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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le temps de la dislocation</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; du site Contretemps &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici venu le temps de la dislocation. Sur fond de d&#233;sastre &#233;conomique, d'arrogance bureaucratique et de m&#233;pris pour les questions sociales, l'attrait pour le projet europ&#233;en n'a cess&#233; de reculer ces derni&#232;res ann&#233;es. Les forces centrifuges qui se sont accumul&#233;es prennent aujourd'hui le dessus. La sortie du Royaume-Uni de l'Union europ&#233;enne (UE) est le premier mouvement d'un processus de d&#233;membrement de l'Union qui, s'il n'est pas encore in&#233;luctable, devient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grande-Bretagne-+" rel="tag"&gt;Grande-Bretagne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton26940-ae019.png?1677097191' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; du site Contretemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici venu le temps de la dislocation. Sur fond de d&#233;sastre &#233;conomique, d'arrogance bureaucratique et de m&#233;pris pour les questions sociales, l'attrait pour le projet europ&#233;en n'a cess&#233; de reculer ces derni&#232;res ann&#233;es. Les forces centrifuges qui se sont accumul&#233;es prennent aujourd'hui le dessus. La sortie du Royaume-Uni de l'Union europ&#233;enne (UE) est le premier mouvement d'un processus de d&#233;membrement de l'Union qui, s'il n'est pas encore in&#233;luctable, devient d&#233;sormais tr&#232;s probable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux difficult&#233;s dans lesquelles se d&#233;battait d&#233;j&#224; ce proto-&#201;tat vont maintenant s'ajouter l'onde de choc &#233;conomique et financi&#232;re du Brexit, les divisions sur l'attitude &#224; suivre dans la mise en &#339;uvre de celui-ci et les interpr&#233;tations contradictoires sur la nouvelle direction &#224; suivre : plus ou moins d'Europe pour ceux qui restent ? Une alternative rh&#233;torique qui masque une v&#233;ritable impasse : accro&#238;tre l'int&#233;gration est rigoureusement impossible dans un contexte o&#249; les opinions publiques sont de plus en plus d&#233;fiantes vis-&#224;-vis de l'Union ; renoncer &#224; faire un bond en avant dans l'int&#233;gration interdit de r&#233;parer des institutions puissamment dysfonctionnelles&#8230; Le pi&#232;ge du d&#233;ficit d&#233;mocratique se referme sur l'Europe du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote au Royaume-Uni est un vote de classe. Le poing de ceux et celles qui ont perdu 10% de leurs salaires depuis 2008 s'&#233;crase sur la figure du premier ministre David Cameron et celle de cercles patronaux unanimes dans leur soutien &#224; l'UE. Que ce vote soit en partie motiv&#233; par des sentiments racistes, que l'extr&#234;me droite ait domin&#233; le camp du non, ce sont des &#233;vidences. Mais l'incapacit&#233; &#224; articuler un non de gauche &#8211; au del&#224; des petites formations comme le Socialist Worker Party et de rares structures syndicales &#8211; est un &#233;chec de toute la gauche britannique. C'est en particulier une occasion manqu&#233;e pour le nouveau leader du Labour et eurosceptique historique, Jeremy Corbyn, qui contribue un peu plus &#224; jeter les classes populaires dans les bras de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle insurrection &#233;lectorale est une manifestation de la recomposition politique &#224; grande &#233;chelle en train de s'op&#233;rer dans le monde occidental : presque partout l'extr&#234;me centre &#8211; centre-droit comme centre-gauche &#8211; est mis en difficult&#233;, par des forces ou des personnalit&#233;s aussi oppos&#233;es politiquement que Donald Trump et Jeremy Corbyn, Podemos et Marine Le Pen. L'Union Europ&#233;enne est l'incarnation arch&#233;typique du projet de l'extr&#234;me centre. Presque &#224; l'arr&#234;t dans les ann&#233;es 1970, l'int&#233;gration continentale ne progresse alors plus que par lente s&#233;dimentation des d&#233;cisions de la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne. Sa relance dans les ann&#233;es 1980, qui conduit &#224; la r&#233;alisation du march&#233; unique puis &#224; l'union &#233;conomique et mon&#233;taire, co&#239;ncide avec l'affirmation de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale et de l'h&#233;g&#233;monie de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produit de cette br&#232;ve s&#233;quence historique, les institutions de l'UE en portent d&#233;finitivement les stigmates. Incarnation institutionnelle presque parfaite du Zeitgeist de l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale, l'Union ne dispose pas de la profondeur historique qui lui permettrait de faire face au cycle de grandes turbulences enclench&#233;es par la crise de 2008 et de se r&#233;armer pour la nouvelle p&#233;riode. Priv&#233;e de tout enracinement d&#233;mocratique, elle ne dispose pas davantage de proc&#233;dures de l&#233;gitimation lui permettant de se r&#233;inventer. Espace de compromis entre partenaires gouvernementaux &#171; responsables &#187;, l'UE est le terrain d'une grande coalition permanente dont est exclue toute immixtion des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette permanence r&#233;duit en outre les vies d&#233;mocratiques nationales &#224; une mascarade puisqu'elle interdit, par construction, toute possibilit&#233; de politiques &#233;conomiques et sociales substantiellement distinctes. Comment s'&#233;tonner d&#232;s lors que l'Union n'exerce plus aucun pouvoir d'attraction pour les citoyens britanniques qui restaient &#224; ses marges ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les r&#233;f&#233;rendums n&#233;erlandais et fran&#231;ais de 2005, irlandais de 2008 et grec de 2015, le vote en faveur du Brexit confirme que le matraquage europ&#233;iste est inop&#233;rant. S'aligner avec lui est mortif&#232;re pour la gauche ; c'est laisser le champ libre &#224; l'extr&#234;me droite. Comme l'indiquait une enqu&#234;te r&#233;cente du Pew Institute, le rejet de l'Union se g&#233;n&#233;ralise. Les opinions d&#233;favorables sont archi majoritaires en Gr&#232;ce (71%) et en France (61%) mais &#233;galement tr&#232;s &#233;lev&#233;es en Espagne (49%) et en Allemagne (48%). Si l'on en reste aux seules questions &#233;conomiques, elles sont majoritaires &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble de l'Union. Autre enseignement int&#233;ressant, le rejet de l'UE n'est pas monocolore. Plut&#244;t de droite dans l'Europe du Nord, il est &#224; l'inverse plut&#244;t de gauche dans l'Europe du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union Europ&#233;enne n'est pas un champ de bataille, la gauche et les mouvements sociaux ne disposant d'aucune position significative &#224; cette &#233;chelle. C'est l'hostilit&#233; &#224; l'UE qui est aujourd'hui le terrain d'affrontement central, le lieu o&#249; la gauche doit d&#233;faire les courants x&#233;nophobes et autoritaires en articulant un projet de classe internationaliste. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Royaume-Uni. Quelques faits et quelques points mythologiques sur le Brexit</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Royaume-Uni-Quelques-faits-et-quelques-points-mythologiques-sur-le-Brexit</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Royaume-Uni-Quelques-faits-et-quelques-points-mythologiques-sur-le-Brexit</guid>
		<dc:date>2016-06-28T10:45:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Phil Hearse</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une quantit&#233; &#233;norme de commentaires et d'analyses est produite par la gauche et par les commentateurs du &#171; centre gauche &#187;. Certains sont judicieux, d'autres rel&#232;vent de demi-v&#233;rit&#233;s tandis qu'une partie n'est que du fantasme. Commen&#231;ons par le c&#244;t&#233; fantaisiste de ce d&#233;bat. &#171; Une victoire contre l'aust&#233;rit&#233; et le n&#233;olib&#233;ralisme &#187; a &#233;t&#233; la premi&#232;re r&#233;ponse publi&#233;e sur le site du SWP [Socialist Workers Party]. Cette description est compl&#232;tement fausse. &lt;br class='autobr' /&gt;
(Article publi&#233; le 25 juin sur le site (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton26967-153b9.jpg?1677097191' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une quantit&#233; &#233;norme de commentaires et d'analyses est produite par la gauche et par les commentateurs du &#171; centre gauche &#187;. Certains sont judicieux, d'autres rel&#232;vent de demi-v&#233;rit&#233;s tandis qu'une partie n'est que du fantasme. Commen&#231;ons par le c&#244;t&#233; fantaisiste de ce d&#233;bat. &#171; Une victoire contre l'aust&#233;rit&#233; et le n&#233;olib&#233;ralisme &#187; a &#233;t&#233; la premi&#232;re r&#233;ponse publi&#233;e sur le site du SWP [Socialist Workers Party]. Cette description est compl&#232;tement fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Article publi&#233; le 25 juin sur le site LeftUnity.org, traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me si l'on affirme que le vote &#233;tait surtout le r&#233;sultat d'une r&#233;volte de gens de la classe laborieuse fatigu&#233;s d'&#234;tre compl&#232;tement ignor&#233;s et surexploit&#233;s, l'id&#233;e que ce vote est une victoire contre le n&#233;olib&#233;ralisme passe juste &#224; c&#244;t&#233; de son contenu politique. Le contenu politique de ce vote est le suivant : le Brexit l'a emport&#233; en raison d'une hostilit&#233; massive face &#224; l'immigration. Une grande partie du vote est raciste ou au moins x&#233;nophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, des millions de travailleurs souffrant de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s croissantes, vivant une existence mis&#233;rable sans voir une issue, ont &#233;t&#233; amen&#233;s lors de la campagne (et pour beaucoup, depuis longtemps) &#224; une conclusion enti&#232;rement fausse : s&#233;vir contre les immigrants leur permettra de &#171; reprendre le contr&#244;le &#187; et de r&#233;soudre leurs probl&#232;mes. Au contraire : la mont&#233;e de Michael Gove [ancien ministre de l'&#233;ducation, actuel ministre de la Justice du gouvernement Cameron] et de Boris Johnson [maire de Londres entre 2008 et 2016] marque un d&#233;placement politique vers la droite qui conduira &#224; des