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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Climat : la catastrophe en marche !</title>
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		<dc:date>2018-12-18T00:05:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Quatri&#232;me Internationale</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le climat de la Terre change vite. Beaucoup plus vite que ce que les experts pensaient. La cause de ce changement ne fait aucun doute : c'est le r&#233;chauffement de l'atmosph&#232;re provoqu&#233; par les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, principalement le CO2 provenant de la combustion du p&#233;trole, du charbon et du gaz naturel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tract pour la COP 21 &#224; Paris - Bureau de la Quatri&#232;me Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; d'Inprecor - http://www.inprecor.fr/home) &lt;br class='autobr' /&gt; La Terre s'est r&#233;chauff&#233;e de 0,8&#176;C depuis deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton23474-2956d.png?1675695233' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le climat de la Terre change vite. Beaucoup plus vite que ce que les experts pensaient. La cause de ce changement ne fait aucun doute : c'est le r&#233;chauffement de l'atmosph&#232;re provoqu&#233; par les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, principalement le CO2 provenant de la combustion du p&#233;trole, du charbon et du gaz naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tract pour la COP 21 &#224; Paris - Bureau de la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; d'Inprecor - &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/home&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/home&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Terre s'est r&#233;chauff&#233;e de 0,8&#176;C depuis deux si&#232;cles. Cela suffira &#224; faire monter le niveau des oc&#233;ans de pr&#232;s de deux m&#232;tres dans les si&#232;cles qui viennent. Personne ne pourra l'emp&#234;cher. Des centaines de millions de gens seront contraints de d&#233;m&#233;nager, des millions d'hectares agricoles seront perdus, des zones urbaines devront &#234;tre &#233;vacu&#233;es. Les peuples du Sud seront les plus touch&#233;s alors qu'ils sont les moins responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements ont ignor&#233; les avertissements. Vingt-trois ans apr&#232;s le Sommet de Rio, les &#233;missions annuelles mondiales de gaz &#224; effet de serre augmentent deux fois plus vite que dans la d&#233;cennie '90. Malgr&#233; la crise &#233;conomique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce rythme, le r&#233;chauffement &#224; la fin du si&#232;cle ne serait pas de 2&#176;C mais de 6&#176;C. Il en d&#233;coulerait des catastrophes terribles, totalement inimaginables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;COP 21 : Poudre aux yeux des populations, cadeaux aux patrons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence est maximum parce que les mesures &#224; prendre sont repouss&#233;es depuis des d&#233;cennies. Les pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187; doivent commencer tout de suite &#224; r&#233;duire les &#233;missions d'au moins 10% par an et les &#233;liminer compl&#232;tement d'ici 2050. Les grands pays &#233;mergents doivent suivre rapidement. Les autres pays ont encore une marge, mais elle se r&#233;duit &#224; vive allure. Si rien ne change, la quantit&#233; de p&#233;trole, de charbon et de gaz naturel que l'on peut encore br&#251;ler sans d&#233;passer 2&#176;C de r&#233;chauffement sera &#233;puis&#233;e en 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La 21e conf&#233;rence des Nations Unies sur le climat (COP21) aura lieu &#224; Paris en d&#233;cembre 2015. Les responsables politiques tentent de nous endormir en disant que, cette fois, ils concluront un accord &#171; ambitieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils concluront peut-&#234;tre un accord, oui, pour sauver la face. Mais ce qui est certain, c'est que cet accord sera totalement insuffisant du point de vue &#233;cologique et tr&#232;s injuste du point de vue social. Son contenu est d&#233;j&#224; d&#233;termin&#233; &#224; l'avance par les engagements des grands pollueurs : &#201;tats-Unis, Union Europ&#233;enne, Chine, Japon, Australie, Canada. Sur cette base, le r&#233;chauffement de la Terre sera au moins de 3,6 &#224; 4&#176;C d'ici la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces engagements ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s avec les lobbies industriels et financiers. Ils sont taill&#233;s sur mesure pour leurs int&#233;r&#234;ts. Les multinationales se frottent les mains &#224; la perspective des nouveaux march&#233;s qui leur sont offerts : nouveaux march&#233;s du carbone, des technologies &#171; vertes &#187;, de la compensation foresti&#232;re, de la capture-s&#233;questration, de l'adaptation aux effets du r&#233;chauffement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un r&#233;chauffement de 4&#176;C, cela signifie une hausse du niveau des mers de 10 m&#232;tres &#224; long terme. Sans compter les impacts plus imm&#233;diats : d&#233;clin acc&#233;l&#233;r&#233; de la biodiversit&#233; ; plus de temp&#234;tes, de cyclones, de s&#233;cheresses, d'inondations, de canicules ; diminution de la productivit&#233; agricole, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauver le capitalisme ou le climat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; est &#233;tablie depuis des d&#233;cennies. Le GIEC est un organisme intergouvernemental, les r&#233;sum&#233;s de ses rapports engagent les &#201;tats. Les solutions techniques existent, les moyens financiers aussi. Alors, pourquoi les gouvernements ne prennent-ils pas les mesures n&#233;cessaires ? Pourquoi pr&#233;conisent-ils des &#171; solutions &#187; fausses ou dangereuses telles que le gaz de schiste, les agrocarburants, le nucl&#233;aire, la g&#233;oing&#233;nierie, etc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est simple : parce que les gouvernements sont au service des multinationales et des banques qui se livrent une guerre de concurrence pour le profit maximum, que cette guerre pousse les entreprises &#224; produire toujours plus (donc &#224; consommer plus de ressources), et que l'&#233;nergie est fournie &#224; plus de 80% par le charbon, le p&#233;trole et le gaz naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sauver le climat : 1&#176;) 4/5e des r&#233;serves connues de combustibles fossiles doivent rester sous terre ; 2&#176;) le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; sur ces source fossiles (et sur le nucl&#233;aire) doit &#234;tre d&#233;truit au plus vite, avant amortissement ; 3&#176;) les productions inutiles, nuisibles ou &#224; obsolescence programm&#233;e doivent &#234;tre abandonn&#233;es, afin de r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie et d'autres ressources ; 4&#176;) le syst&#232;me despotique productiviste/consum&#233;riste et in&#233;galitaire doit &#234;tre remplac&#233; par un syst&#232;me renouvelable, &#233;conome, d&#233;centralis&#233;, social et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'arr&#234;ter la catastrophe climatique tout en garantissant une vie digne &#224; tous et toutes. A une condition : prendre des mesures anticapitalistes. Les gouvernements pr&#233;f&#232;rent d&#233;truire la plan&#232;te, mettre en danger la vie des centaines de millions de pauvres, de travailleurs, de paysans, de femmes et de jeunes qui sont d&#233;j&#224; victimes des changements climatiques, et menacer l'humanit&#233; d'un chaos barbare o&#249; les marchands d'armes feront beaucoup de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital consid&#232;re la nature et le travail comme sa propri&#233;t&#233;. Il n'y a pas &#224; choisir entre urgence climatique et justice sociale, c'est un seul et m&#234;me combat. Mobilisons-nous. Au-del&#224; de la COP21, affirmons nos droit, d&#233;veloppons nos luttes, construisons nos convergences, construisons un mouvement de masse plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous &#224; l'action, en commun sur tous les fronts &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales des fossiles ont besoin d'&#233;tendre leur emprise. Bloquons-les. Mobilisons-nous contre les projets d'infrastructures &#224; leur service : les nouveaux a&#233;roports, les nouveaux pipelines, les nouvelles autoroutes, la nouvelle folie du gaz de schiste. D&#233;non&#231;ons les avantages, fiscaux et autres, offerts aux compagnies du transport maritime, a&#233;rien et routier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances &#171; d&#233;velopp&#233;es &#187; principales responsables du r&#233;chauffement refoulent partout les r&#233;fugi&#233;-e-s pouss&#233;s par les crises que leur politique de domination provoque et que le r&#233;chauffement aggrave. Refusons les murs et les camps de l'Europe forteresse, exigeons le respect du droit d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agrobusiness et l'industrie du bois sont responsables de 40% des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Mobilisons-nous contre les OGM, pour un soutien &#224; l'agriculture paysanne organique et de proximit&#233;, pour la souverainet&#233; alimentaire. Construisons des r&#233;seaux, des associations de producteurs-consommateurs. Soutenons les droits des peuples indig&#232;nes sur leurs ressources et les luttes des femmes qui produisent 80% de la nourriture dans les pays du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes t&#233;moin d'une catastrophe de biodiversit&#233;. La sixi&#232;me extinction comme on le dit : la plus grande extinction des esp&#232;ces depuis la disparition des dinosaures. Entre 40 et 50 pour cent de toutes les esp&#232;ces sur la plan&#232;te pourrait avoir disparu an 2050. Un quart de toutes les esp&#232;ces mammif&#232;res sont actuellement en danger d'extinction contre un taux (naturel) d'extinction de juste un tous les 700 ans. Organisons pour prot&#233;ger la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de tous et toutes &#224; un logement de qualit&#233;, &#224; l'eau, &#224; la mobilit&#233;, au chauffage et &#224; la lumi&#232;re, c'est bon pour le climat et pour l'emploi. Mobilisons-nous pour la gestion publique de l'eau, pour des entreprises publiques d'isolation-r&#233;novation des b&#226;timents, pour des soci&#233;t&#233;s publiques de transports en commun. Dans tous ces domaines, imposons la gratuit&#233; pour la consommation de base et le contr&#244;le de la gestion par les travailleur-euse-s, les habitant-e-s et les usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La folie productiviste et consum&#233;riste dans l'ameublement, les textiles, l'&#233;lectronique, l'emballage&#8230; contribue beaucoup au r&#233;chauffement. Refusons les produits jetables, non r&#233;parables, non recyclables, &#224; obsolescence programm&#233;e. Organisons-nous pour soutenir les travailleur-euse-s de ces secteurs, notamment dans les pays &#224; bas salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde du travail n'a pas &#224; faire les frais de la transition. Travailleur-euse-s occup&#233;s dans des industries inutiles, nuisibles, polluantes, mobilisons-nous pour la reconversion collective sans perte de salaire, dans des fonctions socialement utiles et &#233;cologiquement responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit au temps libre, c'est bon pour le climat, pour la sant&#233; et pour l'emploi. Mobilisons-nous pour travailler moins, moins vite, moins flexible et pour travailler tou-te-s, par la r&#233;duction du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire et r&#233;duction des rythmes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales fossiles et les banques bloquent la transition. Exigeons le d&#233;sinvestissement de ces secteurs. Chassons le priv&#233; de l'&#233;nergie et de la finance, sans indemnit&#233;s ni rachat. C'est la condition indispensable pour que la collectivit&#233; ait les moyens d'organiser la transition rapidement et rationnellement. L'&#233;nergie est un don de la nature, elle ne doit appartenir &#224; personne. Mobilisons-nous pour un service public de l'&#233;nergie, d&#233;centralis&#233;, sous le contr&#244;le des travailleurs et usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ecoscialisme ou barbarie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise climatique donne une actualit&#233; br&#251;lante &#224; l'alternative &#171; socialisme ou barbarie &#187;. Une v&#233;ritable r&#233;volution est n&#233;cessaire. Il faut tout changer ! Non seulement r&#233;partir de fa&#231;on &#233;galitaire le fruit de notre travail, mais aussi d&#233;cider ce que nous produisons et comment nous le produisons - d&#233;barrass&#233;Es du matraquage publicitaire et du gaspillage - mais aussi remettre en question les r&#244;les que le capitalisme patriarcal donne aux hommes et aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il s'agit d'un changement de civilisation, de transition vers une nouvelle soci&#233;t&#233;, &#233;cosocialiste, &#233;cof&#233;ministe, fond&#233;e sur la solidarit&#233; et le respect de l'environnement. Une soci&#233;t&#233; o&#249; les grandes d&#233;cisions d'am&#233;nagement, les priorit&#233;s de la production et de la consommation ne seront plus prises par une poign&#233;e d'exploiteurs, de bureaucrates ou de pseudo-experts, guid&#233;s par le profit. Ce changement ne viendra pas des &#233;lections, mais de nos luttes. Tous ensemble, nous pouvons l'imposer, si nous le voulons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bureau de la Quatri&#232;me Internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, 21 septembre 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Premi&#232;res r&#233;flexions sur les &#233;lections grecques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Premieres-reflexions-sur-les-elections-grecques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Premieres-reflexions-sur-les-elections-grecques</guid>
		<dc:date>2015-10-13T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Panagiotis Sotiris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Panagiotis Sotiris, militant d'Unit&#233; Populaire (UP), tire dans cet article un premier bilan des &#233;lections grecques, et notamment des r&#233;sultats d&#233;cevants de ce front de la gauche radicale grecque. Voulant f&#233;d&#233;rer la gauche du Non qui l'avait emport&#233; lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet, Unit&#233; populaire s'est constitu&#233; autour de courants qui &#233;taient partie int&#233;grante de Syriza mais ont rompu avec sa direction, d'autres qui militaient au sein d'Antarasya (front de la gauche r&#233;volutionnaire grecque), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-la-Grece-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton23512-8277d.jpg?1677097169' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Panagiotis Sotiris, militant d'Unit&#233; Populaire (UP), tire dans cet article un premier bilan des &#233;lections grecques, et notamment des r&#233;sultats d&#233;cevants de ce front de la gauche radicale grecque. Voulant f&#233;d&#233;rer la gauche du Non qui l'avait emport&#233; lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet, Unit&#233; populaire s'est constitu&#233; autour de courants qui &#233;taient partie int&#233;grante de Syriza mais ont rompu avec sa direction, d'autres qui militaient au sein d'Antarasya (front de la gauche r&#233;volutionnaire grecque), ou encore de voix dissidentes issues du KKE (parti communiste grec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la revue Contretemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Panagiotis Sotiris est un th&#233;oricien marxiste, auteur de nombreux articles dont plusieurs ont &#233;t&#233; publi&#233;s par Contretemps-web. Cet article est paru initialement en anglais, le 22 septembre, sur Jacobin (&lt;a href=&#034;https://www.jacobinmag.