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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le fascisme. Un texte d'Otto Bauer</title>
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		<dc:date>2026-03-17T12:16:39Z</dc:date>
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		<dc:creator>Otto Bauer</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-03-17</dc:subject>
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		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 1936, le marxiste autrichien Otto Bauer analyse &#224; chaud la nature et les causes de la mont&#233;e du fascisme en Europe. Son analyse, ici traduite par Tristan Lefort-Martine, &#233;tait alors h&#233;t&#233;rodoxe par rapport &#224; la position officielle de l'internationale communiste qui d&#233;crivait le fascisme comme une milice mont&#233;e de toutes pi&#232;ces par la bourgeoisie pour mater le mouvement ouvrier. Elle insiste au contraire sur la spontan&#233;it&#233; du fascisme en tant que mouvement des classes moyennes paup&#233;ris&#233;es &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH141/otto_bauer-adae1.png?1773749846' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 1936, le marxiste autrichien Otto Bauer analyse &#224; chaud la nature et les causes de la mont&#233;e du fascisme en Europe. Son analyse, ici traduite par Tristan Lefort-Martine, &#233;tait alors h&#233;t&#233;rodoxe par rapport &#224; la position officielle de l'internationale communiste qui d&#233;crivait le fascisme comme une milice mont&#233;e de toutes pi&#232;ces par la bourgeoisie pour mater le mouvement ouvrier. Elle insiste au contraire sur la spontan&#233;it&#233; du fascisme en tant que mouvement des classes moyennes paup&#233;ris&#233;es &#224; l'issue de la Guerre et d&#233;crit l'arriv&#233;e au pouvoir du fascisme comme la victoire momentan&#233;e d'une troisi&#232;me force dans la lutte de la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte que vous allez lire est paru en 1936, apr&#232;s l'arriv&#233;e de Mussolini et d'Hitler au pouvoir, avant l'Anschluss, avant l'invasion de la Pologne et le basculement dans la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1918, Otto Bauer pr&#233;side le Parti ouvrier social-d&#233;mocrate d'Autriche, et en 1934, il a d&#251; s'exiler en Tch&#233;coslovaquie apr&#232;s l'&#233;chec d'une tentative d'insurrection socialiste contre les progr&#232;s du nazisme autrichien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Faschismus analyse &#224; chaud la nature et les causes du fascisme, qui expliquent son ascension et l'impuissance du mouvement ouvrier &#224; le contenir. Dans La question des nationalit&#233;s et la social-d&#233;mocratie, Bauer avait d&#233;j&#224; reproch&#233; au marxisme de son &#233;poque de ne pas expliquer suffisamment le nationalisme, quand il se contentait le plus souvent de le d&#233;crire comme un mythe, une sornette invent&#233;e par les bourgeois &#224; destination du peuple pour lui masquer la r&#233;alit&#233; de la domination de classe. Au contraire les diff&#233;rences entre nationalit&#233;s sont r&#233;elles, non qu'elles soient l'expression d'un g&#233;nie intemporel ou de d&#233;terminants biologiques, mais dans la mesure o&#249; elles r&#233;sultent des rapports de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, il reproche &#224; la th&#233;orie marxiste de s'&#234;tre content&#233;e d'interpr&#233;ter le fascisme comme une simple marionnette dans les mains de la bourgeoisie, d&#233;pourvue de toute originalit&#233; propre. Au contraire, explique Bauer, le fascisme appara&#238;t spontan&#233;ment comme un mouvement de masse des classes moyennes, il constitue un troisi&#232;me terme dans le conflit opposant les ouvrier&#183;es au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut comprendre comment la bourgeoisie en arrive &#224; se laisser d&#233;border par les organisations qu'elle instrumentalisait, puis comment les chefs fascistes arriv&#233;s au pouvoir sont conduits &#224; trahir leur propre base de classe, en particulier dans ses aspirations sociales, pour devenir les serviteurs exclusifs de la haute bourgeoisie belliqueuse, sans pour autant perdre compl&#232;tement leur autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walter Benjamin, dans ses th&#232;ses Sur le concept d'histoire, r&#233;dig&#233;es en 1940 alors qu'il s'&#233;tait &#224; son tour exil&#233; en France pour fuir le nazisme, quelques mois avant que l'usure et le d&#233;sespoir d'&#233;chapper aux polices vichyste ou franquiste ne le poussent au suicide, &#233;crivait : &#171; au mat&#233;rialisme historique il appartient de retenir fermement une image du pass&#233; telle qu'elle s'impose, &#224; l'improviste, au sujet historique &#224; l'instant du danger &#187;. Puissent les nombreux &#233;chos entre l'&#233;poque que d&#233;crit Bauer et celle que nous vivons nous permettre, cette fois-ci, de faire d&#233;railler l'histoire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;volutions de 1918 ont &#233;t&#233; suivies d'une contre-r&#233;volution. Mais cette contre-r&#233;volution ne pr&#233;sentait pas partout le caract&#232;re distinctif du fascisme. En Pologne, la d&#233;mocratie a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la dictature militaire de Pilsudski. En Yougoslavie, la d&#233;mocratie a &#233;t&#233; remplac&#233;e par un absolutisme dynastique et militaire de type classique. Les &#171; Gardes blancs &#187; de la contre-r&#233;volution hongroise de 1919 et les groupes arm&#233;s que le gouvernement bulgare de Zankoff avait envoy&#233;s semer la terreur dans le parti paysan en d&#233;route et chez les ouvriers pr&#233;sentaient d&#233;j&#224; un caract&#232;re semblable &#224; celui des troupes de choc fascistes ; mais en peu de temps, dans l'un et l'autre pays, le pouvoir &#233;tait retomb&#233; entre les mains de la vieille oligarchie &#233;lim&#233;e. Le fascisme, cette nouvelle forme du despotisme, triomphe pour la premi&#232;re fois en Italie et en Allemagne. Il est clair qu'il constitue aujourd'hui la nouvelle forme de dictature des classes capitalistes, dont les m&#233;thodes sont d&#233;sormais imit&#233;es par des gouvernements contre-r&#233;volutionnaires qui ne partagent pas la m&#234;me origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fascisme est le produit de trois processus sociaux &#233;troitement li&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la guerre a &#233;ject&#233; des masses de combattants de leur vie bourgeoise et les a d&#233;class&#233;s. Incapables de retrouver leurs activit&#233;s et leur mode de vie bourgeois, attach&#233;s aux formes de vie et aux id&#233;ologies acquises pendant la guerre, ce sont eux qui, apr&#232;s-guerre, ont form&#233; les &#171; milices &#187; fascistes, les &#171; associations de d&#233;fense &#187;v&#246;lkisch avec l'id&#233;ologie militariste, antid&#233;mocratique et nationaliste qui leur est propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les crises &#233;conomiques de l'apr&#232;s-guerre ont r&#233;duit &#224; la mis&#232;re de larges masses de petits-bourgeois et de paysans. Ces masses, paup&#233;ris&#233;es et aigries, se sont d&#233;tourn&#233;es des partis bourgeois d&#233;mocratiques de masse auxquels elles avaient pr&#234;t&#233; all&#233;geance jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, les crises &#233;conomiques de l'apr&#232;s-guerre ont fait baisser les profits de la classe capitaliste. La classe capitaliste, menac&#233;e dans ses profits, entreprend de les r&#233;tablir en augmentant le degr&#233; d'exploitation. Elle entend briser la r&#233;sistance que la classe ouvri&#232;re lui oppose. Elle d&#233;sesp&#232;re de pouvoir le faire sous un r&#233;gime d&#233;mocratique. Elle se sert des mouvements de masse rebelles de la petite bourgeoisie et des paysans, ralli&#233;s aux milices fascistes et v&#246;lkisch, d'abord pour intimider la classe ouvri&#232;re et la mettre sur la d&#233;fensive, ensuite pour &#233;craser la d&#233;mocratie. Elle commence par apporter aux fascistes l'appui de ses moyens financiers. Puis elle encourage son appareil d'&#201;tat &#224; fournir des armes aux milices fascistes et &#224; assurer l'impunit&#233; aux actions violentes des fascistes contre la classe ouvri&#232;re. Et pour finir, elle lui conseille de remettre le pouvoir d'&#201;tat aux fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/otto-bauer-austro-marxisme-socialisme-vienne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; title=&#034;Le fascisme. Un texte d'Otto Bauer&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/otto-bau...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Examinons de plus pr&#232;s ces trois processus sociaux interd&#233;pendants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cellules germinales du parti fasciste italien se sont form&#233;es, apr&#232;s la guerre, autour d'officiers de r&#233;serve d&#233;mobilis&#233;s. Pendant des ann&#233;es, ils avaient occup&#233; des postes de commandement ; maintenant rendus &#224; la vie bourgeoise, ils n'y retrouvaient pas une position &#224; la hauteur de leur amour-propre et de leurs ambitions. Autour d'eux se regroupaient des d&#233;class&#233;s issus des rangs des &#171; arditi &#187;, les troupes de choc du temps de la guerre, fiers de leurs d&#233;corations et de leurs blessures, et rancuniers, parce que la patrie pour laquelle ils avaient vers&#233; leur sang n'avait aucune position &#224; leur offrir, ou en tout cas pas celle &#224; laquelle ils pr&#233;tendaient. Ils ne voulaient pas abandonner les habitudes prises &#224; la guerre. Ils voulaient commander et &#234;tre command&#233;s, porter l'uniforme et marcher. Ils commenc&#232;rent &#224; mettre sur pied une arm&#233;e priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, cette couche &#233;tait encore plus large. Le trait&#233; de paix de Versailles avait contraint l'Allemagne &#224; licencier une grande partie de ses officiers de carri&#232;re. Ce sont eux qui fournirent leurs dirigeants aux &#171; corps francs &#187; militaires et aux &#171; associations de d&#233;fense &#187; qui commenc&#232;rent &#224; se former apr&#232;s la guerre. Les troubles politiques de l'apr&#232;s-guerre (en Italie, l'aventure de Fiume, en Allemagne, les combats dans les pays baltes et en Haute-Sil&#233;sie) donn&#232;rent aux milices fascistes en formation l'occasion de se consolider et d'accro&#238;tre leur prestige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces cellules germinales du fascisme que s'est d&#233;velopp&#233;e son id&#233;ologie originelle. Issue de la guerre, elle est avant tout militariste : elle exige la discipline des masses devant le pouvoir de commandement du chef. Elle s'oppose brutalement au droit &#224; l'autod&#233;termination de la multitude, qu'elle appelle seulement &#224; ob&#233;ir dans la discipline. Elle est donc hostile &#224; toute d&#233;mocratie. Elle m&#233;prise l'aspiration &#171; bourgeoise &#187; et civile &#224; la paix, &#224; la prosp&#233;rit&#233; et au confort et lui oppose un id&#233;al de vie guerrier et &#171; h&#233;ro&#239;que &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est impr&#233;gn&#233;e d'un nationalisme exacerb&#233; par la guerre. Elle cherche &#224; dresser les masses populaires contre le gouvernement lib&#233;ral italien, qui se serait laiss&#233; d&#233;pouiller du butin de la victoire par les alli&#233;s, et contre le gouvernement r&#233;publicain allemand, qui se soumettrait sans dignit&#233; au diktat des puissances victorieuses. Elle est typiquement petite-bourgeoise, dirig&#233;e &#224; la fois contre le grand capital et contre le prol&#233;tariat ; car l'officier hait le sp&#233;culateur et le profiteur de guerre et m&#233;prise le prol&#233;taire. Leur anticapitalisme ne vise bien entendu que les formes de capital parasitaires sp&#233;cifiques du temps de guerre et du temps de l'inflation ; l'officier appr&#233;cie l'industrie de guerre, mais il d&#233;teste le sp&#233;culateur, il n'est donc ennemi que du capital &#171; pillard &#187; et non du capital &#171; productif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son rejet du socialisme prol&#233;tarien est d'autant plus passionn&#233; que celui-ci a passionn&#233;ment combattu l'intervention de l'Italie dans la guerre, qu'il s'est brusquement renforc&#233; apr&#232;s la guerre, qu'il est arriv&#233; au pouvoir en Allemagne &#224; la suite de la d&#233;faite et qu'il lui appara&#238;t donc comme le b&#233;n&#233;ficiaire de la capitulation, comme l'agent des puissances victorieuses. Dans une &#233;poque o&#249; le socialisme attire de plus en plus les masses, elle pr&#233;sente son id&#233;al comme un &#171; socialisme national &#187; et l'oppose ainsi au socialisme prol&#233;tarien : le v&#233;ritable socialisme national, ce n'est pas l'exploitation &#233;go&#239;ste des cons&#233;quences de la guerre par le prol&#233;tariat, mais la subordination de tout &#171; int&#233;r&#234;t personnel &#187; &#224; l'&#171; int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;, la subordination de toutes les forces &#233;conomiques et sociales &#224; la t&#226;che de l'affirmation nationale contre l'ennemi ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle incorpore des id&#233;es antibourgeoises &#224; son nationalisme : la d&#233;mocratie bourgeoise occidentale n'est que la domination des classes capitalistes les plus riches et les plus puissantes ; l'Italie, &#171; la grande prol&#233;taire &#187;, a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;e du butin de la victoire par les capitalistes anglais, fran&#231;ais, am&#233;ricains ; le peuple allemand a &#233;t&#233; rendu tributaire de la haute finance internationale (juive) qui se cache derri&#232;re la d&#233;mocratie occidentale et tire les ficelles de la d&#233;mocratie allemande. Elle pr&#233;sente sa lutte contre la d&#233;mocratie aux masses populaires comme une lutte contre la domination de classe de la bourgeoisie, aux capitalistes comme une lutte contre la domination de la pl&#232;be par le prol&#233;tariat, &#224; l'intelligentsia nationaliste comme une lutte pour le rassemblement de toutes les forces nationales pour combattre l'ennemi ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les groupes de choc militaires, premiers porteurs de l'id&#233;ologie fasciste, ne pouvaient gagner en force qu'&#224; condition de parvenir &#224; attirer des masses plus larges sous leur direction, ou dans leur sillage. La premi&#232;re couche sociale &#224; s'impr&#233;gner de l'id&#233;ologie fasciste issue de la guerre fut l'intelligentsia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie et en Allemagne, la d&#233;mocratie parlementaire &#233;tait r&#233;cente. L'Italie avait depuis longtemps un gouvernement de forme parlementaire ; mais le parlement n'&#233;tait &#233;lu sur la base du droit de vote universel et &#233;gal que depuis 1913. L'Allemagne avait depuis longtemps le suffrage universel et &#233;gal, mais son gouvernement n'&#233;tait subordonn&#233; au parlement que depuis 1918. Dans les deux pays, l'intelligentsia fut rapidement d&#233;&#231;ue par la jeune d&#233;mocratie. Elle y voyait d'une part une ploutocratie d&#233;guis&#233;e, d'autre part le r&#232;gne des masses &#8211; et des masses telles qu'on les trouve dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, des masses incultes, brutales, enclines &#224; la violence aux heures d'excitation. M&#234;me r&#233;duite &#224; la mis&#232;re par la d&#233;valuation de la monnaie et les crises &#233;conomiques, l'intelligentsia d&#233;testait les parvenus du prol&#233;tariat qui parvenaient &#224; s'asseoir au banc du gouvernement. Elle ne comprenait pas les luttes autour des probl&#232;mes sociopolitiques qui, sous la pression des masses, dominaient la vie publique. Mais c'est surtout son nationalisme, exacerb&#233; par la guerre, qui mettait l'intelligentsia en opposition avec la jeune d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la guerre mondiale a &#233;clat&#233;, l'Italie est d'abord rest&#233;e neutre. Pendant des mois, une lutte acharn&#233;e a d&#233;chir&#233; la bourgeoisie italienne sur la question de savoir si l'Italie devait rester neutre ou entrer en guerre. Les socialistes, les catholiques, la bourgeoisie lib&#233;rale dirig&#233;e par Giolitti et, avec elle, la majorit&#233; du Parlement, &#233;taient pour la neutralit&#233;. Pour la guerre contre l'Autriche se leva un mouvement de masse, patronn&#233; par l'industrie lourde et la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et dirig&#233; par l'intelligentsia nationaliste qui avait &#233;t&#233; berc&#233;e dans la tradition du Risorgimento. Contre la volont&#233; du gouvernement et de la majorit&#233; parlementaire, ce mouvement parvint &#224; imposer l'intervention dans la guerre. Dans tous les autres pays bellig&#233;rants d'Europe, les masses populaires pouvaient croire que la patrie avait &#233;t&#233; envahie par l'ennemi, qu'elle avait &#233;t&#233; contrainte &#224; la guerre ; en Italie, la guerre &#233;tait manifestement le r&#233;sultat d'un choix d&#233;lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fait a d&#233;termin&#233; de mani&#232;re d&#233;cisive l'&#233;volution de l'Italie apr&#232;s la guerre. Le socialisme avait combattu la guerre ; lorsque les masses populaires ont travers&#233; les souffrances de la guerre, elles ont afflu&#233; en masse vers le socialisme. Dans les premi&#232;res ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre, les masses populaires italiennes furent travers&#233;es par un &#233;norme mouvement socialiste r&#233;volutionnaire. Mais, de leur c&#244;t&#233;, les interventionnistes qui avaient forc&#233; l'Italie &#224; entrer en guerre en 1915 &#233;taient toujours l&#224;. Ils avaient lutt&#233; en 1915 contre les lib&#233;raux, les catholiques et les socialistes. Ils avaient combattu au nom de leur philosophie de vie &#171; h&#233;ro&#239;que &#187; les neutralistes, les commer&#231;ants lib&#233;raux non belliqueux d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre les socialistes qui ne se souciaient que du confort paresseux des masses. &#192; l'&#233;poque, ils avaient contraint le Parlement, r&#233;ticent &#224; la guerre, &#224; capituler. Cette d&#233;cision, leurs troupes de choc l'avaient d&#233;j&#224; provoqu&#233; depuis la rue. Apr&#232;s la guerre, l'intelligentsia &#171; interventionniste &#187; a fourni les cadres qui sont venus s'agr&#233;ger aux troupes militaires des fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, l'Allemagne avait r&#233;sist&#233; &#224; un monde entier d'ennemis par des faits d'armes gigantesques ; elle avait finalement succomb&#233; &#224; la sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique. De la d&#233;faite naquit la r&#233;volution qui fonda la r&#233;publique &#8211; une r&#233;publique n&#233;e dans la mis&#232;re la plus noire, sans d&#233;fense contre l'arrogance des vainqueurs, charg&#233;e par eux de lourds tributs, par eux mille fois humili&#233;e, chancelant d'une grave secousse &#233;conomique &#224; la suivante. Le nationalisme de l'intelligentsia s'insurgeait contre la situation indigne de la nation. La r&#233;volution n'avait-elle pas mis fin &#224; la guerre ? Cela ne prouvait-il pas que seul un &#171; coup de poignard dans le dos &#187; avait bris&#233; la force de r&#233;sistance de l'arm&#233;e allemande ? Les prol&#233;taires qui ne comprenaient pas la grandeur et la dignit&#233; de ce qu'ils avaient perdu et d&#233;truit, les tra&#238;tres qui avaient ourdi le coup de poignard dans le dos, les parvenus dont la d&#233;faite de la nation avait favoris&#233; l'ascension, ne gouvernaient-ils pas la R&#233;publique pour la soumettre servilement aux moindres exigences des vainqueurs ? C'est ainsi que le nationalisme allemand, aliment&#233; par les cons&#233;quences de la d&#233;faite de la Grande Guerre, poussa une intelligentsia nationaliste &#233;duqu&#233;e dans la tradition prusso-hohenzollernienne vers les associations de d&#233;fense v&#246;lkisch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligentsia nationaliste servit d'interm&#233;diaire entre les troupes de choc militaires fascistes-populaires et les larges masses de la petite bourgeoisie et des paysans. Mais pour arracher les larges masses petites-bourgeoises-paysannes aux partis de masse bourgeois-d&#233;mocratiques historiques et les conduire vers le fascisme, il &#233;tait encore besoin de graves bouleversements socio-&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, le d&#233;veloppement &#233;conomique et social des anciens &#201;tats bellig&#233;rants a d'abord &#233;t&#233; domin&#233; par l'inflation. &#192; mesure que l'argent perdait de sa valeur, les &#233;conomies des petits-bourgeois s'amenuisaient, le capital d'exploitation des petits commer&#231;ants et des ma&#238;tres artisans fondait, de larges couches de la petite bourgeoisie &#233;taient r&#233;duites &#224; la mis&#232;re. Mais en m&#234;me temps, la d&#233;pr&#233;ciation de la monnaie entra&#238;nait des luttes salariales de plus en plus importantes et de plus en plus passionn&#233;es, qui immobilisaient r&#233;guli&#232;rement les r&#233;seaux de transport et les entreprises publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie, qui n'&#233;tait pas en mesure de se d&#233;fendre contre la d&#233;valuation de l'argent, &#233;tait furieuse de voir que les luttes salariales entre le capital et le travail troublaient sans cesse sa tranquillit&#233;. Elle pensait que les augmentations de salaires impos&#233;es par la classe ouvri&#232;re, qui &#233;taient en r&#233;alit&#233; des cons&#233;quences de la d&#233;valuation mon&#233;taire, en &#233;taient la cause. Elle s'indignait que des parties de la classe ouvri&#232;re parviennent toujours &#224; obtenir des augmentations de salaire en d&#233;dommagement de l'inflation, alors qu'elle-m&#234;me ne parvenait pas &#224; augmenter ses revenus dans la mesure de la d&#233;valuation de l'argent. Elle voyait avec amertume son niveau de vie s'abaisser en dessous de celui de certaines couches de la classe ouvri&#232;re, la r&#233;partition du revenu national tourner en sa d&#233;faveur. Tout en ha&#239;ssant les sp&#233;culateurs qui jouaient de l'inflation, elle ha&#239;ssait encore plus les ouvriers rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1919, une vague de gr&#232;ves s'abattit sur toute l'Italie, qui arracha d'importantes concessions aux grands et aux petits patrons. Elle culmina avec l'occupation arm&#233;e des usines en ao&#251;t 