<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=1500&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La marmite alg&#233;rienne au bord de l'explosion</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-marmite-algerienne-au-bord-de-l-explosion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-marmite-algerienne-au-bord-de-l-explosion</guid>
		<dc:date>2021-05-13T19:46:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Beau</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-05-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la grogne sociale gagne du terrain et que les marches du Hirak persistent malgr&#233; les nombreuses arrestations et emprisonnements, le pr&#233;sident Tebboune cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; trouver des appuis aupr&#232;s de la soci&#233;t&#233; civile. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de MondAfrique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les gr&#232;ves et marches de protestations des secteurs de l'enseignement, de la poste, et de la sant&#233;, les pompiers sont sortis dans la rue &#224; leur tour pour exprimer leur m&#233;contentement. Emp&#234;ch&#233;s par un impressionnant dispositif (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-05-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-05-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton48201-a5e02.jpg?1781848175' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la grogne sociale gagne du terrain et que les marches du Hirak persistent malgr&#233; les nombreuses arrestations et emprisonnements, le pr&#233;sident Tebboune cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; trouver des appuis aupr&#232;s de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/la-marmite-algerienne-au-bord-de-lexplosion/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MondAfrique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les gr&#232;ves et marches de protestations des secteurs de l'enseignement, de la poste, et de la sant&#233;, les pompiers sont sortis dans la rue &#224; leur tour pour exprimer leur m&#233;contentement. Emp&#234;ch&#233;s par un impressionnant dispositif policier d'atteindre le Palais pr&#233;sidentiel d'El-Mouradia, les manifestants ont d&#251; rebrousser chemin. Les images des &#233;chauffour&#233;es entre les forces de l'ordre et les pompiers, largement partag&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux, ont marqu&#233; l'opinion publique. La s&#233;curit&#233; civile dont les agents d&#233;pendent du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur sont aussi descendus dans les rues provoquant le licenciement de deux cents fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front syndical, cela bouillonne. A moins d'un mois des &#233;lections l&#233;gislatives en Alg&#233;rie, l'image du pr&#233;sident Tebboune n'a jamais &#233;t&#233; aussi d&#233;grad&#233;e. M&#234;me un journaliste comme Abed Charef qu'on a vu critique contre le Hirak- reconnait qu' &#171; un d&#233;brayage au sein de corps aussi disciplin&#233;s r&#233;v&#232;le un profond malaise social, mais d&#233;note surtout une politisation de structures traditionnellement choy&#233;es par le pouvoir &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le front politique, &#231;a empire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hirak redouble de f&#233;rocit&#233; : alors que les arrestations et les condamnations se poursuivent. Ce vendredi 7 mai 2021, pour le 116 &#232;me vendredi des marches pacifiques du Hirak, les manifestants d'Alger ont chang&#233; d'itin&#233;raire pour &#233;chapper aux forces de l'ordre. De Bab-El Oued au Ruisseau, sur 7 kilom&#232;tres, des centaines de milliers de hirakistes, dans l'euphorie d'avoir pu &#233;chapper &#224; l'appareil r&#233;pressif, ont scand&#233; &#171; wallah mana Habsine- On jure de ne pas l&#226;cher l'affaire. Nouveau slogan qui s'ajoute aux anciens. &#171; Les g&#233;n&#233;raux &#224; la poubelle &#187;, &#171; Etat ciivil, pas militaire &#187;, &#171; Non aux &#233;lections du 12 juin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'approche de l'&#233;ch&#233;ance des l&#233;gislatives, le gouvernement de Mr Tebboune se crispe, et selon plusieurs sources la peur de la convergence des luttes hante les nuits des dirigeants alg&#233;riens. L'Ex&#233;cutif &#233;voque des &#171; mouvements subversifs &#187; pour d&#233;signer les gr&#233;vistes. Si le pr&#233;sident Tebboune appelle officiellement &#224; un dialogue social avec les contestataires, son premier ministre a la lourde tache de rappeler qu'il est difficile, dans le contexte &#233;conomique actuel, de satisfaire les revendications relatives &#224; une hausse salariale. &#171; L'examen et le traitement des revendications exprim&#233;es pour leur trouver des solutions ad&#233;quates doivent se faire dans le cadre d'une approche progressive qui tienne compte des retomb&#233;es et r&#233;percussions de la crise &#233;conomique et sanitaire que traverse le pays et qui ne peut alt&#233;rer le niveau et la qualit&#233; de vie des citoyens &#187;, a indiqu&#233; dans un communiqu&#233; laconique le Premier ministre, Abdelaziz Djerrad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre des communiqu&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux signifier l'isolement du pouvoir au sein de &#171; L'Alg&#233;rie Nouvelle &#187;, les militants du Hirak, &#224; travers quelques unes de leurs t&#234;tes pensantes, ont publi&#233; une tribune pour, &#233;crivent-ils, &#171; prendre &#224; t&#233;moin l'opinion nationale et internationale &#187; sur &#171; une des pires escalades de la r&#233;pression contre leurs droits et libert&#233;s &#187;. Sign&#233;e par 300 intellectuels et activistes politiques, la lettre ouverte affirme que &#171; la torture se banalise &#224; nouveau &#187; et &#171; les violences polici&#232;res se g&#233;n&#233;ralisent &#187;. En rappelant que &#171; le recours obsessionnel &#224; la r&#233;pression n'a pas stopp&#233; depuis deux ans la marche du peuple alg&#233;rien vers le changement d&#233;mocratique pacifique &#187;, les p&#233;titionnaires estiment que l'Alg&#233;rie se trouve &#171; sur la pente glissante des crimes d'&#201;tat &#187; et &#171; se met au ban des Nations pour son m&#233;pris des droits fondamentaux de l'homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les signataires de cette p&#233;tition, des partis comme le RCD (Le Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie, kabyle), ou le PT ( Parti des travailleurs, trotskiste) ; la Ligue alg&#233;rienne pour la d&#233;fense des droits de l'homme (LADDH), l'avocat et figure connue du Hirak, Mustapha Bouchachi, la sociologue Fatma Oussedik, l'&#233;diteur Mokrane A&#239;t Larbi, le politologue Lahouari Addi, les journalistes Khaled Drarenii, El-Kadi Ihssen, Akram Belka&#239;d&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous ou le chaos &#187;&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrer cette initiative de l'intelligentsia alg&#233;rienne, le r&#233;gime a demand&#233; aux universitaires qui lui sont affili&#233;s d'attaquer les p&#233;titionnaires du Hirak, en les pr&#233;sentants comme des &#171; agents de l'ext&#233;rieur &#187;. Un collectif men&#233; par une poign&#233;e d'universitaires peu connus a donc publi&#233; un texte qui fustige la tribune du Hirak : &#171; Nous, Alg&#233;riens, signataires de cet appel, refusons le sc&#233;nario dont ont &#233;t&#233; victimes la Syrie ou la Libye au profit des ambitions d&#233;mesur&#233;es de ceux qui voudraient utiliser le peuple comme marchepied pour se placer aux commandes de l'Etat alg&#233;rien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bras de fer entre le r&#233;gime militaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et la soci&#233;t&#233; civile se poursuit et nul ne peut pr&#233;dire l'issue de cette escalade in&#233;dite dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re cependant. La Nouvelle Alg&#233;rie, ressemble &#224; l'ancienne Alg&#233;rie mais en un peu plus pire- pour paraphraser Michel Houellebecq.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie : situation et t&#226;ches du Hirak. Entretien avec Hocine Belalloufi</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-situation-et-taches-du-Hirak-Entretien-avec-Hocine-Belalloufi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-situation-et-taches-du-Hirak-Entretien-avec-Hocine-Belalloufi</guid>
		<dc:date>2020-03-17T07:37:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hocine Belalloufi </dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet entretien avec Hocine Belalloufi a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par Lu&#237;s Leiria publi&#233; le 25 f&#233;vrier en portugais sur le site Esquerda.net, et fait suite &#224; plusieurs contributions de sa part publi&#233;es sur le site de Contretemps. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de la revue Contretemps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hocine Belalloufi est journaliste et militant de gauche bas&#233; &#224; Alger. Ancien coordinateur de la r&#233;daction de l'Alger r&#233;publicain de 2003 &#224; 2008 , il est &#233;galement l'auteur de deux ouvrages : La d&#233;mocratie en Alg&#233;rie. R&#233;forme ou r&#233;volution ? (Apic (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton42529-9eeca.png?1781209787' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet entretien avec Hocine Belalloufi a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par Lu&#237;s Leiria publi&#233; le 25 f&#233;vrier en portugais sur le site &lt;a href=&#034;http://esquerda.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Esquerda.net&lt;/a&gt;, et fait suite &#224; plusieurs contributions de sa part publi&#233;es sur le &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/author/hocine-bellaloufi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de Contretemps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/algerie-entretien-belalloufi-bloc-alternatif/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contretemps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hocine Belalloufi est journaliste et militant de gauche bas&#233; &#224; Alger. Ancien coordinateur de la r&#233;daction de l'Alger r&#233;publicain de 2003 &#224; 2008 , il est &#233;galement l'auteur de deux ouvrages : La d&#233;mocratie en Alg&#233;rie. R&#233;forme ou r&#233;volution ? (Apic et Lazhari-Labter, Alger, 2012) et Grand Moyen Orient : guerres ou paix ? (Lazhari-Labter, Alger, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vient de publier aux &#233;ditions Le Croquant le livre intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/602-algerie-2019-2020-le-peuple-insurge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alg&#233;rie 2019-2020 : Le peuple insurg&#233;. Entre r&#233;forme et r&#233;volution&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans l'analyse que vous avez r&#233;cemment publi&#233;e sur Contretemps, vous dites que le Hirak reste sur l'offensive strat&#233;gique, mais que le r&#233;gime a remport&#233;, avec les &#233;lections, une victoire tactique. Quelle voie doit suivre le mouvement pour arriver &#224; la victoire ? Croyez-vous qu'&#224; cette date du 1er anniversaire (22 f&#233;vrier, 53e semaine), le Hirak pourra remporter une victoire tactique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour remporter une victoire tactique &#224; la date du 1er anniversaire du 22 f&#233;vrier, il faudrait que le Hirak obtienne un objectif ce jour-l&#224; comme, par exemple, la lib&#233;ration de tous les d&#233;tenus ou la possibilit&#233; de se r&#233;unir sans demander une autorisation pr&#233;alable ou encore l'all&#232;gement significatif d'une pr&#233;sence polici&#232;re massive lors des manifestations des mardis et vendredis&#8230; J'esp&#232;re me tromper mais rien n'indique que le pouvoir soit pr&#234;t &#224; c&#233;der quelque chose de consistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hirak reste encore en situation de d&#233;fensive tactique car il doit arracher tous ces acquis que sont la lib&#233;ration des d&#233;tenus, l'arr&#234;t des interpellations, le droit de r&#233;union et celui de manifestation qui reste interdit de fait dans certaines villes du pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il se trouve toujours en situation d'offensive strat&#233;gique car il reste puissant et s'est m&#234;me renforc&#233; depuis quelques semaines. Et le pouvoir reste sur la d&#233;fensive strat&#233;gique. Il n'est pas sorti de sa crise organique car il se sait ill&#233;gitime et refus&#233; par une grande partie de la population, parce qu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; reconstruire la fa&#231;ade d&#233;mocratique du r&#233;gime autoritaire (Parlement en ruine, partis en fin de vie&#8230;) et parce qu'il se trouve dans l'incapacit&#233; de r&#233;soudre la crise d'h&#233;g&#233;monie d'une bourgeoisie divis&#233;e entre fraction lib&#233;rale actuellement dirigeante, mais qui doit imp&#233;rativement composer avec la pression populaire sur le plan &#233;conomique et social et opposition ultralib&#233;rale dont certains repr&#233;sentants sont m&#234;me au gouvernement, mais dont la politique ne peut &#234;tre appliqu&#233;e du fait de cette m&#234;me pression populaire et de son caract&#232;re profond&#233;ment antinational, ce qui heurte de plein fouet la conscience et les int&#233;r&#234;ts d'une partie de l'Etat profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas facile et sans doute impossible, pour une seule personne et dans le cadre d'un entretien, d'indiquer la voie &#224; suivre pour permettre au mouvement d'arriver &#224; la victoire. Il faut d'abord clarifier ce que l'on entend par victoire. Si l'on entend par l&#224;, le renversement du pouvoir par une r&#233;volution et l'instauration d'un r&#233;gime d&#233;mocratique provenant d'une situation de double-pouvoir, je ne pense pas que le Hirak soit, aujourd'hui, en capacit&#233; d'y parvenir, ni m&#234;me qu'il en ait l'intention. Il ne s'agit pas ici d'un choix subjectif, mais d'une capacit&#233; objective. Si, en revanche, et sur la base d'une appr&#233;ciation objective du rapport de force, le Hirak fait pression sur le pouvoir pour le contraindre &#224; n&#233;gocier une transition co-pilot&#233;e (comme dans l'exemple du Soudan), alors il serait possible, &#224; certaines conditions, d'esp&#233;rer une victoire. Une telle n&#233;gociation, cela doit &#234;tre clair, ne serait possible que si le pouvoir accepte les pr&#233;alables que sont la lib&#233;ration totale des d&#233;tenus politiques, l'annulation des condamnations et amendes inflig&#233;es aux personnes jug&#233;es, l'ouverture du champ politique (droits d'expression, de manifestation, de r&#233;union et d'organisation, libert&#233;s syndicales, droit de gr&#232;ve sans entrave&#8230;), l'ouverture du champ m&#233;diatique, l'arr&#234;t des interf&#233;rences dans la Justice, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le contraindre &#224; n&#233;gocier, il faudrait que la mobilisation se renforce en faisant, en particulier, jonction avec les mouvements sociaux qui se multiplient dans le pays mais qui agissent aujourd'hui en parall&#232;le et non en symbiose avec le Hirak. C'est &#224; cela qu'il faut