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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Haut-Karabakh, la mort d'une r&#233;publique rebelle</title>
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		<dc:date>2023-10-03T11:06:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vicken Cheterian</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-10-03</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Azerba&#239;djan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 19 septembre 2023 &#224; la mi-journ&#233;e, l'arm&#233;e azerba&#239;djanaise a lanc&#233; une attaque massive et non provoqu&#233;e sur l'ensemble de la ligne de front avec les forces arm&#233;niennes dans la r&#233;publique rebelle et non reconnue du Haut-Karabakh. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/03/29/en-rd-congo-les-travailleuses-domestiques-militent-pour-lamelioration-de-leurs-conditions-de-travail/#comment-58898 &lt;br class='autobr' /&gt; Des drones turcs et isra&#233;liens ont attaqu&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-10-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-10-03&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Azerbaidjan-+" rel="tag"&gt;Azerba&#239;djan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/carte_kasaska-dba1a.webp?1701555405' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 septembre 2023 &#224; la mi-journ&#233;e, l'arm&#233;e azerba&#239;djanaise a lanc&#233; une attaque massive et non provoqu&#233;e sur l'ensemble de la ligne de front avec les forces arm&#233;niennes dans la r&#233;publique rebelle et non reconnue du Haut-Karabakh.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/03/29/en-rd-congo-les-travailleuses-domestiques-militent-pour-lamelioration-de-leurs-conditions-de-travail/#comment-58898&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/03/29/en-rd-congo-les-travailleuses-domestiques-militent-pour-lamelioration-de-leurs-conditions-de-travail/#comment-58898&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des drones turcs et isra&#233;liens ont attaqu&#233; les d&#233;fenses a&#233;riennes du Karabakh, des missiles balistiques LORA fabriqu&#233;s par Isra&#235;l ont &#233;t&#233; tir&#233;s contre des positions d'artillerie, puis les forces az&#233;ries ont avanc&#233; pour couper les routes &#224; l'int&#233;rieur du Karabakh, isolant les villes et les villages. Apr&#232;s une journ&#233;e de combats intenses, les dirigeants du Haut-Karabakh ont accept&#233; une reddition sans condition, dans le cadre d'un accord n&#233;goci&#233; par les &#171; soldats de la paix &#187; russes d&#233;ploy&#233;s dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agression militaire massive de l'Azerba&#239;djan &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Depuis le 12 d&#233;cembre 2022, l'Azerba&#239;djan a impos&#233; un si&#232;ge au Haut-Karabakh, en bloquant la seule route qui relie la r&#233;gion &#224; l'Arm&#233;nie et donc au monde ext&#233;rieur [voir sur ce site l'article de Vicken Cheterian]. Ce blocus a d'abord &#233;t&#233; orchestr&#233; par des &#171; activistes environnementaux &#187;, qui &#233;taient en fait des agents du gouvernement d'Ilham Aliyev. Les forces russes de &#171; maintien de la paix &#187; &#8211; dans la mesure o&#249; elles ne sont pas intervenues conform&#233;ment &#224; leur mandat, qui consistait notamment &#224; assurer le passage s&#233;curis&#233; du corridor de Latchine &#8211; l'Azerba&#239;djan a renforc&#233; le blocus jusqu'&#224; couper compl&#232;tement la r&#233;gion du monde ext&#233;rieur. En cons&#233;quence, la r&#233;gion et ses 120 000 habitants vivaient dans des conditions proches de la famine, manquant de m&#233;dicaments pour les malades et les bless&#233;s, et de carburant pour le chauffage, les ambulances ou les v&#233;hicules militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'Azerba&#239;djan a recommenc&#233; &#224; importer des armes d'Isra&#235;l, ce qui est g&#233;n&#233;ralement le pr&#233;lude &#224; une escalade militaire majeure. Selon un rapport (Haaretz, 13 septembre), depuis le mois de mars, Isra&#235;l a livr&#233; &#224; l'Azerba&#239;djan 11 cargos Iliouchine-76 remplis d'armes, dont cinq au cours de la premi&#232;re quinzaine de septembre. Chaque vol pouvait transporter 40 tonnes d'armement. D&#233;but septembre, l'Azerba&#239;djan a &#233;galement commenc&#233; &#224; masser des troupes autour du Karabakh et &#224; la fronti&#232;re avec l'Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a d'abord &#233;t&#233; annonc&#233;e, puis ex&#233;cut&#233;e selon le sc&#233;nario pr&#233;vu. Ilham Aliyev a toujours voulu la guerre, et non une paix n&#233;goci&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arriv&#233;e d'un hiver long et froid&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nuits sont froides dans les montagnes du Karabakh, l'Artsakh arm&#233;nien. Lorsque nos nombreux ennemis ont franchi le portique, nos amis sont partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de comprendre l'agressivit&#233; de l'Azerba&#239;djan sans tenir compte de la Turquie et de son soutien militaire massif. Le pr&#233;sident turc, Recep Tayyip Erdogan n'a pas cach&#233; son soutien &#224; l'agression azerba&#239;djanaise (Al-Monitor, 19 septembre), tout comme en 2020 lorsque les soldats turcs ont particip&#233; directement &#224; la guerre. Si l'on consid&#232;re que, depuis trente ans, la Turquie continue d'imposer un blocus &#224; l'Arm&#233;nie, on a l'impression qu'elle n'a pas pardonn&#233; aux Arm&#233;niens d'avoir surv&#233;cu &#224; un g&#233;nocide qu'elle a perp&#233;tr&#233; pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; casques bleus &#187; russes ont d&#233;tourn&#233; le regard lorsque les soldats az&#233;ris ont attaqu&#233;. Les dirigeants russes sont m&#234;me all&#233;s jusqu'&#224; ordonner &#224; leurs propagandistes de bl&#226;mer l'Arm&#233;nie &#8211; au lieu de l'Azerba&#239;djan &#8211; pour les derni&#232;res hostilit&#233;s d&#233;clench&#233;es par l'Azerba&#239;djan (The Moscow Times, 20 septembre 2023). Avec de tels amis, il n'y a pas besoin d'ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne &#8211; cette structure qui ne sait pas o&#249; donner de la t&#234;te &#8211; a permis &#224; l'Azerba&#239;djan d'augmenter ses exportations de p&#233;trole et de gaz l'ann&#233;e derni&#232;re. En juillet 2022, la pr&#233;sidente de la Commission europ&#233;enne, Ursula von der Leyen, s'est rendue &#224; Bakou pour augmenter les importations de gaz, l'UE cherchant des alternatives au gaz russe. L'UE a ainsi inject&#233; encore plus de p&#233;trodollars en Azerba&#239;djan et, tout en discutant de &#171; l'&#233;ventail complet de nos relations et de notre coop&#233;ration &#187; (&#171; Statement by President von der Leyen with Azerbaijani President Aliyev &#187;, UE, 18 juillet 2022), Ursula von der Leyen n'a pas pos&#233; une seule condition pr&#233;alable &#224; l'arr&#234;t du nettoyage ethnique potentiel des Arm&#233;niens du Karabakh. Pour punir Poutine de l'invasion de l'Ukraine, l'UE a financ&#233; l'Azerba&#239;djan et l'extermination dans le Haut-Karabakh n'&#233;tait qu'un dommage collat&#233;ral de sa realpolitik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de longues h&#233;sitations, le pr&#233;sident des Etats-Unis Joe Biden a qualifi&#233; de &#171; g&#233;nocide &#187; les atrocit&#233;s commises par les Ottomans contre les Arm&#233;niens en 1915 (&#171; Statement by President Joe Biden on Armenian Remembrace Day &#187;, White House, 24 avril 2022). Cela s'est produit en 2022, et c'est donc encore pr&#233;sent dans toutes les m&#233;moires. Alors qu'il avait amplement le temps et l'occasion de mettre en garde Ilham Aliyev par des sanctions et d'arr&#234;ter le nettoyage ethnique du Karabakh. Il ne l'a pas fait. Un g&#233;nocide ? Oui. Mais le &#171; plus jamais &#231;a &#187; ne s'applique pas aux Arm&#233;niens, semble-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique internationale aujourd'hui et au quotidien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arm&#233;niens ont de nombreuses qualit&#233;s, mais l'habilet&#233; politique n'en fait pas partie. Ils ont confondu discours et slogans patriotiques avec politique. Pendant des d&#233;cennies, l'activisme arm&#233;nien a recherch&#233; la &#171; justice &#187;, comme si la justice &#233;tait possible apr&#232;s un g&#233;nocide [voir l'article de Vicken Cheterian publi&#233; sur ce site le 22 avril 2021]. Les Arm&#233;niens cherchaient la reconnaissance et obtenaient des paroles, en lieu et place de pratiquer une politique conform&#233;ment &#224; des r&#232;gles &#233;tablies et de d&#233;velopper de la sorte une v&#233;ritable influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur fatale a &#233;t&#233; que les responsables arm&#233;niens n'ont pas suivi les changements dans les pratiques politiques internationales. Ils comptaient sur la Russie pour mod&#233;rer le conflit et l'emp&#234;cher de s'envenimer. Mais la Russie de Poutine &#233;tait diff&#233;rente de celle d'Eltsine. Les Arm&#233;niens comptaient surtout sur la Russie pour mettre fin &#224; l'intervention directe de la Turquie dans le Caucase du Sud. Ils pensaient que cela garantirait l'&#233;quilibre des forces entre l'Arm&#233;nie et l'Azerba&#239;djan. Ils se trompaient. Lorsque l'Azerba&#239;djan a lanc&#233; son attaque massive en 2020, l'arm&#233;e turque est intervenue, tandis que la Russie est rest&#233;e les bras crois&#233;s pendant 44 jours, suffisamment longtemps pour que les forces du Karabakh et l'arm&#233;e arm&#233;nienne soient d&#233;cim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus difficile est de constater l'incapacit&#233; permanente de l'&#233;lite politique arm&#233;nienne. Depuis la &#171; r&#233;volution de velours &#187; d 2018, la politique arm&#233;nienne est polaris&#233;e entre les partisans des nouveaux dirigeants &#171; r&#233;volutionnaires &#187; [Nikol Pachinian, apr&#232;s une mobilisation, sera &#233;lu au poste de premier ministre le 8 mai 2018] et les partisans de l'ordre ancien. En 2020, ces querelles intestines avaient d&#233;j&#224; emp&#234;ch&#233; la classe politique de voir venir la temp&#234;te. Apr&#232;s la guerre et la d&#233;faite, il y avait une nouvelle possibilit&#233; d'appeler &#224; l'unit&#233; nationale, de convenir d'une plateforme minimale afin de travailler conjointement &#224; la sauvegarde du Haut-Karabakh, ou de ce qu'il en restait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les hommes politiques ne sont pas des hommes d'Etat. La classe politique d'Erevan &#8211; pouvoir et opposition &#8211; semble trop absorb&#233;e par ses querelles intestines pour s'apercevoir qu'elle est en train de perdre sa patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les petits Etats, les petites nations une seule erreur, une seule d&#233;faite peut &#234;tre fatale. Quand on regarde l'histoire de l'Arm&#233;nie, on pourrait penser qu'il n'y a pas de place pour une seule erreur, qu'une seule d&#233;faite pourrait &#234;tre fatale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'Azerba&#239;djan a attaqu&#233; l'aigle bless&#233; de l'Artsakh [un aigle &#224; t&#234;te blanche figure sur les armoiries du Haut-Karabakh] le 19 septembre, m&#234;me l'Arm&#233;nie n'&#233;tait pas l&#224; pour l'aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, toute la population du Karabakh est prise en otage par les militaires azerba&#239;djanais, tandis que le dirigeant azerba&#239;djanais Ilham Aliyev annonce leur &#171; int&#233;gration &#187; forc&#233;e. A cette &#233;vocation, des r&#233;miniscences de camps de concentration me viennent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repose en paix guerrier des montagnes, ton courage et ton patriotisme obstin&#233; n'ont pas suffi &#224; d&#233;fendre ton existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vicken Cheterian&lt;br class='autobr' /&gt;
Article re&#231;u le 22 septembre 2023 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/haut-karabakh-la-mort-dune-republique-rebelle.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/haut-karabakh-la-mort-dune-republique-rebelle.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nagorno Karabaj, la muerte de una rep&#250;blica rebelde&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/nagorno-karabaj-la-muerte-de-una-republica-rebelde/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/nagorno-karabaj-la-muerte-de-una-republica-rebelde/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappel : Vicken Cheterian :Le blocus du Karabakh et deux visions de l'Azerba&#239;djan&lt;br class='autobr' /&gt;
+ Le Haut-Karabakh pris dans la g&#233;opolitique mondiale&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/09/16/le-blocus-du-karabakh-et-deux-visions-de-lazerbaidjan-autre-texte/#more-74449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/09/16/le-blocus-du-karabakh-et-deux-visions-de-lazerbaidjan-autre-texte/#more-74449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Haut-Karabagh : la fin annonc&#233;e d'une r&#233;publique vid&#233;e de ses habitants</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Haut-Karabagh-la-fin-annoncee-d-une-republique-videe-de-ses-habitants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Haut-Karabagh-la-fin-annoncee-d-une-republique-videe-de-ses-habitants</guid>
		<dc:date>2023-10-03T10:55:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien Escalona</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Azerba&#239;djan</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-10-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Presque toute la population de l'enclave arm&#233;nienne en Azerba&#239;djan a pr&#233;f&#233;r&#233; fuir, plut&#244;t que de vivre sous la f&#233;rule de l'autocrate Ilham Aliyev. L'Arm&#233;nie est mise au d&#233;fi de l'accueil de plus de 100 000 r&#233;fugi&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un nettoyage ethnique de fait, &#224; 4 000 kilom&#232;tres environ de Paris. Voil&#224; comment pourrait se r&#233;sumer brutalement la situation dans le Haut-Karabagh, cette enclave peupl&#233;e d'Arm&#233;nien&#183;nes, officiellement rattach&#233;e &#224; l'Azerba&#239;djan mais qui contestait ce fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/capture_d_e_cran_le_2023-10-02_a_08.21_23-12342.png?1701467168' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Presque toute la population de l'enclave arm&#233;nienne en Azerba&#239;djan a pr&#233;f&#233;r&#233; fuir, plut&#244;t que de vivre sous la f&#233;rule de l'autocrate Ilham Aliyev. L'Arm&#233;nie est mise au d&#233;fi de l'accueil de plus de 100 000 r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/011023/haut-karabagh-la-fin-annoncee-d-une-republique-videe-de-ses-habitants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nettoyage ethnique de fait, &#224; 4 000 kilom&#232;tres environ de Paris. Voil&#224; comment pourrait se r&#233;sumer brutalement la situation dans le Haut-Karabagh, cette enclave peupl&#233;e d'Arm&#233;nien&#183;nes, officiellement rattach&#233;e &#224; l'Azerba&#239;djan mais qui contestait ce fait depuis la dislocation de l'Union sovi&#233;tique. Aspirant &#224; l'ind&#233;pendance, elle s'&#233;tait attribu&#233; le statut de r&#233;publique le 2 septembre 1991, sans obtenir aucune reconnaissance diplomatique &#8211; pas m&#234;me celle de l'Arm&#233;nie, dont le soutien militaire aura n&#233;anmoins &#233;t&#233; crucial pour garantir ses premiers pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois d&#233;cennies plus tard, le territoire s&#233;cessionniste s'appr&#234;te &#224; perdre toute existence politique. Son dirigeant, Samvel Chakhramanian, a en effet annonc&#233; jeudi 28 septembre, par d&#233;cret, la dissolution &#171; de toutes les institutions gouvernementales [...] au 1er janvier 2024 &#187;, date &#224; laquelle &#171; la r&#233;publique du Nagorny Karabagh (Artsakh) cessera son existence &#187;. Mais il ne s'agira que de la traduction symbolique d'une autre r&#233;alit&#233;, brutale et prosa&#239;que : la fin de toute existence d&#233;mographique de cette enclave arm&#233;nienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vid&#233;o tourn&#233;e r&#233;cemment dans la capitale Stepanakert, diffus&#233;e sur les &lt;a href=&#034;https://x.com/NKobserver/status/1708295918313705508?s=20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;, permet d'entrevoir une ville fant&#244;me, litt&#233;ralement d&#233;sert&#233;e. Des images semblables ont &#233;t&#233; tourn&#233;es dans des villages plus recul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'une mission de l'ONU a p&#233;n&#233;tr&#233; dans le territoire &lt;a href=&#034;https://www.france24.com/en/live-news/20231001-un-mission-arrives-in-karabakh-first-visit-in-30-years&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce dimanche&lt;/a&gt;, pour la premi&#232;re fois depuis 30 ans, certains ironisent sur les &#171; besoins &#187; qu'elle est cens&#233;e identifier aupr&#232;s de la population, qui s'est jet&#233;e presque tout enti&#232;re sur les routes. Il ne semble rester, outre des officiels et des volontaires, que les personnes trop handicap&#233;es, malades, &#226;g&#233;es ou isol&#233;es pour fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont &#233;loquents. Avant l'attaque militaire de l'Azerba&#239;djan le 19 septembre dernier, il &#233;tait admis que le Haut-Karabagh comptait environ 120 000 habitant&#183;es. Or, samedi 30 septembre, la porte-parole du premier ministre arm&#233;nien, Nazeli Baghdassarian, a communiqu&#233; le chiffre de 100 000 personnes r&#233;fugi&#233;es en Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique &#171; non officielle &#187;, cette information correspond &#224; l'ordre de grandeur &lt;a href=&#034;https://x.com/FilippoGrandi/status/1707816480249614778?s=20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;donn&#233; la veille&lt;/a&gt; par le haut-commissaire des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s, Filippo Grandi. &#171; Leur nombre s'accro&#238;t d'heure en heure &#187;, commentait-il d&#232;s jeudi, avant d'&#233;voquer la faim et l'&#233;puisement des personnes concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, le chiffre de 100 000 r&#233;fugi&#233;&#183;es ne prend pas en compte celles et ceux qui ne sont pas pass&#233;s par les points d'enregistrement des autorit&#233;s arm&#233;niennes, et n'ont donc pas &#233;t&#233; comptabilis&#233;s. Il ne pourrait donc rester, dans les fronti&#232;res du Haut-Karabagh, que quelques centaines d'Arm&#233;nien&#183;nes. C'est d'ailleurs ce que sugg&#232;re l'ancien m&#233;diateur des droits du Haut-Karabagh, Artak Beglarian, dans &lt;a href=&#034;https://x.com/Artak_Beglaryan/status/1708022351059698096?s=20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un post&lt;/a&gt; publi&#233; ce week-end sur son compte X (ex-Twitter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin d'une pr&#233;sence s&#233;culaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut prendre la mesure du caract&#232;re historique de cet exode. Le Haut-Karabagh, consid&#233;r&#233; comme une terre originelle, a &#233;t&#233; marqu&#233; par une pr&#233;sence arm&#233;nienne sans discontinuit&#233; depuis des si&#232;cles. &#171; Les Arm&#233;niens peuplent le Caucase depuis l'Antiquit&#233;, explique &#224; Mediapart &#201;lodie Gavrilof, historienne &#224; l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Mais l'administration du Karabagh a eu pour particularit&#233; de rester politiquement autonome, m&#234;me quand leur royaume a cess&#233; d'exister au Moyen &#194;ge. La port&#233;e symbolique de la d&#233;sertification de ce territoire est donc extr&#234;mement forte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la supr&#233;matie acquise sur cette r&#233;gion montagneuse par l'Azerba&#239;djan cl&#244;t un conflit qui prend ses racines &#224; la sortie de la Premi&#232;re Guerre mondiale, lorsque les empires russe et ottoman se sont effondr&#233;s &#8211; le second portant la responsabilit&#233; du g&#233;nocide des Arm&#233;nien&#183;nes vivant sur son territoire. En 1918, sur les d&#233;combres d'une &#233;ph&#233;m&#232;re r&#233;publique f&#233;d&#233;rative de Transcaucasie, la G&#233;orgie, l'Arm&#233;nie et l'Azerba&#239;djan d&#233;clarent leur ind&#233;pendance. D&#233;j&#224;, ces deux derniers pays s'affrontent au Karabagh. Mais les Sovi&#233;tiques prennent leur contr&#244;le d&#232;s 1920 et attribuent le Haut-Karabagh &#224; la r&#233;publique socialiste sovi&#233;tique d'Azerba&#239;djan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit resurgit dans les derni&#232;res ann&#233;es de l'Union sovi&#233;tique. &#192; Stepanakert, des rassemblements populaires r&#233;clament un rattachement &#224; l'Arm&#233;nie. &#171; La r&#233;gion, peupl&#233;e en 1988 de 180 000 habitants, dont 75 % d'Arm&#233;niens et un quart d'Az&#233;ris, devient le centre d'une crise qui contamine toute la zone, &#233;crit &#201;tienne Peyrat dans son Histoire du Caucase au XXe si&#232;cle (Fayard, 2020). Alors que les manifestations se multiplient &#224; Stepanakert et Erevan [capitale de l'Arm&#233;nie &#8211; ndlr], la tension monte aussi en Azerba&#239;djan, o&#249; des agitateurs incitent &#224; la violence contre les communaut&#233;s arm&#233;niennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des chass&#233;s-crois&#233;s de populations se produisent, avant que la situation ne s'aggrave davantage avec la proclamation d'ind&#233;pendance du Haut-Karabagh, largement approuv&#233;e par la population. L'Azerba&#239;djan envoie son arm&#233;e, ce qui suscite une r&#233;plique de l'Arm&#233;nie, b&#233;n&#233;ficiant alors du soutien russe. Une escalade de violence militaire, achev&#233;e par un cessez-le-feu conclu en 1994, se solde par des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de personnes d&#233;plac&#233;es. Le conflit est alors &#171; gel&#233; &#187; pour un quart de si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reprend en 2020 &#224; l'initiative de l'Azerba&#239;djan, dont l'arm&#233;e parvient cette fois-ci &#224; prendre &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/151120/caucase-les-lecons-d-une-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'avantage sur l'Arm&#233;nie&lt;/a&gt;. L'accord trouv&#233; entre les bellig&#233;rants, sous l'&#233;gide de la Russie, ne laissait d&#233;j&#224; gu&#232;re de doute sur le sort qui attendait le Haut-Karabagh. Mais la guerre en Ukraine aura favoris&#233; l'ultime coup de force d'Ilham Aliyev, dont les bonnes gr&#226;ces sont devenues utiles &#224; la fois &#224; Vladimir Poutine (en proie aux sanctions du monde occidental) et aux Europ&#233;ens (soucieux d'acc&#233;der aux ressources gazi&#232;res du pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En concluant son accord sur le gaz avec l'Azerba&#239;djan, &#233;crivait &#201;lodie Gavrilof dans &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/le-haut-karabakh-condamne-a-la-famine-dans-lindifference-de-la-communaute-internationale-212229&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Conversation&lt;/a&gt;, l'Europe a renforc&#233; la position d'une dictature dont tous les indicateurs sont encore plus alarmants que ceux de la Russie, dans sa r&#233;gion et sur la sc&#232;ne internationale. Convaincues que plus personne ne volerait au secours des Arm&#233;niens, et se trouvant en position de force face &#224; la Russie, les autorit&#233;s azerba&#239;djanaises [ont organis&#233; le blocus du Haut-Karabagh]. &#187; Et ont fini par passer &#224; l'offensive militaire, faisant fuir une population craignant &#224; la fois &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2023/09/28/haut-karabakh-la-terreur-et-l-humiliation-des-armeniens-qui-fuient-l-enclave-separatiste_6191345_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour sa vie et pour sa libert&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une Arm&#233;nie &#171; seule et abandonn&#233;e &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond de cette grande bascule historique, les enjeux humanitaires sont &#233;vidents. Ce dimanche, le pape Fran&#231;ois a tenu &#224; exprimer son &lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/religion/Haut-Karabakh-pape-Francois-alerte-situation-dramatique-crise-humanitaire-2023-10-01-1201284994&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;inqui&#233;tude&lt;/a&gt; &#224; cet &#233;gard, plaidant pour un &#171; accord durable qui mette fin &#224; la crise humanitaire &#187;. &#192; Erevan, raconte l'envoy&#233; sp&#233;cial de &lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/international/LArmenie-linconnu-chute-Haut-Karabakh-2023-09-28-1201284637&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Croix&lt;/a&gt;, les manifestations reprochant &#224; Nikol Pachinian d'avoir laiss&#233; tomber l'enclave ont cess&#233; : &#171; La crise politique [&#8230;] semble remis&#233;e au second plan, le temps de faire face &#224; l'urgence humanitaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peupl&#233;e de moins de trois millions d'habitant&#183;es, l'Arm&#233;nie doit relever le d&#233;fi de l'accueil, dans une relative solitude face aux pr&#233;tentions restantes de l'Azerba&#239;djan. Le &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2023/09/29/world/europe/armenia-azerbaijan-nagorno-karabakh.