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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>FN au plus haut et r&#233;gionalisme en expansion :Le nouveau visage de la Corse ?</title>
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		<dc:date>2019-09-10T11:12:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elie Claustre</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2019-09-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Longtemps un bastion de la droite gaulliste, la Corse vote d&#233;sormais massivement pour le RN aux &#233;lections nationales et pour les r&#233;gionalistes aux &#233;lections locales. La situation sociale difficile, conjugu&#233;e &#224; l'implantation forte du conservatisme, renforce le rejet des appareils politiques traditionnels et b&#233;n&#233;ficie &#224; l'extr&#234;me-droite qui d&#233;fend la pr&#233;f&#233;rence nationale. &lt;br class='autobr' /&gt; Alors que le PCF &#233;tait longtemps puissant sur l'&#238;le, la gauche radicale a subi de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-09-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-09-10&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L120xH150/arton40133-7e68c.jpg?1676772041' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps un bastion de la droite gaulliste, la Corse vote d&#233;sormais massivement pour le RN aux &#233;lections nationales et pour les r&#233;gionalistes aux &#233;lections locales. La situation sociale difficile, conjugu&#233;e &#224; l'implantation forte du conservatisme, renforce le rejet des appareils politiques traditionnels et b&#233;n&#233;ficie &#224; l'extr&#234;me-droite qui d&#233;fend la pr&#233;f&#233;rence nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que le PCF &#233;tait longtemps puissant sur l'&#238;le, la gauche radicale a subi de cuisants revers en 2017 et 2019. Au-del&#224; des fantasmes d'une Corse exigeant &#224; tout prix l'ind&#233;pendance, la relation des insulaires au jacobinisme historique de l'&#201;tat fran&#231;ais est plus ambigu&#235; qu'il n'y parait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors comment faut-il comprendre la politique corse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1981 et 2002, la Corse semble &#233;pargn&#233;e par la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite et du Front national, qui atteint pourtant tout le pourtour m&#233;diterran&#233;en et les territoires en &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187; de la m&#233;tropole, que ce soit le Sud-Est ou le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de son ascension, le vote pour Jean-Marie Le Pen reste assez restreint en Corse, ne se situant qu'entre 10 et 13 % entre 1988 et 1995. Le c&#339;ur de son &#233;lectorat se situait alors du c&#244;t&#233; du vote des pieds-noirs, encore tr&#232;s important dans la Plaine Orientale (le long de la c&#244;te en Haute-Corse entre Sari-Solenzara et Al&#233;ria) o&#249; ceux-ci ont notamment d&#233;velopp&#233; de grandes exploitations agricoles dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit un espace assez r&#233;duit. Le positionnement de Jean-Marie Le Pen sur la Corse, l'avait &#233;galement rendu persona non grata sur l'&#238;le, &#224; tel point qu'il dut annuler un meeting &#224; Bastia en f&#233;vrier 1992 &#224; cause de manifestations nationalistes qui l'emp&#234;chaient d'atterrir, au moment o&#249; on l'accusait d'avoir &#171; demand&#233; la peine de mort pour les prisonniers politiques corses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Corse devient vite une terre de conqu&#234;te pour l'extr&#234;me droite : non seulement Jean-Marie Le Pen ne recule pas en proportion entre les &#233;ch&#233;ances de 2002 et 2007 sur l'&#238;le (contrairement au continent) mais il y gagne plus de voix, en se situant &#224; 15 % et, en 2012, Marine Le Pen r&#233;alise sur la r&#233;gion un de ses meilleurs scores, avec 24,39 % des voix (17,89 % &#224; l'&#233;chelle nationale). En 2017, pour la premi&#232;re fois &#224; une &#233;lection pr&#233;sidentielle, la Corse offre la premi&#232;re place &#224; la candidate du Front national, devant Fran&#231;ois Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;lectorat populaire attir&#233; par le FN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; ? Cela est d'autant plus impressionnant que, alors que les r&#233;gionalistes encha&#238;nent les succ&#232;s sur l'&#238;le depuis 2012, le FN n'a absolument pas chang&#233; sa position concernant l'identit&#233; corse et le r&#233;gionalisme en g&#233;n&#233;ral : Marine Le Pen, de passage &#224; Ajaccio lors d'un meeting de campagne le 8 avril 2017 avait elle-m&#234;me rappel&#233; son opposition &#224; un statut particulier pour la Corse en annon&#231;ant sa volont&#233; de dissoudre les conseils r&#233;gionaux, et donc l'Assembl&#233;e territoriale de Corse qui allait bient&#244;t &#234;tre &#233;lue, pour revenir &#224; une organisation jacobine &#171; commune &#8211; d&#233;partement &#8211; nation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une donn&#233;e, sociale, pourrait permettre d'&#233;clairer la situation : dans cette r&#233;gion qui vit principa-lement du tourisme saisonnier, la pr&#233;carit&#233; et la grande pauvret&#233; augmentent consid&#233;rablement, faisant de la Corse la r&#233;gion la plus pauvre de France, o&#249; une personne sur cinq y vit avec moins de 970 euros par mois en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier le ch&#244;mage qui y progresse plus vite que sur le continent. Alors que la demande de logements sociaux est forte, la plupart des constructions sur l'&#238;le, en augmentation, concernent des r&#233;sidences secondaires qui repr&#233;sentent d&#233;j&#224; 47 % des habitations dans la r&#233;gion ! Le prix du foncier ne cesse d'augmenter : entre 2006 et 2017, la surface moyenne des terrains a dimi-nu&#233; de 36 % et les prix ont pourtant augment&#233; de 51 %. Pour les habitants les plus modestes de l'&#238;le, certaines communes enti&#232;res deviennent ainsi inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute la r&#233;gion, la probl&#233;matique de l'immigration finit &#233;galement par faire les affaires du Front national, au moment o&#249; l'UMP puis le PS s'effondrent au niveau national apr&#232;s avoir d&#233;&#231;u tour &#224; tour. L'exploitation de la main-d'oeuvre immigr&#233;e &#224; tr&#232;s bas co&#251;t est particuli&#232;rement visible en Corse, notamment dans le secteur agricole de la Plaine orientale. Ce qui ne laisse pas de marbre le petit prol&#233;tariat corse, vivant en grande partie du secteur primaire, qui craint l'impact de l'immigration sur ses revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;lectorat vite attir&#233; par la proposition mariniste phare, &#224; savoir la &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187; &#224; l'embauche (rebaptis&#233;e &#171; priorit&#233; nationale &#187;). Interview&#233;e en avril 2017 par France 3 Corse ViaStella, Marine Le Pen le dira elle-m&#234;me, les probl&#233;matiques des Corses sont les m&#234;mes de ceux des habitants du continent, et ciblera elle-m&#234;me ce qu'elle d&#233;finira comme les probl&#233;mati-ques communes : l'immigration, la s&#233;curit&#233;, et sa fameuse &#171; priorit&#233; nationale &#187; &#224; l'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'acc&#233;l&#233;ration des politiques lib&#233;rales et aust&#233;ritaires depuis les ann&#233;es 1990 amplifie &#233;videmment le rejet de l'UE et du libre-&#233;change &#233;conomique, et pousse tr&#232;s vite toute une partie l'&#233;lectorat, surtout sa frange populaire, dans les bras du FN, alors que PS et UMP faisaient campagne pour le &#171; Oui &#187; en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il ne faut pas oublier que lors des r&#233;f&#233;rendums de 1992 et 2005 sur Maastricht et sur le TCE la Corse figurait parmi les r&#233;gions les plus &#171; Non &#187; aux deux r&#233;f&#233;rendums (plus de 55 % de &#171; Non &#187; en 1992 et 57,5 % en 2005). Bref, le rejet du lib&#233;ralisme &#233;conomique, la volont&#233; de protection des fronti&#232;res &#233;conomiques contre le libre &#233;change port&#233; par l'Union europ&#233;enne, la crainte du travail d&#233;tach&#233; et d'une immigration exploit&#233;e comme une &#171; arm&#233;e de r&#233;serve &#187; au service du patronat jettent des milliers d'&#233;lecteurs corses dans les bras du FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2002, il appara&#238;t en effet flagrant que le FN devient h&#233;g&#233;monique dans les communes et les quartiers les plus populaires des villes de l'&#238;le. Dans les plus grandes villes de l'&#238;le, comme Ajaccio et Bastia, le vote FN passe &#224; 25 % en 2012, puis &#224; plus de 30 % en 2017 et 2019, offrant ainsi au FN la premi&#232;re place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, alors qu'il r&#233;alise 30,41 % &#224; Bastia le 26 mai 2019, le RN obtient 54,4 % dans le bureau de la salle polyvalente de Lupinu, dans les quartiers sud de la ville, populaires. Le vote Le Pen cro&#238;t &#233;galement consid&#233;rablement dans les anciennes cit&#233;s communistes de l'&#238;le, comme Cuttoli-Corticchiato, pr&#232;s d'Ajaccio, o&#249; le FN obtient la premi&#232;re place aux &#233;ch&#233;ances de 2012, 2017 et 2019, ou encore &#224; Sart&#232;ne, perdue par le PCF en 2001, o&#249; Marine Le Pen arrive en t&#234;te au premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2017 et &#224; l'&#233;lection europ&#233;enne de 2019, devant les candidats soutenus par le PCF, que ce soient Jean-Luc M&#233;lenchon ou Ian Brossat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une droite ultra-dominante bouscul&#233;e par Marine Le Pen&lt;br class='autobr' /&gt;
La sociologie de la Corse, avec une population historiquement tr&#232;s rurale vivant de l'&#233;levage et de l'agriculture, de tradition fortement catholique, en fait un des plus importants r&#233;servoirs de voix de la droite depuis la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;lectorat se caract&#233;rise par son caract&#232;re tr&#232;s conservateur, marqu&#233; par la tradition catholi-que, et par son souverainisme tr&#232;s prononc&#233;, que l'on rattache &#224; la tradition bonapartiste de l'&#238;le. Le culte du chef d'&#201;tat fort explique ainsi qu'aux diverses &#233;ch&#233;ances pr&#233;sidentielles sous la 5&#232; R&#233;publique, la branche gaulliste de la droite ait &#233;t&#233; toujours dominante, quelque soit la configuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gionalistes : dominants aux &#233;lections locales, pas aux &#233;lections nationales&lt;br class='autobr' /&gt;
La croissance du FN en Corse, sans obstacle depuis 2012, para&#238;t en parfaite contradiction avec l'explosion du vote en faveur des partis r&#233;gionalistes aux &#233;lections &#224; caract&#232;re local, qui dirigent la Corse depuis d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, cette ann&#233;e-l&#224;, la liste des r&#233;gionalistes de Femu A Corsica conduite par Gilles Simeoni (&#233;lu maire de Bastia en 2014), arriv&#233;e deuxi&#232;me sur la r&#233;gion derri&#232;re celle du PRG conduite par le sortant Paul Giacobbi, l'emporte au second tour, apr&#232;s s'&#234;tre alli&#233; &#224; la liste des ind&#233;pendan-tistes de Corsica libera conduite par Jean-Guy Talamoni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re pour la Corse. Les deux listes prennent le contr&#244;le de la r&#233;gion avec un projet en t&#234;te : jouer le bras de fer avec Paris pour parvenir &#224; obtenir la co-officialit&#233; de la langue corse sur l'&#238;le, un statut particulier pour la r&#233;gion avec une autonomie politique renforc&#233;e (notamment en mati&#232;re fiscale) et un statut de r&#233;sident pour les habitants de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la reconnaissance du peuple corse comme sp&#233;cifique, en contradiction avec la Constitution fran&#231;aise de 1958. La fusion des d&#233;partements et de la r&#233;gion en une seule collectivit&#233; territo-riale unique, act&#233;e en 2017, sera une premi&#232;re concession fa&#238;te aux nationalistes au pouvoir dans l'&#238;le (alors que les Corses avaient d&#233;j&#224; rejet&#233; le projet d'une telle collectivit&#233; unique par r&#233;f&#233;rendum le 6 juillet 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux l&#233;gislatives de 2017, la Corse n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle selon laquelle la prime revient aux sortants et aux &#233;lus locaux. Les &#233;lus de droite retrouvent des scores plus ou moins &#233;lev&#233;s au premier tour. Les r&#233;seaux r&#233;gionalistes, b&#233;n&#233;ficiant de leur nouveau poids r&#233;gional acquis en 2015, profiteront &#224; fond du caract&#232;re plus local du scrutin et la coalition nationaliste Pe &#192; Corsica (rassemblement des autonomistes de Femu A Corsica et des ind&#233;pendantistes de Corsica Libera) parvient &#224; remporter trois circonscriptions sur quatre, en profitant notamment de la d&#233;confiture de la droite apr&#232;s le premier tour de la pr&#233;sidentielle. Aux &#233;lections territoriales qui suivent, l'alliance nationaliste confirme sa domination de la vie politique locale avec pr&#232;s de 56,5 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur succ&#232;s aux &#233;lections &#224; caract&#232;re local, il faut relativiser l'impact des r&#233;gionalistes sur les &#233;lections nationales : en effet, aux &#233;ch&#233;ances nationales, l'&#233;lectorat corse ne vote que tr&#232;s faiblement sur des consid&#233;rations