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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Lancement du livre - Les femmes et les mines : m&#233;moires d'un parcours de r&#233;sistance dans les Andes p&#233;ruviennes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lancement-du-livre-Les-femmes-et-les-mines-memoires-d-un-parcours-de-resistance-28316</link>
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		<dc:date>2016-11-09T14:42:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lancement &#224; Qu&#233;bec : mardi 8 novembre 5 &#224; 7 au Tam Tam Caf&#233;, 421 Boulevard Langelier &lt;br class='autobr' /&gt;
Lancement &#224; Montr&#233;al : Jeudi 17 novembre 5 &#224; 7 &#224; la Librairie Zone libre, 262 rue Ste-Catherine Est Invitation au lancement &lt;br class='autobr' /&gt; Le 8 novembre &#224; Qu&#233;bec et le 17 novembre &#224; Montr&#233;al sera lanc&#233;e la version en fran&#231;ais du livre : &#171; Transitando caminos : mujeres y mineria &#187; de Patricia Amat y Le&#243;n publi&#233; &#224; Lima en novembre 2015. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les Femmes et les Mines : m&#233;moires d'un parcours de r&#233;sistance dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L77xH150/arton28316-60d43.png?1677907875' class='spip_logo spip_logo_right' width='77' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lancement &#224; Qu&#233;bec :&lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 8 novembre &lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#224; 7 au Tam Tam Caf&#233;, 421 Boulevard Langelier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lancement &#224; Montr&#233;al :&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi 17 novembre &lt;br class='autobr' /&gt;
5 &#224; 7 &#224; la Librairie Zone libre, 262 rue Ste-Catherine Est&lt;br class='autobr' /&gt;
Invitation au lancement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 8 novembre &#224; Qu&#233;bec et le 17 novembre &#224; Montr&#233;al sera lanc&#233;e la version en fran&#231;ais du livre : &#171; Transitando caminos : mujeres y mineria &#187; de Patricia Amat y Le&#243;n publi&#233; &#224; Lima en novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Femmes et les Mines : m&#233;moires d'un parcours de r&#233;sistance dans les Andes p&#233;ruviennes &#187; est un r&#233;cit d'accompagnement et de solidarit&#233; entre des femmes vivant dans des campements miniers du P&#233;rou et d'autres femmes venues &#224; leur rencontre, qui les appuy&#232;rent dans leurs luttes et partag&#232;rent leurs espoirs. Il s'agit d'une histoire fascinante, v&#233;cue par celle-l&#224; m&#234;me qui nous la raconte, en plus d'&#234;tre une analyse bien document&#233;e et sentie. L'auteure relate la naissance et le d&#233;veloppement de l'organisation des femmes du secteur minier du P&#233;rou et leurs luttes des derni&#232;res trente ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre d&#233;bute avec l'arriv&#233;e &#224; Lima des familles des travailleurs du campement de Minas Canaria au terme d'une longue marcha de sacrificio. Il nous fait revivre leur profond d&#233;sarroi devant cet environnement inconnu mais aussi et surtout leur rencontre avec les f&#233;ministes, celles de l'Association Filomena Tomaira. Il d&#233;crit l'intensit&#233; et la richesse du processus de construction d'un tissu social qui atteindra rapidement une ampleur nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance de ces femmes a &#233;volu&#233; au fil des ans, au rythme de la modification acc&#233;l&#233;r&#233;e des formes d'organisation, de production et de travail dans les mines. Au P&#233;rou l'investissement priv&#233; a g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; facilit&#233; par les gouvernements, mais la Constitution de Fujimori en 1993 lui a offert une &#171; assise l&#233;gale pour le d&#233;membrement des terres &#187;. Dans ce processus les campements miniers ont &#233;t&#233; progressivement &#233;limin&#233;s. Les familles de mineurs se sont retrouv&#233;es dans des villes et villages et la majorit&#233; des travailleurs employ&#233;s par des sous-traitants. Cela a boulevers&#233; la vie des mineurs, de leurs familles, des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit met en &#233;vidence l'&#233;norme force mobilisatrice et organisationnelle des comit&#233;s de femmes en lien avec les syndicats de mineurs et leurs f&#233;d&#233;rations. Il nous pr&#233;sente les bouleversements politiques, &#233;conomiques, personnels et &#233;motionnels fondamentaux que subirent les femmes durant cette p&#233;riode. En effet ce ne sont pas seulement les conditions de travail dans les mines qui ont chang&#233; au cours des derni&#232;res 30 ann&#233;es. La soci&#233;t&#233; p&#233;ruvienne tout enti&#232;re a subi l'ascension meurtri&#232;re du Sentier Lumineux et la r&#233;pression sans distinction des soi-disant forces de l'ordre. Consuelo Garcia, coordonnatrice de l'Association Filomena Tomaira, a d'ailleurs &#233;t&#233; assassin&#233;e en 1989 avec le leader des syndicats de mineurs, et plusieurs femmes et hommes ont subi le m&#234;me sort durant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes que nous pr&#233;sente le livre sont engag&#233;es dans la lutte pour leur autonomie, la d&#233;fense de leurs droits et de meilleures conditions de vie pour les mineurs et leurs familles. Elles ont le souci de b&#226;tir un monde sans violence au sein de leurs familles, du monde du travail et de la soci&#233;t&#233;. Elles veulent pouvoir exercer leur citoyennet&#233; partout o&#249; elles sont. Enfin elles d&#233;fendent la qualit&#233; de l'eau, la puret&#233; de l'air et la production saine de leurs aliments. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les t&#233;moignages, les exp&#233;riences et les savoirs des femmes pr&#233;sent&#233;s dans ce livre se r&#233;v&#232;lent pr&#233;cieux pour que le paradigme d'un mode de vie durable devienne un jour une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filomena Tomaira Pacsi, Services &#224; la femme des mines, est une ONG p&#233;ruvienne qui &#339;uvre depuis plus de 30 ans au renforcement des organisations de femmes vivant sur les territoires o&#249; l'on retrouve de l'activit&#233; mini&#232;re. Plusieurs de ces militantes sont venues &#224; plusieurs occasions au Qu&#233;bec pour des tourn&#233;es de solidarit&#233;, pour les activit&#233;s de la Marche mondiale et diff&#233;rentes autres rencontres de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure, Patricia Amat y Le&#243;n, sociologue dipl&#244;m&#233;e de la PUCP (Pontifica Universidad Cat&#243;lica del Per&#249;) est co-fondatrice de l'association Filomena Tomaira Pacsi. Elle fait partie du groupe G&#233;nero y Econom&#237;a et du Grupo Impulsor Mujeres y Cambio Clim&#225;tico. Elle est active au sein du R&#233;seau latino-am&#233;ricain de femmes pour la transformation de l'&#233;conomie. Elle a coordonn&#233;, pour les Am&#233;riques, la campagne internationale &#171; Make Trade Fair &#187; (Comercio con Justicia) d'Oxfam International. Elle est venue au Forum Social Mondial de Montr&#233;al en ao&#251;t 2016 o&#249; elle a particip&#233; au panel &#034;Femmes et extractivismes&#034; conjointement avec des repr&#233;sentantes des premi&#232;res nations ainsi que des femmes du Honduras et de Colombie qui vivaient les m&#234;me situations que celles d&#233;crites dans le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi une version en fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui SUCO, en collaboration avec d'autres partenaires et gr&#226;ce &#224; l'engagement de b&#233;n&#233;voles solidaires, nous offre une &#233;dition en fran&#231;ais de ce livre retra&#231;ant l'histoire de l'ONG Filomena et des comit&#233;s de femmes des mines du P&#233;rou. C'est aussi l'histoire de nombreuses personnes, f&#233;ministes, syndicalistes, militantes et militants de groupes communautaires du Qu&#233;bec qui ont &#233;t&#233; de pr&#232;s ou de loin complices de ces femmes dont le parcours de r&#233;sistance est ici retrac&#233;. Les analyses &#233;labor&#233;es dans ce livre sauront &#233;galement int&#233;resser les volontaires et stagiaires de la coop&#233;ration internationale et toutes les personnes int&#233;ress&#233;es par les enjeux de l'exploitation des mines et les rapports de solidarit&#233; Nord-Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se procurer le livre (214p. 20$) contacter SUCO (514) 272-3019 montreal@suco.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Capital et climat &#8211; Pourquoi &#171; L'impossible capitalisme vert ? &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Capital-et-climat-Pourquoi-L-impossible-capitalisme-vert</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Capital-et-climat-Pourquoi-L-impossible-capitalisme-vert</guid>
		<dc:date>2016-11-08T13:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Expos&#233; dans le cadre du s&#233;minaire LENVI2002 &#224; destination des &#233;tudiant-e-s de mast&#232;re en Sciences et gestion de l'environnement de l'Universit&#233; Catholique de Louvain. Capital, capitalisme, marchandise, valeur : de quoi parlons-nous ? &lt;br class='autobr' /&gt; Source : La Gauche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons commencer par d&#233;finir un certain nombre de notions, afin d'&#233;viter les faux d&#233;bats. &lt;br class='autobr' /&gt;
Commen&#231;ons par la notion de capital. Dans la soci&#233;t&#233; capitaliste o&#249; nous vivons, capital et richesse sont consid&#233;r&#233;s comme des synonymes, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton28228-288b5.jpg?1677907875' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Expos&#233; dans le cadre du s&#233;minaire LENVI2002 &#224; destination des &#233;tudiant-e-s de mast&#232;re en Sciences et gestion de l'environnement de l'Universit&#233; Catholique de Louvain. Capital, capitalisme, marchandise, valeur : de quoi parlons-nous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.org/limpossible-capitalisme-vert-pourquoi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Gauche&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons commencer par d&#233;finir un certain nombre de notions, afin d'&#233;viter les faux d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par la notion de capital. Dans la soci&#233;t&#233; capitaliste o&#249; nous vivons, capital et richesse sont consid&#233;r&#233;s comme des synonymes, de sorte qu'on parle couramment de capital de connaissance, de capital de sympathise, de capital humain ou de capital naturel&#8230; Or, si capital et richesse &#233;taient une seule et m&#234;me chose, les pharaons, les empereurs chinois et les rois azt&#232;ques auraient &#233;t&#233; des capitalistes au m&#234;me titre que Bill Gates. C'est &#233;videmment absurde. L'amalgame entre capital et richesse obscurcit toute compr&#233;hension du d&#233;veloppement humain parce qu'il met dans un m&#234;me sac des soci&#233;t&#233;s compl&#232;tement diff&#233;rentes, qui suivent des logiques de d&#233;veloppement compl&#232;tement diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital et la richesse sont deux choses distinctes, ou plut&#244;t : le capital n'est qu'une forme historique sp&#233;cifique de la production de richesses par l'humanit&#233;. Une particularit&#233; de cette forme est d'&#234;tre mon&#233;taire, mais cela ne suffit pas &#224; la d&#233;finir, car l'argent accumul&#233; ne forme qu'un tr&#233;sor, pas un capital. Un tr&#233;sor ne devient capital que s'il est investi pour rapporter un profit. Et telle est la d&#233;finition du capital : une somme d'argent qui semble grossir d'elle-m&#234;me, de l'argent qui court &#224; la recherche de plus d'argent, une valeur qui s'augmente d'une survaleur par le seul jeu &#171; normal &#187; de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, le capital est d'abord apparu sous la forme du capital marchand. Le marchand ach&#232;te pour vendre, on a donc : Argent-Marchandise-(Plus d')argent (A-M-A', avec A'&gt;A). Cette &#171; formule &#187; constitue la d&#233;finition la plus g&#233;n&#233;rale du capital. Mais le marchand ne cr&#233;e pas de richesse nouvelle, il ne fait que d&#233;placer de la richesse existante. Les richesses mon&#233;taires accumul&#233;es par les marchands avant le capitalisme l'ont &#233;t&#233; en vendant &#224; grand prix ce qui avait &#233;t&#233; achet&#233; &#224; bas prix &#8211; ou n'avait pas &#233;t&#233; achet&#233; du tout &#8211; c'est-&#224;-dire par le vol. Deuxi&#232;me forme du capital, le capital de pr&#234;t s'est d&#233;velopp&#233; &#224; partir du capital marchand, en anticipant sur les profits des exp&#233;ditions lointaines. Il va de soi que ce capital de pr&#234;t non plus ne