&#233;s pour r&#233;pondre [aux] exigences gouvernementales et des r&#233;percussions que ces compressions auront sur l'ensemble de nos services. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle y ajoute &#233;galement &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er avril dernier, Catherine Harel Bourdon, pr&#233;sidente de la CSDM, nous &#233;crivait &#224; nous, enseignants, une lettre qui avait &#224; mon avis quelque chose d'inqui&#233;tant et de d&#233;solant. La lettre avait des airs d'excuses et de d&#233;sengagement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle y &#233;crit, entre autres, qu'elle est &#171; [consciente] des sacrifices qui [nous] seront demand&#233;s pour r&#233;pondre [aux] exigences gouvernementales et des r&#233;percussions que ces compressions auront sur l'ensemble de nos services. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle y ajoute &#233;galement &#171; [qu'elle et ses coll&#232;gues souhaitent] tous que la CSDM demeure l'institution phare qu'elle a toujours &#233;t&#233; dans le domaine de l'&#233;ducation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'accord. Je veux bien contribuer &#224; la pr&#233;servation de nos acquis. Par contre, ce n'est pas &#224; nous que cette lettre aurait d&#251; &#234;tre adress&#233;e. Ceci ressemble peut-&#234;tre &#224; de la mauvaise foi de ma part, je n'en sais rien. Il y a beau y avoir des excuses ou des demandes de compassion &#224; l'interne, le fait est qu'une commission scolaire a un r&#244;le &#224; jouer dans tout ce processus de n&#233;gociations. Cette lettre n'avait selon moi comme seul but que de redorer le blason d'une commission scolaire d&#233;pass&#233;e par les coupures qui viennent de plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les sentiments exprim&#233;s dans cette lettre sont peut-&#234;tre bien r&#233;els et ne rel&#232;vent peut-&#234;tre pas de l'hypocrisie, mais le point reste le m&#234;me. Il faut que les commissions scolaires se l&#232;vent et d&#233;cident de poser des gestes de r&#233;elle solidarit&#233; envers les enseignants sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez vraiment d&#233;montrer votre solidarit&#233; avec ce qui se passe dans les &#233;coles publiques montr&#233;alaises, madame Harel Bourdon, dites-le publiquement, mais surtout, agissez. Nos macarons peuvent bien convaincre quelques personnes autour de nous, mais un appui public des commissions scolaires sera &#233;ventuellement n&#233;cessaire, quitte &#224; les voir directement &#224; nos c&#244;t&#233;s, dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne me faites pas croire que les compressions budg&#233;taires annonc&#233;es vous font sourire. Vous faites partie de milieu de l'&#233;ducation autant que nous. &#199;a ne vous effraie pas, tout ce qui se passe ? Rappelez-vous de votre r&#244;le et accomplissez-le, mais surtout, ne nous chantez pas que vous &#234;tes d&#233;sol&#233;e et que vous &#171; entendez &#187; nos revendications. Agissez. Ce sera amplement suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous enseignons pr&#233;sentement aux futurs acteurs de notre soci&#233;t&#233;. Nous avons un devoir et une mission p&#233;dagogique d'une importance capitale. Ne nous perdons pas, s'il vous plait, dans des strat&#233;gies de marketing internes futiles. Montrez-nous, madame Harel Bourdon, que vous &#234;tes derri&#232;re nous, et ce, publiquement et avec fermet&#233;. Vous avez eu un r&#244;le &#224; jouer lors de la r&#233;daction des offres patronales. Vous en aurez un &#233;galement lors de la p&#233;riode de n&#233;gociations actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les directions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassurez-vous, par contre, car nous savons que vous n'&#234;tes pas seule autour de la table de n&#233;gociations. Les directions ont &#233;galement leur mot &#224; dire et on doit s'indigner que certaines d'entre elles r&#233;priment des enseignants qui ne font que porter un macaron. On doit aussi s'inqui&#233;ter de leur silence g&#233;n&#233;ralis&#233;. &#192; d&#233;faut de parler, on en comprend qu'elles acceptent le statu quo ou m&#234;me pire. Ce