attaques redoubl&#233;es contre la classe laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la classe laborieuse ainsi que les couches les plus pauvres des classes moyennes sont souvent conduits, en particulier dans une p&#233;riode o&#249; les m&#233;dias r&#233;p&#232;tent avec force les mensonges n&#233;olib&#233;raux, &#224; soutenir des politiciens qui sont directement en opposition &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Cela a &#233;t&#233; le cas avec le soutien massif apport&#233; au Tea Party (dirig&#233; et organis&#233; par des milliardaires) ainsi qu'&#224; Donald Trump aux Etats-Unis. Il en va de m&#234;me avec Marine Le Pen et son Front National en France, ainsi que de nombreux partis de droite en Europe et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une confusion &#224; ce sujet a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e par Hannah Sell, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale adjointe du Parti socialiste [formation qui portait, jusqu'en 1997, le nom de Militant, pr&#233;sente au sein du Labour et dans les instances dirigeantes de syndicats] : &#171; Il est en m&#234;me temps compl&#232;tement faux de sugg&#233;rer que le vote pour la sortie [de l'UE] avait &#8211; en large mesure &#8211; un caract&#232;re raciste ou de droite. Certains qui ont vot&#233; pour la sortie l'ont, bien s&#251;r, fait pour des raisons racistes ou nationalistes, mais le caract&#232;re fondamental du vote de sortie est celui d'une r&#233;volte de la classe laborieuse [&#8230;] en r&#233;alit&#233;, aucun mouvement de la classe laborieuse n'est 100% pur, ne contenant aucun &#233;l&#233;ment r&#233;actionnaire ou des courants souterrains. C'est la t&#226;che des socialistes de remarquer ce qui est le plus important &#8211; dans ce cas, un &#233;lectorat principalement compos&#233; de la classe laborieuse se soulevant contre l'establishment. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#244;t&#233; &#233;vasif du terme &#171; soul&#232;vement de la classe laborieuse &#187; dit tout. Il fuit le caract&#232;re politique pr&#233;cis du vote Brexit (qui est sans doute &#171; le plus important &#187;) et se dissimule derri&#232;re son profil suppos&#233;ment sociologique. C'est un signe chronique d'une mauvaise &#233;valuation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la gauche radicale, au sein du &#171; commentariat &#187; lib&#233;ral de gauche, nous trouvons des analyses perspicaces m&#234;l&#233;es &#224; de grandes simplifications quant au contenu de classe et au caract&#232;re politique des votes Remain et Brexit. John Harris, dans le quotidien The Guardian, a cit&#233; une femme de Manchester disant : &#171; Si vous avez de l'argent, vous votez pour rester ; si vous n'en avez pas, vous votez pour sortir &#187;. John Harris ne r&#233;p&#232;te pas lui-m&#234;me cette formule simplificatrice, mais il consid&#232;re toutefois qu'elle est largement vraie. En r&#233;alit&#233;, c'est une v&#233;ritable simplification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il est utile de se souvenir que plus de 16 millions de personnes ont vot&#233; Remain, un grand nombre provenant de la classe laborieuse et deux tiers parmi les partisans du Labour. Ensuite, toutes les grandes villes &#224; l'exception de Birmingham ont vot&#233; Remain. Il serait faux de dire que cela s'explique simplement par la masse de personnes ais&#233;es et de petits-bourgeois qui habitent les centre-villes. Personne n'a pens&#233;, par exemple, que la victoire de Saddiq Khan lors de l'&#233;lection &#224; la mairie s'expliquait par une population londonienne largement compos&#233;e de riches. En aucun cas. Il en va de m&#234;me du vote Remain du centre-ville de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An contraire, des quartiers de Londres majoritairement multiculturels et de la classe laborieuse ont vot&#233; largement pour Remain. Il s'agit bien s&#251;r d'un facteur, mais il est souvent cl&#233; : &#171; multiculturel &#187;. Si l'on compare ces quartiers avec des zones comme Sunderland, o&#249; vivent tr&#232;s peu d'immigrants, qui a vot&#233; &#224; 60% pour le Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seuls quartiers populaires de Londres qui ont vot&#233; Brexit sont Barking, Dagenham et Havering (bien qu'un autre quartier o&#249; vit un nombre important de travailleurs qui a vot&#233; Brexit, Hillingdon, depuis longtemps domin&#233; par l'&#233;lectorat conservateur, soit plus m&#234;l&#233;, son d&#233;put&#233; local est Boris Johnson). Barking et Havering sont deux quartiers principalement &#171; blancs &#187; qui ont souffert un d&#233;clin &#233;conomique et o&#249; une fraction de la classe laborieuse est appauvrie. Il s'agit de deux zones qui poss&#232;dent une histoire de soutien &#224; l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais observons Haringey, avec des zones tr&#232;s d&#233;labr&#233;es et pauvres comme Edmonton et une grande partie de Tottenham [lieu d'&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grande-bretagne/emeutes-la-voix-des-sans-pouvoir.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;importantes &#233;meutes en ao&#251;t 2011&lt;/a&gt;] : 79% ont vot&#233; Remain. Parce que Haringey est massivement multi-ethnique et multiculturel. De mani&#232;re indirecte, l'image de la classe laborieuse qui &#233;merge d'un certain d&#233;nigrement des centres-villes est &#233;trange. De nombreux travailleurs jeunes, qui vivent souvent dans les centres-villes, poss&#232;dent aujourd'hui des dipl&#244;mes universitaires et des emplois dans le secteur des services (souvent mal pay&#233;s). Et ils ont largement vot&#233; Remain. Il ne s'agit pas de &#171; gros bonnets &#187; qui ont tir&#233; des avantages aux d&#233;pens des localit&#233;s plus traditionnellement ouvri&#232;res du nord et du centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine image commence &#224; &#233;merger. Certes, des fractions significatives de la classe laborieuse (en particulier &#171; blanche &#187;), identifi&#233;es par des commentateurs tels que John Harris et Adiyta Chakrabborti, ont en effet vot&#233; pour le Brexit. Elles ont effectivement tendance &#224; appartenir aux fractions les plus pauvres et les plus ali&#233;n&#233;es. Mais (voir le tableau), il y a d'autres facteurs culturels et politiques qui se sont montr&#233;s d&#233;terminants quant &#224; la mani&#232;re dont les gens ont vot&#233;. L'&#226;ge, tout d'abord. Il existe une ad&#233;quation presque parfaite entre l'&#226;ge et les intentions de vote, les personnes &#226;g&#233;es entre 18 et 25 ans votant massivement en faveur du Remain et celles de plus de 65 ans pour le Brexit. Les personnes &#226;g&#233;es ont une plus forte probabilit&#233; de voter et souvent en faveur de causes r&#233;actionnaires. A cela s'ajoute le probl&#232;me permanent des jeunes gens exclus des registres &#233;lectoraux en raison de leurs situations pr&#233;caires de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'enqu&#234;te qui a &#233;t&#233; publi&#233;e hier [24 juin] a montr&#233; que les gens dont les opinions tendaient vers la gauche ont vot&#233; Remain alors que ceux dont l'orientation est conservatrice ou de droite ont vot&#233; Leave. A l'exception des cat&#233;gories &#171; mondialisation &#187; et &#171; capitalisme &#187; (50% des votants Leave et Remain les consid&#232;rent n&#233;gativement), chaque cat&#233;gorie significative telle que &#171; immigration &#187;, &#171; f&#233;minisme &#187;, &#171; &#233;cologie &#187; et &#171; multiculturalisme &#187; sont mal vues par ceux qui ont vot&#233; Leave. &#171; Multiculturalisme &#187; est vu n&#233;gativement par 71% de ces derniers. Il est probable que cette enqu&#234;te repose sur un faible &#233;chantillon, mais je doute que ses r&#233;sultats soient infond&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH498/a3ebd6062f70d744-c8855e17-61e14.jpg?1717535900' width='500' height='498' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le vote r&#233;gional &#233;pouse fortement les zones o&#249; l'UKIP dispose d'une base &#233;lectorale significative ou les endroits dont la tradition de droite est ancienne. Cette base s'est toutefois &#233;tendue au cours de la derni&#232;re p&#233;riode, dans le sud du Pays de Galle, par exemple. Le d&#233;clin industriel et celui du mouvement ouvrier, quelquefois combin&#233;s &#224; une baisse de population &#224; mesure que les jeunes s'en vont, ont fortement affaibli autant le Labour que la gauche. Rien de cela n'est nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article publi&#233; en 2009, j'&#233;crivais : &#171; si le succ&#232;s de l'UKIP est fond&#233; sur une campagne m&#233;diatique r&#233;actionnaire et x&#233;nophobe de longue dur&#233;e, il a aussi &#233;t&#233; stimul&#233; par des facteurs politiques et sociaux durables. Tout d'abord, et surtout, la d&#233;faite du mouvement ouvrier inflig&#233;e par Thatcher et ses successeurs. Celle-ci a eu des effets structurels majeurs. Le mouvement ouvrier et de la classe laborieuse n'est plus ce qu'il &#233;tait au cours de la d&#233;cennie 1970. Le nombre de syndiqu&#233;s a diminu&#233; et des centres importants d'une force ouvri&#232;re &#8211; dans les mines, les usines automobiles, etc. &#8211; ont &#233;t&#233; dispers&#233;s. Le n&#233;olib&#233;ralisme a approfondi les divisions de classe, conduisant aux centres des nouveaux riches et des pauvres de longue dur&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse des analyses r&#233;alis&#233;es par &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/politics/commentisfree/2016/jun/24/divided-britain-brexit-money-class-inequality-westminster&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;John Harris&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/jun/24/david-cameron-resign-teflon-cockiness&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aditya Chakrobbati&lt;/a&gt; est qu'elles jouent sur les d&#233;terminants sociaux et &#233;conomiques du vote Leave tout en minimisant les dimensions politiques et id&#233;ologiques. Il est possible, ainsi que l'affirme John Harris, que les nombreux votants Leave qu'il a rencontr&#233;s &#224; travers tout le pays ne sont pas ouvertement racistes, mais dire cela revient &#224; passer &#224; c&#244;t&#233; de la question principale. Le fait est que ces gens ont &#233;t&#233; align&#233;s derri&#232;re une vague x&#233;nophobe et anti-immigr&#233;s irrationnelle et empoisonn&#233;e. Cela se produit au milieu de l'hyst&#233;rie en Europe contre les &#171; vagues &#187; de migrants qui se dirigent vers le continent en provenance de pays dont l'Occident est responsable de l'effondrement par ses guerres ; ainsi qu'au c&#339;ur d'une mont&#233;e islamophobe. Les gens ont de nombreuses raisons d'en avoir marre de l'UE. Mais ce n'est PAS pour cette raison que le Brexit a gagn&#233;. Il a gagn&#233; en raison de la place occup&#233;e par la &#171; question de l'immigration &#187; et le flux de mensonges d&#233;vers&#233;s par les politiciens de droite, les m&#233;dias et la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est toutefois s&#251;re : la responsabilit&#233; de la d&#233;faite du Remain ne peut &#234;tre port&#233;e sur Jeremy Corbyn. Jeremy n'a sans doute pas fait une campagne brillante, mais il est difficile d'avoir un impact alors que les m&#233;dias l'ont ignor&#233; et se sont centr&#233;s sur les &#171; deux ailes &#187; du Parti conservateur [celle, autour de Cameron, en faveur du &#171; Remain &#187; et celle, men&#233;e par Boris Johnson et Michael Grove qui menait campagne pour le &#171; leave &#187;]. Le vote de confiance au sein du Parlementary Labour Party [sur Corbyn, le fonctionnement du Labour et ses diff&#233;rents &#171; partis &#187;, voir cet &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/grande-bretagne/grande-bretagne-au-dela-du-parlementarisme-bases-historiques-et-perspectives-pour-le-corbynisme.