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jacobinmag.com/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas &#233;t&#233; une bonne soir&#233;e &#233;lectorale. Je ne parle pas principalement du fait qu'Unit&#233; Populaire a &#233;chou&#233; &#224; atteindre le seuil de 3% qui lui aurait permis d'avoir une repr&#233;sentation parlementaire, mais bien du fait que les r&#233;sultats &#233;lectoraux semblent &#234;tre une justification de la capitulation de Syriza face &#224; l'Union Europ&#233;enne et de la signature du nouveau memorandum. Ce nouvel accord de pr&#234;t impliquera des coupes d&#233;vastatrices et des r&#233;formes n&#233;o-lib&#233;rales, et, maintenant, nous avons un Parlement domin&#233; par les forces pro-memorandum. Ce qui est en opposition frontale avec le r&#233;f&#233;rendum de juillet, quand des millions de personnes ont massivement rejet&#233; l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par la tro&#239;ka et la d&#233;vastation sociale qui l'accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari cynique de Tsipras a &#233;t&#233; de placer les &#233;lections sur le terrain du d&#233;bat de quel parti (et quel Premier Ministre) allait &#234;tre le mieux &#224; m&#234;me de mettre en &#339;uvre le memorandum qui avait d&#233;j&#224; approuv&#233; par Syriza et les partis du syst&#232;me le 14 ao&#251;t. Sa strat&#233;gie a &#233;t&#233; de pr&#233;senter le m&#233;morandum comme in&#233;vitable, in&#233;luctable. Il a &#233;vit&#233; presque toutes les r&#233;f&#233;rences &#224; l'accord, en ne pr&#233;sentant que le choix entre lui et Vangelis Meimarakis, le leader du parti de centre droit Nouvelle D&#233;mocratie. Finalement, les Grecs ont choisi de donner une seconde chance &#224; Syriza plut&#244;t qu'aux autres partis syst&#233;miques, pro-m&#233;morandum. Il ne s'agit pas d'un vote d'espoir, mais d'un vote pour le &#171; moindre mal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les Grecs Ind&#233;pendants (ANEL) aient r&#233;ussi &#224; entrer au Parlement a donn&#233; &#224; Tsipras la possibilit&#233; de renouveler sa coalition gouvernementale avec eux. En ce qui concerne les autres partis pro memorandum, Nouvelle D&#233;mocratie n'a pas r&#233;ussi &#224; concurrencer efficacement Syriza, en particulier parce qu 'elle porte la responsabilit&#233; de diriger les coalitions pro memorandum depuis 2011. Le Pasok a r&#233;ussi &#224; am&#233;liorer son r&#233;sultat de janvier, mais le fait qu'Anel ait r&#233;ussi &#224; entrer au Parlement signifie que Syriza n'avait plus besoin de son soutien. To Potami, un parti ouvertement n&#233;olib&#233;ral ( l' &#187;extr&#234;me-centre &#187; de la vie politique grecque) a perdu un tiers de ses &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, l'augmentation dramatique de l'abstention, 773 000 votants de moins qu'en janvier, est l'expression de la crise politique et, en particulier, d'un sentiment de d&#233;faite largement r&#233;pandu dans la classe ouvri&#232;re grecque. De m&#234;me, les 3,4% de voix en faveur de l'Union du Centre sont une autre expression de cette d&#233;sillusion. Le leader du parti, Vassilis Leventis, est connu pour avoir propos&#233; ses &#171; analyses politiques &#187; sur des cha&#238;nes de t&#233;l&#233; de seconde zone dans les ann&#233;es 1990. Son travail &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une sorte de th&#233;&#226;tre sans aucun s&#233;rieux, mais aujourd'hui, l'Union du Centre est apparue comme le principal volet d'un vote de protestation &#171; anti-politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les n&#233;o-nazis d'Aube Dor&#233;e, dont le leader a cyniquement reconnu la responsabilit&#233; politique dans le meurtre de l'artiste anti-fasciste Pavlos Fyssas, ont augment&#233; leur pourcentage, m&#234;me si, en raison d'une plus faible participation, le parti a l&#233;g&#232;rement recul&#233; en nombre de voix depuis janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unit&#233; Populaire, bien s&#251;r, n'a pas connu le succ&#232;s dimanche. Avec 2,86%, elle n'a pas r&#233;ussi &#224; obtenir une repr&#233;sentation parlementaire. Il s'agit d'un &#233;chec politique &#233;vident, sp&#233;cialement si l'on prend en consid&#233;ration le fait qu'elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par une scission massive de Syriza et qu'elle &#233;tait l'une des principales forces politiques &#224; insister sur la signification du vote &#171; Non &#187;. Antarsya, quant &#224; elle, a r&#233;ussi &#224; progresser tant en voix qu'en pourcentage, atteignant 0,85%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer le r&#233;sultat d'Unit&#233; Populaire ? Voici quelques r&#233;flexions rapides, la discussion sur ces r&#233;sultats n'ayant qu'&#224; peine d&#233;but&#233;. Unit&#233; Populaire a sous-estim&#233; le fait qu'une grande partie du &#171; peuple du Non &#187;, trahi et vaincu a vot&#233; non pas pour indiquer la poursuite d'une r&#233;sistance, mais dans les limites d'une mentalit&#233; du &#171; rien ne peut r&#233;ellement changer &#187;, choisissant d'accepter l'appel de Tsipras &#224; lui donner une &#171; seconde chance &#187; et pr&#233;f&#233;rant Syriza &#224; Nouvelle D&#233;mocratie pour superviser le nouveau memorandum. Unit&#233; Populaire a pens&#233; qu'&#224; la scission dans le parti correspondrait une scission correspondante dans le corps &#233;lectoral de Syriza. En r&#233;alit&#233;, les relations de repr&#233;sentation politique se sont r&#233;v&#233;l&#233;es bien plus complexes. Et le fait qu'il y ait eu un d&#233;lai et des allers et retours dans le processus de sortie de Syriza n'ont pas non plus arrang&#233; les choses. Unit&#233; Populaire a enfin &#233;chou&#233; &#224; faire appel efficacement &#224; la col&#232;re de la jeunesse sans avenir et au d&#233;sespoir qui a conduit de nombreux &#233;lecteurs &#224; l'abstention ou &#224; des choix tels que l'Union du Centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; faire d'Unit&#233; Populaire ce nouveau front indispensable, cette sorte de front qui s' engagerait s&#233;rieusement dans le d&#233;bat et l'action &#224; propos des probl&#232;mes h&#233;rit&#233;s de Syriza. Nous sommes apparus comme une variante de Syriza qui aurait &#233;t&#233; fid&#232;le &#224; ses principes plut&#244;t que comme un nouveau front &#233;mergeant de mani&#232;re organique du mouvement et de la dynamique des antagonismes sociaux. Le manque d'auto-critique &#224; propos de la participation de membres de la Plate-Forme de Gauche au gouvernement de Syriza a &#233;galement contribu&#233; &#224; cette image. Durant la campagne, nous avons &#233;chou&#233; &#224; insister sur ce qui &#233;tait, peut-&#234;tre, notre point le plus fort, &#224; savoir que nous avions un discours alternatif &#224; propos de l'annulation de la dette et de la sortie de l'Eurozone. Les &#233;lecteurs attendaient un programme complet et une sch&#233;ma de sortie de l'Eurozone et non pas une simple rh&#233;torique anti-aust&#233;rit&#233; et anti-memorandum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unit&#233; Populaire n'a pas r&#233;ussi &#224; s'ouvrir &#224; toutes les formes de radicalit&#233; apparues avec la crise de Syriza ni &#224; toutes les exp&#233;riences du mouvement social. Plus encore, les probl&#232;mes de communication r&#233;els entre les diff&#233;rentes sensibilit&#233;s et vari&#233;t&#233;s de la gauche radicale, tant &#224; l'ext&#233;rieur qu'&#224; l'int&#233;rieur de Syriza, ont perdur&#233;, y compris le fait que la direction de la Plate-forme de Gauche &#233;tait plus m&#233;fiante qu'elle ne l'aurait d&#251; vis-&#224;-vis d'autres tendances et qu'elle n'a pas su r&#233;aliser le besoin d'un appel largement ouvert &#224; tous les participants potentiels &#224; Unit&#233; Populaire. De plus, la formation n'a pas r&#233;ussi &#224; offrir suffisamment de garanties qu'elle serait ouverte et d&#233;mocratique, lib&#233;r&#233;e de la logique bureaucratique qui minait Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les &#233;lections ont eu lieu. Nous devons faire face &#224; la mise en &#339;uvre du troisi&#232;me m&#233;morandum, &#224; une aust&#233;rit&#233; agressive et &#224; une nouvelle s&#233;rie de r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales. Nous sommes confront&#233;s au d&#233;fi de la reconstruction du mouvement et de la confiance dans les capacit&#233;s de victoire du mouvement. Unit&#233; Populaire et toute la gauche radicale (ce qui comprend aussi Antarsya, des militants qui ont quitt&#233; Syriza et qui n'ont pas rejoint Unit&#233; Populaire, des voix critiques issues du milieu du KKE et des militants des mouvements sociaux) doit s'engager dans le processus n&#233;cessaire, n&#233;cessairement douloureux, d'auto-critique et de relecture de la conjoncture dans une tentative de r&#233;inventer la gauche radicale en tant que projet contre-h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera une t&#226;che difficile, mais il n'y a l&#224; rien de nouveau : la politique de gauche, c'est construire un bateau quand on est d&#233;j&#224; au milieu d'une mer d&#233;mont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Mathieu Dargel pour le site d'Ensemble ! (&lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date : 28/09/2015 - 09:14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Rassemblement syndical en &#233;ducation - Le vent se l&#232;ve</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rassemblement-syndical-en-education-Le-vent-se-leve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rassemblement-syndical-en-education-Le-vent-se-leve</guid>
		<dc:date>2015-10-06T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique d'aust&#233;rit&#233; et r&#233;sistances populaires</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;gociations du secteur public</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 26-27 septembre, l'ASS&#201; organisait un &#171; Rassemblement syndical en &#233;ducation &#187; (RSE). Plus de 150 participant-es &#233;taient au rendez-vous pendant deux jours, essentiellement pour &#233;changer sur les processus de mobilisation en cours. En fin de compte, la rencontre r&#233;unissait les militant-es de l'ASS&#201; eux-m&#234;mes, de m&#234;me que plusieurs syndicats de profs de c&#233;geps, et ce de plusieurs r&#233;gions du Qu&#233;bec. &#192; ceux ci s'ajoutaient les r&#233;seaux comme les Profs contre la hausse (PCH), des syndicats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH34/arton23508-ae4be.png?1677097179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='34' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 26-27 septembre, l'ASS&#201; organisait un &#171; Rassemblement syndical en &#233;ducation &#187; (RSE). Plus de 150 participant-es &#233;taient au rendez-vous pendant deux jours, essentiellement pour &#233;changer sur les processus de mobilisation en cours. En fin de compte, la rencontre r&#233;unissait les militant-es de l'ASS&#201; eux-m&#234;mes, de m&#234;me que plusieurs syndicats de profs de c&#233;geps, et ce de plusieurs r&#233;gions du Qu&#233;bec. &#192; ceux ci s'ajoutaient les r&#233;seaux comme les Profs contre la hausse (PCH), des syndicats d'&#233;tudiant-es salari&#233;-es et quelques autres groupes, dont la F&#233;d&#233;ration autonome de l'enseignement (FAE). Les centrales syndicales CSN, FTQ et CSQ, de m&#234;me que les f&#233;d&#233;rations comme la FNEEQ, n'&#233;taient pas pr&#233;sentes. Elles avaient l'&#171; excuse &#187; de ne pas avoir &#233;t&#233; invit&#233;es formellement (seuls les syndicats locaux l'avaient &#233;t&#233;), mais sur le fonds, elles auraient pu avoir des observateurs. On pr&#233;sume que cela ne faisait pas partie de leurs priorit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour de l'ASS&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passablement amoch&#233;s par la gr&#232;ve du printemps dernier, les militant-es de l'ASS&#201; ont pass&#233; l'&#233;t&#233; &#224; panser leurs plaies, &#224; refaire des collectifs fonctionnels et &#224; reprendre la discussion avec la masse &#233;tudiante, ce qui a toujours &#233;t&#233; leur grande force. Les ultra-anarchistes, qui en avaient men&#233; large, notamment &#224; l'UQAM, se sont &#233;vapor&#233; dans la nature. On ne sait pas trop pourquoi, si ce n'est qu'ils ont &#233;t&#233; traumatis&#233;s eux-m&#234;mes par leur &#233;chec fracassant. Pendant des mois, le d&#233;bat a tourn&#233; en rond, du fait d'une opposition &#224; l'&#233;laboration d'une strat&#233;gie, avec en contrepartie, une propension &#224; privil&#233;gier des &#171; coups de force &#187; &#233;ph&#233;m&#232;res. Ce qui selon les id&#233;ologues de ce courant de pens&#233;e, d&#233;coule de la libert&#233; des individus et du &#171; principe &#187; de la &#171; diversit&#233; des tactiques &#187;, ce qui veut dire que n'importe qui peut faire n'importe quoi sans &#234;tre imputable devant le collectif. Tout cela a men&#233; &#224; diverses aventures irr&#233;fl&#233;chies. Les &#171; nanars &#187; (c'est ainsi que les militants de l'ASS&#201; de l'UQAM les nomment) se sont eux-m&#234;mes peintur&#233;s dans le coin, ce qui pourrait expliquer leur &#233;vacuation honteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, il faudra du temps pour r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts. Dans le tour de salle qui commen&#231;ait le RSE, les &#233;tudiant-s &#233;taient sans complaisance ni na&#239;vet&#233;, expliquant que le cynisme ambiant parmi la gent &#233;tudiante, directement h&#233;rit&#233; de l'&#233;chec du printemps dernier, limitait beaucoup la mobilisation. Pour autant, on se retrousse les manches. Pour cela, l'ASS&#201; dispose d'un corps de militant-es aguerri-es, d&#233;termin&#233;-es, conscient-es &#224; la fois des enjeux &#224; court terme et des batailles &#224; long terme. La grande lutte contre la marchandisation de l'&#233;ducation passe d'abord et avant tout cet automne par la r&#233;sistance contre l'&#171; aust&#233;rit&#233; &#187; et le soutien aux profs, au premier plan de la ligne de front. Les militant-es &#233;tudiant-es ne prendront pas l'initiative, mais ils seront tr&#232;s pr&#233;sent-es. Ils ont d&#233;j&#224; r&#233;-entrepris ce que le flop de l'an pass&#233; avait mis de c&#244;t&#233;, l'&#233;ducation populaire, les rencontres de &#171; cuisine &#187;, le travail discret mais rigoureux au plan local et la construction d'une visions strat&#233;gique, &#224; long terme, tenant compte de l'ensemble des facteurs en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation des profs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte actuel, ce sont les profs, et en particulier les profs de c&#233;gep, qui sont en mesure de mener le jeu. Ils ont la plupart du temps des syndicats militants o&#249; depuis plusieurs semaines, des votes de gr&#232;ves sont pris &#224; 80 ou 85 % devant des assembl&#233;es bond&#233;es. Des syndicats locaux comme celui des profs d'Ahuntsic se pr&#233;parent depuis deux ans, ayant constitu&#233; leur propre fonds de gr&#232;ve. Ils sont pr&#234;ts. Avant les grandes mobilisations pr&#233;vues en octobre et novembre, il y a plusieurs actions de &#171; r&#233;chauffement &#187; : lignes de piquetage, boycottage des activit&#233;s extra-scolaires, manifestations &#171; intramuros &#187; notamment lors des rencontres des conseils d'administration, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait &#224; noter &#233;galement, il se d&#233;veloppe dans plusieurs &#233;tablissements des coalitions ad hoc entre profs, employ&#233;-es de soutien, professionnel-les et &#233;tudiant-es, via notamment des &#171; comit&#233;s de mobilisation &#187; qui affirment vouloir d&#233;passer les limites corporatistes et &#171; faciliter les &#233;changes entre des groupes qui se c&#244;toient quotidiennement mais qui ont rarement l'occasion d'aborder ensemble des probl&#233;matiques de nature politique et sociale &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article23381&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir le texte d&#233;j&#224; paru dans PTAG sur le comit&#233; de mobilisation du c&#233;gep de Maisonneuve&lt;/a&gt;). Les syndicats d'&#233;tudiant-es salari&#233;es, qui se sont mis en place dans le sillon des mouvements &#233;tudiants de 2005 et de 2012, font &#233;galement le pont entre les traditions &#233;tudiantes et le fonctionnement d'instances syndicales. Ils am&#232;nent dans le syndicalisme, jusqu'&#224; un certain point, une culture de la participation et du d&#233;bat qui dans plusieurs cas fait d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre de position&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les profs sont pr&#233;sentement gonfl&#233;s &#224; bloc, personne ne s'illusionne trop sur ce qui les attend. Il y a d'une part un certain sentiment d'angoisse par rapport au Front commun du secteur public qui, avec ses 500 000 membres, est une grosse machine difficile &#224; faire bouger. &#192; part le contingent de l'&#233;ducation (profs de c&#233;gep et enseignant-es du primaire et du secondaire), on ne sent pas trop le vent de la mobilisation ailleurs. Le gigantesque secteur de la sant&#233; est disloqu&#233; par la d&#233;structuration en cours sous l'&#233;gide du ministre Barrette, qui d&#233;fait les unit&#233;s et cr&#233;e une atmosph&#232;re d&#233;l&#233;t&#232;re avec d'&#233;normes coupures de postes et de d&#233;placements. Les autres syndicats de la fonction publique, notamment l'important SFPQ, sont passifs depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des profs, on est sceptiques par rapport aux directions des centrales dont le premier r&#233;flexe est de s'aplatir devant les dispositifs juridiques. C'est une contrainte r&#233;elle, mais la n&#233;cessit&#233; s'impose de penser &#224; ce qui peut &#234;tre fait, car le gouvernement n'h&#233;sitera pas une seule seconde avant d'imposer des lois sp&#233;ciales. Aussi, plusieurs syndicats veulent qu'on en discute maintenant. Peut-on &#233;viter de s'embarquer dans un processus de mobilisation qui va avorter &#224; la derni&#232;re minute et d&#233;courager tout le monde ? C'est la question &#224; $64 millions, mais minimalement, les profs veulent qu'on pr&#233;vienne le coup. Pour autant, confronter les lois ill&#233;gitimes et r&#233;pressives n'est pas une mince t&#226;che. On l'a vu lors du printemps 2012, et pourtant, l'ASS&#201; avait alors trouv&#233; le moyen de rallier la multitude, outr&#233;e de la loi liberticide et de la r&#233;pression tout azimut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le contexte est diff&#233;rent, mais l'enjeu reste le m&#234;me. Sans &#233;largir la mobilisation et gagner la bataille de l'opinion publique, sans une force organis&#233;e pr&#234;te &#224; r&#233;sister aux assauts de l'&#233;tat, y compris par la d&#233;sob&#233;issance civile, il est peu probable qu'on aille loin. Pour cela, il est absolument n&#233;cessaire de lier ensemble la bataille contre l'aust&#233;rit&#233; et les revendications syndicales sur les salaires et les conditions de travail. Or l'imp&#233;ratif de produire ce lien n'est pas accept&#233; par tout le monde, en particulier au sommet de la hi&#233;rarchie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On continue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre du RS&#201; a brass&#233; tout cela dans un climat convivial, selon les m&#233;thodes &#233;prouv&#233;es par les militant-es &#233;tudiant-es qui mettent l'emphase sur la d&#233;lib&#233;ration et la participation de tous et chacun, au lieu des assembl&#233;es traditionnelles o&#249; on &#233;coute les &#171; cheufs &#187;. Cela demande de la patience et cela prend du temps, mais il n'y a pas de raccourci. C'est la m&#234;me m&#233;thode qui est d&#233;ploy&#233;e localement par des associations, des syndicats et des r&#233;seaux comme les PCH. Le RS&#201; pourrait convoquer &#224; nouveau &#224; l'automne, d&#233;pendamment de l'allure des choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Construire une riposte unitaire aux politiques du gouvernement Couillard (vid&#233;o)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Construire-une-riposte-unitaire-aux-politiques-du-gouvernement-Couillard-video</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Construire-une-riposte-unitaire-aux-politiques-du-gouvernement-Couillard-video</guid>
