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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Colloque sant&#233;</title>
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		<dc:date>2016-04-16T17:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#192; B&#226;bord !</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre syst&#232;me de sant&#233; se porte mal. Mais de quoi souffre-t-il exactement, comment en est-on arriv&#233; l&#224; et que faut-il faire pour le soigner ? Ces questions sont d'une actualit&#233; et d'une importance ind&#233;niables et c'est pour contribuer &#224; la r&#233;flexion collective qui s'impose que la revue &#192; b&#226;bord ! pr&#233;sente ce colloque,qui r&#233;unit d'importants acteurs du milieu et des chercheurs &#224; l'expertise reconnue. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est gratuit, en plus !&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L94xH150/arton25653-33206.png?1675785453' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre syst&#232;me de sant&#233; se porte mal. Mais de quoi souffre-t-il exactement, comment en est-on arriv&#233; l&#224; et que faut-il faire pour le soigner ? Ces questions sont d'une actualit&#233; et d'une importance ind&#233;niables et c'est pour contribuer &#224; la r&#233;flexion collective qui s'impose que la revue &#192; b&#226;bord ! pr&#233;sente ce colloque,qui r&#233;unit d'importants acteurs du milieu et des chercheurs &#224; l'expertise reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est gratuit, en plus !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Forum social mondial 2016 &#224; Montr&#233;al - Des personnalit&#233;s internationales confirment leur pr&#233;sence</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Forum-social-mondial-2016-a-Montreal-Des-personnalites-internationales</link>
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		<dc:date>2016-04-12T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Forum social mondial 2016</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Forum social mondial 2016 &#224; Montr&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>Forum social mondial de Montr&#233;al 2016</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soutenue par plus de 200 organisations de la soci&#233;t&#233; civile qu&#233;b&#233;coise, canadienne et mondiale, la candidature de Montr&#233;al pour recevoir le FSM 2016 a &#233;t&#233; officiellement accept&#233;e par le Conseil international des FSM, lors du dernier Forum mondial qui s'est d&#233;roul&#233; en Tunisie en mars 2015. &lt;br class='autobr' /&gt; L'objectif est de rassembler entre 50 et 80 000 personnes au Centre-Ville de Montr&#233;al du 9 au 14 ao&#251;t 2016, dont les repr&#233;sentantEs de 5000 organisations de la soci&#233;t&#233; civile locale et mondiale, pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH60/arton25583-5e721.jpg?1675785453' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Soutenue par plus de 200 organisations de la soci&#233;t&#233; civile qu&#233;b&#233;coise, canadienne et mondiale, la candidature de Montr&#233;al pour recevoir le FSM 2016 a &#233;t&#233; officiellement accept&#233;e par le Conseil international des FSM, lors du dernier Forum mondial qui s'est d&#233;roul&#233; en Tunisie en mars 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'objectif est de rassembler entre 50 et 80 000 personnes au Centre-Ville de Montr&#233;al du 9 au 14 ao&#251;t 2016, dont les repr&#233;sentantEs de 5000 organisations de la soci&#233;t&#233; civile locale et mondiale, pour participer &#224; plus de 1500 activit&#233;s autog&#233;r&#233;es par les participants eux-m&#234;mes (voir le d&#233;tail de la programmation dans la section consacr&#233;e) Des activit&#233;s seront aussi organis&#233;es partout dans le monde, et les gens pourront interagir via Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Innovation 2016&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FSM 2016 marquera l'histoire comme &#233;tant le premier &#233;v&#232;nement de ce genre &#224; se tenir dans un pays du Nord. En effet, depuis son invention &#224; Porto Alegre en 2001, le FSM a eu exclusivement lieu dans des pays du Sud (Am&#233;rique latine, Asie, Afrique). Or, il existe d'innombrables alternatives qui fleurissent localement aux quatre coins du monde pour construire des communaut&#233;s plus solidaires et respectueuses de l'&#234;tre humain et des limites de la plan&#232;te. Le d&#233;fi consiste &#224; rassembler ces acteurs du changement au-del&#224; de l'opposition Nord-Sud, pour leur permettre d'&#233;changer, de faire conna&#238;tre leurs revendications, leurs initiatives et leurs projets d'action pour alimenter une dynamique positive de changement. Penser globalement et agir localement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union fait la force&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des personnalit&#233;s internationales confirment leur pr&#233;sence au Forum social mondial 2016&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 24 f&#233;vrier 2016 &#8211; Le vice-pr&#233;sident de la Bolivie, &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, a confirm&#233; sa pr&#233;sence au Forum social mondial (FSM) qui se tiendra &#224; Montr&#233;al du 9 au 14 ao&#251;ts 2016. R&#233;pondant positivement &#224; l'invitation de l'Association qu&#233;b&#233;coise des organismes de coop&#233;ration internationale (AQOCI), il prononcera une conf&#233;rence sur la n&#233;cessaire convergence des mouvements sociaux et politiques pour construire une soci&#233;t&#233; juste et harmonieuse. Figure de proue du gouvernement d'Evo Morales au pouvoir depuis 2006, M Linera est un th&#233;oricien du r&#233;veil identitaire des peuples autochtones en Am&#233;rique latine. Il a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la r&#233;daction de la Constitution bolivienne proclamant l'&#201;tat plurinational (2009), qui reconnait notamment le statut de langue officielle aux 36 langues autochtones parl&#233;es au pays, ainsi diff&#233;rents principes de repr&#233;sentation dans les instances politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Petrella, politologue et &#233;conomiste italien connu pour ses prises de position contre la privatisation des ressources vitales pour l'&#234;tre humain, notamment l'eau, et pour la d&#233;fense du bien commun, participera lui aussi au FSM de Montr&#233;al &#224; titre de conf&#233;rencier. Il en sera de m&#234;me pour Chico Whitaker, le br&#233;silien cofondateur du Forum social mondial et r&#233;cipiendaire en 2006 du Right Livehood Award, qui milite pour un monde plus fraternel, solidaire, respectueux de l'environnement et dans lequel l'&#233;conomie serait au service de l'humanit&#233;&#8230; et non l'inverse. D'autres personnalit&#233;s publiques engag&#233;es dans diff&#233;rentes causes (environnement, droits humains, solidarit&#233;, pacifisme&#8230;), ainsi que des personnalit&#233;s issues des milieux de la culture et des arts ont manifest&#233; leur vif int&#233;r&#234;t &#224; prendre part &#224; cet &#233;v&#232;nement in&#233;dit et d'envergure mondiale, d&#233;di&#233; &#224; trouver collectivement des solutions aux d&#233;fis de notre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Forum social mondial se tiendra du 9 au 14 ao&#251;t 2016 au Centre-Ville de Montr&#233;al, &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (UQAM), au CEGEP du Vieux-Montr&#233;al et &#224; l'Universit&#233; McGill. Plus de 50 000 participants et pr&#232;s de 5 000 organisations de la soci&#233;t&#233; civile locale et mondiale sont attendus pour cet &#233;v&#232;nement unique en Am&#233;rique du Nord. Vous pouvez vous inscrire en ligne sur le site du FSM 2016 : &lt;a href=&#034;http://www.fsm2016.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fsm2016.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une r&#233;flexion historique et politique n&#233;cessaire &#8211; Au croisement de trois histoires : antis&#233;mitisme, sionisme et droits des Palestiniens</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-reflexion-historique-et-politique-necessaire-Au-croisement-de-trois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Une-reflexion-historique-et-politique-necessaire-Au-croisement-de-trois</guid>
		<dc:date>2016-04-05T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Manceron</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Conflit Isra&#233;lo-palestinien</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsqu'on se pr&#233;occupe de la d&#233;fense des droits des Palestiniens, une mise au point sur l'antis&#233;mitisme et sur les notions de sionisme et d'antisionisme est indispensable, ne serait-ce qu'en raison de l'instrumentalisation par certains de l'accusation d'antis&#233;mitisme pour chercher &#224; disqualifier cette d&#233;fense. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais la t&#226;che est d'autant plus difficile que la particularit&#233; du conflit isra&#233;lo-palestinien est qu'il se trouve au confluent de plusieurs histoires : l'histoire de l'antis&#233;mitisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Conflit-Israelo-palestinien-+" rel="tag"&gt;Conflit Isra&#233;lo-palestinien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton25598-a1d72.jpg?1675785453' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'on se pr&#233;occupe de la d&#233;fense des droits des Palestiniens, une mise au point sur l'antis&#233;mitisme et sur les notions de sionisme et d'antisionisme est indispensable, ne serait-ce qu'en raison de l'instrumentalisation par certains de l'accusation d'antis&#233;mitisme pour chercher &#224; disqualifier cette d&#233;fense.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais la t&#226;che est d'autant plus difficile que la particularit&#233; du conflit isra&#233;lo-palestinien est qu'il se trouve au confluent de plusieurs histoires : l'histoire de l'antis&#233;mitisme europ&#233;en qui a nourri le projet sioniste, celle des ambitions coloniales de l'Europe qui l'a utilis&#233;, et celle du mouvement l&#233;gitime d'&#233;mancipation des peuples colonis&#233;s dans lequel s'inscrit la lutte du peuple palestinien. R&#233;fl&#233;chir &#224; la question palestinienne aujourd'hui implique de prendre en compte simultan&#233;ment ces trois histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'antis&#233;mitisme en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement en France et en Europe de soutien aux droits des Palestiniens doit faire preuve d'une vigilance particuli&#232;re vis-&#224;-vis de l'antis&#233;mitisme car son enracinement y est multis&#233;culaire. En effet, &#233;tant donn&#233;es les pers&#233;cutions r&#233;currentes que les Juifs ont connues sur ce continent, qui culmin&#232;rent avec l'entreprise d'extermination des nazis, la qualification de la civilisation europ&#233;enne comme &#171; jud&#233;ochr&#233;tienne &#187; est une supercherie. C'est au sein de la chr&#233;tient&#233; europ&#233;enne qu'&#224; partir du Moyen-Age, l'antis&#233;mitisme est apparu et s'est d&#233;velopp&#233;, m&#234;me si on a pu trouver dans l'Egypte, la Gr&#232;ce et la Rome anciennes des traces de jud&#233;ophobie antiques et pr&#233;-chr&#233;tiennes. Il s'est manifest&#233; dans l'Espagne wisigothique du VIIe et du d&#233;but VIIIe si&#232;cles o&#249; les pers&#233;cutions antijuives syst&#233;matiques expliquent le soutien massif des juifs ib&#233;riques &#224; l'invasion arabe de la p&#233;ninsule en 711.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Europe m&#233;di&#233;vale, le rejet des Juifs reposait sur des raisons religieuses, ceux-ci restant attach&#233;s &#224; leurs propres croyances, f&#234;tes et rituels et refusant de se rallier au christianisme dominant. A partir de la premi&#232;re croisade, marqu&#233;e d&#232;s son d&#233;but par des pogroms contre les Juifs de Rh&#233;nanie, les actes de violence dirig&#233;s d&#233;lib&#233;r&#233;ment contre les Juifs se sont multipli&#233;, ceux-ci &#233;tant consid&#233;r&#233;s comme des m&#233;cr&#233;ants, des blasph&#233;mateurs et des impies au m&#234;me titre que les musulmans. Ils &#233;taient accus&#233;s d'&#234;tre des &#171; ennemis du Christ &#187;, responsables de sa mort, et aussi, &#224; partir d'une premi&#232;re accusation, en 1144, en Angleterre, d'&#234;tre coupables de crimes rituels, de meurtres d'enfants chr&#233;tiens pour consommer leur sang. Le pape Gr&#233;goire IX ayant ordonn&#233; en 1239 la destruction du Talmud, le roi de France Louis IX (saint Louis) en fit br&#251;ler vingt-quatre charrettes en 1242, il imposa aux Juifs le port d'une &#233;toffe de couleur jaune sur le c&#244;t&#233; gauche de leur v&#234;tement et les obligea &#224; r&#233;sider dans des ghettos. Les Juifs ont &#233;t&#233; expuls&#233;s d'Angleterre en 1290 et de France en 1306. Ils le furent des principaux Etats allemands en 1450. Lors de la R&#233;forme protestante, si certains auteurs ont &#233;t&#233; int&#233;ress&#233;s par le juda&#239;sme, Luther s'est lanc&#233; &#224; leur &#233;gard dans des diatribes d'une extr&#234;me violence : les Juifs &#233;taient pour lui &#171; mauvais, toxiques, diaboliques &#187;, il appelait &#224; ce qu'on &#171; incendie leurs synagogues &#187; et qu'ils &#171; soient chass&#233;s de notre pays &#187;..Lors de la R&#233;forme protestante, si certains auteurs ont &#233;t&#233; int&#233;ress&#233;s par le juda&#239;sme, Luther s'est lanc&#233; &#224; leur &#233;gard dans des diatribes d'une extr&#234;me violence . Sous son influence, ils le furent des principaux Etats allemands en 1450. L'Espagne catholique les chassa &#224; son tour en 1492, en m&#234;me temps que les musulmans, poursuivant les convertis par le biais de l'Inquisition, ce qui les a oblig&#233;s &#224; trouver refuge dans des pays arabes et dans l'empire ottoman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les si&#232;cles qui ont suivi le Moyen &#226;ge, l'antis&#233;mitisme a recul&#233; en Europe occidentale, notamment aux Pays-Bas, en France et en Angleterre (o&#249; la pleine &#233;galit&#233; n'interviendra qu'en 1858), contrairement au monde orthodoxe, en particulier &#224; la Russie, o&#249; les violences envers les Juifs sont rest&#233;es nombreuses. D'importants massacres y ont eu lieu entre 1648 et 1658. Dans la France du XVIIIe si&#232;cle, l'antijuda&#239;sme a diminu&#233; avec la baisse de l'influence de l'Eglise catholique (tout en restant vif, par exemple, chez Voltaire) et a d&#233;bouch&#233; sur la reconnaissance de la pleine citoyennet&#233; des Juifs sous la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle que les termes d'antis&#233;mite et d'antis&#233;mitisme sont apparus, d'abord en allemand, en 1860 pour d&#233;signer l'hostilit&#233; envers les Juifs, puis repris &#224; leur compte &#224; partir de 1879 par des auteurs antijuifs. Apparus en fran&#231;ais en 1881, leurs occurrences se sont multipli&#233; &#224; la fin de la d&#233;cennie. Leur &#233;tymologie refl&#232;te la confusion qui r&#233;gnait alors dans les tentatives de classification des langues et des races, puisque le terme s&#233;mite qui d&#233;signait un groupe de langues, dont l'h&#233;breu, a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; pour d&#233;signer les Juifs, le mot antis&#233;mite n'&#233;tant pas employ&#233; pour nommer l'hostilit&#233; envers d'autres populations du m&#234;me groupe linguistique, comme les Arabes. Quoi qu'il en soit de cette &#233;tymologie peu satisfaisante, ces termes se sont impos&#233;, en fran&#231;ais comme dans d'autres langues europ&#233;ennes, avec cette signification sp&#233;cifique : le mot antis&#233;mitisme prenant le sens d'antijuda&#239;sme, de jud&#233;ophobie, ou de racisme &#224; l'&#233;gard des Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle, de nouveaux pr&#233;jug&#233;s antijuifs se sont ajout&#233;s &#224; ceux entretenus par l'Eglise catholique, y compris au sein du mouvement ouvrier et socialiste, utilisant la r&#233;ussite dans la banque et le commerce d'un petit nombre de Juifs pour stigmatiser l'avidit&#233; financi&#232;re des Juifs, la &#171; juiverie &#187; &#233;tant chez certains auteurs associ&#233;e au capitalisme. Avec Edouard Drumont (1844-1917), une nouvelle mouture d'antis&#233;mitisme est apparue : dans son best-seller, La France juive (1886) et son journal, La Libre Parole, il a repris la vulgate catholique tout en y ajoutant du nationalisme et de la d&#233;magogie pl&#233;b&#233;ienne. Le discours visant le Juif &#171; exploiteur &#187; s'est r&#233;pandu dans le monde ouvrier, jusqu'&#224; ce que, lors de l'affaire Dreyfus (1894-1906), les principaux leaders socialistes, dont Jaur&#232;s, s'en soient d&#233;marqu&#233;s et l'aient rejet&#233; comme un d&#233;tournement et une perversion des aspirations ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La naissance du mouvement sioniste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, jusqu'&#224; la chute de l'empire tsariste, les violences antis&#233;mites n'ont jamais cess&#233;. Des pogroms ont eu lieu &#224; Odessa