1920. Le gouvernement lib&#233;ral de Giolitti n'osa pas opposer les moyens violents de l'&#201;tat &#224; ce mouvement de la masse r&#233;volt&#233;e qui avait touch&#233; aussi bien la main-d'&#339;uvre industrielle que la main-d'&#339;uvre agricole. Il chercha &#224; l'apaiser par des n&#233;gociations, des accords, des concessions, des compromis. Le Parlement, divis&#233; en partis querelleurs, n'&#233;tait pas en mesure de former un gouvernement stable et fort, de traiter les questions &#233;conomiques br&#251;lantes autrement que par de p&#233;nibles n&#233;gociations de compromis, et par cons&#233;quent incapable de leur apporter une solution claire et rapide. Aussi, de larges couches de la petite bourgeoisie italienne se d&#233;tourn&#232;rent-elles de la d&#233;mocratie. Elles se mirent &#224; croire que seul un gouvernement dot&#233; d'une volont&#233; de fer pourrait contraindre le prol&#233;tariat &#224; l'ob&#233;issance, mettre fin aux luttes de classe acharn&#233;es qui interrompaient sans cesse le cours tranquille de la vie &#233;conomique, ainsi qu'aux querelles paralysantes des partis, et restaurer l'&#233;conomie nationale en ruine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne aussi, le mouvement fasciste v&#246;lkisch est n&#233; d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre et a pris une ampleur mena&#231;ante &#224; l'&#233;poque de l'inflation. En 1923 d&#233;j&#224;, alors que la guerre de la Ruhr renfor&#231;ait les passions nationalistes, que la d&#233;valuation totale du mark paup&#233;risait les masses populaires, et que des unit&#233;s militaires v&#246;lkisch d&#233;filaient &#224; la fronti&#232;re nord de la Bavi&#232;re et mena&#231;aient de marcher sur Berlin, l'Allemagne se trouva en grave danger de tomber entre les mains d'un fascisme v&#246;lkisch. Mais &#224; ce moment-l&#224;, la d&#233;mocratie bourgeoise parvint encore &#224; repousser les assauts du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de la Ruhr avait montr&#233; &#224; quel point toute r&#233;sistance contre les puissances victorieuses restait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Les citoyens et les paysans allemands avaient alors besoin de l'aide des puissances occidentales, riches en capitaux, pour stabiliser le mark, il fallait s'entendre avec elles sur le paiement des r&#233;parations et surtout en obtenir de gros cr&#233;dits pour reconstruire les entreprises allemandes. C'est pourquoi ils ne voulaient pas d'une aventure nationaliste-fasciste. Une fois le mark stabilis&#233;, alors que les prix des marchandises allemandes augmentaient rapidement et que les cr&#233;dits &#233;trangers affluaient en masse, la mar&#233;e v&#246;lkisch redescendit rapidement. La petite bourgeoisie et les paysans se ralli&#232;rent de nouveau aux partis d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de la prosp&#233;rit&#233;, le parti national-socialiste d'Hitler n'&#233;tait qu'un parti contestataire insignifiant. Mais lorsque &#233;clata la crise de 1929, le fascisme populaire refit surface. La d&#233;mocratie n'&#233;tait pas en mesure de prot&#233;ger les petits-bourgeois et les paysans de la paup&#233;risation provoqu&#233;e par la crise ; les petits-bourgeois et les paysans se retourn&#232;rent contre la d&#233;mocratie. Puisque les partis d&#233;mocrates &#233;taient incapables d'aider les masses mis&#233;rables, ces derni&#232;res se tourn&#232;rent vers les national-socialistes. Le nazisme conquit rapidement la petite bourgeoisie et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le mouvement fasciste consistait tout d'abord en un mouvement de masse de petits-bourgeois et de paysans, il n'est parvenu au pouvoir que lorsque la classe capitaliste a d&#233;cid&#233; de s'en servir pour &#233;craser la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des deux premi&#232;res ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre, l'Italie avait connu une v&#233;ritable r&#233;volution agraire. Les mouvements imp&#233;tueux des m&#233;tayers et des colons partiaires contre les grands propri&#233;taires terriens, ceux des journaliers contre les grands propri&#233;taires terriens et contre les m&#233;tayers ont boulevers&#233; la constitution agraire italienne. La terzeria, le droit des grands propri&#233;taires terriens &#224; percevoir les deux tiers des produits du fermier, a &#233;t&#233; supprim&#233;e et il leur fut impos&#233; de fournir les semences et l'engrais ; la dotation des fermiers fut soumise &#224; l'approbation de commissions paritaires. Les journaliers de la plaine du P&#244; obtinrent des augmentations de salaire et la garantie d'un minimum de journ&#233;es de travail annuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terres des grands propri&#233;taires terriens furent occup&#233;es de force ; le gouvernement dut sanctionner ces occupations par d&#233;cret. Les grands propri&#233;taires terriens finirent par se d&#233;fendre. En 1921, ils appel&#232;rent le Faisceau &#224; la rescousse. Chaque fois qu'un grand propri&#233;taire faisait appel aux fascistes, ceux-ci occupaient le village, lourdement arm&#233;s, ils destituaient le conseil municipal et installaient un nouveau maire, mettaient le feu au si&#232;ge du syndicat des journaliers, maltraitaient et expulsaient ses dirigeants, assassinaient tous ceux qui r&#233;sistaient. Ces &#171; exp&#233;ditions punitives &#187; ont bris&#233; la force du prol&#233;tariat rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple donn&#233; par les grands propri&#233;taires terriens fut plus tard imit&#233; par la bourgeoisie urbaine. Les fascistes occup&#232;rent les villes, forc&#232;rent les maires et les conseillers municipaux rouges &#224; d&#233;missionner, d&#233;truisirent les locaux syndicaux, expuls&#232;rent, maltrait&#232;rent, assassin&#232;rent les hommes de confiance des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste avait d&#233;couvert le moyen de repousser l'attaque imp&#233;tueuse de la classe ouvri&#232;re, de r&#233;primer la classe ouvri&#232;re. Elle ne pensait pas encore &#224; remettre le pouvoir d'&#201;tat aux fascistes. Pour l'instant, elle ne voulait se servir des fascistes que comme d'un instrument pour d&#233;faire la classe ouvri&#232;re. Elle mit des fonds abondants &#224; la disposition des fascistes pour leur permettre d'entretenir et d'&#233;quiper les troupes de choc qui pouvaient &#234;tre utilis&#233;es chaque jour contre les ouvriers rebelles. Elle veillait &#224; ce que ses pouvoirs publics encouragent les actions des fascistes. D&#232;s octobre 1920, le chef d'&#233;tat-major Badoglio a ordonn&#233; aux commandants de division de soutenir le mouvement fasciste. Des armes provenant des stocks de l'arm&#233;e pass&#232;rent entre les mains des fascistes. Lorsque les fascistes entreprenaient des &#171; exp&#233;ditions punitives &#187; contre les ouvriers, la police n'intervenait que pour confisquer les armes des ouvriers et arr&#234;ter leurs dirigeants, sous pr&#233;texte de pr&#233;venir les affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les victoires faciles que le fascisme a pu remporter gr&#226;ce &#224; ce soutien de la force publique ont attir&#233; vers lui des masses toujours plus importantes. Lors des &#171; exp&#233;ditions punitives &#187;, ceux qui portaient la chemise noire pouvaient impun&#233;ment assassiner, incendier, voler ; et cela a pouss&#233; tout le lumpenprol&#233;tariat vers le fascisme. Les membres des troupes de choc fascistes &#233;taient habill&#233;s et pay&#233;s gr&#226;ce aux importantes subventions des capitalistes et des grands propri&#233;taires terriens ; cela poussait les ch&#244;meurs dans leurs rangs. Le fascisme avan&#231;ait rapidement et victorieusement, ce qui lui attirait ces gens qui, de toutes classes confondues, sont toujours du c&#244;t&#233; du vainqueur. La milice fasciste devint ainsi le point de ralliement des d&#233;class&#233;s de toutes les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'aide qu'elle avait re&#231;ue de la bourgeoisie, elle devint trop forte pour n'&#234;tre qu'un simple instrument dans les mains de la bourgeoisie. Elle s'est empar&#233;e du pouvoir lui-m&#234;me. La bourgeoisie n'avait plus le choix qu'entre &#233;craser par la force l'arm&#233;e priv&#233;e fasciste qu'elle avait financ&#233;e et arm&#233;e, lib&#233;rant ainsi le prol&#233;tariat abattu, ou remettre le pouvoir d'&#201;tat &#224; l'arm&#233;e priv&#233;e du fascisme. Dans cette situation, la bourgeoisie a abandonn&#233; ses propres repr&#233;sentants au gouvernement et au parlement, pr&#233;f&#233;rant remettre le pouvoir d'&#201;tat au fascisme. La lutte entre le capital et le travail, au cours de laquelle la bourgeoisie s'&#233;tait servi de la violence fasciste, semblait aboutir &#224; ce que cette violence, apr&#232;s avoir &#233;cras&#233; le prol&#233;tariat, pouvait maintenant chasser les repr&#233;sentants de la bourgeoisie du parlement et du gouvernement, dissoudre les partis bourgeois, &#233;tablir sa tyrannie sur toutes les classes du peuple. &#171; La lutte parut apais&#233;e en ce sens que toutes les classes s'agenouill&#232;rent, &#233;galement impuissantes et muettes, devant les crosses de fusil &#187; (Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire se r&#233;p&#232;te en Allemagne. Ici aussi, le fascisme populaire a &#233;t&#233; encourag&#233; par la bourgeoisie et ses pouvoirs publics d&#232;s la p&#233;riode de d&#233;valuation de la monnaie. Les Junkers ont h&#233;berg&#233; dans leurs domaines les corps francs revenus des pays baltes et de Haute-Sil&#233;sie. L'industrie lourde subventionnait les formations militaires v&#246;lkisch. L'&#201;tat forma &#224; partir d'elles la &#171; Schwarze Reichswehr &#187; (arm&#233;e noire du Reich). En 1923, le gouvernement profita de l'atmosph&#232;re de masse cr&#233;&#233;e par la mont&#233;e du mouvement v&#246;lkisch, de l'affaiblissement de la classe ouvri&#232;re intimid&#233;e et mise sur la d&#233;fensive par le fascisme v&#246;lkisch, pour d&#233;mettre les gouvernements ouvriers de Saxe et de Thuringe par d&#233;cret d'&#201;tat et pour remettre en question la journ&#233;e de huit heures. Mais la fin de la guerre de la Ruhr allait rompre cette alliance entre le capital et le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la fin de la guerre de la Ruhr, la bourgeoisie allemande, qui avait besoin de grands emprunts &#224; l'&#233;tranger pour assurer le r&#233;tablissement de la monnaie et le paiement des r&#233;parations, de grands cr&#233;dits &#233;trangers afin de remplacer, dans ses banques et ses entreprises industrielles, le capital circulant d&#233;truit par l'inflation, et qui avait donc besoin d'une &#171; politique de conciliation &#187;, retira son soutien au mouvement v&#246;lkisch. Pendant la p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233;, la bourgeoisie allemande appuya les partis d&#233;mocrates bourgeois. Le Volkspartei participa au gouvernement d&#233;mocratique, les nationalistes allemands se rapproch&#232;rent de la d&#233;mocratie. Ce n'est qu'apr&#232;s l'effondrement de la crise de 1929 que les capitalistes et les Junkers inclin&#232;rent de nouveau vers le fascisme. Lorsque, sous la pression de la crise, le mouvement national-socialiste, qui &#233;tait rest&#233; tr&#232;s &#224; la tra&#238;ne du temps de la prosp&#233;rit&#233;, conquit rapidement les masses petites-bourgeoises et paysannes appauvries, l'industrie lourde et les junkers reconnurent bient&#244;t en lui le moyen de faire reculer la classe ouvri&#232;re, de contrer l'influence des partis ouvriers et des syndicats, de d&#233;truire les obstacles que les institutions d&#233;mocratiques dressaient devant la lutte du capital pour augmenter le degr&#233; d'exploitation, pour r&#233;tablir ses profits. Les nationalistes allemands, sous la direction de Hugenberg, s'alli&#232;rent &#224; Hitler pour former le &#171; Front de Harzburg &#187;. Les syndicats et les sociaux-d&#233;mocrates craignirent l'arriv&#233;e au pouvoir d'une dictature fasciste, et les fractions bourgeoises qui soutenaient Br&#252;ning jou&#232;rent de cette peur pour leur extorquer leur &#171; tol&#233;rance &#187; de la dictature capitaliste de Br&#252;ning, qui r&#233;duisait rapidement le niveau de vie des masses populaires par sa politique d&#233;flationiste de ses d&#233;crets d'urgence. Les troupes d'assaut nationalistes se r&#233;v&#233;l&#232;rent utiles pour extorquer l'accord des organisations ouvri&#232;res &#224; la baisse du niveau de vie des travailleurs, l'accord de la d&#233;mocratie &#224; une dictature capitaliste ; c'est pourquoi elles furent abondamment subventionn&#233;es par la grande industrie. L'&#233;tat-major, la bureaucratie et la magistrature, se f&#233;licitant de ce que la mont&#233;e du flot national-socialiste intimid&#226;t les &#171; marxistes &#187;, assur&#232;rent un traitement bienveillant de la part du pouvoir aux groupes de la violence brune qui assommaient dans la rue les bannerets du Reich et les frondeurs rouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste et les junkers &#233;taient-ils devenus &#171; national-socialistes &#187; ? Pas du tout. Au fond, ils m&#233;prisaient ce &#171; peintre &#187; avide de pouvoir, et tout ce mouvement pl&#233;b&#233;ien, port&#233; par des petits-bourgeois, des paysans, des d&#233;class&#233;s de toutes les classes, gorg&#233; d'un anticapitalisme petit-bourgeois utopiste, qu'ils soutenaient. Mais tout comme Giolitti en Italie a cru pouvoir se servir du fascisme pour intimider, refouler, pacifier la classe ouvri&#232;re en r&#233;volte, les capitalistes et les junkers en Allemagne ont cru pouvoir se servir du mouvement national-socialiste, pour vaincre l'influence de la social-d&#233;mocratie et des syndicats, pour briser la r&#233;sistance que la classe ouvri&#232;re opposait &#224; la baisse des salaires, au d&#233;mant&#232;lement de la protection et de la S&#233;curit&#233; sociale des travailleurs, &#224; la politique d&#233;flationniste d'une dictature du capital et de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Mais ici comme ailleurs, le fascisme a vite d&#233;bord&#233; les classes capitalistes. En Allemagne aussi, le moment est venu o&#249; les junkers et les capitalistes n'eurent plus le choix que d'&#233;craser le fascisme, au risque de faire basculer d'un seul coup le rapport de force en faveur de la classe ouvri&#232;re, ou de remettre le pouvoir d'&#201;tat au fascisme. Dans cette situation, l'entourage junker de Hindenburg pr&#233;f&#233;ra remettre le pouvoir d'&#201;tat &#224; Hitler. Comme en Italie, les repr&#233;sentants des partis bourgeois traditionnels sont entr&#233;s dans le premier gouvernement fasciste, croyant l&#224; aussi pouvoir s'assimiler le fascisme et le subordonner au sein du gouvernement. Mais plus vite encore qu'en Italie, le fascisme allemand a utilis&#233; le pouvoir d'&#201;tat conquis pour chasser les partis bourgeois du gouvernement, dissoudre les partis et les organisations de la bourgeoisie, et &#233;tablir sa dictature &#171; totalitaire &#187;. Ici aussi, la lutte des classes semblait se conclure par l'&#233;crasement de toutes les classes sous la botte fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme aime se justifier devant la bourgeoisie en disant qu'il l'a sauv&#233;e de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, du &#171; bolchevisme &#187;. Et il est vrai que la propagande fasciste effrayait volontiers l'intellectuel, le petit-bourgeois et le paysan en brandissant le spectre du bolchevisme. Mais en r&#233;alit&#233;, le fascisme n'a pas triomph&#233; dans un moment o&#249; la bourgeoisie aurait &#233;t&#233; menac&#233;e par la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Il a triomph&#233; alors que le prol&#233;tariat &#233;tait depuis longtemps affaibli et r&#233;duit &#224; la d&#233;fensive, au moment o&#249; la mar&#233;e r&#233;volutionnaire &#233;tait d&#233;j&#224; retomb&#233;e. La classe capitaliste et la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re n'ont pas remis le pouvoir d'&#201;tat aux brutes fascistes pour se prot&#233;ger d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne mena&#231;ante, mais afin de baisser les salaires, de d&#233;truire les conqu&#234;tes sociales de la classe ouvri&#232;re, d'&#233;craser les syndicats et les postes de pouvoir politique de la classe ouvri&#232;re ; non pas donc pour &#233;touffer un socialisme r&#233;volutionnaire, mais pour &#233;craser les conqu&#234;tes du socialisme r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;volutionnarisme oratoire des maximalistes, dit Silone, menace seulement les lampadaires de l'&#233;clairage public et parfois les os de quelques agents de police. Le r&#233;formisme, lui, avec ses coop&#233;ratives, ses augmentations de salaire en temps de crise, ses allocations de ch&#244;mage, menace quelque chose de bien plus sacr&#233; : le profit du capital&#8230; Au maximalisme bavard qui, du matin au soir, chante la &#171; Bandiera rossa &#187; et l'&#171; Internationale &#187;, le capitalisme oppose, pour se d&#233;fendre, ses lois, et si les anciennes ne suffisent pas, il en fait de nouvelles ; mais face au r&#233;formisme qui, par des voies pacifiques, d&#233;mocratiques et l&#233;gales, rompt l'&#233;quilibre entre les classes, le capitalisme devient assoiff&#233; de sang et il fait appel au bandit fasciste [&#8230;] Le r&#233;formisme ne court pas le danger lorsqu'il est faible, mais lorsqu'il est fort, c'est-&#224;-dire sit&#244;t qu'il franchit le seuil &#224; partir duquel la d&#233;mocratie et la l&#233;galit&#233; sont appliqu&#233;es contre le profit du capital &#187; (Ignazio Silone, Il Fascismo, 1934).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la d&#233;mocratie bourgeoise, la classe capitaliste domine, mais elle domine sous la pression constante de la classe ouvri&#232;re. Elle doit encore et toujours faire des concessions &#224; la classe ouvri&#232;re. La lutte permanente du socialisme r&#233;formiste et des syndicats pour l'augmentation des salaires, la r&#233;duction du temps de travail, l'extension de la protection et de la s&#233;curit&#233; sociales n'&#233;branle certes pas le capitalisme dans ses p&#233;riodes de croissance et de d&#233;veloppement ; elle l'&#233;l&#232;verait plut&#244;t &#224; un niveau technique, social et culturel sup&#233;rieur. Mais au temps des graves crises &#233;conomiques qui ont suivi la guerre mondiale, la classe capitaliste voit les conqu&#234;tes du socialisme r&#233;formiste comme des obstacles au processus de production et de circulation &#171; normal &#187;, que d&#233;termine l'&#233;volution du taux de profit. Elle est d&#233;termin&#233;e &#224; refuser toute nouvelle concession, et &#224; r&#233;voquer les concessions d&#233;j&#224; faites &#224; la classe ouvri&#232;re. Les institutions d&#233;mocratiques l'en emp&#234;chent ; elle se retourne donc contre les institutions d&#233;mocratiques. L'ordre juridique d&#233;mocratique ne permet pas &#224; son pouvoir d'&#201;tat d'employer la violence publique contre le socialisme r&#233;formiste qui lutte par des moyens l&#233;gaux ; elle a donc recours aux moyens de violence priv&#233;s ill&#233;gaux des bandes fascistes, en marge de son appareil d'&#201;tat l&#233;gal. Mais en l&#226;chant les bandes fascistes sur le prol&#233;tariat, elle en devient elle-m&#234;me la prisonni&#232;re. Elle ne peut plus abattre les bandes fascistes qu'elle a mobilis&#233;es contre le prol&#233;tariat sans s'exposer &#224; la revanche de celui-ci. Elle doit donc se soumettre elle-m&#234;me &#224; la dictature des bandes fascistes, livrer ses propres partis et organisations &#224; la violence fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature fasciste est donc le produit d'un &#233;trange &#233;quilibre des forces entre les classes. D'un c&#244;t&#233;, on trouve la bourgeoisie, ma&#238;tresse des moyens de production, des moyens d'&#233;change et du pouvoir d'&#201;tat, mais dont les profits ont &#233;t&#233; entam&#233;s par la crise &#233;conomique. Les institutions d&#233;mocratiques emp&#234;chent la bourgeoisie d'imposer sa volont&#233; au prol&#233;tariat dans la mesure qui lui semble n&#233;cessaire pour r&#233;tablir ses profits. Cette bourgeoisie est trop faible pour continuer d'imposer sa volont&#233; &#224; l'aide des moyens intellectuels ou id&#233;ologiques par lesquels elle domine les masses &#233;lectorales dans la d&#233;mocratie bourgeoise. Elle est trop faible, contrainte par l'ordre juridique d&#233;mocratique, pour &#233;craser le prol&#233;tariat par des moyens l&#233;gaux, au moyen de son appareil d'&#201;tat l&#233;gal. Mais elle est assez forte pour payer, &#233;quiper et l&#226;cher sur la classe ouvri&#232;re une arm&#233;e priv&#233;e sans foi ni loi. De l'autre c&#244;t&#233;, on trouve une classe ouvri&#232;re, dirig&#233;e par le socialisme r&#233;formiste et les syndicats. Le r&#233;formisme et les syndicats sont devenus plus forts que la bourgeoisie ne peut le supporter. Leur r&#233;sistance &#224; l'augmentation du degr&#233; d'exploitation fait obstacle &#224; la d&#233;flation. Elle ne peut plus &#234;tre bris&#233;e autrement que par la violence. Mais si le socialisme r&#233;formiste est violemment attaqu&#233; pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de sa force, &#224; cause de l'ampleur de ses succ&#232;s, &#224; cause de la puissance de sa r&#233;sistance, il est d'autre part trop faible pour se d&#233;fendre contre la violence. Lui dont l'action a pour base la d&#233;mocratie bourgeoise existante, lui qui s'accroche &#224; la d&#233;mocratie comme &#224; son terrain de lutte et &#224; la source de sa force, appara&#238;t aux larges masses petites-bourgeoises, paysannes et prol&#233;tariennes comme un &#171; parti du syst&#232;me &#187;, comme un participant et un b&#233;n&#233;ficiaire de cette d&#233;mocratie bourgeoise qui n'est pas en mesure de les prot&#233;ger de la paup&#233;risation due &#224; la crise &#233;conomique. Il ne peut donc pas attirer &#224; lui les masses radicalis&#233;es par la crise. Elles affluent vers son ennemi mortel, le fascisme. La victoire du fascisme r&#233;sulte de cet &#233;quilibre des forces, ou plut&#244;t de la faiblesse des deux classes : il abat la classe ouvri&#232;re au service des capitalistes, mais il les d&#233;passe tellement qu'ils finissent par le rendre ma&#238;tre absolu du peuple entier, et donc aussi d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absolutisme des d&#233;buts du capitalisme, du XVIe au XVIIIe si&#232;cle, s'est d&#233;velopp&#233; sur