<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=153&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Des femmes marchent en Bolivie contre l'escalade des f&#233;minicides et contre la justice patriarcale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-femmes-marchent-en-Bolivie-contre-l-escalade-des-feminicides-et-contre-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Des-femmes-marchent-en-Bolivie-contre-l-escalade-des-feminicides-et-contre-la</guid>
		<dc:date>2022-02-15T06:59:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ver&#243;nica Zapata</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-02-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une &#034;Marche des femmes massive contre la violence sexiste et la corruption du syst&#232;me judiciaire&#034; commenc&#233;e le dernier jour de janvier depuis le quartier d'El Alto, a travers&#233; la ville de La Paz et s'est termin&#233;e devant le tribunal d&#233;partemental de justice de la capitale bolivienne, au cri de &#034;juges, procureurs, la m&#234;me salet&#233;&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; 4 f&#233;vrier 2022 | tir&#233;&#233; de Rebeli&#243;n / CLAE https://rebelion.org/mujeres-marchan-en-bolivia-contra-la-escalada-de-femicidios-y-la-justicia-patriarcal/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-02-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-02-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH77/arton51434-f4be2.png?1781066329' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une &#034;Marche des femmes massive contre la violence sexiste et la corruption du syst&#232;me judiciaire&#034; commenc&#233;e le dernier jour de janvier depuis le quartier d'El Alto, a travers&#233; la ville de La Paz et s'est termin&#233;e devant le tribunal d&#233;partemental de justice de la capitale bolivienne, au cri de &lt;i&gt;&#034;juges, procureurs, la m&#234;me salet&#233;&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;4 f&#233;vrier 2022 | tir&#233;&#233; de Rebeli&#243;n / CLAE&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://rebelion.org/mujeres-marchan-en-bolivia-contra-la-escalada-de-femicidios-y-la-justicia-patriarcal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rebelion.org/mujeres-marchan-en-bolivia-contra-la-escalada-de-femicidios-y-la-justicia-patriarcal/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rassemblement, organis&#233; par &#034;Mujeres Creando&#034; (Les femmes cr&#233;ent), dirig&#233; par par la militante f&#233;ministe Mar&#237;a Galindo, a &#233;t&#233; men&#233; par les femmes indig&#232;nes Aymara d'El Alto, qui se sont venues autoorganis&#233;es. Plus tard, des collectifs de femmes de diff&#233;rentes r&#233;gions du pays se sont joints &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche &#233;tait men&#233;e par des dizaines de proches de victimes de f&#233;minicides et de violences masculines. Y ont particip&#233; des femmes &lt;i&gt;aymara &lt;/i&gt; qui vivent au jour le jour dans leur entreprise et ont d&#251; s'arr&#234;ter de travailler pour d&#233;filer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans le contexte d'une r&#233;pudiation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la lib&#233;ration de la victime du f&#233;minicide Richard Choque Flores, 32 ans, meurtrier d'au moins deux femmes - Iris Villca, 15 ans, et Lucy Ram&#237;rez, 17 ans - dont les corps ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s enterr&#233;s dans sa maison &#224; El Alto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement accus&#233; d'avoir viol&#233; des dizaines de femmes. D'apr&#232;s le nombre de contacts retrac&#233;s sur son profil Facebook, il y en a 77, bien que les d&#233;tails restent &#224; d&#233;terminer. La m&#232;re et la femme de Choque ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es pour complicit&#233; pr&#233;sum&#233;e, mais on estime qu'elles ne pouvaient ignorer ce qui se passait chez elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moment central de la marche a eu lieu lorsqu'une liste interminable de noms et de pr&#233;noms de violeurs et de f&#233;minicides lib&#233;r&#233;s par le syst&#232;me judiciaire a &#233;t&#233; montr&#233;e devant la cam&#233;ra. Les donn&#233;es ont &#233;t&#233; recueillies par le biais d'un appel sur les r&#233;seaux sociaux auquel ont contribu&#233; diverses victimes de viols et des proches de victimes de f&#233;minicides. Galindo a d&#233;clar&#233; que &#034;ce n'est pas seulement le cas de ce juge, c'est un ph&#233;nom&#232;ne structurel en Bolivie. Nous ne serons plus jamais silencieuses et nous n'oublierons pas non plus&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2015, l'auteur du f&#233;minicide avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 30 ans sans possibilit&#233; de gr&#226;ce pour le f&#233;minicide et le viol de Blanca Rub&#237; Limachi, 21 ans. Cependant, en 2019, il a obtenu 18 mois d'assignation &#224; r&#233;sidence, qu'il n'a pas purg&#233;s et que personne ne surveillait. Il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour la deuxi&#232;me fois la semaine derni&#232;re et renvoy&#233; &#224; la prison de Chonchocoro. Il a &#233;galement extorqu&#233; et demand&#233; de l'argent aux familles des victimes pour les lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa m&#233;thode de recrutement consistait &#224; lancer des appels au &#034;travail&#034; sur les r&#233;seaux sociaux, en se faisant passer pour une femme. Il rencontrait ses victimes dans des logements et l&#224;, il se pr&#233;sentait d&#233;guis&#233; en policier, plantait de la coca&#239;ne sur elles et, sous la menace d'une d&#233;nonciation pour trafic de drogue, il les violait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le samedi 29 janvier, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le complice Jos&#233; Luis Garc&#237;a Machaca, qui &#233;tait &#233;galement assign&#233; &#224; r&#233;sidence et avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 30 ans de prison en 2015 pour avoir particip&#233; au m&#234;me f&#233;minicide pour lequel Richard Choque a &#233;t&#233; condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge Rafael Alc&#243;n Aliaga, fr&#232;re de Gonzalo Alc&#243;n Aliaga, ancien pr&#233;sident du Conseil de la magistrature, qui a lib&#233;r&#233; Richard Choque Flores et un autre meurtrier qui a d&#233;membr&#233; une femme, a &#233;galement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Le juge est maintenu en d&#233;tention provisoire pendant six mois, le temps que l'affaire soit instruite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luis Arce d&#233;cr&#232;te la cr&#233;ation d'une commission sur le f&#233;minicide.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 1er f&#233;vrier 2022, Mar&#237;a Galindo a &#233;t&#233; re&#231;ue par Eduardo del Castillo, ministre du gouvernement bolivien, &#224; qui elle a demand&#233; la cr&#233;ation d'une &#034;Commission des exceptions historiques&#034; dans le but de recenser et de compiler les dossiers des cas de f&#233;minicides et de viols au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, en r&#233;ponse &#224; la mobilisation des femmes, le pr&#233;sident Luis Arce a ordonn&#233; la cr&#233;ation d'une &#034;Commission d'examen des cas de f&#233;minicides et de viols&#034; qui ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission sera compos&#233;e d'autorit&#233;s des minist&#232;res de la Pr&#233;sidence, de la Justice, du Gouvernement, des pr&#233;sidents de la Chambre des d&#233;put&#233;s et des s&#233;nateurs, du pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me de justice, du Conseil du pouvoir judiciaire, de la Cour constitutionnelle, du Bureau du procureur g&#233;n&#233;ral et du Bureau du procureur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, Luis Arce a d&#233;clar&#233; que &#034;compte tenu de la situation pr&#233;occupante et du comportement des juges et des op&#233;rateurs de la justice, nous avons ordonn&#233; la cr&#233;ation d'une commission charg&#233;e d'examiner les cas de f&#233;minicides et de viols dans lesquels les condamn&#233;s ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s. La commission devrait pr&#233;senter les r&#233;sultats dans les 120 jours. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler que le pays dispose d'une &#034;Commission sp&#233;ciale d'enqu&#234;te conjointe sur le retard pris dans les cas de f&#233;minicide et de violence contre les femmes&#034;, dont les r&#233;sultats sont &#233;vidents &#224; la lumi&#232;re des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 2022, le gouvernement a d&#233;clar&#233; cette ann&#233;e comme &#233;tant : &#034;L'ann&#233;e de la r&#233;volution culturelle de la d&#233;patriarcalisation&#034; dans le but de lutter contre les violences faites aux femmes. Le gouvernement de Luis Arce est au pouvoir depuis un an, mais le MAS-IPSP est au pouvoir depuis 15 ans et a une dette en suspens envers les Boliviennes, selon les f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agenda f&#233;ministe, une dette en suspens de la classe politique en Bolivie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du f&#233;minicide et violeur en s&#233;rie lib&#233;r&#233; par la justice bolivienne n'est pas une exception, mais plut&#244;t la r&#232;gle dans une soci&#233;t&#233; conservatrice marqu&#233;e par un racisme et un machisme exacerb&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport du Groupe interdisciplinaire d'experts ind&#233;pendants (GIEI) pr&#233;sent&#233; en ao&#251;t 2021 est lapidaire &#224; cet &#233;gard : &#034;L'ordre patriarcal en Bolivie doit &#234;tre d&#233;naturalis&#233; car il implique non seulement un ordre hi&#233;rarchique entre hommes et femmes, mais aussi entre indig&#232;nes et non-indig&#232;nes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie a fortement encourag&#233; l'adoption de lois telles que la loi 243 contre le harc&#232;lement et la violence politique &#224; l'&#233;gard des femmes, la loi 018 de l'organe &#233;lectoral plurinational et la loi 348 visant &#224; garantir aux femmes une vie exempte de violence, qui int&#232;gre le crime de f&#233;minicide dans le code p&#233;nal et pr&#233;voit une peine de 30 ans de prison sans droit de gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dispose &#233;galement d'une Constitution qui tient compte des questions de genre et d'interculturalit&#233; et est le seul pays au monde &#224; s'&#234;tre r&#233;tabli en tant qu'&#201;tat plurinational. On attend de la Bolivie qu'elle donne l'exemple car elle est un point de r&#233;f&#233;rence obligatoire sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, selon la Commission &#233;conomique pour l'Am&#233;rique latine (CEPALC), la Bolivie avait le taux de f&#233;minicides le plus &#233;lev&#233; de toute l'Am&#233;rique du Sud jusqu'en 2019. Le cas du f&#233;minicide et du violeur en s&#233;rie en question r&#233;v&#232;le que les lois qui devraient prot&#233;ger les femmes restent lettre morte et ne sont pas appliqu&#233;es au quotidien. Examinons le cas de chacune des lois mentionn&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Loi 018 de l'organe &#233;lectoral plurinational : bien que, depuis la refondation de l'&#201;tat plurinational de Bolivie en 2009, les femmes soient entr&#233;es massivement en politique, elles n'ont occup&#233; que des postes de rang inf&#233;rieur et n'ont eu qu'un faible pouvoir de d&#233;cision au sein de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative, qui est compos&#233;e d'un peu plus de 50% de femmes. Le plafond de verre est &#233;vident parce que les pr&#233;sidents de la Chambre des d&#233;put&#233;s et du S&#233;nat sont des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, sur 18 minist&#232;res, seuls quatre ministres sont des femmes et une seule d'entre elles est une femme indig&#232;ne. &#192; son tour, lors des &#233;lections infranationales de mars 2021, &#034; l'alliance des femmes pour la r&#233;volution d&#233;mocratique et culturelle&#034; qui composent le MAS, a exig&#233; que la parit&#233; des candidatures f&#233;minines soit respect&#233;e. La r&#233;ponse qu'ils ont re&#231;ue &#233;tait z&#233;ro femme candidate aux postes de gouverneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Loi 243 contre le harc&#232;lement et la violence politique &#224; l'&#233;gard des femmes : Segundina Flores, leader indig&#232;ne et actuelle ambassadrice de Bolivie en &#201;quateur, a &#233;t&#233; le visage derri&#232;re la demande de parit&#233; des sexes lors des &#233;lections infranationales. Elle a &#233;t&#233; accus&#233;e d'&#234;tre une &#034;tra&#238;tresse&#034; et de &#034;travailler pour la droite&#034; pour ses revendications et pour avoir remis en question l'&#233;lite du MAS, qui est compos&#233;e d'hommes blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la seule femme &#224; s'&#234;tre port&#233;e candidate &#224; un poste politique de haut rang et &#224; fort pouvoir de d&#233;cision est Eva Copa, ancienne pr&#233;sidente du S&#233;nat bolivien pour le MAS. Elle a demand&#233; &#224; se pr&#233;senter &#224; la mairie d'El Alto, la mairie la plus importante du pays, mais a &#233;t&#233; expuls&#233;e du MAS, accus&#233;e d'&#234;tre &#034;avide de pouvoir&#034;. Copa a d&#233;fi&#233; l'&#233;lite du MAS, s'est pr&#233;sent&#233; avec un autre parti et a gagn&#233; avec 70 % des