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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La souverainet&#233; : derniers &#233;clats ou nouvel &#233;lan ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-souverainete-derniers-eclats-ou-nouvel-elan</link>
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		<dc:date>2023-06-06T12:23:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Delisle</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-06-06</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les deux partis officiellement souverainistes, le Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) et Qu&#233;bec solidaire (QS) totalisaient selon le sondage L&#233;ger du 1er mars dernier, 35% des intentions de vote : 18% pour le PQ et 17% pour QS. &lt;br class='autobr' /&gt; Le m&#234;me sondage r&#233;v&#233;lait qu'en cas de r&#233;f&#233;rendum sur le sujet, 51% des gens voteraient contre l'ind&#233;pendance, 38% en faveur et 10% refusaient de r&#233;pondre ou s'avouaient ind&#233;cis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les formations f&#233;d&#233;ralistes, la Coalition avenir Qu&#233;bec (la CAQ) avec 40% d'intentions de vote, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-06-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-06-06&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Debat-sur-la-question-nationale-+" rel="tag"&gt;D&#233;bat sur la question nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/1-76-7f03f.jpg?1686054442' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='65' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les deux partis officiellement souverainistes, le Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) et Qu&#233;bec solidaire (QS) totalisaient selon le sondage L&#233;ger du 1er mars dernier, 35% des intentions de vote : 18% pour le PQ et 17% pour QS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le m&#234;me sondage r&#233;v&#233;lait qu'en cas de r&#233;f&#233;rendum sur le sujet, 51% des gens voteraient contre l'ind&#233;pendance, 38% en faveur et 10% refusaient de r&#233;pondre ou s'avouaient ind&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formations f&#233;d&#233;ralistes, la Coalition avenir Qu&#233;bec (la CAQ) avec 40% d'intentions de vote, le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (14%) et le Parti conservateur avec 9% raflaient le gros lot avec 63% des intentions de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis souverainistes recueillent donc environ 35% d'appuis. Cette situation fait penser que si un r&#233;f&#233;rendum avait lieu maintenant ou dans un avenir rapproch&#233;, son r&#233;sultat ressemblerait &#224; celui de mai 1980 : 40% en faveur de la souverainet&#233;-association et 60% contre. Chez les francophones, il serait plus serr&#233;, mais l'importante minorit&#233; anglophone (20% de la population), presque enti&#232;rement et inconditionnellement f&#233;d&#233;raliste coupl&#233;e &#224; une substantielle minorit&#233; de francophones tout aussi acquise au syst&#232;me actuel bloque la route vers l'accomplissement ind&#233;pendantiste. De plus, selon les plus r&#233;cents sondages, l'adh&#233;sion &#224; la souverainet&#233; est minoritaire chez les 18-34 ans, un &#233;tat de choses peut-&#234;tre temporaire mais quand m&#234;me pr&#233;occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remont&#233;e du Parti qu&#233;b&#233;cois dans l'&#233;lectorat, sous le leadership de Paul Saint-Pierre Plamondon lors du scrutin provincial de septembre 2022 qui, contre toute attente, a atteint un score remarquable (de 9% des intentions de vote au d&#233;but de la campagne, il l'a termin&#233;e &#224; 14.6%) a surpris beaucoup d'observateurs alors que plusieurs d'entre eux le donnaient auparavant comme agonisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ a continu&#233; son ascension, atteignant aux derni&#232;res nouvelles 22% des intentions de vote, devan&#231;ant d&#233;sormais Qu&#233;bec solidaire (qui fait du sur-place avec 16% ou 17%). La direction du PQ a assum&#233; sa vocation souverainiste, ce qui l'a aid&#233;e &#224; progresser. Mais est-ce suffisant pour que le chef Plamondon puisse aspirer au poste de premier ministre et &#234;tre en mesure d'organiser un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum avec une chance de succ&#232;s ? Il y a encore loin de la coupe aux l&#232;vres. Bien des obstacles se dressent sur la route du Parti qu&#233;b&#233;cois, en premier lieu la division des forces souverainistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Parti qu&#233;b&#233;cois devance Qu&#233;bec solidaire, la diff&#233;rence en sa faveur demeure quand m&#234;me modeste et pas n&#233;cessairement significative. Toute une partie de la gauche continue &#224; soutenir Qu&#233;bec solidaire, ce qui constitue une s&#233;rieuse entrave &#224; l'&#233;ventualit&#233; de la conqu&#234;te du pouvoir par le PQ. De plus ,l'ind&#233;pendantisme des solidaires est plut&#244;t vacillant, une partie importante de ses membres d&#233;clarant qu'ils voteraient NON &#224; la souverainet&#233; en cas de nouveau r&#233;f&#233;rendum, malgr&#233; l'orientation du chef Nadeau-Dubois et le ralliement formel du parti &#224; cette option sur le tard (2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi &#233;piloguer tant qu'on voudra sur le possible ralliement de jeunes &#224; la cause ind&#233;pendantiste dans l'&#233;ventualit&#233; o&#249; se tiendrait un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum, c'est de la sp&#233;culation ; ce tournant est tr&#232;s hypoth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la raison d'&#234;tre principale de Qu&#233;bec solidaire est la lutte contre les in&#233;galit&#233;s sociales et le r&#233;trolib&#233;ralisme et non la lutte nationaliste pour l'ind&#233;pendance. Lors de sa fondation, le parti ne pouvait ignorer la question nationale bien s&#251;r, mais sa position initiale &#224; ce sujet &#233;tait plus rassembleuse et n'encombrait pas sa vocation socialiste : elle consistait &#224; r&#233;unir en cas d'arriv&#233;e au pouvoir une assembl&#233;e constituante de la soci&#233;t&#233; civile o&#249; toutes les tendances id&#233;ologiques auraient &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;es. Cette assembl&#233;e aurait &#233;t&#233; charg&#233;e de formuler une option destin&#233;e &#224; &#234;tre soumise au vote populaire. Cette position garantissait certes des d&#233;bats cors&#233;s mais elle avait le m&#233;rite de ne pas imposer d'avance une orientation constitutionnelle pr&#233;cise. En cas d'impasse, la majorit&#233; de cette assembl&#233;e aurait formul&#233; la question dont la population disposerait. Mais cette mani&#232;re de proc&#233;der a &#233;t&#233; abandonn&#233;e sous l'influence d'Option nationale et du nouveau co porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, un ind&#233;pendantiste convaincu. Il a &#233;t&#233; &#233;lu &#224; ce poste en mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du parti doit cependant tenir compte des r&#233;ticences d'une partie de sa base vis-&#224;-vis de l'ind&#233;pendance, cette portion des militants et militantes solidaires qui continue &#224; donner priorit&#233; aux objectifs de justice sociale plus qu'&#224; la lutte nationaliste, ce qui rend compte de l'ind&#233;pendantisme mou de Qu&#233;bec solidaire, au contraire du Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cr&#233;dibilit&#233; de celui-ci est plomb&#233;e par les mauvais souvenirs li&#233;s &#224; son second mandat (1981-1985) et son troisi&#232;me (1994-2003) tous deux marqu&#233;s par le ralliement de facto de la direction p&#233;quiste au r&#233;trolib&#233;ralisme. Cela s'est traduit par des politiques &#233;conomiques et sociales tr&#232;s restrictives. Les choses n'ont gu&#232;re chang&#233; lors du bref mandat de Pauline Marois (2012-2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;pliquera que l'option souverainiste a failli l'emporter lors du r&#233;f&#233;rendum d'octobre 1995 tenu sous le leadership de Jacques Parizeau. Mais les circonstances expliquent en bonne partie cette performance. Parizeau s'&#233;tait fait &#233;lire en portant simultan&#233;ment les chapeaux de la social-d&#233;mocratie et de l'ind&#233;pendantisme. Pour m&#233;nager les &#233;lecteurs et &#233;lectrices, il a &#233;vit&#233; d'imposer des compressions budg&#233;taires draconiennes avant le r&#233;f&#233;rendum (ce dont son successeur Lucien Bouchard allait se charger &#224; partir de f&#233;vrier 1996). Les crises constitutionnelles du Lac Meech (1990) et l'&#233;chec de l'Accord de Charlottetown (1992) avaient indign&#233; une forte proportion de l'&#233;lectorat qu&#233;b&#233;cois, y compris les nationalistes autonomistes, ce qui explique leur ralliement &#224; &#034;l'option&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture est tr&#232;s diff&#233;rente de nos jours. &#192; l'&#233;poque, il n'existait qu'une formation souverainiste, le Parti qu&#233;b&#233;cois. On en compte deux aujourd'hui dont l'un, Qu&#233;bec solidaire est plus socialiste que nationaliste, &#224; l'inverse de son rival p&#233;quiste. Le Parti qu&#233;b&#233;cois essaie de prendre une avance d&#233;cisive sur Qu&#233;bec solidaire, tentant de le marginaliser, mais c'est un pari risqu&#233; &#224; l'issue tr&#232;s incertaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'opposition parlementaire est divis&#233;e en trois partis, un &#233;l&#233;ment qui favorise le gouvernement en place, surtout qu'il b&#233;n&#233;ficie encore de la faveur populaire. Fran&#231;ois Legault peut donc jouer sur leur division comme sur du velours pour p&#233;renniser son pouvoir. La nationalisme autonomiste qu'il a adopt&#233;, s'il d&#233;pla&#238;t &#224; l'intelligentsia nationaliste, convient de toute &#233;vidence &#224; une majorit&#233; de l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, ni le Parti qu&#233;b&#233;cois ni Qu&#233;bec solidaire ne peuvent esp&#233;rer culbuter le gouvernement Legault, &#224; moins que l'un d'entre eux n'arrive &#224; &#233;liminer son rival. Mais c'est une mission impossible, du moins dans un avenir pr&#233;visible. Si un autre r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance &#233;tait organis&#233;, la victoire de l'option souverainiste serait loin d'&#234;tre acquise. La population dans son ensemble n'en ressent pas l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la question du jeu des partis, une question fondamentale reste pos&#233;e : l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise favorise-t-elle l'option ind&#233;pendantiste ? On ne remarque plus le m&#234;me enthousiasme qu'elle suscitait de 1968 &#224; 1980, en particulier chez les jeunes. Ce genre de grand mouvement historique repose sur l'adh&#233;sion de portions importantes de la soci&#233;t&#233; au cours d'une p&#233;riode historique donn&#233;e. Des &#233;checs &#224; r&#233;p&#233;tition finissent par l'&#233;mousser et le marginaliser avant qu'il ne disparaisse, au-del&#224; des strat&#233;gies mises au point par ses animateurs. Ils ne peuvent faire durer ind&#233;finiment ni artificiellement le momentum. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'espoir demeure certes, et le courant ind&#233;pendantiste n'est pas mort. Des surprises demeurent possibles. Assistons-nous &#224; sa renaissance ou &#224; un ultime spasme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Personnellement, je pencherais plut&#244;t pour la seconde hypoth&#232;se, mais je peux me tromper. Suis-je victime de cette forme de basse incr&#233;dulit&#233; qui emp&#234;che de discerner un mouvement profond &#224; long terme, destin&#233; &#224; bouleverser l'ordre politique dominant ? Ou ferais-je preuve au contraire d'un certain bon sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la r&#233;ponse, une chose est certaine ; le mouvement ind&#233;pendantiste aura marqu&#233; le Qu&#233;bec et sa culture politique pour longtemps et il est possible qu'il ressuscite un jour avec force lors d'une conjoncture favorable que nous ne pouvons pas pr&#233;voir en ce moment. Il restera en r&#233;serve longtemps dans la m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois Delisle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;ni du racisme syst&#233;mique, une entrave au combat ind&#233;pendantiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-deni-du-racisme-systemique-uneentrave-au-combat-independantiste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-deni-du-racisme-systemique-uneentrave-au-combat-independantiste</guid>
		<dc:date>2020-10-28T19:00:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec les personnes vis&#233;es par les discriminations et les discours de haine li&#233;s &#224; leur couleur de peau, &#224; leurs diff&#233;rences culturelles ou &#224; leur religion n'h&#233;sitent pas &#224; parler de racisme syst&#233;mique. Cette r&#233;alit&#233; frappe bien s&#251;r les nations autochtones, mais aussi de nombreuses personnes appartenant &#224; des communaut&#233;s ethnoculturelles minoritaires. L'existence de ces discriminations syst&#233;miques est amplement &#233;tablie par des enqu&#234;tes et commissions diverses. La mort de Joyce Echaquan, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Debat-sur-la-question-nationale-+" rel="tag"&gt;D&#233;bat sur la question nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH73/arton45363-c330c.png?1674682592' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec les personnes vis&#233;es par les discriminations et les discours de haine li&#233;s &#224; leur couleur de peau, &#224; leurs diff&#233;rences culturelles ou &#224; leur religion n'h&#233;sitent pas &#224; parler de racisme syst&#233;mique. Cette r&#233;alit&#233; frappe bien s&#251;r les nations autochtones, mais aussi de nombreuses personnes appartenant &#224; des communaut&#233;s ethnoculturelles minoritaires. L'existence de ces discriminations syst&#233;miques est amplement &#233;tablie par des enqu&#234;tes et commissions diverses. La mort de Joyce Echaquan, femme atikamekw de Manawan, dans des conditions horribles a fait resurgir ce d&#233;bat ans l'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question que vous voulons aborder est celle du d&#233;ni syst&#233;matique du racisme syst&#233;mique par les tenants du nationalisme identitaire et conservateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le racisme syst&#233;mique, une longue histoire au Canada et au Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi des Indiens de 1876 qui a parqu&#233; dans des r&#233;serves les autochtones du Canada et du Qu&#233;bec est un syst&#232;me &#233;hont&#233; d'apartheid qui perp&#233;tue le rapport colonial impos&#233; &#224; ses populations. Ce racisme envers les autochtones est institutionnel, politique, social et &#233;conomique. Et l'&#201;tat canadien a maintenu ce rapport colonial aux Premi&#232;res nations jusqu'&#224; maintenant. Il a eu et a des effets n&#233;gatifs d&#233;vastateurs tout au long de la vie des peuples des Premi&#232;res nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le Qu&#233;bec, l'&#201;tat canadien refuse encore de reconna&#238;tre son droit &#224; l'auto-d&#233;termination et a pratiqu&#233; des politiques visant &#224; favoriser sa minorisation sociale et politique et son assimilation. Les politiques d'immigration du f&#233;d&#233;ral sont marqu&#233;es par les discriminations, les expulsions et le refus de r&#233;gulariser nombre de sans-papiers. L'hypocrisie f&#233;d&#233;rale est odieuse, mais les nationalistes conservateurs du Qu&#233;bec laissent le champ libre &#224; ses man&#339;uvres et &#224; ses postures en refusant de reconna&#238;tre l'existence du racisme syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le racisme syst&#233;mique, sa r&#233;alit&#233; av&#233;r&#233;e