<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=1550&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Gauches et droites latino-am&#233;ricaines dans un monde en crise</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise</guid>
		<dc:date>2024-08-20T10:52:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint, Franck Gaudichaud</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-08-20</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions la pr&#233;face r&#233;dig&#233;e par Franck Gaudichaud et &#201;ric Toussaint &#224; la demande de la revue cubaine Temas pour un livre coordonn&#233; par Julio C&#233;sar Guanche &#224; para&#238;tre en Argentine sous le titre Izquierdas y derechas en America latina. &lt;br class='autobr' /&gt; 19 juin 2024 | tir&#233; du site du CADTM | Photo : Emergentes + Hern&#225;n Vitenberg para Emergentes (CC BY-NC 4.0) https://www.cadtm.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde de ces derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; marqu&#233; par de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-08-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-1696-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/gauches_et_droites_latinoamericaines-150de.png?1724151158' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la pr&#233;face r&#233;dig&#233;e par Franck Gaudichaud et &#201;ric Toussaint &#224; la demande de la revue cubaine Temas pour un livre coordonn&#233; par Julio C&#233;sar Guanche &#224; para&#238;tre en Argentine sous le titre Izquierdas y derechas en America latina.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 juin 2024 | tir&#233; du site du CADTM | Photo : Emergentes + Hern&#225;n Vitenberg para Emergentes (CC BY-NC 4.0)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de ces derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; marqu&#233; par de multiples crises. On pourrait parler d'une &#171; polycrise &#187; globale, intersectionnelle et interconnect&#233;e du capitalisme n&#233;olib&#233;ral : turbulences politiques et &#233;conomiques profondes, guerres et violences arm&#233;es, effondrement acc&#233;l&#233;r&#233; des &#233;cosyst&#232;mes et du climat, pand&#233;mies et extractivisme pr&#233;dateur, red&#233;finitions brutales des &#233;quilibres g&#233;opolitiques et tensions inter-imp&#233;rialistes, etc. Une fois de plus, l'humanit&#233; traverse des ouragans et des d&#233;fis majeurs dans un moment historique o&#249;, manifestement, sa survie m&#234;me en tant qu'esp&#232;ce et son (in)capacit&#233; &#224; habiter collectivement et pacifiquement cette plan&#232;te sont d'ores et d&#233;j&#224; en jeu. La grande r&#233;volutionnaire allemande Rosa Luxemburg d&#233;clarait, dans les ann&#233;es 1910, alors qu'il &#233;tait minuit dans le si&#232;cle dernier : socialisme ou barbarie ! Ce slogan r&#233;sonne tr&#232;s fort aujourd'hui [1], dans un contexte o&#249; les peuples et les mouvements populaires continuent de r&#233;sister, de se mobiliser, de d&#233;battre, de proposer, mais sans parvenir &#224; surmonter la fragmentation structurelle, ni - pour l'instant - &#224; voir des forces politiques &#233;mancipatrices ayant une r&#233;elle capacit&#233; &#224; accompagner, consolider ces r&#233;sistances et construire un cap &#224; moyen terme pour des alternatives d&#233;mocratiques et &#233;co-sociales &#171; raizal &#187;, pour citer le sociologue colombien Orlando Fals Borda (1925-2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si l'on observe les Am&#233;riques &#171; latines &#187; et les Cara&#239;bes au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, les terres de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Berta_C%C3%A1ceres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Berta C&#225;ceres&lt;/a&gt; (1971-2016), Jos&#233; Carlos Mari&#225;tegui (1894-1930) et &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marielle_Franco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marielle Franco&lt;/a&gt; (1979-2018) semblent chercher de nouvelles voies sociales et politiques, r&#233;veillant les espoirs de la gauche mondiale, au-del&#224; de la chute du mur de Berlin et d'un n&#233;olib&#233;ralisme vorace. &#171; Tournant &#224; gauche &#187;, &#171; vague progressiste &#187;, &#171; fin du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, &#171; mar&#233;e rose &#187; : l'inflexion sociopolitique v&#233;cue par de nombreux pays d'Am&#233;rique du Sud et d'Am&#233;rique centrale dans les ann&#233;es 2000 a surpris beaucoup d'observateurs et d'observatrices et m&#234;me fascin&#233; beaucoup d'autres, notamment en Europe [2]. Le d&#233;fi - en particulier pour des pays comme la Bolivie, le Venezuela et l'&#201;quateur, qui ont construit un narratif et une promesse &#171; transformatrice &#187; - &#233;tait de trouver des voies politico-&#233;lectorales et nationales-populaires avec une cl&#233; &#171; post-n&#233;olib&#233;rale &#187; et anti-imp&#233;rialiste. Pour certains militant.e.s et mouvements, il ne s'agissait pas seulement de &#171; d&#233;mocratiser la d&#233;mocratie &#187;, mais aussi de ne pas rester enferm&#233; dans un nouveau mod&#232;le fond&#233; sur l'extractivisme des mati&#232;res premi&#232;res, la soumission au march&#233; mondial et diverses formes de colonialisme interne et externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 20 ans apr&#232;s le d&#233;but de ce &#171; cycle &#187;, nous pouvons constater &#224; quel point cet objectif de transformation n'a pas &#233;t&#233; atteint, bien qu'&#224; des rythmes et des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rents selon les sc&#233;narios r&#233;gionaux et nationaux d'Abya Yala [3]. Obstacles et difficult&#233;s, d&#233;senchantement et d&#233;sillusion ont &#233;t&#233; communs &#224; plusieurs pays gouvern&#233;s par la gauche et le &#171; progressisme &#187;, sans qu'une dynamique homog&#232;ne ne soit perceptible. Parall&#232;lement, les forces conservatrices et les nouvelles extr&#234;mes droites ont su capitaliser sur ce contexte de crises multiples, pour imposer de nouveaux r&#233;cits politiques et culturels furieusement &#171; antiprogressistes &#187;, soutenus par les grands groupes m&#233;diatiques et par les oligarchies &#233;conomiques locales et imp&#233;riales, afin, in fine, de se poser en &#171; alternatives populaires &#187; : Javier Milei est le dernier maillon de cette cha&#238;ne r&#233;actionnaire globale [4]. Nayib Bukele Ortez, r&#233;&#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du Salvador en f&#233;vrier 2024, a d&#233;velopp&#233; un style de gouvernement qui rappelle l'exp&#233;rience de la pr&#233;sidence de Rodrigo Duterte aux Philippines entre 2016 et 2022, durant laquelle des milliers d'ex&#233;cutions extrajudiciaires contre des secteurs populaires &#171; lump&#233;nis&#233;s &#187; ont &#233;t&#233; men&#233;es par les forces r&#233;pressives sous son contr&#244;le au nom de la lutte contre le trafic de drogue. Daniel Noboa, &#233;lu pr&#233;sident de l'&#201;quateur en 2023, pourrait tenter d'aller dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montre ce livre, il est essentiel d'&#233;tablir un bilan critique et argument&#233; des derni&#232;res d&#233;cennies, du point de vue des sciences sociales et de leur m&#233;thodologie, en approfondissant et en d&#233;battant les essais et les publications qui tentent de d&#233;crypter l'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui. L'objectif est d'analyser dans sa complexit&#233; changeante la p&#233;riode ouverte dans les ann&#233;es 2000 (avec l'&#233;lection d'Hugo Ch&#225;vez en 1999), produit des luttes sociales et populaires contre l'h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Un premier sursaut suivi d'une multiplicit&#233; de victoires &#233;lectorales permettant un relatif &#171; &#226;ge d'or &#187; (entre 2005 et 2011) de la gauche et des gouvernements progressistes, avec diverses formes d'&#201;tat compensateur et redistributeur, une baisse notable de la pauvret&#233; et de nouvelles formes de participation politique, p&#233;riode suivie d'un net reflux r&#233;gional, d'une baisse du prix des mati&#232;res premi&#232;res et d'une embellie conservatrice (2011-2018), marqu&#233;e - entre autres - par la crise profonde de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;, d&#233;bouchant sur le moment chaotique post-pand&#233;mique des derni&#232;res ann&#233;es (2019-2023), o&#249; l'on a assist&#233; &#224; la victoire de Bolsonaro au Br&#233;sil, &#224; la confirmation des dynamiques de droite en &#201;quateur, mais aussi &#224; des soul&#232;vements populaires au Chili, en Ha&#239;ti, en Colombie, au P&#233;rou et en &#201;quateur. Dans le m&#234;me temps, une troisi&#232;me nouvelle &#171; vague &#187; de gauches institutionnelles( ou &#171; progressisme tardif &#187; selon &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/massimo-modonesi-_r_35_lettre_M_c_1124.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Massimo Modonesi)&lt;/a&gt;, clairement limit&#233;e (par rapport au d&#233;but du si&#232;cle), a commenc&#233; &#224; prendre forme au Chili avec l'&#233;lection de Gabriel Boric (2021), en Colombie avec la victoire de Gustavo Petro (2022), Honduras avec la pr&#233;sidence de Xiomara Castro (2022), Guatemala avec l'&#233;lection de Bernardo Ar&#233;valo en 2023 mais aussi - depuis 2018 - avec l'&#233;lection de Manuel L&#243;pez Obrador au Mexique ou en 2020 avec le retour d&#233;mocratique du Mouvement pour le Socialisme (MAS) en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage collectif, coordonn&#233; par le chercheur &lt;a href=&#034;https://jcguanche.wordpress.com/hoja-de-vida/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julio C&#233;sar Guanche&lt;/a&gt; et publi&#233; par la revue cubaine Temas, nous invite &#224; comprendre ces processus &#224; partir de diff&#233;rents points de vue, g&#233;ographies et sensibilit&#233;s. L'int&#233;r&#234;t principal de cette publication est de couvrir les r&#233;alit&#233;s politiques et sociales de plusieurs pays : l'Argentine, le Br&#233;sil, le Chili, l'&#201;quateur, le Mexique, le P&#233;rou et Cuba, &#224; partir d'un examen critique des continuit&#233;s et des nouveaux ph&#233;nom&#232;nes dans la r&#233;gion, en particulier les transformations sociales et culturelles souterraines qui sous-tendent les changements politiques en cours. Ainsi, ce livre pluraliste traite des processus de gauche ou &#171; progressistes &#187; au pouvoir, ainsi que des processus conservateurs et r&#233;actionnaires. Il d&#233;crit les dimensions pl&#233;b&#233;iennes du populisme ou de l'extr&#234;me droite (en &#201;quateur, au Br&#233;sil et au P&#233;rou), et d&#233;crypte les contradictions des progressistes au pouvoir. Si les auteurs envisagent ici les aspects partisans et institutionnels (par exemple, &#224; propos de la droite &#233;quatorienne ou de la gauche chilienne et mexicaine), ce n'est pas sans laisser de c&#244;t&#233; le vaste champ des mobilisations collectives et de la soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e : mouvements sociaux afro-descendants, luttes f&#233;ministes et anti-f&#233;ministes, mouvements religieux fondamentalistes, mouvements indig&#232;nes sont tous pr&#233;sents dans cet opus. Sans aucun doute, la diversit&#233; des approches et des origines des chercheurs inclus ici, qui ont tous une longue histoire de travail et de vie dans diff&#233;rents pays de la r&#233;gion, permet au lecteur d'offrir une vision int&#233;ressante, plurielle et contrast&#233;e du continent &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politologue Noberto Bobbio, dans son ouvrage d&#233;sormais classique, &lt;a href=&#034;https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782020233248-droite-et-gauche-essai-sur-une-distinction-politique-norberto-bobbio/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Droite et gauche, essai sur une distinction politique&lt;/a&gt; [5] a soulign&#233; de mani&#232;re convaincante que la distinction des deux p&#244;les de ce bin&#244;me peut &#234;tre un bon point de d&#233;part pour r&#233;fl&#233;chir &#224; une carte politique. Dans cette distinction, Bobbio part de l'axe libert&#233;/&#233;galit&#233; pour classer les forces politiques : les droites revendiquant de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e le concept de &#171; libert&#233; &#187; (du march&#233; et/ou de l'individu en particulier) et les gauches celui d'&#171; &#233;galit&#233; &#187; (et d'&#233;mancipation sociale et collective). En transposant cette r&#233;flexion &#224; l'Am&#233;rique latine et aux Cara&#239;bes, et en rompant avec les visions eurocentriques, il serait n&#233;cessaire d'introduire un ensemble d'autres concepts pour penser cette distinction, tels que la colonialit&#233; du pouvoir et les conceptions nationales/plurinationales de l'&#201;tat, les notions de souverainet&#233; populaire et d'anti-imp&#233;rialisme, les droits des peuples indig&#232;nes et les rapports sociaux de race ou de genre, les mod&#232;les de d&#233;veloppement et les mod&#232;les socio-environnementaux, etc. Au-del&#224; de ces caract&#233;risations, ce sont surtout les zones grises et les recoins des espaces sociopolitiques latino-am&#233;ricains actuels que ce livre confirme, des espaces qui ne se r&#233;sument pas &#224; une simple dichotomie gauche/droite. Cette publication propose des versions actualis&#233;es de textes parus dans un dossier de la&lt;a href=&#034;https://temas.cult.cu/revista/revista_datos/3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Temas en 2022&lt;/a&gt;. Dans leur pr&#233;sentation, les coordinateurs notent &#224; juste titre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'arriv&#233;e de nouveaux gouvernements de gauche et de centre-gauche identifi&#233;s comme la &#171; mar&#233;e rose &#187; en Am&#233;rique latine et dans les Cara&#239;bes ne fait que renvoyer &#224; un ph&#233;nom&#232;ne &#233;lectoral, dont l'environnement politique est plus complexe. En son sein coexistent des diff&#233;rences strat&#233;giques, des croisements de bases sociales entre les zones de gauche et les zones conservatrices, comme le n&#233;o-&#233;vang&#233;lisme, le rejet de l'autoritarisme de certains mouvements progressistes, des critiques sur les questions de genre, la justice raciale et environnementale, les revendications des peuples indig&#232;nes, et d'autres sujets &#224; l'ordre du jour politique, comme la transition &#233;nerg&#233;tique, la perp&#233;tuation de l'extractivisme et sa corr&#233;lation avec un syst&#232;me de d&#233;mocratie populaire, qu'il s'appelle socialisme ou non&#171; . Bien qu'ils aient perdu des si&#232;ges au gouvernement, les courants conservateurs ont gagn&#233; une base populaire, comme le refl&#232;te non seulement leur repr&#233;sentation parlementaire, mais aussi le renforcement du consensus n&#233;olib&#233;ral parmi ces autres bases, sur la &#187;libert&#233;&#171; et la &#187;d&#233;mocratie&#171; et contre le &#187;populisme&#034;. Ces courants n'ont pas cess&#233; d'utiliser la r&#233;pression pour maintenir un r&#233;gime d'in&#233;galit&#233; caract&#233;ris&#233; par une grande d&#233;vastation sociale &lt;/i&gt; &#187;. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, les r&#233;alit&#233;s latino-am&#233;ricaines montrent la turbulence des soci&#233;t&#233;s et de l'ensemble des forces politiques : une situation dans laquelle l'extr&#234;me droite &#171; libertarienne &#187; et &#171; anarcho-capitaliste &#187; est capable de faire un ratissage &#233;lectoral dans des secteurs populaires pr&#233;caires, alors que dans le m&#234;me temps, des courants politiques &#233;mergeant du c&#339;ur de la gauche incarnent des pratiques autoritaires ou sont d&#233;connect&#233;s des mouvements sociaux, f&#233;ministes ou &#233;cologistes. C'est ce que confirment plusieurs chapitres du livre et ce que souligne Daniel Kersffeld, rappelant que le progressisme a &#233;t&#233; marqu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es par diverses formes de caudillisme, de corruption, d'acceptation d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement extractiviste, ou encore par la mise en &#339;uvre de politiques de &#171; main de fer &#187; et de militarisation, qui semblaient jusqu'&#224; r&#233;cemment &#234;tre le &#171; patrimoine politique &#187; de la droite. Dans un autre chapitre, la chercheuse et militante f&#233;ministe antiraciste Alina Herrera Fuentes souligne que le conservatisme patriarcal ne vient pas seulement des rangs de la droite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les parcours nationaux des progressistes ont &#233;t&#233; et sont profond&#233;ment fragiles et discontinus. &#192; certaines p&#233;riodes et sur certaines questions, des progr&#232;s ont pu &#234;tre accomplis, mais ils se sont arr&#234;t&#233;s &#224; d'autres moments. Par exemple, alors que le taux de pauvret&#233; global a diminu&#233;, la f&#233;minisation de la pauvret&#233; a augment&#233; au cours de cette p&#233;riode. En d'autres termes, la pauvret&#233; a globalement diminu&#233;, mais les femmes ont moins b&#233;n&#233;fici&#233; que les hommes des politiques qui ont permis d'atteindre cet objectif (&lt;a href=&#034;https://www.unwomen.org/sites/default/files/Annual%20Report/Attachments/Sections/Library/UN-Women-annual-report-2017-2018-fr.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ONU Femmes 2017&lt;/a&gt;). Mais surtout, ce sont les politiques qui remettent en cause les normes traditionnelles de la famille et de la sexualit&#233; - comme l'avortement, le mariage homosexuel, la reconnaissance de l'identit&#233; de genre et, dans certains cas, la violence fond&#233;e sur le genre - qui ont &#233;t&#233; le plus entrav&#233;es par le conservatisme des dirigeants ou directement par les alliances entre les hommes politiques au pouvoir et le n&#233;oconservatisme religieux en expansion. Les preuves &#224; cet &#233;gard infirment l'hypoth&#232;se selon laquelle, par d&#233;finition, la politique de gauche remet en question les croyances et les hi&#233;rarchies conservatrices, avec une base religieuse implicite ou explicite &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ces observations n'effacent pas le bilan positif des ann&#233;es 2000-2010 en termes de lutte contre la pauvret&#233;, de progr&#232;s des politiques publiques en mati&#232;re d'&#233;ducation, de sant&#233; ou de construction de logements, de conqu&#234;te de processus constituants originaux (Bolivie, &#201;quateur, Venezuela), l'&#233;lan bolivarien pour une int&#233;gration r&#233;gionale ind&#233;pendante des Etats-Unis (UNASUR, CELAC, ALBA), le d&#233;veloppement d'une nouvelle diplomatie Sud-Sud, notamment gr&#226;ce &#224; Hugo Ch&#225;vez, qui a tent&#233; de privil&#233;gier un axe de gauche anti-imp&#233;rialiste, et dans une certaine mesure &#224; Lula, qui a favoris&#233; l'accroissement de l'influence de son pays dans la r&#233;gion et l'axe des BRICS. En ce qui concerne les politiques internationales de Lula et de Dilma Rousseff, il serait utile de prendre en compte et d'actualiser l'analyse faite par l'auteur marxiste br&#233;silien Ruy Mauro Marini (1932-1997) dans les ann&#233;es 1960, lorsqu'il a qualifi&#233; le Br&#233;sil de &#171; sous-imp&#233;rialisme &#187;. Comme le note Claudio Katz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ruy Mauro Marini ne s'est pas content&#233; de ressasser les vieilles d&#233;nonciations du r&#244;le oppressif des &#201;tats-Unis. Il a plut&#244;t introduit le concept controvers&#233; de &#187;sous-imp&#233;rialisme&#171; pour d&#233;crire la nouvelle strat&#233;gie de la classe dirigeante br&#233;silienne. Il a d&#233;crit les tendances expansionnistes des grandes entreprises affect&#233;es par l'&#233;troitesse du march&#233; int&#233;rieur et a per&#231;u leur promotion de politiques &#233;tatiques agressives pour faire des incursions dans les &#233;conomies voisines &#187;.&lt;/i&gt; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'Hugo Ch&#225;vez soutenait activement le projet ALBA avec Cuba, avec l'appui notamment de la Bolivie et de l'&#201;quateur, et jetait les bases d'une Banque du Sud, Lula a donn&#233; la priorit&#233; au renforcement du r&#244;le r&#233;gional et international du Br&#233;sil en tant que puissance r&#233;gionale, coordonnant l'intervention militaire en Ha&#239;ti (ce qui convenait parfaitement &#224; Washington) et participant activement au lancement des BRICS en 2009 avec la Russie, la Chine et l'Inde (auxquels s'est ajout&#233;e l'Afrique du Sud en 2011). Hugo Ch&#225;vez avait besoin de la protection du Br&#233;sil de Lula contre le danger pos&#233; par Washington, et esp&#233;rait beaucoup de son soutien &#224; la cr&#233;ation de la Banque du Sud. Bien que l'acte fondateur de la Banque ait &#233;t&#233; sign&#233; &#224; Buenos Aires - en d&#233;cembre 2007 - par les pr&#233;sidents br&#233;silien Lula, argentin N&#233;stor Kirchner, bolivien Evo Morales, v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez et paraguayen Nicanor Duarte Fruto, le Br&#233;sil a effectivement paralys&#233; la mise en &#339;uvre de la Banque [8]. La Banque du Sud n'a jamais fonctionn&#233; [9] et aucun cr&#233;dit n'a &#233;t&#233; accord&#233; au cours des quinze ann&#233;es qui ont suivi sa cr&#233;ation. En fait, Lula a favoris&#233; l'utilisation de la Banque Nationale de D&#233;veloppement &#201;conomique et Social (BNDES) pour la politique de cr&#233;dit dans la r&#233;gion. Cette banque accorde des cr&#233;dits &#224; de grandes entreprises br&#233;siliennes comme Odebrecht, Vale do Rio Doce, Petrobras, etc. afin qu'elles puissent &#233;tendre et renforcer leurs activit&#233;s &#224; l'&#233;tranger [10]. Par la suite, Lula a soutenu le lancement des activit&#233;s de la Nouvelle Banque de D&#233;veloppement (NBD) cr&#233;&#233;e par les BRICS, bas&#233;e &#224; Shanghai et pr&#233;sid&#233;e &#224; partir de 2023 par Dilma Rousseff [11]. Lula a &#233;galement favoris&#233; le Mercosur, qui correspondait aux int&#233;r&#234;ts du grand capital br&#233;silien. L'avortement de la Banque du Sud doit &#234;tre inclus dans l'&#233;valuation critique de la premi&#232;re vague du progressisme. De m&#234;me que l'isolement relatif de l'&#201;quateur en 2007-2009 dans sa d&#233;cision d'auditer sa dette et de suspendre le paiement d'une grande partie de celle-ci, en la d&#233;clarant ill&#233;gitime. L'&#201;quateur a remport&#233; une victoire &#233;clatante contre ses cr&#233;anciers priv&#233;s, mais son exemple n'a pas &#233;t&#233; suivi par les autres pays de la r&#233;gion, malgr&#233; les promesses faites lors de la r&#233;union des chefs d'&#201;tat de la r&#233;gion qui s'est tenue au Venezuela en juillet 2008, et contre la volont&#233; du pr&#233;sident Fernando Lugo (Paraguay) de suivre l'exemple de l'&#201;quateur [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; l'heure du bilan, on per&#231;oit toutes les nuances, les revers et les limites de ce premier cycle, tributaire d'&#233;quilibres fragiles et transitoires, qui a laiss&#233; place &#224; une recomposition de la droite et m&#234;me &#224; des figures fascisantes (Bolsonaro, Kast, Milei, A&#241;ez, Bukele, etc.). En fait, si ce livre parle de &#171; gauches et de droites &#187; au pluriel, il explore aussi la notion m&#234;me de &#171; progressisme &#187;. Cette caract&#233;risation est pr&#233;sente dans presque tous les chapitres, mais que signifie aujourd'hui le progressisme latino-am&#233;ricain : la crise du processus bolivarien au Venezuela, les timides r&#233;formes du jeune pr&#233;sident Boric au Chili, le &#171; populisme de gauche &#187; d'AMLO ? Ce mot est par excellence conceptuellement vaste et ambigu, devenant un mot insaisissable et en m&#234;me temps omnipr&#233;sent. En fait, il est int&#233;ressant de rappeler que &lt;i&gt;&#171; cette notion de progressisme appartient au langage par lequel, historiquement, la gauche marxiste a d&#233;sign&#233; les programmes et les forces sociales et politiques sociaux-d&#233;mocrates, populistes ou nationaux-populistes qui cherchaient &#224; transformer et &#224; r&#233;former le capitalisme en introduisant des doses d'intervention et de r&#233;gulation de l'&#201;tat et de redistribution des richesses : dans le cas de l'Am&#233;rique latine, avec un net accent anti-imp&#233;rialiste et d&#233;veloppementaliste. Ce dernier aspect, aujourd'hui pr&#233;sent&#233; comme le &#187;n&#233;o-d&#233;veloppementalisme &#171; , est li&#233; &#224; la notion de progr&#232;s et contribue &#224; d&#233;finir l'horizon et le caract&#232;re du projet, ainsi que les critiques qui, &#224; partir de perspectives environnementalistes, &#233;cosocialistes ou postcoloniales, remettent en question l'id&#233;e de progr&#232;s et de d&#233;veloppement, tant dans leurs expressions au cours des si&#232;cles pass&#233;s que dans leur prolongement au XXIe si&#232;cle &#187;.&lt;/i&gt; [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que ce livre montre que des ambigu&#239;t&#233;s et des points de fuite peuvent &#233;galement &#234;tre trouv&#233;s lorsqu'il s'agit de d&#233;finir les droits du temps pr&#233;sent, le conservatisme ou m&#234;me la nouvelle extr&#234;me-droite. Cependant, ce que les cas de l'&#201;quateur analys&#233; par Franklin Ram&#237;rez Gallegos, du Br&#233;sil pr&#233;sent&#233; par Luiz Bernardo Peric&#225;s et du P&#233;rou (article de Damian A. Gonzales Escudero) soulignent, c'est qu'une base commune pour la consolidation et la radicalisation de la droite actuelle est la confrontation frontale avec le progressisme, que ce soit dans ses aspects nationaux-populaires ou de centre-gauche. C'est ce que confirme un pays, aujourd'hui sc&#233;nario capital de la r&#233;action continentale : l'Argentine, o&#249; la construction de la candidature &#171; outsider &#187; de Milei s'est appuy&#233;e sur la haine d'une partie de l'&#233;lectorat pour le p&#233;ronisme et le kirchnerisme, dans un contexte d'effondrement &#233;conomique, d'hyperinflation et de rejet de l'administration d'Alberto Fern&#225;ndez, qui n'a pas tenu ses promesses de d&#233;noncer la dette ill&#233;gitime et odieuse contract&#233;e par Mauricio Macri aupr&#232;s du FMI en 2018. Un autre pays qu'il serait int&#233;ressant d'inclure dans les r&#233;flexions est le Nicaragua de Daniel Ortega, car il offre l'exemple dramatique d'un pays gouvern&#233; par une force politique initialement issue d'une r&#233;volution (1979-1989) et qui incarne aujourd'hui la tutelle d'un clan familial r&#233;pressif, qui a voulu mettre en &#339;uvre un programme du FMI en 2018, provoquant une r&#233;bellion massive de la jeunesse et d'autres secteurs populaires, et qui a d&#233;cid&#233; de la r&#233;primer brutalement afin de rester au pouvoir [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici reconna&#238;tre un autre aspect original de ce livre : il inclut une r&#233;flexion sur la situation &#224; Cuba, une r&#233;flexion critique n&#233;cessaire quand Cuba et sa r&#233;volution ont &#233;t&#233; un &#171; phare &#187; central de l'imaginaire de la gauche latino-am&#233;ricaine et mondiale tout au long du vingti&#232;me si&#232;cle [15]. Manuel R. G&#243;mez revient sur l'histoire de la droite cubaine, en tant qu'instrument &#171; utile &#187; - mais non d&#233;cisif - de la politique &#233;tatique et imp&#233;riale des Etats-Unis, tant dans les p&#233;riodes de &#171; main de fer &#187; de Washington &#224; l'&#233;gard de l'&#238;le carib&#233;enne, que de rapprochement relatif et timide sous le mandat Obama. Quant &#224; Wilder P&#233;rez Varona, il pose &#224; juste titre la question suivante : dans quel sens peut-on parler de gauche et de droite &#224; Cuba aujourd'hui, compte tenu des sp&#233;cificit&#233;s de l'histoire cubaine depuis 1959 et de son r&#233;gime sociopolitique ? L&#224;, le terme m&#234;me de &#171; r&#233;volution &#187; est devenu flou, car &lt;i&gt;&#171; pendant des d&#233;cennies, le terme r&#233;volutionnaire a fusionn&#233; des relations tr&#232;s diverses. Tr&#232;s t&#244;t, cette condition a expuls&#233; toute opposition de la communaut&#233; politique nationale et l'a qualifi&#233;e de contre-r&#233;volutionnaire. L'utilisation du terme &#187;r&#233;volution&#171; a servi &#224; synth&#233;tiser une &#233;pop&#233;e exceptionnelle, dont les r&#233;alisations et les acquis ont r&#233;sist&#233; &#224; la bellig&#233;rance syst&#233;matique des &#201;tats-Unis. Son utilisation a souvent &#233;vit&#233; &#224; la fois l'analyse des contradictions du processus et de ses acteurs. La pr&#233;misse de l'unit&#233; face au si&#232;ge a externalis&#233; le conflit politique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler aujourd'hui, &#224; Cuba, en termes de gauche/droite renvoie en fait &#224; une question essentielle : celle de la repr&#233;sentation politique ou plut&#244;t de son d&#233;ficit, dans le contexte d'une soci&#233;t&#233; de plus en plus in&#233;galitaire et diff&#233;renci&#233;e, de l'&#233;largissement de la contestation et des exigences croissantes de changements dans les domaines &#233;conomique et culturel, mais aussi d'une v&#233;ritable d&#233;mocratisation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure cette br&#232;ve pr&#233;sentation, revenons &#224; notre constat initial. La &#171; polycrise &#187; mondiale et la prise de conscience que nous entrons dans une p&#233;riode de fortes turbulences qui se font sentir sur l'ensemble du continent. Ainsi, comme l'affirment Gabriel Vommaro et Gabriel Kessler, aujourd'hui&lt;i&gt; &#171; la polarisation id&#233;ologique avec des composantes affectives, le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ralis&#233; et la polarisation autour d'un leader &#233;mergent marquent la politique latino-am&#233;ricaine, dont les &#233;lectorats, comme sous d'autres latitudes, sont de plus en plus volatiles et insatisfaits &#187;&lt;/i&gt; [16] . Peut-&#234;tre avons-nous l&#224; une le&#231;on essentielle de ce livre collectif et des urgences qu'il signifie. Au-del&#224; des r&#233;gimes politiques, de droite comme de gauche, progressistes ou conservateurs, le malaise citoyen et le m&#233;contentement de ceux &#171; d'en bas &#187; s'amplifient. Mais il y a aussi du d&#233;sespoir si des alternatives d&#233;mocratiques locales et globales n'&#233;mergent pas, un d&#233;sespoir qui pourrait ouvrir la porte &#224; des forces de plus en plus violentes et r&#233;actionnaires, et m&#234;me &#224; la possibilit&#233; du fascisme [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#339;il du cyclone, les auteur.e.s de cet ouvrage contribuent &#224; l'analyse du moment crucial que nous vivons, &#224; une meilleure compr&#233;hension du pr&#233;sent et &#224; l'esquisse de perspectives d'avenir pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol par Christian Dubucq.