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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Fillon, un genre de Trump bien peign&#233; ?</title>
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		<dc:date>2017-02-21T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le rapprochement entre Fran&#231;ois Fillon et Donald Trump peut sembler incongru. L'ancien premier ministre un peu terne au premier regard n'a pas grand'chose en commun avec le d&#233;coiffant nouveau leader du monde libre. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : site de &#171; Sauvons l'Europe &#187; http://sauvonsleurope.eu/fillon-un-genre-de-trump-bien-peigne/ Auteur : Arthur 21 novembre 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
Disons pourtant ici qu'il y a quelque chose d'assez troublant dans la similarit&#233; entre ces deux hommes politiques qui ont surgi de mani&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton28740-22f15.jpg?1782541210' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le rapprochement entre Fran&#231;ois Fillon et Donald Trump peut sembler incongru. L'ancien premier ministre un peu terne au premier regard n'a pas grand'chose en commun avec le d&#233;coiffant nouveau leader du monde libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : site de &#171; Sauvons l'Europe &#187; &lt;a href=&#034;http://sauvonsleurope.eu/fillon-un-genre-de-trump-bien-peigne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://sauvonsleurope.eu/fillon-un-genre-de-trump-bien-peigne/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Auteur : Arthur 21 novembre 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons pourtant ici qu'il y a quelque chose d'assez troublant dans la similarit&#233; entre ces deux hommes politiques qui ont surgi de mani&#232;re inattendue du coeur de leur &#233;lectorat en entonnant fortement le couplet culturel de ce peuple de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Fillon n'est pas un homme neuf. Il a d&#233;but&#233; en politique en 1976 dans les cabinets minist&#233;riels, la m&#234;me ann&#233;e qu'Alain Jupp&#233; qui a eu une premi&#232;re vie professionnelle. D&#233;put&#233; depuis 1981 et ayant partag&#233; tous les combats et les responsabilit&#233;s des droites depuis lors, il est le v&#233;ritable candidat identitaire de cette primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trograde sur les moeurs, il s'est oppos&#233; successivement &#224; la d&#233;p&#233;nalisation de l'homosexualit&#233;, au PACS, au Mariage pour tous et a &#233;t&#233; adoub&#233; par la Manif pour tous. Il a &#233;galement tent&#233; d'imposer aux fournisseurs d'acc&#232;s de censurer internet. Signalons tout de m&#234;me qu'il est un des tr&#232;s rares d&#233;put&#233;s de droite &#224; avoir vot&#233; l'abolition de la peine de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trograde sur les droits des travailleurs, il propose la fin des 35 h sans plus de pr&#233;cision (candidat &#224; la t&#234;te de l'UMP en 2012, il visait les 48h), l'obligation de travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral pour les titulaires du RSA et il y'a peu encore l'obligation pour les ch&#244;meurs d'accepter n'importe quel poste leur est propos&#233; par Pole emploi. L'orientation g&#233;n&#233;rale est facile &#224; d&#233;terminer : les pauvres sont des feignasses qui n'ont qu'&#224; bosser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la course au candidat qui propose la plus grande suppression du nombre de fonctionnaires, il a d&#233;croch&#233; le pompon. Un demi-million, pas moins, sans bien dire lesquels. Peu importe que ce soit irr&#233;aliste, ce n'est pas le sujet. Ils n'ont qu'a bosser plus, ces feignasses, et il est le candidat &#224; le dire le plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une histoire d'amour personnelle. La personnalit&#233; se b&#226;tit sur la dur&#233;e, et Fillon n'a pas b&#226;ti grand'chose. A l'ouverture de la primaire, il &#233;tait le quatri&#232;me homme. Non par d&#233;faut de notori&#233;t&#233; bien sur. Contrairement &#224; un Montebourg qui a &#233;t&#233; d&#233;couvert par les t&#233;l&#233;spectateurs il y a 5 ans, Fillon n'&#233;tait pas un inconnu : il a parait-il dirig&#233; le gouvernement de la France pendant un quinquennat. Tout simplement, en une campagne et trois d&#233;bats il s'est adress&#233; sans souci de mesure au coeur de ses &#233;lecteurs, qui se sont reconnus dans son discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons de plus en plus les emportements l'emporter sur toute approche raisonnable, y compris au sein des partis de gouvernement. Les conservateurs placent largement en favori le candidat qui leur a tenu le discours le plus dur, le seul candidat d&#233;clar&#233; au centre qui rencontre quelque succ&#232;s d'opinion th&#233;orise la rupture avec des &#233;lites dont il est le repr&#233;sentant le plus achev&#233;, et les turbulences s'annoncent fortes dans la primaire de la gauche. Vers o&#249; allons-nous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Couillard a la COP 22 : promouvoir un march&#233; du carbone d&#233;faillant </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Couillard-a-la-COP-22-promouvoir-un-marche-du-carbone-defaillant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Couillard-a-la-COP-22-promouvoir-un-marche-du-carbone-defaillant</guid>
		<dc:date>2016-12-06T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Rashi</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>
		<dc:subject>COP22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De passage &#224; la COP 22 pour soigner son image d'homme politique soucieux des questions environnementales, le premier ministre Couillard a tenu une r&#233;union conjointe avec ses partenaires de la Californie et de l'Ontario pour vanter les bienfaits du march&#233; du carbone conjoint Californie-Qu&#233;bec-Ontario pr&#233;sent&#233; comme le fer de lance de la lutte aux changements climatiques en Am&#233;rique du nord. &lt;br class='autobr' /&gt; Pourtant les mauvaises nouvelles s'accumulent pour ce march&#233; du carbone lanc&#233; en grandes pompes par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP22-+" rel="tag"&gt;COP22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton28696-3df68.jpg?1781473688' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De passage &#224; la COP 22 pour soigner son image d'homme politique soucieux des questions environnementales, le premier ministre Couillard a tenu une r&#233;union conjointe avec ses partenaires de la Californie et de l'Ontario pour vanter les bienfaits du march&#233; du carbone conjoint Californie-Qu&#233;bec-Ontario pr&#233;sent&#233; comme le fer de lance de la lutte aux changements climatiques en Am&#233;rique du nord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant les mauvaises nouvelles s'accumulent pour ce march&#233; du carbone lanc&#233; en grandes pompes par la Californie et le Qu&#233;bec en 2013 et auquel doit se joindre l'Ontario en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un march&#233; du carbone mal-en-point&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article publi&#233; sur le site d'affaire du prestigieux Bloomberg au mois de septembre dernier traite le march&#233; du carbone californien de flop monumental.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Selon Bloomberg, les deux derni&#232;res ventes aux ench&#232;res des cr&#233;dits de carbone auraient &#233;t&#233; un &#233;chec patent avec seulement 11% de ventes au mois de mai et 33% au mois d'ao&#251;t. Les raisons de ces mauvaises performances tiendraient au peu de confiance des entreprises envers ce march&#233;. Le prix de la tonne de carbone y est tellement bas &#224; $ 12 ( alors que selon les &#233;conomistes, il faudrait un prix de $ 50 minimum pour rendre ces cr&#233;dits int&#233;ressants aux entreprises) que le b&#233;n&#233;fice &#233;conomique est n&#233;gligeable. D'autres parts, avec un proc&#232;s intent&#233; par la chambre de commerce californienne, qui y voit une fa&#231;on d&#233;tourn&#233;e de taxer les entreprises, l'avenir de ce march&#233; pourrait &#234;tre fort compromis. Si l'on ajoute l'arriv&#233;e au pouvoir d'une administration Trump fort hostile &#224; ces stratag&#232;mes de tarification du carbone, la survie de ce march&#233; au del&#224; de 2020 (ann&#233;e &#224; laquelle la Californie doit renouveler la loi qui l'a &#233;tabli) est plus que douteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; qu&#233;b&#233;cois on d&#233;chante aussi face &#224; un march&#233; qui ne tient pas ses promesses. La revue Actualit&#233; rapporte que le commissaire au d&#233;veloppement durable, Jean Cinq-Mars, estime que le march&#233; du carbone n'a eu aucun impact sur les &#233;missions li&#233;es au transport routier qui repr&#233;sentent pourtant 40% des &#233;missions de GES du Qu&#233;bec et continuent d'augmenter. Il doute de l'efficacit&#233; de cet instrument &#233;conomique comme moyen significatif de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces pi&#232;tres r&#233;sultats, il serait plus que temps de d&#233;noncer les pr&#233;tentions des promoteurs qu&#233;b&#233;cois du march&#233; du carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Rashi&lt;br class='autobr' /&gt;
Coordonnateur des campagnes,Alternatives&lt;br class='autobr' /&gt;
En direct de Marrakech le 19 novembre 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-09-08/california-fights-to-save-market-plan-to-cut-carbon-emissions&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-09-08/california-fights-to-save-market-plan-to-cut-carbon-emissions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lactualite.com/sante-et-science/les-pieges-du-marche-du-carbone/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lactualite.com/sante-et-science/les-pieges-du-marche-du-carbone/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hasta siempre Comandante !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Hasta-siempre-Comandante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Hasta-siempre-Comandante</guid>
		<dc:date>2016-11-29T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les prochaines g&#233;n&#233;rations se souviendront longtemps de Fidel Castro et de sa r&#233;volution improbable. En 1959 avec une poign&#233;e de gu&#233;rill&#233;ros et une organisation fantomatique, il s'empare du pouvoir d&#233;tenu par quelques voyous et mafiosos. Au d&#233;but, les &#201;tats-Unis h&#233;sitent, mais rapidement, le conflit &#233;clate, notamment lorsque le nouveau gouvernement d&#233;cide de redistribuer les terres qui appartiennent &#224; la puissante United Fruit. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s 1960, une guerre invisible commence avec les multiples (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cuba-+" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton28792-824e1.jpg?1782541211' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les prochaines g&#233;n&#233;rations se souviendront longtemps de Fidel Castro et de sa r&#233;volution improbable. En 1959 avec une poign&#233;e de gu&#233;rill&#233;ros et une organisation fantomatique, il s'empare du pouvoir d&#233;tenu par quelques voyous et mafiosos. Au d&#233;but, les &#201;tats-Unis h&#233;sitent, mais rapidement, le conflit &#233;clate, notamment lorsque le nouveau gouvernement d&#233;cide de redistribuer les terres qui appartiennent &#224; la puissante United Fruit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s 1960, une guerre invisible commence avec les multiples tentatives de la CIA d'assassiner Castro. En 1961, une tentative d'invasion men&#233;e par des mercenaires cubains &#224; la solde des &#201;tats-Unis se termine par un lamentable &#233;chec. En 1962, le monde passe &#224; un cheveu de la guerre nucl&#233;aire quand les &#201;tats-Unis d&#233;cident d'emp&#234;cher l'installation de missiles sovi&#233;tiques &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castro tient le coup parce qu'essentiellement, il a l'appui de la population. D'une part, il rompt avec la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'insolence des riches qui avaient transform&#233; ce pays en une sorte de bordel d&#233;lirant des &#201;tats-Unis. D'autre part, le nouveau r&#233;gime, certes peu d&#233;mocratique, a l'immense qualit&#233; de r&#233;pondre aux besoins du peuple, ce qui place Cuba bien en avant des pays d'Am&#233;rique latine au niveau des politiques sociales et de l'int&#233;gration socio-&#233;conomique des couches marginalis&#233;es (notamment des Afro-Cubains). Cuba devient le champion dans plusieurs domaines (sant&#233; maternelle et infantile, alphab&#233;tisation et scolarisation, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, Fidel Castro sort renforc&#233; de ces confrontations avec les &#201;tats-Unis et se met &#224; r&#234;ver d'une r&#233;volution latino-am&#233;ricaine. Son camarade Che Guevara part organiser d'illusoires insurrections qui se terminent par sa mort en Bolivie en 1966. Ailleurs, des mouvements gu&#233;rill&#233;ros inspir&#233;s et appuy&#233;s par Cuba connaissent des &#233;checs retentissants. Entre-temps, Castro dirige une r&#233;organisation de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; cubaine selon le &#171; mod&#232;le &#187; socialiste. Pratiquement tout est nationalis&#233;, jusqu'aux salons de coiffure. Malgr&#233; des tentatives de diversification, Cuba reste d&#233;pendant de ses exportations de sucre vers l'Union sovi&#233;tique en &#233;change de produits industriels. Dans les ann&#233;es 1970, Castro d&#233;cide d'investir son pays dans la tourmente africaine. Plusieurs milliers de soldats sont d&#233;ploy&#233;s en Angola pour soutenir la faction au pouvoir (le MPLA) qui combat l'opposition arm&#233;e par les &#201;tats-Unis et l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1980, l'implosion de l'Union sovi&#233;tique pr&#233;cipite une grave crise &#233;conomique et sociale. Un grand nombre de Cubains tente de quitter le pays. La col&#232;re populaire s'accro&#238;t contre le r&#233;gime, bien que l'aura de Fidel Castro demeure importante. Des mesures d'aust&#233;rit&#233; sont impos&#233;es pour permettre de pr&#233;server les acquis sociaux. On mise sur le tourisme pour apporter les devises n&#233;cessaires &#224; l'importation de biens essentiels (Cuba reste d&#233;ficitaire au niveau de la production alimentaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1990, le vent du changement revient dans l'h&#233;misph&#232;re. L'arriv&#233;e au pouvoir au Venezuela d'Hugo Chavez et puis tard, l'&#233;lection des gouvernements progressistes dans plusieurs autres pays, permettent de r&#233;ins&#233;rer Cuba dans la dynamique r&#233;gionale. Gr&#226;ce &#224; l'appui &#233;conomique du Venezuela, la situation s'am&#233;liore. Le symbole de Fidel Castro comme le r&#233;sistant de la premi&#232;re heure reste important, ce qui explique l'affection des peuples et le respect que plusieurs leaders latino-am&#233;ricains &#233;prouvent pour Fidel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 2000, la transition est entreprise avec la passation progressive des pouvoirs &#224; son fr&#232;re Ra&#250;l. Malgr&#233; divers probl&#232;mes de sant&#233; qui s'aggravent jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s, il continue d'intervenir publiquement dans les d&#233;bats cubains. Tout en admettant l'&#233;chec de la r&#233;volution sur le plan &#233;conomique, il continue de mettre en garde son pays contre une capitulation face aux pressions internes et externes qui voudraient que Cuba s'ins&#232;re dans la dynamique capitaliste. Pr&#233;sentement &#224; Cuba, un d&#233;bat &#224; plusieurs voix met aux prises diverses options, qui vont de la r&#233;int&#233;gration pure et simple de Cuba dans son statut de semi-colonie des &#201;tats-Unis &#224; l'&#233;laboration d'un projet socialiste r&#233;nov&#233; incluant une d&#233;mocratisation en profondeur des institutions. L'opposition cubaine regroup&#233;e derri&#232;re de puissantes factions de droite exil&#233;es &#224; Miami esp&#232;re une implosion totale du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de mes visites &#224; Cuba dans les ann&#233;es 2000, &#224; l'&#233;poque o&#249; j'animais le r&#233;seau Alternatives, j'ai constat&#233; la force et les contradictions de ce pays passionnant. Les intellectuels communistes &#171; r&#233;formateurs &#187; avec qui nous avons &#339;uvr&#233;s, esp&#233;raient une &#233;volution du syst&#232;me, via une certaine d&#233;centralisation administrative et l'exploration de nouvelles politiques pour permettre le d&#233;veloppement des communaut&#233;s via l'agro-&#233;cologie. Ils craignaient la pesante bureaucratie construite dans le sillon d'un pouvoir hyper fort et personnalis&#233;. Ils n'aimaient pas particuli&#232;rement Ra&#250;l connu pour ses penchants autoritaires et son attraction pour le &#171; mod&#232;le &#187; chinois (tournant capitaliste d'une part, maintien du r&#233;gime non-d&#233;mocratique d'autre part). Ils esp&#233;raient en fin de compte que la vague &#171; rose &#187; latino-am&#233;ricaine puisse remettre le projet socialiste sur ses rails &#224; travers de nouvelles orientations et de nouvelles solidarit&#233;s. Aujourd'hui &#224; ce que j'entends, ils sont plut&#244;t pessimistes, mais l'histoire n'est jamais finie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de Fidel Castro a donc plusieurs facettes. L'Ast&#233;rix latino-am&#233;ricain qui a d&#233;fi&#233; l'empire pendant plusieurs d&#233;cennies est ce qui reste dans la conscience populaire. Franchement, on ne peut pas &#234;tre &#233;tonn&#233; de cela compte tenu des ravages que l'imp&#233;rialisme a provoqu&#233; dans cette r&#233;gion du monde. Encore aujourd'hui, les &#201;tats-Unis constituent un formidable obstacle contre le progr&#232;s social et la paix, pas seulement en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le projet de transformation imagin&#233; par Castro et ses compagnons aux lendemains de la r&#233;volution a &#233;t&#233; un &#233;chec. Les avanc&#233;es sociales ind&#233;niables, r&#233;alis&#233;es dans des conditions d'une grande diversit&#233;, ont permis au peuple d'am&#233;liorer ses conditions de vie, du moins jusqu'au d&#233;clin prononc&#233; observ&#233; depuis les ann&#233;es 1990. Cependant, le pays est rest&#233; enferm&#233; par un pouvoir autocratique, qui permet la dissidence, et encore de temps en temps, &#224; condition qu'elle s'inscrive dans des contraintes tr&#232;s &#233;troites. Sur le terrain &#233;conomique, l'&#233;tatisation des entreprises ne s'est pas m&#233;tamorphos&#233;e dans une capacit&#233; r&#233;elle des travailleurs et des travailleuses de changer le sens, le contenu et la forme du travail, qui est rest&#233; subordonn&#233; &#224; un petit groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un plan plus personnel, on retiendra de Fidel Castro une d&#233;termination absolue, un courage politique rare et un style de vie plut&#244;t aust&#232;re. Cette droiture lui a m&#233;rit&#233; le respect, alors que la plupart des gouvernants dans cette r&#233;gion du monde (et ailleurs !) se vautrent dans la fange. Sa propension &#224; penser qu'il avait tout raison, aussi bien face aux probl&#232;mes de l'agriculture cubaine qu'aux d&#233;fis de la r&#233;volution africaine, reste son c&#244;t&#233; sombre. Dans le fonds, Fidel Castro &#233;tait le descendant de cette immense tradition latino-am&#233;ricaine qu'on appelle le &#171; caudillisme &#187;, o&#249; le chef est plus qu'un chef, face auquel la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re demeure d&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui dans le sillon des grandes luttes sociales cependant, cette tradition perd un peu de son &#233;clat. Les paysans boliviens ne pensent plus que le gouvernement progressiste va les &#171; sauver &#187;. Les nouvelles g&#233;n&#233;rations au Br&#233;sil et en Argentine ont cess&#233; d'attendre des messies et continuent &#224; s'auto-organiser. Une puissante intellectualit&#233; prend forme pour chercher du c&#244;t&#233; de l'&#233;cosocialisme et de la d&#233;mocratisation de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lucha continua, Comandante !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;volution cubaine</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-revolution-cubaine</link>