voix contre le candidat masculin du MAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, le 29 d&#233;cembre 2020, Esther Soria, ancienne gouverneure de Cochabamba pour le MAS, a d&#233;nonc&#233; sur son compte Facebook un &#034;fort patriarcat au sein du MAS&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3) La loi int&#233;grale 348 visant &#224; garantir aux femmes une vie exempte de violence int&#232;gre le concept de f&#233;minicide avec une peine de 30 ans de prison sans droit de gr&#226;ce. Le cas du f&#233;minicide et du violeur en s&#233;rie en question d&#233;montre qu'il n'est pas appliqu&#233; par la justice patriarcale, mais qu'il y a aussi des responsables politiques. Elle montre &#233;galement qu'en 15 ans de &#034;processus de changement&#034;, la justice ne s'est pas d&#233;mocratis&#233;e et n'a pas int&#233;gr&#233; la perspective de genre comme promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi 348 comporte un pi&#232;ge juridique pour les femmes : elle permet exceptionnellement &#224; un homme violent de se victimiser et de l'utiliser pour faire une contre-d&#233;nonciation &#224; sa femme victime de &#034;violence de genre&#034; et neutraliser toute enqu&#234;te qui pourrait &#234;tre ouverte par la d&#233;nonciation d'une femme. Cela pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une aberration juridique, c'est pourquoi d&#233;but 2021, sous la pression des femmes, l'&#201;tat s'est engag&#233; &#224; r&#233;former cette loi, mais tout est rest&#233; dans une bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inacceptable qu'un homme puisse utiliser une loi qui est pour la d&#233;fense des femmes et qui a &#233;t&#233; vot&#233;e sp&#233;cialement pour prot&#233;ger les femmes qui ont &#233;t&#233; viol&#233;es, ce qui d&#233;note la conception machiste de la &#034;violence de genre&#034; de la classe politique qui a vot&#233; cette loi avec ce pi&#232;ge juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il y a un cas de violence de la part d'une femme envers un homme, ce qui est d'ailleurs tr&#232;s rare, il faut le conceptualiser comme un autre type de violence, jamais comme une violence de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la violence de genre ne figure pas &#224; l'agenda politique et n'est pas pr&#233;sente dans la soci&#233;t&#233; bolivienne, comme elle l'est dans la soci&#233;t&#233; argentine gr&#226;ce &#224; la campagne &#034;Ni Una Menos&#034; et au travail uni, autonome et non partisan des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;*Journaliste et psychologue bolivien. F&#233;ministe et militante antiraciste. Sp&#233;cialiste du genre (UBA), collaboratrice du Centre latino-am&#233;ricain d'analyse strat&#233;gique (CLAE).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Solidarit&#233; avec le peuple bolivien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Solidarite-avec-le-peuple-bolivien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Solidarite-avec-le-peuple-bolivien</guid>
		<dc:date>2019-11-19T07:38:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Guillaudat</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la proclamation des r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en Bolivie du 20 octobre, le pays connait des &#233;meutes et une crise politique sans pr&#233;c&#233;dent depuis la premi&#232;re &#233;lection en 2006 d'Evo Morales, par ailleurs syndicaliste et indig&#232;ne. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me politique bolivien pr&#233;voit qu'un candidat ayant plus de 45% des voix au premier tour et plus de 10% d'avance sur le candidat arriv&#233; en deuxi&#232;me position est &#233;lu, sans passer par un deuxi&#232;me tour. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH117/arton41136-b46e8.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la proclamation des r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en Bolivie du 20 octobre, le pays connait des &#233;meutes et une crise politique sans pr&#233;c&#233;dent depuis la premi&#232;re &#233;lection en 2006 d'Evo Morales, par ailleurs syndicaliste et indig&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me politique bolivien pr&#233;voit qu'un candidat ayant plus de 45% des voix au premier tour et plus de 10% d'avance sur le candidat arriv&#233; en deuxi&#232;me position est &#233;lu, sans passer par un deuxi&#232;me tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont publi&#233;s &#224; l'avancement des d&#233;pouillements. Or entre le dimanche &#224; 19h40 et le lundi 21 &#224; 19h30, il n'y a plus aucune actualisation. Le dimanche soir l'&#233;cart entre les deux candidats, Evo Morales et Carlos Mesa, &#233;tait de 7% et le lendemain de 10,14%. Entre les deux Morales avait proclam&#233; sa victoire. Cette situation ubuesque a &#233;t&#233; l'&#233;tincelle qui a permis l'explosion sociale qui a d&#233;ferl&#233; sur le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une opposition raciste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, la mobilisation contre la fraude &#233;lectorale &#233;tait port&#233;e par les partisans de Carlos Mesa, repr&#233;sentant la droite n&#233;olib&#233;rale &#171; classique &#187;. Le 23 octobre, il appelle &#224; la cr&#233;ation de la Coordinadora de Defensa de la Democracia qui &#171; convoque toutes les boliviennes et tous les boliviens des neuf d&#233;partements du pays, &#224; se mobiliser pacifiquement jusqu'&#224; obtenir l'objectif d&#233;mocratique de la convocation d'un second tout &#233;lectoral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rapidement c'est l'extr&#234;me droite raciste, tr&#232;s implant&#233;e dans la r&#233;gion de Santa Cruz qui va prendre le dessus, dirig&#233;e par Luis Fernando Camacho, avocat et entrepreneur, ancien membre d'un groupe paramilitaire sp&#233;cialis&#233; dans la &#171; chasse aux indig&#232;nes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;langeant religion et politique dans ses discours, il repr&#233;sente le Bolsonaro bolivien, mais est surtout pr&#233;sident du tr&#232;s puissant Comit&#233; civique pro Santa-Cruz, regroupement des commer-&#231;ants et patrons du d&#233;partement de Santa-Cruz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ville est le poumon &#233;conomique du pays, mais aussi une terre blanche avec tr&#232;s peu d'indig&#232;nes, au c&#339;ur de la plupart des contestations de droite, comme la violente tentative de s&#233;cession en 2008 d'avec le reste du pays. Plusieurs comit&#233;s civiques, implant&#233;s dans les villes, reprennent les discours de Camacho comme Marco Pumari, leader de celui de Potosi, qui d&#233;clare que &#171; Camacho fera lire la Bible &#224; ces h&#233;r&#233;tiques &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations vont tr&#232;s rapidement d&#233;g&#233;n&#233;rer avec l'incendie de b&#226;timents officiels, de logements de dirigeants du MAS (Mouvement au Socialisme, parti de Morales) l'explosion des violences contre les populations indig&#232;nes (La mairesse indig&#232;ne de Vinto, &#233;lue du MAS, sera tondue, peinte en rouge et train&#233;e dans les rues), les femmes et les militants pro-Evo. Rapidement, les forces de police vont se mutiner pour rejoindre les manifestants anti-Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de ces &#233;meutes a &#233;t&#233; suffisante pour obtenir la d&#233;mission de Morales le 10 novembre apr&#232;s qu'il ait propos&#233; en vain un dialogue ouvert. Apr&#232;s sa d&#233;mission, Camacho appelle aux ratonades pour &#171; traquer les traitres du MAS &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un coup d'&#201;tat qui ne dit pas son nom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales a propos&#233; avant sa d&#233;mission de constituer un nouveau Tribunal Supr&#234;me &#201;lectoral, charg&#233; de veiller au bon d&#233;roulement du scrutin, et de convoquer de nouvelles &#233;lections, donnant ainsi raison &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Carlos Mesa a refus&#233; et exig&#233; non pas de nouvelles &#233;lections mais la d&#233;mission de l'ensemble des &#233;lus du MAS (parlement, gouvernement, etc&#8230;) afin de former une junte de gouvernement provisoire. M&#234;me l'OEA (Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains, domin&#233;e par la droite latino-am&#233;ricaine et les USA) recommandait juste la tenue de nouvelles &#233;lections et semblait ainsi se retrouver avec la proposition ult&#233;rieure de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis rapidement, Mesa et Camacho ont demand&#233; &#224; l'arm&#233;e de les soutenir, ce qu'ils ont obtenu quand le chef d'&#201;tat-Major a demand&#233; la d&#233;mission de Morales. En refusant la proposition de Morales et en s'appuyant sur la rue pour chasser les &#233;lus du MAS, dans les villes, les villages, en br&#251;lant leurs domiciles, avec l'aide des groupes paramilitaires li&#233;s aux comit&#233;s civiques et &#224; l'extr&#234;me-droite, Carlos Mesa a montr&#233; que son objectif n'&#233;tait pas d'obtenir un deuxi&#232;me tour des &#233;lections, mais plut&#244;t de renverser le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il ne s'agit pas d'un coup d'&#233;tat militaire comme le continent a &#233;t&#233; trop souvent coutu-mier. Mais le but poursuivi, renverser le pouvoir sans attendre les &#233;lections, ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; un coup d'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; men&#233; en deux temps. D'abord le refus par l'alliance droite/extr&#234;me-droite de leur propre solution d&#232;s qu'elle fut approuv&#233;e par Morales. Ensuite une mobilisation contre tout ce qui repr&#233;sentait le MAS et son pouvoir, appuy&#233;e par la mutinerie de la police suivie de l'appel des militaires &#224; la d&#233;mission de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette combinaison a rendu impossible toute issue autre que le renversement du gouvernement par cette sainte-alliance, fr&#233;quente dans l'histoire de la Bolivie, entre les forces arm&#233;es et la droite. Enfin, pensant &#233;viter un bain de sang, une partie de la gauche, comme la COB (Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne), a demand&#233; la d&#233;mission de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence de l'explosion n'est pas le fruit du hasard. Elle trouve sa source dans deux ph&#233;no-m&#232;nes. Tout d'abord un acharnement de Morales et du MAS &#224; rester au pouvoir. En 2016 un r&#233;f&#233;rendum pour modifier la Constitution et permettre &#224; Morales de se pr&#233;senter pour un quatri&#232;me mandat est perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une man&#339;uvre, il r&#233;ussira &#224; ne pas appliquer le r&#233;sultat r&#233;f&#233;rendaire en s'appuyant sur les textes internationaux qui pr&#233;voient le droit de chacun &#224; se pr&#233;senter &#224; des &#233;lections, mais qui ne traitent pas de limites &#233;ventuelles au nombre de mandats. Cette rupture d&#233;mocratique a profon-d&#233;ment choqu&#233; la population bolivienne et a entam&#233; largement le prestige de Morales (rappelons qu'il a &#233;t&#233; &#233;lu en 2014 avec plus de 62% des voix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me ph&#233;nom&#232;ne, depuis 2014 la Bolivie connait un net ralentissement &#233;conomique marqu&#233; par la baisse du prix des hydrocarbures, principale source de financement des programmes sociaux du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute des prix des mati&#232;res premi&#232;res dans un pays marqu&#233; par un extractivisme forcen&#233; limite les marges de man&#339;uvres du gouvernement qui connait une hausse de l'endettement, un commerce international d&#233;favorable et un m&#233;contentement social qui gronde dans toutes les franges de la soci&#233;t&#233;, notamment parmi la base sociale du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette combinaison d'une crise d&#233;mocratique avec un d&#233;but de crise socio-&#233;conomique est le ferment des &#233;v&#232;nements qui secouent le pays. Il faut d'ailleurs remarquer que le pouvoir a &#233;t&#233; incapable de mobiliser tr&#232;s largement ses soutiens contre les mobilisations de droite, y compris dans ses bastions comme Potosi ou Cochabamba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions ont exist&#233; et s'amplifient d&#233;sormais rapidement et fortement mais elles ont tard&#233; et maintenant elles correspondent plus &#224; un refus de revoir au pouvoir le couple honni droite/ extr&#234;me droite plut&#244;t qu'&#224; un soutien plein et entier &#224; Morales. Ce qui correspond &#224; l'&#233;tat de d&#233;mobilisation &#233;lectorale d'une partie des soutiens historiques du MAS, notamment dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas inutile de rappeler que le th&#233;oricien du r&#233;gime, par ailleurs vice-pr&#233;sident, Garcia Linera, a id&#233;alis&#233; cette concentration du pouvoir au nom du populisme de gauche avec une id&#233;e simple : le peuple doit d'incarner dans un dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, tant que ce peuple existe et a le pouvoir, le dirigeant naturel n'a aucune raison de quitter ces fonctions. Cela participe &#224; l'exclusion du &#171; peuple &#187; des affaires publiques, renvoyant le MAS en simple machine &#233;lectorale au service du leader. Les &#233;v&#232;nements qui secouent la Bolivie font aussi partie du