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] 1. Andreas Malm, Corona, Climate, Chronic Emergency : War Communism in the Twenty-First Century, Londres, Verso, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] 2. Voir par exemple : Tariq Ali, Piratas del Caribe. El eje de la esperanza, Madrid, Foca ediciones, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] 3. Maristella Svampa, Del cambio de &#233;poca al fin de ciclo : gobiernos progresistas, extractivismo, y movimientos sociales en Am&#233;rica Latina, Buenos Aires, Edhasa, 2017 et Massimo Modonesi, &#171; La normalizaci&#243;n de los progresismos latinoamericanos &#187;, Jacob&#237;n Am&#233;rica Latina, juillet 2022, &lt;a href=&#034;https://jacobinlat.com/2022/07/04/la-normalizacion-de-los-progresismos-latinoamericanos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jacobinlat.com/2022/07/04/la-normalizacion-de-los-progresismos-latinoamericanos&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] 4. Pablo Stefanoni, La r&#233;bellion est-elle pass&#233;e &#224; droite ? Paris, &#201;ditions La D&#233;couverte, 2022. Miguel Urban, Trumpismos : Neoliberales y Autoritarios. Radiograf&#237;a de la derecha radical, Madrid, Verso, 2024, &lt;a href=&#034;https://versolibros.com/products/trumpismos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://versolibros.com/products/trumpismos&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] 5. Norberto Bobbio, Droite et gauche : essai sur une distinction politique, Seuil, Paris, 1996&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Temas, N&#176; 108-109, marzo-octubre 2022, &lt;a href=&#034;https://temas.cult.cu/revista/revista_datos/3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://temas.cult.cu/revista/revista_datos/3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Claudio Katz, La teor&#237;a de la dependencia cincuenta a&#241;os despu&#233;s, Argentine, Ed. Batalla de Ideas, 2018, p. 102.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#201;ric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, Paris, 2008, CADTM/Syllepse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#201;ric Toussaint, La banque du Sud est une alternative, pas celle des BRICS, CADTM, 19 ao&#251;t 2014. Voir &#233;galement : &#201;ric Toussaint, &#171; L'exp&#233;rience interrompue de la Banque du Sud en Am&#233;rique latine et ce qui aurait pu &#234;tre mis en place comme politiques alternatives au niveau du continent &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/L-experience-interrompue-de-la-Banque-du-Sud-en-Amerique-latine-et-ce-qui&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/L-experience-interrompue-de-la-Banque-du-Sud-en-Amerique-latine-et-ce-qui&lt;/a&gt; , CADTM, 10 mai 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Caio Bugiato, &#171; A pol&#237;tica de financiamento do BNDES e a burguesia brasileira &#187;, in Cadernos do Desenvolvimento, &lt;a href=&#034;http://www.cadernosdodesenvolvimento.org.br/ojs-2.4.8/index.php/cdes/article/view/125/128&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadernosdodesenvolvimento.org.br/ojs-2.4.8/index.php/cdes/article/view/125/128&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &#201;ric Toussaint, &#171; Les BRICS et leur Nouvelle banque de d&#233;veloppement offrent-ils des alternatives &#224; la Banque mondiale, au FMI et aux politiques promues par les puissances imp&#233;rialistes traditionnelles ? &#187;, CADTM, 22 avril 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &#201;ric Toussaint et Benjamin Lemoine, &#171; En &#201;quateur, des espoirs d&#233;&#231;us &#224; la r&#233;ussite. Les exemples de l'Afrique du Sud, du Br&#233;sil, du Paraguay et de l'&#201;quateur &#187;, CADTM, 3 ao&#251;t 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Franck Gaudichaud, Massimo Modonesi, Jeffery Webber, Fin de partie. Les exp&#233;riences progressistes dans l'impasse, (1998-2019), Paris, 2020, Syllepse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Nathan Legrand, &#201;ric Toussaint, &#171; Nicaragua, la otra revoluci&#243;n traicionada &#187;, CADTM, 30 janvier 2019, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Nicaragua-la-otra-revolucion-traicionada&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Nicaragua-la-otra-revolucion-traicionada&lt;/a&gt;. &#201;ric Toussaint, &#171; Nicaragua : L'&#233;volution du r&#233;gime du pr&#233;sident Daniel Ortega depuis 2007 &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Nicaragua-L-evolution-du-regime-du-president-Daniel-Ortega-depuis-2007&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Nicaragua-L-evolution-du-regime-du-president-Daniel-Ortega-depuis-2007&lt;/a&gt; , CADTM, 25 juillet 2018. &#201;ric Toussaint, &#171; Nicaragua : Poursuite des r&#233;flexions sur l'exp&#233;rience sandiniste des ann&#233;es 1980-1990 afin de comprendre le r&#233;gime de Daniel Ortega et de Rosario Murillo &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Nicaragua-Poursuite-des-reflexions-sur-l-experience-sandiniste-des-annees-1980&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Nicaragua-Poursuite-des-reflexions-sur-l-experience-sandiniste-des-annees-1980&lt;/a&gt;, CADTM, 12 ao&#251;t 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Tanya Harmer, Alberto Mart&#237;n &#193;lvarez (dir.), Toward a Global History of Latin America's Revolutionary Left, Gainesville, University of Florida Press, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Dossier &#171; C&#243;mo se organiza el descontento en Am&#233;rica Laina ? Polarizaci&#243;n, malestar y liderazgos divisivos &#187;, Nueva Sociedad, N&#186; 310, mars-avril 2024, &lt;a href=&#034;https://nuso.org/articulo/310-como-se-organiza-el-descontento-en-america-latina/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://nuso.org/articulo/310-como-se-organiza-el-descontento-en-america-latina/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Dossier &#171; Ultraderechas, neofascismo o postfascismo &#187;, Cuadernos de Herramienta, avril 2024, &lt;a href=&#034;https://herramienta.com.ar/cuadernos-de-herramienta-las-ultraderechas-neofascismo-o-postfascismo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://herramienta.com.ar/cuadernos-de-herramienta-las-ultraderechas-neofascismo-o-postfascismo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
*****
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-anage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Pour vaincre l'extr&#234;me droite, nous avons besoin d'une gauche plus radicale ! &#187; Alvaro Garcia Linera</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pour-vaincre-l-extreme-droite-nous-avons-besoin-d-une-gauche-plus-radicale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pour-vaincre-l-extreme-droite-nous-avons-besoin-d-une-gauche-plus-radicale</guid>
		<dc:date>2024-02-20T11:53:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Tamara Ospina, &#193;lvaro Garc&#237;a Linera</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-02-20</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entrevue avec Alvaro Garcia Linera, ex-vice-pr&#233;sident de la Bolivie, par Tamara Ospina Posse pour Jacobin Am&#233;rique latine. &lt;br class='autobr' /&gt; 12 f&#233;vrier 2024 | tir&#233; d'Alter-Qu&#233;bec | Photo : &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, ex-vice-pr&#233;sident bolivien, Buenos Aires, 2020. cr&#233;dit photo Ariel Feldman. https://alter.quebec/pour-vaincre-lextreme-droite-nous-avons-besoin-dune-gauche-plus-radicale/ &lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite de son voyage en Colombie pour inaugurer le cycle de r&#233;flexion &#171; Imaginer l'avenir depuis le Sud &#187;, organis&#233; par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-02-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-02-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-1696-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/linera-cdc14.png?1708430326' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entrevue avec Alvaro Garcia Linera, ex-vice-pr&#233;sident de la Bolivie, par Tamara Ospina Posse pour Jacobin Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;12 f&#233;vrier 2024 | tir&#233; d'Alter-Qu&#233;bec | Photo : &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, ex-vice-pr&#233;sident bolivien, Buenos Aires, 2020. cr&#233;dit photo Ariel Feldman.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://alter.quebec/pour-vaincre-lextreme-droite-nous-avons-besoin-dune-gauche-plus-radicale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alter.quebec/pour-vaincre-lextreme-droite-nous-avons-besoin-dune-gauche-plus-radicale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de son voyage en Colombie pour inaugurer le cycle de r&#233;flexion &#171; Imaginer l'avenir depuis le Sud &#187;, organis&#233; par le minist&#232;re de la Culture de Colombie et dirig&#233; par la philosophe Luciana Cadahia, l'ancien vice-pr&#233;sident bolivien &#193;lvaro Garc&#237;a Linera a comment&#233; le paysage politique et social que traverse l'Am&#233;rique latine en ce &#171; temps liminal &#187; ou interr&#232;gne que nous devrons traverser au cours des 10 ou 15 prochaines ann&#233;es, jusqu'&#224; la consolidation d'un nouvel ordre mondial. 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que cette obscurit&#233; instable est le moment propice &#224; l'entr&#233;e en sc&#232;ne des droites ultra-droiti&#232;res les plus monstrueuses qui, dans une certaine mesure, sont la cons&#233;quence des limites du progressisme. Dans cette nouvelle &#233;tape, Linera soutient que le progressisme doit miser sur une plus grande audace pour, d'une part, r&#233;pondre avec responsabilit&#233; historique aux demandes profondes qui se trouvent &#224; la base de l'adh&#233;sion populaire, et d'autre part, neutraliser les chants de sir&#232;ne des nouvelles droites. Cela implique de progresser dans des r&#233;formes profondes concernant la propri&#233;t&#233;, les imp&#244;ts, la justice sociale, la distribution de la richesse et la r&#233;cup&#233;ration des ressources communes au profit de la soci&#233;t&#233;. Ce n'est qu'ainsi, en commen&#231;ant par r&#233;soudre les demandes &#233;conomiques les plus fondamentales de la soci&#233;t&#233; et en avan&#231;ant vers une d&#233;mocratisation r&#233;elle, que l'on pourra confiner &#224; nouveau les ultradroites dans leurs niches, soutient Linera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tamara Ospina Posse &#8211; TOP : Dans la r&#233;gion, le XXIe si&#232;cle a commenc&#233; avec une vague de gouvernements progressistes qui ont r&#233;orient&#233; le cours de l'Am&#233;rique latine, mais cette dynamique a commenc&#233; &#224; s'enliser apr&#232;s la victoire de Mauricio Macri en Argentine en 2015, ce qui a conduit beaucoup &#224; pr&#233;dire la fin du progressisme r&#233;gional. Ainsi, une vague de gouvernements conservateurs a commenc&#233;, mais, &#224; contre-courant, dans des pays comme le Br&#233;sil, le Honduras ou la Bolivie, le progressisme est revenu. Et dans d'autres pays, comme le Mexique et la Colombie, il a r&#233;ussi &#224; acc&#233;der au pouvoir pour la premi&#232;re fois. Comment lisez-vous cette tension actuelle entre les gouvernements populaires ou progressistes et d'autres conservateurs ou oligarchiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alvaro Garcia Linera &#8211; AGL&lt;/strong&gt; : Ce qui caract&#233;rise l'&#233;poque historique qui va de 10 ou 15 ans en arri&#232;re jusqu'aux 10 ou 15 prochaines ann&#233;es est le d&#233;clin lent, angoissant et contradictoire d'un mod&#232;le d'organisation de l'&#233;conomie et de l&#233;gitimation du capitalisme contemporain, ainsi que l'absence d'un nouveau mod&#232;le solide et stable qui reprenne la croissance &#233;conomique, la stabilit&#233; &#233;conomique et la l&#233;gitimation politique. C'est une longue p&#233;riode, nous parlons de 20 ou 30 ans, &#224; l'int&#233;rieur de laquelle r&#233;side ce que nous avons appel&#233; &#171; temps liminal &#187; &#8212; ce que Gramsci appelait &#171; interr&#232;gne &#187; &#8212; o&#249; se succ&#232;dent des vagues et des contre-vagues de multiples tentatives pour r&#233;soudre cette impasse. L'Am&#233;rique latine &#8212; et maintenant le monde, car l'Am&#233;rique latine a devanc&#233; ce qui s'est ensuite produit partout &#8212; a v&#233;cu une vague progressiste intense et profonde, qui n'a pas r&#233;ussi &#224; se consolider, suivie d'une contre-vague r&#233;gressive conservatrice et ensuite d'une nouvelle vague progressiste. Nous verrons probablement encore au cours des 5 ou 10 prochaines ann&#233;es ces vagues et contre-vagues de victoires courtes et de d&#233;faites courtes, de courtes h&#233;g&#233;monies, jusqu'&#224; ce que le monde red&#233;finisse le nouveau mod&#232;le d'accumulation et de l&#233;gitimation qui lui redonnera au monde et &#224; l'Am&#233;rique latine un cycle de stabilit&#233; pour les 30 ann&#233;es suivantes. Tant que cela n'arrivera pas, nous assisterons &#224; cette tourmente propre au temps liminal. Et, comme je le disais, on assiste &#224; des vagues progressistes, &#224; leur &#233;puisement, &#224; des contre-r&#233;formes conservatrices qui &#233;chouent &#233;galement, &#224; une nouvelle vague progressiste&#8230; Et chaque contre-r&#233;forme et chaque vague progressiste est diff&#233;rente de l'autre. Milei est diff&#233;rent de Macri, bien qu'il en reprenne une partie. Alberto Fern&#225;ndez, Gustavo Petro et Andr&#233;s Manuel L&#243;pez Obrador sont diff&#233;rents des r&#233;f&#233;rents de la premi&#232;re vague, bien qu'ils en reprennent une partie de l'h&#233;ritage. Et je pense que nous continuerons &#224; assister &#224; une troisi&#232;me vague et &#224; une troisi&#232;me contre-vague jusqu'&#224; ce que, &#224; un moment donn&#233;, l'ordre du monde se d&#233;finisse, car cette instabilit&#233; et cette angoisse ne peuvent &#234;tre perp&#233;tuelles. Au fond, comme cela s'est pass&#233; dans les ann&#233;es 30 et 80 du XXe si&#232;cle, ce que nous voyons est le d&#233;clin cyclique d'un r&#233;gime d'accumulation &#233;conomique (lib&#233;ral entre 1870 et 1920, capitalisme d'&#201;tat entre 1940 et 1980, n&#233;olib&#233;ral entre 1980 et 2010), le chaos que g&#233;n&#232;re ce d&#233;clin historique, et la lutte pour instaurer un nouveau et durable mod&#232;le d'accumulation-domination qui reprenne la croissance &#233;conomique et l'adh&#233;sion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TOP : Nous pouvons observer que la droite recommence &#224; mettre en &#339;uvre des pratiques que nous pensions d&#233;pass&#233;es, y compris les coups d'&#201;tat, la pers&#233;cution politique et les tentatives d'assassinat&#8230; Vous-m&#234;me avez m&#234;me &#233;t&#233; victime d'un coup d'&#201;tat. Comment pensez-vous que ces pratiques continueront &#224; &#233;voluer ? Et comment pouvons-nous y r&#233;sister &#224; partir des projets populaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AGL : &lt;/strong&gt; Une caract&#233;ristique du temps liminal, de l'interr&#232;gne, est la divergence des &#233;lites politiques. Lorsque les choses vont bien &#8212; comme jusqu'aux ann&#233;es 2000 &#8212;, les &#233;lites convergent autour d'un seul mod&#232;le d'accumulation et de l&#233;gitimation et tout le monde devient centriste. Les gauches elles-m&#234;mes s'att&#233;nuent et se n&#233;olib&#233;ralisent, bien qu'il y ait toujours une gauche radicale, mais marginale, sans audience. Les droites se disputent aussi entre elles, mais seulement pour des remplacements et des ajustements circonstanciels. Lorsque tout cela entre dans son d&#233;clin historique in&#233;vitable, les divergences commencent et les droites se scindent en droites extr&#234;mes. L'extr&#234;me droite commence &#224; d&#233;vorer la droite mod&#233;r&#233;e. Et les gauches les plus radicalis&#233;es sortent de leur marginalit&#233; et de leur insignifiance politique, commencent &#224; acqu&#233;rir de la r&#233;sonance et de l'audience, &#224; cro&#238;tre. Dans l'interr&#232;gne, la divergence des projets politiques est la norme, car il y a des recherches, des dissidences les unes des autres, pour r&#233;soudre la crise de l'ancien ordre, au milieu d'une soci&#233;t&#233; m&#233;contente, qui ne fait plus confiance, qui ne croit plus aux anciens &#171; dieux &#187;, aux anciennes recettes, aux anciennes propositions qui ont garanti la tol&#233;rance morale envers les gouvernants. Et donc, les extr&#234;mes commencent &#224; se renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que nous verrons avec les droites. La droite centriste, qui a gouvern&#233; le continent et le monde pendant 30 ou 40 ans, n'a plus de r&#233;ponses aux &#233;checs &#233;conomiques &#233;vidents du lib&#233;ralisme mondial et, face aux doutes et aux angoisses des gens, une extr&#234;me droite &#233;merge qui continue de