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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>D'Afrin &#224; la Ghouta, pourquoi la Syrie est toujours &#224; feu et &#224; sang malgr&#233; la d&#233;faite de l'Etat islamique</title>
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		<dc:date>2018-03-06T12:42:37Z</dc:date>
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		<dc:creator>Thomas Clerget</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'adoption d'un cessez-le feu &#224; l'Onu, bombardements et combats se poursuivent &#224; la Ghouta, dans la banlieue est de Damas, tandis que l'arm&#233;e turque combat les kurdes &#224; Afrin. Plus t&#244;t en f&#233;vrier, Isra&#235;l a bombard&#233; des installations iraniennes, et des combats ont &#233;galement oppos&#233; l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#224; des paramilitaires russes. Alors que la d&#233;faite de Daesh en Syrie annon&#231;ait, pour certains, la &#171; fin de la guerre &#187;, la situation y semble en fait plus instable et explosive que jamais. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton33876-d5db2.jpg?1676738717' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; l'adoption d'un cessez-le feu &#224; l'Onu, bombardements et combats se poursuivent &#224; la Ghouta, dans la banlieue est de Damas, tandis que l'arm&#233;e turque combat les kurdes &#224; Afrin. Plus t&#244;t en f&#233;vrier, Isra&#235;l a bombard&#233; des installations iraniennes, et des combats ont &#233;galement oppos&#233; l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#224; des paramilitaires russes. Alors que la d&#233;faite de Daesh en Syrie annon&#231;ait, pour certains, la &#171; fin de la guerre &#187;, la situation y semble en fait plus instable et explosive que jamais. Pourquoi une telle flamb&#233;e de violences ? Une issue est-elle possible, et sous quelles conditions ? Bastamag d&#233;crypte la situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/D-Afrin-a-la-Ghouta-pourquoi-la-Syrie-est-toujours-a-feu-et-a-sang-malgre-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Basta Mag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il en Syrie ? Alors que, depuis la chute d'Alep fin 2016, et plus encore depuis la reprise de Raqqa &#224; l'&#201;tat islamique (EI) en octobre dernier, l'id&#233;e d'une guerre &#171; proche de la fin &#187; prenait la forme d'une &#233;vidence pour beaucoup, plusieurs &#233;v&#233;nement viennent rappeler qu'absolument rien n'est r&#233;gl&#233;. Le raid a&#233;rien isra&#233;lien men&#233; le 10 f&#233;vrier contre plusieurs cibles militaires en Syrie, dont plusieurs installations iraniennes, a notamment jet&#233; la stup&#233;faction, laissant craindre un nouveau changement d'&#233;chelle du conflit. Conduite, selon l'&#201;tat h&#233;breu, suite &#224; l'incursion d'un drone iranien au dessus de son territoire, l'op&#233;ration s'est sold&#233;e par la destruction d'un avion de combat isra&#233;lien, qui s'est &#233;cras&#233; dans le nord d'Isra&#235;l apr&#232;s avoir &#233;t&#233; touch&#233; par un missile tir&#233; depuis la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette intervention ? Les vis&#233;es isra&#233;liennes rejoignent ce qui est aujourd'hui la principale pr&#233;occupation am&#233;ricaine en Syrie : y contenir la pr&#233;sence croissante de l'Iran, synonyme de constitution d'un &#171; arc &#187; sous domination chiite, de T&#233;h&#233;ran jusqu'au Liban [1]. Le pouvoir iranien, plus discret que ses alli&#233;s de Damas et de Moscou, n'en a pas moins jou&#233; un r&#244;le majeur dans le maintien au pouvoir du r&#233;gime, via son argent &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/07/22/apres-l-accord-avec-l-iran-les-espoirs-d-assad_4693652_3218.html?xtmc=syrie_iran&amp;xtcr=1517&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;h&#233;ran aurait vers&#233;&lt;/a&gt;, selon l'Onu, entre 6 et 35 milliards de dollars par an &#224; la Syrie entre 2011 et 2015 &#8211; et ses combattants, les &#171; Gardiens de la r&#233;volution &#187;, ainsi qu'une myriade de milices islamistes chiites qui lui sont affili&#233;es. On y trouve en premi&#232;re ligne le Hezbollah libanais, et d'autres combattants en provenance d'Irak, d'Afghanistan ou du Pakistan. Si la Russie est devenue ma&#238;tresse des airs depuis 2015, ce sont les milices pro-iraniennes qui tiennent le terrain aux c&#244;t&#233;s des restes de l'arm&#233;e syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Environ un tiers du pays contr&#244;l&#233; par les YPG kurdes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;v&#233;nement, survenu quelques jours plus t&#244;t mais pass&#233; plus inaper&#231;u, confirme la profonde instabilit&#233; de la situation. Mercredi 7 f&#233;vrier dans l'est de la Syrie (province de Deir-ezzor), l'arm&#233;e am&#233;ricaine a abattu plusieurs dizaines de mercenaires russes, entre 200 et 300 selon certaines sources, plac&#233;s &#224; la t&#234;te d'une colonne de troupes favorables au r&#233;gime de Bachar al-Assad. Ils s'appr&#234;taient &#224; attaquer un site gazier tenu par les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS), alli&#233; des &#201;tats-Unis en Syrie [2]. Le lien entre ces mercenaires et le gouvernement russe &#8211; qui a officiellement proclam&#233; son retrait de Syrie il y a plusieurs semaines &#8211; n'est pas reconnu par le Kremlin, mais leur pr&#233;sence fait partie des moyens toujours engag&#233;s par Moscou aupr&#232;s du r&#233;gime de Damas. 1500 &#224; 2000 mercenaires russes seraient d&#233;ploy&#233;s en Syrie, travaillant pour la soci&#233;t&#233; priv&#233;e Wagner [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des groupes vis&#233;s par l'attaque, les Forces d&#233;mocratiques syriennes sont tr&#232;s majoritairement compos&#233;es des kurdes des &#171; Unit&#233;s de protection du peuple &#187; (YPG), ainsi que d'autres groupes de combattants syriens. Les FDS sont le principal alli&#233; en Syrie de la &#171; coalition internationale &#187; contre l'&#201;tat islamique amen&#233;e par les &#201;tats-Unis. Apr&#232;s en avoir expuls&#233; l'EI, elles contr&#244;lent la quasi-totalit&#233; du territoire syrien situ&#233; &#224; l'est de l'Euphrate, o&#249; leurs alli&#233;s de la coalition &#8211; notamment Washington &#8211; ont &#233;tabli plusieurs positions militaires. Les milices kurdes des YPG contr&#244;lent &#233;galement les zones de Manbij et d'Afrin au nord, soit au total environ un tiers du territoire syrien, tr&#232;s au del&#224; des r&#233;gions peupl&#233;es par des populations kurdes (voir zones en jaune sur la carte ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_1.jpg?3514/3b005647a528bd4c904f1080dd3a29e607f449912ad79eefb2b8bf5d8049bad4&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH452/3b005647a528bd4c-7276769f-4627a.jpg?1717600577' width='500' height='452' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Carte du contr&#244;le de la Syrie au 20/02/2018 (cliquer sur la carte pour l'agrandir). Source : site de l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL). Les zonages sont exacts, mais ne font pas &#233;tat du morcellement des forces de l'opposition (en vert) : au sud-ouest et autour de Damas, il s'agit de groupes ind&#233;pendants rattach&#233;s &#224; l'ASL. La zone situ&#233;e au nord-ouest (r&#233;gion d'Idlib), est domin&#233;e par un groupe jihadiste (Hayat Tahrir al-Sham - HTS). Au nord d'Alep, les factions li&#233;es &#224; l'ASL participent &#224; l'op&#233;ration turque contre les milices kurdes. Enfin au sud-est, la zone &#224; cheval entre les fronti&#232;res de la Jordanie et de l'Irak est tenue par des groupes soutenus par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A Afrin, l'intervention militaire turque fait les affaires du r&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone d'Afrin, dans l'extr&#233;mit&#233; nord-ouest de la Syrie, est un autre point chaud r&#233;v&#233;lateur des lignes de fracture qui tenaillent actuellement le pays. Ce canton fait l'objet d'une op&#233;ration conduite depuis le 21 janvier par l'arm&#233;e turque &#8211; &#233;paul&#233;e par des &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/rameau-d-olivier-qui-sont-ces-rebelles-syriens-aux-cotes-de-l-armee-turque_1978643.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;combattants syriens&lt;/a&gt; &#8211; et baptis&#233;e &#171; Rameau d'olivier &#187;. L'objectif pour Ankara est d'en expulser les YPG kurdes, tr&#232;s li&#233;s au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) que la capitale turque combat sur son propre territoire. La Turquie a toujours refus&#233; l'id&#233;e de cr&#233;ation d'un pays kurde courant le long de sa fronti&#232;re, et a d&#233;j&#224; annonc&#233; son intention de &#171; nettoyer &#187; ult&#233;rieurement les autres r&#233;gions du nord de la Syrie. Mais &#224; Manbij comme &#224; l'est de l'Euphrate, les combattants kurdes sont toujours soutenus par les forces am&#233;ricaines, qui ont annonc&#233; leur intention de s'y maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche dans le canton d'Afrin, c'est jusqu'ici la pr&#233;sence de l'arm&#233;e russe qui pr&#233;servait les YPG d'une attaque turque. Or, Moscou a d&#233;cid&#233; d'en retirer ses troupes, laissant le champ libre &#224; la Turquie. Pour quelle raison ? La r&#233;ponse est sugg&#233;r&#233;e par Piotr Akopov, chroniqueur de Vzgliad, journal proche du Kremlin, dans un texte republi&#233; sur la &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Russianmilitaryinsyaria/photos/a.307231352957552.1073741829.306297646384256/579582745722410/?type=3&amp;theater&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook officielle&lt;/a&gt; de la base militaire russe de Hamimim (rep&#233;r&#233; par le chercheur Syrien Haid Haid). Il s'agit d'abord, &#233;crit Akopov, d'affaiblir la position des &#201;tats-Unis en attaquant ses alli&#233;s kurdes, mais aussi de &#171; faciliter la reconstruction d'une Syrie unie &#187; &#8211; comprendre ici la reprise en main du pays par le r&#233;gime : &#171; La &#034;menace turque&#034; permanente obligera [les kurdes] &#224; chercher leur place en Syrie. Ils le feront parce que Damas et Moscou peuvent fournir des garanties de s&#233;curit&#233; aux Turcs, et parce que leur ind&#233;pendance ne les prot&#233;gera pas des &#034;op&#233;rations anti-terroristes&#034; d'Ankara. &#187; L'offensive turque, autoris&#233;e par Moscou, fait donc les affaires de la Russie comme du r&#233;gime syrien, qui essaieront &#8211; sans garantie de succ&#232;s &#8211; d'en tirer b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_2.jpg?3515/c5d1c0e1498f6a12462e6e515d61263e594ba0133375185e6067a8b05f3fec1a&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH445/c5d1c0e1498f6a12-8aeb50e5-2535c.jpg?1717600578' width='500' height='445' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Carte du contr&#244;le de la province d'Alep au 20/02/2018 (cliquer sur la carte pour l'agrandir). Source : site internet de l'ASL. Dans le coin sup&#233;rieur-gauche, le canton d'Afrin, contr&#244;l&#233; par les kurdes du YPG (en jaune), est attaqu&#233; par la Turquie via le nord, l'ouest et le sud (zones en vert tenues par l'opposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise en sc&#232;ne d'une r&#233;unification du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Selon de nombreux responsables de l'administration kurde syrienne, la Russie a indiqu&#233; aux Kurdes d'Afrin qu'ils obtiendraient sa protection s'ils livraient leur r&#233;gion au gouvernement syrien, pr&#233;cise Haid Haid sur le site d'information &lt;a href=&#034;http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/pourquoi-la-russie-t-elle-abandonn-afrin-1634149918&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Middle East Eye&lt;/a&gt;. C'est quand la proposition a &#233;t&#233; refus&#233;e que la Russie s'est retir&#233;e de la r&#233;gion. &#187; Les derniers d&#233;veloppement semblent confirmer ces informations : apr&#232;s la conclusion d'un accord avec le &lt;a href=&#034;https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-turkey/syrian-kurdish-official-deal-for-syrian-army-to-enter-afrin-idUSKCN1G20QB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;YPG kurde&lt;/a&gt;, des milices pro-r&#233;gime ont tent&#233; d'entrer &#224; Afrin le 20 f&#233;vrier. Selon des responsables kurdes, ces derni&#232;res sont cens&#233;es prendre position le long de la fronti&#232;re turque, s'interposant entre l'arm&#233;e turque et les combattants kurdes. Elles ont cependant &#233;t&#233; re&#231;ues par des tirs d'artillerie de l'arm&#233;e turque, les for&#231;ant dans un premier temps &#224; faire demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les territoires peu &#224; peu conquis et leur autonomie revendiqu&#233;e, les YPG kurdes n'ont jamais intens&#233;ment combattu les forces de Bachar al-Assad aux c&#244;t&#233;s des groupes de l'opposition. C'est plut&#244;t une non-agression r&#233;ciproque qui a pr&#233;domin&#233; entre ces deux parties depuis la r&#233;volution de 2011 [4]. Le 20 f&#233;vrier dans la soir&#233;e, peu de temps apr&#232;s la tentative avort&#233;e des forces pro-r&#233;gime d'entrer &#224; Afrin, des vid&#233;os commen&#231;aient n&#233;anmoins &#224; circuler sur les r&#233;seaux sociaux, affichant les &#171; retrouvailles &#187; de combattants du r&#233;gime avec des membres des YPG, drapeaux loyalistes [5] m&#233;lang&#233;s avec les drapeaux kurdes, scandant &#171; uni-uni-uni, le peuple syrien est uni ! &#187;, soit... l'un des slogans de la r&#233;volution. Comme pr&#233;vu, Damas veut capitaliser sur l'intervention turque : il s'agit pour le r&#233;gime de regagner en l&#233;gitimit&#233; en s'affichant comme protecteur des kurdes, et de mettre en sc&#232;ne la r&#233;unification d'un pays bris&#233; en morceaux par la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Ghouta orientale, faubourg populaire symbole de la r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, le r&#233;gime accentue l'offensive engag&#233;e fin novembre contre la zone rebelle de la Ghouta orientale, faisant pleuvoir un d&#233;luge de feu sur les habitants de la grande banlieue est de Damas, dont plusieurs localit&#233;s avaient d&#233;j&#224; subi l'attaque chimique au gaz sarin du 21 ao&#251;t 2013 [6]. Environ 400 000 personnes, dont 50% d'enfants selon l'Unicef, y sont toujours coinc&#233;es par un si&#232;ge qui dure depuis plus de quatre ans. La Ghouta, faubourg populaire, ouvrier et agricole, est l'une des zones &#224; avoir tr&#232;s t&#244;t et massivement exprim&#233; son opposition au r&#233;gime, une dynamique renforc&#233;e par la r&#233;pression des manifestations pacifiques, les ex&#233;cutions de masse &#8211; Amnesty a d&#233;crit la &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/02/syria-investigation-uncovers-governments-secret-campaign-of-mass-hangings-and-extermination-at-saydnaya-prison/?utm_source=facebook&amp;utm_medium=article&amp;utm_term&amp;utm_campaign=social&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;prison de Saidnaya&lt;/a&gt;, pr&#232;s de Damas, comme un &#171; abattoir humain &#187; &#8211;, les &lt;a href=&#034;http://information.tv5monde.com/terriennes/le-cri-etouffe-des-femmes-violees-dans-les-prisons-syriennes-brise-le-silence-209939&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;viols syst&#233;matiques&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/report/2015/12/16/if-dead-could-speak/mass-deaths-and-torture-syrias-detention-facilities&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tortures&lt;/a&gt;, et &lt;a href=&#034;https://tensofthousands.amnesty.org/fr/the-evidence/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disparitions&lt;/a&gt; subis par les activistes et leurs familles. C'est dans ce contexte qu'est apparue &#224; l'&#233;t&#233; 2011 l'Arm&#233;e syrienne libre, compos&#233;e comme &#224; Homs ou dans d'autres villes du pays d'habitants et de d&#233;serteurs de l'arm&#233;e d&#233;cid&#233;s &#224; prendre les armes pour prot&#233;ger les manifestations [7].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_3.png?3516/ad8100e4d6ec1bd5a0f135c85f03a7e46f62505ab3994f28d19c81b1d8998418&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH327/ad8100e4d6ec1bd5-7175c9ad-0984c.png?1717600578' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seuls quelques kilom&#232;tres s&#233;parent le centre de Damas de sa banlieue orientale, la Ghouta (en vert sur la carte). Cette derni&#232;re s'est autonomis&#233;e du r&#233;gime durant l'ann&#233;e 2012, et est assi&#233;g&#233;e depuis 2013 (cliquer sur la carte pour l'agrandir). Source : &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rif_Damashq.svg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a fini par se rendre totalement ma&#238;tre de la Ghouta en 2012. Les relations entre les groupes arm&#233;s locaux et les habitants se sont depuis tendues, tandis que la faiblesse des moyens de l'ASL &#8211; peu aid&#233;e par les capitales occidentales face &#224; la puissance de feu du r&#233;gime &#8211; a favoris&#233; les groupes soutenus par les puissances du Golfe et la Turquie, et leur &#233;volution en mouvements se revendiquant d'une id&#233;ologie islamiste. Les deux groupes aujourd'hui les plus puissants dans la Ghouta sont Jaych-al-Islam (salafiste non-jihadiste) et Faylaq-al-Rahmane (nationaliste, membre de l'ASL), qui comptent au total environ 10 000 combattants. Plus qu'&#224; une adh&#233;sion &#224; leur projet politique, c'est &#224; la capacit&#233; de ces groupes &#8211; qui ont aussi combattu l'EI et l'ont emp&#234;ch&#233; de s'implanter dans la Ghouta &#8211; &#224; tenir t&#234;te au r&#233;gime, qu'est d&#251; leur soutien relatif par la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul groupe jihadiste pr&#233;sent &#224; la Ghouta est Hayat Tahrir al-Sham (HTS), cr&#233;&#233; en 2017 &#224; partir de plusieurs factions dont l'ancien Front al-Nosra [8]. Alors qu'HTS domine la province d'Idlib, son implantation &#224; la Ghouta est tr&#232;s marginale. Le gouvernement syrien en exag&#232;re n&#233;anmoins la pr&#233;sence pour justifier l'offensive en cours, dont l'objectif est de tirer un trait d&#233;finitif sur l'une des quatre derni&#232;res enclaves tenues par l'opposition, sans doute la plus symbolique, et l'une des plus r&#233;silientes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assi&#233;ger, bombarder, d&#233;peupler : une strat&#233;gie bien rod&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; plusieurs tentatives de perc&#233;es depuis l'automne 2017, l'arm&#233;e syrienne et les milices chiites qui l'appuient n'ont jamais r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer dans la Ghouta. Les bombardements quotidiens ont d&#233;marr&#233; &#224; la fin du mois de novembre, franchissant un palier fin d&#233;cembre, avant de se transformer d&#233;sormais en pilonnage syst&#233;matique et indiscrimin&#233; par les aviations russe et syrienne et par l'artillerie lourde, ciblant des march&#233;s, des centres de soin d&#233;bord&#233;s par les bless&#233;s, des boulangeries, ou encore des immeubles d'habitation. Plus de 500 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s pendant les sept premiers jours de cette nouvelle offensive, auxquels s'ajoutent des centaines de morts suppl&#233;mentaires depuis la fin du mois de novembre. &#171; Il ne faut pas pr&#233;tendre, alors qu'Assad assi&#232;ge les civils de la Ghouta orientale et les bombarde sans rel&#226;che, y compris leurs h&#244;pitaux, qu'il s'agit d'une guerre : c'est un massacre &#187;, a comment&#233; l'ONG Human rights watch. En face, les rebelles ont tir&#233; des roquettes sur Damas tuant, selon les m&#233;dias officiels syriens, 20 personnes sur la derni&#232;re semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 24 f&#233;vrier, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'Onu a laborieusement adopt&#233; une r&#233;solution &#171; demandant &#187;, pour des motifs humanitaires, une cessation des combats dans tout le pays &#171; pour au moins trente jours &#187;, excluant cependant les op&#233;rations men&#233;es contre &#171; les groupes terroristes &#187;. D&#232;s le lendemain, &lt;a href=&#034;https://www.tasnimnews.com/en/news/2018/02/25/1666016/tehran-damascus-committed-to-unsc-resolution-on-syria-ceasefire-commander&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Iran annon&#231;ait&lt;/a&gt; que les op&#233;rations de &#171; nettoyage &#187; se poursuivraient &#171; dans les banlieues de Damas sous contr&#244;le terroriste &#187;. Les bombardements reprenaient d&#232;s le matin, tandis que les forces pro-r&#233;gime d&#233;clenchaient une offensive terrestre. Nouveau rebondissement dans la journ&#233;e de lundi, qui voyait Moscou &#171; ordonner &#187; une tr&#234;ve humanitaire quotidienne dans la Ghouta, de 9h &#224; 14h, ainsi que la cr&#233;ation de couloirs destin&#233;s &#224; &#233;vacuer les civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Employ&#233;e pr&#233;c&#233;demment &#224; Alep, &#224; Homs, ou sur des localit&#233;s longtemps assi&#233;g&#233;es comme Madaya, la strat&#233;gie du r&#233;gime et de ses alli&#233;s, bien rod&#233;e, a &#233;t&#233; analys&#233;e et baptis&#233;e &#171; We leave or we die &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.fr/presse/syrie-la-stratgie-de-la-reddition-ou-la-mort-qui-p&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Partir ou mourir &#187;&lt;/a&gt; par l'ONG Amnesty international [9]. Son objectif : briser la population pour faire tomber l'opposition arm&#233;e, puis &#171; n&#233;gocier &#187; le d&#233;part des survivants (civils et combattants), souvent regroup&#233;s dans la r&#233;gion d'Idlib. Le d&#233;placement des populations oppos&#233;es au r&#233;gime faisant, in fine, partie des objectifs : &#171; Le gouvernement syrien a mis en &#339;uvre une strat&#233;gie de si&#232;ges, d'homicides ill&#233;gaux et de d&#233;placements forc&#233;s, constate Amnesty. Si l'objectif affich&#233; est de vaincre les combattants de l'opposition, son utilisation cynique de la strat&#233;gie &#034;se rendre ou mourir de faim&#034; se traduit par des si&#232;ges et des bombardements aux effets d&#233;vastateurs (...). Cette attaque syst&#233;matique et de grande ampleur contre les civils s'apparente &#224; des crimes contre l'humanit&#233;. &#187; [10]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La justice, un pr&#233;alable &#224; toute forme de paix en Syrie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle multiplication des violences en Syrie est aussi le reflet d'un processus politique totalement dans l'impasse, &#224; la fois cause et cons&#233;quence de la volont&#233; de chacun des acteurs, au premier rang desquels le r&#233;gime et ses alli&#233;s, de pousser leur avantage sur le terrain. De ce point de vue, l'&#233;chec r&#233;cent des &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/moyen-orient/20180130-conference-mouvementee-sotchi-paix-syrie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#233;gociations de Sotchi&lt;/a&gt; les 30 et 31 janvier derniers &#8211; boycott&#233;es par les principaux groupes de l'opposition en pleins bombardements sur la Ghouta et la province d'Idlib &#8211; est un &#233;chec pour Moscou. Ayant pris l'avantage sur les sc&#232;nes diplomatique et militaire depuis son intervention en septembre 2015 afin d'&#233;viter l'effondrement du r&#233;gime, la Russie comptait transformer l'essai en fixant elle-m&#234;me le cadre d'une sortie du conflit. Pr&#233;c&#233;demment, les &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/05/05/guerre-en-syrie-que-contient-l-accord-d-astana_5123198_1618247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pourparlers d'Astana&lt;/a&gt;, r&#233;unissant d&#233;but 2017 Moscou, Istanbul et T&#233;h&#233;ran en dehors des discussions men&#233;es aux Nations-unies, avaient d&#233;bouch&#233; sur la cr&#233;ation de &#171; zones de d&#233;sescalade &#187;, dont faisaient partie les r&#233;gions d'Idlib et de la Ghouta, cibles depuis d'offensives du r&#233;gime...