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;] demand&#233; par Margaret Hodge [qui a occup&#233; plusieurs minist&#232;res dans des gouvernements travaillistes depuis 2003 ; sa famille poss&#232;de une entreprise active dans le commerce d'acier, STEMCOR] et Ann Coffey [elle a occup&#233; une fonction aupr&#232;s du ministre des finances entre 2007 et 2010, elle a vot&#233; en faveur de la guerre contre l'Irak en 2003] &#233;tait pr&#233;visible. Ce qui n'&#233;tait pas pr&#233;visible, en revanche, c'est la &lt;a href=&#034;https://you.38degrees.org.uk/petitions/a-vote-of-confidence-in-jeremy-corbyn-after-brexit?source=twitter-share-button&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#233;tition sign&#233;e par 140,000 personnes&lt;/a&gt; (&#224; l'heure o&#249; j'&#233;cris [203,000 actuellement]) exigeant imm&#233;diatement un rejet de cette motion. Les tentatives pour se d&#233;barrasser de Jeremy Corbyn seront contest&#233;es avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait certain que Polly Toynbee [membre de la droite du Labour, associ&#233;e au Social Democrat Party dans les ann&#233;es 1980, elle tient une tribune dans le Guardian] se pr&#233;cipite pour soutenir les attaques contre Corbyn. Mais le camp des blairistes anti-Corbyn fait face &#224; une contradiction insoluble qu'il ne pourra affronter. La d&#233;connexion entre le Labour et une grande partie de ses anciens partisans de la classe laborieuse ne d&#233;coule pas de la pr&#233;sence de Jeremy Corbyn &#224; la t&#234;te du parti. C'est plut&#244;t le r&#233;sultat des gouvernements Tony Blair, du n&#233;olib&#233;ralisme supervis&#233; par le Labour qui a men&#233; &#224; une augmentation de la pauvret&#233; et des divisions. Ce camp veut revenir en arri&#232;re, avoir un Blair r&#233;chauff&#233; ou une Hillary Clinton britannique. Leur r&#233;ponse &#224; ce qui est arriv&#233; sera d'exiger que le Labour se d&#233;place plus encore vers la droite. La gauche devra d&#233;sormais s'unifier autour des campagnes massives et des luttes difficiles qui feront suite &#224; la constitution d'un gouvernement conservateur de Johnson. Elle a aussi besoin d'entamer un d&#233;bat strat&#233;gique de fond sur la succession de d&#233;faites de la gauche qui commence &#224; s'accumuler &#224; l'&#233;chelle internationale ainsi que sur comment construire un mouvement sur le long terme en une p&#233;riode de r&#233;action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Paul Copeland : &#171; Le Royaume-Uni va d&#233;couvrir qu'il est une nation insignifiante &#187; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Paul-Copeland-Le-Royaume-Uni-va-decouvrir-qu-il-est-une-nation-insignifiante</link>
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		<dc:date>2016-06-28T10:44:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Thomas Cantaloube</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

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&lt;p&gt;25 juin 2016 | tir&#233; du site de mediapartfr &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Paul Copeland, de la Queen Mary University of London, le Brexit est d'abord une sanction des &#233;lites politiques britanniques. Et il va enclencher une double d&#233;sunification : celle de l'UE et celle du Royaume-Uni. &lt;br class='autobr' /&gt; Londres, de notre envoy&#233; sp&#233;cial. - Paul Copeland est le directeur du centre d'&#201;tudes europ&#233;ennes de la Queen Mary University of London. Europ&#233;en convaincu bien que critique, il &#233;tait favorable au maintien du Royaume-Uni dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton26941-0049e.png?1676355121' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;25 juin 2016 | tir&#233; du site de mediapartfr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Paul Copeland, de la Queen Mary University of London, le Brexit est d'abord une sanction des &#233;lites politiques britanniques. Et il va enclencher une double d&#233;sunification : celle de l'UE et celle du Royaume-Uni.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Londres, de notre envoy&#233; sp&#233;cial.&lt;/strong&gt; - Paul Copeland est le directeur du centre d'&#201;tudes europ&#233;ennes de la Queen Mary University of London. Europ&#233;en convaincu bien que critique, il &#233;tait favorable au maintien du Royaume-Uni dans l'Union europ&#233;enne (UE). Nous l'avions d&#233;j&#224; interrog&#233; &#224; la fin du mois de mars 2016, alors que la campagne r&#233;f&#233;rendaire sur le Brexit d&#233;marrait. D&#233;j&#224;, &#224; l'&#233;poque, il estimait que l'UE allait servir de bouc &#233;missaire &#224; des Britanniques qui, en fait, n'en peuvent plus de la mani&#232;re dont le pays est gouvern&#233;, depuis Westminster, par des &#233;lites politiques coup&#233;es de la population. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mediapart : Quel est votre sentiment au lendemain du r&#233;f&#233;rendum qui a d&#233;cid&#233; de la sortie du Royaume-Uni de l'Union europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Copeland :&lt;/strong&gt; Il &#233;tait &#233;vident depuis longtemps que le r&#233;sultat de ce scrutin serait serr&#233;. Je me doutais que l'on serait dans l'ordre du 52 %&#8211;48 %, mais je ne savais pas qui l'emporterait du &#171; Remain &#187; (&#171; Rester &#187;) ou du &#171; Leave &#187; (&#171; Quitter &#187;). Mais ce r&#233;sultat a moins &#224; voir avec l'Union europ&#233;enne qu'avec l'insatisfaction des Britanniques vis-&#224;-vis du syst&#232;me politique et de Westminster. C'est un sentiment qui traverse de nombreuses d&#233;mocraties occidentales : le rejet des &#233;lites politiques et de leur fa&#231;on de gouverner. L'Union europ&#233;enne est un bouc &#233;missaire commode : on a donn&#233; aux gens l'opportunit&#233; de s'exprimer et ils l'ont saisie pour punir l'&#233;lite politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les artisans de la campagne pour le &#171; Leave &#187; ont men&#233; une bien meilleure campagne que ceux en faveur du &#171; Remain &#187; : ils ont surf&#233; sur cette r&#233;bellion populaire alors que le camp du premier ministre promettait de poursuivre encore plus comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tes-vous d'accord avec tous ceux qui disent que ce r&#233;sultat repr&#233;sente un bouleversement consid&#233;rable pour le pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est un changement monumental pour le Royaume-Uni. Il dessine deux perspectives : le premi&#232;re, c'est une r&#233;cession historique qui risque d'atteindre le pays ; la seconde, c'est que le futur du Royaume-Uni est v&#233;ritablement dans la balance. Le r&#233;sultat de ce r&#233;f&#233;rendum, c'est une double d&#233;sunification : celle de l'Union europ&#233;enne et celle du Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, c'est plus difficile &#224; mesurer. Tout d&#233;pend de qui va devenir le leader des conservateurs. Si c'est quelqu'un qui reprend les affaires o&#249; elles en sont rest&#233;es et qui continue, &lt;i&gt;&#171; business as usual &#187;&lt;/i&gt;, et se contente de n&#233;gocier tranquillement avec Bruxelles la sortie du Royaume-Uni, alors l'&#233;lectorat restera insatisfait et aura l'impression de ne pas avoir &#233;t&#233; entendu. Il faut que le prochain gouvernement entreprenne des changements significatifs dans sa mani&#232;re de conduire la politique. Bien entendu, la question sur laquelle personne n'est d'accord, pas m&#234;me les &#233;lecteurs en faveur du Brexit, c'est : quels changements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on imaginer qu'avec la division qui s'est manifest&#233;e entre l'&#201;cosse et l'Irlande du Nord, tr&#232;s favorables au maintien dans l'Union europ&#233;enne, et l'Angleterre et le Pays de Galles, d&#233;favorables, le Royaume-Uni tel qu'il existe depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle, ne soit plus d&#232;s 2020 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet une tr&#232;s forte possibilit&#233;. La situation de l'Irlande du Nord est plus complexe, mais pour ce qui est de l'&#201;cosse, je pense qu'elle va quitter le Royaume-Uni. Le d&#233;mant&#232;lement du Royaume-Uni est une vraie r&#233;alit&#233;. Si je devais parier, je miserais mon argent l&#224;-dessus. Lors du r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance de l'&#201;cosse en 2014, certains ont &#233;voqu&#233; la probabilit&#233; d'un &lt;i&gt;&#171; neverendum &#187;&lt;/i&gt; jeu de mots sur &lt;i&gt;never end&lt;/i&gt; : jamais termin&#233;, et r&#233;f&#233;rendum, autrement dit un r&#233;f&#233;rendum qui reviendrait sans cesse jusqu'&lt;i&gt;&#224; ce que l'ind&#233;pendance soit obtenue&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en jeu maintenant pour l'&#201;cosse, c'est la relation que le pays entend nouer avec l'Union europ&#233;enne : comment est-ce que le pays adh&#232;re, &#224; quelles conditions, quand ? La vraie question sous-jacente, c'est l'acceptation ou non de l'euro. Beaucoup d'&#201;cossais nationalistes, m&#234;me favorables &#224; l'UE, restent tr&#232;s attach&#233;s &#224; la livre sterling.