et son extension &#224; l'&#233;chelle de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce racisme se manifeste par des discriminations &#224; l'embauche, &#224; la promotion, au logement, mais &#233;galement dans les rapports aux services publics (sant&#233;, &#233;ducation, protection de l'enfance), dans les rapports au syst&#232;me judiciaire et &#224; la police.Dans le secteur hospitalier, la commission Viens &lt;i&gt;sur les relations entre autochtones et les services publics&lt;/i&gt;, a &#233;tabli l'existence de discriminations syst&#233;miques dont sont victimes les peuples autochtones. Le rapport de &lt;i&gt;l'enqu&#234;te sur les femmes et jeunes filles autochtones disparues ou assassin&#233;es&lt;/i&gt; est tr&#232;s &#233;loquent &#224; cet &#233;gard. Le racisme syst&#233;mique, dont le profilage racial, a aussi &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; dans un rapport de Marie-Mich&#232;le Sioui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;valuation de l'int&#233;grit&#233; et de l'impartialit&#233; des enqu&#234;tes du SPVM (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui &#233;tablit que 200 enqu&#234;tes criminelles sur les policiers ont &#233;t&#233; ouvertes depuis 2015 apr&#232;s des plaintes d'autochtones. D&#233;j&#224; les t&#233;moignages des femmes autochtones de Val d'or sur le harc&#232;lement policier avaient fait grand bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce racisme syst&#233;mique ne vise pas seulement les Premi&#232;res nations, il vise &#233;galement les minorit&#233;s raciales et ethnoculturelles. Les personnes immigr&#233;es sont l'objet d'une s&#233;rie de discriminations &#233;conomiques : ch&#244;mage plus &#233;lev&#233;, salaire plus bas, d&#233;qualification en emploi, non-reconnaissance des dipl&#244;mes... Quand s'ajoute l'absence de droits politiques et d'une repr&#233;sentation tr&#232;s faible dans les m&#233;dias et dans diff&#233;rents postes de responsabilit&#233;, il faut bien voir que les personnes immigrantes sont d&#233;finies comme des personnes de deuxi&#232;me classe. Et quand ces discriminations continuent de s'appliquer lorsque ces personnes sont reconnues comme citoyen canadien et &#224; leurs enfants, il faut bien voir que le vivre en commun ne se r&#233;alise que sur une base in&#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le ph&#233;nom&#232;ne du racisme syst&#233;mique, il faut pouvoir &#233;couter les personnes qui vivent cette r&#233;alit&#233;. Il n'est donc pas &#233;tonnant qu'au printemps 2016, une vaste coalition de personnes aux prises avec le probl&#232;me ait voulu attirer l'attention sur les discriminations qui les touchent et du racisme qu'elles vivent. Cette commission &#233;tait une demande de nombreux groupes de la soci&#233;t&#233; civile aux prises avec ces probl&#232;mes. Cette demande partait du postulat que les personnes racis&#233;es qui sont directement concern&#233;es ont un r&#244;le important &#224; jouer dans la mobilisation citoyenne n&#233;cessaire &#224; de v&#233;ritables changements dans les pratiques des institutions, des entreprises, et des personnes qui y oeuvrent et dans l'&#233;laboration de solutions qui leur semblent n&#233;cessaires pour d&#233;passer la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;tendant bien conna&#238;tre la r&#233;alit&#233; du probl&#232;me et les solutions, le PQ rejeta la tenue de cette commission et demanda au gouvernement lib&#233;ral de Philippe Couillard de revenir sur sa d&#233;cision de la tenir. Il a alors pr&#233;tendu qu'en d&#233;fendre la tenue &#233;quivalait &#224; affirmer que l'ensemble des Qu&#233;b&#233;cois-e-s &#233;taient des racistes. Le PQ et la CAQ ont martel&#233; ce discours jour apr&#232;s jour dans l'espoir de consolider leurs bases &#233;lectorales sur des th&#232;ses chauvines. Cette attitude irresponsable des dirigeants p&#233;quistes et caquistes devait se v&#233;rifier dans divers &#233;pisodes, mais tout particuli&#232;rement, autour de l'arriv&#233;e de r&#233;fugi&#233;-e-s ha&#239;tien-ne-s en provenance des &#201;tats-Unis. Ces partis ont d&#233;plor&#233; le fait que les fronti&#232;res canadiennes soient des passoires. Le chef de la CAQ a m&#234;me remis en cause la qualit&#233; de demandeurs d'asile des personnes qui se pr&#233;sentaient &#224; la fronti&#232;re canadienne&#8230; Cet &#233;pisode est sans doute pour beaucoup dans leur ent&#234;tement d'aujourd'hui de refuser de reconna&#238;tre le racisme syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;ni du racisme syst&#233;mique par le premier ministre Legault et le camp des nationalistes conservateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier ministre Legault refuse encore aujourd'hui de reconna&#238;tre le racisme syst&#233;mique. Il dit &lt;i&gt;&#171; refuser qu'on se mette &#224; accuser les Qu&#233;b&#233;cois-e-s, un peuple ouvert qui n'aime pas la discrimination. Il y en a qui prend cette expression comme une offense au peuple qu&#233;b&#233;cois. D'autre pensent qu'il n'y a pas de racisme syst&#233;mique et ceux qui pensent le contraire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est fid&#232;lement suivi sur cette question par la vice-premi&#232;re ministre Genevi&#232;re Guilbault, mais &#233;galement par diff&#233;rents membres du conseil des ministres et m&#234;me par les deux copr&#233;sidents du groupe de travail contre le racisme form&#233; par le gouvernement, Nadine Girault et Lionel Carmant. M&#234;me le nouveau ministre responsable des &lt;i&gt;Affaires autochtones du Qu&#233;bec&lt;/i&gt; Ian Lafreni&#232;re suit le premier ministre dans son d&#233;ni. Et pourtant, il ne s'agit pas seulement d'une guerre de mots, sinon elle serait surmont&#233;e rapidement. Il s'agit de refuser de reprendre pour soi le diagnostic fait par les personnes qui vivent l'oppression raciste et d'&#233;carter d&#233;finitivement qu'il ne s'agit pas ici de comportements individuels d&#233;viants et que c'est l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et ses institutions qui doit repenser ses rapports aux groupes qui vivent le racisme syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ est &#233;galement incons&#233;quent sur cette question. Le nouveau chef, Paul St-Pierre Plamondon, suit l'orientation de Fran&#231;ois Legault. La majorit&#233; des candidats &#224; la chefferie (&#224; l'exception de Sylvain Gaudreault) du PQ se refusaient &#233;galement &#224; parler de racisme syst&#233;mique. Le caucus du PQ est divis&#233; sur ce sujet selon une ligne gauche/droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite nationaliste se campe dans un refus ent&#234;t&#233; de reconna&#238;tre cette r&#233;alit&#233;. Mario Dumont le fait au nom de la r&#233;sistance &#224; la gauche multiculturaliste, car cette reconnaissance ouvrirait la porte &#224; la remise en question de la loi 101 et &#224; la volont&#233; d'imposer la langue fran&#231;aise aux nouveaux arrivants. Il soutient l'ent&#234;tement du premier ministre dans son d&#233;ni du racisme syst&#233;mique, car il ne faut pas donner des armes aux multiculturalistes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mario Dumont, Le pi&#232;ge syst&#233;mique, Journal de Qu&#233;bec, 10 octobre 2020&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Joseph Facal reprend la m&#234;me chanson. Les partisans du racisme syst&#233;mique, &#233;crit-il sont les m&#234;mes qui questionnent la la&#239;cit&#233; et les politiques d'immigration du Qu&#233;bec.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joseph Facal, idem&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e parle de &#171; l'&#233;glise orwellienne du racisme syst&#233;mique. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e, Une semaine au pays du racisme syst&#233;mique Le Devoir, 24 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En fait, cette fermeture r&#233;v&#232;le l'incapacit&#233; de reconna&#238;tre ce que beaucoup de citoyens et citoyennes du Qu&#233;bec vivent comme Autochtones ou comme membres de minorit&#233;s ethnoculturelles. Ce d&#233;ni exprime le refus de reconna&#238;tre que l'exp&#233;rience des groupes racis&#233;s est diff&#233;rente de celle d'un groupe dominant. M&#234;me si ce dernier est lui-m&#234;me soumis &#224; une domination dans l'&#201;tat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les fondements du refus de la reconnaissance du racisme syst&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CAQ a jou&#233; et joue encore la carte identitaire, pour se construire une rente &#233;lectorale en nourrissant chauvinisme et x&#233;nophobie. Ce parti a repris des th&#232;mes islamophobes avec sa loi sur la &#171; la&#239;cit&#233; &#187;. Le test des valeurs propos&#233; aux personnes voulant immigrer au Qu&#233;bec par Legault est un clair exemple de cette d&#233;marche. Toute la d&#233;magogie sur les seuils d'immigration va dans le m&#234;me sens. On en vient &#224; pr&#233;senter le multiculturalisme comme la source de tous les dangers, &#224; rejeter toute d&#233;marche d'accommodements raisonnables. Plus, pour cette droite nationaliste, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise p&#233;cherait par un exc&#232;s de pluralisme. D'ailleurs le nationalisme conservateur &#224; la Legault est un sous-produit des d&#233;faites des r&#233;f&#233;rendums sur la souverainet&#233;. C'est tout le projet de la CAQ, pr&#233;senter un parti pr&#233;tendument nationalisme de survivance, tout en acceptant la domination des institutions du f&#233;d&#233;ralisme canadien sur le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a essentiellement deux fa&#231;ons d'aborder la question de l'identit&#233;. La premi&#232;re s'appuie sur un paradigme essentialiste. Dans cette optique un-e Qu&#233;b&#233;cois-e a une s&#233;rie de caract&#233;ristiques, de valeurs partag&#233;es qui d&#233;finissent son &#234;tre social. On est Qu&#233;b&#233;cois-e ou on ne l'est pas. Cette approche peut reposer sur une base purement ethnique, l'&#234;tre qu&#233;b&#233;cois est essentiellement un h&#233;ritage ethnique d'origine canadienne-fran&#231;aise. Les v&#233;ritables Qu&#233;b&#233;cois sont les Qu&#233;b&#233;cois de souche. On a affaire ici un v&#233;ritable ethnicisme. Mais une approche essentialiste peut aussi d&#233;fendre que toute personne qui le souhaite peut adopter ces traits, les assimiler et rejoindre ainsi le tronc commun qu&#233;b&#233;cois. Il s'agit, pour cela, de savoir apprendre sa langue, sa culture et agir en Qu&#233;b&#233;cois-e-s afin de faire de cette identit&#233; son identit&#233; essentielle, bref de s'int&#233;grer &#224; la nation pour ne pas dire s'y assimiler. C'est pourquoi on peut dire que la logique de l'int&#233;gration a un soubassement essentialiste. Dans cette logique, le bon immigr&#233; est poli et fait la d&#233;monstration permanente de l'all&#233;geance &#224; la culture qu&#233;b&#233;coise. Il oublie ou refoule son identit&#233; nationale d'hier et doit faire preuve de discr&#233;tion et d'une bonne dose d'invisibilit&#233;. Il n'a pas dans un tel sc&#233;nario &#224; exiger des accommodements fussent-ils raisonnables. Ce nationalisme identitaire et conservateur sert d'abord et avant tout &#224; se construire une base &#233;lectorale au m&#233;pris de la division de la majorit&#233; populaire au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le combat ind&#233;pendantiste ne peut &#234;tre qu'un combat internationaliste et antiraciste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la gauche internationaliste, l'identit&#233; doit &#234;tre d&#233;finie &#224; partir d'un paradigme mat&#233;rialiste et historique. La nation, son identit&#233; et sa culture sont des constructions historiques. Elles sont en &#233;volution permanente. Les vagues d'immigration et les luttes sociales traversent la nation et red&#233;finissent radicalement sa r&#233;alit&#233;, ses rapports sociaux et ses valeurs. Les rapports hommes-femmes dans le pass&#233; de la soci&#233;t&#233; canadienne-fran&#231;aise n'ont rien &#224; voir avec les rapports v&#233;cus dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise contemporaine. Le mouvement des femmes est pass&#233; par l&#224;. Ce n'est pas un rapport a-historique &#224; des valeurs d&#233;finies par essence comme Qu&#233;b&#233;cois-e qui pose la n&#233;cessit&#233; d'un rapport d'&#233;galit&#233;. Celui-ci n'est d'ailleurs que partiellement cristallis&#233;. Des luttes sont encore en cours qui vont red&#233;finir ces rapports. Dans notre combat contre la pand&#233;mie du covid-19, les travailleuses racis&#233;es ont &#233;t&#233; d'un apport majeur. De forts sentiments de solidarit&#233; se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; leur &#233;gard. Ce sont dans les luttes communes que se forgeront de nouveaux sentiments identitaires dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette logique, le combat ind&#233;pendantiste ne peut &#234;tre qu'un combat internationaliste et antiraciste. Dans cette logique historique, les Qu&#233;b&#233;cois-e-s, les personnes vivant au Qu&#233;bec, toutes celles et tous ceux qui y &#339;uvrent et qui participent &#224; la cr&#233;ation de la richesse commune font partie de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et contribuent &#224; son destin national. Dans le contexte particulier de la mondialisation et du d&#233;veloppement in&#233;vitable des migrations dans cette p&#233;riode de crise climatique majeure, l'hospitalit&#233; et la reconnaissance du caract&#232;re pluriel de la nation sont des axes du vivre ensemble et une richesse dans le ralliement &#224; une v&#233;ritable lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le nationalisme conservateur, la gauche ind&#233;pendantiste pense qu'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant ne peut qu'&#234;tre antiraciste, car seul un Qu&#233;bec antiraciste permettra de refonder l'unit&#233; de la majorit&#233; populaire contre les &#233;lites au Canada et du Qu&#233;bec qui ont int&#233;r&#234;t &#224; maintenir l'int&#233;grit&#233; de cet &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'antiracisme et l'anticolonialisme ne sont pas des ennemis du mouvement ind&#233;pendantiste, mais au contraire sa planche de salut. Sans cette compr&#233;hension des syst&#232;mes d'oppressions actuels, nous ne pouvons pas esp&#233;rer b&#226;tir les solidarit&#233;s essentielles &#224; la construction d'un nationalisme ind&#233;pendantiste et au succ&#232;s du mouvement pour une &#233;mancipation nationale. Bref, nous sommes anticoloniaux et antiracistes parce que nous sommes ind&#233;pendantistes et nous sommes ind&#233;pendantistes parce que nous sommes anticoloniaux et antiracistes. La pire option serait de laisser pourrir la situation constitutionnelle actuelle, qui nourrit les incompr&#233;hensions, les ressentiments et les divisions. Le Qu&#233;bec ind&#233;pendant sera antiraciste ou ne sera pas.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Benoit Renaud, Un peuple libre, ind&#233;pendance, la&#239;cit&#233; et inclusion, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;valuation de l'int&#233;grit&#233; et de l'impartialit&#233; des enqu&#234;tes du SPVM relatives &#224; des all&#233;gations de nature criminelle formul&#233;es par une personne autochtone au Qu&#233;bec &#224; l'encontre d'un policier, Me Fannie Lafontaine, le 21 ao&#251;t 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mario Dumont, &lt;i&gt;Le pi&#232;ge syst&#233;mique&lt;/i&gt;, Journal de Qu&#233;bec, 10 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joseph Facal, idem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e, &lt;i&gt;Une semaine au pays du racisme syst&#233;mique&lt;/i&gt; Le Devoir, 24 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Benoit Renaud, &lt;i&gt;Un peuple libre, ind&#233;pendance, la&#239;cit&#233; et inclusion&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2020. pp 126-127&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171; nous &#187; dans la lutte d'&#233;mancipation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-nous-dans-la-lutte-d-emancipation</link>
