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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'Association soudanaise des professionnels - levier de la r&#233;volution</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sarra Majdoub</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La force qui a dirig&#233; les r&#233;centes manifestations au Soudan, connue sous le nom de (Tajamoo al-mihanyin al-sudaniyin ou Association soudanaise des professionnels (ASP), reste une alliance de professionnels ind&#233;pendants envelopp&#233;e de myst&#232;re. La r&#233;volution soudanaise a trouv&#233; sa force motrice dans cette myst&#233;rieuse n&#233;buleuse qui a rassembl&#233; un groupe de syndicats et de comit&#233;s, dont l'organisation interne (structure) et l'identit&#233; de ses membres sont en grande partie inconnues. Ce trait a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton40077-0589d.jpg?1782078621' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La force qui a dirig&#233; les r&#233;centes manifestations au Soudan, connue sous le nom de (Tajamoo al-mihanyin al-sudaniyin ou Association soudanaise des professionnels (ASP), reste une alliance de professionnels ind&#233;pendants envelopp&#233;e de myst&#232;re. La r&#233;volution soudanaise a trouv&#233; sa force motrice dans cette myst&#233;rieuse n&#233;buleuse qui a rassembl&#233; un groupe de syndicats et de comit&#233;s, dont l'organisation interne (structure) et l'identit&#233; de ses membres sont en grande partie inconnues. Ce trait a &#233;t&#233; essentiel pour aider le groupe &#224; &#233;viter &#224; la fois la r&#233;pression et les arrestations dans un environnement r&#233;solument autoritaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://africasacountry.com/2019/08/the-ghost-battalion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plate-forme alter mondialiste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ASP est apparue en 2013, &#224; la suite de mouvements de protestation fortement r&#233;prim&#233;s. Elle est r&#233;apparue, participant avec prudence aux &lt;a href=&#034;https://www.dabangasudan.org/en/all-news/article/more-sudan-teachers-strike-for-salary-payment&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;gr&#232;ves concernant les salaires des enseignants en 2018&lt;/a&gt;, puis &#224; la suite des soul&#232;vements survenus &#224; Atbara, dans le nord du Soudan, &#224; la mi-d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e. Les racines du mouvement, cependant, datent de plusieurs d&#233;cennies. L'ASP h&#233;rite de grands mouvements, notamment ceux qui ont &#233;t&#233; li&#233;s aux insurrections en 1964 et en 1985. En octobre 1964, le Front des comit&#233;s r&#233;volutionnaires d'octobre (jabhat el hayaat el thawriya), groupe d'associations professionnelles avait initi&#233; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et un mouvement plus large de d&#233;sob&#233;issance civile qui ont finalement mis fin au r&#233;gime militaire du g&#233;n&#233;ral Ibrahim Abboud. Le Front allait ensuite faire partie du fragile pouvoir civil qui a finalement &#233;t&#233; renvers&#233; par un coup d'&#201;tat en 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, l'Assembl&#233;e des syndicats (altajamoo al-naqabi) a jou&#233; un r&#244;le similaire en tant en tant que moteur central de la chute de Jaafar El Numeiry. Pi&#233;g&#233; par des conflits internes, le groupe (alli&#233; &#224; d'autres forces politiques de l'opposition) n'a pas r&#233;ussi &#224; tenir t&#234;te au gouvernement militaire de l'&#233;poque, qui a su conserver le monopole du pouvoir politique et &#233;tatique. Ces deux ant&#233;c&#233;dents ont r&#233;ussi &#224; &#233;liminer deux r&#233;gimes, mais ils n'ont pu aller au-del&#224; du soul&#232;vement, devant la mise en place de nouveaux r&#233;gimes li&#233;s aux militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crit comme le &#171; bataillon fant&#244;me &#187; par le pr&#233;sident d&#233;chu, Omar al-Bashir, le mouvement contemporain dirig&#233; par l'ASP a attir&#233; un large public. Il a exerc&#233; une influence sur les mobilisations et r&#233;activ&#233; le soul&#232;vement inachev&#233; de janvier 2018. Les membres constituants de l'ASP ont d&#233;montr&#233; leur savoir-faire puis&#233; dans un r&#233;pertoire nouveau et dynamique de luttes &#224; travers le pays. Ils ont organis&#233; des manifestations de d&#233;sob&#233;issance civile, des rassemblements et des marches mobilisant les femmes et les personnes d&#233;plac&#233;es et exil&#233;es, au-del&#224; des limites de grandes villes comme Khartoum, dans les villes et les provinces p&#233;riph&#233;riques. Leur travail est renforc&#233; par les comit&#233;s de r&#233;sistance de quartier, qui sont des groupes de vigilance pacifiste qui s'oppose aux soi-disant &#171; comit&#233;s populaires de quartier &#187;, &#224; la solde du gouvernement. Tout cela a abouti au sit-in devant le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e, et plus tard, au limogeage d'Omar al-Bashir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre, l'ASP a popularis&#233; un nouveau langage de la r&#233;sistance. &#171; Tasgot bass ! &#187; (&#171; Pars, c'est tout &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; al-Bashir). Il y avait aussi &#171; Lam tasgot baad ! &#187; (&#171; Pas encore tomb&#233; &#187; &#8211; en r&#233;f&#233;rence au Conseil militaire de transition). Les appels &#224; l'action sont devenus des mots d'ordre de la r&#233;volution &#8211; que ce soit en arabe, dans les dialectes locaux ou en randouk (l'argot urbain). Ils ont captiv&#233; l'imagination des citoyens &#224; travers le pays. &#192; tel point que &#171; Eltajamoo youmathilouni &#187; (&#171; l'ASP me repr&#233;sente &#187;) est devenu l'appel de ralliement de nombreuses personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, maintenant que les n&#233;gociations ont abouti &#224; la mise en place d'un gouvernement provisoire compos&#233; de repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile et des militaires, on s'interroge sur l'avenir de l'ASP. Va-t-elle se cimenter en tant que gardien de la transition ? Va-t-elle se transformer en chien de garde politique du Soudan, aur&#233;ol&#233; de cr&#233;dits r&#233;volutionnaires, ou se r&#233;duire &#224; un ensemble de chansons, slogans et incantations r&#233;volutionnaires &#8211; un symbole de la loi ind&#233;l&#233;bile de la politique au Soudan, o&#249; tout change pour que rien ne change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarra Majdoub&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La reconnaissance du fait amazigh, un d&#233;fi pour tous les Alg&#233;riens</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-reconnaissance-du-fait-amazigh-un-defi-pour-tous-les-Algeriens</link>
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		<dc:date>2019-09-03T07:01:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ali Guenoun, Jean Michel Morel</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plusieurs semaines, le pouvoir alg&#233;rien a lanc&#233; une offensive contre la place du drapeau amazigh dans les manifestations. Quelle est la place des Kabyles dans ce hirak qui secoue l'Alg&#233;rie ? Ont-ils des revendications propres ? Nous avons interrog&#233; l'historien Ali Guenoun. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 juin, une centaine de personnes se sont r&#233;unies &#224; Alger, au si&#232;ge du Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie (RCD) (1). Venues de partis politiques progressistes, d'associations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton40078-d0e06.jpg?1781352617' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs semaines, le pouvoir alg&#233;rien a lanc&#233; une offensive contre la place du drapeau amazigh dans les manifestations. Quelle est la place des Kabyles dans ce hirak qui secoue l'Alg&#233;rie ? Ont-ils des revendications propres ? Nous avons interrog&#233; l'historien Ali Guenoun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/la-reconnaissance-du-fait-amazigh-un-defi-pour-tous-les-algeriens,3238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juin, une centaine de personnes se sont r&#233;unies &#224; Alger, au si&#232;ge du Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie (RCD) (1). Venues de partis politiques progressistes, d'associations et de la soci&#233;t&#233; civile, elles ont &#233;tabli un &#171; pacte &#187; pour mettre fin au statu quo et exiger la lib&#233;ration de d&#233;tenus politiques ainsi qu'une transition vers de nouvelles &#233;lections. Que cette r&#233;union se soit tenue au si&#232;ge de l'un des plus anciens partis kabyles signifie-t-il que ceux-ci vont chercher &#224; s'imposer et faire valoir leurs propres revendications ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les apparitions de plus en plus fr&#233;quentes de l'anay aqbayli, le drapeau berb&#232;re, frapp&#233; des symboles amazighs (2), dans les manifestations du vendredi ont fait l'objet d'interventions muscl&#233;es des forces de police et d'arrestations de manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc patent que la remise en cause du g&#233;n&#233;ral Ahmed Ga&#239;d Salah, chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e, consid&#233;r&#233; comme le v&#233;ritable leader de l'issaba, le gang, par l'ensemble des protestataires qui participe au Hirak (mouvement) s'accompagne maintenant pour certains Kabyles d'une exigence de reconnaissance de l'identit&#233; berb&#232;re. Jusqu'o&#249; et sous quelle forme celle-ci peut-elle esp&#233;rer &#234;tre admise tant par les gouvernants que par les autres composantes de la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une place &#233;minente dans le mouvement d'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Michel Morel. &#8212; On consid&#232;re en Alg&#233;rie que les Kabyles repr&#233;sentent 13 % de la population, soit un peu plus de 3 millions de personnes, auxquels il faut rajouter la diaspora de 2 millions et demi de personnes. Cette forte minorit&#233; s'est manifest&#233;e &#224; plusieurs reprises depuis 1949. Pouvez-vous revenir sur les grandes &#233;tapes qui, depuis cette date, ont marqu&#233; les rapports des Kabyles aux autres forces politiques et aux militaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Guenoun. &#8212; En fait, on ignore le nombre exact de Kabyles en Alg&#233;rie. Le dernier recensement qui a pris en consid&#233;ration les diff&#233;rences linguistiques remonte &#224; 1966. Il ne faisait appara&#238;tre que les kabylophones. Les Kabyles arabis&#233;s des villes de l'int&#233;rieur n'&#233;taient pas pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1920, les ouvriers kabyles qui se sont frott&#233;s aux syndicalistes de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT) et aux militants du Parti communiste fran&#231;ais (PCF) dans les chantiers et usines ont &#233;t&#233; sensibilis&#233;s sur le sort de leur pays et la n&#233;cessit&#233; d'une lutte anticoloniale. L'&#201;toile nord-africaine (ENA) (3) est domin&#233;e par des militants originaires de Kabylie, m&#234;me s'ils ont port&#233; &#224; la t&#234;te de leur mouvement un chef originaire de Tlemcen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces militants ont &#233;norm&#233;ment contribu&#233; &#224; la propagation de l'id&#233;e nationale chez les immigr&#233;s alg&#233;riens, mais aussi en Alg&#233;rie et particuli&#232;rement en Kabylie et &#224; Alger, gr&#226;ce &#224; leurs incessantes p&#233;r&#233;grinations entre la France et l'Alg&#233;rie. Ils seront les fers de lance du combat lib&#233;rateur du Parti du peuple alg&#233;rien (PPA) (4), puis du Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques (PPA/MTLD) (5). Gr&#226;ce &#224; l'&#233;migration interne (commer&#231;ants, instituteurs, fonctionnaires, ouvriers&#8230;), les Kabyles ont pu implanter plusieurs sections du PPA &#224; travers le pays. Ils feront le m&#234;me travail pour le compte du Front de lib&#233;ration nationale (FLN).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Diviseurs de la nation &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Kabyles &#233;taient nombreux dans d'autres formations politiques dans lesquelles ils ont occup&#233; des postes de direction. Apr&#232;s 1945, de jeunes &#171; intellectuels &#187; kabyles investissent le PPA et deviennent des cadres. Ils demandent un d&#233;bat sur trois points essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#10142; l'orientation &#171; r&#233;formiste &#187; qui posait comme pr&#233;alable au passage &#224; l'action arm&#233;e contre le colonialisme la r&#233;union de conditions internes et externes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#10142; la question d&#233;mocratique &#224; l'int&#233;rieur du parti ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#10142; la remise en cause de la d&#233;finition de la nation qu'ils voulaient plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces militants ont &#233;t&#233; tax&#233;s de berb&#233;ristes et marginalis&#233;s, exclus du parti. Ce d&#233;bat tu&#233; dans l'&#339;uf resurgira apr&#232;s l'ind&#233;pendance du pays. Le m&#234;me discours mettant en cause les &#171; diviseurs de la nation &#187; sera r&#233;activ&#233; apr&#232;s 1962 par les tenants du pouvoir et de l'id&#233;ologie arabo-islamiste, et m&#234;me si les acteurs de 1949 avaient tous rejoint tr&#232;s t&#244;t le FLN, certains ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s physiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Kabylie constituera une wilaya &#224; part enti&#232;re pendant la guerre de lib&#233;ration. Des Kabyles deviennent vite des leaders du FLN &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du pays. En 1956, ils commandaient trois wilayas sur six en plus de la f&#233;d&#233;ration du FLN en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Kabylie termine la guerre affaiblie par la pression de l'arm&#233;e coloniale et les dissensions internes. Certains de ses chefs fondent le Front des forces socialistes (FFS) (6) qui regroupait les vaincus de la crise de 1962 et prennent les armes d'une mani&#232;re improvis&#233;e contre le pr&#233;sident Ahmed Ben Bella. Vite r&#233;duite &#224; la Kabylie, cette r&#233;volte se soldera par plus de 400 morts et une campagne anti-kabyle des plus virulentes. Pour autant, des ministres kabyles ont si&#233;g&#233; dans les gouvernements de Ben Bella et de Houari Boumediene. D'autres joueront des r&#244;les pr&#233;pond&#233;rants dans l'arm&#233;e et particuli&#232;rement dans la police politique. Face &#224; la n&#233;gation officielle de la diversit&#233; culturelle par le pouvoir alg&#233;rien, la question amazighe conna&#238;tra un cheminement souterrain. Ce travail aboutira aux &#233;v&#233;nements d'avril 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le printemps berb&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. M. &#8212; En 1980, le &#171; Printemps berb&#232;re &#187; t&#233;moigne que la question de l'identit&#233; culturelle et de la reconnaissance de la langue amazighe est de plus en plus importante et ne concerne pas qu'un petit groupe d'intellectuels ou d'artistes. Dans un premier temps, le gouvernement intensifie la r&#233;pression. Mais en 1988, le pr&#233;sident Chadli Bendjedid met fin au syst&#232;me du parti unique et engage le pays dans le multipartisme, autorisant une expression politique diversifi&#233;e. Peut-on consid&#233;rer que le &#171; Printemps berb&#232;re &#187; et ses suites, comme les affrontements de Tizi-Ouzou et d'Alger au milieu des ann&#233;es 1980, ont permis une avanc&#233;e du pluralisme politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. G. &#8212; Avril 1980 est un tournant important dans l'histoire de la Kabylie et de l'Alg&#233;rie. On n'a plus peur de se revendiquer amazigh. Il s'agit des plus importantes manifestations populaires pacifiques de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante. M&#234;me si les revendications culturelles &#233;taient importantes, les questions d&#233;mocratiques et des libert&#233;s &#233;taient centrales. Les gens ne se sont pas soulev&#233;s pour demander du pain ou des postes de travail. Ils voulaient un changement profond dans la gestion du pays. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration de militants politiques &#233;merge et pose publiquement des questions jusque-l&#224; taboues dans une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par le discours nationaliste et des d&#233;cideurs qui tiraient leur l&#233;gitimit&#233; d'une r&#233;volution sacralis&#233;e &#224; l'exc&#232;s pour justifier leur contr&#244;le sur la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re. Elle a r&#233;ussi en d&#233;pit du discours officiel qui l'accusait de s&#233;paratisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1980 a donn&#233; naissance &#224; une multitude d'associations, dont la Ligue alg&#233;rienne pour la d&#233;fense des droits de l'homme (LADDH), mais aussi &#224; un d&#233;bat sur les th&#232;mes de l'identit&#233;, des libert&#233;s individuelles, de la repr&#233;sentation syndicale, de la citoyennet&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. M. &#8212; C'est dans les ann&#233;es 2000 que se cr&#233;e le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) qui pr&#244;ne l'autod&#233;termination de la r&#233;gion. Cette revendication exprime-t-elle une nouvelle phase dans la reconnaissance de l'identit&#233; berb&#232;re ? Ouvre-t-elle la voie &#224; la revendication d'un f&#233;d&#233;ralisme alg&#233;rien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. G. &#8212; L'id&#233;e de f&#233;d&#233;ralisme n'est pas nouvelle. Elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; avanc&#233;e ailleurs qu'en Kabylie. Elle a exist&#233; avant 1954 dans un mouvement national pourtant jacobin et par d'anciens r&#233;volutionnaires comme le colonel Salah Boubnider. Plusieurs acteurs envisagent s&#233;rieusement cette option jusque-l&#224; taboue. Mais, dans l'esprit de certains, parler de r&#233;gions, c'est parler de r&#233;gionalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. M. &#8212; Bien que le Hirak soit parti de Kherrata, une petite ville de Kabylie, il semblerait que le FFS et le RCD n'aient pas &#233;t&#233; tr&#232;s dynamiques. Cette &#171; discr&#233;tion &#187; &#8212; si elle est v&#233;rifi&#233;e &#8212; indique-t-elle une perte d'influence de ces partis traditionnels au profit de partis plus radicaux comme les autonomistes du Rassemblement pour la Kabylie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les militaires commandent aux politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. G. &#8212; L'&#233;mergence de ce mouvement populaire a surpris toute la classe politique. M&#234;me s'il n'est pas n&#233; ex nihilo (rappelons les multiples manifestations de rue interdites des ch&#244;meurs, des m&#233;decins, des enseignants, des retrait&#233;s de l'arm&#233;e&#8230;), les responsables politiques et les observateurs ne s'attendaient pas &#224; un tel soul&#232;vement massif et pacifique des Alg&#233;riens appelant &#224; un changement de r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis d'opposition ont perdu de leur audience depuis belle lurette. La parenth&#232;se du Congr&#232;s de la Soummam (7) de 1956 sur la s&#233;paration du civil et du militaire s'est vite referm&#233;e une ann&#233;e apr&#232;s au profit des hommes en armes. Ceux-ci ont, depuis, r&#233;duit les institutions &#224; une simple figuration. Le pluralisme, sous toutes ses formes, est pr&#233;sent&#233; comme facteur de division de la nation. On a cultiv&#233; une culture du m&#233;pris des responsables politiques per&#231;us comme nuisibles &#224; la coh&#233;sion de la soci&#233;t&#233; et &#224; son &#233;panouissement. En 1962, la prise du pouvoir par les militaires a favoris&#233; la d&#233;politisation de la soci&#233;t&#233;. Ceux qui ont dirig&#233; le pays depuis l'ind&#233;pendance ont g&#233;r&#233; la soci&#233;t&#233; par la corruption, la pr&#233;dation et la violence. Ils ont encourag&#233; le truquage des &#233;lections pour emp&#234;cher les Alg&#233;riens de choisir leurs propres repr&#233;sentants. Ils ont r&#233;ussi &#224; les convaincre qu'une grande partie des membres de la classe politique sont des profiteurs, des corrompus et des clients du pouvoir en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Kabylie, o&#249; est fait le m&#234;me constat, la d&#233;cr&#233;dibilisation d'une partie de l'&#233;lite politique s'explique par sa participation aux mascarades &#233;lectorales afin de b&#233;n&#233;ficier de largesses du pouvoir, par le soutien d'anciens acteurs du mouvement amazigh aux candidatures d'Abdelaziz Bouteflika, par l'adh&#233;sion aux partis de la coalition pr&#233;sidentielle : Rassemblement national d&#233;mocratique (RND), FLN, Mouvement populaire alg&#233;rien (MPA)&#8230;, ainsi que par des positions ambigu&#235;s et parfois oppos&#233;es au &#171; Mouvement citoyen &#187; n&#233; du &#171; Printemps noir &#187; de 2001 &#8212; au cours duquel 126 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par les gendarmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de forces politiques plus radicales qui ont trouv&#233;, un moment, un soutien populaire s'explique par plusieurs &#233;l&#233;ments : la d&#233;fection des partis berb&#233;ristes, la gestion r&#233;gionaliste par le pouvoir du &#171; Printemps noir &#187; et le manque de solidarit&#233; active des autres r&#233;gions du pays durant ces &#233;v&#233;nements. Cette r&#233;volte de la jeunesse contre le syst&#232;me a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e &#224; dessein comme une &#171; dissidence ethnique &#187; anti-arabe. En r&#233;alit&#233;, cette id&#233;e d'autonomie est apparue sur la sc&#232;ne publique en juin 1998, au moment des &#233;v&#233;nements qui ont suivi l'assassinat du chanteur populaire Loun&#232;s Matoub. Son promoteur, l'universitaire Salem Chaker l'a &#233;largi au moment des &#233;v&#233;nements de 2001. Sans pr&#244;ner &#171; la s&#233;cession et l'ind&#233;pendance de cette r&#233;gion &#187;, il a sugg&#233;r&#233;, en s'inspirant des exemples catalan et basque, des pr&#233;rogatives plus &#233;largies dans les domaines de la culture et de l'&#233;ducation, de la gestion &#233;conomique, administrative, judiciaire et de la s&#233;curit&#233;. Le MAK est n&#233; durant ces moments de crise. De revendications autonomistes il s'achemine vers des revendications ind&#233;pendantistes en militant pour &#171; la concr&#233;tisation du droit du peuple kabyle &#224; &#233;difier &#8220;un &#201;tat d&#233;mocratique, social et la&#239;c en faisant valoir son droit &#224; l'autod&#233;termination&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites des mouvements autonomistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion massive et tr&#232;s active de la population de Kabylie au mouvement populaire d'aujourd'hui a montr&#233; les limites de l'enracinement des mouvements autonomistes et ind&#233;pendantistes. Contrairement aux forces politiques regroup&#233;es autour de personnalit&#233;s per&#231;ues comme recycl&#233;es par le pouvoir pour mener le dialogue avec ce m&#234;me pouvoir afin d'aboutir &#224; une &#233;lection pr&#233;sidentielle, des partis et personnalit&#233;s politiques, dont les berb&#233;ristes, se retrouvent, malgr&#233; leurs divergences, autour du Pacte de l'alternance d&#233;mocratique. Ils exigent une p&#233;riode de transition qui doit d&#233;boucher sur une assembl&#233;e constituante garante d'une rupture avec le syst&#232;me. Ils n'acceptent pas d'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui conforterait le pouvoir actuel, mais proposent une alternative d&#233;mocratique. Ils demandent des garanties sur les libert&#233;s fondamentales, une justice ind&#233;pendante, l'&#233;galit&#233; en droit des femmes et des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications recoupent celles &#233;mises par ces acteurs depuis longtemps. La constituante, par exemple, a &#233;t&#233; une revendication du FFS depuis ses origines. Depuis plusieurs mois, ces partis se sont oppos&#233;s aux diff&#233;rents mandats de Bouteflika. Leurs partisans ont connu des arrestations et n'ont pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s par les pers&#233;cutions. Il faut reconna&#238;tre que la t&#226;che s'annonce rude, d'autant plus que les questions de la s&#233;paration du politique et du religieux, la lutte contre le patriarcat, l'&#233;mancipation des femmes sont clivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. M. &#8212; Qu'est-ce qui explique le paradoxe que, tout &#233;tant minor&#233;s, de nombreux Kabyles d&#233;tiennent des postes importants dans l'arm&#233;e, les services de s&#233;curit&#233; dont on conna&#238;t le r&#244;le souvent d&#233;cisif, dans l'administration et que certains aient acc&#233;d&#233; &#224; des situations sociales et &#233;conomiques enviables (et, sans doute, envi&#233;es) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. G. &#8212; Je pense que la reconnaissance du fait amazigh est la question fondamentale pos&#233;e &#224; tous les Alg&#233;riens. Pour moi le point important, c'est celui du vivre ensemble dans la diversit&#233;. Ce n'est pas un sujet exclusivement kabyle. Il n'y a pas que les Kabyles qui sont dans cette situation. Les femmes aussi sont toujours per&#231;ues comme mineures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nation en construction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir a r&#233;ussi l&#224; o&#249; le colonialisme a &#233;chou&#233; : diviser les Alg&#233;riens. Il n'y a qu'&#224; voir ce qui se passe dans d'autres r&#233;gions du pays et plus particuli&#232;rement dans le sud. Aujourd'hui, il y a de plus en plus d'arabophones qui reconnaissent le bien-fond&#233; de la question linguistique. La r&#233;action de rejet des manifestants &#224; travers plusieurs r&#233;gions du pays, hormis quelques &#233;nergum&#232;nes qui ont trouv&#233; dans les r&#233;seaux sociaux un terrain de pr&#233;dilection pour leur discours anti-kabyle, &#224; l'interdiction par les militaires de l'utilisation du drapeau amazigh dans les manifestations est &#233;difiante. Par son initiative, Ahmed Ga&#239;d Salah, le chef de l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e, voulait donner &#224; son institution un r&#244;le de sauveur de l'unit&#233; nationale &#171; mise en danger &#187; par des &#171; s&#233;paratistes kabyles &#187;. &#192; son corps d&#233;fendant il en a fait un drapeau. Cette r&#233;action de manifestants qui ne voulaient pas se laisser berner par des man&#339;uvres de division n'existait pas avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est une nation en construction. Elle ne s'est pas totalement &#233;mancip&#233;e de la gestion r&#233;gionaliste n&#233;e de la guerre de lib&#233;ration. Rappelons-nous les chefs du FLN qui consid&#233;raient la wilaya 3 (la Kabylie) comme monopoliste alors que, malgr&#233; ses difficult&#233;s, elle n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; financer d'autres wilayas du FLN-ALN. Je pense que les gens politisent ces questions identitaires pour avoir de plus grandes parts du g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. M. &#8212; Pensez-vous qu'en d&#233;pit de ses d&#233;n&#233;gations quant &#224; son influence dans les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, la France s'efforce d'y jouer un r&#244;le &#8212; et singuli&#232;rement dans la &#171; question kabyle &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. G. &#8212; Ce qui int&#233;resse la France ce n'est pas la Kabylie, mais la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Cr&#233;&#233; en 1989. De centre gauche, il se d&#233;finit comme un parti la&#239;c et, bien qu'il soit issu du mouvement culturel berb&#232;re, il veut repr&#233;senter &#171; tous les Alg&#233;riens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Les Berb&#232;res se d&#233;signent eux-m&#234;mes par le terme imazighen au pluriel, amazigh au singulier : &#171; homme noble &#187; ou &#171; homme libre &#187;. Tamazight est le nom de la langue berb&#232;re, mais on &#233;crit aussi &#171; langue amazighe &#187; ; tamazgha d&#233;signe le territoire auquel ils appartiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Association fond&#233;e en France en 1926 par des travailleurs immigr&#233;s, devenue par la suite un parti politique. Elle sera dissoute en 1937 par le gouvernement du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Fond&#233; en 1937 par Messali Hadj apr&#232;s l'interdiction de l'ENA, le PPA se positionne en faveur de l'&#233;mancipation de l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Fond&#233; en 1946 &#224; la suite de la dissolution du PPA, dirig&#233; par Messali Hadj.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Sa cr&#233;ation en 1963 l'a entra&#238;n&#233; dans une &#233;preuve de force avec le gouvernement d'Ahmed Ben Bella, la Constitution n'autorisant que le Front de lib&#233;ration nationale (FNL). Le FFS se d&#233;finit comme un parti de gauche et la&#239;c. Il est pr&#233;sent en Kabylie, dans les milieux berb&#233;rophones et dans les grandes villes d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Ce congr&#232;s clandestin du FLN s'est tenu dans le village d'Ifri, pendant la guerre d'Alg&#233;rie. Il a permis de structurer la r&#233;volution en lui donnant une assise nationale et r&#233;volutionnaire et en lui assurant une pr&#233;sence au plan international, et la pr&#233;&#233;minence des politiques sur les militaires&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bejaia (Alg&#233;rie) : Manifeste unitaire adopt&#233; par des partis, mouvements, syndicats</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bejaia-Algerie-Manifeste-unitaire-adopte-par-des-partis-mouvements-syndicats</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bejaia-Algerie-Manifeste-unitaire-adopte-par-des-partis-mouvements-syndicats</guid>
		<dc:date>2019-09-03T06:59:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;unis &#224; B&#233;ja&#239;a le 24 ao&#251;t dernier, le FFS, PST, PT, CLA, SATEF, SNAPAP, AJCB, AVO88, CST, GAA, LADDH, RAJ ont discut&#233; du mouvement populaire en cours, dit Hirak, et ont adopt&#233; le manifeste que nous publions ci-dessous. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de DZVid&#233;os. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; PREAMBULE &lt;br class='autobr' /&gt;
La protestation citoyenne partie de Kherrata le 16 f&#233;vrier et relay&#233;e le 22 &#224; travers toutes les wilayas du pays avait pour objectif de contester et de s'opposer r&#233;solument &#224; la candidature de Bouteflika &#224; un 5&#176; mandat. &#171; Makanch l'khamsa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-et-Soudan-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie et Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-09-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-09-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton40079-14f94.jpg?1782078622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;unis &#224; B&#233;ja&#239;a le 24 ao&#251;t dernier, le FFS, PST, PT, CLA, SATEF, SNAPAP, AJCB, AVO88, CST, GAA, LADDH, RAJ ont discut&#233; du mouvement populaire en cours, dit Hirak, et ont adopt&#233; le manifeste que nous publions ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.dzvid.com/2019/08/26/bejaia-partis-et-syndicats-montrent-la-voie-au-hirak/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;DZVid&#233;os&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226; PREAMBULE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation citoyenne partie de Kherrata le 16 f&#233;vrier et relay&#233;e le 22 &#224; travers toutes les wilayas du pays avait pour objectif de contester et de s'opposer r&#233;solument &#224; la candidature de Bouteflika &#224; un 5&#176; mandat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Makanch l'khamsa ya Bouteflika&#8230; &#187;, scandaient des millions d'alg&#233;riens dans les marches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ent&#234;tement de la momie et du s&#233;rail ainsi que l'arrogance et le z&#232;le de l'oligarchie &#224; imposer la candidature de Bouteflika qui incarne un r&#233;gime synonyme de corruption et de pr&#233;dation a fait transcro&#238;tre la protestation en une insurrection citoyenne contre tout le syst&#232;me politique en place. Bouteflika n'&#233;tait en r&#233;alit&#233; que la figure du compromis d'un r&#233;gime politique pr&#233;sidentiel para-monarchiste min&#233; par des clans qui se disputent les richesses du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime tient sa filiation politique de la contre-r&#233;volution engag&#233;e au lendemain de l'ind&#233;pendance nationale et qui a inaugur&#233; une dictature bureaucratique militaro-polici&#232;re qui allait se fortifier crescendo tout au long de l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux semaines apr&#232;s l'irruption du peuple alg&#233;rien dans son &#233;crasante majorit&#233; sur la sc&#232;ne politique, la mobilisation a fini par payer et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 10 mars a eu raison de son ent&#234;tement &#224; briguer un cinqui&#232;me mandat. La pression constante du peuple a fini par le contraindre &#224; la d&#233;mission le 2 