r&#233;gionales ou en fonction des revendications r&#233;gionalistes, comme en t&#233;moigne les succ&#232;s des candidats Le Pen et Fillon sur l'&#238;le, tous deux tr&#232;s peu port&#233;s sur les r&#233;clamations r&#233;gionalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : en 2019, sur une participation moindre qu'en 2017, l'alliance entre EELV et Pe &#192; Corsica (concr&#233;tis&#233;e par la reconduction sur la liste EELV de Fran&#231;ois Alfonsi, repr&#233;sentant sur la liste EELV de &#171; Femu &#192; Corsica &#187;, composante de la coalition nationaliste) n'obtient &#171; que &#187; 22 % (contre plus de 50 % pour toutes les listes nationalistes cumul&#233;es au premier tour des &#233;lections territoriales de d&#233;cembre 2017) alors que le FN bat un nouveau record sur l'&#238;le. M&#234;me chose en 2014 quand, aux &#233;lections europ&#233;ennes, la liste r&#233;gionaliste conduite dans la circons-cription du Sud-Est par Bernard Vaton n'arrive que troisi&#232;me sur la r&#233;gion avec 21 % des voix, derri&#232;re le FN et l'UMP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus flagrant : le candidat appr&#233;ci&#233; des r&#233;gionalistes corses aux derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles, Jean Lassalle (qui s'&#233;tait d&#233;clar&#233; favorable &#224; la co-officialit&#233; de la langue corse, &#224; un r&#233;f&#233;rendum sur l'autonomie de la Corse et &#224; la constitution d'un statut de r&#233;sident en 2017), obtient certes un de ses meilleurs scores en France, mais celui-ci est de seulement 5 %. De m&#234;me, la candidate EELV &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, Eva Joly, n'a obtenu en Corse que 2,2 %, soit le m&#234;me score qu'au niveau national, et ce malgr&#233; la proximit&#233; entre les EELV et des responsables de Femu A Corsica, comme Jean-Christophe Angelini et Fran&#231;ois Alfonsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s des r&#233;gionalistes sur l'&#238;le depuis 2012 tient en r&#233;alit&#233; &#224; plusieurs facteurs, o&#249; la question de l'autonomie ou de l'auto-d&#233;termination de la Corse est finalement secondaire pour les &#233;lecteurs : il repose d'abord sur leurs r&#233;seaux locaux, tr&#232;s d&#233;velopp&#233;s depuis les ann&#233;es 1980, dans une r&#233;gion o&#249; le clanisme aux &#233;lections locales est d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;moigne le fait que le PRG soit rest&#233; dominant dans la vie politique locale entre 2002 et 2015 malgr&#233; son effondrement aux &#233;lections nationales sur l'&#238;le depuis 2002 et l'&#233;chec de la gauche plurielle. Paradoxalement, Femu A Corsica et Corsica Libera ont aussi et surtout profit&#233; d'un fort m&#233;contentement populaire envers les clans politiques corses, notamment envers le clan Giacobbi, qui tenait la Collectivit&#233; territoriale entre 2010 et 2015 sous la mandature de gauche et qui a vu son image gravement marqu&#233; par les affaires de d&#233;tournement de fonds de Paul Giacobbi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force des r&#233;gionalistes repose ensuite sur le grignotage de la droite traditionnelle depuis plus de dix ans aux &#233;lections locales en insistant sur la d&#233;fense des traditions et du mode de vie corse &#8211; plus que sur une r&#233;elle volont&#233; d'auto-d&#233;termination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se voit dans les r&#233;sultats des &#233;lections l&#233;gislatives, o&#249; les candidats de la coalition P&#232; A Corsica d&#233;crochent la premi&#232;re place au premier tour dans plusieurs villes qui l'avaient attribu&#233; au candidat Fillon, comme &#224; Al&#233;ria ou Corte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les r&#233;gionalistes captent depuis 2015 l'&#233;lectorat populaire qui peut voter aussi bien pour la gauche radicale (PCF, Front de gauche, France Insoumise&#8230;) que pour le Front National, en d&#233;non&#231;ant tant&#244;t les politiques d'aust&#233;rit&#233; pratiqu&#233;es au niveau national, tant&#244;t en d&#233;fendant une &#171; pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale &#224; l'embauche &#187; sens&#233;e lutter contre le ch&#244;mage et le dumping social qui ne laisse pas l'&#233;lectorat populaire insensible. Leur positionnement en faveur de la cr&#233;ation d'un &#171; statut de r&#233;sident &#187; pour les habitants de l'&#238;le permettant d'acc&#233;der &#224; la propri&#233;t&#233; apr&#232;s cinq ans de r&#233;sidence dans l'&#238;le s&#233;duit &#233;galement ces &#233;lecteurs modestes qui y voient une fa&#231;on de lutter contre la sp&#233;culation immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La drague de l'&#233;lectorat &#171; de gauche &#187; a aussi &#233;t&#233; illustr&#233;e en 2014 par la curieuse alliance pass&#233;e entre le chef de file de Femu A Corsica en Corse du Sud dans la ville de Porto-Vecchio et le PCF derri&#232;re Jean-Christophe Angelini. Il est possible de voir les succ&#232;s de cette strat&#233;gie dans les r&#233;sultats obtenus par le candidat r&#233;gionaliste Paul-Andr&#233; Colombani dans la ville popu-laire de Sart&#232;ne aux l&#233;gislatives de 2017, o&#249; il y r&#233;alise ses meilleurs scores aux deux tours en y devan&#231;ant notamment au premier le candidat du PCF. Sans oublier le cas de la ville populaire de Cuttoli-Corticchiato, anciennement communiste, pass&#233;e ensuite au PRG, qui a &#233;lu un maire r&#233;gionaliste en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le siphonnage des voix du FN par les r&#233;gionalistes se constate d&#232;s le premier tour des r&#233;gio-nales de d&#233;cembre 2015, o&#249; les listes Simeoni et Talamoni r&#233;alisant leurs meilleurs r&#233;sultats dans les villes o&#249; Marine Le Pen faisait ses meilleurs scores en 2012. Le FN tombe alors &#224; 10,6 % sur l'&#238;le, tr&#232;s loin des 24,4 % obtenus par Le Pen en 2012. Cela se voit surtout &#224; Scolca (29 % pour Le Pen en 2012, 67 % pour Simeoni et Talamoni au premier tour des r&#233;gionales de 2015), et dans plusieurs communes de la Plaine orientale comme &#224; Serra-di-Fiumborbo ou Prunelli-di-Fiumborbo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est avec un attelage tr&#232;s variable et h&#233;t&#233;rog&#232;ne que la coalition nationaliste triomphe en Corse, notamment aux derni&#232;res l&#233;gislatives. Un attelage h&#233;t&#233;rog&#232;ne certes, mais toujours d'inspiration tr&#232;s lib&#233;rale, comme en t&#233;moigne la position de ses d&#233;put&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e Natio-nale, dans le groupe Territoire et Libert&#233;s, compos&#233; de dissidents de la droite, de centristes et de macronistes, de radicaux de gauche, avec entre autres le d&#233;put&#233; de Sarcelles Fran&#231;ois Pupponi &#233;lu sous l'&#233;tiquette