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;New York Times&lt;/a&gt; rel&#232;ve qu'au moment o&#249; Aliyev lan&#231;ait l'assaut final contre le Haut-Karabagh, des soldats &#233;tats-uniens venus pour des exercices militaires quittaient l'Arm&#233;nie : une co&#239;ncidence, illustrant n&#233;anmoins qu'au moment o&#249; le pays entend r&#233;duire sa d&#233;pendance envers une Russie peu fiable, l'Occident n'offrirait gu&#232;re d'&#171; alternative plausible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous sentons tr&#232;s seuls et abandonn&#233;s &#187;, a confi&#233; au m&#234;me journal un ancien ministre des affaires &#233;trang&#232;res. De fait, les condamnations de l'attaque lanc&#233;e fin septembre sont rest&#233;es verbales. Aucune sanction diplomatique ou &#233;conomique n'est envisag&#233;e contre le r&#233;gime azerba&#239;djanais, alors que beaucoup s'inqui&#232;tent d'une offensive d'Ilham Aliyev contre le territoire arm&#233;nien lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;texte en serait une autre enclave : au sud-est de l'Arm&#233;nie, l'Azerba&#239;djan poss&#232;de en effet la r&#233;gion du Nakitchevan, frontali&#232;re avec son alli&#233; turc, mais sans continuit&#233; territoriale avec le reste du pays. Or, Ilham Aliyev r&#233;clame bruyamment de disposer d'un corridor menant &#224; cette r&#233;gion et passant sous la souverainet&#233; de son propre &#201;tat. Le degr&#233; de probabilit&#233; d'une intervention militaire divise les sp&#233;cialistes, dans la mesure o&#249; la transgression serait bien plus os&#233;e et co&#251;teuse, le dirigeant azerba&#239;djanais n'ayant jusque-l&#224; modifi&#233; aucune fronti&#232;re reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La France est un des &#201;tats qui exprime le plus explicitement sa solidarit&#233; avec les Arm&#233;niens.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il n'est pas anodin que la France ait d&#233;cid&#233;, dans ce contexte tendu, d'ouvrir une antenne consulaire dans la r&#233;gion m&#233;ridionale du Syunik, c'est-&#224;-dire celle qui serait concern&#233;e par une &#233;ventuelle agression. &#171; Ce sont des preuves tangibles de la pr&#233;sence de la France aux c&#244;t&#233;s de l'Arm&#233;nie &#187;, a d&#233;clar&#233; la ministre des affaires &#233;trang&#232;res fran&#231;aise, Catherine Colonna, le 26 septembre dernier &#224; l'Assembl&#233;e nationale. La coop&#233;ration de d&#233;fense entre les deux pays devrait &#233;galement &#234;tre renforc&#233;e, avec notamment la pr&#233;sence d'un attach&#233; de d&#233;fense &#224; l'ambassade de France &#224; Erevan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne, la France est un de ceux qui exprime le plus explicitement sa solidarit&#233; avec les Arm&#233;niens et Arm&#233;niennes. Vendredi 29 septembre, les d&#233;put&#233;&#183;es Renaissance du groupe d'amiti&#233; France-Azerba&#239;djan ont d'ailleurs d&#233;cid&#233; d'une symbolique &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/monde/conflit-dans-le-haut-karabakh/demission-des-deputes-renaissance-du-groupe-d-amitie-france-azerbaidjan-marquer-mon-desaccord-face-a-ces-evenements-dit-bertrand-sorre_6091920.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;mission collective&lt;/a&gt;. Et ce dimanche, des &#233;lu&#183;es de gauche comme de droite, dont plusieurs maires de grandes villes, ont publi&#233; une &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/01/appel-des-elus-francais-sur-le-haut-karabakh-si-le-president-azerbaidjanais-n-entend-pas-les-exhortations-de-l-onu-des-sanctions-economiques-devront-etre-prises_6191857_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tribune dans Le Monde&lt;/a&gt; appelant au &#171; d&#233;ploiement d'une force d'interposition &#187; onusienne et &#224; &#171; des sanctions &#233;conomiques &#187; si Ilham Aliyev persistait dans sa &#171; strat&#233;gie de la terreur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forte d'une quinzaine de milliers de membres en France, la diaspora arm&#233;nienne joue un r&#244;le dans la mobilisation de la classe politique. Si &#171; la dimension &#233;lectoraliste &#187; doit &#234;tre prise en compte, elle ne doit pas masquer la rationalit&#233; &#171; strat&#233;gique &#187; de la position fran&#231;aise, affirme la chercheuse &#201;lodie Gavrilof : &#171; Le Caucase reste une r&#233;gion cruciale, au sein de laquelle la France a int&#233;r&#234;t &#224; disposer d'un alli&#233; fiable et francophile de longue date. &#187; Le discours fran&#231;ais sur l'Ukraine, appelant au droit international contre le recours &#224; la force, trouve ici un autre terrain sur lequel &#234;tre d&#233;clin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabien Escalona&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un cessez-le-feu dans le Haut-Karabagh, l'Azerba&#239;djan en position de force</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-cessez-le-feu-dans-le-Haut-Karabagh-l-Azerbaidjan-en-position-de-force</link>
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		<dc:date>2023-09-26T10:44:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Bougon, Joseph Confavreux</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Azerba&#239;djan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-09-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un cessez-le-feu a &#233;t&#233; annonc&#233; mercredi par les autorit&#233;s azerba&#239;djanaises apr&#232;s leur offensive dans le Haut-Karabagh. Des n&#233;gociations doivent avoir lieu, mais il semble que les s&#233;paratistes arm&#233;niens de l'enclave soient les grands perdants de la nouvelle donne, l'Arm&#233;nie et Moscou ne les ayant pas soutenus. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'offensive militaire lanc&#233;e par l'Azerba&#239;djan dans le Haut-Karabagh pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le simple prolongement d'un conflit n&#233; avec l'ind&#233;pendance de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Azerbaidjan-+" rel="tag"&gt;Azerba&#239;djan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-09-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-09-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/capture_d_e_cran_le_2023-09-24_a_16.58_18-bde60.png?1701472858' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un cessez-le-feu a &#233;t&#233; annonc&#233; mercredi par les autorit&#233;s azerba&#239;djanaises apr&#232;s leur offensive dans le Haut-Karabagh. Des n&#233;gociations doivent avoir lieu, mais il semble que les s&#233;paratistes arm&#233;niens de l'enclave soient les grands perdants de la nouvelle donne, l'Arm&#233;nie et Moscou ne les ayant pas soutenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/200923/un-cessez-le-feu-dans-le-haut-karabagh-l-azerbaidjan-en-position-de-force&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive militaire lanc&#233;e par l'Azerba&#239;djan dans le Haut-Karabagh pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le simple prolongement d'un conflit n&#233; avec l'ind&#233;pendance de l'Arm&#233;nie en 1991 et maintes fois r&#233;activ&#233; depuis, si elle ne s'inscrivait dans le contexte ultra-volatil du Caucase contemporain et de la reconfiguration des enjeux g&#233;opolitiques li&#233;s &#224; la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;texte d'enrayer des &#171; actes de terrorisme &#187;, Bakou a lanc&#233; mardi 19 septembre une s&#233;rie de frappes sur le territoire du Haut-Karabagh, une enclave s&#233;paratiste peupl&#233;e d'Arm&#233;nien&#183;nes, non reconnue par la communaut&#233; internationale et reli&#233;e &#224; l'Arm&#233;nie voisine par le corridor de Latchine. Ces frappes ont entra&#238;n&#233; l'&#233;vacuation de milliers de civils et la mort d'au moins 27 personnes dont un enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s mercredi 20 septembre, un cessez-le-feu a &#233;t&#233; annonc&#233; par les autorit&#233;s azerba&#239;djanaises, tandis que les s&#233;paratistes arm&#233;niens confirmaient qu'ils d&#233;posaient les armes et que des n&#233;gociations devraient se tenir d&#232;s jeudi 21 septembre dans la ville de Yevlakh, situ&#233;e en Azerba&#239;djan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_43208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-09-24_a_16.57_30.png?43208/1845cf29a979569640f02263e97cd85ec9085b543d081333ffa47852c0668115&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH426/1845cf29a9795696-a8c302f2-64265.png?1717211295' width='500' height='426' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'attaque men&#233;e par l'arm&#233;e az&#233;rie, suivie d'un arr&#234;t, subit mais pr&#233;caire, des hostilit&#233;s, reproduit des &#233;pisodes similaires nombreux depuis que l'Azerba&#239;djan a repris le contr&#244;le sur le Haut-Karabagh &#224; la suite de la &#171; guerre de 44 jours &#187; de 2020, ayant fait plus de 6 500 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bakou avait alors repris le contr&#244;le de cette r&#233;gion peupl&#233;e de nombreux Arm&#233;niens depuis la guerre des ann&#233;es 1990 lors de laquelle l'Arm&#233;nie avait victorieusement impos&#233; l'autonomie de cette province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la domination militaire de l'Azerba&#239;djan est totale, aid&#233;e par la technologie en provenance de l'alli&#233; turc, mais aussi d'Isra&#235;l qui a fait de ce pays un point d'appui diplomatique et strat&#233;gique essentiel pour surveiller l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2022, c'est le territoire m&#234;me de l'Arm&#233;nie qui s'est retrouv&#233; attaqu&#233; par les forces az&#233;ries, avec un bilan de plus de 200 militaires et sept civils tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relations tendues entre l'Arm&#233;nie et la Russie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration men&#233;e aujourd'hui par l'Azerba&#239;djan peut se lire comme une volont&#233; d'Ilham Aliyev, l'autocrate qui r&#232;gne sur l'Azerba&#239;djan depuis 2003, apr&#232;s avoir succ&#233;d&#233; &#224; son p&#232;re, de profiter d'un affaiblissement russe pour accentuer sa pression sur Erevan, prot&#233;g&#233;e traditionnelle de Moscou. Le cessez-le-feu du 9 novembre 2020, ayant conclu la &#171; guerre de 44 jours &#187; apr&#232;s intervention directe de Poutine, pr&#233;voyait ainsi que ce soit 2 000 soldats russes qui se portent garants de l'int&#233;grit&#233; des fronti&#232;res arm&#233;niennes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_43209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-09-24_a_16.58_18.png?43209/d72c1e3a432d016de1938172039642c21cc6b8339c85c6d9aa722eb8caecb7a8&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH370/d72c1e3a432d016d-74ad2168-60df8.png?1717211296' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais &#171; l'Azerba&#239;djan a chang&#233; de ton vis-&#224;-vis de la Russie, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/111122/dans-le-caucase-une-petite-guerre-mondiale-en-gestation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;expliquait r&#233;cemment Thornik&#233; Gordadz&#233;&lt;/a&gt;, politiste sp&#233;cialiste du Caucase et ancien ministre des affaires europ&#233;ennes de G&#233;orgie. La t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat n'h&#233;site pas &#224; parler d'agression russe en Ukraine et sugg&#232;re un refus de prolonger longtemps le mandat des troupes russes d'interposition qui se trouvent &#224; la fronti&#232;re entre l'Arm&#233;nie et l'Azerba&#239;djan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, autant qu'en termes de mise en cause de l'influence russe, l'attaque az&#233;rie peut tout aussi bien s'interpr&#233;ter comme la marque d'une nouvelle alliance entre Vladimir Poutine et Ilham Aliyev, sur fond d'int&#233;r&#234;ts &#233;nerg&#233;tiques partag&#233;s et de n&#233;gociation avec la Turquie, soutien inconditionnel de l'Azerba&#239;djan et ennemie h&#233;r&#233;ditaire de l'Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le chercheur en relations internationales Daavr Dordzhin, qui a fui Moscou pour Erevan au moment du d&#233;clenchement de la guerre en Ukraine, la Russie serait aujourd'hui &#171; clairement un soutien de l'Azerba&#239;djan, &#224; la fois militairement et politiquement. Moscou n&#233;gocie avec Ankara, et ne se soucie gu&#232;re de l'Arm&#233;nie, qu'elle a de toute fa&#231;on toujours consid&#233;r&#233;e comme une simple colonie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que les relations demeurent tendues entre Vladimir Poutine et le premier ministre arm&#233;nien, Nikol Pachinian, arriv&#233; au pouvoir dans la foul&#233;e d'une &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/211122/armenie-pour-la-revolution-de-velours-la-nostalgie-n-est-plus-ce-qu-elle-etait&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;volution de velours&lt;/a&gt; &#187; ayant mis fin au r&#232;gne d'oligarques davantage inf&#233;od&#233;s &#224; Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pachinian reproche &#224; son puissant voisin de n'avoir pas activ&#233;, ni en 2020 ni en 2022, en d&#233;pit des demandes arm&#233;niennes, les clauses de l'accord de d&#233;fense nomm&#233; OTCS (Organisation du trait&#233; de s&#233;curit&#233; collective), qui concerne aussi le B&#233;larus, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Sym&#233;trique de celui de l'Otan, il pr&#233;voit l'intervention des pays alli&#233;s en cas de violation des fronti&#232;res d'un des pays membres, comme ce fut le cas lors des attaques men&#233;es en territoires arm&#233;niens par l'Azerba&#239;djan en 2020 et 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, Pachinian s'est plus r&#233;cemment attir&#233; l'ire de Moscou en tenant, depuis le 11 septembre dernier, des exercices militaires communs nomm&#233;s &#171; Eagle Partner 2023 &#187; avec les &#201;tats-Unis, mais aussi en annon&#231;ant sa volont&#233; d'acc&#233;l&#233;rer le processus de ratification du Statut de Rome ayant cr&#233;&#233; la Cour p&#233;nale internationale. Celle-l&#224; m&#234;me qui a inculp&#233; Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manifestations contre Pachinian&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de l'offensive militaire en provenance d'Azerba&#239;djan, le premier ministre arm&#233;nien a par ailleurs &#233;cart&#233; d'embl&#233;e de soutenir militairement les s&#233;paratistes du Haut-Karabagh et r&#233;affirm&#233; l'absence de soldats de son pays sur ce territoire. Des d&#233;clarations qui ont d&#233;clench&#233; la col&#232;re de milliers d'Arm&#233;nien&#183;nes venus manifester, mardi 19 septembre, devant le si&#232;ge du gouvernement &#224; Erevan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le choix qu'a fait Pachinian de l&#226;cher le Karabagh pour &#233;viter de se retrouver impliqu&#233; dans une guerre qu'il risquait de perdre n'est pas forc&#233;ment un choix populaire en Arm&#233;nie. A fortiori si des milliers de r&#233;fugi&#233;s commencent &#224; arriver du Karabagh, avec le sentiment d'avoir &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;s, et rejoignent les manifestations anti-Pachinian. Cela peut mal se passer &#187;, dit Marie Dumoulin, directrice du programme &#171; Europe &#233;largie &#187; &#224; l'ECFR (European Council on Foreign Relations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une col&#232;re qui s'explique pour au moins trois raisons. D'abord, une partie des Arm&#233;niens, dont l'ind&#233;pendance en 1991 fut &#233;troitement corr&#233;l&#233;e &#224; la lutte arm&#233;e men&#233;e contre l'Azerba&#239;djan et l'accession du Haut-Karabagh &#224; une autonomie de fait, juge que Pachinian a abandonn&#233; cette r&#233;gion depuis son arriv&#233;e au pouvoir alors qu'elle est, pour eux, constitutive de l'identit&#233; de l'Arm&#233;nie ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait un changement consid&#233;rable de paradigme. En reconnaissant que le Haut-Karabagh fait partie de l'Azerba&#239;djan, Pachinian a dissoci&#233; le destin de l'Arm&#233;nie de celui du Karabagh et essay&#233; de faire en sorte que son pays ne se retrouve plus dans une situation de guerre comme en 2020. Erevan a certes insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'une n&#233;gociation sur les garanties des droits et de la s&#233;curit&#233; des Arm&#233;niens du Haut-Karabagh, mais Bakou a jug&#233; qu'il s'agissait d&#233;sormais d'une question de politique int&#233;rieure &#187;, explique Marie Dumoulin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la population arm&#233;nienne demeure traumatis&#233;e par les exactions commises par les forces arm&#233;es d'Azerba&#239;djan en 2020 et en 2022. Plusieurs vid&#233;os diffus&#233;es sur les r&#233;seaux sociaux, &#224; l'authenticit&#233; document&#233;e par un &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/news/2022/10/14/video-shows-azerbaijan-forces-executing-armenian-pows&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport r&#233;cent de Human Rights Watch&lt;/a&gt;, montraient des exactions commises par les troupes az&#233;ries sur des soldats arm&#233;niens, notamment sur une jeune femme du nom de Gayane Abgaryan, d&#233;membr&#233;e, les doigts coup&#233;s enfonc&#233;s dans la bouche, une pierre install&#233;e sur l'orbite de son &#339;il arrach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'expliquait r&#233;cemment Kristinne Grigoryan, &lt;a href=&#034;https://www.ombuds.am/en_us/site/AboutOmbudsMan/21&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;fenseure des droits humains de l'Arm&#233;nie&lt;/a&gt; &#233;lue pour six ans par le Parlement, &#171; ces vid&#233;os barbares sont authentiques et s'expliquent par une &#8220;arm&#233;nophobie&#8221; qui n'est pas seulement une mentalit&#233;, mais une politique de l'&#201;tat azerba&#239;djanais. Apr&#232;s la guerre de 2020, des vid&#233;os similaires avaient &#233;merg&#233;. Onze soldats ont &#233;t&#233; inculp&#233;s mais n'ont &#233;t&#233; condamn&#233;s qu'&#224; des peines mineures incompatibles avec les crimes de guerre dont il s'agit. Et ces soldats ont ensuite &#233;t&#233; promus et d&#233;cor&#233;s. Un encouragement direct &#224; continuer de filmer ces crimes pour effrayer l'Arm&#233;nie tout enti&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, beaucoup d'Arm&#233;nien&#183;nes craignent que la perte compl&#232;te du Haut-Karabagh, reli&#233; au territoire arm&#233;nien par le corridor de Latchine, ne donne des ailes &#224; Bakou pour revendiquer la cr&#233;ation d'un autre corridor, celui de Zangezur, qui traverserait l'Arm&#233;nie au sud afin de relier l'Azerba&#239;djan &#224; la r&#233;publique s&#339;ur et autonome du Nakhitchevan.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'Arm&#233;nie est une t&#234;te d'&#233;pingle au milieu de ce chaudron.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; - Taline Ter Minassian, historienne&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de l'annonce de n&#233;gociations et d'une m&#233;diation, cette nouvelle flamb&#233;e de violence est scrut&#233;e de tr&#232;s pr&#232;s, tant cet incendie localis&#233; pourrait embraser toute la r&#233;gion, voire au-del&#224;, dans le contexte de la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe, en Arm&#233;nie, des &#171; enjeux locaux, r&#233;gionaux mais aussi mondiaux, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/111122/dans-le-caucase-une-petite-guerre-mondiale-en-gestation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nous disait il y a peu&lt;/a&gt; l'historienne Taline Ter Minassian. Nous sommes au point de rencontre des puissances que sont l'Iran, la Russie et la Turquie, dont les actions ont des cons&#233;quences mondiales. Et au c&#339;ur de la volont&#233; de Poutine de cr&#233;er un nouvel ordre international. Ce n'est pas excessif de dire cela. L'Arm&#233;nie est une t&#234;te d'&#233;pingle au milieu de ce chaudron, mais sachant qu'elle n'a pas de p&#233;trole ni beaucoup d'id&#233;es, sa position g&#233;opolitique est sa principale ressource &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_43210 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-09-24_a_16.59_19.png?43210/911d94992831a0b66da3653fc7ce486be6013e6a41cf0d1dc28c12a39e937504&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH401/911d94992831a0b6-bf82bdb8-7854e.png?1717211296' width='500' height='401' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marie Dumoulin de l'EFCR souligne aussi que &#171; les implications g&#233;opolitiques de ce qui est en train de se passer sont majeures &#187;. &#171; Nous assistons &#224; un changement de donne r&#233;gionale, Moscou &#233;tant en train de perdre l'Arm&#233;nie. En parall&#232;le, la Turquie accro&#238;t son influence dans la r&#233;gion et il existe un triangle Isra&#235;l/Azerba&#239;djan/Turquie d'un c&#244;t&#233; et Arm&#233;nie et Iran de l'autre, ce qui est relativement nouveau et peut avoir une port&#233;e g&#233;opolitique importante &#187;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitale du Haut-Karabagh, Stepanakert, pourrait-elle &#234;tre un jour regard&#233;e, au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, comme l'&#233;quivalent de Sarajevo au d&#233;but du XXe si&#232;cle, &#224; savoir le lieu d'une &#233;tincelle &#224; l'origine d'un conflit mondialis&#233; ? Ce petit coin du Caucase cristallise les divergences d'int&#233;r&#234;t et les jeux d'influence d'un ensemble d'acteurs allant de la Russie &#224; la Turquie, des &#201;tats-Unis &#224; l'Iran, d'Isra&#235;l &#224; la Chine, en passant par le Pakistan qui vend des armes &#224; l'Azerba&#239;djan et l'Inde qui fournit l'Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce titre que le chercheur &lt;a href=&#034;https://jacobin.com/2021/04/caucasus-peace-agreement-nagorno-karabakh-armenia-azerbaijan-conflict&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georgi Derluguian&lt;/a&gt; estime que se joue ici une &#171; petite guerre mondiale &#187; et que le Haut-Karabagh, &#224; l'instar de &#171; Dantzig, Sarajevo, l'Alsace ou J&#233;rusalem &#187;, fait partie de ces entit&#233;s symboliques situ&#233;es aux bords des empires qui peuvent &#171; allumer la m&#232;che de plus grandes conflagrations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bougon et Joseph Confavreux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>Les racines du g&#233;nocide arm&#233;nien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-racines-du-genocide-armenien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-racines-du-genocide-armenien</guid>