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		<dc:date>2016-11-29T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Bensa&#239;d</dc:creator>


		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; travers ce bref rapport sur la r&#233;volution cubaine, examinons trois questions centrales pour le d&#233;veloppement de la r&#233;volution socialiste : &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Une situation sp&#233;cifique de dualit&#233; de pouvoir et la transcroissance d'une r&#233;volution d&#233;mocratique en r&#233;volution prol&#233;tarienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. La formation d'une direction r&#233;volutionnaire au cours m&#234;me de ce processus. &lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'acte de naissance d'un &#201;tat ouvrier et ses caract&#233;ristiques particuli&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt; avril 1985 | site de Daniel Bensa&#239;d. &lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton28793-80ab7.png?1781160935' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; travers ce bref rapport sur la r&#233;volution cubaine, examinons trois questions centrales pour le d&#233;veloppement de la r&#233;volution socialiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Une situation sp&#233;cifique de dualit&#233; de pouvoir et la transcroissance d'une r&#233;volution d&#233;mocratique en r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La formation d'une direction r&#233;volutionnaire au cours m&#234;me de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'acte de naissance d'un &#201;tat ouvrier et ses caract&#233;ristiques particuli&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;avril 1985 | &lt;a href=&#034;http://danielbensaid.org/La-revolution-cubaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de Daniel Bensa&#239;d&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de souligner dans cette introduction l'importance que rev&#234;t aujourd'hui un retour sur la r&#233;volution cubaine, afin de cerner les parent&#233;s nombreuses et les diff&#233;rences avec le processus r&#233;volutionnaire en cours au Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - Cuba &#224; la veille du renversement de Batista&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord souligner que Cuba, sous la dictature de Batista, au d&#233;but des ann&#233;es cinquante est un &#201;tat semi-colonial fortement d&#233;pendant de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain voisin, mais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il ne s'agit d&#233;j&#224; plus d'un pays &#224; pr&#233;dominance agraire ; en 1953, 55 % de la population est urbaine et un sixi&#232;me de la population vit &#224; La Havane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La production agricole exportatrice (sucre et tabac) est domin&#233;e par une structure capitaliste. Si, depuis 1934, un nombre significatif de propri&#233;t&#233;s et de raffineries a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; par des Cubains, les compagnies am&#233;ricaines en contr&#244;lent encore une bonne part. &#192; l'exception du Venezuela, Cuba est le pays d'Am&#233;rique latine o&#249; l'investissement am&#233;ricain par t&#234;te d'habitant reste le plus important. Quant au capital cubain, il est lui-m&#234;me tr&#232;s concentr&#233;. En 1959, Julio Lobo et sa famille poss&#232;dent 400 000 hectares, en m&#234;me temps que des parts importantes dans la banque, l'h&#244;tellerie, les radios, les bateaux. &#192; lui seul, il vend annuellement entre 35 et 50 % du sucre cubain et 60 % du sucre raffin&#233; &#224; destination des &#201;tats-Unis. Or le sucre repr&#233;sente environ 80 % des exportations cubaines et constitue entre le tiers et le quart du revenu national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Le revenu annuel par t&#234;te d'habitant oscille entre 350 et 550 dollars. Seuls l'Argentine et l'Uruguay font mieux en Am&#233;rique latine. Cuba compte plus de t&#233;l&#233;phones par t&#234;te d'habitants que tout autre pays du sous-continent (&#224; l'exception de l'Uruguay) et arrive au premier rang en ce qui concerne le nombre de postes de t&#233;l&#233;vision. Mais ces moyennes ou ces chiffres absolus masquent de profondes in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques ne permettent de d&#233;gager qu'un contour approximatif des structures sociales. On recense environ 200 000 familles de paysans, dont au moins 140 000 sont tr&#232;s pauvres, ne poss&#233;dant, louant ou occupant que 13 hectares de terre. &#192; c&#244;t&#233; de cette paysannerie, on trouve &#224; peu pr&#232;s 600 000 travailleurs agricoles, dont plus de la moiti&#233; sont des coupeurs de canne employ&#233;s seulement pendant la r&#233;colte. Ces derniers sont clairement diff&#233;renci&#233;s des 100 000 travailleurs &#224; temps complet des raffineries, qui constituent une sorte d'aristocratie ouvri&#232;re, bien organis&#233;e et pr&#233;pond&#233;rante dans les syndicats, que ce soit sous la direction du PC ou sous celle de la bureaucratie jaune de Mujal apr&#232;s 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les 400 000 familles environ du prol&#233;tariat urbain, &#233;galement bien organis&#233;es dans les syndicats, et 200 000 familles de petits bourgeois, boutiquiers et parasites de toutes sortes, vivant pour la plupart du tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin un nombre important de sans-emploi, entre 400 000 personnes et 650 000 (soit un tiers de la population active pendant les mois creux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et le sous-prol&#233;tariat des villes et des champs repr&#233;sentent donc de loin la principale force sociale. La bourgeoisie proprement dite est rachitique. En revanche, il existe une petite bourgeoisie urbaine relativement importante, d'enseignants, hommes de loi, cadres commerciaux et administratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette petite bourgeoisie a nourri des courants radicaux, d&#233;mocratiques et anti-imp&#233;rialistes. Mais, &#224; plusieurs reprises d&#233;j&#224;, sa radicalisation s'est bris&#233;e sur le pouvoir militaire. De 1898 &#224; 1955, en passant par le gouvernement de Guiteras et Grau San Martin en 1953, l'histoire politique cubaine est celle d'une r&#233;volution bourgeoise avort&#233;e et de ses impasses. Issu de ce radicalisme, Castro lui-m&#234;me est le dernier maillon d'une longue cha&#238;ne : les &#233;checs de la r&#233;volution bourgeoisie ont fait m&#251;rir la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;volution socialiste, comme seule voie de lib&#233;ration r&#233;elle face &#224; l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions sont m&#251;res pour que, se d&#233;tachant du d&#233;mocratisme radical, il rejoigne le communisme r&#233;volutionnaire des Mari&#225;tegui et des Mella (l'un des fondateurs du PC cubain) qui, bien avant le Che et la conf&#233;rence de l'Olas, appliquaient &#224; l'Am&#233;rique latine le mot d'ordre de la r&#233;volution permanente : ou r&#233;volution socialiste ou caricature de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. Vers la conqu&#234;te du pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille du renversement de Batista, en janvier 1959, le mouvement de lutte contre la dictature se structure &#224; trois niveaux diff&#233;rents et combin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Il y a tout d'abord la gu&#233;rilla, qui s'est d&#233;velopp&#233;e et organis&#233;e depuis le d&#233;barquement du Granma en 1956. Elle constitue un tr&#232;s petit embryon (sans commune mesure avec les territoires lib&#233;r&#233;s de Yougoslavie sous l'occupation allemande, ni avec la R&#233;publique de Yenan en Chine) de pouvoir militaire et administratif alternatif. Apr&#232;s l'&#233;chec de l'offensive militaire lanc&#233;e par Batista en mai 1958 pour an&#233;antir la gu&#233;rilla, c'est &#224; partir des maquis de la Sierra Maestra qu'est proclam&#233;e, de fa&#231;on significative, la loi n&#176; 1 de la r&#233;forme agraire. Elle respecte les propri&#233;t&#233;s de moins de 400 hectares, annonce la distribution des terres de Batista apr&#232;s son renversement, et promet une distribution de terre &#224; ceux qui ont moins de 37 hectares cultivables. Cette loi mod&#233;r&#233;e tient compte de la structure agraire du pays (1,5 % des propri&#233;taires d&#233;tiennent 42 % du sol cultivable, alors que 70 % des propri&#233;taires les plus pauvres n'en poss&#232;dent que 12 %). Elle vise &#224; la fois &#224; mobiliser les petits et moyens paysans tout en rassurant la plupart des paysans riches et en &#233;pargnant les compagnies &#233;trang&#232;res. D&#232;s novembre, soit deux mois avant la chute de Batista, cette loi commence &#224; &#234;tre appliqu&#233;e dans la province de Las Villas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il y a ensuite le mouvement ouvrier urbain, dont le probl&#232;me clef est celui des rapports entre le PC (PSP) et les r&#233;seaux de r&#233;sistance du Mouvement du 26 juillet&lt;br class='autobr' /&gt;
(M 26). Le 9 avril 1958, le M 26 a lanc&#233; un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale urbaine. Le PSP, tout en enregistrant cet appel comme le signe d'un tournant positif vers l'action de masse, s'est tenu &#224; l'&#233;cart de la gr&#232;ve, &#339;uvrant ainsi ouvertement &#224; la division, contribuant &#224; l'&#233;chec de la gr&#232;ve et ouvrant la voie &#224; la contre-offensive militaire de Batista d&#232;s le mois suivant. Mais cet &#233;chec pose de part et d'autre la question du front uni. Soucieux de prendre le train en marche, le PSP n&#233;gocie avec la direction de la gu&#233;rilla. Il d&#233;cide formellement l'incorporation de ses militants &#224; l'arm&#233;e rebelle, quelques semaines avant la victoire, et d&#233;l&#232;gue symboliquement l'un de ses principaux dirigeants, Carlos Rafa&#235;l, dans la Sierra. D'autre part est constitu&#233; un Front ouvrier national unifi&#233; (Fonu), unitaire, qui se manifestera en janvier 1959 en lan&#231;ant l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; La Havane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin, au niveau de la repr&#233;sentation institutionnelle, le front d&#233;mocratique constitu&#233; par le M 26 et les secteurs de la bourgeoisie ou de l'arm&#233;e oppos&#233;s &#224; la dictature. Formellement, le programme du M 26 ne va pas au-del&#224; d'une s&#233;rie de r&#233;formes d&#233;mocratiques : retour &#224; la constitution d&#233;mocratique bourgeoise de 1940, plan de scolarisation, r&#233;forme agraire mod&#233;r&#233;e, &#233;puration limit&#233;e de l'arm&#233;e&#8230; Dans une interview donn&#233;e au cours du mois de mai, Castro r&#233;affirme le respect de la libre entreprise et du capital investi. Le 20 juillet, apr&#232;s l'&#233;chec de l'exp&#233;dition militaire de Batista, le pacte de Caracas consacre la formation d'une sorte de gouvernement provisoire, la Junte d'unit&#233; du front civique r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique. Des personnalit&#233;s bourgeoises souvent issues des professions lib&#233;rales (Prio, Miro Cardona, Varona), des dirigeants du directoire et du M 26, des officiers hostiles &#224; Batista et des courants chr&#233;tiens y participent. Le pacte d&#233;finit &#171; une strat&#233;gie commune pour d&#233;faire la dictature par l'insurrection arm&#233;e &#187;. Cardona, en tant que coordinateur du front, est une sorte de Premier ministre en puissance. Urrutia est baptis&#233; &#171; pr&#233;sident de Cuba en armes &#187;, et Fidel Castro nomm&#233; commandant en chef des forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; apparaissent certaines constantes de la politique de Castro. Il n'h&#233;site pas &#224; conclure des alliances avec le PC dans le mouvement ouvrier urbain ou avec certains secteurs de la bourgeoisie pourvu qu'il d&#233;tienne dans ces alliances l'initiative militaire. Le programme pr&#233;cis du pacte de Caracas et la composition des organes politiques provisoires sont pour lui secondaires d&#232;s lors que la voie fix&#233;e est celle de l'insurrection arm&#233;e et qu'il garde personnellement la responsabilit&#233; des op&#233;rations militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sistant victorieusement &#224; l'arm&#233;e de Batista en mai 1958, la gu&#233;rilla affirme son prestige et assoit son autorit&#233;. D&#232;s lors le r&#233;gime se d&#233;compose. Dans l'entourage de Batista, tout le monde intrigue. Batista lui-m&#234;me est surtout occup&#233; &#224; pr&#233;parer sa fuite et &#224; mettre ses biens au soleil. Au sein de l'&#201;tat-major, le g&#233;n&#233;ral Cantillo n&#233;gocie secr&#232;tement avec Castro. Mais, apr&#232;s le d&#233;part de Batista, le 1er janvier 1959, il tente de s'accrocher &#224; la place vacante. Cette tentative de derni&#232;re heure n'a pour r&#233;sultat que de compromettre davantage l'arm&#233;e et de radicaliser le processus r&#233;volutionnaire : le 2 janvier, le Fonu appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et organise des manifestations de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'ent&#234;tement d'Urcuyo apr&#232;s la fuite de Somoza, l'&#233;ph&#233;m&#232;re r&#233;sistance de Cantillo remet de fait en cause la perspective formelle de fusion entre l'arm&#233;e rebelle et les restes de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, et acc&#233;l&#232;re l'&#233;mergence d'un organe de pouvoir militaire directement issu de la lutte r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. La chute de la dictature et la dualit&#233; de pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la chute de Baptista, le pouvoir politique se scinde, comme s'il existait simultan&#233;ment un gouvernement formel et un gouvernement r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, d&#232;s le 2 janvier, les dignitaires du pacte de Caracas se pr&#233;cipitent &#224; La Havane pour occuper les postes minist&#233;riels qui leur sont promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'un autre cot&#233;, Castro prend son temps et entre d'abord &#224; Santiago de Cuba, qu'il proclame bastion de la lutte pour la libert&#233; et nouvelle capitale de Cuba. Cet acte d'autorit&#233; a un sens qui d&#233;passe le symbole, et le dirigeant du directoire &#233;tudiant, Faure Chomon, se plaint ouvertement de ces d&#233;clarations unilat&#233;rales. Castro ne met ensuite pas moins de huit jours &#224; parcourir la petite distance entre Santiago et La Havane, laissant derri&#232;re lui Raul comme commandant militaire de la province d'Oriente. Cette marche lente sur La Havane remplit une fonction politique et militaire. Elle pose les jalons du pouvoir r&#233;volutionnaire, en dehors de tout contr&#244;le des organes formels de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le t&#233;moignage de Carlos Franqui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le t&#233;moignage de Carlos Franqui, la source r&#233;elle du pouvoir, d&#232;s le 2 janvier, ne fait gu&#232;re de doute :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [Le 1er janvier] &#224; 11 heures du matin, Fidel est arriv&#233; &#224; la station de radio et a fait son allocution au peuple : il l'a pr&#233;venu du danger du coup d'&#201;tat militaire, a demand&#233; de d&#233;clarer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire, a ordonn&#233; aux colonnes rebelles d'avancer, a d&#233;nonc&#233; la trahison de Cantillo et a demand&#233; &#224; la population de Santiago de Cuba de se pr&#233;parer &#224; la bataille imm&#233;diate [&#8230;]. Le lendemain 2 janvier, la situation &#233;tait encore confuse. Pour annuler l'effet du coup de La Havane, Fidel a proclam&#233; Santiago capitale de Cuba ; il a nomm&#233; le colonel Rego Rubido (chef de la caserne Moncada) chef de l'arm&#233;e, et le colonel Izquierdo, chef de la police de Santiago, devenait chef de la police nationale [&#8230;]. Je me rappelle que, pendant qu'on proclamait Urrutia pr&#233;sident &#224; l'universit&#233; de Santiago, les &#233;tudiants et le peuple criaient &#8220;Izquierdo assassin !