cr&#233;e aucune richesse nouvelle. En m&#234;me temps, sa forme A-A' exprime parfaitement la mystification du capital, puisqu'il semble ici que l'argent rapporte un int&#233;r&#234;t de lui-m&#234;me, aussi naturellement que le poirier porte des poires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'ils aient permis l'accumulation de grandes fortunes, capital marchand et capital de pr&#234;t sont rest&#233;s tr&#232;s longtemps des ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques marginaux, cantonn&#233;s dans la sph&#232;re de la distribution de la richesse. La sph&#232;re de la production fonctionnait en effet quasi-exclusivement selon des logiques autres que celles de l'&#233;change marchand et du profit. En Europe occidentale, berceau du capitalisme, cette logique &#233;tait celle de l'&#233;change de services, caract&#233;ristique de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande aventure du capital ne commence en fait que lorsqu'il p&#233;n&#232;tre la sph&#232;re de la production. A partir de ce moment, la formule A-M-A' ne se contente plus de d&#233;placer de la richesse, elle devient productrice de richesse nouvelle. Le secret de cette production r&#233;side dans l'achat d'une marchandise M particuli&#232;re : la force de travail humaine. Elle est &#233;chang&#233;e contre un salaire inf&#233;rieur &#224; la valeur de la richesse qu'elle produit et la diff&#233;rence constitue la survaleur, ou plus-value. C'est le capital industriel, la forme moderne du capital. D&#232;s sa naissance, il subsume le capital marchand. Avec la naissance des soci&#233;t&#233;s par action, il noue des liens de plus en plus &#233;troits avec le capital financier avec lequel il est aujourd'hui profond&#233;ment imbriqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s important de noter que le capital n'est pas une chose : c'est un rapport social d'exploitation du travail. Il diff&#232;re des autres rapports d'exploitation du travail qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans l'histoire par le fait qu'il consiste en la production par le travail salari&#233; de marchandises porteuses d'une survaleur que le propri&#233;taire des moyens de production r&#233;alise par la vente sur le march&#233;. Le paysan du Moyen Age pouvait &#233;couler ses surplus de production sur le march&#233;, mais il ne produisait pas pour le march&#233; ; d'autre part, le serf pouvait mesurer son taux d'exploitation : il lui suffisait de constater le nombre de jours de corv&#233;e et la part de sa production appropri&#233;e par le seigneur. Avec le capital, l'appropriation prend une forme plus subtile, puisqu'elle semble bas&#233;e sur la libert&#233; des agents &#233;conomiques et leur &#233;galit&#233;. En effet, c'en est fini du seigneur et du serf, c'en est fini des rapports de d&#233;pendance imm&#233;diats et de l'exploitation transparente : propri&#233;taire de capital et propri&#233;taire de force de travail se pr&#233;sentent comme des citoyens libres qui r&#233;alisent une transaction commerciale juste selon les lois du march&#233;. Le salari&#233; &#224; l'impression d'&#234;tre pay&#233; pour son travail. Le vol est m&#233;diatis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous am&#232;ne &#224; d&#233;finir une deuxi&#232;me notion : le capitalisme est la soci&#233;t&#233; dans laquelle ce rapport d'exploitation est dominant, autrement dit : une soci&#233;t&#233; de production g&#233;n&#233;ralis&#233;e de marchandises, une soci&#233;t&#233; de capitaux nombreux, une soci&#233;t&#233; o&#249; le producteur vend sa force de travail &#224; un employeur en fonction d'un salaire, et d&#233;pense ce salaire pour acqu&#233;rir sous forme de marchandises les denr&#233;es n&#233;cessaires &#224; son existence (on a donc ici une formule M-A-M : force de travail-salaire-biens de consommation qui, notons-le, contrairement &#224; la premi&#232;re, n'implique pas d'accumulation). Cette soci&#233;t&#233; na&#238;t des soci&#233;t&#233;s nationales qui la pr&#233;c&#233;daient. Elle pr&#233;suppose donc n&#233;cessairement un Etat qui bat monnaie, mais la fonction de la monnaie change : elle n'est plus seulement unit&#233; de compte et moyen de circulation, elle devient une des formes d'existence du capital en tant que rapport social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me notion &#224; pr&#233;ciser est celle de valeur. Qui dit marchandises dit valeur, mais la valeur n'est &#233;videmment pas une propri&#233;t&#233; des objets eux-m&#234;mes (d&#233;coupez-les, observez-les au microscope : vous n'y trouverez pas un atome de &#171; valeur &#187;). C'est une propri&#233;t&#233; sociale qui, de plus, n'appara&#238;t que dans l'&#233;change : c'est seulement en anticipant en esprit sur son &#233;change contre autre chose que je peux estimer la valeur d'un objet. Des choses tr&#232;s diff&#233;rentes pouvant s'&#233;changer, cette propri&#233;t&#233; sociale ne peut &#234;tre qu'un d&#233;nominateur commun de leur production, et il n'y en a qu'un seul possible, &#224; savoir le fait que toutes les marchandises sont des produits du travail humain en g&#233;n&#233;ral, du travail humain abstrait. C'est la quantit&#233; de ce travail abstrait, ramen&#233; au travail simple (celui qui ne demande pas de qualification) et mesur&#233;e en heures de travail socialement n&#233;cessaires, c'est-&#224;-dire en temps de travail moyen, qui conf&#232;re leur valeur aux marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est un animal social, qui produit collectivement son existence. Dans le capitalisme, cette socialisation est r&#233;gie par la &#171; loi de la valeur &#187;. La socialisation, dans cette soci&#233;t&#233;, n'est donc pas le produit d'une d&#233;lib&#233;ration sociale : elle se fait &#224; l'aveugle, par l'interm&#233;diaire de la valeur et du march&#233;. Les d&#233;cisions concernant la r&#233;partition des forces de travail dans les diff&#233;rentes branches, ce qui est produit, comment et en quelles quantit&#233;s sont tranch&#233;es par le jeu de la valeur sur le march&#233;, en-dehors de toute d&#233;cision sociale consciente. Le m&#233;canisme est &#224; ce point automatique qu'il semble r&#233;sulter d'une loi naturelle, aussi incontournable que la loi de la gravitation universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une difficult&#233; majeure de compr&#233;hension du capitalisme est que cette loi de la valeur n'op&#232;re pas imm&#233;diatement au niveau de chaque capital individuel. Elle op&#232;re &#224; l'&#233;chelle du syst&#232;me dans son ensemble, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble des capitaux concurrents. Dans un pays donn&#233;, d&#232;s l'apparition du capitalisme, un taux moyen de profit s'est en effet &#233;tabli qui oscille autour du taux de survaleur. Le capital de pr&#234;t a jou&#233; un r&#244;le important &#224; ce niveau. La valeur est donc bien le fondement du syst&#232;me, mais chaque capitaliste d&#233;termine ses prix non pas &#224; partir de la loi de la valeur, dont il n'a aucune id&#233;e, mais &#224; partir de ses co&#251;ts, par un calcul simple : prix = co&#251;ts + (co&#251;ts x taux de profit). Au niveau d'un capital particulier, ou d'un secteur particulier, la loi de la valeur est donc m&#233;diatis&#233;e par le taux profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le capitalisme, syst&#232;me productiviste et &#171; croissanciste &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme, on l'a dit, est constitu&#233; de capitaux nombreux et concurrents. Vu le mode de d&#233;termination des prix (autrement dit, le mode d'expression paradoxal de la loi de la valeur), chaque capitaliste est contraint par la concurrence de r&#233;duire ses co&#251;ts, afin de vendre moins cher que ses concurrents tout en empochant un surprofit en plus du profit moyen. J'insiste : c'est bien de contrainte qu'il s'agit : le propri&#233;taire de capitaux qui ne cherche pas en permanence &#224; r&#233;duire ses co&#251;ts est condamn&#233; &#224; la mort &#233;conomique. Le moyen privil&#233;gi&#233; de r&#233;duire les co&#251;ts consiste &#224; augmenter la productivit&#233; du travail par l'introduction de machines, puis de machines pour produire les machines. Mais les concurrents font de m&#234;me, de sorte que la quantit&#233; moyenne de travail humain n&#233;cessaire &#224; la production d'une marchandise tend &#224; d&#233;cro&#238;tre, et avec lui la valeur, donc le taux moyen de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance &#224; la r&#233;duction du taux moyen de profit constitue une contradiction majeure du capitalisme. Mais ce n'est qu'une tendance, et le syst&#232;me dispose d'une s&#233;rie de moyens pour la combattre. Un de ces moyens consiste &#224; augmenter la quantit&#233; de marchandises produites : on compense ainsi la baisse du taux de profit par une augmentation de sa masse. Un autre consiste &#224; augmenter le taux de la survaleur par rapport au salaire, c'est-&#224;-dire le taux d'exploitation du travail humain dans l'&#233;conomie en g&#233;n&#233;ral. C'est ainsi que l'&#233;volution du capitalisme combine en permanence le plus haut d&#233;veloppement scientifique dans des usines technologiques qui tendent &#224; l'automatisation, d'une part, et la surexploitation la plus sordide. Celle-ci peut prendre des formes ouvertement r&#233;gressives, comme le travail clandestin des enfants dans des entreprises semi-artisanales &#224; haute intensit&#233; de main-d'&#339;uvre (dans les secteurs du textile et de la confection, par exemple) ; elle peut aussi prendre des formes r&#233;solument modernes, comme le montre l'ub&#233;risation, dans laquelle les technologies num&#233;riques permettent le retour &#224; une variante du travail &#224; domicile, avant l'&#233;poque des manufactures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ces notions pos&#233;es, nous sommes en mesure de discuter valablement la question du capitalisme vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question doit s'entendre comme la question de la soutenabilit&#233; du capitalisme en tant que tel. En effet, puisque capital et capitalisme sont deux chose diff&#233;rentes, il va de soi que l'interrogation relative &#224; la possibilit&#233; d'un capitalisme vert ne peut pas &#234;tre tranch&#233;e en constatant l'existence de capitaux verts. Le capital s'investit dans toutes les activit&#233;s susceptibles de lui rapporter un profit, qu'elles soient propres ou sales. En r&#233;alit&#233;, il est indiff&#233;rent &#224; la qualit&#233; de ce qu'il produit, il lui suffit de savoir que ce qu'il produit est porteur d'une survaleur r&#233;alisable gr&#226;ce &#224; la vente. Le fait qu'une quantit&#233; croissante de capitaux s'investissent dans le secteur dit &#171; vert &#187; de l'&#233;conomie (&#233;oliennes, panneaux PV, &#233;puration des eaux, d&#233;pollution des sols, etc.) permet d'affirmer que ce secteur g&#233;n&#232;re du profit ; cela ne permet pas d'affirmer la soutenabilit&#233; &#233;cologique du capitalisme. Cette derni&#232;re question ne peut &#234;tre tranch&#233;e qu'au niveau du capitalisme dans son ensemble, en tant que syst&#232;me mondial de capitaux nombreux et concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand probl&#232;me du point de vue de la soutenabilit&#233; du capitalisme dans son ensemble est &#233;videmment sa dynamique de croissance. Comme on l'a vu, cette dynamique d&#233;coule de la concurrence pour le profit, qui pousse &#224; une hausse continue de la productivit&#233; du travail par la m&#233;canisation, la baisse tendancielle du taux de profit moyen &#233;tant compens&#233;e par la hausse de la masse du profit qui d&#233;coule de l'augmentation des quantit&#233;s de marchandises produites. L'&#233;conomiste Joseph Schumpeter le disait sans ambages : &#171; un capitalisme sans croissance est une contradiction dans les termes &#187;. C'est le point cl&#233;, car tous les grands d&#233;fis environnementaux d'aujourd'hui &#8211; r&#233;chauffement global, d&#233;clin de la biodiversit&#233;, perturbation des cycles du phosphore et de l'azote, pollution chimique, surexploitation des ressources hydriques et halieutiques, etc. - ont en commun de poser la question des limites du d&#233;veloppement sur une plan&#232;te finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous connaissez sans aucun doute les graphiques qui pr&#233;sentent l'&#233;volution de ces d&#233;fis environnementaux en fonction du temps depuis le d&#233;but du 19e si&#232;cle. Vous aurez constat&#233; que cette &#233;volution n'est jamais lin&#233;aire mais exponentielle, avec une acc&#233;l&#233;ration apr&#232;s la seconde guerre mondiale. Ce profil exponentiel est &#224; mettre en rapport avec la dynamique de la croissance