travailler en menant une lutte politique et id&#233;ologique au sein du Hirak pour combattre et vaincre la position &#233;litiste bourgeoise qui oppose &#171; revendications politiques &#187; consid&#233;r&#233;e comme noble &#224; &#171; revendications sociales &#187; consid&#233;r&#233;es de mani&#232;re p&#233;jorative comme relevant de pr&#233;occupations vulgaires. Il faut faire triompher l'id&#233;e, au sein du Hirak, que les revendications sociales sont des revendications politiques dans la mesure o&#249; elles renvoient &#224; des politiques &#233;conomiques. Il faut en m&#234;me temps travailler &#224; amener les mouvements sociaux (syndicats, groupes de citoyens luttant pour le logement&#8230;) &#224; comprendre la n&#233;cessit&#233; de d&#233;passer le cadre corporatiste ou local en int&#233;grant leurs luttes au combat pour un r&#233;gime d&#233;mocratique et social. Une image exprime la n&#233;cessit&#233; de la jonction des revendications politiques et sociales. Lors de la marche &#233;tudiante, mais en r&#233;alit&#233; populaire, du mardi 11 f&#233;vrier &#224; Alger, le Hirak est pass&#233; devant un rassemblement de citoyens protestants devant l'Assembl&#233;e populaire communale (APC) d'Alger-centre contre leur exclusion d'un programme de relogement. Le Hirak a continu&#233; sa marche de son c&#244;t&#233; et les citoyens ont continu&#233; &#224; brandir leurs pancartes et &#224; crier leurs slogans devant l'&#233;difice public. C'est une telle jonction qu'il s'agit de construire dans les mois &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hirak pourrait alors devenir le creuset de tous les combats partiels, locaux et de corporation et reposer sur ses trois fondements : social, d&#233;mocratique et anti-imp&#233;rialiste. Cette derni&#232;re dimension existe d&#233;j&#224; &#224; travers la solidarit&#233; avec la Palestine (mais malheureusement pas encore avec le peuple sahraoui), la lutte contre l'exploitation du gaz de schiste, le refus de la loi sur les hydrocarbures, et l'opposition aux ing&#233;rences imp&#233;rialistes (fran&#231;aise, am&#233;ricaine ou &#233;miratie&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan d&#233;mocratique, le Hirak doit soutenir en particulier la lutte des magistrats et des avocats pour l'ind&#233;pendance de la Justice par rapport au gouvernement, poursuivre son combat pour la lib&#233;ration des d&#233;tenus et la fin des intimidations et interpellations de marcheurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant du principe que le Hirak ne peut objectivement se structurer en tant que tel, il faut travailler &#224; l'&#233;mergence et/ou au renforcement des syndicats, des associations, des partis. Tout cela n&#233;cessite du temps, mais il s'agit l&#224; de conditions indispensables &#224; toute victoire car le pouvoir s'est attach&#233;, depuis plusieurs d&#233;cennies d&#233;j&#224;, &#224; briser tous les cadres de lutte et d'organisation syndicaux, associatifs et partisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des conditions d'une victoire possible, dans le futur, r&#233;side dans la poursuite d'une &#171; lutte de mouvement &#187; pour imposer, par de grandes manifestations, le retour &#224; l'expression libre de la souverainet&#233; populaire par l'ouverture d'une transition d&#233;mocratique et dans le renforcement d'une &#171; lutte de position &#187; visant &#224; arracher le maximum de libert&#233;s, droits et acquis politiques d&#233;mocratiques, &#233;conomiques et sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consid&#233;rez-vous que le nouveau gouvernement d'Abdelmadjid Tebboune et la mort du g&#233;n&#233;ral Ga&#239;d Salah ont apport&#233; des changements &#224; la politique du gouvernement ? Quelle confiance m&#233;ritent les promesses de dialogue faites par le nouveau pr&#233;sident ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau gouvernement d'Abdelmadjid Tebboune est oblig&#233; d'apporter des changements car il ne peut poursuivre une politique qui a provoqu&#233; l'explosion du 22 f&#233;vrier 2019. Il se doit de gommer les aspects les plus outranciers de la gouvernance de Bouteflika en rompant avec le culte de la personnalit&#233; dont ce dernier &#233;tait l'objet, en louant lors de ses interventions le &#171; Hirak moubarak &#187; (b&#233;ni) &#8211; sans l'existence duquel il ne serait jamais parvenu &#224; la Pr&#233;sidence &#8211;, en faisant quelques ouvertures d&#233;mocratiques dans son projet de Constitution en pr&#233;paration concernant les libert&#233;s, en poursuivant la lutte contre la corruption (projet de criminalisation de la fraude fiscale&#8230;) et en axant, comme on a pu l'observer il y a quelques jours lors de sa rencontre nationale avec les walis (pr&#233;fets), son action sur l'am&#233;lioration imm&#233;diate des conditions de vie des couches d&#233;sh&#233;rit&#233;es, en particulier dans les campagnes, les hauts-plateaux, les zones montagnardes et le Sahara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir est donc contraint, par la peur politique que lui inspirent le Hirak et le m&#233;contentement populaire qui d&#233;passe le Hirak, d'op&#233;rer des changements dans sa politique. Mais les limites de ces changements transparaissent clairement avec les interpellations et condamnations de marcheurs, le refus de lib&#233;rer les d&#233;tenus et d'accorder des salles de r&#233;union &#224; des militants et autres hirakistes, la poursuite de la r&#233;pression pour emp&#234;cher les marches du vendredi dans certaines villes&#8230; Ces limites peuvent m&#234;me &#234;tre d&#233;crypt&#233;es &#224; travers les d&#233;clarations successives d'Abdelmadjid Tebboune. Il s'agit pour lui de &#171; retrouver la confiance des citoyens &#187; et non pas de permettre &#224; ces citoyens de d&#233;cider eux-m&#234;mes de l'architecture institutionnelle de l'Etat (Constitution) et de la politique &#233;conomique, sociale et &#233;trang&#232;re du gouvernement, bref de devenir enfin le v&#233;ritable souverain et constituant du pays. Le pouvoir veut apporter des changements dans le cadre du r&#233;gime actuel et non changer de r&#233;gime, ce qui se comprend tout &#224; fait de son point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux promesses du pouvoir et aux changements qu'il compte apporter et qui constitueront autant de victoires pour le Hirak si elles se mat&#233;rialisent, il faut que le Hirak ait sa propre feuille de route et qu'il se donne les moyens de rassembler pour construire un bloc social majoritaire alternatif dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque la presse parle de &#171; militants influents du Hirak &#187;, fait-elle r&#233;f&#233;rence &#224; une sorte de direction anonyme ? Qui dirige vraiment le Hirak ? Le fait que le mouvement n'ait pas de direction connue ne pourrait-il pas &#234;tre un obstacle &#224; des n&#233;gociations avec le gouvernement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, le Hirak n'a pas de direction. Ni connue ni inconnue m&#234;me s'il y a bien &#233;videmment beaucoup de candidats, non d&#233;clar&#233;s formellement mais dont on peut ais&#233;ment saisir les intentions, &#224; cette fonction politique. Le Hirak a beaucoup de respect pour les d&#233;tenus politiques actuels, &#224; venir ou lib&#233;r&#233;s, mais cela ne se traduit nullement jusqu'ici par une influence politique sur le mouvement. Le Hirak n'est pas dirig&#233; par une force politique. Il s'agit d'une n&#233;buleuse &#224; l'int&#233;rieur de laquelle de nombreux courants interviennent mais sans qu'aucun d'entre eux ne d&#233;tienne une quelconque h&#233;g&#233;monie. Comment pourrait-il d'ailleurs en &#234;tre autrement lorsque l'on sait dans quel &#233;tat sont les forces politiques et culturelles du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de direction formelle ne constitue pas &#224; mon avis un obstacle infranchissable &#224; la tenue de n&#233;gociations. Le Hirak pourra toujours donner son approbation &#224; la formation d'un groupe de n&#233;gociateurs ou le d&#233;noncer lors de ses manifestations hebdomadaires. De m&#234;me qu'il pourra toujours donner son approbation aux r&#233;sultats de ces n&#233;gociations ou les refuser. Le Hirak est un mouvement de pression sur le pouvoir, il ne s'est pas &#224; ce jour organis&#233; et dot&#233; d'une direction pour entamer des n&#233;gociations ou pour se constituer en alternative directe au pouvoir, mais il pourrait tout &#224; fait d&#233;l&#233;guer directement ou indirectement une sorte de repr&#233;sentation. Je pense qu'il trouvera lui-m&#234;me les moyens de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle relation le Hirak entretient-il avec certains h&#233;ros de l'ind&#233;pendance, chefs historiques du FLN, revendiqu&#233;s lors des manifestations, comme Abane Ramdane et Amirouche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde a salu&#233; le fait que le Hirak, les jeunes g&#233;n&#233;rations en particulier, se reconnaisse dans les figures historiques du mouvement de lib&#233;ration nationale. Ces figures, dont vous avez cit&#233; quelques noms, repr&#233;sentent des symboles de la lutte pour l'&#233;mancipation nationale du peuple alg&#233;rien face au colonialisme fran&#231;ais. Il est naturel que le Hirak qui lutte aujourd'hui pour l'&#233;mancipation politique du peuple se reconnaisse dans ces figures du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;pine dorsale de l'&#201;tat alg&#233;rien est l'arm&#233;e, comme en t&#233;moigne cette crise. Est-il possible de le vaincre politiquement, &#233;tant la plus puissante d'Afrique et l'une des plus grandes du monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas &#224; mon avis de vaincre l'arm&#233;e. On a vu o&#249; menait, en Libye et en Syrie, la confusion entre lutte contre le r&#233;gime et lutte contre l'Etat. Le Hirak lutte pour un changement de r&#233;gime. Il n'est pas contre l'Etat ni l'arm&#233;e, mais contre la confiscation de la souverainet&#233; populaire par le r&#233;gime dont la haute hi&#233;rarchie militaire fait partie. Il a d&#232;s le d&#233;but scand&#233; &#171; arm&#233;e-peuple, fr&#232;res-fr&#232;res &#187; et il demande en m&#234;me temps un &#171; r&#233;gime civil et non militaire &#187;, c'est-&#224;-dire un r&#233;gime d&#233;mocratique. L'une des t&#226;ches politiques principales des forces politiques consiste aujourd'hui &#224; penser l'articulation pouvoir civil/arm&#233;e au service du peuple afin de ne pas tomber dans le formalisme parlementaire bourgeois qui pr&#233;tend que l'arm&#233;e doit &#234;tre neutre/apolitique &#8211; ce qu'elle n'est jamais &#8211; pour mieux mener des politiques antipopulaires. L'arm&#233;e doit faire de la politique, une politique au service des masses, et sous le contr&#244;le du politique, des &#233;lus du peuple. Il s'agit l&#224; &#224; mon avis d'un principe g&#233;n&#233;ral qui m&#233;rite r&#233;flexion et approfondissement pour &#234;tre mis en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En contestant les &#233;lections du 12 d&#233;cembre, les wilayas de la Kabylie ont &#233;t&#233; au premier plan de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e. Comment expliquez-vous ce r&#244;le d'avant-garde ? Des raisons historiques ? L'organisation des comit&#233;s de citoyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, la Kabylie est au premier rang du combat, mais elle n'en est pas l'avant-garde. J'entends la notion de force d'avant-garde au sens l&#233;niniste du terme, c'est-&#224;-dire une force sociale qui r&#233;pond &#224; deux conditions. Primo, &#234;tre en mesure d'entrainer effectivement derri&#232;re elle le reste du pays. Secundo &#234;tre reconnue comme avant-garde par ces forces. Autrement, on occupe, au mieux la premi&#232;re place du combat, ce qui est une place &#233;minente, respectable et m&#234;me enviable et, au pire, on se situe trois pas devant les forces &#224; entrainer et non un pas et un seul, ce que doit &#234;tre l'avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; la Kabylie, j'ai d&#233;j&#224; utilis&#233; la formule suivante dans un livre sur la question d&#233;mocratique : &#171; La Kabylie est &#224; l'avant-garde du combat d&#233;mocratique, mais elle n'en est pas l'avant-garde &#187;. Il me semble de ce point de vue que les mots d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et de boycott ne pouvaient pas r&#233;ussir le 12 d&#233;cembre 2019 du fait du d&#233;veloppement in&#233;gal des luttes &#224; l'&#233;chelle du pays. La Kabylie se trouve effectivement en avance sur le reste du pays, mais elle n'a pas r&#233;ussi &#224; entrainer ce reste derri&#232;re elle. C'est pourquoi le mot d'ordre de gr&#232;ve n'a pas r&#233;ussi ailleurs et c'est pourquoi des Alg&#233;riens ont vot&#233; le 12, y compris certains qui avaient particip&#233; au Hirak &#224; certains moments. La cause de cet &#233;chec n'est pas la Kabylie en tant que telle. Elle r&#233;side dans le caract&#232;re in&#233;gal du d&#233;veloppement de la conscience, de la lutte et de l'organisation politique, syndicale et associative dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gion dont la langue et la culture ont &#233;t&#233; opprim&#233;es depuis des d&#233;cennies, la Kabylie est tr&#232;s vite entr&#233;e en r&#233;bellion pour pr&#233;server son capital culturel et linguistique. La revendication d&#233;mocratique constituait dans ces conditions le vecteur quasi naturel de ce combat &#171; identitaire &#187;. La Kabylie fut donc le berceau du MCB et de nombreuses autres organisations (enfants de chouhada, ligues des droits de l'homme, mouvements estudiantin, f&#233;ministe, culturel&#8230; R&#233;gion montagneuse ayant mieux r&#233;sist&#233; que d'autres r&#233;gions &#224; la destruction de ses structures sociales traditionnelles, la Kabylie &#233;tait mieux organis&#233;e au niveau des villages (tadjmat, twiza&#8230;). Ce qui ne signifie pas que les autres r&#233;gions en &#233;taient totalement d&#233;pourvues. Enfin, en tant que zone d'&#233;migration massive vers la France, nombreux &#233;taient les travailleurs kabyles disposant d'une exp&#233;rience syndicale, associative, politique &#224; travers les luttes men&#233;es au sein de la m&#233;tropole coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, la Kabylie &#233;tait au premier rang du combat d&#233;mocratique, ce qui ne signifie pas m&#233;caniquement que les Kabyles &#233;taient tous des d&#233;mocrates convaincus dans leur discours et dans leur pratique. Mais elle occupait la premi&#232;re place du combat d&#233;mocratique parce qu'elle en avait un besoin pressant. Cela constitue un acquis pr&#233;cieux pour cette r&#233;gion et pour toute l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, le reste du pays a fait un &#233;norme bond politique en avant depuis une ann&#233;e. Il a en particulier refus&#233; de tomber dans le pi&#232;ge de la division r&#233;gionaliste dans lequel le pouvoir a tent&#233; de le pousser &#224; compter de juin 2019. Il reste maintenant &#224; acc&#233;l&#233;rer la mise &#224; niveau du reste du pays avec la Kabylie. C'est justement aux partis, syndicats et associations que revient cette t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous la formation du Pacte de l'Alternative D&#233;mocratique ? Quel r&#244;le peut-il