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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Y&#233;men : briser le silence et faire cesser les livraisons d'armes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Yemen-briser-le-silence-et-faire-cesser-les-livraisons-d-armes</link>
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		<dc:date>2018-11-06T11:51:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Yemen</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-11-06</dc:subject>
		<dc:subject>Yemen</dc:subject>

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&lt;p&gt;La guerre civile au Y&#233;men est devenue depuis 2015 une guerre internationale, avec notamment l'intervention des forces arm&#233;es de la coalition men&#233;e par l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, dans les airs, sur terre et sur mer. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2018 - 42 - 3 novembre : Notes de lecture, textes, p&#233;titions, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; Plus que les combats, ce sont les attaques a&#233;riennes en particulier contre les civils et les infrastructures vitales, les h&#244;pitaux, les march&#233;s, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Yemen-+" rel="tag"&gt;Yemen&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Yemen-1470-+" rel="tag"&gt;Yemen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton36696-008e8.jpg?1678985064' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre civile au Y&#233;men est devenue depuis 2015 une guerre internationale, avec notamment l'intervention des forces arm&#233;es de la coalition men&#233;e par l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, dans les airs, sur terre et sur mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2018 - 42 - 3 novembre : Notes de lecture, textes, p&#233;titions, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus que les combats, ce sont les attaques a&#233;riennes en particulier contre les civils et les infrastructures vitales, les h&#244;pitaux, les march&#233;s, les &#233;coles, qui font des victimes par milliers. La mis&#232;re gagne, la malnutrition progresse, les secours essentiels destin&#233;s &#224; ces populations ne leur parviennent qu'insuffisamment et irr&#233;guli&#232;rement, malgr&#233; les exhortations des Nations Unies pour des &#171; corridors humanitaires &#187;. Les enfants sont les premi&#232;res victimes de cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, comme d'autres pays, est un important fournisseur d'armes et de munitions qui sont utilis&#233;es dans la r&#233;gion, notamment par l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. De telles exportations d'armes sont r&#233;gies par le Trait&#233; international sur le commerce des armes (TCA) qui a force de loi dans notre pays depuis sa ratification par le Parlement fran&#231;ais le 2 avril 2014. Il pr&#233;cise que de telles exportations d'armes ne peuvent avoir lieu si celles-ci servent &#224; commettre des crimes de guerre, actes graves de violence contre les femmes et les enfants, ou &#224; en faciliter la commission (article 7 du trait&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation au Y&#233;men a provoqu&#233;, dans de nombreux pays exportateurs d'armes vers les bellig&#233;rants des d&#233;bats et enqu&#234;tes, parlementaires notamment, sur les conditions d'exportation et d'utilisation de ces armes, en Su&#232;de, aux Pays Bas, en Belgique, au Royaume Uni, en Allemagne&#8230; ainsi qu'aux Etats-Unis (non signataires du TCA). Le Parlement europ&#233;en a vot&#233; une r&#233;solution d&#232;s novembre 2017 et s'est prononc&#233; r&#233;cemment pour la fin des transferts d'armement vers l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel d&#233;bat doit aussi avoir lieu en France. De nombreuses organisations non gouvernementales dont les sections fran&#231;aises d'Amnesty International, de Human Rights Watch et de Handicap international, la F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Action contre la faim, etc. ont r&#233;clam&#233; une commission d'enqu&#234;te sur le respect des engagements internationaux de la France dans le cadre de ses exportations d'armes aux bellig&#233;rants du conflit au Y&#233;men. Une telle commission a &#233;t&#233; demand&#233;e par des dizaines de parlementaires de toutes opinions depuis avril 2018 (r&#233;solution 856). Il n'a jusqu'&#224; pr&#233;sent, pas &#233;t&#233; fait droit &#224; leur demande, si ce n'est sous la forme tr&#232;s limit&#233;e d'une mission d'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe d'expert mandat&#233; par l'ONU sur la violation des droits de l'homme au Y&#233;men a rendu un rapport en septembre 2018 &#233;voquant des crimes de guerre. Au terme de l'article 7-7 du TCA, la France se doit de r&#233;examiner ses autorisations d'exportations d'armes et de munitions qui pourraient contribuer &#224; ces crimes, en particulier aux Emirats Arabes Unis et &#224; l'Arabie Saoudite. Qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;non&#231;ons le silence complice du gouvernement fran&#231;ais. Nous demandons que la France conform&#233;ment au dernier vote du Parlement Europ&#233;en et au TCA, en toute ind&#233;pendance, cesse toute livraison d'armes aux bellig&#233;rants, de m&#234;me que toute maintenance des chars, avions et autres mat&#233;riels livr&#233;s &#224; ces pays par la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons qu'une enqu&#234;te parlementaire soit ouverte quant &#224; l'implication possible de soldats fran&#231;ais dans le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'application par les bellig&#233;rants d'une strat&#233;gie de la famine, nous demandons au gouvernement fran&#231;ais de faire pression sur les bellig&#233;rants pour qu'ils respectent les r&#233;solutions de l'ONU quant &#224; l'acc&#232;s des secours humanitaires aux populations concern&#233;es, pour qu'ils cessent les combats et ouvrent des n&#233;gociations imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisations signataires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ACDA &#8211; AFD international &#8211; ATMF -AIDL &#8211; ATTAC &#8211; CEDETIM &#8211; Collectif ni Guerre ni &#233;tat de guerre &#8211; CRLDHT &#8211; EELV &#8211; Ensemble &#8211; Femmes plurielles &#8211; Fondation Frantz Fanon &#8211; Forum Palestine Citoyennet&#233; &#8211; FTCR &#8211; GDS &#8211; G&#233;n&#233;ration.s &#8211; IPAM &#8211; M&#233;decins du monde &#8211; MRAP &#8211; Nouvelle Donne &#8211; NPA &#8211; Observatoire des armements &#8211; PCF &#8211; PCOF &#8211; PIR &#8211; PRCF &#8211; PG &#8211; Salam for Y&#233;men &#8211; Solidaires &#8211; SumOf US &#8211; Survie &#8211; UJFP&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signatures personnelles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etienne Balibar Philosophe &#8211; Jean-Paul Chagnollaud Professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s &#8211; Pierre Barbancey Grand reporter &#224; l'Humanit&#233; &#8211; Edwy Plenel Journaliste &#8211; Denis Sieffert Journaliste &#8211; Alain Gresh Directeur du journal Orient XXI &#8211; Pouria Amirshahi directeur Politis &#8211; Daniel Mermet journaliste &#233;crivain &#8211; Bernard Dreano pr&#233;sident du Cedetim &#8211; Kaddour Hadadi (HK) Musicien &#8211; Gilbert Achcar Sociologue &#8211; Catherine Samary &#233;conomiste &#8211; Franck Gaudichaud, enseignant-chercheur &#8211; Alain Mass&#233; Ancien directeur Radio France &#8211; S&#233;bastien Nadot d&#233;put&#233; LREM &#8211; Cl&#233;mentine Autain d&#233;put&#233;e &#8211; Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement de Paris &#8211; Fran&#231;ois Burgat Directeur de recherches CNRS &#8211; Rony Brauman Ex-pr&#233;sident de MSF &#8211; Ludivine Bantigny Historienne &#8211; Patrick Viveret Philosophe &#8211; Marie Christine Vergiat D&#233;put&#233;e europ&#233;enne &#8211; G&#233;rard Filoche GDS &#8211; Pierre Khalfa Economiste membre de la Fondation Copernic &#8211; Tarek Benhiba Pr&#233;sident de la FTCR &#8211; Claude Touchefeu Conseill&#232;re municipale de Toulouse, GDS &#8211; Jean-Yves Lalanne Maire de Bill&#232;re, GDS &#8211; Francis Sitel Ensemble &#8211; Roland Merieux Ensemble &#8211; Michel Bock maire adjoint honoraire de Guyancourt &#8211; Frederic Brun &#8211; Nabil Ennasri Chercheur &#8211; Olivier le Cour Grandmaison Universitaire &#8211; Abderrahim Afarki Biblioth&#233;caire &#8211; Abraham Behar Pr&#233;sident de l'Association fran&#231;aise des m&#233;decins pour la pr&#233;vention de la guerre nucl&#233;aire &#8211; Monseigneur Jacques Gaillot &#8211; Christine Poupin Porte-parole du NPA &#8211; David Cormand Secr&#233;taire national EELV &#8211; Pierre