&#8221;. Izquierdo, qui avait dirig&#233; la r&#233;pression &#224; Santiago de Cuba et qui &#233;tait chef de la police nationale &#224; cette heure-l&#224;, fut fusill&#233; trois jours plus tard. Urrutia, qui avait une mentalit&#233; de juge de paix, ne savait pas quoi faire ; entre autres id&#233;es biscornues, il lui &#233;tait venu celle de garder deux arm&#233;es : l'arm&#233;e rebelle et celle de Batista. Nous nous sommes donn&#233; du mal pour le convaincre que c'&#233;tait absurde et, en une minute, &#224; la radio, nous avons nomm&#233; les ministres du nouveau gouvernement, &#224; l'exception du Premier ministre et de ceux de l'Int&#233;rieur, des Travaux publics, de l'Agriculture, et de l'&#201;ducation nationale, que Fidel m'avait dit de lui laisser pour les remplir plus tard. Raul Castro a nomm&#233; le ministre de la D&#233;fense nationale [&#8230;]. Urrutia n'en a nomm&#233; qu'un seul, celui de la Justice. Luis Buch, celui des Finances. Aux affaires &#233;trang&#232;res, c'&#233;tait l'orthodoxe Agramonte. Les autres, nous les avons nomm&#233;s. Je me souviens que le minist&#232;re des Biens acquis frauduleusement, c'est moi qui l'ai cr&#233;&#233; par une note manuscrite, et j'ai dit au speaker de la lire &#224; la radio. Le public pr&#233;sent a fait une ovation &#224; ce minist&#232;re qui allait &#234;tre le premier instrument r&#233;volutionnaire du nouveau gouvernement, ainsi qu'au ministre &#224; qui allait ce portefeuille, qui &#233;tait Faustino Perez. Urrutia a demand&#233; de ne pas applaudir un minist&#232;re ou un ministre mais tout le gouvernement. En r&#233;alit&#233;, &#231;a a &#233;t&#233; un gouvernement radiophonique. Par la suite, Fidel a d&#233;sign&#233; Hart, Ray, Sori Marin, Luis Orlando Rodriguez et, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale, le Dr Jos&#233; Miro Cardona, secr&#233;taire du Front civique d'opposition, comme Premier ministre. La nomination de Miro Cardona a fait l'effet d'une bombe. C'&#233;tait le pr&#233;sident de l'ordre des avocats de Cuba, le repr&#233;sentant des grands avocats d'affaires capitalistes, et l'un des politiciens les plus pro-am&#233;ricains de Cuba [&#8230;]. Nous n'avons pas compris cette nomination. Mais ceux pour qui elle &#233;tait faite ont march&#233;. C'&#233;tait en r&#233;alit&#233; une man&#339;uvre intelligente qui a tromp&#233; les Am&#233;ricains, les bourgeois, et les politiciens. Miro Cardona n'est rest&#233; Premier ministre que quarante-cinq jours. Fidel lui-m&#234;me le rempla&#231;a le 16 f&#233;vrier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport entre gouvernement formel et pouvoir r&#233;el est limpide &#224; travers cette &#233;vocation. Le gouvernement est un &#171; gouvernement radiophonique &#187;. Personne ne l'&#233;lit ni ne n&#233;gocie sa composition. C'est Fidel en personne qui d&#233;signe, nomme et dose. Le gouvernement n'est pas pour autant une simple man&#339;uvre ou un simple masque. Son existence m&#234;me traduit le fait que la bourgeoisie d&#233;tient encore des positions de forces aux premiers jours de la r&#233;volution, articul&#233;es sur la pr&#233;sence &#233;crasante, &#224; l'arri&#232;re-plan, de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224; l'unit&#233; de l'&#201;tat bourgeois en tant qu'instrument de domination d'une classe a vol&#233; en &#233;clat avec la chute de Batista et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Ce que Carlos Franqui met parfaitement en lumi&#232;re : &#171; La gr&#232;ve ouvri&#232;re nationale dura plus d'une semaine ; ce fut un facteur d&#233;cisif de la victoire, qui an&#233;antit les tentatives de coup militaire, de m&#233;diation am&#233;ricaine, et consolida le nouveau pouvoir r&#233;volutionnaire. Pour comprendre l'importance d&#233;cisive de la gr&#232;ve, il faut se dire que lorsque le g&#233;n&#233;ral Cantillo a fait sa tentative de coup militaire, il avait l'appui de la toujours puissante ambassade des &#201;tats-Unis, de la Cour supr&#234;me, des classes ais&#233;es et riches du pays, des vieux politiciens, de l'&#201;glise, de la presse traditionnelle et des secteurs conservateurs du pays. En plus, il avait Columbia, l'arm&#233;e, la police, et les corps r&#233;pressifs de la tyrannie, il avait plusieurs dizaines de milliers d'hommes qui poss&#233;daient toutes les armes, tandis que l'arm&#233;e rebelle et les milices rebelles ne comptaient pas plus de 5 000 hommes arm&#233;s, dont beaucoup sans fusils, pour tout le pays. La gr&#232;ve a pes&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive dans la balance pour d&#233;sarmer psychologiquement les militaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le processus de rupture avec la bourgeoisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui trouve-t-on dans ce premier gouvernement form&#233; d&#233;but janvier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des repr&#233;sentants de la bourgeoisie d'opposition &#224; Batista, membres du Front civique : Miro Cardona certes, mais aussi Agramonte (aux Affaires &#233;trang&#232;res), Bonilla (au Commerce), Lopez Fresquet (aux Finances) et Felipe Pazos (&#224; la Banque nationale). Pour le M 26, on trouve Faustino Perez (pour les propri&#233;t&#233;s confisqu&#233;es), Manuel Ray (aux Travaux publics), Armando Hart (&#224; l'&#201;ducation), Sori Marin (&#224; l'Agriculture), Martinez Sanchez (&#224; la D&#233;fense). Fidel est commandant en chef des forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles sont les forces sociales qui se tiennent derri&#232;re ces portefeuilles. Les bourgeois membres du gouvernement ne sont pas, comme Alfonso Robelo et Violette Chamorro dans la premi&#232;re Junte de reconstruction nationale au Nicaragua, les repr&#233;sentants directs du grand patronat national organis&#233; dans un quartier g&#233;n&#233;ral tel que le Cosep. Ce sont pour l'essentiel des hauts fonctionnaires et des notables, qui sont en quelque sorte l'ombre port&#233;e de l'imp&#233;rialisme, d'embl&#233;e v&#233;ritable centre de la contre-r&#233;volution. Toutefois cette bourgeoisie faible et atomis&#233;e dispose encore de points d'appuis, dans les institutions judiciaires, dans les restes de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, dans les organes de presse, et surtout d'une base &#233;conomique avec le maintien de la grande propri&#233;t&#233; priv&#233;e, y compris dans l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, Castro et le M 26 s'appuient sur la mobilisation des masses urbaines et des paysans gagn&#233;s &#224; la perspective de la r&#233;forme agraire, et surtout sur l'arm&#233;e rebelle qui constitue d'embl&#233;e l'ossature du nouvel appareil d'&#201;tat. Significativement, Fidel n&#233;glige les r&#233;unions du gouvernement et &#171; agit comme une sorte de pr&#233;sident parall&#232;le &#187;. O&#249; donc se prennent les d&#233;cisions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du Mouvement du 26 juillet ? Pas m&#234;me. Ce mouvement n'est pas un parti. Il reste h&#233;t&#233;rog&#232;ne et inorganique. Pazos, Ray, Barquin, Sori Marin, Hubert Matos en sont membres. Apr&#232;s le d&#233;barquement de la baie des Cochons, Ray se r&#233;fugiera aux &#201;tats-Unis, Sori Marin sera fusill&#233;, Hubert Matos emprisonn&#233;. Les lignes de fractures entre classes traversent le M 26 lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre r&#233;el du pouvoir se trouve donc concentr&#233; dans un petit cercle de dirigeants &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e rebelle. Guevara et Raul Castro n'ont pas de fonctions gouvernementales officielles. Mais la caserne de la Caba&#241;a, dirig&#233;e par le Che, est bien plus qu'un cantonnement ordinaire : l'embryon d'un gouvernement de l'ombre. Des d&#233;partements s'y organisent, pour l'agriculture, l'&#233;ducation, l'arm&#233;e&#8230; qui doublent les minist&#232;res officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de la bourgeoisie et l'effondrement de l'arm&#233;e de Batista face &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale marquent la sp&#233;cificit&#233; de cette situation de dualit&#233; de pouvoir issue du renversement de la dictature. Le d&#233;mant&#232;lement de l'appareil d'&#201;tat bourgeois est d&#233;j&#224; plus avanc&#233; qu'il ne l'&#233;tait en Russie apr&#232;s f&#233;vrier 1917, au Portugal apr&#232;s avril 1975, ou encore en Iran apr&#232;s f&#233;vrier 1979. Dans chacun de ces cas, l'essentiel de l'arm&#233;e bourgeoise restait sur pied. Mais les organes du nouveau pouvoir sont faiblement d&#233;velopp&#233;s : il n'y a ni comit&#233;s de masse, ni soviets, ni larges territoires auto-administr&#233;s. L'arm&#233;e rebelle ne constitue que le squelette d&#233;charn&#233; du nouveau pouvoir. La conscience des masses est beaucoup plus d&#233;mocratique que socialiste, et il n'existe pas de parti d'avant-garde clairement d&#233;limit&#233; autour d'un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che centrale mise &#224; l'ordre du jour par le renversement de Batista, c'est le d&#233;veloppement et la consolidation des &#233;l&#233;ments de pouvoir r&#233;volutionnaire. Les taches strictement d&#233;mocratiques (comme les &#233;lections libres) sont d&#233;j&#224; en retard sur le d&#233;veloppement r&#233;el de la r&#233;volution, et susceptibles de servir de drapeau aux premiers pas de la contre-r&#233;volution d&#233;mocratique (parlementaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugh Thomas ne voit que partiellement juste lorsqu'il constate que &#171; la popularit&#233; de Castro l'a aid&#233;, au moment de la victoire, &#224; ignorer ses alli&#233;s et &#224; oublier le pacte de Caracas, comme s'il avait gagn&#233; seul la guerre &#187;. Cette popularit&#233; n'est pas l'effet de quelque influence magn&#233;tique irrationnelle. Elle a des racines intelligibles : en l'absence de parti r&#233;volutionnaire ou d'organes incarnant la volont&#233; populaire, Castro exprime et repr&#233;sente la dynamique radicale de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re intervention &#224; la radio de La Havane, le 6 janvier, montre bien la conscience de cette faiblesse. Castro ne peut compter pleinement, pour conduire la bataille, ni sur un mouvement qui demeure interclassiste ni sur l'arm&#233;e rebelle, elle-m&#234;me h&#233;t&#233;rog&#232;ne et r&#233;duite &#224; environ 5 000 combattants. Son premier discours est donc une mise en garde contre les dangers qui guettent la r&#233;volution : &#171; Qui peuvent &#234;tre les ennemis de la r&#233;volution ? &#187; Il s'agit d'en appeler directement aux masses, pour qu'elles ne soient pas encore frustr&#233;es du fruit de la victoire et affaiblies par des guerres de cliques soucieuses avant tout de se partager le butin, comme ce fut le cas dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier effort pour la consolidation des &#233;l&#233;ments de pouvoir r&#233;volutionnaire dans le cadre de la dualit&#233; de pouvoir porte sur le contr&#244;le des appareils de coercition. Les soldats et les policiers qui n'ont pas tortur&#233; sous la dictature sont libres mais la plupart, bon gr&#233; mal gr&#233;, quittent leurs fonctions. Une nouvelle police se met en place, avec &#224; sa t&#234;te Aldo Vera (chef du sabotage du M 26 &#224; La Havane) et Efigenio Ameijeiras (combattant de la gu&#233;rilla), qui proclame ouvertement agir non sous les ordres du ministre de l'Int&#233;rieur mais sous la direction du commandant en chef des forces arm&#233;es, soit Fidel en personne. Fin janvier, de nouveaux responsables ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; nomm&#233;s &#224; la direction de 15 commissariats de La Havane sur 19. En ce qui concerne l'arm&#233;e, Camilo Cienfuegos r&#233;affirme encore le 4 janvier le projet du pacte de Caracas : la fusion des deux arm&#233;es (rebelle et r&#233;guli&#232;re) en une seule. Mais, d&#232;s son discours du 8 janvier, Castro, sans reprendre cette id&#233;e, modifie les donn&#233;es du probl&#232;me et d&#233;clare : &#171; Le peuple est la plus s&#251;re colonne de la nation. &#187; Le 14 janvier, le Che inaugure la premi&#232;re &#233;cole militaire de l'arm&#233;e rebelle &#224; La Caba&#241;a. La plupart des commandants de province sont sous le contr&#244;le direct de Fidel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, pendant les premiers jours de janvier, les tribunaux criminels sont dissous et sont mis sur place des tribunaux r&#233;volutionnaires compos&#233;s de deux &#224; trois membres de l'arm&#233;e rebelle, un assesseur et &#171; un citoyen respect&#233; &#187; de la ville ou du village. Ces tribunaux accomplissent une premi&#232;re t&#226;che d'&#233;puration, avant que soient remis en place des tribunaux r&#233;guliers fin janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne, y compris parmi les composantes bourgeoises du gouvernement, n'ose poser ouvertement la question des &#233;lections et de la convocation d'une assembl&#233;e. Mais d&#232;s le 7 f&#233;vrier le gouvernement tranche la question et s'instaure lui-m&#234;me pouvoir l&#233;gislatif. Conscients de leur impuissance et de leur r&#244;le de figurants, Cardona et Urrutia veulent d&#233;missionner. Le 16 f&#233;vrier, pour r&#233;soudre cette crise, Castro accepte le poste de Premier ministre, mais en r&#233;clamant de larges pouvoirs pour pouvoir mettre en pratique une politique &#233;nergique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commentaire d&#233;sabus&#233; de Cardona lui-m&#234;me sur l'&#233;pisode donne &#224; la fois une id&#233;e du rapport de forces et du statut tout formel du gouvernement : &#171; Je d&#233;missionnais. Castro ne protesta pas. On accepta. Cuba applaudit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e du remplacement de Cardona par Castro, Ramiro Valdes (combattant du 26 juillet) devient chef de la police politique, Raul remplace Fidel comme commandant en chef des forces arm&#233;es. En prenant ses nouvelles fonctions, Fidel caract&#233;rise la r&#233;volution non comme un acte consomm&#233; mais comme un processus consistant en une longue s&#233;rie de lois conscientes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mai, est rendue publique la loi de r&#233;forme agraire, sous l'&#233;gide de Nunez Jimenez et de Guevara. Il s'agit d'une loi prudente et mod&#233;r&#233;e, dans la continuit&#233; de la loi n&#176; 1 de la Sierra Maestra. Elle touche les propri&#233;t&#233;s sup&#233;rieures &#224; 400 hectares, en laissant encore de larges possibilit&#233;s d'exceptions, jusqu'&#224; 3 300 hectares pour les propri&#233;t&#233;s ayant un rendement sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale. Les compagnies &#233;trang&#232;res ayant des propri&#233;t&#233;s sup&#233;rieures &#224; 400 hectares sont &#233;galement &#233;pargn&#233;es par d&#233;rogation. Les terres saisies doivent &#234;tre rembours&#233;es par l'&#201;tat sous forme de bonds &#224; 4,5 % remboursables sur vingt ans (conditions comparables &#224; celles de la r&#233;forme agraire au Japon apr&#232;s la guerre). Enfin, cette r&#233;forme est peu redistributive (&#224; la diff&#233;rence des r&#233;formes appliqu&#233;es dans les d&#233;mocraties populaires, comme en Pologne et en Bulgarie) et veut &#233;viter la prolif&#233;ration de micropropri&#233;t&#233;s non rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'un des aspects les plus importants de la r&#233;forme r&#233;side ailleurs que dans les mesures proprement dites. L'Inra, charg&#233; de la r&#233;forme, devient une sorte de gouvernement parall&#232;le, un nouveau centre de pouvoir qui s'ajoute &#224; celui de l'arm&#233;e rebelle. L'institut absorbe nombre d'institutions agricoles, s'occupe de logement, d'&#233;ducation, de sant&#233;. Et le pr&#233;sident de l'Inra n'est autre que&#8230; Castro !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la mod&#233;ration de la r&#233;forme, la puissante association des &#233;leveurs ne tarde pas &#224; protester contre le maximum de 3 300 hectares (pour les terres &#224; fort rendement) et, d&#232;s le 11 juin, les &#201;tats-Unis demandent une compensation rapide et ad&#233;quate pour les compagnies am&#233;ricaines, comme la United Fruit et autres g&#233;ants de l'agro-alimentaire, susceptibles d'&#234;tre touch&#233;es. D&#232;s le lendemain, Castro r&#233;plique par un remaniement minist&#233;riel (Raul Roa remplace Agramonte, trop li&#233; &#224; Washington, aux Affaires &#233;trang&#232;res) et refuse de changer une virgule &#224; la r&#233;forme. C'est l'&#233;preuve de force avec le pouvoir judiciaire qui conteste la l&#233;galit&#233; de la loi. Au terme de la crise, le 17 juillet, Fidel fait une fausse sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il donne sa d&#233;mission, d&#233;nonce &#224; la radio l'incomp&#233;tence et les entraves d'Urrutia. Spontan&#233;es ou non, les prises de position pl&#233;biscitant Fidel affluent. Urrutia d&#233;missionne et Fidel reprend ses fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t les mois de septembre et octobre voient un nouvel approfondissement de la r&#233;volution. Dans un climat d'aust&#233;rit&#233; et de difficult&#233;s &#233;conomiques, les taxes &#224; l'importation sont relev&#233;es. Sans lancer l'id&#233;e de milices, Fidel commence &#224; parler d'une &#171; arm&#233;e volontaire de travailleurs &#187;. Impuissants devant cette dynamique, Felipe Pazos se retire de la direction de la banque centrale, o&#249; il est remplac&#233; par Guevara. Fuastino Perez et Manuel Kay d&#233;missionnent de leurs minist&#232;res respectifs, le second &#233;tant remplac&#233; aux Travaux publics par Osmani Cienfuegos, consid&#233;r&#233; comme communisant. D'apr&#232;s Hugh Thomas, &#171; la d&#233;mission de Pazos et de ses collaborateurs signifie la disparition de l'aile lib&#233;rale de la r&#233;volution, des authentiques r&#233;formateurs respect&#233;s &#224; Washington &#187;. Il y a bien encore des ministres bourgeois dans le gouvernement. Mais ils ne sont que de purs otages au sein d'un gouvernement de plus en plus formel, qui ne se r&#233;unit officiellement que deux fois entre novembre 1959 et mars 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'affrontement avec l'imp&#233;rialisme et la fin de la crise capitaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain avait maintenu jusqu'alors une position prudente, visant &#224; pr&#233;server ses int&#233;r&#234;ts &#224; Cuba. Il n'avait pas soutenu Batista jusqu'au bout, et Castro avait fait, d&#233;but 1959, une visite conciliante aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout au long de l'ann&#233;e 1959 le processus de rupture avec la bourgeoisie s'approfondit, d'abord avec les bourgeois lib&#233;raux, puis, en octobre, dans les rangs m&#234;me du Mouvement du 26 juillet. La dynamique de transcroissance de la r&#233;volution d&#233;mocratique en r&#233;volution anticapitaliste devient limpide. D&#232;s le printemps 1960, une s&#233;rie de nouvelles mesures marquent le cap. Fidel lance le projet des milices et nomme Acevedo &#224; leur t&#234;te. Il encourage les syndicats de l'imprimerie et de la presse &#224; exercer une sorte de contr&#244;le sur les publications bourgeoises, en ins&#233;rant des &#171; coletillas &#187; (communiqu&#233;s critiques) &#224; la suite des articles jug&#233;s mensongers, d&#233;form&#233;s ou faux. En mars, il re&#231;oit Mikoyan, repr&#233;sentant de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le Che d&#233;nonce la fonction du quota sucrier, qui garantit au sucre cubain un d&#233;bouch&#233; annuel aux &#201;tats-Unis &#224; un prix l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur aux prix du march&#233; mondial mais en &#233;change de contreparties (achat de mat&#233;riel, limitation de la production pour peser sur les prix mondiaux), perp&#233;tuant la monoculture et la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;colte de la fin 1959, la r&#233;forme agraire s'acc&#233;l&#232;re. Dans les dix premiers mois apr&#232;s la chute de Batista, 850 000 hectares seulement avaient &#233;t&#233; confisqu&#233;s dont&lt;br class='autobr' /&gt;