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de toute la population, chaque vendredi et celles des travailleurs, &#233;tudiants, avocats, magistrats, architectes, m&#233;decins, retrait&#233;s&#8230; durant les jours de semaines, ainsi que les gr&#232;ves locales et les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales sectorielles sont venues &#224; bout de la volont&#233; du clan pr&#233;sidentiel de se maintenir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission du Pr&#233;sident a fait appara&#238;tre au-devant de la sc&#232;ne le pouvoir r&#233;el, celui de la tr&#232;s haute hi&#233;rarchie militaire qui constitue le bras arm&#233; du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'exprimant &#224; la place de Bensalah et de Bedoui et en instrumentalisant la justice, le chef d'&#233;tat-major r&#233;affirme la volont&#233; de la hi&#233;rarchie militaire de demeurer le noyau dur du r&#233;gime. Apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; &#224; organiser les &#233;lections pr&#233;sidentielles du 18 avril et du 4 juillet, le pouvoir multiplie les initiatives en vue de cristalliser une base lui permettant de fermer la parenth&#232;se de la r&#233;volution en cours par la tenue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple a clairement exprim&#233; sa volont&#233; de rompre radicalement avec l'ordre &#233;tabli (syst&#232;me d&#233;gage, yetnahaw ga&#226;, chaab masdar el soulta, blad bladna ndirou rayna, refus des injonctions &#233;trang&#232;res) sont l'essentiel des mots d'ordre et slogans scand&#233;s &#224; r&#233;p&#233;tition dans les marches. Il rejette le pouvoir de l'arm&#233;e en r&#233;affirmant la primaut&#233; du politique sur le militaire, &#171; dawla madania, machi askaria &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignant d'un sentiment patriotique l&#233;gendaire et faisant preuve d'un sens de discernement remarquable, le peuple distingue entre l'institution militaire consid&#233;r&#233;e comme un acquis de la guerre de lib&#233;ration et la haute hi&#233;rarchie militaire per&#231;ue comme l'incarnation de la dictature, &#171; djeich chaab khawa khawa &#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers le mot d'ordre &#171; klitou leblad ya serakin &#187;, le peuple d&#233;nonce un r&#233;gime &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral qui a impos&#233; une r&#233;gression sociale &#224; la majorit&#233; du peuple, fait de la corruption une institution, a cr&#233;e une classe de pr&#233;dateurs comprador et a offert nos richesses au pillage des multinationales. La lutte pour le progr&#232;s social passe par la lutte pour la souverainet&#233; du peuple sur les richesses nationales, d'o&#249; l'imp&#233;ratif de rompre avec le n&#233;olib&#233;ralisme qui met notre &#233;conomie &#224; la merci des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226; QUALIFICATION DE LA DYNAMIQUE EN COURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution du 22 f&#233;vrier est un retour triomphant sur les soul&#232;vements ant&#233;rieurs. Elle tient ses racines des luttes politiques, sociales, identitaires qui ont jalonn&#233; l'histoire politique de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante. Apres avoir longtemps couv&#233; dans l'impuissance, la r&#233;signation et les divisions, la volont&#233; du peuple vient d'&#233;clater aux yeux du monde entier et a d&#233;j&#224; remport&#233; un immense succ&#232;s. Rien ne sera plus jamais comme avant ! Arm&#233; des le&#231;ons du pass&#233; le peuple aborde l'avenir de l'Alg&#233;rie avec d&#233;termination et courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la rupture avec le r&#233;gime a p&#233;n&#233;tr&#233; le peuple, impulse ses actions et d&#233;termine ses perspectives. C'est dans l'action directe contre le r&#233;gime en place que le peuple Alg&#233;rien a r&#233;affirm&#233; son unit&#233; nationale. Il a ainsi d&#233;jou&#233; les divisions sur lesquelles le pouvoir s'appuyait pour renforcer /assoir sa domination. Par une action simultan&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale, le peuple s'est r&#233;concili&#233; avec son histoire mill&#233;naire en d&#233;ployant c&#244;te &#224; c&#244;te le drapeau Amazigh nord-africain et le drapeau national Alg&#233;rien. Il n y a que la r&#233;volution qui sait faire un pareil bond qualitatif &#224; la conscience populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de la dimension nationale, du caract&#232;re unitaire et pacifique du mouvement ; vu les forces sociales engag&#233;es, vu les mots d'ordre et les objectifs proclam&#233;s, vu la diversit&#233; des actions entreprises, consid&#233;rant la long&#233;vit&#233; du mouvement, il s'agit d'une r&#233;volution d&#233;mocratique populaire dont les forces motrices essentielles sont constitu&#233;es de la majorit&#233; sociale du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse sans avenir constitue le fer de lance de cette majorit&#233;. Une place de choix dans cette r&#233;volution revient &#233;galement &#224; la femme qui s'est totalement investie et d&#233;cid&#233;e &#224; s'approprier l'espace public et se r&#233;approprier sa citoyennet&#233; au m&#234;me titre que l'homme. Toute cette majorit&#233; sociale aspire &#224; devenir la majorit&#233; politique, &#224; vivre dignement et librement dans une Alg&#233;rie r&#233;publicaine d&#233;mocratique et sociale d&#233;barrass&#233;e de ses f&#233;odalit&#233;s archa&#239;ques, de l'oppression et de l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226; PERSPECTIVE DE LA REVOLUTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives dites de dialogue qui sont toutes en porte &#224; faux avec la dynamique r&#233;volutionnaire en cours sont en r&#233;alit&#233; des offres de service, des l&#233;gitimations opportunistes au coup de force du pouvoir qui cherche &#224; sauver le syst&#232;me &#224; travers les &#233;lections. Cette option si elle venait &#224; se r&#233;aliser signifierait la reddition du peuple et l'&#233;chec de la r&#233;volution. A l'heure actuelle, loin d'affaiblir la dynamique r&#233;volutionnaire, la r&#233;pression et les d&#233;tentions arbitraires, voir les prises d'otages pour d&#233;lit d'opinion et port du drapeau Amazigh renforcent notre d&#233;termination &#224; aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;affirmons qu'aucun changement v&#233;ritable n'est possible sans le d&#233;part inconditionnel du syst&#232;me et de ses supp&#244;ts : conseil constitutionnel, pr&#233;sidence, gouvernement , s&#233;nat , APN&#8230; . La rupture avec ce syst&#232;me passe par une p&#233;riode de transition qui ne peut s'accommoder des institutions actuelles. Cette p&#233;riode de transition permettra au peuple de jeter les bases d'une nouvelle r&#233;publique dans le cadre d'une assembl&#233;e constituante souveraine qui sera &#233;labor&#233;e &#224; partir de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ce processus constituant, le peuple aura &#224; d&#233;finir sous quel r&#233;gime politique il entend vivre (pr&#233;sidentiel, parlementaire&#8230;). Il consacrera &#233;galement les libert&#233;s fondamentales et les droits d&#233;mocratiques et sociaux ci-dessous &#233;num&#233;r&#233;s qui sont le SMIG d&#233;mocratique non n&#233;gociable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;ration imm&#233;diate de tous les d&#233;tenus politique et d'opinion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration du champ politique et m&#233;diatique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t imm&#233;diat du bradage des richesses nationales et la r&#233;cup&#233;ration des biens spoli&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance de la justice ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration et l'&#233;quilibre des pouvoirs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La non utilisation de la religion, du patrimoine et des symboles de la nation &#224; des fins politiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;galit&#233; en droit entre les Hommes et les Femmes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La non utilisation de la violence pour la conqu&#234;te et l'exercice du pouvoir ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit d'association et le droit d'organisation soumis au seul r&#233;gime d&#233;claratif ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de r&#233;union, d'organisation et de manifestation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garantie par l'Etat des droits sociaux &#233;conomiques fondamentaux des citoyens ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;cration des libert&#233;s individuelles et collectives, syndicales et le droit de gr&#232;ve ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; populaire sur les richesses naturelles de la nation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;cration du r&#244;le de l'Etat dans la conduite du d&#233;veloppement national et la lutte contre les in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques et la pauvret&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;servation des richesses nationales pour les g&#233;n&#233;rations futures ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect de tous les pluralismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226; PLAN D'ACTION DU MANIFESTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elargir les d&#233;bats aux niveaux des lieux de travail, des universit&#233;s, des quartiers , villages &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire un travail p&#233;dagogique envers les autres r&#233;gions du pays afin d'&#233;changer avec eux les diff&#233;rentes exp&#233;riences et proposer notre programme d'actions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque soit les concessions du syst&#232;me pour acheter la paix sociale, nous resterons fid&#232;le au mot d'ordre principal port&#233; par des millions d'alg&#233;riennes et d'alg&#233;riens&lt;br class='autobr' /&gt;
&#1610;&#1600;&#1600;&#1600;&#1578;&#1600;&#1600;&#1606;&#1600;&#1600;&#1600;&#1581;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1575;&#1608; &#1602;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1600;&#1575;&#1593;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finir les objectifs politiques : lib&#233;rations des d&#233;tenus politiques pris en otages, organisations des actions de protestations et de pressions en vue d'atteindre ces objectifs. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale locale, campagne de sensibilisation sur une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale nationale. Rassemblement &#8230;.pour exprimer le rejet des &#233;lections pr&#233;sidentielles que le syst&#232;me veut organiser. La seule &#233;lection l&#233;gitime est seule qui passe par la voie de l'assembl&#233;e constituante ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conforter les pr&#233;sidents des assembl&#233;es communales dans les d&#233;cisions prises pour le rejet des &#233;lections pr&#233;sidentielles en vue ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interpeller le corps de la justice afin qu'il se positionne au cot&#233; du peuple a l'image de la juge de Annaba ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intensifier la lutte et les d&#233;bats dans les universit&#233;s, afin d'imposer sa d&#233;mocratisation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser des sit- in et des rassemblements devant les &#233;difices de l'Etat ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exiger la dissolution des institutions ill&#233;gitimes (pr&#233;sidence ; s&#233;nat, APN &#8230;etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NB&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre programme de lutte est flexible, il &#233;volue en fonction de la situation politique en Alg&#233;rie ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons corps avec le mouvement et nous sommes partie prenante de ce processus r&#233;volutionnaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre pluralit&#233;, marchons s&#233;par&#233;ment et frappons ensemble ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8226; CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants, qui n'ont aucune pr&#233;tention &#224; repr&#233;senter le peuple, sont d&#233;termin&#233;s &#224; &#339;uvrer dans un cadre unitaire ouvert &#224; toutes les forces qui se reconnaissent dans l'alternative d&#233;mocratique propos&#233;e pour permettre au peuple Alg&#233;rien de recouvrir toute sa souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exprimons notre solidarit&#233; ind&#233;fectible avec les peuples qui luttent pour leur libert&#233; et leur souverainet&#233; dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive l'Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire &#224; nos martyrs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bgayet, le 24 ao&#251;t 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#244;le du p&#233;trole dans la fin du r&#233;gime alg&#233;rien actuel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-role-du-petrole-dans-la-fin-du-regime-algerien-actuel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-role-du-petrole-dans-la-fin-du-regime-algerien-actuel</guid>
		<dc:date>2019-08-20T07:34:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hocine Malti</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme tous les r&#233;gimes dictatoriaux, le syst&#232;me Bouteflika nourrissait en son sein les germes de son auto-destruction. L'ann&#233;e 2019 restera certainement comme une ann&#233;e-phare dans l'histoire de l'Alg&#233;rie. Apr&#232;s avoir bris&#233; le mur de la peur le 22 f&#233;vrier dernier, le peuple alg&#233;rien a r&#233;ussi dans le courant du mois de mars &#224; se d&#233;barrasser d'Abdelaziz Bouteflika qui semblait &#234;tre un pr&#233;sident inamovible. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de Entre les lignes et les mots 2019 - 32 - 10 ao&#251;t : Notes de lecture et textes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-et-Soudan-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie et Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton39834-4d06b.jpg?1782078622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme tous les r&#233;gimes dictatoriaux, le syst&#232;me Bouteflika nourrissait en son sein les germes de son auto-destruction. L'ann&#233;e 2019 restera certainement comme une ann&#233;e-phare dans l'histoire de l'Alg&#233;rie. Apr&#232;s avoir bris&#233; le mur de la peur le 22 f&#233;vrier dernier, le peuple alg&#233;rien a r&#233;ussi dans le courant du mois de mars &#224; se d&#233;barrasser d'Abdelaziz Bouteflika qui semblait &#234;tre un pr&#233;sident inamovible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de Entre les lignes et les mots 2019 - 32 - 10 ao&#251;t : Notes de lecture et textes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/10/le-role-du-petrole-dans-la-fin-du-regime-algerien-actuel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/10/le-role-du-petrole-dans-la-fin-du-regime-algerien-actuel/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'homme est parti, mais son r&#233;gime est encore en vie, m&#234;me s'il est chancelant. En 1962, c'est le pays qui avait acc&#233;d&#233; &#224; l'ind&#233;pendance, 2019 verra le peuple d&#233;crocher son ind&#233;pendance. Depuis plus de 3 mois, ce sont des millions de personnes qui sortent tous les vendredis dans la rue et qui clament leur d&#233;sir de changement profond du r&#233;gime. On voit &#233;galement tous les mardis des milliers d'&#233;tudiants exprimer leur rejet du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement de protestation pacifique, le Hirak, a d&#233;j&#224; enregistr&#233; deux grosses victoires, la d&#233;mission d'Abdelaziz Bouteflika et l'annulation de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui devait avoir lieu le 4 juillet prochain sous les auspices de dirigeants honnis. Cette &#171; R&#233;volution du sourire &#187; exige le d&#233;part de toute la classe dirigeante. Elle veut que le peuple choisisse en toute transparence son nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, qu'il &#233;lise une chambre des d&#233;put&#233;s qui le repr&#233;senteront r&#233;ellement et non pas une caisse de r&#233;sonance du r&#233;gime, que soient instaur&#233;e une 2&#232;me r&#233;publique et un syst&#232;me judiciaire libre de toute attache avec le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hirak ne veut surtout pas que tous ces scrutins aient lieu sous la tutelle d'hommes qui ont fait partie du r&#233;gime aboli ; il veut aussi que soient poursuivis en justice tous les mafieux qui ont d&#233;tourn&#233; &#224; leur seul profit les richesses