n'est peut-&#234;tre pas le cas, cependant. Je me trompe peut-&#234;tre, qui sait ? Force est d'admettre qu'en ne se pronon&#231;ant pas sur les mesures d'aust&#233;rit&#233; en &#233;ducation, les directions se font complices d'un effort gouvernemental inadmissible pour r&#233;duire notre profession &#224; quelque chose qui ne vaut m&#234;me pas la peine d'&#234;tre financ&#233;, valoris&#233; ou m&#234;me appr&#233;ci&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re na&#239;vement, mais sinc&#232;rement, qu'il s'agit d'un silence &#171; strat&#233;gique &#187; et que d'&#233;ventuelles sorties publiques et actions concr&#232;tes surgiront bient&#244;t pour appuyer les enseignants parce que, pour l'instant, la solidarit&#233; dont nous avons besoin de la part de nos patrons, qui se disent d'ailleurs &#233;galement &#171; touch&#233;s &#187; par toutes ces compressions, est quasi-inexistante. L'acceptent-ils donc ? Ces gens repr&#233;sentent les &#233;tablissements scolaires de la province et se doivent de se prononcer, aussi difficile que soit cette d&#233;cision. Les directions ont un devoir de redevance &#224; l'&#233;cole publique et je refuse de croire que ce devoir puisse se r&#233;duire &#224; une simple gestion financi&#232;re et bureaucratique de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che peut-&#234;tre pas certaines directions de prendre des initiatives int&#233;ressantes ou d'appuyer en douce leurs enseignants, mais il ne s'agit pas ici d'une majorit&#233; claire, du moins, pas visiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le gouvernement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi triste de penser qu'un gouvernement ne voudrait pas le bien de sa population. C'est pourtant une r&#233;alit&#233;. Par &#233;gocentrisme d&#233;solant ou par ignorance crasse, le gouvernement actuel choisit d&#233;lib&#233;r&#233;ment de s'en prendre &#224; la source m&#234;me de son &#233;lectorat : le fameux &#171; contribuable &#187;. C'est en s'en prenant aux plus petits que Philippe Couillard enrichit une infime partie de la population. Nous le r&#233;p&#233;tons et en avons marre de le faire, mais une sourde oreille particuli&#232;rement persistante nous surplombe &#224; tous les instants, p&#233;riode de n&#233;gociations ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant de n&#233;gociations, qu'en est-il ? Y a-t-il r&#233;ellement dialogue ? Le sentiment qu'on nous gave &#224; notre insu d'un cocktail peu rago&#251;tant de paternalisme et de coupures injustifi&#233;es est criant et &#233;vident. Que ce soit en &#233;ducation, en sant&#233;, dans les municipalit&#233;s ou dans les services sociaux, bien peu de ces remaniements faits au nom d'une soi-disant &#171; rigueur budg&#233;taire &#187; sont bien re&#231;us. Et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait qu'on nous explique franchement que tout ce qui se fait, se fait au nom d'un dogme &#233;conomique, et non pour le bien de la majeure partie de la population. Il faudrait qu'on nous explique pourquoi on d&#233;laisse des solutions mises de l'avant depuis des ann&#233;es sur divers sujets comme l'&#233;cologie, l'&#233;ducation, la sant&#233; ou m&#234;me les finances publiques. Pourquoi ne pas cr&#233;er davantage de paliers d'imposition ? Pourquoi ne pas taxer les banques raisonnablement ? Pourquoi ne pas cr&#233;er Pharma-Qu&#233;bec ? Pourquoi ne pas cesser de subventionner le secteur priv&#233; en d&#233;pit de l'appauvrissement &#233;vident des institutions publiques ? Pourquoi s'acharner sur les citoyens de la classe moyenne alors que l'on perd des milliards en &#233;vasion fiscale ? Que l'on r&#233;ponde &#224; ces questions avant de nous flanquer une aust&#233;rit&#233; en plein visage, augmentant, au passage, son salaire de d&#233;put&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorenzo Benavente&lt;br class='autobr' /&gt;
Enseignant de fran&#231;ais langue seconde &#224; la CSDM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronique d'une d&#233;rive annonc&#233;e : cathola&#239;cit&#233;, islamophobie et racisme (2/3)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Chronique-d-une-derive-annoncee-catholaicite-islamophobie-et-racisme-2-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Chronique-d-une-derive-annoncee-catholaicite-islamophobie-et-racisme-2-3</guid>