en 1821, 1849, 1859 et 1871. En 1881, dans deux cents villes et villages russes, des Juifs sont tu&#233;s, lynch&#233;s, leurs maisons et commerces pill&#233;s. Peu apr&#232;s, un numerus clausus drastique a &#233;t&#233; instaur&#233; dans les &#233;coles et les universit&#233;s. C'est le d&#233;but d'un exode massif des Juifs de Russie &#8212; 2,5 millions de d&#233;parts entre 1881 et 1914 &#8212; principalement vers les Etats-Unis, seuls moins de 1% se dirigeant vers la Palestine, qui fait partie de l'empire ottoman. Commence aussi l'exil des Juifs de Roumanie puisque l'ind&#233;pendance de ce pays et de la Serbie en 1856 fait que les Juifs y ont perdu la protection ottomane. Dans l'empire d'Autriche-Hongrie, l'antis&#233;mitisme est puissant, seuls les Juifs ottomans ayant, jusqu'en 1860, le droit de r&#233;sider &#224; Vienne. Il se manifeste aussi en Allemagne o&#249;, en 1880, les associations &#233;tudiantes d&#233;cident de ne plus accepter de membres juifs. La Palestine ne compte alors qu'environ 15 000 Juifs pour plus de 400 000 habitants, mais l'ann&#233;e 1882 marque pour elle le d&#233;but d'une &#233;migration juive, avant m&#234;me que ne naisse le mouvement sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1897 qu'appara&#238;t le sionisme, mouvement nationaliste juif, &#224; l'initiative du journaliste juif de Vienne, Th&#233;odore Herzl (1860-1904). Alors que le juda&#239;sme est une religion qui s'est propag&#233;e apr&#232;s la fin du royaume de J&#233;rusalem au Ier si&#232;cle, mais aussi &#224; partir d'autres communaut&#233;s juives &#224; Babylone, Rome, Cyr&#232;ne et Carthage, par la conversion de diverses populations locales &#8212; notamment chez les berb&#232;res d'Afrique du nord et les Khazars de la r&#233;gion de la Volga, au nord du Caucase &#8212;, le sionisme invente la notion d'un &#171; peuple juif &#187; ayant une g&#233;n&#233;alogie commune, qui descendrait des habitants de la Jud&#233;e du Ier si&#232;cle contraints &#224; la dispersion et &#224; l'exil. Cette conception g&#233;n&#233;alogique et ethnique du juda&#239;sme qui fait &#233;cho &#224; la conception de la nation des penseurs du nationalisme allemand du XIXe si&#232;cle, comme Herder, a d&#233;bouch&#233; notamment sur l'hostilit&#233; du mouvement sioniste jusqu'en 1914 aux mariages des Juifs avec des non-juifs. Dans cette logique, il a principalement cherch&#233; le soutien de l'empire d'Allemagne, alors m&#234;me que, comme nous l'avons vu, l'antis&#233;mitisme s'y d&#233;veloppait. Cette conception d'un &#171; peuple-race &#187;, tournant le dos &#224; la conception juridique et non ethnique de la nation, issue notamment de la R&#233;volution fran&#231;aise, a servi de base au projet de rassemblement des Juifs sur un m&#234;me territoire, dans un Etat qui serait le leur. Elle a conduit Herzl &#224; combattre le mod&#232;le r&#233;publicain fran&#231;ais de &#171; r&#233;ponse &#224; l'antis&#233;mitisme &#187; par l'acquisition de l'&#233;galit&#233; constitutionnelle. Un mod&#232;le dont il a pr&#233;tendu que l'affaire Dreyfus marquait l'&#233;chec. Envoy&#233; par son journal viennois &#224; Paris, il &#233;crit : &#171; Le peuple fran&#231;ais, en tout cas sa grande majorit&#233;, ne veut pas que les droits de l'homme s'&#233;tendent aux Juifs. L'&#233;dit de la R&#233;volution a &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233; &#187;. A l'inverse, les Juifs fran&#231;ais engag&#233;s dans l'Affaire n'ont pas suivi Herzl. Joseph Reinach, par exemple, consid&#233;rait que Herzl tombait dans &#171; un pi&#232;ge tendu par l'antis&#233;mitisme &#187; : &#171; Nous sommes Fran&#231;ais, nous resterons Fran&#231;ais. Tous nos efforts, toute notre activit&#233; intellectuelle, tout notre amour, la derni&#232;re goutte de notre sang, appartiennent &#224; la France, &#224; elle seule. &#187; La lecture de Herzl de l'affaire Dreyfus a &#233;t&#233; contredite par l'histoire, puisque les dreyfusards ont atteint leur but et cette crise a &#233;t&#233; l'occasion pour la R&#233;publique d'approfondir l'id&#233;al d'&#233;galit&#233; de la D&#233;claration des droits de l'homme en rejetant toute discrimination ou in&#233;galit&#233; de race. Par ailleurs, le r&#233;cit de Herzl attribuant &#224; l'Affaire la naissance en lui de l'id&#233;e du sionisme est enti&#232;rement invent&#233; et reconstruit, puisqu'il avait, en r&#233;alit&#233;, d&#233;j&#224; form&#233; et d&#233;fendu ce projet avant l'Affaire [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le sionisme est un cas tr&#232;s particulier de nationalisme puisqu'il n'a pas pour objet de lib&#233;rer un territoire sur lequel vivent les gens qui s'en r&#233;clament, mais qu'il a cherch&#233; pour les Juifs dispers&#233;s dans diff&#233;rents pays un territoire o&#249; ils pourraient se rendre pour construire un Etat. La question de la localisation de celui-ci n'a pas &#233;t&#233; imm&#233;diatement tranch&#233;e. Herzl a d'abord cherch&#233; l'appui du sultan Abdulhamid II pour l'installer en Palestine &#8212; en promettant de lui obtenir un appui financier et m&#234;me de contrer en Europe les d&#233;nonciations des massacres de populations arm&#233;niennes qu'Abdulhamid avait organis&#233;s en 1895&#8230; Puis, n'obtenant ni l'appui ottoman longtemps escompt&#233; pour la Palestine ni celui de l'empire d'Allemagne, il s'est tourn&#233; vers d'autres soutiens et d'autres lieux d'implantation, Chypre, le Sina&#239; ou l'Ouganda, en cas d'appui de la Grande Bretagne, ou la Lybie en cas de soutien de l'Italie. On a tendance &#224; oublier que, de ses d&#233;buts &#224; 1917, le mouvement sioniste s'est d'abord appuy&#233; sur l'Allemagne et la Turquie ottomane. Th&#233;odore Herzl a accompagn&#233; Guillaume II lors de son voyage officiel &#224; Istamboul en 1898 et, dans leur recherche d'un appui turc, les sionistes de Palestine n'ont pas soutenu ni accueilli les Arm&#233;niens victimes de massacres de 1915. De la m&#234;me fa&#231;on, le mouvement sioniste a cherch&#233; &#224; dissuader les Etats-Unis &#224; entrer en guerre contre l'Allemagne dans la Premi&#232;re Guerre mondiale. C'est pour contrer ses efforts diplomatiques que Victor Basch a &#233;t&#233; envoy&#233; en mission officielle par la France aux Etats-Unis pour les inciter &#224; entrer en guerre du c&#244;t&#233; de l'Entente. Mais, finalement, apr&#232;s l'&#233;clatement de l'empire ottoman, le mouvement sioniste a obtenu en 1917 l'appui britannique pour l'installation d'un &#171; foyer national juif &#187; en Palestine, par une d&#233;claration du ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Lord Arthur James Balfour &#8212; un aristocrate assez antis&#233;mite qui ne voulait pas d'&#233;migration juive en Angleterre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le projet sioniste a pu obtenir ce soutien britannique en 1917, c'est parce que des courants chr&#233;tiens issus de la R&#233;forme l'avaient, d&#232;s le d&#233;but du XXe si&#232;cle, vu favorablement car ils le percevaient comme pouvant faire revivre en Palestine l'histoire biblique &#224; laquelle ils &#233;taient attach&#233;s. Aujourd'hui encore aux Etats-Unis ce sont des courants chr&#233;tiens, &#233;vang&#233;listes et conservateurs, qui sont les principales composantes du &#171; lobby pro-isra&#233;lien &#187;, alors que beaucoup de Juifs am&#233;ricains s'en tiennent &#224; distance. C'est aussi parce qu'un courant du sionisme, anim&#233; par Zeev Jabotinsky, nationaliste de droite, a fait le choix de combattre durant la Premi&#232;re Guerre mondiale avec les Britanniques contre les Turcs au sein de plusieurs bataillons juifs &#8212; o&#249; s'est battu aussi David Ben Gourion. Or, d&#232;s la fin de 1917, une bonne partie de la Palestine est tomb&#233;e aux mains des Britanniques. Ce courant nationaliste de Jabotinsky, violemment anti-arabe et favorable &#224; un Etat juif sur l'ensemble de la Palestine mandataire, quittera en 1935 l'Organisation sioniste mondiale en opposition avec la gauche qui dominait alors le mouvement sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Grande Guerre, malgr&#233; le soutien du mandat britannique, le nombre de Juifs en Palestine n'a pas augment&#233; consid&#233;rablement dans les ann&#233;es 1920, passant de 83 000 en 1922 &#224; 174 000 en 1931. Et, jusqu'&#224; la Seconde guerre mondiale, le courant sioniste est rest&#233; minoritaire dans la population juive d'Europe, la plupart des courants politiques en son sein rejetant son nationalisme &#233;troit ou sa compromission avec l'imp&#233;rialisme britannique. Quant aux religieux, dans leur immense majorit&#233;, ils s'y opposaient car le retour &#224; la &#171; terre promise &#187; ne devait se produire qu'apr&#232;s la venue du Messie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme sioniste, du d&#233;but du XXe si&#232;cle jusqu'&#224; aujourd'hui, n'a cess&#233; de recouvrir des id&#233;ologies et des projets diff&#233;rents. Dans les trois premi&#232;res d&#233;cennies du si&#232;cle, certains Juifs fran&#231;ais comme Victor Basch, pr&#233;sident de la Ligue des droits de l'homme de 1926 &#224; 1944, soutenaient le sionisme dans la mesure o&#249; ils y voyaient une solution pour les Juifs pers&#233;cut&#233;s dans les pays o&#249; s&#233;vissaient les pogroms et qui avaient du mal &#224; &#233;migrer en Europe occidentale ou en Am&#233;rique. Alors que, pour les principaux th&#233;oriciens du sionisme, il s'agissait de rassembler tous les membres dispers&#233;s du &#171; peuple juif &#187;, qu'ils soient ou non discrimin&#233;s. Par ailleurs, n&#233; lors de l'apog&#233;e des empires europ&#233;ens, le sionisme se situait tr&#232;s majoritairement dans &#171; l'univers mental &#187; colonial. Pour la plupart, les immigrants venus d'Europe reprenaient &#224; leur compte le discours dominant du moment par rapport aux indig&#232;nes. Afin de justifier son projet, Herzl &#233;crivait, par exemple : &#171; Pour l'Europe, nous formerions l&#224;-bas un &#233;l&#233;ment du mur contre l'Asie ainsi que l'avant-poste de la civilisation contre la barbarie &#187;. Et l'un de ses proches, Nordau : &#171; Nous voulons &#233;tendre &#224; l'Euphrate les limites de l'Europe &#187;. Lors de l'exposition coloniale internationale de Paris en 1931, un Pavillon de Palestine pr&#233;sentait le projet sioniste. Mais si une partie des sionistes consid&#233;raient la Palestine comme &#171; une terre sans peuple pour un peuple sans terre &#187;, et ne pr&#234;taient pas attention &#224; la population palestinienne musulmane et chr&#233;tienne habitant ce territoire avant l'arriv&#233;e des Juifs d'Europe, d'autres regardaient en face la r&#233;alit&#233; d'un pays d&#233;j&#224; habit&#233; par des Arabes palestiniens et envisageaient son partage avec eux, sous la forme d'une &#171; conf&#233;d&#233;ration jud&#233;o-arabe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1933, les pers&#233;cutions nazies ont provoqu&#233; un fort accroissement de cette &#233;migration, mais, confront&#233;s &#224; la grande r&#233;volte arabe de 1936-1939, les Britanniques, avec leur Livre Blanc de 1939, ont limit&#233; l'immigration juive &#224; 75 000 personnes sur une dur&#233;e de cinq ans, pour que la population juive ne d&#233;passe pas le tiers de la population du pays &#8212; au moment m&#234;me o&#249; de nombreux Juifs fuyant le Reich cherchaient une terre d'accueil. Celle-ci a repris au lendemain de la lib&#233;ration des camps en 1945. D'autant que les pays d'Europe centrale et orientale comme la Pologne, les pays baltes et la Roumanie, ne voulaient plus des rescap&#233;s de la Shoah &#8212; des pogroms y ont eu lieu apr&#232;s la fin de la guerre &#8212; et que les pays d'Europe occidentale et d'Am&#233;rique &#233;taient r&#233;ticents &#224; les accueillir. Le r&#233;sultat est que le recensement de 1947 d&#233;nombre 460 000 Juifs en Palestine, soit environ un tiers de la population, le nombre des Arabes palestiniens ayant connu de 1931 &#224; 1947 un accroissement bien moindre, puisque leur nombre est pass&#233; de 780 000 &#224; 1 070 000. De 1944 &#224; 1948, les organisations arm&#233;es juives ont d&#233;clench&#233; une guerre qui conduira &#224; la mort de plusieurs milliers d'Arabes, plus de 300 britanniques, ainsi que plusieurs dizaines de Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;fense des droits des Palestiniens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la cr&#233;ation en 1948 de l'Etat d'Isra&#235;l en Palestine, on peut consid&#233;rer que le mouvement sioniste a atteint son but, la cr&#233;ation d'un Etat juif. Pour les Palestiniens, ce fut au prix d'une catastrophe, la Naqba, qui a conduit &#224; l'expulsion, &#224; partir de plus de 400 villes et villages, de quelque 700 000 d'entre eux lors d'op&#233;rations militaires au cours desquelles plusieurs dizaines de massacres de populations civiles ont eu lieu. Le sionisme est devenu l'id&#233;ologie officielle du nouvel Etat et la plupart des Isra&#233;liens attach&#233;s &#224; la d&#233;fense d'Isra&#235;l s'en revendiquent explicitement. Mais le terme sioniste est employ&#233; dans des sens diff&#233;rents. L'Etat d'Isra&#235;l consid&#232;re officiellement ses fronti&#232;res comme provisoires et la plupart des forces politiques veulent, au nom du sionisme, les &#233;tendre au-del&#224; de celles de 1967, &#224; la Cisjordanie. D'autant que les fondateurs de cet Etat comme David Ben Gourion n'ont jamais dessin&#233; la carte de l'Etat juif qu'ils ambitionnaient, et que Jabotinsky voulait l'&#233;tendre jusqu'&#224; la rive orientale du Jourdain. D'autre part, les courants ultra-religieux qui se d&#233;finissaient auparavant comme antisionistes s'en revendiquent aujourd'hui. Mais certaines forces politiques favorables &#224; l'&#233;vacuation des territoires palestiniens occup&#233;s en 1967 s'en r&#233;clament &#233;galement, faisant valoir que le sionisme d'avant 1948 ne revendiquait pas ces territoires. Dans le juda&#239;sme du monde occidental, m&#234;me ambig&#252;it&#233;. Le terme est revendiqu&#233; par les organisations attach&#233;es &#224; la d&#233;fense de l'Etat d'Isra&#235;l, et surtout celles qui soutiennent les politiques de colonisation des gouvernements isra&#233;liens, mais il n'est pas r&#233;cus&#233; par certaines de celles qui s'opposent &#224; la colonisation des territoires palestiniens occup&#233;s en 1967. Et l'ambig&#252;it&#233; du terme sioniste qu'on constate chez ceux qui s'en r&#233;clament se retrouve aussi chez ceux qui d&#233;clarent le combattre. Parfois, ce sont tous les Isra&#233;liens juifs, ou tous les d&#233;fenseurs de l'existence d'un Etat isra&#233;lien, quelles qu'en soient les fronti&#232;res, qui sont qualifi&#233;s de sionistes. Parfois ce sont uniquement ceux qui veulent &#233;tendre les fronti&#232;res d'Isra&#235;l de la M&#233;diterran&#233;e au Jourdain qui sont ainsi qualifi&#233;s, et non pas ceux qui sont favorables &#224; l'&#233;tablissement d'un Etat palestinien en Cisjordanie et &#224; Gaza. Pourtant, certains de ces derniers se r&#233;clament parfois du sionisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les trente derni&#232;res ann&#233;es, quelques 900 000 personnes ont &#233;migr&#233; en Isra&#235;l venant d'ex-Union sovi&#233;tique, en partie pouss&#233;s par l'antis&#233;mitisme persistant dans ce pays. Celui-ci avait &#233;t&#233; relanc&#233; en 1948 lors de la campagne &#171; anti-cosmopolite &#187; qui a culmin&#233; en 1952-53 avec le pr&#233;tendu &#171; complot des Blouses blanches &#187;, et il s'est prolong&#233; sous couvert d'&#171; antisionisme &#187; dans les ann&#233;es 1970 et 1980. Lors de l'effondrement de l'URSS, la plupart des Juifs ont quitt&#233; le pays en crise quand l'opportunit&#233; d'&#233;migrer en Isra&#235;l a &#233;t&#233; rendue possible au milieu des ann&#233;es 1980 dans le contexte d'une n&#233;gociation avec le pr&#233;sident am&#233;ricain Reagan. Beaucoup sont all&#233;s aux USA et au Canada, mais une partie est venue en Isra&#235;l et a &#233;t&#233; orient&#233;e vers les colonies de Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sionisme n'a cess&#233; de se nourrir de l'antis&#233;mitisme europ&#233;en et il a une triple nature. C'est un mouvement nationaliste europ&#233;en au moment o&#249; ont &#233;merg&#233; en Europe de multiples autres nationalismes, et il partage les ambig&#252;it&#233;s et la diversit&#233; interne de tous les autres nationalismes : du nationalisme de protection et de d&#233;fense, au nationalisme expansionniste et conqu&#233;rant. C'est aussi un mouvement qui s'inscrit dans le contexte de la colonisation europ&#233;enne outre-mer. Et c'est surtout un mouvement qui a &#233;t&#233; nourri par les pers&#233;cutions antis&#233;mites, n'a pas &#233;t&#233; suffisamment &#171; d&#233;samorc&#233; &#187; par des r&#233;actions d&#233;mocratiques comme celle du mouvement dreyfusard en France en 1894-1906, et un mouvement qui a propos&#233; un refuge aux survivants de ces pers&#233;cutions &#224; un moment o&#249; la plupart des Etats d&#233;velopp&#233;s ne voulaient pas les accueillir. Avant 