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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Appel &#224; un r&#233;seau &#233;cosocialiste mondial</title>
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		<dc:date>2020-02-18T13:52:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; la d&#233;stabilisation acc&#233;l&#233;r&#233;e du climat et &#224; la destruction de la biodiversit&#233;, un mouvement de masse est n&#233; qui a pris les formes de gr&#232;ves de la jeunesse et d'actions de d&#233;sob&#233;issance civile. Porteur d'un grand espoir, ce mouvement est mis au d&#233;fi de d&#233;gager une alternative au capitalisme, car celui-ci ne pourra rien r&#233;soudre. &lt;br class='autobr' /&gt; Par Gauche anticapitaliste | 11/02/2020 Appel &#224; un r&#233;seau &#233;cosocialiste mondial &lt;br class='autobr' /&gt; C'est &#224; cette t&#226;che que des militant.e.s et des groupes &#233;cosocialistes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton42062-f7944.jpg?1679048905' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la d&#233;stabilisation acc&#233;l&#233;r&#233;e du climat et &#224; la destruction de la biodiversit&#233;, un mouvement de masse est n&#233; qui a pris les formes de gr&#232;ves de la jeunesse et d'actions de d&#233;sob&#233;issance civile. Porteur d'un grand espoir, ce mouvement est mis au d&#233;fi de d&#233;gager une alternative au capitalisme, car celui-ci ne pourra rien r&#233;soudre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Gauche anticapitaliste | 11/02/2020&lt;br class='autobr' /&gt;
Appel &#224; un r&#233;seau &#233;cosocialiste mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est &#224; cette t&#226;che que des militant.e.s et des groupes &#233;cosocialistes investi.e.s dans le mouvement veulent contribuer lan&#231;ant l'appel ci-dessous &#224; former un r&#233;seau mondial. Plusieurs membres de la IVe Internationale (Michael L&#246;wy, Alan Thornett, Hugo Blanco et Daniel Tanuro) figurent parmi les premiers signataires de cet appel pluraliste, dont nous publions ci-dessous la traduction en fran&#231;ais. La Gauche anticapitaliste soutient cette initiative et appelle toustes celleux qui se reconnaissent dans l'&#233;cosocialisme dans notre pays &#224; faire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Principes cl&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes confront&#233;.e.s &#224; une crise environnementale g&#233;n&#233;ralis&#233;e dont le changement climatique est l'&#233;l&#233;ment principal. Cette crise est extr&#234;mement urgente et menace l'avenir de l'humanit&#233; et d'innombrables autres esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause de cette crise est le capitalisme &#8211; un syst&#232;me &#233;conomique et social bas&#233; sur une exploitation comp&#233;titive et une production &#224; but lucratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;soudre cette crise et y survivre implique une rupture mondiale avec le capitalisme et son remplacement par le socialisme &#8211; un syst&#232;me &#233;conomique et social bas&#233; sur la propri&#233;t&#233; collective des principales forces de production et de planification d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, il faut une mobilisation mondiale des forces populaires &#224; la base, en convergence avec d'autres luttes pour la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle mobilisation n&#233;cessite un engagement en faveur d'une transition v&#233;ritablement juste, c'est-&#224;-dire qui ne soit pas bas&#233;e sur les attaques contre l'emploi et le niveau de vie de la masse des travailleur.euse.s, une transition qui reconnaisse l'immense in&#233;galit&#233; entre le Nord et le Sud en termes de responsabilit&#233; historique du changement climatique et de ses effets imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation unie dont nous avons besoin requiert &#233;galement une opposition &#224; toute oppression raciste, sexiste, nationale, homophobe et transphobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propositions imm&#233;diates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons :&lt;br class='autobr' /&gt;
1.L'arr&#234;t de toute extraction de combustibles fossiles : laissez-les dans le sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.La diminution rapide de l'usage des combustibles fossiles par une taxation massive des entreprises fossiles&lt;br class='autobr' /&gt;
3.Un investissement public massif dans les &#233;nergies renouvelables &#8211; &#233;nergie &#233;olienne, solaire et mar&#233;motrice.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.Une transition rapide vers des transports publics gratuits et d&#233;velopp&#233;s largement.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.Des programmes ambitieux de r&#233;novation des maisons, sous direction publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.L'arr&#234;t imm&#233;diat de la destruction des for&#234;ts de la Terre et un vaste programme international de reboisement en collaboration avec les peuples autochtones et les protecteurs des for&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Action&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau Ecosocialiste Mondial(1) animera un site Web et assurer une pr&#233;sence sur les r&#233;seaux sociaux dans le but de :&lt;br class='autobr' /&gt;
1.Publier des d&#233;clarations, des manifestes et des publications plaidant en faveur de la transformation &#233;co-socialiste de la soci&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
2.Organiser le d&#233;bat sur les id&#233;es &#233;co-socialistes&lt;br class='autobr' /&gt;
3.Convoquer, dans la mesure du possible, des conf&#233;rences et des rassemblements &#233;co-socialistes internationaux et r&#233;gionaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.Le cas &#233;ch&#233;ant, appeler &#224; une action internationale, par exemple en soutien &#224; la gr&#232;ve pour le climat du 20 septembre (2019, NDLR) ou &#224; une journ&#233;e de rassemblements en solidarit&#233; avec la r&#233;sistance contre l'exploitation des sables bitumineux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Structure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion au REM se fera par affiliation organisationnelle et individuelle. Sur le plan politique, tout ce qui est demand&#233; aux organisations ou aux individus (qui peuvent &#234;tre des campagnes, des syndicats, des partis politiques ou des groupes communautaires) est qu'ils acceptent les principes et les exigences d&#233;crits ci-dessus et s'engagent &#224; agir de mani&#232;re coop&#233;rative. Les organisations et les individus conserveront une autonomie politique compl&#232;te pour aborder d'autres questions et campagnes comme ils l'entendent, &#224; condition que ceux-ci ne contreviennent pas directement aux principes &#233;nonc&#233;s ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affiliation individuelle est fix&#233;e &#224; 10 &#8364; / par an. Un tarif plus &#233;lev&#233; sera fix&#233; pour les organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le REM sera dirig&#233; par un Comit&#233; international de coordination (CIC) compos&#233; de d&#233;l&#233;gu&#233;s d'organisations affili&#233;es qui se r&#233;uniront initialement par Skype ou par t&#233;l&#233;conf&#233;rence. Les individus pourront obtenir une repr&#233;sentation au CIC sur la base d'une d&#233;signation par 50 autres membres individuels (distincts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le REM se d&#233;veloppe au point de devenir difficile &#224; coordonner, le CIC pourra nommer un comit&#233; directeur plus restreint en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CIC s'efforcera d'organiser une conf&#233;rence ou une r&#233;union internationale si et quand cela devient possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne de contact : John Molyneux &#8211; jmolyneux1968@gmail.com&lt;br class='autobr' /&gt;
Site Web : globalecosocialistnetwork.net&lt;br class='autobr' /&gt;
Facebook : facebook.com/GlobalEcoSocialistNetwork&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;seau &#201;cosocialiste Mondial &#8211; Liste des signataires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;John Molyneux &#233;crivain et activiste socialiste, Irlande&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Kate Alexander Chaire de recherche sud-africaine sur le changement social, Universit&#233; de Johannesburg, Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Joe Carolan, organisateur syndical Unite, Aotearoa / Nouvelle-Z&#233;lande&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Patrick Bond, professeur d'&#233;conomie politique et auteur, universit&#233; de Witwarsrand, Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Rehad Desai, r&#233;alisateur de documentaires &#8211; Miners Shot Down et Everything Must Fall. Afrique du Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Munyaradzi Gwisai, ma&#238;tre de conf&#233;rences en droit, Universit&#233; du Zimbabwe.,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Leo Zeilig, &#233;crivain et chercheur. auteur de livres sur Franz Fanon, Thomas Sankara et Luttes de classe et r&#233;sistance en Afrique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Buchholz Christine Die Linke adjointe au Bundestag. Allemagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Ibrahim Alsahary Journaliste &#233;cologique &#233;gyptien bas&#233; au Canada,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Gyekye Tanoh, &#233;conomiste du d&#233;veloppement / militant pour la justice &#233;conomique, Ghana&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Baba Aye Responsable des politiques, International Services Public et Workers Socialist League, Nigeria.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Jesus Castillo Ma&#238;tre de conf&#233;rences en &#233;cologie, Universit&#233; de S&#233;ville, &#201;tat espagnol.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Hugo Blanco r&#233;volutionnaire p&#233;ruvien, huguchacusco@gmail.com&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Michael Lowy, auteur de &#171; Ecosocialisme &#187; etc., France&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Trevor Ngwane, socialiste et activiste sud-africain, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; de Johannesburg&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Martin Empson, activiste et auteur socialiste et environnemental, Royaume-Uni.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Alan Thornett, activiste et &#233;crivain &#233;cosocialiste, auteur de &#171; Facing the Apocalypse &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Paul Murphy TD, d&#233;put&#233; de Solidarity- People Before Profit au Parlement irlandais, Irlande&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Ian Angus, r&#233;dacteur Climate &amp; Capitalism, auteur de &#171; Facing the Anthropocene &#187;, Canada&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Brid Smith TD, People Before Profit. D&#233;put&#233; au Parlement irlandais. Irlande&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;John Bellamy Foster, r&#233;dacteur en chef de Monthly Review, auteur de &#171; Marx's Ecology &#187; etc., USA&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Salvatore Engel- Dimauro, Ecosocialist Horizons (USA) et r&#233;dacteur en chef de Capitalism Nature Socialism, Br&#233;sil&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Jacklyn Cock, Universit&#233; de Witwatersrand, Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Bandile Mdlaposa, Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Donna Andrews, D&#233;partement d'&#233;tudes politiques, Universit&#233; du Cap.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Ana Isla, professeure D&#233;partement de sociologie et Centre d'&#233;tudes sur les femmes et le genre, Universit&#233; Brock, Canada.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Susan Price, cor&#233;dactrice Green Left Weekly, Australie&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Federico Fuentes, Co-&#233;diteur Green Left Weekly, Australie&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Terisa Turner, Groupe international de travail sur le p&#233;trole&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Arlindo Rodrigues, chercheur et activiste du mouvement &#233;cosocialiste au Br&#233;sil.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Daniel Tanuro, militant &#233;cosocialiste, auteur de &#171; L'impossible capitalisme vert &#187; etc, Belgique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Jonathan Neale, &#233;crivain et activiste pour les emplois climatiques, Grande-Bretagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Antonater Tafadzwa Choto, militante socialiste et &#233;tudiante &#224; l'U.J, Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Suzanne Jeffery, socialiste, activiste climatique et auteure, Grande-Bretagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;Hanna Holleman, militante et professeur de sociologie &#224; Amherst College &#224; Amherst, Massachusetts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Birmanie et Bangladesh &#8211; R&#233;fugi&#233;s rohingyas : catastrophe humanitaire et &#233;cologique. Enjeux politiques, economiques et strat&#233;giques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Birmanie-et-Bangladesh-Refugies-rohingyas-catastrophe-humanitaire-et-ecologique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Birmanie-et-Bangladesh-Refugies-rohingyas-catastrophe-humanitaire-et-ecologique</guid>
		<dc:date>2020-02-18T12:56:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Delacroix</dc:creator>


		<dc:subject>Bengladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>
		<dc:subject>Rohingyas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin du mois d'ao&#251;t, 620 000 membres de la communaut&#233; rohingya de Birmanie sont venus se r&#233;fugier &#224; l'extr&#234;me sud du Bangladesh, pourchass&#233;s par l'arm&#233;e birmane. Dans les camps b&#226;tis en catastrophe au milieu des rizi&#232;res, au c&#339;ur d'un drame humanitaire absolu, ils tentent de survivre &#224; la faim et &#224; la peur, sans oser penser &#224; l'avenir. (1/3) &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Mediapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cox's Bazar (Bangladesh), envoy&#233; sp&#233;cial.- La langue de terre bangladaise qui s'&#233;tire le long du littoral birman est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bengladesh-+" rel="tag"&gt;Bengladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Birmanie-+" rel="tag"&gt;Birmanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Rohingyas-+" rel="tag"&gt;Rohingyas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton42008-b3886.jpg?1674689103' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin du mois d'ao&#251;t, 620 000 membres de la communaut&#233; rohingya de Birmanie sont venus se r&#233;fugier &#224; l'extr&#234;me sud du Bangladesh, pourchass&#233;s par l'arm&#233;e birmane. Dans les camps b&#226;tis en catastrophe au milieu des rizi&#232;res, au c&#339;ur d'un drame humanitaire absolu, ils tentent de survivre &#224; la faim et &#224; la peur, sans oser penser &#224; l'avenir. (1/3)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/131117/refugies-rohingyas-une-catastrophe-sanitaire-un-desastre-ecologique?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cox's Bazar (Bangladesh), envoy&#233; sp&#233;cial.- La langue de terre bangladaise qui s'&#233;tire le long du littoral birman est enchanteresse. C&#244;t&#233; mer, une plage longiligne de plus d'une centaine de kilom&#232;tres borde le golfe du Bengale. Les gens d'ici pr&#233;tendent qu'elle est la plus longue du monde. Ombrag&#233;e de pins Casuarina aux allures de tamaris, elle est le paradis des surfeurs. C&#244;t&#233; terre, d'innombrables bras de rivi&#232;res sinueuses abritent &#224; leur retour du large les bateaux de p&#234;che en conque. D&#232;s l'aube, les paysans s'affairent &#224; la serpe dans les rizi&#232;res. En ces premiers jours de novembre, les nuages sombres de la mousson s'en sont all&#233;s et la r&#233;colte d'automne a commenc&#233;. Malgr&#233; la chaleur suffocante, la campagne est &#224; peine jaunissante, agr&#233;ment&#233;e de bouquets de palmiers &#224; b&#233;tel aux troncs z&#233;br&#233;s. Qui pourrait imaginer que c'est dans ce cadre tropical f&#233;erique que se joue actuellement un drame humanitaire absolu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pass&#233;e la ville d'Ukhiya, la route menant de Cox's Bazar &#224; la pointe sud du Bangladesh est jalonn&#233;e de camps de r&#233;fugi&#233;s o&#249; s'entassent pr&#232;s d'un million de Rohingyas. Ils &#233;taient, jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; dernier, un peu plus de 200 000 membres de cette communaut&#233; musulmane &#224; avoir fui depuis plusieurs d&#233;cennies la Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le 9 octobre 2016, trois postes-fronti&#232;res ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par des insurg&#233;s, servant de pr&#233;texte aux massacres perp&#233;tr&#233;s par l'arm&#233;e birmane, les tueries ont repris mieux que jamais, d&#233;nonc&#233;es par l'ONU et diverses organisations de d&#233;fense des droits de l'homme comme un &#171; nettoyage ethnique &#187;. Et le flot a brusquement gonfl&#233; cet &#233;t&#233;, apr&#232;s de nouvelles attaques aux postes fronti&#232;re survenues le 25 ao&#251;t. Au dernier pointage r&#233;alis&#233; le 12 novembre par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence intergouvernementale rattach&#233;e l'an pass&#233; &#224; l'ONU et qui, pour la premi&#232;re fois de son existence, a la responsabilit&#233; de coordonner l'action sur le terrain, 620 000 personnes sont arriv&#233;es en deux mois du district de Maungdaw, o&#249; les militaires birmans br&#251;lent leurs villages et les pourchassent en commettant les pires exactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On raconte que plusieurs dizaines de milliers d'autres candidats &#224; l'exil attendent leur tour, l&#224;-bas, &#224; l'horizon. Parmi les derniers arrivants, Sadek Hussein, 22 ans, et sa femme Hotiza Begum, 21 ans. Nous les rencontrons en bord de route, deux b&#233;b&#233;s de six et dix-huit mois dans les bras, h&#233;b&#233;t&#233;s et compl&#232;tement affam&#233;s. &#171; On a march&#233; pendant douze jours et on a pass&#233; la fronti&#232;re le 4 novembre. On n'a rien mang&#233; depuis deux jours &#187;, murmurent-ils, &#224; bout de forces. Ils viennent de Buthidaung, une ville situ&#233;e &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres &#224; vol d'oiseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis fin ao&#251;t, une v&#233;ritable ville et plusieurs villages ont surgi de nulle part, prenant d'assaut la moindre colline, le moindre recoin de terre disponible. Dans ce Bangladesh quatre fois plus petit que la France et peupl&#233; de 170 millions d'habitants, la densit&#233; humaine est l'une des plus &#233;lev&#233;es au monde. Le gouvernement n'a eu d'autre choix que de laisser &#224; ces migrants les zones rurales relevant du minist&#232;re des for&#234;ts. Il a mis &#224; leur disposition 3 000 acres (1 214 hectares), sans imaginer que l'&#233;rection d'une multitude d'abris de fortune s'accompagnerait d'un d&#233;sastre &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'ils ont besoin de place, les Rohingyas arasent les collines, terrassent leurs flancs friables et sculptent des escaliers de fortune, provoquant ici ou l&#224; des effondrements. Parce qu'ils ont besoin, aussi, de gagner un peu d'argent en vendant le bois opportun&#233;ment d&#233;bit&#233; en fagots, tr&#232;s recherch&#233; pour alimenter le feu des cuisines ou pour fabriquer du mobilier, ils coupent et d&#233;racinent des milliers d'arbres. Fromagers, eucalyptus