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que les &#233;lecteurs du &#171; Leave &#187; avaient en t&#234;te l'&#233;clatement du Royaume-Uni lorsqu'ils ont gliss&#233; leur bulletin dans l'urne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ils n'ont clairement pas pr&#234;t&#233; beaucoup d'attention &#224; cette possibilit&#233;. Les &#233;lecteurs favorables au Brexit sont avant tout des gens en col&#232;re. Ils sont pr&#233;occup&#233;s par plein de choses : la crise du logement, qui n'a rien &#224; voir avec l'Union europ&#233;enne, l'immigration, les emplois sous-pay&#233;s&#8230; Toutes ces questions se sont entrem&#234;l&#233;es et les explications n'ont servi &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, personne ou presque n'a d&#233;battu de l'explosion du Royaume-Uni lors de la campagne. Pourtant, c'&#233;tait un enjeu crucial notamment du fait d'un certain ressentiment des Anglais. Il n'y a pas de parlement anglais, alors qu'il y a des parlements &#233;cossais et gallois avec un certain niveau d'autonomie. Il y a 4 &#224; 5 millions d'&#201;cossais dans le Royaume-Uni, qui poss&#232;dent un statut particulier avec un certain nombre d'am&#233;nagements (en terme de fiscalit&#233;, de l&#233;gislation locale, etc.), alors que les 50 millions d'Anglais n'en ont pas. La question du nationalisme anglais a clairement &#233;t&#233; sous-estim&#233;e lors du d&#233;bat r&#233;f&#233;rendaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Royaume-Uni est en passe de d&#233;couvrir qu'il est une nation insignifiante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le plan politique, que va-t-il advenir du parti conservateur qui s'est d&#233;chir&#233; sur la question europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s sceptique quant &#224; l'unit&#233; des Tories. Le principal argument de campagne des tenants du &#171; Leave &#187; a &#233;t&#233; la question de l'immigration et les Britanniques ont clairement montr&#233; qu'ils n'aimaient pas la libert&#233; de mouvement associ&#233;e &#224; l'appartenance &#224; l'UE. Dans le cadre des n&#233;gociations sur la sortie de l'UE qui vont s'ouvrir sous l'&#233;gide du prochain premier ministre, le v&#233;ritable enjeu pour le gouvernement va &#234;tre d'obtenir l'acc&#232;s au march&#233; unique europ&#233;en. Mais cela s'accompagne in&#233;vitablement de l'acceptation de la libert&#233; de mouvement des personnes. C'est un des piliers de l'Europe et c'est un dilemme insoluble. On ne peut pas pr&#233;server son g&#226;teau et le manger en m&#234;me temps. Si les n&#233;gociations maintiennent la libre circulation en &#233;change de l'acc&#232;s au march&#233; unique, alors le parti conservateur continuera d'&#234;tre divis&#233; et pourrait exploser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, comment se fait-il que les travaillistes, qui ne voulaient pas de ce r&#233;f&#233;rendum, mais qui ont accept&#233; de faire campagne aux c&#244;t&#233;s de David Cameron en faveur du &#171; Remain &#187;, soient de nouveau en train de se d&#233;chirer, et qu'une motion de d&#233;fiance ait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e par des parlementaires contre leur leader, Jeremy Corbyn ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine mani&#232;re, le &lt;i&gt;Labour&lt;/i&gt; est encore plus chamboul&#233; que les conservateurs par ce r&#233;sultat. Les travaillistes ont &#233;chou&#233; &#224; faire voter massivement leurs &#233;lecteurs en faveur du maintien dans l'UE. Jeremy Corbyn a &#233;t&#233; incapable d'adopter une position claire et de projeter une image nette. Ce n'est un secret pour personne que Corbyn, au fond de lui, est oppos&#233; &#224; l'Union europ&#233;enne telle qu'elle existe aujourd'hui. Lors d'une interview durant la campagne, il a r&#233;pondu qu'il &#233;tait &lt;i&gt;&#171; favorable &#224; 70 % &#224; l'UE &#187;&lt;/i&gt;. Dans un r&#233;f&#233;rendum o&#249; la seule alternative est oui ou non, ce genre de r&#233;ponse n'est pas satisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaillistes ont compl&#232;tement sous-estim&#233; l'attitude anti-immigration de leurs &#233;lecteurs traditionnels, notamment la classe ouvri&#232;re, d&#233;stabilis&#233;e par des emplois mal pay&#233;s qui sont occup&#233;s par des immigr&#233;s. De nombreux &#233;lecteurs travaillistes ont &#233;t&#233; s&#233;duits par le discours de l'UKIP [&lt;i&gt;le parti europhobe et anti-immigration de Nigel Farage, principal artisan du r&#233;f&#233;rendum sur le Brexit &#8211; ndlr]&lt;/i&gt;. De ce point de vue, les travaillistes se sont retrouv&#233;s bien plus d&#233;connect&#233;s de leur &#233;lectorat habituel que les conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'habitude, lors d'un r&#233;f&#233;rendum perdu, c'est le parti au pouvoir qui subit les plus grosses cons&#233;quences. Mais, dans cette situation, je ne suis pas s&#251;r que ce ne soit pas les travaillistes qui paient un plus gros prix que les conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les unes de la presse britannique du samedi 25 juin 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que l'UKIP, ce parti qui s'est cr&#233;&#233; sur le sentiment europhobe et la sortie de l'Union europ&#233;enne, est amen&#233; &#224; dispara&#238;tre maintenant qu'il a remport&#233; ce combat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;pendra des n&#233;gociations sur la sortie de l'UE. Si l'acc&#232;s au march&#233; unique europ&#233;en est maintenu en &#233;change de la libert&#233; de circulation, alors l'UKIP continuera de pouvoir se plaindre. Si, en revanche, une v&#233;ritable dissociation de l'Union europ&#233;enne et le r&#233;tablissement des fronti&#232;res sont n&#233;goci&#233;s, alors le parti sera sur un terrain bien moins favorable pour r&#233;criminer et il pourrait dispara&#238;tre ou devenir marginal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que, contrairement &#224; ce que promettaient les tenants du Brexit, le statut du Royaume-Uni n'est pas diminu&#233; avec la sortie de l'Union europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement. Le Royaume-Uni est en passe de d&#233;couvrir qu'il est une nation insignifiante. Il a choisi de se couper d'un bloc de 27 pays, qui repr&#233;sente le plus grand march&#233; au monde et dont l'un des quatre piliers fondateurs est le libert&#233; de circulation. 40 % des &#233;changes commerciaux du Royaume-Uni se font avec l'Union europ&#233;enne. C'est tr&#232;s important pour le Royaume-Uni, mais cela est mineur pour l'Union europ&#233;enne. L'&#233;conomie britannique va accuser le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne en faveur de la sortie n'a cess&#233; de vanter le statut de grande puissance du Royaume-Uni, mais on a vu qu'en quelques heures, &#224; cause de la d&#233;gringolade de la livre, vendredi 24 juin, le pays est pass&#233; de cinqui&#232;me puissance &#233;conomique mondiale &#224; sixi&#232;me. Juste parce qu'on a r&#233;&#233;valu&#233; la valeur de l'&#233;conomie relativement au poids de sa monnaie. Je crains que d'ici deux ou trois mois, les Britanniques ne r&#233;alisent que les promoteurs de la sortie de l'UE ont racont&#233; beaucoup de mensonges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Stathis Kouvelakis : &#171; L'UE n'est pas r&#233;formable &#187; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Stathis-Kouvelakis-L-UE-n-est-pas-reformable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Stathis-Kouvelakis-L-UE-n-est-pas-reformable</guid>
		<dc:date>2016-06-28T10:43:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Confavreux</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Stathis Kouvelakis, enseignant en philosophie politique au King's College de Londres, ancien membre du comit&#233; central de Syriza, actuel membre d'Unit&#233; populaire, analyse pour Mediapart les enjeux du Brexit. &lt;br class='autobr' /&gt;
25 juin 2016 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Stathis Kouvelakis &#233;tait membre du comit&#233; central de Syriza lors de la victoire de ce parti en Gr&#232;ce en janvier 2015. Il fit ensuite partie de ceux qui, pr&#244;nant une sortie de l'euro et une rupture franche avec les institutions europ&#233;ennes, ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Stathis Kouvelakis, enseignant en philosophie politique au King's College de Londres, ancien membre du comit&#233; central de Syriza, actuel membre d'Unit&#233; populaire, analyse pour Mediapart les enjeux du Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 juin 2016 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Stathis Kouvelakis &#233;tait membre du comit&#233; central de Syriza lors de la victoire de ce parti en Gr&#232;ce en janvier 2015. Il fit ensuite partie de ceux qui, pr&#244;nant une sortie de l'euro et une rupture franche avec les institutions europ&#233;ennes, ont d&#233;cid&#233; de faire scission avec le premier ministre Alexis Tsipras. Enseignant et vivant &#224; Londres, il analyse pour Mediapart les cons&#233;quences du r&#233;f&#233;rendum britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mediapart : Quelle lecture faites-vous du vote en faveur du Brexit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Kouvelakis : L&lt;/strong&gt;e premier constat est que l'UE perd tous les r&#233;f&#233;rendums qui se d&#233;roulent autour des propositions qui en &#233;manent ou de l'appartenance &#224; l'une de ses instances. Les d&#233;fenseurs inconditionnels du projet europ&#233;en devraient quand m&#234;me commencer &#224; se demander pourquoi. Mais c'est la premi&#232;re fois que la question du maintien ou du d&#233;part a &#233;t&#233; pos&#233;e directement. Et le fait que l'un des trois grands pays europ&#233;ens choisisse la rupture avec l'UE signe, pour moi, la fin du projet europ&#233;en actuel. Ce r&#233;sultat r&#233;v&#232;le d&#233;finitivement ce qu'on savait d&#233;j&#224;, &#224; savoir qu'il s'agissait d'un projet construit par et pour des &#233;lites, qui ne b&#233;n&#233;ficiait pas d'un soutien populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous en r&#233;jouissez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Certes, ce rejet l&#233;gitime de l'UE risque