d&#233;fendre le capital, mais qui pense que les bonnes mani&#232;res de l'ancien temps ne suffisent plus et qu'il faut maintenant imposer les r&#232;gles du march&#233; par la force. Cela implique de domestiquer les gens, si n&#233;cessaire &#224; coups de b&#226;ton, pour revenir &#224; un libre march&#233; pur et magique, sans concessions ni ambigu&#239;t&#233;s, car &#8212; selon eux &#8212; c'est cela qui a caus&#233; l'&#233;chec. Alors, cette extr&#234;me droite tend &#224; se consolider et &#224; gagner plus d'adeptes en parlant d'&#171; autorit&#233; &#187;, de &#171; choc de libre march&#233; &#187; et de &#171; r&#233;duction de l'&#201;tat &#187;. Et s'il y a des soul&#232;vements sociaux, il convient d'utiliser la force et la coercition, et si n&#233;cessaire le coup d'&#201;tat ou le massacre, pour discipliner les dissidents qui s'opposent &#224; ce retour moral aux &#171; bonnes m&#339;urs &#187; de l'entreprise libre et de la vie civilis&#233;e : avec les femmes qui cuisinent, les hommes qui commandent, les patrons qui d&#233;cident et les ouvriers qui travaillent en silence. Un autre sympt&#244;me du d&#233;clin lib&#233;ral se manifeste lorsque l'on ne peut plus convaincre ni s&#233;duire et que l'on doit imposer ; ce qui signifie qu'ils sont d&#233;j&#224; dans leur cr&#233;puscule. Mais cela ne les rend pas moins dangereux, en raison de la radicalit&#233; autoritaire de leurs impositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, le progressisme et les gauches ne peuvent pas adopter une attitude condescendante, en essayant de contenter toutes les factions et tous les secteurs sociaux. Les gauches sortent de leur marginalit&#233; dans le temps liminal parce qu'elles se pr&#233;sentent comme une alternative populaire au d&#233;sastre &#233;conomique caus&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme entrepreneurial ; et leur fonction ne peut pas &#234;tre de mettre en &#339;uvre un n&#233;olib&#233;ralisme avec un &#171; visage humain &#187;, &#171; vert &#187; ou &#171; progressiste &#187;. Les gens ne descendent pas dans la rue et ne votent pas pour la gauche pour d&#233;corer le n&#233;olib&#233;ralisme. Ils se mobilisent et changent radicalement leurs anciennes adh&#233;sions politiques parce qu'ils en ont marre de ce n&#233;olib&#233;ralisme, parce qu'ils veulent s'en d&#233;barrasser, car il n'a enrichi que quelques familles et quelques entreprises. Et si la gauche ne r&#233;pond pas &#224; cela, et coexiste avec un r&#233;gime qui appauvrit le peuple, il est in&#233;vitable que les gens tournent radicalement leurs pr&#233;f&#233;rences politiques vers des issues d'extr&#234;me droite qui offrent une sortie (illusoire) au grand malaise collectif. Les gauches, si elles veulent se consolider, doivent r&#233;pondre aux demandes pour lesquelles elles sont apparues et, si elles veulent vraiment vaincre les extr&#234;mes droites, elles doivent r&#233;soudre de mani&#232;re structurelle la pauvret&#233; de la soci&#233;t&#233;, l'in&#233;galit&#233;, la pr&#233;carit&#233; des services, l'&#233;ducation, la sant&#233; et le logement. Et pour pouvoir r&#233;aliser cela mat&#233;riellement, elles doivent &#234;tre radicales dans leurs r&#233;formes sur la propri&#233;t&#233;, les imp&#244;ts, la justice sociale, la distribution de la richesse, la r&#233;cup&#233;ration des ressources communes au profit de la soci&#233;t&#233;. S'arr&#234;ter &#224; cette &#339;uvre va alimenter la loi des crises sociales : toute attitude mod&#233;r&#233;e face &#224; la gravit&#233; de la crise encourage et alimente les extr&#234;mes. Si les droites font cela, elles alimentent les gauches, si les gauches le font, elles alimentent les extr&#234;mes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la mani&#232;re de vaincre les extr&#234;mes droites, en les r&#233;duisant &#224; un ghetto &#8212; qui continuera d'exister, mais sans irradiation sociale &#8212; r&#233;side dans l'expansion des r&#233;formes &#233;conomiques et politiques qui se traduisent par des am&#233;liorations mat&#233;rielles visibles et soutenues dans les conditions de vie des grandes majorit&#233;s populaires de la soci&#233;t&#233; ; dans une plus grande d&#233;mocratisation des d&#233;cisions, dans une plus grande d&#233;mocratisation de la richesse et de la propri&#233;t&#233;, de sorte que la contention des extr&#234;mes droites ne soit pas simplement un discours, mais qu'elle soit appuy&#233;e par toute une s&#233;rie d'actions pratiques de distribution de la richesse qui r&#233;solvent les principales angoisses et demandes populaires (pauvret&#233;, inflation, pr&#233;carit&#233;, ins&#233;curit&#233;, injustice, etc.). Car, il ne faut pas oublier, que les extr&#234;mes droites sont une r&#233;ponse, pervertie, &#224; ces angoisses. Plus vous distribuez la richesse, certes plus vous affectez les privil&#232;ges des puissants, mais eux vont devenir une minorit&#233; autour de la d&#233;fense acharn&#233;e de leurs privil&#232;ges, tandis que les gauches se consolideront comme celles qui se pr&#233;occupent et r&#233;solvent les besoins de base du peuple. Mais, plus ces gauches ou progressismes se comportent de mani&#232;re peureuse, timor&#233;e et ambigu&#235; dans la r&#233;solution des principaux probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;, plus les droites extr&#234;mes vont cro&#238;tre et le progressisme restera isol&#233; dans l'impuissance de la d&#233;ception. Ainsi, en ces temps, les extr&#234;mes droites sont vaincues par plus de d&#233;mocratie et par une plus grande distribution de la richesse ; pas par la mod&#233;ration ni par la conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TOP : Y a-t-il des &#233;l&#233;ments nouveaux dans les nouvelles droites ? Est-il correct de les appeler fascistes ou devrions-nous les nommer autrement ? Les droites mettent-elles en place un laboratoire post-d&#233;mocratique pour le continent (y compris les &#201;tats-Unis) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AGL :&lt;/strong&gt; Sans aucun doute, la d&#233;mocratie lib&#233;rale, en tant que simple remplacement des &#233;lites qui d&#233;cident pour le peuple, tend in&#233;vitablement vers des formes autoritaires. Si, &#224; certains moments, elle a pu produire des fruits de d&#233;mocratisation sociale, c'&#233;tait gr&#226;ce &#224; l'impulsion d'autres formes d&#233;mocratiques populaires qui se sont d&#233;ploy&#233;es simultan&#233;ment &#8212; la forme syndicale, la forme communautaire agraire, la forme populaire de la foule urbaine. Ce sont ces actions collectives multiples et multiformes de d&#233;mocratie qui ont donn&#233; &#224; la d&#233;mocratie lib&#233;rale une irradiation universaliste. Cela a pu se produire, car elle &#233;tait toujours d&#233;pass&#233;e et pouss&#233;e de l'avant. Mais si on laisse la d&#233;mocratie lib&#233;rale telle quelle, en tant que simple s&#233;lection des gouvernants, elle tend in&#233;vitablement vers la concentration des d&#233;cisions, vers sa conversion en ce que Schumpeter appelait la d&#233;mocratie comme simple &#233;lection comp&#233;titive de ceux qui vont d&#233;cider de la soci&#233;t&#233;, ce qui est une forme autoritaire de concentration des d&#233;cisions. Et, ce monopole d&#233;cisionnel par des moyens autoritaires et, le cas &#233;ch&#233;ant, au-dessus m&#234;me du propre processus de s&#233;lection des &#233;lites, c'est ce qui caract&#233;rise les extr&#234;mes droites. C'est pourquoi il n'y a pas d'antagonisme entre les extr&#234;mes droites et la d&#233;mocratie lib&#233;rale. Il y a collusion de fond. Les extr&#234;mes droites peuvent coexister avec ce type de d&#233;mocratisation simplement &#233;litiste qui alimente la d&#233;mocratie lib&#233;rale. C'est pourquoi il n'est pas rare qu'elles arrivent au pouvoir par le biais d'&#233;lections. Mais ce que la d&#233;mocratie lib&#233;rale tol&#232;re marginalement et &#224; contrec&#339;ur, et que les extr&#234;mes droites rejettent ouvertement, ce sont d'autres formes de d&#233;mocratisation, qui ont &#224; voir avec les pr&#233;sences de d&#233;mocraties de bas en haut (syndicats, communaut&#233;s agraires, assembl&#233;es de quartier, actions collectives&#8230;). Ils s'y opposent, les rejettent et les consid&#232;rent comme un obstacle. En ce sens, les extr&#234;mes droites actuelles sont antid&#233;mocratiques. Ils acceptent seulement d'&#234;tre &#233;lus pour gouverner, mais ils rejettent d'autres formes de participation et de d&#233;mocratisation de la richesse, ce qui leur semble une insulte, un affront ou un absurde qui doit &#234;tre combattu avec la force de l'ordre et de la discipline coercitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, est-ce du fascisme ? Difficile &#224; d&#233;cider. Il y a tout un d&#233;bat acad&#233;mique et politique sur quel nom cela prendra et s'il vaut la peine d'&#233;voquer les terribles actions du fascisme des ann&#233;es 30 et 40. Sur le plan acad&#233;mique, ces digressions valent peut-&#234;tre la peine, mais elles ont tr&#232;s peu d'effet politique. En Am&#233;rique latine, les personnes de plus de 60 ans peuvent avoir des souvenirs des dictatures militaires fascistes et la d&#233;finition peut avoir un effet sur elles, mais pour les nouvelles g&#233;n&#233;rations, parler de fascisme ne signifie pas grand-chose. Je ne m'oppose pas &#224; ce d&#233;bat, mais je ne vois pas qu'il est si utile. En fin de compte, l'adh&#233;sion ou le rejet social des positions des extr&#234;mes droites ne viendra pas du c&#244;t&#233; des anciens symboles et images qu'ils &#233;voquent, mais de l'efficacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux angoisses sociales actuelles que les gauches sont impuissantes &#224; r&#233;soudre. Peut-&#234;tre que la meilleure fa&#231;on de qualifier ces extr&#234;mes droites, au-del&#224; de l'&#233;tiquette, est de comprendre &#224; quel type de demande elles r&#233;pondent, ce qui bien s&#251;r, sont des demandes diff&#233;rentes de celles des ann&#233;es 30 et 40, bien qu'avec certaines similitudes en raison de la crise &#233;conomique dans les deux p&#233;riodes. Personnellement, je pr&#233;f&#232;re parler d'extr&#234;mes droites ou de droites autoritaires ; mais si quelqu'un utilise le concept de fascisme, je ne m'y oppose pas, bien que cela ne m'enthousiasme pas non plus beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me peut survenir si, d&#232;s le d&#233;part, elles sont qualifi&#233;es de fascistes et si on met de c&#244;t&#233; la question de savoir &#224; quel type de demande collective elles r&#233;pondent ou face &#224; quel type d'&#233;chec elles &#233;mergent. C'est pourquoi, avant d'&#233;tiqueter et d'avoir des r&#233;ponses sans questions, il vaut mieux se demander quelles sont les conditions sociales de leur &#233;mergence, quel type de solutions elles proposent et, sur ces r&#233;ponses, on peut alors choisir le qualificatif appropri&#233; : fasciste, n&#233;o-fasciste, autoritaire&#8230; Par exemple, est-il juste de dire que Milei est fasciste ? Peut-&#234;tre, mais il faut d'abord se demander pourquoi il a gagn&#233;, avec le vote de qui, en r&#233;pondant &#224; quelles sortes d'angoisses. C'est ce qui est important. Et aussi se demander ce que vous avez fait pour que cela arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est plus utile de se poser cette question que de lui coller une &#233;tiquette facile qui r&#233;sout le probl&#232;me du rejet moral, mais qui n'aide pas &#224; comprendre la r&#233;alit&#233; ni &#224; la transformer. Parce que si vous r&#233;pondez que Milei a convoqu&#233; l'angoisse d'une soci&#233;t&#233; appauvrie, alors il est clair que le probl&#232;me est la pauvret&#233;. Si Milei s'est adress&#233; &#224; une jeunesse qui n'a pas de droits, alors il y a une g&#233;n&#233;ration de personnes qui n'ont pas acc&#233;d&#233; aux droits des ann&#233;es 50, ni des ann&#233;es 60, ni des ann&#233;es 2000. C'est l&#224; que se situe le probl&#232;me que le progressisme et la gauche doivent aborder pour arr&#234;ter les extr&#234;mes droites et le fascisme. Il faut identifier les probl&#232;mes auxquels les extr&#234;mes droites interpellent la soci&#233;t&#233;, car leur croissance est aussi un sympt&#244;me de l'&#233;chec des gauches et du progressisme. Elles ne surgissent pas de nulle part, mais apr&#232;s que le progressisme n'a pas os&#233;, n'a pas pu, n'a pas voulu, n'a pas vu, n'a pas compris la classe et la jeunesse pr&#233;caires, n'a pas saisi la signification de la pauvret&#233; et de l'&#233;conomie au-dessus des droits d'identit&#233;. Voil&#224; le noyau du pr&#233;sent. Cela ne signifie pas que l'on ne parle pas d'identit&#233;, mais que l'on hi&#233;rarchise, en comprenant que le probl&#232;me fondamental est l'&#233;conomie, l'inflation, l'argent qui vous &#233;chappe des poches. Et il ne faut pas oublier que l'identit&#233; elle-m&#234;me a une dimension de pouvoir &#233;conomique et politique, qui est-ce qui ancre la subalternit&#233;. Dans le cas de la Bolivie, par exemple, l'identit&#233; indig&#232;ne a conquis sa reconnaissance en assumant le pouvoir politique, d'abord, et progressivement, le pouvoir &#233;conomique au sein de la soci&#233;t&#233;. La relation sociale fondamentale du monde moderne est l'argent, ali&#233;n&#233;e, mais encore relation sociale fondamentale, qui vous &#233;chappe, qui dilue toutes vos croyances et loyaut&#233;s. C'est l&#224; le probl&#232;me &#224; r&#233;soudre par les gauches et le progressisme. Je pense que la gauche doit apprendre de ses &#233;checs et qu'elle doit avoir une p&#233;dagogie sur elle-m&#234;me pour ensuite trouver les qualificatifs pour d&#233;noncer ou &#233;tiqueter un ph&#233;nom&#232;ne politique, comme c'est le cas ici avec l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TOP : Revenant aux projets populaires, quels sont les principaux d&#233;fis du progressisme pour surmonter ces crises, ces &#233;checs dont vous parliez ? Est-ce simplement parce qu'ils n'ont pas pu comprendre ou interpr&#233;ter suffisamment les besoins et les demandes des citoyens que les extr&#234;mes droites les reprennent maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AGL :&lt;/strong&gt; L'argent est aujourd'hui le probl&#232;me &#233;conomique et politique &#233;l&#233;mentaire, fondamental, classique et traditionnel du pr&#233;sent. En temps de crise, c'est l'&#233;conomie qui commande, point final. R&#233;solvez d'abord ce premier probl&#232;me et ensuite le reste. Nous sommes dans une p&#233;riode historique o&#249; &#233;mergent le progressisme et les extr&#234;mes droites, et o&#249; le centre droit classique n&#233;olib&#233;ral, traditionnel et universaliste d&#233;cline. Pourquoi ? Pour l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;conomie, qui occupe le centre de commande de la r&#233;alit&#233;. Le progressisme, les gauches et les propositions qui viennent du c&#244;t&#233; populaire doivent d'abord r&#233;soudre ce probl&#232;me. Mais la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle l'ancienne gauche des ann&#233;es 50 et 60, ou le progressisme dans la premi&#232;re vague dans certains pays, a r&#233;solu le probl&#232;me &#233;conomique est diff&#233;rente de l'actuelle. Les gauches ont toujours travaill&#233; sur le secteur de la classe ouvri&#232;re salari&#233;e formelle, et aujourd'hui la classe ouvri&#232;re informelle est une &#233;nigme pour le progressisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de l'informalit&#233; regroup&#233; sous le concept d'&#171; &#233;conomie populaire &#187; est un trou noir pour les gauches qui ne le connaissent pas, ne le comprennent pas et n'ont pas de propositions productives pour lui, &#224; part de simples palliatifs d'assistance. En Am&#233;rique latine, ce secteur repr&#233;sente 60 % de la population. Et il ne s'agit pas d'une pr&#233;sence transitoire qui dispara&#238;tra ensuite dans la formalit&#233;. Non, l'avenir social sera avec l'informalit&#233;, avec