et jusqu'aux h&#233;v&#233;as qui valent &#224; la r&#233;gion le surnom de &#8220;jardin du caoutchouc&#8221;, aucune essence n'est &#233;pargn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bambous, eux, arrivent de Cox's Bazar et sont utilis&#233;s sur place en squelette et charpente des habitations des camps. Ils sont achemin&#233;s en quantit&#233;s effarantes par des camions surcharg&#233;s roulant pied au plancher, obligeant parfois les rickshaws &#224; plonger au foss&#233; pour d&#233;gager le passage. L'OIM distribue des sacs qui, une fois remplis de sable, peuvent servir de sout&#232;nement. Le gouvernement bangladais, de son c&#244;t&#233;, est en passe d'achever la construction de dix routes d'acc&#232;s et de cinq ponts, tandis que dans les camps eux-m&#234;mes, l'arm&#233;e a terrass&#233; 6 kilom&#232;tres de pistes et pr&#233;voit d'en r&#233;aliser encore 16. &#171; La d&#233;gradation est aussi &#233;pouvantable qu'irr&#233;m&#233;diable. &#199;a va trop vite, on n'a pas le temps de les arr&#234;ter &#187;, s'&#233;meut Shamsud Douza, l'un des repr&#233;sentants locaux d'un minist&#232;re dont l'intitul&#233; en dit long sur la destin&#233;e funeste de ce pays. Litt&#233;ralement : le minist&#232;re de la gestion des catastrophes et des secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques jours, l'arm&#233;e bangladaise tente de d&#233;montrer aux r&#233;fugi&#233;s qu'ils peuvent b&#226;tir sans d&#233;truire la v&#233;g&#233;tation, laquelle peut du reste apporter une ombre bienvenue. Couper un arbre est m&#234;me dor&#233;navant passible d'une amende mais Runa Khan, fondatrice de l'organisation non gouvernementale Friendship (&#171; amiti&#233; &#187;), pr&#233;dit n&#233;anmoins le pire. &#171; Cette r&#233;gion de Cox's Bazar et de Chittagong, la deuxi&#232;me plus grande ville du Bangladesh, constitue une ceinture verte, dit-elle, elle est d'une fragilit&#233; extr&#234;me, car son sol est form&#233; de limons et de sable qui ne demandent qu'&#224; s'affaisser. Un cyclone, un incendie ou une forte mousson, et tout peut dispara&#238;tre du jour au lendemain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;viter tout contact avec les mati&#232;res f&#233;cales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant l&#224;, dans cette ceinture verte, que les Rohingyas sont bien oblig&#233;s d'&#233;lire domicile. L&#224; qu'ils creusent avec les moyens du bord pour trouver de l'eau dans la nappe phr&#233;atique. &#171; La ressource est al&#233;atoire et un hydrog&#233;ologue vient d'arriver pour d&#233;terminer les meilleurs endroits o&#249; forer &#187;, nous confie le Haut Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s (HCR). En attendant, des milliers de puits pompent &#224; une trentaine de m&#232;tres de profondeur et bient&#244;t, des machines arriveront pour forer plus bas, &#224; pr&#232;s de 200 m&#232;tres sous terre. Car il s'agit de faire remonter en surface de l'eau propre qui n'ait pas &#233;t&#233; contamin&#233;e par les dizaines de milliers de latrines qui surgissent dans le paysage, tels des champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;but, c'&#233;tait l'horreur, les gens faisaient leurs besoins partout dans les champs. Puis peu &#224; peu, on s'est mis &#224; creuser des petites fosses consolid&#233;es par des anneaux en b&#233;ton d'environ 60 centim&#232;tres de haut, surmont&#233;es d'un cabanon &#187;, explique Abu Nayeem, charg&#233; des questions d'hygi&#232;ne &#224; Friendship. Au bout d'un mois, les fosses d&#233;bordent. On les recouvre alors de sable et on en creuse d'autres, un peu plus loin, un peu plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp de r&#233;fugi&#233;s le plus vaste, Kutupalong, est aussi le plus ancien. C'est ici que les Rohingyas des premi&#232;res vagues migratoires, celles de 1978 et 1991, se sont install&#233;s. Situ&#233; pr&#232;s du hameau de Gundum, &#224; 500 m&#232;tres &#224; vol d'oiseau de la fronti&#232;re birmane, il abritait au d&#233;part 33 000 personnes. Aujourd'hui, ils sont pr&#232;s de 540 000 &#224; tenter d'y survivre. Les b&#226;ches en plastique estampill&#233;es HCR pars&#232;ment la contr&#233;e &#224; perte de vue. &#192; quelques kilom&#232;tres plus au sud, en direction de Teknaf et de son rivage rendu tristement c&#233;l&#232;bre par les bateaux qui y accostent charg&#233;s de r&#233;fugi&#233;s, un chemin de terre quitte la route principale &#224; hauteur de Noapara. Nous nous y engageons &#224; pied et marchons plus de 2 kilom&#232;tres, au milieu d'un paysage bucolique de rizi&#232;res habit&#233; il y a encore un mois par une quinzaine d'&#233;l&#233;phants sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, au d&#233;tour d'une colline, surgit Unchiprang, un camp de 40 000 r&#233;fugi&#233;s. Une fourmili&#232;re humaine grouillante fait la queue pour obtenir des rations de nourriture, se prot&#233;geant de l'insolation &#224; l'aide de parapluies. Deux &#233;normes r&#233;servoirs d'eau ont &#233;t&#233; pos&#233;s &#224; l'entr&#233;e par l'organisation Oxfam International. Jean-Jacques Simon, un Canadien qui travaille ici pour l'Unicef, nous informe qu'un programme de construction de 10 000 toilettes va d&#233;marrer incessamment. &#171; Nous devons agir sur tout le cycle des maladies hydriques, de l'alimentation en eau potable aux latrines, en faisant tout notre possible pour &#233;viter que les enfants ne soient en contact avec les excr&#233;ments &#187;, souligne-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Risque majeur : l'&#233;pid&#233;mie de polio et de chol&#233;ra, la maladie de l'eau sale et des mati&#232;res f&#233;cales. Aucun cas de ces deux maladies n'a encore &#233;t&#233; officiellement diagnostiqu&#233;, mais plusieurs personnes sont mortes de diarrh&#233;e aigu&#235;, obligeant les organisations humanitaires &#224; une vigilance extr&#234;me. Le premier cimeti&#232;re b&#226;ti &#224; la h&#226;te contenait trois cents places, il a &#233;t&#233; vite plein et un nouveau site vient d'ouvrir, plus loin dans la campagne. D'apr&#232;s le HCR, un tiers des familles sont en situation de grande vuln&#233;rabilit&#233; sanitaire, avec 120 000 femmes enceintes, 14 % de m&#232;res seules, une forte proportion de personnes &#226;g&#233;es &#224; risque et des milliers d'enfants orphelins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Unicef fait de la pr&#233;vention et vient de lancer, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la sant&#233; et le gouvernement bangladais, une deuxi&#232;me campagne de vaccination, avec 35 &#233;quipes sur le terrain. Juch&#233; sur un talus, un volontaire en blouse blanche, muni d'un haut-parleur, appelle les adultes &#224; faire venir leurs enfants au plus vite. Il en profite pour rappeler &#224; tout le monde de se laver les mains avant de manger et apr&#232;s &#234;tre all&#233; aux toilettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour, cinq cents enfants se voient administrer les vaccins par voie orale. &#171; Il faut aussi traiter d'urgence le probl&#232;me de la malnutrition, qui touche un enfant sur quatre et se r&#233;v&#232;le s&#233;v&#232;re chez plus de 7 % d'entre eux &#187;, pr&#233;cise Jean-Jacques Simon. Leur syst&#232;me immunitaire est tr&#232;s faible et quand la distribution de compl&#233;ments alimentaires et de vitamine A ne suffit pas, les petits sont envoy&#233;s directement &#224; l'h&#244;pital de campagne que M&#233;decins sans fronti&#232;res a mont&#233; &#224; proximit&#233; de Kutupalong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Balukhali, le deuxi&#232;me plus grand camp qui s'est tellement agrandi qu'il jouxte d&#233;sormais Kutupalong, plusieurs maternit&#233;s en t&#244;le ondul&#233;e viennent d'ouvrir. Dans l'une d'entre elles, g&#233;r&#233;e par Friendship avec le soutien de la Fondation M&#233;rieux et des m&#233;decins de la Cha&#238;ne de l'Espoir, une petite centaine de femmes d&#233;filent quotidiennement. Nous y rencontrons Amina Khatun, une jeune femme qui dit avoir &#171; 19 ou 20 ans &#187; et qui berce dans ses bras Noyufa, sa fillette &#226;g&#233;e de quatre semaines. &#171; J'ai travers&#233; la fronti&#232;re le 2 septembre, enceinte de sept mois, apr&#232;s avoir travers&#233; des rivi&#232;res avec de l'eau sale jusqu'&#224; la poitrine, raconte-t-elle. J'ai accouch&#233; en arrivant, toute seule, dans ma tente. Dans six semaines, mon b&#233;b&#233; aura son premier vaccin, je crois qu'il est sauv&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment g&#233;rer la peur du kaki et du sang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pi&#232;ce voisine, le docteur Saifuddin Akhtar compte et recompte les m&#233;dicaments de sa pharmacie. Antibiotiques, traitements contre la toux et contre la dysenterie, parac&#233;tamol, solutions salines de r&#233;hydratation&#8230; Son stock n'est pas mirobolant, mais c'est un d&#233;but. Une &#233;quipe de jeunes architectes b&#233;n&#233;voles est arriv&#233;e dans la matin&#233;e de la capitale, Dacca, pour partager avec les ONG quelques astuces constructives. Parmi eux, Razzia Hassan Chowdhury et Mumtaheena Rifat insistent sur la n&#233;cessit&#233; d'avoir des toitures &#233;tanches et des syst&#232;mes de ventilation naturelle pour rafra&#238;chir l'int&#233;rieur. &#171; L'&#233;vacuation des eaux us&#233;es est un vrai probl&#232;me, il faut jouer sur l'&#233;puration naturelle en creusant &#224; l'ext&#233;rieur de la clinique des rigoles suffisamment larges et profondes, avec des bordures solides en brique ou en ciment &#187;, indiquent-ils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les abris attribu&#233;s, la nourriture distribu&#233;e, les m&#233;dicaments dispens&#233;s, surgit une question : et apr&#232;s ? &#171; Apr&#232;s l'&#233;preuve de la migration, la question de l'avenir est une source d'angoisse, une inconnue que les r&#233;fugi&#233;s doivent apprendre &#224; g&#233;rer &#187;, t&#233;moigne May Maloney, coordinatrice de l'accompagnement psychosocial &#224; la F&#233;d&#233;ration internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. &#192; leur arriv&#233;e dans les camps, les Rohingyas sont rassembl&#233;s dans des centres de transit, o&#249; ils sont pour la plupart en &#233;tat de choc. &#171; Nous les aidons &#224; parler, &#224; exprimer leurs peurs, et &#224; vivre dans un premier temps au jour le jour &#187;, raconte May Maloney.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, tr&#232;s peu d'organisations humanitaires offraient un accompagnement psychologique, mais des experts commencent &#224; arriver sur place. Ils doivent notamment traiter la peur qui s'empare des migrants au moment du couvre-feu. &#192; la tomb&#233;e de la nuit, vers 17 heures, tous craignent pour leurs maigres effets personnels. Malgr&#233; les petits panneaux solaires autonomes, les camps se retrouvent pratiquement plong&#233;s dans le noir, le gouvernement bangladais n'ayant pour l'instant install&#233; que 50 r&#233;verb&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'angoisse est particuli&#232;rement pr&#233;gnante chez les enfants. Dans le camp d'Hakimpara, sur la commune de Thaing Khali, la Croix-Rouge a dress&#233; un abri &#224; flanc de colline d'o&#249; nous parvient un chant. Tous les matins, vers 11 heures, Patrizia Messina, psychologue italienne, et Hisumoto Nakushima, physioth&#233;rapeute japonais, re&#231;oivent une cinquantaine d'enfants qui r&#233;p&#232;tent inlassablement la m&#234;me comptine, &#171; pour instaurer un rituel et normaliser le quotidien &#187;, disent-ils. La s&#233;ance se poursuit avec une s&#233;ance de relaxation faite de longs exercices de respiration et de positions d'&#233;quilibre proches du yoga. &#171; Nous travaillons sur l'estime de soi, &#224; l'aide d'un miroir dans lequel nous poussons les enfants &#224; se regarder, et sur l'expression des sentiments, &#224; l'aide d'&#233;motic&#244;nes qu'ils peuvent d&#233;signer du doigt pour manifester leur joie, leur peine, leur honte ou leur culpabilit&#233; &#187;, d&#233;taille Patrizia. Parfois, la panique survient &#224; la simple vue d'un v&#234;tement kaki ou d'une goutte de sang. Des r&#233;actions &#171; anormales &#187;, parfois &#171; d&#233;mentes &#187;, qui n&#233;cessitent une assistance psychologique imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps-l&#224;, les adultes se pr&#233;occupent de trouver de quoi nourrir leur famille. Les distributions de riz et de lentilles ne suffisent pas. &#192; l'int&#233;rieur des camps, des &#233;tals sont vite apparus le long des pistes sablonneuses, o&#249; les r&#233;fugi&#233;s les plus fut&#233;s revendent au prix fort des victuailles qu'ils ont r&#233;ussi &#224; se procurer sur le march&#233; du dimanche, &#224; Balukhali. Aubergines, radis blancs, topinambours, piments et poissons s&#233;ch&#233;s sont 10 % &#224; 15 % plus chers qu'&#224; l'ext&#233;rieur des camps. Dans toute la p&#233;ninsule de Cox's Bazar, la population autochtone commence &#224; se plaindre de l'inflation provoqu&#233;e par la hausse subite de la demande en denr&#233;es alimentaires et en mat&#233;riaux de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la crise, l'OIM a fait savoir que le Bangladesh avait besoin de 434 millions de dollars au minimum, pour assurer la survie des migrants rohingyas au cours des six prochains mois. Le 23 octobre, une conf&#233;rence des donateurs, organis&#233;e &#224; Gen&#232;ve par l'Union europ&#233;enne et le Kowe&#239;t, a permis d'enregistrer 100 millions de dollars de nouvelles promesses de dotations, une somme qui va s'ajouter aux 235 millions de dollars d&#233;j&#224; engag&#233;s depuis le 25 ao&#251;t. &#171; Ce sont des cacahu&#232;tes au regard des co&#251;ts directs et indirects de cette crise sur l'&#233;conomie locale, avec des fonctionnaires en nombre insuffisant qui consacrent aujourd'hui tout leur temps aux r&#233;fugi&#233;s et n'ont plus ni le temps ni les moyens, de s'occuper du reste &#187;, s'emporte Iftekhar uz Zaman, directeur ex&#233;cutif de Transparency International Bangladesh. Venue r&#233;cemment se rendre compte de la situation sanitaire, sociale et environnementale, la pr&#233;sidente de M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF), Joanne Liu, a tir&#233; la sonnette d'alarme. Selon elle, les camps de Cox's Bazar sont &#171; une bombe &#224; retardement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Delacroix&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rohingyas : derri&#232;re la religion, le p&#233;trole et le gaz</title>
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		<dc:creator>Guillaume Delacroix</dc:creator>


		<dc:subject>Chine</dc:subject>
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		<dc:subject>Rohingyas</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pendant que le gouvernement bangladais n&#233;gocie un accord de rapatriement avec le ministre de l'int&#233;rieur birman, militaire de carri&#232;re, les r&#233;fugi&#233;s re&#231;oivent des permis de s&#233;jour. Ils gardent pr&#233;cieusement le moindre papier attestant leur lien avec l'Arakan, la province qu'ils ont fuie et dont la Chine r&#234;ve de prendre le contr&#244;le, en raison des hydrocarbures qu'elle rec&#232;le.(2/3) &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cox's Bazar (Bangladesh), envoy&#233; sp&#233;cial.- C'est une longue tente blanche dress&#233;e sur un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bengladesh-+" rel="tag"&gt;Bengladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Birmanie-+" rel="tag"&gt;Birmanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton42009-24561.jpg?1674689103' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que le gouvernement bangladais n&#233;gocie un accord de rapatriement avec le ministre de l'int&#233;rieur birman, militaire de carri&#232;re, les r&#233;fugi&#233;s re&#231;oivent des permis de s&#233;jour. Ils gardent pr&#233;cieusement le moindre papier attestant leur lien avec l'Arakan, la province qu'ils ont fuie et dont la Chine r&#234;ve de prendre le contr&#244;le, en raison des hydrocarbures qu'elle rec&#232;le.(2/3)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/161117/rohingyas-derriere-la-religion-le-petrole-et-le-gaz?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cox's Bazar (Bangladesh), envoy&#233; sp&#233;cial.- C'est une longue tente blanche dress&#233;e sur un terrain poussi&#233;reux, pr&#232;s du camp de r&#233;fugi&#233;s de Balukhali. Des soldats en uniforme sont post&#233;s &#224; l'entr&#233;e, vert pour les soldats de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, brun pour les gardes-fronti&#232;res, bleu pour le bataillon paramilitaire Ansar. Les migrants rohingyas en provenance de Birmanie patientent en file indienne, attendant d'&#234;tre enregistr&#233;s pour obtenir un toit, &#224; boire et &#224; manger, des soins au dispensaire et une place &#224; l'&#233;cole pour les enfants. L'arm&#233;e enregistre leur nom, leur village d'origine et leur date d'entr&#233;e au Bangladesh. Elle les prend en photo et rel&#232;ve leurs empreintes digitales. De grands ventilateurs rafra&#238;chissent le mat&#233;riel informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie, chaque r&#233;fugi&#233; re&#231;oit une carte plastifi&#233;e format carte de cr&#233;dit. Au verso appara&#238;t un code-barres. Au recto, l'intitul&#233; suivant : carte d'enregistrement de citoyen birman. Les Rohingyas n'en croient pas leurs yeux. Priv&#233;s de citoyennet&#233; en 1982, ce qui fait d'eux la plus grande communaut&#233; apatride de la plan&#232;te, les voici avec un lien reconnu &#224; la terre birmane, &#233;crit noir sur blanc par le gouvernement bangladais. Ce n'est qu'un succ&#233;dan&#233; de permis de s&#233;jour mais il fait plaisir &#224; cette population presque exclusivement musulmane qui n'avait eu droit par le pass&#233;, au mieux, qu'&#224; des cartes sur lesquelles la junte militaire birmane tamponnait le mot &#8220;bengali&#8221;, en r&#233;f&#233;rence &#224; la langue officielle du Bangladesh, histoire de les consid&#233;rer comme des &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui, c'est que les Rohingyas ne parlent pas bengali. Ils s'expriment en rohingya, une variante du chittagongais, le dialecte du sud du Bangladesh, voire parfois en arakanais, la langue de cet &#201;tat d'Arakan dont ils ont &#233;t&#233; chass&#233;s. Qu'importe... Le 15 novembre, les services d'immigration bangladais ont indiqu&#233; &#234;tre en possession des donn&#233;es biom&#233;triques de 527 600 r&#233;fugi&#233;s, soit 85 % de tous ceux qui ont pass&#233; la fronti&#232;re depuis fin ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arpentant l'art&#232;re principale du camp de Kutupalong, nous rencontrons Mustafa, un jeune homme de 25 ans au regard perdu dans le vide. S'il accepte de nous montrer son permis de s&#233;jour, il ne veut visiblement pas nous en dire plus. Il nous prie de le suivre &#224; travers les collines, jusqu'&#224; son abri de fortune o&#249;, pour s'abriter d'un soleil de plomb, se terrent sa femme et ses trois enfants en bas &#226;ge. Le petit dernier est venu au monde trois jours apr&#232;s la f&#234;te de l'A&#239;d-el-K&#233;bir, alors qu'ils venaient de traverser la rivi&#232;re s&#233;parant la Birmanie du Bangladesh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mustafa et les siens ont faim, si bien que cette histoire de papier d'identit&#233; les laisse de marbre. &#171; On remercie la communaut&#233; internationale et le gouvernement du Bangladesh de nous permettre de rester ici. Mais ce qu'on veut, c'est rentrer chez nous, d&#233;clare-t-il sans c&#233;r&#233;monie. &#192; condition, bien s&#251;r, que notre statut de Rohingya et notre nationalit&#233; birmane soient reconnus. &#192; condition, aussi, que nous soyons libres de nos d&#233;placements en Birmanie. Sinon, on pr&#233;f&#232;re