		<dc:date>2015-10-06T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;gociations du secteur public</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce petit texte vise essentiellement &#224; aider &#224; synth&#233;tiser l'essentiel des interventions qui ont eu lieu durant la soir&#233;e organis&#233;e par le Comit&#233; intersyndical de Qu&#233;bec solidaire de la Capitale-Nationale, le 17 septembre dernier &#224; Qu&#233;bec. Ces discussions ont &#233;t&#233; aux dires de plusieurs int&#233;ressantes et enrichissantes par rapport aux questions que nous allons devoir discuter dans la cadre des n&#233;gociations dans le secteur public et des mobilisations que ces n&#233;gociations ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-contre-l-austerite-" rel="directory"&gt;Mouvement contre l'aust&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Negociations-du-secteur-public-2014-2016-+" rel="tag"&gt;N&#233;gociations du secteur public&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton23518-b8ea8.png?1677097179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce petit texte vise essentiellement &#224; aider &#224; synth&#233;tiser l'essentiel des interventions qui ont eu lieu durant la soir&#233;e organis&#233;e par le Comit&#233; intersyndical de Qu&#233;bec solidaire de la Capitale-Nationale, le 17 septembre dernier &#224; Qu&#233;bec. Ces discussions ont &#233;t&#233; aux dires de plusieurs int&#233;ressantes et enrichissantes par rapport aux questions que nous allons devoir discuter dans la cadre des n&#233;gociations dans le secteur public et des mobilisations que ces n&#233;gociations ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; susciter. Vous trouverez ci-dessous deux vid&#233;os qui reproduisent l'ensemble des interventions faites durant cette soir&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contexte de la n&#233;gociation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Couillard est en demande dans tous les secteurs : &#233;ducation, sant&#233; et fonction publique. Ses propositions salariales constituent en fait, si on tient compte de l'inflation, une d&#233;t&#233;rioration du pouvoir d'achat de l'ensemble des travailleuses et des travailleurs de ce secteur. Toute une s&#233;rie d'acquis en ce qui concerne les conditions de travail sont remis en question. Ces intentions de la partie patronale ne constituent pas seulement une attaque contre ces employ&#233;Es. Ce sont les services publics qui seront d&#233;grad&#233;s si le gouvernement lib&#233;ral r&#233;ussit &#224; imposer ses vues. Dans l'&#233;cole, les conditions d'apprentissage seront plus d&#233;t&#233;rior&#233;es : hausse du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe, disparation de la prise en compte au niveau de la formation des groupes-classe des personnes en difficult&#233;s d'apprentissage, coupures dans le personnel professionnel de soutien. En sant&#233;, le non-remplacement de poste conduit &#224; un alourdissement consid&#233;rable de la t&#226;che qui &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; la limite du supportable. Toute cette d&#233;t&#233;rioration des services publics ne vise qu'&#224; cr&#233;er les conditions d'une privatisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e au profit des investisseurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant, le gouvernement dans le processus de n&#233;gociation s'est montr&#233; autoritaire, intransigeant et inflexible. C'est un gouvernement compl&#232;tement ferm&#233; aux propositions syndicales y compris en ce qui concerne l'am&#233;lioration des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie patronale est simple : faire tra&#238;ner les n&#233;gociations, laisser pourrir le conflit, tenter une s&#233;rie de manoeuvres de division entre les organisations syndicales, manipuler l'opinion publique pour tenter d'isoler les syndicats du reste de la population et enfin utiliser des mesures r&#233;pressives : loi sp&#233;ciale de retour au travail et d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations syndicales du secteur public engagent ces n&#233;gociations avec des droits syndicaux restreints par la loi sur les services essentiels. Non seulement le droit de gr&#232;ve, particuli&#232;rement dans le secteur de la sant&#233;, est r&#233;duit &#224; peu de chose, mais les diff&#233;rents gouvernements ont eu tendance &#224; nier compl&#232;tement le droit de gr&#232;ve et &#224; d&#233;cr&#233;ter plus souvent qu'&#224; leur tour. Dans ce contexte, les derniers accords sign&#233;s avaient plus comme objectif de prot&#233;ger le r&#233;gime de n&#233;gociation que d'enregistrer de v&#233;ritables gains pour le personnel de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les positions strat&#233;giques qui d&#233;coulent de cette situation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications salariales, pour les plus bas salari&#233;Es, particuli&#232;rement dans le secteur de la sant&#233; sont une simple question de justice. Le foss&#233; se creuse par rapport aux salaires &#233;quivalents dans le secteur priv&#233;. L'offre patronale est donc &#224; ce niveau tout simplement odieux. Mais il n'en reste pas moins, que la nature et l'ampleur des attaques gouvernementales contre les services publics constituent une remise en question de la possibilit&#233; pour les travailleuses et les travailleurs de fournir des services ad&#233;quats &#224; la population. C'est ce qui est au fondement du raz le bol g&#233;n&#233;ralis&#233; des employ&#233;Es face aux politiques d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement Couillard. Et c'est ce qui explique, pour une bonne part, la volont&#233; de se mobiliser pour contrer les politiques de ce gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;passer la division intersyndicale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re t&#226;che des organisations syndicales est de f&#233;d&#233;rer ce ras-le-bol. La construction du Front commun constitue un pas important dans cette direction. Il en reste pas moins que des contingents importants, comme les infirmi&#232;res et infirmiers de la FIQ, restent en dehors de ce Front commun. Cela ne les a cependant pas emp&#234;ch&#233;s de se heurter &#224; l'intransigeance des n&#233;gociateurs gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'unit&#233; syndicale ne doit pas cependant rester la pr&#233;rogative des &#233;tats-majors. Que ce soit au niveau local ou r&#233;gional, des coordinations syndicales sont possibles. Et il faut d&#232;s maintenant mettre sur pied des regroupements permettant d'actualiser le partage de la d&#233;termination des perspectives et des actions. D&#233;j&#224;, au niveau des c&#233;geps, des comit&#233;s de mobilisation ont &#233;t&#233; mis sur pied qui regroupent des profs, des &#233;tudiantEs et du personnel de soutien. Des initiatives similaires sont possibles dans les divers &#233;tablissements de sant&#233;. La construction de coordinations r&#233;gionales bas&#233;es sur ces comit&#233;s de mobilisation permettrait que fleurisse tout le potentiel de mobilisation que l'exasp&#233;ration face aux politiques gouvernementales a cr&#233;&#233;. Mais cela ne se fera pas spontan&#233;ment. Les militantEs syndicaux ont devant eux des d&#233;fis majeurs &#224; cet &#233;gard. Mais, ce qui appara&#238;t de plus en plus &#233;vident, c'est que la victoire n&#233;cessitera la construction d'un front commun autant &#224; la base qu'au sommet et ayant un fonctionnement radicalement d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;er des liens entre les syndicats et le reste de la population&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs et la strat&#233;gie patronale n&#233;cessitent pour y faire face la construction de solidarit&#233;s citoyennes agissantes. La mobilisation des parents en d&#233;fense de l'&#233;cole publique est exemplaire &#224; cet &#233;gard. Elle participe &#224; la d&#233;construction du discours patronal. Ce sont les parents et les enseignantEs qui sont en d&#233;fense de l'&#233;cole publique. C'est le gouvernement qui fait oeuvre de destruction. Les projets gouvernementaux en &#233;ducation commencent d&#233;j&#224; &#224; &#234;tre d&#233;l&#233;gitim&#233;s. Et ce travail doit se poursuivre. Un travail similaire pourrait &#234;tre fait avec les usagers et usag&#232;res des services de sant&#233;. Une campagne pour un r&#233;investissement massif en sant&#233; pourrait trouver un &#233;cho majeur dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la p&#233;riode de gr&#232;ves perl&#233;es peut &#234;tre une occasion d'un travail politique syst&#233;matique pour contrer la d&#233;magogie gouvernementale sur la rigueur afin de d&#233;montrer largement les intentions r&#233;gressives du gouvernement et pour d&#233;noncer comme il sert les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve sociale ou la g&#233;n&#233;ralisation de la solidarit&#233; syndicale &#224; la majorit&#233; populaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la r&#233;pression gouvernement Charest contre le mouvement &#233;tudiant en 2012, la population a commenc&#233; &#224; se mobiliser et &#224; sortir les casseroles. Face &#224; la loi sp&#233;ciale qui menace, une riposte similaire est possible, si elle est organis&#233;e. La majorit&#233; populaire reconna&#238;tra sans doute le caract&#232;re inacceptable et ill&#233;gitime d'une loi sp&#233;ciale qui imposera non seulement le retour au travail, mais &#233;galement la d&#233;t&#233;rioration des services publics. Une escalade des actions citoyennes vers la gr&#232;ve sociale serait la meilleure d&#233;fense des travailleurs et travailleuses du secteur public en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail coordonn&#233; entre les organisations syndicales, f&#233;ministes, populaires et &#233;tudiantes pourra cr&#233;er un climat d&#233;montrant que la paix sociale est termin&#233;e et que le gouvernement va se heurter &#224; une r&#233;sistance compacte des diff&#233;rents mouvements sociaux et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement Couillard n'a aucune l&#233;gitimit&#233; pour mener sa politique d'aust&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire, comme le rappelait sa repr&#233;sentante &#224; cette soir&#233;e, consid&#232;re que le gouvernement Couillard r&#233;pond essentiellement aux pressions du 1% qui veut payer moins d'imp&#244;t (il promet d'ailleurs de baisser leurs imp&#244;ts), voir ouvrir de nouveaux champs d'investissement par le d&#233;veloppement de la sous-traitance et des privatisations des services publics et faire payer les classes ouvri&#232;res et populaires par la tarification des services publics&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il faut se d&#233;barrasser de ce gouvernement ill&#233;gitime. Il n'a aucun mandat pour ce faire. Une autre politique est possible. Il serait possible d'introduire un nouvel imp&#244;t sur les profits des banques, d'instaurer une fiscalit&#233; r&#233;ellement redistributive en introduisant de nouveaux paliers d'imposition, en cassant le pouvoir des pharmaceutiques qui fait exploser le prix des m&#233;dicaments, et, finalement, en refusant les politiques d'aust&#233;rit&#233;. Il s'agit de cr&#233;er les conditions d'un r&#233;investissement massif dans les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; dominante utilise les gouvernements pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts. Il faut, ensemble, avancer un autre projet de soci&#233;t&#233;, et, pour le r&#233;aliser, construire un v&#233;ritable pouvoir populaire &#224; la base comme dans les institutions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;re partie des &#233;changes entre la salle et les pan&#233;listes&lt;/h2&gt;&lt;iframe width=&#034;420&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/cIwxZtkakhQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me partie des &#233;changes entre la salle et les pan&#233;listes&lt;/h2&gt;&lt;iframe width=&#034;420&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/DKg4xNBh0mY&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand l'Inde se met en gr&#232;ve &#8211; La r&#233;forme du code du travail</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quand-l-Inde-se-met-en-greve-La-reforme-du-code-du-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quand-l-Inde-se-met-en-greve-La-reforme-du-code-du-travail</guid>
		<dc:date>2015-10-06T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Martenot</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un conflit social d'une ampleur jamais vue. Mercredi 2 septembre, ce sont pr&#232;s de 150 millions de travailleuses et travailleurs de toute l'Inde et de tous secteurs qui ont refus&#233; de rejoindre leur poste. Ils&#183;Elles s'opposaient &#224; la r&#233;forme du code du travail propos&#233;e par le Premier ministre Narendra Modi, membre de l'ultranationaliste et conservateur Bharatiya Janata Party. Entre autres, ils&#183;elles r&#233;clamaient un salaire minimum d&#233;cent, l'am&#233;lioration des normes de s&#233;curit&#233; au travail et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton23522-0d9c4.jpg?1677097179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un conflit social d'une ampleur jamais vue. Mercredi 2 septembre, ce sont pr&#232;s de 150 millions de travailleuses et travailleurs de toute l'Inde et de tous secteurs qui ont refus&#233; de rejoindre leur poste. Ils&#183;Elles s'opposaient &#224; la r&#233;forme du code du travail propos&#233;e par le Premier ministre Narendra Modi, membre de l'ultranationaliste et conservateur Bharatiya Janata Party. Entre autres, ils&#183;elles r&#233;clamaient un salaire minimum d&#233;cent, l'am&#233;lioration des normes de s&#233;curit&#233; au travail et la s&#233;curit&#233; sociale pour celles et ceux qui travaillent dans l'&#233;conomie informelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous le fallacieux pr&#233;texte de simplifier le code du travail, r&#233;gi par des centaines de lois et diff&#233;renci&#233; selon les Etats, Modi offre aux employeur&#183;e&#183;s une r&#233;forme qui est loin de leur porter pr&#233;judice. Il y a 15 mois, le Premier ministre avait d&#233;j&#224; us&#233; d'un argumentaire ouvertement promarch&#233; pour se faire &#233;lire. Aujourd'hui, il joue la carte du discours alarmiste, augurant une fuite des investisseurs &#233;trangers si sa r&#233;forme n'est pas accept&#233;e. Lorsque l'on sait que la croissance indienne atteint 7 %, on con&#231;oit que ce boniment sert de pr&#233;texte pour l&#233;gitimer le privil&#232;ge accord&#233; au profit et la d&#233;molition d'une protection sociale d&#233;j&#224; peu &#233;tendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme envisag&#233;e pr&#233;voit diff&#233;rentes mesures, dont les plus scandaleuses sont la limitation du droit des travailleuses et travailleurs &#224; se regrouper en syndicat, une facilitation des licenciements pour les entreprises de moins de 300 employ&#233;&#183;e&#183;s et la lib&#233;ralisation de l'engagement des emplois pr&#233;caires. L'impact est particuli&#232;rement