ce petit travailleur et travailleuse, petit paysan (ne), petit entrepreneur, salari&#233; informel, travers&#233; par des relations familiales et des liens de loyaut&#233; locaux ou r&#233;gionaux tr&#232;s curieux, subsum&#233; dans des instances o&#249; les relations capital-travail ne sont pas aussi transparentes que dans une entreprise formelle. Ce monde existera pour les 50 prochaines ann&#233;es et implique la majorit&#233; de la population latino-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dites-vous &#224; ces personnes ? Comment vous souciez-vous de leur vie, de leurs revenus, de leur salaire, de leurs conditions de vie, de leur consommation ? Ces deux sujets sont la cl&#233; du progressisme et de la gauche latino-am&#233;ricaine contemporains : r&#233;soudre la crise &#233;conomique en tenant compte de ce secteur informel qui repr&#233;sente la majorit&#233; de la population active d'Am&#233;rique latine. Que signifie cela ? Avec quels outils le faites-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, avec des expropriations, des nationalisations, la redistribution de la richesse, l'&#233;largissement des droits, etc. Ce sont des outils, mais l'objectif est d'am&#233;liorer les conditions de vie et le tissu productif de ces 80 % de la population, syndiqu&#233;e et non syndiqu&#233;e, formelle et informelle, qui constituent la population populaire latino-am&#233;ricaine. Et aussi avec une plus grande participation de la soci&#233;t&#233; &#224; la prise de d&#233;cision. Les gens veulent &#234;tre entendus, ils veulent participer. Le quatri&#232;me sujet est l'environnemental, une justice environnementale avec justice sociale et &#233;conomique, jamais s&#233;par&#233;e ni jamais en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet Article a &#233;t&#233; traduit par Deepl et revis&#233; par Mario Gil. Nous remercions &#224; la revue &lt;a href=&#034;https://jacobinlat.com/2024/01/02/si-las-izquierdas-quieren-derrotar-a-la-ultraderecha-tienen-que-ser-radicales/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacobin &#8212; Am&#233;rique latine&lt;/a&gt; pour la permission de traduire et reproduire cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Politologue, f&#233;ministe et activiste au sein de Colombia Humana et du Centro de Pensamiento Colombia Humana &#8211; CPCH&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A l'ONU, l'Am&#233;rique latine d&#233;fie l'ordre impos&#233; par le Nord</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-l-ONU-l-Amerique-latine-defie-l-ordre-impose-par-le-Nord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-l-ONU-l-Amerique-latine-defie-l-ordre-impose-par-le-Nord</guid>
		<dc:date>2023-09-26T10:39:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mirko C. Trudeau </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-09-26</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dirigeants latino-am&#233;ricains ont exig&#233; des changements fondamentaux dans un syst&#232;me &#233;conomique et politique mondial qui continue d'investir dans les guerres tout en continuant &#224; ne pas tenir ses propres promesses de lutter contre la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s et le changement climatique. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 septembre 2023 | tir&#233; de Rebelion.org | Sources : CLAE - Image : Lula prend la parole &#224; l'ONU | Photo : Ricardo Stuckert/PR &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident du Br&#233;sil, Luiz In&#225;cio Lula da Silva, en ouvrant les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-09-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-09-26&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-1696-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/lula_a_lonu-ed64f.png?1701516732' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les dirigeants latino-am&#233;ricains ont exig&#233; des changements fondamentaux dans un syst&#232;me &#233;conomique et politique mondial qui continue d'investir dans les guerres tout en continuant &#224; ne pas tenir ses propres promesses de lutter contre la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s et le changement climatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 septembre 2023 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://rebelion.org/en-la-onu-latinoamerica-reta-al-orden-impuesto-por-el-norte/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rebelion.org&lt;/a&gt; | Sources : CLAE - Image : Lula prend la parole &#224; l'ONU | Photo : Ricardo Stuckert/PR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du Br&#233;sil, Luiz In&#225;cio Lula da Silva, en ouvrant les d&#233;lib&#233;rations de l'Assembl&#233;e, a d&#233;clar&#233; que &lt;i&gt;&#171; le n&#233;olib&#233;ralisme a aggrav&#233; les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et politiques qui affligent les d&#233;mocraties actuelles &#187;&lt;/i&gt; et a averti que &lt;i&gt;&#171; parmi ses d&#233;combres &#233;mergent des aventuriers d'extr&#234;me droite qui nient la politique et vendent des solutions aussi faciles que fausses &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula a mis en garde contre le danger du n&#233;ofascisme mondial et a &#233;num&#233;r&#233; une s&#233;rie de conflits et des crises qui affligent la plan&#232;te, y compris la pand&#233;mie de Covid-19, le changement climatique, l'ins&#233;curit&#233; alimentaire, le racisme et l'intol&#233;rance, puis a raisonn&#233; : &lt;i&gt;&#171; Si nous devions r&#233;sumer ces d&#233;fis en un seul mot, ce serait l'in&#233;galit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a averti qu'&lt;i&gt;&#171; au Guatemala, il existe un risque de coup d'&#201;tat qui emp&#234;cherait le vainqueur des &#233;lections d&#233;mocratiques de prendre le pouvoir &#187;&lt;/i&gt;, et dans un autre ordre, il a assur&#233; que &lt;i&gt;&#171; la guerre en Ukraine expose notre incapacit&#233; collective &#224; faire pr&#233;valoir les buts et principes de la Charte des Nations Unies &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a soulign&#233; que&lt;i&gt; &#171; la faim, th&#232;me central de mon discours il y a 20 ans, touche aujourd'hui 735 millions d'&#234;tres humains, qui s'endorment ce soir sans savoir s'ils auront quoi manger demain &#187;&lt;/i&gt;. Les 10 plus grands milliardaires ont plus de richesses que les 40% les plus pauvres de l'humanit&#233; et sont responsables de pr&#232;s de la moiti&#233; de tout le carbone lib&#233;r&#233; dans l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re, le FMI a mis 160 milliards de dollars de droits de tirage sp&#233;ciaux &#224; la disposition des pays europ&#233;ens et seulement 000 milliards de dollars aux pays africains. La repr&#233;sentation in&#233;gale et fauss&#233;e dans la gestion du FMI et de la Banque mondiale est inacceptable &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233;. Il a soulign&#233; que &lt;i&gt;&#171; les BRICS ont &#233;merg&#233; de cette immobilisme et constituent une plate-forme strat&#233;gique pour promouvoir la coop&#233;ration entre les pays &#233;mergents &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a assur&#233; que &lt;i&gt;&#171; le n&#233;olib&#233;ralisme a aggrav&#233; les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et politiques qui affligent les d&#233;mocraties d'aujourd'hui. Son h&#233;ritage est une masse de personnes d&#233;sh&#233;rit&#233;es et exclues. &#187;&lt;/i&gt; De ses d&#233;combres &#233;mergent des aventuriers d'extr&#234;me droite qui nient la politique et vendent des solutions aussi faciles que mauvaises &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colombie : crise climatique et grand exode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident colombien Gustavo Petro a propos&#233; &lt;i&gt;&#171; en tant que pr&#233;sident du pays de beaut&#233;, de rattraper le temps perdu deux choses simples : mettre fin &#224; la guerre et r&#233;former le syst&#232;me financier mondial &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le capital vert ne se d&#233;placera que l&#224; o&#249; il y a du profit, c'est sa loi, et son cadre est &#233;troit pour englober la d&#233;carbonisation du monde entier &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ensuite d&#233;clar&#233; que ceux qui croient que la crise climatique sera surmont&#233;e avec &lt;i&gt;&#171; quelques cr&#233;dits &#187; &lt;/i&gt; &#224; faible co&#251;t se trompent et a qualifi&#233; de&lt;i&gt; &#171; fourvoy&#233;s &#187;&lt;/i&gt; ceux qui &lt;i&gt;&#171; proposent que les pays de la terre qui sont d&#233;j&#224; surendett&#233;s par la maladie et la cupidit&#233; puissent acqu&#233;rir plus de cr&#233;dits pour surmonter un probl&#232;me que seules les chemin&#233;es du nord produisent &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a insist&#233; sur le fait que la crise climatique ne peut pas &#234;tre surmont&#233;e avec plus de dette. Par cons&#233;quent, il a propos&#233; la r&#233;forme du syst&#232;me financier, qui comprend sa proposition de changer la dette en actions climatiques. Il a dit que vous ne pouvez pas demander au march&#233; des solutions &lt;i&gt;&#171; quand c'est ce m&#233;canisme qui a produit le probl&#232;me &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plupart des investissements pour d&#233;carboner l'&#233;conomie mondiale proviendront de fonds publics, de l'effort des soci&#233;t&#233;s, du rapprochement des &#201;tats pour rassembler l'humanit&#233;, ce qu'ils appellent maintenant le multilat&#233;ralisme, de gouverner la terre avec le regard de la d&#233;mocratie et non avec le regard de l'empire &#187;, a d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident colombien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petro a &#233;galement parl&#233; de l'exode &#8211; &lt;i&gt;&#171; une grande marche du Sud vers le Nord &#187; &lt;/i&gt; &#8211; &#224; travers le monde qui mesure avec pr&#233;cision l'ampleur de l'&#233;chec du gouvernement. &lt;i&gt;Cette ann&#233;e a &#233;t&#233; une p&#233;riode de d&#233;faite des gouvernements, de d&#233;faite de l'humanit&#233;. L'exode aux fronti&#232;res s'est accru... Aujourd'hui, il y en a des dizaines de millions, en 2070, ils auront atteint trois milliards, fuyant leurs lieux bien-aim&#233;s parce qu'ils seront inhabitables &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petro a d&#233;clar&#233; que l'Am&#233;rique latine a &#233;t&#233; appel&#233;e &#224; &lt;i&gt;&#171; livrer des machines de guerre &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; des hommes &#224; aller sur les champs de bataille &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Ils ont oubli&#233; que nos pays ont &#233;t&#233; envahis plusieurs fois, ceux qui parlent aujourd'hui de lutter contre les invasions &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il critiqu&#233; et rappel&#233; que pour le p&#233;trole ils ont envahi l'Irak, la Syrie et la Libye. Il a dit qu'avec les m&#234;mes raisons qui sont exprim&#233;es pour d&#233;fendre le pr&#233;sident de l'Ukraine, Vladimir Zelensky, devrait &#234;tre fait la d&#233;fense de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En tant que pr&#233;sident de la Colombie, je propose de mettre fin &#224; la guerre pour avoir le temps de nous sauver &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il exhort&#233; et propos&#233; que l'ONU accueille une conf&#233;rence de paix sur l'Ukraine et la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cuba et la guerre &#233;conomique extraterritoriale des &#201;tats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le pr&#233;sident cubain Miguel Diaz-Canel a condamn&#233; &lt;i&gt;le si&#232;ge impos&#233; par les &#201;tats-Unis. Le blocus contre Cuba est une guerre &#233;conomique extraterritoriale, cruelle et silencieuse qui s'accompagne d'une puissante machine politique de d&#233;stabilisation&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a soulign&#233; que le peuple cubain r&#233;siste et gagne de mani&#232;re cr&#233;atroce face &#224; cette guerre &#233;conomique impitoyable qui, depuis 2019, au milieu de la pand&#233;mie, a pris une dimension encore plus extr&#234;me et tente de couper les approvisionnements en carburant et en lubrifiants &#224; La Havane tout en interdisant l'acc&#232;s aux technologies, y compris les &#233;quipements m&#233;dicaux, avec plus de 10% des composants am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington ment et fait d'&#233;normes dommages aux efforts internationaux de lutte contre le terrorisme lorsqu'il accuse sans fondement Cuba de parrainer ce fl&#233;au, a-t-il ajout&#233;. Il s'agit, a-t-il dit, d'un v&#233;ritable si&#232;ge accompagn&#233; d'une puissante machine politique de d&#233;stabilisation, avec des fonds millionnaires approuv&#233;s par le Congr&#232;s am&#233;ricain, pour capitaliser sur les lacunes caus&#233;es par le blocus et saper l'ordre constitutionnel et la tranquillit&#233; des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*&#201;conomiste, politologue et analyste am&#233;ricain, associ&#233; au Centre latino-am&#233;ricain d'analyse strat&#233;gique (CLAE)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quatre fa&#231;ons dont le changement climatique nuit &#224; la sant&#233; des Sud-Am&#233;ricains</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quatre-facons-dont-le-changement-climatique-nuit-a-la-sante-des-Sud-Americains</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quatre-facons-dont-le-changement-climatique-nuit-a-la-sante-des-Sud-Americains</guid>