1940, le Bund &#233;tait une grande organisation juive antisioniste. Aujourd'hui, &#224; part &#171; La paix maintenant &#187; venu du sionisme de gauche, la plupart de ceux qui d&#233;fendent les droits des Palestiniens sont anti-sionistes. Ils refusent non seulement l'annexion et l'occupation, mais aussi la discrimination des citoyens isra&#233;liens non-juifs &#224; qui une all&#233;geance &#224; l'Etat juif est demand&#233;e, et la discrimination des immigrants en fonction de leur origine &#171; ethnique &#187;. Mais, compte tenu du contexte historique europ&#233;en complexe dans lequel le sionisme s'est d&#233;velopp&#233; et de la polys&#233;mie forte et contradictoire de ce terme, l'utilisation du mot sionisme dans la d&#233;fense des droits des Palestiniens risque d'apporter davantage de confusion que d'&#233;claircissement. Sauf &#224; pr&#233;ciser qu'on limite son sens &#224; l'id&#233;ologie officielle, nationaliste, expansionniste et &#171; ethnique &#187; de l'Etat d'Isra&#235;l, qui est omnipr&#233;sente dans les &#233;coles, &#224; l'arm&#233;e et dans toutes les administrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, quel que soit le jugement qu'on peut porter sur le mouvement sioniste, il a eu un effet : la constitution d'un Etat et d'un peuple. M&#234;me si la th&#232;se sioniste d'un peuple juif, &#171; peuple-race &#187; multimill&#233;naire, est une fiction, l'existence d'un peuple isra&#233;lien est aujourd'hui une r&#233;alit&#233;. Une r&#233;alit&#233; probl&#233;matique, car tout indique qu'il se r&#233;duit aux Juifs isra&#233;liens et que les 20% de non-juifs en Isra&#235;l n'appartiennent ni au peuple isra&#233;lien ni &#224; la nation isra&#233;lienne. Les partis repr&#233;sentant cette minorit&#233; palestinienne arabe sont pr&#233;sents &#224; la Knesset, mais ils ne se sont pas favorables &#224; un Etat juif et restent en marge de la soci&#233;t&#233; comme de la vie politique isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, compte tenu de l'existence de ce peuple juif isra&#233;lien, dont les Palestiniens sont conscients, d&#233;fendre les droits des Palestiniens, ce n'est pas prof&#233;rer contre l'existence de l'Etat d'Isra&#235;l des discours plus radicaux que ceux des Palestiniens eux-m&#234;mes. La modification par l'OLP, en 1996, de sa charte qui visait la destruction d'Isra&#235;l reste un fait fondamental, m&#234;me si l'application des Accords d'Oslo n'a conduit qu'&#224; une extension de la colonisation et une aggravation du sort des Palestiniens. M&#234;me si la construction d'un Etat palestinien en Cisjordanie et &#224; Gaza avec J&#233;rusalem-Est comme capitale para&#238;t s'&#234;tre &#233;loign&#233;e sans cesse dans les faits durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies, cet objectif reste la seule perspective pouvant mettre fin au conflit. Non seulement la France doit reconnaitre cet Etat, mais elle doit militer activement pour que des pressions am&#232;nent Isra&#235;l &#224; accepter cette issue. Elle doit tout faire pour que le respect du droit international lui soit impos&#233;, ce qui implique en particulier de demander aujourd'hui que l'Europe suspende son accord d'association avec l'Etat d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'antis&#233;mitisme, les mouvements de d&#233;fense des droits des Palestiniens doivent prendre garde &#224; ses possibles r&#233;surgences au pr&#233;texte de ce conflit. Comme l'a soulign&#233; Maxime Rodinson, il n'y a pas d'antis&#233;mitisme en soi, d'antis&#233;mitisme &#233;ternel, mais des formes diverses d'un antis&#233;mitisme &#233;minemment &#233;volutif et d'une extraordinaire plasticit&#233;. Profond&#233;ment enracin&#233; dans la longue histoire de l'Europe chr&#233;tienne, il repose sur un &#233;pais substrat et sait resurgir sous des habillages nouveaux. Il a tendance &#224; se compliquer aujourd'hui du fait de l'interf&#233;rence de pr&#233;jug&#233;s jud&#233;ophobes issus des cultures populaires de pays musulmans et de l'immigration qui en provient. Et on constate aussi que des &#233;lites et des forces politiques du monde arabe, musulman ou chr&#233;tien, ont repris depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale des &#233;crits europ&#233;ens antis&#233;mites &#8212; comme le Protocole des sages de Sion &#173;&#8212; ou n&#233;gationnistes. Contrairement &#224; l'Europe, il n'y a pas eu dans le monde arabe de haine des Juifs multis&#233;culaire et exterminatrice, mais on a vu appara&#238;tre des discours de haine de plus en plus virulents, propag&#233;s notamment par certains courants salafistes. Les Palestiniens sont rest&#233;s jusqu'&#224; une date r&#233;cente relativement &#233;pargn&#233;s parce qu'ils ont face &#224; eux un ennemi bien identifi&#233; comme isra&#233;lien. Tout en combattant les th&#233;ories selon lesquelles un &#171; nouvel antis&#233;mitisme &#187; d'origine musulmane se serait substitu&#233; en France au &#171; vieil antis&#233;mitisme &#187; europ&#233;en, une r&#233;flexion sur ces ph&#233;nom&#232;nes complexes doit &#234;tre men&#233;e. Car, en refusant, bien entendu, l'accusation d'antis&#233;mitisme &#224; l'&#233;gard de toute critique &#224; l'encontre de la politique de l'Etat d'Isra&#235;l, il faut aussi prendre garde &#224; ce que des discours &#171; antisionistes &#187; ne soient pas un habillage nouveau pour des propos antis&#233;mites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; Au croisement de trois histoires : antis&#233;mitisme, sionisme et droits des Palestiniens &#187;. Trop, c'est trop. 9 mars 2016 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://trop-cest-trop.fr/au-croisement-de-trois-histoires-antisemitisme-sionisme-et-droits-des-palestiniens/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://trop-cest-trop.fr/au-croisement-de-trois-histoires-antisemitisme-sionisme-et-droits-des-palestiniens/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Philippe Oriol, L'histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 &#224; nos jours, p. 1219.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La COP21 et apr&#232;s &#8211; Les apprentis sorciers : le spectre de la g&#233;o-ing&#233;nierie hante l'accord de Paris sur le climat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-COP21-et-apres-Les-apprentis-sorciers-le-spectre-de-la-geo-ingenierie-hante</link>
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		<dc:date>2016-03-29T16:53:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

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&lt;p&gt;La conf&#233;rence de Paris sur le climat (COP21) s'est conclue sur un accord que les n&#233;gociateurs et les m&#233;dias ont qualifi&#233; d'ambitieux et d'historique (1). Ce document n'est pourtant gu&#232;re plus qu'une d&#233;claration d'intention confirmant l'objectif fix&#233; &#224; Copenhague en 2009 : maintenir la hausse de temp&#233;rature au cours de ce si&#232;cle au-dessous de 2&#176;C par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;industrielle. Sous la pression des pays les plus menac&#233;s, on y a ajout&#233; la volont&#233; de tendre &#224; rester au-dessous de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton25582-73cec.jpg?1675785453' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conf&#233;rence de Paris sur le climat (COP21) s'est conclue sur un accord que les n&#233;gociateurs et les m&#233;dias ont qualifi&#233; d'ambitieux et d'historique (1). Ce document n'est pourtant gu&#232;re plus qu'une d&#233;claration d'intention confirmant l'objectif fix&#233; &#224; Copenhague en 2009 : maintenir la hausse de temp&#233;rature au cours de ce si&#232;cle au-dessous de 2&#176;C par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;industrielle. Sous la pression des pays les plus menac&#233;s, on y a ajout&#233; la volont&#233; de tendre &#224; rester au-dessous de 1,5&#176;C&#8230; comme envisag&#233; d&#233;j&#224; lors de la COP de Cancun en 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est certes important que l'unanimit&#233; se soit faite sur ces objectifs. Cela confirme l'influence en baisse des climato-n&#233;gationnistes, et l'impact en hausse du mouvement pour le climat. Mais l'accord ne stipule ni l'ann&#233;e o&#249; les &#233;missions mondiales commenceront &#224; diminuer, ni le rythme annuel de cette diminution, ni le moment o&#249; l'humanit&#233; bannira les combustibles fossiles. Sur ces points cl&#233;s, on doit se contenter d'une indication extr&#234;mement vague : &#171; Les parties visent &#224; atteindre un pic mondial dans les &#233;missions aussi vite que possible et &#224; entreprendre ensuite de rapides r&#233;ductions des &#233;missions afin d'atteindre dans la seconde moiti&#233; du si&#232;cle un &#233;quilibre entre les &#233;missions et les absorptions de gaz &#224; effet de serre &#187; (article 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord ne dit pas non plus comment les pays partageront l'effort en fonction des responsabilit&#233;s historiques et des capacit&#233;s respectives, comme pr&#233;vu par la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) adopt&#233;e en 1992 (2). Pour rappel, la COP de Copenhague avait &#233;chou&#233; principalement sur ce point, le Sud estimant que le Nord n'assumait pas ses obligations. A Paris, on a contourn&#233; la difficult&#233; en r&#233;affirmant de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale les principes de la CCNUCC, sans se risquer &#224; dire si les plans concrets de chaque Etat pour contribuer &#224; stabiliser le climat sont conformes &#224; ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le verre est vide &#224; 80%&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le jargon de la COP21, ces plans sont d&#233;sign&#233;s par l'acronyme INDC (Intended Nationally Determined Contributions) (3). On aura beau clamer que l'accord est ambitieux et historique, ces &#171; intentions de contributions &#187; ne le sont pas du tout : &#224; supposer qu'elles soient effectivement mises en &#339;uvre, l'effet cumul&#233; serait un r&#233;chauffement de 2,7 &#224; 3,7&#176;C d'ici la fin du si&#232;cle (4). C'est moins que les 4-6&#176;C projet&#233;s au rythme actuel des &#233;missions, mais environ deux fois plus que l'objectif inclus dans l'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le verre de Paris serait &#224; moiti&#233; plein ? Non. L'organe ad hoc mis en place &#224; Durban pour &#171; rehausser les ambitions &#187; climatiques a &#233;valu&#233; l'impact des INDC &#224; l'aune des scenarii pour rester bien au-dessous des 2&#176;C. Remis au Secr&#233;tariat de la CCNUCC avant la COP21, son rapport de synth&#232;se est sans appel : les plans nationaux ne repr&#233;sentent qu'un cinqui&#232;me de l'effort donnant 66% de chance ou plus de rester sous la barre des 2&#176;C (5). Le verre est donc vide &#224; 80%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son pr&#233;ambule, l'accord de Paris &#8220;insiste avec une vive pr&#233;occupation &#187; sur &#171; le besoin urgent de combler (cet) &#233;cart significatif &#187;. Pour ce faire, l'accord sera actualis&#233; tous les cinq ans. Le r&#233;sultat est cependant incertain, car d&#233;pendant de la bonne volont&#233; des Etats. Certains juristes consid&#232;rent que le texte est contraignant et que les parties sont tenues de l'appliquer &#171; de bonne foi &#187; (6). Mais la bonne foi est &#233;lastique : aucune sanction n'est pr&#233;vue et l'infraction &#224; sanctionner n'est pas claire, puisque l'accord ne chiffre pas la contribution de chaque pays au respect des 1,5-2&#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualisation sera pr&#233;par&#233;e d&#232;s 2017 pour d&#233;buter en 2023, trois ans apr&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de l'accord. Le probl&#232;me pos&#233; ici est celui des &#233;ch&#233;ances, notamment de l'ann&#233;e &#224; laquelle il faudrait, au plus tard, commencer &#224; r&#233;duire les &#233;missions mondiales pour rester bien au-dessous des 2&#176;C. C'est une question cruciale. En la creusant, on aboutit &#224; la conclusion qu'il y a anguille sous roche : soit l'objectif des 1,5-2&#176;C n'est que du vent, soit l'accord est sous-tendu en coulisse par un projet de d&#233;ploiement massif de technologies de g&#233;oing&#233;nierie, sans que ce choix ait fait l'objet d'un d&#233;bat d&#233;mocratique. L'auteur de ces lignes penche pour la seconde hypoth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas si grave, en fin de compte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le quatri&#232;me rapport du GIEC, les &#233;missions mondiales devaient commencer &#224; diminuer au plus tard en 2015 pour que la concentration atmosph&#233;rique en gaz &#224; effet de serre ait une chance sur deux de rester entre 445 et 490 ppmv CO2eq, correspondant &#224; un r&#233;chauffement probable de 2-2,4C&#176; &#224; l'&#233;quilibre (7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me rapport donne des indications un peu diff&#233;rentes, par r&#233;gions : pour avoir au moins 66% de chances de rester entre 430 et 480 ppm CO2eq, il faudrait que les &#233;missions culminent en 2010 dans les pays de l'OCDE, en 2014 dans les Etats de l'ex-bloc de l'Est, en 2015 en Am&#233;rique latine, et en 2020 en Afrique, en Asie ainsi qu'au Moyen-Orient (8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le rapport de synth&#232;se sur les INDC, du groupe ad hoc de Durban, mentionne la possibilit&#233; de rester sous les 2&#176;C m&#234;me si les &#233;missions mondiales ne culminent qu'en 2020, en 2025, voire m&#234;me en 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'&#233;ch&#233;ance du pic semble ainsi reculer cr&#233;e l'impression que la menace du r&#233;chauffement, tout compte fait, n'est pas si grave, que les solutions permettant d'&#233;viter une s&#233;rieuse catastrophe restent enti&#232;rement ouvertes. Est-ce vrai ou faux ? Et, si c'est faux, comment une id&#233;e aussi dangereuse a-t-elle pu s'insinuer dans les esprits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;pondre tr&#232;s simplement en se fondant sur la notion de &#171; budget carbone X&#176;C &#187;, autrement dit la quantit&#233; de gaz &#224; effet de serre, exprim&#233;e en &#233;quivalents CO2, qui peut encore &#234;tre &#233;mise avec une probabilit&#233; Y de ne pas r&#233;chauffer l'atmosph&#232;re de plus de X&#176;C d'ici la fin du si&#232;cle. Pour un r&#233;chauffement X de 2&#176;C et une probabilit&#233; Y de 66% ou plus, le cinqui&#232;me rapport du GIEC estime ce budget &#224; 1000GT sur la p&#233;riode 2011-2100 (9). Au rythme d'&#233;mission actuel, il serait &#233;puis&#233; dans une quinzaine d'ann&#233;es. Il y a donc, plus que jamais, urgence face &#224; une menace d'une extr&#234;me gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;fi gigantesque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le charbon, le p&#233;trole et le gaz naturel couvrent plus de 80% de nos besoins en &#233;nergie et leur combustion est la source majeure de gaz &#224; effet de serre. D'autre part, en plus d'&#233;mettre du CO2, du m&#233;thane et de l'oxyde nitreux, l'agrobusiness et la foresterie capitaliste bas&#233;s sur les combustibles fossiles r&#233;duisent consid&#233;rablement la capacit&#233; des sols de stocker du carbone. Il est donc crucial qu'un plan global soit &#233;tabli pour r&#233;duire la consommation &#233;nerg&#233;tique, remplacer les fossiles par les renouvelables et r&#233;tablir une agriculture organique dans le cadre d'une utilisation rationnelle des sols. Ainsi la courbe des &#233;missions pourra s'infl&#233;chir, passer par un maximum, puis d&#233;cro&#238;tre vers z&#233;ro, tandis que les absorptions de carbone par les &#233;cosyst&#232;mes agricoles et forestiers augmenteront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce encore possible ? Est-il encore possible de respecter le budget de 1000Gt de carbone, sachant que les mesures &#224; prendre sont repouss&#233;es sans cesse depuis 25 ans et que le rythme annuel des &#233;missions n'a fait que cro&#238;tre ? Dans l'absolu, oui. Mais &#224; condition de commencer imm&#233;diatement &#224; r&#233;duire tr&#232;s vite les &#233;missions et augmenter les absorptions. Pour ce qui concerne le premier volet, selon Kevin Anderson, directeur du prestigieux Tyndall Center on Climate Change Research, les &#233;missions globales du secteur de l'&#233;nergie devraient diminuer tout de suite d'au moins 10% par an d'ici 2025 (10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi est gigantesque. Vu les masses de capitaux immobilis&#233;es dans les r&#233;serves fossiles ainsi que dans les installations de conversion, de raffinage et de distribution, mais aussi dans le syst&#232;me agri-forestier capitaliste, il est rigoureusement impossible de le relever en respectant les lois capitalistes du profit, de la croissance, de la concurrence et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e (11). Il faudrait au contraire mettre en &#339;uvre des mesures anticapitalistes radicales : suppression des