jouer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les initiatives visant &#224; contribuer au renforcement et au succ&#232;s du Hirak sont les bienvenues et sont &#224; saluer. Le PAD a incontestablement fait avancer l'id&#233;e d'Assembl&#233;e constituante souveraine dans la conscience politique du pays. Son action dans la r&#233;gion de Beja&#239;a qui est un vieux berceau des luttes syndicales et politiques a permis de montrer ce que la jonction entre forces politiques, associatives et syndicales pouvaient apporter en termes de mobilisation, de conscientisation et d'organisation. Mais l'exp&#233;rience de Beja&#239;a s'av&#232;re malheureusement unique &#224; ce jour. La premi&#232;re t&#226;che du PAD et de tous ceux qui se reconnaissent dans sa d&#233;marche consiste &#224; &#233;tendre cette exp&#233;rience dans les autres wilayas (d&#233;partements) afin d'&#233;viter de donner l'impression d'une structure suspendue dans le vide et &#224; la renomm&#233;e essentiellement m&#233;diatique. Il s'agit pour cela d'introduire la question sociale dans le Hirak et d'amener par un travail patient les syndicats &#224; jouer leur r&#244;le dans ce mouvement, ce qui n'est malheureusement pas le cas &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, le mot d'ordre d'Assembl&#233;e constituante souveraine qu'il convient de continuer &#224; propager ne sera effectivement op&#233;rationnel, et cessera de ce fait d'&#234;tre essentiellement propagandiste, le jour o&#249; le mouvement populaire aura impos&#233; une transition. C'est sur cette question que le combat doit porter aujourd'hui et qu'une tactique de lutte doit &#234;tre d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas enfin que les forces politiques, syndicales et associatives ont &#233;t&#233; lamin&#233;es par le r&#233;gime lib&#233;ral autoritaire, par les effets sociaux, politiques et id&#233;ologiques du lib&#233;ralisme &#233;conomique (destruction du tissu industriel, compression d'effectifs, recul du syndicalisme, mont&#233;e de l'individualisme&#8230;) et par l'islamisme durant les d&#233;cennies 1980 et 1990. Un v&#233;ritable rouleau compresseur est pass&#233; sur le mouvement populaire. Il s'agit aujourd'hui de le reconstruire car les forces qui composent le PAD n'ont pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;es par ce recul historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les chemins que la classe ouvri&#232;re alg&#233;rienne doit suivre pour s'organiser de mani&#232;re ind&#233;pendante ?&lt;strong&gt;}&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat, qui se compose de la classe ouvri&#232;re industrielle et agricole, mais &#233;galement des employ&#233;s, des ch&#244;meurs, des retrait&#233;s, des techniciens&#8230; doit consolider son organisation syndicale et renouer avec une vision de classe de son combat. Les travailleurs luttent d&#233;j&#224;, certains s'organisent en syndicats mais ils restent sous h&#233;g&#233;monie de forces petites-bourgeoises. L'influence des id&#233;es de classe port&#233;es autrefois par des formations de classe a fortement recul&#233;. Or, seul un parti de classe sera en mesure de les amener &#224; rompre avec cette vision et &#224; d&#233;velopper leur propre vision. Mais un tel parti de classe &#8211; ne parlons pas d'un parti r&#233;volutionnaire &#8211; n'existe malheureusement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re t&#226;che consiste donc &#224; travailler &#224; sa construction. A sa construction, pas &#224; sa proclamation. Il est facile de se tailler une id&#233;ologie r&#233;volutionnaire, d'&#233;laborer un semblant de programme radical, de propager un sigle et une organisation que les travailleurs n'auraient qu'&#224; rejoindre, qu'&#224; habiter. C'est ce que nous faisons depuis des d&#233;cennies et &#231;a ne fonctionne pas. Il ne s'agit donc pas de se substituer aux travailleurs mais d'effectuer le travail politique (&#233;ducation populaire, travail syndical, lutte politique&#8230;) pour amener les plus conscients d'entre eux &#224; prendre en charge eux-m&#234;mes la construction de leur parti car la premi&#232;re t&#226;che, dans un pays o&#249; les travailleurs n'ont pas conquis leur ind&#233;pendance de classe, consiste &#224; l'arracher. Cela n&#233;cessitera un certain temps et une maturit&#233; politique des militants de la cause des travailleurs afin qu'ils distinguent le n&#233;cessaire de l'accessoire, qu'ils rompent avec le dogmatisme et le sectarisme sans renoncer le moins du monde &#224; leurs convictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est au rassemblement des travailleurs dans les syndicats et dans un parti de classe. Le temps de la clarification voire de la rupture entre courants r&#233;volutionnaire et r&#233;formiste adviendra plus tard. Quand il se posera concr&#232;tement dans les luttes de classes d'aujourd'hui et non pas en fonction d'appr&#233;ciations historiques. Dans le cas contraire, nous assisterons, comme c'est malheureusement le cas dans la plupart des pays, &#224; une lutte id&#233;ologique permanente entre sectes coup&#233;es des masses et sans ancrage parmi les travailleurs, donc inutiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie. 56e vendredi : le hirak refuse le &#171; confinement &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-56e-vendredi-le-hirak-refuse-le-confinement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-56e-vendredi-le-hirak-refuse-le-confinement</guid>
		<dc:date>2020-03-17T07:36:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mustapha Benfodil</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la question de savoir s'il faut ou pas sortir pour cause de coronavirus, surtout apr&#232;s que l'Alg&#233;rie ait enregistr&#233; ses deux premiers d&#233;c&#232;s, fait rageusement d&#233;bat sur les r&#233;seaux sociaux, le hirak n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; son rituel contestataire du vendredi, avec des d&#233;fil&#233;s massifs enregistr&#233;s hier, &#224; Alger, au 56e acte du mouvement populaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La matin&#233;e a connu les m&#234;mes contingents de police quadrillant herm&#233;tiquement les art&#232;res principales de la ville et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-03-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton42544-98386.jpg?1782005031' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la question de savoir s'il faut ou pas sortir pour cause de coronavirus, surtout apr&#232;s que l'Alg&#233;rie ait enregistr&#233; ses deux premiers d&#233;c&#232;s, fait rageusement d&#233;bat sur les r&#233;seaux sociaux, le hirak n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; son rituel contestataire du vendredi, avec des d&#233;fil&#233;s massifs enregistr&#233;s hier, &#224; Alger, au 56e acte du mouvement populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-56e-vendredi-le-hirak-refuse-le-confinement.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e a connu les m&#234;mes contingents de police quadrillant herm&#233;tiquement les art&#232;res principales de la ville et surveillant de tr&#232;s pr&#232;s le p&#233;rim&#232;tre de la mosqu&#233;e Errahma, les rues Khelifa Boukhalfa et Victor Hugo, devenus ces derni&#232;res semaines le point de ralliement des premiers manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme chaque vendredi, les rafles de la police ont conduit &#224; l'interpellation de nombreux hirakistes. &#171; Environ 15 personnes interpell&#233;es &#224; la rue Victor Hugo (Alger) vers midi. Vigilance &#187;, alertait le Comit&#233; national pour la lib&#233;ration des d&#233;tenus (CNLD) sur sa page Facebook. Dans une autre publication, le comit&#233; revoyait le chiffre des interpellations &#224; la hausse : &#171; Alerte : un autre groupe de manifestants embarqu&#233;s dans un deuxi&#232;me fourgon cellulaire de la police (&#8230;) devant Djamaa Errahma. Au total, plus de 30 arrestations d&#233;j&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 13h, quelques dizaines de protestataires, mass&#233;s rue Khelifa Boukhalfa et cern&#233;s par un cordon de police d&#233;ploy&#233; &#224; hauteur de la bouche de m&#233;tro, ont commenc&#233; &#224; scander &#171; Dawla madania, machi askaria ! &#187; (Etat civil, pas militaire !). Un jeune citoyen est brutalement interpell&#233; sous nos yeux par des agents en civil appuy&#233;s par d'autres gaillards en uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dame tente de les raisonner. Une autre s'&#233;crie : &#171; Haggarine ! &#187; (Oppresseurs) La foule vocif&#232;re : &#171; Pouvoir assassin ! &#187; Peu de temps apr&#232;s, des appels au calme sont lanc&#233;s par des citoyens qui ont invit&#233; les manifestants &#224; faire silence alors que la voix du muezzin s'&#233;levait dans le ciel appelant &#224; la pri&#232;re du vendredi. Conform&#233;ment aux instructions des autorit&#233;s, le pr&#234;che est &#233;court&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 13h32, un brouhaha sourd embrase l'atmosph&#232;re. &#171; Dawla madania, machi askaria ! &#187; (Etat civil et non pas miliaire) fuse en ch&#339;ur. Des escouades de policiers, tous portant des masques de protection, quittent la rue Victor Hugo. Un autre cordon des forces anti&#233;meute, arborant l&#224; aussi des masques protecteurs, boucle la rue Didouche &#224; hauteur de l'agence Ooredoo. Un groupe de femmes mart&#232;le : &#171; Djazair horra dimocratia ! &#187; (Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique). Le cort&#232;ge de manifestants s'&#233;tale sur la rue Didouche en chantant : &#171; Les g&#233;n&#233;raux, ya el khawana, wallah ma rana habssine, klitou lebled, zawali mate, oukilkoum rabbi el &#226;li ! &#187; (Les g&#233;n&#233;raux, bande de tra&#238;tres, on ne s'arr&#234;tera pas. Vous avez pill&#233; le pays, le pauvre a &#233;t&#233; sacrifi&#233;, on s'en remet &#224; Dieu). A la place Audin, des marcheurs scandent le nom de l'ex-policier Toufik Hassani qui vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; six mois de prison, dont trois mois ferme. Une multitude de portraits &#224; l'effigie de Slimane Hamitouche, arr&#234;t&#233; samedi dernier en m&#234;me temps que Samir Benlarbi et plac&#233;s sous mandat de d&#233;p&#244;t, sont brandis &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le &#8220;virus&#8221; du hirak est plus fort &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait remarquer d'embl&#233;e hier que, contrairement aux &#233;l&#233;ments de la police, l'&#233;crasante majorit&#233; des manifestants n'avait pas de masque protecteur. Nous avons not&#233; cependant que beaucoup se saluaient sobrement, &#233;vitant les effusions tactiles. &#171; Ma fille qui est m&#233;decin m'a exhort&#233; &#224; ne pas faire le hirak aujourd'hui. Je lui ai r&#233;pondu : &#8220;Tu as sans doute de bons arguments scientifiques, mais il te manque les arguments scientifico-politiques&#8221; &#187;, confie un monsieur dans un sourire. Amar, un inconditionnel du hirak dont l'&#233;pouse a subi une intervention chirurgicale, ne pouvait r&#233;sister, lui non plus, &#224; la tentation de sortir manifester. &#171; Le hirak ne doit en aucune mani&#232;re s'interrompre, et ce n'est pas le coronavirus qui va nous arr&#234;ter. Si le hirak s'estompe, nous ne rel&#232;verons plus jamais la t&#234;te. Je ne le fais pas pour moi mais pour la dignit&#233; de nos enfants. Nous sommes pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices ! &#187; plaide Amar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension sacrificielle est tr&#232;s pr&#233;sente, en effet, chez nombre de hirakistes. Si certains sont carr&#233;ment dans le d&#233;ni, d'autres semblent bien conscients du danger, mais ils sont pr&#234;ts &#224; en assumer les cons&#233;quences &#171; pour la bonne cause &#187;. La productrice Amina Haddad, figure de proue du hirak alg&#233;rois, a post&#233; ce message sur sa page Facebook o&#249; elle fait subtilement la part des choses. Elle &#233;crit : &#171; Moi, Amina Haddad, maman et citoyenne responsable, en bonne sant&#233;, d&#233;clare en mon &#226;me et conscience rejoindre la manifestation du vendredi et du samedi en prenant toutes les pr&#233;cautions sanitaires. Notre lutte continue et rien ne saura l'affaiblir ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle &#233;tait l&#224;, fid&#232;le au poste, hissant cette pancarte : &#171; Attach&#233;s au serment de la R&#233;volution. Et dans le hirak nous resterons. Mon immunit&#233;, c'est ma d&#233;termination. &#187; Une manifestante nous dit pour sa part : &#171; J'&#233;tais tent&#233;e de ne pas sortir mais le &#8220;virus&#8221; du hirak est plus fort. &#187; Abdelhakim, fils de chahid [combattant pour l'ind&#233;pendance], un autre pilier du hirak, lance avec humour : &#171; Ils ont trouv&#233; un rem&#232;de au corona, un traitement qui s'appelle &#8220;hirak&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les pancartes brandies, le th&#232;me dominant, l&#224; encore, est le Covid-19, comme l'illustrent ces messages : &#171; Le coronavirus n'emp&#234;chera pas le peuple de poursuivre sa r&#233;volution pacifique jusqu'&#224; la lib&#233;ration de l'Alg&#233;rie &#187; ; &#171; La meilleure protection sanitaire se fera en rupture avec le syst&#232;me autoritaire &#187; ; &#171; L'hypocrisie du pouvoir liberticide soucieux de la sant&#233; du peuple qu'il r&#233;prime depuis plus d'un an pour sa p&#233;rennit&#233; &#187; ; &#171; Le virus corona, on peut le soigner, mais la &#238;ssabavirus est un dard pourri. Son rem&#232;de est la quarantaine (impos&#233;e) par le peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h20. Nous rejoignons la rue Asselah Hocine pour attendre l'arriv&#233;e du cort&#232;ge de Bab El Oued. En contrebas de la rampe Ben Boula&#239;d, en face de l'Aletti, des jeunes chantent : &#171; Vingt ans avant le corona, vous avez commenc&#233; &#224; nous tuer. Nous sommes d&#233;cid&#233;s, vous &#234;tes fichus, le hirak toujours debout ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h30. Une mar&#233;e humaine fait vibrer la rue Asselah Hocine en scandant ce slogan inspir&#233; lui aussi de l'actualit&#233; &#233;pid&#233;miologique qui tient en haleine la plan&#232;te enti&#232;re : &#171; Maranache habssine hatta takhtona, djibou el BRI ou zidou el corona ! &#187; (On ne s'arr&#234;tera pas jusqu'&#224; ce que vous partiez, ramenez la BRI et le corona). Une dame revendique &#224; travers son &#233;criteau : &#171; Il faut fermer les a&#233;roports, pas les &#233;coles et les universit&#233;s, M. Tebboune &#187;. Sur un panneau, ce slogan f&#233;roce : &#171; Le virus corona plut&#244;t que le virus hagrona &#187; (oppression). Faites quand m&#234;me attention &#224; vous et &#224; vos proches&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans El Watan en date du 14 mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie-dossier. 55e mardi des &#233;tudiants : &#171; Halte &#224; la r&#233;pression ! &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-dossier-55e-mardi-des-etudiants-Halte-a-la-repression</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-dossier-55e-mardi-des-etudiants-Halte-a-la-repression</guid>