bilan pratique de cette conception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; du NPA avec le peuple bolivien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude est inexcusable car, outre l'usurpation d&#233;mocratique qu'elle repr&#233;sente, elle est en grande partie la source de nouveaux malheurs qui risquent de s'abattre sur le peuple bolivien si le projet politique de Mesa/Camacho est men&#233; &#224; son terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les responsabilit&#233;s du MAS dans la crise actuelle, le NPA ne se fait aucune illusion sur le type de &#171; d&#233;mocratie &#187; que porte une droite &#224; la man&#339;uvre. Elle a un pass&#233; charg&#233; dans le pays apr&#232;s son soutien &#224; tous les coups d'&#233;tats, notamment pendant la p&#233;riode noire des ann&#233;es 1970. Le r&#233;gime dont r&#234;ve Camacho est au mieux celui de Bolsonaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre solidarit&#233; va au peuple bolivien qui subit la furie de l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons l'arr&#234;t des pers&#233;cutions subies par la gauche bolivienne, les quartiers populaires et les peuples indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons l'arr&#234;t des violences contre les femmes qui sont pratiqu&#233;es par les manifestants pro-Mesa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous condamnons le coup de force contre Morales et son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que Morales s'est r&#233;fugi&#233; au Mexique, il est &#224; pr&#233;voir que le nouveau gouvernement voulu par la droite et l'extr&#234;me-droite, qui ne cachent pas leurs orientations n&#233;olib&#233;rales, revien-dra sur l'ensemble des droits sociaux acquis pendant la p&#233;riode de gouvernement du MAS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Guillaudat Mardi 12 novembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bolivie : la d&#233;mission d'Evo Morales m&#232;nera-t-elle &#224; Pinochet ou &#224; la r&#233;sistance ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bolivie-la-demission-d-Evo-Morales-menera-t-elle-a-Pinochet-ou-a-la-resistance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bolivie-la-demission-d-Evo-Morales-menera-t-elle-a-Pinochet-ou-a-la-resistance</guid>
		<dc:date>2019-11-19T07:37:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mart&#237;n Mosquera</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a suscit&#233; le genre d'angoisse que les grandes d&#233;faites des luttes r&#233;volutionnaires &#233;voquent : la chute d'Allende, la mort du Che au combat, la d&#233;faite de la guerre civile espagnole. &#171; La critique n'est pas une passion de la t&#234;te, c'est une t&#234;te de passion &#187;, a d&#233;clar&#233; Marx. Nous n'avons pas &#224; mettre de c&#244;t&#233; les sentiments qui nous enveloppent aujourd'hui, nous devons les mobiliser &#224; des fins positives. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et article tir&#233;s de NPA (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton41126-4146e.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident bolivien Evo Morales a suscit&#233; le genre d'angoisse que les grandes d&#233;faites des luttes r&#233;volutionnaires &#233;voquent : la chute d'Allende, la mort du Che au combat, la d&#233;faite de la guerre civile espagnole. &#171; La critique n'est pas une passion de la t&#234;te, c'est une t&#234;te de passion &#187;, a d&#233;clar&#233; Marx. Nous n'avons pas &#224; mettre de c&#244;t&#233; les sentiments qui nous enveloppent aujourd'hui, nous devons les mobiliser &#224; des fins positives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons toujours pas l'ampleur des &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulent en Bolivie, si la r&#233;volution peut &#233;viter d'&#234;tre abattue, si elle peut &#233;chapper &#224; de nombreux morts au sein des mouvements sociaux, les peuples autochtones et la base sociale du parti politique de Morales, le Movimiento Al Socialismo (MAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenses sociales d'Evo sont puissantes et les classes dirigeantes savent qu'elles vont devoir les d&#233;molir pour pouvoir avancer dans leurs projets. Les derni&#232;res nouvelles sont inqui&#233;tantes &#8211; maisons en flammes, pers&#233;cutions, arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres chocs importants nous attendent et le r&#233;sultat n'est pas &#233;crit. El Alto &#8211; une ville d'un million d'individus &#224; majorit&#233; autochtone proche de la capitale, La Paz &#8211; a une tradition insurrectionnelle h&#233;ro&#239;que qui a fait tomber plusieurs gouvernements dans le pass&#233;. Elle incarne les traditions de lutte dans lesquelles Evo lui-m&#234;me a &#233;t&#233; form&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis int&#233;ress&#233; de voir quel genre de polarisation se d&#233;veloppe parmi les militants de gauche face &#224; ces faits. Les positions de la gauche sont regroup&#233;es en deux grands p&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains sont incapables de se positionner correctement dans la lutte contre le coup d'&#201;tat parce qu'ils s'en tiennent &#224; des avertissements ou &#224; des slogans qui sont d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;s. Par exemple, le Parti pour le Socialisme (PTS) argentin a publi&#233; un article intitul&#233; : &#171; Ni avec Evo, ni avec Mesa (les forces de droite). Pour une solution politique ind&#233;pendante ! &#187; Alors m&#234;me que les pr&#233;paratifs du coup d'&#201;tat &#233;taient en cours et que le gouvernement devait &#234;tre d&#233;fendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres d&#233;fendent Evo et renoncent &#224; leur &#171; droit de critiquer &#187; un gouvernement qui vient d'&#234;tre renvers&#233; sans lutte, m&#234;me s'il a remport&#233; pr&#232;s de la moiti&#233; des voix lors des derni&#232;res &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tomb&#233; comme un ch&#226;teau de cartes, annulant ce qui semblait &#234;tre le processus progressiste le plus stable de la r&#233;gion. Evo a vaincu sans se battre et cet &#233;l&#233;ment fait partie de notre angoisse et devrait faire partie de notre bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous luttons pour gagner, et pour gagner, nous devons tirer les le&#231;ons appropri&#233;es de nos exp&#233;riences. Ce que Evo a fait hier, il faut le dire, est analogue aux actions entreprises par Juan Per&#243;n en 1955 face &#224; un coup d'&#201;tat ou &#224; celles de Salvador Allende en 1973 (et &#224; l'inverse de ce que Chavez a fait en 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ces d&#233;missions et ces retraites, comme celle d'Evo, n'ont pas emp&#234;ch&#233; la moindre effusion de sang ; au contraire, elles ont laiss&#233; les organisations et mouvements sociaux et politiques ainsi que les classes populaires &#224; la merci de violences r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ex&#233;cutions de 1955 et le g&#233;nocide de Pinochet t&#233;moignent avec &#233;loquence de cette r&#233;alit&#233;. Les contre-r&#233;volutions produisent la violence, pas les r&#233;volutions. Il n'y a pas de comparaison entre leurs co&#251;ts sociaux et humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission d'Evo (et de son vice-pr&#233;sident Garcia Linera) reposait sur la conviction qu'il n'y avait pas d'autre alternative. Mais si tel &#233;tait le cas, c'est le r&#233;sultat d'une politique na&#239;ve qui n'&#233;tait pas pr&#233;par&#233;e &#224; une &#233;preuve de force avec le genre de r&#233;action autoritaire que chaque processus progressif provoque de la part des classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la na&#239;vet&#233; de la &#171; conciliation de classe &#187;. Les le&#231;ons de l'histoire dans ce domaine sont incontestables. L'exemple d'Allende reste trop proche de nous pour que nous puissions jouer avec le feu de cette fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons qu'il n'est pas trop tard pour &#233;viter une d&#233;faite historique et la liquidation de l'une des exp&#233;riences les plus remarquables v&#233;cues par les peuples d'Am&#233;rique latine au cours des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 novembre 2019, Initialement post&#233; sur FB. Traduit en angalis par No Borders News avec la permission de l'auteur. Mart&#237;n Mosquera est membre de Democrac&#237;a Socialista, groupe sympathisant de la 4&#232; Internationale en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mart&#237;n Mosquera&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le coup d'&#201;tat bolivien vaut-il une messe ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-coup-d-Etat-bolivien-vaut-il-une-messe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-coup-d-Etat-bolivien-vaut-il-une-messe</guid>
		<dc:date>2019-11-19T07:36:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Jacob</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le drame qui se joue actuellement en Bolivie r&#233;sulte d'un plan concret de destruction de la paix sociale &#233;tablie dans ce pays depuis plusieurs ann&#233;es. Au moment d'&#233;crire ces lignes, le gouvernement auto-proclam&#233; avec le soutien des forces arm&#233;es a pris le pouvoir et la r&#233;pression contre les militant.e.s sous le gouvernement d'Evo Morales, maintenant en exil, a commenc&#233;. Il faut &#233;radiquer les forces du mal, dit-on, dans les discours politico-religieux. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelques causes du drame. &lt;br class='autobr' /&gt;
La (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH64/arton41149-d689e.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='64' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le drame qui se joue actuellement en Bolivie r&#233;sulte d'un plan concret de destruction de la paix sociale &#233;tablie dans ce pays depuis plusieurs ann&#233;es. Au moment d'&#233;crire ces lignes, le gouvernement auto-proclam&#233; avec le soutien des forces arm&#233;es a pris le pouvoir et la r&#233;pression contre les militant.e.s sous le gouvernement d'Evo Morales, maintenant en exil, a commenc&#233;. Il faut &#233;radiquer les forces du mal, dit-on, dans les discours politico-religieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques causes du drame.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie est un pays profond&#233;ment bless&#233;. Ce pays de 12 millions d'habitants dont la majorit&#233; est constitu&#233;e des peuples des premi&#232;res nations (&#224; eux seuls, les Aymaras et les Quechuas forment environ 55 % de la population) ; plusieurs autres peuples autochtones et m&#233;tis s'ajoutent de telle sorte que les Caucasiens ne restent qu'&#224; environ 15 % de la population sur le plan d&#233;mographique, mais repr&#233;sentent l'&#233;lite &#233;conomique et politique dominante depuis l'&#232;re de la conqu&#234;te espagnole. Ces dimensions s'av&#232;rent incontournables pour &#233;clairer la dynamique sociopolitique actuelle. De fait, le pr&#233;sident Evo Morales est d'origine Aymara, ce qui n'a jamais &#233;t&#233; accept&#233; par les diff&#233;rentes instances de pouvoir traditionnelles en ce pays. Le r&#233;cent coup d'&#201;tat vient couronner des ann&#233;es de lutte, de propagande et de discours haineux &#224; l'&#233;gard des premi&#232;res nations. En Bolivie, le racisme persiste toujours et contamine la vie sociale et politique sans vergogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois d&#233;j&#224;, les forces arm&#233;es et polici&#232;res adoubaient les porte-parole de la droite politique et religieuse qui participaient &#224; l'&#233;touffement des activit&#233;s productives et commerciales par des gr&#232;ves et le blocage des routes. Les militaires et les policiers se sont r&#233;v&#233;l&#233;s les protagonistes majeurs dans le processus d'&#233;viction du gouvernement d'Evo Morales. La paralysie de l'&#233;conomie du pays appuy&#233;e par une propagande haineuse et moralisatrice est devenue ainsi le levier d&#233;clencheur du coup d'&#201;tat. Ce sont les deux composantes r&#233;centes et cl&#233;s des sombres desseins de Washington qui agit toujours en coulisse dans de telles situations en finan&#231;ant et en conseillant. Il faut aussi compter sur le soutien des alli&#233;s des &#201;tats-Unis, dont le Canada dans de telles op&#233;rations. Depuis des d&#233;cennies, gr&#232;ves et blocages organis&#233;s par les puissances &#233;conomiques font partie de l'arsenal de d&#233;stabilisation des r&#233;gimes progressistes en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Trump lui-m&#234;me applaudit les acteurs du coup d'&#201;tat. Rappelons &#224; des fins de compr&#233;hension de la dynamique bolivienne que la nationalisation des ressources naturelles a fait rager les grandes entreprises am&#233;ricaines d'exploitation des ressources depuis l'arriv&#233;e au pouvoir d'Evo Morales en 2005 ; le pr&#233;sident Trump ne se g&#234;ne donc pas pour rendre hommage &#224; l'arm&#233;e bolivienne, laquelle, &#224; ses dires, vient de sauver le peuple bolivien. Le d&#233;part du pr&#233;sident autochtone lui permet aussi de pr&#233;dire un h&#233;misph&#232;re occidental d&#233;mocratique, prosp&#232;re et libre en Am&#233;rique latine ; avec les dirigeants ultra-conservateurs (Bolsonaro au Br&#233;sil, Pnera au Chili, etc.) dans d'autres