Laurent, s&#233;nateur, secr&#233;taire national du PCF &#8211; Lana Sadeq Presidente du forum Palestine Citoyennet&#233; &#8211; Noha Khalaf Historienne &#8211; Annie Lahmer Conseill&#232;re r&#233;gionale EELV &#8211; Abdessalam Kleiche EELV &#8211; Marie-Claude Simeone-Senelle Directrice de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS &#8211; Pascal Durand D&#233;put&#233; europ&#233;en &#8211; Anne Regourd Chercheuse CNRS &#8211; G&#233;rard Mordillat Ecrivain &#8211; Jean-Luc Lecoq D&#233;put&#233; membre de la commission des Affaires Etrang&#232;res &#8211; Christine Prunaud, s&#233;natrice, membre de la commission des Affaires Etrang&#232;res &#8211; Olivier Besancenot NPA &#8211; Sonia Dayan Herzbrun Professeure &#233;m&#233;rite &#8211; Judith Bernard Journaliste &#8211; Stathis Kouv&#233;lakis Professeur en philosophie politique &#8211; Philippe Gorcuff Enseignant-chercheur &#8211; Gustave Massiah Militant altermondialiste &#8211; Magali Sansonetti Gestionnaire CNRS &#8211; Jeanne Zerner Administratrice CNRS &#8211; Tahar Meddour CNRS &#8211; Christian Chanard Informaticien CNRS &#8211; Claude Rilly Chercheur CNRS &#8211; Mouhieddine Cherbib CRLDHT &#8211; Philippe Lamberts D&#233;put&#233; europ&#233;en &#8211; Bodil Valero D&#233;put&#233;e europ&#233;enne &#8211; Sadek AlSaar Pr&#233;sident Salam for Y&#233;men &#8211; Claire Monod Conseill&#232;re r&#233;gionale &#8211; Yves Contassot Conseiller de Paris &#8211; Dalal Abu Saud Kleiche Ing&#233;nieure p&#233;dagogique e-learning &#8211; Martha Mundy Anthropologue &#8211; Ren&#233;e Le Mignot Copr&#233;sidente du MRAP &#8211; Mich&#232;le Sibony UJFP &#8211; Abdelmajid Mrari Directeur r&#233;gion MENA AFD International &#8211; Alima Boumediane Avocate et ancienne parlementaire &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur M&#233;diapart, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/291018/yemen-briser-le-silence-et-faire-cesser-les-livraisons-d-armes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/291018/yemen-briser-le-silence-et-faire-cesser-les-livraisons-d-armes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tous ceux qui veulent que la guerre au Y&#233;men continue</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tous-ceux-qui-veulent-que-la-guerre-au-Yemen-continue</link>
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		<dc:date>2018-11-06T11:48:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Helen Lackner</dc:creator>


		<dc:subject>Yemen</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-11-06</dc:subject>
		<dc:subject>Yemen</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il est plus que temps que cette guerre cesse et il est important aussi, c'est m&#234;me la priorit&#233; de la France (...), que l'aide humanitaire puisse passer &#187;, a d&#233;clar&#233; Fran&#231;oise Parly, ministre fran&#231;aise des arm&#233;es, le 30 octobre. Pourtant, jusqu'&#224; aujourd'hui, aucune des puissances &#233;trang&#232;res engag&#233;e au Y&#233;men n'a vraiment agi en ce sens. Ce qui complique l'objectif d'un accord auquel les diff&#233;rentes parties y&#233;m&#233;nites semblent r&#233;ticentes. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
En ao&#251;t 2O18, deux ans apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-11-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-11-06&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Yemen-1470-+" rel="tag"&gt;Yemen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton36724-bdd75.jpg?1677097158' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il est plus que temps que cette guerre cesse et il est important aussi, c'est m&#234;me la priorit&#233; de la France (...), que l'aide humanitaire puisse passer &#187;, a d&#233;clar&#233; Fran&#231;oise Parly, ministre fran&#231;aise des arm&#233;es, le 30 octobre. Pourtant, jusqu'&#224; aujourd'hui, aucune des puissances &#233;trang&#232;res engag&#233;e au Y&#233;men n'a vraiment agi en ce sens. Ce qui complique l'objectif d'un accord auquel les diff&#233;rentes parties y&#233;m&#233;nites semblent r&#233;ticentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/tous-ceux-qui-veulent-que-la-guerre-au-yemen-continue,2713&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 2O18, deux ans apr&#232;s l'&#233;chec des n&#233;gociations de paix au Kowe&#239;t, Martin Griffiths, le nouvel envoy&#233; sp&#233;cial des