du pays. Ce ne sont l&#224; que les revendications essentielles du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, un tel bouleversement &#233;tait-il pr&#233;visible ? Il est certain qu'au moment des faits qui ont marqu&#233; les quatre mandats de Bouteflika, on ne pouvait pas situer avec pr&#233;cision le moment o&#249; tout a bascul&#233;. Il &#233;tait n&#233;anmoins pr&#233;visible que l'enchainement des &#233;v&#232;nements ne pouvait qu'aboutir &#224; la situation actuelle. On peut donc r&#233;pondre par Oui &#224; la question, car le sc&#233;nario que vit actuellement l'Alg&#233;rie &#233;tait dans la logique des choses. Comme tous les r&#233;gimes dictatoriaux, le syst&#232;me Bouteflika nourrissait en son sein les germes de son auto-destruction. Les luttes intestines sont &#224; l'origine de sa disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mal &#233;lu en avril 1999, car les g&#233;n&#233;raux avaient pouss&#233; les six autres candidats &#224; se retirer de la course &#224; la pr&#233;sidence la veille du scrutin, Bouteflika a cherch&#233; &#224; &#233;chapper &#224; leur tutelle en sollicitant le soutien de l'&#233;tranger, notamment celui du pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. Mais b&#233;n&#233;ficier de la couverture et du soutien du pr&#233;sident de la premi&#232;re puissance mondiale se paye tr&#232;s cher. L'occasion de r&#233;aliser ses desseins fut fournie &#224; Abdelaziz Bouteflika par les attentats du 11 septembre. Il mit &#224; profit deux voyages cons&#233;cutifs au pays de l'oncle Sam, au cours du dernier trimestre 2001, pour passer un deal avec George W. Bush : p&#233;trole alg&#233;rien plus mise &#224; disposition de la mine d'informations d&#233;tenue par l'Alg&#233;rie sur Al Qa&#239;da contre soutien et protection des &#201;tats-Unis. Avide de pouvoir, il chargea son ami d'enfance et ministre de l'&#201;nergie, Chakib Khelil, d'&#233;laborer une nouvelle loi sur les hydrocarbures calqu&#233;e enti&#232;rement sur la nouvelle doctrine am&#233;ricaine en la mati&#232;re. Sous couvert d'adapter le secteur de l'&#233;nergie aux conditions de fonctionnement d'une &#233;conomie de march&#233; libre et comp&#233;titive, ce dernier fut missionn&#233; pour solliciter l'assistance de la Banque Mondiale et celle de bureaux d'&#233;tudes am&#233;ricains pour mettre au point un texte qui reprenait point par point les dispositions de la nouvelle doctrine am&#233;ricaine en la mati&#232;re. D&#232;s son arriv&#233;e &#224; la Maison Blanche, le pr&#233;sident George W. Bush avait, en effet, confi&#233; &#224; un groupe de travail pr&#233;sid&#233; par Dick Cheyney, ex-PDG de Halliburton, devenu vice-pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, la conception de cette doctrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, la nouvelle loi alg&#233;rienne adoptait le m&#234;me objectif que celui vis&#233; par les Am&#233;ricains, celui de transf&#233;rer les droits de propri&#233;t&#233; des gisements de p&#233;trole et de gaz appartenant aux compagnies nationales des pays producteurs vers les multinationales p&#233;troli&#232;res, dont la majorit&#233; est am&#233;ricaine. La disposition principale de la nouvelle loi alg&#233;rienne pr&#233;voyait que toute compagnie &#233;trang&#232;re &#224; laquelle serait attribu&#233; un permis de recherche devait proposer &#224; la soci&#233;t&#233; nationale Sonatrach une participation de 20 &#224; 30% et que cette derni&#232;re accepterait ou refuserait cette proposition dans un d&#233;lai maximum de 30 jours. La r&#233;ponse de l'entreprise nationale ne pouvait &#234;tre que n&#233;gative, vu que l'investissement requis &#233;tait g&#233;n&#233;ralement &#233;lev&#233; et que les donn&#233;es techniques, disponibles &#224; ce stade de l'op&#233;ration, &#233;taient tr&#232;s approximatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci signifiait, qu'&#224; terme, tous les gisements de p&#233;trole et de gaz seraient pass&#233;s sous contr&#244;le am&#233;ricain. L'opposition du DRS et de la centrale syndicale UGTA &#224; la loi amena Bouteflika &#224; la geler en 2003, car elle compromettait sa r&#233;&#233;lection pour un second mandat, puis &#224; la faire adopter au lendemain du scrutin, avant qu'il n'en annule les dispositions les plus controvers&#233;es en 2006. Par d&#233;pit, car il avait perdu le bras-de-fer qui l'avait oppos&#233; &#224; d'autres structures de l'establishment alg&#233;rien, Chakib Khelil mit au point une autre loi dont les dispositions &#233;taient un v&#233;ritable repoussoir pour tout investisseur &#233;tranger d&#233;sireux de s'installer en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdelaziz Bouteflika a, de tous temps, utilis&#233; le p&#233;trole alg&#233;rien et la rente qu'il g&#233;n&#232;re comme moyens d'asseoir son pouvoir, de le renforcer puis de le p&#233;renniser. Les revenus p&#233;troliers lui permirent d'acheter la paix sociale en faisant subventionner un certain nombre de produits de base ainsi que les carburants ; ils lui servirent aussi &#224; pi&#233;ger le clan des g&#233;n&#233;raux en leur permettant, ainsi qu'&#224; leurs hommes de mains, de se gaver de commissions sur tous les march&#233;s conclus par l'&#201;tat, dont ceux tr&#232;s importants pass&#233;s par l'entreprise nationale des hydrocarbures. Ce sont des centaines de millions de dollars que se sont partag&#233;s tous ces corrompus qui ne souhaitaient plus qu'une chose : qu'il reste le plus longtemps possible &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption a &#233;t&#233; l'outil de gouvernance d'Abdelaziz Bouteflika, l'outil qui lui a permis d'acheter le soutien d'hommes d'affaires v&#233;reux, de fonctionnaires de haut rang, de politiciens de tous bords et de membres de confr&#233;ries religieuses. Mettre &#224; disposition du peuple, &#224; bas prix, des produits de consommation courante &#233;tait pour lui une mani&#232;re de le corrompre. Un premier coup de frein &#224; de tels agissements fut donn&#233; par le DRS en janvier 2010 quand le PDG de Sonatrach, des vice-pr&#233;sidents et d'autres managers de l'entreprise furent traduits en justice et &#233;crou&#233;s pour un gros scandale de corruption dans lequel ils &#233;taient impliqu&#233;s. Les ministres de l'&#201;nergie, de l'Int&#233;rieur et des Privatisations furent &#233;galement limog&#233;s dans le prolongement de cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me a parfaitement fonctionn&#233; tant que le prix du baril de p&#233;trole oscillait dans la plage de 100 &#224; 140 dollars et que l'Alg&#233;rie attirait les investisseurs &#233;trangers. Les choses commenc&#232;rent &#224; tourner au vinaigre &#224; partir de l'ann&#233;e 2011. La premi&#232;re alerte eut lieu quand des rumeurs disant que les r&#233;serves de gaz de l'Alg&#233;rie &#233;taient surestim&#233;es, se mirent &#224; circuler dans les milieux p&#233;troliers &#224; travers le monde. Le nouveau ministre de l'&#233;nergie, Youcef Yousfi, d&#233;mentait et d&#233;clarait que le pays poss&#233;dait des r&#233;serves de gaz naturel suffisantes pour couvrir, aussi bien les demandes du march&#233; int&#233;rieur que les engagements &#224; l'exportation. Les chiffres sont cependant t&#234;tus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de gaz de l'Alg&#233;rie avait effectivement chut&#233; de 89 milliards de m3 en 2005 &#224; 83 en 2011, tandis que l'exportation &#233;tait pass&#233;e de 65 milliards de m3 en 2005 &#224; 49 en 2012. Il dut donc se rendre &#224; l'&#233;vidence et reconna&#238;tre que l'Alg&#233;rie &#233;prouvait de plus en plus de difficult&#233;s dans la commercialisation de son gaz, y compris au plan du prix ; car les &#201;tats-Unis &#233;taient en train de passer du statut de gros consommateur &#224; celui d'exportateur, en raison de l'exploitation intensive du gaz de schiste qui y avait d&#233;marr&#233; une dizaine d'ann&#233;es auparavant. Il admettait aussi que la consommation int&#233;rieure de gaz naturel connaissait une tr&#232;s forte croissance depuis quelques ann&#233;es et qu'&#224; ce rythme l'Alg&#233;rie risquait, &#224; terme, de ne plus &#234;tre en mesure d'honorer ses engagements avec l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de p&#233;trole brut &#233;tait elle aussi en d&#233;clin ; elle &#233;tait pass&#233;e de 85 millions de tonnes en 2006 &#224; 76 en 2012. Cette baisse n'avait cependant pas eu un &#233;norme impact sur la sant&#233; financi&#232;re du pays, vu que le prix du baril de p&#233;trole restait encore aux alentours des 120 &#224; 130 dollars. Mais la tendance baissi&#232;re qui &#233;tait la sienne depuis une ann&#233;e environ avait commenc&#233; &#224; inqui&#233;ter s&#233;rieusement le r&#233;gime, d'autant plus que les effectifs et les d&#233;penses des organes de s&#233;curit&#233;, charg&#233;s de pr&#233;venir toute vell&#233;it&#233; de r&#233;volte du peuple, &#233;taient en augmentation permanente. Une autre alerte s&#233;rieuse eut lieu quand le troisi&#232;me appel &#224; la concurrence pour l'attribution de permis de recherche lanc&#233; en octobre 2011 s'av&#233;ra infructueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le r&#233;gime alg&#233;rien c'en &#233;tait trop : un prix de cession du gaz n&#233;goci&#233; &#224; la baisse, un domaine minier devenu peu attractif, puis dans le futur, des contrats de vente non honor&#233;s, c'&#233;tait tout l'&#233;difice du pouvoir qui &#233;tait entrain de s'effriter. Pour rem&#233;dier &#224; cet &#233;tat de fait, le ministre de l'&#201;nergie annon&#231;ait une nouvelle loi sur les hydrocarbures comportant deux dispositions essentielles : la premi&#232;re portait r&#233;vision du mode de calcul de l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des compagnies p&#233;troli&#232;res, qui serait dor&#233;navant fonction du taux de rentabilit&#233; de leurs op&#233;rations, tandis que la seconde, destin&#233;e &#224; pallier &#224; la baisse de la production de gaz naturel, autorisait l'exploitation du gaz de schiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut aussi les d&#233;boires dus aux luttes internes au r&#233;gime. L'attaque terroriste contre le champ de gaz de Tiguentourine en janvier 2013 rendit l'Alg&#233;rie encore moins attractive aux yeux des partenaires &#233;trangers, qui se mirent &#224; douter de l'efficacit&#233; des moyens mis en oeuvre pour assurer la protection des hommes et des installations industrielles. Cette attaque fut men&#233;e par un groupe relevant de Mokhtar Belmokhtar, un chef terroriste consid&#233;r&#233; jusque-l&#224; comme &#233;tant un homme du DRS qui en avait convaincu les Am&#233;ricains, au point que ces derniers ne l'abattirent pas, m&#234;me s'ils l'eurent &#224; plusieurs reprises en ligne de mire. Des rumeurs ont circul&#233; &#224; l'&#233;poque, selon lesquelles l'attaque &#233;tait une op&#233;ration du DRS qui aurait mal tourn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il qu'elle a co&#251;t&#233; la vie &#224; 70 personnes, tu&#233;es par les missiles tir&#233;s par les h&#233;licopt&#232;res du DRS. Les Am&#233;ricains firent alors comprendre aux Alg&#233;riens que leur politique d'infiltration de l'AQMI &#233;tait foireuse et exig&#232;rent que soit donn&#233; un gros coup de balai au sein du DRS. Seul le patron Tewfik M&#233;di&#232;ne r&#233;ussissait &#224; sauver sa t&#234;te. Mais la cons&#233;quence importante de cette affaire &#233;tait quand m&#234;me l&#224; : elle avait affaibli s&#233;rieusement le r&#233;gime. La tension entre l'&#233;tat-major et les chefs de r&#233;gions militaires, d'une part et les g&#233;n&#233;raux du DRS, d'autre part, &#233;tait telle qu'elle faillit se terminer dans un bain de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut enfin le peu d'enthousiasme manifest&#233; par les compagnies p&#233;troli&#232;res lors du 4&#232;me appel d'offres pour l'attribution de nouveaux permis de recherche en janvier 2014. Cet appel d'offres portait sur 31 p&#233;rim&#232;tres, dont 17 se trouvaient dans des zones recelant du gaz de schiste. Seuls 4 permis trouv&#232;rent preneurs, dont aucun en zone de gaz de schiste. Un d&#233;but de panique envahit alors les rangs du r&#233;gime qui voyait que cette nouvelle rente, sur laquelle il comptait fermement pour r&#233;g&#233;n&#233;rer le syst&#232;me, ne semblait pas enthousiasmer les partenaires &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus gros coup de tonnerre allait avoir lieu plus tard. Au cours de la r&#233;union du 27 novembre 2014 de l'OPEP, l'Arabie Saoudite imposait sa loi aux autres membres de l'organisation. Afin de r&#233;cup&#233;rer les parts de march&#233; que lui avaient grignot&#233;es les compagnies am&#233;ricaines qui produisaient du p&#233;trole de schiste, elle refusait toute r&#233;duction de la production OPEP au-dessous du niveau en cours de 30 millions de barils par jour. La r&#233;action du march&#233; fut imm&#233;diate ; le prix du baril de Brent d&#233;gringola de mani&#232;re vertigineuse, passant en tout juste un mois de 72 dollars &#224; 57 dollars au tout dernier jour de 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; ces &#233;v&#232;nements, les partis d'opposition r&#233;ussissaient, pour la premi&#232;re fois, &#224; s'entendre sur un programme minimum. Ils cr&#233;&#232;rent la CNLTD (Coordination nationale pour les libert&#233;s et la transition d&#233;mocratique) qui proposa l'instauration d'une p&#233;riode de transition au cours de laquelle serait choisi un nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, en remplacement d'Abdelaziz Bouteflika gravement malade. Cette petite fen&#234;tre fut imm&#233;diatement referm&#233;e par le chef d'&#233;tat-major Ga&#239;d Salah qui r&#233;pondit de la m&#234;me mani&#232;re qu'il le fit pour une demande similaire &#233;mise il y a un mois, &#224; savoir que l'arm&#233;e &#233;tait oppos&#233;e &#224; une telle proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci se passait il y a 5 ans. Du fait de leur incurie, de leur d&#233;sint&#233;r&#234;t pour le bien-&#234;tre du peuple et parce qu'ils n'ont toujours &#233;t&#233; obnubil&#233;s que par une seule question, celle de leur survie pour continuer &#224; piller les richesses nationales, les mafieux de tous bords, civils et militaires, du r&#233;gime alg&#233;rien, n'ont pas vu les probl&#232;mes s'accumuler au-dessus de l'Alg&#233;rie. Ils n'ont pas su ou pas voulu constater &#224; temps la d&#233;t&#233;rioration de l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral du pays, y compris celle du secteur des hydrocarbures qui pourtant rapporte la quasi-totalit&#233; des devises n&#233;cessaires &#224; la couverture des plantureuses importations de l'Alg&#233;rie ; ce qui leur permettait de donner au peuple l'illusion de bien vivre. Comment le pouvoir a-t-il r&#233;agi &#224; la situation de crise qui s'installait dans la dur&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par incomp&#233;tence ou par avidit&#233; de certains qui voulaient toucher toujours plus de commissions, il a continu&#233; &#224; importer tout et n'importe quoi. Engager un programme de d&#233;veloppement de l'&#233;conomie fond&#233; sur le travail, l'effort et l'intelligence du citoyen n'a jamais &#233;t&#233; envisag&#233; par les dirigeants alg&#233;riens, car &#224; leurs yeux, un citoyen responsable est un citoyen dangereux ; il doit demeurer un assist&#233; permanent qui ne voit son salut que dans le maintien au pouvoir de la m&#234;me &#171; bande &#187;. C'est le terme utilis&#233; r&#233;cemment par le g&#233;n&#233;ral Ga&#239;d Salah lui-m&#234;me pour d&#233;signer ces piliers du r&#233;gime, dont le fr&#232;re du pr&#233;sident d&#233;chu, qui se sont alli&#233;s contre lui et qui ont cherch&#233; &#224; le destituer. N'oublions pas que lui-m&#234;me a &#233;t&#233; le pilier le plus important de ce r&#233;gime durant les 20 derni&#232;res ann&#233;es. Le pouvoir n'avait pas compris que la voie qu'il avait choisie causerait &#224; plus ou moins long terme d'&#233;normes d&#233;g&#226;ts &#233;conomiques, politiques, sociaux, culturels et autres &#224; l'Alg&#233;rie et qu'elle &#233;tait tout aussi suicidaire pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut d'exprimer son rejet total du syst&#232;me comme il le fait magnifiquement depuis plus de trois mois, le peuple d&#233;clenchait alors des dizaines d'&#233;meutes journali&#232;res pour arracher aux mafieux qui le gouvernaient quelques maigres avantages financiers et r&#233;cup&#233;rer ainsi ne serait-ce qu'une part infime de la rente p&#233;troli&#232;re qu'ils se partageaient. Les slogans d&#233;j&#224; lanc&#233;s par les jeunes lors de ces &#233;meutes d&#233;montraient &#224; quel point ils ha&#239;ssaient Bouteflika, son clan, les