productions inutiles ou nuisibles, chasse &#224; l'obsolescence programm&#233;e, obligation de recyclage ind&#233;pendamment des co&#251;ts, suppression de la consommation ostentatoire des riches, partage des ressources, expropriation des groupes de l'&#233;nergie et du cr&#233;dit, localisation des activit&#233;s, planification du d&#233;veloppement, d&#233;mant&#232;lement de l'agrobusiness au profit de l'agriculture paysanne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;ologie des chercheurs biaise les rapports du GIEC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de ses milliers de pages de rapports, le GIEC n'&#233;claire pas ce choix fondamental : la possibilit&#233; de sortir des lois du march&#233; n'est m&#234;me pas envisag&#233;e par les &#233;conomistes qui &#233;laborent des sc&#233;narii de stabilisation du climat. Un exemple limit&#233; mais frappant est celui de l'armement : le D&#233;partement US de la D&#233;fense &#233;met annuellement autant de CO2 que 160 millions de Nig&#233;rians et la guerre contre l'Irak entre 2003 et 2008 a &#233;mis plus de CO2 que 139 pays de la plan&#232;te pris s&#233;par&#233;ment (12), mais aucun sc&#233;nario ne pose l'hypoth&#232;se de la suppression de la production d'armes, ou d'autres productions inutiles et nuisibles. Les chercheurs excluent eux-m&#234;mes certaines pistes, limitant ainsi le champ des possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa partie du cinqui&#232;me rapport du GIEC, le Groupe de Travail III expose sans fard les causes id&#233;ologiques de cette autocensure : &#171; Les mod&#232;les prennent l'&#233;conomie comme base de la prise de d&#233;cision. (&#8230;) En ce sens, ils tendent &#224; des descriptions du futur qui sont normatives et focalis&#233;es sur l'&#233;conomie. Les mod&#232;les supposent typiquement des march&#233;s qui fonctionnent pleinement et un comportement de march&#233; concurrentiel &#187; (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre de r&#233;f&#233;rence n&#233;olib&#233;ral, o&#249; &#171; l'Economie &#187; est consid&#233;r&#233;e comme une loi naturelle, il n'est pas &#233;tonnant que les scientifiques soient contraints d'assister, impuissants, au r&#233;tr&#233;cissement rapide du budget carbone 2&#176;C. Le GIEC aurait-il produit vingt rapports, cela n'aurait rien chang&#233; &#224; l'affaire, car sortir de l'impasse n'est possible qu'en sortant du cadre. Or, les &#233;quipes de scientifiques qui donnent le ton dans l'&#233;laboration des sc&#233;narii ne l'entendent pas de cette oreille. Plut&#244;t que de crier &#171; stop aux combustibles fossiles, laissons-les dans le sol &#187;, elles s'inclinent devant les imp&#233;ratifs du profit et cherchent des moyens de retirer de l'atmosph&#232;re le carbone que le capital fossile continue d'y d&#233;verser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Emissions n&#233;gatives &#187;, solutions de Gribouille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau domaine de recherches se d&#233;veloppe ainsi : celui des &#171; Technologies &#224; &#233;missions n&#233;gatives &#187; (NET, Negative Emissions technologies).Citons-en rapidement quelques-unes. Certains mettent au point des &#171; arbres artificiels &#187; pour capter le CO2 de l'air sur une r&#233;sine sp&#233;ciale dont il est ensuite s&#233;par&#233; par lavage &#224; l'eau pour &#234;tre stock&#233; dans les profondeurs du globe. D'autres songent &#224; chauler les oc&#233;ans : en r&#233;agissant avec la chaux, le CO2 formerait du carbonate de calcium (le compos&#233; principal du calcaire) qui pr&#233;cipiterait ensuite au fond des oc&#233;ans, permettant &#224; ceux-ci d'absorber plus de CO2 atmosph&#233;rique. D'autres encore proposent de br&#251;ler de grandes quantit&#233;s de biomasse dans une atmosph&#232;re pauvre en oxyg&#232;ne (pyrolyse) afin de produire du charbon de bois (appel&#233; biochar dans ce contexte) riche en carbone, &#224; enfouir dans les sols. D'autres enfin sugg&#232;rent de br&#251;ler de la biomasse au lieu des combustibles fossiles (ou en m&#233;lange avec ceux-ci), de capturer le CO2 &#224; la sortie des installations de combustion et de le s&#233;questrer dans des couches g&#233;ologiques &#233;tanches (BECCS : bio-&#233;nergie avec capture du carbone et s&#233;questration) (14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GTIII du GIEC rapporte que ces technologies &#224; &#233;missions n&#233;gatives (On dit aussi &#171; Carbon Dioxyde Removing &#8211;CDR- technologies &#187;) permettraient de retirer annuellement 10 Gt de carbone de l'atmosph&#232;re d'ici 2050, voire 40Gt/an &#224; la fin du si&#232;cle. Des transnationales de l'&#233;nergie s'y int&#233;ressent de pr&#232;s, et financent les recherches. Et pour cause : les &#171; &#233;missions n&#233;gatives &#187; pourraient &#233;quilibrer le budget carbone en compensant apr&#232;s coup une partie des &#233;missions dues &#224; la poursuite de la combustion des fossiles pendant plusieurs d&#233;cennies (15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait aucun doute qu'il s'agit en g&#233;n&#233;ral de pseudo-solutions, et m&#234;me de solutions de Gribouille. On se contentera de deux exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; atteindre un niveau suffisant de stockage marin du CO2 sous forme de carbonate de calcium n&#233;cessiterait de construire, pour l'&#233;pandage de la chaux en mer, un nombre de navires &#233;gal &#224; l'effectif actuel de la flotte mondiale (16) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; on pourrait aussi produire le carbonate de calcium sur la terre ferme, en faisant r&#233;agir le CO2 de l'air avec de la soude dans des tours de lavage, mais il faudrait alors de grandes quantit&#233;s d'&#233;nergie pour calciner le carbonate &#224; 900&#176;C (afin d'en s&#233;parer le CO2, &#224; stocker sous terre) ; de plus, les investissements seraient pharaoniques : 1.300 tours de lavage de 110 m&#232;tres de diam&#232;tre et 120 m&#232;tres de haut permettraient &#224; peine de retirer annuellement 0,36Gt de CO2 de l'atmosph&#232;re (moins d'un centi&#232;me des &#233;missions mondiales) (14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a pour ne pas devoir forcer les lobbies fossiles &#224; renoncer &#224; exploiter leurs r&#233;serves ! L'absurdit&#233; de ces entreprises saute aux yeux. Quantit&#233; de remarques du m&#234;me genre peuvent &#234;tre formul&#233;es &#224; propos d'autres dispositifs &#233;voqu&#233;es ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes &#171; hors des clous &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;passement du budget carbone r&#233;pond &#233;videmment aux int&#233;r&#234;ts du complexe &#233;nerg&#233;tico-financier qui constitue le c&#339;ur du capitalisme mondial. En m&#234;me temps, il est &#233;tabli que ce d&#233;passement, &#224; long terme, co&#251;tera plus cher &#224; l'humanit&#233; dans son ensemble, car il rendra plus difficile, voire impossible, la stabilisation du climat de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un scandale absolu, monstrueux, mais le GT III du GIEC acte beno&#238;tement que la plupart des chercheurs ont d&#233;cid&#233; de s'y r&#233;signer. Il s'agit pour eux d'abandonner leur ancienne &#171; supposition id&#233;alis&#233;e &#187; que la transition doit s'op&#233;rer &#171; quand elle est la moins co&#251;teuse &#187;. La majorit&#233; des nouveaux sc&#233;narios de stabilisation int&#232;grent donc l'hypoth&#232;se d'un d&#233;passement &#224; compenser ult&#233;rieurement par le d&#233;ploiement des NET (17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut pointer le GIEC du doigt, mais il ne fait que respecter son mandat, qui est de produire des rapports en compilant les publications scientifiques existantes. D&#232;s lors que celles-ci sont envahies de sc&#233;narios avec NET, le diagnostic sur la &#171; mitigation &#187; du changement climatique est profond&#233;ment affect&#233; &#8211; ou plut&#244;t infect&#233;. En particulier, l'ann&#233;e du pic des &#233;missions peut &#234;tre retard&#233;e aussi longtemps qu'on trouve &#8211; sur le papier ! &#8211; des moyens hypoth&#233;tiques permettant d'esp&#233;rer que le d&#233;ficit du budget carbone creus&#233; aujourd'hui et dans les 20-30 ans qui viennent sera combl&#233; dans la seconde moiti&#233; du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sorber la bulle de carbone ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes l&#224; aujourd'hui. Kevin Anderson attire l'attention sur le fait que la base de donn&#233;es du 5e rapport du GIEC contient 113 sc&#233;narios de mitigation donnant au moins 66% de chances de rester sous les 2&#176;C ; 107 d'entre eux (95%) font l'hypoth&#232;se d'un d&#233;ploiement massif des NET. Selon les 6 autres, le pic des &#233;missions devait avoir lieu au plus tard en&#8230; 2010 (10). La communication lors de la COP21 a bien cach&#233; cette r&#233;alit&#233; inqui&#233;tante : nous sommes &#171; hors des clous &#187;, a fortiori s'il s'agit de ne pas d&#233;passer 1,5&#176;C !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors des clous, nous risquons de l'&#234;tre encore davantage &#224; l'avenir, car l'app&#233;tit vient en mangeant. Pourquoi les NET ne permettraient-elles pas d'aller plus loin encore ? D&#233;but 2015, une &#233;tude concluait &#224; la possibilit&#233; technique de retirer d'ici 2100 entre 700 &#224; 1350 GtCO2 de l'atmosph&#232;re, soit 90-170 ppm, ce qui &#233;tendrait le budget carbone de 70 &#224; 140% ou plus (18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs de cette &#233;tude concluaient que &#171; si ce d&#233;ploiement maximum des NET &#233;tait possible, il ne serait en aucun sens pr&#233;f&#233;rable &#224; la d&#233;carbonisation &#224; temps des syst&#232;mes agricoles et &#233;nerg&#233;tiques &#187;. Le co&#251;t serait en effet prohibitif. Mais on devine que certains PDG du capital fossile entrevoient dans ces &#233;valuations le moyen de se d&#233;barrasser de la &#171; bulle de carbone &#187;. Il leur suffirait de prendre la plan&#232;te en otage pour forcer la collectivit&#233; &#224; payer les gigantesques investissements de g&#233;oing&#233;nierie qui, &#224; force de ne rien faire, finiront pas devenir indispensables pour &#233;viter une catastrophe majeure. De la sorte, les r&#233;serves fossiles pourraient &#234;tre exploit&#233;es, au moins partiellement (19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, pour le moment, s'inscrit encore en pointill&#233;s. Mais notons au passage ceci : quand l'int&#233;r&#234;t des cr&#233;anciers dicte de saigner les peuples pour payer les dettes, la pseudo-science &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale ne jure que par l'&#233;quilibre des finances publiques ; mais quand l'int&#233;r&#234;t de ces m&#234;mes cr&#233;anciers dicte de creuser le d&#233;ficit du budget carbone de la plan&#232;te, alors, curieusement, il n'est plus question d'&#233;quilibre. Alors, au contraire, on use de tous les moyens pour creuser le d&#233;ficit et le reporter sur la collectivit&#233;, sur les g&#233;n&#233;rations futures et sur les &#233;cosyst&#232;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On verra plus tard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la COP21. Notre analyse en &#233;claire le contenu. Il est possible que les n&#233;gociateurs ne se soucient pas de savoir si l'&#233;cart entre les INDC et les 1,5-2&#176;C sera combl&#233;, en tout ou en partie. Mais il est plus probable qu'ils s'en soucient &#8211; en tout cas les plus intelligents s'en soucient &#8211; car un r&#233;chauffement &#171; trop important &#187; rendrait leur syst&#232;me ing&#233;rable (20). Or, dans le cadre capitaliste, les technologies &#224; &#233;missions n&#233;gatives constituent tout simplement la seule issue possible (21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette g&#233;oing&#233;nierie est le spectre qui hante le texte adopt&#233; &#224; Paris et lui donne sa coh&#233;rence &#187; (22). En effet, pourquoi mentionner un pic des &#233;missions, un rythme de r&#233;duction, une &#233;ch&#233;ance de d&#233;carbonisation ? Tous ces param&#232;tres, dor&#233;navant, d&#233;pendent de l'importance possible des NET. On verra plus tard. Le fait que le texte ne parle pas de la &#171; transition &#233;nerg&#233;tique &#187; n'est pas la lacune regrettable d'un accord qui &#171; va dans le bon sens &#187; : c'est la manifestation en creux d'un projet qui choisit de miser sur la g&#233;oing&#233;nierie pour ne pas affronter le capital extractiviste (voir par ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La BECCS, nouvelle alternative infernale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les NET, une technologie &#233;merge en particulier : l'utilisation massive de la biomasse comme source d'&#233;nergie, la BECCS. C'est la moins co&#251;teuse pour le secteur &#233;nerg&#233;tique, elle ne demande pas de bouleversement du syst&#232;me et elle convient &#224; la fois &#224; la production d'&#233;lectricit&#233;, de biogaz et de carburants liquides. De plus, la BECCS ne fait pas que retirer du CO2 de l'air : contrairement aux arbres artificiels, elle offre aux entreprises du secteur &#233;nerg&#233;tique des marchandises &#224; vendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GIEC cite plusieurs &#233;tudes &#233;valuant &#224; 3Gt par an la quantit&#233; &#171; r&#233;aliste &#187; de carbone que la BECCS permettrait de retirer de l'atmosph&#232;re d'ici 2050, &#224; un co&#251;t acceptable par le capital (potentiel &#233;conomique). Il consacre aussi une quinzaine de pages aux incertitudes et aux risques de la capture-s&#233;questration g&#233;ologique en g&#233;n&#233;ral, de la BECCS en particulier (23). Cependant, au moment de la d&#233;cision, les exigences des &#171; march&#233;s qui fonctionnent pleinement &#187; poussent chacun &#224; adopter &#171; un comportement de march&#233; concurrentiel &#187;. C'est ainsi que, dans leur rapport de synth&#232;se sur les INDC (5), les experts du groupe de Durban ne font pas r&#233;f&#233;rence aux risques des NET mentionn&#233;s par le GIEC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces risques sont pourtant consid&#233;rables. Risques pour la biodiversit&#233;, qui ne peut que souffrir des projets bio-&#233;nerg&#233;tiques. Risques pour les communaut&#233;s rurales et les peuples indig&#232;nes, confront&#233;s &#224; une nouvelle pression pour l'accaparement des terres. Risques pour les salari&#233;-e-s et les pauvres, car la concurrence entre cultures &#233;nerg&#233;tiques et vivri&#232;res tirera vers le haut les prix des produits alimentaires. Risques en particulier pour les salari&#233;-e-s des secteurs les plus &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre, soumis &#224; une pression croissante du fait des contraintes suppl&#233;mentaires pesant sur la rentabilit&#233; de ces industries. Risques pour les femmes, en premi&#232;re ligne des divers enjeux socio-&#233;cologiques et productrices de 80% des cultures vivri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une publication r&#233;cente concr&#233;tise certaines cons&#233;quences de la concurrence entre cultures &#233;nerg&#233;tiques et vivri&#232;res(24). Selon les auteurs, retirer 3GT/an de l'atmosph&#232;re en recourant &#224; la bio-&#233;nergie avec capture et s&#233;questration n&#233;cessiterait d'installer des plantations industrielles sur des superficies comprises en 7 et 25% de la surface agricole totale (25 &#224; 46% de la surface agricole cultiv&#233;e en permanence). Les besoins en eau sont un autre souci : ce projet impliquerait en effet une augmentation de 3% des pr&#233;l&#232;vements humains sur les ressources en eau potable. Si les plantations &#233;taient &#233;tablies sur des terres non irrigu&#233;es, les 3Gt ne pourraient &#234;tre atteints qu'en accroissant les superficies de 40%&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manger ou &#171; sauver le climat &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne r&#233;p&#233;tera pas ici ce que la plupart des lecteurs connaissent, concernant les risques terribles du nucl&#233;aire. On ne r&#233;p&#233;tera pas non plus les dangers et les incertitudes de la capture s&#233;questration du CO2 en g&#233;n&#233;ral (impossibilit&#233; de garantir l'&#233;tanch&#233;it&#233; &#224; long terme des r&#233;servoirs, voire risque non n&#233;gligeable que le stockage g&#233;ologique lui-m&#234;me provoque des tremblements de terre) (25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si ces menaces ne suffisaient pas, les apprentis-sorciers de la croissance capitaliste en ajoutent une nouvelle : la mise en concurrence entre la satisfaction des besoins alimentaires de la population mondiale, d'une part, et la n&#233;cessit&#233;, parce qu'il n'y aurait plus d'autre moyen de &#171; sauver le climat &#187;, d'offrir au secteur &#233;nerg&#233;tique les moyens de retirer de l'atmosph&#232;re une partie du CO2 qu'il y accumule par soif de profit, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur de la &#171; bulle de carbone &#187; est telle que, pour l'escamoter totalement, les moyens en question devraient mobiliser l'ensemble des &#233;cosyst&#232;mes. En d'autres termes : les terres (agricoles ou non), les for&#234;ts et les eaux de la plan&#232;te devraient &#234;tre enti&#232;rement soumises &#224; l'objectif, par le biais d'un syst&#232;me de &#171; paiement pour services environnementaux &#187; comme celui qui existe d&#233;j&#224; pour les for&#234;ts (REDD+). Faut-il pr&#233;ciser que cette soumission des &#233;cosyst&#232;mes implique aussi la soumission des &#234;tres humains qui les habitent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'une alternative aussi infernale puisse se draper dans le manteau de la &#171; Science &#187; en dit long sur la profondeur de ces &#171; eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste &#187; (Marx) o&#249; la soci&#233;t&#233; marchande nous a plong&#233;s&#8230; et sur la d&#233;cadence qui en d&#233;coule d'une pens&#233;e scientifique de plus en plus morcel&#233;e en hypersp&#233;cialisations dict&#233;es par les int&#233;r&#234;ts capitalistes &#224; court terme. C'est une toute autre voie qu'il s'agit de suivre : une voie qui part de la vision du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique comme un tout, englobant non seulement la production technologique de chaleur, de lumi&#232;re et de mouvement mais aussi la conversion de l'&#233;nergie lumineuse en &#233;nergie chimique par les plantes vertes &#8211; c'est-&#224;-dire l'agriculture au sens le plus large &#8211; et la consommation de cette &#233;nergie par les humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus une minute &#224; perdre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins de se r&#233;signer &#224; des solutions barbares, le retour &#224; l'&#233;quilibre de ce syst&#232;me dont d&#233;pendront bient&#244;t neuf milliards d'&#234;tres humains n'est possible que par un changement fondamental du mode de production, de consommation et de transport. Un changement d'ensemble, qui implique tous les domaines de l'activit&#233; humaine. Un changement dans lequel l'agriculture organique et la foresterie (vraiment) soutenable occupent une place strat&#233;gique car ce sont les seuls projets de g&#233;oing&#233;nierie acceptables, naturels, sans dangers et contr&#244;lables d&#233;mocratiquement. Un changement social dans lequel la cosmogonie des peuples indig&#232;nes est un atout pr&#233;cieux pour sortir de l'id&#233;ologie productiviste. Un changement r&#233;volutionnaire dans lequel la classe ouvri&#232;re, en d&#233;pit de toutes les difficult&#233;s, est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le majeur, du fait de sa place dans l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux mouvements sociaux d'en tirer les conclusions. Le sauvetage du climat dans la justice sociale ne peut venir que de la convergence des luttes de tous les exploit&#233;-e-s et opprim&#233;-e-s. Il s'agit de d&#233;cr&#233;ter un autre &#233;tat d'urgence que celui qui a transform&#233; le Bourget en citadelle et d'en d&#233;duire des pratiques collectives, pour changer les rapports de forces. Il est encore possible de sortir du pi&#232;ge, d'&#233;viter ce moment terrible o&#249; l'humanit&#233; n'aura d'autre issue que de mettre le thermostat du climat entre les mains des multinationales qui contr&#244;leront les technologies &#224; &#233;missions n&#233;gatives. Mais il n'y a plus une minute &#224; perdre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;a href=&#034;http://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/fre/l09r01f.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://unfccc.int/resource/docs/2015/cop21/fre/l09r01f.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;a href=&#034;http://unfccc.int/resource/docs/convkp/convfr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://unfccc.int/resource/docs/convkp/convfr.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les INDC sont consultables sur le site de la CCNUCC &lt;a href=&#034;http://www4.unfccc.int/submissions/indc/Submission%20Pages/submissions.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www4.unfccc.int/submissions/indc/Submission%20Pages/submissions.aspx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Toutes les INDC ne fournissent pas le m&#234;me type de donn&#233;es, et des pays du Sud conditionnent certaines actions &#224; l'aide que les pays d&#233;velopp&#233;s doivent leur fournir pour lutter contre les changements climatiques ou leurs effets. Une analyse des diff&#233;rentes &#233;valuations des INDC est propos&#233;e par le World Resources Institute &lt;a href=&#034;http://www.wri.org/blog/2015/11/insider-why-are-indc-studies-reaching-different-temperature-estimates&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wri.org/blog/2015/11/insider-why-are-indc-studies-reaching-different-temperature-estimates&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. UNFCCC, Durban Platform for Enhanced Action, &#8220;Synthesis report on the aggregate effect of the intended nationally determined contributions&#8221; &lt;a href=&#034;http://www4.unfccc.int/submissions/indc/Submission%20Pages/submissions.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www4.unfccc.int/submissions/indc/Submission%20Pages/submissions.aspx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le Monde, 14/12/2015, &#8220;L'accord obtenu &#224; la COP21 est-il vraiment juridiquement contraignant ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. IPCC AR4, 2007. Contribution du Groupe de travail III au rapport 2007, Technical Summary, Stabilization scenarios, Tableau TS.2. Dans le 5e rapport, le GIEC a jug&#233; plus pertinent de donner les projections de temp&#233;ratures &#224; la fin du si&#232;cle plut&#244;t qu'&#224; l'&#233;quilibre (dans un mill&#233;naire environ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. IPCC, AR5, WGIII, chapitre 6, table 6.4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. IPCC, AR5, WGI, section 12.5.4.2. L'expression &#171; budget carbone &#187; est en soi significative de la contamination n&#233;olib&#233;rale du dossier climatique, notamment de l'estompement de la diff&#233;rence fondamentale entre les lois physiques du syst&#232;me climatique et les &#171; lois &#187; sociales du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Kevin Anderson, &#171; On the duality of climate scientists&#8221;, Nature Geoscience, DOI:10.1038/ngeo2559, &lt;a href=&#034;http://www.nature.com/ngeo/journal/vaop/ncurrent/full/ngeo2559.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nature.com/ngeo/journal/vaop/ncurrent/full/ngeo2559.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Pour sauver le climat, 1&#176;) les compagnies p&#233;troli&#232;res, gazi&#232;res et charbonni&#232;res devraient renoncer &#224; exploiter les quatre cinqui&#232;mes des r&#233;serves fossiles dont elles sont propri&#233;taires, qui font partie de leurs actifs et qui d&#233;terminent leur cotation en Bourse (&lt;a href=&#034;http://www.carbontracker.org/report/carbon-bubble/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.carbontracker.org/report/carbon-bubble/&lt;/a&gt;) ; 2&#176;) la majeure partie du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique mondial &#8211; &#224; peu pr&#232;s un cinqui&#232;me du PIB global &#8211; devrait &#234;tre mise &#224; la casse avant amortissement (World Economic and Social Survey 2011, &#171; The Great Green Technological Transformation &#187;, chap II, p. 53).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. &lt;a href=&#034;http://www.dailyenergyreport.com/how-much-energy-does-the-u-s-military-consume-an-update/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dailyenergyreport.com/how-much-energy-does-the-u-s-military-consume-an-update/&lt;/a&gt;. Price of Oil, &#8220;A Climate of War. The War in Irak and Global Warming&#8221;, Nikki Reisch and Steve Kretzmann, 2008. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://priceofoil.org/content/uploads/2008/03/A%20Climate%20of%20War%20FINAL%20(March%2017%202008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://priceofoil.org/content/uploads/2008/03/A%20Climate%20of%20War%20FINAL%20(March%2017%202008&lt;/a&gt;).pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. IPCC, AR5, WGIII, Chapter 6, 6.2.1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Pour un relev&#233; partiel des NET, Grantham Institute for Climate Change, Briefing paper N&#176;8, &#8220;Negative Emissions Technologies&#8221;, oct. 2012. Pour une synth&#232;se, lire D. Tanuro, &#171; Les technologies &#224; &#233;missions n&#233;gatives : nouveau mirage, nouvelles menaces &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/apr%C3%A8s-cop21-%C2%AB-technologies-%C3%A9missions-n%C3%A9gatives-%C2%BB-nouveau-mirage-nouvelles-menaces&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.contretemps.eu/interventions/apr%C3%A8s-cop21-%C2%AB-technologies-%C3%A9missions-n%C3%A9gatives-%C2%BB-nouveau-mirage-nouvelles-menaces&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Un exemple parmi d'autres : le Global Climate and Energy Project de l'Universit&#233; de Stanford. Ce partenariat de long terme avec DuPont, Exxon Mobil, General Electric, Schlumberger, Toyota et la Bank of America organisait en 2012 un s&#233;minaire international sur la BECCS. &lt;a href=&#034;https://gcep.stanford.edu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gcep.stanford.edu/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Paul Fennel, Imperial College, Communication au s&#233;minaire du GCEP, Stanford, Juin 2012. &lt;a href=&#034;https://gcep.stanford.edu/events/workshops_negemissions2012/presentationsandvideo.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gcep.stanford.edu/events/workshops_negemissions2012/presentationsandvideo.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. IPCC, AR5, WGIII, Chap. 6, 6.1.2.1. Dans la plupart de ces sc&#233;narios, le nucl&#233;aire, la capture-s&#233;questration et les renouvelables compl&#232;tent le &#171; mix &#233;nerg&#233;tique &#187;. Les &#233;missions r&#233;sultant de la combustion des fossiles sont ainsi quelque peu frein&#233;es sans &#234;tre supprim&#233;es (elles continuent m&#234;me d'augmenter dans certains secteurs, comme le transport).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Ben Caldecott, Guy Lomax &amp; Mark Workman, &#171; Stranded Carbon Assets and Negative Emissions Technologies &#187;, Stranded Assets Programme, SSEE University of Oxford, Working Paper 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Le fait que les multinationales fossiles attendent que les pouvoirs publics investissent dans les projets pilotes de capture-s&#233;questration du carbone (CCS) semble montrer que cette strat&#233;gie de prise d'otages est d&#233;j&#224; mise en &#339;uvre. La crise de 2008 a donn&#233; un coup d'arr&#234;t &#224; ces investissements, ce dont le Global CCS Institute (un lobby compos&#233; de compagnies fossiles, d'institutions publiques et de centres de recherche) se plaint am&#232;rement. Lire &#171; Closing the Gap on Climate. Why CCS is a vital part of the solution &#187;, ENGO network, december 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. La Banque Mondiale lan&#231;ait en 2012 un appel &#224; &#171; tout faire pour ne pas d&#233;passer 4&#176;C de r&#233;chauffement &#187;. Pour certains responsables capitalistes, il semble qu'une hausse de la temp&#233;rature de 2-3&#176;C soit &#171; g&#233;rable &#187;, une hausse de 3-4&#176; pas. Pour ces gens, l'enjeu n'est pas de sauver le climat mais de sauver le capitalisme. &lt;a href=&#034;http://www.banquemondiale.org/fr/news/opinion/2012/11/20/oped-a-world-4-degrees-hotter-we-must-avoid-it&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.banquemondiale.org/fr/news/opinion/2012/11/20/oped-a-world-4-degrees-hotter-we-must-avoid-it&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. C'est d'ailleurs le message exprim&#233; par une s&#233;rie de sp&#233;cialistes du climat dans une lettre publi&#233;e par la presse britannique apr&#232;s la COP21 : &#171; Our backs are against the wall and we must now start the process of preparing for geo-engineering. We must do this in the knowledge that its chances of success are small and the risks of implementation are great&#8221; (The Independent, 8/1/2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Nous nous r&#233;f&#233;rons &#224; la d&#233;finition de la g&#233;oing&#233;nierie donn&#233;e par La Royal Society : &#8220;Une intervention d&#233;lib&#233;r&#233;e et &#224; large &#233;chelle dans le syst&#232;me climatique de la Terre, dans le but de limiter le changement climatique &#187;. Cit&#233; par Claire Gough et Paul Upham in &#171; Biomass energy with carbon capture and storage (BECCS) : a review &#187;, Tyndall Working Paper 147, December 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. IPCC, AR5, WGIII, Chapter 11, 11.13.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Pete Smith et al., &#8220;Biophysical and Economic Limits to Negative CO2 Emissions&#8221;, Nature Climate Change, Review on line, 7 dec. 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Il semble &#233;tabli qu'en Colombie britannique un tremblement de terre d'une amplitude de 4,4 sur l'&#233;chelle de Richter a &#233;t&#233; provoqu&#233; par la fracturation hydraulique (fracking) utilis&#233;e pour l'exploitation du gaz de schiste. &lt;a href=&#034;http://www.theglobeandmail.com/news/british-columbia/summer-earthquake-confirmed-as-largest-caused-by-fracking-in-bc/article27798765/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.theglobeandmail.com/news/british-columbia/summer-earthquake-confirmed-as-largest-caused-by-fracking-in-bc/article27798765/&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le risque d'accidents sismiques induits par la CCS, et entra&#238;nant des fuites de CO2, voir&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://news.stanford.edu/news/2012/june/carbon-capture-earthquakes-061912.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://news.stanford.edu/news/2012/june/carbon-capture-earthquakes-061912.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans cette &#233;lection, la seule r&#233;ponse &#224; la droite, c'est Bernard Sanders</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dans-cette-election-la-seule-reponse-a-la-droite-c-est-Bernard-Sanders</link>
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		<dc:date>2016-03-29T16:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Cuccioletta</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;lection de Ronald Reagan en 1980, la droite am&#233;ricaine est aliment&#233;e par les secteurs conservateurs religieux ou la&#239;cs. La cible de cette &#171; guerre culturelle &#187; &#233;tait la gauche lib&#233;rale, alors que l'objectif fondamental &#233;tait de changer la mentalit&#233; de la population. &lt;br class='autobr' /&gt; La grande coalition autour de Reagan avait ralli&#233; tous les conservateurs, mais plus encore, plusieurs D&#233;mocrates de droite (que les m&#233;dias appelaient les &#171; Reagan Democrats &#187;). La bataille pour gagner la pr&#233;sidence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/arton25553-69bec.jpg?1675785453' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'&#233;lection de Ronald Reagan en 1980, la droite am&#233;ricaine est aliment&#233;e par les secteurs conservateurs religieux ou la&#239;cs. La cible de cette &#171; guerre culturelle &#187; &#233;tait la gauche lib&#233;rale, alors que l'objectif fondamental &#233;tait de changer la mentalit&#233; de la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La grande coalition autour de Reagan avait ralli&#233; tous les conservateurs, mais plus encore, plusieurs D&#233;mocrates de droite (que les m&#233;dias appelaient les &#171; Reagan Democrats &#187;). La bataille pour gagner la pr&#233;sidence n'&#233;tait plus entre R&#233;publicains et D&#233;mocrates, mais entre un lib&#233;ralisme social et des conservateurs radicaux. Depuis ce temps, cette confrontation n'a cess&#233; de modeler la sc&#232;ne politique aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Bill Clinton, le candidat d&#233;mocrate des ann&#233;es 1990 a suivi l'exemple de Reagan. En tant que pr&#233;sident de l'Association des gouverneurs (il &#233;tait lui-m&#234;me gouverneur de l'&#201;tat de l'Arkansas), il a reconfigur&#233; politiquement le Parti d&#233;mocrate vers la droite, en d&#233;mantelant peu &#224; peu l'h&#233;ritage de Franklin Delano Roosevelt (pr&#233;sident d&#233;mocrate dans les ann&#233;es 1930-40). Une de ses d&#233;cisions importantes lorsqu'il fut &#233;lu pr&#233;sident en 1992, fut l'annulation de la loi Glass&#8211;Steagall, qui r&#233;glementait Wall Street pour permettre aux institutions financi&#232;res de manipuler l'argent de se transformer en une sorte de gigantesques casinos. Plus tard, Clinton imposa une loi-matraque contre les couches populaires en imposant de s&#233;v&#232;res restrictions &#224; la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Hillary Clinton qui se dit parfois de gauche, ne cesse de cafouiller, car sur le fonds, elle est de droite. Elle s'est fait entendre la semaine derni&#232;re pour regretter le d&#233;c&#232;s de Nancy Reagan (la veuve de Ronald) et de ses &#171; bonnes &#339;uvres &#187;, alors que sous la pr&#233;sidence de son mari, le filet de s&#233;curit&#233; qui avait &#233;t&#233; arrach&#233; par les couches populaires a &#233;t&#233; d&#233;chir&#233; en lambeaux. C'est pratiquement l'ensemble du Parti d&#233;mocrate qui est pass&#233; &#224; la droite avec les m&#234;mes politiques aust&#233;ritaires et militaristes que leurs adversaires r&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; r&#233;publicain, il n'y a pas d'ambigu&#239;t&#233;. Le d&#233;bat politique dans ce parti est domin&#233; par le Tea Party, les libertariens et l'extr&#234;me droite religieuse. Depuis l'&#233;lection d'Obama, ils sont d&#233;cha&#238;n&#233;s et n'h&#233;sitent pas &#224; paralyser l'action du gouvernement f&#233;d&#233;ral, comme ils l'ont fait en 2013 &#224; l'initiative du s&#233;nateur Ted Cruz. La lanc&#233;e d&#233;lirante de Donald Trump n'appara&#238;t pas incongrue dans cet oc&#233;an de valeurs et de proclamations de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui s'oppose &#224; cet immense appareil conservateur, sinon Bernard Sanders ? Tant face &#224; Clinton que devant les R&#233;publicains qui naviguent entre la droite et l'extr&#234;me-droite, il est le seul &#224; se tenir debout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>N&#233;o-lib&#233;ralisme - Plongez dans la guerre invisible que les multinationales livrent aux &#201;tats</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Neo-liberalisme-Plongez-dans-la-guerre-invisible-que-les-multinationales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Neo-liberalisme-Plongez-dans-la-guerre-invisible-que-les-multinationales</guid>