		<dc:date>2021-04-27T10:53:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hans Lukas Kieser</dc:creator>


		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-04-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 24 avril marque le centenaire du g&#233;nocide arm&#233;nien perp&#233;tr&#233; en pleine premi&#232;re guerre mondiale. Ces massacres furent le r&#233;sultat d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une partie des dirigeants de l'empire ottoman de &#171; turquiser &#187; l'espace sur lequel ils r&#233;gnaient et de constituer un ensemble homog&#232;ne nationalement et religieusement. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
De 1915 &#224; 1916, plus de la moiti&#233; des 1,5 &#224; 2 millions d'Arm&#233;niens ottomans d'Asie mineure sont morts, victimes d'une politique dirig&#233;e contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Turquie-+" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-04-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-04-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH73/arton47940-096a1.png?1675057361' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 24 avril marque le centenaire du g&#233;nocide arm&#233;nien perp&#233;tr&#233; en pleine premi&#232;re guerre mondiale. Ces massacres furent le r&#233;sultat d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une partie des dirigeants de l'empire ottoman de &#171; turquiser &#187; l'espace sur lequel ils r&#233;gnaient et de constituer un ensemble homog&#232;ne nationalement et religieusement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/l-orient-dans-la-guerre-1914-1918/les-racines-du-genocide-armenien,0827&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1915 &#224; 1916, plus de la moiti&#233; des 1,5 &#224; 2 millions d'Arm&#233;niens ottomans d'Asie mineure sont morts, victimes d'une politique dirig&#233;e contre eux. De 1913 &#224; 1918, un gouvernement dictatorial jeune-turc est &#224; la t&#234;te de l'empire ottoman, qui, au cours de la premi&#232;re guerre mondiale, tient &#224; pr&#233;server et &#224; agrandir ce grand empire chancelant. En parall&#232;le, ce gouvernement m&#232;ne une politique d&#233;mographique et &#233;conomique nationale et social-r&#233;volutionnaire, qui, en accord avec la nouvelle id&#233;ologie du &#171; turquisme &#187;, a pour but de cr&#233;er en Asie mineure un foyer national s&#251;r et une souverainet&#233; illimit&#233;e pour les Turcs. En font partie les centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s musulmans des &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/documents/glossaire/guerres-balkaniques,0699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;guerres balkaniques de 1912-1913&lt;/a&gt;. Ce sont principalement les chr&#233;tiens, consid&#233;r&#233;s comme inassimilables, mais aussi des non-Turcs comme les Kurdes et les Arabes qui sont cibl&#233;s par cette politique de &#171; turquisation &#187; de l'Asie mineure. Mais les Arm&#233;niens seuls ont &#233;t&#233; en Asie mineure, comme en Thrace et en Syrie, l'objet d'une pers&#233;cution et d'un assassinat de masse syst&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XXe si&#232;cle, la seconde guerre mondiale et le conditionnement strat&#233;gique de la guerre froide, qui a &#233;galement eu ses effets sur la science universitaire, ont fait passer au second rang les violences de masse de la premi&#232;re guerre mondiale. De ce fait, le g&#233;nocide des Arm&#233;niens a &#233;t&#233; peu &#233;tudi&#233; et l'historiographie portant sur la th&#233;matique du g&#233;nocide &#224; l'&#233;poque des guerres mondiales est demeur&#233;e fragmentaire. Cela concerne en particulier l'Allemagne, pour laquelle ce g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; en pr&#233;sence de repr&#233;sentants diplomatiques et militaires allemands constitue une entorse morale pr&#233;coce (d'apr&#232;s les termes de Paul Rohrbach, membre du minist&#232;re allemand des affaires &#233;trang&#232;res, en 1915). Les archives de l'Ausw&#228;rtiges Amt (AA, le minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res allemand) comptent parmi les plus importantes sur le sujet. Avec le passage au XXIe si&#232;cle, la notion d'un premier g&#233;nocide moderne perp&#233;tr&#233; dans la &#171; Grande Europe &#187; (Europe, Russie et empire ottoman) s'est impos&#233;e d'un point de vue international. La science suit ainsi le juriste polonais juif Rafael Lemkin, cr&#233;ateur du concept de &#171; g&#233;nocide &#187; et aux origines de la Convention sur le g&#233;nocide des Nations unies (1948). L'&#339;uvre de sa vie avait d&#233;but&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1920 suite aux crimes perp&#233;tr&#233;s contre les Arm&#233;niens et rest&#233;s impunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment une narration exhaustive des bouleversements historiques globaux des ann&#233;es 1910 reste &#224; produire, qui inclurait le monde ottoman tardif, l'imbrication de la question orientale dans la diplomatie et la nouvelle politique belliqueuse des Jeunes-Turcs tourn&#233;e vers l'int&#233;rieur. Un tel r&#233;cit r&#233;orienterait ainsi une description de la premi&#232;re guerre mondiale qui demeure europ&#233;ocentr&#233;e. On doit observer que les ann&#233;es de guerre ottomanes s'&#233;tendent des guerres balkaniques jusqu'au conflit autour de la question de l'Asie mineure sous Mustafa Kemal Atat&#252;rk, c'est-&#224;-dire de 1912 &#224; 1922, et que dans une tr&#232;s large mesure les Jeunes-Turcs et les k&#233;malistes sont identiques. La politique int&#233;rieure jeune-turque des ann&#233;es 1910 a &#233;t&#233; reconnue mutatis mutandis dans le &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/documents/glossaire/traite-de-lausanne,0706&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;trait&#233; de Lausanne&lt;/a&gt; de 1923, en m&#234;me temps que le principe explicite de l'&#171; &#233;change de populations &#187; involontaire concernant des millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; question orientale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; question orientale &#187;, objet de la diplomatie internationale irr&#233;solu depuis la fin du XVIIIe si&#232;cle interroge la destin&#233;e de l'empire ottoman, et partant pose la question de la possibilit&#233; de r&#233;formes, comme celle de perspectives post-ottomanes au Proche-Orient. Longtemps, les Balkans ont &#233;t&#233; au c&#339;ur de cette question ; c'est encore le cas dans les pr&#233;misses de la r&#233;volution jeune-turque de 1908, au sujet de la Mac&#233;doine. En ce qui concerne les Balkans, la perspective d'&#201;tats-nations post-ottomans domine depuis le Congr&#232;s de Berlin de 1878, avec pour chacun une identit&#233; ethno-religieuse propre. Cette perspective entre en opposition avec les autonomies ethno-religieuses a-territoriales qui sont accord&#233;es par l'&#201;tat plurinational ottoman &#224; ses chr&#233;tiens et &#224; ses juifs, accompagn&#233;es depuis l'&#233;dit de r&#233;forme de 1856 d'une &#233;galit&#233; juridique compl&#232;te, du moins en principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres balkaniques de 1912-1913 confrontent l'&#233;lite de l'empire ottoman &#224; la r&#233;alit&#233; selon laquelle les Balkans sont d&#233;finitivement perdus, eux qui &#224; c&#244;t&#233; de l'Asie mineure avaient constitu&#233; le principal pilier de l'empire ottoman depuis le XIVe si&#232;cle. Au sein de l'&#233;lite turcophone musulmane, dont le Comit&#233; jeune-turc revendique la repr&#233;sentation, domine un consensus selon lequel la vision r&#233;formiste ottomane &#8212; et ainsi le principe d'&#233;galit&#233; &#8212; ont &#233;chou&#233; en m&#234;me temps que la pluralit&#233; ethno-religieuse. La r&#233;volution de 1908 a encore donn&#233; un nouvel &#233;lan &#224; la vision r&#233;formiste, apr&#232;s trente ann&#233;es de pouvoir autoritaire du sultan Abdul Hamid II, en r&#233;tablissant et renfor&#231;ant la Constitution de 1876, m&#234;me si des membres importants du Comit&#233; sont d&#233;j&#224; &#224; ce moment-l&#224; sous l'influence du turquisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premiers grands massacres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les porteurs de la r&#233;volution de 1908 sont d'une part le Comit&#233; union et progr&#232;s jeune-turc, et d'autre part la F&#233;d&#233;ration arm&#233;nienne r&#233;volutionnaire, qui sont alli&#233;s politiquement depuis 1907 et agissent de conserve au sein du Parlement ottoman. &#192; la veille de la guerre mondiale, les partenaires s'&#233;loignent l'un de l'autre, en lien avec des r&#233;formes men&#233;es dans la zone de r&#233;sidence peu s&#251;re kurdo-arm&#233;nienne des provinces ottomanes orientales. L'article 61 du trait&#233; de Berlin de 1878 exigeait des &#171; r&#233;formes arm&#233;niennes &#187;, ainsi commun&#233;ment d&#233;sign&#233;es. &#192; l'automne 1895, un premier projet, soutenu par la communaut&#233; internationale, a &#233;t&#233; sign&#233; par le gouvernement ottoman apr&#232;s un massacre localis&#233;. Toutefois, dans les semaines suivantes une vague de massacres sans pr&#233;c&#233;dent a lieu dans de grandes parties de l'Asie mineure. Des massacres organis&#233;s la plupart du temps dans les mosqu&#233;es locales, et dont sont victimes environ 100 000 Arm&#233;niens, presque exclusivement des hommes et des gar&#231;ons. Le projet de r&#233;forme n'est alors pas suivi d'effet, pour revenir &#224; l'ordre du jour de la question orientale &#224; la fin de la Belle &#201;poque. Le principal point de discussion concerne les terres arm&#233;niennes, que se sont appropri&#233;es depuis le dernier tiers du XIXe si&#232;cle des responsables musulmans locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans la p&#233;riode 1908-1912 le gouvernement ottoman, en d&#233;pit d'efforts initiaux, ne parvient pas &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes et qu'il commence &#224; assurer son pouvoir dans les provinces orientales plut&#244;t &#233;branl&#233; en cooptant les chefs locaux, les repr&#233;sentants des Arm&#233;niens ottomans se tournent vers la diplomatie internationale. &#192; l'instigation de la Russie et avec la &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/l-orient-dans-la-guerre-1914-1918/la-question-armenienne-et-l-alliance-turco-allemande-1913-1914,0836&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;participation de l'Allemagne&lt;/a&gt;, qui s'engage pour la premi&#232;re fois dans cette affaire, un plan est &#233;labor&#233; par le gouvernement ottoman et des repr&#233;sentants arm&#233;niens, que le gouvernement du Comit&#233; jeune-turc signe &#224; contrec&#339;ur le 8 f&#233;vrier 1914. Depuis un coup d'&#201;tat au d&#233;but 1913, c'est un gouvernement constitu&#233; de membres du Comit&#233; qui est &#224; la t&#234;te de l'empire. Y est particuli&#232;rement influent le minist&#232;re de l'int&#233;rieur Talaat Pacha, le ministre de la guerre Ismail Enver (Enver Pacha) et le ministre de la marine Ahmed Djemal Pacha, aucun des trois n'ayant alors atteint l'&#226;ge de 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord sur la r&#233;forme accorde des comp&#233;tences &#233;largies &#224; deux inspecteurs issus d'&#201;tats neutres, visant &#224; imposer la restitution de terres, la participation de non musulmans aux conseils r&#233;gionaux, &#224; l'administration et &#224; la police, comme l'usage des langues r&#233;gionales dans les tribunaux. Les derni&#232;res semaines de pourparlers, fin 1913-d&#233;but 1914 donnent lieu &#224; un &#233;loignement croissant entre les Arm&#233;niens et les responsables jeunes-turcs. Ces derniers parlent dans leurs m&#233;moires de trahison, les Arm&#233;niens ayant selon eux sacrifi&#233; &#224; l'ing&#233;rence &#233;trang&#232;re le but supr&#234;me de la souverainet&#233; ottomane. Jusqu'&#224; nos jours le discours propagandiste relatif &#224; la trahison arm&#233;nienne est efficace, et se fonde l&#224;-dessus, comme sur l'affirmation selon laquelle les Arm&#233;niens d'Asie mineure auraient torpill&#233; les efforts de guerre ottomans au cours des premiers mois de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux c&#244;t&#233;s de l'Allemagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du Comit&#233; ne croit plus &#224; un avenir commun avec les chr&#233;tiens ottomans. Au cours des guerres balkaniques, il nourrit des doutes fond&#233;s quant &#224; la loyaut&#233; de quelques chr&#233;tiens grecs-orthodoxes (r&#251;m) &#224; Smyrne et sur les rives de la mer Eg&#233;e, et y r&#233;agit radicalement, en expulsant vers la Gr&#232;ce quelque 200 000 r&#251;m en juin 1914, lors d'une op&#233;ration secr&#232;te. Il met alors en avant des actions spontan&#233;es perp&#233;tr&#233;es par des r&#233;fugi&#233;s issus des Balkans (muhacir) et l'obligation de les &#233;tablir quelque part. La crise europ&#233;enne de juillet 1914 lui donne la chance non seulement d'&#233;viter des repr&#233;sailles diplomatiques ou une guerre avec la Gr&#232;ce, mais aussi de tirer profit du bouleversement g&#233;ostrat&#233;gique qui s'esquisse alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, c'est la possibilit&#233; de se rapprocher d'une grande puissance europ&#233;enne en vue d'une alliance. Au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; de juillet, l'Allemagne fait une telle offre, signe le 2 ao&#251;t un accord avec Constantinople et se montre pr&#234;te &#224; ne pas se m&#234;ler des affaires int&#233;rieures &#8212; m&#234;me pas apr&#232;s que le gouvernement du Comit&#233; a suspendu avec effet imm&#233;diat l'accord de r&#233;forme, pour l'annuler &#224; la fin 1914. D&#232;s ao&#251;t 1914 le gouvernement proc&#232;de &#224; une mobilisation sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ottomane. L'accompagne une intense propagande nationaliste turque et panturque, aux accents islamiques. Dans le cadre de la propagande relative au djihad, que des experts orientalistes allemands commencent &#224; orchestrer &#224; partir de l'automne 1914, la diplomatie allemande laisse libre cours &#224; des st&#233;r&#233;otypes dirig&#233;s contre les chr&#233;tiens orientaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du Comit&#233; h&#233;site &#224; entrer activement en guerre, et ne d&#233;bute qu'&#224; la fin d'octobre la guerre contre la Russie que l'Allemagne attend de lui, et que lui-m&#234;me met en sc&#232;ne comme un r&#232;glement de comptes avec une Russie ennemie h&#233;r&#233;ditaire s&#233;culaire. La campagne du Caucase s'ach&#232;ve d&#233;but janvier 1915 par une catastrophe ; plus de la moiti&#233; des 120 000 soldats meurent et des &#233;pid&#233;mies s'&#233;tendent. De m&#234;me, la campagne men&#233;e dans le nord de l'Iran &#233;choue. Le font oriental, de la mer Noire au nord de l'Iran, devient le th&#233;&#226;tre d'une polarisation entre musulmans et chr&#233;tiens, et de combats entre milices appuy&#233;es respectivement par la Russie et l'empire ottoman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1915, l'empire ottoman est menac&#233; &#224; l'ouest par l'attaque de l'&lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/documents/glossaire/triple-entente,0682&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entente&lt;/a&gt; sur les &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/documents/glossaire/campagne-de-gallipoli-bataille-des-dardanelles,0703&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dardanelles&lt;/a&gt;. Le gouvernement du Comit&#233; se consid&#232;re alors en guerre totale et per&#231;oit directement les &#233;v&#233;nements extr&#234;mes qui ont alors lieu en Europe : les batailles de masse, la guerre sous-marine men&#233;e aussi contre les paquebots, le recours aux gaz toxiques en Belgique en avril 1915, les d&#233;portations massives de juifs, de Polonais et d'Allemands men&#233;es par les Russes &#224; l'&#233;t&#233; 1915. Les men&#233;es jeunes-turques de 1915-1916 contre les propres citoyens arm&#233;niens demeurent toutefois in&#233;dites. C'est seulement au cours de la seconde guerre mondiale que l'Europe assiste &#224; une telle violence g&#233;nocidaire men&#233;e contre des ressortissants nationaux &#8212; m&#234;me si d&#232;s 1918, dans la Russie r&#233;volutionnaire, une violence de masse s'exerce &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans deux longs t&#233;l&#233;grammes du 24 avril 1915 adress&#233;s aux gouverneurs des provinces et aux responsables de l'arm&#233;e, le ministre de l'int&#233;rieur Talaat Pacha d&#233;finit la situation de l'Asie mineure comme marqu&#233;e par une r&#233;bellion arm&#233;nienne g&#233;n&#233;ralis&#233;e, et cela en d&#233;pit de ce que des comptes-rendus de l'arm&#233;e produits dans les semaines et les jours pr&#233;c&#233;dents avaient d&#233;crit autrement l'&#233;tat des lieux. Pacha renvoie au soul&#232;vement, respectivement &#224; la r&#233;sistance arm&#233;nienne &#224; Van, aux abords du front oriental, qui a commenc&#233; le 22 avril et est bien organis&#233;e. Dans la nuit du 24 au 25 avril, la police arr&#234;te &#224; Constantinople des notables arm&#233;niens et les d&#233;porte. Au cours des semaines suivantes elle proc&#232;de de m&#234;me dans les villes de province d'Asie mineure. Les personnes arr&#234;t&#233;es sont interrog&#233;es, tortur&#233;es et la plupart tu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceux qui ont refus&#233; les ordres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures privent les Arm&#233;niens ottomans de leurs leaders et pr&#233;parent les conditions de leur d&#233;portation (sevkiyat). Celle-ci commence, apr&#232;s des pr&#233;misses isol&#233;es, &#224; la fin du mois de mai dans la province d'Erzurum, et se prolonge jusqu'&#224; l'automne. Elle est plac&#233;e sous la surveillance de commissaires envoy&#233;s dans les provinces par le Comit&#233;. Les personnes d&#233;port&#233;es le sont &#224; pied &#224; partir de l'est, en partie par chemin de fer ou par des charrues &#224; b&#339;ufs ou &#224; cheval &#224; partir de l'ouest, en direction de la r&#233;gion d'Alep. Dans les provinces de l'est, les hommes sont &#224; chaque fois mis &#224; part avant le d&#233;part et massacr&#233;s, et dans quelques endroits c'est aussi le cas des femmes et des enfants ; dans la province de Diyarbekir et &#224; Hakkari cela concerne &#233;galement les chr&#233;tiens assyriens. Les massacres sont commis par des unit&#233;s d'une organisation sp&#233;ciale qui agit depuis juin 1914 contre les chr&#233;tiens ottomans ; des gendarmes associ&#233;s &#224; des criminels dont la peine de prison est commu&#233;e par l'&#201;tat ; de m&#234;me que par des tribus kurdes recrut&#233;es pour l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plusieurs endroits des fonctionnaires ottomans ont refus&#233; d'ex&#233;cuter les ordres ; celui qui l'a fait avec le plus de succ&#232;s est le gouverneur de K&#252;tahya, soutenu par des musulmans locaux influents, qui fait front au ministre de l'int&#233;rieur, au point que celui-ci accorde une d&#233;rogation &#224; la r&#232;gle. Dans la