capitaliste, en particulier avec le fait d&#233;cisif que la hausse de la masse des profits dans un contexte de taux de profit d&#233;clinant implique une augmentation de la masse de marchandises produites. Donc une augmentation de la masse de ressources consomm&#233;es et introduites comme inputs dans le proc&#232;s de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme contre-argument, on invoque souvent le fait que son obsession pour la r&#233;duction des co&#251;ts incite aussi le capital &#224; accro&#238;tre l'efficience dans l'utilisation des ressources, &#224; limiter les d&#233;chets et &#224; en augmenter le recyclage. C'est exact, mais, d'une part, la hausse de l'efficience ne peut pas &#234;tre une fonction lin&#233;aire de l'investissement en capital &#8211; ce ne peut &#234;tre qu'une fonction asymptotique, sans quoi le mouvement perp&#233;tuel serait possible - cette tendance elle-m&#234;me a donc des limites ; d'autre part, l'augmentation de l'efficience n'est qu'une forme de la hausse de la productivit&#233; du travail : les gains r&#233;alis&#233;s en efficience n&#233;cessitent des investissements qui, une fois qu'ils sont imit&#233;s par les concurrents, tendent &#224; r&#233;duire le taux de profit moyen, ce que le capital compense par une hausse des quantit&#233;s produites. La hausse de l'efficience n'est donc absolument pas une r&#233;ponse &#224; la contradiction entre le croissancisme (ou le productivisme) du capital, d'une part, et la finitude des ressources, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste John Stuart Mill, au 19e si&#232;cle, pensait que le capital &#233;voluerait vers un r&#233;gime stationnaire. Mill ne comprenait pas la logique d'accumulation du capital. Il s'imaginait que le capital serait capable d'autor&#233;gulation raisonn&#233;e de son d&#233;veloppement, en particulier d'autor&#233;gulation raisonn&#233;e de son rapport &#224; l'environnement. Mais le capital, en tant que rapport d'exploitation du travail ax&#233; sur la production de survaleur, est productiviste par nature, et donc &#233;cocidaire par nature. Aucun m&#233;canisme endog&#232;ne ne lui permet d'anticiper sur l'&#233;puisement des ressources. Son seul indicateur est la valeur, qu'il cherche &#224; maximiser, et c'est avec cet unique indicateur qu'il socialise &#224; la fois les rapports des humains entre eux et les rapports de l'humanit&#233; avec la nature. Ce n'est pas le lieu ici d'explorer les cons&#233;quences sociales de cette logique capitaliste, mais les cons&#233;quences environnementales sont &#233;videntes : en se basant sur le temps de travail socialement n&#233;cessaire &#224; l'exploitation des ressources naturelles &#8211; donc sur leur valeur, qui sous-tend leur prix &#8211; on ne peut pas tirer &#224; temps la sonnette d'alarme sur les risques de catastrophe &#233;cologique. On ne peut que constater la catastrophe quand elle a lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir politique peut-il contrer le productivisme du capital et &#224; quelles conditions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il n'y a pas de m&#233;canisme endog&#232;ne permettant au capital de r&#233;guler le rapport de l'humanit&#233; &#224; son environnement, la question se pose : un m&#233;canisme exog&#232;ne peut-il op&#233;rer, et &#224; quelles conditions ? M&#233;canisme exog&#232;ne veut dire ici m&#233;canisme ext&#233;rieur &#224; la sph&#232;re &#233;conomique proprement dite, donc m&#233;canisme politique. On a vu que le capitalisme implique l'existence d'un Etat, et le fonctionnement de cet Etat implique &#224; son tour des institutions permettant aux diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts capitalistes en pr&#233;sence (depuis l'octroi du suffrage universel, aux diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts sociaux en pr&#233;sence) de s'accorder sur la politique &#224; suivre. La question du m&#233;canisme exog&#232;ne peut donc &#234;tre pr&#233;cis&#233;e comme suit : l'Etat peut-il prendre des mesures qui prot&#232;gent la soci&#233;t&#233; et la nature du productivisme capitaliste ? La r&#233;ponse est &#171; oui &#187;&#8230; mais &#224; condition que ces mesures consistent en incursions fortes dans la logique fondamentale du capital. Cela signifie que la loi de la valeur, la production pour la valeur et pour la survaleur, doit &#234;tre remise radicalement en question &#224; des niveaux et dans des domaines d'importance strat&#233;gique pour la protection de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est g&#233;n&#233;ralement pas dans ce sens-l&#224; que vont les politiques d&#233;ploy&#233;es depuis que la question environnementale est devenue une question politique. Il y a certes toute une r&#232;glementation environnementale qui se d&#233;veloppe et devient de plus en plus ample. Il ne s'agit pas de nier cette r&#233;alit&#233; et il est &#233;vident que la l&#233;gislation sur l'amiante, par exemple, est une bonne chose. Mais, outre que ce genre de l&#233;gislation s'impose difficilement et tr&#232;s lentement tant les r&#233;sistances des industriels sont grandes, on ne peut que constater que cela ne r&#233;sout pas le probl&#232;me des grands d&#233;fis &#233;cologiques tels que le changement climatique, l'extinction des esp&#232;ces, l'&#233;puisement des ressources hydriques et halieutiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de cette impuissance d&#233;coule de la nature m&#234;me des politiques men&#233;es : au lieu de s'en prendre &#224; la dynamique productiviste du capital, la plupart de ces politiques tentent d'orienter celle-ci par des m&#233;canismes de march&#233;. Einstein a dit quelque chose comme : &#171; On ne r&#233;sout pas un probl&#232;me avec les modes de pens&#233;e qui l'ont g&#233;n&#233;r&#233; &#187;. C'est exactement ce qui se passe lorsque les &#233;conomistes imaginent qu'ils vont r&#233;soudre des probl&#232;mes &#233;cologiques caus&#233;s par l'&#233;conomie de march&#233; en &#171; internalisant les externalit&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire en estimant les destructions &#233;cologiques en termes de co&#251;t et en int&#233;grant ce co&#251;t aux co&#251;ts de production des entreprises. D'abord, cette m&#233;thode est tr&#232;s anthropocentrique et utilitariste. Elle n'int&#232;gre que ce qui pr&#233;sente une utilit&#233; connue du point de vue humain. Si une esp&#232;ce de batraciens dispara&#238;t en Am&#233;rique centrale du fait d'une pollution, sans qu'on sache &#171; &#224; quoi elle sert &#187;, il est impossible d'&#233;valuer &#171; ce qu'elle rapporte &#187;, donc de lui donner un prix. Ensuite, en pratique, cette m&#233;thode se heurte au gigantesque pouvoir d'influence du capital. Enfin, elle se heurte au fait que la loi de la valeur, la loi du profit et de la croissance infinie pollue les esprits au point d'&#234;tre per&#231;ue comme une loi naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais commenter rapidement les deux derniers points, mais auparavant je veux mettre en lumi&#232;re un fait int&#233;ressant : la lutte contre la destruction de la couche d'ozone stratosph&#233;rique est le seul domaine environnemental global o&#249; l'on puisse parler d'un succ&#232;s de la politique suivie. La couche d'ozone sera en effet reconstitu&#233;e dans la deuxi&#232;me moiti&#233; de ce si&#232;cle. On attire trop peu l'attention sur le fait que ce succ&#232;s est d&#251; au fait que la m&#233;thode suivie par le Protocole de Montr&#233;al n'est pas celle de &#171; l'internalisation des externalit&#233;s &#187;, de l'&#233;change des &#171; droits de polluer &#187;, etc, mais au contraire celle de la r&#233;gulation : on a d&#233;cid&#233; tout simplement d'interdire la production des gaz destructeurs de la couche d'ozone, un calendrier a &#233;t&#233; adopt&#233;, un fonds financier a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour aider les pays du Sud dans la transition, et &#231;a marche. Le contraste est flagrant avec l'insucc&#232;s jusqu&#224; pr&#233;sent des m&#233;thodes de march&#233; employ&#233;es dans la lutte contre le changement climatique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aborde maintenant les deux commentaires annonc&#233;s plus haut. Le pouvoir d'influence du capital, tout d'abord. Dans mon livre &#171; L'impossible capitalisme vert &#187; je l'ai mis en &#233;vidence en prenant pour fil conducteur la question du changement climatique, qui est sans doute le danger environnemental le plus grave auquel l'humanit&#233; doive faire face. J'ai donn&#233; l'exemple du rapport Stern sur l'&#233;conomie du changement climatique. A la premi&#232;re page de ce rapport, Stern &#233;crit que le changement climatique est &#171; un &#233;chec sans pr&#233;c&#233;dent du march&#233; &#187;. Mais dans les centaines de pages qui suivent, il s'ing&#233;nie &#224; &#233;laborer contre cet &#233;chec du march&#233; une strat&#233;gie de march&#233; bas&#233;e principalement sur un prix du carbone. Et il &#233;choue, conform&#233;ment &#224; la remarque m&#233;thodologique d'Einstein. En effet, &#224; la page 247 de son rapport, Stern explique qu'une stabilisation de la concentration atmosph&#233;rique &#224; 450 ppmv de CO2eq co&#251;terait trop cher &#224; des secteurs &#233;conomiques comme l'aviation et certains process industriels, qu'il faut &#171; &#233;viter d'en faire trop et trop vite &#187; et que les politiques climatiques doivent donc se fixer pour objectif une stabilisation &#224; 550ppmv. Or une telle concentration atmosph&#233;rique en gaz &#224; effet de serre ne nous pr&#233;munit absolument pas contre des catastrophes tr&#232;s s&#233;rieuses et irr&#233;versibles &#224; l'&#233;chelle humaine des temps (en fait, m&#234;me les 450ppmv ne sont plus consid&#233;r&#233;s aujourd'hui comme une limite s&#251;re &#224; ne pas franchir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle N. Stern et d'autres comme lui refusent d'en faire &#171; trop et trop vite &#187; est extr&#234;mement simple : pour avoir 60% de chance (ce qui n'est pas beaucoup) de ne pas d&#233;passer 2&#176;C de r&#233;chauffement (ce qui est trop), il faut que 4/5e (au moins) des r&#233;serves connues de combustibles fossiles ne soient jamais exploit&#233;es. Or, ces r&#233;serves sont appropri&#233;es par des entreprises ou des Etats p&#233;troliers qui fonctionnent de facto comme des entreprises. Leur valeur figure donc &#224; l'actif de leur bilan. Dire que ces r&#233;serves ne peuvent pas &#234;tre exploit&#233;es &#233;quivaut &#224; dire qu'il faut d&#233;truire du du capital, donc d&#233;truire des promesses de profit. C'est pourquoi on parle de &#171; bulle du carbone &#187; pour d&#233;crire cette situation. Or, il s'agit d'une bulle consid&#233;rable : le secteur de l'&#233;nergie, de la production &#233;lectrique et de l'exploitation mini&#232;re repr&#233;sente environ un quart de la valeur exprim&#233;e par le FTSE100 (indice boursier des cent entreprises les mieux cot&#233;es &#224; la bourse de Londres) (S&amp;P Capital IQ, 2016). Une autre &#233;valuation est fournie par les Nations Unies : globalement, le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique repr&#233;senterait un cinqui&#232;me du PIB mondial (WESS, 2011). Or, la bulle de carbone implique qu'une partie substantielle de ce syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique devrait &#234;tre mise &#224; la casse avant amortissement. Si on accepte les r&#232;gles du jeu capitaliste, on ne peut que plier face &#224; ces r&#233;alit&#233;s et conclure comme Stern qu'il faut &#171; &#233;viter d'en faire trop et trop vite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant l'autre question, celle de la pollution des esprits. Un exemple frappant se trouve dans la contribution du Groupe de Travail 3 au 5e rapport d'&#233;valuation du GIEC. C'est Kevin Anderson, le directeur du Tyndall Center on Climate Change Research qui a soulev&#233; ce li&#232;vre : 95% des sc&#233;narios d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre que le GT3 du GIEC a compil&#233;s pour &#233;valuer les conditions d'un r&#233;chauffement inf&#233;rieur &#224; 2&#176; ou &#224; 1,5&#176;C incluent le recours massif aux Technologies &#224; Emissions N&#233;gatives (TEN), notamment la Bio Energie avec Capture et S&#233;questration du Carbone (BECCS). Sans ces TEN, il semble que le pic des &#233;missions mondiales aurait d&#251; intervenir au plus tard en 2010. La prise en compte des TEN permet de retarder le pic vers 2020, ou m&#234;me 2025, peut-&#234;tre m&#234;me au-del&#224;, donc de rassurer l'opinion publique mondiale sur le fait que les d&#233;cideurs contr&#244;lent la situation. Or, ces TEN sont hypoth&#233;tiques et potentiellement dangereuses. Les implications sociales