PS (proche de Dominique Strauss-Kahn et ancien partisan de Manuel Valls). Enfin, les alliances r&#233;p&#233;t&#233;es des r&#233;gionalistes avec EELV (aux pr&#233;sidentielles de 2002 et 2007 et aux europ&#233;ennes de 2009 et 2019) signalent une vision de l'&#233;cologie comme devant &#234;tre compatible avec le march&#233; et une passivit&#233; face &#224; une int&#233;gration europ&#233;enne toujours plus renforc&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la gauche radicale se tire une balle dans le pied&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la pr&#233;carit&#233; en hausse et le d&#233;clin de la droite sur l'&#238;le, la gauche radicale ne parvient pas &#224; tirer son &#233;pingle du jeu. Historiquement, le PCF &#233;tait pourtant plus fort dans l'&#238;le que dans bien d'autres territoires du continent, m&#234;me si son influence se limitait aux communes populaires et ouvri&#232;res proches du littoral, comme Sart&#232;ne, et aux quartiers populaires des grandes villes de Bastia et d'Ajaccio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PCF r&#233;alise toujours dans la r&#233;gion des r&#233;sultats sensiblement plus &#233;lev&#233;s que la moyenne nationale (5 % en 2002, 4 % en 2007, 3,9 % en 2019) cela reste plus faible que dans d'autres territoires (comme la banlieue parisienne) et surtout on constate tr&#232;s vite, aux &#233;ch&#233;ances pr&#233;si-dentielles depuis 2012, que celle-ci se heurte &#224; un plafond de verre. Les scores plus ou moins &#233;lev&#233;s du PCF dans la r&#233;gion sont &#224; comprendre au regard du poids et de l'importance de son r&#233;seau (certes d&#233;clinant) d'&#233;lus et de militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul du PCF reste une r&#233;alit&#233;. Pour donner une id&#233;e, le PCF passe d'un peu plus de 16 % &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1981 &#224; 3,9 % &#224; l'&#233;lection europ&#233;enne de 2019. Sans oublier la d&#233;faite de Dominique Bucchini, pr&#233;sident communiste de l'Assembl&#233;e territoriale entre 2010 et 2015 avec la majorit&#233; d'Union de la gauche, aux municipales de 2001 &#224; Sart&#232;ne, qui a port&#233; un coup dur au PCF de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, entre les &#233;ch&#233;ances r&#233;gionales de 2010 et de 2015, entre lesquelles il a pourtant particip&#233; &#224; la majorit&#233; r&#233;gionale d'Union de la gauche avec le PRG et Paul Giacobbi, le PCF poursuit sa descente : de 7,5 % en 2010 la liste conduite par Bucchini passe &#224; 5,5 % en 2015. Au moment o&#249; le total des forces nationalistes explose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cause, le fait d'avoir sans aucun doute appuy&#233; la politique du PRG sur l'&#238;le, qui laissait exploser les prix de l'immobilier et la sp&#233;culation immobili&#232;re, tout en ayant ouvert le d&#233;bat sur la co-officialit&#233; de la langue corse en 2013, l&#233;gitimant de fait les arguments identitaires des natio-nalistes et ayant in&#233;vitablement impact&#233; la cr&#233;dibilit&#233; du discours anti-lib&#233;ral du PCF et du Front de gauche dans la r&#233;gion. Sans oublier, bien s&#251;r, les affaires de Paul Giacobbi qui ont mis &#224; mal le PRG et ses alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, Jean-Luc M&#233;lenchon, soutenu par le PCF, obtient tout de m&#234;me un score proche de 10 %, loin d'&#234;tre insignifiant. &#192; l'&#233;poque, le candidat du Front de gauche, qui assume son discours jacobin, n'h&#233;site pas &#224; se rendre sur l'&#238;le pendant la campagne et &#224; assurer un grand meeting de campagne en f&#233;vrier 2012 &#224; Bastia. Mais d&#233;j&#224;, Le Pen est haute&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, le candidat JLM r&#233;alise un peu plus de 13,8 % sur l'&#238;le : une hausse de 4 points, contre 8,5 points au niveau national (et &#224; Paris !), et des hausses de dix &#224; vingt points dans les grandes villes du pays. Ainsi, la progression mod&#233;r&#233;e du vote M&#233;lenchon en Corse est similaire &#224; d'autres r&#233;gions o&#249; le FN r&#233;alise de gros scores, comme la Somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore, si M&#233;lenchon r&#233;alise de bons scores dans les villes populaires de Sart&#232;ne (23,53 %), Cuttoli-Corticchiato ou m&#234;me &#224; Bastia, il y arrive syst&#233;matiquement derri&#232;re Le Pen. Il r&#233;alise en revanche ses meilleurs r&#233;sultats dans les communes encore tenues par le PCF et o&#249; l'appareil militant s'est mobilis&#233; en sa faveur, comme en 2012, par exemple dans le village de Bilia (64,58 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le score d&#233;cevant de la France Insoumise &#224; la pr&#233;sidentielle de 2017 en Corse s'explique principalement par deux &#233;l&#233;ments : le fait que M&#233;lenchon ne soit pas venu faire campagne en Corse, &#224; la diff&#233;rence de Le Pen, et la focalisation de sa campagne sur les grandes m&#233;tropoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence du FN qui b&#226;tit son succ&#232;s dans des territoires d&#233;sindustrialis&#233;s, la campagne de la FI s'est centr&#233;e sur les grandes villes, avec des marches parisiennes, des meetings dans les grandes villes &#224; r&#233;p&#233;tition et une tourn&#233;e en p&#233;niche dans les territoires du Paris &#171; bobo &#187; dans la derni&#232;re ligne droite de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la drague des r&#233;gionalistes par la gauche radicale (alliance du PCF avec certains leaders r&#233;gionalistes en 2014 comme &#224; Porto-Vecchio et quasi-soutien de M&#233;lenchon au chef de file des r&#233;gionalistes Gilles Simeoni aux territoriales de 2017), le PCF reste cantonn&#233; &#224; son noyau dur d'&#233;lecteurs et la FI s'effondre &#224; 3 % d&#232;s 2019, derri&#232;re le PS et le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de M&#233;lenchon, un jacobin qui a pass&#233; sa vie politique &#224; d&#233;noncer le r&#233;gionalisme, en a surpris plus d'un : apr&#232;s les yeux doux envers la coalition r&#233;gionaliste en 2017, le leader de la FI a engag&#233; une purge des militants insoumis corses qui restaient depuis la pr&#233;sidentielle de 2017 et qui d&#233;fendaient majoritairement une alliance avec le PCF aux territoriales. (Extraits)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elie Claustre 6 septembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lvsl.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lvsl.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Manca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LVSL est proche de la FI et nous ne partageons pas son &#171; jacobinisme &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corse : nationalistes vent en poupe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Corse-nationalistes-vent-en-poupe</link>