		<dc:date>2015-04-14T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Seymour</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parti qu&#233;b&#233;cois, au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, chercha &#224; justifier une charte de la la&#239;cit&#233; stricte qui, sous plusieurs angles, &#233;tait d'inspiration r&#233;publicaine fran&#231;aise, mais avec une coloration propre. La charte qu&#233;b&#233;coise avait un accent &#171; cathola&#239;que &#187; dans la mesure o&#249; la la&#239;cit&#233; devait s'accorder avec certaines valeurs &#171; patrimoniales &#187;. On choisissait ainsi de ne pas enlever le crucifix &#224; l'Assembl&#233;e nationale, des cours de justice ou des conseils de ville, et de ne pas interdire les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton21704-ce60a.png?1781369380' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Parti qu&#233;b&#233;cois, au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, chercha &#224; justifier une charte de la la&#239;cit&#233; stricte qui, sous plusieurs angles, &#233;tait d'inspiration r&#233;publicaine fran&#231;aise, mais avec une coloration propre. La charte qu&#233;b&#233;coise avait un accent &#171; cathola&#239;que &#187; dans la mesure o&#249; la la&#239;cit&#233; devait s'accorder avec certaines valeurs &#171; patrimoniales &#187;. On choisissait ainsi de ne pas enlever le crucifix &#224; l'Assembl&#233;e nationale, des cours de justice ou des conseils de ville, et de ne pas interdire les pri&#232;res avant ces m&#234;mes conseils de ville. On choisissait aussi d'interdire seulement les signes ostensibles, visant ainsi surtout le foulard, la kippa et le turban sikh, mais non la croix discr&#232;tement port&#233;e par des chr&#233;tiens. On laissait entendre que les accessoires religieux &#233;taient &#171; accessoires &#187;, souscrivant ainsi &#224; une conception de la religion selon laquelle il s'agirait essentiellement d'une affaire priv&#233;e (conception partag&#233;e par une majorit&#233; de chr&#233;tiens) et n&#233;gligeant par le fait m&#234;me la possibilit&#233; que la religion puisse &#234;tre v&#233;cue en communaut&#233; (comme c'est le cas chez plusieurs juifs, musulmans et sikhs). Or, dans ce dernier cas, le port d'un signe religieux n'est plus accessoire. Il est un marqueur d'appartenance &#224; un groupe religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La 1&#232;re partie de l'article : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La 3e partie de l'article : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21705&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/spip.php?article21705&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#224; encore, on se situait dans un d&#233;bat pouvant &#234;tre men&#233; de fa&#231;on respectueuse. Les d&#233;saccords pouvaient &#234;tre bien camp&#233;s, mais ils pouvaient l'&#234;tre dans le cadre d'une discussion raisonnable. Le foulard &#233;tait certes d&#233;j&#224; au centre des d&#233;bats et l'on risquait sans doute de verser dans une certaine stigmatisation visant la femme musulmane, mais tout n'&#233;tait pas perdu. La complexit&#233; du probl&#232;me provenait du fait que le foulard peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; de diff&#233;rentes fa&#231;ons. Il est une pi&#232;ce de v&#234;tement t&#233;moignant d'une certaine pudeur. Il s'agit par cons&#233;quent d'une caract&#233;ristique culturelle qui n'est pas probl&#233;matique lorsqu'elle n'est pas impos&#233;e. C'est aussi un signe religieux que la croyante peut librement utiliser pour exprimer sa foi. Nos chartes prot&#232;gent la libert&#233; de religion et, en droit onusien, tel qu'interpr&#233;t&#233; de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique, cette libert&#233; va de pair avec le droit d'exprimer et de manifester sa foi. Il s'agit aussi en m&#234;me temps d'un signe pouvant exprimer un attachement identitaire &#224; une communaut&#233; d'appartenance religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le