province de Diyarbekir trois gouverneurs de districts qui avaient refus&#233; les ordres sont ex&#233;cut&#233;s, d'autres mut&#233;s. &#192; Constantinople, &#224; l'exception des leaders mentionn&#233;s plus haut, les Arm&#233;niens &#233;tablis de longue date sont &#233;pargn&#233;s, les autres sont pers&#233;cut&#233;s comme partout ailleurs. De m&#234;me, &#224; Izmir les &#233;lites sont certes &#233;limin&#233;es, mais beaucoup peuvent ensuite rester sur place, d'autant plus que le chef de la mission militaire allemande dans l'empire ottoman, le g&#233;n&#233;ral Liman von Sanders pr&#233;sent sur place, s'oppose fermement &#224; toute d&#233;portation. Dans de nombreux endroits d'Asie mineure, des familles musulmanes ont accueilli un nombre ind&#233;termin&#233; de femmes et d'enfants arm&#233;niens. Ce sujet, qui touche de nombreuses familles en Turquie, a longtemps &#233;t&#233; tu. C'est seulement au d&#233;but du XXIe si&#232;cle que les descendants de &#171; grands-m&#232;res arm&#233;niennes &#187; ont commenc&#233; &#224; en parler ouvertement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de milliers de survivants de la d&#233;portation sont rassembl&#233;s dans des &#171; camps de concentration &#187; &#8212; selon la d&#233;signation de l'&#233;poque &#8212; entre Alep et Deir ez-Zor : il s'agit de lieux de mort en masse par la faim, la chaleur et les maladies. Comme tous ne meurent pas, des dizaines de milliers sont envoy&#233;s dans le d&#233;sert &#224; l'&#233;t&#233; 1916, et massacr&#233;s. En sont except&#233;s les quelque 150 000 Arm&#233;niens que Djemal Pacha a islamis&#233;s plus t&#244;t et install&#233; plus au sud. Il est ministre de la marine et gouverneur militaire de la Grande Syrie qui comprend le Liban, la Palestine et l'actuelle Jordanie. Apr&#232;s la fin du g&#233;nocide, le principal personnage politique, le ministre de l'int&#233;rieur qui est devenu entre temps grand vizir tente de normaliser la nouvelle situation de l'empire : il s'agit notamment de faire avancer l'&#233;conomie nationale (mill&#238; iktis&#226;d) sur des bases musulmanes, et d'utiliser pour cela les tr&#232;s importants biens arm&#233;niens spoli&#233;s. La sortie de la guerre de la Russie et le trait&#233; de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918, semblent confirmer jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1918 la vision nationale et imp&#233;riale de Talaat Pacha, relative &#224; un &#201;tat turc moderne aux possibilit&#233;s d'expansion et d'influence jusqu'&#224; l'Asie centrale. &#192; Brest-Litovsk, la diplomatie ottomane tardive a enregistr&#233; pour la premi&#232;re fois un grand succ&#232;s, et r&#233;cup&#233;r&#233; de vastes portions de territoire, &#224; savoir ceux plac&#233;s entre Batoumi et Kars qui avaient &#233;t&#233; perdus en 1878 au moment du trait&#233; de Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un foyer national turc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nocide jeune-turc doit &#234;tre compris comme l'expression d'une politique int&#233;rieure nationale et social-r&#233;volutionnaire de komitaji imp&#233;riaux qui, se sentant menac&#233;s, savent utiliser la situation apocalyptique de la premi&#232;re guerre mondiale au profit de leur conception radicale de l'avenir de l'Asie mineure, et n'h&#233;sitent pas &#224; perp&#233;trer un massacre de masse accompagn&#233; de pillages. De fait, la mise &#224; l'&#233;cart des Arm&#233;niens contribue &#224; l'id&#233;e de faire du c&#339;ur du monde plurinational ottoman un foyer national turco-musulman souverain, sans aucune limitation. De la m&#234;me mani&#232;re, la guerre pour l'Asie mineure de 1919-1922 et la construction de la R&#233;publique de Turquie fond&#233;e en 1923 suivent le m&#234;me objectif. L'id&#233;e d'une Anatolie comme foyer national turc (T&#252;rk Yurdu) remonte &#224; la veille de la guerre mondiale et s'accompagne pendant la guerre chez les komitaji d'objectifs imp&#233;riaux, qui sont d&#233;finitivement frustr&#233;s &#224; la fin de l'&#233;t&#233; 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques &#233;l&#233;ments sugg&#232;rent une comparaison nuanc&#233;e avec les nationaux-socialistes : la stigmatisation d'un groupe appartenant &#224; une autre religion, qui avait &#233;t&#233; mis sur un pied d'&#233;galit&#233; par les r&#233;formes du XIXe si&#232;cle et avait gagn&#233; de nouvelles marges de man&#339;uvre ; l'id&#233;ologie nationale et social-r&#233;volutionnaire, en particulier le m&#233;lange de repr&#233;sentations nationalistes radicales et imp&#233;riales extr&#233;mistes qui caract&#233;risent les responsables jeunes-turcs du g&#233;nocide. Les nationaux-socialistes ont admir&#233; le r&#233;visionnisme efficace de l'alli&#233; jeune-turc du temps de la guerre mondiale. Ils ont compris le trait&#233; de Lausanne, ou plut&#244;t ont voulu le comprendre comme une confirmation de son succ&#232;s et comme l'acceptation du g&#233;nocide et du demographic engineering.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dans le Caucase, il y a un accord de paix mais pas de paix</title>
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		<dc:date>2021-04-20T10:20:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Loren Balhorn</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Azerba&#239;djan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-04-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'automne dernier, l'Arm&#233;nie a &#233;t&#233; d&#233;faite dans une guerre de six semaines avec son voisin l'Azerba&#239;djan. La guerre s'est termin&#233;e par le d&#233;ploiement de soldats de la paix russes &#224; travers le Haut-Karabakh contest&#233;. Pourtant, &#171; l'accord de paix &#187; n'a rien fait pour r&#233;soudre les causes plus profondes du conflit. &lt;br class='autobr' /&gt; En septembre dernier, alors que la grande partie du monde &#233;tait pr&#233;occup&#233;e par la nouvelle recrudescence de la pand&#233;mie COVID-19, une r&#233;gion du Caucase, connue sous le nom de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Azerbaidjan-+" rel="tag"&gt;Azerba&#239;djan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-04-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-04-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton47869-06d59.png?1679028295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'automne dernier, l'Arm&#233;nie a &#233;t&#233; d&#233;faite dans une guerre de six semaines avec son voisin l'Azerba&#239;djan. La guerre s'est termin&#233;e par le d&#233;ploiement de soldats de la paix russes &#224; travers le Haut-Karabakh contest&#233;. Pourtant, &#171; l'accord de paix &#187; n'a rien fait pour r&#233;soudre les causes plus profondes du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En septembre dernier, alors que la grande partie du monde &#233;tait pr&#233;occup&#233;e par la nouvelle recrudescence de la pand&#233;mie COVID-19, une r&#233;gion du Caucase, connue sous le nom de Haut-Karabakh, a explos&#233; en une guerre de six semaines. Soutenu par la Turquie, l'Azerba&#239;djan a combattu l'Arm&#233;nie et la R&#233;publique d'ethnie arm&#233;nienne non reconnue d'Artsakh pour ces territoires qui avaient &#233;t&#233; sous contr&#244;le arm&#233;nien depuis 1994. Ce n'&#233;tait que le dernier d'une s&#233;rie de conflits arm&#233;s dans la r&#233;gion, qui ont d&#233;but&#233; dans les derniers jours de l'URSS et qui ont &#233;clat&#233; &#224; plusieurs reprises depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Apr&#232;s des milliers de morts et des destructions g&#233;n&#233;ralis&#233;es, le cessez-le-feu, sign&#233; entre les parties bellig&#233;rantes et la Russie le 10 novembre 2020, a oblig&#233; l'Arm&#233;nie &#224; c&#233;der plusieurs territoires &#224; l'Azerba&#239;djan et a autoris&#233; le d&#233;ploiement de deux mille soldats russes dans la r&#233;gion pour maintenir la paix. Apr&#232;s la fin de la guerre, des Arm&#233;nien.ne.s sont descendu.es dans la rue contre le gouvernement et ont d&#233;nonc&#233; ce que beaucoup consid&#232;rent comme la reddition &#224; une force d'invasion hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Georgui Derluguian est un sociologue arm&#233;nien sp&#233;cialis&#233; dans les changements macro-historiques et les conflits ethniques dans le Caucase. Il s'est entretenu avec Loren Balhorn de Jacobin au sujet du contexte du conflit, de l'&#233;quilibre des forces en Arm&#233;nie et dans la r&#233;gion, et de la question de savoir si le Haut-Karabakh retrouvera un jour une paix stable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : La signature d'un accord de paix en novembre dernier a mis fin &#224; la guerre de six semaines entre l'Arm&#233;nie et l'Azerba&#239;djan au sujet du Haut-Karabakh. L'Arm&#233;nie a d&#251; faire de douloureuses concessions. Le pays a &#233;t&#233; secou&#233; depuis par des manifestations contre le Premier ministre Nikol Pachinyan, et m&#234;me les militaires se sont retourn&#233;s contre lui. Comment caract&#233;riseriez-vous la situation actuelle dans le pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; Tout d'abord, il n'y a pas eu d'accord de paix. C'&#233;tait une capitulation. Une partie a obtenu 90% de ses demandes en tuant des milliers d'adversaires de l'autre c&#244;t&#233; - une tr&#232;s vieille m&#233;thode de &#171; r&#233;solution de conflits &#187;. Seule la Russie, ou plut&#244;t Vladimir Poutine personnellement, a emp&#234;ch&#233; l'alliance az&#233;ro-turque d'an&#233;antir compl&#232;tement ses ennemis arm&#233;niens. Le Karabakh et l'Arm&#233;nie elle-m&#234;me sont d&#233;sormais des protectorats militaires russes, servant manifestement de t&#234;te de pont, ou plut&#244;t de but&#233;e de porte, dans une r&#233;gion qui aurait autrement pu passer compl&#232;tement sous le contr&#244;le de [Recep Tayyip] Erdo&#287;an. Et la G&#233;orgie, malgr&#233; toutes ses aspirations pro-UE, est en train de devenir inexorablement un semi-protectorat turc. Le Caucase du Sud est redevenu une zone frontali&#232;re contest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous voyons en effet comment le retour r&#233;cent au capitalisme en Asie reproduit &#233;galement son stade le plus &#233;lev&#233; : l'imp&#233;rialisme. Pourtant, Moscou ne s'est pas ouvertement ing&#233;r&#233;e dans la politique int&#233;rieure arm&#233;nienne, &#233;videmment parce qu'elle se sent de toute fa&#231;on pleinement en contr&#244;le. Avec sa sup&#233;riorit&#233; militaire, la Russie peut d&#233;sormais se permettre une certaine rare &#171; puissance douce &#187;. Pourquoi r&#233;p&#233;ter les erreurs qu'elle a commises en essayant de r&#233;gler la politique int&#233;rieure de l'Ukraine, de la Moldavie ou de la Bi&#233;lorussie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela a donn&#233; lieu &#224; une situation &#233;trange o&#249; Moscou a effectivement accept&#233; le Premier ministre Nikol Pachinyane, un &#171; populiste &#187; anti-&#233;tablissement qui a men&#233; une &#171; r&#233;volution de couleur &#187; typique il y avait seulement trois ans. Au lendemain de la d&#233;b&#226;cle du Karabakh, les &#233;lites &#233;vinc&#233;es par Pachinyane ont r&#233;apparu sous la forme d'une soi-disant &#171; opposition conjointe de dix-sept partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je connais personnellement deux membres de l'un de ces partis, le pr&#233;sident et son chauffeur. La confrontation laisse aux Arm&#233;nien.ne.s le choix entre Pachinyane, bien intentionn&#233; mais incomp&#233;tent, et les vieilles &#233;lites corrompues. Les effusions de sang et les coups d'&#201;tat militaires ont &#233;t&#233; &#233;vit&#233;s. De nouvelles &#233;lections sont pr&#233;vues le 20 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela est remarquable, compte tenu de la profondeur du choc de la d&#233;faite militaire et de la pr&#233;sence de troupes ennemies si proches de maisons arm&#233;niennes. D'apr&#232;s tous les sondages sociologiques et mes propres observations, les &#171; Nikolistas &#187; pourraient encore gagner jusqu'&#224; un tiers des voix, voire plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce serait formidable si une troisi&#232;me force s&#233;rieuse &#233;mergeait pour emp&#234;cher une nouvelle monopolisation du parlement. Pour l'instant, un gouvernement de coalition semble &#234;tre le meilleur r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : Lorsque la guerre du Haut-Karabakh a &#233;clat&#233; l'automne dernier, elle a surpris beaucoup de monde. Pouvez-vous nous expliquer le contexte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD &lt;/strong&gt; Comme tous ces conflits, celui est enracin&#233; dans l'histoire de la r&#233;gion. Le Karabakh est l'un des rares morceaux de terre qui a pu pr&#233;server une population arm&#233;nienne au cours des si&#232;cles. Les Arm&#233;nien.ne.s sont une formation ethnique remontant &#224; l'&#233;poque romaine, comme la population copte d'Egypte, les Chr&#233;tien.ne.s assyrien.ne.s en Syrie et en Irak, les Basques, mais aussi les Irlandais.es et les &#201;cossais.es, ou les Juifs et les Juives en Occident. Ce sont essentiellement les &#171; nations &#187; pr&#233;coces de la fin de l'Antiquit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y avait un syst&#232;me local de monast&#232;res et une langue liturgique &#233;crite. Une esp&#232;ce m&#233;di&#233;vale d'identit&#233; arm&#233;nienne a pu se solidifier et survivre. Alors que la majeure partie de l'Arm&#233;nie, environ 90%, a &#233;t&#233; conquise, d&#233;truite et finalement d&#233;peupl&#233;e lors du g&#233;nocide ottoman de 1915, le Karabakh est l'une des tr&#232;s rares r&#233;gions &#224; avoir &#233;chapp&#233; &#224; ces destructions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et qu'en est-il de l'Azerba&#239;djan ? C'est une histoire assez diff&#233;rente, mais cela fait peu de diff&#233;rence dans la politique moderne. Historiquement, l'Azerba&#239;djan &#233;tait une zone g&#233;ographique ouverte du nord-ouest de l'Iran, progressivement p&#233;n&#233;tr&#233;e par les tribus semi-nomades turques, qui se d&#233;pla&#231;aient parmi des populations s&#233;dentaires plus anciennes. Jusqu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle, il n'y avait pas d'&#171; Azerba&#239;djanais.es &#187;, mais plut&#244;t des groupes musulmans diff&#233;rents. Emmanuel Macron a un jour plaisant&#233; en disant que l'Azerba&#239;djan est plus jeune que sa femme - ce que certainement seul le pr&#233;sident fran&#231;ais pourrait se permettre de dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela a commenc&#233; &#224; changer au d&#233;but des ann&#233;es 1800, lorsque l'empire russe est arriv&#233;, puis dans les ann&#233;es 1870, lorsque du p&#233;trole a &#233;t&#233; d&#233;couvert. Le premier ol&#233;oduc de l'histoire a &#233;t&#233; construit de la capitale azerba&#239;djanaise, Bakou, &#224; Batoumi, en G&#233;orgie. Le premier p&#233;trolier, le Zoroaster, naviguait sur la mer Caspienne en partant de Bakou et remontait la Volga pour approvisionner la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le p&#233;trole a cr&#233;&#233; d'&#233;normes concentrations de richesse, mais aussi beaucoup d'in&#233;galit&#233;s sociales. Bakou &#233;tait comme Chicago des ann&#233;es 1880 : tr&#232;s malodorant, tr&#232;s dangereux et tr&#232;s cosmopolite. Mais cosmopolite ne veut pas dire &#233;galitaire ou amical. Il y avait diff&#233;rentes classes ouvri&#232;res vivant c&#244;te &#224; c&#244;te, ce qui alimentait beaucoup d'activit&#233;s r&#233;volutionnaires ainsi que le racisme. Joseph Staline a pass&#233; la majeure partie de sa carri&#232;re clandestine en tant qu'agitateur entre Batoumi, le terminal d'exportation de p&#233;trole de la mer Noire, et Bakou, o&#249; se trouvait la principale imprimerie souterraine de la social-d&#233;mocratie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : On dirait que Bakou &#233;tait &#224; la pointe du socialisme r&#233;volutionnaire &#224; l'&#233;poque.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; Oui, mais aussi un chaudron de rivalit&#233;s racistes. Comme dans de nombreux domaines o&#249; la modernisation et le capitalisme ont donn&#233; une &#233;ducation et des opportunit&#233;s aux sans-terre, les Arm&#233;nien.ne.s ont progress&#233; socialement. Beaucoup sont devenus des prol&#233;taires qualifi&#233;s travaillant dans l'industrie p&#233;troli&#232;re, mais une riche classe de marchands a &#233;galement &#233;merg&#233;. Un mouvement socialiste a fleuri au sein de la population musulmane. La premi&#232;re revue satirique &#224; publier des caricatures anti-islamistes &#233;tait, par exemple, la revue azerba&#239;djanaise Molla Nasreddine en 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pendant ce temps, les partis socialistes arm&#233;niens avaient &#233;merg&#233; dans les ann&#233;es 1880 des populistes russes, y compris de la l&#233;gendaire Volont&#233; du peuple terroriste. Soit dit en passant, la F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire arm&#233;nienne (ARF), ou simplement les &#171; Dachnaks &#187;, volent aujourd'hui toujours son drapeau rouge vieux de cent trente ans avec une pelle, une plume et un poignard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors pourquoi les mouvements socialistes n'ont-ils pas r&#233;ussi &#224; unir les Arm&#233;nien.ne.s et les Azerba&#239;djanais.es ? La situation s'est d&#233;grad&#233;e p&#233;ri apr&#232;s la r&#233;volution russe de 1905. La police russe ne pouvait plus maintenir l'ordre, et des pogroms musulmans ont &#233;clat&#233; contre les Arm&#233;nien.ne.s, accus&#233;.e.s d'&#234;tre &#224; la fois des exploiteurs capitalistes et des subversifs socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces pogroms n'&#233;taient cependant pas le r&#233;sultat &#171; d'anciennes haines &#187;, mais l'h&#233;ritage de l'industrialisation. Les musulmans marginalis&#233;s regardaient ces Arm&#233;niens &#171; plus intelligents &#187; et se disaient : &#171; H&#233;, le grand-p&#232;re de ce type servait mon grand-p&#232;re, et maintenant il est un avocat ou un industriel. Et qui suis-je ? &#187; Cela fait mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La deuxi&#232;me s&#233;rie de pogroms a eu lieu en 1917&#8211;18, lorsque Bakou est devenu une r&#233;publique communiste, la commune de Bakou. Son leadership &#233;tait politiquement diversifi&#233; et internationaliste, mais les deux tiers de ses troupes r&#233;volutionnaires &#233;taient des Arm&#233;nien.ne.s de souche, ce qui a ali&#233;n&#233; une majorit&#233; de musulman.e.s az&#233;ri.e.s. La commune a &#233;t&#233; rapidement &#233;cras&#233;e par les forces britanniques, qui cherchaient un r&#233;am&#233;nagement colonial du Moyen-Orient &#224; la suite de la Premi&#232;re Guerre mondiale. Dans le chaos qui a suivi, toutes sortes de milices ethniques locales ont combattu aux c&#244;t&#233;s des restes des forces imp&#233;riales russes et ottomanes pour se tailler des territoires et les nettoyer des populations potentiellement d&#233;loyales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cela a pris fin lorsque les bolcheviks ont envahi en 1920. L&#233;nine, bien s&#251;r, comprenait le besoin de p&#233;trole. Plus encore, cependant, il voulait projeter sur le reste de l'Asie coloniale l'image d'un pays socialiste en d&#233;veloppement rapide, o&#249; les travailleurs et les travailleuses musulman.e.s et l'intelligentsia participaient en harmonie avec de nombreuses autres nationalit&#233;s. C'&#233;tait une id&#233;e s&#233;duisante. Bakou est revenu &#224; un r&#233;gime communiste presque sans combat, et la R&#233;publique sovi&#233;tique d'Azerba&#239;djan a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, y compris une province autonome pour les Arm&#233;nien.ne.s au Karabakh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On s'attendait &#224; ce que tous les conflits ethniques et nationalismes disparaissent avec le reste du d&#233;veloppement. Curieusement, la pens&#233;e bolchevique au d&#233;but des ann&#233;es 1920 ressemblait beaucoup &#224; celle de l'Union europ&#233;enne d'aujourd'hui : si le conflit ethnique est cr&#233;&#233; par le retard &#233;conomique, alors il &#233;tait logique d'attacher le Karabakh &#224; Bakou et &#224; son industrie p&#233;troli&#232;re. Gouvernance autonome, promotion des cultures ethniques et aide massive au d&#233;veloppement, le tout sous la supervision de commissaires progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : Dans quelle mesure les tensions ethniques actuelles dans le Caucase ont-elles leurs racines dans la politique des nationalit&#233;s sovi&#233;tiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; Azerba&#239;djan sovi&#233;tique a rapidement d&#233;velopp&#233; un puissant syst&#232;me de corruption domestique. Sous Staline, le dirigeant de longue date Mir Djafar Baghirov a cr&#233;&#233; un fief personnel imp&#233;n&#233;trable, pour lequel il a &#233;t&#233; fusill&#233; en 1956. Moscou a d&#233;cid&#233; de nommer le g&#233;n&#233;ral du KGB, pr&#233;tendument dur et incorruptible, Heydar Aliyev, &#224; la t&#234;te de l'Azerba&#239;djan en 1969, esp&#233;rant &#233;liminer la corruption end&#233;mique de la r&#233;publique. Mais Heydar, dont les statues et les portraits sont devenus omnipr&#233;sents dans l'Azerba&#239;djan post-sovi&#233;tique, n'a pas voulu changer le caract&#232;re du pays. C'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi il a r&#233;ussi &#224; le gouverner presque &#224; perp&#233;tuit&#233;, passant le r&#232;gne &#224; son fils Ilham Aliyev en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans l'intervalle, la r&#233;publique devenait &#233;galement de plus en plus az&#233;rie - non pas pour des raisons nationalistes, mais parce que la constitution sovi&#233;tique et la pratique l&#233;niniste prescrivaient la &#171; indig&#233;nisation &#187; de l'appareil du parti, comme le d&#233;crit Terry Martin dans son livre, The Affirmative Action Empire. Cependant, promouvoir les groupes ethniques locaux signifiait &#233;galement recruter des personnes plus fiables du ton district ou de ton clan dans la machine du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; la fin des ann&#233;es 80, alors que l'URSS se d&#233;gradait, les choses &#233;taient sur le point d'exploser en Azerba&#239;djan. La corruption, apr&#232;s tout, est en fin de compte une forme d'exclusion sociale. Il existait encore une tr&#232;s grande population arm&#233;nienne, au nombre de pr&#232;s de quatre cent mille, compos&#233;e pour la plupart de professionnel.le.s urbain.e.s et de prol&#233;taires qualifi&#233;.e.s qui travaillaient dans l'industrie et l'&#233;ducation. Beaucoup &#233;taient des descendant.e.s de paysan.ne.s du Karabakh &#8211; ce genre de r&#233;gions montagneuses recul&#233;es exportent toujours leurs populations comme migrant.