et &#233;cologiques de leur mise en &#339;uvre sont incertaines et cette incertitude devrait interdire de les prendre pour base de sc&#233;narios possibles. Mais c'est ici qu'intervient la pollution des esprits, autrement dit l'id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment le GT3 du GIEC (5th AR, chap. 6) d&#233;crit sa m&#233;thodologie : &#171; The models use economics as the basis for decision making. It fundamentally implies that the models tend toward the goal of minimizing aggregate economic costs of achieving mitigation outcomes. The models typically assume fully functioning markets and competitive market behavior &#187; (WG3, AR5, Chap. 6). Par cette note liminaire, le GT3 du GIEC exclut tout scenario dont les auteurs choisiraient de recourir &#224; des mesures sortant des r&#232;gles du march&#233; et de la concurrence, telles que la cr&#233;ation d'une entreprise publique d'isolation des maisons, ou la g&#233;n&#233;ralisation de transports publics gratuits, ou la socialisation du secteur de l'&#233;nergie, par exemple. Il est tr&#232;s clair ici que les lois de fonctionnement du capital sont consid&#233;r&#233;es dogmatiquement comme des lois naturelles, alors qu'elles ne sont que des lois sociales. Or, d&#232;s lors qu'on refuse de mettre en cause la logique &#171; croissanciste &#187; du capital, il ne reste plus que la g&#233;oing&#233;nierie pour tenter de r&#233;pondre au d&#233;fi climatique. Elle peut prendre en gros deux grandes formes : la maximisation pour le profit de la capacit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes d'absorber le carbone, d'une part, et la forme technologique, d'autre part (toute une s&#233;rie de propositions existent). Si on reste dans la logique capitaliste, les d&#233;lais sont trop courts pour faire autrement, trop de temps a &#233;t&#233; perdu dans la mise en &#339;uvre d'une transition. Les sp&#233;cialistes consid&#232;rent qu'il vaudrait mieux ne pas d&#233;passer 1,5&#176;C de r&#233;chauffement, mais le budget carbone donnant 60% de chance de respecter cette limite nous laisse quatre &#224; cinq ann&#233;es maximum au rythme d'&#233;mission actuel. Il est &#233;vident qu'il sera d&#233;pass&#233;, et il est probable que le budget pour 2&#176; le sera &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle soci&#233;t&#233;, quelle nature voulons-nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reste strictement dans le cadre annonc&#233; par l'intitul&#233; de ce s&#233;minaire : &#171; L'impossible capitalisme vert &#187;. Je n'aborde pas la question des alternatives, nous pouvons l'aborder dans le d&#233;bat si vous le souhaitez. Pour conclure, je voudrais insister sur ceci : je me m&#233;fie des eschatologies, des discours de fin du monde qui permettent &#224; des gourous de jouer sur la peur pour faire passer des projets politiques et des valeurs discutables, voire tr&#232;s contestables, plus ou moins misanthropiques, et rarement d&#233;mocratiques. Jared Diamond, l'auteur de &#171; Effondrement &#187;, est un sp&#233;cialiste du genre. Jusqu'&#224; nouvel ordre, je pense qu'il n'y a pas de situation totalement sans issue pour le capitalisme. M&#234;me le d&#233;fi climatique ne me semble pas impossible &#224; relever par le syst&#232;me. La question est : comment il sera amen&#233; &#224; le relever, dans quelle mesure il y parviendra et &#224; quel prix - social, politique et &#233;cologique ? On ne peut &#233;videmment pas r&#233;pondre &#224; cette question dans le d&#233;tail, mais on peut se faire une id&#233;e assez pr&#233;cise de la strat&#233;gie capitaliste face &#224; cette question majeure, et de ce qu'elle implique. Maintenant que les climato-sceptiques ont &#233;t&#233; battus, toute une s&#233;rie de publications, de rapports et de processus d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre permettent de dire qu'on va vers un patchwork de divers &#233;l&#233;ments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'id&#233;e qu'il faut &#171; &#233;viter d'en faire trop et trop vite &#187; signifie in&#233;vitablement la persistance de catastrophes s&#233;rieuses dont les pauvres seront les principales victimes, du fait notamment des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes et de la hausse du niveau des oc&#233;ans ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; au nom de la compensation des &#233;missions par les absorptions de CO2 (par les plantes vertes), une puissante vague d'appropriation des &#233;cosyst&#232;mes, qui seront ainsi incorpor&#233;s de force au cycle du capital, simplifi&#233;s et adapt&#233;s &#224; cette fin ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la mise en &#339;uvre des TEN, notamment de la BECCS qui semble aujourd'hui la plus m&#251;re des technologies &#224; &#233;missions n&#233;gatives ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; comme cons&#233;quences des TEN, des tensions accrues dans la production agro-alimentaire, de nouvelles menaces graves sur la biodiversit&#233; et des atteintes encore plus profondes aux droits des peuples indig&#232;nes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la prise en charge de la bulle de carbone par la collectivit&#233;, sur le mod&#232;le de la bulle immobili&#232;re de 2008 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une d&#233;finition/un pilotage de cette politique par une collaboration &#233;troite entre les milieux d'affaire et les gouvernements, hors de tout contr&#244;le d&#233;mocratique, comme cela a commenc&#233; &#224; la COP 20 de Lima avec le lancement du &#171; dialogue strat&#233;gique de haut niveau &#187; entre multinationales, gouvernements et institutions internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose n'est pas celle de la fin du monde. C'est de savoir si nous voulons de ce monde-l&#224;, de cette nature-l&#224; (une sorte de nature simplifi&#233;e, une nature &#171; produit blanc &#187;) et de cette soci&#233;t&#233;-l&#224;, dans laquelle la d&#233;mocratie n'est plus qu'une coquille vide. Ou si nous inventons autre chose. Un autre mode de d&#233;veloppement, une autre relation entre humains et entre humains et non-humains, impliquant une autre mani&#232;re de faire face aux crises &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Tanuro&lt;br class='autobr' /&gt;
Louvain, le 4 octobre 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bengladesh : Arrestation d'un homme suspect&#233; du meurtre d'un militant LGBT</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bengladesh-Arrestation-d-un-homme-suspecte-du-meurtre-d-un-militant-LGBT</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bengladesh-Arrestation-d-un-homme-suspecte-du-meurtre-d-un-militant-LGBT</guid>
		<dc:date>2016-11-01T11:56:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fugues</dc:creator>


		<dc:subject>Bengladesh</dc:subject>
		<dc:subject>LGBT</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La police du Bangladesh a affirm&#233; 1e 10 octobre avoir arr&#234;t&#233; le principal suspect de meurtres d'un blogueur ath&#233;e et d'un d&#233;fenseur des droits des homosexuels, tu&#233;s au printemps lors d'une vague d'assassinats &#224; l'arme blanche. &lt;br class='autobr' /&gt;
TIR&#201; DE : FUGUES INFOLETTRE | #560 | 17 octobre 2016 &lt;br class='autobr' /&gt; Rashidun Nabi, 26 ans, a &#233;t&#233; interpell&#233; &#224; une station de bus de la capitale Dacca. Il est accus&#233; d'&#234;tre le meneur du groupe qui a tu&#233; en avril le blogueur Nazimuddin Samad, ainsi que d'avoir pris part peu apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-LGBTI-" rel="directory"&gt;Mouvement LGBTI+&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton28161-033ea.jpg?1677907875' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La police du Bangladesh a affirm&#233; 1e 10 octobre avoir arr&#234;t&#233; le principal suspect de meurtres d'un blogueur ath&#233;e et d'un d&#233;fenseur des droits des homosexuels, tu&#233;s au printemps lors d'une vague d'assassinats &#224; l'arme blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TIR&#201; DE : FUGUES INFOLETTRE | #560 | 17 octobre 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rashidun Nabi, 26 ans, a &#233;t&#233; interpell&#233; &#224; une station de bus de la capitale Dacca. Il est accus&#233; d'&#234;tre le meneur du groupe qui a tu&#233; en avril le blogueur Nazimuddin Samad, ainsi que d'avoir pris part peu apr&#232;s &#224; l'assassinat du militant LGBT Xulhaz Mannan (photo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cinq personnes dont Rashidun Nabi ont particip&#233; au meurtre de Samad &#187;, a d&#233;clar&#233; Monirul Islam, chef de l'unit&#233; de contre-terrorisme de la police de Dacca. &#171; Ils avaient tous des armes tranchantes et l'un d'entre eux avait une arme &#224; feu. Ils ont attaqu&#233; Nazimuddin &#224; l'arme blanche et l'ont ensuite abattu lorsque des gens se sont approch&#233;s &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; &#224; la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rashidun Nabi est &#233;galement suspect&#233; d'&#234;tre impliqu&#233; dans l'agression de l'&#233;diteur Ahmed Rashid Tutul, qui y avait surv&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un communiqu&#233; de la police, le suspect appr&#233;hend&#233; est membre du groupe jihadiste Ansar al-Islam, &#233;galement connu sous le nom de Ansarullah Bangla Team, qui se pr&#233;sente comme la branche bangladaise d'Al Qa&#239;da au sous-continent indien (Aqis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ansar al-Islam est l'un des deux groupes jihadistes locaux, avec Jamayetul Mujahideen Bangladesh (JMB), montr&#233;s du doigt par les autorit&#233;s pour la vague de meurtres de militants ath&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement bangladais est actuellement engag&#233; dans une campagne de r&#233;pression contre l'extr&#233;misme, acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'attaque d'un caf&#233; de Dacca en juillet qui avait fait 20 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 40 islamistes pr&#233;sum&#233;s ont &#233;t&#233; abattus par la police depuis cette date, dont l'organisateur pr&#233;sum&#233; de l'attentat du caf&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie-Y&#233;men. Contre les bombardements en Syrie et au Y&#233;men !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syrie-Yemen-Contre-les-bombardements-en-Syrie-et-au-Yemen</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Syrie-Yemen-Contre-les-bombardements-en-Syrie-et-au-Yemen</guid>
		<dc:date>2016-11-01T11:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilbert Achcar</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'opinion politique arabe se divise en deux cat&#233;gories principales. Il y a, d'un c&#244;t&#233;, ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le r&#233;gime et son ma&#238;tre russe tout en restant silencieux au sujet des bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes y&#233;m&#233;nites par la coalition conduite par l'Arabie saoudite, lorsqu'ils ne les soutiennent pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : 2016 - 43 * 22 octobre : notes de lecture, textes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton28222-02863.jpg?1677907876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'opinion politique arabe se divise en deux cat&#233;gories principales. Il y a, d'un c&#244;t&#233;, ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le r&#233;gime et son ma&#238;tre russe tout en restant silencieux au sujet des bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes y&#233;m&#233;nites par la coalition conduite par l'Arabie saoudite, lorsqu'ils ne les soutiennent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : 2016 - 43 * 22 octobre : notes de lecture, textes, annonces, p&#233;tition. Publi&#233; le 19 octobre 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l'autre, il y a ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes du Y&#233;men par la coalition men&#233;e par l'Arabie saoudite alors qu'ils se taisent sur les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le r&#233;gime et son ma&#238;tre russe, lorsqu'ils ne les soutiennent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'entend gu&#232;re la voix &#233;mise par une troisi&#232;me cat&#233;gorie, celle de ceux qui condamnent ces deux bombardements comme &#233;tant &#233;galement criminels (bien qu'il ne soit pas possible de nier que les bombardements du r&#233;gime syrien et de son ma&#238;tre russe ont caus&#233; bien plus de victimes et des destructions bien plus importantes). Cette troisi&#232;me cat&#233;gorie existe pourtant et elle probablement plus importante et plus r&#233;pandue que son silence