Nations unies au Y&#233;men annon&#231;ait une rencontre entre les deux principaux bellig&#233;rants &#224; Gen&#232;ve, pr&#233;vue le 6 septembre suivant. Il ajoutait : &#171; Notre engagement avec des associations de femmes ainsi qu'avec les acteurs du Sud est crucial pour le succ&#232;s des consultations futures sur le Y&#233;men. Comme le pr&#233;voit la r&#233;solution 2216 du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, je vise un processus aussi inclusif que possible &#187;1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attentes &#233;taient d&#233;j&#224; faibles au moment de l'annonce ; elles ont encore diminu&#233; &#224; mesure que la date approchait. Il manquait certaines participations, comme celle des acteurs du sud et d'autres groupes, tandis que celle des femmes s'est r&#233;duite &#224; la pr&#233;sence &#224; Gen&#232;ve de quelques militantes, qui se sont d&#233;plac&#233;es avec de grandes difficult&#233;s pour finalement constater qu'elles n'&#233;taient pas incluses dans les discussions pr&#233;vues avec les groupes officiels. De toute fa&#231;on cela est sans importance, puisque lesdites &#171; consultations &#187; n'ont jamais eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Abd Rabbo Mansour Hadi reconnu par la communaut&#233; internationale avait fait conna&#238;tre sa position une semaine auparavant, refusant tout simplement de rencontrer Griffiths &#224; Riyad. Il a envoy&#233; une d&#233;l&#233;gation officielle importante et co&#251;teuse, accompagn&#233;e de dizaines de parasites, qui en a profit&#233; pour d&#233;noncer l'absence des houthistes au lieu de d&#233;plorer l'occasion manqu&#233;e. Si l'envoy&#233; sp&#233;cial ou son &#233;quipe n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire venir la d&#233;l&#233;gation houthiste &#224; Gen&#232;ve, c'est parce qu'ils n'ont pas suffisamment travaill&#233; sur la question cruciale de ses d&#233;placements, &#224; l'aller comme au retour. L'exp&#233;rience des houthistes apr&#232;s les pourparlers au Kowe&#239;t il y a deux ans, quand ils ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s &#224; Mascate pendant trois mois, leur a donn&#233; de bonnes raisons de douter de la capacit&#233; de l'ONU &#224; assurer la s&#233;curit&#233; de leur voyage. Principaux r&#233;sultats de ce non-&#233;v&#233;nement : l'envoy&#233; sp&#233;cial de l'ONU souffre d'une grave perte de cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s des millions de Y&#233;m&#233;nites qui d&#233;sesp&#232;rent, et il est d&#233;sormais per&#231;u comme peu ind&#233;pendant, plut&#244;t align&#233; sur les positions de la coalition. Cela affecte ses chances de r&#233;ussite &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment de l'&#233;chec de Gen&#232;ve 2018, quelles sont les perspectives de paix au Y&#233;men ? En deux mots : tr&#232;s minces. D'abord et avant tout, la paix s'&#233;tablit entre des parties mutuellement hostiles par un processus de compromis qui aboutit &#224; ce que chacune atteigne certains de ses objectifs, mais pas tous. Un tel processus ne peut r&#233;ussir que si les deux bellig&#233;rants estiment qu'ils ont plus &#224; gagner &#224; faire la paix qu'&#224; continuer les combats. Ils n'ont pas encore atteint ce stade ; ils estiment encore avoir plus &#224; gagner &#224; poursuivre la lutte qu'&#224; y mettre fin. Commen&#231;ons par eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;sistible ascension des houthistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son premier affrontement avec le r&#233;gime d'Ali Abdallah Saleh en 2004, le mouvement houthiste &#233;tait un petit groupe de dissidents dans l'extr&#234;me nord du pays qui n'a m&#234;me pas remport&#233; cette premi&#232;re bataille. Lors du dernier cessez-le-feu de la sixi&#232;me guerre, au d&#233;but de 2010, leurs comp&#233;tences militaires s'&#233;taient accrues parall&#232;lement &#224; leur influence politique ; ils contr&#244;laient une partie importante de leur r&#233;gion natale, le gouvernorat de Saada. En 2011, ils ont rejoint les soul&#232;vements populaires anti-Saleh et officiellement particip&#233; &#224; la transition de 2012-2014, tout en consolidant le contr&#244;le de leur zone et en l'&#233;tendant petit &#224; petit aux r&#233;gions voisines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode, ils ont &#233;galement