la base de l'&#233;quilibre des forces entre la noblesse f&#233;odale et la bourgeoisie, et le bonapartisme du XIXe si&#232;cle est le r&#233;sultat de l'&#233;quilibre des forces entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat. De m&#234;me que l'absolutisme du XIXe si&#232;cle r&#233;sultait de l'&#233;quilibre temporaire des forces entre la bourgeoisie et la noblesse, d'une part, et entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie, d'autre part, lui-m&#234;me issu des luttes r&#233;volutionnaires de 1848, de m&#234;me, le nouvel absolutisme fasciste r&#233;sulte d'un &#233;quilibre temporaire, dans lequel ni la bourgeoisie n'a pu imposer sa volont&#233; au prol&#233;tariat par ses anciennes m&#233;thodes l&#233;gales, ni le prol&#233;tariat ne s'est lib&#233;r&#233; de la domination de la bourgeoisie, et o&#249; les deux classes sont par suite tomb&#233;es sous la dictature des brutes que la classe capitaliste a utilis&#233;es contre le prol&#233;tariat, jusqu'au moment o&#249; elle a finalement d&#251; se soumettre elle-m&#234;me &#224; leur dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la dictature fasciste provient d'un certain &#233;quilibre du rapport de force entre les classes, son &#233;tablissement et sa stabilisation suppriment cet &#233;tat d'&#233;quilibre. Il est vrai que la classe capitaliste, en donnant le pouvoir au fascisme, a d&#251; lui abandonner ses propres gouvernements, partis, institutions, organisations, traditions, et tout le grand &#233;tat-major des hommes qui avaient sa confiance et la servaient. Mais apr&#232;s l'&#233;tablissement de la dictature fasciste, la couche dirigeante de la bourgeoisie, les grands capitalistes et les grands propri&#233;taires fonciers parviennent tr&#232;s rapidement &#224; transformer le nouveau syst&#232;me de pouvoir, pour en faire l'instrument de leur domination de classe, et s'asservir les nouveaux ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la dictature fasciste appara&#238;t dans un premier temps plus ind&#233;pendante, plus autoritaire et m&#234;me plus forte vis-&#224;-vis de la classe capitaliste que ne l'avait &#233;t&#233; le pouvoir gouvernemental de la d&#233;mocratie bourgeoise. La terreur fasciste menace aussi le capitaliste. La dictature fasciste dissout y compris les organisations capitalistes, ou les place sous sa tutelle. La dictature fasciste soumet y compris la presse capitaliste. Elle transforme les organes de presse du capital en organes de presse du pouvoir gouvernemental, interdisant ainsi au capital de disposer comme il l'entend de son principal levier d'influence sur les masses populaires. Mais quand bien m&#234;me la dictature fasciste domine la classe capitaliste, elle finit in&#233;vitablement par devenir l'organe d'ex&#233;cution de ses &#171; besoins &#187;, de ses int&#233;r&#234;ts, de sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre pr&#233;sentation de la d&#233;mocratie bourgeoise, nous avons d&#233;crit le m&#233;canisme &#233;conomique et id&#233;ologique par lequel la classe capitaliste met l'&#233;lectorat, les partis, les gouvernements de la d&#233;mocratie bourgeoise au service de ses besoins, de ses profits, de sa volont&#233;. M&#234;me sous la dictature fasciste, ce m&#233;canisme conserve toute son efficacit&#233;. M&#234;me sous la dictature fasciste, la marche de l'&#233;conomie nationale continue de d&#233;pendre du taux de profit et on peut donc faire passer les int&#233;r&#234;ts du profit pour ceux de la communaut&#233; nationale. M&#234;me sous la dictature fasciste, l'&#201;tat et l'&#233;conomie nationale restent d&#233;pendants du cr&#233;dit et, par cons&#233;quent, on peut donc faire passer les int&#233;r&#234;ts de la haute finance pour ceux de l'&#201;tat et de l'&#233;conomie nationale. M&#234;me sous la dictature fasciste, les grands dignitaires de la propri&#233;t&#233; peuvent faire passer leurs int&#233;r&#234;ts pour ceux de la masse des petits propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les capitalistes et les grands propri&#233;taires fonciers affirment leur domination de classe y compris sous la dictature fasciste, l'&#233;tablissement de la dictature fasciste fait tomber les inhibitions, les contrepoids qui, dans la d&#233;mocratie bourgeoise, limitent leur domination de classe. Dans la d&#233;mocratie bourgeoise, la classe capitaliste ne pouvait exercer sa domination que par le biais des grands partis bourgeois qui, lors des &#233;lections, r&#233;pondaient devant les masses de la bourgeoisie, de la paysannerie, des employ&#233;s, en sollicitant leurs voix, qui devaient donc tenir compte des int&#233;r&#234;ts, des opinions, des humeurs de ces masses. Sous la dictature fasciste, les capitalistes et les grands propri&#233;taires fonciers peuvent, de mani&#232;re non moins directe que dans la d&#233;mocratie bourgeoise, influencer les dictateurs en jouant de leur pouvoir sur l'&#233;conomie nationale, sur la marche des affaires et sur le cr&#233;dit public ; en revanche, les masses de la bourgeoisie et de la paysannerie sont musel&#233;es par la mise au pas de leurs organisations, par la suppression de la libert&#233; de la presse et de la libert&#233; de la campagne &#233;lectorale, elles ne peuvent plus d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. L&#224; o&#249;, dans la d&#233;mocratie bourgeoise, toute la bourgeoisie r&#233;gnait, bien que sous la direction du grand capital, sous la dictature fasciste, seuls dominent le grand capital et la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, tandis que la &#171; masse &#187; de la bourgeoisie et de la paysannerie tombe dans l'impuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode de sa lutte pour le pouvoir, le fascisme s'&#233;tait justement appuy&#233; sur les masses de la petite bourgeoisie et de la paysannerie, sur les masses appauvries par la crise &#233;conomique, radicalis&#233;es et remplies de sentiments anticapitalistes. Mais une fois au pouvoir, il tombe in&#233;vitablement sous l'influence d&#233;terminante des forces sociales capitalistes et il lui faut donc vaincre le radicalisme utopiste petit-bourgeois de ses propres partisans. En Italie, ce r&#233;sultat fut obtenu au prix de violentes luttes au sein du parti fasciste en 1923. A Rome, le parti se scinda en deux fractions. A Livourne et &#224; Bologne, des groupes d'opposition attaqu&#232;rent le si&#232;ge du parti. En de nombreux endroits, des groupes r&#233;volt&#233;s arboraient le mot d'ordre d'une &#171; deuxi&#232;me marche sur Rome &#187;. Les dictateurs &#233;cras&#232;rent cette r&#233;bellion petite-bourgeoise en excluant du parti des dizaines de milliers de chemises noires, en interdisant tous les congr&#232;s provinciaux, en rempla&#231;ant les sous-chefs et les comit&#233;s. De 1923 &#224; 1926, ils transform&#232;rent le parti fasciste pour en faire un instrument docile du pouvoir d'&#201;tat, au sein duquel il n'y aurait plus de libre d&#233;bat, plus de libre choix des dirigeants, plus de formulation d'aucune volont&#233; propre. La dictature, qui reste sous l'influence des grands capitalistes et des grands propri&#233;taires fonciers, r&#232;gne alors sur les petits-bourgeois et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne a connu le m&#234;me processus. Hitler a &#233;cras&#233; la r&#233;bellion petite-bourgeoise des SA qui criaient &#224; la &#171; deuxi&#232;me r&#233;volution &#187; par les meurtres du 30 juin 1934, puis il a transform&#233; le parti en un simple instrument de domination entre les mains de la dictature. En proclamant &#171; le F&#252;hrer est le parti &#187;, il brisa les r&#233;sistances petites-bourgeoises &#224; la dictature capitaliste. Pour contenter le petit-bourgeois, il lui permet de d&#233;cha&#238;ner sa haine contre les juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie bourgeoise avait assur&#233; &#224; tous les citoyens la jouissance des libert&#233;s individuelles, au peuple tout entier le libre choix des corps l&#233;gislatifs et, gr&#226;ce &#224; eux, le contr&#244;le de l'administration publique. M&#234;me si la bourgeoisie y r&#233;gnait, sa domination &#233;tait limit&#233;e par le poids de la masse des &#233;lecteurs prol&#233;tariens et par la force des organisations prol&#233;tariennes. Le fascisme d&#233;truit toutes les libert&#233;s individuelles, il supprime le droit de vote, il d&#233;truit les organisations prol&#233;tariennes, &#8211; retirant ainsi tout droit et tout pouvoir &#224; la classe ouvri&#232;re. &#192; la domination de classe, limit&#233;e par les institutions d&#233;mocratiques, succ&#232;de une domination de classe &#171; totalitaire &#187;, c'est-&#224;-dire illimit&#233;e : la dictature. La contre-r&#233;volution fasciste signifie donc le passage de la domination de classe de l'ensemble de la bourgeoisie, limit&#233;e par les institutions d&#233;mocratiques, &#224; la dictature illimit&#233;e des grands capitalistes et des grands propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre social est plus fort que la constitution de l'&#201;tat. Le pouvoir &#233;conomique du capital s'impose &#224; tout pouvoir d'&#201;tat tant que le haut commandement de l'&#233;conomie demeure entre les mains du capital. La d&#233;mocratie bourgeoise n'est pas n&#233;e par la seule volont&#233; des capitalistes ; elle r&#233;sulte des luttes de classe des ouvriers, des petits-bourgeois, des paysans contre la classe capitaliste. Et pourtant, une fois stabilis&#233;e, elle devient le moyen de domination de la classe capitaliste. Et pourtant, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les luttes men&#233;es sur son terrain qui ont &#233;lev&#233; le capitalisme &#224; un niveau technique, social et culturel sup&#233;rieur ; qui ont transform&#233; les partis petits-bourgeois, nagu&#232;re port&#233;s dans leur ascension par la lutte contre la classe capitaliste, en instruments de sa domination ; qui ont mis fin &#224; la fermentation r&#233;volutionnaire dans les masses ouvri&#232;res ; et qui ont pacifi&#233; les masses ouvri&#232;res r&#233;formistes. Ainsi, la dictature fasciste n'a pas du tout &#233;t&#233; voulue &#224; l'origine par la classe capitaliste. Un mouvement pl&#233;b&#233;ien, rebelle, rempli de sentiments anticapitalistes, des d&#233;class&#233;s de toutes les classes, &#233;ject&#233;s de la vie active bourgeoise par la guerre et les crises, a r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner, dans le sillage des bouleversements &#233;conomiques et sociaux de l'apr&#232;s-guerre, des masses de petits-bourgeois et de paysans mis&#233;rables, r&#233;volt&#233;s et d'humeur anticapitaliste. La classe capitaliste s'est servie de ce mouvement de pl&#233;b&#233;iens r&#233;volt&#233;s, mais au d&#233;part elle ne songeait pas du tout &#224; lui confier le pouvoir. Elle a finalement d&#251; s'y r&#233;soudre, non sans r&#233;ticence et inqui&#233;tude. Et c'est de la destruction de la d&#233;mocratie, qui privait les masses populaires de leurs droits et de leur pouvoir, tout en laissant intact le pouvoir &#233;conomique et donc l'influence id&#233;ologique et politique du grand capital et de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re ; c'est pr&#233;cis&#233;ment de la r&#233;bellion pl&#233;b&#233;ienne des d&#233;class&#233;s de toutes les classes, de la r&#233;volte anticapitaliste des petits-bourgeois et des paysans ; c'est pr&#233;cis&#233;ment de l'&#233;quilibre temporaire des forces de classe, qu'est n&#233;e la dictature sans limites du grand capital et de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le biais de la dictature fasciste, c'est donc la classe capitaliste qui domine. Toutefois, dans la dictature fasciste comme dans les ordres &#233;tatiques pr&#233;c&#233;dents du capitalisme, il convient de distinguer la classe dirigeante de sa caste gouvernante. &#192; l'&#233;poque de l'&#201;tat lib&#233;ral, la classe capitaliste dirigeante laissait dans de nombreux pays la gestion des affaires parlementaires et gouvernementales aux fractions lib&#233;rales de sa noblesse de robe : en Angleterre aux Whigs, en Autriche &#224; la &#171; grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re fid&#232;le &#224; la Constitution &#187; et &#224; la bureaucratie &#171; jos&#233;phiniste &#187;, en Russie aux zemstvos lib&#233;raux.[1] Dans la d&#233;mocratie bourgeoise, la bourgeoisie dirigeait par le biais de la caste dirigeante des politiciens professionnels des partis bourgeois de masse. Sous la dictature fasciste, le grand capital et la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re exercent leur dictature en se servant de la caste dirigeante que la victoire du fascisme a port&#233;e au pouvoir. Comme dans l'&#201;tat lib&#233;ral, comme dans l'&#201;tat d&#233;mocratique, des tensions, des oppositions, des conflits apparaissent de temps en temps entre la classe dirigeante et la caste au pouvoir. Ces oppositions, temporairement brutales dans les d&#233;buts de la dictature fasciste, s'att&#233;nuent apr&#232;s que le fascisme a abattu le radicalisme petit-bourgeois utopiste dans ses propres rangs. Elles ne disparaissent pas pour autant : l'&#171; &#233;conomie dirig&#233;e &#187;, issue de la crise &#233;conomique et d&#233;velopp&#233;e par le fascisme, contraint r&#233;guli&#232;rement la dictature fasciste &#224; prendre des d&#233;cisions &#233;conomiques qui l&#232;sent les int&#233;r&#234;ts de telle ou telle fraction de la classe capitaliste dominante, mettant ainsi la caste dirigeante fasciste au pouvoir en opposition avec une partie de la classe capitaliste dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re phase de son d&#233;veloppement, la dictature fasciste peut cependant rassembler autour d'elle non seulement l'ensemble de la classe capitaliste, mais aussi, au-del&#224; de celle-ci, de larges masses populaires. Car la volont&#233; unitaire et impitoyable de la dictature peut accomplir des exploits dont la d&#233;mocratie, qui allait cahin-caha de compromis en compromis, d&#233;chir&#233;e par ses luttes intestines et peu apte &#224; agir de mani&#232;re impitoyable contre les int&#233;r&#234;ts particuliers qui lui r&#233;sistaient, n'&#233;tait pas capable. L'esprit d'officier des dictateurs impose l'ordre et la discipline dans l'administration publique ; toute l'Europe se f&#233;licite de ce que les trains arrivent en Italie plus ponctuellement qu'auparavant. La dictature parvient donc &#224; emp&#234;cher la fuite de l'argent national &#224; l'&#233;tranger, &#224; r&#233;duire l'offre de sa monnaie sur les march&#233;s &#233;trangers et &#224; maintenir ainsi son cours, en d&#233;pit des gros moyens qu'elle investit de mani&#232;re inflationniste dans la cr&#233;ation d'emplois et dans l'armement. Bien moins entrav&#233;e que la d&#233;mocratie bourgeoise par les int&#233;r&#234;ts particuliers de certaines couches capitalistes, par les traditions et les pr&#233;jug&#233;s en mati&#232;re de politique &#233;conomique, elle parvient &#224; d&#233;velopper beaucoup plus rapidement une &#233;conomie &#171; dirig&#233;e &#187;, &#224; endiguer rapidement le ch&#244;mage par le biais d'une politique &#233;conomique inflationniste et hyper-protectionniste. La dictature comprime les salaires et r&#233;duit les &#171; charges sociales &#187; sans se soucier des cons&#233;quences ; elle parvient ainsi &#224; r&#233;tablir les profits. Elle soumet sans m&#233;nagement les ch&#244;meurs au travail forc&#233; ; elle peut ainsi se targuer de la mise en &#339;uvre de grands travaux publics. Issue d'un mouvement nationaliste-militariste, elle abat violemment tous les particularismes r&#233;gionaux et r&#233;alise ainsi l'unit&#233; nationale, elle m&#232;ne une politique &#233;trang&#232;re audacieuse et une politique d'armement dont l'agressivit&#233; effraie les &#201;tats d&#233;mocratiques et les met sur la d&#233;fensive ; son prestige est rehauss&#233; par de si grands succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la base sociale de la dictature fasciste se r&#233;tr&#233;cit au fur et &#224; mesure de son &#233;volution. En r&#233;gulant la balance des paiements avec l'&#233;tranger, elle peut maintenir longtemps le cours de la monnaie nationale, m&#234;me si elle la d&#233;valorise dans le pays en se donnant de mani&#232;re inflationniste les moyens de cr&#233;er du travail et de s'armer. La tension entre la valeur du cours et le pouvoir d'achat devient un obstacle pour l'exportation, et la d&#233;valorisation inflationniste de la monnaie dans le pays se traduit, pour les masses populaires, par une inqui&#233;tante hausse des prix. En d&#233;veloppant l'&#171; &#233;conomie dirig&#233;e &#187; dans une optique militariste et nationaliste, pour pr&#233;parer l'&#233;conomie de guerre, la dictature n'impose pas seulement de lourds sacrifices aux masses populaires : elle entre &#233;galement en conflit avec de puissants int&#233;r&#234;ts capitalistes. Les co&#251;ts &#233;lev&#233;s du r&#233;armement qu'elle entreprend ne p&#232;sent pas seulement sur les masses populaires, mais aussi sur le capital. Sa politique &#233;trang&#232;re nationaliste agressive plonge le pays dans des embrouilles qui menacent de le conduire &#224; la guerre. Sa revendication de domination &#171; totalitaire &#187; de toute la vie de la nation, y compris de sa vie spirituelle, entre en conflit avec les traditions et les id&#233;ologies d'un grand nombre des couches de la bourgeoisie. Ainsi, de grandes fractions de la classe capitaliste dominante se retrouvent en opposition &#224; la dictature de la caste fasciste au pouvoir. Seules les fractions les plus violentes de la classe capitaliste, celles pour qui la r&#233;pression violente du prol&#233;tariat &#224; l'int&#233;rieur et une politique audacieuse et belliqueuse &#224; l'ext&#233;rieur valent tous les sacrifices &#233;conomiques et intellectuels, restent regroup&#233;es autour de la dictature. Elles sont tout &#224; la fois ses soutiens et ses ma&#238;tres. La dictature du capital, par le biais de la caste seigneuriale issue des mouvements de combattants militaro-nationalistes, se r&#233;tr&#233;cit en dictature de la fraction belliqueuse de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments pacifistes de la classe capitaliste &#8211; l'industrie des produits manufactur&#233;s, qui d&#233;pend de l'exportation et a besoin de l'&#233;change pacifique des marchandises entre les peuples ; le commerce, qui est entrav&#233; par l'&#233;conomie de guerre ; la classe des rentiers, qui craint la chute des titres de placement en cas de guerre &#8211; sont rel&#233;gu&#233;s &#224; l'arri&#232;re-plan. Les &#233;l&#233;ments belliqueux de la classe capitaliste, en particulier les industries d'armement et l'aristocratie fonci&#232;re li&#233;e au corps des officiers, prennent le dessus. Comme le capital exerce sa dictature par le biais de la caste dirigeante belliqueuse issue des mouvements de combattants nationaliste-militariste, les tendances belliqueuses l'emportent au sein de la classe capitaliste. La politique agressive et expansionniste des puissances fascistes, dirig&#233;e &#224; l'encontre de la r&#233;partition du pouvoir issue de la derni&#232;re guerre, d&#233;place tous les rapports de force sur le continent. Elle remplit tous les &#201;tats d'une m&#233;fiance r&#233;ciproque. Elle conduit &#224; une nouvelle course aux armements. Elle menace de d&#233;boucher sur une nouvelle guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas un hasard si une telle dictature guerri&#232;re du capital a d'abord triomph&#233; en Italie et en Allemagne. Dans les deux pays, sa victoire a &#233;t&#233; favoris&#233;e par une situation politique nationale particuli&#232;re : en Italie, par la forme particuli&#232;re que la lutte des classes avait prise sous l'influence de la lutte pour et contre l'intervention de l'Italie dans la guerre ; en Allemagne, par les cons&#233;quences de la d&#233;faite militaire. Mais une fois que le fascisme a triomph&#233; et &#233;tabli sa domination dans deux grands &#201;tats, son mod&#232;le peut &#234;tre imit&#233; dans d'autres pays et dans d'autres circonstances, o&#249; les conditions nationales et politiques ne sont pas les m&#234;mes. Le fascisme a montr&#233; &#224; la classe capitaliste de tous les pays qu'une minorit&#233; d&#233;termin&#233;e de soudards audacieux peut suffire &#224; priver le peuple entier de tous ses droits &#224; la libert&#233;, de toutes ses institutions d&#233;mocratiques, de toutes ses organisations ind&#233;pendantes, &#224; &#233;craser compl&#232;tement la classe ouvri&#232;re, &#224; instaurer une dictature capitaliste-militariste. Un tel exemple incite &#224; l'imitation, m&#234;me l&#224; o&#249; les conditions de la victoire du fascisme ne sont pas les m&#234;mes qu'en Italie et en Allemagne. La naissance de la dictature fasciste en Autriche est caract&#233;ristique &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autriche a &#233;t&#233; encore plus durement touch&#233;e que l'Allemagne par sa d&#233;faite dans la Guerre mondiale. Le grand Empire s'est effondr&#233; et il n'en est rest&#233; qu'un petit pays, politiquement impuissant et &#233;conomiquement d&#233;sarm&#233;. Son industrie, priv&#233;e de ses anciens d&#233;bouch&#233;s, se r&#233;duisait comme peau de chagrin. Sa bourgeoisie et sa paysannerie h&#233;sitaient entre l'espoir d'un rattachement &#224; l'Empire allemand et celui d'une restauration de l'ancienne monarchie danubienne. Un mouvement fasciste s'y d&#233;veloppa &#233;galement ; mais d&#232;s le d&#233;but, il renfermait le germe d'une division entre les &#233;l&#233;ments d'ob&#233;dience nationaliste allemande et les &#233;l&#233;ments d'ob&#233;dience patriotique autrichienne ; entre ceux dont le but ultime &#233;tait le rattachement &#224; l'Allemagne, et ceux qui ambitionnaient de restaurer la monarchie des Habsbourg ; entre le nationalisme fasciste subventionn&#233; par une industrie lourde domin&#233;e par le capital allemand, et la r&#233;action noire et jaune dirig&#233;e par la grande propri&#233;t&#233; aristocratique. Lorsque le national-socialisme a triomph&#233; en Allemagne, il a &#233;galement conquis une grande partie du peuple autrichien allemand ; le s&#233;paratisme cl&#233;rical de l'ancienne Autriche, de tendance habsbourgeoise, s'est d&#233;fendu contre la menace d'absorption du pays par le Troisi&#232;me Reich. La bourgeoisie austro-allemande, d&#233;chir&#233;e par la vieille opposition entre sa germanit&#233; et son austrianisme, ne pouvait plus maintenir sa domination par des moyens d&#233;mocratiques. Pour repousser