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		<dc:date>2020-10-20T12:12:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, alors que la flamme de la lutte de lib&#233;ration prenait un nouvel essor, le &#171; nous &#187; &#233;tait identifi&#233; spontan&#233;ment aux &#171; N&#232;gres blancs d'Am&#233;rique &#187; o&#249; se retrouvait la majorit&#233; canadienne-fran&#231;aise. Le monde immigrant semblait distant, avec des communaut&#233;s (majoritairement d'origine europ&#233;enne) qui s'ins&#233;raient dans la minorit&#233; anglophone. Au sein de celle-ci, il y avait des couches populaires, surtout irlandaises, anglophones d'une part, mais sensibles au nationalisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Blogues-" rel="directory"&gt;Blogues&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Blogues-738-+" rel="tag"&gt;Blogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Debat-sur-la-question-nationale-+" rel="tag"&gt;D&#233;bat sur la question nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton45227-9219c.jpg?1674682592' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, alors que la flamme de la lutte de lib&#233;ration prenait un nouvel essor, le &#171; nous &#187; &#233;tait identifi&#233; spontan&#233;ment aux &#171; N&#232;gres blancs d'Am&#233;rique &#187; o&#249; se retrouvait la majorit&#233; canadienne-fran&#231;aise. Le monde immigrant semblait distant, avec des communaut&#233;s (majoritairement d'origine europ&#233;enne) qui s'ins&#233;raient dans la minorit&#233; anglophone. Au sein de celle-ci, il y avait des couches populaires, surtout irlandaises, anglophones d'une part, mais sensibles au nationalisme qu&#233;b&#233;cois d'autre part. Et il y avait, ce qui semblait tr&#232;s loin alors, les peuples autochtones qui n'int&#233;ressaient presque personne &#224; part des anthropologues et des historiens progressistes comme R&#233;mi Savard. Cette distanciation affectant la conscience nationale &#233;tait bien s&#251;r un &#171; construit &#187; imaginaire qui traversait toute la soci&#233;t&#233;, m&#234;me la gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lutte de lib&#233;ration nationale et lutte de classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant gauche, le &#171; nous &#187; canadien-fran&#231;ais est devenu un &#171; peuple-classe &#187;, le porteur d'un projet d'&#233;mancipation &#224; la fois anticapitaliste et anticolonial1. L'ind&#233;pendance, via la cr&#233;ation d'une r&#233;publique, &#233;tait li&#233;e au socialisme, comme socle d'un projet anticapitaliste. Fait &#224; noter, ni la migration ni la question autochtone n'occupaient une grande place dans ce narratif. Il y avait bien s&#251;r quelques traces des efforts pass&#233;s de l'ancienne gauche, notamment le Parti communiste, pour organiser les travailleurs immigr&#233;s, quelquefois m&#234;me &#224; travers des luttes &#171; h&#233;ro&#239;ques &#187;, mais cela restait tr&#232;s en marge2. Par apr&#232;s ce discours de la lib&#233;ration nationale a connu plusieurs mutations pour aboutir &#224; des projets dont celui des diverses franges progressistes. &#192; contre-courant de la perspective nationaliste, le chercheur-militant Gilles Bourque a offert une version marxiste de la lutte nationale o&#249; s'imbriquaient couches populaires domin&#233;es et luttes de classes3. &#192; part le court &#233;pisode o&#249; la gauche dite &#171; marxiste-l&#233;niniste &#187; a eu de l'influence (&#224; la fin des ann&#233;es 1970, c'est cette analyse qui a &#233;t&#233; la r&#233;f&#233;rence dans les diverses formations de la gauche qu&#233;b&#233;coise des ann&#233;es 1980 jusqu'&#224; aujourd'hui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Explorations en cours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la situation a chang&#233;, au moins en partie. Certes, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise n'est plus la m&#234;me, notamment dans ses dimensions d&#233;mographiques, avec des populations immigrantes diversifi&#233;es, dont un pourcentage important vient du Sud. Parall&#232;lement, les Premi&#232;res nations sont sorties de l'ombre dans le sillon de la confrontation de 1990 et plus tard dans la radicalisation des associations traditionnelles et l'apparition de r&#233;seaux militants comme Idle no more. Les &#171; invisibles &#187; et les &#171; inaudibles &#187; ne le sont plus et sont partie prenante des d&#233;bats, y compris &#224; gauche, comme on l'a vu dans le fait que Qu&#233;bec Solidaire s'est oppos&#233; aux l&#233;gislations discriminantes au nom des &#171; valeurs &#187;. On retrouve maintenant des personnalit&#233;s politiques dans QS et les mouvements populaires qui ont de l'influence4. Des organisations et des r&#233;seaux communautaires bien pr&#233;sents sur le terrain parlent et fort dans des quartiers o&#249; abondent les immigrants5. On met sur la table l'id&#233;e du racisme syst&#233;mique, une mani&#232;re de dire que les fractures de classe prennent une autre connotation lorsqu'elles traversent des communaut&#233;s minoris&#233;es ou racis&#233;es. L'id&#233;e qui &#233;merge &#224; tous les niveaux (y compris sur le plan culturel) est que le peuple qu&#233;b&#233;cois n'est plus ce groupe homog&#232;ne et d'ascendance fran&#231;aise, mais un ensemble plus vaste et diversifi&#233;, qui pourrait, si la volont&#233; politique et les conditions s'y pr&#234;tent, devenir un autre &#171; Nous &#187;6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a encore du chemin &#224; faire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;nonciation largement partag&#233;e du path&#233;tique Fran&#231;ois Legault &#224; la suite du d&#233;c&#232;s de Joyce Echaquan et la multiplication de sondages consistants &#224; l'effet qu'une tr&#232;s importante partie de la population reconna&#238;t la r&#233;alit&#233; du racisme syst&#233;mique et admet que les premi&#232;res nations subissent encore aujourd'hui des formes de colonialisme sont des signes encourageants, comme l'ont &#233;t&#233; les manifestations antiracistes d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent &#224; Montr&#233;al et &#224; Qu&#233;bec en ao&#251;t dernier. Ce rejet du nationalisme &#224; saveur ethnique est particuli&#232;rement fort parmi les jeunes g&#233;n&#233;rations. Pour autant, selon Eve Torres, on constate que QS et les mouvements pourraient parler plus fort7. Alors qu'on est encore tout emp&#234;tr&#233; dans la crise du coronavirus, il n'en reste pas moins que des populations minoris&#233;es sont plus affect&#233;es que d'autres. Pour Rosa Pires, &#171; les nouveaux habits du racisme ont comme fonction d'exclure les non-d&#233;sir&#233;-es, les trop-&#233;trangers et surtout, de ne pas laisser entrer tout le monde en m&#234;me temps &#187;8. La situation de centaines de de personnes sans statut, en fonction des l&#233;gislations f&#233;d&#233;rales et des r&#232;glementations provinciales est un scandale immense, alors qu'on sait maintenant &#224; quel point ces personnes qui vivent l'ins&#233;curit&#233; permanente jouent un r&#244;le de premier plan dans la lutte contre la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui est &#171; ma&#238;tre &#187; chez &#171; nous &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, reconna&#238;tre les droits des autochtones est une chose, mais imaginer une &#233;mancipation qu&#233;b&#233;coise qui briserait les liens avec l'&#201;tat canadien va requ&#233;rir une autre d&#233;finition de l'&#201;tat et du territoire. On ne pourra plus prendre pour acquis que le peuple qu&#233;b&#233;cois doit &#234;tre &#171; ma&#238;tre chez lui &#187; sans accepter qu'il y a d'autres peuples qui habitent le territoire9. Il faudra, selon Carole Yerochechewski, changer d'approche et reconna&#238;tre que &#171; l'histoire qu&#233;b&#233;coise ne s'est pas arr&#234;t&#233;e ni en 1970 ni en 1995. (Il faudra que) la gauche qu&#233;b&#233;coise int&#232;gre les bouleversements qu'entra&#238;nent la mondialisation contemporaine et ses flux migratoires &#187;10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tous ensemble, mais pas tous pareils &#187; (Catherine Dorion)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand projet d'&#233;mancipation fragilis&#233; par le projet mis en branle par le PQ depuis 40 ans, doit &#234;tre r&#233;invent&#233;, comme l'affirme Pierre Mouterde : &#171; Il ne s'agit plus de penser l'ind&#233;pendance comme s&#233;paration du reste du Canada, comme repli ou comme protection frileuse contre les pr&#233;dations de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et les diktats de la tutelle f&#233;d&#233;rale. Il faut la penser comme un projet ouvert de construction de nouvelles solidarit&#233;s entre nations, peuples, provinces ou &#201;tats d'Am&#233;rique du Nord qui pourraient &#233;tablir entre eux de nouveaux liens politiques fond&#233;s sur le respect du droit &#224; l'autod&#233;termination et sur des volont&#233;s de souverainet&#233; populaire et participative &#187;11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Selon l'expression du sociologue Marcel Rioux. Voir &#224; ce sujet, Le rendez-vous manqu&#233;. Le Parti socialiste du Qu&#233;bec et la question nationale (1963-1967, &lt; &lt;a href=&#034;https://questions-nationales.quebec/wp-content/uploads/2019/08/PSQ-min.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://questions-nationales.quebec/wp-content/uploads/2019/08/PSQ-min.pdf&lt;/a&gt; &gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- La journaliste Evelyne Dumas avait racont&#233; ces luttes dans un tr&#232;s beau t&#233;moignage, Dans le sommeil de nos os, Lem&#233;ac 1971.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Gilles Bourque, Classes sociales et question nationale au Qu&#233;bec, 1760-1840. (1970), &#201;ditions Parti Pris, en ligne : &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/bourque_gilles/classes_sociales_et_ques_nat/classes_sociales.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://classiques.uqac.ca/contemporains/bourque_gilles/classes_sociales_et_ques_nat/classes_sociales.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Pensons aux Ruba Ghazal, Andr&#233;s Fontecilla, Marc-&#201;douard Joubert, Bochra Mana&#239;, Marjorie Villefrange, Will Prosper, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Comme Montr&#233;al-Nord, C&#244;te-des-Neiges, Pointe-St-Charles, Parc Extension, o&#249; on retrouve des groupes structurants tels la Maison d'Ha&#239;ti, le Centre des travailleurs immigrant-es, Paroles d'exclu(e(s et tant d'autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Gilles Bourque, &#171; La question national nationale qu&#233;b&#233;coise. Toujours omnipr&#233;sente, complexe, &#224; la fois p&#233;rilleuse et prometteuse &#187;, in les Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS), &#171; La question nationale revisit&#233;e &#187;, num&#233;ro 24, automne 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Eve Torres, &#171; Le Qu&#233;bec, c'est aussi nous &#187;, in NCS, automne 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- Rosa Pirez,, &#171; Le racisme banal, l'exp&#233;rience qu&#233;b&#233;coise et la pand&#233;mie &#187;, in NCS, automne 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- Gilles Bourque, &#171; La question national nationale qu&#233;b&#233;coise. Toujours omnipr&#233;sente, complexe, &#224; la fois p&#233;rilleuse et prometteuse &#187;, in les Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS), &#171; La question nationale revisit&#233;e &#187;, num&#233;ro 24, automne 2020. Joelle-Alice Michaud-Ouellet, &#171; Les limites de la solidarit&#233; : entre territorialit&#233; &#233;tatique et souverainet&#233; autochtone &#187;, in NCS automne 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- Carole Yerochechewski, &#171; De Speak White &#224; la loi 21. Les m&#233;tamorphoses de la question nationale &#187;, in NCS, automne 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- Pierre Mouterde, &#171; L'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec : encore &#224; l'ordre du jour ! &#187;, NCS, automne 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les adversaires de l'&#233;mancipation</title>
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		<dc:date>2020-10-13T14:41:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-13</dc:subject>

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&lt;p&gt;Comme le Qu&#233;bec a chang&#233; depuis la r&#233;volution tranquille, notre soci&#233;t&#233; s'est partiellement d&#233;colonis&#233;e. C'est ce qu'on constate sur le plan socio-&#233;conomique o&#249; nous ne sommes plus dans le territoire du &#171; speak white &#187; pr&#233;valant &#224; l'&#233;poque o&#249; les &#171; big boss &#187; (pour reprendre les termes du Manifeste du FLQ) menaient les &#171; n&#232;gres blancs d'Am&#233;rique &#187; au b&#226;ton. Des r&#233;formes ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es sous la pression, faut-il le rappeler, de luttes populaires &#233;normes. L'espace politique canadien a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Debat-sur-la-question-nationale-+" rel="tag"&gt;D&#233;bat sur la question nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-13&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton45121-88201.jpg?1674682592' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme le Qu&#233;bec a chang&#233; depuis la r&#233;volution tranquille, notre soci&#233;t&#233; s'est partiellement d&#233;colonis&#233;e. C'est ce qu'on constate sur le plan socio-&#233;conomique o&#249; nous ne sommes plus dans le territoire du &#171; speak white &#187; pr&#233;valant &#224; l'&#233;poque o&#249; les &#171; big boss &#187; (pour reprendre les termes du Manifeste du FLQ) menaient les &#171; n&#232;gres blancs d'Am&#233;rique &#187; au b&#226;ton. Des r&#233;formes ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es sous la pression, faut-il le rappeler, de luttes populaires &#233;normes. L'espace politique canadien a &#233;t&#233; rudement secou&#233; par ce qui a suivi la crise d'octobre 1970, &#224; travers des mouvements contestataires d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent, et la victoire &#233;lectorale du PQ en 1976.