d&#233;velopp&#233; une alliance avec leur ancien ennemi Saleh, de sorte qu'en septembre 2014, avec le soutien actif de Saleh et celui, passif, de Hadi2, ils se sont empar&#233;s de Sanaa. Ils ont ensuite pris le contr&#244;le de toutes les institutions gouvernementales en janvier 2015, envoyant Hadi en exil en mars de la m&#234;me ann&#233;e. Leur alliance avec Saleh a &#233;t&#233; rendue publique quelques mois plus tard. Au cours des deux premi&#232;res ann&#233;es de la guerre, d&#233;sormais internationalis&#233;e, ils se sont renforc&#233;s sur les plans militaire et politique, m&#234;me si l'alliance &#233;tait de plus en plus sous pression. Sa fin en d&#233;cembre dernier avec l'assassinat de Saleh a d&#233;montr&#233; que les houthistes dominaient les institutions politiques et militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce meurtre a marqu&#233; l'apog&#233;e de leur pouvoir. L'assassinat de Saleh les a priv&#233;s &#224; la fois des comp&#233;tences militaires et des effectifs de ses forces d'&#233;lite bien entra&#238;n&#233;es, ainsi que de la force politique du Congr&#232;s g&#233;n&#233;ral du peuple (GPC), le seul parti b&#233;n&#233;ficiant d'une implantation populaire nationale. Les houthistes ont r&#233;cemment reconnu l'importance du GPC en lib&#233;rant les fils de Saleh qu'ils avaient emprisonn&#233;s en d&#233;cembre dernier ; une mesure visant clairement &#224; apaiser le m&#233;contentement des partisans du GPC. D'autres prisonniers politiques n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; d'une telle compassion, comme le fr&#232;re du pr&#233;sident Hadi, le ministre de la d&#233;fense Mahmoud Al-Soubeihi et d'autres membres de la famille de Saleh. Sur le plan militaire, pendant les trois derni&#232;res ann&#233;es, les houthistes ont subi des pertes limit&#233;es aux &#171; fronti&#232;res &#187; de leur r&#233;gion, mais ils risquent de perdre Hode&#239;da et la c&#244;te de la mer Rouge dans les mois &#224; venir. Ils sont toutefois loin d'&#234;tre battus. Il est peu probable que leur contr&#244;le des hautes terres centrales zaydites, dens&#233;ment peupl&#233;es, s'&#233;rode dans les ann&#233;es &#224; venir. Leurs comp&#233;tences militaires s'am&#233;liorent et l'&#233;conomie de guerre leur assure un approvisionnement r&#233;gulier en armes et en munitions, compl&#233;t&#233;e par de petits mat&#233;riels de technologie de pointe, import&#233;s tr&#232;s probablement d'Iran. Toutefois, &#224; ce stade, la poursuite de leur expansion est hors de question et le mieux qu'ils puissent faire est de maintenir leur position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, ce serait le bon moment pour les houthistes d'entamer des pourparlers, avant qu'une guerre d'usure ne les affaiblisse s&#233;rieusement. Certains de leurs dirigeants semblent partager ce point de vue et ont montr&#233; ces derniers mois des signes de souplesse. Abdoul Malik Al-Houthi a par exemple eu des discussions directes avec l'envoy&#233; sp&#233;cial Griffiths. Cependant, l'assassinat en avril 2018 de Saleh Al-Sammad, pr&#233;sident de l'entit&#233; gouvernante &#224; Sanaa, sugg&#232;re que ce point de vue pourrait ne pas &#234;tre partag&#233; par tous les dirigeants houthistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peu de raisons de vouloir la paix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position du &#171; gouvernement internationalement reconnu &#187; (GIR) de Hadi est tr&#232;s diff&#233;rente. Ne contr&#244;lant aucune structure gouvernante o&#249; que ce soit dans le pays, il d&#233;pend enti&#232;rement du soutien de l'Arabie saoudite et des &#201;mirats arabes unis. Le GIR contr&#244;le soit-disant plus de 70 % du territoire du pays, officiellement d&#233;crit comme &#171; lib&#233;r&#233; &#187;, mais cela repr&#233;sente au mieux 30 % de la population. Plus important encore, aucune de ces zones n'est r&#233;ellement administr&#233;e par le gouvernement de Hadi, y compris sa capitale provisoire Aden. Le seul atout du GIR dans une future n&#233;gociation est sa reconnaissance internationale ; en ce qui concerne Hadi personnellement, il est d&#233;sign&#233; dans la r&#233;solution 2216 du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU comme le &#171; pr&#233;sident l&#233;gitime &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la corruption ne soit nullement leur pr&#233;rogative, les membres de son gouvernement et de son entourage accumuleraient des richesses et recevraient d'importants salaires en devises fortes, tout en n'administrant rien et en se contentant d'observer l'effondrement du rival y&#233;m&#233;nite. La monnaie nationale a baiss&#233; de 30 % en quelques jours le mois dernier, alors que 1,2 million de fonctionnaires ne re&#231;oivent plus leurs modestes salaires depuis plus de deux ans. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce &#171; gouvernement &#187; est universellement m&#233;pris&#233; par les Y&#233;m&#233;nites. La paix mettrait presque certainement fin au mandat pr&#233;sidentiel de Hadi et priverait bon nombre de ses affid&#233;s de leurs sources de revenus. Ce groupe n'est donc pas particuli&#232;rement int&#233;ress&#233; par un accord de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes forces qui assurent la s&#233;curit&#233; dans les zones &#171; lib&#233;r&#233;es &#187; sont des groupes salafistes dans la plupart des gouvernorats du sud (&#171; Ceinture de s&#233;curit&#233; &#187; ou &#171; forces d'&#233;lite &#187; selon l'endroit). Enti&#232;rement soutenus par les &#201;mirats arabes unis qui leur fournissent mat&#233;riel, formation et salaires, ils ont &#233;galement peu de raisons de d&#233;sirer une paix qui mettrait probablement fin &#224; leurs avantages financiers et les renverrait au semi-ch&#244;mage des campagnes ou au ch&#244;mage total des villes ; sans compter la perte du prestige &#171; machiste &#187; et de l'influence inh&#233;rents &#224; leurs emplois actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ambitions et de l'&#233;chec de la coalition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres participants directs n&#233;cessaires &#224; un accord de paix sont l'Arabie saoudite et les &#201;mirats arabes unis, qui dirigent la coalition. Tous deux ont des ambitions &#224; long terme au Y&#233;men, dont il sera question plus loin. Des ambitions qui les mettent de plus en plus en concurrence et qui ont atteint un niveau conflictuel dans certaines r&#233;gions, ce qui complique encore la situation g&#233;n&#233;rale. Les &#201;mirats arabes unis ont exprim&#233; plus d'une fois leur souhait de voir la guerre prendre fin, contrairement au r&#233;gime saoudien actuel. &#201;tonnamment, apr&#232;s trois ans et demi d'engagement militaire dispendieux (estim&#233; &#224; 3-4 milliards de dollars par mois pour l'Arabie saoudite, soit entre 2,63 et 3,51 milliards d'euros) et alors que le r&#233;gime tente d'introduire des r&#233;formes internes co&#251;teuses &#224; grande &#233;chelle, l'Arabie saoudite devrait logiquement souhaiter mettre fin &#224; cette guerre qui affecte sa r&#233;putation internationale et met en question la comp&#233;tence de ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, sur la base de &#171; fake news &#187; de victoires en cours, le r&#233;gime agit comme s'il pouvait gagner, en d&#233;pit de la r&#233;alit&#233;. D'abord, cette guerre, cens&#233;e &#234;tre une promenade de sant&#233; de quelques semaines, en est maintenant &#224; son 44e mois, avec des incursions quotidiennes importantes de houthistes dans trois provinces frontali&#232;res saoudiennes, sans parler des missiles Scud am&#233;lior&#233;s qui atteignent parfois des villes saoudiennes, faisant m&#234;me quelques victimes. Il faudrait que certains Saoudiens osent &#171; dire la v&#233;rit&#233; au pouvoir &#187; et informer le ministre de la d&#233;fense (et actuel prince h&#233;ritier) Mohamed Ben Salman de la situation r&#233;elle. Il est vrai que, vu ses r&#233;centes r&#233;actions impulsives, c'est certainement une entreprise risqu&#233;e, &#224; prendre de l'&#233;tranger et sans pr&#233;voir de visite au consulat saoudien local !