d'&#234;tre confisqu&#233; par des forces de droite et x&#233;nophobes, comme la campagne britannique l'a montr&#233;. Mais, pour moi, il peut aussi s'agir d'une opportunit&#233; pour des forces progressistes en lutte contre l'Europe n&#233;olib&#233;rale et autoritaire, c'est-&#224;-dire l'UE telle qu'elle existe. Je pense que des forces antilib&#233;rales de gauche peuvent plus facilement s'exprimer dans d'autres pays qu'en Grande-Bretagne, o&#249; il est vrai que le &#171; Lexit &#187; (contraction de Left et Exit -ndlr) a &#233;t&#233; tr&#232;s peu audible, et a r&#233;v&#233;l&#233; une fracture entre la direction des principales forces de gauche, politiques et syndicales, et la base populaire et ouvri&#232;re, qui a dans sa grande majorit&#233; rejet&#233; l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti travailliste, notamment, est fractur&#233; entre une large partie de son &#233;lectorat d'un c&#244;t&#233; et ses &#233;lus et son appareil de l'autre, avec les cadres et les militants &#233;cartel&#233;s entre les deux. De surcro&#238;t, son dirigeant actuel, Jeremy Corbyn, est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s hostile &#224; l'UE, mais il a &#233;t&#233; contraint de faire campagne pour le maintien, compte tenu du rapport de force interne &#224; l'appareil et au groupe parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2015, lorsque je faisais encore partie du comit&#233; central de Syriza, &#224; l'occasion d'une grande r&#233;union qui s'&#233;tait tenue &#224; Londres, au si&#232;ge de la conf&#233;d&#233;ration des syndicats britanniques, pour f&#234;ter la victoire de notre parti en Gr&#232;ce, Jeremy Corbyn, dont personne n'envisageait alors qu'il puisse prendre la direction du parti travailliste, &#233;tait venu me parler en marge de la r&#233;union, en me disant : &lt;i&gt;&#171; Est-ce que vous avez un plan B ? Parce que l'UE va vous &#233;craser, en commen&#231;ant par attaquer votre syst&#232;me bancaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'a racont&#233; le choc qu'il avait subi lorsqu'il &#233;tait jeune militant et que le parti travailliste avait gagn&#233; les &#233;lections de 1974 sur un programme radical. Le syst&#232;me bancaire britannique avait imm&#233;diatement &#233;t&#233; attaqu&#233;, contraignant le Royaume-Uni &#224; faire appel au FMI pour demander un pr&#234;t et &#224; mettre en place des politiques aust&#233;ritaires en &#233;change. Il voulait que je le rassure sur le fait que nous avions un plan B, et moi qui appartenais &#224; la minorit&#233; de la direction de Syriza, je ne pouvais que lui r&#233;pondre qu'il fallait qu'il en parle avec Tsipras, pour tenter de le convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette anecdote montre qu'il ne se fait aucune illusion sur l'UE. Seulement, l'appareil du parti travailliste et ses &#233;lus lui sont farouchement hostiles. Et on lui reproche d&#233;sormais d'avoir fait un service minimum en faveur du &#171; Remain &#187;. Les m&#234;mes m&#233;dias, qui avaient appel&#233; &#224; voter &#171; Remain &#187;, voudraient qu'il parte, alors m&#234;me que le Brexit a gagn&#233;, parce qu'il n'en aurait pas fait assez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#233;t&#233; surpris de ce r&#233;sultat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Ce qui m'a frapp&#233; pendant cette campagne britannique, c'est une impression de d&#233;j&#224;-vu. J'ai eu la chance de vivre &#224; la fois le r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution europ&#233;enne de 2005 en France, celui de l'ann&#233;e derni&#232;re sur le plan d'aust&#233;rit&#233; Juncker en Gr&#232;ce, et celui de cette ann&#233;e en Grande-Bretagne. &#192; chaque fois, ceux qui d&#233;fendent l'UE portent de moins en moins de discours positifs et emploient essentiellement des arguments fond&#233;s sur l'intimidation et la peur, en mettant en sc&#232;ne tous les maux qui s'abattraient sur le Royaume-Uni si les Britanniques votaient mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scha&#252;ble et Juncker se sont faits mena&#231;ants, comme &#224; l'accoutum&#233;, et m&#234;me Obama a jou&#233; sa partition pour expliquer &#224; quel point un Brexit serait catastrophique. En France, on a beaucoup focalis&#233; sur le fait que la campagne pro-Brexit &#233;tait anim&#233;e par des personnages effectivement peu rago&#251;tants, de Boris Johnson &#224; Nigel Farage. Mais les m&#233;dias ont moins soulign&#233; que le &#171; Remain &#187; &#233;tait port&#233; par tout l'establishment content de lui-m&#234;me, avec la City arrogante en premi&#232;re ligne, ce qui avait de quoi motiver le rejet de l'&#233;lectorat populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une refondation d&#233;mocratique de l'Europe, que beaucoup appellent de leurs v&#339;ux au lendemain du Brexit, vous semble-t-elle encore possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus de forces de gauche comprennent que l'UE n'est pas r&#233;formable dans un sens progressiste, avec un fonctionnement plus d&#233;mocratique, parce qu'elle est con&#231;ue, dans son architecture intrins&#232;que, pour ne pas &#234;tre r&#233;formable. Tout est verrouill&#233; et, pour enseigner dans un d&#233;partement d'&#233;tudes europ&#233;ennes, je peux vous assurer que mes coll&#232;gues sp&#233;cialistes le savent. L'UE n'a pas &#233;t&#233; con&#231;ue pour fonctionner avec les r&#232;gles de la d&#233;mocratie parlementaire, dont on craint toujours la tentation &#171; populiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote britannique est donc une occasion &#224; saisir pour toutes celles et ceux qui r&#233;fl&#233;chissent &#224; un plan B, et sont conscients que de v&#233;ritables alternatives impliquent une rupture avec l'UE. Que ce soit Jean-Luc M&#233;lenchon en France, Oskar Lafontaine et Sahra Wagenknecht en Allemagne, l'aile gauche de Podemos ou ceux qui ont quitt&#233; Syriza l'an dernier : toutes ces forces anti-lib&#233;rales et progressistes doivent se saisir de ce moment, si elles ne veulent pas &#234;tre gravement punies par une droite nationaliste et x&#233;nophobe qui capterait la col&#232;re populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais, en Gr&#232;ce, la gauche qui a fait scission avec Tsipras, semble pourtant plut&#244;t atone ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier sondage am&#233;ricain PEW sur l'europhilie, effectu&#233; sur un tr&#232;s large &#233;chantillon de populations europ&#233;ennes, a montr&#233; que plus de 71 % des Grecs n'acceptaient plus l'UE et qu'un bon tiers souhaitaient sortir de l'euro. Certes, le champ politique grec est bloqu&#233; et, suite &#224; la capitulation de Tsipras l'&#233;t&#233; dernier, le sentiment de d&#233;faite et de d&#233;moralisation reste fort. Mais on commence &#224; voir des mouvements &#224; gauche de Syriza, que ce soit Unit&#233; populaire ou le mouvement lanc&#233; par Zo&#233; Konstantopo&#250;lou, gagner du terrain. Nous sommes &#224; la veille de reclassements importants, &#224; l'&#233;chelle de l'Europe, et face &#224; un choix entre une radicalit&#233; qui sera soit de gauche et internationaliste, soit de droite et x&#233;nophobe. Si la gauche qui se veut hostile au n&#233;olib&#233;ralisme continue &#224; r&#233;p&#233;ter la litanie de l'&#171; Europe sociale &#187; et de la &#171; r&#233;forme des institutions europ&#233;ennes &#187;, elle ne s'enfoncera pas simplement dans l'impuissance, elle sera tout bonnement balay&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mani&#232;re dont la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; trait&#233;e l'&#233;t&#233; dernier a-t-elle jou&#233; dans le vote britannique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nigel Farage, le dirigeant du parti nationaliste et x&#233;nophobe UKIP, avait tenu au Parlement europ&#233;en des propos dans lesquels il accusait l'UE de se comporter de mani&#232;re dictatoriale avec la Gr&#232;ce. Il disait des choses qui auraient d&#251; &#234;tre dites par toute la gauche britannique et europ&#233;enne. Le r&#233;f&#233;rendum britannique est juste un nouveau signe du rejet de l'UE, dont les &#233;lecteurs comprennent qu'elle se situe au c&#339;ur du probl&#232;me de la politique repr&#233;sentative actuelle, celui d'une &#233;lite europ&#233;iste qui m&#233;prise les couches populaires et la notion m&#234;me de souverainet&#233; du peuple. Passivement tol&#233;r&#233; lorsque la situation &#233;conomique paraissait fluide, le projet europ&#233;en se d&#233;lite lorsque celle-ci se d&#233;grade et que le carcan des politiques d'aust&#233;rit&#233; se durcit partout, sous l'impulsion et le contr&#244;le tatillon des instances de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coupage spatial du vote britannique est saisissant. Il y a deux pays. La bulle de la City et du Sud-Est du pays face &#224; un autre pays, dont on ne parle jamais parce qu'on pr&#233;f&#232;re &#233;voquer le Londres branch&#233; et multi-culturel. Avant d'enseigner &#224; Londres, j'exer&#231;ais dans une universit&#233; de la banlieue de Birmingham, Wolverhampton. La diff&#233;rence est abyssale. Le centre-ville &#233;tait en ruine. Dans cette Angleterre o&#249; la r&#233;volution industrielle a commenc&#233;, tout le monde se sent abandonn&#233; et condamn&#233; &#224; une mort &#233;conomique et sociale. Le parti travailliste a abandonn&#233; &#224; leur sort des populations enti&#232;res et laiss&#233; ainsi le champ libre &#224; des partis comme le UKIP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est d'ailleurs paradoxal, parce qu'alors que le Front national a toujours su, en France, se parer d'un vocabulaire et d'atours pour &#171; faire peuple &#187;, le UKIP incarnait, &#224; l'origine, tout ce dont les classes populaires anglaises se sont toujours moqu&#233; : un c&#244;t&#233; vieillissant, anglican, traditionnel, classes moyennes coinc&#233;es, 100 % blanches, le conservatisme de grand-papa en somme. On imagine la col&#232;re et le sentiment d'abandon qu'il a fallu pour qu'un tel parti ait pourtant r&#233;ussi &#224; capter le vote des classes populaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous positionnez-vous face &#224; la perspective de nouveaux r&#233;f&#233;rendums sur l'appartenance &#224; l'UE dans d'autres pays d'Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE n'est pas r&#233;formable et je pense qu'il n'existe pas d'autre solution que sa dissolution. Une vraie refondation de l'Europe signifie briser la cage de fer de l'aust&#233;rit&#233; perp&#233;tuelle et du n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire, et cela passe par une rupture avec la machinerie institutionnelle de l'UE. Il faudra donc jouer le jeu des r&#233;f&#233;rendums, tout en emp&#234;chant les forces de la droite x&#233;nophobe et nationaliste de gagner l'h&#233;g&#233;monie et de d&#233;voyer la r&#233;volte populaire. La gauche de la gauche a pris beaucoup de retard, mais elle ne peut plus penser qu'elle parviendra, sans rupture avec l'UE, &#224; changer le rapport de force &#224; l'int&#233;rieur d'une machinerie sp&#233;cialement con&#231;ue pour emp&#234;cher toute divergence, et face &#224; un rouleau compresseur dont on a vu comment il a pu &#233;craser la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;f&#233;rendum en Grande Bretagne &#8211; Il est temps de relancer l'UE</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Referendum-en-Grande-Bretagne-Il-est-temps-de-relancer-l-UE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Referendum-en-Grande-Bretagne-Il-est-temps-de-relancer-l-UE</guid>