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La strat&#233;gie f&#233;d&#233;rale, r&#233;pondant alors aux ambitions de Canada Inc. a &#233;t&#233; de coopter une partie des &#233;lites qu&#233;b&#233;coises, de r&#233;duire en partie au moins le d&#233;ficit qu&#233;b&#233;cois en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation et de modifier les termes du d&#233;bat autour du &#171; multiculturalisme, ce grand &#171; melting pot &#187; canadien, ce qui visait &#224; diminuer les revendications proprement qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, cette perspective n'emp&#234;chait pas l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de sortir ses gros canons de temps en temps, notamment avec le rapatriement unilat&#233;ral de la constitution, les man&#339;uvres frauduleuses pour bloquer toute remise en question (comme lors du r&#233;f&#233;rendum de 1995) et m&#234;me, un discours lourd de menaces la (loi dite de la &#171; clart&#233; &#187; par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes proportions gard&#233;es, l'&#201;tat canadien a fait &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose que les autres &#233;tats colonialistes et imp&#233;rialistes dans le monde, en favorisant une d&#233;colonisation avec un petit &#171; D &#187; (on appelle cela en Afrique le n&#233;ocolonialisme), s'assurant de garder le contr&#244;le sur les &#233;l&#233;ments essentiels du dispositif du pouvoir, quitte &#224; donner aux &#171; natives &#187; des pouvoirs subsidiaires et de favoriser certaines r&#233;formes pour calmer et diviser les couches populaires au profit d'une &#233;lite locale bien ancr&#233;e dans le pouvoir r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui qu'en est-il ? Selon Todd Gordon et Geoffrey McCormack (1), la crise actuelle d&#233;montre bien que le capitalisme canadien continue sur les fondements qu'il a &#233;rig&#233;s : une focalisation sur l'extractivisme, une subalternit&#233; affirm&#233;e par rapport aux &#201;tats-Unis, une d&#233;t&#233;rioration de longue dur&#233;e des conditions de vie (notamment dans la sant&#233;) en phase avec les pr&#233;ceptes du n&#233;olib&#233;ralisme, une transformation de la fiscalit&#233; b&#233;n&#233;ficiant au 1 %, etc. Malgr&#233; les programmes d'urgence pour sauver la mise, Ottawa n'envisage pas de changer l'orientation &#171; fondamentale &#187;. Malgr&#233; l'impression r&#233;pandue par les m&#233;dias et partag&#233;e par beaucoup de monde, la &#171; province &#187; du Qu&#233;bec demeure incapable d'exercer une influence dominante sur les politiques &#233;conomiques, sans contr&#244;le sur les taux d'int&#233;r&#234;ts, sans banque centrale, sans ressources financi&#232;res, pour r&#233;ellement penser &#224; des changements syst&#233;miques pour effectuer la transition &#233;cologique, comme l'explique Mathieu Dufour (2). Dans le moment actuel, le gouvernement f&#233;d&#233;ral, comme toujours en p&#233;riode de crise, en profite pour rapatrier des pouvoirs et subalterniser encore plus l'administration provinciale qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors intervient un autre tournant. Le virage actuel de la CAQ vers le provincialisme (endoss&#233; dans ses grandes lignes par le PQ et le Bloc Qu&#233;b&#233;cois), exprime une sorte de &#171; nationalisme colonial &#187;, selon l'expression de Simon Tremblay-Pepin et Milan Bernard(3). Il conduit &#224; adh&#233;rer au f&#233;d&#233;ralisme, en prot&#233;geant le territoire national contre les flux migratoires et les revendications autochtones, tout en d&#233;fendant, dans le contexte de la crise actuelle, un retour &#224; la &#171; normale &#187;, ce qui veut dire (&#8230;) &#171; tirer son &#233;pingle du jeu f&#233;d&#233;ral, prendre l'argent d'Ottawa quand il passe et vivre avec le carcan p&#233;trolier et colonial qu'il nous impose le reste du temps &#187; (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, ce dispositif semble maintenir le cap avec une masse critique d'appuis &#171; passifs &#187;, davantage par r&#233;signation et par peur que par adh&#233;sion enthousiaste. D'ailleurs, le message de Legault et de ses m&#233;dias-mercenaires est qu'il faut accepter notre sort. Cette &#171; nouvelle &#187; &#233;lite reste dans le &#171; confort &#187; de la d&#233;pendance, &#171; vivant aux crochets politiques, &#233;conomiques et intellectuels des autres &#233;lites anglo-canadiennes, &#233;tatsuniennes et mondiales &#187;, au sein de laquelle elle se satisfait d'appartenir &#224; une &#171; puissante communaut&#233; id&#233;ologique et pratique &#187; (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra du temps, des efforts, de la d&#233;termination et aussi de la chance pour briser ce projet h&#233;g&#233;monique. L'ind&#233;pendance et le socialisme devront, pour reprendre leur &#233;lan, proposer de restructurer l'&#233;conomie vers une autonomie &#233;cologique. Il faudra aussi aller &#224; l'encontre du nationalisme ethnique en s'opposant &#224; des lois qui visent l'immigration et en proposant de r&#233;ellement confronter le racisme syst&#233;mique, tout en offrant aux peuples autochtones une n&#233;gociation de peuple &#224; peuple bas&#233;e sur leur droit &#224; l'autod&#233;termination,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour confronter l'adversaire selon Tremblay-Pepin et Bernard (5), il n'y pas d'autre chemin que de construire un bloc historique majoritaire capable de r&#233;sister &#224; la violente r&#233;action pr&#233;visible du capitalisme nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Todd Gordon et Geoffrey McCormack, &#171; la crise prolong&#233;e du capitalisme canadien &#187;, in Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS), num&#233;ro, 24, automne 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Mathieu Dufour, &#171; Le contr&#244;le des leviers financiers au Canada &#187;, in NCS, automne 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Simon Tremblay Pepin et Milan Bernard, &#171; L'adversaire &#187;, in NCS, automne 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Simon Tremblay Pepin et Milan Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Simon Tremblay Pepin et Milan Bernard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour relancer la lutte d'&#233;mancipation, il faut imaginer un nouveau projet</title>
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		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pendant que la course au leadership du Parti Qu&#233;b&#233;cois (PQ) tourne en rond dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, la question reste repos&#233;e sur l'avenir de cette formation politique dont le d&#233;clin &#233;lectoral se poursuit depuis 1995. En r&#233;alit&#233;, poser la question, c'est en partie d'y r&#233;pondre. M&#234;me les personnes qui appuient le PQ sont convaincues qu'il n'y a pratiquement aucune chance de voir leur parti revenir au pouvoir dans un horizon raisonnable. Pour se justifier, des p&#233;quistes fanatiques bl&#226;ment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton45007-8cad0.jpg?1674682592' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que la course au leadership du Parti Qu&#233;b&#233;cois (PQ) tourne en rond dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, la question reste repos&#233;e sur l'avenir de cette formation politique dont le d&#233;clin &#233;lectoral se poursuit depuis 1995. En r&#233;alit&#233;, poser la question, c'est en partie d'y r&#233;pondre. M&#234;me les personnes qui appuient le PQ sont convaincues qu'il n'y a pratiquement aucune chance de voir leur parti revenir au pouvoir dans un horizon raisonnable. Pour se justifier, des p&#233;quistes fanatiques bl&#226;ment Qu&#233;bec Solidaire ou Fran&#231;ois Legault. Incapables de se regarder dans le miroir, ils sombrent dans une path&#233;tique litanie qui est le sympt&#244;me d'un projet sans perspective. Je ne veux cependant pas mettre tous les p&#233;quistes dans le m&#234;me paquet. Il y en a qui voudraient explorer d'autres chemins que ceux qui ont men&#233; au d&#233;clin actuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nationalisme de droite a des bases solides&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'efforcer de comprendre davantage ce d&#233;clin. Il me semble qu'il y a &#224; gauche un certain contentement na&#239;f, comme si la chute en apparence irr&#233;sistible du PQ allait automatiquement favoriser les progressistes. Une telle &#233;valuation me semble doublement pr&#233;matur&#233;e. D'abord, l'effacement du PQ est en bonne partie li&#233;e &#224; la captation de la question nationale par le nationalisme de droite et identitariste qui demande aux &#171; Canadiens-Fran&#231;ais &#187; de se retrouver dans un &#171; nous &#187; exclusif. Les probl&#232;mes persistants dans notre soci&#233;t&#233; ne sont alors pas per&#231;us comme les effets du n&#233;olib&#233;ralisme pervers auquel cette droite adh&#232;re, mais comme des &#171; complots &#187; venant des immigrant-es et des r&#233;fugi&#233;-es articul&#233;s autour de la vision multiculturaliste d'Ottawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pass&#233; encore r&#233;cent, cette recette a permis &#224; Duplessis et sa &#171; grande noirceur &#187; de dominer la sc&#232;ne &#233;lectorale pendant des d&#233;cennies. Bien que cela s'exprime dans un autre langage actuellement, ce nationalisme r&#233;tr&#233;ci se retrouve tr&#232;s utile pour imposer l'aust&#233;ritarisme, tasser les syndicats et &#171; faciliter &#187; la vie aux entreprises par des politiques fiscales et une opposition de principes &#224; leur imposer des contraintes, notamment dans le domaine environnemental. Il faut constater que ce projet fonctionne assez bien apr&#232;s deux ans de pouvoir caquiste sous la houlette d'un politicien redoutable qui aime fonctionner comme un roi et ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on observe un peu partout que le d&#233;clin des formations centristes (le PQ en &#233;tait une) favorise souvent les droites et en particulier, les droites &#171; extr&#234;mes &#187;, et non le centre-gauche et la gauche. C'est ce qu'on constate en tout cas en Espagne, en France, au Br&#233;sil et jusqu'&#224; un certain point, aux &#201;tats-Unis (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve dans les couches populaires et moyennes des gens d&#233;stabilis&#233;s, confus, un peu &#171; orphelins &#187;. Cela cr&#233;e un sentiment d'impuissance qui de mani&#232;re significative renforce les populismes de droite. Les &#233;lecteurs &#171; f&#226;ch&#233;s-f&#226;ch&#233;s &#187; qui votaient pour les partis de gauche en Europe se retrouvent nombreux derri&#232;re le Rassemblement national (France), la Lega (Italie), voire Trump (aux &#201;tats-Unis). Au Qu&#233;bec, c'est un peu diff&#233;rent. La majorit&#233; &#233;lectorale pro-CAQ s'est produite par &#171; d&#233;faut &#187;, plut&#244;t sur la base d'une adh&#233;sion &#224; un programme clair que Legault a tout fait pour occulter. On ne peut pas dire que Legault se pr&#233;sente comme un homme de droite au sens traditionnel. Cela le rend encore plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les transformations de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autres p&#233;rils qui nous attendent qui sont &#224; la fois des causes et des cons&#233;quences de cette transformation. &#192; la base du projet p&#233;quiste, il y avait ce r&#234;ve de cr&#233;er au Qu&#233;bec un &#201;tat ind&#233;pendant &#171; comme les autres &#187;, prenant sa place dans le contexte capitaliste nord-am&#233;ricain. Pour cela pensait Jacques Parizeau, il fallait renforcer le capitalisme qu&#233;b&#233;cois qui &#233;tait, il faut le dire, faible et subalterne jusque dans les ann&#233;es 1960. L'expression consacr&#233;e &#171; speak white &#187; traduisait une r&#233;alit&#233; incontestable, que les jeunes g&#233;n&#233;rations ont de la mis&#232;re &#224; comprendre tellement elle semble d&#233;phas&#233;e. L'&#233;conomie &#233;tait totalement monopolis&#233;e par la minorit&#233; anglophone et les grandes entreprises anglo-canadiennes et &#233;tats-uniennes. Parizeau savait bien que cette situation allait demeurer ainsi sans un investissement politique concert&#233;, syst&#233;matique et de longue haleine, pour transformer les aspirants capitalistes qu&#233;b&#233;cois et leurs TPME (tr&#232;s petites et moyennes entreprises).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il fallait cr&#233;er des outils financiers dont les principaux furent la Caisse de d&#233;p&#244;ts et de placements et la ribambelle et c'est ce qui fut amorc&#233; d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960 avant l'av&#232;nement du PQ, mais qui fut renforc&#233; &#224; partir de 1976. Il faut se souvenir que l'investissement de la Caisse, qui g&#232;re nos actifs collectifs, a permis aux &#171; beaux fleurons &#187; de se maintenir en vie devant les assauts r&#233;p&#233;t&#233;s du grand capital nord-am&#233;ricain. En plus de favoriser Qu&#233;bec Inc. Parizeau pensait n&#233;cessaire d'imposer des r&#233;formes pouvant &#171; humaniser &#187; le capitalisme, revenir aux principes keyn&#233;siens de redistribution des revenus et d'inclusion du syndicalisme dans une sorte d'alliance inspir&#233;e des exp&#233;riences de centre-gauche europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve bris&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme l'explique Pierre Beaulne (2), cette aventure est termin&#233;e. La perspective de &#171; r&#233;former &#187; le capitalisme n'a plus la cote dans un parti qui a int&#233;rioris&#233; le n&#233;olib&#233;ralisme depuis 1982-84 (le &#171; beau risque &#187; de Ren&#233; L&#233;vesque) et encore plus depuis 1995 avec Lucien &#171; Lucide &#187; Bouchard. D'autre part, plusieurs &#171; beaux fleurons &#187; ont entrepris depuis quelques ann&#233;es de capituler (Domtar, Cirque du Soleil, Air Transat, Saint-Hubert, Bombardier, etc.) alors que leurs PDG et &#171; cadres et comp&#233;tents &#187; se contentent devenir de riches g&#233;rants de succursales, ce qui concorde d'ailleurs avec le nationalisme r&#233;tr&#233;ci de la CAQ. La Caisse, outil de d&#233;veloppement du capitalisme qu&#233;b&#233;cois, est devenue, selon Christian P&#233;pin, une machine &#224; investissement comme toutes les autres, cherchant les &#171; bonnes affaires &#187; dans le sillon du n&#233;olib&#233;ralisme mondialis&#233; et de l'extractivisme (3) : &#171; Les grandes entreprises et les institutions financi&#232;res ( la Caisse, la Banque nationale, Desjardins, etc.) sont de plus en plus port&#233;es &#224; investir hors du Qu&#233;bec, l&#224; o&#249; les rendements sont plus &#233;lev&#233;s, les syndicats moins combatifs et les gouvernements plus complaisants &#187; (4). C'est ce qui incite Julia Posca &#224; affirmer que la politique actuelle de la CAQ entra&#238;ne le Qu&#233;bec &#224; s'installer dans un &#171; capitalisme des succursales &#187; (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le projet de faire de Qu&#233;bec Inc. le porteur du projet ind&#233;pendantiste n'a pas fonctionn&#233;, non seulement &#224; cause de l'intransigeance de &#171; Canada Inc. &#187; et de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral qui lui est assujetti, mais aussi parce que Qu&#233;bec Inc., ne voulait pas aller dans le sens de la souverainet&#233;, tout en profitant de l'appui de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois (et des citoyens qui paient des imp&#244;ts que nous sommes tous). &#192; long terme cependant, ce &#171; provincialisme &#187; de Qu&#233;bec Inc., pourrait &#234;tre s&#233;v&#232;re pour l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise dans son ensemble et pour le retour, m&#234;me sous une forme att&#233;nu&#233;e, de l'&#233;poque o&#249; se faisait dire, dans le monde dit des affaires, de &#171; speak white &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Red&#233;finir la lutte d'&#233;mancipation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment, l'hypoth&#232;se d'un grand &#171; front uni &#187; de toutes les classes sociales, incluant la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise est aujourd'hui caduque. Il n'y a pas vraiment d'autre choix que de reconstruire une alliance sociale avec comme axe les couches populaires, ouvri&#232;res et moyennes qui composent &#233;videmment la majorit&#233; d&#233;mographique. Cependant, cette majorit&#233; est une minorit&#233; sur la sc&#232;ne politique, monopolis&#233;e par les &#171; g&#233;rants &#187; de l'&#233;conomie de succursales &#187; (la CAQ), les relais du capitalisme et de l'&#201;tat canadien (le PLQ) et les derniers partisans du PQ, qui pour la plupart, se &#171; r&#233;fugient &#187; dans le projet caquiste. Pour autant, le projet d'une alliance populaire actualis&#233;e existe, &#224; l'&#233;tat embryonnaire, avec Qu&#233;bec Solidaire. Ce projet peut avancer &#224; condition que le projet se d&#233;finisse dans la lutte contre le n&#233;olib&#233;ralisme globalis&#233; qui pr&#233;domine et qui implique un grand retour en arri&#232;re des conditions de vie et de travail de la majorit&#233; de la population. Il doit mettre de l'avant une v&#233;ritable convergence avec les peuples autochtones qui r&#233;clament, comme le peuple qu&#233;b&#233;cois, le droit &#224; l'autod&#233;termination. L'ind&#233;pendance est &#233;galement un projet socio-&#233;conomique, pour casser ou au moins affaiblir le dispositif qui nous ram&#232;ne &#224; un &#233;tat de subordination, selon Mathieu Dufour (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet doit aussi se positionner &#224; la fois sur le plan national et sur le plan international. Pour sortir de la prison du n&#233;olib&#233;ralisme, la &#171; grande coalition &#187; &#224; mettre en place au Qu&#233;bec devra rejoindre les r&#233;sistances des peuples ailleurs, ce qui veut dire surtout, dans notre cas, en Am&#233;rique du Nord. Cela implique des pratiques de solidarit&#233; qui ne soient pas des &#171; rajouts &#187; ou des &#171; compl&#233;ments &#187; &#224; une strat&#233;gie se d&#233;finissant exclusivement sur le plan national. On aurait avantage &#224; ce que tout cela devienne au sein de QS plus explicite et affirmatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-Pierre Beaulne, &#171; Les hauts et les bas de Qu&#233;bec Inc. &#187;, in La question nationale revisit&#233;e. Enjeux, strat&#233;gies, r&#233;sistances &#187;, Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS), num&#233;ro 24, septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Christian P&#233;pin, &#171; La Caisse de d&#233;p&#244;ts et de placements : rouage de notre exploitation &#187;, in NCS, septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- &#171; Audrey Laurin-Lamothe, &#171; La financiarisation et le charme discret de Qu&#233;bec Inc. &#187;., in NS, septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Julia Posca, &#171; La politique &#233;conomique de la CAQ : un nationalisme de succursales &#187;, in NCS, septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Mathieu Dufour, &#171; Le contr&#244;le des leviers financiers au Canada &#187;, in NCS, septembre 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La question de la question</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-question-de-la-question-44741</link>