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/d_afrin_a_la_ghouta_pourquoi_la_syrie_est_toujours_a_feu_et_a_sang_malgre_la_de_faite_de_l_etat_islamique_4.jpg?3517/36056f709d87f8331d9a65b72820259f37c3b8a71fba92bf25d0a3e3c4f31768&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH338/36056f709d87f833-a1734dcb-396bd.jpg?1717600578' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Origine des morts civiles en Syrie depuis 2011, selon le &lt;a href=&#034;http://sn4hr.org/blog/category/casualities/victims-death-toll-victims/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;seau syrien pour les droits de l'homme&lt;/a&gt; (RSDH &#8211; Chiffres arr&#234;t&#233;s &#224; mars 2017, soit avant la bataille de Raqqa men&#233;e par la coalition internationale. Le RSDH estime &#224; 2286 les civils tu&#233;s par la coalition au 22/09/17 [11]) (cliquer sur le graphique pour l'agrandir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sept ann&#233;es de souffrances, une issue &#224; la &#171; guerre interminable &#187; en Syrie n'est donc pas en vue. Les estimations fixent le nombre de morts &#224; plus de 500 000 depuis 2011, dont 30 &#224; 40% de civils, auxquels s'ajoutent environ deux millions de bless&#233;s. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, de m&#234;me que le R&#233;seau syrien pour les droits de l'homme, entre 80 et 90% des victimes civiles auraient &#233;t&#233; caus&#233;es par les forces pro-r&#233;gime, du fait des bombardements, des actes de tortures et des ex&#233;cutions. Selon &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/02/syria-investigation-uncovers-governments-secret-campaign-of-mass-hangings-and-extermination-at-saydnaya-prison/?utm_source=facebook&amp;utm_medium=article&amp;utm_term&amp;utm_campaign=social&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amnesty international&lt;/a&gt;, qui &#233;voque une &#171; politique d'extermination &#187;, sur la seule prison de Saidnaya, l'un des nombreux centres de d&#233;tention du r&#233;gime, 13 000 personnes auraient &#233;t&#233; pendues de 2011 &#224; 2015. Chiffres auxquels s'ajoutent, &#224; la m&#234;me date, au moins 17 000 personnes &#171; mortes dans les ge&#244;les syriennes en raison des conditions inhumaines et de la torture &#187;. Des dizaines de milliers de femmes &lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/03/04/syrie-le-viol-arme-de-destruction-massive_4377603_3218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;auraient &#233;t&#233; viol&#233;es&lt;/a&gt;, l&#224; encore dans le cadre d'une politique syst&#233;matique de terreur visant l'opposition [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une population qui comptait &#224; l'origine 22 millions d'habitants, 5,4 millions ont d&#251; fuir le pays, tandis que 6,1 millions sont des d&#233;plac&#233;s internes [13]. Selon l'Onu, une aide m&#233;dicale urgente est n&#233;cessaire pour 13 millions de personnes. Au regard de l'ampleur invraisemblable des crimes commis sur la population, g&#233;n&#233;ralement pass&#233;s au second plan dans les analyses dites &#171; g&#233;opolitiques &#187;, les appels r&#233;currents &#224; la paix en Syrie pourraient bien ne rester que de vaines paroles, en l'absence de la mise en &#339;uvre d'un v&#233;ritable processus de justice, et de la condamnation des responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;@Thomas_Clerget&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'Iran est la principale puissance chiite &#8211; une branche minoritaire de l'Islam aux c&#244;t&#233;s du sunnisme dominant. Les chiites sont &#233;galement au pouvoir en Irak, tandis qu'au Liban, dans le cadre d'un syst&#232;me politique multiconfessionnel, le Hezbollah, tr&#232;s proche de l'Iran, est la principale force militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'&#233;v&#233;nement a &#233;t&#233; rapport&#233; et a fait l'objet d'enqu&#234;tes de la part de nombreux journaux. Par exemple sur le site d'information &lt;a href=&#034;http://www.middleeasteye.net/news/us-coalition-killed-scores-russian-mercenaries-syrian-battle-1684467168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Middle east eye&lt;/a&gt;, mais aussi sur le &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/world/2018/feb/16/russian-mercenaries-in-syria-buried-quietly-and-forgotten&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guardian&lt;/a&gt;, ou encore en France dans &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/15/polemique-a-moscou-sur-des-mercenaires-russes-tues-par-la-coalition-americaine-en-syrie_5257594_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt; ou le &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/02/20/97001-20180220FILWWW00179-syrie-des-dizaines-de-russes-tues-ou-blesses.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Figaro&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir par exemple cet &lt;a href=&#034;https://www.independent.co.uk/news/world/europe/syria-civil-war-russia-wagner-private-mercenaries-sdf-reaction-kremlin-a8214811.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; de l'Independant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] D&#233;clench&#233;e en mars 2011, avec d'importantes manifestations pacifiques aux quatre coins du pays, la r&#233;volution syrienne a &#233;volu&#233; en conflit arm&#233; sous l'effet d'une brutale r&#233;pression des manifestants par le r&#233;gime, puis en guerre r&#233;gionale avec l'implication de nombreuses puissances &#233;trang&#232;res favorables (Russie, Iran) ou oppos&#233;es (Turquie, Arabie Saoudite, &#201;tats-Unis...) au r&#233;gime de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le drapeau arbor&#233; par le r&#233;gime de Damas est le drapeau officiel syrien depuis 1980, qui comporte trois bandes horizontales &#8211; rouge, blanche, noire, en partant du haut &#8211; et deux &#233;toiles. Le &lt;a href=&#034;http://observers.france24.com/fr/20111104-l%E2%80%99opposition-syrienne-impose-son-nouveau-drapeau-conseil-national&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;drapeau adopt&#233; par le mouvement r&#233;volutionnaire en 2011&lt;/a&gt; est le drapeau en vigueur &#224; l'ind&#233;pendance du pays en 1946 : trois bandes &#8211; verte (au lieu de rouge), blanche et noire &#8211; et trois &#233;toiles rouges, au lieu de deux vertes sur le drapeau du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Cette attaque chimique avait tu&#233; plus de 1000 personnes et constitu&#233; l'un des tournants du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Pour un r&#233;cit d&#233;taill&#233; concernant les premi&#232;res heures de la r&#233;volution, ses grandes manifestations pacifiques et leur r&#233;pression par le r&#233;gime, l'exp&#233;rience de la torture, la cr&#233;ation de l'ASL, l'apparition des factions islamistes... lire le bel ouvrage de Majd al-Dik, jeune activiste syrien aujourd'hui r&#233;fugi&#233; politique en France : A l'est de Damas, au bout du monde. T&#233;moignage d'un r&#233;volutionnaire syrien, &#233;d. Don Quichotte (Seuil), 2016 (&#233;crit avec Nathalie Bontemps).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Al-Nosra &#233;tait affili&#233; &#224; al-Qa&#239;da jusqu'en 2016. Aujourd'hui, Al-Qa&#239;da a cr&#233;&#233; un nouveau groupe dans la province d'Idlib, en concurrence avec HTS au sein de la mouvance jihadiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir ici le rapport complet &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.be/IMG/pdf/_we_leave_or_we_die__syria_report-2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;We leave or we die&lt;/a&gt; par Amnesty international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Voir ici une &lt;a href=&#034;https://syriadisplaced.amnesty.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;carte interactive&lt;/a&gt; des d&#233;placements forc&#233;s en Syrie, avant la bataille actuellement engag&#233;e &#224; la Ghouta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme donne un chiffre comparable, soit 2815 personnes tu&#233;es dans les bombardements de la coalition internationale au 22/01/18. L'ONG Airways avance une fourchette plus &#233;lev&#233;e, comprise entre 3481 et 5304 morts au 31/12/17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Une enqu&#234;te approfondie, men&#233;e dans le cadre du projet &#171; Zero impunity &#187; par les journalistes du collectf Youpress C&#233;cile Andrjezewski et Le&#239;la Mi&#241;ano, avec Daham Alasaad, a &#233;galement mis en lumi&#232;re l'existence d'une politique syst&#233;matis&#233;e de viols visant les enfants d'opposants politiques au r&#233;gime syrien : &lt;a href=&#034;https://zeroimpunity.com/les-viols-d-enfants-l-autre-crime-de-guerre-du-regime-assad/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les viols d'enfants, l'autre crime de guerre du r&#233;gime Assad&lt;/a&gt;. Cette enqu&#234;te a &#233;galement &#233;t&#233; publi&#233;e sur le site d'information Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Chiffres donn&#233;s par l'&lt;a href=&#034;http://www.unhcr.org/syria-emergency.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt; (UNHCR).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans Afrin assi&#233;g&#233; : Grandes man&#339;uvres dans le Kurdistan syrien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dans-Afrin-assiege-Grandes-manoeuvres-dans-le-Kurdistan-syrien</link>
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		<dc:date>2018-03-06T12:40:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Mercadier</dc:creator>


		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU a adopt&#233; le 24 f&#233;vrier la r&#233;solution 2401 demandant un arr&#234;t imm&#233;diat des combats sur tout le territoire syrien. Si l'accent a &#233;t&#233; mis sur la question particuli&#232;rement dramatique de la Goutha orientale, cette r&#233;solution s'applique aussi &#224; l'enclave d'Afrin, assi&#233;g&#233;e depuis le 20 janvier par l'arm&#233;e turque et les groupes djihadistes qui lui sont affili&#233;s. Ankara refuse d'appliquer cet accord de cesser-le-feu, arguant que la r&#233;gion est aux mains de &#171; terroristes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Iran-+" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Turquie-+" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Russie-+" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton33880-cb44d.jpg?1679048395' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU a adopt&#233; le 24 f&#233;vrier la r&#233;solution 2401 demandant un arr&#234;t imm&#233;diat des combats sur tout le territoire syrien. Si l'accent a &#233;t&#233; mis sur la question particuli&#232;rement dramatique de la Goutha orientale, cette r&#233;solution s'applique aussi &#224; l'enclave d'Afrin, assi&#233;g&#233;e depuis le 20 janvier par l'arm&#233;e turque et les groupes djihadistes qui lui sont affili&#233;s. Ankara refuse d'appliquer cet accord de cesser-le-feu, arguant que la r&#233;gion est aux mains de &#171; terroristes &#187; kurdes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/grandes-manoeuvres-dans-le-kurdistan-syrien,2294&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre envoy&#233; sp&#233;cial Sylvain Mercadier se trouvait dans l'un des convois civils de soutien aux forces kurdes qui s'est fait bombarder le 23 f&#233;vrier par des milices proturques en arrivant dans la r&#233;gion d'Afrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes trouv&#233;s dans le troisi&#232;me convoi de soutien qui avait quitt&#233; Qamichli et Koban&#233; le 21 f&#233;vrier dernier pour atteindre Afrin apr&#232;s deux jours de route. En arrivant dans le canton d'Afrin de nuit, ce convoi de plus de mille civils a &#233;t&#233; pris pour cible par des &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/escalade-aventureuse-de-la-turquie-contre-les-kurdes,2233&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;frappes turques&lt;/a&gt; et des tirs de mortier venant des collines tenues par les rebelles djihadistes au sud du canton d'Afrin. R&#233;sultat : un mort et une dizaine de bless&#233;s. Nous nous sommes ru&#233;s vers des villages aux alentours pour y trouver refuge. Beaucoup de voitures ont &#233;t&#233; calcin&#233;es par les bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le convoi, nous avons rencontr&#233; de nombreux repr&#233;sentants de toutes les communaut&#233;s du nord de la Syrie : Arabes, Assyriens, Syriaques, Turkm&#232;nes, Arm&#233;niens.... Les volontaires ayant fait le plus long voyage &#233;taient certainement des y&#233;zidis du Sinjar en Irak, arriv&#233;s dans un bus irakien. L'Organisation de l'Etat islamique (OEI) avait commis un effroyable &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/les-yezidis-du-sinjar-oublies-du-chaos-irakien,0651&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;massacre contre les y&#233;zidis&lt;/a&gt; en ao&#251;t 2014 et ces derniers sont reconnaissants au Parti de l'union d&#233;mocratique (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), d'avoir organis&#233; un corridor pour les secourir, contrairement aux peshmergas du Parti d&#233;mocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani qui avaient quitt&#233; les lieux sans combattre. Des milliers de y&#233;zidis &#233;taient d'ailleurs r&#233;fugi&#233;s depuis 2014 dans la r&#233;gion d'Afrin en toute s&#233;curit&#233;, ils se retrouvent aujourd'hui sous les bombes d'un pays membre de l'OTAN...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le trajet vers Afrin, nous avons crois&#233; des chefs de tribus arabes, dont les Walida et les Shammar de la r&#233;gion de Tabqa. D'autres repr&#233;sentants arabes venus de la zone contr&#244;l&#233;e par les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS) de la province de Deir ez-Zor ont &#233;galement pris part &#224; l'exp&#233;dition. &#171; Nous sommes venus apporter notre soutien aux habitants d'Afrin victimes d'une agression ext&#233;rieure et d'une tentative de partition de la Syrie &#187;, nous expliquent plusieurs militants. Les repr&#233;sentants arabes affichent leur soutien aux forces kurdes, dans une r&#233;gion o&#249; Arabes et Kurdes sont souvent mis en opposition par la politique des r&#233;gimes arabes ou par la propagande anti-kurde des uns, anti-arabe des autres. &#171; L'invasion de l'arm&#233;e turque est une op&#233;ration de division de notre pays que nous refusons cat&#233;goriquement &#187;, annonce sur un ton d&#233;termin&#233; le cheikh Mohamed Ahmed Al-Fannam, originaire de Jizra et r&#233;fugi&#233; une nuit dans le village de Bassouteh pr&#232;s de l'endroit o&#249; le convoi a &#233;t&#233; bombard&#233;. &#192; Bassouteh, les habitants ne sont pas pr&#234;ts d'oublier la nuit o&#249; les bombardements ont contraint pr&#232;s d'un millier de civils &#224; venir se r&#233;fugier dans leurs maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin, tr&#232;s t&#244;t, des taxis collectifs nous am&#232;nent dans la ville d'Afrin o&#249; les c&#233;l&#233;brations pr&#233;vues ont &#233;t&#233; annul&#233;es. Rapidement, une manifestation s'&#233;lance dans les rues. C'est un exercice quotidien, quand le temps et la s&#233;curit&#233; le permettent. Les manifestants y scandent des slogans de r&#233;sistance et reprennent souvent les m&#234;mes mots, &#171; Sourya wahda ! &#187; : La Syrie est unie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tat de si&#232;ge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Afrin, la vie suit son cours. Les commerces sont ouverts et les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; restent disponibles et abordables, m&#234;me si parfois se constituent des files d'attente devant certaines boulangeries. Les habitants vaquent &#224; leurs occupations... tant que l'arm&#233;e turque ne bombarde pas. Mais c'est un calme trompeur, parce que si la ville a &#233;t&#233; plus ou moins &#233;pargn&#233;e par les frappes a&#233;riennes, ce sont les villages &#224; la fronti&#232;re turque dans le nord et le nord-ouest qui ont le plus souffert des bombardements a&#233;riens. La gare routi&#232;re du centre-ville est transform&#233;e en lieu d'accueil pour les r&#233;fugi&#233;s des villages conquis par l'arm&#233;e turque ou bombard&#233;s. Beaucoup de r&#233;fugi&#233;s ont aussi trouv&#233; refuge chez des proches dans la capitale du canton ou dans les villages encore paisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville est bien entretenue, bien que quelques b&#226;timents aient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;truits par des frappes a&#233;riennes. Jwan Mohamed, directeur de l'h&#244;pital d'Afrin, dresse un bilan de la situation : &#171; Nous ne sommes pas encore d&#233;bord&#233;s pour le moment. En revanche, nous avons des preuves d'usage de chlore par la Turquie dans le village de Arende le 17 f&#233;vrier. L'attaque a fait 6 victimes civiles. Trois ambulances ont &#233;galement &#233;t&#233; endommag&#233;es par des frappes turques et de nombreux civils ont perdu la vie en dehors des zones de combat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autour d'Afrin, les milices kurdes et leurs alli&#233;s ont creus&#233; des tranch&#233;es profondes renforc&#233;es par des murs en terre pour barricader la ville et freiner l'avanc&#233;e des tanks et des troupes turques et leurs alli&#233;s djihadistes si jamais elles arrivaient jusque l&#224;. De nombreux habitants de la p&#233;riph&#233;rie ont d&#233;j&#224; &#233;vacu&#233; leurs maisons en pr&#233;vision des combats &#224; venir. Des bombardements ont eu lieu toute la journ&#233;e de dimanche 25 f&#233;vrier autour d'Afrin et les forces turques ont continu&#233; leurs avanc&#233;es dans le nord et le sud-ouest d'Afrin. &#171; Il est &#233;vident que les Russes essaient de nous pousser &#224; livrer le canton au r&#233;gime de Bachar Al-Assad pour contrer les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains de la r&#233;gion, mais nous sommes d&#233;termin&#233;s &#224; garder le contr&#244;le de notre canton et &#224; prot&#233;ger la population, bien que les milices du r&#233;gime soient les bienvenues pour pr&#234;ter main-forte aux YPG/YPJ1 &#187;, explique Gule Jumo, le repr&#233;sentant pour la d&#233;fense du canton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'accord Russie-Turquie sur le dos des Kurdes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qamichli, Koban&#233; et Afrin sont les trois cantons qui forment ensemble la &#171; F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique du nord de la Syrie &#187; &#8212; le &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/rojava-une-utopie-au-coeur-du-chaos-syrien,2030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rojava&lt;/a&gt; &#8212; dont les Kurdes et leurs alli&#233;s sur le terrain ont d&#233;clar&#233; l'autonomie en 2014. Cette r&#233;gion &#233;chappe &#224; la fois au r&#233;gime syrien et aux djihadistes. Les deux cantons &#224; l'est de l'Euphrate (Koban&#233; et Qamichli) sont prot&#233;g&#233;s par les &#201;tats-Unis, tandis que le canton &#224; l'ouest de l'Euphrate (Afrin) &#233;tait jusqu'au 20 janvier sous la protection de la Russie. En janvier 2018, la Russie voulait que les forces kurdes &#224; Afrin transmettent le pouvoir au r&#233;gime de Damas, ce que les Kurdes ont refus&#233;. Ensuite Moscou a autoris&#233; la Turquie &#224; violer l'espace a&#233;rien au-dessus de la province d'Afrin, jusqu'ici &#233;pargn&#233;e par la guerre et qui accueillait des centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s syriens, sans la moindre subvention de l'Union europ&#233;enne. Mais le canton d'Afrin, &#224; l'ouest de l'Euphrate, est rest&#233; coup&#233; des deux autres cantons du Rojava, Koban&#233; et Qamichli, apr&#232;s la premi&#232;re intrusion de la Turquie en Syrie en 2016, qui a coup&#233; les trois cantons en deux en occupant Jarablous et Al-Bab.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite apr&#232;s le d&#233;but de l'invasion turque en janvier 2018, il est devenu clair qu'avec l'arm&#233;e turque, un m&#233;lange de rebelles et de djihadistes de l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL), d'Al-Nosra et des transfuges de l'OEI entrerait dans la province d'Afrin. Le r&#233;gime syrien a d'abord propos&#233; son aide aux Kurdes d'Afrin &#224; condition qu'ils se d&#233;sarment pr&#233;alablement. Ce que les Kurdes ont de nouveau refus&#233;. Ensuite, face &#224; un regroupement et la remise en selle des djihadistes gr&#226;ce &#224; l'invasion turque &#224; Afrin, le &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/demain-en-syrie-une-guerre-entre-israel-et-l-iran,2291&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;gime syrien et l'Iran ont accept&#233; d'entrer &#224; Afrin et soutenir les Kurdes&lt;/a&gt; &#8212; cette fois-ci sans imposer la condition du d&#233;sarmement pr&#233;alable. La Russie a cependant fermement oppos&#233; son v&#233;to.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, on ne peut que formuler des hypoth&#232;ses &#224; propos de cet accord Russie-Turquie : achat d'armes russes par la Turquie ; la Russie abandonne la province d'Afrin &#224; la Turquie &#224; condition d'avoir les mains libres &#224; Idlib, tenue par les djihadistes et o&#249; la Turquie intervient. Vladimir Poutine verrait sans doute d'un bon oeil que la Turquie s'&#233;loigne un peu des &#201;tats-Unis et de l'OTAN... R&#233;sultat de ce jeu d'alliances devenu tr&#232;s opaque : les seules forces militaires qui sont venues aider les milices kurdes &#224; Afrin sont quelques centaines de miliciens pro-r&#233;gime syrien ; &#171; pas suffisant pour repousser l'arm&#233;e turque &#187;, explique le journaliste et analyste Elijah Magnier &#224; Orient XXI. Entretemps, le si&#232;ge des deux bourgs strat&#233;giques de Jenderis et Rajo a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s politiques de la F&#233;d&#233;ration autonome d'Afrin r&#233;it&#232;rent leur volont&#233; de lutter dans le cadre d'une Syrie unifi&#233;e, mais d&#233;mocratis&#233;e. C'est dans cette optique que les convois civils et avant eux des renforts de milices FDS ont pu traverser une zone tenue par le r&#233;gime syrien pour acc&#233;der &#224; Afrin. &#171; Les Kurdes pr&#233;f&#232;rent largement que les forces du r&#233;gime interviennent dans Afrin plut&#244;t que de voir les Turcs s'adonner &#224; un nettoyage ethnique &#187;, soutient Arin2, un Kurde de Qamichli. Lors du passage du convoi de civils dans la zone du r&#233;gime, la fraternit&#233; syrienne s'est exprim&#233;e dans chaque village travers&#233;. La foule arabe haranguait les membres du convoi et levait les doigts en forme de V le long des routes. Si un accord entre le gouvernement syrien et les autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales n'a pas encore vu le jour, l'absence de mobilisation d'une communaut&#233; internationale incapable de calmer les ardeurs de l'&#201;tat turc risque en effet de rapprocher sensiblement la F&#233;d&#233;ration et le r&#233;gime baasiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;chiquier r&#233;gional et international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain militaire, la situation &#233;volue rapidement. L'arm&#233;e turque semble vouloir acc&#233;l&#233;rer le rythme de son offensive. Le probl&#232;me pour les forces kurdes, ce sont les bombardements a&#233;riens. &#171; Nous sommes &#233;quip&#233;s et assez nombreux pour affronter des forces terrestres, mais comment se d&#233;fendre contre des bombes lanc&#233;es par des F-16 ? C'est comme &#231;a que la communaut&#233; internationale nous remercie d'avoir chass&#233; l'OEI de la Syrie ? &#187;, s'insurge Hevi Mustafa, copr&#233;sidente du canton d'Afrin. Tous les habitants rencontr&#233;s semblent conscients qu'Afrin et la F&#233;d&#233;ration du nord de la Syrie sont prises en &#233;tau entre les int&#233;r&#234;ts de puissances r&#233;gionales qui les d&#233;passent. L'implication des Turcs, des Russes, des Am&#233;ricains place les consid&#233;rations humanitaires et d&#233;mocratiques au second rang des priorit&#233;s. Tous nos interlocuteurs savent que l'offensive turque vise avant tout &#224; an&#233;antir les espoirs de voir un jour un &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/va-comprendre/pourquoi-le-peuple-kurde-n-a-t-il-pas-d-etat,2172&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;tat kurde&lt;/a&gt; &#224; leurs fronti&#232;res. Mais les autorit&#233;s de la F&#233;d&#233;ration sont cat&#233;goriques : &#171; Nous ne visons pas la cr&#233;ation d'un &#201;tat mais le d&#233;veloppement d'une forme de f&#233;d&#233;ralisme en Syrie qui permette la repr&#233;sentation de toutes les composantes de la soci&#233;t&#233; &#187;, explique Fawza Al-Yusuf, copr&#233;sidente du Conseil ex&#233;cutif du Mouvement pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (TEV-DEM), la principale coalition politique au sein de la F&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le canton d'Afrin, autrefois un &#238;lot de stabilit&#233; dans une Syrie &#224; feu et &#224; sang, est d&#233;sormais rattrap&#233; par la guerre et les horreurs qui ont frapp&#233; le pays depuis 2011. Le pr&#233;sident turc Recep Tayyip Erdo&#287;an a d&#233;j&#224; annonc&#233; la couleur : si jamais il prend Afrin, il se ruera pour prendre Manbij, &#233;galement &#224; l'ouest de l'Euphrate, mais &#171; prot&#233;g&#233;e &#187; par les &#201;tats-Unis. Jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvain Mercadier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Depuis la bataille de Koban&#233; en 2014, le nord de la Syrie a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de l'OEI et d'autres djihadistes par les Unit&#233;s de protection du peuple (YPG) et les Unit&#233;s de protection de la femme (YPJ). Ces forces se sont ensuite &#233;largies aux non-Kurdes au sein des Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- A r&#233;pondu &#224; l'interview sous couvert d'anonymat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie. &#171; Mais quand je dis &#171; r&#233;gime &#187;, je parle en fait de l'axe Russie-Iran-Assad &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syrie-Mais-quand-je-dis-regime-je-parle-en-fait-de-l-axe-Russie-Iran-Assad</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Syrie-Mais-quand-je-dis-regime-je-parle-en-fait-de-l-axe-Russie-Iran-Assad</guid>