		<dc:date>2016-06-28T10:43:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Die Linke</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la premi&#232;re r&#233;action de la direction de Die Linke suite au vote r&#233;f&#233;rendaire en Grande-Bretagne provenant des repr&#233;sentantEs du groupe parlementaire de DIE LINKE au Bundestag, Dietmar Bartsch et Sahra Wagenknecht, de m&#234;me que des Portes paroles de DIE LINKE, Katja Kipping et Bernd Riexinger. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce vote d&#233;montre la crise profonde de l'Union Europ&#233;enne. Les technocrates de l'EU et leur aust&#233;rit&#233; n&#233;o-lib&#233;rale ont pav&#233; la voie au scepticisme et au nationalisme Europ&#233;en. Il est effrayant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH58/arton26946-52c03.png?1677097192' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='58' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la premi&#232;re r&#233;action de la direction de Die Linke suite au vote r&#233;f&#233;rendaire en Grande-Bretagne provenant des repr&#233;sentantEs du groupe parlementaire de DIE LINKE au Bundestag, Dietmar Bartsch et Sahra Wagenknecht, de m&#234;me que des Portes paroles de DIE LINKE, Katja Kipping et Bernd Riexinger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce vote d&#233;montre la crise profonde de l'Union Europ&#233;enne. Les technocrates de l'EU et leur aust&#233;rit&#233; n&#233;o-lib&#233;rale ont pav&#233; la voie au scepticisme et au nationalisme Europ&#233;en. Il est effrayant que des slogans provocants aient &#233;t&#233; entendus durant la campagne pour le Brexit. Mais il serait erron&#233; d'imputer tous les partisans du Brexit que leur vote &#233;tait motiv&#233; par la haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233; le Brexit a bris&#233; le statu quo de fa&#231;on irr&#233;m&#233;diable. C'est une brisure qui ouvre &#233;galement une opportunit&#233; historique pour redonner leur voix &#224; la population Europ&#233;enne. Nous voulons la justice sociale pour le peuple, nous voulons que leur avenir soit assur&#233;. &#192; DIE LINKE nous exigeons de relancer l'Union Europ&#233;enne. Un d&#233;bat et un vote &#224; propos de l'avenir de l'Europe, dans lequel toutes les personnes vivant en Europe doivent participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIE LINKE d&#233;fend le projet d'un continent Europ&#233;en de justice sociale, d&#233;mocratique et pacifique et porteur d'espoir. Pour une Europe du peuple non des grandes soci&#233;t&#233;s. Aujourd'hui la lutte pour une nouvelle conception sociale et politique d'une Europe de paix et cosmopolite a &#233;clat&#233;. Menons ensemble ce combat au-del&#224; des fronti&#232;res avec tous ceux et celles qui sont &#224; nos c&#244;t&#233;s et qui veulent d&#233;fendre les droits de la population contre les int&#233;r&#234;ts des &#233;lites &#233;conomiques et technocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remerciements &#224; Andreas Gunther pour nous avoir fait parvenir cette d&#233;claration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'anglais : Andr&#233; Frappier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.die-linke.de/nc/presse/presseerklaerungen/detail/artikel/referendum-in-grossbritannien-zeit-fuer-einen-neustart-der-eu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.die-linke.de/nc/presse/presseerklaerungen/detail/artikel/referendum-in-grossbritannien-zeit-fuer-einen-neustart-der-eu/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s le Brexit, un monde d'incertitude o&#249; il va falloir apprendre &#224; naviguer juste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-le-Brexit-un-monde-d-incertitude-ou-il-va-falloir-apprendre-a-naviguer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Apres-le-Brexit-un-monde-d-incertitude-ou-il-va-falloir-apprendre-a-naviguer</guid>
		<dc:date>2016-06-28T10:42:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxim Combes</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quoiqu'on en pense, le Brexit va g&#233;n&#233;rer un s&#233;isme politique, institutionnel et &#233;conomique. Un s&#233;isme qui ne vient pas de nulle part. Un s&#233;isme sur lequel surfent des forces r&#233;actionnaires. Un s&#233;isme auquel les &#233;lites vont vouloir r&#233;pondre avec des recettes &#233;cul&#233;es. Un s&#233;isme qui doit conduire les forces progressistes &#224; naviguer juste dans un monde d'incertitude. Immense d&#233;fi. &lt;br class='autobr' /&gt; Avant toute chose, deux pr&#233;cisions : ce post n'a aucune pr&#233;tention &#224; une analyse d&#233;taill&#233;e, exhaustive et d&#251;ment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton26951-70468.jpg?1677096843' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quoiqu'on en pense, le Brexit va g&#233;n&#233;rer un s&#233;isme politique, institutionnel et &#233;conomique. Un s&#233;isme qui ne vient pas de nulle part. Un s&#233;isme sur lequel surfent des forces r&#233;actionnaires. Un s&#233;isme auquel les &#233;lites vont vouloir r&#233;pondre avec des recettes &#233;cul&#233;es. Un s&#233;isme qui doit conduire les forces progressistes &#224; naviguer juste dans un monde d'incertitude. Immense d&#233;fi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant toute chose, deux pr&#233;cisions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ce post n'a aucune pr&#233;tention &#224; une analyse d&#233;taill&#233;e, exhaustive et d&#251;ment sourc&#233;e du Brexit ; il est donc parcellaire, incomplet, impr&#233;cis... et donc tr&#232;s fortement discutable ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vous trouverez ci-dessous une traduction tr&#232;s rapide (et donc am&#233;liorable) de la r&#233;action de Global Justice Now, organisation britannique qui fait partie du r&#233;seau des Attac d'Europe ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prudence, avec quelques constats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec grande prudence que je me permets ce post, en essayant de me d&#233;marquer de deux positions qui me paraissent pour le moins discutables : le Brexit est une victoire contre les &#233;lites et les politiques n&#233;olib&#233;rales de l'UE qui sont devenues des forces de coercition des peuples europ&#233;ens au profit des oligarchies nationales (=&gt; il faut donc s'en f&#233;liciter) ; le Brexit est une d&#233;faite de l'int&#233;gration europ&#233;enne et un coup dur pour la coop&#233;ration et la solidarit&#233; en Europe (=&gt; il faut donc s'en d&#233;soler). Les deux me semblent bien discutables, bien que s'appuyant manifestement sur des &#233;l&#233;ments significatifs de la r&#233;alit&#233; dans laquelle nous vivons : les &#233;lites (notamment europ&#233;ennes) gouvernent contre l'int&#233;r&#234;t des populations, notamment les plus d&#233;munies et/ou ins&#233;curis&#233;es ; ce sont les forces d'extr&#234;me-droite, r&#233;actionnaires et nationalistes qui vont se trouver renforc&#233;es par le Brexit, au d&#233;triment des forces politiques proposant plus de solidarit&#233;, de justice et de r&#233;gulations sociales et &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux prises de position sont les plus fr&#233;quentes et les plus rapides &#224; faire. Nombreux sont d&#233;j&#224; les commentateurs (qu'ils soient journalistes, politistes, militant.e.s et/ou adeptes de Twitter) &#224; opposer irr&#233;m&#233;diablement ces deux positions. Mais en rester l&#224;, et attiser cette division, n'est-ce pas &#234;tre finalement assez d&#233;sarm&#233;s face &#224; la situation ? Sans plan de navigation et sans boussole ? Et dans l'incapacit&#233; de reprendre la main sur une situation politique qui manifestement &#233;chappe (pour partie du moins) aux forces progressistes anti-lib&#233;rales et &#233;cologistes en Europe. Je ne pr&#233;tends pas d&#233;tenir de recette magique ni d'analyse en mesure de nous faire sortir de cette impasse. Je me limiterais donc &#224; quelques constats et remarques, que je compl&#232;terais ou corrigerais sans doute au fil des heures. Le tout est tr&#232;s discutable et incomplet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Une carte et un graphique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette carte et ce graphique sont frappants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/apre_s_le_brexit_un_monde_d_incertitude_ou_il_va_falloir_apprendre_a_naviguer_juste.jpg?2745/8e6b580cbf0f96fa01f6b51dceecc77c180432694df9e4de25108fd52cd17788&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH684/8e6b580cbf0f96fa-41bc05e6-e013b.jpg?1717535901' width='500' height='684' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH369/d5d63bf3c67b7874-78589efe-9528c.jpg?1717535901' width='500' height='369' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une polarisation extr&#234;mement forte s'observe entre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les tranches d'&#226;ge les plus jeunes qui ont vot&#233; majoritairement pour rester dans l'UE et les babyboomers et populations les plus &#226;g&#233;es qui ont vot&#233; majoritairement pour en sortir ; (mon ami Nick Dearden de Global Justice Now disant ce vendredi matin en s'adressant aux baby-boomers : Merci les gars pour tout ce que vous avez fait