g&#233;n&#233;raux et les oligarques qui ne respectaient ni le pass&#233; glorieux de leur pays, ni leur propre peuple. La couardise, dont les gouvernants avaient d&#233;j&#224; fait preuve &#224; cette &#233;poque, d&#233;montrait jour apr&#232;s jour qu'ils n'&#233;prouvaient aucun respect m&#234;me pour leurs propres personnes d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette atmosph&#232;re d&#233;l&#233;t&#232;re est venue se rajouter la r&#233;&#233;lection de Bouteflika pour un quatri&#232;me mandat. Son &#233;tat de sant&#233; tr&#232;s d&#233;grad&#233; en avait pourtant fait un fant&#244;me que l'on ne voyait plus que tr&#232;s rarement, durant quelques secondes &#224; la t&#233;l&#233;vision, mais le pouvoir n'avait pas pu se mettre d'accord sur le nom du rempla&#231;ant. Habitu&#233;, depuis l'ind&#233;pendance, &#224; ces mascarades d'&#233;lections le peuple n'a pas &#233;t&#233; voter en avril 2014 ; l'abstention a atteint le sommet rarement vu nulle part ailleurs de 90%. Le camouflet du peuple au r&#233;gime &#233;tait &#233;norme, mais le pouvoir rend fou et aveugle celui qui l'exerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants alg&#233;riens en ont fait la d&#233;monstration cinq ann&#233;es plus tard ; ils n'ont pas compris que le peuple n'avait aucune envie de revivre la farce de 2014. Le peuple qui vivait dans des conditions mis&#233;rables, voyait que &#171; ceux d'en haut &#187; logeaient dans des demeures magnifiques, se baladaient dans des voitures de grande marque et prenaient r&#233;guli&#232;rement l'avion pour se rendre &#224; l'&#233;tranger ; il voyait que &#171; ceux d'en haut &#187;, allaient se faire soigner dans des h&#244;pitaux ou cliniques en Europe, alors que lui, le peuple, &#233;tait orient&#233; vers les h&#244;pitaux alg&#233;riens, devenus des mouroirs ; il devait envoyer ses enfants dans les &#233;coles alg&#233;riennes, sans espoir d'acqu&#233;rir une formation de qualit&#233;, tandis que &#171; ceux d'en haut &#187; envoyaient leurs enfants &#233;tudier dans des &#233;coles et universit&#233;s &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est enfin parce qu'il a &#233;t&#233; touch&#233; dans son honneur, parce qu'il ne voulait pas subir encore une fois l'affront de voter pour un cadre, &#224; l'int&#233;rieur duquel se trouvait une photo vielle d'une trentaine d'ann&#233;es, qui tr&#244;nait sur une chaise install&#233;e sur une tribune et devant laquelle venaient se prosterner les servants du r&#233;gime, que le peuple exprima, le 22 f&#233;vrier dernier son rejet total de ce pouvoir. Comment va se terminer cet affrontement ? Nul ne le sait. Ce que l'on constate par contre, c'est que le chef d'&#233;tat-major qui d&#233;tient actuellement les r&#234;nes du pouvoir a tr&#232;s peur de ce peuple en r&#233;volte. Il essaye d'acheter la paix en lui offrant les t&#234;tes de tr&#232;s nombreux ex-responsables du r&#233;gime Bouteflika. Ils sont de l'ordre de 200 &#224; 30 anciens ministres, hauts fonctionnaires, homme d'affaires v&#233;reux et autres &#224; avoir &#233;t&#233; traduits en justice. Mais l'initiative du chef d'&#233;tat-major n'a pas entrain&#233; l'adh&#233;sion du peuple dont l'objectif reste toujours le m&#234;me : se d&#233;barrasser d&#233;finitivement de ce r&#233;gime, car la haine qu'il lui voue est aussi grande que la masse des frustrations qui lui ont &#233;t&#233; inflig&#233;es durant vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hocine Malti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ing&#233;nieur des p&#233;troles, a particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de la &#171; Sonatrach &#187; dont il a &#233;t&#233; vice-pr&#233;sident de 1972 &#224; 1975. Auteur de &#171; Histoire secr&#232;te du p&#233;trole alg&#233;rien &#187; aux &#233;ditions La D&#233;couverte, Paris 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://assafirarabi.com/fr/26161/2019/06/26/le-role-du-petrole-dans-la-fin-du-regime-algerien-actuel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://assafirarabi.com/fr/26161/2019/06/26/le-role-du-petrole-dans-la-fin-du-regime-algerien-actuel/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie. &#171; Nous ne nous arr&#234;terons pas &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-Nous-ne-nous-arreterons-pas</link>
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		<dc:date>2019-08-20T07:33:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Farouk Djouadi</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes ont march&#233;, aujourd'hui &#224; Alger, malgr&#233; la chaleur accablante du mois d'ao&#251;t. Les manifestants insistent sur le d&#233;part de tous les symboles du r&#233;gime et r&#233;it&#232;rent leur rejet du dialogue et des &#233;lections organis&#233;s par le pouvoir en place. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ambiance contestataire s'est install&#233;e d&#232;s la matin&#233;e. A 11h00, des centaines de personnes entament la manifestation au centre de la capitale en annon&#231;ant : &#171; la d&#233;sob&#233;issance civile (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-et-Soudan-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie et Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton39884-1cf8d.jpg?1781462463' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes ont march&#233;, aujourd'hui &#224; Alger, malgr&#233; la chaleur accablante du mois d'ao&#251;t. Les manifestants insistent sur le d&#233;part de tous les symboles du r&#233;gime et r&#233;it&#232;rent leur rejet du dialogue et des &#233;lections organis&#233;s par le pouvoir en place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-nous-ne-nous-arreterons-pas.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance contestataire s'est install&#233;e d&#232;s la matin&#233;e. A 11h00, des centaines de personnes entament la manifestation au centre de la capitale en annon&#231;ant : &#171; la d&#233;sob&#233;issance civile commencera en septembre &#187;. La marche, la v&#233;ritable, a commenc&#233; apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi lorsque les processions de manifestants, hommes et femmes, parfois accompagn&#233;s de leurs enfants, ont commenc&#233; &#224; converger vers le centre de la ville. Outre les slogans habituels, &#171; Etat civil, pas militaire &#187;, &#171; Irhalou (partez) ! &#187; (&#8230;), les marcheurs ont fustig&#233; les clients du pouvoir en place. &#171; Esclaves, o&#249; &#234;tes-vous ? &#187;, &#171; Pas de sieste, idiote ! , ont lanc&#233; des milliers de manifestants &#224; la rue Hassiba Benbouali, vers 14h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure plus tard, une foule imposante occupe les alentours de la Grande poste et de la FAC centrale (universit&#233;) en faisant vibrer la cit&#233; avec les cris &#171; Pas de dialogue, pas d'&#233;lections avec les gangs &#187;, et &#171; rel&#226;chez nos enfants (d&#233;tenus d'opinion) &#187;. A un moment, les cris de &#171; pouvoir assassin &#187; fusent de partout lorsque des policiers interpellent un manifestant pour des raisons inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les portraits du moudjahid Lakhdar Bourega&#226; et ceux des jeunes d&#233;tenus pour port du drapeau amazigh &#233;taient pr&#233;sents en force au c&#339;ur de la foule. Comme de coutume, les marcheurs ont r&#233;serv&#233; une bonne partie de leurs chants virulents au chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e, Ahmed Gaid Salah et &#224; Karim Younes, coordinateurs du panel de dialogue ainsi qu'aux m&#233;dias et les partis FLN et RND.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les partisans de &#171; Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique &#187; restent largement majoritaires, la manifestation de ce 26e vendredi a vu la pr&#233;sence de dizaines de personnes qui ont r&#233;clam&#233; &#224; haute voix &#171; un Etat islamique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants ont adress&#233; des messages politiques au pouvoir et &#224; la population. &#171; Non &#224; la gestion de la R&#233;publique depuis une caserne &#187;, &#171; Arr&#234;tez votre m&#233;pris, rendez-nous l'Alg&#233;rie ! &#187;, &#171; Il faut lutter, s'organiser et s'unir &#187;, &#171; L'arm&#233;e pour prot&#233;ger le pays, pas pour faire de la politique &#187; ou encore &#171; Manifester chaque vendredi est un devoir national &#187;, lit-on sur des pancartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire enfin qu'en d&#233;pit de la baisse du nombre de manifestants, &#224; cause de cette p&#233;riode des vacances, la r&#233;volution pacifique alg&#233;rienne semble avoir gagn&#233;, au fil des semaines, en maturit&#233;. Des espaces de d&#233;bats entre les diff&#233;rentes sensibilit&#233;s sont organis&#233;s en marge de la manifestation [1], au moment o&#249; des secouristes et de jeunes b&#233;n&#233;voles veillent sur la s&#233;curit&#233; des manifestants et la propret&#233; des lieux. (Article publi&#233; dans El Watan en date du 16 ao&#251;t 2019)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; Initiatives politiques face &#224; l'intransigeance du pouvoir &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de ce mouvement r&#233;volutionnaire r&#233;clamant un changement radical du syst&#232;me politique, des forces politiques, des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, des acteurs du mouvement associatif et des personnalit&#233;s nationales ont pris leurs responsabilit&#233;s en sugg&#233;rant des &#171; plans &#187; de sortie de crise. Au fil des semaines, les forces agissantes de la soci&#233;t&#233; franchissent le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dialogue entre les diff&#233;rentes organisations ayant pr&#233;sent&#233; des plans de sortie de crise a &#233;t&#233; engag&#233; et a bien abouti &#224; une conf&#233;rence nationale de la soci&#233;t&#233; civile tenue le 15 juin dernier. Une conf&#233;rence regroupant plus de 70 organisations, syndicats et associations issus des trois dynamiques ayant &#233;merg&#233; de la soci&#233;t&#233; civile, &#224; savoir le Collectif de la soci&#233;t&#233; civile pour une transition d&#233;mocratique, la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats autonomes, le Forum civil pour le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois dynamiques, ayant chacune sa propre feuille de route, ont pu d&#233;passer leurs divergences et trouver un compromis en adoptant une plateforme commune, visant ainsi &#224; d&#233;bloquer la situation politique et cr&#233;er les conditions favorables &#224; une sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois dynamiques de la soci&#233;t&#233; civile ont poursuivi les contacts avec les partis et les personnalit&#233;s pour baliser le terrain &#224; une conf&#233;rence nationale politique &#233;largie. Une premi&#232;re rencontre est d'ailleurs pr&#233;vue samedi prochain &#224; la Safex, &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces d&#233;mocratiques n'ont pas, non plus, manqu&#233; d'initiatives. Les partis appartenant &#224; ce courant politique ont multipli&#233; les propositions de sortie de crise, allant de l'instauration d'une instance pr&#233;sidentielle coll&#233;giale &#224; l'institution, &#224; terme, d'une Assembl&#233;e constituante. (Article publi&#233; le 15 ao&#251;t dans El Watan, sous la plume de Mokrane Ait Ouarabi)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution soudanaise entre dans une nouvelle phase</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-revolution-soudanaise-entre-dans-une-nouvelle-phase</link>
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		<dc:date>2019-08-20T07:32:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilbert Achcar</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution soudanaise a remport&#233; d'importantes victoires. Mais elle doit encore lutter pour passer du contr&#244;le par les forces militaires au contr&#244;le par les forces populaires. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'accord constitutionnel entre le mouvement populaire soudanais et les forces arm&#233;es du pays a &#233;t&#233; sign&#233; le samedi 17 ao&#251;t. L'article qui suit apporte un &#233;clairage sur les circonstances de cet accord. Il a &#233;t&#233; publi&#233; pour la premi&#232;re fois dans le quotidien arabe Al-Qods al-Arabi le 30 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton39882-3c9fa.jpg?1782078622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volution soudanaise a remport&#233; d'importantes victoires. Mais elle doit encore lutter pour passer du contr&#244;le par les forces militaires au contr&#244;le par les forces populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/soudan/la-revolution-soudanaise-entre-dans-une-nouvelle-phase.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord constitutionnel entre le mouvement populaire soudanais et les forces arm&#233;es du pays a &#233;t&#233; sign&#233; le samedi 17 ao&#251;t. L'article qui suit apporte un &#233;clairage sur les circonstances de cet accord. Il a &#233;t&#233; publi&#233; pour la premi&#232;re fois dans le quotidien arabe Al-Qods al-Arabi le 30 juillet et reproduit sur le site web du Parti communiste soudanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juillet, des masses soudanaises exub&#233;rantes ont c&#233;l&#233;br&#233; la victoire qu'elles avaient remport&#233;e sous la direction des Forces de la D&#233;claration pour la libert&#233; et le changement (FDFC) lorsque le Conseil militaire de transition (CMD) a d&#251; faire marche arri&#232;re &#224; la suite des grandes manifestations organis&#233;es le 30 juin. Les militaires ont d&#251; abandonner leur tentative de r&#233;primer le mouvement de masse, conc&#233;der son libre d&#233;veloppement, y compris la restauration de l'Internet, principal moyen de communication du mouvement, et revenir &#224; la voie de la n&#233;gociation et du compromis apr&#232;s avoir &#233;chou&#233; &#224; imposer leur volont&#233; par la force des armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution soudanaise est alors entr&#233;e dans une troisi&#232;me phase, apr&#232;s une premi&#232;re phase marqu&#233;e par la chute d'Omar al-Bachir le 11 avril et une deuxi&#232;me par la retraite du CMD le 5 juillet. Le FDFC, en particulier sa principale composante, l'Association des professionnels soudanais (Sudanese Professionals Association-SPA), a d&#233;montr&#233; sa pleine conscience que chaque phase est plus difficile et dangereuse que la pr&#233;c&#233;dente en maintenant la mobilisation massive et en la renfor&#231;ant en vue des confrontations en cours et &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victoires obtenues jusqu'&#224; pr&#233;sent n'ont &#233;t&#233; que partielles : il s'agit essentiellement de compromis entre l'ancien r&#233;gime repr&#233;sent&#233; par le CMD et la r&#233;volution men&#233;e par le FDFC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compromis inaugurant la troisi&#232;me phase a &#233;t&#233; formul&#233; dans l'accord politique entre les deux forces le 17 juillet. Il refl&#232;te la dualit&#233; du pouvoir sur le terrain dans cette phase transitoire, entre, d'une part, une direction militaire qui insiste pour garder sous son contr&#244;le les minist&#232;res de la D&#233;fense et de l'Int&#233;rieur (c'est-&#224;-dire toutes les forces militaires et de s&#233;curit&#233;), comme l'avait fait le Conseil supr&#234;me des Forces arm&#233;es en Egypte apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;barrass&#233; de l'ancien pr&#233;sident Hosni Moubarak le 11 f&#233;vrier 2011 et, d'autre part, une direction r&#233;volutionnaire qui mobilise les masses pour affronter les militaires et chercher &#224; diriger le mouvement de masse dans une guerre de positions qui lui permettrait de contr&#244;ler progressivement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif du FDFC est de rallier la majorit&#233; des forces arm&#233;es en faveur des objectifs civils et pacifiques du mouvement, afin d'isoler leur aile la plus r&#233;actionnaire. La principale figure de proue de ce dernier est le commandant des Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), Muhammad Hamdan Dagalo (connu sous le nom de Hemedti), soutenu par l'axe r&#233;actionnaire r&#233;gional constitu&#233; par le royaume saoudien, les Emirats arabes unis et le r&#233;gime &#233;gyptien d'Abdel Fattah al-Sissi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le Parti communiste soudanais dirige les rangs des d&#233;tracteurs de l'accord politique du 17 juillet et des concessions du FDFC qui en d&#233;coulent, en s'engageant &#224; poursuivre la lutte jusqu'&#224; la r&#233;alisation compl&#232;te des objectifs de la