foulard peut selon certains &#234;tre per&#231;u comme la trace visible d'une conception patriarcale et personne ne peut nier que telle est bien la situation en Iran, en Afghanistan et en Arabie saoudite. Le foulard peut alors &#234;tre vu comme un &#233;l&#233;ment indiquant la domination de l'homme sur la femme. Il serait &#224; tout le moins une preuve suppl&#233;mentaire de la pr&#233;sence renouvel&#233;e de la religion dans notre soci&#233;t&#233;. Le d&#233;bat, m&#234;me lorsqu'il est centr&#233; sur le fameux foulard islamique, a sa raison d'&#234;tre. On peut &#234;tre en d&#233;saccord sur l'opportunit&#233; de l'autoriser ou de l'interdire dans la fonction publique. Je suis pour ma part, sans h&#233;siter, favorable &#224; l'id&#233;e d'autoriser le port du foulard dans la fonction publique. L'un des nombreux arguments est justement que le foulard peut avoir plusieurs significations. Il devient fastidieux d'interroger les motivations des uns et des autres et c'est la raison pour laquelle il convient de se rabattre sur la libert&#233; rationnelle des femmes qui choisissent de porter le foulard. Mais je comprends que le d&#233;bat puisse avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la charte ait &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; l'origine comme une charte des valeurs et le fait que ces valeurs aient inclus non seulement la la&#239;cit&#233; mais aussi le patrimoine ont singuli&#232;rement compliqu&#233; les choses. La charte &#233;tait cathola&#239;que, car les catholiques &#233;taient en grande partie &#233;pargn&#233;s gr&#226;ce &#224; une certaine conception de notre patrimoine. Qu'&#224; cela ne tienne, le d&#233;bat pouvait encore &#234;tre contenu &#224; l'int&#233;rieur des limites de la raison, de la discussion respectueuse et de la d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours appuyant la charte a cependant rapidement pris des accents x&#233;nophobes lorsque, pour justifier cette charte, certains t&#233;nors du gouvernement p&#233;quiste eurent recours &#224; des arguments exploitant la peur de l'envahissement par l'islam politique. Faisant involontairement &#233;cho au &#171; p&#233;ril jaune &#187; ou &#224; la peur am&#233;ricaine du communisme (&#171; the Russians are coming ! &#187;), une islamophobie s'est progressivement insinu&#233;e dans les mentalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de nombreux citoyens r&#233;publicains, ath&#233;es, f&#233;ministes, LGBT et nationalistes s'oppos&#232;rent vertement &#224; la charte du PQ, plusieurs autres membres appartenant &#224; ces groupes continu&#232;rent d'y souscrire, mais en &#233;prouvant un certain malaise &#224; l'&#233;gard d'un discours x&#233;nophobe et islamophobe que le parti au pouvoir exploitait pour renforcer son emprise dans toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La France donn&#233;e en exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat en faveur de la charte de la la&#239;cit&#233; n'aurait jamais connu une telle vigueur au Qu&#233;bec si la France n'avait pas pu &#234;tre cit&#233;e en exemple. La France n'est pas un pays comme un autre. C'est pour ainsi dire une civilisation &#224; part enti&#232;re et les r&#233;alisations de ce pays sont des contributions majeures au patrimoine de l'humanit&#233;. Le Qu&#233;bec ne peut se vanter d'en &#234;tre rendu l&#224;, loin s'en faut. Alors il est normal de se servir de la France comme d'un mod&#232;le &#224; suivre. Mais la France est aussi plus patriarcale, plus r&#233;fractaire aux r&#233;clamations minoritaires et plus anti-communautariste que le Qu&#233;bec. C'est aussi une soci&#233;t&#233; qui ressent un d&#233;go&#251;t profond &#224; l'&#233;gard du nationalisme sous toutes ses formes, mais surtout celui des autres. Car s'agissant du nationalisme fran&#231;ais, plusieurs croient qu'il se trouve seulement cantonn&#233; au sein du Front national, ce qui rassure faussement le reste de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours qui a rassembl&#233; la population fran&#231;aise autour des interdits de porter le foulard dans la fonction publique et &#224; l'&#233;cole, chez les professeures et chez les &#233;l&#232;ves, &#233;tait un discours aux accents tr&#232;s diff&#233;rents de celui qu'on a fait valoir au Qu&#233;bec. L'&#201;tat fran&#231;ais a surtout voulu &#171; prot&#233;ger &#187; les &#171; jeunes filles &#187; contre l'influence de &#171; groupes &#187; qui risquaient de les endoctriner et de les embrigader dans des id&#233;ologies politico-religieuses sectaires et r&#233;trogrades. Se trouvent ainsi cristallis&#233;s dans cet argumentaire des accents paternalistes et anti-communautaristes contre des r&#233;clamations minoritaires que l'on ne retrouve pas au Qu&#233;bec, du moins pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces diff&#233;rences d'accents, je demeure toutefois convaincu que la peur de l'autre, de ce qui n'est pas familier, de l'&#233;tranger, de l'immigration clandestine, des sans-papiers, qui s'est manifest&#233;e notamment contre les Roms et contre les arabes et/ou musulmans demeure, m&#234;me en France, un facteur d&#233;terminant, et surtout depuis septembre 2001. L&#224;-bas tout autant qu'ici, on a assist&#233; &#224; un tiraillement identitaire raviv&#233;e par le r&#233;flexe s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;route du PQ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains citoyens rejet&#232;rent le projet de charte du PQ, mais surtout le discours qui lui &#233;tait associ&#233;, alors que d'autres les endoss&#232;rent pleinement. Ils souscrivirent non seulement &#224; la charte, mais aussi &#224; la rh&#233;torique du PQ. Quoi qu'il en soit, l'appui s'est r&#233;pandu au point de recueillir l'assentiment d'une majorit&#233; de citoyens. Or, cette rh&#233;torique favorisa l'&#233;closion au sein de la population d'un discours raciste parfaitement d&#233;complex&#233; visant les minorit&#233;s arabes et musulmanes. La haine ressentie ne visait pas que le foulard ou la religion, mais bien l'&#171; autre &#187;, celui qui, de l'ext&#233;rieur, vient &#233;branler &#171; nos &#187; valeurs, c'est-&#224;-dire les valeurs qui sont partag&#233;es par les &#171; Qu&#233;b&#233;cois de souche &#187;. L'exclusion prenait certes la forme d'une exclusion religieuse, mais plus profond&#233;ment, il s'agissait d'une exclusion de certains &#171; immigrants &#187;, et ce, m&#234;me si, parmi les personnes vis&#233;es, plusieurs &#233;taient en fait n&#233;es au Qu&#233;bec.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, cette haine de l'autre infiltre notre soci&#233;t&#233; et vise surtout le quotidien de nos concitoyens qu&#233;b&#233;cois qui ont le malheur d'&#234;tre d'origine arabe ou qui sont musulmans. Nous avons d&#233;j&#224; perdu des personnes de talent, des personnes intelligentes, des personnes fi&#232;res d'appartenir &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise qui venaient enrichir le Qu&#233;bec de leur exp&#233;rience fameuse et de leurs trajectoires de vie merveilleuses. Ces personnes ont quitt&#233; le Qu&#233;bec, d&#233;&#231;ues de ne pas y avoir trouv&#233; la terre d'accueil esp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, plusieurs citoyens qu&#233;b&#233;cois ont acquis la certitude que les mosqu&#233;es qu&#233;b&#233;coises sont toutes financ&#233;es par l'Arabie Saoudite, que l'islam politique est &#224; nos portes, que le terrorisme islamique radical est en train de s'installer chez nous. Ils c&#232;dent &#224; l'obsession s&#233;curitaire des conservateurs f&#233;d&#233;raux et de leur projet de loi C-51 qui instaure une police d'inquisition politique. Ils entretiennent une m&#233;fiance affich&#233;e &#224; l'&#233;gard de nos concitoyens arabes et/ou musulmans sur une base quotidienne. Ils brandissent bien haut les quelques rares exemples qui semblent venir appuyer leur th&#232;se sans se rendre compte que cette m&#233;fiance, cette haine et ce m&#233;pris peuvent rapidement prendre les allures d'une &#171; self fulfilling prophecy &#187;. Car la m&#233;fiance, la haine et le m&#233;pris engendrent la m&#233;fiance, la haine et le m&#233;pris et il n'y a pas de limite &#224; l'escalade possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mariage pour tous : succ&#232;s des mobilisations LGBT aux Etats-Unis</title>