		<dc:date>2023-04-11T10:50:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fl&#225;via Milhorance </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-04-11</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un nouveau rapport pr&#233;sente l'aper&#231;u le plus complet des impacts sur la sant&#233; des changements climatiques de la r&#233;gion. Le changement climatique augmente les temp&#233;ratures en Am&#233;rique du Sud, r&#233;duisant les pr&#233;cipitations dans plusieurs de ses pays, entra&#238;nant un recul rapide des glaciers dans les Andes et provoquant une &#233;l&#233;vation du niveau de la mer sur les c&#244;tes du Pacifique et de l'Atlantique. &lt;br class='autobr' /&gt; 31 mars 2023 | tir&#233; de Dialogo Chino (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-04-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-04-11&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/chili_en_feu-3a53a.png?1681210340' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nouveau rapport pr&#233;sente l'aper&#231;u le plus complet des impacts sur la sant&#233; des changements climatiques de la r&#233;gion. Le changement climatique augmente les temp&#233;ratures en Am&#233;rique du Sud, r&#233;duisant les pr&#233;cipitations dans plusieurs de ses pays, entra&#238;nant un recul rapide des glaciers dans les Andes et provoquant une &#233;l&#233;vation du niveau de la mer sur les c&#244;tes du Pacifique et de l'Atlantique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;31 mars 2023 | tir&#233; de Dialogo Chino&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://dialogochino.net/en/climate-energy/64607-four-ways-climate-change-harms-health-south-america/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dialogochino.net/en/climate-energy/64607-four-ways-climate-change-harms-health-south-america/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couverture des changements m&#233;t&#233;orologiques et des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes, ainsi que des dommages qu'ils causent aux &#233;cosyst&#232;mes d'Am&#233;rique du Sud, est r&#233;pandue, mais leurs impacts sur la sant&#233; des populations sont peut-&#234;tre moins largement compris. Les effets du changement climatique sur le corps humain vont de l'aigu au chronique, et les r&#233;ponses des gouvernements r&#233;gionaux &#224; ces risques ont jusqu'&#224; pr&#233;sent &#233;t&#233; inad&#233;quates, selon un nouveau rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport 2022 sur l'Am&#233;rique du Sud sur la sant&#233; et le changement climatique, publi&#233; mardi 28 mars par Lancet Countdown, un groupe d'experts ind&#233;pendants qui surveille les liens entre la sant&#233; publique et le climat, explore certaines des principales menaces et la capacit&#233; r&#233;gionale &#224; y faire face. &#171; Le changement climatique nuit &#224; la sant&#233; des Sud-Am&#233;ricains, il est donc temps de prendre des mesures imm&#233;diates &#187;, a d&#233;clar&#233; Stella Hartinger, auteur principal du rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous examinons ici quatre des principales conclusions du rapport, couvrant certaines des menaces les plus importantes pour la sant&#233; en Am&#233;rique du Sud dans un climat changeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les vagues de chaleur entra&#238;nent davantage de d&#233;c&#232;s de personnes vuln&#233;rables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition &#224; la chaleur accablante augmente le risque de d&#233;c&#232;s toutes causes confondues, en particulier les maladies cardiovasculaires, c&#233;r&#233;brovasculaires et respiratoires. Les nouveau-n&#233;s et les personnes de plus de 65 ans sont les plus vuln&#233;rables. &#171; Les vagues de chaleur sont devenues plus fr&#233;quentes et plus intenses, et constituent un danger pour la sant&#233; et la survie de ces groupes d'&#226;ge &#187;, a d&#233;clar&#233; Yasna Palmeiro-Silva du Chili, un autre auteur du rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation m&#233;t&#233;orologique mondiale a enregistr&#233; une augmentation des temp&#233;ratures dans tous les pays d'Am&#233;rique du Sud, avec des vagues de chaleur exceptionnellement intenses et longues dans le centre et le nord-est du Br&#233;sil, en Colombie, dans le centre du Chili et dans le centre et le sud de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport du Lancet estime que les d&#233;c&#232;s li&#233;s &#224; la chaleur en Am&#233;rique du Sud ont augment&#233; de 160% entre 2017 et 2021 par rapport &#224; 2000-2004, le Br&#233;sil, l'Argentine, la Colombie et le Venezuela &#233;tant les plus touch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela ne fait pas partie des pays d'Am&#233;rique du Sud o&#249; la temp&#233;rature augmente le plus, mais sa population est comparativement plus &#226;g&#233;e que beaucoup d'autres dans la r&#233;gion, et 80% de ses citoyens &#226;g&#233;s vivent dans la pauvret&#233;, ce qui augmente les risques de chaleur extr&#234;me et rend l'adaptation encore plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les feux de for&#234;t causent des probl&#232;mes aigus et des d&#233;c&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les feux de for&#234;t peuvent causer des dommages physiques directs ou la mort par inhalation de fum&#233;e, mais dans certains cas, des probl&#232;mes de sant&#233; apparaissent &#224; plus long terme. L'exposition aux particules fines et aux produits chimiques provenant des incendies de for&#234;t peut augmenter le risque de cancer de tous types, selon une &#233;tude publi&#233;e dans The Journal of Climate Change and Health.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle &#233;tude du Lancet a montr&#233; que l'exposition &#224; un danger &#171; tr&#232;s &#233;lev&#233; &#187; ou &#171; extr&#234;mement &#233;lev&#233; &#187; d'incendie de for&#234;t &#8211; et aux risques sanitaires qui y sont associ&#233;s &#8211; a augment&#233; dans neuf des 12 pays d'Am&#233;rique du Sud analys&#233;s. Les habitants de la r&#233;gion ont subi en moyenne sept jours suppl&#233;mentaires d'exposition au risque chaque ann&#233;e entre 2018 et 2021, par rapport &#224; 2001 &#224; 2004, soit une augmentation de 35%. L'Argentine et le Chili &#233;taient les pays les plus expos&#233;s au risque en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; humaine est le principal moteur des incendies de for&#234;t dans la plupart des biomes sud-am&#233;ricains &#8211; une exception, note le rapport, est le Cerrado br&#233;silien, o&#249; les incendies font partie de la dynamique naturelle de son &#233;cosyst&#232;me. Mais le changement climatique peut &#233;galement faciliter les conditions propices au d&#233;clenchement et &#224; la propagation de ces incendies, gr&#226;ce &#224; des temp&#233;ratures plus &#233;lev&#233;es et &#224; une r&#233;duction des pr&#233;cipitations et de l'humidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biomes de la for&#234;t amazonienne, du Pantanal et du Chaco ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement vuln&#233;rables aux incendies d'origine humaine, entra&#238;nant une perte majeure de for&#234;ts et de biodiversit&#233;. Ce processus r&#233;duit la s&#233;questration du carbone et exacerbe le changement climatique, aggravant ainsi les risques pour la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Une temp&#233;rature plus &#233;lev&#233;e augmente les maladies infectieuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement climatique &#233;largit la gamme de plusieurs maladies infectieuses, la dengue &#233;tant particuli&#232;rement end&#233;mique en Am&#233;rique du Sud, avec une charge de morbidit&#233; &#233;lev&#233;e et des cycles &#233;pid&#233;miques fr&#233;quents, note le rapport du Lancet. Les temp&#233;ratures &#233;lev&#233;es, les pr&#233;cipitations et l'humidit&#233; &#8211; des conditions de plus en plus r&#233;guli&#232;res et intenses dans de nombreuses r&#233;gions sous l'effet du changement climatique &#8211; sont essentielles pour la transmission de la dengue, l'urbanisation et les mouvements de population ayant &#233;galement une forte influence sur sa propagation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incidence et la gravit&#233; de la dengue ont consid&#233;rablement augment&#233; au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es dans la r&#233;gion, selon le groupe Lancet, qui a surveill&#233; un indicateur de &#171; compatibilit&#233; climatique &#187; pour la transmission de la maladie depuis les ann&#233;es 1950. Ils ont montr&#233; une augmentation constante de la dengue dans tous les pays o&#249; se trouvent les moustiques, qui propagent la maladie, &#224; l'exception de l'Argentine et du Suriname.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble de la r&#233;gion, l'ad&#233;quation climatique &#224; la transmission de la dengue a augment&#233; de 35 % entre 2012 et 2021, par rapport &#224; 1951-1960. Alors que l'&#233;ventail et les conditions de transmission de plus en plus fr&#233;quentes augmentent, &#171; il est urgent que les syst&#232;mes de sant&#233; sud-am&#233;ricains renforcent leurs capacit&#233;s &#224; faire face &#224; ce d&#233;fi &#187;, a d&#233;clar&#233; Andres Lescano, un autre contributeur au document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Les conditions climatiques ont un impact sur la production alimentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement climatique peut affecter la croissance, le rendement et le contenu nutritionnel de plusieurs cultures, notamment le bl&#233;, le riz, le ma&#239;s et le soja, entra&#238;nant des impacts &#233;conomiques pour les producteurs et les nations, et augmentant le risque d'ins&#233;curit&#233; alimentaire et ses cons&#233;quences pour la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les longues s&#233;cheresses et la hausse des temp&#233;ratures ont d&#233;j&#224; eu des cons&#233;quences sur l'agriculture sud-am&#233;ricaine. Les producteurs, principalement au Br&#233;sil et en Argentine, ont subi des pertes de production, ce qui a eu un impact &#224; la fois sur les exportations et sur la consommation int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la r&#233;gion a &#233;galement connu une ins&#233;curit&#233; alimentaire croissante, due &#224; des &#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes plus fr&#233;quents, ainsi qu'&#224; des troubles politiques, des ralentissements &#233;conomiques, la pand&#233;mie de Covid-19 et m&#234;me la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le rapport sur l'&#233;tat de la s&#233;curit&#233; alimentaire et de la nutrition dans le monde, publi&#233; par les Nations Unies, 117,3 millions de personnes en Am&#233;rique latine, soit 21 % de la population de la r&#233;gion, n'avaient pas acc&#232;s &#224; suffisamment de nourriture en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le changement climatique exercera une pression suppl&#233;mentaire sur les syst&#232;mes alimentaires &#187;, indique le rapport du Lancet, soulignant que des s&#233;cheresses plus intenses et plus longues, des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes, des temp&#233;ratures plus &#233;lev&#233;es, des concentrations atmosph&#233;riques accrues de CO2 et des saisons de croissance plus courtes constituent des menaces pour la production. En r&#233;sum&#233;, dit-il, ils repr&#233;sentent &#171; une menace aigu&#235; pour la s&#233;curit&#233; alimentaire dans la r&#233;gion &#187; &#8211; et donc pour la sant&#233; de sa population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la crise du &#171; progressisme &#187; au progr&#232;s des crises en Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-Amerique-latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/De-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-Amerique-latine</guid>
		<dc:date>2020-05-12T16:00:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luis Rangel</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, les d&#233;bats sur l'Am&#233;rique latine au sein de la gauche internationale avaient tendance &#224; se focaliser sur les pays dont les gouvernements, avec des formes et des rythmes diff&#233;rents, ont pris une certaine distance avec les oligarchies traditionnelles de leurs pays (parfois plus dans les discours que dans la r&#233;alit&#233;) : Venezuela, Bolivie, Br&#233;sil, Argentine, &#201;quateur. En g&#233;n&#233;ral, sans oublier leur importance politique et &#233;conomique mais surtout en fonction de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton43555-1037d.png?1675796996' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, les d&#233;bats sur l'Am&#233;rique latine au sein de la gauche internationale avaient tendance &#224; se focaliser sur les pays dont les gouvernements, avec des formes et des rythmes diff&#233;rents, ont pris une certaine distance avec les oligarchies traditionnelles de leurs pays (parfois plus dans les discours que dans la r&#233;alit&#233;) : Venezuela, Bolivie, Br&#233;sil, Argentine, &#201;quateur. En g&#233;n&#233;ral, sans oublier leur importance politique et &#233;conomique mais surtout en fonction de la situation conjoncturelle, on insistait beaucoup sur le Venezuela, le Br&#233;sil ou l'Argentine. M&#234;me l'&#201;quateur semblait &#234;tre un &#233;l&#233;ment de plus de &#171; l'axe progressiste &#187;, en ce qui concernait les analyses internationales. Lorsque nous avons vu les exp&#233;riences progressistes tomber l'une apr&#232;s l'autre, se d&#233;grader, entrer en crise, les d&#233;bats ont alors tourn&#233; autour de &#171; la fin du cycle &#187; et de la droite mena&#231;ante et revancharde. Appels urgents &#224; contenir l'ennemi, unit&#233;&#8230; Sur quoi ? Pour quoi ? Avec qui ? Ennemi principal ou secondaire ? Au fil des mois la situation est beaucoup plus complexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article a paru dans le n&#176; 672/673 de mars-avril de la revue Inprecor et a &#233;t&#233; republi&#233; sur le site du npa2009.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/international/de-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-amerique-latine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/actualite/international/de-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-amerique-latine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se caract&#233;rise par au moins trois &#233;l&#233;ments :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. Un floril&#232;ge de r&#233;sistances populaires, massives, d'&#233;v&#232;nements, la force du peuple.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. Une extr&#234;me droite qui n'est plus un fant&#244;me mais une r&#233;alit&#233; terrifiante.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Un &#233;norme probl&#232;me d'horizons. Nous ne voulons pas cela ! crient les peuples&#8230; Mais alors, que voulons-nous ? Et, plus important&#8230; Comment allons-nous parvenir l&#224; o&#249; nous voulons aller ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tableau de la situation actuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicaragua&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es le gouvernement Ortega-Murillo a approfondi (au cas o&#249; il y avait encore un doute) sa trahison compl&#232;te du sandinisme. En s'alliant avec la droite et les &#233;glises conservatrices. En 2018, il met en &#339;uvre une r&#233;forme des retraites qui d&#233;clenche un soul&#232;vement populaire, de rage, sans direction, auquel il r&#233;pond par la r&#233;pression et la prison pour les militantes f&#233;ministes, les jeunes activistes et les vieux combattants du FSLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puerto Rico&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 2019, la grande vague a commenc&#233; avec l'&#233;t&#233; chaud dans la Cara&#239;be, &#224; la suite de fuites de conversations sur la messagerie Telegram du gouverneur d'alors, Ricardo Rossello, dans lesquelles il se moquait ouvertement des gens, de leurs douleurs et de leurs peines (ainsi que des &#171; blagues &#187; mysogines et homophobes) &#224; la suite de l'ouragan Maria qui a frapp&#233; l'&#238;le en 2017 (souvenons-nous des moments o&#249; Trump lan&#231;ait aux gens du papier hygi&#233;nique). La condition coloniale de l'&#238;le a fait que pendant des mois elle s'est retrouv&#233;e sans &#233;lectricit&#233;, sans que puisse parvenir l'aide internationale, et le m&#233;pris du gouvernement fut tel que les gens durent enterrer leurs morts quand et comme ils le pouvaient. Une mobilisation populaire a &#233;clat&#233; qui a finalement forc&#233; Ricardo &#224; d&#233;missionner apr&#232;s des manifestations monstres (auxquelles ont pris part des personnalit&#233;s comme Ricky Martin, BadBunny, Residente, etc., ce qui donne une id&#233;e de la profondeur sociale de l'explosion). &#192; son apog&#233;e, un tiers de la population recens&#233;e de l'&#238;le &#233;tait dans la rue. La chute de Rossello a signifi&#233; une victoire &#8211; en dansant &#8211; pour la premi&#232;re fois dans cette d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;rou&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre 2019, le pr&#233;sident p&#233;ruvien Martin Vizcarra a dissous le Congr&#232;s contre la majorit&#233; parlementaire Fujimoriste. Une crise politique profonde qui atteint la gouvernance institutionnelle elle-m&#234;me. Malgr&#233; les mobilisations de d&#233;cembre (la nuit de No&#235;l 2017 !), il s'agit d'une crise centrifuge o&#249; le niveau de mobilisation joue jusqu'ici un r&#244;le moins grand que la crise des oligarchies au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;quateur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une augmentation brutale du prix des carburants, comme celle v&#233;cue au d&#233;but de 2018 au Mexique, un d&#233;cret d'aust&#233;rit&#233; &#233;conomique dans lequel l'&#201;tat s'est livr&#233; compl&#232;tement au FMI et qui concernait &#233;galement les retraites et la dette, tout cela a fait &#233;clater une mobilisation sociale dont les peuples indig&#232;nes regroup&#233;s dans la CONAIE ont &#233;t&#233; les principaux protagonistes. Il est important d'en mentionner quelques &#233;l&#233;ments : 1) Le r&#244;le protagoniste des peuples indig&#232;nes. 2) La crise de l'expression locale du &#171; progressisme &#187; : le mouvement a pu sortir d'une sorte de &#171; campisme &#187;, o&#249; le mot d'ordre &#171; ni Lenin [Moreno] ni [Rafael] Correa &#187; a eu un enracinement profond, au-del&#224; des sph&#232;res militantes, sans pour autant que cela ait signifi&#233; automatiquement une alternative au pouvoir. 