		<dc:date>2016-03-29T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adriana Homolova, Eva Schram, Frank Mulder</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Libre-&#233;change</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nul besoin d'envoyer canonni&#232;res ou porte-avions pour intimider un Etat qui menacerait les int&#233;r&#234;ts des puissantes compagnies occidentales. Il existe un discret m&#233;canisme pour r&#233;gler les litiges entre &#201;tats et investisseurs : l' &#171; ISDS &#187;, pour Investor-State Dispute Settlement, int&#233;gr&#233; dans tous les trait&#233;s commerciaux, dont celui en n&#233;gociation entre l'Europe et les Etats-Unis (Tafta). Selon ses d&#233;tracteurs, les multinationales b&#233;n&#233;ficient ainsi d'un pouvoir sans pr&#233;c&#233;dent pour &#233;chapper aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Libre-echange-+" rel="tag"&gt;Libre-&#233;change&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton25591-26052.jpg?1675223454' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nul besoin d'envoyer canonni&#232;res ou porte-avions pour intimider un Etat qui menacerait les int&#233;r&#234;ts des puissantes compagnies occidentales. Il existe un discret m&#233;canisme pour r&#233;gler les litiges entre &#201;tats et investisseurs : l' &#171; ISDS &#187;, pour Investor-State Dispute Settlement, int&#233;gr&#233; dans tous les trait&#233;s commerciaux, dont celui en n&#233;gociation entre l'Europe et les Etats-Unis (Tafta). Selon ses d&#233;tracteurs, les multinationales b&#233;n&#233;ficient ainsi d'un pouvoir sans pr&#233;c&#233;dent pour &#233;chapper aux lois. En partenariat avec des journalistes n&#233;erlandais, Basta ! publie en exclusivit&#233; une enqu&#234;te en cinq &#233;pisodes sur cette guerre invisible. Ce premier volet vous emm&#232;ne de Caracas &#224; Amsterdam dans les coulisses d'une bataille aux enjeux gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de Basta Mag.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article25790&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand des investisseurs sp&#233;culent sur les conflits commerciaux entre multinationales et Etats&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article25791&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce petit milieu d'avocats d'affaires qui gagne des millions gr&#226;ce aux trait&#233;s de libre-&#233;change&lt;/a&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article25684&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les Etats, m&#234;me d&#233;mocratiques, doivent payer de gigantesques amendes aux actionnaires des multinationales&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caracas, la capitale du Venezuela, baigne dans une chaleur tropicale. Nous sommes en 2006. Bernard Mommer est assis &#224; son bureau, dans un &#233;norme immeuble disgracieux de couleur gris-noir au centre de la ville, occup&#233; &#224; &#233;plucher son courrier. En tant que vice-ministre du P&#233;trole, il est en contact r&#233;gulier avec les 41 entreprises p&#233;troli&#232;res &#233;trang&#232;res actives dans le pays. Le secteur est entr&#233; dans une p&#233;riode de turbulences, depuis que le gouvernement d'Hugo Chavez a d&#233;cid&#233; de se r&#233;server une proportion plus importante des revenus du p&#233;trole, qui s'&#233;coule du pays par milliards de barils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mommer ouvre une lettre insolite qui lui a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e par son patron, le ministre du P&#233;trole. &#171; Nous acceptons votre offre d'arbitrage, dit-elle, sur la base du trait&#233; d'investissement n&#233;erlandais avec le Venezuela &#187;. Exp&#233;diteur : la firme p&#233;troli&#232;re italienne Eni. &#171; Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? &#187; se demande Mommer. Le vice-ministre sait que l'arbitrage signifie que deux entreprises, en d&#233;saccord sur un sujet, soumettent leur litige &#224; un jury commercial, qu'elles d&#233;signent elles-m&#234;mes, pour juger laquelle des deux a raison selon les termes du contrat qui les lie. Mais Mommer n'a alors conclu de transaction avec personne, un minist&#232;re n'&#233;tant pas, apr&#232;s tout, la m&#234;me chose qu'une entreprise. Et qu'est-ce-que les Pays-Bas ont &#224; voir avec l'affaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se plongeant dans les archives, Mommer fait des d&#233;couvertes troublantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premio, un pr&#233;c&#233;dent gouvernement, a sign&#233;, sans trop de publicit&#233;, un trait&#233; d'investissement avec les Pays-Bas qui pr&#233;voit la possibilit&#233;, pour tous les investisseurs n&#233;erlandais qui auraient l'impression de ne pas avoir &#233;t&#233; trait&#233;s de mani&#232;re &#233;quitable par leur pays h&#244;te, de convoquer le Venezuela devant un jury d'arbitrage. Une proc&#233;dure qui s'inscrit dans le cadre de la Banque mondiale. Les arbitres peuvent imposer une amende au Venezuela, sans aucune possibilit&#233; de faire appel de leur d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secundo, la firme p&#233;troli&#232;re italienne Eni a r&#233;cemment rattach&#233; ses activit&#233;s au Venezuela &#224; une filiale enregistr&#233;e aux Pays-Bas, ce qui l'a transform&#233;e ipso facto en investisseur n&#233;erlandais. Mommer doit se pr&#233;parer &#224; des temps difficiles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat, un &#171; brigand en chapeau haut-de-forme &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#201;tat peut se conduire comme un &#8220;brigand en chapeau haut-de-forme&#8221;. &#187; Gerard Meijer, avocat sp&#233;cialis&#233; dans le droit de l'investissement, est assis &#224; une terrasse dans le quartier d'affaires d'Amsterdam, en face de son bureau au sein de NautaDutilh, l'un des plus grands cabinets juridiques d'Europe. &#171; L'expression est ancienne, pr&#233;cise-t-il. Mais, honn&#234;tement, elle comporte toujours un &#233;l&#233;ment de v&#233;rit&#233;. Peut-&#234;tre certaines personnes se d&#233;soleront qu'un pays se voit imposer une telle amende. Les contribuables paient la facture. Mais ils oublient qu'auparavant leur gouvernement s'est enrichi ill&#233;gitimement avec la m&#234;me somme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meijer a une barbe taill&#233;e selon la derni&#232;re mode, qui lui donne un charisme juv&#233;nile malgr&#233; sa cinquantaine. En tant que pr&#233;sident de l'Association n&#233;erlandaise de l'arbitrage, il d&#233;fend son secteur d'activit&#233; avec d&#233;termination. Il croit vraiment en ce qu'il fait. Imaginez, dit-il, que vous soyez un investisseur dans un pays en d&#233;veloppement. Vous avez mis&#233; tout votre argent dans un projet &#8211; par exemple un puits de p&#233;trole au Venezuela ou un atelier textile en &#201;gypte. &#171; Si vous vous retrouvez en litige avec ce pays, vers qui allez-vous vous tourner ? Vers le juge du coin ? Pensez-vous que vous auriez une seule chance ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, il y a l'arbitrage. &#171; Il est situ&#233; quelque part entre une m&#233;diation et un v&#233;ritable tribunal. Si les deux parties sont d'accord, elles choisissent chacune un arbitre, et ces deux arbitres en choisissent un troisi&#232;me. Leur verdict est contraignant. &#187; C'est &#233;quitable et cela fonctionne bien. En tant qu'investisseur, vous &#234;tes s&#251;r que votre propri&#233;t&#233; sera au moins respect&#233;e lorsque vous placerez votre argent quelque part. &#171; C'est une sorte de juridiction ind&#233;pendante, avec des juges qui n'ont pas de relations de loyaut&#233; avec leur gouvernement. C'est un aspect tr&#232;s important. Apr&#232;s tout, il y a beaucoup de r&#233;publiques banani&#232;res dans le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De plus en plus d'arbitrages entre &#201;tats et investisseurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de Mommer et de Meijer est inconnu de la plupart des gens. L'arbitrage fait parfois soudainement la une des journaux, notamment en relation avec le trait&#233; commercial transatlantique TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement). En r&#233;alit&#233;, l'arbitrage existe depuis des ann&#233;es. Nous avons recens&#233; 624 cas connus, &#224; la fin 2014, d'investisseurs qui avaient poursuivi des &#201;tats sur la base d'un trait&#233;. Mais il y en a probablement eu bien davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de cas ne cesse de cro&#238;tre : en 2000, on en comptait quinze ; nous sommes aujourd'hui &#224; environ 60 cas par an. Le montant r&#233;clam&#233; par les investisseurs conna&#238;t lui aussi une augmentation fulgurante. Ce sont des litiges toujours plus importants qui doivent &#234;tre tranch&#233;s au moyen de ce m&#233;canisme de r&#232;glement des diff&#233;rends, que l'on appelle l'ISDS (Investor-state dispute settlement). Plus de la moiti&#233; d'entre eux sont soumis au tribunal commercial de la Banque mondiale, le Cirdi (Centre international de r&#232;glement des diff&#233;rends li&#233;s &#224; l'investissement), qui a ses propres r&#232;gles et ses propres arbitres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es que nous avons rassembl&#233;es montrent que les Pays-Bas sont devenus le pays d'origine du plus grand nombre de proc&#233;dures ISDS. Pas moins de 16 % des cas soumis au cours de l'ann&#233;e 2014 l'ont &#233;t&#233; par des firmes n&#233;erlandaises. &#171; N&#233;erlandais &#187; est toutefois un terme relatif dans ce contexte. L'analyse d&#233;taill&#233;e de ces investisseurs montre que plus des deux tiers sont des filiales fant&#244;mes, n'existant que sous la forme de bo&#238;tes &#224; lettres. Seulement une sur six est v&#233;ritablement n&#233;erlandaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;quateur condamn&#233; &#224; verser 1,1 milliard de dollars &#224; un groupe p&#233;trolier&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pays qui ont &#233;t&#233; le plus fr&#233;quemment poursuivis sont les pays en d&#233;veloppement et &#233;mergents, ainsi que les pays riches en ressources naturelles comme le Canada. L'Europe de l'Est occupe depuis quelques ann&#233;es une place de plus en plus importante dans ce classement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre analyse montre aussi qu'un groupe remarquablement restreint d'avocats &#171; vedettes &#187; occidentaux domine le monde de l'arbitrage li&#233; &#224; l'investissement. Au moins l'un des quinze principaux arbitres au niveau mondial est impliqu&#233; dans 63 % des panels dont nous avons pu identifier les membres. Dans 22 % des panels, ce &#171; top 15 &#187; fournit m&#234;me deux arbitres sur trois, suffisamment pour emporter la d&#233;cision. Ce sont tous des hommes blancs &#8211; exception faite de deux femmes blanches. Ils sont souvent li&#233;s &#224; des firmes juridiques qui profitent de l'expansion de ce march&#233;. Les sommes en jeu sont cons&#233;quentes : une proc&#233;dure d'ISDS co&#251;te en moyenne huit millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ses d&#233;tracteurs, le syst&#232;me est injuste. Il y a quelques mois, l'&#201;quateur s'est vu imposer une amende de 1,1 milliard de dollars suite &#224; une plainte d'Occidental Petroleum, qui d&#233;non&#231;ait son expropriation. L'amende est &#233;quivalente &#224; plus de 3 % du budget total du pays pour 2016. Les d&#233;fenseurs de l'ISDS objectent que c'est un moyen de trouver des solutions apolitiques &#224; des litiges. Les juges et les politiciens n'ont plus &#224; s'en m&#234;ler. Plus besoin d'envoyer des navires de guerre, comme la France et l'Angleterre l'ont fait en 1902 suite &#224; un diff&#233;rend avec le Venezuela. De nos jours, l'envoi d'une lettre &#224; Caracas suffit &#8211; une invitation &#224; se rendre &#224; Washington, au si&#232;ge de la Banque mondiale, pour une audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des firmes qui deviennent soudainement &#171; n&#233;erlandaises &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour au Venezuela. Le premier courrier n'a pas entra&#238;n&#233; de probl&#232;me insurmontable pour Bernard Mommer, le vice-ministre du P&#233;trole. L'entreprise Eni &#233;tait pr&#234;te &#224; retirer sa plainte contre quelques centaines de millions de dollars et une nouvelle concession. Mais il allait bient&#244;t recevoir deux lettres similaires, adress&#233;es cette fois par deux compagnies p&#233;troli&#232;res am&#233;ricaines, ConocoPhillips et Mobil. Celles-ci ne voulaient pas entendre parler de r&#232;glement &#224; l'amiable. Et elles r&#233;clamaient 42 milliards de dollars ! Et, comme par hasard, ces deux g&#233;ants texans &#233;taient r&#233;cemment devenus, aux aussi, des firmes &#171; n&#233;erlandaises &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la base, Mommer est un math&#233;maticien allemand, arriv&#233; au sein de la compagnie p&#233;troli&#232;re publique du Venezuela PvdSA en raison de sa familiarit&#233; avec les contrats p&#233;troliers, avant de devenir vice-ministre en 2005. Il a ensuite occup&#233;, &#224; Vienne, le poste de gouverneur de l'Opep, pour le Venezuela. Il est d&#233;sormais &#224; la retraite. Mais il lui reste une responsabilit&#233; : son implication dans les proc&#233;dures d'arbitrage. &#171; C'est moi qui &#233;tais responsable de ces contrats, nous a-t-il expliqu&#233; au cours d'un long entretien. Je suis donc le t&#233;moin principal pour toutes les plaintes contre le Venezuela dans le domaine p&#233;trolier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque du pr&#233;sident Chavez, le gouvernement, qui souhaitait se r&#233;server une proportion plus importante des profits g&#233;n&#233;r&#233;s par le p&#233;trole, a d&#233;cid&#233; en 2006 de ren&#233;gocier toutes les concessions. Le Venezuela voulait la moiti&#233; des parts de tous les projets ; l'imp&#244;t sur les revenus p&#233;troliers a &#233;t&#233; augment&#233;, et une nouvelle taxe sur les royalties a &#233;t&#233; introduite. Mommer &#233;tait le principal n&#233;gociateur pour le compte du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rembourser les profits avant m&#234;me qu'ils soient r&#233;alis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous expropriez un projet, il faut payer. Mommer le savait bien : &#171; Nous ne l'avons jamais contest&#233;. Nous avons trouv&#233; un accord avec 39 des 41 entreprises, y compris Eni. Mais pas avec Mobil, qui a depuis fusionn&#233; avec Exxon. Ni avec ConocoPhillips. Ces firmes &#233;taient engag&#233;es dans une strat&#233;gie de long terme visant &#224; r&#233;duire progressivement leur contribution fiscale &#224; z&#233;ro. Ce &#224; quoi nous avons fait obstacle. Lorsqu'elles ont refus&#233; de n&#233;gocier, nous les avons expropri&#233;es. &#187; Les deux firmes r&#233;pondirent en d&#233;posant une s&#233;rie de plaintes aupr&#232;s du Cirdi et de la Chambre de commerce internationale, &#224; Paris. Avec pour exigence le remboursement de tous les profits qu'elles avaient manqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est &#233;norme. Le cours du p&#233;trole &#233;tait &#224; l'&#233;poque au beau milieu d'une hausse historique, passant de 40 dollars le baril en 2004 &#224; un pic &#224; 150 dollars en 2008. Le Venezuela souhaite d&#233;dommager les entreprises sur la base du prix qui &#233;tait celui du p&#233;trole au moment des n&#233;gociations. Mais au cas o&#249; l'expropriation serait jug&#233;e ill&#233;gitime, les deux g&#233;ants p&#233;troliers estiment qu'ils devraient &#234;tre rembours&#233;s sur la base du cours de 2008. La diff&#233;rence se chiffre en milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces entreprises en avaient assez du Venezuela, depuis longtemps d&#233;j&#224;, explique Juan Carlos Boue, chercheur v&#233;n&#233;zu&#233;lien bas&#233; &#224; l'Institut de l'&#233;nergie d'Oxford. Mais elles ont d&#233;cid&#233; de rentrer chez elles avec autant d'argent que possible. C'est particuli&#232;rement le cas pour ExxonMobil. Ces entreprises veulent faire savoir au monde entier qu'elles disposent de ressources illimit&#233;es pour s'engager dans des contentieux juridiques, afin de d&#233;courager les gouvernements qui voudraient les d&#233;fier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite de l'enqu&#234;te, le 16 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frank Mulder, Eva Schram and Adriana Homolova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'anglais : Olivier Petitjean&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de cet article&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; publi&#233;e initialement en n&#233;erlandais par les magazines De Groene Amsterdammer et Oneworld. Elle est publi&#233;e en exclusivit&#233; en fran&#231;ais par Basta ! et en allemand par le Spiegel online.