mourir ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assis par terre, sur le pas de sa porte, Mustafa a les larmes aux yeux. Ses paroles s'emballent. &#171; En Birmanie, le gouvernement faisait des photos de famille pour pouvoir en contr&#244;ler tous les membres. Si quelqu'un mourait ou qu'un b&#233;b&#233; naissait, &#231;a faisait des tas d'histoires, car la photo ne correspondait plus &#224; la r&#233;alit&#233; et la police nous punissait &#187;, raconte-t-il. Il montre la photo en question et brandit toute une s&#233;rie de petits papiers agraf&#233;s entre eux, qui pourraient servir en cas de retour au pays : &#171; Ce sont mes titres de propri&#233;t&#233;, six acres de terre que je poss&#232;de en Arakan [2,4 hectares &#8211; ndlr], sur lesquels l'arm&#233;e birmane est en train de r&#233;colter mon riz. &#187; Il le sait parce que des copains rest&#233;s l&#224;-bas lui racontent ce qu'ils voient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cach&#233;s dans la jungle, ces derniers ne peuvent pas venir jusqu'au Bangladesh. On raconte en effet que l'arm&#233;e birmane tire sur tous ceux qui sortent &#224; d&#233;couvert. Ils restent donc &#224; proximit&#233; de leur village et communiquent avec des t&#233;l&#233;phones portables qu'ils arrivent &#224; recharger avec l'&#233;nergie solaire. Comment, dans un tel contexte, demander aux Rohingyas de retourner dans un pays qu'ils ont fui en se faisant arnaquer par les passeurs et les faux agents de change, et o&#249; de toutes les fa&#231;ons, leurs habitations ont &#233;t&#233; ray&#233;es de la carte ? &#171; Il faudrait d'abord &#234;tre d'accord sur les termes employ&#233;s &#187;, pointe Chowdhury Abrar, professeur de relations internationales &#224; l'universit&#233; de Dacca, que nous avons rencontr&#233; le 2 novembre dans les locaux du centre de recherche sur les r&#233;fugi&#233;s et les mouvements migratoires qu'il dirige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'expression &#171; nettoyage ethnique &#187; est inappropri&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re mise au point : les Rohingyas sont bien des r&#233;fugi&#233;s. &#171; Les conventions internationales sont tr&#232;s claires : il faut qu'il y ait franchissement d'une fronti&#232;re, la peur justifi&#233;e d'&#234;tre pers&#233;cut&#233; pour des raisons ethniques, religieuses ou politiques, le fait que le pays d'origine ne fournisse pas de protection ou que la population ne puisse pas assurer elle-m&#234;me sa propre protection&#8230; Les Rohingyas remplissent ces crit&#232;res &#187;, observe-t-il, ajoutant que si le Bangladesh refuse aujourd'hui de parler de r&#233;fugi&#233;s, de peur d'en avoir la charge pour le restant de leurs jours, il n'avait pas eu cette pudeur lors des vagues de migration pr&#233;c&#233;dentes, en 1978, 1991 et 1992, 2012&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement met en avant que le pays n'est pas signataire de la convention des Nations unies sur les r&#233;fugi&#233;s et parle d'&#8220;infiltr&#233;s&#8221; ou de &#8220;population birmane d&#233;plac&#233;e de force&#8221;, cela n'a aucun sens, car le statut de r&#233;fugi&#233; est pr&#233;cis&#233;ment li&#233; &#224; la notion de droit au retour &#187;, s'indigne Chowdhury Abrar. Deuxi&#232;me mise au point : le &#8220;nettoyage ethnique&#8221; est selon lui une expression &#171; &#224; bannir &#187;. En droit international, en effet, c'est le g&#233;nocide qui est passible de mesures de r&#233;torsion, pas le nettoyage ethnique. &#171; La communaut&#233; internationale ne veut pas parler de g&#233;nocide parce qu'elle ne veut pas avoir &#224; intervenir pour stopper les horreurs en cours, pr&#233;tend notre interlocuteur, elle s'abrite derri&#232;re la commission conduite par Kofi Annan, laquelle est charg&#233;e de trouver une solution mais n'a obtenu aucun r&#233;sultat &#224; ce jour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Install&#233; &#224; Kutupalong depuis 1992, Abdul Mabut est loin de ces consid&#233;rations. &#194;g&#233; de 54 ans, il est instituteur dans l'une des &#233;coles primaires du camp. La question de l'identit&#233; est pour lui tr&#232;s simple. &#171; Je suis un Rohingya de Birmanie, ma patrie, c'est la Birmanie &#187;, ass&#232;ne-t-il, avant de s'engouffrer dans sa maison au sol en terre battue. Il en ressort avec une bo&#238;te en plastique vert contenant tous les papiers de sa famille : une carte d'identit&#233; birmane qu'il avait miraculeusement obtenue en 1990. Il nous montre du doigt les mots &#233;crits en birman : nationalit&#233; birmane, statut rohingya. Puis il nous tend son carnet de famille, accord&#233; par les autorit&#233;s en 1988. Cette fois, Abdul appara&#238;t comme un citoyen arakanais, preuve que la Birmanie a chang&#233; plusieurs fois de pied sur la question. &#171; Je suis convaincu que je rentrerai un jour chez moi &#187;, nous confie-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re, l'arm&#233;e birmane ne cesse de r&#233;p&#233;ter que seuls pourraient &#234;tre un jour autoris&#233;s &#224; revenir ceux qui poss&#232;dent des papiers d'identit&#233; birmans en bonne et due forme. Autant dire personne. Le gouvernement civil, sous l'autorit&#233; d'Aung San Suu Kyi, est en revanche plus souple, envisageant, selon nos informations, un retour sans contr&#244;le d'identit&#233;. La prix Nobel de la paix 1991 ne prononce toujours pas le mot &#171; Rohingya &#187;, mais elle vient de faire savoir que le processus de rapatriement &#171; des personnes d&#233;plac&#233;es &#187; serait enclench&#233; d'ici &#224; d&#233;but d&#233;cembre, le temps de signer un accord avec le Bangladesh, dont le brouillon a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; le 24 octobre par les ministres de l'int&#233;rieur des deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Dame de Rangoun &#187;, comme on l'appelait avant qu'elle ne gagne les &#233;lections l&#233;gislatives de novembre 2015 et n'entre quatre mois plus tard au gouvernement sous le titre de conseill&#232;re sp&#233;ciale de l'&#201;tat, est en r&#233;alit&#233; coinc&#233;e [1]. Si elle prenait ouvertement le parti des Rohingyas, elle se mettrait &#224; dos la quasi-totalit&#233; de ses concitoyens, dont la haine &#224; l'&#233;gard des musulmans de l'Arakan est notoire, notamment dans la r&#233;gion de Mandalay o&#249; s&#233;vit un moine bouddhiste fondamentaliste, Ashin Wirathu, parfois compar&#233; &#224; Hitler. Et l'arm&#233;e s'efforcerait aussit&#244;t de l'&#233;vincer du pouvoir. &#171; Actuellement, d&#232;s qu'Aung San Suu Kyi tente d'apaiser le climat sur l'affaire des Rohingyas, le g&#233;n&#233;ral Min Aung Hlaing, chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e, la recadre imm&#233;diatement &#187;, indique une source proche du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Birmanie, l'Occident a tendance &#224; l'oublier, est toujours aux mains des militaires : les ministres de l'int&#233;rieur, de la d&#233;fense et des fronti&#232;res sont des hommes en uniforme, ainsi que 25 % des parlementaires. En Arakan de surcro&#238;t, la Ligue nationale pour la d&#233;mocratie d'Aung San Suu Kyi est minoritaire &#224; l'assembl&#233;e r&#233;gionale, et ce sont les militaires qui contr&#244;lent l'administration territoriale. En clair, Aung San Suu Kyi a le choix entre le suicide politique et le silence propre &#224; sauver le processus de d&#233;mocratisation de son pays, quitte &#224; ruiner sa r&#233;putation personnelle. Elle a choisi la seconde voie, car elle garde en m&#233;moire l'assassinat de son conseiller juridique, en janvier 2017. Un &#233;v&#233;nement interpr&#233;t&#233; comme un avertissement : celui-ci &#233;tait de confession musulmane et revenait d'un voyage en Indon&#233;sie, o&#249; plusieurs dirigeants r&#233;gionaux s'&#233;taient retrouv&#233;s pour &#233;voquer les tensions religieuses en Arakan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la crise humanitaire en cours au Bangladesh pourtant, la religion n'est qu'un alibi. &#192; Rastar Matha, nous avons ainsi visit&#233; un camp de r&#233;fugi&#233;s o&#249; s'entassent 145 familles rohingyas de confession... hindoue, tandis que dans le centre-ville de Cox's Bazar, nous avons d&#233;couvert un march&#233; de pr&#234;t-&#224;-porter tenu par une communaut&#233; birmane d'Arakanais... bouddhistes. En r&#233;alit&#233;, les Rohingyas n'ont d'autre tort que de s'&#234;tre install&#233;s en Arakan depuis des si&#232;cles et d'y avoir eu beaucoup d'enfants (lire ici notre rappel historique). Pour leur malheur, le monde s'est industrialis&#233; et la province est devenue hautement strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des milliards de dollars d'investissements chinois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'Arakan est r&#233;put&#233; &#234;tre l'Etat le plus pauvre de Birmanie avec, au nord, autour du fief de Maungdaw, des Rohingyas paysans et petits-bourgeois vivant de la culture du riz et du commerce du bois de teck, et au sud de la ville de Sittwe, des Arakanais de souche, petits commer&#231;ants et fonctionnaires. Or, comme l'a rappel&#233; r&#233;cemment Annabelle Heugas, chercheuse &#224; l'Institut birman des &#233;tudes strat&#233;giques et internationales [2], c'est le sous-sol qui est prometteur : &#171; En 2004, l'entreprise cor&#233;enne Daewoo a d&#233;couvert un gisement de gaz offshore de 127 milliards de m&#232;tres cubes &#187;, dont les Chinois se sont aussit&#244;t empar&#233;s, avec le feu vert de l'arm&#233;e birmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La China National Petroleum Cooperation, en partenariat avec les entreprises publiques indiennes Gas Authority of India Limited et Oil and Natural Gas Corporation Limited, a d&#232;s lors construit un gazoduc qui, depuis 2013, achemine 12 milliards de m&#232;tres cubes de gaz par an depuis le port de Kyaukpyu, jusqu'&#224; la province du Yunnan. L'Arakan rec&#232;le &#233;galement du p&#233;trole, et en avril 2017 la Chine a mis en service un ol&#233;oduc, parall&#232;le au gazoduc, pour pomper l'or noir birman. Selon Annabelle Heugas, &#171; les deux conduites ont co&#251;t&#233; 2,5 milliards de dollars &#187;, soit 2,1 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu en valait la chandelle, car P&#233;kin, sous couvert de ressusciter les routes de la soie, cherche &#224; diversifier ses circuits de ravitaillement &#233;nerg&#233;tique, afin de ne plus &#234;tre uniquement tributaire du d&#233;troit de Malacca qui s&#233;pare l'Indon&#233;sie de la Malaisie, par o&#249; transitent actuellement 80 % du p&#233;trole import&#233; du Moyen Orient. Pour faire de Kyaukpyu un nouveau point de passage, plus court et plus s&#251;r, le fonds d'investissement chinois Citic finance depuis fin 2015 la construction d'un port en eaux profondes entour&#233; d'une zone &#233;conomique sp&#233;ciale, pour 10 milliards de dollars (8,5 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une infrastructure qui prendrait encore plus de sens si la rumeur de la pr&#233;sence d'uranium dans la r&#233;gion &#233;tait confirm&#233;e. Selon l'Initiative contre la menace nucl&#233;aire (NTI), une association qui r&#233;unit des scientifiques et des diplomates du monde entier, &#171; le gouvernement birman a entrepris des travaux d'exploration, mais l'ampleur et les sp&#233;cificit&#233;s de ces activit&#233;s ne sont pas connues &#187;. Tout juste le minist&#232;re de l'&#233;nergie a-t-il reconnu l'existence de &#171; cinq sites potentiels d'uranium &#187; autour de Mandalay, dans le centre du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le Bangkok Post toutefois, &#171; une dizaine de gisements &#187; aurait &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e, &#171; dont deux tr&#232;s importants &#187;. Des documents confidentiels am&#233;ricains r&#233;v&#233;l&#233;s en 2010 par WikiLeaks [3] &#233;voquaient quant &#224; eux &#171; des exp&#233;ditions d'uranium birman vers la Chine &#187; et &#171; la pr&#233;sence de trois cents ouvriers nord-cor&#233;ens construisant une infrastructure souterraine en b&#233;ton arm&#233; &#187; pr&#232;s de Minbu, une ville situ&#233;e &#224; 50 kilom&#232;tres de l'Arakan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde, qui ne veut pas &#234;tre en reste, d&#233;veloppe pour sa part le port de commerce de Sittwe et projette de construire une plate-forme multimodale, en vue d'&#233;tablir des liens maritimes vers Calcutta, et terrestres vers les &#201;tats du Mizoram et de l'Assam, en passant &#224; travers les zones de l'Arakan habit&#233;es par les Rohingyas. &#171; Voil&#224; pourquoi la Chine et l'Inde aspirent &#224; la stabilit&#233; dans la r&#233;gion et refusent de se ranger du c&#244;t&#233; des Occidentaux pour exiger de la Birmanie une solution au probl&#232;me rohingya &#187;, conclut Annabelle Heugas. En somme, les deux g&#233;ants d'Asie pr&#233;f&#232;rent consid&#233;rer eux aussi les Rohingyas comme des terroristes et les savoir au Bangladesh, afin de mieux prot&#233;ger leurs investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule chose qui les int&#233;resse, c'est le contr&#244;le du golfe du Bengale. La communaut&#233; internationale ne dit rien parce que beaucoup d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques sont en jeu &#187;, r&#233;sume Runa Khan, fondatrice de l'ONG Friendship, &#224; qui les derniers d&#233;veloppements donnent raison. Mercredi 15 novembre, le secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain, Rex Tillerson, s'est rendu en Birmanie et lors d'une conf&#233;rence de presse commune avec Aung San Suu Kyi, il s'est d&#233;clar&#233; oppos&#233; &#171; &#224; toute sanction &#233;conomique globale &#187; contre la Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps-l&#224;, &#224; Dacca, les autorit&#233;s bangladaises se pr&#233;parent &#224; plusieurs ann&#233;es d'attente. Priorit&#233; : stopper la croissance d&#233;mographique des familles rohingyas qui comptent bien souvent une dizaine d'enfants chacune. Dans les camps de Cox's Bazar, le gouvernement pousse les organisations humanitaires &#224; former les r&#233;fugi&#233;s au planning familial. Les dispensaires distribuent la pilule et les pr&#233;servatifs &#224; tour de bras. Ils proposent aussi aux femmes de se faire st&#233;riliser, &#171; sur la base du volontariat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, au large de Chittagong, la marine bangladaise a re&#231;u l'ordre d'acc&#233;l&#233;rer les travaux d'am&#233;nagement de Bhasan Char, une &#238;le d&#233;serte de 5 300 hectares form&#233;e il y a une vingtaine d'ann&#233;es par l'accumulation de limons charri&#233;s par le fleuve Meghna depuis l'Himalaya. L'endroit n'est accessible qu'apr&#232;s deux heures de navigation, depuis le port de Noakhali. Un ponton de d&#233;barquement et des &#233;quipements destin&#233;s &#224; produire de l'&#233;lectricit&#233; et &#224; stocker de l'eau sont en construction. &#171; C'est sur cette terre du bout du monde, r&#233;guli&#232;rement submerg&#233;e &#224; mar&#233;e haute, que les Rohingyas pourraient &#234;tre bient&#244;t d&#233;port&#233;s &#187;, rapporte Ashraf Haque, chercheur en relations internationales &#224; la facult&#233; de sciences sociales de l'universit&#233; de Dacca. &#171; Le gouvernement a mobilis&#233; 10 milliards de takas (103,6 millions d'euros) pour la rendre habitable, ce qui montre qu'&#224; ses yeux la crise des Rohingyas ne sera pas r&#233;solue de sit&#244;t. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Delacroix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment la Birmanie s'est faite berner par P&#233;kin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;dition dat&#233;e du 15 novembre 2017, l'hebdomadaire indien Tehelka consacre un long article &#224; la pr&#233;sence chinoise en Birmanie. Le magazine apporte notamment des pr&#233;cisions sur les contreparties consenties par P&#233;kin au gouvernement birman, lors de la signature des contrats de construction du gazoduc et de l'ol&#233;oduc reliant le port de Kyaukpyu &#224; la ville chinoise de Kunming, dans la province du Yunnan (770 km). On apprend que la China National Petroleum Corporation (CNPC) s'est engag&#233;e &#224; verser durant trente ans une redevance annuelle de 13,8 millions de dollars (11,7 millions d'euros) &#224; la Birmanie, ainsi qu'un p&#233;age de 1 dollar par tonne de p&#233;trole brut pomp&#233; au large de l'Arakan. La Birmanie r&#233;cup&#232;re en outre 2 millions de p&#233;trole brut par an depuis l'ol&#233;oduc, pour sa propre consommation. Cela repr&#233;sente seulement 9% des volumes que la Chine s'approprie dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Bangladesh, l'arriv&#233;e massive des Rohingyas bouleverse le jeu politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Bangladesh-l-arrivee-massive-des-Rohingyas-bouleverse-le-jeu-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Bangladesh-l-arrivee-massive-des-Rohingyas-bouleverse-le-jeu-politique</guid>
		<dc:date>2020-02-18T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Delacroix</dc:creator>


		<dc:subject>Bengladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Birmanie</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>