l'assaut du national-socialisme sur le terrain de la d&#233;mocratie, sa fraction austro-cl&#233;ricale aurait d&#251; rechercher l'alliance de la classe ouvri&#232;re et en serait ainsi devenue prisonni&#232;re ; ce n'&#233;tait certainement pas son intention, surtout pas au moment o&#249; la victoire d'Hitler sur les ouvriers allemands renfor&#231;ait son d&#233;sir de briser de la m&#234;me mani&#232;re le pouvoir de la classe ouvri&#232;re en Autriche. C'est ainsi que la fraction cl&#233;ricale, autrichienne et patriotique de la bourgeoisie austro-allemande, hostile &#224; l'annexion par l'Allemagne, d&#233;cida d'utiliser le pouvoir d'&#201;tat pour instaurer une dictature destin&#233;e &#224; abattre par la force &#224; la fois le fascisme nationaliste allemand et la classe ouvri&#232;re. Ce faisant, elle imitait ext&#233;rieurement les m&#233;thodes du fascisme. Elle reprenait l'id&#233;ologie fasciste en l'associant au cl&#233;ricalisme catholique. Mais en r&#233;alit&#233;, son &#171; Front patriotique &#187; ne provient pas, comme le parti fasciste italien et le parti national-socialiste allemand, d'un mouvement populaire de masse : il a &#233;t&#233; invent&#233; et fond&#233; par le gouvernement, impos&#233; aux masses populaires au moyen de la violence d'&#201;tat. En r&#233;alit&#233;, le fascisme n'est pas ici le produit naturel de mouvements de masse &#233;l&#233;mentaires et de luttes de classe, mais un artefact que le pouvoir d'&#201;tat l&#233;gal a impos&#233; au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des techniques d'armement a puissamment renforc&#233; le pouvoir d'&#201;tat contre les masses populaires : un pouvoir qui dispose de mitrailleuses, de canons, de citernes, de trains blind&#233;s, d'avions de guerre, de gaz toxiques, peut abattre tout peuple, le priver de ses libert&#233;s et de ses institutions d&#233;mocratiques. Le d&#233;veloppement de l'&#171; &#233;conomie dirig&#233;e &#187; accro&#238;t consid&#233;rablement le pouvoir de l'&#201;tat sur toutes les entreprises et donc sur les masses populaires qui y travaillent ; ce pouvoir consid&#233;rable de l'&#201;tat peut devenir, et est devenu, un moyen de domination politique. La technique moderne, en particulier la radio et le cin&#233;ma, assure &#224; l'&#201;tat le monopole des moyens efficaces pour influencer spirituellement les masses populaires. Le fascisme a transform&#233; tous les moyens d'organisation de masse et de manifestation de masse que les partis avaient d&#233;velopp&#233;s sur le terrain de la d&#233;mocratie, surtout l'organisation des enfants et des jeunes, l'exploitation politique du sport, l'effet de suggestion des grandes marches, la conversion des moyens de lutte des masses populaires en moyens de leur domination. Lorsqu'elle dispose &#224; la fois de la force militaire, de sa puissance &#233;conomique et des moyens de domination intellectuelle des masses, la classe capitaliste peut utiliser la puissance publique pour d&#233;velopper rapidement et efficacement les mouvements fascistes qui bourgeonnent un peu partout sous l'influence des exemples allemand et italien, et s'en servir pour instaurer sa dictature. C'est ainsi que le pouvoir l&#233;gal, imitant les m&#233;thodes du fascisme italien et allemand, a instaur&#233; la dictature en Autriche et dans les pays baltes. C'est ainsi que dans tous les pays capitalistes, les associations fascistes s'&#233;chinent &#224; trouver l'occasion de s'allier avec le pouvoir l&#233;gal et d'arriver au pouvoir par son interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chances de victoire du fascisme ne sont toutefois pas du tout les m&#234;mes dans tous les pays. Elles sont plus grandes dans les pays dont l'&#233;conomie capitaliste a subi des secousses particuli&#232;rement graves que dans les pays o&#249; le capitalisme est fort et plus r&#233;sistant. Ils sont bien plus importants dans les pays qui ont connu derni&#232;rement de grands processus r&#233;volutionnaires que dans les pays qui depuis plusieurs d&#233;cennies n'ont connu ni guerre ni r&#233;volution. Elles sont plus petites dans les pays dont la d&#233;mocratie est ancienne et profond&#233;ment enracin&#233;e dans les id&#233;es du peuple que dans les jeunes d&#233;mocraties. Mais il n'y a gu&#232;re de pays capitaliste qui ne porte en lui cette possibilit&#233; que la classe capitaliste, dans un moment de graves secousses &#233;conomiques et sociales, dans un moment de forte aggravation des antagonismes de classe, utilise le pouvoir d'&#201;tat pour briser la d&#233;mocratie et instaurer sa dictature. Certes, la bourgeoisie, les membres individuels de la classe capitaliste ont eux aussi de fortes inhibitions &#224; surmonter avant de se d&#233;cider pour le fascisme, inhibitions qui s'enracinent dans toute l'histoire de la bourgeoisie, dans toute sa tradition et son id&#233;ologie. Car la dictature fasciste d&#233;truit les acquis juridiques et culturels les plus pr&#233;cieux de toute l'&#232;re du d&#233;veloppement bourgeois-capitaliste, de la R&#233;forme &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise en passant par la r&#233;volution bourgeoise. Elle d&#233;truit les institutions de l'&#201;tat de droit que l'absolutisme, sous l'influence des Lumi&#232;res bourgeoises, avait d&#233;j&#224; mises en place et par lesquelles il avait accord&#233; au citoyen la s&#233;curit&#233; juridique et la protection du droit. Elle d&#233;truit les droits et libert&#233;s que le lib&#233;ralisme bourgeois avait autrefois arrach&#233;s &#224; l'absolutisme, et an&#233;antit les organisations et les corps d&#233;mocratiques que la bourgeoisie avait constitu&#233;s et par lesquels elle avait prot&#233;g&#233; ses int&#233;r&#234;ts. Elle d&#233;truit la libert&#233; intellectuelle, condition indispensable &#224; l'&#233;panouissement de la science bourgeoise. Elle soumet chaque individu &#224; l'arbitraire sans limite des d&#233;tenteurs du pouvoir, elle livre l'existence physique de chaque individu aux mauvais traitements et &#224; l'extermination par les bandits fascistes, l'existence &#233;conomique du citoyen &#224; la toute-puissance de l'&#201;tat. Et pour couronner le tout, elle renvoie la soci&#233;t&#233; &#224; un &#233;tat de barbarie r&#233;volu depuis des si&#232;cles. Mais lorsqu'il lui faut choisir entre ses profits et ses traditions, ses id&#233;ologies, les acquis de sa propre histoire, la classe capitaliste choisit ses profits. Lorsqu'elle a le choix entre la mise en danger de ses profits et la barbarie, elle choisit la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande vague de fascisme qui a d&#233;ferl&#233; sur l'Europe &#224; la suite de la crise &#233;conomique mondiale a atteint son apog&#233;e en 1933 et 1934. Apr&#232;s les victoires du fascisme en Allemagne, en Autriche et dans les pays baltes, les mouvements fascistes se sont renforc&#233;s dans tous les &#201;tats d&#233;mocratiques. Mais en raison du processus de relance &#233;conomique des ann&#233;es 1934 et 1935, ces mouvements ne se sont pas d&#233;velopp&#233;s. L&#224; o&#249;, comme en Grande-Bretagne, dans les pays scandinaves et en Belgique, la situation &#233;conomique s'est sensiblement am&#233;lior&#233;e, la vague fasciste est rapidement retomb&#233;e. Il n'y a qu'en France, dans un pays touch&#233; plus tard que les autres par la crise &#233;conomique, o&#249; la crise a atteint plus tard son point critique, o&#249; la bourgeoisie a combattu la crise plus tard que dans les autres pays au moyen de la d&#233;flation, que le fascisme reste une menace actuelle pour la d&#233;mocratie. Il est du m&#234;me coup rest&#233; dangereux pour tous les pays d&#233;mocratiques du continent, car s'il l'emportait en France, presque aucune d&#233;mocratie continentale ne pourrait encore se d&#233;fendre contre son attaque. Mais m&#234;me si le danger fasciste devait s'&#233;vanouir dans un premier temps avec la r&#233;solution progressive de la crise &#233;conomique mondiale dans les pays encore d&#233;mocratiques, de nouvelles vagues de dangers fascistes surviendront d&#232;s que la reprise &#233;conomique sera suivie de graves revers, d&#232;s que de grandes luttes de classes, la menace de la guerre et la guerre &#233;branleront &#224; nouveau la soci&#233;t&#233; capitaliste. Si la menace que la crise &#233;conomique mondiale fait peser sur les profits a d&#233;j&#224; suffi &#224; jeter la bourgeoisie dans les bras du fascisme, &#224; plus forte raison la bourgeoisie cherchera-t-elle refuge dans la dictature lorsque sa propri&#233;t&#233; elle-m&#234;me et son ordre social seront menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience d&#233;truit l'illusion du socialisme r&#233;formiste selon laquelle la classe ouvri&#232;re peut, pacifiquement et progressivement, par la simple utilisation des institutions d&#233;mocratiques, sans saut r&#233;volutionnaire, remplir les formes de la d&#233;mocratie d'un contenu socialiste et d&#233;velopper l'ordre social capitaliste en un ordre socialiste. Aujourd'hui que la classe ouvri&#232;re a vu l'acuit&#233; des antagonismes de classe faire &#233;clater la d&#233;mocratie pour instaurer la dictature fasciste du capital, elle doit reconna&#238;tre que la libert&#233; totale et durable du peuple ne sera assur&#233;e que lorsque les classes elles-m&#234;mes, et donc les antagonismes de classe de l'ordre social capitaliste, auront &#233;t&#233; abolis. Si elle a esp&#233;r&#233; pouvoir obtenir un ordre social socialiste en utilisant la d&#233;mocratie, elle doit maintenant reconna&#238;tre qu'elle doit d'abord lutter pour sa propre domination et construire un ordre social socialiste &#224; travers elle, pour qu'un jour, une d&#233;mocratie parfaite et durable soit possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte pr&#233;c&#233;demment publi&#233; sur le carnet de Tristan Lefort-Martine, &#8220;Elle tourne la Terre&#8221;, en ao&#251;t 2024. Version originale : Der Faschismus, in Wolfgang Abendroth (dir.), Faschismus und Kapitalismus, Francfort/Vienne, Europ&#228;ische Verlagsanstalt/Europa, 1967, p. 143-167.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Cf. les manuscrits de Marx et Engels &#171; Les &#233;lections en Angleterre &#8211; Torries et Whigs &#187; (6 ao&#251;t 1852), &#171; Des partis et des cliques &#187; (5 f&#233;vrier 1855), &#171; Palmerston et l'oligarchie anglaise &#187; (27 f&#233;vrier 1855) et &#171; La constitution anglaise &#187; (2 mars 1855).&lt;/p&gt;
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		<title>Autriche : Un gouvernement d'extr&#234;me droite en vue</title>
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		<dc:subject>Edition du 2025-02-04</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le chancelier conservateur Karl Nehammer, qui s'&#233;tait engag&#233; lors des &#233;lections l&#233;gislatives autrichiennes du 29 septembre &#224; ne pas &#234;tre le marchepied de Kickl pour la chancellerie, vient de d&#233;missionner de ses postes de chancelier et de chef de parti le 4 janvier en lui laissant la voie libre. &lt;br class='autobr' /&gt; 19 janvier 2025 | tir&#233; du site de la gauche anticapitaliste https://www.gaucheanticapitaliste.org/autriche-un-gouvernement-dextreme-droite-en-vue/ &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre, le Parti autrichien de la libert&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/autriche_-_poster-322e2.png?1738670254' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le chancelier conservateur Karl Nehammer, qui s'&#233;tait engag&#233; lors des &#233;lections l&#233;gislatives autrichiennes du 29 septembre &#224; ne pas &#234;tre le marchepied de Kickl pour la chancellerie, vient de d&#233;missionner de ses postes de chancelier et de chef de parti le 4 janvier en lui laissant la voie libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 janvier 2025 | tir&#233; du site de la gauche anticapitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.gaucheanticapitaliste.org/autriche-un-gouvernement-dextreme-droite-en-vue/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gaucheanticapitaliste.org/autriche-un-gouvernement-dextreme-droite-en-vue/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre, le Parti autrichien de la libert&#233; (FP&#214;), d'extr&#234;me droite, dirig&#233; par Herbert Kickl, devenait le premier parti avec 28,85 %, juste devant le Parti populaire autrichien (&#214;VP), conservateur de droite, avec 26,27 %. Les sociaux-d&#233;mocrates, 21,1 %, avaient exclu d'embl&#233;e toute coalition avec le FP&#214; &#224; un niveau national. Les conservateurs ont pu choisir s'ils pr&#233;f&#233;raient gouverner avec Kickl ou avec les sociaux-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations avec les sociaux-d&#233;mocrates et les lib&#233;raux de &#171; Neos &#187; en vue d'une coalition gouvernementale ont &#233;t&#233; interrompues par &#171; Neos &#187; et les conservateurs. Les deux n'&#233;taient pas du tout dispos&#233;s &#224; n&#233;gocier ne serait-ce qu'une participation des riches et des super-riches &#224; l'assainissement n&#233;cessaire du budget (r&#233;introduction d'un imp&#244;t sur les successions ou sur la fortune), tant la pression exerc&#233;e par le capital &#233;tait forte. Les sociaux-d&#233;mocrates avaient &#233;galement propos&#233; des alternatives telles qu'une taxe sur les banques &#8212; tout a &#233;t&#233; balay&#233; d'un revers de main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, les conservateurs se sont d&#233;clar&#233;s pr&#234;ts &#224; former un gouvernement avec l'extr&#234;me droite. Kickl a fait du lobbying avec succ&#232;s en promettant de mettre en &#339;uvre le programme &#233;conomique des conservateurs s'il pouvait en &#233;change occuper la chancellerie et des minist&#232;res importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique contre la classe ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FP&#214; et l'&#214;VP savent que la mise en &#339;uvre du programme &#233;conomique de l'&#214;VP entra&#238;nera un changement d'humeur de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pr&#233;vu de d&#233;truire, ou du moins d'affaiblir consid&#233;rablement, le syst&#232;me de sant&#233; ; de s'attaquer aux travailleurEs du secteur public (gel des salaires des enseignantEs et des infirmi&#232;res&#8230;) et aux retrait&#233;Es (gel des pensions et rel&#232;vement de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite) ; de mettre en place une &#171; r&#233;forme du march&#233; du travail &#187;, c'est-&#224;-dire de r&#233;duire les prestations et de durcir les conditions d'emploi ; d'augmenter les imp&#244;ts de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison des proc&#233;dures en cours contre des repr&#233;sentants de premier plan de l'&#214;VP et du FP&#214;, les deux partis voient d'un bon &#339;il l'affaiblissement des contr&#244;les d&#233;mocratiques et de l'&#201;tat de droit. Ils pr&#233;voient aussi de s'attaquer &#224; l'ind&#233;pendance de la t&#233;l&#233;vision et de la radio publiques et d'exercer une influence massive sur la presse papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaiblissement de la &#171; chambre des travailleurs &#187; (Arbeiterkammer ou AK, dont l'origine remonte &#224; la r&#233;volution de 1918-1919), voire sa destruction par la r&#233;duction ou la suppression des cotisations &#224; cette chambre, est un autre point de d&#233;part. Il en va de m&#234;me pour l'ind&#233;pendance de la justice (suspension des proc&#233;dures, emp&#234;chement des enqu&#234;tes et de l'ouverture de nouvelles proc&#233;dures), de la Cour des comptes, de l'Institut de statistique publique d'Autriche ou encore de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Racisme et r&#233;action au c&#339;ur du programme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En renfor&#231;ant encore les mesures x&#233;nophobes et anti-minorit&#233;s, le m&#233;contentement doit &#234;tre d&#233;tourn&#233; vers des boucs &#233;missaires pr&#233;sum&#233;s (r&#233;fugi&#233;Es, migrantEs, ch&#244;meurEs, b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale, LGBTIQ+ ou encore artistes critiques envers la soci&#233;t&#233;). En outre, le FP&#214; et l'&#214;VP soutiennent tout ce qui alimente la crise climatique et pr&#244;nent l'abandon des objectifs climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De larges alliances pour la d&#233;fense des droits d&#233;mocratiques et sociaux et contre l'&#171; orbanisation &#187; sont d&#233;sormais une n&#233;cessit&#233;. Leur succ&#232;s d&#233;pendra de l'engagement total de la social-d&#233;mocratie et des syndicats (les organisations &#224; gauche de la social-&#173;d&#233;mocratie ne jouent qu'un r&#244;le tr&#232;s limit&#233; en Autriche). C'est un tr&#232;s grand d&#233;fi compte tenu des d&#233;cennies paralysantes du partenariat social, durant lesquelles les temps de gr&#232;ve moyens se mesuraient en minutes, voire en secondes par personne et par an !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, nous devons d&#233;velopper un programme de gauche offensif et d&#233;mystifier non seulement le populisme de droite du FP&#214;, mais aussi l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale des &#171; Neos &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article initialement publi&#233; sur &lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/actualite/international/autriche-un-gouvernement-dextreme-droite-en-vue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Anticapitaliste&lt;/a&gt;, le 16 janvier 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit Photo : DR&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'extr&#234;me droite autrichienne gagne les &#233;lections, mais surtout l'h&#233;g&#233;monie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-extreme-droite-autrichienne-gagne-les-elections-mais-surtout-l-hegemonie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-extreme-droite-autrichienne-gagne-les-elections-mais-surtout-l-hegemonie</guid>
		<dc:date>2024-10-15T10:52:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#192;ngel Ferrero</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-10-15</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les pr&#233;visions se sont finalement r&#233;alis&#233;es et le Parti de la libert&#233; d'Autriche (FP&#214;) a clairement remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives du dimanche 29 septembre 2024, devenant la premi&#232;re force du pays avec 28,85% des voix, soit une augmentation de plus de 12 points par rapport aux derni&#232;res &#233;lections. &lt;br class='autobr' /&gt; 9 octobre 2024 | tir&#233; du site alencontre.org http://alencontre.org/divers/lextreme-droite-autrichienne-gagne-les-elections-mais-surtout-lhegemonie.html &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ces r&#233;sultats, le FP&#214; a r&#233;ussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/droite_autrichienne-d4bf1.png?1728989598' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les pr&#233;visions se sont finalement r&#233;alis&#233;es et le Parti de la libert&#233; d'Autriche (FP&#214;) a clairement remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives du dimanche 29 septembre 2024, devenant la premi&#232;re force du pays avec 28,85% des voix, soit une augmentation de plus de 12 points par rapport aux derni&#232;res &#233;lections.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9 octobre 2024 | tir&#233; du site alencontre.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/divers/lextreme-droite-autrichienne-gagne-les-elections-mais-surtout-lhegemonie.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/divers/lextreme-droite-autrichienne-gagne-les-elections-mais-surtout-lhegemonie.