pourrait faire croire. Il s'agit de la cat&#233;gorie de ceux qui placent les int&#233;r&#234;ts et la s&#233;curit&#233; des populations au-dessus de toute consid&#233;ration politique et rejettent la logique d&#233;plorable qui voudrait que &#171; l'ennemi de mon ennemi est mon ami &#187;, ind&#233;pendamment de la nature de cet &#171; ami &#187;, des valeurs qu'il repr&#233;sente et des buts qu'il poursuit. La v&#233;rit&#233; est, en effet, que les forces contre-r&#233;volutionnaires qui se sont mobilis&#233;es contre le grand soul&#232;vement arabe de 2011, connu sous le nom de &#171; printemps arabe &#187;, sont de formes et de types divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant le r&#233;gime syrien que celui d'Arabie saoudite constituent des piliers de l'ancien r&#233;gime arabe pourri contre lequel le soul&#232;vement s'est dress&#233;, avec le r&#234;ve de pouvoir le d&#233;truire et le remplacer par un ordre qui procurerait du &#171; pain, la libert&#233;, la justice sociale ainsi que la dignit&#233; nationale &#187; &#8211; soit le slogan scand&#233; sur la place Tahrir du Caire ainsi que sur de nombreuses autres places, slogan qui repr&#233;sente le meilleur r&#233;sum&#233; des aspirations du &#171; printemps arabe &#187;. L'objectif de ces deux bombardements &#8211; celui men&#233; par le r&#233;gime syrien et son ma&#238;tre russe et celui conduit par le r&#233;gime saoudien et ses alli&#233;s &#8211; est d'une seule et m&#234;me essence : ils ont tout deux pour objectif d'enterrer le processus r&#233;volutionnaire qui s'est allum&#233; en Tunisie le 17 d&#233;cembre 2010, il y a six ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du r&#233;gime syrien et de ses alli&#233;s iraniens (accompagn&#233;s d'auxiliaires) et russes en affrontant la r&#233;volution syrienne et en la r&#233;primant de la fa&#231;on la plus horrible et m&#233;prisable, au prix d'un nombre incalculable de massacres et de destructions, ne pourrait &#234;tre plus clair. Sauf, peut-&#234;tre, pour ceux qui refusent de voir et persistent &#224; nier la r&#233;alit&#233; ou s'efforcent &#224; justifier ce r&#244;le en pr&#233;sentant le soul&#232;vement comme relevant d'une conspiration &#233;trang&#232;re, r&#233;p&#233;tant l'argument us&#233; de tous les r&#233;gimes r&#233;actionnaires qui font face &#224; des soul&#232;vements et &#224; des r&#233;volutions. Quant au r&#244;le du r&#233;gime saoudien &#224; la t&#234;te de la r&#233;action arabe, il est attest&#233; par l'ensemble de l'histoire du royaume, en particulier depuis que les vents de la lib&#233;ration du colonialisme et de l'imp&#233;rialisme se sont lev&#233;s au-dessus du monde arabe. Depuis 2011, ce r&#244;le a pris de nombreuses formes. De la r&#233;pression directe, comme l'a &#233;t&#233; l'intervention arm&#233;e au Bahre&#239;n en soutien &#224; l'ancien r&#233;gime (mars 2011), en passant par les divers soutiens apport&#233;s aux anciens r&#233;gimes, ainsi que cela s'est produit en Egypte et en Tunisie. Enfin, il a pris la forme d'une fourniture d'aides et de fonds &#224; des groupes salafistes en Syrie afin de diriger le soul&#232;vement vers une id&#233;ologie confessionnelle qui convient au royaume et lui permet de se d&#233;barrasser de la menace d&#233;mocratique que repr&#233;sentait la r&#233;volution syrienne pour le despotisme arabe dans toutes ses variantes, et non pas pour le seul r&#233;gime baathiste syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Y&#233;men, pays voisin dont les &#233;v&#233;nements constituent sa pr&#233;occupation principale, le royaume saoudien est intervenu pour favoriser un compromis entre le tr&#232;s r&#233;actionnaire Ali Abdallah Saleh et une opposition domin&#233;e par des forces r&#233;actionnaires. Ce pi&#232;tre accord &#233;tait destin&#233; &#224; avorter : il s'est effondr&#233; et a entra&#238;n&#233; dans sa chute l'Etat y&#233;m&#233;nite, conduisant &#224; son tour le pays dans l'enfer de la guerre. La guerre y&#233;m&#233;nite n'est pas celle d'une guerre entre un camp r&#233;volutionnaire et un autre contre-r&#233;volutionnaire, mais entre deux factions en opposition avec les aspirations fondamentales pour lesquelles la jeunesse du Y&#233;men s'est soulev&#233;e en 2011. L'intervention men&#233;e par l'Arabie saoudite soutient une faction dans une guerre entre deux camps r&#233;actionnaires et pour des consid&#233;rations qui sont strictement li&#233;es &#224; la s&#233;curit&#233; du royaume. Son outil principal convient bien &#224; sa nature r&#233;actionnaire : les bombardements a&#233;riens de zones peupl&#233;es sans se pr&#233;occuper du meurtre de civils, sur ce point identiques aux bombardements russes en Syrie, sans m&#234;me parler du meurtre d&#233;lib&#233;r&#233; des civils par le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle tous ceux qui restent loyaux aux esp&#233;rances cr&#233;&#233;es par le soul&#232;vement arabe et qui manifestent la volont&#233; de faire revivre le processus r&#233;volutionnaire qu'il a lanc&#233; (et qui a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; une s&#233;v&#232;re rechute r&#233;actionnaire deux ans apr&#232;s son d&#233;but) restent fid&#232;les &#224; des principes fermes en condamnant l'assaut r&#233;actionnaire tombant du ciel, quelle qu'en soit l'origine. C'est l'un des aspects indispensables de la construction dans le monde arabe d'un p&#244;le progressiste ind&#233;pendant de tous les p&#244;les et axes des anciens r&#233;gimes arabes et de leurs concurrents r&#233;actionnaires. C'est l&#224; la condition indispensable si l'on veut que la r&#233;volution arabe surgisse &#224; nouveau et reprenne la marche qu'elle a engag&#233;e il y a six ans. Sans cela, il n'existe pas d'espoir de d&#233;passer la situation catastrophique dans laquelle la r&#233;gion a plong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar, publi&#233; sur le site A l'encontre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Traduction de l'anglais par A l'Encontre. L'original en arabe a &#233;t&#233; publi&#233; par le journal en ligne &#233;gyptien ind&#233;pendant Mada Masr)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quadrillage militaire au Cachemire &#171; indien &#187;, ombre chinoise au Cachemire &#171; pakistanais &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quadrillage-militaire-au-Cachemire-indien-ombre-chinoise-au-Cachemire</link>
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		<dc:date>2016-11-01T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>Pakistan</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Cachemire est situ&#233; &#224; l'extr&#233;mit&#233; occidentale de l'Himalaya. Frontalier de l'Afghanistan, ce territoire est aujourd'hui divis&#233; : sous administration et occupation indienne au centre et au sud du pays, pakistanaise au nord-ouest et chinoise au nord-est. En 1947, lors de la partition de l'Empire des Indes britannique (op&#233;r&#233;e selon une logique confessionnelle), la grande majorit&#233; de sa population &#233;tant musulmane, il aurait d&#251; &#234;tre int&#233;gr&#233; au Pakistan ; mais il &#233;tait alors un &#171; Etat princier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton28263-66f6c.jpg?1677907876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Cachemire est situ&#233; &#224; l'extr&#233;mit&#233; occidentale de l'Himalaya. Frontalier de l'Afghanistan, ce territoire est aujourd'hui divis&#233; : sous administration et occupation indienne au centre et au sud du pays, pakistanaise au nord-ouest et chinoise au nord-est. En 1947, lors de la partition de l'Empire des Indes britannique (op&#233;r&#233;e selon une logique confessionnelle), la grande majorit&#233; de sa population &#233;tant musulmane, il aurait d&#251; &#234;tre int&#233;gr&#233; au Pakistan ; mais il &#233;tait alors un &#171; Etat princier &#187; vassalis&#233; par Londres et dirig&#233; par un maharaja hindou, &#233;tranger, pr&#234;t &#224; opter pour l'Inde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'&#233;clata la premi&#232;re guerre indo-pakistanaise, le cessez-le-feu laissant place &#224; une ligne de d&#233;marcation (et non &#224; une fronti&#232;re reconnue par trait&#233;). Aujourd'hui, l'Inde contr&#244;le l'Etat du Jammu-et-Cachemire ; le Pakistan l'Azad Cachemire et le Gilgit-Baltistan ; quant &#224; la Chine, elle a pris possession de l'Aksa Chine et de la vall&#233;e de Shaksgam, l'ancien Trans-Karakoram Tract, sur le haut plateau tib&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilgit-Baltistan. L'influence de la Chine au Pakistan est tr&#232;s importante, mais pendant longtemps elle n'a pas provoqu&#233; de tension ouverte au Cachemire. La situation change. P&#233;kin a poursuivi une politique de &#171; mise en valeur &#187; des confins himalayens. Un &#171; corridor &#233;conomique &#187; est maintenant en chantier qui doit permettre de relier Kashgar (dans la province du Xinjiang chinois) au port pakistanais de Gwadar, sur la mer d'Arabie. L'acc&#232;s aux mers chaudes est un enjeu est proprement strat&#233;gique pour la direction chinoise dans le cadre des &#171; nouvelles routes de la soie &#187; (maritime et terrestre) qu'il ouvre entre l'Orient extr&#234;me et l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2869 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L300xH225/38553339f2c0a430-bc1212c3-62338.jpg?1717475377' width='300' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude de la population est vive au Gilgit-Baltistan, confront&#233;e &#224; de gigantesques travaux d'infrastructure, &#224; une concurrence in&#233;gale des produits chinois et &#224; une main mise grandissante de la Chine &#224; ses fronti&#232;res. Elle a d&#233;j&#224; v&#233;cu ce que ce type de d&#233;veloppement peut provoquer comme d&#233;sastres &#233;cologiques et humains &#8211; et &#224; quel point l'application d'un r&#233;gime d'exception &#171; antiterroriste &#187; peut la museler [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jammu-et-Cachemire. Mais c'est c&#244;t&#233; Inde que la situation est aujourd'hui la plus tendue. Des mouvements irr&#233;dentistes r&#233;clament le rattachement au Pakistan &#8211; et quelques autres la reconstitution d'un Etat ind&#233;pendant regroupant toutes les r&#233;gions aujourd'hui s&#233;par&#233;es. La r&#233;gion n'a jamais &#233;t&#233; pacifi&#233;e. Les arm&#233;es se font face sur 120 km de front. Les services secrets poursuivent des op&#233;rations de d&#233;stabilisation avec l'aide, c&#244;t&#233; pakistanais, de mouvements islamistes radicaux. New Delhi n'a jamais organis&#233; le scrutin d'autod&#233;termination promis en 1948, sa politique se r&#233;duisant pour l'essentiel &#224; la r&#233;pression et &#224; une tentative d'int&#233;gration forc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien que ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, le gouvernement indien annonce quelque 40.000 victimes Cachemire &#8211; dont 21.000 qualifi&#233;s de terroristes, r&#233;els ou suppos&#233;s. Les organisations de droits civiques avancent elles le chiffre de 100.000 morts. Les racines de la r&#233;sistance populaire &#224; l'occupation indienne sont avant tout endog&#232;nes. Ainsi, l'ex&#233;cution sommaire en juillet dernier de Burhan Wani, un populaire commandant du Hizbul Mujahideen, a une nouvelle fois mis le feu aux poudres. Depuis, une chape de plomb s'est abattue sur le territoire. Quadrillage militaire, m&#233;dias musel&#233;s, assassinats, viols, pouvoirs sp&#233;ciaux accord&#233;s &#224; l'arm&#233;e et impunit&#233; garantie aux corps de r&#233;pression, campagne de haine contre les Cachemiris aliment&#233;e en Inde via les r&#233;seaux sociaux, mobilisation de l'id&#233;ologie hindouiste radicale pour identifier tout musulman &#224; un terroriste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Cachemiris se retrouvent otages du jeu de trois puissances r&#233;gionales, soumis &#224; une occupation militaire brutale dans le Jammu-et-Cachemire. Le plus urgent est d'assurer, c&#244;t&#233; indien, une aide aux victimes de la terreur d'Etat, de sanctionner les exactions commises par les militaires et paramilitaires et de r&#233;unir enfin les conditions de l'exercice du droit d'autod&#233;termination, avec notamment la d&#233;militarisation du territoire et la restauration de la libert&#233; de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Voir la violence de la r&#233;pression judiciaire exerc&#233;e contre Baba Jan et ses compagnons de cellules, ESSF (article 38231), Gilgit Baltistan (Pakistan) &#8211; Urgent Action : &#171; I, therefore, urge you to take action to immediately release Baba Jan and the other defenders, and withdraw the trumped up charges against them &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tha&#239;lande : une succession monarchique &#224; haut risque sous l'&#233;gide de l'arm&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Thailande-une-succession-monarchique-a-haut-risque-sous-l-egide-de-l-armee</link>