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La composition ethnique du Karabakh et de r&#233;gions lointaines semblables avait &#233;volu&#233; tout au long de la p&#233;riode sovi&#233;tique, augmentant la part des musulman.e.s azerba&#239;djanais.es dans la r&#233;gion. L'intelligentsia nationaliste arm&#233;nienne a per&#231;u cela comme une lente purge ethnique. Pourtant la d&#233;mographie impersonnelle &#233;tait la vraie cause. Les villageois.es azerba&#239;djanais.es avaient traditionnellement des familles plus nombreuses et &#233;taient plus dispos&#233;.e.s &#224; accepter des emplois non qualifi&#233;s ; tandis que les Arm&#233;nien.ne.s &#233;taient g&#233;n&#233;ralement plus orient&#233;.e.s vers l'&#233;ducation et les emplois urbains. Mais en m&#234;me temps, comme toutes les nations aux histoires longues et souvent tragiques, ils et elles ch&#233;rissaient leurs attachements nostalgiques au paysage ancestral avec ses &#233;glises m&#233;di&#233;vales et ses croix de pierre richement sculpt&#233;es, les khachkars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lorsque Mikhail Gorbatchev a annonc&#233; la perestro&#239;ka, les Arm&#233;nien.ne.s du Karabakh se sont enhardi.e.s. Au m&#234;me temps, Heydar Aliyev, un dirigeant de style de Brejnev, a &#233;t&#233; retir&#233; du Politburo et a finalement d&#233;m&#233;nag&#233; dans l'obscurit&#233; de son village natal. Au d&#233;but de 1988, les Arm&#233;nien.ne.s du Karabakh ont demand&#233; &#224; Moscou de transf&#233;rer leur province &#224; l'Arm&#233;nie. Cela avait l'air d'une chose simple : pourquoi ne pas rattacher la province autonome arm&#233;nienne de l'Azerba&#239;djan sovi&#233;tique &#224; la R&#233;publique sovi&#233;tique d'Arm&#233;nie voisine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le r&#233;sultat imm&#233;diat a &#233;t&#233; une explosion chaotique, alors que des rumeurs sauvages d'un transfert imminent ont saisi l'imagination des Arm&#233;nien.nes et des Az&#233;ri.e.s. Plus de deux cent mille Az&#233;ris de souche, pour la plupart des travailleurs ruraux, travailleuses rurales, vivaient encore en Arm&#233;nie. Effray&#233;s par un autre grand &#233;change de population, ils et elles ont commenc&#233; &#224; partir en masse et &#224; envahir les villes azerba&#239;djanaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Puis, quelque chose de simple et d'horrible s'est produit : les Azerba&#239;djanais.es nouvellement arriv&#233;.e.s ont demand&#233; des logements. Les gens ont commenc&#233; &#224; frapper aux portes des Arm&#233;nien.ne.s de souche et &#224; les jeter dehors. Les responsables locaux et locales ont &#233;t&#233; soit paralys&#233;.e.s par la peur, soit ont eux-m&#234;mes et elles-m&#234;mes men&#233; les pogroms, esp&#233;rant en tirer profit. Des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es dans ce chaos et des centaines ont &#233;t&#233; brutalis&#233;es. Les quatre cent mille Arm&#233;nien.ne.s qui restaiaent ont &#233;t&#233; expuls&#233;.e.s d'Azerba&#239;djan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il existe de nombreuses th&#233;ories de complot, selon lesquelles Moscou a lanc&#233; les pogroms ou qu'ils faisaient partie d'un complot panturc. Mais il ne faut pas cela pour d&#233;clencher un pogrom. Il n'a fallu que l'&#233;chec de la police locale, quelques hooligans et criminels, et quelques rumeurs farfelues. Il a &#233;galement fallu une incertitude g&#233;n&#233;rale parmi les dirigeant.e.s du Parti communiste, qui ne savaient plus qui allait &#234;tre le patron apr&#232;s avoir vu Gorbatchev expulser tous et toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : La premi&#232;re guerre du Haut-Karabakh a dur&#233; jusqu'en 1994 et a largement &#233;tabli les fronti&#232;res qui ont tenu jusqu'au conflit le plus r&#233;cent. Comment cela a-t-il modifi&#233; la dynamique politique de la r&#233;gion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; Les pogroms en Azerba&#239;djan ont imm&#233;diatement suscit&#233; des souvenirs du g&#233;nocide ottoman des Armr&#233;nien.ne.s de 1915. En 1991, des gu&#233;rilleros arm&#233;niens op&#233;raient au Karabakh, tandis que la police azerba&#239;djanaise passait au peigne fin les villages &#224; la recherche de partisans et menait des purges ethniques. Le gouvernement &#224; Moscou &#224; l'&#233;poque &#233;tait du c&#244;t&#233; azerba&#239;djanais, car il avait toujours un gouvernement communiste, et Gorbatchev esp&#233;rait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment reprendre le contr&#244;le. En 1992, les communistes ont &#233;t&#233; renvers&#233;s par le Front populaire d'Azerba&#239;djan, dirig&#233; par le savant m&#233;di&#233;viste Abulfaz Elchibey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais Elchibey a &#233;chou&#233; &#224; la fois &#224; la guerre et &#224; la r&#233;volution, et bient&#244;t l'homme fort Heydar Aliyev est sorti de sa retraite. Il n'a pas imm&#233;diatement mis fin &#224; la guerre, parce que tant de nationalistes azerba&#239;djanais voulaient se battre. Il a dit en gros : &#171; OK, allez-y et battez-vous. Si vous gagnez, je r&#233;clamerai la victoire. Si vous vous faites tuer, bon d&#233;barras. &#187; Dans l'intervalle, il a r&#233;tabli ses vastes r&#233;seaux de patronage interne et a restaur&#233; de l'ordre. L'arriv&#233;e des firmes p&#233;troli&#232;res occidentales peu de temps apr&#232;s a contribu&#233; &#224; solidifier le r&#233;gime dynastique des Aliyev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Vers la fin, au d&#233;but de 1994, la guerre est devenue catastrophique pour l'Azerba&#239;djan, tout comme cette fois-ci pour l'Arm&#233;nie. Les combattants arm&#233;niens, mieux organis&#233;s et motiv&#233;s, ont non seulement occup&#233; le Karabakh, mais ils ont encercl&#233; et d&#233;peupl&#233; sept districts &#224; majorit&#233; azerba&#239;djanaise. Ces quartiers restaient vides, revendiqu&#233;s par les Arm&#233;nien.ne.s comme zone tampon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : Azerba&#239;djan est dirig&#233;e par la famille Aliyev depuis son ind&#233;pendance. Pouvez-vous nous en parler ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; Le surnom de Heydar Aliyev n'&#233;tait pas pour rien le &#171; dragon &#187;. Il &#233;tait tr&#232;s intelligent, imposant et impitoyable. Son opposition commen&#231;ait rapidement &#224; dispara&#238;tre. Les gangs criminels ont &#233;galement disparu. Les hauts fonctionnaires et les g&#233;n&#233;raux &#233;taient souvent emprisonn&#233;s, parfois lors d'arrestations spectaculaires. Aliyev a &#233;vit&#233; pendant des ann&#233;es de signer tout accord de paix qui aurait pu reconna&#238;tre les gains arm&#233;niens dans la guerre pr&#233;c&#233;dent. Au lieu de cela il a attendu son heure pendant que les p&#233;trodollars affluaient. Les r&#233;gimes h&#233;r&#233;ditaires ont de longs horizons temporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Alors que l'Azerba&#239;djan &#233;tait remis en ordre, British Petroleum est apparu &#224; la porte &#8211; 75 ans apr&#232;s les nationalisations faites par les bolcheviques. Les vieux champs p&#233;trolif&#232;res &#233;taient toujours l&#224;. Mais ils avaient besoin de beaucoup d'investissements en technologie et en stabilit&#233; politique. Cela explique probablement aussi pourquoi une grande partie de la presse britannique &#233;tait si neutre &#224; propos de la guerre de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Heydar Aliyev est d&#233;c&#233;d&#233; en 2003. La date exacte de sa mort est entour&#233;e de rumeurs, sugg&#233;rant qu'il &#233;tait probablement mort plusieurs mois avant que son fils, Ilham, ne puisse &#234;tre &#233;lu comme son successeur en octobre de la m&#234;me ann&#233;e. Le fils &#233;tait un playboy, pas l'&#233;gal de son p&#232;re, malgr&#233; la nomination de sa femme, de volont&#233; forte, comme sa vice-pr&#233;sidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : Azerba&#239;djan aujourd'hui ressemble beaucoup &#224; l'Iran sous les derniers shahs, qui ont parrain&#233; le Concours Eurovision de la chanson et la Formule 1 et command&#233; des projets de construction co&#251;teux. Mais ils n'ont pas partag&#233; leurs richesses p&#233;troli&#232;res avec le reste de la soci&#233;t&#233;. L'Azerba&#239;djan d'aujourd'hui &#224; l'Iran sous les derniers shahs : il a parrain&#233; le Concours Eurovision de la chanson et les courses de Formule 1, et il a command&#233; des projets de construction co&#251;teux, mais ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; redistribuer la richesse p&#233;troli&#232;re au reste de la soci&#233;t&#233;. M&#234;me selon les donn&#233;es officielles, qui sont certainement gonfl&#233;es, le PIB par habitant est le m&#234;me que celui du reste des r&#233;publiques post-sovi&#233;tiques. C'est comme la Moldavie mais avec une plate-forme p&#233;troli&#232;re. Quelles sont les perspectives de l'avenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD : &lt;/strong&gt; Comme Danzig, Sarajevo, l'Alsace ou J&#233;rusalem, le Karabakh est l'un de ces endroits symboliquement importants &#224; la lisi&#232;re des empires qui peuvent d&#233;clencher de plus grandes incendies. Entre la Russie et la Turquie, Isra&#235;l et l'Iran, l'Am&#233;rique, la France, le Pakistan et les &#201;mirats, la Chine, au moins de loin - la liste des acteurs est longue et compliqu&#233;e. C'est comme un grand jeu avec dix d&#233;s de fer. Le Karabakh n'est plus un conflit local ; c'est une petite guerre mondiale. Pouvons-nous pr&#233;dire d'ailleurs ce qui arrivera &#224; Erdo&#287;an, Poutine ou Ilham Aliyev, disons, dans cinq ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aliyev doit d'abord survivre aux r&#233;sultats de sa victoire. La tr&#234;ve de novembre 2020 &#233;tait un accord purement russe avec Bakou, que Poutine pr&#233;tend avoir r&#233;dig&#233; &#224; la main. L'Arm&#233;nie a capitul&#233; et, en retour, Bakou a autoris&#233; les troupes russes sur le terrain en tant que soldats de la paix s&#233;parant les parties bellig&#233;rantes. En effet, la Russie a obtenu une base militaire suppl&#233;mentaire au Karabakh - et pour la premi&#232;re fois depuis 1991, l'Azerba&#239;djan s'est engag&#233; &#224; ouvrir des routes terrestres vers l'Arm&#233;nie, &#233;videmment pour approvisionner les bases russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La pr&#233;sence militaire russe en Arm&#233;nie avait persist&#233; depuis l'&#233;poque sovi&#233;tique, mais elle &#233;tait plut&#244;t inutile parce que la G&#233;orgie et l'Azerba&#239;djan en bloquaient l'acc&#232;s. L'Arm&#233;nie &#233;tait le point d'arr&#234;t russe le plus proche de la Syrie. Mais elle n'a jamais &#233;t&#233; utilis&#233;e parce que les Russe ne pouvaient pas survoler la Turquie. Cela pourrait changer maintenant, ce qui pourrait signifier le retour de l'Azerba&#239;djan dans la sph&#232;re russe. Mais jamais compl&#232;tement, bien s&#251;r, parce qu'Aliyev serait stupide de faire enti&#232;rement confiance &#224; Poutine. Mais il serait idiot aussi de faire confiance &#224; son &#171; fr&#232;re turc &#187; Erdo&#287;an. Il essaiera de servir deux ma&#238;tres et aucun &#224; la fois. La guerre, cependant, a &#233;t&#233; un r&#233;veil pour les penseurs militaires russes : &#171; Attendez une minute, nous avons presque perdu contre la Turquie ! &#187; Ainsi, nous pourrions maintenant voir une r&#233;forme acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'arm&#233;e russe et de ses alli&#233;.e.s arm&#233;nien.ne.s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB. Les d&#233;tracteurs de Patchinyane l'accusent d'avoir &#171; trahi &#187; la population arm&#233;nienne du Haut-Karabakh. Pensez-vous qu'une autre issue militaire aurait &#233;t&#233; possible ? Une nouvelle administration arm&#233;nienne pourrait-elle relancer de mani&#232;re plausible le conflit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; La d&#233;faite et la perte massive de jeunes vies doivent faire l'objet d'une enqu&#234;te - ni par moi ni m&#234;me par le Parlement. Il doit s'agir d'une &#171; Commission de v&#233;rit&#233; &#187; publique compos&#233;e de citoyen.ne.s arm&#233;nien.ne.s et d'activistes de la diaspora. Souvenez-vous que les deux tiers des Arm&#233;nien.ne.s vivent en dehors de la petite patrie et qu'ils et elles doivent aussi avoir le droit de poser les questions nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : Existe-t-il des camps pro-paix importants en Arm&#233;nie ou en Azerba&#239;djan ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt;Ni consid&#233;rables ni influents, mais assez distingu&#233;s. L'&#233;crivain azerba&#239;djanais le plus &#233;minent aujourd'hui est le vieil Akram Aylisli. Il y a plusieurs ann&#233;es il a os&#233; publier un roman sur les pogroms &#224; Bakou. Par comparaison, ce &#224; quoi Orhan Pamuk a &#233;t&#233; soumis en Turquie pour ses &#233;crits paraissait relativement doux. Donc, de telles figures existent, ce qui nous donne un peu de foi en l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LB : En tant qu'expert du Caucase et des nombreux conflits ethniques qui y ont &#233;clat&#233; depuis la fin de l'Union sovi&#233;tique, pensez-vous que le cycle de violence et de revanchisme de tous c&#244;t&#233;s pourrait un jour prendre fin ? Existe-t-il une sorte de solution politique ou sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GD :&lt;/strong&gt; Oui, bien s&#251;r : une r&#233;int&#233;gration de toute la r&#233;gion dans une entit&#233; g&#233;opolitique et &#233;conomique plus large qui a &#224; la fois des carottes et des b&#226;tons. Par exemple, dans les ann&#233;es 1990, la Pologne n'a pas demand&#233; le retour des grandes villes qui appartenaient &#224; la Pologne de l'entre-deux-guerres avant 1939 et ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es par Staline, villes comme Vilnius de Lituanie ou Lviv d'Ukraine. Vous &#234;tes-vous d&#233;j&#224; demand&#233; pourquoi c'&#233;tait le cas &#8211; est-ce que cela aurait pu &#234;tre l'influence de l'UE pendant que la Pologne n&#233;gociait son adh&#233;sion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Georgi Derluguian est l'auteur de l'Admirateur secret de Bourdieu dans le Caucase et le co-auteur de Does Capitalism Have a Future ? Il enseigne la sociologie &#224; NYU Abu Dhabi. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise politique en Arm&#233;nie et en G&#233;orgie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Crise-politique-en-Armenie-et-en-Georgie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Crise-politique-en-Armenie-et-en-Georgie</guid>
		<dc:date>2021-03-09T13:26:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vicken Cheterian</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une crise politique profonde se d&#233;veloppe dans deux des r&#233;publiques du Caucase du Sud, en Arm&#233;nie et en G&#233;orgie. Les manifestations de rue et les actions de protestation sont des &#233;v&#233;nements quotidiens dans les capitales Tbilissi et Erevan. Une atmosph&#232;re de polarisation, de radicalisation et d'intol&#233;rance refl&#232;te la profondeur de la crise. &lt;br class='autobr' /&gt; A l'encontre 2 mars 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Vicken Cheterian &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait de consid&#233;rer ces deux pays ensemble dans une approche comparative nous aide &#224; voir ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton47077-0308d.jpg?1676740352' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une crise politique profonde se d&#233;veloppe dans deux des r&#233;publiques du Caucase du Sud, en Arm&#233;nie et en G&#233;orgie. Les manifestations de rue et les actions de protestation sont des &#233;v&#233;nements quotidiens dans les capitales Tbilissi et Erevan. Une atmosph&#232;re de polarisation, de radicalisation et d'intol&#233;rance refl&#232;te la profondeur de la crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'encontre&lt;br class='autobr' /&gt;
2 mars 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Vicken Cheterian&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de consid&#233;rer ces deux pays ensemble dans une approche comparative nous aide &#224; voir ces &#233;v&#233;nements non pas comme uniques, mais syst&#233;miques. Cela nous aide &#224; contextualiser, &#224; examiner les causes structurelles plut&#244;t qu'&#224; nous concentrer sur le r&#244;le des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, il est n&#233;cessaire de souligner les diff&#233;rences : les causes de la crise en G&#233;orgie sont diff&#233;rentes de celles de l'Arm&#233;nie. En G&#233;orgie, nous avons un contexte de crise post-sovi&#233;tique typique qui a &#233;merg&#233; &#224; la suite d'&#233;lections contest&#233;es. La succession politique a &#233;t&#233; un d&#233;clencheur majeur des protestations internes et des r&#233;volutions de couleur, de la Serbie en 2000 &#224; la G&#233;orgie en 2003 et &#224; l'Ukraine en 2004, mais aussi &#224; l'Arm&#233;nie en 2018. Dans le cas de la G&#233;orgie, cela r&#233;v&#232;le que m&#234;me apr&#232;s la R&#233;volution des roses, persiste le m&#234;me probl&#232;me institutionnel de succession politique par le biais du processus &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Arm&#233;nie, la crise politique est caus&#233;e par la guerre du Karabakh et la d&#233;faite de 2020 [voir &#224; ce sujet l'article de Vicken Cheterian publi&#233; sur ce site en date du 28 novembre 2020], qui a intensifi&#233; la lutte interne pour le pouvoir qui &#233;tait en cours depuis au moins le changement de r&#233;gime de 2018. Il s'agit d'une crise extraordinaire car les institutions politiques, m&#234;me bien &#233;tablies, ont des difficult&#233;s &#224; faire face aux d&#233;fis politiques qui &#233;mergent de la guerre, de la d&#233;faite militaire et des pertes territoriales. Pourtant, les institutions arm&#233;niennes ne sont manifestement pas assez d&#233;velopp&#233;es pour faire face &#224; cette t&#226;che. L'actuel dirigeant Nikol Pachinian a eu trois mois pour traiter le probl&#232;me de la crise interne et de la perte de l&#233;gitimit&#233; de l'apr&#232;s-guerre. Il n'a cependant pas donn&#233; de r&#233;ponse ad&#233;quate et a plut&#244;t produit des politiques contradictoires : il a d'abord propos&#233; des &#233;lections rapides, puis il a retir&#233; cette proposition sans la remplacer par d'autres mesures visant &#224; r&#233;soudre les tensions internes. Ses derni&#232;res mesures ont r&#233;ussi &#224; mettre en col&#232;re l'ensemble des haut grad&#233;s de l'arm&#233;e, qui exigent aujourd'hui sa d&#233;mission. [Nikol Pachinian a lanc&#233;, le lundi 1er mars, lors d'une mobilisation sympathisante : &#171; Si l'opposition parlementaire est d'accord pour des &#233;lections anticip&#233;es, nous serons aussi d'accord &#187;. R&#233;d.