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		<dc:date>2020-09-22T12:09:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1960, la question qu&#233;b&#233;coise est ressortie avec force. Apr&#232;s la d&#233;faite des Patriotes de 1837-38, le projet d'&#233;mancipation &#233;tait refoul&#233; pour trouver refuge dans le nationalisme de survivance qui a atteint son paroxysme durant la p&#233;riode de la &#171; grande noirceur &#187; sous Maurice Le Noblet Duplessis. Au fil des transformations de la soci&#233;t&#233; et sous l'impulsion de luttes populaires, le basculement de la r&#233;volution tranquille a rouvert le d&#233;bat. L'univers politique s'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1960, la question qu&#233;b&#233;coise est ressortie avec force. Apr&#232;s la d&#233;faite des Patriotes de 1837-38, le projet d'&#233;mancipation &#233;tait refoul&#233; pour trouver refuge dans le nationalisme de survivance qui a atteint son paroxysme durant la p&#233;riode de la &#171; grande noirceur &#187; sous Maurice Le Noblet Duplessis. Au fil des transformations de la soci&#233;t&#233; et sous l'impulsion de luttes populaires, le basculement de la r&#233;volution tranquille a rouvert le d&#233;bat. L'univers politique s'est alors scind&#233; de sorte qu'une proposition &#224; l'effet de donner au peuple ses pleines capacit&#233;s d&#233;bouchait sur un appel &#224; lutter pour un &#201;tat ind&#233;pendant. Cette proposition ressortait d'une col&#232;re juste et l&#233;gitime, du fonds des tripes et de l'intellect, des taudis de Ville Jacques-Cartier comme du Quartier latin et de la Gasp&#233;sie. Dans le beau film de F&#233;lix Rose, on voit, on entend, on respire cette aspiration &#224; la justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par la suite, de l'ascendance du Parti Qu&#233;b&#233;cois a &#233;merg&#233; un projet hybride, contre l'optique plus radicale d'une rupture globale pr&#233;conis&#233;e par le RIN et les mouvements de gauche. Le projet pr&#233;conisait un &#171; accommodement raisonnable &#187; avec le Canada en pr&#233;servant une grande partie de la structure conf&#233;d&#233;rale. Un &#201;tat semi ind&#233;pendant devait prendre forme, ins&#233;r&#233; dans le cadre canadien et nord-am&#233;ricain. Mais l'&#233;chec de 1980 a marqu&#233; le refus du pouvoir canadien d'une telle r&#233;forme. Par la suite, le PQ a tent&#233; de garder la flamme jusqu'au deuxi&#232;me &#233;chec de 1995, en bonne partie par le m&#234;me refus brutal du c&#244;t&#233; canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ce long parcours, le PQ misait sur une &#233;lite d'affaires &#233;mergente qui devait, pensait-on passer du c&#244;t&#233; de la souverainet&#233;. En r&#233;alit&#233;, la grande majorit&#233; des entrepreneurs qu&#233;b&#233;cois, le futur Qu&#233;bec Inc. n'ont pas embarqu&#233; pr&#233;f&#233;rant continuer avec les appuis tant de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois que de l'&#201;tat canadien, en &#233;vitant des soubresauts politiques qui leur apparaissaient in&#233;vitables avec une souverainet&#233; m&#234;me diminu&#233;e par l'association. En 1995, ce d&#233;bat a &#233;t&#233; clos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 ans plus tard, les faiseurs d'opinion disent que la question ne se pose plus. La posture de la CAQ, qui relance l'autonomisme provincial de vogue avec Duplessis, semble confortable. Mais cela pourrait &#234;tre une illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; La situation &#233;conomique du Qu&#233;bec repose la question. Dans la logique du capitalisme, les gros mangent les petits et les tr&#232;s gros mangent les gros. Ainsi Qu&#233;bec Inc. se retrouve mal plac&#233; devant un cadre canadien et nord-am&#233;ricain, qui cherche des relais (pour ne pas dire des filiales) o&#249; les m&#233;ga entreprises continentales visent les &#171; beaux fleurons &#187; qu&#233;b&#233;cois. M&#234;me si l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; se sont modernis&#233;es et diversifi&#233;es, avec la pand&#233;mie et la r&#233;cession &#233;conomique mondiale, le capitalisme qu&#233;b&#233;cois est fragilis&#233;. Si le probl&#232;me n'est pas seulement qu&#233;b&#233;cois, la fragilit&#233; ici est plus grande. Conclusion, il faudra repenser le projet d'un d&#233;veloppement autocentr&#233; (ce qui ne veut pas dire autarcique), au-del&#224; du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral de la financiarisation et de l'extractivisme. Sans cela, il n'y aura ni souverainet&#233; ni prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Initialement, le &#171; nous &#187; du peuple qu&#233;b&#233;cois &#233;tait relativement homog&#232;ne, m&#234;me s'il &#233;tait bas&#233; sur le d&#233;ni que le Qu&#233;bec est &#233;galement la terre des premi&#232;res nations. Aujourd'hui, le &#171; nous &#187; tricot&#233; serr&#233; ne va nulle part sinon que vers un nationalisme de droite, voire vers un r&#233;tr&#233;cissement identitaire. &#192; moins de rel&#233;guer immigrants et autochtones &#224; l'arri&#232;re-plan, il faudra reconstruire un &#171; nous &#187; apte &#224; r&#233;unir une soci&#233;t&#233; et un peuple en construction, au lieu de laisser aller une fragmentation identitaire sans fin. Cela implique de compl&#233;ter, entre autres, l'&#339;uvre inachev&#233;e de la loi 101, grug&#233;e par l'anglicisation qui va de pair avec l'am&#233;ricanisation. Voici un autre d&#233;fi &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Le Qu&#233;bec, comme le reste du monde, est confront&#233; &#224; la temp&#234;te environnementale dont les liens avec la pand&#233;mie ne sont plus mis en doute. Faire face &#224; cette situation exige des r&#233;ponses concert&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale. Le nationalisme traditionnel ne peut &#234;tre un outil efficace &#224; ce niveau. La coop&#233;ration entre les &#201;tats et les peuples &#233;tant indispensable, le projet d'une souverainet&#233; doit effectivement &#234;tre internationaliste. Il faut qu'un projet national et d&#233;mocratique reb&#226;tisse des structures multilat&#233;rales de coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait ajouter &#224; cette liste plusieurs autres d&#233;fis. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de revoir la question nationale &#171; revisit&#233;e &#187;. Notre point de vue est partisan, loin du langage acad&#233;mique ou m&#233;diatique : nous sommes pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ou, dit autrement, pour la souverainet&#233; populaire ! La question nationale continue de nous habiter, dans les contradictions profondes qui confrontent notre soci&#233;t&#233;. Elle aspire &#224; r&#233;&#233;merger dans un nouveau projet pour promouvoir la justice sociale et environnementale, l'&#233;galit&#233;, la dignit&#233; et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Nouvelle-France 2.0 et les formes &#233;l&#233;mentaires de l'identit&#233; : un nationalisme civique est-il toujours possible ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Nouvelle-France-2-0-et-les-formes-elementaires-de-l-identite-un-nationalisme</link>
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		<dc:date>2019-09-10T11:46:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Barraud</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est meurtrier, c'est de d&#233;finir son identit&#233; contre l'autre &#187; (Amin Maalouf) Je ne crois pas &#234;tre nationaliste. Je ne f&#234;te ni le 1er, ni le 14 juillet, ni la St-Jean. Mais j'exulte quand les Bleus gagnent la coupe du Monde de football et quand les &#201;tats-Unis sont battus par le Canada au hockey. Un peu chauvin alors ? En m&#234;me temps, le sport n'est-il pas un excellent rem&#232;de &#224; la guerre ? Alors, devrions-nous avoir une &#233;quipe qu&#233;b&#233;coise de soccer sur les mod&#232;les &#233;cossais, irlandais ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton40090-60e70.jpg?1674682593' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ce qui est meurtrier, c'est de d&#233;finir son identit&#233; contre l'autre &#187; (Amin Maalouf) Je ne crois pas &#234;tre nationaliste. Je ne f&#234;te ni le 1er, ni le 14 juillet, ni la St-Jean. Mais j'exulte quand les Bleus gagnent la coupe du Monde de football et quand les &#201;tats-Unis sont battus par le Canada au hockey. Un peu chauvin alors ? En m&#234;me temps, le sport n'est-il pas un excellent rem&#232;de &#224; la guerre ? Alors, devrions-nous avoir une &#233;quipe qu&#233;b&#233;coise de soccer sur les mod&#232;les &#233;cossais, irlandais ou gallois plut&#244;t que d'affirmer notre Nation &#224; l'aide d'une chasse aux sorci&#232;res musulmanes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le chauvinisme sportif se pratique avec fair play, &#224; l'inverse, les exemples historiques de nationalisme transmu&#233; en b&#234;te immonde ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; N&#233;oqu&#233;b&#233;cois &#187; : un concept&#8230; qui le restera ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, le renouveau nationaliste made in QC est &#224; la mode depuis l'av&#232;nement de la CAQ. Ce retour en force du nationalisme sauce identitaire pr&#233;sente au moins un point &#171; positif &#187; : des qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s &#171; de souche &#187; (res)sentent pr&#233;sentement dans leur chair ce que nombre de concitoyen&#183;ne&#183;s minoris&#233;&#183;e&#183;s explique depuis des ann&#233;es : qu'on leur refuse leur pleine citoyennet&#233;, parce qu'ils &#8211; et surtout elles &#8211; ne partagent pas les m&#234;mes vues politiques, la m&#234;me langue maternelle, ni les m&#234;mes opinions sur la v&#234;ture [1] que la &#171; majorit&#233; &#187; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le repli ethnoculturel blanc &#8211; white-lash mondial contemporain &#8211; largement construit par les r&#233;actionnaires de tout acabit, entretenu par l'oligarchie politique, m&#233;diatique et financi&#232;re, sur le dos des minoritaires et sur le malaise identitaire des majorit&#233;s sociales, pour mieux nous d&#233;tourner des vraies affaires, cible m&#234;me certain&#183;e&#183;s concitoyen&#183;ne&#183;s &#171; de souche &#187;, qui seraient trop &#171; diversitaires &#187; et &#171; bien pensant&#183;e&#183;s &#187; quand ils/elles ne sont carr&#233;ment pas d'inf&#226;mes &#171; islamo-gauchistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant ou de nouveau ici en mati&#232;re d'identit&#233; : elle proc&#232;de toujours d'un ph&#233;nom&#232;ne dialogique ; il peut s'agir ou d'une auto-attribution ou d'une imposition sociale et, plus souvent, des deux &#224; la foi. Ainsi, &#231;a fait longtemps que j'ai compris que je ne serai jamais un vrai qu&#233;b&#233;cois. M&#234;me si je vis ici depuis 14 ans, si je suis un homme francophone de naissance, blanc, cis, gai, relativement conformiste. Parce que quoique je dise (m&#234;me en sacrant parfaitement bien), quoique je fasse, quoique je ressente, on me renvoie toujours d'abord et essentiellement &#224; la France, blanche &#233;videmment. En vrai je m'en fou : des fois, j'ai honte d'&#234;tre fran&#231;ais anyway. Mais imaginez pour les qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s encore plus &#233;tranges que moi, dont par exemple l'identit&#233; spirituelle consiste &#224; exprimer celle-ci mat&#233;riellement. (Quel blasph&#232;me !