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient &#233;galement de se demander dans quelle mesure les dirigeants des &#201;mirats arabes unis et d'Arabie saoudite croient &#224; l'implication iranienne aux c&#244;t&#233;s des houthistes, largement exag&#233;r&#233;e par leur propagande. En accusant l'Iran d'une participation active, la coalition peut certes expliquer en partie son &#233;chec face &#224; un petit groupe de tribus montagnardes mal &#233;quip&#233;es qui contrairement aux forces saoudiennes et &#233;miraties n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; de d&#233;cennies d'entra&#238;nement occidental ni des armements les plus co&#251;teux et les plus sophistiqu&#233;s du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un conflit qui rapporte gros&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des protagonistes officiels, d'autres forces n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; la paix, &#224; savoir les profiteurs de l'&#233;conomie de guerre, les contrebandiers qui commercent &#224; travers les fronti&#232;res, les fronts militaires et les routes maritimes. Il peut s'agir soit de dirigeants de haut niveau en m&#234;me temps grossistes, qui g&#232;rent des quantit&#233;s importantes de marchandises, soit de petits op&#233;rateurs qui tiennent des barrages et veulent simplement nourrir leur famille, et de tout ce qui se trouve entre les deux. On retrouve ces personnages dans tout le pays. Ils peuvent &#234;tre officiellement &#171; align&#233;s &#187; sur l'une ou l'autre partie en conflit. Ils font de la contrebande et du commerce de tout, des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#8212; y compris le carburant et la nourriture &#8212; aux biens de consommation en passant par les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve des marchands d'armes &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale ; ils sont clairement les premiers b&#233;n&#233;ficiaires de la guerre. En approvisionnant les bellig&#233;rants en mat&#233;riels de toutes sortes, les principaux pays vendeurs d'armes portent une grande responsabilit&#233;. En t&#234;te de ces fournisseurs, les &#201;tats-Unis, le Royaume-Uni et la France. &#192; une plus petite &#233;chelle, il y a des contrebandiers et des marchands d'armes y&#233;m&#233;nites appartenant &#224; tous les bords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; de l'&#233;chec du nouvel envoy&#233; sp&#233;cial des Nations unies &#224; r&#233;unir les parties bellig&#233;rantes &#224; Gen&#232;ve en septembre 2018. Il convient toutefois de noter que la principale entrave &#224; la r&#233;ussite de l'intervention de l'ONU est la r&#233;solution 2216 du Conseil de s&#233;curit&#233; qui, comme nous l'avons mentionn&#233; plus haut, consid&#232;re Hadi comme le pr&#233;sident l&#233;gitime et exige sans ambigu&#239;t&#233; la reddition des houthistes. Avec le Royaume-Uni comme &#171; porte-plume &#187;3, les perspectives d'une nouvelle r&#233;solution resteront &#233;loign&#233;es tant que la politique &#233;trang&#232;re du Royaume-Uni sera domin&#233;e par le d&#233;sir de s'attirer les bonnes gr&#226;ces du Conseil de coop&#233;ration du Golfe (CCG). La situation humanitaire catastrophique4 exige que d'autres prennent l'initiative d'une r&#233;solution r&#233;aliste qui pourrait servir de base &#224; de v&#233;ritables n&#233;gociations, permettant ainsi &#224; l'ONU de jouer un r&#244;le significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le pass&#233;, les &#201;tats-Unis, le Royaume-Uni, la France et d'autres &#201;tats occidentaux se sont principalement pr&#233;occup&#233;s, au Y&#233;men, de contre-terrorisme et de vendre des armes co&#251;teuses. Il convient de noter qu'Al-Qaida dans la p&#233;ninsule arabique (AQPA) a &#233;t&#233; consid&#233;rablement affaibli ces derni&#232;res ann&#233;es gr&#226;ce aux frappes a&#233;riennes am&#233;ricaines, et que ce mouvement ne pr&#233;sente plus une menace majeure5. Par ailleurs, la France en particulier a un int&#233;r&#234;t &#233;conomique de premier plan au Y&#233;men avec la participation de Total dans Yemen LNG, le plus important investissement direct &#233;tranger du pays, dont les activit&#233;s ont cess&#233; d&#233;but 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; reconstruction &#187; min&#233;e d'avance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; terme, un accord de paix mettra fin &#224; certains aspects de la guerre et, esp&#233;rons-le, aux souffrances directement li&#233;es &#224; la guerre pour des millions de Y&#233;m&#233;nites. Toutefois, l'avenir du Y&#233;men dans l'apr&#232;s-guerre est tr&#232;s pr&#233;occupant, car le conflit a cr&#233;&#233; des &#171; faits sur le terrain &#187; qui compromettent les perspectives &#224; long terme du pays. Le Y&#233;men doit s'attaquer &#224; des probl&#232;mes fondamentaux, en dehors de la guerre : p&#233;nurie d'eau, ressources naturelles limit&#233;es