pays, le pr&#233;sident am&#233;ricain se sent en bonne compagnie. Pas besoin d'&#234;tre grand clerc pour voir la main du dieu Washington dans le montage de ce sc&#233;nario d&#233;j&#224; vu souvent en Am&#233;rique latine. L'emprise du Pentagone se montre d'autant plus virulente que la Bolivie &#233;tait aussi un terrain d'investissements de la Chine et de la Russie. Un tel sc&#233;nario devenait intol&#233;rable aux yeux du Pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) et le Groupe de Lima, organisme pr&#233;sid&#233; par la ministre canadienne Christia Freeland, faucon de la droite lib&#233;rale, ont mis aussi l'&#233;paule &#224; la roue en donnant leur appui inconditionnel aux man&#339;uvres d'ing&#233;rence des &#201;tats-Unis. Maintenant que le sort en est jet&#233;, la ministre canadienne dit n'avoir rien &#224; dire sauf que de laisser s'agiter le jeu de la d&#233;mocratie. Mais de quelle d&#233;mocratie, parle-t-elle ? Il s'agit d'un coup d'&#201;tat militaire avec ing&#233;rence &#233;trang&#232;re, ce qui porte atteinte &#224; l'autod&#233;termination du peuple bolivien ; en outre, le nouveau r&#233;gime signe l'arr&#234;t de mort des efforts d'&#233;tablissement de la paix sociale et de politiques justes et &#233;quitables pour tout le peuple bolivien. La position soit-disant neutre du gouvernement canadien est inacceptable, car, en coulisse, il est partie prenante du processus de ce coup d'&#201;tat en s'acoquinant aux politiques et aux pratiques am&#233;ricaines en Bolivie et dans cette r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La voix de Dieu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la rh&#233;torique trumpienne, la voix de Dieu fait partie de l'&#233;quation dans ce coup &#171; divin &#187; (expression que j'emprunte au titre du livre d'Ovide Bastien sur le coup d'&#201;tat au Chili en 1973, &#171; Le coup divin &#187;. Le coup de massue ass&#233;n&#233; au peuple bolivien a surtout pris racine &#224; Santa Cruz, r&#233;gion des puissances financi&#232;res et des grands propri&#233;taires terriens descendants d'Europ&#233;ens. L'alliance entre les partis et les organisations de la droite traditionnelle, l'&#201;glise catholique, la police et l'arm&#233;e a constitu&#233; une force de frappe imparable. L'un des principaux acteurs politiques est Carlos Mesa Gisbert, pr&#233;sident de 2003 &#224; 2005, et ardent combattant contre la nationalisation des ressources naturelles par le gouvernement Morales. Mesa a toujours fait la promotion de politiques n&#233;olib&#233;rales (diminution du r&#244;le de l'&#201;tat, baisse des imp&#244;ts des entreprises, lutte au d&#233;ficit, r&#233;duction des politiques sociales, etc.) en favorisant la concentration du pouvoir politique et &#233;conomique entre les mains d'une minorit&#233;. &#201;videmment, sa proposition implique la destruction des politiques progressistes du gouvernement Morales, notamment les programmes de soutien aux premi&#232;res nations pour acc&#233;der &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure, le renforcement des droits des Premi&#232;res nations et des femmes, l'am&#233;lioration des services sociaux et de sant&#233;, le logement social, les conditions de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; au travail et plusieurs autres pas en avant pour l'ensemble des citoyens et des citoyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les liens entre les forces religieuses et politiques cr&#232;vent les yeux. Un pr&#234;cheur des vertus inscrites dans la Bible a organis&#233; de tr&#232;s nombreux rassemblements religieux contre Morales, pr&#233;sent&#233; comme l'incarnation du diable et ennemi de Dieu (sic), au pied de l'autel du pape. Ce &#171; h&#233;ros &#187; clownesque, dirigeant charismatique populaire et populiste, Luis F. Camacho, pr&#233;side le comit&#233; civique, un organisme puissant qui d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts des secteurs &#233;conomiques dominants depuis 50 ans. Lui-m&#234;me provient d'une famille de grands entrepreneurs proches des forces arm&#233;es. Il est connu pour ses nombreux rassemblements populaires au pied d'une immense sculpture du Christ, symbole architectural de Santa Cruz, avec un crucifix &#224; la main et l'ombre d'une grande statue de la Vierge Marie comme d&#233;cor. Tout juste &#224; c&#244;t&#233; se trouve l'autel papal, une autre imposante structure &#233;difi&#233;e pour la visite du pape Fran&#231;ois en 2015. Ce gigantesque fond de sc&#232;ne, avec toute la port&#233;e symbolique qu'elle affiche dans ce pays tr&#232;s catholique, a servi &#224; galvaniser une partie du peuple gr&#226;ce &#224; des harangues incendiaires. Dans ce grand th&#233;&#226;tre en plein air, au lendemain du d&#233;part d'Evo Morales, rapporte l'agence latino-am&#233;ricaine d'information (ALAI), l'archev&#234;que auxiliaire de Santa Cruz, Estanialao Dowlaszewicz, a pr&#233;sid&#233; une assembl&#233;e et un service religieux en pr&#233;sentant une hom&#233;lie illustrant tr&#232;s bien les liens entre les forces politiques et l'&#201;glise catholique : &#171; aujourd'hui, c'est la r&#233;surrection d'une nouvelle Bolivie. C'est un jour historique pour notre patrie. Merci d'avoir restaur&#233; la d&#233;mocratie ! Merci d'avoir endur&#233; des sacrifices tout au long des gr&#232;ves et des blocages de routes ! Merci aussi aux corps policiers et aux forces arm&#233;es ! &#187; (ALAI, 12 novembre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le jeu de ces acteurs consiste &#224; jouer le r&#244;le de sauveurs et fait appel &#224; une surprenante alliance entre le politique et le religieux. Dans leurs sc&#233;narios &#224; saveur messianique, ils se d&#233;crivent comme les h&#233;ros pr&#234;ts &#224; se sacrifier pour la patrie dans un curieux m&#233;lange de nationalisme et d'extr&#233;misme chr&#233;tien fondamentaliste. Leur pr&#233;sence sur la sc&#232;ne publique a beaucoup &#233;t&#233; relay&#233;e par les m&#233;dias &#224; la fois comme une attraction dans une sorte d'incroyable tol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de l'intol&#233;rable, mais aussi comme contenu de propagande et de manipulation de la masse. La crainte de Dieu et du diable, &#231;a fonctionne toujours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ajouter &#224; ce coup d'&#201;tat tragico-comique, la pr&#233;sidente autoproclam&#233;e, Janine Anez, a fait son entr&#233;e au parlement bolivien avec une bible &#224; la main en proclamant haut et fort : &#171; Gr&#226;ce &#224; Dieu, la bible revient au palais du gouvernement. Que Dieu nous b&#233;nisse et nous &#233;claire ! &#187; (El Universal, 12 novembre 2019). C'est tout dire. On ne peut cacher la main de Dieu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame bolivien jou&#233; sous le parapluie du Pentagone arrive comme la derni&#232;re man&#339;uvre d'une s&#233;rie de coups d'&#233;tat politico-militaires orchestr&#233;s par les castes oligarchiques de divers pays d'Am&#233;rique latine contre les forces progressistes. Comme dans les ann&#233;es 70 avec le coup d'&#201;tat au Chili, depuis 2009, Manuel Zelaya, pr&#233;sident du Honduras, fut destitu&#233;. Par la suite, subirent le m&#234;me sort l'&#233;v&#234;que-pr&#233;sident des pauvres, Fernand Lugo du Paraguay, Lula da Silva et Dilma Rousseff au Br&#233;sil et Rafael Correa en Ecuador. Les sc&#233;narios finissent par se ressembler. Et il y en aura probablement d'autres similaires quand on observe ce qui se passe &#224; l'&#233;gard du Venezuela et de Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e du coup divin en Bolivie, les pr&#234;cheurs chr&#233;tiens fondamentalistes estiment que leur mission consiste &#224; &#233;tablir le royaume de Dieu dans leur pays incarn&#233; par la domination des riches et des puissants. Quant &#224; la masse qui aspire &#224; des conditions de vie d&#233;centes et &#224; plus de justice sociale, elle devra attendre et se terrer dans la soumission comme p&#233;ons de ce royaume qui les exclut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amen !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Jacob, vice-pr&#233;sident politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Artistes pour la paix&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bolivie : les difficult&#233;s d'Evo Morales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bolivie-les-difficultes-d-Evo-Morales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bolivie-les-difficultes-d-Evo-Morales</guid>
		<dc:date>2019-11-04T20:08:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Le Gall </dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les opposants d'Evo Morales, pr&#233;sident sortant et candidat &#224; un quatri&#232;me mandat, l'accusent d'avoir fraud&#233; pour gagner l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. &lt;br class='autobr' /&gt; photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la proclamation des r&#233;sultats, les manifestations se sont multipli&#233;es, ainsi que les affron-tements avec la police ou les partisans du gouvernement. Morales a finalement &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; vainqueur, mais a d&#251; d&#233;clencher l'&#233;tat d'urgence et appeler ses partisans &#224; se mobiliser contre un &#171; coup d'&#201;tat &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L118xH150/arton40943-86d05.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les opposants d'Evo Morales, pr&#233;sident sortant et candidat &#224; un quatri&#232;me mandat, l'accusent d'avoir fraud&#233; pour gagner l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la proclamation des r&#233;sultats, les manifestations se sont multipli&#233;es, ainsi que les affron-tements avec la police ou les partisans du gouvernement. Morales a finalement &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; vainqueur, mais a d&#251; d&#233;clencher l'&#233;tat d'urgence et appeler ses partisans &#224; se mobiliser contre un &#171; coup d'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ancien leader syndicaliste paysan, Evo Morales est parvenu au pouvoir en 2005 en s'appuyant sur une importante mobilisation populaire contre le pillage des multinationales &#233;trang&#232;res. Dans ce pays, le plus pauvre d'Am&#233;rique latine, 26 compagnies &#233;trang&#232;res, dont entre autres Total, Shell et Enron, accaparaient les riches r&#233;serves de gaz et aussi de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre un r&#233;volutionnaire, et il n'en a jamais revendiqu&#233; le titre, mais arrivant au pouvoir apr&#232;s plusieurs soul&#232;vements populaires, notamment sur la distribution de l'eau, Morales impo-sa aux compagnies une ren&#233;gociation des conditions d'exploitation des richesses &#233;nerg&#233;tiques. Il ne les nationalisa pas, mais les obligea &#224; c&#233;der &#224; l'&#201;tat bolivien une part bien plus importante de la rente qu'elles en retiraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manne, en partie redistribu&#233;e dans des programmes d'alphab&#233;tisation, d'&#233;ducation ou de sant&#233;, a permis une am&#233;lioration de la vie des plus pauvres. Entre 2005 et 2019, selon des chiffres officiels, le taux de pauvret&#233; a recul&#233; de 59 &#224; 35 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a valu &#224; Evo Morales une popularit&#233; ind&#233;niable parmi les classes populaires, et lui a permis d'&#234;tre largement &#233;lu trois fois de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes poss&#233;dantes n'ont jamais accept&#233; le pouvoir de cet ancien producteur de coca, indien qui plus est. D&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, elles se sont oppos&#233;es aux r&#233;formes, m&#234;mes les plus modestes, en faveur des classes pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, elles proclam&#232;rent la s&#233;cession des r&#233;gions les plus riches du pays, notamment en gaz, y entretenant un climat de guerre civile contre les pauvres. Gr&#226;ce &#224; la mobilisation populaire et au soutien de l'arm&#233;e, Morales mit fin &#224; la s&#233;dition et renvoya l'ambassadeur am&#233;ricain qui l'appuyait financi&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne l'emp&#234;cha pas de chercher ensuite un compromis avec les m&#234;mes grands propri&#233;taires qui l'avaient d&#233;fi&#233;, favorisant l'extension de leurs gigantesques champs de soja au d&#233;triment de la for&#234;t amazonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la chute des cours des hydrocarbures, en diminuant les ressources de l'&#201;tat, a restreint la marge de man&#339;uvre de Morales, qui a perdu peu &#224; peu une partie de ses soutiens. M&#234;me un peu am&#233;lior&#233;es, les conditions de vie des classes populaires restent tr&#232;s dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire minimum a tripl&#233; depuis 2006, mais il reste plafonn&#233; &#224; 150 euros par mois, et le revenu moyen est presque dix fois inf&#233;rieur &#224; ce qu'il est dans le reste de l'Am&#233;rique latine. Le travail des enfants a m&#234;me &#233;t&#233; l&#233;galis&#233; d&#232;s l'&#226;ge de 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir favoris&#233; une certaine redistribution de terres en faveur des communaut&#233;s am&#233;rin-diennes, Morales soutient d&#233;sormais l'exploitation de mines jusque dans les zones o&#249; vivent les am&#233;rindiens. Quant aux campagnes, malgr&#233; une