40 000 redistribu&#233;s &#224; 6 000 paysans. Un an plus tard, 3 800 000 hectares auront &#233;t&#233; nationalis&#233;s et 101 000 paysans auront b&#233;n&#233;fici&#233; de redistributions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps de nouvelles mesures sont prises qui poussent &#224; bout la bourgeoisie et l'imp&#233;rialisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le pouvoir d&#233;cr&#232;te le gel des avoirs bancaires des collaborateurs de Batitsta. Cette mesure touche directement les propri&#233;taires de la presse bourgeoise priv&#233;e (Prensa libre, Diario de la Marine) et des stations de radio priv&#233;es regroup&#233;es dans la F&#233;d&#233;ration ind&#233;pendante des stations libres (Fiel). C'est donc un coup indirect au contr&#244;le de la bourgeoisie sur les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le pouvoir demande aux grandes compagnies imp&#233;rialistes (Texaco, Standard Oil, Royal Dutch) de se pr&#233;parer &#224; raffiner le p&#233;trole sovi&#233;tique dont il est en train de n&#233;gocier l'importation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors la campagne bourgeoise se d&#233;cha&#238;ne, avec le soutien de la hi&#233;rarchie catholique. La r&#233;action tente d'organiser ses partis politiques et ses groupes de subversion contre-r&#233;volutionnaire, dont le MRP (Mouvement r&#233;volutionnaire du peuple) fond&#233; par Manuel Ray, ancien responsable du Mouvement du 26 juillet et ancien ministre. Aux &#201;tats-Unis, le 22 juin, le porte-parole du pr&#233;sident Eisenhower plaide devant les s&#233;nateurs l'abrogation du quota sucrier. Le 28 juin, le S&#233;nat autorise le pr&#233;sident &#224; suspendre l'achat de sucre cubain. Le 6 juillet, Eisenhower suspend le quota.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec les bourgeois lib&#233;raux &#224; Cuba conduisait in&#233;vitablement &#224; l'affrontement direct avec l'imp&#233;rialisme lui-m&#234;me. Et cet affrontement constituait bel et bien la derni&#232;re &#233;preuve de force d&#233;cisive sur la voie de la r&#233;volution socialiste et de la formation de l'&#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque pas de Washington dans l'escalade, Castro r&#233;plique du tac au tac par une nouvelle mesure de r&#233;torsion. Le 25 juin, il d&#233;clare la guerre &#233;conomique ouverte avec les &#201;tats-Unis. Le 28 juin, jour o&#249; le S&#233;nat vote la suspension du quota, il nationalise Texaco, Esso et Shell. Le 6 juillet, jour o&#249; Eisenhower ratifie la suspension du quota, il d&#233;cr&#232;te l'armement des milices et place 600 entreprises am&#233;ricaines sous contr&#244;le de l'&#201;tat. Le 26 juillet, il pose pour la premi&#232;re fois dans toute son ampleur la dimension continentale de la r&#233;volution cubaine en proclamant que la Cordill&#232;re des Andes doit devenir la Sierra Maestra de l'Am&#233;rique latine. Le 6 ao&#251;t, il annonce la nationalisation des entreprises sous contr&#244;le &#233;tatique. Le PSP, qui voyait surtout en Castro un alli&#233; d&#233;mocratique, un nouveau Nasser latino-am&#233;ricain, est loin d'&#234;tre enchant&#233; par cet emballement de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Octobre, le d&#233;but du blocus am&#233;ricain et l'apparition de gu&#233;rillas contre-r&#233;volutionnaires dans l'Escambray re&#231;oit une nouvelle r&#233;ponse : la nationalisation de 382 entreprises priv&#233;es cubaines (banques, raffineries, distilleries, etc.) et de 166 entreprises am&#233;ricaines (dont Coca-Cola, Remington et Westinghouse). Une r&#233;forme urbaine interdit la double r&#233;sidence. Le 11 octobre, le Che convoque Julio Lobo, le roi du sucre, pour lui annoncer que son tour est venu, qu'il doit choisir entre l'exil et l'int&#233;gration &#224; la r&#233;volution comme directeur de l'industrie sucri&#232;re nationalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lobo objecte que Khrouchtchev croit &#224; la coexistence pacifique et &#224; la comp&#233;tition entre deux syst&#232;mes de production, et le Che r&#233;pond que la coexistence est peut-&#234;tre possible entre deux nations, mais &#224; coup s&#251;r impossible au sein d'une m&#234;me nation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 octobre, Lobo part pour Miami et tous ses biens sont nationalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en avril 1961, Castro parle pour la premi&#232;re fois de la r&#233;volution cubaine comme d'une r&#233;volution socialiste. Au grand dam des Sovi&#233;tiques qui con&#231;oivent mal qu'une r&#233;volution se proclame socialiste en dehors de leur contr&#244;le et sous une direction qui n'est pas un sous-produit de leur s&#233;rail. Les milices mixtes organisent alors 150 000 combattants et combattantes. La direction castriste s'efforce d'&#233;tendre la mobilisation populaire &#224; travers la construction des Comit&#233;s de d&#233;fense de la r&#233;volution (CDR). L'Inra absorbe la plupart des organismes &#233;conomiques et se transforme de fait en organe de planification. L'Anap, qui organise de fa&#231;on distincte les petits agriculteurs, &#233;tend son contr&#244;le sur 60 % de la terre priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1959 a &#233;t&#233; l'ann&#233;e de la lib&#233;ration, 1960 celle de la r&#233;forme agraire, 1961 sera l'ann&#233;e de l'&#233;ducation et 1962 l'ann&#233;e de la planification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier territoire lib&#233;r&#233; d'Am&#233;rique latine, Cuba en a fini non seulement avec la dictature mais avec la tutelle imp&#233;rialiste et le capitalisme. L'un ne pouvait aller sans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. Trois questions de m&#233;thode&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La question de la direction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une direction qui fait la r&#233;volution et fonde un &#201;tat ouvrier est une direction r&#233;volutionnaire. On ne peut pas sortir de l&#224;. Nous l'avons d&#233;j&#224; vu &#224; propos de la Yougoslavie et de la Chine. Dans ces deux cas, pouvait-on caract&#233;riser les directions comme staliniennes au moment de la prise du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas du stalinisme une compr&#233;hension id&#233;ologique mais mat&#233;rialiste : le stalinisme n'est pas une s&#233;rie de th&#232;mes ou de d&#233;formations programmatiques mais une force mat&#233;rielle. C'est la subordination du mouvement ouvrier aux int&#233;r&#234;ts particuliers de la bureaucratie sovi&#233;tique. Ce que nous pouvons dire, c'est que les d&#233;formations programmatiques et organisationnelles facilitent par la suite des processus de bureaucratisation chaque fois sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ent&#234;ter &#224; caract&#233;riser des directions qui ont fait la r&#233;volution comme staliniennes ou, dans le cas de Cuba, comme petites bourgeoises, ne pas les reconna&#238;tre dans leur pays comme des directions r&#233;volutionnaires, ne peut aboutir qu'&#224; une accumulation d'incoh&#233;rences th&#233;oriques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; soit le stalinisme peut jouer un r&#244;le r&#233;volutionnaire et progressiste, et ce de fa&#231;on non exceptionnelle, puisque la Yougoslavie, la Chine, le Vietnam sont concern&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; soit la petite bourgeoisie peut conduire un processus r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien jusqu'au bout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; soit la pression des masses, en l'absence de direction r&#233;volutionnaire et contre les obstacles suppl&#233;mentaires accumul&#233;s par une direction tra&#238;tresse, est assez forte pour conduire &#224; l'instauration d'un &#201;tat ouvrier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chacune des trois hypoth&#232;ses, on d&#233;bouche sur une r&#233;vision th&#233;orique fondamentale : sur la question du stalinisme et de la bureaucratie, dans le premier cas ; sur celle de la r&#233;volution permanente et du r&#244;le de la petite bourgeoisie, dans le second ; sur celle du parti au profit d'un spontan&#233;isme radical, dans le troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc &#224; la direction castriste. Il faudrait un long d&#233;veloppement pour entrer dans les d&#233;tails de son h&#233;ritage. Les facteurs qui l'ont forg&#233;e sont multiples : l'exp&#233;rience accumul&#233;e du radicalisme petit bourgeois &#224; Cuba, les origines r&#233;volutionnaires du communisme cubain et les th&#233;ories de Mella, le contre-exemple d'un PC compromis dans la politique de front populaire et la participation gouvernementale aux c&#244;t&#233;s de Batista, la formation marxiste de certains dirigeants et leur exp&#233;rience internationale (Castro &#224; Ha&#239;ti, Guevara au Guatemala &#224; l'&#233;poque du renversement d'Arbenz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que la d&#233;finition du Mouvement du 26 juillet comme une direction petite bourgeoisie dans son ensemble pose plus de probl&#232;mes qu'elle n'en r&#233;sout. Il s'agit plut&#244;t d'un front d&#233;mocratique interclassiste, d&#233;j&#224; travaill&#233; par des contradictions et des diff&#233;renciations de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du noyau castriste au sein de ce front est le r&#233;sultat combin&#233; de la pression des &#233;v&#233;nements et des r&#233;ponses conscientes et d&#233;lib&#233;r&#233;es apport&#233;es aux d&#233;fis de la r&#233;action et de l'imp&#233;rialisme. Au cours de ce processus, ce noyau se transforme pour jouer le r&#244;le d'une direction r&#233;volutionnaire qui devient prol&#233;tarienne. Il faut souligner &#224; ce propos que, par sa composition et par son programme, cette direction embryonnaire &#233;tait &#224; l'origine infiniment moins prol&#233;tarienne que le PC yougoslave ou m&#234;me le PC chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'aile marchante de cette direction &#233;tant initialement &#233;trang&#232;re au cadre de formation stalinien, elle prend sur des points programmatiques fondamentaux des positions en rupture plus radicale avec le stalinisme. Ainsi, elle n'a jamais, jusqu'&#224; aujourd'hui, fait sienne, la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays et a toujours pos&#233; l'avenir de la r&#233;volution cubaine dans une perspective au moins continentale. Cette position n'est pas rest&#233;e platonique : la convocation en 1967 de la conf&#233;rence de l'Olas et l'aide active apport&#233;e &#224; une s&#233;rie de mouvements r&#233;volutionnaires sur le continent en sont la traduction pratique. De m&#234;me, de toutes celles qui ont dirig&#233; une r&#233;volution prol&#233;tarienne depuis la R&#233;volution russe, la direction castriste est celle qui est all&#233;e le plus loin et le plus clairement dans le sens d'une r&#233;habilitation de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente : ou r&#233;volution socialiste ou caricature de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la r&#233;volution cubaine et l'approche de sa direction ont &#233;t&#233; l'un des tests d&#233;cisifs qui ont permis d'aboutir en 1963 &#224; la r&#233;unification de la IVe Internationale. Les th&#232;ses du congr&#232;s de r&#233;unification parlaient de l'&#233;volution vers le marxisme r&#233;volutionnaire des dirigeants du 26 juillet. Elle constatait que la direction cubaine, gr&#226;ce &#224; ses liaisons profondes avec les masses et malgr&#233; ses limitations id&#233;ologiques, a &#171; &#339;uvr&#233; en pratique sur une ligne de r&#233;volution permanente &#187;. Elles soulignaient que la direction cubaine est la premi&#232;re depuis L&#233;nine &#224; en appeler aux masses &#224; l'&#233;chelle d'un continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, les th&#232;ses du VIIe congr&#232;s mondial caract&#233;risaient la direction castriste &#171; comme un courant autonome fondamentalement r&#233;volutionnaire &#187;, d&#233;fendant une ligne de r&#233;volution permanente, un internationalisme continental et un &#233;galitarisme antibureaucratique. On peut ajouter qu'en 1967 cette direction approcha les &#233;l&#233;ments fondamentaux de l'analyse de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La dualit&#233; de pouvoir et le gouvernement ouvrier-paysan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la r&#233;unification de la IVe Internationale, le secr&#233;tariat international, d'une part, et les camarades du SWP des &#201;tats-Unis, d'autre part, ont d&#233;velopp&#233; &#224; propos de la r&#233;volution cubaine des positions convergentes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Le secr&#233;tariat international (SI) consid&#232;re que la chute de Batista ouvre une situation sp&#233;cifique de dualit&#233; de pouvoir, et que l'ensemble des mesures prises pendant l'&#233;t&#233; et l'automne 1960 tranchent cette situation dans le sens de l'instauration d'un &#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Le SWP consid&#232;re le gouvernement apr&#232;s la chute de Batista comme un gouvernement de coalition, puis, apr&#232;s la d&#233;mission d'Urrutia, comme un gouvernement ouvrier et paysan. Enfin, apr&#232;s les mesures de nationalisation de 1960, il caract&#233;rise l'&#201;tat comme un &#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par des voies diff&#233;rentes, on atteint au m&#234;me moment la m&#234;me conclusion. Du c&#244;t&#233; du SI, le VIe congr&#232;s mondial de janvier 1961 salue le nouvel &#201;tat ouvrier cubain. Du c&#244;t&#233; du SWP, le pl&#233;num de janvier 1961 en fait de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;marches diff&#233;rentes renvoient &#224; des probl&#232;mes de th&#233;orie et de m&#233;thode. La difficult&#233; est r&#233;elle. La caract&#233;risation d'un &#201;tat ouvrier consolid&#233; combine une s&#233;rie de crit&#232;res : exercice du pouvoir politique, rapport de propri&#233;t&#233;, planification. Mais dans le processus d'instauration de l'&#201;tat ouvrier, ces crit&#232;res ne sont pas en g&#233;n&#233;ral remplis simultan&#233;ment. La r&#233;volution prol&#233;tarienne commence par la conqu&#234;te du pouvoir politique, la naissance de la dictature du prol&#233;tariat. Le rythme et l'ampleur des nationalisations rel&#232;vent de sa consolidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le crit&#232;re politique (qui d&#233;tient le pouvoir politique r&#233;el et au profit de quelle classe ?) reste dominant, il faut voir cas par cas le processus historique concret et la combinaison concr&#232;te des diff&#233;rents crit&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1917 en Russie, la dualit&#233; de pouvoir est tranch&#233;e par la voie insurrectionnelle au profit de la souverainet&#233; des soviets. D&#232;s lors, aucun bourgeois ne peut croire que sa classe d&#233;tient encore le pouvoir ou qu'elle peut le reconqu&#233;rir pacifiquement. De m&#234;me en Chine, en 1949, la prise du pouvoir par le PC tranche une longue situation de dualit&#233; territoriale de pouvoir. D&#232;s lors que la dualit&#233; de pouvoir est r&#233;solue &#224; l'avantage du prol&#233;tariat, on peut parler d'&#201;tat ouvrier, de dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est plus compliqu&#233; dans des cas comme Cuba ou le Nicaragua, o&#249; le renversement de la dictature, dans le cadre d'une alliance avec la bourgeoisie d'opposition, ne d&#233;noue pas la dualit&#233; de pouvoir mais lui donne naissance. Ce qui est en jeu ici c'est la trajectoire de la r&#233;volution permanente. Il s'agit d'une transcroissance de r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise en r&#233;volution prol&#233;tarienne. Au d&#233;but, l'alliance avec une fraction significative de la bourgeoisie est effective. La rupture s'op&#232;re au cours m&#234;me du processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1959 &#224; Cuba et en juillet 1979 au Nicaragua, l'appareil d'&#201;tat bourgeois est plus d&#233;mantel&#233; qu'il ne l'&#233;tait en Russie en f&#233;vrier 1917 mais il n'est pas remplac&#233; encore par un nouveau pouvoir d'&#201;tat unifi&#233; comme en octobre 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion clef, celle qui permet de saisir le mouvement r&#233;el de la r&#233;volution, de d&#233;finir des t&#226;ches, d'&#233;chapper &#224; des notions formelles qui tendent &#224; figer en instantan&#233;s le tourbillon r&#233;volutionnaire par lequel le pouvoir d'&#201;tat passe d'une classe &#224; une autre, est celle de dualit&#233; de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son chapitre de L'Histoire de la R&#233;volution russe consacr&#233; &#224; ce sujet, Trotski &#233;crit : &#171; Le ph&#233;nom&#232;ne du double pouvoir, insuffisamment &#233;valu&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, est-il en contradiction avec la th&#233;orie marxiste de l'&#201;tat, qui consid&#232;re le gouvernement comme le comit&#233; ex&#233;cutif de la classe dominante ? Autant dire : l'oscillation des cours sous l'influence de la demande et de l'offre contredit-elle la th&#233;orie de la valeur bas&#233;e sur le travail ? Le d&#233;vouement de la femelle qui d&#233;fend son petit r&#233;fute-t-il la th&#233;orie de la lutte pour l'existence ? Non, dans ces ph&#233;nom&#232;nes, nous trouvons seulement une combinaison plus complexe des m&#234;mes lois. Si l'&#201;tat est l'organisation d'une supr&#233;matie de classe et si la r&#233;volution est le remplacement de la classe dominante, le passage du pouvoir des mains de l'une aux mains de l'autre doit n&#233;cessairement cr&#233;er des antagonismes dans la situation de l'&#201;tat, avant tout sous forme d'un dualisme de pouvoirs. Le rapport de forces de classes n'est pas une grandeur math&#233;matique qui se pr&#234;te &#224; un calcul a priori, lorsque le vieux r&#233;gime a perdu son &#233;quilibre, un nouveau rapport de forces ne peut s'&#233;tablir qu'en r&#233;sultat de leur v&#233;rification r&#233;ciproque dans la lutte. Et c'est l&#224; la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski est parfaitement conscient du danger th&#233;orique, de la &#171; contradiction &#187; possible avec la th&#233;orie marxiste de l'&#201;tat : peut-on avoir pendant un temps un &#201;tat qui n'est plus l'instrument d'une classe ? ou peut-on avoir un gouvernement en contradiction avec la nature de l'&#201;tat dont il est cens&#233; &#234;tre l'organe ? Trotski ne r&#233;sout pas la difficult&#233; &#224; l'aide de la notion douteuse de gouvernement ouvrier et paysan, mais avec la notion de dualit&#233; de pouvoir : la transition, la passation de pouvoir est possible, parce que, pendant un certain temps, l'unit&#233; de l'&#201;tat est rompue au profit de combinaisons plus complexes, &#171; antagoniques &#187;, qui caract&#233;risent la dualit&#233; de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il souligne &#233;galement que la dualit&#233; de pouvoir ne signifie en rien le partage &#224; &#233;galit&#233; du pouvoir. Au contraire, il y a toujours un c&#244;t&#233; qui, m&#234;me de fa&#231;on pr&#233;caire, prend le dessus, sur le front mouvant du rapport de forces. D&#232;s lors, l'analyse concr&#232;te du pouvoir ne rel&#232;ve pas d'un inventaire statique et formel des institutions mais d'une compr&#233;hension dialectique du combat engag&#233;, qui an&#233;antit certaines institutions, en cr&#233;e de nouvelles, en remod&#232;le d'autres ou modifie leur fonction : &#171; La dualit&#233; de pouvoirs, non seulement ne suppose pas mais, g&#233;n&#233;ralement, exclut le partage de