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces r&#233;sultats, le FP&#214; a r&#233;ussi pour la premi&#232;re fois de son histoire &#224; d&#233;passer le Parti populaire autrichien (&#214;VP), qui a obtenu 26,27%, soit une baisse significative de 11 points de pourcentage dans les urnes. Bien que le Parti social-d&#233;mocrate d'Autriche (SP&#214;) n'ait pas r&#233;ussi &#224; am&#233;liorer ses r&#233;sultats &#8211; 21,14% &#8211; il n'a pas non plus enregistr&#233; de pertes significatives, mais la progression du FP&#214; le rel&#232;gue &#224; une inconfortable troisi&#232;me place Il est suivi par le parti lib&#233;ral NEOS avec 9,14% (+1,1) et les Verts avec 8,24% (-5,6). Ni le parti communiste autrichien (KP&#214; : 2,3%), ni le parti satirique de la bi&#232;re (BIER :2%) n'ont r&#233;ussi &#224; franchir le seuil n&#233;cessaire pour entrer au parlement et la question reste de savoir s'ils l'auraient fait si l'autre s'&#233;tait retir&#233;, ainsi que la mesure dans laquelle le SP&#214; a capitalis&#233; sur le vote utile de la gauche [1]. [Le taux de participation fut de 77,3%, donc plus &#233;lev&#233; qu'en 2019 : 75,6% ; voir le graphique ci-dessous ayant trait &#224; la r&#233;partition des si&#232;ges]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_48060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH325/ac8161e7dda83c40-11e1d953-5c2b3.png?1728989598' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de ces &#233;lections sont sans pr&#233;c&#233;dent et l'avenir politique de l'Autriche est incertain. Certaines voix internationales ont d&#233;j&#224; exprim&#233; leur inqui&#233;tude : le ministre italien des affaires &#233;trang&#232;res, Antonio Tajani de Forza Italia, affirme :&#171; Je pense que l'Autriche a besoin d'un gouvernement de coalition qui exclut le FP&#214;, les combats politiques se gagnent toujours au centre afin que les partis d'extr&#234;me gauche et d'extr&#234;me droite ne puissent pas causer de dommages &#187;. Le pr&#233;sident de la Israelitische Kultusgemeinde Wien et Ariel Muzicant et de l'European Jewish Congress, a d&#233;clar&#233; au quotidien italien La Stampa, le 30 septembre : &#171; Kickl se r&#233;clame des slogans de G&#246;bbels, je vais &#233;crire au Pr&#233;sident [Alexander Van der Bellen, &#233;lu au suffrage universel en janvier 2017] qu'il lui fasse obstacle [pour un r&#244;le gouvernemental] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les &#171; bleus &#187; &#8211; nom donn&#233; &#224; l'extr&#234;me droite en Autriche &#8211; aient remport&#233; ces &#233;lections ne signifie pas automatiquement qu'ils gouverneront. Ce lundi 30 septembre, le quotidien Der Standard a rappel&#233; qu'en 2019, il fallait 100 jours pour former un ex&#233;cutif. Si le FP&#214; a d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; son &#233;quipe de n&#233;gociation et ne veut pas attendre trop longtemps pour s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations, plusieurs obstacles se dressent sur son chemin &#224; Ballhausplatz 2, le si&#232;ge de la chancellerie f&#233;d&#233;rale autrichienne. Le pr&#233;sident du pays, Alexander van der Bellen, pourrait par exemple, dans l'exercice de ses fonctions, ne pas confier &#224; Herbert Kickl, le candidat du FP&#214;, le soin de former un gouvernement en faisant appel aux piliers d&#233;mocratiques de la constitution de la IIe R&#233;publique, bien que cette &#233;ventualit&#233; semble peu probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conservateurs d&#233;cisifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le FP&#214; fait la une des journaux, c'est l'&#214;VP qui d&#233;tient la cl&#233; du gouvernement. Malgr&#233; son net recul &#8211; le Parti populaire autrichien n'a b&#233;n&#233;fici&#233; ni de la baisse de l'inflation en ao&#251;t, ni de la stabilit&#233; suppos&#233;e que les &#233;lecteurs recherchent apr&#232;s des catastrophes naturelles telles que les r&#233;centes inondations en Europe centrale, ni de ses &#233;quilibres de politique &#233;trang&#232;re avec la Russie sur la base de la neutralit&#233; historique du pays &#8211; les 52 d&#233;put&#233;s conservateurs seront d&#233;terminants pour la formation d'un ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re option de l'&#214;VP serait d'entrer dans un gouvernement de coalition avec le FP&#214; comme partenaire minoritaire. Cette option a ses partisans et ses d&#233;tracteurs au sein du parti. Parmi les premiers &#8211; y compris, selon des interviews donn&#233;es il y a quelques semaines, le chancelier Karl Nehammer lui-m&#234;me (&#214;VP) &#8211; il y a ceux qui optent pour quelque chose de plus machiav&#233;lique : un cordon sanitaire non pas contre le FP&#214;, mais contre Herbert Kickl, dans l'espoir de pr&#233;cipiter une crise interne dans le parti qui lui permettrait, au moins, de gagner de l'oxyg&#232;ne m&#234;me s'il gouverne avec eux et de regagner ainsi le terrain perdu. Dans cette constellation politique, l'&#214;VP utiliserait s&#251;rement ses 52 si&#232;ges dans les n&#233;gociations pour revendiquer des portefeuilles cl&#233;s tels que les Finances, l'Int&#233;rieur et la Justice qui lui permettraient de se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lectorat comme le partenaire fiable de la coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me option, une grande coalition avec les sociaux-d&#233;mocrates &#233;tant exclue &#8211; l'empreinte que le pr&#233;sident de gauche du parti [depuis juin 2023], Andreas Babler, a imprim&#233;e au parti est consid&#233;r&#233;e comme &#171; instable &#187; par une grande partie de l'opinion publique &#8211; consiste pour l'&#214;VP &#224; diriger un gouvernement tripartite avec d'autres partis, les lib&#233;raux &#233;tant le &#171; parti charni&#232;re &#187;, selon le mod&#232;le allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perte de voix dans les circonscriptions industrielles est particuli&#232;rement inqui&#233;tante pour les sociaux-d&#233;mocrates. La direction du SP&#214; a exprim&#233; sa volont&#233; d'entamer un cycle de n&#233;gociations avec les autres partis, et bien que Michael Ludwig, maire de Vienne et l'un des poids lourds du parti, ait d&#233;clar&#233; aux m&#233;dias qu'un d&#233;bat sur les noms au sein du parti n'&#233;tait pas envisag&#233;, la d&#233;mission de Babler pourrait bien &#234;tre le prix &#224; payer pour la signature d'une coalition avec les conservateurs s'il finit par &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le principal obstacle &#224; la formation de cette coalition. Comme le note Barbara T&#243;th dans Der Falter, &#171; la campagne &#233;lectorale est termin&#233;e et les luttes de pouvoir commencent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant les discussions entre les partis, la soci&#233;t&#233; civile s'est d&#233;j&#224; mobilis&#233;e et une premi&#232;re manifestation a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; convoqu&#233;e pour le jeudi 3 octobre devant le Parlement, exigeant que les partis politiques ne pactisent pas avec le FP&#214;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le FP&#214; conquiert l'h&#233;g&#233;monie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le FP&#214; reste en dehors du gouvernement, il ne faut pas oublier qu'il a gagn&#233; quelque chose d'encore plus important : l'h&#233;g&#233;monie politique. En tant que premi&#232;re force parlementaire, il pourrait suivre l'exemple du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen et, &#224; partir de l&#224;, s'efforcer de miner l'ex&#233;cutif &#8211; in&#233;vitablement pr&#233;sent&#233; comme une &#171; coalition de perdants &#187; &#8211; puis, &#224; un moment plus propice, s'attaquer &#224; la Chancellerie f&#233;d&#233;rale. Entre-temps, et surtout &#224; travers les apparitions m&#233;diatiques de ses &#233;lus et les m&#233;dias sociaux, le FP&#214; normalise son discours aupr&#232;s de l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confirmation dans les urnes de ce que les sondages ont montr&#233; ces derniers mois et qui r&#233;v&#232;le que, contrairement &#224; ce qui se passait il y a quelques ann&#233;es, de moins en moins d'&#233;lecteurs n'h&#233;sitent pas &#224; exprimer ouvertement leur sympathie pour le FP&#214;, est une indication du chemin parcouru par l'extr&#234;me droite autrichienne dans ce domaine. Interrog&#233;e par l'agence de presse APA sur les r&#233;sultats des &#233;lections, la dramaturge et prix Nobel de litt&#233;rature 2004 Elfriede Jelinek &#8211; ancienne critique du FP&#214; et l'une des voix les plus connues contre le parti &#8211; a r&#233;pondu laconiquement : &#171; Rien, tout a &#233;t&#233; dit, sauf que les catastrophes annonc&#233;es se produisent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FP&#214; a donc des raisons de se r&#233;jouir des r&#233;sultats de ces &#233;lections, car m&#234;me sans gouverner, il pourra influencer l'agenda du prochain gouvernement. Kickl pourrait, depuis son si&#232;ge de d&#233;put&#233;, devenir l'un des hommes forts de l'extr&#234;me droite en Europe centrale. La figure de proue de cette tendance, Viktor Orb&#225;n, est d&#233;j&#224; au pouvoir en Hongrie depuis des ann&#233;es, et lors des r&#233;centes &#233;lections r&#233;gionales en R&#233;publique tch&#232;que &#8211; qui se sont d&#233;roul&#233;es en m&#234;me temps que les &#233;lections s&#233;natoriales &#8211; le parti d'Andrej Babi&#353;, l'ANO, a &#233;t&#233; le parti le plus vot&#233;. Si ces r&#233;sultats se confirment, Andrej Babi&#353; d&#233;tr&#244;nerait Petr Fiala au poste de premier ministre lors des &#233;lections l&#233;gislatives pr&#233;vues en octobre 2025, si elles ne sont pas anticip&#233;es. Babi&#353; est l'un des fondateurs, avec Kickl et Orb&#225;n, des &#171; Patriotes pour l'Europe &#187;, la troisi&#232;me force au Parlement europ&#233;en, dont Vox [dans l'Etat espagnol] est &#233;galement membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun des sc&#233;narios n'augure de &#171; stabilit&#233; &#187; et tous confirment un glissement vers la droite en Europe. (Article publi&#233; sur le site de Sin Permiso, le 30 septembre 2024 ; &lt;strong&gt;traduction-&#233;dition r&#233;daction A l'Encontre&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] A Vienne, la capitale, le SP&#214; obtient 29,8% de suffrages, le FP&#214; 21,2%, l'&#214;VP 17,6%, Gr&#252;ne(Les Verts) : 12% ; NEOS 11,1%, KP&#214;, 3,8%. Le taux de participation dans cette circonscription fut de 67,4%. Le quorum se situe &#224; 4%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville de Graz, la troisi&#232;me du pays, le SP&#214; obtient 21,7% de suffrages, l'&#214;VP, 21,3%, le FP&#214; 19,9%, 17,6%, Gr&#252;ne 15,5%, NEOS 12,1% ; KP&#214;, 6%. Le taux de participation : 73,3%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Innsbruck, la deuxi&#232;me du pays, le SP&#214; obtient 23% de suffrages, l'&#214;VP, 20,81%, le FP&#214; 22,29, 17,6%, Gr&#252;ne 14,68%, NEOS 11,56%, KP&#214; 3,84%. Le taux de participation : 69,81%. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Autriche, les cheminots lancent une &#8220;gr&#232;ve d'avertissement&#8221; pour faire augmenter les salaires</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Autriche-les-cheminots-lancent-une-greve-d-avertissement-pour-faire</link>
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		<dc:date>2022-11-29T13:42:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Courrier international</dc:creator>


		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Monde du travail et syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un contexte de forte inflation, patronat et syndicats se rejettent la responsabilit&#233; de cette gr&#232;ve massive, assure la &#8220;Kleine Zeitung&#8221;. L'ensemble des lignes de chemins de fer de la r&#233;publique des Alpes sont perturb&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Courrier international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur sa une du 28 novembre, la Kleine Zeitung affiche un panneau d'avertissement orn&#233; d'une locomotive et du mot &#8220;gr&#232;ve&#8221;. &#8220;Les trains sont &#224; l'arr&#234;t&#8221;, titre le quotidien r&#233;gional sur la premi&#232;re page de ses &#233;ditions de Carinthie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Monde-ouvrier-et-syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L117xH150/arton55096-102a4.png?1678595716' class='spip_logo spip_logo_right' width='117' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de forte inflation, patronat et syndicats se rejettent la responsabilit&#233; de cette gr&#232;ve massive, assure la &#8220;Kleine Zeitung&#8221;. L'ensemble des lignes de chemins de fer de la r&#233;publique des Alpes sont perturb&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/une/la-une-du-jour-en-autriche-les-cheminots-lancent-une-greve-d-avertissement-pour-faire-augmenter-les-salaires&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur sa une du 28 novembre, la &lt;a href=&#034;https://www.pressreader.com/austria/kleine-zeitung-steiermark/20221128/page/2/textview&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kleine Zeitung&lt;/a&gt; affiche un panneau d'avertissement orn&#233; d'une locomotive et du mot &#8220;gr&#232;ve&#8221;. &#8220;Les trains sont &#224; l'arr&#234;t&#8221;, titre le quotidien r&#233;gional sur la premi&#232;re page de ses &#233;ditions de Carinthie, Styrie, et Tyrol oriental. Dans toute l'Autriche, une &#8220;gr&#232;ve d'avertissement&#8221; de vingt-quatre heures bloque l'ensemble de la circulation ferroviaire, y compris pour les trajets de et vers l'&#233;tranger. Environ 1 million d'usagers pourraient &#234;tre affect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;publique des Alpes, les mouvements sociaux de cette ampleur sont relativement rares. La derni&#232;re gr&#232;ve des employ&#233;s de la compagnie ferroviaire nationale, &#214;BB, date de 2003. Mais le taux d'inflation, qui a atteint 11 % en octobre, semble changer la donne. &#8220;Patrons et syndicats se rejettent mutuellement la responsabilit&#233; de la gr&#232;ve&#8221;, assure le journal de Klagenfurt. Les quelque 50 000 cheminots autrichiens n&#233;gocient depuis pr&#232;s de deux mois des hausses de salaires, mais ils estiment que les offres du patronat demeurent trop faibles, ce que r&#233;futent leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Large mouvement social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Le syndicat Vida reproche au camp patronal de la Chambre f&#233;d&#233;rale d'&#233;conomie de n'avoir augment&#233; que de 8 euros sa proposition initiale d'une augmentation de 200 euros (plus une prime de 1 000 euros).&#8221; Ils demandent des augmentations mensuelles de 400 euros net, ainsi que de meilleurs salaires d'embauche pour les cheminots des trains de nuit de l'entreprise &#214;BB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, &#8220;les patrons r&#233;pliquent que leur proposition d'augmentation est pass&#233;e de 8 % &#224; 8,44 %&#8221;. Ils accusent les syndicats d'avoir des vis&#233;es politiques et d'avoir lanc&#233; une gr&#232;ve &#8220;gratuite&#8221;, selon les mots du patron de l'&#214;BB, Andreas Matth&#228;. Ce dernier assure que l'offre faite aux cheminots est &#8220;la plus &#233;lev&#233;e&#8221; d'Autriche pour faire face &#224; la hausse des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, selon la Kleine Zeitung, le mouvement de gr&#232;ve ne se limite pas qu'aux chemins de fer. &#8220;Les brasseries font &#233;galement une gr&#232;ve d'avertissement &#224; partir d'aujourd'hui, explique-t-elle. Et un arr&#234;t de travail est &#233;galement annonc&#233; dans le commerce de d&#233;tail.&#8221; Dans ces domaines, le syst&#232;me autrichien &#8211; qui repose sur des n&#233;gociations par branches entre la Chambre f&#233;d&#233;rale d'&#233;conomie, regroupant les repr&#233;sentants du patronat, et l'intersyndicale &#8211; peine &#224; trouver des solutions pour apaiser le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Madrid, &#224; Berlin, &#224; Bruxelles des dizaines de milliers de manifestants pour le climat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-Madrid-a-Berlin-a-Bruxelles-des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-pour-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-Madrid-a-Berlin-a-Bruxelles-des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-pour-le</guid>
		<dc:date>2019-03-19T12:25:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Reporterre</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Suisse</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Mobilisation des jeunes pour le climat</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans de nombreuses villes europ&#233;ennes, les manifestations pour le climat emplissent aujourd'hui les rues. &#192; Madrid, le climat va peser dans les prochaines &#233;lections ; en Allemagne, Berlin comme de nombreuses villes r&#233;sonnent de slogans &#233;cologiques ; &#224; Bruxelles, les jeunes ont &#233;t&#233; rejoints par de nombreux adultes. &#192; Istanbul, aussi, on s'est retrouv&#233; pour le climat. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Reporterre. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Madrid, &#171; pas un degr&#233; de plus, ni une esp&#232;ce en moins ! &#187; Madrid (Espagne), correspondance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Turquie-+" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Suisse-+" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mobilisation-des-jeunes-pour-le-climat-+" rel="tag"&gt;Mobilisation des jeunes pour le climat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-03-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-03-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton38331-10af4.jpg?1677096992' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans de nombreuses villes europ&#233;ennes, les manifestations pour le climat emplissent aujourd'hui les rues. &#192; Madrid, le climat va peser dans les prochaines &#233;lections ; en Allemagne, Berlin comme de nombreuses villes r&#233;sonnent de slogans &#233;cologiques ; &#224; Bruxelles, les jeunes ont &#233;t&#233; rejoints par de nombreux adultes. &#192; Istanbul, aussi, on s'est retrouv&#233; pour le climat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/A-Madrid-a-Berlin-a-Bruxelles-des-dizaines-de-milliers-de-manifestants-pour-le&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reporterre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Madrid, &#171; pas un degr&#233; de plus, ni une esp&#232;ce en moins ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Madrid (Espagne), correspondance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impulsion du mouvement international &#171; Fridays for future &#187;, des milliers de jeunes &#8212; et quelques seniors &#8212; ont manifest&#233;, ce vendredi midi, dans 45 villes espagnoles. &#192; Madrid, le cort&#232;ge est parti de la Puerta del Sol, c&#339;ur de la capitale, et a d&#233;fil&#233; jusque devant les statues de lions du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s pour d&#233;noncer l'inaction de la classe politique face &#224; l'urgence climatique. Des slogans tels que &#171; Pas un degr&#233; de plus ni une esp&#232;ce de moins ! &#187;, &#171; Qu'on augmente les salaires, pas les temp&#233;ratures ! &#187; ou &#171; Si la plan&#232;te &#233;tait une banque, on l'aurait d&#233;j&#224; sauv&#233;e &#187; ont r&#233;sonn&#233; tout au long de la marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amara et Irene, respectivement 22 et 21 ans, participent &#224; leur deuxi&#232;me rassemblement. Les &#233;tudiantes en biologie estiment que &#171; le moment est critique, l'&#233;tat de la plan&#232;te aussi, et on sait gr&#226;ce &#224; la science que l'on ne peut pas continuer sur cette voie consum&#233;riste. Les politiques doivent en prendre conscience. L'Espagne peut agir rapidement, par exemple, en important moins, en misant plus sur l'agriculture durable ou en limitant les produits et sacs plastiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/1-14.jpg?4215/4c59c20bce93d43be66a8ebe1f41f4f67c3b2faa25dd787e1b3eb5014962377d&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/4c59c20bce93d43b-611f93a8-51492.jpg?1717576923' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La manifestation &#233;tait dirig&#233;e par le syndicat des &#233;tudiants, avec l'appui d'organisations &#233;cologistes. La maire de Madrid, Manuela Carmena, a soutenu via Twitter les jeunes descendus dans la rue : &#171; Le futur peut seulement &#234;tre vert et respectueux de la plan&#232;te. &#187; Compte tenu du succ&#232;s croissant des rassemblements et marches pour le climat dans le pays, la th&#233;matique &#233;cologique sera probablement un des th&#232;mes abord&#233;s lors des prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales (28 avril) et europ&#233;ennes, r&#233;gionales et municipales (26 mai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Allemagne, des marches dans plus de 200 villes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/2-13.jpg?4216/6b8cbc1095ab3100c1dab04edb894eaeead122c973e54e7c94a7e6e4a2f12efa&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH375/6b8cbc1095ab3100-d763a2d5-8a41d.jpg?1717576923' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Berlin (Allemagne), correspondance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Allemagne que les jeunes se sont le plus mobilis&#233;s. Entre 20.000 et 25.000 &#224; Berlin, 10.000 &#224; Cologne, 8.000 &#224; Munich&#8230; Au total, ils sont descendus dans la rue dans plus de 220 villes du pays, scandant &#171; Nous sommes ici, nous sommes bruyants, parce que vous nous volez notre futur ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui se passe en ce moment au niveau politique en mati&#232;re de protection du climat, c'est une farce &#187;, a lanc&#233; Lisa Neubauer, 22 ans, figure de proue du mouvement Fridays for Future en Allemagne, devant la foule r&#233;unie &#224; Berlin. &#171; C'est une catastrophe qui va tous nous toucher &#187;, a-t-elle poursuivi, r&#233;clamant que l'Allemagne sorte du charbon d'ici 2030, alors que le gouvernement ne l'envisage pas avant 2038. &#171; Cette gr&#232;ve, c'est une cons&#233;quence logique du manque d'action politique &#187;, explique Ralf, un p&#232;re de famille venu avec ses jeunes enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains &#233;tablissements scolaires sont rest&#233;s inflexibles sur l'obligation d'assister aux cours, d'autres ont au contraire organis&#233; le d&#233;placement, regroupant les &#233;l&#232;ves par classe, encadr&#233;s par leurs professeurs. Le cort&#232;ge a parcouru les rues du centre de la capitale avant de s'arr&#234;ter devant la chancellerie f&#233;d&#233;rale, sous les fen&#234;tres de la cheffe du gouvernement Angela Merkel. &#171; Ce qui m'a d&#233;cid&#233; &#224; venir, c'est de voir les manchots et les ours polaires qui vont peut-&#234;tre dispara&#238;tre parce que la banquise fond &#187;, dit Nina, 9 ans. &#171; On nous dit que nous les enfants, on est l'avenir, c'est pour &#231;a qu'on est l&#224;. Si nous le faisons pas, qui le fera ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de 20000 jeunes &#224; Vienne en Autriche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L467xH701/b4ee692ee0a969a1-0719d72b-02ae4.jpg?1717268248' width='467' height='701' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que la mobilisation &#171; Friday for future &#187; &#233;tait jusqu'ici rest&#233;e tr&#232;s discr&#232;te en Autriche, les &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants autrichiens ont organis&#233; aujourd'hui des d&#233;fil&#233;s dans toutes les grandes villes du pays. A Vienne, entre 10.500 et 25.000 jeunes (selon les chiffres respectifs de la police et des participants) se sont rassembl&#233;s sur la Place des H&#233;ros, devant l'ancien palais imp&#233;rial. Devant la tribune a &#233;t&#233; install&#233;e une horloge cube, embl&#232;me de la ville, dont les aiguilles tournent &#224; toute vitesse, flanqu&#233;e des injonctions &#171; Act Now ! &#187;, &#171; Plus de temps &#224; perdre ! &#187;. Beaucoup de lyc&#233;ens sont venus en classe enti&#232;re, emmen&#233;s par leurs enseignants ; l'argument pr&#233;sentant cette &#171; sortie &#187; comme une s&#233;ance de formation politique est d'autant mieux re&#231;u que le droit de vote peut s'exercer ici d&#232;s 16 ans. Dans une ambiance festive, les discours en allemand et en anglais ont &#233;t&#233; ponctu&#233;s par les appels de la foule r&#233;clamant &#171; justice &#187;. Encourag&#233;s sur Twitter par le pr&#233;sident Van der Bellen, les manifestants se sont ensuite rendus sous les fen&#234;tres du chancelier Kurz, puis ont rejoint successivement les minist&#232;res de l'&#201;ducation, du d&#233;veloppement durable (nouveau nom du minist&#232;re de l'Environnement) et des Transports. Parmi les revendications : l'annulation du projet d'une troisi&#232;me piste pour l'a&#233;roport et de la r&#233;cente d&#233;cision d'augmenter la vitesse &#224; 140 km/h sur les autoroutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre de l'Environnement a annonc&#233; pour lundi une rencontre avec des porte-paroles de &#171; Friday for Future &#187;, tandis