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi, des m&#234;mes auteurs, cet autre article traduit par l'Observatoire des multinationales : &#171; P&#233;trole ougandais : Total cherche &#224; &#233;chapper &#224; l'imp&#244;t gr&#226;ce &#224; un trait&#233; de libre-&#233;change &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte ci-dessous pr&#233;sente la recherche qui sous-tend l'enqu&#234;te :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques du TAFTA, le trait&#233; de commerce en discussion entre l'Union europ&#233;enne et les &#201;tats-Unis, ont pour cible prioritaire les m&#233;canismes de r&#233;solution des litiges &#201;tat-investisseurs, ou ISDS (pour Investor-State Dispute Settlement, en anglais). Il s'agit d'un m&#233;canisme gr&#226;ce auquel les investisseurs peuvent poursuivre un &#201;tat s'ils estiment avoir &#233;t&#233; trait&#233;s de mani&#232;re in&#233;quitable. Selon ces critiques, les multinationales se voient ainsi donner le pouvoir sans pr&#233;c&#233;dent d'&#233;chapper aux lois, &#224; travers une sorte de syst&#232;me de justice privatis&#233;e contre lequel aucun appel n'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'ISDS n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne si nouveau. Les plaintes ne sont pas simplement d&#233;pos&#233;es contre nous, pays europ&#233;ens ; au contraire, c'est plus souvent de nous qu'elles proviennent. En 2014, pas mois de 52 % de toutes les plaintes connues avaient pour origine l'Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre total de cas est impossible &#224; conna&#238;tre. Les donn&#233;es sont difficiles &#224; obtenir. C'est pourquoi des journalistes de De Groene Amsterdammer et Oneworld ont entrepris quatre mois de recherches, avec le soutien d'EU Journalism Grants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail a notamment d&#233;bouch&#233; sur une cartographie interactive unique en son genre de tous les cas d'ISDS, dont beaucoup n'ont jamais &#233;t&#233; cit&#233;s dans la presse. Cartographie qui inclut, autant que possible, le nom des arbitres, les plaintes, les suites et, dans de nombreux cas, le r&#233;sum&#233; des diff&#233;rends. Pour la pr&#233;sente enqu&#234;te, nous avons interrog&#233; de nombreux arbitres, des avocats, des investisseurs, des chercheurs et des fonctionnaires, y compris des repr&#233;sentants de pays qui se sentent dup&#233;s par l'ISDS, comme le Venezuela, l'Afrique du Sud ou l'Indon&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cartographie et les articles qui l'accompagnent sont disponibles sur le site &lt;a href=&#034;http://www.aboutisds.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.aboutisds.org&lt;/a&gt;. Ils ont &#233;t&#233; publi&#233;s initialement en n&#233;erlandais &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.oneworld.nl/isds&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.oneworld.nl/isds&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;bat sur l'ind&#233;pendance au congr&#232;s Solidaire de mai : les alternatives sur la table m&#232;ne au cul-de-sac du faux-d&#233;bat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-debat-sur-l-independance-au-congres-Solidaire-de-mai-les-alternatives-sur-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-debat-sur-l-independance-au-congres-Solidaire-de-mai-les-alternatives-sur-la</guid>
		<dc:date>2016-03-20T18:15:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les trois alternatives en d&#233;bat au congr&#232;s de la fin mai du congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire, dont celle du statu quo, concernant &#171; le mandat de l'Assembl&#233;e constituante &#187;, succ&#233;dan&#233; r&#233;ducteur du d&#233;bat sur la strat&#233;gie de l'ind&#233;pendance, sont respectivement une Assembl&#233;e constituante ouverte &#224; toutes les possibilit&#233;s et combinaisons constitutionnelles (statu quo), une seconde ind&#233;pendantiste et une troisi&#232;me qui contraint ses membres &#224; &#233;laborer deux versions, une ind&#233;pendantiste et une autre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les trois alternatives en d&#233;bat au congr&#232;s de la fin mai du congr&#232;s de Qu&#233;bec solidaire, dont celle du statu quo, concernant &#171; le mandat de l'Assembl&#233;e constituante &#187;, succ&#233;dan&#233; r&#233;ducteur du d&#233;bat sur la strat&#233;gie de l'ind&#233;pendance, sont respectivement une Assembl&#233;e constituante ouverte &#224; toutes les possibilit&#233;s et combinaisons constitutionnelles (statu quo), une seconde ind&#233;pendantiste et une troisi&#232;me qui contraint ses membres &#224; &#233;laborer deux versions, une ind&#233;pendantiste et une autre f&#233;d&#233;raliste, avec un tronc commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La persistance &#224; la Solidaire du flou artistique r&#233;f&#233;rendaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes options confondues, cette strat&#233;gie de l'Assembl&#233;e constituante a l'avantage &#233;lectoraliste de permettre un flou artistique sur le moment r&#233;f&#233;rendaire en le promettant dans le premier mandat... tout en laissant entendre que le temps pourrait ne pas le permettre... si les f&#233;d&#233;ralistes &#233;taient mauvais joueurs en multipliant les obstacles l&#233;gaux, financiers, &#233;conomiques... et militaires. Ils le pourraient d'autant plus que le 1% qu&#233;b&#233;cois fait tr&#232;s majoritairement partie de sa composante purz&#233;dure... nonobstant PKP. Ajoutons-y un appui ferme et dur d'Ottawa, en particulier de sa Cour supr&#234;me, et de Bay Street... et une connivence certaine de Washington et de Wall Street que n'&#233;mouvra pas l'historique parti pris pro libre &#233;change du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'option deux versions : d&#233;rive consensuelle et ratatinement de l'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option deux versions de la Constituante est un produit pur de la d&#233;rive consensuelle de Qu&#233;bec solidaire en plus de ne pas saisir le sens holistique de l'ind&#233;pendance. Pour admettre un tronc commun, il faut supposer un f&#233;d&#233;ralisme satisfaisant &#224; certains &#233;gards ou qui pourrait le devenir, ce qui implique une participation loyale &#224; la politique canadienne, sans chantage &#171; s&#233;paratiste &#187;, malgr&#233; l'intensit&#233; du Quebec bashing sur fond de non reconnaissance constitutionnelle de la nation qu&#233;b&#233;coise et d'une histoire pan-canadienne de son &#233;limination brutale ou en douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette minimisation de la port&#233;e de l'ind&#233;pendance laisse entendre sa r&#233;duction &#224; une affaire constitutionnelle &#224; dimension sociale uniquement linguistique et culturelle sans cons&#233;quence d&#233;terminante socio-&#233;conomique. Une telle r&#233;duction de la signification de l'ind&#233;pendance rec&#232;le un danger de ratatinement ethnique surtout en ces temps de mont&#233;e identitaire plan&#233;taire. Il ne s'agit pas de renoncer &#224; d&#233;fendre la langue en ces temps de recul du fran&#231;ais, particuli&#232;rement &#224; Montr&#233;al et en Outaouais, comme langue commune mais de faire de cette d&#233;fense la partie d'un tout englobant tout en promouvant le fran&#231;ais comme la langue d'un projet de soci&#233;t&#233; alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'option ind&#233;pendantiste fait l'affaire des &#233;lectoralistes et des purz&#233;durs...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option ind&#233;pendantiste de la Constituante proc&#232;de soit de la frustration ind&#233;pendantiste soit de la frustration &#233;lectoraliste sans exclusion mutuelle entre les deux motivations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lectoralistes sont conscients que la progression &#233;lectorale de Qu&#233;bec solidaire repose principalement sur des gains aux d&#233;pens de l'&#233;lectorat port&#233; vers le PQ qu'il vote ou qu'il ne vote pas. Plus pr&#233;cis&#233;ment elle d&#233;pend des gains dans l'&#233;lectorat nationaliste progressiste pour qui est attrayante la Constituante pr&#233;-r&#233;f&#233;rendaire comme garant progressiste, ce qui est jug&#233; &#233;lectoralement rentable pour la &#171; cause &#187;, en autant que cette assembl&#233;e soit ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les purz&#233;durs, de plus en plus conscients de l'impasse &#233;lectoraliste de l'&#233;lection r&#233;f&#233;rendaire et m&#234;me d'un parti promettant un r&#233;f&#233;rendum lors du premier mandat, accueillent favorablement l'Assembl&#233;e constituante pr&#233;-r&#233;f&#233;rendaire en autant qu'elle soit carr&#233;ment ind&#233;pendantiste... tout en se m&#233;fiant d'un contenu trop progressiste qui pourrait ali&#233;ner les nationalistes traditionalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; tout en ralliant la gauche ind&#233;pendantiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la gauche ind&#233;pendantiste souscrit &#224; l'Assembl&#233;e constituante ind&#233;pendantiste parce que pour elle lib&#233;ration nationale et &#233;mancipation sociale sont inextricablement li&#233;es. Ainsi l'option ind&#233;pendantiste permet l'adh&#233;sion de la majorit&#233; populaire francophone et d'une portion non banale de la minorit&#233; populaire non-francophone tout en ralliant les nations autochtones et inuit par son &#233;cologisme et son aspect plurinational et en suscitant l'appui ou la sympathie du peuple canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux nationalistes conservateurs, en autant que le mouvement d'ensemble ne les entra&#238;ne pas car la plupart appartienne au 99%, leur perte est plus que compens&#233;e par les gains progressistes. D'autant plus que leur conservatisme les fait souvent reculer devant la peur de l'in&#233;luctable rupture ce qui explique qu'ils soient davantage tent&#233;s par l'autonomisme caquiste que par le souverainisme du PQ... qui tente de les garder au bercail par son ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La qu&#234;te institutionnelle de l'ind&#233;pendance se fracasse sur le mur du f&#233;d&#233;ralisme&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le choix de l'Assembl&#233;e constituante ind&#233;pendantiste, plus que les autres options, heurtera de plein fouet l'ire des f&#233;d&#233;ralistes, ce qu'ils vont exploiter &#224; la planche avec possiblement l'appui des nationalistes autonomistes. Les actuels rapports de force issus d'une g&#233;n&#233;ration de victoires n&#233;olib&#233;rales, encore plus en ces lendemains de d&#233;faite du Front commun et tout probablement de sa dissidence ouvrant la porte &#224; un budget non-contest&#233; de soi-disant r&#233;investissement social, ferment pratiquement la porte de la strat&#233;gie de l'Assembl&#233;e constituante vers l'ind&#233;pendance. Toute d&#233;marche purement institutionnelle vers l'ind&#233;pendance, particuli&#232;rement celle clairement ind&#233;pendantiste, se fracassera sur le mur &#233;lectoral avant m&#234;me d'atteindre celui r&#233;f&#233;rendaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition f&#233;d&#233;raliste, qui fera feu de tout bois, aura beau jeu de questionner la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de l'Assembl&#233;e constituante ind&#233;pendantiste (et m&#234;me celle &#224; deux versions), et ce en autant qu'elle accepte la r&#233;alit&#233; de l'Assembl&#233;e constituante tout court, ce qui est loin d'&#234;tre acquis. Elle plaidera que la contrainte ind&#233;pendantiste fait que l'Assembl&#233;e constituante n'est pas vraiment constituante, qu'elle n'a pas &#224; se soumettre &#224; l'Assembl&#233;e nationale, son &#233;gale... ce qui pose d'ailleurs le probl&#232;me plus g&#233;n&#233;ral de l'autorit&#233; souveraine durant la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule fa&#231;on de l&#233;gitimer une telle assembl&#233;e ind&#233;pendantiste serait qu'elle s'appuie soit sur un r&#233;f&#233;rendum pr&#233;alable soit sur une &#233;lection portant principalement sur cette question. Automatiquement, cette &#233;lection, premi&#232;re &#233;tape de la strat&#233;gie Solidaire, deviendrait par la force des choses une &#233;lection &#224; demi r&#233;f&#233;rendaire &#233;quivalente &#224; celle pr&#244;nant un r&#233;f&#233;rendum lors du premier mandat. Ce serait l&#224; la cons&#233;quence in&#233;luctable de cette modification au programme Solidaire. On en reviendrait donc &#224; l'insoluble casse-gueule p&#233;quiste en ces temps de rapports de force d&#233;favorables. Ce sont ceux-ci qu'il faut modifier par la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ind&#233;pendance se gagne essentiellement dans la rue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie gagnante vers l'ind&#233;pendance requiert de rompre avec la strat&#233;gie purement institutionnelle de l'Assembl&#233;e constituante, strat&#233;gie qui est aussi &#233;lectoraliste car elle repose exclusivement sur trois votes cons&#233;cutifs sans apport essentiel d'une mobilisation sociale. Si malgr&#233; tout on fait l'hypoth&#232;se qu'on se rende jusque l&#224;, par exemple en cas de grave crise politique que pourrait susciter une replong&#233;e dans la crise &#233;conomique, ou dans le scandale de la corruption, les forces f&#233;d&#233;ralistes, int&#233;rieures et ext&#233;rieures, retrouveraient le chemin des basses man&#339;uvres &#224; la 1995, des bas coups fourr&#233;s &#224; la Brinks, et &#224; la limite d'une invasion militaire &#224; la Octobre 1970, le tout compl&#233;t&#233; par des menaces de scissions du West Island et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance se gagne essentiellement dans la rue par une mobilisation sociale de grande ampleur. C'est ce que nous apprend l'histoire du Qu&#233;bec. C'est dans la grande mobilisation 1966-76 culminant avec la gr&#232;ve sociale du printemps 1972 que le mouvement ind&#233;pendantiste, revitalis&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 60, est devenu une force sociale majeure. Son &#233;chec politique origine en grande partie de son usurpation institutionnelle par le Parti qu&#233;b&#233;cois, issu de l'aile nationaliste des Lib&#233;raux et cooptant dans l'honneur la droite ind&#233;pendantiste du RN et avec r&#233;ticence celle de gauche du RIN, pour canaliser le mouvement dans la victoire &#233;lectorale de 1976. Celle-ci mit en berne et en tutelle le mouvement avant d'avilir l'ind&#233;pendantisme en &#233;tapisme vers la souverainet&#233;-association qui telle une courbe asymptotique n'aboutit jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;centes exp&#233;riences catalane et &#233;cossaise toujours en d&#233;veloppement on peut tirer les m&#234;mes le&#231;ons. Si la d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire &#233;cossaise a quand m&#234;me galvanis&#233; la nation c'est que la longue (pr&#233;)-campagne r&#233;f&#233;rendaire a vu l'&#233;mergence d'un mouvement ind&#233;pendantiste qui a d&#233;bord&#233; l'&#233;quivalent &#233;cossais du PQ (et a pouss&#233; &#224; gauche son discours) et dont &#233;merge aujourd'hui un nouveau parti ind&#233;pendantiste de gauche. Si les partis ind&#233;pendantistes catalans ont obtenu la majorit&#233; parlementaire et la quasi majorit&#233; populaire, c'est d&#251; &#224; un immense mouvement populaire n&#233;e dans les derni&#232;res ann&#233;es contre l'intransigeance centralisatrice espagnoliste. Et si est actuellement en panne la mont&#233;e ind&#233;pendantiste, c'est en grande partie parce que l'&#233;quivalent catalan du PQ r&#233;ussit encore &#224; garder l'h&#233;g&#233;monie sur le mouvement gr&#226;ce &#224; un discours ind&#233;pendantiste en porte-&#224;-faux &#224; la PQ.