r&#233;forme agraire en 2006, 80 % des exploita-tions agricoles disposent de moins de 3 % des terres cultiv&#233;es, tandis que 7 % des propri&#233;taires accaparent 87 % des terres, les meilleures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2011, face &#224; la mobilisation populaire, Morales avait d&#251; annuler la hausse de 80 % du prix des carburants qu'il venait de d&#233;cider. Il a aussi perdu le r&#233;f&#233;rendum qu'il avait propos&#233; en 2016 pour lui permettre de briguer un quatri&#232;me mandat, ce que la Constitution bolivienne interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se porter candidat cette ann&#233;e, mais une partie de sa base &#233;lecto-rale ne l'a visiblement pas suivi puisque, d'apr&#232;s les r&#233;sultats proclam&#233;s par son gouvernement, il l'emporterait avec 20 points de moins que lors du pr&#233;c&#233;dent scrutin, en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les classes poss&#233;dantes n'ont rien perdu lors de sa pr&#233;sidence, ce r&#233;sultat a donn&#233; des ailes &#224; tous ceux qui n'ont jamais accept&#233; Morales et pour qui, malgr&#233; tout, il symbolise une victoire des pauvres et des Indiens : la droite conservatrice, les grands propri&#233;taires, la petite bourgeoisie urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le candidat arriv&#233; officiellement second &#224; l'&#233;lection, et derri&#232;re lequel se rangent ceux qui parlent au nom des manifestants, Carlos Mesa, avait &#233;t&#233; vice-pr&#233;sident lors de la r&#233;pression f&#233;roce des manifestations de 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, en tant que pr&#233;sident, il avait ensuite c&#233;d&#233; aux injonctions du FMI, et refus&#233; de mettre en place la nationalisation des hydrocarbures demand&#233;e par la population. Si, avec Morales, les classes populaires n'&#233;chappent pas au joug du capital, elles n'ont que des coups &#224; attendre de ceux qui veulent le faire tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Le Gall 30 Octobre 2019&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://journal.lutte-ouvriere.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journal.lutte-ouvriere.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bolivie : l'appel de Pablo Solon</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bolivie-l-appel-de-Pablo-Solon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bolivie-l-appel-de-Pablo-Solon</guid>
		<dc:date>2019-10-28T19:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pablo Sol&#243;n</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-10-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Evo Morales a d&#233;clar&#233; ce mercredi matin, lors d'une conf&#233;rence de presse, qu'un coup d'&#233;tat &#233;tait en cours en Bolivie et &#171; qu'il faisait &#224; nouveau appel &#224; la solidarit&#233; internationale pour d&#233;fendre le Processus &#187; (connu comme &#171; Proceso de Cambio &#187;) dans mon pays. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Objet : 2019 - 43 - 26 octobre Notes de lecture, textes, vid&#233;o, annonce et p&#233;tition Publi&#233; le 26 octobre 2019 &lt;br class='autobr' /&gt; Avec une grande amertume, ayant particip&#233; au gouvernement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-10-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-10-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton40872-51e88.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Evo Morales a d&#233;clar&#233; ce mercredi matin, lors d'une conf&#233;rence de presse, qu'un coup d'&#233;tat &#233;tait en cours en Bolivie et &#171; qu'il faisait &#224; nouveau appel &#224; la solidarit&#233; internationale pour d&#233;fendre le Processus &#187; (connu comme &#171; Proceso de Cambio &#187;) dans mon pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Objet : 2019 - 43 - 26 octobre Notes de lecture, textes, vid&#233;o, annonce et p&#233;tition&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 26 octobre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une grande amertume, ayant particip&#233; au gouvernement entre les ann&#233;es 2006 et 2011, je suis tr&#232;s d&#233;sol&#233; de vous dire que cette affirmation d'Evo Morales est compl&#232;tement fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est vrai que la Bolivie conna&#238;t aujourd'hui une tr&#232;s forte radicalisation et convulsion sociale. Pour preuve, les immeubles de plusieurs si&#232;ges de la Cour &#201;lectorale ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s dans plusieurs d&#233;partements et il y a des manifestations dans le pays tout entier qui mobilisent des centaines de milliers de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quel est l'origine de ces mouvements sociaux qui pourraient d&#233;g&#233;n&#233;rer dans des affrontements d'une violence extr&#234;me ? Serait-il vrai que la cinqui&#232;me &#233;tape d'un coup d'&#233;tat &#171; soft &#187; promu par &#171; l'Imp&#233;rialisme Am&#233;ricain &#187; et le candidat Carlos Mesa &#224; l'encontre du Pr&#233;sident Morales serait en place comme l'affirme son ancien Ministre de l'Int&#233;rieur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison principale qui a amen&#233; &#224; une grande partie du peuple bolivien &#224; prendre les rues, tient d'un c&#244;t&#233; &#171; mauvais perdant &#187; du propre Evo lors du r&#233;sultat du Referendum du 21 f&#233;vrier 2016 pour un quatri&#232;me mandat cons&#233;cutif. Lors de ce Referendum, propos&#233; par Evo lui-m&#234;me, 51,3% de la population s'est prononc&#233; pour le NON &#224; un possible quatri&#232;me mandat pour le Pr&#233;sident et son vice-Pr&#233;sident &#193;lvaro Garc&#237;a Linera. Au d&#233;but, Evo reconn&#251;t sa d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, lors d'une affaire m&#233;diatique rocambolesque, cons&#233;cutif &#224; la fin de campagne &#233;lectorale de ce Referendum connu comme &#171; Le Mensonge Zapata &#187; (digne d'une &#171; t&#233;l&#233;novela &#187; mexicaine), dans lequel son ex petite-amie d&#233;clara aux m&#233;dia avoir eu un fils du Pr&#233;sident (qui plus est reconnu par Evo au registre civil bolivien), qui d'abord &#233;tait soi-disant d&#233;c&#233;d&#233; pour ensuite figurer comme non n&#233;, le Pr&#233;sident cria &#224; la conspiration et dans cette confusion d&#233;clara que le Referendum fut ni plus ni moins perdu &#224; cause de la campagne m&#233;diatique &#224; son encontre. Le fait est, que dans cette sombre histoire, Gabriela Zapata finit en prison (dans une cellule V.I.P.), alors qu'il apparut que cette ex-petite amie &#233;tait ni plus ni moins que Directeur de la soci&#233;t&#233; de travaux publiques CAMC de la Chine et n&#233;gociait des contrats de plusieurs centaines de millions de dollars depuis le bureau officiel de la Premi&#232;re dame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s, vers la fin 2017, dans un &#171; coup de th&#233;&#226;tre &#187; monumental, ce fut le tour du Tribunal Constitutionnel de d&#233;clarer les citoyens Evo Morales et Alvaro Garc&#237;a Linera aptes pour une postulation &#224; une quatri&#232;me mandat, car la d&#233;cision du souverain lors du Referendum avait &#233;t&#233; &#171; &#224; l'encontre de leurs droits humains &#187;. En donnant patte-blanche &#224; la r&#233;-&#233;lection, furent bafou&#233;s au passage les articles de la Constitution bolivienne qui interdisaient la r&#233;-&#233;lection plus d'une seule fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin 2018, La Cour &#201;lectorale et l'Assembl&#233;e Nationale, approuv&#232;rent &#224; la va-vite une Loi autorisant des &#233;lections Primaires en Bolivie. Sous l'apparence d'une &#171; d&#233;mocratisation interne &#187; des partis politiques, rien de moins que l'objectif masqu&#233; de faire une normalisation de la candidature du bin&#244;me Evo/Alvaro. Ces primaires co&#251;t&#232;rent &#224; l'&#201;tat bolivien la bagatelle de quelques millions de dollars et furent un fiasco, boud&#233;es par la population. Pour finir en beaut&#233;, bien que la Loi pour ces Primaires interd&#238;t le changement du candidat de chaque parti, La Cour &#201;lectorale autorisa en ao&#251;t 2019 ce nouveau venu de derni&#232;re minute pour le parti de la D&#233;mocratie Chr&#233;tienne, un pr&#234;tre &#233;vang&#233;liste d'origine sud-cor&#233;enne, &#224; mi-chemin entre Bolsonaro et Fujimori qui est finalement arriv&#233; en troisi&#232;me place lors des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne 2019 fut, pour le moins, tr&#232;s in&#233;gale car Evo fit cette fois un usage ouvert des biens et moyens de l'&#201;tat pour organiser les concentrations de ses acolytes sans oublier que une grande partie des fonctionnaires publiques ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'assister sous peine de licenciement. Les discours d'Evo furent en g&#233;n&#233;ral des longues listes de promesses de travaux publiques en &#233;change des votes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, quelques semaines avant l'&#233;lection du 20 octobre dernier, des rassemblements massifs de citoyens connus comme &#171; Cabildos &#187; eurent lieu dans les grandes villes de la Bolivie et se prononc&#232;rent ouvertement &#224; l'encontre de cette quatri&#232;me candidature d'Evo qui depuis 2016 a ignor&#233; le r&#233;sultat du Referendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'&#233;lection, la majorit&#233; de la population de la Bolivie se pr&#233;senta aux isoloirs, avec un taux de participation de 90% et la nuit m&#234;me des &#233;lections les r&#233;sultats furent annonc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo premier, Carlos Mesa deuxi&#232;me. Vers 19:40 heures la Transmission de R&#233;sultats Electoraux Pr&#233;liminaires (TREP) de la Cour &#201;lectorale montrait lors de 83% des votes v&#233;rifi&#233;s qu'Evo obtenait 45% et Mesa 38%. Les r&#233;sultats &#233;taient valid&#233;s &#233;galement par Via Ciencia, la seule soci&#233;t&#233; de sondages habilit&#233;e par le Gouvernement, qui donnait 44% pour Evo et 39% avec Mesa. Sans une diff&#233;rence de plus de 10% entre le premier et le deuxi&#232;me candidat, un second tour le 15 d&#233;cembre &#233;tait in&#233;luctable. Le soir m&#234;me, Mesa se d&#233;clare pr&#234;t pour le ballotage, alors qu'Evo se proclame gagnant gr&#226;ce selon lui au 17% des votes qui ne sont pas encore compt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 20 heures du dimanche, une apparente panne du TREP, laisse l'actualisation de r&#233;sultats en suspens. La population commence &#224; s'inqui&#233;ter&#8230; Le lendemain, vers 18 heures, soit 22 heures apr&#232;s le d&#233;but de la panne, le syst&#232;me reprend et&#8230; surprise ! Le compte est maintenant &#224; 96% et Evo obtient de justesse le 10,11%, &#224; la virgule pr&#232;s, pour &#233;viter le second tour contre Mesa. Quelques minutes apr&#232;s, les r&#233;voltes explosent partout en Bolivie. A Sucre, la ville capitale historique, la police nationale se joignit m&#234;me aux manifestants. La Cours &#201;lectorale fut frapp&#233;e d'une crise interne avec la d&#233;mission d'un vice-pr&#233;sident et d'un officier d&#233;partemental. Le vice-pr&#233;sident de la Cours mis la panne suppos&#233;e du TREP comme raison principale de sa d&#233;mission. Le jeudi 24 octobre, apr&#232;s plusieurs interruptions et observations, le d&#233;compte officiel d&#233;passait 10 points de diff&#233;rence entre le premier et le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut quand m&#234;me rappeler que Carlos Mesa, journaliste, fut le Vice-Pr&#233;sident lors du gouvernement n&#233;o-lib&#233;ral de Gonzalo Sanchez de Lozada. Il est fort probable que si Evo n'avait pas forc&#233; sa quatri&#232;me &#233;lection cons&#233;cutive, Mesa aurait &#233;t&#233; un candidat parmi les autres, ou s'il ne se serait m&#234;me pas postul&#233; aux &#233;lections&#8230; Une partie de la population, outr&#233;e par le manque de respect d'Evo &#224; son propre Referendum, a concentr&#233; ses votes en faveur de Mesa. Sans vraiment le vouloir, Evo a cr&#233;&#233; son propre ennemi et a coup&#233; la soci&#233;t&#233; bolivienne en deux : pour ou contre cette quatri&#232;me &#233;lection forc&#233;e. Le vice-pr&#233;sident Garc&#237;a Linera a m&#234;me ressorti les vieux fantasmes racistes de blancs contre indiens que ce m&#234;me gouvernement avait d&#233;clar&#233; comme &#233;tant du pass&#233;. Au final, Evo aura maintenu son appui dans la campagne et villages ruraux alors que Mesa a concentr&#233; plut&#244;t les votes des grandes villes en &#233;tant tous les deux m&#233;tis ou indiens. Quelle bourde et quel danger d'appeler &#224; la confrontation raciale, longtemps d&#233;pass&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce conflit politique larv&#233; depuis 2016, la droite locale et r&#233;gionale se frotte les mains alors que l'Ambassade des &#201;tats Unis est certainement en train de tisser &#224; nouveau des sc&#233;narii.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de cela ne se serait produit sans le geste d'Evo de m&#233;conna&#238;tre le r&#233;sultat du Referendum (qu'il avait lui-m&#234;me convoqu&#233;) sous l'argument du &#171; droit humain &#224; la r&#233; &#233;lection &#187; qui bafoue la Constitution, les Lois et la volont&#233; souveraine de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait long d'&#233;crire d'autres sujets importants tels que la situation &#233;conomique de la Bolivie, les Droits de la Terre M&#232;re, l'&#233;tat des lieux des organisations sociales ou la mutation de la bourgeoisie bolivienne. On pourra parler apr&#232;s de ces d&#233;bats, de nos succ&#232;s, de nos erreurs et de nos pronostics. Pour l'instant je vous demande, de tout c&#339;ur, de bien vous informer de la situation politique bolivienne et si besoin est de prendre parti selon vos principes et selon votre &#226;me et conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ma part, suivant l'exemple de Mai 68, je continuerai &#224; &#171; demander l'impossible &#187;, celle qui est la seule issue possible. En l'occurrence qu'Evo accepte finalement le r&#233;sultat du Referendum du 21 f&#233;vrier 2016, et qu'il arr&#234;te d'insister sur cette quatri&#232;me &#233;lection qui bien pourrait co&#251;ter un bain de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pablo Sol&#243;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Paz, Bolivie, le 23 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alter.quebec/bolivie-lappel-de-pablo-solon/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alter.quebec/bolivie-lappel-de-pablo-solon/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bolivie : l'illusion &#233;cologiste (Evo Morales, &#233;lections, droits de la nature)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bolivie-l-illusion-ecologiste-Evo-Morales-elections-droits-de-la-nature</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bolivie-l-illusion-ecologiste-Evo-Morales-elections-droits-de-la-nature</guid>