		<dc:subject>Rohingyas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que des &#233;lections g&#233;n&#233;rales doivent se tenir dans un an, les Bangladais assistent &#224; une instrumentalisation de la situation des centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s en provenance de Birmanie par les deux principaux partis, la Ligue Awami, au pouvoir, et le BNP. Le tout, sur fond d'islamisation rampante et de combats avec des groupes terroristes. Reportage de notre envoy&#233; sp&#233;cial. (3/3) &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cox's Bazar (Bangladesh), de notre envoy&#233; sp&#233;cial.- Il y a ceux qui jurent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bengladesh-+" rel="tag"&gt;Bengladesh&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton42010-e9531.jpg?1674689103' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que des &#233;lections g&#233;n&#233;rales doivent se tenir dans un an, les Bangladais assistent &#224; une instrumentalisation de la situation des centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s en provenance de Birmanie par les deux principaux partis, la Ligue Awami, au pouvoir, et le BNP. Le tout, sur fond d'islamisation rampante et de combats avec des groupes terroristes. Reportage de notre envoy&#233; sp&#233;cial. (3/3)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/251117/au-bangladesh-l-arrivee-massive-des-rohingyas-bouleverse-le-jeu-politique?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cox's Bazar (Bangladesh), de notre envoy&#233; sp&#233;cial.- Il y a ceux qui jurent ignorer de qui il s'agit, comme Mohammed, arriv&#233; d&#233;but octobre dans le camp de r&#233;fugi&#233;s de Kutupalong : &#171; Nous, on n'a jamais vu les gars d'Al-Yakin. &#192; cause d'eux, les Birmans ont racont&#233; que les Rohingyas &#233;taient tous des terroristes, mais c'&#233;tait juste un pr&#233;texte pour nous faire partir. &#187; Et puis, il y a ceux qui pr&#233;tendent les avoir regard&#233;s droit dans les yeux, comme Rotna Raddrew, une Hindoue qui assure que ce sont eux qui ont attaqu&#233; son village et tortur&#233; la population, dans la province birmane de l'Arakan. &#171; Ils &#233;taient 80, ils portaient tous des tee-shirts et des pantalons noirs, avec un foulard sur le visage. Avant d'aller attaquer les postes de police, ils ont &#233;gorg&#233; 86 personnes &#187;, ass&#232;ne-t-elle, le visage dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre interpr&#232;te est dubitatif : &#171; &#199;a, c'est la version des Hindous, qui esp&#232;rent rentrer en Birmanie avant les musulmans, en racontant qu'ils n'ont jamais &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s par l'arm&#233;e birmane. Tout le monde sait que c'est faux et d&#233;crire &#224; quoi ressemblent les combattants d'Al-Yakin, c'est tellement facile : ils sont en photo sur tous les r&#233;seaux sociaux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-Yaqin, ou plus exactement Harakah Al-Yaqin, est le nom qu'emploient dans leur langue les r&#233;fugi&#233;s du sud du Bangladesh pour d&#233;signer l'Arm&#233;e du salut des Rohingyas de l'Arakan (Arsa). Ce mouvement insurg&#233; s'est donn&#233; pour mission de &#171; lib&#233;rer le peuple rohingya de l'oppression perp&#233;tr&#233;e par les r&#233;gimes birmans successifs &#187; et d&#233;ment appartenir &#224; une quelconque mouvance islamiste. La Birmanie, le Bangladesh et l'Inde pensent pourtant le contraire et le qualifient m&#234;me d'organisation &#171; terroriste &#187;, notamment parce que son chef pr&#233;sum&#233;, Ata Ullah, qui aurait grandi en Arabie saoudite, est n&#233; au Pakistan de parents ayant fui l'Arakan &#224; la fin des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un passage d&#233;but septembre dans la capitale birmane, Naypyidaw, le premier ministre indien Narendra Modi a laiss&#233; entendre que l'attaque du 25 ao&#251;t dernier contre une trentaine de postes-fronti&#232;res entre la Birmanie et le Bangladesh avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e avec le soutien de l'Inter-Services Intelligence (ISI), le renseignement de l'arm&#233;e pakistanaise. Il a aussi fait circuler l'information selon laquelle Ata Ullah aurait &#233;t&#233; entra&#238;n&#233; par l'organisation islamiste arm&#233;e pakistanaise Lashkar-e-Toiba (LeT), b&#234;te noire de l'Inde en raison de son combat pour le rattachement du Cachemire au Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On mesure ainsi le degr&#233; d'instrumentalisation de l'Arsa, discipline dans laquelle l'arm&#233;e birmane, appel&#233;e Tatmadaw dans son pays, est championne toutes cat&#233;gories, d&#233;signant cette &#171; Arm&#233;e du salut &#187; comme la responsable de tous les maux dans l'ouest de la Birmanie et menant actuellement contre elle une guerre d'une violence inou&#239;e, qui a fait fuir en quelques semaines plus de 620 000 Rohingyas. Elle qualifie d'ailleurs les militants de l'Arsa de &#171; terroristes bangalais &#187;, alors que les int&#233;ress&#233;s sont r&#233;put&#233;s vivre cach&#233;s dans les montagnes Mayu, au nord de l'Arakan. C&#244;t&#233; birman, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les services secrets birmans &#233;valuent les effectifs de l'Arsa &#224; 600 individus environ, Tatmadaw a visiblement des probl&#232;mes de calculette : elle a d'abord estim&#233; que les auteurs des attaques du 25 ao&#251;t &#233;taient un millier, pour dire ensuite qu'ils &#233;taient 4 000 et finalement affirmer, dans un rapport surr&#233;aliste publi&#233; le 13 novembre, qu'ils &#233;taient &#171; au minimum 6 200, au maximum plus de 10 000 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, dans les camps de r&#233;fugi&#233;s de Cox's Bazar, l'Arsa n'est pas tr&#232;s populaire. &#171; Quand ils sont arriv&#233;s, les Rohingyas &#233;taient en col&#232;re contre ces insurg&#233;s, mais le climat est en train de changer et certains commencent &#224; les consid&#233;rer comme des &#8220;fr&#232;res&#8221; qui d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts en Birmanie &#187;, nous confie le repr&#233;sentant d'une ONG, qui demande l'anonymat. Sur les collines de Kutupalong et de Balukhali, des haut-parleurs crachotent parfois des versets du Coran, indiquant la pr&#233;sence d'une madrasa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nombre inv&#233;rifiable d'&#233;coles coraniques ont surgi au milieu des abris en bambou. Elles sont officiellement financ&#233;es par des associations musulmanes de charit&#233;, mais les organisations humanitaires internationales les tiennent &#224; l'&#339;il. &#171; Nous surveillons plus particuli&#232;rement les adolescents, indique le Croissant-Rouge. Ils sont d&#233;s&#339;uvr&#233;s et constituent une cible parfaite pour des adultes qui chercheraient &#224; les embrigader. &#187; Pour contrer ce risque, les &#233;coles des camps jouent la carte de la mixit&#233;, en accueillant les enfants des villages bangladais autochtones des alentours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que l'infiltration de militants de l'Arsa, c'est la radicalisation religieuse qui est crainte. &#171; Le risque est tr&#232;s fort, c'est pourquoi nous avons ouvert des clubs sp&#233;cifiques pour les 15-18 ans, afin de les occuper dans la journ&#233;e, sous l'encadrement d'experts de la psychologie de l'enfant &#187;, explique l'Unicef, qui se penche en particulier sur ceux qui sont &#171; non accompagn&#233;s &#187; (les orphelins, en jargon onusien) ou &#171; s&#233;par&#233;s &#187; (ceux qui ont perdu l'un au moins des deux parents). &#171; Apr&#232;s l'urgence sanitaire, vient le temps de la convalescence. Quand les Rohingyas auront retrouv&#233; leurs forces, ils se transformeront en tigres et organiseront la lutte pour rentrer chez eux, car ils savent qu'ils n'ont pas d'avenir au Bangladesh &#187;, analyse Runa Khan, pr&#233;sidente de l'ONG Friendship.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour hypoth&#233;tique des nationalistes, la d&#233;rive de la gauche la&#239;que&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qui est en cours sur les rives du golfe du Bengale, nous avons interrog&#233; Ali Riaz, &#233;crivain bangladais et professeur de sciences politiques asiatiques &#224; l'universit&#233; am&#233;ricaine de l'Illinois. &#171; Avec la menace islamiste actuelle, c'est tout le Bangladesh qui est une Cocotte-Minute &#187;, d'apr&#232;s lui. &#171; &#192; la fronti&#232;re birmane a fortiori, il pourrait y avoir rapidement des tensions locales avec les Rohingyas, ou entre les Rohingyas eux-m&#234;mes. Dans les camps, les r&#233;fugi&#233;s sont d&#233;sesp&#233;r&#233;s et constituent un excellent terreau pour les organisations terroristes internationales &#187;, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation empire par manque de nourriture, de m&#233;dicaments et d'abris, la religion deviendra &#171; un refuge facile &#187;. &#171; Il se trouve que dans le cas pr&#233;sent, il s'agit de l'islam. Mais ce serait la m&#234;me chose avec le bouddhisme, le juda&#239;sme ou le christianisme &#187;, estime Ali Riaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Dacca, qui se trouve &#224; 418 km de Cox's Bazar si l'on en croit les panneaux de signalisation en bord de route, en tout &#233;tat de cause, les migrants bousculent le jeu politique g&#233;n&#233;ral. Des &#233;lections l&#233;gislatives figurent &#224; l'agenda de la fin de l'ann&#233;e 2018, sans que personne ne sache vraiment si un scrutin &#171; libre et juste &#187; pourra se tenir. Les paris vont bon train. En 2014, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP, droite) avait boycott&#233; le rendez-vous, estimant que les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de la d&#233;mocratie n'&#233;taient pas respect&#233;es. Absent depuis lors du Parlement, il pourrait &#234;tre en mesure de gagner l'an prochain, s'il ressuscitait son alliance du pass&#233; avec le Bangladesh Jamaat-e-Islami, parti islamique mod&#233;r&#233;. Encore faudrait-il que ses dirigeants cessent de d&#233;serter le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa pr&#233;sidente, Khaleda Zia, qui fut premi&#232;re ministre de 1991 &#224; 1996 et de 2001 &#224; 2006, vient d'ailleurs de rentrer au pays, apr&#232;s plusieurs mois pass&#233;s en Angleterre. &#192; peine arriv&#233;e, le 30 octobre, elle s'est rendue dans les camps de r&#233;fugi&#233;s pour une op&#233;ration de communication dont personne n'a &#233;t&#233; dupe. Tout en distribuant des cartons de produits alimentaires et de v&#234;tements, elle a pris soin de prendre un b&#233;b&#233; dans ses bras, sous l'objectif des cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision, afin de fustiger &#171; l'incapacit&#233; &#187; du gouvernement d'organiser le rapatriement des Rohingyas en Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Dacca, on se souvient pourtant qu'&#224; l'&#233;poque o&#249; Khaleda Zia &#233;tait au pouvoir, les femmes rohingyas pouvaient obtenir la citoyennet&#233; bangladaise en se mariant avec un Bangladais, tandis que les hommes rohingyas se voyaient offrir une carte d'&#233;lecteur s'ils s'engageaient &#224; voter BNP &#187;, raconte un journaliste du Daily Star, le premier quotidien du pays, sous r&#233;serve que nous ne r&#233;v&#233;lions pas son identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me s'il existe un consensus de fa&#231;ade entre le BNP et sa grande rivale, la Ligue Awami, sur la n&#233;cessit&#233; de trouver une solution diplomatique avec la Birmanie pour renvoyer les r&#233;fugi&#233;s au lieu d'o&#249; ils viennent, chaque formation essaie de tirer avantage de la situation &#187;, observe Ali Riaz. Tout au long de la route donnant acc&#232;s aux camps de r&#233;fugi&#233;s, alternent en effet des portraits de Khaleda Zia et de l'actuelle chef du gouvernement, Sheikh Hasina, que ses partisans pr&#233;sentent comme &#171; la m&#232;re de l'humanit&#233; &#187;. Cette derni&#232;re n'a, para&#238;t-il, qu'une id&#233;e en t&#234;te : &#234;tre toujours aux commandes lorsque le Bangladesh, fond&#233; par son p&#232;re, Sheikh Mujibur Rahman, c&#233;l&#232;brera, en 2021, le cinquanti&#232;me anniversaire de son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son parti, la Ligue Awami (centre gauche, la&#239;c), nie toute pr&#233;sence de l'islamisme radical international sur le territoire. &#192; la suite de l'attaque, le 1er juillet 2016, contre le restaurant Holey Artisan Bakery, &#224; Dacca, qui avait fait 24 morts, dont 18 &#233;trangers, le gouvernement a point&#233; du doigt le Jamaat-ul-Mujahideen Bangladesh (&#171; L'Assembl&#233;e des djihadistes &#187;), une organisation terroriste bangladaise interdite en 2005 et r&#233;apparue sous le nom de New Jamaat-ul-Mujahideen Bangladesh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, l'ex&#233;cutif a implicitement reconnu que le pays n'&#233;chappait pas &#224; la toile du terrorisme mondial, puisqu'il a donn&#233; ordre &#224; la police de cr&#233;er un nouveau corps d'&#233;lite, &#171; l'unit&#233; de lutte contre le crime transnational &#187;. C'est elle qui boucle aujourd'hui le quartier de Gulshan 2 o&#249; se trouvait le Holey Artisan Bakery et o&#249; plus aucun pi&#233;ton n'ose s'aventurer. Selon nos informations, une soixantaine d'individus soup&#231;onn&#233;s de pr&#233;parer des attentats ont depuis &#233;t&#233; tu&#233;s par les forces de l'ordre. Dernier incident en date, des pilotes de la compagnie low cost Biman Airlines ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s fin octobre. Ils &#233;taient, semble-t-il, en train de projeter un attentat suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence des Rohingyas dans le sud alourdit une atmosph&#232;re d&#233;j&#224; pesante, marqu&#233;e par des interpellations en masse (plus de 11 000 personnes, dont de nombreux repr&#233;sentants de l'opposition, ont &#233;t&#233; plac&#233;s en garde &#224; vue au printemps 2016) et par des assassinats &#224; la machette cibl&#233;s, contre des homosexuels et des blogueurs militants de la la&#239;cit&#233; et de la libert&#233; d'expression. Le tout sur fond de tr&#232;s forte croissance d&#233;mographique, de ch&#244;mage end&#233;mique et de pertes de terres importantes dues au r&#233;chauffement climatique et &#224; la mont&#233;e des eaux. &#171; On peut parler d'islamisation rampante &#187;, estime un diplomate europ&#233;en en poste &#224; Dacca, qui s'&#233;tonne de l'autorisation donn&#233;e r&#233;cemment aux professeurs des &#233;coles coraniques d'aller enseigner dans les &#233;coles publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La peur de voir les islamistes s'implanter dans les camps de r&#233;fugi&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce contexte, l'instrumentalisation de la question des r&#233;fugi&#233;s par la Ligue Awami n'est pas nouvelle. C'est juste l'ampleur qui a chang&#233;. Lors du pr&#233;c&#233;dent afflux de Rohingyas, &#224; l'automne 2016, Sheikh Hasina avait organis&#233; avec l'ONU une grande conf&#233;rence sur les migrations, qui avait &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e comme un vrai succ&#232;s politique &#187;, rappelle Nordine Drici, directeur du cabinet ND Consultance et auteur d'un r&#233;cent essai sur le Bangladesh (Face &#224; l'autoritarisme, les droits de l'homme en p&#233;ril, auto-&#233;dit&#233; par son cabinet, avril 2017, 95 pages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, la situation &#224; la fronti&#232;re birmane permet &#224; la premi&#232;re ministre de montrer au monde combien le Bangladesh est une nation musulmane amie des musulmans du monde entier. Cela lui permet d'amadouer la n&#233;buleuse des groupuscules islamistes, politiques ou pas politiques, qu'elle n'arrive pas &#224; contr&#244;ler &#187;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sheikh Hasina, surnomm&#233;e la &#171; Dame de fer &#187;, est en train de concentrer tous les pouvoirs, poursuit Nordine Drici : &#171; Avec elle, le r&#233;gime a vir&#233; &#224; l'autoritarisme et tourne maintenant au totalitarisme, si l'on se r&#233;f&#232;re aux d&#233;finitions de Raymond Aron et Hannah Arendt. &#187; Pour preuve, notre interlocuteur cite la loi de 2013 sur la torture qui a cr&#233;&#233; un vide juridique &#171; pour laisser les mains libres aux services de s&#233;curit&#233; &#187;, ou la propension du gouvernement &#224; vouloir contr&#244;ler &#171; tout ce qui touche &#224; la culture, &#224; la vision de l'histoire ou &#224; la censure de la presse &#187;, lorsque celle-ci s'int&#233;resse de trop pr&#232;s &#224; l'arm&#233;e, &#224; la justice ou &#224; la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le BNP a souvent nou&#233; des alliances avec des formations politiques religieuses, la Ligue Awami fonctionnait jusqu'ici sur le principe de la la&#239;cit&#233;. &#171; En r&#233;alit&#233;, elle agit de plus en plus sous l'influence du Hefazat-e-Islam Bangladesh &#187;, remarque Nordine Drici, en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la plus vaste organisation fondamentaliste du pays, qui repose sur un r&#233;seau de 25 000 madrasas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soup&#231;onn&#233;e de liens avec les talibans pakistanais, Hefazat-e-Islam Bangladesh pr&#244;ne l'interdiction de la mixit&#233; entre hommes et femmes dans les lieux publics, et l'inscription dans la Constitution de &#171; la confiance absolue en Allah &#187;. C'est elle qui, par exemple, a obtenu en mai dernier le d&#233;placement de la statue de la Justice que le gouvernement avait dress&#233;e devant le b&#226;timent de la Cour supr&#234;me, &#224; Dacca, au motif que l'&#339;uvre &#233;tait &#171; non islamique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre inqui&#233;tude : l'implantation de l'organisation &#201;tat islamique. &#171; Dans les camps de r&#233;fugi&#233;s de Cox's Bazar, le risque est r&#233;el, car beaucoup de Rohingyas ont &#233;t&#233; victimes d'atrocit&#233;s et veulent maintenant se venger &#187;, indique le repr&#233;sentant local de l'organisme anticorruption Transparency International. Iftekhar uz Zaman nous a re&#231;us dans son bureau &#224; Dacca et a voulu nous expliquer le ressentiment qui habite les migrants : &#171; Ils ont eu affaire &#224; de faux agents de change qui leur ont donn&#233; entre 2 000 et 4 500 takas pour 100 000 kyats birmans, au lieu des 6 000 takas auxquels ils avaient droit. &#187; Ils ont ensuite pay&#233; &#171; parfois plus de 5 000 takas par personne [51,70 euros &#8211; ndlr] &#187; pour prendre le bateau &#224; la fronti&#232;re, alors que la travers&#233;e co&#251;te normalement 200 takas (2 euros). Arriv&#233;s au Bangladesh, enfin, ils se sont vu r&#233;clamer &#171; 2 000 &#224; 5 000 takas [20,7 &#224; 51,7 euros &#8211; ndlr] pour obtenir un minuscule bout de terrain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant qu'ensuite les Rohingyas cherchent des petits boulots et soient pr&#234;ts &#224; ne gagner que 20 takas de l'heure, contre 40 habituellement dans la r&#233;gion, et que ceux qui sont venus avec leur b&#233;tail cherchent &#224; vendre une vache 2 000 takas, alors que le prix normal se situe entre 20 000 et 30 000 takas (entre 207 et 310 euros). Pas &#233;tonnant non plus que les habitants de Cox's Bazar commencent &#224; en avoir assez. Le march&#233; du travail est d&#233;stabilis&#233;, l'acc&#232;s aux services publics de sant&#233; et d'&#233;ducation sature, le tourisme est an&#233;anti et le co&#251;t des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; s'envole. &#171; Une b&#226;che en plastique pour couvrir un abri se monnaie 500 takas [5,20 euros &#8211; ndlr], alors qu'&#224; Dacca, elle co&#251;te moins de 10 takas [10 centimes d'euro &#8211; ndlr] &#187;, se plaint un homme rencontr&#233; sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle macro&#233;conomique, l'impact de l'arriv&#233;e massive des migrants de Birmanie est tr&#232;s important. Selon le Centre pour le dialogue politique, un think tank qui vient de mener une &#233;tude de terrain avec le Haut Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s (HCR), le Bangladesh a besoin de 71,26 milliards de takas (737 millions d'euros) pour tenir jusqu'en juin. Cela repr&#233;sente 1,8 % de son budget annuel et devrait lui faire perdre 0,3 point de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gros coup dur pour ce pays qui figure parmi les plus pauvres de la plan&#232;te : une contraction de pr&#232;s de 15 % des rapatriements de devises de sa diaspora pour cause de crise p&#233;troli&#232;re dans les pays du Golfe persique, une hausse de 66 % du prix du riz en raison de la p&#233;nurie induite par les inondations dramatiques provoqu&#233;es cet &#233;t&#233; par la mousson, et un coup de frein in&#233;dit des exportations de pr&#234;t-&#224;-porter, secteur cl&#233; du Bangladesh. Tous ces &#233;l&#233;ments laissent pr&#233;sager le pire pour les prochains mois et font peser d'&#233;normes incertitudes sur les &#233;lections &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Delacroix&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le capitalisme attise la comp&#233;tition entre les territoires </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-capitalisme-attise-la-competition-entre-les-territoires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-capitalisme-attise-la-competition-entre-les-territoires</guid>
		<dc:date>2020-02-17T13:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Duterme</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le g&#233;ographe montre que notre syst&#232;me &#233;conomique fonctionne gr&#226;ce aux &#233;carts entre des lieux puissants et des p&#233;riph&#233;ries appauvries. Pour lutter contre ces in&#233;galit&#233;s, il pr&#244;ne la multiplication de petits territoires autonomes et collaboratifs, dont les ZAD sont un bon exemple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Interview parue dans Lib&#233;ration du 26 janvier 2020. &lt;br class='autobr' /&gt; Interview &lt;br class='autobr' /&gt;