l'autorit&#233; &#224; parties &#233;gales et, en somme, tout &#233;quilibre formel des autorit&#233;s. C'est un fait non constitutionnel mais r&#233;volutionnaire. Il prouve que la rupture de l'&#233;quilibre social a d&#233;j&#224; d&#233;moli la superstructure de l'&#201;tat. La dualit&#233; de pouvoirs se manifeste l&#224; o&#249; des classes ennemies s'appuient d&#233;j&#224; des organisations d'&#201;tat fonci&#232;rement incompatibles &#8211; l'une p&#233;rim&#233;e, l'autre se formant &#8211; qui, &#224; chaque pas, se repoussent entre elles dans le domaine de la direction du pays. La part de pouvoir obtenue dans ces conditions par chacune des classes en lutte est d&#233;termin&#233;e par le rapport des forces et par les phases de la bataille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le pouvoir r&#233;volutionnaire (dans l'arm&#233;e et au sein du gouvernement) soit pr&#233;dominant &#224; Cuba d&#232;s janvier 1959 et au Nicaragua d&#232;s juillet 1979 ne signifie pas pour autant que la dualit&#233; de pouvoir soit r&#233;solue. Dans ce cadre, la notion de gouvernement ouvrier et paysan peut &#234;tre utilis&#233;e pour caract&#233;riser un gouvernement qui s'appuie toujours davantage sur la mobilisation des masses et s'engage plus avant dans la voie de la rupture de la bourgeoisie, au seuil m&#234;me du d&#233;nouement de la dualit&#233; de pouvoir : quand le pouvoir r&#233;volutionnaire prend le dessus et quand l'alternative contre-r&#233;volution ou dictature du prol&#233;tariat devient un probl&#232;me imm&#233;diat. Dans ce cas, la notion de gouvernement ouvrier et paysan est bien celle, selon la formule du programme de transition, d'un &#171; court &#233;pisode &#187; sur la voie de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tendue au-del&#224; de cette utilisation tr&#232;s limit&#233;e, la notion de gouvernement ouvrier et paysan devient arbitraire ou subjective. Arbitraire : pourquoi caract&#233;riser le gouvernement cubain comme ouvrier et paysan apr&#232;s la d&#233;mission d'Urrutia, en juillet 1959 ? Cette d&#233;mission repr&#233;sente-t-elle un changement qualitatif ? Pourquoi pas la chute de Cantillo, la d&#233;mission de Cardona ou celle de Pazos ? Tous les t&#233;moignages que nous avons cit&#233;s montrent bien o&#249; &#233;tait, d&#232;s le 2 janvier, le centre r&#233;el du pouvoir, qui faisait et d&#233;faisait les ministres. Subjective : la notion ne d&#233;signerait pas une r&#233;alit&#233; &#224; partir de crit&#232;res objectifs mais une tendance du processus r&#233;volutionnaire sur la base de la confiance accord&#233;e &#224; sa direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et surtout, le concept strat&#233;gique, celui qui commande les t&#226;ches, reste fondamentalement celui de dualit&#233; de pouvoir, non celui de gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la dualit&#233; de pouvoir, le probl&#232;me central n'est d&#233;j&#224; plus celui des revendications d&#233;mocratiques et pas m&#234;me celui des nationalisations, mais essentiellement celui de l'extension de la mobilisation des masses et du renforcement des &#233;l&#233;ments de pouvoir r&#233;volutionnaire en vue de l'&#233;preuve de force finale C'est seulement dans ce cadre que l'on peut comprendre et soutenir la d&#233;marche de Castro hier, des sandinistes aujourd'hui, sur la question des &#233;lections. Apr&#232;s son arriv&#233;e &#224; La Havane, le 9 janvier, Castro annonce un d&#233;lai de huit &#224; dix mois pour r&#233;organiser les partis : &#171; Les hommes appartenant &#224; des partis politiques ont d&#233;j&#224; des postes dans le gouvernement provisoire et les autres feraient mieux de se taire. &#187; Le 22 janvier, il demande &#224; la foule assembl&#233;e de lever la main pour approuver la r&#233;volution et d&#233;clare que des millions de Cubains ont d&#233;j&#224; ainsi vot&#233;. Apr&#232;s la d&#233;mission de Cardona, il renvoie les &#233;lections&#8230; jusqu'&#224; ce que partis et programmes soient d&#233;finis. En avril 1959, il dit &#224; l'ambassadeur am&#233;ricain que les &#233;lections viendront lorsque la r&#233;forme agraire sera compl&#232;te, quand tous les enfants pourront lire et &#233;crire, quand ils auront acc&#232;s &#224; l'&#233;cole et &#224; la m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc clair que la revendication des &#233;lections devient une machine de guerre de la bourgeoisie, mais en l'absence d'expression organis&#233;e de la volont&#233; des masses, la dictature du prol&#233;tariat prend in&#233;vitablement un cours pl&#233;biscitaire et bonapartiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les traits du nouvel &#201;tat ouvrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;ses du congr&#232;s de r&#233;unification, en 1963, d&#233;finissent Cuba comme &#171; un &#201;tat ouvrier dont la forme n'est pas encore fix&#233;e &#187;. Elles cherchent ainsi &#224; tenir compte des particularit&#233;s de la r&#233;volution cubaine. Si le pouvoir n'y est pas directement exerc&#233; par les masses, &#224; travers un syst&#232;me de conseils d&#233;mocratiquement centralis&#233;, les d&#233;formations bureaucratiques originelles ne sont pas non plus comparables &#224; ce qu'elles &#233;taient en Chine d&#232;s 1949 ou, &#224; plus forte raison, dans les d&#233;mocraties populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#224; cela des raisons &#224; la fois objectives et subjectives. Objectives dans la mesure o&#249; la lutte relativement br&#232;ve n'a pas donn&#233; naissance &#224; la charpente administrative consolid&#233;e d'un nouvel appareil administratif et militaire. Subjectives dans la mesure o&#249; le parti se forge et &#233;volue &#224; travers le processus r&#233;volutionnaire m&#234;me, sans disposer d'embl&#233;e d'un r&#233;seau de cadres pli&#233;s &#224; une id&#233;ologie homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux man&#339;uvres de la contre-r&#233;volution et aux menaces constantes de l'imp&#233;rialisme, cette direction ne cesse, &#224; partir de la chute de Batista, de mobiliser audacieusement les masses ouvri&#232;res et paysannes. Ainsi surgissent plusieurs embryons possibles d'une d&#233;mocratie ouvri&#232;re large et directe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Dans l'agriculture, o&#249; d&#232;s 1962 la formation de fermes d'&#201;tat officialise la transformation de fait des coop&#233;ratives, existe un syst&#232;me de direction mixte. Mais l'administrateur nomm&#233; par l'Inra prime en derni&#232;re instance par rapport au coordinateur &#233;lu par les travailleurs de la ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Dans les entreprises, les conseils techniques d'assesseurs (CTA) sont des organes mixtes, nomm&#233;s et &#233;lus, qui n'ont qu'une fonction consultative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Au niveau des villages et des quartiers, les Comit&#233;s de d&#233;fense de la r&#233;volution (CDR) exercent des t&#226;ches de vigilance et d'encadrement social, sans pouvoir de d&#233;cision politique r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les Juntes unifi&#233;es de coordination &#233;conomique et industrielle (Jucei) qui sont mises en place &#224; l'&#233;poque o&#249; Guevara est ministre de l'Industrie en tant que relais r&#233;gionaux du Plan, auraient pu devenir d'authentiques organes de pouvoir en centralisant toutes les formes d'organisations populaires, mais ce ne fut pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'une des manifestations les plus claires de la mobilisation des masses et de la r&#233;alit&#233; de leur pouvoir reste donc la formation et l'essor des milices, qui sont arm&#233;es en 1961 face &#224; l'agression imp&#233;rialiste, mais d&#233;sarm&#233;es en 1964 et finalement dissoutes en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a pas mise en place d'un m&#233;canisme de repr&#233;sentation parlementaire &#224; Cuba, il n'y a pas non plus un m&#233;canisme sovi&#233;tique de centralisation d&#233;mocratique des organes de masse. Cette absence facilite le d&#233;veloppement d'une bureaucratie (dont la direction castriste est consciente tr&#232;s t&#244;t), affaiblit la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir r&#233;volutionnaire, et renforce in&#233;vitablement ses traits paternalistes et bonapartistes. Il faut cependant souligner la difficult&#233; r&#233;elle pos&#233;e par un processus de r&#233;volution permanente, o&#249; les masses passent de fa&#231;on acc&#233;l&#233;r&#233;e d'objectifs d&#233;mocratiques &#224; des t&#226;ches socialistes, alors qu'elles conservent massivement des pr&#233;jug&#233;s religieux et souvent anticommunistes, h&#233;rit&#233;s de leur vieille &#233;ducation. Le d&#233;veloppement effectif de la d&#233;mocratie socialiste n'est alors concevable qu'&#224; travers une bataille de &#171; r&#233;volution culturelle &#187; (alphab&#233;tisation, scolarisation, mobilisation politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces faiblesses structurelles de l'&#201;tat ouvrier cubain naissant, il faut ajouter aussit&#244;t le poids &#233;crasant des facteurs internationaux. D&#232;s 1960, c'est le blocus am&#233;ricain et l'effort colossal pour &#233;chapper &#224; la d&#233;pendance. Les dirigeants cubains, le Che en particulier, impressionn&#233;s &#224; juste titre par les r&#233;sultats des &#233;conomies planifi&#233;es, se tournent tout d'abord, pour mettre fin &#224; la monoculture, vers le mod&#232;le sovi&#233;tique de priorit&#233; absolue &#224; l'industrie lourde. Un projet d'investissement de 850 milliards de dollars en quatre ans (autant que le total des investissements am&#233;ricains en cinquante ans) est &#233;labor&#233;. L'URSS prend une place sans cesse croissante dans la rel&#232;ve commerciale (achat du sucre) et technologique des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la planification venue d'URSS et des d&#233;mocraties populaires n'apporte pas que les avantages et les sup&#233;riorit&#233;s de l'&#233;conomie planifi&#233;e. Elle apporte en m&#234;me temps l'arbitraire, le chaos administratif et les incoh&#233;rences d'une planification compl&#232;tement bureaucratis&#233;e, imm&#233;diatement contradictoire avec le d&#233;veloppement d'une r&#233;volution vivante. Tr&#232;s vite, et plus profond&#233;ment qu'en Chine ou au Vietnam, les dirigeants cubains corrigent le tir. Dans son discours d'Alger en 1965, le Che ira jusqu'&#224; d&#233;noncer publiquement les conditions &#233;conomiques honteuses de la &#171; solidarit&#233; &#187; sovi&#233;tique ou chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'&#233;chec de la zafra des 10 millions en 1968 et l'isolement continental de la r&#233;volution cubaine apr&#232;s la mort du Che en Bolivie aboutiront &#224; une d&#233;pendance &#233;conomique renforc&#233;e envers l'URSS et le Comecon, qui concentrent 80 &#224; 90 % des &#233;changes cubains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; ces puissants facteurs de bureaucratisation, un parti r&#233;volutionnaire fort, disposant d'une large couche de cadres &#233;duqu&#233;s, est n&#233;cessaire. Or l'absence de parti r&#233;volutionnaire solidement constitu&#233; avant la prise du pouvoir se fait ici pleinement sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le renversement de Batista, le mouvement ouvrier cubain a connu un processus de restructuration qui l'a profond&#233;ment modifi&#233;. D&#233;but 1959, le PSP (PC prosovi&#233;tique) comptait environ 17 000 membres. Dans l'&#233;lan de la victoire et de l'enthousiasme, ceux qui se r&#233;clament du Mouvement du 26 juillet sont plus nombreux, mais aussi plus confus, plus h&#233;t&#233;rog&#232;nes, moins organis&#233;s. Tr&#232;s vite le PSP s'attelle aux t&#226;ches d'organisation. Il ouvre partout des locaux et publie un programme en quatre points des plus mod&#233;r&#233;s : convertir l'arm&#233;e rebelle en noyau de l'arm&#233;e future, appliquer la r&#233;forme agraire d'octobre 1958, revenir &#224; la Constitution de 1940, se tourner vers l'Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSP parvient &#224; prendre pied dans les structures de l'arm&#233;e rebelle. En revanche, d&#232;s la fin janvier, il est mis &#224; l'&#233;cart du nouveau directoire de la Fonu. Les rapports orageux entre les militants du PC et ceux du 26 juillet au sein du mouvement ouvrier sont p&#233;tris de confusion. L'hostilit&#233; envers les militants du PSP m&#233;lange des griefs r&#233;els (la participation au gouvernement avec Batista, la passivit&#233; des derni&#232;res ann&#233;es dans la lutte contre la dictature) avec des pr&#233;jug&#233;s carr&#233;ment anticommunistes. Les apostrophes contre les militants du PSP lors de l'assembl&#233;e de la Fonu sont significatives. Ils se font traiter de &#171; melons &#187;, verts en dehors et rouges en dedans : pour l'&#233;crasante majorit&#233; de la population et des cadres m&#234;mes du 26 juillet, la r&#233;volution reste &#171; vert olive &#187; et non pas socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du Xe congr&#232;s de la Centrale des travailleurs cubains, en novembre 1959, le PSP est encore r&#233;duit &#224; la portion congrue. Mais aussit&#244;t apr&#232;s, le processus de rupture avec la bourgeoisie s'acc&#233;l&#232;re, les arr&#234;tes de la lutte de classe s'aiguisent. Sous couvert d'une campagne anti-jaunes, le PSP regagne du terrain et reconquiert d'importantes responsabilit&#233;s dans le syndicat. Au point que le vieux bureaucrate du PSP Lazaro Pena acc&#232;de &#224; la direction du syndicat, tandis que David Salvador, ancien responsable syndical du Mouvement du 26 juillet repasse dans l'opposition &#171; pour un castrisme sans Castro &#187;. D&#232;s lors des comit&#233;s d'&#233;puration commencent &#224; fonctionner dans les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que la direction castriste tranche ses liens avec la bourgeoisie, elle est pr&#233;cipit&#233;e vers le PSP. Faute de poss&#233;der son propre parti solidement organis&#233; et son propre r&#233;seau de cadres homog&#232;nes, elle a besoin quotidiennement de l'exp&#233;rience organisationnelle du PSP. En juillet 1961, un pas important vers la fusion est franchi avec la cr&#233;ation des Organisations r&#233;volutionnaires int&#233;gr&#233;es (ORI). Le 9 mars 1962 est annonc&#233;e la formation d'une direction unifi&#233;e de 25 membres (13 fid&#233;listes, 10 PSP, plus Faure Chomon pour le directoire, et le pr&#233;sident Dorticos). Hoy devient l'organe du parti sous la direction du vieux stalinien Blas Roca, et Carlos Rafa&#235;l prend la direction de l'Inra. Les dirigeants du PSP sont bien parvenus &#224; prendre en marche une r&#233;volution qu'ils n'ont pas faite et qu'ils n'ont pas souhait&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quatre jours apr&#232;s seulement, c'est la premi&#232;re crise publique. Fidel accuse le dirigeant du PSP Escalante, responsable &#224; l'organisation du parti unifi&#233;, d'avoir censur&#233; le testament d'un martyr de la dictature. C'est l'insolence et les m&#233;thodes bureaucratiques des cadres staliniens qui sont en cause : la fusion demeure et demeurera une cohabitation conflictuelle et orageuse entre deux traditions, deux conceptions, deux projets politiques distincts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids de l'aile stalinienne a &#233;t&#233; incontestablement renforc&#233; par le r&#244;le croissant des relations &#233;conomiques et militaires avec l'URSS. Parall&#232;lement, le noyau castriste s'est progressivement r&#233;duit sans qu'apparaisse une rel&#232;ve. Les remaniements gouvernementaux du d&#233;but 1980 marquent une concentration accrue des responsabilit&#233;s entre les dirigeants historiques du 26 juillet, et plus particuli&#232;rement Fidel et Raul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traits sp&#233;cifiques de cette direction castriste subsistent cependant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; elle n'a pas renonc&#233; &#224; une extension de la r&#233;volution socialiste. Son attitude envers la r&#233;volution sandiniste en t&#233;moigne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; elle s'efforce de conserver sa marge d'autonomie politique envers l'URSS et les PC et soutient en Am&#233;rique latine un r&#233;seau d'organisations r&#233;volutionnaires (sandinistes, Mir, BPR, etc.) en dehors des PC ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; elle maintient pour l'essentiel la perspective de r&#233;volution permanente affirm&#233;e &#224; travers la propre exp&#233;rience de la r&#233;volution cubaine : le discours de Castro du 26 juillet 1980 en est une nouvelle illustration ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; elle conserve avec les masses cubaines des liens vivants, qui lui ont permis, face &#224; l'&#233;preuve de l'ambassade du P&#233;rou, d'en appeler &#224; la mobilisation des masses avec un succ&#232;s inimaginable dans tout autre &#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi on ne peut pas consid&#233;rer, en d&#233;pit de profondes d&#233;formations bureaucratiques, qu'une contre-r&#233;volution politique a triomph&#233; &#224; Cuba. Ces d&#233;formations n&#233;cessitent la d&#233;fense d'un programme politique ind&#233;pendant, international (notamment le programme de la r&#233;volution politique en URSS, en Chine et dans les pays de l'Est) et national (pour l'&#233;panouissement de la d&#233;mocratie socialiste en s'appuyant sur les exp&#233;riences existantes). Mais la d&#233;fense d'un tel programme peut encore emprunter la voie des r&#233;formes et non du renversement de la direction cubaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires &#224; venir en Am&#233;rique centrale et en Am&#233;rique latine, en brisant l'isolement continental de la r&#233;volution cubaine, auront de profonds effets &#224; Cuba m&#234;me. Soit ils favoriseront la relance d'une politique internationaliste et r&#233;volutionnaire, soit ils pr&#233;cipiteront, &#224; travers des &#233;preuves de force au sein m&#234;me de la direction cubaine, la victoire de la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une ou l'autre hypoth&#232;se devra &#234;tre v&#233;rifi&#233;e par des faits probants avant de pouvoir en tirer des conclusions pratiques nouvelles concernant nos t&#226;ches &#224; Cuba et sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Institut international de recherche et de formation (IIRF), avril-juin 1985, Amsterdam, cycle sur la r&#233;volution cubaine, danielbensaid.org&lt;br class='autobr' /&gt;
H&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Innover pour battre les lib&#233;raux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Innover-pour-battre-les-liberaux</link>