		<dc:date>2019-09-30T10:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-10-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques semaines avant les &#233;lections boliviennes, il est temps de r&#233;v&#233;ler au monde entier la supercherie du gouvernement Morales. &lt;br class='autobr' /&gt; Bolivie : l'illusion &#233;cologiste. Voyage entre nature et politique au pays d'Evo Morales, de Dimitri de Boissieu, para&#238;tra en librairie le 8 octobre prochain, soit quelques jours avant les &#233;lections boliviennes du 20 octobre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mots-cl&#233;s : Evo Morales, Bolivie, &#233;lections, Terre-m&#232;re, Pachamama, droits de la nature, &#233;cologie, laboratoire politique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-10-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-10-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L93xH150/arton40411-00da0.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines avant les &#233;lections boliviennes, il est temps de r&#233;v&#233;ler au monde entier la supercherie du gouvernement Morales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bolivie : l'illusion &#233;cologiste. Voyage entre nature et politique au pays d'Evo Morales, de Dimitri de Boissieu, para&#238;tra en librairie le 8 octobre prochain, soit quelques jours avant les &#233;lections boliviennes du 20 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s : Evo Morales, Bolivie, &#233;lections, Terre-m&#232;re, Pachamama, droits de la nature, &#233;cologie, laboratoire politique, extractivisme, aires prot&#233;g&#233;es, capitalisme, n&#233;olib&#233;ralisme, Cochabamba, changements climatiques, &#233;cosocialisme, mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du livre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;lection d'Evo Morales &#224; la pr&#233;sidence en 2006, la Bolivie constitue un formidable laboratoire de la gauche latino-am&#233;ricaine. Issu des mouvements sociaux, ce gouvernement a clairement affich&#233; sa volont&#233; de rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme : d&#233;fense des droits autochtones, promotion du concept du vivir bien (&#171; bien vivre &#187;), constitutionnalisation des droits de la Pachamama (&#171; Terre-M&#232;re &#187;), organisation d'une Conf&#233;rence mondiale des peuples sur les changements climatiques, nationalisation des ressources naturelles, mise au pas des multinationales... La liste est longue et force l'admiration. Elle cr&#233;e aussi espoirs et attentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'interrogeant sur les dynamiques politiques &#224; l'oeuvre dans ce processus de transition, Dimitri de Boissieu a sillonn&#233; les aires naturelles prot&#233;g&#233;es de la Bolivie pour rencontrer divers acteurs sur le terrain. Sa vaste enqu&#234;te r&#233;v&#232;le que le gouvernement d'Evo Morales, n'ayant pas renonc&#233; aux dogmes de la croissance &#233;conomique, a failli dans la mise en place d'un &#201;tat v&#233;ritablement &#233;cosocialiste. La tentation productiviste &#233;tait trop forte : exploitations p&#233;troli&#232;res au milieu d'aires prot&#233;g&#233;es, pollution croissante des lacs, extraction de gaz naturel et de lithium sous un lac sal&#233; pour r&#233;pondre &#224; l'engouement envers la voiture &#233;lectrique, d&#233;forestation, d&#233;veloppement d'une agriculture industrielle et transg&#233;nique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;alisation d'avanc&#233;es sur le plan social gr&#226;ce &#224; la rente tir&#233;e de l'exploitation des mati&#232;res premi&#232;res, la Bolivie &#171; a rat&#233; une rare opportunit&#233; historique, celle de tracer une voie, de montrer au monde qu'un autre chemin est possible, capable d'am&#233;liorer la condition de vie des humains tout en pr&#233;servant la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;senchantement est r&#233;el, tout comme l'est le r&#234;ve de faire advenir un autre mod&#232;le politique pour nos soci&#233;t&#233;s. Nombreux sont ceux et celles qui cultivent encore l'utopie de b&#226;tir des civilisations capables de vivre en harmonie avec la nature. Ils et elles n'ont pas dit leurs derniers mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de l'auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimitri de Boissieu a travaill&#233; pour la conservation de la biodiversit&#233; en Am&#233;rique latine, au Niger et en France. &#201;ducateur &#224; la nature et &#224; l'environnement, il s'implique &#233;galement depuis de nombreuses ann&#233;es sur des lieux ressources pour la transition &#233;cologique, comme le hameau coop&#233;ratif du Viel Audon en Ard&#232;che et le prieur&#233; de Marcevol dans les Pyr&#233;n&#233;es. Bolivie : l'illusion &#233;cologiste est son premier essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Incendies en Amazonie : les Boliviens r&#233;clament des comptes &#224; Evo Morales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Incendies-en-Amazonie-les-Boliviens-reclament-des-comptes-a-Evo-Morales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Incendies-en-Amazonie-les-Boliviens-reclament-des-comptes-a-Evo-Morales</guid>
		<dc:date>2019-09-03T07:07:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claire F.R. Wordley</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Amazonie et r&#233;chauffement climatique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'un million d'hectares de la for&#234;t de la Chiquitania, situ&#233;e en Bolivie dans le d&#233;partement de Santa Cruz (frontalier du Br&#233;sil et du Paraguay), ont enti&#232;rement br&#251;l&#233; entre le 18 et le 23 ao&#251;t. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est plus que ce qui part en fum&#233;e pour deux ann&#233;es dans ce pays. Selon les experts, r&#233;parer le dommage &#233;cologique caus&#233; par ces feux prendra au moins deux si&#232;cles ; plus de 500 esp&#232;ces sont menac&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
La for&#234;t de la Chiquitania constituait jusqu'&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amazonie-et-rechauffement-climatique-+" rel="tag"&gt;Amazonie et r&#233;chauffement climatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-09-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-09-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L91xH150/arton40019-f487f.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='91' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'un million d'hectares de la for&#234;t de la Chiquitania, situ&#233;e en Bolivie dans le d&#233;partement de Santa Cruz (frontalier du Br&#233;sil et du Paraguay), ont enti&#232;rement br&#251;l&#233; entre le 18 et le 23 ao&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est plus que ce qui part en fum&#233;e pour deux ann&#233;es dans ce pays. Selon les experts, r&#233;parer le dommage &#233;cologique caus&#233; par ces feux prendra au moins deux si&#232;cles ; plus de 500 esp&#232;ces sont menac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La for&#234;t de la Chiquitania constituait jusqu'&#224; pr&#233;sent la plus grande for&#234;t aride tropicale du monde &#171; en bonne sant&#233; &#187;. On ignore si elle pourra le rester. Elle abrite des populations indig&#232;nes et nombre d'esp&#232;ces iconiques de la faune : jaguars, tatous g&#233;ants ou tapirs. Certaines d'entre elles n'existent nulle part ailleurs sur Terre. Des photos et des vid&#233;os bouleversantes de la r&#233;gion montrent de nombreux animaux morts br&#251;l&#233;s lors des r&#233;cents incendies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vacuations et &#233;coles ferm&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;gion affect&#233;e par les flammes concerne &#233;galement des terres cultiv&#233;es et des villages, desquels des milliers de personnes tr&#232;s expos&#233;es &#224; la fum&#233;e ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es. La r&#233;gion commence tout juste &#224; recevoir de l'eau et de la nourriture. Dans de nombreuses zones, la pollution de l'air a atteint un niveau deux fois plus &#233;lev&#233; que le seuil consid&#233;r&#233; comme extr&#234;me ; l'&#233;cole a &#233;t&#233; suspendue pour les enfants de la r&#233;gion et de nombreuses familles n'ont toujours pas acc&#232;s &#224; l'eau potable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'attention m&#233;diatique se concentre sur le Br&#233;sil, les Boliviens r&#233;clament que la communaut&#233; internationale tienne &#233;galement compte de leur situation dramatique et leur envoie de l'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allumer des feux, une activit&#233; &#171; normale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces incendies auraient &#233;t&#233; d&#233;marr&#233;s volontairement pour &#171; nettoyer &#187; les sols &#224; des fins agricoles ; leur propagation rapide est vite devenue hors de contr&#244;le. Les responsables n'ont pas &#233;t&#233; identifi&#233;s, mais le pr&#233;sident Evo Morales a d&#233;j&#224; justifi&#233; ces incendies en d&#233;clarant :&#171; Si les petits exploitants ne provoquaient pas d'incendies, de quoi vivraient-ils ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette catastrophe intervient un mois apr&#232;s l'annonce d'Evo Morales d'une nouvelle mesure destin&#233;e &#224; augmenter la production de viande de b&#339;uf pour l'exportation. Le d&#233;cret supr&#234;me 3973, approuv&#233; en juillet dernier, permet en effet de mettre feu aux terres foresti&#232;res pour les convertir en zones agricoles. Vingt-et-une organisations de la soci&#233;t&#233; civile demandent aujour-d'hui son abrogation. Selon elles, cette mesure a contribu&#233; &#224; provoquer les incendies et viole les lois environnementales du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du gouvernement assurent de leur c&#244;t&#233; qu'allumer un feu est une activit&#233; normale &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e et n'a aucun lien avec le d&#233;cret en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, Evo Morales a affirm&#233; de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e que l'aide internationale n'&#233;tait pas n&#233;cessaire. Trois avions envoy&#233;s par l'Argentine voisine sont ainsi rest&#233;s au sol pendant des jours parce que l'administration refusait de les laissait voler. Il a finalement c&#233;d&#233; aux pressions le 25 ao&#251;t dernier, et a assur&#233; qu'il accepterait d&#233;sormais l'aide des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup consid&#232;rent que les incendies auraient pu &#234;tre ma&#238;tris&#233;s beaucoup plus t&#244;t gr&#226;ce &#224; l'aide internationale. De nombreuses vid&#233;os montrent des volontaires essayant de les &#233;teindre avec des branches, munis d'un &#233;quipement inad&#233;quat et d'une quantit&#233; d'eau limit&#233;e. Certains se sont &#233;vanouis &#224; cause de la fum&#233;e &#233;paisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation citoyenne&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que pompiers et volontaires luttent pour faire face aux flammes, supportant des temp&#233;ratures allant jusqu'&#224; 55&#176;C, les Boliviens ont organis&#233; une r&#233;colte de fonds pour lutter contre ces feux. Dans tout le pays, des manifestants ont r&#233;clam&#233; qu'Evo Morales sollicite l'aide internationale et r&#233;voque les d&#233;crets et lois supr&#234;mes qui ont pu contribu&#233; &#224; provoquer les incendies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident bolivien a re&#231;u ces derniers jours une pluie de critiques alors qu'il poursuivait sa campagne pour les prochaines &#233;lections tandis que les feux se propageaient. Il a finalement accept&#233;, dimanche 25 ao&#251;t, de suspendre cette campagne pour une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains dirigeants indig&#232;nes ont pour leur part demand&#233; qu'un proc&#232;s d&#233;termine la respon-sabilit&#233; des incendies et une strat&#233;gie de r&#233;ponse la plus ad&#233;quate. Pour Alex Villca, leader et porte-parole indig&#232;ne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est au pr&#233;sident Evo Morales qu'il faut demander des comptes. En quoi doivent-ils consister ? Un proc&#232;s en responsabilit&#233; pour ce qui se produit en ce moment dans le pays, les nombreuses violations que subissent les populations indig&#232;nes et les droits bafou&#233;s de M&#232;re Nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe de coordination des peuples autochtones de l'Amazonie, Coica, a &#233;galement sign&#233; une lettre dans laquelle il accuse Bolsonaro et Morales de &#171; g&#233;nocide environnemental et culturel &#187; caus&#233; par ces gigantesques incendies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures contradictoires&lt;br class='autobr' /&gt;