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		<dc:date>2017-12-19T13:29:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Martelli</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Corse</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le premier tour des &#233;lections territoriales en Corse a consacr&#233; le triomphe annonc&#233; des nationalistes. La seule liste de gauche, pr&#233;sent&#233;e par la Corse insoumise, le PCF et Ensemble, a eu un score m&#233;diocre. Pourtant Jean-Luc M&#233;lenchon exulte. Tour d'horizon. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de la revue Regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ans apr&#232;s leur accession &#224; la t&#234;te de la r&#233;gion et quelques mois apr&#232;s leur sans-faute l&#233;gislatif, les nationalistes confortent leur h&#233;g&#233;monie sur les institutions insulaires. Le total des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corse-+" rel="tag"&gt;Corse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton33148-899b5.jpg?1676772042' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier tour des &#233;lections territoriales en Corse a consacr&#233; le triomphe annonc&#233; des nationalistes. La seule liste de gauche, pr&#233;sent&#233;e par la Corse insoumise, le PCF et Ensemble, a eu un score m&#233;diocre. Pourtant Jean-Luc M&#233;lenchon exulte. Tour d'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/qui-veut-la-peau-de-roger-martelli/article/corse-nationalistes-vent-en-poupe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L461xH256/5597de019da15955-85bccc7d-f3d25.png?1717272753' width='461' height='256' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s leur accession &#224; la t&#234;te de la r&#233;gion et quelques mois apr&#232;s leur sans-faute l&#233;gislatif, les nationalistes confortent leur h&#233;g&#233;monie sur les institutions insulaires. Le total des formations qui se r&#233;clament de l'autonomie ou de l'ind&#233;pendance d&#233;passe d&#233;sormais les deux tiers des suffrages exprim&#233;s contre un peu plus d'un quart en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, la droite et l'ensemble de la gauche socialiste et radicale faisaient &#224; peu pr&#232;s jeu &#233;gal avec les nationalistes (27% pour la droite hors FN et 2% pour les radicaux et les &#034;divers gauche&#034;). Le FN et le Front de gauche &#233;taient loin derri&#232;re avec respectivement 10,6% et 5,6%. En 2015, si l'espace de feu le Front de gauche conserve ses timides 5,7%, le FN s'effondre et se contente d'un plus que modeste 3,3%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le total de la droite insulaire classique et du FN est pass&#233; de pr&#232;s de 38% &#224; 16% et la gauche des radicaux, lamin&#233;e par les scandales, a pour l'instant disparu des radars. Le parti du nouveau pr&#233;sident, lui, est loin de confirmer ses r&#233;sultats du printemps : ses 11,3% r&#233;gionaux sont loin des 35 et 17% engrang&#233;s aux derni&#232;res l&#233;gislatives en Corse-du-Sud et en Haute-Corse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L444xH176/94c9e6eca683e26d-82b65006-e79ba.png?1717272753' width='444' height='176' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection s'inscrit dans un climat de crise politique aigu&#235;. Des ann&#233;es de politique clanique, entre la droite traditionnelle et une gauche pour le moins &#034;mod&#233;r&#233;e&#034;, ont &#233;mouss&#233; le sens civique, longtemps contr&#244;l&#233; par des r&#233;seaux notabiliaires d&#233;pass&#233;s. Entre 2015 et 2017, l'abstention a progress&#233; consid&#233;rablement, de pr&#232;s de 7 points. Le niveau atteint ce dimanche se rapproche des plus forts scores atteint en juin 2017 : 47,8 % contre 52,6 % (Corse-du-Sud) et 49 % (Haute-Corse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans ce d&#233;sert politique insulaire, le nationalisme appara&#238;t comme un horizon r&#233;gional cr&#233;dible, il est loin de r&#233;pondre &#224; une crise politique que les contenus incertains de la demande nationaliste se surmonter &#224; ce jour. L'analyse des cinq derni&#232;res ann&#233;es &#233;lectorales confirme plut&#244;t le constat. Il peut se r&#233;sumer en cinq points.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L445xH333/ffdfe8b8c61b0754-10fb11a8-aff13.png?1717272753' width='445' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;1. Pendant plusieurs d&#233;cennies, jusqu'&#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 1980, le panorama politique de la Corse se caract&#233;risait par une h&#233;g&#233;monie globale de la droite, plus prononc&#233;e en Corse-du-Sud (la vieille &#034;Terre des seigneurs&#034;) que dans la Haute-Corse (l'antique &#034;Terre du Commun&#034;). Au sein de la gauche, le radicalisme conservait ses racines, le socialisme n'&#233;tait pas parvenu &#224; percer et le communisme, confort&#233; par son aura r&#233;sistante insulaire, contribuait &#224; donner un ton plus populaire et plus combattif &#224; une gauche globalement assoupie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Comme partout, la droite insulaire s'est droitis&#233;e dans ses habits claniques habituels. Jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990, elle est parvenue, comme en Alsace, &#224; contenir la pouss&#233;e du Front national. &#192; la charni&#232;re des deux si&#232;cles, le sentiment de d&#233;laissement et le ressentiment qui l'accompagnait ont vu la perc&#233;e cons&#233;cutive d'un nationalisme plus ou moins converti &#224; la lutte institutionnelle l&#233;gale et d'un FN surfant sur les tentations de &#034;l'identit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la gauche, elle s'est progressivement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e, au b&#233;n&#233;fice d'un radicalisme enfonc&#233;e dans une gestion de plus en plus douteuse et au d&#233;triment d'un PC qui a perdu ses points d'ancrage, dans les territoires urbanis&#233;s et plus industrialis&#233;s du Nord comme dans ses bastions du Sud (la perte embl&#233;matique de Sart&#232;ne, malgr&#233; le poids politique consid&#233;rable de son maire, Dominique Bucchini).