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Recr&#233;er un massif mouvement ind&#233;pendantiste pour &#171; sortir du p&#233;trole &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce mouvement massif que la strat&#233;gie ind&#233;pendantiste de Qu&#233;bec solidaire doit contribuer &#224; recr&#233;er en ses temps de catastrophe climatique sous un ciel sombre de n&#233;olib&#233;ralisme guerrier. En 2016, ce mouvement passe par un plan de plein emploi &#233;cologique pour &#171; sortir du p&#233;trole &#187; et de ses corollaires d'aust&#233;rit&#233; comp&#233;titive d&#233;gageant des fonds pour financer l'extractivisme, et de guerre pour le p&#233;trole. Un tel plan requiert la mobilisation et le contr&#244;le d&#233;mocratique de toute l'&#233;pargne nationale, fiscalit&#233; comprise. Ce qui exige l'expropriation de la finance, le rejet du libre-&#233;change et la nationalisation des secteurs strat&#233;giques de l'&#233;nergie et du transport. Toutes ces t&#226;ches, dont les clefs sont dans les capitales et m&#233;tropoles des Quebec bashers, n&#233;cessitent la conqu&#234;te de l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pr&#233;ciser que cette strat&#233;gie de la rue rel&#232;gue l'Assembl&#233;e constituante &#224; une tactique institutionnelle &#224; r&#233;gler en temps et lieux quand la mouvance combinant lib&#233;ration nationale et &#233;mancipation sociale remportera haut la main l'adh&#233;sion populaire &#233;liminant toute contradiction entre d&#233;mocratie et ind&#233;pendance. Faut-il pr&#233;ciser que cette strat&#233;gie de la rue rel&#232;gue aux oubliettes toute alliance directe ou indirecte, ouverte ou tordue, entre les Solidaire et le PQ y compris avec son faire valoir Option nationale et avec son appendice faux mouvement social, le OUI. L'alliance est &#224; construire avec les v&#233;ritables mouvements sociaux en lutte contre l'aust&#233;rit&#233;, contre les hydrocarbures et contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 18 mars 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le plan D</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-plan-D</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-plan-D</guid>
		<dc:date>2016-03-20T14:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Montpetit</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On peut se demander pourquoi il y a eu une telle lev&#233;e de bouclier dans l'Alberta quand le maire Coderre et ses coll&#232;gues de la Communaut&#233; m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al (CMM) ont dit &#171; NON &#187; &#224; &#201;nergie Est. Apr&#232;s tout, le long pipeline vers l'Atlantique est le plan D de l'industrie des sables bitumineux. &lt;br class='autobr' /&gt; On sait que l'industrie des sables bitumineux a comme objectif de doubler sa production d'ici 2030 ; id&#233;alement, elle aimerait la tripler. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour comprendre le probl&#232;me fondamental de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On peut se demander pourquoi il y a eu une telle lev&#233;e de bouclier dans l'Alberta quand le maire Coderre et ses coll&#232;gues de la Communaut&#233; m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al (CMM) ont dit &#171; NON &#187; &#224; &#201;nergie Est. Apr&#232;s tout, le long pipeline vers l'Atlantique est le plan D de l'industrie des sables bitumineux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On sait que l'industrie des sables bitumineux a comme objectif de doubler sa production d'ici 2030 ; id&#233;alement, elle aimerait la tripler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le probl&#232;me fondamental de cette industrie, il faut examiner une carte de l'Am&#233;rique du Nord. Ces sables remplis de bitume sont situ&#233;s dans le nord de l'Alberta ; les gisements vont jusqu'en Saskatchewan. Les gisements sont dans une zone peu peupl&#233;e (sauf des Autochtones) ; ils sont tr&#232;s &#233;loign&#233;s des zones industrielles qui ont besoin de p&#233;trole. En d'autres mots, ils sont enclav&#233;s ; il faut se rendre &#224; la mer (tidewaters).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre les march&#233;s convoit&#233;s de l'Asie (Japon, Chine, Indes, Indon&#233;sie, etc.), il faut aller vers l'oc&#233;an Pacifique. Le plan A, c'est le pipeline Northern Gateway d'Enbridge qui livrerait le p&#233;trole vers le port de Kitimat ; de l&#224;, des p&#233;troliers le transporteraient vers les march&#233;s asiatiques. Pour l'industrie, c'est le chemin le plus court et le plus logique. M&#234;me si l'Office national de l'&#233;nergie (ON&#201;) l'a approuv&#233;, l'opposition des citoyens et des Premi&#232;res Nations est intense. M&#234;me le gouvernement de Mme Clarke, en Colombie-Britannique, est persuad&#233; que les dangers &#233;cologiques ne sont pas contrebalanc&#233;s par les avantages &#233;conomiques. Sur l'&#233;chiquier politico-juridique, c'est &#171; &#233;chec &#187; &#224; l'industrie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan B, c'est le pipeline TransMountain de Kinder-Morgan qui am&#232;nerait le p&#233;trole vers le port de Vancouver. Encore une fois, l'opposition est f&#233;roce. Tout comme les maires de la CMM, les maires de Vancouver et de sa r&#233;gion s'objectent au passage du p&#233;trole sur leur territoire. Trop de dangers et pas assez de b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques. Des d&#233;put&#233;s comme Elisabeth May (Parti vert) et Kennedy Stewart (NPD) en ont fait leur cheval de bataille et ils viennent de gagner les &#233;lections d'octobre 2015 avec ce th&#232;me. &#201;chec &#224; l'industrie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'horizon est bouch&#233; vers l'ouest, il reste le sud vers les &#201;tats-Unis et le golfe du Mexique. Le plan C, c'est Keystone XL de TransCanada. Des citoyens et certains &#233;tats s'y sont oppos&#233;s &#233;nergiquement. Apr&#232;s beaucoup d'h&#233;sitations, le pr&#233;sident Obama a ferm&#233; la porte &#224; ce plan. &#201;chec &#224; l'industrie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'industrie est coinc&#233;e par ces mises en &#233;chec successives, il lui reste un pis aller : la longue route vers l'est. &#201;nergie Est (en parall&#232;le avec la ligne invers&#233;e 9B d'Enbridge) est le plan D. Ce pipeline est 3000 km plus long que Northern Gateway. Pire, les p&#233;troliers une fois charg&#233;s, devront faire un voyage bien, bien plus long pour se rendre aux march&#233;s asiatiques. Un pipeline plus long et un trajet en p&#233;troliers plus long &#233;galent moins de profits ! Mais quand on est mal pris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce quatri&#232;me choix des sables bitumineux, &#231;a me rappelle le choix des &#233;quipes pour une partie de baseball &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Les deux chefs d'&#233;quipe choisissaient les meilleurs joueurs en premier, puis les joueurs de calibre interm&#233;diaire. &#192; la fin, en faisant la grimace, ils se partageaient les moins bons joueurs. Ce plan D de l'industrie me rappelle que nous sommes les bouche-trous avec lesquels l'industrie doit se contenter, faute de mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Montpetit&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre de Non Schiste La Pr&#233;sentation&lt;br class='autobr' /&gt;
le 20 mars, 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ULTIMEMENT - Oui, le gouvernement du Qu&#233;bec a le pouvoir de bloquer la construction de l'ol&#233;oduc de TransCanada</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/ULTIMEMENT-Oui-le-gouvernement-du-Quebec-a-le-pouvoir-de-bloquer-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/ULTIMEMENT-Oui-le-gouvernement-du-Quebec-a-le-pouvoir-de-bloquer-la</guid>
		<dc:date>2016-03-20T13:15:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Trudeau</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce d&#233;bat pour ou contre l'Ol&#233;oduc &#201;nergie Est, qu'est-ce qui au fond anime ces milliers de gens qui s'y opposent ? Qu'est-ce qui a bien pu motiver ces gens qui se sont rendus &#224; L&#233;vis manifester contre la compagnie ainsi que ces femmes que sont all&#233;es dire leur opposition lors de la manifestation de Sorel-Tracy ? N'observe-t-on pas une opposition qui va bien au-del&#224; d'une simple opinion intellectuelle ? Il y a quelque chose de beaucoup plus profond. Alors quel peut bien &#234;tre cet enjeu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce d&#233;bat pour ou contre l'Ol&#233;oduc &#201;nergie Est, qu'est-ce qui au fond anime ces milliers de gens qui s'y opposent ? Qu'est-ce qui a bien pu motiver ces gens qui se sont rendus &#224; L&#233;vis manifester contre la compagnie ainsi que ces femmes que sont all&#233;es dire leur opposition lors de la manifestation de Sorel-Tracy ? N'observe-t-on pas une opposition qui va bien au-del&#224; d'une simple opinion intellectuelle ? Il y a quelque chose de beaucoup plus profond. Alors quel peut bien &#234;tre cet enjeu fondamental, presque visc&#233;ral, qui suscite tant de mobilisation ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui est en cause, c'est l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, les aliments que nous consommons. Nous nous battons pour pr&#233;server la plan&#232;te des changements climatiques et des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Pourquoi ? Parce qu'il en va de notre qualit&#233; de vie et implicitement de la sant&#233; de la population. Nous nous battons pour prot&#233;ger la qualit&#233; de notre eau. L'eau est essentielle au bien-&#234;tre de la population et donc &#224; la sant&#233; de tous. Nous nous battons pour que notre sol soit utilis&#233; &#224; des fins d'alimentation saine, donc pour la qualit&#233; de vie. Oui, c'est d'abord et avant tout une question de qualit&#233; de vie. Et qu'est-ce que c'est la qualit&#233; de vie, si ce n'est pas d'abord la sant&#233; ? Pourquoi nous battre avec autant d'acharnement si ce n'est pas pour notre sant&#233; ? Nous ne le soulignons pas toujours, soit parce que nous consid&#233;rons que &#231;a va de soi, soit que nous ne pensons pas &#224; faire le lien, mais la r&#233;alit&#233; est l&#224; de toute &#233;vidence ; ultimement, ce qui est en cause, c'est notre sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, cet ol&#233;oduc mousse la consommation du p&#233;trole, le pire polluant atmosph&#233;rique qui s'attaque de fa&#231;on sournoise et insidieuse &#224; notre sant&#233; ou encore nous laisse dans l'expectative d'un d&#233;versement catastrophique. Le seul fait de savoir que cela peut arriver est suffisant pour emp&#234;cher de dormir sur ses deux oreilles. C'est pour cette raison qu'instinctivement les gens se d&#233;battent comme des diables dans l'eau b&#233;nite pour stopper cet ol&#233;oduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233;, c'est de juridiction provinciale, c'est le devoir du gouvernement qu&#233;b&#233;cois de voir &#224; la sant&#233; de sa population, de mettre tout en &#339;uvre pour assurer la sant&#233; collective, la sant&#233; publique. Alors au nom de la sant&#233; de sa population, le gouvernement a l'obligation de s'opposer au passage de l'ol&#233;oduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes-vous demand&#233; ce qu'ont en commun l'aide m&#233;dicale &#224; mourir et le passage de l'ol&#233;oduc ? Oui, il y a un rapprochement &#224; faire. Les deux sont &#224; premi&#232;re vue de juridiction f&#233;d&#233;rale. Le Qu&#233;bec a r&#233;ussi dans le premier cas &#224; contourner le Code criminel en d&#233;montrant qu'il s'agit d'une question qui concerne la sant&#233;, donc de juridiction provinciale. Le Qu&#233;bec pourrait &#233;galement &#233;viter la juridiction f&#233;d&#233;rale en statuant que le passage de l'ol&#233;oduc est une question de sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, le Qu&#233;bec a le pouvoir de stopper le passage de l'ol&#233;oduc sur son territoire, c'est une question de volont&#233;. Notre premier ministre m&#233;decin devrait savoir cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Trudeau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La famille Bougon</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-famille-Bougon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-famille-Bougon</guid>
		<dc:date>2016-03-20T12:58:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Fortier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une famille(1) d'une dizaine d'enfants(2) dont le p&#232;re &#233;tait agriculteur. Un jour, un des enfants(3) d&#233;cida de s'enrichir en produisant une r&#233;colte de drogue(4) au travers des champs de ma&#239;s de son p&#232;re. Il r&#233;ussit &#224; convaincre son p&#232;re et l'embobina facilement dans son projet, sachant que le p&#232;re &#233;tait &#224; la recherche de revenus suppl&#233;mentaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout allait bien ! Le fils semblait s'enrichir et la vente de drogue permettait au p&#232;re de donner des cadeaux(5) au reste de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-15&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une famille(1) d'une dizaine d'enfants(2) dont le p&#232;re &#233;tait agriculteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, un des enfants(3) d&#233;cida de s'enrichir en produisant une r&#233;colte de drogue(4) au travers des champs de ma&#239;s de son p&#232;re. Il r&#233;ussit &#224; convaincre son p&#232;re et l'embobina facilement dans son projet, sachant que le p&#232;re &#233;tait &#224; la recherche de revenus suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout allait bien ! Le fils semblait s'enrichir et la vente de drogue permettait au p&#232;re de donner des cadeaux(5) au reste de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant la b&#233;n&#233;diction du p&#232;re, le fils s'ambitionna &#224; cultiver plus grand. Plus grand voulant dire plus d'ouvrage, plus de drogue &#224; vendre, donc il avait besoin d'aide pour continuer ses ambitieux projets lucratifs, et cela, sans se soucier des cons&#233;quences n&#233;gatives que pourraient avoir ses projets sur le reste de la famille. Comme la famille profitait des cadeaux qu'apportait cette production, le fils et le p&#232;re consid&#233;raient normal que tous les enfants participent &#224; la r&#233;ussite. Apr&#232;s tout, une famille doit se serrer les coudes et s'entraider, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des enfants, aveugl&#233;s par les beaux discours et la cupidit&#233;, se laiss&#232;rent entrainer dans cette entreprise hasardeuse. Mais quelques-uns, n'y voyant que des risques &#224; venir, pr&#233;f&#233;raient s'abstenir et sugg&#233;raient plut&#244;t d'autres alternatives plus saines pour gagner leur vie et celle de la famille en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choqu&#233; par le refus de certains, le fils ch&#233;ri du p&#232;re bl&#226;mait les opposants &#224; ses d&#233;sirs &#233;go&#239;stes. Il fit pression sur eux en cherchant &#224; les rendre coupables et mal &#224; l'aise d'avoir profit&#233; indirectement des b&#233;n&#233;fices par le biais des cadeaux que leur faisait le p&#232;re gr&#226;ce &#224; la vente de cette drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une famille, un enfant a-t-il le droit de s'&#233;panouir autrement que certains de ses fr&#232;res et soeurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi les id&#233;es de l'un primeraient-elles sur celles d'un autre membre de la famille ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La population du Qu&#233;bec a le droit de voir son d&#233;veloppement environnemental, &#233;conomique et social diff&#233;remment du reste du Canada. En quoi sommes-nous oblig&#233;s de prendre des risques environnementaux pour permettre &#224; l'Alberta de sortir son p&#233;trole consid&#233;r&#233; comme le plus polluant de la plan&#232;te en passant sur notre territoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Canada&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Les provinces&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) L'Alberta&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Les sables bitumineux&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) La p&#233;r&#233;quation&lt;br class='autobr' /&gt;
Serge Fortier&lt;br class='autobr' /&gt;
Citoyen &#233;coresponsable&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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