que ceux-ci appellent &#224; de nouveaux rassemblements chaque vendredi &#224; 11h55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Bruxelles, une mobilisation renforc&#233;e par la pr&#233;sence des adultes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/4-8.jpg?4218/9fab92d9ec0bc30177f858ae66c629987579126c057d197211f830d39e492bd3&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/9fab92d9ec0bc301-bb599c86-582d2.jpg?1717576923' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bruxelles (Belgique), reportage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues de la capitale de l'Europe, ce n'est pas la bruine qui va d&#233;courager les milliers de manifestants, d&#233;j&#224; bien rod&#233;s &#224; ces actions publiques, car ils sont &#8212; bien entendu &#8212; &#171; plus chauds que le climat ! &#187; La Belgique est en effet l'un des pays o&#249; la mobilisation des citoyens pour davantage de politiques environnementales ambitieuses s'est r&#233;v&#233;l&#233;e particuli&#232;rement forte ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, la proportion d'adultes est beaucoup plus importante que lors des marches de jeunes pour le climat qui, en Belgique, ont lieu tous les jeudis depuis janvier. Et pour cause, ce 15 mars a aussi &#233;t&#233; marqu&#233; par la pr&#233;sence de nombreuses organisations internationales (Greenpeace, Oxfam, WWF, Amnesty International&#8230;) et surtout locales, issues du dense tissu associatif belge ; de syndicats, de partis politiques (de gauche) et m&#234;me de scouts. La manifestation a &#233;t&#233; coorganis&#233;e par Youth for Climate, Students for Climate, Workers for Climate, Teacher for Climate et Rise for Climate. Comme toujours, les pancartes sont panach&#233;es de slogans en anglais, en n&#233;erlandais et en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#234;te du cort&#232;ge, on retrouve toutefois les jeunes. Avec les visages d&#233;sormais connus d'Anuna De Wever (Youth for Climate, qui a donn&#233; l'impulsion en Flandre) et Youna Marette (G&#233;n&#233;ration climat, pour la partie wallonne). Les jeunes manifestants sont encadr&#233;s par des &#171; Gilets roses &#187;, des citoyens, parents, professeurs qui ont r&#233;pondu &#224; un appel sur Facebook pour assurer le bon d&#233;roul&#233; de la manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des actions ont aussi &#233;t&#233; organis&#233;es dans 24 autres villes. Le pays est en effet particuli&#232;rement mobilis&#233; ces derniers temps, car nombreux sont ceux qui veulent faire pression pour l'adoption par le gouvernement f&#233;d&#233;ral d'une loi sp&#233;ciale climat (&#233;labor&#233;e par des chercheurs et des juristes) qui pourrait modifier la Constitution du Royaume. Une p&#233;tition lanc&#233;e en f&#233;vrier (Sign for my future), demandant une nouvelle l&#233;gislation, des investissements dans la transition &#233;nerg&#233;tique et un conseil ind&#233;pendant pour surveiller les politiques en la mati&#232;re en Belgique, a d&#233;j&#224; recueilli pr&#232;s de 170.000 signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Istanbul : &#171; On veut montrer &#224; Greta qu'elle n'est pas seule &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/6-7.jpg?4219/ce85ad9bfbab68323aae4208badb0b125ee227d2f558523223d84a61a7566356&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/ce85ad9bfbab6832-18c00885-9459d.jpg?1717576923' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Istanbul (Turquie), reportage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On s'est r&#233;unis ici parce que c'est un endroit s&#251;r &#187;, d&#233;clare Eyl&#252;l, trentenaire stambouliote qui travaille dans la mode et est venue soutenir les jeunes r&#233;unis aujourd'hui, vendredi 15 mars 2019, dans le parc Bebek, &#224; Istanbul (Turquie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habituellement, les manifestations ont lieu dans le centre de la ville, &#224; la fameuse place Taksim. C'est l&#224; qu'en 2013 a eu lieu le mouvement Gezi. La mobilisation, fortement r&#233;prim&#233;e par le gouvernement, s'opposait &#224; la construction d'un centre commercial &#224; la place du parc Gezi et cherchait &#224; d&#233;noncer la politique urbaine gouvernementale ax&#233;e sur la densification des constructions dans le centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; Bebek, quartier cossu d'Istanbul, seulement quelques policiers sont pr&#233;sents. Environ 200 manifestants, beaucoup de parents et leurs enfants, ont march&#233; ensemble dans le parc situ&#233; le long du Bosphore, rive europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'attendais &#224; une cinquantaine de personnes, mais on &#233;tait bien plus. Je suis content &#187;, d&#233;clare Atlas Sarrafoglu, &#226;g&#233; de seulement 11 ans. C'est lui qui est &#224; l'initiative du mouvement, ici, &#224; Istanbul. &#171; On veut montrer &#224; Greta qu'elle n'est pas seule. &#187; Sur une pancarte, on peut lire &#171; Hi Greta, your voice is rippling in the Bosphorus &#187; (&#171; Salut, Greta, ta voix se propage sur le Bosphore &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'aime bien suivre l'actualit&#233;. Alors quand j'ai vu ce qu'il se passait avec Greta Thunberg, j'ai voulu voir s'il n'y avait rien &#224; Istanbul, donc je me suis lanc&#233;. &#187; Le jeune activiste est en lien avec l'organisation Fridays For Future, qui aide les jeunes &#224; se mobiliser pour le climat dans le monde entier. Ravi du succ&#232;s, Atlas Sarrafoglu pense d&#233;j&#224; &#224; la prochaine marche, qui devrait avoir lieu le 24 mai, &#171; mais peut-&#234;tre qu'on en refera une avant cette date &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suisse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le journal &lt;a href=&#034;https://lecourrier.ch/2019/03/15/les-jeunes-prennent-a-nouveau-la-rue/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Courrier&lt;/a&gt;, plus de 66000 jeunes se sont mobilis&#233;s le 15 mars dernier en Suisse. (PTAG)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/5-9.jpg?4221/5f3a760d09eee5ccead3b5ae4707727798c0b273a4a454528dce57c7939ec92c&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH292/5f3a760d09eee5cc-6d2872ed-fcca3.jpg?1717576923' width='500' height='292' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belgique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon &lt;a href=&#034;https://www.lesoir.be/212599/article/2019-03-15/partout-dans-le-monde-les-jeunes-interpellent-leurs-dirigeants-sur-le-climat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Soir&lt;/a&gt;, &#034;la police belge a recens&#233; 30.000 marcheurs &#224; Bruxelles, et d'autres rassemblements se tenaient &#224; Louvain-la-Neuve (3.300 participants) Li&#232;ge, Mons (1.000), Li&#232;ge (800) Namur (600) ou Tournai (400) et en Flandre.&#034; (PTAG)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/9577855e8d576173-ae4a7164-606c1.jpg?1717576923' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Violences institutionnelles contre les femmes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Violences-institutionnelles-contre-les-femmes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Violences-institutionnelles-contre-les-femmes</guid>
		<dc:date>2018-12-18T00:07:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anna Spillmann</dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La R&#233;publique F&#233;d&#233;rale d'Autriche a aujourd'hui cent ans, si on compte aussi les cinq ann&#233;es &#171; austro-fascistes &#187; sous Dollfuss (1933-1938) et les sept ann&#233;es d'annexion par l'Allemagne hitl&#233;rienne (1938-1945). Depuis un an, le pays est gouvern&#233; par une coalition entre l'&#214;VP (Parti Populaire Autrichien, droite classique) et le FP&#214; (Freiheitliche Partei &#214;sterreichs, extr&#234;me-droite). &lt;br class='autobr' /&gt; Des &#233;lections parlementaires d'octobre 2017 l'&#214;VP (chr&#233;tiens d&#233;mocrates) est ressorti comme parti le plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton37279-495e7.jpg?1676888653' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La R&#233;publique F&#233;d&#233;rale d'Autriche a aujourd'hui cent ans, si on compte aussi les cinq ann&#233;es &#171; austro-fascistes &#187; sous Dollfuss (1933-1938) et les sept ann&#233;es d'annexion par l'Allemagne hitl&#233;rienne (1938-1945). Depuis un an, le pays est gouvern&#233; par une coalition entre l'&#214;VP (Parti Populaire Autrichien, droite classique) et le FP&#214; (Freiheitliche Partei &#214;sterreichs, extr&#234;me-droite).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des &#233;lections parlementaires d'octobre 2017 l'&#214;VP (chr&#233;tiens d&#233;mocrates) est ressorti comme parti le plus fort avec 62 si&#232;ges sur 183. Pour pouvoir gouverner, Sebastian Kurz, le leader de l'&#214;VP devenu chancelier (Premier Ministre), a form&#233; une coalition avec les 51 d&#233;put&#233;s du FP&#214;. Vice-chancelier est le pr&#233;sident du FP&#214; Heinz-Christian Strache ; son parti a obtenu en tout six minist&#232;res, dont ceux de l'Int&#233;rieur, de la D&#233;fense, des affaires &#233;trang&#232;re ainsi que le Minist&#232;re du Social (travail, sant&#233;, assurances sociales et protection des consommateurs). et le Minist&#232;re Femmes-Famille-Jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sebastian Kurz d&#233;clare qu'il veut rendre l'&#233;conomie autrichienne comp&#233;titive et se pr&#233;cipite dans des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales : sans consulter ni les syndicats ni m&#234;me les repr&#233;sentant-e-s patronaux-ales, il a fait voter le 5 juillet 2018 au parlement la Loi sur la flexibilisation et l'allongement de la journ&#233;e de travail. En vigueur depuis le 1er septembre dernier, elle permet &#224; l'employeur-e d'imposer au personnel jusqu'&#224; douze (!) heures de travail par jour et jusqu'&#224; 60 heures par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beate Hartinger-Klein, la ministre du social n'a rien eu &#224; redire contre l'allongement du temps de travail, dont elle salue l'effet d'&#171; assainissement &#187; de l'&#233;conomie, au nom duquel elle promet de &#233;conomiser de son c&#244;t&#233; 500 millions d'euros de d&#233;penses pour l'assurance maladie-accidents, et ceci tout en baissant la participation patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bonne logique, l'extension des heures de travail des parents devrait &#234;tre accompagn&#233;e d'un &#233;largissement des heures d'accueil des structures de garde des enfants, ce qui impliquerait la cr&#233;ation de places suppl&#233;mentaires. Or, c'est le contraire qui se passe : des garderies sont supprim&#233;es, et d'autres deviennent payantes. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral entend r&#233;duire ses d&#233;penses pour ce poste et tente &#224; les faire supporter aux L&#228;nder. Aussi assistons-nous depuis des mois &#224; une gu&#233;rilla entre Vienne et les services r&#233;gionaux &#224; ce sujet, dont les parents font les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des modifications importantes sont d&#233;j&#224; appliqu&#233;es aux pratiques de l'assurance-ch&#244;mage, d'autres sont &#224; l'&#233;tude. On limite la dur&#233;e et l'&#233;tendue des prestations financi&#232;res, et leur montant est diminu&#233; si le ou la b&#233;n&#233;ficiaire est d&#233;j&#224; aid&#233;-e par une subvention publique. L'acc&#232;s aux stages ou cours de r&#233;insertion devient de plus en plus s&#233;lectif ; la tendance est de les r&#233;server aux candidat-e-s ayant des chances de retrouver un travail, ce qui n'est que rarement le cas des femmes mari&#233;es, qui ont les charges domestiques et &#233;ducatives. Celles qui &#233;l&#232;vent seules leurs enfants n'ont aucune chance d'en b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beat Hartinger-Klein n'est pas seule &#224; s'engager pour &#171; l'assainissement &#187;. Elle est aid&#233;e par sa coll&#232;gue du &#214;VP Juliana Bogner-Strauss, la chef du Minist&#232;re Femmes-Famille-Jeunesse depuis que Sebastian Kurz l'a d&#233;bauch&#233;e de l'universit&#233; o&#249; elle &#233;tait enseignante et chercheuse en biologie mol&#233;culaire. Elle tente de justifier les coupes budg&#233;taires d&#233;cid&#233;es par sa coll&#232;gue du Social en soutenant qu'il incombe aux parents d'assumer la garde de leurs enfants et en mettant en question l'existence de structures publiques de prise en charge des petits. Dans son propre minist&#232;re, Juliana Bogner r&#233;duit aussi le budget avec des coupes qui se traduiront par la fermeture de plusieurs centres de conseil et d'information pour femmes. Une autre victime de ces coupes sera le programme de pr&#233;vention et de gestion de la violence sexuelle, qui existe depuis une dizaine d'ann&#233;es en Autriche et constitue une source d'inspiration pour d'autres pays, car ce programme ne se limite pas &#224; &#233;loigner l'auteur de la violence physique et d'h&#233;berger la victime, mais se propose de d&#233;tecter les raisons du dysfonctionnement familial et d'y porter rem&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes bien loin de 1918, quand l'Autriche fut un des premiers pays europ&#233;ens &#224; avoir accord&#233; le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; aux femmes.****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anna Spillmann&lt;br class='autobr' /&gt;
le 12 d&#233;cembre 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une vague r&#233;actionnaire emporte l'Autriche </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-vague-reactionnaire-emporte-l-Autriche</link>
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		<dc:date>2017-10-16T23:10:10Z</dc:date>
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		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;16 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sebastian Kurz a remport&#233; son pari. &#192; 31 ans, le conservateur est en passe de devenir le plus jeune dirigeant europ&#233;en, en prenant la t&#234;te d'une coalition avec l'extr&#234;me droite. Apr&#232;s les l&#233;gislatives en Allemagne, c'est une nouvelle victoire des forces de droite en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un raz-de-mar&#233;e r&#233;actionnaire. Apr&#232;s une campagne tout enti&#232;re tourn&#233;e contre la pr&#233;sence migratoire en Autriche, le parti conservateur &#214;VP emmen&#233; par le jeune Sebastian (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton32274-8f52e.png?1677096936' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;16 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sebastian Kurz a remport&#233; son pari. &#192; 31 ans, le conservateur est en passe de devenir le plus jeune dirigeant europ&#233;en, en prenant la t&#234;te d'une coalition avec l'extr&#234;me droite. Apr&#232;s les l&#233;gislatives en Allemagne, c'est une nouvelle victoire des forces de droite en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un raz-de-mar&#233;e r&#233;actionnaire. Apr&#232;s une campagne tout enti&#232;re tourn&#233;e contre la pr&#233;sence migratoire en Autriche, le parti conservateur &#214;VP emmen&#233; par le jeune Sebastian Kurz a remport&#233; la mise ce dimanche 15 octobre : il caracole en t&#234;te du scrutin, avec 31,4 % des voix. Derri&#232;re lui arrive un parti d&#233;fendant des th&#232;ses similaires sur l'immigration. Plus d'un &#233;lecteur sur quatre a en effet vot&#233; pour l'extr&#234;me droite du FP&#214; (27,4 %). Le parti social-d&#233;mocrate, formation historique et fondatrice du bipartisme autrichien, est rel&#233;gu&#233; quant &#224; lui &#224; la troisi&#232;me place, avec 26,7 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats sont toutefois &#224; prendre encore avec des pincettes ce lundi, en l'absence du d&#233;compte des bulletins de vote par correspondance (900 000 voix au total), dont le d&#233;pouillement est encore en cours. Certes, l'&#233;cart creus&#233; par l'&#214;VP ne devrait pas beaucoup &#233;voluer, mais les deuxi&#232;me et troisi&#232;me places, relativement serr&#233;es, pourraient encore s'inverser. Quoi qu'il en soit, les sc&#233;narios possibles pour le futur ex&#233;cutif ne sont pas l&#233;gion : l'&#214;VP n'a de choix pour gouverner que de s'allier qu'avec le SP&#214; ou le FP&#214;. La premi&#232;re configuration est improbable, tant la &#171; grande coalition &#187; est us&#233;e par plus d'une d&#233;cennie au pouvoir. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette alliance qui a vol&#233; en &#233;clat, au printemps dernier, sous l'impulsion de Sebastien Kurz, provoquant ces &#233;lections anticip&#233;es. Reste la formation d'un ex&#233;cutif avec le FP&#214; &#8211; option &#224; laquelle le jeune leader du camp conservateur s'est toujours montr&#233; ouvert. Ensemble, ces deux partis pourraient s'appuyer sur 113 si&#232;ges au Nationalrat, l'assembl&#233;e nationale autrichienne qui compte au total 183 d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH268/38a1a66f62486423-fa8a7262-262d2.png?1722842260' width='500' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; La carte des r&#233;sultats &#169; Minist&#232;re de l'int&#233;rieur autrichien &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance annonc&#233;e par l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de l'an dernier, qui avait vu, pour la premi&#232;re fois, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/250416/autriche-lextreme-droite-ramasse-la-mise-au-premier-tour-de-la-presidentielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'extr&#234;me droite acc&#233;der au second tour&lt;/a&gt;, se confirme donc : le FP&#214; est devenu un parti clef de l'&#233;chiquier politique autrichien et les portes du pouvoir lui sont d&#233;sormais ouvertes. Mais la comparaison avec la pr&#233;sidentielle s'arr&#234;te l&#224;, car elle montre aussi paradoxalement la volatilit&#233; d'une partie de l'&#233;lectorat autrichien et le brouillage des pistes au niveau de l'offre politique. Car ce m&#234;me peuple qui a &#233;lu en 2016 un pr&#233;sident &#233;cologiste est capable, un an plus tard, d'&#233;liminer les Verts du parlement : les &#171; Gr&#252;nen &#187; n'obtiennent aucun si&#232;ge cette fois-ci, pour la premi&#232;re fois depuis 31 ans &#8211; m&#234;me si une liste dissidente, emmen&#233;e par un certain Peter Pilz, fait son entr&#233;e &#224; l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tail des r&#233;sultats montre que la Carinthie, r&#233;gion d'origine de J&#246;rg Haider, dans le sud du pays, est d&#233;finitivement le fief du FP&#214; : le parti d'extr&#234;me droite y arrive en t&#234;te, faisant un bond de plus de quinze points par rapport aux l&#233;gislatives de 2013. Le SP&#214; quant &#224; lui sauve les meubles &#224; Vienne &#8211; traditionnel bastion social-d&#233;mocrate &#8211; et dans le Burgenland (est du pays, o&#249; il gouverne en coalition avec le FP&#214;). Dans tous les autres l&#228;nder, c'est le camp conservateur qui d&#233;croche la premi&#232;re place. Et c'est dans le Tyrol, r&#233;gion frontali&#232;re de la Carinthie, qu'il fait son meilleur score, avec 38,6 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH311/a6adf240e3468874-e170f3c4-fad33.png?1722842260' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Sebastian Kurz au soir de la victoire de l'&#214;VP, dimanche 15 octobre 2017 &#169; Reuters &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, conservateurs et extr&#234;me droite cumulent &#8211; en l'attente du vote par correspondance &#8211; pr&#232;s de 60 % des voix. Pour le camp d'en face, c'est la d&#233;route. Comme le souligne dans un tweet le politologue Laurenz Ennser-Jedenastik de l'universit&#233; de Vienne, l'ensemble des forces de gauche autrichiennes fait son plus mauvais score depuis l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le SP&#214; parvient toutefois &#224; limiter la casse en se maintenant &#224; peu pr&#232;s au niveau de son score de 2013 &#8211; il avait alors recueilli 26,82 % des suffrages. Mais l'&#214;VP et le FP&#214; engrangent chacun de leur c&#244;t&#233; une progression spectaculaire de sept points par rapport aux derni&#232;res l&#233;gislatives. D'apr&#232;s l'analyse sortie des urnes de l'institut SORA/ISA publi&#233;e par le quotidien Der Standard, le vote d'extr&#234;me droite aurait b&#233;n&#233;fici&#233; du report de voix d'anciens &#233;lecteurs socialistes, mais aussi d'anciens abstentionnistes. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la participation, plus forte cette ann&#233;e qu'en 2013, a profit&#233; &#224; la fois au camp social-d&#233;mocrate, aux conservateurs et &#224; l'extr&#234;me droite. Mais des trois partis, c'est le FP&#214; qui &#233;largit le plus sa base &#233;lectorale. &lt;i&gt;&#171; Dor&#233;navant, le FP&#214; est presque aussi fort qu'&#224; l'&#233;poque de J&#246;rg Haider, lorsqu'en 1999 il a presque atteint les 27 %. Si l'on ajoute &#224; cela le score de l'&#214;VP, le pays a &#233;t&#233; emport&#233; par un gigantesque tourbillon &#224; droite &#187;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://derstandard.at/2000066023137/Start-Ziel-Sieg-fuer-Kurz-und-Strache-auf-Haiders-Spuren&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;peut-on lire&lt;/a&gt; ce lundi dans &lt;i&gt;Der Standard&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH322/5b4f80bd5f0067f0-6b3951dc-aebee.png?1722842260' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois depuis quinze ans, l'&#214;VP est arriv&#233; en t&#234;te d'une &#233;lection nationale. Pour le jeune chef du Parti populaire d'Autriche, c'est sans conteste une victoire personnelle. Il a non seulement enray&#233; la chute dans laquelle &#233;tait plong&#233;e sa formation et d&#233;menti ceux qui pr&#233;disaient sa fin, mais il a &#233;galement r&#233;ussi &#224; faire de son jeune &#226;ge (31 ans) un atout pour d&#233;crocher la chancellerie et devenir, de ce fait, le plus jeune dirigeant europ&#233;en. Toute la strat&#233;gie &#233;lectorale de Sebastian Kurz &#233;tait en effet bas&#233;e sur l'id&#233;e du renouveau. M&#234;me si lui-m&#234;me n'a rien d'un novice en politique &#8211; cela fait seize ans qu'il est engag&#233; du c&#244;t&#233; des conservateurs autrichiens et sept ans qu'il est membre de l'ex&#233;cutif &#8211;, il n'a eu de cesse, pendant la campagne, de chercher &#224; incarner le renouvellement. &#192; l'instar d'un Emmanuel Macron, il a promu des candidats issus de la soci&#233;t&#233; civile, personnifi&#233; le parti, et parl&#233; d'un &#171; mouvement &#187; plus que d'un &#171; parti &#187;. Relook&#233; (couleur turquoise au lieu du noir traditionnel) et renomm&#233; (&lt;i&gt;&#171; liste Sebastian Kurz &#187;&lt;/i&gt;), l'&#214;VP &#233;tait omnipr&#233;sent sur les r&#233;seaux sociaux avec un discours vague et attrape-tout, &#224; l'exception d'une th&#233;matique bien tranch&#233;e qu'il a r&#233;ussi &#224; imposer &#224; tous : l'hostilit&#233; envers les migrants et la fermeture des fronti&#232;res autrichiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;lections marquent donc la triste victoire des th&#232;ses les plus hostiles &#224; l'immigration. &lt;i&gt;&#171; Il est cependant n&#233;cessaire d'expliquer pourquoi l'aspiration &#224; des paroles dures envers les &#233;trangers &#233;tait si forte&lt;/i&gt;,&lt;a href=&#034;http://derstandard.at/2000066043209/Das-Auslaenderthema-als-Einfallstor-der-Rechten&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crit&lt;/a&gt;ce lundi matin l'&#233;ditorialiste Irene Brickner dans &lt;i&gt;Der Standard. Le SP&#214; s'est rapidement d&#233;chir&#233; sur ce sujet. Et les propos diff&#233;rents des Verts ont souvent agi comme des paroles de r&#233;sistance dans un syst&#232;me tenu par une droite presque h&#233;g&#233;monique. Le probl&#232;me g&#238;t dans un manque de culture de la discussion dans notre pays. Une culture de la discussion qui aurait des exigences de pr&#233;cision et de concentration sur les faits. &#187; &lt;/i&gt;Et l'&#233;ditorialiste de citer les propos de Sebastian Kurz ainsi que du leader du FP&#214; Heinz-Christian Strache, tous deux faisant abstraction des chiffres, des lois et des conventions internationales lorsqu'ils &#233;voquent le soi-disant trop plein de r&#233;fugi&#233;s en Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH413/a65c02f8c1ee7675-52071f98-d83c6.png?1722842260' width='500' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Estimation du reports des voix entre les &#233;lections de 2013 et 2017 &#169; Institut SORA/ISA / Der Standard &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu peu de r&#233;actions apr&#232;s les premiers r&#233;sultats de dimanche soir. Un modeste rassemblement spontan&#233; s'est fait dans la soir&#233;e devant le parlement &#224; Vienne et un collectif baptis&#233; &#171; Tag X &#187; (&#171; Jour X &#187;), regroupant antifas et gauche radicale autrichienne, &lt;a href=&#034;http://tag-x.mobi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appelle &#224; une manifestation d'opposition&lt;/a&gt; le jour o&#249; la coalition avec l'extr&#234;me droite sera annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau europ&#233;en, pour l'instant c'est silence radio. Seul le Congr&#232;s juif europ&#233;en (EJC) a f&#233;licit&#233; Kurz tout en lui demandant dans le m&#234;me temps de ne pas former un gouvernement de coalition &lt;i&gt;&#171; avec un parti d'extr&#234;me droite &#187;. &#171; Un parti qui a gagn&#233; sur un programme d'intol&#233;rance x&#233;nophobe qui cible les immigr&#233;s ne peut se voir attribuer un si&#232;ge &#224; la table du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;, a d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident de l'organisation, Viatcheslav Moshe Kantor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la droitisation de la Pologne et de la Hongrie, apr&#232;s les r&#233;centes &#233;lections en Allemagne et en France, le scrutin autrichien vient donc renforcer, &#224; son tour, les camps conservateurs et x&#233;nophobes en Europe. Il montre, s'il en &#233;tait besoin, combien la fa&#231;on dont les diff&#233;rents dirigeants du continent traitent la question migratoire depuis la vague d'arriv&#233;e de 2015 ne fait qu'encourager les &#233;lecteurs &#224; se replier &#224; leur tour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Autriche, la victoire des &#171; citoyens mobilis&#233;s &#187; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Autriche-la-victoire-des-citoyens-mobilises</link>
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		<dc:date>2016-12-06T11:36:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Poinssot</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-12-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite a perdu l'&#233;lection pr&#233;sidentielle autrichienne. Pour la d&#233;put&#233;e Alef Korun, du parti du pr&#233;sident &#233;lu, les Verts, c'est la r&#233;ussite d'un travail de terrain aupr&#232;s de la base de l'&#233;lectorat, et un message fort envoy&#233; &#224; l'Europe apr&#232;s le Brexit. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; du site mediapart.fr | 5 d&#233;cembre 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
Alexander Van der Bellen a &#233;t&#233; &#233;lu dimanche soir pr&#233;sident de la R&#233;publique d'Autriche, avec plus de 53 % des voix, contre Norbert Hofer. Alors que l'&#233;cart n'avait &#233;t&#233; que de quelque 30 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-12-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-12-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH130/arton28907-8fd26.png?1679048734' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite a perdu l'&#233;lection pr&#233;sidentielle autrichienne. Pour la d&#233;put&#233;e Alef Korun, du parti du pr&#233;sident &#233;lu, les Verts, c'est la r&#233;ussite d'un travail de terrain aupr&#232;s de la base de l'&#233;lectorat, et un message fort envoy&#233; &#224; l'Europe apr&#232;s le Brexit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; du site &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/051216/en-autriche-la-victoire-des-citoyens-mobilises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt; | 5 d&#233;cembre 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexander Van der Bellen a &#233;t&#233; &#233;lu dimanche soir pr&#233;sident de la R&#233;publique d'Autriche, avec plus de 53 % des voix, contre Norbert Hofer. Alors que l'&#233;cart n'avait &#233;t&#233; que de quelque 30 000 voix le 22 mai entre le candidat des Verts et celui de l'extr&#234;me droite, la r&#233;p&#233;tition de ce deuxi&#232;me tour en raison d'un vice de proc&#233;dure a creus&#233; l'amplitude et assur&#233; une victoire confortable &#224; Van der Bellen. Entretien avec Alef Korun, d&#233;put&#233;e des Verts d'origine turque, qui s'est activement engag&#233;e dans la campagne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que signifie pour vous ce r&#233;sultat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alef Korun :&lt;/strong&gt; C'est un succ&#232;s &#233;norme de la soci&#233;t&#233; civile. La r&#233;ussite de Van der Bellen r&#233;sulte de la mobilisation de milliers de citoyens aux origines sociales diverses, venant de diff&#233;rents horizons professionnels et proches de diff&#233;rents partis politiques. Apr&#232;s le Brexit et l'&#233;lection de Trump aux &#201;tats-Unis, les &#233;lecteurs ont fait le choix d'un candidat fiable, qui respecte les gens, y compris ceux qui d&#233;fendent des id&#233;es diff&#233;rentes des siennes. Le r&#244;le du Brexit a &#233;t&#233; particuli&#232;rement important : les Autrichiens ont pris conscience de ce qui pouvait se passer quand les nationalistes essayent de d&#233;truire l'Union europ&#233;enne (UE). Ils ont donc vot&#233; pour une Autriche forte dans l'UE, pour un pays ouvert sur ses voisins, contre la fermeture. Et le profil s&#233;rieux d'Alexander Van der Bellen l'a emport&#233;, face &#224; Nobert Hofer dont le masque est tomb&#233; &#224; plusieurs reprises pendant la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le candidat de l'extr&#234;me droite a en effet commis plusieurs erreurs. Alors que beaucoup avaient cru &#224; son visage &#171; sympathique &#187; et &#224; ses allures de &#171; gentleman &#187; pendant la premi&#232;re campagne au printemps, il a bien insist&#233; pendant cette deuxi&#232;me campagne sur le fait qu'il repr&#233;sentait &#171; &#224; 100 % &#187; le FP&#214; &lt;i&gt;[le parti lib&#233;ral d'Autriche, extr&#234;me droite &#8211; ndlr]&lt;/i&gt;. Il disait que rien ni personne n'allait l'arr&#234;ter. Sur les migrants, son discours &#233;tait d'une intol&#233;rance maximale : il voulait expulser l'ensemble des immigr&#233;s en Autriche. Il ne s'agissait m&#234;me plus de coupables d'actes criminels, mais des migrants tout court. Cet agenda raciste &#8211; sans jamais utiliser le mot racisme &#8211; est une des raisons de son &#233;chec.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, je crois que les &#233;lecteurs ne voulaient pas tout chambouler. Ils voulaient un changement, mais pas d&#233;truire la r&#233;publique ! Dans ce contexte, Van der Bellen incarnait la stabilit&#233;, y compris pour des &#233;lecteurs qui n'&#233;taient pas de son bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle le&#231;on tirez-vous de cette campagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis beaucoup investie dans cette campagne, j'ai donc eu l'occasion de discuter avec des gens tr&#232;s diff&#233;rents qui ne sont pas des &#233;lecteurs traditionnels des Verts, comme les retrait&#233;s. J'ai pu voir de tr&#232;s nombreuses personnes s'emparer de cette deuxi&#232;me campagne, beaucoup plus que la premi&#232;re, en distribuant des tracts notamment. On dit en Europe que les gens sont frustr&#233;s, d&#233;&#231;us de la politique&#8230; Eh bien l&#224;, ce que j'ai vu, c'est le contraire : il y a de tr&#232;s nombreux Autrichiens qui sont pr&#234;ts &#224; prendre leurs responsabilit&#233;s, &#224; s'engager du c&#244;t&#233; pro-europ&#233;en, et &#224; se mobiliser de mani&#232;re b&#233;n&#233;vole. Cette &#233;lection de Van der Bellen, ce n'est pas la victoire d'un camp politique &#8211; les Verts, ou les sociaux-d&#233;mocrates &#8211; mais bien celle de tous ces citoyens qui se sont mobilis&#233;s, ensemble, pour d&#233;fendre la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai entendu de nombreuses personnes, dimanche soir, dire qu'elles souhaitaient &#234;tre actives en politique les prochains mois et les prochaines ann&#233;es. Elles voient &#224; la fois la n&#233;cessit&#233; de prendre les choses en main mais aussi le fait qu'on peut avoir de l'influence : avec ce scrutin, nous avons envoy&#233; un message tr&#232;s fort &#224; nos voisins europ&#233;ens et dans le monde ! C'est tr&#232;s encourageant, cela montre que l'engagement politique fonctionne quand les gens sont mobilis&#233;s, &#224; la base de la soci&#233;t&#233;, et pas seulement les dirigeants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi tr&#232;s instructif car avant cette &#233;lection pr&#233;sidentielle, les Verts ne recueillaient pas plus de 12 % des suffrages en Autriche. On nous a longtemps dit qu'un pr&#233;sident Vert &#224; la t&#234;te du pays &#233;tait impossible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Redire que l'UE est riche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que l'appel de nombreux conservateurs &#224; faire barrage &#224; l'extr&#234;me droite n'a pas jou&#233; un r&#244;le &#8211; une premi&#232;re en Autriche o&#249; il n'y a pas de tradition de &#171; cordon sanitaire &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il y a eu des appels du camp conservateur &#224; voter Alexander Van der Bellen afin de bloquer Norbert Hofer. Mais le &#214;VP &lt;i&gt;[parti populaire d'Autriche &#8211; ndlr]&lt;/i&gt; n'a pas parl&#233; d'une seule voix. La semaine derni&#232;re, le chef du parti et le chef du groupe parlementaire s'&#233;taient oppos&#233;s de mani&#232;re virulente, ce dernier &#233;tant clairement favorable &#224; Norbert Hofer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a r&#233;ellement jou&#233; un r&#244;le, &#224; mon avis, c'est l'appel de centaines de maires conservateurs &#224; voter pour Van der Bellen. Car les maires sont beaucoup plus proches de la soci&#233;t&#233;, ils ont des contacts en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec les citoyens, ils ont une influence, beaucoup plus que le chef de parti. Encore une fois, cela montre que lorsque la politique est pratiqu&#233;e &#224; la base, cela fonctionne. Si c'est quelque chose qui est vu comme allant du haut vers le bas de la soci&#233;t&#233;, cela ne marche pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le poids de l'extr&#234;me droite en Autriche ne semble pas amoindri pour autant. Pr&#232;s de 47 % des &#233;lecteurs ont tout de m&#234;me vot&#233; pour Norbert Hofer&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais si les gens votent pour l'extr&#234;me droite, c'est &#224; cause des politiques d'aust&#233;rit&#233;, c'est parce qu'ils ne savent pas s'ils seront en mesure de payer leur loyer le mois prochain pendant que les grandes entreprises font d'&#233;normes profits&#8230; Nous avons par ailleurs une politique fiscale tr&#232;s probl&#233;matique : il est compl&#232;tement injuste d'avoir d'un c&#244;t&#233; des foyers en grande difficult&#233; et de l'autre des entreprises qui ont tout un tas de moyens pour &#233;viter de payer des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le vote d'extr&#234;me droite est si fort aujourd'hui, c'est parce que la gauche, et en particulier les sociaux-d&#233;mocrates, ont arr&#234;t&#233; de se battre pour la solidarit&#233; et la redistribution depuis la fin des ann&#233;es 1980. Tout comme les partis lib&#233;raux, ils ont r&#233;duit les imp&#244;ts pour les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cause de nos deux partis de gouvernement &lt;i&gt;[sociaux-d&#233;mocrates du SP&#214; et conservateurs du &#214;VP &#8211; ndlr] &lt;/i&gt;que l'extr&#234;me droite est mont&#233;e si haut en Autriche. Pendant des ann&#233;es, ces deux formations ont pens&#233; que le pays leur appartenait : elles nommaient leurs propres hommes &#224; la t&#234;te des grandes entreprises, elles n'ont pas men&#233; les grandes r&#233;formes n&#233;cessaires dans le syst&#232;me de sant&#233; et l'&#233;ducation, elles n'ont pas su am&#233;liorer la gestion de l'&#201;tat&#8230; Mais nous sommes au XXIe si&#232;cle ! On ne peut plus placer quelqu'un l&#224; parce que c'est un ami, on ne peut plus fonctionner sur la distribution de privil&#232;ges. Il manque &#224; ces deux partis une compr&#233;hension moderne de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;sultat de l'&#233;lection montre toutefois, comme en mai dernier, un pays profond&#233;ment divis&#233;. On observe notamment, comme aux &#201;tats-Unis, une fracture entre ville et campagnes. Comment vous et votre parti allez-vous vous adresser &#224; cette population qui a vot&#233; pour l'extr&#234;me droite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons parler des probl&#232;mes concrets, du ch&#244;mage, des politiques n&#233;olib&#233;rales. Nous devons redire que l'Union europ&#233;enne est riche, et nous efforcer de mieux distribuer cette richesse, de ne laisser personne derri&#232;re. Si ces gens ont peur de l'avenir parce qu'ils voient leurs possibilit&#233;s se r&#233;duire, leur pouvoir d'achat diminuer ou leurs enfants ne pas atteindre le m&#234;me niveau de vie qu'eux, il faut expliquer que tout cela est d&#251; &#224; la question du partage des richesses en Europe et au statut accord&#233; aux grandes entreprises. Mon exp&#233;rience est que la meilleure chose est de parler en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec les &#233;lecteurs, on ne peut pas se contenter d'un communiqu&#233; de presse. Il faut aller voir les gens, leur montrer qu'on est UNE soci&#233;t&#233;, qu'on veut r&#233;soudre les probl&#232;mes ensemble, et pas les uns contre les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;lection d'Alexander Van der Bellen va-t-elle conduire &#224; un remaniement gouvernemental ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Autriche nous ne sommes pas, comme en France, dans un r&#233;gime pr&#233;sidentiel mais dans un r&#233;gime parlementaire. Alexander Van der Bellen l'avait dit pendant la campagne, et il le respectera : il ne convoquera pas de nouvelles &#233;lections. Notre gouvernement &lt;i&gt;[actuellement une coalition entre conservateurs et sociaux-d&#233;mocrates &#8211; ndlr]&lt;/i&gt; repose sur une majorit&#233; au parlement. Il restera inchang&#233; jusqu'aux prochaines &#233;lections, en 2018. Alexander Van der Bellen va donc travailler avec le chancelier actuel, avec pour objectif premier de r&#233;duire le ch&#244;mage dans le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autriche : le pr&#233;sident est vert, le pays plonge dans le bleu de l'extr&#234;me-droite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Autriche-le-president-est-vert-le-pays-plonge-dans-le-bleu-de-l-extreme-droite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Autriche-le-president-est-vert-le-pays-plonge-dans-le-bleu-de-l-extreme-droite</guid>
		<dc:date>2016-05-31T06:05:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin Birnbaum</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence du pr&#233;sident fran&#231;ais, son homologue autrichien dispose de pr&#233;rogatives en principe limit&#233;es qui s'expliquent par le fait que dans un r&#233;gime parlementaire le pouvoir politique se concentre autour du chancelier. Toutefois, au-del&#224; du caract&#232;re symbolique fort, l'office du pr&#233;sident est dot&#233; de certaines comp&#233;tences qui peuvent se r&#233;v&#233;ler cruciales en cas de circonstances exceptionnelles comme une victoire d'une force politique tel que le FP&#214; dont le rapport &#224; la d&#233;mocratie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-05-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-05-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton26563-b6abc.jpg?1675743181' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A la diff&#233;rence du pr&#233;sident fran&#231;ais, son homologue autrichien dispose de pr&#233;rogatives en principe limit&#233;es qui s'expliquent par le fait que dans un r&#233;gime parlementaire le pouvoir politique se concentre autour du chancelier. Toutefois, au-del&#224; du caract&#232;re symbolique fort, l'office du pr&#233;sident est dot&#233; de certaines comp&#233;tences qui peuvent se r&#233;v&#233;ler cruciales en cas de circonstances exceptionnelles comme une victoire d'une force politique tel que le FP&#214; dont le rapport &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise est trouble. La r&#233;forme constitutionnelle de 1929 a en effet cr&#233;&#233; la base l&#233;gale pour une politique autoritaire susceptible de d&#233;clencher un coup d'Etat par le haut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH375/930a3571d495d50b-202f7d3b-c3e0a.jpg?1717385503' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, depuis la cr&#233;ation de la IIe r&#233;publique en 1955, les pr&#233;sidents autrichiens ont jou&#233; un r&#244;le peu politique. Ils se sont content&#233;s d'un c&#244;t&#233; de la repr&#233;sentation symbolique de l'Autriche &#224; l'&#233;tranger et de l'autre c&#244;t&#233; d'incarner l'autorit&#233; morale du pays. A cet &#233;gard la campagne pr&#233;sidentielle de 2016 marque une rupture : les candidats qualifi&#233;s au deuxi&#232;me souhaitent tous les deux attribuer un r&#244;le plus actif au pr&#233;sident. Le candidat de l'extr&#234;me-droite Hofer a ainsi exig&#233; d'accompagner le chancelier autrichien au Conseil Europ&#233;en, il a promis la fermeture des fronti&#232;res et menac&#233; de d&#233;mettre le gouvernement actuel. De m&#234;me, Alexander Van der Bellen des Verts a expliqu&#233; qu'il refuserait de nommer des ministres d'extr&#234;me-droite. La victoire de Van der Bellen a donc certes permis d'&#233;viter une menace autoritaire mais il a aussi contribu&#233; &#224; instaurer une polarisation politique tr&#232;s probl&#233;matique : face aux revendications soi-disant populaires du FP&#214;, il s'est positionn&#233; comme le candidat de l'&#233;lite &#233;clair&#233;e. De plus, la victoire de van der Bellen ne pourra pas cacher le pouvoir d'attraction de l'extr&#234;me-droite qui est plus fort que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne &#233;lectorale islamophobe sans candidat de gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En participant &#224; une coalition gouvernementale en Autriche en 2000, l'extr&#234;me-droite acc&#232;de au pouvoir pour la premi&#232;re fois depuis la d&#233;faite des Nazis dans un pays de l'Union Europ&#233;enne. Depuis, elle n'a cess&#233; de fa&#231;onner les d&#233;bats publics et les deux partis dominants, le SP&#214; et le &#214;VP, ont successivement int&#233;gr&#233; des &#233;l&#233;ments du programme politique du FP&#214;. Et pourtant, sur le plan &#233;lectoral, les &#233;lecteurs semblent pr&#233;f&#233;rer l'original : l'extr&#234;me-droite am&#233;liore ses scores de mani&#232;re continue et a r&#233;ussi &#224; se faire passer pour un parti &#171; anti-syst&#232;me &#187;. Pourtant, le parti est fortement impliqu&#233; dans de nombreuses affaires de corruption li&#233;es &#224; la privatisation d'entreprises publiques pendant ses ann&#233;es au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte de droitisation des d&#233;bats politiques que la crise des politiques d'accueil des migrants et r&#233;fugi&#233;s &#233;clate en Europe en 2015. A partir des images des r&#233;fugi&#233;s aux diff&#233;rentes fronti&#232;res des pays des Balkans, auxquels l'Autriche s'int&#233;resse particuli&#232;rement pour des raisons historiques, les m&#233;dias autrichiens et notamment le journal Krone &#8211; 2,5 millions de lecteurs quotidiens pour une population totale de 8 millions &#8211; ont lanc&#233; une vaste campagne raciste. Des rumeurs sur des migrants &#8211; et par extension tous les musulmans &#8211; qui seraient des voleurs et violeurs ont &#233;t&#233; r&#233;pandues &#224; grande &#233;chelle et cela malgr&#233; les efforts infatigables des associations de protection des droits humains et d'accueil des migrants et, dans certains cas, m&#234;me de la police pour les d&#233;mentir. La d&#233;sinformation autour des agressions de Cologne au d&#233;but de 2016 dont la responsabilit&#233; avait &#233;t&#233; faussement attribu&#233; aux r&#233;fugi&#233;s a &#233;galement eu un impact puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le gouvernement a repris quasiment mot pour mot les propositions du FP&#214; : d'abord la construction d'un mur au sud de la fronti&#232;re autrichienne, puis l'instauration de la limite d'accueil de r&#233;fugi&#233;s &#224; 37.500 personnes et enfin une conf&#233;rence avec les pays des Balkans, &#224; l'exception de la Gr&#232;ce, pour bloquer l'arriv&#233;e de migrants. Dans ce contexte, il n'est malheureusement pas surprenant que les d&#233;lits racistes aient augment&#233; de plus de 50 % en 2015 et touchent avant tout des Musulmans, r&#233;els ou suppos&#233;s. D'apr&#232;s Ilan Halevi (&lt;a href=&#034;http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_25_iprod_637-islamophobie-et-judeophobie.