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que dans d'autres territoires m&#233;tropolitains, les communistes furent ainsi peu &#224; peu grignot&#233;s par le d&#233;clin d'une gauche dont ils critiquaient les errances, mais sans vouloir attiser le risque d'une rupture &#224; gauche aux effets plus qu'incertains. Malgr&#233; leur pugnacit&#233;, ils ne furent donc pas &#233;pargn&#233;s par le discr&#233;dit d'une certaine gauche, dont ils ne s'&#233;taient pas assez &#233;loign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le Front national n'a pas r&#233;ussi, comme nagu&#232;re le socialisme mitterrandien, &#224; traduire localement la perc&#233;e enregistr&#233;e en 2012 et en 2017, dans les scrutins les plus nationaux (13,8% et 13,6%), malgr&#233; l'existence de fortes tensions &#034;identitaires&#034; dont a &#233;t&#233; trop souvent victime la population insulaire immigr&#233;e. Si l'obsession identitaire a &#233;t&#233; politiquement traduite, c'est avant tout par un nationalisme politique qui a su dans l'ensemble &#8211; mais non sans ambigu&#239;t&#233;s &#8211; naviguer sur la ligne de cr&#234;te qui s&#233;pare le d&#233;sir de reconnaissance et la logique nationaliste de l'exclusion de tout ce qui ne correspond pas &#224; &#034;l'identit&#233; corse&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#192; gauche, le d&#233;clin du PCF n'a pas &#233;t&#233; vraiment compens&#233;. Il est significatif que les r&#233;sultats d&#233;partementaux de Jean-Luc M&#233;lenchon en 2017 aient &#233;t&#233; en Corse les plus modestes de tout le territoire m&#233;tropolitain. Et &#224; deux reprises, en 2012 et en 2017, les r&#233;sultats du Front de gauche et ceux cumul&#233;s du PCF et des Insoumis sont rest&#233;s en retrait &#224; la fois des scores anciens du PC et des r&#233;sultats pr&#233;sidentiels de Jean-Luc M&#233;lenchon. Aux l&#233;gislatives de 2017, la responsabilit&#233; en incombe pour une part &#224; un PC rest&#233; bien frileux face au leader de la France insoumise et refusant alors toute dynamique de convergence &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens inverse, aux territoriales de ce mois de d&#233;cembre, l'attitude de Jean-Luc M&#233;lenchon a sans nul doute pes&#233; lourdement dans la balance. Alors que le PCF s'&#233;tait finalement r&#233;solu &#224; soutenir sa candidature pr&#233;sidentielle, f&#251;t-ce du bout des l&#232;vres, dans une &#238;le o&#249; la symbolique communiste reste li&#233;e au grand souvenir de la Lib&#233;ration de 1943, Jean-Luc M&#233;lenchon s'est oppos&#233; &#224; tout rapprochement entre les anciens alli&#233;s du Front de gauche. Une alliance de la Corse insoumise et du PCF, a-t-il alors d&#233;clar&#233;, rel&#232;ve de la &#171; tambouille politicienne &#187;&#8230; ce qui n'est pas le cas d'une alliance avec les &#233;cologistes &#224; Grenoble ou de la reprise des discussions avec Beno&#238;t Hamon. Allez savoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content de ne pas approuver l'alliance insulaire &#224; gauche, refusant de valoriser le fait que les h&#233;ritiers du Front de gauche restaient les seuls h&#233;rauts de la gauche sur l'&#238;le, il est all&#233; plus loin, en d&#233;clarant que la seule solution en Corse &#233;tait d'entamer des n&#233;gociations avec des nationalistes devenus brusquement des opposants au lib&#233;ralisme macronien et des tenants d'une &#034;R&#233;publique une et indivisible&#034;. Ne pas soutenir les siens est une chose ; encenser les adversaires des siens en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &#171; En Corse, le d&#233;gagisme, c'est Simeoni. Bravo ! &#187;, a twitt&#233; dans la soir&#233;e d'hier la figure de proue de la France insoumise. Jean-Luc M&#233;lenchon se h&#226;te donc de plaquer la r&#233;alit&#233; corse sur un de ses sch&#233;mas favoris. Si l'on s'en tient &#224; ces propos, c'est l'annonce d'un processus imminent de n&#233;gociation tel qu'il a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; il y a peu. Le probl&#232;me tient sans doute &#224; l'interpr&#233;tation du score des nationalistes. Il a d'incontestables racines locales, dans une &#238;le o&#249; la politique a &#233;t&#233; progressivement discr&#233;dit&#233;e, dans des proportions sans commune mesure avec le reste du territoire national, et o&#249; l'&#201;tat, au fil des d&#233;cennies, a tourn&#233; le dos &#224; la fois aux demandes sociales et aux attentes politiques et culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la revendication nationale telle que la portent les organisations nationalistes ne se r&#233;duit pas aux demandes populaires de respect et de dignit&#233;. Elle n'est pas &#224; l'&#233;cart de mouvements politiques de fond qui, eux-m&#234;mes, n'&#233;chappent pas au dualisme de la gauche et de la droite. Dans un &#233;lectorat corse qui s'abstient pour moiti&#233;, aussi bien aux l&#233;gislatives qu'aux territoriales, comment ne pas voir que la concomitance de la perc&#233;e nationaliste, de l'effondrement du FN et de l'&#233;crasement de la gauche n'est pas une bonne nouvelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me refuse pour ma part &#224; faire, de la revendication d'un &#034;populisme de gauche&#034; l'objet de nouvelles guerres de religion. Mais comment croire que, en l'espace de cinq mois, le &#034;d&#233;gagisme&#034; a atteint toutes les forces politiques sans exception ? Balay&#233;s la droite conservatrice d'aujourd'hui, le m&#233;pris du peuple macronien, la vindicte du Front national (28,6 % et 27,2% pour Marine Le Pen en avril 2017) ? Allons donc ! La Corse a l'habitude de ces d&#233;calages entre scrutins nationaux et scrutins locaux. La propension de droite peut, selon les cas, se porter vers telle ou telle formation, rarement les m&#234;mes &#224; tous les types de scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, on peut faire l'hypoth&#232;se que les forces nationalistes locales se sont plut&#244;t nourries d'un d&#233;placement venu d'abord de la droite de l'&#233;chiquier. Peut-&#234;tre Jean-Luc M&#233;lenchon pense-t-il que le dialogue avec les nationalistes va conforter sa propre lecture du &#034;d&#233;gagisme&#034;. Mais il est difficile d'ignorer que, &#224; ce jour, le &#034;d&#233;gagisme&#034; en Corse favorise avant tout le c&#244;t&#233; droit, faute d'une gauche offensive. &#171; D&#233;gagistes de tous les pays et de tous les courants, unissez-vous &#187;&#8230; Si l'on allait jusqu'&#224; cette extr&#233;mit&#233; &#8211; et je ne veux pas croire un seul instant que nous y soyons &#8211; nous nous pr&#233;parerions &#224; de rudes d&#233;sillusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas trop tard pour que la raison retrouve ses droits, le combat pour la dignit&#233; populaire ses rep&#232;res et la dynamique d'une gauche bien &#224; gauche son allant. Nos combats communs ont relanc&#233; la donne populaire et d&#233;mocratique de ce pays et, en 2017, elles ont pr&#233;cipit&#233; la crise d'une gauche de renoncement. Le poison de la d&#233;sunion dans un espace qui s'en &#233;tait heureusement d&#233;gag&#233; serait une calamit&#233;. Faisons tout pour la conjurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corse : nationalistes vent en poupe &#8211; Score m&#233;diocre &#224; gauche, Jean-Luc M&#233;lenchon exulte</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Corse-nationalistes-vent-en-poupe-Score-mediocre-a-gauche-Jean-Luc-Melenchon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Corse-nationalistes-vent-en-poupe-Score-mediocre-a-gauche-Jean-Luc-Melenchon</guid>