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		<dc:date>2016-11-01T11:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le roi est mort, vive le roi ? La royaut&#233; tha&#239;e l&#233;gitime le pouvoir en place plus qu'elle ne le poss&#232;de. Cette fonction risque d'&#234;tre mise &#224; mal avec l'intronisation du prince h&#233;ritier. La mort du roi Bhumibol Adulyadej a &#233;t&#233; officiellement annonc&#233;e le 13 octobre. Il &#233;tait depuis longtemps hospitalis&#233;, muet, probablement incapable de faire quoi que ce soit, si ce n'est d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;. Cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233;, tout aussi officiellement, de &#171; signer &#187; tout ce dont la junte militaire au pouvoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton28264-5be3a.jpg?1677907876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le roi est mort, vive le roi ? La royaut&#233; tha&#239;e l&#233;gitime le pouvoir en place plus qu'elle ne le poss&#232;de. Cette fonction risque d'&#234;tre mise &#224; mal avec l'intronisation du prince h&#233;ritier. La mort du roi Bhumibol Adulyadej a &#233;t&#233; officiellement annonc&#233;e le 13 octobre. Il &#233;tait depuis longtemps hospitalis&#233;, muet, probablement incapable de faire quoi que ce soit, si ce n'est d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;. Cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233;, tout aussi officiellement, de &#171; signer &#187; tout ce dont la junte militaire au pouvoir avait besoin pour sacraliser ses d&#233;cisions politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De son nom de r&#232;gne Rama IX, Bhumibol avait 88 ans. Il aura r&#233;gn&#233; sept d&#233;cennies et aurait joui, dit-on, d'une popularit&#233; et d'un respect sans pareils. L'histoire des monarchies n'est cependant jamais un roman &#224; l'eau de rose. Depuis 1932, la royaut&#233; en Tha&#239;lande n'est plus absolue, mais constitutionnelle ; &#224; de rares interludes pr&#232;s, le pouvoir r&#233;el est d&#233;tenu par l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bhumibol succ&#232;de en 1946 &#224; son fr&#232;re, qui a &#233;t&#233; tu&#233; d'une balle dans la t&#234;te dans des circonstances jamais &#233;lucid&#233;es [1]. Il n'est cependant couronn&#233; qu'en 1950, le royaume ayant en attendant &#233;t&#233; dirig&#233; par un r&#233;gent. La situation est alors favorable &#224; son d&#233;but de r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la Seconde Guerre mondiale, l'occupant japonais a d'abord &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par les autorit&#233;s comme un alli&#233;. Apr&#232;s la capitulation de Tokyo, l'arm&#233;e a voulu donner une nouvelle l&#233;gitimit&#233; &#224; son r&#233;gime &#8211; et en finir d&#233;finitivement avec l'aile gauche du coup d'Etat antimonarchique de 1932 dont la figure de proue &#233;tait Pridi Banomyong, un intellectuel influenc&#233; par les id&#233;es socialistes et les conceptions lib&#233;rales europ&#233;ennes non marxistes. De fait, d&#232;s 1935, le nouveau ministre de la D&#233;fense, Field Marshall Phibun, avait instaur&#233; une dictature et la loi martiale. Cependant Pridi, en exile, avait repr&#233;sent&#233;, avec Seni Pramoj, les Tha&#239;s libres (Seri Thai), l'un des deux mouvements de r&#233;sistance anti-japonaise (l'autre &#233;tant constitu&#233; par le Parti communiste). En 1945, Seni Pramoj devint Premier ministre, pour n&#233;gocier avec les Alli&#233;s. L'ann&#233;e suivante, Pridi proposa une nouvelle Constitution. En 1947, Phibun mena un coup d'Etat. En 1950, la Tha&#239;lande envoya des troupes en Cor&#233;e du Sud aupr&#232;s des forces US. Le royaume &#233;tait dor&#233;navant ancr&#233; dans le &#171; camp am&#233;ricain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement communiste restait encore bien faible en Tha&#239;lande, mais il avait pris racine [2]. La r&#233;volution chinoise venait de l'emporter et le Vietminh &#233;tait en plein d&#233;veloppement au Vietnam. Les Etats-Unis deviennent la grande puissance tut&#233;laire en Asie du Sud-Est. Dans ces conditions, l'arm&#233;e &#233;tait pr&#234;te &#224; nouer une alliance avec le Palais royal, au nom de l'anticommunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'impopulaire dans les ann&#233;es 30 et 40, et officiellement d&#233;sacralis&#233;e en 1932, la dynastie des Chakry n'avait pas &#233;t&#233; historiquement d&#233;consid&#233;r&#233;e par une conqu&#234;te coloniale. La Tha&#239;lande &#233;tait une zone tampon entre les possessions anglaises et fran&#231;aises, aid&#233;e par l'Allemagne, et le pays n'a jamais &#233;t&#233; directement colonis&#233;. Il &#233;tait donc possible de redonner du lustre &#224; la monarchie, de la resacraliser : &#171; on r&#233;invente pour lui des rituels et un langage de cour, construisant l'ic&#244;ne r&#233;nov&#233;e d'un &#171; Deva-Raj &#187; (Roi-Dieu, dans la tradition hindoue) et d'un monarque g&#233;n&#233;reux r&#233;gnant selon les principes de la morale bouddhiste. Modernit&#233; oblige, on ne le d&#233;pouille pas pour autant de ses allures d'homme du XXe si&#232;cle : il se prom&#232;ne avec un appareil photo autour du cou et souffle toujours dans sa trompette lors des soir&#233;es au palais&#8230; Il est &#224; la fois plus divinis&#233; que ses pr&#233;d&#233;cesseurs et plus proche du peuple, qu'il ne cesse de rencontrer lors de ses tourn&#233;es dans le pays. &#187; [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette resacralisation du suzerain est syst&#233;matiquement poursuivie par les r&#233;gimes militaires qui se succ&#232;dent au gr&#233; des putschs. Le g&#233;n&#233;ral (puis mar&#233;chal) Sarit Thanarat est l'un des ma&#238;tres d'&#339;uvre de l'alliance entre le Palais et le haut commandement de l'arm&#233;e. Pour certains historiens, Bhumibol &#171; n'a en r&#233;alit&#233; jamais &#233;t&#233; persuad&#233; qu'un syst&#232;me de type d&#233;mocratique, qu'il qualifia un jour de &#8216;principe d'importation &#233;trang&#232;re', pouvait s'appliquer &#224; son royaume. La figure du monarque &#233;clair&#233; et bienveillant coexistait avec celle du souverain capable de justifier le coup d'Etat permanent comme une forme moderne du jeu politique tha&#239;landais. &#187; [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exceptions qui confirment la r&#232;gle, en 1973 et 1992, l'autorit&#233; de la figure royale et l'intervention politique de Bhumibol ont permis de r&#233;soudre des crises devenues inextricables en for&#231;ant le retrait temporaire des militaires avec la d&#233;mission de dictateurs honnis. Puis l'histoire a repris son cours &#171; normal &#187;, l'arm&#233;e revenant au pouvoir avec la b&#233;n&#233;diction du monarque, comme en t&#233;moignent les &#233;v&#233;nements dramatiques de 1973-1976 [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re grande crise du royaume, sous Rama IX, s'est ouverte dans le contexte de l'escalade militaire US au Vietnam. Le pays avait &#233;t&#233; transform&#233; en un immense porte-avion terrestre et &#233;tait couvert de bordels destin&#233;s au repos des GIs. La jeunesse, notamment &#233;tudiante, s'est soulev&#233;e, b&#233;n&#233;ficiant d'un tr&#232;s large soutien au sein de la population. La junte militaire a &#233;t&#233; renvers&#233;e en octobre 1973, avec l'intervention du roi. Dans le m&#234;me temps, ce dernier a laiss&#233; se d&#233;velopper des milices d'extr&#234;me droite qui ont pr&#233;par&#233; la reprise en main du pays [6] Ce fut chose faite le 6 octobre 1976, &#224; l'occasion d'un coup d'Etat sanglant. L'arm&#233;e a reconquis le pouvoir avec la b&#233;n&#233;diction du Palais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nouveau, l'autorit&#233; de la famille royale &#233;tait au plus bas ; pour la r&#233;tablir, la &#171; tradition culturelle &#187; n'aurait pas suffi. A nouveau donc, un v&#233;ritable culte de la personnalit&#233; a &#233;t&#233; impos&#233; des ann&#233;es durant, avec l'aide des Etats-Unis et de leurs services de propagande. L'effigie du monarque est devenue omnipr&#233;sente, le respect affich&#233; une obligation, sous peine de s&#233;v&#232;res sanctions p&#233;nales qui n'ont cess&#233; de s'aggraver (aujourd'hui, l'offense la plus minime peut valoir 15 ans de prison).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime de l&#232;se-majest&#233; est une arme redoutable pour r&#233;primer quiconque sort des clous ou pour interdire tout d&#233;bat sur le r&#233;gime, &#224; l'instar de l'accusation de blasph&#232;me ou d'atteinte &#224; la s&#233;curit&#233; nationale en d'autres pays. Bhumibol Adulyadej a jou&#233; son r&#244;le de parfaite fa&#231;on. Il s'est laiss&#233; d&#233;ifi&#233; sans pour autant contester le pouvoir &#224; ceux qui le d&#233;tenaient. D'allure aust&#232;re, l'expression triste et lointaine, il incarnait une &#171; figure protectrice &#187; aim&#233;e du peuple, une posture que certains qualifient de &#171; paternalisme despotique &#187; [7]. Les vastes possessions fonci&#232;res de la famille royale &#8211; tant urbaines que rurales &#8211; lui ont aussi permis de d&#233;ployer un r&#233;seau de client&#233;lisme populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Bhumibol, la famille royale tha&#239;landaise est devenue la plus riche de la plan&#232;te, sa fortune &#233;tant &#233;valu&#233;e &#224; 35 milliards de dollars (31,70 milliards d'euros). Mais quel est son pouvoir effectif ? La question reste tr&#232;s controvers&#233;e. La reine Elizabeth d'Angleterre est elle aussi une grande poss&#233;dante, mais elle ne gouverne pas pour autant. C'est en principe le cas aussi en Tha&#239;lande. Qu'en est-il pr&#233;cis&#233;ment en r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre d'analystes, le Royaume de Tha&#239;lande avait dans les ann&#233;es 90 clos un chapitre de son histoire. La fin de la vague r&#233;volutionnaire asiatique, la d&#233;faite du Parti communiste de Tha&#239;lande, la modernisation socio-&#233;conomique du pays et l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie rendaient obsol&#232;te le temps des r&#233;gimes militaires. Le poids des r&#233;gions &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187; se renfor&#231;ait avec le bouleversement de l'&#233;conomie rurale dans le Nord-Est (Isan) et le Nord [8]. Les coups d'Etat &#233;taient consid&#233;r&#233;s r&#233;siduels, anachroniques combats d'arri&#232;re-garde. L'arm&#233;e rentrait dans ses casernes pour ne plus en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratisation &#233;tait donc l'ordre du jour. En 1992, une Constitution relativement progressiste pour le pays a bien &#233;t&#233; adopt&#233;e &#8211; mais apr&#232;s le putsch de 2006, elle a &#233;t&#233; remplac&#233;e par une autre, r&#233;dig&#233;e sous la houlette de l'arm&#233;e. Des &#233;lections successives ont confirm&#233; qu'une grande partie de la population aspirait &#224; des changements structurels. Elles ont repr&#233;sent&#233; un coup tr&#232;s dur port&#233; &#224; l'oligarchie qui domine la vie politique et &#233;conomique du pays depuis plusieurs d&#233;cennies : elle perdait son contr&#244;le direct du l&#233;gislatif et de l'ex&#233;cutif. [9]. De grands mouvements sociaux se sont form&#233;s durant cette p&#233;riode, telle l'Assembl&#233;e du peuple, fond&#233;e en 1995. Bon nombre de ces mouvements r&#233;sistaient &#224; mode de d&#233;veloppement pr&#233;dateur, d&#233;poss&#233;dant notamment les communaut&#233;s populaires de l'acc&#232;s &#224; leurs ressources vitales [10]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, ni le Palais royal, ni l'oligarchie traditionnelle, ni l'arm&#233;e ne voulaient du processus d&#233;mocratique. A chaque fois que la famille Shinawatra (Thaksin et sa s&#339;ur Yingluck), repr&#233;sentant cette &#171; nouvelle bourgeoisie &#187;, a emport&#233; sans conteste des &#233;lections d&#233;mocratiques, elle en a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e par des coups d'Etats plus ou moins judiciaires. La confrontation entre &#171; chemises rouges &#187; (Thaksin et ses soutiens d'affaires ou populaires) et &#171; chemises jaunes &#187; (la r&#233;action royaliste et conservatrice) avait pour l'un de ses enjeux la possibilit&#233; m&#234;me d'&#233;tablir un r&#233;gime parlementaire de d&#233;mocratie bourgeoise. La r&#233;ponse des pouvoirs dominants fut sans ambigu&#239;t&#233; n&#233;gative &#8211; une Cour