r&#233;volution tels que r&#233;sum&#233;s dans la D&#233;claration pour la libert&#233; et le changement adopt&#233;e le 1er janvier de cette ann&#233;e. Ceux qui consid&#232;rent cette position comme divisant le mouvement r&#233;volutionnaire et croient qu'elle l'affaiblit ont tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres forces cl&#233;s du mouvement, en particulier au sein du SPA, partagent le ressentiment des communistes face aux conditions que les militaires veulent imposer comme prix pour accepter de partager le pouvoir. Il est dans l'int&#233;r&#234;t bien compris de la R&#233;volution soudanaise qu'une partie du mouvement continue d'exercer des pressions r&#233;volutionnaires sans &#234;tre li&#233;e par l'accord, cela afin d'alimenter la radicalisation du processus en cours et de contrebalancer la pression r&#233;actionnaire exerc&#233;e par les forces int&#233;gristes islamiques, pression que le CMD invoque constamment pour consolider sa position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prochaine &#233;tape de la phase actuelle consiste &#224; adopter le Document constitutionnel de transition [sign&#233; &#224; Khartoum le 17 ao&#251;t], qui combine des principes tr&#232;s progressistes &#8211; plus avanc&#233;s que ceux inscrits dans les constitutions de tous les Etats arabes, y compris dans la nouvelle Constitution tunisienne &#8211; avec la formalisation de l'&#233;quilibre actuel des forces et la dualit&#233; des pouvoirs en l&#233;galisant la participation du commandement militaire dans l'exercice du pouvoir politique, d'une mani&#232;re qui est pire que dans la Constitution actuelle de l'Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, m&#234;me ce compromis avec tous ses d&#233;fauts est toujours menac&#233; par un commandement militaire qui tente r&#233;solument de contourner les exigences du mouvement et de les pervertir dans la pratique, comme il l'a fait r&#233;cemment avec la pr&#233;tendue enqu&#234;te dans le massacre perp&#233;tr&#233; par les FSR. L'aile la plus r&#233;actionnaire des forces arm&#233;es continue d'ailleurs d'essayer de renverser le compromis et de pousser la situation vers un coup d'Etat militaire, comme l'illustre l'assassinat de manifestants &#224; El-Obeid [ville au centre du Soudan, dans l'Etat du Nord-Kordofan] le 29 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le pouvoir politique est au bout du fusil &#187;, dit l'une des citations les plus connues du leader de la R&#233;volution chinoise, Mao Zedong. Cette d&#233;claration fait &#233;cho &#224; une exp&#233;rience r&#233;volutionnaire qui a &#233;t&#233; gagn&#233;e par la force des armes gr&#226;ce &#224; une guerre populaire prolong&#233;e. Elle v&#233;hicule n&#233;anmoins la v&#233;rit&#233; &#233;l&#233;mentaire que le pouvoir politique n'est jamais complet sans le contr&#244;le de la force arm&#233;e. Le d&#233;fi majeur de la R&#233;volution soudanaise consiste en effet &#224; prendre le contr&#244;le des forces arm&#233;es en dirigeant &#224; cette fin la force du mouvement populaire non arm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution parvient &#224; entrer pacifiquement dans une quatri&#232;me phase avec une dualit&#233; du pouvoir politique incarn&#233;e dans les institutions gouvernementales o&#249; le mouvement populaire pr&#233;domine, la capacit&#233; de la direction r&#233;volutionnaire &#224; satisfaire l'aspiration des masses &#224; la paix et leurs revendications sociales et &#233;conomiques deviendra cruciale pour lui permettre de prendre le contr&#244;le des forces arm&#233;es et de les d&#233;mocratiser. Sans cela, la R&#233;volution soudanaise sera embourb&#233;e &#224; mi-chemin, et pourrait donc finir par creuser sa propre tombe comme ce fut le cas dans l'histoire du Soudan et dans l'histoire des mouvements populaires du monde entier. (Article publi&#233; sur le site Jacobin, en date du 18 ao&#251;t 2019 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar est professeur &#224; SOAS, Universit&#233; de Londres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atbara, berceau des r&#233;volutions soudanaises</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Atbara-berceau-des-revolutions-soudanaises-39886</link>
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		<dc:date>2019-08-20T07:30:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gwena&#235;lle Lenoir</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Atbara est la ville du Soudan d'o&#249; est parti le mouvement qui a renvers&#233; le pr&#233;sident Omar Al-Bachir. Tout au long de l'histoire de ce pays, elle a toujours &#233;t&#233; un symbole de r&#233;sistance et de r&#233;volte contre les dictatures. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Orient XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors qu'elle achevait ce reportage, Gwenaelle Lenoir a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e &#224; Atbara par les services de renseignement soudanais, conduite &#224; Khartoum et expuls&#233;e. Au m&#234;me moment, une r&#233;pression sanglante s'abattait sur le mouvement de protestation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton39886-3b858.jpg?1782078622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Atbara est la ville du Soudan d'o&#249; est parti le mouvement qui a renvers&#233; le pr&#233;sident Omar Al-Bachir. Tout au long de l'histoire de ce pays, elle a toujours &#233;t&#233; un symbole de r&#233;sistance et de r&#233;volte contre les dictatures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/atbara-berceau-des-revolutions-soudanaises,3160&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'elle achevait ce reportage, Gwenaelle Lenoir a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e &#224; Atbara par les services de renseignement soudanais, conduite &#224; Khartoum et expuls&#233;e. Au m&#234;me moment, une r&#233;pression sanglante s'abattait sur le mouvement de protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Badreddine Hussein devait garder en m&#233;moire un seul jour de la r&#233;volution de 2019, quelle qu'en soit son issue, ce serait celui-l&#224; : le 23 avril 2019, quand les cheminots ont fait partir un train de passagers d'Atbara pour Khartoum. Le quadrag&#233;naire a eu du mal &#224; y trouver une place. M&#234;me lui, opposant de longue date au r&#233;gime d'Omar Al-Bachir et dirigeant clandestin du Parti communiste de la capitale du chemin de fer. Tout le monde voulait en &#234;tre, de ce voyage ! Tout le monde a voulu le voir passer, ce train. Tout au long des 300 km de voies ferr&#233;es, le convoi est accueilli par les youyous des femmes, les doigts tendus en forme de V, les &#171; thawra ! thawra ! &#187; (&#171; r&#233;volution &#187;). &#192; l'or&#233;e de Khartoum, il est pris d'assaut. Des centaines de personnes grimpent sur le toit des voitures, se perchent sur les marches-pieds. La locomotive diesel traverse lentement le quartier de Bahri, franchit le Nil et p&#233;n&#232;tre dans l'immense espace face au quartier g&#233;n&#233;ral de la police o&#249; est install&#233;e l'agora politique connue sous le nom de sit-in ou &#171; Qiyadah &#187;. Dans le train, Badreddine et tous les passagers dansent et exultent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atbara, une fois de plus, a tenu son rang de ville ouvri&#232;re, syndicale et r&#233;volutionnaire. Car elle est tout cela, Atbara, dans l'histoire contemporaine et dans la m&#233;moire collective soudanaise. Le si&#232;ge du chemin de fer qui fut longtemps le poumon du pays et un motif de fiert&#233; nationale. Le bastion des cheminots et de leur longue tradition de lutte syndicale. Un des fiefs du Parti communiste soudanais, un des plus importants et des plus vivaces d'Afrique. La ville d'o&#249; partent les r&#233;volutions qui abattent les r&#233;gimes autocratiques et les dictateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des chemins de fer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis d&#233;cembre 2018, elle a montr&#233; qu'elle est encore tout cela. C'est d'ici qu'est partie la r&#233;volution, avant qu'elle ne gagne d'autres villes de province, puis Khartoum, la capitale. Pourtant, ces cinquante derni&#232;res ann&#233;es, deux dictateurs ont tout fait pour la r&#233;duire &#224; une cit&#233; endormie au bord du Nil. L'ancien quartier des cadres de la soci&#233;t&#233; des chemins de fer, aux maisons toutes semblables, est d&#233;sert. &#171; Ce sont maintenant des employ&#233;s de l'universit&#233; qui habitent ici, et les universit&#233;s sont ferm&#233;es depuis le d&#233;but de la r&#233;volution en d&#233;cembre dernier &#187;, explique Badreddine Hussein en ce d&#233;but juin. Depuis le pont qui enjambe les voies de chemin de fer menant aux ateliers, le visiteur observe des ch&#232;vres broutant les arbustes d'&#233;pineux et les herbes folles qui poussent entre les traverses. Des silhouettes nonchalantes sous la chaleur de mai marchent le long des rails. Sous les toits des garages en t&#244;le, les trains rouillent. Seule la locomotive diesel claire vue sur les photos de Badreddine Hussein semble en &#233;tat de marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, les cheminots, les ouvriers, les syndicalistes, nous avons &#233;t&#233; &#224; la tra&#238;ne de cette r&#233;volution-ci, reconnait Amin Ali Hassan. Mais nous la soutenons. Et m&#234;me affaiblis, nous repr&#233;sentons quelque chose. &#187; Gallabiyah immacul&#233;e, calot blanc sur le cr&#226;ne, il nous re&#231;oit &#224; son domicile, dans une maison sommairement meubl&#233;e appartenant aux chemins de fer. &#201;lu &#224; la t&#234;te d'un syndicat des cheminots cens&#233; &#234;tre aux ordres du r&#233;gime, il a r&#233;ussi &#224; reconstruire une v&#233;ritable organisation professionnelle. Le militant syndical historique ancien membre du Parti communiste repr&#233;sente toujours une menace aux yeux des services de renseignement, le National Intelligence and Security Services (NISS) : arr&#234;t&#233; le 20 d&#233;cembre 2018, soit quelques jours seulement apr&#232;s le d&#233;but de l'insurrection populaire, il n'a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; que le 11 avril, dans la foul&#233;e de la destitution d'Omar Al-Bachir par ses propres g&#233;n&#233;raux. &#171; Ils sont venus &#224; mon travail. J'ai pass&#233; deux jours dans les locaux du NISS &#224; Atbara et le reste au &#8220;frigo&#8221; [1] de Bahri [2], raconte calmement Amin Ali Hassan, en v&#233;t&#233;ran des arrestations politiques. Je n'ai pas &#233;t&#233; tortur&#233;. Je n'ai &#233;t&#233; interrog&#233; qu'une seule fois, et c'&#233;tait pour me demander : &#8220;Qu'est-ce qui se passe dans les rues ? Qu'est-ce que c'est que ce mouvement, qui est derri&#232;re ?&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pain et la libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les premi&#232;res manifestations, il y avait une population de classes moyennes d&#233;class&#233;es exasp&#233;r&#233;es par le manque de liquidit&#233;s dans les banques, une inflation &#224; deux chiffres, et un triplement du prix du pain. Derri&#232;re les premi&#232;res manifestations, il y avait des gamins comme Youssef [3], pas encore vingt ans, long et mince comme tous les jeunes Soudanais, le sourire presque timide. C'est, dit d&#233;j&#224; la l&#233;gende, par lui et deux de ses amies de son &#226;ge que tout a commenc&#233;. Les trois &#233;tudiants ont jet&#233; sur des feuilles A4 des slogans contre l'augmentation du prix du pain et pour la libert&#233;. Ils se sont post&#233;s &#224; un carrefour fr&#233;quent&#233; d'Atbara. Ils ont brandi leurs feuilles. C'&#233;tait le 13 d&#233;cembre 2018 et le rassemblement improvis&#233; a dur&#233; moins de cinq minutes. Les voitures du NISS sont arriv&#233;es, des pick up Toyota blancs que tout le monde reconna&#238;t au Soudan. Youssef s'est enfui &#224; toutes jambes. Ses deux amies ont &#233;t&#233; bri&#232;vement interpell&#233;es &#8212; &#224; l'&#233;poque, les femmes &#233;taient encore relativement &#233;pargn&#233;es &#8212;, admonest&#233;es et lib&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, 14 d&#233;cembre, apr&#232;s la pri&#232;re hebdomadaire du vendredi, les manifestations commen&#231;aient, encore timidement, &#224; Damazine. Le jeudi 19 d&#233;cembre, les protestataires submergent Atbara. Le si&#232;ge local du Parti du congr&#232;s national (National Congress Party, NCP) d'Omar Al-Bachir est incendi&#233;. Le lendemain, les leaders politiques et syndicaux d'opposition identifi&#233;s sont arr&#234;t&#233;s. Mais c'est trop tard, le pays tout entier prend les rues. Et les &#171; historiques &#187; ne sont pas pour grand-chose dans l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on ne pr&#234;te qu'aux riches, et dans le domaine de la r&#233;volte, Atbara poss&#232;de une r&#233;putation bien &#233;tablie. La l&#233;galisation des syndicats en 1948, c'est gr&#226;ce &#224; une gr&#232;ve des cheminots d'Atbara. Les deux r&#233;volutions avant celles de 2019, celles d'octobre 1964 et d'avril 1985, c'est aussi Atbara qui les a lanc&#233;es. &#171; Ce n'est pas tout &#224; fait vrai, corrige Hassan Ahmed Al-Cheikh, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat des chemins de fer, costume sans cravate fleurant le syndicalisme de lutte des ann&#233;es 1970 et grandes lunettes d&#233;mod&#233;es sur le nez. Mais Atbara, une fois la protestation de 1964 d&#233;clench&#233;e, en a &#233;t&#233; le c&#339;ur. Deux trains sont partis de Port-Soudan pour soutenir les r&#233;volutionnaires &#224; Khartoum, et forc&#233;ment toutes les d&#233;cisions &#233;taient prises &#224; Atbara, puisque le si&#232;ge des chemins de fer se trouve ici. Ensuite, &#224; partir du 26 octobre 1964, nous avons lanc&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et nous avons bloqu&#233; le pays pendant trois jours. Il n'y avait pas d'aviation &#224; l'&#233;poque, tout passait par le rail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liquider le syndicalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Jaafar Nimeiri s'en souviendra quand il prendra le pouvoir par un coup d'&#201;tat en 1969. D'abord alli&#233; aux communistes, il les r&#233;prime durement, fait pendre plusieurs de ses dirigeants, dont Abdel Khalek Mahjoub, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Le parti est contraint, une fois de plus, &#224; la clandestinit&#233;. Les syndicats sont aussi cibl&#233;s. &#171; Apr&#232;s les grandes gr&#232;ves du d&#233;but des ann&#233;es 1970, le r&#233;gime a cherch&#233; &#224; affaiblir les chemins de fer, car c'&#233;tait le fer de lance du mouvement ouvrier et syndical, reprend Hassan Ahmed Al-Cheikh. Nimeiri a commenc&#233;. Omar Al-Bachir a fait le reste. Il a tu&#233; &#224; la fois le chemin de fer et le syndicalisme soudanais. &#187; Il sait de quoi il parle : il a fait partie des milliers de techniciens mis &#224; la retraite d'office en 1991, deux ans apr&#232;s le coup d'&#201;tat d'Omar Al-Bachir, appuy&#233; par les islamistes de Hassan Al-Tourabi. &#171; 15 000 travailleurs du chemin de fer ont &#233;t&#233; mis &#224; la porte d'une mani&#232;re ou d'une autre, cette ann&#233;e-l&#224;, dont 3 000 rien qu'&#224; Atbara &#187;, se souvient Badreddine Hussein. L'ann&#233;e suivante, en 1992, les syndicats sont dissous et remplac&#233;s par des organisations professionnelles &#224; la botte du r&#233;gime. &#171; Nous &#233;tions 70 000 travailleurs dans les chemins de fer dans les ann&#233;es 1970, il n'y en a plus que 5 000 &#187;, constate Hassan Ahmed Al-Cheikh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e du chemin de fer d'Atbara est install&#233; dans une ancienne &#233;glise anglicane en briques ocre. Les cheminots se sont battus pour qu'il soit &#233;rig&#233; ici, dans la &#171; ville du chemin de fer &#187; et non dans la capitale Khartoum. Il a ouvert ses portes en 2011. Sa modestie n'entache pas la fiert&#233; de ses promoteurs. Badawi Sayyed, ancien contr&#244;leur du trafic, retrait&#233; et directeur du mus&#233;e depuis deux ans, et son comp&#232;re Mustafa Ahmed, pensionn&#233; lui aussi apr&#232;s des d&#233;cennies &#224; la t&#234;te du personnel de la SNCF locale font fi&#232;rement faire le tour du jardin au visiteur. Et c'est toute l'histoire du Soudan depuis la fin du XIXe si&#232;cle qui est rassembl&#233;e l&#224;, dans des vitrines poussi&#233;reuses, et dans le jardin. Au milieu d'herbes folles, le portail de la premi&#232;re gare de Khartoum. Il est bien un peu d&#233;glingu&#233;, mais &#231;a ne compte pas : &#171; Il date de 1902 et il n'y a que cinq exemplaires de ce type au monde, dont un &#224; Buckingham Palace &#187;, expliquent les deux vieux messieurs. Et puis il y a, sur des rails, une de locomotives &#224; vapeur utilis&#233;es par l'Anglais commandant en chef de l'arm&#233;e d'&#201;gypte lord Kitchener en 1896. Il se devait de venger son compatriote Gordon Pacha, tu&#233; &#224; Khartoum par les hommes du Mahdi, rebelle soudanais, en 1885. Il ne pouvait pas remonter le Nil, cataractes obligent. Il utilisa donc le tout nouveau chemin de fer pour transporter et ravitailler ses troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatisation et appels d'offres truqu&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur, des photos, des objets racontent la geste du chemin de fer soudanais depuis les Anglais jusqu'&#224; l'apog&#233;e des ann&#233;es 1970. &#171; Nous avons pr&#232;s de 500 visiteurs par mois, assure Badawi Sayyed. Des &#233;tudiants, des enfants des &#233;coles, des familles. &#187; &#171; Le chemin de fer attire encore, car c'est notre histoire, se r&#233;jouit Mustafa Ahmed. Pendant longtemps, il a &#233;t&#233; la seule mani&#232;re de parcourir le pays. Il peut encore &#234;tre tr&#232;s utile au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie, si on inverse la politique men&#233;e par le r&#233;gime ces derni&#232;res d&#233;cennies. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Atbara, toute berc&#233;e par son histoire de capitale du chemin de fer soudanais s'est encore une fois jet&#233;e corps et &#226;me dans la r&#233;volution, c'est aussi parce qu'elle n'a pas pardonn&#233; &#224; Omar Al-Bachir le sort qui lui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;. &#171; En 1997, le pouvoir a lanc&#233; la privatisation du chemin de fer. Il l'a divis&#233; en entit&#233;s diff&#233;rentes pour mieux les vendre, peste Amin Ali Al-Hassan. Les soci&#233;t&#233;s qui ont achet&#233; ces entreprises n'&#233;taient pas du m&#233;tier. Elles n'avaient aucune comp&#233;tence, si ce n'est celle d'&#234;tre proches du r&#233;gime. Les appels d'offres ont &#233;t&#233; truqu&#233;s, c'&#233;tait la soci&#233;t&#233; qui avait vers&#233; le plus gros pot de vin qui l'emportait. R&#233;sultat : les trains ne roulent plus. Ou presque plus &#187;. Les marchandises d&#233;barqu&#233;es &#224; Port Soudan voyagent d&#233;sormais par camions. Il n'y a plus qu'un train de voyageurs Atbara-Khartoum par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la r&#233;volution, de la politique, de l'avenir du chemin de fer, les habitants d'Atbara discutaient jusque tard le soir au sit-in install&#233; au bord du Nil, r&#233;plique miniature de celui de Khartoum. Le 3 juin au matin, comme celui de Khartoum, il a &#233;t&#233; balay&#233; par les miliciens &#224; la solde du Conseil militaire de transition (Transition Military Council, TMC). Depuis, le train qui, le 23 avril, portait sur ses flancs une grande banderole &#171; Atbara, berceau des r&#233;volutions &#187; est rest&#233; en gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gwena&#235;lle Lenoir, Journaliste ind&#233;pendante, sp&#233;cialiste du monde arabe et de l'Afrique de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les &#171; frigos &#187; sont des lieux de d&#233;tention non officiels tenus par le NISS. Les personnes arr&#234;t&#233;es y sont enferm&#233;es sans chef d'accusation ni jugement. Ils sont ainsi surnomm&#233;s car le froid est un des mauvais traitements inflig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'un des quartiers de Khartoum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Nous modifions les noms de certains de nos interlocuteurs pour leur propre s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie &#8211; 25e vendredi du hirak dans la capitale : &#171; Rel&#226;chez nos enfants pour l'A&#239;d ! &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-25e-vendredi-du-hirak-dans-la-capitale-Relachez-nos-enfants-pour-l-Aid</link>
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		<dc:date>2019-08-13T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mustapha Benfodil</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alger, 9 ao&#251;t. Le hirak a atteint hier la barre symbolique du 25e vendredi de protestation d'affil&#233;e. Nous sommes &#224; J-2 de l'A&#239;d El K&#233;bir. Une chaleur accablante &#233;touffe la capitale, avec une temp&#233;rature ressentie fr&#244;lant les 40 &#176;C. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de El-Watan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de &#171; hirakistes &#187; manquent &#224; l'appel pour cause de vacances annuelles. Mais la &#171; permanence &#187; est assur&#233;e, et de quelle mani&#232;re ! Une fois de plus, la mobilisation a &#233;t&#233; au rendez-vous, avec des dizaines de milliers de citoyens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-et-Soudan-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie et Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton39814-4aad1.jpg?1782078622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alger, 9 ao&#251;t. Le hirak a atteint hier la barre symbolique du 25e vendredi de protestation d'affil&#233;e. Nous sommes &#224; J-2 de l'A&#239;d El K&#233;bir. Une chaleur accablante &#233;touffe la capitale, avec une temp&#233;rature ressentie fr&#244;lant les 40 &#176;C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.elwatan.com/edition/actualite/25e-vendredi-du-hirak-dans-la-capitale-relachez-nos-enfants-pour-laid-10-08-2019&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El-Watan&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de &#171; hirakistes &#187; manquent &#224; l'appel pour cause de vacances annuelles. Mais la &#171; permanence &#187; est assur&#233;e, et de quelle mani&#232;re ! Une fois de plus, la mobilisation a &#233;t&#233; au rendez-vous, avec des dizaines de milliers de citoyens jaillissant peu apr&#232;s la pri&#232;re d'El Djoumou&#226; en scandant : &#171; Makache hiwar ma&#226; el &#238;ssabate &#187; (Pas de dialogue avec les gangs), &#171; Dawla madania, machi askaria &#187; (Etat civil, pas militaire), &#171; Y'en a marre des g&#233;n&#233;raux ! &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion de l'A&#239;d, les manifestants ont con&#231;u un slogan sur mesure : &#171; Attalgou ouledna y-&#226;&#239;dou ma&#226;na &#187; (Rel&#226;chez nos enfants pour qu'ils f&#234;tent l'A&#239;d avec nous). Le slogan l&#226;ch&#233; la semaine derni&#232;re aura &#233;t&#233;, lui aussi, l'un des leitmotivs des manifs d'hier : &#171; Rahou djay, rahou djay, el &#238;ssyane el madani &#187; (Elle arrive, la d&#233;sob&#233;issance civile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pratiquement la mi-journ&#233;e, les rues de la capitale &#233;taient vides, et sur les art&#232;res investies habituellement par les manifestants, notamment l'axe place Audin- Grande-Poste, il y avait beaucoup plus de policiers que de protestataires. Le dispositif de &#171; cantonnement &#187; des manifs mis en place par la police affiche toujours la m&#234;me kyrielle de fourgons et autres camions des forces de l'ordre positionn&#233;s de part et d'autre de la chauss&#233;e, &#224; hauteur de la Fac centrale et jusqu'&#224; la Grande-Poste. On pouvait n&#233;anmoins voir des groupes de citoyens se pr&#234;ter &#224; des d&#233;bats anim&#233;s pr&#232;s de la terrasse du caf&#233; Club 54, sous le regard indolent d'hommes en uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Club des Pins, c'est la bo&#238;te noire du syst&#232;me &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de midi, la foule se met &#224; grossir. Un homme coiff&#233; d'un chapeau de paille nous lance tout &#224; trac : &#171; Dites la v&#233;rit&#233; ! Les m&#233;dias doivent dire la v&#233;rit&#233; au peuple. Ils (AGS et consorts) violent la Constitution du matin au soir. Ga&#239;d Salah est un militaire, il doit parler aux militaires. Nous, on est des civils, on n'est pas des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple en a marre. Cette commission de dialogue ne nous repr&#233;sente pas, les gens veulent de nouvelles t&#234;tes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une marche est organis&#233;e de la place Audin jusqu'aux abords du si&#232;ge r&#233;gional du RCD, sur la rue Didouche. Les manifestants crient : &#171; Klitou lebled ya esseraqine &#187; (Vous avez pill&#233; le pays bande de voleurs), &#171; Dawla madania, machi askaria &#187;, &#171; Lebled bledna wen dirou ra&#239;na &#187; (Ce pays est n&#244;tre et nous ferons ce qui nous pla&#238;t)&#8230;. La procession r&#233;p&#232;te &#224; volont&#233; le refrain &#224; la mode : &#171; Rahou dja, rahou dja, el &#238;ssyane el madani &#187;. On pouvait distinguer aussi cette variante : &#171; Mour el A&#239;d, mour el A&#239;d, el &#238;ssyane el madani &#187; (Apr&#232;s l'A&#239;d, la d&#233;sob&#233;issance civile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boudjemaa, 40 ans, r&#233;sidant &#224; Staou&#233;li, r&#233;p&#233;tait le slogan avec la foule. Interrog&#233; sur le sens qu'il attribue &#224; ce mot d'ordre, il pr&#233;cise : &#171; Ce qu'on dit, c'est qu'&#171; elle arrive &#187;, la d&#233;sob&#233;issance civile, ce n'est pas pour tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a sera pour la rentr&#233;e. Il faut la pr&#233;parer. Il n'y a pas d'autre solution avec ce r&#233;gime corrompu. &#187; Boudjema&#226; confie dans la foul&#233;e : &#171; Moi, je suis de Staou&#233;li. Moretti et Club des Pins sont toujours des zones interdites pour nous. Club des Pins, c'est la 49e wilaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'ai connu ce monde de l'int&#233;rieur&#8230; &#187; Notre interlocuteur a, en effet, travaill&#233; sur des chantiers de construction, dans la zone ultras&#233;curis&#233;e de la r&#233;sidence d'Etat. &#171; Je voyais tous les pontes du r&#233;gime. Toute la zone qui va de A&#239;n Benian &#224; Z&#233;ralda leur appartenait. Melzi se comportait en dictateur l&#224;-bas, chikour kbir ! &#187; T&#233;moin malgr&#233; lui des frasques de tous ces nababs tomb&#233;s d&#233;sormais en disgr&#226;ce, Boudjema&#226; l&#226;che : &#171; Club des Pins, c'est la bo&#238;te noire du syst&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il faut une op&#233;ration ville morte &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un manifestant arbore carr&#233;ment une pancarte sur laquelle il a &#233;crit noir sur blanc : &#171; Rahou djay, rahou djay, el &#238;ssyane el madani ! &#187; C'est le metteur en sc&#232;ne et com&#233;dien engag&#233; Ahmed Rezzak, qui manifestait d&#233;j&#224; avec &#233;nergie, en 2014, contre le 4e mandat. Il explique : &#171; Pour moi, la d&#233;sob&#233;issance civile, ce n'est pas &#171; el itissam &#187; (un sit-in). Il ne faut pas qu'il y ait d'affrontement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est rester chez soi, comme au Soudan. Il faut organiser une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale o&#249; les gens ne sortent pas de chez eux. Il faut une op&#233;ration ville morte, pour une journ&#233;e. On peut choisir par exemple le lundi, comme &#231;a, la population a le temps de se pr&#233;parer. Moi je la vois comme &#231;a, pacifiquement, la d&#233;sob&#233;issance civile. Il faut juste que les gens restent chez eux. On ne peut pas t'obliger &#224; sortir de force. Et il faut que &#231;a se r&#233;p&#232;te chaque lundi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceux qui estiment que c'est un mode de contestation tr&#232;s contraignant, Ahmed r&#233;pond : &#171; En fait, c'est comme le vendredi, au tout d&#233;but du mouvement. &#199;a faisait peur aux gens. Certains disaient qu'on ne savait pas faire une marche, qu'on n'est pas civilis&#233;s, finalement, on a vu 22 millions de personnes dans la rue sans aucun incident. C'est la m&#234;me chose pour la d&#233;sob&#233;issance civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a fait peur aux gens alors que &#231;a peut avoir plus d'impact que les autres formes de contestation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule poursuit sa procession jusqu'&#224; la rue Abdelkrim Khettabi. M&#233;gaphone en main, des jeunes enflamment la sc&#232;ne sous un soleil de plomb. Les clameurs montent : &#171; Atouna Bourega&#226; weddou el Ga&#239;d &#187; (Rel&#226;chez Bourega&#226; et prenez Ga&#239;d Salah), &#171; Echa&#226;b yourid l'istiqlal &#187; (le peuple veut l'ind&#233;pendance), &#171; Wallah ma n'o&#251;mou hatta tarahlou &#187; (On n'ira pas &#224; la plage jusqu'&#224; ce que vous partiez). Le panel du dialogue est cibl&#233; derechef : &#171; Karim Youn&#232;s &#224; la poubelle &#187;, &#171; Ya s'hab el casse-cro&#251;te, makache el vote &#187;, &#171; La hiwar la chiwar, irhalou &#187; (Ni dialogue ni concertation, partez !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; M'zinou n'har el youm yetnahaw ga3 &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'A&#239;d qui sera c&#233;l&#233;br&#233; ce demain, les manifestants ont malicieusement d&#233;tourn&#233; le refrain de Abdelkrim Dali pour donner : &#171; M'zinou n'har el youm yetnahaw ga3 &#187; (Quel beau jour aujourd'hui, vous d&#233;gagez tous ! ) On entendait aussi : &#171; N'&#226;&#239;dou wenwellou hatta tarahlou &#187; (On f&#234;te l'A&#239;d et on revient jusqu'&#224; ce que vous partiez).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment, la foule mart&#232;le : &#171; Hraqtou el ghabate, ya el issabate &#187; (Vous avez br&#251;l&#233; les for&#234;ts, gangs). Un slogan qui fait dr&#244;lement &#233;cho &#224; une pancarte qui dit : &#171; Non &#224; la politique de la terre br&#251;l&#233;e &#187;. Des citoyens arborent des posters &#224; l'effigie de quelques d&#233;tenus d'opinion. Les hirakistes ne les ont pas oubli&#233;s. Ils scandent &#224; l'unisson : &#171; Attalgou ouledna y &#226;&#239;dou ma&#226;na &#187; (Rel&#226;chez nos enfants pour qu'ils f&#234;tent l'A&#239;d avec nous). Ils crient aussi : &#171; Ya esseraquine, ya l'khawana, attalgou ouledna y &#226;&#239;dou ma&#226;na &#187; (Voleurs, tra&#238;tres, rel&#226;chez nos enfants pour qu'ils f&#234;tent l'A&#239;d avec nous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi, les m&#234;mes slogans sont repris en boucle par une foule en d&#233;lire. Sur une pancarte, on lit : &#171; D&#233;cideurs, vous avez tort de ne pas comprendre le peuple. Nos marches sont des r&#233;f&#233;rendums &#187;. Un citoyen a &#233;crit pour sa part : &#171; Ga&#239;d veut sauver le syst&#232;me et le peuple veut sauver le pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre adresse ce message caustique teint&#233; d'humour : &#171; Menu du grand chef : dialogue brid&#233;, pr&#233;sidentielle h&#226;t&#233;e, candidat maison d&#233;j&#224; choisi, syst&#232;me scl&#233;ros&#233; &#224; pr&#233;server et p&#233;renniser&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saha A&#239;dkoum. Une forte pens&#233;e &#224; tous les d&#233;tenus politiques qui passeront l'A&#239;d loin de chez eux, dans les ge&#244;les de l'injustice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mustapha Benfodil&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie. 24e mobilisation &#233;tudiante</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Algerie-24e-mobilisation-etudiante</link>