Soutenu par une formation politique centr&#233;e sur le socialisme, les droits indig&#232;nes et la protection de l'environnement, Evo Morales est arriv&#233; au pouvoir en Bolivie en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, il fit voter la loi sur les droits de la Terre M&#232;re, qui pla&#231;ait la valeur intrins&#232;que de la nature au m&#234;me niveau que celle des &#234;tres humains. Si sa rh&#233;torique environnementale a toujours &#233;t&#233; forte, il a toutefois conduit des politiques contradictoires. Il a par exemple approuv&#233; une g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;forestation, la construction de routes et l'extraction de gaz dans les parcs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les incendies de la Chiquitania font la une des m&#233;dias nationaux, des centaines d'autres feux font rage dans toute la Bolivie, port&#233;s par la r&#233;cente s&#233;cheresse. S'il n'est pas certain que la gestion de ces &#233;v&#233;nements aura une incidence sur les r&#233;sultats des &#233;lections d'octobre prochain, la col&#232;re gronde forte dans le pays, o&#249; plus de 70 % de la population dit vouloir privil&#233;gier la protection de l'environnement &#224; la croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 ao&#251;t 2019 Claire F.R. Wordley Research Associate, Conservation Evidence, Department of Zoology, University of Cambridge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theconversation.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s le Venezuela, la Bolivie ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-le-Venezuela-la-Bolivie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Apres-le-Venezuela-la-Bolivie</guid>
		<dc:date>2019-02-19T07:16:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillermo Montano</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-02-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les primaires pour la d&#233;signation des candidats &#224; la pr&#233;sidence de la Bolivie ont eu lieu ce 27 janvier. Simple exercice d'intronisations partisanes marqu&#233; par un fort taux d'abstention, elles constituent un &#171; aveu d'impuissance &#187; qui n'augure rien de bon sur le plan d&#233;mocratique pour les mois &#224; venir, pronostique Guillermo Montano. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du journal Le Courrier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pays du vivir bien, celui qui depuis 2005 a v&#233;cu une surprenante &#233;volution 1, est entr&#233; dans une ann&#233;e &#233;lectorale (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-02-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-02-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton37907-29f81.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les primaires pour la d&#233;signation des candidats &#224; la pr&#233;sidence de la Bolivie ont eu lieu ce 27 janvier. Simple exercice d'intronisations partisanes marqu&#233; par un fort taux d'abstention, elles constituent un &#171; aveu d'impuissance &#187; qui n'augure rien de bon sur le plan d&#233;mocratique pour les mois &#224; venir, pronostique Guillermo Montano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du journal &lt;a href=&#034;https://lecourrier.ch/2019/02/18/apres-le-venezuela-la-bolivie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Courrier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays du vivir bien, celui qui depuis 2005 a v&#233;cu une surprenante &#233;volution 1, est entr&#233; dans une ann&#233;e &#233;lectorale qui s'annonce rude et paradoxale. A neuf mois des &#233;lections pr&#233;sidentielles, la Bolivie vient de vivre les premi&#232;res primaires de son histoire. Insuffisamment exploit&#233;es, r&#233;duites &#224; des simples &#171; intronisations &#187; partisanes, elles n'ont malheureusement rien apport&#233; aux d&#233;bats internes. La Bolivie en a pourtant urgemment besoin car ceux qui verraient d'un bon &#339;il le processus &#233;lectoral en cours se transformer en dangereux d&#233;rapage insurrectionnel ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; placer leurs pions. La continuit&#233; ou l'interruption du processus de changement le plus audacieux de l'Am&#233;rique latine est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Man&#339;uvres ind&#233;licates et st&#233;riles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 janvier, quelque 495 000 citoyens boliviens se sont rendus aux urnes pour valider l'une ou l'autre des neuf candidatures inscrites pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles du mois d'octobre. Soit 28,9% des militants habilit&#233;s pour l'exercice. Ce chiffre particuli&#232;rement bas r&#233;sulte du troublant appel au boycott lanc&#233; par l'opposition, mais aussi du fait que les partis en lice n'ont pr&#233;sent&#233; que des candidatures uniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule formation qui est sortie du lot est le Mouvement vers le socialisme (MAS) du pr&#233;sident Evo Morales, dont 45,5% des membres ont pris le chemin des isoloirs. Les partis d'opposition ont enregistr&#233; des taux de participation affligeants, allant de 8,3 &#224; 3,7%. La proportion agr&#233;g&#233;e des votes nuls et blancs a atteint, quant &#224; elle, une valeur globale de 11,7%. L&#224; encore, le MAS se retrouve du bon c&#244;t&#233; de la moyenne. A l'autre extr&#234;me du paysage politique, les proportions de votes non valides sont terriblement &#233;lev&#233;es. Elles vont de 19,3 &#224; 45,2%. Des pourcentages invraisemblables qui fragilisent davantage la valeur de la participation enregistr&#233;e 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels taux pourraient refl&#233;ter le sentiment de d&#233;pit d'un &#233;lectorat qui ne croit plus au s&#233;rieux des partis cens&#233;s le repr&#233;senter ; mais la faible fiabilit&#233; de ces donn&#233;es ne permet pas d'&#234;tre aussi affirmatif. En effet, les appels de l'opposition &#224; s'abstenir &#8211; en fort contraste avec la pression aupr&#232;s des militants du MAS pour qu'ils n'oublient pas de voter &#8211; ont donn&#233; &#224; ces &#233;lections une dimension exutoire qui s'est traduite par une faible utilisation des bulletins de vote. De plus, les erreurs au niveau des listes &#233;lectorales, les accusations mutuelles d'infiltration et autres initiatives tendant &#224; d&#233;naturer le choix des citoyens font planer des doutes quant &#224; exactitude et &#224; la signification des d&#233;comptes finaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce manque de cr&#233;dibilit&#233;, chaque camp essaie tout de m&#234;me de faire cracher aux chiffres des conclusions h&#226;tives, fr&#244;lant parfois l'absurde. Des analystes proches de l'opposition, par exemple, affirment que plus du 59% des militants du MAS d&#233;savouent la candidature d'Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, des membres du MAS se vantent d'avoir r&#233;colt&#233; 93% de votes valides. Tous savent parfaitement cependant que, dans l'insolite ambiance dans laquelle ces primaires se sont d&#233;roul&#233;es, ces calculs, arithm&#233;tiquement justes, sont politiquement fantaisistes et n'ont aucune valeur pr&#233;dictive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est finalement &#224; travers une comparaison des attentes globales et des r&#233;sultats g&#233;n&#233;raux obtenus par les uns et les autres qu'un peu de clart&#233; peut &#234;tre obtenue. Le parti gouvernemental souhaitait faire une d&#233;monstration de force et aspirait &#224; mobiliser entre 50 et 70% de sa militance. Il a tout fait pour y arriver et n'a pas r&#233;ussi. Les partis d'opposition, quant &#224; eux, ont activement cherch&#233; &#224; emp&#234;cher la tenue de ce scrutin. Ces primaires ayant tout de m&#234;me eu lieu, ils peuvent aussi se dire qu'ils ont &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la mani&#232;re peu &#233;l&#233;gante dont les partis boliviens ont investi ces primaires constitue un aveu d'impuissance qui ne laisse pr&#233;sager rien de bon pour les mois &#224; venir. Le lamentable gaspillage d'une opportunit&#233; d&#233;mocratique qui aurait pu &#234;tre autre chose que ce qu'elle a &#233;t&#233; pourrait leur &#234;tre factur&#233;e cash lors du vote crucial de cet automne. Pour l'heure, m&#234;me s'ils ont tous r&#233;ussi &#224; valider leurs poulains, aucun d'entre eux n'a r&#233;ussi &#224; d&#233;montrer qu'il jouit de la sympathie spontan&#233;e de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partis contraints au double jeu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces &#233;checs, la classe politique bolivienne peut tout de m&#234;me faire &#233;tat de quelques maigres consolations. Le MAS maintient dans la course un bin&#244;me consid&#233;r&#233; ill&#233;gitime par ses adversaires et qui ne s&#233;duit plus de la m&#234;me mani&#232;re qu'en 2005 ; les partis d'opposition, quant &#224; eux, sont en passe de r&#233;ussir leur intrigant pari de d&#233;cr&#233;dibiliser un processus &#233;lectoral auquel ils participent pourtant massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que l'ent&#234;tement des uns et l'ambigu&#239;t&#233; des autres font finalement le jeu des acteurs ext&#233;rieurs qui pr&#233;f&#232;rent traiter avec un &#201;tat instable et divis&#233; qu'avec un pays souverain habit&#233; par un solide esprit de concertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fuyant le territoire du d&#233;bat et en s'alignant avec les logiques qui ont amen&#233; Juan Guaido &#224; s'autoproclamer pr&#233;sident du Venezuela, l'opposition bolivienne reprend avec enthousiasme l'attitude servile qui l'a toujours caract&#233;ris&#233;e. Vivre sous ing&#233;rence ne la d&#233;range pas et ses appels de phare en direction du Nord deviennent fr&#233;quents et de plus en plus appuy&#233;s. En privil&#233;giant la ligne dure lors de sa derni&#232;re recomposition minist&#233;rielle, le gouvernement montre pour sa part qu'il se pr&#233;pare lui aussi &#224; affronter des longs mois de provocations, hostilit&#233; et coups bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'issue des votations d'octobre prochain reste pour l'instant tr&#232;s incertaine, il est clair qu'ind&#233;pendamment du choix des &#233;lecteurs, la p&#233;riode suivant la proclamation des r&#233;sultats conna&#238;tra des contestations violentes pouvant ouvrir en Bolivie une tr&#232;s longue et dangereuse phase d'agitation. Tout porte &#224; croire que les principaux partis politiques boliviens, tout en participant au jeu &#233;lectoral en cours, sont d&#233;j&#224; maintenant en train de se pr&#233;parer &#224; des affrontements ult&#233;rieurs qui n'ont rien &#224; voir avec le renforcement d&#233;mocratique dont le pays a grandement besoin. Que la classe politique n'ait pas su proposer &#224; la population de meilleures perspectives que celles-ci est tr&#232;s inqui&#233;tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, apr&#232;s treize ann&#233;es de transformations historiques aujourd'hui inscrites dans une nouvelle constitution, comment comprendre que l'opposition n'ait toujours pas trouv&#233; les moyens de se repenser dans le cadre des changements irr&#233;versibles effectifs ni la volont&#233; de rem&#233;dier &#224; sa d&#233;sunion ? D'autre part, qu'est ce qui fait qu'un mouvement pr&#244;nant l'&#233;mancipation et la souverainet&#233; ne parvienne pas &#224; assurer une rel&#232;ve au niveau de son leadership ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la rescousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesurer la grandeur ou la petitesse de l'action des partis politiques n'est pas possible sans se r&#233;f&#233;rer &#224; la profondeur historique et &#233;thique du processus bolivien. Construit autour d'une vision qui reconceptualise autant son avenir que son pass&#233; et qui pr&#244;ne la mise &#224; jour de valeurs ancestrales propres aux nations indiennes, le processus bolivien suppose &#224; la fois des changements de structure et des changements de mentalit&#233;. Il s'agit donc d'un d&#233;fi soci&#233;tal n&#233;cessitant l'implication durable de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233; civile dans son int&#233;gralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les partis politiques &#8211; qu'ils soient aux affaires ou non &#8211; ne parviennent plus &#224; jouer un r&#244;le moteur dans cette dynamique, ne serait-il pas normal que d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile prennent le relais ? Le temps est peut-&#234;tre venu pour que de nouvelles structures populaires &#224; l'ind&#233;pendance affirm&#233;e assument plus activement la responsabilit&#233; de pr&#233;server et relancer les changements entrepris ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, il convient de rappeler qu'avant d'&#234;tre port&#233; au niveau &#233;tatique par le MAS, le processus de changement bolivien a &#233;t&#233; longuement m&#251;ri par divers secteurs de la soci&#233;t&#233; civile. Il n'est pas illusoire donc de penser qu'au vu des dysfonctionnements et insuffisances des formations politiques actuelles et des incertitudes en lien aux prochaines &#233;lections, le portage du processus puisse &#224; nouveau &#234;tre garanti par de nouvelles organisations &#233;manant du peuple bolivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; du processus de changement pourrait ainsi recommencer &#224; &#234;tre r&#233;fl&#233;chie non plus depuis la Casa grande del pueblo [la nouvelle r&#233;sidence pr&#233;sidentielle] ni depuis les si&#232;ges des partis politiques traditionnels, mais &#224; partir des foyers des simples citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.