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		<dc:date>2016-11-29T08:22:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise David</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;20 novembre 2016 | Qu&#233;bec solidaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Hier, lors de notre Conseil national, nous avons eu une journ&#233;e de d&#233;bats de haut niveau, sereins, respectueux, qui me rendent tr&#232;s fi&#232;re et optimiste pour la suite. Nous avons pris des d&#233;cisions politiques et strat&#233;giques majeures pour l'avenir du Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis plusieurs mois, nous entendons des milliers de citoyennes et citoyens engag&#233;s qui n'en peuvent plus du saccage &#233;conomique, politique, social et identitaire men&#233; par le gouvernement lib&#233;ral du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton28695-b80ab.png?1781337809' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;20 novembre 2016 | Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, lors de notre Conseil national, nous avons eu une journ&#233;e de d&#233;bats de haut niveau, sereins, respectueux, qui me rendent tr&#232;s fi&#232;re et optimiste pour la suite. Nous avons pris des d&#233;cisions politiques et strat&#233;giques majeures pour l'avenir du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, nous entendons des milliers de citoyennes et citoyens engag&#233;s qui n'en peuvent plus du saccage &#233;conomique, politique, social et identitaire men&#233; par le gouvernement lib&#233;ral du Qu&#233;bec. Depuis plusieurs mois, nous nous faisons dire : &#171; Est-ce qu'on ne devrait pas s'unir pour battre les lib&#233;raux en 2018 ? &#187; Et nous avons r&#233;pondu hier que nous allons battre les lib&#233;raux en 2018 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment allons-nous faire ? Dans les prochains mois, nous allons chercher &#224; rallier, &#224; unifier les forces vives du Qu&#233;bec dans un m&#234;me camp pour pr&#233;parer ensemble une &#233;lection gagnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des partis politiques, nous voulons des &#233;lections gagnantes pour qui ? Des &#233;lections gagnantes pour les travailleuses et travailleurs dans les municipalit&#233;s qui ont perdu leur droit de gr&#232;ve, des &#233;lections gagnantes pour les citoyennes et citoyens dans les r&#233;gions qui, partout, se battent contre le passage du pipeline, des &#233;lections gagnantes pour les familles inqui&#232;tes pour l'&#233;ducation de leurs enfants dans les &#233;coles publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;lections gagnantes pour les personnes &#226;g&#233;es qu'on traite de fa&#231;on indigne au Qu&#233;bec, des &#233;lections gagnantes pour les personnes immigrantes en qu&#234;te d'emplois d&#233;cents, des &#233;lections gagnantes pour les femmes et les hommes dans les services publics et communautaires dont on ne reconna&#238;t pas le travail &#224; sa juste valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;lections gagnantes pour les personnes appauvries dont on ne respecte m&#234;me pas les droits &#233;l&#233;mentaires, des &#233;lections gagnantes pour les agricultrices et agriculteurs en col&#232;re contre les accords de libre-&#233;change, et finalement des &#233;lections gagnantes pour les nations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vaste programme, mais c'est possible !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons donc clairs, notre objectif n'est pas seulement de battre les lib&#233;raux. Nous n'avons pas envie de les remplacer par une p&#226;le copie conforme. Notre objectif c'est de les remplacer par un gouvernement qui mettra en oeuvre des politiques qui r&#233;pondent vraiment aux besoins de la population. C'est la t&#226;che &#224; laquelle nous allons nous attaquer d&#232;s maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec qui allons-nous le faire ? Nous allons le faire avec toutes celles et tous ceux qui partagent un d&#233;sir de justice, de solidarit&#233;, d'un Qu&#233;bec vert, d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant. Et il y en a beaucoup de ces gens-l&#224; au Qu&#233;bec. Des syndicalistes, des intervenantes communautaires, des citoyennes et citoyens engag&#233;s dans des luttes contre les hydrocarbures ou contre des mini&#232;res trop voraces, des hommes et femmes autochtones en qu&#234;te de v&#233;rit&#233;, des ind&#233;pendantistes militants, bref des milliers de gens qui discutent en ce moment parce qu'il faut qu'on se parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons travailler fort &#224; cr&#233;er l'unit&#233; la plus large possible autour des id&#233;es solidaires. Mais nous allons surtout &#233;couter. Il y a des gens dans la soci&#233;t&#233; qui ont des id&#233;es progressistes audacieuses, claires, innovantes. Et c'est important d'&#233;couter en m&#234;me temps que l'on propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-nous discuter avec d'autres partis politiques ? Notre r&#233;ponse est tr&#232;s claire, c'est &#171; oui&#8230; &#224; condition que&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons autre chose que des changements superficiels une fois que nous aurons battu les lib&#233;raux. Nous avons donc besoin de discuter avec des partis politiques qui vont r&#233;pondre &#224; certaines exigences que nous, &#224; Qu&#233;bec solidaire, nous jugeons tout simplement normales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce seront des partis politiques qui voudront mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233; et seront pr&#234;ts &#224; r&#233;investir dans les services publics, ce qui veut dire interpeller le 1%, parce qu'il faut de l'argent dans les coffres de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, ces partis devront s'afficher clairement f&#233;ministes, c'est bien la moindre des choses, apr&#232;s tout, nous sommes en 2016. Troisi&#232;mement, ces partis devront s'engager &#224; mettre fin au d&#233;veloppement des hydrocarbures sur notre territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils devront proposer un mode de scrutin proportionnel, porter un projet ind&#233;pendantiste inclusif et reconnaissant l'apport de toutes les Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois de toutes les origines dans la construction d'un Qu&#233;bec fier de tout son monde, et devront bien s&#251;r reconna&#238;tre le droit &#224; l'autod&#233;termination des nations autochtones et Inuits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et surtout, nous ne nous satisferons pas seulement de mots, nous voulons des gestes. C'est facile les mots &#224; la limite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons aussi d&#233;cid&#233; de participer aux &#233;changes sur la fameuse feuille de route du Oui-Qu&#233;bec. Nous irons donc &#224; la table de discussion des partis politiques souverainistes pour parler du processus d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Nous avons d&#233;cid&#233; d'y aller parce que nous en avons un projet d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Un projet d&#233;mocratique et non partisan, qui remet entre les mains de la population tout l'avenir politique du Qu&#233;bec et l'&#233;laboration d'une constitution. Un projet mobilisateur, qui doit inclure des gens de toutes les r&#233;gions, des gens qui auront le mandat d'&#233;laborer un projet de constitution et de nous questionner sur l'avenir politique du Qu&#233;bec. Ce projet, c'est lui que nous irons d&#233;fendre au Oui-Qu&#233;bec, esp&#233;rant convaincre l'ensemble du mouvement souverainiste que c'est la meilleure fa&#231;on d'arriver &#224; la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Et non plus ces campagnes tr&#232;s courtes, &#224; coups de millions, et de publicit&#233;s envahissantes qui finissent par emp&#234;cher les gens de penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont de gros chantiers qui s'ouvrent pour Qu&#233;bec solidaire. Nous y travaillerons avec enthousiasme ! Tout le monde, partout, dans les r&#233;gions, dans les localit&#233;s, seront engag&#233;s dans cette discussion que nous aurons avec les forces vives de la soci&#233;t&#233; civile et des autres partis politiques, si bien entendu ils mettent leurs positions au clair. Vous serez partie prenante du processus ! &#199;a c'est Qu&#233;bec solidaire, c'est comme &#231;a que nous fonctionnons, et c'est ce que nous allons faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, en 2018, nous avons rendez-vous avec l'histoire, et nous battrons les lib&#233;raux !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Femmes autochtones : brisons les silences</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Femmes-autochtones-brisons-les-silences</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Femmes-autochtones-brisons-les-silences</guid>
		<dc:date>2016-11-29T08:17:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maison Communautaire Missinak</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res Nations</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout d'abord je remercie les hurons wendat de nous accueillir sur leur territoire. Je suis ici &#224; la demande de ma soeur Manon Mass&#233; et et je vous remercie tout le monde ici de m'offrir une tribune o&#249; je serai entendue pour ce que j'ai &#224; dire, et non pour ce que la loi veut entendre. Car les &#233;v&#232;nements des derniers jours nous bouleversent toutes et tous. &lt;br class='autobr' /&gt; Malgr&#233; les limites impos&#233;es par la Loi, la peur des femmes autochtones s'est exprim&#233;e, rompant le silence de l'indiff&#233;rence. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Premieres-Nations-90-+" rel="tag"&gt;Premi&#232;res Nations&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH71/arton28757-179dc.jpg?1781504425' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout d'abord je remercie les hurons wendat de nous accueillir sur leur territoire. Je suis ici &#224; la demande de ma soeur Manon Mass&#233; et et je vous remercie tout le monde ici de m'offrir une tribune o&#249; je serai entendue pour ce que j'ai &#224; dire, et non pour ce que la loi veut entendre. Car les &#233;v&#232;nements des derniers jours nous bouleversent toutes et tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; les limites impos&#233;es par la Loi, la peur des femmes autochtones s'est exprim&#233;e, rompant le silence de l'indiff&#233;rence. L'indiff&#233;rence quand il y a la police qui d&#233;barque des femmes sao&#251;les &#224; des kilom&#232;tres de chez elle en prenant soin de leur retirer les souliers. Quand les agents profitent de leur r&#244;le social pour abuser la dignit&#233; de ces femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand tout ce qu'on trouve &#224; r&#233;pondre c'est &#171; on ne peut rien faire, on manque de preuves &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on a rien trouv&#233; d'autre &#224; dire &#224; ces femmes c'est parce qu'on ne conna&#238;t rien de la r&#233;alit&#233; autochtone. Parce que la r&#233;alit&#233;, c'est ma m&#232;re qui a v&#233;cu dans la honte lorsque mise dehors de sa communaut&#233; &#224; cause de la Loi sur les Indiens, et qu'en dehors tu devenais une &#171; sauvagesse &#187; ou une &#171; wapouche &#187;. Il y a de cela plus de soixante ans maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; sur la c&#244;te nord, et je travaille avec les femmes autochtones &#224; Qu&#233;bec. Pis la r&#233;alit&#233;, c'est encore &#231;a vous savez. Pas dans les m&#234;mes mots, mais dans les gestes par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'h&#244;pital, combien de fois j'ai vu ou entendu des histoires o&#249; les autochtones &#233;taient moins bien traiter ou carr&#233;ment mis dehors parce qu'ils arrivaient en &#233;tat de consommation. &#171; Ah on sait ben c'est un autochtone ! &#187;. Ou des histoires de bagarre dans les bars o&#249; on vous dit &#171; m&#234;le-toi s'en pas c'est des autochtones ! &#187;. Ou encore lire dans les journaux que le gouvernement devrait nous organiser parce qu'on ne sait pas le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben y est l&#224; le racisme syst&#233;mique ! Et c'est exactement &#231;a que les femmes autochtones d&#233;noncent maintenant. On en a assez de ce racisme ignorant. Depuis la Commission Royale d'enqu&#234;te en 1992 que c'est d&#233;nonc&#233; partout. On est &#224; terminer la Commission de V&#233;rit&#233; et de r&#233;conciliation sur les pensionnats. On tient des Vigiles et une Enqu&#234;te nationale sur le sort des Femmes autochtones assassin&#233;es ou disparues. Les statistiques disent toutes la m&#234;me chose : les autochtones vivent moins bien que la majorit&#233; allochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut arr&#234;ter de dire qu'il n'y a pas assez de preuves&#8230;Les preuves sont l&#224; : je demandes, avec vous, que le gouvernement reconnaisse la v&#233;rit&#233;, et que nous puissions enfin commencer travailler ensemble dans la dignit&#233;, et la gu&#233;rison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brisons le silence sur les agressions sexuelles&lt;br class='autobr' /&gt;
Brisons le silence sur la pauvret&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Brisons le silence sur la diff&#233;rence&lt;br class='autobr' /&gt;
Brisons le silence sur la violence sous toutes ses formes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soif de libert&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons besoin d'autonomie gouvernementale&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons besoin que l'on prenne soin de la M&#232;re Terre&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons besoin de vous mais vous avez besoin de nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;, lu au CN de QS, 20 nov. 2016&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/KasuklGyicc&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pr&#233;sidence de Trumps sera marqu&#233;e par des int&#233;r&#234;ts</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-presidence-de-Trumps-sera-marquee-par-des-interets</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-presidence-de-Trumps-sera-marquee-par-des-interets</guid>
		<dc:date>2016-11-29T08:00:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Weissman, Susanne Craig </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection de Donald Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction : Les possessions et les arrangements de l'Organisation Trump s'&#233;tendent dans le monde entier. Comme Pr&#233;sident, D. Trump aura le pouvoir de nommer des personnes qui devront prendre des d&#233;cisions qui pourraient affecter cette Organisation. Pour en discuter, (notre journaliste) John Yang rencontre Robert Weissman, pr&#233;sident de Public Citizen et Susanne Craig du New York Times. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt; PBS News Hour, 16 novembre 2016, Traduction et organisation du texte, Alexandra Cyr, &lt;br class='autobr' /&gt;
John (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Election-de-Donald-Trump-+" rel="tag"&gt;&#201;lection de Donald Trump&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton28794-d286c.jpg?1782541212' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction : Les possessions et les arrangements de l'Organisation Trump s'&#233;tendent dans le monde entier. Comme Pr&#233;sident, D. Trump aura le pouvoir de nommer des personnes qui devront prendre des d&#233;cisions qui pourraient affecter cette Organisation. Pour en discuter, (notre journaliste) John Yang rencontre Robert Weissman, pr&#233;sident de Public Citizen et Susanne Craig du New York Times. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;PBS News Hour, 16 novembre 2016, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction et organisation du texte, Alexandra Cyr,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Yang : (&#8230;) Suzanne, je veux commencer avec vous. C'est une histoire tr&#232;s compliqu&#233;e. L'implication du Pr&#233;sident d&#233;sign&#233; dans les affaires est tr&#232;s &#233;tendue. Je pense que l'exemple le plus simple est celui du Trump International Hotel, ici &#224; Washington DC. Parlez-nous des potentiels conflits attach&#233;s &#224; ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suzanne Craig : C'est tr&#232;s int&#233;ressant. Cet h&#244;tel vient tout juste d'ouvrir. Il a &#233;t&#233; en chantier depuis quelques ann&#233;es. Il est situ&#233; sur le terrain d'un ancien bureau de poste qui a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; &#224; l'h&#244;tel et qui appartient au gouvernement. Donald Trump, l'organisation Trump, a n&#233;goci&#233; un bail de 60 ans pour op&#233;rer cet h&#244;tel dans ces conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc il y a un arrangement entre le gouvernement f&#233;d&#233;ral via une agence appel&#233;e GSA et l'Organisation Trump. Le Pr&#233;sident d&#233;sign&#233; aura le pouvoir de nommer la personne qui dirigera cette agence. Donc, nous sommes dans une situation incroyable o&#249; une compagnie priv&#233;e qui est la propri&#233;t&#233; de celui qui sera prochainement le Pr&#233;sident du pays n&#233;gociera avec une agence gouvernementale dont il aura nomm&#233; la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut voir le conflit potentiel &#224; 100 milles de distance. La GSA dit qu'en ce moment elle se pr&#233;pare en vue de cette situation et l'examine. Imaginez ce que cela veut dire et multipliez cele par tant et tant de cas semblables. Imaginez aussi tout ce qui peut arriver compte tenu des multiples compagnies dont D. Trump est propri&#233;taire et tous les int&#233;r&#234;ts financiers qui le concernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Suzanne, des travailleurs-euses de cet h&#244;tel pourraient vouloir se syndiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.C. : Oui. Cela se passe en ce moment &#224; Las Vegas. Le Pr&#233;sident d&#233;sign&#233; est copropri&#233;taire d'un h&#244;tel. Les travailleurs-euses tentent de se syndiquer. Le National Labor Relations Board est compos&#233; en partie de personnes nomm&#233;es par le Pr&#233;sident (am&#233;ricain). Il vient de prononcer un jugement &#224; l'encontre de D. Trump quelques jours avant son &#233;lection. Voil&#224; encore un exemple en temps r&#233;el des conflits entre les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, les holdings priv&#233;s et des agences gouvernementales dont le Pr&#233;sident aura nomm&#233; des membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Robert Weissman ; M. Hope Hicks, le porte-parole du Pr&#233;sident d&#233;sign&#233;, dit que M. Trump va se plier &#224; toutes les r&#232;gles et toutes les r&#233;gulations qui s'appliquent. Quelles sont ces r&#232;gles et r&#233;gulations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Weissman : Il n'y en a pratiquement aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.G. : Exact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.W. : Un tas de r&#232;gles, de r&#232;gles &#233;thiques s'appliquent aux fonctionnaires, aux membres du Congr&#232;s. Pour ce qui concerne ce dont nous parlons en ce moment, tr&#232;s peu s'appliquent au Pr&#233;sident sauf pour ce qui est d'accepter des cadeaux de gouvernements &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Pas