		<dc:date>2018-03-06T12:39:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilbert Achcar</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A deux reprises auparavant, Assad &#233;tait au bord d'une d&#233;faite massive, sauv&#233; &#224; chaque fois par une intervention &#233;trang&#232;re, d'abord par l'Iran, puis par la Russie. En cons&#233;quence, le r&#233;gime a maintenant l'avantage militaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de :Entre les lignes et les mots 2018 - 9 - 3 mars : Notes de lectures et textes &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; le 1 mars 2018 | Poster un commentaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec Gilbert Achcar &lt;br class='autobr' /&gt;
Assad et Poutine ont r&#233;cemment d&#233;clar&#233; qu'ils avaient &#171; gagn&#233; la guerre &#187;. La guerre de Syrie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A deux reprises auparavant, Assad &#233;tait au bord d'une d&#233;faite massive, sauv&#233; &#224; chaque fois par une intervention &#233;trang&#232;re, d'abord par l'Iran, puis par la Russie. En cons&#233;quence, le r&#233;gime a maintenant l'avantage militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de :Entre les lignes et les mots 2018 - 9 - 3 mars : Notes de lectures et textes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 1 mars 2018 | Poster un commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Gilbert Achcar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assad et Poutine ont r&#233;cemment d&#233;clar&#233; qu'ils avaient &#171; gagn&#233; la guerre &#187;. La guerre de Syrie est-elle termin&#233;e ? Qu'adviendra-t-il de Bachar al-Assad ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de v&#339;ux pieux dans de telles proclamations : des batailles font toujours rage dans la r&#233;gion d'Idlib et dans la Ghouta orientale [une nouvelle offensive terrestre de l'arm&#233;e syrienne &#233;tait annonc&#233;e le 17 f&#233;vrier 2018, les bombardements n'ont pas cess&#233; : &#171; chaque minute, ce sont entre 20 et 30 obus qui s'abattent sur des zones r&#233;sidentielles &#187;, selon l'activiste de l'opposition syrienne Mazen Al-Shami]. Il est vrai, cependant, que le r&#233;gime, soutenu par l'Iran et la Russie, a maintenant &#233;t&#233; consolid&#233; et n'est plus confront&#233; &#224; une menace existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A deux reprises auparavant, il &#233;tait au bord d'une d&#233;faite massive, sauv&#233; &#224; chaque fois par une intervention &#233;trang&#232;re, d'abord par l'Iran, puis par la Russie. En cons&#233;quence, le r&#233;gime a maintenant l'avantage militaire. Mais quand je dis &#171; r&#233;gime &#187;, je parle en fait de l'axe Russie-Iran-Assad, car le r&#233;gime d'Assad n'aurait pas pu accomplir tout cela &#224; lui seul. Loin de l&#224;, il aurait &#233;t&#233; vaincu il y a longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il y a encore une tr&#232;s grande partie de la Syrie qui &#233;chappe au contr&#244;le du r&#233;gime dans le nord-est, domin&#233;e par les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS). Les Unit&#233;s de protection du peuple syro-kurde (YPG), dirig&#233;es par le Parti de l'Union d&#233;mocratique (PYD), forment la colonne vert&#233;brale du FDS. Elles contr&#244;lent une grande partie de la Syrie, couvrant toute la zone situ&#233;e &#224; l'est de l'Euphrate jusqu'aux fronti&#232;res turques et irakiennes &#8211; et c'est l&#224; que les troupes am&#233;ricaines sont r&#233;ellement impliqu&#233;es sur le terrain. Deux autres zones sont sous le contr&#244;le des YPG et de leurs alli&#233;s : Manbij, &#224; l'ouest de l'Euphrate, et Afrin [nord-ouest de la Syrie] o&#249; se d&#233;roule l'offensive turque actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie a lanc&#233; une attaque contre la zone d'Afrin contr&#244;l&#233;e par le YPG. Cela repr&#233;sente-t-il une nouvelle escalade du conflit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une contradiction majeure. Depuis de nombreuses ann&#233;es, les puissances occidentales suivent leur alli&#233; turc, un membre cl&#233; de l'OTAN, en qualifiant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d'&#171; organisation terroriste &#187;. Au fil des ans, l'arm&#233;e turque s'est livr&#233;e &#224; plusieurs offensives contre les Kurdes en Turquie avec le soutien des pays de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, lorsque les Etats-Unis ont d&#233;cid&#233; de combattre ISIS [Daech] en Syrie et en Irak en 2014, ils ne voulaient pas impliquer directement les troupes am&#233;ricaines sur le terrain dans la bataille, mais au contraire fournir un soutien a&#233;rien et mat&#233;riel aux forces locales. Ainsi, ils ont constat&#233; que le meilleur alli&#233; possible dans cette bataille en Syrie, d'un point de vue militaire, serait les forces kurdes. Washington a encourag&#233; la cr&#233;ation des FDS, avec l'inclusion des Arabes syriens qui appartiennent pour la plupart &#224; la r&#233;gion actuellement sous le contr&#244;le des FDS, afin que les &#201;tats-Unis ne semblent pas &#234;tre impliqu&#233;s dans une lutte ethnique aux c&#244;t&#233;s de la minorit&#233; kurde. Comme tout le monde sait que les PYD/YPG sont &#233;troitement li&#233;s au PKK, cette alliance a donc cr&#233;&#233; un paradoxe politique. Dans leur combat contre Daech, les Etats-Unis se sont appuy&#233;s sur une force li&#233;e &#224; un mouvement politique officiellement qualifi&#233; de &#171; terroriste &#187; par la Turquie et ses alli&#233;s de l'OTAN, y compris Washington. Comme on pouvait s'y attendre, cela a &#233;norm&#233;ment irrit&#233; l'&#201;tat turc, indign&#233; de voir les &#201;tats-Unis coop&#233;rer avec son ennemi public num&#233;ro un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; exacerb&#233; par le fait qu'Erdogan a op&#233;r&#233; un changement nationaliste fort radical en 2015, lorsque son parti, le Parti de la justice et du d&#233;veloppement (AKP), a perdu la majorit&#233; parlementaire. Cela fut le r&#233;sultat de l'augmentation du nombre de voix obtenues par une coalition de gauche au sein de laquelle le mouvement kurde a jou&#233; un r&#244;le central (le HDP, Parti d&#233;mocratique des peuples), mais aussi &#8211; et surtout &#8211; suite &#224; la perte de voix contre les nationalistes turcs d'extr&#234;me droite. Face &#224; cette situation, Erdogan a repris la guerre contre les Kurdes apr&#232;s des ann&#233;es de paix relative, en attisant le nationalisme turc. La position conservatrice islamique de son discours n'a pas chang&#233;, mais un nouveau virage s'est op&#233;r&#233; dans la direction du nationalisme turc conjointement &#224; de nouvelles brutales offensives contre les Kurdes. Erdogan a organis&#233; une deuxi&#232;me &#233;lection, cinq mois plus tard [novembre 2015], au cours de laquelle son parti a retrouv&#233; une majorit&#233; parlementaire. Actuellement, l'AKP est en alliance avec le principal parti nationaliste turc d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, cette position d'Erdogan le mettait de plus en plus sur une trajectoire de collision avec les &#201;tats-Unis. Les tensions avec l'administration Obama ont augment&#233;. Erdogan parie pendant un certain temps sur l'administration Trump ; Donald Trump a promis de cesser de soutenir les forces kurdes en Syrie. Cependant, le Pentagone l'a contredit, car les forces kurdes ont prouv&#233; qu'elles &#233;taient d'excellents combattants et ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la d&#233;faite de Daech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pentagone consid&#232;re les FDS comme la principale carte qu'il d&#233;tient aujourd'hui en Syrie. Il sait que s'il coupe les liens avec le FDS, le r&#233;gime d'Assad et les forces dirig&#233;es par l'Iran tenteront in&#233;vitablement de r&#233;cup&#233;rer la vaste zone strat&#233;gique situ&#233;e &#224; l'est de l'Euphrate. &#201;tant donn&#233; que les &#201;tats-Unis sont d&#233;termin&#233;s &#224; contenir l'expansion de l'Iran dans la r&#233;gion, le Pentagone ne voit pas d'autre option que de soutenir [armement, soutien a&#233;rien, intelligence] les forces syro-kurdes et d'assurer un appui aux FDS. C'est l&#224; que r&#233;side la friction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan attaque actuellement la r&#233;gion &#224; majorit&#233; kurde d'Afrin dans le nord-ouest de la Syrie. Cette r&#233;gion n'a jou&#233; aucun r&#244;le dans la lutte contre Daech et donc n'&#233;tait pas une pr&#233;occupation pour les Etats-Unis. Aucune troupe &#233;tatsunienne n'y est pr&#233;sente. Mais Erdogan a menac&#233; de se retourner contre Manbij [dans le gouvernorat d'Alep] &#8211; o&#249; les FDS sont soutenues par une pr&#233;sence am&#233;ricaine directe sur le terrain. La Russie a donn&#233; son feu vert &#224; l'intervention turque dans la r&#233;gion d'Afrin, retirant ses propres troupes de la r&#233;gion. Son objectif est donc d'exacerber le clivage turco-&#233;tatsunien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette situation devient encore plus compliqu&#233;e. Ici nous pouvons nous rapporter &#224; la question initiale : c'est loin d'&#234;tre termin&#233; en Syrie. Toute &#171; mission accomplie &#187;, comme G. W. Bush l'a annonc&#233; tr&#232;s imprudemment et de mani&#232;re tr&#232;s inopportune peu apr&#232;s l'occupation de l'Irak et comme Poutine &#224; deux reprises l'a proclam&#233; au sujet de la Syrie, ne rel&#232;ve que d'un v&#339;u pieux. Rien n'est r&#233;solu en Syrie. Le r&#233;gime d'Assad, m&#234;me avec le soutien de la Russie, n'a pas la capacit&#233; de contr&#244;ler le pays. Il a besoin de l'Iran. Pourtant, la pr&#233;sence de l'Iran en Syrie est inacceptable tant pour les &#201;tats-Unis que pour Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Turquie, si elle devait vaincre les forces kurdes, accepterait-elle d'aller jusqu'&#224; occuper Manbij ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vraiment tr&#232;s difficile &#224; dire. Et ce qui se passe aujourd'hui est assez r&#233;v&#233;lateur. Il serait tr&#232;s dur pour les forces turques de rester longtemps dans la r&#233;gion d'Afrin, m&#234;me si elles r&#233;ussissent &#224; l'occuper, car elles seraient l'objet d'attaques permanentes. De plus, ces forces militaires seraient engag&#233;es dans une guerre sur un territoire &#233;tranger, sans l'excuse d'&#234;tre invit&#233;es par le gouvernement officiel, contrairement aux forces iraniennes et russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan joue avec le feu. Il a pris un grand risque avec cette op&#233;ration. Confront&#233; au m&#233;contentement, m&#234;me au sein de son propre parti, il utilise ce coup de fouet nationaliste pour consolider son pouvoir. Mais un revers militaire pourrait lui co&#251;ter cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelles circonstances l'Iran quitterait-il la Syrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran devrait &#234;tre contraint de partir. Cela pourrait se produire s'il existe un accord russo-am&#233;ricain, sous la forme d'une r&#233;solution du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies stipulant que, sur la base d'un accord politique qui serait conclu &#224; Gen&#232;ve, toutes les troupes &#233;trang&#232;res entr&#233;es en Syrie apr&#232;s 2011, &#224; l'exception des Russes qui se trouvaient d&#233;j&#224; en Syrie, bien avant cette ann&#233;e-l&#224; [base de Tartous d&#232;s 1971], devraient quitter le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait difficile pour l'Iran de dire &#171; non &#187;, surtout si le r&#233;gime syrien fait partie de cet accord. Assad ne se rangerait pas du c&#244;t&#233; de l'Iran contre Moscou s'il devait choisir. Moscou peut compter sur son type de pr&#233;sence militaire, tandis que l'Iran ne dispose que de forces terrestres. T&#233;h&#233;ran ne laisserait pas au r&#233;gime syrien la m&#234;me marge d'autonomie que Moscou. Ajoutez &#224; cela que le r&#233;gime iranien est id&#233;ologiquement tr&#232;s diff&#233;rent du r&#233;gime syrien. Le r&#233;gime syrien a &#233;t&#233; d&#233;crit par beaucoup comme un rempart contre le fondamentalisme islamique, m&#234;me s'il est soutenu sur le terrain par les forces int&#233;gristes [Hezbollah libanais] islamiques dirig&#233;es par l'Iran. Cela fait aussi partie de la complexit&#233; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu d'importantes manifestations en Iran depuis le 28 d&#233;cembre dernier. Quelle influence l'intervention iranienne en Syrie peut-elle avoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement s'&#233;tait poursuivi et avait continu&#233; &#224; se d&#233;velopper, il aurait pu cr&#233;er une situation obligeant le r&#233;gime &#224; reconsid&#233;rer son intervention en Syrie, qui a &#233;t&#233; condamn&#233;e par les manifestants. Mais le mouvement a &#233;t&#233; r&#233;prim&#233; et s'est estomp&#233;, et le r&#233;gime a repris le contr&#244;le. Nous assistons cependant &#224; une mont&#233;e des tensions entre les deux ailes du r&#233;gime. L'aile r&#233;formiste, repr&#233;sent&#233;e par le pr&#233;sident iranien Rohani, tente d'endiguer l'aile dure des Gardiens de la r&#233;volution (Pasdaran), arguant que ces derniers et leurs interventions &#224; l'&#233;tranger repr&#233;sentent un fardeau pour l'&#233;conomie iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'agitation sociale reprend, les choses peuvent changer, mais pour l'instant le r&#233;gime dispose du contr&#244;le de la situation. En outre, la Syrie est une carte importante dans l'affrontement de T&#233;h&#233;ran avec l'administration Trump, qui menace d'annuler l'accord sur le nucl&#233;aire. Un tel geste jouerait entre les mains des partisans de la ligne dure et encouragerait donc la poursuite de l'expansion de l'Iran comme contre-mouvement face &#224; la pression am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez-vous que l'Union europ&#233;enne (UE) devrait jouer un r&#244;le plus important en critiquant la Turquie pour l'attaque contre les Kurdes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE n'est pas parvenue &#224; agir ind&#233;pendamment des &#201;tats-Unis au niveau mondial pour ce qui a trait aux questions politiques et militaires. L'UE s'est surtout comport&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent comme un auxiliaire des &#201;tats-Unis. C'est devenu un probl&#232;me pour l'Europe avec l'administration Trump parce que c'est la premi&#232;re fois qu'un pr&#233;sident am&#233;ricain diff&#232;re autant politiquement avec le courant dominant de l'Europe et est si proche de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne. L'administration Bush avait des probl&#232;mes avec certains gouvernements europ&#233;ens, comme celui de la France et celui de l'Allemagne qui s'opposaient &#224; l'invasion de l'Irak en raison d'int&#233;r&#234;ts divergents. Mais le gouvernement britannique de Tony Blair, par exemple, &#233;tait pleinement impliqu&#233; aux c&#244;t&#233;s de Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question palestinienne, il y a une cristallisation d'une opinion diff&#233;rente de l'UE, raison pour laquelle le pr&#233;sident de l'Organisation de lib&#233;ration de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas, tente &#224; pr&#233;sent de faire reconna&#238;tre l'&#201;tat palestinien par les Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'Iran aussi, il y a des divergences ouvertes entre les Europ&#233;ens et l'administration Trump. Les gouvernements europ&#233;ens ont &#233;t&#233; tr&#232;s satisfaits de la politique d'Obama qui a conduit &#224; l'accord nucl&#233;aire avec l'Iran, que Trump consid&#232;re comme le pire accord jamais conclu par les &#201;tats-Unis. S'il annule l'accord nucl&#233;aire, cela cr&#233;era une crise ouverte dans les relations am&#233;ricano-europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la Palestine et l'Iran, pour le moment, sont deux questions litigieuses sur lesquelles il existe un contraste flagrant entre les &#201;tats-Unis et l'UE. Toutefois, la question syrienne n'est pas une question sur laquelle l'Europe s'oppose &#224; celle des &#201;tats-Unis. En ce qui concerne la Syrie, l'UE n'a toujours pas adopt&#233; de position ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant que le conflit n'est pas termin&#233;, pensez-vous qu'il y ait une possibilit&#233; de reconstruction, comme le demande Assad ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, c'est un v&#339;u pieux. La Russie elle-m&#234;me a &#224; plusieurs reprises appel&#233; l'UE &#224; financer la reconstruction de la Syrie. Poutine a beaucoup de culot parce que la Russie a acquis une position selon laquelle, s'il devait y avoir une reconstruction de la Syrie, elle y jouerait un r&#244;le cl&#233;. Moscou voudrait que les Europ&#233;ens financent la reconstruction de la Syrie avec des entreprises russes qui empochent la part du lion des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'arrivera pas parce que les Europ&#233;ens ne d&#233;bourseront pas d'argent sans un feu vert am&#233;ricain qui ne sera donn&#233; qu'une fois que Washington sera convaincu que l'Iran ne tirera pas profit de la situation. Dans les conditions actuelles, l'Iran s'assurerait aussi, n&#233;cessairement, une part importante du march&#233;. Donc, la reconstruction ne sera pas vraiment &#224; l'ordre du jour tant que tout ce puzzle politique ne sera pas r&#233;solu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie essaie d'&#233;tablir un cadre politique pour la Syrie de l'apr&#232;s la guerre. Ils ont commenc&#233; &#224; le faire d&#232;s la fin de 2016, peu avant que Trump n'inaugure sa pr&#233;sidence. Le Kremlin s'attendait &#224; ce qu'il tienne sa promesse de nouvelles relations avec la Russie, mais pour l'instant ce n'est pas le cas, car l'establishment de Washington a r&#233;agi avec une position fortement anti-russe. Quoi qu'il en soit, Trump ne parviendra &#224; aucun accord avec les Russes &#224; moins qu'ils n'acceptent de cesser de coop&#233;rer avec l'Iran en Syrie et de repousser ses forces hors du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Trump, le sc&#233;nario id&#233;al serait de conclure un accord avec Poutine, de confier aux Russes de s'occuper de la Syrie &#224; condition qu'ils &#233;vacuent l'Iran. En &#233;change de cela, les &#201;tats-Unis pourraient supprimer les sanctions &#224; l'encontre de la Russie et lui accorder quelques concessions en Europe. Mais ce n'est manifestement pas &#224; l'horizon pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez-vous que les discussions &#224; Sotchi et &#224; Gen&#232;ve changeront quelque chose en Syrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces discussions portent sur les conditions d'un r&#232;glement politique. Nous savons plus ou moins &#224; quoi cela ressemblera &#8211; une p&#233;riode de transition, une nouvelle constitution, de nouvelles &#233;lections, tout cela avec Assad restant au pouvoir et se pr&#233;sentant &#224; une nouvelle &#233;lection pr&#233;sidentielle &#8211;et d&#232;s lors, il n'y a pas beaucoup de nouveaut&#233;s &#224; attendre &#224; cet &#233;gard. Moscou et Assad proclament qu'ils sont pr&#234;ts &#224; ce que des observateurs internationaux surveillent les nouvelles &#233;lections. Ils parient peut-&#234;tre sur la victoire d'Assad aux &#233;lections pr&#233;sidentielles libres aujourd'hui en Syrie, parce que le r&#233;gime d'Assad est un bloc alors que l'opposition est tr&#232;s divis&#233;e. Le fait que l'opposition soit si d&#233;sorganis&#233;e peut donner au r&#233;gime Assad suffisamment de confiance pour miser sur un tel sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour qu'un tel r&#232;glement puisse se faire, un accord international est d'abord n&#233;cessaire. Dans les pourparlers de Sotchi parrain&#233;s par Moscou, seuls la Russie, la Turquie, l'Iran, le r&#233;gime syrien ainsi qu'une fraction discr&#233;dit&#233;e de l'opposition syrienne y ont particip&#233;. Dans les pourparlers parrain&#233;s par l'ONU &#224; Gen&#232;ve, les &#201;tats-Unis et l'Europe sont impliqu&#233;s. Je ne vois pas les &#201;tats-Unis accepter un accord qui ne stipule pas le retrait de toutes les troupes &#233;trang&#232;res qui sont entr&#233;es en Syrie apr&#232;s 2011. En d'autres termes, les &#201;tats-Unis diraient : &#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; quitter la Syrie &#224; condition que les forces iraniennes la quittent aussi. &#187; C'est pourquoi les Etats-Unis s'accrochent actuellement &#224; la r&#233;gion &#224; l'est de l'Euphrate. Le message de Washington aux Russes est le suivant : &#171; Nous vous laisserons la Syrie si vous vous (nous) d&#233;barrassez des Iraniens, sinon nous ne le ferons pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de Trump sur le conflit est diff&#233;rent de celui d'Obama. Il tente d'isoler l'Iran et a reconnu J&#233;rusalem comme la capitale de l'&#201;tat isra&#233;lien. Pourquoi leurs politiques sont-elles diff&#233;rentes et quelles implications la politique de Trump aura-t-elle pour la r&#233;gion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a diff&#233;rentes questions ici. En ce qui concerne Isra&#235;l, Trump s'adresse &#224; un public sp&#233;cifique : les &#233;vang&#233;listes et autres chr&#233;tiens sionistes qui constituaient une grande partie de la base &#233;lectorale r&#233;publicaine sous G.W. Bush et qui constituent toujours une part importante de la base &#233;lectorale de Trump. Mike Pence, le vice-pr&#233;sident am&#233;ricain, est repr&#233;sentatif de ce segment. Il surench&#233;rit m&#234;me sur son propre patron dans le discours pro-isra&#233;lien. Inversement, il n'y a pas de consensus sur cette question au sein de l'establishment am&#233;ricain au sens large. M&#234;me certaines personnes dans l'entourage de Trump n'&#233;taient pas satisfaites de sa position sur J&#233;rusalem, ce qui est tr&#232;s id&#233;ologique. La seule question sur laquelle il y a un consensus au sein de l'administration est une attitude dure &#224; l'&#233;gard de l'Iran, mais cela n'inclut m&#234;me pas le d&#233;mant&#232;lement de l'accord nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime saoudien joue-t-il encore un r&#244;le d&#233;cisif dans le conflit syrien, notamment en ce qui concerne l'Iran ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump a vivement encourag&#233; les dirigeants saoudiens &#224; intensifier les hostilit&#233;s contre l'Iran. Ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s maladroits dans le traitement d'&#233;v&#233;nements tels que celui de la pression sur le Qatar ou de la d&#233;mission forc&#233;e du Premier ministre libanais Saad Hariri, qui se sont tous deux sold&#233;s par un fiasco. Les dirigeants saoudiens n'ont pas de strat&#233;gie propre vis-&#224;-vis de la Syrie, ils s'alignent derri&#232;re les Etats-Unis. Les restes de l'opposition syrienne qui leur sont li&#233;s ont &#233;t&#233; tr&#232;s affaiblis. Ainsi, l'influence globale de Riyad en Syrie est tr&#232;s r&#233;duite. Sa principale pr&#233;occupation est de contenir l'Iran et de le faire reculer, et pour cela ils ne peuvent compter que sur Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar est professeur au SOAS, Universit&#233; de Londres. Il a rencontr&#233; le Syrian Cornerpendant la Semaine de sensibilisation sur la situation en Syrie, en 2018. Gilbert Achcar affirme que le conflit syrien est loin d'&#234;tre termin&#233;. Il &#233;claire ce jugement en r&#233;pondant aux nombreuses questions pos&#233;es par ses interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Entretien publi&#233; en anglais sur le site SOAS Syria Society ; traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/moyenorient/syrie/syrie-mais-quand-je-dis-regime-je-parle-en-fait-de-laxe-russie-iran-assad.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/moyenorient/syrie/syrie-mais-quand-je-dis-regime-je-parle-en-fait-de-laxe-russie-iran-assad.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Ghouta orientale, zone de guerre et de d&#233;sinformation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Ghouta-orientale-zone-de-guerre-et-de-desinformation</link>
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		<dc:date>2018-03-06T12:37:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#233;lie Chev&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-06</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bastion de la r&#233;sistance au r&#233;gime syrien ou repaire de djihadistes ? Pour &#233;chapper aux repr&#233;sentations biais&#233;es de cette banlieue rebelle et assi&#233;g&#233;e de Damas, retour sur son histoire r&#233;cente. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 f&#233;vrier, l'arm&#233;e syrienne, appuy&#233;e par ses alli&#233;s russes et iraniens, intensifie une offensive contre la Ghouta orientale. Depuis, au moins cinq cents personnes ont perdu la vie dans des bombardements indiscrimin&#233;s. Les h&#244;pitaux et centres m&#233;dicaux sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton33884-f78dd.jpg?1678984876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bastion de la r&#233;sistance au r&#233;gime syrien ou repaire de djihadistes ? Pour &#233;chapper aux repr&#233;sentations biais&#233;es de cette banlieue rebelle et assi&#233;g&#233;e de Damas, retour sur son histoire r&#233;cente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/web/article/la-ghouta-orientale-zone-de-guerre-et-de-desinformation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 f&#233;vrier, l'arm&#233;e syrienne, appuy&#233;e par ses alli&#233;s russes et iraniens, intensifie une offensive contre la Ghouta orientale. Depuis, au moins cinq cents personnes ont perdu la vie dans des bombardements indiscrimin&#233;s. Les h&#244;pitaux et centres m&#233;dicaux sont syst&#233;matiquement pris pour cible, et le gouvernement a refus&#233; aux humanitaires l'acc&#232;s &#224; pr&#232;s de 400.000 habitants soumis &#224; un si&#232;ge s&#233;v&#232;re depuis cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les repr&#233;sentations cartographiques de l'enclave rebelle exag&#232;rent souvent l'homog&#233;n&#233;it&#233; de l'opposition, les accusations d'un traitement favorable des rebelles par les m&#233;dias occidentaux, qui occulteraient la pr&#233;sence de djihadistes dans cette banlieue de Damas, n&#233;cessite une mise en perspective. Retour sur l'histoire de la Ghouta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La revanche des campagnes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terre fertile au sud et &#224; l'est de Damas, la Ghouta est soumise &#224; une urbanisation rapide et mal organis&#233;e depuis les ann&#233;es 1980. Tandis que la capitale a b&#233;n&#233;fici&#233; de quelques r&#233;formes depuis 2000, les retomb&#233;es &#233;conomiques n'ont profit&#233; qu'&#224; une &#233;lite urbaine ou sectaire proche du pouvoir, accentuant la perception d'un d&#233;s&#233;quilibre entre ville moderne et campagne populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de milliers de migrants &#233;conomiques sont venus rejoindre les rangs d'une majorit&#233; sunnite conservatrice et d&#233;favoris&#233;e. Le contraste de perception entre le rural et l'urbain sera d'ailleurs un facteur de soul&#232;vement en 2011 : les villes de la Ghouta comme Douma relaient la contestation et font face &#224; une violente r&#233;pression [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout pour prot&#233;ger les manifestants puis pour organiser les d&#233;serteurs &#8211; soldats refusant de tirer sur les civils ou hommes fuyant la conscription &#8211; que les premiers bataillons se forment dans le maquis de la Ghouta. &#192; l'&#233;t&#233; 2012, ces groupes arm&#233;s r&#233;unis sous la banni&#232;re de l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL) lancent une offensive contre Damas. Elle se solde par l'instauration d'un front continu entre Damas et sa p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les villes lib&#233;r&#233;es mettent en place des institutions alternatives sur la base des solidarit&#233;s de quartier : &#233;coles, entretien des routes, ramassage des ordures, syst&#232;me judiciaire. Leurs ind&#233;pendances face aux groupes arm&#233;s varient sensiblement d'une localit&#233; &#224; l'autre. Les activistes participent eux aussi &#224; ce nouvel ordre social. Ainsi l'avocate et militante des droits de l'homme Razan Zaitouneh cr&#233;e &#224; Douma le &lt;a href=&#034;http://vdc-sy.net/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Centre de documentation des violations en Syrie (CDV)&lt;/a&gt;, une formidable base de donn&#233;es des crimes commis par les parties au conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;ration des islamistes radicaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des hostilit&#233;s, Bachar Al-Assad assurait que la r&#233;volte n'&#233;tait qu'une &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/planete/2011/03/30/bachar-al-assad-denonce-une-conspiration-contre-la-syrie_725610&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; conspiration &#187;&lt;/a&gt; venue de l'&#233;tranger. Tout en brandissant le spectre du conflit sectaire, il lib&#232;re de la prison de Saidnaya des islamistes radicaux. La litt&#233;rature des prisons syriennes nous a appris que les islamistes, bien plus que les d&#233;tenus politiques, furent les victimes des s&#233;vices les plus atroces [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que Zahran Allouche, fils d'un pr&#233;dicateur salafiste, est lib&#233;r&#233; avec d'autres islamistes en 2011. Ils formeront le noyau dur de Liwa al-Islam (la Brigade de l'islam), un groupe rebelle de la Ghouta et qui deviendra en 2013 Jaych al-Islam (l'Arm&#233;e de l'islam). Avec Zahran Allouche &#224; sa t&#234;te, le groupe devient la plus puissante formation de la Ghouta et d&#233;sire l'instauration d'un &#201;tat islamique syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 ao&#251;t 2013, le r&#233;gime bombarde la Ghouta avec du gaz sarin et tue 1.400 personnes. Barack Obama, qui avait fait de l'usage d'armes chimiques une &#171; ligne rouge &#187;, fait marche arri&#232;re. Les bombardements tant attendus d'une coalition internationale n'auront pas lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prolif&#233;ration des salafistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation dans la Goutha empire : &#224; partir de l'hiver 2013, c'est elle qui est d&#233;sormais encercl&#233;e. Les offensives au sol sont trop co&#251;teuses pour le r&#233;gime, qui opte pour la strat&#233;gie de l'asphyxie. Une seule voie de communication avec Damas est laiss&#233;e ouverte, favorisant la contrebande de denr&#233;es alimentaires vendues hors de prix &#224; une population affam&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux dynamiques s'acc&#233;l&#232;rent : la d&#233;moralisation des troupes de l'ASL, peu support&#233;es par ses alli&#233;s occidentaux, et le renforcement de Jaych al-Islam qui re&#231;oit des financements de l'Arabie Saoudite. Le terrain est propice &#224; la prolif&#233;ration des salafistes qui re&#231;oivent le soutien d'une partie de la population laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me. Les nouveaux bataillions adoptent souvent des noms &#224; connotation religieuse pour s'assurer un financement [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son fief de Douma, les relations entre Jaych al-Islam et les activistes sont difficiles, au point que Razan Zaitouneh et trois autres opposants sont enlev&#233;s le 9 d&#233;cembre 2013. Jaych al-Islam est suspect&#233;e d'en &#234;tre responsable. Plus tard, Zahran Allouche adoucira sa position [4]. Rempart contre Daesh, en lutte contre le front Al-Nosra, Jaych al-Islam accepte qu'en d&#233;finitive le r&#233;gime politique sera d&#233;cid&#233; par l'ensemble des Syriens. La formation gagne ainsi une place dans les n&#233;gociations de paix de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence du salafisme dans la Ghouta orientale, d'abord pr&#233;matur&#233;e et exag&#233;r&#233;e par le r&#233;gime, puis reconnue tardivement par l'opposition, est devenue un fait irr&#233;futable. Il ne faut cependant pas perdre de vue que son &#233;mergence cache une r&#233;alit&#233; plus complexe o&#249; les groupes de l'opposition sont loin d'&#234;tre homog&#232;nes et alignent leurs positions id&#233;ologiques sur celles de leurs sponsors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'un &lt;a href=&#034;https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/kerry-touts-the-russian-line-on-syrian-rebel-groups/2016/07/11/e7ba7dcc-4798-11e6-90a8-fb84201e0645_story.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;accord pour un cessez-le-feu en juin 2016&lt;/a&gt;, John Kerry avait gliss&#233; le nom de Jaych al-Islam dans la liste des groupes terroristes contre lesquels l'accord ne s'appliquait pas. La b&#233;vue, vite corrig&#233;e, est significative de l'agenda politique qui se cache derri&#232;re toute accusation de terrorisme, et qu'il faut dont prendre avec beaucoup de pr&#233;caution. Celles-ci diminuent l'impact moral de frappes indiscrimin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien sous le coup d'accusations de terrorisme que le r&#233;gime syrien justifie aujourd'hui les raids a&#233;riens, les barrels d'explosifs remplis de shrapnels et les &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/syrie/article/2018/01/23/pour-washington-moscou-porte-la-responsabilite-de-l-utilisation-d-armes-chimiques-en-syrie_5245992_1618247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;probables attaques au chlore&lt;/a&gt; sur les habitants de la Ghouta orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire Matthieu Rey, &#034;Villes et Consciences Politiques en Syrie ; quand l'urbain s'&#233;veille&#034;, dans Roman Stadnicki (sous la dir. de), Villes arabes, cit&#233;es rebelles, Paris, ed. du Cygne, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Lire Yassin al-Haj Saleh, R&#233;cits d'une Syrie oubli&#233;e : sortir la m&#233;moire des prisons, &#233;d. Les Prairies ordinaires, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir la description du si&#232;ge publi&#233;e dans le reportage &lt;a href=&#034;https://www.aljumhuriya.net/en/en/eastern-ghouta/what-is-left-unsaid-about-the-siege-on-ghouta&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;What is left unsaid about the siege on Ghouta&#034;&lt;/a&gt; (Ce qui n'est pas dit sur le si&#232;ge de Ghouta), 26 novembre 2014, publi&#233; sur Al-Jumhuriya, site d'information et de r&#233;flexion tenus par des intellectuels syriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Avant sa mort dans un bombardement de 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Demain, en Syrie, une guerre entre Isra&#235;l et l'Iran ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Demain-en-Syrie-une-guerre-entre-Israel-et-l-Iran</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Demain-en-Syrie-une-guerre-entre-Israel-et-l-Iran</guid>
		<dc:date>2018-02-27T12:56:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Cypel</dc:creator>


		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-02-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que se dessine en Syrie un victoire des forces de Bachar Al-Assad, la perspective d'un affrontement entre Isra&#235;l et l'Iran se fait plus mena&#231;ante. C'est une nouvelle page de l'histoire de la r&#233;gion qui risque de s'ouvrir. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 f&#233;vrier 2018, le think tank am&#233;ricain International Crisis Group (ICG) publiait un rapport intitul&#233; Israel, Hizbollah and Iran : Preventing Another War in Syria (Isra&#235;l, le Hezbollah et l'Iran : comment emp&#234;cher une autre guerre en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-02-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-02-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH69/arton33799-4758f.jpg?1679048762' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que se dessine en Syrie un victoire des forces de Bachar Al-Assad, la perspective d'un affrontement entre Isra&#235;l et l'Iran se fait plus mena&#231;ante. C'est une nouvelle page de l'histoire de la r&#233;gion qui risque de s'ouvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/demain-en-syrie-une-guerre-entre-israel-et-l-iran,2291&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 f&#233;vrier 2018, le think tank am&#233;ricain International Crisis Group (ICG) publiait un rapport intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.crisisgroup.org/middle-east-north-africa/eastern-mediterranean/syria/182-israel-hizbollah-and-iran-preventing-another-war-syria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Israel, Hizbollah and Iran : Preventing Another War in Syria&lt;/a&gt; (Isra&#235;l, le Hezbollah et l'Iran : comment emp&#234;cher une autre guerre en Syrie). En substance, il disait ceci : d'abord, une &#171; nouvelle phase &#187; s'est ouverte dans la guerre en Syrie, o&#249; une escalade a &#233;t&#233; lanc&#233;e par l'arm&#233;e isra&#233;lienne. Son motif : Isra&#235;l craint que la Syrie se transforme en une base iranienne p&#233;renne. Ensuite, les &#171; r&#232;gles du jeu &#187; qui ont emp&#234;ch&#233; depuis 2006 le litige entre Isra&#235;l et la milice chiite libanaise Hezbollah &#8212; suppl&#233;tif du r&#233;gime syrien dans la guerre &#8212; de d&#233;g&#233;n&#233;rer en affrontement g&#233;n&#233;ralis&#233; se sont &#233;rod&#233;es. D&#233;sormais, &#171; une guerre plus large est &#224; la port&#233;e d'une simple erreur de calcul &#187; de l'un ou l'autre des protagonistes (Isra&#235;l, Hezbollah, Iran).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jours plus tard, arguant de l'intrusion d'un drone iranien dans son espace a&#233;rien, l'arm&#233;e isra&#233;lienne bombardait un poste de commandement iranien en Syrie et plusieurs bases militaires syriennes. Un de ses avions de combat F-16 &#233;tait alors abattu au-dessus de Palmyre, frapp&#233; par un missile sol-air tir&#233; par des batteries russes fournies &#224; l'arm&#233;e syrienne. Le pilote isra&#233;lien et son navigateur sont sains et saufs. Mais, pour la premi&#232;re fois depuis 36 ans, un appareil isra&#233;lien a &#233;t&#233; d&#233;truit par Damas. Depuis le d&#233;but de la guerre, en 2011, Isra&#235;l a men&#233; plus de cent frappes a&#233;riennes en territoire syrien, surtout contre des bases ou des transports d'armes du Hezbollah, et occasionnellement contre les Iraniens ; ainsi, le 19 janvier 2016, un bombardement isra&#233;lien a tu&#233; un g&#233;n&#233;ral iranien. Or jusqu'au 10 f&#233;vrier, Iraniens et Syriens n'avaient jamais &#233;t&#233; capables d'une telle riposte. Depuis, alors que le r&#233;gime de Bachar Al-Assad et ses soutiens russes op&#232;rent un &#233;ni&#232;me massacre de la population civile dans le quartier de la Ghouta, proche de Damas, le sentiment qu'un changement peut-&#234;tre d&#233;terminant est intervenu dans la &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/le-sud-ouest-syrien-champ-clos-des-rivalites-regionales-et-internationales,2031&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;relation entre Isra&#233;liens et Iraniens en Syrie&lt;/a&gt; pr&#233;occupe les analystes internationaux. Cet article porte sur ces enjeux vus du c&#244;t&#233; isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sept organisations syriennes arm&#233;es par Isra&#235;l&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'augmentation des frappes isra&#233;liennes en Syrie n'a pas d&#233;but&#233; avec la perte du F-16. Elle a &#233;t&#233; engag&#233;e d&#232;s le d&#233;but de 2018. Pour quel motif ? Isra&#235;l s'est longtemps abstenu de soutenir l'un ou l'autre des camps en guerre en Syrie, se contentant d'y agir militairement pour faire respecter ce que Benyamin N&#233;tanyahou a d&#233;fini comme ses &#171; lignes rouges &#187; &#8211; dont les principales consistent &#224; emp&#234;cher T&#233;h&#233;ran d'approvisionner le Hezbollah en missiles et autres armements au Sud-Liban et d'interdire aux Iraniens et au Hezbollah de se rapprocher de la &#171; fronti&#232;re &#187; que repr&#233;sente la ligne d'armistice sign&#233;e en 1974 par Isra&#235;l et la Syrie, qui s&#233;pare le &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/le-moyen-orient-1876-1980/dossier-juin-1967-une-guerre-de-six-jours-qui-n-en-finit-pas,1905&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Golan occup&#233; par Isra&#235;l depuis 1967&lt;/a&gt; du sud-ouest syrien. Or, &#224; la mi-septembre 2017, la Russie, l'Iran et la Turquie ont sign&#233; un nouvel &#171; accord de d&#233;sescalade &#187; qui a marqu&#233; une fin de non-recevoir aux revendications isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l a notifi&#233; aux signataires de l'accord qu'il exigeait un retrait des forces iraniennes et de leurs suppl&#233;tifs (Hezbollah et autres) &#224; plus de soixante kilom&#232;tres de &#171; sa &#187; fronti&#232;re sur le Golan. Mais l'accord final autorisait ces forces &#224; s'en approcher &#224; vingt kilom&#232;tres. Et depuis, &#171; des agents du Hezbollah et aussi des Gardes r&#233;volutionnaires iraniens s'avancent jusqu'&#224; la fronti&#232;re m&#234;me &#187;, note &lt;a href=&#034;http://israel.trendolizer.com/2018/02/israel-prepares-to-push-iran-back-from-border-and-increases-military-support-for-syrian-rebels.