constitutionnelle partie prenante de l'ordre traditionnel, des putschs (2006 et 2014), le massacre de 2010 &#224; Bangkok, la r&#233;pression syst&#233;matique des chemises rouges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on de choses est d'autant plus nette que Thaksin n'&#233;tait pas un r&#233;publicain, mais un royaliste. Il n'&#233;tait pas non plus un d&#233;mocrate ; il a men&#233; une &#171; guerre &#224; la drogue &#187; en ayant recours aux assassinats extrajudiciaires, pass&#233; de juteux contrats avec l'arm&#233;e et r&#233;prim&#233; les mouvements musulmans du Sud. Cependant, il mettait en place de r&#233;els programmes sociaux en faveur des pauvres (en mati&#232;re de sant&#233; par exemple), contournait les r&#233;seaux de pouvoir de l'oligarchie traditionnelle et de la vieille &#233;lite militaire, portait ombrage &#224; la famille royale en apparaissant lui-m&#234;me comme le &#171; protecteur du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re asiatique de 1997-98 a cr&#233;&#233; les conditions pr&#233;alables &#224; un retour en force de l'arm&#233;e au pouvoir. La Tha&#239;lande a &#233;t&#233; frapp&#233;e de plein fouet. Lesdites &#233;lites et &#171; classes moyennes urbaines &#187; se sont affirm&#233;es ouvertement antid&#233;mocratiques, d&#233;niant aux irresponsables pauvres le droit de voter. L'institution bouddhique s'est politis&#233;e et un moine, Buddha Issara, a pris la t&#234;te du mouvement contre les chemises rouges en 2014. Le coup d'Etat de mai, cette m&#234;me ann&#233;e, a permis &#224; l'arm&#233;e de reprendre durablement le pouvoir et de pr&#233;parer ainsi la succession royale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le royaume tha&#239; n'est pas une anormalit&#233; nationale. Loin d'impulser une triomphante marche &#224; la d&#233;mocratie, l'ordre n&#233;olib&#233;ral mondial favorise le d&#233;veloppement de r&#233;gimes de plus en plus autoritaires, de populismes de droite, de nouvelles extr&#234;mes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tha&#239;lande, sur le plan id&#233;ologique, les piliers du r&#233;gime sont constitu&#233;s de la monarchie (sanctifi&#233;e), de l'arm&#233;e (glorifi&#233;e) et de la Sangha, le clerg&#233; bouddhiste (expression de la religion d'Etat, il a des liens tr&#232;s &#233;troits avec l'establishment.). Si la gravit&#233; de l'&#233;tat de sant&#233; de Bhumibol a &#233;t&#233; si longtemps cach&#233;e, c'est que la succession royale fait probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monarque ne peut &#234;tre qu'un homme. Les femmes sont &#233;cart&#233;es de la succession &#8211; alors que la princesse Sirindhorn est jug&#233;e la plus fiable par les &#233;lites traditionnelles. Reste donc le prince h&#233;ritier Maha Vajiralongkorn (64 ans). Vivant &#224; Munich plus qu'en Tha&#239;lande, il est r&#233;put&#233; play-boy, noceur. Les vid&#233;os de ses frasques font le tour des chaumi&#232;res &#8211; il a m&#234;me &#233;t&#233; photographi&#233; descendant d'un avion en bluejeans taille basse, d&#233;bardeur d&#233;couvrant largement le ventre, le buste et les bras couverts de tatouages temporaires. Lui-m&#234;me pilote de chasse, il a &#233;lev&#233; son caniche Foo Foo au rang d'officier sup&#233;rieur de l'arm&#233;e de l'air &#8211; Field Marshall Foo Foo ! &#8211;, quatre jours de deuil national ont &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;s apr&#232;s sa mort. Ce comportement peu protocolaire pourrait &#234;tre amusant si le personnage n'&#233;tait pas aussi inqui&#233;tant. Vindicatif &#224; l'extr&#234;me, il poursuit de sa hargne les proches de son p&#232;re. Il a impos&#233; l'exil &#224; une pr&#233;c&#233;dente &#233;pouse et ses enfants. Il a des comportements de tyran. Crime supr&#234;me, il aurait &#233;t&#233; li&#233; &#224; Thaksin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dument d&#233;sign&#233; par Bhumibol prince h&#233;ritier, Vajiralongkorn aurait d&#251; monter sur le tr&#244;ne le jour o&#249; la mort de son p&#232;re. Or, comme l'a annonc&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision le Premier ministre Prayuth Chan-ocha, l'intronisation est report&#233;e&#8230; Les rumeurs courent sur les raisons de ce report [11]. Pour l'heure, la g&#233;rance du royaume est assur&#233;e par Prem Tinsulanonda, 96 ans, ancien commandant en chef de l'Arm&#233;e (1978), ancien Premier ministre (1980-1988) [12] et ancien pr&#233;sident du Conseil priv&#233; du roi (1998). Homme d'influence, conservateur, il a organis&#233; plusieurs coups d'Etat et avait Thaksin comme ennemi jur&#233; [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage du flambeau est d'autant plus d&#233;licat qu'aujourd'hui, selon l'universitaire Pavin Chachavalpongpun, &#171; il existe un mouvement r&#233;publicain, notamment chez les &#171; chemises rouges &#187; qui tentent de s'exiler. Beaucoup de Tha&#239;landais ont encore de l'amour et du respect pour le roi. La majorit&#233; des Tha&#239;landais sont pour la monarchie, mais les interventions du Palais royal dans la politique sont tr&#232;s mal v&#233;cues par certains d'entre eux. Nous sommes dans une p&#233;riode critique pour la Tha&#239;lande. La principale cause est la succession royale, mais les divisions entre riches et pauvres, urbains et ruraux, jouent aussi un r&#244;le. &#187; [14]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, le r&#233;gime militaire verrouille le pays. Un an de deuil national a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;. Sous peine de sanctions p&#233;nales, tous les serveurs de r&#233;seaux sociaux doivent activement surveiller leurs abonn&#233;s et d&#233;noncer tout propos offensant pour la monarchie ou la junte au pouvoir. Le ministre de la Justice appelle &#224; la formation de groupes de &#171; vigilants &#187;, gardiens de l'ordre moral &#224; m&#234;me d'intimider et menacer les d&#233;viants [15]. Des personnes accus&#233;es de l&#232;se-majest&#233; (ou qui ne sont pas habill&#233;es de noir) peuvent &#234;tre agress&#233;es et forc&#233;es de se prosterner devant l'effigie du d&#233;funt roi &#8211; m&#234;me s'il s'agit de simples d'esprit [16]. Un climat d'hyst&#233;rie est sciemment cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une hyst&#233;rie qui n'a plus de fronti&#232;re. L'ultraroyaliste Rienthong Nanna [17] a d&#233;nonc&#233; le 16 octobre sur Facebook des Tha&#239;s vivant &#224; Paris, donnant nom et adresse de l'une d'entre elles, et appelant les fid&#232;les du monarque &#224; v&#233;rifier ce qu'il en &#233;tait et &#224; agir en cons&#233;quence &#8211; m&#234;me si le crime de l&#232;se-majest&#233; n'existe pas en France. De tels propos peuvent &#233;videmment avoir des cons&#233;quences particuli&#232;rement graves ! [18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vraiment le Palais royal &#233;tait idol&#226;tr&#233; par la population tha&#239;landaise, le pouvoir militaire n'aurait pas besoin d'utiliser de tels moyens pour assurer son ordre. La succession de Bhumibol rend l'avenir encore plus incertain qu'il ne l'&#233;tait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Une commission d'enqu&#234;te a conclu que ce n'&#233;tait pas un accident, mais que l'on ne pouvait d&#233;terminer si c'&#233;tait un meurtre ou un suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pierre Rousset, ESSF (article 14956), People's struggles in Thailand &#8211; I &#8211; the CPT era. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14956&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Bruno Philip, Le Monde, 13 octobre 2016. Disponible sur ESSF (article 39231), Tha&#239;lande : Bhumibol Adulyadej (Rama IX), soixante-dix ans de r&#232;gne. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39231&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Idem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Pierre Rousset, op. Cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Paul Handley, Le Roi qui ne sourit jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Bruno Philip, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Voir Grant Evans, disponible sur ESSF (article 32202), The seismic shifts behind the coup in Thailand &#8211; &#171; To understand the crisis in Thai politics, it's important to examine the momentous changes Thai society has undergone in recent decades &#187;. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32202&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32202&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir Danielle Sabai, ESSF (article 22183), &#201;lections en Tha&#239;lande : un d&#233;saveu cinglant de l'oligarchie r&#233;gnante. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article22183&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article22183&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Pierre Rousset, ESSF (article 14957), People's struggles in Thailand &#8211; II &#8211; Popular movements from the 1980s on. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14957&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14957&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Voir Andrew MacGregor Marshall. Disponible sur ESSF (article 39258), What's going on in Thailand ? A struggle over royal succession ? &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39258&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39258&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Il a notamment n&#233;goci&#233; avec le PCT l'arr&#234;t de la lutte arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Voir Andrew MacGregor Marshall, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Interview d'Adrien Le Gal dans le Monde du 13 mars 2015. Disponible sur ESSF (article 34675), Succession et famille royale : &#171; En Tha&#239;lande, le roi est un personnage qui divise &#187;. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Voir les articles de Prachatai disponibles sur ESSF (article 39247), An order to all Internet Service Providers : Thailand to monitor social media 24/7 in mourning of King's death. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Prachatai, ESSF (article 39248), Thailand : L&#232;se majest&#233; purge erupts nationwide after the King's death. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39248&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39248&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Pr&#233;sident du groupe de vigilants ultraroyaliste Rubbish Collection Organisation (RCO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] ESSF (article 39247), An order to all Internet Service Providers : Thailand to monitor social media 24/7 in mourning of King's death. &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'h&#233;g&#233;monie marchande</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lagac&#233;</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie culturelle au sens o&#249; l'entendait Gramsci est ce qui faisait en sorte par exemple que, sous le r&#233;gime Duplessiste, les ann&#233;es de la grande noirceur qu&#233;b&#233;coise, il &#233;tait impossible de mettre en doute la vertu des congr&#233;gations religieuses parce que tout le monde, politiques, m&#233;dias, administration, enseignants, etc. tenait pour acquis qu'elles &#233;taient vertueuses. On sait aujourd'hui ce qu'il en &#233;tait. &lt;br class='autobr' /&gt; La libert&#233; de commerce a servi de pr&#233;texte &#224; l'interdiction des syndicats au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie culturelle au sens o&#249; l'entendait Gramsci est ce qui faisait en sorte par exemple que, sous le r&#233;gime Duplessiste, les ann&#233;es de la grande noirceur qu&#233;b&#233;coise, il &#233;tait impossible de mettre en doute la vertu des congr&#233;gations religieuses parce que tout le monde, politiques, m&#233;dias, administration, enseignants, etc. tenait pour acquis qu'elles &#233;taient vertueuses. On sait aujourd'hui ce qu'il en &#233;tait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La libert&#233; de commerce a servi de pr&#233;texte &#224; l'interdiction des syndicats au XIXe si&#232;cle. C'est pourquoi des travailleuses et travailleurs ont souffert, &#233;t&#233; mis en prison, pendus, fusill&#233;s, et j'en passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me libert&#233; de commerce est &#224; la base du fameux trait&#233; que signeront dans la joie, l'all&#233;gresse, sans aucune honte, les plus hauts repr&#233;sentants du Canada et de l'Europe. Il fallait voir et entendre cette semaine les lectrices et lecteurs de nouvelles, les chroniqueurs et m&#234;me les journalistes de nos t&#233;l&#233; et radio publiques, dont la mission est pourtant de bien informer la population et non de l'intoxiquer, piaffer d'impatience