pour le monde : #Thatcher #ChaosClimatique #FinEtatProvidence #Brexit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une polarisation g&#233;ographique entre Londres / Ecosse et Irlande du Nord d'un c&#244;t&#233;, et les campagnes (mais aussi de nombreuses villes fortement touch&#233;es par la d&#233;sindustrialisation) de l'autre : le Royaume-Uni est fractur&#233; sur le plan g&#233;ographique et sur le plan social ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand on croise les deux, et qu'on y ajoute quelques pr&#233;cisions (quartiers ouvriers, r&#233;gions industrielles, r&#233;gions d'exportation, etc), on constate une franche polarisation entre une &#233;lite et les populations qui pensent pouvoir tirer profit de la situation &#233;conomique (jeunesse &#233;duqu&#233;e des villes et population ins&#233;r&#233;e dans la comp&#233;tition &#233;conomique) d'un c&#244;t&#233;, et les populations qui en sont le plus &#233;loign&#233;es, qu'elles vivent dans des villes frapp&#233;es de plein fouet par la mondialisation ou des campagnes qui se pensent sans avenir) ; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;2. Des &#233;lites sans boussole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vote ouvre de nombreuses zones d'incertitude, de d&#233;s&#233;quilibres et de d&#233;stabilisations politiques, &#233;conomiques et institutionnelles (dans un monde et une UE qui en comptaient d&#233;j&#224; beaucoup trop). A commencer par le Royaume-Uni o&#249; Cameron est oblig&#233; de d&#233;missionner. C'est inqui&#233;tant, non parce que ces incertitudes, crises et d&#233;stabilisations sont un mal en soit, mais parce que les &#233;lites en place qui vont pr&#233;tendre avoir les recettes pour y r&#233;pondre sont celles-l&#224; m&#234;mes qui ont contribu&#233;, &#224; travers leurs politiques, &#224; g&#233;n&#233;rer cette situation. Prenons quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Royaume-Uni, les forces les plus r&#233;actionnaires (du Parti conservateur, de l'UKIP etc) vont avoir le vent en poupe pour pr&#233;parer les prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales et il n'est pas certain que le Labour et J&#233;r&#233;my Corbin soient arm&#233;s pour construire une r&#233;ponse de gauche et &#233;cologiste au Brexit ; l'avenir nous le dira ; il est de la responsabilit&#233; des forces progressistes en Europe d'oeuvrer &#224; ce que les forces politiques, syndicales et associatives britanniques qui sont en faveur d'une transition &#233;cologique, sociale et d&#233;mocratique ne sortent pas lamin&#233;es du post-Brexit ; (entendons-nous bien : tous ceux qui ont vot&#233; en faveur du Brexit ne sont pas racistes ou x&#233;nophobes. Loin de l&#224;. Par contre, tous les racistes et x&#233;nophobes du Royaume-Uni ont vot&#233; en faveur du Brexit et sont les plus bruyants ce vendredi matin pour c&#233;l&#233;brer &#034;leur&#034; victoire)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de l'Union europ&#233;enne : les dirigeants de l'UE, celles et ceux qui m&#232;nent des politiques n&#233;o-lib&#233;rales depuis de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es qui ont conduit les populations durement touch&#233;es par la mondialisation &#224; se d&#233;tourner du &#034;projet europ&#233;en&#034;, et qui portent donc une lourde responsabilit&#233; dans ce Brexit, ne vont pas d&#233;missionner ; ni-m&#234;me aucune auto-critique n'est &#224; attendre de leur part ; au contraire, ils vont se pr&#233;senter comme les sauveurs du &#034;projet europ&#233;en&#034; en affirmant avoir &#034;compris le message&#034;, vouloir des n&#233;gociations rapides avec Londres pour &#034;mener une bonne s&#233;paration&#034;, sans pour autant changer de politique ; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne va parler d'Europe sociale et &#233;cologique sans changer de logiciel europ&#233;en, tandis que la droite va proposer une &#034;UE plus r&#233;duite&#034;, mais sans qu'aucune de ces deux forces proposent une d&#233;mocratisation des institutions europ&#233;ennes et une transformation profondes des politiques men&#233;es au nom de la comp&#233;tititivit&#233; europ&#233;enne ; d'autre part, ni Fran&#231;ois Hollande - des plus ill&#233;gitimes d&#233;sormais pour prendre quelque initiative que ce soit au niveau europ&#233;en apr&#232;s ses renoncements de 2012 sur le trait&#233; budg&#233;taire europ&#233;en - ni Angela Merkel - dans un pays o&#249; les &#233;lites se vivent comme en charge d'imposer l'h&#233;g&#233;monie allemande au reste de l'UE, ne sont en mesure de changer le cours des choses ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise financi&#232;re sans organe de r&#233;gulation en mesure d'y faire face : le d&#233;crochage de la livre sterling - qui restait une monnaie de r&#233;f&#233;rence internationale - face au dollar et l'euro, qui peut s'accompagner d'une tr&#232;s importante d&#233;stabilisation des places boursi&#232;res dans le monde, est de nature &#224; ouvrir une crise financi&#232;re d'ampleur ; que la City et les traders bas&#233;s &#224; Londres perdent beaucoup dans le Brexit - le principal sujet trait&#233; dans les medias - importe peu ; qu'il en d&#233;coule un violent r&#233;ajustement des taux de change internationaux aux r&#233;percussions majeures sur l'ensemble des monnaies et des &#233;conomies de la plan&#232;te est bien plus d&#233;cisif : sans op&#233;rateur international de r&#233;gulation des taux de changes, sans monnaie de r&#233;serve internationale, fort est &#224; parier que seuls les sp&#233;culateurs les plus avis&#233;s et les places boursi&#232;res les plus puissantes sortiront gagnants de la p&#233;riode, au d&#233;triment des autres, et notamment au d&#233;triment des populations qui devront en supporter les cons&#233;quences ; au Royaume-Uni comme ailleurs, d'importants transferts de &#034;richesses&#034; et de &#034;dettes&#034; sont &#224; pr&#233;voir ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'urgence d'un cap (et d'une boussole) pour les forces en faveur d'une transition &#233;cologique et sociale en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissons d'abord qu'il est difficile de construire des perspectives progressistes &#224; partir d'une bataille qui s'est d&#233;roul&#233;e sur un terrain et selon un sc&#233;nario (teneur des discussions, arguments &#233;chang&#233;s) qui ne sont pas les n&#244;tres ; la campagne men&#233;e par Corbyn et le parti travailleur illustrent parfaitement ce point : tr&#232;s g&#234;n&#233;s, ils ont cherch&#233; &#224; maintenir audibles (&#224; juste titre) leurs critiques envers les politiques n&#233;olib&#233;rales de l'UE, pour finir par appeler &#224; rester dans l'UE, faisant dispara&#238;tre toute possibilit&#233; d'un &#034;Lexit&#034;, c'est-&#224;-dire d'un discours et d'un plan pour une &#034;sortie de gauche&#034; ; quand on regarde le vote par quartiers, les arguments &#171; Remain to change &#187; (&#171; rester pour changer &#187;) et &#171; Remain to preserve &#187; (&#171; rester pour pr&#233;server &#187; les droits des travailleurs) ont fait flop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissons d'ailleurs que tr&#232;s nombreuses forces &#233;cologistes du Royaume-Uni (ONG, personnalit&#233;s, commentateurs, etc) d&#233;plorent le Brexit, qu'elles analysent comme le plus s&#251;r moyen de voir les r&#233;gulations environnementales et climatiques europ&#233;ennes de ces 15 derni&#232;res ann&#233;es d&#233;mantel&#233;es &#224; l'avenir au Royaume-Uni ; &#224; juste titre : le Royaume-Uni est sans doute l'un des pays les plus r&#233;calcitrants en Europe vis-&#224;-vis des r&#233;gulations environnementales (et de la transition &#233;nerg&#233;tique en particulier) comme on a pu l'observer encore r&#233;cemment sur la question de l'exploitation des hydrocarbures de schiste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissons enfin l'existence d'une ligne de fracture qui ne peut que s'aggraver apr&#232;s le Brexit, si nous ne trouvons les moyens de la r&#233;sorber (sauf &#224; vouloir cultiver des postures clivantes dans une strat&#233;gie de long terme ; ce qui est une option parmi d'autres), entre ceux qui estiment qu'il faut sortir de l'UE pour en changer la nature, et ceux qui pensent qu'il est encore possible d'en changer les contours et les politiques &#224; travers des mobilisations au niveau europ&#233;en ; pas le temps de d&#233;tailler ce point ici, mais c'est un point central sur lequel il est n&#233;cessaire d'avancer ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations ne veulent majoritairment plus de cette Europe-l&#224; : les sanctions envers les politiques de Bruxelles, lorsqu'il est demand&#233; l'avis du plus grand nombre, s'empilent au d&#233;tour des r&#233;f&#233;rendums (du moins dans un nombre significatif de pays) : France et Pays-Bas (2005), Irlande (2008), Gr&#232;ce (2015), Pays-Bas et Royaume-Uni (2016) (et j'en oublie sans doute) ; la r&#233;ponse des institutions europ&#233;ennes (faire revoter quand le r&#233;sultat n'est pas conforme ou r&#233;pondre qu'il n'est &#034;pas question de changer les trait&#233;s europ&#233;ens apr&#232;s chaque &#233;lection&#034;) n'est pas tenable et n'est pas acceptable ; les &#233;lites europ&#233;ennes, enferm&#233;es et hors-sol qu'elles sont, tuent &#224; petit feu le &#034;projet europ&#233;en&#034; et le Brexit ne peut en &#234;tre qu'un acc&#233;l&#233;rateur de ce d&#233;litement en cours ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;litement est peut-&#234;tre in&#233;luctable. Ou pas : il ne faut jamais sous-estimer la capacit&#233; des pouvoirs et des structures qu'ils ont confectionn&#233;es &#224; se maintenir au prix de politiques toujours plus agressives. Il est en tout cas possible d'en &#234;tre le simple spectateur et laisser les forces conservatrices et r&#233;actionnaires surfer sur la vague, ou d'en &#234;tre des acteurs majeurs pour changer le terreau du d&#233;bat public en Europe, dans la perspective d'une transition &#233;cologique, sociale et d&#233;mocratique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, le message de l'organisation Global Justice Now de ce matin (cf. ci-dessous) donne des pistes (sans doute loin d'&#234;tre exhaustives) : 1) stopper les n&#233;gociations du Tafta (et autres accords commerciaux en cours de n&#233;gociation) comme un moment fondateur pour dire &#034;Stop aux politiques n&#233;olib&#233;rales