		<dc:date>2017-12-04T23:51:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Martelli</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-05</dc:subject>
		<dc:subject>Corse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le premier tour des &#233;lections territoriales en Corse a consacr&#233; le triomphe annonc&#233; des nationalistes. La seule liste de gauche, pr&#233;sent&#233;e par la Corse insoumise, le PCF et Ensemble, a eu un score m&#233;diocre. Pourtant Jean-Luc M&#233;lenchon exulte. Tour d'horizon. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ans apr&#232;s leur accession &#224; la t&#234;te de la r&#233;gion et quelques mois apr&#232;s leur sans-faute l&#233;gislatif, les nationalistes confortent leur h&#233;g&#233;monie sur les institutions insulaires. Le total des formations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corse-+" rel="tag"&gt;Corse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton32983-163bb.jpg?1676772042' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier tour des &#233;lections territoriales en Corse a consacr&#233; le triomphe annonc&#233; des nationalistes. La seule liste de gauche, pr&#233;sent&#233;e par la Corse insoumise, le PCF et Ensemble, a eu un score m&#233;diocre. Pourtant Jean-Luc M&#233;lenchon exulte. Tour d'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/qui-veut-la-peau-de-roger-martelli/article/corse-nationalistes-vent-en-poupe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Regards&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s leur accession &#224; la t&#234;te de la r&#233;gion et quelques mois apr&#232;s leur sans-faute l&#233;gislatif, les nationalistes confortent leur h&#233;g&#233;monie sur les institutions insulaires. Le total des formations qui se r&#233;clament de l'autonomie ou de l'ind&#233;pendance d&#233;passe d&#233;sormais les deux tiers des suffrages exprim&#233;s contre un peu plus d'un quart en 201&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L458xH255/7150555bdaca8671-182d7152-1a0c5.png?1717772351' width='458' height='255' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2015, la droite et l'ensemble de la gauche socialiste et radicale faisaient &#224; peu pr&#232;s jeu &#233;gal avec les nationalistes (27% pour la droite hors FN et 2% pour les radicaux et les &#171; divers gauche &#187;). Le FN et le Front de gauche &#233;taient loin derri&#232;re avec respectivement 10,6% et 5,6%. En 2015, si l'espace de feu le Front de gauche conserve ses timides 5,7%, le FN s'effondre et se contente d'un plus que modeste 3,3%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le total de la droite insulaire classique et du FN est pass&#233; de pr&#232;s de 38% &#224; 16% et la gauche des radicaux, lamin&#233;e par les scandales, a pour l'instant disparu des radars. Le parti du nouveau pr&#233;sident, lui, est loin de confirmer ses r&#233;sultats du printemps : ses 11,3% r&#233;gionaux sont loin des 35 et 17% engrang&#233;s aux derni&#232;res l&#233;gislatives en Corse-du-Sud et en Haute-Corse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L436xH177/52a9da3bc8e361f6-10e0b6ff-a7b60.png?1717772351' width='436' height='177' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection s'inscrit dans un climat de crise politique aigu&#235;. Des ann&#233;es de politique clanique, entre la droite traditionnelle et une gauche pour le moins &#171; mod&#233;r&#233;e &#187;, ont &#233;mouss&#233; le sens civique, longtemps contr&#244;l&#233; par des r&#233;seaux notabiliaires d&#233;pass&#233;s. Entre 2015 et 2017, l'abstention a progress&#233; consid&#233;rablement, de pr&#232;s de 7 points. Le niveau atteint ce dimanche se rapproche des plus forts scores atteint en juin 2017 : 47,8 % contre 52,6 % (Corse-du-Sud) et 49 % (Haute-Corse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans ce d&#233;sert politique insulaire, le nationalisme appara&#238;t comme un horizon r&#233;gional cr&#233;dible, il est loin de r&#233;pondre &#224; une crise politique que les contenus incertains de la demande nationaliste se surmonter &#224; ce jour. L'analyse des cinq derni&#232;res ann&#233;es &#233;lectorales confirme plut&#244;t le constat. Il peut se r&#233;sumer en cinq points.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L444xH330/cc17a1ce32062b78-9e52e348-0aa41.png?1717772351' width='444' height='330' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;1. Pendant plusieurs d&#233;cennies, jusqu'&#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 1980, le panorama politique de la Corse se caract&#233;risait par une h&#233;g&#233;monie globale de la droite, plus prononc&#233;e en Corse-du-Sud (la vieille &#171; Terre des seigneurs &#187;) que dans la Haute-Corse (l'antique &#171; Terre du Commun &#187;). Au sein de la gauche, le radicalisme conservait ses racines, le socialisme n'&#233;tait pas parvenu &#224; percer et le communisme, confort&#233; par son aura r&#233;sistante insulaire, contribuait &#224; donner un ton plus populaire et plus combattif &#224; une gauche globalement assoupie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Comme partout, la droite insulaire s'est droitis&#233;e dans ses habits claniques habituels. Jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990, elle est parvenue, comme en Alsace, &#224; contenir la pouss&#233;e du Front national. &#192; la charni&#232;re des deux si&#232;cles, le sentiment de d&#233;laissement et le ressentiment qui l'accompagnait ont vu la perc&#233;e cons&#233;cutive d'un nationalisme plus ou moins converti &#224; la lutte institutionnelle l&#233;gale et d'un FN surfant sur les tentations de &#171; l'identit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la gauche, elle s'est progressivement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e, au b&#233;n&#233;fice d'un radicalisme enfonc&#233;e dans une gestion de plus en plus douteuse et au d&#233;triment d'un PC qui a perdu ses points d'ancrage, dans les territoires urbanis&#233;s et plus industrialis&#233;s du Nord comme dans ses bastions du Sud (la perte embl&#233;matique de Sart&#232;ne, malgr&#233; le poids politique consid&#233;rable de son maire, Dominique Bucchini).