		<dc:date>2020-03-17T07:35:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mustapha Benfodil</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 55e mardi (10 mars 2020) des &#233;tudiants. Il est 10h30. La place des Martyrs grouille de monde sous un soleil ti&#232;de. Nous retrouvons nos amis journalistes et photographes qui sont abonn&#233;s au hirak. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un confr&#232;re manque &#224; l'appel, lui qui n'a quasiment jamais rat&#233; aucun mardi du hirak estudiantin : notre ami Khaled Drareni. Arr&#234;t&#233; le 7 mars dernier pour avoir simplement fait son travail en couvrant les manifs de ce samedi, qui ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es par la police, Khaled (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-03-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton42545-b8962.jpg?1782005032' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 55e mardi (10 mars 2020) des &#233;tudiants. Il est 10h30. La place des Martyrs grouille de monde sous un soleil ti&#232;de. Nous retrouvons nos amis journalistes et photographes qui sont abonn&#233;s au hirak.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-dossier-55e-mardi-des-etudiants-halte-a-la-repression.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un confr&#232;re manque &#224; l'appel, lui qui n'a quasiment jamais rat&#233; aucun mardi du hirak estudiantin : notre ami Khaled Drareni. Arr&#234;t&#233; le 7 mars dernier pour avoir simplement fait son travail en couvrant les manifs de ce samedi, qui ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es par la police, Khaled a pass&#233; 72 heures en garde &#224; vue au commissariat de Cavaignac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devait encore compara&#238;tre hier matin devant le procureur de Sidi M'hamed pour conna&#238;tre son sort. Finalement, il sera rel&#226;ch&#233;. Cependant, il est plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h52. Qassaman (hymne national) retentit &#224; l'ombre de La Casbah r&#233;sistante, entonn&#233; par un ch&#339;ur de manifestants affichant toujours la m&#234;me d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour du noyau dur d'&#233;tudiants inflexibles s'est agglom&#233;r&#233; comme toujours une foule bigarr&#233;e. Le cort&#232;ge se met en branle en scandant : &#171; Dawla madania, machi askaria ! &#187; (Etat civil, pas militaire), &#171; We n'kemlou fiha ghir be esselmiya, we ennehou el askar mel Mouradia ! &#187; (On poursuivra notre combat pacifiquement et on boutera les militaires d'El Mouradia &#8211; o&#249; se trouve la pr&#233;sidence de la R&#233;publique), &#171; Sahafa horra, adala mostaqilla ! &#187; (Presse libre, justice ind&#233;pendante), &#171; L'&#233;tudiant s'engage, syst&#232;me d&#233;gage ! &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En traversant la rue Ali Boumendjel qui surplombe le tribunal de Sidi M'hamed, la foule mart&#232;le : &#171; Ettalgou el massadjine, ma baouche el coca&#239;ne ! &#187; (Lib&#233;rez les d&#233;tenus, ce ne sont pas des vendeurs de coca&#239;ne &#8211; allusion au fils du pr&#233;sident Tebboune), &#171; Harrirou el adala ! &#187; (Lib&#233;rez la justice).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les pancartes, plusieurs messages d&#233;noncent la vague de r&#233;pression qui s'est abattue ces derniers temps sur les manifestants, avec son lot d'arrestations arbitraires. &#171; Halte &#224; la r&#233;pression ! &#187; fustige une dame. Au verso de sa pancarte, elle rappelle : &#171; Manifester est un droit constitutionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tudiante &#233;crit : &#171; Policier, ne me r&#233;prime pas, je ne suis pas ton ennemi &#187;. Dans le m&#234;me registre, on pouvait lire : &#171; Dans l'Alg&#233;rie nouvelle, il n'y aura pas de r&#233;pression &#187; ; &#171; Dans l'Alg&#233;rie nouvelle, il n'y aura pas de d&#233;tenus d'opinion, de presse musel&#233;e et de justice du t&#233;l&#233;phone &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La justice est aux ordres de la police politique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une manifestante arbore cette pancarte : &#171; Pas de police politique &#224; l'universit&#233; &#187;. Un marcheur accuse de son c&#244;t&#233; : &#171; La justice est aux ordres de la police politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune homme soul&#232;ve pour sa part une banni&#232;re avec simplement le mot &#171; Justice &#187; d&#233;clin&#233; sous des lettres floues. Un geste subtil pour signifier qu'un pouvoir judiciaire ind&#233;pendant est pour l'heure une chim&#232;re sous nos latitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres revendications &#233;crites, on pouvait distinguer nombre de messages de soutien &#224; notre confr&#232;re Khaled Drareni et appelant &#224; la lev&#233;e des restrictions qui &#233;touffent la presse : &#171; Le journalisme n'est pas un crime. Libert&#233; pour Khaled Drareni &#187;, clame une citoyenne. Une autre pancarte constate avec ironie : &#171; C'est s&#251;r qu'ils vont interpeller un jeune journaliste comme Khaled, quelqu'un de professionnel dans l'exercice de son m&#233;tier. Pour eux, le journaliste exemplaire c'est Karim Boussalem &#187; [pr&#233;sentateur du JT]. Un des protestataires appelle la profession &#224; s'insurger &#224; travers ce mot d'ordre : &#171; M&#233;dias publics, m&#233;dias priv&#233;s, journalistes, trouvez le courage de vous lib&#233;rer ! &#187; Un monsieur a choisi, quant &#224; lui, de saluer le courage de ceux qui continuent &#224; r&#233;sister : &#171; Honneur et dignit&#233; aux journalistes insoumis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la rue Larbi Ben M'hidi, pr&#232;s de la Cin&#233;math&#232;que, des &#233;tudiants d&#233;ploient une banderole qui revendique le droit de manifester pacifiquement : &#171; Apr&#232;s plus d'une ann&#233;e, le droit de manifester est garanti par la force du nombre et non pas par la force de la loi. Et il y en a qui s'interrogent pourquoi le hirak se poursuit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants continuent &#224; battre le pav&#233; via Pasteur, la rue Sergent Addoun, le boulevard Amirouche&#8230; Pr&#232;s de Maur&#233;tania, une femme s'arr&#234;te devant une haie de policiers et s'&#233;crie : &#171; Yahia echa&#226;b ! Yahia echa&#226;b ! &#187; (Vive le peuple !) Le cort&#232;ge tourne vers la place Audin et avance en direction de la Fac centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des jeunes chantent : &#171; Ya corona, dir m'ziya, zour el Mouradia ! &#187; (Corona(virus), fais-nous une faveur, va visiter El Mouradia). 13h05. La marche se termine sur Qassaman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De joyeux trublions prolongent la manif' dans le m&#233;tro sous les yeux sourcilleux de policiers sur le qui-vive et le regard amus&#233; des voyageurs&#8230;(Article publi&#233; dans El Watan en date du 11 mars 2020)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie : la police politique &#224; la man&#339;uvre pour contrer le &#171; hirak &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-la-police-politique-a-la-manoeuvre-pour-contrer-le-hirak</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-la-police-politique-a-la-manoeuvre-pour-contrer-le-hirak</guid>
		<dc:date>2020-03-10T08:12:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois G&#232;ze</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Pour tenter de faire croire le contraire et de la contrer, le r&#233;gime et sa police politique multiplient fake news et actions de d&#233;sinformation. Mais le peuple n'est pas dupe. L'association Algeria-Watch publie sur la question deux articles importants. Et annonce la parution du livre &#171; Hirak en Alg&#233;rie &#187;, qu'elle a initi&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Alg&#233;rie, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Pour tenter de faire croire le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton42411-65804.jpg?1781045972' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Pour tenter de faire croire le contraire et de la contrer, le r&#233;gime et sa police politique multiplient fake news et actions de d&#233;sinformation. Mais le peuple n'est pas dupe. L'association Algeria-Watch publie sur la question deux articles importants. Et annonce la parution du livre &#171; Hirak en Alg&#233;rie &#187;, qu'elle a initi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/francois-geze/blog/070320/algerie-la-police-politique-la-manoeuvre-pour-contrer-le-hirak&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Pour tenter de faire croire le contraire et de la contrer, le r&#233;gime et sa police politique (toujours en place) multiplient fake news et actions de d&#233;sinformation. Mais le peuple n'est pas dupe. Algeria-Watch publie sur la question deux articles importants, qu'il me semble important de relayer ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Rafik Lebdjaoui, &#034;Les multiples facettes de la contre-r&#233;volution&#034;, Algeria-Watch, 6 mars 2020&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a manifestement ces derniers jours une volont&#233; d'embourber le Hirak dans une fausse &#171; bataille id&#233;ologique &#187; pour le d&#233;tourner de son objectif principal : la fin de la dictature. Les revendications sans ambigu&#239;t&#233;s du Hirak s'expriment inlassablement et avec force dans la rue chaque vendredi depuis une ann&#233;e. &#171; Dawla madania machi askaria &#187;, &#171; les g&#233;n&#233;raux &#224; la poubelle, el djazair teddi listiqlal &#187;. Les faux d&#233;bats et les diversions se passent essentiellement sur les r&#233;seaux sociaux, investis massivement par le r&#233;gime, ses sbires et ses thurif&#233;raires. Et probablement par des na&#239;fs intoxiqu&#233;s par 20 ans de propagande, de confusion, et tr&#232;s certainement traumatis&#233;s par l'extr&#234;me violence des ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire &lt;a href=&#034;https://algeria-watch.org/?p=73342&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la suite ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Ghazi Hidouci, &#034;Les rencontres d'Ali Belhadj et la mise en accusation de Bouteflika : parall&#232;les historiques et perspectives&#034;, Algeria-Watch, 6 mars 2020&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; corps &#187; sp&#233;cialis&#233; dans l'action psychologique de la police politique donne le sentiment de passer &#224; une nouvelle &#233;tape dans la fabrication des coups tordus contre le mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire &lt;a href=&#034;https://algeria-watch.org/?p=73343&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la suite ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je saisis cette occasion pour pr&#233;senter ci-apr&#232;s le livre qu'Algeria-Watch vient de consacrer &#224; ce mouvement, ainsi que les &lt;a href=&#034;https://algeria-watch.org/?p=73058&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rencontres avec ses auteurs&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hirak en Alg&#233;rie. L'invention d'un soul&#232;vement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fabrique &#201;ditions, en librairie le 21 f&#233;vrier 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la direction de Omar Benderra, Fran&#231;ois G&#232;ze, Rafik Lebdjaoui et Salima Mellah&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du 22 f&#233;vrier 2019, les Alg&#233;riennes et les Alg&#233;riens ont occup&#233; des mois durant, chaque vendredi et souvent par millions, les rues de toutes les villes du pays pour r&#233;clamer le d&#233;part du r&#233;gime en place depuis l'ind&#233;pendance : &#171; Qu'ils d&#233;gagent tous ! &#187;, &#171; Les g&#233;n&#233;raux &#224; la poubelle ! &#187; Un mouvement appel&#233; &#171; hirak &#187; en arabe, d'une ampleur in&#233;dite dans l'histoire du monde contemporain : on n'a jamais vu en effet la majorit&#233; de la population d'un pays manifester ainsi pacifiquement pendant des mois pour exiger une authentique d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre entend rendre compte de cette extraordinaire &#233;bullition, qui a sid&#233;r&#233; tous les observateurs. Il r&#233;unit les contributions de journalistes et professionnels alg&#233;riens ayant v&#233;cu sur place le mouvement, ainsi que celles de sp&#233;cialistes, alg&#233;riens et fran&#231;ais, qui observent l'actualit&#233; du pays depuis des d&#233;cennies. Cet ensemble sans &#233;quivalent montre d'abord comment les mots d'ordre du hirak, exprim&#233;s de mille mani&#232;res (chansons, slogans, pancartes, banderoles, etc.), ont r&#233;v&#233;l&#233; la remarquable lucidit&#233; du peuple sur la nature du r&#233;gime : ils disent bien comment, depuis les ann&#233;es 1980, celui-ci est dirig&#233; par une coupole mafieuse, principalement compos&#233;e par les chefs de l'arm&#233;e et de la police politique, r&#233;unis autour du partage des circuits de corruption. Une coupole qui se cache derri&#232;re une fa&#231;ade politique civile constituant une fausse d&#233;mocratie &#224; base de ministres et de partis, &#171; la&#239;ques &#187; ou &#171; islamiques &#187;, sans aucune autonomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir rappel&#233; les &#233;volutions r&#233;centes de ce r&#233;gime, qui permettent de comprendre les origines profondes du soul&#232;vement, les auteurs rendent compte de ses multiples facettes, comme l'inventivit&#233; et l'humour des manifestant.e.s, la place essentielle des jeunes et des femmes ou la revendication centrale de parachever la lib&#233;ration nationale de 1962. Sans n&#233;gliger le r&#244;le de la presse et des r&#233;seaux sociaux, ni les ripostes &#224; la r&#233;pression exerc&#233;e par les forces de s&#233;curit&#233;. En se concluant par une s&#233;rie de r&#233;v&#233;lations sur les effets du hirak au sein du pouvoir (r&#232;glements de comptes &#224; la t&#234;te de l'arm&#233;e et de la police politique, arrestations d'oligarques li&#233;s aux r&#233;seaux de corruption de certains clans&#8230;), ainsi que sur les r&#233;actions des grandes puissances, cet ouvrage tr&#232;s accessible apporte des cl&#233;s essentielles pour comprendre l'un des plus puissants mouvements sociaux de l'histoire moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar Benderra (&#233;conomiste), Fran&#231;ois G&#232;ze (&#233;diteur), Rafik Lebdjaoui (journaliste) et Salima Mellah (journaliste) sont membres de l'association Algeria-Watch, cr&#233;&#233;e en 1997 pour d&#233;noncer les violations des droits humains en Alg&#233;rie et faire conna&#238;tre les r&#233;alit&#233;s de son r&#233;gime et de sa soci&#233;t&#233;. Son site &lt;span class='ressource'&gt;&lt;Algeria-watch.org&gt;&lt;/span&gt; est consid&#233;r&#233; comme une r&#233;f&#233;rence incontournable par de nombreux acteurs, en particulier en Alg&#233;rie m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contributeurs : Houari Baarti, Abdelghani Badi, Lakhdar Benchiba, Omar Benderra, Amine Bendjoudi, Lazhar Djeziri, Hocine Dziri, Jos&#233; Gar&#231;on, Fran&#231;ois G&#232;ze, Rafik Lebdjaoui, Hocine Malti, Hassina Mecha&#239;, Mohamed Mehdi, Salima Mellah, Habib Soua&#239;dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Table des