Renaud Duterme : &#171; Le capitalisme attise la comp&#233;tition entre les territoires &#187; 28 janvier par Renaud Duterme , Catherine Calvet , Thibaut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton41978-05408.jpg?1674710079' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le g&#233;ographe montre que notre syst&#232;me &#233;conomique fonctionne gr&#226;ce aux &#233;carts entre des lieux puissants et des p&#233;riph&#233;ries appauvries. Pour lutter contre ces in&#233;galit&#233;s, il pr&#244;ne la multiplication de petits territoires autonomes et collaboratifs, dont les ZAD sont un bon exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview parue dans Lib&#233;ration du 26 janvier 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Interview&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Duterme : &#171; Le capitalisme attise la comp&#233;tition entre les territoires &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 janvier par Renaud Duterme , Catherine Calvet , Thibaut Sardier &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de Objet : [CADTM-Infolettre] Sud, Nord, banques centrales, retraites, migrations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De r&#233;volution industrielle en p&#233;riode coloniale, de crise de 1929 en Trente Glorieuses, on conna&#238;t par c&#339;ur l'histoire du capitalisme. Mais que sait-on de ses logiques territoriales, des rapports entre espaces dominants du grand capital et de la mondialisation, et territoires pill&#233;s ou d&#233;laiss&#233;s ? Convoquant une litt&#233;rature scientifique abondante (surtout chez les Anglo-Saxons), le jeune g&#233;ographe belge Renaud Duterme propose une synth&#232;se incisive intitul&#233;e Petit Manuel pour une g&#233;ographie de combat (La D&#233;couverte, 2020). Refusant les &#233;tiquettes tout en assumant un c&#244;t&#233; militant - il est membre du Comit&#233; pour l'abolition des dettes l&#233;gitimes qui ambitionne d'annuler la dette du tiers-monde -, il montre comment l'urbanisation et les difficult&#233;s des territoires ruraux, la d&#233;forestation de l'Amazonie ou la persistance d'&#233;carts de d&#233;veloppement entre &#171; Nords &#187; et &#171; Suds &#187; s'expliquent par le fonctionnement de notre syst&#232;me &#233;conomique, qui a besoin de maintenir des &#233;carts entre des lieux puissants et des territoires d&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de capitalisme mondialis&#233;, c'est souvent &#233;voquer des institutions comme les fonds de pension sans ancrage territorial. Comment les relier &#224; la g&#233;ographie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces acteurs &#233;conomiques, chefs d'entreprise comme pouvoirs publics, mettent en concurrence les territoires et promettent des investissements &#224; ceux qui seront les plus attractifs. Autrement dit, les collectivit&#233;s territoriales constituent une sorte de march&#233; des territoires et sont oblig&#233;es d'&#234;tre en concurrence les unes avec les autres. C'est ce que j'appelle la lutte des lieux : il faut attirer les grands centres commerciaux, les grands &#233;v&#233;nements internationaux, sportifs ou commerciaux&#8230; A chaque fois, le d&#233;cideur politique fait miroiter des effets positifs sur la croissance locale, promet des effets de &#171; ruissellement &#187;. Mais quand on regarde a posteriori, les r&#233;sultats r&#233;els sont tr&#232;s loin de ceux qui &#233;taient promis, comme on l'a vu au Br&#233;sil ou en Gr&#232;ce apr&#232;s les Jeux olympiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, la croissance a toujours des cons&#233;quences spatiales ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle de croissance &#233;conomique, on parle forc&#233;ment d'expansion territoriale vers de nouveaux territoires qui entrent peu &#224; peu dans un fonctionnement capitaliste. D'abord, ces territoires fournissent des mati&#232;res premi&#232;res : on pense notamment &#224; de nombreux pays du continent africain, qui exportent p&#233;trole, m&#233;taux, caf&#233;, cacao, etc. Mais ils servent aussi &#224; &#233;couler la marchandise produite puisqu'ils constituent progressivement de nouveaux march&#233;s. La main-d'&#339;uvre est &#224; la fois productrice et consommatrice des biens fabriqu&#233;s. Cette logique s'applique aujourd'hui comme elle fonctionnait avec la colonisation europ&#233;enne qui a mis fin &#224; des syst&#232;mes d'autoproduction permettant aux habitants de ne pas &#234;tre d&#233;pendants du march&#233;. C'est aussi le cas de l'accaparement des terres communales - les fameuses enclosures - &#224; partir du XVIe si&#232;cle au Royaume-Uni. Elles ont mis dehors des dizaines de milliers de paysans anglais qui b&#233;n&#233;ficiaient de l'usage de ces terres communes. Cela les a forc&#233;s &#224; travailler pour l'industrie, et donc &#224; devenir d&#233;pendants du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le capitalisme oppose-t-il syst&#233;matiquement des centres puissants et des p&#233;riph&#233;ries affaiblies et d&#233;pendantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout mod&#232;le, celui-ci a des limites, mais il est en effet pertinent. Le capitalisme attise la comp&#233;tition entre les territoires. Il cr&#233;e en permanence des centres de pouvoir - &#224; l'&#233;chelle mondiale, ce sont des m&#233;tropoles, comme New York, P&#233;kin ou Londres -, mais aussi des p&#233;riph&#233;ries o&#249; sont export&#233;s les surplus et o&#249; se trouvent des ressources humaines ou naturelles &#224; moindre co&#251;t. Le mod&#232;le centre-p&#233;riph&#233;rie explique non seulement tr&#232;s bien les rapports Nord-Sud &#224; l'&#233;chelle globale. Mais il s'applique &#233;galement &#224; d'autres niveaux. A l'&#233;chelle continentale, le Br&#233;sil domine l'Am&#233;rique latine ; &#224; l'&#233;chelle nationale, les c&#244;tes des Etats-Unis l'emportent sur l'int&#233;rieur du pays ; &#224; l'&#233;chelle d'une r&#233;gion, Paris impose sa puissance au reste de l'Ile-de-France. M&#234;me en Belgique, on a cette relation centre-p&#233;riph&#233;rie entre une Flandre relativement prosp&#232;re et bien int&#233;gr&#233;e dans les flux de la mondialisation et une Wallonie plus d&#233;sindustrialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il existe des m&#233;canismes de redistribution&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La redistribution va &#224; l'encontre du syst&#232;me capitaliste, elle freine certaines in&#233;galit&#233;s territoriales. Celles-ci sont donc beaucoup plus graves dans des pays anglo-saxons, comme le Royaume-Uni, qui n'ont pas cette logique de redistribution, contrairement &#224; la France ou &#224; la Belgique&#8230; Pas parce que les gouvernements sont plus vertueux, mais parce qu'il reste une puissance syndicale et une certaine id&#233;e de la justice sociale au sein de la population. Cependant, cette redistribution est loin d'&#234;tre suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce dans les p&#233;riph&#233;ries que se d&#233;veloppent des mouvements dits populistes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aime pas beaucoup ce mot, il appartient plus au registre du jugement qu'&#224; celui de l'analyse. Il y a des territoires gagnants et des territoires perdants de la mondialisation. Il est facile, apr&#232;s, de d&#233;noncer les perdants comme populistes. Si on veut comprendre les &#233;lections de Trump ou de Bolsonaro, condamner ou m&#233;priser leur &#233;lectorat ne suffira pas. Il faut comprendre que le monde valorise l'hypermobilit&#233;. Les personnes qui n'en ont pas l'envie, ou pas les moyens, sont stigmatis&#233;es et consid&#233;r&#233;es comme des p&#233;quenauds. On l'a vu face aux gilets jaunes, et plus encore dans l'&#233;lectorat de Donald Trump. On a consid&#233;r&#233; ces gens comme des ignares, mais quand on regarde d'anciens bassins charbonniers, comme les Appalaches, on voit que les gens ont tout perdu, et dans un pays comme les Etats-Unis, o&#249; il y a moins d'amortisseurs sociaux, on vote Trump car c'est la seule perspective d'avenir que l'on voit. A tort, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous des travaux du g&#233;ographe Christophe Guilluy sur la notion de p&#233;riph&#233;rie, souvent critiqu&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je souscris &#224; la th&#232;se d'un abandon de zones p&#233;riph&#233;riques, et je trouve int&#233;ressante l'id&#233;e de m&#233;pris et de m&#233;connaissance des personnes qui y vivent de la part des &#233;lites m&#233;tropolitaines, qui font preuve soit de condescendance soit de paternalisme. J'enseigne actuellement dans une zone rurale de Belgique. Hors de la proximit&#233; avec le Luxembourg, il n'y a pas grand-chose en termes d'emplois et de services publics. Le m&#233;pris se ressent alors autour des questions de mobilit&#233; : tout se passe dans les grandes villes, et si vous ne pouvez pas vous d&#233;placer, il n'y a quasiment plus rien, m&#234;me des distributeurs de billets ferment en Belgique ! De plus, Guilluy comprend - sans l'excuser - la m&#233;fiance de ces gens vis-&#224;-vis de l'immigration. Je suis pour ma part internationaliste, contre les id&#233;es naus&#233;abondes sur cette question, mais je peux comprendre que certaines populations s'inqui&#232;tent des migrations. L'immigr&#233; est beaucoup plus vu comme responsable de la situation de chacun que le fonds d'investissement qui a d&#233;cid&#233; de d&#233;localiser la production. Sans compter que parmi les habitants des villes, les &#233;lites urbaines ne ressentent pas les effets de l'immigration ; elles vivent dans des quartiers relativement &#171; pr&#233;serv&#233;s &#187;. Il y a aussi la crainte de se sentir minoritaire qui est tr&#232;s pr&#233;sente. Au Royaume-Uni, il semble que cela ait &#233;t&#233; un facteur important du vote en faveur du Brexit. Ne pas admettre cette peur d'&#234;tre minoritaire en stigmatisant les gens n'est pas la bonne m&#233;thode, et va les pousser dans les bras de partis extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En se d&#233;ployant partout dans le monde, le capitalisme ne pourra plus investir de nouvelles p&#233;riph&#233;ries. Cela va-t-il conduire &#224; sa fin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les crises qui se succ&#232;dent depuis les ann&#233;es 70 montrent qu'il devient difficile de r&#233;soudre certaines contradictions inh&#233;rentes au capitalisme, comme la n&#233;cessit&#233; d'une surproduction que l'on ne parvient pourtant plus &#224; &#233;couler, m&#234;me avec la croissance des pays &#233;mergents ou la ruine des &#233;cosyst&#232;mes. Des pays comme le Br&#233;sil se sont essouffl&#233;s, et la logique consistant &#224; d&#233;fricher la for&#234;t pour poursuivre le d&#233;veloppement de l'agriculture n'apporte qu'une croissance &#233;conomique temporaire et in&#233;galitaire. A long terme, cela m&#232;nera &#224; un effondrement du capitalisme. Mais d'ici l&#224;, l'&#233;puisement de notre plan&#232;te n'est qu'une crise de plus, qui constitue plut&#244;t une opportunit&#233; pour le capitalisme, comme l'&#233;voque la canadienne Naomi Klein en parlant de capitalisme du d&#233;sastre. On peut analyser avec ce prisme la situation de Porto Rico : cette petite &#238;le, qui subit d&#233;j&#224; un statut semi-colonial vis-&#224;-vis des Etats-Unis, a &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;e par plusieurs catastrophes environnementales. Elle est aujourd'hui rachet&#233;e par de riches Am&#233;ricains qui en ont un paradis fiscal et qui privatisent petit &#224; petit tous les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'opposer &#224; cette logique ? Cela passe-t-il prioritairement par des mobilisations locales ou par une lutte dans les grandes instances internationales ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;ographie permet de montrer comment s'articulent des rapports de force de l'&#233;chelle locale &#224; l'&#233;chelle globale. Faire le lien entre ces deux &#233;chelles d'action&lt;br class='autobr' /&gt; est la condition de l'efficacit&#233; d'une lutte pour plus de justice ou pour un meilleur environnement. On ne peut pas prendre des mesures &#233;cologiques localement sans remettre en question des trait&#233;s internationaux. Il n'y aura pas de revalorisation d'une agriculture raisonnable et rurale sans s'interroger sur les trait&#233;s de libre-&#233;change d&#233;j&#224; sign&#233;s, que ce soit le Ceta ou l'accord Mercosur-UE. La transition &#233;cologique n&#233;cessitera des investissements publics importants, il faudra alors de nouveau s'interroger sur la dette. Il faudra remettre en question des engagements pris aupr&#232;s d'instances internationales, comme l'Union europ&#233;enne par exemple. Contre le capitalisme, il faut articuler la lutte des classes et la lutte des lieux, envisager la coop&#233;ration avec d'autres lieux qui connaissent les m&#234;mes probl&#232;mes. C'est pour cela que je parle d'autonomie territoriale. Il ne s'agit pas d'autarcie, mais une autonomie en mati&#232;re d'alimentation, d'&#233;nergie, dans un esprit de coop&#233;ration avec d'autres. Il faut cr&#233;er des liens entre le mouvement des gilets jaunes et celui des retraites, mais aussi avec des luttes plus urbaines pour la gratuit&#233; des transports collectifs, les contr&#244;les des loyers. Il ne faut pas fragmenter les enjeux en disant que certains sont propres aux villes, d'autres &#224; la ruralit&#233;. Il faut montrer qu'ils ne sont pas si diff&#233;rents que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous, quels sont les lieux qui exp&#233;rimentent cette autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime l'id&#233;e de municipalisme libertaire de l'Am&#233;ricain Murray Bookchin, qui lui-m&#234;me se fondait sur des id&#233;es plus anciennes. Il y a aussi toutes les exp&#233;riences de ZAD. M&#234;me si, &#224; mon sens, leur probl&#232;me est peut-&#234;tre de se couper un peu trop des r&#233;alit&#233;s locales. Ce sont souvent des gens ext&#233;rieurs, des &#233;tudiants, qui peuvent &#234;tre &#233;loign&#233;s des populations locales. Par cons&#233;quent, la r&#233;appropriation par ces derni&#232;res des d&#233;cisions les concernant est une condition indispensable &#224; cette autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Duterme, Petit manuel pour une g&#233;ographie de combat La D&#233;couverte, 208 pp., 14 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;face de Michel Husson &#224; l'ouvrage de Stavros Tombazos : Crise mondiale et reproduction du capital</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Preface-de-Michel-Husson-a-l-ouvrage-de-Stavros-Tombazos-Crise-mondiale-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Preface-de-Michel-Husson-a-l-ouvrage-de-Stavros-Tombazos-Crise-mondiale-et</guid>
		<dc:date>2020-02-17T13:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse &lt;br class='autobr' /&gt;
Stavros Tombazos et la discordance des temps &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre est la traduction fran&#231;aise actualis&#233;e de Global Crisis and Reproduction of Capital publi&#233; en 2019, dans une s&#233;rie que l'&#233;diteur a d&#233;cid&#233; de consacrer &#224; l'&#171; &#233;conomie de l'apocalypse &#187; (Palgrave Insights into Apocalypse Economics). Dans son livre, Stavros Tombazos n'annonce pourtant pas la fin des temps, mais il entretient en tout cas un lien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L91xH150/arton42000-f315a.png?1679048905' class='spip_logo spip_logo_right' width='91' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/02/05/preface-de-michel-husson-a-louvrage-de-stavros-tombazos-crise-mondiale-et-reproduction-du-capital/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stavros Tombazos et la discordance des temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est la traduction fran&#231;aise actualis&#233;e de Global Crisis and Reproduction of Capital publi&#233; en 2019, dans une s&#233;rie que l'&#233;diteur a d&#233;cid&#233; de consacrer &#224; l'&#171; &#233;conomie de l'apocalypse &#187; (Palgrave Insights into Apocalypse Economics). Dans son livre, Stavros Tombazos n'annonce pourtant pas la fin des temps, mais il entretient en tout cas un lien sp&#233;cifique avec le temps. Son pr&#233;c&#233;dent livre sur cette question date en effet de 1994 (Tombazos, 1994). Mais il a manifestement r&#233;sist&#233; &#224; l'usure &#8211; du temps &#8211; puisqu'il a fait l'objet d'une traduction en anglais, publi&#233;e vingt ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tombazos y proposait une relecture du Capital structur&#233;e comme l'articulation de trois temporalit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories des trois livres th&#233;oriques du Capital s'inscrivent diff&#233;remment dans le temps. Celles du premier livre ob&#233;issent &#224; une temporalit&#233; lin&#233;aire et abstraite, &#171; temps de la production &#187;. Les d&#233;terminations du second livre s'inscrivent dans une temporalit&#233; cyclique. Les diff&#233;rentes cat&#233;gories du &#171; temps de la circulation &#187; concernent la rotation de la valeur. Enfin, le troisi&#232;me livre est celui du &#171; temps organique &#187; du capital, unit&#233; du temps de la production et du temps de la circulation (Tombazos, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grille de lecture est &#224; nouveau mobilis&#233;e pour confronter la logique de Marx et celle d'Hegel tout en offrant des outils m&#233;thodologiques &#224; la compr&#233;hension du capitalisme contemporain. Tombazos indique &#224; ce propos qu'il faut savoir &#171; penser l'&#8220;immobilisme&#8221; du changement &#187;, autrement dit prendre en compte les invariants structurels du capitalisme. &#192; Michel Aglietta qui propose d'&#233;viter l'usage du terme de &#171; reproduction &#187;, Tombazos r&#233;torque ainsi que &#171; valeur &#187; et &#171; capital &#187; sont des &#233;l&#233;ments constitutifs du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, les d&#233;veloppements sur le capital porteur d'int&#233;r&#234;t soulignaient ce qu'ont de r&#233;ducteur les th&#233;ories &#171; financiaristes &#187; qui opposent sch&#233;matiquement profit industriel et profit financier. Pour Tombazos, il devrait &#234;tre clair au contraire que le profit industriel est d'abord, logiquement, &#171; un et indivisible ; puis il se partage r&#233;ellement ou id&#233;alement entre pr&#234;teurs et emprunteurs, taux d'int&#233;r&#234;t et profit d'entreprise. Ces deux derni&#232;res cat&#233;gories, prises comme deux parties du surtravail, n'ont rien de myst&#233;rieux. Elles sont, comme le salaire et le profit, &#224; la fois formes ph&#233;nom&#233;nales de la plus-value et moments de l'imaginaire social ou moments de ce que Marx appelle &#8220;f&#233;tichisme&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces notations m&#233;thodologiques qui conservent aujourd'hui toute leur pertinence, la proposition essentielle du livre de 1994 est que le fonctionnement du capital repose sur une &#171; organisation autonome de rythmes &#187;. Elle fournit ainsi une cl&#233; de lecture de la &#171; crise de l'organisme social &#187; comme &#171; une sorte d'&#8220;arythmie&#8221;, c'est-&#224;-dire une perturbation momentan&#233;e de la coh&#233;rence du syst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez fascinant de voir comment les cat&#233;gories relativement abstraites &#233;labor&#233;es par Tombazos dans son premier ouvrage sont reprises dans sa nouvelle contribution pour &#234;tre appliqu&#233;es &#224; l'analyse de la crise r&#233;cente afin d'en fournir une analyse coh&#233;rente. Dans son introduction, Tombazos &#233;nonce de mani&#232;re synth&#233;tique sa m&#233;thode g&#233;n&#233;rale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept m&#234;me du capital renvoie &#224; une articulation des rythmes &#233;conomiques, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'articulation de trois rythmes fondamentaux. [&#8230;] La croissance capitaliste implique une compatibilit&#233; relative entre ces trois rythmes. [&#8230;] Toute crise &#233;conomique peut &#234;tre d&#233;crite comme une &#171; arythmie organique &#187; du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois rythmes fondamentaux sont la valorisation, l'accumulation