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que dans d'autres territoires m&#233;tropolitains, les communistes furent ainsi peu &#224; peu grignot&#233;s par le d&#233;clin d'une gauche dont ils critiquaient les errances, mais sans vouloir attiser le risque d'une rupture &#224; gauche aux effets plus qu'incertains. Malgr&#233; leur pugnacit&#233;, ils ne furent donc pas &#233;pargn&#233;s par le discr&#233;dit d'une certaine gauche, dont ils ne s'&#233;taient pas assez &#233;loign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le Front national n'a pas r&#233;ussi, comme nagu&#232;re le socialisme mitterrandien, &#224; traduire localement la perc&#233;e enregistr&#233;e en 2012 et en 2017, dans les scrutins les plus nationaux (13,8% et 13,6%), malgr&#233; l'existence de fortes tensions &#171; identitaires &#187; dont a &#233;t&#233; trop souvent victime la population insulaire immigr&#233;e. Si l'obsession identitaire a &#233;t&#233; politiquement traduite, c'est avant tout par un nationalisme politique qui a su dans l'ensemble &#8211; mais non sans ambigu&#239;t&#233;s &#8211; naviguer sur la ligne de cr&#234;te qui s&#233;pare le d&#233;sir de reconnaissance et la logique nationaliste de l'exclusion de tout ce qui ne correspond pas &#224; &#171; l'identit&#233; corse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#192; gauche, le d&#233;clin du PCF n'a pas &#233;t&#233; vraiment compens&#233;. Il est significatif que les r&#233;sultats d&#233;partementaux de Jean-Luc M&#233;lenchon en 2017 aient &#233;t&#233; en Corse les plus modestes de tout le territoire m&#233;tropolitain. Et &#224; deux reprises, en 2012 et en 2017, les r&#233;sultats du Front de gauche et ceux cumul&#233;s du PCF et des Insoumis sont rest&#233;s en retrait &#224; la fois des scores anciens du PC et des r&#233;sultats pr&#233;sidentiels de Jean-Luc M&#233;lenchon. Aux l&#233;gislatives de 2017, la responsabilit&#233; en incombe pour une part &#224; un PC rest&#233; bien frileux face au leader de la France insoumise et refusant alors toute dynamique de convergence &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens inverse, aux territoriales de ce mois de d&#233;cembre, l'attitude de Jean-Luc M&#233;lenchon a sans nul doute pes&#233; lourdement dans la balance. Alors que le PCF s'&#233;tait finalement r&#233;solu &#224; soutenir sa candidature pr&#233;sidentielle, f&#251;t-ce du bout des l&#232;vres, dans une &#238;le o&#249; la symbolique communiste reste li&#233;e au grand souvenir de la Lib&#233;ration de 1943, Jean-Luc M&#233;lenchon s'est oppos&#233; &#224; tout rapprochement entre les anciens alli&#233;s du Front de gauche. Une alliance de la Corse insoumise et du PCF, a-t-il alors d&#233;clar&#233;, rel&#232;ve de la &#171; tambouille politicienne &#187;&#8230; ce qui n'est pas le cas d'une alliance avec les &#233;cologistes &#224; Grenoble ou de la reprise des discussions avec Beno&#238;t Hamon. Allez savoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content de ne pas approuver l'alliance insulaire &#224; gauche, refusant de valoriser le fait que les h&#233;ritiers du Front de gauche restaient les seuls h&#233;rauts de la gauche sur l'&#238;le, il est all&#233; plus loin, en d&#233;clarant que la seule solution en Corse &#233;tait d'entamer des n&#233;gociations avec des nationalistes devenus brusquement des opposants au lib&#233;ralisme macronien et des tenants d'une &#171; R&#233;publique une et indivisible &#187;. Ne pas soutenir les siens est une chose ; encenser les adversaires des siens en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &#171; En Corse, le d&#233;gagisme, c'est Simeoni. Bravo ! &#187;, a twitt&#233; dans la soir&#233;e d'hier la figure de proue de la France insoumise. Jean-Luc M&#233;lenchon se h&#226;te donc de plaquer la r&#233;alit&#233; corse sur un de ses sch&#233;mas favoris. Si l'on s'en tient &#224; ces propos, c'est l'annonce d'un processus imminent de n&#233;gociation tel qu'il a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; il y a peu. Le probl&#232;me tient sans doute &#224; l'interpr&#233;tation du score des nationalistes. Il a d'incontestables racines locales, dans une &#238;le o&#249; la politique a &#233;t&#233; progressivement discr&#233;dit&#233;e, dans des proportions sans commune mesure avec le reste du territoire national, et o&#249; l'&#201;tat, au fil des d&#233;cennies, a tourn&#233; le dos &#224; la fois aux demandes sociales et aux attentes politiques et culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la revendication nationale telle que la portent les organisations nationalistes ne se r&#233;duit pas aux demandes populaires de respect et de dignit&#233;. Elle n'est pas &#224; l'&#233;cart de mouvements politiques de fond qui, eux-m&#234;mes, n'&#233;chappent pas au dualisme de la gauche et de la droite. Dans un &#233;lectorat corse qui s'abstient pour moiti&#233;, aussi bien aux l&#233;gislatives qu'aux territoriales, comment ne pas voir que la concomitance de la perc&#233;e nationaliste, de l'effondrement du FN et de l'&#233;crasement de la gauche n'est pas une bonne nouvelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me refuse pour ma part &#224; faire, de la revendication d'un &#171; populisme de gauche &#187; l'objet de nouvelles guerres de religion. Mais comment croire que, en l'espace de cinq mois, le &#171; d&#233;gagisme &#187; a atteint toutes les forces politiques sans exception ? Balay&#233;s la droite conservatrice d'aujourd'hui, le m&#233;pris du peuple macronien, la vindicte du Front national (28,6 % et 27,2% pour Marine Le Pen en avril 2017) ? Allons donc ! La Corse a l'habitude de ces d&#233;calages entre scrutins nationaux et scrutins locaux. La propension de droite peut, selon les cas, se porter vers telle ou telle formation, rarement les m&#234;mes &#224; tous les types de scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, on peut faire l'hypoth&#232;se que les forces nationalistes locales se sont plut&#244;t nourries d'un d&#233;placement venu d'abord de la droite de l'&#233;chiquier. Peut-&#234;tre Jean-Luc M&#233;lenchon pense-t-il que le dialogue avec les nationalistes va conforter sa propre lecture du &#171; d&#233;gagisme &#187;. Mais il est difficile d'ignorer que, &#224; ce jour, le &#171; d&#233;gagisme &#187; en Corse favorise avant tout le c&#244;t&#233; droit, faute d'une gauche offensive. &#171; D&#233;gagistes de tous les pays et de tous les courants, unissez-vous &#187;&#8230; Si l'on allait jusqu'&#224; cette extr&#233;mit&#233; &#8211; et je ne veux pas croire un seul instant que nous y soyons &#8211; nous nous pr&#233;parerions &#224; de rudes d&#233;sillusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas trop tard pour que la raison retrouve ses droits, le combat pour la dignit&#233; populaire ses rep&#232;res et la dynamique d'une gauche bien &#224; gauche son allant. Nos combats communs ont relanc&#233; la donne populaire et d&#233;mocratique de ce pays et, en 2017, elles ont pr&#233;cipit&#233; la crise d'une gauche de renoncement. Le poison de la d&#233;sunion dans un espace qui s'en &#233;tait heureusement d&#233;gag&#233; serait une calamit&#233;. Faisons tout pour la conjurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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