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que l'identit&#233; (nationale notamment), lorsqu'on la cantonne &#224; ses formes les plus &#233;l&#233;mentaires &#8211; ethnolinguistique et territoriale &#8211; ne peut qu'&#224; terme, mener au repli et &#224; l'exclusion. La d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre formule de Fran&#231;ois Mitterrand au parlement europ&#233;en &#8211; le nationalisme, c'est la guerre &#8211; n'est pas une simple vue de l'esprit. C'est une constante historique implacable : des guerres napol&#233;oniennes &#224; celles de Yougoslavie. Cela dit, le &#171; nationalisme &#187; est tout autant prot&#233;iforme et polys&#233;mique que, par exemple, le foulard islamique. Il peut &#234;tre ethnique, territorial, culturel, civique&#8230; voire un assemblage d'une ou plusieurs de ses formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, le camarade Fecteau Robertson rappelait r&#233;cemment sur les r&#233;seaux sociaux la typologie d&#233;velopp&#233;e par Denis Moni&#232;re, pour qui il existe quatre formes de nationalismes [2]. Le camarade Durand Folco a quant &#224; lui produit une excellente synth&#232;se sur les nationalismes et les tensions/contradictions qui les traversent [3]. Bref, le nationalisme est antinomique, &#233;mancipateur comme totalitaire (selon sa forme et son niveau de complexit&#233;). Et face au p&#233;ril ethnonationaliste, les souverainistes qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s nous pr&#233;sentent souvent le nationalisme civique comme son pendant humaniste [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le silence assourdissant des ind&#233;pendantistes inclusif&#183;ve&#183;s : passivit&#233; complice ou indiff&#233;rence strat&#233;gique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui laisse pantois depuis l'&#233;lection du gouvernement Legault, c'est le peu d'entrain qu'ont les ind&#233;pendantistes inclusif&#183;ve&#183;s &#224; condamner avec bruit les diff&#233;rents projets de lois nationaleux (9, 17, 21). Sont-ils/elles encore ali&#233;n&#233;&#183;e&#183;s par le classique faux dilemme r&#233;gurgit&#233; &#224; l'infini depuis 30 ans, jusqu'&#224; en avoir la naus&#233;e : si tu es contre le nationalisme, tu es pour le multiculturalisme canadien et donc pas un vrai ind&#233;pendantiste ? Il faut dire qu'entre gauchistes, nous passons plus de temps &#224; nous donner des le&#231;ons de savoir-vivre, de savoir-&#234;tre, de savoir-dire et de polis. Alors il nous reste peu de temps pour d&#233;velopper un contre-discours, un autre Nous [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis c'est vrai, il existe une frange de la gauche inclusive qui n'est pas ind&#233;pendantiste, et une autre qui est souverainiste molle, c'est-&#224;-dire pour qui le s&#233;paratisme est un moyen et non pas une fin (j'en fais partie). Tout cela est connu, structurel. Cela &#233;tant dit, c'est fondamental. Car ces deux gauches inclusives-l&#224; ne s'allieront jamais avec l'ind&#233;pendantisme conservateur, avec le nationalisme ethnique. M&#234;me pour faire l'ind&#233;pendance, l'ind&#233;pendantisme mou ne s'alliera jamais avec l'ind&#233;pendantisme conservateur [6]. Or, l'ind&#233;pendance ne se fera jamais sans tou&#183;te&#183;s les souverainistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, si l'on nous enferme dans le faux dilemme susmentionn&#233; et que l'on nous intime de choisir entre une ind&#233;pendance ethnique ou le multiculturalisme canadien, on connait la r&#233;ponse. Et cette r&#233;ponse se renforcera encore et toujours au fil du renouvellement g&#233;n&#233;rationnel, quand on sait que la grande majorit&#233; des montr&#233;alais&#183;e&#183;s sont au moins trilingues et identitairement polyculturel&#183;le&#183;s [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du d&#233;bat sur la survivance &#224; l'exaltation des fantasmes n&#233;o-duplessistes : le nationalisme ethnique sort toujours vainqueur&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une autre constante historique : le nationalisme ethnique gagne toujours contre le nationalisme civique. Pourquoi ? Parce qu'il s'accommode parfaitement bien avec tous les conservatismes, qu'ils soient ind&#233;pendantiste, provincialiste ou f&#233;d&#233;raliste. L&#224; o&#249; la gauche se divise sur la question nationale, la droite sait la mettre de c&#244;t&#233; pour s'unir. Et puis surtout, si le nationalisme civique s'articule sur une conception complexe et pluraliste de l'identit&#233; nationale, il doit forc&#233;ment d&#233;buter quelque part, soit par les formes &#233;l&#233;mentaires &#8211; ethnolinguistique et territoriale &#8211; de cette derni&#232;re. Le nationalisme civique r&#233;active donc toujours en premier lieu le nationalisme ethnique, pour plus ou moins mieux s'en distancer ensuite. Le probl&#232;me, c'est que si les formes &#233;l&#233;mentaires de l'identit&#233; sont quasi universelles, ses formes complexes ne le sont pas et, font peur ! Il est donc plus facile, voire naturel, de s'arr&#234;ter aux rassurantes formes &#233;l&#233;mentaires du nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, les nationalistes ethniques qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s ne risquent pas grand-chose. Comme ils/elles savent que leur pays ne se fera jamais sur leurs bases id&#233;ologiques minoritaires et babyboomeuses, ils/elles ne craignent pas de guerre nationaliste, puisque le Qu&#233;bec ne sera jamais une Nation avec son arm&#233;e. Ils/elles peuvent donc cyniquement surfer sur la vague identitaire, entretenir les traumatismes historiques sur la survivance qu&#233;b&#233;coise, notre n&#233;vrose collective de colon colonis&#233; [8], et d&#233;tourner ainsi l'attention, pour mieux pr&#233;server leurs privil&#232;ges, et s'allier avec les conservateurs du reste du Canada et de notre plan&#232;te qui agonise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ind&#233;pendantistes inclusif&#183;ve&#183;s peuvent alors se contenter de murmurer contre le toxique nationalisme ethnique, puisqu'ils/elles savent de toute mani&#232;re qu'il n'arrivera objectivement jamais &#224; faire Nation, ni &#224; an&#233;antir le cosmopolitisme inexorable de nos soci&#233;t&#233;s modernes et des g&#233;n&#233;rations futures. En se contentant de murmurer, il/elles m&#233;nagent la ch&#232;vre ind&#233;pendantiste et le chou inclusif de leur &#233;lectorat. Pendant ce temps, des lois discriminatoires, liberticides, contre-productives et inutiles continuent &#224; &#234;tre vot&#233;es ; et les colonialit&#233;s [9] canadiennes et qu&#233;b&#233;coises se pr&#233;servent &#224; merveille. Et c'est toujours les m&#234;mes qui trinquent. On sait qui. En tout cas pas l'&#233;crasante majorit&#233; des ind&#233;pendantistes inclusif&#183;ve&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon nationalisme est plus gros que le tien : &#244; boy, &#231;a ne me rend pas [ind&#233;pendantiste] dur pour autant !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques d&#233;cennies de construction et d'h&#233;g&#233;monisation de la forme civique &#8211; enfant&#233;e par la R&#233;volution tranquille &#8211; du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, qui aurait cru il y a encore quelques mois que le nationalisme ethnique la supplanterait ? (Lui qu'on pensait voir disparaitre avec un PQ qui ne finit plus de mourir&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on observe ailleurs les &#233;checs successifs et r&#233;p&#233;t&#233;s, pour diverses raisons, des nationalismes civiques catalan, &#233;cossais et kurde. A contrario, les nationalismes les plus vils se d&#233;veloppent partout : Inde, Chine, Taiwan, Philippine, Myanmar, &#201;tats-Unis, Russie, Pologne, Hongrie, Italie, Royaume-Uni, Br&#233;sil, etc. Et pendant ce temps au Qu&#233;bec, on commence le concours de qui est le plus nationaliste, le vrai nationaliste&#8230; m&#234;me le Parti lib&#233;ral s'y met !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, et en sachant que le nationalisme civique passe toujours par une primordiale r&#233;activation des formes &#233;l&#233;mentaires de l'identit&#233; nationale, et donc risque de paradoxalement nourrir un nationalisme ethnique en vogue, la question de savoir si un nationalisme civique qu&#233;b&#233;cois est encore possible se pose&#8230; On peut m&#234;me se demander si au Qu&#233;bec, les racines coloniales de notre nationalisme de colonis&#233;&#183;e&#183;s sont d&#233;passables en pratique, pas juste en th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; m&#233;diter.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;bastien Barraud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://onjase.org/post/2019/07/22/419-Nous-nous-habillons-tous-et-toutes-selon-nos-croyances-et-c-est-tres-bien-ainsi-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://onjase.org/post/2019/07/22/419-Nous-nous-habillons-tous-et-toutes-selon-nos-croyances-et-c-est-tres-bien-ainsi-&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] (1) Nationalisme de domination, comme celui qui nous pousse &#224; vouloir conqu&#233;rir et coloniser ; (2) Nationalisme de conservation, qui vise &#224; pr&#233;server les traits caract&#233;ristiques d'une nation, comme celui qui motive la loi 101 ou la restriction du nombre d'immigrants ; (3) Nationalisme de revendication, quand la nation appartient &#224; un ensemble politique plus grand, comme les Acadiens du Nouveau-Brunswick ; (4) Nationalisme de lib&#233;ration quand on veut lib&#233;rer la nation d'un syst&#232;me de domination, comme les Irlandais, les Indiens, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.ekopolitica.info/2019/02/notes-sur-les-contradictions-du.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ekopolitica.info/2019/02/notes-sur-les-contradictions-du.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] L'universalisme r&#233;publicain fran&#231;ais parle de &#171; patriotisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Du c&#244;t&#233; des solidaires, Sol Zanetti a paru bien seul pour lutter contre la loi 21, alors qu'Andres Fontecilla, &#233;tant donn&#233; son soutien personnel aux discriminations religieuses port&#233;es par le rapport Bouchard-Taylor, a perdu beaucoup de cr&#233;dibilit&#233; pour d&#233;noncer les effets discriminatoires des lois 9 et 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le rejet par QS de toute alliance &#233;lectorale avec le PQ en est l'illustration parfaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7] L'hyst&#233;rie entourant parfois le d&#233;bat linguistique qu&#233;b&#233;cois sur la survivance du fait fran&#231;ais post loi 101 pr&#234;te &#224; sourire (si ce n'est &#224; pleurer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &lt;a href=&#034;https://folalliee.wordpress.com/2019/08/19/la-fragilite-quebecoise-traumatisme-ou-nevrose/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://folalliee.wordpress.com/2019/08/19/la-fragilite-quebecoise-traumatisme-ou-nevrose/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &lt;a href=&#034;https://iresmo.jimdo.com/2018/04/13/qu-est-ce-que-la-colonialit%C3%A9/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://iresmo.jimdo.com/2018/04/13/qu-est-ce-que-la-colonialit%C3%A9/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;provincialiser notre projet</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Deprovincialiser-notre-projet</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Deprovincialiser-notre-projet</guid>
		<dc:date>2019-08-27T21:35:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis longtemps, les diverses factions bourgeoises du Qu&#233;bec ont conclu que la souverainet&#233; n'&#233;tait ni souhaitable ni r&#233;alisable, du fait qu'elle transporte des contradictions qui menacent la stabilit&#233; du capitalisme qu&#233;b&#233;cois et canadien. Cependant, il importe que ce capitalisme &#171; made in Quebec &#187; maintienne une certaine autonomie bien qu'il soit de plus en plus ins&#233;r&#233; dans le capitalisme globalis&#233; qui pr&#233;vaut au Canada, en Am&#233;rique du Nord et dans le monde. Avec cela, le chemin est trac&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton39998-66d16.jpg?1674682593' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis longtemps, les diverses factions bourgeoises du Qu&#233;bec ont conclu que la souverainet&#233; n'&#233;tait ni souhaitable ni r&#233;alisable, du fait qu'elle transporte des contradictions qui menacent la stabilit&#233; du capitalisme qu&#233;b&#233;cois et canadien. Cependant, il importe que ce capitalisme &#171; made in Quebec &#187; maintienne une certaine autonomie bien qu'il soit de plus en plus ins&#233;r&#233; dans le capitalisme globalis&#233; qui pr&#233;vaut au Canada, en Am&#233;rique du Nord et dans le monde. Avec cela, le chemin est trac&#233; pour reconstruire un bloc social autour d'un projet d&#233;fensif, ax&#233; sur la protection de l'autonomie qu&#233;b&#233;cois. L'astuce est alors de moderniser le dispositif mis en place par Duplessis &#224; l'&#233;poque : d&#233;fense inconditionnelle des &#171; int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec &#187; pour entraver l'action f&#233;d&#233;rale qui vise &#224; centraliser davantage la structure f&#233;d&#233;rative, adh&#233;sion au cadre politique canadien et aux imp&#233;ratifs &#233;conomiques du capitalisme nord-am&#233;ricain, politiques discriminatoires visant les minorit&#233;s et les migrants, opposition aux mouvements populaires et &#224; leurs causes sociales et environnementales, promotion d'une id&#233;ologie de la &#171; conservation &#187; et des &#171; traditions &#187; plus ou moins d&#233;cr&#233;t&#233;es. C'est ce &#171; cocktail &#187; qui est mis progressivement en place par le gouvernement de la CAQ et son redoutable chef et strat&#232;ge, Fran&#231;ois Legault.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La modernisation risqu&#233;e du nationalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque pour Legault, c'est de ne pas pouvoir r&#233;organiser le nationalisme. Il b&#233;n&#233;ficie cependant d'un contexte favorable avec ce qui semble &#234;tre du c&#244;t&#233; du PQ un d&#233;clin irr&#233;versible, en tout cas sur le plan quantitatif. Le d&#233;litement des appareils, le vieillissement des cadres, la perte d'influence et d'attractivit&#233;, laissent pr&#233;sager que l'histoire du long d&#233;clin de l'Union nationale est en train de se r&#233;p&#233;ter. On pourrait penser que tout cela va b&#233;n&#233;ficier &#224; la CAQ. Mais la comparaison a ses limites. L'attractivit&#233; du projet souverainiste venait d'un vent de changement, d'un &#233;lan g&#233;n&#233;rationnel autour de ce qui se pr&#233;sentait comme un grand projet. Des dizaines de milliers de personnes, principalement des diverses factions de la petite bourgeoisie, mais &#233;galement des couches populaires, ont litt&#233;ralement projet&#233; le PQ au pouvoir. En comparaison, la CAQ est une structure passive, sans membership actif, avec un noyau de cadres au service du chef, avec un ancrage social faible, au point o&#249; plusieurs candidats de la CAQ ont &#233;t&#233; &#233;lus sans &#234;tre connus dans leur propre compt&#233;. Le vote pour la CAQ a &#233;t&#233; un vote par d&#233;faut, exprimant le m&#233;contentement face &#224; la gouvernance corrompue du Parti Lib&#233;ral, et en grande partie d&#233;tach&#233;e d'un projet p&#233;quiste en mille miettes. Dans ce contexte, le gouvernement de la CAQ a avantage &#224; attiser la polarisation en cours qui fait des immigrants des boucs-&#233;missaires parfaits. Ce n'est certes pas un hasard que les trois principales initiatives l&#233;gislatives r&#233;alis&#233;es depuis l'&#233;lection d'octobre 2018 visent &#224; restreindre les droits des immigrants. On voit vient que la manipulation des th&#232;mes racistes et exclusivistes d&#233;finissant un &#171; nous &#187; contre les &#171; autres &#187;, qui avait bien servi les architectes de la grande noirceur au Qu&#233;bec, a de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu&#233;bec Solidaire et la recomposition de la sc&#232;ne politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec QS, la question de l'ind&#233;pendance s'est en partie d&#233;complex&#233;e, red&#233;finie autour d'un projet de soci&#233;t&#233; en phase avec les grands enjeux contemporains, ceux de l'&#233;cologie, du f&#233;minisme, de l'altermondialisme. Certes, le pari reste de d&#233;velopper un projet contre-h&#233;g&#233;monique, capable de rallier une masse critique de personnes pour une transformation en profondeur dont les contours demeurent encore flous. Pour cause, QS a &#233;vacu&#233; le mot de &#171; socialisme &#187; de son discours officiel. C'est probablement la seule option sens&#233;e, consid&#233;rant le &#171; trou noir &#187; dans lequel sont tomb&#233;s les projets socialistes des d&#233;cennies ant&#233;rieures. Il reste quand m&#234;me &#224; structurer une proposition de transition &#233;labor&#233;e, au-del&#224; d'une contre-image d'une formation non entach&#233;e par les magouilles, la politicaillerie, l'hypocrisie permanente d'un monde politique pourri. Certes, ce ras-le-bol de masse contre les partis dits traditionnels a bien servi notre cause, mais les avanc&#233;es sont fragiles et un retournement de sens pourrait rapidement survenir. Dans la politique, on avance ou on recule, on ne reste jamais l&#224; o&#249; l'on est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel pays pour qui et pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une priorit&#233; est de mener une lutte sans merci contre le virage identitariste, x&#233;nophobe et islamophobe, qui domine. C'est risqu&#233;, d'autant plus que cela va attirer beaucoup de critiques et de peurs, bien aliment&#233;es par les m&#233;dias-poubelles, parfois relay&#233;es par la frange am&#232;re et hargneuse du nationalisme p&#233;quiste. Mais il faut courir ce risque. Il n'y aura jamais de recomposition