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		<dc:date>2015-04-14T09:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dan La Botz</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2015-04-14</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le mouvement LGBT &#233;tasunien vient de remporter, d&#233;but avril, une victoire significative. Les gouverneurs et l&#233;gislateurs des &#233;tats de l'Indiana et de l'Arkansas ont &#233;t&#233; forc&#233;s de faire marche arri&#232;re et de modifier des lois discriminantes &#224; l'encontre des couples gays et lesbiens. &lt;br class='autobr' /&gt; La controverse opposait la libert&#233; religieuse aux droits LGBT. Alors que de plus en plus d'&#233;tats reconnaissent l'&#233;galit&#233; des droits face au mariage &#8211; 37 des 50 &#233;tats autorisent d&#233;sormais les mariages pour des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-LGTB-+" rel="tag"&gt;LGTB&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-04-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-04-14&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton21708-d18dd.jpg?1781369380' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement LGBT &#233;tasunien vient de remporter, d&#233;but avril, une victoire significative. Les gouverneurs et l&#233;gislateurs des &#233;tats de l'Indiana et de l'Arkansas ont &#233;t&#233; forc&#233;s de faire marche arri&#232;re et de modifier des lois discriminantes &#224; l'encontre des couples gays et lesbiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La controverse opposait la libert&#233; religieuse aux droits LGBT. Alors que de plus en plus d'&#233;tats reconnaissent l'&#233;galit&#233; des droits face au mariage &#8211; 37 des 50 &#233;tats autorisent d&#233;sormais les mariages pour des couples du m&#234;me sexe &#8211; certains &#233;tats conservateurs ont fait passer des lois en faveur de la libert&#233; religieuse qui, sous couvert de protection des droits religieux, revenaient &#224; cr&#233;er une discrimination envers les couples gays et lesbiens. La l&#233;gislation actuelle sur la libert&#233; religieuse est bas&#233;e sur une loi f&#233;d&#233;rale de 1993 appel&#233;e &#171; Religious Freedom Restauration Act &#187;, &#224; l'origine destin&#233;e &#224; prot&#233;ger les pratiques religieuses des indiens d'Am&#233;rique, notamment par rapport &#224; l'usage de substances telles que le peyotl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conservateurs ont par la suite utilis&#233; ces lois au niveau des &#233;tats non pas dans le but de prot&#233;ger les droits des populations indig&#232;nes, mais bien afin de prot&#233;ger les chr&#233;tiens &#233;vang&#233;liques oppos&#233;s au mariage entre homosexuel-le-s. Avec une telle l&#233;gislation, des particuliers ou des entreprises se voient exempt&#233;s de l'obligation de servir des personnes LGBT. Par exemple, un boulanger pourrait refuser de pr&#233;parer un g&#226;teau pour un mariage gay. Jusqu'ici, quelque 19 &#233;tats ont fait passer cette l&#233;gislation pour la libert&#233; religieuse, cherchant &#224; dresser un mur de plus en plus imperm&#233;able entre les &#233;vang&#233;liques et le mouvement LGBT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Front large de lutte pro-LGBT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est d&#233;sormais clair que les temps ont chang&#233;. Lorsque la l&#233;gislation a &#233;t&#233; instaur&#233;e dans l'Indiana et que son gouverneur r&#233;publicain, Michael Pence, a sign&#233; une loi autorisant la discrimination de la part d'entreprises priv&#233;es, le mouvement LGBT s'est fortement mobilis&#233; &#224; son encontre. Au m&#234;me moment, le gouverneur de l'Arkansas, Asa Hutchinson, issu lui aussi des rangs r&#233;publicains, modifiait la l&#233;gislation dans le m&#234;me sens, et a fait face &#224; une r&#233;action similaire de la part des organisations LGBT. Celles-ci ont baptis&#233; ces nouvelles lois de &#171; permis de discriminer &#187; et ont imm&#233;diatement organis&#233; des mobilisations dans l'Indiana et l'Arkansas, parvenant &#224; porter le d&#233;bat au niveau national. Les organisations LGBT, Lambda Legal, la Americain Civil Liberties