important pour les petites soci&#233;t&#233;s, or elles repr&#233;sentent plus de 85 % des manufactures du sous-continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;150 millions de gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales centrales syndicales et certains partis de gauche se sont ralli&#233; pour d&#233;noncer cette r&#233;forme en appelant &#224; la gr&#232;ve. Ils ont &#233;t&#233; plus loin en exigeant une augmentation du salaire minimum (&#224; 250 $ par mois), ainsi que la protection sociale et la s&#233;curit&#233; au travail pour toutes et tous. Ils ont &#233;galement r&#233;clam&#233; que le gouvernement renonce &#224; la vente des parts des entreprises publiques pour renflouer ses caisses et &#224; la fermeture des structures dites &#171; improductives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e de gr&#232;ve s'est d&#233;roul&#233;e dans le calme dans la majorit&#233; des villes du pays ; seuls des heurts avec la police ont &#233;t&#233; relev&#233;s &#224; Kolkata (Calcutta). Partout, des secteurs aussi vari&#233;s que les services (banques, administrations publiques&#8230;), l'industrie, les mines et les transports se sont immobilis&#233;s. La port&#233;e du mouvement s'illustre encore davantage par le fait que les salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur informel, parmi les plus pr&#233;caires (journaliers, serviteurs, vendeurs&#8230;), se sont associ&#233; &#224; la protestation. En outre, les jeunes ont &#233;t&#233; largement repr&#233;sent&#233;s dans cette spectaculaire manifestation d'opposition &#224; l'exploitation du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Population &#224; bout de souffle et radicalisation des syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve montre le raffermissement des positions de la plupart des syndicats du pays. En effet, depuis l'ouverture au march&#233; mondial de l'Inde et la lib&#233;ralisation progressive de l'&#233;conomie, les syndicats ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; une radicalisation et un d&#233;tachement des partis traditionnels. Face &#224; la r&#233;duction du secteur public et secondaire ainsi qu'&#224; l'augmentation du secteur informel, ils se sont rapproch&#233;s de leur base populaire et ont amorc&#233; une coordination qui semble porter ses fruits. Depuis 1991, pas moins de 17 gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales ont eu lieu, dont la plus impressionnante est certainement la derni&#232;re en date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre explication &#224; cet embrasement : malgr&#233; une entr&#233;e spectaculaire sur le march&#233; &#233;conomique globalis&#233;, l'Inde reste le pays des in&#233;galit&#233;s. A ce sujet, l'OIT a reconnu qu'entre 1999 et 2011, la productivit&#233; du sous-continent a cru de 12,6 %, alors qu'en parall&#232;le les salaires baissaient de 2 %. Quand la plus grande d&#233;mocratie du monde &#233;lit &#224; sa t&#234;te un d&#233;fenseur du profit des actionnaires et du patronat, seul le plus large front de protestation de l'histoire saura abattre l'aust&#233;rit&#233; et am&#233;liorer les conditions de vie de centaines de millions de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru dans &#171; solidarit&#233;S &#187; (Suisse) n&#176; 274 (16/09/2015) p. 5 : &lt;a href=&#034;http://www.solidarites.ch/journal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.solidarites.ch/journal/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fernando Rosas : &#171; La gauche radicale portugaise est l'une des plus fortes en Europe &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fernando-Rosas-La-gauche-radicale-portugaise-est-l-une-des-plus-fortes-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Fernando-Rosas-La-gauche-radicale-portugaise-est-l-une-des-plus-fortes-en</guid>
		<dc:date>2015-10-06T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Rosas</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dirigeant national du Bloc de gauche, Fernando Rosas analyse la situation politique du Portugal et expose les positions de son parti sur les alliances &#233;lectorales, la lutte contre l'aust&#233;rit&#233; et la sortie de l'euro. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 4 octobre prochain, les Portugais &#233;liront leurs d&#233;put&#233;s. Le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho (PSD et CDS-PP), au pouvoir depuis 2011, est en passe d'&#234;tre reconduit. Il devance aujourd'hui dans les sondages le PS qui, en charge entre 2009 et 2011, avait demand&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton23501-4a706.jpg?1674882702' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dirigeant national du Bloc de gauche, Fernando Rosas analyse la situation politique du Portugal et expose les positions de son parti sur les alliances &#233;lectorales, la lutte contre l'aust&#233;rit&#233; et la sortie de l'euro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 4 octobre prochain, les Portugais &#233;liront leurs d&#233;put&#233;s. Le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho (PSD et CDS-PP), au pouvoir depuis 2011, est en passe d'&#234;tre reconduit. Il devance aujourd'hui dans les sondages le PS qui, en charge entre 2009 et 2011, avait demand&#233; en 2010 l'assistance financi&#232;re de la Tro&#239;ka. Partout o&#249; elle est intervenue, celle-ci a impos&#233; des politiques d'aust&#233;rit&#233; extr&#234;mement s&#233;v&#232;res : hausse des imp&#244;ts (notamment de la TVA), baisse des salaires et des retraites, privatisations et pr&#233;carisation sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation pose un d&#233;fi &#224; une gauche radicale portugaise, forte mais &#233;clat&#233;e. J'ai interrog&#233; cet &#233;t&#233; Fernando Rosas, l'une des grandes figures du Bloc de gauche (Bloco de Esquerda), dont il a &#233;t&#233; l'un des cofondateurs en 1999. N&#233; en 1946, il a milit&#233; dans sa jeunesse au PC portugais &#8211; qu'il a quitt&#233; en 1968 au moment de l'intervention de l'URSS en Tch&#233;coslovaquie. Militant antifasciste, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; &#224; plusieurs reprises sous le r&#233;gime de Salazar. Il a &#233;t&#233; candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2001 pour le Bloc, et est devenu d&#233;put&#233; entre 1999 et 2002 et entre 2005 et 2009. Historien, il enseigne &#224; l'Universit&#233; nouvelle de Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Marli&#232;re. Pourrais-tu commencer par d&#233;crire la situation sociale et politique au Portugal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernando Rosas. Nous avons eu quatre ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; violente. Le PIB a baiss&#233; de 6% et nous avons 300.000 ch&#244;meurs suppl&#233;mentaires, m&#234;me si les chiffres du ch&#244;mage sont manipul&#233;s par le gouvernement qui ne compte pas, par exemple, les demandeurs d'emploi qui effectuent des stages. Depuis le d&#233;but de la crise, 500.000 Portugais ont &#233;migr&#233; &#224; l'&#233;tranger &#8211; c'est un retour aux chiffres de l'&#233;migration des ann&#233;es 70. C'est presque 100.000 personnes qui quittent le pays chaque ann&#233;e. C'est une immigration qualifi&#233;e, de jeunes dipl&#244;m&#233;s sans emploi. Le ch&#244;mage touche environ 40% de la jeunesse. C'est une situation sociale marqu&#233;e par la baisse r&#233;elle des salaires et des retraites. L'aust&#233;rit&#233; a permis au capital de transf&#233;rer le paiement de la dette des entreprises vers les salari&#233;s. Nous avons une dette publique de 130% du PIB, &#233;quivalente au budget national de la sant&#233;. En plus de l'aust&#233;rit&#233; qui a diminu&#233; les salaires, les retraites et l'aide sociale, nous sommes contraints de ne pas d&#233;passer la barre des 3% de d&#233;penses publiques impos&#233;e par l'Union europ&#233;enne. Nous avons des contraintes financi&#232;res qui vont nous emp&#234;cher de retrouver la croissance dans les vingt ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation portugaise n'est pourtant pas celle de la Gr&#232;ce&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne surveille nos finances, mais il est vrai que la Tro&#239;ka n'est plus pr&#233;sente au Portugal [NDLR : depuis 2014]. Les budgets du gouvernement portugais sont ent&#233;rin&#233;s par l'Union europ&#233;enne, avant d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;s au parlement portugais. Nous avons des obligations de la dette qui sont tr&#232;s pesantes. Le gouvernement actuel pr&#233;tend s'&#234;tre d&#233;barrass&#233; de la Tro&#239;ka. Mais l'ironie est que c'est ce m&#234;me gouvernement qui, de mani&#232;re z&#233;l&#233;e, a surpass&#233; les exigences de la Tro&#239;ka. Ce sont eux les responsables de la terrible situation &#233;conomique et sociale que vit notre pays. La droite au gouvernement dit qu'on ne peut pas arr&#234;ter les politiques d'aust&#233;rit&#233;, car le pays se retrouverait dans une situation identique &#224; celle de la Gr&#232;ce. Les socialistes ont le m&#234;me programme, mais proposent une aust&#233;rit&#233; plus soft. Le Parti socialiste (PS) ne parle pas de restructuration de la dette et il envisage de la rembourser int&#233;gralement. Il n'y a aucune volont&#233; chez les socialistes de s'opposer au plan de remboursement pr&#233;vu par l'Union europ&#233;enne. Le PS op&#232;re dans le m&#234;me cadre aust&#233;ritaire que la droite, ce qui va avoir des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les Portugais r&#233;agissent-ils &#224; cette situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages le soulignent : les &#233;lecteurs pensent que les diff&#233;rences politiques entre le PS et la droite sont tr&#232;s minces. Les gens ne comprennent pas ce qui diff&#233;rencie les deux camps. Le PS ne se risque pas &#224; adopter un discours un tant soit peu de gauche. On pouvait croire qu'Ant&#243;nio Costa, son nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, se positionnerait plus &#224; gauche. Ce n'est pas du tout ce qui s'est pass&#233;. Le programme du PS va plus loin que la droite dans le domaine de la lib&#233;ralisation du march&#233; du travail qui facilite davantage les licenciements. Les &#233;conomistes du PS insistent encore plus que la droite sur la n&#233;cessit&#233; d'individualiser le contrat de travail entre patrons et employ&#233;s ; contre le principe du contrat collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France le gouvernement Valls et son ministre des Finances Emmanuel Macron m&#232;nent la m&#234;me politique&#8230; Puisque le PS n'appara&#238;t pas comme un rempart contre l'aust&#233;rit&#233;, quelles perspectives cette situation ouvre-t-elle pour le Bloc de gauche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, l'alternative repose sur deux forces : le Parti communiste portugais (PCP) qui a une base solide de 9-10% et le Bloc de gauche qui a d&#233;j&#224; eu environ 8%. Nous esp&#233;rons avoir 5% des voix [NDLR : les derniers sondages le placent &#224; 7-8%]. Avec d'autres petits partis, la gauche radicale repr&#233;sente entre 15% et 20% des voix au Portugal. Nous avons l'une des gauches radicales les plus fortes en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le Bloc de gauche s'est constitu&#233; en 1999, on le d&#233;signait souvent comme le parti des &#034;causes fracturantes&#034;, c'est-&#224;-dire qu'il insistait sur les questions soci&#233;tales, post-mat&#233;rielles qui &#034;fracturent&#034; ou divisent la soci&#233;t&#233; portugaise, comme l'avortement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une image donn&#233;e par la presse de droite, plut&#244;t que la r&#233;alit&#233;. Ceci dit, il est vrai qu'avec un PCP traditionnel sur les questions de m&#339;urs et soci&#233;tales, c'est le Bloc qui a trait&#233; en premier de questions de soci&#233;t&#233; qui sont devenues aujourd'hui consensuelles : la criminalisation du harc&#232;lement sexuel ou de la violence domestique contre les femmes ; le mariage homosexuel ; le droit d'adoption d'enfants pour les couples gays ; la l&#233;galisation des drogues douces, etc. Dans la vie parlementaire portugaise, aucun parti ne s'occupait de ces th&#232;mes avant l'apparition du Bloc. Aujourd'hui, le PS et le PCP reprennent ces propositions et ces politiques. Il est donc vrai que cela a contribu&#233; &#224; donner au Bloc un profil &#034;soci&#233;tal&#034;. Mais ce n'est pas en soi l'objectif du Bloc de n'&#234;tre seulement que le parti des &#034;causes fracturantes&#034;. Certains pr&#233;disaient que le Bloc dispara&#238;trait une fois que ces questions auraient &#233;t&#233; trait&#233;es sur le plan l&#233;gal. Quand Francisco Lou&#231;&#227; a &#233;t&#233; remplac&#233; &#224; la t&#234;te du Bloc [NDLR : Lou&#231;&#227; fut le porte-parole du Bloc de gauche entre 1999 et 2012], il nous a en effet fallu un peu de temps pour trouver une formule de remplacement stable. Nous l'avons trouv&#233;e : c'est une jeune femme, Catarina Martins, qui est la nouvelle porte-parole de notre parti. Nous avons une autre jeune femme brillante, Mariana Mort&#225;gua &#224; Lisbonne, qui s'est distingu&#233;e en menant une enqu&#234;te parlementaire sur une affaire de corruption impliquant la banque Espirito Santo. L'unit&#233; est donc retrouv&#233;e dans le Bloc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence du Front de gauche, qui est un cartel de partis, le Bloc de gauche est un parti auquel on adh&#232;re directement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Il existe des courants organis&#233;s, mais l'affiliation au Bloc est individuelle. Les partis fondateurs du Bloc de gauche sont le Parti socialiste r&#233;volutionnaire (PSR &#8211; trotskyste), l'Union d&#233;mocratique populaire (UDP &#8211; mao&#239;ste), Politica XXI (d'ex-membres du Parti communiste portugais) et Ruptura / FER (trotskyste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es issu de quel parti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun. Je suis ind&#233;pendant ! (rires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#233;gime de Salazar, &#224; quel parti appartenais-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement pour la r&#233;organisation du parti du prol&#233;tariat (MRPP &#8211; mao&#239;ste) qui existe toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le PCF est membre du Front de gauche. Mais au Portugal, le PCP n'est pas dans une alliance avec vous. Il est d'ailleurs associ&#233; au parti Vert ; les deux forment la Coalition d&#233;mocratique unitaire (CDU). Qu'est-ce qui emp&#234;che une telle alliance, et est-elle envisageable un jour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCP a voulu freiner le d&#233;veloppement du parti Vert. Ils ont donc fait alliance avec lui. Mais le probl&#232;me est surtout la culture du PCP. Nous sommes en contact avec les communistes ; nous collaborons avec eux au parlement. Nous organisons de fr&#233;quentes r&#233;unions de direction. Mais il y a une culture sectaire tr&#232;s forte au sein du PCP. Il a peur de la mont&#233;e du Bloc, qui a d&#233;pass&#233; le PCP en 2009. Il craint que son association avec le Bloc n'incite des jeunes militants communistes &#224; nous rejoindre. Le PCP, surtout, continue de se penser comme le parti de l'avant-garde des travailleurs et de la gauche portugaise. Le PCP a pour habitude d'essayer de contr&#244;ler toutes les initiatives unitaires &#224; gauche. Ce n'est donc pas facile de travailler avec eux, mais nous sommes favorables &#224; des alliances &#233;lectorales avec le PCP. Je pense qu'un tel front &#233;lectoral va se r&#233;aliser un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y aura pas de fusion organique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. &#199;a, c'est compliqu&#233;. Il faut se souvenir que le PCP continue &#224; consid&#233;rer que les PC nord-cor&#233;en et chinois appartiennent au camp socialiste. &#199;a veut dire que nous avons des conceptions tr&#232;s diff&#233;rentes de ce que constitue l'id&#233;e m&#234;me du socialisme. Le PCP n'a jamais fait une critique de l'exp&#233;rience sovi&#233;tique. Les plus anciens dirigeants de ce parti soutiennent tout ce qui s'est pass&#233; en URSS. Nous avons une conception diff&#233;rente du socialisme, mais nous sommes proches sur le plan de la tactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la position que vous adoptez vis-&#224;-vis du PS ? En Gr&#232;ce, Syriza a remplac&#233; le PASOK qui a presque disparu. En France, le d&#233;passement de la social-d&#233;mocratie par la gauche radicale ne s'est pas r&#233;alis&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Est-ce que cela serait envisageable au Portugal ? Penses-tu que le Bloc doive, dans tous les cas de figure, refuser toute alliance &#233;lectorale avec le PS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait imaginer des accords avec le PS &#224; une double condition : qu'il revoie sa position sur la dette et sur le respect du pacte de stabilit&#233; europ&#233;en. Si le PS accepte de revoir sa position sur ces deux points, le Bloc est pr&#234;t &#224; des accords avec le PS. &#199;a, c'est absolument clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un accord avec le PS, y compris au gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'excluons rien, &#224; condition, je l'ai dit, que le PS accepte de revoir sa position sur la dette. Mais nous n'en sommes pas l&#224; aujourd'hui. Ce qui divise aujourd'hui, c'est la question de la ren&#233;gociation de la dette. Les socialistes sont contre, y compris apr&#232;s ce qui s'est pass&#233; entre la Gr&#232;ce et l'Eurogroupe. Nous avons publiquement tir&#233; les conclusions de cet &#233;pisode : premi&#232;rement, on ne peut pas mener de politique anti-aust&#233;rit&#233; dans le cadre de l'euro. Deuxi&#232;mement, l'eurozone est une sorte de dictature qui n'admet pas les choix d&#233;mocratiques des pays europ&#233;ens. Nous voulons donc ren&#233;gocier la dette et, le cas &#233;ch&#233;ant, nous serions pr&#234;ts &#224; sortir de l'euro. On ne fera pas l'erreur d'Alexis Tsipras qui est all&#233; aux n&#233;gociations sans plan B. Mais nous ne voulons pas critiquer publiquement Syriza. Notre position officielle est que nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; sortir de l'euro si les n&#233;gociations sur la dette n'aboutissent pas. Il faut pr&#233;senter cet argument de mani&#232;re tr&#232;s p&#233;dagogique car les Portugais sont tr&#232;s attach&#233;s &#224; l'Europe et &#224; l'euro. Ainsi, on ne dit pas :&#171; Notre programme est la sortie de l'euro &#187; ; on dit plut&#244;t : &#171; Notre programme est de ren&#233;gocier la dette &#187;. Si &#231;a ne marche pas, on doit se pr&#233;parer &#224; la sortie. Francisco Lou&#231;&#227;, qui est un &#233;conomiste, travaille sur ce sc&#233;nario ; nous sommes en train de faire des &#233;tudes sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCP a-t-il la m&#234;me position que vous sur cette question ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, m&#234;me s'il ne d&#233;fend pas ouvertement la sortie de l'euro. Dans le peuple portugais, il y a cette repr&#233;sentation un peu mythologique selon laquelle l'euro et la prosp&#233;rit&#233; sont li&#233;s. Ceci dit, des camarades dans le Bloc h&#233;sitent. La direction de notre parti est unanimement favorable &#224; ce nouveau sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc vient de proposer un r&#233;f&#233;rendum sur la Pacte de stabilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Nous avons propos&#233; des r&#233;f&#233;rendums sur tous les grands trait&#233;s, parce que le peuple portugais n'a &#233;t&#233; consult&#233; sur aucun trait&#233; important de l'Union europ&#233;enne : ni sur Maastricht, ni sur Lisbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du m&#233;morandum, de la Tro&#239;ka et de l'aust&#233;rit&#233;, dirais-tu que les Portugais restent attach&#233;s &#224; l'int&#233;gration europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Tu vois, le salazarisme a signifi&#233; la mis&#232;re et l'oppression pour le peuple portugais. L'Europe est ici tr&#232;s associ&#233;e &#224; la d&#233;mocratie. Cette association entre Europe et d&#233;mocratie nous oblige &#224; &#234;tre prudents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du Bloc, existe-t-il un courant eurosceptique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne du Bloc a &#233;t&#233; la d&#233;fense d'un europ&#233;isme de gauche. Il y a encore un courant europ&#233;iste tr&#232;s fort dans le Bloc. &#199;a a &#233;t&#233; notre ligne officielle jusqu'&#224; la crise grecque. Depuis, nous pensons que cette position n'est plus tenable, tant sur l'euro que sur la question m&#234;me de l'appartenance &#224; l'Union europ&#233;enne. La crise grecque nous a aid&#233;s &#224; comprendre qu'il y avait des impossibilit&#233;s &#224; mener des politiques alternatives &#224; l'aust&#233;rit&#233; dans le cadre de l'euro, et m&#234;me l'impossibilit&#233; de la d&#233;mocratie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'a fait Tsipras est d&#233;cevant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est tr&#232;s d&#233;cevant, mais nous ne voulons pas l'accabler publiquement. Nous pr&#233;f&#233;rons parler du chantage et de l'attaque de l'Eurogroupe. Le Bloc ne critique pas publiquement Tsipras. Dans nos discussions avec Syriza, nous leur avons demand&#233; : &#171; &#202;tes-vous pr&#233;par&#233;s, avez-vous un plan B pour vous sortir de l&#224; ? &#187; Mais Tsipras n'a jamais accept&#233; l'id&#233;e qu'il ne parviendrait pas &#224; un accord. Syriza aurait d&#251; se pr&#233;parer, anticiper une sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que Livre [&#034;libre&#034;], ce nouveau parti dirig&#233; par Rui Tavares [NDLR : eurod&#233;put&#233; du Bloc de gauche entre 2009 et 2011 jusqu'&#224; sa d&#233;fection au parti Vert], qui met en avant l'appartenance &#224; l'Union europ&#233;enne et promeut des th&#232;mes post-mat&#233;riels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ses dirigeants viennent du Bloc. Ils pensent que le PS va repartir un peu &#224; gauche. Ils se font des illusions. Ils pensent pouvoir &#234;tre une force d'appoint du PS au gouvernement. Ils sont dans une situation difficile selon les sondages. Ils auront du mal &#224; faire &#233;lire un d&#233;put&#233; car les &#233;lecteurs mod&#233;r&#233;s vont pr&#233;f&#233;rer le PS &#224; un petit parti qui lui ressemble. Au Portugal, il n'y a pas de vraie tradition socialiste, issue du mouvement ouvrier. Le PS est issu du radicalisme r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es un universitaire, un intellectuel, mais aussi un des membres fondateurs et dirigeants du Bloc de gauche. &#192; ce titre, tu as &#233;t&#233; candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pour le Bloc en 2001. &#199;a a d&#251; &#234;tre une exp&#233;rience int&#233;ressante. Quels souvenirs en gardes-tu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, j'ai &#233;t&#233; un militant toute ma vie. Sous la dictature de Salazar, j'ai &#233;t&#233; dans la clandestinit&#233;, puis en prison pendant quatre ans, avant le 25 avril [1974]. Apr&#232;s, j'ai continu&#233; de militer. Je viens d'une famille de militants. Il fallait un candidat en 2001, et j'ai donc accept&#233; de remplir ce r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'historien, tu es un sp&#233;cialiste du salazarisme, sujet sur lequel tu as publi&#233; plusieurs ouvrages. Quel est ton th&#232;me de recherche actuel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaille en ce moment sur deux choses : une recherche comparative entre le salazarisme et les fascismes europ&#233;ens. Je pr&#233;pare un livre sur ce th&#232;me. Je dirige &#233;galement un projet de recherche sur les Portugais morts dans les camps de concentration allemands pendant la guerre, ainsi que sur ceux qui furent mobilis&#233;s dans le Service du travail obligatoire dans l'Allemagne nazie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Philippe Marli&#232;re &#224; Lisbonne le 30 juillet 2015. Publi&#233; sur le site de Regards.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/des-verites-desagreables-par/article/fernando-rosas-la-gauche-radicale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.regards.fr/des-verites-desagreables-par/article/fernando-rosas-la-gauche-radicale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat espagnol-Catalogne. Un tremblement de terre qui n'en restera pas l&#224;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Catalogne-Un-tremblement-de-terre-qui-n-en-restera-pas-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Catalogne-Un-tremblement-de-terre-qui-n-en-restera-pas-la</guid>
		<dc:date>2015-10-06T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Josep Maria Antentas </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 28 - septembre - 2015 - Article publi&#233; le 28 septembre 2015 sur le site du quotidien en ligne P&#250;blico.es, traduction A L'Encontre) &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la perspective imm&#233;diate se dessine un sc&#233;nario d'affrontement in&#233;dit entre les institutions catalanes et celles de l'Etat, duquel on ne peut esp&#233;rer, &#224; court terme, aucun comportement d&#233;mocratique. Et dans le contexte d'une confrontation entre un mouvement d&#233;mocratique (avec ses insuffisances) et un Etat et un r&#233;gime dont les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Catalogne-+" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/arton23523-b28a3.png?1677096818' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 28 - septembre - 2015 - Article publi&#233; le 28 septembre 2015 sur le site du quotidien en ligne P&#250;blico.es, traduction A L'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la perspective imm&#233;diate se dessine un sc&#233;nario d'affrontement in&#233;dit entre les institutions catalanes et celles de l'Etat, duquel on ne peut esp&#233;rer, &#224; court terme, aucun comportement d&#233;mocratique. Et dans le contexte d'une confrontation entre un mouvement d&#233;mocratique (avec ses insuffisances) et un Etat et un r&#233;gime dont les d&#233;ficits en mati&#232;re d&#233;mocratique sont &#233;vidents, il ne fait de doute de quel c&#244;t&#233; il faudra se situer dans les moments d&#233;cisifs. Catalunya si que es Pot doit avoir bien &#224; l'esprit cette question. Du c&#244;t&#233; du front du non, seules s'affirment la crainte, la loi et l'ordre. Le bloc du oui ouvre des possibilit&#233;s et contient des germes d'esp&#233;rance, bien qu'il ait en son sein des d&#233;fauts de fabrication, soit l'h&#233;g&#233;monie en son sein de la droite n&#233;olib&#233;rale qui menace en permanence d'effacer tous les r&#234;ves que massivement beaucoup de Catalans placent dans l'ind&#233;pendance. Et cela peut aboutir &#224; un projet n&#233;olib&#233;ral autochtone qui vide la souverainet&#233; depuis l'int&#233;rieur. La CUP-Crida Constituent ne devra pas l'oublier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 27S [27 septembre 2015, date des &#233;lections autonomiques catalanes] confirme le tremblement de terre au ralenti qui a secou&#233; la soci&#233;t&#233; catalane au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es, &#233;branl&#233;e par les politiques d'aust&#233;rit&#233; et l'explosion, tout d'abord, du 15M [le mouvement des indign&#233;&#183;e&#183;s] et, ensuite, du mouvement ind&#233;pendantiste. Le syst&#232;me traditionnel des partis a &#233;clat&#233;. Des urnes sort une feuille de route qui indique que ce qui est &#224; venir sera aussi fort ou plus profond que ce qui s'est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Junts pel s&#237;, refondation de Convergencia et aspirations unitaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Junts pel S&#237; [Ensemble pour le Oui, form&#233; du parti d'Artur Mas, Converg&#232;ncia i Uni&#243; (CiU), d'ERC, Gauche r&#233;publicaine catalane ainsi que de personnalit&#233;s ind&#233;pendantes] obtient un bon r&#233;sultat, 1'616'962 voix (39,6%) et 62 d&#233;put&#233;s (bien que ce chiffre soit au-dessous de la somme de CiU et d'ERC en 2012 : 1'614'383, 44,4% et 72 d&#233;put&#233;s), soit suffisamment pour que cette coalition s'affirme comme la claire force dominante du panorama politique catalan. En termes de pourcentage, son r&#233;sultat est l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur &#224; celui obtenu par Mas en 2010 (38,47%) et inf&#233;rieur &#224; ceux obtenus par Convergencia i Uni&#243; [jusqu'en juillet 2015, ces deux formations formaient une coalition ; Uni&#243; est un parti &#171; d&#233;mocrate-chr&#233;tien &#187;] en 1984 (46,8%), 1988 (45,7%), 1992 (46,1%), 1995 (40,95%), bien qu'en termes de suffrages, il s'agit du chiffre le plus &#233;lev&#233; jamais obtenu par une force victorieuse (1'346'729 en 1984, 1'232'514 en 1988, 1'221'233 en 1992 ou encore 1'198'010 en 2010).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2436 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L459xH371/860add49b924d5ba-99984dd6-e848a.png?1717529637' width='459' height='371' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;CatalrsultJunts est une alliance in&#233;gale entre Convergencia et ERC, sous le leadership de la premi&#232;re force, avalis&#233;e par les organisations sociales promotrices du processus ind&#233;pendantiste, ANC [Assembl&#233;e nationale catalane] et Omnium [fond&#233; en 1961, &#224; l'origine pour promouvoir la langue catalane, elle fait partie des diff&#233;rentes organisations en faveur du &#171; droit &#224; d&#233;cider &#187;]. Sa cr&#233;ation a marqu&#233; la culmination des efforts d'A. Mas pour forcer la constitution d'une liste &#171; unitaire &#187; avec ERC, de telle sorte qu'il s'assure de sa continuit&#233; &#224; la pr&#233;sidence de la Generalitat [le gouvernement de la Catalogne]. Il s'agit l&#224; du r&#233;sultat direct de l'inqui&#233;tude de l'ind&#233;pendantisme suite aux tribulations qui ont suivi le 9N [9 novembre 2014, date d'une consultation sur l'ind&#233;pendance de la Catalogne, consid&#233;r&#233;e comme sans caract&#232;re l&#233;gal par le gouvernement central, r&#233;alis&#233;e sans le concours direct de la Generalitat, qui avait fait marche arri&#232;re] ; et, surtout, du fant&#244;me d'une possible victoire d'une &#233;ventuelle Catalunya en Com&#250; dans le sillage de Barcelona en com&#250;, dont le triomphe [le 24 mai 2015, lors des &#233;lections municipales] d&#233;chira tout le r&#233;cit officiel de la politique catalane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de Junts coexistent deux projets en tension. D'un c&#244;t&#233;, la pr&#233;tention de la droite catalaniste de refonder son espace politique chevauchant le processus ind&#233;pendantiste, une fois &#233;puis&#233; historiquement l'instrument Convergencia, construisant un nouveau parti &#171; national &#187; transversal qui se convertisse en axe central de la politique catalane. De l'autre, la volont&#233; d'ERC, d'ANC et d'Omnium d'articuler une liste unitaire qui garantisse une majorit&#233; ind&#233;pendantiste avec pour objectif de poursuivre le processus de rupture avec l'Etat. Il s'agit de deux objectifs strat&#233;giques distincts, mais qui ne sont pas oppos&#233;s, o&#249; le premier agit comme vampire du deuxi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Junts pel S&#237; soit l'instrument qui garantit la continuit&#233; de Mas &#224; la t&#234;te de la Generalitat et du processus ind&#233;pendantiste (sans le contr&#244;ler enti&#232;rement, faisant plut&#244;t office de surfeur sans lequel la planche dispara&#238;t mais sans qu'il contr&#244;le les vagues qui le pousse), cette coalition exprime les aspirations unitaires sinc&#232;res d'un grand nombre de personnes qui &#233;taient &#224; la recherche, &#224; partir de 2012, d'une traduction unitaire dans le domaine politico-&#233;lectoral de la clameur exprim&#233;e lors des quatre grandes mobilisations des 11 septembre [la Diada, soit la journ&#233;e nationale catalane]. Junts pel S&#237; recueille l'impulsion du mouvement citoyen pour l'ind&#233;pendance et offre une feuille de route qui semble vraisemblable au gros de la base sociale majoritaire de l'ind&#233;pendantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe, n&#233;anmoins, une contradiction aigu&#235; entre les espoirs de la base populaire et citoyenne de Junts pel S&#237; et la subordination de son projet strat&#233;gique &#224; un agenda n&#233;olib&#233;ral strict [les gouvernements d'Artur Mas ont men&#233; une politique aust&#233;ritaire qui est, sous certains aspects, plus &#171; avanc&#233;e &#187; que celle du gouvernement central de Mariano Rajoy]. Il y a l&#224; une br&#232;che dans laquelle plonger la pointe du couteau afin de mettre en lumi&#232;re les inconsistances de cette orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les danses du Parti des socialistes de Catalogne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27S confirme la perte de centralit&#233; du PSC (Parti des socialistes de Catalogne), dont le d&#233;clin historique est une tendance de fond fruit de son manque de cr&#233;dibilit&#233; autant sur le plan national que social, suite aux deux l&#233;gislatures de gouvernement Tripartit [tripartite, entre le PSC, ERC et ICV, le parti &#233;cologiste] en Catalogne (2003-2010) et aux deux gouvernements de Zapatero (2004-2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est cependant parvenu &#224; stabiliser sa chute et &#224; se redresser quelque peu apr&#232;s avoir &#233;t&#233; au bord d'une &#171; pasokisation &#187; [r&#233;f&#233;rence au Pasok de Gr&#232;ce] irr&#233;sistible, d'&#234;tre mis au tapis en raison du 15M et du processus ind&#233;pendantiste ; tout cela sous la &#171; direction &#187; inconsistante de Pere Navarro (entre novembre 2011 et juin 2014). Mais ses 520'000 suffrages (12,7%) et 16 si&#232;ges, bien qu'&#233;tant le pire r&#233;sultat de son histoire et inf&#233;rieur &#224; celui de 2012 (523'333 voix, 14,6%, et 20 d&#233;put&#233;s), montrent que le PSC semble avoir touch&#233; le fond et qu'il conserve des ressorts sur lesquels il pourra tenter de s'appuyer et de rebondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du PSC est un succ&#232;s eu &#233;gard aux perspectives initiales et donne de l'oxyg&#232;ne au PSOE en vue des &#233;lections g&#233;n&#233;rales imminentes [qui devraient se tenir en d&#233;cembre]. Le plus important pour le secr&#233;taire du parti, Miquel Iceta : avoir d&#233;pass&#233; les r&#233;sultats de Catalunya s&#237; que es Pot [coalition form&#233;e de Podem, de la branche de IU en Catalogne, Esquerra Unida i Alternativa, d'ICV et d'Equo]. Un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif pour que le parti puisse s'assurer un r&#244;le visible lors de la prochaine l&#233;gislature. Une fois encore, &#224; l'instar de ce qui s'est pass&#233; dans toutes les communaut&#233;s autonomes lors des &#233;lections du 24 mai dernier, Podemos reste derri&#232;re le PSOE, torpillant directement son hypoth&#232;se de victoire &#233;lectorale rapide sur les cendres des partis du r&#233;gime [PP et PSOE &#224; l'&#233;chelle de l'Etat].