mati&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction. Le hirak du peuple alg&#233;rien, un tournant historique, par Omar Benderra, Fran&#231;ois G&#232;ze, Rafik Lebdjaoui, Salima Mellah&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Aux origines du mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le r&#244;le majeur du traumatisme de la &#171; sale guerre &#187; des ann&#233;es 1990, par Salima Mellah&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1992 et le d&#233;but des ann&#233;es 2000, l'Alg&#233;rie a connu une guerre contre les civils qui a caus&#233; environ 200 000 morts, pr&#232;s de 20 000 disparus, des centaines de milliers de d&#233;plac&#233;s, des dizaines de milliers de tortur&#233;s et de d&#233;port&#233;s. S'il est ind&#233;niable qu'une partie de ces violences a &#233;t&#233; le fait de groupes arm&#233;s se r&#233;clamant de l'islam, les principaux responsables ont &#233;t&#233; les forces sp&#233;ciales de l'arm&#233;e, les services de renseignements, les milices, les escadrons de la mort ou les faux groupes arm&#233;s. Avec le pr&#233;sident Abdelaziz Bouteflika, la &#171; r&#233;conciliation nationale &#187; de 2006 a codifi&#233; l'impunit&#233; pour tous les criminels, militaires ou non. La soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne subit encore ce lourd passif de ces ann&#233;es sanglantes, dont la m&#233;moire est pr&#233;sente dans toutes les familles qui se sont mobilis&#233;es dans le hirak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Un r&#233;gime opaque et corrompu, habit&#233; d'un profond m&#233;pris du peuple, par Jos&#233; Gar&#231;on&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les slogans des manifestations du hirak ont r&#233;v&#233;l&#233; la remarquable lucidit&#233; du peuple sur la nature du r&#233;gime. Ils expriment parfaitement que, depuis l'ind&#233;pendance, les chefs de l'arm&#233;e et de la police politique contr&#244;lent seuls le pouvoir. Et que, depuis les ann&#233;es 1980, ils sont devenus une coupole mafieuse, r&#233;unis autour du partage des milliards de dollars de la corruption et d'un profond m&#233;pris de la population. Malgr&#233; les &#171; luttes de clans &#187; permanentes au sein de la coupole, celle-ci est longtemps rest&#233;e unie autour de l'essentiel : pr&#233;server la captation de la rente. Mais apr&#232;s avoir install&#233; en 1999 Abdelaziz Bouteflika &#224; la t&#234;te de la vitrine civile du r&#233;gime, les &#171; clans &#187; ne sont pas parvenus &#224; s'entendre pour lui trouver un successeur, d'o&#249; sa reconduction au fil d'&#233;lections truqu&#233;es, alors m&#234;me qu'il &#233;tait devenu aphasique en 2013. L'absurdit&#233; de l'&#233;lection, pr&#233;vue le 18 avril 2019, de Bouteflika pour un &#171; cinqui&#232;me mandat &#187; aura &#233;t&#233; le d&#233;clencheur du hirak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Une d&#233;mocratie de fa&#231;ade, une soci&#233;t&#233; verrouill&#233;e, par Fran&#231;ois G&#232;ze&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la &#171; sale guerre &#187; des ann&#233;es 1990, le r&#233;gime alg&#233;rien a mis en place une nouvelle fa&#231;ade politique civile compos&#233;e de repr&#233;sentants des partis officiels. Mais ces acteurs n'ont aucune autonomie r&#233;elle, pas plus que ceux constituant la pr&#233;tendue &#171; opposition &#187; parlementaire : tous sont cantonn&#233;s (comme les m&#233;dias r&#233;put&#233;s &#171; ind&#233;pendants &#187;) par les &#171; d&#233;cideurs &#187; militaires dans un espace aux &#171; lignes rouges &#187; &#233;troitement d&#233;finies. Parall&#232;lement, les tentatives de cr&#233;ation d'organisations vraiment ind&#233;pendantes (syndicats autonomes, mouvements de jeunesse, comit&#233;s de ch&#244;meurs, etc.) n'ont pas manqu&#233; depuis vingt ans. Mais &#224; chaque fois, les initiateurs de ces groupes ont &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;s par la police ; ou alors, leur organisation a &#233;t&#233; neutralis&#233;e par la technique du &#171; clonage &#187;. Un tr&#232;s &#233;trange paysage politique que les m&#233;dias internationaux, en particulier fran&#231;ais, cible de la d&#233;sinformation efficace organis&#233;e par la police politique du r&#233;gime, ont trop souvent pein&#233; &#224; d&#233;crypter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La banqueroute au bout de la dictature, par Omar Benderra&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longue embellie financi&#232;re des ann&#233;es 2000 a essentiellement b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; une caste d'interm&#233;diaires et d'affairistes parasitaires, le r&#233;gime Bouteflika s'&#233;tant r&#233;v&#233;l&#233; incapable de stimuler la production locale, l'investissement et la cr&#233;ation d'emplois. L'&#233;conomie reste toujours totalement d&#233;pendante des hydrocarbures. Mais cette incapacit&#233; n'est pas seulement imputable aux errements d'un r&#232;gne qui a dur&#233; vingt ans. Les prodromes de la faillite remontent aux ann&#233;es 1960. La d&#233;rive s'est accentu&#233;e dans les ann&#233;es 1980, avec la mainmise des r&#233;seaux de corruption sur le commerce ext&#233;rieur. Malgr&#233; l'utilisation de la rente p&#233;troli&#232;re pour tenter d'&#171; acheter &#187; la population et l'entretien d'une &#233;conomie informelle favorable &#224; la fois au maintien de la corruption et au contr&#244;le de la soci&#233;t&#233;, la menace d'une d&#233;route &#233;conomique catastrophique est l'un des ingr&#233;dients importants de la r&#233;volte populaire de 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Une insurrection qui n'est pas tomb&#233;e du ciel, par Ahmed Selmane&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, les manifestations d'opposition populaire au r&#233;gime, mal couvertes par les m&#233;dias alg&#233;riens et internationaux, se sont multipli&#233;es sous des formes tr&#232;s diverses : explosion &#224; partir de 2003-2004 de milliers d'&#233;meutes locales pour l'eau, le logement, la voirie, etc. ; mobilisations de ch&#244;meurs en qu&#234;te d'emplois ; multiplication des conflits sociaux depuis 2010, notamment &#224; l'initiative des syndicats autonomes ; manifestations de rue contre la vie ch&#232;re en 2011 ; mobilisations &#224; partir de 2014-2015 contre l'exploitation de gaz de schiste dans le Sud ; slogans anti-pouvoir dans les stades de football ; succ&#232;s croissants des rappeurs et youtubeurs ultracritiques sur le Web&#8230; C'est l'accumulation de ces mouvements, conjugu&#233;e avec la hogra (le m&#233;pris) de plus en plus d&#233;sinhib&#233;e du pouvoir &#224; l'&#233;gard de la population qui a cr&#233;&#233; les conditions du surgissement du hirak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Un mouvement d'une puissance extraordinaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. &#192; Constantine, le r&#233;veil politique de la cit&#233;, par Zineb Azouz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Constantine, ville marqu&#233;e par d'insupportables in&#233;galit&#233;s et o&#249; la vie politique &#233;tait devenue inexistante, le hirak a puissamment revitalis&#233; une population &#233;touff&#233;e, qui s'&#233;tait r&#233;sign&#233;e au d&#233;sordre urbain et &#224; la r&#233;pression. La mobilisation y a &#233;volu&#233; au fil des mois, permettant notamment aux familles de disparus d'y occuper une place &#233;minente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. &#171; &#192; Oran, le hirak nous a r&#233;veill&#233;s de notre torpeur &#187;, par Houari Barti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des acteurs du hirak oranais t&#233;moignent ici du bouleversement qu'il a signifi&#233; pour la population, qui a reconquis l'espace public et multipli&#233; les initiatives citoyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Quand les artistes deviennent partie prenante du hirak, par Rafik Lebdjaoui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formidable mobilisation populaire, le hirak a &#233;t&#233; &#233;galement l'occasion d'une stup&#233;fiante effervescence de cr&#233;ations artistiques de haut vol, en particulier de chanteurs et de graphistes. Gr&#226;ce &#224; la puissance de leur force &#233;motive, leur audience consid&#233;rable sur le Web et les r&#233;seaux sociaux, en Alg&#233;rie comme dans le reste du monde, a contribu&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive &#224; souder les &#171; marcheurs &#187; des vendredis et des mardis, ainsi qu'&#224; populariser leur d&#233;termination &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Trois fragments de vie &#224; l'ombre du hirak, par Mohamed Mehdi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rafik, Amar, Dahmane : trois parcours de vie de fracass&#233;s du &#171; syst&#232;me &#187;, repr&#233;sentatifs de millions d'autres qui ont manifest&#233; avec d&#233;termination depuis le 22 F&#233;vrier pour dire leur espoir premier : que l'&#201;tat et son administration cessent enfin de leur &#171; compliquer l'existence &#187; afin qu'ils puissent assurer un avenir serein &#224; leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. La r&#233;surgence de la m&#233;moire de la lutte contre le colonialisme fran&#231;ais, par Hassina Mecha&#239;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but du mouvement, la r&#233;f&#233;rence &#224; l'histoire de la longue lutte contre le colonialisme fran&#231;ais (avant comme pendant la guerre de lib&#233;ration) a &#233;t&#233; constante, en particulier chez les plus jeunes manifestants : &#233;vocation d'une &#171; seconde lib&#233;ration &#187;, pr&#233;sence c&#233;l&#233;br&#233;e d'anciennes moudjahidine, r&#233;appropriation de la figure des h&#233;ros de la R&#233;volution dont la m&#233;moire avait &#233;t&#233; confisqu&#233;e par le r&#233;gime et que le peuple entend se r&#233;approprier pour construire une authentique d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11. Entretien : une r&#233;pression cibl&#233;e, la justice instrumentalis&#233;e, par Me Abdelghani Badi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me Abdelghani Badi, avocat &#224; la Cour d'Alger et militant des droits de l'homme, a &#233;t&#233; tr&#232;s impliqu&#233;, d&#232;s le d&#233;but du mouvement, dans la d&#233;fense de manifestants interpell&#233;s par la police et souvent incarc&#233;r&#233;s et condamn&#233;s. Dans cet entretien qu'il nous a accord&#233; le 15 octobre 2019, il s'explique sur les formes de r&#233;pression cibl&#233;e mise en &#339;uvre par le pouvoir. Et il d&#233;nonce la soumission du pouvoir judiciaire &#224; l'&#233;tat-major, en particulier dans les multiples proc&#233;dures engag&#233;es contre d'anciens ministres, d'anciens chefs militaires tomb&#233;s en disgr&#226;ce et des oligarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12. Entretien : &#171; Ce peuple ne rentrera pas chez lui tant qu'il n'aura pas trouv&#233; sa dignit&#233; &#187;, par Hadj Ghermoul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hadj Ghermoul est le premier d&#233;tenu d'opinion du hirak, avant m&#234;me qu'il ait commenc&#233;. Arr&#234;t&#233; le 29 janvier 2019 pour avoir brandi une pancarte rejetant le cinqui&#232;me mandat de l'ancien pr&#233;sident Abdelaziz Bouteflika, il a pass&#233; six mois en prison. Dans cet entretien qu'il nous a accord&#233; le 26 octobre 2019, il s'explique sur son engagement et ses espoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13. La couverture tr&#232;s orient&#233;e du hirak par les m&#233;dias alg&#233;riens, par Hocine &lt;strong&gt;Dziri}&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1990, les m&#233;dias publics et priv&#233;s alg&#233;riens sont d'abord caract&#233;ris&#233;s par les liens organiques entre les patrons de presse et les cercles du pouvoir. Ils ont &#233;t&#233; au c&#339;ur de la machine de propagande de la guerre contre les civils des ann&#233;es 1990, avant d'&#234;tre ensuite les fid&#232;les relais du r&#233;gime Bouteflika et de ses r&#233;seaux corrompus. Il n'est donc pas surprenant que leur &#171; couverture &#187; du hirak ait &#233;t&#233; tr&#232;s orient&#233;e, principalement marqu&#233;e par la d&#233;sinformation, les manipulations et le d&#233;nigrement des manifestants. D'o&#249; les d&#233;nonciations de ces derniers, convaincus que ces m&#233;dias constituent un obstacle majeur &#224; la transition d&#233;mocratique, voire participent de la menace qui p&#232;se sur la coh&#233;sion sociale et la s&#233;curit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14. Les &#171; mouches &#233;lectroniques &#187; de la police politique sur les r&#233;seaux sociaux, par Amine Bendjoudi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux, en particulier Facebook, ont jou&#233; un r&#244;le essentiel dans le d&#233;veloppement du hirak en permettant aux activistes de faire circuler l'information tr&#232;s rapidement. Mais ils ont &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233;s par les &#171; mouches &#233;lectroniques &#187; souvent produites par les agents de la police politique pour contrer ces activistes, diffuser des fake news ou tenter de diviser le mouvement. Sans toutefois parvenir &#224; des r&#233;sultats probants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Les r&#233;actions du nr&#233;gime et des puisssances &#233;trang&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15. La spectaculaire et ambivalente offensive anticorruption, une grande victoire du hirak, par Hocine Malti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pris au d&#233;pourvu par la puissance du mouvement populaire, les d&#233;cideurs militaires ont d'abord tent&#233; de sauver leurs t&#234;tes en faisant d'importantes concessions : abandon du cinqui&#232;me mandat de Bouteflika, d&#233;mission du gouvernement, report de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Puis en proc&#233;dant &#224; de tr&#232;s nombreuses arrestations d'hommes d'affaires et d'anciens ministres accus&#233;s de corruption, ainsi que de hauts responsables militaires accus&#233;s bizarrement beaucoup plus de &#171; complot &#187; que de corruption. Mais cette &#233;puration, rest&#233;e partielle, a surtout montr&#233; que les membres du noyau dur du r&#233;gime, autour de l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e, restaient d&#233;termin&#233;s &#224; pr&#233;server l'essentiel du syst&#232;me de gouvernance du r&#233;gime Bouteflika, largement fond&#233; sur la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16. Face &#224; la mobilisation populaire, un pouvoir fragilis&#233; par les luttes de clans, par Habib Soua&#239;dia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les responsables du r&#233;gime ont-ils r&#233;agi face au hirak ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il est essentiel de revenir sur les tr&#232;s opaques luttes de clans en son sein depuis les ann&#233;es 2000, dont on sait d&#233;sormais l'essentiel. Habib Soua&#239;dia en donne ici les cl&#233;s, d&#233;taillant les &#233;tapes du long conflit entre les chefs de l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e et ceux de la police politique. Un conflit notamment marqu&#233; en 2018 et 2019 par une succession de purges majuscules au sein de leurs directions, visant &#224; pr&#233;server l'essentiel du