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_25_iprod_637-islamophobie-et-judeophobie.html&lt;/a&gt;), l'islamophobie appara&#238;t dans la nature sociale comme une m&#233;tastase de l'antis&#233;mitisme. Vu le peu d'efforts entrepris par l'Autriche pour se confronter &#224; son pass&#233; fasciste, elle semble constituer un terrain particuli&#232;rement fertile pour les agressions islamophobes. La centralit&#233; de la question des r&#233;fugi&#233;s dans la campagne pr&#233;sidentielle de 2016 semble confirmer la th&#232;se de Halevi mais aussi indiquer certaines limites. En effet, pendant la m&#234;me p&#233;riode on observe &#233;galement un renouveau des paroles antis&#233;mites d&#233;complex&#233;s conduisant &#224; penser que l'islamophobie facilite l'antis&#233;mitisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il faut souligner la position claire de Van der Bellen en faveur de l'accueil des r&#233;fugi&#233;s. Et il a &#233;t&#233; le seul candidat &#224; tenir une telle ligne. Or, cela s'inscrit dans le contenu lib&#233;ral et humaniste revendiqu&#233; de sa campagne. Car il d&#233;fend &#233;galement des frais d'inscription &#224; l'universit&#233; et une ing&#233;rence accrue des entreprises dans l'enseignement sup&#233;rieur. De m&#234;me, il est pr&#234;t &#224; soutenir non pas seulement les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales des retraites mais plus g&#233;n&#233;ralement les privatisations. M&#234;me s'il lui arrive de d&#233;noncer la hausse du ch&#244;mage, sa campagne a &#233;t&#233; ax&#233;e sur l'Autriche comme pays dans lequel tout va bien. Et pourtant, le ch&#244;mage a r&#233;cemment atteint un niveau record et 10 % des salari&#233;s vivent en-dessous du seuil de pauvret&#233;. Pour combler son vide en mati&#232;re de politique sociale et &#233;conomique, il a mis&#233; sur le vote utile contre l'extr&#234;me-droite et le soutient des &#233;lites du pays : 3 anciens chefs du parti conservateur ainsi qu'une grande partie de l'&#233;lite culturelle ont soutenu le candidat vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec quelques ann&#233;es de retard, les Verts autrichiens s'enfoncent de plus en plus dans la m&#234;me direction que leurs camarades verts en Allemagne : remplacer la lutte pour l'&#233;mancipation par la gestion des &#233;clair&#233;s (&lt;a href=&#034;https://newleftreview.org/II/81/joachim-jachnow-what-s-become-of-the-german-greens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://newleftreview.org/II/81/joachim-jachnow-what-s-become-of-the-german-greens&lt;/a&gt;). Certes, un pr&#233;sident d'extr&#234;me-droite droite aura &#233;t&#233; &#233;vit&#233;, mais le spectre d'une victoire du FP&#214; aux prochaines l&#233;gislatives &#8211; le vrai centre du pouvoir &#8211; hante plus que jamais l'Autriche et le candidat vert a contribu&#233; &#224; faire passer le FP&#214; pour le parti du peuple. De plus, la r&#233;partition g&#233;ographique des votes montre que la l'Autriche rurale a largement vot&#233; pour Hofer. C'est d'autant plus inqui&#233;tant que d'apr&#232;s l'historien Eugen Kogon (&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books/about/The_SS_State.html?id=e4WZtwAACAAJ&amp;redir_esc=y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.google.fr/books/about/The_SS_State.html?id=e4WZtwAACAAJ&amp;redir_esc=y&lt;/a&gt;), le fascisme se d&#233;veloppe d'abord &#224; la campagne. (L'appel de Marx &#224; abolir l'opposition entre la ville et la campagne (&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000d.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000d.htm&lt;/a&gt;) semble plus que jamais d'actualit&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise du r&#233;gime politique autrichien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2016 ne constituent pas seulement la confirmation de l'ampleur du racisme en Autriche mais, par le m&#234;me coup, elles marquent une rupture avec le r&#233;gime politique de la IIe r&#233;publique. Ce r&#233;gime est bas&#233; sur une structure corporatiste qui instaure un partage de l'h&#233;g&#233;monie entre le parti social-d&#233;mocrate et le parti conservateur. Cela fait suite &#224; la guerre civile de f&#233;vrier 1934 o&#249; les ouvriers ont pris les armes contre le r&#233;gime austro-fasciste port&#233; par le parti conservateur. Autrement dit, la lutte des classes s'est exprim&#233;e &#224; travers les armes, et les ouvriers, dernier rempart contre la dictature, ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s. Contrairement &#224; l'Allemagne de l'apr&#232;s-guerre, la IIe r&#233;publique autrichienne ne se base pas sur l'exp&#233;rience du fascisme mais a &#233;t&#233; construite pour d&#233;samorcer la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette structure a une importance consid&#233;rable sur le r&#233;sultat des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2016 : d'une part la coalition permanente entre sociaux-d&#233;mocrates et conservateurs voile la r&#233;alit&#233; de la lutte des classes, ce qui enl&#232;ve progressivement au parti social-d&#233;mocrate sa base sociale, d'autre part la dimension raciste et antis&#233;mite du r&#233;gime austro-fasciste, puis nazi, demeure tacitement accept&#233;e dans la soci&#233;t&#233;. Mais la grande coalition permanente a &#233;galement des effets n&#233;gatifs sur les conservateurs. Etant consid&#233;r&#233;s comme part enti&#232;re d'un syst&#232;me politique per&#231;u comme corrompu et &#233;loign&#233; des pr&#233;occupations sociales de la population, ils perdent &#8211; tout comme le SP&#214; &#8211; de mani&#232;re continue des &#233;lecteurs au profit du FP&#214;. Ainsi, les candidats social-d&#233;mocrate et conservateurs, donc les candidats des deux partis au pouvoir, peinent &#224; gagner respectivement 10 % des voix au premier tour de la pr&#233;sidentielle et cela dans un contexte d'une participation &#233;lectorale plus &#233;lev&#233;e que d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trouble dans le SP&#214;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, le r&#233;sultat du premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles semblait laisser indiff&#233;rent le parti du pr&#233;sident sortant. Pourtant, pour le SP&#214;, il s'agit d'un score historiquement bas et d'une nouvelle d&#233;faite qui s'ajoute &#224; la longue liste des &#233;lections perdues depuis la victoire du chef du SP&#214; Werner Faymann aux l&#233;gislatives de 2013. Or, dans les rangs du parti, le m&#233;contentement est grand et la traditionnelle manifestation du 1er mai &#224; Vienne a &#233;t&#233; l'occasion pour de nombreux adh&#233;rents de l'exprimer. Tandis que d'habitude, tel un tribu,n le chef du parti salue les militants qui d&#233;filent devant lui, cette fois les appels &#224; un changement de direction et &#224; la d&#233;mission de Faymann ont &#233;t&#233; nombreux. A la fin de la journ&#233;e, le chancelier fut humili&#233; par ses propres troupes, ce qui a fait basculer la situation : il a pr&#233;sent&#233; sa d&#233;mission comme chancelier et chef du parti social-d&#233;mocrate. Pendant les jours suivants, la vie interne du SP&#214; a &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'affrontement entre trois orientations politiques diff&#233;rentes : le rapprochement avec le FP&#214; dans l'optique d'une &#233;ventuelle coalition gouvernementale future, le courant lib&#233;ral en faveur d'une collaboration avec les conservateurs ou certains Verts et enfin, l'aile gauche antilib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'un successeur &#224; Faymann a montr&#233; les rapports de force au sein du parti. Parmi les trois courants le dernier est de loin le plus faible. Les pro-FP&#214; autour du pr&#233;sident de la r&#233;gion du Burgenland Hans Nissl, qui gouverne d&#233;j&#224; avec l'extr&#234;me-droite, semblent repr&#233;senter la majorit&#233; des adh&#233;rents. C'est sans doute pour cette raison que ce courant a propos&#233; de consulter les adh&#233;rents pour d&#233;cider du futur chef du parti. Seul le fonctionnement interne peu d&#233;mocratique a pu pr&#233;server la domination de l'aile lib&#233;rale autour du maire de Vienne Michael H&#228;upl qui impose son candidat. Ainsi, le nouveau chef du SP&#214; et chancelier s'appelle Christian Kern. Avant d'&#234;tre nomm&#233; chancelier, ce manager a &#233;t&#233; d'abord l'artisan de la privatisation d'une entreprise publique de l'&#233;lectricit&#233;, puis en tant que chef de la compagnie f&#233;d&#233;rale des chemins de fer, il a agi comme promoteur de la lib&#233;ralisation du rail en Autriche. Autrement dit, avec Kern, le SP&#214;, et avec lui l'Autriche, va continuer &#224; s'enfoncer dans la mis&#232;re des politiques lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveau d&#233;part !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat des &#233;lections pr&#233;sidentielles permet &#233;galement de constater la faiblesse de la gauche radicale en Autriche. La candidature de l'&#233;crivaine anticapitaliste El Awadalla aux &#233;lections pr&#233;sidentielles a &#233;chou&#233; parce qu'elle n'a pas r&#233;ussi &#224; pr&#233;senter les 6500 signatures populaires n&#233;cessaires &#224; chaque candidat. Divis&#233;e en petits groupes, la gauche radicale se distingue par son absence lors des grands d&#233;bats publics et souvent aussi des &#233;lections et se trouve dans l'incapacit&#233; d'organiser des campagnes politiques &#224; l'&#233;chelle du pays. Son activit&#233; se r&#233;duit g&#233;n&#233;ralement &#224; l'organisation de manifestations antifascistes, m&#234;me si depuis 2015, elle fait un travail militant extr&#234;mement pr&#233;cieux autour de la solidarit&#233; avec les migrants. Parall&#232;lement, depuis avril 2015 un processus de regroupement des diff&#233;rents courants de la gauche autrichienne &#8211; qui va de quelques repr&#233;sentants du courant antilib&#233;ral du SP&#214; jusqu'aux trotskystes et inclut aussi des personnes sans organisation &#8211; est en cours. D&#233;but juin, il tiendra sa premi&#232;re conf&#233;rence nationale qui signifie simultan&#233;ment le point de d&#233;part d'une s&#233;rie de campagnes politiques. Sous le nom d'Aufbruch (nouveau d&#233;part), la gauche radicale autrichienne semble donc enfin avoir r&#233;ussi &#224; engager un processus de structuration et &#224; passer des batailles antifascistes d&#233;fensives &#224; une offensive large bas&#233;e sur les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. La crise des structures politiques &#233;tablies, et notamment du SP&#214;, ainsi que les attentes sociales de la population lui donnent un potentiel politique r&#233;el. La campagne pr&#233;sidentielle montre que de nombreuses batailles l'attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;source : &lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/content/autriche-le-president-est-vert-le-pays-plonge-dans-le-bleu-de-lextreme-droite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ensemble !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Autriche : un pays coup&#233; en deux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Autriche-un-pays-coupe-en-deux</link>
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		<dc:date>2016-05-24T07:02:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romaric Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2016-05-24</dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alexander Van der Bellen, le candidat &#233;cologiste l'emporte avec 50,3% des voix, soit 31 000 voix d'avance au terme d'un second tout tr&#232;s serr&#233;. Le candidat d'extr&#234;me droite Norbert Hofer a econnu sa d&#233;faite sur Facebook (Le Monde) &lt;br class='autobr' /&gt;
L'article est tir&#233; de La Tribune (Suisse) - 22-05-2016 &lt;br class='autobr' /&gt; Le r&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle autrichienne ne sera connu que lundi, mais quel que soit le r&#233;sultat, le pays risque d'&#234;tre chang&#233; durablement par ce scrutin pr&#233;sidentiel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra donc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-05-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-05-24&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH118/arton26480-bc33d.png?1679048734' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alexander Van der Bellen, le candidat &#233;cologiste l'emporte avec 50,3% des voix, soit 31 000 voix d'avance au terme d'un second tout tr&#232;s serr&#233;. Le candidat d'extr&#234;me droite Norbert Hofer a econnu sa d&#233;faite sur Facebook (Le Monde)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article est tir&#233; de La Tribune (Suisse) - 22-05-2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle autrichienne ne sera connu que lundi, mais quel que soit le r&#233;sultat, le pays risque d'&#234;tre chang&#233; durablement par ce scrutin pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra donc attendre lundi 23 mai dans l'apr&#232;s-midi pour savoir qui sera le futur locataire du palais de la Hofburg &#224; Vienne, si&#232;ge de la pr&#233;sidence f&#233;d&#233;rale autrichienne. Ce dimanche soir, seuls sont disponibles les r&#233;sultats issus des urnes. Mais le score est si &#233;troit que le d&#233;pouillement du vote par correspondance (700.000 voix) d&#233;cidera de l'issue du scrutin. Dimanche soir, le vote physique donnait le candidat du parti d'extr&#234;me-droite FP&#214; Norbert Hofer en t&#234;te avec 51,9 % des voix contre 48,1 % au candidat ind&#233;pendant Alexander van der Bellen, ancien pr&#233;sident des Verts. Les projections des instituts de sondages donnaient cependant celui-ci vainqueur au final de quelques milliers de voix, entre 2.000 et 4.000, sur un total de 4,41 millions d'&#233;lecteurs. Bref, du 50/50...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouss&#233;e historique de l'extr&#234;me-droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le r&#233;sultat, ce vote de dimanche signe un changement historique pour l'Autriche. Certes, les grands partis au pouvoir, SP&#214; social-d&#233;mocrate et &#214;VP conservatrice n'avaient donn&#233; aucune consigne de vote, mais Alexander van der Bellen b&#233;n&#233;ficiait de leur appui tacite. La semaine derni&#232;re, le tr&#232;s impopulaire chancelier SP&#214; Werner Faymann, avait m&#234;me cru bon d&#233;missionner pour r&#233;duire le risque d'une victoire de Norbert Hofer. Malgr&#233; tout, ce dernier a montr&#233; qu'il disposait de r&#233;serves de voix lui permettant de s'approcher de la majorit&#233;. Cette pouss&#233;e de l'extr&#234;me-droite permet d&#233;j&#224; de parvenir &#224; certaines conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fracture entre Vienne et le reste du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que cette &#233;lection a r&#233;v&#233;l&#233;, c'est un pays fractur&#233; entre ses p&#244;les urbains et ses zones rurales, entre ses jeunes et ses personnes &#226;g&#233;es, entre ses dipl&#244;m&#233;s et ses non-dipl&#244;m&#233;s, entre ses femmes et ses hommes. Le r&#233;sultat des votes et des enqu&#234;tes post-&#233;lectorales le montrent clairement. Deux L&#228;nder seulement ont donn&#233; la majorit&#233; &#224; Alexander van der Bellen : Vienne (&#224; 63 %) et le Voralberg (&#224; 56,4 %), Land traditionnellement &#171; diff&#233;rent &#187; du reste du pays, au point qu'en 1919, sa population avait par r&#233;f&#233;rendum r&#233;clam&#233; de devenir un canton suisse &#224; 81 % pour ne pas rejoindre la r&#233;publique autrichienne. &#171; Vienne la Rouge &#187; prouve donc une nouvelle fois sa singularit&#233; et met donc en avant le paradoxe de la petite Autriche issue du trait&#233; de Saint Germain : pays rural enclav&#233; dot&#233; d'une m&#233;tropole d&#233;mesur&#233;e (un cinqui&#232;me de la population du pays) et mondialis&#233;e depuis des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ville contre campagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en entrant dans le d&#233;tail des r&#233;sultats, on constate que l'opposition est plus large, c'est celle des centres urbains et des campagnes. Quelques exemples illustrent ce foss&#233;. Le Land de Salzbourg a donn&#233; une majorit&#233; de 55,07 % &#224; Norbert Hofer, mais la ville de Mozart a vot&#233; pour Alexander van der Bellen &#224; 56,33 %. En Styrie, on a vot&#233; pour le candidat d'extr&#234;me-droite &#224; 56,88 %, mais dans la capitale Graz, l'ancien chef des Verts obtient une majorit&#233; de 61,89 %. C'est dire si la fracture est forte entre les centre-villes domin&#233;s par les populations dipl&#244;m&#233;es, b&#233;n&#233;ficiant de la mondialisation et de l'&#233;volution num&#233;rique de la soci&#233;t&#233; et les zones rurales et p&#233;riurbaines (&#224; Graz, par exemple, la banlieue a vot&#233; &#224; 59 % pour Norbert Hofer), peupl&#233;es de personnes moins dipl&#244;m&#233;es, fragilis&#233;es par la mondialisation et la num&#233;risation de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Division de classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette division est aussi une division de classe. Selon un sondage de la t&#233;l&#233;vision publique &#214;RF, 86 % des ouvriers ont choisi Norbert Hofer ainsi que 53 % des travailleurs ind&#233;pendants. A l'inverse, 60 % des employ&#233;s, 55 % des fonctionnaires et 51 % des pensionn&#233;s ont choisi Alexander van der Bellen. Dans un pays o&#249; les salaires ouvriers sont &#233;lev&#233;s et o&#249; le ch&#244;mage reste faible (le taux de ch&#244;mage harmonis&#233; est de 5,9 %), ces r&#233;sultats peuvent para&#238;tre &#233;tonnants. Ils ne le sont pas r&#233;ellement. Comme dans le reste de l'Europe, les populations ouvri&#232;res sont moins nombreuses et leur position est fragilis&#233;e par la concurrence. L'Autriche perd de la comp&#233;titivit&#233; sur ses produits industriels, le ch&#244;mage progresse, il est &#224; un niveau record dans son calcul national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chauff&#233;s &#224; blanc par le discours de la FP&#214;, les ouvriers autrichiens s'inqui&#232;tent de la concurrence &#224; bas co&#251;ts des migrants, ils ne voient plus de moyen d'am&#233;lioration de leur situation. Ils craignent une d&#233;ch&#233;ance et voient dans l'option nationaliste le seul moyen d'&#233;viter cette d&#233;ch&#233;ance. Le vote de ce dimanche est un &#233;chec de la social-d&#233;mocratie autrichienne qui n'a pas &#233;t&#233; capable de prouver que l'Europe et la mondialisation &#233;tait une chance pour la classe ouvri&#232;re. En cela, c'est un coup de semonce pour l'ensemble de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin de la culture du compromis d'apr&#232;s-guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division est donc compl&#232;te entre les deux Autriche. Depuis la fin des ann&#233;es 1940 et le trait&#233; de paix de 1955, le pays s'est fond&#233; sur la recherche du compromis. La longue domination de la grande coalition entre les Sociaux-d&#233;mocrates de la SP&#214; et les Conservateurs de l'&#214;VP illustre ce fait. La petite Autriche, fi&#232;re de sa neutralit&#233;, cherchait alors &#224; d&#233;finir une nouvelle identit&#233; nationale. Il s'agissait aussi d'oublier un entre-deux-guerres marqu&#233; par une ambiance de quasi-guerre civile o&#249; les heurts sanglants &#233;taient fr&#233;quents. En 1927 et 1934, les manifestations social-d&#233;mocrates furent r&#233;prim&#233;es dans le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fi consid&#233;rable du nouveau chancelier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 22 mai signe la naissance d'une nouvelle Autriche, avec deux pays oppos&#233;s qui se font face et qui vont devoir cohabiter alors qu'ils sont &#224; &#233;galit&#233;. Deux pays que tout oppose : le rapport &#224; l'&#233;conomie, &#224; la mondialisation, &#224; la culture, &#224; la nation, &#224; l'Europe. Le d&#233;fi du nouveau chancelier Christian Kern (SP&#214;) sera consid&#233;rable : il devra g&#233;rer cette nation coup&#233;e en deux en prenant garde de ne pas creuser encore davantage le foss&#233;. Ce sera une gageure tant les deux Autriche semblent ce soir irr&#233;conciliables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de ce dimanche prouve en tous cas que la FP&#214; est d&#233;sormais capable de mobiliser au-del&#224; m&#234;me de son &#233;lectorat. Si ce parti n'a obtenu que 20 % des voix en 2013, si les sondages ne lui donnent qu'un tiers des voix, il sait d&#233;sormais que sa &#171; sph&#232;re d'influence &#187; d&#233;borde clairement de ce niveau. L'extr&#234;me-droite autrichienne p&#232;se pour la moiti&#233; de son &#233;lectorat. Ceci signifie qu'elle peut arriver un jour au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A qui la faute ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons internes et propres &#224; l'Autriche sont sans doute les plus nombreuses. C'est l'&#233;chec du mod&#232;le r&#233;publicain de l'apr&#232;s-guerre et de la gestion par ce pays de son pass&#233; nazi et habsbourgeois qui le hante en permanence. C'est aussi l'&#233;chec d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement bas&#233; sur la financiarisation des flux vers l'Europe centrale et sur un secret bancaire qu'il a fallu abandonner. Mais c'est aussi l'&#233;chec de l'Union europ&#233;enne &#224; laquelle l'Autriche a adh&#233;r&#233; en 1995. Le mod&#232;le &#233;conomique et social de l'UE n'est pas apparu comme un moyen de protection pour les populations les plus fragiles et ceux qui se sentent menac&#233;s. D'o&#249; ce r&#233;flexe nationaliste. Les le&#231;ons des dirigeants bruxellois sur les migrants, la d&#233;mocratie ou la mondialisation n'ont pas su freiner ce r&#233;flexe par manque de cr&#233;dibilit&#233;. Un nouveau front s'ouvre pour l'Europe. Ce n'est peut-&#234;tre pas le dernier compte tenu de la situation politique de la plupart des Etats membres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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