et anti-sociales en Europe - Oui &#224; de nouvelles r&#233;gulations financi&#232;res en faveur de politiques sociales&#034; ; 2) d&#233;fendre le droit &#224; migrer et la dignit&#233; des migrants comme r&#233;ponse orthogonale &#224; celle mise en oeuvre par les instances europ&#233;ennes et ses Etats-membres ; 3) batailler pour des politiques de lutte contre les d&#233;r&#232;glements climatiques qui soient &#224; la hauteur du d&#233;fi climatique, comme un moyen d'obtenir des politiques de solidarit&#233; internationale face aux enjeux globaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Brexit est d'abord le r&#233;sultat de l'Union europ&#233;enne telle qu'elle est, telle qu'elle existe &#224; travers ses politiques n&#233;olib&#233;rales depuis de trop longues d&#233;cennies. Il est aussi le fruit de d&#233;cisions d'une classe politique pr&#234;te &#224; tout pour se maintenir au pouvoir. Il est enfin la traduction paroxystique du divorce d&#233;sormais assum&#233; entre une grande partie de la population et les &#233;lites qui ont, de fait, fait s&#233;cession pour d&#233;fendre leurs seuls int&#233;r&#234;ts dans la mondialisation du capitalisme. L'avenir, qui ne se pr&#233;sente pas sous les meilleurs auspices, n'est pourtant pas &#233;crit. D'autres s&#233;isimes peuvent inverser la tendance et changer la donne. A commencer par les &#233;lections en Espagne d&#232;s dimanche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime Combes, &#233;conomiste et membre d'Attac France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'avertissement du Brexit aux forces de gauche &#8211; Un projet internationaliste pour une autre Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-avertissement-du-Brexit-aux-forces-de-gauche-Un-projet-internationaliste-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-avertissement-du-Brexit-aux-forces-de-gauche-Un-projet-internationaliste-pour</guid>
		<dc:date>2016-06-28T10:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro, Mauro Gasparini</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-28</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum au Royaume-Uni est d'une extr&#234;me importance pour la situation sociale et politique en Europe. La sortie du Royaume-Uni de l'Union europ&#233;enne approfondit la crise de cette institution cr&#233;&#233;e par et pour les grands groupes capitalistes du continent. Les bourses plongent comme jamais depuis la crise mondiale de 2008, la livre sterling , l'Euro aussi . Cameron a d&#233;pos&#233; sa d&#233;mission. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Royaume-Uni risque &#233;galement d'imploser, car l'Ecosse et l'Irlande du Nord, nations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-06-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-06-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Brexit-+" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton26960-a1d80.jpg?1677097192' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum au Royaume-Uni est d'une extr&#234;me importance pour la situation sociale et politique en Europe. La sortie du Royaume-Uni de l'Union europ&#233;enne approfondit la crise de cette institution cr&#233;&#233;e par et pour les grands groupes capitalistes du continent. Les bourses plongent comme jamais depuis la crise mondiale de 2008, la livre sterling , l'Euro aussi . Cameron a d&#233;pos&#233; sa d&#233;mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Royaume-Uni risque &#233;galement d'imploser, car l'Ecosse et l'Irlande du Nord, nations opprim&#233;es, sont oppos&#233;es &#224; la sortie de l'Union europ&#233;enne : l'Ecosse pourrait ainsi imposer et gagner un nouveau r&#233;f&#233;rendum sur son ind&#233;pendance. Un p&#244;le imp&#233;rialiste majeur, deuxi&#232;me &#233;conomie de l'UE, dont la City de Londres est le symbole de la finance mondiale, voit sa position affaiblie. L'UE elle-m&#234;me voit rebondir spectaculairement sa crise, rampante depuis des ann&#233;es, et en particulier depuis la crise grecque en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il n'y a aucune raison de se r&#233;jouir pour les travailleur.se.s, et en premier lieu les immigr&#233;.e.s et racis&#233;.e.s du Royaume-Uni et du reste de l'Europe. Nous vivons en effet le r&#233;f&#233;rendum grec &#224; l'envers, moins d'un an apr&#232;s. L&#224; o&#249; le r&#233;f&#233;rendum organis&#233; par Tsipras en juillet dernier &#233;tait gagn&#233; (contre la volont&#233; de celui-ci) sous pression d'une population exigeant une rupture avec l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par l'Union europ&#233;enne, le r&#233;f&#233;rendum britannique a &#233;t&#233; lanc&#233; sous la pression de la droite de la droite et de l'extr&#234;me-droite du pays, qui ont h&#233;g&#233;monis&#233; totalement les d&#233;bats r&#233;f&#233;rendaires, avec le soutien de la presse de caniveau. Ainsi, ces forces r&#233;actionnaires, ultralib&#233;rales, autoritaires et racistes sortent de loin comme les premi&#232;res b&#233;n&#233;ficiaires &#224; court terme du Brexit. Il n'y pas de &#171; Lexit &#187; (sortie par la gauche) possible &#224; court terme au Royaume-Uni. Corbyn est &#233;galement attaqu&#233; par la droite du Labour pour n'avoir pas d&#233;fendu assez fort l'UE telle qu'elle est. Nigel Farage, l'inf&#226;me leader raciste de UKIP, a os&#233; dire que &#171; cette victoire a &#233;t&#233; obtenue sans un seul coup de feu &#187;, alors que Jo Cox, d&#233;put&#233;e de gauche britannique, soutien des r&#233;fugi&#233;.e.s et f&#233;ministe, a &#233;t&#233; assassin&#233;e il y a quelques jours par un militant nazi britannique. Cruel symbole, Jo Cox &#233;tait aussi aim&#233;e par les syrien.ne.s, qu'elle soutenait contre Assad, Daesh et l'Europe forteresse. Or les r&#233;actionnaires pro-Brexit ont su manipuler la crise des r&#233;fugi&#233;s et les attentats, eux-m&#234;mes produits de la contre-r&#233;volution sanglante en Syrie et de la fermeture des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coupable de crime avec pr&#233;m&#233;ditation contre les peuples d'Europe, et en premier lieu le peuple de la Gr&#232;ce, coupable de crime contre l'humanit&#233; envers les r&#233;fugi&#233;.e.s qu'elle laisse mourir &#224; ses fronti&#232;res, l'Union europ&#233;enne est gravement affaiblie. Mais, l&#224; non plus, ne nous r&#233;jouissons pas trop vite : les forces d'extr&#234;me-droite du continent sont en premi&#232;re ligne pour approfondir cette crise et ouvrir la voie, comme en Angleterre, &#224; des projets ouvertement racistes, encore plus r&#233;actionnaire que celui de l'UE. De Le Pen en France &#224; Wilders aux Pays-Bas, en passant par le Parti du Peuple Danois, ce sont en effet ces forces qui appellent un peu partout aujourd'hui &#224; des r&#233;f&#233;rendums sur le mod&#232;le du Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum du Brexit sonne comme un grave avertissement aux forces de gauche, au mouvement social et aux anticapitalistes de toute l'Europe. Le 26, c'est l'Espagne qui se rend aux urnes. Et l&#224;, c'est une coalition de gauche radicale qui va repr&#233;senter la contestation de l'ordre &#233;tabli. La crise de l'Union europ&#233;enne ne pourra que se renforcer suite &#224; ces &#233;lections &#233;galement. Mais la gauche doit enfin oser trancher la question strat&#233;gique de son attitude face &#224; l'UE. Courir &#224; la rescousse de ce projet, comme la social-d&#233;mocratie et la CES l'ont fait dans la crise grecque (ainsi que Tsipras lui-m&#234;me !), c'est donner au capital le b&#226;ton pour continuer &#224; battre le monde du travail. La gauche doit assumer la rupture avec les institutions de l'UE et la d&#233;sob&#233;issance &#224; ses politiques. Il ne s'agit pas de &#171; changer l'UE &#187;, mais de la briser. Pas au nom d'un repli nationaliste et raciste, mais au nom du projet internationaliste d'une AUTRE EUROPE &#8211; sociale, &#233;cologique, d&#233;mocratique et g&#233;n&#233;reuse &#8211; mise sur pied par une Assembl&#233;e constituante des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reprenons ces mots de l'appel d'Olivier Besancenot (NPA), Miguel Urban (Podemos) et Antonis Davanellos (Unit&#233; populaire) pour un Austerexit qui avait suivi la capitulation de Tsipras : &#171; Sortir de l'Europe du capital ne revient pas, selon nous, &#224; imaginer les fronti&#232;res comme un parapluie contre l'aust&#233;rit&#233;. Elle est un point d'appui pour b&#226;tir une autre Europe, aussi fid&#232;le aux int&#233;r&#234;ts des peuples que celle-ci l'est aux int&#233;r&#234;ts des banquiers. Nous ne voulons pas plus du r&#232;gne de la tro&#239;ka que celui de nos castes nationales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'assumer un projet radicalement alternatif &#224; l'aust&#233;rit&#233; dont l'UE est un des outils majeurs aujourd'hui, faute d'un projet institutionnel alternatif &#224; cette UE autoritaire elle-m&#234;me, nous risquons de laisser la droite radicale, n&#233;ofasciste et raciste s'emparer &#224; la fois du m&#233;contentement social et de la frustration d&#233;mocratique, pour les d&#233;tourner au profit d'un projet r&#233;actionnaire. Le danger est majeur. Telle est la le&#231;on principale &#224; tirer du Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part et le levier de la strat&#233;gie alternative dont la gauche a besoin pour ouvrir la voie &#224; cette autre Europe est l'organisation et la coordination de la lutte acharn&#233;e contre l'aust&#233;rit&#233; et le racisme, la voie de la convergence des luttes sociales, f&#233;ministes, &#233;cologiques pour mettre &#224; bas nos gouvernements aust&#233;ritaires et de plus en plus autoritaires. La magnifique mobilisation contre la loi travail en France le montre : la crise profonde du capitalisme europ&#233;en ouvre autant de graves dangers que de possibilit&#233;s de changer ce monde, &#224; condition de nous rassembler sur des bases claires. Les responsabilit&#233;s de la gauche anticapitaliste et internationaliste sont immenses. La LCR s'engagera de toutes ses forces pour les assumer. Dans notre pays, cela commence par un combat pour radicaliser la mobilisation contre le gouvernement Michel Jambon, en rompant avec la funeste strat&#233;gie de concertation qui paralyse le mouvement syndical et l'expose au risque d'un affaiblissement majeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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