devant les &#171; vilains &#187; r&#233;sistants gaulois qu'&#233;taient devenus les parlementaires wallons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis encore, il fallait voir et entendre hier (vendredi 28 octobre 2016) les lectrices et lecteurs de nouvelles, les chroniqueurs et m&#234;me les journalistes de nos t&#233;l&#233; et radio publiques, dont la mission est pourtant de bien informer la population et non de l'intoxiquer, soupirer d'aise, annoncer la voix tout enjou&#233;e et le regard &#233;panoui qu'enfin on irait de l'avant maintenant que la r&#233;sistance avait &#233;t&#233; r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette libert&#233; de commerce qui pr&#233;voit la libre circulation des capitaux et des biens, mais pr&#233;seve les restrictions s&#233;v&#232;res envers les faci&#232;s peu recommandables, cette libert&#233; de commerce qui assure la concurrence du priv&#233; dans la d&#233;livrance de services publics, alors qu'il a &#233;t&#233; montr&#233;, entre autres, par les exemples malheureux du Royaume-Uni (pour ne pas citer le d&#233;sastreux exemple du Centre hospitalier universitaire de Montr&#233;al, en voie de r&#233;alisation en partenariat public-priv&#233;), qu'il y est beaucoup moins efficace et beaucoup plus co&#251;teux, cette libert&#233; de commerce qui garantit aux transnationales un droit de regard sur les lois d'ordre public, faisant passer le profit avant la protection de l'environnement, avant la justice sociale, alors que la population n'a m&#234;me pas son mot &#224; dire, cette libert&#233; de commerce profond&#233;ment antid&#233;mocratique qui a &#233;t&#233; concoct&#233;e en secret dans des officines lointaines sans aucune consultation des populations concern&#233;es, en tout cas de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique, cette libert&#233; de commerce qui ne souffre aucune critique, pas le moindre doute, pas la plus insignifiante remise en question, fait aujourd'hui figure d'h&#233;g&#233;monie culturelle f&#233;rocement d&#233;fendue par tout ce qui d&#233;tient un poste officiel de notre belle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAGAC&#201;, Francis&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapport du BAPE : un autre revers pour Hydro-Qu&#233;bec, et de s&#233;rieuses questions sur l'avenir de l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rapport-du-BAPE-un-autre-revers-pour-Hydro-Quebec-et-de-serieuses-questions-sur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rapport-du-BAPE-un-autre-revers-pour-Hydro-Quebec-et-de-serieuses-questions-sur</guid>
		<dc:date>2016-10-29T11:29:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Regroupement des organismes environnementaux en &#233;nergie</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Montr&#233;al, 28 octobre 2016 &#8211; Les membres du Regroupement des organismes environnementaux en &#233;nergie (ROE&#201;) accueillent avec satisfaction le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui r&#233;prouve le projet de stockage de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; et de regaz&#233;ification de Gaz M&#233;tro &#224; B&#233;cancour qui devait permettre &#224; Hydro-Qu&#233;bec de red&#233;marrer la centrale thermique de TransCanada Energy lors des p&#233;riodes de grand froid. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la lumi&#232;re de son &#233;tude des multiples facteurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Evenements-68-" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Communiques-328-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Montr&#233;al, 28 octobre 2016 &#8211; Les membres du Regroupement des organismes environnementaux en &#233;nergie (ROE&#201;) accueillent avec satisfaction le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui r&#233;prouve le projet de stockage de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; et de regaz&#233;ification de Gaz M&#233;tro &#224; B&#233;cancour qui devait permettre &#224; Hydro-Qu&#233;bec de red&#233;marrer la centrale thermique de TransCanada Energy lors des p&#233;riodes de grand froid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re de son &#233;tude des multiples facteurs pouvant affecter l'&#233;volution de la demande, incluant les variables climatiques, &#233;conomiques, sociales et d&#233;mographiques, le BAPE est notamment d'avis &#171; qu'il est difficile de justifier de nouveaux contrats en puissance de long terme dans un contexte &#233;nerg&#233;tique aussi al&#233;atoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ROE&#201; constate que le BAPE a accueilli favorablement l'ensemble des constats et recommandations qu'il a soumis lors des audiences tenues cet &#233;t&#233; : ni le projet de stockage de Gaz M&#233;tro, ni le recours &#224; la centrale de TransCanada Energy par Hydro-Qu&#233;bec n'&#233;taient justifi&#233;s. Selon le ROE&#201;, il existait plusieurs alternatives plus respectueuses du d&#233;veloppement durable que cette centrale polluante, telles que l'&#233;change saisonnier de 500 MW de puissance avec l'Ontario, la gestion de la demande en puissance et le stockage d'&#233;lectricit&#233; &#224; grande &#233;chelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant l'&#233;change saisonnier avec l'Ontario, la commission du BAPE est d'avis que le gouvernement doit clarifier si Hydro-Qu&#233;bec a le droit de revendre &#224; fort prix aux Qu&#233;b&#233;cois de l'&#233;lectricit&#233; pourtant &#233;chang&#233;e par l'Ontario &#224; co&#251;t nul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le ROE&#201; se r&#233;jouit que la commission du BAPE &#171; estime qu'une &#233;valuation environnementale strat&#233;gique portant sur l'ensemble des volets de la gestion des besoins en puissance &#224; la pointe s'impose si le Qu&#233;bec veut mieux encadrer les choix de ses institutions, r&#233;duire les co&#251;ts pour les consommateurs et associer le public aux mesures qui permettraient d'atteindre des objectifs &#224; la fois r&#233;alistes et ax&#233;s sur une vision de d&#233;veloppement durable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ROE&#201; esp&#232;re que la vision de d&#233;veloppement durable en mati&#232;re &#233;nerg&#233;tique du BAPE se traduise en coup d'envoi d'un plus vaste d&#233;bat sur l'avenir &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec et que les choix qui s'imposent soient faits d&#232;s maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ROE&#201;, fond&#233; en 1997, participe activement aux consultations et audiences de la R&#233;gie de l'&#233;nergie, ou aupr&#232;s d'autres forums pertinents, afin de d&#233;fendre de mani&#232;re efficace le point de vue des groupes et organismes &#224; vocation environnementale dans le domaine &#233;nerg&#233;tique. Le ROE&#201; est compos&#233; de six groupes environnementaux, soit l'Association madelinienne pour la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique et environnementale (AMS&#201;E), &#201;cohabitation, la F&#233;d&#233;ration qu&#233;b&#233;coise du canot et du kayak, la Fondation Rivi&#232;res, Nature Qu&#233;bec et le Regroupement pour la surveillance du nucl&#233;aire. Ces groupes repr&#233;sentent des milliers de membres individuels et de multiples organisations au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour renseignements :&lt;br class='autobr' /&gt;
Laurence Leduc-Primeau, coordonnatrice du Regroupement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifestation &#8220;halloween-esque&#8221; pour un espace autog&#233;r&#233; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Manifestation-halloween-esque-pour-un-espace-autogere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Manifestation-halloween-esque-pour-un-espace-autogere</guid>
		<dc:date>2016-10-29T11:24:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>r&#233;sident.e.s et militant.e.s de St-Henri</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Action communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Samedi 29 octobre des r&#233;sident.e.s et militant.e.s de St-Henri manifesteront pour souligner le besoin d'un espace populaire autog&#233;r&#233; dans le quartier. L'&#233;v&#233;nement se conclura par une f&#234;te populaire de Halloween avec maquillage et jeux pour tous les ages sur le th&#232;me des effets &#8216;monstrueux' de la gentrification. &lt;br class='autobr' /&gt; L'enjeu de la gentrification &#224; St-Henri a r&#233;cemment fait les nouvelles suite aux attaques anti-gentrification sur un d&#233;taillant alimentaire de luxe, le 3734. Les r&#233;sident.e.s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Action-communautaire-+" rel="tag"&gt;Action communautaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Samedi 29 octobre des r&#233;sident.e.s et militant.e.s de St-Henri manifesteront pour souligner le besoin d'un espace populaire autog&#233;r&#233; dans le quartier. L'&#233;v&#233;nement se conclura par une f&#234;te populaire de Halloween avec maquillage et jeux pour tous les ages sur le th&#232;me des effets &#8216;monstrueux' de la gentrification.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu de la gentrification &#224; St-Henri a r&#233;cemment fait les nouvelles suite aux attaques anti-gentrification sur un d&#233;taillant alimentaire de luxe, le 3734. Les r&#233;sident.e.s impliqu&#233;.e.s dans le Collectif pour un espace autog&#233;r&#233; maintiennent qu'une cuisine populaire ou un caf&#233; communautaire dans un espace autog&#233;r&#233; pourrait r&#233;pondre au besoin urgent de nourriture abordable dans le secteur. Comme avant-go&#251;t, le nouveau collectif Cuisine populaire de St-Henri offrira un repas gratuit samedi apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des repr&#233;sentant.e.s d'autres espaces collectifs &#224; Montr&#233;al, tel le B&#226;timent 7 &#224; Pointe-St-Charles, ainsi que des repr&#233;sentant.e.s d'organismes luttant contre la gentrification &#224; St-Henri seront sur place pour parler de leurs luttes respectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date : Samedi 29 Octobre 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
Heure : 14h00&lt;br class='autobr' /&gt;
Lieu : m&#233;tro Lionel-Groulx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact : Mona Luxion&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vigile anti-CETA</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vigile-anti-CETA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Vigile-anti-CETA</guid>
		<dc:date>2016-10-27T12:22:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>citoyens environnementalistes</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Difficile, ces temps-ci de conna&#238;tre l'opinion des citoyens face &#224; un &#233;ventuel CETA ou AECG, un accord de libre-&#233;change entre l'Union europ&#233;enne et le Canada. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les citoyens ont-ils seulement une opinion ? Jusqu'&#224; r&#233;cemment, bien peu avaient entendu parler du CETA. Jos&#233; Bov&#233; constate que nous sommes, les Canadiens, anesth&#233;si&#233;s. La signature du trait&#233;, quant &#224; elle, devait avoir lieu jeudi mais les Wallons restent forts devant la pression internationale. Signera-t-on, signera-t-on pas ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Evenements-68-" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Communiques-328-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Difficile, ces temps-ci de conna&#238;tre l'opinion des citoyens face &#224; un &#233;ventuel CETA ou AECG, un accord de libre-&#233;change entre l'Union europ&#233;enne et le Canada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les citoyens ont-ils seulement une opinion ? Jusqu'&#224; r&#233;cemment, bien peu avaient entendu parler du CETA. Jos&#233; Bov&#233; constate que nous sommes, les Canadiens, anesth&#233;si&#233;s. La signature du trait&#233;, quant &#224; elle, devait avoir lieu jeudi mais les Wallons restent forts devant la pression internationale. Signera-t-on, signera-t-on pas ; aujourd'hui ou &#224; une date ult&#233;rieure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, citoyens environnementalistes, d&#233;sirons, par la tenue d'une vigile, joindre notre voix &#224; celle des Wallons et manifester notre inqui&#233;tude face aux dangers que repr&#233;sente un trait&#233; comme le CETA. Nous vous invitons &#224; venir nous rencontrer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DATE : jeudi 27 octobre 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu : Porte Saint-Jean &#224; Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heure : 18h30 &#224; 20h30&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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