&lt;a href=&#034;http://www.jetdencre.ch/la-bolivie-a-laube-de-ses-premieres-primaires&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jetdencre.ch/la-bolivie-a-laube-de-ses-premieres-primaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.&lt;a href=&#034;http://www.oep.org.bo/elecciones-primarias-2019/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.oep.org.bo/elecciones-primarias-2019/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillermo Montano est p&#233;dagogue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Attaques chimiques en Syrie : la Bolivie d&#233;nonce les mensonges des &#201;tats-Unis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Attaques-chimiques-en-Syrie-la-Bolivie-denonce-les-mensonges-des-Etats-Unis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Attaques-chimiques-en-Syrie-la-Bolivie-denonce-les-mensonges-des-Etats-Unis</guid>
		<dc:date>2017-04-18T07:55:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sacha Llorenti</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-04-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;union d'urgence du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU apr&#232;s les frappes am&#233;ricaines contre la Syrie, 07 avril 2017 |Intervention de la Bolivie - Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons maintenant &#233;couter les d&#233;clarations des membres du Conseil [de s&#233;curit&#233;] et nous commen&#231;ons avec le repr&#233;sentant de la Bolivie. &lt;br class='autobr' /&gt; Ambassadeur bolivien aux Nations Unies, Sacha Llorenti : Mme la Pr&#233;sidente, merci de me donner la parole et d'avoir convoqu&#233; cette rencontre publique du Conseil de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-04-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-04-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton30535-29788.jpg?1781066330' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;union d'urgence du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU apr&#232;s les frappes am&#233;ricaines contre la Syrie, 07 avril 2017 |Intervention de la Bolivie - Traduction : &lt;a href=&#034;http://sayed7asan.blogspot.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://sayed7asan.blogspot.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons maintenant &#233;couter les d&#233;clarations des membres du Conseil [de s&#233;curit&#233;] et nous commen&#231;ons avec le repr&#233;sentant de la Bolivie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ambassadeur bolivien aux Nations Unies, Sacha Llorenti : Mme la Pr&#233;sidente, merci de me donner la parole et d'avoir convoqu&#233; cette rencontre publique du Conseil de S&#233;curit&#233;. Il est vital que non seulement les membres de notre organisation mais &#233;galement le monde entier puissent voir (quelles sont) les positions des membres du Conseil de s&#233;curit&#233; de mani&#232;re totalement transparente, &#233;tant donn&#233;s les &#233;v&#233;nements r&#233;cents en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie a appel&#233; &#224; la convocation de cette r&#233;union, pr&#233;occup&#233;e par les &#233;v&#233;nements des derni&#232;res heures. Tandis que le Conseil de s&#233;curit&#233; d&#233;battait les propositions quant &#224; ce que serait le m&#233;canisme d'enqu&#234;te sur les horribles attaques chimiques dont toute l'humanit&#233; a pu t&#233;moigner, tandis que nous discutions des termes qui pourraient &#234;tre utilis&#233;s dans la r&#233;solution, et tandis que les membres permanents et non-permanents avan&#231;aient des propositions pour le texte d'une telle r&#233;solution, les &#201;tats-Unis, encore une fois, pr&#233;paraient et lan&#231;aient une attaque unilat&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques de missile, bien s&#251;r, sont une action unilat&#233;rale. Elles repr&#233;sentent une grave menace pour la paix et la s&#233;curit&#233; internationales. Pourquoi ? Parce que durant les 70 derni&#232;res ann&#233;es, l'humanit&#233; a &#233;rig&#233; une structure non seulement physique et institutionnelle mais &#233;galement une structure l&#233;gale. Ils ont &#233;tabli des instruments de droit international justement pour emp&#234;cher des situations o&#249; le plus puissant attaque le plus faible en toute impunit&#233;, afin d'assurer un &#233;quilibre dans le monde, et bien s&#251;r pour &#233;viter des violations tr&#232;s graves de la paix et de la s&#233;curit&#233; internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous consid&#233;rons que c'est le devoir du Conseil de s&#233;curit&#233; mais pas seulement, de l'ONU dans tous ses organismes, que de d&#233;fendre le multilat&#233;ralisme. Nous sommes ici pour d&#233;fendre le multilat&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons reconnu que cette Charte des Nations Unies doit &#234;tre respect&#233;e. Et cette Charte interdit les actions unilat&#233;rales. Toute action doit &#234;tre autoris&#233;e par le Conseil de s&#233;curit&#233;, en accord avec la Charte. Permettez-moi d'en lire quelques articles afin que nous puissions nous le rem&#233;morer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre 24 d&#233;clare qu'afin de garantir une action prompte et effective de l'ONU, ses membres conf&#232;rent au Conseil de s&#233;curit&#233; la responsabilit&#233; primordiale du maintien de la paix et de la s&#233;curit&#233; internationales et reconnaissent que dans l'ex&#233;cution de ces t&#226;ches, sous cette responsabilit&#233;, le Conseil de s&#233;curit&#233; agit en leur nom. Ce Conseil de s&#233;curit&#233;, pas seulement les 15 membres qui sont assis &#224; cette table, nous repr&#233;sentons les 193 pays de cette organisation, et &#224; travers eux, nous repr&#233;sentons le peuple du monde. Et nous avons convenu que les actions unilat&#233;rales violent le droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que nous d&#233;battions hier des projets de r&#233;solution, tandis que nous nous efforcions de trouver des alternatives et de parvenir &#224; un consensus au sein du Conseil de s&#233;curit&#233;, les &#201;tats-Unis ont non seulement unilat&#233;ralement attaqu&#233;, mais tandis que nous d&#233;battions ici, exigeant la n&#233;cessit&#233; d'une enqu&#234;te ind&#233;pendante et impartiale, une enqu&#234;te compl&#232;te sur ces attaques, les &#201;tats-Unis se sont &#233;rig&#233;s eux-m&#234;mes en enqu&#234;teurs, en procureurs, en juges et en jury. O&#249; est donc l'enqu&#234;te qui nous permettrait d'&#233;tablir de mani&#232;re objective qui est responsable de l'attaque ? C'est une violation extr&#234;mement s&#233;rieuse, extr&#234;mement s&#233;rieuse du droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois dans l'histoire que cela se produit. Nous pourrions rappeler bien des occurrences dans lesquelles diverses puissances, et pas seulement les &#201;tats-Unis, ont agi unilat&#233;ralement et viol&#233; la Charte des Nations Unies. Mais le fait que cela se produise encore une fois ne signifie pas que l'ONU et ses membres doivent l'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2013, les Etats-Unis ont &#233;galement lanc&#233; des attaques contre la Syrie. Je peux rappeler ce qui a &#233;t&#233; dit par le Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de l'ONU d'alors, Ban-Ki Moon, &#224; cette occasion. Permettez-moi de lire cette citation en anglais, ce que le Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral a dit, je cite : &#171; Le Conseil de S&#233;curit&#233; a la responsabilit&#233; primordiale (du maintien) de la paix et de la s&#233;curit&#233;. J'appelle &#224; ce que tout soit g&#233;r&#233; dans le cadre de la Charte de l'ONU : l'usage de la force est l&#233;gal seulement en cas d'auto-d&#233;fense, conform&#233;ment &#224; l'article 51 de la Charte des Nations Unies, et lorsque le Conseil de s&#233;curit&#233; approuve une telle action &#187;. Fin de citation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut la position du Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral d'alors qui contribua &#224; &#233;viter une action unilat&#233;rale dans une situation tr&#232;s semblable &#224; celle d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attaque repr&#233;sente une menace pour la paix et la s&#233;curit&#233; internationales car elle constitue une menace pour les processus politiques &#224; Gen&#232;ve et &#224; Astana. [Le sous-secr&#233;taire] M. Feltman l'a tr&#232;s bien dit dans le message du Secr&#233;tariat G&#233;n&#233;ral, il est vital d'&#233;viter une escalade des tensions qui rompe avec les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s derni&#232;rement &#224; Astana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que cela se produit. J'aimerais rappeler ce qui s'est pass&#233; dans ce Conseil de s&#233;curit&#233; m&#234;me il y a quelques ann&#233;es, pr&#233;cis&#233;ment le 5 f&#233;vrier 2003 lorsque le Secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain d'alors est venu dans cette salle pour nous pr&#233;senter, selon ses propres mots, des preuves concluantes de l'existence d'armes de destruction massive en Irak. [Il brandit la photo de Colin Powell et de sa pr&#233;tendue fiole d'anthrax] Je crois qu'il faut absolument qu'on se rappelle ces images qui viennent pr&#233;cis&#233;ment de cette salle o&#249; nous sommes : on nous a assur&#233; qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak, et que c'&#233;tait le motif de l'invasion. Et cette invasion a caus&#233; 1 million de morts. Et elle a entrain&#233; toute une s&#233;rie d'atrocit&#233;s dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourrions-nous parler de Daech si cette invasion n'avait pas eu lieu ? Pourrions-nous parler de cette s&#233;rie d'horribles attaques (terroristes) dans divers endroits du monde si cette invasion ill&#233;gale n'avait pas eu lieu ? Je crois qu'il est vital pour nous de se rappeler ce que l'histoire nous enseigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Irak, les &#201;tats-Unis avaient longuement enqu&#234;t&#233; et d&#233;tenaient (pr&#233;tendument) toutes les preuves n&#233;cessaires pour d&#233;montrer que l'Irak avait des armes de destruction massive. Mais elles n'ont jamais &#233;t&#233; trouv&#233;es. Elles n'ont jamais &#233;t&#233; trouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaiterais r&#233;p&#233;ter ce qu'a dit le Pr&#233;sident Evo Morales ce matin, et je cite : &#171; Je crois et je sens &#8211; et j'esp&#232;re que je ne me trompe pas &#8211; que les armes chimiques en Syrie ne sont qu'une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilat&#233;rales sont des actions imp&#233;rialistes, et les &#201;tats-Unis se moquent bien du droit international. Ils l'ignorent lorsque cela les arrange. Les probl&#232;mes internationaux entre &#201;tats doivent &#234;tre r&#233;solus par le dialogue et non par les bombardements. C'est une menace contre la paix et la s&#233;curit&#233; internationales &#187;. Fin de citation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La source originale de cet article est Nations Unies / Le site de Sayed Hasan&lt;br class='autobr' /&gt;
Copyright &#169; Sacha Llorenti, Nations Unies / Le site de Sayed Hasan, 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avis de non-responsabilit&#233; : Les opinions exprim&#233;es dans cet article n'engagent que le ou les auteurs. Le Centre de recherche sur la mondialisation se d&#233;gage de toute responsabilit&#233; concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) accorde la permission de reproduire la version int&#233;grale ou des extraits d'articles du site Mondialisation.ca sur des sites de m&#233;dias alternatifs. La source de l'article, l'adresse url ainsi qu'un hyperlien vers l'article original du CRM doivent &#234;tre indiqu&#233;s. Une note de droit d'auteur (copyright) doit &#233;galement &#234;tre indiqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour publier des articles de Mondialisation.ca en format papier ou autre, y compris les sites Internet commerciaux, contactez : media@globalresearch.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