pouvoir des chefs militaires ayant accapar&#233; la rente p&#233;troli&#232;re. Mais un conflit qui semblait aussi sans solution face &#224; l'extraordinaire mobilisation de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17. La p&#233;rilleuse mise &#224; nu d'un ordonnancement mafieux, par Jos&#233; Gar&#231;on&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur des &#233;branlements provoqu&#233;s par le hirak dans les hautes sph&#232;res du r&#233;gime a notamment eu comme cons&#233;quence majeure de mettre &#224; nu la r&#233;alit&#233; de sa nature militaire, auparavant m&#233;thodiquement occult&#233;e. Avec comme effet la fin du consensus entre les clans du pouvoir, jusque-l&#224; garant de sa force, ouvrant donc une phase de grande incertitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18. Le hirak sur la sc&#232;ne internationale, par Omar Benderra&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hirak a replac&#233; l'Alg&#233;rie sous le feu des projecteurs m&#233;diatiques. La place et le r&#244;le du pays sur l'&#233;chiquier politico-diplomatique sont cependant assez peu &#233;voqu&#233;s, l'int&#233;r&#234;t de la presse internationale se concentrant surtout sur le caract&#232;re massif et pacifique d'une mobilisation populaire aux formes in&#233;dites. Ce mouvement, par son originalit&#233; et son ampleur, contredit directement un certain nombre de repr&#233;sentations et d'id&#233;es re&#231;ues sur la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne, per&#231;ue commun&#233;ment comme une soci&#233;t&#233; repli&#233;e sur ses conservatismes. Quid des effets du hirak sur la place de l'Alg&#233;rie dans le concert des nations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#233;vrier-novembre 2019 : chronologie de la r&#233;volte populaire contre le r&#233;gime alg&#233;rien, par Salima Mellah&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lexique du hirak : la bataille des mots, par Rafik Lebdjaoui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hirak s'est distingu&#233; par un foisonnement rarement vu de slogans, de chansons et d'humour. Les Alg&#233;riens ont su trouver les mots pour formuler clairement leurs revendications et pour riposter au discours du r&#233;gime. Pour autant, il faut se garder de prendre tous les slogans pour argent comptant. Car, comme le montre ce &#171; lexique &#187; non exhaustif des mots du hirak, les laboratoires de la police politique, toujours actifs et au service de l'&#233;tat-major, se sont surpass&#233;s &#224; leur tour pour r&#233;pandre le poison de la suspicion dans les rangs du mouvement. Il faut reconna&#238;tre qu'ils ont acquis de tr&#232;s longue date un savoir-faire indiscutable en mati&#232;re de d&#233;sinformation et de manipulation des foules. Devant la d&#233;termination des manifestants, ils ont us&#233; de nombreuses m&#233;thodes visant &#224; fragmenter le mouvement et &#224; l'affaiblir, puisant dans les archives de l'histoire ou inventant des concepts douteux pour frapper l'imaginaire des Alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus sur l'Alg&#233;rie et son histoire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie. 54e hirak estudiantin : &#171; Non &#224; la normalisation avec le syst&#232;me &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-54e-hirak-estudiantin-Non-a-la-normalisation-avec-le-systeme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-54e-hirak-estudiantin-Non-a-la-normalisation-avec-le-systeme</guid>
		<dc:date>2020-03-10T07:43:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mustapha Benfodil</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Environ 2000 personnes, principalement des citoyens de tout bord venus soutenir, comme tous les mardis, la communaut&#233; universitaire, ont battu le pav&#233;, hier, mardi 3 mars, dans les rues de la capitale. Le cort&#232;ge s'est &#233;branl&#233; aux coups de 10h55 &#224; partir de la rue de Bab El Oued, dans la Basse-Casbah, &#224; la lisi&#232;re de la place des Martyrs, apr&#232;s avoir entonn&#233; Qassaman (l'hymne national). &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cort&#232;ge a travers&#233; les rues Bab Azzoune, Ali Boumendjel, Larbi Ben M'hidi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton42415-c4271.jpg?1782005034' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Environ 2000 personnes, principalement des citoyens de tout bord venus soutenir, comme tous les mardis, la communaut&#233; universitaire, ont battu le pav&#233;, hier, mardi 3 mars, dans les rues de la capitale. Le cort&#232;ge s'est &#233;branl&#233; aux coups de 10h55 &#224; partir de la rue de Bab El Oued, dans la Basse-Casbah, &#224; la lisi&#232;re de la place des Martyrs, apr&#232;s avoir entonn&#233; Qassaman (l'hymne national).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-54e-hirak-estudiantin-non-a-la-normalisation-avec-le-systeme.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge a travers&#233; les rues Bab Azzoune, Ali Boumendjel, Larbi Ben M'hidi, Pasteur, Sergent Addoun, le boulevard Amirouche, la rue Mustapha Ferroukhi, avant de se diriger vers la place Audin pour prendre fin &#224; 13h10, &#224; hauteur du lyc&#233;e Barberousse, pr&#232;s de la Fac centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants et leurs renforts populaires ont scand&#233; les slogans habituels : &#171; Dawla madania, machi askaria ! &#187; (Etat civil, pas militaire), &#171; Qolna el &#238;ssaba t'roh, ya ehnaya ya entouma ! &#187; (On a dit la bande doit partir, c'est nous ou bien vous), &#171; Ennidhal, ennidhal, hatta yarhala ennidham ! &#187; (La lutte continue jusqu'au d&#233;part du syst&#232;me), &#171; Sallimou essolta li echa&#226;b ! &#187; (Remettez le pouvoir au peuple), &#171; Etudiants s'engagent, syst&#232;me d&#233;gage ! &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de la comm&#233;moration de la mort du chahid Larbi Ben M'hidi, ex&#233;cut&#233; par l'arm&#233;e coloniale, rappelle-t-on, le 4 mars 1957, on pouvait entendre : &#171; Ya chahid ertah, ertah, sa nouwassilou el kifah ! &#187; (Repose en paix, martyr, nous poursuivrons le combat). Des portraits de Ben M'hidi sont brandis par certains manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux hissait une pancarte &#224; l'effigie de &#171; Si Hakim &#187; [de son nom Hadni Sa&#239;d, il eut une longue trajectoire militante passant par le PPA, le MTLD et le FLN, il participa au Congr&#232;s de la Soummam, et fut tu&#233; par l'arm&#233;e fran&#231;aise en 1957] et de Abane Ramdane [assassin&#233; le 27 d&#233;cembre 1957, par une fraction du FLN, suite au congr&#232;s de la Soummam qui s'est tenu en ao&#251;t 1956 et o&#249; le th&#232;me Etat civil et non militaire a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;], et ce message : &#171; A la m&#233;moire de nos martyrs. Primaut&#233; du politique sur le militaire. Le peuple demande un Etat civil &#187;. Sur les autres pancartes, on peut lire : &#171; Le peuple veut un pouvoir issu de la volont&#233; populaire &#187;, &#171; Changement radical du syst&#232;me &#187;, &#171; Lib&#233;rez les d&#233;tenus &#187;, &#171; Ni stop, ni recul, ni corona. R&#233;volution jusqu'au bout ! Libert&#233;, d&#233;mocratie, justice sociale &#187;, &#171; Une seule Constitution, celle du peuple &#187;, &#171; 22 f&#233;vrier 2019-22 f&#233;vrier 2020 : yetnahaw ga3 ! &#187; (Ils d&#233;gagent tous !). Un homme d'&#226;ge m&#251;r &#233;crit : &#171; L'escalade. La victoire est proche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un grand panneau est d&#233;clin&#233; ce slogan, en rouge : &#171; Hadj Moussa, Moussa El Hadj &#187;. Un protestataire d&#233;nonce : &#171; La justice otage de la police politique &#187;. Un professeur universitaire charge la gestion de l'institution acad&#233;mique : &#171; L'universit&#233; est une prison &#187;. Il ajoute : &#171; Etudiants en r&#233;sidence surveill&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; A quand le jugement du parrain Bouteflika ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me prof exige le jugement du Pr&#233;sident d&#233;chu : &#171; Jugez le pr&#233;sident A. Bouteflika &#187;. Un citoyen exprime la m&#234;me revendication. &#171; A quand le jugement du parrain Bouteflika ? &#187; ass&#232;ne-t-il. Une &#233;tudiante exprime pour sa part cette r&#233;flexion : &#171; Eloigner l'&#233;tudiant de la politique, c'est ce qui en a fait un jeu malsain entre les mains des corrompus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement le message de cette &#233;tudiante clairement de gauche qui a retenu notre attention : &#171; Etat civil ne suffit pas. Ne remplacez pas une bourgeoisie par une autre. Conscience de classe &#187;. Au verso de sa pancarte, cette inscription : &#171; C'est une lutte de classes. Gare &#224; l'opposition fictive. Zitout ne me repr&#233;sente pas &#187;. Retenons, en outre, cette banderole qui proclame : &#171; Non &#224; la normalisation avec le syst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter, par ailleurs, la pr&#233;sence de nombreux portraits de d&#233;tenus politiques et d'opinion, &#224; l'image de Yasmine Si Hadj Mohand, arr&#234;t&#233;e le vendredi 21 f&#233;vrier &#224; Alger ; Karim Tabbou, Abdelwahab Fersaoui ou encore Brahim Lalami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A signaler, pour finir, que des interpellations ont &#233;maill&#233; la marche d'hier. &#171; J'ai &#233;t&#233; interpell&#233; et entendu par la police pendant une heure &#187;, t&#233;moigne un activiste, figure embl&#233;matique du hirak, qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; samedi dernier en m&#234;me temps que 55 autres manifestants. Son proc&#232;s est programm&#233; pour le 23 mars, nous dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; national pour la lib&#233;ration des d&#233;tenus (CNLD) a post&#233; de son c&#244;t&#233; cette information sur sa page Facebook : &#171; Deux manifestants arr&#234;t&#233;s aujourd'hui (mardi 3 mars) &#224; la marche des &#233;tudiants, &#224; la Grande-Poste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me source a indiqu&#233; dans une autre publication que Ibrahim Daouadji, un hirakiste de Mostaganem [deuxi&#232;me ville c&#244;ti&#232;re de l'Alg&#233;rie, &#224; quelque 360 km &#224; l'ouest d'Alger] qui a &#233;t&#233; en d&#233;tention pendant plus de trois mois, a &#233;t&#233; de nouveau appr&#233;hend&#233; hier : &#171; L'ex-d&#233;tenu Daouadji Ibrahim vient d'&#234;tre embarqu&#233; dans un restaurant &#224; la rue Tanger (Alger) par des gendarmes en civil et se trouve &#224; la brigade de gendarmerie de Bab J'did &#187;, a alert&#233; le CNLD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans El Watan en date du 4 mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie. 55e vendredi : &#171; Libert&#233; pour tous les d&#233;tenus &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-55e-vendredi-Liberte-pour-tous-les-detenus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-55e-vendredi-Liberte-pour-tous-les-detenus</guid>
		<dc:date>2020-03-10T07:42:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mustapha Benfodil</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alger, 6 mars 2020. 55e vendredi du hirak populaire. 12h30. Des clameurs montent du c&#244;t&#233; de la rue Khelifa Boukhalfa, pr&#232;s de la mosqu&#233;e Errahma. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques dizaines de manifestants donnent de la voix sous forte surveillance polici&#232;re. Des interpellations ont &#233;t&#233; op&#233;r&#233;es dans les rangs des contestataires, selon des t&#233;moignages concordants. &#171; Arrestation arbitraire des &#233;tudiants Amine Sediri et Imad Dahmane &#224; la rue Victor Hugo &#224; 12h10 &#187; alerte le CNLD (Comit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton42414-36013.jpg?1782005035' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alger, 6 mars 2020. 55e vendredi du hirak populaire. 12h30. Des clameurs montent du c&#244;t&#233; de la rue Khelifa Boukhalfa, pr&#232;s de la mosqu&#233;e Errahma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-55e-vendredi-liberte-pour-tous-les-detenus.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques dizaines de manifestants donnent de la voix sous forte surveillance polici&#232;re. Des interpellations ont &#233;t&#233; op&#233;r&#233;es dans les rangs des contestataires, selon des t&#233;moignages concordants. &#171; Arrestation arbitraire des &#233;tudiants Amine Sediri et Imad Dahmane &#224; la rue Victor Hugo &#224; 12h10 &#187; alerte le CNLD (Comit&#233; national pour la lib&#233;ration des d&#233;tenus) sur sa page Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La police a confisqu&#233; mes drapeaux, mes pancartes et mes stylos &#187;, t&#233;moigne Boumedi&#232;ne, un hirakiste de la premi&#232;re heure. &#171; Mais heureusement que j'avais cach&#233; ces pancartes dans un lieu s&#251;r &#187;, l&#226;che-t-il, imperturbable, brandissant un large panneau avec ce message : &#171; Nous sommes tous Karim Tabbou. De quel droit les forces de s&#233;curit&#233; tabassent, insultent, et humilient les manifestants. S&#233;paration du militaire et du judiciaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Karim Tabbou est le porte-parole de l'Union d&#233;mocratique et sociale (UDS). Il fut le secr&#233;taire du Front des Forces Socialiste (FFS) de 2007 &#224; 2011. Arr&#234;t&#233; plusieurs fois en 2019, en d&#233;tention provisoire depuis le 12 septembre 2019, il a subi des violences tr&#232;s dures durant cette d&#233;tention. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; quatre ans de prison. Quelque 180 avocats s'&#233;taient constitu&#233;s pour le d&#233;fendre. Les chefs d'accusation &#233;taient : &#171; entreprise de d&#233;moralisation de l'arm&#233;e &#187;, &#171; atteinte &#224; l'unit&#233; du territoire national &#187; ou encore &#171; incitation &#224; attroupement &#187;. Lors du proc&#232;s, Karim Tabbou s'est exprim&#233; en arabe et en tamazigh. Il a d&#233;clar&#233; : &#171; L'arm&#233;e n'a pas le droit d'intervenir dans les affaires politiques. Or elle organise des meetings dans des casernes quand, au m&#234;me moment, elle interdit des conf&#233;rences dans des instituts universitaires de sciences politiques [&#8230;] Ma conviction, qui n'a pas chang&#233;, est qu'il faut maintenir l'institution militaire loin des d&#233;bats politiques. &#187; &#171; Je rejette en bloc comme dans le d&#233;tail les accusations qui sont port&#233;es contre moi, car c'est l'homme politique qui est vis&#233; [&#8230;]. Il y a des centaines de personnes poursuivies au m&#234;me moment et pour les m&#234;mes motifs. C'est le Hirak qui est poursuivi, alors qu'il est en soi la consolidation de l'unit&#233; nationale. &#187; R&#233;d.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 13h, la police commence &#224; se retirer de la rue Victor Hugo sous les hu&#233;es d'une foule compacte. 