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise dans n'importe quel domaine r&#233;v&#232;le que les modes de fonctionnement actuels sont inad&#233;quats et doivent &#234;tre modifi&#233;s. Par cons&#233;quent, elle cr&#233;e des opportunit&#233;s pour am&#233;liorer le syst&#232;me, mais comme dans tout changement, elle cr&#233;e des risques et des dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, &#224; propos des risques. En Arm&#233;nie et en G&#233;orgie, le risque majeur est que les institutions ne soient pas en mesure de fonctionner, et donc que la politique se d&#233;roule maintenant dans la rue, ce qui pourrait conduire &#224; la r&#233;pression, &#224; la violence et &#224; un &#233;ventuel bain de sang. En G&#233;orgie, l'arrestation de Nika Melia, le chef de la principale formation d'opposition, le Mouvement national uni (UNM), a entra&#238;n&#233; la d&#233;mission du Premier ministre Giorgi Gakharia, aggravant une situation d&#233;j&#224; compliqu&#233;e. Alors que les manifestations et contre-manifestations remplissent les rues, le risque que les &#233;v&#233;nements deviennent incontr&#244;lables et conduisent &#224; des affrontements est r&#233;el. Tout acte de violence et surtout tout bain de sang transformerait ces conflits et les rendrait encore plus compliqu&#233;s &#224; r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conflits offrent aussi des opportunit&#233;s de changement et d'am&#233;lioration. Les parties peuvent d&#233;cider de r&#233;gler leurs diff&#233;rends par des compromis, en &#233;tablissant des m&#233;canismes, par l'institutionnalisation. Des institutions telles que les parlements ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es au d&#233;part &#8211; en Angleterre ou en Su&#232;de &#8211; pr&#233;cis&#233;ment dans ce but : &#233;tablir des r&#232;gles de base pr&#233;visibles pour r&#233;gler les diff&#233;rends, pour r&#233;soudre les conflits. Pourtant, dans de nombreux contextes post-sovi&#233;tiques et post-coloniaux, les parlements ne servent pas aux consultations et aux n&#233;gociations entre diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts sociaux et politiques, mais sont domin&#233;s par le groupe dirigeant et donc vid&#233;s de toute fonction r&#233;elle. La d&#233;mocratie n'est pas un slogan ; c'est l'exercice quotidien de n&#233;gociation politique et de recherche de compromis au sein d'institutions pr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la G&#233;orgie a un petit avantage sur l'Arm&#233;nie. Alors que la r&#233;volution de 2003 a conduit &#224; une concentration du pouvoir (Mikhe&#239;l Saakachvili a remport&#233; les &#233;lections de janvier 2004 par 96% des voix), l'UNM reste une opposition parlementaire depuis 2012. En Arm&#233;nie, apr&#232;s 2018, un nouveau groupe politique est arriv&#233; au pouvoir, avec une domination totale sur le parlement et l'ex&#233;cutif, tandis que l'ancien pouvoir &#233;tait &#233;cart&#233; des institutions politiques. L'Arm&#233;nie, qui apr&#232;s le changement constitutionnel de 2015 est devenue une r&#233;publique parlementaire, n'a pas de partis politiques qui fonctionnent : ni &#171; Mon Pas &#187; de Nikol Pachinian n'est un parti qui fonctionne, mais plut&#244;t un groupe d'&#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes qui se partagent l'exercice du pouvoir, ni les anciens R&#233;publicains ne sont un parti qui fonctionne, car ils sont un ancien groupe de l'&#233;quipe dirigeante maintenant hors du pouvoir. La G&#233;orgie a un probl&#232;me sp&#233;cifique qui lui est propre : l'homme fort de la r&#233;publique, Bidzina Ivanishvili, n'a pas de mandat politique, ni de pouvoirs ou de responsabilit&#233;s formels. Le parti au pouvoir, le R&#234;ve g&#233;orgien, n'a jou&#233; aucun r&#244;le majeur dans les processus d&#233;cisionnels. En Arm&#233;nie, le processus d&#233;cisionnel sous Nikol Pachinian &#233;tait tout aussi obscur. Il semble que l'ancien processus d&#233;cisionnel du Politburo sovi&#233;tique ait surv&#233;cu &#224; l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique, et que dans une r&#233;publique qu'elle soit qualifi&#233;e de &#171; d&#233;mocratie &#187; ou de &#171; dictature &#187; les d&#233;cisions importantes sont prises par une poign&#233;e de personnes au mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les observateurs du chaos actuel en Arm&#233;nie, en G&#233;orgie et dans des contextes similaires pourraient &#234;tre tent&#233;s d'&#234;tre convaincus des m&#233;rites des autocraties. Le Turkm&#233;nistan, pour reprendre un exemple, est manifestement un pays stable, on ne peut pas en dire autant de l'Ukraine ou du Kirghizstan. Le probl&#232;me du r&#233;gime autocratique &#8211; outre qu'il est d&#233;pass&#233; &#224; l'&#232;re de la &#171; d&#233;mocratie &#187; &#8211; est qu'il ne parvient pas &#224; d&#233;velopper des m&#233;canismes de correction politique. L'autocratie repose sur des institutions politiques o&#249; les individus sont personnellement loyaux envers le dirigeant, ce qui conduit &#224; un pouvoir pyramidal, &#224; l'absence de pluralisme et &#224; l'opacit&#233; des processus d&#233;cisionnels. Alors que la soci&#233;t&#233; change et &#233;volue rapidement, le r&#233;gime autocratique manque de m&#233;canismes permettant non seulement de repr&#233;senter de larges segments de la soci&#233;t&#233;, mais aussi de corriger et de modifier les institutions politiques elles-m&#234;mes. L'Union sovi&#233;tique, sous L&#233;onid Brejnev [secr&#233;taire du Comit&#233; central du PCUS de 1966 &#224; 1982 ; pr&#233;sident du Soviet supr&#234;me de 1977 &#224; 1982], semblait &#233;galement &#171; stable &#187; si l'on consid&#232;re ses institutions politiques, mais elle a accumul&#233; d'&#233;normes contradictions qui &#233;taient difficiles &#224; r&#233;soudre lorsqu'un dirigeant r&#233;formiste voulait rattraper son retard dans sa &#171; reconstruction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ni l'Arm&#233;nie ni la G&#233;orgie ne sont des d&#233;mocraties qui fonctionnent. Si elles &#233;taient des d&#233;mocraties, elles auraient utilis&#233; leurs institutions, telles que leurs parlements, pour r&#233;soudre leurs conflits politiques internes. Aujourd'hui, les deux pays sont confront&#233;s &#224; d'&#233;normes d&#233;fis, dont ils survivront soit en faisant un pas en avant, soit en faisant deux pas en arri&#232;re. (Article re&#231;u le 28 f&#233;vrier 2021 ; traduction par la r&#233;daction de A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arm&#233;nie : Manifeste pour l'auto-d&#233;termination et le socialisme</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Manifeste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Manifeste</guid>
		<dc:date>2021-03-02T12:28:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ani-Tsovinar Vanetsyan, Byurakn Ishkhanyan, Eva Hakobyan, Soseh Hovsepian</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous, Djaragayt, collectif de gauche, pensons que la part essentielle des difficult&#233;s que rencontrent l'Arm&#233;nie et son peuple est li&#233;e &#224; l'adoption d'une politique &#233;conomique lib&#233;rale par l'&#201;tat arm&#233;nien dans la p&#233;riode de l'ind&#233;pendance post-sovi&#233;tique, ainsi qu'&#224; la forme que les rapports sociaux ont pris dans le pays, fa&#231;onn&#233;s par l'&#233;go&#239;sme, le culte du seul int&#233;r&#234;t priv&#233; ainsi que du march&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; https://www.jaragayt.am/fr/articles/annonces/manifeste/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ces ann&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton47036-d1bb1.png?1675932462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous, Djaragayt, collectif de gauche, pensons que la part essentielle des difficult&#233;s que rencontrent l'Arm&#233;nie et son peuple est li&#233;e &#224; l'adoption d'une politique &#233;conomique lib&#233;rale par l'&#201;tat arm&#233;nien dans la p&#233;riode de l'ind&#233;pendance post-sovi&#233;tique, ainsi qu'&#224; la forme que les rapports sociaux ont pris dans le pays, fa&#231;onn&#233;s par l'&#233;go&#239;sme, le culte du seul int&#233;r&#234;t priv&#233; ainsi que du march&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jaragayt.am/fr/articles/annonces/manifeste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jaragayt.am/fr/articles/annonces/manifeste/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces ann&#233;es d'ind&#233;pendance, la classe des grands capitalistes est la seule qui ait d&#233;velopp&#233; une conscience de classe, la seule qui, dans le cadre d'un r&#233;gime monocratique, a pu mettre au premier plan ses int&#233;r&#234;ts et dicter une politique qui lui est favorable. Les couches les plus larges de la soci&#233;t&#233;, quant &#224; elles, sont divis&#233;es sous le poids de l'exploitation et de la pauvret&#233; ; elles n'ont aucune forme d'association qui les organise et ne b&#233;n&#233;ficient d'aucune repr&#233;sentation politique. Aucun parti ni aucune organisation ne d&#233;fend leurs int&#233;r&#234;ts. Durant les trente ann&#233;es d'ind&#233;pendance, la doctrine lib&#233;rale n'a jamais &#233;t&#233; remise en question dans le conflit entre la majorit&#233; politique et son opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les corps interm&#233;diaires de la soci&#233;t&#233; sont eux aussi d'ob&#233;dience lib&#233;rale. L'&#233;crasante majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile est financ&#233;e par les fonds du capitalisme occidental : elle en est, par cons&#233;quent, id&#233;ologiquement d&#233;pendante et est devenue l'avant-garde de ses int&#233;r&#234;ts en Arm&#233;nie. En font partie, &#233;galement, une large part d'organisations et de personnalit&#233;s qui portent des discours que l'on qualifie &#171; de gauche &#187;. Eux non plus n'expriment pas les int&#233;r&#234;ts socio-&#233;conomiques des couches les plus larges de la population arm&#233;nienne et instrumentalisent, au contraire, les injustices qui s&#233;vissent dans le pays en &#233;change de fonds de subvention &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport des forces entre classes est donc particuli&#232;rement d&#233;s&#233;quilibr&#233; et il existe une profonde fracture entre les masses et la classe dirigeante. C'est dans ce contexte qu'en 2018, s'appuyant sur une col&#232;re sociale accumul&#233;e depuis pr&#232;s de trente ans, que sous le nom de &#171; r&#233;volution &#187; s'organisa l'arriv&#233;e au pouvoir de forces politiques radicalement lib&#233;rales, garantes des int&#233;r&#234;ts de la mondialisation capitaliste et qui plong&#232;rent le pays dans une guerre catastrophique ayant pour effet l'&#233;croulement de l'&#201;tat d'Artsakh et la mise en danger de la souverainet&#233; de l'Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le peuple d'Arm&#233;nie est-il politiquement orphelin. Orphelin et sans autre alternative que d'&#234;tre livr&#233; aux mains des forces politiques lib&#233;rales. Notre initiative a pour ambition de tracer les premiers rayons de cette alternative. Nous sommes convaincu.e.s que le principe de justice et la fin de l'exploitation de l'humain par l'humain est la condition n&#233;cessaire pour la formation d'une soci&#233;t&#233; solidaire et cr&#233;ative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre d&#233;fi central qui s'impose au peuple arm&#233;nien est la question de l'Artsakh. Nous pensons qu'il est indispensable de penser cette question en la repla&#231;ant dans sa perspective historique, c'est-&#224;-dire depuis le g&#233;nocide des Arm&#233;niens dans l'Empire ottoman jusqu'au nettoyage ethnique organis&#233; actuellement par la Turquie et son satellite l'Azerba&#239;djan, dans la continuit&#233; de la politique ottomane.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, le choix pour les Artsakhiotes de l'ind&#233;pendance ou du rattachement &#224; l'Arm&#233;nie, est d'une importance vitale pour eux. Nous affirmons que le droit &#224; l'auto- d&#233;termination des peuples (ou de tout autre type de communaut&#233;) ne peut &#234;tre subordonn&#233; aux aspirations expansionnistes d'un autre pays qui, dans le monde contemporain, est appel&#233; &#171; principe d'int&#233;grit&#233; territorial &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de gauche internationaliste attache de l'importance &#224; l'identit&#233; nationale (singularit&#233;, particularit&#233; culturelles) sans laquelle les autres identit&#233;s collectives (de classe, de genre, et d'autres) ne peuvent pas &#234;tre pens&#233;es. Pour nous, Arm&#233;nien.ne.s, cette question nous tient particuli&#232;rement &#224; c&#339;ur, car il est complexe de d&#233;finir l'identit&#233; de millions d'Arm&#233;nien.ne.s d'Arm&#233;nie et de la diaspora dont les histoires produisent une multiplicit&#233;, des subjectivit&#233;s collectives tr&#232;s diff&#233;rentes. Seule une perspective de gauche internationaliste peut cr&#233;er un espace d'entente qui permette de rassembler toutes ces singularit&#233;s et, ce qui est capital, de passer d'une des identit&#233;s ethniques, culturelles, &#224; une identit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement et la conscience des identit&#233;s nationales et ethniques n'est pas seulement une richesse de plus pour l'humanit&#233;, mais &#233;galement l'un des maillons de la r&#233;sistance contre l'uniformisation des cultures et des modes de pens&#233;e propre &#224; la globalisation capitaliste et au consum&#233;risme vorace qui caract&#233;rise ce dernier.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'identit&#233; politique arm&#233;nienne est le fruit d'une histoire multis&#233;culaire de r&#233;sistance et de qu&#234;te de justice ; ce faisant, la patrie des Arm&#233;nien.ne.s doit, elle aussi ,&#234;tre ancr&#233;e dans un ordre social juste et &#233;galitaire, telle qu'une soci&#233;t&#233; socialiste peut le produire. Notre collectif se donne pour objectif de r&#233;aliser une articulation id&#233;ologique entre le combat pour l'auto-d&#233;termination de l'Artsakh et l'&#233;dification d'une soci&#233;t&#233; socialiste en Arm&#233;nie, et, par-l&#224;, de se solidariser et prendre part aux mouvements de gauche (socialistes, anticapitalistes&#8230;) pour l'&#233;mancipation des peuples opprim&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; PROPOS DE NOUS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jaragayt.am/fr/about/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jaragayt.am/fr/about/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 44 jours de la guerre d'Artsakh en automne 2020 n'ont pas seulement d&#233;bouch&#233; sur la d&#233;faite de l'Arm&#233;nie ; elles ont aussi mis &#224; terre la foi que les Arm&#233;niens avaient dans le collectif, dans la possibilit&#233; de voir leurs r&#234;ves se r&#233;aliser dans l'avenir, et m&#234;me l'espoir de pouvoir construire un jour, un &#201;tat digne de ce nom.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est, ou plut&#244;t, quelles sont les erreurs au cours des derni&#232;res d&#233;cennies de l'histoire arm&#233;nienne, qui, en ayant &#233;t&#233; commises, ont pu causer la catastrophe et la grande d&#233;sillusion dont nous venons d'&#234;tre t&#233;moins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour r&#233;pondre &#224; cette question, que nous, militant.e.s arm&#233;nien.ne.s de gauche de diff&#233;rents pays, nous sommes r&#233;uni.e.s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes convaincu.e.s que pour construire l'avenir des Arm&#233;nien.ne.s, il est n&#233;cessaire d'ouvrir une br&#232;che dans la pens&#233;e politique arm&#233;nienne, embourb&#233;e depuis plusieurs d&#233;cennies dans les mar&#233;cages de la doctrine lib&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le propre de la nouveaut&#233; de ne pas pouvoir &#234;tre pr&#233;d&#233;finie, et c'est aussi pourquoi nous sommes plusieurs, et que nous &#233;crivons parfois &#224; titre personnel : le dogme ne r&#233;git pas nos pens&#233;es. Cependant si nous nous rassemblons en collectif, c'est par ce que nous sommes convaincu.es que, tel un soleil dont &#233;manent des rayons, une m&#234;me dynamique doit irriguer les perspectives de demain dans le champ politique arm&#233;nien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les consid&#233;rations qui nous ont conduites &#224; penser quelle doit &#234;tre cette dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, que l'Arm&#233;nie ait acquis son ind&#233;pendance ne l'emp&#234;che pas d'&#234;tre la cible de projets expansionnistes, et, &#224; l'image de l'Artsakh qui vient de perdre sa souverainet&#233;, le danger qui menace l'existence de l'&#201;tat arm&#233;nien plane toujours au-dessus du pays. Il s'ensuit que la lutte de lib&#233;ration nationale n'est pas arriv&#233;e &#224; son terme avec l'ind&#233;pendance nationale et qu'elle se poursuit tant que les volont&#233;s collectives des Arm&#233;nien.ne.s d'Arm&#233;nie, d'Artsakh et de la diaspora ne se seront r&#233;alis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes de lib&#233;ration nationale s'appuient sur l'esprit collectif d'un peuple, et c'est aussi cet esprit qu'un projet de soci&#233;t&#233; collectiviste1 n&#233;cessite. Aucun mouvement de lib&#233;ration nationale ne peut v&#233;ritablement r&#233;aliser son objectif, si, par ailleurs, il cautionne l'individualisme et la course au profit qu'implique la les doctrines lib&#233;rales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ce sont les fruits d'un tel fiasco que cueille l'Arm&#233;nie d'aujourd'hui, un pays en guerre o&#249; le lib&#233;ralisme, dont on vante les bienfaits depuis trente ans, creuse les in&#233;galit&#233;s sociales : une couche de la population qui s'enrichit constamment m&#232;ne une vie ais&#233;e &#224; l'abri des combats, tandis que l'autre, majoritaire et pauvre, porte seule sur ses &#233;paules la charge de d&#233;fendre le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te de justice s'inscrit fatalement dans l'histoire du peuple arm&#233;nien. De la qu&#234;te identitaire en diaspora et en Anatolie, de la lutte pour l'auto-d&#233;termination des Artsakhiotes, en passant par la r&#233;sistance contre la menace d'un nouveau g&#233;nocide, jusqu'&#224; la survie militaire, &#233;conomique et sociale de la R&#233;publique d'Arm&#233;nie, le peuple arm&#233;nien se d&#233;finit d'abord comme communaut&#233; de destin. Pour que la marque fatale inscrite sur son front devienne principe d'action, il faut non seulement r&#233;parer l'histoire, mais &#233;galement diriger le cours de cette histoire vers un projet politique qui ne peut que se mat&#233;rialiser sur un territoire g&#233;ographique d&#233;fini.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'Arm&#233;nie de demain doit-elle &#234;tre une maison pour tous.tes les Arm&#233;nien.ne.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'elle le soit, elle doit avoir une construction solide qui d&#233;fiera tout ce qui peut d&#233;sunir un peuple. Nous estimons que les deux principaux facteurs de division sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; une soci&#233;t&#233; de classe o&#249; la production est dirig&#233;e suivant les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire selon la r&#232;gle du profit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne pourrons jamais relever les d&#233;fis que nous imposent les ennemis ext&#233;rieurs, si nous ne b&#226;tissons pas pour nous une soci&#233;t&#233; juste. Voil&#224; comment s'articulent le collectivisme et la question nationale chez les peuples opprim&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; La politique expansionniste d'&#201;tats voisins aux vell&#233;it&#233;s belliqueuses, ainsi que la pr&#233;dominance des int&#233;r&#234;ts du capital mondialis&#233; (multinationales) &#233;touffent la capacit&#233; d'auto-d&#233;fense de notre peuple. L'ing&#233;rence politique et id&#233;ologique et l'imp&#233;rialisme culturel qui soutiennent ces int&#233;r&#234;ts emp&#234;chent le peuple arm&#233;nien de d&#233;lib&#233;rer sur les droits d&#233;mocratiques de leurs citoyen.ne.s de mani&#232;re autonome.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cadre de la d&#233;mocratie lib&#233;rale, o&#249; dominent les int&#233;r&#234;ts du grand capital, les puissances &#233;trang&#232;res peuvent, &#224; coup d'investissements financiers tr&#232;s cons&#233;quents, prendre syst&#233;matiquement le contr&#244;le des institutions politiques arm&#233;niennes et mener une politique qui leur est favorable (ce qui arriva pr&#233;cis&#233;ment suite &#224; la &#171; r&#233;volution de couleur &#187; de 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces analyses nous conduit &#224; conclure qu'un projet politique viable et juste pour le peuple arm&#233;nien ne peut se passer d'un fondement internationaliste. Notre patriotisme et notre anticapitalisme ne peuvent que s'inscrire dans le cadre d'une solidarit&#233; avec les luttes de lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Nous employons les termes &#171; collectivisme &#187; ou &#171; socialisme &#187; au sens large. Il s'agit d'un projet de soci&#233;t&#233; o&#249; la propri&#233;t&#233; des moyens de production (mais &#233;galement, dans une certaine mesure, celle de la terre) est collective. &#8617;&#65038;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Byurakn Ishkhanyan, docteure et post-doctorante en sciences cognitives, Copenhague&lt;br class='autobr' /&gt;
Eva Hakobyan, doctorante en sciences politiques, Montr&#233;al&lt;br class='autobr' /&gt;
Soseh Hovsepian, ing&#233;nieure en informatique, Ottawa&lt;br class='autobr' /&gt;
Ani-Tsovinar Vanetsyan, &#233;tudiante en philosophie, Paris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les guerres qui ont chang&#233; le Caucase du Sud</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-guerres-qui-ont-change-le-Caucase-du-Sud</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-guerres-qui-ont-change-le-Caucase-du-Sud</guid>
		<dc:date>2020-12-15T12:02:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Viken Cheterian</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-12-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le conflit du Haut-Karabakh a &#233;t&#233; le premier conflit ethno-territorial &#224; &#233;merger en Union sovi&#233;tique. Arrivant au plus fort des r&#233;formes de Gorbatchev, cette guerre dans le Caucase du Sud &#233;tait le symbole de la d&#233;sint&#233;gration rapide de ce qui &#233;tait autrefois une superpuissance militaire et la deuxi&#232;me &#233;conomie mondiale [en termes de volume de production]. Le Karabakh et les conflits similaires du d&#233;but des ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; le r&#233;sultat de l'effondrement de l'&#201;tat &#8211; l'&#201;tat &#233;tant l'URSS. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-12-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-12-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/arton46118-b1576.jpg?1678260071' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le conflit du Haut-Karabakh a &#233;t&#233; le premier conflit ethno-territorial &#224; &#233;merger en Union sovi&#233;tique. Arrivant au plus fort des r&#233;formes de Gorbatchev, cette guerre dans le Caucase du Sud &#233;tait le symbole de la d&#233;sint&#233;gration rapide de ce qui &#233;tait autrefois une superpuissance militaire et la deuxi&#232;me &#233;conomie mondiale [en termes de volume de production]. Le Karabakh et les conflits similaires du d&#233;but des ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; le r&#233;sultat de l'effondrement de l'&#201;tat &#8211; l'&#201;tat &#233;tant l'URSS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site Alencontre&lt;br class='autobr' /&gt;