Union, et la Human Rights Campaign se sont unies sur le plan l&#233;gal ainsi que sur le terrain de la mobilisation, rejointes par de nombreuses organisations LGBT locales ainsi que des militant-e-s de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense soutien rencontr&#233; dans tout le pays en faveur du mouvement LGBT et du mariage pour tous a &#233;t&#233; une belle surprise. Bas&#233; dans l'Indiana, le National Collegiate Athletic Association, en charge de l'organisation des &#233;v&#232;nements sportifs universitaires, a par exemple apport&#233; son soutien, revendiquant son engagement en faveur de la reconnaissance des athl&#232;tes LGBT. Il a &#233;t&#233; rejoint dans cette d&#233;marche par le National Basketball Association et le Women's National Basketball Association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses entreprises, sous pression depuis des ann&#233;es face &#224; la menace de boycotts du milieu LGBT, ont &#233;galement manifest&#233; leur opposition &#224; ces nouvelles lois. Elles ont demand&#233; &#224; ce qu'elles soient r&#233;vis&#233;es afin d'assurer qu'elles ne discriminent pas les personnes LGBT. Dans l'Indiana, Apple, Angie's List, Eli Lilly, et Anthem font partie de ces grandes entreprises ayant publiquement d&#233;nonc&#233; les l&#233;gislations en faveur de la libert&#233; religieuse. Dans l'Arkansas, Acxiom, Apple, et Wal-Mart &#8211; premier d&#233;taillant du pays &#8211; ont &#233;galement rejoint l'opposition contre ces lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le long chemin vers la conqu&#234;te des droits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression du mouvement LGBT, rejoint par certaines entreprises et soutenu par un public large, les gouverneurs Pence et Hutchinson ont &#233;t&#233; contraints de r&#233;viser les l&#233;gislations de leurs &#233;tats respectifs, afin de prot&#233;ger les droits des personnes LGBT. Cette puissante mobilisation et le retrait rapide des conservateurs signifient probablement la fin de ce genre de proc&#233;d&#233;s, au moins durant cette saison l&#233;gislative. Cette impressionnant victoire est la derni&#232;re expression en date d'une d&#233;cennie de succ&#232;s pour le mouvement en faveur du mariage pour tous. En 2004 avait lieu le premier mariage gay aux Etats-Unis ; aujourd'hui plus des deux-tiers des &#233;tats l'autorisent. En 2004, seulement 30% des &#233;tasunien-ne-s approuvaient le mariage entre personnes du m&#234;me sexe ; aujourd'hui, selon un r&#233;cent sondage, ils s'&#233;l&#232;vent &#224; 59%. Le soutien au mariage gay, m&#234;me s'il reste encore minoritaire, a &#233;galement progress&#233; chez les conservateurs et r&#233;publicains, tandis que 74% des d&#233;mocrates l'approuvent. Par ailleurs, pr&#232;s des trois-quarts des jeunes entre 18 et 35 ans y sont favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du mouvement LGBT, des voix se sont &#233;lev&#233;es &#224; gauche pour critiquer l'importance accord&#233;e au mariage pour tous, d&#233;non&#231;ant une adh&#233;sion aux valeurs conservatrices du mariage, de la famille et de la religion. Reste qu'on ne peut nier l'impact &#233;norme du mouvement LGBT, et de la mobilisation en faveur du mariage pour tous, sur la soci&#233;t&#233; &#233;tasunienne. Au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, il a permis de gagner des batailles l&#233;gales ainsi qu'une influence politique comparable au mouvement des droits civils dans les ann&#233;es 1960 ou encore aux luttes f&#233;ministes des ann&#233;es 1970. Les droits LGBT face au mariage ont d&#233;sormais &#233;t&#233; institutionnalis&#233;s par des lois et des d&#233;cisions de tribunaux, et ils ont op&#233;r&#233; un changement dans l'opinion publique sur lesquels il sera d&#233;sormais difficile de revenir en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article &#224; para&#238;tre dans le prochain num&#233;ro de &#171; solidarit&#233;S &#187; (Suisse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduction et intertitres de la r&#233;daction de &#171; solidarit&#233;S &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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