de lois, rien qui parle de son patrimoine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.W. : Il n'y a pas de loi, il n'y a que le bon sens. Nous sommes face &#224; une situation de conflits d'int&#233;r&#234;ts sans pr&#233;c&#233;dent. Le bon sens nous dit que le Pr&#233;sident doit se d&#233;faire de toutes ses affaires pour &#233;viter ces conflits qui seront l&#233;gion. Cela va de la sant&#233; des travailleurs-euses, aux situations de s&#233;curit&#233;, des droits des travailleurs-euses dont nous parlions il y a un instant, au traitement fait aux entrepreneurs avec qui le gouvernement passe des contrats, &#224; la protection des consommateurs, au fonctionnement du syst&#232;me de justice, aux lois sur les faillites, aux lois fiscales et m&#234;me jusqu'aux orientations en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une tr&#232;s longue liste de conflits potentiels qui vont se produire &#224; moins qu'il ne se d&#233;fasse de ses liens avec toutes ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Il dit que ce seront ses enfants qui vont g&#233;rer ses affaires. Et Rudy Giulanii d&#233;clare : &#171; Il faut avoir un peu confiance dans l'int&#233;grit&#233; du Pr&#233;sident. Je ne pense pas qu'il y ait quelque que doute que ce soit qu'il va tenter de s'enrichir en &#233;tant Pr&#233;sident &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.C. : Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.W. : Mais &#231;a ne change rien. Il sera toujours propri&#233;taire de l'Organisation Trump m&#234;me s'il laisse ses enfants la diriger. Et, en m&#234;me temps, plusieurs de ses enfants seront impliqu&#233;s dans son administration et dans l'&#233;laboration de ses politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Suzanne, nous avons parl&#233; du cas de cet h&#244;tel. L'immobilier est son secteur d'affaire. Il profite des bas taux d'int&#233;r&#234;t bancaires pour prosp&#233;rer en ce moment. Il dit qu'il ne peut pas publier son rapport d'imp&#244;t parce qu'il est sous examen. Expliquez-nous comment tout cela s'emm&#234;le avec la fonction de Pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.C. : (&#8230;) Ces conflits et conflits potentiels existent. Mais il existe aussi beaucoup de d&#233;bats sur les raisons pour lesquelles il y a des appels au retrait complet (de D. Trump de ses affaires), de ses actifs. Ce que je veux dire, c'est que vous ne pouvez pas laisser vos enfants les diriger et ne pas savoir quels sont vos actifs, sp&#233;cialement dans le secteur immobilier. Ce sont des actifs fixes. Il sait comment ils sont financ&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, &#224; moins que vous ne vous en retiriez compl&#232;tement, il n'y a aucun moyen d'emp&#234;cher ces conflits d'int&#233;r&#234;ts ou potentiels conflits d'int&#233;r&#234;ts d'arriver. Qu'il n'ait toujours pas publi&#233; ses rapport d'imp&#244;t est aussi inqui&#233;tant. Nous ne connaissons toujours pas exactement sa situation financi&#232;re et l'ampleur de ses actifs &#224; l'&#233;tranger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette situation est si vaste et importante&#8230;On finit par se dire qu'on nous n'arriverons jamais &#224; pouvoir dire avec assurance si une situation qui se pr&#233;sente est due &#224; un conflit d'int&#233;r&#234;t. J'ai &#233;crit un article cette ann&#233;e o&#249; je devais donner le nombre des ses locataires. Mais seules les donn&#233;es de l'Organisation Trump &#233;taient accessibles, celles provenant des immeubles dont elle est propri&#233;taire &#224; 100%. Nous avons trouv&#233; des pr&#234;ts avec des partenaires qui n'&#233;taient pas publi&#233;s et ainsi de suite. J'&#233;tais dans une sorte de bourrage de cr&#226;ne et je ne travaillais que sur de potentiels conflits dans ce qui n'&#233;tait pas encore l&#224; mais que je d&#233;couvrais. C'est face &#224; cette situation que j'en viens &#224; penser que nous n'arriverons &#224; &#234;tre compl&#232;tement rassur&#233;s-es &#224; moins d'un retrait total (du Pr&#233;sident d&#233;sign&#233; de la gestion de ses affaires). Ce n'est pas ce qui s'annonce et les conflits d'int&#233;r&#234;t vont se poursuivre. C'est tr&#232;s troublant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Robert, (&#8230;) Que peut-on faire ? Et que souhaitez-vous voir arriver dans cette situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R.W. : En fait il n'y aucun moyen de vraiment pouvoir contr&#244;ler ce que le Pr&#233;sident d&#233;sign&#233; fera de ses promesses de campagne par rapport &#224; la corruption &#224; Washington, de mettre fin aux arrangements des initi&#233;s-es et le maintient de le maintient de son regard sur ses int&#233;r&#234;ts d'affaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il va donc devoir d&#233;fendre ses positions sinon il va discr&#233;diter toutes ses promesses de campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.Y. : Merci &#224; vous deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Ex maire de New York qui est dans le proche entourage de D. Trump depuis le d&#233;but de sa campagne. N.d.t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand l'Islande jette ses banquiers en prison</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quand-l-Islande-jette-ses-banquiers-en-prison</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quand-l-Islande-jette-ses-banquiers-en-prison</guid>
		<dc:date>2016-11-29T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Cougnoux</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Islande</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Imaginez les patrons de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ou du Cr&#233;dit Labricole condamn&#233;s &#224; plusieurs ann&#233;es de prison&#8230; Ce qui semble totalement improbable en France ne l'est pas en Islande. Le 6 octobre dernier, la Cour supr&#234;me islandaise a condamn&#233; neuf dirigeants et hauts cadres de la banque islandaise Kaupthing &#224; 46 ans de prison ferme (cumul des 9 peines) pour des faits relatifs &#224; la crise du secteur bancaire de 2008 (fraudes, manipulation des cours de bourses, d&#233;lits d'initi&#233;s, blanchiment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28715-be83f.jpg?1781297037' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Imaginez les patrons de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ou du Cr&#233;dit Labricole condamn&#233;s &#224; plusieurs ann&#233;es de prison&#8230; Ce qui semble totalement improbable en France ne l'est pas en Islande. Le 6 octobre dernier, la Cour supr&#234;me islandaise a condamn&#233; neuf dirigeants et hauts cadres de la banque islandaise Kaupthing &#224; 46 ans de prison ferme (cumul des 9 peines) pour des faits relatifs &#224; la crise du secteur bancaire de 2008 (fraudes, manipulation des cours de bourses, d&#233;lits d'initi&#233;s, blanchiment d'argent) (1).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.lelotenaction.org/pages/content/archives/quand-l-islande-jette-ses-banquiers-en-prison.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le lot en action&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas une premi&#232;re puisqu'en novembre 2014, l'ancien directeur de la banque Landsbanki ainsi que deux cadres &#233;taient condamn&#233;s &#224; un an de prison ferme. En d&#233;cembre 2013 trois anciens dirigeants de la premi&#232;re banque islandaise &#233;taient quant &#224; eux condamn&#233;s &#224; des peines de trois ans &#224; cinq ans de prison. Bref l'Islande a pris le contre-pied de l'Europe et des &#201;tats-Unis dans la gestion de la crise de 2008, en laissant d'une part les banques faire faillite ou en les mettant sous tutelle (rappelons que le FMI a chiffr&#233; le co&#251;t du renflouement des banques &#224; plus de 2 800 milliards de dollars (2), le tout avec des fonds publics et sans aucune contrepartie), et d'autre part en poursuivant les banquiers et les hauts fonctionnaires impliqu&#233;s dans cette crise comme des criminels plut&#244;t que de les prot&#233;ger &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, alors que son secteur bancaire s'&#233;croule, l'Islande apporte sa garantie illimit&#233;e des d&#233;p&#244;ts domestiques et demande une aide en urgence au FMI. Le gouvernement islandais oblige en outre les banques &#224; effacer une partie de la dette hypoth&#233;caire des m&#233;nages devenus surendett&#233;s. Concr&#232;tement, ces foyers n'avaient plus &#224; rembourser qu'un montant &#233;quivalent, au maximum, &#224; 110% de la valeur de leur bien immobilier. Le reste d&#251; est purement et simplement annul&#233;. Une somme cons&#233;quente &#224; l'heure o&#249; les taux d'int&#233;r&#234;t de ces pr&#234;ts explosent. Reykjavik met &#233;galement en place un fonds qui aide les surendett&#233;s &#224; rembourser leurs cr&#233;ances, fonds qui emprunte avec la garantie du gouvernement (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le r&#233;sultat de cette politique interventionniste et courageuse est plut&#244;t surprenant, puisque apr&#232;s s'&#234;tre effondr&#233;e brutalement en 2009, l'&#233;conomie islandaise a rebondi. Le FMI jugeant m&#234;me l'ann&#233;e derni&#232;re, au moment o&#249; le pays rembourse totalement l'aide demand&#233;e en 2008, que &#171; l'Islande avait r&#233;ussi &#224; sortir de la crise tout en pr&#233;servant son mod&#232;le social &#187;. Pas tr&#232;s &#233;tonnant, d&#232;s lors, que nos m&#233;dias ne parlent que tr&#232;s rarement de l'exemple islandais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Articles publi&#233;s sur Iceland Monitor : &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2eiaUSo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bit.ly/2eiaUSo&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
et Yours News Wire : &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2egTdON&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bit.ly/2egTdON&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Article publi&#233; dans Le Figaro en mars 2009 : &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2ed3g96&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bit.ly/2ed3g96&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Lire &#224; ce sujet l'article publi&#233; sur le site de BFM en octobre 2015, m&#233;dia &#233;colo et gauchiste s'il en est ! &lt;a href=&#034;http://bit.ly/2doem7S&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bit.ly/2doem7S&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Femmes autochtones et police : agir maintenant avec les femmes autochtones et pour mettre fin au racisme et &#224; la discrimination syst&#233;miques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Femmes-autochtones-et-police-agir-maintenant-avec-les-femmes-autochtones-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Femmes-autochtones-et-police-agir-maintenant-avec-les-femmes-autochtones-et</guid>
		<dc:date>2016-11-29T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res Nations</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Coalition pour les droits des peuples autochtones au Qu&#233;bec donne fermement son appui aux demandes r&#233;p&#233;t&#233;es de Femmes Autochtones du Qu&#233;bec, de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec et du Labrador et du Regroupement des centres d'amiti&#233; autochtones du Qu&#233;bec afin que le gouvernement du Qu&#233;bec agisse promptement pour prot&#233;ger, comme son devoir le requiert, les femmes au Qu&#233;bec. Plus encore, il est du devoir du gouvernement de prot&#233;ger les femmes autochtones qui font face &#224; un racisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton28724-ab614.jpg?1782541212' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Coalition pour les droits des peuples autochtones au Qu&#233;bec donne fermement son appui aux demandes r&#233;p&#233;t&#233;es de Femmes Autochtones du Qu&#233;bec, de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec et du Labrador et du Regroupement des centres d'amiti&#233; autochtones du Qu&#233;bec afin que le gouvernement du Qu&#233;bec agisse promptement pour prot&#233;ger, comme son devoir le requiert, les femmes au Qu&#233;bec. Plus encore, il est du devoir du gouvernement de prot&#233;ger les femmes autochtones qui font face &#224; un racisme et une discrimination syst&#233;mique. &#171; Il faut cr&#233;er une enqu&#234;te publique sur cette question, le gouvernement du Qu&#233;bec ne peut d&#233;tourner les yeux plus longtemps &#187; clame Viviane Michel, pr&#233;sidente de Femmes Autochtones du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La participation du Qu&#233;bec &#224; l'enqu&#234;te nationale sur les femmes autochtones disparues et assassin&#233;es ne d&#233;gage pas le gouvernement de sa responsabilit&#233; d'agir en profondeur pour assurer la s&#233;curit&#233; des femmes autochtones vis-&#224;-vis des corps de police. Il existe peu de garanties que l'enqu&#234;te nationale couvrira de mani&#232;re exhaustive les politiques et pratiques de la police. Dans un contexte o&#249; l'impunit&#233; des agresseurs et l'inad&#233;quation du corpus juridique entourant le ph&#233;nom&#232;ne des agressions sexuelles sont de plus en plus d&#233;cri&#233;es, l'inaction du gouvernement du Qu&#233;bec pour des r&#233;formes de fond en faveur de la protection des femmes victimes d'agression sexuelle envoie un message ambigu &#224; toutes les autres femmes, qui n'oseront pas d&#233;noncer leurs agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rappelons que le Qu&#233;bec est aussi assujetti au droit international des droits humains. Le rapport des Nations unies du Comit&#233; pour l'&#233;limination de la discrimination envers les femmes est sorti ce vendredi 18 novembre et recommande explicitement &#224; l'enqu&#234;te nationale de veiller &#224; &#233;tudier les relations des femmes autochtones avec la police, confirmant ainsi une n&#233;cessit&#233; d'action. Lors de sa derni&#232;re assembl&#233;e, le Forum permanent sur les questions autochtones a par ailleurs &#233;galement recommand&#233; que le gouvernement du Qu&#233;bec agisse en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons particip&#233; aux rencontres initi&#233;es par Mesdames &#201;dith Cloutier, directrice g&#233;n&#233;rale du Centre d'amiti&#233; de Val-d'Or, et de Ellen Gabriel de la communaut&#233; de Kanehsat&#224;ke et avons document&#233; ensemble des solutions de changement bas&#233;es sur une approche de s&#233;curisation culturelle. Nous d&#233;plorons que la demande de rencontre des quatre membres du groupe de travail avec le Premier ministre pour prendre connaissance de ces solutions ait &#233;t&#233; refus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous tenons &#224; exprimer notre solidarit&#233; envers les femmes autochtones de Val d'Or et du Qu&#233;bec qui ont trouv&#233; le courage de t&#233;moigner et devrons retrouver confiance en une justice qui leur est &#233;galement accessible &#187;, dit Ghislain Picard, chef de l'Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec et du Labrador. &#171; &#192; cette fin tout racisme et discrimination syst&#233;miques doivent dispara&#238;tre de nos institutions, &#224; commencer par les corps de police et les institutions judiciaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons la population &#224; &#233;galement d&#233;montrer sa solidarit&#233;, en signant en grand nombre la p&#233;tition pr&#233;sent&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e Nationale par Femmes Autochtones du Qu&#233;bec et en se joignant au rassemblement du mardi 22 novembre 18h Place-des-Arts &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement du Qu&#233;bec doit enfin &#233;couter, collaborer avec les Premi&#232;res Nations et agir pour un r&#233;el changement. Son inaction pour ce type de changement couvrirait l'impunit&#233; envers les violences faites aux femmes autochtones. &#187; conclue B&#233;atrice Vaugrante, directrice g&#233;n&#233;rale d'Amnistie internationale Canada francophone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coalition pour les droits des peuples autochtones au Qu&#233;bec est un regroupement informel d'organismes autochtones et d'organismes de la soci&#233;t&#233; civile, cr&#233;&#233; en 2009 de la n&#233;cessit&#233; de se regrouper afin, entre autres, de faire adopter la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones par le Canada et le Qu&#233;bec, et de prot&#233;ger et rendre accessibles les droits des peuples autochtones au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amnistie internationale Canada francophone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assembl&#233;e des Premi&#232;res Nations du Qu&#233;bec et du Labrador&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrale des Syndicats du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;d&#233;ration des Syndicats Nationaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseil Central Montr&#233;al M&#233;tropolitain-CSN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;d&#233;ration des Femmes du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Femmes Autochtones du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Front d'action populaire en r&#233;am&#233;nagement urbain FRAPRU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ligue des droits et libert&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regroupement des centres d'amiti&#233; autochtones du Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu&#233;bec solidaire trace les contours de ses avenirs possibles !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quebec-solidaire-trace-les-contours-de-ses-avenirs-possibles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quebec-solidaire-trace-les-contours-de-ses-avenirs-possibles</guid>