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amos Harel&lt;/a&gt;, l'expert militaire du journal isra&#233;lien Haaretz. Pour les strat&#232;ges isra&#233;liens, ce fait est d&#251; en premier lieu au retrait de facto des Am&#233;ricains du terrain syrien, qui permet aux vainqueurs de la guerre (le r&#233;gime de Damas et l'Iran) de s'enhardir. D'o&#249; l'augmentation r&#233;cente des frappes isra&#233;liennes en Syrie. D'o&#249;, aussi, un accroissement notoire des livraisons d'armes qu'Isra&#235;l fait parvenir aux rebelles dans cette zone. Harel a pu &#233;crire sans que la censure militaire isra&#233;lienne l'en emp&#234;che que sept organisations sunnites, ennemies de Damas et T&#233;h&#233;ran et pr&#233;sentes dans la zone proche de la &#171; fronti&#232;re &#187; isra&#233;lienne &#171; re&#231;oivent d&#233;sormais des armes et des munitions d'Isra&#235;l, et de l'argent pour acqu&#233;rir des armements suppl&#233;mentaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il est temps de mordre, et de mordre fort &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cet objectif conjoncturel, ajoute ICG, Isra&#235;l &#171; veut emp&#234;cher ses adversaires [iraniens] de consolider une pr&#233;sence militaire perp&#233;tuelle en Syrie &#187;. L'&#171; &#201;tat juif &#187; qui, pour m&#233;moire, dispose de bases sur la moiti&#233; du plateau du Golan qu'il occupe depuis cinquante ans entend interdire &#224; l'Iran d'&#233;tablir en Syrie un a&#233;roport, un port et une base militaire permanente, ainsi qu'un site de fabrication de missiles de haute pr&#233;cision. Or, aujourd'hui cet objectif semble hors de port&#233;e. D'o&#249;, aussi, dans certains milieux s&#233;curitaires isra&#233;liens qui ont de tout temps fait de leur &#171; capacit&#233; de dissuasion &#187; la pierre de touche de leur vision strat&#233;gique, une forme d'impatience due au sentiment d'&#233;chec. &#171; Ce n'est plus le moment d'aboyer, mais de mordre &#8211; et de mordre fort &#187;, a d&#233;clar&#233; Avigdor Lieberman, le ministre de la d&#233;fense isra&#233;lien, deux jours apr&#232;s la perte du F-16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l a proc&#233;d&#233;, au d&#233;but des ann&#233;es 2000, &#224; un renversement historique de sa strat&#233;gie r&#233;gionale. Sous David Ben Gourion et ses successeurs, l'ennemi prioritaire &#233;tait le monde arabe sunnite. Des autres, Perses, Turcs, minorit&#233;s diverses (Kurdes, chr&#233;tiens, druzes, etc.) Isra&#235;l devait soit se rapprocher, soit, si c'&#233;tait impossible, adopter envers eux une attitude de neutralit&#233;. D&#233;sormais, l'ennemi num&#233;ro un, c'est l'Iran. D'o&#249; le &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/glissement-des-pays-du-golfe-vers-israel,2171&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapprochement avec l'Arabie saoudite et les &#201;mirats arabes unis&lt;/a&gt;. Mais, en s'alliant avec la frange conservatrice des &#233;lites am&#233;ricaines sur une ligne anti-iranienne, Isra&#235;l apparait plus affaibli que renforc&#233;. Car l'Iran est sorti grandi et m&#234;me seul vainqueur de la guerre am&#233;ricaine en Irak. Et dispose aujourd'hui de moyens, en Syrie et au Liban, auxquels il n'aurait pas r&#234;v&#233; il y a quinze ans. Qui va lui imposer d'y renoncer ? Et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appels &#224; l'intervention des &#201;tats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la conf&#233;rence de Munich sur la s&#233;curit&#233;, les 17 et 18 f&#233;vrier derniers, N&#233;tanyahou a lanc&#233; aux Iraniens : &#171; N'essayez pas de nous tester ! &#187; Entendez : notre r&#233;ponse serait terrifiante. Il a menac&#233;, en Syrie, d'&#171; agir si n&#233;cessaire non seulement contre les mandataires de l'Iran, mais contre l'Iran lui-m&#234;me &#187;. Le ministre iranien des affaires &#233;trang&#232;res, Javad Zarif, a r&#233;pondu par la moquerie, traitant N&#233;tanyahou de &#171; caricaturiste &#187;. Derri&#232;re les bruits de botte que ces propos induisent se profile une r&#233;alit&#233; : personne ne croit Isra&#235;l capable d'imposer seul sa volont&#233; &#224; l'Iran en Syrie. On y croit si peu qu'Isra&#235;l, aux &#201;tats-Unis, a impliqu&#233; son lobby, l'American-Israel Public Affairs Committee (Aipac), dans une campagne pour pousser l'administration Trump &#224; s'engager plus en Syrie. Deux jours apr&#232;s l'affrontement a&#233;rien, un des porte-voix officieux de l'Aipac, l'ex-diplomate am&#233;ricain &lt;a href=&#034;http://www.nydailynews.com/opinion/weekend-iran-israel-attacks-burden-trump-article-1.3815844&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dennis Ross expliquait&lt;/a&gt; que cet &#233;pisode &#171; doit r&#233;veiller la communaut&#233; internationale et l'administration Trump &#187;. Il ne faut pas laisser les Isra&#233;liens seuls face aux Iraniens, ajoutait-il. &#171; Si la Russie ne contient pas la pr&#233;sence iranienne [en Syrie], les &#201;tats-Unis ne devront plus rester inactifs alors que les Iraniens poursuivent leur expansion. Or jusqu'ici c'est ce qu'ils ont fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ross induit l'id&#233;e que &#171; si les Russes ne font rien &#187;, Washington devra agir militairement contre l'Iran en Syrie. L'objectif, comme l'&#233;crit &lt;a href=&#034;http://www.defenseone.com/ideas/2018/02/will-israeli-iranian-showdown-be-syria-or-new-york/146013/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trita Parsi&lt;/a&gt;, professeur &#224; l'universit&#233; Johns Hopkins de Washington et pr&#233;sident du Conseil national am&#233;ricano-iranien, est de &#171; ramener l'Iran au statut de paria &#187; qui lui avait &#233;t&#233; conf&#233;r&#233; sous George W. Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chances de succ&#232;s de cette strat&#233;gie de mont&#233;e des tensions avec l'Iran paraissent cependant faibles en l'&#233;tat actuel. Car en Syrie, les &#201;tats-Unis de Donald Trump ne semblent en avoir ni les moyens ni l'envie. Certes, ils ont d&#233;cid&#233; d'y rester de mani&#232;re plus p&#233;renne que leur pr&#233;sident ne l'entendait initialement. Mais de l&#224; &#224; concurrencer l'&lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/moscou-capitale-du-proche-orient,1756&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;influence russe&lt;/a&gt; ! &#192; cette heure, ils en sont loin, et peu d&#233;sireux de s'y lancer. Les Isra&#233;liens n'ont pas manqu&#233; de constater, par exemple, que le centre des op&#233;rations de la Central Intelligence Agency (CIA) &#224; Amman, qui coordonnait les actions des rebelles au sud de la Syrie a &#233;t&#233; r&#233;cemment ferm&#233;. Ce n'est pas, pour le moins, le signe d'un engagement renforc&#233;. Mais qui, aujourd'hui, comprend ce qu'est la &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/politique-americaine-au-p-o,1807&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;strat&#233;gie am&#233;ricaine en Syrie&lt;/a&gt;, si elle existe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeu de Moscou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, quelle est la marge de man&#339;uvre d'Isra&#235;l ? Comme l'&#233;crit le chroniqueur Ben Caspit, dans sa relation en Syrie avec l'Iran, &#171; le principal probl&#232;me d'Isra&#235;l, c'est la pr&#233;sence des Russes &#187;1. N&#233;tanyahou et Vladimir Poutine ont longtemps veill&#233; &#224; pr&#233;server une bonne qualit&#233; des relations bilat&#233;rales. Et apr&#232;s l'intervention russe en Syrie, fin septembre 2015, Moscou et Tel-Aviv &#233;taient parvenus &#224; un accord latent : Isra&#235;l y laissait Moscou sauver le r&#233;gime de Bachar Al-Assad et l'aider &#224; r&#233;cup&#233;rer du territoire, et la Russie fermait les yeux sur les bombardements isra&#233;liens de forces iraniennes ou li&#233;es &#224; l'Iran. Mais aujourd'hui, &#171; le sentiment est que cet accord ne tient plus &#187;, note un autre analyste isra&#233;lien, Anshel Pfeffer2, pour qui Moscou ne peut pas, ou ne veut pas, contenir les Iraniens. Quant au fond, les Russes rejettent globalement le regard port&#233; par Isra&#235;l sur l'Iran. Le rapport d'ICG citait un haut diplomate russe en ces termes : &#171; Les officiels isra&#233;liens nous disent que l'Iran se bat en Syrie prioritairement parce que son projet final est la destruction d'Isra&#235;l, que l'Iran est plus motiv&#233; par la th&#233;ologie que par ses int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques et que nous devons cr&#233;er une future Syrie lib&#233;r&#233;e de l'Iran. Nous voulons bien tenir compte des int&#233;r&#234;ts isra&#233;liens, mais il est impossible de prendre ces arguments au s&#233;rieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la relation avec Moscou, Pfeffer d&#233;c&#232;le &#171; deux &#233;coles &#187; &#224; l'&#339;uvre au sein du renseignement isra&#233;lien. &#171; Les sceptiques croient que Poutine finira par vouloir limiter la libert&#233; d'op&#233;ration isra&#233;lienne dans le ciel syrien, obligeant Isra&#235;l &#224; faire des choix difficiles entre rester inactif pendant que l'Iran et le Hezbollah construisent leurs avant-postes ou se confronter aussi &#224; la Russie. Les optimistes pensent que Poutine sait qu'Isra&#235;l a les moyens de remettre en cause ses succ&#232;s en Syrie et de menacer le r&#233;gime d'Assad, et qu'il optera pour refr&#233;ner les Iraniens &#187;. La plupart des commentateurs isra&#233;liens penchent clairement dans le sens de la premi&#232;re option. Ils estiment qu'une attaque massive de leur arm&#233;e contre les bases syriennes et iraniennes pourrait s'av&#233;rer tr&#232;s probl&#233;matique. Il est peu probable, jugent-ils, que Poutine, mis devant le fait accompli, choisisse le camp isra&#233;lien plut&#244;t que celui de ses alli&#233;s syriens et iraniens, m&#234;me si des divergences d'int&#233;r&#234;ts notoires subsistent entre Russes et Iraniens. Par exemple, une attaque isra&#233;lienne disproportionn&#233;e contre des Syriens faisant de nombreuses victimes parmi des conseillers russes pourrait entrainer des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour Isra&#235;l. &#171; Isra&#235;l se rapproche de ce qui constituent les &#8220;lignes rouges&#8221; de la Russie, s'inqui&#232;te ainsi Caspit. Les choses ont atteint un point o&#249; Isra&#235;l a besoin, plus que jamais, du parapluie de protection am&#233;ricain et d'une implication active de l'administration Trump dans tout ce qui advient en Syrie. Mais pour le moment, cette derni&#232;re donne le sentiment d'&#234;tre plus forte en paroles qu'en actes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il &#233;l&#232;ve trop le niveau de sa r&#233;ponse militaire contre la pr&#233;sence iranienne en Syrie, Isra&#235;l pourrait bien se retrouver seul &#8212; et s'en mordre les doigts. L'&#233;tat-major isra&#233;lien en est conscient. N'a-t-il pas renonc&#233; &#224; plusieurs reprises, ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; une offensive d'envergure contre le Hezbollah au Liban, de peur de possibles cons&#233;quences dramatiques pour la population civile isra&#233;lienne ? Pour autant, comme l'&#233;crit encore Harel, on ne peut pas &#171; &#233;carter comme de la rh&#233;torique vide de sens &#187;3 les r&#233;centes menaces isra&#233;liennes envers l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la classe politique et les m&#233;dias, des voix s'&#233;l&#232;vent pour &#171; donner une le&#231;on &#187; aux Iraniens en Syrie. Aux yeux de N&#233;tanyahou et de son ministre de la d&#233;fense Avigdor Lieberman (si tant est qu'ils restent au pouvoir, tant le gouvernement isra&#233;lien appara&#238;t instable), un affrontement militaire beaucoup plus constant avec l'Iran et ses alli&#233;s locaux mais maintenu &#224; un niveau d'intensit&#233; moyenne aurait l'avantage de fixer la question iranienne sur le devant de la sc&#232;ne internationale de mani&#232;re permanente. Isra&#235;l b&#233;n&#233;ficierait sur cet enjeu du soutien de Trump et de son proche entourage, les g&#233;n&#233;raux James Mattis (secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense) et Herbert Raymond McMaster (patron du Conseil de s&#233;curit&#233; nationale) &#8212; les plus hostiles &#224; l'Iran dans l'administration am&#233;ricaine. Si Isra&#233;liens et Iraniens s'affrontaient dans une sorte de guerre par procuration &#224; feu moyen mais constant en territoire syrien, on voit mal comment les Europ&#233;ens oseraient tourner le dos &#224; Isra&#235;l et promouvoir la mise en &#339;uvre de l'accord sign&#233; par T&#233;h&#233;ran avec les Occidentaux, la Russie et les Chinois sur le nucl&#233;aire militaire. N&#233;tanyahou aurait atteint l'objectif qu'il s'est fix&#233; depuis le d&#233;but de la n&#233;gociation engag&#233;e par Barack Obama avec T&#233;h&#233;ran : y faire &#233;chec. L'Arabie saoudite et les &#201;mirats arabes unis applaudiraient des quatre mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que, si on sait comment les guerres commencent, elles se terminent rarement comme on l'a souhait&#233;. Dans son rapport, ICG constatait une &#171; escalade progressive &#187; des affrontements entre Isra&#233;liens et forces iraniennes et leurs alli&#233;s &#171; d&#233;finissant la g&#233;ographie de ce que serait une prochaine guerre d'Isra&#235;l contre le Hezbollah et l'Iran &#187;. Pour l'&#233;viter, il soulignait que la Russie est d&#233;sormais le seul acteur &#171; en capacit&#233; d'arbitrer &#187; entre les deux parties pour leur imposer un accord. Celui que le think tank am&#233;ricain appelait de ses v&#339;ux conviendrait que les Iraniens s'&#233;loignent de la ligne d'armistice entre la Syrie et Isra&#235;l et cessent la construction de bases de missiles en Syrie, en contrepartie de quoi Isra&#235;l accepterait que des forces &#233;trang&#232;res puissent rester en territoire syrien. &#192; d&#233;faut d'une telle issue, la situation pourrait d&#233;g&#233;n&#233;rer vers &#171; un cycle mortel d'attaques et de r&#233;ponses dans lequel chacun serait perdant &#187;, concluait ICG. L'id&#233;e, tr&#232;s realpolitik, peut para&#238;tre s&#233;duisante. Elle a un seul d&#233;faut : on ne voit pas ce qui am&#232;nerait N&#233;tanyahou, pour qui le conflit avec l'Iran est aussi vital que l'oxyg&#232;ne qu'il respire, &#224; rechercher un accord avec T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvain Cypel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Ben Caspit, &#171; Israel, Syria, Iran clash in the skies &#187;, Al-Monitor, 11 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- &#171; Putin's Syrian Dilemma : Back Israel or Iran ? &#187;, Haaretz, 19 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- &#171; Not Just a Gimmick : Netanyahu Drone Stunt is a Direct Threat to Iran and Assad &#187;, Haaretz, 18 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#8220;Les autres savent-ils que nous existons ?&#8221; Le t&#233;moignage d'une infirmi&#232;re dans la Ghouta orientale syrienne assi&#233;g&#233;e et bombard&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-autres-savent-ils-que-nous-existons-Le-temoignage-d-une-infirmiere-dans-la</link>
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		<dc:date>2018-02-27T12:55:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kareen Shaheen</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-02-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui suit est le t&#233;moignage de Bereen Hassoun, une m&#232;re et infirmi&#232;re &#224; Harasta, une ville dans la zone syrienne assi&#233;g&#233;e de la Ghouta orientale, o&#249; le r&#233;gime syrien et ses alli&#233;s sont en train de mener une campagne de bombardements intenses. Contr&#244;l&#233;e par les rebelles anti-r&#233;gime, la Ghouta orientale est soumise au si&#232;ge du r&#233;gime syrien et de ses alli&#233;s depuis la fin de 2013. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Global Voices. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de 120 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es entre le 6 et le 8 f&#233;vrier seulement, et le 19 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-02-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-02-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton33795-50e0b.jpg?1675476933' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui suit est le t&#233;moignage de Bereen Hassoun, une m&#232;re et infirmi&#232;re &#224; Harasta, une ville dans la zone syrienne assi&#233;g&#233;e de la Ghouta orientale, o&#249; le r&#233;gime syrien et ses alli&#233;s sont en train de mener une campagne de bombardements intenses. Contr&#244;l&#233;e par les rebelles anti-r&#233;gime, la Ghouta orientale est soumise au si&#232;ge du r&#233;gime syrien et de ses alli&#233;s depuis la fin de 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://fr.globalvoices.org/2018/02/21/221688/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Global Voices&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 120 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es entre le 6 et le 8 f&#233;vrier seulement, et le 19 f&#233;vrier, ce sont plus de 110 personnes qui sont mortes en une seule journ&#233;e. Certaines estimations chiffrent &#224; un millier le nombre total de civils tu&#233;s dans les trois derniers mois. Les infrastructures civiles ont aussi &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement touch&#233;es, avec quatre h&#244;pitaux bombard&#233;s le 19 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview&#233; par Kareem Shaheen du Guardian, un m&#233;decin de la Ghouta orientale a dit : &#8220;Nous avons devant nous le massacre du 21&#232;me si&#232;cle. Si le massacre des ann&#233;es 1990 &#233;tait Srebrenica, et ceux des ann&#233;es 1980 Halabja, Sabra et Chatila, alors la Ghouta orientale est le massacre de ce si&#232;cle en ce moment m&#234;me.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moignage de Bereen Hassoun a &#233;t&#233; recueilli et transcrit par Marcell Shehwaro, de Global Voices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un mois le pilonnage a commenc&#233; &#224; s'intensifier, alors je suis all&#233;e sous terre avec ma famille dans l'abri de Harasta. L'abri est un sous-sol ouvert, qui n'est pas divis&#233; en chambres. Il contient 50 familles, dont &#224; peu pr&#232;s 170 femmes et enfants, tous terroris&#233;s et affam&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vitres des fen&#234;tres ont &#233;t&#233; cass&#233;es par les bombardements intenses. Le froid &#233;tait brutal et nous p&#233;n&#233;trait jusqu'aux os, nous avions beau essayer, nous n'arrivions pas &#224; nous r&#233;chauffer. Le froid devenait une partie de nous-m&#234;mes. M&#234;me quand je portais cinq pulls et trois pantalons, et me cachais sous les couvertures avec mon fils, je continuais &#224; avoir froid. Mon fils de trois ans, Hussam, ne cessait de me murmurer &#224; l'oreille : &#8220;J'ai froid, j'ai froid&#8221;. Mon c&#339;ur devenait encore plus froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau &#233;tait tr&#232;s sale, et je n'avais pas de couches pour mon fils. Elles co&#251;tent 300 Livres syriennes (environ 0,45 euro) pi&#232;ce. A la place, j'utilisais un chiffon couvert d'un sac en plastique qui avait contenu du pain pour 800 Livres syriennes (environ 1,25 euro). Il y avait &#224; peine assez d'eau pour que nous mamans puissions laver ces langes en tissu. Nous les lavions au m&#234;me endroit que la vaisselle, nos mains et d'o&#249; nous buvions. Nos enfants souffraient d'asthme et d'infections oculaires. Un seul enfant malade, et chaque enfant tombait malade. J'appelle &#231;a &#8220;notre vie normale&#8221; d'assi&#233;g&#233;s, mais le pilonnage &#233;tait notre nouvelle catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vivais dans le quartier &#8220;Al Tibbiya&#8221; (&#8220;M&#233;dical&#8221;), o&#249; &#233;tait situ&#233; l'h&#244;pital de campagne, c'est pourquoi il &#233;tait cibl&#233;. Je travaillais comme infirmi&#232;re, aupr&#232;s de mon mari, m&#233;decin. L'abri &#233;tait tout pr&#232;s, et parfois il nous fallait transporter les bless&#233;s moins graves de l'h&#244;pital de campagne vers le sous-sol quand l'h&#244;pital devenait trop engorg&#233; de victimes et donc soigner les enfants bless&#233;s sous les yeux de nos propres enfants. Ce n'&#233;tait peut-&#234;tre pas une chose &#224; faire, mais nous n'avions pas le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment vivez-vous votre maternit&#233; quand vous avez un quotidien d'angoisses, dans l'angoisse permanente que quelque chose puisse arriver &#224; votre enfant ou votre mari, avec la peur que votre enfant devienne un orphelin s'il vous arrive quelque chose ? Comment vivez-vous votre maternit&#233; quand votre fils vous demande chaque jour : &#8220;Est-ce qu'on va mourir aujourd'hui ? Pourquoi ils nous bombardent ?&#8221; Qu'est-ce que la maternit&#233; quand vous ne pouvez m&#234;me pas acheter un &#8220;morceau de biscuit&#8221; pour votre fils, ou pourvoir aux besoins les plus &#233;l&#233;mentaires d'un enfant parce que &#231;a co&#251;te trop cher, c'est hors de port&#233;e, ou totalement inexistant &#224; cause du si&#232;ge ? Si vous mangez tranquillement, vous avez l'impression que vous l'avez vol&#233;. Vous mangez tranquillement quand ils dorment. Vous mangez seulement parce que vous ne supportez plus la faim. Comment vivre quand vous devez mentir &#224; votre fils, en essayant de le convaincre que les radis sont en fait des pommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours recherch&#233; la propret&#233;, mais aujourd'hui je crains que mon fils n'ait des poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un avion nous a bombard&#233;, mon petit gar&#231;on espi&#232;gle a vite couru vers moi, mort de peur, en r&#233;p&#233;tant sa pri&#232;re pu&#233;rile : &#8220;Mon Dieu, s'il te pla&#238;t prot&#232;ge mon papa et ma maman. Mon Dieu, s'il te pla&#238;t prot&#232;ge mon papa et ma maman&#8221;. Quelle chose &#233;trange que d'avoir &#224; passer du jeu &#224; la crise de panique et aux pleurs, pour ensuite jouer &#224; nouveau. Ils jouent pendant les moments de silence, ils deviennent apeur&#233;s au bruit de l'approche des frappes a&#233;riennes, et pleurent pendant qu'a lieu le bombardement ; puis ils retournent &#224; leurs jeux quand le calme est revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvions pas quitter l'abri faute de savoir &#224; quel moment le r&#233;gime pouvait bombarder Harasta. Le pilonnage &#233;tait si intense, si continu, jour et nuit. Les femmes ne quittaient jamais l'abri, sauf pour faire &#224; manger pour leurs enfants, et c'est ainsi que nous avons perdu Oumm Muhammad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oumm Muhammad &#233;tait ma voisine de 28 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour de bombardements intenses, nous &#233;tions assises dans le sous-sol, serrant nos enfants dans nos bras. Et aussi priant, demandant au Seigneur de nous prot&#233;ger. L'avion a d'abord bombard&#233; quelque part au loin, et quand je regardais autour de moi dans le sous-sol, je voyais les m&#232;res calmer leurs enfants, prier et pleurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde avait peur et attendait une mort possible. La premi&#232;re frappe a atteint le b&#226;timent au-dessus de nous. Puis la d&#233;fense civile, qu'on appelle les Casques Blancs, est venue et nous a sauv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'arrivions pas &#224; localiser les enfants dans le brouillard de poussi&#232;re. Mon fils avait &#233;t&#233; &#224; c&#244;t&#233; de moi toute la journ&#233;e, mais apr&#232;s la premi&#232;re frappe le pilonnage s'est un peu calm&#233;, alors il s'&#233;tait mis &#224; se plaindre et &#224; me tanner qu'il voulait jouer avec ses copains. C'est ainsi que je n'ai pu le trouver nulle part quand la deuxi&#232;me bombe a frapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis mise &#224; le chercher comme une folle, parmi les autres enfants : &#8220;Hussam, Hussam, Hussam !&#8221; Il &#233;tait en fait accroch&#233; &#224; moi, mais dans ma panique je ne l'avais pas reconnu. Quelques minutes plus tard, le m&#233;decin nous a demand&#233; : &#8220;Pouvez-vous vous occuper de cet enfant ? Sa m&#232;re est morte.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regard&#233; l'enfant et l'ai reconnu. C'&#233;tait le fils d'Oumm Muhammad. Oumm Muhammad, ma voisine assise avec nous dans le sous-sol &#224; peine quelques minutes avant. Elle avait un peu de nourriture chez elle et voulait faire manger ses enfants affam&#233;s. Elle les a donc emmen&#233;s au rez-de-chauss&#233;e pour qu'ils puissent manger. C'est alors que la bombe est tomb&#233;e et l'a tu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pleurions pour Oumm Muhammad, et parce que nous avions peur. Nous nous demandions si nous allions conna&#238;tre le m&#234;me sort, et si nos enfants allaient &#234;tre priv&#233;s de m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous disputions &#224; propos du comportement de nos enfants, parce qu'ils &#233;taient bruyants, et parfois nous nous d&#233;foulions les unes sur les autres, donnant libre cours &#224; notre col&#232;re, notre d&#233;sespoir et notre impression d'&#233;touffer dans ce sous-sol. Au d&#233;but, j'&#233;tais &#233;tonn&#233;e de la pagaille qui suivait l'apport de nourriture dans l'abri, mais j'ai fini par devenir exactement comme elles, peut-&#234;tre pire, parce que tout ce que je voulais, c'&#233;tait nourrir mon fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des m&#232;res a commenc&#233; un modeste petit stand o&#249; elle vendait des bonbons et des sucreries pour que nos enfants se sentent vivants. Nous nous sommes mises d'accord pour acheter un bonbon chaque jour &#224; quelqu'un d'autre. Et si l'une de nous &#233;tait tu&#233;e, nous devions acheter le m&#234;me nombre de bonbons pour honorer la m&#233;moire de son &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie de nos soir&#233;es &#233;tait occup&#233;e &#224; imaginer. Non pas une imagination bizarre ou fantastique : avant tout essayer d'imaginer des r&#233;ponses &#224; nos questions : reverrions-nous un jour nos parents ? Est-ce qu'ils verraient nos enfants ? Nos enfants pourraient-ils un jour jouer &#224; nouveau comme les autres enfants ? Dans l'avenir, sauraient-ils ce que sont les bananes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois j'ai demand&#233; &#224; une de mes voisines : Sommes-nous vraiment en vie ? Les autres savent-ils que nous existons r&#233;ellement, et que nous sommes en vie dans ces sous-sols ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit (en) par Marcell Shehwaro et Suzanne Lehn&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ghouta, en Syrie : sous le si&#232;ge, la survie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ghouta-en-Syrie-sous-le-siege-la-survie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ghouta-en-Syrie-sous-le-siege-la-survie</guid>