13h42. Fin de la pri&#232;re hebdomadaire. Une vague imposante de protestataires d&#233;ferle sur la rue Didouche Mourad en martelant : &#171; Dawla madania, machi askaria ! &#187; (Etat civil, pas militaire) ; &#171; Qolna el &#238;ssaba t'roh, ya ehnaya ya entouma ! &#187; (On a dit la bande doit partir, c'est nous ou vous)&#8230; Certains marcheurs portent des masques protecteurs contre le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres prennent le sujet avec d&#233;rision et en profitent pour accabler le &#171; syst&#232;me &#187;, &#224; l'image de ce jeune homme qui &#233;crit : &#171; Le syst&#232;me qui nous gouverne est pire que le coronavirus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une jeune fille dans les 18-19 ans qui l'accompagne &#233;crit : &#171; Remettez le pouvoir au peuple et d&#233;guerpissez ! &#187; Un autre manifestant s'est fendu de ce message : &#171; Vous pouvez porter tous les masques que vous voulez, vos actions diront toujours qui vous &#234;tes. L'arbre peut &#234;tre reconnu par ses fruits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un triomphe pour Karim Tabbou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait voir &#233;galement d&#233;filer :&#171; Marche ou cr&#232;ve ! &#187; &#171; L'escalade, la r&#233;volution vaincra &#187; ; &#171; Lib&#233;rez les d&#233;tenus du hirak &#187; ; &#171; Alg&#233;rie alg&#233;rienne. L'unit&#233; nationale est notre force et la silmiya est notre arme &#187; ; &#171; Bouteflika et Tebboune [le nouveau pr&#233;sident] : deux faces d'une seule monnaie &#187; ; &#171; On ne s'arr&#234;tera pas jusqu'&#224; ce que vous partiez tous &#187; ; &#171; Djibou fakhamatouhou l'Sidi M'hamed &#187; (Ramenez son excellence &#8211; allusion &#224; Bouteflika &#8211; au tribunal de Sidi M'hamed).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter, en outre, la forte pr&#233;sence de portraits &#224; l'effigie de Karim Tabbou qui a fait sensation lors de son proc&#232;s qui s'est tenu mercredi dernier. La foule scandait inlassablement son nom en r&#233;p&#233;tant : &#171; Allah Akbar Karim Tabbou ! &#187;, &#171; Karim Tabbou, echa&#226;b ihabbou ! &#187; (Karim Tabbou, le peuple l'aime)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine couverture de la manif, nous apprenons l'arrestation de notre confr&#232;re Khaled Drareni. Il a &#233;t&#233; embarqu&#233; au commissariat du 6e. Un rassemblement de solidarit&#233; est improvis&#233; par plusieurs journalistes soutenus par de nombreux citoyens pr&#232;s de la rue Salah Boulhart qui donne sur ledit commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s 14h, &#224; notre grand soulagement, Khaled Drareni est rel&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A hauteur du carr&#233; f&#233;ministe, des tracts sont distribu&#233;s en pr&#233;vision de la c&#233;l&#233;bration de la Journ&#233;e internationale des droits des femmes. Au programme, d&#233;bat, slam et projection de films &#224; la Cin&#233;math&#232;que, aujourd'hui, tandis qu'une manif' est annonc&#233;e pour demain, dimanche, pr&#232;s de la Fac centrale, &#224; partir de 14h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la rue Hassiba Ben Bouali, plusieurs carr&#233;s enflamm&#233;s se succ&#232;dent. Qassaman est scand&#233; &#224; deux reprises par des manifestants exalt&#233;s. On crie &#171; L'istiqlal ! &#187; (l'ind&#233;pendance), &#171; Tahia El Djazair ! &#187; (Vive l'Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sifflements stridents. Lu sur une pancarte : &#171; Nous sommes le peuple, pas une foule &#187;. Une banderole d&#233;taille : &#171; Oui au changement du syst&#232;me, &#224; un r&#233;gime civil, &#224; l'Etat de droit, des &#233;lections honn&#234;tes et la souverainet&#233; au peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Traduire politiquement nos revendications &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous laissons la parole, pour finir, &#224; Drifa Mezenner, cin&#233;aste lumineuse qui filme assid&#251;ment le hirak depuis le d&#233;but. Nous l'avons crois&#233;e plus t&#244;t dans la matin&#233;e, &#224; la rue Khelifa Boukhalfa, brandissant une pancarte sur laquelle elle a &#233;crit : &#171; Diversit&#233; id&#233;ologique. Unis contre le syst&#232;me corrompu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'autre face de sa belle pancarte, elle a ajout&#233; : &#171; Un m&#234;me objectif : l'Alg&#233;rie de la justice et du droit &#187;. Dressant succinctement un bilan d'&#233;tape du hirak, Drifa Mezenner d&#233;clare : &#171; La r&#233;volution pacifique entame sa deuxi&#232;me ann&#233;e, et en cette deuxi&#232;me ann&#233;e, il y aura beaucoup plus de contenu, j'ai l'impression. A propos des questions id&#233;ologiques, c'est un faux probl&#232;me &#224; mon avis. Il n'y a pas de polarisation au sein du hirak. Au contraire, il y a une diversit&#233;, et l'objectif principal, c'est l'Etat de droit dans lequel chacun par la suite pourra d&#233;fendre son projet. Les revendications et les objectifs du hirak sont clairs. Reste la question de l'organisation et de la repr&#233;sentation qui se pose &#224; chaque fois. Je pense que le syst&#232;me horizontal a toujours fonctionn&#233; et marche encore. Plusieurs initiatives ont &#233;t&#233; propos&#233;es. Le plus important maintenant, c'est de traduire politiquement nos revendications et imaginer un projet commun. Et lorsque nous aurons les espaces pour nous exprimer, chacun pourra d&#233;fendre son projet. A ce moment-l&#224;, on ira vers la repr&#233;sentativit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans le quotidien El Watan en date du 7 mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie. Le 8 mars : &#171; Un moment de lutte, une s&#233;quence d'une longue marche de la dignit&#233; pour les droits des femmes &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-Le-8-mars-Un-moment-de-lutte-une-sequence-d-une-longue-marche-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-Le-8-mars-Un-moment-de-lutte-une-sequence-d-une-longue-marche-de-la</guid>
		<dc:date>2020-03-10T07:41:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amel Blidi</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le ton a &#233;t&#233; donn&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, o&#249; des dizaines de vid&#233;os sont post&#233;es sous le hashtag &#171; le 8 Mars n'est pas une f&#234;te &#187; et dans lesquelles des femmes expliquent les raisons pour lesquelles la lutte des Alg&#233;riennes doit se poursuivre. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs appels pour une marche des femmes, ce dimanche 8 mars, ont fleuri &#224; travers tout le territoire national. &lt;br class='autobr' /&gt;
Emanant de plusieurs associations de femmes, telles que le r&#233;seau Wassila, Femmes alg&#233;riennes pour un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton42441-d0808.png?1781933418' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le ton a &#233;t&#233; donn&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, o&#249; des dizaines de vid&#233;os sont post&#233;es sous le hashtag &#171; le 8 Mars n'est pas une f&#234;te &#187; et dans lesquelles des femmes expliquent les raisons pour lesquelles la lutte des Alg&#233;riennes doit se poursuivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/laune/algerie-le-8-mars-un-moment-de-lutte-une-sequence-dune-longue-marche-de-la-dignite-pour-les-droits-des-femmes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs appels pour une marche des femmes, ce dimanche 8 mars, ont fleuri &#224; travers tout le territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emanant de plusieurs associations de femmes, telles que le r&#233;seau Wassila, Femmes alg&#233;riennes pour un changement vers l'&#233;galit&#233;, le Collectif des femmes d'Aokas et le Collectif libre et ind&#233;pendant des femmes de B&#233;ja&#239;a, Assirem N'yellis N'Djerdjer, Bnet El Houria et d'autres encore, l'initiative est plac&#233;e sous le slogan &#171; Le 8 Mars n'est pas une f&#234;te, c'est la Journ&#233;e internationale de la lutte pour les droits de la femme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'id&#233;e est de rendre &#224; la journ&#233;e du 8 mars son cachet politique et militant et d&#233;noncer, par l&#224; m&#234;me, un glissement s&#233;mantique faisant de cette journ&#233;e une &#171; f&#234;te &#187; o&#249; les revendications des femmes &#233;taient, plusieurs ann&#233;es durant, &#233;touff&#233;es par les youyous et la zarnadjia [musique souvent utilis&#233;e pour les mariages].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e donc, le c&#339;ur n'est pas &#224; la f&#234;te. &#171; Nous ne pouvons pas faire la f&#234;te, alors que nous avons un code de la famille m&#233;prisant, faisant des femmes des mineures &#224; vie ; nous ne pouvons pas faire la f&#234;te, alors qu'il n'y a que 18% de femmes sur le march&#233; du travail ; nous ne pouvons pas faire la f&#234;te alors que nous n'avons pas trouv&#233; une solution radicale &#224; la violence et au harc&#232;lement &#224; l'encontre des femmes &#187;, proclame la militante f&#233;ministe Amel Hadjadj dans une vid&#233;o sur Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de poursuivre : &#171; Le 8 Mars n'est pas une f&#234;te, mais la Journ&#233;e internationale de lutte pour les droits des femmes. Nous sommes dans un contexte particulier o&#249; l'on r&#233;clame un changement radical et une Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique. La d&#233;mocratie ne peut se r&#233;aliser sans accorder les droits &#224; toutes les cat&#233;gories de la soci&#233;t&#233;. La c&#233;l&#233;bration de cette journ&#233;e constituait une mani&#232;re de prendre &#224; la l&#233;g&#232;re les droits des femmes, de cette journ&#233;e et de son contenu politique. C'est une op&#233;ration visant &#224; vider cette journ&#233;e de son contenu politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Aussi, et pour changer l'image de cette journ&#233;e, les associations appellent les femmes &#224; revendiquer leurs droits dans la rue partout en Alg&#233;rie : une marche est ainsi pr&#233;vue &#224; Alger devant le portail de la facult&#233; d'Alger &#224; 14h, une autre &#224; B&#233;ja&#239;a, pr&#232;s de la maison de la culture Taos Amrouche d&#232;s 13h, une marche devrait s'&#233;branler &#224; Oran, d&#232;s 14h &#224; partir de la place d'Armes, Le Collectif des femmes libres de Bouira a d&#233;cid&#233; de marcher, d&#232;s 13h30, de la porte de l'universit&#233; jusqu'&#224; la Maison de la culture&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rassemblement des femmes de Constantine, en coordination avec les &#233;tudiants du CEC (Collectid des &#233;tudiant&#183;e&#183;s de Contantine), organise une journ&#233;e portes ouvertes (&#224; partir de 10h30 au d&#233;partement langues &#224; l'universit&#233; de Constantine) sur l'origine de la journ&#233;e du 8 Mars et de lui rendre son cachet politique en tant que journ&#233;e de lutte et non pas de c&#233;l&#233;bration. Ce sera aussi l'occasion d'&#233;voquer les questions de harc&#232;lement scolaire contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le ton a &#233;t&#233; donn&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, o&#249; des dizaines de vid&#233;os ont &#233;t&#233; post&#233;es sous le hashtag &#171; le 8 Mars n'est pas une f&#234;te &#187; et dans lesquelles des femmes expliquent les raisons pour lesquelles la lutte des Alg&#233;riennes doit se poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles invitent les femmes &#224; revendiquer leurs droits &#224; l'occasion de cette journ&#233;e symbolique. &#171; Le 8 Mars ne doit pas &#234;tre une journ&#233;e folklorique, mais une journ&#233;e qui nous rappelle que nous avons des droits &#224; revendiquer, que nous avons un combat &#224; poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un jour de rappel des luttes journali&#232;res. Pourquoi je me bats en tant que femme alg&#233;rienne ? Mon quotidien se r&#233;sume &#224; me battre contre un syst&#232;me profond&#233;ment misogyne, d'un c&#244;t&#233;, et un patriarcat que l'on croirait presque inscrit dans l'Adn du peuple, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, je ne pourrais jamais me soumettre ni &#224; un Etat qui m'outrage &#224; travers ses lois que je n'ai &#224; aucun moment vot&#233;es, ni &#224; un patriarcat qui s'acharne &#224; faire de moi une propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;, souligne une jeune fille dans une vid&#233;o post&#233;e sur Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une militante embraye : &#171; Le syst&#232;me alg&#233;rien a longtemps fait en sorte que cette journ&#233;e soit une f&#234;te. Nous sommes d'ailleurs l'un des rares pays qui ont une demi-journ&#233;e pour les femmes. Au nom des g&#226;teaux et des roses distribu&#233;s ce jour-l&#224;, il y a un code de la famille qui outrage nos droits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative est reprise &#233;galement par Nadia Chouitem, d&#233;put&#233;e du Parti des travailleurs, qui appelle &#224; faire de ce 8 mars 2020 une &#171; journ&#233;e r&#233;volutionnaire &#187;. &#171; Ce 8 mars 2020, dit-elle, intervient dans un contexte marqu&#233; par un &#233;lan r&#233;volutionnaire visant une rupture avec le syst&#232;me et avec ses politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui nous concerne, il est temps aujourd'hui d'abroger le code de la famille, mis en place en 1984 par l'ex-parti unique (&#8230;) le 8 mars 2020 devrait &#234;tre celui de la rupture avec les politiques du syst&#232;me r&#233;trogrades et autoritaires afin de permettre l'&#233;galit&#233; des droits entre les citoyens. &#187; (Article publi&#233; par El Watan, en date du 8 mars 2020)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie : &#171; La femme, un acteur majeur du hirak &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-La-femme-un-acteur-majeur-du-hirak</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Algerie-La-femme-un-acteur-majeur-du-hirak</guid>