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, le PSC a su b&#233;n&#233;ficier de la perte de vitesse de Podemos &#224; l'&#233;chelle de l'Etat depuis janvier et de l'incapacit&#233; de Podem [version catalane de Podemos] de contrer une telle situation dans l'aire catalane ou de chevaucher sur la victoire de Barcelona en Com&#250; le 24 mai. Le candidat Miquel Iceta du PSC a &#233;galement &#233;t&#233; habile dans sa capacit&#233; &#224; combiner danses (populistes ?) et bons recours oratoires, se jetant de mani&#232;re inesp&#233;r&#233;e dans la campagne. Iceta a gagn&#233; lors de la campagne la place sous le soleil que d'autres n'ont pu avoir, vendant une &#171; fi&#232;vre du samedi soir &#187; [allusion au titre du film dans lequel joue John Travolta en 1977] suffisamment anim&#233;e pour transmettre de l'enthousiasme et suffisamment apais&#233;e pour attirer une partie de l'&#233;lectorat non polaris&#233;e par le d&#233;bat ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;chec de Catalunya s&#237; que es Pot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans laisser de doute &#224; la discussion, Catalunya s&#237; que es Pot (CSQP) a &#233;t&#233; le grand sinistr&#233; de ces &#233;lections. Entre les attentes initiales de r&#233;&#233;diter un succ&#232;s similaire &#224; celui de Barcelona en Com&#250; et les r&#233;sultats obtenus, 364'823 voix (8,9%) et 11 d&#233;put&#233;s, le contraste est cruel. Et, symboliquement, sa d&#233;b&#226;cle face &#224; un PSC, il y a quelques mois effondr&#233;, est d&#233;cisive. La r&#233;duction permanente d'horizons qu'a signifi&#233; sa campagne a peu de pr&#233;c&#233;dents. Si la carte dessin&#233;e suite aux &#233;lections municipales pouvait rendre imaginable la transformation du 27S en un Pesadilla en Mas Street [jeu de mots avec le film d'horreur Pesadilla en Elm Street, pesadilla signifant cauchemar] nous nous sommes finalement trouv&#233;s face &#224; un &#171; oui nous pouvons &#187; Desaparecido en Combate [disparu au combat] (vous souvenez-vous de Chuck Norris dans son r&#244;le de Rambo de s&#233;rie B ?). Les raisons de ce fiasco sont multiples et elles ne se superposent pas toujours de mani&#232;re coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, CSQP a &#233;t&#233; la victime de son propre fantasme et la menace de la constitution possible d'une candidature dans le sillage de Barcelona en Com&#250; pr&#233;cipita la formation de Junts pel S&#237;. Cela modifia compl&#232;tement le panorama politique, rendant impensable l'id&#233;e d'une victoire possible du &#171; oui nous pouvons &#187;, qui a perdu automatiquement la possibilit&#233; de se convertir en aimant &#171; attrape-tout &#187; o&#249; pourraient se concentrer les attentes de changement social face &#224; la Catalogne de Mas. Un effet d&#233;mobilisateur en cha&#238;ne s'ensuivit ainsi qu'une fuite centrifuge de suffrages potentiels en direction de Ciutadans et du PSC, d'un c&#244;t&#233;, et de la CUP [Candidatures d'unit&#233; populaire, parti de gauche radicale ind&#233;pendantiste] et de Junts pel s&#237;, de l'autre. Le &#171; noyau irradiant &#187; (pour utiliser l'un des termes utilis&#233;s par I&#241;igo Errej&#243;n, th&#233;oricien de Podemos) d'un projet h&#233;g&#233;monique, devint une passoire transperc&#233;e en diagonale par des dynamiques oppos&#233;es. Et elle perdit un bras de fer d&#233;cisif avec le PSC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, CSQP a &#233;t&#233; constitu&#233; sur la base d'un accord venu d'en haut entre partis (l'un, nouveau, mais en baisse et sans structure consolid&#233;e, Podem ; l'autre, ancien, ICV, avec une forte structure et un appareil, mais d&#233;j&#224; avec peu de poids &#233;lectoral), avec la photographie mortelle entre Pablo Iglesias et Joan Herrera [ancien secr&#233;taire et actuel vice-pr&#233;sident d'ICV] comme &#233;v&#233;nement fondateur, sans g&#233;n&#233;rer aucun type de dynamique populaire-citoyenne. Exactement &#224; l'inverse de ce qu'avait &#233;t&#233; Barcelona en Com&#250; (il faut reconna&#238;tre toutefois que sa campagne a mobilis&#233; un secteur important de la soci&#233;t&#233;, comme le refl&#232;te le succ&#232;s de la participation &#224; nombre de ses activit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;crochage du Proc&#233;s Constituent et la non-implication de Barcelona en Com&#250; [dont Ada Colau, maire de Barcelone, est la figure principale] port&#232;rent un coup fatal au projet en herbe. Bien entendu, les limitations des deux acteurs (le peu de coh&#233;sion interne dans le cas du Proc&#233;s, et la fatigue suite &#224; la gueule de bois des municipales ainsi que l'ascension au gouvernement municipal dans le cas de Barcelona en Com&#250;) peuvent expliquer partiellement leur absence lors de la tentative de r&#233;aliser une candidature du &#171; oui nous pouvons &#187; pour le 27S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la responsabilit&#233; fondamentale retombe sur le style d'appareil de la candidature &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvait Podemos et ICV, qui repoussa les deux acteurs qui auraient pu permettre un changement qualitatif du projet. Les deux partis surestim&#232;rent leurs forces et refus&#232;rent de renouveler le processus pour faciliter l'incorporation du Proc&#233;s et de Barcelona en Com&#250;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L455xH292/47fd18a87332578d-0e56fd8c-34eba.png?1717529637' width='455' height='292' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;D&#233;finitivement, ce qui se mit en marche fin juillet sous le nom de Catalunya s&#237; que es Pot n'avait d&#233;j&#224; plus grand chose &#224; voir avec le fant&#244;me, aussi prometteur pour certains qu'il constituait une menace pour d'autres, d'un Catalunya en com&#250; qui hantait la vie politique catalane apr&#232;s le 24 mai. Tenter de poursuivre la dynamique du changement des &#233;lections municipales sans l'appui de Barcelona en com&#250; ? Pr&#233;tendre disposer d'une cr&#233;dibilit&#233; sur le terrain souverainiste sans l'appui du Proc&#233;s Constituent ? Mission impossible [&#8230;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la polarisation autour du d&#233;bat sur l'ind&#233;pendance a &#233;t&#233; mortelle pour CSQP. Il a favoris&#233; Junts pel S&#237;, la CUP et Ciutadans [les deux premi&#232;res formations favorables &#224; l'ind&#233;pendance alors que la seconde s'y oppose fortement]. CSQP semblait se situer dans ce d&#233;bat dans un no man's land, sa position ne pouvant pas toujours se diff&#233;rencier de celle du PSC (malgr&#233; le fait qu'elle soit tr&#232;s diff&#233;rente).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;tentions initiales de Podemos de d&#233;border le cadre du d&#233;bat ind&#233;pendantiste [en insistant sur la question sociale] ne se sont pas mat&#233;rialis&#233;es. Podemos a &#233;t&#233; d&#233;bord&#233; par le cadre qu'il pr&#233;tendait surmonter. Le d&#233;bordeur d&#233;bord&#233;. A vouloir donner un coup de pied &#224; la table, il a &#233;t&#233; touch&#233; par cette derni&#232;re. La spirale n&#233;gative pour CSQP a &#233;t&#233; infernale. Le refus d'avoir un discours s&#233;rieux sur le processus ind&#233;pendantiste l'emp&#234;che de discuter avec sa base sociale de gauche li&#233;e &#224; la CUP et &#224; ERC. Manquer d'un discours espagnoliste clair ne permet pas de faire concurrence &#224; Ciutadans. Et &#224; ne pas pouvoir g&#233;n&#233;rer une dynamique gagnante, une partie de ses suffrages se sont redirig&#233;s vers le PSC. Sa base sociale lui &#233;chappe. Mettre sur la table un autre axe de d&#233;bat aurait permis de la garder. Un axe o&#249; CSQP aurait pu &#234;tre un p&#244;le attirant, en m&#234;me temps qu'il aurait pu offrir une proposition solide sur la question nationale avec la d&#233;fense ferme d'un processus constituant catalan. Un processus qui ne soit pas soumis &#224; des dynamiques [constituantes] &#224; l'&#233;chelle de l'Etat. Une orientation qui aurait &#233;t&#233; en syntonie avec une grande partie des aspirations de la base sociale ind&#233;pendantiste. Bien que CSQP revendiqu&#226;t dans son manifeste fondateur un processus constituant qui ne soit pas subordonn&#233;, ainsi que l'horizon d'une R&#233;publique catalane dont les liens en derni&#232;re instance avec l'Etat espagnol resteraient ouverts, son discours de campagne contourna compl&#232;tement une telle orientation, se centrant sur la lutte pour un r&#233;f&#233;rendum contraignant. Une proposition qui manque de cr&#233;dibilit&#233; et qui est per&#231;ue comme un frein impuissant &#224; tout processus de rupture institutionnelle et non comme une reformulation distincte, plus ample, du processus de rupture que met en avant l'ind&#233;pendantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins il faut signaler que les insuffisances du discours souverainiste de Catalunya s&#237; que es pot, bien qu'il soit en premi&#232;re instance fruit des d&#233;cisions programmatiques adopt&#233;es par les forces qui font partie de cette candidature, expriment ce que pense une partie de sa base sociale et &#233;lectorale. Il s'agit &#224; la fois du talon d'Achille de l'ind&#233;pendantisme ainsi que de celui de la gauche catalane. C'est un probl&#232;me pour le premier, parce que sans l'appui de la base sociale du &#171; oui nous pouvons &#187;, sa majorit&#233; sera serr&#233;e. C'est aussi un probl&#232;me pour la deuxi&#232;me, parce qu'&#224; rester fractur&#233;e entre une position minoritaire au sein de l'ind&#233;pendantisme et une position minoritaire &#224; l'ext&#233;rieur de celui-ci, elle ne peut arriver &#224; articuler un espace dans lequel elle puisse postuler de mani&#232;re cr&#233;dible &#224; une position alternative &#224; vocation majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas se pr&#233;occuper de ce sc&#233;nario et tirer vers l'avant tout en oubliant la base sociale du &#171; oui nous pouvons &#187; est une erreur quasi sym&#233;trique &#224; celle qui consiste &#224; s'adapter sans complexes &#224; cette situation, diluant le profil national jusqu'&#224; le r&#233;duire &#224; une d&#233;fense d'un droit &#224; d&#233;cider abstrait et sans contenu substantiel. La mauvaise approche de CSQP concernant sa relation avec le processus ind&#233;pendantiste ne devrait pas faire oublier les complexit&#233;s strat&#233;giques de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La combinaison entre la d&#233;pendance vis-&#224;-vis de Pablo Iglesias pour mobiliser l'&#233;lectorat et l'absence de r&#233;f&#233;rents catalans forts de la candidature emp&#234;cha que CSQP r&#233;alise la synth&#232;se n&#233;cessaire pour articuler sa base sociale h&#233;t&#233;rog&#232;ne en ce qui concerne le processus ind&#233;pendantiste. Iglesias, s'il parvient certes &#224; mobiliser un public fid&#232;le large, a sembl&#233; dans cette campagne Lost in Translation [allusion &#224; un film de 2003 de Sofia Coppola] avec des bourdes dignes de manuel comme l'appel au vote &#171; des Catalans qui n'ont pas honte d'avoir des parents andalous ou des grands-parents d'Estr&#233;madure &#187;. Des critiques non n&#233;cessaires adress&#233;es &#224; David Fern&#225;ndez [leader de la CUP] en d&#233;cembre 2014 jusqu'&#224; aujourd'hui. Les faux pas d'Iglesias de ce type ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; trop nombreux &#8211; pour ce qui est du processus ind&#233;pendantiste &#8211; avec comme r&#233;sultat patent l'&#233;rosion visible et croissante de son image. Le paradoxe de la politique catalane est qu'il manque des voix claires rejetant Mas &#224; partir du flanc gauche, soit sous l'angle revendiqu&#233; par Iglesias. Mais, ce que le leader de Podemos ne semble pas comprendre c'est que la cr&#233;dibilit&#233; de son discours, virulent et correct, &#224; l'oppos&#233; de celui Mas est lest&#233; mortellement pr&#233;cis&#233;ment par son absence de cr&#233;dibilit&#233; dans la d&#233;fense des droits nationaux de Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son irruption en politique, Iglesias s'est transform&#233; en l'une des b&#234;tes noires de l'establishment catalan. Et non parce qu'il n'est pas ind&#233;pendantiste &#8211; Rajoy [PP] et Sanchez [PSOE] ne le sont pas non plus &#8211;, ce qui provoque plut&#244;t que de la crainte, du m&#233;pris et des moqueries. Iglesias g&#233;n&#232;re de l'inqui&#233;tude parce qu'il propose un projet de changement politique et social qui ne passe pas par l'ind&#233;pendance et que ceci place sur la table des questions d&#233;sagr&#233;ables auxquelles le gros du mouvement ind&#233;pendantiste n'a pas voulu ou su r&#233;pondre. Pour cette raison, pour une personne telle qu'Iglesias qui se sait examin&#233;e &#224; la loupe, les d&#233;monstrations r&#233;it&#233;r&#233;es de m&#233;connaissance de la r&#233;alit&#233; catalane et de ses complexit&#233;s constituent une erreur monumentale qu'il est difficile de comprendre. Iglesias sort de Catalogne on ne peut plus embourb&#233; dans sa route en direction des &#233;lections g&#233;n&#233;rales, dans laquelle il est oblig&#233; de concevoir un stimulant imp&#233;ratif pour se relancer &#224; l'&#233;chelle de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Succ&#232;s &#233;lectoraux et limites strat&#233;giques de la CUP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes &#233;lectoraux, la CUP est l'une des forces gagnantes des &#233;lections, avec 335'520 voix (8,21%) et 10 si&#232;ges (126'435, 3,48% et 3 d&#233;put&#233;s en 2012), gagnant sur l'&#233;lectorat d'ERC qui ne souhaitait pas voter une liste avec Mas ainsi que gr&#226;ce &#224; de nouveaux &#233;lecteurs et &#224; ceux qui se sont sentis insatisfaits des faiblesses du discours, de la radicalit&#233; et du style de CSQP.