		<dc:date>2018-02-27T12:54:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Haddad</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-02-27</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le tableau de la Ghouta orientale, jadis grenier agricole de Damas, est sombre. Tr&#232;s sombre. Plus de 240 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des bombardements massifs en cinq jours d&#233;but f&#233;vrier 2018. De plus, l'ONU et des organisations humanitaires affirment qu'entre 346 et 366 civils sont morts dans des bombardements a&#233;riens depuis dimanche. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Equal Times. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bombes s'abattent, ininterrompues, sur des bourgades qui ont d&#233;j&#224; subi la pire attaque chimique du conflit syrien en ao&#251;t 2013, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-02-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-02-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton33802-69c20.jpg?1675223515' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le tableau de la Ghouta orientale, jadis grenier agricole de Damas, est sombre. Tr&#232;s sombre. Plus de 240 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des bombardements massifs en cinq jours d&#233;but f&#233;vrier 2018. De plus, l'ONU et des organisations humanitaires affirment qu'entre 346 et 366 civils sont morts dans des bombardements a&#233;riens depuis dimanche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.equaltimes.org/ghouta-en-syrie-sous-le-siege-la?lang=en#.WpQk1oIiGlM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Equal Times&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bombes s'abattent, ininterrompues, sur des bourgades qui ont d&#233;j&#224; subi la pire attaque chimique du conflit syrien en ao&#251;t 2013, laquelle avait failli pr&#233;cipiter une r&#233;ponse militaire am&#233;ricaine et s'&#233;tait finalement sold&#233;e sur un plan de destruction des armes chimiques de la Syrie apr&#232;s l'intervention de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3512 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L285xH177/8fcc66a7fb1d5668-9cf12934-bdca1.jpg?1717542735' width='285' height='177' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution alors vot&#233;e par le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU pr&#233;voyait qu'en cas de r&#233;cidive, le recours &#224; la force pourrait &#234;tre employ&#233;. Or, les attaques chimiques n'ont pas cess&#233;. D&#233;but 2018, les m&#233;decins de la Ghouta orientale recevaient encore des patients ayant les &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/planete/2018/01/22/le-regime-syrien-accuse-d-une-nouvelle-attaque-chimique-pres-de-damas_1624340&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sympt&#244;mes de bombardements au chlore&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les bombes au chlore ne sont que l'un des instruments de mort employ&#233;s par le r&#233;gime syrien contre la population de cette enclave rebelle situ&#233;e aux portes de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une prison g&#233;ante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque d'acc&#232;s aux soins en est un autre, plus pernicieux. Car depuis octobre 2013, la Ghouta orientale est assi&#233;g&#233;e par l'arm&#233;e syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rapport publi&#233; en septembre 2017, l'ONG Syrian American Medical Society (SAMS) &#233;voquait les cons&#233;quences macabres du si&#232;ge, qui emp&#234;che l'entr&#233;e de m&#233;dicaments dans la Ghouta : &#171; Des milliers de patients souffrant de conditions cardiovasculaires, de diab&#232;te, d'insuffisance r&#233;nale, d'asthme ou d'&#233;pilepsie risquent la mort faute de pouvoir suivre un traitement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maladies contagieuses comme la typho&#239;de, la salmonelle ou la tuberculose se r&#233;pandent &#224; cause des conditions de survie mis&#233;rables provoqu&#233;es par le si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohamad Katoub, membre de SAMS, chiffre le nombre de patients de la Ghouta n&#233;cessitant une &#233;vacuation m&#233;dicale d'urgence &#224; 765. D&#233;but f&#233;vrier, il annon&#231;ait la mort de Zuhreih Kadado, le 24e patient sur cette liste mort faute de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osama Nassar vit &#224; Douma, la capitale de la Ghouta orientale. L&#224;, il a particip&#233; &#224; la cr&#233;ation des premiers comit&#233;s de coordination locaux, n&#233;s du mouvement r&#233;volutionnaire de 2011. D&#233;tenu &#224; deux reprises, il a v&#233;cu de l'int&#233;rieur le syst&#232;me carc&#233;ral syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article publi&#233; sur &lt;a href=&#034;https://www.aljumhuriya.net/en/content/siege-versus-prison-assad%E2%80%99s-syria-comparison&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Al-Jumhuriya&lt;/a&gt;, il n'h&#233;site pas &#224; comparer la vie des prisonniers &#224; celle des civils assi&#233;g&#233;s de la Ghouta, &#171; pas simplement une r&#233;gion assi&#233;g&#233;e, mais plut&#244;t un camp de concentration, une prison g&#233;ante qui contient un demi-million d'&#234;tres humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ravitaill&#233;e tant bien que mal depuis des tunnels partant de Qaboun et Barzeh, la Ghouta est devenue totalement coup&#233;e du monde en f&#233;vrier 2017, quand l'arm&#233;e syrienne a remis la main sur ces deux bourgades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des tunnels que les groupes arm&#233;s locaux, Jeish el-Islam et Faylaq el-Rahman, contr&#244;laient souvent au d&#233;triment de la population civile, comme le d&#233;crit Majd el-Dik dans &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/culture/20160301-majd-al-dik-syrie-douma-ghouta-est-damas-bout-monde-voyage-bout-enfer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#192; l'Est de Damas, au bout du monde &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un univers extraordinaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, les habitants de la Ghouta ont cr&#233;&#233; ce qu'Osama Nassar d&#233;crit comme &#171; un univers extraordinaire par ses inventions et ses alternatives : &#233;lectricit&#233; et r&#233;seau aquif&#232;re alternatifs ; h&#244;pital alternatif, combustible alternatif, alimentation alternative, un lieu de vie et une famille alternative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giath Alddin Zeen, pr&#233;sident de l'ONG Ghiras el Nahda, revient, depuis la Turquie o&#249; il est r&#233;fugi&#233;, sur les premiers pas qui ont d&#233;bouch&#233; sur l'&#233;closion de cet &#171; univers extraordinaire &#187; : &#171; &#192; partir d'octobre 2013, plus rien ne passe par la route vers la Ghouta. Jusqu'ici, nous distribuions des kits alimentaires et m&#233;dicaux. Nous d&#233;butons alors des projets de d&#233;veloppement, &#224; partir des ressources pr&#233;sentes sur place. L'achat de ch&#232;vres et de moutons et le soutien &#224; la production laiti&#232;re par exemple, ainsi que les projets agricoles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, la Ghouta est une terre agricole et ses habitants ont la main verte. Mais avec la multiplication des bombardements aux barils de TNT, aux roquettes &#224; sous-munitions et aux armes chimiques, ainsi qu'avec l'explosion du prix du carburant provoqu&#233;e par le si&#232;ge, il devient presque impossible aux agriculteurs de maintenir leurs cultures vivri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giath Alddin Zeen explique : &#171; Nous avons cr&#233;&#233; sur place un centre de recherche compos&#233; de m&#233;decins et d'ing&#233;nieurs. Ils ont d&#233;velopp&#233; la technique du biogaz, afin de cr&#233;er de l'&#233;lectricit&#233; &#224; partir de d&#233;chets naturels comme le fumier des animaux. Et pour pallier au manque de nourriture, nous avons d&#233;cid&#233; de d&#233;velopper la culture du champignon. Riches en prot&#233;ines et en vitamine D, les champignons ont aussi l'avantage de pousser en int&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le projet n'a pas &#233;t&#233; facile &#187;, poursuit M. Alddin Zeen. &#171; Le centre de recherche a &#233;t&#233; bombard&#233;, mais un an plus tard, nous avons finalement men&#233; l'exp&#233;rience &#224; son terme, jusqu'&#224; produire 2,1 tonnes de champignons. Actuellement, nous formons 180 personnes &#224; la culture du champignon, afin de diffuser cette pratique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de solution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Activiste originaire d'Alep, Marcell Shehwaro fait partie d'un &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/ActForGhouta/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;groupe de plaidoyer&lt;/a&gt; sur la situation de la Ghouta dont chaque membre tente d'am&#233;liorer le quotidien d'une famille qui vit sous le si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Beyrouth, elle se d&#233;sole que l'&#233;moi provoqu&#233; par le si&#232;ge d'Alep Est fin 2016 se soit mu&#233; en indiff&#233;rence sur celui de la Ghouta. &#171; Pourtant, l'inventivit&#233; des gens pour survivre sur place force l'admiration &#187;, assure-t-elle, d&#233;crivant notamment l'initiative de &#171; Beyt el moun&#233; &#187; (&#171; la maison du moun&#233; &#187;), une technique de conservation traditionnelle des aliments, que le groupe distribue ensuite aux familles les plus pauvres de la Ghouta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activiste d&#233;nonce aussi l'insuffisance de l'aide humanitaire : &#171; Le probl&#232;me est le manque de suivi. Les convois humanitaires ne parviennent qu'exceptionnellement &#224; p&#233;n&#233;trer dans les villes assi&#233;g&#233;es, avec de la nourriture en quantit&#233; insuffisante et sans les m&#233;dicaments adapt&#233;s aux cas urgents. Les ONG internationales disent qu'ils restent &#224; Damas pour faire pression sur le r&#233;gime, mais cela n'a objectivement pas de r&#233;sultats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 f&#233;vrier, un convoi de l'ONU et du Croissant rouge syrien de neuf camions a enfin d&#233;livr&#233; de l'aide humanitaire dans la Ghouta. Le dernier convoi remontait &#224; novembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi pallier les besoins criants de m&#233;dicaments. Employ&#233;e du centre de l'ONG f&#233;ministe Women Now de la Ghouta, Nivin raconte &#224; Equal Times : &#171; M&#234;me les m&#233;dicaments les plus basiques sont rares. Nous achetons &#224; prix d'or des anti-inflammatoires p&#233;rim&#233;s depuis trois ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 f&#233;vrier, l'ONU a r&#233;clam&#233; une tr&#234;ve humanitaire d'un mois en Syrie pour &#171; permettre la distribution d'aide humanitaire, l'&#233;vacuation des bless&#233;s et des malades dans un &#233;tat critique, et d'all&#233;ger la souffrance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcell Shehwaro travaille sans rel&#226;che pour redonner de l'espoir &#224; une famille de la Ghouta. Mais quand elle songe &#224; l'avenir de l'ensemble de la r&#233;gion assi&#233;g&#233;e, son optimiste s'&#233;vanouit : &#171; Il n'y a pas de solution pour la Ghouta. L'ann&#233;e pass&#233;e &#224; Alep, l'&#233;vacuation &#233;tait encore possible vers Idlib &#187;, dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, jusqu'&#224; pr&#233;sent, apr&#232;s la reddition des villes rebelles assi&#233;g&#233;es comme Homs, Daraya, Moadamiyeh ou Alep, leur population &#233;tait transf&#233;r&#233;e de force vers la province d'Idlib, au nord-ouest du pays. &#171; Mais aujourd'hui, Idlib est sous les bombes et en passe d'&#234;tre ray&#233; de la carte par l'arm&#233;e syrienne et ses alli&#233;s. Que vont-ils faire du demi-million d'habitants de la Ghouta ? &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Faire le deuil d'une r&#233;volution : un dissident syrien explique comment la lutte contre le dictateur s'est transform&#233;e en guerre par procuration</title>
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		<dc:date>2017-01-17T12:15:33Z</dc:date>
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		<dc:creator>Yasin Haj-Saleh</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction : L'&#233;vacuation des rebelles et des civils-es a repris dans la partie est d'Alep. Mercredi (21-12-16), sous la neige et dans un froid intense, des milliers de personnes attendaient ce d&#233;part. L'arm&#233;e syrienne annon&#231;ait que les &#233;vacuations devaient se terminer dans les heures suivantes lui laissant ainsi la capacit&#233; de prendre le contr&#244;le complet de cette partie de la ville d&#233;vast&#233;e par des mois de bombardements intenses et un si&#232;ge interminable. &lt;br class='autobr' /&gt; Yassin-al-Haj Saleh, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton29206-5eab1.jpg?1679047932' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction : L'&#233;vacuation des rebelles et des civils-es a repris dans la partie est d'Alep. Mercredi (21-12-16), sous la neige et dans un froid intense, des milliers de personnes attendaient ce d&#233;part. L'arm&#233;e syrienne annon&#231;ait que les &#233;vacuations devaient se terminer dans les heures suivantes lui laissant ainsi la capacit&#233; de prendre le contr&#244;le complet de cette partie de la ville d&#233;vast&#233;e par des mois de bombardements intenses et un si&#232;ge interminable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Yassin-al-Haj Saleh, democracynow.org, 22 d&#233;cembre 2016, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons discuter de la situation avec un dissident syrien qui a &#233;t&#233; prisonnier politique et qui vit maintenant en exil en Turquie, M. Yassin-al-Haj. Son &#233;pouse Samira Khalil a disparu il y a trois ans en m&#234;me temps qu'une avocate des droits humains renomm&#233;e, Razan Zaitouneh. M. al-Haj Saleh vient de publier : The Impossible Revolution : Making Sense of the Syrian Tragedy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. N. : Amy Goodman : Pour parler plus &#224; fond de la nouvelle situation en Syrie, nous rejoignons Y. al-Haj Saleh &#224; Istanbul. (&#8230;) Merci d'&#234;tre avec nous. En premier lieu, je veux vous demander votre r&#233;action &#224; l'assassinat de l'ambassadeur russe en Turquie, lundi dernier&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yassin Al-Haj Saleh : J'ai un grand sentiment de d&#233;j&#224; vu. Nous l'avons d&#233;j&#224; vu au 19i&#232;me si&#232;cle ou nous avons lu &#224; ce sujet quand la Russie &#233;tait le pilier de la r&#233;action et de l'&#233;tatisme en Europe. En ce moment, elle joue le m&#234;me r&#244;le en Syrie et dans la r&#233;gion. Les assassinats ont toujours int&#233;gralement fait partie de la r&#233;alpolitique des &#233;lites comme celles qui dirigent la Russie en ce moment. &#199;a n'est pas un monde diff&#233;rent (qui utilise de telles m&#233;thodes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons simplement que le jeune policier turc qui a assassin&#233; l'ambassadeur n'est pas un djihadiste. Il se peut qu'il soit musulman, un croyant qui s'est senti insult&#233; par ce que les Russes ont fait en Syrie, sp&#233;cialement &#224; Alep ces derni&#232;res semaines. Quand il a cri&#233; : &#171; N'oubliez pas Alep ! N'oubliez pas la Syrie &#187; ! il ne faisait que s'identifier &#224; tous ces gens qu'il a probablement vu se faire tuer, humilier et d&#233;placer de force. Ce n'est pas une &#233;vacuation comme vous le dites, c'est un d&#233;placement forc&#233; de la population locale. Il a pens&#233; qu'il pouvait prendre la justice en mains. Bien s&#251;r, cela ne se justifie pas. Mais &#231;a ne proc&#232;de pas d'un monde &#233;tranger &#224; celui des d&#233;placements forc&#233;s et des personnes tu&#233;es &#224; Alep.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D.N. :&lt;strong&gt; Nermeen Shaikh : Yassin, je veux que vous nous expliquiez ce que vous avez d&#233;clar&#233;, &#224; savoir que les &#201;tats-Unis et la Russie ont jou&#233; un r&#244;le actif pour emp&#234;cher toute possibilit&#233; de r&#233;solution politique de la guerre syrienne. Avec cette analyse, quelle est votre appr&#233;ciation de la rencontre que la Russie organise avec l'Iran et la Turquie et dans laquelle la Russie est impliqu&#233;e, &#233;videmment ? Est-ce que vous pensez que cela pourrait ouvrir des possibilit&#233;s pour un cessez-le-feu &#224; long terme qui pourrait, &#224; son tour, mener &#224; une r&#233;solution de la guerre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. al-Hadj S. : Non, pas du tout. Ce n'est que la continuation de la guerre &#224; Alep et en Syrie par d'autres moyens. Encore une fois, c'est l'&#233;chec des politiques. Vous savez que la Russie fait partie des pouvoirs qui soutiennent le r&#233;gime Assad. Donc, comment la Russie, en organisant cette r&#233;union pour la paix, peut-elle d&#233;fendre une solution politique de la guerre en Syrie ? C'est inconcevable. Je pense que cela a &#224; voir avec la crise des m&#233;thodes de gestion, pas avec la politique. La crise des m&#233;thodes de gestion est une forme d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e des politiques. C'est une m&#233;thode que les &#233;lites utilisent. Elle a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e par les Am&#233;ricains pour traiter le probl&#232;me palestinien. Nous savons comment se porte le processus de paix en Palestine. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Syrie nous nous dirigeons vers un m&#234;me aboutissement : les conditions de la guerre perp&#233;tuelle seront install&#233;es. Avec les Russes, les Iraniens et les milices sectaires chiites qui occupent &#224; nouveau Alep, je pense que nous sommes face &#224; une situation qui met fin &#224; toute solution politique que ce soit. Ce n'est pas un d&#233;but, c'est la fin. C'est un pas de plus pour mettre fin &#224; quelque solution politique que ce soit, &#224; tout espoir d'une solution politique en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.G. : Yassin al-Hadj Saleh, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous pensez que les &#201;tats-Unis rendent impossible toute r&#233;solution de ce conflit, un cessez-le-feu ou une autre solution ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. al Hadj S. : Les &#201;tats-Unis ont &#233;t&#233; les partenaires de la Russie lors de l'entente sur les armes chimiques en septembre 2013. Je pense que depuis ce temps, le message que les d&#233;mocrates syriens-nes, l'opposition populaire syrienne, ont re&#231;u est que nous avons &#233;t&#233; laiss&#233;s-es &#224; la merci d'une junte brutale et de ses alli&#233;s. Le r&#233;gime a gagn&#233; quelque chose de cette entente : son maintien au pouvoir. Le v&#233;ritable objectif de ce r&#233;gime est de se maintenir au pouvoir pour toujours. Les Russes y ont gagn&#233; quelque chose &#233;galement : ils ont sauv&#233; leur client. Les Am&#233;ricains ont eu leur part : ils ont retir&#233; les armes chimiques de l'arsenal du r&#233;gime Assad. Les Isra&#233;liens ont aussi gagn&#233; quelque chose dans cette entente qu'ils ont inspir&#233;e : le retrait des armes de destruction massive des mains de ce r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui a perdu ? Le peuple. Trois semaines seulement avant cette entente sordide, 1,466 personnes avaient &#233;t&#233; tu&#233;es. Et le tueur se faisait donner la permission de tuer &#224; nouveau mais avec d'autres moyens, les barils-bombes, les avions et m&#234;me avec le chlore et d'autres armes chimiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, dans ce contexte, les chances d'arriver &#224; une solution politique sont extr&#234;mement minces. Depuis ce temps, le r&#233;gime n'a jamais subi de pressions, il n'a jamais senti qu'il pouvait faire face &#224; des pressions de la part des &#201;tats-Unis ou d'aucun autre pouvoir. C'est pourquoi, au cours des six derni&#232;res ann&#233;es il n'a rien conc&#233;d&#233; de son pouvoir &#224; aucun opposant, m&#234;me pas 2% de son pouvoir v&#233;ritable. Il n'y a pas moyen d'arriver &#224; une solution politique avec un r&#233;gime &#224; qui ont a laiss&#233; toute libert&#233; de poursuivre les tueries et qui ne fait face &#224; aucune pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N.S. : Yassin, certaines personnes ont exprim&#233; des inqui&#233;tudes &#224; propos de la composition de l'opposition qui se bat contre le r&#233;gime Assad. Vous avez parl&#233; de 3 stades dans cette r&#233;volte (&#8230;) qui a commenc&#233; en 2011. Pouvez-vous nous parler de ces 3 stades et comment l'opposition a &#233;t&#233; modifi&#233;e au cours de cette p&#233;riode ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. al-Hadj S. : Nous sommes arriv&#233;s-es &#224; la sixi&#232;me ann&#233;e de cette insurrection. Je peux distinguer ces trois stades. Et peut-&#234;tre qu'apr&#232;s Alep il y en aura un quatri&#232;me. Je ne peux pas le dire maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier stade est celui de la r&#233;volution comme telle. Elle s'&#233;tend sur 2011 et 2012 et peut-&#234;tre sur les premiers trois mois de 2013. L'opposition &#233;tait form&#233;e de l'Arm&#233;e libre de Syrie, de gens du cru et de d&#233;serteurs de l'arm&#233;e syrienne. Tous et toutes se battaient contre le r&#233;gime, d&#233;fendaient leurs communaut&#233;s locales, leurs villes et leur environnement. C'&#233;tait des Syriens-nes contre d'autres Syriens-nes. Je veux dire : c'&#233;tait la guerre civile. Selon moi, elle s'est termin&#233;e en 2013. L'insurrection avait commenc&#233; en septembre ou octobre 2011 ; il y a eut des p&#233;riodes pacifiques dans cette r&#233;volution. Ensuite ce furent des actions pacifiques et arm&#233;es jusqu'en juin 2012. C'est &#224; ce moment l&#224; que seule la lutte arm&#233;e s'est install&#233;e. Mais, encore une fois, c'&#233;tait Syriens-nes les uns-es contre les autres. Puis le Hezbollah est intervenu en avril 2013, suivi du Groupe arm&#233; &#201;tat islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, au d&#233;but du printemps 2013, le 2i&#232;me stade commence. C'est la lutte entre les Sunnites et les Chiites en Syrie. Y participent : les djihadistes salafistes et leurs organisations, les Sunnites, le Hezbollah et d'autres milices chiites venues d'Irak, d'Afghanistan, du Liban bien s&#251;r, et d'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi ce 2i&#232;me stade s'est termin&#233; en septembre 2014 quand les Am&#233;ricains se sont attaqu&#233;s au Groupe arm&#233; &#201;tat islamique &#224; Mossoul et ailleurs en Irak. Un an plus tard, la Russie intervenait &#233;galement (en Syrie). C'est &#224; ce moment l&#224; que le 3i&#232;me stade &#224; commenc&#233;. C'est le stade imp&#233;rialiste o&#249; les deux super puissances sont devenues les principales actrices en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quand de gens ou des reportages parlent de victoire de Bashar al-Assad, ils se trompent. C'est la victoire de la Russie et de l'Iran. Ce n'est pas non plus la victoire de l'arm&#233;e syrienne. C'est celle du Hezbollah et des milices sectaires chiites &#224; Alep. La population locale a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;e (de force).