et la r&#233;alisation de la valeur. Tombazos s'inspire ici de Marx et en particulier du chapitre du livre II du Capital intitul&#233; &#171; Les m&#233;tamorphoses du capital et leur cycle &#187;. Il cite notamment ce passage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle total se pr&#233;sente, pour chaque forme fonctionnelle du capital, comme &#233;tant son cycle sp&#233;cifique, et le fait est que chacun de ces cycles conditionne la continuit&#233; du proc&#232;s total. La rotation d'une forme fonctionnelle conditionne l'autre. Il est indispensable pour le proc&#232;s de production total, en particulier pour le capital social, qu'il soit en m&#234;me temps proc&#232;s de reproduction, et par cons&#233;quent cycle de chacun de ses moments. [&#8230;] Les formes sont donc des formes fluides, et leur simultan&#233;it&#233; est l'&#339;uvre de leur succession (Marx, Livre II : 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on qu'en tire Tombazos est m&#233;thodologiquement importante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut lire les trois circuits de chaque capital individuel et en particulier du capital social, non seulement horizontalement (comme transformation ou m&#233;tamorphose de chaque forme fonctionnelle) mais aussi verticalement (comme coexistence simultan&#233;e des formes fonctionnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de 1994 avait &#233;t&#233; publi&#233; par une petite maison d'&#233;dition, la Soci&#233;t&#233; des Saisons. Derri&#232;re ce nom po&#233;tique, il y avait Daniel Bensa&#239;d, qui, un an plus tard, publiait La Discordance des temps. Cette id&#233;e de discordance fournit une grille de lecture de ce livre de Tombazos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re discordance : profit et accumulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier chapitre est logiquement consacr&#233; au temps de la production, et examine en particulier le rapport entre rentabilit&#233; et accumulation du capital. De ce point de vue, la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale est caract&#233;ris&#233;e par un &#171; fait stylis&#233; &#187;, une premi&#232;re discordance, entre profit et accumulation : le taux de profit se redresse, mais le taux d'accumulation ne suit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat a nourri un d&#233;bat entre marxistes, qui renvoie &#224; la d&#233;licate question de la mesure du capital, dont on a besoin pour calculer le taux de profit et le taux d'accumulation. Tombazos &#233;vite de s'y perdre en raisonnant sur la part accumul&#233;e de la plus-value et en montrant, &#224; partir des donn&#233;es empiriques disponibles, que celle-ci baisse tendanciellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance capte ainsi une bonne partie du profit non investi. Selon une vulgate assez largement r&#233;pandue, la finance pr&#233;datrice emp&#234;cherait, en s'appropriant ainsi une part croissante de plus-value, le &#171; bon &#187; capitalisme de remplir son office, &#224; savoir accumuler du capital. Tombazos r&#233;cuse clairement cette interpr&#233;tation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc une erreur d'expliquer l'&#233;cart croissant entre le taux de profit et le taux d'accumulation par l'augmentation de la part de plus-value appropri&#233;e par le capital-argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tombazos propose une autre explication : si le capitalisme investit de moins en moins dans les activit&#233;s productives, c'est &#171; parce qu'il n'y plus de nouvelles activit&#233;s productives qui promettent un taux de profit &#8220;acceptable&#8221; &#187;. Voil&#224; pourquoi il investit une grande partie de &#171; sa &#187; plus-value dans des actions d'autres secteurs, de banques, de fonds d'investissement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la partie de la plus-value qui prend la forme d'int&#233;r&#234;ts et de dividendes est le sympt&#244;me et non la cause de la divergence entre le taux de profit et le taux d'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me discordance : exploitation et d&#233;bouch&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'articulation entre les chapitres 1 et 2 se fait autour de la mise en lumi&#232;re d'un second fait stylis&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation priv&#233;e en pourcentage du PIB semble s'&#234;tre relativement autonomis&#233;e par rapport &#224; la part des salaires dans le PIB. Ainsi, depuis les ann&#233;es 1980, le ratio consommation priv&#233;e/part salariale augmente dans tous les grands p&#244;les du monde d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette nouvelle discordance ? Tombazos envisage plusieurs m&#233;canismes possibles : l'entr&#233;e de capitaux ; une baisse du taux d'&#233;pargne des m&#233;nages ; une augmentation de la consommation des capitalistes. Aucun de ces trois facteurs, m&#234;me s'ils jouent un r&#244;le, ne lui semble suffisant, et il va mettre l'accent sur un quatri&#232;me, &#224; savoir &#171; l'augmentation de la part du profit industriel transf&#233;r&#233;e aux couches sociales &#224; revenu moyen ou faible (salari&#233;s, travailleurs ind&#233;pendants, etc.) sous forme de cr&#233;dit &#224; la consommation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une th&#232;se essentielle du livre que Tombazos va &#233;tayer en op&#233;rant un nouveau va-et-vient entre donn&#233;es empiriques et sch&#233;mas th&#233;oriques. Apr&#232;s avoir rappel&#233; la logique des sch&#233;mas de la reproduction de Marx, il en propose une extension qui prenne en compte son hypoth&#232;se centrale. D'une certaine mani&#232;re, il reprend ici les analyses de Costas Lapavitsas, qui parle, &#224; tort nous semble-t-il, d'&#171; exploitation directe &#187; &#224; travers l'endettement des salari&#233;s, pour les ins&#233;rer dans un sch&#233;ma rigoureux (Lapavitsas, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sch&#233;mas de reproduction de Marx ont pu donner lieu &#224; des lectures fautives en l'interpr&#233;tant comme un mod&#232;le de &#171; croissance &#233;quilibr&#233;e &#187;. Ces sch&#233;mas &#233;taient au contraire utilis&#233;s par Marx pour montrer l'in&#233;luctabilit&#233; des crises. Il en va de m&#234;me pour Tombazos qui les r&#233;interpr&#232;te dans sa logique temporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est en effet de construire un sch&#233;ma de reproduction ad&#233;quat au capitalisme n&#233;olib&#233;ral, une autre est d'en d&#233;duire qu'il est soutenable. Autrement dit, ce sch&#233;ma d&#233;s&#233;quilibr&#233; avait une dur&#233;e de vie limit&#233;e, car il &#233;tait condamn&#233; &#224; &#233;puiser &#171; son horizon temporel absolu d&#232;s que la part des salaires disponibles diminuera &#224; un point tel que la reproduction de la force de travail ne sera plus compatible avec le service de la dette &#187;. Le syst&#232;me allait se rapprocher de cet horizon temporel en fonction de quatre param&#232;tres : 1) hausse du taux de plus-value ; 2) hausse de la part de la plus-value accord&#233;e sous forme de cr&#233;dit aux travailleurs ; 3) hausse du taux d'int&#233;r&#234;t ; 4) baisse de la p&#233;riode de service de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma n'a pas eu le temps d'atteindre sa limite et il s'est effondr&#233; &#224; partir du moment o&#249; les march&#233;s ont commenc&#233; &#171; &#224; douter que les droits accumul&#233;s sur les salaires futurs puissent &#234;tre convertis en argent &#187;. Cette analyse conduit &#224; une lecture de la crise qui fait jouer un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant &#224; l'endettement des m&#233;nages : certes, ce dernier a permis dans un premier temps de soutenir la demande dans un contexte de gel des salaires, mais il est venu se briser sur la r&#233;duction du revenu disponible des m&#233;nages. Ainsi, &#171; le sch&#233;ma de reproduction n&#233;olib&#233;ral avait d&#232;s le d&#233;but une date d'expiration &#187;. La crise &#171; se manifeste donc d'abord dans sa dimension financi&#232;re, sous forme d'une accumulation de dettes priv&#233;es insoutenables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me discordance : marxisme orthodoxe et marxisme dialectique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tombazos souligne &#224; plusieurs reprises que la crise actuelle ne d&#233;coule pas de la loi de baisse tendancielle du taux de profit, &#224; la diff&#233;rence de celle du milieu des ann&#233;es 1970. Mais il y a pour lui un lien entre les deux, dans la mesure o&#249; &#171; la crise actuelle d&#233;coule des politiques mises en place pour faire face &#224; la chute de la rentabilit&#233; dans les ann&#233;es 1970 &#187;. Elle est en somme &#171; la crise de la r&#233;ponse n&#233;olib&#233;rale &#224; la crise des ann&#233;es 1970 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il alors faire de Tombazos un &#171; sous-consommationiste &#187; ? C'est en g&#233;n&#233;ral le reproche que les marxistes &#171; orthodoxes &#187; adressent &#224; ceux qui refusent de rapporter la crise &#224; la seule baisse du taux de profit. Ces derniers seraient des disciples de Rosa Luxemburg (dans le meilleur des cas), et m&#234;me peut-&#234;tre des r&#233;formistes keyn&#233;siens. Mais cela revient &#224; ne pas comprendre la logique m&#234;me des sch&#233;mas de reproduction dont Tombazos r&#233;sume ainsi l'id&#233;e de base : &#171; un sch&#233;ma de reproduction du capital ne peut se perp&#233;tuer que si l'offre de valeurs marchandes des diff&#233;rents secteurs productifs correspond &#224; une r&#233;partition des revenus sociaux qui assure plus ou moins la r&#233;alisation des valeurs marchandes &#187;. Tombazos a parfaitement raison ici de prendre ses distances avec une interpr&#233;tation vulgaire selon laquelle Marx ne s'int&#233;resserait pas aux valeurs d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tombazos donne ainsi cet exemple qui montre bien comment sa lecture de Marx s'articule avec les diff&#233;rentes temporalit&#233;s du capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la valeur des marchandises destin&#233;es &#224; la consommation de la classe ouvri&#232;re ne peut &#234;tre socialement r&#233;alis&#233;e ou reconnue parce que la r&#233;partition sociale des revenus ne permet pas leur achat &#224; leur valeur, le rythme de r&#233;alisation de la valeur ralentit. Les trois rythmes du capital ne sont pas compatibles entre eux. La crise &#233;conomique n'est rien d'autre que cette &#171; arythmie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lign&#233;e d'Ernest Mandel (&#224; qui est d&#233;di&#233; son livre), Tombazos r&#233;cuse toute interpr&#233;tation monocausale de la crise. Et toute son &#233;laboration, autour de la notion d'&#171; arythmie &#187; tend justement &#224; montrer que le sch&#233;ma de reproduction, m&#234;me le plus coh&#233;rent a priori, peut se &#171; d&#233;traquer &#187; &#224; un point quelconque du circuit. En l'occurrence, la cause profonde de la crise contemporaine est pour lui &#171; le ralentissement structurel du rythme de r&#233;alisation de la valeur par rapport au rythme de valorisation de la valeur &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quatri&#232;me discordance : plus-value et capital fictif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fid&#232;le &#224; sa m&#233;thodologie consistant &#224; aller de l'abstrait au concret, en cherchant &#224; &#171; aborder la r&#233;alit&#233; en introduisant progressivement dans l'analyse les difficult&#233;s que soul&#232;ve sa compr&#233;hension &#187;, Tombazos consacre la seconde moiti&#233; de son livre aux instruments financiers qui ont rendu possible la crise financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description de ces innovations financi&#232;res (produits d&#233;riv&#233;s, titrisation, etc.) est apr&#232;s tout bien connue, mais Tombazos en restitue &#224; merveille le fondement, qui est une forme d'aveuglement id&#233;ologique, voire m&#233;taphysique, en quelque sorte la forme moderne du f&#233;tichisme. Il &#233;crit ainsi que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits financiers d&#233;riv&#233;s obscurcissent la r&#233;alit&#233; &#224; tel point que toute tentative de compr&#233;hension scientifique d&#233;g&#233;n&#233;rait facilement en une sorte de g&#233;om&#233;trie m&#233;taphysique, dans laquelle m&#234;me la quadrature du cercle semblait possible. Plus pr&#233;cis&#233;ment, la compr&#233;hension fragmentaire de la r&#233;alit&#233; par l'approche dominante (hautement math&#233;matique, mais finalement m&#233;taphysique) a conduit &#224; l'illusion que le d&#233;placement du risque financier &#233;quivalait &#224; sa disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;rive de la finance reposait effectivement sur une premi&#232;re illusion, assez stupide si on y r&#233;fl&#233;chit, selon laquelle il suffisait de faire circuler le risque pour qu'il soit possible de l'oublier. Les diff&#233;rentes institutions se repassaient ainsi la patate chaude, mais &#171; ce d&#233;placement continu du risque vers l'&#8220;Autrui g&#233;n&#233;ralis&#233;&#8221;, au lieu d'&#234;tre une gestion rationnelle du risque, le fait passer du niveau individuel au niveau social, du niveau priv&#233; au niveau syst&#233;mique, du niveau local au niveau national et mondial. L'Autrui g&#233;n&#233;ralis&#233;, c'est nous tous, c'est-&#224;-dire le syst&#232;me global &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, tout reposait sur une autre illusion, &#224; savoir que l'argent peut cr&#233;er de l'argent sans passer par la case exploitation. Pour dissiper cette repr&#233;sentation fantasmagorique que la finance capitaliste a d'elle-m&#234;me, il faut disposer d'une th&#233;orie de la valeur, marxiste en l'occurrence, qui permet de comprendre pourquoi les revenus r&#233;els tir&#233;s de la finance ne peuvent &#234;tre qu'une fraction de la plus-value, comme Tombazos y insistait d&#233;j&#224; dans son livre de 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oubli de cette r&#233;alit&#233; permet le d&#233;veloppement d'un capital fictif, pour reprendre le terme de Marx, qui se pr&#233;sente comme une &#233;norme accumulation de droits de tirage sur une plus-value qui n'a pas &#233;t&#233; encore cr&#233;&#233;e. La crise intervient quand on s'aper&#231;oit qu'elle ne pourra jamais l'&#234;tre. Tombazos ne fait donc que paraphraser Marx quand il &#233;crit que &#171; le capital-argent fait partie du capital industriel. Il n'est pas une entit&#233; ind&#233;pendante. Du point de vue du propri&#233;taire du capital-argent, cependant, l'argent qu'il a pr&#234;t&#233; &#224; l'industriel semble pr&#233;senter la propri&#233;t&#233; &#8220;(m&#233;ta)physique&#8221; de se multiplier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital fictif correspondant &#224; la valorisation virtuelle des actifs financiers comme droits de tirage donne naissance &#224; ce que Tombazos appelle une &#171; valeur toxique &#187; dont le volume &#171; n'est pas donn&#233; &#224; l'avance. C'est l'objet d'un conflit social &#187;. Il s'agit l&#224; d'une dimension essentielle pour l'analyse de la p&#233;riode post-crise : l'un des objectifs des politiques men&#233;es est en effet, dans une large mesure, d'emp&#234;cher &#171; la d&#233;pr&#233;ciation de ce &#8220;capital toxique&#8221; &#187;, bref de d&#233;fendre le capital fictif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me discordance : la zone euro et la Gr&#232;ce&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stavros Tombazos est Chypriote et a fait partie de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque. Il n'est donc pas &#233;tonnant que la crise du syst&#232;me-euro soit en grande partie examin&#233;e &#224; travers le prisme grec. Tombazos r&#233;cuse la responsabilit&#233; d'une dette publique excessive dans le d&#233;clenchement de la catastrophe grecque. Le m&#233;canisme pervers a en r&#233;alit&#233; &#233;t&#233; le suivant : l'homog&#233;n&#233;isation des taux d'int&#233;r&#234;t nominaux a conduit &#224; une baisse massive des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els dans les pays p&#233;riph&#233;riques, en raison de leurs taux d'inflation plus &#233;lev&#233;s. Cette baisse a d&#233;clench&#233; une bulle immobili&#232;re, qui s'est gonfl&#233;e jusqu'au moment o&#249; les capitaux &#233;trangers ont brusquement cess&#233; de venir financer les d&#233;ficits commerciaux. C'est le sauvetage des banques priv&#233;es qui a ensuite conduit &#224; l'explosion de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que souscrire &#224; cette analyse, mais elle est sans doute incompl&#232;te car elle ne prend pas en compte l'une des principales tares du syst&#232;me-euro. Il &#233;tait pr&#233;visible que le rattrapage de la part des pays p&#233;riph&#233;riques (qui s'est effectivement produit dans un premier temps comme le signale Tombazos) entra&#238;nerait un creusement de leurs d&#233;ficits commerciaux. Dans la version optimiste, les entr&#233;es de capitaux devaient s'investir dans les &#233;conomies p&#233;riph&#233;riques et engendrer des gains de productivit&#233; qui permettraient une convergence r&#233;elle. Mais, en raison aussi de la baisse des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els, les capitaux sont all&#233;s s'investir dans des secteurs &#224; faible potentiel en termes de productivit&#233;, avant de refluer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sixi&#232;me discordance : capitalisme et sortie de crise&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conclusion, Tombazos condense les principales th&#232;ses de son livre et les applique &#224; la trajectoire &#224; venir du capitalisme. Il y &#233;voque le ralentissement des gains de productivit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La productivit&#233; du travail augmente &#224; un rythme extr&#234;mement lent dans les trois grands p&#244;les du monde d&#233;velopp&#233;. Son taux de croissance annuel est sensiblement inf&#233;rieur &#224; 1 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne n'est d'ailleurs pas apparu avec la crise r&#233;cente : l'un des traits essentiels de la p&#233;riode du capitalisme n&#233;olib&#233;ral est en effet un ralentissement tendanciel des gains de productivit&#233;. Or, ces derniers sont un &#233;l&#233;ment essentiel de la dynamique du taux de profit et pourtant, comme le souligne Tombazos, il n'y a pas eu de tendance &#224; la baisse du taux de profit. Son interpr&#233;tation pourrait donc &#234;tre reformul&#233;e ainsi : la crise r&#233;cente a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par l'implosion de tous les dispositifs mis en place (mondialisation, financiarisation, exploitation accrue, in&#233;galit&#233;s, endettement, etc.) qui &#233;taient n&#233;cessaires pour garantir le taux de profit en d&#233;pit de ces gains de productivit&#233; d&#233;clinants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cet &#233;puisement des gains de productivit&#233; qui conduit &#224; son tour &#224; la rar&#233;faction des lieux d'investissement rentables, &#224; un &#171; d&#233;faut de sph&#232;res d'investissement &#187;, pour reprendre l'expression de Marx, que Tombazos cite dans sa conclusion. Fondamentalement, la crise &#171; ne d&#233;coule pas de la baisse du taux de profit mais de la divergence entre le taux de profit et le taux d'accumulation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de gains de productivit&#233;, le capitalisme n'a pas de mod&#232;le de rechange, et la sortie de crise ne peut passer que par un approfondissement du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, dont la logique ne peut pas &#234;tre modifi&#233;e par l'adjonction de mesures d'encadrement du syst&#232;me bancaire. La r&#233;gulation plus stricte des banques et la stabilisation du taux d'endettement des m&#233;nages peuvent au contraire contribuer au ralentissement de l'accumulation. Et c'est sans doute l'un des grands m&#233;rites de Tombazos que de ne jamais dissocier l'analyse fine de la finance de ses &#171; sous-jacents &#187; &#224; savoir les conditions de la reproduction d'ensemble du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi la reproduction n&#233;olib&#233;rale du capital survit de mani&#232;re pr&#233;caire, c'est-&#224;-dire avec l'appui de politiques mon&#233;taires qui cr&#233;ent de nouvelles &#171; bulles &#187; si bien que &#171; nous vivons dans l'impasse d'un sch&#233;ma de reproduction, dans lequel pr&#233;vaut le capital-argent, dont l'existence n'est possible que par des r&#233;gressions &#233;conomiques et sociales p&#233;riodiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Post-scriptum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stavros est un ami, encore plus depuis notre participation commune aux travaux de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque. Mais nous &#233;tions depuis longtemps en connivence intellectuelle. La lecture de son livre de 1994 a influenc&#233; ma r&#233;flexion, de mani&#232;re peut-&#234;tre subliminale, comme c'est souvent le cas au sein d'un collectif de pens&#233;e. Nous partageons par exemple la m&#234;me dette &#224; l'&#233;gard d'Ernest Mandel dont on retrouve la trace dans beaucoup de nos travaux, ainsi qu'aux autres d&#233;dicataires des livres de Stavros : Daniel Bensa&#239;d, Georges Labica et Jean-Marie Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos &#233;changes informels &#224; Ath&#232;nes (o&#249; Stavros a tent&#233; &#8211; en vain &#8211; de m'initier &#224; la logique de Hegel) ont sans doute contribu&#233; &#224; rapprocher encore un peu plus nos points de vue. C'est la raison de ce petit addendum qui explique pourquoi cette introduction peu critique pourrait &#234;tre suspecte de complaisance. Il se trouve seulement que je partage la plupart des propositions du livre. La seule r&#233;serve est que Stavros aurait pu insister encore plus sur l'articulation de sa lecture du capitalisme contemporain avec son incapacit&#233; croissante &#224; d&#233;gager des gains de productivit&#233;. Il y a l&#224; une autre temporalit&#233; qu'il faudrait combiner avec les temps du capital mis en lumi&#232;re par Stavros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Husson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stavros Tombazos : Crise mondiale et reproduction du capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Editions Syllepse, Paris 2020, 148 pages, 8 euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/crise-mondiale-et-reproduction-du-capital-_r_21_i_804.