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L456xH333/469b7504cb794230-d5742f8f-055b6.png?1717529637' width='456' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Son entr&#233;e au Parlament en 2012 a &#233;t&#233; l'un des premiers signaux que s'ouvrait un nouveau cycle politique, suite au d&#233;clenchement du 15M et du processus ind&#233;pendantiste, l&#224; o&#249; il y avait un espace pour les partis qui jouaient en dehors des r&#232;gles. Le parlementarisme de rupture pratiqu&#233; lors de ces trois ann&#233;es avec David Fern&#225;ndez au front rendit visibles un autre style et d'autres pratiques. En termes strat&#233;giques, la CUP pr&#233;senta cependant trois limites : premi&#232;rement, la politique de la main tendue dans le domaine national et de poing serr&#233; sur le social s&#233;para trop les deux sph&#232;res [ind&#233;pendantisme et question sociale], renon&#231;ant &#224; lutter de mani&#232;re r&#233;elle pour introduire dans le r&#233;cit et la strat&#233;gie du gros du mouvement ind&#233;pendantiste l'id&#233;e que le processus d'ind&#233;pendance n&#233;cessitait, pour articuler une majorit&#233; la plus solide possible, d'introduire un plan d'urgence contre la crise et la corruption. Deuxi&#232;mement, la CUP est rest&#233;e trop pi&#233;g&#233;e dans le cadre discursif du processus ind&#233;pendantiste et dans sa mise en sc&#232;ne politique (accord pour la question formul&#233;e le 9N, signature de la convocation &#224; la consultation, c&#233;l&#233;bration de celle-ci&#8230;). Si cela fut paradoxalement d&#233;cisif pour l'augmentation de ses possibilit&#233;s &#233;lectorales apr&#232;s le 9N, au d&#233;triment en particulier d'ERC, cela la coupa d'une partie de la base potentielle non ind&#233;pendantiste de Podemos, au sujet duquel elle n'eut jamais une politique offensive claire. Troisi&#232;mement, elle a maintenu une conception lin&#233;aire et autor&#233;f&#233;rentielle de la construction de &#171; l'unit&#233; populaire &#187;, restant tr&#232;s r&#233;fractaire &#224; toute politique d'alliances au sein de laquelle elle n'aurait pas eu de r&#244;le h&#233;g&#233;monique clair ainsi qu'&#224; affirmer une strat&#233;gie de convergence, sur une base de rupture, avec les autres forces de gauche indispensables pour articuler des majorit&#233;s de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc croiser la politique de CSQP avec celle de la CUP et de leurs limites strat&#233;giques respectives : si la premi&#232;re sort du 27S en d&#233;route et la seconde renforc&#233;e, c'est dans les insuffisances des orientations de ces deux forces que retombe la responsabilit&#233; du fait que le grand tremblement de terre qui a &#233;branl&#233; la Catalogne au cours des derni&#232;res ann&#233;es n'ait pas permis la cristallisation d'un p&#244;le de rupture qui ait une incidence d&#233;cisive dans la vie politique catalane. Les approches de rupture ont gagn&#233; des positions, cela ne fait aucune doute, entre 2012 et aujourd'hui, mais pas dans la mesure de ce qui &#233;tait possible et n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Non apocalyptique du PP et l'espagnolisme n&#233;olib&#233;ral de type Ciutadans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non [&#224; l'ind&#233;pendance], qu'il vienne de la bouche du PP, de Ciudadanos, et encore Felipe Gonzalez ou du pouvoir financier [d&#233;claration des banquiers], n'a fait que propager la peur, la r&#233;ification de l'ordre institutionnel et l'approbation des diktats imp&#233;riaux de la g&#233;opolitique mondiale. La combinaison entre un discours apocalyptique improvis&#233; et les contradictions b&#226;cl&#233;es de leurs porte-parole &#8211; corralito [blocage des retraits des &#233;pargnes] oui, corralito non &#8211; a servi &#224; mobiliser une partie de l'&#233;lectorat et &#224; maintenir la tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garcia Albiol [la t&#234;te de liste du PP], malgr&#233; le fait qu'il ait &#233;t&#233; convaincu dans son r&#244;le de cavalier autoritaire de l'apocalypse, n'a pas pu faire grand-chose pour contenir la saign&#233;e de son parti, parti associ&#233; &#224; la d&#233;fense de l'unit&#233; espagnole, aux coupes budg&#233;taires et &#224; la corruption. Le PP ne peut concourir avec Ciutadans, qui est capable d'habiller son espagnolisme n&#233;olib&#233;ral d'un projet de r&#233;novation et de d&#233;fendre &#171; l'unit&#233; de la patrie &#187;, sans appara&#238;tre ouvertement r&#233;actionnaire. Pour pr&#233;visible qu'il ait &#233;t&#233;, le mauvais r&#233;sultat du PP, 347'758 voix (8,5%) et 11 d&#233;put&#233;s (face aux 471'681, 12,98% et 19 si&#232;ges de 2012), doit &#234;tre signal&#233;. Rajoy sort, une fois de plus, affaibli des urnes et du coup catalan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On per&#231;oit Citutadans en Catalogne souvent uniquement pour son espagnolisme. Mais il ne faut pas oublier son caract&#232;re de parti n&#233;olib&#233;ral, pro-business et fid&#232;le ami de l'Ibex 35 [la bourse espagnole]. Son essor et son ascendance sur un secteur de la classe laborieuse impliquent une r&#233;gression de sa conscience politique dans un double sens : sur le terrain de l'identit&#233; nationale et sur celui du mod&#232;le social. Avec sa notable deuxi&#232;me place avec 732'147 voix (17,9%) et 25 d&#233;put&#233;s (275'007, 7,57% et 9 si&#232;ges en 2012), Ciutadans sort du 27S projet&#233; vers les &#233;lections g&#233;n&#233;rales, o&#249; il pourra se pr&#233;senter comme le principal adversaire de l'ind&#233;pendantisme en Catalogne et apr&#232;s avoir remport&#233; une importante victoire symbolique sur Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fis multiples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation instable s'ouvre. Les forces ind&#233;pendantistes ont obtenu une majorit&#233; de si&#232;ges significative (62 + 10) bien que ce ne soit pas le cas en termes de suffrages (47,8%). En nombre absolu (1'952'482), ce r&#233;sultat est l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur &#224; la consultation du 9 novembre 2014 : 1'897'274. Bien qu'&#224; cette occasion l'&#226;ge pour voter &#233;tait fix&#233; &#224; 16 ans. Cela montre l'ampleur du sentiment ind&#233;pendantiste, mais aussi la relative stagnation de sa base sociale et les limites d'une politique symbolis&#233;e par la formule strat&#233;gique principale de l'Assembl&#233;e nationale constituante : &#171; Tout d'abord l'ind&#233;pendance, puis tout le reste. &#187; Toutefois, les diff&#233;rences entre Junts pel si et la CUP-Crida Constituent laissent pr&#233;voir une majorit&#233; parlementaire instable et pleine de contradictions. La CUP devra affronter une relation avec Junts pel si depuis un rapport de force tr&#232;s d&#233;favorable. Son affirmation de ne pas soutenir l'investiture de Mas, exprim&#233;e lors de la campagne &#233;lectorale, sera tr&#232;s difficile &#224; concr&#233;tiser. Il est difficile de penser qu'au sein de Junts pel puisse s'exprimer une r&#233;bellion de Raul Romeva, Orio Junqueras et Carme Forcadell [t&#234;tes de liste] contre l'actuel pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de gauche, favorable &#224; la rupture, disposeront d'un nombre important de si&#232;ges au parlement. Mais, dans leur ensemble, elles disposent d'une pr&#233;sence bien inf&#233;rieure &#224; ce qui aurait &#233;t&#233; possible si elle avait choisi d'autres voies. Il y avait d'autres possibilit&#233;s. Il y avait d'autres carrefours sur le chemin. Peut-&#234;tre plus risqu&#233;s, peut-&#234;tre plus complets. Se pr&#233;sentent trois d&#233;fis : battre l'Etat dans l'affrontement autoritaire avec le mouvement ind&#233;pendantiste, d&#233;border son agenda en introduisant un processus constituant populaire et participatif et un plan d'urgence sociale face &#224; la crise, ce qui doit aider &#224; reformuler les termes du d&#233;bat, &#224; articuler un nouveau projet, attractif pour un vaste spectre social et agglutinant un bloc majoritaire, qui incarne un autre mod&#232;le de Catalogne distinct de celui de Junts pel Si.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Das Auto Kapital &#8211; Derri&#232;re le scandale Volkswagen</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Das-Auto-Kapital-Derriere-le-scandale-Volkswagen</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Das-Auto-Kapital-Derriere-le-scandale-Volkswagen</guid>
		<dc:date>2015-10-06T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le scandale VW m&#233;riterait de figurer dans une anthologie d'exemples concrets montrant l'impossibilit&#233; du capitalisme vert. On conna&#238;t les faits : le g&#233;ant allemand de l'automobile a trich&#233; pour faire croire que ses v&#233;hicules diesel respectaient les normes am&#233;ricaines de pollution aux NOX (diff&#233;rents oxydes d'azotes qui contribuent &#224; la formation du smog). La tricherie est grossi&#232;re et d&#233;lib&#233;r&#233;e : les voitures sont &#233;quip&#233;es d'un petit logiciel qui, en situation de test, active le dispositif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton23529-76229.png?1677097180' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le scandale VW m&#233;riterait de figurer dans une anthologie d'exemples concrets montrant l'impossibilit&#233; du capitalisme vert. On conna&#238;t les faits : le g&#233;ant allemand de l'automobile a trich&#233; pour faire croire que ses v&#233;hicules diesel respectaient les normes am&#233;ricaines de pollution aux NOX (diff&#233;rents oxydes d'azotes qui contribuent &#224; la formation du smog). La tricherie est grossi&#232;re et d&#233;lib&#233;r&#233;e : les voitures sont &#233;quip&#233;es d'un petit logiciel qui, en situation de test, active le dispositif de recirculation des gaz d'&#233;chappement et le d&#233;sactive en conditions normales. La limite de l'&#233;mission de NOX aux Etats-Unis est fix&#233;e &#224; 0,04g/km par le Clean Air Act. Au laboratoire, gr&#226;ce &#224; la recirculation des gaz, elle est respect&#233;e &#8211; la voiture est &#171; propre &#187; ; sur la route, elle est d&#233;pass&#233;e plus de quarante fois &#8211; la voiture est (tr&#232;s) sale. Le pot-aux-roses a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; le 18 septembre par l'Agence US de l'environnement (EPA). Onze millions de v&#233;hicules sont concern&#233;s au niveau mondial. Le choc est &#233;norme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour VW, &#231;a va douiller&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La note promet d'&#234;tre sal&#233;e pour le constructeur. En th&#233;orie, le D&#233;partement am&#233;ricain de la Justice pourrait lui infliger une amende allant jusqu'&#224; 18 milliards de dollars. En pratique, sur base de la jurisprudence, les juges US seront tr&#232;s probablement plus indulgents. Mais il faut tenir compte du fait que des consommateurs individuels aussi peuvent intenter des actions. Pour faire face &#224; celles-ci, VW a provisionn&#233; une somme de 6,5 milliards d'euros, que certains observateurs estiment d'ores et d&#233;j&#224; insuffisante. Ce n'est pas tout : ayant &#233;t&#233; grug&#233;s, les Etats qui ont offert des primes pour l'acquisition d'un v&#233;hicule &#171; propre &#187; seront tent&#233;s d'en exiger le remboursement aupr&#232;s du constructeur (la Wallonie vient d'annoncer une d&#233;cision dans ce sens). Enfin, il faudra voir l'impact de l'affaire sur le bras financier de VW : pesant 164 milliards d'euros, il serait assez d&#233;pendant d'emprunts, de d&#233;p&#244;ts et d'obligations &#224; court terme, et son portefeuille de produits financiers d&#233;riv&#233;s pourrait constituer une menace. D'ores et d&#233;j&#224;, l'action a plong&#233; de 26% en bourse, et ce n'est sans doute pas fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le premier constructeur mondial, le fleuron de la qualit&#233; made in Germany a-t-il eu recours &#224; une tricherie aussi flagrante, malgr&#233; le risque d'&#234;tre pris la main dans le sac ? L'hebdomadaire ultralib&#233;ral The Economist apporte trois r&#233;ponses qui sont li&#233;es entre elles et valent leur pesant de cacahu&#232;tes (edition du 26/9 au 2/10/2015). La premi&#232;re est la comp&#233;tition pour le leadership mondial : pour battre Toyota d'une courte longueur, il &#233;tait d'une importance strat&#233;gique que VW l'emporte sur le (petit) march&#233; US des voitures diesel o&#249; les normes pour les NOX sont plus restrictives qu'en Europe. La seconde est le co&#251;t : les techniques catalytiques de r&#233;duction de la pollution &#233;tant plus ch&#232;res pour les moteurs diesel que pour les moteurs &#224; essence, VW a trouv&#233; l'&#339;uf de Colomb adapt&#233; &#224; l'univers ultra-concurrentiel de l'industrie automobile &#8211; faire semblant de respecter les normes, tout simplement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me raison est la meilleure, et je ne r&#233;siste pas au plaisir de citer le lib&#233;ralissime hebdomadaire qui porte haut les couleurs du capitalisme depuis septembre 1843 : &#171; Les constructeurs automobiles, les europ&#233;ens en particulier, sont habitu&#233;s &#224; s'en sortir &#224; bon compte dans ce genre d'affaires. Leur tricherie est un secret de polichinelle (an open secret) au sein de l'industrie. Ceci pourrait expliquer pourquoi les concurrents de VW voient aussi leurs actions chuter. Le crime de VW est sans doute particulier, mais c'est loin d'&#234;tre le seul fabricant &#224; produire des v&#233;hicules qui sont loin au-dessous des performances attendues par les r&#233;gulateurs. L'Union Europ&#233;enne n'est pas aussi exigeante en mati&#232;re de NOX que les Etats-Unis. Elle se concentre plus sur l'efficience &#233;nerg&#233;tique et les &#233;missions de CO2, o&#249; ses standards sont les plus &#233;lev&#233;s du monde. Le probl&#232;me est que ces limites s&#233;v&#232;res ont peu de ressemblance avec ce que les v&#233;hicules &#233;mettent une fois qu'ils sont sur la route. Selon Transport &amp; Environment, un groupe de pression vert, le foss&#233; entre les chiffres suppos&#233;s d'&#233;conomie de carburant (donc les &#233;missions de CO2 &#8211; DT) et les chiffres r&#233;alis&#233;s par un conducteur moyen a grandi de 40% au cours des derni&#232;res ann&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cosi fan tutti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que le r&#233;gulateur europ&#233;en qui &#233;met des normes antipollution ne se charge pas d'en v&#233;rifier l'application. The Economist poursuit et explique : &#171; Il est possible que certaines compagnies utilisent une supercherie informatique pour tricher lors des tests europ&#233;ens d'efficience &#233;nerg&#233;tique. Mais, comme le dit Nick Molden d'Emission Analytics, un consultant britannique, le r&#233;gime europ&#233;en de test est si d&#233;pass&#233; et propre aux abus que les constructeurs automobiles n'ont pas &#224; s'embarrasser de telles subtilit&#233;s. Les compagnies testent leurs propres v&#233;hicules sous les auspices d'organismes de test certifi&#233;s par les gouvernements nationaux. Mais ces organismes sont des entreprises commerciales en concurrence pour faire des affaires. (&#8230;) Elles sont conscientes du fait que leur capacit&#233; &#224; &#8216;optimiser&#8216; les proc&#233;dures de test est une mani&#232;re de gagner des clients. En pratique cela signifie faire tout ce qui est possible pour que les voitures test&#233;es fassent beaucoup mieux que les versions conduites dans le monde r&#233;el &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un simulacre de tests&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'auteur de l'article de donner des d&#233;tails : &#171; Les voitures qui sont test&#233;es ont g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; modifi&#233;es pour &#234;tre aussi frugales que possible. Ce qui ajoute du poids, comme la sono, est enlev&#233;. Le frottement est r&#233;duit en enlevant les r&#233;troviseurs lat&#233;raux et en mettant de l'autocollant sur les fentes entre les &#233;l&#233;ments. Des lubrifiants sp&#233;ciaux font tourner le moteur plus doucement. Des pneus &#224; faible frottement sont hyper-gonfl&#233;s avec des m&#233;langes de gaz sp&#233;ciaux. L'alternateur est d&#233;connect&#233;, de sorte que plus de puissance est transmise aux roues mais que la batterie est d&#233;charg&#233;e &#224; la fin (du test). Les voitures peuvent &#234;tre pouss&#233;es &#224; trop haut r&#233;gime et il est courant que les tests soient effectu&#233;s &#224; la plus haute temp&#233;rature ambiante autoris&#233;e &#8211; un autre moyen de booster l'efficience. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le pire cependant &#8211; c'est toujours The Economist qui le dit &#8211; est qu'une fois que ce simulacre a produit une d&#233;claration d'efficience du v&#233;hicule (donc du respect des limites d'&#233;mission de CO2/km &#8211; DT), personne ne v&#233;rifie si cette d&#233;claration est correcte ou pas. En Am&#233;rique aussi les constructeurs automobiles sont responsables de leurs propres tests. Mais l&#224;, l'EPA ach&#232;te des v&#233;hicules au hasard pour les tester ult&#233;rieurement et voir si les v&#233;hicules vendus au public sont conformes aux d&#233;clarations. Si les chiffres ne collent pas, des amendes substantielles peuvent s'ensuivre. En 2014, Hyundai-Kia a d&#251; payer 300 millions de dollars pour fausse d&#233;claration de ses chiffres de consommation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Purement th&#233;oriques &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Europe n'a pas de tel syst&#232;me pour punir ceux qui transgressent (les normes). En cons&#233;quence, plus de la moiti&#233; des gains d'efficience (des moteurs) d&#233;clar&#233;s par l'Europe depuis 2008 ont &#233;t&#233; &#8216;purement th&#233;oriques' (il faudrait plut&#244;t dire : frauduleux, bas&#233;s sur des mensonges &#8211; DT), selon T&amp;E. Et l'industrie dans son ensemble a d&#233;velopp&#233; un comportement d&#233;sinvolte (a gaming attitude) face aux tests qu'elle devrait prendre au s&#233;rieux. Comme l'observe Drew Kodjac de l'ICCT (International Council on Clean Transportation, une ONG), les activit&#233;s de VW en Am&#233;rique font partie d'un syst&#232;me de comportement que le syst&#232;me europ&#233;en a cr&#233;&#233;. Il peut appara&#238;tre que d'autres fabricants utilisent des softwares similaires pour tricher lors des tests, soit sur les &#233;missions de NOX ou sur celles de CO2. Les &#233;missions de NOX des nouvelles voitures diesel en Europe sont en moyenne cinq fois plus &#233;lev&#233;es sur route que lors des tests ; certaines voitures roulent &#224; dix fois la limite, selon T&amp;E. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur nous pardonnera d'avoir recouru si longuement &#224; la citation. Cela en valait la peine. Pr&#233;cisons encore quatre &#233;l&#233;ments significatifs. Premi&#232;rement, le logiciel incrimin&#233; a &#233;t&#233; acquis par VW en 2007 aupr&#232;s de l'&#233;quipementier Bosch, qui l'aurait avis&#233; du fait que son utilisation serait &#171; ill&#233;gale &#187;. Le journal allemand Bild, qui donne cette information, a interrog&#233; la direction de Bosch sur la r&#233;action de Volkswagen &#224; ces mises en garde. R&#233;ponse d'un porte-parole : &#171; dans le cadre des relations commerciales avec Volkswagen, nous sommes tenus &#224; la confidentialit&#233; &#187; (RTBF-Info, 27/9/2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, le gouvernement allemand et l'Union Europ&#233;enne &#233;taient au courant de la tricherie, au moins depuis cet &#233;t&#233; (et fort probablement avant), comme en t&#233;moigne une r&#233;ponse du ministre comp&#233;tent &#224; une question pos&#233;e par un &#233;lu vert au Bundestag (Le Soir, 22/9/2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, un d&#233;tail technico-&#233;conomique qui a son importance est qu'on ne peut pas, sans faire exploser les co&#251;ts, r&#233;duire &#224; la fois les &#233;missions de NOX et celles de CO2 des moteurs diesel tout en gardant les performances de puissance auxquelles les constructeurs ont habitu&#233; leurs clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, outre le CO2 et les NOX, les moteurs diesel et les moteurs &#224; essence sont responsables de l'&#233;mission massive de particules fines qui augmentent tr&#232;s significativement le risque de cancer, de maladies cardio-vasculaires et de troubles respiratoires. Mais de cela, les protagonistes pr&#233;f&#232;rent ne pas trop parler, quel que soit le c&#244;t&#233; de l'Atlantique o&#249; ils se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Clair comme de l'eau de roche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, tirons quelques conclusions. Elles sont claires comme de l'eau de roche &#8211; et d'autant moins contournables qu'elles d&#233;coulent des aveux faits spontan&#233;ment par un organe de presse qui est vraiment au-dessus de tout soup&#231;on d'anticapitalisme (c'est un euph&#233;misme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tricherie de VW est ancr&#233;e naturellement dans les m&#233;canismes capitalistes de la concurrence pour le profit. Les &#233;quipementiers y participent, tout en pr&#233;tendant que leur main gauche ignore ce que fait leur main droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opprobre tombe sur VW mais il est extr&#234;mement probable que tous les constructeurs automobiles trichent, soit pour satisfaire les limites d'&#233;mission de NOX (plus s&#233;v&#232;res aux USA qu'en Europe), soit pour satisfaire les limites d'&#233;mission de CO2 (plus s&#233;v&#232;res en Europe), ou pour les deux raisons &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces magouilles sont couvertes par le &#171; secret commercial &#187; ou le &#171; secret industriel &#187;, applications particuli&#232;res du &#171; droit de propri&#233;t&#233; &#187; capitaliste .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'UE, cette fraude &#224; la pollution est institutionnalis&#233;e gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me de &#171; r&#233;gulation &#187; dont les gouvernements savent qu'il n'existe que pour amuser la galerie et pour procurer un march&#233; &#224; des organismes de certification bidon&#8230; dont le but premier est de contourner les normes pour s'attirer des clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux rapports sur l'&#233;tat de l'environnement et de nombreux plans d'action sur sa protection (notamment de nombreux rapports sur la protection du climat) ainsi que celle de notre sant&#233; sont biais&#233;s parce que bas&#233;s sur des donn&#233;es de pollution factices, r&#233;sultant de faux tests qui donnent une image mensong&#232;re de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distribu&#233;es par les pouvoirs publics sans la moindre v&#233;rification de conformit&#233;, les primes aux acheteurs de &#171; voitures propres &#187; se r&#233;v&#232;lent comme un syst&#232;me de soutien indirect &#224; la strat&#233;gie d'innovation technologique (ou de pseudo-innovation !) des groupes bien plus que comme un moyen d'action en faveur de la transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Impasse de l'automobile, impasse du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conclusions doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es en tenant compte de la place centrale que l'industrie automobile occupe dans l'&#233;conomie capitaliste depuis la seconde guerre mondiale. Avec sa production de masse, cette industrie a jou&#233; un r&#244;le cl&#233; pour &#171; tirer &#187; l'onde longue d'expansion des &#171; Trente glorieuses &#187;. Depuis le milieu des ann&#233;es '70, elle conna&#238;t un processus mondial ininterrompu de restructurations, de fusions et de concentrations dans un environnement concurrentiel sans piti&#233;, tout en restant un pilier du syst&#232;me. Les nouvelles exigences environnementales viennent imposer une contrainte suppl&#233;mentaire &#224; ce pilier puisqu'il s'agit, dans les trois &#224; quatre d&#233;cennies qui viennent, de trouver une alternative &#224; la combustion des combustibles fossiles. Une alternative, mais laquelle : hydrog&#232;ne ou &#233;lectricit&#233; ? Bien malin qui peut dire quelle fili&#232;re l'emportera mais une chose est s&#251;re : dans les deux cas, les co&#251;ts seront &#233;normes. Que le premier groupe mondial coure le risque de tricher pour contourner les normes sur la pollution en dit long sur l'extr&#234;me &#226;pret&#233; de la lutte inter-capitaliste dans ce contexte. Que les gouvernements de la &#171; d&#233;mocratique &#187; Europe et les instances de l'UE couvrent ces malversations en dit long sur leur nature de valets du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, l'affaire VW restera probablement dans l'histoire comme un &#233;v&#232;nement au sens fort du terme, c'est-&#224;-dire avec un &#171; avant &#187; et un &#171; apr&#232;s &#187;. L'impasse de l'industrie automobile condense en effet la double impasse du capitalisme tout entier. Impasse sociale, d'abord, dans la mesure o&#249; les gigantesques investissements en capital constant mettent le taux de profit sous une pression de plus en plus difficile &#224; compenser par l'augmentation de l'exploitation du travail. Impasse &#233;cologique, ensuite, car la transition &#224; la voiture &#233;lectrique, ou &#224; l'hydrog&#232;ne, ne fait que d&#233;placer le probl&#232;me de fond, qui est &#233;videmment celui de l'antagonisme entre les exigences de croissance du capital et la finitude des ressources terrestres, y compris la finitude des espaces terrestres. Pour le dire simplement : l'auto verte, c'est comme le capitalisme vert &#8211; une contradiction dans les termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; VW, Das Auto. &#187;, dit l'arrogante publicit&#233; du groupe. Inhabituel dans ce genre de message, le point final traduit une d&#233;termination de fer, tyrannique et exclusive. Cette d&#233;termination n'est pas seulement celle des patrons de la firme de Wolfsburg. C'est celle de &#171; Das Kapital. &#187; en g&#233;n&#233;ral, de tous ces loups que la logique du profit contraint, pour survivre, &#224; prendre toute mesure n&#233;cessaire &#224; la poursuite de leur &#339;uvre destructrice sur le dos des exploit&#233;-es, de leur sant&#233; et de leur environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.org/das-auto-das-kapital/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lcr-lagauche.org/das-auto-das-kapital/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Syndicalisme de combat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syndicalisme-de-combat</link>
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		<dc:date>2015-10-06T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno-Pierre Guillette, Dominique Daigneault</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(Tir&#233; d'Unit&#233;, octobre 2015, journal du Conseil Central du Montr&#233;al M&#233;tropolitain) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 74 e congr&#232;s de la United Electrical and Radio Machine Workers of America s'est tenu &#224; Baltimore du 16 au 20 ao&#251;t dernier sous le th&#232;me Mobilize the movement . La pr&#233;sidente du conseil central, Dominique Daigneault, y repr&#233;sentait la CSN. Elle &#233;tait accompagn&#233;e de Bruno-Pierre Guillette, membre du comit&#233; jeunes du conseil central. Ils ont aussi pris part &#224; la rencontre pr&#233;congr&#232;s de deux jours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH139/arton23489-3349f.png?1677097060' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(Tir&#233; d'Unit&#233;, octobre 2015, journal du Conseil Central du Montr&#233;al M&#233;tropolitain)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 74 e congr&#232;s de la United Electrical and Radio Machine Workers of America s'est tenu &#224; Baltimore du 16 au 20 ao&#251;t dernier sous le th&#232;me Mobilize the movement . La pr&#233;sidente du conseil central, Dominique Daigneault, y repr&#233;sentait la CSN. Elle &#233;tait accompagn&#233;e de Bruno-Pierre Guillette, membre du comit&#233; jeunes du conseil central. Ils ont aussi pris part &#224; la rencontre pr&#233;congr&#232;s de deux jours s'adressant aux jeunes militantes et militants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;United Electrical and Radio Machine Workers of America (UE) est une organisation syndicale ind&#233;pendante qui regroupe environ 36 000 membres, provenant autant du secteur public que du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; y participer pour plusieurs raisons. D'abord, il faut souligner que la CSN et le conseil central entretiennent des liens de solidarit&#233; &#233;troits avec UE depuis de nombreuses ann&#233;es. Aussi, nous faisons partie de l'Alliance trinationale, qui regroupe, entre autres, la CSN, UE et une organisation syndicale mexicaine, le Frente Aut&#233;ntico del Trabajo (FAT). L'objectif de cette alliance est de tisser des liens entre diff&#233;rentes organisations syndicales des &#201;tats-Unis, du Canada et du Mexique pour mieux r&#233;sister aux grandes compagnies, qui agissent depuis des ann&#233;es au-del&#224; des fronti&#232;res dans un contexte de libre-&#233;change. Elle vise &#233;galement &#224; manifester de la solidarit&#233; dans le cadre de campagnes pour le respect des droits syndicaux, plus particuli&#232;rement envers le Mexique o&#249; les droits les plus &#233;l&#233;mentaires sont r&#233;guli&#232;rement bafou&#233;s en toute impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 14 et 15 ao&#251;t, c'&#233;tait &#233;galement le lancement officiel des Young Activists , caucus jeune des membres et des employ&#233; - es de l'organisation qui a pour but de former les jeunes aux questions syndicales, mais &#233;galement de les pr&#233;parer &#224; assumer des fonctions dans l'organisation. C'est &#224; la demande de UE qu'un membre du comit&#233; jeunes du conseil central y fut invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux moments forts ont teint&#233; l'atmosph&#232;re de ce congr&#232;s : le mouvement Black Lives Matter et la question du travail pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Black Lives Matters&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UE n'a jamais h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;noncer ouvertement le racisme. Avec le mouvement &lt;i&gt;Black Lives Matter&lt;/i&gt; , ces questions ont refait surface aux &#201;tats-Unis. Baltimore connut d'ailleurs en avril et en mai d'importants soul&#232;vements lors de l'assassinat de Freddie Gray par la police. L'&#201;tat a d&#233;p&#234;ch&#233; la garde nationale et l'&#233;tat d'urgence y fut d&#233;cr&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour UE, il faut intimement lier l'injustice raciale &#224; l'injustice &#233;conomique. Par exemple, tout au long du congr&#232;s, plusieurs intervenants soulignaient la n&#233;cessit&#233; de parler de Freddie Gray non pas comme un jeune Noir d&#233;linquant, comme l'ont fait les m&#233;dias, mais comme un travailleur pauvre. Nous avons d'ailleurs particip&#233; &#224; une manifestation contre l'impunit&#233; polici&#232;re qui s'est termin&#233;e &#224; l'h&#244;tel de ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Soutenir les non-syndiqu&#233;s &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Warehouse Workers for Justice (WWJ)&lt;/i&gt; est une campagne de UE. L'objectif est d'y d&#233;fendre les travailleuses et les travailleurs des grands entrep&#244;ts des magasins au d&#233;tail. Les magasins &#224; grande surface et leurs r&#233;seaux de distribution de biens provenant de la Chine sont devenus l'un des grands piliers de l'&#233;conomie am&#233;ricaine. WWJ avance trois grandes revendications : un salaire viable, des conditions de travail s&#233;curitaires et le droit d'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des employ&#233;s y travaillent dans des conditions pr&#233;caires et sont engag&#233;s via des agences. M&#234;me s'il est presque impossible de les syndiquer, UE a r&#233;ussi &#224; faire modifier plusieurs lois et a gagn&#233; des augmentations de salaire, ainsi que le paiement de journ&#233;es de maladie. Durant le congr&#232;s, UE a m&#234;me lanc&#233; deux &#171; attaques &#187; contre l'entrep&#244;t d'Amazon &#224; Baltimore pour tenter de syndiquer l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous y &#233;tions ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UE est une organisation syndicale qui allie d&#233;termination et cr&#233;ativit&#233; pour aider les travailleurs pr&#233;caires et difficilement &#171; syndicables &#187; &#224; d&#233;fendre leurs droits. Elle d&#233;ploie des moyens pour rejoindre ces personnes qui pourraient inspirer nos propres pratiques. Aussi, elle participe activement &#224; la campagne Fight for fifteen pour l'augmentation du salaire minimum &#224; 15 $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s a &#233;galement abord&#233; des th&#232;mes que l'on retrouve au sein de nos propres luttes : attaques aux services publics et aux r&#233;gimes de retraite, d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me d'&#233;ducation publique, discrimination bas&#233;e sur l'orientation sexuelle et l'identit&#233; de genre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;lange de formation, de d&#233;bats et d'actions a fait de notre participation au congr&#232;s de UE une exp&#233;rience tr&#232;s motivante. Les liens avec cette organisation combative perdureront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.ueunion.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ueunion.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les apatrices du langage</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-apatrices-du-langage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-apatrices-du-langage</guid>
		<dc:date>2015-10-05T20:44:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Boisvert</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis assez sid&#233;r&#233;, ces derniers temps, par la fa&#231;on irresponsable avec laquelle certains journalistes, animateurs ou commentateurs, hommes ou femmes, relaient les enjeux de la pr&#233;sente campagne &#233;lectorale. En pr&#233;tendant &#224; l'objectivit&#233;, ils ne deviennent trop souvent que les caisses de r&#233;sonnance d'inepties strat&#233;giques concoct&#233;es dans les officines de certains partis&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Pensons au niqab, par exemple, et &#224; sa terrible incidence sur les changements climatiques, ou sur le sous-financement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je suis assez sid&#233;r&#233;, ces derniers temps, par la fa&#231;on irresponsable avec laquelle certains journalistes, animateurs ou commentateurs, hommes ou femmes, relaient les enjeux de la pr&#233;sente campagne &#233;lectorale. En pr&#233;tendant &#224; l'objectivit&#233;, ils ne deviennent trop souvent que les caisses de r&#233;sonnance d'inepties strat&#233;giques concoct&#233;es dans les officines de certains partis&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pensons au niqab, par exemple, et &#224; sa terrible incidence sur les changements climatiques, ou sur le sous-financement de l'ACDI et de Radio-Canada ! Selon Immigration Canada, depuis 2011, deux femmes seulement sur 680,000 ont refus&#233; de retirer le niqab pour obtenir leur citoyennet&#233; : pourquoi &#171; mousser &#187; un tel enjeu jour apr&#232;s jour, soir apr&#232;s soir, alors que tant de choses autrement plus importantes pour notre avenir sont en jeu le 19 octobre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Performance&#8230; gaffes&#8230; phrase assassine&#8230; il n'a pas gagn&#233;, il ne s'est pas effondr&#233; non plus. &#187; (Emmanuelle Latraverse dixit, suite au d&#233;bat sur la politique &#233;trang&#232;re, le 28 septembre). Par-del&#224; l'&#233;valuation des boxeurs cravat&#233;s, o&#249; est donc la mise en lumi&#232;re des id&#233;es-force, des projets, des perspectives offertes aux citoyens ce soir-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays o&#249; nous vivons est d'abord le langage : ce serait bien, lorsqu'on a le privil&#232;ge d'avoir acc&#232;s &#224; la parole, de peser et d'habiter le sens des mots qu'on emploie, particuli&#232;rement lorsqu'on pr&#233;tend &#171; informer &#187; une majorit&#233;&#8230; trop silencieuse. Et introduire un gramme de subjectivit&#233; citoyenne dans une tasse d'objectivit&#233; journalistique ne ferait parfois pas de tort &#224; cette information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois Boisvert&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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