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du premier stade, l'opposition &#233;tait compos&#233;e de l'Arm&#233;e libre de Syrie et d'autres opposants politiques qui combattaient le r&#233;gime depuis une g&#233;n&#233;ration. C'est ma g&#233;n&#233;ration. Au cours des ann&#233;es 1980, des dizaines de milliers de Syriens-nes ont &#233;t&#233; tu&#233;s-es, arr&#234;t&#233;s-es et tortur&#233;s-es. Au cours du second stade, 2013-2014 c'est l'exode en masse des Syriens-nes accompagn&#233; de tueries de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au quatri&#232;me stade, en ce moment, c'est le chaos et la Syrie est devenue un pays globalis&#233;. L'opposition est affaiblie. Il existe encore quelques groupes de l'Arm&#233; libre syrienne mais ils sont aussi affaiblis et marginalis&#233;s. &#192; mon sens nous avons besoin maintenant d'une nouvelle dynamique inclusive, mod&#233;r&#233;e et en faveur de la r&#233;conciliation. Cela veut dire un changement v&#233;ritablement substantiel dans la nature de la politique en Syrie et c'est impossible d'y arriver tant que Bashar al-Assad est au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.G. : Je voudrais que vous nous parliez de votre propre histoire. Vous avez mentionn&#233; que vous &#234;tes un dissident en Syrie. Vous avez &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; par le p&#232;re de Bashar al-Assad, Hafez al-Hassad. Pouvez-vous nous dire o&#249; vous vous inscrivez dans la r&#233;sistance actuelle ? Et aussi nous parler de la perte immense que vous avez subie lors de l'enl&#232;vement de votre &#233;pouse il y a plusieurs ann&#233;es maintenant, en m&#234;me temps que celui de l'avocate militante des droits humains, Razan Zaitouneh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y. al-Hadj S. : Je veux que vous compreniez que notre lutte n'a pas commenc&#233; il y a cinq ou six ans. Cela dure depuis deux g&#233;n&#233;rations. Nous &#233;tions jeunes ; j'avais moins de 20 ans quand j'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Je suis rest&#233; en prison pendant 15 ans. Nous y &#233;tions des centaines et des milliers. Des centaines et des milliers ont &#233;t&#233; tu&#233;s-es tortur&#233;s-es et humili&#233;s-es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me retrouve naturellement au deuxi&#232;me stade de la lutte pour la d&#233;mocratie, la libert&#233; et la justice dans mon pays. J'ai v&#233;cu clandestinement &#224; Damas pendant deux ans, apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;volution. J'ai particip&#233; &#224; plusieurs activit&#233;s et tent&#233; de prendre part &#224; cet unique grand soul&#232;vement, la grande bataille du peuple syrien pour le changement, un r&#233;el changement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon &#233;pouse Samira &#233;tait elle-m&#234;me une ancienne prisonni&#232;re politique. Elle a &#233;t&#233; emprisonn&#233;e pendant 4 ans et tortur&#233;e. Nous travaillions ensemble, Samira, Razan et moi &#224; Damas en 2013. Je suis parti &#224; Racca d'o&#249; je suis natif et qui est maintenant contr&#244;l&#233;e par le Groupe arm&#233; &#201;tat islamique. J'ai v&#233;cu l&#224; clandestinement pendant un certain temps. Samira ne pouvait pas m'accompagner dans ce dangereux et difficile voyage. Elle est donc rest&#233;e &#224; Damas avec Razan. Elles ont &#233;t&#233; rejointes par Wael, le conjoint de Razan, et Nazem Hamadi po&#232;te et militant pour les droits humains. Ils ont &#233;t&#233; enlev&#233;s &#224; Douma en d&#233;cembre 2013 par la formation militaire salafiste, Jaysh al-Islam. Nous avons quelques informations &#224; propos des coupables mais je dois malheureusement dire que nous n'avons pas d'informations cr&#233;dibles sur le sort de ces 4 personnes depuis les 3 derni&#232;res ann&#233;es et 13 jours. &lt;br class='autobr' /&gt;
N.S. : Avant que nous terminions, Yassin, pouvez-vous dire quelque chose &#224; propos de ce que vous pensez que les &#201;tats-Unis devraient faire en ce moment en regard de ce qui se passe en Syrie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Y.al-Hadj S. : Premi&#232;rement, peut-&#234;tre pourriez-vous cesser de mettre la priorit&#233; sur la guerre contre le terrorisme au sein de notre lutte pour la justice et la libert&#233;. Ce grand discours partout dans le monde &#224; propos de cette guerre contre la terreur est bon pour les &#233;lites. C'est bon pour B. al-Assad, pour Poutine, Netanyahu et Khomenei. C'est tr&#232;s mauvais pour le peuple, pas seulement dans mon pays mais m&#234;me en Occident. Cette guerre contre la terreur est une guerre contre la d&#233;mocratie. Elle ne peut servir de base &#224; une lutte r&#233;elle pour la libert&#233; et la justice. Donc, c'est la premi&#232;re chose &#224; faire. &lt;br class='autobr' /&gt;
En deuxi&#232;me lieu, mes espoirs sont tr&#232;s limit&#233;s quant au r&#244;le que les &#201;tats-Unis pourraient jouer en Syrie et m&#234;me au Proche-Orient. Mais j'esp&#232;re au moins qu'ils se rendent compte qu'il devrait y avoir une autre m&#233;thode que celle de la gestion de crise actuellement. Il devrait y avoir de vraies n&#233;gociations politiques et une politique qui ne soit pas coup&#233;e des enjeux de justice, de libert&#233; et de d&#233;mocratie. Plus nous tarderons &#224; changer de m&#233;thode en Syrie, en Palestine et dans le Proche-Orient, plus la situation empirera. Je ne connais pas d'exemple de succ&#232;s avec la guerre au terrorisme. &#199;a ne fait que faire couler plus de sang, cr&#233;er plus de violence, de terreur et de dictatures comme celle d'Assad et d'autres semblables dans notre r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
A.G. : (&#8230;) Il nous reste 30 secondes. Vous avez dit avoir &#233;t&#233; choqu&#233; par la r&#233;ponse de la gauche &#224; la situation en Syrie. Pouvez-vous expliquer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Y.al-Hadj S. : J'ai toujours pens&#233; que notre cause &#233;tait claire. Nous nous battons pour la d&#233;mocratie depuis des g&#233;n&#233;rations. Nous en avons pay&#233; le prix. Je pensais que les gens allaient nous accompagner, nous comprendre qu'ils ne trouveraient pas d'excuses au r&#233;gime brutal de B. El-Assad. Le probl&#232;me c'est que&#8230;..&lt;br class='autobr' /&gt;
(Ici la communication a &#233;t&#233; rompue).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#244;le de l'Iran dans la trag&#233;die syrienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-role-de-l-Iran-dans-la-tragedie-syrienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-role-de-l-Iran-dans-la-tragedie-syrienne</guid>
		<dc:date>2017-01-17T12:14:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Behrooz Farahany</dc:creator>


		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 11 ans, l'&#233;quipe d'Hachemi Rafsandjani [d&#233;c&#233;d&#233; le 8 janvier 2017], op&#233;rant sous le nom de &#171; Conseil de Discernement &#187;, a r&#233;dig&#233; une directive intitul&#233;e &#171; Les perspectives de la R&#233;publique Islamique d'Iran dans les 20 prochaines ann&#233;es &#187; approuv&#233;e par le Guide Supr&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La volont&#233; affirm&#233;e de devenir une puissance r&#233;gionale &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les grandes lignes de ce document est affirm&#233; la volont&#233; de &#171; devenir la premi&#232;re puissance &#233;conomique, scientifique et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Iran-+" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-01-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-01-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton29296-b0c80.jpg?1675058605' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a 11 ans, l'&#233;quipe d'Hachemi Rafsandjani [d&#233;c&#233;d&#233; le 8 janvier 2017], op&#233;rant sous le nom de &#171; Conseil de Discernement &#187;, a r&#233;dig&#233; une directive intitul&#233;e &#171; Les perspectives de la R&#233;publique Islamique d'Iran dans les 20 prochaines ann&#233;es &#187; approuv&#233;e par le Guide Supr&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/moyenorient/iran/le-role-de-liran-dans-la-tragedie-syrienne.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La volont&#233; affirm&#233;e de devenir une puissance r&#233;gionale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les grandes lignes de ce document est affirm&#233; la volont&#233; de &#171; devenir la premi&#232;re puissance &#233;conomique, scientifique et technologique de la r&#233;gion de l'Asie du Sud-Ouest &#187; comprenant l'Asie centrale, le Caucase, le Proche-Orient et les pays voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche de la supr&#233;matie militaire n'appara&#238;t pas dans ce dossier, mais les sous-entendus sont clairs. Afin de parvenir &#224; ce but il est conseill&#233; de d&#233;velopper des relations privil&#233;gi&#233;es avec des forces et pays amis. Partout il est conseill&#233; de promouvoir des relations &#233;troites avec les forces religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e est parue une analyse concernant l'Irak apr&#232;s l'invasion am&#233;ricano-anglaise. Elle porte le titre &#171; L'Iran et le nouvel Irak, les d&#233;fis &#224; venir &#187; et a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e par le &#171; Centre des Recherches strat&#233;giques &#187; d&#233;pendant de l'&#233;quipe de Rafsandjani. Les grandes lignes de cette strat&#233;gie y sont appliqu&#233;es au cas de ce &#171; pays devenu ami &#187; suite &#224; l'invasion imp&#233;rialiste occidentale de 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce document, il est clairement stipul&#233; que l'Iran doit intervenir directement dans la politique irakienne, en appuyant les partis chiites contre les autres forces. Il y est &#233;galement d&#233;fendu le principe du maintien de l'int&#233;grit&#233; territoriale d'Irak, et proclam&#233; l'opposition aux revendications s&#233;paratistes. Contrer &#171; les influences &#187; d'autres forces r&#233;gionales dans ce pays est soulign&#233; comme un des imp&#233;ratifs de cette politique &#224; l'&#233;gard d'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, cette strat&#233;gie de recherche d'une supr&#233;matie r&#233;gionale se heurte de plein fouet aux ambitions des autres puissances r&#233;gionales (comme l'Arabie saoudite, Isra&#235;l, et la Turquie) et exacerbe les rivalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait depuis longtemps qu'une alliance non officielle anti-R&#233;publique islamique est form&#233;e autour d'un axe &#171; Riyad &#8211; J&#233;rusalem &#187; &#224; laquelle les pays du Golfe persique sont &#171; affili&#233;s &#187;. Mais la Turquie d'Erdogan a aussi ses vis&#233;es strat&#233;giques et s'appuie sur les minorit&#233;s turkm&#232;nes pr&#233;sentes en Irak et en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'importance strat&#233;gique de l'alliance avec le r&#233;gime syrien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, la Syrie a longtemps &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme un alli&#233; important, bien que controvers&#233;, de la R&#233;publique islamique d'Iran. La Syrie est le seul pays arabe &#224; avoir explicitement soutenu l'Iran durant les huit ann&#233;es de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Le fait que la dynastie Assad soit d'origine alaouite (confession apparent&#233;e au chiisme) et l'existence des sanctuaires chiites en Syrie ont contribu&#233; &#224; renforcer une relation strat&#233;gique entre les deux Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour T&#233;h&#233;ran, l'imp&#233;ratif de maintenir des liens &#233;troits avec le Hezbollah libanais a renforc&#233; cette alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, contrairement &#224; d'autres pays arabes o&#249; l'Iran a soutenu certains soul&#232;vements populaires, le r&#233;gime islamique s'est rang&#233; d&#232;s mars 2011 aux c&#244;t&#233;s du pr&#233;sident syrien Bachar el-Assad, d&#233;finissant la r&#233;volte du peuple syrien comme une s&#233;dition &#171; d'inspiration &#233;trang&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la brutalit&#233; de la r&#233;ponse du r&#233;gime syrien quelques inqui&#233;tudes se sont toutefois fait entendre au sein de la direction iranienne. Mais sous l'impulsion directe du Guide de la r&#233;volution, Ali Khamenei, l'imp&#233;ratif de la d&#233;fense de &#171; l'Axe de R&#233;sistance &#187; Iran-Hezbollah-Syrie, a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme la seule ligne officielle. Et cela non seulement face &#224; Isra&#235;l mais &#233;galement contre le terrorisme des groupes islamistes &#171; takfiri &#187; (m&#233;cr&#233;ants), tels que Daech et autres salafistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une implication militaire croissante aux c&#244;t&#233;s de Bachar el-Assad&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du conflit, l'Iran a limit&#233; sa participation &#224; la fourniture de services techniques ainsi qu'&#224; un soutien financier au r&#233;gime syrien. Cette action passait principalement par Qods, le bras arm&#233; bas&#233; en Irak des Gardiens de la R&#233;volution Islamique d'Iran (Pasdaran, GRII), dans le cadre d'op&#233;rations transfrontali&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2012, Qods a jou&#233; un r&#244;le crucial dans la cr&#233;ation des Forces de d&#233;fense nationale (FDN), une organisation paramilitaire syrienne aidant l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re. Celle-ci rassemblait environ 100'000 combattants de diff&#233;rentes sectes religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 2011 &#224; d&#233;but 2013, l'Iran a envoy&#233; des membres des forces d'&#233;lite du GRII en appui au r&#233;gime d'Assad, et fourni une formation et un soutien logistique &#224; l'arm&#233;e syrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec la d&#233;gradation constante de la position du r&#233;gime syrien vers la fin 2013, la Russie a peu &#224; peu assum&#233; ce r&#244;le, tandis que l'Iran augmentait sa pr&#233;sence sur le terrain. Le g&#233;n&#233;ral Soleimani, patron incontest&#233; de la force Qods, a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans cette implication directe de Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les sources, le nombre total de Pasdaran et de paramilitaires iraniens op&#233;rant en Syrie se situait entre 6500 et 9200 en avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, sans aucun doute, ce nombre est all&#233; crescendo, surtout avec la mobilisation op&#233;r&#233;e pour la reprise d'Alep, surnomm&#233; &#171; La m&#232;re des batailles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il est apparu que les forces syriennes &#233;taient insuffisantes pour combattre les forces qualifi&#233;es de &#171; takfiri &#187;, le pouvoir iranien a facilit&#233; le d&#233;ploiement de milices chiites &#233;trang&#232;res. Elle a commenc&#233; par faire appel &#224; son alli&#233; le plus proche, le Hezbollah, qui a pris part au combat en Syrie d&#232;s 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime iranien a &#233;galement envoy&#233; des groupes chiites irakiens (Katai'b Al-Imam-Ali en particulier), leur fournissant la formation et les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs les Pasdaran ont commenc&#233; &#224; recruter des combattants chiites d'Afghanistan et du Pakistan, constituant respectivement les Fatemiyon et les Brigades Zaynabiyun &#8211; sous les ordres directs du commandant g&#233;n&#233;ral des Pasdaran, le g&#233;n&#233;ral Mohammad Ali Jafari. Les salaires et les &#233;quipements n&#233;cessaires ont &#233;t&#233; pris en charge par le r&#233;gime iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2016, l'Iran a commenc&#233; &#224; exp&#233;dier &#171; Les Takavaran &#187;, les forces sp&#233;ciales de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re iranienne. Ces troupes sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant largement les plus entra&#238;n&#233;es des forces arm&#233;es iraniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A maintes reprises, les journaux iraniens ont annonc&#233; &#171; le martyre &#187; de &#171; ces d&#233;fenseurs des lieux saints &#187;, appartenant aux diff&#233;rentes brigades de l'arm&#233;e comme la &#171; Brigade 65 Nohed &#187; ou la &#171; Brigade 258 Shahrood &#187;. Bien qu'appartenant &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, ces forces sont sous le contr&#244;le de commandants sup&#233;rieurs des Pasdaran, nomm&#233;s directement par g&#233;n&#233;ral Jafari, le commandant supr&#234;me des Pasdaran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que le r&#233;gime iranien ne cache plus son engagement direct dans la guerre civile en Syrie. Les m&#233;dias du r&#233;gime couvrent m&#234;me d'&#233;loges &#171; les martyrs de l'islam &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Iran aurait fourni aux forces gouvernementales syriennes et aux milices chiites des armes l&#233;g&#232;res, ainsi que des armes avanc&#233;es, comme des roquettes, des lance-roquettes, des fusils Kalachnikov, et des missiles antichars. Ces forces ont principalement op&#233;r&#233; dans les provinces d'Alep, Latakieh, Homs, Hama, Idlib et Tartus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas perdre de vue la convergence globale des analyses du r&#233;gime islamique et celles de Poutine. L'Iran coordonne &#233;galement, au niveau minist&#233;riel et op&#233;rationnel, ses actions sur le terrain avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants iraniens ont d&#233;clar&#233; explicitement qu'en ce qui concernait la Syrie, il n'y avait pas de divergences entre les strat&#233;gies de Moscou et de T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois clair que le r&#233;gime iranien est attach&#233; explicitement au maintien en l'&#233;tat : 1&#176; du clan Assad au pouvoir ; 2&#176; des institutions &#233;tatiques existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui la concerne, la Russie a sur ce point des positions plus ambigu&#235;s, m&#234;me si elle d&#233;fend le r&#233;gime dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur de l'engagement en Syrie des forces du r&#233;gime des ayatollahs peut &#234;tre mesur&#233;e &#224; la lumi&#232;re de ses pertes humaines. D'apr&#232;s certaines estimations, pr&#232;s de 700 iraniens appartenant &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, aux Pasdaran ou aux milices auraient &#233;t&#233; tu&#233;s en Syrie. Ce chiffre &#224; lui seul met &#224; nu l'ampleur et le co&#251;t de l'intervention de T&#233;h&#233;ran pour maintenir Bachar el-Assad au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, l'Iran soutient que seuls des &#171; conseillers militaires &#187; ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s en Syrie. Mais les m&#233;dias d'Etat ont signal&#233; de nombreuses victimes sur les champs de bataille. Les Pasdaran ont annonc&#233; officiellement d&#233;but d&#233;cembre 2016 que 13 de leurs combattants ont &#233;t&#233; tu&#233;s pr&#232;s d'Alep. Cela montre que les forces iraniennes sont engag&#233;es d'une mani&#232;re directe dans les atrocit&#233;s de cette guerre civile terrible, aux c&#244;t&#233;s des forces de Bachar el-Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; que l'Arabie saoudite soutient des groupes djihadistes combattant le pouvoir syrien, et que les deux pays ont des politiques &#233;trang&#232;res oppos&#233;es au niveau r&#233;gional, les ayatollahs vont continuer &#224; intervenir dans des conflits entre sunnites et chiites au Y&#233;men et &#224; Bahre&#239;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la politique r&#233;gionale de la R&#233;publique Islamique d'Iran s'inscrit dans une lutte d'influence contre la monarchie r&#233;actionnaire des Al Saoud. Il ne faut pas oublier que les ayatollahs et les Al Saoud sont les principaux soutiens des courants r&#233;actionnaires de l'islam politique et favorisent les logiques d'affrontements sectaires et interreligieux qui divisent les populations sur la base de leurs identit&#233;s religieuses, mettent la r&#233;gion &#224; feu et &#224; sang. (D&#233;cembre 2016)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre &#224; un &#171; camarade &#187; qui s'obstine &#224; justifier l'injustifiable</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lettre-a-un-camarade-qui-s-obstine-a-justifier-l-injustifiable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lettre-a-un-camarade-qui-s-obstine-a-justifier-l-injustifiable</guid>