d'un projet de soci&#233;t&#233; sans miser sur la convergence, l'inclusivit&#233;, l'int&#233;gration d'une soci&#233;t&#233; de plus en plus multiple et diversifi&#233;e. Certes, il ne s'agit pas de tomber dans le pi&#232;ge des politiques ghetto&#239;s&#233;s de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral (le dit multiculturalisme), car il faut insister sur le vivre ensemble, sur une citoyennet&#233; reconstruite autour d'une nouvelle gouvernementalit&#233;, &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re de la pseudo d&#233;mocratie lib&#233;rale. Dans ce sens, QS doit sortir de l'enfermement de la vision &#233;tatico-centr&#233;e et centralisatrice, et aller beaucoup plus loin dans la participation, la d&#233;mocratie par en bas, le municipalisme, ce qui a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; &#224; divers moments des mobilisations populaires un peu partout dans le monde. Le projet doit &#234;tre de construire un espace pluri-national, en reconnaissance non seulement de la diversit&#233;, mais &#233;galement du fait, fondamental, que le territoire appartient &#233;galement aux premiers peuples qui ont &#233;t&#233; subjugu&#233;s par le colonialisme. Autre d&#233;fi parall&#232;le, le projet de pays doit int&#233;grer une dimension continentale et internationaliste. La g&#233;ographie, l'histoire et plein d'autres facteurs nous obligent &#224; nous ins&#233;rer dans le contexte canadien et nord-am&#233;ricain. On est alors forc&#233;s de consid&#233;rer une strat&#233;gie plus vaste, plus complexe. L'&#233;mancipation du Qu&#233;bec remet en question un &#233;difice qui est une prison enfermant les peuples et les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se transformer soi-m&#234;me pour transformer le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une lutte prolong&#233;e, difficile, pleine d'embuches, qui se pose devant l'&#233;mergence d'un nouveau projet. Il n'y aura pas de raccourci, pas de &#171; quick fix &#187;. Les strat&#233;gies et les tactiques astucieuses, appuy&#233;e par des m&#233;thodologies &#233;prouv&#233;es (notamment en mati&#232;re de communication) seront n&#233;cessaires, mais insuffisantes. Il faudra b&#226;tir ce projet comme un grand mouvement, rassembleur, inclusif. QS doit &#234;tre comme une ruche bourdonnante, et non comme un appareil ass&#233;ch&#233;, pseudo-professionnalis&#233;, travers&#233; par d'incessantes et ridicules luttes d'&#233;gos surdimensionn&#233;s. QS doit &#234;tre en somme un antiparti, un animal politique d'un genre nouveau o&#249; s'investissent des parcours diversifi&#233;s, pour avancer, donc pour gagner, dans un monde &#233;touff&#233; qui n'en peut plus de contempler la destruction actuelle de la vie qui surgit dans les interactions de la pachamama.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ind&#233;pendance, moteur de la lutte sociale au Qu&#233;bec Partie 2 </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-independance-moteur-de-la-lutte-sociale-au-Quebec-Partie-2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-independance-moteur-de-la-lutte-sociale-au-Quebec-Partie-2</guid>
		<dc:date>2019-01-22T13:28:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'article pr&#233;c&#233;dent a voulu d&#233;montrer comment et pourquoi le Parti qu&#233;b&#233;cois a suivi une ligne politique n&#233;olib&#233;rale. Nous faisions r&#233;f&#233;rence &#224; l'argumentaire de Gilbert Paquette qui a publi&#233; en d&#233;cembre un article relan&#231;ant la convergence (1). Nous nous attarderons maintenant &#224; r&#233;pondre &#224; l'argumentaire de la nouvelle convergence et &#224; dresser les perspectives que nous jugeons n&#233;cessaires pour l'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour lire la premi&#232;re partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La convergence nouvelle mouture &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;cueil 1, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton37510-57cb1.jpg?1674682593' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'article pr&#233;c&#233;dent a voulu d&#233;montrer comment et pourquoi le Parti qu&#233;b&#233;cois a suivi une ligne politique n&#233;olib&#233;rale. Nous faisions r&#233;f&#233;rence &#224; l'argumentaire de Gilbert Paquette qui a publi&#233; en d&#233;cembre un article relan&#231;ant la convergence (1). Nous nous attarderons maintenant &#224; r&#233;pondre &#224; l'argumentaire de la nouvelle convergence et &#224; dresser les perspectives que nous jugeons n&#233;cessaires pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/L-independance-moteur-de-la-lutte-sociale-au-Quebec-bilan-et-perspectives&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La convergence nouvelle mouture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cueil 1, les perspectives sociales et &#233;conomiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Paquette justifiait ainsi les positions anti sociales adopt&#233;es par le PQ : &#171; Particuli&#232;rement lors des p&#233;riodes de r&#233;cession &#233;conomique, les gestes du gouvernement sont mal compris des sympathisants souverainistes. &#187; Cette affirmation venant d'un ancien d&#233;put&#233; du PQ est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;latrice. Cela signifie que ces politiques n'&#233;taient pas des erreurs mais des d&#233;cisions n&#233;cessaires &#171; mal comprises &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut difficilement imaginer qu'il pourrait apporter des solutions diff&#233;rentes apr&#232;s que cela ait &#233;t&#233; sa ligne de conduite pendant plus de quatre d&#233;cennies. Nous avons d'ailleurs d&#233;montr&#233; dans l'article pr&#233;c&#233;dent pourquoi il en est ainsi. La situation &#233;conomique mondiale comme nous le verrons plus loin, ne risque pas de s'am&#233;liorer. Les forces de gauche sont de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale en recul et l'&#233;chec de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne a dans plusieurs cas fait place &#224; la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ralentissement &#233;conomique caus&#233; par la concentration des monopoles industriels, la perte d'emplois et les bas salaires tend &#224; se g&#233;n&#233;raliser. Le Canada et le Qu&#233;bec ont &#233;t&#233; moins touch&#233;s par cette crise si on la compare &#224; la situation am&#233;ricaine &#224; cause du filet social gagn&#233; au fil de dures luttes populaires et syndicales. Mais les d&#233;faites successives du mouvement ouvrier, impos&#233;es par le secteur priv&#233; et les gouvernements tant Lib&#233;ral que P&#233;quiste depuis plusieurs ann&#233;es ont r&#233;duit ces protection sociales et le nombre d'emploi stables et bien r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour changer la situation il ne faut pas seulement l&#233;gif&#233;rer, mais mobiliser la population et l'unifier dans des combats rassembleurs contre les dictats des compagnies comme Abi, Rio Tinto et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cueil 2, l'immigration et le nationalisme identitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Paquette propose comme perspective pour les prochaines ann&#233;es de viser &#171; &#224; faire &#233;lire une majorit&#233; d'ind&#233;pendantistes &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Chaque v&#233;hicule politique peut alors aller chercher sa part d'appuis &#224; l'ind&#233;pendance en fonction des affinit&#233;s politiques qu'il v&#233;hicule, pour ensuite coaliser ces adh&#233;sions avec celles &#224; l'&#233;gard d'autres partis en vue de constituer une majorit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces affinit&#233;s politiques vont dans des sens oppos&#233;s et sur le fond, le PQ ne pourra pas beaucoup changer. La d&#233;g&#233;n&#233;ration de la situation politique am&#232;nera de plus en plus de populations immigrantes fuyant la pauvret&#233; et les situations d'oppression du sud vers le nord. C'est le cas pr&#233;sentement au sud des &#201;tats-Unis. &#192; cela s'ajoute les changements climatiques qui obligeront ces populations &#224; quitter des parties de leurs territoires et migrer vers le nord. Tout cela modifiera la g&#233;opolitique telle qu'on la conna&#238;t pr&#233;sentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ ne s'est pas construit en faisant de la politique visionnaire ce qu'on appelle de la politisation, de la pr&#233;paration pr&#233;ventive. Et devant cette situation il est &#233;vident qu'il ne pourra r&#233;sister &#224; la pression de sa propre base contre cette immigration, surtout qu'il l'a lui-m&#234;me aliment&#233;e, il n'a pas seulement jet&#233; l'huile, mais aussi l'allumette.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cueil 3, la d&#233;mocratie et l'ind&#233;pendance &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les deux premiers constats mettent un point final &#224; toute vell&#233;it&#233; d'ind&#233;pendance de la part du PQ. D'ailleurs ses propositions r&#233;f&#233;rendaires se r&#233;f&#233;raient soit &#224; la souverainet&#233;-association ou &#224; la souverainet&#233; dans le cadre d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral associ&#233; qui a le contr&#244;le de la monnaie mais pas d'ind&#233;pendance ni de processus constituant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait s'il subsistait des doutes, le passage au pouvoir en 2012-2014 a repr&#233;sent&#233; l'enterrement de toute possibilit&#233; de gagner un r&#233;f&#233;rendum sous sa gouverne dans un avenir pr&#233;visible. Les perches lanc&#233;es par la suite concernant les convergences et la feuille de route n'ont servi qu'&#224; brouiller les cartes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La feuille de route
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais &#224; ce sujet en 2016 &#171; La convergence nous am&#232;ne &#224; adh&#233;rer au concept de famille souverainiste, concept qui &#233;vacue la r&#233;alit&#233; des luttes de la population et des mouvements militants contre l'offensive n&#233;olib&#233;rale et des rapports de force qui y sont li&#233;s, en contradiction avec notre vision programmatique. Il ouvre la possibilit&#233; de consid&#233;rer comme alli&#233;s des partis ou organismes nationalistes de droite, antisociaux et parfois m&#234;me racistes. En pratique ce cheminement nous paralysera dans une p&#233;riode o&#249; la clart&#233; des orientations politiques est cruciale pour organiser la riposte et o&#249; nous voulons nous poser comme alternative. Au final appuyer la construction de cette convergence souverainiste comme une alternative aux lib&#233;raux en 2018, c'est semer des illusions quant &#224; la nature du PQ, participer &#224; camoufler son projet n&#233;olib&#233;ral et &#224; escamoter son absence de strat&#233;gie d'acc&#232;s &#224; la souverainet&#233;. Cela participera &#224; nous marginaliser encore plus et aura surtout pour cons&#233;quence de d&#233;sarmer politiquement notre base militante. &#187; (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de nombreux d&#233;bats Qu&#233;bec solidaire a su trouver sa voie et d&#233;velopper ses perspectives en se pr&#233;sentant comme l'alternative aux politiques n&#233;olib&#233;rales et pour une perspective environnementaliste. C'est ce qui a permis le succ&#232;s que nous venons de conna&#238;tre. On pourra un jour y revenir si on veut se rem&#233;morer toutes les parties de cette histoire, sur les &#233;pisodes de la feuille de route. Mais ce qui est d&#233;terminant aujourd'hui c'est l'impasse dans laquelle cette strat&#233;gie tente encore de nous conduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles perspectives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Qu&#233;bec et le monde &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;conomique mondiale s'est intensifi&#233;e et les pressions sont de plus en plus lourdes contre le mouvement ouvrier et populaire. Encore une fois la crise &#233;conomique des dominants, cons&#233;quence de leur accaparement toujours croissant de la richesse collective et des restrictions &#233;galement toujours croissantes impos&#233;es &#224; la population, sera le pr&#233;texte pour nous imposer encore une fois des budgets d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des gilets jaunes en France d&#233;montre cependant l'ampleur de la r&#233;action populaire face aux mesures d'aust&#233;rit&#233; et le saut politique qualitatif qui a transform&#233; ce qui &#233;taient jusqu'&#224; maintenant des luttes morcel&#233;es de r&#233;sistance en une lutte centralis&#233;e qui d&#233;voile au grand jour la collusion des dominants et du gouvernement. Le journal Marianne &#233;crivait ainsi dans son &#233;dition du 18 d&#233;cembre dernier : &#171; La lutte des classes, conflit politique, social et culturel, qui oppose celles et ceux qui poss&#232;dent &#224; celles et ceux qui travaillent, est de retour. Voil&#224; pourtant trente ans que nos &#233;lites la disaient enterr&#233;e, appartenant &#224; une histoire d&#233;finitivement r&#233;volue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en effet dans une &#232;re de confrontation de la classe dominante pour faire payer la crise &#224; la population mais &#233;galement mettre &#224; plat sa r&#233;sistance. &#192; cet effet, le r&#244;le la Commission europ&#233;enne, la Banque centrale europ&#233;enne et le Fonds mon&#233;taire international (La Tro&#239;ka) contre la Gr&#232;ce il y a quelques ann&#233;es, avait bien d&#233;montr&#233; comment la dette, qui est la plupart du temps ill&#233;gitime comme cela avait &#233;t&#233; le cas avec les dettes des papiers commerciaux, peut servir &#224; &#233;craser une population et lui enlever son autonomie et son pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le dernier rapport de la Banque Mondiale indique que nous sommes dans une p&#233;riode de recul continu de la croissance. Selon ce dernier : &#171; Par grande cat&#233;gorie, ce sont les &#233;conomies dites avanc&#233;es qui vont afficher la plus forte d&#233;c&#233;l&#233;ration, la croissance estim&#233;e de 2,2 % en 2018 devant passer &#224; 2 % en 2019, puis &#224; 1,6 et &#224; 1,5 % en 2020 et 2021. Les &#201;tats-Unis vont &#233;coper avec un rythme de croissance appel&#233; &#224; passer de 2,9 % en 2018 &#224; 2,5 % cette ann&#233;e, puis &#224; 1,7 % en 2020 et 1,6 % l'ann&#233;e suivante. Le commerce mondial et les investissements d&#233;c&#233;l&#232;rent, les tensions commerciales restent &#233;lev&#233;es et les conditions financi&#232;res se durcissent. &#187; (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre combat devra maintenant d&#233;passer la r&#233;sistance aux politiques n&#233;olib&#233;rales qui nous imposent les rem&#232;des &#224; leur crise, afin de d&#233;velopper des lieux de pouvoir alternatifs dont le Qu&#233;bec sera le fer de lance dans l'&#201;tat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'internationalisme, la seule voie possible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lutte de la population du Qu&#233;bec pour la prise en main de sa destin&#233;e, ne peut &#234;tre un repli sur soi identitaire. &#192; l'image de la lutte des carr&#233;s rouges en 2012 mais &#224; une &#233;chelle mille fois plus grande, elle doit devenir une mobilisation qui changera la soci&#233;t&#233; et qui saura inspirer les forces militantes au-del&#224; de nos fronti&#232;res. C'est m&#234;me une n&#233;cessit&#233;, on ne combattra pas les multinationales &#224; nous seuls, ni la crise &#233;conomique mondiale. La lutte du Qu&#233;bec doit devenir contagieuse et inspirer la lutte pour l'&#233;mancipation sociale ailleurs. On ne r&#233;ussira pas non plus &#224; r&#233;soudre la crise environnementale de la plan&#232;te en r&#233;glant la situation seulement au Qu&#233;bec. Ce sera un bon pas en avant, mais si nous sommes les seuls, les glaciers continueront de fondre quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation tant en Gr&#232;ce qu'en Catalogne nous enseigne que le d&#233;veloppement de la solidarit&#233; hors de nos fronti&#232;res est une n&#233;cessit&#233;. L'&#201;tat canadien, les institutions financi&#232;res et les corporations ne laisseront pas la population du Qu&#233;bec, prendre en main sa destin&#233;e sans r&#233;agir, nous en avons eu un aper&#231;u lors du r&#233;f&#233;rendum de 1995 o&#249; Air Canada et la compagnie Irving avaient financ&#233; les d&#233;placements des personnes du Reste du Canada venus participer au Love-in &#224; Montr&#233;al. Sans compter l'implication financi&#232;re et politique du gouvernement f&#233;d&#233;ral rapport&#233; lors de la commission Gomery.