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.syllepse.net/crise-mondiale-et-reproduction-du-capital-_r_21_i_804.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La lutte aux changements climatiques ne fait pas dispara&#238;tre la lutte de classe </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-lutte-aux-changements-climatiques-ne-fait-pas-disparaitre-la-lutte-de-classe</link>
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		<dc:date>2020-02-13T15:57:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse-toi &#224; gauche !</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ces points de mire, Presse-toi &#224; gauche pr&#233;sente synth&#233;tiquement des &#233;l&#233;ments d'analyses d'articles publi&#233;s dans l'&#233;dition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d'actualit&#233; et les d&#233;bats en cours. Points de mire, pour bien marquer o&#249; nous voulons en venir ! &lt;br class='autobr' /&gt; Vous trouverez notamment dans cette &#233;dition de Presse-toi &#224; gauche, Andr&#233; Frappier dans un article s'adressant d'abord au lectorat du Canada anglais explique les enjeux de la contestation de la loi 21 au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Points-de-mire-" rel="directory"&gt;Points de mire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton42070-5ca09.png?1705630480' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans ces points de mire, Presse-toi &#224; gauche pr&#233;sente synth&#233;tiquement des &#233;l&#233;ments d'analyses d'articles publi&#233;s dans l'&#233;dition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d'actualit&#233; et les d&#233;bats en cours. Points de mire, pour bien marquer o&#249; nous voulons en venir !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous trouverez notamment dans cette &#233;dition de Presse-toi &#224; gauche, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Reproduction-de-La-loi-21-doit-etre-combattue-au-Quebec-publie-dans-Canadian&#034;&gt;Andr&#233; Frappier dans un article s'adressant d'abord au lectorat du Canada anglais explique les enjeux de la contestation de la loi 21 au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Seule-une-strategie-s-appuyant-sur-la-mobilisation-a-la-base-nous-permettra-de&#034;&gt;Bernard Rioux souligne que seul une mobilisation massive de celles et ceux qui seront les principales victimes des changements climatiques peut contraindre le gouvernement de la CAQ &#224; adopter de r&#233;elles mesures de r&#233;duction des GES&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Dans-les-negos-du-secteur-public-le-Front-commun-fait-il-le-jeu-du-gouvernement&#034;&gt;Ginette Lewis analyse les faiblesses du mouvement des salari&#233;.e.s du secteur public&lt;/a&gt; &#224; l'or&#233;e du d&#233;but des n&#233;gociations.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Andr&#233; Frappier, les attaques en provenance du Canada anglais contre la loi 21 sont inefficaces et contribuent &#224; renforcer ceux et celles que leurs auteur.e.s pr&#233;tendent combattre. Il explique qu'au Qu&#233;bec, les interventions de la CAQ et du Bloc font en sorte que les populations du Qu&#233;bec et du Canada anglais sont divis&#233;es plus que jamais. Par ailleurs, les attaques de certaines villes et personnalit&#233;s contre le Qu&#233;bec rel&#232;vent davantage du pr&#233;jug&#233; et de l'aveuglement volontaire quant &#224; la pr&#233;sence de courants islamophobes au Canada anglais tout autant qu'au Qu&#233;bec et &lt;i&gt;&#171; ne sont ni bienvenues, ni utiles &#187;&lt;/i&gt;. Il conclut que &#171; si la solidarit&#233; doit d&#233;passer les fronti&#232;res nationales, puisqu'il en existe une sans contredit, elle ne peut se faire sans qu'elle soit sollicit&#233;e et qu'elle se r&#233;alise dans une compr&#233;hension mutuelle des probl&#232;mes et de la r&#233;alit&#233; de chacun. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Rioux croit que le gouvernement de la CAQ est tellement inf&#233;od&#233; aux int&#233;r&#234;ts de la classe capitaliste qu'il ne fera rien de significatif qui pourrait heurter les int&#233;r&#234;ts de celle-ci, aucun obstacle &#224; la qu&#234;te de profit et de toujours plus de consommation. Le ministre Charette va jusqu'&#224; &#233;voquer la catastrophe &#233;conomique que provoquerait une baisse de 50% et plus tel que recommand&#233; par le GIEC. L'auteur appelle &#224; &lt;i&gt;&#171; d&#233;passer une strat&#233;gie centr&#233;e sur les pressions sur les &#233;lites &#187;&lt;/i&gt; et lui substituer &lt;i&gt;&#171; une strat&#233;gie qui part des bases et de la mobilisation populaire, qui vise pas d'abord &#224; faire pression, mais &#224; construire un v&#233;ritable pouvoir populaire. &#187;&lt;/i&gt; Il conclut qu'il faut &lt;i&gt;&#171; d&#233;finir de nouvelles r&#232;gles institutionnelles sur des bases d&#233;mocratiques, ouvrant &#224; une d&#233;mocratie citoyenne permettant &#224; la majorit&#233; de d&#233;cider de ses choix &#233;conomiques et &#233;cologiques, de faire face &#224; la crise climatique et de construire un avenir prometteur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Ginette Lewis, il faut d&#233;plorer le fait que les syndicats de salari&#233;.e.s de l'&#201;tat se rendent &#224; la bataille en rangs dispers&#233;s. Si les Front communs des r&#233;centes n&#233;gociations se sont heurt&#233;s &#224; l'autoritarisme patronal et n'ont pas remport&#233; grand-chose, c'est surtout &#224; cause d'une strat&#233;gie douteuse et d'un contr&#244;le bureaucratique des directions syndicales qui &#171; ont refus&#233; d'aller au front. &#187; Selon elle, il faut reconstruire ce front de mani&#232;re &#224; confronter la CAQ, qui est davantage pr&#233;par&#233;e que l'impression le sugg&#232;re, et &#171; cr&#233;er un vrai et n&#233;cessaire front commun dans les luttes, dans l'action et autour de revendications claires. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous attirons par ailleurs votre attention sur certains articles de cette &#233;dition : &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-baillon-comme-mode-de-gouverne&#034;&gt;Yvan Perrier analyse le mode de gouvernance de la CAQ&lt;/a&gt;et y trouve un &#171; unilat&#233;ralisme autoritaire &#187; ; en mati&#232;re d'autoritarisme, la CAQ en fait une solide d&#233;monstration avec l'adoption de la r&#233;forme de la gouvernance scolaire. Le collectif &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/CESSEZ-DE-FAIRE-LA-SOURDE-OREILLE&#034;&gt;&lt;i&gt;Debout pour l'&#233;cole&lt;/i&gt; d&#233;plore l'attitude de la CAQ dans ce dossier&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Greve-des-enseignants-et-enseignantes-en-Ontario&#034;&gt;la gr&#232;ve des enseignant.e.s en Ontario se poursuit&lt;/a&gt; et nous avons regroupe 3 textes afin d'en conna&#238;tre les enjeux ;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/La-GRC-procede-a-un-raid-dans-les-camps-de-la-Premiere-Nation-Wet-suwet-en&#034;&gt;la r&#233;pression s'abat sur les manifestant.e.s de la nation Wet'suwet'en et les solidaires de leur lutte contre le gazoduc Coastal Gaslink&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Qui-va-sauver-Bombardier&#034;&gt;Pierre Beaudet retrace les origines d'une autre crise entourant Bombardier&lt;/a&gt;, comment l'avidit&#233; de ses dirigeant.e.s conduisent l'entreprises et ses salari&#233;.e.s vers l'ab&#238;me et souhaite que la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise reprenne le contr&#244;le d'une entreprise qu'elle a contribu&#233; &#224; sauver &#224; maintes reprises afin qu'elle serve l'int&#233;r&#234;t public ; enfin, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-caucus-de-l-etat-de-l-Iowa-un-desastre-pour-le-Parti-democrate&#034;&gt;Donald Cuccioletta analyse les cons&#233;quences d&#233;sastreuses qu'ont eu les rat&#233;s du caucus d&#233;mocrate en Iowa&lt;/a&gt; et les risques que la direction du parti prise de panique n'en arrive &#224; attaquer les tenant.e.s de son aile gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la sc&#232;ne internationale&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar des m&#233;dias bourgeois, nous avons mis l'accent sur des points chauds de l'actualit&#233; : le coronavirus en Chine, l'&#233;lection au Parti D&#233;mocrate am&#233;ricain, l'affaire Mazneff en France et le capitalisme vert &#224; Davos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant le coronavirus&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Sante-et-economie-Un-conovirus-au-coeur-de-la-machine-a-exporter-chinoise&#034;&gt;Sant&#233; et &#233;conomie : Un conovirus au c&#339;ur de la machine &#224; exporter chinoise&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autrice, Martine Orange, pose la question du coronavirus sous l'angle &#233;conomique. Elle confirme que cette &#233;pid&#233;mie cr&#233;e au niveau mondial beaucoup d'incertitude &#224; cause du poids &#233;conomique de la Chine &lt;i&gt;&#171; Son poids et son int&#233;gration dans l'&#233;conomie mondiale sont devenus d&#233;terminants : elle repr&#233;sente d&#233;sormais 20 % du PIB mondial. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce des premi&#232;res personnes malades l'&#233;conomie mondiale est devenu frileuse. La banque centrale chinois a imm&#233;diatement investit 1200 milliards (156 milliards d'euros) de yens pour calmer le jeu. Mais la prolongation de la crise risque de montrer la fragilit&#233; du syst&#232;me car :&lt;i&gt; &#171; Devenue l'atelier industriel du monde, &#224; la faveur de la mondialisation d&#233;fendue depuis les ann&#233;es 1990, la Chine a d&#233;sormais une place d&#233;terminante dans la cha&#238;ne de valeur des multinationales. Elle domine, voire est en position de quasi-monopole sur des pans entiers de l'&#233;conomie mondiale. Composants &#233;lectroniques, semi-conducteurs, terres rares, pi&#232;ces industrielles, produits chimiques, textile, pharmacie, chaussures&#8230; dans tous ces secteurs, elle est devenue le fournisseur du monde. Selon le Wall Street Journal, 80 % des principes actifs des m&#233;dicaments vendus aux &#201;tats-Unis proviennent de Chine. En cas de ruptures massives dans les cha&#238;nes d'approvisionnement, le monde va vite r&#233;aliser que les politiques de d&#233;localisation &#224; outrance, du z&#233;ro stock, du flux tendu ont un co&#251;t &#233;lev&#233; pour la soci&#233;t&#233;, que sa s&#233;curit&#233; m&#234;me n'est pas assur&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur d&#233;veloppe son argumentation autour du coronavirus mais aussi du fait qu'avant cette crise, la Chine connaissait des ralentissements &#233;conomiques. Elle explique les effets de la combinaison d'une crise appr&#233;hend&#233;e et de la crise du virus. Elle conclut &lt;i&gt;&#171; Alors ce ne serait pas seulement la Chine qui serait infect&#233;e mais l'&#233;conomie mondiale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant l'&#233;lection au Parti D&#233;mocrate&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Quand-Bernie-Sanders-et-son-mouvement-de-masse-deviennent-le-pire-cauchemar-de&#034;&gt;Quand Bernie Sanders et son mouvement de masse deviennent &#171; le pire cauchemar &#187; de ceux qui gouvernent le monde&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article tente de comprendre pourquoi Bernie Sanders d&#233;range tant aux &#201;tats-Unis. D'entr&#233;e de jeu il postule l'importance de &lt;i&gt;&#171; l'&#233;norme mouvement populaire que ce m&#234;me Bernie a lanc&#233; en novembre 2018 et qui est toujours en train de se construire ! Un mouvement populaire qui n'a pas de pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire des &#201;tats-Unis ni par ses dimensions ni par sa radicalit&#233; et la d&#233;termination de ses jeunes militants et militantes d'en d&#233;coudre avec ce syst&#232;me et ses repr&#233;sentants politiques ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il analyse ce mouvement &#224; la base qui s'implique dans les actions et qui veut un r&#233;el changement social. Selon lui : c'est un mouvement du peuple. Ensuite il porte son attention sur le programme de Bernie :&lt;i&gt; &#171; En effet, les propositions, les positionnements et les revendications qui sont contenus dans ce programme couvrent tous les domaines de l'activit&#233; humaine, proposent des r&#233;ponses et des solutions aux graves probl&#232;mes existentiels qu'affronte tant la soci&#233;t&#233; nord-am&#233;ricaine que l'humanit&#233;, tout en faisant le pont entre la satisfaction des besoins imm&#233;diats de la grande majorit&#233; de la population et la vision d'un monde radicalement diff&#233;rent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste sur la dynamique sociale que ces revendications sont en train de cr&#233;er et fait la diff&#233;rences d'interpr&#233;tations suivant les int&#233;r&#234;ts que l'on porte &lt;i&gt;&#171; C'est &#224; dire de ceux d'en bas et de ceux d'en haut qui l'interpr&#232;tent, chaque camp &#224; sa fa&#231;on et selon ses int&#233;r&#234;ts, comme une claire incitation &#224; la r&#233;volte contre le syst&#232;me et ses principales forces &#233;conomiques et politiques. Pour ceux d'en bas (salari&#233;Es, minorit&#233;s, femmes, indig&#232;nes, migrants et victimes de toute oppression), ce programme est d&#233;j&#224; devenu une source d'inspiration, une arme de combat et aussi un drapeau qu'on brandit haut et fort. &#187;&lt;/i&gt; C'est un affrontement de classe tel est la caract&#233;risation de la situation selon la conclusion de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant Mazneff&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Une-analyse-feministe-critique-du-Consentement&#034;&gt;Une analyse f&#233;ministe critique du &#171; Consentement &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est en fait un r&#233;sum&#233;-commentaire sur le livre &#8216;Consentement' de Vanessa Springora. Le livre d&#233;crit l'emprise que Mazneff a exerc&#233; sur cette jeune femme de 13 ans. Son livre d&#233;coupe cette domination en : &lt;i&gt;&#171; cinq chapitres : &#171; L'enfant, La proie, L'emprise, La d&#233;prise, L'emprunte, Ecrire &#187;.&lt;/i&gt; Pour Vanessa, avec la rupture commence &lt;i&gt;&#171; une longue p&#233;riode de tensions entre sa volont&#233; de s'affirmer comme sujet et sa prise de conscience de la force de domination &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a certes le contexte de l'&#233;poque qui justifiait cette p&#233;dophilie en parlant de lib&#233;ration sexuelle et de la libre jouissance de tous les corps. Mais ce n'est pas une excuse selon elle. Il a avait aussi le fait pour Vanessa de se comprendre comme victime. &lt;i&gt;&#171; Or, cette notion de victime est capitale : c'est seulement &#224; partir du moment o&#249; une femme parvient &#224; s'identifier &#224; sa situation de victime qu'elle peut aussi identifier l'agresseur comme tel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre aborde aussi la question du consentement mais en le pla&#231;ant dans son contexte social de domination et aussi dans une compr&#233;hension de valeurs sup&#233;rieures tel que le refus de la marchandisation des corps. &lt;i&gt;&#171; C'est pourquoi le consentement ne doit pas &#234;tre le seul crit&#232;re qui justifierait tout. Il devrait &#234;tre subordonn&#233; &#224; des valeurs sup&#233;rieures comme, par exemple, la dignit&#233; humaine, c'est-&#224;-dire le droit de ne pas &#234;tre trait&#233; comme un objet, une marchandise &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'aspect marchandisation d&#233;coule aussi l'aspect syst&#233;mique des violences faites aux femmes. Et de d&#233;crire comment le silence est complice de ces violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; d&#233;velopper les liens avec toutes les femmes qui vivent ces situations partout dans le monde. &lt;i&gt;&#171; C'est pourquoi les luttes f&#233;ministes doivent &#234;tre &#224; la fois situ&#233;es en fonction des pays et des contextes sociaux, mais aussi des situations internationales afin de d&#233;velopper, de consolider une solidarit&#233; dont d&#233;pend leur force. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Reforestation-tigre-virtuel-marche-carbone-les-mirages-de-la-finance-verte&#034;&gt;Concernant Davos et le capitalisme vert&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Reforestation, tigre virtuel, march&#233; carbone : les mirages de la finance verte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements climatiques commencent &#224; faire r&#233;fl&#233;chir les grands capitalistes. &#192; la rencontre de Davos, il y a eu des discussions &#224; ce sujet. L'ampleur de la t&#226;che est &#233;norme &lt;i&gt;&#171; Entre 40 et 90 milliards d'euros seraient n&#233;cessaires chaque ann&#233;e pour financer la transition &#233;cologique en France, selon la Banque de France. Pas moins de 1 000 milliards d'euros doivent &#234;tre investis au cours des dix prochaines ann&#233;es pour changer nos modes de production et de consommation en Europe &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le monde financier se sent capable d'y faire face. &lt;i&gt;&#171; Dans une tribune publi&#233;e par Project Syndicate, Klaus Schwab, le fondateur de Davos, a donn&#233; le la, posant les bases de cette &#233;volution souhait&#233;e par les puissants. Reprenant les th&#232;ses de Branko Milanovic sur un capitalisme qui domine le monde, soit sous sa forme n&#233;olib&#233;rale (les &#201;tats-Unis), soit sous sa forme &#233;tatique (la Chine), il insiste sur l'existence d'une troisi&#232;me voie : le stakeholder capitalism, c'est-&#224;-dire un capitalisme o&#249; les int&#233;r&#234;ts d'autres parties prenantes (salari&#233;s, associations, soci&#233;t&#233; civile, etc.) seraient aussi pris en compte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de d&#233;cennies d'aveuglement des probl&#232;mes environnementaux dans le seul but de faire des profits, les capitalistes vont-ils penser pr&#233;servation et r&#233;paration de la nature ? Martine Orange avance la notion de financiarisation de la nature et du prix &#224; mettre sur elle. &lt;i&gt;&#171; Ce qui est vrai pour le carbone l'est tout autant pour les valeurs des biens communs essentiels comme l'eau, l'air, les sols. Faut-il fixer un prix pour ces biens indispensables &#224; la vie ? Et comment fixe-t-on la hauteur du pr&#233;judice en cas de dommages ? L&#224; non plus, les march&#233;s ne savent pas r&#233;pondre. Parce que fixer un prix reviendrait &#224; dire que ces biens essentiels sont des marchandises comme les autres, que l'on peut s'en passer si l'on n'a pas les moyens de les acqu&#233;rir. Or on ne peut pas se passer de respirer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions apport&#233;es vont davantage vers la cr&#233;ation d'image verte : taxe du carbone, planter des arbres et obligations vertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure critique chacune de ces solutions, de ces fausses solutions en fait. &lt;i&gt;&#171; Afin de les aider &#224; compenser leurs &#233;missions de CO2 et de s'offrir une image &#171; plus verte &#187;, des soci&#233;t&#233;s leur proposent de planter des arbres un peu partout dans le monde. Un vrai march&#233; des for&#234;ts, &#187; &#171; Leur raisonnement est simple : si les obligations vertes sont vraiment vertes, elles doivent avoir un rendement financier beaucoup plus bas que les autres, puisque les projets qu'elles financent ont des contraintes beaucoup plus &#233;lev&#233;es. &#187; &#171; Or les obligations vertes &#233;voluent exactement de la m&#234;me fa&#231;on que les autres. En d'autres termes, le march&#233; ne fait aucune diff&#233;rence entre les unes et les autres. Peut-&#234;tre parce que, derri&#232;re le label vert, il n'y a aucune raison de faire la diff&#233;rence ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle conclut au fiasco total du capitalisme vert &lt;i&gt;&#171; Dans quelle mesure, tout cela ne va-t-il pas aboutir &#224; une &#233;conomie norm&#233;e, d&#233;cid&#233;e par la seule finance, sans d&#233;bat public, sans pour autant apporter les bonnes r&#233;ponses ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Bonne lecture&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le caucus de l'&#233;tat de l'Iowa un d&#233;sastre pour le Parti d&#233;mocrate &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-caucus-de-l-etat-de-l-Iowa-un-desastre-pour-le-Parti-democrate</link>
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		<dc:date>2020-02-12T18:43:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Cuccioletta</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 3 f&#233;vrier jour cl&#233; pour le d&#233;but du processus &#233;lectoral &#233;tatsunien, avec le caucus de l'&#233;tat d'Iowa. Tous les yeux &#233;taient riv&#233;s via, les t&#233;l&#233;viseurs et les ordinateurs sur les r&#233;sultats du premier scrutin populaire qui aura un effet important sur le reste des consultations dans le processus d'investiture appel&#233; les primaires. Une fois le caucus fini et le vote pris, tout le monde se demandait : &#171; O&#249; sont les r&#233;sultats ? &#187; Deux jours avant le 3 f&#233;vrier, les sondages donnaient Bernie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton42063-f68c1.jpg?1705630480' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 3 f&#233;vrier jour cl&#233; pour le d&#233;but du processus &#233;lectoral &#233;tatsunien, avec le caucus de l'&#233;tat d'Iowa. Tous les yeux &#233;taient riv&#233;s via, les t&#233;l&#233;viseurs et les ordinateurs sur les r&#233;sultats du premier scrutin populaire qui aura un effet important sur le reste des consultations dans le processus d'investiture appel&#233; les primaires. Une fois le caucus fini et le vote pris, tout le monde se demandait : &#171; O&#249; sont les r&#233;sultats ? &#187; Deux jours avant le 3 f&#233;vrier, les sondages donnaient Bernie Sanders en avance sur Pete Buttigieg par 4% avec Mme Elizabeth Warren en troisi&#232;me position et Joe BIden en quatri&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Coup d'&#233;clat : les organisateurs du caucus d&#233;mocrate de l'&#233;tat d'Iowa annon&#231;ait dans la soir&#233;e, pendant que l'ensemble des &#201;tatsuniens et &#201;tatsuniennes attendait avec anxi&#233;t&#233; la personne qui avait gagn&#233; cet important caucus, que le syst&#232;me du contage des votes ne fonctionnait plus et que nous devrions attendre les r&#233;sultats le lendemain. Tout le monde se disait : &#171; Sommes-nous retourn&#233;.e.s en Floride durant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2000 entre George W Bush et Al Gore ? &#187;. Mais non nous &#233;tions bel et bien en Iowa en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendre un autre journ&#233;e envoyait un message clair, soit que le d&#233;roulement de ce caucus &#233;tait devenu un d&#233;sastre pour le Parti d&#233;mocrate. Certains travailleurs et travailleuses dans le camp de Sanders commen&#231;aient &#224; dire que c'&#233;tait un coup mont&#233; pour battre Bernie le socialiste. Ile et elles savaient que depuis la veille du caucus que certaines rumeurs circulaient dans l'Iowa, qui &#233;ventuellement confirm&#233;es par un article publi&#233; le 2 f&#233;vrier dans le site web de Politico selon lesquelles la direction nationale du Parti d&#233;mocrate travaillait tr&#232;s fort pour changer les r&#232;glements pour la convention des d&#233;mocrates &#224; la fin de juillet pour emp&#234;cher Sanders de gagner la nomination. Pour l'&#233;quipe Sanders, la fraude avait d&#233;j&#224; commenc&#233;. Souvenons-nous de l'attaque contre les courriels de Sanders par l'&#233;quipe Clinton &#224; deux semaines du scrutin en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons maintenant que Sanders et Pette Buttigieg sont &#224; &#233;galit&#233;, avec dix d&#233;l&#233;gu&#233;s chacun, mais le vote populaire a &#233;t&#233; gagn&#233; par Sanders pour l'instant. Ce dernier d&#233;tail est important, parce qu'il signifi&#233; que Sanders, si jamais il emport l'investiture, aura d&#233;j&#224; une assise pour &#234;tre victorieux en Iowa durant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la lutte n'est pas finie pour Bernie Sanders. Les attaques font juste commencer. Certaines attaques ont circul&#233; dans diff&#233;rents journaux locaux, pas les plus importants comme le New York Times ou le Washington Post, qui accusent Sanders d'&#234;tre antis&#233;mite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette strat&#233;gie a &#233;t&#233; utilis&#233;e contre Jeremy Corbyn, comme je l'avais &#233;crit dans un bloque pr&#233;c&#233;dent, et elle fait maintenant parti de la strat&#233;gie contre Sanders. La logique dans les deux cas est la m&#234;me : Sanders soutient la cause palestinienne, donc il est anti-Isra&#235;l et par cons&#233;quent antis&#233;mite. Nous voyons maintenant l'importance du travail men&#233; par diff&#233;rents groupes, et notamment Voix les Juifs ind&#233;pendantes, pour forcer l'administration de la ville de Montr&#233;al de retirer la r&#233;solution sur l'antis&#233;mitisme, qui amalgamait antis&#233;mitisme et les critiques contre l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Nous pouvons &#233;galement souligner que Sanders est Juif et fils d'un rescap&#233; de du juid&#233;ocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans son discours adress&#233; &#224; la nation mardi soir, le Pr&#233;sident Trump s'est attaqu&#233;, d'une mani&#232;re voil&#233;e, &#224; ceux et celles qui se disent ouvertement socialistes comme Samders et Ocasio-Cortez, en disant que le socialisme &#233;tait &#233;tranger &#224; la grande soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. D&#233;j&#224; le dimanche apr&#232;s-midi avant le Super Bowl, dans une entrevue &#224; FOX News (diffuseur du Super Bowl) avec l'animateur Sean Hannatty, Donald Trump est intervenu sur la question des socialistes, quand Hannatty lui a demand&#233; ce qu'il pensait de Bernie Sanders. Sa r&#233;ponse &#233;voquait le p&#233;ril rouge dans l'histoire r&#233;cente. Il a effectivement affirm&#233;, &#224; propos de Sanders : &#171; Non, non il est un communiste, mais les d&#233;mocrates semblent s'accommoder de sa pr&#233;sence &#187;. Il a continu&#233; dans sa r&#233;ponse en disant que Mme Pelosi &#233;tait aussi une gauchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un bloque pr&#233;c&#233;dent, j'avais &#233;mis l'opinion que &#233;ventuellement, la lune de miel pour ceux et celles qui se pr&#233;sentent ouvertement comme socialistes, tire &#224; sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis dimanche, la lune de miel pour les socialistes aux &#201;tats-Unis est finie. La volont&#233; de Trump d'associer le Parti d&#233;mocrate et surtout son ennemie jur&#233;e Nancy Pelosi avec la mont&#233;e du socialisme aux &#201;tats-Unis est une attaque, certes envers Sanders et compagnie, mais avant tout contre le Parti d&#233;mocrate qui accepte ces socialistes en son sein. Cette association mis de l'avant par Trump, peu import qu'elle soit vrai ou fausse, visait &#224; convaincre son &#233;lectorat que les d&#233;mocrates n'ont pas &#224; c&#339;ur les vrais int&#233;r&#234;ts des Am&#233;ricains et les &#201;tats-Unis, sinon ils &#233;xpulseraient les socialistes de leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce discours antid&#233;mocratique, il a dit aux d&#233;mocrates que la balle &#233;tait dans leur camp. Les r&#233;publicains sont alors pr&#233;sent&#233;s comme des vrais Am&#233;ricains parce qu'ils et elles rejettent l'id&#233;e du socialisme, puisque ce syst&#232;me est mauvais pour l'&#233;conomie, la libert&#233; et la grande d&#233;mocratie am&#233;ricaine tandis eux les d&#233;mocrates accueillent dans leur parti ces destructeurs de la grande soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Tout ceci repose sur des g&#233;n&#233;ralit&#233;s, la peur et des r&#233;f&#233;rences plus ou subtiles au pass&#233;. Il est certain que la client&#232;le de Trump comprend tr&#232;s bien ces sortes de discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;mocrates, surtout avec la pi&#232;tre performance de Joe Biden, le candidat de pr&#233;f&#233;rence pour la direction du parti, qui a &#233;t&#233; battu par un socialiste et un n&#233;ophyte, savent qu'ils sont en difficult&#233;. Ils savent tr&#232;s bien aussi qu'une des strat&#233;gies des r&#233;publicains est de d&#233;montrer la division au sein des d&#233;mocrates entre cette nouvelle cohorte d'&#233;lu.e.s qui se d&#233;clarent socialistes, avec Sanders en t&#234;te. Un parti divis&#233; ne pourrait pas battre Trump le 3 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc s'attendre &#224; ce que les d&#233;mocrates, pour solidifier leur unit&#233;, s'acharnent sur les socialistes au sein du parti et en particulier Sanders. Il est au c&#339;ur de cette &#233;lection pr&#233;sidentielle. Il m&#234;me par 10% au New Hampshire, la primaire pr&#233;vue pour mardi le 11 f&#233;vrier, et tous les sondages qui mettent Sanders contre Trump donne &#224; 60% la victoire &#224; Sanders comme les sondages en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que feront les d&#233;mocrates ? Comment vont-ils se distancer de Sanders et d'Ocasio-Cortez ? Les socialistes et surtout l'&#233;quipe de Sandrs ont &#233;t&#233; t&#233;moins en 2016 de l'ing&#233;rence du clan Clinton dans la campagne et les courriels de Sanders. C'est la raison pour laquelle le d&#233;sastre de l'Iowa a tr&#232;s vite interpr&#233;t&#233; par l'&#233;quipe Sanders comme une conspiration de la part des d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iowa a &#233;t&#233; une d&#233;fait pour les d&#233;mocrates, mais &#231;a &#233;t&#233; aussi une le&#231;on pour les candidats et candidates qui se pr&#233;sentent sous la banni&#232;re socialiste. Les d&#233;mocrates, avec leur strat&#233;gie enti&#232;rement centr&#233;e sur la vengeance contre Trump et dict&#233;e par les Clinton peuvent aussi facilement diriger cette vengeance contre Sanders et compagnie. Mme Pelosi , le S&#233;nateur Charles Sumer , les Clintons qui supportent tous la candidature de Joe Biden, utiliseront tous les actions n&#233;cessaires pour &#233;carter Sanders et les Ocasio-Contez de la victoire et le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du primaire du New Hampshire en diront long sur toutes ses strat&#233;gies. &#201;videmment, le parcours de Sanders et les Ocasio-Cortez deviendra plus difficile. Maintenir une strat&#233;gie de &#171; ni les d&#233;mocrates ni les r&#233;publicains &#187; est tr&#232;s difficile, surtout quand l'&#233;veil du mouvement socialiste est encore fragile et embryonnaire. Ce mouvement cherche une troisi&#232;me voie pour les travailleurs et travailleuses am&#233;ricaines, et nous savons que l'histoire des &#201;tats-Unis est ponctu&#233;e par plusieurs actes d&#8216;oppressions, d'assassinats et des sabotages qui avaient pour but de d&#233;truire et d'&#233;radiquer le socialisme aux &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos camarades socialistes &#233;tats-uniens connaissent tr&#232;s bien cette histoire aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conf&#233;rence, le 22 f&#233;vrier 2020 dans le cadre du Mois de l'Histoire des Noirs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Conference-le-22-fevrier-2020-dans-le-cadre-du-Mois-de-l-Histoire-des-Noirs</link>
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		<dc:date>2020-02-12T13:13:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'Union des Africains du Qu&#233;bec et Amis solidaires de l'Afrique (UAQASA)</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Conf&#233;rence </dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Madame. &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur, &lt;br class='autobr' /&gt;
Invitation &#224; une conf&#233;rence de la part de l'Union des Africains du Qu&#233;bec et Amis Solidaires de l'Afrique (UAQASA) dans le cadre du Mois de l'Histoire des Noirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
La conf&#233;rence aura lieu &#224; la BIBLIOTH&#200;QUE MONIQUE-CORRIVEAU &lt;br class='autobr' /&gt; 1100, Route de l'&#201;glise Qu&#233;bec G1V 3V9 &lt;br class='autobr' /&gt; SAMEDI, LE 22 F&#201;VRIER 2020, DE 14h00 &#192; 16h30 &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous trouverez aussi l'&#233;tendard concernant la cr&#233;ation d'un &#171; Parc de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Evenements-68-" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Conference-+" rel="tag"&gt;Conf&#233;rence &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Communiques-328-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Madame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invitation &#224; une conf&#233;rence de la part de l'Union des Africains du Qu&#233;bec et Amis Solidaires de l'Afrique (UAQASA) dans le cadre du Mois de l'Histoire des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence aura lieu &#224; la BIBLIOTH&#200;QUE MONIQUE-CORRIVEAU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1100, Route de l'&#201;glise Qu&#233;bec G1V 3V9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SAMEDI, LE 22 F&#201;VRIER 2020, DE 14h00 &#192; 16h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouverez aussi l'&#233;tendard concernant la cr&#233;ation d'un &#171; Parc de l'Afrique Nelson Mandela &#187;, &#224; Qu&#233;bec d&#233;di&#233; &#224; ceux qui oeuvrent pour la paix, la justice sociale, la r&#233;conciliation et la solidarit&#233; entre les peuples. Le gouvernement lib&#233;ral avait promis &#224; l'UAQASA de cr&#233;er et d'inaugurer le &#171; Parc Nelson Mandela &#187;, le 18 juillet 2018, &#224; l'occasion du 100e anniversaire de l'ic&#244;ne Nelson Mandela. Il n'a pas respect&#233; son engagement. Nous vous demandons d'appuyer moralement l'UAQASA pour la r&#233;alisation de ce projet rassembleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plaisir de vous voir &#224; la conf&#233;rence de samedi, le 22 f&#233;vrier 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Dahan, Ph.D., ex-Diplomate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident-fondateur de l'Union des Africains du Qu&#233;bec et Amis Solidaires de l'Afrique (UAQASA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vernissage : Accueil dans mon quartier</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vernissage-Accueil-dans-mon-quartier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Vernissage-Accueil-dans-mon-quartier</guid>
		<dc:date>2020-02-12T13:01:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;comus&#233;e du fier monde</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Exposition du 20 f&#233;vrier au 1er mars &lt;br class='autobr' /&gt;
Entrez dans l'univers d'un groupe de jeunes du Centre-Sud ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le soutien d'une m&#233;diatrice culturelle, d'une photographe et d'une art-th&#233;rapeute, des &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole primaire Jean-Baptiste-Meilleur donnent une vision personnelle de leur quartier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jeunes artistes exposent pour la premi&#232;re fois dans un mus&#233;e. Gr&#226;ce &#224; des cours d'initiation &#224; la photographie et des visites historiques dans le quartier, ils ont r&#233;alis&#233; des clich&#233;s de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Evenements-68-" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Communiques-328-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Exposition du 20 f&#233;vrier au 1er mars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrez dans l'univers d'un groupe de jeunes du Centre-Sud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le soutien d'une m&#233;diatrice culturelle, d'une photographe et d'une art-th&#233;rapeute, des &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole primaire Jean-Baptiste-Meilleur donnent une vision personnelle de leur quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes artistes exposent pour la premi&#232;re fois dans un mus&#233;e. Gr&#226;ce &#224; des cours d'initiation &#224; la photographie et des visites historiques dans le quartier, ils ont r&#233;alis&#233; des clich&#233;s de leur environnement quotidien. Ils ont ensuite remodel&#233; ces images &#224; l'aide de mat&#233;riaux d'art mixtes, ouvrant une fen&#234;tre sur leur sensibilit&#233;, leur imaginaire et leur identit&#233; en construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette exposition ces jeunes vous accueillent dans leur quartier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultez la page web de l'exposition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exposition r&#233;alis&#233;e en partenariat avec le programme Op&#233;ration Bonne Mine de la Soci&#233;t&#233; Saint-Vincent de Paul de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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