12 d&#233;cembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Vicken Cheterian&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente guerre entre l'Arm&#233;nie et l'Azerba&#239;djan, aujourd'hui connue sous le nom de seconde guerre du Karabakh, est un affrontement entre deux &#201;tats-nations nouvellement &#233;tablis. Elle pr&#233;sente un certain nombre de similitudes avec la guerre de 2008 entre la G&#233;orgie et la Russie. En effet, la comparaison de la seconde guerre du Karabakh et de la guerre de 2008 entre la G&#233;orgie et la Russie pourrait nous aider &#224; tirer des conclusions sur certaines des cons&#233;quences et &#224; identifier des tendances plus amples dans le Caucase, un th&#233;&#226;tre majeur d'instabilit&#233; qui a &#233;merg&#233; dans les d&#233;bris de l'effondrement sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La G&#233;orgie en 2008 et l'Arm&#233;nie en 2020 &#233;taient toutes deux des soci&#233;t&#233;s post-r&#233;volution. Le leadership politique qui a &#233;merg&#233; de la r&#233;volution g&#233;orgienne en 2003 et de celle de l'Arm&#233;nie en 2018 jouissait d'une totale h&#233;g&#233;monie sur les institutions politiques. Mikhe&#239;l Saakachvili a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en janvier 2004 avec 96% des voix, tandis que le parti Alliance &#171; Mon pas &#187; de Nikol Pachinian a remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2018 avec 88 si&#232;ges sur 132. Les deux dirigeants sont arriv&#233;s au pouvoir avec des slogans de d&#233;mocratisation et de lutte contre la corruption. Comment sont-ils alors tomb&#233;s dans le pi&#232;ge des conflits ethno-territoriaux ? De plus, comment l'influence de la guerre de 2008 sur les d&#233;veloppements internes de la G&#233;orgie pourrait-elle nous aider &#224; saisir les d&#233;veloppements possibles en Arm&#233;nie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut garder &#224; l'esprit certaines diff&#233;rences entre la G&#233;orgie et l'Arm&#233;nie. La G&#233;orgie a &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; deux chefs d'accusation de s&#233;paratisme ethnique &#8211; dans deux provinces qui jouissaient d'un statut autonome &#224; l'&#233;poque sovi&#233;tique. Tbilissi &#233;tait &#233;galement confront&#233; au d&#233;fi du contr&#244;le central sur les p&#233;riph&#233;ries, notamment la riche province d'Adjarie [dans le sud-est du pays avec une fronti&#232;re commune avec la Turquie et une fa&#231;ade maritime sur la mer Noire], ainsi que sur les districts montagneux contr&#244;l&#233;s par des groupes arm&#233;s comme les vall&#233;es de Kodori [1] ou de Pankisi [2]. L'Arm&#233;nie, d'autre part, &#233;tait confront&#233;e au probl&#232;me de s&#233;curisation de ses co-ethnies du Haut-Karabakh, qui &#233;taient engag&#233;es dans une lutte pour l'autonomie contre les autorit&#233;s centrales de l'Azerba&#239;djan. Par cons&#233;quent, alors que Tbilissi soutenait le principe de l'int&#233;grit&#233; territoriale des &#201;tats, l'Arm&#233;nie soutenait celui de l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre diff&#233;rence importante entre les deux est qu'en 2008, la G&#233;orgie cherchait activement &#224; rejoindre l'OTAN, et Saakachvili a choisi une association &#233;troite avec Washington. L'Arm&#233;nie n'avait pas de telles ambitions. Elle faisait partie de l'alliance militaire de la Russie. La G&#233;orgie en 2008 et l'Arm&#233;nie en 2020 avaient des axes de s&#233;curit&#233; essentiellement oppos&#233;s. Enfin, si c'est le leadership g&#233;orgien qui a pris l'initiative militaire en envoyant ses forces au combat pour capturer Tskhinvali [capitale de l'Oss&#233;tie du Sud], l'Arm&#233;nie n'est pas le camp qui a d&#233;clench&#233; la seconde guerre du Karabakh. Ce sont les dirigeants azerba&#239;djanais qui ont toujours &#233;t&#233; en faveur d'une solution militaire du conflit. Et c'est Bakou qui a lanc&#233; l'agression militaire le 27 septembre 2020. Alors que Saakachvili visait &#224; changer le statu quo ante, le Premier ministre arm&#233;nien Nikol Pachinian souhaitait le pr&#233;server.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carte publi&#233;e en 2009 dans L'Atlas. Un monde &#224; l'envers du Monde diplomatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clencher des guerres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calendrier des deux guerres a &#233;t&#233; bien choisi, les conflits de 2008 et 2020 ayant d&#233;but&#233; sous le couvert de deux &#233;v&#233;nements internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous deux ont d&#233;but&#233; avant les &#233;lections pr&#233;sidentielles &#233;tats-uniennes, mais pour des raisons diff&#233;rentes. Mikhe&#239;l Saakachvili craignait qu'une &#233;ventuelle d&#233;faite du Parti r&#233;publicain n'entra&#238;ne la perte du soutien de Washington. C'est pourquoi les mois pr&#233;c&#233;dant les &#233;lections pr&#233;sidentielles de novembre 2008 [Barack Obama face &#224; John McCain] ont &#233;t&#233; une derni&#232;re occasion de lancer un d&#233;fi militaire tout en esp&#233;rant le soutien de l'arm&#233;e des Etats-Unis. Pour le pr&#233;sident azerba&#239;djanais Ilham Aliyev, les &#233;lections pr&#233;sidentielles aux Etats-Unis, ainsi que la pand&#233;mie mondiale de Covid-19 &#233;taient des diversions qui pouvaient tenir les acteurs internationaux &#224; l'&#233;cart de la guerre du Karabakh &#8211; et les m&#233;dias mondiaux occup&#233;s &#224; &#171; autre chose &#187;. La guerre de 2008, qui a commenc&#233; par l'op&#233;ration militaire g&#233;orgienne vers la capitale de l'Oss&#233;tie du Sud, Tskhinvali, le 7 ao&#251;t, a co&#239;ncid&#233; avec un autre &#233;v&#233;nement mondial qui devait servir d'&#233;cran de fum&#233;e : l'ouverture des Jeux olympiques de P&#233;kin le 8 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des &#233;l&#233;ments les plus importants &#224; retenir est qu'aucun des &#171; protecteurs &#187; n'est venu au secours de ses prot&#233;g&#233;s en arr&#234;tant effectivement la guerre. La guerre de 2008 a co&#239;ncid&#233; avec la fin des man&#339;uvres militaires conjointes entre les &#201;tats-Unis et la G&#233;orgie ; le personnel militaire &#233;tats-unien &#233;tait toujours en G&#233;orgie lorsque la guerre a &#233;clat&#233;. Pourtant, l'administration de George W. Bush, m&#234;me dirig&#233;e par des n&#233;o-conservateurs, n'allait pas risquer une guerre avec la Russie, puissance nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, la Russie avait tous les moyens d'intervenir de mani&#232;re d&#233;cisive et de stopper l'attaque conjointe azerba&#239;djano-turque contre son alli&#233;, l'Arm&#233;nie. L'attaque azerba&#239;djanaise a commenc&#233; un jour apr&#232;s que la Russie a mis fin &#224; d'importantes man&#339;uvres militaires dans le Caucase du Nord, baptis&#233;e Kavkaz-2020 [Caucase-2020], auxquelles ont particip&#233; quelque 80 000 soldats. La Russie &#233;tait manifestement ennuy&#233;e de voir l'intervention militaire turque dans le Caucase du Sud et la pr&#233;sence de plusieurs milliers de mercenaires syriens dans la zone de conflit. Mais la Russie a tout de m&#234;me fait des calculs de co&#251;t-b&#233;n&#233;fice et a choisi de ne pas intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, tant l'Occident &#8211; les &#201;tats-Unis et la France, qui ont jou&#233; le r&#244;le de m&#233;diateur en 2008 &#8211; que la Russie sont intervenus pour mettre fin aux guerres et sauver leurs prot&#233;g&#233;s d'une d&#233;faite totale. En 2008, cela a &#233;t&#233; fait apr&#232;s moins de cinq jours de guerre. En 2020, cela a &#233;t&#233; fait apr&#232;s 44 jours de guerre, et apr&#232;s que l'Arm&#233;nie a &#233;t&#233; contrainte de signer un accord humiliant. Ce &#171; document &#187; a fait perdre &#224; l'Arm&#233;nie les derniers territoires azerba&#239;djanais encore sous son contr&#244;le (elle n'a pas re&#231;u en retour les localit&#233;s arm&#233;niennes du Karabakh sous contr&#244;le az&#233;ri), et n'a obtenu aucune promesse sur le statut final du Karabakh, au centre du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la guerre de 2008 n'a dur&#233; que cinq jours signifie qu'elle a &#233;t&#233; moins destructrice, avec un nombre relativement faible de victimes puisque les pertes militaires g&#233;orgiennes ont &#233;t&#233; inf&#233;rieures &#224; 200. Les autorit&#233;s g&#233;orgiennes ont &#233;galement suivi une politique de censure de la x&#233;nophobie anti-russe &#8211; par exemple, en interdisant la diffusion d'une chanson consid&#233;r&#233;e comme anti-russe sur les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision locales. Par contre, la deuxi&#232;me guerre du Karabakh a &#233;t&#233; beaucoup plus meurtri&#232;re, non pas tant parmi les civils &#8211; qui ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s des zones de guerre &#8211; que parmi les militaires. La guerre a &#233;galement conduit &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle vague de haine interethnique, les images de propagande de guerre envahissant les &#233;crans des deux camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stepanakert et d'autres localit&#233;s arm&#233;niennes ont subi d'intenses bombardements tout au long de la guerre, tandis que les villes azerba&#239;djanaises de Barda et Ganja ont subi des attaques de missiles. Un grand nombre de vid&#233;os film&#233;es par des soldats d'&#233;lite azerba&#239;djanais torturant et assassinant des prisonniers de guerre arm&#233;niens ont circul&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, sugg&#233;rant une politique syst&#233;matique. Des vid&#233;os similaires d'abus de prisonniers de guerre azerba&#239;djanais sont &#233;galement apparues du c&#244;t&#233; arm&#233;nien, bien qu'en nombre beaucoup plus faible. Le soutien de la population azerba&#239;djanaise &#224; la guerre &#233;tait inconditionnel, et les manifestations pro-guerre de juillet de cette ann&#233;e sont probablement l'un des d&#233;clencheurs de la seconde guerre du Karabakh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre de 2008, l'Union europ&#233;enne a mis en place une &#171; Mission d'enqu&#234;te internationale ind&#233;pendante sur le conflit en G&#233;orgie &#187;, dirig&#233;e par la diplomate suisse exp&#233;riment&#233;e Heidi Tagliavini. Une mission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante similaire est n&#233;cessaire pour clarifier la responsabilit&#233; de la seconde guerre du Karabakh et des crimes commis pendant les 44 jours. En fait, il serait n&#233;cessaire d'&#233;tablir une deuxi&#232;me commission historique qui remonte &#224; l'&#233;mergence du conflit en 1988 et qui enqu&#234;te sur un certain nombre de tabous qui continuent d'alimenter l'antagonisme, y compris Soumga&#239;t [pogrom contre des civils arm&#233;niens dans la ville de Soumga&#239;t, en R&#233;publique socialiste sovi&#233;tique d'Azerba&#239;djan, le 27 f&#233;vrier 1988] et une s&#233;rie d'autres pogroms anti-arm&#233;niens en Azerba&#239;djan sovi&#233;tique, le nettoyage ethnique en Arm&#233;nie sovi&#233;tique et en Azerba&#239;djan sovi&#233;tique, Khodjaly [le 26 f&#233;vrier 1992, aujourd'hui Ivanian] et d'autres massacres pendant la premi&#232;re guerre du Karabakh, entre autres. Sans une commission de v&#233;rit&#233; ind&#233;pendante et sans clarification, les r&#233;cits polaris&#233;s continueront &#224; alimenter la haine. Ce type de commission pourrait aider les parties &#224; distinguer enfin les crimes de la justice, et &#224; prendre une autre voie &#224; l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cons&#233;quences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de 2008 a marqu&#233; un tournant dans la politique internationale. Apr&#232;s environ deux d&#233;cennies de retrait militaire russe, 2008 a marqu&#233; un changement radical dans la politique russe. Moscou a non seulement mis fin au d&#233;fi g&#233;orgien d'&#233;vincer ses forces de l'Oss&#233;tie du Sud, mais aussi aux ambitions g&#233;orgiennes de rejoindre l'OTAN. En 2020, cette tendance a &#233;t&#233; confirm&#233;e. L'intervention de derni&#232;re minute de la Russie a non seulement sauv&#233; ce qui reste du Karabakh du risque d'&#234;tre an&#233;anti par les forces azerba&#239;djanaises, mais a &#233;galement impos&#233; ses &#171; soldats de la paix &#187; &#224; l'int&#233;rieur de l'Azerba&#239;djan [corridor de Latchine] &#8211; ce que les dirigeants successifs &#224; Bakou avaient rejet&#233; par le pass&#233;. Aujourd'hui, Moscou a un pied &#224; l'int&#233;rieur de l'Azerba&#239;djan qu'elle pourrait utiliser contre tout d&#233;fi d&#233;fiant son influence dans la zone de conflit du Karabakh. La Russie a &#233;galement r&#233;ussi &#224; marginaliser la Turquie &#224; la fois de l'accord de cessez-le-feu du 9 novembre et des dimensions militaires du maintien de la paix. En fin de compte, la Russie est sortie gagnante d'un conflit dans lequel elle avait peu investi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance &#224; la diminution de l'influence occidentale sur le Caucase du Sud, qui a commenc&#233; en 2008, s'est confirm&#233;e une fois de plus en 2020. Le Groupe de Minsk de l'OSCE (Organisation pour la s&#233;curit&#233; et la coop&#233;ration en Europe) &#8211; une structure cr&#233;&#233;e pour g&#233;rer le conflit du Karabakh, mais pas n&#233;cessairement pour le r&#233;soudre &#8211; a &#233;t&#233; marginalis&#233; par Moscou. &#192; l'avenir, la Russie pourrait &#234;tre int&#233;ress&#233;e par un certain r&#244;le de la France ou des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion du Karabakh, tant que ce nouveau r&#244;le ne d&#233;passe pas les limites de la nouvelle influence russe dans cette r&#233;gion &#8211; &#224; savoir sa domination militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mikhe&#239;l Saakachvili a r&#233;ussi &#224; rester au pouvoir pour poursuivre son deuxi&#232;me mandat pr&#233;sidentiel apr&#232;s la d&#233;faite de 2008 [jusqu'en novembre 2013, puis gouverneur de l'oblast d'Odessa], uniquement gr&#226;ce &#224; l'aide financi&#232;re massive de l'Europe et des &#201;tats-Unis, qui s'&#233;l&#232;ve &#224; 4 milliards de dollars. L'Occident n'a pas choisi d'aider Nikol Pachinian apr&#232;s la r&#233;volution de 2018. Il ne semble pas changer de cap apr&#232;s la guerre destructrice. Moscou ne tient pas non plus beaucoup &#224; sauver la carri&#232;re politique de Nikol Pachinian, qui est arriv&#233; au pouvoir sur une vague de protestations populaires &#8211; ce que l'&#233;lite russe redoute depuis la r&#233;volution orange de 2004 en Ukraine. Il est difficile d'imaginer quelle force pourrait sauver Pachinian aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que l'Arm&#233;nie va revenir &#224; l'ancien temps. Il est vrai que la G&#233;orgie n'a pas pu poursuivre sa transformation politique apr&#232;s 2008, mais elle n'est pas revenue &#224; sa situation d'avant 2003, &#224; savoir un &#201;tat faible et une r&#233;alit&#233; chaotique. Plus important encore, le Mouvement national uni, le parti politique fond&#233; par Saakachvili, a surv&#233;cu aux &#233;lections suivantes en G&#233;orgie, constituant une opposition parlementaire. Le mieux qui puisse arriver &#224; l'Alliance &#171; Mon pas &#187; de Pachinian est de survivre &#224; son in&#233;vitable chute du pouvoir et de devenir une v&#233;ritable opposition. (Article publi&#233; sur le site Open Democracy, le 7 d&#233;cembre 2020 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] La vall&#233;e de Kodori est une vall&#233;e form&#233;e par une rivi&#232;re en Abkhazie. Jusqu'en 2008, elle sert de fronti&#232;re naturelle entre la r&#233;publique autonomie auto-proclam&#233;e d'Abkhazie et le territoire abkhaze encore contr&#244;l&#233; par le gouvernement g&#233;orgien et qualifi&#233; par ce dernier de Haute-Abkhazie. En 2008, durant la seconde guerre d'Oss&#233;tie, la r&#233;publique d'Abkhazie r&#233;cup&#232;re le contr&#244;le de la r&#233;gion avec l'aide des forces arm&#233;es russes. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La vall&#233;e de Pankissi, situ&#233;e au nord-est de la capitale Tbilissi, est frontali&#232;re avec la Tch&#233;tch&#233;nie. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arm&#233;nie-Azerba&#239;djan. &#171; Guerre et d&#233;faite &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Armenie-Azerbaidjan-Guerre-et-defaite-45887</link>
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		<dc:date>2020-12-01T12:03:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Viken Cheterian</dc:creator>


		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-12-01</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'opinion publique arm&#233;nienne est sous le choc. Le foss&#233; entre le monde imagin&#233; avant le 27 septembre et l'issue d&#233;sastreuse de la guerre est trop large pour &#234;tre combl&#233;. Beaucoup sont &#224; la recherche de tra&#238;tres, de conspirateurs. La cible la plus identifiable pour ce d&#233;ferlement de douleur est la direction politique de Nikol Pachinian et sa personne. &lt;br class='autobr' /&gt; Paru sur le site Alencontre 28 novembre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Vicken Cheterian &lt;br class='autobr' /&gt;
Crier &#171; tra&#238;tre &#187; jusqu'au dernier souffle de ses poumons n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-12-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-12-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton45887-df32e.jpg?1676906149' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'opinion publique arm&#233;nienne est sous le choc. Le foss&#233; entre le monde imagin&#233; avant le 27 septembre et l'issue d&#233;sastreuse de la guerre est trop large pour &#234;tre combl&#233;. Beaucoup sont &#224; la recherche de tra&#238;tres, de conspirateurs. La cible la plus identifiable pour ce d&#233;ferlement de douleur est la direction politique de Nikol Pachinian et sa personne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paru sur le site Alencontre&lt;br class='autobr' /&gt;
28 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Vicken Cheterian&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crier &#171; tra&#238;tre &#187; jusqu'au dernier souffle de ses poumons n'est certes pas utile. La d&#233;faite est bien plus profonde que cela. Elle est avant tout militaire, comme vu sur le champ de bataille. Les forces arm&#233;es arm&#233;niennes n'&#233;taient manifestement pas pr&#234;tes &#224; mener le type de guerre qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;. La d&#233;faite est aussi diplomatique, l'incroyable isolement dans lequel se trouve l'Arm&#233;nie. Surtout, elle a &#233;t&#233; strat&#233;gique : de nombreuses croyances et pr&#233;somptions &#8211; qu'elles soient ouvertement d&#233;battues ou qu'elles fassent l'objet d'un consensus tacite &#8211; se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chasse aux &#171; tra&#238;tres &#187; ne facilitera pas l'exercice n&#233;cessaire de l'autocritique. Par d&#233;finition, le tra&#238;tre est l'autre, l'&#233;tranger, qui pr&#233;tend faussement appartenir au &#171; nous &#187;. Le seul r&#233;sultat de la recherche de complots consiste &#224; imposer une censure en &#233;touffant le d&#233;bat et en emp&#234;chant toute possibilit&#233; de compr&#233;hension des &#233;checs pass&#233;s comme de se pr&#233;parer &#224; affronter un nouvel avenir beaucoup plus compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite militaire est le r&#233;sultat d'un &#233;chec strat&#233;gique. L'Arm&#233;nie s'est retrouv&#233;e non seulement oppos&#233;e aux forces arm&#233;es de l'Azerba&#239;djan, elles-m&#234;mes sup&#233;rieures en nombre et en armement. Mais aussi, l'Azerba&#239;djan a r&#233;ussi &#224; s'assurer la participation des militaires turcs, ainsi que des mercenaires syriens, tout en s'assurant que la Russie n'interviendrait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite r&#233;side dans l'incapacit&#233; de voir ce que la direction azerba&#239;djanaise pr&#233;parait et de tout faire pour l'emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une telle disposition des forces, et sans un alignement &#233;gal du c&#244;t&#233; de l'Arm&#233;nie, la d&#233;faite militaire &#233;tait une question de jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Opportunit&#233;s manqu&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la premi&#232;re guerre du Karabakh et la seconde guerre, il y a une longue p&#233;riode de 26 ans, avec diverses occasions manqu&#233;es de r&#233;soudre le conflit par la n&#233;gociation. L'&#233;chec doit &#234;tre attribu&#233; &#224; de fausses croyances, &#224; des id&#233;es erron&#233;es qui ont conduit &#224; des politiques illusoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la r&#233;gion de conflit du Karabakh a connu de nombreuses ann&#233;es de stabilit&#233; relative, le monde autour d'elle changeait rapidement et dangereusement. Regardez les guerres en Irak et en Syrie, non loin du Caucase. La &#171; guerre des quatre jours &#187; d'avril 2016 [sur la fronti&#232;re qui s&#233;pare le Haut-Karabakh de l'Azerba&#239;djan] a montr&#233; clairement que le statu quo de 22 ans au Karabakh &#233;tait termin&#233;, que le danger de guerre &#233;tait r&#233;el et que la prochaine guerre ferait beaucoup plus de victimes que la premi&#232;re guerre du Karabakh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait russe [de la r&#233;gion] s'est termin&#233; avec la guerre de 2008 [entre la G&#233;orgie et la Russie, qui appuie la province s&#233;paratiste d'Oss&#233;tie du Sud, et maintient des troupes en Oss&#233;tie du Sud et en Abkhazie]. Il a &#233;t&#233; remplac&#233; par des politiques expansionnistes affirm&#233;es. Ce n'&#233;tait un secret pour personne que Moscou voulait voir ses troupes &#233;galement dans la r&#233;gion du Karabakh. La Turquie a de m&#234;me chang&#233; de mani&#232;re spectaculaire : le coup d'&#201;tat manqu&#233; de juillet 2016 a durci la politique turque, &#224; la fois sur le plan interne mais aussi dans le cadre d'une s&#233;rie d'op&#233;rations ext&#233;rieures. Si Moscou et Ankara se sont souvent oppos&#233;s, ils ont n&#233;anmoins r&#233;ussi &#224; conclure des accords au nom de leurs junior partenaires locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit du Karabakh avait commenc&#233; en 1988 comme une lutte pour l'autod&#233;termination de la population arm&#233;nienne au sein de ce qui &#233;tait la R&#233;gion autonome du Haut-Karabakh. La guerre qui a suivi, en 1991-1994, a &#233;t&#233; impos&#233;e &#224; la population du Karabakh. &#192; plusieurs reprises au cours de la premi&#232;re guerre, le Karabakh a risqu&#233; de perdre la guerre et d'&#234;tre an&#233;anti. Ce fut le cas lorsque les forces azerba&#239;djanaises, sous la banni&#232;re du leader nationaliste Abulfaz Elchibey [pr&#233;sident de la r&#233;publique azerba&#239;djanaise de juin 1992 &#224; septembre 1993], ont occup&#233; quelque 40% des terres du Karabakh durant l'&#233;t&#233; 1992. C'est une r&#233;sistance arm&#233;nienne acharn&#233;e et co&#251;teuse qui a renvers&#233; la vapeur en [avril] 1993, et qui a conduit &#224; l'occupation de Kelbajar et des autres territoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Point de rupture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de nombreuses ann&#233;es, les n&#233;gociations ont &#233;t&#233; bas&#233;es sur la restitution de ces territoires et, en contrepartie, sur la reconnaissance de l'autod&#233;termination des Arm&#233;niens du Karabakh. Au fil du temps, le narratif a chang&#233;. Mais il n'a jamais &#233;t&#233; discut&#233; ouvertement, jamais compl&#232;tement assum&#233;. Par contre, au lieu de chercher un compromis, d'essayer de mettre fin &#224; une situation tendue qui co&#251;tait &#224; l'Arm&#233;nie &#8211; et &#224; l'Azerba&#239;djan &#8211; des