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		<dc:date>2019-08-13T06:56:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rachid Larbi</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des centaines d'&#233;tudiants ont march&#233;, aujourd'hui (6 ao&#251;t) &#224; Alger, pour exiger le changement du syst&#232;me et l'instauration d'un Etat d&#233;mocratique. [1] Malgr&#233; la chaleur &#233;touffante, les &#233;tudiants continuent &#224; marcher. Certes moins nombreux mais le c&#339;ur est l&#224;. Depuis la place des martyres, jusqu'au centre de la capitale, les slogans fusent : &#171; dawla madania mashi askaria (Etat civil, pas militaire) &#187;, &#171; M&#233;dias libres, justice ind&#233;pendante &#187;, &#171; Lib&#233;rez les d&#233;tenus d'opinion &#187; ou encore &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH56/arton39816-8fc6b.jpg?1782057316' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='56' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des centaines d'&#233;tudiants ont march&#233;, aujourd'hui (6 ao&#251;t) &#224; Alger, pour exiger le changement du syst&#232;me et l'instauration d'un Etat d&#233;mocratique. [1] Malgr&#233; la chaleur &#233;touffante, les &#233;tudiants continuent &#224; marcher. Certes moins nombreux mais le c&#339;ur est l&#224;. Depuis la place des martyres, jusqu'au centre de la capitale, les slogans fusent : &#171; dawla madania mashi askaria (Etat civil, pas militaire) &#187;, &#171; M&#233;dias libres, justice ind&#233;pendante &#187;, &#171; Lib&#233;rez les d&#233;tenus d'opinion &#187; ou encore &#171; 3isyan madani (d&#233;sob&#233;issance civile &#8211; un th&#232;me apparu vendredi pass&#233;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/algerie/algerie-24e-mobilisation-etudiante.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les manifestants notant aussi la pr&#233;sence de nombreuses personnes &#226;g&#233;es. &#171; Les voir marcher tous aujourd'hui par cette chaleur ne m'a pas laiss&#233; indiff&#233;rent. Leur courage et leur volont&#233; r&#233;unis donnent une image forte et transmettent une puissance pour chaque citoyen quel qu'il soit &#187;, explique Mahmoud, visiblement plus &#226;g&#233; que les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains jeunes pr&#233;sents &#224; la marche de ce 24e mardi pr&#233;cisent que &#171; le mouvement ne s'arr&#234;tera pas tant que le gouvernement actuel est en place &#187;. Reda, &#233;tudiant a l'USTHB en master 2 parle d'un mouvement populaire estudiantin qui compl&#232;te le Hirak du vendredi. &#171; Dans tous les pays du monde les marches se font et se d&#233;font au rythme des &#233;tudiants. Ils constituent une force qu'aucune institution ne peut contr&#244;ler. Le vendredi reste et restera le jour du peuple mais le mardi, le peuple peut compter sur sa jeunesse pour d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t de la nation, &#224; savoir la chute du r&#233;gime actuel qui nous tire vers le bas &#187; clame Reda en compagnie de ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants ont r&#233;agi au denier discours d'Ahmed Ga&#239;d Salah dans lequel il a insist&#233; sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. &#171; Voter est un droit et un devoir, mais l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ne peut avoir lieu dans les conditions actuelles et dans un climat politique aussi instable. (&#8230;) Seul un dialogue construit sur des bases solides peut r&#233;soudre nos probl&#232;mes &#187;, conclut Sofiane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] De nombreux sites internet sont bloqu&#233;s par le pouvoir. A cela s'ajoutent une r&#233;pression s&#233;lective et des op&#233;rations visant &#224; la division entre diverses strates de la soci&#233;t&#233;. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que veulent les femmes qui participent &#224; la r&#233;volution au Soudan ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Que-veulent-les-femmes-qui-participent-a-la-revolution-au-Soudan-39818</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Que-veulent-les-femmes-qui-participent-a-la-revolution-au-Soudan-39818</guid>
		<dc:date>2019-08-13T06:43:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Liv T&#248;nnessen , Samia Al-Nagar</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-08-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quoique &#224; la t&#234;te de la mobilisation, les femmes sont tenues &#224; l'&#233;cart des n&#233;gociations en cours entre des repr&#233;sentants de la contestation et les g&#233;n&#233;raux qui dirigent le pays depuis la destitution d'Al-Bachir en avril. African Argument a interview&#233; 64 manifestantes alors que les pourparlers destin&#233;s &#224; mener la transition vers un pouvoir civil, peinent &#224; avancer. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Courrier international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout au long de la r&#233;volution au Soudan, les femmes ont jou&#233; un r&#244;le cl&#233; dans le combat pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-08-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-08-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton39818-0fa67.jpg?1782078622' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quoique &#224; la t&#234;te de la mobilisation, les femmes sont tenues &#224; l'&#233;cart des n&#233;gociations en cours entre des repr&#233;sentants de la contestation et les g&#233;n&#233;raux qui dirigent le pays depuis la destitution d'Al-Bachir en avril. African Argument a interview&#233; 64 manifestantes alors que les pourparlers destin&#233;s &#224; mener la transition vers un pouvoir civil, peinent &#224; avancer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/contestation-que-veulent-les-femmes-qui-participent-la-revolution-au-soudan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la r&#233;volution au Soudan, &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/revolte-les-femmes-en-premiere-ligne-de-la-mobilisation-au-soudan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les femmes ont jou&#233; un r&#244;le cl&#233;&lt;/a&gt; dans le combat pour la libert&#233;, la justice et la paix, notamment en &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/video/video-soudan-pourquoi-cette-manifestante-est-devenue-une-icone-de-la-contestation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entonnant des chants r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;. Des manifestations de d&#233;cembre 2018 aux &#233;normes marches d'il y a quelques jours, les manifestantes ne se sont pas laiss&#233;es intimider par les arrestations, la torture, les agressions sexuelles, l'usage des gaz lacrymog&#232;nes et de balles r&#233;elles. M&#234;me quand les &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/transition-politique-soudan-les-militaires-admettent-avoir-ordonne-la-repression-sanglante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;forces de s&#233;curit&#233; ont tu&#233; 118 personnes et viol&#233; des dizaines d'autres&lt;/a&gt; le 3 juin, [le 29 juillet &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/dessin/le-dessin-du-jour-face-aux-militaires-les-soudanais-sont-de-nouveau-dans-la-rue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;six personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es lors d'une manifestation&lt;/a&gt; dans la ville d'Al-Obeid, dans le centre du pays] des femmes de tous les milieux, toutes g&#233;n&#233;rations confondues, de religions diff&#233;rentes mais aussi de niveaux d'instruction et d'ethnies multiples ont continu&#233; &#224; se mobiliser pour exiger des changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de comprendre les motivations de ces femmes, nous avons interview&#233; 64 manifestantes. Il est int&#233;ressant de noter que certaines ont parl&#233; directement de l'&#233;galit&#233; hommes-femmes : &#8220;Il n'y a pas d'&#233;galit&#233;, et c'est la raison pour laquelle j'ai particip&#233; aux manifestations&#8230; je crois en l'&#233;galit&#233; des sexes.&#8221; Alors que d'autres n'&#233;taient pas vraiment dans cette dynamique : &#8220;Nous manifestons pour obtenir une vie meilleure, pas pour l'&#233;galit&#233; entre les sexes, parce que nous sommes avant tout musulmanes. Nous revendiquons nos droits, mais pas sur tous les plans.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si toutes les personnes interrog&#233;es ont d&#233;clar&#233; que leur priorit&#233; &#233;tait de renverser le r&#233;gime, les femmes ont &#233;galement apport&#233; leur pierre aux revendications du mouvement : &#8220;Libert&#233;, Paix et Justice&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justice et responsabilit&#233; en mati&#232;re de violences sexuelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreuses manifestantes, l'&#201;tat doit &#234;tre tenu responsable des injustices commises au cours de ses trente ann&#233;es au pouvoir. Et celles qui ont v&#233;cu dans des zones de guerre r&#233;clament justice pour les violences sexuelles. &#8220;Nous voulons que soient punis les auteurs d'abus sexuels au Darfour et dans d'autres r&#233;gions du pays.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs femmes, en particulier les plus jeunes, redoutaient que les forces de s&#233;curit&#233; n'aient recours &#224; ce type de violence pour contrer les manifestations. Leurs craintes se sont concr&#233;tis&#233;es le 3 juin lorsque les Forces de soutien rapide &#8211; une unit&#233; paramilitaire issue des milices Janjawid responsables des &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/soudan-survivre-dans-les-grottes-du-darfour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;atrocit&#233;s commises au Darfour&lt;/a&gt; &#8211; ont commis des dizaines de viols. &#8220;Les femmes ont beau porter des v&#234;tements convenables, elles sont expos&#233;es &#224; la violence verbale et physique, et [les agresseurs] prennent l'islam comme pr&#233;texte&#8221;, s'indigne une jeune dipl&#244;m&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militantes des droits des femmes n'ont pas attendu la r&#233;volution pour lutter contre les violences sexuelles. La question a m&#234;me occup&#233; le devant de la sc&#232;ne politique dans les ann&#233;es 2000, lorsque la Cour p&#233;nale internationale a inculp&#233; &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/portrait-soudan-omar-al-bachir-la-quintessence-du-dictateur-arabo-africain&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'ancien pr&#233;sident Omar Al-Bachir&lt;/a&gt; et plusieurs de ses sbires pour le recours syst&#233;matique et g&#233;n&#233;ralis&#233; aux abus sexuels au Darfour. Aujourd'hui, la plupart des manifestantes veulent que les fonctionnaires de l'&#201;tat soient poursuivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Pour moi, la justice, ce serait que tous les participants au r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent payent pour ce qu'ils ont fait subir &#224; notre pays&#8221;, a d&#233;clar&#233; une femme du Kordofan du Sud, o&#249; les accusations de violence sexuelle font &#233;galement surface. &#8220;Ils devraient &#234;tre tenus responsables et punis pour les abus sexuels au Darfour et dans d'autres r&#233;gions du pays.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Libert&#233; de choisir sa vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombreuses manifestantes, surtout les plus jeunes, la libert&#233; de d&#233;cider de sa vie, que les choix soient petits ou grands, est une revendication importante. &#8220;Je veux pouvoir d&#233;cider librement de la fa&#231;on dont je m'habille, o&#249; je vais et &#224; quelle heure je dois rentrer &#224; la maison&#8221;, lance une jeune femme de 28 ans, dipl&#244;m&#233;e de l'universit&#233;. La plupart &#233;voquent certaines restrictions li&#233;es au droit de la famille r&#233;gi par la charia au Soudan, comme le droit de choisir son mari, de travailler &#224; l'ext&#233;rieur du foyer et d'avoir la garde des enfants. &#8220;Je manifeste contre cette loi qui va m'enlever mes enfants si je divorce.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses femmes &#233;voquent &#233;galement la libert&#233; de se d&#233;placer dans l'espace public et les codes vestimentaires. Ces sujets ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s par des manifestantes de diff&#233;rents milieux sociaux, d'&#233;tudiantes &#224; l'universit&#233; &#224; des vendeuses ambulantes. Actuellement, une s&#233;rie de lois sur l'ordre public et de d&#233;crets pr&#233;sidentiels &#8211; pr&#233;tendument fond&#233;s sur l'islam &#8211; interdisent aux femmes de travailler en soir&#233;e et exigent le port du hijab en public. La police peut proc&#233;der &#224; des arrestations sans mandat et mettre en prison sans proc&#232;s les personnes dont la tenue est jug&#233;e inconvenante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses manifestantes jugent ces lois oppressives et contraires &#224; la dignit&#233; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8220;Je suis contre toutes les lois de ce r&#233;gime&#8230; surtout la loi sur l'ordre public qui a permis de torturer des femmes soudanaises et a limit&#233; leurs facult&#233;s de r&#233;flexion, leur libert&#233; et leur libre circulation&#8221;, fustige une des femmes interview&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Pour moi le plus p&#233;nible c'est le hijab obligatoire&#8221;, dit une autre. Certaines d&#233;plorent que la religion soit instrumentalis&#233;e &#224; des fins r&#233;pressives. &#8220;La religion c'est notre relation avec Dieu. Et ma relation &#224; Dieu est peut-&#234;tre meilleure que la leur, mais ce n'est pas un hijab qui le prouve&#8221;, explique une manifestante. Les militantes f&#233;ministes veulent depuis longtemps faire abolir ces lois qu'elles jugent contraires &#224; la Constitution et &#224; l'islam. La mobilisation au Soudan a repris ses th&#232;mes et r&#233;clame plus de libert&#233;s pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;forme du droit et &#233;galit&#233; des sexes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreuses manifestantes, un &#233;l&#233;ment cl&#233; des revendications de la contestation est l'&#233;galit&#233; des sexes. Elles veulent que les hommes et les femmes aient les m&#234;mes droits, en cela elles ont tir&#233; les le&#231;ons des mouvements populaires de 1964 et 1985, o&#249; les femmes avaient &#233;t&#233; mises sur la touche. Elles savent qu'elles vont devoir se battre. Leurs revendications sont simples et directes : &#8220;Nous savons qui nous sommes et ce que nous voulons : l'&#233;galit&#233; des sexes&#8221;, explique une femme membre d'une coalition, la Mansam, qui comprend 8 huit associations politiques de femmes, 18 organisations de la soci&#233;t&#233; civile, plusieurs associations de jeunes et plusieurs militantes et universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mansam faisait partie des &lt;a href=&#034;http://Au Soudan, une opposition enfin structur&#233;e&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;signataires, le 1er janvier 2019, de la D&#233;claration de la libert&#233; et du changement&lt;/a&gt;, qui r&#233;clamait la fin du r&#232;gne de Bachir, mais elle n'a pas &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;e dans les &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/dessin/le-dessin-du-jour-au-soudan-une-avancee-pour-la-transition-vers-un-gouvernement-civil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#233;gociations avec le Conseil miliaire de transition du Soudan&lt;/a&gt;. Cette exclusion des femmes dans les pourparlers les a pouss&#233;es &#224; r&#233;clamer une plus juste repr&#233;sentation des femmes dans les organes officiels int&#233;rimaires. Et la Mansam a m&#234;me mis au point une liste de femmes dipl&#244;m&#233;es susceptibles de convenir pour participer au gouvernement civil de transition. D'autres groupes, comme &#8220;Initiatives strat&#233;giques dans la corne de l'Afrique&#8221; et &#8220;Non &#224; l'oppression des femmes&#8221; ont exprim&#233; des demandes similaires concernant la parit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mansam a &#233;galement r&#233;dig&#233; un projet de loi d&#233;taillant les droits des femmes que l'association veut voir inclus dans la nouvelle Constitution soudanaise. La plupart des femmes rencontr&#233;es soutiennent l'&#233;galit&#233; des droits, et si elle est adopt&#233;e cette loi rectifierait les discriminations envers les femmes dans de nombreux domaines, notamment la famille et la loi sur l'ordre public. La Mansam souhaite &#233;galement l&#233;gif&#233;rer sur l'orientation sexuelle et l'identit&#233; sexuelle, une position radicale dans un contexte soudanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volution des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles ont &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te de la mobilisation, les femmes au Soudan ont &#233;t&#233; exclues de la table des n&#233;gociations. Elles avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mises &#224; l'&#233;cart lors des discussions pour mettre fin au conflit entre le Soudan et le Soudan du Sud en 2005, et n'avaient &#233;t&#233; que tr&#232;s peu repr&#233;sent&#233;es lors des pourparlers de paix sur le Darfour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, les femmes sont &#233;cart&#233;es des n&#233;gociations entre le Conseil militaire de transition et l'opposition. Mais cette fois, les femmes et les militants des droits des femmes sont mieux pr&#233;par&#233;s &#224; se faire entendre. Les femmes interrog&#233;es ont expliqu&#233; que les Soudanaises attendent ce moment depuis trente ans. Et si elles sont encore exclues des n&#233;gociations, elles s'inviteront &#224; la table pour faire parvenir leurs revendications en mati&#232;re de justice, de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;. Comme le dit une manifestante : &#8220;Cette r&#233;volution est la r&#233;volution des femmes.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samia Al-Nagar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liv T&#248;nnessen&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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