3) Une victoire, la seconde de l'ann&#233;e, au son de la fl&#251;te de Pan. Depuis des ann&#233;es des acteurs importants du mouvement populaire &#233;quatorien avaient pris leurs distances avec Rafael Correa, et il y a dans le gouvernement de Lenin Moreno, au-del&#224; des querelles personnelles, d'importantes continuit&#233;s avec le Correisme, et pas seulement parce qu'il fut son candidat et son vice-pr&#233;sident, &#224; tel point que l'accusation de &#171; trahison &#187; &#8211; formul&#233;e par Correa contre Moreno &#8211; tombe d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ha&#239;ti vit une explosion populaire contre le gouvernement de Jovenel Mo&#239;se depuis que la corruption cynique, provenant de l'accord lanc&#233; par Hugo Chavez en 2005, est apparue au grand jour. Le syst&#232;me Petrocaribe n'a toujours pas servi &#224; aider &#224; reconstruire Ha&#239;ti, 10 ans apr&#232;s le tremblement de terre qui l'a d&#233;vast&#233;, mais &#224; construire des h&#244;tels de luxe, des plages priv&#233;es, des bateaux de croisi&#232;re pendant que l'urgence humanitaire continue, sans aliments, sans les fournitures de base, avec des maladies incurables qui s'&#233;tendent sur cette nation qui porte encore le ch&#226;timent des oligarchies mondiales pour &#234;tre n&#233;e de la r&#233;bellion des esclaves qui la rendit ind&#233;pendante entre 1791 et 1804. Pendant ce temps le monde entier se tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chili&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue r&#233;gional, c'est avec la Bolivie l'&#233;picentre o&#249; les &#233;v&#233;nements et leur issue auront le plus grand impact sur tout le continent. La bulle n&#233;olib&#233;rale a &#233;clat&#233; (le Chili a toujours &#233;t&#233; le contre-exemple de la droite face au Venezuela). Une augmentation du prix du m&#233;tro et le mouvement qui s'y est oppos&#233;, men&#233; au d&#233;but par des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens, a d&#233;clench&#233; un mouvement massif, profond qui a mis au centre, parmi d'autres &#233;l&#233;ments, les retraites (un syst&#232;me privatis&#233; et pourri), l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation (il faut s'endetter &#224; l'infini pour acc&#233;der &#224; l'universit&#233;), l'offensive d'in&#233;galit&#233; sociale, la r&#233;pression politique et la remise en cause de la Constitution de Pinochet et du pacte de transition. Depuis des mois, les rues du Chili r&#233;clament de tout changer, d&#233;bordant non seulement l'oligarchie mais &#233;galement plusieurs des structures traditionnelles du mouvement social, dont les prises de position, par exemple celles de la CUT ou du Frente Amplio, ont &#233;t&#233; lamentables : le pr&#233;sident Pinera n'est pas tomb&#233; aussi &#224; cause de ce type d'attitudes. Une mobilisation en profondeur, qui a gagn&#233; jusqu'aux supporteurs de football &#8211; mais aussi les femmes, les artistes&#8230; &#8211; devenant un v&#233;ritable festival populaire. Un moment o&#249; les femmes furent en premi&#232;re ligne, s'organisant &#224; partir de plateformes f&#233;ministes et o&#249;, non sans contradictions, on peut penser qu'il y a une bonne synergie entre les espaces f&#233;ministes et d'autres espaces d'organisation. Un &#233;v&#232;nement, ou, comme le dit le nouvel hymne de la lutte au Chili, la danse de ceux qui sont de trop&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argentine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la d&#233;faite du kirchnerisme en 2015, c'est maintenant Macri qui a connu la d&#233;route &#233;lectorale. Le &#171; progressisme local &#187;, le kirchnerisme, obtient une victoire par d&#233;faut, apparemment plus gr&#226;ce &#224; une implosion ext&#233;rieure qu'&#224; sa propre force, au milieu d'un appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Br&#233;sil&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gitimit&#233; de Bolsonaro se d&#233;grade tout en jouant avec l'&#233;quilibre climatique global dans la trag&#233;die amazonienne. Lula est parvenu &#224; sortir de prison, r&#233;orientant les d&#233;bats et les centres de gravit&#233; de la gauche br&#233;silienne. Marielle Franco, camarade du PSOL, conseill&#232;re de la ville de Rio, femme des favelas noire, lesbienne, a &#233;t&#233; assassin&#233;e en mars 2018 : un acte de r&#233;pression politique d'une opposante &#224; la militarisation des favelas &#224; Rio, &#224; laquelle Bolsonaro et ses acolytes sont li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bolivie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout juste apr&#232;s la victoire &#233;quatorienne et la vague de col&#232;re populaire pleine d'espoir au Chili, la Bolivie a connu un coup d'&#201;tat qui pourrait se transformer en d&#233;faite historique de grande envergure, m&#234;me si bien s&#251;r tout d&#233;pend de la lutte en cours. Ni l'usure et les contradictions du gouvernement d'Evo Morales, ni la complexit&#233; du sc&#233;nario qui a pouss&#233; tacitement des secteurs du mouvement social du c&#244;t&#233; des factieux, ne peuvent excuser la terrible erreur des secteurs populaires qui se sont align&#233;s de fait ou par omission sur les putschistes. Mais c'est l'erreur politique d'Evo de ne pas avoir respect&#233; le r&#233;sultat d&#233;favorable du r&#233;f&#233;rendum de 2016 (que personne ne l'avait oblig&#233; &#224; faire) qui a ouvert la porte &#224; la droite ultra pour clamer &#224; la fraude &#233;lectorale aux derni&#232;res &#233;lections et a d&#233;chain&#233; les pires forces r&#233;actionnaires, racistes et ultraconservatrices, qui ont r&#233;alis&#233; le coup d'&#201;tat en organisant la violence de rue et militaire. Il y a eu une forte r&#233;sistance au coup tandis que le MAS l'acceptait tacitement &#8211; une acceptation forc&#233;e, en quelque sorte, de sa d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colombie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au milieu de l'ann&#233;e 2019, la Colombie a laiss&#233; sur la touche Uribe lui-m&#234;me juste apr&#232;s le retour &#224; la lutte arm&#233;e de secteurs des FARC (et par cons&#233;quent des paramilitaires des Autod&#233;fenses unies &#8211; AUC &#8211; qui ne l'ont jamais quitt&#233;e) tandis que les assassinats de leaders sociaux ne s'arr&#234;tent pas. En partie produit d'une rage populaire accumul&#233;e, en partie &#224; cause de l'&#233;cho des r&#233;voltes r&#233;gionales, un autre r&#233;gime &#171; exemplaire &#187; de la droite continentale a &#233;t&#233; d&#233;stabilis&#233; lorsque le 21 novembre la gr&#232;ve nationale a commenc&#233;. &#192; la diff&#233;rence des cas de l'&#201;quateur ou du Chili (o&#249; les explosions furent &#171; inattendues &#187;), en Colombie on est arriv&#233; &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 21 novembre apr&#232;s des mois de pr&#233;paration. La r&#233;ponse &#224; la convocation (qui ne visait qu'une manifestation traditionnelle) a d&#233;pass&#233; toutes les attentes et a mis, l&#224; aussi, au centre de l'ordre du jour la population r&#233;clamant un changement g&#233;n&#233;ral dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Uruguay&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce qui semblait &#234;tre un pays de stabilit&#233; de longue haleine, apr&#232;s des d&#233;cades de &#171; gouvernement progressiste &#187;, en novembre la plateforme de droite a gagn&#233; les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Venezuela&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dramatique n&#339;ud v&#233;n&#233;zu&#233;lien ne pr&#233;sente pas de pistes de solution &#224; long terme. La crise institutionnelle s'approfondit avec l'&#233;lection d'une nouvelle direction de l'Assembl&#233;e nationale, qui exclut Guaido. L'opposition se trouve plong&#233;e dans sa propre crise interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Am&#233;rique centrale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;vastation sociale y impose, &#224; des rythmes toujours plus acc&#233;l&#233;r&#233;s, l'&#233;migration &#224; des milliers de personnes, qui fuient pour sauver leur vie. Ils butent contre le mur transfrontalier accept&#233; par le pr&#233;sident m&#233;xicain Andr&#233;s Manuel L&#243;pez Obrador. Ce dernier offre des emplois sur la fronti&#232;re militaris&#233;e du sud du Mexique, alors que se multiplient les d&#233;portations, abus et r&#233;pressions de l'&#201;tat mexicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on voit ce sc&#233;nario g&#233;n&#233;ral, avec tous ces &#233;v&#233;nements politiques (et ceux non mentionn&#233;s) de grande profondeur dans chaque pays, il semble bien qu'il n'y ait pas d'autres mots pour le d&#233;crire : &#233;v&#233;nement, lutte, espoir contre d&#233;faites. Les fragiles structures plus ou moins r&#233;publicaines, qui ont &#233;t&#233; construites dans divers pays, &#224; contrec&#339;ur, par les oligarchies centenaires, s'effondrent sous nos yeux. Et les perspectives futures sont contradictoires et incertaines. Essayer de les comprendre implique un bon inventaire du pass&#233; imm&#233;diat et, de l&#224;, une tentative d'en tirer quelques le&#231;ons, quelques hypoth&#232;ses (au risque de g&#233;n&#233;ralisations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les progressistes n'ont pas &#233;t&#233; si progressistes, la droite n'a pas &#233;t&#233; si d&#233;faite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas possible de comprendre les crises et la conjoncture en &#201;quateur, au Venezuela, au Br&#233;sil ou en Argentine, sans &#233;voquer les &#171; bons moments &#187; des gouvernements jouissant d'une l&#233;gitimit&#233; populaire, pronon&#231;ant des discours de gauche et conduisant des politiques redistributives. Mais il faut &#233;galement se r&#233;f&#233;rer &#224; leur histoire d'usure, de transition, de crises, de &#171; trahisons &#187; internes, de d&#233;faites &#233;lectorales, de coups d'&#201;tat et de reculs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trait commun : avant ces gouvernements il y eut des luttes, des crises politiques, des insurrections populaires, des mobilisations exemplaires avec peu de victoires sociales. Au cours des p&#233;riodes d'ascension de ces gouvernements &#171; progressistes &#187;, les droites traditionnelles &#233;taient d&#233;sorient&#233;es et dispers&#233;es. Elles &#233;taient en contraste avec ces gouvernements qui d&#233;cr&#233;taient ici, mettaient en &#339;uvre l&#224;, rendaient hommage un jour et n&#233;gociaient un autre. Au fil des mois et des ann&#233;es, les espoirs qu'ils ont soulev&#233;s ont &#233;t&#233; frein&#233;s, les revendications populaires ont &#233;t&#233; englouties dans les administrations et, quand le moment exigeait une confrontation ouverte avec l'ordre ant&#233;rieur, les gouvernements optaient pour des &#171; issues responsables &#187; et demandaient du calme aux mouvements sociaux, somm&#233;s de dialoguer et d'&#233;couter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En relativement peu de temps au regard de l'ampleur des d&#233;faites subies, les droites ont ainsi pu se recycler, r&#233;nover et s&#233;lectionner parmi les faiblesses internes de ces gouvernements des &#233;l&#233;ments pour tenter de reprendre la main (avec des degr&#233;s de succ&#232;s divers). Il semble qu'elles n'aient pas pris en compte le fait que ces &#171; ann&#233;es de progr&#232;s &#187; n'&#233;taient pas une parenth&#232;se, mais des cycles politiques. Lorsque les Bolsonaro, les Macri et les Moreno se sont empar&#233;s des pr&#233;sidences, ils s'attendaient &#224; une stabilit&#233; politique&#8230; Mais, comme nous le voyons, ils doivent faire face &#224; des luttes et des r&#233;sistances. Ils ne pourront atteindre la stabilit&#233; sans &#233;craser les r&#233;sistances &#224; coups de th&#233;rapie intensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les uns n'ont pas &#233;t&#233; aussi loin &#224; gauche qu'ils le pr&#233;tendaient, et les autres ne sont pas revenus aussi forts qu'ils l'avaient r&#234;v&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le continent n'est pas seulement un endroit o&#249; les choses vont bien (ou mal sur le plan romantique)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les choses &#233;voluaient de cette fa&#231;on dans les pays ayant des gouvernements &#171; progressistes &#187;, ceux qui ne figuraient pas sur cette liste, en plus de constituer un chapelet de trag&#233;dies, avaient l'apparence de stabilit&#233; politique, &#171; de l'ordre et du progr&#232;s &#187;, et &#224; court terme on n'y voyait que peu de perspectives d'y mettre en cause le r&#244;le de marionnette de l'empire. La crise politique p&#233;ruvienne montre que les tensions sociales peuvent tourner en parall&#232;le avec les d&#233;ficiences structurelles propres aux r&#233;gimes politiques et aux pactes de gouvernement. Quand les analyses r&#233;gionales parlaient de virages &#224; gauche dans la r&#233;gion, on oubliait dans l'analyse continentale d'importants pays comme la Colombie, le Mexique et le Chili. Les feux des projecteurs se sont tourn&#233;s vers les &#171; retours des droites &#187; sans voir les &#233;ruptions et les tremblements de terre politiques. Donc, penser la r&#233;gion, au-del&#224; d'une estimation des grandes tendances g&#233;n&#233;rales, pr&#233;suppose de porter toujours l'attention sur la tendance contraire et distinguer les flux politiques, presque toujours en sens contraire les uns des autres, d&#233;pendant du moment et du pays ou groupe de pays auxquels on se r&#233;f&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les politiques publiques ne r&#233;solvent pas les contradictions de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements dits progressistes ont &#233;t&#233; et sont cela : des gouvernements. Rares sont les cas o&#249; l'ordre public a &#233;t&#233; boulevers&#233; sur le plan constitutionnel (Bolivie, Venezuela, &#201;quateur). Mais m&#234;me dans ces cas-l&#224;, l'action des gouvernements &#8211; et leur distanciation des oligarchies traditionnelles (au-del&#224; des ph&#233;nom&#232;nes sociaux dans leur entourage) &#8211; s'est concentr&#233;e sur des politiques publiques d'assistance dirig&#233;es vers les strates les plus paup&#233;ris&#233;es de la soci&#233;t&#233;. En faisant ici abstraction des implications symboliques de quelques-unes de ces mesures &#8211; comme le fait que la fille d'une famille populaire soit la premi&#232;re de sa famille aussi bien &#224; acc&#233;der &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure qu'&#224; voyager en avion, et de l'affront que cela a pu signifier pour les oligarchies locales racistes &#8211; &#224; long terme et particuli&#232;rement quand les cycles &#233;conomiques ont montr&#233; des signes de changement, les contradictions de classes profondes autour des th&#232;mes cl&#233;s (l'utilisation et l'origine des revenus de l'extractivisme primaire, les dettes, les conditions pr&#233;caires du travail et de la retraite, entre autres) remontent &#224; la surface. Il ne s'agit pas, pour les socialistes, de se convertir en &#233;valuateurs populaires des politiques publiques (plusieurs d'entre elles correctes et indispensables si on pr&#233;tend vivre dans des soci&#233;t&#233;s garantes des droits sociaux de base), mais plut&#244;t de ne pas perdre de vue que ces politiques, aussi bien con&#231;ues et mises