centaines de millions de dollars chaque ann&#233;e, au lieu d'envoyer des jeunes hommes dans des tranch&#233;es rappelant la Premi&#232;re Guerre mondiale, de nouveaux slogans sont apparus : &#171; Nous ne rendrons aucune terre &#187;. Cela &#233;tait destin&#233; &#224; r&#233;pondre au refus de l'Azerba&#239;djan d'accepter la volont&#233; d'autod&#233;termination du Karabakh. En refusant de restituer les terres occup&#233;es, on mettait fin &#224; toute n&#233;gociation &#233;ventuelle. En mettant fin aux n&#233;gociations, c'&#233;tait d&#233;j&#224; le premier pas vers une nouvelle guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de saisir les changements dans la g&#233;opolitique r&#233;gionale, au lieu de voir les feux rouges allum&#233;s, l'administration de Nikol Pachinian a men&#233; le pays dans la direction du conflit, et non pas de l'en &#233;loigner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une terre symbolique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles &#233;taient ces terres que tant de gens refusaient de rendre ? Il s'agit de villes et de villages abandonn&#233;s et d&#233;truits d'Azerba&#239;djanais, d&#233;plac&#233;s de force pendant la premi&#232;re guerre. Il n'y avait personne qui y vivait. Il n'y avait que des tranch&#233;es, o&#249; les soldats &#233;taient envoy&#233;s pour passer leurs jeunes ann&#233;es. La terre que de nombreux partisans de la ligne dure refusaient de rendre n'&#233;tait pas une vraie terre. C'&#233;tait une terre symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est seulement ironique qu'une nation de la Diaspora soit si obs&#233;d&#233;e par le territoire, &#224; l'&#232;re de la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre, la terre vide, la terre symbolique, est devenue plus importante que les personnes. Cela a conduit &#224; une s&#233;rie de b&#233;vues politiques. Un seul exemple : selon de r&#233;cents entretiens de Vladimir Poutine, une des exigences de Bakou avant la guerre &#233;tait le retour des civils azerba&#239;djanais &#224; Chouchi/Shusha, ce qui a &#233;t&#233; rejet&#233; par Erevan. Imaginez que cela soit accept&#233; et que les Azerba&#239;djanais de souche reviennent vivre aux c&#244;t&#233;s des Arm&#233;niens de souche, et que l'administration arm&#233;nienne de la ville prenne des mesures pour les int&#233;grer, cr&#233;er des &#233;coles bilingues et g&#233;rer ensemble les affaires municipales. Cela aurait &#233;t&#233; le premier pas, sain, pour sortir de la logique du conflit et recommencer &#224; apprendre la coexistence comme &#224; partager la vie quotidienne. Imaginez toutes les occasions perdues d'exp&#233;rimenter des structures &#8211; administratives, politiques, culturelles &#8211; o&#249; les membres des deux communaut&#233;s participent c&#244;te &#224; c&#244;te. Ce n'est pas impossible : au d&#233;but du XXe si&#232;cle, il existait m&#234;me des partis politiques comptant des membres d'origine arm&#233;nienne et az&#233;rie, ainsi que des Kurdes et des G&#233;orgiens, des Russes et des Perses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les horreurs du d&#233;but du XXe si&#232;cle qui ont mis fin &#224; cette exp&#233;rimentation, cette coexistence et ce pluralisme. N'est-il pas temps de revenir en arri&#232;re et de corriger les m&#233;faits du pass&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un co&#251;t &#233;lev&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a eu un co&#251;t &#233;lev&#233; pour la partie arm&#233;nienne : la mort de milliers de jeunes hommes, la d&#233;faite et la perte de territoire. Mais l'Arm&#233;nie est aussi plus que jamais sous protection russe. L'Azerba&#239;djan a gagn&#233; la guerre, mais aussi &#224; un prix &#233;lev&#233;, et pas seulement par le grand nombre de victimes. L'Azerba&#239;djan doit payer le prix de l'aide turque, et de la &#171; neutralit&#233; &#187; russe pendant les 44 jours du conflit. Aujourd'hui, &#224; l'ouest de l'Azerba&#239;djan, il y a des troupes russes, ce que Bakou a essay&#233; d'&#233;viter depuis son ind&#233;pendance de l'Union sovi&#233;tique. Beaucoup en Azerba&#239;djan s'inqui&#232;tent de ce fait : le retour des soldats russes. Moins discut&#233;es &#224; Bakou sont les cons&#233;quences de l'influence croissante de la Turquie, le possible d&#233;ploiement de troupes turques sur le territoire azerba&#239;djanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de pays ont simultan&#233;ment des militaires russes et turcs stationn&#233;s sur leur territoire ? Et quelles en sont les cons&#233;quences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre s'est termin&#233;e par un gagnant et un perdant. Mais &#224; long terme, les deux pays d&#233;couvriront qu'ils sont moins souverains aujourd'hui qu'avant le 27 septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne laissons pas se cr&#233;er de nouvelles &#171; certitudes &#187;. L'accord du 9 novembre est un accord de cessez-le-feu et un accord politique. Il est d'une dur&#233;e de cinq ans. Il a &#233;teint &#8211; temporairement &#8211; un volcan en activit&#233;. Ne consid&#233;rez pas cette situation comme une solution d&#233;finitive. Ne comptez pas sur la pr&#233;sence russe &#171; pour toujours &#187;. Souvenez-vous que m&#234;me l'Union sovi&#233;tique a un jour abandonn&#233; cette r&#233;gion et est partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait &#233;t&#233; possible d'&#233;viter la deuxi&#232;me guerre du Karabakh. La d&#233;faite est inscrite dans les 26 ann&#233;es perdues durant lesquelles une solution pacifique n'a pas &#233;t&#233; trouv&#233;e. Vu de loin, non seulement l'Arm&#233;nie est tr&#232;s petite, mais aussi l'Azerba&#239;djan. Si les deux parties continuent &#224; refuser de se parler et de r&#233;soudre leurs probl&#232;mes, alors les &#201;tats aux ambitions imp&#233;riales accompliront cette t&#226;che &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-il pas temps pour les Arm&#233;niens et les Azerba&#239;djanais de se parler ? [1] (Article publi&#233; sur le site Agos, le 27 novembre 2020 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir mon appel au dialogue &#224; Agos du 11.10.2019, en langue turque, sur le site &lt;a href=&#034;http://www.agos.com.tr/tr/yazi/23038/ermeni-ve-azeri-diasporalari-icin-diyalog-zamani&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.agos.com.tr/tr/yazi/23038/ermeni-ve-azeri-diasporalari-icin-diyalog-zamani&lt;/a&gt;. Et en anglais le 10.07.2019 sur le site &lt;a href=&#034;http://www.agos.com.tr/en/article/23008/time-for-armenian-and-azerbaijani-diasporas-to-talk-to-each-other&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.agos.com.tr/en/article/23008/time-for-armenian-and-azerbaijani-diasporas-to-talk-to-each-other&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Haut-Karabakh : pourquoi ce silence de la gauche occidentale ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Haut-Karabakh-pourquoi-ce-silence-de-la-gauche-occidentale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Haut-Karabakh-pourquoi-ce-silence-de-la-gauche-occidentale</guid>
		<dc:date>2020-11-24T12:20:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un collectif de la diaspora arm&#233;nienne</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Arm&#233;nie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous relayons une &#171; lettre ouverte aux organisations occidentales de gauche &#187; publi&#233;e initialement dans l'Obs . Cette tribune a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par un collectif de signataires issu.e.s de la diaspora arm&#233;nienne, accompagn&#233;.e.s de soutiens (liste compl&#232;te en bas de page), qui s'est joint &#224; la Coordination pour un soutien internationaliste &#224; l'Artsakh afin d'alerter sur la situation des Arm&#233;niens du Haut-Karabakh. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Contretemps 17 novembre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par un collectif de signataires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Armenie-+" rel="tag"&gt;Arm&#233;nie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton45726-6fa26.jpg?1674712511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous relayons une &#171; lettre ouverte aux organisations occidentales de gauche &#187; publi&#233;e initialement dans l'Obs . Cette tribune a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par un collectif de signataires issu.e.s de la diaspora arm&#233;nienne, accompagn&#233;.e.s de soutiens (liste compl&#232;te en bas de page), qui s'est joint &#224; la Coordination pour un soutien internationaliste &#224; l'Artsakh afin d'alerter sur la situation des Arm&#233;niens du Haut-Karabakh.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue Contretemps&lt;br class='autobr' /&gt;
17 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un collectif de signataires issu.e.s de la diaspora arm&#233;nienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 septembre 2020, l'Azerba&#239;djan a de nouveau attaqu&#233; le peuple de l'Artsakh (Nagorno-Kharabagh). Depuis lors, il n'a cess&#233; de violer les cessez-le-feu et la guerre qui vient de se d&#233;rouler est la plus sanglante que la r&#233;gion ait connue depuis la guerre lanc&#233;e par l'Azerba&#239;djan ind&#233;pendant en 1991 contre l'Artsakh. C'&#233;tait alors sa r&#233;ponse aux manifestations pacifiques des Arm&#233;nien.ne.s d'Artsakh qui souhaitaient ainsi mettre fin &#224; l'annexion arbitraire de leur pays d&#233;cid&#233;e par Staline en 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, la situation humanitaire est catastrophique. Les autorit&#233;s arm&#233;niennes comptent plus de 1 200 soldats morts au combat, sans compter les victimes civiles dont le nombre est encore incertain ; des &#233;coles, des maisons, des h&#244;pitaux, la maternit&#233; de Stepanakert et la cath&#233;drale de Chouchi ont &#233;t&#233; bombard&#233;es, et dans sa majorit&#233; (plus de deux tiers au moins) la population civile de l'Artsakh a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e vers l'Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre et les conditions exactes dans lesquelles se d&#233;roule cette fin de guerre sont encore incertains. En revanche, elle est en total accord avec ce qu'attendait Aliev [le pr&#233;sident az&#233;ri, NDLR] : n'arr&#234;ter la guerre que lorsque l'Artsakh reviendra sous souverainet&#233; azerba&#239;djanaise. La Turquie, pour sa part, a soutenu son satellite dans le Caucase, esp&#233;rant sans doute achever le projet de purification ethnique que l'Empire ottoman avait largement entam&#233; avec un g&#233;nocide en 1915. Pour cela, elle n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; envoyer des mercenaires terroristes venant de Syrie dans les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de technologie d'armement, l'Azerba&#239;djan peut aussi compter sur Isra&#235;l qui, &#224; l'heure actuelle, lui fournit 60 % de son mat&#233;riel de d&#233;fense &#8211; mat&#233;riel qui, comme on le sait, fait partie des plus sophistiqu&#233;s au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faible couverture m&#233;diatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une coalition aussi puissante que celle de la Turquie et de l'Azerba&#239;djan, face au silence ou au caract&#232;re purement verbal des positions des grandes puissances impliqu&#233;es dans le conflit, les Arm&#233;nien.nes de l'Artsakh se sont retrouv&#233;.e.s bien seul.e.s. En effet, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la communaut&#233; internationale n'a accord&#233; que peu &#8211; ou pas &#8211; d'attention &#224; leurs revendications, ou a tenu une position dite &#171; neutre &#187;1, mettant ainsi l'agresseur et la victime sur un pied d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le fait que les autorit&#233;s artsakhiotes ont ouvert la porte aux m&#233;dias internationaux tout au long des &#233;v&#233;nements, le bombardement intensif des zones r&#233;sidentielles de l'Artsakh depuis le 27 septembre n'a fait l'objet que d'une faible couverture m&#233;diatique et n'a &#233;t&#233; le fait que des quelques journalistes qui s'&#233;taient par eux-m&#234;mes rendus sur les lieux. Au contraire, la majorit&#233; des repr&#233;sentants des grands m&#233;dias, des reporters et des journalistes ont r&#233;agi tr&#232;s rapidement au bombardement de Ganja en Azerba&#239;djan, et ce, alors que l'Azerba&#239;djan leur fournit un acc&#232;s limit&#233; &#224; la r&#233;gion2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une discrimination &#233;vidente qui ne co&#239;ncide pas avec les principes de justice et de dignit&#233; pour lesquels nous voulons nous battre. Mais cela &#233;tonne-t-il encore, quand on sait que ces derni&#232;res ann&#233;es, l'Azerba&#239;djan a d&#233;pens&#233; des millions de dollars pour soudoyer les opinions publiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ol&#233;oduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan &#8211; dont d&#233;pendent plusieurs pays occidentaux &#8211; et les commerces juteux avec la Turquie semblent peser trop lourd dans la balance compar&#233;s aux droits humains que l'arm&#233;e azerba&#239;djanaise continue de violer dans l'Artsakh3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le soutien de la diaspora &#233;tait &#233;vident et n&#233;cessaire : de nombreuses manifestations ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans les quatre coins du monde, pour exiger la reconnaissance de l'Artsakh. A ces occasions, des hommes politiques dans nombre de pays europ&#233;ens, en Am&#233;rique latine, au Canada, aux Etats-Unis, etc. ont clairement exprim&#233; leur engagement en faveur de la libert&#233; et de la paix pour l'Artsakh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cup&#233;rations r&#233;actionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons vu cependant que peu de soutiens venant de la gauche, et cela nous pr&#233;occupe. Car l'histoire du peuple d'Artsakh est celle d'un petit peuple qui r&#233;siste pour sa survie et pour sa dignit&#233; face au risque imminent de dispara&#238;tre dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. C'est le combat pour le droit le plus fondamental &#224; vivre et exister tel que l'on est, sur ses propres terres, contre la tyrannie des plus puissants &#8211; celle garantie par le pouvoir de l'argent qui impose sa loi partout et commande des guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, cette lutte fait l'objet de nombreuses r&#233;cup&#233;rations r&#233;actionnaires, suivant le principe des amalgames et des raccourcis douteux. Cela se fait, notamment, en d&#233;pla&#231;ant l'analyse de la guerre actuelle du champ politique vers le champ religieux. En somme, l'Occident &#8211; par respect des valeurs d&#233;mocratiques qui lui seraient propres &#8211; devrait prendre la d&#233;fense d'Arm&#233;niens chr&#233;tiens dont les revendications sont compatibles avec ces valeurs, alors que les attaques turco-az&#233;ries seraient l'expression d'une barbarie plus ou moins propre &#224; la religion musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous opposons fermement &#224; cette falsification de la r&#233;alit&#233;, qui omet sciemment de nommer l'ennemi r&#233;el : un expansionnisme nationaliste &#8211; certes encourag&#233; par ailleurs par la Turquie au nom de la religion et d'une soi-disant guerre des civilisations &#8211; qui n'a rien d'archa&#239;que et qui est bien ancr&#233; dans le monde moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit &#224; l'autod&#233;termination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dangereuses man&#339;uvres politiques visent &#224; entretenir et attiser des divisions entre les communaut&#233;s dans une situation de crise &#233;conomique mondiale. Mais elles servent aussi Erdo&#287;an, qui cherche &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une ic&#244;ne de la r&#233;sistance contre l'imp&#233;rialisme occidental en se pr&#233;sentant comme le d&#233;fenseur des communaut&#233;s musulmanes victimes du racisme en Europe et aux Etats-Unis. Du m&#234;me coup, il peut d&#233;tourner l'attention dirig&#233;e sur son r&#233;gime criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, en tant que citoyen.ne.s de la diaspora arm&#233;nienne, nous voulons que les dirigeant.e.s, les politicien.ne.s et les organisations de gauche tiennent et expriment une ligne coh&#233;rente avec les principes qui leur sont chers : le droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples, la d&#233;mocratie, l'&#233;galit&#233; dans les relations internationales, le refus de tous les imp&#233;rialismes, y compris le panturquisme. Certaines organisations de gauche ont montr&#233; la bonne voie en prenant des positions fortes et en agissant en cons&#233;quence, comme le Parti communiste fran&#231;ais, qui a reconnu l'Artsakh en 2019 et qui pr&#233;conise la protection de la population arm&#233;nienne dans la r&#233;gion4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien symbolique des forces r&#233;actionnaires &#224; notre lutte ne doit pas freiner le soutien r&#233;el des organisations de gauche &#224; l'auto-d&#233;fense de l'Artsakh. Car, rappelons-le, celle-ci s'affronte surtout aux ambitions imp&#233;rialistes de la Turquie et du capitalisme mondial, dont les habitant.e.s de l'Artsakh paient le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une paix juste et durable en Artsakh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Reconnaissance de l'ind&#233;pendance de la R&#233;publique de l'Artsakh et mise sous protection de sa population !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Refus des r&#233;cup&#233;rations r&#233;actionnaires, chauvines ou racistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Stop aux ventes d'armes &#224; l'Azerba&#239;djan et &#224; la Turquie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Sanctions politiques et &#233;conomiques pour les crimes commis par la Turquie et l'Azerba&#239;djan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons les individus et les organisations &#224; signer cet appel sur cette page et &#224; se mobiliser pour que justice soit rendue aux Arm&#233;niens d'Artsakh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel initi&#233; par la Coordination pour un soutien internationaliste &#224; l'Artsakh et soutenu par : Viviane Albenga, sociologue (Universit&#233; de Bordeaux Montaigne) ; Ariane Ascaride com&#233;dienne ; Hamit Bozarslan, historien et politologue (Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales) ; Sergio Coronado, militant &#233;cologiste ; Pierre Dharr&#233;ville, d&#233;put&#233; des Bouches-du-Rh&#244;ne (PCF) ; Rokhaya Diallo, journaliste et r&#233;alisatrice ; S&#233;verine Dessajan, sociologue (Universit&#233; de Paris) ; Bernard Friot, sociologue, &#233;conomiste ; Robert Gu&#233;diguian, cin&#233;aste ; Razmig Keucheyan, sociologue (Universit&#233; de Paris-Descartes) ; Pierre Laurent, s&#233;nateur de Paris et vice-pr&#233;sident du S&#233;nat (PCF) ; No&#235;l Mam&#232;re, &#233;cologiste ; Pierre Ouzoulias, s&#233;nateur des Hauts-de-Seine (PCF) ; Fabien Roussel, d&#233;put&#233; du Nord et secr&#233;taire national du Parti communiste fran&#231;ais (PCF) ; Julien Salingue, politiste et membre du NPA ; Pinar Selek, sociologue ; Marie Sonnette-Manouguian, sociologue (Universit&#233; d'Angers) ; Pierre Tevanian, philosophe ; Sylvie Tissot, sociologue (Universit&#233; de Paris VIII) ; Valentine Gu&#233;diguian, artiste ; Yann R., syndicaliste Sud-Education.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisations signataires : Parti communiste fran&#231;ais, Collectif LMSI (Les mots sont importants), Mouvement Charjoum, Conseil d&#233;mocratique des Kurdes de Toulouse, Eunomia (association d'exp&#233;rimentation sociale et politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour signer : &lt;a href=&#034;https://forms.gle/dMJbZmvA9gXj9vUA7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://forms.gle/dMJbZmvA9gXj9vUA7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo d'illustration : &#169; Radio France / Claude Bruillot. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire hors-ligne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;r&#233;f&#233;rences&lt;br class='autobr' /&gt;
1.	&#8679;	Par exemple, le ministre fran&#231;ais des Affaires &#233;trang&#232;res Jean-Yves Le Drian a d&#233;clar&#233; que la position de la France resterait neutre : &lt;a href=&#034;https://francais.rt.com/international/79669-haut-karabagh-presse-toute-part-prendre-position-le-drian-souligne-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://francais.rt.com/international/79669-haut-karabagh-presse-toute-part-prendre-position-le-drian-souligne-&lt;/a&gt; neutralite-france-assemblee&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	&#8679;	Catherine Norris-Trent, journaliste pour l'&#233;dition anglophone de France 24, explicite les conditions strictes auxquelles son travail est soumis : &lt;a href=&#034;https://www.france24.com/en/20201008-france-is-no-longer-an-honest-broker-say-azeri-officials-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.france24.com/en/20201008-france-is-no-longer-an-honest-broker-say-azeri-officials-&lt;/a&gt; ahead-of-nagorno-karabakh-talks&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	&#8679;	Voir l'exemple notoire des deux soldats arm&#233;niens faits prisonniers par un groupe de soldats az&#233;ris, assassin&#233;s apr&#232;s avoir &#233;t&#233; humili&#233;s devant la cam&#233;ra. Le D&#233;fenseur des Droits de l'Homme de l'Artsakh, A. Beglaryan, se r&#233;f&#232;re &#224; cet article d&#233;taillant les faits : &lt;a href=&#034;https://www.bellingcat.com/news/rest-of-world/2020/10/15/an-execution-in-hadrut-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bellingcat.com/news/rest-of-world/2020/10/15/an-execution-in-hadrut-&lt;/a&gt; karabakh/ ?fbclid = IwAR0bc-g-8F6bTRIHUiEfPnn7ZducVMw8C8Qpb20EtvuOVzPvRsAzhMiIU7U&lt;br class='autobr' /&gt;
4.	&#8679;	Deux communiqu&#233;s datant respectivement du 9 et du 13 octobre, &#171; Devoir de paix &#187; et &#171; Ouvrir les voix de la paix pour la R&#233;publique d'Artsakh &#187;, publi&#233;s sur &lt;a href=&#034;http://www.pcf.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.pcf.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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