		<dc:date>2016-11-29T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur &#171; l'ensemble des questions li&#233;es aux alliances, sociales et &#233;lectorales ou pactes tactiques &#187; auront des incidences politiques importantes sur l'avenir de Qu&#233;bec solidaire, sur son projet et sur sa place sur la sc&#232;ne politique. Ces d&#233;bats sont parvenus &#224; certaines conclusions, mais il reste que ces d&#233;bats ne sont pas termin&#233;s et que c'est le prochain congr&#232;s qui aura &#224; prendre &#171; les d&#233;cisions concernant les alliances strat&#233;giques et &#233;lectorales &#187;. Il s'agira ici de revenir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH131/arton28761-95631.png?1782541213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='131' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur &#171; l'ensemble des questions li&#233;es aux alliances, sociales et &#233;lectorales ou pactes tactiques &#187; auront des incidences politiques importantes sur l'avenir de Qu&#233;bec solidaire, sur son projet et sur sa place sur la sc&#232;ne politique. Ces d&#233;bats sont parvenus &#224; certaines conclusions, mais il reste que ces d&#233;bats ne sont pas termin&#233;s et que c'est le prochain congr&#232;s qui aura &#224; prendre &#171; les d&#233;cisions concernant les alliances strat&#233;giques et &#233;lectorales &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cahier de proposition, 18-19-20 novembre 2016, pr&#233;sentation du Bloc 2 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agira ici de revenir sur les tenants et aboutissants de ces d&#233;bats tant pour pr&#233;senter les conclusions sur lesquels ils ont d&#233;bouch&#233; que sur les implications de ces d&#233;cisions auront sur l'avenir de Qu&#233;bec solidaire. Ces conclusions doivent &#233;galement &#234;tre &#233;valu&#233;es &#224; la lumi&#232;re de leur r&#233;ception par la direction du Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les options 1 et 2 : des approches h&#233;t&#233;rog&#232;nes &#224; un questionnement diff&#233;rent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option 1 partait de la caract&#233;risation du Parti qu&#233;b&#233;cois, de ses politiques pour d&#233;duire qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de s'en d&#233;marquer radicalement. Le recul du vote p&#233;quiste n'est pas d&#251; &#224; la fragmentation du vote francophone dont serait responsable Qu&#233;bec solidaire, mais aux politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es par le gouvernement Marois (d&#233;ficit z&#233;ro, coupures des prestations sociales, subventions &#224; l'exploitation p&#233;troli&#232;re &#224; Anticosti&#8230;), &#224; l'absence de strat&#233;gie d'accession &#224; l'ind&#233;pendance du PQ qui conduit &#224; remettre la lutte pour l'ind&#233;pendance &#224; un avenir ind&#233;termin&#233; et &#224; la campagne identitaire autour de la Charte des valeurs qui a fissur&#233; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et a discr&#233;dit&#233; encore plus la perspective ind&#233;pendantiste dans les communaut&#233;s culturelles. Le Parti qu&#233;b&#233;cois est le seul responsable de son affaiblissement et de sa d&#233;faite de 2014 et des reculs du soutien &#224; l'ind&#233;pendance. Il ne faut pas cesser de le r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc remettre radicalement en cause la pr&#233;tention du PQ &#224; diriger le mouvement souverainiste et Qu&#233;bec solidaire doit se pr&#233;senter comme le seul parti capable d'offrir un projet d'accession &#224; la souverainet&#233; et une alternative v&#233;ritable et sociale &#224; la population. C'est &#224; partir de cette perspective qu'on peut construire une majorit&#233; ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option 1 concluait donc que la participation au OUI-Qu&#233;bec est une r&#233;ponse inad&#233;quate, car le OUI-Qu&#233;bec est li&#233; au PQ et que notre participation au OUI-Qu&#233;bec va donner le message que nous consid&#233;rons le PQ comme un parti progressiste cautionnant la cr&#233;dibilit&#233; de la perspective de changer le PQ. L'option 1 pr&#233;f&#232;re avancer la perspective d'un front social dans lequel nous travaillerons de concert avec les secteurs de la population pour un changement de soci&#233;t&#233; et l'appropriation de notre territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option 2 soulignait l'importance de r&#233;pondre aux discours du PQ sur la fragmentation du vote francophone. Il faut donc obliger le PQ &#224; faire des concessions majeures s'il souhaite une quelconque forme de convergence avec nous. Il faut accepter le dialogue avec le PQ et &#233;viter d'appara&#238;tre comme un parti favorisant la r&#233;&#233;lection du PLQ nourrissant ainsi le vote strat&#233;gique pour le PQ et affaiblissant notre base &#233;lectorale en la poussant &#224; voter pour le PQ. C'est ainsi qu'on pourra &#233;viter de payer le co&#251;t politique qu'il y aurait &#224; refuser de participer au dialogue de la feuille de route dans le cadre du OUI-Qu&#233;bec. Ce refus permettrait en effet &#224; nos adversaires de nous qualifier de sectaires et de dogmatiques. Ce refus d&#233;tournerait de nous nos alli&#233;-e-s dans les mouvements sociaux et aurait un effet n&#233;gatif sur notre base &#233;lectorale et les segments &#233;lectoraux que nous voulons attirer. C'est pourquoi l'option 2 propose de participer &#224; la premi&#232;re &#233;tape du dialogue dans le cadre du OUI-Qu&#233;bec sur la feuille de route pour l'ind&#233;pendance pour y d&#233;fendre des &#233;l&#233;ments essentiels de notre programme : l'assembl&#233;e constituante, la pleine justice sociale et fiscale, la transition &#233;nerg&#233;tique, la mise en place d'un syst&#232;me &#233;lectoral comme des &#233;l&#233;ments de proportionnalit&#233; et l'abandon de toute politique identitaire. Et qu'aucun pacte &#233;lectoral sous aucune forme ne soit abord&#233; dans les discussions portant sur la feuille de route. Les d&#233;cisions &#224; ce niveau sont report&#233;es au prochain congr&#232;s. C'est l'ensemble de cette option qui a &#233;t&#233; finalement adopt&#233;e par le Conseil national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce qui &#233;tait mis en jeu politiquement, le Conseil national ne devait trancher que sur la participation au OUI-Qu&#233;bec. C'&#233;tait d&#233;j&#224; peu. L'&#233;volution de la conjoncture allait bouleverser consid&#233;rablement cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'offensive de Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e contre Qu&#233;bec solidaire bouleverse les cadres du d&#233;bat &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e s'est faite suite &#224; une course &#224; la chefferie dont le th&#232;me central &#233;tait la promesse de ne pas tenir un r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec dans un premier mandat. Il red&#233;finissait le sens de la prochaine &#233;lection pour le PQ comme la n&#233;cessit&#233; de battre le gouvernement Couillard. Il ne s'agissait pas de construire une &#171; convergence souverainiste &#187; autour d'une feuille de route pour l'ind&#233;pendance, mais bien de construire une &#171; convergence progressiste &#187; pour en finir avec le gouvernement lib&#233;ral. D'ailleurs, le Oui Qu&#233;bec devait prendre en compte ce choix du Parti qu&#233;b&#233;cois et mettre de c&#244;t&#233; sa phase 2 portant sur les moyens de faire &#233;lire une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s ind&#233;pendantistes &#224; l'Assembl&#233;e nationale lors de l'&#233;lection de 2018. De plus, l'&#233;lection partielle &#233;tait l'occasion d'une man&#339;uvre du chef p&#233;quiste qui a propos&#233; une candidature commune (QS-PQ) et a lanc&#233; m&#234;me un sondage aupr&#232;s de l'&#233;lectorat de la circonscription pour d&#233;montrer que la base &#233;lectorale de QS &#233;tait d'accord avec sa proposition. La r&#233;ponse de Qu&#233;bec solidaire a &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;fensive, se contentant d'argumenter que l'on &#233;tait dans un processus de d&#233;bat sur nos politiques d'alliances. Sans compter que l'apparition du dialogue politique ayant pour nom &#171; Faut qu'on se parle &#187; &#233;largissait les d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il apparaissait de plus en plus clairement que limiter la prise de d&#233;cision &#224; la participation ou non au OUI-Qu&#233;bec faisait fi des probl&#232;mes politiques soulev&#233;s par l'&#233;volution de la conjoncture. C'est pourquoi le Comit&#233; de coordination nationale, bouleversant les proc&#233;dures habituelles, mettait sur la table une nouvelle proposition dont l'essentiel consiste &#171; &#224; mandater 1. &#171; le CCN d'ouvrir un chantier de r&#233;flexion et d'action sur les sujets suivants : les convergences et les alliances possibles entre Qu&#233;bec solidaire et les mouvements sociaux et politiques ainsi que des partis politiques porteurs d'un projet politique souverainiste inclusif, de valeur comme la justice sociale, l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes, le respect de l'environnement, et mettant de l'avant la r&#233;forme du mode de scrutin ; la pertinence de candidatures ind&#233;pendantes dans des &#233;lections partielles &#224; venir. 2, que ce chantier soumette des propositions au congr&#232;s de mai 2017.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proposition initiale du CCN au Conseil national de novembre 2016&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition &#233;largissait le cadre de la discussion. Elle proposait que Qu&#233;bec solidaire passe &#224; l'action et devienne un centre d'initiative. Elle fait une place &#224; des alliances avec les mouvements sociaux. Elle pose une s&#233;rie de conditions politiques et programmatiques &#224; l'insertion dans le chantier, mais jamais elle n'exclut explicitement le PQ, m&#234;me si ces conditions sont per&#231;ues par nombre de militant-e-s comme des garde-fous &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il y au moins trois niveaux d'interpr&#233;tation &#224; l'adoption de l'option 2 et de la proposition du CCN amend&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Postures et diversit&#233; de positions diff&#233;rentes peu ou pas explicit&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur la nouvelle proposition du CCN ont &#233;t&#233; re&#231;us tardivement. Les d&#233;bats ont &#233;t&#233; riches, mais ils sont le reflet de plusieurs positions et postures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les bases d'une d&#233;marche de communication&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup de d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s au Conseil national, notre maintien au OUI-Qu&#233;bec et la proposition du Chantier sont une d&#233;marche de communication d&#233;montrant notre ouverture au dialogue. Nous pouvons avancer notre d&#233;marche strat&#233;gique sur la Constituante et faire progresser son impact. Nous faisons ainsi preuve d'ouverture. Nous apparaissons comme partie prenante du camp souverainiste et progressiste. En m&#234;me temps, nous pr&#233;sentons des principes qui sont largement partag&#233;s. Si le PQ n'accepte pas ces principes, il devra rejeter notre d&#233;marche. Et on pourra faire assumer au PQ la rupture. Il portera ainsi la responsabilit&#233; de la division. C'est la une posture gagnante au niveau de la communication politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les bases d'une d&#233;marche de n&#233;gociation qui peut porter fruit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certain-e-s, le dialogue peut faire &#233;voluer la situation. Sur le terrain, le rapport de force a chang&#233; en notre faveur. Ainsi, la volont&#233; de changer le mode de scrutin est largement r&#233;pandue.+ Le PQ est pr&#234;t &#224; reculer sur ce point et l'adoption d'un nouveau mode de scrutin est &#224; l'ordre du jour de son congr&#232;s. Sur la question de la constituante &#233;galement nous avons d&#233;j&#224; marqu&#233; des points. Le PQ peut changer. Nous ne reculerons pas sur nos principes, mais il y aura des accords concrets qui pourront peut-&#234;tre se d&#233;gager et nous assurer une progression sur le terrain &#233;lectoral nous permettant de renforcer le poids de notre d&#233;putation. Le prochain congr&#232;s permettra de prendre une d&#233;cision &#233;clair&#233;e sur ces accords concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le chantier propos&#233;, un pas vers une nouvelle convergence des ind&#233;pendantistes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d'autres, les principes et particuli&#232;rement le fait que Qu&#233;bec solidaire &#171; mette de l'avant sa propre feuille de route pour pr&#233;parer l'ind&#233;pendance en vue des &#233;lections de 2018, qu'il mette de l'avant la potentialit&#233; rassembleuse et non partisane de l'assembl&#233;e constituante et qu'il commence d&#232;s maintenant &#224; travailler &#224; des alliances ind&#233;pendantistes &#187;[amendement, 4.1.11] constitue d&#233;j&#224; une rupture assum&#233;e avec l'orientation propos&#233;e par Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e, orientation sur laquelle le PQ ne reviendra certainement pas&#8230; La conclusion du Chantier est donc pr&#233;visible. Le PQ ne pourra accepter nos principes. Et ce chantier de QS ouvre la voie &#224; une nouvelle convergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le constater, la proposition de chantier adopt&#233;e est susceptibles de diff&#233;rentes lectures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La perspective de la construction d'une convergence ind&#233;pendantiste et progressiste a &#233;t&#233; jug&#233;e comme irrecevable &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations de QS (Jean Lesage et Hull) ont propos&#233; une convergence ind&#233;pendantiste et progressiste et &#171; que Qu&#233;bec solidaire annonce d&#232;s maintenant son intention de faire de la question de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec un &#233;l&#233;ment central de sa plate-forme &#233;lectorale lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales ; que Qu&#233;bec solidaire invite Option nationale, collectif &lt;i&gt;Faut qu'on se parle&lt;/i&gt; et tout autre organisation ind&#233;pendantiste et progressiste int&#233;ress&#233;e &#224; entamer de nouvelles discussions formelles en vue d'une alliance &#233;lectorale lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales de 2018. &#187; Ces associations proposaient &#233;galement que Qu&#233;bec solidaire d&#233;cline l'invitation du OUI-Qu&#233;bec. Il s'agissait donc d'opposer une convergence de gauche contre le projet p&#233;quiste de marginaliser la question de l'ind&#233;pendance aux prochaines &#233;lections. Ces propositions ont &#233;t&#233; jug&#233;es irrecevables, car seuls des amendements &#224; la nouvelle proposition du CCN pouvaient &#234;tre recevables car ces propositions ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme de nouvelles propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ception de la proposition de Chantier par les grands m&#233;dias et le Parti qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#233;dias, la seule question pertinente &#233;tait : &#171; Allez-vous vous unir ? La r&#233;ponse des porte-parole de Qu&#233;bec solidaire &#224; leur conf&#233;rence de presse a &#233;t&#233; tr&#232;s claire :&lt;i&gt; &#171; La r&#233;ponse est oui. Nous, on veut tenter de rallier les forces vives de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, des personnes engag&#233;es et m&#234;me des partis politiques car on veut battre les Lib&#233;raux et mettre au pouvoir des progressistes qui apporteront du changement. &#187;&lt;/i&gt; Mais on promet que Qu&#233;bec solidaire exigera que les principes &#224; la base des chantiers soient partag&#233;s par les gens qui veulent s'unir avec Qu&#233;bec solidaire. Mais, le dialogue est ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e s'est dit tr&#232;s satisfait de l'ouverture de Qu&#233;bec solidaire a des candidatures communes. Il accueille dit-il la main tendue &#224; la main qu'il avait tendue envers Qu&#233;bec solidaire. Une lecture bien particuli&#232;re de ce qui a &#233;t&#233; adopt&#233; par le Conseil national, n'est-ce pas !? Il minimise les divergences entre le PQ et QS. Il souligne les convergences. Il affirme &#234;tre pour la fin de l'aust&#233;rit&#233;, pour l'&#233;galit&#233; des hommes et des femmes, pour la fin du d&#233;veloppement des hydrocarbures et pour la r&#233;forme du mode de scrutin. Il insiste que le d&#233;fi n'est pas d'assurer une convergence souverainiste, mais de b&#226;tir une convergence progressiste contre le gouvernement Couillard. Sur la souverainet&#233;, il avoue que Qu&#233;bec est plus press&#233; que le PQ sur la question du r&#233;f&#233;rendum ! Mais pour battre Couillard, il souligne que voter le PQ demeure la seule alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups fourr&#233;s de Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e vont se multiplier. La vigilance est de rigueur. Il a d&#233;j&#224; &#233;cart&#233; la convergence des forces pour l'ind&#233;pendance aux prochaines &#233;lections. Une &#171; Convergence progressiste dirig&#233;e par le PQ &#187;, c'est ni plus ni moins qu'un oxymore. Qu&#233;bec solidaire doit en faire la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un chantier de r&#233;flexion et d'action : construire d'une convergence pour un Qu&#233;bec ind&#233;pendant et pour un projet de soci&#233;t&#233; &#233;galitaire lors des prochaines &#233;lections &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ a &#233;t&#233; l'instrument d'une fracture du Qu&#233;bec sur une base identitaire. Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e a arrach&#233; la direction en utilisant ce type de rh&#233;torique. Il n'y aura pas d'&#233;lections gagnantes pour les personnes immigrantes tant que ne sera pas remise en question la domination du f&#233;d&#233;ral sur les politiques d'immigration et la remise en question des perspectives nationalistes qui traversent tant la CAQ que le Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier gouvernement p&#233;quiste a &#233;t&#233; le promoteur du d&#233;ficit z&#233;ro et du recul des investissements dans les services publics. Il s'est refus&#233; &#224; hausser les imp&#244;ts des entreprises. On verra bien si le PQ ne sera pas tent&#233; &#224; l'approche des &#233;lections par une nouvelle r&#233;duction d'imp&#244;t. Il n'y aura pas d'&#233;lections gagnantes pour les syndiqu&#233;-e-s et la majorit&#233; populaire si le PQ est report&#233; au pouvoir alors qu'il a men&#233; des politiques d'aust&#233;rit&#233; toutes les fois qu'il a form&#233; le gouvernement depuis l'&#233;poque n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas d'&#233;lections gagnantes sur le terrain &#233;nerg&#233;tique tant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral pourra nous imposer le passage de pipelines sur le territoire du Qu&#233;bec et que l'on fera confiance &#224; un parti qui a inaugur&#233; et soutenu financi&#232;rement l'exploration p&#233;troli&#232;re &#224; Anticosti. Il n'y aura pas d'&#233;lections gagnantes pour les peuples autochtones tant qu'il n'y aura pas une reconnaissance de leurs droits ancestraux, reconnaissance que refuse l'&#201;tat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti qu&#233;b&#233;cois n'a aucune strat&#233;gie pour la souverainet&#233;. Le proposition du Chantier peut &#234;tre l'objet de lectures diverses. Mais la d&#233;fense des principes avanc&#233;s dans le cadre du Chantier ne peut que nous orienter vers la n&#233;cessit&#233; de construire une nouvelle convergence qui fait de l'ind&#233;pendance et d'un projet social &#233;mancipateur l'enjeu des &#233;lections qui viennent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cahier de proposition, 18-19-20 novembre 2016, pr&#233;sentation du Bloc 2 : Participation &#224; la feuille de route de OUI-Qu&#233;bec (convergence)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Proposition initiale du CCN au Conseil national de novembre 2016&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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