en &#339;uvre qu'elles puissent &#234;tre (y compris si on les d&#233;barrasse de tout type de client&#233;lisme et de germe de corruption qu'elles supposent), n'ont pas r&#233;ussi &#224; r&#233;soudre les contradictions sociales, bas&#233;es sur les conflits d'int&#233;r&#234;t de classe. Ind&#233;pendamment qu'elles aient &#233;t&#233; des op&#233;rations gouvernementales correctes ou incorrectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le prix &#224; payer pour les gouvernements gagnants est plus &#233;lev&#233; que celui pr&#233;vu dans le contrat (il y a toujours des int&#233;r&#234;ts et des lignes en tout petits caract&#232;res)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin des gouvernements progressistes vers les pr&#233;sidences et les majorit&#233;s parlementaires comprend d'abord g&#233;n&#233;ralement l'existence d'une p&#233;riode plus ou moins longue (et proche des &#233;lections) de fortes luttes sociales qui sans &#234;tre vaincues n'obtenaient pas non plus des victoires sociales. Sauf exception, comme dans le cas de la &#171; guerre de l'eau &#187; en Bolivie. En second lieu, un possible &#233;l&#233;ment commun a &#233;t&#233; le chemin sinueux et en pente raide des projets politiques, dans leur grande majorit&#233; hyper personnalis&#233;s, o&#249; une succession de d&#233;faites et de petites avanc&#233;es &#233;lectorales trouvait son aboutissement dans l'accession au gouvernement central. Dans certains cas, comme pour Lula et maintenant L&#243;pez Obrador, il a fallu attendre plus de deux &#233;lections pr&#233;sidentielles pour finalement r&#233;ussir l'&#233;preuve &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un probl&#232;me d'acceptation populaire, cela semblait &#234;tre un probl&#232;me d'acceptation des sph&#232;res dirigeantes. Jusqu'&#224; quel point les oligarchies pourraient permettre ou pas un gouvernement diff&#233;rent de ceux avec lesquels non seulement ils s'entendaient mais aussi avec lesquels ils avaient de fortes relations &#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parvenir au gouvernement et assurer le respect du r&#233;sultat &#233;lectoral par les oligarchies locales obligeait &#224; s'ouvrir &#224; la n&#233;gociation, &#224; int&#233;grer des cadres &#171; traditionnels &#187; &#224; certains postes cl&#233;s, &#224; &#233;tablir des lignes rouges entre lesquelles les nouveaux projets politiques pourraient jouir d'une certaine marge de libert&#233; conditionnelle. Les progressismes ont &#233;t&#233; conscients du prix &#224; payer pour acc&#233;der au gouvernement, ils se sont assis &#224; la table de n&#233;gociation et ont &#233;tabli les cadres de &#171; gouvernabilit&#233; &#187; gr&#226;ce auxquels ils pourraient entrer dans le palais pr&#233;sidentiel. Au d&#233;but, les marges accept&#233;es dans un tel accord pouvaient para&#238;tre raisonnables et ne pas compromettre l'essence des projets qu'ils arboraient : plus de justice sociale, de distribution des revenus, etc. Mais politiquement, &#224; moyen terme, il est devenu &#233;vident que c'&#233;tait leur capacit&#233; politique qui &#233;tait compromise et que c'est au sein des structures gouvernementales que se trouvent les sources des d&#233;sastres post&#233;rieurs. C'est le cas par exemple du r&#244;le de Lenin Moreno ou de Temer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Le campisme tue&#8230; et le sectarisme plus encore&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'attitude envers des gouvernements qui n'&#233;taient pas issus de l'oligarchie traditionnelle et envers leurs politiques, a caus&#233; un gros mal de t&#234;te &#224; la gauche latino-am&#233;ricaine. Bien qu'il y ait beaucoup de nuances et de changements selon la p&#233;riode o&#249; s'est pos&#233; le d&#233;bat au sein de la gauche latino-am&#233;ricaine, je crois que deux positions extr&#234;mes, aussi erron&#233;es l'une que l'autre, doivent &#234;tre prises en compte. D'un c&#244;t&#233;, ce que nous avons d&#233;fini comme &#171; campisme &#187; et, &#224; l'oppos&#233;, une posture sectaire. Bien que leurs conclusions politiques soient oppos&#233;es, les deux partagent une vision hyper simplifi&#233;e de processus complexes et contradictoires. Par cons&#233;quent ils en d&#233;duisent des postures g&#233;n&#233;rales et similaires pour pratiquement tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du campisme, la posture fondamentale est un h&#233;ritage de la pens&#233;e binaire, propre aux temps de la guerre froide : il y aurait un grand bloc &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187; qui affronterait en Am&#233;rique latine le grand pouvoir imp&#233;rialiste des &#201;tats-Unis. De cette fa&#231;on, tout gouvernement ou formation politique qui s'en distancie relativement (m&#234;me si ce n'est que de fa&#231;on occasionnelle et discursive) ferait partie d'un bloc, plus ou moins homog&#232;ne, qui se bat contre la CIA, la Maison Blanche et ses repr&#233;sentants latino-am&#233;ricains. Ils oublient, du coup, que si la pr&#233;sence imp&#233;rialiste des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique latine est toujours pr&#233;valente, elle s'est complexifi&#233;e dans plusieurs pays, sp&#233;cialement &#224; partir de la p&#233;n&#233;tration de l'imp&#233;rialisme chinois dans la r&#233;gion. Peu de pays, comme le Mexique, peuvent toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des satellites quasi absolus des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie, au lieu de constituer un bloc oppos&#233; aux oligarchies traditionnelles, les postures sectaires mettent l'accent sur les nombreuses contradictions des processus progressistes pour y voir simplement une nouvelle forme politique qui aurait pour fonction d'&#233;viter les &#171; v&#233;ritables r&#233;volutions &#187; (guid&#233;es par les sectaires, &#233;videmment). Des r&#233;volutions, in&#233;vitables et au coin de la rue, &#224; leurs yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du caract&#232;re erratique que peuvent avoir leurs analyses, les implications de ces postures se situent sur le terrain politique et ont souvent des cons&#233;quences s&#233;rieuses. Du c&#244;t&#233; campiste, ces visions ont conduit, par exemple, dans des espaces comme le Forum de Sao Paulo, &#224; la honteuse d&#233;fense de la dictature criminelle nicaraguayenne. En plus elles ne cherchent pas &#224; comprendre les contradictions des processus progressistes, qui sont des &#233;l&#233;ments explicatifs de leurs diff&#233;rentes crises &#8211; puisque le seul coupable serait le Pentagone. Des anciens militants sandinistes, des activistes f&#233;ministes et en g&#233;n&#233;ral un mouvement s'opposant &#224; des mesures draconiennes contre le syst&#232;me de retraites (que dans un autre contexte, c'est-&#224;-dire face &#224; un autre gouvernement, ils auraient appuy&#233; inconditionnellement) y ont &#233;t&#233; trait&#233;s de marionnettes de Washington. Les emprisonnements et le climat de r&#233;pression instaur&#233; par Ortega pour se maintenir au pouvoir ont &#233;t&#233; ignor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contrepartie sectaire, nous pouvons la voir dans diff&#233;rentes prises de position de la gauche latino-am&#233;ricaine doutant d'une &#233;vidence pourtant claire : la cons&#233;cration d'un coup d'&#201;tat en Bolivie. Pour la pens&#233;e sectaire il n'y a pas eu de coup d'&#201;tat (certains allant m&#234;me jusqu'&#224; se mettre du c&#244;t&#233; des hordes fascistes !), mais seulement un conflit politique produit de conflits &#171; d'en haut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, au Nicaragua comme en Bolivie, nous voyons des milliers de personnes mobilis&#233;es, en lutte et en r&#233;sistance qui mettent leur vie en jeu. Mettre des conditions &#224; la solidarit&#233;, &#224; l'information et au soutien a des cons&#233;quences graves et nos prises de position doivent toujours &#233;viter de tomber, sous l'effet de pressions conjoncturelles, aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre. Nous devons toujours penser aux conditions n&#233;cessaires pour que les peuples avancent, r&#233;sistent et gagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine fa&#231;on, comme depuis longtemps, nous socialistes r&#233;volutionnaires, nous nous retrouvons devant le drame de notre frustrante faiblesse organique. Si nous pouvons tirer quelques conclusions, c'est tout d'abord qu'il n'y a pas de sc&#232;ne politique, pour stable qu'elle puisse sembler, qui dure cent ans. Encore moins durant ces derni&#232;res ann&#233;es. La r&#233;gion latino-am&#233;ricaine a connu de fortes mutations et aujourd'hui l'issue est largement ouverte. Avec des signes contradictoires, les bonnes nouvelles porteuses d'espoir s'opposent &#224; des coups durs et aux d&#233;faites. N&#233;anmoins, le chemin pour construire des alternatives politiques ind&#233;pendantes de masse est certes complexe, mais l'exp&#233;rience latino-am&#233;ricaine en indique les possibilit&#233;s. Il est important de construire des ponts entre les orbites des mouvements et des r&#233;sistances (qui r&#233;sistent sans horizon politique) et les mis&#232;res du panorama politique. Il est &#233;galement central d'&#234;tre conscients du fait que, face aux crises que traversent diff&#233;rents pays latino-am&#233;ricains, la prise de position face &#224; ces &#233;v&#233;nements devra, malgr&#233; les contradictions, &#234;tre claire et sans aucun doute, la situation l'exige : nous ne pouvons pas h&#233;siter &#224; condamner le coup d'&#201;tat en Bolivie, ni &#224; qualifier Ortega de dictateur. Les exp&#233;riences latino-am&#233;ricaines devraient &#234;tre un miroir dans lequel les r&#233;volutionnaires de chaque pays se regardent pour pouvoir &#234;tre mieux pr&#233;par&#233;s pour les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est souvent le cas des analyses continentales, le Mexique se pose en contre-exemple, en contre-tendance g&#233;n&#233;rale, toujours prisonnier de sa fronti&#232;re d&#233;moniaque avec l'empire, comme cela semble se r&#233;p&#233;ter aujourd'hui. Un dernier mot &#224; ce sujet, tir&#233; de Marx qui, dans les prologues du Capital, avertissait les orgueilleux nationalistes allemands, incr&#233;dules devant la possibilit&#233; que leur pays suive le chemin d&#233;crit dans le Capital pour l'Angleterre : &#171; C'est de toi que parle cette histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Luis Rangel est militant du Parti r&#233;volutionnaire des travailleur&#183;es (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale. Traduit de l'espagnol par Fabrice Thomas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Cet article a paru dans le n&#176; 672/673 de mars-avril de la revue Inprecor, disponible par abonnement. Si cette revue vous int&#233;resse, n'h&#233;sitez pas &#224; vous abonner en contactant la r&#233;daction &lt;inprecor@wanadoo.fr&gt; ou en &#233;crivant &#224; PECI-INPRECOR, 27 RUE TAINE, 75012 PARIS, FRANCE. Le prix de l'abonnement annuel est de 55,00 &#8364; pour l'Europe et l'Afrique du Nord, de 71,00 &#8364; pour le reste du monde. (&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Sud de l'Am&#233;rique est en flamme, et au Nord que fait-on ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Sud-de-l-Amerique-est-en-flamme-et-au-Nord-que-fait-on</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Sud-de-l-Amerique-est-en-flamme-et-au-Nord-que-fait-on</guid>
		<dc:date>2019-11-12T13:25:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-12</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;pressions polici&#232;res massives au Chili et coup d'&#201;tat feutr&#233; en Bolivie, mobilisations insurrectionnelles en &#201;quateur et &#233;meutes populaires en Ha&#239;ti men&#233;es pour l'un et l'autre &#224; l'encontre de gouvernements n&#233;olib&#233;raux soumis aux diktats du FMI ou corrompus, mais aussi dures confrontations de rues entre camps antagoniques au Venezuela ou au Nicaragua, sans parler des situations tendues ou agit&#233;es en Argentine ou au Br&#233;sil : l'Am&#233;rique latine semble soudainement secou&#233;e par de violentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-12&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton41117-97fbe.jpg?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;pressions polici&#232;res massives au Chili et coup d'&#201;tat feutr&#233; en Bolivie, mobilisations insurrectionnelles en &#201;quateur et &#233;meutes populaires en Ha&#239;ti men&#233;es pour l'un et l'autre &#224; l'encontre de gouvernements n&#233;olib&#233;raux soumis aux diktats du FMI ou corrompus, mais aussi dures confrontations de rues entre camps antagoniques au Venezuela ou au Nicaragua, sans parler des situations tendues ou agit&#233;es en Argentine ou au Br&#233;sil : l'Am&#233;rique latine semble soudainement secou&#233;e par de violentes convulsions sociales et politiques. Comme si partout, de larges secteurs de la population n'en pouvaient plus et qu'il fallait que la situation change radicalement !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certes il ne s'agit pas, &#224; chaque fois des m&#234;mes facteurs en jeu. Si au Chili, en Ha&#239;ti et en &#201;quateur, on se bat clairement contre les dicktats n&#233;olib&#233;raux de gouvernements marqu&#233;s &#224; droite &#224; la botte des USA, au Venezuela, en Bolivie et au Nicaragua les choses sont plus complexes : au-del&#224; de la sp&#233;cificit&#233; de chacun de ces pays et des men&#233;es d'une droite revancharde soutenue en sous-main par les yankies, il y a aussi les d&#233;ceptions n&#233;es des politiques men&#233;es depuis une dizaine d'ann&#233;es par la gauche, bien loin des espoirs de transformation sociale et des aspirations d&#233;mocratiques qu'elle avait pu soulever en son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que le contexte de fond reste le m&#234;me : un contexte social et &#233;conomique chaotique o&#249; la monopolisation des richesses dans les mains de quelques-uns et la mont&#233;e grandissante des in&#233;galit&#233;s se combinent pour exacerber toutes les contradictions, sociales, politiques, &#233;cologiques et culturelles, que peut nourrir un capitalisme d&#233;pendant et p&#233;riph&#233;rique soumis aux implacables diktats de grands conglom&#233;rats imp&#233;rialistes made in... US, Europe ou China.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense ce soir &#224; ce qui se passe au sud de l'Am&#233;rique : au Chili en flamme et o&#249; se multiplient de dramatiques et massives atteintes aux droits humains ; ou encore au coup d'&#233;tat civico-policier qui vient d'&#234;tre perp&#233;tr&#233; contre &#201;vo Morales en Bolivie, avec l'appui complice de l'OEA. Et sans que le gouvernement de Justin Trudeau n'en soit scandalis&#233; et n'ait song&#233; &#224; se distancier &#8211; ne serait-ce que minimalement&#8212; des positions des USA en la mati&#232;re : soutien sans faille d'un c&#244;t&#233; au pr&#233;sident Pinera &#8212;&#233;mule en son temps de Pinochet et adepte &#224; tous crins du n&#233;olib&#233;ralisme-, et de l'autre c&#244;t&#233;, volont&#233;s permanentes d'en d&#233;coudre avec le premier pr&#233;sident indig&#232;ne de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le sud de l'Am&#233;rique est en flamme, &#224; n'en pas douter, c'est de loin ce que nous pouvons faire de mieux : tancer, forcer nos gouvernements &#8211;celui du Qu&#233;bec, celui du Canada&#8212; &#224; sortir de leur r&#233;serve, &#224; prendre leur responsabilit&#233; et &#224; d&#233;noncer haut et fort ces formidables d&#233;nis de justice et de d&#233;mocratie. Et pour cela, que faisons-nous ici, la gauche, pour manifester concr&#232;tement notre solidarit&#233;,et surtout pour ici m&#234;me faire reculer le n&#233;olib&#233;ralisme et faire avancer la cause de l'&#233;galit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