		<dc:date>2020-03-10T07:41:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karim K.</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La lutte des femmes est avant-gardiste vu qu'elles sont victimes d'une double oppression aujourd'hui : celle du pouvoir et de ses lois et celle de la soci&#233;t&#233; et de ses convictions conservatrices. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le constat est unanime : lorsqu'en f&#233;vrier 2019, le mouvement populaire avait d&#233;cid&#233; d'investir, de fa&#231;on in&#233;dite et spectaculaire, la rue pour dire &#171; non &#187; &#224; un cinqui&#232;me mandat, peu de voix pariaient sur une forte pr&#233;sence f&#233;minine. L'appr&#233;hension tenait &#224; la fois des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton42442-595b2.png?1781039300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La lutte des femmes est avant-gardiste vu qu'elles sont victimes d'une double oppression aujourd'hui : celle du pouvoir et de ses lois et celle de la soci&#233;t&#233; et de ses convictions conservatrices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/laune/algerie-le-8-mars-un-moment-de-lutte-une-sequence-dune-longue-marche-de-la-dignite-pour-les-droits-des-femmes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat est unanime : lorsqu'en f&#233;vrier 2019, le mouvement populaire avait d&#233;cid&#233; d'investir, de fa&#231;on in&#233;dite et spectaculaire, la rue pour dire &#171; non &#187; &#224; un cinqui&#232;me mandat, peu de voix pariaient sur une forte pr&#233;sence f&#233;minine. L'appr&#233;hension tenait &#224; la fois des pesanteurs sociologiques, mais aussi de la crainte des d&#233;rapages dans un pays qu'on a d&#233;cr&#233;t&#233; &#224; tort de &#171; violent, et de la d&#233;politisation dont on affublait ce segment de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, au troisi&#232;me vendredi, co&#239;ncidant avec le 8 Mars, elles &#233;taient des milliers, dans plusieurs wilayas du pays &#224; rejoindre les manifestations pour crier, elles aussi, leur refus de l'ordre &#233;tabli et clamer leurs aspirations &#224; une nouvelle Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette implication qui ne s'est jamais d&#233;mentie depuis, a non seulement bouscul&#233; l'&#171; ordre moral &#187;, subrepticement install&#233; depuis la d&#233;cennie noire, mais &#233;galement conf&#233;r&#233; au mouvement, de l'avis de tous et toutes, son caract&#232;re pacifique. S'il faut sans doute se garder de tirer des conclusions h&#226;tives sur tous les aspects de l'apport de cette pr&#233;sence f&#233;minine dans le mouvement, il reste que tous s'accordent &#224; dire qu'elle a pu changer le &#171; regard &#187; des Alg&#233;riens, mais aussi introduit dans le d&#233;bat, m&#234;me s'il est amorc&#233; timidement, la place qui lui revient de droit en tant qu'acteur social &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pr&#233;sence des femmes dans la rue impose de fait le maintien du caract&#232;re pacifique. Nous sommes dans une soci&#233;t&#233; qui sacralise la femme en tant que &#8216;m&#232;re', que ce soit dans le regard des manifestants ou des services de l'ordre. Il y a aussi la pr&#233;sence des enfants. Ce que je retiens, c'est la pr&#233;sence des femmes dans le d&#233;bat public, non pas en tant que m&#232;re, s&#339;ur ou femme simplement, mais en tant que force politique. Il y a tout un d&#233;bat qui, pour l'heure, rel&#232;ve de la pol&#233;mique. C'est une belle avanc&#233;e &#187;, analyse Tin-Hinane Makaci, f&#233;ministe et journaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon elle, cet investissement des femmes a permis &#233;galement d'entretenir la revendication progressiste et d&#233;mocratique. &#171; Les femmes posent la question des in&#233;galit&#233;s, que ce soit en genre ou en &#233;conomie. De fait, la lutte des femmes est avant-gardiste vu qu'elles sont victimes d'une double oppression aujourd'hui : celle du pouvoir et de ses lois et celle de la soci&#233;t&#233; et de ses convictions conservatrices. Elles se battent autant pour changer la soci&#233;t&#233; que pour changer le syst&#232;me &#187;, r&#233;sume-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elles vivent dans leur chair et en premi&#232;re ligne les effets pervers de la crise sur leur prog&#233;niture, comme la harga [&#233;migration clandestine, si dangereuse], la d&#233;perdition scolaire ou encore le ch&#244;mage, que leur implication pouvait appara&#238;tre naturelle, imprimant de fait &#224; la formidable mobilisation populaire ce qui prend les relents d'une douce &#171; r&#233;volution culturelle &#187; d'autant qu'elle est appuy&#233;e par des figures r&#233;volutionnaires et historiques de renom, &#224; l'image de Louisette Ighilahriz [n&#233;e en 1926, militante nationaliste durant la guerre est pr&#233;sente dans le hirak] ou encore Djamila Bouhired [n&#233;e en 1935, miliante du FLN, condamn&#233;e &#224; mort pour &#171; terrorisme &#187; par le pouvoir colonial, lib&#233;r&#233;e en 1962 suite &#224; unev vaste campagne, elle est pr&#233;sente dans le hirak]. S'affirme aujourd'hui l'&#233;mergence de certaines figures du hirak, telles que Samira Messouci ou encore Nour El-Houda Oggadi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La femme alg&#233;rienne investit l'espace public et contribue &#224; changer l'image de la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne. Elle m&#232;ne une r&#233;volution culturelle sur le terrain. Elle prend la parole devant le public et d&#233;fend ses avis politiques. Le hirak est une opportunit&#233; historique pour afficher les transformations positives que vit la soci&#233;t&#233; depuis des ann&#233;es &#187;, relevait r&#233;cemment le sociologue, Nacer Djabi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste qu'au-del&#224; de ces aspects, le chemin vers une v&#233;ritable &#233;mancipation s'annonce encore long. &#171; Le chemin est encore long, car pour le moment les seuls &#224; porter cette lutte, ce sont les f&#233;ministes &#187;, observe, avec un tantinet de d&#233;pit, Tin-Hinane Makaci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans Libert&#233;-Alg&#233;rie en datedu 9 mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La voix des femmes r&#233;volt&#233;es enflamme Alger : &#171; Il n'y a pas de festivit&#233;s, il y a des manifs ! &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-voix-des-femmes-revoltees-enflamme-Alger-Il-n-y-a-pas-de-festivites-il-y-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-voix-des-femmes-revoltees-enflamme-Alger-Il-n-y-a-pas-de-festivites-il-y-a</guid>
		<dc:date>2020-03-10T07:40:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mustapha Benfodil</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; N'offrez pas de fleurs, le 08 Mars n'est pas la Saint-Valentin &#187;, gronde une banni&#232;re brandie par une manifestante qui paradait, hier, dans les rues d'Alger. Sur d'autres pancartes, on peut lire ce m&#234;me message : &#171; On n'est pas venues faire la f&#234;te, on est venues pour que vous partiez &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme en &#233;cho &#224; ce slogan, la foule, compos&#233;e essentiellement de femmes, des femmes de tout &#226;ge et de toute condition, scandait : &#171; Ma djinache nahtaflou ya issaba, djina bach (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-1500-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH78/arton42443-6f692.png?1782005038' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; N'offrez pas de fleurs, le 08 Mars n'est pas la Saint-Valentin &#187;, gronde une banni&#232;re brandie par une manifestante qui paradait, hier, dans les rues d'Alger. Sur d'autres pancartes, on peut lire ce m&#234;me message : &#171; On n'est pas venues faire la f&#234;te, on est venues pour que vous partiez &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/laune/algerie-le-8-mars-un-moment-de-lutte-une-sequence-dune-longue-marche-de-la-dignite-pour-les-droits-des-femmes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en &#233;cho &#224; ce slogan, la foule, compos&#233;e essentiellement de femmes, des femmes de tout &#226;ge et de toute condition, scandait : &#171; Ma djinache nahtaflou ya issaba, djina bach tarahlou ya &#238;ssaba ! &#187; (On n'est pas venus faire la f&#234;te, on est venus pour vous obliger &#224; partir). On l'aura compris : ce 8 mars 2020 a des accents insurrectionnels et vient rappeler comme de juste que cette date symbolique, c'est avant tout un moment de lutte, une s&#233;quence d'une longue marche de la dignit&#233; pour les droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Alg&#233;riennes portent le Hirak &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une manif' &#233;tait annonc&#233;e pour 14h, avec, comme point de d&#233;part, le carr&#233; f&#233;ministe qui prend habituellement place pr&#232;s du portail lat&#233;ral de la Fac centrale, pas loin de la place Audin. Vers 13h45, en nous approchant du point de rendez-vous, on aper&#231;oit un cort&#232;ge qui s'&#233;branle en direction de la Grande-Poste. Constitu&#233; au d&#233;but de quelques dizaines de personnes, il va grossir au fil de la manif' jusqu'&#224; atteindre plusieurs centaines de manifestantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A hauteur de la Grande-Poste, le cort&#232;ge tourne vers Pasteur, puis emprunte la rue Khemisti jusqu'au carrefour qui donne sur le boulevard Amirouche. La foule scande les slogans habituels du hirak : &#171; Dawla madania, machi askaria ! &#187; (Etat civil pas militaire), &#171; Qolna el &#238;ssaba t'roh ! &#187; (On a dit la bande doit partir), &#171; Djaza&#239;r horra dimocratia ! &#187; (Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique)&#8230; Sur les pancartes qui d&#233;filent, on pouvait lire : &#171; Il n'y a pas de festivit&#233;s, il y a des manifestations ! &#187; &#171; Vive la femme alg&#233;rienne libre ! &#187; &#171; 08 Mars, article 8 &#187;, &#171; Women are the soul of the revolution &#187; (Les femmes sont l'&#226;me de la r&#233;volution), &#171; La voix de la femme est une r&#233;volution &#187;, &#171; R&#233;volte-toi, r&#233;siste, d&#233;fie &#187;, &#171; 08 mars 2020 avec le hirak &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des banni&#232;res sont hiss&#233;es avec ces messages : &#171; Nous sommes fortes, nous sommes fi&#232;res, nous sommes les grandes gagnantes &#187;, &#171; Les Alg&#233;riennes ont port&#233; toutes les guerres, tous les mouvements. Aujourd'hui, elles portent le hirak &#187;. Une femme manifeste avec son fils en arborant cet &#233;criteau : &#171; Le peuple est roi, veut un Etat de droit &#187;. Plusieurs m&#232;res de disparus participent &#224; la marche. L'une d'elles &#233;crit : &#171; Nous sommes les m&#232;res qui luttent depuis 25 ans pour conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur le sort de nos enfants disparus apr&#232;s leur arrestation par les services de s&#233;curit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toutes dans la rue pour la justice et l'&#233;galit&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Melissa, dipl&#244;m&#233;e de l'Ecole polytechnique, s'est fendue pour sa part de cette sentence cinglante : &#171; La femme qui a port&#233; des bombes pendant la R&#233;volution n'accepte pas l'humiliation &#187;. Daou&#239;a, &#233;tudiante en architecture &#224; l'EPAU [Ecole polytechnique d'architecture et d'urbanisme], d&#233;file avec ce mot d'ordre : &#171; Travailleuses, &#233;tudiantes, femmes au foyer, toutes dans la rue pour la justice et l'&#233;galit&#233; en droits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour elle, dire que &#171; ce n'est pas le moment de parler des droits des femmes &#187;, comme on a pu l'entendre, n'a aucun sens. &#171; Bien s&#251;r que c'est une question l&#233;gitime que de parler des droits des femmes ! Parce qu'on ne peut pas parler de d&#233;mocratie s'il n'y a pas de libert&#233; et de droits pour les femmes. Cette question ne peut pas &#234;tre dissoci&#233;e du combat global que m&#232;ne le peuple alg&#233;rien. On ne peut pas se battre pour une Alg&#233;rie d&#233;mocratique, une Alg&#233;rie libre, si les femmes ne sont pas lib&#233;r&#233;es &#187;, tranche la jeune &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation poursuit sa progression, s'engouffre dans la rue Asselah Hocine. Des youyous stridents fusent, soutenus par un concert de klaxons. Ambiance de feu sous le regard des forces anti&#233;meute qui se gardent d'intervenir, contrairement &#224; samedi dernier o&#249; de terribles violences polici&#232;res se sont abattues sur les manifestants [qui r&#233;clamaient la lib&#233;ration des prisonniers politiques]. Lorsque le cort&#232;ge arrive aux abords de la rue Abane Ramdane, un cordon de s&#233;curit&#233; tente d'emp&#234;cher la foule d'avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crue humaine finit par d&#233;border le mur d'uniformes bleu marine. Et la mar&#233;e ardente de foncer en direction du tribunal de Sidi M'hamed o&#249; comparaissaient plusieurs manifestants, dont notre confr&#232;re Khaled Drareni, arr&#234;t&#233; la veille et plac&#233; en garde &#224; vue au commissariat de Cavaignac. La foule mart&#232;le : &#171; Ettalgou el massadjine, ma baouche el cocaine ! &#187; (Lib&#233;rez les d&#233;tenus, ce ne sont pas des vendeurs de coca&#239;ne &#8211; allusion au fils de Tebboune). A un moment, on entend ce chant &#233;mouvant : &#171; Ya lehrayar bravo alikoum, wel djazzair teftakhar bikoum ! &#187; (Bravo, femmes libres, l'Alg&#233;rie est fi&#232;re de vous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge tourne ensuite par la rue Rachid Kssentini, qui longe le Square Port-Sa&#239;d, et se d&#233;verse sur le boulevard Zighout Youcef. Halte fracassante devant le Conseil de la nation aux cris de : &#171; Klitou lebled ya esserraquine ! &#187; (Vous avez pill&#233; le pays, voleurs). Un jeune l&#226;che en direction de son copain : &#171; Wallah nos femmes valent mieux que nos hommes ! &#187; La police barre l'acc&#232;s vers l'APN [Assembl&#233;e populaire nationale]. La procession est forc&#233;e de revenir vers la rue Asselah Hocine. Les manifestants s'arr&#234;tent un long moment &#224; hauteur du commissariat de Cavaignac, o&#249; plusieurs voix scandent le nom du journaliste Khaled Drareni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je sors, je veux &#234;tre libre, pas courageuse &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h30. Nous rejoignons l'autre marche, celle qui s'est &#233;branl&#233;e &#224; partir du carr&#233; f&#233;ministe. Chemin faisant, nous croisons une citoyenne qui remontait la rue Didouche en soulevant un grand panneau avec cette inscription : &#171; Hirak m&#234;me combat, &#233;galit&#233; des droits &#187;. Sur l'autre face, elle a &#233;crit : &#171; Meilleurs v&#339;ux de libert&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons nos amies f&#233;ministes &#224; l'intersection entre la rue Didouche Mourad et le boulevard Victor Hugo. La foule clame : &#171; Oh ya Hassiba, ouledek marahoum'che habssine, oh ya Hassiba, &#226;la el houriya m'&#226;wline ! &#187; (Hassiba Ben Bouali, tes enfants ne c&#233;deront pas, ils arracheront la libert&#233;). Un peu plus bas, sur la rue Hassiba Ben Bouali justement, les militantes f&#233;ministes chantent joyeusement, sur un air de Bella Ciao : &#171; Qanoune el oussra, el onf wel hogra, yetnahwa ga3 ! &#187; (Le code de la famille, la violence et la hogra &#8211; injustice, m&#233;pris&#8211;, qu'ils d&#233;gagent tous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mar&#233;e spectaculaire d&#233;ferle sur la rue Hassiba. Des voix s'&#233;crient : &#171; Qanoun el oussra &#224; la poubelle ! &#187; (Code de la famille &#224; la poubelle). On pouvait entendre aussi : &#171; Hoqouq nesswiya, dawla madania ! &#187; (Droits des femmes, Etat civil). Une banderole rouge est d&#233;ploy&#233;e avec ces mots : &#171; Tu n'acceptes pas la hogra du syst&#232;me ? Alors n'accepte pas la hogra contre les femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres banderoles disaient : &#171; Les femmes alg&#233;riennes se sont soulev&#233;es pour l'&#233;galit&#233; &#187;, &#171; Pas d'Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique sans les droits des femmes &#187;. Sur plusieurs feuilles de papier A4, ces revendications : &#171; Justice sociale &#187;, &#171; Egalit&#233; des droits &#187;, &#171; Libert&#233; d'expression &#187;. Une pancarte proclame : &#171; Les femmes alg&#233;riennes luttent depuis 1962 pour leurs droits de femmes et de citoyennes &#187;. Retenons enfin cette p&#233;pite : &#171; Quand je sors, je veux &#234;tre libre, pas courageuse &#187;. Magistral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans El Watan, le 9 mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