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; internationale est la seule perspective possible pour assurer un rapport de force afin de d&#233;fendre nos acquis. Le d&#233;veloppement de liens de solidarit&#233; &#224; la d&#233;fense de notre lutte avec le mouvement ouvrier et populaire du Reste du Canada (ROC) fait partie de ces t&#226;ches essentielles. Objectivement ils n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; soutenir leur propre Establishment qui d&#233;fend aussi ses privil&#232;ges contre eux. Leur appui est essentiel &#224; notre lutte, mais elle l'est aussi pour eux parce qu'elle ouvre une perspective strat&#233;gique de lutte unitaire contre l'&#201;tat imp&#233;rialiste canadien et permet de sortir du morcellement &#224; laquelle la classe ouvri&#232;re du ROC est confin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule convergence, la seule unit&#233; n&#233;cessaire et possible c'est celle du mouvement syndical, des groupes f&#233;ministes, environnementaux, pour la d&#233;mocratie, pour le droit des personnes immigrantes, enfin de tous ceux et celles qui luttent pour la justice sociale contre les poss&#233;dants, dans une perspective internationaliste de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y arriver le projet de souverainet&#233; doit jouer un r&#244;le mobilisateur pour un changement de soci&#233;t&#233;, et ce projet social pour survivre, devra &#234;tre un d&#233;clencheur, une inspiration, d'une mobilisation qui saura d&#233;passer ses fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/L-independance-moteur-de-la-lutte-sociale-au-Quebec-bilan-et-perspectives&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/L-independance-moteur-de-la-lutte-sociale-au-Quebec-bilan-et-perspectives&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Option 1 : Ne pas participer &#224; la feuille de route de OUI Qu&#233;bec, document pour le congr&#232;s de mai 2017, &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/Option-1-Ne-pas-participer-a-la-feuille-de-route-de-OUI-Quebec&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/Option-1-Ne-pas-participer-a-la-feuille-de-route-de-OUI-Quebec&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Le Devoir 09 janvier 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'ind&#233;pendance, moteur de la lutte sociale au Qu&#233;bec, bilan et perspectives &#8211;Partie 1</title>
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		<dc:date>2019-01-15T13:52:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bat sur la question nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le courant de gauche et particuli&#232;rement Qu&#233;bec solidaire ont connu de nombreux d&#233;bats concernant le PQ, sa caract&#233;risation et les politiques d'alliances. Voici un premier article qui traite du bilan de la gestion n&#233;olib&#233;rale du PQ et de son impact sur l'adh&#233;sion &#224; la souverainet&#233;. Dans la prochaine &#233;dition un second article traitera de la situation actuelle et des perspectives. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour lire la deuxi&#232;me partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La p&#233;riode de 2014 jusqu'au congr&#232;s de QS en mai 2017 a connu des d&#233;bats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Debat-sur-la-question-nationale-+" rel="tag"&gt;D&#233;bat sur la question nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton37448-8a3bb.jpg?1674682593' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le courant de gauche et particuli&#232;rement Qu&#233;bec solidaire ont connu de nombreux d&#233;bats concernant le PQ, sa caract&#233;risation et les politiques d'alliances. Voici un premier article qui traite du bilan de la gestion n&#233;olib&#233;rale du PQ et de son impact sur l'adh&#233;sion &#224; la souverainet&#233;. Dans la prochaine &#233;dition un second article traitera de la situation actuelle et des perspectives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/L-independance-moteur-de-la-lutte-sociale-au-Quebec-Partie-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de 2014 jusqu'au congr&#232;s de QS en mai 2017 a connu des d&#233;bats riches en contenu. Les d&#233;cisions prises par les membres ont conduit QS &#224; pr&#233;senter des candidatures dans toutes les circonscriptions et &#224; ne pas faite d'alliances avec le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut une d&#233;cision d'une importance majeure. Dans le cas contraire QS aurait particip&#233; &#224; entretenir la confusion concernant le PQ et ses politiques n&#233;olib&#233;rales. Il y a fort &#224; parier que les n&#233;gociations d'alliances &#233;lectorales n'auraient pas abouti, le PQ ne c&#233;dant &#233;videmment pas les endroits o&#249; il &#233;tait devant QS dans les intentions de vote. L'enjeu majeur pour le PQ, &#233;tait bien plus d'accrocher la chaloupe QS derri&#232;re le navire amiral PQ. Au final ce qui est certain, c'est que le r&#233;sultat du 1er octobre n'aurait pas &#233;t&#233; le m&#234;me pour QS, qui aurait perdu beaucoup de sa cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le m&#234;me d&#233;bat semble pointer &#224; l'horizon. L'&#233;dition de d&#233;cembre de l'Action Nationale a publi&#233; un article de Gilbert Paquette intitul&#233; &lt;strong&gt;La chance d'une renaissance du combat ind&#233;pendantiste&lt;/strong&gt;, dans lequel il a voulu dresser un bilan des erreurs, parce que pour lui il s'agit d'erreurs, qui auraient caus&#233; d'une part le recul historique du PQ et d'autre part le d&#233;rapage de la convergence souverainiste. Le but &#233;tant de reconstruire cette convergence en tenant compte de la nouvelle r&#233;alit&#233; politique o&#249; le PQ et QS pourraient cr&#233;er ensemble un mouvement rassembleur souverainiste en faisant chacun appel &#224; leurs client&#232;les respectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons ici dresser un autre bilan et proposer des perspectives qui permettront de faire face aux d&#233;fis que repr&#233;sente la construction d'un Qu&#233;bec o&#249; toute la population sera souveraine. Un r&#233;el bilan doit traiter de l'ensemble de l'oeuvre et non pas se limiter &#224; la derni&#232;re p&#233;riode pr&#233; &#233;lectorale comme le sugg&#232;re monsieur Paquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le PQ fossoyeur de la souverainet&#233; et de l'espoir de changement social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale a &#233;t&#233; d&#233;terminante dans les rapports de forces et les luttes populaires au Qu&#233;bec. Depuis plus d'une cinquantaine d'ann&#233;es cela a &#233;t&#233; une composante de l'accroissement des luttes sociales, qui a souvent agi comme ciment des luttes contre le Capital consid&#233;r&#233; comme &#233;tranger. En effet l'&#201;tat canadien s'est construit comme repr&#233;sentant de la bourgeoisie anglo-saxonne en annihilant les droits des minorit&#233;s, ceux des autochtones et du peuple canadien-fran&#231;ais en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de fait qui a fa&#231;onn&#233; la politique qu&#233;b&#233;coise a connu une p&#233;riode de mobilisation intense au milieu des ann&#233;es 1960 et au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Fond&#233; en 1968 le PQ a pris naissance dans cette vague et s'est d&#233;velopp&#233; rapidement jusqu'&#224; prendre le pouvoir en 1976. Mais face &#224; la r&#233;alit&#233; &#233;conomique il a rapidement confront&#233; la base qui l'avait pourtant port&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant pas construit comme parti ouvrier ou comme parti de gauche, mais comme parti voulant construire et repr&#233;senter la petite bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise montante, il ne pouvait que se confiner aux r&#232;gles des institutions financi&#232;res qui calibrent les taux d'int&#233;r&#234;ts des emprunts gouvernementaux en fonction de leur capacit&#233; &#224; r&#233;duire les d&#233;penses salariales et augmenter les profits des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que nouveau parti au pouvoir sa capacit&#233; de financement &#233;tait cruciale. Incapable de concevoir une alternative &#233;conomique qui remettrait en question les profits des compagnies, et faisant face &#224; une p&#233;riode de r&#233;cession &#233;conomique, le gouvernement du Parti Qu&#233;b&#233;cois a donc choisi de mener l'offensive contre le mouvement ouvrier lors des n&#233;gociations du secteur public de 1983 afin de pr&#233;server son pouvoir d'emprunt. De Parti politique port&#233; par les luttes sociales des ann&#233;es 1970, il est ainsi devenu le premier &#224; freiner de fa&#231;on durable l'essor du mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, il perdit le pouvoir aux &#233;lections suivantes en 1985 aux mains du Parti Lib&#233;ral, passant de 80 &#224; 23 d&#233;put&#233;s. Ce n'est qu'en 1994 qu'il reprit le pouvoir avec le gouvernement Bouchard et le m&#234;me sc&#233;nario se reproduisit. Confront&#233; encore une fois &#224; une p&#233;riode de r&#233;cession, son gouvernement choisit le m&#234;me rem&#232;de et proc&#232;de &#224; une d&#233;structuration in&#233;gal&#233;e du secteur public. Le d&#233;ficit z&#233;ro de Lucien Bouchard est ainsi pass&#233; &#224; l'histoire comme op&#233;ration qui a engendr&#233; des cons&#233;quences d&#233;vastatrices durables, particuli&#232;rement dans le syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ a r&#233;ussi &#224; se maintenir au pouvoir aux &#233;lections suivantes de 1998 malgr&#233; un pourcentage de vote plus faible 42,87% que celui obtenu par le Parti Lib&#233;ral 43,55%. Cette &#233;lection a confirm&#233; que pour lui le vote proportionnel ne serait certainement pas &#224; l'ordre du jour. Le Parti Lib&#233;ral revint au pouvoir en 2003. En 2012, apr&#232;s pr&#232;s de dix ans de r&#233;gime d'aust&#233;rit&#233; lib&#233;rale et apr&#232;s une lutte historique du mouvement &#233;tudiant, le PQ est &#233;lu mais avec seulement 0,75% de majorit&#233;. Indice que son historique commence &#224; peser lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de prendre pied sur la mobilisation &#233;tudiante encore chaude, le PQ poursuit les mesures d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement lib&#233;ral. Le ministre des finances Nicolas Marceau propose dans son premier budget de revenir au d&#233;ficit z&#233;ro de Lucien Bouchard. Peu de temps apr&#232;s la ministre Agn&#232;s Maltais r&#233;duit les prestations d'aide sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bilan du PQ et de ses politiques antisociales n'est pas sans cons&#233;quences sur sa propre survie comme on peut le constater. Son offensive anti syndicale de 1983 a certainement &#233;t&#233; &#224; l'origine de sa d&#233;faite aux &#233;lections suivantes comme l'indique la position des membres de la FTQ qui avaient rejet&#233; une r&#233;solution d'appui au PQ en congr&#232;s provenant de la direction de la centrale pour les &#233;lections de 1985. C'&#233;tait la premi&#232;re fois que Louis Laberge subissait un tel revers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit pas n&#233;gliger l'importance du Parti Lib&#233;ral comme parti historiquement dominant, mais on peut constater que les &#233;checs &#233;lectoraux du PQ sont dans plusieurs cas la cons&#233;quence de la trahison des espoirs qu'il avait suscit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ses politiques antisociales ont aussi eu des cons&#233;quences d&#233;sastreuses sur l'appui &#224; la souverainet&#233;. Selon une &#233;tude de la firme de sondage L&#233;ger, couvrant la p&#233;riode du r&#233;f&#233;rendum de 1995 et apr&#232;s, l'appui &#224; la souverainet&#233; a connu une descente presque continue qui co&#239;ncide avec la p&#233;riode du d&#233;ficit z&#233;ro en 1996, avec une remont&#233;e dans la p&#233;riode 2003-2006 durant les premi&#232;res ann&#233;es du mandat de Jean Charest. Cet appui a continu&#233; de descendre par la suite m&#234;me durant le passage au pouvoir du gouvernement Marois en 2012-2014. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La charte des valeurs &#233;labor&#233;e par le ministre Drainville a donn&#233; le coup de gr&#226;ce. En ostracisant ainsi les femmes qui portent le hijab, le PQ a envoy&#233; un message troublant aux communaut&#233;s ethnoculturelles. Un Qu&#233;bec ind&#233;pendant serait pour elles un &#201;tat d'oppression empreint d'un climat de peur. Comme si ce n'&#233;tait pas assez, le Bloc qu&#233;b&#233;cois de Gilles Duceppe a enfonc&#233; le clou lors des &#233;lections f&#233;d&#233;rales de 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite des &#233;v&#233;nements leur a donn&#233; raison, le fait que des personnalit&#233;s publiques de partis politiques reconnus puissent agir de la sorte a encourag&#233; les pr&#233;jug&#233;s et donn&#233; un feu vert, une l&#233;gitimit&#233;, aux personnes ayant ces pr&#233;jug&#233;s envers les communaut&#233;s ethnoculturelles minoritaires, pr&#233;jug&#233;s qui se sont manifest&#233;s de plus en plus ouvertement depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales et par cons&#233;quent anti environnementales du PQ repr&#233;sentaient d&#233;j&#224; une preuve suffisante pour le disqualifier comme parti pouvant porter les revendications sociales de la population. La charte des valeurs a, quant &#224; elle, clou&#233; le dernier clou dans le cercueil en ce qui concerne la strat&#233;gie r&#233;f&#233;rendaire du PQ et la possibilit&#233; de rallier la population derri&#232;re un projet souverainiste sous sa gouverne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le bilan qu'il faut tirer afin de comprendre l'effondrement de ce parti. Il ne s'agit pas d'erreurs tactiques de Lis&#233;e durant la derni&#232;re campagne &#233;lectorale comme le sugg&#232;re monsieur Paquette, mais bien d'une descente continue d'un parti qui a appliqu&#233; depuis des d&#233;cennies les m&#234;mes politiques antisociales que les lib&#233;raux. La ligne de conduite de Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e quant &#224; elle, est plut&#244;t la cons&#233;quence du cul de sac o&#249; le PQ &#233;tait arriv&#233; concernant l'acc&#232;s &#224; la souverainet&#233;. Il ne restait plus que le pouvoir &#224; tout prix, c'est d'ailleurs pour cette raison que les membres du PQ l'ont choisi. Nous en traiterons plus dans le prochain article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Qu&#233;bec solidaire en 2006, avait ainsi r&#233;pondu &#224; cet &#233;chec et rempli un espace politique qui s'ouvrait en permettant d'offrir de nouvelles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1)&lt;strong&gt; Le tableau tir&#233; de L'&#201;tat du Qu&#233;bec, 2015 - sondage L&#233;ger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH422/ea318f3858920074-c86c10db-0f733.png?1717184959' width='500' height='422' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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