et croissance d&#233;mographique rapide. Pendant la guerre, les interventions rivales de l'Arabie saoudite et des &#201;mirats arabes unis ont intensifi&#233; et approfondi la fragmentation sociale et politique, en particulier dans le sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, le mouvement s&#233;paratiste du sud n'est pas une entit&#233; unifi&#233;e, mais une multiplicit&#233; de groupes de diff&#233;rentes r&#233;gions qui entretiennent des conflits internes depuis des d&#233;cennies. La strat&#233;gie des &#201;mirats arabes unis, consistant &#224; cr&#233;er des unit&#233;s militaires et s&#233;curitaires locales , contribue &#224; acc&#233;l&#233;rer cette fragmentation. En outre, la rivalit&#233; (que certains appellent d&#233;j&#224; conflit) entre les &#201;mirats arabes unis et l'Arabie saoudite dans le gouvernorat d'Al-Mahra risque de perturber gravement le Y&#233;men d'apr&#232;s-guerre. Cette situation est exacerb&#233;e par des efforts occidentaux mal avis&#233;s, encourageant l'&#233;mergence de conflits dans un gouvernorat qui n'&#233;tait auparavant pratiquement pas touch&#233; par la guerre. Son sort est &#233;galement susceptible d'avoir un impact sur Oman, dont l'avenir est incertain. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, si les s&#233;paratistes prenaient le risque de d&#233;clarer leur ind&#233;pendance, un tel &#201;tat risquerait de se dissoudre rapidement dans des rivalit&#233;s acrimonieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les divisions politiques entre un sud de plus en plus domin&#233; par les salafistes et un nord-est dirig&#233; par le vice-pr&#233;sident Ali Mohsen et domin&#233; par le parti Islah risquent de d&#233;boucher sur un conflit beaucoup plus profond &#224; l'avenir. Ces affrontements toucheront probablement au moins quelques-unes des zones actuellement sous contr&#244;le houthiste. D'autres divisions pourraient se manifester, dans la r&#233;gion c&#244;ti&#232;re de Tihama, qui nourrit depuis longtemps des ressentiments contre le pouvoir de Sanaa, ou dans les zones centrales de Ta&#239;z et d'Ibb, les plus peupl&#233;es, dont les habitants ont souvent proclam&#233; leur &#171; sup&#233;riorit&#233; &#187; culturelle sur les autres Y&#233;m&#233;nites. Les possibilit&#233;s de division et de fragmentation sont multiples. En outre, quatre grandes formes d'int&#233;grisme islamique sont susceptibles de dominer : houthiste, salafiste, djihadiste, islahiste. Alors que les all&#233;geances religieuses deviennent dominantes, qu'en sera-t-il pour les millions de personnes qui ont manifest&#233; en faveur d'un &#201;tat &#171; civil &#187; en 2011 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'une future participation des pays du CCG et d'institutions financi&#232;res n&#233;olib&#233;rales comme le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la Banque mondiale, &#224; la &#171; reconstruction &#187; fait peser de graves risques sur la culture et sur les moyens de subsistance des Y&#233;m&#233;nites. La d&#233;pendance financi&#232;re et &#233;conomique d'un pays en grande partie d&#233;truit et en faillite, susceptible d'&#234;tre gouvern&#233; par un r&#233;gime pro-CCG, conduira presque certainement &#224; la renaissance de la formule 2010 des &#171; Amis du Y&#233;men &#187; (qui s'en souvient ?). On peut la r&#233;sumer ainsi : des mesures con&#231;ues par les institutions de Bretton Woods, financ&#233;es par les &#201;tats du CCG et r&#233;alis&#233;es par les entreprises occidentales. Cette formule est celle-l&#224; m&#234;me qui porte une responsabilit&#233; consid&#233;rable dans la crise actuelle au Y&#233;men. Bien qu'un peu lointaines compar&#233;es &#224; la situation d&#233;sastreuse actuelle, avec des millions de personnes qui risquent de mourir de faim, ces questions sont pertinentes. Il n'est jamais trop t&#244;t pour chercher de meilleures solutions de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Helen Lackner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercheure ind&#233;pendante, elle a travaill&#233; et v&#233;cu au Y&#233;men pendant plus de quinze ans, dont cinq dans la RDPY entre 1977 et 1982. Elle vient de publier Yemen in Crisis, Autocracy, Neo-Liberalism and the Disintegration of a State (Saqi, 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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