		<dc:date>2016-12-20T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Camarade &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait plusieurs semaines que je me dis que je vais t'&#233;crire, et ce sont les &#233;v&#233;nements tragiques d'Alep et ta r&#233;action &#224; ces &#233;v&#233;nements, ou parfois ta non-r&#233;action, qui ont fini par me persuader que l'heure &#233;tait venue de m'adresser &#224; toi. Pas n&#233;cessairement dans le but de te convaincre, car je crois que malheureusement il est d&#233;j&#224; trop tard. Mais au moins, comme &#231;a, les choses seront dites et tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; par A l'encontre le 16 - (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-12-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-12-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syrie-1285-+" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton29137-ced27.png?1679048762' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Camarade &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait plusieurs semaines que je me dis que je vais t'&#233;crire, et ce sont les &#233;v&#233;nements tragiques d'Alep et ta r&#233;action &#224; ces &#233;v&#233;nements, ou parfois ta non-r&#233;action, qui ont fini par me persuader que l'heure &#233;tait venue de m'adresser &#224; toi. Pas n&#233;cessairement dans le but de te convaincre, car je crois que malheureusement il est d&#233;j&#224; trop tard. Mais au moins, comme &#231;a, les choses seront dites et tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/moyenorient/syrie/massacres-a-alep-lettre-a-un-camarade-qui-sobstine-a-justifier-linjustifiable.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'encontre&lt;/a&gt; le 16 - d&#233;cembre - 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au nom de l'anti-imp&#233;rialisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville d'Alep est victime d'un massacre, d'une v&#233;ritable boucherie qui fait immanquablement penser &#224; d'autres villes martyres comme Srebrenica, Grozny, Fallouja, mais aussi Varsovie et Guernica, ou encore aux camps palestiniens de Sabra et Chatila. Les t&#233;moignages directs qui affluent de la ville, venus de Syriens &#171; ordinaires &#187;, et non des seuls membres d'un quelconque groupe arm&#233;, sont &#233;loquents, a fortiori lorsqu'ils sont accompagn&#233;s de photos ou de vid&#233;os. Des mots et des images qui disent la d&#233;tresse, qui disent l'impuissance, qui disent l'horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toi, &#171; camarade &#187;, tu t'es &#233;vertu&#233; ces derniers jours &#8211; si l'on peut consid&#233;rer que cet exercice peut avoir de pr&#232;s ou de loin un quelconque rapport avec une vertu &#8211; &#224; expliquer qu'il ne fallait pas s'engager aux c&#244;t&#233;s des habitants d'Alep et qu'il ne fallait pas d&#233;noncer les bombardements dont ils &#233;taient victimes, pas plus qu'il ne fallait d&#233;noncer les exactions commises par les troupes au sol lors de la &#171; lib&#233;ration &#187; de la ville. En d'autres termes, tu es venu nous expliquer qu'il ne fallait pas prendre de position claire et d&#233;termin&#233;e contre un massacre planifi&#233; et perp&#233;tr&#233; par le r&#233;gime dictatorial de Bachar al-Assad et par ses alli&#233;s, au premier rang desquels la Russie et l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je m'adresse &#224; toi, &#171; camarade &#187;, c'est parce que nous avons par le pass&#233; partag&#233; nombre de combats, notamment &#8211; mais pas seulement &#8211; le combat pour les droits du peuple palestinien. Parce que je pensais que, malgr&#233; nos divergences, nous avions des principes communs. Je n'ai en effet rien &#224; dire &#224; la droite et &#224; l'extr&#234;me-droite pro-Poutine et/ou pro-Assad, qui assument clairement leur soutien &#224; des r&#233;gimes autoritaires au nom de &#171; valeurs &#187; communes, et qui n'ont jamais fait semblant de vouloir construire une r&#233;elle solidarit&#233; avec les peuples opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toi, &#171; camarade &#187;, tu te pares de vertus &#171; progressistes &#187;, &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187;, voire &#171; socialistes &#187;, &#171; communistes &#187; ou m&#234;me &#171; r&#233;volutionnaires &#187;. Et c'est au nom de ces vertus que tu tentes de nous convaincre aujourd'hui qu'il ne faut pas se tenir r&#233;solument aux c&#244;t&#233;s de la population d'Alep assi&#233;g&#233;e et massacr&#233;e, et qu'il ne faudra pas se tenir demain aux c&#244;t&#233;s des populations des autres villes syriennes d&#233;j&#224; assi&#233;g&#233;es et bient&#244;t massacr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'est pas, tu l'avoueras, le moindre des paradoxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les plus m&#233;chants ne sont pas n&#233;cessairement ceux que l'on croit &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais en effet cru comprendre que ce qui constituait le patrimoine g&#233;n&#233;tique commun de la gauche anti-imp&#233;rialiste, c'&#233;tait d'&#234;tre aux c&#244;t&#233;s des peuples &#233;cras&#233;s par les Etats imp&#233;rialistes et leurs alli&#233;s. J'avais cru comprendre que dans ce patrimoine g&#233;n&#233;tique que nous semblions partager, on ne transigeait pas avec la solidarit&#233; internationale. Et j'avais esp&#233;r&#233; que malgr&#233; tes positions parfois plus qu'ambigu&#235;s quant &#224; la trag&#233;die syrienne, le martyre d'Alep te ram&#232;nerait &#224; la raison, et &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non. Tu t'obstines. Tu t'obstines &#224; tenter d'expliquer que l'on ne peut pas prendre parti pour la population massacr&#233;e &#224; Alep. Tu t'obstines &#224; tenter d'expliquer que &#171; les choses ne sont pas si simples &#187;. Tu t'obstines &#224; tenter d'expliquer que dans cette &#171; guerre &#187;, il n'y a pas &#171; des gentils d'un c&#244;t&#233; et des m&#233;chants de l'autre &#187;, et qu'il faut ainsi savoir raison garder et ne pas c&#233;der &#224; la facilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car toi, bien &#233;videmment, &#171; camarade &#187;, tu ne c&#232;des pas &#224; la facilit&#233;. Jamais. Tu nous proposes d'ailleurs ton analyse complexe, pleine de hauteur et de nuance, qui ressemble &#224; peu pr&#232;s &#224; ceci : &#171; Non, Assad n'est pas un d&#233;mocrate, et les pays qui le soutiennent ne sont pas franchement des mod&#232;les non plus. Mais attention : la soi-disant r&#233;bellion syrienne est en r&#233;alit&#233; majoritairement compos&#233;e de forces issues de l'islam int&#233;griste, voire jihadiste, t&#233;l&#233;guid&#233;es et arm&#233;es par des r&#233;gimes r&#233;actionnaires comme l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, voire par les parrains occidentaux de ces derniers, notamment les &#201;tats-Unis et la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : &lt;i&gt;&#171; Prudence, les plus m&#233;chants ne sont pas n&#233;cessairement ceux que l'on croit. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La population syrienne, tu connais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier probl&#232;me avec ton analyse, &#171; camarade &#187;, est qu'elle &#171; oublie &#187; un acteur essentiel : la population syrienne. Tu sembles en effet &#171; oublier &#187; que le point de d&#233;part des &#171; &#233;v&#233;nements &#187; en Syrie n'est pas une intervention saoudienne, &#233;tats-unienne, qatarie ou turque. Ni m&#234;me russe. Le point de d&#233;part de tout cela, c'est qu'en mars 2011 des centaines de milliers de Syriens se sont soulev&#233;s contre un r&#233;gime dictatorial et pr&#233;dateur, comme en Tunisie, comme en Egypte, comme en Libye. Et que si Assad et ses sbires n'avaient pas fait le choix de r&#233;primer ce soul&#232;vement dans le sang, avec plus de 5000 morts et des dizaines de milliers d'arrestations durant l'ann&#233;e 2011, ils seraient eux aussi tomb&#233;s sous la pression populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous parlons bien de l'ann&#233;e 2011, cette ann&#233;e o&#249;, souviens-toi, &#171; camarade &#187;, tu t'enthousiasmais pour les autres soul&#232;vements dans la r&#233;gion. &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;, tu te rappelles ? Tu l'as peut-&#234;tre m&#234;me chant&#233; dans les rues d'une ville fran&#231;aise, toi qui es si &#233;pris de libert&#233;, de justice sociale et de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Syrie aussi, on le chantait, avec les m&#234;mes revendications &#233;conomiques, sociales et politiques que dans les autres pays de la r&#233;gion touch&#233;s par le soul&#232;vement, et Riyad, Doha, Paris ou Washington n'avaient rien &#224; voir avec &#231;a. Si tu t'int&#233;resses de si pr&#232;s &#224; la chose syrienne, tu dois d'ailleurs savoir qu'&#224; chaque fois qu'il y a eu une tr&#234;ve au cours des derni&#232;res ann&#233;es, les manifestations ont recommenc&#233;. Que sans l'intervention de l'Iran, puis de la Russie, le r&#233;gime serait tomb&#233;, sous la pression des Syriens, pas de quelques milliers de &#171; combattants &#233;trangers &#187; &#8211; qui sont arriv&#233;s, soit dit en passant, bien apr&#232;s que le r&#233;gime eut tu&#233; des milliers de Syriens d&#233;sarm&#233;s, et fait sortir de prison des dizaines, voire des centaines, de &#171; jihadistes &#187;, t'es-tu d&#233;j&#224; demand&#233; pourquoi ? Et que oui, les racines de la &#171; crise &#187; syrienne sont bel et bien la contestation populaire d'un clan et la r&#233;ponse de ce dernier : tout d&#233;truire plut&#244;t que de perdre son pouvoir et ses pr&#233;bendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins que tu ne veuilles signifier que depuis le d&#233;but les Syriens sont &#171; manipul&#233;s &#187; par les pays occidentaux, que tout &#231;a n'est, au fond, qu'une histoire d'hydrocarbures, et que le soul&#232;vement syrien &#233;tait t&#233;l&#233;guid&#233; depuis l'ext&#233;rieur par des puissances qui n'ont qu'&#224; appuyer sur un bouton pour que des populations se soul&#232;vent. Mais je n'ose m&#234;me pas le penser : tu n'es pas de ceux qui estiment que les Arabes sont tellement ben&#234;ts qu'ils ne sont pas capables de penser par eux-m&#234;mes et que quand ils se mettent &#224; se mobiliser et &#224; revendiquer en pensant &#171; justice sociale &#187;, quitte &#224; risquer de perdre leur vie, c'est forc&#233;ment parce qu'ils sont manipul&#233;s par des Occidentaux qui pensent &#171; hydrocarbures &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas vrai, &#171; camarade &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me probl&#232;me avec ton analyse, &#171; camarade &#187;, est que tu mets sur le m&#234;me plan, d'une part, le &#171; soutien &#187; apport&#233; par la Russie et l'Iran &#224; Assad et, d'autre part, le &#171; soutien &#187; apport&#233; par les Etats-Unis, la France, la Turquie et les monarchies du Golfe aux forces d'opposition syriennes. Tu essaies de faire croire qu'il n'y aurait pas une sup&#233;riorit&#233; militaire &#233;crasante du r&#233;gime Assad et de ses alli&#233;s et qu'apr&#232;s tout, pour reprendre, en la modifiant &#224; peine, une formule en vogue dans un pays frontalier de la Syrie, &#171; Assad a le droit de se d&#233;fendre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais oses-tu r&#233;ellement comparer, d'une part, les milliers de &#171; conseillers militaires &#187; et l'armement iraniens, les milliers de combattants du Hezbollah et, surtout, l'aviation russe (ainsi que les v&#233;hicules et l'armement lourd fournis par la Russie, 2e puissance militaire mondiale) qui viennent en appui &#224; un Etat et une arm&#233;e r&#233;guli&#232;re et, d'autre part, les armes l&#233;g&#232;res, les lance-roquettes et lance-missiles v&#233;tustes fournis ou financ&#233;s par les monarchies du Golfe ou la Turquie et les armes l&#233;g&#232;res, les lance-roquettes, les quelques armes anti-char et les syst&#232;mes de communication et dispositifs de vision nocturne fournis, au compte-gouttes, par les Etats-Unis et la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sais-tu que ce que demandent les forces d'opposition syriennes depuis le d&#233;but ce sont des missiles antia&#233;riens, pour pouvoir se d&#233;fendre contre les avions de la mort de Poutine et d'Assad, et que ce sont les Etats-Unis qui ont syst&#233;matiquement mis leur veto &#224; la livraison de telles armes ? Sais-tu qu'au d&#233;but de l'ann&#233;e 2014, apr&#232;s l'&#233;chec de la conf&#233;rence de &#171; Gen&#232;ve 2 &#187;, les Saoudiens ont pour la premi&#232;re fois sugg&#233;r&#233; de livrer des lance-missiles aux forces d'opposition syriennes, que les Etats-Unis s'y sont oppos&#233;s, et qu'ils n'ont pas chang&#233; de position depuis ? Les &#201;tats-Unis qui ne voulaient pas, qui ne veulent pas, que ces armes tombent &#171; entre de mauvaises mains &#187;, et qui ne veulent surtout pas que l'appareil d'Etat syrien soit d&#233;truit car ils ont tir&#233;, contrairement &#224; d'autres, les bilans de leur brillante intervention en Iraq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tweetPose-toi la question : elles sont o&#249;, les terribles armes des forces d'opposition ? Penses-tu s&#233;rieusement qu'Assad aurait pu bombarder des quartiers entiers depuis des h&#233;licopt&#232;res volant &#224; basse altitude si les opposants syriens disposaient d'un r&#233;el armement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et te souviens-tu qu'en mai dernier l'ambassade de Russie en Grande-Bretagne, qui doit pourtant &#234;tre bien renseign&#233;e et qui, si elle avait des preuves du surarmement des opposants &#224; Assad, les exhiberait, en &#233;tait r&#233;duite &#224; tweeter des images extraites d'un jeu vid&#233;o (!) pour &#171; d&#233;montrer &#187; que les forces d'opposition syriennes recevaient des armes chimiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors soyons s&#233;rieux, tu veux bien ? Qui d&#233;truit la Syrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me probl&#232;me avec ton analyse, &#171; camarade &#187;, est que tu oublies tout simplement une donn&#233;e fondamentale : les faits. Car tu pourras toujours me dire que ce que je viens d'&#233;crire est impossible &#224; prouver, m&#234;me si ce sont les acteurs principaux de ce &#171; non-soutien &#187; et les &#171; non-soutenus &#187; qui en ont t&#233;moign&#233;, et qui continuent de le faire, car peut-&#234;tre, apr&#232;s tout, sont-ils de fieff&#233;s menteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si tu veux absolument des preuves, contente-toi d'ouvrir les yeux et pose-toi cette question simple : comment la Syrie a-t-elle pu &#234;tre d&#233;truite ? Quand tu commentes les images des villes ras&#233;es en disant qu'il y a &#171; de la violence des deux c&#244;t&#233;s &#187;, tu occultes un d&#233;tail : qui poss&#232;de les armes n&#233;cessaires pour des destructions d'une telle ampleur ? Pour le dire autrement : qui peut mener des bombardements ? O&#249; sont les avions des forces d'opposition syriennes ? O&#249; sont les h&#233;licopt&#232;res des forces d'opposition syriennes ? O&#249; sont leurs tanks ? Cach&#233;s sous terre, comme la surpuissante arm&#233;e de Saddam Hussein qui mena&#231;ait le monde entier ? Combien les forces d'opposition syriennes ont-elles d&#233;truit d'avions ? Sais-tu qu'en 2013, lorsqu'elles ont abattu deux h&#233;licopt&#232;res, il s'agissait d'un &#233;v&#233;nement tellement rare qu'elles l'ont c&#233;l&#233;br&#233; en grande pompe et qu'elles ont diffus&#233; partout des images de leur &#171; exploit &#187; ? Deux h&#233;licopt&#232;res ! &#192; l'&#233;poque, je n'ai pas pu m'emp&#234;cher de penser aux Gazaouis c&#233;l&#233;brant la chute accidentelle d'un drone isra&#233;lien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; coalition &#187; men&#233;e par les Etats-Unis intervient militairement, objectes-tu. Mais peux-tu me faire la liste des bombardements men&#233;s par cette &#171; coalition &#187; contre les forces arm&#233;es du r&#233;gime d'Assad ou contre les forces arm&#233;es qui le soutiennent ? Non, ne perds pas ton temps &#224; chercher, car je me renseigne moi-m&#234;me quotidiennement aupr&#232;s de sources s&#251;res : d'apr&#232;s le r&#233;gime de Damas et les m&#233;dias qui relaient sa communication, sources que l'on ne peut gu&#232;re soup&#231;onner de vouloir dissimuler ce type de bombardements, la chose est arriv&#233;e&#8230; deux fois. La premi&#232;re fois, c'&#233;tait en d&#233;cembre 2015 (4 morts), dans la r&#233;gion de Deir ez-Zor, la &#171; coalition &#187; d&#233;mentant avoir vis&#233; l'arm&#233;e syrienne et affirmant qu'elle avait bombard&#233; Daech. La deuxi&#232;me fois, c'&#233;tait en septembre 2016 (entre 50 et 80 morts selon les sources), pr&#232;s de l'a&#233;roport de Deir ez-Zor, la &#171; coalition &#187; reconnaissant cette fois-ci avoir bombard&#233; les positions du r&#233;gime et pr&#233;sentant des excuses officielles &#224; Bachar al-Assad et &#224; Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, et sauf erreur de ma part (nul n'est infaillible), la &#171; coalition &#187;, qui revendique environ 5000 &#171; frappes &#187; sur la Syrie, a cibl&#233; deux fois, depuis le d&#233;but de sa campagne de bombardements en 2014, le r&#233;gime Assad, dont une fois o&#249; elle s'est &#171; excus&#233;e &#187;. A noter, donc, dans ton calepin : &#171; les v&#233;ritables op&#233;rations militaires men&#233;es par la &#8220;coalition&#8221; ont vis&#233; Daech et d'autres groupes &#8220;jihadistes&#8221;, et non Assad et ses alli&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour finir, quelques remarques &#171; pr&#233;ventives &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien d'autres probl&#232;mes avec ton analyse, &#171; camarade &#187;, mais je ne veux pas abuser de ton temps. D'ailleurs, pour avoir eu souvent l'occasion de discuter de vive voix avec toi de ces &#171; probl&#232;mes d'analyse &#187; en confrontant, &#224; ta &#171; g&#233;opolitique &#187; et &#224; ton &#171; anti-imp&#233;rialisme &#187;, les faits et la chronologie r&#233;elle des &#233;v&#233;nements, je sais que tu n'aimes pas trop &#231;a, les faits. Ils sont vraiment trop t&#234;tus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est beaucoup plus simple de venir provoquer ou semer le trouble via des posts/commentaires Facebook ou dans des forums de discussion que de prendre le temps d'avoir un &#233;change un peu pr&#233;cis et argument&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors au cas o&#249; tu serais quand m&#234;me tent&#233; de c&#233;der &#224; la facilit&#233; et de vouloir jouer &#224; ce petit jeu, je te soumets quelques remarques &#171; pr&#233;ventives &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant de me dire que je d&#233;fends les m&#234;mes positions que les Etats-Unis, la France, l'Arabie saoudite, le Qatar, Bernard-Henri L&#233;vy ou quelques autres &#171; compagnons encombrants &#187;, souviens-toi que, si on raisonne de la sorte, tu d&#233;fends de ton c&#244;t&#233; les m&#234;mes positions que la Russie, l'Iran, le mar&#233;chal Sissi, Fran&#231;ois Fillon ou Marine Le Pen, et demande-toi si c'est un argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant de me dire qu'Isra&#235;l a bombard&#233;, depuis 2011, &#224; une quinzaine de reprises, des positions du r&#233;gime Assad, et que ceux qui sont contre Assad sont donc avec Isra&#235;l, souviens-toi qu'en juin dernier Poutine d&#233;clarait, au terme d'une rencontre avec Netanyahou avec lequel il venait de signer plusieurs accords commerciaux, ce qui suit : &#171; Nous avons &#233;voqu&#233; la n&#233;cessit&#233; d'efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme international. Sur ce plan, nous sommes des alli&#233;s. Nos deux pays ont une exp&#233;rience importante en mati&#232;re de lutte contre l'extr&#233;misme. Nous allons donc renforcer nos contacts avec nos partenaires isra&#233;liens dans ce domaine &#187;. Et demande-toi si c'est un argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant de me dire que la r&#233;bellion syrienne en a appel&#233; aux pays occidentaux pour recevoir des armes et b&#233;n&#233;ficier d'un appui militaire cons&#233;quent, notamment a&#233;rien, et que &#231;a cache forc&#233;ment quelque chose, souviens-toi que les forces kurdes que tu admires tant &#8211; &#224; juste titre &#8211; depuis qu'elles ont repouss&#233; Daech &#224; Koban&#233; ont fait exactement la m&#234;me chose, et qu'elles ont, elles, obtenu cet appui, au point qu'elles ont remerci&#233; publiquement les Etats-Unis de leur soutien, et demande-toi si c'est un argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant de me dire que la r&#233;bellion syrienne, quand bien m&#234;me on aurait pu avoir au d&#233;part de la sympathie pour elle, est aujourd'hui confisqu&#233;e par des forces r&#233;actionnaires issues de l'islam politique, et que certaines de ces forces n'h&#233;sitent pas &#224; s'en prendre violemment &#224; des civils ou, variation sur le m&#234;me th&#232;me, que c'est vraiment tragique de bombarder des civils mais que c'est parce que les terroristes se cachent parmi eux, quand ils ne les utilisent pas comme boucliers humains, souviens-toi que c'est le discours de ceux qui veulent justifier les campagnes de bombardements meurtriers sur Gaza, et demande-toi si c'est un argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant de me dire que les insurg&#233;s syriens sont des &#171; alli&#233;s objectifs &#187; de Daech, souviens-toi que Daech a &#233;t&#233; chass&#233; d'Alep au d&#233;but de l'ann&#233;e 2014 par ceux qui sont en train de se faire aujourd'hui massacrer par Assad, r&#233;fl&#233;chis ensuite au concept d'&#171; alli&#233; objectif &#187;, et demande-toi si c'est un argument. Tu peux aussi repenser, si tu n'es pas convaincu, &#224; ce qui a &#233;t&#233; rappel&#233; plus haut &#224; propos des v&#233;ritables cibles des bombardements de la coalition, et te demander une deuxi&#232;me fois si le coup de l'&#171; alli&#233; objectif &#187; est un argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant de me dire, enfin, que ceux qui d&#233;noncent Assad et Poutine &#171; oublient &#187; de d&#233;noncer les massacres commis par les grandes puissances occidentales et par leurs alli&#233;s, sache que parmi ceux qui se mobilisent pour Alep, nous sommes nombreux &#224; nous &#234;tre mobilis&#233;s pour Gaza, contre les interventions militaires en Afghanistan, en Iraq, en Libye ou ailleurs, et que nous ne renon&#231;ons pas, contrairement &#224; toi qui as choisi de ne pas &#234;tre dans la rue hier soir [le 14 d&#233;cembre &#224; Paris] pour d&#233;noncer la boucherie en cours, &#224; notre coh&#233;rence politique, &#224; nos id&#233;aux et &#224; l'anti-imp&#233;rialisme. Et demande-toi si c'est un argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc, &#171; camarade &#187;, ce que je voulais te dire. Le ton n'est pas tr&#232;s agr&#233;able, j'en conviens, mais ce n'est pas grand-chose &#224; c&#244;t&#233; de l'indiff&#233;rence, parfois m&#234;me du m&#233;pris que tu affiches vis-&#224;-vis du martyre d'Alep.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu feras ce que tu veux de cette lettre, et tu as bien &#233;videmment le droit de continuer &#224; te gargariser de ta vision &#171; g&#233;opolitique &#187; &#224; courte vue et de ton &#171; anti-imp&#233;ralisme &#187; pavlovien pendant que les Syriens cr&#232;vent sous les bombes de Poutine et d'Assad, et sous tes yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle pas ici d'un exercice de rh&#233;torique sur Facebook par commentaires interpos&#233;s, mais de milliers, de dizaines de milliers de vies. On ne parle pas d'une divergence entre nous sur l'appr&#233;ciation de tel ou tel &#233;v&#233;nement, mais de ton silence complice ou de tes mis&#233;rables contorsions face &#224; l'une des plus grandes trag&#233;dies de notre temps. On ne parle pas d'un simple d&#233;saccord politique, mais d'une v&#233;ritable rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas quand nous nous parlerons la prochaine fois, &#171; camarade &#187;. Mais ce que je sais, c'est que si tu persistes, et malheureusement je crois que c'est ce que tu vas faire, il n'y aura m&#234;me plus de guillemets, car il n'y aura plus de camarade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je te laisse avec le Che, qui a quelque chose &#224; te dire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre c&#339;ur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, o&#249; que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualit&#233; d'un r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/i&gt; (Cette lettre a &#233;t&#233; publi&#233;e le 15 d&#233;cembre 2016, sur le blog de Julien Salingue qui a pour titre &lt;i&gt;&#171; Le pire n'est jamais certain &#187;&lt;/i&gt; ; les recherches et publications de Julien Salingue sur la Palestine se trouve &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://www.juliensalingue.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.juliensalingue.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Non, je n'ai pas mis de notes. Ce n'est pas dans mes habitudes de ne pas indiquer de r&#233;f&#233;rences, mais tu auras probablement compris que c'est volontaire. Car comme tu es tr&#232;s dou&#233; pour faire des recherches sur Internet (et ailleurs ?), on sait tr&#232;s bien toi et moi que tu pourras retrouver l'ensemble des sources utilis&#233;es ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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